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GENESE

Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d innover.

[Albert Einstein]

L’origine du projet de conception d’une théorie du management moléculaire vient d’une idée toute simple. En réalité, l’idée elle-même tient d’un

simple griffonnage. A l’occasion d’un cours sur le management, auquel nous

assistions, l’un de nous s’est mis à dessiner sur un cahier tout et n’importe quoi. Le genre de dessin que l’on réalise mécaniquement lorsque l’on écoute attentivement l’intervenant mais que nos doigts ont besoin de s’occuper. Notre esprit était occupé à parcourir les théories du management alors que se dessinaient des formes géométriques de manière totalement libérée. Alors que l’intervenant reprenait son souffle, notre regard se posa sur la feuille de papier étendue devant nous et nous découvrîmes ce qui était esquissé. Plusieurs ronds reliés les uns aux autres par des traits (cf. Schéma 1). Pas moche mais pas forcément à la hauteur d’un chef d’œuvre … même contemporain. Nous avons échangé un regard étonné en même temps que nous réalisions que ce dessin ressemblait à quelque chose connu par ailleurs. Il s’agissait de cercles qui figuraient les individus, groupés autour d’un chef lui-même

représenté par un cercle - et reliés les uns aux autres. Ce dessin ramenait à un cours

de physique d’il y a très très longtemps où était présentée une merveille de la science : la molécule !

A la pause, nous avons brièvement échangé pour nous apercevoir que nous avions fait le même rapprochement. Les cours de physique nous semblant un peu loin, il nous a fallu nous replonger rapidement dans quelques encyclopédies pour nous rafraîchir la mémoire et ce que nous découvrîmes nous fit frémir de surprise : la composition d’une molécule et son mode de fonctionnement ressemblait en de nombreux points à l’idée que nous avions pu nous faire du

management. Les rapprochements

semblaient au premier abord particulièrement pertinents, tant au niveau de la théorie qu’au niveau dans son application pratique ; ce que nous avions pu en vérifier en tous cas, au travers de nos propres expériences professionnelles.

C’est à partir de ce point que nous avons décidé de nous lancer dans l’approfondissement de cette théorie. Cela nous semblait d’autant plus palpitant que la molécule est à la base de la constitution des organismes vivants. Rien de tel que de revenir à l’essence des choses et de tenter de poser le microscope de son attention sur l’organisme vivant qu’est l’organisation. Nous vous proposons de faire le chemin de cette bouleversante découverte des sciences humaines avec nous pour mieux en saisir le cheminement

de cette bouleversante découverte des sciences humaines avec nous pour mieux en saisir le cheminement …

Sché ma 1

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DU RAPPORT PHYSIQUE ENTRE LA MOLECULE ET L’ORGANISATION

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C'est ça la relativité.

[Albert Einstein]

Parlant de rapport physique, n’allez pas vous imaginer autre chose qu’une approche entièrement dévouée à une analyse scientifique telle qu’elle sera

développée dans la présente théorie. La notion de rapport physique fait ici allusion

à la science physique, à l’enveloppe matérielle des deux corps que nous allons considérer : la molécule d’une part et l’organisation d’autre part.

Nous allons donc, dans un premier temps, examiner la constitution physique des deux corps et voir comment peuvent s’établir les ressemblances. C’est le moment de sortir les microscopes

Commençons par le commencement et une définition très sommaire de la molécule : « une structure de base de la matière. C'est l'assemblage d'au moins deux atomes. ». Bien que succincte, cette définition nous fourni déjà quelques enseignements. Nous comprenons ici qu’à la base de la composition d’une molécule, que nous

comparerons dans le présent développement à une organisation, se trouvent au

moins deux atomes. L’unité de base sera donc l’atome, sur lequel nous nous pencherons avec attention. Nous comprenons également que la molécule est une structure de base de la matière. Physiquement parlant, nous pouvons donc lui accorder une importance toute particulière. Le parallèle avec des éléments tangibles de notre existence est assez flagrant. En effet, au cœur de notre vie même, l’organisation occupe une place prépondérante. Qu’il s’agisse de l’organisation familiale, de l’organisation professionnelle ou de toute autre organisation, nous sommes toujours au cœur d’un système d’organisation et gravitons non pas seuls mais avec autour de nous un ou plusieurs individus avec qui nous formons, que nous le voulions ou non, une organisationun équivalent de structure moléculaire.

Voilà qu’habilement nous avons introduit dans le discours l’élément fondamental de

cette théorie, la composante de la molécule : l’atome ou, dans le domaine réel, l’individu. Et encore une fois, l’analogie est saisissante, tant la définition des deux entités est proche. D’un côté, l’atome peut se définir comme suit : un atome (grec

ancien [atomos], « qui ne peut être divisé ») est la plus petite partie d'un corps simple. De l’autre côté, l’individu renvoie à la définition suivante : du latin [individuum], « ce qui est indivisible », est ce qui ne peut être ni partagé ni divisé sans perdre les caractéristiques qui lui sont propres. Nous arrivons ainsi à la base fondatrice de cette démonstration : l’élément unique composant les différents ensembles auquel il est attaché.

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DU RAPPORT PHYSIQUE ENTRE LA MOLECULE ET L’ORGANISATION

Nous reviendrons ultérieurement plus en profondeur sur cette entité

« atome / individu », mais nous allons d’abord rester sur les caractéristiques

physiques de ces éléments afin de voir comment ils s’imbriquent entre eux. Nous ajouterons juste à la définition de l’atome, qu’il « est constitué d'un noyau concentrant plus de 99,9 % de sa masse, autour duquel se distribuent des électrons

» (cf. Schéma 2). Nous aurons à revenir sur les propriétés de ces électrons, retenez- en donc la présence autour du noyau de l’atome.

Pour poursuivre sur la constitution d’une molécule, outre que celle-ci est constituée d’atomes, nous ajouterons deux éléments intéressants à sa composition. Le premier élément est que « L'assemblage d'atomes constituant une molécule n'est pas définitif, il est susceptible de subir des modifications, c’est-à- dire de se transformer en une ou

plusieurs autres molécules ». Le

second élément est que « ces atomes sont liés par des forces de valence ».

A propos de l’assemblage non définitif de la molécule, le rapport à la vie réelle des individus est assez apparent. Toutes les organisations humaines quelles qu’elles

soient peuvent évoluer. Qu’il s’agisse de l’organisation familiale, des organisations de connaissances ou d’amitiés ou bien encore de rapprochements moléculaires dans le cadre professionnel, ces assemblements atomiques sont en perpétuelle évolution.

A propos des forces de valence, autrement dit de la liaison covalente rassemblant

les atomes, on notera qu’il s’agit d’une « liaison chimique dans laquelle chacun des atomes liés met en commun un électron d'une de ses couches externes afin de former un doublet d'électrons liant les deux atomes. C'est une des forces qui produit l'attraction mutuelle entre atomes ». Comme on le comprend, un élément de la couche externe de l’atome, un électron, établi une liaison avec un autre électron d’un autre atome. Nous pourrons, pour reprendre l’analogie de départ, considérer cet électron comme l’une des [valeurs] d’un individu et c’est par une valeur correspondante qu’il peut se lier à un autre individu (cf. Schéma 3). Le mot valeur prend ici une acception très large. Valeur peut ainsi englober une valeur commune à l’organisation, même si elle n’est pas intimement partagée par l’individu mais auquel il se plie pour s’intégrer à l’organisation. Sur la base de cette valeur, il pourra établir une connexion avec un ou plusieurs individus au sein de l’organisation et former une « molécule de travail ». Chacun des atomes ou individu partageant une même valeur de départ, ce qui assure la liaison entre eux.

Chacun des atomes ou individu partageant une même valeur de départ, ce qui assure la liaison

Sché ma 2

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DU RAPPORT PHYSIQUE ENTRE LA MOLECULE ET L’ORGANISATION

DU RAPPORT PHYSIQUE ENTRE LA MOLECULE ET L’ORGANISATION Sch é ma 3 Nous rapprochons ici les

Sch é ma 3

Nous rapprochons ici les atomes par leurs « électrons / valeurs ». Mais la physique moléculaire nous apporte encore d’autres éléments qui viennent compléter notre compréhension générale du sujet et nous surprendre encore davantage par la pertinence de l’analogie.

Ainsi, les propriétés chimiques qui constituent les atomes et vont permettre leur rassemblement en molécules s’appuient-t-elles sur une caractéristique singulière : la configuration électronique. Celle-ci n’a rien à voir avec des gadgets importés d’Asie du Sud-est bourrés de composants électroniques mais bien avec les particularités des électrons composant l’atome. Cette configuration électronique est la répartition

de ces électrons en suivant leur énergie et leur spin. Normalement, à ce stade de

l’explication, soit vous aurez complètement décroché, soit votre curiosité et votre esprit investigateur seront piqués au vif et vous souhaiterez ardemment poursuivre. Poursuivons donc car cela présente un réel intérêt et un apport considérable aux sciences fondamentales physiques et sociales. L’énergie à laquelle est soumis un électron est sa capacité à modifier son état ou à produire un travail entraînant un mouvement ou de la chaleur par exemple. Il est une nouvelle fois étonnant de voir comme ce principe peut s’appliquer aux valeurs que peuvent partager les individus. Ces valeurs peuvent en effet amener ces individus à modifier leur état (et par extension celui de l’organisation à laquelle ils appartiennent) ou bien encore produire un travail voire créer de la chaleur entre ces individus. Chaleur dans le sens où les valeurs partagées vont réconforter les individus dans leur attachement à cette

valeur. Le spin de l’électron, quant à lui, est son état général de rotation. Jusque là,

rien que de très physique mais en cherchant la signification du spin ignorants que nous sommes nous découvrons avec ravissement que celui-ci est soumis au « principe d’incertitude » ! En physique, pour l’électron, cela équivaut à ne pas pouvoir connaître simultanément sa position et sa vitesse. En sons sens social, cela équivaut à ne pas pouvoir prédire avec certitude le comportement d’un individu.

En conclusion, nous comprenons comment l’organisation peut se comparer admirablement à la molécule et l’individu à l’atome. Nous allons voir désormais, comment les mécanismes des uns peuvent s’appliquer aux autres.

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DE LA MECANIQUE QUANTIQUE ET DE L’ONTOLOGIE

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.

La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne

fonctionne et personne ne sait pourquoi !

[Albert Einstein]

L’individu, étudié sous la « vision » du philosophe ou du métaphysicien se rapporte à ce que regroupe la notion d’ « être ». Cette notion, bien qu’apparemment simple, revêt une complexité certaine et l’étude de l’être a pour nom l’ontologie. L’être peut être défini comme la perception que nous pouvons avoir d’exister, ce qui en appelle à notre réalité physique et à toutes ses caractéristiques mais également à toutes tes les choses qui sont, au monde qui nous entoure et même au rapport de cet être et ce monde à Dieu. Les rapports au temps, à l’espace, à la réalité sont parmi les questions soulevées par les métaphysiciens et des questions du même ordre sont également soulevées par les physiciens qui remettent en cause les phénomènes fondamentaux à la base des systèmes physiques, et plus particulièrement dans le domaine de la mécanique quantique, qui s’applique… à l’échelle atomique ! S’il était encore permis de douter de la pertinence de l’analogie, le concept même de l’ontologie nous confirme que nous sommes bien sur la bonne voie.

Nous aborderons donc la théorie du management moléculaire sous ce double aspect : ontologique d’une part, c’est-à-dire ramené à l’être, et physique d’autre part, c’est-à-dire ramené à la matière mais sous une vision atomique.

Les sources d’inspiration sont variées, à commencer par de propres expériences vécues. En dehors de cet apport personnel, les réflexions de cette théorie ont été notamment complétées par une analyse de l’œuvre de Louis Lavelle, un des piliers de l’ontologie moderne, ainsi que par les travaux d’Albert Einstein que l’on ne présente plus et à qui sont également empruntées quelques brillantes citations démontrant la proximité entre un brillant esprit scientifique et un philosophe.

DE LA FORMATION MOLECULAIRE

La vraie valeur d'un homme se détermine en examinant dans quelle mesure et dans quel sens il est parvenu à se libérer du moi.

[Albert Einstein]

On l’aura compris, la molécule ou organisation sera donc composée

de plusieurs atomes. Cette réunion atomique ou interindividuelle peut se produire

dans diverses circonstances. La première de ces circonstances, et celle qui se rapprochera le plus de nos préoccupations est celle de l’équipe au sein d’une entreprise. Mais ce rapprochement moléculaire peut tout aussi bien se produire dans d’autres cadres : dans la vie associative, familiale ou dans la sphère personnelle par exemple. L’intérêt d’étendre la comparaison à une sphère autre que professionnelle est qu’elle permet de mieux saisir ce qui fonde ce rassemblement. Ainsi la sphère familiale n’est-elle pas du moins en considérant la descendance un rapprochement choisi. Qu’on le veuille ou non, un individu « hérite » de ses parents et grands-parents, de ses cousins, etc La molécule familiale est ainsi constituée sans que l’atome n’ait pu y exprimer une grande volonté de choix. On comprend la présence d’un facteur extérieur à l’individu sur lequel il ne peut agir au

premier abord, recevant une situation qui lui échappe. Cela n’est bien sûr pas figé et

l’individu pourra par la suite exprimer par son comportement et ses propres actions la volonté de son propre choix en s’éloignant ou en se rapprochant de l’atome familial constitué. A l’opposé, une molécule associative ou politique à laquelle l’individu décidera de lui-même d’adhérer ne sera que l’expression de choix volontaires et librement fondés. Par ces exemples, nous saisissons les premières notions importantes dans la formation moléculaire à taille humaine : la liberté et la volonté laissées à l’individu de s’y attacher.

Le domaine de l’entreprise se situe juste entre ces deux exemples : il participe pour partie d’une certaine nécessité et pour partie d’une certaine liberté. L’adjectif « certain » étant ici employé à dessein, car il relativise l’une et l’autre notion,

opposées l’une à l’autre par ailleurs. En effet, entre une molécule familiale imposée

dans sa structure (non immuable cependant mais néanmoins non choisie au départ) et une molécule associative totalement libre d’accès se situe la molécule de l’entreprise. Si l’entrée d’un individu en son sein se fait par une absolue pure nécessité alors elle se rapprochera dans sa configuration (et uniquement par rapport à cet individu) de la molécule familiale imposée. Si à l’inverse l’individu s’y rattache dans une absolue liberté, la configuration que cette molécule aura pour lui sera toute autre. Un premier aspect de complexité du rapport entre l’atome individuel et la molécule organisation apparaît : le niveau de balance entre la nécessité et la liberté. Selon les caractéristiques du poste occupé, selon le besoin d’un individu à occuper ce poste ou selon son envie, la part que l’individu occupera au sein de l’organisation s’en verra considérablement variable.

DE L’IMPACT DES CHARGES POSITIVES ET NEGATIVES

La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information.

[Albert Einstein]

La constitution d’un atome est basé sur la relation entre des électrons chargés négativement (-) qui gravitent autour d’un noyau, lui-même composé de protons, électriquement positifs (+) et de neutrons électriquement neutres (d’où le nom de neutrons, neutre > neutron vous avez saisi le rapport ?

Sinon, ce n’est pas la peine d’aller plus loin, vous reprendrez la lecture demain à

l’aube d’un jour meilleur). Sans en saisir complètement le fonctionnement, on comprendra néanmoins que leur constitution même repose sur un équilibre basé sur une certaine tension électrique. La relation entre les atomes pour former une molécule n’est pas marquée d’un caractère « électrique », il s’agit d’un assemblage chimique, électriquement neutre.

Rapporté au modèle de l’entreprise, on entrevoit qu’à la base de la relation entre les individus au sein des équipes ne se trouve pas un principe électrique pouvant déstabiliser l’équilibre de l’une ou l’autre de ses composantes. En dehors de tout élément perturbateur, une connexion entre les individus peut donc, dans cette idée d’assemblage atomique s’opérer de manière assez équilibrée, dans le cadre d’un

bon fonctionnement de l’organisation moléculaire.

Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de facteurs, internes ou externes à cette structure moléculaire peuvent venir la perturber. Des connaissances en physique nucléaire somme toute réduites ne permettront pas d’étayer toutes les modalités de ces perturbations mais certaines sont confirmées comme le rapportent les deux caractéristiques physiques suivantes :

Petit cours de physique pour vous (re)présenter les modalités de la pression :

« Si l'on oblige des atomes à rester dans un volume donné, la pression s'élève avec la température. Si la température est plus élevée à l'intérieur qu'à l'extérieur, les atomes vont chercher à s’échapper de ce volume vers l'extérieur.

Par contre si la température à l'intérieur de ce volume donné est la même qu'à

l'extérieur, mais qu'il y a plus de matière, à volume égal la pression intérieure sera plus élevée, les atomes seront donc éjectés de la même manière. C'est le principe même de base des fusées. À l'intérieur des réservoirs on fait chauffer le gaz jusqu'à ce que la pression soit plus élevée à l'intérieur qu'à l'extérieur, puis dès que l'on ouvre la soupape, le gaz s'échappe. Par réaction la fusée décolle. Il suffit simplement de contrôler les quantités de matière et de température de manière à

donner juste la force nécessaire pour pousser la fusée mais sans faire exploser les réservoirs. »*

DE L’IMPACT DES CHARGES POSITIVES ET NEGATIVES

On pourra repartir ainsi sur notre modèle d’organisation en lui appliquant le même principe. Si l’organisation devient un peu trop étroite, serrée, en son sein les individus vont commencer à s’échauffer et mettre en action leurs charges électriques … l’ambiance en devient électriquement chargée et les tensions sont palpables. Les individus vont alors chercher à quitter la structure pour y trouver une autre molécule plus propice à leur épanouissement. Autre caractéristique physique globalement comprise mais qui mérite un petit

rafraîchissement : la dilatation.

« Pour prendre une métaphore, dans un jeu de billard, plus la vitesse et l'énergie de la boule initiale seront élevées, plus les autres boules s'écarteront. Pour en revenir à notre température, plus elle est élevée, plus les atomes et molécules auront donc tendance à s'écarter les uns des autres.

Avec l'augmentation de la température, un bloc de matière augmente de volume. Une tige de métal va s'allonger. C'est pour cette raison que l'on voit un petit écart (de l'ordre du millimètre) entre les rails de train ; Si les rails étaient soudés et formaient un bloc d'un seul tenant sur des kilomètres, en été avec la chaleur les rails se disloqueraient de leur support. »*

Imaginons ici que des contraintes externes fassent s’échauffer la structure. Les individus la composant vont alors prendre de la distance les uns d’avec les autres sous l’effet de l’augmentation de la température. Ce principe physique est vérifiable dans la réalité de l’entreprise qui sous la pression de la concurrence, sous la pression de contraintes financières se met à s’échauffer à proprement parler.

Parmi les autres contraintes internes pouvant amener des perturbations notoires au cœur de notre molécule, on pourra également ajouter l’arrivée ou le départ de l’un de ses atomes. En physique, comme c’est le cas pour une organisation, un élément en moins ou en plus va forcément perturber l’équilibre moléculaire. Cela ne sera pas forcément une mauvaise chose, dans un cas comme dans l’autre. Le nouvel entrant

pourra apporter un bénéfice certain et le sortant pourra assainir la structure.

Néanmoins, dans les deux cas, la structure se modifie et l’équilibre doit se recréer pour son bon fonctionnement. La liaison chimique entre les atomes doit s’établir correctement pour que la molécule englobant ces atomes puisse elle-même assurer son propre équilibre avec l’extérieur.

* http://www.alphaquark.com/Sciences/Atome.htm

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DE L’EQUILIBRE ELECTROMAGNETIQUE

Je ne crois point, au sens philosophique du terme, à la liberté

de l'homme. Chacun agit non seulement sous une contrainte

extérieure, mais aussi d'après une nécessité intérieure.

[Albert Einstein]

Lorsqu’il s’agit de se pencher sur les fondements de l’équilibre moléculaire, en considérant l’individualité de chacun de ses atomes, les caractéristiques qui leurs sont propres et les éléments qu’ils peuvent avoir tous en commun pour cimenter une relation assez forte entre eux pour former cet équilibre, les choses se compliquent un tant soit peu. Remarquez bien que là réside toute l’audace de cette Théorie Moléculaire du Management … s’aventurer sur une voie que seuls d’intrépides esprits peuvent suivre. Eclaircissements

D’un côté Albert Einstein, le physicien, cité en début de ce chapitre, ne croit pas en la liberté de l’homme. Face à lui, Louis Lavelle, le métaphysicien, qui prend une direction semble-t-il toute opposée en arguant : « Notre fixation dans l'être ne peut se manifester que grâce à l'expression phénoménale de notre liberté ». Or si nous faisons partie d’une quelconque structure moléculaire, c’est bien que nous nous établissons comme des êtres manifestés

Voilà que les deux principales sources d’inspiration de cette théorie s’opposent à un moment crucial de son élaboration ! Perturbant ? Point davantage n’en faut à un esprit critique déterminé comme un gladiateur à trancher les barrières qui pourraient s’élever devant sa motivation à poursuivre une voie que personne avant

lui n’avait jamais ouverte !

A y regarder plus attentivement, nous revenons au point déjà exposé sur la balance existant à l’origine de l’adhésion d’un atome à la molécule ; balance entre les notions de nécessité et de liberté. Nos deux penseurs semblent ne pas croire autant l’un que l’autre à la possible liberté de l’individu. En fait, Louis Lavelle dans son entendement, expose que l’être ne peut se réaliser que dans l’expérience de l’existence. Pour lui, « L'existence est le lieu de toutes les inquiétudes mais aussi de toutes les ferveurs. En elle s'exprime une puissance d'être, un projet inédit, l'espoir d'un accomplissement. Néanmoins, constamment menacée par l'échec, elle doit lutter pour se produire elle-même. Chaque moi est exposé non seulement aux vicissitudes de la matière, mais aussi - et c'est beaucoup plus contrariant - à l'incompréhension des autres, quand ce n'est pas à leur indifférence ou à leur hostilité ». Il va ainsi positionner d’un côté une attitude passive, sans action qu’il ne qualifiera pas d’existence face à une attitude réellement proactive, preuve de volonté, qui sera à même d’obtenir une certaine liberté. Cela ne contrarie pas forcément la position d’Albert Einstein sur le sujet mais replace son point de vue sous un autre angle.

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DE L’EQUILIBRE ELECTROMAGNETIQUE

Nous mettons le doigt ici sur le point le plus important de cette théorie. En détectant les éléments les plus libres de la structure moléculaire, nous en

découvrons ceux qui lui donneront le plus d’énergie. L’expérience (toute

personnelle) montre et cela est valable pour tout type de structure moléculaire mais plus remarquable encore dans le monde de l’entreprise – que la molécule est formée de différents types d’atomes. Certains sont plutôt neutres, certains récalcitrants et certains plus dynamiques, plus motivés, mus par plus de volonté. La détection du niveau de balance individuelle entre la nécessité et la liberté nous apporte une clef majeure dans la compréhension de la structure moléculaire. Ainsi, les éléments principalement poussés par la nécessité n’auront qu’un faible attachement aux autres atomes et fragiliseront potentiellement la structure. Au contraire, les éléments plus libres et avec plus de volonté vont renforcer la structure. Louis Lavelle précise d’ailleurs : « La volonté nous engage physiquement dans le monde, c'est elle qui nous fait prendre contact avec le réel, qui met en

mouvement nos forces et par la même occasion fait se dresser les obstacles sur

notre chemin. » et il retombe ainsi sur le terrain d’Albert Einstein qui disait qu’« une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover. » Oui, oui, cette citation a déjà été utilisée. Vous pouvez penser que l‘on tourne au rond

mais il s’agit plutôt de la démonstration d’une exquise homogénéité de pensée !

DE LA STIMULATION ET DE LA CONSOLIDATION ATOMIQUE …

La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne

pas perdre l’équilibre.

[Albert Einstein]

Une fois déterminée la configuration de la structure moléculaire, il convient d’adopter une véritable politique visant à renforcer cette structure, à éviter qu’elle ne puisse s’effriter et au contraire chercher à ce qu’elle puisse se développer harmonieusement.

Il sera habile de choisir de récompenser à leur juste valeur les efforts des éléments les plus volontaires, au sens qu’ils construisent véritablement la solidité et la dynamique de la molécule. Louis Lavelle souligne d’ailleurs que « La "volonté" est

le terme le plus approprié pour exprimer le pouvoir de création qui nous

caractérise » et la force des entreprises moléculaires de demain ne réside-t-elle pas dans cette capacité de création, d’innovation qu’il va lui falloir démultiplier pour parvenir à grandir ?

DE LA STIMULATION ET DE LA CONSOLIDATION ATOMIQUE …

Pour ce qui concerne les éléments les plus neutres de la structure moléculaire, il s’agira soit d’en accepter l’irrémédiable neutralité, soit de charger positivement leurs possibilités en augmentant leurs options ou leurs libertés. Non pas pour dire que davantage d’autonomie ou de responsabilité peut convenir à tout un chacun. Certains éléments n’ont pas et n’auront peut-être pas la volonté de parvenir à davantage de liberté. Se satisfaisant à la résolvance de leur nécessité, ils ne désireront pas encourir les risques liés à davantage de liberté. Néanmoins, même pour eux, en leur assurant le confort d’une démarche dépourvue du risque d’échec, ils seront à même de dépasser leur passivité affichée pour exprimer au travers de réalisations hors de leur habituel parcours atomique leur potentiel pouvoir de création **

Un autre élément prééminent de l’organisation de la structure est la place qu’y tient chacune de ses composantes. En effet, « à priori », chaque individu est à sa place dans la molécule organisation puisque celle-ci fonctionne. Néanmoins, une fois écartée la couche des apparences et dissipé l’aspect fonctionnel de chaque atome on peut souvent apercevoir la superficialité de la solidité moléculaire. Dans de nombreuses organisations, si chaque rôle est occupé par une personne à tout le moins compétente et un minimum assidue, nous pourrons avoir l’impression, vu de l’extérieur, d’une configuration quelque peu solide. En examinant de plus près la structure, il n’est pas rare de percevoir des failles pouvant se transformer en une véritable fragilité structurelle. Ainsi, si le services des Achats fonctionne en apparences de façon tout à fait normale, ne s’agit-il en effet que d’une apparence. Madame Turseau n’applique les principes de ponctualité qu’à l’heure de sortie des bureaux, Mademoiselle Sanders porte plus haut les couleurs de son insatisfaction que l’étendard de l’entreprise et le Manager du service ne sait-il répondre qu’aux questions qu’on ne lui pose pas. Vu de l’extérieur, la molécule du service fonctionne. Les achats sont effectués tant bien que mal et l’équipe ne présente pas de risque imminent d’implosion. Beaucoup de services dans beaucoup d’entreprises ne présentent pas de menaces imminentes de fission nucléaire ils ne constituent pas pour autant des structures optimales. Beaucoup d’éléments peuvent expliquer cette insidieuse fragilité mais nous pointerons ici un élément en particulier : la place de chaque atome dans chaque molécule. Bien sûr le propos n’est pas ici de dire que les individus sont interchangeables et que n’importe quel atome peut prendre la place de n’importe quel autre. Cependant, force est de constater, à travers la mobilité interne en entreprise, que certaines fonctions sont particulièrement appropriées pour la transposition atomique. L’avantage de considérer cette possibilité est le fait que sur des fonctions similaires, pour un même atome, la constitution de la molécule autour de lui pourra largement influer sur son efficacité et son niveau d’excitation (comprendre ici sa motivation). Pour reprendre l’exemple précédent, le fait d’offrir la possibilité à Mademoiselle Sanders de rejoindre le service Export, sur un niveau de fonction équivalent pourra changer grandement son niveau de motivation, d’implication, d’efficacité et de bonne humeur, ce qui ne gâche rien connaissant Mademoiselle Sanders.

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DE LA STIMULATION ET DE LA CONSOLIDATION ATOMIQUE …

Pour aller un peu plus loin encore dans le positionnement atomique au sein de la molécule, et au risque de choquer le lecteur convaincu jusqu’ici d’un parcours démonstratif sans heurt, il faut se résoudre à établir un constat frappant : certains individus n’ont vraiment rien à foutre là où ils sont.

Evidemment l’adjonction du verbe « foutre » est totalement bien placé autant

qu’il est déplacé. Il n’a pour but que de mesurer votre niveau d’attention à ce stade avancé de la démonstration. Et quel bonheur de jurer ainsi au beau milieu de l’exposé d’une découverte si révolutionnaire. ;-) Cette petite figure de style mise à part, le constat n’en est pas moins pertinent. Certaines personnes ne sont pas du tout à leur place. Ils peuvent tout à fait remplir les rôles et tâches pour lesquels ils sont missionnés. Ils en ont certainement les compétences minimum requises mais ce ne sont même pas forcément des compétences qui leur siéent (bonus track : vous apprendrez ici la conjugaison et l’infinitif du verbe « seoir », ce qui justifie pleinement le prix que vous avez mis dans l’acquisition de cet ouvrage !). Les cas évoqués ici concernent des personnes qui ne voudront même pas considérer un

repositionnement moléculaire qui pourrait leur permettre davantage

d’épanouissement. La nature humaine est ainsi faite que parfois, face à la potentialité de choix plus profitables, l’homme (ou la femme cette caractéristique respectant scrupuleusement un équilibre paritaire) va opter pour la solution la moins avantageuse. Curieuse caractéristique, totalement absente du règne animal et énoncé de façon plus simple par le précepte : « on t’assure que c’est mieux, parce que c’est réellement mieux, tu sais très bien que c’est mieux, mais non tu n’y vas pas ! ». S’il n’en était que du bien-être de l’atome en lui-même qui en soi constitue une préoccupation certaine ; mais c’est toute l’énergie de la molécule qui se trouve réduite par une force d’inertie préjudiciable. Dans de tels cas de figure, les solutions à adopter sont parfois radicale : mouvement atomique forcé à l’intérieur ou vers

l’extérieur de la structure moléculaire !

** Plus de détails dans l’excellent ouvrage des Professeurs Lezer & Chausse « du Paradigme du Management Moléculaire rapporté à la motivation » aux Editions Onville Manor.

EN GUISE DE CONCLUSION …

Dans mon commencement est ma fin et dans ma fin mon commencement.

[Thomas Stearns Eliot]

Nous espérons que vous aurez apprécié ce voyage au travers de deux univers passionnants : celui de la sociologie et celui de la physique nucléaire. Ce voyage n’en est qu’à son commencement et il ne manquera pas d’être étayé par d’autres esprits brillants pas aussi brillants, mais certainement un peu brillants

quand même.

Nous espérons qu’au travers de vos propres expériences vous repenserez à la Théorie du Management Moléculaire et saurez vous montrer parmi les atomes les plus énergétiques, qu’importe la structure moléculaire dans laquelle vous vous trouvez.

la structure moléculaire dans laquelle vous vous trouvez. Professeurs Nicolas Lezer & Pierre-Etienne Chausse

Professeurs Nicolas Lezer & Pierre-Etienne Chausse

Découvrez la présentation de la Théorie du Management Moléculaire à l’adresse :