Vous êtes sur la page 1sur 2

Jasmine Vojdani Atelier d’écriture Marie-Christine Ricci 4/12/12 Le vélo et la bière à Fort Collins au Colorado Il existe une petite

ville blottie contre les Rocheuses dont le nom est Fort Collins et dont la mythologie est celle du vélo, moyen de transport plus efficace que n’importe quel autre et qui permet aux habitants de se promener sans entraves, jusqu’à un certain point. Symbole de liberté parce qu’étant adapté à une personne seule, le vélo met en valeur l’autonomie qu’a l’individu, nous délivrant de la grotesque consommation d’essence pour laquelle notre pays est si connu. Aussi mystérieuse que soit l’histoire du vélo et de son invention, on dit qu’il a également joué un rôle dans la libération de la femme, car il lui a bien fallu adapter sa tenue vestimentaire pour monter en selle. En effet, le vélo représente à la fois la libération et la contrainte ; aussi efficace et écologique qu’il soit, on ne peut pas traverser de très longues distances à vélo. Il incarne donc une locomotion parfaite pour rester dans la ville. Peut-être est-ce cette même borne spatiale qui lie si intimement le vélo à tout ce qui est propre à cette ville, surtout la bière que l’on y produit. Il va sans dire que le vélo fournit un moyen alternatif et respectable de transport lorsqu’on est trop ivre pour conduire. Même si l’équilibre même du vélo est instable par définition, étant donné qu’il est à tout instant ballotté entre la force de gravité et la force centrifuge, on s’attend à ce que notre ami ivre rentre parfaitement et sans problème à vélo après une nuit de débauche. Ainsi le vélo et la bière sont-ils si inséparables l’un de l’autre que la plupart des établissements du centre ville mettent en valeur la bière ou le vélo, sinon les deux. Par exemple, il existe un 1

bar qui sert de la bière locale à prix réduit si on y va à vélo. ivres et montés sur leur machine tant aimée pendant une journée entière de l’année. sans autre échappatoire que la consommation constante de la bière qui est produite dans la ville même de Fort Collins. cette contre-culture devient de plus en plus présente au point qu’elle n’apparaît plus comme telle. Et donc. Mais comme le trajet lui-même est spatialement limité. La culture du vélo est donc celle d’une contre-culture. mais plutôt comme la seule culture qui convienne à la jeunesse de cette ville. mais aussi une démarche vers une communauté autre. Le côté garage du bar propose un lieu où les jeunes peuvent exhiber leur vélos. lorsque nous considérons l’importance du vélo pour les habitants de Fort Collins. qui n’a aucun autre but que celui de voir tous les jeunes déguisés. le fait de préférer le vélo à la voiture constitue non seulement un refus de faire partie du système général du capitalisme. on est donc obligé de rester là où on est. car le vélo est censé être un moyen de transport qui va à l’encontre de la culture même des Etats-Unis. Elle est d’autant plus présente qu’il existe de nombreux évènements consacrés à cette sacrée union du vélo et de la bière. En revanche. ce n’est pas tant l’objet lui-même qui nous importe que l’idéologie qu’il incarne pour eux. 2 . celle à laquelle on appartient nécessairement par le simple fait de nier les activités des masses. tel le Tour de fat. Parmi les jeunes. C’est une libération vis-à-vis des normes de la société de consommation et une rupture avec l’insouciance du passé à l’égard de l’écologie.