MARS 2013 / n°183/ 1,70 €

ÉGALITÉ DES TERRITOIRES ET TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Cécile Duflot est venue en Haute-Saône, le 22 février, pour présenter sa vision de l’égalité des territoires et les axes de son action dans ce domaine. Notre région, à la fois industrielle et rurale, avec son réseau de villes, de quartiers, de bourgs et de villages, est très concernée par cette question. C’est l’une des raisons qui ont poussé la ministre écologiste à venir chez nous ainsi que pour parler d’égalité dans les territoires et d’égalité dans le temps, entre les générations. Quelques points forts dans son discours de Vesoul... D’abord, il y a, en France, de la place en dehors des métropoles. Aujourd’hui, on assiste à un retour du « temps des territoires », contrairement à l’idée qui parie sur des métropoles irrigant les territoires ruraux. (1) Cette vision défendue par les écologistes a le double avantage d’être sobre et respectueuse des habitants. Sobre parce que, par exemple, des services publics près de chez soi, c’est moins de déplacements. Respectueuse, car elle redonne à la populations de chaque territoire la capacité de choisir son avenir. Ensuite, égalité des territoires ne veut pas dire uniformité. L’aménagement d’un territoire doit s’appuyer sur ses spécificités et sur son histoire. Il est indispensable que les acteurs locaux - habitants, tissu associatif et économique, élus - soient à la base des projets et des orientations choisis. L’aménagement des territoires doit aussi s’appuyer sur leurs complémentarités. Il est nécessaire d’organiser et de favoriser les échanges entre voisins (transports en commun, mutualisation, etc.). Enfin, Cécile Duflot a développé l’idée que l’écologie et le dérèglement climatique sont des enjeux forts de l’égalité des territoires. Cette égalité, il ne faut pas seulement la voir à un instant donné, mais aussi dans le temps, en se demandant en quoi un projet va réduire ou accentuer les inégalités à échéance de 10, 20 ou 50 ans. Pour répondre à des questions de ce type, la transition énergétique est un pilier central, qui prend en compte l’égalité et la solidarité entre les générations. Nous vous attendons nombreux à la « Convention Énergie » organisée par EÉLV-FC samedi 16 mars, à Morre (Doubs). Bien sur, nous y parlerons sobriété, efficacité énergétique et énergies renouvelables, mais aussi projets de territoire, participation active des citoyens et solidarité entre générations. Oui à plus d’égalité sur nos territoires, oui à la transition énergétique ! Brigitte Monnet et Bernard Lachambre Cosecrétaires régionaux
(1) Voir le compte rendu de l’atelier des journées de Chaux-des-Crotenay « Stratégies de développement des territoires ruraux : quelle prise en compte environnementale ? », avec Georges Gontcharoff – La Feuille Verte, décembre 2012.

ERCISOL

Deux années d’existence
Comme l'a rappelé Alain Fousseret dans La Feuille Verte du mois dernier, le 2 novembre 2010, la S.A.S. Énergies Renouvelables Citoyennes et Solidaires (ERCISOL) voyait le jour à l'initiative de Louis Massias, Maire de Foussemagne (Territoire-de-Belfort). Son objet social : la production d’énergies d’origine renouvelable (électricité et chaleur). Dès la première Assemblée générale de constitution de la société, le ton était donné : d’une poignée de proches entourant Louis Massias quelques mois auparavant, le nombre d’associés fondateurs atteignait le chiffre de 35 à l’issue de cette A.G., le 30 octobre 2010. Aujourd’hui, ERCISOL compte 87 membres pour un capital souscrit de 325 000 € (86 actionnaires français couvrant 17 départements et un actionnaire belge).

La composante écologique
Son point de départ est, bien sûr, l’idée d’extrapoler l’expérience réussie de Louis Massias dans la commune de Foussemagne en matière de développement et d’utilisation des énergies renouvelables. Le souci de l’environnement est donc une des premières composantes d’ERCISOL. La production décentralisée de l’énergie, consommée localement, relève de l’efficacité énergétique.

L’identité de l’entreprise ERCISOL
Quelques mots sur la nature de cette entreprise originale pour en comprendre le fonctionnement et le succès.

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ERCISOL est une S.A.S (Société à Actions Simplifiées) à capital variable. Elle a pour vocation d’accueillir en permanence de nouveaux actionnaires : son capital est donc en constante évolution. Par les statuts qu’elle s’est donnés, elle fonctionne à la manière d’une coopérative. Ses dirigeants (Président et membres du Comité de gestion) sont élus, et les décisions se prennent de manière démocratique, avec la règle : une personne = une voix. L'équipe dirigeante est pour l’instant bénévole. Enfin, ERCISOL est une entreprise labellisée solidaire dont l’agrément vient d’être renouvelé pour une durée de 5 ans. Ce statut lui impose quelques contraintes comme la limitation, le cas échéant, de ses salaires les plus élevés, ou l’interdiction d’être cotée en bourse. Il lui offre en revanche la possibilité de faire entrer à son capital les fonds solidaires portés par l’épargne salariale, selon un mécanisme régi par la loi, laquelle prévoit que l’épargne salariale doit investir au moins 5 % de ses fonds au capital d’entreprises solidaires. Née de la rencontre et de la synthèse de plusieurs concepts, ERCISOL est avant tout riche de la diversité de ses membres, de leurs personnalités, de leurs compétences et de leurs expériences.

Centrale photovoltaïque du groupe scolaire Saint Exupéry

L’économie autrement
Au-delà du respect de l’environnement, la démarche d’ERCISOL s’inscrit également dans une volonté de promouvoir les activités de proximité non délocalisables. En cela, sa démarche est en rupture avec la politique de délocalisation à outrance dont nous subissons aujourd’hui les effets désastreux.

L’entreprise autrement
En choisissant une organisation transversale, dotée d’un management participatif et démocratique, ERCISOL est également en rupture avec la structure pyramidale au management monarchique et autocratique, tel qu’il est souvent pratiqué dans l’entreprise traditionnelle. Nous pensons que les systèmes où le pouvoir et la plus grande part des profits sont confisqués par une petite minorité n’a pas d’avenir. En remettant l’entreprise au service des femmes et des hommes qui la composent et non l’inverse, ERCISOL se veut un laboratoire expérimental qui propose une autre conception de l’économie d’entreprise. Jusqu’à présent, ce type de fonctionnement ne nous a posé aucun problème en matière d’efficacité.

L’épargne investie autrement
La sécurité L’activité d’ERCISOL s’exerce pour le moment dans le cadre réglementé de la production et de la vente à EDF d’énergie électrique d’origine renouvelable. Les tarifs de rachat sont garantis et la durée des contrats est bien supérieure aux temps de retour sur investissement d’une opération. Le risque commercial est presque inexistant. Donc, dans la mesure où les projets sont correctement étudiés, le risque économique global reste faible. La logique du long terme et de la nonspéculation Qu’il s’agisse de création d’une centrale nouvelle ou de rachat d’une centrale existante, nous sommes toujours dans une perspective de long terme. Toute personne qui devient actionnaire d’ERCISOL réalise un investissement comparable à celui d’une assurance-vie en supports Euro et radicalement opposé à un placement boursier, tant pour l’éthique que pour le risque. La transparence Toutes les opérations d’ERCISOL engageant ses capitaux sont soumises par le Comité de gestion à l’approbation de l’A.G., après présentation détaillée et chiffrée. Les actionnaires d’ERCISOL savent exactement où est leur argent et ce qui en est fait.

Nous gardons bien entendu, comme pour le photovoltaïque, l’ambition de créer des centrales nouvelles ou de réhabiliter des sites abandonnés, en fonction des opportunités. Nous avons déjà verrouillé deux projets hydroélectriques de cette nature, en cours d’études. Nous sommes également présents sur les segments de l’éolien à travers deux projets en groupement, et sur un projet de méthanisation en secteur agricole.

La stratégie d’ERCISOL
La stratégie d’ERCISOL est avant tout faite de prudence et de pragmatisme. Les opportunités sont passées au crible. Elles sont l’objet d’une première étude de faisabilité et de rentabilité par l’équipe dirigeante. Quand un projet passe ce filtre, nous créons une « Société d’études » qui n’engage pas de capitaux. Elle devient « Société de réalisation et d’exploitation » lorsque les études de détail ont confirmé la faisabilité technique et si toutes les autorisations administratives sont obtenues. L’étude économique est validée par les banques, qui exigent le respect de plusieurs critères financiers. Quand ces critères sont pleinement respectés, les établissements bancaires apportent un financement maximum (jusqu’à 80 %), ce qui permet à ERCISOL de bénéficier d’un effet de levier financier du même type que pour un L.B.O. (1)

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Les réalisations d’ERCISOL depuis sa création
Par sa brutalité, le moratoire de mars 2011 sur l’énergie photovoltaïque a quelque peu refroidi les ambitions premières d’ERCISOL. En attendant des jours meilleurs et par réalisme, nous nous sommes pour l’instant contentés de faire l’acquisition de centrales existantes (une à ce jour) bénéficiant des anciens tarifs de rachat de l’énergie. De ce fait, notre activité s’est concentrée pour l’instant sur les petites centrales hydroélectriques. Rappel : à la suite du choc pétrolier de 1974 et du choix du « tout nucléaire » fait par la France, nombre de sites possibles pour des installations nouvelles en minihydraulique n’ont pas été valorisés et nombre de centrales existantes ont été plus ou moins abandonnées. Les tarifs de rachat de l’électricité produite par les mini-centrales hydroélectriques, récemment boostés sous certaines conditions, ont relancé cette filière. Dans la même logique de pragmatisme que pour le photovoltaïque, ERCISOL a fait l’acquisition d’une première centrale existante apportant une production immédiate, donc de la trésorerie.

Conclusion
La transition énergétique est un des enjeux majeurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Elle est aussi une opportunité pour une transition économique vers un système plus cohérent et moins déséquilibré, qui recrée le lien social indispensable à un avenir plus serein. Participer à ce double enjeu est la principale raison d’être d’ERCISOL, qui apporte au passage sa contribution aux objectifs du Grenelle de l’Environnement. N’hésitez pas à consulter notre site : www.ercisol.com

Christian Schmitt Cofondateur d’ERCISOL et membre du Comité de gestion

(1) L.B.O. : “Leverage Buy Out”, montage financier permettant le rachat d’une entreprise en difficulté par son personnel (en général ses cadres) grâce à un emprunt.

Science et écologie

L'ÉCOCONCEPTION, L'ÉOLIEN ET LA LUTTE BIOLOGIQUE CONTRE LES HIVERS PLUS RIGOUREUX
Cette rubrique a pour ambition de proposer un regard critique sur l'actualité scientifique, en montrant tantôt les dangers, tantôt les espoirs suscités par les recherches et les découvertes. Cette information peut parfois inspirer les propositions des écologistes. Les références sont données pour ceux qui voudraient approfondir les questions traitées. nucléaire, qui monte sans cesse, se situerait à ce moment-là, au minimum entre 70 et 90 €. ( La Recherche n°472, février 2013, pp.66-67) Commentaire : La controverse porte sur la difficulté du stockage de l'éolien. S'il y a peu de capacité de stockage, le développement de l'éolien s'accompagne de celui des centrales à gaz, qui fonctionnent en l'absence de vent. Ce qui n'est pas bon pour le climat. La solution viendra peut-être des réseaux dits « intelligents », qui nous inciteront à faire nos lessives ou à recharger nos batteries de voitures électriques au moment des pics de production de l'éolien ou du solaire.

1. Du recyclage à l'écoconception
La récupération et la valorisation des déchets permettent de faire face, en partie, à la pénurie de matières premières. Mais on peut aller plus loin en raisonnant à partir de la matière première initiale, en s'intéressant à tous les services qu'elle peut rendre tout au long de sa durée de vie : produit neuf, réparé, remis à neuf, démantelé, recyclé. Ainsi la durée de vie du matériel est prolongée au-delà de sa durée d'amortissement. Il faut alors prévoir les scénarios d'usage du produit dès la conception : intégrer le démontage pour réparation, diminuer la variété des matières, éviter les substances coûteuses à éliminer, etc. Il en résulte une diminution importante des impacts environnementaux et un abaissement des coûts de revient, grâce à la réduction de la consommation de matières premières et d'énergie. (La Recherche n°472, février 2013, pp.66-67) Commentaire : Pour les écolos, l'écoconception s'impose comme une évidence. Mais le chemin est encore long pour arriver à généraliser ce type d'approche pour l'ensemble des produits manufacturés.

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3. La lutte biologique, stratégie durable
La lutte biologique est « l'utilisation d'organismes vivants ou de leurs produits pour empêcher ou réduire les pertes ou dommages causés par des organismes nuisibles ou les maintenir en dessous d'un seuil de nuisibilité ». L'exemple classique est celui de la lutte contre la pyrale du maïs, qui peut faire chuter les rendements de 30 %, par un petit papillon qui pond dans les œufs de la pyrale et ainsi les détruit. La lutte biologique a été marginalisée par l'arrivée des pesticides. Mais, avec la contestation de la toxicité des produits phytosanitaires, elle revient en force. Des programmes de recherche ont pour but d'améliorer son efficacité. (Pour la Science n° 424, février 2013, pp.42 à 48)

2. Faut-il accroître le parc éolien ?
Actuellement, en France, l'éolien fournit, avec 4 500 machines, environ 2,5 % de la consommation électrique annuelle. La capacité de production est de 7,2 gigawatts. Pour atteindre les objectifs fixés par l'Europe, l'éolien français devrait arriver à 25 gigawatts en 2020 (19 sur terre et 6 en mer). Le rapport de l'Ademe prévoit que cette capacité devrait atteindre, en 2030, 31 gigawatts pour l'éolien terrestre et 12 gigawatts pour l'éolien en mer. Les partisans du développement de l'éolien font valoir que le prix de l'électricité issue du vent (70 € le mégawattheure) se rapproche de celui du nucléaire (50 €). Les experts prévoient une baisse de 15 % du prix de l'éolien d'ici à 2020, alors que le mégawattheure

Commentaire : L'agriculture biologique favorise les méthodes naturelles dans le contrôle des organismes nuisibles. Mais la lutte biologique ne concerne pas seulement l'agriculture : elle est utilisée aussi dans la lutte contre les insectes vecteurs de maladies comme le paludisme.

Cela pourrait expliquer la vague de froid exceptionnelle de l'hiver 2011-2012. (Pour la Science n° 424, février 2013, pp.62 à 68). Commentaire : On ne connaît pas encore toutes les conséquences des dérèglements climatiques. On savait déjà que, vraisemblablement, les cyclones seront plus violents dans les zones intertropicales. On découvre maintenant les perturbations possibles des hivers dans l'hémisphère nord. Raison de plus pour utiliser de moins en moins les énergies fossiles qui, par le CO2 émis, sont la cause principale du changement climatique.

4. Des hivers plus rigoureux ?
Le réchauffement global entraîne la fonte de la banquise arctique, qui a tendance à reculer de plus en plus au cours de l'été. Les chercheurs sont en train de découvrir que cela modifierait les circulations atmosphériques en hiver. À certains moments et plus fréquemment, des masses d'air arctiques froides seraient poussées vers le sud. La côte est des États-Unis et l'Europe du nord seraient les plus touchées.

Gérard Mamet

Courrier des lecteurs

QUATRAIN SUISSE
Nous avons reçu ces quelques lignes de notre fidèle lecteur et ami helvète, Pierre Santschi – dont on peut retrouver les quatrains philosophico-politiques en allant faire un tour sur : http://home.citycable.ch/psantschi/ecrits.html Qui doit-on plus louer, le fisc tentaculaire ? Le bankster tentateur ? Le riche déserteur ? Le citoyen-mouton aimant leur protecteur ? L'appareil de l'État et ses parlementaires ?

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L'attaque (justifiée) contre l'UBS (La Feuille Verte n° 182, février 2013, p.14) à propos de « La fraude fiscale, un sport international », a tout de même titillé mon chauvinisme sous-jacent: ce dernier m'a inspiré le quatrain suivant, que je soumets au Courrier des lecteurs, puisque cette rubrique vient de s'ouvrir et a lancé un appel vibrant aux non-« spécialistes forcenés installés à demeure dans les bureaux des rédactions ».

Pierre Santschi

Erratum
Dans le n° 182 de La Feuille Verte (février 2013) se sont subrepticement (et « à l'insu de notre plein gré ») glissées deux bourdes. Tout en en rendant responsable l'informatique, nous présentons tout de même nos excuses aux lecteurs - que nous imaginons haletant d'impatience et qui pourront maintenant, avec un mois de retard, goûter sans réserve à la substantifique moelle des deux articles amputés. Page 3, à la fin de la première colonne de l'article sur les élus bisontins, lire : « … mais aussi ceux où ils n'ont pas pu suffisamment peser. » Page 12, tout en bas de la première colonne, lire : « Cela permettrait de créer rapidement 200 000 emplois. » Le comité de lecture

Conflit malien

ET MAINTENANT, QUELLES SOLUTIONS ?
Ce n'est pas si facile pour des écologistes de se retrouver dans un gouvernement en guerre au Mali. Les plus âgés d'entre nous ont été dans le combat pour la décolonisation et, tous, nous nous efforçons de rechercher la résolution des conflits par des moyens non violents. Mais il y a des cas de force majeure où il est difficile d'éviter le recours à des moyens militaires : c'était sans doute le cas du Mali en décembre dernier. -blement aujourd'hui aux mains des extrémistes musulmans et cela n'aurait rien arrangé à une situation déjà passablement complexe.

L'intervention militaire rendue inévitable
Dans le Nord-Mali (Azaouad), depuis plusieurs décennies, les Touaregs, qui se sentent laissés pour compte, expriment des revendications d'autonomie. Des révoltes locales et des compromis avec les autorités centrales se sont succédé dans cette région. Mais il y a environ un an, le MNLA touareg a fait alliance avec des groupes islamistes (AQMI, Mujao, Ansar Dine…) pour s'emparer du Nord-Mali. Très vite, les djihadistes, mieux organisés et mieux équipés grâce à la récupération d'une partie des armes libyennes, ont éjecté le MNLA laïc pour instaurer au nord du pays une sorte d'État islamiste basé sur la charia. Venant souvent d'ailleurs que du Mali, les islamistes ont fait régner la terreur sur les principales villes du nord - Tombouctou, Gao, Kidal -, en multipliant les exactions : mains coupées, voile obligatoire, interdiction d'écouter de la musique, viols, etc. Une résolution de l'ONU a été votée à l'unanimité pour une intervention militaire afin de restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Ce sont des forces maliennes et africaines, appuyées par la France, qui devaient agir à l'automne 2013. Mais l'imminence d'une attaque des djihadistes sur Bamako a entraîné un appel « au secours » du gouvernement malien et François Hollande a décidé une intervention française immédiate, sans mandat explicite de l'ONU, pour stopper les colonnes armées qui étaient en mouvement vers le sud. Dans la foulée, les troupes françaises ont attaqué les bandes armées djihadistes. En moins d'un mois, les islamistes ont été chassés des principales villes du nord-Mali : Tombouctou, Gao, Kidal. Et les réactions de la population malienne du nord, qui accueille les armées française et malienne en libérateurs, montrent bien que, cette fois-ci, il ne s'agit pas d'une guerre néocoloniale. Sans doute n'y avait-il guère le choix. Sans intervention militaire, la capitale Bamako serait vraisembla-

Une situation complexe
D'abord, la région a hérité des frontières coloniales, souvent tracées « au cordeau » et qui ne correspondent pas aux limites ethniques et linguistiques. Il a cependant existé, avant la colonisation, un empire du Mali ; mais celui-ci s'étendait jusqu'à l'Atlantique et ne comprenait pas la partie nord actuelle du pays. La majorité de la population, qui est noire, appartient à différentes ethnies : Bambara, Sénoufos, Peuls... Mais il y a environ 10 % de la population qui est d'origine touareg ou arabe. Les Touaregs ont été pendant des siècles des nomades qui vivaient du transport de marchandises, par des caravanes, à travers le Sahara, de la Mauritanie à la Libye et de la côte méditerranéenne au Sahel. Pour eux, la notion même de frontière n'a pas grande signification. Néanmoins, le MNLA a réaffirmé le 13 février qu'il acceptait les frontières actuelles. Deuxième difficulté : avec l'arrivée des moyens de transport modernes, certains Touaregs se sont reconvertis en trafiquants de voitures, de cigarettes, parfois d'armes et de drogues. Les groupes islamistes se sont vite intégrés à ce trafic mafieux, qui bénéficie de complicités jusque dans les sphères du pouvoir malien. Par ailleurs, les relations entre les Touaregs et les populations noires ne sont pas simples, parce que les Touaregs, comme les Arabes, ont été longtemps esclavagistes. Après les indépendances, on a connu des phénomènes de revanche à leur encontre.

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Troisième difficulté : la région est un enjeu économique pour les richesses de son sous-sol - minerai de fer mauritanien, uranium nigérien, or malien et présence d'hydrocarbures dans le sud algérien et plus récemment en Mauritanie, mais aussi vraisemblablement au Nord-Mali. Cette richesse potentielle est presque une malédiction. D'abord elle ne profite guère aux populations locales, mais surtout elle aiguise les appétits des grandes puissances qui essaient de profiter des divisions ethniques en les exacerbant. Enfin, la manne qui résulte de ces richesses a largement alimenté la corruption, avec la bénédiction des sociétés et des puissances occidentales. Pour la France, ce fut la politique cynique de la Françafrique.

Et maintenant, quelles sont les solutions ?
La situation malienne ne se résume pas à une « lutte contre le terrorisme », même si cet aspect revient le plus souvent parce que c'est celui qui « se vend » le mieux à l'opinion. Il faut, certes, neutraliser les groupes armés, souvent en provenance d'Algérie et des décombres du système Kadhafi, qui ont terrorisé la population du Nord-Mali. Les attaques sur Gao, début février, montrent qu'ils ont encore un fort pouvoir de nuisance. Mais il faut aussi et rapidement rechercher des solutions politiques, en particulier avec les Touaregs. La bonne méthode est sans doute la mise en place d'une négociation générale sous l'égide de la communauté internationale, pour arriver à une nouvelle organisation de l'État malien qui donne une plus grande autonomie aux différentes composantes de sa population. Mais cet État doit être impartial et apporter, de manière équitable, la protection, la justice et les services publics de base : écoles, équipements médicaux, infrastructures de transport, eau, électricité, qui font souvent défaut au nord.

Une spécialiste du Mali, Johanna Siméant, est plutôt optimiste sur les chances de réussite d'une telle négociation, parce que tous les Maliens ont, malgré tout, un sentiment d'appartenance à un même pays, même les populations du nord. La revendication d'indépendance des Touaregs est récente et résulte des promesses non tenues de plus d'autonomie. Pour qu'une solution politique puisse réussir, il faut veiller à tout prix à ce qu'il n'y ait pas de représailles et d'exactions de l'armée malienne sur certaines fractions de la population du nord. Certaines associations humanitaires demandent d'ailleurs, à juste titre, la création d'une Commission d'enquête internationale sur ces exactions. Il faut aussi arbitrer le conflit non résolu entre les « putschistes » du capitaine Sanoko et les « légitimistes » rassemblés autour du président déchu Amadou Toumani Touré. Situation un peu paradoxale, puisque la résolution du conflit malien ne peut venir que des Maliens eux-mêmes, mais avec la nécessité d'un arbitrage extérieur.

Pour une nouvelle coopération
Il y a enfin le point crucial du développement, puisque le Mali est un des pays les plus pauvres de la planète et que les mesures imposées par le FMI ont encore aggravé sa situation sociale. Première priorité : aider l'agriculture malienne, qui a des atouts, en particulier le long du fleuve Niger, à aller vers plus d'autonomie alimentaire alors qu'aujourd'hui, on essaie plutôt de « fourguer » aux Maliens les surplus de l'agriculture européenne. Deuxième priorité, faire en sorte que ses richesses naturelles (coton, minerais, peut-être un jour hydrocarbures) cessent d'alimenter la corruption et les profits des multinationales et qu'elles soient équitablement réparties entre les Maliens. Et cette répartition plus juste passe nécessairement par la transparence de la gestion des fonds et par une rénovation démocratique du pays, et donc par l'organisation d'élections libres. François Hollande avait annoncé la fin de la « Françafrique » : nous comptons maintenant sur Pascal Canfin, ministre EÉLV chargé du développement, pour qu'il inspire une nouvelle politique française de coopération en Afrique, au profit des Africains eux-mêmes.

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Tassadit Taharount

et

Gérard Mamet

Mirage, Rafale et Cie

23 MARS : MARCHE POUR LA PAIX ET LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE
« L’arme nucléaire n’est pas seulement une arme plus puissante, accroissant d’un facteur cent ou mille les possibilités de destruction, mais elle introduit une rupture fondamentale dans la capacité de destruction pouvant conduire à la fin de l’humanité. L’opacité qui entoure cet armement, les nombreux mensonges sur lesquels reposent les discours officiels et les facilités répétées à longueur de temps sur « l’assurance vie de la nation » ne peuvent plus, au XXIe siècle, servir d’arguments pour justifier l’absence d’un débat démocratique élargi à l’ensemble de la société. » C’est par ce propos que s’est ouvert le 25 janvier 2013 le colloque « Dissuasion nucléaire : ouvrons le débat », organisé à l’Assemblée nationale par Denis Baupin et les députés du groupe écologiste, avec l’Observatoire des armements et le réseau des Parlementaires pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement (PNNDFrance). Parce que des choix aussi graves sollicitent la conscience des citoyens; pour relayer la mobilisation de nos députés; pour dire que de nombreux FrancComtois souhaitent l’abandon du nucléaire militaire au moment où le gouvernement renonce à des politiques sociales ou culturelles sous prétexte de conjurer la crise ; parce que marcher ensemble permet de vivre un bon moment d’échange, venez nombreux marcher le 23 mars pour une rencontre à 15 heures devant la Saline d’Arc-et-Senans, haut-lieu d’utopie franc-comtoise et mondiale. Vous partez seuls ou en groupe, vous mesurez la distance que vous pouvez assumer pour être à l’heure au rendez -vous, on croise les doigts pour qu’il fasse beau, et des informations plus précises seront diffusées par courriel. Un courrier pour interpeller les parlementaires de notre région est en préparation, à signer et diffuser largement avant le 23 mars.

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En 2012, une soixantaine de Franc-Comtois, dont des écologistes, ont jeûné en lien avec un mouvement national pour l’arrêt de la dissuasion nucléaire. En 2012, un Jurassien connu pour son action au service des plus démunis, fondateur de Loisirs populaires dolois et du cercle Siloé, décidait à 75 ans de partir à pied pour Bethléem avec son âne Isidore (cf photo publiée avec l’aimable autorisation de Lulu), suivant la véloroute jusqu’à Budapest, pour témoigner sur son chemin de la nécessité de faire la paix et, pour la France, de renoncer à sa folie d’armement nucléaire. Nous sommes nombreux à lire le blog de Luluencampvolant (luluencampvolant.overblog.com/), découvrant ainsi que la crise frappe la Serbie bien plus durement que la Grèce ou l’Espagne, que les Balkans connaissent une sécheresse historique et que l’âne Isidore ne trouvant plus d’herbe au bord des routes pour se nourrir, la marche a dû s’interrompre en Macédoine pour reprendre le 23 mars. Printemps 2013 : préparation de la Loi de programmation militaire pour 2014-2018. Des crédits seront engagés non seulement pour le maintien de l’arsenal nucléaire, mais également pour préparer la nouvelle généra-

Antoinette Gillet

Arsenal nucléaire français : moins de 300 ogives nucléaires La force océanique stratégique (Fost) concentre 85 % de la dissuasion française : environ 240 ogives 4 SNLE-NG (sous-marin nucléaire lanceur d’engins nouvelle génération) : Le Triomphant, Le Vigilant, Le Terrible 6 SNA (sous-marin nucléaire d’attaque + 6 autres Barracuda à partir de 2017) La force aérienne stratégique (Fas) : environ 50 ogives 40 bombardiers (1 escadron de Mirage 2000-N et un escadron de Mirage NK3, 1 escadron de Rafale F3) 10 Super Étendard 50 ASMP-A (missile air-sol moyenne portée améliorée) Les ogives TNA (300 kilotonnes, Têtes nucléaires testées par simulation)

Oui, Madame Genevard...

… IL FAUT RÉDUIRE L’UTILISATION DE LA BROMADIOLONE
Annie Genevard, maire de Morteau et députée de la cinquième circonscription du Doubs, a décidé de se faire la porte-parole de toutes les revendications locales. Dernièrement, elle a « alerté » le ministère de l'Agriculture sur le drame que serait, pour les agriculteurs, l'abaissement du seuil d'utilisation de la bromadiolone pour lutter contre les pullulations de campagnols terrestres. Le seuil réglementaire actuel d’utilisation de la bromadiolone est de 50 % d’indices de présence de campagnols terrestres. Au-delà, il est trop tard pour traiter et l’utilisation de la molécule est interdite. Il apparaît aujourd’hui clairement que ce seuil est trop élevé et qu’il faut le ramener à 30 % afin de diminuer les rejets de molécules chimiques dans l’environnement et de protéger les populations noncibles. Nous souhaitons, pour notre part, aller progressivement vers l’abandon des traitements chimiques. L’automne dernier encore, l’ONCFS (Office national de la Chasse et de la Faune sauvage) a collecté des cadavres de prédateurs naturels du campagnol, victimes de l’usage de la bromadiolone, dont trois milans royaux et une buse variable, espèces intégralement protégées en France. Les dégâts sur la faune sont hélas connus, mais on ignore encore les conséquences sur les micro-organismes du sol. La bromadiolone détruit donc aussi les moyens naturels de lutte contre les pullulations. Nous regrettons, avec l’ensemble des associations de protection de l’environnement, que les alternatives aux traitements chimiques ne soient pas suffisamment prises en compte. Si l’efficacité du piégeage est désormais reconnue, notamment à moyen et long termes, nous souhaitons que soient revalorisées des solutions comme l’alternance fauche / pâture, la rotation des cultures, la restauration des haies, la protection des prédateurs, etc. Toutes ces méthodes doivent cependant être étudiées et pratiquées avec soin. La rotation des cultures, par exemple, pourrait être préjudiciable : la richesse écologique des milieux agricoles de la montagne jurassienne étant liée à la prairie permanente, il s'agit donc de ne pas détruire notre richesse floristique en labourant à tout bout de champ et en refaisant notre herbe tous les trois ans et de ne pas passer en système de prairies temporaires. Les prairies permanentes sont en voie de disparition en Europe de l'Ouest. Les pullulations de campagnols sont aussi le symptôme rappelant que nous devons faire évoluer notre agriculture. La thèse de doctorat de Céline Morilhat (2005) soutenue à l’université de Franche-Comté (1) montre le lien entre intensification des cultures et augmentation des populations de campagnols terrestres. À surface égale, on nourrissait une vache il y a 50 ans et deux aujourd’hui. Nous savons que la fertilisation favorise la croissance des populations de campagnols et que les systèmes extensifs (qui sont donc moins touchés de ce fait) ont aussi l’avantage d’être économiquement plus résilients et plus tolérants, du fait de leur moindre productivité, que des systèmes d’exploitation plus tendus, qui sont plus fragiles, moins robustes. La VLHP (Vache Laitière à haute production) ne supporte pas la moindre entorse à son régime alimentaire, le moindre parasite, la moindre bactérie… À quand son remplacement par la VLHQT (Vache laitière à haute qualité territoriale), à production limitée, laquelle aurait également l’avantage d’être éthiquement compatible avec l’AOP Comté ? Dans le cahier des charges du bio, l’usage de la bromadiolone est fort heureusement interdit : il est donc bien possible de s’en passer. Nous ne pouvons pas accepter que l’AOP Comté affiche l’innocuité globale d’un circuit tout en revendiquant encore le droit d'épandre des molécules toxiques dans les milieux naturels. Jusqu’à quand faudra-t-il noyer le poisson par des pirouettes verbales, comme celle utilisée pour répondre à Jean Pierre Coffe sur la question de la bromadiolone, lorsqu’il perça la cuvée de vin jaune 2004 ? En voulant défendre l’usage de la bromadiolone, Annie Genevard se trompe d’ennemi. François Mandil (1 Influence du système sol-végétation - pratiques agricoles des prairies franc -comtoises sur la dynamique de population de la forme fouisseuse du campagnol terrestre.

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Gaucho, Regent, Cruiser, Cheyenne, Proteus…

L’AGENCE EUROPÉENNE DE SÉCURITE ALIMENTAIRE DÉCLARE LEURS SUBSTANCES ACTIVES INACCEPTABLES

Le 16 janvier 2013, l’Agence européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a publié trois avis condamnant trois produits phares de l’agrochimie, dits « néonicotinoïdes », utilisés en traitement de semence ou en microgranulés : la clothianidine, le thiaméthoxam et l’imidaclopride. Ces substances sont celles qui composent les célèbres Gaucho, Regent, Cruiser, Cheyenne, Proteus, etc., contre lesquels l’Union nationale de l'Apiculture française se bat avec succès devant le Conseil d’État depuis 15 ans.

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Rappelée à l’ordre en mars 2012 par le rapport du Parlement européen soulignant qu’elle « devrait se concentrer sur l'intérêt public dans sa prise de décision indépendante, en tenant compte de toutes les données et informations pertinentes » et que « les règles régissant les déclarations d'intérêts devraient également être accompagnées d'une série de conséquences à appliquer lorsque ces règles ne sont pas respectées », l’EFSA semble en avoir tiré les leçons. Dès le mois de mai 2012, le groupe d’experts de l’EFSA concluait que les tests menés pour évaluer l’impact des pesticides néonicotinoïdes sur les abeilles n’étaient pas adaptés.

Pour Olivier Belval, président de l’UNAF, «l’UNAF, qui a obtenu de haute lutte avec les apiculteurs européens le réexamen indépendant de tous les effets de ces insecticides de nouvelle génération sur les abeilles, exige de la Commission européenne qu’elle raye ces substances actives de la liste d’autorisation sur le territoire de l’Union ; l’UNAF demande au gouvernement français de prendre sans délai les décisions qui s’imposent en suspendant puis en retirant les AMM (Autorisations de Mise sur le Marché) nationales de ces pesticides largement utilisés dans l’agriculture française et européenne ». Le ministre Stéphane Le Foll avait annoncé qu’il retirerait du marché ces produits si les conclusions de l’EFSA le nécessitaient. L’Union nationale de l’Apiculture française rappelle qu’il y va de la survie des abeilles et des pollinisateurs sauvages, dont l’activité se traduit au plan économique par des services évalués au niveau mondial à 153 milliards d’euros.

Communiqué de Presse de l'UNAF, Union nationale de l'Apiculture française, Paris, 17 Janvier 2013

Kof, kof, kof! Je préfèrerais un pétard !!!

Après vérification « des données précédemment soumises pour l’autorisation des substances actives au niveau de l’UE », l’EFSA affirme aujourd’hui que l’utilisation de ces molécules sur les cultures attractives pour les abeilles est inacceptable. Ce qui exclut qu’elles demeurent légalement sur le marché.

Note de lecture

UN DRÔLE DE POLAR DANS LA VALLEE DU DESSOUBRE
Après vingt ans d'exil, Séverin Menigoz est revenu dans la Vallée du Dessoubre, la région où il est né. Depuis un an, il vit là incognito dans une chambre louée à une vieille dame, la mère Bécoulet. Sa passion pour la pêche à la mouche ne l'a jamais quitté. Pendant son exil, il a été guide de pêche, en Autriche, en Irlande ou ailleurs. Mais il vit avec un lourd secret, celui qui est à l'origine de son départ, et il préfère rester loin de ceux qu'il a connus quand il avait vingt ans. Pourtant, sa passion de jeunesse pour le Dessoubre est trop forte et il va se remettre à arpenter les bords de la rivière et de ses affluents. Il a repéré une énorme truite et, pendant des semaines, il va l'observer ; mais elle joue à cache-cache avec lui. Elle va finir par gober une de ces superbes mouches qu'il sait si bien fabriquer. C'est un monstre : 88 centimètres et 7 430 grammes… À l'occasion de cette prise exceptionnelle, Séverin va retrouver un de ses vieux copains du coin : le P'tit Mouge. Et quand, ensemble, ils vident la truite, sacrée surprise : l'estomac du gros poisson est bourré de sauterelles, mais en écartant les insectes, ils trouvent une chose étrange. « Putain de merde ! » s'écrie le P'tit Mouge. Et c'est là que commence le polar. Ce sont les gendarmes de Saint-Hippolyte qui vont mener l'enquête. Mais Séverin et ses amis vont aussi essayer d'explorer tous les ruisseaux pour comprendre comment cette chose étrange a pu se retrouver dans l'estomac de la truite. Et ils iront de surprise en surprise. Une sorte d'homme sauvage les épie. Des écologistes suisses font clandestinement des prélèvements le long du Dessoubre, parce qu'ils ont de forts soupçons de pollution par des trafiquants de déchets toxiques originaires de leur pays. Séverin le pêcheur va rencontrer Karine, l'une de ces écologistes. Une rencontre, au départ, pleine de malentendus.

Séverin hésite entre rester en Franche-Comté et repartir pour l'Irlande, où il s'est finalement installé. Mais son passé va le rattraper. Il retrouve un ancien collègue de travail, mais aussi l'homme qui est à l'origine de son malheur, vingt ans plus tôt. On va alors assister à de nombreux rebondissements, sur fond de maltraitance des rivières comtoises, dans des paysages qui nous sont familiers : vallée du Dessoubre, Pierrefontaine-les-Varans, SaintHippolyte, Consolation… L'ambiance est lourde, les gens parlent peu et gardent leurs secrets, un peu comme dans le film Les Granges Brûlées, (avec Simone Signoret dans le rôle principal), qui se passait dans le Sauget.

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Gérard Mamet

Autopsie d'une truite, Philippe Koeberlé et Nicolas Robert, Editions Coxigrue, collection Polar & Nature.

Morteau

LES VOLETS SONT TIRÉS, ELLE A FERMÉ BOUTIQUE
Le 31 janvier, l’épicerie de la Place de la Halle, à Morteau, a fermé ses portes définitivement. Et pourtant les Mortuaciens du centre ville l’appréciaient bien. Ils sont même descendus dans la rue pour prouver leur attachement et soutenir Jeannine Bozzato, qui tenait cette boutique, économiquement viable, depuis plus de 20 ans. Espace de convivialité, de rencontre, que Jeanine animait de toute sa gentillesse et de son dévouement aux autres, n’hésitant pas à livrer à domicile les courses des personnes qui ne peuvent pas se déplacer. Opposée au propriétaire des locaux, elle a baissé les bras et le rideau après un contentieux qui dure depuis longtemps à propos d’une augmentation excessive du loyer : plus de 70 % ! sont les premières victimes de ces disparitions, elles qui trouvent là un service de proximité, une présence amicale, une solidarité appréciable et souvent un sentiment de sécurité. À l’heure où la crise financière oblige les foyers à réduire leurs déplacements, il est regrettable de voir se fermer les unes après les autres les portes des commerces de proximité. Les grandes surfaces, qui proposent des prix certainement plus attractifs, sont généralement implantées dans des zones commerciales loin des centres villes. On peut s’interroger sur l’augmentation importante des baux commerciaux, mettant en péril les petites entités, qui sont souvent remplacées par une banque, une société d’assurance autre service de ce genre, prêts à payer plus cher et qui ne regardent pas à la dépense en matière d’infrastructure. Est-il opportun de tout sacrifier au pouvoir économique ? Partout en France, des consommateurs s’organisent, créent des AMAP pour soutenir les agriculteurs en privilégiant le commerce direct sans intermédiaires avides de profits, développent des groupements d’achats associatifs favorisant des circuits courts moins énergivores, redynamisent des commerces locaux. Les gens se rencontrent, échangent, tissent des liens durables, se rendent solidaires les uns des autres. N’est-ce pas là un avenir prometteur et plus ambitieux pour nos enfants ? C'est une fin brutale et inquiétante. Il nous faut dire notre attachement à ce genre de structures qui apportent beaucoup de lien social dans nos cités. Ces lieux de vie sont souvent l’occasion pour ceux qui les fréquentent de rencontrer d’autres personnes, d’y faire un brin de causette et de trouver quelque réconfort pour supporter l’isolement dans lequel ils sont parfois. Les personnes âgées

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Raymond Tournier

Délais
La « fabrication » de La Feuille Verte, ça ne marche pas toujours comme on le voudrait. Outre les divers problèmes dont on vous a plus d'une fois entretenus, il arrive que des impondérables nous imposent des délais qu'on aurait espérés plus courts. C'est le cas ce mois-ci, puisque les derniers articles étaient censés nous parvenir le 20 février - (date butoir plutôt bien respectée, dans l'ensemble) - et qu'au moment où vous recevez ce numéro, la date en question est déjà bien loin… Ne vous étonnez donc pas si certains de nos papiers vous semblent passablement déconnectés de l'actualité !... Mille excuses…

Le comité de lecture

Relocalisation de l'agroalimentaire

LASAGNES FINDUS : UN BON CHEVAL DE BATAILLE !
(1) Ce nouveau scandale alimentaire implique des intermédiaires de six nationalités différentes: le groupe Findus (basé en Suède) sous-traitait en effet la fabrication des plats à l’usine luxembourgeoise de Tavola, filiale de Comigel (implanté à Metz), fournie par l’importateur Spanghero (installé à Castelnaudary), lequel «a acquis la viande surgelée auprès d’un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s’étant fourni auprès d’un abattoir et d’un atelier de découpe situés en Roumanie», comme l'expliquait samedi un communiqué de Benoît Hamon, le ministre délégué à la Consommation. Aux dernières nouvelles (14 février), c'est Spanghero qui aurait changé les étiquettes de viande de cheval en viande de boeuf. Pas de raison de se gêner...

Un cheval abattu en Roumanie devient lasagnes au bœuf luxembourgeoises sur les tables congelées de France, de Grande-Bretagne et du Bénélux, après avoir transité virtuellement au pays du cassoulet en passant par Chypre et les Pays-Bas (1). L’agroalimentaire mondialisé nous réserve décidément de bien mauvaises surprises ! Le marché mondial ne recherche que le profit. Et on voudrait nous faire croire que les sous-traitants seraient incapables d’identifier la nature d’un produit… De qui se moque-t-on ? Les scandales alimentaires s’amplifient au rythme de l’industrialisation agroalimentaire dopée par la mondialisation libérale. Le produit agricole n’est plus qu’un support abstrait. Les éleveurs sont acculés à la faillite, les abattoirs de proximité ferment. Le productivisme agricole, la financiarisation des matières premières et de la transformation nous mènent droit dans le mur. Il revient au gouvernement et à la justice de faire la lumière sur cette affaire avec toute la transparence voulue, mais aussi d’en tirer les conséquences politiques qui s’imposent. La sécurité alimentaire et la traçabilité des produits sont une priorité de santé publique. Nous demandons aux ministres de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire de favoriser le développement d’une agriculture paysanne et biologique, afin de permettre la relocalisation des productions et de la transformation dans la prochaine Loi d’avenir agricole, programmée pour fin 2013. Cette Loi serait un signe adressé à l’Europe entière, car c’est à cette échelle qu’il faut désormais raisonner, comme le soulignait José Bové dans son rapport sur la chaîne alimentaire. EELV

AGUERRE COMME A LA GUERRE D'après le site internet « Reporterre.net », Barthélemy Aguerre, le PDG de Spanghero, a un ennemi : les écolos et il sévit de longue date au Pays Basque. Maire et conseiller général Modem, il a toujours clamé ses intentions de barrer le route aux défenseurs de l'environnement et aux promoteurs d'une agriculture paysanne qui sont majoritaires au Pays Basque. Comme conseiller général délégué aux transports il s'est distingué pour avoir été le promoteur d'une 2X2 voies qui devait traverser tout le Pays Basque contre l'avis des habitants et des défenseurs de l'environnement. Projet finalement abandonné en 2007. La même année, il perd le bras de fer contre la Confédération Paysanne quand il a voulu importer des semences OGM de maïs. Il perd aussi son combat pour l'extension d'une porcherie industrielle. Qu'à cela ne tienne : le chiffre d'affaire des coopératives qu'il préside gonfle. En 2008, une autre coopérative, Arcadie, présidée par le même Aguerre avait été mise en examen pour mise en vente de viande avariée et « risques pour la santé humaine ». Sans parler du climat social déplorable dans les entreprises qu'il préside : salaires planchers, primes retirées, heures supplémentaires non payées. Et, toujours d'après le site Reporterre, Aguerre l'arrogant, médaille d'or de la compétitivité mondialisée, a l'habitude de moquer ceux « qui n'ont pas la logique entrepreneuriale »… GM

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Tri sélectif

UN PARTENARIAT ENTRE EÉLV ET INTERMED
Pour assurer le ménage dans le local régional d’EÉLV à Besançon, nous faisons appel à Intermed 25, une association de service à domicile : deux heures par semaine, effectuées par du personnel jusqu’à présent toujours féminin, d’origine étrangère, qui se succède au gré des offres d’emploi. En effet, il s’agit de réinsérer ces personnes dans la vie active et, dès qu’elles ont trouvé un emploi stable, elles quittent l’association. Il faut donc accepter d’accueillir et de former plusieurs fois par an une nouvelle femme de ménage. Patiemment, je sors « les choses », je les nomme, j’explique que cela ne va pas dans la même poubelle et que c’est recyclé. (Ce terme-là est totalement étranger à leur culture et j’ai la pénible impression que ces petites dames me considèrent comme une originale qui a des lubies !) Puis nous nous rendons au point d’apport volontaire, distant de 200 mètres, qu’elles semblent découvrir car elles n’y avaient jamais prêté attention, y compris dans leur quartier. Je n’ose même pas évoquer la poubelle jaune ! Surgissent alors d’autres difficultés. Par exemple, on ne met pas le verre ou le papier dans n’importe quelle benne. Si je ne suis pas vigilante, tout est déversé dans la première qui se présente ! Il est obligatoire d’apprendre à regarder les pictogrammes, mais pas nécessaire de connaître le français. Vive les images, qui permettent de se passer des périphrases, source de malentendus. Hélas, ce jour là, le panneau explicatif a été caché par une affiche collée par-dessus !

Femmes de pays en guerre.
Les échanges ne sont pas toujours aisés car ces femmes ont une connaissance plus ou moins limitée du français. Mais travailler est une occasion pour elles de sortir de leur milieu et de s’exercer à notre langue. Heureusement, il s’agit de travaux concrets et, en nous aidant des objets nommés et en mimant les tâches à accomplir, nous parvenons à nous comprendre. Souvent, elles souhaitent en savoir un peu plus et posent des questions sur ma vie : mari, enfants, maison, études… Parfois elles évoquent pudiquement, avec un mot clé et une mimique, un passé douloureux, que l’on devine dès qu’elles communiquent leur pays d’origine : Kosovo, Libye, Syrie… J’admire leur courage de vouloir tout recommencer pour pouvoir donner une éducation sécurisée à leurs enfants. Elles sont tenaces, volontaires, désireuses d’apprendre et de s’en sortir, en même temps parfois très drôles car elles aiment rire entre femmes. L’une d’elles m’a fait une démonstration de la danse du ventre, tout en poussant le balai espagnol sur le parquet, chorégraphie qui aurait certainement plu à beaucoup d'hommes…

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Mais le tri sélectif, un vrai choc culturel !
L’une des tâches ménagères à effectuer consiste à vider les poubelles. Le tri sélectif a été mis en place (encore heureux !) dans les locaux d’EÉLV : verre, papier/ carton/plastique/métaux, autres déchets. Chaque fois que le personnel change, je suis obligée de donner en urgence un petit cours pratique sur le tri des déchets. En effet, les poubelles sont vidées à toute vitesse dans un grand sac plastique et si je ne mets pas immédiatement mon veto, celles du papier et du verre disparaissent dans le même réceptacle.

Square Saint Amour à Besançon: point d’apport volontaire

Autre illustration : le bruit du verre qui se brise en tombant dans la benne est insupportable pour les oreilles de mes protégées. En effet, elles ne savent pas que le verre est broyé puis fondu pour ensuite être moulé et donner de nouvelles bouteilles. Là aussi, le pouvoir des images est impressionnant, grâce à Internet qui m’a fourni un descriptif qui permet à n’importe qui de comprendre comment cela se passe.

mettront pas en pratique ce que j’aurai cherché à leur apprendre. Pourtant, Intermed a édité en 2012 une « plaquette verte » en lançant une prestation « Ménage efficace et vert ». Manifestement, un certain nombre d’employées demeurent hermétiques aux conseils prodigués.

La solution reste l’éducation.
Cependant, il ne s’agit pas de baisser les bras. En effet, les responsables de l’association sont suffisamment ouverts pour améliorer et modifier la formation de leur personnel si on leur fait part de nos observations. De plus, un temps d’adaptation ainsi qu’une meilleure connaissance de notre langue et de nos coutumes finiront peut-être par avoir raison des résistances. En revanche, tant que la paix n’y régnera pas, il est illusoire de tenter une éducation au tri des déchets dans les pays qui connaissent la guerre, leurs préoccupations étant bien différentes. La mise en place du tri sélectif est loin d’être terminée et suppose qu’on ne relâche pas les efforts de formation du public.

Dernière difficulté : le comportement déplorable de certains de nos concitoyens, qui ne m’aide pas à expliquer les bonnes manières. Autour des bennes, nous trouvons souvent des sacs poubelle pleins, des cartons, des cagettes, ce qui incite mes compagnes à tout déposer pardessus. C’est tellement plus simple ! Et elles m’expliquent que, dans leur pays, tout le monde agit de la sorte et personne ne dit rien. Je ne dispose malheureusement pas d’images pour expliquer qu’un tel comportement n’est pas à suivre.

Suzy Antoine

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Quelques mots sur Intermed, qui se veut acteur de l’économie sociale et solidaire. Sa ligne de conduite est de créer de la richesse pour mieux la distribuer. Depuis plus de 20 ans au service de l’économie sociale et solidaire, cette association participe au développement du territoire et à l’amélioration de la vie quotidienne de ses habitants, demandeurs d’emploi, entreprises, collectivités, etc. Intermed emploie en moyenne 500 personnes par an, soit plus de 13 000 journées de travail, soit 57 équivalents temps plein pour les salariés délégués. S’y ajoutent 11 emplois pour l’équipe permanente. Fidèle à son rôle d’acteur de l’insertion par l’emploi, Intermed offre à ses salariés l’opportunité d’acquérir ou de développer diverses compétences à travers des missions de travail et des propositions de formations (employé de maison, agent d’entretien, second œuvre bâtiment, filière déchets, restauration, secrétariat, etc.). La mise en situation de travail, c’est aussi l’occasion de reprendre confiance en soi, de retrouver un rythme, de s’organiser…

Ainsi mes petites dames d’Intermed 25 me font comprendre que, décidément, nous sommes bien compliqués ! Yaka tout mettre dans un sac en plastique et le déposer dans la poubelle ordinaire! Ni vu, ni connu et le tour est joué ! Mais comme elles m’aiment bien, elles acceptent de jouer le jeu, ce qui ne me satisfait pas car je n’ai pas réussi à les convaincre de la nécessité d’un changement de comportement. Et lorsque j’aurai le dos tourné ou qu’elles seront chez d’autres particuliers, elles ne

Canis Lupus et autres mammifères

UN LOUP DANS LA MARE
n'aident pas à comprendre leur position, et les cailloux jetés par des individus bornés restés hors de la mare, non plus. Parfois même, une fois dans la boue, vous avez la désagréable surprise d'entendre de la part de personnes que vous pensiez dans votre camp des horreurs (dues, j'en conviens, à la méconnaissance du sujet, mais quand même !), telles que « Pourquoi, au fait, a-t-on réintroduit le loup ? », ou encore l'histoire du mec qui a vu le mec qui a entendu un mec dire qu'une nuit, au fin fond de la forêt, à l'abri des regards, on avait relâché un couple de loups, juste pour faire ch... suer les éleveurs voisins... Misère !

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Finalement, c'est peut-être lui le plus tranquille. Sait-il seulement, le loup, comme on se bat pour lui, jusque dans les plus hautes instances de notre pays ? Saitil le temps que l'on passe à justifier son droit à la libre circulation, à la libre expansion, son droit de passage et d'installation dans des endroits où il n'est franchement pas le bienvenu ? Sait-il, lui-même, qu'il est un élément essentiel de la biodiversité française et internationale ? Non : lui se contente de tracer sa route, par monts et par vaux, cherchant ici une proie facile, là un partenaire, ailleurs le répit pour quelque temps. Il sait se faire oublier parfois, vous l'aurez remarqué, et c'est tant mieux. Lorsqu'il déclenche l'orage médiatique, c'est bien malgré lui. Les défenseurs de sa cause, dont je fais partie, profitent de ces périodes de calme transitoires pour engager la discussion avec les acteurs des milieux environnementalistes, agricoles, politiques. Car la chose n'est pas aisée lorsque l'animal fait des siennes !

Des propos… vaseux
Je ne vais pas vous refaire ici tout le débat entre proet anti-loups, car il faut bien avouer que ce sont toujours les mêmes arguments qui reviennent, des deux côtés, les mêmes propositions, les mêmes points d'achoppement. On a tout de même, de temps en temps, la surprise de propos hallucinants. Je pense évidemment au sénateur Bailly (Jura) qui, sans comprendre de quoi il parle, agite des phrases comme : « Faut-il attendre des attaques sur les enfants pour se mobiliser ? » Ou, plus larmoyant : « Moi, un agneau, je l’aime autant qu’un loup » (sic). Il porte le discours commun de tous ces élus qui ont voté au Sénat le texte sur les Zones d'exclusion du loup ou qui se targuent de défendre jusqu'à leur dernier souffle le pastoralisme français (combien connaissent la vie en alpage ?) : le loup, on n'est pas foncièrement contre, on veut juste l'exterminer, c'est tout. Et on oppose gaiement le loup à l'élevage, témoignant d'une pensée binaire affligeante : « Entre le loup et le pastoralisme, j’ai choisi » (Claude Domeizel, PS, Alpes-de-HauteProvence). On menace même de « lâcher quelques meutes au bois de Vincennes ou au jardin du Luxembourg », à Paris, histoire de finir de vous convaincre du danger que représente le loup en France. Ou quand la peur est l'arme ultime d'un argumentaire archaïque... (Il faut dire au passage que le loup bénéficie, à la fois à son avantage et à son désavantage, d'une aura particulière, qui provoque la fascination comme la crainte, la passion dans un sens aussi bien positif que négatif. Et même quand on pense être détaché de la vision symbolique de cet animal sauvage prédateur, elle est tellement culturellement ancrée qu'elle joue toujours un rôle, au-delà du conscient sûrement. Le lynx ne peut pas en dire autant, là-dessus tout le monde est

On patauge, on patauge !
Quand le loup a fait son retour en Franche-Comté, il y a quelques années, le climat était plus que tendu entre les éleveurs et leurs syndicats d'un côté, les « écolos » de l'autre, le préfet (plus ou moins) au milieu. Imaginez une mare boueuse et opaque autour de laquelle tous étaient disposés, criant leurs revendications à coups de fourches ou de banderoles, sans pouvoir faire un pas de plus au risque de se salir ou de se mouiller. Aujourd'hui, considérez que nous sommes presque tous, avec plus ou moins d'enthousiasme, entrés dans la mare de boue pour essayer d'arriver à quelque chose ensemble. Depuis le temps, me direz-vous, on devrait commencer à voir apparaître quelques avancées, non ? Eh ! bien... oui, si on considère le dialogue comme une avancée. En dehors de cela, les paroles mouvantes de certains

d'accord. Cela mériterait une étude plus approfondie, d'ailleurs...) Tout cela sur fond de présentation par la ministre de l'Écologie, Delphine Batho, du nouveau Plan Loup 2013 -2017, qui guidera pour les quatre années à venir la gestion de la population lupine en France (voir encadré).

Les rameurs
Plus près de nous, ce sont les chasseurs du Doubs qui sont venus rencontrer, de leur propre initiative, le Groupe Loup de la coopérative EÉLV-FC, afin de nous expliquer encore une fois que le loup est le bienvenu. Si, si, vraiment. Mais pas ici, ni là, ni là, et alors il ne faut pas qu'il touche aux chevreuils, ni aux chamois, pas trop aux sangliers non plus. Prendre en compte dans les plans de gestion de la faune sauvage des prélèvements effectués de façon naturelle par les prédateurs ? Allez donc expliquer ça au chasseur du dimanche ! Nous pensions (naïvement ?) que les chasseurs étaient des gestionnaires de la faune sauvage, on nous a confirmé que non. Le chasseur tue pour tuer, et un trophée de loup au-dessus de la cheminée, ça aurait de la gueule... Résumons : pas contre le loup, pas pour non plus, bien au contraire.

En Franche-Comté, on sort les tubas !
Globalement, même si le tableau que je dresse est un peu noir, sachez que depuis une année maintenant nous travaillons à ce que le dialogue s'enrichisse et perdure dans notre région. Et s'il est vrai que la confusion domine encore, nous parvenons, au fil des rencontres avec les organisations concernées par le retour du loup, à affiner nos a priori, à modeler notre jugement, à remettre en cause nos convictions profondes à la lumière de ce que nous apprenons chaque fois. Et si nos interlocuteurs font ne seraitce qu'un dixième de cette démarche intellectuelle, alors nous aurons réussi un beau pari. Les chasseurs ont demandé à nous rencontrer pour entrer dans la réflexion, et nous allons sans doute revoir le syndicat agricole majoritaire pour continuer à échanger. Je le dis ici, avec une once de prétention sans doute : le groupe Loup d'EÉLV-FrancheComté, riche de ses membres venus d'horizons multiples et porté par le caractère passionnant du sujet, peut être fier du travail accompli jusqu'à présent. Nous allons enfiler nos brassards et continuer à barboter avec les autres dans la mare jusqu'à parvenir à élaborer un projet cohérent et réalisable en Franche-Comté, visant à rendre le retour du loup supportable pour l'élevage et les éleveurs. La prochaine grosse réunion de synthèse de tout ce que nous avons recueilli comme données aura lieu fin mars, elle aboutira à des propositions à caractère politique que nous espérons portées, dans un futur proche, par nos élus EÉLV à tous les échelons !

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Les éleveurs sont mitigés, contrairement à ce qu'on pourrait croire. Il faut dire que chez nous, en FrancheComté, peu sont concernés par le problème. L'élevage ovin est le parent pauvre dans nos départements, et on ne se souvient qu'il existe qu'au moment des attaques de loup. C'est toujours une bonne occasion de mettre en branle les syndicats et d'aller montrer les muscles devant la Préfecture. Avant, les éleveurs râlaient que le loup leur coûtait cher et qu'ils étaient démunis face à ses attaques. Maintenant qu'ils sont correctement (je n'ai pas dit parfaitement) indemnisés, ils râlent qu'ils ne le sont pas assez. Et même s'ils l'étaient assez, ça leur prend quand même du temps pour mettre en place toutes les aides financées par l'État. Et même si ça ne leur prenait pas de temps parce qu'on leur propose des aides bénévoles pendant la saison estivale, c'est quand même pas normal qu'on ne puisse pas être tranquille chez soi. Et même si le chien patou qu'on leur prête pour période d'essai (pour info, le pôle Grands Prédateurs du Jura propose de prêter aux éleveurs intéressés un chien « multi-troupeaux » en périodes de crise) les rassure et leur donne un sacré coup de main, ils diront qu'ils s'en sortaient très bien tout seuls et que de toute façon personne ne les aime et qu'un loup est bien mieux loti qu'un éleveur.

Pauline Jeannin

Canis Lupus et autres mammifères

LE LOUP FRANÇAIS : UNE EXCEPTION
Tout le monde en conviendra : Pauline ne comprend rien à l' « exception française » ! Elle ne se rend pas compte que la Frrrrance et les Frrrrançais constituent dans le monde (dans la galaxie ? dans l'Univers ?) une exception que les autres nations, encore ensauvagées, regardent avec un mélange d'admiration béate et de jalousie mal dissimulée. Nous mettons toute notre fierté (et Zeus sait si nous en avons !) à ne rien faire comme tout le monde, encouragés en cela par nos brillants (naturellement, puisqu'ils sont français) politiques, de droite (forcément, puisqu'ils sont la France) comme de gôche (bien qu'ils soient quand même un peu l'anti-France). Aussi, désireux d'apporter ma pierre à l'édifice bathoïste, je tiens à proposer ici quelques autres amorces de solution : Engager des éducateurs spécialisés pour fournir au loup des cours du soir. Lancer une grande campagne de promotion du végétarisme auprès de la population lupine, insuffisamment informée des risques qu'implique une alimentation trop carnée. (D'ailleurs, qui sait s'il n'y a pas du cheval dans les brebis bectées par le loup ?)

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Livrer au loup, chaque soir à heure fixe, des surplus invendus des supermarchés. (Attention : pas de Findus, hein !? L'animal, trop malin, ne se laisserait pas prendre deux fois !) Pour les éloigner des zones sensibles, faire courir les loups derrière des gérardbaillys factices (un peu comme on fait courir les lévriers derrière des lapins montés sur rails). Si toutes ces mesures de bon sens échouent, faire intervenir la vaillante armée française, de retour du Mali et entraînée à ne pratiquer que des frappes chirurgicales sans dégâts collatéraux.

Ainsi, si le loup, ailleurs que chez nous, gambade joyeusement dans les bucoliques pâturages au milieu des moutons émoustillés par sa mâle prestance (fût-il une femelle), alors que chez nous les brebis appellent, à grands « bêêê » de vierges effarouchées, le secours de tous les gérardbaillys qui pullulent sur notre territoire ancestral, c'est tout simplement parce que - à l'instar du chasseur français, qui flingue tout ce qui bouge à des dates où ceux des autres pays n'ont pas encore sorti ou ont déjà rangé leur fusil – le loup français, lui aussi, est une exception.(1) Je me suis encore senti fier, ces derniers temps, d'appartenir à cette nation-phare où rien ne fonctionne comme ailleurs et où l'on a des idées qu'on n'aurait pas ailleurs : car franchement, dans quel autre pays que le nôtre déciderait-on d' « éduquer » le loup, de le capturer pour le relâcher ailleurs afin qu'il comprenne où il doit poser ses pénates, bref de lui « apprendre le caniveau », comme on disait il fut un temps pour les toutous à mémères ?

Gérard Roy

(1) Seule exception à l'exception : les retraites. Ah ! dans ce domaine-là, il ne faut surtout pas qu'on se singularise. Les pays sous-développés (Allemagne, Suisse, USA, etc.) font bosser leurs papies and mamies jusqu'à 65, 68, 70, 80, 90 ans : vous ne voudriez quand même pas qu'on lâche les nôtres à 60 ou 62 ans !

Renoncements, reniements ?...

LE CHANGEMENT, C'EST POUR QUAND ?
Nous faudra-t-il mois après mois égrener la longue litanie des petits renoncements, des ambitions essoufflées, des menues trahisons ? Nous faudra-t-il ajouter à la perplexité (Cf. La Feuille Verte de janvier) le ressentiment, avant que ne vienne le temps de l'impatience ? Nous faudra-t-il donner raison à notre Chavez national ? Sans négliger l'important travail des ministres et des parlementaires EÉLV, chaque jour qui passe semble nous éloigner un peu plus d'un projet volontariste de transformation - si tant est que le président et son premier ministre pouvaient l'incarner. L'éloquence, la force de conviction de Christiane Taubira ne sauraient à elles seules dissimuler les insuffisances d'une politique. L'avancée du droit qu'elle a défendue, ce moment qui a vu l'expression d'une majorité de gauche presque unanime, cet arbre du printemps ne saurait cacher la forêt des froides inquiétudes. Comment interpréter le renvoi en commission de la proposition de loi visant à appliquer le principe de précaution aux ondes électroniques portée par Laurence Abeille ? Comment comprendre la pression exercée par Fleur Pellerin, ministre de l'Économie numérique, pour obtenir ce résultat, sinon comme le fait que le gouvernement écoute plus les lobbys que les membres de la majorité - surtout si ces derniers sont écologistes ? Comment accepter que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) ait donné son feu vert pour évaluer les techniques d’extraction alternatives à la fracturation hydraulique et confie le rapport au député PS Christian Bataille, fervent défenseur du nucléaire ? À quoi joue la majorité socialiste en plein débat sur la transition énergétique ? Est -ce une manière de bien marquer qu'ils sont nombreux à s’asseoir non seulement sur l'engagement du président, mais également sur l'accord de mandature ? Et dans le même temps, Fessenheim fonctionne toujours... Que dire de la loi bancaire, dite de séparation des activités, quand des gouvernements conservateurs comme celui de Cameron en Grande-Bretagne ou de Merkel en Allemagne semblent vouloir aller plus loin que cette filialisation de si peu de portée qu'elle n'effraie nullement les banquiers ? Certes, des amendements ont été adoptés en commission, mais sous l'œil attentif de Pierre Moscovici, qui veille à ce que les députés n'aient pas « les yeux plus gros que le ventre », qu'ils en restent à des « avancées certaines et réalistes » (Libération, 14 février). De son côté, Vincent Peillon affronte la grogne sur la question des rythmes scolaires, qui semble réveiller des logiques corporatistes. On ne peut nier l'expression de ce corporatisme dans certaines manifestations, mais réduire à cela le mécontentement qui monte revient à ignorer combien le projet de loi de refondation de l'école apparaît en deçà (euphémisme) des espérances, renvoyant trop d'arbitrages à de futurs textes aux contenus plus qu'incertains à ce jour (1). Le projet de loi sur l'Enseignement supérieur et la recherche de Geneviève Fioraso provoque la même amertume. Des mois de débats dans le cadre d'assises, et tout ça pour ça, pour lire un texte qui entérine nombre d'aspects de la loi LRU (loi relative aux Libertés et aux Responsabilités des Universités) et qui a conduit nombre d'universités au bord de la faillite. On promeut toujours le pouvoir présidentiel, la collégialité reste en berne et la marche forcée pour le regroupement d'universités demeure l'horizon. (2) Admirons les changements : on ne dit plus PRES (Pôles de Recherche et d'Enseignement supérieur), mais communautés d'universités ; on ne dit plus AERES (Agence d’Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement supérieur), mais Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur ! (3) Restons-en là pour ce mois : inutile de rajouter des couches à ces lasagnes indigestes qui vous donnent une fièvre de cheval ! (4) Et promis, le mois prochain on fera dans le positif : une feuille blanche.

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Michel Boutanquoi

(1) Voir sur ces sujets le bloc-note de Philippe Meirieu, dans lequel il exprime une déception ressentie par de nombreux acteurs. (http://www.meirieu.com/ nouveautesblocnotes_dernier_01_2013.htm) (2) Sans attendre un minimum d'éclaircissements sur le contenu de la loi et son vote même, les universités de Bourgogne et de Franche-Comté se sont engagées dans un processus de "fusion" par la création d'une université fédérale à travers une délibération commune des C.A. des deux universités. Comme le soulignent les organisations

syndicales des deux établissements, qui est en mesure de répondre à ces questions : pourquoi ? comment ? quelles incidences pour les formations et les équipes de recherche, pour les étudiants ? (3) Plus d'infos sur http://www.sauvonsluniversite.com/ spip.php?article5939 (4) Chacun peut compléter la liste : cumul des mandats, reconversion industrielle, etc.

Notre-Dame-des-Landes Notre-Dame-des-Landes

À QUAND L’ENTERREMENT ?
Depuis novembre 2012, un collectif d’associations, partis politiques, syndicats et individus s’est formé à Besançon pour participer à la lutte, désormais devenu nationale voire internationale, contre le projet d’aéroport à NotreDame-des-Landes. Je ne reviendrai pas sur l’ineptie de ceux qui soutiennent encore un pareil projet… Et puis si, un peu quand même. subventions publiques. Malgré la non-taxation du kérosène, les coûts du carburant qui augmentent de plus en plus conduiront le transport aérien, trop énergivore, à un déclin inévitable. Alors combien de temps vont durer les quelques emplois créés par un nouvel aéroport ? Il paraît que cela fait tourner le commerce - « Vinci et son monde », disent les occupants de la ZAD à Notre-Dame-des-Landes. La position des membres d’EÉLV n’est pas toujours facile à tenir au sein du collectif évoqué plus haut (comme dans bien d’autres endroits, je suppose). Certains n’hésitent pas à nous rappeler notre présence au sein du gouvernement Ayrault et à diffuser en boucle une vidéo de 2011 où Cécile Duflot affirme qu’il n’y aura pas d’accord avec le PS sans le retrait de ce projet. Ces critiques se sont-ils demandé quelle serait l’ampleur de l’opposition à ce projet sans la présence des militants d’EÉLV dans toutes les actions qui se déroulent partout en France ? Les forces de police seraient-elles en stand-by, aurait-on d’abord obtenu six mois de répit, puis la suspension juridique des expulsions, sans le soutien de ministres EÉLV fermement opposés à ce projet ? Bon, cela dit, je m’interroge quand même sur notre partenariat avec des dirigeants PS qui restent dans une logique aussi mortifère… J’ai bon espoir que, grâce à la mobilisation sur place et dans toute la France, ce projet débile bénéficie rapidement d’un enterrement de première classe - le principal souci pour le gouvernement et beaucoup de collectivités locales étant que Notre-Dame-des-Landes catalyse les luttes contre de nombreux autres projets inutiles.

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Comment peut-on encore vouloir développer ce moyen transport le plus polluant et le plus producteur de gaz à effet de serre alors que l’on sait désormais que le réchauffement climatique dépassera Allègre-ment les 4°C, comme le prévoit le récent rapport commandé par la Banque mondiale, dont les membres ne peuvent être accusés d’intégrisme écologique ? Comment peut-on à la fois affirmer que le TGV est un avion sur rail (et gna, gna, gna…), qui permettra un transfert de l’avion vers le train, et malgré tout vouloir encore construire des aéroports ? Cela me rappelle qu’à Besançon, on investit de grosses sommes pour un tram et qu’en même temps, on continue également à construire d’affreux contournements routiers. Ou que le Jura s’est battu pour le train et que son Conseil général subventionne avec largesse le tourisme aéroporté depuis Tavaux. Décidément, au niveau des dirigeants PS, il y a partout un réel problème de vision à long terme. Comment - alors qu’un département français disparaît tous les huit ans sous le goudron et le béton (eh ! oui, c’est comme le réchauffement, ça s’emballe) - peut-on saccager le bocage et la forêt en portant gravement atteinte à la biodiversité et à la ressource en eau ? Sauf qu’il y a un problème : on a déjà beaucoup, mais beaucoup trop d’aéroports en France et nombreux sont ceux qui fonctionnent pas, ou sous perfusion de

Patrick Bourque

UN MOIS, EMOIS ET MOI
Capsule. L'Iran a envoyé un singe dans l'espace. Pas suffisamment haut toutefois (120 km) pour vérifier s'il y a bien 70 vierges au paradis d'Allah. Tournant. Le PC supprime la faucille et le marteau sur sa carte d'adhérent. EÉLV n'ayant pas de carte, pas besoin de supprimer le tournesol. saoudien l'a violée, torturée et finalement tuée. Après quoi il a vérifié si elle était bien pucelle. Wahhabite (2). Encore plus pittoresque : dans un premier temps, le saint homme n'a été condamné qu'à indemniser la mère, car dans ce délicieux pays, si un homme tue son enfant ou son épouse, il doit seulement payer le prix du sang. Lequel, comme chacun sait, ne vaut pas grand chose chez les bonnes femmes. Wahhabite (3).Terminons par une note humoristique : le barbu en question prônait le voile intégral pour les petites filles de deux ans pour leur éviter le harcèlement sexuel. La sienne avait cinq ans : largement l'âge de porter le niqab. Mitre. Pour l'archevêque allemand Müller, par ailleurs préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican, les critiques contre l'Église aux États-Unis et en Europe évoquent « une atmosphère de pogrom ». Pas wahhabite, mais bien atteint quand même, l'emmitré. Pépins. Un accident nucléaire « majeur » sur un réacteur français standard coûterait 430 milliards d'euros à notre économie. Positivons un peu : un accident « grave » sur le même réacteur ne coûterait que 120 milliards, alors faut arrêter de nous faire peur. SDF ? Après sa démission, Benoît XVI continuera à vivre au Vatican. L'Église étant par nature proche des humbles, on suppose que ce sera dans un carton sous la colonnade du Bernin.

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo Fantômes. Pierre Laurent réélu Secrétaire national avec 100 % des suffrages exprimés par les délégués au Congrès du PCF. Les camarades Staline, Mao, Enver et Kim Il -sung crient au bourrage des urnes. Crétin (1). Dans son autobiographie, Johnny Hallyday confie qu'il « n’aime pas la médiocrité, [il] pense que la gauche pousse vers ça ». Alors que la droite des Sarko, des Clavier, des Pagny, des Claire Chazal, c'est fou comme ça élève l'âme ! Crétin (2). Dans le même opus, notre Jojo national précise : « On a souvent dit que je m’étais barré [en Suisse, en 2006] pour ne pas payer d’impôts. C’est en partie vrai, mais c’est aussi parce que c’est épuisant, cette ambiance. » Rappelons à cet ignare qu'en 2006, c'étaient ses petits copains de droite qui étaient au pouvoir depuis quatre ans. Crétin (3). Selon le même penseur, Michel Sardou est « un vieux con réac ». Bien vu, Johnny ! Même si c'est l'hôpital qui se fout de la charité. Wahhabite (1). Comme il doutait de la virginité de sa fille, dont il avait la garde, un célèbre prédicateur

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Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Hollandais. Selon des chercheurs de l'université d'Utrecht (Pays-Bas), les adolescents amateurs de rap ou de métal développent plus que les autres des

comportements déviants. Selon mes propres travaux, les chercheurs issus d'un pays où l'on pédale en sabots le long des canaux en bouffant des rollmops ont plus de risques que les autres de balancer des âneries. Crampons (1). Ayant toujours éprouvé envers les supporteurs une virulente antipathie, je croyais que plus rien ne pouvait m'étonner de leur part. Faut dire que je n'avais pas encore vu la photo (dans Le Monde du 16 février) de ceux du club de foot Celtic Glasgow arborant un portrait du pape légendé « Benedict XVI, our God reigns » (1) ! Crampons (2). En Afrique du Sud, où la moitié de la population vit avec moins de 600 rands (50 euros) par mois, on a construit à grands coups de millions 6 stades géants pour le Mondial de foot 2010 : aucun n'est rentable et, vu les coûts de maintenance (40 millions de rands en 2012 rien que pour maintenir en état celui du Cap, 65 000 places), il revient moins cher de ne pas les utiliser ! Mais bon, quand on aime la culture, on ne compte pas. Dingue, non ? Vous, je ne sais pas, mais moi, il y a des nouvelles qui me laissent baba : par exemple, avoir appris par Science du 25 janvier que le rayon dit de Zemach du proton mesurait 1,082 femtomètre ! (2) Inflation. Coût initial (en 2005) du site d'enfouissement nucléaire de Bure : 16,5 milliards d'euros ; coût actuel : 36 milliards. EPR de Flamanville : déjà 4 ans de retard et un dépassement de budget de 250 %. ITER de Cadarache : 5 milliards d'euros en 2001, au moins 15 aujourd'hui. La rigueur ? Où ça, la rigueur ? Blagueurs. « Nous ne présentons pas de candidat », plaisante Hollande à propos de la succession papale, cependant que la ministre déléguée aux Personnes âgées précise : « Benoît XVI a omis de me consulter avant de prendre sa décision. » Ce n'est pas si souvent qu'ils nous font (sou)rire, les socialistes : ne boudons pas notre plaisir ! (3) Message personnel. Aux éventuels lecteurs assurés à la Matmut : vous comptez financer encore longtemps par vos primes d'assurance les deux abrutis qui nous les cassent depuis des années avec la pub la plus débile de la galaxie ? Parano ? La Commission européenne préconise de nouveau les farines animales dans l'alimentation d'une partie des animaux d'élevage, en commençant par l'aquaculture. Je ne suis pas adepte des théories du complot, mais ma parole, il y a un chef d'orchestre clandestin qui fait tout pour faire haïr l'Europe par les Européens. Inde. Hollande remettant la Légion d'honneur à Amartya Sen, Nobel d'économie 1998 : « Vous nous avez appris […] que l'économie ne se réduisait pas à la logique du marché mais qu'elle était une science morale. » Qui n'interdit tout

de même pas de se faire représentant en Rafale et en EPR. Pope no more ! Valls, Delanoë et autres pontes du PS choqués par la manifestation des Femen criant, seins nus, « In gay we trust » et « Bye bye Benoît » à Notre-Dame de Paris. Les socialistes : rigolos un jour, rigolos pas toujours. Pessimisme. Les premières photos d'Hugo Chavez depuis décembre dernier le montraient en train de lire Granma, le quotidien du PC cubain. C'est bien la preuve que son état s'aggrave. Euphémismes. Ne dites plus « 4x4 », dites « SUV » (Sport utility vehicle) ; ne dites plus « Farines animales », dites « PAT » (Protéines animales transformées) ; ne dites plus qu'on « flingue » des loups, dites qu'on les « prélève » ; ne dites plus « Les communiquants nous font gerber », dites « Les pros de la comm', j'en passerais bien un au broyeur ». Cocorico ! Entendu le 20 février sur France Inter : « Avec désormais 15 otages, la France est passée devant les ÉtatsUnis en nombre de ressortissants enlevés. » On est vraiment les meilleurs en tout ! Papa. « Ces bonnes femmes qui nous gouvernent... » : vous avez besoin d'en entendre plus pour vous faire une idée du « père en colère » perché quatre jours sur une grue nantaise ?

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Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Synthétique. Je découvre que le gouvernement (de droite) de Mariano Rajoy, en Espagne, comporte un ministère de l'éducation, de la culture... et du sport ! Bon, de la part d'un gouvernement qui fait passer de 8 à 21 % la TVA sur les biens culturels, on ne peut plus s'étonner de rien. Gérard Roy (1) Benoît XVI, notre Dieu règne. (2) Rappelons aux rares qui l'ignorent encore que le femtomètre équivaut à 0,000 000 000 000 001 mètre. (3) Boudons-le d'autant moins que ça ne fait pas du tout rire Morano et consorts.

Agenda Pays de Montbéliard
Mercredi 27 mars, à 20 h15, au Cinéma Colisée, à Montbéliard
Projection du film « Des abeilles et des hommes », de Markus Imhoof - Suisse 2013 (1 h 28) – Documentaire (avec la voix de Charles Berling). Suivie d'un débat avec l’Union apicole du Pays de Montbéliard et le collectif Du champ à l’assiette (pour une agriculture paysanne). Entre 50 et 90 % des abeilles ont disparu depuis quinze ans. Cette épidémie d’une ampleur phénoménale se propage sur toute la planète et est préoccupante. Sans abeilles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits, ni de légumes. Markus Imhoof a filmé dans le monde entier, rencontrant apiculteurs et scientifiques. Il livre un documentaire essentiel. « Un formidable plaidoyer pour ces bienfaitrices de l'humanité que la folie des hommes est en train de détruire peu à peu. » (Le Nouvel Observateur)

Jeudi 28 mars, à 20 h, à Audincourt, Ancienne Mairie (face à la Mairie)
Le groupe local EÉLV du Pays de Montbéliard organise une soirée débat sur le thème « Se chauffer ou chauffer la rue » . Intervention de GAIA énergie. Présentation de résultats donnés par une caméra thermique, suivie d'une démonstration sur les bâtiments voisins.

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