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Notes prises par Pierre-Hubert Fornerod au cours de l'enseignement donné par Sa Sainteté le Dalaï-Lama

pendant la deuxième quinzaine d'août 1991 à St Léon-sur-Vésère en Dordogne. Sa Sainteté le Dalaï-Lama


commentait le texte "La Marche vers l'Eveil" du saint indien Shantidéva.

22.08.1991

On doit porter un regard sur soi-même pour réaliser ce qu'il y a à changer

Voir le lien qu'il existe entre la cause et l'effet

Nous devons comprendre que notre attirance ou répulsion pour quelqu'un ou quelque chose proviennent de
circonstances et conditions apparues dans le passé.

Reconnaissance de la Bouddhéïté

Il est nécessaire de la voir en chaque être.

Comprendre le vide des émotions négatives

La haine, par exemple, est destinée à disparaître un jour elle est le résultat d'une erreur ou d'une mauvaise
interprétation de ses propres sentiments.

Méditation sur les textes sacrés

Il faut comprendre leur raison d'être. En l'occurrence, nous aider sur le chemin. Ne pas les utiliser pour soi,
d'ailleurs, ils enseignent à aider les autres.

Ci-après trois définitions de mots, données par le Dalaï-Lama qui sont trois piliers du bouddhisme.

Sanghata = perfection réalisation de la connaissance ultime. Pour y arriver faire grandir les qualités, la
connaissance et déraciner les défauts qui sont comme des voiles qui la cachent.

Dharma = le chemin

Sangha = les compagnons sur le chemin

Comment avoir l'Esprit d'éveil:


Il faut avoir un ardent désir de délivrer tous les êtres de la souffrance et de les conduire à la connaissance
ultime. Si cela n'est pas possible dans l'état actuel des choses, il est nécessaire d'avoir le désir d'y arriver.
Croire que l'on parviendra à faire sien le vœu précédent.

Il faut faire croître la compassion qui existe déjà en nous naturellement.

L'Esprit d'éveil contient 2 éléments, le premier la compassion et le second la connaissance par la sagesse
(connaissance). On acquiert bonté pour autrui, on comprend qu'elle est nécessaire et qu'elle ne peut passer
que par notre propre réalisation.

Il est très important d'être patient, vigilant, et persévérant. Nous devons y ajouter la méditation et la
contemplation.

La vie humaine est importante, elle est précieuse. Nous devons donc en retirer de bonnes choses (des
mérites) actions, paroles et pensées. Celui qui est encore enchaîné au samsara mais qui a le vœu d'avoir
l'Esprit d'éveil est un fils ou fille de Bouddha.

Celui qui fait un acte vertueux et le dédie à l'humanité et tous les êtres sensibles, le distribue, le donne à tous
les êtres fait un grand pas.

Il faut mettre tous les moyens en œuvre pour aider les autres.

Il faut avoir le désir que la volonté d'aider les autres ne cesse de grandir en nous.

Regarder ses propres pêchés sévèrement mais ne pas juger ceux des autres.

23.08.1991

Effacer progressivement nos défauts et faire fleurir nos qualités, le but étant de ne pas faire d'actions vides de
sens ou mauvaises, mais d'accumuler les mérites pour renaître dans les hautes sphères. Nous devons entraver
les mauvaises actions. Après avoir écarté les mauvaises actions, écarter les voiles qui cachent la
connaissance. Ce qui revient à réunir la compassion et la vacuité. Recevoir l'enseignement est une très bonne
chose, mais l'appliquer aux autres est bien plus important.

Nous avons ainsi vu trois chapitres:

Faire naître l'Esprit d'éveil = volonté d'aider les autres.

Ne pas laisser cet esprit se dégénérer; patience, persévérance et demeurer attentif.

Approfondir l'Esprit d'éveil par tous les moyens dont nous disposons et dont nous avons fait un tour
d'horizon.

Il faut toujours souhaiter que notre Esprit d'éveil grandisse mais avant tout pour les autres. On offre son corps
afin qu'il ne nous fasse pas chuter. Quand nous offrons quelque chose il y a certaines conditions à respecter,
d'abord que la façon de l'acquérir ait été honnête. Nous devons donner mais avec détachement et
désintéressement. Nous offrons ceci (n'importe quelle offrande) à tout l'univers, en même tant que l'on offre
ce que l'on a à offrir, offrir tout l'univers à tout l'univers = projection du karma collectif de tous les êtres
depuis toujours et bien entendu des nôtres. Il faut donner sans orgueil. Ne pas confondre la confiance en soi
et l'orgueil. La confiance en soi, c'est savoir exprimer son opinion sans sous-estimer ses capacités. L'orgueil,
c'est se surestimer sans raison.

La confession des pêchés:

Pour qu'une confession soit bonne, il faut un support, premièrement regretter les actions négatives commises,
deuxièmement promettre de ne plus les commettre à nouveau, troisièmement faire de bonnes actions ce qui
est le réel antidote aux mauvaises actions. Ne pas remettre ces résolutions à demain, car la mort peut frapper
n'importe quand.

Nous sommes dans un monde conditionné. Nous devons nous en délivrer avant d'essayer d'en délivrer les
autres. Nous devons persévérer dans notre volonté d'acquérir la connaissance ultime de toute chose.

Pour atteindre la certitude absolue, il faut la sagesse, mais l'on peut dire que la confession est l'antidote de
l'ignorance, du désir et de la haine. Il est important de se réjouir des qualités des autres, de faire en sorte que
ses propres qualités et celles des autres croissent. Si l'on agit bien, mais avec orgueil ou que nous refusons les
qualités d'autrui, cela ne peut-être que négatif, de toute façon personne n'est complètement dépourvu de
qualités. Si l'on ne peut pas se réjouir pour les autres, nous ne pourrons jamais progresser. Premièrement, il
est nécessaire d'avoir le désir d'y arriver, deuxièmement il faut avoir la foi qu'on y arrivera. Avec le désir d'y
arriver et la foi qu'on y arrivera. La bonne action, parole ou action viendra naturellement. Par exemple, si
nous détestons quelqu'un nous devons comprendre que cette haine, c'est nous qui la fabriquons et que la
personne que nous haïssons ne peut être responsable de cette haine. De toute façon en haïssant cette personne
vous ne faites de mal qu'à vous-même. En plus, vous détruisez vos mérites qui ont été si durs à obtenir. La
terre nous supporte, elle nous porte tous; de même nous devons porter tous les êtres qui vivent dans tout
l'univers. Il est facile d'aimer ses amis, mais aimer quelqu'un que nous pourrions détester, voilà qui est
beaucoup mieux. Par le moi intérieur, lumineux, nous devons contrecarrer les pensées impures (attachement,
haine, etc.) Développer l'Esprit d'éveil le plus vite possible, la mort peut frapper à tout moment, n'attendez
pas. Beaucoup de gens sont sous l'emprise des passions et ne sont pas capables de discerner les actes qui
donneront du bonheur ou du malheur. Il est toujours possible de se réconcilier avec un ennemi, mais pas avec
une pensée et plus nous serons conciliant avec elle plus elle grandira et tant qu'elles existeront (pensées
impures) nous ne serons pas en paix. C'est pour nous purifier que nous rencontrons des difficultés, une fois
qu'elles auront été éliminées elles ne reviendront pas, car elles auront été déracinées (les kleshas = passions
destructrices.) Les kleshas sont faibles, en réalité, ce ne sont que des illusions. Elles ne font pas vraiment
partie de nous. En les analysant nous réalisons qu'elles naissent par des circonstances, mais l'Esprit d'éveil
comprend la vigilance et la reconnaissance de la mauvaise pensée. Il faut donc en être conscient, réprimer les
mauvaises paroles et actions, mais surtout transformer notre esprit, car de notre esprit dépend la façon dont
nous agissons. Il faut arriver à dompter notre esprit. Toutes les fautes naissent d'un manque d'attention ou de
vigilance. Nous devons sans cesse espionner notre esprit pour développer nos bonnes pensées et écarter les
mauvaises très vite. Il y a des circonstances particulières où l'on peut faire usage de quelque chose de
mauvais, par exemple le mensonge, s'il est utilisé pour sauver une vie, alors il est bon, mais lorsque nous
utilisons une telle arme, nous devons être absolument sûr que c'est pour l'autre que nous l'avons utilisé. Nous
devons vraiment faire attentions à nos actes, paroles et pensées. Si nous ne parvenons point à avoir de bonnes
pensées, alors il faut essayer au moins d'en avoir des neutres. Nous sommes comme un éléphant attaché à un
poteau. Le poteau = la loi, la corde = la vigilance, l'anneau = la conscience. Concentrer notre vie vers le bien,
sauf si celle-ci est en danger, nous devons toujours aider autrui. Si nous sommes dans une situation où nous
devons contredire l'un de nos préceptes, cela ne doit être que pour servir un précepte plus haut. Il ne faut pas
exprimer les mauvaises pensées que l'on arrive pas à effacer sur le moment. L'esprit doit être serein et
pacifique. Nous devons éprouver une grande compassion pour ceux qui n'ont pas la connaissance. Il faut
toujours garder la volonté d'aider les autres. Ne pas attacher une trop grande importance à son corps. Nous
devons utiliser notre corps pour des actes positifs. Le corps doit être notre serviteur et non le contraire. Il est
notre véhicule. Nous devons le mettre à profit. Il faut être ouvert aux autres, les traiter comme des amis. Il est
nécessaire d'être humble, tant de gens l'apprécient. Par exemple, si quelqu'un fait du bien autour de lui et
dit:" Regardez, regardez, comme je fais du bien." Personne ne l'aimera. Si les gens nous louent nous devons
penser que c'est une louange à la qualité qu'ils ont trouvé en nous et non de nous-mêmes. Il faut écouter avec
attention l'avis des autres, s'associer à leurs louanges portées sur une personne qui le mérite et si quelqu'un
nous loue nous devons apprécier cette personne capable de discerner nos qualités. Nous devons avoir de
l'énergie et ne pas rester mous. Il est impropre de mourir pour les autres si l'on n'a pas atteint un niveau de
compassion parfaite, par exemple si nous le faisons par orgueil. Celui qui se préoccupe réellement du bien
d'autrui, quelle que soit la façon dont il agisse, parle se déplace lui donnera des mérites exprimés aux travers
de ses actes, de bonnes paroles et de bonnes pensées, à quoi servirait la lecture d'un traité médical à un
malade, s'il ne mettait pas en application ce qu'il y lisait.

La haine et la colère

Cultiver la patience car un instant de haine détruit beaucoup de mérites, car quand on a ce sentiment
nos qualités n'existent plus. Nous ignorons les circonstances qui peuvent pousser quelqu'un à nous
détester mais pourquoi le détester à notre tour, nous n'en retirerons que de l'insatisfaction. Celui qui
nous nuit peut vouloir se protéger ou protéger les siens. Vous êtes dans votre appartement, un voleur
entre, il vous voit, prend peur et tire un coup de feu. Si nous enlevons la peur qu'il a éprouvée, les
circonstances qui l'on peut-être poussé à devenir un voleur ( ce qui d'ailleurs n'excuse pas sa faute)
alors pour quelle raison le détesteriez-vous? Nous devons avoir un esprit fort pour accumuler des
mérites qui nous conduiront au bonheur. Sans le malheur, nous n'aurions point envie de progresser
pour nous libérer. Nous devons nous débarrasser de nos pensées destructrices. La douleur nous rend
plus humbles et en plus comme nous savons qu'elle provient de nos propres mauvaises actions, nous
essayerons d'éviter d'en commettre de nouvelles à l'avenir. Elle augmente notre compassion pour la
souffrance des autres. Elle nous permet enfin d'éliminer une partie du karma négatif que nous avons
accumulé. La purification du corps est associé à la couleur bleue; celle de la parole à la couleur
rouge et celle de l'esprit à la couleur blanche. Si la violence répond à la violence, elle n'aura pas de
fin, seul l'amour peut avoir ainsi le dernier mot.

24.08.1991

Journée de la Paix avec bien sûr le Dalaï-Lama, mais aussi le Recteur de la mosquée de Paris, l'Evêque de
Perigueux, l'Abbé Pierre, Bernard Kouchner, une représentante de l'Aide à toute détresse, un brahmane
hindou, aucun rabbin n'était présent car c'était le jour du Sabbat.

L'Abbé Pierre a parlé de la sainte colère. On doit se révolter contre le fort qui tyrannise le faible. Il a pris
cette position suite aux propos du Dalaï-Lama qui disait, en substance, qu'il faut être toujours calme et
aimant pour qu'il y ait la Paix dans le monde. En somme, l'Abbé Pierre défendait également la Paix, mais il
estimait qu'il fallait défendre les faibles. Il s'est référé à la Sainte-Colère.
25.08.1991

La douleur renforce notre foi car quand tout va bien notre foi n'est pas éprouvée.

L'amour et la compassion sont nécessaires, si nous essayons d'être heureux pour nous-même, nous ne
pouvons être que malheureux. L'amour est joie, paix, compassion et partage, nous ne pouvons donc pas le
garder pour nous. Le Dalaï-Lama a été malade et l'enseignement est arrêté pour aujourd'hui.

26.08.1991

Il faut accepter quiconque comme son maître, comme quelqu'un capable de nous apprendre quelque chose.
Imaginons quelqu'un de particulièrement énervant. Vous avez l'impression de ne rien pouvoir apprendre de
lui, mais de toute façon, il vous enseigne à être patient. Si quelqu'un nous témoigne de la haine de quelque
façon que cela soit, nous devons comprendre que si nous répondons par de la haine, cela sera mauvais pour
notre karma, mais aussi pour celui de notre ennemi, alors que si l'on agit bien envers lui, il pourrait être
touché et changer et s'il ne change pas de conduite envers vous tout du moins ça sera bon pour notre propre
karma. De toute façon comme nous devons arriver à l'amour de tous les êtres, il faut réaliser à quel point
celui qui agit mal envers nous est intéressant car il n'est pas difficile d'arriver à aimer une personne qui nous
témoigne de l'affection. Il ne faut malgré tout pas tout accepter, on ne doit pas se laisser faire.

Il faut toujours désirer atteindre la bouddhéïté et cela pour tous les êtres, afin de les aider à atteindre ce même
état. Ce but peut sembler impossible à atteindre. Pour pouvoir l'appréhender, nous devons réaliser l'infinité
du temps et des mérites que nous pourrons acquérir. Il faut absolument toujours garder l'aspiration de faire le
bien et d'être heureux de le faire. Craindre de mal agir est une bonne chose. La vie est courte si l'on y ajoute
la paresse et la négligence alors il ne reste rien, si je n'agis pas maintenant, alors, quand le ferai-je? La vie
physique peut s'arrêter dès demain. Quand on commence quelque chose, il faut être sur de le finir sinon il est
préférable de ne pas commencer. Il faut avoir confiance en notre propre réalisation, ainsi nous pourrons
libérer tous les êtres. Il faut également avoir confiance dans le fait que les pensées obscurcissantes ne
peuvent rien contre nous et que nous pouvons tout contre elles. Ceci n'est pas le cas pour tous les êtres et
donc nous devons les aider. Nous savons que nous avons gagné, mais ceci n'est pas une victoire personnelle,
mais une victoire universelle de tous les êtres. Il faut accepter les difficultés qui aboutiront à une bonne
action. On ne se rassasie pas du miel (plaisirs du monde) sur le tranchant d'un rasoir. Si nous sommes
fatigués nous devons nous reposer, mais avec l'idée de reprendre le combat avec plus d'ardeur. Notre
vigilance doit toujours être éveillée, au milieu de nos vertus, nous sommes dans un combat et nous sommes
attaqués de toute part. Etre prêt à participer avec joie et persévérance quelles que soient les épines sur la
route. Nous devons rester concentrés sur le bien, sinon le mal trouvera une faille et si tel devait être le cas,
agir tout de suite pour le repousser: prières, foi, pensées positives, le calme intérieur et la concentration pour
découvrir la vacuité. Contempler la certitude que nous avons gagné contre le mal. Par la méditation et de la
détermination nous devons réaliser l'impermanence des joies humaines. La concentration doit raffermir la
détermination. La méditation devrait se faire avant tout de façon solitaire. Faire attention que les plaisirs
charnels ne nous détournent point de nos buts spirituels, mais ils ne sont pas des pêchés par eux-mêmes. Le
corps sans l'esprit est inanimé pourquoi donc le désirer, l'esprit d'ailleurs ne peut pas le toucher. Ces pensées
peuvent nous aider à nous délivrer de nos possibles obsessions. Les possessions matérielles sont difficiles à
obtenir et nous devons tôt ou tard les perdre ce qui nous fait souffrir. Essayer toujours d'avoir un bon cœur.
On peut parfois s'énerver un peu, mais ne jamais aller jusqu'à la malveillance pour arriver au point
culminant: l'union parfaite de la sagesse et de la compassion. Nous devons assumer la souffrance des êtres et
nous ne pouvons le faire qu'en contemplant leurs souffrances. Il faut développer l'altruisme qui chérit tous les
êtres. Nous devons imaginer quiconque comme l'un de nos parents. Nous pouvons imaginer que nos
souffrances, une infinité d'êtres les ressentent et beaucoup parmi eux souffrent même plus que nous. La
souffrance de ce monde provient en partie du fait qu'il est conditionné. Nous devons avoir de la compassion
pour les hommes riches ou en pleine compétition car tout cela est source de souffrances. D'abord, notre corps
souffre ce qui nous fait souffrir moralement (bien sûr, nous pouvons très bien ne souffrir que moralement
mais nous ne prendrons pas cet exemple), mais il y a aussi le bonheur que nous devons essayer de donner à
tous. Nous ne pouvons qu'éprouver de la compassion pour les autres. Il faut garder à l'esprit que la souffrance
est l'une des composantes du samsara. Il faut progresser, nous sommes passés par la souffrance de
nombreuses fois et nous le ferons encore de nombreuses fois, en pensant à ceci, il est plus facile de
comprendre la souffrance des êtres. Nous pouvons le réaliser progressivement étape par étape ensuite notre
compassion grandira. Nous avons le désir d'être délivré de la souffrance et d'acquérir le bonheur et nous en
avons le droit, mais tous les êtres ont le même désir. Il faut mettre sur un plan d'égalité autrui et soi-même.
Les autres ne ressentent pas notre souffrance. Nous soignons de la même façon toutes les parties de notre
corps, nous pouvons imaginer que nous sommes une partie du corps et que les autres sont les autres parties et
que chaque partie est un autre être. Nous sommes tous égaux devant la souffrance. Nous avons tous les
mêmes droits, pourquoi se privilégier? Il est possible de souffrir en aidant les autres à moins souffrir. On peut
dédier cette souffrance à tous les êtres. Aider les autres est une rétribution en soi, cela doit être une grande
joie.

L'interversion entre soi et les autres, nous éprouvons un amour immodéré pour nous-même. Nous nous
faisons l'ennemi de tous pour nous protéger. Certains volent, mentent ou trichent. Nous devons inverser les
rôles, imaginer que les autres deviennent moi et moi les autres. J'appartiens à autrui, ma principale
préoccupation est de les aider. Nous devons faire toute chose dans leur intérêt. Si nous soumettons les autres
à l'esclavage, nous serons alors esclave, aucun progrès ne sera dès lors possible., mais si nous nous offrons,
ils nous apprécieront et considéreront que nous sommes dignes de les conduire. Il faut cependant demeurer
humble. Je suis l'esclave. Je sers les autres pour leur bien. Imaginez que vous êtes la personne la plus
importante et que les autres sont moins importants. Inversez la situation et regardez pour réaliser tout ce que
vous avez. Cet exercice doit annihiler notre esprit de jalousie. Imaginez que vous êtes très riche et que tous
les autres sont très pauvres, devenez l'un des pauvres, vous penserez ce riche n'est vraiment pas généreux,
pour être si riche il a certainement triché, menti et il en souffrira.

La sagesse

Il n'est pas absolument nécessaire d'avoir les vertus précédentes pour avoir la sagesse, mais alors
elle n'a aucun sens, aucun but ultime. L'opposé de la sagesse est l'ignorance. Réaliser que mon ego
tel que je le perçois n'est pas réel. D'abord se séparer des émotions obscurcissantes, compréhension
de la nature ultime des phénomènes dans leur multiplicité. Pourquoi enseigner la générosité si l'on
n'en comprend pas le sens, alléger la souffrance et accumuler un bon karma. La forme est vide et le
vide est forme ainsi nous ne risquons pas de tomber dans l'éternalisme ou le nihilisme. La vacuité
c'est l'impermanence des phénomènes tels que nous les connaissons. La vérité relative (obscurcie)
est celle qui ne comprend pas l'aboutissement de toute chose. La vérité absolue ne peut être abordée
par l'intellect seul.

Plus nous comprenons la vérité plus nous comprenons la nature vide des phénomènes (le contemplatif). Le
concept d'absolu change selon les philosophies. Nous pouvons analyser les vérités, la souffrance est un
manque de compréhension. La vérité relative est la vérité comme on la perçoit dans ce monde. La vérité
absolue est de réaliser que les phénomènes n'ont aucun existence par et en eux-mêmes, c'est cela la vérité
absolue, mais la vérité absolue n'est pas une entité, une chose en soi, donc nous pouvons utiliser l'expression
de vacuité de la vacuité.

Lorsque l'on se réfère à des pensées obscurcissantes dans la philosophie bouddhiste, on parle de pensées qui
nous cachent la vérité. Ce sont des pensées que l'on pourrait comparer à des voiles qui nous empêcheraient
de voir la lumière. Bien sûr, ici nous parlons de lumière spirituelle.

La bouddhéïté est l'état de Bouddha. Tout être qui est un Bouddha est dans l'état de bouddhéïté. Il faut se
rappeler qu'il y a de nombreux bouddhas dans le bouddhisme, en plus du Bouddha Shakiamoni qui est le
Bouddha historique qui est le fondateur de la religion bouddhiste. Bouddha signifie simplement illuminé et il
n'y a pas besoin d'être bouddhiste pour connaître cet état.

Les précisions apportés ci-dessus le sont car les termes: obscurcissantes et bouddhéïté ne sont pas réellement
français, même si je crois que pris dans leur contexte le lecteur les auraient de toute façon compris.

© Pierre-Hubert Fornerod