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Édition du lundi 25 février 2013

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VOLUME LXXXI NO 19

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- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

L’AFFAIRE RANCOURT
Depuis 2005, l’U d’O est le théâtre de l’affaire Rancourt. Cette saga, loin d’être achevée, a ébranlé les fondements mêmes de la culture universitaire. Cette édition propose un retour sur cette histoire afin de faire la lumière sur les enjeux et de se préparer à un éventuel dénouement.

ChrOnOLOgie des Litiges éLeCtOraux À La FéuO depuis 2006 pp. 5-6 Les Cinémas indépendants d’Ottawa sOnt-iLs en périL? p. 13

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L

ÉDITORIAL
redaction@larotonde.ca

Table des matières
Dossier Rancourt pp. 10-11 Litiges électoraux pp. 4-5 Cinémas indépendants p. 13

À la Une

M. Rock, nous cacheriez-vous des choses?
L’Université d’Ottawa (U d’O) a grandement profité, ces dernières années, d’un relatif silence médiatique autour de toute l’affaire Denis Rancourt. Et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, il s’agit d’un cas plutôt complexe s’étalant sur plusieurs années, avec divers acteurs, de multiples implications et plusieurs coups de théâtre. Ensuite, l’U d’O a fait preuve d’une grande habileté à minimiser cette affaire par la promotion d’une version officielle où le professeur Rancourt serait un mélange entre un fauteur de trouble en crise de la cinquantaine et un savant fou. Nous exagérons à peine, puisque quelques mois avant son congédiement, M. Rancourt recevait une lettre du doyen de la Faculté des sciences, André Lalonde, où ce dernier exprimait des inquiétudes sérieuses quant à l’état de santé mentale du professeur de physique. Finalement, quand l’U d’O emploie une employée du Fulcrum, Maureen Robinson, pour espionner un individu envers qui elle reconnaît avoir un ressentiment personnel, on peut légitimement en déduire que M. Rancourt n’aura pas droit à un traitement de faveur dans les pages du journal anglophone. Jusqu’à tout récemment, La Rotonde a également peu couvert les épisodes de l’affaire Rancourt. BIPP! Après toutes ces années, peut-être une certaine lassitude s’installe autour de toute cette affaire, mais cela ne devrait pas nous distraire du fait que des enjeux majeurs sont mobilisés par tout ceci. Denis Rancourt accuse l’U d’O d’avoir entrepris un BIPP, un bâillon imposé à la parole publique, à son encontre. Un BIPP, pratique illégale au Québec depuis 2009, mais toujours légale en Ontario, est l’une des stratégies juridiques les plus odieuses qui soit. En lançant ainsi un BIPP, l’U d’O cherche à étouffer financièrement et tuer politiquement un Rancourt trop gênant qui encouragerait un peu trop à remettre en question la structure hiérarchique universitaire, l’oppression systémique ou encore la corporisation du savoir. Allan Rock, le recteur de l’U d’O, et ses collègues ont carrément été répugnants dans leur gestion de tout ceci, non seulement à l’égard de M. Rancourt, mais aussi en raison de l’exploitation qu’ils font de la question du racisme. Si M. Rock et sa bande se souciaient vraiment du racisme sur notre campus, ils auraient pris le temps de lire sérieusement le contenu du rapport du Centre de recours étudiant (CRÉ), plutôt que de passer en mode panique pour sauver la face de l’U d’O. Le racisme subsiste dans nos sociétés en raison de gens comme Joanne St. Lewis, ces native informants qui banalisent et légitiment l’oppression en la niant. Et puisque cette administration est sans gêne, elle a accordé à Mme St. Lewis un budget illimité pour poursuivre, avec notre argent, M. Rancourt. Ils se sont même chargés de lui trouver un avocat. L’un des plus chers et des plus réputés d’Ottawa. De fait, pas n’importe qui, puisque Me Richard Dearden a déjà représenté Stephen Harper. Et l’U d’O a été malhonnête en dissimulant la vérité sur son implication dans cette poursuite. Et aujourd’hui, cet avocat fier-à-

Actualités

Élections de l’exécutif de la FÉUO p. 3 Élections du CA de la FÉUO p. 3 Fluctuations du vote étudiant p. 4 Revue de presse p. 5 Candidats indépendants défavorisés? p. 6 Décision de la Cour suprême sur l’arrêt Moore p. 7 Divisions au CA de la FÉUO p. 7 Chronique: Que les meilleurs gagnent p. 9 Élections à la GSAÉD p. 9 Budget de l’U d’O p. 9

Arts et culture

Cinémas indépendants en péril? p. 13 « Onze femmes face à la guerre » p. 14 Banquet à AXENÉO7 p. 14 Los Mosquitos en concert p. 15 Entrevue avec Claude Munson p. 15 Pause Kit-Kath p. 16 Critiques et calendrier culturel p. 16

Sports

Introduction à la danse à la barre p. 17 Les équipes de hockey se font éliminer p. 18 Gonthier-Dubue vole la vedette p. 19 Le Double G ne fait qu’une bouchée des Gaels p.19 Tirs de barrage avec Gonthier-Dubue p.20 Deux minutes au cachot p. 21 Étoiles de la semaine p. 21
illustration Maxime Charlebois

bras fait la loi et est au-dessus de celle-ci en distillant les menaces et en répandant un terrorisme juridique sur notre campus. Joseph Hickey, pour avoir osé demander que le recteur s’explique publiquement sur le financement d’une poursuite privée, et Mireille Gervais, pour avoir voulu rétablir des faits, ont pu y goûter. Et on nous explique éventuellement que ce budget illimité, provenant en grande partie de nos frais de scolarité, est justifiable au nom de l’antiracisme. Parce que tout le monde sait que M. Rancourt est un agent dormant du Klu Klux Klan et que M. Rock mène ici une croisade sincère pour nous débarrasser de ce fléau. Quelle noblesse! Non, mais de qui se moque-t-on ici? Surtout que, rappelons-le, tout ceci a commencé par le refus de l’U d’O de prendre les recommandations du rapport du CRÉ au sérieux. Allan Rock is watching you Il est un peu inquiétant de voir si peu de gens s’indigner du fait que l’U d’O ait payé une étudiante pour espionner M. Rancourt et ses étudiants. Comme si les efforts de l’U d’O en vue de marginaliser M. Rancourt avaient donné des résultats. On a de la difficulté à comprendre que ce qui est arrivé à M. Rancourt peut nous arriver aussi. Même le Syndicat canadien de la fonction publique section locale 2626, une organisation soi-disant progressiste et dont certains membres étaient sous surveillance, ne conteste pas l’essence du principe de surveillance et s’est contenté de demander à ce que les résultats de cette surveillance

ne se retrouvent pas dans les dossiers des employés L’U d’O a créé une culture de délation où ce genre de pratique est désormais légitime. La vie privée? La liberté académique? Ce ne sont pas les priorités de l’administration. Que ce soit au niveau du BIPP entrepris contre M. Rancourt que des pratiques d’espionnage de l’U d’O, le fil conducteur demeure l’absence de transparence de l’U d’O, l’obsession à vouloir toujours tout dissimuler et la politique du « sans commentaires ». On pourrait rêver de voir M. Rock reconnaître publiquement toutes ces pratiques douteuses, mais, comme nous l’avons vu, la transparence n’a jamais été sont point fort. Nous sommes étudiants. Nous sommes ici pour nous donner les moyens de réaliser nos rêves. Nous payons toujours plus, nous nous endettons toujours plus. Et pourquoi, M. Rock? Poursuivre ainsi M. Rancourt après une situation créée par vous-même en raison de votre obstination dans le déni. Trouvez-vous cet usage des ressources responsable et justifié, M. Rock ? Et qu’allez-vous faire maintenant M. Rock? Nous envoyer vos avocats, que nous payons pour vous, ou bien prendre vos responsabilités et, pour une fois, faire preuve de transparence!

Opinions et Procrastination pp. 22- 23

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE 2013
Ceci concerne tous les étudiants présentement inscrits à l’Université d’Ottawa aux deux cycles. La Rotonde vous convie à son Assemblée générale annuelle qui se déroulera le mardi 2 avril 2013 à 18 h à l’Auditorium des anciens, au Centre Universitaire. La Rotonde espère vous y voir en grand nombre!

Comité éditorial de La Rotonde

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ACTUALITÉS
Philippe Pépin | reportages@larotonde.ca
ÉLeCtions De La FÉUo

25 février 2013

Action étudiante gagne sur toute la ligne
Émilie Deschamps

Les élections de l’exécutif de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) se sont soldées par une victoire des cinq candidats du parti Action étudiante. Pat Marquis, élu à la vice-présidence aux activités sociales sous la bannière Together Ensemble, a été le seul survivant du raz-de-marée d’Action étudiante.
Durant la campagne électorale, Action étudiante promettait de prioriser la tenue d’Assemblées générales annuelles. À ce sujet, Anne-Marie Roy, élue à la présidence, a déclaré qu’elle espère tenir une Assemblée générale dès septembre. « D’abord et avant tout, j’aimerais bien consulter les étudiants pour m’assurer que je mets bel et bien en place une structure qui répond à leurs besoins et qui va permettre d’entendre toutes les voix des étudiants », a ajouté la prochaine présidente de la FÉUO. « Je suis vraiment surprise, honnêtement, j’avais tellement peur », s’est exclamée Nicole Desnoyers, le souffle coupé juste après l’annonce de sa victoire au poste de vice-présidente aux affaires de l’équité. « Aussitôt que j’entre au bureau, je veux commencer l’évaluation du bilinguisme à la FÉUO, je veux lancer le groupe de travail sur le racisme et je veux m’asseoir avec les employés des cinq services sous mon poste. J’ai tellement hâte de commencer à travailler avec tout le monde », a ajouté la nouvelle élue, décrivant ses priorités pour son mandat. « Ma priorité sera certainement de finir les sites web, c’est quelque chose que l’on a commencé cette année et qu’on va certainement finir », a expliqué de son côté Brad Lafortune, élu au poste de viceprésident aux services et communications. Moins surpris du résultat que Mme Desnoyers, il a déclaré qu’il avait « confiance dans

Sous la bannière d’Action étudiante, Christopher Hynes (à gauche) et Anne-Marie Roy (à droite) ont respectivement été élus à la vice-présidence aux affaires universitaires et à la présidence de la FÉUO. - photo Vincent Rioux

l’équipe » et qu’il était convaincu que les étudiants étaient d’accord avec les idées et la plateforme d’Action étudiante. Déception pour Together Ensemble Pat Marquis, visiblement ébranlé d’avoir été le seul candidat de Together Ensemble à avoir été élu, n’a pas voulu confirmée s’il assumerait ses fonctions malgré qu’il ait été élu. Les yeux rougis et des trémolos dans la voix, il a qualifié les résultats électoraux de défaite pour son équipe. « C’est définitivement dur, ce n’est pas ce à quoi on s’attendait », a déclaré Marilyn
sièges indépendants et un siège en recomptage pour égalité entre deux candidats. Sciences sociales Cody Boast – 518 voix – Together Ensemble John Davies – 432 voix – Action étudiante Ahmed Hussein – 500 voix – Action étudiante Katia Moussatova – 481 voix – Together Ensemble Ciara Roberts – 580 voix – Action étudiante Un siège reste à disputer, car deux candidats ont obtenu le même nombre de votes: Joshua Parker – 437 voix – Together Ensemble Mike Randazzo – 437 voix – Action étudiante Médecine Aucun candidat ne s’est présenté.

Tourangeau, candidate de Together Ensemble pour le poste de vice-présidente aux affaires universitaires. « J’espérais mieux de la part des étudiants. Encore une fois, il y a seulement un très petit pourcentage d’étudiants qui ont voté. Je ne pense pas que les étudiants sont au courant de ce qu’ils ont fait », a poursuivi Mme Tourangeau, considérant qu’autant du côté d’Action étudiante que de celui de Together Ensemble, « beaucoup de votes sont mal informés et beaucoup de gens ne savent pas pourquoi ils ont voté. » Geoff Parent, qui était candidat à la présidence, a plutôt voulu remercier les gens
Sciences de la santé Sinthusan Sinnadurai - 337 voix – Action étudiante Daniel Stojanovic - 293 voix - Indépendant Arts Nicolette Addesa – 225 voix - Indépendante Alex Boettger – 352 voix – Together Ensemble Zorga Qaunaq – 279 voix – Action étudiante Vicky Ransom – 378 voix – Action étudiante Droit Droit civil: aucun étudiant ne s’est présenté Common Law: Emily Beveridge – 63 voix – Action étudiante

qui avaient voté pour son groupe. Il a souligné que le nombre de votes que Together Ensemble a reçu démontre « qu’il y a des étudiants qui veulent quelqu’un au pouvoir qui va vouloir négocier avec l’administration et qu’ils ne veulent pas de manifestations. » M. Parent dit évidemment respecter le processus démocratique, mais il ajoute que « ça ne veut pas dire qu’on ne va pas revenir l’an prochain avec un référendum pour essayer de changer le système pour les étudiants. » Finalement, il souligne qu’Anne-Marie Roy a de bonnes idées et espère qu’elle tiendra ses promesses.

ÉLeCtions FÉUo

École de gestion Telfer Mahmoud Dief – 217 voix – Action étudiante Othman Tmoulik – 147 voix – Action étudiante Sciences Sophie Cousineau – 300 voix – Together Ensemble Alexandre Giroux – 291 voix – Together Ensemble Isaac Gollish – 142 voix - Indépendant Chris MacMillan – 224 voix – Together Ensemble Génie Jean-Philippe Dubé – 173 voix – Action étudiante Ossob Hassan – 181 voix – Action étudiante

Action Étudiante domine le Conseil d’administration
Philippe Pépin,
Cochef de pupitre
Action étudiante a remporté la grande majorité des sièges au Conseil d’administration (CA) de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO). En somme: onze sièges pour Action étudiante, six sièges pour Together Ensemble, trois

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ACTUALITÉS

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25 février 2013

Litiges ÉLeCtoRaUx

Portrait de huit ans de brouille électorale à la FÉUO
Philippe Pépin,
Cochef de pupitre

Une foule de plaintes et de critiques, présentées par les candidats indépendants et par certains des candidats d’Action étudiante et de Together Ensemble, auront marqué les élections de l’année 2013. Après huit ans d’évolution des règles entourant les élections étudiantes de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), force est de constater que les bisbilles électorales de 2013 ne figurent pas parmi les plus mouvementées.
Les élections de 2006: conflits d’intérêts Le directeur général des élections (DGE), Aurélien Leftick, a amendé de nouveaux règlements électoraux afin de s’autoriser le droit de modifier tout règlement pendant la période électorale. Ces modifications ont été instituées afin d’éviter et de corriger les anomalies. Il a également donné le droit aux candidats de faire campagne en ligne et les a autorisés à se positionner sur les questions référendaires. Il a enfin établi que le test de bilinguisme des candidats se fasse en partenariat avec l’Institut des langues secondes de l’Université d’Ottawa (U d’O). Une première violation de l’article 9.3 de la Constitution impliquait un conflit d’intérêts. Une candidate à l’exécutif, Brigitte Noël, aurait eu accès à de l’information recueillie par un autre membre de la FÉUO en vue de l’utiliser au débat des candidats. La motion a été rejetée par le Comité d’arbitrage étudiant, car l’information transmise était considérée comme publique. Les élections de 2007: affichage frauduleux, ingérence, invalidation douteuse de bulletins de vote et test de bilinguisme La directrice des élections de l’époque, Sylvia Lewis-Havard, a accordé le droit aux étudiants de lancer leur propre site web et a imposé l’affichage de la date du scrutin sur les affiches des étudiants. Elle a aussi autorisé les candidats affiliés à la FÉUO d’utiliser leur bureau pour mener campagne, pourvu que ces derniers n’utilisent pas les ressources de la FÉUO à leur profit personnel. D’abord, certaines infractions mineures incluaient l’affichage interdit de pancartes électorales sur les murs peints ou plus hauts que sept pieds. Aucune sanction n’a été jugée nécessaire par la DGE.

L’invalidation douteuse de bulletins de vote est venue jeter de l’ombre sur les résultats serrés à la présidence. De fait, Pam Hrick a été élue par seulement 15 voix. Les plaintes du candidat défait ont été rejetées par le comité d’arbitrage étudiant (CAÉ). Certaines irrégularités ont été jugées mineures par la DGE comme la présence de certains candidats près des bureaux de vote et les tracts de campagne retrouvés dans les isoloirs. Certains candidats auraient aussi aidé à déplacer de l’équipement informatique entre les bureaux de vote. La DGE a également appuyé un candidat en « aimant » sa page Facebook. Columbia Delano Washington aurait été évincé de la course à la présidence pour avoir échoué son test de français. Ce dernier est venu contester la légitimité du test, mais sans suite: le CAÉ, ainsi que le Conseil d’administration (CA), ont rejeté sa demande. Les élections de 2008: présence d’appareils proscrits dans la salle de comptage des votes et bas taux de participation au second tour Des plaintes ont été déposées contre des scrutateurs qui auraient communiqué les résultats des élections plus rapidement, par texto, à certains candidats. La DGE, Sylvia Lewis-Harvard, n’a pas donné suite à ces plaintes et a noté dans son rapport de transition qu’il est primordial qu’aucun appareil numérique ne puisse être présent dans la salle de comptage. Aucun candidat ne s’était présenté pour la présidence. À l’élection partielle qui s’en est suivie, le taux de participation a radicalement chuté à 2 %. Les élections de 2009: vote en ligne contesté et début de la saga des partis politiques Pour la deuxième fois de l’histoire, un DGE, Wassim Garzouzi, a opté pour le vote en ligne. Un certain tollé s’est alors exprimé contre cette méthode, de peur de fraudes et suite à l’échec des votes de 2004, où plus de 150 votes ont été perdus dans des ratés informatiques. Devant le CAÉ, puis en appel devant le CA, la proposition du vote en ligne a été approuvée par les deux organismes. Quatre candidats à l’exécutif de la FÉUO, soit Julie Séguin, Seamus Wolfe, Roxanne Dubois et Jean Guillaume, sont accusés de complot électoral par trois candidats défaits, menés par Renaud-Philippe Garner. On présente entre autres des courriels douteux d’offre d’aide, ainsi que le partage d’une machine à fabriquer des macarons. Les quatre accusés refusent de reconnaître la compétence du CAÉ. Le CA, sous la présidence de Federico Carvajal, écarte alors par vote la compétence du panel d’arbitrage. Cette décision du CA a été rendue avec un taux d’abstention de plus d’un tiers des membres votants. La constitution de la FÉUO exige pourtant la participation de plus des deux tiers des membres votants. Plusieurs étudiants se sont plaints du fait que Wolfe, Séguin et Dubois aient voté sur cette décision, alors qu’elle portait sur eux. Un nouveau CAÉ a éventuellement été formé. Il a tranché en

faveur des quatre accusés dont l’élection sera entérinée. Les élections de 2010: démission du DGE et conflit entre le DGE démissionnaire et le président Seamus Wolfe Le début des élections est marqué par la démission du DGE, Julien de Bellefeuille. À l’origine sans justification, la démission du DGE ne sera pas comblée par une autre embauche. Les élections se sont déroulées sous la supervision du CA. Plus tard dans la campagne, Seamus Wolfe, candidat à la présidence, a déclaré ne pas connaitre les justifications de la démission du DGE. M. de Bellefeuille, le DGE démissionnaire, s’est enflammé des propos de M. Wolfe. Il a alors justifié sa démission, découlant de son désaccord face à la proximité entre certains candidats entre eux et avec certains membres de l’exécutif. Il donne l’exemple de la collaboration entre l’actuel président Wolfe et les candidates Amalia Savva et Roxanne Dubois. Qualifiant tout cela d’injustice, il aura préféré se désister. Malgré la grande participation des étudiants grâce au vote en ligne, plusieurs soupçons de fraude seront évoqués. Ces soupçons non-confirmés vont mener à l’abandon, l’année suivante, du vote en ligne. Les élections de 2011: disqualification de Tristan Dénommée et vents de protestations contre la FÉUO Nathan Boivin, candidat à la présidence, a déclenché une protestation pacifique des résultats des élections, puisque de nombreux bulletins de vote auraient été apparemment égarés au Centre universitaire. Ne pouvant étayer sa plainte, elle restera sans suite. Dans un vote du CA, l’élection de Tristan Dénommée au poste de vice-présidence aux finances sera invalidée en raison des attaques directes qu’il aura porté à son opposante Sarah Jayne King, proscrites par les règlements électoraux. Sarah Jayne King, que plusieurs accusaient de proximité avec l’exécutif de la FÉUO, sera portée au poste sans toutefois avoir été élue. Trois membres de l’exécutif vont condamner les actions du comité des élections et du CA, dans une ambiance invivable, selon eux. Paige Galette, Amy Hammett et Sarah Jayne King ne commenteront pas l’affaire. En signe de protestation, des étudiants occuperont les bureaux de la FÉUO. Une manifestation réclamant le « ménage de la FÉUO » mobilisera plus de 200 étudiants arborant le balai comme symbole de mécontentement. Les contestataires exigeront notamment la création d’un poste de vérificateur général indépendant des élections et de la FÉUO, sans succès. Parmi les accusations d’ingérence, la candidate Amy Hammett sera accusée de faire campagne aux bureaux de scrutin. Aucun suivi ne sera apporté à cette plainte. Les élections de 2012: abolition du CAÉ D’importants amendements aux règlements électoraux et à la Constitution de la FÉUO ont été apportés. Dorénavant, le pré-

sident de la FÉUO ne pourra plus trancher une élection en cas de bris d’égalité et le CAÉ, jugé désuet par le CA, a été aboli. Julien de Bellefeuille, Katherine Li et Martin Schoots McAlpine, tous ex-membres de la FÉUO, sont nommés au Sénat, sans élections, dans une décision du CA. La nomination de Sarah Jayne King membre par défaut de l’exécutif sur le comité des élections, a soulevé la colère de plusieurs. En effet, les plaintes affirmaient qu’il est nécessaire qu’un membre du comité des élections ayant pour objet de gérer le respect de la Constitution de la FÉUO se devrait au moins d’être élu par l’entremise des élections générales. La Rotonde a appris de source sûre qu’au moins un étudiant est allé voir ombudsman de l’U d’O, Lucie Allaire, pour discuter de l’éthique du comité. Mme Allaire aurait affirmé qu’elle avait été approchée l’année d’avant également, mais n’aurait pas donné suite à ces consultations. Aujourd’hui jugé comme trop facile par plusieurs étudiants en raison du piètre français des candidats, des doutes seront soulevés sur la pertinence du test de bilinguisme. La Rotonde a pris la position éditoriale de condamner l’efficacité du test et n’a pas démordu de cette position depuis. Les élections de 2013: conflits d’intérêts et partis politiques La première source de frustration chez Together Ensemble sont les pénalités imposées par le comité des élections qui sont privées. « Lors des élections, le comité des élections impose des pénalités et des conséquences lorsqu’on enfreint les règles électorales. Ces pénalités ne sont pas publiques, elles sont seulement communiquées au fautif », déplore Mme Tourangeau, candidate de Together Ensemble non élue aux affaires universitaires. Rendre publique ces infractions et les sanctions associées, selon elle, donnerait l’occasion aux étudiants de voir sous un vrai jour les candidats et partis. L’ajout des noms des partis aux côtés des noms des candidats a été sujet à des critiques de la part de l’Association étudiante des études politiques, internationales et en développement (AÉÉPID), Together Ensemble, Chris Clarke et bien d’autres. « On a seulement su que les règles électorales allaient être changées en milieu d’élections », s’indigne Geoff Parent, candidat déchu à la présidence. Il soutient que Together Ensemble, depuis le début, s’est positionné contre cet amendement. Mme Tourangeau renchérit: « On était au courant des effets qu’aurait cet amendement et c’est pourquoi nous avons en tout temps défendu nos points personnels et non une ligne de parti. » Chris Clarke est allé encore plus loin dans ses critiques, alors que son directeur de campagne, Evan Lothian, déposait une plainte officielle contre Osama Berrada, directeur des élections, pour sa décision d’autoriser la présence des noms de partis sur les bulletins de vote. Anne-Marie Roy, élue présidente de l’exécutif cette année, n’est pas du même avis: « Je crois que ça rajoute de la transparence aux campagnes des candidats. Si certains candidats veulent travailler ensemble puisqu’ils ont certains points ou objectifs en commun, je crois qu’il est important que les étudiants soient au courant de

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ReVUe De PResse

25 février 2013

Philippe Pépin, Cochef de pupitre

Un professeur accusé d’agression sexuelle et de séquestration d’un mineur
The Gateway – Université de l’Alberta
Le journal étudiant rapportait, le 22 février 2013, que Zhixiang Wang, un professeur associé du Département de génétique médicale a été condamné pour agression sexuelle et séquestration d’un mineur. Le professeur de 51 ans ainsi que sa femme Xinmei Chen auraient agressés une jeune fille de 16 ans, pour ensuite la séquestrer entre le 31 mai 2010 et le 29 janvier 2013. Leur arrestation par la police d’Edmonton s’est produite le 14 février 2013. Le Dr Wang et sa femme Mme Chen, qui est technicienne de laboratoire à l’Université d’Alberta, sont présentement en congé, aux dires du porte-parole de l’Université, Bryan Alary. Employé à l’Université depuis 1999, les recherches du Dr Wang en biologie cellulaire auraient contribué à une meilleure compréhension des défectuosités des cellules élémentaires. Le couple devra comparaitre en cour le 13 mars 2013.

Une mesure administrative cause la mort de plusieurs canards affamés
The Muse - Memorial University of Newfoundland
Le journal rapportait, la semaine dernière, que l’écriteau affichant « ne nourrissez pas les canards » près de l’étang de l’Université a été retiré après que plusieurs carcasses de canards morts affamés aient été retrouvées. La MUN tentait, avec cette affiche, de régler un problème de rats. Cependant, le professeur de biologie Ian Jones a soulevé des problèmes avec cette mesure lorsqu’il a trouvé des canards domestiques morts au bord de l’étang en janvier. Il croit que les canards sont morts affamés. Le 31 janvier, une réunion a eue lieu entre les différentes facultés de la MUN afin de déterminer la démarche à suivre. Le Dr William Montevecchi, un professeur du MUN, a fortement recommandé de retirer l’affiche. « Si on commence à nourrir les canards, on ne peut simplement pas arrêter au milieu de l’hiver. Les oiseaux développent une grande dépendance à ce genre de pratique », soutientil. La MUN aurait équipé l’étang d’un appareil qui empêche ce dernier de geler complètement, permettant aux canards d’y passer l’hiver. Le Dr Montevecchi considère que là réside la source du problème de rats. Une option suggérée serait de fermer l’appareil pour l’an prochain en été, ne tuant ainsi pas les canards et éradiquant le problème de rats.

Manifestation de 200 personnes contre le projet de loi 14 du Parti québécois
The McGill Tribune , Université McGill
Le 19 février 2013, 200 personnes se sont rassemblées pour contester un nouveau projet de loi visant à promouvoir avec plus de vigueur le français. Le statut bilingue de 18 villes du Québec est menacé par le projet de loi. Le projet restreindrait l’utilisation de l’anglais au travail en mandatant les compagnies de 26 employés et plus de faire du français la langue d’usage sur les lieux de travail. La loi actuelle prévoit la même mesure pour les compagnies de plus de 50 employés. Jimmy Kalafatidis, du Unity Group, un groupe de pression contre le projet de loi 14, a affirmé que la manifestation était une occasion pour les francophones et les anglophones de montrer leur mécontentement sur la loi. Chris Durrant, un étudiant de droit de troisième année à McGill, affirme qu’à travers les modifications apportées, on entend transformer l’expression « minorités ethniques » à « minorités culturelles ». « Les minorités culturelles n’ayant pas de droits devant les tribunaux internationaux de droits humains, ce projet de loi viendrait nous enlever tous nos droits dans cette province », affirme-t-il.

illustration Maxime Charlebois

cela en allant voter. » Soulevée de part et d’autre, la nomination du comité des élections par le CA nécessite une révision des règles d’éthique et de conflits d’intérêts. Ces affirmations font suite à la légalité nouvelle de l’allégeance politique des membres du CA a un parti. « Il y a des doutes sérieux de partialité et d’éthique en rapport à la nomination du comité des élections, en même temps que l’implantation de partis politiques dans la FÉUO », remarque Jean-Philippe Dubé, candidat élu au CA pour la Faculté de génie. Il considère essentiel de réévaluer les critères d’impartialité dans la nomination du comité des élections. Le comité des

élections de cette année, composé entre autres de Liz Kessler, était soupçonné conflits d’intérêts puisque Mme Kessler briguait aux côtés de Anne-Marie Roy l’an dernier, dans les élections de l’exécutif de la FÉUO. Chris Clarke a officiellement porté plainte contre la présence de Mme Kessler dans le comité des élections, en raison de ce même doute de partialité. Sa requête a été rejetée par le comité des élections, où siège Mme Kessler. Marc Jan, candidat indépendant défait au poste de vice-présidence aux affaires del’équité, voit les choses autrement. Selon lui, il n’est pas question de fraude, la problématique se situe plutôt dans un

manque de rigueur et de méthode dans les élections. Il blâme le trop-plein de pouvoirs du DGE et les failles institutionnelles de la FÉUO qui permettent à un CA biaisé de faire échouer les élections. Il blâme aussi les connexions entre les étudiants ayant travaillé dans la FÉUO et Action étudiante, de sorte que l’information était inégale pendant toutes les élections. Découragé, il présente la possibilité de se battre l’an prochain pour la désaffiliation de son association, tout en assurant sa participation à une Assemblée générale, si jamais Action étudiante respecte ses engagements sur cette question.

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ÉLeCtions FÉUo

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25 février 2013

Le vote étudiant plus bas que jamais
Philippe Pépin,
Cochef de pupitre

Cette année, les élections étudiantes ont été marquées par un taux de participation historiquement bas. Si l’abstentionnisme aux urnes à l’Université d’Ottawa (U d’O) n’est pas nouveau, il demeure en baisse constante depuis les élections en 2008-2009, passant de 27,2 % à 10 % aujourd’hui.
Marc Jan dénonce la politique syndicaliste des membres comme Anne-Marie Roy Selon Marc Jan, candidat indépendant défait au poste de vice-président aux affaires de l’équité, le bas taux de participation est

occasionné par : « la politique syndicaliste de l’exécutif sortant de la FÉUO ». M. Jan condamne le paternalisme de l’exécutif de la FÉUO dans les « causes étudiantes » comme la campagne À bas les frais! Par politique syndicaliste, Marc Jan semble désigner de manière générale l’attitude de l’exécutif de la FÉUO de prendre les étudiants par la main pour la défense de leurs droits, alors qu’elle ne consulte pas, et qu’elle n’écoute pas les propos dissidents de la communauté de l’U d’O. Anne-Marie Roy réitère le mandat de la FÉUO « Au lieu d’attendre que les étudiants s’intéressent à la FÉUO, c’est nous qui devons aller rejoindre les étudiants directement sur le campus et s’engager avec eux », explique Anne-Marie Roy, présidente élue, en vue de l’année 2013-2014. « C’est de cette manière que nos membres vont entendre parler de l’organisation, du travail qu’on fait et de ce qu’on peut faire pour continuer à améliorer l’expérience

étudiante sur le campus. » Marc Jan dénonce précisément cette interaction qu’il qualifie « du haut vers le bas ». Selon lui, une telle attitude est à la source du désintérêt généralisé des étudiants. Le directeur des élections porte le bonnet d’âne Le manque de publicité par le directeur général des élections (DGE), Osama Berrada, comme source du faible taux de participation, est déploré par certains des candidats d’Action étudiante et de Together Ensemble, ainsi que par des candidats indépendants. « Ce qui est triste, c’est qu’encore cette année un trop petit pourcentage des étudiants est allé voter », déplore Marilyn Tourangeau, candidate défaite au poste de vice-présidente aux affaires universitaires et membre de Together Ensemble. Elle blâme « le bris des relations entre les médias et le DGE », qui a été une véritable entrave à la transmission des informations aux étudiants.

« Le DGE a brimé la liberté d’expression des médias étudiants, il a manqué à son mandat en informant les étudiants trop tard de la présence d’élections », selon JeanPhilippe Dubé, candidat élu au Conseil d’administration pour la Faculté de génie et membre d’Action étudiante. Il affirme que par la faute du laxisme du DGE, ainsi que par la faible publicité des élections, non seulement le taux de participation a été touché, mais également les candidats, qui comme M. Dubé, ont seulement appris en milieu de parcours que la période de mise en candidature était ouverte. Vote en ligne et vote papier Les deux taux de vote les plus élevés depuis huit ans concordent avec les deux seuls votes en ligne, avec des taux de participation respectivement supérieurs de 272 % et de 217 % à celui de cette année. Une perspective envisageable? Non, selon Marc Jan: les failles du dernier scrutin étaient trop importantes pour vraiment pouvoir s’y fier. Cette position est partagée par Mme Roy. Il semble que malgré les effets positifs du vote en ligne, la technologie ne semble pas encore au point.

ÉLeCtions De La FÉUo

Le système de partis nuirait aux indépendants
Émilie Deschamps
Au lendemain des élections de l’exécutif de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), tous les candidats indépendants, Chris Clarke, Marc Jan et Roy Younes, se retrouvent tous dernier à leur poste respectif. Roy Younes, à la vice-présidence aux finances, est le candidat indépendant qui a obtenu le plus de votes, avec 1000 votes de moins que son opposant, Dave Eaton du parti Action étudiante. Selon plusieurs candidats et selon l’Association étudiante des études politiques internationales et en développement (AÉÉPID), le système de partis et le fait d’avoir inclus les noms des partis sur les bulletins de vote aurait nui aux candidats indépendants. Pour Chris Clarke, candidat indépendant défait au poste de vice-président aux affaires universitaires, c’est clair: « Cette décision, d’inclure les noms des partis sur les bulletins de vote, donne [aux partis] un très grand avantage, [qui] ne fait que noyer nos voix. C’est ce que nous avons vu avec tous les indépendants qui ont perdu. » M. Clarke compare son résultat actuel avec celui de 2012, où les noms des partis ne figuraient pas sur les bulletins: « Je me suis présenté l’an dernier, j’étais près du but. Je n’avais que 198 votes de moins que

Incidemment, les trois candidats indépendants aux dernière élections sont ceux qui ont obtenue les pires résultats. - photo Élise Vaillancourt

la gagnante. J’ai développé une plateforme beaucoup plus élaborée cette année qui était censée combler cet écart. » Cet objectif ne s’est toutefois pas concrétisé, puisqu’il a obtenu moins du tiers des votes de son opposant le plus proche. Marc Jan, candidat indépendant défait à la vice-présidence aux affaires de l’équité, abonde dans le même sens. Il explique que les indépendants étaient désavantagés, notamment en ce qui concerne la tournée des classes puisqu’un candidat seul peut seulement visiter quelques classes par jour. À l’opposé, un parti à six candidats multiplie le nombre de visites qu’il peut faire et peut donc rejoindre beaucoup plus d’étudiants par ce moyen.

De son côté, Brad Lafortune, d’Action étudiante, élu au poste de vice-président aux services et communication, considère que l’inscription du nom des partis sur les bulletins de vote ont pu avoir une certaine influence, qu’il considère minime. Il ajoute que « les personnes qui votaient avaient la chance de regarder [les] plateformes individuelles » et qu’il connaît « beaucoup de personnes qui ont voté pour différents partis et pour des indépendants. » Together Ensemble: un parti pour la forme Marilyn Tourangeau, candidate pour Together Ensemble défaite au poste de viceprésidente aux affaires universitaires, est convaincue que le nom des partis sur les bulletins a eu une influence sur le résultat.

Elle explique qu’elle a fondé sa campagne sur sa plateforme et non sur son parti. Elle ajoute qu’elle n’a pas encouragé les gens à voter pour Together Ensemble, mais plutôt pour les candidats. Together Ensemble s’est d’ailleurs distingué d’Action étudiante par son absence de plateforme commune et par les divergences permises entre ses membres. Geoff Parent, son candidat à la présidence, avait d’ailleurs déclaré, durant le débat, que la raison pour laquelle il ne se présentait pas comme indépendant était pour avoir plus de chances d’être élu. C’était seulement la deuxième année où les affiliations étaient permises lors des élections de la Fédération étudiante.

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ACTUALITÉS
ConFÉRenCe

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25 février 2013

Assurer un accès concret à l’éducation pour tous les élèves
Fortunat nadima

La Faculté de droit de l’Université d’Ottawa accueillait, le 21 février dernier, un groupe d’experts venu discuter des conséquences d’une récente décision de la Cour suprême sur l’arrêt Moore, un arrêt sur la discrimination à l’endroit des élèves ayant des besoins spéciaux.
Organisée par l’Association des étudiant(e)s en droit avec un handicap (AÉÉDH), en collaboration avec le Centre de recherche sur les droits de la personne et la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP), cette conférence a été l’occasion de parler du caractère inclusif des droits de l’homme au Canada. L’affaire Moore: accommoder les élèves en difficulté d’apprentissage Dans un arrêt daté du 9 novembre 2012, la Cour suprême a jugé que Jeffrey P. Moore, un jeune élève en deuxième année du primaire atteint de dyslexie grave, avait fait l’objet de discrimination par son district scolaire. L’annulation par le district

scolaire, faute de financement, d’un programme d’éducation spécialisée avait eu pour effet d’obliger l’élève à s’inscrire dans une école privée spécialisée. Il a été ordonné au district de rembourser à la famille les frais reliés à la fréquentation d’une école privée, en plus de verser des dommages et des intérêts. Reconnaître les cas de discrimination « L’affaire Moore nous a appris que lorsqu’il y a des compressions budgétaires, il faut quand même mener une analyse des droits humains », a déclaré Mme Yvonne Peters, conseillère juridique pour le Conseil des Canadiens avec déficiences. Cette dernière a soutenu la décision de la Cour suprême de ne pas baser sa décision sur une analyse comparative de groupes. Selon elle, comparer la situation de Jeffrey Moore à celle d’autres élèves ayant des besoins spéciaux et non à la situation de la population étudiante en général pour déterminer s’il y a eu discrimination est en soi une approche discriminatoire. « L’obligation d’accommoder est une question d’inclusion », a rappelé Shelagh Day, rédactrice en chef et présidente du Canadian Human Rights Reporter, une organisation à but non-lucratif qui fait la promotion de l’accès aux lois sur les droits humains au Canada. Selon Mme Day, le problème est que, dans la plupart des cas, les services standards sont souvent définis sans tenir compte de tous les groupes dans la société qui peuvent en bénéficier.

Cour suprême du Canada. - photo Jérôme Simon

La responsabilité du gouvernement « Le tribunal peut penser qu’il a fait la bonne chose, mais il n’a pas complètement résolu la question », a affirmé Mme Peters. Bien qu’ils ont appuyé la décision de la Cour, certains panélistes, dont le Dr Gwen Brodsky, directrice du Poverty and Human Rights Centre qui vise à éradiquer la pauvreté et à faire la promotion de la justice sociale et économique, ont critiqué la décision du tribunal de ne pas pénaliser le gouvernement provincial. Selon le Dr Brodsky, le tribunal a commis une erreur en ne blâmant que le district scolaire pour ne pas avoir réajusté son budget amoindri

afin d’accommoder les élèves ayant des troubles d’apprentissage. Selon Mme Day, il est difficile de comprendre pourquoi le tribunal n’a pas insisté sur la responsabilité du gouvernement provincial d’assurer le maintien des services aux élèves ayant des besoins spéciaux. De plus, elle déplore l’approche du gouvernement dans ses choix budgétaires qui, selon elle, ne tiennent pas compte des considérations relatives aux droits humains. « Cela remet en cause le respect des obligations en matière de droit de l’homme par notre gouvernement », explique-t-elle.

ConseiL D’aDministRation De La FÉUo

Rejet de deux amendements constitutionnels
Élise Vaillancourt

Deux amendements constitutionnels ont été discutés lors de la rencontre du Conseil d’administration (CA) de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), qui s’est tenue le dimanche 24 février. Dans les deux cas, l’appui a été insuffisant pour qu’une modification constitutionnelle soit apportée.
Pour limiter les conflits d’intérêts Portée par le président de la FÉUO, Ethan Plato, l’amendement à la section 3.1.1.13 de la Constitution visait à empêcher qu’un individu puisse simultanément être un employé de la FÉUO et siéger au CA, dans l’optique d’éviter le conflit d’intérêts. « Tu ne peux pas être le patron de ton patron. » voilà la logique derrière l’argumentaire de M. Plato. L’amendement a été accueilli par une forte opposition. Selon Nicole Desnoyers, représentante de la faculté des sciences sociales, implanter une telle politique rend obligatoire le choix entre un emploi et la participation au sein de la communauté universitaire, ce qui

vient injustement limiter la participation étudiante. Par ailleurs, rappelons que Mme Desnoyers est employée par la FÉUO à titre de coordonnatrice au département des campagnes. Selon Liz Kessler, l’actuelle vice-présidente aux affaires universitaires, les conflits d’intérêts sont trop peu nombreux pour imposer une telle régulation. Neuf voix se sont élevées en faveur de la proposition de M. Plato alors que treize s’y sont opposés, ce qui a défait la motion. Mise en place d’un comité de l’expérience étudiante «L’objectif était de rapprocher la FÉUO de la masse estudiantine et des corps fédérés en créant un nouvel organe, le comité de l’expérience étudiante», a annoncé Daniel Arnold, représentant de la Facultés des arts, qui est à l’origine de la proposition d’amendement à la section 3.12.5.2. « Ça devait être un espace de discussion ouvert [à tous], où les étudiants auraient pu venir échanger sur leur expérience à l’U d’O en rendant les structures de la FÉUO plus accessibles », a soutenu M. Arnold, après que la motion ait été refusée à raison de neuf votes pour et onze contre. « L’intention est noble […] mais la structure n’est pas efficace car elle est trop peu flexible», prétend Anne-Marie Roy, vice-présidente aux communications de la FÉUO. Elle explique son opposition à l’amendement en suggérant que celui-ci a un agenda caché et qu’il a été « présenté pour bloquer l’instauration des Assemblées générales l’année prochaine, [qui sont] la structure que les étudiants veulent voir à la FÉUO. »

Ethan Plato (à droite), président de la FÉUO, a vu sa motion refusée par une majorité de membres du Conseil d’administration de la Fédération. - photo Jérôme Simon

Deux visions, une rupture M. Arnold voit les deux amendements défaits comme le signe d’une profonde scission entre deux clans au CA. « D’un côté il y a les élus qui viennent des corps fédérés, ou qui étaient simplement étudiants avant le début de leur mandat, et de l’autre, ceux qui étaient impliqués à l’interne dans la FÉUO avant de siéger sur le CA. Ça vient créer un gros choc dans les visions », croit M. Arnold. Nomination de trois nouveaux membres du CA À nouveau, l’ouverture du CA a été ponctuée d’un rappel à l’ordre du président,

Dave Molenhuis, au sujet du haut taux d’absentéisme des membres du CA pour l’année 2012-2013. « C’est ma deuxième année à la tête du CA et c’est vraiment une situation inhabituelle de voir un taux d’absence si élevé », a-t-il déploré. « Sept individus ont été relevés de leur fonction depuis mai à cause d’un trop grand nombre d’absences », a-t-il souligné avant de rappeler les politiques d’absences aux rencontres du CA. Suite au renvoi antérieur de certains représentants, trois nouveaux membres ont été nommés par le comité de sélection pour siéger au CA. Il s’agit de Sophie Cousineau et de Grace Jacobs pour la Faculté des sciences et de Micheal Robinson pour la Faculté des arts.

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Insertion Date: 25 February 2013

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ChRoniqUe

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ÉLeCtions De La gsaÉD

25 février 2013

Que les meilleurs gagnent
simon Lalonde Boisvert et Élise Vaillancourt
Notre déconcertement vis-à-vis l’impressionnante accumulation de fraudes électorales commises à travers la dernière décennie nous impose un inconfort qui nous amène à vouloir proposer une alternative viable au système électoral étudiant actuel. Afin de réduire la charge des meneuses de claques des activistes professionnels lors du scrutin annuel, nous suggérons un système décisionnel dictatorial où l’exécutif accèderait à ses fonctions en démontrant ses habilités à travers la pratique d’un jeu de société. Voici nos recommandations (à prendre bien en compte ma chère Amy Hammett) : Président Risk s’impose comme médium décisionnel permettant d’identifier l’élite en matière de domination du champ de bataille. Qui orchestrera de la manière la plus offensive ses petites armées-marionnettes que sont les vice-présidents? VP aux services et communications Pour mesurer la propension à la prise en compte de la réalité bilingue de la Fédération, nous suggérons une partie de Scrabble. Le gagnant devra amasser 100 points en n’utilisant que des homographes français-anglais. VP aux affaires de l’équité Pour mériter le poste aux affaires de l’équité, nous proposons que le candidat soit en mesure de séparer un gâteau Reine Élizabeth en 35 000 parts égales, et ce, à l’aide d’un vulgaire couteau de plastique. VP aux finances Quoi de mieux que Monopoly, le classique jeu du capitaliste moderne, pour évaluer qui dissimulera de manière optimale la poussière sous le tapis du budget de la FÉUO? Le futur «élu» devra être en mesure de contrôler la moitié de l’argent de la banque (ou cotisation étudiante) sans aller en prison, pour mériter sa pension de retraite de 35 000 $. VP aux affaires universitaires Devant jongler entre les désaffiliations des corps fédérés et la possibilité de mésentente avec la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, la précision des manipulations devrait être chirurgicale par le VP aux affaires étudiantes pour le bon fonctionnement du syndicat étudiant. En ce sens, nous proposons une évaluation basée sur la compétence de ces derniers au jeu Operation, où ils auront à prendre des décisions importantes sous l’effet du stress, et ce, sans faire saigner le corps étudiant. VP aux affaires sociales Le défi est simple : réussir à jouer au téléphone avec les 35 000 membres de la Fédération sans que la phrase «Allan Rock ne porte pas de jupe les dimanches» ne soit changée à travers les différentes transmissions de bouche à oreille.

Barra de la Tremblaye, Greve et Campisi tententeront leur chance à nouveau
Philippe Pépin,
Cochef de pupitre

La période de mise en candidature pour les élections de la GSAÉD se termine le 2 mars 2013. À suivre pour les prochaines élections, Patricia Barra de la Tremblaye, Carolyn Greve et Caitlin Campisi, entendent travailler un mandat de plus pour la communauté universitaire.
Un deuxième mandat? L’actuelle commissaire à la vie étudiante, Patricia Barra de la Tremblaye, souhaite se présenter pour un deuxième mandat au même poste. « C’est un temps hyper excitant pour tous les étudiants diplômés avec la réouverture du Café Nostalgica », souligne Mme Barra de la Tremblaye, étudiante en psychologie expérimentale. Le Café Nostalgica, un café étudiant administré par la GSAÉD, n’a offert aucun service pendant l’année 2012-2013, en raison de la construction d’un nouveau bâtiment. Sa grande réouverture est annoncée pour mars 2013 sur le site de l’Association. Visiblement enthousiaste à ce sujet, la candidate et actuelle membre de l’exécutif songe à faire du café, « un endroit de convivialité promulguant les échanges entre étudiants diplômés ». Comme événements marquants et récents de son premier mandat, elle avance le Bal de neige de la GSAÉD, les activités hivernales telles le patinage sur le canal Rideau et le tout premier Bal des étudiants

Patricia Barra de la Tremblaye (à gauche) et Carolyn Greve (à droite) brigueront à nouveau un poste au sein de l’éxecutif de la GSAÉD. - photos archives

diplômés, qui se tiendra le 16 mars à la salle Panorama du Centre national des arts. Aux dernières élections, elle n’avait aucune opposition. Carolyn Greve, actuelle commissaire aux finances, se présentera également pour un deuxième mandat aux prochaines élections. Les détails de sa nouvelle candidature ne sont pas encore connus. Mme Greve a obtenu son présent poste en juillet 2012, suite à la démission de Douglas Webb. Ses objectifs en début de mandat étaient d’assurer la transparence de la GSAÉD en expliquant clairement aux étudiants les aléas de la gestion de leurs finances. « La transparence, c’est notre responsabilité! », a-t-elle déclaré en 2012. Un troisième mandat? Caitlin Campisi, étudiante en études des femmes, et commissaire à l’interne, se présentera également aux prochaines élections. Elle espère garder son poste pour un troisième mandat consécutif. Elle n’a cependant pas fourni plus de com-

mentaires à ce sujet. Aux dernières élections, Mme Campisi s’était engagée à augmenter l’espace étudiant, puis réviser la Constitution et les règlements de la GSAÉD. « Je souhaite augmenter l’espace étudiant, surtout sur les autres campus, tels Lees », affirmait-elle en 2012. Elle non plus n’avait aucune opposition. Un débat peu visible Les candidates ont répondu, l’an dernier, aux critiques sur le lieu du débat officiel, un coin reculé du Café Nostalgica, que « l’important est que nous soyons tous réunis! » Seulement huit étudiants se sont présentés aux débats afin de questionner leurs potentiels représentants. Les membres du débat ont souligné la difficulté de réserver une salle sur le campus, et le manque d’espace étudiant. Peut-être que cette année, avec l’augmentation de l’espace étudiant promise par Caitlin Campisi, les débats se dérouleront dans un lieu plus visible.

BUDget De L’UniVeRsitÉ

Des consultations pour un budget plus équilibré
Lina maret

Un comité a été créé en novembre dernier, afin d’étudier la question du budget de l’Université d’Ottawa (U d’O) plus en profondeur. Les deux premières journées de consultation ont été annulées, faute de participants.
Fonctionnement du comité Conformément au cadre législatif de l’U d’O, le budget annuel est approuvé par le Bureau des gouverneurs. C’est à eux que revient la tâche d’allouer les ressources ef-

ficacement et de définir les priorités financières. Afin d’aider à rendre ce processus pertinent et en accord avec la réalité des organes de l’U d’O, un comité consultatif du budget a été mis en place au début de l’année universitaire en cours. « L’objectif qu’on avait quand le comité a été lancé était d’ouvrir un dialogue, d’avoir le point de vue de la communauté sur la préparation budgétaire afin de déterminer les éléments dont on doit tenir compte », a assuré Marc Joyal, vice-recteur aux ressources et co-président du comité. « C’est la première fois que l’Université lance ce processus-là », a-t-il précisé. Le comité a donc organisé plusieurs séances de consultation des associations et autres groupes de l’Université, étalées sur les trois dernières semaines. Les deux premières consultations ont été annulées, faute d’inscription et de participants. Les deux dernières ont eu lieu durant la semaine de relâche, une période relativement calme sur le campus. Le résultat de ces réunions sera présenté au Comi-

té administratif de l’Université, qui établira une recommandation envoyée à un souscomité du Bureau des gouverneurs, qui décidera de la prendre en compte ou non. Les membres du Bureau pourront finalement utiliser cette recommandation, si elle leur parvient, pour prendre des décisions plus éclairées. Médiatisation insuffisante Le défaut de participation aux réunions de consultations pourrait être expliqué par la médiatisation insuffisante de la création du comité. Un article a été publié dans La Gazette, le journal administratif de l’U d’O et M. Joyal a pourtant affirmé que des invitations ont été envoyées aux groupes et associations susceptibles de vouloir prendre part au processus. Les membres de la Fédération étudiante de l’U d’O siégeant au comité consultatif n’ont pas encore donné suite aux demandes d’entrevue que nous leur avons envoyées.

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DOSSIER RANCOURT

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25 février 2013

Chronologie de l’affaire ranCourt
Septembre 2005 Denis Rancourt obtient la charge d’enseignement du cours PHY1703 – Physics and Environment. Il en modifie le curriculum en fonction des recommandations des étudiants, pour en venir à un cours sans évaluations et principalement constitué d’ateliers où l’investissement des étudiants est encouragé, en vue de comprendre les impacts de la science sur la vie quotidienne et les relations avec les structures de pouvoir. M. Rancourt nommera ce procédé « squatting académique ». Dès le deuxième cours, le doyen de la Faculté des sciences, Christian Detellier, suite aux plaintes d’un étudiant, est entré dans la classe pour faire annuler le cours. Le cours est toutefois maintenu jusqu’à la fin de la session. Néanmoins, le cours ne sera pas de retour lors des sessions suivantes. Septembre 2006 Après neuf mois de délibération par 16 comités administratifs, le cours SCI1101 – Science in Society, est finalement approuvé. Surnommé « le cours d’activisme », ce dernier sera encore dirigé par les étudiants, ne comprendra pas d’évaluations classiques et n’offrira pas de crédits universitaires. Le cours gagnera une certaine notoriété par ses conférenciers-invités, notamment la politicienne radicale féministe afghane Malalai Joya. M. Rancourt s’attendait à voir le cours revenir à l’automne 2007, mais ce ne fut pas le cas. Considérant qu’il s’agissait d’une atteinte à sa liberté académique, il décide de poursuivre l’Université d’Ottawa (U d’O) pour 10 millions de dollars. Novembre 2006 Ce cours sera également marqué de deux importantes controverses. La première concerne un groupe de six étudiants inscrits dans le cours qui ont décidé de poursuivre l’U d’O en vue du remboursement du deux-tiers de leurs frais de scolarité pour la session, pour un montant collectif de 2069 dollars. Leur argument principal était que, compte tenu de la structure du cours axée autour de groupes de travail, le cours nécessitait plus que deux assistants d’enseignement et que les étudiants étaient souvent laissés à euxmême, ce qui nuisait à la qualité d’éducation que garantit l’U d’O. Janvier 2007 Encore dans le contexte du cours d’activisme, les jumeaux Sebastian et Douglas Foster, tous deux âgés de 10 ans à l’époque, décident de poursuivre l’U d’O à la Commission ontarienne des droits de la personne suite à leur désinscription. Ils accuseront l’U d’O de discrimination sur la base de leur âge et de leur statut social et familial. M. Rancourt soutiendra activement la poursuite. Novembre 2008 M. Rancourt se voit retirer l’accès à son laboratoire de physique sous prétexte qu’il y aurait admis des personnes non-autorisées. Décembre 2008 M. Rancourt est indéfiniment suspendu de ses fonctions et interdit d’accès au campus. Pendant la session d’hiver 2008, il aurait accordé la note d’A+ à tous les étudiants inscrits dans deux cours de physique de quatrième année qu’il enseignait. Selon Rancourt, cette raison officielle dissimulerait d’autres raisons influencées par le lobby israélien et le complexe militaro-industriel et que sa suspension serait motivée par un agenda politique. L’associé de recherche de M. Rancourt, le Dr. Mei-Zhen Dang, est licencié par l’U d’O. Une poursuite s’en suivra et sera réglée en arbitrage. Deux étudiants diplômés et supervisés par M. Rancourt seront également impliqués dans cette poursuite. Janvier 2009 M. Rancourt est arrêté par la police d’Ottawa sur le campus de l’U d’O pour s’y être retrouvé sans autorisation. Des accusations seront portées, avant d’être retirées six mois plus tard. Mars 2009 M. Rancourt est officiellement licencié par l’U d’O.

ranCourt Contre St. lewiS… ou ranCourt Contre l’u d’o?
hamdi souissi
Joanne St. Lewis est une professeure adjointe à la Section de common law de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa (U d’O). Elle est considérée comme une spécialiste des questions de droit touchant le racisme, la discrimination et « l’égalité raciale ». Depuis novembre 2008, elle est au centre d’une controverse suite à la publication d’un rapport du Centre de recours étudiant (CRÉ) accusant l’U d’O de pratiquer un racisme systémique et institutionnalisé. L’U d’O a alors mandaté Mme St. Lewis de produire une évaluation indépendante du rapport. Ce qui a provoqué l’indignation de Denis Rancourt sur son blogue U Of O Watch. D’abord sur le plan de la forme, en niant que cette évaluation puisse être qualifiée d’indépendante. Dans un courriel daté du 17 novembre 2008 et envoyé par le recteur Allan Rock à plusieurs membres de la haute-administration, ce dernier commente une version brouillon de l’évaluation faite par Mme St. Lewis et envoyée par cette dernière. Il trouve l’évaluation bien faite sauf en ce qui concerne la première recommandation qui semble suggérer qu’un certain racisme puisse exister à l’U d’O. M. Rock propose que le vice-recteur aux études, Robert Major, en fasse l’observation à Mme St. Lewis tout en lui accordant la latitude d’apporter les modifications qu’elle jugera pertinentes et garantir ainsi l’indépendance de l’évaluation. M. Rancourt critiquera également le contenu, où il accuse Mme St. Lewis de sous-estimer, voire de nier, les problèmes relevés par le CRÉ. M. Rancourt ira même plus loin en accusant en février 2011 d’être « une reine-nègre » (house negro) à la solde de M. Rock. Le 16 mai 2011, Richard Dearden, avocat de Mme St. Lewis, envoie une lettre à M. Rancourt lui demandant de retirer ses publications jugées diffamatoires et racistes sous peine de poursuite judiciaire. Mme St.Lewis et M. Dearden décident en juin 2011 de poursuivre M. Rancourt pour diffamation. Une première controverse dans la poursuite a lieu en septembre lorsque le sénateur étudiant, Joseph Hickey, commence à questionner l’implication de l’U d’O et de M. Rock en faveur de Mme St. Lewis, en proposant une motion exigeant que M. Rock en informe le Sénat si c’est le cas. M. Rock ne s’est simplement pas présenté lors de la réunion du 30 septembre 2011 où devait être débattue cette motion. Le 6 octobre 2011, M. Rancourt a posé la même question en cour à M. Dearden qui a simplement refusé d’y répondre. Lorsque la même question fut encore posée le lendemain, l’avocat de Mme St. Lewis a répondu qu’il n’était pas pertinent de savoir qui payait les honoraires du cabinet Gowlings pour lequel il travaille. Le 25 octobre 2011, une lettre en provenance du cabinet Borden Ladner Gervais (BLG), qui représente l’U d’O, signée par David Scott à l’attention de M. Rancourt, reconnaît l’implication de l’U d’O dans la poursuite. L’U d’O s’engage en effet à rembourser les frais légaux de Mme St. Lewis. M. Scott considère que Mme St. Lewis est victime de racisme et de diffamation en raison du travail qu’elle a effectué suite à une requête de l’U d’O et dans le cadre de ses fonctions d’où la responsabilité de la soutenir financièrement. Il ajoute que les efforts de Mme St. Lewis ne sont pas personnels mais dans les intérêts de l’Université. De plus, compte tenu de la violence des propos reprochés à M. Rancourt, l’U d’O a une responsabilité En attendant la décision sur cette nouvelle motion, deux sénateurs étudiants, Joseph Hickey et Hazel Gashoka, ont émis des requêtes pour que les interrogatoires concernant les allégations de maintenance et champartie soient publics. Le Sénat de l’U d’O était censé tenir une réunion le 26 mars 2012, soit deux jours avant le contreinterrogatoire de M. Rock, mais Diane Davidson, vice-rectrice à la gouvernance, a décidé d’annuler la réunion sous prétexte qu’il n’y avait pas suffisamment de points à l’ordre du jour. La motion sera également rejetée dans la mesure où le juge Beaudoin a déjà tranché sur cette question. Le 28 mars 2012, M. Hickey déposera une motion d’intervention en ce qui concerne la motion d’appel de M. Rancourt. Le juge Robert Smith a rejeté la motion, car M. Hickey n’aurait aucun intérêt dans l’affaire. M. Dearden a alors exigé 5326,98 dollars en compensation, notamment pour dissuader M. Hickey ou ceux qui voudraient l’imiter, de ralentir les procédures par de telles initiatives. Malgré l’indignation que tout cela suscitera dans la communauté étudiante, les échos se rendant jusqu’au Québec traversé alors par le Printemps érable, le juge Smith condamnera M. Hickey au versement de 3500 $. « Je ne regrette rien », confiera M. Hickey à La Rotonde. « En tant qu’étudiant, mon objectif était de voir le recteur justifier publiquement l’utilisation de l’argent des étudiants pour financer une poursuite privée et de démontrer que l’Université finance des pratiques d’intimidation contre les professeurs et étudiants. » Le 18 avril 2012, le recteur Allan Rock sera contre-interrogé par M. Rancourt. M. Rock reconnaîtra qu’une réunion eut lieu entre lui, Mme St. Lewis et le doyen de la Section de common law de la Faculté de droit, Bruce Feldthusen, le 15 avril 2011. Au cours de cette réunion, si l’on en croit M. Rock, Mme St. Lewis aurait fait part de son intention de poursuivre M. Rancourt et demandé le soutien financier de l’Université à cette fin. Et, en date du 15 avril 2011, M. Rock acceptait la requête de Mme St. Lewis qui consistait à couvrir toutes ses dépenses légales dans la poursuite sans aucun plafond financier. M. Feldthusen, dans son contre-interrogatoire, a reconnu avoir recommandé M. Dearden à Mme St. Lewis. Un autre rebondissement dans l’affaire fut le retrait volontaire du juge Beaudoin, le 24 juillet 2012, de l’affaire suite à des accusations de conflit d’intérêts de la part de M. Rancourt. M. Beaudoin financerait une bourse à l’U d’O en l’honneur de son fils décédé et une salle de réunion du cabinet BLG porte le nom de ce dernier en hommage. À noter que le cabinet BLG défend l’U d’O dans cette affaire. Le 30 novembre 2012, un autre juge, Peter Annis, tranchera que M. Beaudoin n’était pas en conflit d’intérêts. M. Annis est également un ancien membre du cabinet BLG. Le 7 janvier 2013, M. Rancourt dépose une nouvelle motion, en réaction à la décision du juge Annis, d’appel à la Cour suprême du Canada. Le 25 janvier 2013, le registraire de la Cour l’informe qu’il juge sa requête prématurée, puisqu’il n’a pas épuisé tous les recours à sa disposition. M. Rancourt remplit alors une nouvelle motion, le 13 février 2013, adressée à un juge de la Cour suprême pour ignorer la décision du registraire. La décision se fait encore attendre et l’affaire demeure à suivre.

Joanne St. Lewis. - photo courtoisie

morale de soutenir son employée. La Rotonde a contacté M. Dearden sur cette question précise. Ce dernier, jugeant que nos questions étaient caractérisées d’un manque flagrant d’objectivité et d’impartialité à l’égard de sa cliente (sic), a refusé de répondre. La cause est amenée en médiation le 6 décembre 2011 et les deux parties n’en arrivent à aucune entente. Ce qui amènera Mme St. Lewis à déposer une motion de gestion de dossier pour accélérer les procédures et réduire les frais légaux. Encore le 6 décembre, Mme St. Lewis, par le biais de M. Dearden, envoie un avis de diffamation à M. Hickey concernant une publication faite sur son blog, A Student’s Eye View, où il renvoie au blogue de M. Rancourt. M. Hickey accepte d’obtempérer s’il obtient la garantie de l’abandon de toute procédure contre sa personne. M. Dearden réplique qu’il souhaite attendre les instructions de sa cliente. M. Dearden refusera finalement toute négociation sur cette question tant que M. Hickey ne respectera pas la confidentialité de leurs échanges qu’il publie sur son blogue. Suite à la comparution du 26 janvier 2012, le clan St. Lewis accepte d’abandonner la motion de gestion de dossier et de reprendre le procès. Cela permet alors à M. Rancourt de déposer une motion de maintenance et champartie concernant l’usage inapproprié de fonds de l’U d’O dans le financement d’une poursuite techniquement privée. Ce qui amène l’U d’O à déposer une motion d’intervention en réponse le 2 février 2012. Le 6 février 2012, M. Rancourt dépose une nouvelle motion exigeant que tous les interrogatoires et démonstrations de preuves soient publics. Cette motion sera rejetée par le juge Robert Beaudoin. M. Rancourt remplira une motion de demande d’appel suite à cette décision.

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DOSSIER RANCOURT

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25 février 2013

une évaluation ControverSée
À la source du conflit entre Denis Rancourt et Joanne St. Lewis se trouve le rapport du Centre de recours étudiant (CRÉ) intitulé « Racisme, injustice et mépris envers les étudiant(e)s à l’Université d’Ottawa » et publié le 12 novembre 2008. La conclusion la plus controversée de ce rapport était que plus des deux tiers des étudiants accusés de fraude académique et ayant fait appel au CRÉ appartiennent à des minorités visibles. Le 25 novembre 2008, Joanne St. Lewis, professeure de common law à la Faculté de droit, produisait une évaluation du rapport. Ses principales conclusions étaient que le rapport du CRÉ avait de sérieuses défaillances méthodologiques et que cela le rendait du coup invalide. Dans la déclaration de poursuite du clan St. Lewis, on y apprend, au point 25, que lors de l’élaboration de l’évaluation du rapport du CRÉ, Mme St. Lewis a rencontré des représentants du CRÉ auxquels elle a demandé l’accès aux données et registres de l’organisme. Le CRÉ aurait refusé d’accéder à ses demandes. Or, selon Mireille Gervais, directrice du CRÉ à cette époque et encore aujourd’hui, tout cela est archifaux. Entre le 12 novembre et le 25 novembre 2008, elle n’aurait même jamais parlé à Mme St. Lewis. Sa seule communication avec Mme St. Lewis a eu lieu presque un an après les faits, le 23 septembre 2009, alors que cette dernière lui a fait parvenir un courriel lui proposant une rencontre dans le but de travailler conjointement à la rédaction d’un nouveau rapport. « Je n’ai jamais été contactée dans le cadre de la préparation du deuxième rapport, j’ai d’ailleurs un courriel de Mme St. Lewis démontrant que notre premier contact ne s’est fait qu’après la rédaction du deuxième rapport », soutient Mme Gervais. Nous avons demandé à Richard Dearden, avocat de Mme St. Lewis, s’il maintenait la validité du point de litige. Il a esquivé notre question en considérant qu’elle reflétait un biais contre sa cliente de la part du journal (sic). « Il n’y a pas de mots pour exprimer à quel point le système est injuste, je ne me suis pas présenté en cour par choix, mais par obligation », se défend Mme Gervais. Elle soutient qu’il était de son devoir en tant que directrice du CRÉ, de répondre aux allégations en cour à son égard par Mme St. Lewis. M. Dearden a mentionné à La Rotonde qu’il ne comprenait pas pourquoi Mme Gervais jugeait qu’intervenir dans cette affaire faisait partie de son travail au CRÉ. La demande de Mme Gervais fut rejetée dans une décision rendue le 7 décembre 2012. Le 10 janvier 2013, le juge Robert Smith la condamnera à payer des frais juridiques de 5300 dollars suite à sa motion rejettée. Une évaluation indépendante? « Le vice-recteur aux études m’a demandé de faire une évaluation indépendante du rapport annuel du Centre de recours étudiant (CRE) 2008 […] ». C’est ainsi que débute le rapport rédigé par Mme St. Lewis. Mme Gervais conteste cette indépendance: « Des courriels rendus publics démontrent que Mme St. Lewis n’a pas agi de façon indépendante et qu’elle suivait les instructions de l’administration. » En effet, les courriels disponibles sur le site du CRÉ et obtenus suite à une demande d’accès à l’information révèlent que Mme St. Lewis a envoyé le brouillon de son évaluation à l’administration en précisant qu’elle serait heureuse de répondre à toutes leurs suggestions. Une partie de la réponse d’Allan Rock peut être traduite ainsi: « […] ma seule préoccupation quant à la première recommandation est le libellé qui semble sous-entendre qu’il y a déjà présence de racisme. Puisque la professeure St. Lewis conclut déjà qu’il n’y a pas de preuve à cet effet, un tel libellé est faux et ne concorde pas avec son propre rapport. […] Une dernière chose,

Denis Rancourt. - photo courtoisie

j’aimerais que Robert [Major] soit le seul intermédiaire entre nous et la professeure St. Lewis. Même si son rapport est excellent, il pourrait être critiqué pour son manque “d’indépendance” de l’administration. Jusqu’à présent, nos communications ont été faites à travers Robert [Major] et ont été scrupuleusement objectives. Nous avons simplement cherché à obtenir sa perspective sans pourtant lui imposer de limites, de contraintes ou de conditions. Elle était tout à fait libre de dire ce qu’elle voulait. Afin de garder cette relation professionnelle et objective avec elle, je veux que Robert soit le seul intermédiaire. Robert [Major] pourrait simplement soulever que la première recommandation est incompatible avec ses conclusions. Il relèvera ensuite de la professeure St. Lewis de décider si elle y apportera des changements. Si plusieurs personnes lui envoient

des courriels et l’appellent, notre sens du professionnalisme et de l’indépendance sera mis à risque. » Déjà dans une lettre envoyée par David Scott, avocat de l’Université d’Ottawa (U d’O), à M. Rancourt, on pouvait lire que Mme St. Lewis a rédigé son évaluation à la demande de l’U d’O dans le cadre de ses devoirs et responsabilités d’employée, et que ses efforts n’étaient pas personnels, mais dans l’intérêt de l’U d’O. Nous avons tenté de rejoindre Mme St. Lewis, ainsi que l’administration universitaire afin d’obtenir des clarifications sur l’indépendance du rapport. Mme St. Lewis nous a renvoyé à son avocat, tandis que l’Université s’est refusée à tout commentaire comme pour tout dossier concernant Denis Rancourt.

lorSque l’u d’o eSpionnait deniS ranCourt
Durant l’année universitaire 2007 -2008, l’Université d’Ottawa (U d’O) a engagé une étudiante et employée du Fulcrum, Maureen Robinson, pour surveiller Denis Rancourt et certains étudiants. Rappelons que c’est cette année-là que M. Rancourt a été suspendu de ses fonctions. Dans un courriel daté du 4 juin 2007, Michelle Flaherty, conseillère juridique de l’U d’O au moment des faits, contacte Robert Major, alors vice-recteur aux études, pour l’informer qu’elle a trouvé une étudiante « pour [les] aider dans l’affaire Rancourt ». Le 30 août 2007, le doyen de la Faculté des sciences, André Lalonde, contactait Mme Robinson pour lui offrir un emploi. Dans sa réponse, Mme Robinson mentionne un ressentiment personnel envers un professeur de la Faculté des sciences qui serait condescendant envers les étudiants non-activistes. Ce professeur n’étant nul autre que Denis Rancourt. À partir de ce moment, Mme Robinson entreprendra une surveillance des activités de M. Rancourt pour le compte de l’U d’O: cours, conférences, émissions de radio, activités parascolaires, etc. Elle assurera également une surveillance des étudiants gravitant autour de M. Rancourt ou politiquement actifs. Dans une série de courriels allant de janvier à mars 2008, Mme Robinson partagera régulièrement ses observations avec Mme Flaherty et certains membres de l’administration. En novembre 2009, suite à une demande d’accès à l’information, M. Rancourt obtient la confirmation que l’U d’O opérait une surveillance de ses activités et décide d’envoyer un grief aux services des ressources humaines de l’U d’O. L’affaire sera portée devant la Commission des relations de travail de l’Ontario (CRTO). Une partie des activités de Mme Robinson se faisait sous le faux nom de Nathalie Page. Notamment sur les réseaux sociaux. Lors des comparutions devant la CRTO, M. Lalonde a reconnu avoir eu accès à ce faux compte à la demande de Mme Robinson. M. Lalonde ajoutera qu’il désapprouvait l’idée de surveiller ainsi M. Rancourt et qu’il a même tenté de décourager Mme Robinson, mais cette dernière aurait insisté par intérêt personnel. Dans ce contexte, il acceptait de recevoir les informations qu’elle lui faisait parvenir. M. Lalonde reconnaîtra également avoir demandé conseil à un psychiatre, car il était inquiet de l’état de santé mentale de M. Rancourt, surtout que ce dernier avait accès à des matériaux radioactifs dans son laboratoire avant l’ordre de fermeture. Les informations de Mme Robinson lui servaient donc à évaluer la situation et le danger potentiel qu’était M. Rancourt et son entourage. Les comparutions devraient reprendre en mai 2013. Dans la même affaire, le 27 janvier 2010, le Syndicat canadien de la fonction publique, section locale 2626 (SCFP 2626) a décidé de poursuivre l’U d’O, puisque certains de ses membres, qui entretenaient des relations avec M. Rancourt, ont également été sous surveillance. En octobre 2010, SCFP 2626 rapportait qu’une entente avait été signée avec l’U d’O et que la plainte avait été abandonnée. L’entente garantissait qu’aucune information collectée sur un employé ne figurerait à son dossier. Au moment de l’entente, l’U d’O niait les allégations de surveillance. M. Rancourt et certains étudiants ont exprimé leur désaccord avec l’entente, car elle contribuerait à légitimer la surveillance des étudiants et professeurs. En ce qui concerne Mme Robinson, nous n’avons pas été en mesure de la retracer. Notre piste s’arrête à 2010 alors qu’elle aurait déménagé en Australie pour étudier à l’Université d’Adélaïde. Mme Flaherty a pour sa part quitté ses fonctions à l’U d’O et est désormais membre du Tribunal des droits de la personne de l’Ontario. Finalement, M. Lalonde a été emporté par le cancer en décembre dernier. L’U d’O, comme pour toute affaire en cours concernant M. Rancourt, a refusé de faire le moindre commentaire ou de nous accorder une entrevue.

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Université d’Ottawa

scientifique pour étudiants
À vos plumes!
L’Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique invite les étudiants à préparer un article de fond sur une découverte ou une invention réalisée récemment à l’Université d’Ottawa. L’œuvre gagnante recevra un prix de 1000 $ et sera publiée dans un prochain numéro de Perspectives sur la recherche, la revue sur les découvertes et les innovations à l’Université d’Ottawa. Le texte remportant la deuxième place méritera un prix de 500 $.

journalisme

Concours de

Qui peut participer et comment?
Tous les étudiants et étudiantes à temps plein ou à temps partiel du premier cycle ou des cycles supérieurs de l’Université d’Ottawa peuvent participer. Les articles doivent porter sur une découverte, une invention ou une percée en recherche réalisée dans n’importe quelle faculté de l’Université d’Ottawa au cours des trois dernières années. Les textes, de 500 à 750 mots, en français ou en anglais, doivent s’adresser au grand public.

Veuillez nous faire parvenir votre article à innovation@uOttawa.ca au plus tard le 8 mars 2013.

Pour tous renseignements : www.issp.uOttawa.ca

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ARTS et CULTURE
Lina Maret (intérim) | culture@larotonde.ca
CinÉmas inDÉPenDants Lina maret,
Chef de pupitre (intérim)

25 février 2013

« Il faut plus de films commerciaux » - Guy Gagnon
Il semble qu’il devient de plus en plus difficile de produire et de montrer des films indépendants et alternatifs, en partie pour des raisons de profit minime contre des coûts toujours en augmentation. Les cinémas indépendants ne se trouvent pas dans une position facile de nos jours, comme le montrent notamment les déboires auxquels le Mayfair, cinéma ottavien alternatif, a dû faire face
« Il faudrait faire des films que le monde veut voir, et moins de films lamentables, moins de drames. On a fait des sondages, on le sait: le monde veut voir des comédies, des films d’action, des films qui les distraient, et pas nécessairement se faire éduquer. ». Les propos de Vincent Guzzo et de Guy Gagnon, respectivement propriétaires de la chaîne de cinéma Guzzo et du distributeur Alliance Vivafilm, ont provoqué des réactions très fortes dans le milieu du 7e art, à la fois de la part des spectateurs et des réalisateurs. Beaucoup étaient en accord avec la position défendue par M. Guzzo et M. Gagnon, mais des voix se sont élevées contre cette conception du cinéma comme générateur de profit et non comme art. Le débat est en fait axé sur la tyrannie de la majorité, redoutée par le philosophe français Alexis de Tocqueville : la société moderne encourage l’uniformité et laisse peu de place à ce qui n’intéresse pas la vaste classe moyenne. Le divertissement de masse est omniprésent dans notre société, mais quelle place est faite à l’art pour l’art, aux œuvres alternatives, aux productions indépendantes de toute corporation? Est-ce que l’art qui n’est pas mainstream doit être encouragé, malgré le fait qu’il génère peu de profits? Ce sont des problématiques auxquelles les promoteurs d’art alternatif sont confrontés. Force est de constater que leur position n’est pas forcément aisée de nos jours. Mayfair et Bytowne: la situation d’Ottawa « Notre situation est vraiment bonne, par rapport à l’endroit où nous sommes, à notre ancienneté », note Bruce White, propriétaire du cinéma ottavien Bytowne. « Mais dans d’autres cas, dans des villes plus petites, ou avec un emplacement moins avantageux, je pense que ça peut être vraiment difficile. Ottawa est une ville favorable aux cinémas indépendants, les habitants sont instruits et cultivés dans l’ensemble », estime-t-il. « Il y a une communauté internationale importante grâce à la présence du gouvernement, ce qui cinéma devient toujours plus médiocre. La qualité de chaque séance de grand cinéma à laquelle j’ai été ces dernières années était minable, ça me répugne. Et ce sont les personnes qui aiment le cinéma le plus qui en souffrent le plus ! », martèle-t-il. Mais l’importance que M. Demarbre porte à la beauté visuelle que le cinéma peut apporter au spectateur averti, est contrée par des arguments de rentabilité par les grands producteurs et distributeurs. Dans un cercle vicieux de dégradation de l’esprit critique, les grandes corporations du divertissement ont réussi à orienter le goût des masses vers le divertissement facile, au détriment de la richesse visuelle et intellectuelle des œuvres, explique Michael Strangelove, professeur à l’Université d’Ottawa et spécialiste de la culture populaire contemporaine. Et aujourd’hui la rentabilité est dans les productions de la machine d’Hollywood, qui ne sont pas particulièrement reconnues comme de grandes œuvres. « Quand on fait quelque chose il faut prendre tout en considération, la rentabilité, le côté art, le goût des clients… Et quand je travaille, ce que je joue dans les salles de cinémas ce n’est pas ce que j’aime voir, mais ce que je pense que mes clients vont vouloir voir », précise M. Guzzo dans une entrevue avec Richard Martineau à l’émission les Francs tireurs, pour expliquer son soutien aux grosses productions. « Il y a des films à grand déploiement qui sont bons! », assure M. White. « Le fait qu’un film est projeté dans une chaîne de cinéma n’en fait pas un mauvais film. Et le fait qu’un film est projeté dans un cinéma indépendant n’en fait pas un bon film non plus! », nuance le propriétaire du cinéma Bytowne. Être un producteur indépendant Étroitement liée aux problématiques des cinémas indépendants, la situation des producteurs et réalisateurs indépendants n’est pas fameuse non plus. Lee Demarbre, lui-même réalisateur, déplore les conditions qui rendent la parution des films indépendants compliquée, parfois même impossible. « Hollywood dépense jusqu’à 80 millions de dollars pour faire sortir un film en salle, c’est inimaginable qu’un producteur indépendant puisse faire de même », prétend-il. « C’est presque impossible de faire sortir un film indépendant en salle, le mieux qu’un réalisateur indépendant puisse espérer est un festival du film ou sortir un DVD. Notre époque est très difficile pour les réalisateurs indépendants, aussi à cause du téléchargement illégal! Il y a quelques exceptions bien sûr, mais en faire son gagne-pain est devenu impossible », déplore l’artisan du grand écran. Certaines organisations permettent de croire que la situation pourrait s’améliorer. C’est le cas du Front des réalisateurs indépendants du Canada (FRIC) qui travaille à favoriser le développement professionnel des réalisateurs et le rayonnement des œuvres francophones canadiennes.

Le cinéma indépendant Bytowne sur la rue Rideau. - photo Jérôme Simon

rend le fait de montrer des films étrangers plus facile », poursuit-il. Le Mayfair, autre cinéma indépendant d’Ottawa, ne bénéficie pas de la même situation rassurante que le Bytowne. Les deux emplacements sur la rue Bank et à Orléans, bien que gérés séparément, ont connu une année mouvementée, qui s’est même conclue par la fermeture du cinéma d’Orléans, ouvert il n’y a pourtant que deux ans, en raison d’une fréquentation trop rare. Le Mayfair de la rue Bank, qui existe depuis 1932, a lui aussi frôlé la fermeture quand il a été annoncé que les films ne seraient plus produits en 35 mm mais exclusivement au format digital. Une vague de support a été générée chez les

spectateurs, dont les dons ont permis au cinéma d’acheter l’équipement de projection nécessaire au nouveau format. « Notre audience est composée de gens qui vont au cinéma, qui aiment le cinéma », remarque Lee Demarbre, propriétaire du Mayfair de la rue Bank. « J’ai toujours considéré le Mayfair un peu comme une église, une cathédrale, et les personnes qui aiment les bons films vont venir à l’église ici. » Qualité ou rentabilité ? « En tant que spectateur, je trouve qu’il est de moins en moins intéressant de voir les films au cinéma », soutient M. Demarbre. « Les prix des billets augmentent et la qualité visuelle des projections dans les chaînes de

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ARTS et CULTURE
exPosition Photo

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25 février 2013

Onze femmes face à la guerre
mathilde marchand

Le Musée canadien de la guerre et le Comité international de la Croix-Rouge présentent, du 8 février au 21 avril 2013, l’exposition « Onze femmes face à la guerre », réalisée à l’initiative du photographe Nick Danziger.
Le photographe Nick Danziger expose, au Musée canadien de la guerre, une série de photographies représentant onze femmes ayant connu la guerre. Il les a rencontrées une première fois en 2001, et a décidé de les retrouver à partir de 2008. Il nous présente ici un bilan et une analyse de l’évolution de la situation de ces femmes qui, à tous les coins de la planète, se battent pour (re) vivre et (re)construire après ce qu’elles ont vécu. Un photographe de renommée mondiale Nick Danziger, un homme aux multiples facettes, est écrivain, documentariste et photographe, l’étendue de son action est très vaste. Désirant être artiste depuis son plus jeune âge et commençant à voyager

seul à 13 ans, Danziger a développé très tôt le goût de l’aventure et de la photographie. Après une traversée du continent eurasien, il a publié ses récits de voyage sous la forme de plusieurs livres. Il s’est ensuite consacré à la réalisation de photoreportages, mais aussi de plusieurs films, couvrant différents domaines (humanitaire, politique, etc.). M. Danziger photographie les inégalités et les différences, mais laisse le public analyser, relier et comprendre par lui-même les enjeux de ses photographies. Destins croisés L’exposition retrace, principalement à travers des photographies en noir et blanc, le destin de onze femmes provenant d’Afghanistan, de la Sierra Leone, de la Colombie, des Balkans, d’Israël et de la Palestine. Danziger avait rencontré ces femmes en 2001, alors qu’elles vivaient dans des zones de conflit, si ce n’est en guerre, pour une étude menée par le Comité international de la Croix-Rouge. À partir de 2008, M. Danziger a voulu savoir ce que ces onze femmes étaient devenues et nous présente le résultat de ses quatre années de recherche à travers cette exposition. Ces femmes, venant parfois de camps opposés (Israël et Palestine par exemple), ont toutes quelque chose en commun: le courage. Elles se sont confiées au photographe, et leurs commentaires expriment un combat quotidien, une force de vivre et d’avancer. « Je suis patiente et j’avale toute la douleur » révèle Zakiya, Palestinienne vivant à Gaza. Les femmes que

L’exposition « Onze femmes face à la guerre » est au Musée canadien de la guerre jusqu’au 21 avril 2013. - photo Jérôme Simon

nous présente le photographe, qu’elles aient été amputées, violées, kidnappées, méprisées ou encore affamées, sont des résistantes, des guerrières, qui restent debout. Elles nous rappellent que leur quotidien est bien loin du nôtre. Réception L’exposition semble toucher un public assez large, des étudiants aux personnes âgées, en passant par les couples et les amateurs de musées, tout le monde trouve un intérêt dans l’histoire de ces onze femmes. Un grand silence et une attention palpable entourent l’exposition, chaque individu

se confrontant à une réalité jusqu’alors insoupçonnée. Comme l’explique MarieElisabeth Lebrun, de passage, « on voit la vie de ces femmes sous un angle différent de celui présenté dans les médias », de manière « simple et non-sensationnaliste », ce qui rend l’exposition extrêmement « touchante et bien faite ». Lucie Thibault, également venue voir l’exposition, pense quant à elle qu’il est « important de se rendre compte que des personnes humaines, comme nous, vivent des choses que nous ne pouvons pas imaginer », surtout, « en tant que femmes, on pense rarement que ce genre de choses soit possible ».

enjeUx aRtistiqUes

Soirée banquet à l’AXENÉO7
myriam Bourdeau-Potvin

Pour célébrer son 30e anniversaire, le Centre artistique Axenéo7 organise une série de conférences sous forme de banquets. Avec pour thème le don, des artistes actuels et passés qui ont été de passage discutent de l’échange de l’art.
« On voulait tous se rassembler autour d’une table pour créer un événement plutôt festif et déborder du cadre d’exposition habituel. [On peut ainsi] aborder des thèmes de discussion inhabituels sur l’art contemporain », a confié Karina Pawlikowski, organisatrice de l’événement. Au menu, le thème du don et les échanges qui sont au cœur des activités quotidiennes du Centre artistique Axeneo7. Pour Jonathan Demers, directeur de la galerie, « on ne donne jamais pour soi-même mais toujours pour une collectivité ». Selon lui, la démocratie directe qu’exerce le Conseil d’administration (CA) d’AXENÉO7 est une façon fondamentale d’échanger et donc de donner mutuellement. Le don vu par des artistes Tour à tour, les artistes invités dévoilaient

une partie de leur travail actuel en faisant quelques parallèles vers leur perception du don. Dans la pièce qui servait de salle à manger pour la soirée, étaient exposées quelques esquisses, toutes incomplètes, des artistes présents. Pour briser la glace, Xavier Brouillette, un exposant de passage en 2010, commence par démystifier les grandes lignes du don en citant une étude sociologique de Marcel Mauss: « [Il] décrit la relation face au don en trois étapes: essentiellement, c’est donner, ce qui implique le fait de recevoir, et qui oblige la personne qui reçoit à rendre. » C’est ensuite à Vincent Bonin, auteur et commissaire indépendant, de nous faire part de ses impressions face au don. Il fait plusieurs liens entre les Centres d’artistes qui dépendent des financements ou des dons monétaires pour assurer leur perpétuité. Puis, ce fut à François Chalifour, artiste et membre du CA depuis 2001, de « réciter un texte improvisé » pour exprimer ses expériences face au don. « Mes projets émanent du don; non par une intention particulière mais par une sorte de hasard, un détour du chemin ». Il explique ensuite quelques expériences personnelles dans lesquelles il a vécu un don: un collègue lui a donné une référence qui l’a suivi tout au long de son travail, le cadeau d’une souche de bois dont les courbes lui ont inspiré par la suite plus de 200 dessins, et enfin un moment où il a lui-même suscité le don. Toutes ces anecdotes lui ont permis de créer une série de dessins inachevés qu’on pouvait ob-

Karina Pawlikowski, organisatrice de l’évènement, voulait « créer un événement plutôt festif et déborder du cadre d’exposition habituel. » - photo courtoisie

server sur le mur. Hugo Gaudet-Dion a enfin ajouté quelques mots avant la fin du repas. Il a présenté une première exposition à AXENÉO7 et est resté impliqué depuis. L’année dernière, le jeune artiste a vu son œuvre d’installation détruite par une inondation; les vestiges d’un des personnages de papier mâché, la tête, étaient camouflés parmi les plats de chili sur la table. Intermède musical Toute l’assemblée a ensuite été invitée à s’installer dans la pièce voisine, où se trouvait un piano à queue. Robert Racine, également exposant à la galerie, nous a fait don d’un rare concert public entièrement improvisé. « [Ce morceau] n’existe pas, ça n’a jamais existé et ça n’existera plus. […] Je pense que l’art en général, ça doit être un don. » Diane Génier, cofondatrice du Centre

d’artistes et ancienne directrice générale, a commenté la performance en réussissant à voir au-delà des sons: « J’ai regardé la nervosité de ton pied, ton mollet, ton corps se pencher sur la musique et tu étais complètement sous le contrôle de ta musique. Désolée si je n’ai pas entendu les notes, mais c’est la présentation dans l’instant et l’emplacement de ton esprit dans le moment qui était le plus intéressant. » Un dessert ouvert sur la conversation Pour conclure le repas, Denis Lessard, artiste et archiviste, et Diane Génier, ont également partagé leur vision du don avec les convives. La conversation des banquets est ouverte et tous peuvent poser des questions, ajouter leur grain de sel et terminer le plateau de baklavas. Il y aura cinq autres salons de discussion entre mars et juin, avec des thèmes variant du don à la résistance, ouverts au public et gratuits.

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CRitiqUe De sPeCtaCLe

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25 février 2013

Une soirée dans le sud
Léa Papineau Robichaud
Désorganisation et improvisation? La salle a bien été réchauffée pour le groupe aylmerois, les Mosquitos. Après une introduction faite avec différents instruments exotiques tels le didgeridoo, au cours de laquelle une danseuse de baladi a exhibé son énorme dessin de dragon dans le dos, la salle a été plongée dans le noir total pendant une période de temps qui a semblé beaucoup trop longue pour l’audience. Des spectateurs se sont mis à lancer des cris de toutes sortes dans la salle, donnant l’impression de se retrouver dans une jungle grouillante d’animaux. Cette drôle de situation donnait l’impression que le spectacle allait être totalement désorganisé et improvisé, un sentiment que les Mosquitos ont finalement rapidement démenti. De la Jamaïque à la Colombie Los Mosquitos ont présenté un spectacle bien ficelé et parsemé de petites surprises. Les cinq musiciens ont joué différentes chansons aux mélodies accrocheuses qui faisaient incroyablement penser à celles du célèbre chanteur de reggae, Bob Marley. Jusqu’à ce que le guitariste et saxophoniste de la formation, Orlando Alvarez, s’avance vers le micro central et annonce qu’il chantera une chanson en espagnol. Dès les premières notes, les spectateurs ont quitté la Jamaïque pour se retrouver en plein cœur de l’Amérique du Sud. Deux danseuses habillées en costume traditionnel colombien ont offert un petit numéro

Los Mosquitos ont fait voyager musicalement les très nombreux spectateurs présents à la Basoche mercredi soir dernier, dans le cadre des spectacles gratuits qu’offre la Ville de Gatineau. Destination? L’Amérique du Sud.
C’est Roland Locqueville, du groupe émergent Charabia, qui est monté sur scène en premier pour ouvrir le spectacle. Seul avec sa guitare, il a interprété l’une de ses compositions, intitulée « Misanthropie », avant d’inviter sa compagne, Samuelle Desjardins, à le rejoindre. Le duo a présenté quelques-unes de ses chansons, dans le style jazz manouche. Quoique talentueux, les deux musiciens étaient quelque peu désorganisés et leurs mélodies manquaient de percussions, leur batteur et leur bassiste n’étant pas avec eux. Un moment fort de cette première partie a été l’arrivée du membre du groupe local La Cavale, Antoni Gilbert, sur les planches. Le musicien était impressionnant à regarder au clavier et donnait du rythme à la musique de Locqueville.

Los Mosquitos seront au Bar Tonik le 28 février et au Bistro Rainbow le 20 avril. - photo courtoisie

très intéressant, faisant virevolter leurs grandes jupes dans tous les sens. Le spectacle s’est conclu avec la chanson qui a donné le titre de leur album: « Chasing the Dragon », et un autre numéro de la danseuse de baladi. La formation aylmeroise n’innove pas dans le monde musical, mais présente tout de

même des chansons intéressantes musicalement, qui donnent envie de danser. Le chanteur a une voix très juste et agréable à l’écoute et les musiciens sont talentueux. Les Mosquitos seront en spectacle au Bar Tonik à l’Université du Québec en Outaouais le 28 février prochain et au Bristo Rainbow à Ottawa le 20 avril.

entReVUe

Et où sortent les artistes?
simon Lalonde Boisvert

Claude Munson, qui vient de lancer son premier album, est un nom connu pour les affamés des soirées de musique locale. Il anime notamment une soirée de concerts de musique locale à l’auberge jeunesse, Jail Hostel, où on peut y voir défiler chanteurs, humoristes et poètes de la région.
La Rotonde: Pouvez-vous nous décrire en quoi consiste la soirée Open-Mic que vous animez? Claude Munson: Chaque mercredi à l’auberge, on anime une scène ouverte à tous les artistes de la région, qui viennent jouer du folk, du hip-hop [et lire] de la poésie. Il y a beaucoup de [poésie slam] dans ces soirées, ce qui m’a inspiré à écrire et à jouer ma propre musique. LR: En tant qu’artiste émergent, à quelle boîte de nuit avez-vous connu le plus de succès dans la région?

CM: J’aime beaucoup l’ambiance de l’auberge jeunesse. J’aime aussi le Pressed Café sur la rue Gladstone. En fait, je vais y jouer le 23 février. Je n’aime pas les grosses boîtes de nuit. Les petits bars m’intéressent plus comme le Rainbow, le Irene’s et le Château Lafayette. LR: Que pensez-vous de la scène culturelle qui se développe dans la région d’Ottawa? CM: Il y a toutes sortes de musiques à Ottawa et toujours des nouveaux artistes. On trouve beaucoup de musique électronique et beaucoup de hip-hop. C’est difficile de généraliser. Une scène folk commence à s’établir avec des groupes comme Three Little Birds, Sounds of Lions et Brad Morden. LR: La soirée Open-Mic célèbrera son deuxième anniversaire en septembre 2013. Comment la soirée a-t-elle évolué depuis ses débuts et vers où se dirige-t-elle? CM: La soirée a très bien évolué. On fait la soirée Open-Mic dans la cour arrière durant l’été et ça crée une belle ambiance sous les étoiles. Les musiciens jouent sous les lumières et sous les arbres. La soirée a beaucoup changé, avec du meilleur matériel, des nouveaux artistes chaque semaine et on a gagné une réputation comme plateforme pour la musique locale. C’est une soirée intéressante pour les gens qui restent à l’auberge et les jeunes qui sortent à Ottawa. LR: Chaque soirée Open-Mic accueille des
Claude Munson est à l’auberge jeunesse Jail Hostel chaque mercredi. - photo Maxime Charlebois

artistes de genres différents. Est-ce que vous avez un coup de cœur parmi les artistes de la région? CM : Tout récemment j’ai été invité au concours de la radio CBC avec Alan Neal, Searchlight: The Hunt for Canada’s Best New Artist. J’ai été nominé par un groupe et j’ai dû en nominer un autre pour rester dans la compétition. J’ai choisi de nominer Her Arbor. J’aime aussi beaucoup Mehdi

Hamdad et Erin Saoirse Adair. Le groupe Claude Munson and the Storm Outside sera au Café Alt le 10 mars à 14 h et au Mercrury Lounge le 14 mars pour promouvoir son premier album éponyme. Tous les mercredis à 20 h, Munson est aussi en spectacle à l’auberge Jail Hostel au 75 rue Nicholas.

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ARTS et CULTURE
PaUse Kit-Kath

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CRitiqUe aLBUm CRitiqUe De FiLm

25 février 2013
CRitiqUe De FiLm

La révolution tranquille ottavienne
Katherine sullivan
Lorsque j’étais au secondaire, mes amies et moi nous nous rendions à Ottawa lors des demi-journées de congé afin de savourer un peu de liberté et de changer d’air. Nous en profitions pour faire les boutiques au Centre Rideau, passer au Sugar Mountain et déguster d’énormes shawarmas. Nous restions toutefois toujours près du Centre Rideau, préférant éviter les coins plus délabrés de la ville. À cette époque, la rue Dalhousie n’avait pas son petit charme qu’on lui connaît aujourd’hui. La preuve, pendant mon bac, j’ai dû souvent m’aventurer au Centre pour les arts St-Brigid’s au coin des rues St-Patrick et Cumberland, en soirée pour des répétitions. L’École de musique avait fait appel aux Services de protection de l’Université d’Ottawa (U d’O) afin de nous sensibiliser aux dangers de ce coin, ainsi que de nous encourager à marcher accompagnés. Les choses ont bien changé depuis. Elles ont changé si lentement et si subtilement que les nouveaux arrivés n’y voient que du feu. La rue Dalhousie semble avoir vécu sa propre révolution tranquille. Celle-ci a débuté par l’apparition du Bridgehead, un petit café équitable de la région, qui a su m’attirer avec ses lattes bien corsés, son mur vivant et ses barristas sympathiques. Par la suite, ce coin a également accueilli une boutique de vêtements connue sous le nom de Workshop. Les copropriétaires ont créé la boutique afin de fournir une vitrine à leurs créations faites à base de tissus biologiques, ainsi qu’aux créateurs et créatrices canadiens. Leur « atelier » contient maintenant des vêtements pour les enfants, des petites culottes amusantes, des hiboux en peluche, ainsi que des robes originales. Puis, Victoire et Milk ont ouvert leurs portes et offrent également des vêtements et des bijoux créés par des artistes de la région. C’est ainsi qu’Ottawa se renouvelle tout doucement, grâce aux petites entreprises locales, qui réussissent à embellir la ville, tout en offrant plus de visibilité aux créateurs de la région.

L’amour parfait de Yelle
Katelin onishi

Jean de Florette/ Manon des Sources
Kyle Climans

Holy Motors
simon Lalonde Boisvert

Après une longue attente, le nouvel EP de Yelle est sorti le 5 février dernier. C’est la première chanson produite par le groupe français depuis leur album Safari Club Disco, paru en 2011. L’amour parfait est une belle continuation de leur son synthpop, démontrant une fidélité au style qui a rendu leurs deux premiers albums si populaires en France et à l’étranger. Cette nouvelle chanson présente la voix gentille de la chanteuse Yelle (Julie Budet), accompagnée par le rythme hypnotique de Grand-Marnier (Jean-François Perrier) et Aéroplane. Le résultat: une piste dance-électronique fluide et sexy. La seule faiblesse du morceau est le passage de rap au début de la pièce qui ne contribue pas fortement à la chanson. Même si le rythme est plus doux que les tubes de PopUp (2005) et Safari Disco Club (2011), ses albums précédents, ce nouveau son amplifie la versatilité et l’évolution du groupe.

Jean de Florette et Manon des Sources sont les deux chapitres de l’adaptation des romans de Marcel Pagnol, par Claude Berri. Ces films émouvants, grands classiques du cinéma français, présentent une histoire pleine d’avidité, de trahison et de vengeance. Le premier film montre le plan cruel, conçu par un vieil agriculteur et son neveu, de s’accaparer le terrain de leur voisin, précieux pour la source d’eau qui s’y trouve, nécessaire à l’agriculture dans la région aride du sud de la France, où se déroule l’action. Dans le deuxième film, on voit les conséquences terribles des actes de l’agriculteur et de son neveu, après que la fille de l’homme trahi se soit vengée. Claude Berri a planté sa caméra en Provence, ajoutant des décors majestueux à l’histoire poignante. Les films sont également très puissants grâce à l’intrigue et au jeu des acteurs. Les protagonistes sont interprétés par des grands noms du cinéma français, notamment Yves Montand, Gérard Depardieu, Daniel Auteuil, et Emmanuelle Béart. L’histoire est ambitieuse et bien développée, permettant aux actions de se dévoiler lentement, ce qui souligne la cruauté patiente des agriculteurs, aussi bien que l’impact poétique de la justice.

Le réalisateur du film Holy Motors, Leos Carax (de son vrai nom Alex Oscar), nous fait suivre une journée dans la vie de M. Oscar, joué par Denis Lavant, dans un monde fantastique, presque surréel. Les gens embauchent M. Oscar comme acteur pour qu’il les fasse vivre un moment d’intimité. Il se promène dans la ville en limousine, qu’il utilise comme loge de changement de costume entre ses contrats. Leos Carax est connu pour ses visions fantastiques dépeintes dans ses films et ne manque pas son coup avec Holy Motors. Malheureusement, le film s’explique très mal et se base sur des plans visuels chimériques pour garder l’attention de l’auditoire, technique qui ne fonctionne que durant une partie du film. Une moitié des scènes du film est spectaculaire et empêche le public de regarder autre chose que l’écran, tandis que l’autre moitié traîne en longueur et ennuie. Denis Lavant crée un personnage convaincant qui se transforme littéralement, à l’aide de ses maquillage et costumes, en plusieurs personnes afin de rendre les autres heureux ou malheureux. Ce film serait plutôt une œuvre d’art visuel qu’un blockbuster ou un film de divertissement. Il est alors suggéré à ceux qui aiment la photo plutôt que le cinéma, qui préfèrent l’art abstrait au cinéma populaire.

C a Le nD Rie R CULtU Re L
Art: Synthetic Perfection de Sally Hyeree Yeo au Café Alt - jusqu’au 28 février Art: Wonder Geeks à Zaphod’s – à 19 h Cinéma: Nuits claires, Festival du film balte et nordique à l’Auditorium sur Wellington jusqu’au 1er mars Musique: Récital de piano d’Alice Liu, salle Huguette Labelle, au Pavillon Tabaret – à 20 h

Lundi 25 février

mercredi 27 février

Atelier: Stitch n’ Bitch au Centre de ressources des femmes – à 16 h Humour: Soirée comédie au bar étudiant 1848 – à 21 h Musique: Récital de Carolyn Hart, salle Freiman, Pavillon Pérez – à 11 h Dessin: Comic Jam au Shanghai Restaurant – à 19 h

Vendredi 1er mars

Danse: Soirée salsa au Club Caliente – à 20 h Danse: Frenzy au Babylon - à 22h Musique: 3 gars su’l sofa en concert au 1848 – à 21 h Poésie/slam: Soirée Open Mic à l’Umi Café – à 20 h

mardi 26 février

jeudi 28 février

samedi 2 mars

Poésie/slam: Trouvez votre voix et prenez la parole au Centre de ressources des femmes – à 14 h 30

Littérature: Salon du livre de l’Outaouais au Palais des congrès de Gatineau jusqu’au 3 mars Art: OttawArt à la galerie Fall Down – à 19 h

Social: Semaine de la fierté du campus jusqu’au 10 mars Musique: Après-midi jazz à Pressed – à 14 h

Dimanche 3 mars

Danse: Soirée Mods au Babylon – à 22 h

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SPORTS
Danse à La BaRRe

Léa Papineau-Robichaud | sports@larotonde.ca

25 février 2013

Acrobatie et acier inoxydable

illustration Maxime Charlebois et Simon Lalonde Boisvert

Élise Vaillancourt

Prenant du terrain sur la scène de la capitale nationale, la danse à la barre verticale, mieux connu sous la terminologie anglophone, pole dancing, propose une façon amusante de développer à la fois sa condition physique et sa confiance en soi. La Rotonde vous propose une intrusion dans l’univers de la danse à la barre à travers un retour sur la compétition annuelle The National Capital Pole Fitness Competition tenue par le salon de danse Ottawa Pole Fitness.
« La controverse est grande autour de la naissance de la discipline [.…] La danse à la barre verticale existait bien avant les bars de danseuses nues! », raconte Lisa Byrne, présidente du Pole Dancing Society Club, un club affilié de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO). En Chine et en Inde, des disciplines semblables à

la danse à la barre, telle qu’actuellement pratiquée, existent depuis longtemps et sont essentiellement pratiquées par les hommes, renchérit-elle. Trois compétiteurs récompensés Tenue pour la seconde année, la compétition a attiré onze participants. Quatre enseignants du Ottawa Pole Fitness ont également présenté une performance pour l’occasion. Sur le rythme d’une chanson de leur choix, chacun des concurrents présentait une chorégraphie de son cru. Les prestations combinaient l’utilisation de la barre statique et la barre non-statique, la spinning pole. Quatre juges ont évalué la performance sous trois critères: la complexité des mouvements choisis, le divertissement qu’amène la performance pour le public et la qualité globale de la prestation. Tamara Solomon, Alexis Hieu Truong et Amanda Geps ont successivement été les récipiendaires de chacun des honneurs. Une discipline sportive stigmatisée La barre est haute pour mettre fin aux préjugés sur la pratique du pole dancing, l’imaginaire collectif l’associant souvent à la sexualité et aux bars de danseuses. Pourtant, les différences sont considérables entre le sport tel que pratiqué en compétition et l’utilisation de la barre dans les bars de danseuses nues. « Les chorégraphies des danseuses dans les boîtes n’intègrent pas autant de mouvements complexes et le focus est beaucoup plus sur la sensualité, [alors] que beaucoup de gens qui pratiquent la danse à la barre verticale

la voient plutôt comme un médium pour le conditionnement physique », raconte Mme Byrne. « Bien que plusieurs intègrent des éléments de sensualité dans leur art, c’est complètement différent. » D’autres préjugés découlent d’une simple désinformation du public. « Pour pratiquer le sport, il faut avoir le plus de peau découverte, car l’adhérence au poteau est meilleure », explique Nadine Blouin, enseignante au 3SIXTY Dance and Fitness. « Ça explique l’habillement léger dans la pratique du sport. » « Ça fait un bon sept ans que la danse à la barre est discuté et pratiqué plus ouvertement », insiste Mme Blouin qui croit que ces préjugés commencent à tomber. Mme Geps, étudiante à McGill, va encore plus loin. « Je vois vraiment la danse à la barre devenir un sport olympique un jour, les temps sont à l’ouverture d’esprit et le sport intégrera la culture populaire. » Et les hommes dans tout ça? Présentement au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa, M. Truong a choisi de pratiquer le pole dancing pour allier deux passions: la danse et l’escalade. M. Truong avance que le genre importe peu dans la pratique de cet art. Pourtant, chez autrui, cela vient poser plusieurs points d’interrogation. En tant qu’homme, « quand tu racontes que tu fais [de la danse à la barre] […], les gens vont te poser beaucoup de questions sur tes pratiques sexuelles [et] sur ton identité de genre », raconte-t-il.

Néanmoins, la danse à la barre verticale serait davantage pratiquée par le sexe masculin que le veut le stéréotype. Sur dix individus pratiquant le sport, trois seraient des hommes, selon Mme Blouin. Un sport créatif, un travail physique et psychologique « La danse à la barre verticale est merveilleuse pour tonifier les muscles et améliorer l’équilibre et la flexibilité », raconte Mme Byrne. Le côté cardio-vasculaire est également sollicité, selon Mme Blouin. Tous les intervenants vont s’entendre sur le fait que l’apport psychologique suivant la pratique de cette danse est immense. « Comme toute forme d’exercice aérobique, ça diminue le niveau de stress », dit Mme Byrne. Pour Mme Blouin, la pratique de ce sport permet également d’accepter davantage son corps et d’augmenter sa confiance en soi. « Il faut aussi souligner les apports créatifs du sport […]. Chorégraphier la danse est très stimulant », insiste Mme Byrne. « La meilleure chose avec la danse à la barre c’est que tu peux en faire ce que tu veux […] Tu peux mettre l’accent sur la danse, sur la transition et sur la chorégraphie. Certains préfèrent l’aspect sensuel et vont faire des chorégraphies dignes du ballet. D’autres vont plutôt oublier l’aspect danse et travailleront spécifiquement sur la force et la flexibilité », conclut Mme Byrne.

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25 février 2013

hoCKey masCULin

Le Gris et Grenat perd la bataille du canal Rideau
Lisa Pitre et Léa Papineau Robichaud
de le créer », note Paiement. Les Gee-Gees reviennent de l’arrière La première période a été plutôt calme, Carleton ayant un certain avantage sur Ottawa. Vers la fin d’une deuxième période mouvementée, le pointage était de 3-1 pour les Ravens. Il restait seulement une minute à la période lorsque l’ottavien, Guillaume Donovan, a marqué le deuxième but des siens. La troisième période a débuté avec le troisième but des GeeGees, celui d’Alexandre Touchette, créant l’égalité 3-3. Lorsque deux hockeyeurs des Gee-Gees ont été envoyés au banc des pénalités, l’équipe a eu un regain de vie. Le but garantissant la victoire a été marqué, peu de temps après la fin de ces deux punitions, par Jean-Bernard Voyer. Il a réussi à se sauver en échappée contre le gardien de

Après avoir nivelé la série des demi-finales de l’est des Sport universitaires de l’Ontario (SUO), samedi grâce à une victoire de 4-3, les Gee-Gees n’ont pas réussi à battre leurs plus grands rivaux, les Ravens de l’Université Carleton, s’étant fait blanchir lors du dernier match de la série, 5 à 0.

Jean-Bernard Voyer (15) a marqué le but gagnant lors du deuxième match de séries éliminatoires contre les Ravens de Carleton. - photo Jérôme Simon

« Ça l’a été une bonne série. Une série physique et émotive, surtout le match de ce soir (dimanche). » - Dominic jalbert, défenseur de troisième année.
L’entraîneur, Réal Paiement, savait un peu à quoi s’attendre en vue du deuxième affrontement de cette série. « Carleton joue un bon match défensif, ils sont vraiment agressifs sur la rondelle. Ils ne nous donnent pas l’espace et le temps et on doit essayer Carleton, le déjouant entre les jambes. « Il y a eu beaucoup de pénalités, mais on a réussi à les tuer et ça nous a aidé à remporter le match », a lancé le principal intéressé. Après le match, Dominic Jalbert a avoué avoir eu peur, avec quatre minutes

de pénalité contre eux et peu de temps à jouer. « Le cinq contre trois était vraiment le point tournant du match. Si on remporte le match de dimanche, c’est sûr que [ce soir c’était] le match de la série. » Le Double G blanchit Ce n’est finalement pas le scénario qu’avait espéré Jalbert qui s’est produit. La formation de Réal Paiement n’a pu contenir les Ravens dimanche soir au Ice House de Carleton. Les Ravens n’ont pas perdu de temps en marquant deux but dans les six premières minutes de la partie. Les GeeGees n’ont ensuite jamais été capables de rattraper ce retard frappant un mur

en la personne de Ryan Dube. Carleton a écrasé Ottawa par la marque de 5-0, remportant ainsi les demi-finales de l’est des SUO. « C’était un match à sens unique et ce n’est pas parce que les gars ne la voulaient pas. On s’est fait compter deux buts en début de période et je pense que ça l’a joué sur le moral des gars », a avoué Jalbert. « Ça l’a été une bonne série. Une série physique et émotive, surtout le match de ce soir. Je pense qu’on n’a pas eu des séries faciles contre Toronto et Carleton. On a fait de notre mieux », a conclu le défenseur de troisième année.

hoCKey FÉminin

Le parcours des Gee-Gees prend fin
Philippe marceau-Loranger

Après avoir perdu le premier match au compte de 3 à 2 face aux Carabins de Montréal, les GeeGees ont dû s’avouer vaincues par la marque de 2 à 1 lors de la deuxième rencontre d’une série de deux de trois, samedi soir dernier au complexe sportif Minto, concédant ainsi la série à Montréal.
Un match âprement disputé C’est pourtant le Gris et Grenat qui a pris les devants par l’entremise de Lauren Coxon, à 8:28 du premier tiers. Sur une passe de Maude Laramée, Coxon a profité d’une supériorité numérique afin de déjouer la cerbère montréalaise, Élodie Rousseau-Sirois. Puis, près de six minutes plus tard, les Carabins ont nivelé la marque lorsque la capitaine, Kim Deschênes, a sauté sur un rebond dans l’enclave. Ensuite, la deuxième période fut l’affaire des Montréalaises, qui ont outrageusement bombardé la cage défendue par la gardienne Cassie Seguin. Malgré leur domination évidente au chap-

itre des lancers (10 à 1), les Carabins n’ont su faire mouche qu’à une seule reprise. C’est Ariane Barker, qui, s’amenant sur le flanc gauche, a débordé la défenseure avant de servir une magnifique feinte à Seguin et de capitaliser dans une ouverture béante. Par la suite, le Double G a repris du poil de la bête, profitant notamment d’un cinq contre trois pour se forger du momentum. Ce dernier s’est d’ailleurs transposé en troisième période, alors que les Gee-Gees n’ont pas ménagé leurs efforts afin de créer l’égalité. Cependant, elles se sont butées à une portière au sommet de son art, alors que Rousseau-Sirois s’est montrée intraitable, stoppant entre autres Asha Kauffeltd en échappée. « Je crois que l’on aurait pu avoir une plus grande présence devant le filet pour profiter des retours de lancers. De plus, les Carabins ont su bloquer plusieurs de nos tirs de la pointe », explique la recrue Maude Laramée, à propos de l’incapacité de sa troupe de créer l’égalité. Un processus d’apprentissage Après la rencontre, l’émotion était palpable dans l’entourage de l’équipe. Ce match constituait le chant du cygne de Fannie Desforges, attaquante de cinquième année et capitaine des Gee-Gees. « Perdre par un seul but contre l’une des meilleures équipes au Canada, c’est une preuve de caractère », note Desforges. « Je crois qu’on a prouvé que nous aussi, on sait jouer
Les Carabins de Montréal ont éliminé Ottawa en deux matchs. - photo Jérôme Simon

au hockey à Ottawa. » Malgré la défaite, un vent d’optimisme soufflait sur l’équipe après la rencontre. « Ce soir, je crois qu’on aurait pu tirer à pile ou face tant le match était serré », a noté l’entraîneur-chef des Gee-Gees, Yannick Evola. « C’est un processus d’apprentissage, car nous avons

beaucoup de joueuses qui en sont uniquement à leur deuxième année. Ce soir, nous avons perdu contre une équipe qui a pris part à la finale canadienne l’an dernier et qui regorgeait de vétéranes. Ça promet pour l’an prochain. »

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25 février 2013

BasKetBaLL masCULin

Gabriel Gonthier-Dubue vole la vedette
Vincent Rioux

À l’occasion du premier match de séries éliminatoires des Gee-Gees, ces derniers ont défait les Rams de Ryerson, classés huitième au Canada, par la marque de 74-70 pour accéder à la finale à quatre de l’Ontario qui aura lieu les1er et 2 mars à Toronto.
Samedi dernier, les Rams et les Gee-Gees s’affrontaient pour la troisième fois cette saison. Les Rams avaient remporté le premier duel à Toronto, tandis que le Double G s’était repris lors match revanche, le 8 février au gymnase Montpetit, en l’emportant 70-63. Un pointage serré jusqu’aux dernières secondes En fin de premier quart, alors que la marque était 15-12 en faveur des visiteurs, Warren Ward a servi quelques feintes à son couvreur, avant de remettre le ballon à Johnny Berhanemeskel qui a réussi un lancer de la ligne de trois points en plus de subir une faute sur le jeu. Le tireur d’élite a ensuite

ajouté un point depuis la ligne de lancer franc pour réussir un jeu de quatre points. Mehdi Tihani a complété le quart avec un lancer déposé pour amener la marque à 18-16 pour Ottawa après dix minutes de jeu. Du côté des Rams, la première demie a été l’affaire du talentueux garde de pointe Jahmal Jones, qui a été la bougie d’allumage de son équipe, terminant les premières 20 minutes avecune quinzaine de points. Néanmoins, il n’a pu maintenir le rythme, lui qui a seulement marqué quatre points en deuxième moitié de match. Gonthier-Dubue donne la victoire aux Gee-Gees Durant la seconde moitié de la rencontre, Gonthier-Dubue a multiplié les manœuvres payantes dans la bouteille, inscrivant plusieurs points importants. En fin de troisième quart le gros basketteur gatinois a inscrit quatre paniers de suite, dont un dunk magistral a deux mains, en plus de subir une faute sur le jeu suivant et de réussir un lancer sur deux. Manifestement, le centre de troisième année semblait impossible à contrer lorsqu’il était en possession du ballon, lui qui a réussi sept de ses huit tentatives au panier en deuxième demie. « Notre stratégie était de donner le ballon à Gab[Gonthier-Dubue] en dessous du panier. Un de leurs centresétait blessé et nous croyions que c’étaità notre avantage de l’opposer à Bjorn [Michaelsen] »,

L’équipe célèbre après leur victoire contre les Rams de Ryerson. - photo Simon Lalonde Boisvert

a souligné avec justesse, James Derouin, l’entraîneur de l’équipe. Cette stratégie s’est avérée payante pour Derouin, qui a vu, de son propre aveu, Gonthier-Dubue connaître son meilleur match en carrière. Ce dernier a ajouté 21 points à sa fiche en deuxième demie pour assurer la victoire aux siens et terminer la soirée avec 31 points, un sommet en carrière. « Tu travailles tellement fort durant l’année [et] j’ai fait tellement de sacrifices pour

jouer au basketball ici. Aujourd’hui [on jouait notre saison]. J’ai donné tout mon corps, mon cœur et ma tête et ça donne le résultat qu’on connaît », a admis la grande vedette du match, Gonthier-Dubue, visiblement encore ému du résultat du match. Ainsi, Ottawa croisera le fer avec les Lancers de Windsor en demi-finale des Sports universitaires de l’Ontario (SUO), le vendredi 1er mars à partir de 20h. L’affrontement sera diffusé sur le web par le réseau The Score.

BasKetBaLL FÉminin

Ottawa sera de la finale ontarienne
Léa Papineau-Robichaud,
Chef de pupitre
miers points de la rencontre. Le Gris et Grenat ne s’est par contre pas laissé faire. Tout le monde fait sa part Ariane Lachance-Scantland a marqué sur deux des trois lancers tentés, en plus de faire une belle passe à Jenna Gilbert, qui a pour sa part terminé le premier quart avec huit points. Lachance-Scatland et la vétérane ont d’ailleurs continué de donner tout ce qu’elles avaient au deuxième quart. La Gatinoise a marqué six points et effectué deux passes, tandis que Gilbert a marqué huit points et récupéré deux rebonds défensifs. À la mi-temps, la troupe d’Andy Sparks avait réussi à se tailler une avance de 16 points (36-20). En deuxième demie, c’est la joueuse de quatrième année, Alyska Lukan, qui s’est démarquée, elle qui a marqué onze points en plus d’effectuer de beaux replis défensifs. Si la défensive était chancelante en début de partie, ce petit problème s’est

Le Double G a remporté haut la main son match de demi-finale samedi soir contre les Gaels de l’Université Queen’s par la marque de 72-44. L’équipe s’est ainsi assuré une place en finale des Sports universitaires de l’Ontario (SUO).
Les Gee-Gees semblaient nerveuses au début du premier quart, étant un peu chancelantes en défensive. Les Gaels ont d’ailleurs su profiter du manque de cohésion d’Ottawa pour marquer les tous pre-

rapidement replacé puisque l’équipe, forte de la vivacité d’esprit de Kim Cupid et de Kayte Chase, a provoqué 21 revirements. Les cinq dernières minutes de la partie ont semblé un peu plus difficiles pour le Double G, qui était un peu désorganisé. Les Gee-Gees l’ont tout de même emporté aisément 72-44. « Motivées pour le prochain match » « On est tombé en panne [durant] les dernières cinq minutes. On avait perdu notre plan de match, mais, en général, je trouve qu’on a fait un très bon travail. On les a empêchés de suivre leur plan de match et on les a limités à seulement 44 points », a commenté Andy Sparks, l’entraîneur-chef. « C’était important pour nous de connaître un bon départ et de jouer en équipe, surtout que Kellie [Ring] ne jouait pas ce soir », a ajouté Alyska Lukan, après le match. Chaque fille a joué son rôle dans la victoire d’Ottawa pour combler le grand vide que laissait l’absence de la garde de pointe partante de deuxième année, Kellie Ring. « C’était un bel effort d’équipe. Nous faisons du progrès », a souligné Sparks. « En vérité, ce match a bien démontré ce que nous avions en réserve pour les séries, et que nous sommes motivées pour le prochain match », a conclu Lukan. La formation ottavienne affrontera les Ravens de Carleton samedi prochain au pavillon Montpetit à 19 h pour la finale de la division est des SUO.

« En vérité, ce match a bien démontré ce que nous avions en réserve pour les séries, et que nous sommes motivées pour le prochain match » - alyska Lukan, basketteuse de quatrième année.

Avec 18 points, Jenna Gilbert (22) a été la meilleure des siennes dans la victoire contre les Gaels. - photo Jérôme Simon

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tiRs De BaRRage

Retour sur la saison avec Gabriel Gonthier-Dubue

Le Gatinois, Gabriel Gonthier-Dubue, a connu un match de 31 points samedi dernier à l’occasion du premier match des séries éliminatoires. - photo Léa Papineau-Robichaud

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Lysane Caouette
LR : Qu’as-tu pensé de la saison régulière cette année?

Cette semaine, La Rotonde a rencontré celui qui a été nommé un des capitaines de l’équipe de basketball masculin de l’Université d’Ottawa cette année, Gabriel Gonthier-Dubue.
La Rotonde : Pourquoi as-tu choisi le basketball? Gabriel Gonthier-Dubue : Ça a été vraiment intuitif. Il y avait des paniers de basket à l’école et j’étais plus attiré par ça. En plus, j’ai toujours été le plus grand de ma classe. Ça vient aussi de mon ami; son frère jouait au basket et je trouvais ça « trippant ». LR : Qu’est-ce que le basket a apporté à ta vie? GGD : Ça m’a apporté beaucoup de choses, surtout de la discipline et de la persévérance, parce que je n’ai pas été le meilleur des équipes, mais j’ai tout le temps pratiqué à l’extérieur du terrain. Je lançais dehors pendant des heures. Quand je suis entré à l’université, il fallait que je donne mon 100 %. C’est beaucoup de sacrifices. Tu apprends aussi sur toi-même, à contrôler tes émotions et ta gestion du temps. LR : Tu viens de Gatineau. Penses-tu que tu as plus de pression parce que tes amis et ta famille peuvent venir te voir? GGD : Pour être franc, j’en avais beaucoup au début. Ce stress est parti avec le temps et l’expérience. Au début, je me disais que j’avais des preuves à faire, mais maintenant, je fais juste jouer ma game et je suis content qu’ils soient contents pour moi et qu’ils viennent me regarder jouer.

GGD : C’est plutôt un bilan satisfaisant. De toutes mes années passées à l’Université, on a eu notre meilleure fiche cette année. On a eu des bonnes victoires à domicile et on n’a jamais eu un aussi bon match contre Carleton que le dernier, [le 16 février 2013]. LR : Votre dernière partie en saison régulière (contre Carleton) a été assez exceptionnelle. As-tu déjà vécu trois prolongations? GGD : Il y avait eu un match avec deux prolongations, mais je me souviens même plus contre quelle équipe. On a donné notre 100 %, et malheureusement on a perdu, mais on a bien joué. C’est décevant, mais on va encore travailler fort. LR : Est-ce que les Gee-Gees sont prêts pour les séries éliminatoires? GGD : Je pense qu’on est vraiment prêts. On a eu le même parcours il y a deux ans quand on jouait contre Laurentienne. On a eu un regain d’énergie à la partie contre Carleton. On est sur une bonne vague. Nous sommes confiants. LR : Plusieurs membres de ton équipe, dont toi, étaient au match des filles le 15 février dernier. Est-ce que c’est important de s’encourager entre Gee-Gees? GGD : Certainement, c’est très important. C’est difficile pour nous d’aller voir les filles, car normalement elles jouent avant nous et on se prépare pour notre match. Quelques fois la foule n’est pas trop dynamique comparativement à d’autres universités, ils sont là mais plutôt silencieux. C’était vraiment le fun de les encourager ce soir là. Je pense qu’on était les plus bruyants.

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SPORTS

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25 février 2013

DeUx minUtes aU CaChot

* Éto iLes De L a semain e *
match magistral qui m’a tenue sur le bout de ma chaise tout le reste de la soirée. Cette soirée, je ne l’oublierai jamais. Je ne pouvais faire autrement que de tomber en amour avec toi, cher basketball. Comment ai-je fais pour me passer de toi pendant tout ce temps? Ces beaux jeux de passes, ces spectaculaires lancers de trois points, ces époustouflants tirs en suspension, ces superbes replis défensifs: tout fait de toi un sport unique et tellement excitant à regarder. Tu es imprévisible. Tout peut arriver dans un de tes matchs et c’est exactement ce que je recherche dans un sport. Je sais que tu n’as pas fini de me surprendre et de m’épater. Maintenant que je t’ai redécouvert, que tu es entré dans ma vie, je ne peux tout simplement plus me passer de toi. Je t’aime, basketball! Celle qui s’est découverte une nouvelle passion,

Je t’aime, basketball!
Léa Papineau-Robichaud,
Chef de pupitre Cher basketball, Il y a plusieurs semaines que ça me trotte dans la tête et que je cherche les mots pour te le dire. Depuis de très nombreuses semaines, je chantonne toujours pour rien, j’ai des papillons dans le ventre, j’ai les mains moites en pensant à toi et j’ai le cœur qui débat dans ma poitrine lorsque je te vois. Oui basketball, je crois que je suis en train de tomber sous ton charme. Je t’ai pourtant tellement détesté lorsque j’étais au secondaire. Mon professeur d’éducation physique me mettait ce gros ballon orange entre les mains et me disait de courir avec en le faisant rebondir au sol, et de le lancer dans un tout petit panier beaucoup trop haut pour que j’arrive à l’atteindre facilement du haut de mes cinq pieds et deux pouces. Il faut dire qu’à cette époque, et jusqu’à récemment, je n’avais d’yeux que pour le hockey, notre cher sport national. Heureusement, mon travail a fait en sorte que nous nous rencontrions de nouveau et cette fois, dans un meilleur contexte. Un soir glacé de janvier, je devais assister à la Classique de la capitale, deux matchs qui opposent les équipes féminines et masculines de basketball des universités d’Ottawa et de Carleton. C’est ce soir là que j’ai craqué pour toi. Tu m’as offert un premier match serré et stratégique, pour ensuite me présenter un deuxième

myriam english,
volleyball féminin 37,6 points en matchs

Léa

deux basketball masculin 31 points et 7 rebonds contre les Rams de RyMyriam English a été une erson des joueuses-clés de son équipe alors que les L’attaquant de troisième Gee-Gees ont remporté année a joué son meilles grands honneurs en fi- leur match en carrière nale ontarienne, samedi samedi lors des demidernier. En plus d’avoir finales de l’est des récolté 21 points, elle Sports universitaires de a effectué pas moins l’Ontario. Seulement de 18 plongeons, réussi trois de ses 15 tentatives quatre as et 20,9 % de de marquer durant le ses attaques. La Franco- match ont été ratées. Il Ontarienne était aussi a terminé la rencontre fort utile vendredi contre avec 31 points en plus Western, récoltant 16,5 d’avoir récupéré sept repoints et réussissant 56,5 bonds, le deuxième meil% de ses attaques. leur à ce chapitre chez les Gee-Gees.

gabriel gonthierDubue,

jenna gilbert,

basketballféminin 18 points en un match La joueuse de cinquième année a connu une splendide première demie lors du match de demi-finale de l’est des Sports universitaires de l’Ontario, opposant le Double G aux Gaels de l’Université Queen’s. Gilbert a marqué 16 points, dont huit dans chacun des deux premiers quarts, en plus de réussir trois contres. Elle a été une joueuse-clé dans cette victoire.

Les Gee-Gees en bref
Une premiEre mEdaille depuis 1981
Léa Papineau-Robichaud,
Chef de pupitre Dix nageurs de l’Université d’Ottawa participaient au championnat du Sport interuniversitaire canadien (SIC) qui se déroulait à Calgary cette fin de semaine. La nageuse Taylor Moore a remporté sa toute première médaille du SIC. Avec un temps de 2 :11,93, l’athlète de troisième année a mis la main sur la médaille de bronze au 200 m dos. Il s’agit du meilleur temps de l’histoire des Gee-Gees à cette épreuve. Moore devient aussi la première athlète à remporter une médaille du SIC depuis 1981. Nicole Lachance a, pour sa part, terminé 11e à la finale du 800 m style libre, il s’agissait aussi d’une des meilleures performances dans l’histoire des Gee-Gees à cette épreuve. Adam Best et Eryn Weldon ont aussi connu un bon championnat, terminant à plus d’une reprise parmi les dix meilleurs Canadiens à différentes épreuves. Autant chez les hommes que chez les femmes, les Gee-Gees ont terminé au 13e rang du classement général.

Championnes de l’Ontario
Léa Papineau-Robichaud,
Chef de pupitre L’équipe de volleyball féminin de l’Université d’Ottawa a remporté la médaille d’or à la finale des Sports universitaires de l’Ontario (SUO). La formation de Lionel Woods a d’abord remporté son match de demi-finale 3-0 contre les Rams de l’Université Ryerson vendredi soir. C’est Karina Krueger Schwanke, qui a été nommée athlète de l’année des SUO, qui a mené le match avec 14 attaques marquantes. En finale, les Gee-Gees affrontaient les Lions de l’Université York. Il a fallu cinq manches pour finalement couronner le Gris et Grenat vainqueur. Ottawa a remporté les deux premières manches 25-23 et 27-25. York a, par contre, répliqué en remportant les deux manches suivantes. Le Double G l’a finalement emporté en gagnant la dernière manche 15-13. Myriam English a terminé la partie avec 21 points, étant la meilleure de son équipe à ce chapitre. L’équipe ottavienne participera pour la septième fois au championnat du Sport interuniversitaire canadien (SIC) qui se tiendra à l’Université de Sherbrooke du 28 février au 2 mars prochain.

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OPINIONS |

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Des services adaptés.... La force du parti Libéral du Canada : Martha Hall Findlay mésadaptés!
David Buetti, assistant de cours et étudiant à la maîtrise en service social
Je vous écris pour vous faire part d’un phénomène qui, selon moi, est préoccupant au sein de notre université. En effet, je suis nouvellement bénévole au Centre des étudiants ayant un handicap et j’ai été très choqué d’apprendre la présence de critères d’admissibilité rigides incluant la nécessité d’avoir un diagnostic médical pour se prévaloir de certains services du Service d’appui au succès scolaire (SASS). En ce sens, l’étudiant-e qui a de la difficulté à être attentif de façon soutenue en classe, à prendre des notes efficacement ou qui nécessite plus de temps pour compléter ses examens doit faire une demande au SASS qui exige habituellement la présence d’un diagnostic médical (quelque chose s’apparentant au déficit de l’attention probablement) pour se prévaloir de services adaptés. En plus de blâmer l’individu quant à ses difficultés d’apprentissage, le diagnostic requis pour les services de soutien de l’Université encourage la prise de médication et responsabilise l’étudiant-e quant à sa situation de difficulté. Or, pourquoi est-ce nécessairement à l’étudiant-e de se conformer au cadre universitaire et non l’inverse? L’Université d’Ottawa fait-elle vraiment son maximum pour faciliter la tâche des étudiants dans leur apprentissage? Il semble primordial pour notre institution de se remettre en question et de mettre en place un système d’éducation qui donnera à tous et toutes une opportunité égale de s’accomplir et s’actualiser dans le monde universitaire. Au lieu de répondre uniquement aux besoins des personnes ayant des difficultés d’apprentissage, il est de mise de se questionner collectivement à des méthodes pédagogiques qui favoriseront l’inclusion sociale de l’ensemble des étudiants. En ce sens, il semble pertinent pour les professeurs et les facultés de se pencher sur leur méthode pédagogique et d’évaluation. Pourquoi certains professeurs refusent-ils toujours de fournir les PowerPoints aux étudiants sachant que certains d’entre eux ont de la difficulté à prendre des notes efficacement? Pourquoi certains enseignants n’utilisent-ils que des examens à formule d’apprentissage de type « par cœur » au lieu de favoriser l’utilisation d’une diversité de méthodes d’évaluation tels les exposés oraux, les examens maison, etc.? Pourquoi certains pédagogues s’obstinent-ils à utiliser une terminologie complexe sachant que cela cause pour certains des difficultés de compréhension? Certes, mon objectif n’est pas que de pointer du doigt les professeurs dans cette situation: je suis bien conscient qu’ils font souvent face à des classes surpeuplées ou qu’ils ont euxmêmes plusieurs tâches à compléter. Nonobstant, l’Université se doit de faire en sorte de favoriser un climat qui donnera aux professeurs et étudiants le pouvoir d’offrir et de recevoir un accès égal à l’éducation. Trop souvent blâmé à tort de ses difficultés d’apprentissage par le biais de la médicalisation à outrance et de la responsabilisation de l’étudiant-e à se procurer du soutien psychosocial, il me paraît évident que cette problématique complexe et multifactorielle dépasse largement l’accessibilité à des services adaptés. À ce propos, j’encourage fortement le corps professoral et les facultés à se pencher sur cette dernière afin de répondre plus adéquatement aux défis et aux réalités de certains étudiant-es.

Vanessa Cotric, étudiante de troisième année du Programme de droit canadien à
la Faculté de droit à l’Université d’Ottawa Pour la première fois, on peut voter sans frais pour le chef du Parti libéral fédéral sans être membre du parti. Je ne suis pas partisane, mais je suis engagée dans ce concours parce que je crois qu’on est devant un vrai choix parmi les candidats. Je crois fortement que de choisir Martha Hall Findlay, avocate, femme d’affaires, entrepreneure et mère de trois enfants, nous servirait très bien en tant qu’individus et en tant que pays. J’ai rencontré Martha lors de ma maîtrise, après sa première course pour le leadership du Parti libéral. Depuis cette rencontre, j’ai réalisé que Martha est unique: elle comprend la réalité des Canadiens et possède la capacité de songer à des solutions créatives qui répondent aux questions complexes de notre temps présent. Durant mon passage avec le Programme du stage parlementaire, j’ai travaillé avec des députés des deux côtés de la Chambre des Communes et j’avais l’impression que les députés libéraux faisaient des déclarations pour plaire à tout le monde. Cette approche ne fonctionne plus et Martha le sait très bien. Lors de mon stage, Martha disait souvent que la force d’un parti ne réside pas dans une seule personne, soit le chef du parti. La force réside dans l’ensemble de nos voix et parmi tous les membres de l’équipe. C’està-dire qu’elle valorise la contribution de chaque participant dans notre démocratie et elle ne répéterait jamais le « old boys club » qu’on connaissait auparavant. Martha n’a pas peur de traiter des questions difficiles de notre pays. Durant cette session parlementaire, elle a soumis plus de propositions de politiques fédérales que les autres candidats du Parti libéral. Elle est dédiée à l’amélioration des vies des Canadiens et des Canadiennes. Plutôt que de renforcer les divisions idéologiques, elle met ses énergies dans l’avancement de notre société par voie des politiques appuyées de preuves scientifiques et économiques. Elle est une voix pour la prudence fiscale et la responsabilité sociale. Elle n’hésite pas à prendre une position uniquement parce que cette dernière n’est pas populaire. Elle veut servir les besoins des Canadiens et agir dans notre meilleur intérêt. J’étais très impressionnée de la façon dont elle interagissait avec ses collègues d’autres partis. Elle possède l’intégrité essentielle à un membre du Parlement, mais de plus, elle va plus loin en propageant ses vues sans dénigrer les autres, en respectant des perspectives opposées. Soit par voie des comités parlementaires, soit par voie de ses rencontres de presse, Martha rend toujours le gouvernement responsable dans le but de donner les réponses au public canadien. Vu le climat économique et politique du monde, on a besoin d’un chef au fédéral qui apprécie l’interaction des réalités juridiques, économiques, politiques et sociales. Son expérience comme avocate en droit commercial international et comme entrepreneure lui donne la capacité de traiter, de façon créative, des questions de gouvernance qui nous attendent. Martha Hall Findlay contribue un espoir et une énergie sans précédent au Parti libéral, et elle a la capacité et le courage de présenter une vraie alternative aux voix socialistes et conservatrices au Parlement.

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Les Ftx De tRoUBLes
Édition du lundi 25 février 2013 VOLUME LXXXI NO19

Quand t’es tabou d’idées
Religion. Qui dit religion dit, bien évidemment, tabou. C’est tellement tabou que même le fait de vouloir le « détabouïser » est tabou. Effectivement, quand tu parles de religion, tabou avoir les meilleures intentions, la seule chose à quoi t’aboutiras sera quelque chose de tabou. Le gouvernemal de notre Premier sinistre La Harpe ainsi que notre sinistre des affaires étrangères, monsieur John Tweety Bird, ont mis sur pattes (les bureaux n’ont pas de pieds) un Bureau de la liberté de religion. Nous avons peu d’informations à l’égard du travail réel qu’effectueront les employés de ce nouveau Bureau carrément (le gouvernemal a précisé qu’il ne couperait pas les coins ronds avec ce Bureau) indispensable à la survie du système fédéral canadien. Toutefois, semblerait-il que de promouvoir la liberté de religion à travers le pays soit l’un de ses principaux objectifs selon notre expert en sujets tabous, le Religieux de Fauteux: « Il est évident que l’article 2 de la Loi Constitutionnelle de 1982 nous qualifiant la liberté de religion comme un droit fondamental est un article désuet! Ça nous prenait ABSOLUMENT des bureaucrates soumis aux pressions populaires afin de répondre à ce besoin imminent de protéger cette liberté outrageusement restreinte par le peu d’accommodements raisonnables offert par notre pays aux étrangers! » Les FTX de Troubles appuient totalement l’idée d’amener la Bible, la Sunna, le Coran, le Dharma, le Véda et autres doctrines religieuses sur les bureaux de nos fonctionnaires canadiens. Nous croyons sincèrement que de dépenser une coquette somme de cinq millions de dollars pour une cause aussi préoccupante, alors que l’économie est tabou de souffle, est indispensable à la population. Puis, comme le dit si bien notre esti de Premier sinistre: « Saink milyon cé bocope moins qu’le salère de Scott Gomez qu’le Canayen de Moréal à le payé pour racheter le cotra du joueurre et creyé mouah qu’on va en convertir des intolérants religizieux. » Même que, face à de si puissants arguments, l’opposition officielle a eu de la difficulté à s’opposer officiellement à la création du Bureau: « Ayoye, Harpeux a vrément sorti les big guns, on sait pas qué y réponde », nous a lancé monsieur Mou-Clair. Les FTX de Troubles se sont donc empressés de demander l’avis d’un gars qui fouettait un poteau dans la rue à Policoquin. Ce dernier nous répondit comme suit: « Tsé moé la liberté de religion pis toute, j’bin ouvert à ça, surtout sissé du catholique. Mais les ostis de turbans ça a pas sa place icitte! J’supporte ça moé la liberté. » Cette intervention va de concert avec celle que l’on retrouve sur la page du Bureau où il est indiqué que le travail du Bureau s’effectuera en collaboration avec des partenaires qui partageront la même vision que notre pays. Qu’en sera-t-il de ceux qui auront une vision des choses différentes? Ça commence bien… la liberté au détriment de la liberté d’expression. Les FTX de Troubles commencent à penser que La Harpe est tabou du rouleau!

109, rue Osgoode Ottawa, Ontario K1N 6S1 TÉL. : 613 421 4686

RÉDACTION
Rédacteur en chef Vincent Rioux redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Hamdi Souissi revision@larotonde.ca Jeanne Strasbourg, Kayla Cloutier correction@larotonde.ca Actualités Émilie Deschamps (cochef) actualites@larotonde.ca Philippe Pépin (cochef) reportages@larotonde.ca Lina Maret informations@larotonde.ca Camille Lhost nouvelles@larotonde.ca Arts et culture Lina Maret (intérim) culture@larotonde.ca Sports Léa Papineau-Robichaud sports@larotonde.ca Opinions et procrastination redaction@larotonde.ca Web Élise Vaillancourt web@larotonde.ca Directeur de production Simon Lalonde Boisvert production@larotonde.ca Directeur artistique Maxime Charlebois direction.artistique@larotonde.ca Photographe Jérôme Simon photographe@larotonde.ca

-Les Fauteux de troubles

oViLa CastongUay

ADMNISTRATION ET VENTES
Directrice générale Alexandra Scott-Larouche direction@larotonde.ca Publicité Chantal Lagueux Réseau Sélect chantal.lagueux@tc.tc Prochaine parution Lundi 4 mars 2013 La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2 500 copies dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

La Rotonde souhaite remercier les contributeurs de la semaine :
Katelin Onishi Les Fauteux de Troubles Kyle Climans Myriam Bourdeau-Potvin Fortunat Nadima Mathilde Marchand Philippe Marceau-Loranger Lisa Pitre

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