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Rosny, Léon de (1837-1914). La Morale du Bouddhisme, par Léon de Rosny. 1891. 1/ Les
Rosny, Léon de (1837-1914). La Morale du Bouddhisme, par Léon de Rosny. 1891. 1/ Les

Rosny, Léon de (1837-1914). La Morale du Bouddhisme, par Léon de Rosny. 1891.

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-sS;

4

LA MORALE DU BOUDDHISME

est aussi

il est des

cas où

alors

gion elle ne peut

absolument

soumise

une philosophie,

le privilège et immuables

de dogmes

est

plus

conserver

arrêtés

: elle

à la loi du progrés

et à toutes

ses consé-

quences.

marche

à la

Condamnée

à suivre

évolutive

devancer,

de l'esprit

elle participe

presque

humain

à ses

pas à pas la et rarement

périodes

de

grandeur

subit

fiques

assises

comme

à ses

instants

d'abandon

les incertitudes

; le scepticisme

des investigations

a droit

de séance

et dans

ses conciles.

: elle

scienti-

dans

ses

Malheureusement

inculte

qui,

par

pour

le nombre,

les religions,

fait

leur

force

la foule

et leur

puissance,

manière

elle

ne se contente

vivre

d'elles

la

le devoir

:

surna-

pas d'apprendre

de bien

et de pratiquer un

les oblige

dans

à lui

ses misères

promettre

d'ici-bas,

appui

turel

une rémunération

au delà

elle

de son

existence

est plus

exigeante

terrestre.

encore

: elle

De nos

entend

jours,

rece-

voir

des réponses

à ses questions pas aux ministres

de l'inconnu

a contraint

catégoriques et ne reconnaît

plus indiscrètes,

du

pour arriver

culte

la faculté

de se prévaloir

à s'y soustraire.

la masse

C'est ainsi

ignorante

que

les

presque

se réfugier

toujours

dans

les gouvernements des formules

ambiguës

des âmes

à

et

à re-

LA MORALE DU BOUDDHISME

5

courir

sources

d'une

façon

plus

de l'ésotérisme,

ou moins

avouée

afin de satisfaire

aux

res-

à la fois

aux besoins

d'affirmation

des coeurs

simples

et à

l'impatiente Le côté

d'être,

religion

au

maintenir

curiosité

des esprits

inquiets. est certainement

mesure,

faible

moins

du Bouddhisme

dans

une certaine

une

doublée

dans

d'une

les voies

philosophie.

d'amour,

S'il eût pu se

de charité

et de

commisération

vertes

porte, de nombreuses

lui

avait

si largement

ou-

im-

que

réel ou supposé, sans doute

échappé

son fondateur,

il aurait

peu

aux dangers

dissidences.

Les spéculations

phi-

losophiques,

dans

sectes

qui

son

sein,

hétérodoxes,

n'ont

pas

ont

bientôt

et il en

tardé

à s'introduire

 

donné

accès

à

des

est résulté

des doc-

trines

où

l'on

est porté,

si on

n'en

multiples pas suffisamment

incroyables

ap-

à voir

les principes,

dans

profondit

les

écarts

la manière

de

plus

comprendre

le grand

problème

de

de la destinée.

Un examen

trines

peut

y faire

constater

superficiel la culture

la vie

et celui

de ces doc-

du déisme

en même tempsque

dans la perpétuité

son complet

celle de l'athéisme,

à côté

de l'âme

anéantissement.

la croyance de la foi dans

De pareilles

contradictions

apparentes

que réelles,

et une

sont

analyse

en vérité

plus

minutieuse

6

LA MORALE DU BOUDDHISME

des diverses

couvrir

théories

une unité

bouddhiques

fondamentale

ne peut méconnaître

lontairement

complice

ensuite

qu'en de toutes

permet

de dé-

de dogme se rendant

sortes

qu'on

vo-

de malen-

tendus.

Mais

dhisme

ce n'est

pas de

la philosophie

du Boud-

dont

je me propose

de parler aujourd'hui.

Cette philosophie

voir

être exposée

longue

qu'en

haleine,

l'envisageant

est trop ailleurs

complexe que dans

et il

convient

de

tour

à tour

sous

pour

pou-

un ouvrage ne l'aborder

de

chacune

de

ses faces principales, d'une vue d'ensemble

savante

Mon

tention

conception but est plus

de signaler

sauf à tenter

ensuite

l'esquisse faire ressortir

bien

la

pour de son économie

modeste

quelques

générale. : j'ai seulement

aspects

l'in-

particuliers

de la morale

tiellement

d'une religion

à la race

de

nos

qui appartient ancêtres

premiers

essen-

ci-

vilisés. L'étude

de cette

morale

fournira,

je pense,

un nouveau

de nos aïeux

nos

tirer

pères,

parti

delà valeur intellectuelle

témoignage

asiatiques,

et la preuve

que les Aryas, ans, savaient

qui per-

il y a plus

de deux

mille

aperceptions

de ces puissantes

mettent

aux hommes

siècles

et de déchiffrer

profondes

énigmes

de devancer

à longue de l'avenir.

la marche

des

distance

les plus

LA MORALE DU BOUDDHISME

7

En somme,il

n'y a pas deux à moins

bonne

les dis-

morales,une

préfère

et une mauvaise, de mots

putes

qu'on

à l'intelligence autant vaudrait

des idées. Admettre

soutenir

qui

une

deux morales,

du bien

qu'il existe

rela-

locale,

est bon

et du bien

imaginer

est mauvais.

morale

qui

Au

tive,

une morale mondaine

ce

plus

pourrait-on

une morale

mais

Quoi

une morale

incomplète,

avec une morale

sûr rétrécir

religieuse

en parallèle

serait

à coup

la

ascétique;

question.

une morale

qu'il en soit,

doit

avoir

plus

qu'une

s'affirmer

la prétention morale

excellente,

d'être quelque conventionnelle

ou ne

rien

être

chose

: elle

du

tout.

lui

on

préoccupe

absolument

corollaires

trouve

des

côtés

faibles,

des considérations

qui

adéquates,

c'est qu'on

bâtards

et hétérogènes.

c'est

ne lui

qu'on

sont

lui associe

de

doit

Si

se

pas

des

La vraie

même

tions

n'a été résumée

aisément

morale

qu'il

être partout des condi-

part,

la

doit,

en outre,

y ait à tenir

de climat.

parole

sans

compte Si, nulle

de temps

elle

ou

par une

et plus

plus simple

que celle

de l'Évangile:

compréhensible

« Aimez-vous

les uns

les mêmes

les

autres

elle a

», partout elle a eu

elle

heu-

fait mouvoir

le même

a pu être appliquée

ressorts,

partout

Dans la pratique

d'une façon

seulement,

objectif.

plus ou moins

8

LA MORALE DU BOUDDHISME

ou moins

conforme

à ses propres

Au

de

exi-

fond,

Dieu

céleste

reuse,

plus à ses

revendications.

gences,

elle

est

ont

tous

un même

propres la même,

Les enfants

de

leur

toujours

reçu

Père

en héritage confraternel.

instinct

Et si cet instinct

ne fonctionne

c'est

par celui

traîner

rence vitale,

de

absolue

fortuitement

ne varie

et de pensée en faisant

doit parvenir

il le devrait,

pas sans

par

cesse comme

le fait

délétères

jamais

bien

de l'ignorance

que

Si l'être

se laisse

en-

de la concur-

les échos

une

et

que

elle

plutôt

du raisonnement.

les conseils

il ne tarde

par

à entendre

La morale,

la réaction

conscientielle.

essence,

ne peut

donc varier

et comme

par son

dès

dans ses applications;

lors

que par l'insuffisance

qui la mettent

de savoir

c'est

qu'on

de ceux

en oeuvre,

à l'étude

appel à lui assurer

et à la réflexion

ses véritables

bases.

La morale,

faut faire

sur

en effet, nous

enseigne

qu'il

le bien,

les bords

à savoir,

tinct

et jamais

on ne l'a compris

ou sur

ce que

autrement

du Gange

il est vrai,

donne

ceux du Jourdain.

c'est que

le bien.

Reste

L'ins-

nous

un commencement

il ne

suffit

de réponse nous

que

à la question,

donner

mais

la

pas pour à l'instinct

tout entière.

Cest

généreuse un être

nous

devons cette tendance

qui

nous

et compatissante

fait chercher

en dehors

de nous

LA MORALE DU BOUDDHISME

et

nous

tinct

n'est

il se laisse

à l'aimer.

prédispose pas de sa nature

Cependant

exclusivement

l'ins-

altruiste

entraîner

bien souvent,

avec d'assez

fai-

bles résistances,

lateur

de

appartient

de

aux calculs

lui

est nécessaire

le construire

notre

économie

intime

de Fégoïsme.

: ce régulateur,

avec

tous

Un régu- il nous

les ressorts

et

de

l'édifier

sur

la

double

base

de notre

conscience

et de notre

raison.

C'est pour l'accomplissement

de ce travail

intérieur

que l'homme

doit apprendre

et doit réfléchir.

L'en-

seignement

religieux,

qui a pour

but

les moyens

haut enseignement

d'apprendre

qu'il

voir:

dhisme.

c'est, à tous

égards,

et de réfléchir,

soit

possible

l'enseignement

de lui donner

est le plus

de conce-

du Boud-

Est-ce

à dire

que cet enseignement

ne se ren-

contre

aussi dans le Christianisme?

que dans le Bouddhisme

et n'apparaisse

pas

Assurément

non.

Les

chrétiens

philosophes

que

ont

bien

celles

raison

de soutenir

les grandes les

même

du Bouddhisme

seul

des arguments en

cas, ne sont

vérités,

être rapportées

par

Leur

qui portent

à la

tort

soi

pas

comme

source

doivent

autres,

du Christianisme.

vérités

est d'essayer

historiques.

de le démontrer

Il y a des

leur démonstration,

du ressort

et qui, en tout C'est

de l'histoire.

prendre

une peine

9

;

io

LA MORALE DU BOUDDHISME

bien inutile

le vrai,

que la beauté

fection,

si le but

fection

est l'idéal

de chercher

à établir

que de l'éternelle

parfaite dérivent est d'insinuer

d'une

certaine

que l'éternelle

doctrine

le bien,

per-

per-

et non

l'idéal

des autres.

Des arguties

de ce genre

de vue

point

sont

non seulement

misérables

au point criminelles

de

la

ré-

faire

bonoe

boud-

dans

la philosophie,

pratique,

mais elles

sont

puisqu'elles de diviser

ne peuvent les hommes

avoir d'autre

et de leur

sultat

oublier

que la sainte

: In terra pax hominibus

chrétienne

que

que la loi

parole

voluntatis!

La morale,

aussi

bien

dhiste,

établie

n'est

rien

autre

en vue

de l'oeuvre

chose

d'amour

éternelle

de la nature.

L'oeuvre

éternelle

de la

nature,

c'est l'évolution

des

le Grand-Tout,

que

êtres

leur

en voie

sortie

de

dont

était

dans

sont

une nécessité

retour

ils

ne

le Pantos,

dans

sortis

pour

que parce résoudre

le problème

de la Perfection,

problème

qui eût

été

à jamais

par conséquent

ne lui

nière

insoluble

si le corollaire

de Liberté

et de sélection

et

de mouvement

Telle

modernes

avait été acquis.

les écoles

le mécanisme

est, du moins,

duMahâyâna

la ma-

com-

et il

ma-

dont

moral

de l'univers;

que

prennent ne serait

d'établir

pas impossible

cette

LA MORALE DU BOUDDHISME

n

nière

lui-même

de voir

a été celle du bouddha

ou de ses premiers

adeptes.

Çâkya-Mouni

Avant

rant

leur

de retourner

existence

dans

dans le Grand-Tout,

et du-

le monde

de la forme,

les

êtres doivent

travailler

sans relâche

à l'accomplis-

sement

obtenir

peuvent

Pourana.

dhisme,

de leur

mission

temporelle.

Ils peuvent

le salut

parla science,

le gagner La science

au moyen et l'amour

ditun

Oupanichat;

ils

de l'amour,

sont,

dans

dit un

le Boud-

les deux

facteurs

essentiels

de l'univers.

On

association

création

fasse usage en rendre

ne saurait

autrement

arbitre

leur

expliquer

que le motif

par

le libre

de

la

avec

; et je ne pense

d'un

le Christianisme

pas que

autre genre

de raisonnement

soient

pour

les deux

boud-

la condi-

compte. que l'Amour

essentiels

ils ne

Bien

coefficients

dhique,

tion

et la Science

dans le dogmatisme à titre

égal

l'un l'autre,

le sont

qu'à de se confondre

de se compléter

de devenir

et même

l'amour

peut

en quelque

chose. Jusqu'à n'est

une

seule

sorte,

leur complète

unification,

véhicule

à l'aide

l'être

n'est

qu'un

duquel mais l'Amour

Sil'être

obtenir

Connaissance

véhicule,

la Connaissance,

pas la

pas ce

elle-même.

ne possède

et jusqu'à

ce qu'il

l'ait acquis,

il est con-

damné

à suivre

la chaîne des transmigrations

dont

12

LA MORALE DU BOUDDHISME

il ne parvient

paraître

tant

à se délivrer

avoir

fait dis-

résul-

le

qu'après les entraves

non seulement

toutes

de sa condition

mais

corporelle, de ces entraves.

encore

la réminiscence

souvenir,

« Il faut,

dit la loi

bouddhique,

pour atteindre

au nirvana,

viduelle,

science,

perdue.

perdre

oublier

et ignorer »

conscience

ensuite

enfin

qu'on

qu'on

de la fonction

indi-

a perdu a oublié

cette

con-

de l'avoir

Sous l'empire que l'instinct

d'une

égoïste

telle morale,

voit

sans

cesse

il est évident

se rétrécir

la

place

qu'il

s'est

arrogée

dans l'économie

intime,

en même

altruiste.

temps

Mais

que grandit le sentiment

celle

altruiste,

du sentiment

lui aussi,

ne

transitoire

suprême

plus

dans

de son

le tra-

évo-

représente

vail émancipateur.

qu'une

période Le terme

émane

lution

doit

le conduire

d'où

à ne

aimer

l'é-

que et où tout

ternel principe

tout

amour

amour

doit nécessairement

revenir.

L'énonciation

de

cette

idée fondamentale

sur

laquelle

repose

le Bouddhisme

a provoqué

bien

des malentendus

reurs.

gratuite

le nirvana

et ouvert

la porte ici

à bien

des er-

n'ai

Je

à discuter

affirmation

une

pas trop souvent

ne

serait

et suivant

chose

répétée,

laquelle

la perte

rien

autre

que

absolue

de l'individualité,

la confusion

des

âmes

LA MORALE DU BOUDDHISME

r

13

dans

le néant.

Autant

vaudrait

dire qu'un du moment

rouage

de montre

a cessé d'exister

du moment

où il a été

partie

mis à sa place,

où il est devenu

intégrante

la grande sans

nitive,

d'une montre.

L'être

est

un rouage

machine:

pour

il prendra cela cesser

sa situation

d'exister,

lorsqu'il

de

défi-

sera

devenu

de la dynamique

assez parfait

pour répondre

universelle.

aux exigences

Quant

au reproche la morale

une

dénature

d'égoïsme

de plus

contre

qu'à montrer

machie

bouddhique,

fois

non seulement

a formulé

aboutir

qu'on il ne

peut

combien

la logo-

les faits

et

les

idées,

mais

nous

entraîne

même,

lorsque

nous

voulons

l'absurde.

les apprécier,

On

a dit,

aux dernières

par exemple,

que

limites

de

le Boud-

dhisme

se désintéresser

gir

était égoïste,

vue

qu'il incite

l'homme

pour

à

n'a-

!

le

parce

choses

salut

le plus

des

du monde

du

dont

Égoïste

qu'en

personnel.

grand

défaut

est peut- l'intérêt

l'ex-

com-

Bouddhisme,

être

de l'individu,

Égoïste!

trême l'amour

de ne pas sauvegarder

en songeant une doctrine

de toutes

suffisamment

trop

a poussé

à la collectivité.

jusqua et la

qui

les créatures

plète abnégation

Faire

le bien

du moi.

ici-bas

dans

l'espoir

pense d'outre-tombe,

tel est le précepte

d'une

récom-

de presque

14

LA MORALE DU BOUDDHISME

toutes

côté faible

les religions.

de notre

ce sens

qu'il ravale

Ce précepte,

qui repose

sur

le

organisme,

la dignité

laisse

à désirer,

en

de l'homme.

L'idéal

est évidemment

amoindrir

cenaire.

de faire

le bien

le bien,

sans

mer-

pour

la valeur

Le correctif

On

que

de l'acte

une attente

par est énoncé

qu'il

désirable

dans

le

le

Bouddhisme.

bien,

complir

faut pratiquer

y enseigne

le

bien

oeuvre

est nécessaire

de la nature;

ac-

pour que se con-

parce

la grande

former

la

seule

aux exigences satisfaction

de cette

vraie

grande

que

puisse

l'être dégagé

des entraves

de la forme

oeuvre

est

goûter et de tous

les

assouvis,

désirs

continuelles

qui,

sans

n'aboutissent

souffrances.

cesse

renouvelés,

qu'à des déceptions

jamais

et à de

Il n'est

satisfactions

pas impossible

impersonnelles

de se former

de l'être,

une

idée

des

alors même

n'a

qu'il

intellectuelle

pas

s'est affranchi

encore

obtenu

l'état

l'on

ne parvient

de l'esclavage

des

de supériorité

que lorsqu'on et de l'illu-

sens

sion

du

moi

ou

frances.

N'arrive-t-il

âtman,

cause

de

pas notamment

tant

de

souf-

à l'homme

de goûter

une véritable

joie, une oeuvre

succès couronne

de laquelle

durer

après

il

soi

a participé? une

entreprise

du

seul

fait

que

le

à l'accomplissement

L'ambition

utile

qu'on

de

voir

a com-

LA MORALE DU BOUDDHISME

15

mencée

mique

qu'une de notre

ne procéde-t-elle

pas d'un sentiment

cos-

où l'égoïsme assez faible

confortable,

ne revendique Le sacrifice

part?

des jouissances

déjà

plus

volontaire

qui

nous

sont offertes,

de

poursuite

chose

de la vie même

sacrifice

idée,

nous

accompli ne révèle-t-il

que

parti

délibéré,

d'une

le

besoin

de satisfaire

que

purement

notre

personnel

renommée

? Est-ce

que

nous

bien

voulons

abrégeons

pour

la

pas

autre

un

intérêt

notre

nom,

voir

sur-

vivre

à notre

courte

que

nous

avons

machine

existence,

avons

pour de l'Univers

ou

conçue,

bien

le

plutôt

rouage

la pensée nous

construit

le

? Et

service

de

que

la grande

pas imaginer

bonheur

traverseront,

porteront

rable

ne peut-on son

place

un homme

d'étude

qui

dans

la confiance

ses découvertes

que le cours

fécondes,

des siècles

et ap-

solide

pour bâtir l'incompa-

une pierre

édifice de la Connaissance?

La Connaissance!

aspiration

Tel

est le but

sans

réel

en

et la

doit

suprême

Le progrés

cesse

du bouddhiste.

doit

suprême

être continu,

tionner;

moral.

l'augmentation

moral.

le monde

le seul

se perfec-

mais

Ce qu'il

est le progrés c'est

progrés faut réaliser

ce monde,

graduelle

et constante

de ce progrés

à multiplier

Le moyen

consiste

d'y parvenir

i6

LA MORALE DU BOUDDHISME

le nombre

revient

des collaborateurs

le nombre

de la pen-

sans cesse

sée, ce qui

de la suprême

à dire,

des pionniers

émancipation.

Commeconséquence

droit

les

de

pratique,leBouddhismedemandepourtousle

au

du

afin

de donner

à chacun

repos

corps, de mettre

Assurer

en mouvement

à autrui

telle

les rouages le calme nécessaire

moyens la réflexion.

pour se recueillir,

haute application

est la meilleure

et la plus

de la Charité.

Mais

l'homme

ce n'est

pas seulement

la compassion le Boud-

la nature

de

pour l'homme

que préconise regard embrasse

soient,

et même

n'a

dhisme

entière.

: son immense

Les êtres,

sont tous

des-

quels qu'ils

et par les êtres,

tinés

les animaux,

ganiques.

contesté

mentaire,et

il faut

entendre

au nirvana;

les végétaux, Le Christianisme

les corps

inor-

pas absolument

d'une

aux animaux

âme rudi-

une ombre

lapossession

saint Augustin

leuraccorde

de la Connaissance

(quoedatn Scientioe similitudo).

Il

loin

: il admet,

non seulement

chez

les

va

plantes,

chose qui ressemble

plus

mais jusque

chez

les minéraux,

quelque

à l'amour

(yelut amores corpo-

Les bouddhistes

n'ont

inorganiques, et se désa-

rummomentasuntponderuni).

pas eu d'hésitation

elles aussi,

grègent

: les substances

se développent,

s'agrègent de l'évolution

suivant

la loi générale

et du

~nr.-,"

LA MORALE DU BOUDDHISME

17

transformisme.

l'univers.

Nulle

Supposer

la vie n'est

absente

dans

part un endroit

la vie

n'existe-

rait pas, serait

n'est qu'une

un non-sens,

une absurdité.

La mort

illusion,

la formule

d'un malentendu

elle

sités mêmes

ne se manifeste

en apparence

de la vie qui exigent

que par les néces-

sans cesse

le mou-

vement,

sans

cesse

des combinaisons

nouvelles.

Du moment

s'étendre

à tous

où la vie est partout,

l'amour

les

êtres

sans exception

;

doit

et du

moment

souffrance

droit

tous

les

êtres

avant d'aboutir

à la Charité.

ont

à lutter

à la libération,

contre

tous

la

ont

Le Bouddhisme

est, de la sorte,

essentiellement

une religion

jouissent

nécessaires

d'amour.

Les êtres,

sans distinction,

tous

à ses

yeux

atteindre

pour

des qualités

virtuelles

à

la

Connaissance.

A un moment

est vrai,

donné,

ils n'occupent sur l'échelle

dont

dans

il

tous,

pas

la même

qu'ils

place

zoologique vie les

il est juste

conséquences et qui les a laissé

de bonnes

tences

d'obtenir,

moins

après

supportent

chaque

de la liberté

libres

ils ont

été investis

volontairement

durant

leur

favorable