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Electricité 6 Machines synchrones 1

Electricité 6

Machines synchrones

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ALTERNATEUR

1. Principe de l'alternateur. Un aimant ou un électroaimant tourne à l'intérieur d'une spire. La variation de flux agissant sur cette spire y crée une force électromotrice induite e = - Δ φ /Δ t. (voir point 10 des rappels). La variation est maximale lors de l'inversion du flux dans la spire. La forme de cette fem se rapproche d'une sinusoïde. Si nous plaçons 3 spires décalées dans l'espace de 120°, nous obtenons un système de tensions triphasées.

3' 2 1 1' N S 2' 3 N S S N stator N S
3'
2
1
1'
N
S
2'
3
N S
S
N
stator
N S
roue polaire
noyau polaire
épanouissement polaire

2. Description. Le rotor est en général l'inducteur (crée le flux) et le stator est l'induit. Cette constitution permet de ne pas devoir transmettre de grandes intensités par les balais vers le rotor.

2.1. Alternateur à pôles saillants:

Entraîné par une turbine hydraulique, il tourne lentement mais comporte un grand nombre de paires de pôles (jusqu'à 40 pour une vitesse n = f/p de 75 trs/min ). Sur la figure ci-contre, p = 3 donc n = 1000trs/min pour une f=50Hz. Le rotor n'est pas feuilleté car l'inducteur est alimenté en courant continu. Pour une question de fabrication, il est constitué d'épaisses tôles oxycoupées. Le stator est constitué de tôles très fines de haute qualité magnétique.

2.2. Alternateur à pôles lisses ou "turboalternateur"

Entraîné par une turbine à vapeur (centrale thermique), le rotor est un long cylindre plein et de faible diamètre, dans lequel des encoches ont été usinées. Il possède 1 paire de pôles, rarement 2, et tourne donc à 3000 ou 1500 trs/min pour retrouver la fréquence de 50 Hz qui est une constante du réseau. Le refroidissement est assuré par un courant de gaz cryogénique (hydrogène) à l'intérieur des conducteurs creux. Cette disposition a permis de tripler la puissance pour un même volume.

a permis de tripler la puissance pour un même volume. Exemple: Turboalternateur de 200 tonnes, longueur

Exemple: Turboalternateur de 200 tonnes, longueur 17m, diamètre 1,7m. Puissance de 1250MVA soit 1 250 000kVA

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3. Force électromotrice. e = - Δφ/Δt pour un tour du rotor la spire est
3.
Force électromotrice.
e
= - Δφ/Δt
pour un tour du rotor la spire est coupée 2 fois par le flux: Δφ = 2φ
pour 1 spire et 1 paire de pôles: Δt = T = 1/f
e
= - 2 φ/(1/f) = -2 φf et pour N spires: E = kN φ f (k est une cste caractéristique de la machine)
E
4.
Caractéristique à vide (interne).
I
L
ω
i
R
+
r
u =
GS
E
V
U
-
A
i
A
vide: I = 0 et U = E.
La vitesse n est une constante dans tous les cas car la fréquence est
une constante. On relève ainsi la caractéristique à vide de l'alternateur.
5.
Caractéristique en charge (externe).
La charge peut varier en intensité ET en phase
U
E
(cos ϕ ), puisque nous sommes en alternatif.
Faisons-la d'abord varier en intensité:
cos ϕ = 1
cos ϕ = 0,7 inductif
I
n = cste (entraînement)
i = cste (excitation)
cos ϕ = cste (charge)
On relève U = f(I) pour plusieurs cos ϕ (charges
active et réactive).
E
Lω I
U
RI
ϕ
I
La caractéristique s'explique par la chute de
tension due à la résistance des conducteurs RI
(négligeable) et à celle due à la réaction
magnétique transversale d'induit L ω I (effet
inductif).
U = E - RI - L ω I = E - L ω I
L
ω I 4
Prédétermination de la tension en charge:
E=cste
L
ω I 3
L
ω I 2
L ω I 1
U 0 = E
Nous pouvons négliger RI devant L ω I.
A excitation cste, la fem E est cste.
Pour une charge cste en déphasage mais variant
en grandeur, l'application de l'équation ci-dessus
nous conduit au diagramme ci-joint.
U
U 1
2
ϕ
U 4
U 3
I
6.
Fonctionnement à tension U = constante.

Il est inconcevable d'avoir un réseau dont la tension varie en fonction de la charge. Il est normal

de fonctionner à fréquence et à tension constantes. Un régulateur mesure en permanence le courant de la charge et agit sur l'excitation: i = f(I).

Si I augmente, le régulateur augmente l'excitation i et donc la fem E, ce qui compense les

chutes de tension et permet d'obtenir une tension constante à la sortie de l'alternateur.

Il y a parfois "surcompensation" pour tenir également compte des chutes de tension en réseau.

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Electricité 6 Machines synchrones 3 7. Rendement d'un alternateur. Inventaire des pertes: - pertes fer
7. Rendement d'un alternateur. Inventaire des pertes: - pertes fer rotoriques: p fr = 0
7.
Rendement d'un alternateur.
Inventaire des pertes:
- pertes fer rotoriques: p fr = 0 car il n'y a pas de variation de flux
- pertes constantes avec la charge: p fs + p méc déterminées par l'essai à vide
- pertes joules à l'induit: p js = 3.R.I 2 /2
- pertes joules à l'inducteur: p jr = u.i
-
Les alternateurs de forte puissance atteignent des rendements de l'ordre de 98%
8.
Excitation des alternateurs.
N
N
N
+
_
S
S
S
+
Régulation
_
1 kW
250 kW
125 000 kW
9.
Mise en parallèle d'un alterbateur sur le réseau.
Mise en vitesse:
Réseau
Par action sur l'entraînement et mesure tachymétrique.
Mise sous tension:
V
R

pertes supplémentaires: dues essentiellement aux courants de Foucault dans le fer et dans le

cuivre. Elles ne sont pas calculables mais peuvent être mesurées par un essai en court-circuit.

La puissance nécessaire à l'excitation est moins de 0,5% de la puissance de l'alternateur. Néanmoins, un alternateur de 125.000kW demande environ 250kW d'excitation. Cette puissance est difficile à réguler, c'est pourquoi il est parfois nécessaire d'ajouter un étage au système d'excitation. Un pont de thyristors de puissance redresse la tension délivrée par un premier alternateur à excitation par aimant permanent. Cette tension est régulée en fonction de la tension de sortie de l'alternateur principal. Un second alternateur inversé (inducteur rotorique) va amplifier cette puissance d'excitation. La tension recueillie au rotor est redressée par des diodes "tournantes" c'est à dire montées sur l'arbre de la machine pour exciter à son tour l'inducteur de l'alternateur principal. Cette disposition permet de travailler sans bagues ni balais .

Par réglage de l'excitation et lecture sur les voltmètres entre phases V R et V A de manière à obtenir la même tension. Ordre de succession des phases:

Couplées comme sur le schéma, les 3 lampes doivent battre en même temps. Ce battement est la conséquence de la différence de fréquence entre les tensions du réseau V R et de l'alternateur V A . Les 2 sinusoïdes glissent l'une p. r. à l'autre. Si les feux sont tournants, il faut inverser 2 phases. Réglage fin de vitesse et couplage:

Par action sur l'entraînement, on ralentit le battement et on couple lorsque le voltmètre V // va passer au zéro.

V // V A G.S.
V
//
V
A
G.S.

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MOTEUR SYNCHRONE

1. Principe de fonctionnement.

L'alternateur et le moteur synchrone sont une même machine. L'alternateur est entraîné mécaniquement et produit une énergie électrique. Le moteur synchrone est alimenté par une tension alternative et produit une énergie mécanique. Le moteur synchrone possède 2 caractéristiques principales:

- il tourne en synchronisation par rapport au champ tournant

- il doit être assisté au démarrage.

Vitesse synchrone. 3' 2 1 1' N S 2' 3 Lancement.
Vitesse synchrone.
3'
2
1
1'
N
S
2'
3
Lancement.

2.

3.

Le rotor est constitué soit d'un aimant permanent soit d'un électroaimant pour les moteurs puissants. Dans le cas d'un électroaimant, le courant continu est transmis au rotor par 2 bagues et balais. Le stator est identique à celui du moteur asynchrone. Les bobinages sont alimentés par une tension alternative mono ou triphasée et génèrent ainsi un champ tournant. Lorsque les pôles de l'électroaimant rotorique sont lancés en rotation, ils s'accrochent au champ tournant pour tourner exactement à sa même vitesse, quelle que soit la charge. Si la charge mécanique augmente, le décalage angulaire du pôle rotorique par rapport au pôle statorique augmente et si cette charge dépasse les limites de puissance du moteur, le rotor décroche et s'arrête.

Le moteur synchrone ne peut démarrer seul car au départ, le champ tournant va trop vite pour le rotor. Il faut donc le lancer par un petit moteur auxiliaire jusqu'au synchronisme, avant de le coupler sur le réseau triphasé suivant la même procédure que la mise en parallèle sur le réseau d'un alternateur. Cette assistance au démarrage se fait par un moteur à courant continu car sa vitesse est aisément réglable. L'emploi d'un convertisseur statique de fréquence est une solution très élégante. Un champ tournant de très faible vitesse démarre le rotor. Une accélération progressive amène le moteur exactement au synchronisme. Ensuite, la tension du réseau est appliquée au moteur via un contacteur et le changeur de fréquence est déconnecté et la mise en charge du moteur peut intervenir. (voir schéma de puissance dans le chapitre Mas). Enfin, certains petits moteurs comportent une mini cage d'écureuil au rotor qui permet un démarrage à vide en moteur asynchrone. A l'approche du synchronisme, l'électroaimant rotorique est alimenté afin de passer en synchrone. Ce système n'est pas applicable aux moteurs puissants car le passage en synchrone est très perturbant.

4. Utilisation du moteur synchrone

- Applications nécessitant une vitesse parfaitement constante:

Exemple: régulation, anciens tourne-disques

- Groupe convertisseur de fréquence:

Par exemple, un moteur synchrone comportant 5 triplets de pôles entraîne un alternateur à 6 triplets de pôles est un groupe convertisseur de fréquence de 50 à 60Hz (Europe - Amérique).

- Compensateur synchrone: (rôle d'une batterie de condensateur) Dans ce cas, le moteur fonctionne à vide et on le surexcite (i>>). Il fournit alors au réseau beaucoup d'énergie réactive permettant d'améliorer le facteur de puissance d'un réseau.

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