Entretien des représentants de parents d’élèves de l’école maternelle Maurice Ripoche avec M.

Pascal Cherki, député-maire du XIVe arrondissement Le 4 mars 2013 M. Pascal Cherki nous reçoit de façon très courtoise et cordiale et débute notre entretien par un long exposé sur les buts de la réforme des rythmes scolaires et sur les obstacles qu’elle rencontre. Il insiste sur la difficulté que cela représente pour les enseignants, qui sont habitués depuis pratiquement 40 ans à travailler 2 fois deux jours intenses, avec une coupure d’une journée le mercredi leur permettant de souffler. Le maire nous indique qu’à titre personnel, il soutient le retour à la semaine de 4,5 jours car il s’était battu contre la réforme Darcos. Il nous expose également les autres questions qui sont ou vont être mises en chantier par le Gouvernement, parmi elles, celle des classes surchargées qui devrait être résolue grâce au recrutement massif de 60 000 enseignants d’ici 2015 mais cela demande du temps, il n’existe malheureusement pas de baguette magique. Il indique également que les programmes sont trop lourds, que leur refonte est à remettre en chantier, mais que c’est une procédure qui ne se fait pas en claquant des doigts. Quant à toucher aux vacances, il s’agit d’un sujet compliqué, et pas seulement à cause du lobby du tourisme mais il est personnellement favorable à une réduction des vacances d’été dont la longueur actuelle n’est plus en accord avec la société d’aujourd’hui. A la question pourquoi avoir commencé par la réforme des rythmes scolaires et pourquoi ne pas avoir attendu 1 an pour tout réformer dans la globalité, il répond qu’il s’agit de ce qu’il y a de plus facile à mettre en œuvre. Plus on attend, plus ce sera plus difficile, à cause des réticences notamment du corps enseignant. L’objectif de cette réforme est de lisser le temps scolaire. Avec pour objectif corollaire plus d’égalité des chances. Non grâce au nouveau temps périscolaire, mais grâce au temps scolaire, mieux réparti et donc profitable à tous, en particulier à ceux qui seraient en situation plus fragile devant l’apprentissage. Nous lui faisons remarquer qu’il aurait peut être été plus bénéfique pour ces enfants en difficulté de rétablir les 2 heures d’enseignement perdues avec la réforme Darcos, il répond qu’elles n’ont pas été vraiment perdues, elles servent à de la concertation entre enseignants, il faut bien que les instits puissent travailler ensemble. Le maire dit également que personne n’a malheureusement de pierre philosophale pour réformer parfaitement l’école, alors il faut saisir l’opportunité, même mince, d’apporter une évolution, toute imparfaite soit-elle. En dépit du discours officiel de la Ville de Paris affirmant que rien n'est encore décidé, M. Cherki répond clairement à notre question laissée en suspens depuis la dernière réunion publique du XIVe arrondissement à l’école du 12/14 Alésia, il n'y a aucun critère qui ferait reporter la mise en œuvre en 2014 car en tout état de cause, le décret ayant été pris, on ne l’abrogera pas, la seule question est donc : comment met-on en place la réforme à Paris ? Selon lui, le but est de bâtir une proposition conforme et rappelle qu’au début de la concertation, la mairie voulait l’augmentation de la pause méridienne car c’était la solution la plus simple à mettre en œuvre. Mais, devant les fortes réactions du corps enseignant, faisant

valoir qu’il occupe sa salle de classe sur cette pause pour préparer son travail de l’après-midi par exemple, la mairie s’est aperçue que ce n’était pas une solution envisageable et a dû réfléchir à d’autres aménagements, bien que les locaux soient publics et n’appartiennent pas aux enseignants. Par conséquent, la seule possibilité restante est de dégager du temps en fin d’après-midi après les cours. En parallèle il met en avant la scolarisation des enfants de moins de 3 ans qui est relancée par ce Gouvernement et à laquelle il est favorable. Nous posons la question des locaux, déjà particulièrement surchargés à Paris, de l’actuel manque de dortoirs pour les enfants de petite section qui va être accru par exemple… Il nous affirme que cette scolarisation précoce ne se fera que dans des écoles qui ont déjà les locaux disponibles. Nous nous inquiétons encore des locaux en demandant où seront pratiquées les activités en petit groupes comme préconisé dans le décret ? M. Cherki nous répond qu’il n’en sait rien mais que cela se fera au cas par cas, il ajoute que selon lui, il ne faut pas s’inquiéter car au final, la réforme ne changera rien, ou pas grand chose, en termes d’organisation pour les familles. Quant à la mairie, elle aura à gérer 3h du mieux possible mais c’est quelque chose que les équipes municipales savent faire, c’est juste une question d’organisation interne du personnel. Ces 3h sont ôtées du mercredi matin pour être réparties sur la semaine. Ce ne sera pas compliqué, car il est facile de motiver les enfants pour des activités périscolaires avec trois fois rien. Pour la mise en place d'activités dignes de ce nom en périscolaire, le discours de M. Cherki est axé sur l'élémentaire uniquement car, de son propre aveu, il n’est pas spécialiste des jeunes enfants. En creux, nous comprenons qu'en maternelle, on fera quelque chose d’équivalent à l’actuel goûter récréatif, probablement organisé sur 45mn toutes les fins d’après-midis, avec pour objectif un taux d'encadrement un peu meilleur qu’actuellement. Il indique que contenu des activités sera déterminé en fonction de ce que proposeront les centres d’animation et en fonction de ce que sait faire le personnel d’encadrement qu’on aura sous la main dans telle ou telle école. Il nous déclare que la DASCO a étudié la question du besoin en nombre d’animateurs, c’est pourquoi la Ville va créer 750 emplois d’animateurs titularisés, ainsi qu’un déplafonnement des 910 heures pour les vacataires ce qui permettra de garder en place les personnes compétentes et 1 000 recrutements. Nous lui demandons également comment il envisage le découpage de la journée ? Il nous expose ce qui lui semble personnellement la meilleure solution pour tout le monde en élémentaire (en fonction des désidératas des instits, des impératifs des familles et de la qualité des activités pour les enfants) : Lundi : jour normal, fin des cours comme actuellement à 16h30 Mardi : fin des cours à 15h, soit 1h30 dégagé pour le périscolaire. Mercredi : 3 h de cours le matin Jeudi : jour normal, fin des cours comme actuellement à 16h30 Vendredi : fin des cours à 15h, soit 1h30 dégagé pour le périscolaire, ce qui est également une compensation accordée aux enseignants en contrepartie de la perte du mercredi matin.

Quid du taux d’encadrement sur les 2 x 1h30 dégagées ? Nous lui parlons du projet de décret qui prévoit opportunément de baisser ces taux (passant de 1/10 pour les enfants de moins de 6 ans à 1/14 et de 1/14 pour les plus de 6 ans à 1/18). M. Cherki reconnait qu’il n’en sait rien de façon sûre, il n’est pas spécialiste de la question puisqu’il est député membre de la commission des Finances de l’Assemblée, pas de la commission des Affaires Culturelles, mais il suppose qu’il s’agit du même taux qu’en centre de loisirs, pas de celui de la cantine qui est nettement plus bas. Il appelle donc Colombe Brossel devant nous pour avoir une réponse et lui laisse un message en lui posant la question. Malheureusement, Mme Brossel ne rappellera pas sur le temps de la réunion. Sur la question du contenu des activités il nous déclare que tout est possible. Les centres d’animations sont prêts, des associations ont été contactées et sont d’accord pour proposer des choses, en outre, cela leur permettra de compenser la perte financière liée au mercredi matin, les gymnases seront réquisitionnés sur ces créneaux horaires, pourquoi pas dans le XIVe un partenariat avec la Fondation Cartier ou le cinéma l’Entrepôt, etc. En outre, les parents peuvent aussi faire des propositions ! Cependant, il reconnait volontiers, et en se montrant très réaliste, que ce ne sera pas parfait, tout particulièrement au début, au moins jusqu’à la Toussaint voire jusqu’à Noël. Mais si la mise en œuvre du décret dès la rentrée 2013 est votée en Conseil de Paris le 25 mars prochain, alors oui, la Ville mettra tout en œuvre pour être prête, il y a un gros enjeu, la mairie fera ce qu’il faut, même s’il y aura forcément des ratés qu’on réajustera au fur et à mesure les premiers mois malgré tout il considère qu’il faut le faire dès maintenant parce que sinon, cela ne se fera jamais. Il nous explique que la Ville a fait de gros efforts pour que les enseignants considèrent à sa juste valeur le périscolaire parisien, qui fait plein de choses avec les enfants, nous cite différents exemples, comme un projet muséographique dans un musée africain du XVIe arrondissement ou « l’art pour grandir » et insiste sur le fait que périscolaire est et restera du loisir à caractère éducatif, pas de l’éducatif. Viser l’excellence en la matière, ce n’est pas l’objectif. « Toutes les écoles n’iront pas systématiquement au Louvre, mais ce n’est pas grave, car les centres de loisirs fonctionnent déjà bien à l’heure actuelle, faisons leur confiance pour faire avec les enfants la même qualité qu’ils font déjà le mercredi mais réparti sur la semaine. » La Ville recense actuellement les lieux disponibles, on dégage du temps dans les gymnases et les centres d’animation, les créneaux horaires à partir de 15h y sont libérés de façon systématique. Il prend un exemple concret de ce que pourrait être l’organisation : la moitié des effectifs d’une école élémentaire sort le mardi pour aller au gymnase voisin à 10mn de marche, et l’autre moitié y va le vendredi. Nous lui faisons remarquer que 100 ou 120 enfants en même temps dans un gymnase, ce n’est pas vraiment de l’ordre du « groupe restreint » prôné par le décret… Il rappelle les paroles du Maire de Paris qui a dit : « On essaie d’améliorer ce qui existe ». Il s’agit donc notamment de renforcer l’encadrement des gouters récréatifs à partir de 16h20 et la municipalité est consciente qu’il y a un souci avec la formation des surveillants. Nous cherchons à savoir quel type de formation, avec quel contenu sera dispensé aux animateurs, et aux surveillants, le BAFA n’étant pas une formation professionnelle. Selon M. Cherki, l’expérience professionnelle acquise sur le terrain par les animateurs vaut une

formation et il ajoute qu’en réalité, ce sont des points qu’il faut plutôt demander à la DASCO car il n’est pas au courant de tous les détails techniques sur la formation du personnel et pour ce qui est de la constitution des groupes restreints d’enfants prévus par le décret, c’est le rôle des directeurs de centre de loisirs de s’en charger. Il souligne enfin que de toute façon, le nouveau temps périscolaire ne sera pas obligatoire, les parents qui le souhaitent pourront toujours venir chercher leur enfant dès 15h30 ou du moins dès la fin de classe, ce qui permettra aussi d’avoir moins d’enfants à gérer pour la Mairie et il nous affirme sa vision optimiste des choses : tout se passera bien car au fond, rien n’est si nouveau, le périscolaire est quelque chose de déjà maîtrisé à la Ville de Paris, il s’agit d’une simple réorganisation des horaires, pas du contenu, qui restera identique à ce qui se fait actuellement, il n’y a donc pas d’inquiétude à avoir.

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