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C ampu S SOMMAIRE Revue trimestrielle de vulgarisation scientifique de l’université Mouloud Mammeri de Tizi
C ampu S SOMMAIRE Revue trimestrielle de vulgarisation scientifique de l’université Mouloud Mammeri de Tizi

CampuS

SOMMAIRE Revue trimestrielle de vulgarisation scientifique de l’université Mouloud Mammeri de Tizi -Ouzou
SOMMAIRE
Revue trimestrielle de vulgarisation scientifique de l’université Mouloud Mammeri de Tizi -Ouzou
de l’université Mouloud Mammeri de Tizi -Ouzou Revue trimestrielle éditée par la cellule de communication
de l’université Mouloud Mammeri de Tizi -Ouzou Revue trimestrielle éditée par la cellule de communication
de l’université Mouloud Mammeri de Tizi -Ouzou Revue trimestrielle éditée par la cellule de communication
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de l’université Mouloud Mammeri de Tizi -Ouzou Revue trimestrielle éditée par la cellule de communication

Revue trimestrielle éditée par la cellule de communication du vice rectorat des relations extérieures et des manifestations scientifiques

Campus Hasnaoua I. Auditorium. Tel & Fax : 026 41 05 79 . Couriel : vrelex@mail.ummto.dz

manifestations scientifiques Campus Hasnaoua I. Auditorium. Tel & Fax : 026 41 05 79 . Couriel
Edition : Cellule de communication. Vice Rectorat des relations extérieures de l’UMMTO Directeur de la

Edition :

Cellule de communication. Vice Rectorat des relations extérieures de l’UMMTO

Directeur de la publication :

Pr. Rabah Kahlouche, Recteur

Responsable de la rédaction :

Pr Hocine Fellag , Vice Recteur chargé des relations extérieures.

Comité de Lecture :

Pr Mohamed Dahmani , Pr Tahar Taleb Pr Mohamed Morsli , Pr Salah Belaid, Pr Iddir Ahmed-Zaid

Conception et réalisation :

Djamila Mansour

Adresse :

Campus Hasnaoua I. Auditorium.

Tel et Fax :

026 41 05 79/ 026 41 07 92

Couriel :

vrelex@mail.ummto.dz

Chronique…………………….…………………………

02

Hocine FELLAG

L’université Mouloud Mammeri : Trente ans après !

03

Dr Iddir AHMED ZAID

Caractérisation de la décision scientifique dans l’entreprise d’un point de vue statistique………………

21

Abderahmane Yousfate

Le syndrome de « MADE IN » et le sort des entreprises Publiques Industrielles (EPI)………………

26

Leïla MELBOUCI

Evolution du commerce extérieur de l’Algérie : 1980- 2005 Constat et analyse…………………………………

35

Khaled CHEBBAH

La dépendance alimentaire et les aléas du climat……

58

AMIR Youcef

Women, Men , Tradition, and Modernity in Efua Sutherland’s New Life at Kyerefaso and Ayi Kwei Armah’s Fragments……………………………………

62

Riche Bouteldja

 

94

ﺔــــﻓﺎﺤﺼﻟا ﺔــــﻐﻟ يدﺮبﺎـــﺒﺳأ…………………………

105

ﻥﺎﻤﺜﻋ لﺍﻭﻨ

1

Revue Campus N°7

Le Sens et la Mesure La chronique de Hocine FELLAG epuis la nuit des temps,
Le Sens et la Mesure
La chronique de Hocine FELLAG
epuis la nuit des temps, les hommes
ont toujours été fascinés par les
nombres.
Ces
derniers sont apparus
il y a très longtemps,
durant les premières
civilisations du Paléolithique.
Avant, l'homme était
incapable de compter ; il était
tout au plus capable de
concevoir l'unité et la
multitude. Et depuis, les
nombres et la vie des hommes ont toujours été
étroitement liés. Parmi ces nombres si
fascinants, se trouve le
nombre Trente ayant de
nombreuses propriétés
mathématiques. On
peut citer le fait que
c’est un entier
strictement positif produit des trois facteurs
premiers distincts 2, 3 et 5. C’est
aussi un entier divisible par la
somme de ses chiffres. Le
mathématicien Dattatreya
Ramachandra Kaprekar a qualifié
cette propriété de Harshad qui
signifie en sanscrit grande joie. Mais
c’est aussi le produit de deux entiers
naturels consécutifs (5 et 6).
Sur un autre plan, on sait aussi que,
depuis l’aube des temps, la relation entre
l’arbre et l’homme a toujours été étroite. En
effet, l’arbre est le témoin intemporel et le
compagnon bienfaiteur de
l’humanité. Selon la
mythologie, on raconte que,
dans la cité grecque, lorsque
Athéna a lancé sa lance sur le
sol, celle-ci se transforma en
olivier. Le fruit de cet arbre a
été tellement apprécié par ses
habitants que la ville fût
baptisée Athènes. Il semblerait que la culture
des oliviers a amélioré et facilité leurs
éclairages. Dès qu’on pense à l’arbre, on ne
peut s’empêcher de penser à la sagesse, la paix
et la prospérité. On dit même que l’olivier est
un fébrifuge. Si vous avez trente ans cette
année, alors vous avez le même âge que
l’université Mouloud Mammeri de Tizi-
Ouzou. Celle-ci a démarré en septembre 1977
comme centre universitaire
avec cinq cent étudiants et
vingt sept enseignants. Pour
ce faire, il fallait utiliser un
centre de repos, une salle de
cinéma, un sous-sol d’APC,
et un ancien lycée.
Aujourd’hui, elle en compte
plus de 40000 étudiants et
près de 1300 enseignants.
Elle est éclatée sur sept campus qui vont se
réduire à moyen terme à trois pôles principaux
(Hasnaoua I,
Hasnaoua II et
Tamda). J’ai
voulu parler du
nombre trente
car je le trouve
indissociable de l’olivier. L’UMMTO est un
peu comme cet olivier qui peut
occuper toute une génération. En
effet, la première va le planter, la
seconde l’entretenir et les autres
vont assurer la cueillette. Une
grande partie des cadres qu’elle a
formés fait le bonheur des
entreprises et des institutions
universitaires nationales ou
étrangères. De plus, elle est
aujourd’hui gérée, en grande partie, par ses
propres enfants. C’est important d’avoir trente
ans et toutes ses dents. On peut donc dire que
l’UMMTO se porte plutôt
bien de par sa stabilité et
ses avancées qualitatives.
Malgré les insuffisances,
il faut aller de l’avant et
préparer l’université de
demain. Peu importent les
difficultés. Après avoir
bouclé ses trente ans, une
nouvelle année commence pour l’UMMTO
qui devra indiscutablement se mettre sur son
trente et un.
Hocine FELLAG
2
Revue Campus N°7
L’université Mouloud Mammeri : Trente ans après ! Dr Iddir AHMED ZAID Vice-Recteur du Développement,

L’université Mouloud Mammeri : Trente ans après !

Dr Iddir AHMED ZAID Vice-Recteur du Développement, de la Prospective et de l’Orientation

du Développement, de la Prospective et de l’Orientation ans un monde en continuelle mutation où les

ans un monde en continuelle mutation où les frontières ne constituent plus que des écueils administratifs, la société attend de l’université qu’elle concilie au moins quatre réalités : (1) sa mission de formation et de recherche, (2) sa fonction critique, critique sociale, économique et éthique s’entend, (3) son positionnement spatial auprès de ses interlocuteurs et partenaires immédiats et de la communauté scientifique internationale, (4) son soutien à l’innovation comme acteur direct et comme partenaire. Devant ces exigences, il est intéressant de s’interroger dans quelle mesure la jeune université algérienne en général et l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou en particulier peut répondre à ces attentes et quelles sont les conditions nécessaires pour y parvenir à moyen et à long termes.

Depuis fort longtemps, notre pays a opté pour une politique de multiplication des équipements universitaires sur l’ensemble du territoire national afin de pourvoir d’abord à une demande importante en matière de formation et de qualification et s’inscrire ensuite dans un objectif de stimulation du processus de participation au développement et d’innovation technologique. Il est évident que ce choix nécessite le déploiement de lourds moyens en tous genres mais il doit s’appuyer sur un encadrement de qualité et en quantité suffisante. Après moins d’un demi-siècle de mise en œuvre de cette politique, on constate que l’évolution vers un système performant de formation supérieure bute sur maintes difficultés malgré des tentatives de réformes qui ne vont pas toujours jusqu’à leurs termes. La volonté de s’arrimer sur les modèles des pays développés ne suffit pas étant donné les écarts en termes de substance de départ, c’est-à-dire que les conditions initiales ne sont pas les mêmes 1 . Malgré toutes ces difficultés d’adaptation de l’université algérienne aux exigences d’un enseignement supérieur performant et productif, il est important de souligner que certaines tendances commencent à se dessiner, même si elles ne sont pas encore très perceptibles à l’échelle globale. On peut en saisir certains contours à plus petite échelle, c’est-à-dire à l’échelle de l’établissement. En d’autres termes, la massification et l’effet de nivellement masquent les efforts partiels et la volonté d’aller vers une meilleure matérialisation des objectifs de l’enseignement supérieur algérien. Dans ce qui suit, nous essaierons de saisir les conditions dans lesquelles évolue l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou et les potentialités dont elle dispose, d’apprécier plutôt que d’évaluer ses performances et sa productivité et surtout de voir quelles sont les perspectives qui s’offrent à elle pour concilier les quatre réalités attendues d’elle par la société.

De prime abord, il faut souligner qu’après plus de trois décennies d’existence, l’université Mouloud Mammeri entame sa phase de maturité. Créée ex nihilo pour répondre à un besoin social, elle commence à s’imposer comme l’un des pôles universitaires les plus importants du pays même si certains ont une histoire beaucoup plus longue. Elle a connu une croissance très rapide avec des hauts et des bas qui, par moment, ont sérieusement contraint son développement. Elle a eu à vivre des moments de crise qui ont secoué jusque sa réputation au point d’être qualifiée de « cas à part » nécessitant des « traitements

1 Disparités en matière d’encadrement, de techniques de gestion de la pédagogie, de formation de formateurs, de performance dans la production et la reproduction de la connaissance, d’actualisation et d’affinement des programmes, de moyens mis en œuvre, de la faible diversité de l’offre de formation hors université, celle-ci étant pratiquement l’unique secteur d’accueil des bacheliers, etc.

3

Revue Campus N°7

spécifiques ». Ces crises ont généré des instab ilités fonctionnelles et un déséquilibre latent entre

spécifiques ». Ces crises ont généré des instabilités fonctionnelles et un déséquilibre latent entre ses moyens et ses lourdes missions. Malgré ces aléas, elle a continué à assurer sa mission de formation dans des domaines scientifiques diversifiés en gardant la trajectoire du savoir, de la connaissance, de la recherche mais aussi de la production et du débat d’idées. Il est vrai que les multiples problèmes auxquels elle a été confrontée, notamment son gigantisme précoce, sa dispersion et la précarité de ses infrastructures, ont quelque part altéré cette sérénité et cette rigueur qui l’ont marquée à son démarrage, mais dans l’ensemble, elle demeure un espace de potentialités avérées sur l’échiquier national contribuant modestement au développement du capital humain.

Il est évident que nous ne pouvons nous prévaloir de jugements positifs si des arguments ne sont pas apportés à la base. C’est dans ce but que nous nous proposons dans ce qui suit de livrer la réalité de l’université Mouloud Mammeri. Il ne s’agit pas d’apporter des situations chiffrées mais de faire la part des choses et de tenter de montrer comment elle remplit ses missions et ses différents rôles vis-à-vis de ses étudiants d’abord, de la société et du champ socioéconomique. Après un bref aperçu historique sur son évolution, nous mettrons en relief les potentialités dont elle dispose, puis nous essaierons de cerner de manière critique quelques aspects de sa productivité, en d’autres termes, chercher à cadrer ses performances dans différents domaines, enfin, nous discuterons de ses rapports avec son environnement et d’une manière générale, avec le monde extérieur.

UN PEU DHISTOIRE

Créée en septembre 1977 en tant que centre universitaire avec un effectif d’un peu moins de 500 étudiants, dans un centre d’accueil pour personnes âgées sis à Oued Aïssi, l’université de Tizi Ouzou accueille aujourd’hui plus de 41 000 étudiants ! A l’époque, le centre universitaire était structuré en quatre départements 2 . Ceux-ci évoluaient dans une salle de cinéma de la ville et un sous-sol de la mairie improvisés alors en amphithéâtres, 07 salles

de travaux dirigés, 06 laboratoires et 02 laboratoires de langue. L’encadrement comprenait au total 27 enseignants 3 . Après trois années d’existence seulement, le centre universitaire de Tizi Ouzou devint un foyer de la contestation estudiantine et de la revendication identitaire, ce qui

a conduit aux évènements du Printemps Amazighe d’avril 1980 auquel l’université reste intimement liée depuis.

Entre 1984 et 1989, le centre universitaire éclate en neuf (09) instituts nationaux d’enseignement supérieur (INES) avec la mise en œuvre de la nouvelle carte universitaire 4 . Chaque institut jouissait de l’autonomie financière et administrative et était dirigé par un directeur nommé par la tutelle. Le fonctionnement global de cette institution était assuré par un conseil de coordination présidé par un coordonnateur désigné parmi les directeurs des

INES. Cette forme d’organisation a désarticulé certaines filières par un effet de dispersion et

la remise en cause de certaines formations à l’image de la biologie qui s’est vu diluée dans

l’institut des sciences agronomiques. Par contre, elle a permis le démarrage des embryons des instituts d’Architecture et d’Electronique. En 1989, on assiste au regroupement des différents

2 Département des sciences exactes, Département des sciences biologiques, département des sciences juridiques et administratives et Département de langue et littérature arabes.

3 Dont : 03 en langue et littérature arabes, 04 en sciences juridiques, 08 en sciences exactes et 12 en biologie.

4 Institut des Sciences Exactes, Institut des Sciences Agronomiques, Institut des Sciences Médicales, Institut des Sciences Economiques, Institut de Langue et Littérature arabes, Institut de Droit, Institut de Génie Civil, Institut d’Electrotechnique et Institut d’Informatique.

INES en un ensemble plus cohérent avec des form ations diversifiées. C’est la re-naissance de

INES en un ensemble plus cohérent avec des formations diversifiées. C’est la re-naissance de l’université de Tizi Ouzou scindée en quinze (15) instituts 5 .

En 1991, l’université de Tizi Ouzou enrichit son offre de formation par la création du Département de Langue et Culture Amazighes. Entre temps, l’université de Tizi Ouzou fut baptisée à juste titre du nom de l’illustre écrivain Mouloud Mammeri, décédé le 26 février 1989. Elle a du fonctionner ainsi jusqu’en 1998 où un décret présidentiel remodèle en profondeur l’organisation de l’université algérienne d’une manière générale, y compris dans la gestion de ses aspects pédagogiques.

Sur cette base, l’université Mouloud Mammeri a été structurée d’abord en six (06) puis en huit (08) facultés subdivisées en vingt neuf (29) départements d’enseignement et de recherche. Depuis, elle ne cesse d’étoffer son offre de formation par la création de nouvelles filières et spécialités tant en graduation qu’en post-graduation. Même si elle demeure en phase de construction, l’université Mouloud Mammeri affirme chaque année un peu plus son identité et consolide sa tendance à jouer un rôle de pôle scientifique important tant à l’échelle nationale qu’internationale, grâce notamment aux potentialités qu’elle recèle.

LES POTENTIALITES DE LUNIVERSITE MOULOUD MAMMERI

L’une des missions principales de l’université est de contribuer au développement du capital humain et de diffuser le savoir. Pour y arriver, elle doit se prévaloir de la diversité de son offre de formation en équilibre avec les besoins des divers secteurs de la vie économique et du développement technologique. Partant de là, ses potentialités doivent être d’abord humaines, matérielles et pédagogiques ; en d’autres termes, il s’agit de compétences, de moyens infrastructurels et financiers et de l’offre de formation.

Armature administrative, pédagogique et infrastructurelle

L’université Mouloud Mammeri est multisite : les enseignements sont dispensés dans huit campus universitaires 6 . Les campus de Oued Aïssi, Didouche Mourad, Hamlat et de l’Habitat sont de vieilles infrastructures cédées à l’université par les secteurs de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’habitat. Il s’agit de structures provisoires non conformes aux normes et exigences de la pédagogie universitaire. Evidemment, cette dispersion résulte de l’histoire de la formation de l’université Mouloud Mammeri fondée essentiellement sur l’affectation de structures provisoires pour parer à la croissance rapide des effectifs et aux aléas immédiats des rentrées universitaires sans aucune assise planifiée.

De nos jours, la dispersion de l’université demeure une contrainte majeure dans l’exploitation rationnelle des infrastructures et dans la préservation du temps pédagogique eu égard aux déplacements des enseignants et des étudiants entre campus. Elle est aussi source de déménagements de départements pour recomposer des configurations pédagogiquement viables répondant aux contraintes particulières des rentrées universitaires, de la gestion des flux et de la pression exercée sur certaines filières. Dans son armature administrative et

5 Instituts d’Agronomie, d’Architecture, de Biologie, de Génie Civil, de Génie Mécanique, d’Informatique, d’Electronique, d’Electrotechnique, des Sciences Exactes, des Sciences Médicales, des Sciences Economiques, des Sciences Juridiques et Administratives, des Langues Etrangères, de Langue et Littérature Arabes, de Psychologie.

6 Ce sont les campus de Oued Aïssi, de Boukhalfa, de Hasnaoua I, du Complexe Biomédical, de Hasnaoua II (Pôle de Technologie), de Didouche Mourad (ILE), de Hamlat et de l’Habitat.

pédagogique actuelle, l’université Mouloud Mammeri compte huit facultés 7 subdivisées en 29 départements

pédagogique actuelle, l’université Mouloud Mammeri compte huit facultés 7 subdivisées en 29 départements pédagogiques et de recherche 8 . A leur tour, ces départements dispensent des enseignements et délivrent des diplômes dans pas moins de 70 spécialités et options et délivrent sept (07) différents types de diplômes (Ingéniorat d’Etat, Licence, DES, DEUA, Doctorat de Médecine, Diplôme de Pharmacien, Diplôme de Chirurgien Dentiste).

La multiplicité des départements et des spécialités consacre la pluridisciplinarité de l’université Mouloud Mammeri et la diversité de son offre de formation qui ne cesse de s’enrichir chaque année avec l’ouverture de nouvelles filières et spécialités pratiquement dans toutes les facultés. Il est évident que l’offre de formation va se développer encore davantage avec la mise en œuvre de la nouvelle architecture de l’enseignement supérieur partiellement entamée à partir de la rentrée universitaire 2005-2006.

L’université Mouloud Mammeri évolue dans des infrastructures qui ne cessent de se développer pour absorber les nouveaux effectifs et aider à la résorption progressive des infrastructures provisoires vétustes et au développement de l’offre de formation. A l’heure actuelle, on évalue ses capacités d’accueil à 32 615 places pédagogiques réparties entre amphithéâtres, salles de travaux dirigés, laboratoires, salles de travaux pratiques et ateliers divers. La structure détaillée des infrastructures est donnée dans le tableau I.

Nature de l’infrastructure

Nombre

Capacité totale

Amphithéâtres

52

12

030

Salles de cours

74

4

400

Salles de travaux dirigés

308

11

131

Salles de travaux pratiques

21

 

536

Laboratoires

71

1

940

Salles techniques

53

1

078

Centre de calcul

02

 

90

Bibliothèques et salles de lecture

11

1

100

Total

 

32

615

Tableau I : Consistance et structure de l’infrastructure pédagogique (2006-2007)

Trois mille nouvelles places pédagogiques seront réceptionnées à la rentrée universitaire 2007-2008 au campus de Hasnaoua II. Celles-ci comprennent notamment une dizaine d’amphithéâtres qui viendront répondre aux besoins en la matière des facultés qui évoluent au niveau de ce campus. Ce qui portera les capacités infrastructurelles à 35 615 places pédagogiques. Les taux d’occupation des salles seront de 1 place pour 3 étudiants en amphithéâtre, de 1 place pour 2.5 étudiants en salle de travaux dirigés, de 1 place pour 9.5 étudiants en laboratoire et de 1 place pour 15 étudiants en bibliothèque. Ces taux sont relativement plus élevés dans les filières des lettres, de droit, d’économie et de gestion que dans les filières des sciences et technologie.

7 Faculté des Sciences, Faculté de Médecine, Faculté des Sciences Biologiques et Agronomiques, Faculté de Droit, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Faculté du Génie de la Construction, Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, Faculté du Génie Electrique et de l’Informatique.

8 Mathématiques, Physique, Chimie, Médecine, Chirurgie Dentaire, Pharmacie, Agronomie, Biologie, Biochimie et Microbiologie, Droit Privé, Droit public, Sciences politiques, Langue et Lettres Arabes, Langue et Culture Amazighes, Français, Anglais, Interprétariat, Psychologie, Architecture, Génie Civil, Génie Mécanique, Economie, Gestion, Sciences commerciales, Automatique, Electronique, Electrotechnique, Informatique.

6

Revue Campus N°7

Sur ce plan, on peut affirmer que l’unive rsité Mouloud Mammeri est en cours de

Sur ce plan, on peut affirmer que l’université Mouloud Mammeri est en cours de construction et de matérialisation. D’immenses chantiers sont engagés actuellement avec la réalisation de 15 000 places pédagogiques au nouveau site de Tamda. Ces capacités infrastructurelles seront opérationnelles à compter de l’année 2008-2009 et permettront à l’université Mouloud Mammeri de développer de nouveaux créneaux de formation et de subvenir aux déficits infrastructurels latents ! Les œuvres universitaires ne sont pas en reste puisque pas moins de 22 000 lits seront engagés en réalisation dans le courant de l’année 2007-2008, tandis qu’un projet de 500 lits est en cours de réalisation au site de Rehahlia.

La recherche étant l’allié naturel de la pédagogie, l’administration universitaire s’est attelée à la matérialiser dès l’agrément des premiers laboratoires par l’affectation d’infrastructures spécifiques. C’est dans ce sens que deux blocs entiers ont été attribués comme locaux pour le Laboratoire de Physique et de Chimie Quantique (LPCQ), le Laboratoire des Matériaux Electrochimie et Corrosion (LAMEC), le Laboratoire des Eaux, le Laboratoire de Chimie Appliquée et de Génie Chimique (LCAGC), et le Laboratoire de Biochimie Appliquée et de Biotechnologie (LABAB). D’autres locaux ont été individualisés dans différents sites et blocs pédagogiques et affectés aux laboratoires de recherche au fur et à mesure de leur agrément. Il en est ainsi du Laboratoire de Recherche en Economie et Dynamiques Locales (REDYL), du Laboratoire de Mécanique des Structures et d’Energétique (LMSE), du Laboratoire de Recherche en Informatique (LARI), de deux Laboratoires de Génie civil (LAMOMS et LGEA), de deux Laboratoires de recherche en électronique et automatique (LAMPA et L2CSP), du Laboratoire d’Immunologie, du Laboratoire de Mathématiques Pures et Appliquées (LMPA) qui sont tous domiciliés dans des locaux appropriés à la mesure du nombre d’équipes qui les composent. Certains laboratoires de biologie et d’agronomie (Ressources Naturelles et Valorisation des Ressources Naturelles) occupent des locaux au niveau de l’unité de recherche du complexe biomédical.

Pour matérialiser davantage les activités de recherche et étoffer sa propre infrastructure l’université Mouloud Mammeri a bénéficié d’un financement conséquent pour la réalisation d’une infrastructure de 20 laboratoires et un ensemble de bureaux au niveau du campus de Hasnaoua II. La conduite de ce projet est à la phase d’approbation de l’esquisse architecturale.

Potentialités humaines

En matière d’encadrement, l’université Mouloud Mammeri dispose pour l’année universitaire 2006-2007 de 1 266 enseignants permanents dont la structure par grade et par faculté est donnée dans le tableau II.

Grade

et

Prof.

M. Conf.

C. Cours

M. Ass.

Assistant

Prof. Ing

Totaux

faculté

Sciences

18

26

82

100

03

02

231

FGEI

08

08

61

60

11

02

150

FGC

06

16

70

57

14

11

174

FSAB

08

16

77

55

06

01

163

FMED

05

04

00

131

00

00

140

FSEG

02

05

49

37

06

00

99

DROIT

03

12

53

60

12

00

140

FLSH

05

07

66

86

04

01

169

Totaux

55

94

589

455

56

17

1 266

Tableau II : Structure du corps enseignant par grade et par faculté (2006-2007)

7

Revue Campus N°7

Il faut relever un certain déséquilibre entre facultés en termes d’encadrement. A ce titre, on

Il faut relever un certain déséquilibre entre facultés en termes d’encadrement. A ce titre, on constate que la faculté des Lettres et Sciences Humaines, la faculté des Sciences économiques et celle de droit (taux d’encadrement de l’ordre de 1 enseignant permanent pour 60 étudiants) accusent des déficits sérieux en termes d’encadrement. Ces déficits sont beaucoup plus prononcés pour les départements d’anglais et de français auxquels il faudrait ajouter le département d’informatique de la faculté du Génie électrique et de l’informatique. Les facultés les mieux encadrées restent celles des Sciences (1 : 13), du Génie de la Construction (1 : 15), des Sciences Agronomiques et Biologiques (1 : 23) et du Génie Electrique et de l’Informatique (1 : 24). Ces taux sont à prendre dans l’absolu ; en fait, il faut tenir compte de la coopération entre les facultés, notamment pour les modules des sciences fondamentales ; la faculté des sciences couvre l’essentiel des modules de mathématiques, de chimie et de sciences physiques.

Il faut remarquer la part modeste des professeurs et des maîtres de conférences qui n’émargent qu’avec un taux de 11.8 % dans l’effectif total du corps enseignant permanent. Cependant, ce déficit est partiellement compensé par la qualité des diplômes des autres catégories du corps enseignant dont 25 % sont titulaires d’un

diplôme supérieur ou équivalent au doctorat du troisième cycle, tandis que 69 % sont titulaires d’un magistère et les 6 % restants ont un diplôme inférieur au DEA. Cette compensation par la qualité du diplôme donne une meilleure assise à la compétence du corps enseignant permanent de l’université Mouloud Mammeri.

Structure de l'effectif enseignants par faculté Effectif total : 1 266 enseignants

Agronomie & Biologie Sciences Economie & Gestion 13% 18% 8% Génie Electrique & Informatique Médecine
Agronomie & Biologie
Sciences
Economie & Gestion
13%
18%
8%
Génie Electrique
& Informatique
Médecine
12%
11%
14%
Droit
11%
13%
Génie Construction

Lettres & Sciences Humaines

Afin de combler les déficits en encadrement, l’université Mouloud Mammeri recrute chaque année de nouveaux enseignants à concurrence des postes ouverts par la tutelle (en moyenne 100 postes par an), mais les écarts restent encore importants. Pour illustrer l’ampleur de ces déficits, il faut noter que pour l’année 2006-2007, l’effectif théorique calculé sur la base de la norme universelle d’un enseignant pour 15 étudiants devrait être de 2 400 enseignants ! Ce qui induit un manque à gagner de 1 134 enseignants relativement à l’effectif en place qui est de 1 266 enseignants permanents et qui doit être compensé par le recours à la vacation. Si l’on retient le taux d’un enseignant permanent pour 20 étudiants, il nous faudrait disposer de 1 800 enseignants permanents, soit un déficit de 534 enseignants par rapport à l’effectif réel en poste ! Pour l’année 2007-2008, si l’on retient un effectif de 41 000 étudiants, l’effectif théorique nécessaire sera de l’ordre de 2 730 enseignants pour une norme universelle d’encadrement ; ce qui nous conduira à un déficit de l’ordre de 1364 enseignants qui doit être comblé par des vacataires !

Pour accomplir sa mission pédagogique et de recherche, le corps enseignant est assisté par un effectif de l’ordre d’un millier d’agents techniques et de service. Le taux d’encadrement actuel en matière de personnel de soutien est d’un agent pour 36 étudiants. Ce qui induit un écart non négligeable puisque la norme admise en la matière prévoit un agent pour 30 étudiants. Le déficit enregistré s’élève donc à 200 agents pour l’année 2006-2007, l’effectif nécessaire au fonctionnement de l’université étant de 1 200 agents.

L’analyse de la structure de l’effectif montre qu’il est essentiellement composé du personnel d’exécution (60

L’analyse de la structure de l’effectif montre qu’il est essentiellement composé du personnel d’exécution (60 %) alors qu’une institution de formation supérieure demande, de par son essence même, davantage de personnels techniques et qualifiés. Il est fondamental pour le bon fonctionnement de l’université de recentrer la politique de recrutement en personnels ATS vers un meilleur équilibre dans la structure des ressources humaines qui permettra de pourvoir tous les postes spécifiques, notamment au niveau des facultés et des services centraux. Ce déficit de qualification et de qualité est d’ailleurs perceptible à travers la structure par diplôme de l’effectif ATS dont plus de 60 % possède un niveau inférieur au baccalauréat, ce qui est loin de garantir la qualité requise dans la gestion des affaires d’une université qu’elles soient administratives, techniques ou pédagogiques.

Potentialités dans le domaine de la recherche et de la formation post-graduée

L’université Mouloud Mammeri compte 19 laboratoires agréés activant dans différents domaines de la recherche qui cadrent relativement bien avec les préoccupations actuelles tant au plan national qu’international. Quatre grandes tendances se dégagent dans les thèmes de recherche développés dans ces laboratoires : (1) domaine des matériaux dans toute leur diversité (géomatériaux, technologie du silicium, biomatériaux, élaboration et caractérisation des matériaux, etc.), (2) environnement, ressources naturelles et valorisation des ressources naturelles, (3) études théoriques et simulation de phénomènes physiques divers, (4) Compréhension de la société, de son développement et de son patrimoine. Onze (11) laboratoires relèvent des Sciences et de la Technologie, cinq (05) des Sciences de la Nature et de la Vie et trois (03) des Sciences Sociales et Humaines. Il est clair que l’orientation de la recherche est à dominante scientifique et technologique, ce qui concorde avec la tendance actuelle de la recherche dans les pays prônant l’innovation comme axe central du développement. L’approche développée dans la plupart de ces laboratoires est avant tout pluridisciplinaire. Souvent des enseignants chercheurs de diverses disciplines et facultés sont impliqués dans les thèmes de recherche. Plus de 560 enseignants chercheurs activent à travers les structures de ces laboratoires, soit près de 44 % de l’effectif total des enseignants en place.

Par ailleurs, 109 projets de recherche, dirigés par des enseignants chercheurs de l’université Mouloud Mammeri, ont été agréés par la Commission Nationale d’Evaluation des Projets de Recherche Universitaire (CNEPRU) pour la période 2004-2007. Plus de 580 enseignants chercheurs, soit près de 46 % du corps enseignant, activent dans ces projets qui sont souvent affiliés aux équipes de recherche des laboratoires agréés.

Le tableau III illustre la répartition des projets de recherche par faculté pour la période 2004–2007 :

Faculté

SCIE

FGEI

FLSH

FGC

FSEG

DROIT

FSAB

Total

Nombre de

               

projets

24

26

05

24

09

08

13

109

Tableau III : Répartition des projets de recherche par faculté

Comme pour les laboratoires, la tendance générale est dominée par les sciences, la technologie et les sciences de la nature et de la vie. Les sciences sociales et humaines interviennent pour 20 % uniquement dans les projets de recherche développés au cours de la période 2004-2007 à l’université Mouloud Mammeri.

9

Revue Campus N°7

Les activités de recherche sont consolidées par des échanges dans le cadre de réseaux internationaux

Les activités de recherche sont consolidées par des échanges dans le cadre de réseaux internationaux de recherche par le biais d’opérations de partenariat tels que les accords CMEP qui sont au nombre de neuf (09) dont quatre (04) hors université Mouloud Mammeri et auxquels contribue une part importante de ses enseignants chercheurs, les accords PICS et CNRS/DRS qui sont au nombre de quatre (04). Par ailleurs, et toujours dans un souci de consolidation de ses programmes de recherche et de formation, notre université entretient des relations de coopération avec des universités étrangères, principalement françaises. C’est ainsi que 11 conventions de coopération entre notre université et organes universitaires étrangers ont été signées et sont aujourd’hui opérationnelles. Il faudrait y ajouter un accord de coopération dans le cadre du Haut Conseil Franco-Algérien Universitaire et de Recherche entre les universités de Haute Alsace et de Strasbourg et l’université Mouloud Mammeri. Ces différents cadres de coopération et de partenariat scientifique drainent, dans le cadre d’échanges soutenus, des enseignants chercheurs de haut niveau qui contribuent à la qualité des formations dispensées à l’université Mouloud Mammeri que ce soit en post-graduation ou en graduation. Il est évident que ce dispositif de recherche–formation contribue efficacement à la production scientifique, à l’actualisation des connaissances, à la formation des enseignants et au fonctionnement des post-graduations réservoirs de futurs enseignants. S’agissant d’études post-graduées, 1 320 étudiants poursuivent des études à l’université Mouloud Mammeri, dont 725 en magistère et 595 en doctorat. Le tableau IV donne la répartition des étudiants de magistère et des doctorants par faculté.

Faculté

SCIE

FGEI

FGC

FSAB

FSEG

DROIT

FLSH

Total

Magister

55

101

67

33

71

124

236

725

Doctorat

134

134

71

88

38

152

66

595

Tableau IV : Consistance et répartition par faculté des étudiants de post-graduation

Il faut remarquer que les effectifs des étudiants de post-graduation sont en nette augmentation, ce qui prélude d’un bon processus de reproduction de la connaissance et surtout d’une véritable amélioration de la qualité du corps enseignant. Ce dernier aspect est perceptible au niveau du nombre de doctorants et du nombre de soutenance de doctorats et de magisters enregistré ces derniers temps.

Potentialités financières

Le budget de l’université est fortement dépendant de la subvention de l’Etat. Si l’on exclut les rares recettes provenant des frais d’inscription des étudiants les quelques maigres subventions octroyées par ci par là, et les rares prestations réalisées pour des secteurs tiers, l’université émarge à plus de 99 % au budget de l’Etat. C’est dire que nous sommes loin d’une université générant ses propres ressources et disposant d’une véritable stratégie d’autofinancement !

Le bon fonctionnement de l’université est évidemment lié à la disponibilité de moyens financiers conséquents et à leur bonne gestion, liée elle-même à la disponibilité et à l’efficacité des ressources humaines. Les moyens doivent refléter les effectifs des étudiants étant donné que la dotation budgétaire est directement proportionnelle à l’effectif des étudiants en place, la dotation par étudiant étant de 60 000 DA.

Il est évident que plus de 80 % du budget c ouvrent les salaires des

Il est évident que plus de 80 % du budget couvrent les salaires des enseignants et du personnel ATS et que seuls les 20 % restant vont directement à l’amélioration de la pédagogie par le biais de l’acquisition de ressources documentaires et de moyens matériels divers, de l’entretien des infrastructures, du recyclage et du perfectionnement du corps enseignant, de la formation du corps des ATS, etc.

L’une des préoccupations majeures reste le développement des ressources documentaires. Un effort soutenu est accordé à leur consolidation en raison du déficit cumulé tant au plan des ouvrages de bibliothèque que de la documentation spécialisée (revues et périodiques divers). Un effort particulier a été consenti ces dernières années, mais il reste à poursuivre et à consolider. Chaque année, pratiquement un quart de la section II du budget de fonctionnement est consacré à l’acquisition d’ouvrages scientifiques et aux abonnements.

Il est à noter que les ouvrages de base demeurent encore en nombre insuffisant, notamment pour les troncs communs (SETI, TCT, Sciences Biologiques et Agronomiques, Sciences Médicales, Lettres et Sciences Economiques) tant les effectifs inscrits chaque année restent importants. Il est évident que la disponibilité d’ouvrages en sciences fondamentales est vital : à l’heure actuelle, il n’y a pas de palliatif immédiat tant que d’autres moyens de documentation (abonnement électronique par exemple) ne sont pas mis en œuvre à large échelle dans l’université algérienne en général. Le livre reste irremplaçable.

Au total, près de 480 000 MDA sont investis dans l’acquisition de ressources documentaires sur une période des 09 dernières années. Il convient de maintenir cet effort de consolidation des ressources documentaires pour résorber totalement le déficit en la matière, continuer l’actualisation du fonds documentaire et en même temps faire face à la forte croissance des effectifs. Cet effort est d’ailleurs inscrit comme priorité dans la politique budgétaire de l’université Mouloud Mammeri à côté des équipements informatiques.

Prônant une politique d’amélioration de la qualité de l’encadrement par le recyclage, le perfectionnement et l’actualisation des connaissances, l’université Mouloud Mammeri alloue chaque année, dans le cadre de son budget de fonctionnement, une enveloppe consistante pour les stages de courte durée et congés scientifiques.

PERFORMANCES ET PRODUCTIVITE DE LUNIVERSITE MOULOUD MAMMERI

Il est admis que l’indicateur d’éducation et de scolarisation, l’indicateur de la santé publique et l’indicateur de développement économique (PIB par habitant) fondent ce que le PNUD définit comme l’indicateur de développement humain (IDH). C’est cet indicateur qui mesure les performances sociales d’un pays donné. La contribution des universités au développement est donc fondamentale et c’est pour cela que l’on doit pouvoir jauger sa productivité et ses performances. Ici, notre objectif n’est pas de disserter sur cet indicateur ni d’accéder à une appréciation quantitative qui nécessite la disponibilité de données précises sur l’ensemble de l’éducation mais aussi de la santé économique du pays, mais de faire référence à un certain nombre d’indicateurs secondaires pouvant fonder une appréciation préliminaire et qualitative des performances et des résultats de l’université Mouloud Mammeri, tels que les taux de réussite, le rendement de l’université, la qualité et la diversité de la contribution à la formation au vu des diplômés qui en sortent, l’indice d’ouverture sur l’environnement local, national et international, les aspects qualitatif et quantitatif des travaux de recherche engagés

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Revue Campus N°7

dans ses différents laboratoires, etc. Evidemment, il est des para mètres qui sont mesurables et

dans ses différents laboratoires, etc. Evidemment, il est des paramètres qui sont mesurables et d’autres qui nécessitent une meilleure maîtrise des données qui, malheureusement ne sont pas toutes en notre possession.

Du taux de réussite à l’université Mouloud Mammeri

Connus pour être faibles dans certaines filières, particulièrement dans les troncs communs (SETI, TCT, Biologie, 3 ème année de spécialité des filières de technologie), les taux de réussite commencent à connaître une amélioration sensible comme l’attestent les résultats de l’année 2005-2006 consignés dans le tableau suivant :

Faculté

SCIE

FGEI

FGC

FSAB

MED

FSEG

DROIT

FLSH

Taux de

               

succès (%)

59.85

69.86

67.75

75.76

79.30

75.97

81.68

72.49

Tableau V : Taux de succès par faculté en 2005–2006

Le taux moyen de succès à l’université Mouloud Mammeri est de 72.83 %, ce qui est globalement élevé et est synonyme d’un rendement appréciable. Cependant, on note un écart de l’ordre de 15 à 20 % entre les filières des sciences expérimentales et celles des sciences sociales et humaines. Celui-ci s’explique principalement par les faibles taux de succès des troncs communs et des filières des sciences exactes, des troncs communs de biologie et des DEUA pour les filières de technologie tandis que les filières de médecine, des sciences économiques, du droit et des lettres accusent des taux plus élevés. Il est évident que l’amélioration des taux de réussite permettra de réduire la durée du séjour des étudiants à l’université, les coûts de la formation, la surcharge des effectifs et les déperditions de toute sorte, et, partant de là, le rendement de l’université. D’un autre côté, cette amélioration est intimement liée aux efforts fournis dans la consolidation des ressources documentaires, des équipements scientifiques et divers moyens matériels, la stabilité et la compétence du corps enseignant et enfin, la sauvegarde du temps pédagogique.

On peut aborder le problème autrement et expliquer la relative importance de l’échec dans certaines filières, particulièrement dans les troncs communs, par les difficultés des matières dispensées relativement au niveau des étudiants admis, des programmes surchargés, les difficultés linguistiques, la surcharge des effectifs, la mauvaise orientation des bacheliers à la base, et d’autres paramètres relevant également des conditions sociales des étudiants.

Pour réduire davantage l’échec à l’université Mouloud Mammeri, il faudrait améliorer la qualité de l’encadrement, réduire l’absentéisme (étudiants et enseignants) et l’érosion du temps pédagogique (limitation et gestion intelligente des conflits), garantir plus de moyens matériels et d’équipements (travaux pratiques, travaux dirigés, documentation, matériels et mobiliers, et autres moyens accessoires mais obligatoires, moyens d’accompagnement, etc.), réduire davantage la durée de séjour des étudiants dans les cycles de formation par une prise en charge psychotechnique de l’orientation à l’entrée et en cours du cycle d’études en cas d’échec, accroître la disponibilité des supports pédagogiques (polycopiés de cours et de TD), améliorer et diversifier les procédures d’évaluation, etc.

Contribution à la diffusion du savoir et au développement du capital humain : L’université est

Contribution à la diffusion du savoir et au développement du capital humain :

L’université est l’espace qui contribue largement à la diffusion du savoir et à l’amélioration du capital humain. Les secteurs employeurs exigent de plus en plus de qualification et la base de population qui bénéficie d’un niveau d’éducation appréciable doit être de plus en plus élevée.

Avec un flux entrant de l’ordre de 11 000 à 11 500 nouveaux bacheliers pour l’année 2007-2008, l’effectif des étudiants qui était de 36 000 l’année écoulée va franchir probablement le seuil des 41 000 étudiants. Ceci montre le poids de notre institution universitaire au niveau national où elle occupe le huitième rang, qu’à l’échelle de la région du centre où elle constitue le quatrième pôle universitaire.

Pour

bien

illustrer

cette

Evolution des effectifs étudiants Université Mouloud Mammeri Tizi Ouzou

60 000 50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0 Etudiants 1977-1978
60
000
50
000
40
000
30
000
20
000
10
000
0
Etudiants
1977-1978
1979-1980
1981-1982
1983-1984
1985-1986
1987-1988
1989-1990
1991-1992
1993-1994
1995-1996
1997-1998
1999-2000
2001-2002
2003-2004
2005-2006

importance, il faut savoir que ses effectifs représentent environ 25 % de la population totale

de la commune de Tizi Ouzou ! Les effectifs des étudiants ne cessent de s’accroître chaque année, enregistrant parfois des pics dépassant les 14 % pour l’année 2006-2007. La tendance à une croissance rapide semble se confirmer, notamment avec l’amélioration progressive du taux de succès au baccalauréat. La courbe de tendance laisse entrevoir un effectif de l’ordre de 50 000 étudiants pour l’année universitaire 2009-2010 !

Le tableau VI donne la répartition des effectifs par faculté pour l’année universitaire

2006-2007.

Faculté

Scienc.

FGEI

FGC

FSAB

MED

FSEG

DROIT

FLSH

Total

Effectif

3114

3210

2602

4315

3007

5702

6377

7211

35 538

Tableau VI : Consistance des effectifs étudiants et répartition par faculté

Les sciences expérimentales occupent près de 45.7 % des étudiants tandis que les sciences sociales et humaines absorbent 55.3 % des effectifs de l’université pour l’année 2006-2007. Ce qui donne une situation relativement équilibrée malgré que dans son armature administrative et pédagogique, l’université Mouloud Mammeri est dominée par les sciences et la technologie. De ce fait, on peut dire qu’elle possède un des atouts essentiels à travers ses potentialités humaines et son offre de formation pour prendre part activement au processus du développement durable.

Pour la même année, il faut remarquer que plus de 62.6 % des effectifs sont de sexe féminin ; les facultés des lettres, de droit, des sciences biologiques et agronomiques comportent les taux de « féminisation » les plus élevés : en lettres 77.3 % des étudiants sont des filles ; en droit ce taux atteint 73.5 % ! Cette tendance semble se confirmer à travers la répartition des bacheliers de l’année 2007 qui donne nettement l’avantage au « sexe faible » !

L’université Mouloud Mammeri te nd-elle vers une « ségrégat ion » des diplômés et par

L’université Mouloud Mammeri tend-elle vers une « ségrégation » des diplômés et par conséquent des métiers à la faveur du monde féminin ?

Dans la structure des effectifs étudiants, un peu moins de 2 000 étudiants préparent un diplôme de cycle court, soit moins de 6 % ! C’est dire que les étudiants de l’université Mouloud Mammeri sont attirés à 94 % par les études de longue durée et aspirent pour une bonne partie à verser dans le domaine de la formation par la recherche en intégrant des formations post-graduées localement ou à l’étranger. Cette tendance aux formations les plus longues est un bon indicateur de la santé pédagogique de l’université Mouloud Mammeri et de sa contribution au développement du capital humain. D’ailleurs, le cycle court tend à disparaître avec la mise en œuvre de la nouvelle architecture de l’enseignement supérieur qui occupe actuellement près de 1800 étudiants.

Contribution à la formation des cadres

A la fin de l’année universitaire 2006-2007, il est sorti de l’université Mouloud Mammeri 4 551 diplômés toutes filières confondues ; la ventilation de ces effectifs par faculté est donnée par le graphique ci-contre.

Structure de l'effectif des diplômés par faculté Année 2005-2006. Effectif total : 4 551

FGEI SCIENCES DROIT 15% 1% FGC 19% 10% 7% FSAB 22% 9% FLSH 17% MEDECINE
FGEI
SCIENCES
DROIT
15%
1%
FGC
19%
10%
7%
FSAB
22%
9%
FLSH
17%
MEDECINE
FSEG

Il faut remarquer que, pour l’instant, l’équilibre est relativement assuré entre les effectifs diplômés des facultés des sciences

sociales et humaines et ceux des facultés des sciences expérimentales, avec cependant un léger avantage pour ces dernières qui enregistrent 58 % des diplômés.

Mais dans les années à venir cet écart peut s’accentuer au profit des sciences sociales et humaines étant donné que les cohortes des nouveaux bacheliers orientés vers les sciences sociales et humaines sont de plus en plus importantes. Ce qui ne sera pas conforme avec l’hypothèse qui préconise comme une des conditions du développement d’un pays l’existence d’une population plus accrue de diplômés en sciences expérimentales pour faire face aux défis des nouvelles technologies qui ont envahi pratiquement tous les domaines de la vie.

Il faut remarquer que l’essentiel des diplômés est constitué de licenciés et de DES tandis que le contingent d’ingénieurs demeure relativement modeste.

Pour l’année 2006-2007, l’effectif des diplômés dépassera la barre des 5 000 étudiants, ce qui conduira à une augmentation de l’ordre de 10 %, l’effectif évoluant en fin de cycle étant de 5430 étudiants dont la répartition par faculté est consignée dans le tableau VII :

Faculté

SCI

FGEI

FGC

FSAB

MED

FSEG

DROIT

FLSH

Effectif en fin de cycle

88

698

649

696

429

660

968

1242

Tableau VII : Consistance et répartition par faculté des étudiants en fin de cycle

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Revue Campus N°7

Plus de 65 % des diplômés seront de sexe féminin, ce qui traduit sa prédominance

Plus de 65 % des diplômés seront de sexe féminin, ce qui traduit sa prédominance dans les effectifs de l’université Mouloud Mammeri, notamment dans les filières littéraires, de droit et des sciences économiques ! La faculté des Lettres et Sciences Humaines, la faculté de Droit et la faculté des Sciences Economiques et de Gestion fourniront à elles seules fourniront plus de 53 % des diplômés, les autres facultés se partageant le reste. Ces données expriment aussi le manque d’attraction des sciences exactes qui restent pratiquement à la base des enseignements de toutes les filières ! L’important effectif des diplômés attendu pour l’année 2006-2007 est synonyme d’une meilleure progression des étudiants dans les différents cycles de formations et permettra à coup sûr d’augmenter le nombre de places pédagogiques à offrir aux nouveaux bacheliers de l’année 2007 dont l’effectif reste très important !

D’autre part, plus d’une centaine de mémoires de magistère et de thèses de doctorat sont soutenus annuellement (128 pour l’année 2006–2007) à l’université Mouloud Mammeri; ce qui reste tout de même une bonne performance quand on sait qu’à l’échelle nationale le nombre de mémoires et thèses soutenus est de l’ordre de deux milles (2000).

A cela, il faudrait ajouter que l’offre de formation très diversifiée de l’université Mouloud Mammeri lui permet de fournir aux différents secteurs d’importants contingents de cadres. Les secteurs concernés sont ceux de l’enseignement supérieur et de la recherche (Magisters dans toutes les disciplines et doctorats, recherche), de l’éducation et de la formation professionnelle (licenciés dans toutes les disciplines dispensées : lettres, économie et gestion, physique, mathématiques, chimie ; ingénieurs de laboratoire dans diverses disciplines de la technologie), de la santé fourni en médecins, pharmaciens et chirurgiens- dentistes, psychologues, biologistes (biochimie et microbiologie) ; de l’agro-alimentaire (ingénieurs en contrôle de qualité et analyse, DES de biochimie et microbiologie), de l’agriculture avec la diversité des spécialités des agronomes, de l’environnement avec les écologistes (DES et Ingénieurs), de l’économie en général (banques, assurances, entreprises, administrations locales et centrales, etc.), des NTIC et des télécommunications (automatique, électronique, informatique, électrotechnique), de l’énergie (électrotechnique, génie mécanique), du bâtiment, du génie civil et de la construction (génie civil, architecture, génie mécanique), de la justice (droit), etc.

Il est évident que cette contribution de l’université Mouloud Mammeri doit être cernée quantitativement pour qu’elle puisse être appréciée à sa juste valeur, auquel cas, il faudrait s’enquérir de la destination des diplômés sur le marché du travail dans ces différents secteurs. De même que l’appréciation de cette contribution ne peut être totale que si elle est accompagnée de l’opinion que se font les secteurs utilisateurs de la qualité du diplôme acquis à l’université Mouloud Mammeri, en somme de l’opérationnalité du cadre formé sur le marché du travail et de la marge préférentielle dont pourrait bénéficier un tel diplômé devant ses pairs venus d’ailleurs. Malheureusement cette appréciation n’est possible que si l’on met en œuvre une enquête sur le marché de l’emploi et une opération de suivi des diplômés de l’université. Ce qui est sûr en tous cas, c’est qu’une bonne partie des diplômés de l’université Mouloud Mammeri réussissent assez bien à se placer dans des entreprises de divers secteurs économiques et industriels et aux concours d’accès à des formations de magistères ou à des formations doctorales à l’étranger. Ce qui constitue en soi un indice encourageant.

Publications scientifiques et participations à colloques Il est vrai que la performance ne peut être

Publications scientifiques et participations à colloques

Il est vrai que la performance ne peut être mesurée que par le nombre de publications, de communications et participations à manifestations nationales et internationales, le nombre de contrats de recherche et le nombre de brevets déposés qui constituent en quelque sorte, avec le nombre de diplômés, le véritable rendement de l’université, c’est-à-dire, le rapport entre l’investissement consenti et la production proprement dite.

Nous avons déjà donné quelques indicateurs relatifs au rendement de l’université en termes de taux de succès, des diplômés, de la diversité de l’offre de formation et de la contribution à la formation du capital humain, mais on ne peut passer sur le nombre important de congés scientifiques dont ont bénéficié les enseignants de l’université Mouloud Mammeri au cours de l’année 2006-2007 et qui se traduisent généralement par des communications de qualité au niveau international. Ceci étant, cette production scientifique peut être étayée par un nombre important de communications et de contributions sous des formes diverses à des manifestations scientifiques organisées sur le territoire national. Pour apprécier la contribution globale de l’université au plan qualitatif et quantitatif, il faudrait disposer de toutes les données nécessaires qui ne sont malheureusement pas encore en notre possession.

Il est évident que ces données ne constituent qu’une fraction modeste de la production scientifique des enseignants chercheurs sous forme de communications orales, elles doivent être consolidées par un bilan des publications dans des revues nationales et internationales dont nous ne disposons pas pour le moment, mais il est certain que les nombreuses équipes de recherche qui activent à l’université Mouloud Mammeri sont réputées produire des publications de qualité et réaliser des échanges solides avec leurs vis-à-vis étrangers et ce, dans pratiquement tous les domaines scientifiques.

Enfin, La capitalisation des travaux de recherche menés dans les laboratoires fait l’objet de manifestations scientifiques qui, même si elles demeurent encore rares, sont qualitativement appréciables. L’année 2006-2007 a vu la programmation de neuf manifestations d’envergure et un nombre important de conférences sur des thèmes très diversifiés animées tant par des enseignants chercheurs locaux que par des invités étrangers.

PERSPECTIVES

MOULOUD

PERFORMANT

ET

CONDITIONS

DEVIENNE

MAMMERI

POUR

UN

QUE

POLE

L’UNIVERSITE

UNIVERSITAIRE

Il est certain que l’université Mouloud Mammeri réunit déjà un minimum d’atouts nécessaires pour devenir un pôle complet de formation supérieure intégrant la recherche mais aussi une stratégie de participation à l’innovation technologique. Ces atouts sont certes à l’état embryonnaire mais ils peuvent constituer un point de départ pour peu qu’ils soient capitalisés comme souche d’une culture scientifique reproductible et compétitive.

Partant de là, il nous semble que l’avenir de l’université est d’abord sous-tendu par le développement et l’affinement de son offre de formation qui demeure la clef de voûte de toute projection future. La grandeur d’une université se mesure par la qualité des formations qu’elle dispense et de la recherche qu’elle mène, par leurs répercussions sur le monde économique et leur ancrage dans l’environnement international. L’université Mouloud Mammeri doit aller dans le sens de l’ouverture de nouvelles filières et spécialités pour diversifier davantage et

utilement son offre de formation et la me ttre en synchronie avec le développement et

utilement son offre de formation et la mettre en synchronie avec le développement et l’évolution de la société. C’est pour cela qu’elle doit abandonner certaines formations classiques devenues désuètes et dont les créneaux d’emploi sont largement saturés.

Bien entendu, cette logique suppose un décollage de l’économie du pays, une productivité soutenue des circuits économiques induisant de plus grands besoins en matière de technicité dans des domaines tels que les ressources humaines, l’environnement, les ressources naturelles, les biotechnologies, les infrastructures de base, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, etc. Ceci étant, l’ouverture socio- économique du pays nécessite également le déploiement de spécialités pointues et actualisées dans les domaines de l’économie, de la gestion et des différentes branches du droit.

D’un autre côté, le développement physique de l’université Mouloud Mammeri doit accompagner nécessairement cet élan pédagogique et de recherche. C’est dans ce souci qu’un plan quinquennal [2004-2009] intégrant différents paramètres a été élaboré ; son enjeu fondamental vise avant tout à renforcer les missions fondamentales de l’établissement en matière de formation et de recherche par la concrétisation d’un environnement physique et matériel approprié.

Pour ce faire, le plan définit non seulement les objectifs stratégiques mais prévoit également les actions propres à leur accompagnement tels que la réalisation d’une nouvelle infrastructure pédagogique adaptée à l’enseignement supérieur, l’affectation et la réalisation d’infrastructures propres à la recherche, l’acquisition progressive d’équipements scientifiques à même de matérialiser davantage l’esprit pratique des formations, d’assurer une meilleure ouverture sur le monde professionnel et de faciliter la conduite des travaux de recherche, la mise en place de systèmes modernes de gestion (ressources humaines, finances, voire patrimoine), le renforcement des ressources documentaires, la consolidation de l’encadrement par le recrutement, le recyclage et l’appui à la formation, l’intégration des NTIC et la consolidation du parc informatique, la mise en œuvre d’une stratégie de communication, le développement de relations internationales, etc.

Même si, à l’heure actuelle et en cette phase de construction, ces actions structurantes demeurent encore non perceptibles, dans un avenir proche, elles doivent permettre à l’université Mouloud Mammeri de s’installer dans un équilibre durable, d’assurer pleinement la pérennité de son développement et de s’engager, par la suite, dans une voie de consolidation et de développement qualitatif qui se déclinent autour des axes suivants : (1) affirmation de la personnalité de l’établissement par la mise en œuvre d’une offre de formation équilibrée et diversifiée avec une bonne part à vocation professionnelle, (2) garantir le développement d’une recherche structurée et performante tournée vers les questions et les besoins de l’heure, (3) développer l’esprit d’ouverture vers son environnement local, national et international, (4) promouvoir de meilleures conditions de vie et d’évolution pour les étudiants et les personnels tout en garantissant une meilleure insertion de l’université dans la société, (5) consolider la cohésion des services et renforcer la quantité et la qualité des infrastructures et des équipements de l’université.

Cette approche de développement vise à insérer les objectifs de l’université Mouloud Mammeri dans la stratégie plus large et plus globale du processus de développement durable pour laquelle souscrit largement notre pays. C’est pour cela qu’elle doit être garante des expressions démocratiques et citoyennes sans lesquelles les Etats et les peuples perdent parfois les fils de leur propre Histoire en raison de conflits et d’implosions sociales. Elle doit

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être également un vecteur de la transformation sociale et du développement économique en jouant le

être également un vecteur de la transformation sociale et du développement économique en jouant le rôle traditionnel de formation scientifique et politique et en contribuant à l’élargissement de la base de la population intégrant l’univers des connaissances minimales susceptibles de les associer à l’ouverture sur le monde et à la maîtrise de leur croissance démographique. Enfin, en intégrant progressivement une réelle capacité d’innovation technologique, notamment par le développement de la recherche et l’ouverture de ses préoccupations fondamentales vers les questions de l’heure touchant le monde entier, par sa participation aux grands réseaux d’échanges et de partage des connaissances, notre université peut prendre en compte les exigences d’un développement économique soucieux de préserver les ressources naturelles et l’avenir des populations.

Dans cette démarche globale, elle sera confrontée aux grands défis globaux qui consistent : (1) à favoriser la formation et la recherche en vue de l’autosuffisance alimentaire et de la création des nouvelles richesses par une meilleure productivité, (2) à intégrer les sphères d’échanges régionaux et internationaux pour une meilleure valorisation des productions nationales dans le cadre de marchés les plus équitables possibles en développant une capacité d’analyse et de négociation aux plus hauts niveaux, (3) à créer des dynamiques entrepreneuriales et à favoriser la bonne gouvernance politique par la formation des cadres administratifs et des entrepreneurs locaux et nationaux.

Ces trois défis ne peuvent être atteints que si les choix universitaires stratégiques sont bien opérés : (1) en valorisant les formations répondant aux exigences les plus immédiates telles que la construction et la gestion des infrastructures de base, l’aménagement du territoire, la gestion de la santé publique, notre pays étant un vaste chantier où les besoins en équipements publics demeurent encore énormes, (2) en focalisant la recherche et ses objectifs autour des préoccupations majeures que sont les biotechnologies, l’expérimentation biologique et agronomique, la gestion des ressources hydriques et forestières, la gestion des catastrophes naturelles, la gestion de l’environnement dans toutes ses acceptions, (3) en créant les conditions culturelles et techniques ouvrant à la maîtrise des ressources technologiques afin de rejoindre pleinement l’ère de la communication et des nouvelles technologies, (4) en accompagnant les transformations et l’ouverture socio-économique par le renforcement des dispositifs juridiques et administratifs nationaux, la protection de l’espace économique national et des productions locales nécessitant des personnels et des cadres de plus en plus compétents et performants.

De cette manière, la stratégie d’ouverture et de développement de notre université doit s’efforcer de s’inscrire dans la dynamique d’une université durable qui peut garantir que les besoins culturels et scientifiques des générations futures soient couverts.

Cette perspective possède déjà des ancrages réels notamment dans les formations assurées actuellement qui ne nécessitent en fait que des réajustements et une définition plus fine des programmes et, dans les travaux de recherche en cours dont certains s’inscrivent déjà en droite ligne dans la logique de la durabilité (ressources naturelles, valorisation des ressources naturelles, biotechnologie, ressources en eau, informatique, matériaux, etc.). Ces derniers nécessitent éventuellement quelques réaménagements et plus d’ouverture sur l’environnement immédiat et surtout sur le concert international pour les valoriser davantage.

La mise en œuvre de la nouvelle architecture Licence/Master/Doctorat à l’université Mouloud Mammeri doit tenir compte de cet aspect de durabilité et aller dans le sens de la promotion de formations et de programmes de recherche en synchronie avec les questions que

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Revue Campus N°7

pose la logique de la globalisation tout en cherchant à affirmer les potentialités locales en

pose la logique de la globalisation tout en cherchant à affirmer les potentialités locales en songeant particulièrement à l’émergence de centres d’excellence.

Conclusion

Il est certain que beaucoup reste à faire à l’université Mouloud Mammeri où il subsiste un grand nombre d’insuffisances et d’incohérences à lever pour qu’elle devienne réellement un pôle de formation et de recherche équilibré jouant pleinement son rôle dans son espace régional d’abord puis dans les espaces national et international. Mais, il n’échappe à personne que l’université Mouloud Mammeri recèle des atouts et des compétences qui, pour peu, qu’ils soient capitalisés pourraient se cristalliser à moyen terme en cette énergie nécessaire à impulser une dynamique scientifique innovatrice susceptible de faire d’elle un moteur de développement. La note d’optimisme que nous avons volontairement développée tout au long de cet écrit, n’est pas faite pour dire que tout baigne dans l’huile à l’université Mouloud Mammeri, mais pour semer l’espoir au sein des jeunes générations et pour exprimer également notre sentiment que son développement passe essentiellement par ses propres potentialités, particulièrement humaines, et que seuls la mise en œuvre de la compétence et l’effort soutenu peuvent payer à terme.

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Revue Campus N°7

Entretien avec Arezki Redjal Arezki Redjal est un enseignant au département de chimie et qui
Entretien avec Arezki Redjal
Arezki Redjal est un enseignant au département de chimie et qui fût l’un des premiers
gestionnaires du centre universitaire aux cotés de M. Arab, premier directeur du centre, M.
Abderahmane Tahi (que Dieu ait son âme) et bien d’autres. Il nous livre ici ses impressions
sur le lancement du centre universitaire de Tizi-Ouzou (C.U.T.O) en 1977.
H.F : Pouvez vous nous dire comment le
centre universitaire a fait ses
pas ?
premiers
H.F : Exactement (rires). Pouvez vous nous
dire quelle était l’ambiance de travail à
cette époque ?
A.R : Le démarrage du centre universitaire de
Tizi Ouzou s’est fait avec des moyens
vraiment rudimentaires. Au départ, il y avait
essentiellement M.Arab, Directeur du centre,
M.Keloul aux œuvres universitaires et le
défunt M.Tahi comme secrétaire général, ce
dernier nous a quittés très récemment sans que
notre université ne lui a rendu hommage.
A.R : C’était une autre ambiance. Tout se
faisait à la main. Je me souviens du matériel
fourni par la wilaya qui était inadéquat car
secondaire. Alors, il fallait pallier à cela. Tout
le monde a participé à faire fonctionner la
maison. On nous remettait les manips à faire et
nous on commandait le matériel adéquat.
H.F : Il y avait plusieurs départements ?
H.F : Les TP ne se faisaient donc pas les
premières années ?
A.R : Oui ! Il y avait ceux de langue et de
littérature, de sciences juridiques, de biologie,
de sciences économiques et celui de sciences
exactes devenu plus tard institut.
A.R : Si ! Justement. Les travaux pratiques
ont eu lieu grâce à des efforts collectifs
importants de tout le monde.
H.F : L’institut de sciences exactes est crée
très vite ?
H.F : Est-ce qu’il y avait aussi des post-
graduations ?
A.R : En effet, trois départements se sont
constitués, ceux de mathématiques, physique
et chimie dirigés respectivement par M.Hameg
(que Dieu ait son âme), M.Dirami et M.
Kacha. Il faut préciser qu’en 77/78, il n’y avait
que 4 enseignants algériens à l’institut des
sciences exactes, le reste était constitué
d’enseignants étrangers.
A.R : En effet, en 78/79, des PG ont
commencé à fonctionner dans les domaines de
sciences des matériaux et de la chimie des
surfaces sous la direction de M.Arab ainsi que
celle de chimie organique physique que je
dirigeai moi-même
H.F :
Vous
vous
rappelez
de
ces
enseignants ?
A.R : Il y avait Mrs Kacha, Bouferache,
Berkane et moi-même.
H.F : Donc, ce sont ces départements qui
sont devenus institut plus tard ?
A.R : Exactement ! c'est-à-dire dés la rentrée
78/79, votre première année d’étudiant je
crois.
H.F : un dernier mot ?
A.R : Oued Aissi reste pour moi un symbole
très fort. L’ironie du sort veut que le train va
passer sur la plaque inaugurée par feu Houari
Boumediene vers février 78. On parle ces
jours ci de déménagements. Ce que je souhaite
c’est plus d’égards à ce campus qui a joué un
rôle important dans la vie de l’université. S’il
faut déménager autant le faire pour les troncs
communs et laisser les spécialités de maths,
physique et chimie continuer sur place.
Propos recueillis par Hocine FELLAG
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Revue Campus N°7
Caractérisation de la décision scientifique dans l’entreprise d’un point de vue statistique Abderahmane Yousfate

Caractérisation de la décision scientifique dans l’entreprise d’un point de vue statistique

Abderahmane Yousfate Universté Djillali Lyabes Sidi Bel Abbes

Caractérisation de l’entreprise

Lyabes Sidi Bel Abbes Caractérisation de l’entreprise 'entreprise peut être définie de plusieurs manières :

'entreprise peut être définie de plusieurs manières :

économiquement : c’est une fonction de sa nature, son capital et le travail,

sociologiquement : c’est une distribution de rôles et de statuts,

en finances : c’est une source de profits et d'investissements,

juridiquement : c’est un ensemble de contrats,

pour les pouvoirs publiques : c’est un contribuable, un instrument économique, un lieu de conflits sociaux tels les revendications sociales et les grèves, … ,

pour l'opinion publique : c’est d'abord un « label »

L’objectif essentiel de l’entreprise est le profit sous la contrainte de composer avec les dispositions fiscales, monétaires ou financières, avec l’éthique de ses dirigeants, les exigences des clients et des partenaires (banques, autres entreprises, …), les conjonctures économiques et sociales de l’environnement de l’entreprise, …

Quelque soit le modèle de description du phénomène contribuant au profit de l’entreprise, on ne peut en présenter qu’une facette même si l’entreprise utilise une information très riche et une rationalité très élevée dans toutes ses décisions.

Les acteurs

Les acteurs de base :

Clients

Travailleurs

Propriétaires

Autres acteurs :

Fournisseurs

Stagiaires

Consultants

Sous-traitants

Vacataires

Prêteurs

Syndicats

Pouvoirs publics

Médias

 

Définition du Robert L'entreprise est une organisation autonome de production de biens et/ou de services

Définition du Robert L'entreprise est une organisation autonome de production de biens et/ou de services marchands. Cette définition est immuable depuis 1798, soit plus de deux siècles. Ce sont les significations respectives des termes « autonome », « biens marchands» et « services marchands » qui ont évolué avec le temps. En ce qui concerne le statisticien, tenant compte des modèles de représentation des évaluations d’un phénomène, une définition de l’entreprise sur laquelle il peut construire ses modèles est la suivante :

Définition L'entreprise constitue un centre de décision autonome chargé d'assurer la coordination d'un projet productif (en biens et/ou services) durable sous les contraintes de son environnement (marché, contrats, finances, concurrence, …)

Ainsi, chaque fois qu’un résultat sur l’entreprise est donné par le statisticien, il est relativisé par rapport aux variables prises en considération. Pour le statisticien, une décision nécessite :

un modèle de représentation du phénomène à étudier concernant l'entreprise,

une information structurée (selon le modèle de représentation) sur les paramètres (qualitatifs ou quantitatifs y compris fonctionnels) contribuant potentiellement à la prise de décision

une évaluation (estimation) de l’environnement

un ‘a priori’ assurant la stabilité du système en cas d’indécision ou au cas où la décision prise est de « laisser faire »

un niveau de risque maximum accepté par le (ou les) décideur(s)

A travers le temps, il y a eu une évolution des acteurs de la décision dans l’entreprise résumée comme suit :

Approche classique (XIXe s.) : Un acteur principal (le propriétaire tout-puissant ) et un objectif polarisé sur la maximisation du profit. Approche managériale (années 1930) : Un acteur principal (notamment le dirigeant) qui, pour asseoir son pouvoir, détermine plusieurs objectifs cherchant un compromis entre croissance, rentabilité, emploi Approche béhavioriste (années 1960) : Plusieurs acteurs, plusieurs objectifs : cette approche distingue les intentions des clients de celles des travailleurs ou des propriétaires. Approche sociologique actuelle (depuis les années 1980) : Plusieurs acteurs, l’objectif multiforme est implicite et imposé par le marché; l'entreprise permet de concilier des avantages et de produire des effets conjoints.

Modèles de représentation

Les modèles de représentation sont intimement liés à des modèles mathématiques sur lesquels beaucoup de propriétés sont maîtrisées et exploitées. Il est évident que plus le modèle « colle » à la « réalité » de l’entreprise et plus les résultats sont efficients. Un modèle non réaliste peut donner des résultats erronés qui peuvent avoir des conséquences graves sur l’entreprise.

Modèles contractuels : Dans ces modèles, l’entreprise est une simple « boîte noire ». Les

Modèles contractuels : Dans ces modèles, l’entreprise est une simple « boîte noire ». Les échanges sont régis par des contrats complets prévoyant l'ensemble des éventualités. L’interaction avec les autres entreprises se fait uniquement par le marché. Ces modèles se subdivisent en plusieurs modèles spécifiques, nous en citons :

o

Modèles basés sur la théorie de « l'équipe de production », ils s’articulent sur la contribution de chacun dans l’équipe.

o

La théorie des faisceaux d’agences, due notamment à Michael Jensen et William Meckling (1976), tire son nom de la relation d'agence qui lie le « principal » (celui qui délègue un pouvoir décisionnel), à l'« agent », le mandataire, qui a le pouvoir d'agir au nom du principal, par exemple le dirigeant au nom des actionnaires. Les délégations décisionnelles surviennent dans toute activité de coopération en prenant en considération la réduction du coût des mécanismes organisationnels.

Modèles cognitifs : Ils représentent une rupture radicale avec le modèle néo-classique. La spécificité de l’entreprise est liée alors à sa capacité de créer de la connaissance et d'être rentable de façon durable. Ces modèles se subdivisent en trois classes : les modèles comportementaux de l’entreprise, les modèles évolutionnistes et les modèles de jeux stratégiques.

o

Le modèle comportemental (Herbert Simon) : adaptation active de l’entreprise via l’apprentissage sous contrainte des environnements internes et externes en utilisant des modèles sociaux.

o

Le modèle évolutionniste (Richard Nelson et Sydney Winter) : recherche de configuration optimale par croisement d’adaptations basiques (de type microéconomique) perturbées aléatoirement.

o

Le modèle de jeux stratégiques : Ce modèle, dû à John Nash, se base essentiellement sur la construction d’un système d’acteurs économiques dont chaque élément agit de manière rationnelle afin d’optimiser son profit. Le modèle de jeux stratégiques fait intervenir le rôle des croyances des acteurs au moment de la prise de décision (D. Kreps, 1999).

Principaux outils statistiques et informatiques utilisés

Tenant compte des différents modèles présentés, nous constatons que les modèles cognitifs sont les plus adaptés, cependant, ils sont difficilement réalisables. Ils nécessitent un recueil de l’information et des traitements statistiques de manière spécifique. Quant à la décision dans des situations de ce genre, elle est fonction des « décisions » de tous les agents qui interviennent dans le système considéré. Nous citons très brièvement quelques outils statistiques et informatiques utilisés dans ce cadre :

Structures des données de base : L’information est structurée selon le modèle de représentation. Bases de données relationnelles. Données OLAP (On-Line Analytical Processing) permettant une analyse multidimensionnelle sur des bases de données volumineuses afin de mettre en évidence une analyse particulière des données.

Préparation des données : La préparation des données est une série de transformations nécessaires pour

Préparation des données : La préparation des données est une série de transformations nécessaires pour que l’analyse soit aisée. EIS (Executive Information System) est un outil permettant d'organiser, d'analyser et de mettre en forme des indicateurs afin de constituer des tableaux de bord. Ce type d'outil, facile à utiliser, ne permet de manipuler que des requêtes préalablement modélisées par le concepteur. Il reste un outil de choix pour les systèmes d’information d’aide à la décision.

Evaluation des paramètres : C’est réalisé assez souvent avec des logiciels ou des langages informatiques appropriés Estimation paramétrique Estimation non paramétrique Estimation semi-paramétrique Estimation fonctionnelle Estimation par région de confiance Classification Apprentissage supervisé Apprentissage non supervisé

‘A priori’ garantissant la stabilité du système en cas d’indécision ou au cas où la décision prise est de « laisser faire » : C’est la situation spécifique de l’entreprise juste avant la prise de décision (cette situation devrait être une situation assez confortable pour l'entreprise.)

Prise de décision : On qualifie de statistique décisionnelle (ou tout simplement « le décisionnel ») l'exploitation des données de l'entreprise dans le but de faciliter la prise de décision par les décideurs, c'est-à-dire la compréhension du fonctionnement actuel et l'anticipation des actions pour un pilotage éclairé de l'entreprise. Selon le cas qui se présente, il y a une manière prouvée qui permet de prendre une bonne, voire, la meilleure décision. Nous en citons :

Décision en cas d’antagonisme avec un environnement certain : Test minimax pur (test de Wald) Décision en cas d’antagonisme avec un environnement incertain : Test minimax aléatoire (test de Wald aléatoire) Décision dans un système avec plusieurs concurrents non coopératifs : Si les anticipations sont rationnelles, la décision est liée à la détermination de l’équilibre de Nash. Décision dans un système avec plusieurs concurrents coopératifs : Choix des meilleures coalitions pour atteindre les meilleurs gains Décision dans un système paramétré sans concurrence : Tests paramétriques classiques Décision dans un système non paramétré sans concurrence : Tests non paramétriques Décision dans un système avec information a priori sur les paramètres : Tests bayésiens Quand des techniques de prises de décision ont fait leurs preuves, on peut construire un système automatisé SIAD (Système Informatisé d'Aide à la Décision) qui a pour but de contribuer à la prise de décision en présentant des alternatives rationnelles. Il permet également la modélisation de représentations multidimensionnelles diverses et variées mais il nécessite un apprentissage très lourd. Comme outils d'aide à la décision, nous citons quelques techniques statistiques et informatiques utilisées :

Le Datamining (« fouille de données ») Estimation fonctionnelle Estimation des valeurs extrêmes (risque financier, actuariat, …) Statistique des processus quantitatifs (AR, ARMA, GARCH, …)

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Revue Campus N°7

Statistique des processus qualitatifs (modèles markoviens, …) Modélisation statistique (ré seaux de files

Statistique des processus qualitatifs (modèles markoviens, …) Modélisation statistique (réseaux de files d’attente, RdP stochastiques, …) Simulation stochastique (méthodes de Monte Carlo, …) Techniques heuristiques (réseaux de neurones, algorithmes génétiques, …) Pour faire ses analyses, le statisticien utilise un nombre important de logiciels et langages dédiés tels

o

SAS, SPSS, STATISTICA, …(logiciels payants)

o

BUGS, MIM, … (logiciels libres)

o

S+ (langage fonctionnel payant)

o

R, S, XlispStat, … (langages fonctionnels libres)

o

Insightful Miner, … (outils de fouille de données payant)

o

WEKA, … (outils de fouille de données libres)

o

Quelques références

P. BESSE (2005) « Data mining II. Modélisation Statistique & Apprentissage » Publications du LSP. Toulouse. M. C. JENSEN & W. H. MECKLING, (1976) « Theory of the firm : managerial behavior,

agency costs and ownership structure » Journal of Financial Economics, vol. 3, no 4, p. 305.

D. KREPS, (1999) « Théorie des jeux et modélisation économique » Dunod, Paris.

J. NASH, (1950) « The bargaining problem » Econometrica

J. NASH,

(1950) « Equilibrium Points in N-Persons Games » Proceedings of the National

Academy of Sciences of the U.S.A., 36.

R. .R. NELSON & S. G. WINTER, (1982) «An Evolutionary Theory of Economic Change»

Harvard University Press, Cambridge (Mass.)

A. RUBINSTEIN, in B. Paulré dir., (1998) « Commentaires sur l'interprétation de la théorie

des jeux » Épistémologie de la stratégie en économie, Publications de la Sorbonne.

H. A. SIMON, (1991) Administrative Behavior : « Organizations and Markets » Journal of

Economic Perspectives, vol. 5, no 2, p. 25.

&

Techniques» 2nd edition. Elsevier. Sydney.

I.H.

WITTEN

E.

FRANK

(2005)

« Data

Mining.

Practical

Machine

Toolsand

Le syndrome de « MADE IN » et le sort des Entreprises Publiques Industrielles (EPI)

Le syndrome de « MADE IN » et le sort des Entreprises Publiques Industrielles (EPI)

Leïla MELBOUCI

M.A. C .C, Faculté des Sciences Economiques et des Sciences de Gestion, Université Mouloud Mammeri de Tiz-Ouzou

INTRODUCTION

Université Mouloud Ma mmeri de Tiz-Ouzou INTRODUCTION e « made-in » est un bien ou service

e « made-in » est un bien ou service fabriqué ailleurs ; il peut concerner tous les produits : vêtements, pièces de rechange, livres, matière première, réparation et maintenance et même des organisations industrielles entières.

Au départ, le « made-in » n’avait qu’un seul sens: produits chers et de bonne qualité car provenant des pays développés. Autrement dit ceux qui consomment en « made-in » sont ceux qui possèdent pouvoir et/ou argent et se distinguent des autres.

Plus tard, le « fabriqué ailleurs », avec l’émergence des pays nouvellement industrialisés, offre des produits bon marché et de qualité moyenne voire médiocre connu de tous comme le « made-in » Taiwan ou le « made-in » Chine. Mais le « made-in » qui attire notre attention et fait l’objet de cet article est celui des modèles de développement et leurs produits dérivés, à savoir les organisations industrielles que l’Algérie n’a cessé d’importer depuis son indépendance.

Ces organisations importées mettaient en place un management qui allait avec. Plusieurs chercheurs ont longtemps supposé que le management était une activité basée sur des principes universels. De ce fait les méthodes proposées étaient applicables en l’état, quels que soient le continent et l’Etat concernés, et quel que soit la langue ou le niveau de développement. D’après les mêmes chercheurs, les différences entre les pays devraient se tasser pour évoluer vers un profil commun et un comportement uniforme.

Toutefois cette hypothèse de convergence a été remise en cause par Greet Hofstede. Allant dans le même sens, nous souhaiterions vérifier deux autres hypothèses concernant l’Algérie :

d’abord, le « made-in » est encouragé et facilité par une aisance financière d’origine pétrolière et non le fruit d’étude réfléchie ; ensuite le « made in » ,non adapté à la culture locale, ne peut qu’impacter négativement le devenir d’un pays . Ces hypothèses de travail nous promettent d’atteindre notre objectif en répondant à une question simple :

Pourquoi les organisations « made-in » n’ont ni rendu performantes les entreprises publiques industrielles, ni permis leur relance ?

Notre intérêt est de montrer aux détenteurs de pouvoir que la solution aux problèmes de transition et d’adaptation de l’Algérie aux changements pourrait être un « made-in » Algérie. Pour ce faire, nous divisons l’article en trois parties : dans la première et la deuxième parties nous mettrons en exergue le lien entre la rente pétrolière et le « made-in » qui a donné naissance aux

entreprises publiques industrielles (EPI) . La troisième partie montre le rôle de la culture locale

entreprises publiques industrielles (EPI) . La troisième partie montre le rôle de la culture locale dans la réussite de toute importation.

I/ LES PRODUITS « MADE IN », LA RENTE PETROLIERE ET LES EPI : 1962-1983

Le modèle de développement axé sur l’industrie industrialisante (sidérurgie, mécanique, chimie, matériaux de construction) est importé de l’union soviétique, il est « made-in » URSS. Ce modèle est basé sur la croissance déséquilibrée. Celle-ci est une politique d’investissement concentrée en certains pôles susceptibles d’avoir des effets d’entraînement sur les autres secteurs et autres régions. Elle se justifie par la limitation des moyens financiers [1]. Le pétrole algérien était la première source (en termes d’énergie et de devises) pour réaliser ce projet de croissance. En 1965, le produit de la fiscalité pétrolière a atteint 500 millions de dinars [2]. Cette aisance imprévue (le montant prévisible à l’époque a été de 270 millions de DA) a permis de penser et de mettre en œuvre le plan triennal 1967-1969, lequel devrait réaliser pour l’Algérie indépendance économique, intégration et développement en le complétant par d’autres plans quadriennaux et quinquennaux prévus.

La naissance des EPI de 1965 à 1975 s’est appuyée sur une démarche politique fondamentale visant à la fois, la mise en place des moyens de la maîtrise du développement industriel et la socialisation des moyens de production. Avec le plan quadriennal 1970-1973, l’effort d’industrialisation prend toutes ses dimensions notamment avec la mise en place des industries de base. Ce plan prévoyait un investissement dans la pétrochimie (36%), la sidérurgie (15%), les constructions mécaniques (8%), et les matériaux de construction (6%) [3]. Durant le deuxième plan quadriennal, les investissements industriels ont connu une augmentation de 48 milliards de Dinars ; ce plan met l’accent sur la consolidation des industries de base et favorisant la création de petites et moyennes entreprises pour compléter les réseaux intersectoriels. Ainsi la rente pétrolière couvrait les investissements industriels et autres. Elle permettait aussi d’importer tout ce qu’il faut pour l’investissement et pour la dépense publique. Dans l’énergie, par exemple, tout était importé et facilité par la rente pétrolière selon l’ex PDG de SONATRACH Sid Ahmed Ghozali : « on a fait faire des sociétés de frappe importantes des choses qu’on savait faire [4] ». Il est à signaler que durant cette période, les ressources tirées par l’Etat de la commercialisation des hydrocarbures ont augmenté considérablement : elles passent de 880 millions de DA en 1967 à 3,2 milliards de DA en 1972 et 1973.

Dès 1974, année de relèvement des prix de pétrole, les besoins devenant importants poussent les responsables à choisir une technologie moderne (dite sophistiquée) à forte composition organique du capital et nécessitant, par conséquent, un encadrement de qualité. L’ampleur du programme d’investissement industriel est telle, que les ressources pétrolières ne suffisent plus à le financer. Mais cette même rente a garanti à l’Algérie le recours massif à l’endettement (la dette extérieure algérienne passe de 0,2 milliard de dollars US en 1970 à 19,4 milliards de dollars en 1980). Ainsi les « made in » sont garantis et les EPI sont nées et se sont développées.

a- Les entreprises publiques industrielles

La réalisation des projets d’entreprise « made- in » a évolué selon trois formes :

D’abord « lot par lot » ; ensuite « clé en main » et enfin « produit en main ». De 1962 à 1975, les contrats d’équipement pour la création et le fonctionnement des entreprises ont atteint 50 milliards de DA [5].Cette progression est parallèle à l’augmentation des recettes pétrolières affectées au développement de l’économie nationale. A cet effet, la création et la croissance (augmentation de la taille) des entreprises se poursuivaient.

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Revue Campus N°7

Pour utiliser pleinement les techniques modern es importées, les unités industrielles devaient être grandes, or,

Pour utiliser pleinement les techniques modernes importées, les unités industrielles devaient être grandes, or, ces dimensions dépassaient largement les capacités d’absorption interne de l’Algérie. L’exportation d’une fraction de la production industrielle, plus ou moins grande selon les produits, est donc une nécessité impérative. Cette exportation, à son tour, est essentiellement fonction du prix de marché et du bon fonctionnement des entreprises.

Le fonctionnement et l’organisation des entreprises sont conditionnés par le choix technologique, qui est d’un « made-in » de plusieurs pays : Allemagne Fédérale, Italie, Grande Bretagne, Belgique, Etat- Unies et plus tard le Japon. Les six ou sept pays les plus avancés technologiquement se trouvent au niveau des grands complexes d’Arzew, de Skikda et d’El- Hadjar… La Sonatrach, l’entreprise la plus prometteuse de l’Algérie achetait russe et américain. Là, il s’agissait de mettre en place deux « made-in » complètement différents. Selon les propositions de Rebah A. [4], la préférence des responsables de Sonatrach était orientée vers l’organisation américaine bien que cela n’ait pas empêché l’Algérie d’importer du « made-in » Russe. A cet effet, la diversification des partenaires étrangers s’est traduite par une diversification d’organisation et de modes de gestion ; l’EPI n’acquiert pas seulement des équipements ou complexes industriels mais aussi une organisation et un mode de gestion spécifiques à chaque « made-in ».

Les formes de gestion mises en place sont, dans une large mesure, étrangères aux réalités socio- culturelles des travailleurs qui ont développé un comportement incompatible avec l’efficacité économique. Les entreprises algériennes issues du modèle de développement importé se voient privées de certaines valeurs socioculturelles de la société algérienne qui auraient dû être intégrées dans la conception et le processus du choix technologique comme l’ont fait les Japonais. Dans ce sens, nous pensons qu’en l’absence d’un mécanisme ou d’un processus de mise en place puis de développement de ces valeurs en harmonie avec les organisations industrielles, des comportements socioculturels se sont formés au sein des usines algériennes tels : l’absentéisme, le fénéantisme, le gaspillage et le laissez- aller total. Ces comportements plutôt négatifs trouvent leur origine, entres autres, dans la phase de lancement des entreprises algériennes (constat de plusieurs praticiens algériens : directeurs et contremaîtres). Durant les installations de ces dernières, les firmes étrangères ont véhiculé de plus en plus des orientations, des attitudes et des styles de vie opposés au modèle culturel de l’Algérie [6]. Cette non prise en compte des aspects sociologiques dans le choix du processus de consommation technologique a fortement inculqué aux travailleurs algériens un « esprit d’incapable » et une attitude passive à cause du déterminisme technologique.

De surcroît, le système managérial de type occidental auquel a eu recours l’entreprise durant la croissance rapide a fait sentir des faiblesses quant à l’adaptation au processus de développement et surtout de planification. Il est issu d’une réalité différente de celle de l’entreprise algérienne. Ce type de gestion moderne spécifique à l’entreprise privée et de grande dimension n’a donné que des résultats décevants, notamment en terme d’apprentissage et de stockage de savoir- faire. A. Rebah, dans ce sens, relate son témoignage ainsi : « impulsée et motivée par l’accélération de l’investissement, l’expansion de faire faire avait pris le pas sur la consolidation et le développement de savoir- faire. L’expertise et l’assistance technique de sociétés et de cabinets étrangers considérées initialement comme point d’entrée dans l’industrie pétrolière, avaient fini par devenir le recours obligé systématique [4] ». Les autres entreprises publiques industrielles n’ont pas échappé à ce phénomène. L’analyse de bilan de la décennie 1967-1978 a mis en avant les difficultés de cette démarche. La croissance déséquilibrée axée sur de fortes compositions organiques a généré une hausse générale des coûts. Les détenteurs de pouvoir ont pris comme décision, pour amortir les effets négatifs de ce projet, l’acquisition d’un autre « made- in ».

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b- Le nouveau modèle de déve loppement « made in » 1978-1985 A partir de

b- Le nouveau modèle de développement « made in » 1978-1985

A partir de 1979, l’Algérie a appliqué le modèle de la croissance « balancée » ; ce modèle a

été conçu dans les années cinquante,

investissement faiblement capitalistique. L’application de ce modèle a besoin de satisfaire plusieurs conditions :

et P.N. Rosenstein [7] et repose sur un

par A. Lewis

- absence d’un marché domestique ;

- ouverture de l’économie sur le marché global ;

- un effort soutenu de micro-investissement dans les branches où prévaut un avantage comparatif ;

- une économie dualiste (secteur urbain moderne et secteur rural de subsistance) ;

- un pays à revenu faible.

A première vue, l’Algérie ne remplissait aucune condition, elle disposait d’un marché domestique et prônait le protectionnisme : le commerce externe n’était pas libre et était centralement administré, le dinar surévalué, le taux de change fixe alimentant une économie informelle. Selon les économistes américains, l’Algérie et après plus d’un siècle de pillage colonial, a considéré de façon erronée le commerce international comme une menace pour la souveraineté. En prime, en 1980, l’Algérie était considérée comme un pays à revenu intermédiaire :

2140 dollars US [7].

En définitive, l’idée de projet algérien s’il était « made-in » russe basé sur la croissance déséquilibrée puis sur la croissance « balancée », son fonctionnement est « made-in » Europe : car il s’inspire de la théorie générale de Keynes bien que celle-ci s’applique à une économie capitaliste entièrement développée .La théorie Keynésienne insiste sur le rôle essentiel de la demande globale pour expliquer les fluctuations économiques de court terme et insiste sur l’intervention publique pour stimuler la demande quand celle-ci semblait incapable de préserver le plein-emploi. Cependant les décideurs algériens de l’époque avaient omis que ce fonctionnement nécessitait un taux d’intérêt libre qui se fixe selon la loi de l’offre et de la demande des fonds prêtables (c’est-à-dire de l’épargne nationale et des besoins d’investissement). Les deux modèles appliqués à l’Algérie ont quand même subi quelques modifications et ce, dans le but de les adapter à la réalité algérienne.

II – LES ADAPTATIONS DES « MADE IN » A LA REALITE ALGERIENNE :

EXPERIENCE ET RESULTATS : 1983-2006.

Les « made- in » se justifient par l’objectif visé par l’Algérie : indépendance économique et politique. Pour l’atteindre, à titre d’exemple, l’Algérie a prévu de remplacer les importations par les activités locales. L’accent est mis sur la promotion de l’industrie substitutive d’importation, ces dernières sont définies comme la satisfaction d’une grande proportion de la demande intérieure par la production de biens de consommation, puis progressivement, en utilisant sur place les matières premières dans le but d’économiser des devises et de réduire la domination des pays industrialisés. Sauf que cette stratégie exige la réalisation d’ économies d’échelle importantes : un grand marché, des fonds importants et une force de travail qualifiée ; or durant la période allant de 1962-1970, l’Algérie ne possédait pas ces caractéristiques ou capacités. Cette politique a été suivie et réalisée par le recours à la création monétaire et à l’endettement extérieur ainsi qu’à une forte protection commerciale.

a- Les adaptations au niveau des en treprises publique s industrielles Du point de vue

a- Les adaptations au niveau des entreprises publiques industrielles

Du point de vue micro-économique, les « made-in » était adaptés aux objectifs annoncés par l’Etat propriétaire et gestionnaire des entreprises publiques industrielles. Le statut juridique des entreprises algériennes issues de « made-in » a été adapté à la réalité algérienne : les mécanismes contractuels du droit des sociétés qui ont pour soubassement philosophique le principe de la prise en compte des conflits d’intérêt, ainsi que celui du rôle prépondérant conféré à la volonté des actionnaires ont été revus. Dans cette structure, en Algérie, l’Etat est l’actionnaire unique ; le conseil d’administration est déterminé par les représentants de l’Etat ; le PDG est nommé et il est révoqué par le chef de l’Etat qui lui confère la légitimité ; il ne tire pas son pouvoir du conseil d’administration. Ainsi, selon N. Redjem [8] « l’entreprise publique devient un lieu de rencontre du pouvoir politique et économique, mais aussi un centre de confrontation de deux rationalités celle de l’intérêt général et celle de l’intérêt particulier ».

A cette adaptation juridique se greffe d’autres, liées à l’organisation et au fonctionnement

interne de l’entreprise algérienne. A partir de 1971, la gestion socialiste a été mise en place en premier lieu dans des entreprises qui fonctionnaient déjà selon les procédures tayloriennes (SNS,

SNSEMPAC, SONACOM, SONITEX, SONIPEC, SNMC, SNT, SONELEC, SNLB, SNEMA).

Cette adaptation est axée sur la participation des travailleurs à la gestion. A cet effet, la structure organisationnelle répondant aux principes de l’unité de commandement (Fayol) est complétée. L’entreprise algérienne, pour adapter les principes de la théorie administrative de l’entreprise à l’environnement national, a complété cette structure par une autre, représentative, qui assurera la participation des travailleurs comme l’ont indiqué les textes de Gestion Socialiste des Entreprises (GSE). La structure de représentation est constituée par les organes de participation des travailleurs à la gestion socialiste des entreprises : Assemblée des Travailleurs, Commission Permanente, Conseil Syndical. Ces adaptations n’accordaient aucune place, dans les procédures de modalité d’application, au principe de gestion intégrée et encore moins à l’organisation du travail à l’échelle des ateliers.

Par ailleurs, le « made-in » a généré des organisations extériorisant l’esprit de la force de travail : d’un côté, le management occidental et d’un autre, des organisations algériennes socialistes où l’Etat, propriétaire indéterminé, prônait l’égalité et l’équité (GSE et SGT). L’Etat accordait peu d’importance au profit puisque les recettes perçues par les entreprises en échange de ce qu’elles produisaient et des prix qu’elles payaient pour les intrants utilisés (y compris le capital et le travail) n’étaient pas des prix d’équilibre. Les prix ne correspondaient pas au degré de rareté des ressources utilisées ou des biens produits. Cet état de chose a développé une conviction dangereuse et spécifique « le beylik » ; ce syndrome a orienté les actions du facteur travail algérien. Le « beylik » a inculqué une fausse valeur nuisible à la performance de l’entreprise. Cette dernière, n’est pour le personnel (notamment celui de l’exécution) qu’un gagne pain. Cette idée, reprise au sens de l’échelle des besoins de Maslow, veut dire que l’entreprise pour le travailleur algérien ne permet de satisfaire que le premier type de besoin : les besoins physiologiques. Quant aux autres types de besoins, (appartenance, estime et accomplissement) ils sont satisfaits ailleurs.

Il est essentiel de signaler que le statut général du travailleur (SGT), une des adaptations

algériennes à partir de 1979, a vite causé le plafonnement des carrières et provoqué une flânerie systématique. Le SGT a encouragé le turn-over et le travail au « noir » des exécutants et des cadres de maîtrise formés, grâce à la devise, à l’étranger. Les adaptations algériennes des produits « made- in » des diverses provenances ont engendré des comportements négatifs : la culture de l’entreprise à

30

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été codifiée par les textes de la ge stion socialiste (GSE) et par le SGT,

été codifiée par les textes de la gestion socialiste (GSE) et par le SGT, au lieu d’être le résultat naturel de développement. C’est l’avènement de la crise.

b- la crise des EPI et les « made-in »

Au cours des années 1980, l’effritement de la rente (entre 1985 et 1986, les recettes d’exportation ont chuté de 40% passant de 12,7 à 7,9 milliards USD$), la persistance d’un endettement extérieur élevé, l’incapacité du système productif à satisfaire la demande interne tant en biens d’équipement qu’en biens de consommation ont contribué à l’entrée des entreprises publiques industrielles en crise. La solution d’issue a été, elle aussi, importée et appliquée :

A partir de 1983, des entreprises publiques industrielles sont, pour la plupart, en situation de

faillite (actif net négatif) qui remonte à plusieurs années (en 1973 ; le déficit a été estimé à 408 millions de DA, il est de 1 milliard 80 millions de DA en 1978). La grande dimension de ces entreprises était montrée du « doigt » pour justifier leurs difficultés. Par ailleurs, le crédo de cette époque était le « Small is beautiful », autrement dit la crise touche les grandes entreprises

capitalistes et les nouvelles politiques de développement de ces pays étaient orientées vers la création et le développement des petites et moyennes entreprises. Vite importée, vite mise en œuvre, cette solution à l’algérienne a donné la restructuration organique qui a consisté à créer à partir d’une seule entreprise, plusieurs moyennes entreprises. Mais en le faisant, le propriétaire n’a fait que multiplier les difficultés par le nombre d’entreprises nouvellement créées et de prime qui sont restées de grande traille.

A

partir

de

1988,

l’autonomie

de

la

gestion

des

EPI

devenues

entreprises

publiques

économiques (EPE) est aussi une solution importée de l’ex URSS, et des pays de l’Europe de l’Est.

A partir de 1994, la privatisation est la stratégie de sortie de crise gérée par des Holdings

publiques (remplacées par des sociétés de gestion des participations à partir de 2001) mais en l’absence d’un marché financier opérationnel.

Ces solutions importées ont, à leur tour, subi des adaptations algériennes et elles deviennent de ce fait virtuelles :

- Les actionnaires des EPE/SPA sont virtuels ;

- Le contrôle est virtuel ;

-Les commissaires au compte chargés de veiller à l’utilisation judicieuse des capitaux des EPE ont un rôle virtuel ;

- Les textes de code de commerce qui insistent sur la liquidation des entreprises en faillite sont virtuels.

Cette virtualité a causé des déficits récurrents, une faible productivité du travail et une crise de paiement extérieur.

- En 2001, les entreprises publiques hors hydrocarbures ne produisent plus que 7% de la richesse nationale et n’emploient plus que 364 000 travailleurs, à peine 7% de l’emploi total.

Au cours des six dernières années, l’entreprise algérienne se trouve en plein triomphe de la pensée libérale et l’Algérie en pleine aisance financière (réserve de change 56 milliards USD$ en 2005 et elle se situerai, selon A.Benbitour [9], au dessus de100 milliards USD$ fin 2009).

Cette situation a marqué un retour accentué aux produits « made in » mais cette

Cette situation a marqué un retour accentué aux produits « made in » mais cette fois- ci, ils proviennent des pays émergents (Corée du Sud, Inde, Chine, Turquie, etc.) et ce, sous prétexte de sortir de l’hégémonie occidentale.

La politique de développement de l’Algérie des années 2000 a comme source principale la

rente pétrolière. Celle-ci est dépensée, entre autres, dans l’acquisition de « made- in » Chine. Mais

il ne faut pas oublier qu’elle est aussi destinée à acheter des prestations de cabinets, et bureaux

d’études internationaux pour l’expertise et la formation afin de greffer aux entreprises les concepts

clés à la mode tels que : le management par la qualité, le management par les compétences, le système management environnemental et autres. La question lancinante ici est la suivante : est ce que ces nouveaux « made- in » génèrent l’esprit d’entreprise? Réagir ainsi c’est oublier que Max Weber avait déjà avancé que : « le problème majeur de l’extension du capitalisme n’est pas celui du capital, mais celui du développement de l’esprit capitaliste ».

Après s’être attardée, à l’examen des modèles de développement ainsi que les sous-produits importés : la gestion et la stratégie, il paraît nécessaire de s’arrêter sur le concept de culture pour mettre en avant son influence sur le fonctionnement des entreprises donc sur les différents « made-

in ».

III – LA CULTURE D’ENTREPRISE ET LE « MADE- IN »

Les praticiens ont déjà avancé que s’il y a contradiction entre la stratégie et la culture, c’est la culture qui l’emportera. E. Morin [10] définit la culture d’entreprise comme un système qui fait communiquer une expérience existentielle personnelle et un savoir collectif. M. Thevenet [11] rajoute que la culture devrait conduire chaque salarié à avoir le sentiment que son succès passe par celui de son établissement. La culture d’entreprise peut être définie comme l’ensemble des éléments particuliers qui expliquent les bases de fonctionnement d’une entité spécifique. Elle est, dans un certain sens, un sous-produit de la culture nationale.

a- La culture et le management

L’apparition de la culture dans le management permet de dire que tout système de gestion contient à la fois des principes universels et des éléments internes socioculturels. Dans ce sens, G. Hofstede s’est intéressé à l’impact de la culture sur les organisations et les principes de management qui les dirigent. Il part de la contestation de l’hypothèse de convergence et met en avant l’irréductibilité des salariés de cinquante pays des cinq continents. Les résultats de son étude ont fait apparaître que les individus font face à des problèmes similaires mais qu’ils y apportent des réponses, selon leurs origines [12].

La notion de la culture organisationnelle et son impact sur le management appartient à Edgar H. Schein. Il définit cette notion comme un modèle de postulats élémentaires inventés par un groupe

donné, découverts ou développés en vue de résoudre ses problèmes d’adaptation externes et internes et qui ont été jugés suffisamment efficaces pour être enseignés à de nouveaux membres. Ce même auteur a développé ses études, dans les années 1990, en opposant deux formes d’anxiété [13]. Pour E.H.Schein, la réduction de l’anxiété engendre un certain nombre de voyances partagées

et

pourrait générer la cohérence interne.

La première anxiété : « l’anxiété I » est la peur de la situation actuelle, la seconde « anxiété

II

» est la peur engendrée par la perspective de changement , de sortir de la situation actuelle. Ainsi

pour vendre un projet, il faut que

« l’anxiété I » soit plus forte que « l’anxiété II ».

Les entreprises vivent actuellement dans un environnement turbulent ; les chocs économique, politique, écologique et

Les entreprises vivent actuellement dans un environnement turbulent ; les chocs économique, politique, écologique et social, deviennent répétitifs et imprévisibles. Les entreprises, pour faire face, ont développé une nouvelle approche, il s’agit de « l’analyse stratégique relationnelle » qui conduit l’entreprise à distinguer des acteurs dans son environnement et à distinguer les aspects culturels.

La culture se présente en effet comme un héritage commun à plusieurs systèmes culturels individuels. Au sein d’un ensemble bien défini d’individus, il existe aussi une « intersection culturelle » qui consiste en la partie communément acceptée par le système culturel de chaque individu de cet ensemble [13]. La culture agit donc comme un filtre qui rend impossible certaines opérations du cerveau. Cet aspect négatif de la culture ne peut être ignoré.

b-La culture et « le made in » des entreprises

Nous venons de mettre en exergue le rôle de la culture dans l’entreprise ; c’est un outil de gestion. A ce titre, l’Algérie, en important des modèles de gestion, a aussi transféré des cultures et mis en place, dans les entreprises, des systèmes culturels divers sans saisir réellement les implications d’un tel acte et les dangers qu’il présente ; ceci pourrait se justifier par l’histoire politique de l’Algérie. A l’indépendance, le peuple ainsi que les dirigeants du pays ont vite voulu se débarrasser, du principe, de l’aliénation du taylorisme imposé ; « les Européens conçoivent et les Arabes exécutent ». C’est le sentiment d’une génération qui a en commun d’avoir longtemps été considérée « comme inférieure par rapport aux autres, écrasée de mépris [14] » ; ce qui explique, en partie le recours des Algériens au « made in ».

Importer des produits (organisations industrielles) n’est pas une fatalité, elle le devient quand les acheteurs les mettent en place sans aucune harmonisation avec les autres éléments de système créant ainsi la décohésion. D’ailleurs, les organisations qui réussissent sont celles qui ont su adapter des règles de gestion aux conditions des cultures locales. La réussite des Japonais en est un exemple et celui des pays émergents en est un autre. Cela veut dire qu’il est tout à fait possible de transférer une théorie X ou Y à une organisation appartenant à une autre nation et donc à une autre culture que celle d’origine de la théorie en question.

Les EPI en Algérie, en adoptant les modes de fonctionnement étrangers ont généré une culture d’entreprise algérienne unique. Elle a été codifiée par les textes (idéologiques et non économiques) de la GSE et du SGT aboutissant de la sorte à une rupture entre l’entreprise et ses travailleurs. Cependant, ces EPI se trouvent actuellement, dans une situation propice pour remédier aux erreurs du passé. Les travailleurs algériens ont atteint le « seuil de l’anxiété » en se posant, tout le temps, les mêmes questions : Notre avenir est-il compromis ? Avons-nous raison d’espérer ? Sommes- nous devant un mur ? E.H. Schein disait en 1990 que la notion de « Seuil d’anxiété » détermine l’aptitude innovatrice. Pour le cas des EPI, « l’anxiété I » est plus forte que « l’anxiété II » (nos enquêtes en 2000-2005). Et c’est bien le moment de leur vendre le projet de changement innovant. Mais, hélas, il reste à déterminer les droits de propriété ou à hisser au plus haut degré les bonnes valeurs culturelles : un défi à relever.

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CONCLUSION Si le « made- in » Algérie était impossible les premières années après l’indépendance,

CONCLUSION Si le « made- in » Algérie était impossible les premières années après l’indépendance, vu les effets du colonialisme, l’Algérie est confrontée actuellement et après tant d’années d’investissement en capital technique et humain au problème de la fuite des cerveaux par l’émigration, vers les pays industrialisés. Cette fuite appauvrit l’Algérie et offre aux pays d’accueil un capital humain bon marché. L’entreprise est pourvoyeuse de formation de qualité : la Sonatrach vit une « hémorragie » de son personnel qualifié : plus de 2000 cadres ont quitté l’entreprise et 2000 autres retraités ayant accumulé de l’expérience pour la transférer aux firmes multinationales [15]. L’observation à travers la littérature récente sur la performance des entreprises et leur réussite dans un environnement turbulent fait ressortir deux critères qui reviennent dans chaque analyse de praticiens et théoriciens en management : le premier est la compétence et le deuxième est l’ouverture fondée sur la culture locale ; ce constat n’est pas étranger aux Japonais qui ont d’abord observé et acheté des « made- in », ensuite modifié et adapté à leur culture nationale. Ceci nous encourage à avancer que les entreprises algériennes ont tous les « ingrédients » pour réussir à partir du « made- in » Algérie : le capital technique a été formé depuis des années et renforcé par les derniers investissements de l’Etat, le capital humain est existant ; reste pour les dirigeants du pays à faire un inventaire du savoir-faire et des connaissances capitalisées par les cadres et les travailleurs depuis la création des entreprises ; le capital financier accumulé est déposé dans les banques à l’extérieur. Mais faut-il le rappeler, le « made in » algérien doit s’imprégner des comportements positifs, locaux et universels. La question est comment réussir la transition d’une culture traditionnelle, conservatrice et rurale à une culture libérale pour construire une culture d’entreprise algérienne?

BIBLIOGRAPHIE

[1] SILEM A. et ALBERTINI J. M. : « Lexique d’économie ». Edition Dalloz, Paris, (1999). [2] EXTRAIT DE l’ANNUAIRE DE l’AFRIQUE DU NORD. Ed. CNRS Paris, (1967), p.18. [3] RAPPORT GENERAL du plan triennal et du premier plan quadriennal, MPAT, Alger, (1974). [4] REBAH A. : “Sonatrach: une entreprise pas comme les autres”. Edition CASBAH, Paris, (2006). [5]GAUTHIER, Y. et KERMAREC, J : « Naissance et croissance de la république Algérienne Démocratique et populaire ». Edition Ellipses, Paris, (1978). [7] BENISSAD H. : «L’Algérie : de la planification socialiste à l’économie de marché ». Edition ENAG, Alger,(2004 [8] REDJEM N. : “L’entreprise publique algérienne (socialisme et participation)”. OPU, Alger, (1987). [9] BENBITOUR A. « Radioscopie de la gouvernance algérienne ». Edition EDIT 2000, Alger, (2006). [10] MORIN, E. : « Sociologie ». Ed. Fayard, Paris, (1984). [11] THEVENET, M. : « Impliquer les personnes dans l’entreprise » . Editions Liaisons, Paris, (1992). [12] HOFSTEDE G. : “Vivre dans un monde multiculturel: comprendre nos programmations mentales”. Edition d’Organisation, Paris, (1994). [13] KERVERN G. Y. : « La culture réseau éthique et écologie de l’entreprise ». Edition ESKA, Paris, (1993). [14] EL KENZ A. et BENNOUN M. : « Entretien avec Bélaid Abdeslam : le hasard et l’histoire ». Edition ENAG, tome 1, Alger, (1990). [15] BRADEM, L. secrétaire général de la fédération des pétroliers (entretien à El Watan 2006).

NOTE

[6] A titre d’exemple, nous reprenons les idées relatées par le personnel des entreprises algériennes lors de nos enquêtes

effectuées entre 2000 et 2005. Les organisations importaient et mettaient en place des principes de travail en contradiction avec les principes de l’Algérie indépendante :

- le principe concepteur – exécuteur : Il s’agit de séparer entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent sans discuter les ordres (taylorisme). Ce principe a été rejeté par les Algériens qui viennent juste de sortir d’une guerre et qui restent sensibles à toutes formules visant leur sous-estimation.

- Le principe du travail à la chaîne, basé sur l’individualisme et le chronométrage afin d’élever les rendements, ne fonctionnait non plus avec le comportement des travailleurs algériens, car maximiser les rendements n’était pas la priorité et les travailleurs sont des ruraux préférant travailler dans un processus valorisant le groupe.

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Evolution du commerce extérieu r de l’Algérie : 1980-2005 Constat et analyse M. Khaled CHEBBAH

Evolution du commerce extérieur de l’Algérie : 1980-2005 Constat et analyse

M. Khaled CHEBBAH * lauréat et major de la première promotion « Economie internationale ». Faculté des sciences économiques et de gestion U.M.M.T.O

1. Telle qu’elle est décrite dans bon nombre de manuels, l’Algérie est un vaste pays riche, à la fois par son sous-sol qui renferme une diversité de matières premières, par sa diversité géographique favorable pour la localisation de divers projets économiques ainsi que par son marché national :

- un PIB de 100 milliards de $US ;

- 33 millions de consommateurs solvables (3200 $ US par habitant) ;

- 70 milliards de dollars US de réserves de change ;

- 45 milliards de $US d’exportations et 20 milliards d’importations.

L’autre particularité de l’Algérie est le fait qu’elle représente un point de jonction liant à la fois l’Europe développée à l’Afrique, sous-développée, ainsi que les pays constitutifs de l’UMA (Union du Maghreb Arabe).

Malgré tous ces avantages géoéconomiques, l’Algérie demeure un pays mono-exportateur d’hydrocarbures (98% des exportations en moyenne) ; cette situation fait que la structure et la santé de l’économie algérienne sont tributaires du prix mondial du pétrole, en d’autres termes, toute la sphère de l’économie algérienne est soumise à l’aléa des marchés pétroliers et gaziers.

Dès le lendemain de son indépendance, l’Algérie a opté pour un système économique de type soviétique, basé sur le mode socialiste prônant la propriété étatique de tous les secteurs de l’économie ; ainsi l’économie algérienne, pendant presque trois décennies, était régie par un système de gestion centralisée se basant sur l’exécution de différents plans de développement (triennaux, quadriennaux, quinquennaux). Mais la fin du bloc soviétique et communiste, l’avènement de l’organisation mondiale du commerce (OMC) et le développement d’importants blocs économiques ont obligé les dirigeants algériens à réexaminer leur stratégie de développement et l’organisation des relations économiques avec l’étranger. Dans ce sens, l’Algérie tente depuis plusieurs années de mettre en place un ensemble de mesures lui permettant d’effectuer une transition réussie vers une économie de marché afin de s’intégrer d’une manière compétitive dans les échanges internationaux, d’autant plus que ses principaux concurrents- également membres de l’UMA (Maroc et Tunisie)- ont déjà entamé ce processus d’intégration internationale depuis les années 1980.

Sombrant dans un vaste processus d’endettement, l’Algérie s’est retrouvée à la fin des années 1980 dans une situation préoccupante, l’obligeant ainsi à recourir au Fonds Monétaire International (FMI) pour se procurer des liquidités ; néanmoins, ce dernier lui impose des conditionnalités, dans le cadre d’un ajustement structurel, en contre partie de son aide. Ces conditionnalités sont entre autres : la suppression des déficits budgétaires, la régulation de la masse monétaire, la libéralisation du système bancaire, le recours aux investissements directs étrangers (IDE) et la libéralisation du commerce extérieur. Cette dernière conditionnalité fut réalisée en 1994.

* Mémoire préparé sous la direction de M. Mohamed DAHMANI, professeur d’économie U.M.M.T.O

Nonobstant l’importance de la réforme sur l’ouvert ure du commerce extérieur représentant à la fois

Nonobstant l’importance de la réforme sur l’ouverture du commerce extérieur représentant à la fois la fin d’une époque et un grand pas pour la libéralisation de l’Algérie, cette dernière doit être accompagnée par d’autres mesures comme la réalisation de la diversification géographique des partenaires, ainsi que la diversification des produits exportés, autrement dit, la réduction de la part des hydrocarbures dans la structure des exportations totales, qui représente « le talent d’Achille » de l’économie algérienne comme l’a si bien démontré le contre-choc pétrolier de 1986.

Une telle initiative nécessite d’être accompagnée et renforcée par une plus grande intégration au marché mondial ; cela peut aussi se manifester soit par la signature d’accords bilatéraux mais surtout multilatéraux en ce sens. Conscient que c’est la seule alternative dont il dispose, le gouvernement algérien a manifesté sa volonté de trouver sa place dans cette compétition internationale en prenant le soin de réformer et de restructurer son économie en vue de l’adapter à la nouvelle donne économique mondiale à savoir la mondialisation, basée sur le libre échange et l’ouverture des économies. Pour mieux réussir son intégration, le gouvernement a opté pour un choix politique en renforçant ses relations globales dans l’espace maghrébin ainsi que dans le bassin méditerranéen avec une attention particulière accordée aux pays de l’Union Européenne 9 , considérés comme partenaires privilégiés. Dans une autre optique, l’Algérie a entamé des négociations en vue d’adhérer à l’organisation mondiale du commerce comme pour couronner son travail de libéralisation.

2. L’origine géographique du commerce extérieur de l’Algérie

L’évolution du commerce extérieur de l’Algérie va de pair avec l’évolution de son économie ; ainsi parler du commerce extérieur dans une optique historique, revient à évoquer les aspects rétrospectifs de l’économie algérienne qui sont directement liés au passé de ce pays.

Cette démonstration nous amène à nous interroger sur l’origine géographique des échanges extérieurs, puis, nous procéderons à l’analyse de l’évolution du commerce extérieur de l’Algérie dans les deux premières décennies de son indépendance.

Selon les notes et observations d’un espion diplomate, Jean-Michel Venture de Paradis, le trésor d’Alger était, entre 1788 et 1790, approvisionné par les entrées nettes des exportations commerciales algériennes très variées malgré la diminution de la course en raison des accords de paix, signés entre les USA et les puissances occidentales.

Il est noté que « les articles les plus importants fournis à l’extérieur sont le blé dur, l’orge, toutes sortes de légumes à l’exception des haricots blancs, de l’escayolle, de l’huile et des olives noires, de la cire et du miel, de la laine, du cuire et du vermillon, les viandes sèches et le corail, du riz, du lin et du tabac, du sel, du raisin sec, des figues, des plumes d’autruche, du cochenille (teinture), et de la soie transformée en ceintures ». 10 Les statistiques relatives à cette période telles qu’elles sont consignées sur les registres de la douane et de la marine corroborées par les registres du trésor et appuyé par Venture de Paradis nous donnent :du port d’Alger sortaient respectivement 7 à 8000 quintaux de laine en provenance du Tetteri, et 10 à 12.000 quintaux du port de Bône.

Ce trésor qui, d’après des sources anglaises, françaises ou algériennes était évalué entre 500 et 750 millions de francs de l’époque, soit 4,5 milliards d’euros en 2001 ; il constituait le véritable but de l’expédition coloniale devant sauver le royaume chancelant de Charles X.

9 Signature d’un accord de libre échange entre l’UE et l’Algérie en 2005.

10 : S’ajoute à ces recettes les droits d’encrage (droits de mouillage et d’armement) des pavillons qui accostent à Alger

a. L’ère de « l’Algérie française » 1830-1962 Dès juillet 1830, l’Algérie tomba sous l’

a. L’ère de « l’Algérie française » 1830-1962

Dès juillet 1830, l’Algérie tomba sous l’occupation française, totalement différente des autres modes de colonisation en Afrique du nord, du fait que cette dernière était une colonisation de peuplement, d’où la perte quasi-totale du concept strict du commerce extérieur. Celui-ci n’étant qu’un moyen parmi d’autres pour maintenir et développer la colonisation en Algérie.

Cette colonisation a fait naître un dualisme économique ; d’un côté, nous avons les « autochtones » , majoritaires, qui continuaient à maintenir une économie traditionnelle dont la production n’était pas destinée à un marché monétisé ; elle était consacrée plutôt à l’autosatisfaction de leurs besoins fondamentaux.

D’un autre côté, nous avons les colons européens, minoritaires, possédant de nouvelles techniques de production, ils avaient développé un secteur économique moderne. Soutenue par le régime militaire, la production était essentiellement orientée vers l’extérieur, d’autant plus que le marché algérien était étroit 11 et qu’il existait une libre circulation des marchandises et des capitaux entre la France et l’Algérie. S’ajoute à cela, le fait que les prix étaient hautement rémunérateurs sur le marché français. Ainsi, le rôle du commerce extérieur, comme l’a souligné M. TEHAMI 12