Vous êtes sur la page 1sur 49

CChhaakkiibb EELL OOUUFFIIRR PPrrooffeesssseeuurr àà ll''UUnniivveerrssiittéé MMoohhaammeedd VV RRaabbaatt AAggddaall FFaaccuullttéé ddeess SScciieenncceess JJuurriiddiiqquueess,, ÉÉccoonnoommiiqquueess eett SSoocciiaalleess

DD RR OO II TT

DD EE SS

AA FF FF AA II RR EE SS

LL II VV RR EE

-- II --

Année universitaire 2009 - 2010 PPRREEMMIIEERREE PPAARRTTIIEE LLEESS MMEECCAANNIISSMMEESS JJUURRIIDDIIQQUUEESS FFOONNDDAAMMEENNTTAAUUXX

Plan Chapitre 1 Les acceptions du droit. Chapitre 2 Le sujet du droit. Chapitre 3 L'organisation judiciaire au Maroc

CHAPITRE 1 LES ACCEPTIONS DU DROIT

Le terme droit a une double acception : l’une objective, l’autre subjective. Le droit objectif : يعوضوولا ىوًبملاLe droit subjectif : تيصخشلا قومحلا

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

On peut dire que la terminologie arabe reflète mieux les sens spécifiques de ces acceptions ; car dans le premier cas il s'agit du droit dans le sens (ىوًبملا= droit objectif), et dans le second il s'agit du sens (كحلا= droit subjectif). SECTION 1 LA NOTION DE DROIT OBJECTIF Dans ce sens le droit est défini comme étant l’ensemble des règles qui régissent la vie en société et sanctionnées par la puissance publique. Il s’agit d’un droit objectif dans la mesure où c’est la règle de droit qui est prise en considération. Plan :

§ 1 La règle de droit § 2 Les branches du droit § 3 Les sources du droit.

2

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Etudier

la

caractéristiques.

§ 1 - LA REGLE DE DROIT

règle

de

droit,

c'est

connaître

ses

objectifs

et

ses

A LES FONCTIONS DE LA REGLE DE DROIT

La règle de droit tantôt impose ou interdit des comportements, tantôt elle permet d'autres.

  • - Elle peut nous imposer certains comportements, par exemple payer son

loyer, sinon le locataire peut être poursuivi en justice et ses biens seront vendus par voie de justice pour payer sa dette.

  • - Elle peut nous interdire de commettre certains faits, par exemple de voler

des biens appartenant à autrui, l'auteur d'un tel acte, peut être arrêté et condamné en vertu de la loi pénale.

  • - Enfin, une règle de droit peut nous permettre d'accomplir certains actes, par exemple s'approprier des biens, se marier, adopter des enfants…

B LES CARACTERISTIQUES DE LA REGLE DE DROIT

Comme Définition on peut retenir que la règle de droit est une règle de conduite dans les rapports sociaux. Elle est générale, obligatoire et sa sanction est assurée par la puissance publique (contraignante). 1/ Une règle de droit est Générale : car une règle juridique est impersonnelle, elle n’est pas destinée à régler une situation particulière et ne vise pas une personne de manière singulière. Elle s’applique de manière générale à tous les individus qui composent la société et qui se trouvent dans la situation qui nécessite la solution édictée par la règle de droit. Par exemple, l’article 19 du nouveau code de la famille prévoit que le garçon et la fille ne peuvent contracter mariage qu’à l’âge de 18 ans révolus 1 ; cette règle est générale et impersonnelle puisqu'elle s'applique, en principe, à tous les Marocains et à toutes les Marocaines 2 . 2/ La règle de droit est obligatoire : c’est-à-dire qu’une règle de droit est une règle impérative qui s’impose à tous les constituants de la société : on dit qu’elle est coercitive.

1 L'article 8 de l’ancien code de statut personnel prévoyait que l'aptitude au mariage s'acquiert : pour l'homme à 18 ans révolus et pour la femme à 15 ans révolus. 2 Le mariage de mineures : 21.660 autorisations de mariage de filles n’ayant pas atteint l’âge légal ont été enregistrées en 2005.

3

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

D'abord, la règle de droit émane de l'autorité publique, c'est l'Etat qui élabore les règles de droit 3 . Les règles de droit ne sont pas seulement des recommandations, ce sont des commandements. Toutefois, il existe des lois qui s'imposent plus que d'autres. C'est pourquoi on distingue les lois impératives et les lois supplétives. - Les lois impératives sont appelées les règles d'ordre public : elles ont pour but d'assurer la sécurité publique et de sauvegarder les valeurs fondamentales de la société. Ce sont donc des règles qui s'imposent à tous et nul ne peut écarter leur application. Par exemple:

* En matière pénale : toute personne qui tuerait une autre personne serait poursuivie et condamnée même si la victime était consentante (notamment en cas d'euthanasie (تفأزلا لتل, ou de complicité au suicide qui est punie par l'article 407 du code pénal d'un emprisonnement d'un an à cinq ans). * En matière civile : il est impossible d'écarter l'application par exemple de la règle qui interdit le mariage avec les ascendants et les descendants… - Les lois supplétives se rencontrent surtout en matière de contrats, par exemple en matière de vente, l'article 510 du D.O.C. prévoit que les frais du courtage sont à la charge du vendeur, sauf les usages locaux et les stipulations des parties. Ce qui veut dire que les contractants peuvent déroger à cette règle et appliquer soit les usages soit des clauses prévues dans le contrat. 3/ Une règle de droit doit être contraignante pour pouvoir être respectée:

L’irrespect de la règle implique des sanctions.

Les sanctions nécessitent l’intervention de la puissance publique afin de faire respecter la règle de droit ; car, à supposer qu’une règle de droit soit

démunie de sanction, il serait difficile de la faire respecter. La sanction permet le respect de la règle de droit et donc de faire régner

l’ordre dans la société.

Les sanctions peuvent être, suivant la règle enfreinte, civiles ou pénales :

3-1/ Les sanctions civiles peuvent consister en :

3 A l’exception des coutumes et des usages ; v. infra.

4

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

- une contrainte : par exemple l’exécution d’une obligation contractuelle non effectuée, notamment un locataire qui refuse de payer son loyer peut être condamné par le tribunal soit à la saisie de ses biens, soit à l'expulsion ; - une réparation : qui peut consister notamment à payer des dommages intérêts pour le préjudice subi soit par une personne victime d'un comportement dommageable (par exemple suite à un accident de la circulation), soit pour le préjudice subi par un cocontractant en raison de l’inexécution ou du retard dans l’exécution d’une obligation contractuelle. 3-2/ Les sanctions pénales répriment quant à elles des comportements appelés des infractions, celles ci sont incriminées par les règles pénales suivant la gravité de ces actes. Les infractions sont classées en trois catégories auxquelles correspondent des sanctions du même degré :

# Les crimes : Ce sont les infractions les plus graves comme les homicides volontaires (assassinat, parricide, infanticide), l'incendie d'une maison habitée, les vols aggravés, etc. Les peines criminelles sont principalement :

  • - la peine de mort, qu'on appelle aussi la peine capitale ;

  • - la réclusion, est une peine privative de liberté, qui peut être à perpétuité

ou à temps (de 5 à 30 ans) ; # Les délits : exemple le vol, l'escroquerie, l'abus de confiance. Les peines

correctionnelles (ou délictuelles) sont :

  • - l'emprisonnement dont la durée peut varier de 1 mois à 5 ans

  • - et l'amende de plus de 1 200 dirhams 4 .

# Les contraventions : par exemple les violences légères, le dépôt des

ordures sur la voie publique, etc.

Les peines contraventionnelles sont :

  • - la détention de moins d'un mois,

  • - l'amende de 30 à 1 200 dirhams.

4 Loi n° 25/93 promulguée par dahir n° 1/94/284 du 25/1/1994 modifiant les articles 17, 18 et 111 du code pénal ; B.O. n° 4266 du 3/8/1994, p. 371.

5

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

§ 2 - LES BRANCHES DU DROIT

Le droit se subdivise en deux grandes branches : le droit public et le droit

privé.

A - LE DROIT PUBLIC

C’est l’ensemble des règles qui organisent l’Etat et ses démembrements 5 et ses rapports avec les particuliers. Les principales matières du droit public sont :

  • 1 - Le droit constitutionnel : c’est l’ensemble des règles juridiques

relatives aux institutions grâce auxquelles l’autorité publique s’établit, il organise les structures et le fonctionnement des trois pouvoirs qui constituent l’Etat : le

législatif, l'exécutif et le judiciaire. L’ensemble de ces règles est contenu dans la constitution.

  • 2 - Le droit administratif : est un droit principalement jurisprudentiel, il organise la structure et le fonctionnement de l’administration et des personnes

morales administratives et réglemente les rapports de celle-ci avec les

particuliers.

  • 3 - Les finances publiques : ce sont les règles relatives à la gestion des

finances de l’Etat ; ses recettes (notamment les impôts et taxes) et ses dépenses (le budget). Chaque année, une loi de finances est votée par le parlement pour

déterminer la politique financière de l’Etat.

B - LE DROIT PRIVE

C’est l’ensemble des règles qui régissent les rapports entre les

particuliers. Il comprend un grand nombre de matières telles que :

  • 1 - Le droit civil : c’est l’ensemble des règles de droit privé normalement applicables ; il constitue le droit commun qui s’applique chaque fois qu’aucune

autre règle spéciale n’est prévue pour un cas donné (par exemple en matière

commerciale). Il régit une grande partie des rapports qui concernent les particuliers; il régemente :

5 Notamment les collectivités publiques (les communes, les provinces et les préfectures).

6

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

- les contrats et les obligations et détermine

le régime

des biens; ces

règles sont contenues dans le dahir formant code des obligations et contrats

(D.O.C.),

-

le

statut des personnes (contenu

dans

le

code

de

la famille

ou

Moudawana) : le mariage, la filiation, la répudiation, le divorce, les successions,

etc.

  • 2 - Le droit foncier : c’est-à-dire le droit qui régit le domaine immobilier.

  • 3 - Le droit du travail : c’est le droit qui réglmente les rapports entre les employeurs et les employés et qui comporte le régime de la sécurité sociale. Ses règles sont contenues dans le nouveau code du travail 6 .

  • 4 - Le droit pénal : détermine les infractions et les sanctions qui leur sont applicables. La principale source de droit pénal est le code pénal.

    • 5 - Le droit commercial : c’est le droit qui régit les activités commerciales

exercées par les commerçants (individus ou sociétés), les relations de ces derniers entre eux ainsi que leurs rapports avec leurs clients. Il réglemente un grand nombre de matières telles que les sociétés commerciales, les effets de commerce (la lettre de change, le billet à ordre et le chèque), les contrats commerciaux, etc. Ses règles sont contenues dans le code de commerce en plus d'un grand

nombres de lois sur les sociétés commerciales, la propriété commerciale, la

propriété industrielle, etc.

  • 6 - Les droits procéduraux : ils sont réglementés, en matière pénale, par

le code de procédure pénale et, en matière civile, par le code de procédure

civile.

Ce sont des règles qui déterminent l’organisation juidiciaire et les

procédures à suivre devant les juridictions. Notons enfin que si le droit marocain est imprégné du droit musulman, il est aussi considérablement dominé par le droit occidental (la législation du

protectorat). § 3 - LES SOURCES DU DROIT Le droit a des sources écrites et d’autres non écrites.

6 Loi n° 65/99 promulguée par dahir du 11 septembre 2003, B.O. n° 5167 du 8/12/2003.

7

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

A - LES SOURCES ECRITES

Ces sources se caractérisent, sans aucun doute, par leur hiérarchie. En ce qui concerne la loi, se pose le problème de son application.

a - La hiérarchie des sources écrites

La hiérarchie des sources écrites nationales est déterminée dans l'ordre

suivant :

1. La constitution : c’est un document relatif aux institutions politiques dont l’élaboration et la modification obéissent à une procédure

différente de la procédure législative ordinaire. L'adoption et la révision de la constitution sont soumises au référendum

du peuple, c'est-à-dire à l'approbation populaire par voie de vote. C'est la raison pour laquelle elle acquière une force juridique qui la situe au premier rang des règles de droit.

  • 2. La loi : elle est votée par le parlement conformément à la

procédure prévue par la constitution. Le parlement est composé de deux chambres, la chambre des représentants et la chambre des conseillers.

L'initiative des lois appartient concurremment au gouvernement (les projets de lois) et au parlement (les propositions de lois).

Les domaines de compétence de la loi sont strictement fixés par l’article 46 de la constitution 7 . 3. Le règlement

Il est de la compétence du pouvoir exécutif. L’élaboration des règlements s’effectue par la voie des décrets (نيسازهpris par le Premier ministre et des arrêtés (ثارازل) pris par les ministres. Contrairement au domaine de la loi, les domaines du règlement ne sont

pas énumérés par la constitution ; son article 47 se contente de disposer que "les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi appartiennent au domaine réglementaire".

7 Parmi ces domaines on peut citer :

  • - les droits individuels et collectifs ;

  • - la détermination des infractions et des peines qui leur sont applicables, la procédure

pénale, la procédure civile et la création de nouvelles catégories de juridictions ;

  • - le régime des obligations civiles et commerciales ;

  • - la nationalisation d’entreprises et les transferts d’entreprises du secteur public au secteur

privé etc.

8

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

b – L’application de la loi A partir de quel moment une loi devient-elle applicable ? C’est la question de l’entrée en vigueur de la loi et de la non rétroactivité de la loi.

1 - L’entrée en vigueur de la loi Il ne suffit pas qu’une loi soit votée par le parlement pour qu’elle soit

applicable ; il y a toute une procédure à respecter :

  • - Le contrôle de la constitutionnalité des lois : avant leur promulgation

par le Roi, les lois peuvent être soumises au conseil constitutionnel pour se

prononcer sur leur conformité à la Constitution 8 . Une loi déclarée inconstitutionnelle par le conseil constitutionnel ne peut

être promulguée ni être mise en application, que si ses dispositions anticonstitutionnelles sont rectifiées par le parlement.

  • - La promulgation : c’est l’acte par lequel le chef de l’Etat :

* constate officiellement l’existence d’une loi, c'est-à-dire affirme qu'elle a

été régulièrement votée par le parlement, * et la rend exécutoire, c'est-à-dire ordonne son exécution.

Le Roi promulgue les lois par dahir. D'ailleurs, c'est par dahir que le Roi exerce les pouvoirs qui lui sont expressément réservés par la constitution.

  • - La publication : une fois la loi promulguée, elle est publiée au bulletin

officiel (B.O.). Notons au passage que même les règlements sont soumis à la publication. Cette publication a pour but de faire connaître aux citoyens l’existence de la loi et de son contenu. Généralement la loi devient applicable dès sa publication au B.O., mais elle peut prévoir un certain délai pour son entrée en vigueur. Dès lors, elle devient applicable à tous ; l’article 4 de la constitution prévoit dans ce sens que «la loi est l’expression suprême de la volonté de la nation. Tous sont tenus de s’y soumettre » ; c’est que la loi est censée, après sa publication, être connue de tous en vertu de la règle «nul n’est censé ignorer la

loi».

8 Elles peuvent être déférées au Conseil constitutionnel par le Roi, le Premier ministre, les présidents des deux chambres du parlement ou le quart des membres de l'une ou l'autre chambre.

9

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

La modification de la loi, de même que pour son abrogation (ءبغللإا), doit respecter la même procédure. C'est-à-dire qu'une loi ne peut être modifiée ou abrogée que par une autre loi, donc une règle juridique au moins équivalente dans la hiérarchie, par exemple un décret ne peut modifier ou abroger une loi.

2 - Le principe de la non rétroactivité de la loi (ييًاوملا تيعجر ة مذعCe principe est expressément consacré par l’article 4 de la constitution qui stipule que «la loi ne peut avoir d’effet rétroactif». En effet, une loi nouvelle ne peut être appliquée aux situations juridiques antérieures à sa publication. Elle est immédiatement applicable aux situations

nées après sa publication. La loi nouvelle n’a donc d’effet que pour l’avenir.

Cependant, ce principe n’est pas absolu, il connaît certaines exceptions comme celle de la loi pénale la plus douce. En principe, une loi pénale est non rétroactive ; toutefois, lorsque la loi nouvelle décriminalise ou atténue les sanctions d’une infraction, elle s’applique même aux infractions commises avant son entrée en vigueur. À côté de ces sources écrites, le droit a aussi des sources non écrites.

B - LES SOURCES NON ECRITES :

Il s'agit de la coutume et des usages, de la jurisprudence et de la doctrine. a La coutume et les usages Nous pouvons définir la coutume de la manière suivante : c'est une règle qui n’est pas édictée en forme de commandement par les pouvoirs publics, mais qui est issue d’un usage général et prolongé. b - La jurisprudence

Les tribunaux ont pour fonction de rendre la justice, pour cela ils doivent

faire application des règles de droit et veiller à leur respect par les justiciables.

Mais, parfois les juges se trouvent devant des difficultés d’interprétation. Il en est ainsi lorsqu’une loi est obscure, ambiguë ou même muette sur certaines

questions. Il revient alors aux tribunaux d’interpréter cette loi suivant le sens le plus proche visé par le législateur. C'est ainsi qu'il peut arriver que les magistrats adoptent une même solution qui, à force d'être appliquée, devient jurisprudence. Il faut dire que l’unification de la jurisprudence se réalise par le biais des voies de recours en appel puis, et surtout, en pourvoi par la plus haute juridiction,

10

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

la Cour suprême. Ce sont donc les précédents judiciaires qui servent de guide aux décisions des juridictions à travers la pyramide judiciaire.

c La doctrine C'est l'ensemble des écrits portant les interprétations et les opinions des juristes (les universitaires, les avocats, les magistrats, etc.). Ces écrits sont publiés sous forme d'ouvrages ou d'articles dans différentes revues juridiques. La doctrine, par son analyse juridique et ses recherches scientifiques, a

pour rôle d'éclairer le législateur (à l'occasion de l'élaboration des textes) et les tribunaux (lors de l'application de la loi). SECTION 2 LA NOTION DE DROIT SUBJECTIF Dans le sens subjectif le droit désigne l’ensemble des prérogatives et avantages susceptibles d’être attribuées à un individu ayant pour objet de lui permettre de jouir d’une chose ou d’une valeur ou d’exiger une prestation d’autrui. Il s’agit alors d’un droit subjectif puisqu’il est fonction de la personne titulaire de ces droits. Ces prérogatives et avantages peuvent porter soit sur des droits patrimoniaux soit sur des droits extrapatrimoniaux.

§ 1 - LES DROITS EXTRAPATRIMONIAUX

Par opposition aux droits patrimoniaux, les droits extrapatrimoniaux sont

des droits dont la nature ne peut se traduire en monnaie, c’est-à-dire n’ont pas de valeur pécuniaire et qui, par conséquent, n’entrent pas directement dans le

patrimoine des personnes ; ce sont des droits hors du commerce. Ils sont incessibles et insaisissables. Ce sont donc des droits qui ne présentent pas de valeur marchande et par conséquent, inaliénables. Exemples : le droit au mariage et au divorce, les

attributs de l’autorité parentale comme le droit des parents sur la personne et les biens de leurs enfants, les droits civiques tel que le droit au vote et à l’éligibilité,

etc.

Le domaine des droits extrapatrimoniaux est tellement vaste que certains

auteurs l’ont étendu à certaines prérogatives qui ne sont en réalité que des libertés tels que le droit à l’honneur, le droit à l’intimité de la vie privée, le droit au

respect, etc.

11

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Ces droits extrapatrimoniaux intéressent moins le droit des affaires que les droits patrimoniaux lesquels sont monnayables et attirent plus l'attention des juristes d'affaires.

§ 2 - LES DROITS PATRIMONIAUX

Ce sont des droits qui entrent dans le patrimoine des sujets de droit, ils sont monnayables, c’est-à-dire qu'ils ont une estimation en argent et qu'ils peuvent être comptabilisés. Une personne peut avoir des droits sur une chose, par exemple un droit de propriété, on appelle alors ce droit un droit réel car il porte sur une chose. Une personne peut également avoir une créance sur une autre personne,

par exemple une somme d'argent. La première, appelée créancier, est en droit d'exiger le règlement de sa dette de la deuxième personne appelée, le débiteur. Les droits patrimoniaux sont donc dominés par les relations entre les personnes et les choses, c’est ce qu’on appelle les droits réels (A) ; et par les relations des personnes entre elles, c’est ce qu’on appelle les droits personnels ou droits de créance (B).

A - LES DROITS REELS Le droit réel représente un rapport, une relation juridique entre une personne et une chose ; c’est un droit qui s’exerce directement sur une chose. On distingue les droits réels principaux et les droits réels accessoires.

a Les droits réels principaux Il s’agit essentiellement du droit de propriété.

Le droit de propriété est le droit de jouir, à l’exclusion de toute autre personne des avantages que procure la chose : s’en servir, en tirer profit et en disposer.

1- Les attributs du droit de propriété Traditionnellement on distingue 3 prérogatives comme droit sur la propriété :

# Le droit d’usage : c’est-à-dire le droit d’utiliser la chose dont on est propriétaire ; par exemple habiter sa maison, cultiver ses terres, etc. # Le droit de jouissance : c’est-à-dire le droit de jouir de sa chose en percevant ses fruits.

12

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

# Le droit de disposition : c’est-à-dire le droit de disposer de sa chose ; on distingue :

  • - la disposition matérielle : par exemple : laisser dépérir sa chose faute

d’entretien ou même la détruire ;

  • - la disposition juridique : par exemple : la vendre, la louer, la donner,

l’hypothéquer, etc.

2- L’objet de la propriété La question qui se pose ici est de savoir quels sont les objets qu'une personne peut s'approprier ? Ces objets sont tellement nombreux qu'il est impossible de les énumérer. Aussi, pour tenir compte de la diversité des choses et des biens sur lesquels peut porter le droit de propriété, on a établi en droit certaines distinctions, notamment entre :

1°/ Les biens meubles et les biens immeubles

  • - Les meubles sont des choses mobiles, c’est-à-dire qui peuvent être

déplacées (les machines, les bijoux, les voitures, les actions, l’argent, etc.) ou se

déplacer par soi-même (les animaux).

  • - Les immeubles sont des choses qui sont par nature immobiles et qui ne

peuvent être transportées (le sol, les terrains, les édifices, les plantations, etc.). Intérêt de distinction : Alors que le transfert de propriété des meubles s’opère par simple tradition, c’est-à-dire de la main à la main, puisqu’ils sont mobiles, la propriété des immeubles ne peut se transmettre que par l’accomplissement de certaines formalités.

2°/ Les meubles corporels et les meubles incorporels

  • - La chose corporelle est celle qui est dotée d’une consistance physique et

qui est d’une nature concrète ; exp. les bijoux, les costumes, le cuir, le fer, les

stylos, etc.

  • - La chose incorporelle est celle qui est abstraite et qui n’a pas de

consistance matérielle ; exp. le fonds de commerce, les marques de fabrique, les brevets d’invention, les actions, etc. Intérêts de distinction : il tient à l'application de la fameuse règle "en fait de meuble la possession vaut titre" (c'est-à-dire que la possession d'un meuble vaut

titre de propriété). Or, cette règle ne s'applique qu'aux choses corporelles et non

13

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

aux choses incorporelles. Par exemple, celui qui détient une montre est censé en être propriétaire, sauf à celui qui prétend le contraire de le prouver ; par contre, lorsqu'il s'agit d'un fonds de commerce, ce dernier appartiendra non à celui qui le détient mais à celui qui l'a inscrit le premier au registre de commerce.

b Les droits réels accessoires : Les sûretés réelles Ce sont des droits réels liés à l’existence d’une créance dont ils garantissent l’exécution ; ils sont appelés droits réels accessoires parce qu’ils sont accessoires à la créance qu’ils garantissent. Ces droits donnent à leur titulaire sur la chose remise en garantie certaines prérogatives dont un créancier chirographaire 9 est dépourvu, tel que le droit de suite et le droit de préférence. Ces droits sont appelés des sûretés réelles par opposition aux sûretés personnelles (qui sont des droits de créance et non des droits réels) qui consistent pour une personne de se porter garante pour une autre personne ; exp. le cautionnement 10 et l’aval 11 . Les sûretés réelles sont principalement le nantissement et l’hypothèque.

1- Le nantissement C’est un contrat par lequel le débiteur affecte une chose mobilière ou immobilière à la garantie d’une obligation, et confère au créancier le droit de se payer sur cette chose par préférence à tous les autres créanciers au cas où le débiteur manquerait à le satisfaire. Le nantissement d’un bien meuble est appelé gage. Le nantissement d’un immeuble prend le nom d’antichrèse. Le nantissement entraîne dépossession, c'est-à-dire la mise de la chose objet du nantissement entre les mains du créancier.

9 - Un créancier chirographaire est un créancier de sommes d’argent qui ne dispose d’aucune garantie pour le recouvrement de sa dette. 10 - La caution est une personne qui s’engage à garantir l’exécution d’un contrat par l’une des parties au profit de l’autre. 11 - L’aval est une garantie donnée sur un effet de commerce (lettre de change, billet à ordre ou chèque) par une personne appelée avaliste qui s’engage à en payer le montant si la personne avalisée ne s’en acquitte pas.

14

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

2 - L’hypothèque C’est un droit réel sur un immeuble affecté à la garantie d’une créance mais qui, à la différence de l’antichrèse qui est un nantissement, ne comporte pas dépossession du débiteur. L’hypothèque autorise le créancier non payé à l’échéance à faire saisir et

vendre l’immeuble en quelque main qu’il se trouve (droit de suite) et à se faire

payer sur le prix avant les créanciers chirographaires (droit de préférence).

B - LES DROITS PERSONNELS OU DROITS DE CRÉANCE

Le droit personnel suppose une relation entre deux personnes au moins, un créancier titulaire d'un droit et un débiteur tenu d'exécuter une obligation. Le

droit du créancier s'appelle créance, alors que l'obligation qui lie le débiteur est appelée dette. La créance se classe dans l'actif du patrimoine du créancier, tandis que la dette est un élément du passif.

CHAPITRE 2 LE SUJET DU DROIT : LES PERSONNES

Le droit a pour sujet l’homme, ce dernier a vocation à être titulaire de droits ; à ce titre l’homme est doté d’une personnalité juridique qu’on appelle la personne. La personnalité juridique comprend deux composantes, la capacité de jouissance et la capacité d'exercice. - La capacité de jouissance : c'est l'aptitude d'être titulaire de droits et, le cas échéant, d'être débiteur d'obligations 12 . La capacité de jouissance commence, en principe, dès la naissance, mais l'enfant est doté de ses droits dès qu'il est conçu, car il peut être héritier (ثراو) ou légataire (َل ىصوه La capacité d'exercice : c'est l'aptitude d'exercer soi même ses droits et d'exécuter ses obligations. 13 On distingue en droit deux catégories de personnes : les personnes physiques et les personnes morales.

12 Article 207 CF La capacité de jouissance est la faculté qu’a la personne d’acquérir des droits et d’assumer des devoirs tels que fixés par la loi. Cette capacité est attachée à la

personne durant toute sa vie et ne peut lui être enlevée. Article 208 CF La capacité d’exercice est la faculté qu’a une personne d’exercer ses droits personnels et patrimoniaux et qui rend ses actes valides. La loi fixe les conditions d’acquisition de la capacité d’exercice et les motifs déterminant la limitation de cette capacité ou sa perte.

13

15

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

SECTION I LES PERSONNES PHYSIQUES En droit marocain, l’être humain acquière la personnalité juridique dès sa naissance, il s'agit bien entendu de la capacité de jouissance 14 ةوجولا تيلُأ. C'est à

dire que si l'enfant est né vivant, il hérite ; par conséquent, dans notre droit, la personnalité juridique commence à la conception. Mais s'il est mort né, l'enfant n'a pas d'existence juridique et donc n'hérite pas. En ce qui concerne la capacité d'exercice 15 ,ءادلأا تيلُأ l’article 210 du code de la famille 16 dispose que « toute personne ayant atteint l’âge de la majorité, jouit de la pleine capacité pour exercer ses droits et assumer ses obligations, à

moins qu’un motif quelconque établi ne lui limite ou ne lui fasse perdre cette

capacité". Donc, pour pouvoir exercer ses droits, une personne physique doit être juridiquement capable, c’est-à-dire apte à exercer ses droits. Or, dans ces cas prévus par le Code de la famille les personnes physiques se trouvent être légalement interdites, et partant, mises sous tutelle. § 1 LES PERSONNES FRAPPEES DE L’INTERDICTION Le Code de la famille, dans ses articles 212 et suivants, distingue deux catégories de personnes frappées d’interdiction )زجحلا( les incapables et les non pleinement capables.

A LES PERSONNES INCAPABLES

Le Code de la famille considère incapables )تيلُلأا نيذع( :

  • - le mineur qui n’a pas atteint l’âge de discernement ;

  • - le dément et celui qui a perdu la raison )لمعلا ذلبفو ىوٌجولا(.

a - Le mineur dépourvu de discernement زيوولا ريغ ريغصلا Le mineur est celui qui n’a pas atteint l’âge de la majorité. La majorité légale est désormais fixée dans notre pays à 18 années grégoriennes révolues depuis la modification de l’ancien code de statut

  • 14 La capacité de jouissance est la faculté qu’a la personne d’acquérir des droits et d’assumer

des devoirs (art. 207).

  • 15 La capacité d’exercice est la faculté qu’a une personne d’exercer ses droits personnels et

patrimoniaux et qui rend ses actes valides. La loi fixe les conditions d’acquisition de la capacité d’exercice et les motifs déterminant la limitation de cette capacité ou sa perte (art. 208).

  • 16 Loi formant code de la famille n° 70-03 promulguée par dahir du 3 février 2004, Bulletin

Officiel n° 5358 du 6 octobre 2005, p. 667. (Version arabe : Bulletin Officiel n°5184 du 5 février

2004).

16

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

personnel par le dahir du 24 mars 2003 17 , prévu actuellement par l’article 209 du nouveau Code de la famille.

  • - sous le dahir du 14 mars 1938, l'âge de la majorité était fixé à 25 ans,

  • - sous le dahir du 25 janvier 1958 formant CSP il est passé à 21 ans,

  • - ensuite à 20 ans par dahir du 11 juin 1992. Le mineur est bien entendu considéré incapable jusqu'à sa majorité ; dès

sa naissance, il est frappé d'une incapacité d'exercice générale. Jusqu'à l'âge de 12 ans révolus, le mineur est considéré dépourvu de discernement (art. 214).

b Les majeurs incapables )ةيلهلأا نيدع) Alors que l’article 144 de l’ancien code de statut personnel définissait le dément (ىوٌجولا) comme étant "celui qui a perdu la raison", l’article 217 CF distingue actuellement le "dément" (ىوٌجولا) de "celui qui a perdu la raison" ذلبف( )لمعلا en laissant tous les deux sans définition ! On peut finalement déduire du nouvel article 217 du CF, que le dément

est celui dont la démence est continue (c'est à dire une perte de la raison sans interruption), et que celui qui a perdu la raison est celui dont la démence est intermittente. Le même article précise que la personne qui perd la raison de manière discontinue a pleine capacité durant ses moments de lucidité. Mais la perte volontaire de la raison ne dégage pas de la responsabilité. L’interdiction et la levée de l’interdiction doivent être prononcées par jugement du tribunal à la requête de l’intéressé lui-même ou du procureur du roi, ou de toute personne intéressée.

Pour prononcer l'interdiction ou la levée de l’interdiction, le tribunal doit

s'appuyer sur une expertise médicale et sur tous les moyens de preuves légaux.

c Le régime juridique des personnes incapables Du point de vue juridique, ces personnes incapables ne sont pas admises à gérer leur patrimoine et tous leurs actes sont frappés d'une nullité absolue et ne produisent aucun effet (art. 224).

B LES PERSONNES NON PLEINEMENT CAPABLES

Le Code de la famille considère non pleinement capables )تيلُلأا صلبً( :

17 B.O. n° 5096 du Jeudi 3 Avril 2003.

17

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

  • - le mineur qui a atteint l’âge de discernement ;

  • - le prodigue )َيفسلا( ;

  • - et le faible d’esprit )ٍوتعولا(

a Le mineur pourvu de discernementزيوولا ريغصلا À l'âge de 12 ans révolus, le mineur devient doué de discernement. Mais quelles sont les conséquences de ce discernement sur les actes effectués par le mineur ?

  • Tout d'abord, il ne peut prendre possession de ses biens avant d'être majeur.

  • Mais, l'article 225 décide que ses actes :

1) sont valables, s’ils lui sont pleinement profitables ; 2) sont nuls, s’ils lui sont préjudiciables ; 3) s’ils revêtent un caractère à la fois profitable et préjudiciable, leur validité est subordonnée à l’approbation de son représentant légal.

Ce sont là les règles générales relatives au mineur pourvu de discernement jusqu'à sa majorité, néanmoins, le Code de la famille prévoit deux atténuations à ces règles, qui permettent au mineur d’accéder à la capacité civile.

1 - L’autorisation d’expérience de la majorité رابتخلااL’article 226 CF dispose que le mineur, doué de discernement, peut prendre possession d’une partie de ses biens pour en assurer la gestion, à titre d’essai. Actuellement, l’autorisation peut lui être attribuée dès l’âge de 12 ans révolus puisque le mineur est alors pourvu de discernement.

Cette autorisation peut être accordée :

  • - soit par le tuteur légal, qui peut par la suite la retirer de lui même le cas échéant (art. 227) ;

  • - soit par le juge, à la demande du tuteur testamentaire ou datif. Le mineur habilité ainsi à gérer une partie de ses biens, reste en

principe incapable ; mais pendant la période d’expérience, qui est

généralement d'une année renouvelable, il est considéré, à l'égard des biens qui lui sont remis et qui sont mentionnés dans son autorisation, comme ayant pleine capacité. Il peut même ester en justice à propos des actes de sa gestion (art. 226 in fine).

18

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

2 - L’émancipation par déclaration de majoriديشرتلاCette émancipation est réglementée par l’article 218 du CF qui prévoit actuellement que le mineur qui a atteint l’âge de 16 ans, est admis à requérir son émancipation du tribunal. De même son représentant légal, s’il le juge apte à être émancipé, il peut en faire la demande au tribunal. Cet article mérite les observations suivantes :

1°. L'émancipation ne peut être accordée au mineur qu’à partir de l'âge de 16 ans révolus 18 . 2°. Il résulte de l’émancipation que le mineur :

  • - prend possession de tous ses biens ;

  • - qu’il est entièrement relevé de son incapacité, ce qui revient à dire qu’il acquière la pleine capacité pour la gestion et la disposition de son patrimoine ;

  • - quant aux droits extra patrimoniaux, notamment le droit au mariage et au vote, ils restent soumis aux textes qui les régissent.

Il convient d'ajouter que l’émancipation du mineur de 16 ans ne lui permet

pas d'exercer le commerce, pour cela le code de commerce exige, en plus, une

autorisation spéciale pour pouvoir exercer le commerce.

b - Les majeurs non pleinement capables

  • - Le prodigue (رذبولا وأ َيفسلا: d’après l’article 215 "le prodigue est celui qui

dilapide ses biens par des dépenses sans utilité ou considérées comme futiles par les personnes raisonnables, d’une manière qui porte préjudice à lui-même ou à sa famille".

  • - Le faible d’espritٍوتعولا: est celui qui est atteint d’un handicap mental

l’empêchant de maîtriser sa pensée et ses actes La procédure de l’interdiction et la levée de l’interdiction est la même que

celle des majeurs incapables. Quant à leurs actes, ils sont soumis au même régime de ceux effectués par le mineur pourvu de discernement.

18 Avant d’être arrêté à 16 ans par le Code de la famille, l’âge de l’émancipation était de 18 ans sous la Moudawana. Avec la loi 63-02 promulguée par dahir du 24/3/03 qui avait

fixé l’âge de la majorité à 18 ans, l’âge de l’émancipation avait été ramené à 17 ans.

19

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

§ 2 - LA TUTELLE

ة ياص و لا

Le Code de la famille dispose en effet que les personnes interdites sont

soumises au régime de la tutelle.

Le représentant légal selon le CF est :

  • - le wali (tuteur légal) ;

  • - le tuteur testamentaire يصولا;

  • - et le tuteur datif مدقولا.

a Le wali (يلولا(ou tuteur légal) Le père et la mère

C'est

le

père

qui

est

légalement

le

wali

de

ses

enfants.

En

cas

d’empêchement du père, il appartient à la mère d’entreprendre les mesures

urgentes concernant ses enfants. Après le décès, la disparition du père, ou la perte de sa capacité légale, la tutelle légale est attribuée par le Code de la famille à la mère.

Le

wali n’est

pas soumis aux autorisations préalables du juge

pour

l’accomplissement de certains actes de gestion pour le compte de l’incapable

auxquels sont assujettis les tuteurs testamentaire et datif en vertu du CF.

b - Le tuteur testamentaire (يصولا) C'est celui désigné par le père ou par la mère par testament en prévision de leur décès.

En cas de coexistence de la mère et d’un tuteur testamentaire désigné par

le père, le rôle du tuteur se limitera à suivre la gestion par la mère des affaires du testataire et à saisir la justice le cas échéant.

c - Le tuteur datif (مذمولاLe tuteur datif est celui qui est désigné par le tribunal à défaut de mère de

l’incapable ou de tuteur testamentaire. Le tribunal peut également désigner un

tuteur datif soit pour assister le tuteur testamentaire, soit pour gérer certaines affaires du mineur indépendamment du tuteur testamentaire.

SECTION 2 LES PERSONNES MORALES Ce sont des groupements de personnes ou de biens dotés de la personnalité juridique pouvant, par conséquent, être titulaires de droits et

d’obligations. La personne morale, lorsqu’elle est formée, se distingue des personnes qui l’ont constituée.

20

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

La personnalité morale permet au groupement d’avoir un statut propre, indépendant, c’est-à-dire ayant :

  • - une identité propre, un nom, une nationalité, un domicile… ;

  • - un patrimoine propre distinct des patrimoines personnels des membres

du groupement ;

  • - et une pleine capacité juridique pour exercer les actes nécessaires à la

vie du groupement. Généralement on distingue les personnes morales de droit public, les personnes morales mixtes et les personnes morales de droit privé :

1. Les personnes morales de droit public : Il s’agit d’établissements

publics dotés de la personnalité morale, exemples : l'Etat, les régions, les provinces, les communes, les hôpitaux, les offices, les universités, etc. 2. Les personnes morales mixtes : ce sont des personnes qui ont un statut de droit public mais dont l’activité est régie par le droit privé, exemples : les sociétés nationales 19 , les sociétés d’économie mixte 20 , etc. 3. Les personnes morales de droit privé : ce sont les sociétés et les associations privées.

  • - La société : c'est un groupement qui réunit par un contrat deux ou

plusieurs personnes qui mettent leurs biens en commun en vue d’en partager les bénéfices qui peuvent en résulter. Les sociétés sont aussi dotées de la personnalité morale.

  • - L’association : c’est un groupement réuni en vertu d’un contrat

d’association ; par ce contrat deux ou plusieurs personnes mettent en commun leurs connaissances et leurs activités dans un but non lucratif 21 . Les syndicats professionnels sont également des associations, mais régies par des textes particuliers. Ils ont pour objet de défendre les intérêts de leurs adhérents.

19 Dont le capital appartient entièrement à l'Etat. 20 Dont le capital appartient en partie à l'Etat et en partie au privé. 21 Les associations sont régies par le dahir du 15 novembre 1958.

21

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

CHAPITRE 3 – L’ORGANISATION DE LA JUSTICE AU MAROC

L’organisation judiciaire au Maroc comprend des juridictions de pleine compétence, des juridictions spécialisées et une juridiction d'exception : le tribunal militaire. SECTION 1 LES JURIDICTIONS DE PLEINE COMPETENCE Elles ont une compétence générale, c'est-à-dire qu'elles peuvent

connaître de tous les litiges qui ne sont pas réservés par le législateur à d'autres juridictions. Ce sont :

  • - les juridictions communales et d’arrondissement ;

  • - les tribunaux de première instance ;

  • - les cours d’appel ;

  • - et la Cour suprême. §1 - LES TRIBUNAUX COMMUNAUX ET D’ARRONDISSEMENT )تاعطاقولاو تاعاوجلا نك احه( Ce sont des juridictions populaires instituées par dahir 15 juillet 1974. Elles se composent d’un juge unique dont il n’est requis aucune formation en droit, ni même aucun niveau d’instruction, plus encore, leurs décisions ne sont susceptibles d’aucun recours. Ils sont compétents en matière civile pour statuer dans les affaires ne dépassant pas la valeur de 1 000 dh. Et en matière pénale, ils connaissent de certaines contraventions de faible degré qui sont passibles d'une peine d'amende ne dépassant pas 800 dh. Fort heureusement ils ne peuvent jamais condamner à une peine privative de liberté.

22

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

TABLEAU : COMPOSITION DES JURIDICTIONS

Les juridictions de Conseillers Conseillers 1 justice au administratives administratives Les juridictions Les juridictions pleine comp
Les juridictions de
Conseillers
Conseillers
1
justice au
administratives
administratives
Les juridictions
Les juridictions
pleine comp é tence
pleine comp é tence
des
Les juridictions de
Maroc
Maroc
1
justice au
ion de la
ion de la
’ ’ organisat organisat
L
L
des
la loi et du droit
PR +
PR +
subst. du
1
magistrats
du si è ge
du si è ge
Pdt +
Pdt +
Les
des
juges
juges
1
magistrats
er
er
Pdt +
Pdt +
des
des
Pdt +
des
er
er
Pdt +
Pdt +
des Pdts de
des Pdts de
chambres +
chambres +
Pdt +
Les
conseillers
conseillers
Pdt +
Pdt +
des juges
des juges
1
1
er
conseillers
Les
Pdt +
Pdt +
Pdt +
des Pdts de
des Pdts de
chambres +
chambres +
des
des
la loi et du droit
conseillers
er
Pdt +
des juges
des juges
1
1
er
er
PR
du PRG
de
de
chambr
chambr
+ des
+ des
conseil.
conseil.
PR
des Pdts
PGR +
PGR +
Subst.
Subst.
PGR
PGR
subst. du
Minist è re
ou
ou
substit
PR = Procureur du roi / PGR = Procureur général du roi
adm = Administratif / Com = Commerce / Pdt = Président /
uts du
Procur
Procur
eur du
eur du
roi +
roi +
substit
du parquet
uts du
PR
PR
Procureur
Procureur
g é n é ral du
g é n é ral du
roi +
roi +
substituts
Procureur
TPI
Les
juridictions de
juridictions de
commerce
commerce
Avocats
des Pdts
du PRG
Procureur
TPI
g é n é ral du
g é n é ral du
roi +
roi +
Avocats
substituts
g é n é raux
g é n é raux
Commissaires royaux de
Commissaires royaux de
CA com
du parquet
magistrats
magistrats
Les
Les
Minist è re
Public
Public
CA com
CA
TPI = Tribunal de 1ère instance / CA = Cour d’appel / CS = Cour suprême /
TPI com
TPI com
CA adm
CA adm
TPI adm
TPI adm
CS
CS
CA

§2 - LES TRIBUNAUX DE PREMIERE INSTANCE

DROIT DES AFFAIRES - Livre I Version 2009/2010 TABLEAU : COMPOSITION DES JURIDICTIONS Les juridictions de

ةيئادتبلاا مكاحملا

DROIT DES AFFAIRES - Livre I Version 2009/2010 TABLEAU : COMPOSITION DES JURIDICTIONS Les juridictions de

A - COMPOSITION

(V. tableau)

B - PROCÉDURE Les tribunaux de première instance peuvent comprendre plusieurs sections )مبسلأ( suivant la nature des affaires : des sections du droit de la famille, des sections civiles ou commerciales, immobilières, sociales, pénales…

Le tribunal siège à trois juges : un président et deux assesseurs avec

l’assistance d’un greffier.

Dans les audiences pénales, la présence du parquet est obligatoire. Dans les audiences des autres sections, le plus souvent cette présence est facultative.

Les décisions rendues par les tribunaux de première instance sont appelées des jugements.

C - COMPÉTENCE Les tribunaux de première instance sont compétents :

- En matière civile : ils peuvent connaître de toutes les affaires civiles, immobilières, de statut personnel et successoral.

23

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Dans toutes ces matières, ils statuent en premier et dernier ressort dans les affaires n’excédant pas 3 000 dh, et en appel lorsque le litige est relatif à une affaire supérieure à cette somme. Cependant les décisions rendues en premier et dernier ressort restent susceptibles de pourvoi en cassation devant la Cour suprême. - En matière pénale : les tribunaux de première instance connaissent de tous les délits et les contraventions (d’un degré plus grave que celles dont connaît le tribunal communal ou d’arrondissement). Toutefois, toutes les décisions en matière pénale sont susceptibles d’appel. §3 - LES COURS D’APPEL فانئتسلاا مكاحم Il s’agit, comme il est dit dans le jargon juridique d’un second degré de juridiction, c'est-à-dire qu'elles examinent une deuxième fois les affaires jugées en première instance.

A COMPOSITION

  • (V. tableau)

B COMPÉTENCE ET PROCÉDURE Les chambres qui composent les cours d’appel correspondent pratiquement, suivant leur nature, aux sections des tribunaux de première instance. En outre, une chambre criminelle ثبيبٌجلا تفزغest compétente pour connaître en premier et dernier ressort des crimes ; la chambre correctionnelle تيحٌجلا تفزغلاétant chargée de connaître de l’appel en matière délictuelle. La Cour d’appel siège à trois conseillers (un président et deux conseillers),

à l'exception de la chambre criminelle qui siège à cinq magistrats (un président et quatre conseillers).

Les décisions rendues par la cour d’appel sont appelées des arrêts.

Également, la présence du ministère public aux audiences pénales est obligatoire, elle est facultative dans les autres matières. §4 - LA COUR SUPREME ىلعلأا سلجملا La Cour suprême est unique, elle siège à Rabat.

A COMPOSITION

  • (V. tableau)

24

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

B COMPÉTENCE ET PROCÉDURE La Cour Suprême n'est pas une juridiction de troisième degré, c'est-à-dire

qu'elle n'examine pas les affaires jugées une troisième fois ; autrement dit, c'est une juridiction de droit et non de faits, elle ne peut être saisie que pour les questions de droit et non pour les questions de fait, elle a pour rôle uniquement de contrôler la bonne application des règles de droit par les juridictions de fond (les tribunaux de première instance et les cours d'appel qu'on appelle aussi les juridictions de fait). Ces dernières sont donc souveraines quant à l'appréciation des questions de fait. Les audiences de la cour suprême sont tenues et leurs arrêts sont rendus par cinq magistrats assistés d’un greffier. La présence du ministère public est obligatoire dans toutes les audiences.

Après l’examen des affaires qui lui sont soumises en cassation, la cour

suprême peut décider :

- soit de rejeter le pourvoi formé contre la décision attaquée ; - soit de casser la décision attaquée et renvoyer l’affaire devant la même juridiction autrement composée pour se conformer à la décision de la Cour suprême.

SECTION 2 LES JURIDICTIONS SPECIALISEES À la différence des juridictions de pleine compétence, les juridictions spécialisées ne peuvent connaître que des affaires qui leur sont expressément attribuées par les textes portant leur création. Il s'agit des tribunaux administratifs et des juridictions de commerce. §1 LES JURIDICTIONS ADMINISTRAVES En matière administrative, le législateur a crée en 1993 des tribunaux administratifs et des cours d'appel administratives en 2006. (V. tableau) § 2 LES JURIDICTIONS DE COMMERCE Les litiges nés entre commerçants pour affaires de commerce sont jugés par des juridictions spécialisées appelées juridictions de commerce.

Ces juridictions n’ont été instituées que récemment par le dahir du 12

février 1997 ; il s’agit des tribunaux de commerce et des cours d’appel de commerce. (V. tableau) Les tribunaux de commerce sont compétents pour connaître :

25

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

  • - des actions relatives aux contrats commerciaux ;

  • - des actions entre commerçants à l’occasion de leurs activités commerciales ;

  • - des actions relatives aux effets de commerce ;

  • - des différends entre associés d’une société commerciale ;

  • - des différends à raison de fonds de commerce.

Dans sa rédaction initiale, l'article 6 de la loi relative aux tribunaux de commerce prévoyait que les tribunaux de commerce connaissent en premier et dernier ressort des demandes dont le principal ne dépasse pas la valeur de 9 000 dh et en premier ressort de toutes les demandes d’une valeur supérieure à

ce montant. Cet article a été modifié par une loi n° 18-02 promulguée par dahir du 13/6/2002 22 . Désormais, cet article est ainsi formulé : "les tribunaux de commerce sont compétents pour connaître des demandes dont le principal excède la valeur de 20 000 dirhams, ils connaissent également toutes demandes reconventionnelles ou en compensation quelle qu'en soit la valeur."

D E U X I E M E

P A R T I E

D R O I T

C O M M E R C I A L

Plan de la deuxième partie

Chapitre I : L'objet du droit commercial Chapitre II : Le sujet du droit commercial

I N T R O D U C T I O N

Qu’est ce

que

le

droit

commercial ? Quelles sont ses particularités ?

Quelles sont ses sources ?

I - DEFINITION ET PARTICULARITES DU DROIT COMMERCIAL

C’est un

droit qui

fait partie du

droit privé qui régit les opérations de

production et de circulation des richesses effectuées par les commerçants soit dans leurs relations entre eux, soit dans leurs rapports avec leurs clients.

22 (B.O. n° 5030 du 15/8/2002)

26

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Vu la nature du monde des affaires, le droit commercial se distingue du droit civil tantôt par un certain formalisme, tantôt par une certaine souplesse.

A - LE FORMALISME DU DROIT COMMERCIAL

Ce formalisme est très utile pour assurer la sécurité du crédit dans les opérations commerciales. Le crédit constitue le noyau de toutes les relations commerciales. Pour cela, il doit être entouré d’un formalisme plus rigoureux que celui éxigé par le droit civil. C’est ce qui explique le formalisme des institutions du droit commercial : celui des effets de commerce, de la vente et du nantissement du fonds de commerce, de la faillite, le formalisme rigoureux pour la constitution des sociétés commerciales, etc.

B - LA SOUPLESSE DU DROIT COMMERCIAL

Elle s’explique, quant à elle, par la rapidité que nécessite la réalisation des

opérations commerciales. Ainsi, et contrairement aux règles rigides du droit civil, en droit commercial on admet le principe de la liberté de la preuve entre les commerçants.

C’est ce qui permet à ces derniers de conclure leurs contrats par les

moyens les plus rapides (téléphone, fax ou même verbalement) sans avoir à se soucier, au préalable, du formalisme des écritures qu’exige le droit civil. II - LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL

Comme toute matière de droit, le droit commercial a des sources écrites (constitution, traités, lois… et d'autres non écrites (coutumes et usages, jurisprudence…) (V. 1 ère partie). La caractéristique principale qui marque le droit commercial marocain est l'élaboration d'un nouveau code de commerce par un dahir n° 1-96-83 du 1 er août 1996 portant promulgation de la loi 15/95 formant code de commerce 23 en remplacement du code de 1913. Le D.O.C. (Dahir formant code des obligations et contrats) qui est notre code civil peut également s'appliquer au domaine commercial en cas de besoin,

23 - B.O.(Bulletin Officiel) n° 4418, du 3 octobre 1996, pp. 568-634. V. le site du Secrétariat Général du Gouvernement pour consulter les B.O.: www.sgg.gov.ma

27

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

CHAPITRE 1 - L’OBJET DU DROIT COMMERCIAL

L'objet du droit commercial est bien l'activité commerciale.

L’article 6 parle d’activités commerciales que nous pouvons définir comme étant celles qui donnent la qualité de commerçant à celui qui les exerce de manière professionnelle ou habituelle à condition d'être immatriculé au registre de commerce. Ces activités se distinguent donc des actes de commerce qui ne peuvent conférer la qualité de commerçant. C’est dans ce sens que nous pouvons

distinguer les activités commerciales des actes de commerce.

SECTION I - LES ACTIVITES COMMERCIALES

L’article 6 du nouveau code a énuméré un grand nombre d'activités commerciales que nous pouvons ranger dans trois secteurs :

  • - les activités de production

  • - les activités de distribution ;

  • - et les activités de services. § I - LES ACTIVITES DE PRODUCTION Les seules activités de production de caractère commercial, c'est-à-dire qui ne sont pas précédées de circulation antérieure, sont la recherche et l’exploitation des mines et des carrières (art. 6-4°). La recherche et l’exploitation des mines sont commerciales depuis le dahir

16 avril 1951, alors que la recherche et l’exploitation des carrières ne le sont que depuis le code de 1996 24 . On remarquera que l’agriculture et la pêche, qui sont aussi des activités

de production, sont restées dans le domaine civil. Sont également du domaine du droit civil toutes les activités de production de l'esprit. § II LES ACITVITES DE DISTRIBUTION La distribution est l’ensemble des opérations par lesquelles les produits sont répartis entre les consommateurs. Deux activités de distributions peuvent se dégager de l'art. 6 : l’achat pour revente et la fourniture.

24 - Exemples des mines : fer, cuivre et tous les métaux, phosphate, charbon, etc. Les carrières sont de sable, de marbre, de pierres, d’ardoise, d’argile, etc.

28

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

A - L’ACHAT POUR REVENDRE

Trois conditions sont nécessaires à sa commercialité :

1 - L’achat. 2 - L’objet : Désormais, il s’agit non seulement de l’achat de meubles (corporels ou incorporels) pour les revendre, mais aussi actuellement des immeubles 25 . 3 - L’intention de revendre en l’état ou après transformation :

Cet achat doit avoir lieu avec l'intention de revendre que ce soit en l’état ou après transformation. Ainsi, nous pouvons intégrer dans ce secteur non seulement les industries de transformation, mais aussi certaines petites entreprises comme la menuiserie, la boulangerie ou la pâtisserie.

B - LA FOURNITURE

Si le contrat de vente est un contrat à exécution instantanée, le contrat de fourniture est un contrat à exécution successive.

C’est le contrat par lequel le fournisseur s’engage, moyennant un prix, à délivrer des produits qu’il se procure (achète) préalablement aux livraisons ou à effectuer des services à ses clients, de manière périodique ou continue. C’est pourquoi le contrat de fourniture est un contrat à exécution successive. La fourniture peut concerner et les biens (les produits alimentaires ou industriels, l’eau, l’électricité et le gaz) et les services fournis de manière périodique et régulière (les services d’entretien et de réparations des appareils, machines, véhicules, les services rendus en matière de postes et télécommunications, le service de gardiennage…) § III - LES ACTIVITES DE SERVICES

Trois catégories d’activités de services se dégagent de l’art. 6.

A - LES SERVICES DE L’INTERMEDIATION L’objet de ces activités réside seulement dans l’information, le conseil et

l’assistance aux tiers cocontractants. Il s'agit notamment du courtage et de la

commission.

25 Par contre, la location des immeubles reste civile.

29

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

a - Le courtage C’est l’activité par laquelle une personne (le courtier) met deux personnes en relation en vue de la conclusion d’un contrat. Par conséquent, le courtier n’intervient d’aucune manière dans le contrat conclu entre les personnes qu’il rapproche.

b - La commission

Le contrat de commission est une variété de mandat en vertu duquel le

commissionnaire s’engage à réaliser des opérations tels que des achats ou des

ventes pour le compte du commettant, mais en son nom personnel. À la différence du simple mandataire qui traite au nom de son mandant, le

commissionnaire contracte avec les tiers en son nom personnel. Les tiers (les cocontractants) ne connaissent que le commissionnaire. Dans la pratique, les commissionnaires sont désignés par des dénominations techniques suivant leurs domaines de spécialisation : les intermédiaires de la bourse (ou agents de change en France), les commissionnaires de transport, les transitaires de douane, les mandataires des halles, etc.

B - LES SERVICES FINANCIERS

C’est l’ensemble des activités qui ont pour objet la spéculation sur l’argent. L’alinéa 7 de l’article 6 mentionne la banque, le crédit et les transactions financières, mais il faut aussi ajouter les assurances (al. 8) qui visent d’ailleurs, comme la banque, la spéculation sur l’argent (les primes d’assurance) et servent d’intermédiaires dans leur circulation entre ses clients.

Que veut-on dire par activités de banque, de crédit et de finance ? Les définitions sont désormais données par la loi bancaire 26 .

a - La banque

D’après la loi bancaire, les principales activités bancaires sont :

  • - la réception de fonds du public ;

  • - les opérations de crédits ;

  • - et la mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou

leur gestion.

26 - Dahir n° 1-05-178 du 14 février 2006 portant promulgation de loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, B.O. n° 5400 du 2 mars 2006, p.298.

30

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

b - Le crédit Le crédit consiste, d’après l’article 3 de la loi bancaire, en trois opérations, qui doivent toutes être effectuées à titre onéreux 27 en vertu desquelles une personne :

- met ou s'oblige de mettre des fonds à la disposition d'une autre personne, à charge pour celle-ci de les rembourser ;

-

ou

prend dans l'intérêt d'une autre personne, un engagement par

signature sous forme d'aval, de cautionnement ou de toute autre garantie.

d - L’assurance Le code de 1913 dans son article 2 ne citait pas parmi les actes de commerce terrestres les opérations d’assurance ; seul son article 3 parlait des assurances, mais maritimes. La jurisprudence avait alors considéré commerciale l’assurance terrestre par analogie avec l’assurance maritime. En pratique, les sociétés d’assurances adoptent la forme de la S.A., ce qui implique leur commercialité, aussi, par la forme 28 . Enfin, le code de 1996 a dûment rendu commerciales les opérations d’assurances «à primes fixes », c'est-à-dire les assurances du secteur commercial, pour les distinguer des assurances mutuelles.

C - LES AUTRES SERVICES

Quatre activités prévues par l'article 6 peuvent être rangées dans ce

cadre.

a L'activité industrielle Il s’agit de toute activité qui consiste à effectuer des travaux sur des biens

meubles ou immeubles. Mais à la différence avec l'achat pour revente après transformation où il y a achat de la matière première qui sera transformée pour être revendue, l'article 6 désigne par activités industrielles celles où les produits ou matières premières sont fournis à l'industriel par ses clients à charges pour lui de les leur restituer après transformation.

27 - C’est une condition essentielle, car les prêts concédés à titre gratuit ne sont pas considérés du crédit. 28 - L’article 44 al. 2 de la loi 5/96 leur interdit de se constituer sous forme de SARL.

31

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Mentionnons enfin dans le cadre des autres services, l'extension de la commercialité pour la première fois à l’artisanat, l’imprimerie et l’édition, le bâtiment et les travaux publics.

b - La location de meubles En vertu de l’art 6 - 1° et 2° toute location des biens meubles corporels ou incorporels est une activité commerciale quelle que soit l’origine de ces biens, qu’ils soient achetés ou seulement loués.

Le législateur de 1996 est resté muet sur les opérations de location des

immeubles. L’achat d’immeubles en vue de leur location demeure donc une

activité civile.

  • c - L’exploitation de locaux à usage public

Parmi ces activités citées par l’article 6, l’organisation de spectacles publics reste la plus répandue. Il s’agit de l’organisation de spectacles offerts au public dans des salles ou locaux destinés à cet effet dans un but lucratif (théâtre, cinéma, salles de conférences et lieux des manifestations sportives professionnelles).

  • d - Le transport

La commercialité du transport se base sur le fait qu’il participe à la

circulation des richesses, qu’il s’agisse du transport des personnes ou des

marchandises.

L’ancien code ne mentionnait que le transport par terre et par eau, ce qui s’explique par le fait que le code qui l’a inspiré datait de 1807, époque où le transport aérien et ferroviaire n'avaient pas encore vu le jour. C'est pourquoi l’art.

6 - 6° s’est contenté de prévoir le «transport » pour englober tous les modes de transport et éviter toute énumération.

SECTION II - LES ACTES DE COMMERCE

Les actes de commerce sont ceux qui ne peuvent être exercés à titre professionnel, et leur pratique, même habituelle, ne confère pas la qualité de commerçant à celui qui en fait usage, néanmoins elle donne lieu à l’application des règles du droit commercial. Rentrent dans cette catégorie tous les actes mentionnés par le code en dehors des articles 6 et 7, à savoir : les actes de commerce par la forme (art.9), les actes de commerce par accessoire (art.10) et les actes mixtes (art.4).

32

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

§ I - LES ACTES DE COMMERCE PAR LA FORME

Les actes de commerce par la forme sont des actes qui sont toujours commerciaux quelle que soit la qualité des parties (commerçants ou non commerçants) et quel que soit l’objet de l’opération qui leur donne naissance (commerciale ou civile). Ces actes sont la lettre de change et les sociétés commerciales (la S.A., la SARL, la société en nom collectif, la société en commandite simple et la société en commandite par actions).

§ II - LES ACTES DE COMMERCE PAR ACCESSOIRE L’article 10 du nouveau code stipule : « sont également réputés actes de commerce, les faits et actes accomplis par le commerçant à l’occasion de son

commerce » ; ce sont donc les actes de commerce par accessoire.

Ces actes sont en réalité de nature civile et, lorsqu’ils sont effectués par un commerçant pour les besoins de son commerce, ils acquièrent la qualité

d’actes de commerce.

Exemple, le commerçant qui achète un camion pour livrer ses marchandises, ou du mobilier pour son agence d’affaires ou des machines pour son usine, etc.

Ces actes ne constituent pas l’objet du commerce du commerçant ou son activité, il n’y a pas l’idée d’achat pour revendre. Donc, l’acte d’achat est en lui- même un acte civil, mais qui devient commercial par accessoire à l’activité commerciale du commerçant, on dit qu’il est commercial par accessoire. Signalons enfin que l’article 9 de la loi 53/95 a attribué au tribunal de commerce la compétence pour connaître de l’ensemble du litige commercial qui

comporte un objet civil et, donc, des actes de commerce par accessoire.

§ III - LES ACTES MIXTES

Ce sont des actes qui sont commerciaux pour une partie et civils pour

l’autre. Exemple : un consommateur qui achète des produits ou de la

marchandise chez un commerçant ; cet acte a une double qualité : il est civil pour le consommateur et commercial pour le commerçant.

C’est le cas pour toutes les ventes au détail ou ventes à la consommation : l’acte est commercial pour le vendeur et civil pour le consommateur.

33

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Devant le silence du code de 1913, c’est la jurisprudence qui a toujours décidé des règles à appliquer aux actes mixtes avant que le code de 1996 n'y consacre une règle générale par son article 4 qui dispose que «lorsque l’acte est commercial pour un contractant et civil pour l’autre, les règles du droit commercial s’appliquent à la partie pour qui l’acte est commercial ; elles ne peuvent être opposées à la partie pour qui l’acte est civil sauf disposition

spéciale contraire ».

SECTION III LE REGIME JURIDIQUE DU DOMAINE COMMERCIAL Étudier le régime juridique des activités commerciales revient à relever leurs particularités par rapport aux activités civiles. Ces particularités diffèrent

tant en ce qui concerne les règles de fond que les règles de forme.

§ I - LES PARTICULARITES DES REGLES DE FOND

Les particularités des règles de droit commercial dans ce domaine sont diverses. A ce niveau de notre étude, on dégagera seulement certaines règles générales du droit commercial qui se distinguent de celles du droit civil, notamment :

1°/ La capacité

Les règles de la capacité en matière commerciale se distinguent fondamentalement de celles du droit civil. Pour exercer le commerce, le mineur ne doit pas seulement être émancipé, mais aussi être autorisé à faire le commerce.

2°/ La solidarité

Il y a solidarité entre les débiteurs lorsque chacun d’eux est

personnellement tenu de la totalité de la dette. Face à plusieurs débiteurs d’une même dette, le créancier a le choix de réclamer à chacun d’eux, individuellement ou collectivement, le paiement de la totalité de la dette. En droit commun, c’est-à-dire dans les contrats civils «la solidarité entre les débiteurs ne se présume pas » (art. 164 D.O.C.), elle doit être expressément stipulée dans le contrat. Mais en matière commerciale la solidarité est de droit : l’article 335 du code 1996 dispose : « en matière commerciale la solidarité se présume » (V. aussi art. 165 D.O.C.). Par conséquent, et contrairement au droit civil, pour

34

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

écarter l’application de la solidarité entre les commerçants une clause spéciale doit être stipulée dans le contrat.

§ II - LES PARTICULARITES DES REGLES DE FORME

Les règles de forme sont celles qui gouvernent l’organisation judiciaire, le

fonctionnement de la justice, les actes de procédure, le déroulement du procès, la preuve, les décisions judiciaires, les recours, etc. Les règles du droit commercial se distinguent aussi dans ce domaine par rapport à celles du droit civil à bien des égards.

1°/ La compétence judiciaire

Avec la création des tribunaux de commerce, les conflits commerciaux sont désormais de la compétence de ces derniers à condition, bien entendu, que

le montant du litige dépasse 20 000 dh.

2°/ La preuve

En droit civil, la règle en matière de preuve est clairement exprimée par l’article 443 D.O.C. qui exige la preuve par écrit pour toute demande en justice qui dépasse la somme de 10 000 dh 29 . En droit commercial, le principe est la liberté de la preuve. C’est-à-dire que dans les affaires qui opposent les commerçants, il n’est pas nécessaire

d’établir la preuve par écrit (article 334 du code 1996). Cependant, si une disposition législative ou une clause conventionnelle l’exige, la preuve doit être rapportée par écrit, par exemple la loi exige un écrit en matière de vente et de nantissement du fonds de commerce, des contrats de sociétés commerciales, des effets de commerce, etc.

3°/ Le redressement et la liquidation judiciaires

Ces procédures sont particulières au droit commercial. Elles ont remplacé la procédure de la faillite prévue par l'ancien code de commerce. Elles constituent une garantie qui a pour but de protéger les créanciers contre leurs

débiteurs commerçants défaillants. Lorsque la cessation de paiement du commerçant est dûment constatée, ses créanciers doivent engager à son égard une procédure collective ; ils ne

29 Dahir du 30 novembre 2007 portant promulgation de la loi 53/05 relative à l'échange électronique de données juridiques. B.O. 5584 du 6/12/2007, p. 1357

35

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

peuvent poursuivre le débiteur de manière individuelle. Ils doivent se grouper dans leur action et se faire représenter par un syndic. Tout d’abord, une procédure de redressement est tentée et, en cas d’échec, il est procédé soit à la cession (vente de l’entreprise), soit à la liquidation des biens du commerçant. Par contre, un non commerçant qui refuse de payer ses dettes, ne peut être assujetti à ces procédures collectives, il est déclaré en état de déconfiture. Chaque créancier exerce son action de manière individuelle. Celui qui

l’assignera en paiement le premier, sera payé en priorité, après avoir exercé ses

droits sur le patrimoine du débiteur (c’est pourquoi on parle dans ce domaine du

prix de la course).

Telles sont les données sur les activités commerciales et les actes de

commerce qui constituent dans le nouveau code de commerce l’objet du droit commercial. Partant de ces données, il nous est possible de porter l’analyse sur

le sujet du droit commercial.

CHAPITRE II - LE SUJET DU DROIT COMMERCIAL

Si les activités commerciales et les actes de commerce constituent l’objet

du droit commercial, le commerçant reste le sujet de ce droit.

SECTION I - DEFINITION DU COMMERÇANT La définition du commerçant résulte expressément de l’article 6 du

nouveau code qui stipule que, sous réserve des conditions relatives à la publicité

au registre du commerce, la qualité de commerçant s’acquiert par l’exercice

habituel ou professionnel des activités commerciales. Toutefois cette condition est insuffisante pour définir le commerçant, une

autre condition s’impose, à savoir l’exercice des activités commerciales pour son

propre compte.

§ I - L’EXERCICE HABITUEL OU PROFESSIONNEL DES ACTIVITÉS COMMERCIALES

S'agissant des sociétés, rappelons que certaines sociétés sont commerciales par la forme, quelle que soit leur activité civile ou commerciale. En ce qui concerne les personnes physiques, nous avons déjà eu

l’occasion de voir que le commerçant est celui qui exerce les activités

commerciales, mais de manière habituelle ou professionnelle.

36

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Qu’est-ce que l’habitude et qu'est-ce que la profession ? - L’habitude : veut dire une répétition régulière de l’activité commerciale, autrement dit, l’exercice par entreprise des activités de l’article 6 ; en conséquence, l’exercice occasionnel de ces activités ne peut plus qualifier un commerçant. D’ailleurs, il ne faut pas oublier la condition supplémentaire de l’article 6 concernant la publicité au registre du commerce. - La profession : doit consister dans l’exercice d’une activité qui procure le moyen de satisfaire aux besoins de l’existence de celui qui l’exerce. Celui qui exerce une activité commerciale de manière habituelle doit tirer de cet exercice tout ou une partie importante de ses moyens d’existence. Encore faut-il qu’il le fasse pour son propre compte. § II - L’EXERCICE POUR SON PROPRE COMPTE Il s’agit là d’une règle qui connaît néanmoins des exceptions.

A LA RÈGLE La qualité de commerçant s’acquiert en définitif par l’exercice habituel ou professionnel des activités commerciales, mais pour son propre compte. Autrement dit, la règle en la matière est la suivante : celui qui exerce des activités commerciales, même s’il en fait sa profession habituelle, n’est pas un

commerçant tant qu’il le fait pour le compte d’autrui. Le commerce suppose une indépendance totale dans l’exercice de la profession. Il suppose aussi un certain risque : le commerçant peut faire des bénéfices mais il peut aussi subir des pertes ; d’où la règle : tous ceux qui exercent le commerce pour le compte d’une autre personne et ne subissent pas de risque ne sont pas des commerçants. Rentrent dans cette catégorie les employés, dans la mesure où ils sont subordonnés à leurs employeurs par un contrat de travail et restent indifférents aux risques du commerce, et les mandataires qui ne font que représenter leurs mandants dans le commerce (exemples les représentants de commerce et les dirigeants des sociétés commerciales).

B - LES EXCEPTIONS

Certaines personnes, bien qu’elles agissent pour le compte d’autrui, sont considérées des commerçants alors qu’elles ne remplissent pas la condition

d’indépendance corrélative au risque.

37

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

a - Les commissionnaires

Nous avons déjà eu l’occasion de voir que le contrat de commission est

une sorte de mandat ; à ce titre, le commissionnaire ne devrait pas, en principe,

être considéré commerçant puisqu’il est un simple mandataire qui traite pour le compte d’autrui, son commettant. Nous avons vu aussi que le commissionnaire, à la différence du mandataire, traite en son propre nom. Cependant, ce n’est pas pour cette raison que le commissionnaire est un commerçant, mais parce qu’il exerce une activité commerciale à part entière prévue par l’article 6-9° : la commission.

b - Les prête-noms

Le prête-nom est celui qui prête son nom dans des actes où le véritable

cocontractant ne peut ou ne veut pas voir figurer le sien.

C’est donc en apparence seulement que le prête-nom exerce le commerce, c’est en apparence qu’il contracte avec les tiers en son nom et pour

son compte alors qu’en réalité, il le fait pour le compte d’autrui ; à ce titre, il ne devrait pas être considéré commerçant.

Pourtant, vu l’importance accordée en droit commercial à la théorie de l’apparence, le prête-nom est, sans hésitation, qualifié commerçant. SECTION II - LES RESTRICTIONS A LA LIBERTE DU COMMERCE

Un commerçant doit satisfaire aux conditions de la capacité commerciale

et aux conditions relatives aux restrictions à l’exercice du commerce.

La liberté du commerce est un principe fondamental de notre droit; il est

désormais consacré par la constitution 30 . Toutefois, cette liberté du commerce est limitée par certaines restrictions. Le non-respect de ces restrictions est puni, suivant les cas, par des sanctions disciplinaires ou administratives et même, le cas échéant, pénales. En outre, les opérations commerciales effectuées par le contrevenant sont considérées valables et peuvent le soumettre aux règles du droit commercial, notamment celles relatives aux procédures de redressement et de liquidation judiciaires.

Cette règle est maintenant consacrée expressément par l’article 11 du code de commerce qui dispose que «toute personne qui, en dépit d’une

30 - L’article 15 de la constitution dispose que le droit d’entreprendre demeure garanti.

38

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

interdiction, d’une déchéance ou d’une incompatibilité, exerce habituellement

une activité commerciale, est réputée commerçant ».

Dans notre droit il existe des restrictions qui concernent les personnes et d'autres qui concernent les activités

§ I - LES RESTRICTIONS CONCERNANT LES PERSONNES

A - LES INCOMPATIBILITES

Il arrive que certaines personnes exercent certaines professions, et cela ne les empêche pas d’exercer le commerce en parallèle. Mais cette faculté n’est pas toujours possible, car le législateur estime, pour différentes raisons, que certaines professions sont incompatibles avec l’exercice du commerce, par exemple les médecins, les avocats, les adouls, les notaires, les fonctionnaires, etc.

B LES DECHEANCES

Les personnes qui ont fait l’objet de certaines condamnations pénales

(pour vol, escroquerie, abus de confiance, émission de chèque sans provision,

infractions fiscales ou douanières, banqueroute, etc.) ou d’une liquidation

judiciaire sont déchues de leur droit d'exercer le commerce. § 2 LES RESTRICTIONS CONCERNANT LES ACTIVITES

A LES INTERDICTIONS

Au titre de cette restriction, le commerçant n’a pas le droit de postuler à l’exercice de certaines activités commerciales :

- lorsque ces activités sont interdites par le législateur : par exemple l’interdiction du commerce de la fausse monnaie (art. 335 C.P.), l’interdiction du commerce lié aux jeux de hasard (art. 282 C.P.), l’interdiction du commerce des objets et images contraires aux mœurs (art. 59 dahir 15/11/1958 formant code

de la presse), le commerce des stupéfiants ; - ou lorsque ces activités constituent un monopole de l’Etat : par exemple la recherche du pétrole et du gaz, l’exploitation et le commerce des phosphates,

le transport ferroviaire, etc.

B LES AUTORISATIONS

Il s’agit de l’interdiction d’exercer certaines activités commerciales sans

autorisation préalable des autorités administratives.

39

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

En effet, dans certains cas, une autorisation administrative, sous forme

d’agrément ou de licence, est nécessaire avant l’ouverture du commerce ou

l’exercice de certaines activités commerciales, par exemple :

  • - la vente des boissons alcooliques (qui est soumise, suivant le cas, à une

licence ou à une autorisation),

  • - les activités cinématographiques (notamment les clubs vidéo soumis à

une autorisation du C.C.M.),

  • - les agences de voyages (qui doivent être autorisées par le ministère du

tourisme),

  • - le transport public des personnes (soumis à des agréments du ministère

du transport), etc. 31 Dans d’autres cas l’existence de ces autorisations s’explique par des exigences de la profession, par exemple l’ouverture d’une pharmacie nécessite d’être titulaire d’un diplôme de pharmacien, les banques et les sociétés d’assurances doivent être inscrites sur les listes de ces professions, etc.

Il faut ajouter que certaines activités ne peuvent être exercées que par

des personnes morales, par exemple les activités bancaires. SECTION III - LES OBLIGATIONS DU COMMERCANT En plus des obligations communes à toutes les entreprises économiques (les obligations sociales, les obligations fiscales…), le commerçant est soumis à des obligations spéciales, les unes nouvelles, les autres traditionnelles. §1 LES OBLIGATIONS NOUVELLES En effet, dans le but d’assurer un meilleur contrôle fiscal, le code de 1996 a institué de nouvelles obligations à la charge des commerçants, il s’agit de :

  • - l’obligation pour le commerçant, pour les besoins de son commerce,

d’ouvrir un compte dans un établissement bancaire ou dans un centre de

chèques postaux (art.18) ;

  • - et l’obligation de payer par chèque barré ou par virement bancaire, toute

opération entre commerçants pour faits de commerce d’une valeur supérieure à 10 000 dhs. L’inobservation de cette règle est passible d’une amende qui ne peut

être inférieure à 6% de la valeur payée autrement que par chèque ou virement

31 Le transport des marchandises n'étant désormais plus soumis à agrément.

40

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

bancaire ; les deux commerçants, c’est-à-dire le créancier et le débiteur, sont responsables solidairement du paiement de cette amende. §2 LA PUBLICITE AU REGISTRE DE COMMERCE Le R.C. a pour rôle de faire connaître les commerçants, son objectif est d’organiser une publicité juridique (non commerciale) sur le commerçant ; il fournit aux tiers, qui sont en relation avec le commerçant, des informations relatives à sa situation juridique et à ses activités commerciales.

C’est pour cette raison que le code de commerce a fait du R.C. un

document public ; toute personne peut se faire délivrer une copie ou un extrait

certifié des inscriptions qui y sont portées ou un certificat attestant l’inexistence d’une inscription ou qu’une inscription a été rayée.

A - LE FONCTIONNEMENT DU R.C.

Comment est-il organisé ? Quelles sont les personnes assujetties à

l'immatriculation ? Et quelles sont les différentes inscriptions ?

a - L’organisation du R.C. Le R.C. est constitué par des registres locaux et un registre central :

Les registres locaux sont actuellement institués au près de chaque tribunal de commerce ou de première instance le cas échéant ; ils sont tenus par le secrétariat-greffe et leur fonctionnement est surveillé par le président du tribunal ou par un juge désigné par lui. Le registre central du commerce est tenu à l’office de la propriété industrielle à Casablanca. Il a pour but :

- de centraliser toutes les déclarations contenues dans les registres locaux que lui transmettent les secrétaires-greffiers des tribunaux ; - et de délivrer les certificats relatifs aux inscriptions portées sur le registre.

b - Les personnes assujetties

Toutes les personnes physiques et morales, marocaines ou étrangères exerçant une activité commerciale sur le territoire marocain sont tenues de se

faire immatriculer au R.C. du tribunal où est situé leur siège.

41

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

B - LES EFFETS DE L’IMMATRICULATION a - Les effets à l'égard des personnes physiques

Désormais, avec le nouveau code de commerce, toute personne immatriculée au R.C. est présumée avoir la qualité de commerçant. Néanmoins, cette présomption est simple, c’est-à-dire susceptible de preuve contraire. Ce qui veut dire que l'adversaire en justice d'un commerçant peut prouver que ce dernier n'est pas commerçant.

b - Les effets à l’égard des personnes morales Dans notre ancienne législation, l’immatriculation au R.C. n’était pas une condition pour l’acquisition de la personnalité morale, une société commerciale jouissait de la personnalité morale dès sa constitution, indépendamment de l’immatriculation au R.C. Actuellement, avec les nouvelles lois relatives aux sociétés, celles-ci ne jouissent de la personnalité morale qu’à partir de leur immatriculation au R.C. § II - LA TENUE D’UNE COMPTABILITE L’utilité de la comptabilité n’est plus aujourd’hui à démontrer, tant dans l’intérêt du commerçant (bonne gestion et moyen de preuve) que de celui des tiers (informations sur la situation du commerçant) ou de l’Etat (contrôle des déclarations fiscales). La tenue des livres de commerce était réglementée par le code de commerce de 1913, cette réglementation s’est révélée dépassée par l’évolution des pratiques commerciales et comptables. Pour se mettre à jour par rapport à cette évolution, le législateur a du intervenir par la loi 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants, promulguée par dahir du 25 décembre 1992 32 .

A - LES LIVRES ET DOCUMENTS COMPTABLES

Désormais, notre législation actuelle ne dispense plus aucun commerçant, aussi modeste que soit son commerce, de la tenue de la comptabilité commerciale. L’article 1 er de la loi 9-88 impose en effet à toute personne, physique ou morale, ayant la qualité de commerçant de tenir une comptabilité

dans les formes qu’elle prescrit.

32 - B.O. 30/12/1992, n° 4183 bis, p. 623.

42

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

Dans ce but trois livres comptables sont obligatoires pour tous les commerçants, à savoir, le livre journal, le grand livre et le ivre d'inventaire. En

outre, elle oblige les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 7.500.000 dh d’établir un certain nombre de documents supplémentaires tels que

le manuel, l’état des soldes de gestion (l’E.S.G.), le tableau de financement, l’état des informations complémentaires (ETIC) et les états de synthèse annuels (ES).

B - LES REGLES RELATIVES À LA TENUE DE LA COMPTABILITE ET LEURS SANCTIONS

Analysons d’abord ces règles, ensuite leurs sanctions.

a - Les règles Afin de veiller sur l’authenticité des écritures comptables et la sincérité des opérations effectuées par les commerçants, l’article 22 de la loi exige que les documents comptables soient établis «sans blanc ni altération d’aucune sorte »,

c’est-à-dire qu’il est interdit de laisser des blancs susceptibles d’être remplis en cas de besoin ou de biffer des écritures, celles-ci doivent, le cas échéant, tout

simplement être rectifiées par d’autres écritures en sens inverse, autrement dit procéder à la contre-passation.

C’est d’ailleurs pour les mêmes raisons que l’article 8 dispose que le livre journal et le livre d’inventaire sont cotés et paraphés sans frais par le greffier du tribunal du siège de l’entreprise. Chaque livre reçoit un numéro répertorié par le

greffier sur un registre spécial.

Par ailleurs, l’article 22 exige des commerçants de conserver leurs documents comptables et leurs pièces justificatives pendant 10 ans. L’article 26

du code de commerce les oblige, de son côté, de classer et conserver pendant 10 ans, à partir de leur date, les originaux des correspondances reçues et les

copies de celles envoyées.

b - Les sanctions

Les sanctions de ces formalités sont d’ordre fiscal et pénal.

1 - Les sanctions fiscales Comme les documents comptables servent de base à l’établissement des déclarations fiscales, ils peuvent faire l’objet de vérification de la part des inspecteurs des impôts. Aussi, lorsque ces documents ne respectent pas les normes prescrites par la loi 9-88, l’article 23 de cette dernière laisse la faculté à

43

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

l’administration des impôts de les rejeter et d’établir une imposition forfaitaire.

Elle peut même appliquer, le cas échéant, des sanctions pécuniaires (majorations, indemnités de retard, etc.)

2 - Les sanctions pénales

S’il s’avère que

le

commerçant

a

falsifié

les

livres

et

documents

comptables, il peut, notamment 33 , être poursuivi

pour

faux en

écriture du

commerce qui

est

un

délit

puni

par

l’article

357

du

code

pénal

de

l’emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende de 250 à 20 000 dhs.

C - LA PREUVE PAR LES DOCUMENTS COMPTABLES

L’un des intérêts de la tenue de la comptabilité pour le commerçant, et

non des moins importants, est qu’elle peut lui servir de preuve à l’égard des

autres commerçants. Par conséquent, en cas de litige entre commerçants à propos de leurs affaires commerciales, chacun peut invoquer ses propres documents comptables pour faire preuve contre l’autre, à condition qu’ils soient régulièrement tenus.

Maintenant que nous avons étudié les activités commerciales et les commerçants, il convient de porter l'analyse sur quelques instruments juridiques qu'utilisent les commerçants à l'occasion de l'exercice de leurs activités et sur les sociétés commerciales (livre II).

33 Car il peut aussi être poursuivi pour banqueroute ou pour fraude fiscale.

44

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

 

L I V R E - I -

 

T A B L E

D E S

M A T I E R E S

PPRREEMMIIEERREE

11

LLEESS MMEECCAANNIISSMMEESS JJUURRIIDDIIQQUUEESS FFOONNDDAAMMEENNTTAAUUXX

11

CCHHAAPPIITTRREE 11 LLEESS AACCCCEEPPTTIIOONNSS DDUU DDRROOIITT

11

SECTION 1 LA NOTION DE DROIT OBJECTIF

2

§ 1 - LA REGLE DE DROIT

3

A LES FONCTIONS DE LA REGLE DE DROIT

3

B LES CARACTERISTIQUES DE LA REGLE DE DROIT

3

§ 2 - LES BRANCHES DU DROIT

6

A

-

LE DROIT PUBLIC

6

B - LE DROIT PRIVE § 3 - LES SOURCES DU DROIT

7

6

A - LES SOURCES

8

a - La hiérarchie des sources écrites

8

b – L’application de la loi

9

  • 1 - L’entrée en vigueur de la loi

9

  • 2 - Le principe de la non rétroactivité de la loi (ييًاوملا تيعجر ة مذع10

B - LES SOURCES NON ECRITES :

10

a La coutume et les usages

10

b

- La jurisprudence

10

 

c La doctrine

11

SECTION 2 LA NOTION DE DROIT SUBJECTIF

11

§ 1 - LES DROITS EXTRAPATRIMONIAUX

11

§ 2 - LES DROITS PATRIMONIAUX

12

A - LES DROITS REELS

12

a Les droits réels principaux

12

 

1- Les attributs du droit de propriété

12

2- L’objet de la propriété

13

b Les droits réels accessoires : Les sûretés réelles

14

 

1-

Le nantissement

14

45

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

 
  • 2 - L’hypothèque

15

 

B - LES DROITS PERSONNELS OU DROITS DE CRÉANCE

15

CCHHAAPPIITTRREE 22 LLEE SSUUJJEETT DDUU DDRROOIITT :: LLEESS PPEERRSSOONNNNEESS

 

1155

SECTION I LES PERSONNES PHYSIQUES

 

16

§ 1 LES PERSONNES FRAPPEES DE LINTERDICTION

 

16

A LES PERSONNES INCAPABLES

16

 

a - Le mineur dépourvu de discernement زيوولا زيغ زيغصلا

16

b Les majeurs incapables )تيلُلأا نيذع)

 

17

  • c Le régime juridique des personnes incapables

 

17

 

B LES PERSONNES NON PLEINEMENT CAPABLES

17

 

a Le mineur pourvu de discernementزيوولا زيغصلا

18

 
  • 1 - L’autorisation d’expérience de la majorité رببتخلاا

18

  • 2 - L’émancipation par déclaration de majorité ذيشزتلا

19

 

b - Les majeurs non pleinement capables

 

19

§ 2 - LA TUTELLE تيبصولا

20

 

a Le wali (يلولا(ou tuteur légal) Le père et la mère

 

20

b - Le tuteur testamentaire (يصولا)

 

20

  • c -

Le tuteur datif (مذمولا

20

SECTION 2 LES PERSONNES MORALES

 

20

CCHHAAPPIITTRREE 33 LLOORRGGAANNIISSAATTIIOONN DDEE LLAA JJUUSSTTIICCEE AAUU MMAARROOCC

2222

SECTION 1 LES JURIDICTIONS DE PLEINE COMPETENCE

22

§1 - LES TRIBUNAUX COMMUNAUX ET DARRONDISSEMENT

 

22

TABLEAU : COMPOSITION DES JURIDICTIONS

23

§2 - LES TRIBUNAUX DE PREMIERE INSTANCE

تيئاذتبلاا نكبحولا

تيئاذتبلاا نكبحولا

§2 - L ES TRIBUNAUX DE PREMIERE INSTANCE تيئاذتبلاا نكبحولا 23

23

 

A

- COMPOSITION

 

23

B

-

PROCÉDURE

23

C

- COMPÉTENCE

23

§3 - LES COURS DAPPEL فبٌئتسلاا نكبحه

24

 

A

COMPOSITION

24

B COMPÉTENCE ET PROCÉDURE

24

§4

- LA COUR SUPREME ىلعلأا سلجولا

24

A COMPOSITION

24

46

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

B COMPÉTENCE ET PROCÉDURE

.................................................

25

SECTION 2 LES JURIDICTIONS SPECIALISEES

25

§1 LES JURIDICTIONS ADMINISTRAVES

 

25

§ 2 LES JURIDICTIONS DE COMMERCE

25

DD EE UU XX II EE MM EE

PP AA RR TT II EE -- DD RR OO II TT

CC OO MM MM EE RR CC II AA LL

2266

  • I - DEFINITION ET PARTICULARITES DU DROIT

COMMERCIAL . 26

 

A - LE FORMALISME DU DROIT COMMERCIAL

27

B - LA SOUPLESSE DU DROIT COMMERCIAL

27

II

- LES SOURCES DU

DROIT COMMERCIAL

27

CCHHAAPPIITTRREE 11 -- LLOOBBJJEETT DDUU DDRROOIITT CCOOMMMMEERRCCIIAALL

2288

 

SECTION I - LES ACTIVITES COMMERCIALES

28

§

I - LES ACTIVITES DE

28

§ II LES ACITVITES DE DISTRIBUTION

28

 

A

-

L’ACHAT POUR REVENDRE

29

B - LA FOURNITURE

 

29

§

III - LES ACTIVITES DE SERVICES

29

A - LES SERVICES DE L’INTERMEDIATION

29

 

a

-

Le

courtage

30

b - La

commission ...............................................................................

30

 

B - LES SERVICES FINANCIERS

30

 

a - La banque

 

30

b

-

Le

crédit

31

d

- L’assurance

 

31

 

C - LES AUTRES SERVICES

31

 

a L'activité industrielle

31

b - La location de meubles

32

c

- L’exploitation de locaux à usage public

32

d

-

Le transport

 

32

SECTION II - LES ACTES DE COMMERCE

32

§ I - LES ACTES DE COMMERCE PAR LA FORME

33

§ II - LES ACTES DE COMMERCE PAR ACCESSOIRE

33

§ III - LES ACTES MIXTES

33

47

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

SECTION III LE REGIME JURIDIQUE DU DOMAINE

COMMERCIAL

34

§ I - LES PARTICULARITES DES REGLES DE FOND

34

 

1°/

La

capacité

34

2°/

La

solidarité

34

§ II - LES PARTICULARITES DES REGLES DE FORME

35

 

1°/

La

compétence judiciaire

35

2°/

La

preuve

35

3°/ Le redressement et la liquidation judiciaires

35

CCHHAAPPIITTRREE IIII -- LLEE SSUUJJEETT DDUU DDRROOIITT CCOOMMMMEERRCCIIAALL

......................................................

3366

SECTION I - DEFINITION DU COMMERÇANT

36

§ I - L’EXERCICE HABITUEL OU PROFESSIONNEL DES ACTIVITÉS

COMMERCIALES

36

§ II - L’EXERCICE POUR SON PROPRE COMPTE

37

 

A LA RÈGLE

37

B - LES EXCEPTIONS

37

a

-

Les commissionnaires

38

b - Les prête-noms

38

SECTION II - LES RESTRICTIONS A LA LIBERTE DU COMMERCE

 

38

§ I - LES RESTRICTIONS CONCERNANT LES PERSONNES

39

A

- LES INCOMPATIBILITES

39

B LES DECHEANCES

39

§ 2 LES RESTRICTIONS CONCERNANT LES ACTIVITES

39

A LES INTERDICTIONS

39

B LES AUTORISATIONS

39

SECTION III - LES OBLIGATIONS DU COMMERCANT

40

§1 LES OBLIGATIONS NOUVELLES

40

§2 LA PUBLICITE AU REGISTRE DE COMMERCE

41

 

A - LE FONCTIONNEMENT DU

41

a - L’organisation du

41

b - Les personnes assujetties

41

48

DROIT DES AFFAIRES - Livre I

Version 2009/2010

B - LES EFFETS DE L’IMMATRICULATION

42

a - Les effets à l'égard des personnes physiques

42

b - Les effets à l’égard des personnes morales

42

§ II - LA TENUE D’UNE COMPTABILITE

42

A - LES LIVRES ET DOCUMENTS COMPTABLES

42

B - LES REGLES RELATIVES À LA TENUE DE LA COMPTABILITE

ET

LEURS

SANCTIONS

43

a

-

Les

règles

43

 

b - Les sanctions

43

 
  • 1 - Les sanctions fiscales

43

  • 2 - Les sanctions pénales

44

 

C - LA PREUVE PAR LES DOCUMENTS

44

T A B L E D E S M A T I E R E S

..............................................................

45

49