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Darwin Ch.

L ~j~r~s~

~y ~o~

C. Reinwald

Paris 1890

Symbole applicable

des

tout, ou partie

pour

documents microfitmés

Ong'nat illisible MF Z 43-120-10

Symbole applicable pour tout, ou partie des documents microfitmés

Texte déténoré

reliure défectueuse

MF 243-120-11

~tatt~~iS

j~tHtMX~~

Ttpaa)tAwnKMMtx*Mow.–MtMSH.(ttC)ttt.)

L'EXPRESSION

~T\ JUJ~o ï~ Jt~MU 'Tf'n 11 T'nW~ U i\ o

CMKXm)m!ËKTLHSA.\H!At

f.t«

CHARLES DARWÏN

M.A-.F.H.S~ETC.

I.

1

TKA)ttUrr DHf/AXniLAtS t'Att t.KS MOCTKLttS\

SAMUELPOZZI

l'MftMMttoxrt~&laFMntmeMMtetM, CtttM~Mt'te~tMpthtM~r~)!)' .An~Mt tntenx', m&M)te tt'o~

:MMnhM<teh8oeMM<t'AnthM)Mh~<

REN~:

BENOIT

l~~tenr tM esrlenoen phyepcw <)ot<t!tt<.)t)HJet~tt*, At)<'tcna)<tent'tMMt<M«!e, ~nr.:nt'tetaF<M'<!)M<!eM~te<Be'tcMn!tt)'c))tC)'.

AVKCV<S«TKT<'XKG)!AVt:)tt!<'at!ttM<tJtf

M c)n'ir t't.AxcttKtt

t'ttMTtt'tHAfm~Ki-

l'

~A:~Y/MA: ~/77<W~At'6'~ ~ï' COM/f~ (!fntne.tmtifaf;c).

PAtUS !Œ!KWAt.&,LtBRAtKK.~nrfHUtt

'8,t<UK(tHSSA)XT~-t')~)tt!<4,n!1;

<8&0

Tn)M<!<««!<ttten~

W) AVtS UE8 TRAPUCTBUMS.

point ~CM«*,~M~riC~C Dar~M MM~MC ~'Î/<CMCM~ MMCfr<* MOMM~e~MM /'J~M~<'ofCla Jf~tC'MOM<C.

Les ~'<ï<~c~Mr~<'M~cxc/M~'eweM<<A~~t rcMofrc <!M~~J~~ la pensée dit ~A'~C.Ils M'O~ pas C~M~0<r, à /'C~<'M~ ~M~MM-KtM /<*M~ t)f<'MWCt<~<t<*COW- ~~cr de r~jctOM~ ni de cowMCM/<t<rM.Ils ~<MCM~cette

/ttcA<:à la cW~~Me.Ï/M~MPMMM~~r<focc~~ de faire coM-

M<î~rc<!H ~~<f<!M~M cet

~Mf /<~Mr personnalité M<'MM<? .<M~~OMr moins

~OMt~C

~KJE'0~/<ÏM/OW~~C, ils ~ïrCM~

e~'e le ~cc/cMret f~/M~rc naturaliste.

TABLE

Avt&n<!<T<ttfK:Tt!)j<t<

P),AceME!(Ytt):S)'LA!tt:)tK)'

l!<TM(ttt)LCTtOtt.

CHAP~KHf.

r~<t.

V

V<

<

)'t)««:<pe< c~stiMAm BK KXt'nessxtt.

~taM!MenK*Mt 'tea trob pf!tie!pe!! tbodatncntaux.–

aetett utHeo deviotnent habUacts en

et sont accMnp<!t.que

particunpf.

PfCtMter princ~M'. Les

d'eiipft),

Mab

h' <M'Mtxs'en taMf <fntir on Mon, dana dm~uf cas

s'associant à cettait)!!

r PubMnm df t'haHt«t!<

iM)rM!te. MeMyetneats

asteci~ haMtMett dM-xt'tmMMtc. Aettens fOtetM. TntMstbrnMtten <<c< haMtMdea CH aetiotM tf~etea. Mouvemeo~ aMoctës hab!tue~ chez

te)ta<t!tnaHx.–Cot)ett)<!Mn<

OHAt'tTBKH.

M

<'ntXf:tP<!<6)5.<tjt~x fB )L'KXfOHafHos. (<tt;<TB.)

!'f!M!t<e <ie FanMtM'fte. KïetMptM chez te chien et te chat.

pHadtM;. Stete~ cenvotHonncb.

Le pfineipe

)MMtcMgtne dMacUoM

opt«M~eaaccotHpMet en

MM t'tnHMfMted'hnpnbh~oMWMees.

ODgtne du

n'a p<M coMnaiManee de caMe

de anthh&se

62x

VMt

TABLE.

CHAPiTHKtih

ftttttCU'MS Ct~ËHAtit ttt: t.'CH'neS)!)OS.

(H!t.)

reBce.

Troisième principe Action directe ont t'oconontie d<<i excitationdu

syxU'tMC

nerveux. indépendamment de ta volonté et, en partie, dp t habitude.

Changctncnts de coutMtr dn pai).

<attons des

fureur. d<' la joie. df la terreur.

TMmMehteHt des muscles. Mttd«t<

sécrétions. Supor. KxfrfMhtn d'une vive doMteor, de ta

DtfMreHeeentre les

expre~ons qn!

excitent

i':(pt8 d'Mpritqui

causent ou non dM tnoMvenMnt<! cxpre~ih.

ondepti)nent.– Msume.

60

CHAPtTKE IV.

MetKKS C')!XPHES<ttO?iOtEZ H!~ ANtX~OX.

Ë)<)tss!nnde wns. Som veeoHX. S«ns produits far divers mécanismes.

Her!MM)M«tdes appettdtces cutané. ]M)!)a.ptûMM.etc

sous rMuenco

df la fureur ou de la t<*rrettr. HcnverMtnent en arrière deaorciUes comme préparaUon att fotnbat ct comme ~~tx* de coM'fe. TtedreMement des oreMteitet <)<vat!ott de la t~te en signe d attention. M

CHAPtTRE V.

KXt'KEeXtONSfpëCttLEX OKf A'<tMAt:X.

MoMVcxx'nts cxprMsif)! diveri! chez le Chien. Chat. Chetai. KMMi-

nantit. Singes. ExpfPMion: de joie et tfaNifetiot).de snHMrancc.de

colère, d'étonnenx'nt et de terreur chM ces anhnau<

«9

CttAPtTRB Vt.

KXfnKSStOSS S)'É<A<.t:8 nK t.'t)OMNB.

SOffUtAKCt: KT Pt.Et!n<i.

Orh et ptcuM chez t'enhnt.

Aspect des traHe. A«c auquel MtnmenMnt

r~'r<*M!oa huttitueUc des pleurs. Sanglot.

les p!UM. K<r<*tfd'une

CaMM de tacontractton des tnMMte~ <tt)t entourent t'û'M, pendant <Mcfbt.

–CaniM'dcta s~erftion de< tarMea.

<M

CHAPtTRE VH.

AnATTe«E~T.–A!fX)ËTë.–CMA6tU!<))~OUMA<!KMt!!<T.–ttÉt:<!<ifO)!t.

Etfets gënëraMx du chagrin sur r<conotnie.

OMiqMtté des Mttrctb MM9

t to~uencede la MMifrante. CauM de l'obliquité dMMMtrcHx. AtMh' sement des coiM de la houchc.

<«'

'<0'<K/fiÂtt:T~Marn7'S~Tt~

TASt-iR.

CHAPITRE ViH.

.X.

tïf~'tji;

B!re, cxpresstoM pnmHtve

de ta Jote. tdces riftMes. Mouvements et

ExprcMton de t'atnour.

Nature du <OM <tn!t!. Sécrétion de:)

t!)rmes<ttttacMtHpa);nentte fou rtre. –Oc~festnterMtedfaires entre te <ott

rire et. te sottrtw.

tend f es.

PMte.

8e)ttimct)t<t

traMs du v!mt;<! pendant te r!re.

ftaiete.

KÉ~H!<Ott.

CHAPITHE JX.

)tË<t<TAT<(t!f. HAUVAtOKXUHKHt.

nt5c<stoN.

ttt'metX)!

Froncetncnt des <ourc!b. RettexhMt aecotM{M(;nc<! d'ei!<trtoa de la t'en'ep-

tion d'une chose dMMcttfou desag~abte. –Méd!tattan abttratte.

va!M!)U)Menr.–Mef<Mitc.–Ob<Un)ttioM.–B<mdcrte,)mM<Deci<itcn

ou détermination.

Ma)t.

Oeetusion ener(;h{ue de la bouche.

CHAPtmE X.

))*t!<E ET notant!.

2)t

239

Haine. Furet)f. <ie«'ft<'ts sMr!'eco<!Otn}e. AcUonde montrer leu dents.

FMrear chez te« atiénés.

Co!ere et ind!gnat!on. Leur expresston

Ricanetnent et deM. Action de

chez tca dhCMeit races humahtes.

dec(tMvrtr!a dent Mntnodun xcMteAté.

CHAPtTKK Xt.

e~ttAtw.

wÉt'ms.

n6e<n'T.

tMPOtSftAKCE. fATtBKCK.

<pAn~nT~.

ttn<tt.,

Aftt«MAT<OX 6T K~CADOtt.

2&S

ETC.

Méprts,

hauteur et dédain variété de teur<; cxprMsioM. –Sourire Barcas-

Gottea qui expriment te meprX.

M~goat. Cnipab'tite,

ObstixaUon.

MaM~sementdes ~pauteo, t<Mte coMMon &

Uque.

foMtrbcrie, or(;uei), etc. M<t(;nation, faiMt'ssc ou hmpttiNMmce.

Pat!enc<

ta plupart d<*s races hutnaincs. Signe d'aMrmatton et de nf~

<m<'HtSH.

CMAPtTME Xt!.

ÉTONNÈRENT. CBAtKTB. t)OnttKt-«.

SurpriM,

etonnetnent.

Gestes

Terreur.

Sourctts etetes.

qui aceotnpnancnt

la

ttcuchc OMwrte. LOvres Adm!mt!on.

surprise.

cheveux.

ContraeUon du

avancées.

Crainic.

tnMSfte peaa<s!cr. D!!atat!oMdes pMp!«M. Horreur. CooctushMt 298

ttér!sf!ement des

n

TAMt<H.

CttA)t'tTnKX!)t.

tTTt:!<T)M!<t'OKt~t! SUt «Nt MÈMK. ttOSTt:. M(ttH:~TtK.–M<'t<.Kttt.

TtMttUT~.

F<

K~Mre de h fOMftCMr. Mer<~dtt< Parties du eo~nt qui ex Mnt te

p!(t<

a<K'c!~<*)t. )<<t ntugettr cttm: t~ <th'cmM racet h<tma!ne<. GMtteit

concootitaMts. CoxfMitioM. Ca)MM<t<'ta MM);eMr. t.'attcothttt por~

sur Mi.mtnte

vc)t<mtde la vMitthw des to!e nwratex et dM f~teo cnMveattonnettes!.

en <Mtt'~tenMttt t~mdatMentat. T!t)tM)M. H<!Mte,pr<~

Medc<Hc. TM<tf!<'de la rougcttr.

KtcapitutaH<tH.

332

CHAt'!TME XtV.

cos(:t.t:<noXtt<:TK<<m6.

Les ttois prhte!)'M fondatMCtttaox qui ont détcnntoe te~ princi~tn Mtoove.

tnents

dena FacqHisMion des d~cMes expre&tbnfi.

dtnsOnct.

hMMatncs. De tae<~h!Uoa SMeeeMtve tmr les aacOMs de HtomMedM divctws exprM~otOt. ttt))'ortanM de t'e~fMtton. Cooetoston. 37:<

MpfMs!&.

LeMrherMtte.

<Mtede la totext~etde t'aUeMt!on

L'e~MM&!on se fecattno!t

sujet &t'untt<'<t<ee!<i<ttc dM racM

PtrcMvefoMfnie par notre

~nM.

395

PLACEMENT DES PLAXCHËS

Ptonchctfnfaeedetapag'

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QM<!)<tUM.Mn<'i<

<t<'ces MHograt'm'es ont été n'~n'~Mite!!d'après d<M photu-

négatives or));ttM)M; aussi h'Hf <*x~cMt!<tn

{tOHrtant des r''t)M(tMct!ot)<! cxacte<! <'t & des ({Nvures on de~inx de ta mcit*

graph!M,

tatsse q)teh(Me chose a deaitrer; M sont

bien sup~rtcHrei),tM)«)f le txtt de t auteur, teafe cMeMUott.

ait lieu de t'~rc avec )ettM

ËMOTÏCNS

L'EXPRESSION*

D~e

CHEZ

L'HOMME

ET LES ANIMAUX

INTRODUCTION.

On ? beaucoup écrit sur l'expression, et plus encore sur laphysiognomonie, c'est-à-dire sur l'art de connattre le ca- ractère par l'étude de t'état habituel des traits. Ce dernier sujet ne m'occupera pas ici. Les anciens traités que j'ai consultés m'ont été d'une utilité médiocre ou nulle. Le meil- leur d'entre eux est celui du peintre Le Brun, les fameuses

CoM/~wce~ publiées en i6$7, qui contiennent quelques bonnes observations: Un autre essai quelque pou suranné,

(Appendice aux PMMepMM!ï'raMaeMMM, i?46, p. 4t)

donne une liste de quarante et un anciensauteure qui ont écrit sur

i'expreMton.

<.J. Parsona

2. CMt/J~MM sur

t'c<qM'e<~oa des <Nj}R~M<< MnMM<~des

paM<OMs,

Paria,in4<~ i6M. Je cite

toujoursd'aprés la réimpression des Con~'

feMM dans l'éditionde Lavater, par Moreau,parue en <MO, vol. tX,

p. 257.

1

3

tNTMO&MCTtOM.

les Discours (1774 à 1782) de Campera anatomiste hollan-

daiat

Men

conçut,

ne

peut

~uêve

MMconsidécé

comme

&yant~

fait avancer notablement la question. Les œuvres que je vais citer mentent, au contraire, la plus grande considération

En 18uC, parut la première édition

de l'~M<OMKCet

pM<o* .I

<opMe de FE~prpMton, de Sh'Charles Bell; la troisième édition

date de 184% On pent le dh'e avec justice, non seulement

l'illustre physiologiste posait les premi&respierres d'un nouvd 6diMcc!!cientitique, mais il élevait déj& sur cette base une œuvre vraiment magistrale. Son ouvrage présente, & tout point de, vue, un haut intérêt on y trouve des descriptions prises sur le vif des diverses émotions, et des illustrations admirables. Son principal mérite est, comme on sait, d'avoir

existe entre les mouvements de

montre la relation intime

qui l'expression et ceux de la respiration. L'un des points les plus importants, quelque insignifiant qu'il puisse parattre au premier abord, est celui-ci les muscles qui entourent les yeux se contractent énergiquement durant les enbrts respira' toires, afin de protéger ces organes délicats contre les effets

de la pression sanguine. Le professeur Uonders, d'Utrecht, a

une

bien voulu, sur ma demande, faire de ce

phénomène

loin.

une vive lumière sur les expressions principales de la phy- sionomie humaine.

étude complète, qui jette, comme nous le verrons plus

y

~I

L'important ouvrage de

Sir Charles Bell n'a pas été apprécié

ou même est resté ignoré de beaucoup d'auteurs étrangers.

Quelques-uns cependant lui ont rendu justice, par exemple Ai. Lemoine~ qui dit avec beaucoup de raison Le livre

3. DheoMMpaf Horfe CaMpct' <<«'la moycM<t' tcpn'tCHM ks <Mce~M

tMM<MM, etc.,

4.

8.

n92.

C'Mt d'aprfs cette troisième udmen, qui a ét<5 pubt~e atn'<)9 la

mort de Sir Ch. Be!tet contientses

toujours; la premièreédiMon, de <806, est d'anc valeur tfëa!ntêrie<tM et

ne contient pas quelques-unes deses vuestes plusimportantes.

dernières corfMUoa~ que ~e

citerat

~( f'A~~MmM' e<<<<la

parolc,par Atbert Lemoine,t8CS, p. i0t.

~THOPUCTtOK.

a

de Charles BëH devrait être médité par quiconque essaye de

rhomme, pat' les philosophes aussi

Mon que par les artistes; car, sous une apparence plus légère

Ïatrcp&pïërÏëvï~gc~

et sous le prétexte de l'esthétique,

monuments de ta. science des rapports

morat. ))

c'est un des plus beaux

du physique et du

Sir Chartes

Bett, pour des motifs que nous indiquerons,

n'essaya pas de poursuivre ses aperçus aussi loin qu'il aurait

pu te faire, tt ne tenta pas d'expliquer pourquoi des émotions différentes mettent en jeu l'activité de muscles différents; on voit tes extrémités internes des

pourquoi, par exemple, sourcils s'élever et les coins de la bouche s'abaisser chez une personne que tourmentent le chagrin et l'anxiété.

une édition du traité de La-

vatersur taPAy~o~MOMOMte~ où it incorporait plusieurs de ses propres essais, contenant d'excellentes descriptions des mouvements des muscles faciaux, avec un grand nombre

En i80T, M. Moreau publiait

6. L'AW<feeMMta«<f /MMMMM,e~c.,

(i. Lavater. La

première

préface

de Md!t!onen dix

e(!!t!<mde cet ouvrage, & laquelle renvoie la

par

volumesde t8&o~ comme

aurait été publiée en 1807. Je ne doute pas de t'exacHtudede cette date.

Quelquestravaux btbMograpbtquesdonnentcepeadantcette de <MS.<8ea.

&admettre. Le docteur Duchenne son ouvfa~ un artictc

Mais1806 parait une date

<a!t remarquerque M. Moreau <*a compose pour

!mportant dans l'année <80S (~caM&me A' la p~<~tMM<<! AttM<t<nc,

contenant les observations do M. Moreau,

impossible

médecine,janv. volume de l'édition de i820

B janvier «K)6,

que

~tn-8", édit. i862~ p. N, et ArcA<e<'< c~

et

Mv. iM2); je trouve aussi dans le

des passages portant tes dates des

certains

paMa~es ont ainsi été M. Moreau la priorité

houst'avons dit, en <80o. C'est !& une manière bien inusitée de déter.

miner la priorité des

d'aiMMM peu d'importance

travaux. Les

t8~ tome ÏV,

p.2M,ottoa!olX,p.2?9.

passages sont tirés, ici comme toujours, de l'édition de lavater de

de M. Moreau et de Le Brun cités ci-dessus

premier <2 décembre <80Set

outre celle du i3 avril déjà mentionnée. Se fondant sur ce

<'OMpM<'<en sur Sir Ch.

<805, le docteur Ouchonnedonne à Bell, dont l'ouvrage a paru, comme

muvfea scientifiques; de paMiHcsquestions ont

en comparaison du mérite retauf do ces

4

iKTBOOUCTtON

de remarques judicieuses. Toutefois il ne faisait pas fou'e 8'M(nd progrès a~ eAté pMIosepMqMe(!a ta question. Par exempte, parlant du froncement de sourcils, c'est-à-dire de ta contraction du muscle appelé par les auteurs français le.

MMrM/(er (coffM~<t<ofMBef~t<), M. Moreau remarquait avec justesse que « cette action des sourciliors est un des, symp- tômes les plus tranches de l'expression des auëctions péni-

bles

leur attache et leur situattOM, août aptes A resserrer, à con-

centrer les principaux traits de la /<ï<M, comme il convient

dans toutes ces passions vraiment oppressives ou

dans

sation &revenir sur eUe-même, A ce contracter et & t'OMO~-

<<r comme pour onrir moins de prise et de surface à des

impressions redoutables

que des remarques de cette nature éclairent la signincaiion ou l'origine des diuerentes expressions, c'est qu'il com- prend la question tout autrement que je ne le fais moi- même.

ou concentrées. Mais il ajoutait que « ces muscles, pat'

profondes,

ces affections dont le sentiment semMe porter l'organi-

ou importunes Si quoiqu'un trouve

L'étude philosopinquede t'expression avait fait, onievoit. `. peu de progrès depuis l'époque (t 067) où le peintre Le Brun.

décrivant l'expression de la frayeur, disait

est abaissé d'un côté et élève de l'autre, fait voir

que partie élevée semble le vouloir joindre au cerveau pour le garantir du mal que l'Ame aperçoit, et le côté qui est. abaissé et qui parait enflé nous fait trouver dans cet état par les esprits qui viennent du cerveau en abondance, comme pour couvrir l'Ame et la défendre du mal qu'elle

la.

Le sourcil qui

craint; la bouche fort ouverte fait voir le saisissement du

cœur, par

voulant respirer, à faire un effort qui est cause que la bou-

les or-

ganes de la voix, forme un son qui n'est point articulé; que si les musdes et les veines paraissent en<16s, ce n'est que par les

che s'ouvre extrêmement, et qui, lorsqu'il passe

le &ang qui se retire vers lui, ce qui l'oblige,

par

tNTRMUCTtON

6

esprits que le cerveau envoie en ces pQrtMs-lA. ~'ai cru qu'il valait la peine de citer tes phrases précédentes comme exem-

pt (tex étranges insanités qui

ont été écrites

sur a question

fAy~c~te

ou le Mt~canMmede la rougeur, par le docteur

en iM9; je ferai de nombreux emprunts A

Burgess, parut

cet ouvrage dans mon treizième chapitM'. En i863, le docteur Ouchenne pubiia deux éditions, in- folio et in-octavo, de son ~McanMMM physionomie ~M-

MMttKe, ou UaïMtiyse au moyen do l'étectricHé et représente

par de magninquos photo~t'aphics

cles de la face. Il m'a

autant de ces photographies qu'il me conviendrait. Ses tra-

vaux ont été traités légèrement ou mémo complètement né- gligés par certains de ses compatriotes. Le docteur Duchenne a peut-Mre exagéré l'importance de la contraction isolée des

muMcIcs pris

sion car,

cles, représentés par les dessins anatomiqucs de Menio~,

il est

difficile do croire qu'ils puissent agir isolément. Toutefois il

rendu

aussi bien que de diverses

autres, et puisqu'on sait qu'il a parfaitement réussi A élu- cider par l'électricité la physiologie des muscles de lit main, on peut croire aussi qu'il est généralement dans le vrai re- lativement aux muscles de lu face. A mon avis, le travail du docteur Duchenne représente un progrès considérable. Per-

compte de cette cause d'erifeur,

est certain que le docteur Duchenne s'est

les moilleurs, je crois, qui nient été jamais publiés,

si l'on considère les connexions intimes do ces mus-

individuellement dans la production

les mouvements des mus-

généreusement permis de reproduire

de l'expres-

parfaitement

sonne n'a plus soigneusement étudié la contraction de cha-

que muscle en particulier et le plissement de la peau

résulte. 11 a montré en outre,

tant, quels sont les muscles dont

et

qui

en

c'est là un service impor-

la volonté peut le moins

7. HondtMtJ~der s~<e<Ha«MA<tt AM<OMte des M~Me~M,band t, Mtte

Abtboilung, <NS8

.'0'

t?!TKOMCT)tO<<.

i~tolerl'action. M a d'ailïours rarement abordé les considéra.

tions théoriques et chercha A expliquer pourquoi certain)! muscjles, ptuMt que d'aMtres~s<~ eontraptcnt sous l'ïnnu~hcc de certaines émotions.

tJn anatomiste français distingué, t'ierro Gratiolet, fit A la Sorbonne une série de leçons sur l'expression. et ses notes

âpres sa mort (tMS;) soatle titre De la PAy-

furent

«oMom~et des mouvements d'~fM~tOM. C'est un ouvrage treN intéressant, plein d'observations préciettMS. Sa théorie est

complexe. et, autant qu'on peut la formuler en une seule

phrase (p.

que j'ai rappelés, que les sens, l'imagination et la pensée cllf-mcme, si élevée, tti abstraite qu'on la suppose, ne peu- vent s'exercer sans éveiller un sentiment corrélatif, et que

ce sentiment se traduit directement, sympathiqucment, symboliquement ou métaphoriquement, dans toutes les

tph&res des organes

vant leur tnodc d'action propre, comme si chacun d'eux avait été directement affecté. » Gratiolct parait méconnaître l'habitude héréditaire, et même jusqu'à un certain point l'habitude individuelle; il en résulte, me sembic-t-il, qu'il est impuissant A donner

quelconque de

de ce

qu'il appelle les mouvements symboliques, je citerai les rc-

de

l'homme qui joue au billard « Si une balle dé~ie légère-

ne

l'avez-vous pas vu cent fois la pousser du regard, de la tête

et même des épaules, comme si ces mouvements, purement

symboliques, pouvaient rectifier son trajet Des mouvements

non moins significatifs se produisent

joueurs novices, ils

sont quelquetoM accusés au point d'éveiller le sourire sur les

publiées

assez

6&), la voici

H résulte, dit-il, de tous les faits

extérieurs, qui le racontent tous, sui-

1 explication juste ou même une explication

beaucoup de gestes et d'expressions. Comme

exemple

marques qu'il emprunte (p. 37) à M. Chevreul, A

ment de la direction que le joueur

propos

prétend lui imprimer,

quand

la bille manque

d'une impulsion suffisante et, chez les

~TMonucfio!

?

lèvres des spectateurs. Mme sembïe que des mouvements

de cette nature peuvent

tude. 'foutes les

fois

être attribués simplement & l'habi-

qu'un homme a désiré mouvoir un

objet dans une certaine direction pour le faire avancer, il t'<t poussé en Avant; pour J'arrêter, Mt'a tiré en arrière. Pat*

conséquent, quand un joueur voit sa bille router dans une mauvaise direction et qu'il désire vivement qu'elle en pfeanc une autre, il ne peut s'onpcchef. par suite d'une tong'M* hubitude, d'exécuter d'une façon inconsciente les mouve- ments dont il <t éprouvé refHcaeité en d'aMtt'esoccasions.

Comme exempte de mouvements sympathiques, ~raiiotet indique (p. 8i2) le fait suivant « Un jeune chien, à oreilles

droites, auquel son mattre présente de loin quelque viande appétissante, Mxf avec ardeur ses yeux sur cet objet, dont

il suit tous les mouvements, et pendant que les yeux regar- dent, les deu~ oreilles se portent en avant, comme si cet

objet pouvait être entendu.

poser une sympathie entre les oreilles et les yeux, il me

parait plus simple d'admettre que, durant plusieurs généra-

tions, lorsque les chiens ont

tention soutenue, ils ont en même temps dressé les orciUes

ann de percevoir tout bruit (lui aurait pu en venir; réci-

proquement ils ont regardé attentivement dans la direction

de tous

organes ont été ainsi déCnitivetnent

habitude. En i859, le docteur Piderit avait puMié sur l'expression

un ouvrage que je n'ai devancé Gratiolet dans

beaucoup il donna son ~«MM~t/M~M ~~m der

Dans

ce cas, au lieu de sup-

regarde un objet avec une at-

les bruits qu'ils écoutaient; les. mouvements de ces

associés par une longue

pas lu, mais ou il avait, prétend-iï,

de ses

aperçus. En 1867, ~MM<&MM~ jPAy~o-

~tM<n<A. n'est guère possible de donner en quelques mots une notion complète de ses théories; les deux propositions suivantes, que je lui emprunte, suffiront peut-être à en donner une idée, autant qu'on puisse le iairc brièvement « Les

.8

tKTnO)&UO'HON.

mouvements musculaires d'expression sont en partie retatits

A des otjjets imaginaircSt en partie A des impressions sooso- MeUesim~in&ires. Cette proposition remeMneta c!cf quF permet de comprendre tous tes mouvements musculaires expressifs. (P. 25.) Et aiHonr8 « t~es mouvements exprès* siis «e manifestent surtout dans les musctes nombreux et mo-

biles de la face; d'une part parce que les nerfs qui les met- tent en mouvement naissent dans le vutsinage le plus îtamô-

diat de l'organe de tu pensée, et d'autre pm't parce

muscles sont annexes aux

docteur PMerit eût étudié l'ouvra~' de8!t* Ch. Bell, it n'au-

Ktit probabtemcnt pas dit (p. i0i ) qu'un rire violent cauxo un fronccntcnt de sourcil parce qu'il tient de !a nature de !a douleur; ni que chez les enfants (p. 103) les larmes irritent les yeux et excitent ainsi lu contraction des muscles qui les entourent. Diverses lionnes remarques sont d'ailieurs semées dans ce volume, et je les rappellerai en temps et lieu.

ouvrages de courtes dissertations

sur l'expression, auxquelles il n'est pas besoin de nous ar. · retcr ici. Citons cependant M. Bain, qui, dans deux do ses livres, a traité lu question avec quelque développement. «Je regarde, dit-if, ce qu'on appelle l'expression comme une simple partie de la sensation; c'est, je crois une loi générale de t'entendement qu'il se produit toujours une ac- tion dinuse ou excitation sur les organes extérieurs de réco-

que s'opère

que

ces

organes des sens.

(P. M.) Si le

On trouve dans divers

nomie, en mctnc temps conscience. Dans un

grand nombre de faits pourraient être ranges sous le prin- cipe suivant tout otMt de plaisir répond à une augmen- tation, tout état de douteura une dépression d'une partie ou.

la senMtion interne ou

autre passage, il ajoute « Un très

8. TheSoMM<M~the fM~~ 2' cd!t., <8<M, p. 96 et

de la premiCrc éda!onde cet ouvrage est datée

aussila

288. La prëh<e

Voyez

de Juin t8SS.

seconde édition du livrede M. Bain sur tes BMoM<Mt<<tM<<WfM.

tNTRODUOTtON.

a

do la totalité des fonctions vitales. L<tici précédente sur l'ae-

tton

dWuM dcsjsenNatjtons

p~t'ajLt.

jeter

beaucoup de lumière sut' les expressions en particu-

Mer. M. Herbert Spencer, traitant des sensations dans ses ~<M-

c~Mde Psychologie (1M5), fait les remarques suivantes « Une frayeur intense s'exprime par des cris, des eNbrt!:

pour se cacher ou s'échapper, par des palpitations et du tremblement; or, c'est précisément ce que provoquerait la présence du mal qui est redouté. Les passions destructives se manifestent par une tension générale du système musculaire, le grincement des dents, la saillie des griffes, la dilatation des yeux et des narines, les grognements; or, toutes ces ac-

tions reproduisent à un moindre degfé celles qui accompa- gnent l'immolation d'une proie. Voita, je crois, ht vraie

théorie d'un grand nombre d'expressions; mais le principal

s intérêt et la difficulté du sujet est de démêler ta prodigieuse

complexité des résultats. Je suppose que quelque auteur (sans pouvoir préciser lequel) avait déjà exprimé une opinion A peu près semblable, car Sir Ch. Bell avait écrit « On a dit que les signes extérieurs de la passion consistent simplement dans les phcnomônes accessoires qui accompagnent inévita- blement nos mouvements volontaires par l'effet de noire or-

ganisation. M. Spencer'"

sur la physiologie du rire, ou il insiste sur cette loi générale

que « lasensation qui dépasse un certain degré se transforme habituellement en acte matériel et sur cette autre que « un

afflux de force nerveuse

d'abord les vo!es les plus habituelles; si celles-ci ne suffisent

pas, il déborde ensuite vers les voies les moins usitées Cette

a publié aussi une bonn e étude

manifestement tout

non dirigé prend

C. ï~

<0.

<3<.

AMo<<MM~o/' B~pMM&M,édit., p. &My<,Sc&nM/!e,P~<M~, <Md ~ccM~cc,

seconde série, <803.

<it. Ontrouvedans ta pM<ni&re eehc des ËMa!sune dissertationsur

p.

le rire, qui me parait d'unevaleurtr~s médiocre.

<0

tKTROUUOTtON.

loi est, je crois, de la plus haute importance par la clarté

qu'etlejettesurnotresujet'syr, :'1: .r: '¡,o. Un-

écrit sur l'expression~ A t'cxception

de M. Spencer,

tion, semblent avoir été fermement convaincus que l'es-

pèce, y compris bien entendu l'espèce humaine, est apparue dans son état actuel. Sir Ch. Bell, pénétré de cette conviction,

soutient

quement des

ment disposés Mpour ce seul objet

fait que les

faciaux que nous~ rend cette opinion très improbable; car

personne, je présume, ne sera disposé à admettre que les singes ont été pourvus de muscles spéciaux uniquement pour exécuter leurs hideuses grimaces. Aussi bien, des usages

distincts, indépendants de l'expression, peuvent être assi~ gnés avec une grande vraisemblance à presque tous les mus- cles de la face. Sir Ch. Bel! avait manifestement le désir d'établir une distinction aussi profonde que possible entre l'homme et

les animaux: « chez les

singes anthropoïdes possèdent les mêmes muscles

'='

'o.'

Tous les auteurs qui ont

le grand interprète du principe de l'évolu-

beaucoup de nos muscles de la face sont "uni-

instruments de l'expression ou « sont spéciale-

Cependant le simple

que

créatures inférieures, dit-il, il

'il

11. Depuis la publication de l'Essaidont il est ici

t872,

p.

avril<87t, MO.t)

p.

question M. Spencer

annoncédans ma

dej&ecHtc;

en a écr)t un aatre sur les M~MMet les Sentiment. MMMtM~ dans la

FcWn~A<~J!c~<tp,<"

nièresconclusionsdans le volumett de ta secondeéditiondes

«/'P<yeto~,

d'empiéter sur le domainedo'M.

J!<'MeM<to<M<'<~rAcmM!e

vienteaHn de pubMerMtdef-

pas

Pt~Mc<p<e<

être accusé

S39.Je dois constater, at!n do ne

Spencer,que j'avais

qu'une

partie du présent volumeétait

mes premières notes manuscritessur l'expression datent de t'annee1838.

<

AH<~OM~~jBaipMM~M, 3" edit., p. 98~21,

qu'il

en

est ainsi

chez l'orang,

rôle,

dans

le

vol.

<3!.

<3. Le

professeur Owen constate cxprcssetneMt(P~c. Zoo~. Soc.,

et il passe en revuetous tes

l'expression <tessenti-

description des

t030~p.

muscles tes

ments, est bienconnu chezt'txtmmc. Voyez aussi une

chimpanx~ par dans~M<M~aMd JM«aat<Mco/~«<M~N~ory,

diversmusclesde ia face du

28)

plus importants dont le

professeur Macatister,

V!ï, mai <87t,p. 342.

JXTROMUCTtON.

/.<),

n'y a pas d'antre expression que celle qu'on peut t'apporter avec nlus ou moins de certitude A leurs actes de voHUonou

leurs faces pa.

raissent surtout capables d'exprimer la rage et la frayeur M.

Aleurs -instincts nécessaires M. Ktplus loin,

JSt pourtant l'homme lui-même ne peut exprimer lit tendresse

et l'humilité par des signes extérieurs aussi parfaitement que

bien-

n!mé, les oreilles tombantes, les lèvres pendantes, le corps ondulant et en remuant la queue. tl est aussi impossible d'expliquer ces mouvements chez le chien par les actes de

volition ou la fatalité des instincts,

le fait le chien, lorsqu'il vient au-devant de son mattre

qu'il le serait d'expliquer

de la même manière le rayonnement du regard et le sourire aux lèvres de l'homme qui rencontre un vieil ami.

Si l'on

l'expression de l'affection chez le chien, il aurait sans doutn

répondu que cet animal a été créé avec des instincts spé- ciaux le rendant propre A ~'associer A l'homme, et que toute recherche ultérieure sur ce sujet serait superflue.

Gratiolet, bien que niant expressément'~ qu'un muscle

avait demandé A Sir Cb.BeIl comment il expliquait

quelconque ait été développé

pression, ne semble pas

l'évolution. 11 paralt regarder chaque espèce comme le produit d'une création distincte. !1 en est de même des autres auteurs qui ont écrit sur l'expression. Le docteur

Duchenne,

des membres,

visage fait la remarque suivante

donc pas eu A se préoccuper ici des besoins de la méca-

nique il a pu, selon sa sagesse, ou,

uniquement en vue de l'ex- jamais pensé an principe de

avoir

par exemple, après avoir parlé des mouvements

et venant A ceux qui donnent l'expression au

« Le Créateur n'a

que l'on me pardonne

cette manière de parler, par une divine fantaisie, mettre en action tel ou tel muscle, un seul ou plusieurs muscles A

<4. AnatM~~JEfpr<'M~M, p. <2t,

i3. De /aMj~tMt<MM~p. iS, 73.

i6. j~MMtMM de ?

138.

pAj~MKM~ehumaine, ~d!t. in'8", p. 3t.

tt

tKTBODUCTtON.

la fois, lorsqu'il a voulu que les signes caractéristiques dett passions, même les plus fugaces, fussent écrits passagèrement sur la face de l'homme. Ce tangage de la physiMiomîe une foie créé, il lui a sufn, pour le rendre universel et immuable, dé donner A tout être humain la faculté instinctive d'expri- mer toujours ses sentiments par la contraction des mômes muscles. M Beaucoup d'auteurs considèrent la théorie de l'expression

l'illustre physiologiste

MuMer~ dit « L'expression complètement diSërente des traits dans les diverses passions est une preuve que des distincts de fibres du nerf facial sont

suivant la nature de la sensation produite. Quant a la cause de ce fait, nous l'ignorons complètement. M Aussi longtemps que l'homme et les autres animaux seront considérés comme des créations indépendantes, il est certain qu'un obstacle invincible paralysera les efforts de notre cu- riosité naturelle pour poursuivre aussi loin que possible la recherche des causes de l'expression. Par cette doctrine, tout pourrait et peut également être expliqué et son influence a été aussi funeste relativement A l'expression que pour toutes les autres branches de l'histoire naturelle. Certaines expres- sions de l'espèce humaine, les cheveux qui se héritent sous l'influence d'une terreur extrême, les dents qui se découvrent dans l'emportement de In rage, sont presque inexplicables si l'on n'admet pas que l'homme a vécu autrefois dans une condition très inférieure et voisine de la bestialité. La com- munauté de certaines expressions dans des espèces distinctes, quoique voisines, par exemple les mouvements des mêmes musclesde In face pendant le rire chez l'homme et chez divers singes, se comprend un peu mieux si l'on croit à la descen- dance de ces espèces d'un ancêtre commun. Celui qui admet

impressionnes

comme entièrement impossible. Ainsi

groupes

<7. J~MPM~de ~«o~e, traduction anglaise, vol. Vt!,p. M4.

INTRODUCTION.

M

d'une tnani~M) génératetc dévekppement gt'aduetde l'or~-

ais&~Qn ctdes t~~dex

che~

ta qaestton de rexprMs!on s'écttMrer d'un jour nouveau et

îotéreMant.

L'étude de l'expression est difficile, vu l'extrême délica-

tesse et la fugacité des mouvements. On peut parfois

voir très nettement un changement dans une physionomie, sans pouvoir spécifier en quoi ce changement consiste. Quand nous sommes témoins d'une émotion profonde, notre sym- pathie est si fortement excitée que l'observation rigoureuse

est oubliée ou rendue presque impossible je possèdeplusieurs preuves curieuses de ce fait. Notre imagination est une nou- velle source d'erreurs encore plus graves si nous nous atten- dons, dans une situation donnée, à voir une certaine expres- sion. nous nous imaginons sans peine qu'elle existe. Le docteur Duchenne, malgré sa grande expérience, s'était long- temps nguré, ,dit-il, que plusieurs muscles se contractaient

sous l'empire de certaines émotions, tandis qu'il s'est con-

vaincu plus tard que le mouvement était borné A un seul

perce-

muscle.

Voici les moyens d'étude que j'ai adoptés avec le plus de

profit, pour avoir un critérium

que possible et pour

vériBer, sans tenir compte de l'opinion reçue, jusqu'à quel point les divers changements des traits et des gestes tradui- sent réellement certains états de l'esprit.

plusieurs

émotions, suivant la remarque de Sir Ch. Bell, « avec une

énergie extraordinaire en effet, à mesure que nous avan-

çons en âge, quelques-unes de nos expressions « ne provien- nent plus de la source pure et sans mélange d'oû elles jaillis- sent pendant l'enfance '«

aussi sûr

i" J'ai observé les enfants, car ils expriment

iB. ~tM<<MM~O~JEzpfCM~ 3' ëdit., p. <<?.

M

!XTHOBUCT!ON

paru qu'il sont soumis a«x passions les plus violentes et leur donnent

un I!brp cont~K'Mvant pas roccNsibnde fah'c cette étude pat'

moi.memc, je m'adr<<ai au

an docteur. Ct'ichton Browne. qui est chargé d'un immense

asile prêt de Wakeficld, et qui, comme je le vis, s'était déjà

Cet MXccUent observateur, avec une envoyé des notes <'t des descriptions

étendues, avec des aperçus précieux sur plusieuES points, et je ne saurais estimer attsez haut le prix de son concoure

Je snis aussi redcvaMe de nnts micressants sur deux ou trois points AM.Patrick Nicot du ~tM<M~MM<!<<c ~<«<M. 3" Le docteur Uuchenne, comme nous t'avons déJA vu, a galvanisé les muscles de la face chez Mn vieillard dont la

docteur Maudsiey il me présenta

3° 11 m'a

serait bon d'étudier tes aliéhétt. car ils

occupé de la question. honM infatigable, m'a

peau était peu sensible, et reproduit ainsi diverses expres- sions qui ont été photographiées a une grande échelle. J'ai eu la bonne fortune de pouvoir montrer plusieurs des meil-

leures épreuves, sans un mot d'explication, a une vingtaine de personnes instruites, d'Ages divers et des deux sexes; je leur

demandai)!, A chaque fois, par

sation elles supposaient que le vieillard fût animé, et je re-

cueillais leur réponse dans les propres termes dont elles se servaient. Parmi ces expressions, plusieurs furent immédiate- ment reconnues de presque tout le monde, bien que chacun ne les décrivit pas exactement par les mêmes mots; ces ex-

fidèles,

et nous les décrirons plus loin. Quelques-unes, au contraire, furent l'objet de jugements très ditMrents. Cet examen mf fut utile à un autre point de vue. en me démontrant la mci- lité avec laquelle nous pouvons. nous laisser égarer par notre

imagination. Eu eSct, lorsque je regardai pour Ja première fois les photographies du docteur Duchenne, en lisant le texte simultanément et m'instruisant ainsi de l'intention de l'auteur, je fus, A de rares exceptions près, constamment

pressions peuvent, me semble-t-il, être tenues

quelle

émotion ou quelle son-

pour

tNTMOnuCTtON.

frappé de leur inepveilleuse vérité. Et cependant, si je le~

avais examinées sans aucune explication, j'am'ats été sans doute aussi embarrassé, duos certains ca~, que l'ont été les

personnes

J'avais espéré trouver un puissant secours chez les

que j'ai consultées.

4"

grands maîtres en peinture et on sculpture, qui sont des ob- servateurs si attentifs. En conséquence, j'ai étudié les photo- graphies et les gravures de beaucoup d'oeuvres bien connues; mais, sauf quelques exceptions, je n'y ai trouvé aucun profit. La raison en est sa.n8 doute que, dans les œuvres d'art, ht beauté est le but principal or, la violente contraction des

muscles de. la face est incompatible

est généralement traduite avec une vi-

avec la beauté ~.L'idée

de la composition

gueur

ment disposés. 5" 11 m'a. semblé de la plus. haute importance de vérine)'

si les mornes expressions et les mêmes gestes, ainsi qu'on l'a

souvent assuré sans

les races humaines, spécialement chez celles qui ont eu peu de rapports avec les Européens. Si les mêmes mouvements des traits ou du corps expriment les mêmes émotions dans

diverses races humaines

beaucoup de probabitité

bles, c'est-à-dire sont innées ou instinctives. Des expressions

ou des gestes conventionnels acquis par l'individu au début de sa vie seraient probablement différents chez les diverses races, comme leurs langages. En conséquence, au commen- cement de l'année <807, je lis imprimer et circuler une série

de questions, en demandant qu'on voulut bien y répondre

des souve.

nirs. Ces questions furent écrites & un moment où mon

et une vérité merveilleuses par des accessoires habile-

preuves suffisantes, existent chez toutes

distinctes, on peut en conclure avec

que ces expressions sont les vérita-

par des observations directes, et non

point par

<9.

Voyez des rematrqucs sur ce sujet dans !c taococade Lessing, tra-

duit par W.HcM,)830, p. iC.

tC

ÏNTRODUCTtON.

attention était depuis longtemps dirigée d'un autre côté,

et je reconnais au}ourd*hui qu'elles auratent pu être beau- coup m!eux rédigées A quelques-uns des derniers exem- plaires j'ajoutai, écrites Ala main, quelques remarques addi- tionaelles

1. L'étonncment s'oxprime-t-il

en

et la bouche et en élevant les sourcils?

ouvrant largement les yeux

3.

La honte fait-elle rougir, quand la couleur de la

changement

est la limite inférieure de

de

ta rougeur?

peau

permet

de reconna!tre ce

quelle

a.

sa coloration? en particulier,

Un homme indigné ou détiant fronce-t-ii les sourcils, re-

dresse-t-il le corps et la tête, ef!ace-t-il!es épaules et serre-t-il les

poings?

4. Un homme qui rénéchit

profondément sur un sujet ou cher-

che à résoudre un problème fronce-t-illés sourcils ou la peau qui

est au-dessous de !a paupière intérieure?

S. Dans l'abattement, les coins de la bouche sont-ils abaissé)!,

le muscle

par « muscle de la douleur* a ? Dans cet

état, le sourcil devient légèrement oblique et se gonfle un peu &

que les Français appellent

et l'extrémité interne des sourcils est-elle relevée

son extrémité interne; le front se

partie moyenne

plisse

transversalement dans sa

largeur, comme lorsque les surprise.

se

et non dans toute sa

sourcths'élèvent sous l'innueuce de la

6. Dans la bonne humeur, tes

un peu

yeux brillent-ils, la peau

plMse't.el!elégèrement autour et au-dessous d'eux, la bouche est.

elle

tirée en arrière aux commissures?

7.

Quand un homme se moque d'un autre ou le gourmande,

supérieure au-dessus de la canine

soulevc-t-ille coin de la lèvre

ou dent de l'feil, du cûté qui fait face a l'individu auquel il s'a-

dresse?

8. tteconnatt'on un air hargneux ou obstiné à ces

signes prin*

cipaux cement de sourcil?

les lèvres serrées, un regard menaçant et un léger fron-

Nom que

M. Duchenne (de Boulogne) donne au sourcilier. Voyez

(Note dM <n!d«e<<?M'<t.)

P~M~ed~BMMWMten~,p. 82S.

tNTKOMUCTiOK.

t7

9 Lemeprisft'exprime't'iten

oHevant le nex avec une petite

"10. L~fM~t MMt ren~cMcr

avançant légèrement !esievrM expiration? ht t&vr~tnM~~

légèrement la lèvre supérieure avec une expiration brusque, & peu près comme dans la nausée ou dans l'acte de cracher?

La frayeur extrême est-elle exprimée de la manière habi-

tueUe'aux Knropéens?

poussé au point d'amener des larmes

it.

~2, Le rire est-

jamais

dans tes yeux? i3. Quand un homme désirc montrer qu'une chose ne peut se

faireou qu'il ne peut lui-même faire quelque chose, est-ce qu'il

hausse ïes opautcs, porte

les coudes en dedans, étend en dehors la

paume des mains, et relève ses sourcil?

~4. Lorsque les enfants boudent, font-ils la moue ou avancent- les lèvres?

13.

jalouse? Je ne saurais dire du reste d'âpres quoi on pourrait dé- terminer ces

ils

beaucoup

Peut-on rcconnattre une expression criminelle, ou rusée, ou

expressions.

tête verticalement pouramrmer; la secoue-t-on

i6. Hoche-t-on la

latëralement pour nier?

Les observations faites sur des naturels ayancba;pou de'c~~

munications avec les

cieuses; toutefois celles

i'e~pres~

sion ont relativement peu de valeur; et la memairM~t si~aMot~?

que je prie instamment mes

souvenirs. Une description précise de

fluence d'une émotion ou d'un état d'esprit quetcon'h~~

cation descirconstanccsqni ont produit cet etatd'esprit~constituera

un

auront beaucoup d'intérêt pour moi. Les générantes sur

Européens seraient sans~ttoute les plus pr~

qu'on fera sur n'importe quet~ indigëncs~

correspondants d~ ~tc paa s&~r A d~y

ratutu~p~&<Ms~~

renseignement de grande