Vous êtes sur la page 1sur 16

Économie écologique et Transdisciplinarité

Cernadas, Emilio Universidad de Flores Matériel original autorisé pour sa première publication dans la revue académique Calidad de Vida UFLO milocernadas@yahoo.com.ar

1

Résumé

L’objet du présent article est de démontrer la transdisciplinarité de l’économie écologique, pour ce qu’il est nécessaire de faire une révision des concepts d’économie (normative et positive), d’économie environnementale ou des ressources naturelles, et de mono, pluri, inter et transdiscipline. Nous conclurons que l’économie traditionnelle et ses branches environnementales manquent des outils nécessaires ainsi que d’une vision assez étendue pour aborder la problématique

environnementale, qui s’est posée depuis quelque temps et dont nous devrions tant nous soucier. L’économie, en tant que science normale, a étudié et étudie les rapports des processus de production, d’échange, de distribution et de consommation des biens et services et la répartition efficace des ressources. Face à l’inconvénient de voir des fonds détournés vers des fins non productives, tel que l’assainissement de l’impact sur l’environnement, l’économie applique des facteurs correctifs à sa théorisation, depuis l’élargissement de son domaine: l’économie environnementale. Ainsi, elle essaie de résoudre les problèmes de l’environnement en utilisant le même facteur qui les a créés: les interventions économiques. Dans le cadre de la science post-normale, caractérisée par une méthodologie de recherche convenable aux conditions contemporaines, les facteurs incertains, les valeurs en discussion, les risques élevés et les décisions urgentes s’accentuent. Ces variables génèrent un diagramme, dont les axes sont les "incertitudes du système" et les "risques de la décision". Il est utilisé dans les cas où l’enjeu et l’incertitude sont très grands. Par ailleurs, dans le cadre de la transdisciplinarité, l’économie écologique, en tant que science de la gestion de la durabilité, raisonnant sur des OIKOS identiques, développe des instruments pour essayer d’aborder efficacement les rapports entre les systèmes économiques et les écosystèmes. L’économie écologique se bâtit sur des notions biophysiques et sociales fondamentales et, de sa vision systémique et transdisciplinaire, elle évalue les coûts et les bénéfices privés et sociaux en considérant les intérêts de l’ensemble social et la coévolution des systèmes écologiques et sociaux.

2

Surpassant la perspective du paradigme économique actuel, l’économie écologique propose, tout en accord avec les lois trouvées dans d’autres disciplines et à l’aide d’isomorphismes, l’approche et la compréhension de la réalité comme un complexe, atteignant ainsi sa transdisciplinarité.

Mots clé: Économie Écologique, Transdiscipline, Science Post-normale, Systèmes Complexes.

3

Introduction

La

science

(du

latin

scientia

'connaissance')

est

l’ensemble

des

connaissances obtenues grâce à l’observation et le raisonnement systématiquement structurés dont on déduit des principes et des lois générales. La "science normale" est définie par Thomas Samuel Kuhn comme la recherche fondée sur une ou plusieurs réalisations scientifiques, qu’une

communauté scientifique particulière reconnaît, pendant un certain temps, comme fondement pour sa pratique ultérieure. Le concept de science développé par Kuhn implique une période de temps pendant laquelle des activités scientifiques se développent encadrées dans le paradigme prédominant. La science est factuelle dans de nombreux cas; elle dépasse les faits, elle est claire, précise et communicable. La discipline est une catégorie organisationnelle au sein de la connaissance scientifique; elle y institue la division et la spécialisation du travail et elle répond à la diversité des domaines que recouvrent les sciences. Bien qu’englobée dans un ensemble scientifique plus vaste, une discipline tend naturellement à l’autonomie, par la délimitation de ses frontières, le langage qu’elle se constitue, les techniques qu’elle est amenée à élaborer ou à utiliser, et éventuellement pour les théories qui lui sont propres1. L’économie classique est une discipline qui s’occupe des sujets qui se génèrent par rapport à la satisfaction des besoins (matériels et non matériels) des individus et de la société. L’économie des ressources naturelles ou de l’environnement a pour objet d’étude la répartition efficace présente et future des ressources naturelles. Elle se demande comment une société doit attribuer ses ressources actuellement et à l’avenir, et sous quelle forme elle attribuera les résultats des décisions correspondantes parmi ses membres. L’énoncé de ces questions présuppose que quelque chose ne marche pas bien2.

Morin, Edgar. Sur l’interdisciplinarité. Publié sur le Bulletin du Centre International de Recherches et Études transdisciplinaires nº2. CIRET, juin 1994. 2 Randall, Alan. Economía de los recursos naturales y política ambiental. Editorial Limusa, México, 1985.

1

4

De son côté, l’économie écologique, en tant que science de la gestion de la durabilité (Van Hauwermeiren, 1998), peut aborder efficacement les rapports entre les systèmes économiques et les écosystèmes, depuis une position complètement différente de l’économie conventionnelle, admettant comme point de départ que le système économique est un système ouvert en correspondance avec les écosystèmes et les systèmes sociaux, qui s’influencent et s’adaptent réciproquement, d’où il s’ensuit un procès co-évolutionniste. [Développement Coévolutionniste, Norgaard 1984, 1994]. L’économie écologique a pour objet d’étude le flux de matière et d’énergie qui entre dans le sous-système économique et qui en sort, et sur lequel les activités d’appropriation, de transformation et d’utilisation, c’est à dire les conversions énergétiques à des fins économiques, se développent. L’économie écologique s’érige sur des principes socio-écologiques et des lois biophysiques fondamentales: • • • • • • • les lois de la thermodynamique, la théorie générale des systèmes, la transdisciplinarité, l’éthique, l’écologie, l’équité, le principe de précaution, la participation citoyenne, la connaissance de la structure et du fonctionnement, y compris les limites

des écosystèmes, support fondamental de toute activité économique. Les efforts pour atteindre l’augmentation incessante et infinie de la production et de la consommation comme source évidente de progrès dans un monde fini, avec des ressources finies, démontrent la contradiction de l’économie classique, invisible sous la lumière du paradigme prédominant (José Manuel Naredo, Economía y sostenibilidad. 1993). C’est une des raisons pour lesquelles l’économie doit évoluer vers une économie écologique ayant comme objet d’étude un système ouvert et complexe, et s’occupant de voir, de raisonner et d’essayer de résoudre la problématique qui en résulte, à l’aide des propriétés émergentes que comporte l’interaction entre l’économie et le monde physique où elle s’insère, depuis une approche transdisciplinaire.

5

De la discipline à l’interdiscipline

La monodiscipline est caractérisée par la spécialisation, méthode par laquelle une discipline scientifique fait rétrécir progressivement les marges de son objet d’étude, en s’éloignant des horizons des autres spécialités, au point que chaque spécialité devient un domaine insignifiant sans lien avec le reste, ce qui est le résultat d’une approche fragmentatrice et réductionniste. Autant de raisons pour lesquelles la monodiscipline est considérée comme étant l’approche la plus inefficace pour aborder la réalité qui est, elle, complexe. Parmi les monodisciplines nous pouvons retrouver, entre autres, la physique, les mathématiques, l’économie, la sociologie, l’anthropologie et la médecine. Dans la recherche multidisciplinaire, malgré la convergence des chercheurs de disciplines différentes, l’approche reste fragmentée et réductionniste, et l’autonomie des participants est tout aussi maintenue: il n’est pas nécessaire de partager le même langage et le même objectif; il suffit que quelqu’un classe et intègre les résultats. La biophysique et la biochimie constituent quelques exemples de pluridisciplines. Face à la problématique environnementale, la tactique d’“essayer” avec la mise en œuvre des connaissances d’une science ou d’une autre a abouti à plusieurs reprises à des résultats néfastes, observables à première vue. Tout devient ainsi un jeu (potentiellement meurtrier) et une jouissance (potentiellement destructive): l’être humain peut s’amuser à sauter d’une branche de la connaissance à une autre, mais on ne peut trouver aucun pont reliant un mode de connaissance à un autre.3 La frontière disciplinaire, son langage et ses concepts particuliers vont isoler la discipline par rapport aux autres et par rapport aux problèmes qui chevauchent les disciplines. L’esprit hyperdisciplinaire va devenir un esprit de propriétaire qui interdit toute incursion étrangère dans sa parcelle de savoir.4

3

Nicolescu, Basarab. La transdisciplinarité - déviance et dérives. Document de travail - 1er Congrès Mondial de la Transdisciplinarité. Publié sur Bulletin du Centre International de Recherches et Études transdisciplinaires n° 3-4. Mars 1995.
4

Morin, Edgar. Oeuvre citée.

6

Ceux qui interviennent dans le travail interdisciplinaire appartiennent à des disciplines différentes, mais dès le début leur approche est intégrée pour atteindre un but commun. La convergence habituelle d’historiens, agronomes, sociologues, géographes, économistes, environnementalistes et anthropologues dans l’agroindustrie est un bon exemple interdisciplinaire. La bioinformatique est un domaine interdisciplinaire qui applique les sciences de l’informatique aux questions biologiques, en particulier aux questions de génomique. La neuroéconomie est la combinaison de la neuroscience, l’économie et la psychologie pour étudier le processus par lequel les individus font leurs choix.

Le chemin à la transdisciplinarité

La transdisciplinarité se distingue de la mono, de la pluri et de l’interdisciplinarité par sa finalité, qui est la recherche de ce qui existe entre, à travers et au-delà de toutes les disciplines (Congrès de Locarno, Suisse, 1997). Adopter une approche holistique et systémique, et aller au-delà des disciplines, c’est faire transcender les objets et les méthodes disciplinaires, c’est aborder les situations de manière transdisciplinaire. Dans ce contexte, les disciplines particulières peuvent servir à des études théoriques exigeant une simplification et une abstraction, mais toujours dans la considération qu’elles ne reflètent ni n’abordent la complexité du monde réel, de la réalité environnementale. Même l’interdisciplinarité est insuffisante pour cette approche. La

recrudescence du scientisme, en prenant comme nouveau fondement intellectuel une transdisciplinarité mal comprise, est un danger immédiat. La position de type scientiste est fondée sur la croyance qu’un seul type de connaissance –la science– est le détenteur des moyens d’accès à la vérité et à la réalité. L’idéologie scientiste du XIXème siècle proclamait que la science était la seule à pouvoir nous conduire à la découverte de la vérité et de la réalité. La transdisciplinarité, présentée aujourd’hui comme un choix à la complexité environnementale et à la complexité de la pensée, présuppose les disciplines tout en les relativisant. Elle organise au sein d’un nouveau type de savoir les différents savoirs disciplinaires en fonction de la multidimensionnalité du réel. 7

La science écologique s’est constituée sur un objet et un projet poly et interdisciplinaires à partir du moment où non seulement le concept de niche écologique, mais aussi celui d’écosystème (intégration d’un biotope et d’une biocénose), ont été créés.5

L’économie comme discipline

L’économie est la science qui étudie l’affectation la plus convenable des ressources rares d’une société pour l’obtention d’un ensemble ordonné d’objectifs. Elle étudie la forme dont les individus et la société effectuent les choix et les décisions pour que les ressources disponibles, qui sont toujours rares, puissent contribuer de la meilleure façon à la satisfaction des besoins individuels et collectifs de la société6. L’essence de l’activité économique réside dans la possibilité de choisir, aussi essaie-t-elle d’offrir une méthode pour mettre en ordre et établir rationnellement des priorités.

L’économie comme discipline positive

L’économie positive se définit comme la science qui cherche des explications objectives du fonctionnement des phénomènes économiques; elle s’occupe “de ce qui est ou pourrait être”. De manière indépendante des convictions politiques, on observe les faits et on évalue les phénomènes observés. C’est dans ce sens que l’économie politique se consacre à l’établissement de propositions du type «si de telles circonstances se produisent, de tels événements auront lieu ». D’un point de vue positif, les positionnements de n’importe quel économiste seront essentiellement les mêmes pour une large gamme de questions qui font l’unanimité pratique parmi les professionnels de l’économie.

5
6

Tansley, A. Ecology. The Ecological Society of America. JSTOR, 2003. Mochon, F; Beker, V. Economía. Principios y aplicaciones. Mc.Graw Hill, Madrid, 2003.

8

L’économie comme discipline normative

L’économie normative offre des prescriptions pour l’action basées sur des jugements de valeur personnels et subjectifs; elle s’occupe “de ce qui devrait être”. Les propositions sur ce qui devrait être répondent à des critères éthiques, idéologiques ou politiques sur ce que l’on considère souhaitable ou non-souhaitable. D’un point de vue normatif, l’économiste formule des prescriptions sur le système économique en se basant sur ses propres jugements et non pas exclusivement sur des raisonnements scientifiques.

L’économie environnementale ou des ressources naturelles

L’économie des ressources naturelles adopte l’approche des analyses économiques positive et normative. Elle applique la théorie économique et les méthodes d’analyse quantitative aux problèmes de politique gouvernementale en matière d’offre, d’affectation, de répartition et de conservation des ressources naturelles et des conditions environnementales. Elle s’occupe principalement de l’affectation des ressources dans l’actualité et dans l’avenir, ainsi que des conséquences des décisions prises à leur sujet. Par exemple, dans le cas des ressources épuisables, elle propose la substitution entre des facteurs de production, sans considérer qu’il y a des services fournis par la nature qui ne peuvent être aucunement substitués (comme les cycles de l’eau ou du carbone).7 Quant aux ressources naturelles, elle concentre son attention sur la terre (en tant que sol, organisatrice de l’espace, comme siège de bâtiments, chemins, etcétéra, et comme entrepôt de richesses minérales, sur l’eau, sur l’air et sur le système écologique. Cette branche de la microéconomie sociale essaie de: • • • administrer les ressources renouvelables et non renouvelables, utiliser les concepts de localisation optimale et d’externalités, générer et analyser des courbes de croissance, des taux d’exploitation des

ressources et de la valeur de préservation,
Ramos-Martín, Jesús. Empirismo en economía ecológica: una visión desde la teoría de los sistemas complejos. Revista Economía crítica, 2003.
7

9

• • •

donner la priorité à l’efficacité, intégrer les coûts et les revenus, stimuler la croissance économique durable. L’économie environnementale se présente alors comme une science

monodisciplinaire, partielle et analytique. Elle est abstraite et générale.

Le caractère transdisciplinaire de l’économie écologique

L’économie écologique est un domaine disciplinaire qui est en train de construire et déconstruire le monde du point de vue conceptuel, resignifiant des concepts tels que « homme » et « personne », « développement » et « croissance », à rebours du discours unitaire de la science positive. C’est comme un prisme qui reçoit le noyau uniforme de lumière projeté par le monde homogénéisé de la science8, du progrès, de la mondialisation, de la croissance économique indéfinie, pour décomposer et projeter un éventail de lumières divergentes, différentes, reconstruites, communautaires. C’est une mise en question respectueuse du discours unique du développement durable, de la capitalisation de la nature, de l’homogénéisation culturelle, de l’uniformité. Elle pose les problèmes des bases mêmes de la production, aspire à la restructuration des notes constitutives du paradigme économique dominant et à la construction d’avenirs possibles, fondés sur les limites de la nature, les potentiels écologiques, les bases biophysiques et sociales dont émergent les écosystèmes, la créativité humaine, l’éthique et sa théorie des valeurs. Elle attribue la durabilité des processus économiques à la conservation des biens et services écologiques qui le soutiennent9 et, dans ce sens, la soutenabilité écologique est constituée comme condition de la soutenabilité économique10. Elle transcende le domaine disciplinaire actuel en mettant en question la connaissance fractionnée, afin de constituer un domaine théorique et pratique qui obtienne des concepts même des trous creusés par les sciences traditionnelles.

8 9

Leff, Enrique. Saber Ambiental. Siglo XXI editores, México, 2002. Pózzer, Graciela. Comunicación personal. Cátedra de Economía Ecológica. Universidad de Flores. Argentina. 10 Leff, Enrique. Oeuvre citée.

10

Elle évite le réductionnisme des sciences positives où “…réduit à du langage, le sujet n'était plus un être aimant, souffrant et pensant, créateur de transcendance, fait de chair et de sang, mais une ‘certaine structure formelle’. Jamais on ne lui avait fait subir, en pensée, une réduction aussi brutale... Il est bien vrai que réduire l'homme aux structures formelles du langage ou à des molécules, c'est proclamer la ‘mort de l'homme’. Une approche féconde du sujet humain impose de le considérer sous tous les aspects possibles, et notamment dans ses dimensions historiques phylo- et ontogénétiques... Il n'est donc plus question d'opposer le holisme et le réductionnisme, mais de tenter autant que faire se peut, d'intégrer le local dans le global et réciproquement..."11. Le noyau de l’idée de transdisciplinarité est la possibilité que des disciplines académiques différentes travaillent ensemble avec des professionnels et des bénéficiaires pour résoudre des problèmes concrets du monde réel. L’incorporation de connaissances non systématisées de manière scientifique dans l’identification et la résolution de problèmes en est une caractéristique distinctive.12 Et c’est justement ce que propose l’économie écologique. Son essor s’explique par une réaction de survie au vieillissement et à l’inadéquation du système de pensée actuel par rapport aux défis de la vie moderne13. Elle est constituée non seulement par la confluence des disciplines scientifiques établies, mais aussi par l’émergence d’un ensemble de savoirs théoriques et techniques, traversés par des stratégies de pouvoir dans le savoir14. La transdisciplinarité ne nie pas l’importance des développements

disciplinaires, elle les potentialise à travers les dialogues et la fertilisation croisée. C’est à partir de là que l’on peut comprendre clairement la substance du préfixe trans, signifiant à la fois un mouvement “entre”, “à travers” et “au-delà” des disciplines. Ceci promeut aussi des stratégies qui tendent à générer des passerelles entre les sciences technologiques, les humanités et les arts15. L’économie
11

Bourguignon, André. Fin d’une époque, fin d’une pensée. Transversales Science/Culture, nº 24, Novembre-Décembre 1993. 12 Morin, Edgar. Roger Ciurana, Emilio. Motta, Raul Domingo. Educar en la Era Planetaria. Universidad de Valladolid – UNESCO, 2002. 13 Nicolescu, Basarab. Oeuvre citée. 14 Foucault, Michel. L'archéologie du savoir. Gallimard, Paris, 1969. 15 Roger Ciurana, Emilio (coordinador). Educación, Universidad y Sociedad en la Era Planetaria. Textos de: Gustavo López Ospina, Edgard de Assis Carvalho. Edgar Morin, Ángel Ruiz, Rubén Fontalbo Peralta, Ivano Spano, Raul Domingo Motta. Universidad de Valladolid, 2003.

11

écologique donne la priorité à l’articulation de tous les savoirs. En même temps qu’elle contourne le domaine disciplinaire de chacune des sciences positives, elle dégage de chaque point qui les constitue des savoirs et des concepts, et nourrit son propre domaine à partir des savoirs indigènes, des savoirs populaires, des savoirs personnels. Conformément à la Charte de la Transdisciplinarité (Portugal, 1994), les trois caractéristiques fondamentales de l’attitude et la vision transdisciplinaires sont la rigueur, l’ouverture et la tolérance. La rigueur dans les arguments qui prend en considération toutes les données existantes est la meilleure barrière face aux distorsions possibles. L’ouverture implique l’acceptation du méconnu, de l’inattendu et de l’imprévisible. La tolérance suppose la reconnaissance du droit d’idées et de vérités opposées aux propres. Les trois caractéristiques citées sont des qualités de l’économie écologique. La place de la transdisciplinarité est une place sans place.16 L’autonomie des disciplines est vue par l’économie écologique à un autre niveau, le niveau de sa clôture relative et de son ouverture relative. Ceci implique la nécessité d’une pensée métadisciplinaire et l’encouragement de la transdisciplinarité qui s’impose d’elle même. Le dépassement des barrières disciplinaires actuelles, dont la fragmentation a démantelé la possibilité d’obtenir une réponse convenable à la problématique environnementale, apparaît comme nécessaire. Une vision holistique sur la vision réductionniste de l’hyper-spécificité disciplinaire actuelle permettra de faire face avec succès aux problèmes de l’environnement, aux effets de l’activité économique actuelle, et de comprendre une grande partie des propriétés des systèmes complexes, parmi lesquels se distinguent les écosystèmes.

16

Nicolescu, Basarab. Oeuvre citée.

12

Propriétés émergentes, caractéristiques des systèmes complexes.

Vision holistique.

Evolution vers la Transdiscipline

13

Conclusions

Pour élargir les approches de l’analyse de l’économie classique et des ressources naturelles, y compris les variables qui interagissent dans l’espace et à travers le temps, propres au système en étude [c'est-à-dire, on n’adapte pas le système en étude (et ses variables) au modèle économique, mais on adapte le modèle économique au système], la transdisciplinarité de l’économie écologique est vitale. L’histoire des sciences n’est pas seulement celle de la constitution et de la prolifération des disciplines, mais aussi celle des ruptures des frontières disciplinaires, d’empiètements d’un problème d’une discipline sur une autre17, de circulation de concepts, de formation d’un métalangage qui transgresse les frontières d’une discipline pour s’identifier aux isomorphismes détectés dans d’autres disciplines. Quand on ne trouve pas de solution dans une discipline, la solution vient d’en dehors de la discipline18. Un des outils les plus puissants de la science, le seul universel, c’est le contresens manié par un chercheur de talent19. En fait, une erreur par rapport à un système de références peut devenir une vérité dans un autre type de système. Le caractère efficacement la transdisciplinaire de de l’économie aux écologique déterminera de

recherche

réponses

problèmes

complexes

l’environnement, en prenant les distances de la propre économie. Nous espérons que le développement durable, géré par cette science, verra le jour et grandira triomphalement, après avoir été le prisonnier des parcelles scientifiques, sans s’ériger en une nouvelle science unitaire de l’environnement qui dissolve en elle-même la multiplicité complexe de ce qu’elle est.

Morin Edgar. Oeuvre citée. Labeyrie, Jacques. Introducción al estado actual del mundo. En Morin, Edgar: Unir los conocimientos. El desafío del siglo XXI. Editorial Plural, La Paz, 2000. 19 Mandelbrot, Benoît. Fractal Geometry of Nature. W H Freeman & Co., New York, 1982.
18

17

14

Bibliographie -Bertalanffy, Ludwig von. Teoría general de los sistemas. Fondo de cultura económica, México, 1986. -Bourguignon, André. Fin d’une époque, fin d’une pensée. Transversales Science/Culture, nº 24, Novembre-Décembre 1993. -Castro, R., Kravetz, H. y Pózzer, G. Del Discurso Único a la Tercera Vía. Universidad de Flores, Argentina, 2007. -CIRET-UNESCO. ¿Qué universidad para el mañana? Hacia una evolución transdisciplinaria de la universidad. Declaración y recomendaciones del Congreso Internacional sobre Transdisciplinariedad. Locarno, Suiza, Mayo 1997. -Feyerabend, Paul. Tratado contra el método. Tecnos, Madrid, 1986. -Foucault, Michel. L'archéologie du savoir. Gallimard, Paris, 1969. -García Teruel, Maria. Apuntes de Economía Ecológica. Boletín Económico De ICE N° 2767, 28 de abril al 4 de mayo de 2003. -Kuhn, Thomas Samuel. La estructura de las revoluciones científicas. Fondo de Cultura Económica, Madrid, 2005. -Kuhn, Thomas Samuel. The Structure of Scientific Revolutions. University of Chicago Press, Chicago, 1962. -Labeyrie, Jacques. Introducción al estado actual del mundo. En Morin, Edgar: Unir los conocimientos. El desafío del siglo XXI. Editorial Plural, La Paz, 2000. -Lakatos, Imre. La metodología de los Programas de investigación científica. Alianza, Madrid, 1993. -Leff, Enrique. Saber Ambiental. Siglo XXI editores, México, 2002. -Mandelbrot, Benoît. Fractal Geometry of Nature. W H Freeman & Co., New York, 1982. -Mochón, F y Beker, V. Economía. Principios y aplicaciones. Mc Graw Hill, Buenos Aires, 2003. -Mochon, F; Beker, V. Economía. Principios y aplicaciones. Mc.Graw Hill, Madrid, 2003. -Morello, Jorge H.. Economía Ecológica y Biodiversidad: Un enfoque desde el Sur. Publié dans Realidad Económica, Ciencia y Sociedad. Instituto Argentino para el Desarrollo Económico Nº 173:149-154, Buenos Aires, 2000.

15

-Morin, Edgar. Sur l’interdisciplinarité. Publié sur Bulletin Interactif du Centre International de Recherches et Études transdisciplinaires n° 2 - Juin 1994 -Morin, Edgar. Roger Ciurana, Emilio.Motta, Raul Domingo. Educar en la Era Planetaria. Universidad de Valladolid – UNESCO, 2002. -Naredo, J.M. y Parra, F (comps.). Hacia una ciencia de los recursos naturales. Siglo XXI, Madrid, 1993. -Naredo, J.M. y Parra, F (coords.). Economía, ecología y sostenibilidad en la sociedad actual. Siglo XXI, Madrid, 2000. -Nicolescu, Basarab. La transdisciplinarité - déviance et dérives. Document de travail au 1er Congrès Mondial de la Transdisciplinarité. Publié sur Bulletin du Centre International de Recherches et Études transdisciplinaires n° 3-4 – Mars 1995. -Pengue, Walter A. Economía Ecológica y Biodiversidad: Un enfoque desde el Sur. Publié dans Realidad Económica, Ciencia y Sociedad. Instituto Argentino para el Desarrollo Económico. Nº 173:149-154, Buenos Aires, julio de 2000. -Popper, Karl Raimund. La lógica de la investigación científica. Tecnos, Buenos Aires, 1973. -Pózzer, Graciela. Economía Ecológica: una base para la sustentabilidad. Tesis de Licenciatura. UCS, Buenos Aires, 2003. -Ramos-Martin, Jesús. Empirismo en economía ecológica: una visión desde la teoría de los sistemas complejos. Revista económica crítica, 2003. -Randall, Alan. Economía de los recursos naturales y política ambiental. Editorial Limusa, México, 1985. -Roger Ciurana, Emilio (coordinador). Educación, Universidad y Sociedad en la Era Planetaria. Textos de: Gustavo López Ospina, Edgard de Assis Carvalho. Edgar Morin, Ángel Ruiz, Rubén Fontalbo Peralta, Ivano Spano, Raul Domingo Motta. Universidad de Valladolid, 2003. -Tansley, A., Ecology. The Ecological Society of America. JSTOR, 2003.

16