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UNIVERSITÉ DE LAUSANNE ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES Facturation des services à valeur ajoutée dans

UNIVERSITÉ DE LAUSANNE

ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Mémoire présenté par Philip Baertschi

en vue de l'obtention du

Diplôme postgrade en informatique et organisation

Année académique 1999-2000

devant le jury composé de :

Prof. Solange Ghernaouti-Hélie, directrice du mémoire M. Bertrand Lathoud

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 2 Philip Baertschi, Octobre 2000

TABLE DES MATIERES

BIBLIOGRAPHIE

4

SITES WEB DE REFERENCE :

5

1. INTRODUCTION

6

2. LA FACTURATION DANS LES RESEAUX GSM

11

2.1

SURVOL TECHNOLOGIQUE DU GSM

11

2.1.1 Introduction

11

2.1.2 Vue d’ensemble du fonctionnement du réseau GSM

12

2.1.3 Le système cellulaire

13

2.1.4 La station mobile

14

2.1.5 Le sous-système de Stations de base

15

2.1.6 Le sous-système de commutation du réseau (NSS)

16

2.1.7 Le sous-système de gestion du réseau (NMS)

17

2.1.8 L’interface radio du réseau GSM

18

2.1.9 Le handover

19

2.1.10 Exemple : L’établissement d’une conversation téléphonique

20

2.2

LA FACTURATION DANS LES RESEAUX GSM

21

2.2.1 Principes

21

2.2.2 La facturation du point de vue technique

22

3. LES RESEAUX SANS FIL A COMMUTATION DE PAQUETS

27

3.1

LE GENERAL PACKET RADIO SWITCHING (GPRS)

28

3.1.1 Architecture du réseau GPRS

29

3.1.2 L’interface Air du réseau GPRS

31

3.1.3 L’établissment d’une session GPRS

31

3.2

L’UNIVERSAL MOBILE TELECOMMUNICATIONS SYSTEM (UMTS)

33

3.2.1 L’interface radio de l’UMTS

34

3.2.2 La structure cellulaire

36

3.2.3 L’UTRAN

37

3.2.4 Le réseau principal

37

4. LA FACTURATION DES SERVICES DANS LES RESEAUX MOBILES A COMMUTATION DE

PAQUET – POINT DE VUE TECHNIQUE

39

4.1 INTRODUCTION

40

4.2 FONCTIONNEMENT TECHNIQUE

40

5. LA FACTURATION DES SERVICES DANS LES RESEAUX A COMMUTATION DE PAQUET –

POINT DE VUE ECONOMIQUE

43

5.1 PRINCIPES

43

5.2 LES DIFFERENTS PARAMETRES QUI INTERVIENNENT DANS LA TARIFICATION

44

5.3 CATEGORISATION DES SERVICES A VALEUR AJOUTEE OFFERTS SUR INTERNET ET/OU PAR LES

 

OPERATEURS

47

5.3.1 Où sont les revenus ?

47

5.3.2 Comment se répartissent les revenus dans la chaîne de valeur ?

47

5.3.3 Catégorisation des services a valeur ajoutée

49

5.3.4 Stratégie possible pour les opérateurs

52

5.3.5 Essai de tarification de deux produits : la messagerie unifiée et le trading on-line

53

5.4

ILLUSTRATION : LE SERVICE I-MODE DE NTT DOCOMO

56

5.4.1 Architecture du système i-mode

58

5.4.2 La facturation dans le système

59

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 3 Philip Baertschi, Octobre 2000

5.4.4 Facteurs de succes

61

6. FOURNISSEURS DE SOLUTIONS CCBS POUR LES RESEAUX GPRS

62

6.1 AMDOCS EN GÉNÉRAL

62

6.2 AMDOCS ENSEMBLE

62

7. CONCLUSION

65

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 4 Philip Baertschi, Octobre 2000

BIBLIOGRAPHIE

? Newsletter, IP Customer Care & Billing News, No. 4 – June 2000, Belle Systems.

? *GSM Introduction Course v.2, Nokia Telecommunications Oy.

? Mobile Communications, Informa Telecoms Group, édition du 21 juillet 2000.

? An overview of the GSM System, Javier Gozálvez Sempere, Communications Division, Department of Electronic & Electrical Engineering, University of Strathclyde, Glasgow, Scotland. Disponible sur http://www.comms.eee.strath.ac.uk/~gozalvez/gsm/gsm.html

? *AMS perspective on Billing for GPRS, présentation de AMS Telecommunications lors de la conférence Billing 2000, Washington DC, USA, Juin 2000.

? An introduction to General Packet Radio Service, Simon Buckingham, Mobile Lifestreams Ltd, Janvier 2000. Disponible sur

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http://www.gsmworld.com/technology/yes2gprs.html

? *Billing for Mobile Internet Services and M-Commerce, présentation de Paul Bishop, Market Development Director, Cap Gemini Telecommunications.

? *Customer Care & Billing Solutions for Next Generation Services and Networks, présentation de Darren McKinney, Marketing Manager, Mobile Internet, Solect Ltd.

? *Mobile Internet Practice, Cluster Consulting, novembre 1999.

? I-Mode - Japanese version of WAP, auteur non-communiqué, disponible sur http://www.cellular.co.za/imode.htm

? I-Mode – a sophisticated WAP-like service from Japan, Mika Marjalaasko, Helsinki University of Technology, mars 2000, disponible sur http://www.hut.fi/~mmarjala/imode.html

? UMTS – basic network architecture, Roman Morawek & Hüseyin Oeczelik, janvier 2000, disponible sur

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http://stud3.tuwien.ac.at/~e9625078/Arbeiten/Umts/Umts.html

? Baromédia 2000, Ringier Romandie, disponible sur

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http://www.webdo.ch/bc/baromedia_2000/baromedia2000f.pdf

? Docomo « i-mode » - Towards mobile multimedia in 3G, présentation de Takeshi Natsuno, Media Director, Gateway Business Department, NTT Mobile Communications Network, Inc, disponible sur http://www.gsm.org/technology/takeshi.zip

?

*Documents non publics.

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Page 5 Philip Baertschi, Octobre 2000

SITES WEB DE RÉFÉRENCE :

? I-Mode : http://www.nttdocomo.com/i/index.html

? Union Internationale des Télécommunications : http://www.itu.int

? European Telecommunications Standard Institute : http://www.etsi.org

? Actualités du mobile : http://www.cellular.co.za

? UMTS : http://www.umts-forum.org

? GSM Association : http://www.gsmworld.com

? Actualité sur le « billing » : http://www.billingworld.com

? Site d’information sur le « billing » : http://www.billingforbusiness.com

? Produit CCBS : http://www.amdocs.com

? Produit CCBS : http://www.gtl.com

? Produit CCBS : http://www.kenan.com

? Produit CCBS : http://www.lhsgroup.com

? Produit CCBS : http://www.savera.com

? Produit CCBS : http://www.claculus.co.uk

? Produit CCBS : http://www.ehpt.com

?

?

?

?

?

?

?

?

?

?

?

?

?

?

?

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Page 6 Philip Baertschi, Octobre 2000

1. INTRODUCTION

Le monde IP sans-fil représente la fusion de deux marchés parmi ceux qui connaissent actuellement la plus forte croissance: la téléphonie mobile et l’Internet.

La téléphonie mobile existe depuis le début des années 80. Les différents pays ont malheureusement opté sans concertation internationale pour des standards forts différents. Pour les pays européens, on peut notamment citer TACS 1 , NMT 2 , … .

Durant les années 80, les différents pays ont donc utilisé de nombreux systèmes de téléphonie mobile différents et incompatibles.

Face à cette situation peu souhaitable et pour favoriser le développement de la communication mobile, la CEPT 3 a décidé de fonder un groupe qui avait pour tâche de spécifier un système de téléphonie commun à l’Europe de l’ouest : le Groupe Spécial Mobile, dont on a tiré l’acronyme GSM 4 .

La compatibilité internationale de ce système, la réduction de taille et de poids des terminaux (téléphones mobiles) ainsi que l’abandon des monopoles nationaux des télécommunications ont représenté des facteurs importants influençant l’explosion actuelle du marché de la télécommunication mobile.

L’évolution du nombre d’abonnés GSM en Europe a été fulgurant ces dernières années. La Suisse a connu pareille évolution :

50% 40% 30% 20% 10% 0% 1996 1997 1998 1999 2000 Série1 9% 14% 26%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
1996
1997
1998
1999
2000
Série1
9%
14%
26%
34%
50%

Evolution du nombre d’abonnés GSM en Suisse 5

1 Total Access Communication System, introduit au Royaume-Uni en 1985.
2

3 Conférence Européenne des Postes et Télécommunications 4 L’acronyme GSM a depuis lors été interprété de différentes manières pour aboutir sur une expression commune : Global System for Mobile communication.

5 Données brutes : Mobile Communication, édition du 21 juillet 2000, Informa Telecoms Group et Baromédia 2000, Ringier Romandie.

Nordic Mobile Telephone, introduit dans les pays scandinaves en 1981.

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Page 7 Philip Baertschi, Octobre 2000

Parallèlement à l’émergence de ce nouveau marché, le début des années 90 a été marqué par l’apparition dans le grand public d’un autre média de communication révolutionnaire: l’Internet.

L’Internet, développé aux Etats-Unis dans les années 60 par l’armée, connaît aujourd’hui une explosion du nombre d’utilisateurs comparable à celui du marché de la téléphonie mobile. La Suisse ne fait pas exception à la règle :

45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% 1996 1997 1998 1999 2000
45%
40%
35%
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
1996
1997
1998
1999
2000
Série1
7%
12%
21%
30%
44%

Evolution du nombre d’utilisateurs de l’Internet en Suisse 6

Cependant, les approches de service et de tarification de ces deux marchés sont fondamentalement différentes. D’un point de vue « philosophique », l’Internet représente le « tout gratuit » par opposition à la téléphonie mobile qui représente le « tout payant » 7 . D’un point de vue technique, les réseaux IP qui forment Internet sont des réseaux à commutation de paquet. La base de calcul pour la facturation est donc le volume de trafic, alors que la téléphonie mobile (et fixe) se sont développés sur des réseaux à commutation de circuit. La facturation au client se fait donc en fonction du temps de connexion.

Très récemment, depuis la fin des années 90, un nouveau besoin est né dans le marché, celui de l’Internet mobile, représentant la convergence du marché de l’Internet traditionnel et de la téléphonie mobile.

6 Source : Baromédia 2000, Ringier Romandie 7 Ces deux approches différentes expliquent en partie le rythme de croissance différent de ces deux marchés : l’utilisation de l’Internet nécessite au moins un ordinateur, un modem et une ligne téléphonique analogique. Ce matériel est onéreux et le business model des fournisseurs d’accès Internet ne permet pas (encore) le subside des ordinateurs, leur revenus étant basés sur les services et peu sur la connexion proprement dite. A l’inverse, les opérateurs de téléphonie mobile génèrent leurs revenus sur les communications et ont tout intérêt à subventionner les terminaux mobiles pour en faire baisser les prix. Il est donc compréhensible que le marché de la téléphonie mobile croisse plus vite que celui de l’Internet.

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Page 8 Philip Baertschi, Octobre 2000

L’utilisateur habitué d’une part à la communication vocale mobile et aux services offerts par l’Internet (e-mail, World Wide Web, … ) aspire aujourd’hui à l’intégration de ces deux mondes dans un terminal mobile multifonctions.

Le standard GSM a prévu dès le départ une utilisation possible de son réseau pour les données, mais les débits offerts par un canal de données (9,6 Kb/s) ou le SMS 8 sont largement insuffisants.

De nouveaux standards sont donc sur le point d’apparaître sur le marché qui permettront de lier efficacement le monde de la téléphonie mobile et l’Internet.

Le GPRS 9 , tout d’abord, vient se « greffer » sur les réseaux GSM existants et permettra la cohabitation de services de transfert de données à commutation de paquets (jusqu’à 170 Kb/s) et de services voix à commutation de circuit (GSM actuel). Le lancement commercial de ce service est prévu pour le premier trimestre 2001 chez la plupart des opérateurs européens 10 .

EDGE 11 , ensuite, sera une amélioration des performances des réseaux GPRS en portant le débit maximum à 512Kb/s.

Finalement, l’UMTS 12 représente le « nec plus ultra » en matière d’Internet mobile. Ce nouveau type de technologie ne sera pas exploitable sur les réseaux GSM existants et nécessitera donc la mise en place d’un réseau entièrement nouveau. Exploitant d’autres fréquences (2 GHz), les opérateurs devront également obtenir une nouvelle concession 13 pour l’exploiter.

Ces nouvelles technologies de réseau permettront donc bien le mariage tant attendu de l’Internet et de la téléphonie mobile.

Voici un tableau résumant la mise sur le marché des différentes technologies en fonction du temps et du débit qu’elles permettent 14 :

8 Short Message Service. 9 General Packet Radio Service.

10 Certains opérateurs comme British Telecom ont déjà lancé ce service, mais de manière quasi confidentielle en raison de l’impossibilité des constructeurs de terminaux à livrer leurs appareils en grande quantité.

11

Enhanced Data rates over GSM Evolution.

12 Universal Mobile Telecommunications System.

13 Les Concessions UMTS seront soit mises aux enchères (Royaume-Uni, Allemagne, Suisse, … ), soit attribuées selon le principe du « concours de beauté », les opérateurs payant une somme forfaitaire et étant sélectionnés sur dossier (France, … ).

14

Tiré d’une présentation d’AMS Communications, citée dans la bibliographie.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 9 Philip Baertschi, Octobre 2000

de paquets Page 9 Philip Baertschi, Octobre 2000 2Mb/s UMTS 384Kb/s EDGE 115Kb/s GPRS 57.6Kb/s HSCSD
2Mb/s UMTS 384Kb/s EDGE 115Kb/s GPRS 57.6Kb/s HSCSD GSM 1992 1998 1999 2000 2001 2002
2Mb/s
UMTS
384Kb/s
EDGE
115Kb/s
GPRS
57.6Kb/s
HSCSD
GSM
1992
1998
1999
2000
2001
2002
Arrivée des nouvelles technologies Internet mobile en fonction du temps et des débits offerts

Toutefois, ni le business model du monde de l’Internet du « tout gratuit », ni celui du

« tout payant » du monde des opérateurs téléphoniques ne pourront vraisemblablement s’appliquer à l’Internet mobile.

En effet, des investissements colossaux sont nécessaires à l’acquisition de nouvelles concessions 15 , à la mise en place sur tout le territoire de l’infrastructure réseau nécessaire, au développement de nouveaux services à valeur ajoutée. Ces investissements devront être, d’une manière ou d’une autre, supportés par quelqu’un (client final, publicité, commissions sur le commerce électronique, … ).

A l’inverse, les utilisateurs de l’Internet (fixe) sont aujourd’hui déjà habitués à la

quasi gratuité de tous les services (accès et services de base comme l’e-mail, web,

… ).

Quel business model va émerger pour permettre la mise en place des services de

3 ème Génération (de même que la 2 ème génération et demi) 16 de communication

mobile ? Les opérateurs doivent-ils facturer l’accès au réseau à la minute ou au volume ? Doivent-ils appliquer la même philosophie pour les communications vocales que pour le transfert de données ? Comment les services à valeur ajoutée 17

15 Les enchères en Allemagne ont rapporté environ 50 milliard d’Euros à l’Etat pour 5 licences UMTS.
16

UMTS représente la 3

ème

génération des réseaux mobiles. GPRS et EDGE sont décrits comme la

2 ème

génération et demi (le GSM représentant la 2 ème génération).

17 Les services à valeur ajoutée sont ici définis comme tous les services offerts par l’opérateur en plus de l’accès au réseau.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 10 Philip Baertschi, Octobre 2000

doivent-ils être facturés : par un forfait mensuel, à l’utilisation en fonction de la durée, du volume ou à l’unité ? Quel prix l’utilisateur, habitué à l’Internet fixe, est-il prêt à payer le luxe de pouvoir accéder à l’Internet quand il est mobile ?

Toutes ces questions stratégiques sont nouvelles pour l’opérateur mobile GSM classique, qui se contentait jusqu’à présent de fournir l’accès au réseau GSM et d’offrir quelques services basiques, notamment la voix (facturée en fonction de la durée), la messagerie vocale (facturée en fonction de la durée), le SMS (facturé forfaitairement à l’unité), la transmission de données (facturée en fonction de la durée).

La réponse à ces questions implique des bouleversements fondamentaux auprès des opérateurs, qui doivent diversifier la source de leur revenus de la voix et du SMS vers de nouveaux produits.

Ce travail va tenter de donner une réponse à ces questions afin de dégager les points cruciaux que les opérateurs doivent examiner pour développer leur stratégie pour les nouveaux réseaux et services du futur Internet mobile.

Nous allons, pour ce faire, expliquer le fonctionnement actuel des réseaux GSM, sur le plan technique ainsi que sur le plan de la facturation. Ensuite nous allons reproduire l’exercice pour les technologies GPRS et UMTS afin d’en dégager des grands principes de facturation. Nous allons finalement illustrer le propos en examinant l’offre des fournisseurs de solutions de facturation disponibles sur le marché et également analyser la « success story » de NTT DoCoMo et de son service d’Internet mobile i-mode, lancé au Japon en 1998.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 11 Philip Baertschi, Octobre 2000

2. LA FACTURATION DANS LES RESEAUX GSM

Deux étapes vont nous permettre de mieux appréhender la problématique dans les réseaux actuels. Nous allons tout d’abord effectuer un survol technique des réseaux GSM (fonctionnement général et facturation des services). Ensuite, nous examinerons la nature des services à valeur ajoutée qui sont offerts et leur tarification.

2.1 SURVOL TECHNOLOGIQUE DU GSM

La présentation du réseau GSM telle qu’elle sera développée dans les points ci- dessous ne prétend pas être exhaustive, mais doit servir de base à la compréhension à la suite du travail. Elle est notamment utile pour comprendre:

? ?

la facturation des services telle qu’elle se pratique aujourd’hui (Chapitre

2.2),

? ?

le fonctionnement du GPRS, qui est une « greffe » aux réseaux GSM et la

? ?

facturation dans cette environnement, le fonctionnement de l’UMTS, qui s’est fortement inspiré des principes du GSM et la facturation dans cet environnement.

2.1.1 INTRODUCTION

Le projet du GSM (Global System for Mobile communication) est né en 1982, lorsque la CEPT 18 a établi un groupe dont la mission était de développer un standard paneuropéen de système cellulaire mobile. Les premiers tests sur le terrain ont eu lieu en 1986 et le système a été validé en 1988. En 1989, la responsabilité des spécifications GSM a été transférée de la CEPT à l’ETSI 19 . Le lancement commercial du GSM a finalement eu lieu en 1991.

L’élaboration du standard GSM a été guidée par certains principes, notamment :

? plusieurs réseaux doivent pouvoir cohabiter dans un même pays,

? le système doit être ouvert, c’est-à-dire qu’il doit contenir des interfaces bien définies entre les différentes parties du système, afin de permettre au matériel de différents fabricants de cohabiter aisément,

? la création d’un réseau GSM ne doit pas avoir d’impact significatif sur les RTC 20 existants,

? le système doit être compatible avec le RNIS 21 ,

?

?

?

?

18 Conférence Européenne des Postes et Télécommunications.
19

European Telecommunications Standards Institute.
20

21 Réseau Numérique à Integration de Système. En anglais : ISDN, Integrated System Digital Network.

Réseau Téléphonique Commuté. En anglais : PSTN, Public Switched Telephone Network.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 12 Philip Baertschi, Octobre 2000

? il doit garantir un bon niveau de sécurité, tant pour l’abonné que pour l’information transmise,

? il doit offrir une bonne qualité sonore,

? il doit être compatible avec d’autres spécifications de transmission de données,

? il doit être paneuropéen,

? et finalement utiliser les fréquences de manière efficace et avoir une grande capacité.

?

?

?

?

?

La lecture de ces principes montre déjà que le GSM n’entend pas construire un réseau optimisé pour la transmission de données sans fil (bien que le GSM permette le transport de données), mais bien pour le transport de la voix.

2.1.2 VUE DENSEMBLE DU FONCTIONNEMENT DU RESEAU GSM

Comme nous l’avons mentionné plus haut, l’idée sous-jacente aux spécifications GSM est de définir diverses interfaces ouvertes, qui permettent à différents constructeurs de faire cohabiter leur matériel/logiciel dans un même réseau. Actuellement, 2 interfaces sont réellement ouvertes :

? la première, entre le terminal mobile (MS 22 ) et la station de base (BTS 23 ), se nomme « Air interface ».

?

? la deuxième, entre le central de commutation mobile (MSC 24 ) et le contrôleur de stations de base (BSC 25 ), se nomme « A interface ».

?

Un autre principe tiré des spécifications GSM est la distribution de « l’intelligence » sur les divers éléments qui composent le réseau, afin de répartir la charge d’utilisation du réseau. Ainsi cette « intelligence » décentralisée se répartit dans différents sous-systèmes :

? le sous-système de commutation du réseau (NSS 26 ),

? le sous-système de stations de base (BSS 27 ),

? le sous-système de gestion du réseau (NMS 28 ).

?

?

?

Voici l’architecture générale d’un réseau GSM :

22 En anglais : Mobile Station.

23 En anglais : Base Tranciever Station

24 En anglais : Mobile services Switching Center

25 En anglais : Base Station Controller

26 En anglais : Network Switching Subsystem.

27 En anglais : Base Station Subsystem.

28 En anglias : Network Management Subsystem.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 13 Philip Baertschi, Octobre 2000

MS
MS

Base Station Subsystem

BTS BTS BSC BTS Transcoder
BTS
BTS
BSC
BTS
Transcoder

Network Management Subsystem

Database Server •Communication Server •Network Planing Sys. •Network Measurement

X.25 interface
X.25
interface
Air interface SIM
Air
interface
SIM
A interface
A
interface

Network Switching Subsystem

PSTN/ISDN
PSTN/ISDN

MSC

•HLR

•VLR

•Voicemail,

•SMSC,…

Architecture générale d’un réseau GSM

Examinons de plus près certains aspects du système.

2.1.3 LE SYSTEME CELLULAIRE

Dans un système cellulaire, la zone de couverture est divisée en cellules, qui correspondent à la zone de couverture d’un émetteur/récepteur ou d’un petit nombre d’entre eux. Afin d’optimiser la réutilisation des fréquences, les émetteurs/récepteurs sont de faible puissance. Ainsi les fréquences allouées à une cellule pourront être réutilisées dans une autre cellule non-adjacente et à distance suffisante afin d’éviter les interférences. Les spécifications GSM définissent plusieurs plans d’affectation des fréquences dans un réseau cellulaire, dont voici un exemple :

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 14 Philip Baertschi, Octobre 2000

de paquets Page 14 Philip Baertschi, Octobre 2000 Plan d’affectation des fréquences dans un réseau

Plan d’affectation des fréquences dans un réseau cellulaire (source : GSM Introduction Course v.2, Nokia Telecommunications Oy)

Le type de cellules utilisées dépend de facteurs topographiques, de la densité de la population, etc. En voici les principales variantes:

? la macro-cellule : cellule large utilisée dans des zones à faible densité de population,

? la microcellule : cellule de petite dimension de faible puissance utilisée dans les zones à forte densité de population,

? la cellule sélective : cellule utilisée en fonction de la topographie et ne couvrant pas 360 degrés, mais p. ex. 120 degrés. Ces cellules sont utilisées p. ex. dans les tunnels.

? la cellule « parapluie » : dans le cas d’utilisation de micro-cellules dans des zones à forte densité de population, de nombreux passages d’une cellule à une autre sont effectués (« Handover »). Ainsi quand la vitesse de l’utilisateur est importante ou en fonction de la charge du réseau, la communication est transmise à la cellule « parapluie » qui couvre plusieurs micro-cellules.

?

?

?

?

2.1.4 LA STATION MOBILE

Une station mobile consiste en deux éléments :

? Le terminal mobile, dont la puissance d’émission varie entre 20W (terminal « fixe » installé par exemple dans une voiture) et 2W (terminaux portables actuels),

? La carte SIM 29 , qui est une carte à puce contenant d’une part l’IMSI 30 , numéro d’identification de l’abonné qui permet de l’authentifier sur le réseau et de connaître les services auxquels il a souscrit, et qui offre

?

?

29 Subscriber Identity Module. 30 International Mobile Subscriber Identity.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 15 Philip Baertschi, Octobre 2000

d’autre part de la mémoire de stockage pour le répertoire personnel de l’abonné. Il est également possible de stocker des mini-applications 31 autorisant notamment le cryptage des données ou des services d’informations.

2.1.5 LE SOUS-SYSTEME DE STATIONS DE BASE

Comme nous l’avons vu ci-dessus dans le schéma d’ensemble d’un réseau GSM, le sous-système de stations de base se décompose en deux éléments principaux :

? ?

Les stations de base (BTS) et

? ?

Les contrôleurs de stations de base (BSC).

Les stations de base sont les éléments physiques assurant l’émission et la réception utilisés dans chaque cellule du réseau. La puissance de transmission du BTS définit la taille de la cellule. Les ressources radio utilisées sont celles allouées à la station de base en fonction du plan d’allocation vu ci-dessus. Les éléments physiques qui s’occupent de la réception et de l’émission des fréquences radio sont appelés « tranciever » 32 . Un site de station de base contient entre 1 et 12 TRX, qui sont configurés en une, deux ou trois cellules. Si le BTS est configuré en une cellule, il se nomme « BTS omni - directionnel ». S’il est configuré en deux ou trois cellules, il se nomme « BTS sectoriel ». Voici un schéma illustrant les différents types de BTS :

Voici un schéma illustrant les différents types de BTS : Schéma illustratif des différents types de

Schéma illustratif des différents types de BTS (source : GSM Introduction Course v.2, Nokia Telecommunications Oy)

31 SIM Toolkit applications. 32 Ou « TRX »

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 16 Philip Baertschi, Octobre 2000

Le contrôleur de stations de base s’occupe du contrôle d’un groupe de stations de base (BTS) et gère leur ressources radio. Ses fonctions principales sont notamment d’assurer :

? ?

Les « handover » (voir plus bas),

? ?

Le contrôle des niveaux de puissance des fréquences radio.

Les stations de bases sont reliées au contrôleur selon plusieurs schémas :

sont reliées au contrôleur selon plusieurs schémas : Schéma de liaisons entre BSC et BTS (source

Schéma de liaisons entre BSC et BTS (source : GSM Introduction Course v.2, Nokia Telecommunications Oy)

Le « multi drop loop » est le schéma généralement retenu parce qu’il offre un bon compromis entre les économies de coûts (pas besoin de relier chaque station individuellement avec le BSC) et la fiabilité (si une connexion entre deux BTS tombe en panne, les deux BTS restent accessibles en utilisant les deux sens de la boucle).

2.1.6 LE SOUS-SYSTEME DE COMMUTATION DU RESEAU (NSS)

Les fonctions principales du NSS sont :

? ?

Le contrôle des appels dans le réseau (ou partie de réseau, en

? ?

fonction de la taille de ce dernier) : identification de l’origine, la destination et le type de l’appel, établissement et fin de la communication. Facturation 33 : collecte les informations nécessaires au CCBS 34 .

33 Plus de précisions à ce propos: voir chapitre 2.2 ci-dessous. 34 Customer Care and Billing System.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 17 Philip Baertschi, Octobre 2000

Les éléments les plus importants du NSS sont le Commutateur de services mobiles (MSC), la Passerelle MSC (GMSC), le HLR 35 le VLR 36 , le Centre d’authentification (AC 37 ) et le EIR 38 .

Le MSC est responsable de la commutation et du contrôle des appels dans le réseau (ou partie du réseau, en fonction de la taille de ce dernier). Il identifie notamment l’origine et la destination de l’appel, de même que le type d’appel.

Le GMSC est un point d’interconnexion entre deux réseaux. Ainsi, le GMSC permet l’interconnexion entre le RTC et le réseau GSM et doit donc assurer le routage entre ces réseaux. Le GMSC est en général implémenté sur les mêmes machines que le MSC.

Le HLR est une base de données centrale stockant de manière permanente les informations concernant tout ou partie des abonnés d’un réseau (et de manière temporaire les informations en provenance du VLR, voir ci-dessous).

Le VLR (en général intégré au MSC) est une base de données temporaire qui stocke en tout temps la localisation actuelle des abonnés GSM. Ainsi, lorsqu’un abonné pénètre dans la zone d’un MSC et de son VLR associé, sa position va être enregistrée et le VLR va la transmettre au HLR et lui demander les informations relatives à l’abonné. Les deux systèmes seront donc autonomes après cet échange d’informations. Lorsque l’abonné sort de la zone de ce MSC/VLR, le VLR efface les informations. Ce processus est appelé « Location update 39 ».

Le AC et le EIR sont généralement intégrés au HLR. Le AC est utilisé pour la sécurité et fournit des paramètres utilisés pour l’authentification de l’utilisateur. Le EIR est également utilisé pour assurer la sécurité et comprend une base de données des terminaux mobiles utilisés sur le réseau. Un terminal est identifié par son IMEI 40 , numéro unique dans le monde. Ainsi l’EIR permet d’interdire les appels d’un certain terminal mobile qui aurait par exemple été volé.

2.1.7 LE SOUS-SYSTEME DE GESTION DU RESEAU (NMS)

Le fonction du NMS est de surveiller diverses fonctions et éléments du réseau. Le NMS est connecté aux autres sous-systèmes du réseau soit par une

35 En anglais : Home Location Register.

36 En anglais : Visitor Location Register.

37 En anglais : Authentication Center.

38 En anglais: Equipment Identity Register.

Le « Location update » fonctionne de la manière suivante : Le terminal mobile reçoit en permanence des informations émises par le réseau. Ces informations comprennent l’identification (ID) de VLR associé à la zone actuelle de l’abonné. Cet ID est comparé en permanence par le terminal avec celui qu’il a en mémoire. Dès qu l’ID ne correspond plus, le terminal envoie une requête pour être enregistré dans le nouveau VLR, qui va lui transmettre l’information au HLR de l’abonné.

39

40

International Mobile Equipment Identity.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 18 Philip Baertschi, Octobre 2000

interface de réseau local soit par une connexion longue distance (généralement X.25).

Les fonctions du NMS peuvent être divisées en trois catégories :

? La gestion des erreurs,

? La gestion de la configuration,

? La gestion des performances.

?

?

?

La gestion des erreurs assure un fonctionnement régulier du réseau et permet une rapide correction des erreurs. Le principal mécanisme utilisé pour détecter les erreurs est la configuration d’alarmes qui se déclenchent lorsqu’un problème est détecté. Ces alarmes sont stockées dans une base de données pour permettre d’en conserver un historique.

La finalité de la gestion de la configuration est de permettre la configuration des différents éléments du réseau radio et physique (hardware et software).

Le NMS collecte également des mesures sur les différents éléments du réseau, les stocke et, par recoupement, permet de gérer les performances du réseau.

2.1.8 L’INTERFACE RADIO DU RESEAU GSM

En Europe, certaines plages de fréquences ont été allouées au GSM. La plus répandue est la plage des 900 MHz, mais de nombreux réseaux utilisent aujourd’hui également la plage des 1800 MHz.

Dans les réseaux GSM 900 MHz deux plages de 25 MHz ont été définies :

? La plage de 890 MHz à 915 MHz pour les transmissions allant du terminal mobile à la station de base (uplink) et

? La plage de 935 MHz à 960 MHz pour les transmissions allant de la station de base au terminal mobile (downlink).

?

?

Les réseaux GSM 1800 fonctionnent de manière similaire, mais deux plages de 75 MHz ont été définies :

? De 1710 MHz à 1785 MHz pour le trafic du terminal au BTS et

? De 1805 MHz à 1880 MHz pour le trafic en sens opposé.

?

?

Des plages de fréquences de 200 KHz sont allouées dans les plages de fréquences mentionnées ci-dessous et forment les fréquences de transport. Les fréquences uplink et downlink sont séparées de 45 MHz dans les réseaux GSM 900 et de 95MHz dans les réseaux GSM 1800.

Ainsi les réseaux GSM 900 offrent 124 fréquences de transport et les réseaux GSM 1800 en offrent 374 (les premières et dernières plages de fréquences n’étant pas utilisées pour éviter les interférences).

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 19 Philip Baertschi, Octobre 2000

Le tableau ci-dessous illustre l’allocation des fréquences dans un réseau GSM 900 :

Canal

Fréquences uplink (MHz)

Fréquences downlink (MHz)

1

890.1

– 890.3

935.1

– 935.3

2

890.3

– 890.5

935.3

– 935.5

3

890.5

– 890.7

935.5

– 935.7

124

914.7

– 914.9

959.7

– 959.9

La transmission radio dans les réseaux GSM est basée sur une technologie digitale. Cette transmission a été implémentée en utilisant deux méthodes :

FDMA 41 (également utilisée dans les réseaux analogiques) et TDMA 42 (ne fonctionne que dans des réseaux digitaux).

Avec FDMA, une plage de fréquences (voir tableau ci-dessus) d’un BTS est allouée à un utilisateur. Ainsi, cette méthode nécessite un grand nombre de fréquences à disposition des abonnés. Malheureusement, les plages de fréquences allouées aux titulaires d’une concession GSM sont peu nombreuses et ne permettent pas l’utilisation exclusive de cette méthode.

L’utilisation de TDMA autorise le partage d’un canal par plusieurs utilisateurs en allouant à chacun un « time slot ». Un canal a ainsi été divisé en 8 « time slots » de 0.577 ms. Ainsi chaque utilisateur ne peut envoyer et émettre des données que durant son « time slot ». Afin que le système fonctionne il faut que le terminal mobile et le BTS aient des horloges synchronisées.

2.1.9 LE HANDOVER

L’abonné d’un réseau mobile peut bien évidemment être en mouvement durant sa communication. Examinons donc succinctement comment il est possible de maintenir la connexion lorsque l’abonné se déplace et ainsi change de cellule.

Quatre différents types de « handover » peuvent être identifiés :

? Handover de canal dans la même cellule,

? Handover de cellules contrôlées par le même BSC,

? Handover de cellules contrôlées par différents BSC mais appartenant au même MSC,

? Handover de cellules dont les BSC appartiennent à différents MSC.

?

?

?

?

Les deux premiers types sont gérés par le BSC lui-même (illustration du principe « d’intelligence distribuée » mentionnée au début de ce chapitre), alors que les deux suivants sont gérés par le MSC.

41 Frequency Division Multiple Access. 42 Time Division Multiple Access.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 20 Philip Baertschi, Octobre 2000

Le terminal mobile est un participant actif à cette procédure. En effet le terminal contrôle en permanence la puissance du signal émis par la station de base à laquelle il est connecté ainsi que celle des stations de bases voisines (la liste des stations de base à surveiller étant transmise au terminal par « sa » station de base. C’est cette surveillance de la puissance d’émission qui permet au BTS de décider sur quelle station le terminal va se connecter.

Lorsque la qualité de la transmission diminue, la puissance du terminal augmente. Un algorithme définit un seuil au-delà duquel un « handover » est effectué plutôt que de continuer à augmenter la puissance.

Un « handover » peut également avoir lieu lorsqu’une station franchit un certain seuil de saturation. Dans ce cas, les terminaux à proximité d’autres BTS moins engorgés sont renvoyés sur ces derniers.

2.1.10 EXEMPLE : L’ETABLISSEMENT DUNE CONVERSATION TELEPHONIQUE

Pour résumer les éléments examinés dans les points précédents, examinons à titre d’exemple l’établissement d’une conversation téléphonique provenant d’un abonné du RTC fixe à destination d’un abonné GSM.

? Un abonné du RTC compose le numéro de téléphone d’un abonné GSM.

? Le commutateur du RTC analyse le numéro appelé et contacte la passerelle du commutateur mobile (GMSC).

? Le GMSC analyse le numéro et envoie un message au HLR.

? Le HLR vérifie dans sa base de données la localisation de l’abonné.

? Le HLR interroge le MSC/VLR sur lequel l’abonné est connecté à ce moment.

? Le MSC/VLR concerné génère un MSRN 43 pour le routage de l’appel.

? Le MSC/VLR envoie le MSRN au HLR qui le renvoie au GMSC.

? LE GMSC identifie le MSC/VLR isolé auparavant comme la destination pour le routage de l’appel.

? Le MSC/VLR de destination reçoit le MSRN et envoie un signal de paging dans la zone de BTS dans laquelle se trouve l’abonné.

? Lorsque l’abonné répond, la communication est établie.

?

?

?

?

?

?

?

?

?

?

Le tableau ci-dessous résume le procédé.

43 Mobile Subscriber Roaming Number.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 21 Philip Baertschi, Octobre 2000

Abonné fixe RTC GMSC HLR MSC/ Abonné VLR mobile Etablissement de l’appel Analyse du numéro
Abonné fixe
RTC
GMSC
HLR
MSC/
Abonné
VLR
mobile
Etablissement de l’appel
Analyse du numéro
Numéro appelé
IMSI
MSRN
MSRN
Etablissement de l’appel
Paging

Procédure d’établissement d’un appel en provenance du RTC et à destination d’un abonné GSM.

2.2 LA FACTURATION DANS LES RESEAUX GSM

Le survol technique de la section précédente nous permet à présent d’examiner le déroulement de la facturation des services.

La facturation des services varie passablement d’un opérateur à l’autre. C’est pourquoi, nous allons ici nous concentrer sur les principes.

2.2.1 PRINCIPES

La facturation dans les réseaux GSM suit des principes similaires à ceux en vigueur dans le monde de la téléphonie fixe : l’abonné souscrit un abonnement mensuel et paie ensuite les communications en fonction de la durée de celles- ci. Des services supplémentaires peuvent également être payés à la durée (par exemple le roaming international) ou à l’unité (par exemple SMS 44 ).

On peut ainsi isoler différents types de frais :

? ?

Les frais de souscription. Lorsqu’un client souscrit un abonnement auprès d’un opérateur GSM, il reçoit une carte SIM ainsi qu’un numéro de téléphone et la liste des services auxquels il a souscrit. Ces informations sont également enregistrées dans un HLR de l’opérateur. Pour couvrir ces frais, l’opérateur perçoit en général une taxe d’inscription. En fait, la tendance actuelle des opérateurs est d’annoncer qu’ils « offrent » ces frais, mais ceux-ci sont en fait cachés dans le prix d’achat de la carte SIM. A titre d’exemple, les opérateurs suisses

44 Short Message Service

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 22 Philip Baertschi, Octobre 2000

vendent la carte SIM Fr. 40.- alors que son prix d’achat se situe en dessous de Fr. 8.-.

? Une fois que le client est abonné, l’opérateur perçoit usuellement une taxe mensuelle d’accès au réseau 45 indépendante de son utilisation effective. Cette taxe se nomme également « location du service ».

?

? Finalement, l’opérateur facture l’utilisation du réseau. Les communications vocales ou données sont taxées en fonction de leur durée. Les SMS sont en revanche taxés à l’unité indépendamment de la quantité de données transmises. Outre la durée, d’autres paramètres interviennent également :

?

? Le type de services (voix, données, sms, … ),

? L’heure de la requête de service (jour, nuit, week-end, … ),

? La destination de l’appel,

? L’origine de l’appel (p. ex. cellule du réseau ou pays),

? L’utilisation de services supplémentaires (renvoi d’appels, … ),

? L’utilisation des fréquences radio 46 .

?

?

?

?

?

?

2.2.2 LA FACTURATION DU POINT DE VUE TECHNIQUE

Examinons à présent comment se déroule techniquement la facturation des services GSM.

Le CCBS 47 est le cœ ur du système de facturation. C’est un ensemble logiciel et matériel multifonctions. Les principales tâches qu’il doit effectuer sont les suivantes :

? Il gère le compte de tous les clients et maintient la liste des services auxquels ces derniers ont souscrit, leur adresse de facturation, …

? Il s’occupe d’agréger l’utilisation des services GSM pour chaque client 48 ,

? Il configure tous les éléments du réseau GSM (HLR, messagerie vocale, passerelle WAP 49 , … ),

? Il génère les factures mensuelles des clients,

? Et offre une interface graphique utilisée par le service clientèle pour effectuer des modifications sur les comptes des clients.

?

?

?

?

?

45 A l’exception des abonnements prépayés. Dans ce cas, l’opérateur offre cette taxe d’accès au réseau mais applique un tarif majoré sur les communications téléphoniques. De plus, le client payant ses communications avant de les effectuer, l’opérateur bénéficie des intérêts sur ces montants.

46 Le HSCSD (voir plus bas) utilise en effet entre 2 et 4 time slots sur le BTS. Cette utilisation accrue des ressources réseau de l’opérateur peut être facturée différemment.

47

Customer Care and Billing System.

48 Cette partie sera expliquée plus en détail plus bas.

Wireless Application Protocol : nouveau protocole de communication permettant l’accès à l’Internet sur un terminal mobile. Pour le moment, ce protocole est disponible sur les terminaux GSM de dernière génération, mais le WAP est indépendant du réseau de transport et peut donc aussi trouver application sur les futurs réseaux GPRS et UMTS.

49

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 23 Philip Baertschi, Octobre 2000

Revenons plus en détail sur certains de ces points.

Un nouveau client se rend auprès d’un revendeur et décide de s’abonner auprès d’un opérateur GSM. Il choisit donc un opérateur, un abonnement et éventuellement certains services supplémentaires que propose cet opérateur.

Chaque nouveau client est entré dans le CCBS soit au moyen d’une saisie manuelle chez l’opérateur, soit par un accès à distance que l’opérateur offre directement au revendeur 50 . En fonction de l’abonnement auquel a souscrit le nouvel abonné, l’opérateur génère une liste des services qui seront activés pour ce client.

Exemple : un abonnement standard 51 comprend en général la communication vocale dans le pays, les appels à destination et en provenance de l’étranger, le SMS MO et MT 52 , l’accès au WAP et la messagerie vocale. Des services supplémentaires non-compris dans l’abonnement peuvent être l’appel vers des numéros spéciaux (0900, … ), le roaming international 53 et les appels de données ou fax.

Le CCBS va activer tous les services de l’utilisateur dans les différents éléments du réseau. Ainsi, si nous reprenons l’abonnement standard de notre nouveau client, le CCBS va créer une entrée dans le HLR qui associe le numéro de téléphone de l’abonné au numéro de sa carte SIM et spécifier les services auxquels il a droit. Il va ensuite créer sa boîte vocale sur le système de messagerie vocale et créer un compte pour le client sur la passerelle WAP.

Dès ce moment, l’utilisateur « existera » sur les éléments du réseau et pourra les utiliser. Le CCBS va gérer son compte et notamment lui facturer sa taxe mensuelle et l’utilisation des services.

Le système sera également accessible au personnel du service clientèle, via une interface utilisateur, qui leur permettra de modifier, sur demande du client, la liste de service, effectuer des crédits, etc.

50 De nombreux opérateurs offrent aux revendeurs un accès limité à leur CCBS afin de pouvoir inscrire directement le nouveau client. Ainsi le client peut réellement souscrire un nouvel abonnement chez un revendeur et commencer à téléphoner dans les minutes qui suivent.

Un abonnement n’est en fait qu’une agrégation de différents services que propose l’opérateur en fonction de sa clientèle cible. L’opérateur proposera en général 4 ou 5 différents abonnements qui s’adressent à autant de segments de marché différents. Aucun opérateur ne propose encore, à notre connaissance, de service entièrement « à la carte » qui permettrait par exemple de se créer entièrement son abonnement en fonction de ses besoins.

52 MO pour Mobile Originated, c’est-à-dire émis depuis le terminal mobile. A l’opposé, les SMS MT (Mobile Terminated) désignent ceux reçus par le terminal.

Aussi appelé « itinérence ». Ce service permet à l’utilisateur d’utiliser les services associés à son abonnement sur tous les réseaux avec lesquels l’opérateur a conclu un accord d’itinérence. Le prix des services est majoré et le réseau de l’abonné et le réseau « hôte » définissent une répartition du revenu.

53

51

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 24 Philip Baertschi, Octobre 2000

Un rôle fondamental du CCBS n’a toutefois pas encore été suffisamment expliqué. Comment le CCBS fait-il pour facturer chaque utilisation du service par le client ? La question revient ainsi à examiner quel est le lien entre les éléments du réseau vus sous le point 2.1 et le système de facturation.

Prenons, à titre d’exemple, un cas concret. Notre nouvel abonné a acheté son terminal et a souscrit à un abonnement standard. Son compte a été créé directement par le revendeur et tous ses services ont automatiquement été configurés sur les éléments du réseau. Le client sort du magasin et décide de passer immédiatement son premier appel. Il compose donc le numéro du destinataire qu’il désire appeler et la communication est établie comme nous l’avons vu sous le point 2.1. A la fin de la communication, le client raccroche. Comment sa communication va-t-elle aboutir sur sa facture à la fin du mois ?

Pour comprendre le mécanisme de facturation, il faut introduire une notion-clé :

le CDR 54 . Le CDR est en quelque sorte une quittance électronique qui va être générée par le MSC pour chaque utilisation d’un service par un abonné. Ce CDR comprend tous les paramètres nécessaires pour permettre une facturation a posteriori de l’utilisation du service. Les informations contenues sont notamment : le numéro de l’appelant (« A Number »), le numéro de l’appelé (« B Number »), l’ID de la cellule au moment de l’appel ainsi que des autres cellules utilisées lors de l’appel, la durée de l’appel, la date et l’heure, le type de service utilisé (voix, données, sms, … ), …

Voici un exemple (extrait 55 ) réel de CDR produit par un MSC de Nokia pour un appel vocal à 23h45 le 9 mai 2000 :

NOKIA_record_type

= "05"

NOKIA_record_number

= "83663669"

NOKIA_call_reference

= "4045020954"

NOKIA_exchange_id

= "417893XXXXX

"

NOKIA_served_imsi

NOKIA_served_imei

NOKIA_served_number

NOKIA_in_channel_allocated_tim = "234508"

NOKIA_in_channel_allocated_dat = 2000:05:09

= "22803XXXXXXXXXX " = "44915XXXXXXXXXX " "

= "7865XXXXX

NOKIA_charging_time

= "234515"

NOKIA_charging_date

= 2000:05:09

Ce CDR va ensuite être importé dans le CCBS qui va retrouver le compte de l’utilisateur au moyen du « A number » et ensuite procéder à la tarification du service utilisé en fonction des autres paramètres : la date et l’heure vont déterminer si le tarif réduit ou le tarif normal s’applique, le numéro appelé va déterminer si l’appel a été national ou international, le réseau de destination va également être reconnu, etc.

54 Charging Detail Record.

Pour des raisons de confidentialité, les autres informations du CDR ont été supprimées. Le CDR réel comprend environ 3 fois plus d’informations.

55

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 25 Philip Baertschi, Octobre 2000

Au final, la taxe mensuelle et la somme de toutes les communications ainsi traitées formeront la facture mensuelle du client.

Revenons plus précisément sur le flux de ce CDR.

Le MSC génère tous les CDR des services utilisés sur le réseau, c’est-à-dire aussi bien les SMS, les appels vocaux que les appels données. Ces CDR sont générés en batch et stockés par le MSC. Le format de ces CDR dépend du fabricant du MSC (le format vu ci-dessus provient d’un MSC Nokia).

La suite du flux dépend de la configuration retenue par l’opérateur. Deux solutions sont possibles :

? Le CCBS exécute un script qui va directement télécharger les batchs de CDR sur le MSC. Dans ce cas, le CCBS lui-même va devoir convertir le format des CDR afin qu’il puisse les lire.

? Un autre système informatique, le « mediation device 56 » est placé entre le MSC et le CCBS. Cet appareil se charge de collecter les CDR et de les convertir dans un format standard. Il se charge également de regrouper les CDR pour un même appel 57 . Cet appareil a ainsi un double but :

?

?

o

Décharger le CCBS, déjà très sollicité par la configuration des éléments du réseau et par les accès du service clientèle, d’une opération très gourmande en « temps processeur »,

o

Permettre à d’autres éléments que le MSC de produire des CDR qui pourront être transmis après transformation au CCBS préexistant 58 .

Quel que soit la solution retenue, les CDR atteignent finalement le CCBS. A ce stade-là, les données sont cependant brutes. Ainsi le CCBS doit encore traiter ces informations. Les CDR vont ainsi passer par un processus en plusieurs étapes pour pouvoir être exploités :

? Les CDR sont tout d’abord classés à l’aide de règles : par exemple, le système les classe en fonction du type de service : appels nationaux, locaux, SMS MO, SMS MT, …

? Les CDR sont ensuite mis en relation avec le compte de l’abonné.

? Finalement un prix est appliqué 59 à chaque CDR en fonction des paramètres qu’il contient et le montant est débité du compte du client.

?

?

?

56 On pourrait le traduire par « périphérique de médiation ».

En effet, si les appels vocaux ou données excèdent une certaine durée, le MSC produit plusieurs CDR pour un même appel. Le mediation device s’occupe alors de regrouper ces CDR en un seul avant de le transmettre au CCBS.

58 Cet appareil devient notamment très utile lorsque l’opérateur veut facturer en utilisant le CCBS préexistant de nouveaux services comme le WAP (qui peut être facturé à la durée en utilisant le système standard ou en fonction du service utilisé. Dans ce dernier cas, ce n’est pas le MSC qui génère le CDR, mais bien la passerelle WAP) ou du commerce électronique sur son site web.

57

59

Cette opération s’appelle le « rating ».

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 26 Philip Baertschi, Octobre 2000

Un schéma récapitulatif illustre tout le processus dans une configuration comportant un « mediation device » :

MSC

MSC 1. Génère un batch de CDR

1. Génère un batch de CDR

MSC 1. Génère un batch de CDR

CDR :

 
 

CDR ?? :

??

A-B

 

??

number, ??

A-B

? number, Cell ID,

?

? ?

? ?

? ?

? ?

? ?

Duration, Cell ID,

? ?

? ?

? ?

? ?

Date-time, Duration,

?

?

?? ??

? ?

Date-time,

 

?? ??

   

2. Script de requête au MSC pour la transmission du batch 3. Le batch est
2. Script de
requête au MSC
pour la
transmission du
batch
3. Le batch est
transmis au
mediation device

Mediation

device

4. Le mediation device traite les CDR

en les regroupant et en standardisant leur format

CCBS 7. Classification des CDR, Mise en relation avec le compte de l’abonné, rating.
CCBS
7. Classification des CDR, Mise en
relation avec le compte de
l’abonné, rating.

5. Script de requête au mediation device pour la transmission du batch

6. Le batch est transmis au CCBS

Génération et flux du CDR à travers différents éléments du réseau.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 27 Philip Baertschi, Octobre 2000

3. LES RESEAUX SANS FIL A COMMUTATION DE PAQUETS

Comme nous l’avons vu ci-dessus, le standard GSM a été conçu quelque temps avant la mise à disposition au grand public de l’Internet. Les développeurs du standard ont tenté de répondre aux besoins des années 80 et 90, à savoir les communications vocales mobiles. Ils ont donc misé sur la compatibilité avec les technologies de l’époque, notamment l’ISDN.

Dans cette optique, le succès du GSM a été et continue à être foudroyant.

Le très récent lancement du WAP, première génération de l’accès Internet mobile sur le réseau GSM, en a cependant très vite montré les limites. L’accès au réseau des réseaux est lent et coûteux, ce qui explique le décollage commercial fastidieux du produit.

Force est donc de constater que l’expérience de l’Internet telle que nous la connaissons aujourd’hui lorsque nous l’accédons depuis les réseaux fixes ne peut être reproduite en utilisant le standard GSM.

Deux technologies standardisées vont prochainement être mises sur le marché en réponse à la demande croissante du public pour l’Internet mobile : le GPRS, dont l’arrivée est programmée avant la fin de l’année, et le très médiatisé UMTS qui devrait être lancé par les premiers opérateurs dans le troisième trimestre 2002.

Révolutionnant la manière d’accéder à l’Internet mobile, ces deux technologies apportent deux atouts principaux : la connexion permanente que permet la commutation de paquets et les hauts débits.

Le GPRS, déployé sur les réseaux GSM existants, concrétise surtout la première des deux innovations : la connexion permanente. La bande passante, tout en restant acceptable 60 , ne permettra pas l’explosion des applications multimédias.

L’UMTS, quant à lui, amènera ce deuxième élément en offrant une bande passante théorique proche de 2Mb/s. C’est certainement cette technologie qui va réellement trouver sa place auprès du grand public, le GPRS restant probablement confiné dans l’immédiat au marché professionnel pour permettre l’accès mobile au réseau de l’entreprise et à son courrier électronique.

La notion de commutation de paquet est nouvelle pour les opérateurs GSM. Tout le petit monde de la tarification à la minute se pose actuellement la question épineuse de savoir comment facturer tout d’abord les services GPRS et ensuite l’UMTS.

Les évolutions actuelles peuvent se résumer à l’aide du tableau suivant 61 :

60 Les opérateurs prévoient environ 28.8KB/s au lancement à la fin de cette année pour finalement atteindre environ 100Kb/s en 2002.

61 Tableau tiré d’une présentation d’AMS Communications, cité dans la bibliographie.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 28 Philip Baertschi, Octobre 2000

 

GSM ? GPRS

GPRS ? UMTS

Infrastructure réseau

Evolution

Révolution

Facturation

Révolution

Evolution

Impact des évolutions technologiques sur l’infrastructure et la facturation.

Ce tableau représente parfaitement les défis qu’attendent les opérateurs pour l’introduction de GPRS et UMTS : au niveau de la facturation, la grande révolution a lieu lors du passage d’un réseau de commutation de circuit facturé à la minute à un réseau à commutation de paquets facturé au volume. En revanche, le GPRS étant implémenté sur un réseau GSM existant, la révolution au niveau de l’infrastructure de réseau aura lieu lors de la mise en place du réseau UMTS qui devra être construit à partir de rien.

Ce chapitre 3 va donc esquisser les aspects technologiques de ces nouveaux standards afin de pouvoir discuter, au chapitre 4, de la facturation de ces services.

3.1 LE GENERAL PACKET RADIO SWITCHING (GPRS)

Le GPRS, comme nous l’avons vu plus haut, représente la première évolution technologique vers l’Internet mobile. Cette technologie se « greffe » sur un réseau GSM existant et offre, par l’utilisation d’appareils « bi-mode » GSM/GPRS, le choix d’utiliser l’une et/ou l’autre des technologies. Le déploiement du GPRS aura lieu en plusieurs phases. Dans la phase 1, le terminal mobile sera de classe C, c’est à dire qu’il pourra utiliser soit le GSM, soit le GPRS, mais en aucun cas les deux en même temps. De plus, le débit sera limité à l’utilisation de deux time-slots, à savoir 28,8Kb/s.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, le principal intérêt de cette technologie est d’amener le monde de la commutation de paquet sur le terminal mobile des consommateurs. La vitesse de transmission sera quant à elle moins élevée que d’autres technologies basées sur la commutation de circuit, comme le HSCSD 62 ,

62 High Speed Circuit Switched Data-

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 29 Philip Baertschi, Octobre 2000

qui offre la possibilité d’agréger 4 time-slots pour permettre une vitesse de transmission pouvant atteindre 57,6Kb/s 63 .

La technologie GPRS va donc permettre la mise sur le marché de toute une

gamme de nouveaux services tels que l’accès au réseau de l’entreprise depuis le

terminal mobile, la lecture d’e-mails, connexion.

et ce indépendamment de la durée de

L’introduction du GPRS en Europe est prévue selon le calendrier suivant :

? 1999-2000 : négociation des contrats avec les fournisseurs.

? Eté 2000 – fin 2000 : phases de test et premières démonstrations publiques (T-Mobil lors de l’Expo 2000 à Hanovre, diAx lors de la CEBIT/Comdex à Bâle, … ).

? Début 2001 : lancement commercial avec les premiers appareils GSM/GPRS classe C. Offre de débit à 28,8 Kb/s.

? Fin 2001 - début 2002 : appareils de classe A et B, offre de débit allant jusqu'à 57,6 Kb/s.

?

?

?

?

Examinons plus en détail le fonctionnement d’un réseau GPRS.

3.1.1 ARCHITECTURE DU RÉSEAU GPRS

Reprenons le schéma descriptif du réseau GSM (en bleu), auquel nous avons ajouté les nouveaux éléments du réseau GPRS (en rouge) :

63 4 time slots de 14.4 Kb/s. En général, le client utilisera 3 time-slots pour le trafic descendant du réseau au terminal (43.2Kb/s) et 1 time-slot pour le trafic ascendant (14.4 Kb/s).

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 30 Philip Baertschi, Octobre 2000

Réseau IP public (Internet) CG GGSN Intranet IP SGSN Réseau IP privé
Réseau IP public
(Internet)
CG
GGSN
Intranet IP
SGSN
Réseau IP privé
X.25 interface •MSC
X.25
interface
•MSC

Network Management Subsystem

Database Server •Communication Server •Network Planing Sys. •Network Measurement

Server •Network Planing Sys. •Network Measurement Base Station Subsystem BTS BTS BSC BTS Transcoder MS Air

Base Station Subsystem

BTS BTS BSC BTS Transcoder
BTS
BTS
BSC
BTS
Transcoder
MS
MS
Air interface SIM
Air
interface
SIM
A interface
A
interface

Network Switching Subsystem

PSTN/ISDN
PSTN/ISDN

•HLR

•VLR

•Voicemail,

•SMSC,…

Le schéma ci-dessus met en lumière les nouveaux éléments du réseau qui doivent être mis en place. Les deux principaux sont le SGSN et GGSN:

? ?

Le SGSN 64 permet la transmission de paquets de/vers le terminal

? ?

mobile. Il se charge notamment de la compression, du cryptage, de la gestion des queues, du routage des paquets et de la collection des informations destinées à la facturation (comptage des paquets, … ), Le GGSN 65 représente l’interface entre le réseau interne GPRS et les réseaux externes à commutation de paquet (notamment Internet). Comme une passerelle WAP, qui convertit les couches du protocole WAP en TCP/IP, le GGSN convertit les paquets en provenance du SGSN en IP ou X.25 et vice-versa.

Il est probable que les réseaux GPRS des opérateurs auront de multiples SGSN et un ou deux GGSN pour se connecter au monde extérieur.

64 Serving GPRS Support Node 65 Gateway GPRS Support Node.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 31 Philip Baertschi, Octobre 2000

3.1.2 L’INTERFACE AIR DU RÉSEAU GPRS

Dans le chapitre 2 nous avons vu que les fréquences de l’opérateur sont divisées en 8 time-slots en utilisant la méthode TDMA. Ce faisant, l’utilisateur qui effectue un appel voix ou données « reçoit » 1 time-slot pour la durée de l’appel et le time-slot reste le même pour toute cette durée, pour les connexions ascendantes et descendantes.

L’avantage du GPRS est l’utilisation du « Multiplexage statistique » qui offre la possibilité pour un terminal mobile de transmettre sur plusieurs time-slots, les connexions ascendantes et descendantes étant allouées séparément et supportant les connexions asymétriques. Pour ce faire, les time-slots sont seulement alloués lorsque c’est nécessaire. Ces time-slots se nomment PDCH 66 et sont alloués dans un pool de canaux, ce qui autorise le partage des ressources entre GPRS et GSM sur une même cellule.

Le débit pouvant atteindre 21,5 Kb/s par time-slot 67 , le débit maximal théorique du GPRS est donc de 172,2 Kb/s en utilisant simultanément les 8 time-slots d’une cellule. Ce chiffre, largement diffusé dans la presse, n’est bien évidemment qu’un chiffre abstrait dans la pratique. En effet, l’opérateur doit réserver un certain nombre de time-slots pour le trafic GSM 68 et n’autorisera certainement pas qu’un de ses abonnés monopolise tous les time-slots alloués au GPRS. De plus, s’il désire offrir un certain niveau de qualité de service, il introduira des protocoles de correction d’erreur qui feront chuter le débit par time-slot. Comme mentionné ci-dessus, les opérateurs ont presque tous annoncé que le débit offert au lancement du GPRS sera de 28,8 Kb/s, soit plus bas que le HSCSD qui permet le couplage de 4 time-slots GSM de 14,4 Kb/s pour atteindre 57,6 Kb/s.

3.1.3 L’ÉTABLISSMENT DUNE SESSION GPRS

Pour utiliser les services GPRS, le terminal mobile doit tout d’abord « s’attacher » au réseau et se « détacher » en fin de session :

? ?

Attachement : Pour s’attacher au réseau, le terminal mobile doit tout d’abord s’enregistrer sur le SGSN qui gère les BSC/BTS concerné. Sur requête du SGSN, le HLR lui transmet le profil de l’abonné. Cela fait,

66 Packet Data CHannels.

67 Si l’on n’utilise aucun protocole de correction d’erreurs. Sinon, le débit chute environ de moitié.

Cette répartition peut se faire de manière dynamique, c’est-à-dire que le proportion de time-slots alloués au GPRS peut varier en fonction de la demande de time-slots GSM. Cette façon de faire montre que l’opérateur doit faire un choix « philosophique » : les fréquences radio étant une denrée rare, il ne pourra pas garantir la disponibilité permanente de time-slots en suffisance à la fois pour le GSM et le GPRS. Il est très probable que l’opérateur choisira de favoriser le GSM, ce qui relèguera le GPRS à un service annexe de données avec des débits faibles.

68

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 32 Philip Baertschi, Octobre 2000

? ?

l’utilisateur reçoit un numéro d’identification temporaire (P-TMSI 69 ) et est enregistré pour utiliser les services.

Détachement : Le terminal mobile envoie une requête de détachement contenant son P-TMSI et le profil de l’utilisateur est effacé sur le SGSN.

Après un attachement réussi, le terminal mobile doit requérir une adresse IP pour pouvoir échanger des informations avec un réseau IP 70 . Cette adresse se nomme adresse PDP 71 . Ainsi, pour chaque session, un « contexte PDP » est ainsi créé, qui décrit les caractéristiques de la session. Ce contexte contient le type de PDP (p. ex. IP v.4), l’adresse PDP (p. ex. une adresse IP :

195.212.240.109), l’adresse du GGSN qui va servir de passerelle d’accès au réseau désiré, … Ce contexte va être mémorisé à la fois dans le terminal mobile, le SGSN et le GGSN. Avec un contexte PDP actif, le terminal mobile est « visible » sur le réseau et peut donc émettre et recevoir des paquets de données.

Dès que le terminal mobile se détache, le contexte PDP est effacé sur les éléments du réseau.

Pendant que le contexte PDP est actif, le terminal renseigne continuellement les autres éléments du réseau sur sa position, afin que des données puissent lui être transmises. Pour effectuer ces mises à jour, le terminal consomme beaucoup d’énergie. Afin d’augmenter la durée de vie des batteries du terminal, trois « états » du terminal ont été définis :

? Déconnecté : le terminal n’a aucun contexte PDP actif et est donc considéré comme inexistant du point de vue du GPRS 72 .

? Prêt : le terminal est « attaché » et dispose donc d’un contexte PDP actif. Dans l’état « prêt » le terminal met à jour sa position très fréquemment. C’est l’état qui consomme le plus d’énergie.

? En attente : Au bout d’un certain délai sans transmission ou réception de données dans l’état « prêt », le terminal se met « en attente » et envoie moins fréquemment des information de position. Il économise ainsi de l’énergie tout en restant attaché au réseau.

?

?

?

Lorsque le terminal mobile s’attache au réseau, il doit également notifier au SGSN à quelle classe GPRS le terminal appartient. Trois classes différentes ont été définies pour les terminaux :

? ?

La classe A permet d’être attachée au réseau GPRS de transmettre des données et d’effectuer des appels vocaux GSM simultanément.

69 Packet system’s Temporary Mobile’s Identity.

70 L’adresse IP est un exemple. Il est tout à fait envisageable que le terminal demande une adresse X.25 s’il désire se connecter à ce type de réseau.

71

Packet Data Protocol.

72 Le terminal peut être enclenché mais n’utiliser que le réseau GSM.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 33 Philip Baertschi, Octobre 2000

? ?

La classe B permet d’être attachée au réseau GPRS tout en effectuant

? ?

des conversation GSM. Cependant le terminal ne peut pas transmettre des données et effectuer des appels GSM simultanément. La classe C permet soit d’être attachée au réseau GPRS et de

transmettre des données, soit d’effectuer des appels GSM. L’utilisateur doit donc être détaché pour établir ses communications GSM. Les appareils de classe C seront les premiers à être mis sur le marché vers la fin de l’an 2000.

3.2 L’UNIVERSAL MOBILE TELECOMMUNICATIONS SYSTEM (UMTS)

Les réseaux mobiles actuels, malgré leur évolution vers le GPRS et EDGE, restent très contraignants en terme de débits, qui n’arrivent pas à satisfaire les nouveaux besoins en multimédia provenant de tous les segments du marché.

Un nouveau système mondial de télécommunications a donc été développé pour répondre aux exigences du marché. Ce système est en général appelé « 3 ème génération de systèmes mobiles » ou, plus simplement « 3G ». 3G regroupe en fait un ensemble de notions relativement mal définies. L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) a défini et standardisé l’IMT-2000 73 , qui est en fait une famille de systèmes qui autorisera l’utilisateur à être connecté en permanence sur la Terre entière. Le schéma ci-dessous résume l’étendue du système :

Le schéma ci-dessous résume l’étendue du système : Comme on le voit, le système, tel qu’il

Comme on le voit, le système, tel qu’il a été défini par l’UIT comprend plusieurs zones, allant du réseau privé au réseau satellite.

L’UMTS, quant à lui, à été défini par l’ETSI, basé à Sophia Antipolis, en France. L’UMTS a été développé dans le cadre du standard de l’IMT-2000. C’est donc un

73 International Mobile Telecommunications 2000

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 34 Philip Baertschi, Octobre 2000

sous-ensemble de l’IMT-2000, qui doit offrir ses services entre les réseaux privés et les réseaux satellites, c’est-à-dire dans les zones 1 (en cohabitant avec d’autres réseaux privés), 2 et 3 du schéma ci-dessus.

Ainsi, l’IMT-2000 va assurer une compatibilité entre les différents sous-systèmes, alors que l’UMTS est précisément l’un des sous-systèmes. Le terme « 3G » qui s’applique parfois à l’IMT-200 et parfois à son sous-ensemble UMTS peut donc prêter à confusion.

Le 3G est concentré sur l’utilisateur : son but est de fournir un service complet et facile d’utilisation, quel que soit le terminal, réseau ou méthode d’accès utilisés. 3G introduit le concept de Virtual Home Environment (VHE), que l’ont pourrait traduire par « environnement virtuel personnalisé ». Le VHE permettra au client de personnaliser ses services et de les stocker pour les réutiliser de manière universelle, qu’il soit fixe ou mobile, en zone de couverture terrestre ou satellite.

L’utilisateur pourra choisir ses services, par exemple messagerie vocale, fax, vidéoconférence, raccourcis de numéros de téléphones souvent utilisés, numéro de carte de crédit et pourra les réutiliser en tout temps. Prenons l’exemple de la vidéoconférence : l’utilisateur pourra déterminer quelle qualité de service il désire lorsqu’il se trouve dans un environnement à haut débit et comment le système doit réagir si, durant sa conversation, il se déplace dans un environnement offrant moins de capacité, par exemple dans sa voiture.

Le VHE introduit en fait un concept très large : l’utilisateur décide non seulement quels services il désire utiliser mais encore la qualité de ceux-ci qu’il pourra faire dépendre de l’environnement dans lequel il se trouve. L’opérateur, de son côté pourra également facturer non plus simplement l’utilisation du service, mais pourra faire dépendre le prix du service de la qualité requise, etc.

3.2.1 L’INTERFACE RADIO DE L’UMTS

L’UIT a identifié les fréquences que les Etats devront mettre à disposition pour l’IMT-2000 :

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 35 Philip Baertschi, Octobre 2000

de paquets Page 35 Philip Baertschi, Octobre 2000 Tableau des fréquences allouées par l’UIT pour

Tableau des fréquences allouées par l’UIT pour l’IMT-2000 (source : http://www.itu.int)

Pour satisfaire ces exigences, l’UMTS Forum a défini que l’interface radio de l’UMTS utilisera le FDD 74 pour les fréquences avec parité suivantes :

? ?

1920 à 1980 MHz et

? ?

2110 à 2170 MHz.

L’Europe a également décidé d’utiliser les bandes sans parité 1900 à 1920 MHz et 2010 à 2025 MHz qui utilisera le TDD 75 pour absorber le trafic asymétrique descendant.

Ainsi l’UMTS Forum recommande aux gouvernements d’octroyer des licences UMTS aux opérateurs avec des bandes minimales de 2x15 MHz avec parité + 5 MHz sans parité.

L’interface radio de l’UMTS se nomme UTRAN 76 . Cette interface a été conçue pour utiliser efficacement les fréquences radio et supporter un service de qualité dans tous les environnements physiques dans lesquels la communication mobile s’effectue aujourd’hui : à l’intérieur des bâtiments, à l’extérieur dans des zones urbaines et dans des zones rurales à faible densité de population, en ne se déplaçant pas ou au contraire en se déplaçant à haute vitesse dans un train.

74 Frequency Division Duplex.

75 Time Division Duplex.
76

UMTS Terrestrial Radio Access Network.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 36 Philip Baertschi, Octobre 2000

Les accords au sein de l’ETSI ont également défini que la méthode CDMA 77 sera utilisée dans l’opération FDD des fréquences avec parité et qu’une méthode hybride TDMA-CDMA sera utilisée dans l’opération TDD sur les fréquences sans parité.

3.2.2 LA STRUCTURE CELLULAIRE

L’IMT-2000 est un système global. Le concept de roaming (itinérence) introduit par le GSM afin de permettre à l’utilisateur de se connecter sur des réseaux dans d’autres pays est très largement repris dans l’IMT-2000 et son concept VHE. L’utilisateur doit pouvoir passer d’un réseau privé sans fil (à l’intérieur d’un bureau, par exemple) à un réseau satellite via un réseau terrestre public.

Le réseau terrestre public, tel que le couvre l’UTRAN est lui-même divisé en pico-, micro- et macro-cellules qui couvrent respectivement l’intérieur de bâtiments, les villes et les territoires étendus à faible densité de population.

La structure cellulaire du réseau s’en trouve nettement plus compliquée que celle vue plus haut pour les réseaux GSM. L’UTRAN va donc utiliser une structure cellulaire hiérarchique qui dépendra de la topographie des lieux.

Une structure cellulaire simple va tout d’abord être réalisée avec des macro- cellules. Ces cellules auront une portée de quelques kilomètres mais offriront des débits relativement faibles, de l’ordre de 144 Kb/s, et seront essentiellement destinées aux utilisateurs se déplaçant à haute vitesse.

A l’intérieur de ces macro-cellules seront placées des micro-cellules qui auront une portée de quelques centaines de mètres et seront destinées aux utilisateurs hors bâtiments dans les villes qui ne se déplacent qu’à vitesse réduite. Le débit de transmission de données sur ces cellules approchera les 384Kb/s en fonction de la qualité du signal.

Finalement, des pico-cellules seront placées à l’intérieur des micro-cellules pour assurer la couverture à haut débit (2 Mb/s) à l’intérieur des bâtiments. Leur portée devrait être de 100 mètres au maximum.

Le schéma suivant illustre le principe de cette structure cellulaire hiérarchique :

77 Code Division Multiple Access : chaque utilisateur sur une même fréquence porteuse de 4,4 Mhz est séparé par un code.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 37 Philip Baertschi, Octobre 2000

de paquets Page 37 Philip Baertschi, Octobre 2000 Schéma de la structure cellulaire hiérarchique d’un

Schéma de la structure cellulaire hiérarchique d’un réseau UMTS (source : UMTS – basic network architecture, Roman Morawek & Hüseyin Oeczelik)

3.2.3 L’UTRAN

L’UTRAN est constitué d’un ensemble de « sous-systèmes de réseau radio » appelé RNS 78 . Le RNS gère l’allocation et la libération des ressources radio nécessaires à la connexion du terminal au réseau UMTS. Le RNS peut être comparé au BSS du réseau GSM que nous avons examiné plus haut.

Chaque RNS est constitué d’un « contrôleur de réseau radio » appelé RNC 79 et d’un ou plusieurs Node Bs. La même comparaison peut être faite avec le réseau GSM : le RNC peut être comparé au BSC et le Node B au BTS.

Le RNC a pour fonction le contrôle général des Node B et prend les décisions de handover entre les Node B. Comme les BSC, les RNC peuvent être connectés entre eux.

Un Node B est un nœ ud logique qui s’occupe de la transmission radio pour une cellule et le terminal mobile.

3.2.4 LE RÉSEAU PRINCIPAL

Le réseau principal est un domaine dans lequel la standardisation de l’UIT et de l’ETSI n’est pas encore terminée. La description ci-dessous ne sera donc que générique.

78 Radio Network Subsystem. 79 Radio Network Controller.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 38 Philip Baertschi, Octobre 2000

A l’instar du sous-système de commutation de réseau (NSS) dans les réseaux GSM, le réseau principal est constitué d’entités physiques qui assurent la gestion des utilisateurs, leur position, la commutation ou transmission des données, le contrôle du réseau, etc.

Ce réseau principal se divise en trois parties :

? ?

le Serving Network Domain qui s’occupe du routage des appels et des

? ?

données transmises de la source à la destination, le Home Network Domain qui gère toutes les données constante de

? ?

l’utilisateur (à l’exception donc de la base de donnée qui stocke sa position géographique), le Transit Network Domain qui fait office de passerelle avec d’autres réseaux.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 39 Philip Baertschi, Octobre 2000

4. LA FACTURATION DES SERVICES DANS LES RÉSEAUX MOBILES A COMMUTATION DE PAQUET POINT DE VUE TECHNIQUE

Plus haute bande passante, connexions asymétriques, allocation dynamique de la bande passante 80 : voilà les promesses des réseaux mobiles à commutation de paquet. Ces réseaux vont offrir plus de flexibilité, tant aux consommateurs qu’aux opérateurs.

Les premiers vont économiser de l’argent en payant leurs communications au volume et non plus à la durée. En effet, les services actuels les forcent à payer pour l’entier d’un time-slot alors que leur utilisation n’en est que partielle : pour la communication vocale, les usagers payent actuellement leur appel même s’ils se taisent. Lorsqu’ils sont connectés à l’Internet, ils paient et occupent deux canaux symétriques alors que le canal ascendant n’est utilisé que pour envoyer les requêtes au serveur. De même, ils paient aussi bien le temps de téléchargement d’un document que le temps de lecture dudit document.

Les seconds vont utiliser leur réseau de manière plus efficace et économiser leurs ressources réseau (notamment les fréquences radio): une fois que le document du client aura été téléchargé, seule une connexion virtuelle sera maintenue et les fréquences radio pourront être allouées à d’autres clients pendant la lecture du document.

Cette flexibilité que permet la technologie doit pouvoir se refléter dans la facturation des services. Deux impératifs sont à conjuguer : la combinaison quasi illimitées de moyens de facturer un service (à la durée, au volume, à forfait, en fonction du lieu où se trouve le client, en fonction de l’heure, de la qualité de service offerts, … ) et la simplicité afin que le client comprenne comment il est facturé (le grand public européen est très peu familier avec la notion de facturation au volume) et puisse prévoir ses coûts d’utilisation du réseau mobile.

Nous allons donc tenter dans ce chapitre d’examiner d’un point de vue technique quels sont les différents moyens de facturer un service en fonction des informations qui sont récoltées sur les différents éléments du réseau.

Le chapitre suivant se concentrera plus sur le client pour examiner comment il est possible de conjuguer les possibilités techniques de facturation avec les besoins du marché.

80 Exclusivement pour l’UMTS.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 40 Philip Baertschi, Octobre 2000

4.1 INTRODUCTION

Nous avons vu au début du chapitre 3 que le grand bouleversement de la facturation des services sur les réseaux mobiles à commutation de paquet aura lieu avec l’introduction du GPRS, le passage à l’UMTS ne constituant qu’une adaptation des structures et de la philosophie mise en place pour le GPRS. De plus, la standardisation de l’UMTS s’est pour l’instant, comme nous l’avons également vu ci-dessus, essentiellement concentrée sur l’interface Air du système, à savoir l’UTRAN. Peu d’informations sont donc disponibles sur la facturation des services UMTS. Finalement, les fournisseurs de solutions CCBS commencent à peine à finaliser les nouvelles versions de leurs logiciels qui intègrent la facturation des services IP. Aucune information n’est encore disponible de leur part sur l’évolution de leurs produits pour l’UMTS.

Pour toutes ces raisons, ce chapitre va uniquement se concentrer les systèmes qui vont être mis en place pour le GPRS, sachant que des solution similaires seront certainement retenues pour l’UMTS.

4.2 FONCTIONNEMENT TECHNIQUE

Le fonctionnement d’un CCBS pour le GPRS fonctionnera sur un principe semblable à celui que nous avons vu pour le GSM. Le défi est triple :

? ?

Le CCBS devra pouvoir gérer une autre unité que le temps, c’est-à-dire le

? ?

volume de données transmises. Il devra également être capable de lire des CDR qui seront produits par

? ?

d’autres éléments du réseau, comme le SGSN ou le GGSN. Finalement il devra également supporter des interactions avec des éléments qui sortent du cadre strict de l’opérateur : systèmes de commerce électronique de tiers, flux d’argent avec ces derniers incluant un système de commissions, etc.

Reprenons le schéma du chapitre 2.2.2 qui décrivait le flux d’information de facturation et ajoutons-y les nouveaux éléments relatifs à l’intégration des réseaux à commutation de paquet :

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 41 Philip Baertschi, Octobre 2000

MSC

MSC 1. Génère un batch de CDR

1. Génère un batch de CDR

MSC 1. Génère un batch de CDR

CDR :

 

?

?

? ?

A-B number

CDR :

ou adresse IP,

? ??

?

??

? ?

Cell A-B ID,

? number, Durée,

?

? ?

? Date-heure, Cell ID,

? Bits Duration,

?

?

?

? ?

? ?

?

?

?

? ?

? ?

?

?

transférés, ? ? Date-time,

? ?

? ?

?? ??

 

SGSN,

GGSN,

1bis. Analyse les

données (log files) des

éléments passerelles, …

et génère un batch de

CDR

2. Script de requête au MSC pour la transmission du batch 3. Le batch est
2. Script de
requête au MSC
pour la
transmission du
batch
3. Le batch est
transmis au
mediation device

Mediation

device

4.

Système de e- commerce 6. Le batch est transmis au CCBS
Système de e-
commerce
6. Le batch est transmis au CCBS

1ter. Génère un batch de CDR contenant les achats effectués ou…

Le mediation device traite les CDR

en les regroupant et en standardisant leur format

1quater. Ecrit directement du texte pur sur la facture du client.

CCBS 7. Classification des CDR, Mise en relation avec le compte de l’abonné, rating.
CCBS
7. Classification des CDR, Mise en
relation avec le compte de
l’abonné, rating.

5. Script de requête au mediation device pour la transmission du batch

De nouveaux éléments sont apparus sur le schéma :

? ?

De nouveaux éléments de réseau GPRS proprement dit, le SGSN et le GGSN, génèrent des CDR contenant les information d’utilisation du réseau GPRS (numéro de carte SIM, adresse IP du GGSN utilisé pour se

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 42 Philip Baertschi, Octobre 2000

? ?

connecter sur Internet, adresse IP attribuée au terminal dans un contexte PDP, identification de la cellule, volume transféré, … ). Le CDR est ensuite transmis au Mediation device adapté pour pouvoir traiter et agréger ce nouveau type d’information. Le CCBS, adapté lui aussi, procède comme auparavant. Le schéma introduit également un serveur Internet de commerce électronique. Deux solutions sont envisageables pour l’intégrer dans le flux :

o

Une solution à court terme est d’introduire les achats comme de simple lignes de texte sur la facture du client. Cette solution, rapidement réalisable et ne requérrant que peu de modifications du CCBS a le désavantage de ne permettre aucune exploitation des données. Ceci n’est donc pas envisageable avec des partenaires extérieurs.

o

L’autre solution est d’intégrer complètement ce nouvel élément « exotique » dans le flux et adapter les éléments du réseau pour qu’ils supportent les nouvelles information sur un CDR généré par le système de commerce électronique. Cette solution, plus lourde, permet au CCBS de gérer complètement les flux financiers liés à cet élément. Une intégration de partenaires extérieurs, de perception de commissions, etc. devient donc possible.

Ces changements une fois effectués offriront à l’opérateur un outil souple et flexible pour tarifer l’utilisation de l’Internet mobile du GPRS.

Un exemple concret de solution CCBS, Amdocs, sera présentée au chapitre 6.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 43 Philip Baertschi, Octobre 2000

5. LA FACTURATION DES SERVICES DANS LES RÉSEAUX A COMMUTATION DE PAQUET – POINT DE VUE ECONOMIQUE

5.1 PRINCIPES

Tous les opérateurs s’accordent à dire que la principale nouveauté est l’introduction de la facturation du volume de données transmises de et vers le terminal mobile.

Cependant d’autres nouveautés entrent également en ligne de compte en relation avec l’accès non plus seulement à un réseau vocal mais à un réseau de données tel qu’Internet :

? ?

La facturation en fonction du réseau de données auquel on accède.

? ?

On peut imaginer que le prix au volume diffère si l’on se connecte sur Internet, sur un réseau privé d’entreprise ou sur le site Web/WAP de l’opérateur. Quel que soit le prix d’accès à un réseau, il est également possible et

souhaitable de différencier la tarification selon la nature du contenu mis

à disposition. Il est ainsi envisageable que l’accès au site de l’opérateur

soit libre, que certains services soient gratuits, que d’autres soient payants

à un bas tarif (p. ex. consultation d’e-mails, … ) et que d’autres encore

fassent l’objet d’une surtaxe (p. ex. informations sur l’emplacement des radars routiers, … ).

Si l’on considère ces trois éléments en relation avec des possibilités de tarification spécifiques aux réseaux téléphoniques commutés (tarification en fonction de la durée, à l’unité, … ) et d’autres concepts généraux de tarification (tarifs en fonction de la localisation de l’utilisateur, de l’heure du jour, tarifs forfaitaires, tarifs dégressifs en fonction du nombre de minutes ou Mbit utilisés, minutes ou Mbits offerts à titre de programmes de fidélisation, … ), l’on s’aperçoit rapidement qu’il existe des dizaines de possibilités de tarification pour un seul et même service !

Ainsi, le défi est double pour les opérateurs : faire évoluer leur CCBS pour pouvoir supporter la flexibilité de tarification requise 81 et définir des tarifs cohérents et compréhensibles pour les services qu’ils vont offrir au public.

81 En effet, les opérateurs GSM sont très diversement équipés pour faire face à ce besoin de flexibilité. Les nouveaux arrivant sur le marché (p. ex. diAx et Orange sur le marché suisse) ont généralement acheté « clé en main » des solutions CCBS. Les entreprises qui ont développé ces logiciels s’occupent de les faire évoluer. A l’opposé, les opérateurs historiques (Swisscom, British Telecom, France Telecom, … ) ont en général développé eux-même leur solution CCBS. Ces opérateurs sont maintenant confrontés au dilemme qui consiste à choisir entre un nouvel investissement pour faire évoluer leur système ou l’achat d’une solution clé en main adaptée. Peu d’informations sont publiquement disponibles sur les choix qui ont été faits. Nous savons néanmoins

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 44 Philip Baertschi, Octobre 2000

Nous allons maintenant examiner ce second aspect en dressant tout d’abord une liste des paramètres que l’opérateur GPRS reçoit de ses différents éléments de réseau et qui peuvent lui servir à établir les tarifs de ces produits. Nous examinerons dans un point suivant le point de vue marketing en essayant de catégoriser les différents services qui peuvent être offerts sur des réseaux à commutation de paquet. Ensuite, nous essayerons de tarifer concrètement quelque uns des services énumérés. Et finalement, a titre d’exemple, nous survolerons le service i-mode offert par NTT DoCoMo au Japon, qui fait rêver tous les opérateurs européens.

5.2 LES DIFFÉRENTS PARAMÈTRES QUI INTERVIENNENT DANS LA TARIFICATION

Essayons de dresser une liste de ces différents paramètres en les regroupant en fonction de leur origine 82 :

Origine

Paramètres de facturation

Opérateur d’un réseau téléphonique fixe

? Facturation à la minute.

?

? Facturation en fonction du numéro appelé (p. ex. numéros internationaux, 0900, … ).

?

 

? Frais de souscription (p. ex. taxe initiale d’activation d’un abonnement).

?

? Frais d’abonnement.

?

? Facturation à l’appel (prix forfaitaire pour un appel quelle que soit la durée, p. ex. les services de renseignement).

?

? Facturation en fonction de l’heure du jour ou du jour de la semaine (p. ex. tarifs « nuit » ou « week-end »).

?

? Facturation en fonction de la position géographique (p. ex. tarif préférentiel si l’on effectue un appel depuis une ville à destination de la même ville, … ).

?

 

? Facturation à l’unité (p. ex. SMS).

?

Opérateur d’un réseau GSM

? Tarifs dégressifs en fonction du nombre de minutes consommées durant une période définie, rétroactivement ou non à la première minute ( p. ex. les 60 premières minutes à Fr. 0.50, les 60 suivantes à Fr. 0.40, etc).

?

? Facturation forfaitaire d’un montant

?

que France Telecom est actuellement en cours d’évaluation d’une solution CCBS pour remplacer son ancien système de facturation. 82 Les origines de tel ou tel principe peuvent être discutables. Le tableau essaie de représenter les principes dans la catégorie où ils trouvent ou trouveront vraisemblablement un réel débouché commercial. Les combinaisons de différents principes ne sont pas pris en compte.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 45 Philip Baertschi, Octobre 2000

 

mensuel comprenant X minutes de communication vocale (p. ex. Fr. 50.- /mois pour 200 minutes de communication).

? Minutes offertes à titre de fidélisation (p. ex. au bout de 12 mois d’abonnement, 20 minutes mensuelles de communication offertes).

?

Fournisseur de services Internet

? Facturation forfaitaire en fonction de la « qualité » du contenu (p. ex. sélection gratuite d’articles d’un journal, abonnement mensuelle pour la totalité du journal).

?

? Facturation au forfait pour un certain volume (p. ex. connexion DSL qui inclut 1 Gb de trafic mensuel et facture X Fr. le Mb supplémentaire).

?

? Facturation au forfait indépendamment du volume (p. ex. circuit loué).

?

? Tarif dégressif en fonction du volume de données transmises (p. ex. Fr. 100.- le premier Gbit, Fr. 50.- les suivants).

?

Opérateur d’un réseau GPRS

? Facturation à la consultation du contenu (p. ex. 2 centimes par page consultée sur un service d’information radar.

?

? Facturation en fonction de la nature du réseau accédé (p. ex Internet, réseau privé d’entreprise, … )

?

? Volume de transmission de données offert au titre d’un programme de fidélisation (p. ex. 20 Mbit offerts par mois au bout de 6 mois d’abonnement au service GPRS).

?

Si l’on regarde ce tableau de plus près, l’on se rend aisément compte que la grande majorité des paramètres de facturation concernent des prestations de transport de données (commutation de circuit ou paquet) et que le facturation du contenu est peu prise en compte.

Les opérateurs de télécommunication ne sont historiquement pas des fournisseurs de contenu et quand bien même ils offrent quelques services de contenu, ceux-ci sont généralement facturés à l’aide de prix majorés à la minute.

Il existe à notre avis plusieurs raisons à cela. Les plus importantes sont :

? ?

Le manque de flexibilité des CCBS qui ont été conçus pour facturer des

? ?

services à la minute, L’état d’esprit « commutation de circuit » qui règne aujourd’hui encore au sein de nombreux opérateurs. Cela entraîne un méconnaissance du monde Internet et de la souplesse et l’innovation en terme de service et de facturation que cela peut amener,

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 46 Philip Baertschi, Octobre 2000

? ?

Le manque de prise de conscience, lors de la libéralisation du marché des télécoms, que les revenus liés au transport des données allaient sensiblement baisser en raison de la concurrence.

allaient sensiblement baisser en raison de la concurrence. Evolution du prix moyen de la minute de

Evolution du prix moyen de la minute de téléphonie fixe et mobile (source : AMS Communication)

L’arrivée du GPRS représente ainsi une grande opportunité pour les opérateurs de se « remettre à niveau ». De plus, l’exploitation du GPRS étant dépendant d’une concession GSM, la concurrence sera limitée sur ce terrain-là. L’opérateur bénéficiera ainsi de nombreux avantages par rapport à un fournisseur de contenu du monde Internet : il dispose d’une relation de facturation avec son abonné, ce dont peu de fournisseurs de contenu sur Internet peuvent se prévaloir, le nombre de ses abonnés dépasse largement le nombre d’utilisateurs reliés à Internet avec un ordinateur, il connaît en temps réel la position de ses abonnés et dispose d’outils pour communiquer avec ses abonnés où qu’ils se trouvent, quelle que soit l’heure ou le jour (p. ex. le SMS). L’opérateur dispose également d’informations privilégiées sur son abonné, son pouvoir d’achat, ses habitudes de consommation, …

Ainsi, même si l’opérateur ne va pas du jour au lendemain se transformer en fournisseur de contenu, il dispose d’arguments de taille pour mettre sur pied des partenariats avec les fournisseurs et se créer des nouvelles sources de revenu qui se délient progressivement du transport de données. Il aura également un rôle important à jouer dans le domaine du commerce électronique mobile (ou « m-commerce »), car le terminal mobile se trouve en général toujours dans la poche de l’abonné, contrairement au PC de bureau… Des revenus importants sous formes de commissions peuvent être générés par ce type d’application.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 47 Philip Baertschi, Octobre 2000

Le succès phénoménal d’Internet a cependant compliqué quelque peu la tâche des opérateurs. En effet, la situation qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui est que le consommateur a toujours été habitué :

? ?

à payer au prix fort les prestations de transport de voix et données auprès

? ?

des opérateurs et à trouver gratuitement une quantité toujours plus grande de contenu et services sur Internet.

Les consommateurs sont-ils aujourd’hui prêts à payer pour du contenu ou des services ? Et si oui, quelle « supplément mobilité » sont-ils prêts à mettre ? Les consommateurs vont-il effectuer des transaction par le biais de leur terminal mobile ? Si oui, quelle type de transactions ? Pour répondre à ces question, essayons d’analyser la nature des contenus et services qui peuvent être offerts afin de les catégoriser.

5.3 CATÉGORISATION DES SERVICES À VALEUR AJOUTÉE OFFERTS SUR INTERNET ET/OU PAR LES OPÉRATEURS.

5.3.1 OÙ SONT LES REVENUS ?

Comme nous l’avons vu ci-dessus, les revenus deviennent de moins en moins intéressants dans le domaine du transport de données. En revanche, certains services à valeur ajoutée et le commerce électronique représentent un grand potentiel de revenus pour les opérateurs de télécommunication.

La plupart des analystes du marché semblent d’accord sur le tableau d’évolution des revenus suivants:

sur le tableau d’évolution des revenus suivants: Evolution probable des différentes sources de revenu pour

Evolution probable des différentes sources de revenu pour l’opérateur (source : AMS Telecommunications)

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 48 Philip Baertschi, Octobre 2000

Distinguons la répartition des revenus lorsque l’opérateur agit en tant que transporteur de voix de son rôle dans l’Internet.

Les revenus de services téléphoniques à valeur ajoutée, même s’ils baissent inexorablement se partagent ainsi :

même s’ils baissent inexorablement se partagent ainsi : Répartition des revenus pour les services téléphoniques

Répartition des revenus pour les services téléphoniques (source : Billing for Mobile Internet Service and M-Commerce, Paul Bishop, Cap Gemini/Ernst&Young)

On voit facilement que la plus grande partie du revenu est encaissée par l’opérateur.

Dans le cas des services de données, les revenus se répartissent ainsi :

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 49 Philip Baertschi, Octobre 2000

de paquets Page 49 Philip Baertschi, Octobre 2000 Répartition des revenus pour les services données (source

Répartition des revenus pour les services données (source : Billing for Mobile Internet Service and M-Commerce, Paul Bishop, Cap Gemini/Ernst&Young)

Dans ce cas de figure, le revenu de pur transporteur de l’opérateur est réduit à la portion congrue. L’opérateur peut augmenter sa part de revenu s’il devient également fournisseur d’accès Internet mobile et pas seulement transporteur de données.

Les sources importantes de revenu se trouvant sans conteste dans le monde de l’Internet mobile (2 ème tableau), nous voyons aisément dans quelle direction l’opérateur doit se diriger.

5.3.3 CATÉGORISATION DES SERVICES A VALEUR AJOUTÉE

Tous les contenus ou services proposés sur Internet ou par les opérateurs n’ont pas la même valeur. Certains sont complètement entrés dans les habitudes et ne représentent plus de valeur aux yeux du consommateur (p. ex. la téléphonie fixe, le courrier électronique sur Internet, l’accès par modem à l’Internet, … ). D’autres sont sur le point d’entrer également dans cette catégorie, comme la téléphonie mobile et les SMS depuis un terminal mobile 83 .

Les contenus ou services peuvent à notre avis être répartis en trois catégories :

le contenu/service générique (à peu ou pas de valeur ajoutée), le contenu /service « premium » et les transactions. Essayons d’illustrer ce point de vue :

83 L’envoi de SMS depuis un site Internet (p. ex. mtnsms.com) est gratuit depuis de nombreuses années.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 50 Philip Baertschi, Octobre 2000

Le client final paye: L’opérateur encaisse: Abonnement, frais de transactions. Abonnement, commission, revenus
Le client final paye:
L’opérateur encaisse:
Abonnement, frais de
transactions.
Abonnement,
commission, revenus
publicitaires
Transactions
Abonnement, payement
à la consultation.
Contenu « premium »
Abonnement,
commission sur la
consultation, revenus
pub.
Revenus
publi-
Rien.
Contenu générique
citaires
Nombre de clients

Coûts pour les clients et revenus de l’opérateur en fonction du type de contenu/service offert.

Tentons à présent de classifier les produits et services offerts par un opérateur GSM et GPRS. Nous allons effectuer cette classification en prenant le point de vue du consommateur ; cela permettra de dégager, du point de vue de l’opérateur, où se situent les services pour lesquels le consommateur sera à l’avenir prêt à délier sa bourse et dans quelle direction il doit concentrer ses efforts de développement.

Classification

Contenu ou service

Marge actuelle pour l’opérateur 84

Contenu/Service

? Appels vocaux nationaux

?

+

générique

? Messagerie vocale

?

++

? SMS depuis un terminal mobile

?

++

? Roaming international

?

0

? E-mail sur Internet

?

-/0

? Jeux sur Internet

?

-/0

? Chat sur Internet

?

-/0

? Accès Internet (PC fixe)

?

-/0

Contenu/Service « premium »

? Notification et envoi d’e- mails par SMS

?

-/+

? Services d’information par SMS

?

++

84 Symboles : ++ : haut revenu ; + : revenu moyen ; 0 : peu ou pas de revenus ; - :n’offre pas ce type de services. La marge est comprise pour l’opérateur en tant que « transporteur » de données.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 51 Philip Baertschi, Octobre 2000

 

? Jeux mobiles

?

-/+

? Messagerie unifiée 85 pour particulier

?

-/+

? Messagerie unifiée pour entreprises

?

-/++

? Vidéo-conférence fixe

?

-/0

? Vidéo-conférence mobile

?

-

? Accès mobile au réseau de l’entreprise (VPN)

?

-/++

Transactions

? Banque mobile (consultation du compte, ordre de paiement, … )

?

-/+

? Bourse mobile

?

-/+

? Shopping mobile

?

-/+

? Vente de billets mobile

?

-/+

Ce tableau appelle plusieurs commentaires :

? ?

L’opérateur mobile n’est actuellement que très peu présent dans les

? ?

domaines de l’Internet fixe et mobile, Ses revenus lui proviennent quasi exclusivement de la vente de

? ?

« minutes » de communication et de SMS, Il n’offre presque que des services rentables (philosophie du « tout payant » des opérateurs téléphoniques), ce qui explique ses doutes pour le lancements de produits Internet à priori non rentables. Cependant la classification ci-dessus montre que le client serait prêt à payer certains services « premium ».

Les hésitation de l’opérateur sont compréhensibles. S’il tente de reproduire son monde du « tout payant » dans l’Internet mobile, il aura fort peu de chances de trouver son public 86 . Les opérateurs doivent donc changer leur approche face aux nouveaux produits et services liés à l’Internet, bien que la concurrence limitée dans le domaine des réseaux mobiles contribuera certainement à maintenir des prix relativement élevés dans les produits d’Internet mobile.

Comment doit donc réagir l’opérateur pour constituer un portfolio intéressant et rentable de produits et services Internet ? C’est ce que nous allons essayer d’analyser dans le paragraphe suivant.

85 La messagerie unifiée est un produit qui permet de regrouper dans une boîte électronique personnelle différents types de messages : e-mails, fax, sms, messages vocaux. Ces messages peuvent être consultés aussi bien sur Internet que sur le téléphone mobile (WAP) ou oralement, via Text-To-Speech. L’utilisateur peut également envoyer un message en utilisant un des canaux à sa disposition.

86 Il y a fort à parier que les opérateurs n’arriveront pas à refaire le « coup du SMS » qui a un prix de revient de quelques fractions de centimes et qui est revendu au prix fort au consommateur (entre Fr. 0.20 et 0.25 par unité).

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 52 Philip Baertschi, Octobre 2000

5.3.4 STRATÉGIE POSSIBLE POUR LES OPÉRATEURS

On peut identifier au moins trois segments 87 de marché bien définis auxquels s’adresse la liste des produits énumérés ci-dessus : le grand public, le consommateur à grand pouvoir d’achat et les entreprises :

? ?

Le grand public n’est pas prêt à de grandes dépenses et recherche

? ?

avant tout à utiliser son terminal mobile ou fixe pour communiquer avec ses proches, se divertir (jeux, chats, … ) et trouver des informations génériques (sport, météo, nouvelles,… ). Ce segment est certainement prêt à effectuer des transactions en ligne, mais elles vont se faire au détriment des canaux de distribution traditionnels. Il est de plus relativement sensible aux coûts fixes et/ou élevés et préfèrera dépenser souvent de petits montants (p. ex. les SMS) pour des produits intéressants, simples et clairs. Le consommateur à grand pouvoir d’achat va utiliser les services du

? ?

grand public, mais voudra également utiliser des applications plus avancées et tolérera des interfaces plus compliquées : trading en ligne, vidéoconférence, … Sa sécurité financière lui permet en outre de souscrire à des services comprenant une taxe mensuelle relativement élevée et peut se permettre de dépenser une somme plus importante d’un coup. Les entreprises, surtout les PME, ont un grand besoin de solutions intégrées de communication et disposent d’un pouvoir d’achat très confortable. Un opérateur offrant des solutions personnalisées de messagerie unifiée et d’accès sécurisé au réseau de l’entreprise à l’aide d’un terminal mobile trouvera certainement un marché intéressant dont les marges sont encore intactes.

Les opérateurs doivent donc offrir des produits et services à toutes ces catégories de clients, en tenant compte de leur spécificité tant pour le type de produit que dans la manière de le tarifer :

? ?

Les produits à destination du grand public doivent servir ses besoins :

divertir, informer et aider à communiquer avec les proches tout en étant bon marché et payé à la consommation. Une stratégie intéressante pour ce type de clientèle serait certainement d’offrir gratuitement des produits sur le Web et de rendre ces produits également accessible sur le terminal mobile (via WAP ou SMS). Le pendant mobile du produit est lui payant sur le modèle du SMS, à savoir au message envoyé, reçu ou à l’information consultée et ne doit pas comprendre de barrière à l’entrée importante (frais de souscription, abonnement, … ). En habituant gratuitement les utilisateurs à utiliser certains produit sur l’Internet fixe, ils auront certainement envie de l’utiliser dans sa version mobile et seront prêts à payer un petit montant au pro rata de leur utilisation. De plus, le risque que les produits offerts

87 En réalité, une segmentation beaucoup plus fine est nécessaire pour établir un stratégie.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 53 Philip Baertschi, Octobre 2000

gratuitement sur le Web cannibalisent les revenus potentiels du produit dans sa version mobile sont très faibles car les utilisateurs ont de toute façon tendance à utiliser l’interface qui leur convient le mieux en fonction de leur situation. Peu de personnes utiliseront leur téléphone mobile pour envoyer un SMS alors qu’ils sont connecté sur le Web. A l’inverse, peu de gens attendront leur retour à la maison et allumeront leur PC pour envoyer un SMS s’ils peuvent le faire à faible coût depuis leur téléphone mobile 88 .

Les applications qui s’adaptent bien à ce type de raisonnement sont le SMS, le chat, le e-mail et la messagerie unifiée basique, les jeux, etc.

? ?

Le consommateur à grand pouvoir d’achat sera prêt à payer une taxe mensuelle en plus de l’utilisation effective du produit à condition que le service soit de haute valeur ajoutée. Il sera ainsi prêt à souscrire à un service d’information financière, à une messagerie unifiée avancée, à un abonnement pour pouvoir utiliser la visioconférence et à payer l’utilisation effective du service, même si les prix sont relativement élevés.

? ?

Les entreprises quant à elles ont d’importants moyens financiers mais doivent pouvoir prévoir tout ou partie de leurs dépenses. Elles ont également besoin d’un service après-vente irréprochable et à disposition en permanence. Il est ainsi important de fournir des services avancés clé en main et dont la part des coûts variable reste la plus petite possible. Un accès sécurisé à l’Intranet de l’entreprise, un service de messagerie unifiée personnalisé sont des services qui conviennent bien à ce genre de segment : une location mensuelle élevée peut par exemple être demandée pour la mise en place et la maintenance de la connexion VPN entre l’opérateur et l’entreprise. L’utilisation de la ligne par les travailleurs nomades doit en revanche être facturée au volume à un prix attractif.

5.3.5 ESSAI DE TARIFICATION DE DEUX PRODUITS : LA MESSAGERIE UNIFIÉE ET LE TRADING ON-LINE.

Examinons tout d’abord la messagerie unifiée. Ce produit permet au client de recevoir tous ses messages dans une boîte virtuelle unifiée. Au moyen d’une interface simple, accessible tant par SMS, WAP, Web et téléphone fixe ou mobile, l’utilisateur y reçoit tout type de messages : e-mail, fax, SMS, messages vocaux et peut envoyer des messages par n’importe lequel de ces canaux.

88 Les SMS gratuits depuis le web n’ont par exemple pas du tout « tué » le marché du SMS. Au contraire, le web a contribué à la banalisation et à la large diffusion du SMS. De plus, quoi de plus normal que de répondre avec son téléphone mobile à un SMS envoyé depuis l’Internet ?

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 54 Philip Baertschi, Octobre 2000

Ce produit est aisément adaptable à chacun des trois segments mentionnés ci- dessus. Une version de base pour le grand public, une version plus « musclée » et complète pour le consommateur à grand pouvoir d’achat et une version entièrement personnalisable avec support pour l’entreprise.

La version de base devrait respecter la stratégie que nous avons énoncée ci- dessus pour le grand public : lui permettre de communiquer d’avantage, être divertissant, éviter les frais importants d’abonnement fixes importants, facturer l’utilisation du produit lorsque le consommateur est mobile et le rendre gratuit sur le Web. Ce produit serait ainsi très attractif, car la possibilité de l’utiliser quasiment sans frais sur le Web existerait. Il offre une possibilité illimitée de communication avec ses proches ou la Terre entière, mais il faudrait renforcer le côté divertissant par l’adjonction à la version grand public d’une adresse e- mail, d’outils permettant par exemple d’envoyer des SMS images ou musicaux et de les créer en ligne. Une bonne communication autour de cet outil « gratuit » le transformerait à coup sûr en succès. Les revenus sont-ils au rendez-vous ? Il y a fort à parier que le flot de communication ainsi généré ne s’arrêtera pas lorsque le consommateur sera mobile.

Ainsi présenté, le produit apporte encore d’autres avantages :

? il fidélise le client en « l’enfermant » dans une certaine adresse e-mail qu’il est laborieux de changer si l’on change d’opérateur. Si le produit offre en plus la possibilité de créer un répertoire d’adresses qu’il est impossible de transférer ailleurs, l’utilisateur n’en sera que plus fidèle !

? Si le produit « web » n’est pas uniquement disponible aux abonnés de l’opérateur, il a un pouvoir de captation énorme. L’opérateur peut très bien « offrir » l’un de ses numéros de téléphone sans raccordement réel pour permettre l’utilisation du service complet sur le web à tout un chacun. Lorsque le futur client décidera de s’offrir un mobile ou de changer d’opérateur, le choix sera relativement facile et il pourra conserver son numéro de messagerie unifiée !

?

?

Un tarification possible de ce produit pour le grand public serait donc la suivante:

? L’abonnement mensuel est gratuit avec un espace disque de 1 Mb et 50 SMS gratuits par mois ou de Fr. 5.- par mois pour un espace disque de 5 Mb et SMS illimités (débités sur la facture mensuelle ou le compte à pré- paiement des clients abonnés et vendus par carte de crédit pour 6 mois minimum aux autres clients). Un numéro de téléphone de l’opérateur est offert aux non abonnés.

? L’utilisation du service sur le Web est gratuite excepté pour l’envoi des fax qui sont facturés au tarif normaux (les clients non abonnés peuvent acheter des crédits en ligne).

? L’accès par le WAP (réservé aux abonnés) de ce produit est gratuit (pas de frais de connexion). Chaque message lu sera facturé Fr. 0.40.

?

?

?

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 55 Philip Baertschi, Octobre 2000

? L’accès par SMS s’effectue au taris normal pour le SMS de requête et est gratuit pour la réponse (le message).

? L’accès vocal est disponible par au tarif normal de l’opérateur pour un appel sur un mobile.

?

?

La version pour le consommateur à grand pouvoir d’achat serait adaptée à son profil tout en gardant les mêmes fonctions. Certainement moins intéressé par la composition de mélodies sur le web, bien qu’il y ait aussi accès, ce client trouvera certainement de la valeur ajoutée à plus d’espace disque, l’envoi de fax pour la Suisse inclus et un calendrier synchronisable avec son agenda personnel. Une telle offre transformerait le produit en un vrai bureau virtuel !

Une tarification possible serait :

? Abonnement mensuel de Fr. 20.- par mois (débité sur la facture ou le compte pré-payé de l’abonné ou débité pour 6 mois sur la carte de crédit du client non abonné) pour 20 MB d’espace disque et fax gratuits en Suisse.

? Les autres services seraient tarifés de manière similaire à la version de base, excepté les fax à destination de la Suisse qui seraient gratuits.

?

?

La version pour les entreprises serait un produit beaucoup plus large et adapté à chaque entreprise. Prenons pour exemple une PME de 10 employés. L’entreprise pourrait souscrire à un abonnement GSM/GPRS/messagerie unifiée pour ses 10 employés. Du côté de la téléphonie mobile, des tarifs spéciaux seraient appliqués pour les appels entre les 10 employés et pour le sus les tarifs normaux de l’opérateur seraient facturés, comprenant éventuellement des rabais de volume. Le service de messagerie unifiée serait hébergé par l’opérateur et offrirait les mêmes fonctions que la version pour consommateur à grand pouvoir d’achat tout en permettant le maintien des adresses e-mail et/ou numéros de téléphone mobile existants. Le calendrier devrait également être renforcé et offrir la synchronisation avec les autres calendriers des employés de la PME.

Une tarification possible de ce produit serait la suivante :

? Forfait d’abonnement mensuel pour les 10 abonnements et l’hébergement de la messagerie unifiée : Fr. 500.-

? Frais de mise en service et personnalisation (transfert des numéros de téléphones et du serveur mail) : Fr. 3000.-

? Frais de location de ligne ou VPN entre la PME et l’opérateur : prix en fonction de la capacité et de la technologie (circuit réservé ou VPN), à la charge de la PME 89 .

? Utilisation du service : même tarification que pour la version du consommateur à grand pouvoir d’achat.

?

?

?

?

89 Les frais d’une connexion sécurisée peuvent être très faibles si la PME dispose déjà d’une liaison à l’Internet. Il est en effet relativement aisé d’établir un tunnel virtuel privé (VPN) sur les infrastructures pré-existantes.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 56 Philip Baertschi, Octobre 2000

Le trading en ligne est un produit beaucoup plus ciblé. A l’heure actuelle, il n’intéresse potentiellement que le consommateur à grand pouvoir d’achat. La grande différence avec la messagerie unifiée est que l’opérateur n’a aucune compétence en la matière ! Il nécessite donc une alliance avec un partenaire proposant ce genre de service et disposant d’une bonne expérience dans le trading sur le web.

Cette alliance est le premier point très important. Il est primordial de profiter d’une marque connue et reconnue dans le domaine. Ce sera très utile pour mettre le client en confiance. D’autre part, les deux partenaires qui s’allient doivent profiter de l’image de marque de l’autre : l’opérateur pourra tout à coup devenir un acteur sérieux dans le monde de la finance et le financier donnera une image dynamique en proposant ses services aux utilisateurs mobiles.

Il est impossible d’essayer de tarifer un tel produit car les conditions de l’accord de partenariat détermineront très largement le business model qui sera appliqué. Il est cependant vraisemblable que le bénéfice en terme d’image de marque soit équivalent pour les deux partenaires et donc pas sujet à échange d’argent. Les revenus de l’opérateur peuvent être les suivants :

? ?

Abonnement mensuel : peu probable car très peu pratiqué dans le

? ?

monde bancaire. Revenu de connexion via un terminal mobile à la minute, au volume ou à

? ?

la transaction. Potentiellement partage de ces revenus avec l’institut financier. Commission possible sur les frais de courtage encaissés par la banque.

5.4 ILLUSTRATION : LE SERVICE I-MODE DE NTT DOCOMO

Tout les éléments que nous avons examiné dans les chapitres précédents sont-ils futuriste ? Rendons-nous au Japon où NTT DoCoMo connaît un incroyable succès avec son service d’Internet mobile I-mode.

I-Mode, c’est :

? ?

un service d’Internet mobile qui a été lancé en mars 1999 et compte

? ?

aujourd’hui plus de 10 millions d’abonné 90 au Japon, dont environ 1,5 million de nouveaux abonnés rien que pour le mois de juillet 2000, quelques interruptions de service dus à la surcharge du service et

90 Le 22 octobre 2000, le nombre d’abonnés a dépassé les 13'638'000. Source :

http://www.nttdocomo.com/i/inumber.html. En octobre 99, DoCoMo prévoyait environ 17 miod’abonnés en 2005. Ce chiffre devrait être atteint au début 2001 !

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 57 Philip Baertschi, Octobre 2000

? ?

un succès phénoménal assurant de confortables revenus au divers intervenants du système!

I-mode connecte ses abonnés mobiles à une foule de services en ligne aussi variés que le courrier électronique, la banque électronique, la bourse, les jeux, les information régionales et internationales, les services d’annuaires et autres guides de restaurant.

Pour se connecter au portail i-mode de NTT DoCoMo, sur lequel sont listés tous ces services, l’utilisateur branché en permanence n’a qu’à appuyer sur le bouton « i » de son terminal mobile et les fonction de téléphonie sont instantanément remplacé par le menu Internet du portail i-mode. De plus, bien que le système soit propriétaire, n’importe quel fournisseur de contenu peut créer son propre site i-mode qui sera accessible par une URL Internet. Cette ouverture représente un atout non négligeable et offre au consommateur une grande diversité de produits et services. Les utilisateurs ne sont ainsi pas bridés par la sélection de sites proposés sur le portail i-mode. Chaque abonné reçoit en outre automatiquement une adresse e- mail qui est le numéro de téléphone @docomo.ne.jp.

Voici un schéma de fonctionnement du service :

Voici un schéma de fonctionnement du service : Vue fonctionnelle du service i-mode (source :

Vue fonctionnelle du service i-mode (source : http://www.nttdocomo.com/i/index.html)

Trois différents types de fournisseurs existent dans le système i-mode : les banques avec lesquelles le service i-mode établit une connexion dédiée et sécurisée, les fournisseurs de service i-mode, partenaires avec lesquels DoCoMo a établit un contrat et qui sont listés sur le portail i-mode et finalement les fournisseurs de contenu indépendants qui ont adapté leur site web au standard i-mode et qui sont accessibles en tapant leur URL Internet 91 .

91 Les utilisateurs mobiles ne sont en fait pas connectés directement à l’Internet avec leur terminal. Ce sont les serveurs i-mode qui agissent commune une passerelle et relient les usager à l’Internet par

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 58 Philip Baertschi, Octobre 2000

Le système i-mode requiert un abonnement mensuel de 300 Yen 92 et un téléphone compatible. L’utilisateur paie ensuite un montant de 0,3 Yen pour 128 bytes de données transférées. Ainsi, la consultation de son compte en banque coûtera entre 10 et 20 Yen (16-32 ct.). Sur le marché japonais, où les privés sont relativement faiblement connectés à l’Internet avec leur PC, ce coût est inférieur à celui d’une connexion fixe !

5.4.1 ARCHITECTURE DU SYSTÈME I-MODE

Le lien qui unit les fournisseurs de contenu au services i-mode utilise le réseau Internet ou un circuit loué (banques). Nous n’allons donc pas nous attarder sur ce point.

Le réseau radio qui relie l’abonné à i-mode est similaire au GPRS examiné plus haut. C’est un réseau à commutation de paquet (PDC-P) pour la transmission des données et le trafic voix habituel transite sur un réseau à commutation de circuit (PDC). Ainsi, le réseau PDC-P permet à l’utilisateur d’être connecté en permanence et de ne payer que pour le trafic qu’il envoie ou reçoit.

Schéma du réseau :

le trafic qu’il envoie ou reçoit. Schéma du réseau : Schéma du réseau PDC-P et PDC

Schéma du réseau PDC-P et PDC (source : Docomo « i-mode » - Towards mobile multimedia in 3G, Takeshi Natsuno)

Le réseau supporte également que de l’information soit « poussée » à l’abonné qui a souscrit à un certain service. L’information est poussée du fournisseur de contenu au serveur i-mode qui vérifie la validité de la requête et le délivre finalement au destinataire par le réseau PDC-P.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 59 Philip Baertschi, Octobre 2000

5.4.2 LA FACTURATION DANS LE SYSTÈME I-MODE.

La grande vision d’i-mode a été d’intégrer dès le départ les fournisseurs de contenu dans le cercle de circulation d’argent. NTT DoCoMo ne vend que très peu de choses elle-même et elle s’appuie sur l’inventivité des fournisseurs de contenu pour la création de contenu attractif qu’ils peuvent revendre soit à l’unité soit sur abonnement. I-mode a ainsi mis en place un système de commission qui s’élève à 9% de toutes les transactions. Le système fonctionne ainsi :

de toutes les transactions. Le système fonctionne ainsi : Circulation d’argent entre les divers acteurs d’i-mode

Circulation d’argent entre les divers acteurs d’i-mode (source : iMode – a sophisticated WAP-like service from Japan, Mika Marjalaakso)

L’utilisateur paie donc à NTT DoCoMo les frais inhérents au service payant qu’il désire utiliser. DoCoMo reverse ce montant au fournisseur de contenu qui lui reverse une commission de 9%. Le fournisseur de contenu délivre finalement le contenu à l’utilisateur.

I-mode a donc établi un service de facturation à 3 niveaux. Des frais d’abonnement sont perçus mensuellement indépendamment de l’utilisation du service. DoCoMo taxe ensuite le trafic utilisé au volume, indépendamment de savoir quel service est utilisé. Finalement, elle prend une commission de 9% sur les services payants qu’utilise l’abonné. Le schéma suivant illustre ce mécanisme :

Commission de 9% sur les services de tiers

Commission de 9% sur les services de tiers

Commission de 9% sur les services de tiers

Services propres de DoCoMo

Facturation du trafic (0,3 Yen / 128 byte)

Abonnement mensuel de 300 Yen

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 60 Philip Baertschi, Octobre 2000

Sources de revenu de NTT DoCoMo pour le service i-mode

Ce mécanisme a permis à NTT DoCoMo de générer un revenu moyen par utilisateur (ARPU) de 1200 Yen/mois, soit environ Fr. 20.-, rien que pour le service i-mode et indépendamment des communications vocales.

5.4.3 L’INTERFACE UTILISATEUR DE I-MODE

L’interface est essentiellement basée sur du texte et de petites images en noir- blanc. Les premiers appareils disposant d’un écran couleur ont cependant fait leur apparition sur le marché et les sites i-mode commencent à proposer des versions adaptées.

L’interface utilisateur ressemble ainsi beaucoup au WAP tel que nous le connaissons en Europe. La navigation se fait par menu sur lesquels l’utilisateur clique pour ouvrir le lien hyper-texte. Illustration :

clique pour ouvrir le lien hyper-texte. Illustration : Navigation sur un service de banque en ligne

Navigation sur un service de banque en ligne (source : DoCoMo « i-mode » - Towards mobile multimedia in 3G, Takeshi Natsuno)

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 61 Philip Baertschi, Octobre 2000

5.4.4 FACTEURS DE SUCCES

Quels sont les éléments qui ont transformé le service i-mode en succès phénoménal? Si nous résumons les éléments vus ci-dessus nous pouvons identifier les facteurs suivants :

? Le Japonais sont relativement peu connectés à l’Internet depuis leur ordinateur personnel.

? L’accès à l’Internet est meilleur marché par i-mode que par un accès fixe.

? Le système i-mode étant propriétaire, NTT DoCoMo maîtrise les fabricants de terminaux mobiles et n’autorise la mise sur le marché que d’appareils intensivement testés. Ils évitent ainsi l’incompatibilité des appareils que connaît l’Europe, où chaque fabricant d’appareils WAP implémente les spécifications à sa manière…

? L’utilisation du service est extrêmement facile, puisqu’il faut presser un bouton et suivre les menus qui s’affichent.

? La connexion au service est instantanée.

? Le choix des services est immense car i-mode autorise tout un chacun à créer son site compatible.

? L’utilisateur ne paie que ce qu’il consomme.

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Ces éléments doivent absolument être pris en considération lorsque les opérateurs élaborent leur stratégie WAP sur GPRS. Même si le marché japonais est bien différent du marché européen, des leçons très instructives peuvent en être tirées, particulièrement en ce qui concerne l’intégration de partenaires tiers dans les flux financiers.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 62 Philip Baertschi, Octobre 2000

6. FOURNISSEURS DE SOLUTIONS CCBS POUR LES RÉSEAUX GPRS

Nous avons vu tout au long de ce travail que la possession d’un système de facturation souple permettant d’intégrer de nombreux paramètres est une condition sine qua non pour élaborer une stratégie de tarification du GPRS cohérente et innovatrice.

Globalement, les nouvelles sont bonnes : tous les grands fournisseurs traditionnels de systèmes CCBS pour les opérateurs ont intégré ou sont en cours d’intégration de modules permettant de facturer également des volumes de données, soit par acquisition de sociétés de « facturation IP », soit par développement maison.

Nous allons donc examiner dans les points suivants un produit parmi l’offre importante qui est proposée par les grands fournisseurs de ce type de solutions. Nous renonçons à présenter d’autres prestataires, car ils offrent peu ou prou tous le même type de fonctionnalités 93 .

6.1 AMDOCS EN GÉNÉRAL

Amdocs est une entreprise qui fournit des solutions CCBS depuis 1993 et compte parmi ses clients surtout des opérateurs GSM.

L’entreprise a acquis Solect, une entreprise spécialisée dans les systèmes de facturation pour Internet, en mai de cette année. Cette acquisition lui permet aujourd’hui de proposer sur le marché une solution CCBS complète qui intègre les évolutions nécessaires pour le GPRS.

6.2 AMDOCS ENSEMBLE

Ensemble est le nom du produit CCBS d’Amdocs. Ce produit, qui opère sur un SGBD Oracle 8, peut soit se greffer sur une solution CCBS existante (« Adjunct » solution), soit être implémenté comme un système à part entière (« Convergent » solution).

L’application se compose des éléments suivants :

93 Une liste de référence de sites web d’entreprises actives dans le domaine est proposée dans la bibliographie.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 63 Philip Baertschi, Octobre 2000

de paquets Page 63 Philip Baertschi, Octobre 2000 Composants de l’application Ensemble (source :

Composants de l’application Ensemble (source : www.amdocs.com)

Comme on le voit dans l’illustration ci-dessus, Ensemble se compose des éléments suivants :

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Une partie « technique » (cercles oranges) comprenant :

o

Traitement des CDR : ce module se charge de collecter les CDR reçus des différents éléments du réseau, comme le MSC, la passerelle WAP, le SGSN et le GGSN du réseau GPRS, … Il en extrait les données, applique les tarifs et les débite sur le compte du client.

o

Facturation : ce module extrait les données du compte client à intervalle régulier (mensuellement, p. ex.) et génère une facture sous forme de PDF 94 . Il comprend également un outil d’audit qui permet de repérer les erreurs éventuelles. Ce fichier pourra être ensuite exporté vers un outil d’impression et de mise sous-pli.

o

Comptabilité : ce module permet d’effectuer toutes les opérations comptables nécessaires à la gestion financière, dont notamment le suivi des clients douteux, etc. Il peut également s’intégrer dans des ERP tels que SAP.

o

Configuration d’éléments réseau : ce module permet au CCBS de configurer tous les éléments du réseau, qu’il proviennent du monde

94 Portable File Document, format développé par Adobe pour générer des documents prêts à l’impression ou consultation à l’écran.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

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GSM ou Internet. Ainsi, il pourra par exemple être prévu que, lorsqu’un compte client est créé, le CCBS configure le HLR en lui transmettant toutes les informations client (numéro de carte SIM et de téléphone, services souscrits, … ), la passerelle WAP, le système de messagerie vocale, etc.

o Gestionnaire de commerce électronique : ce module est une nouveauté et permet l’intégration de tiers (marchands, fournisseurs de contenu, publicité), de leur système de vente et bases de données client dans la transaction. Il gère aussi les transactions financières elles-même en débitant le client, transférant les fonds aux tiers et gérant les commissions. Finalement, le module gère également les flux financiers découlant des accords d’interconnexion et roaming entre opérateurs.

? ?

Une partie « gestion » (cercles bleus) comprenant :

o

Vente et marketing : ce module est un outil intégré de gestion du client pour les départements marketing et vente. Il fournit des données consolidées sur la clientèle, son habitude de consommation et offre ainsi la possibilité d’adapter les produits à la demande. Il permet également d’intégrer directement les caisses enregistreuses des points de vente, de les gérer et ainsi de mesurer le retour des diverses campagnes marketing.

o

Gestion de la clientèle : ce module est principalement destiné au service à la clientèle. Il permet d’agir sur le compte du client pour l’activer, le suspendre, modifier son profil, etc.

o

Interface client : ce module met à disposition du client, dans les limites fixées par l’opérateur, une interface graphique via Internet lui permettant d’agir lui-même sur le système afin de consulter son compte, modifier les services, … sans passer par le service clientèle.

Cet « Ensemble » forme ainsi une solution complète pour les opérateurs, leur permettant de gérer une bonne partie de leur « core business » et d’intégrer les futurs services de l’Internet mobile.

Facturation des services à valeur ajoutée dans les réseaux sans-fil à commutation de paquets

Page 65 Philip Baertschi, Octobre 2000

7. CONCLUSION

Nous avons pu voir tout au long de ce travail que les solutions techniques permettant une facturation flexible des services de l’Internet mobile commencent à arriver à maturité et sont mis sur le marché. NTT DoCoMo en a été le précurseur, mais les opérateurs européens ont maintenant tous la possibilité de faire évoluer leur CCBS pour prendre en compte les nouvelles exigences du GPRS.

Le défi à venir pour les opérateurs ne se situe donc plus vraiment dans cet aspect technique. Certes, il s’agit de bien maîtriser l’implémentation du nouveau CCBS. Cependant, le vrai challenge se trouve dans la politique des opérateurs.

Il s’agit pour eux de bouleverser leur organisation interne qui a prévalu durant cette dernière décennie et faire preuve de créativité, pour inventer de nouveaux services horizontaux qui exploitent aussi bien l’Internet fixe que mobile, la voix que le SMS afin de tirer le meilleur parti possible des nouvelles possibilités de facturation qui s’offrent à eux.

Car l’exemple de i-mode le prouve : le jeu en vaut la chandelle et de nouvelles sources de revenu peuvent ainsi être trouvées pour compenser la diminution inexorable du prix de la communication vocale.

Il incombe cependant à l’opérateur de saisir l’opportunité rapidement. En effet, la concurrence, qui doit par ailleurs être clairement identifiée par les opérateurs (est-ce un autre opérateur national ou les Yahoo de ce monde ?), n’attend pas et n’a besoin des opérateurs que pour certaines données bien précises comme la position de l’abonné.

Le risque majeur pour l’opérateur qui n’entreprendrait pas rapidement ce grand chantier est bien sûr de se transformer en simple transporteur de données, domaine dans lequel des revenus confortables ne sont plus à espérer pour très longtemps…