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MAI 2004 REPONSE DU CONSEIL D'ETAT à l’interpellation Pierre Zwahlen et consorts concernant l'usage du

MAI 2004

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT à l’interpellation Pierre Zwahlen et consorts concernant l'usage du Fonds pour la prévention et la lutte contre la toxicomanie: dévoreuse Strada ?

Rappel de l'interpellation

« Le fonds drogues ou « narcodollars » - comme il est appelé souvent – a « pour but de renforcer le financement, dans la mesure des montants disponibles :

a) de l’information et des mesures de prévention en matière de toxicomanies, notamment dans les écoles ;

b) des moyens policiers et judiciaires affectés à la lutte contre la drogue et autres toxicomanies ;

c) de la prise en charge médico-sociale des toxicomanies ;

d) de la prévention et de la lutte contre l’alcoolisme ;

e) de la prise en charge médico-sociale des alcooliques dépendants ;

f) de l’encouragement de programmes de production et d’activités alternatives dans les pays où l’on cultive des plantes servant à la fabrication de stupéfiants. » (art. 3 du Règlement du Conseil d’Etat du 17.12.1997 et modifié le 16.12.1998 concernant la constitution d’un fonds pour la prévention et la lutte contre les toxicomanies)

L’exécution de ces six missions de financement semble avoir été récemment mise en cause, en puisant dans le fonds un montant de plus de deux millions de francs consacrés à la seule opération Strada. Il n’y a pas lieu ici de contester un renforcement ponctuel ou particulier des moyens policier et judiciaires, conforme d’ailleurs à la lettre b ci-dessus.

C’est bien en revanche l’importance du montant dégagé pour Strada, au détriment des autres objectifs du fonds, qui soulève des questions. Le fonds est alimenté par les sommes confisquées et par des créances compensatrices encaissées dans le cadre du trafic de stupéfiants. Toutefois, le montant alloué

– 2 –

au fonds ne peut dépasser 3 millions de francs par an. On prend dès lors la mesure des 2 millions et plus dévolus à l’opération mobilisant la chaîne pénale, en regard des missions de prévention, de prises en charge médico-sociales et de lutte contre les causes de production de stupéfiants.

Le Conseil d’Etat vient pourtant de définir les axes prioritaires pour l’orientation de sa politique en matière de toxicomanie de 2003 à 2005. Le renforcement de la chaîne pénale y figure cette fois parmi sept axes.

Si l’on admet toujours qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les buts énumérés dans le Règlement, il paraît aussi regrettable de limiter à 200'000 francs les contributions annuelles dévolues au combat contre les causes de la production de drogues dans les pays en développement. Le soutien à des cultures de remplacement ou à des offres alternatives, entrepris par plusieurs œuvres, agit à la source des difficultés dans les Etats concernés.

Nous posons ainsi les questions suivantes au Conseil d’Etat :

1)

Peut-il confirmer et justifier l’affectation d’un montant aussi important à un seul des six buts du fonds drogues ?

2)

Peut-il s’engager à ce que cette affectation extraordinaire reste l’exception et à veiller à une répartition des montants qui ne prétérite pas les buts définis par les lettres a à f de l’article 3 du Règlement du 17 décembre 1997 ?

3)

L’appui à des alternatives dans les pays de production et les moyens d’agir sur les causes des cultures de produits illicites (lettre f) ne doivent-ils pas – pour être crédibles – être augmentés à hauteur de 500'000 francs désormais ? »

Réponse

1.

EXPLICATIONS CONCERNANT LE FONDS POUR LA PREVENTION ET LA LUTTE CONTRE LES TOXICOMANIES

1.1

Historique du Fonds

Le Fonds pour la prévention et la lutte contre les toxicomanies a été constitué le 17 décembre 1997 ; son règlement prévoit différentes affectations dans le domaine des dépendances. Il a été modifié une première fois en 1998, donnant au DSAS la responsabilité de la mise en œuvre du Fonds : c’est le service de la santé publique qui en assure la gestion (division du Médecin cantonal et du

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Pharmacien cantonal). En 2001, une seconde modification du règlement a été adoptée, donnant également au DSAS la responsabilité de la gestion financière du Fonds (division administration, personnel et finances du SSP).

Le Fonds est alimenté par les valeurs patrimoniales confisquées ainsi que par le produit des créances compensatrices encaissées dans le cadre du trafic illicite de stupéfiants. De ce fait, des montants jusqu’à trois millions de francs par an au maximum peuvent s’ajouter à ceux détenus par le Fonds, le surplus allant pour les besoins généraux de l’Etat sans affectation particulière.

1.2 Fonctionnement du Fonds

Conformément à l’article 3 de son règlement (modifié le 27 août 2001), le Fonds a été constitué pour renforcer le financement des domaines suivants :

a) l’information et les mesures de prévention en matière de dépendances liées à la toxicomanie, notamment dans les écoles et auprès de la jeunesse ;

b) les moyens policiers et judiciaires affectés à la lutte contre les drogues illégales ;

c) la prise en charge médico-sociale des toxicomanies ;

d) la prévention et la lutte contre l’alcoolisme ;

e) la prise en charge médico-sociale des alcooliques dépendants ;

f) l’encouragement de programmes de production et d’activités alternatives dans les pays où l’on cultive des plantes servant à la fabrication de stupéfiants.

Le Conseil d’Etat décide de l’affectation des montants disponibles, après avoir pris l’avis des commissions compétentes (Commission cantonale pour la prévention et la lutte contre la toxicomanie, Commission cantonale de la dîme de l’alcool, Commission cantonale de prévention). Il finance, en principe, uniquement des projets ponctuels ou de courte durée (maximum trois ans). En effet, le côté aléatoire de l’alimentation du Fonds ne permet pas d’assurer le financement de projets pérennes ; ceux-ci devraient être mis au budget des services concernés. Ainsi, dès 1999, une importante variété de projets en matière de prévention, traitement et répression a été soutenue par le Conseil d’Etat grâce au Fonds. Les projets soutenus ont pour but principalement de compléter efficacement et de la manière la plus large et la plus cohérente possible le dispositif cantonal en matière de prévention et de lutte contre la toxicomanie déjà en place. En effet, le dispositif cantonal prévoit un budget toxicomanie de plus de 13 millions de francs (y compris les aides individuelles)

– 4 –

utilisé régulièrement pour des activités d’ordre socio-sanitaire. Quatre centres d’accueil sont en fonction dans le canton, à savoir le Centre Saint-Martin à Lausanne, Entrée de secours à Morges, Zone Bleue à Yverdon et l’Unité ambulatoire de soins (UAS) à Montreux. A cela s’ajoute notamment une Unité de sevrage à Cery, et plusieurs institutions résidentielles.

Par ailleurs, chaque deux ans, depuis 1996, le Conseil d’Etat reçoit un rapport d’évaluation du dispositif socio-sanitaire vaudois en matière de prévention et de lutte contre la toxicomanie, fourni par l’IUMSP (Institut universitaire de médecine sociale et préventive). Sur cette base, la Commission cantonale pour la prévention et la lutte contre la toxicomanie (CCPLT) propose des axes prioritaires en matière de toxicomanie au Conseil d’Etat ; ce dernier décide alors de ces axes pour les deux années à venir.

La majorité des décisions d’exécution de la politique cantonale en matière de toxicomanie, prises par la suite, le sont en fonction des axes prioritaires décidés par le Conseil d’Etat. Ainsi, les décisions concernant l’attribution du Fonds n’échappent pas à ce principe : elles sont prises, normalement, conformément aux axes prioritaires en matière de prévention et de lutte contre la toxicomanie. Elles peuvent toutefois aussi concerner d’autres domaines de dépendances sur préavis de la Commission de la dîme de l’alcool et de la Commission de prévention dont la gestion est aussi assurée par le service de santé publique. Mais il faut préciser également que ces deux domaines bénéficient d’autres sources de financement (Dîme de l’alcool, Fonds de réserve de la dîme de l’alcool, Fonds de prévention).

Les tableaux ci-dessous montrent la répartition des attributions selon les domaines d’intervention pour les années 1999 à 2003 ; ils mettent en évidence que les domaines concernés varient chaque année, en fonction des demandes ponctuelles et conformément aux axes prioritaires décidés par le Conseil d’Etat.

Tableau des attributions en fonction des domaines d'intervention (lettres art.3) selon les pourcentages annuels

 

1999

a

Information et prévention dépendance - écoles et jeunesse

14'000.00

3.05%

b

Moyens policiers et judicaires

0.00

c

Prise en charge médico-sociale toxicomanes

345'000.00

75.16%

d

Prévention et lutte contre l'alcoolisme

0.00

e

Prise en charge médico-sociale des alcooliques

0.00

f

Encourag. des program. de cultures altern. tiers-monde

100'000.00

21.79%

459'000.00

100.00%

– 5 –

 

2000

a

Information et prévention dépendance - écoles et jeunesse

88'250.00

7.06%

b

Moyens policiers et judicaires

289'050.75

23.11%

c

Prise en charge médico-sociale toxicomanes

579'950.00

46.37%

d

Prévention et lutte contre l'alcoolisme

 

0.00

e

Prise en charge médico-sociale des alcooliques

93'470.00

7.47%

f

Encourag. des program. de cultures altern. tiers-monde

200'000.00

15.99%

1'250'720.75

100.00%

 

2001

a

Information et prévention dépendance - écoles et jeunesse

308'450.00

 

20.72%

b

Moyens policiers et judicaires

656'961.81

44.12%

c

Prise en charge médico-sociale toxicomanes

319'029.20

21.43%

d

Prévention et lutte contre l'alcoolisme

4'500.00

0.30%

e

Prise en charge médico-sociale des alcooliques

0.00

0.00%

f

Encourag. des program. de cultures altern. tiers-monde

200'000.00

13.43%

1'488'941.01

 

100.00%

 

2002

a

Information et prévention dépendance - écoles et jeunesse

637'514.00

 

19.68%

b

Moyens policiers et judicaires

1'500'000.00

46.31%

c

Prise en charge médico-sociale toxicomanes

563'247.80

17.39%

d

Prévention et lutte contre l'alcoolisme

88'250.00

2.72%

e

Prise en charge médico-sociale des alcooliques

50'000.00

1.54%

f

Encourag. des program. de cultures altern. tiers-monde

400'000.00

12.35%

(2002-2003)

 

3'239'011.80

 

100.00%

 

2003

a

Information et prévention dépendance - écoles et jeunesse

504'000.00

 

17.58%

b

Moyens policiers et judicaires

1'904'954.87

66.44%

c

Prise en charge médico-sociale toxicomanes

338'618.90

11.81%

d

Prévention et lutte contre l'alcoolisme

119'500.00

4.17%

e

Prise en charge médico-sociale des alcooliques

0.00

0.00%

f

Encourag. des program. de cultures altern. tiers-monde

0.00

0.00%

2'867'073.77

 

100.00%

– 6 –

 

Récapitulation

 

1999

2000

2001

2002

2003

a

Information et prévention dépendance - écoles et jeunesse

3.05%

7.06%

20.72%

19.68%

17.58%

b

Moyens policiers et judicaires

 

0.00%

23.11%

44.12%

46.31%

66.44%

c

Prise

en

charge

médico-sociale

75.16%

46.37%

21.43%

17.39%

11.81%

toxicomanes

d

Prévention et lutte contre l'alcoolisme

 

0.00%

0.00%

0.30%

2.72%

4.17%

e

Prise

en

charge

médico-sociale

des

         

alcooliques

 

0.00%

7.47%

0.00%

1.54%

0.00%

f

Encourag. des program. de cultures altern. tiers-monde

21.79%

15.99%

13.43%

12.35%

0.00%

Ci-dessous se trouvent le résumé des dépenses du Fonds pour les cinq années 1999 à 2003 par domaine :

a Fr. 1'552'214,00.-

(16.6%)

b Fr. 4'350'967,43.-

(46.5%)

c Fr. 2'145'845,70.-

(23.0%)

d Fr. 212'250,00.-

(2.8%)

e Fr. 143'470,00.-

(1.5%)

f Fr. 900'000,00.-

(9.6%)

Total

Fr. 9'304'747,33.-

(100%)

– 7 –

1.3 Etat actuel du dispositif vaudois en matière de toxicomanie et état du Fonds

Le tableau qui suit montre de manière concrète quelles sont les actions qui ont été entreprises en 2002 et 2003 en fonction des axes prioritaires et notamment celles qui ont été financées par le Fonds (marquées par des astérisques*).

Domaines

Priorités 2002-2003 décidées par le Conseil d’Etat en avril 2002

 

Actions entreprises

d’action

 

Prévention

travail

Orienter

le

de

La CCPLT a communiqué aux travailleurs sociaux de proximité (Morges-Aubonne & Aigle/Pays d’Enhaut) son souhait de voir les missions orientées vers les activités de prévention secondaire (plutôt que primaire). Le Travail social de proximité fait plus

spécifiquement l’objet de l’attention du service

proximité

vers

une

activité

de

prévention

secondaire.

 

de

la santé publique et de Rel’ier.

Soutien d’un poste de travailleur de proximité pour l’ouest lausannois spécifiquement dans le domaine de la prévention secondaire.*

 

Accentuer l’effort de prévention contre les risques d’extension des infections par le Sida ou l’Hépatite.

Campagne nationale de prévention de l’hépatite

C

orchestrée par l’OFSP et par le Bureau de la

réduction des risques. Le Service de la santé

publique suit ce dossier.

 
 

Renforcer la prévention auprès des jeunes consommateurs notamment les 14-18 ans.

Prévention

des

maladies infectieuses :

programme cantonal d’échange de matériel stérile.* Soutien du projet Nyon-Rocher de prévention des dépendances intégrée en milieu scolaire.* Soutien à l’ISPA pour une vidéo de prévention pour les adolescents sur le cannabis.* Lancement du projet DEPART (prise en charge des adolescents présentant des profils de consommateurs à risques).* Lancement pour une recherche-action dans le domaine de la prévention des dépendances en milieu scolaire à l’ODES.*

– 8 –

Traitement/

prise

Renforcer

la

en

Lancement du projet DEPART (prise en charge des adolescents présentant des profils de consommateurs à risques).*

prise en

charge

des

jeunes

charge

consommateurs notamment les 14-18 ans.

Réinsertion

Renforcer la réinsertion sociale et professionnelle

Etude « dépendance et lien sociaux » publiée par le Relais et financée par le Fonds.* Appel d’offres lancé par la CCPLT en vue d’améliorer cet aspect. Quatre projets sont d’ores et déjà parvenus à la Commission et sont actuellement à l’étude avec les Institutions concernées.

sociale et

profession-

des toxicomanes.

nelle

Répression

la

Renforcer

chaîne

Financement par le Fonds de l’opération STRADA pour 2002 et 2003 en vue de la finalisation de la mise en place de sa structure et de sa pérennisation.*

pénale.

Cohérence

Accentuer la collabo- ration entre les différents centres de prise en charge des toxicomanes.

Efforts entrepris à travers l’action de Rel’ier et l’aide de l’IUMSP dans le cadre du processus d’évaluation.

du

dispositif

Le Conseil d’Etat a décidé, le 8 octobre 2003, suite aux propositions de la CCPLT, les axes prioritaires suivants pour les années 2003 à 2005 :

Accentuer l’effort de prévention contre les risques d’extension des

infections par le Sida ou l’hépatite ; 2) Intervenir dans les appartements privés, qui servent collectivement à des

1)

3)

toxicomanes, pour améliorer les conditions d’injection et développer la prévention en matière de SIDA et de l’hépatite ; Renforcer la prévention auprès des jeunes consommateurs notamment les

4)

14-18 ans, et leur prise en charge ; Renforcer la réinsertion sociale et professionnelle des toxicomanes ;

5)

Solliciter et renforcer les liens entre les centres spécialisés et les services

6)

généraux pour assurer le suivi et/ou la transition entre différentes phases de la prise en charge de la personne toxicodépendante ; Renforcer la chaîne pénale ;

7)

Accentuer la collaboration entre les différents centres de prise en charge des toxicomanes.

– 9 –

Sur cette base et dans le cadre du budget 2004, le Conseil d’Etat a pris deux décisions exceptionnelles pour alléger le budget de fonctionnement de l’Etat au détriment du Fonds, vu que l’alimentation du Fonds le permettait. Il a porté à déduction du Fonds le coût du dispositif STRADA pour un montant de CHF 2'175'000.-, ainsi que des subventions à des institutions pour toxicomanes pour CHF 1'154'000.-. Cette situation ne pourra en principe pas se reproduire en 2005 à moins que l’alimentation du Fonds en 2004 et 2005 et un financement restreint de nouveaux projets ne le permettent.

En effet, l’état du Fonds au 27 janvier 2004 est le suivant :

Fonds de prévention et de lutte contre les toxicomanies 481 2201-4805

Solde au 27 janvier 2004

4'063'356.70

Prévision entrées 2004 (hypothèse)*

1'500'000.00

Engagements pour 2004 (selon décisions précédentes du Conseil d'Etat)

Matériel stérile 2004

350'000.00

Strada 2004

2'175'000.00

Subventions SSP - budget 04

1'154'100.00

 

3'679'100.00

5'563'356.70

Solde prévisible

1'884'256.70

* il s'agit d'une évaluation faite sur la base d'informations reçues par la Police de sûreté sur les affaires en cours. Il ne peut être assuré du fait qu'il dépend de la clôture des procédures judiciaires.

L’alimentation du Fonds depuis sa création a été la suivante :

1998 Fr. 5'622'971.50.- (pour les années 1997 et 1998)

1999 Fr. 2'999'999.20.-

2000 Fr. 1'042'163.18.-

2001 Fr. 412'797.15.-

2002 Fr. 3'000'000.00.-

2003 Fr. 524'216.43.-

– 10 –

Avec la nouvelle répartition des tâches entre les cantons et la Confédération, l’alimentation du Fonds risque de baisser, surtout à long terme ; en effet, la Police cantonale évalue la situation de la façon suivante :

A court terme (1 à 3 ans) :

- Les organes fédéraux n’ont pas encore les moyens de prendre en charge toutes les enquêtes dont le for pourrait leur être attribué. Nous n’assisterons donc pas à un brusque assèchement du Fonds.

- La Police cantonale a inventorié à fin 2003 un montant total de 17 à 22 millions de CHF sous enquête de for vaudois et qui seraient susceptibles d’être dévolus à l’Etat de Vaud une fois jugements prononcés.

A moyen terme (3 à 5 ans) :

- Diminution progressive de la part cantonale des saisies de Fonds à mesure que la Confédération se dote de moyens d’investigation suffisants en quantité et qualité.

A long terme (5 à 10 ans) :

- A partir des années 2010 et suivantes, en considérant les nouvelles règles en vigueur, on peut évaluer que les saisies de la Justice vaudoise seront comprises dans une fourchette allant de 20 à 50% de ce qu’elle a réalisé ces dernières années pour autant que la Police cantonale conserve tant ses moyens que son savoir-faire actuel.

– 11 –

2. REPONSES AUX QUESTIONS

Question 1 :

Le Conseil d’Etat peut-il confirmer et justifier l’affectation d’un montant aussi important à un seul des six buts du Fonds drogues ?

Réponse :

Cette affectation exceptionnellement importante s’explique par la situation particulière des finances de l’Etat et par les montants considérables qui ont alimenté le Fonds.

80.00%

70.00%

60.00%

50.00%

40.00%

30.00%

20.00%

10.00%

0.00%

1999 2000 2001 2002 2003

info + prév. jeunes et écolesmoyens policiers et judiciaires prise en charge toxicomanes prév. et lutte contre l'alcoolisme prise en

moyens policiersinfo + prév. jeunes et écoles et judiciaires prise en charge toxicomanes prév. et lutte contre

et judiciaires

prise en charge toxicomanes+ prév. jeunes et écoles moyens policiers et judiciaires prév. et lutte contre l'alcoolisme prise en

prév. et lutte contre l'alcoolismemoyens policiers et judiciaires prise en charge toxicomanes prise en charge médico-social alcool. reconversion pays en

prise en charge médico-social alcool.et judiciaires prise en charge toxicomanes prév. et lutte contre l'alcoolisme reconversion pays en déeloppement.

reconversion pays en déeloppement.et judiciaires prise en charge toxicomanes prév. et lutte contre l'alcoolisme prise en charge médico-social alcool.

En outre, les autres buts du Fonds n’ont pas été en reste, et tous les projets prioritaires soutenus par la CCPLT ont pu être financés. Le graphique ci-dessus montre l’utilisation du Fonds dans les différents domaines.

– 12 –

Par exemple, on constate que, en 1999 et en 2000, le domaine de la prise en charge médico-sociale des toxicomanes a été nettement plus alimenté par le Fonds que les autres domaines. L’évolution des domaines soutenus est donc très variable selon les années et selon les projets proposés.

Enfin, il ne faut pas oublier que le Fonds est alimenté grâce au produit des créances encaissées dans le cadre du trafic illicite de stupéfiants, soit par le travail de la Police et de la Justice.

Ainsi, selon les données de la Police cantonale, en 10 mois le groupe STRADA a procédé à 710 interpellations en flagrant délit, permettant la saisie de Fr. 85'000.-. Parallèlement, les enquêtes menées par la brigade des stupéfiants en 2003 ont permis la saisie en espèces de quelque Fr. 260'000.- ; sur ce montant cumulé, il a y lieu de rajouter Fr. 458'000.- séquestrés sur le compte bancaire d’un trafiquant de cocaïne à Lausanne.

Par ailleurs, la chaîne pénale mise en œuvre pour STRADA réduit les coûts d’instruction et limite les risques de récidive.

En outre, faciliter l’action de la Justice à travers STRADA renforce le dispositif de répression et apporte plus de sécurité à la population. En effet, la Police cantonale rapporte que, par une présence permanente sur les sites publics, le dispositif STRADA exerce une pression constante sur les dealers de rue et limite ainsi les lieux de fixations susceptibles de créer un sentiment d’insécurité.

Question 2 :

Le Conseil d’Etat peut-il s’engager à ce que cette affectation extraordinaire reste l’exception et à veiller à une répartition des montants qui ne prétérite pas les buts définis par les lettres a à f de l’article 3 du Règlement du 17 décembre 1997 ?

Réponse :

Un financement de longue durée de STRADA par le Fonds est exceptionnelle et ne se justifie que par la situation particulièrement précaire des finances du canton. Il faut rappeler que, vu son importance, ce projet a été mentionné comme prioritaire dans le programme de législature 2003-2007.

Par ailleurs, une longue période a été nécessaire, dans un premier temps, pour mettre le projet à l’épreuve et s’organiser en conséquence, puis, dans un second temps, pour permettre aux instances concernées d’intégrer ces coûts dans leurs budgets. En outre, il ne faut surtout pas interrompre l’opération, car une

– 13 –

interruption de 3 mois a montré que le trafic reprenait avec la même intensité qu’avant la mise en place de l’opération.

Cependant, si, dans les circonstances financières actuelles, il faut encore privilégier en 2005 l’utilisation du Fonds pour de tels projets, la difficulté résidera dans l’alimentation suffisante du Fonds ; elle n’est nullement assurée. De plus, cela pourrait poser problème pour le financement d’autres projets de moindre envergure et conformes aux axes prioritaires du Conseil d’Etat.

Dans ce contexte, le Conseil d’Etat aura à faire des choix drastiques parmi les projets encore à financer.

Question 3 :

L’appui à des alternatives dans les pays de production et les moyens d’agir sur les causes des cultures de produits illicites (lettre f) ne doivent-ils pas – pour être crédibles – être augmentés à hauteur de 500'000 francs désormais ? »

Réponse :

Une nouvelle décision, en février 2004, concerne précisément l’attribution d’un montant de CHF 200’000.- à la Fédération vaudoise de coopération (FEDEVACO). Cette dernière présente un ensemble de programmes qui agissent dans les pays producteurs de plantes servant à la fabrication de stupéfiants, en particulier de cocaïne, afin d’offrir des alternatives à ce type de cultures et des interventions préventives.

Bien que le projet n’entre pas dans les axes prioritaires en matière de toxico- dépendances, fixés par le Conseil d’Etat, ce dernier continuera son action en la matière. En effet, elle correspond à une « tradition » existant depuis la création du Fonds, remplissant une des conditions d’attribution (lettre f de l’article 3) et participant à la solidarité internationale et à un effort de prévention en amont.

Toutefois, dans le cadre financier de plus en plus étroit que l’Etat impose dans tous les domaines, il a semblé peu judicieux au Conseil d’Etat d’aller au-delà d’un montant de CHF 200'000.- par année pour participer à cette action dans les pays concernés.