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ARCHIVES > LIVRET D’EXPOSITION

Conception originale CORTEX - Réalisation : PAO Com. Externe Cg 18 - Imprimerie Cg 18 - ER-001227 - mars 2013

> EXPOSITION
 

PRÉSENTÉE A U X A R C H I V E S D É PA R T E M E N TA L E S DU CHER DU 26 MARS AU 16 JUIN 2013
Direction des Archives départementales et du patrimoine Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher www.resistance-deportation18.fr

Encadrer Éduquer Protéger
L’enfance à travers les archives XIXe - XXe siècles

www.archives18.fr
r u e H e u r t a u l t d e L a m e r v i l l e - 1 8  0 0 0 B O U R G E S Té l .  : 0 2   4 8   5 5   8 2   6 0 Mail : direction.archives@cg18.fr H o r a i r e s d ’ o u v e r t u r e d e l ’ e x p o s i t i o n  : D u l u n d i a u v e n d r e d i  : 8  h  3 0 - 1 2  h  3 0 e t 1 3  h  3 0 - 1 7  h  3 0 S a m e d i e t d i m a n c h e  : 1 4 h - 1 8 h .

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DIRECTION DES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES ET DU PATRIMOINE

www.cg18.fr

> É D I T O R I A L
Garants de notre avenir, les enfants sont depuis plusieurs
décennies déjà au cœur des politiques publiques mises en œuvre par le point, comme l’actualité en

Syrie

en témoigne chaque

jour, les enfants sont exposés lors des conflits et en sont souvent les premières victimes.

Conseil

général : protection maternelle

et infantile, assistance à l’enfance, transport scolaire, équipement et entretien des collèges, réussite éducative, encouragement à la pratique du sport, ouverture aux arts et à la culture…

Les archives Résistance et

départementales et le musée de la de la

Déportation

ont pour vocation de

s’adresser au jeune public, accueillant

Soutenir
le

et encourager la jeunesse siècle jusqu’à nos jours, la

Soutenir et encourager
la jeunesse a été un long combat

chaque année au sein de leurs services pédagogiques, soutenus par le ministère de l’Education nationale, des centaines d’élèves.

a été un long combat mené depuis

XIX

e

Accompagnant Cher

la mise en

reconnaissance d’un droit spécifique des mineurs dans les domaines du travail ou de la justice peuvent en témoigner. les

ligne de leur nouveau site internet,

Archives

départementales du

proposent en

L’effort consenti par l’Etat en matière d’enseignement, notamment primaire, à la fin du XIXe siècle, a par ailleurs accéléré les mutations culturelles, économiques et sociales de la France. Autant
de clés de lecture proposées dans cette

approfondissement à cette exposition un nouveau dossier pédagogique consacré à l’enfance. Il est bien évidemment destiné à tous les amateurs d’histoire, aux enseignants et à leurs élèves.

exposition inédite, qui nous rappelle également à quel

> En couverture, Jeune femme et enfant, fin XIXe siècle. DADP, 4Fi

Alain RAFESTHAIN Président du Conseil général du Cher

Hubert Robin Vice-président du Conseil général du Cher, chargé de la culture

AVANT-PROPOS

ENCADRER, ÉDUQUER, PROTÉGER
L’enfance à travers les archives XIXe-XXe siècles Dans la conscience collective l’enfance est souvent associée à l’insouciance, aux jeux et aux jours heureux. Ces images idéalisées produites par un monde d’adultes peuvent recouvrir des réalités contrastées selon les pays, les époques, le milieu social ou familial dans lequel les enfants ont vu le jour. Elles sont issues de la lente prise de conscience d’une condition spécifique de l’enfant dans les sociétés contemporaines. Le sort des enfants désœuvrés au milieu du XIXe siècle, décrit par Dickens ou Hugo, trouve un écho frappant dans les archives de cette époque. Conditions de travail des apprentis dans les usines, vie des jeunes ouvriers dans les campagnes et lents progrès de la scolarisation sont connus mais à la lumière des documents d’archives revivent intensément. D’autres thèmes tels que les expériences nouvelles tentées pour la détention des mineurs délinquants, le développement de l’assistance publique ou le destin des enfants dans les guerres mondiales n’avaient jamais fait l’objet d’une exposition dans le département.

Vieille dame et enfants, par Robert Doisneau, Bourges, années 1940. DADP, J1876 <

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
1810 : Le Code pénal fixe l’âge de la majorité pénale à seize ans pour les filles et les garçons. 1833 : Loi Guizot imposant l’entretien d’une école primaire à toute commune de plus de 500 habitants. 1841 : Loi interdisant le travail des enfants de moins de huit ans dans les usines et limitant la journée de travail à 8 heures pour les 8-12 ans et à 12 heures pour les 12-16 ans. 1850 : Généralisation de quartiers distincts pour mineurs dans les maisons d’arrêt et encadrement des établissements pénitentiaires spéciaux tels que les colonies agricoles. 1867 : Loi Duruy obligeant toute commune de plus de 500 habitants à ouvrir une école destinée aux filles. 1874 : Loi fixant à treize ans l’âge normal d’embauche dans les ateliers. 1881-1882 : Lois Ferry instituant l’obligation scolaire jusqu’à treize ans, la gratuité et la laïcité dans les écoles publiques. 1889 : Première loi sur la protection des enfants maltraités ou abandonnés. 1906 : La majorité pénale est relevée de 16 à 18 ans. 1912 : Création des tribunaux pour enfants et adolescents. 1919 : la France compte 760 000 enfants orphelins dus à la Grande Guerre. 1932 : Généralisation les allocations familiales pour tous les salariés de l’industrie et du commerce. 1933 : l’OSE, l’œuvre de secours aux enfants, s’installe à Paris. Elle accueille dans ses maisons les enfants juifs fuyant le nazisme, puis, comme d’autres organisations, assure le sauvetage des enfants juifs menacés de déportation sous l’Occupation. 1942-1943 : Des dizaines de milliers de Juifs, hommes, femmes et enfants de moins de 16 ans, sont raflés par la police française pour être livrés aux Allemands et déportés vers les camps. 1945 : Retour des rescapés des camps, sur les 11 000 enfants juifs déportés de France, seuls 200 ont survécu. 1945 : Ordonnance du 2 février qui fixe jusqu’à nos jours les règles et principes applicables en matière de justice pénale des mineurs.

RÉVOLUTION INDUSTRIELLE ET ENFANTS AU TRAVAIL
Main d’œuvre docile et bon marché, les enfants sont rapidement sollicités par les manufacturiers pour travailler dans leurs usines. Si le travail des enfants constituait déjà depuis longtemps un complément de revenus indispensable aux familles d’artisans et de paysans pauvres, le phénomène prend une ampleur inégalée avec l’industrialisation du XIXe siècle. Vers 1850, de nombreux établissements sidérurgiques et porcelainiers se sont installés sur les rives du Cher et de l’Arnon. A l’instar des forges dans le Val d’Aubois, tous emploient des milliers d’ouvriers, et parmi eux bon nombre d’enfants. Les filles travaillent surtout dans les ateliers de textile ou la confection. Considéré par ses employeurs comme un travailleur à part entière (mais son salaire est en général le quart ou le tiers de celui d’un adulte), l’enfant est chargé d’une opération définie dans un processus industriel, se formant « sur le tas » aux côtés de ses aînés jusqu’à ce qu’il puisse leur succéder. Les enfants ne sont pas épargnés par les exigences de la production industrielle d’alors et les conditions de travail sont particulièrement difficiles (onze ou douze heures d’ouvrage, de jour comme de nuit, peu de repos, forte exposition aux accidents de de travail, nombreuses interdictions sous peine d’amendes…). Les verreries de Vierzon dans la deuxième partie du XIXe siècle sont avides de cette main d’œuvre qui compose une grande partie de leurs effectifs, leurs conditions de travail près des fours à fusion sont tellement inhumaines qu’elles font réagir bon nombre d’ingénieurs et d’élus de l’époque.

> Liste des enfants de moins de 13 ans employés à la verrerie en 1871 et lettre du maire de Vierzon au préfet du Cher l’alertant sur les conditions de travail des enfants dans cette usine. DADP, X 252

UNE PROGRESSIVE RÉGLEMENTATION
Les conditions de travail supportées par les enfants dans les usines s’apparentent à un nouvel esclavage, dénoncé par beaucoup dès les années 1840. L’Etat cherche dès lors à réglementer le travail des enfants. La loi du 22 mars 1841 prévoit que le travail dans l’industrie est interdit aux enfants de moins de 8 ans et que la journée de travail est limitée à 8 heures pour les 8-12 ans, et 12 heures pour les 12-16 ans. Ils sont également tenus d’être inscrits dans une école publique ou privée. Après une journée de travail dans le bruit assourdissant des machines ou la chaleur des fours, ils doivent se rendre à l’école primaire, extenués et sales. Dans de telles conditions, il n’est pas surprenant que nombre d’entre eux n’y aillent pas. Chargés de faire appliquer la loi de 1841, les inspecteurs du travail, bénévoles et non rémunérés, sont choisis parmi les notables locaux et souvent accusés de complaisance à l’égard des industriels qui enfreignent la loi. Avec l’avènement de la IIIe République, la législation s’efforce de protéger davantage les jeunes salariés. La loi du 18 mai 1874crée un corps d’inspecteurs départementaux du travail et modifie l’âge normal d’admission dans les ateliers à 13 ans ; ces dispositions sont étendues et renforcées par la loi du 2 novembre 1892. Cette réglementation se heurte à une forte opposition patronale et parfois ouvrière que les progrès techniques, les lois sur l’éducation dans les années 1880 et l’amélioration des conditions de vie des ouvriers finissent pas vaincre. Quand le nouveau siècle commence, les petits travailleurs ont pratiquement disparu du décor de l’usine. Les adolescents prennent le relais des enfants au sein de la main d’œuvre ouvrière.

> Ouvriers chaudronniers de l’usine métallurgique de Mazières à Bourges, en 1887. Les plus jeunes d’entre eux sont assis au premier rang. DADP, 54J41

LE TRAVAIL DES ENFANTS À LA CAMPAGNE
Au XIXe  siècle, une majorité de travailleurs se trouve encore à la campagne, largement engagé dans l’agriculture. La mécanisation de cette dernière ne touche que certains terroirs, les villages et bourgs ruraux sont encore largement dominés par la petite production artisanale et la pluriactivité exigeant une main d’œuvre nombreuse. Sans doute jugé plus traditionnel, le travail des enfants dans les campagnes a moins attiré l’attention du législateur que celui dans les usines au XIXe siècle ; il recouvre néanmoins une réalité sociale complexe et contrastée. Les conditions de travail sont tout aussi éprouvantes pour les petits campagnards qui aident leurs parents artisans, qui sont embauchés entre 9 et 11 ans dans des exploitations agricoles comme domestiques ou valets de ferme jusqu’à leur incorporation, ainsi que ceux qui travaillent aux champs avec leur parents et gardent les troupeaux. Souvent les familles rurales pauvres préfèrent employer leurs enfants au lieu de les placer comme apprenti auprès d’un patron qu’il faudra rémunérer. A la fin du XIXe siècle, les campagnes du Cher commencent à se dépeupler au profit des centres urbains et industriels. Nombre de familles rurales encouragent leurs enfants à aller travailler en ville et à chercher une situation stable et régulièrement rémunérée. Seuls les fils de cultivateurs préfèrent rester vivre à la campagne au lieu de s’exiler, et devenir chef de leur exploitation familiale, aussi modeste soit-elle.

> Carte postale d’une scène de labour à la fin du XIXe siècle, un jeune adolescent guide l’attelage de bœufs. DADP, 6 Fi En Berry 3

L’ÉCOLE DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XIX E  SIÈCLE
Les premières mesures instaurant un service public de l’enseignement sont établies sous la Révolution et l’Empire, concrétisées surtout par la création des lycées en 1802. Au début des années 1830, de grandes disparités subsistent entre départements et entre villes et campagnes en matière d’instruction. Dans le Cher, l’enseignement primaire est dans un état misérable, le département figure au 83ème rang (sur les 86 d’alors) en matière de scolarisation, cinq communes sur six ne possèdent pas d’école primaire. Seuls les jeunes scolarisés à Bourges disposent d’un lycée, de collèges, d’écoles privées et publiques en nombre suffisant. La loi Guizot du 28 juin 1833, qui impose aux communes de plus de 500 habitants la construction d’une école pour garçons, permet au Cher de combler partiellement ce retard. Mais la mise en place d’un enseignement public doit encore compter sur la concurrence accrue des institutions religieuses au milieu du XIXe siècle. Même si elle conforte l’existence des écoles primaires, la loi Falloux de 1850 renforce le rôle des congrégations et du clergé, notamment dans l’instruction des filles. La loi Duruy de 1867 illustre l’évolution de la position de l’Etat à la fin du Second Empire elle impose aux communes la mise en place d’écoles publiques de filles et favorise la gratuité sous la forme d’une aide aux indigents (création de la « caisse des écoles »). L’accroissement du nombre d’écoles ne provoque pas une hausse massive des scolarisés dans le Cher, ceux-ci passent de 7 584 en 1834 à 16 570 en 1850, mais on compte encore 19 088 enfants non scolarisés en 1846.

> Tableaux synoptiques du nombre d’écoles dans le Cher en 1853. Les salles d’asile sont les ancêtres des écoles maternelles. DADP, 1T198.

VERS L’ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE
Au XIXe siècle, le travail des enfants, la distance entre habitations et école, l’idée paysanne que l’instruction est un luxe inutile, constituent des obstacles réels à la scolarisation de tous les enfants. Même avec des frais de scolarité partiellement pris en charge, les travailleurs les plus pauvres (ouvriers, journaliers agricoles) préfèrent ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Comme leurs parents, ces derniers travaillent à l’usine, gardent les troupeaux ou sont loués comme domestiques dans les fermes. Dans les campagnes, on peut parler de désertion des effectifs scolaires dans les périodes de travaux agricoles (été, vendanges d’automne…). Sachant que les enfants quittent l’école vers 11-12 ans, la durée de scolarité se trouve alors très réduite, ce qui limite les progrès de l’alphabétisation. Malgré ces freins, le mouvement de scolarisation ne cesse de progresser, de manière relativement homogène, tout au long du siècle. Il s’appuie notamment sur la professionnalisation des instituteurs et institutrices désormais formés dans les écoles normales de chaque département. Cette évolution trouve son point d’orgue avec une nouvelle législation accompagnant celle déjà mise en place sur le travail des enfants. A partir des années 1880, l’école est devenue autant un enjeu qu’un symbole pour la IIIe République et cette dernière fixe pour près d’un siècle, l’organisation de l’enseignement primaire en France. Les lois Ferry de 1881-1882 et 1886 disposent que l’école primaire publique doit être gratuite, laïque et obligatoire jusqu’à l’âge de 13 ans. Ces lois ont surtout pour avantage d’allonger la durée de scolarité des élèves pour un enseignement plus efficace, qui conduit un élève sur cinq jusqu’au certificat d’études.

> Photographie de classe d’une institutrice avec ses jeunes élèves, petit lycée de Bourges, année 1887-1888. DADP, 16T108

LE TEMPS DES ÉCOLES NOUVELLES
Avec les lois promouvant l’enseignement obligatoire, les classes des écoles primaires deviennent rapidement surpeuplées (plus de 50 à 60 élèves par classes). Dans le Cher on comptait 7 000 élèves au début des années 1830, ils sont 50 000 vers 1880. Les locaux du début du XIXe siècle, souvent exigus, sans cours de récréation, voire humides et malsains, ne sont absolument plus adaptés au défi d’une scolarisation de masse. De gros efforts sont entrepris pour la construction et l’aménagement de bâtiments permettant un véritable enseignement. A Bourges en 1881, un nouveau groupe d’écoles publiques est installé près de la rue d’Auron et de la rue des Ecoles. Son architecture et ses équipements reprennent les principes prévus par la loi : séparation entre classes de filles et de garçons, salles claires et aérées pourvues de tableaux noirs, de tables-bancs à deux places, de cartes de géographie et de compendiums métriques… Son succès est immédiat auprès des Berruyers, le groupe scolaire comprend déjà 6 classes et 399 élèves en 1888. A la campagne, toutes les municipalités n’ont pas forcément les moyens de construire des bâtiments scolaires neufs, mais beaucoup entreprennent ces travaux à partir des années 1880. L’école est souvent le premier bâtiment communal à être construit, avec un logement distinct pour l’instituteur, une salle de classe et parfois une salle autonome pour le conseil municipal. Dans le paysage rural, le bâtiment mairie-école s’oppose dès lors directement et de façon visible à l’église paroissiale. En 1891, l’école d’Epineuil-le-Fleuriel accueille l’élève Henri-Alban Fournier, futur Alain Fournier (1886-1914), il évoquera plus tard avec tendresse dans « Le Grand Meaulnes » l’école de son enfance, une « longue maison rouge, avec cinq portes vitrées sous la vigne vierge, à l’extrémité du bourg… ».

> Élévation et plan du projet d’architecte pour la construction d’une mairie-école à Germigny-l’Exempt, 1883. DADP, 134 O 5

DES ENSEIGNEMENTS RENOUVELÉS
Jusqu’en 1880, les rapports d’inspection constatent la faiblesse fréquente de l’enseignement et son caractère routinier et peu fructueux. Les anciennes salles d’asile créées en 1827 pour accueillir les enfants de 3 à 7 ans deviennent des écoles maternelles en 1881. Jusqu’aux années 1880, l’éducation des petits enfants se limite à quelques bribes de lecture, de calcul et de catéchisme, ils sont peu préparés à l’entrée dans les écoles primaires. L’heure est alors à l’amélioration de la pédagogie des enseignants et à la promotion des méthodes actives (leçons orales, questionnements, explications) qui font participer plus souvent les élèves. Les élèves d’âges différents n’apprennent désormais pas les mêmes choses, ni au même rythme. Les exercices de mémorisation et de récitation (points de grammaire, résumés d’histoire…) sont assez nombreux, les manuels scolaires davantage diffusés et plus attrayants, avec des illustrations et des textes adaptés à l’âge des enfants. Les devoirs à la maison sont à faire régulièrement afin de progresser et outre les matières cardinales de l’instruction élémentaire (apprendre à lire, à écrire et à compter), on enseigne d’autres disciplines comme l’histoire, la géographie et les sciences. A côté de cette ambition qualitative et normative de l’enseignement public et obligatoire, les tentatives de spécialisation se développent avec la création d’un enseignement technique. La première Ecole nationale Professionnelle (ENP) est ouverte en 1883 à Vierzon. Jules Ferry est aux côtés de son fondateur le républicain Henri Brisson lors de son inauguration. Vierzon a été choisi en raison de sa proximité avec la capitale et la présence de ses industries nombreuses et variées. Industriels comme responsables politiques sont convaincus de l’utilité d’un enseignement alliant une éducation générale à la pratique d’exercices techniques, à la place d’une formation sur le tas. Sur un ensemble de 40 000 mètres carrés, cette école modèle prend en charge la scolarité de l’enfant de 3 à 15 ans, de la maternelle à la troisième année de l’ENP, elle offre un large éventail de sections professionnelles (fer, porcelaine…), correspondant aux activités industrielles locales.

> Page de cahier d’écolier avec herbier, 1907. DADP, 71J1

JUSTICE ET ENFERMEMENT DES MINEURS
Parmi les misères observées dans la société française des XIXe-XXe siècles, une des plus marquée est le sort réservé à ceux qui sont jetés dès l’enfance, et souvent au hasard de la naissance, dans une vie de délinquance. La majorité pénale est fixée à 16 ans depuis 1810 et le Code pénal établit une distinction entre ceux qui ont agi « sans discernement » et ceux qui, conscients du délit commis, iront en prison. L’emprisonnement comme châtiment pour crimes et délits n’est en fait privilégié que depuis la Révolution et l’Empire. Jusque dans les années 1830, les enfants délinquants (mais aussi les jeunes mendiants et les vagabonds) sont emprisonnés aux côtés des détenus plus âgés. Avec les risques de récidive de mineurs enfermés aux côtés d’adultes, de nombreux responsables politiques et spécialistes demandent que l’on construise des prisons strictement punitives pour mineurs délinquants. En 1836, est inaugurée à Paris la Petite Roquette, le premier établissement carcéral pour enfants. Prison modèle pour certains, elle devait assurer la rééducation des jeunes détenus mais sa gestion s’avère désastreuse, nombre de délinquants enfermés en cellules sont victimes de violences, se suicident ou sont atteints de folie. En 1850, sont créés des quartiers distincts pour les mineurs dans les maisons d’arrêt (maisons de correction) ainsi que des établissements spéciaux revêtant la forme de colonies agricoles dans lesquels on compte rééduquer les jeunes délinquants par le travail de force. Il faut attendre le début du XXe siècle pour que voie le jour une justice des mineurs séparée de celle des adultes. La majorité pénale est relevée de 16 à 18 ans en 1906, la loi du 15 juillet 1912 fixe à 13 ans le seuil de responsabilité pénale du mineur et institue le premier tribunal spécifique pour juger les adolescents. L’ordonnance du 2 février 1945 étend la prise en charge des mineurs délinquants par des juridictions spéciales et pose le principe de la primauté de la mesure éducative sur la sanction.

> Extrait du registre d’écrou de la Maison d’arrêt de Bourges de 1868, concernant un mineur de 15 ans, jugé pour vol et vagabondage et condamné à quatre mois de prison en maison de correction. DADP, Y 508

PRISON POUR FILLES ET COLONIES AGRICOLES PÉNITENTIAIRES
Les premiers établissements spéciaux pour mineurs délinquants apparaissent dans les années 1830. Dans le Cher, les filles mineures condamnées en justice (pour la plupart pour vagabondage, mendicité ou vols) sont confiées, de 1839 à 1883, à la congrégation féminine du Bon Pasteur à Bourges. Elles y retrouvent des filles orphelines, des « préservées » (soupçonnées ou accusées de dévergondage par leurs familles) ou encore des mineures maltraitées par leurs parents. Les religieuses de ce monastère s’attribuent une mission moralisatrice et rédemptrice pour les filles délinquantes : les rééduquer afin de les réinsérer dans la société à la fin de leur peine. Les détenues portent un uniforme et sont placées dans un quartier correctionnel cerné de murs comprenant une cour, un jardin, des dortoirs et des salles de classe où régnent une discipline sévère. Pour les garçons, sont créées des colonies agricoles pénitentiaires, dans la lignée de celle établie à Mettray, près de Tours depuis 1839. Ces établissements privés ont alors pour ambition de rééduquer en milieu rural les adolescents par le travail, la prière et l’apprentissage. Après celle du Val d’Yèvre à Saint-Germain-du-Puy en 1846, sont fondées celles de La Loge à Baugy en 1852 et de Fontillet à Berry-Bouy en 1866. Elles accueillent de petits délinquants, élevés pour la plupart dans la misère et la violence, en rupture sociale et familiale. Les conditions de vie et de travail dans ces colonies sont très rudes. Privés de liberté et souvent d’affection, les jeunes détenus forment une troupe habituée à une discipline de fer, à la lutte pour la survie et aux règlements de compte violents au sein du groupe. Sous la IIIe République, les colonies agricoles privées sont laissées en déshérence et échappent largement au contrôle de l’administration pénitentiaire. Or, ces colonies sont souvent très rentables pour leurs propriétaires qui, malgré les carences et les abus de leur gestion bénéficient de dons d’œuvres charitables, de dotations de l’Etat et de l’exploitation d’une main d’œuvre enfantine nombreuse mise à leur disposition.
> État nominatif des jeunes détenues qui ont été enfermées dans la Maison correctionnelle du Bon Pasteur, pendant le premier trimestre de 1857. DADP, Y 30 Bâtiment du Bon Pasteur aujourd’hui à Bourges, <  vu depuis la rue Gambon. Coll. part.

LA COLONIE AGRICOLE PÉNITENTIAIRE DU VAL D’YÈVRE
Charles Lucas, inspecteur général des prisons, veut fonder dans le Cher au début des années 1840 une colonie agricole modèle, persuadé que la vie communautaire et le travail agricole permettent de punir et de rééduquer plus humainement et plus efficacement les jeunes délinquants. La colonie est construite sur le site du Val d’Yèvre à Saint-Germain-du-Puy en 1846 et ne tarde pas à devenir en quelques années l’une des plus grandes de France, s’étendant sur un domaine de 363 hectares et accueillant près de 400 jeunes détenus (appelés « colons »). Agés de 8 à 18 ans, ils ont pour tâche de défricher dix heures par jour les marais du Val d’Yèvre et de les transformer en cultures. L’exploitation agricole de la colonie est particulièrement prospère à la fin du Second Empire, au prix d’une discipline extrêmement sévère et d’un travail de forçat dans ce qui est en fait un véritable bagne pour enfants sans murs ni clôtures. La colonie est organisée comme une micro-société très hiérarchisée, depuis le directeur et le personnel adulte habitant sur le site juqu’aux groupes de colons repartis entre « grands » et « petits », parmi lesquels certains enfants sont désignés et rétribués pour surveiller les autres. Cette organisation de type militaire favorise l’esprit de corps et introduit le système de punition collective en cas d’infraction au règlement. L’objectif est de faire adopter aux jeunes détenus un bon comportement, conforme à la morale chrétienne, seul enseignement qui leur est véritablement dispensé, mais également de former une main d’œuvre agricole docile, qui sera plus tard utile aux grands domaines fonciers des environs. L’établissement est racheté par l’Etat en 1872, et devient dès lors la colonie publique du Val d’Yèvre. Il ferme définitivement ses portes en 1925, cette forme de détention des mineurs étant alors de plus en plus décriée dans l’opinion, tant pour les conditions d’existence que pour l’inefficacité de la rééducation des jeunes délinquants par le travail agricole.

> « Gardien-chef et colons », photographie des années 1860. DADP, 4F1-7

> Extrait du rapport sur la Colonie d’essai du Val d’Yèvre de M.K.d’Olivecrona, conseiller à la Cour suprême de Suède, 1878. La dimension pionnière de la colonie suscite la curiosité des observateurs étrangers, tout comme celle des autorités politiques françaises, le prince-président Napoléon, futur Napoléon III, y fait une halte lors d’une visite en 1852. DADP, Br457

SANTÉ ET HYGIÈNE DE L’ENFANT
La France connaît au XIXe siècle une forte poussée démographique. Ce phénomène associé à un important exode rural provoque une croissance des villes, mais l’habitat, les modes de vie et les structures sociales tardent à s’adapter à cette mutation. Beaucoup d’enfants y grandissent dans des conditions sanitaires très précaires et les statistiques mettent en évidence une forte mortalité infantile. Pourtant les idées hygiénistes sont en vogue et se structurent autour du principe de la santé par l’éducation. Réorganiser, assainir, réglementer, puis bâtir deviennent les mots d’ordre du discours adressé à la population. De multiples campagnes de sensibilisation s’adressent aux femmes, futures mamans, pour ériger certaines règles, moduler les comportements et initier de nouvelles pratiques en matières d’hygiène. Mais la prévention sanitaire qui s’appuie sur les institutions, comme « la goutte de lait », ou les équipements, comme les dispensaires, reste longue à produire ses effets et inégale selon les milieux. Parmi les organisations, l’œuvre de « la goutte de lait » à Bourges est rattachée à la Ligue fraternelle des enfants de France, qui est reconnue d’utilité publique par décret du 23 mars 1878. En 1920, les consultations des nourrissons se font dans la salle des syndicats, par le docteur Marioton, et consistent essentiellement à une pesée, suivie d’une distribution de bons de lait stérilisé. Elle organisme parallèlement des manifestations, comme des expositions, des diffusions de films, un concours annuel de bébé. En 1933, encore 614 enfants suivent les consultations de « la goutte de lait ».

Le docteur Marioton en consultation à « la goutte de lait ». DADP, 14Fi14 <

ENFANCE ET CULTURE DE GUERRE
La violence de masse marque les nations européennes pendant les deux conflits mondiaux du XXe siècle. Afin de mener une guerre totale, les Etats mobilisent l’ensemble de la société civile en utilisant censure et propagande. Thème récurent de la culture de guerre dès la Première Guerre mondiale, l’image de l’enfant s’adresse aux adultes, pour leur donner du courage ou les culpabiliser de leur manque de patriotisme, mais également aux enfants eux-mêmes. Les périodiques qui leur sont destinés les exhortent à se montrer digne du sacrifice accompli par les soldats. L’Eglise et l’école dispensent également cette forme d’embrigadement moral. « L’enfant-héros » devient un modèle proposé aux jeunes Français et doit susciter l’admiration de tous. Il s’agit le plus souvent de mineurs ayant profité des désordres du début de la guerre pour s’engager aux côtés des soldats sur le front. Création artificielle de la propagande, les enfants-héros trouvent cependant leur origine dans quelques faits réels. Courageux, d’une moralité irréprochable et d’un patriotisme exemplaire, certains de ces jeunes gens sont mêmes décorés et félicités par les autorités civiles et militaires. Les campagnes d’affichage destinées à la souscription aux emprunts nationaux mettent régulièrement en scène les enfants, en contrepoint au sacrifice des Poilus. Sentiment fortement ressenti par les soldats, la guerre est présentée comme un combat mené par les pères pour protéger leurs propres enfants, ainsi que tous les enfants de France. A mesure que se durcit le conflit, le registre d’une guerre menée pour la paix et un monde dans lequel les enfants seront épargnés des horreurs de la guerre s’impose. On demande aux souscripteurs des emprunts de se préoccuper des vivants que les combattants tués laissent derrière eux, et en premier lieu de leurs enfants. Cet usage de l’image de l’enfant se poursuit pendant la Seconde Guerre mondiale, la presse illustrée présente de nombreux reportages photographiques mettant en scène des enfants affrontant avec courage les épreuves de la guerre (évacuations, bombardements aériens, deuils de proches…).

Extrait d’une affiche de Georges Redon pour la souscription à l’emprunt national, 1917. DADP, R1509 <

L’ENFANT MOBILISÉ
Après la défaite française de 1870, les autorités multiplient les initiatives en faveur d’une instruction militaire au sein des établissements scolaires. La loi de 1882 crée les bataillons scolaires, dans lesquels sont incorporés les garçons à partir de douze ans. Instructeurs et instituteurs sont chargés de leur encadrement, les municipalités fournissent armes d’exercice et équipement. Présents lors de toutes les grandes manifestations publiques, les bataillons scolaires participent surtout au défilé du 14 juillet. Plus généralement, l’institution scolaire cherche à inculquer à l’enfant une morale civique, des valeurs patriotiques et à renforcer le sentiment d’appartenance à la nation française, tout en le préparant à une guerre de revanche contre l’Allemagne. Dès 1914, les enfants sont appelés à faire preuve d’un comportement exemplaire pour se montrer solidaires de leurs parents. Dans les campagnes, les enfants viennent en aide à leurs mères pour travailler la terre du fait de la mobilisation des pères sur le front. Des efforts, mêmes symboliques, demandés aux enfants, les associent à la mobilisation collective. Des journées « patriotiques » (du Poilu, des orphelins…) sont organisées dans les écoles et se traduisent par des quêtes assurés par les enfants eux-mêmes. Après la défaite de 1940, en opposition à l’encadrement des mouvements de jeunesse par le régime de Vichy, certains mineurs n’hésitent pas à rejoindre leurs aînés dans les rangs de la Résistance. Réalisation de graffitis sur les murs, diffusion de tracts, passages clandestins sur la ligne de démarcation, liaisons et renseignements pour les maquis… les actions de ces adolescents sont multiples et leur jeune âge leur permet de moins éveiller les soupçons de l’occupant. Mais une fois arrêtés, ils payent souvent comme les autres leur engagement au prix de leur vie.

> Publicité pour « fusils scolaires, modèles d’exercice », vers 1882. DADP, 6T526

L’ENFANT VICTIME DES GUERRES
Les guerres du XXe siècle touchent les populations civiles de façon inédite dans l’histoire humaine. Déplacés, internés, massacrés, les enfants sont emportés dans la tourmente avec ou sans leurs familles. Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour qu’émergent des droits internationaux spécifiques aux enfants victimes des conflits, leur accordant assistance et protection. De 1936 à 1939, fuyant la guerre civile, des milliers de familles de républicains espagnols trouvent refuge en France. Un grand nombre de départements, tels que le Cher, sont sommés de leur trouver des lieux d’hébergement d’urgence. Aménagés de façon rudimentaire, le haras de Châteaufer, l’ancien château de la Brosse et l’abbaye de Noirlac accueillent ainsi 1 400 réfugiés en avril 1939, dont 700 enfants. Les jeunes Tsiganes et leurs familles, au nom du contrôle des populations nomades, sont pour leur part internés de 1940 à 1946 dans des camps, tel que celui de Jargeau, dans lesquels les enfants représentent 30 à 40 % des effectifs. Dès 1940, les populations juives de France sont visées par les mesures antisémites mises en place par les nazis et le régime de Vichy. En 1941, des familles juives sont arrêtées pour avoir essayé de franchir clandestinement la ligne de démarcation dans le Cher. En janvier 1942, les responsables nazis organisent l’extermination systématique des Juifs d’Europe. A Paris, les 16 au 16 juillet 1942, 13  152 Juifs étrangers dont 4  115 enfants sont raflés et enfermés au Vélodrome d’Hiver avant d’être internés à Pithiviers ou à Beaune-la-Rolande puis déportés vers Auschwitz où ils sont assassinés. A partir d’août 1942, les arrestations se généralisent sur tout le territoire, y compris dans le Cher. La dernière rafle est organisée à Saint-Amand-Montrond le 21 juillet 1944, 76 juifs, dont 10 enfants, sont arrêtés par la Gestapo et la Milice française. Un mouvement de solidarité s’organise pour essayer de sauver des enfants juifs, grâce à l’intercession d’organisations juives comme l’OSE (l’organisation de secours aux enfants), de résistants et de quelques organisations chrétiennes ou familiales. Ainsi plusieurs habitants du Cher prennent de grands risques en cachant des dizaines d’enfants juifs pendant l’Occupation, avec parfois la complicité de la population locale comme à Châteaumeillant.

> Tablier d’écolier avec étoile jaune. À partir du 29 mai 1942 en zone occupée, tous les Juifs de plus de six ans sont contraints de porter l’étoile jaune. Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher

> Photographie de classe d’enfants scolarisés à Châteaumeillant en 1943, sept d’entre eux sont des enfants juifs cachés. Fonds Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher

SECOURS ET ASSISTANCE À L’ENFANCE
La prise en charge des enfants les plus démunis, trouvés ou abandonnés, est pendant longtemps confiée à des orphelinats tenus par congrégations religieuses, comme les sœurs de la Charité à Bourges, ou encore des institutions dépendant de l’assistance publique. Avec la Première Guerre mondiale, qui laisse derrière elle près d’un million d’orphelins de père et 600 000 veuves, se développe un grand élan de solidarité qui aboutit à la création du statut de pupille de la Nation. Différents organismes sont créées afin d’assurer la protection de ces enfants, subvenir à leurs besoins matériels et à leur éducation, au sein d’orphelinats spécialisés. Une nouvelle structure de ce type est inaugurée à Osmoy en 1926, elle dépend de l’Orphelinat mutualiste de la police de France. De quelques enfants à ses débuts, l’établissement accueille plus de 100 orphelins en 1936, pour la plupart fils de victimes du devoir. Des travaux sont engagés à partir de 1946 pour améliorer le confort des enfants : nouveaux dortoirs, infirmerie, buanderie, salles de classes, de couture, de jeux… D’autres organismes portent assistance aux enfants, comme le Secours national créé dès 1914 pour aider les populations civiles victimes de la guerre, en recueillant et distribuant des fonds. Reconstitué en 1939, le Secours national est placé sous la haute autorité du Maréchal Pétain en 1940. Il devient alors un puissant instrument de propagande maréchaliste, doté du produit de la loterie nationale et des bénéfices issus de la liquidation des biens des Français déchus de leur nationalité. L’image des enfants démunis est au cœur des grandes campagnes publicitaires pour l’appel aux dons. Ses domaines d’intervention pour l’aide à l’enfance sont divers : alimentation, logement, loisirs, création de garderies et de colonies de vacances, il participe activement à l’organisation de la fête des mères instaurée par le régime de Vichy. Les centres de colonies de vacances accueillent souvent des enfants ayant perdu leurs familles pendant l’exode ou les bombardements, et parfois cachent clandestinement des enfants juifs pourchassés. Le Secours national, devenu l’Entr’Aide française, poursuit sa mission à la Libération.
> Distribution de biscuits caséinés au centre social Jean Mermoz à Bourges vers 1943. Le célèbre photographe Robert Doisneau venu alors réaliser un reportage à la demande du Secours national. DADP, J 1876

ORIENTATIONS BIBLIOGRAPHIQUES
Quelques ouvrages généraux sur l’histoire de l’enfance aux XIXe-XXe siècles : - E. BECCHI, D. JULIA, Histoire de l’enfance en Occident, tome II, du XVIIIe siècle à nos jours, Paris, 1998. - M. CRUBELLIER, L’enfance et la jeunesse dans la société française, 1800-1950, Paris, 1979. - A. PROST, L’enseignement en France, 1800-1967, Paris, 1968. - S. AUDOUIN-ROUZEAU, La Guerre des enfants, 1914-1918, Paris, 2004. Quelques études sur l’histoire du Cher, en lien avec les thèmes abordés dans l’exposition : Sur le travail des enfants : - M. PIGENET, Les ouvriers du Cher (fin XVIIIe siècle – 1914), travail, espace et conscience sociale, Paris, 1987. - A. GARDANT, V. GIVERT, E. PETITCLERC, L’industrie entre Bourges, Vierzon et Saint-Florent-sur-Cher de 1871 à 1939, Service éducatif des archives départementales du Cher, 2001. Sur l’enfance à l’école : - B. LARGUINAT, L’école et l’instruction populaire dans le département du Cher 1833 – 1882, Tours, 1974. - J. ROJAT, G. BAILLY, A l’école au temps de Jules Ferry, Service éducatif des archives départementales du Cher, Centre départemental de documentation pédagogique du Cher, 1981. Sur l’enfance détenue : - F. TETARD, C. DUMAS, Filles de justice : du Bon-Pasteur à l’éducation surveillée, XIXe-XXe siècle, Paris, 2009. - S. BORDERIEUX, Prison verte dans les marais de l’Yèvre, vie et œuvre de Charles Lucas, Bourges, 1988. Sur l’enfance pendant les deux conflits mondiaux : - A. GARDANT, V. GIVERT, E. PETITCLERC, 1914-1918 le Cher dans la Grande Guerre, Bourges, Service éducatif des archives départementales du Cher, 2006. - A. CARRANT, La Révolution nationale dans le Cher, juin 1940-novembre 1942, Tours, 1992. - P. PLAS, M.C.KIENER (dir.), Enfances juives Limousin-Dordogne-Berry, terres de refuge 1939-1945, préface de Serge Klarsfeld, Le Puy Fraud, Editions Lucien Souny, 2006. - S. OSTERMANN, B. CORNUAU, Destins d’enfants, les enfants cachés du Berry, film documentaire coproduit par BetaProd et France Télévisions, 2010.

EXPOSITION PRÉSENTÉE AUX ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU CHER DU 26 MARS AU 16 JUIN 2013
Conseil général du Cher, Direction des Archives départementales et du patrimoine Sous la direction de Xavier Laurent • Rédaction et conception : Xavier Truffaut, Véronique Givert et Alain Gardant • Équipe de montage : Michel Houssier, Sébastien Mathieu, Alain Morin, Mohamed Hamel • Photographies : DADP - François Lauginie • Suivi administratif : André-Pierre Desrues, Marie-Christine Julien, Catherine Huchet • Conception graphique : Alain Quisfix - DADP/Direction de la communication du Conseil général du Cher Les organisateurs de l’exposition tiennent à remercier chaleureusement les Musées de la Ville de Bourges, ainsi que les communes de Cuffy et de Boulleret, ainsi que M. Fernandez pour leurs prêts. Nous tenons à remercier également le service communication et presse, le service imprimerie et le service des affaires juridiques du Conseil général du Cher. Retrouvez une déclinaison pédagogique de l’exposition sur le site www.archives18.fr, rubrique activités culturelles et pédagogiques/dossiers pédagogiques Direction des Archives départementales et du patrimoine www.resistance-deportation18.fr www.archives18.fr rue Heurtault de Lamerville - 18 000 Bourges Tél. : 02 48 55 82 60/Mail : direction.archives@cg18.fr