RAPPORT DU PRÉSIDENT AU CONSEIL GÉNÉRAL

4ème Commission Aménagement et développement durable

N° 2012-04-0072

SÉANCE DU 17 DECEMBRE 2012

POLITIQUE : ENVIRONNEMENT SECTEUR : Eau

T I T RE : REVI SI O N DE L A PO L IT I Q UE DEPART EMENT AL E DE L 'EAU

RÉSUMÉ : Le présent rapport a pour objet de présenter les évolutions des interventions financières et techniques du Conseil général en matière de gestion de l'eau pour poursuivre l’accompagnement des collectivités dans un contexte budgétaire contraint et pour inciter à une meilleure maîtrise publique des services publics d’eau et d’assainissement.

INFORMATIONS BUDGÉTAIRES : Fonctionnement Chapitre 65, article 6568, fonction 61 Chapitre 74, articles 7474 et 74788, fonction 61 Investissement Chapitre 20, articles 2031 et 2033, fonction 61 Chapitre 204, articles 204141 et 204142, fonction 61 Incidence budgétaire 2013-2017 (investissement) : 6,3 M€ / an (dans la limite des crédits de paiement disponibles chaque année)
Ce rapport a été instruit par M. BARDET YANN (01.60.91.96.88) / Service de l'Eau / Direction de l'Environnement N° Provisoire 26743

-2Ce rapport présente les propositions d’évolutions des interventions techniques et financières du Conseil général au titre de la politique départementale de l’eau pour poursuivre l’accompagnement des projets des collectivités, tout en incitant à une meilleure maîtrise publique des services publics d’eau et d’assainissement, conformément à la délibération de principe du 12 mars 2012. 1. Les objectifs et principes d’évolution de la politique départementale de l’eau Atouts en matière de qualité de vie, de paysage et d’écologie, les cours d’eau essonniens souffrent de nombreuses pollutions ainsi que d’interventions malheureuses du passé qui ont réduit leur qualité écologique. Les nappes d’eau souterraines souffrent également des pratiques actuelles ou de pollutions héritées du passé. Dans l’objectif de renforcer la qualité de ce patrimoine essentiel, la politique départementale de l’eau permet d’accompagner les collectivités dans leurs projets d’investissement en matière d’assainissement, de gestion des rivières, de gestion des inondations et d’alimentation en eau potable. Cette politique d’aide à l’investissement évolue au même titre que les autres dispositifs d’aides du Conseil général pour contribuer au rééquilibrage des dépenses d’investissement du Conseil général et répondre aux priorités de l’exécutif départemental. De plus, la délibération de principe de mars 2012 vise à favoriser la gestion publique de l’eau et de l’assainissement, et plus largement une meilleure maîtrise des élus sur la gestion de leurs compétences, dans l’objectif final d’un coût juste et maîtrisé de l’eau et de l’assainissement. Ce positionnement départemental intervient à un moment où, au niveau national comme au niveau local, nombre de contrats de délégation de service public (DSP) d’eau et d’assainissement arrivent à leur terme et où les collectivités concernées par de très longs contrats de DSP ont une opportunité d’y mettre fin ou d’en revoir les conditions financières sous réserve d’engager dès aujourd’hui les études technico-économiques appropriées (arrêt « Commune d’Olivet » du Conseil d’Etat). Enfin, les évolutions des politiques des autres partenaires des collectivités (Agence de l’eau, Région Ile-de-France) justifient également des adaptations du dispositif d’aides. L’évolution globalement proposée pour répondre à ces enjeux est la suivante : la création d'une aide incitative aux audits et études de choix de mode de gestion et la création de certains critères bonifiés, le critère principal étant lié au mode de gestion ; l’arrêt des possibilités d’aides aux travaux sous forme concessive ; la baisse légère des taux de base pour l’assainissement et l’eau potable, la sélectivité accrue des dossiers de demandes d’aide par la suppression de certaines natures d'aides et l’apparition ou le renforcement de critères exigeants ; un élargissement maîtrisé des missions d’animation technique pour une meilleure information des collectivités sur leurs opportunités de choix en matière de gestion des services publics et une mise en réseau des expériences ;

-

-

La révision de la politique départementale de l’eau est également l’occasion de promouvoir, en soutien aux collectivités concernées, la réflexion pour la mise en place d'une nouvelle gouvernance de l’alimentation en eau du nord Essonne qui présente la spécificité d’être assurée par les usines privées de Seine. Les collectivités alimentées n'ont en réalité pour la plupart d'autre choix que d'acheter de gré à gré l'eau de ces usines - par ailleurs performantes et sécurisées – ce qui peut poser des questions d'exercice de la libre administration dans un contexte où certaines de ces collectivités souhaitent revoir le mode de gestion de leurs services d’eau et d’assainissement.

-3-

2. Poursuivre l’accompagnement technique et financier des projets visant la préservation ou la reconquête des cours d’eau essonniens et des ressources en eau La révision de la politique de février 2010 avait introduit la nécessité du contrat de bassin, démarche collective à l’échelle du bassin versant qui représente un outil adapté afin d’assurer plus de cohérence entre les différents projets des collectivités pour agir in fine sur la qualité des cours d’eau. Ce cadre d’actions traduit la territorialisation des enjeux en matière de gestion de l’eau. Il est conservé, en collaboration avec nos partenaires, notamment l’Agence de l’eau et la Région Ile-deFrance. Afin de mieux répondre au cadre budgétaire, les taux de base en matière d’eau potable et d’assainissement sont globalement ramenés de 20 à 15 %, à l’exception de certaines natures d’opérations très spécifiques et budgétairement peu significatives (économies d’eau, mise en conformité de branchements par exemple). Les aides pour l’extension de réseau d’assainissement sont supprimées, ces opérations étant souvent peu prioritaires au vu des travaux importants à engager sur les systèmes existants. Parallèlement, les critères « techniques » de la délibération évoluent vers plus d’excellence des dossiers (travaux sous charte qualité pour les réseaux par exemple) et d’exemplarité des maîtres d’ouvrage (mise en conformité de l’assainissement du propre patrimoine de la collectivité pour bénéficier d’aides en assainissement par exemple). En complémentarité avec les aides financières, les services du Conseil général déploient des 1 interventions techniques, assistance technique réglementaire auprès des collectivités rurales éligibles et missions d’animation territoriale, qui répondent à des besoins du territoire et qui font par ailleurs l’objet de cofinancement de l’Agence de l’Eau (globalement de l’ordre de 50 %). Il vous est proposé de les pérenniser. Pour rappel, concernant l’assainissement, le Conseil général s’appuie 2 en grande partie sur le service dit SATESE (devenu cellule d’assistance technique), partagé avec le Conseil général des Yvelines. En cohérence avec cette exigence accrue d’exemplarité des maîtres d’ouvrage, le Conseil général s’engage sur deux actions : engagement du diagnostic de conformité des branchements d’assainissement du patrimoine départemental en vue d’un programme hiérarchisé ; diagnostic et réduction de la vulnérabilité du patrimoine départemental concerné par une crue majeure de la Seine (environ 20 sites dont 7 collèges).

-

3. Traduire dans la politique de l’eau la volonté de promouvoir une meilleure maîtrise publique de l’eau et de l’assainissement et un coût de l’eau juste et accessible La loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) a consacré l’importance d’un accès aux services d’eau et d’assainissement « dans des conditions économiquement acceptables par tous ». Le choix du mode de gestion relève de la responsabilité des élus des collectivités concernées. Par un ensemble d’actions, le Conseil général entend créer un contexte favorable à une meilleure maîtrise de la puissance publique sur la gestion des services d’eau et d’assainissement, pour aller idéalement vers la gestion publique de l’eau. Ces actions visent à contribuer à un choix éclairé des élus en matière de mode de gestion, à la mise en œuvre d’outils d’audits, de choix de mode de gestion et de suivi des contrats de délégation, à la mise en œuvre d’une tarification progressive permettant un accès économiquement facilité pour les besoins essentiels en matière d’eau potable. Elles ont fait l’objet d’échanges dans le cadre du groupe de travail institué par la délibération de mars 2012 (annexe 1 au rapport).

1 2

Cadre réglementaire depuis la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (LEMA, 2006) Service d’assistance technique aux exploitants de stations d’épuration

-4-

Les interventions financières seraient modifiées comme suit : création d'une aide incitative aux audits et différentes études, nécessaires à un choix éclairé des élus en matière de mode de gestion : une aide de 40 % est créée, permettant un financement optimisé pour les collectivités, en complément de l’aide pré existante de la Région (40 %) ; bonifications d’aides liées à la gestion publique des services et à la tarification ; o un bonus de 10 % pour la gestion publique (régie) s'applique aux aides en matière d’eau potable et d’assainissement ; un bonus de 5 % s’applique aux aides en matière d’eau potable en cas de mise en œuvre d’une structure tarifaire progressive ambitieuse, dans un objectif social et environnemental : faible part fixe pour les abonnés domestiques, première tranche de consommation à prix réduit et prix élevé pour les fortes consommations.

-

o

-

un critère de recevabilité est introduit : les contrats de délégation renouvelés à partir du er 1 janvier 2015 devront avoir fait l’objet d’un audit préalable pour que la collectivité puisse bénéficier d’aides dans le domaine concerné (eau potable ou assainissement), selon un niveau d’exigence adapté en fonction de l’ampleur du service concerné. Ceci implique l’engagement des études nécessaires un à deux ans avant le choix éventuel de renouvellement de contrat.

Les missions d’appui et d’animation seraient modifiées comme suit : mise en œuvre d’une animation pour appuyer les collectivités intéressées dans le lancement des études et pour favoriser au niveau local l’échange d’expérience et la diffusion d’informations dans le cadre d’un réseau « maîtrise publique de l’eau » ; contribution à « l’Espace public régional de l’eau » créé par le Conseil régional d’Ile-deFrance, qui a vocation à rassembler associations, représentants d’usagers, collectivités et syndicats intercommunaux volontaires ; engagement aux côtés des collectivités de réflexions stratégiques : o sur les besoins de mutualisation et d’ingénierie publique, vers une structure qui pourrait être la mieux adaptée pour les collectivités prêtes à s’y investir, pour assurer de nouvelles missions d’assistance, y compris liées à la gestion publique ; sur les besoins de développer la structuration d’une meilleure gouvernance de l’eau dans le nord Essonne, au bénéfice des collectivités alimentées, sans autre choix possible, par des usines privées d’eau potable.

-

-

o

Si ces propositions recueillent votre accord, je vous prie de bien vouloir : ABROGER les délibérations 2007-03-0021 du 22 octobre 2007 et 2010-04-0007(1) et 2010-04-0007(2) du 15 février 2010 relatives à la politique départementale de l’eau et son actualisation ; APPROUVER l'évolution des interventions financières et techniques et les priorités territoriales d’actions au titre de la politique départementale de l’eau selon les modalités présentées respectivement à l’annexe 1 (dispositif d'aides financières), à l’annexe 2 (interventions technique au titre de la politique de l'eau), et à l’annexe 3 (priorités territoriales) ;

-5-

AFFIRMER la volonté du Conseil général d’apporter un appui technique et financier aux collectivités essonniennes pour développer la maîtrise publique des services d’eau et d’assainissement dans l'objectif d'une meilleure transparence de la gestion des services et du coût de l'eau ; APPROUVER la création d'une aide départementale incitative de 40 % du montant hors taxe pour la réalisation d'audits et études de choix de mode de gestion, selon les modalités présentées à l'annexe 1 ; APPROUVER une bonification de 10 % des taux d'aide en matière d'eau potable et d'assainissement en cas de gestion publique et de 5 % des taux d'aide en matière d'eau potable en cas de tarification progressive ambitieuse, selon les modalités présentées à l'annexe 1 ; LIMITER les aides départementales aux travaux réalisés sous maîtrise d’ouvrage publique, excluant les possibilités d’aides aux travaux sous concession ; CONDITIONNER les aides en matière d'eau potable et d'assainissement à l’existence d’un audit préalable du service concerné pour les renouvellements de contrat de délégation er intervenant à partir du 1 janvier 2015 ; APPROUVER l’élargissement des missions d’animation technique pour favoriser le développement des initiatives et l’information des collectivités en matière de gestion publique et contribuer à l’espace public régional de l’eau, selon les modalités présentées à l’annexe 2 ; APPROUVER l’appui du Conseil général aux réflexions stratégiques pour le territoire départemental en matière de gestion de l’eau : d’une part pour répondre au besoin de mutualisation et d’ingénierie publique et d’autre part pour contribuer au besoin de structuration d’une meilleure gouvernance de l’eau potable dans le nord Essonne ; APPROUVER la prise d’engagements au titre de l’exemplarité en matière d’assainissement et de la réduction de la vulnérabilité face au risque d’inondation ; APPROUVER les annexes 4 et 5 : convention type de financement pour les opérations donnant lieu à une subvention supérieure à 23 000 €, convention type de mission d’assistance technique avec collectivité éligible ; AUTORISER Monsieur le Président du Conseil général ou un-e Vice-président-e ayant reçu délégation à signer lesdites conventions ; DIRE que la commission permanente du Conseil général prendra acte chaque année du budget de fonctionnement du SATESE arrêté en Comité interdépartemental et approuvera chaque année le versement de la contribution au fonctionnement du SATESE ; DELEGUER à la Commission permanente du Conseil général l’approbation des conventions d’assistance technique avec les collectivités éligibles, la sollicitation auprès des collectivités concernées du versement des rémunérations correspondantes, la possibilité de réviser le barème des rémunérations des prestations d’assistance technique réglementaire proposées aux collectivités. DIRE que les dépenses correspondantes seront imputées au chapitre 20, articles 2031 et 2033, fonction 61, au chapitre 204, articles 204141 et 204142, fonction 61, au chapitre 65, article 6568, fonction 61 du budget départemental dans la limite des crédits de paiement disponibles chaque année.

-6-

DIRE que les recettes attendues seront inscrites au chapitre 74, articles 7474 et 74788, fonction 61 du budget départemental. Je vous prie de bien vouloir en délibérer.

Le président du Conseil général

Jérôme Guedj

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful