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Cours d’ouverture – IEP de Lyon ! Année universitaire 2012-2013 (2 e semestre) ! La

Cours d’ouverture – IEP de Lyon !

Année universitaire 2012-2013 (2 e semestre) !

La famille dans tous ses états :

entre normes et pratiques !

Muriel Salle – Maîtresse de conférences (Université Claude Bernard – Lyon1)!

! Muriel Salle – Maîtresse de conférences (Université Claude Bernard – Lyon1) ! muriel.salle@univ-lyon1.fr !

muriel.salle@univ-lyon1.fr !

Introduction : au cœur d’une question d’actualité

Introduction : au cœ ur d’une question d’actualité Controverse autour du « mariage pour tous »

Controverse autour du « mariage pour tous » et de l’homoparentalité.

: au cœ ur d’une question d’actualité Controverse autour du « mariage pour tous » et

Transformations de la FAMILLE

+

Évolutions en matière de PROCRÉATION

+

Changements dans les RAPPORTS DE SEXE

SOURCES PERMANENTES D’INTERROGATIONS, VOIRE DE CONTROVERSE

« Faut-il légiférer sur la famille ? »

- Qui peut « faire couple » ? y a-t-il des couples plus légitimes que

d’autres ?

- Qui a le droit d’être parent ? (âge, sexe, sexualité, statut social…)

Droit de la famille = une branche du droit privé (droit public) Essentiellement régi par le code civil

La famille est généralement définie comme l’ensemble des personnes liées entre elles par un lien d’alliance ou de descendance :

- les alliances peuvent être de nature très diverses (plus seulement le mariage) - la descendance ne s’entend plus au seulement au strict sens biologique

La législation sur la famille, une atteinte à la vie privée ?

Le droit français estime que la vie privée englobe la vie familiale et conjugale, la vie quotidienne à domicile, l’état de santé de la personne, sa vie intime et amoureuse, ses relations amicales, ses loisirs et sa sépulture = flou, délicat à délimiter

Un concept très récent.

= flou, délicat à délimiter Un concept très récent. Un concept reconnu en droit international. Article

Un concept reconnu en droit international. Article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 :

« Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ».

La famille hétérosexuelle et monogame n’est pas une donnée de la nature, même s’il faut

La famille hétérosexuelle et monogame n’est pas une donnée de la nature, même s’il faut deux sexes pour procréer.

Chaque organisation locale a une logique et une histoire, au cours de laquelle sont intervenus des changements. Il n’y a pas d’évidence simple, émanant d’une « nature humaine » commune.

http://vimeo.com/56476130

I. Est-il légitime de légiférer sur la famille ?

L’État est-il légitime à intervenir dans la sphère privée par le biais de la loi ?

A. Qu’est-ce que le droit et à quoi sert-il ?

Droit = règles juridiques socialement sanctionnées (= acceptées) qui s’appliquent au fonctionnement des institutions d’un Etat et fixent les rapports entre les citoyens qui le composent.

et fixent les rapports entre les citoyens qui le composent. Droits et jurisprudences internationaux Respect des

Droits et jurisprudences internationaux

Respect des règles antérieures de niveau supérieur

Droits et jurisprudences nationaux

Modification des règles antérieures de même niveau

Droits locaux : arrêtés municipaux, règlements d’organisations professionnelles (ordre des médecins), accords conclu entre citoyens (conventions collectives, contrats)

Abrogation des règles inférieures contraires

Le droit n’est pas là pour décrire des situations existantes, mais il peut :

1. prescrire, de façon plus ou moins souple, une conduite (cf. les droits et devoirs des conjoints)

2. rétribuer un comportement (cf. l’autorité parentale attachée à la reconnaissance de l’enfant)

3. offrir un modèle, en s’efforçant de le faire préférer éventuellement à

d’autres situations

(cf. le cas du mariage et du concubinage) Le droit est une norme, une prescription, qui ne se rattache pas à ce qui est mais participe de ce qui doit être.

Deux niveaux possibles de la connaissance :

- Un niveau purement juridique. Le concept de famille est purement utilitaire, vide de toute signification. C’est un outil d’organisation de la société. - Un niveau sociologique, où la connaissance du discours juridique sur la famille sert à éclairer une connaissance empirique des données sociales rendant compte des familles réelles

Famille
Famille

Le droit a une dimension politique essentielle.

Il s’inscrit dans un processus de réaction à un contexte social, évolutif, complexe. Il faut prendre en compte l’acceptation sociale de la norme dans ce contexte (effectivité de la norme efficacité de la politique) toutes choses qui limitent assez considérablement la marge de manœuvre de l’autorité juridique, du moins sa prétention à prescrire librement.

Droit privé, qui rend compte des relations individuelles en son sein Analyses centrées sur les relations entre individus

sein Analyses centrées sur les relations entre individus Droit public, qui s’intéresse aux relations entre
sein Analyses centrées sur les relations entre individus Droit public, qui s’intéresse aux relations entre

Droit public, qui s’intéresse aux relations entre l’État et les communautés qui le constitue. Analyses centrées sur les relations entre la famille et l’État.

« La famille repose sur l’union plus ou moins durable et socialement approuvée d’un homme,

« La famille repose sur l’union plus ou moins durable et socialement approuvée d’un homme, d’une femme et de leurs enfants » (Lévi-Strauss, 1956)

plus ou moins durable et socialement approuvée d’un homme, d’une femme et de leurs enfants »
De la polygamie à la monogamie ?
De la polygamie à la monogamie ?

Sex-ratio de 104,5 à 108,3 selon les lieux et les époques : il naît plus de garçons que de filles.

et les époques : il naît plus de garçons que de filles. De ce strict point

De ce strict point de vue, la polygynie est contre-nature, autre contraire de la polyandrie…

Principes de base de la famille occidentale (Françoise Héritier) :

1.le mariage ou toute autre forme d’union reconnue par la loi ou l’usage = origine de la nouvelle famille 2.les membres de la famille sont unis par des liens socialement reconnus (filiation), des devoirs mutuels et des droits 3.des tâches spécifiques incombent à chaque sexe dans le cadre de ces devoirs 4.une réglementation stricte de la sexualité (interdit de l’inceste notamment).

Espace où s’expriment des sentiments complexes

Solidarités

Lieu

d’apprentissage

(culture

commune)

FAMILLE

Obligations / interdictions

Droits /

devoirs

= des éléments stables

MARIAGE (ou toute union socialement reconnue entre vivants entre un homme et une femme
MARIAGE
(ou toute union
socialement reconnue
entre vivants
entre un
homme et
une femme

= des éléments profondément variables

Famille au sens large, famille au sens étroit, famille recomposée, lien de parenté, lien d’alliance,
Famille au sens large, famille au sens étroit, famille recomposée, lien de parenté, lien d’alliance,

Famille au sens large, famille au sens étroit, famille recomposée, lien de parenté, lien d’alliance, lien de filiation, lien de germanité, ménage… Monoparentalité,homoparentalité,

Mariage fantôme : le principe du lévirat

Un mort peut encore être père.

: le principe du lévirat Un mort peut encore être père. Mariage entre femmes (Nigéria, Nuers

Mariage entre femmes (Nigéria, Nuers d’Afrique orientale…)

Un mort peut encore être père. Mariage entre femmes (Nigéria, Nuers d’Afrique orientale…) Femmes kuria au

Femmes kuria au Kenya

La famille ? Un objet non-identifié en droit français Famille ? Parenté, filiation, alliance L

La famille ? Un objet non-identifié en droit français

Famille ? Parenté, filiation, alliance

Loi du 8 février 2010 : « les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis au sein de la famille sur la personne d’un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ».

Illégal, au regard de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789), qui exige que les infractions soient définies « en termes suffisamment clairs et précis » pour exclure l’arbitraire.

Avantage de l’indéfinition : tous les changements sont possibles.

C. Et que dire des règles de filiation ?

C. Et que dire des règles de filiation ?

Filiation unilinéaire

Filiation bilinéaire

Filiation cognative (ou indifférenciée)

Filiation bilinéaire Filiation cognative (ou indifférenciée) « Il semble que tout ce qui peut être, est

« Il semble que tout ce qui peut être, est » (Buffon)

« Prêt de ventre » à Rome :

«Chez les Anciens, il était permis à un homme, sur la volonté exprimée par son épouse, de prendre une autre femme d'où naîtraient des enfants communs : issus de l'union [commixtio] et de la semence [semen] de l'un, ils relevaient aussi du droit et du pouvoir de l'autre. » (saint Augustin De bono conjugali, 15)

Adoption plénière dans notre loi biologique

: dissolution de la parenté

Placement d’enfants auprès d’apparentés

Il existe d’autres formes viables de familles : l’histoire et l’anthropologie nous le montrent clairement.

Il existe d’autres formes viables de familles :

l’histoire et l’anthropologie nous le montrent clairement.

Familles monoparentales
Familles monoparentales
Familles monoparentales Un tiers des familles monoparentales sont pauvres contre 11 % des couples.

Un tiers des familles monoparentales sont pauvres contre 11 % des couples.

Familles recomposées 1,2 million d’enfants de moins de 18 ans vivent dans une famille recomposée

Familles recomposées

1,2 million d’enfants de moins de 18 ans vivent dans une famille recomposée (9 % des enfants mineurs)

recomposées 1,2 million d’enfants de moins de 18 ans vivent dans une famille recomposée (9 %
Le droit, reflet des évolutions sociétales Le droit, expression de valeurs et de choix communs

Le droit, reflet des évolutions sociétales

Le droit, reflet des évolutions sociétales Le droit, expression de valeurs et de choix communs à

Le droit, expression de valeurs et de

choix communs à la société qui sécrète.

le

II. S’unir et se désunir A. Le mariage La sacralisation du mariage au XI e

II. S’unir et se désunir

A. Le mariage

La sacralisation du mariage au XI e -XII e siècle. Redéfinition de la famille résultat de l’accord fragile passé entre deux volontés changeantes enjeu de vastes stratégies patrimoniales Elle prend un caractère religieux de plus en plus marqué : stabilisation du modèle familial autour d’une unité conjugale + encadrement de la sexualité

« Avec ton épouse ou avec une autre, t’es-tu accouplé par derrière à la manière des chiens ? Si tu l’as fait, tu feras pénitence 10 jours au pain et à l’eau ».

« T’es-tu uni à ton épouse au temps de ses règles ? Si tu l’as fait, tu feras pénitence 10 jours au pain et à l’eau ».

« T’es-tu accouplé avec ton épouse après que l’enfant a remué dans

l’utérus ? Ou du moins 40 jours avant l’accouchement ? Si tu l’as fait, tu

feras pénitence 20 jours au pain et à l’eau ».

« T’es-tu accouplé avec ton épouse le jour du Seigneur ? Tu dois faire pénitence 4 jours au pain et à l’eau ».

La désacralisation du mariage :

cérémonie religieuse / cérémonie civile

du mariage : cérémonie religieuse / cérémonie civile Depuis la loi du 20 septembre 1792 Conditions
du mariage : cérémonie religieuse / cérémonie civile Depuis la loi du 20 septembre 1792 Conditions

Depuis la loi du 20 septembre 1792

Conditions légales à remplir pour se marier :

- Sexe (deux personnes de sexe différents) - Âge (15 ans pour les femmes et 18 ans pour les hommes) - Absence de parenté - Lieu (dans la commune de résidence d’un des époux) - Publicité (publication des bans)

Le mariage est un acte qui a des conséquences financières et personnelles pour les contractants :

- contribution aux charges du mariage - dettes ménagères - protection du logement familial - indépendance financière des époux (à nuancer selon les régimes

matrimoniaux)

Une institution qui a considérablement évolué depuis le début du XIX e siècle :

Article 1124 du Code civil de 1804 : « Sont privés de droits juridiques :

les mineurs, les femmes mariées, les criminels et les débiles mentaux » « Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari. La femme est obligée d’habiter avec le mari et de le suivre partout où il juge à propos de résider : le mari est obligé de la recevoir, et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son état ».

: une femme mariée peut ouvrir un livret de caisse d’épargne : une femme mariée

: une femme mariée peut ouvrir un livret de caisse d’épargne

: une femme mariée peut travailler sans le consentement de

1970
1970
« puissance maritale » 1938
« puissance maritale »
1938

Obligations des époux :

- Fidélité - Cohabitation - Assistance

B. Le concubinage

pas une situation de droit, mais un état de fait afférents.

: ni droits ni devoirs

B. Le concubinage pas une situation de droit, mais un état de fait afférents. : ni

C. Le PACS, PActe Civil de Solidarité

Contrat conclu par deux personnes physiques majeures, de sexes différents ou de même sexe, pour organiser leur vie commune

Des devoirs : une vie commune, une aide matérielle et une assistance réciproque, une solidarité pour les dettes contractées

Des droits : une imposition commune, des droits à la succession

droits : une imposition commune, des droits à la succession Adoption du PACS le 13 octobre

Adoption du PACS le 13 octobre 1999. Contexte de l’épidémie de sida

Le PACS n’est pas un « mariage gay » : des inégalités persistent entre les unions, malgré les déclarations d’intention politiques

« Je veux reconnaître la sincérité de l’amour homosexuel, en créant une union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux couples mariés, à l’exception de la filiation et de l’adoption, ainsi qu’un statut de beaux-parents, valable pour les familles recomposées et homoparentales » (Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007)

Mariage

PACS

pendant la campagne présidentielle de 2007) Mariage PACS Célébré en mairie : concorde et citoyenneté Conclu

Célébré en mairie : concorde et citoyenneté

Conclu au tribunal : grief et contractualisation

Symboles

Conclu au tribunal : grief et contractualisation Symboles Pratiques Possibilité de lever des

Pratiques

Possibilité de lever des empêchementsImpossibilité de lever des

Imposition commune, même abattement empêchements en cas de donation, mêmes droits aux congés pour les salariés, droits identiques pour l’assurance maladie

Exonération automatique des droits de succession

Pension de reversion Possibilité de prendre le nom d’usage du partenaire

Exonération des droits de succession seulement si testament

Pas de pension de reversion Pas de possibilité de prendre le nom d’usage du partenaire

D. Le divorce Divorce pour faute Divorce par consentement mutuel Divorce par acceptation du principe

D. Le divorce

Divorce pour faute

Divorce par consentement mutuel

Divorce par acceptation du principe de la rupture du mariage

Divorce pour altération définitive du lien conjugal

mutuel Divorce par acceptation du principe de la rupture du mariage Divorce pour altération définitive du
mutuel Divorce par acceptation du principe de la rupture du mariage Divorce pour altération définitive du

Peuvent entraîner filiation :

- La liberté procréative - La pure volonté , la possession d’état ou la présomption de paternité

Filiation biologique : on ne distingue plus les « enfants naturels » des « enfants légitimes » depuis 1972

III. Avoir des enfants

A. Le droit de la filiation

1972 III. Avoir des enfants A. Le droit de la filiation « La filiation maternelle sera

« La filiation maternelle sera établie par la désignation de la mère dans l’acte de naissance de l’enfant, qu’elle soit mariée ou non, et sans qu’elle ait besoin de faire la démarche de reconnaissance. La présomption de paternité du mari, qui établit automatiquement la filiation à son égard, est par contre conservée. »

Filiation adoptive

Adoption simple Adoption plénière Adopté Les enfants pour lesquels le père, la mère ou le
Adoption simple
Adoption plénière
Adopté
Les enfants pour lesquels le père,
la mère ou le conseil de famille a
consenti à l’adoption
Les enfants abandonnés
Les pupilles de l’Etat
Mineur ou majeur : pas de limite
d’âge. A partir de 13 ans, l’enfant
doit consentir à son adoption
Les enfants pour lesquels le père,
la mère ou le conseil de famille a
consenti à l’adoption
Les enfants abandonnés
Les pupilles de l’Etat
Mineur ou majeur : pas de limite
d’âge. A partir de 13 ans, l’enfant
doit consentir à son adoption
Adoptant
Toute personne, célibataire,
mariée ou vivant en concubinage
âgée de plus de 28 ans.
L’adoptant doit avoir plus de 28
ans et au plus 15 ans de plus que
l’adopté.
Pour les époux, chacun doit avoir
plus de 28 ans, ou être marié
depuis 2 ans.
Toute personne, célibataire,
mariée ou vivant en concubinage
âgée de plus de 28 ans.
L’adoptant doit avoir plus de 28
ans et au plus 15 ans de plus
que l’adopté.
Pour les époux, chacun doit avoir
plus de 28 ans, ou être marié
depuis 2 ans.
Pour les concubins, l’enfant ne
peut être adopté que par un seul

B. La question de l’homoparentalité

Argument n°1 : un enfant a besoin d’un père et d’une mère

Les familles monoparentales représentent aujourd’hui près de 20 % des ménages avec enfant de moins de 25 ans, selon une étude du Centre d’études de l’emploi (86 % de femmes seules)

L’orientation sexuelle des parents n’a pas d’impact sur le développement des enfants qui ont des résultats comparables à ceux

des couples hétérosexuels. Charlotte J. Patterson, (2006). Children of Lesbian and Gay Parents. Current Directions in Psychological Science (Vol. 15, Issue 5, p.

241-244).

Blackwell Publishing

De nombreuses situations peuvent amener à la constitution d’une famille homoparentale : difficulté à saisir le phénomène

Environ 30 000 enfants concernés en France aujourd’hui

Objectif de la loi : permettre aux adultes qui vivent avec des enfants dont ils ne sont pas les parents biologiques de pouvoir procéder pour eux aux démarches habituelles de la vie quotidienne et de protéger juridiquement dans l’intérêt de tous les liens affectifs incontestables qui se nouent entre ces enfants et ces adultes.

Un changement de fonction (exercice de l’autorité parentale) mais pas de statut (filiation)

Conception civiliste de la filiation

parentale) mais pas de statut (filiation) Conception civiliste de la filiation Conception naturaliste de la filiation

Conception naturaliste de la filiation