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* 61 e ANNÉE- N o 18 991

0,80

France métropolitaine

Mercredi 28 juin 2006

www.lequipe.fr

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T 00106 - 628 - F: 0,80 E 3:HIKKLA=[UU]U^:?k@g@c@s@a; LE QUOTIDIEN DU SPORT ET DE L’AUTOMOBILE

LE QUOTIDIEN DU SPORT ET DE L’AUTOMOBILE

LE BONHEUR!

Impressionnants et maîtres du jeu comme à leurs plus belles heures, les Bleus ont magnifiquement éliminé l’Espagne (3-1), hier à Hanovre, en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Samedi soir à Francfort, la France retrouvera le Brésil pour un quart somptueux. (Pages 2 à 13)

A NE POUVAIT donc pas s’arrêter comme ça. Ni le parcours de Ç l’équipe de
A NE POUVAIT donc pas s’arrêter comme ça. Ni le parcours de
Ç l’équipe de France dans cette Coupe du monde 2006, en se
demandant si elle avait seulement pris soin d’y entrer. Ni la
carrière de Zinédine Zidane, sur une ultime phase finale manquée,
sur un dernier match perdu au bout d’un huitième de finale face à
l’Espagne. Les Bleus en Coupe du monde et Zidane footballeur,
vainqueurs d’un formidable match, hier soir, comme ils ne nous en
avaient plus servi depuis longtemps, vont donc poursuivre leur
aventure au moins quatre jours encore, jusqu’à samedi soir et ce
quart de finale qui les attend à Francfort face au Brésil, quel
bonheur ! France-Brésil : si on nous avait dit cela, il y a huit jours,
tandis que nos Bleus avançaient sans certitude vers le Togo…
Mais, avant de nous projeter avec gourmandise vers ce
rendez-vous magique, qui nous renvoie bien entendu aux effluves
des plus doux parfums de 1998, il faut prendre le temps de
s’arrêter sur ce qui s’est passé hier soir à Hanovre, dans une de
ces merveilleuses émotions d’antan. Un match où l’équipe de
France, menée 1-0, a retrouvé toutes ces vertus dont nous avions
tellement peur qu’elle les ait à jamais égarées : la maîtrise
collective, la solidité, la solidarité, le goût du combat, du souffle
et du coffre, l’efficacité. Et l’orgueil. Cet orgueil qui a poussé
Zinédine Zidane, impeccable, jusqu’à inscrire, dans le temps
additionnel, un but dont il se souviendra toute sa vie.
Oui, il faut prendre le temps de savourer cette équipe de France
retrouvée. Pour également constater que sa montée en puissance,
accessoire indispensable pour qui veut aller loin dans une phase
finale de Coupe du monde, n’a pas pu passer inaperçue hier soir.
Pas même à des yeux brésiliens.
CLAUDE DROUSSENT
HANOVRE. – 83 e minute : Patrick Vieira, avec l’aide de l’Espagnol Sergio Ramos, vient de marquer le deuxième but français. C’est le tournant du match. Les Tricolores se jettent sur lui pour le congratuler. La

France est en route vers un succès retentissant.

(Photo Michael Dalder/Reuters)

un succès retentissant. (Photo Michael Dalder/Reuters) L’ÉQUIPE semaine : ALLEMAGNE, 2 ✴ ;

L’ÉQUIPE semaine

:

ALLEMAGNE,

2 ;

ANTILLES,

LA

RÉUNION,

1,3 ;

AUTRICHE,

2 ;

BELGIQUE,

1,5 ;

ESPAGNE,

1,75 ;

GRÈCE,

1,95 ;

ITALIE,

1,7 ;

LUXEMBOURG,

1,5 ;

PAYS-BAS,

2 ;

PORTUGAL

CONT.,

1,8 .

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) –

FOOTBALL

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE
F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE - FRANCE : 1-3

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

« Un scénario fabuleux »

RAYMOND DOMENECH a salué la lucidité et la rigueur de son équipe et apprécié le dénouement de la rencontre.

HANOVRE

de notre envoyé spécial

« QUEL COMMENTAIRE général pouvez-vous faire de cette ren- contre ?

– Les joueurs étaient vraiment prêts à

affronter cette équipe d’Espagne. On savait comment ils jouaient. Il n’était pas facile de régler les problèmes. Il y a eu des séquences difficiles, mais c’est normal car ils possèdent de grands joueurs. Cependant, on a su gérer ce match et profiter de leur inquiétude croissante pour les inquiéter encore un peu plus au fil du match. On est bien ressortis, on a joué vite, et on a évitéde rentrer dans leur jeu. Je suis pleine- ment satisfait de la manière. En plus, il y a ce côté émotionnel. Quand on est menés et que l’on revient au score, c’est un plus. Et puis quand Zidane ins- crit le troisième but dans les arrêts de jeu, c’est un scénario fabuleux.

Avez-vous trouvé des diffé-

rences entre les deux périodes que vous avez disputées ?

– Je ne veux pas vous contrarier mais

je n’ai pas trouvé de différence entre les deux mi-temps. Un match déroule son scénario de la première à la der- nière minute. Ensuite, il y a un travail tactique, une préparation qui peut en modifier le cours, afin qu’il se passe autre chose. C’est une évolution nor- male. On a su être patients, attendre notre heure. On a su construire sur cette rigueur, cette concentration et cette lucidité qui ont fait notre force. Avec les éléments mis en place, cela nous a permis d’aller jusqu’au bout.

Vieira a été élu homme du

match. Estimez-vous que Ribéry

a également marqué cette par- tie de son empreinte ?

– Comme je le dis tout le temps, il y a

23 joueurs. Ils doivent être prêts et effi-

caces sur leurs qualités. Pour aller loin en Coupe du monde, une équipe doit

avoir 23 joueurs prêts à entrer à n’importe quel moment.

Comment appréciez-vous la

performance de Zidane ?

– On connaît son influence. Je suis

heureux qu’il ait inscrit ce but pour ses 34 ans. Juste pour ça, je suis content.

« Eh, nos vieux, faut les ménager ! »

Est-ce le meilleur match de la

France depuis des années ?

– Je ne sais pas ce qui va se passer

contre le Brésil mais on a simplement

envie d’aller au bout de cette Coupe du monde. On peut faire plus que ce qu’on

a fait dans ce match plein d’intelli-

gence et de conviction. Il y a un autre

adversaire qui se présente et on verra comment on peut réagir contre lui.

Le niveau physique de votre

équipe vous semble-t-il plus fort de match en match ?

– Entre les matches de poule et le hui-

tième de finale, l’entraînement phy- sique a été réduit à presque rien. On a juste fait de la récupération. Eh, nos vieux, faut les ménager ! La prépara- tion était faite pour qu’on soit bien et

qu’on ne baisse pas de rythme. Mais là encore, c’est le constat qui est fait sur ce match-là.

Pourquoi n’avez-vous fait que

deux changements ?

– On me le dit souvent, on me le

reproche aussi. Tout le monde attend des changements. J’ai l’habitude d’ali-

L’HUMEUR

L’HUMEUR

L’HUMEUR
des changements. J’ai l’habitude d’ali- L’HUMEUR MODE D’EMPLOI Votre quotidien offre aujourd’hui, de la
MODE D’EMPLOI

MODE D’EMPLOI

MODE D’EMPLOI
J’ai l’habitude d’ali- L’HUMEUR MODE D’EMPLOI Votre quotidien offre aujourd’hui, de la page 2 à la

Votre quotidien offre aujourd’hui, de la page 2 à la page 15, un panorama complet de l’actualité de la Coupe du monde. Avec notamment, outre tout ce qu’il faut savoir sur les matches d’hier et d’aujourd’hui :

page 2, les réactions ; page 4, le jeu et les joueurs ; page 5, le match en questions ; page 6, Zidane, héros pour toujours ; page 7, Ribéry ouvre la voie ; page 8, Et maintenant, le Brésil… ; page 9, Cissé : « Je suis fort dans sa tête. » ; pages 12 et 13, le Brésil se défait du Ghana; page 14, Podolski, idole de l’Allemagne ; page 15, la Coupe du monde de Thierry Roland.

; page 15, la Coupe du monde de Thierry Roland. Vous permet de retrouver les plus

Vous permet de retrouver les plus belles images des photographes de L’Équipe. Mais

aussi :

- un journal des Bleus et un journal du Brésil ; - le blog de Bixente Lizarazu après France-Espagne.

; - le blog de Bixente Lizarazu après France-Espagne. vous propose notamment : de 9 heures

vous propose notamment : de 9 heures à 15 heures, en alternance avec les journaux, Temps additionnel, présenté de Hanovre (Allemagne) par Vincent Couëffé. Aujourd’hui : retour sur France-Espagne, le journal de la Coupe du monde,

les meilleurs moments de la Grande Édition Total Foot d’hier soir, le FC Cam- ping.

À

partir de 20 heures et à 23 heures (multidiffusé), La Grande Édition

Total Foot présentée par Olivier Ménard et ses invités, Angel Marcos, Jean- Philippe Leclaire (L’Équipe Magazine) et Karim Nedjari (Le Parisien).

À 20 heures : En direct d’Allemagne avec Vincent Couëffé et Vincent Duluc

en duplex, FC Camping par Stéphane Lelong, la Palette d’Angel.

À

nautes (totalfootlequipetv.fr)

23 heures : Retour sur France-Espagne, les réponses aux mails des inter-

LA QUESTION D’HIER

LA QUESTION D’HIER

LA QUESTION D’HIER

L’Ukraine atteindra-t-elle les demi-finales ?

OUI NON (nombre de votants : 104 451) Selon le résultat de vos votes sur lequipe.fr et par SMS.

21 %

79 %

gner la meilleure équipe au début de la rencontre. Même si un joueur semble

un peu fatigué, il vaut mieux le garder car il est dans le rythme du match. Je comprends qu’on puisse adopter une autre attitude mais ce n’est pas mon problème. C’est une autre théorie.

Quoi qu’il puisse arriver contre

le Brésil, votre Coupe du monde est-elle une réussite ?

– Notre projet n’est pas de dire " on a

réussi " . Notre objectif reste le même :

être présent le 9 juillet. On fera les

bilans après.

Était-ce un match référence ?

– C’est un match où il y a eu beaucoup

de choses dans l’animation et la soli-

darité. Je ne suis pas partisan de parler

de match référence. Il y a toujours

quelque chose à rajouter.

Le match contre le Brésil est-il

le plus excitant que vous ayez

jamais eu à disputer en tant

qu’entraîneur ?

– Oui, à ce niveau-là, il n’y a pas beau-

coup de sélectionneurs qui sont arrivés

en quart de finale. Déjà, on rencontre

les champions du monde qui sont invaincus. Ça crée quelque chose de

plus, parce que c’est le Brésil. Mais on

est là et on va jouer. »

JOËL DOMENIGHETTI

HANOVRE.– Ils exultent, Dhorasoo, Diarra, Mankowski, Henry qui saute sur le dos de

Raymond Domenech, et

Malouda. La France vient de mater l’Espagne. (Photo Richard Martin)

ILS ONT DIT

de mater l’Espagne. (Photo Richard Martin) ILS ONT DIT ● Florent MALOUDA : « On y

Florent MALOUDA : « On y a cru, heureusement, car ça a été difficile. Après

le penalty, on a eu une bonneréaction. On a réussi à les faire déjouer, en fait, et on a étérécompensé. Contre eux, ilfallaitfaire des efforts sans ballon. Mais ce ballon, dèsqu’on l’a eu, on a essayé de leurfaire mal assez vite. Ça a payé sur lafin. Dans le vestiaire, c’était l’euphorie, car avec le penalty, c’était mal parti. On a joué comme on avait décidé de le faire. Comme ils avaient un très bon jeu de passe, il fallait les harceler, perturber leur jeu, finir par créer des brèches. Maintenant, c’est le Brésil. Ce sont les champions du monde, ils auront unerevanche à prendre. Je vaisretrou- ver beaucoup de Lyonnais en face. J’aurai un sentiment un peu partagé, forcé- ment. Quant à Zidane, il jouait contre le pays où il a fini sa carrière ; il a mis un but tout à la fin, c’est super » . - O.M.

Louis SAHA : « Ce soir, c’est une super victoire on est touts supers contents et

ça s’est ressenti dans les vestiaires. On a réalisé un très bon match, l’équipe est montée en puissance physiquement, je crois que l’équipe s’est trouvée. Mainte- nant,on doitrécupérer et s’assurer quetout le monde soitprêt pour le grandmatch

contre le Brésil. » S.C.

Willy SAGNOL (au micro de Canal +) : « Un match référence ? Non, mais je

crois qu’on progresse comme on ne cesse de le faire depuis quelques mois mainte- nant. On a beaucouptravaillé physiquement et tactiquement, et on est entrain de franchir des étapes. On progresse notamment dans l’aspect défensif, vu que l’on a rarement eu depuis le début de la Coupe du monde des situations difficiles contre nous. Maintenant, on va se frotter à ce qui se fait de mieux au niveau offensif avec le Brésil, j’attends ça avec impatience. Outsider, on l’était contre l’Espagne, on le sera à nouveau contre le Brésil, c’est peut-être un statut qu’on maîtrise mieux, mais le plus important c’est de bien vivre ensemble,tout en se servantdes critiques constructives, comme celles de « Liza » (Bixente Lizarazu). »

Claude MAKELELE : « On est entré peu à peu dans le match en mettant plus

derythme, et notre premier but leur a montré qu’on était bien en place. Ce premier but a été la clef du match. On savait qu’on pouvait marquer n’importe quand et notre but juste avant la mi-temps les a sans doute fait douter. D’ailleurs, après la pause, ils ont tout de suite reculé et le match s’est équilibré. On sentait que dans

leurs attaques il y avait moins de conviction. Ils perdaient même souvent le ballon avant d’avoir trouvé une position. Maintenant, on ne dira plus que nous sommes une équipe de vieux. Dans toutes les équipes il faut des joueurs d’expérience, des joueurs qui mettent leurs partenaires en confiance, et c’est bon que les responsa- bilités puissent être partagées. Je crois qu’on a démontré ce soir qu’on pouvait rivaliser avec n’importe qui, y compris avec le Brésil. » – G.R.

Eric ABIDAL : « Leur penalty était difficile à accepter. Avant le match, on

s’était dit que quoi qu’il arrive, il fallait rester concentrés, ce que nous avons fait. On a respecté leur hymne, ce qui n’était pas le cas pour la Marseillaise, cela nous a donné les crocs. Ce soir, on a vu le vrai visage des vingt-trois. Il fallaitfaire le match parfait, je ne sais pas si c’est un match référence, ce n’est qu’une étape pour la suite. » - J.L.F.

Luis ARAGONES (entraîneur de l’Espagne) : « On a marqué les premiers, on a

eu plus de possession de balle que la France en première période, on faisait le match qu’on devait faire, mais l’égalisation, juste avant la mi-temps nous a coupé un peu les jambes. On était quand même restés bien en place, jusqu’au deuxième but. Un but qui vient d’une erreur d’arbitrage, parce qu’il n’y a jamais faute de Puyol (sur Henry). Mais nous sommes impardonnables d’avoir laissé Vieira sans marquage sur cette action. La France a démontré qu’elle avait une équipe très compétitive. Pour nous, c’est la fin d’une aventure, mais pas du groupe. Ne me parlez pas du troisième but, c’est de l’anecdote, à ce moment-là on tentait le tout

Vieira : « Aller au bout »

HANOVRE

de notre envoyé spécial

LES MATCHES SE SUIVENT et se ressemblent pour Patrick Vieira. Elu homme du match pour France-

Togo (2-0 vendredi), il l’a de nouveau été hier soir. Buteur et passeur, comme contre le Togo, le Turinois

a été le grand artisan de la qualification.

« Ce France-Espagne est-il entré dans l’his- toire ?

– C’est vrai que c’est une victoire magnifique. On l’a

obtenue contre une très belle équipe d’Espagne. L’équipe de France a su monter d’un cran par rapport

à son dernier match. Notre victoire est donc large- ment méritée.

Avez-vous tremblé après l’ouverture du

score espagnole ?

– Non. On a su rester sereins. Comme on savait que

les Espagnols aimaient avoir le ballon, on leur a laissé

la maîtrise du jeu sans jamais paniquer. Notre égali-

sation juste avant la mi-temps nous a fait énormé- ment de bien, on a ensuite su contrôler le match en seconde période.

Est-ce le genre de match que les Bleus attendaient pour se libérer ?

– C’est vrai que c’est très encourageant. L’Espagne avait très bien commencé cette Coupe du monde et nous,toutdoucement.Mais je lerépète, onprogresse à chaque match.

Avez-vous ressenti les mêmes sensations

que lors de vos victoires en 1998 ou 2000 ?

– Oui, bien sûr. Mais il faut garder les pieds sur terre. Après avoir franchi l’obstacle espagnol, il y a, à pré-

sent, le Brésil et nous n’avons pas envie de nous arrê- ter là. On veut aller au bout.

Vous n’êtes donc ni poissards, ni nuls ?

– On s’améliore…

Pouvez-vous nous raconter votre but ?

– En fait, il est un peu bizarre car sur le coup franc de Zizou, j’ai dit à Sydney (Govou) d’aller se placer au deuxième poteau et que moi, je tenterai de couper la trajectoire du ballon. Finalement, c’est moi qui vais au second poteau et qui marque.

Après avoir renversé le score, pensez-vous

avoir renversé l’opinion publique à votre sujet ?

– Oui, et c’est ça qui est beau dans le football. Nous

avons livré des premiers matches très difficiles. Les gens étaient sceptiques à notre encontre mais peu à peu, on a su monter en puissance et quand on monte

comme ça, la France entière le ressent, le soutien qui est derrière nous devient alors énorme.

Le Brésil constitue-t-il un challenge formi-

dable ?

– Oui. Quand tu es footballeur, tu rêves déjà de pou-

voir disputer une Coupe du monde. Alors là, jouer le Brésil… Cette équipe sert de référence dans toutes

les coupes du monde, ce sera un match très intéres- sant.

Cela vous rappellera-t-il aussi des souve-

nirs ?

– Oui. Un souvenir extraordinaire. J’avais eu la

chance de rentrer dans le dernier quart d’heure lors dela finalede 1998 (3-0 le 12 juillet).J’avais même eu la chance de participer au troisième but d’Emmanuel

Petit. Mais quand on parle de 1998, on parle surtout des centaines de milliers de personnes qui étaient descendues sur les Champs-Elysées et de la folie qui s’était emparée de tout un pays.

La France peut-elle encore battre le Brésil ?

– Oui, même si le Brésil possède à nouveau une très

grande équipe. Individuellement, c’est kif-kif et puis,

après le match de ce soir, l’équipe de France ne peut être que sereine. »

BERNARD LIONS

Un bloc efficace

LE JEU. – Les Français, solides défensivement, ont jugulé l’élan espagnol avant de donner une leçon de maîtrise de l’événement.

HANOVRE

de notre envoyé spécial

LE MATCH des générations a tourné à l’avantage des anciens. Mise en diffi- culté dans la première partie de la ren- contre, mais faisant front avec beau- coup de solidité, de vaillance mais aussi de sérénité, l’équipe de France s’est imposée en réalisant son meilleur match depuis le début de la Coupe du monde. L’égalisation de Ribéry juste avant la mi-temps a renversé totale- ment le sens de la rencontre. On a senti les Espagnols accuser le coup et vu naître chez eux une certaine inquié- tude. Au contraire, les Français ont imposé de plus en plus un gros mental, parfaitement symbolisé par l’énorme performance de Vieira. Ils sont montés de plusieurs crans à Hanovre. ORGANISATION DE JEU DE DÉPART : l’équipe de France est reve- nue au 4-4-1-1, avec Henry comme seule pointe. Le milieu de cinq joueurs était composé des deux centraux, Viei-

ra et Makelele, de Ribéry sur la droite,

de Malouda sur la gauche. Devant eux, en position axiale, Zidane.

L’Espagne a évolué dans un 4-4-2 très souple dans son milieu. Xavi Alonso étaitdevant sadéfense dansla position

la plus défensive. Devant lui évoluaient

Fabregas et Xavi, quasiment interchan-

geables à droite et à gauche. Raul a joué comme un numéro 10 derrière les deux attaquants, Torres et Villa. ANIMATION DÉFENSIVE : la France

avait à se méfier énormément du mou- vement perpétuel des Espagnols, de leur vitesse, de leur circulation du bal- lon. Makelele et Vieira ont dû consen- tir de gros efforts pour aller chercher, en alternance, le porteur (Xavi et Fabregas notamment) dans les échanges au milieu. Les deux joueurs des côtés avaient comme tâche de venir perturber les montées des deux latéraux. Zidane lui-même a beaucoup travaillédéfensivement, en pressantet en se replaçant. Toute l’équipe a vrai- ment fait bloc. Les Espagnols exercèrent un gros pres- sing, en y mettant beaucoup de vitalité et d’agressivité. Dans la zone d’évolu- tion de Zidane, tout particulièrement, ils se sont attachés à venir en nombre, Xavi Alonso se plaçant avec intelli- gence pour apporter une supériorité numérique nécessaire pour couper les transmissions vers Henry. Cela a été positifen premièrepériode,mais celaa pu se payer au plan physique par la

suite. Derrière, leur défense à plat a souvent mis l’attaquant d’Arsenal en position de hors-jeu dans la première partie du match. ANIMATION OFFENSIVE : les deux équipes ont attaqué de manière très

différente. La France, regroupée dans son camp, a souvent misé sur le jeu profond vers Henry qui a sollicité beau- coup de ballons en étant à la limite du hors-jeu ou en revenant de positions illicites. Il aurait souvent souhaité que

le ballon lui soit donné plus vite. Mais les Français ont eu du mal à procéder à des enchaînements, faute de sponta- néité dans les échanges ou par manque de solutions offertes. En

dans les échanges ou par manque de solutions offertes. En Le s c hiffres d u

Les chiffres

du match

manque de solutions offertes. En Le s c hiffres d u m at ch Espagne France
Espagne France Possession du ballon 58 % 42 % Tirs cadrés 2 6 Tirs non
Espagne
France
Possession du ballon
58 %
42 %
Tirs cadrés
2
6
Tirs non cadrés
8
4
Arrêts du gardien
1
1
Fautes commises
29
23
Corners obtenus
8
5
Hors-jeu
2
8
Source : LTD

revanche, quand Ribéry trouvait des appuis lui permettant de prendre de la vitesse (avec Zidane, ou avec Vieira sur l’action de son but), quand Vieira remontait de bons ballons ou qu’Henry était trouvé (centre de la 23 e minute), des prolongements intéressants étaient possibles. L’Espagne joua avec rapidité des attaques placées. Les échanges furent vifs, dans les intervalles, avec beau- coup de mouvements combinés des joueurs du milieu et des attaquants, Torres surtout. L’apport des deux arrières latéraux fut aussi important, une séquence typique étant une passe d’un milieu (exemple : Xavi) sur Torres qui donna sur le côté à Sergio Ramos.

Mais au bout, c’est surtout sur des coups de pied arrêtés (penalty, cor- ners) qu’ils ont apporté le danger.

CHANGEMENTS EN COURS DE MATCH : Aragonés est intervenu le premier dans ses changements, en fai-

sant entrer simultanément Joaquin et Luis Garcia aux places de Villa et de Raul. Joaquin s’est posté sur l’aile droite. Senna est ensuite entré au milieu à la place de Xavi dans un rôle identique. Domenech est intervenu sur

le secteur offensif. Il a d’abord rempla- cé Malouda par Govou, qui a joué sur la droite, Ribéry passant alors sur le côté gauche. Puis Wiltord a remplacé

Henry dans les dernières minutes.

DIDIER BRAUN

pour le tout, on a perdu un ballon au milieu du terrain et on s’est fait contrer. Mais le match était déjà terminé. » – G. R.

LES FÉLICITATIONS DE CHIRAC. – Jacques Chirac, le président de la Répu- blique, a salué la victoire de la France : « Le président de la République adresse à l’ensemble de l’équipe de France ses plus vives félicitations » , a indiqué l’Élysée dans un communiqué, ajoutant que « le chef de l’État salue la détermination et la combativité dont ont fait preuve les Bleus pour l’emporterface à une équipe espa- gnole de grande qualité » . « Une nouvelle étape vient d’être franchie et la France peut être fière de cette magnifique victoire » , a déclaré le chef de l’État. Dans les différentes étapesde la Coupe dumonde, l’équipe tricolore « transforme à chaque match ses qualités individuelles en atouts collectifs » , selon lui. Jacques Chirac a aussi réitéré « au nom de tous les Français son soutien total et ses encourage- ments chaleureux pour le prochain match contre le Brésil » .

Le tableau final Huiti è mes de finale Quarts de finale ALLEMAGNE - Su de,
Le tableau final
Huiti
è mes de finale
Quarts de finale
ALLEMAGNE - Su
de, 2-0
(samedi 24 juin,
Munich)
ALLEMAGNE - ARGENTINE
ARGENTINE - Mexique, 2-1
a.p.
(vendredi 30 juin, 17 heures,
Berlin)
(samedi 24 juin,
à Leipzig)
ITALIE
- Australie, 1-0
(lundi 26 juin,
à Kaiserslautern)
ITALIE - UKRAINE
(vendredi 30 juin, 21 heures,
à
Hambourg)
Suisse
-
UKRAINE, 0-0
,
(lundi 26 juin,
à Cologne)
0-3 aux t.a.b
ANGLETERRE -
quateur, 1-0
(dimanche 25 juin,
Stuttgart)
ANGLETERRE - PORTUGAL
(sam. 1
er
juillet, 17 heures,
à Gelsenkirchen)
PORTUGAL - Pays-Bas, 1-0
dimanche 25 juin
, à
Nuremberg)
BR
É SIL
- Ghana, 3-0
(hier,
à Dortmund)
BR
É SIL - FRANCE
(samedi 1
juillet, 21 heures,
Francfort)
Espagne
- FRANCE, 1-3
(hier,
à Hanovre)
Demi-finales
Finale
(mardi 4 juillet, 21 heures,
Dortmund)
(dimanche 9 juillet,
20 heures,
à
Berlin)
(mercredi 5 juillet, 21 heures,
Munich)
3
e
place
(samedi 8 juillet, 21 heures,
Stuttgart)

Huit sur huit

Chaque groupe du premier tour sera représenté en quarts de finale : l’Allemagne (groupe A), l’Angleterre (groupe B), l’Argentine (groupe C), le Portugal (grou- pe D), l’Italie (groupe E), le Brésil (groupe F), la France (groupe G) et l’Ukraine (groupe H). Seules deux équipes qui ont terminé première de leur groupe ont été éliminées : la Suisse (groupe G) et l’Espagne (groupe H). Cette dernière et le Mexique sont les deux seules têtes de série éliminées à ce stade de la compétition.

Un très bon arbitrage

À LA 26 e MINUTE de jeu, Lilian Thu- ram cherche à intervenir dans le dos de Pablo Ibanez et bloque par là même la cheville droite du défenseur espa-

gnol. C’est un geste sans méchanceté (pas de car- ton jaune) qui n’en demeure pas moins intentionnel. Dans la mesure où la faute est commise à l’intérieur de la surface de réparation, M. Rosetti, l’arbitre ita- lien,trèsbien placé à trois mètres de l’action, n’avait pas d’autre choix que de siffler penalty.

Quant à l’égalisation française, il faut souligner la très bonne décision de l’arbitre assistant

qui a appliqué à la perfection les nou-

velles instructions concernant le hors jeu. Sur la passe de Vieira pour Ribéry,

il ne signale pas à

juste raison la posi- tion de hors-jeu de Henryqui n’influence pas le jeu, ce qui per- met à Ribéry de filer

au but et de tromper Casillas.

Tout au long de cette rencontre marquée par l’excellent état d’esprit des acteurs, M. Rosetti a pris ses

responsabilités et les bonnes décisions.

n o m-

breuses erreurs d’arbitrage ayant émaillé les dernières rencontres, il est un candidat potentiel pour la finale.

rencontres, il est un candidat potentiel pour la finale. A p r è s l e
rencontres, il est un candidat potentiel pour la finale. A p r è s l e
rencontres, il est un candidat potentiel pour la finale. A p r è s l e

A p r è s

l e s

LA QUESTION DU JOUR

LA QUESTION DU JOUR

LA QUESTION DU JOUR

La France battra-t-elle le Brésil

en quarts de finale ?

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6 heures et 22 heures ou envoyez OUI ou NON par SMS au 61008 (0,34 euro + coût de un SMS).

PAGE 2 MERCREDI 28 JUIN 2006

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MERCREDI 28 JUIN 2006

MERCREDI 28 JUIN 2006

FOOTBALL

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale)

ESPAGNE - FRANCE : 1-3

Beau comme avant

Solidaires et intelligents, les Bleus ont dompté l’Espagne en beauté. Ils rencontreront le Brésil, samedi à Francfort.

Menés 0-1 par l’Espagne, hier soir à Hanovre, les Bleus ont renversé le match et leur destin en revenant au score et en estoquant les Espagnols en fin de partie (3-1), pour se hisser en quarts de finale de la Coupe du monde. Ils rencontreront le Brésil, samedi, à Francfort (21 heures). Et s’ils étaient capables de tout ?

HANOVRE

de notre envoyé spécial

LES REVOILÀ, les jours magiques et les nuits sans sommeil, à veiller un France-Brésil comme un trésor, dans lafièvre du souvenir etl’espoir d’une conquête. L’aventure est là, elle a fait passer un souffle puissant dans les esprits, hier soir, à Hanovre, où l’équipe de France a éliminé l’Espagne (3-1) en huitième de finale de la Coupe du monde. Sortie du premier tour par une porte étroite, elle a les épaules larges : elle a bousculé la jeune Espagne qui sera seulement tombée au 26 e match de l’ère Aragones, montrant quelque chose d’une force intime, et affi- chant pour finir un bonheur d’enfant qui rappelait des souvenirs. Il fallait être une équipe pour revenir du tourment, du penalty de Villa (28 e ) qui avait conforté la confiance espagnole. Ces Bleus-là étaient une équipe, hier, ils en ont dessiné les contours en force, surmontant le décor d’une soirée en Espagne, la Marseillaise sifflée, du rouge à tous les étages, pour bâtir leurs châteaux en Allemagne. Ils sont en quarts de finale de laCoupe du monde, ils vont rencontrer le Brésil, et l’on sait déjà que les jours qui vont suivre ne res- sembleront à rien de ce que l’on a connu ces six dernières années. Dans cette Coupe du monde, les Bleus ont déjà laissé une trace.

Vieira

était partout

Ainsi un match fermé peut-il faire naître de l’émotion, au-delà du sus- pens de deux blocs aussi rapprochés, cherchant à atteindre la vérité de l’autre les yeux dans les yeux. Mais la maîtrise du ballon n’aura pas été le souci de l’équipe de France. Elle aura été son impuissance pen- dant près d’une mi-temps ? Sans doute, car la jeunesse, le mouve- ment et la qualité technique de l’équipe espagnole, poussèrent les Bleus à courir beaucoup, parfois dans le vide, pour éteindre les tra- vaux d’approches de l’Espagne. Mais si les Espagnols auront eu 59 % de possession de balle en première période, ils n’en firent pas grand chose, en tout cas pas énormément. Ni tirs de loin, ni débordements mar- quants, ni espaces trouvés dans le dos de la défense française : tacti- quement, les Bleus parvenaient à fermer la porte. Il aurait seulement fallu qu’à la récupération de balle, ils

l’ouvrent un peu plus vite pour se projeter mieux et plus dangereuse- ment vers le but espagnol. Avec sa possession de balle, donc, l’Espagne n’eut que des coups de pied arrêtés pour s’emballer. Un coup franc de Pernia frôlant le cadre (8 e ), puis un corner très évitable, Barthez laissant filer le ballon sans s’être aperçuqu’il avaitété dévié par Makelele. À la retombée de ce cor- ner, Thuram marcha sur la cheville de Pablo Ibanez, M. Rosetti accorda le penalty, et Villa trouva une mer- veille de petit filet, alors que Barthez avait choisi le bon côté (28 e ). Être mené0-1 parune équipequi a le ballon tout le temps est une difficul- té considérable. Avec sa seule pointe, Henry, soutenu par la posi- tion intermédiaire de Zidane, l’équipe de France sut trouver des espaces quand elle récupérait le bal- lon dans des zones intéressantes. Après un tir cadré de Henry (12 e ), elle avait été délestée d’une échap- pée côté droit de Zidane, rappelé par un hors-jeu imaginaire (13 e ), et elle avait su développer une action inté- ressante, Zidane trouvant Henry à droite, pour un centre en retrait que Ribéry manqua totalement et que Vieira effleura en bout de course (25 e ). Les espaces que l’Espagne n’offrait pas au milieu se trouvaient dans son dos. Il n’y en avait pas non plus toutes les dix secondes, mais juste avant la mi-temps, sur un ballon récupéré en position haute, Vieira sut attendre la seconde nécessaire pour offrir à Ribéry, parti dans le dos de Pernia, une balle de but que le Marseillais convertit en dribblant Casillas (41 e ). Il n’y avait pas de meilleur moment pour refaire surface, provoquer l’incompréhension et le doute d’une équipe espagnole qui avait l’impres- sion de bien réciter sa leçon, et éta- blir la force morale d’un groupe mené au score et égalisant sur le mental plus que sur le génie. Une équipe était en marche, qui allait étaler un peu plus de sa force à chaque minute et renvoyer à ses complexes de voisine une équipe d’Espagne qui paraissait soudain un peu jeune pour le rendez-vous. Une première fois, Zidane trouva un bon appel de Malouda, le Lyonnais enchaînant difficilement par un lob que Casillas sortit en s’envolant (52 e ). Le coaching précoce d’Ara- gones, sortant Villa et Raul pour Luis Garcia et Joaquin (54 e ), était un message fort, mais il sanctionnait une faiblesse. Et si Joaquin infligea de constants tourments à Abidal, obligeant Sagnol à sauver devant Luis Garcia (60 e ) et tirant lui-même sur le petit filet (79 e ), les Bleus étaient passés dans la peau du tau- lier. Ribéry était passé une fois, pour un centre en retrait dangereux (59 e ). Malouda avait manqué de clair- voyance de manière incroyable en oubliant Henry puis Vieira sur une balle de contre d’école, alors que les appels étaient parfaits (71 e ). Les Bleus montaient en pression, ils venaient tirer les oreilles des gamins espagnols à chaque occasion, défiant Aragones par la parole, via Vieira et Zidane, bondissant comme un seul quand Puyol offrait l’impres-

HANOVRE. – Certains le disaient fini, et c’est lui qui a fait basculer le match.
HANOVRE. – Certains le disaient fini, et c’est lui qui a fait basculer le match. Patrick Vieira (à gauche) a marqué hier son deuxième but de la compétition d’une tête
rageuse qui trompe Casillas malgré l’intervention de Sergio Ramos, sous les yeux de Thierry Henry. La France mène 2-1 et peut rêver du Brésil. (Photo Stéphane Mantey)

sion d’avoir donné un coup de coude à Henry. Un esprit s’installait à Hanovre, et une équipe attendait l’heure de se voirrécompensée desa renaissance, si près de son crépuscule. Sur un nouveau dribble de Ribéry, Govou ne fut pas loin du compte (81 e ). Et puis tout bascula. Le coup franc de Zidane, dévié au premier poteau par Xabi Alonso, fut repris par Vieira au deuxième poteau, et retouché encore par Sergio Ramos avant de tromper Casillas (83 e ). Il y eut un temps de latence, interminable, durant lequel la moitié du stade et du banc français se demanda si le ballon avait bien franchi la ligne. C’était oui. Les Bleus tenaient leur rêve d’un quart de finale de Coupe du monde contre le Brésil, comme une grande boucle, une deuxième chance, tout au bout d’une vie de footballeur. Il restait juste à écrire une ligne dorée et sentimentale pour donner de la majesté à la fin de l’histoire. Le but

de Zidane, estoquant Puyol et Casil- las au bout d’un contre lancé par Govou et Wiltord (90 e + 2), était une délivrance et un symbole. On avait regretté, parfois, de ne pas avoir vu les Bleus plus heureux de leur sort au fil de leurs victoires de ces dernières années. Hier soir, un peu avant 23 heures, dans la nuit de Hanovre qui était douce comme un souvenir, belle comme une pro- messe, ils étaient redevenus les héros du Stade de France et de Rot- terdam qui sautaient comme des enfants. On dirait une équipe.

VINCENT DULUC

77700
77700

Le nombre important de duels gagnés par les quatre défenseurs français (contre 14 perdus).

par les quatre défenseurs français (contre 14 perdus). Huitième de finale spa ne rance 1 :
par les quatre défenseurs français (contre 14 perdus). Huitième de finale spa ne rance 1 :
Huitième de finale spa ne rance 1 : 3
Huitième de finale
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rance
1
: 3
Pernia SagnolSagn 5,5 Ribéry 6,5 Fabregas 7 5 PPuyol Vieira Villa ThuramThurau 5,5, 8,55 5
Pernia
SagnolSagn
5,5
Ribéry
6,5
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5,5,
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Xavi
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Abidal
5
6,5
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Xavi Malouda 5,5 Sergiogio RamosRa Abidal 5 6,5 6 ESPAGNE - FRANCE : 1-3 (1-1) ★★★★★✩

ESPAGNE - FRANCE : 1-3 (1-1) ★★★★★✩

Beau temps. Pelouse en bon état. 45 000 spectateurs environ. Arbitre : M. Rosetti (ITA).

Remplacements. – 54 e : Villa par JOAQUIN et Raul par LUIS GARCIA ; 72 e : Xavi par SENNA. Non utilisés : Canizares (g.), Reina (g.), Salgado, Marchena, Antonio Lopez, Juanito, Albelda, Reyes, Iniesta. Entraîneur : L. Aragonés. Absents : aucun. Suspendus : aucun. Suspendus au prochain match : aucun.

LES BUTS

1-0 : VILLA (28 e s.p.). – Une faute par-derrière de Thuram sur Pablo Ibanez est sanctionnée d’un penalty. Villa le transforme d’une frappe à ras de terre de l’intérieur du droit, dans le petit filet droit de Barthez, parti du bon côté. 1-1 : RIBÉRY(41 e , passe de Vieira). – À quarante mètres, légèrement sur la droite, Ribéry sollicite un relais de Vieira, qui lui remet le ballon en profondeur dans le dos de la défense espagnole.D’uncrochet intérieurdu droit,le MarseillaisélimineCasillasà l’entréedes seizemètresavant deconclure à ras de terre,de l’intérieur dugauche,malgré lesretoursde Puyol et Pernia. 1-2 : VIEIRA(83 e ). – Côtédroit, à quarantemètres,Zidane enrouleun coup francdu droitque Xabi Alonso nepeut que prolongerdela tête. Au second poteau,Vieira reprendde la tête et parvient à marquer malgré Sergio Ramos, revenu sur sa ligne, qui ne peut que dévier le ballon dans son propre but. 1-3 : ZIDANE (90 e + 2, passe de Wiltord). – Sur un contre déclenché par Govou, un relais de Wiltord permet à Zidane de s’échappercôté gauche. Dans la surface, celui-ci élimine Puyol d’un crochet avant de marquer du droit, à ras de terre, sur la droite de Casillas pris à contre-pied.

LES CARTONS

4 AVERTISSEMENTS. – Espagne : Puyol (82 e , obstruction sur Henry) ; France : Vieira (68 e , croc-en-jambe sur Fabregas), Ribéry (87 e , antijeu), Zidane (90 e + 1, croc-en-jambe sur Fabregas).

Non utilisés : Coupet (g.), Landreau (g.), Boumsong, M. Silvestre, Chimbonda, Givet, Dhorasoo, A. Diarra, Saha, Trezeguet. Entraîneur : R. Domenech. Absents : aucun. Suspendus : aucun. Suspendus au prochain match : aucun.

Remplacements. – 73 e : Malouda par GOVOU ; 88 e : Henry par WILTORD.

MERCREDI 28 JUIN 2006

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F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) –

FOOTBALL

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE
F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE - FRANCE : 1-3

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

Vieira est un monstre

LES JOUEURS FRANÇAIS. – Héros face au Togo, le milieu a récidivé : un but et une passe décisive pour envoyer les Bleus en quarts.

HANOVRE

de notre envoyé spécial

BARTHEZ (6) : plutôt rassurant sur ses deux première prises de balle mais un rien inattentif sur le corner précédant le but, qu’il aurait sans doute pu chercher à éviter. Impuis- sant sur le penalty, trop bien tiré alors qu’il était parti du bon côté après une bonne poussée. De la pré- sence aux poings, du placement et de la sécurité jusqu’au bout. SAGNOL (6,5) : peut-être son meil- leur match de la Coupe du monde, en dépit d’un début un peu en dedans où il eut du mal à se situer et à relan- cer proprement. Il eut une énorme

période en début de seconde mi- temps en gagnant plusieurs duels décisifs dans ses vingt derniers mètres. Plus présent sur les ballons chauds que dans le jeu, certes, mais c’était un soir à défendre et il l’a fait avec une intransigeance et une constance impressionnantes. THURAM (5,5) : pour une fois, il est plutôt bien entré dans la partie en gagnant ses premiers duels avec sécurité. Il est en revanche coupable deprécipitation sur la faute sur Pablo engendrant le penalty. Après cet incident, il repartit sans broncher dans la partie et s’accrocha aux défenseurs espagnols sans les lâcher. Sa deuxième mi-temps fut

assez dense sur le plan physique et il gagna la majorité des duels, comme toujours depuis le début de la Coupe du monde. GALLAS (6,5) : à l’exception d’un ou deux duels perdus de la tête et d’une ou deux relances parfois préci- pitées, il fut le grand bonhomme de la défense centrale. Sa détermina- tion est toujours la même et il est un symbole de cette équipe qui ne renonce pas. On l’a ainsi vu rappor- ter le ballon au centre du terrain après le but espagnol pour rameuter les troupes. Un vrai leader. ABIDAL (6) : il a bien pressé Sergio Ramos en évitant les relances inci-

sives du défenseur madrilène, mais il a manqué de spontanéité dans son jeu de passes et aparfois trop tempo- risé en première mi-temps. Un peu de déchet technique et de précipita- tion dans certains « un contre deux » sur lesquels il s’est jeté naïve- ment, mais il n’a pas vraiment été inquiété et rarement mis en danger dans des zones dangereuses. MAKELELE (6,5) : il a vécu vingt premières minutes difficiles en s’essoufflant derrière le toucher de balle espagnol, ce jeu de passes courtes qu’il connaît si bien et qu’il eut du mal à désorganiser. Il a su gratter progressivement quelques ballons mais on l’a peu vu jusqu’au

repos. Ensuite, il se hissa au niveau de Vieira dans la récupération et dérégla nettement la circulation de balle espagnole par son pressing. Une grosse deuxième période durant laquelle il prit l’ascendant sur le milieu d’en face.

VIEIRA (8,5) : Un début de match compliqué pour se situer au milieu de terrain. Il a fait ce qu’il a pu pour contrarier les offensives espagnoles mais c’est surtout dans l’animation offensive qu’on l’a le plus vu. Sa rela- tion avec Thierry Henry fut intéres- sante et il se révéla une nouvelle fois un passeur décisif en offrant le bal- lon de but à Ribéry. Sa montée en

régime progressive atteignit son paroxysme vers l’heure de jeu, où il s’empara du milieu de terrain. Il gagna tous ses duels derrière, fut présent dans toutes les remontées de balle et joua en deuxième n o 10. En état de grâce, il fut récompensé de son œuvre par son sixième but en bleu après un coup franc de Zidane, même si Ramos dévia la balle dans ses filets. Après son festival contre le Togo, il a remis ça. Vieira est un géant.

MALOUDA (5) : physiquement, il n’était pas le plus mal de la troupe mais son utilisation du ballon fut très quelconque. On ne l’a vu sur aucun

coup dangereux, il a peu combiné côté gauche, il est peu rentré dans l’axe et a bêtement perdu des bal- lons au milieu de terrain. En seconde période, situé plus haut, il s’est plus engagé et a même failli inscrire le deuxième but sur un service de Zidane (52 e ). Jusqu’à son remplace- ment par GOVOU (73 e ), il n’a pas fait preuve d’une grande lucidité dans ses choix et a trop tergiversé au moment d’offrir une ou deux balles de but dans la profondeur à ses atta- quants. Govou s’est signalé par une frappe tendue au-dessus (81 e ) et par sa présence sur le but de Zidane. ZIDANE (7) : Reposé et très motivé, il s’est montré disponible en phase

HANOVRE. – Deux matches hors norme et deux buts, ses deux premiers en Coupe du
HANOVRE. – Deux matches hors norme et deux buts, ses deux premiers en Coupe du monde. Sous les yeux de William Gallas (à l’arrière-plan), le milieu français Patrick Vieira en impose ici à Fabregas
(à gauche) et Raul.
(Photo Richard Martin)
Les stats des Bleus Source : LTD GARDIENGARDIEN Ballons Interventions Fautes Arr ê ts touch
Les stats des Bleus
Source : LTD
GARDIENGARDIEN
Ballons
Interventions
Fautes
Arr
ê
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touch
és
temps de jeu :
réussies
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Subies
Barthez
90
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1
Ballons
Duels
Tirs
Fautes
DD
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FENSEURSFENSEURS
touch
és
gagnés
perdus
cadrés
non cadrés
Commises
Subies
Sagnol
90
51
21
6
0
0
1
2
Thuram
90
37
15
1
0
0
3
2
Gallas
90
41
16
3
0
0
2
2
Abidal
90
41
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4
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1
2
1
Passes
Tirs
Fautes
MILIEUXMILIEUX
Ballons
touch
és
réussies
ratées
cadrés
non cadrés
Commises
Subies
Vieira
90
50
36
5
1
0
5
1
Makelele
90
’ 29
50
8
0
1
2
1
Malouda
72
’ 28
39
7
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0
2
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Zidane
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’ 51
64
4
2
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2
2
Rib
é
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90
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45
7
1
0
0
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Ballons
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Ballons
Tirs
Fautes
ATTAQUANTSATTAQUANTS
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és
réussis
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Commises
Subies
Henry
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25
2
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1
0
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Wiltord
3’
6
1
0
0
0
0
0
0
Govou
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1
1
0
0
1
0
0

Sergio Ramos, c’est du solide

LES JOUEURS ESPAGNOLS. – Le jeune défenseur du Real Madrid, au fort tempérament,

était partout, en attaque et derrière. Mais ça n’a pas suffi.

HANOVRE

de notre envoyé spécial

CASILLAS(5): ne peut rien sur le butde Ribéry (41 e ), pas davantage sur le second accordé à Vieira (83 e ) mais que Ramos détourne et le troisième de Zidane (90 e + 2) ; peu sollicité en première période, il s’était interposé dans les airs sur deux coups francs de ZZ et sa seule mauvaise relance (11 e ) n’est, au regard de tout le reste, qu’une péripétie. Quelle mauvaise soirée ! SERGIO RAMOS (6,5) : beaucoup d’autorité dans son couloir et de l’énergie à revendre, jusqu’à croiser le fer avec Malouda et Abidal. Le meilleur des défen- seurs espagnols. Quel tempérament ! Mais il ne pou- vait pas être plus malheureux en dégageant dans son propre but la tête de Vieira sur le coup franc de Zidane (83 e ). PUYOL(5,5) : le « Maréchal »s’est fait unefrayeur à la cuisse (18 e ). Comme d’habitude, il est allé à la corne sur tous les ballons mais il était trop avancé sur l’ouverture de Vieira et le but de Ribéry. Il a pris un carton immérité (82 e ) pour une faute inexistante sur Henry qui coûte très cher, le coup franc de Zidane

étant poussé dans ses buts par Sergio Ramos (84 e ). PABLO IBANEZ (5) : s’il a été irréprochable de la tête, ses replis n’ont pas toujours été rassurants, notamment devant Vieira (23 e ). Comme Puyol, il avait déserté l’axe central sur le premier but (41 e ). À son crédit, il contraint Thuram à faire faute sur lui dans la surface et obtient le penalty (28 e ). Une bonne couverture dans l’ensemble. PERNIA (5,5) : un joli coup franc, juste à côté de la lunette (8 e ). Il est monté souvent tout en s’improvi- sant chien de berger de Ribéry qui l’a pris à revers sur son but et lui a encore montré son numéro (59 e ). XABI ALONSO (6) : un jeu dans les pieds, court ou long, d’une précision chirurgicale. Il est souvent venu prêter main-forte à ses deux centraux après le pre- mier but français. Lui aussi est malheureux sur le second but et son dégagement de la tête qui atterrit sur Vieira. XAVI (5,5) : le véritable cerveau de cette équipe, qu’il a fait jouer vite et dans les espaces pendant une mi-temps. Des yeux derrière la tête, une grande science du poste mais une étrange panne de lumière en seconde période après un contact un peu rude

avec Vieira. Aragones l’a sorti pour SENNA (72 e ), qui a joué haut et pris sa chance. En vain. FABREGAS (5) : toujours disponible et vif, il a carré- ment pris le gouvernail à la sortie de Xavi. Mais, mar- qué de près, il n’a pas eu l’influence attendue. RAUL (4) : une première période décevante. Le capi- taine, qui a tenté de jouer entre les lignes, est passé à côté de son match et n’a guère pressé la défense tri- colore. Remplacé par JOAQUIN (54 e ) qui, de son aile droite, a apporté tout de suite plus de vitesse et de percussion. Dribble et tir dans la surface (79 e ), deux de ses centres ont aussi été dangereux. FERNANDO TORRES (5) : un premier tir à côté (24 e ), c’est surtout par sa vitesse de course qu’il a per- turbé la défense, qui ne l’a pas ménagé. Puis il s’est éteint au fil des minutes. VILLA (5) : il a eu le mérite d’inscrire le penalty (28 e ) mais on ne l’a guère vu, ni avant ni après. Remplacé par LUIS GARCIA (54 e ), auteur d’une jolie tête piquée(68 e ). Mais il est rentré en jeu aumoment où la défense française avait resserré les rangs et il a subi, comme ses coéquipiers.

GUY ROGER

offensive, multipliant les appels dans les couloirs. Mais il a eu très peu de répit pour s’organiser face à la pression. Ses jambes l’ont un peu lâchéà l’heure de jeu etil a ressenti le besoin de souffler. Il est pourtant res- té un danger permanent pour les Espagnols, notamment sur une ouverture parfaite vers Malouda. Et puis, et puis… alors qu’il ne restait que quelques secondes à jouer, il a profité d’une ouverture de Wiltord pour s’offrir un but plein de puis- sance et de force face à Casillas. Zidane aété làoù on l’attendait, et sa carrière continue. RIBÉRY (7) : plutôt adroit dans ses prises de balle, il a fait preuve d’audace dans ses tentatives, mais il

a rapidement été bloqué par le sur-

nombre espagnol, d’où un certain déchet. Son bilan balle au pied était donc assez pauvre à quelques minutes du repos, d’autant qu’un centre parfait de Henry lui échappa à quelques mètres du but (53 e ). Tout cela fut estompé grâce à l’action de

la 41 e minute, lorsqu’il profita d’une

ouverture de Vieira pour tromper toute la défense espagnole et Casil- las dans un beau numéro. Après le repos, ses apparitions balle au pied s’espacèrent mais il fut un danger permanent dans ses percées. Il est incontestablement au niveau, et désormais décisif. HENRY (6) : comme on pouvait s’y attendre, il a joué à la limite du hors- jeu. Souvent signalé en position de hors-jeu, il ne s’est jamais retrouvé en un contre un avec Casillas en pre- mière période. En s’excentrant, il a néanmoins offert d’autre solutions, notamment sur ce centre à destina- tion de Ribéry et de Vieira qui aurait dû être mieux exploité, ou sur ce tir à ras de terre bloqué par Casillas (12 e ). Son travail de sape et de harcèle- ment a contrarié la défense espa- gnole, qu’il a beaucoup bougée, même s’il ne s’est jamais trouvé en position de marquer. Remplacé par WILTORD (88 e ), qui eut l’immense mérite d’offrir un but à Zidane en seulement sept minutes sur le terrain.

RÉGIS TESTELIN

Bleus express LA PHRASE
Bleus express
LA
PHRASE

« C’est important, la patience. Les jeunes s’essoufflent plus vite en général. Les vieux, eux, savent faire preuve de patience. »

De Raymond Domenech, hier, après la victoire de la France sur l’Espagne

(3-1).

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150

Comme le nombre de buts marqués par Zinédine Zidane dans sa carrière professionnelle en 782 matches. Il en totalise 29, depuis hier soir, sous le maillot de l’équipe de France en 105 sélections. Sixième meilleur buteur de l’histoire des Bleus, il est désormais à une longueur de Just Fontaine et de Jean-Pierre Papin.

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Point presse de Raymond Domenech à la Rattenfänger Halle de Hameln, à 13 h 45. Entraînement à huis clos, sauf le premier quart d’heure, ouvert aux médias, au Weserbergland stadion de Hameln, à 17 h 30.

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Point presse joueurs à la Rattenfänger
Halle de Hameln, à 13 h 45. Entraîne-
ment à huis clos, sauf le premier quart
d’heure ouvert aux médias, à 17 h 30.
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Samedi 1 er juillet, quart de finale : Brésil-France, à Francfort (21 heures), au Waldstadion.

L’ÉVÈNEMENT DU JOUR SUR RTL 20H - ON REFAIT LE MATCH — SPÉCIAL BLEUS 21H
L’ÉVÈNEMENT DU JOUR SUR RTL
20H - ON REFAIT LE MATCH — SPÉCIAL BLEUS
21H - LA BANDE A PACAUD
AVEC M. HIDALGO, T. ROLAND, E. PETIT, J-P. PAPIN, P. GARIBIAN
6H45 - RTL MONDIAL AVEC
20H - LE CLUB FRANCE RTL AVEC
Christian OLLIVIER
Christophe PACAUD

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MERCREDI 28 JUIN 2006

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) –

FOOTBALL

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE
F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE - FRANCE : 1-3

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

Les Bleus au rendez-vous

LE MATCH EN QUESTIONS. – La France rejoint tous les anciens champions du monde présents en Allemagne en quarts de finale.

HANOVRE

de notre envoyé spécial

LUIS ARAGONÉS A-T-IL TENTÉ UN COUP DE BLUFF AU COUP

D’ENVOI ? – Non. Contrairement aux prédictions de Raymond Domenech, le sélectionneur espagnol a aligné l’équipe qu’il avait mise en place à l’entraînement,deuxjours avant la ren- contre. Son homologue français a donc patientéjusqu’au dernier moment pour rien, avant de communiquer la sienne

à la FIFA.

RAYMOND DOMENECH AVAIT-IL ENCORE MODIFIÉ SON ONZE DE DÉPART ? – Oui. C’est devenu systé- matique. Pour son vingt-cinquième match à la tête des Bleus, il a présenté un vingt-cinquième onze de départ dif- férent ! Si l’équipe de France avait déjà évoluéen 4-2-3-1 sous sadirection, pas plus tard que lors de ses deux premiers matchesdans cette phasefinale, c’était la première fois que le poste de milieu droit revenait à Ribéry. Wiltord l’avait tenu avant lui contre la Suisse (0-0, le 13 juin) et la Corée du Sud (1-1, le 18 juin). POURQUOI L’ARBITRE N’A-T-IL PAS PERMIS À ZIDANE DE TIRER LE CORNER À LA 4 e MINUTE ? – Si c’est bien un Espagnol, Sergio Ramos en l’occurrence, qui a touché le ballon en dernier, Henry se l’était au préalable amené de la main. Comme M. Rosetti nel’apas vu, ilatout d’abord accordé le corner. Jusqu’à ce qu’un de ses deux arbitres assistants lui signale la faute de l’attaquant français. L’arbitre cen- tral est alors revenu sur sa décision pour siffler un renvoi aux six mètres. LILIAN THURAM AVAIT-IL DÉJÀ PROVOQUÉ UN PENALTY FACE À L’ESPAGNE ? – Oui, lors des quarts de finale de l’Euro 2000 (2-1). Le Turinois avait alors permis à Mendieta d’égali- ser sur penalty à la 38 e minute après que Zinédine Zidane eut ouvert le score sur coup franc. M. Collina en avait même offert un second aux Espagnols en sifflant une faute imaginaire de Bar- thez sur Abelardo à la dernière minute de cette partie. Mais Raul avait finale- ment expédié son tir dans les tribunes.

Le capitaine de la seleccion s’en est-il souvenu ? En tout cas, il a laissé le soin

à Villa de transformer celui d’hier soir. L’ESPAGNE EST-ELLE SPÉCIA- LISTE DES PENALTIES ? – Oui. Son taux de réussite dans cet exercice, pourtant aléatoire, est de cent pour cent. Le buteur de Valence a en effet frappé et marqué le quatorzième penaltysur lesquatorze obtenuspar les

Espagnols en Coupe du monde (élimi- natoires et phases finales comprises). VIEIRA A-T-IL RÉUSSI SA PRE- MIÈRE PASSE DÉCISIVE DU TOUR- NOI ? – Non. Le Turinois avait déjà offert le second but à Henry en déviant la balle de la tête contre le Togo (2-0, vendredi dernier). Il a récidivé, hier soir, en dosant parfaitement son une-deux avec Ribéry. Directement impliqué sur quatre des cinq buts de l’équipe de France dans cette phase finale, Patrick Vieira a également porté à douze son

nombre de passes décisives en sélec- tion. WILLY SAGNOL S’EST-IL FAIT MAL À LA 55 e MINUTE ? – Oui. En allant contrer un ballon convoité par Fernan- do Torres, le Munichois a ressenti une pointe à l’adducteur droit. Après s’être tenu le haut de la cuisse et effectué de brefs étirements, Sagnol a pu tenir sa place. QUE S’EST-ILPASSÉ ENTREVIEIRA ET ARAGONÉS À LA 74 e MINUTE ? – Le sélectionneur ibérique a bondi de son banc pour invectiver le Français coupable, à ses yeux, d’avoir blessé Fernando Torres au visage en s’aidant de la main. Vieira a alors mis son doigt sur sa bouche, lui faisant signe de se taire. Il le lui a ensuite crié. C’est d’ail- leurs ce que M. Rosetti est également venu demander à Luis Aragonés, prié de retourner se rasseoir sur le banc par l’arbitre. EN MARQUANT UN BUT DÉCISIF, VIEIRA EST-IL UN RÉCIDIVISTE ? Oui, car il avait déjà ouvert le score du pied droit devant le Togo. Hier, il a ins- crit le but qui a permis aux Français de prendre l’avantage, de la tête. Il avait réussi exactement l’inverse à Stuttgart, passe de la tête et but du pied droit. Vieira est donc un récidiviste à l’envers. LA VICTOIRE DE LA FRANCE PER- MET-ELLE À TOUS LES VAIN- QUEURS DE LA COUPE DU MONDE D’ÊTRE PRÉSENTS EN QUARTS DE FINALE ? – Si l’on met de côté l’Uru- guay, double champion du monde (en 1930 et en 1950) mais absent en Alle- magne, oui. Après le Brésil, quintuple Champion du monde (1958, 62, 70, 94, 2002) qualifié quelques heures avant elle, la France a rejoint l’Allemagne

(1954, 74 et 90), l’Angleterre (1966), l’Argentine (1978, 86) et l’Italie (1934, 38 et 82) en quarts de finale. Seuls le Portugal et l’Ukraine, dont il s’agit de la première participation, n’ont pas encore été sacrés. C’est dire la qualité du tableau final proposé.

BERNARD LIONS

HANOVRE. – Fabien Barthez, Willy Sagnol et Lilian Thuram (de gauche à droite) n’en croient
HANOVRE. – Fabien Barthez, Willy Sagnol et Lilian Thuram (de gauche à droite) n’en croient pas leurs yeux. La France a livré son meilleur match de cette phase finale et
au meilleur moment. Le penalty concédé par le défenseur central n’aura finalement pas été fatal aux Bleus. Comme à l’Euro 2000, face à ces mêmes Espagnols
(Photo Richard Martin)
aux Bleus. Comme à l’Euro 2000, face à ces mêmes Espagnols (Photo Richard Martin) MERCREDI 28

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F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) –

FOOTBALL

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE
F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE - FRANCE : 1-3

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

Zidane, l’histoire sans fin

En quatre-vingt-dix minutes contre l’Espagne, son pays d’adoption, Zizou a prouvé qu’il était toujours Zidane.

HANOVRE

de notre envoyé spécial

DANS LE BUS qui a quitté Aerzen et le château du baron de Münch- hausen, où les Français ont élu rési- dence, Zinédine Zidane est assis au côté de Willy Sagnol. Il ne s’est plus exprimé en public depuis le 12 juin, veille de France-Suisse (0-0) mais on sait que les joueurs de l’équipe de France, dans leur réclusion volon- taire, se tiennent au fait de l’actua- lité. Dans ce car qui roule vers le stade de Hanovre, dans ce silence qui précède les grands événements, Zinédine Zidane songe-t-il à la une de Marca, le grand quotidien sportif espagnol, qui titrait : « Nous allons mettre Zidane à la retraite. » Songe- t-il à cette déclaration aimable du sélectionneur Aragones, se moquant de l’âge de l’équipe de France « à qui il ne reste plus beaucoup de dents ». Zinédine Zidane a eu trente-quatre ans le 23 juin. Ce jour-là, suspendu, il n’a pu jouer contre le Togo. Le len- demain, il perdait son vieux maître, Jean Varraud. Il n’allait pas en plus perdre contre l’Espagne ! Au pre- mier corner qu’il tirera pourtant, devant la tribune des supporters espagnols, il entendra : « Au revoir Zinédine Zidane, au revoir. » Le car arrive au stade de Hanovre, il est tard, 19 h 50. Zidane, très élé- gant dans son costume sombre, se précipite. Un supporter le sollicite pour une photo. Il accepte, s’arrête, repart. Il pénètre dans son dernier stade. Ou peut-être pas. Le vestiaire français a été préparé deux bonnes heures auparavant par six membres du staff. À la place de chacun, Manu de Faria, l’intendant, a déposé la tenue d’échauffement. Se changer, comme on change de peau. Fabien Barthez, toujours le premier à

s’échauffer, est déjà prêt. Sur les écrans défile une longue interview de Zidane, son visage est en cou- leurs, en surimpression sur des

images de matches en noir et blanc. On le voit marquer contre le Brésil (3-0), le 12 juillet 1998, au Stade de France. On le voit crucifier le Bayer

Leverkusen d’une volée magique en finale de la Ligue des champions 2002 (2-1). On voit aussi sa sortie irritée et glacée à la 90 e minute de

France - Corée du Sud (1-1) à Leip- zig. Les Français pénètrent sur le terrain pour s’échauffer après les Espa-

gnols. Zidane double tout le monde, il veut être le premier. Dans son film Zidane, un portrait du XXI e siècle, il dit : « Quand on entre sur leterrain,

on entend la foule, sa présence, il y a du son, le son du bruit. » Son premier geste est d’aller saluer les supporters français. Puis commence un rituel d’échauffement avec des gestes inconscients. Zidane se frotte l’oreille, se gratte la barbe, crache. Son visage est aussi fermé que cette déclaration de son ex-équipier du Real Madrid, Raul : « J’espère que c’est son dernier match. » Lilian Thuram le rejoint. Les deux hommes parlent, s’expliquent, conversent longuement, loin du monde. Puis, Zidane s’empare du ballon et, du pied gauche, frappe au but. Comme une libération.

Il finit par embrasser Raul…

Barthez est rentré au vestiaire le premier. Zidane le suit à 20 h 40. Bientôt, ce sera le 782 e match de sa carrière. Bientôt il jouera son 9 e match de Coupe du monde. 20 h 50, Barthez est le premier dans le couloir. Voici Zidane, tout en blanc, comme à Bruges lors de la vic- toire contre l’Espagne (2-1) à l’Euro 2000. Il se retourne sans arrêt. À trois mètres de lui, Raul regarde ses chaussures, ne cherche pas à croiser son regard. 20 h 53, ils descendent les marches, les voilà. La Marseil- laise est huée, Zidane reste impertur- bable. Lors de l’échange des fanions, quand même, il finit par embrasser Raul. Son premier corner est un « up and under » de rugby, d’où le gar- dien Casillas sort vivant d’une mêlée confuse et violente. De la 12 e à la 17 e minute, il est Zidane. Il est d’abord jugé hors jeu, il en sourit dans un rictus, fait signe au juge de touche, il ne s’agissait que de quelques centimètres. Puis il donne un superbe ballon à Franck Ribéry, qui se fait contrer. Il faut deux Espa- gnols qui se jettent dans les jambes de Zidane pour l’empêcher de frap- per en très bonne position. Enfin, sa passe superbe en profondeur pour Thierry Henry est sauvée in extremis par Puyol. Zidane se bat, il défend. D’un double contrôle, il élimine deux Espagnols. À la 22 e minute, sa passe pour Henry est parfaite. Le centre de Titi à ras de terre n’est pas repris par Ribéry. Inexplicablement. Aussitôt

après, penalty pour l’Espagne. C’est la sanction du haut niveau. Zidane se rebelle dans ce mauvais passage. Il met un coup à Xabi Alonso. Enfin, à la 41 e minute, c’est la délivrance. Sur une passe de Vieira, Ribéry s’enfuit, dribble Casillas, égalise. Dans ce but du jeune Marseillais, fou de joie, il y a comme un passage de témoin, une époque qui s’achève, une autre qui commence. Dommage que, à la 43 e minute, Zidane ait hési- té à servir Henry. Mi-temps. Retrou- ver le calme du vestiaire.

Il quitte le terrain dans un rire

En seconde mi-temps, les Espagnols baissent un peu de rythme. La fati- gue aidant, Zidane n’est plus une superstar mais seulement un des onze. Il se bat, il se bat toujours. 73 e minute, Vieira s’échappe devant Torres, plaque sa main sur son visage. L’entraîneur Aragonés bon- dit, Vieira lui dit de se taire. Alors Zidane accourt du centre du terrain et hurle à Aragones : « Arrête, arrête. » 83 e minute, c’est l’instant décisif, il donne le coupfranc, la balle n’en finit plus de retomber, elle est prolongée par Xabi Alonso, but de la victoire de Patrick Vieira. La suite est l’histoire d’un camp retranché. À la 89 e minute, c’est Zidane et personne d’autre qui sort, d’un coup de tête, un corner espa- gnol très dangereux. Une minute plus tard, pour une faute sur Fabregas, il prend son carton jaune habituel. Alors, arrive l’instant magique, celui qu’on espérait, celui qu’on n’attendait plus. Zidane s’est échappé sur la gauche. Il bloque sa course, revient vers le centre, tire du pied droit, prend Casillas à contre- pied, 3-1 pour l’équipe de France, c’est gagné. Au coup de sifflet final, les Espagnols viennent l’embrasser. Thierry Henry tombe dans ses bras. Ils se dirigent tous vers le public français, Zidane les applaudit, tous les joueurs l’étrei- gnent, l’un après l’autre. Zidane quitte le terrain dans un rire, bras dessus, bras dessous avec Fabien Barthez. Il peut sortir par la grande porte. Le Brésil l’attend pour une revanche.

OLIVIER MARGOT

Le Brésil l’attend pour une revanche. OLIVIER MARGOT HANOVRE. – Sous les yeux de Puyol (à

HANOVRE. – Sous les yeux de Puyol (à gauche), Zidane s’envole au-dessus de Xabi Alonso (n o 14) et Pernia. Le Français aura marqué en fin de match, qualifiant définitivement les Bleus pour le quart face au Brésil. (Photo Stéphane Mantey)

29 juin>2 juillet GOLF NATIONAL Saint-Quentin-en-Yvelines 100 ans c’est grand www.opendefrance.fr
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Zidaneid a e n moimoi etet
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Chaque jour, un témoin ayant croisé la carrière de Zinédine Zidane évoque ses souvenirs. Aujourd’hui, PIERRE LABAT, ancien entraîneur adjoint des Girondins, qui l’a vu arriver à Bordeaux.

« Quand il a failli perdre la vie »

« QUAND IL EST ARRIVÉ À BORDEAUX, il avait vingt ans et déjà cette gentillesse, cette humilité, cette discré-

tion.Il venait de Cannes, ilest restéaux Girondins de juillet 1992 à juin 1996. Ce qui me lie à lui, c’est une affection véritable. Le privilège d’avoir partagé la même passion, le football. C’est la vie, tout simplement. C’est à Bordeaux, en effet, qu’il a épousé Véronique, et je me souviens telle- ment de la fête du mariage au Haillan. Son épouse et ses enfants ont toujours été pour lui le complément indispen-

sable de son épanouissement sur le terrain. La vie

failli la perdre dans un accident de voiture avant l’Euro 96.

Le patronde lasuccursaleBMW, quiavait vul’état duvéhi- cule, était stupéfait que Zizou ne soit pas mort. Et lui, quand il est revenu au Haillan, c’est avec une seule idée en tête : participer à l’Euro ! Tout a commencé le jour où Christophe Dugarry m’a parlé d’un joueur surdoué techniquement, qui était son équipier en sélection de jeunes. Pour moi, le passage de Zidane à

Il a

Bordeaux est indissociable de la présence de ses deux compères, Lizarazu et Dugarry, eux-mêmes formés au club. Un exploit de Zizou ? Celui qui a dû demeurer dans les mémoires des Sévillans. Le 6 décembre 1995, en hui- tième finale, il a lobé le gardien de 40 mètres, illustrant cette belle expression : la vision du jeu. Quand Rolland Courbis, pour le ménager, ne le retenait pas en équipe pre- mière, il se mettait à douter et ce doute l’empêchait de s’exprimer pleinement. Il venait alors s’entraîner avec l’équipe de CFA et, pour l’échauffement technique, je demandais à tous de reproduire des gestes qu’il avait inventés !

Pour tout ce qu’il a donné de différent au foot français, il mérite et a besoin d’être soutenu. À ceux qui ne voient aujourd’hui que ce qu’il ne fait pas, j’ai envie de crier qu’ils voudraient le voir tel qu’il a été alors qu’il est devenu le leader qu’il n’avait jamais été auparavant. »

Thuram n’a plus ses maillots du record

Recordman français des sélections (118 capes), Lilian Thuram n’a pas conservé ses deux maillots du match face au Togo (2-0), au cours duquel il a devancé Marcel Desailly. Le Turinois a échangé le premier avec le Togolais Adekanni Olufadé, tandis qu’il a promis de donner le deuxième à Alain Grémeaux, son président lorsqu’il évoluait aux Portugais de Fontainebleau. – J.-L. F.

LE PEN N’AIME GUÈRE LES BLEUS. – À propos de la Coupe du monde, le président du Front national jugeait lundi que la population française ne s’identifiait pas pleinement à son équipe nationale. « Peut-être l’entraîneur a-t-il exagéré la proportion de joueurs de couleur », a-t-il avancé. Hier, à La Grande-Motte (Hérault), avant Espagne-France, le leader du Front national a de nouveau mis en avant « cette impression que les Français ne se sentent pas complètement représentés, ce qui explique sans doute qu’il n’y ait pas la chaleur qu’il y avait il y a huit ans (en 1998). » Choqué par le fait que Barthez ne chante pas la Marseillaise, il a remarqué que Zinédine Zidane « ne la chante pas non plus et la marmonne un petit peu, il est un peu comme tous les footballeurs professionnels, le derrière entre deux chaises, car c’est un Français qui joue en Espagne ». Malgré tout, il « souhaitait sa victoire »…

s’est indigné le joueur du… FC Cologne. Streller s’en est pris à la FIFA qui, selon lui, a vendu « 95 % des billets à des Allemands, tandis que les supporters suisses n’ont pas pu en trouver ».

CRUYFF ACCUSE. – Dans une

chronique parue hier dans le quotidien néerlandais De Telegraaf, Johan Cruyff a dénoncé la ministre néerlandaise de l’Immigration, Rita Verdonk, la rendant carrément « coresponsable » de l’élimination des Orange par le Portugal en huitièmes de finale (0-1). Tout ça parce que ladite ministre avait refusé de naturaliser le joueur ivoirien du Feyenoord, Salomon Kalou, qui était assuré d’être sélectionné par Van Basten pour la Coupe du monde. « Un ministre doit servir les intérêts d’un pays, et elle ne l’a clairement pas fait, regrette Cruyff. À cause d’elle, le développement futur de l’équipe ne recevra pas d’impulsion supplémentaire. »

STRELLER ET L’AMBIANCE. – L’attaquant suisse Marco Streller a critiqué les spectateurs du stade de Cologne après l’élimination de la sélection helvétique par l’Ukraine (0-0, 0-3 aux t.a.b.), lundi soir. « Les gens chantaient “Lukas Podolski” ou “L’Allemagne va aller en finale”, c’est un manque total de respect »,

ERRATUM. – Le gardien

international ukrainien Oleksandr Chovkovsky s’est vu attribuer par erreur deux notes différentes dans notre édition d’hier. Il a bien été crédité de 7,5.

LA DISCIPLINE DE CANNAVARO.

– Le capitaine de l’équipe d’Italie a

mis mardi son excellente forme

depuis le début de la Coupe du monde sur le compte d’une recette à base de sexe, de sommeil et d’un bon régime alimentaire. « Pour un athlète, le comportement en dehors du terrain est aussi important que celui sur le terrain, a souligné le défenseur de la Juventus Turin. Bien manger, dormir tout son saoul et faire l’amour : tout cela est important. Le corps a besoin du bon carburant pour se sentir bien. Je ne fume pas et je ne bois jamais d’alcool, je n’ai jamais aimé ça. Je

mène une vie normale et saine. » Immanquablement interrogé sur la

fréquence de ses rapports sexuels, il

a répondu : « C’est quand je le veux, ça m’aide. »

IVANOV A FAIT LE PLUS DUR. – Après avoir distribué seize cartons jaunes et quatre rouges lors du huitième de finale Portugal - Pays-Bas (1-0), dimanche soir, l’arbitre russe Valentin Ivanov a

confié au journal Izvestia que ce fut

le match « probablement le plus

dur » qu’il ait eu à diriger dans sa carrière, « vu sa brutalité ». Sur les hommes en noir, Franz Beckenbauer, président du comité d’organisation de la Coupe du monde, a eu ce

commentaire : « Ils ne maîtrisent pas à 100 % la situation. »

NOUVELLES PELOUSES. – La pelouse des surfaces de réparation va être changée au Gottlieb-Daimler

stadion de Stuttgart, où se déroulera

la finale pour la troisième place.

Idem à Munich, mais seulement dans « quelques zones de surface de réparation à proximité de la ligne de

but », a précisé hier un porte-parole du comité d’organisation, plutôt

déçu par la qualité et surtout l’aspect extérieur des pelouses depuis le début du tournoi.

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F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) –

FOOTBALL

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE
F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE - FRANCE : 1-3

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

Ribéry sonne la révolte

UN HOMME DANS LE MATCH. – En égalisant avant la mi-temps, le Marseillais a remis les Français sur les bons rails.

HANOVRE

de notre envoyé spécial

DEPUIS LE DÉBUT de la Coupe du monde, Franck Ribéry avait déjà endossé plusieurs costumes. Celui de titulaire trop timoré face à la Suisse (0-0), de joker bouillonnant face à la Corée du Sud (1-1) ou encore de milieu droit malheureux contre le Togo (2-0). Alors qu’on attendait de lui qu’il fasse valoir sa qualité de passe, le voilà à présent buteur en équipe de France. Quoi de mieux qu’un hui- tième de finale de Coupe du monde, où la France est menée au score par une flamboyante équipe d’Espagne, pour ouvrir son compteur buts en Bleu ? Hier, on a cru pourtant uninstant que marquer dans les grandes occasions n’était définitivement pas son truc. Contre le Togo, déjà, il avait « ven- dangé » deux balles de but, par pré- cipitation. Une tendance qui se confirma lorsque sur un magnifique travail de Zidane suivi d’un centre d’Henry, le Marseillais rata sa reprise du gauche au premier poteau (23 e ), d’une manière si surprenante que Vieira derrière allait lui aussi man- quer la reprise. À genou, la mine dépité, le cadet des Bleus s’en vou- lut. Jusqu’alors, il ne brilla que par le fait de bloquer son couloir et de cou- rir après le ballon confisqué par les Espagnols en première mi-temps (59 % de possession de balle). Devant l’aisance technique du milieu de terrain espagnol, on lui avait visi- blement demandé de ne pas trop quitter son couloir droit, un poste qu’il avait déjà occupé contre le Togo, mais dans un système en 4-4-2. Ribéry qui aime participer au jeu, sans cesse provoquer et donner le tournis aux défenseurs adverses, s’épuisa à courir dans le vide sans trouver la solution. Lui qui avoua avoir le souffle coupé après deux minutes à peine de jeu face à la Suisse, géra cette fois beaucoup mieux ses efforts et ses courses. Aux premières loges lorsque Thuram fut sanctionné d’un penalty pour une faute sur Villa, il ne se doutait sans doute pas alors qu’il allait contribuer à ramener les Français dans la partie. Sur un une-deux limpide avec Vieira, le Turinois le lança sur orbite du pied gauche. Ribéry se retrouva seul face

à Casillas. Il déborda le portier madrilène sur le côté gauche puis frappa du gauche dans le but vide, malgré le retour désespéré de Pernia et de Puyol (41 e ) Dès lors, Ribéry entama une chevau- chée fantastique. À la manière de Pauleta, les bras écartés, il courut le long de ligne de touche, pour finir sa course folle dans les bras d’Alou Diarra.

Provocateur après la pause

La mi-temps n’était pas encore atteinte et les Bleus reprenaient l’ascendant psychologique sur les Espagnols. Mis en confiance par ce premier coup d’éclat, on retrouva, par intermittences, le vrai Ribéry après la pause. Provocateur à souhait, il fit à plu- sieurs reprises des misères à Pernia, le latéral gauche de Getafe, pourtant pas le premier venu. Avec une facilité déconcertante, il déborda ensuite Pernia dans la surface mais son centre en retrait devant la cage de Casillas trouva malheureusement le pied de Puyol (59 e ). À l’heure de jeu, on le vit enfin sortir de sa zone, permuter dans un pre- mier temps avec Malouda et se retrouver parfois en soutien de Zidane dans l’axe. S’il fut le joueur français qui provo- qua le plus de coups francs (cinq fautes subies sur lui), il toucha sim- plement 45 ballons dans le match et pesa moins que Zidane et Vieira dans les offensives françaises. En revanche, son implication dans le combat – on le vit notamment se prendre le bec avec Xabi Alonso, à la suite d’une explication entre Henry et Puyol – ne fit pas de doute. S’il récolta un avertissement stupide, pour avoir dégager le ballon alors que l’arbitre avait sifflé, il fut aussi le premier à tomber dans les bras de Zidane, lorsque son capitaine esto- qua l’Espagne. Au fil des matches, la présence de Ribéry devient une évidence. Hier, on comprenait mieux pourquoi, dans l’après-midi, Karl-Heinz Rumme- nigge avait déclaré que le Bayern Munich pensait faire de Ribéry sa priorité pour remplacer Michael Ballack.

JÉRÔME LE FAUCONNIER

pour remplacer Michael Ballack. JÉRÔME LE FAUCONNIER HANOVRE. – 41 e minute : sur une ouverture

HANOVRE. – 41 e minute :

sur une ouverture de Patrick Vieira, Franck Ribéry se présente seul devant Iker Casillas. Il le contourne sur la gauche et va égaliser malgré le retour de deux défenseurs espagnols. La France est relancée. (Photo Richard Martin)

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTE. CONSOMMEZ AVEC MODERATION. France 2006. BK. RCS Strasbourg
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTE. CONSOMMEZ AVEC MODERATION.
France 2006. BK. RCS Strasbourg 332 266 428.

De Charléty aux Champs-Élysées

Au stade Charléty, des milliers de personnes ont communié avec les Bleus avant d’envahir les Champs.

ont communié avec les Bleus avant d’envahir les Champs. STADE CHARLÉTY. – Le match n’a pas

STADE CHARLÉTY. – Le match n’a pas encore débuté mais plus un mètre carré de la pelouse du stade Charléty, dans le XIII e arrondissement de Paris, n’est libre. Les supporters français aussiétaient au rendez-vous. (Photo François Gille/L’Équipe)

AU CINÉMA, ON PEUT ARRIVER en retard. Même quand le film a commencé, il y a toujours une hôtesse pour vous indiquer un siège libre. Au stade Charléty, une demi-heure avant le coup d’envoi, il ne sert déjà plus à rien de s’engouf- frer sur la pelouse. Plus un mètre carré de disponible, le mini- mum vital pour s’accroupir, à moins de 80 mètres de l’écran géant. « Y a un monde fou ! s’exclame Virgine, qui n’avait pas encore regardé derrière elle. Encore plus que contre le Togo. Si ça continue comme ça, il faudra le Stade de France ! » Dans la foule, bien sûr, on est pour les Bleus. Et devant les caméras de télévision, on n’hésite pas à le montrer, à grands renforts de maillots de la France embrassés et de drapeaux agités. Devant un tel élan patriotique, c’est sans surprise que l’hymne espagnol est copieusement sifflé. « Mais ce n’est pas méchant, traduit Damien. C’est juste qu’on aimerait vraimentrevivre 1998. Alors, onfait ce qu’on peut pour aider la France. » D’ailleurs, pas de jaloux : il n’y a pas de Marseil- laise dans le stade, ou si peu. Trop dur de se coordonner et surtout d’entendre la musique, malgré la dizaine de haut- parleurs.

Charléty se met à trembler

26 e minute, la bonne humeur ambiante en prend pourtant unsacré coup. Une altercationéclate aumilieu dela pelouse. Jet de fumigène, tout le monde se lève, commence à râler. Et comme si l’attention détournée du match se reflétait à l’écran,la France concède un penalty.L’arbitre en sera quitte pour une chanson à sa gloire, reprise en chœur par les mil- liers de personnes de l’assemblée. « Y en amarre des erreurs d’arbitrage. L’Espagnol se laisse tomber », maugrée un ado au maillot frappé du coq. La tension monte d’un coup. Jusque-là, les Bleus faisaient plutôt bonne impression à tout le monde. Et voilà que les doutes sont partout perceptibles. « C’est mort, entend-on

déjà. Si on avait pris l’Ukraine, ça aurait été plus facile. » Heureusement, l’égalisation de Ribéry vient raviver la flamme, en même temps que les fumigènes s’embrasent. Cris, soulagement. Les paquets de chips se mettent à voler. Rien à voir cependant avec l’explosion que provoque le but de Vieira. En une fraction de seconde, les gradins de Charléty se mettent à trembler. Le voisin inconnu devient un ami que l’on a envie de prendre dans ses bras. Le terrain a des allures de piste de danse sur laquelle on serait prêt à s’épuiser jus- qu’à pas d’heure. Et puis il y a ce vacarme assourdissant, comme pour exorciser les quatre années de frustration vécues par les supporters depuis quatre ans. L’œuvre de Zizou en fin de match n’est qu’une réplique du séisme qui vient de secouer le stade, la dimension de la providence en plus. Au coup de sifflet final, nombreux sont ceux qui veulent res- ter sur la pelouse pour ressentir encore ces émotions qui semblaient déjà loin. « C’est reparti comme avant ! se réjouit Céline, au son de la fanfare. On peut encore faire quelque chose de grand. Il fallait qu’on affronte une grande équipe pour nous mettre en jambes. » À l’autre bout du terrain, Moussa, lui, est en sueur. À dix ans, il a beaucoup crié et sauté. Pas pour le match des Bleus, pour le sien. Avec ses copains, il a réussi à dégotter un petit bout de terrain vert pour taper dans le ballon. « Ici, on est vrai- ment bien, dit-il. Pour le prochain match, c’est sûr, je revien- drai » . Une fois le match fini, la fête s’est déplacée vers les Champs- Élyséesoù des centaines de supporteurs ont envahi la chaus- sée comme aux plus beaux jours de 1998. « Allez Zizou » , « Mais où ils sont les Espagnols ? » , à minuit les Champs- Élysées,noirsde monde,s’apprêtaientàvivreune bellerépé- tition avant le France - Brésil de samedi.

DAVID FIOUX

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F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) –

FOOTBALL

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE
F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE - FRANCE : 1-3

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) – ESPAGNE

Des stars pour l’étoile

Futur adversaire des Bleus, le Brésil, avec ses joueurs exceptionnels, n’a qu’une obsession : une sixième étoile sur le maillot auriverde.

DORTMUND

de notre envoyé spécial

ILS NE RESPIRENT PAS qu’un air stratosphérique : la passivité de Ronaldo avant son doublé face au Japon (4-1) ; la discrétion d’Adriano malgré son but contre l’Austra- lie (2-0) ; l’irrégularité de Ronaldin- ho ; l’autorité parfois très discutée du secteur défensif, même s’il n’a cédé qu’une fois lors des quatre matches disputés jusqu’ici. Non, la lumière n’habite pas toujours le Brésil. Elle ne l’a même que très peu escorté depuis son arrivée en Allemagne. Mais il y a, sans doute, une part de malentendu entre les espérances soulevées par l’aligne- ment d’un carré offensif hors normes – Kaka, Ronaldinho, Ronaldo, Adria- no (ou Robinho) – et ce que les inté- ressés entendent vraiment faire de cette Coupe du monde. Le monde attend d’eux qu’ils glissent de la beauté dans leurs gestes. Eux ne sont obsédés que par un geste, un seul : soulever la Coupe le 9 juillet à Berlin. Ce serait leur sixième titre

Le bilan de la France contre le Brésil

4 nuls 5 3 dé faites victoires Buts pour 17
4
nuls
5
3 dé
faites
victoires
Buts pour
17
Buts contre 21
Buts contre
21

mondial, autant que l’Allemagne et l’Italie réunies. « Le show, je vais vous dire ce que c’est. Le show, en Coupe du monde, c’est de gagner ! » Lorsque les médias brésiliens invoquent le « vrai football brésilien » comme passe- port pour la gloire, Carlos Alberto Parreira, soixante-trois ans, leur ren- voie inlassablement le même écho. Celui de cette distorsion entre le cli- ché du futebol samba et cette néces- sité de victoire qui, à ses yeux, dépasse toute considération esthé- tique. Il est le mieux placé pour savoir qu’un sélectionneur auriverde n’est respecté que dans le succès. Disparu il y a trois mois, Télé Santana était aimé du peuple or et vert parce que la Seleçao était belle à regarder pendant les Mondiaux 1982 et 1986. Parreira n’est pas adulé au Brésil ; il est infiniment respecté parce qu’il fut l’homme qui ramena la Coupe du monde au pays, en 1994, après vingt-quatre ans de quête vaine. Au fond, ce technicien méconnu en Europe (il n’a entraîné qu’à Valence et à Fenerbahçe) n’a pas évolué dans son discours : pas de promesses, que des objectifs. Mais, douze années après le succès de la Seleçao aux États-Unis, il a changé d’idée sur la façon de gagner, parce que les joueurs ont changé. Aux États-Unis, il s’était appuyé sur un 4-3-1-2 ; en Allemagne, il cherche à faire valider la pertinence d’un nouveau système

en 4-4-2, avec deux milieux créa- teurs excentrés (Kaka à droite, Ronaldinho à gauche) et seulement deux milieux récupérateurs. Institué en mars 2005, consacré par la Coupe des Confédérations rem- portée trois mois plus tard (sans

Ronaldo), ce schéma dit du « carré magique » a été utilisé treize fois en

matches officiels. Bilan : neuf vic- toires, deux nuls, deux défaites ;

trente-trois buts marqués, douze encaissés. Efficace, assurément, même s’il en ressort une petite curio- sité. Hier, face au Ghana, l’associa- tion de Ronaldo et d’Adriano devant Kaka et Ronaldinho, ce carré « idéal » dans l’esprit de Parreira, n’était réuni que pour la quatrième fois. C’est pour beaucoup le clin- quant de ces noms qui a élevé le Bré- sil au rang d’immense favori de la compétition. Une donnée, cepen- dant, a parfois été sous-estimée :

plusieurs de ses cadres, les Ronaldo, Adriano, Cafu, Roberto Carlos ou autre Dida, s’extirpent à peine d’une saison grisâtre, marquée par les blessures et un niveau en baisse.

Les fantômes du 12 juillet 1998

Autre constat à ne pas négliger, et qui peut expliquer le visage parfois hésitant de la Seleçao : plusieurs des titulaires habituels n’évoluent pas à leur poste de prédilection. Emerson, Zé Roberto, Kaka, Ronaldinho et Adriano ont une position ou une mis- sion différente en club. C’est aussi pour ça que Parreira, s’il sent poindre un trop grand risque de déséquilibre, n’a jamais exclu de changer le sys- tème, contre la France ou un autre adversaire. Cette option se nourrit aussi du volume du banc. Le plus galactique des bancs, peut-être, dont les figures de proue se nom- ment Robinho, Juninho, Cicinho et Gilberto Silva. On pourrait presque y ajouter Fred, cet homme qui n’a joué que cinq minutes en Coupe du monde mais qui a trouvé le temps d’inscrire un but (contre l’Australie). Elles sont là, les forces du Brésil de Parreira, dans cette masse de talents capables de faire la différence. Mais le talent pèse peu sans discipline. Et pour cette Seleçao au parcours rela- tivement dégagé jusqu’en quart de

DORTMUND. – Kaka a été, hier contre le Ghana, le symbole d’un Brésil toujours dangereux
DORTMUND. – Kaka a été, hier contre le Ghana, le symbole d’un Brésil toujours dangereux : il a mal ajusté de nombreuses passes, mais il a
réussi celles qui ont amené les deux premiers buts.
(Photo Alain de Martignac)
Enfin un coffret pour tout connaître de la plus grande compétition de football de la
Enfin un coffret pour tout connaître de la plus grande compétition de football de la pla-
nète. On y retrouve toutes les finales et les grands moments de l’équipe de France vus par
les Unes de L’Équipe ainsi que l’histoire des 17 Coupes du monde dans un livre de 32 pages.
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finale, comme en 2002, il flottera un parfum de premier grand test samedi à Francfort, face à ces Bleus sur les- quels les regards brésiliens demeu- rent particuliers. La France, pour eux, n’est pas une équipe comme les autres. Elle est la seule, depuis le hui- tième de finale du Mondiale 1990 perdu face à l’Argentine (0-1), à avoir eu la peau du Brésil en Coupe du monde lors d’un match à élimina- tion directe. Il y aura des fantômes, c’est certain, samedi dans la tête de Cafu et de Roberto Carlos, présents au Stade de France le 12 juillet 1998.

Dans celle de Ronaldo également, qui avait été titularisé, presque hagard, quelques heures à peine après d’obscures convulsions. Il y aura le fantôme de Zidane, devenu un mythe français par son doublé face au Brésil. Deux têtes qui hantent parfois les discours des joueurs bré- siliens, un brin complexés depuis sur les coups de pied arrêtés défensifs. Le Brésil a toujours attendu une revanche, comme s’il lui fallait prou- ver qu’une défaite en finale d’une Coupe du monde ne pouvait être qu’accidentelle. Il est intimement

convaincu qu’un destin de cham- pion, à nouveau, l’attend. Parce qu’il est persuadé de (presque) tout pos- séder : des joueurs doués, de la puis- sance, de l’expérience, de l’intelli- gence. Dans son rôle de modérateur, Parreira répète cette phrase : « Nous sommes humains, pas galac- tiques ! » Les Bleus s’en sont aper- çus, eux aussi, depuis le temps : les ambitions ne se construisent pas que dans l’imaginaire.

JÉRÔME TOUBOUL

Trilogie dans les étoiles

France et Brésil se sont déjà rencontrés trois fois en phase finale de Coupe du monde. Cela ne fut jamais banal…

1958 : ce diable de Pelé…

BRÉSIL - FRANCE : 5-2 (2-1)

24 juin 1958 à Stockholm (demi-finale)

Rasunda Stadium. 27 100 spectateurs. Arbitre : M. Griffiths (pays de Galles). Buts. – BRÉSIL : Vava (2 e ), Didi (39 e ), Pelé (52 e , 64 e , 75 e ) ; FRANCE : Fontaine (9 e ), Piantoni

(82 e ). BRÉSIL : Gilmar – De Sordi, Bellini (cap), Orlando, N. Santos – Zito, Didi – Garrincha, Vava, Pelé, Zagallo. Entraîneur : V. Feola. FRANCE : Abbes – Kaelbel, Jonquet (cap), Lerond – Penverne, Marcel – Wisnieski, Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent. Entraîneur : A. Batteux.

PARTIS DISPUTER cette Coupe du monde dans une indifférence polie, les Tricolores d’Albert Batteux et Paul Nicolas en reviennent avec une inat- tendue 3 e place et le qualificatif de « héros de Suède », qu’ils portent encore aujourd’hui. Dès leur premier match contre le Paraguay (7-3), ils enthousiasment le public scandinave, sous la direction de Raymond Kopa,

stratège génial, et de Just Fontaine, buteur irrésistible. Les voilà en demi-finale, sous le regard d’une France médusée qui peut enfin voir ses représentants à la télévision ! Hélas, le Brésil est très fort, trop fort, surtout pour une équipe réduite à dix dès la 26 e minute par la blessure de Jonquet (fracture du péroné). En ce temps-là, les remplacements ne sont

pas autorisés en match officiel… Le 9 e but de Fontaine dans la compétition n’entretient l’espoir qu’une demi- heure, celui de Piantoni vient seule- ment adoucir une addition que Pelé, prodige de dix-sept ans, vient à l’inverse alourdir : il inscrit trois buts, lui qui a pris en route le train du succès en succédant, à l’occasion du 3 e match des Brésiliens, à un certain « Mazzo- la » qui s’illustrera ensuite en Italie sous son vrai nom : Altafini !

Mais au sein de cette équipe de rêve, le futur « Roi » est merveilleusement entouré. D’ailleurs, en finale, la Suède, à onze, ne fera pas mieux que la France (5-2) face aux Garrincha, Didi, Zagallo, Vava, Zito, Gilmar, Nilton Santos, et autre Bellini, rayonnant capitaine.

1986 : le chef-d’œuvre de Guadalajara

FRANCE - BRÉSIL : 1-1 a.p. (1-1, 1-1, 4-3 aux t.a.b.)

21

juin 1986 à Guadalajara (quart de finale)

StadeJalisco.65 677spectateurs.Arbitre:M. Igna(Roumanie).Buts.–FRANCE:Pla- tini (42 e ) ; BRÉSIL : Careca (17 e ). FRANCE : Bats – Amoros, Bossis, Battiston, Tusseau – Giresse (Ferreri, 84 e ), Tigana, L.Fernandez,Platini(cap)– Stopyra,Rocheteau(Bellone,99 e ).Entraîneur: H.Michel. BRÉSIL : Carlos – Josimar, Cesar, Edinho, Branco – Alemao, Elzo, Junior (Silas 91 e ), Socrates (cap) – Muller (Zico, 72 e ), Careca. Entraîneur : T. Santana.

ELIMINÉS de bien dure façon du Mondial 82, champions d’Europe en 1984, les Bleus de Michel Platini (Ballon d’Or en 1983, 1984 et 1985) sont, pour la toute première fois, au nombre des favoris d’une Coupe du monde ! Un statut qu’ils ont parfaite- ment justifié au tour précédent (8 e de finale) en éliminant l’Italie (2-0), championne en exercice.

Cette fois pourtant, face aux artistes Brésiliens (auxquels tout le monde promettait quatre ans plus tôt le titre), on craint que la barre ne soit placée un peu trop haut. Bien que rapidement menés au score, les joueurs d’Henri Michel – qui a succédé à Michel Hidal- goaprès l’Euro 84– ne s’affolent paset réalisent un match superbe, l’un des plus beaux sans doute de toute l’his-

toire de l’équipe de France. Comme le Brésil de Socrates n’est pas en reste, le spectacle est superbe, avec des séquences de jeu très longues, le bal- lon ne sortant guère des limites qu’à l’occasionde tirsmal cadrés.Peu avant la pause, Platini égalise, en dépit d’une tendinite tenace qui va le perturber durant tout ce Mondial. C’est son 41 e et dernier but chez les Bleus. Puis Joël Bats arrête un penalty de Zico qu’il a lui-même provoqué (73 e ). On en vient à la prolongation puis aux tirs au but où, contre toute attente, échouent les grands techniciens que sont Socrates et Platini ! Mais pas le dernier tireur, Luis Fernandez qui, en changeant de côté au dernier moment, expédie la France en demi-finales…

1998 : champions du monde !

FRANCE - BRÉSIL : 3-0 (2-0)

12 juillet 1998 à Saint-Denis (finale)

Stade de France. 78 000spectateurs.Arbitre : M. Belqola (Maroc).Buts : Zidane (27 e , 45 e ), Petit (90 e ). Avertissements. – France : Desailly (47 e et 68 e ), Deschamps (38 e ),

Karembeu (55 e ) ; Brésil : Junior Baiano (34 e ). Expulsion : Desailly (68 e ). FRANCE: Barthez–Thuram,Lebœuf,Desailly,Lizarazu–Djorkaeff(Vieira,75 e ),Des- champs(cap),Petit,Karembeu(Boghossian,57 e ) –Zidane–Guivarc’h(Dugarry,66 e ). Entraîneur : A. Jacquet. BRÉSIL : Taffarel – Cafu, Aldair, Junior Baiano, Roberto Carlos – César Sampaio (Edmundo, 74 e ), Dunga (cap), Rivaldo, Leonardo (Denilson, 46 e ) - Bebeto, Ronaldo. Entraîneur : M. Zagallo.

QUI AURAIT PU imaginer cela ? Beaucoup de réserves sont émises sur les chances de victoire finale de l’équipe de France avant ce Mondial. C’est ainsi que les joueurs, parce qu’ils ont été critiqués à la télévision, refu-

sent en bloc de participer à Téléfoot avant l’ouverture du tournoi. Depuis l’investiture d’Aimé Jacquet, les Bleus ont aligné huit 0-0 et dix 1-0… Malgré le talent de Zidane et l’éclosion d’une belle génération, il n’est pas évident

d’envisager qu’ils puissent, même à domicile, aller au bout.

C’est pourtant ce qui va arriver : les Français, bien que sans véritable buteur, accèdent au dernier acte. Aimé Jacquet alerte ses joueurs sur les fai- blesses des Brésiliens sur coups de pied arrêtés.

Notamment au premier poteau. C’est là qu’un Zidane, exceptionnel au cours de toute la rencontre, va les cueillir à deux reprises sur des corners de Petit puis de Djorkaeff. L’expulsion de Desailly fera à peine trembler les Bleus qui termineront en beauté sur une contre-attaque menée par Dugarry, Vieira et conclue par Petit.

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MERCREDI 28 JUIN 2006

F O O T B A L L ÉQUIPE DE FRANCE

FOOTBALL

F O O T B A L L ÉQUIPE DE FRANCE
F O O T B A L L ÉQUIPE DE FRANCE

ÉQUIPE DE FRANCE

F O O T B A L L ÉQUIPE DE FRANCE

« Je suis fort dans ma tête »

DJIBRIL CISSÉ, venu encourager les Bleus, était hier soir un invité particulier du stade de Hanovre.

On ne l’avait ni revu ni entendu depuis cet instant dramatique où une double fracture tibia-péroné (jambe droite), lors du match amical France-Chine (3-1) à Saint-Étienne, avait tristement changé son des- tin à deux jours del’ouverture dela Coupe du monde.Hier après-midi, il nous convia tout près de l’hôtel des Bleus avant d’aller les encoura- ger en tribune. Sans états d’âme, ni tristesse, ni sensiblerie, il parais- sait revanchard et plus solide que jamais.

HANOVRE

de notre envoyée spéciale

« AU STADE Geoffroy-Gui- chard, avez-vous de suite com- pris que c’était fini ?

– Oui, à cause de l’expérience de la

dernière fois (le 30 novembre 2004, il s’était fracturé l’autre jambe face aux Blackbum Rovers). Je savais que la Coupe du monde était terminée, mais je ne me suis pas effondré. Ce n’est pas dans mon caractère. Non, ni tristesse ni angoisse, ça, c’est pas moi. Je rebondis de suite. J’ai passé ma radio, on m’a dit ce que c’était… peut-être que d’avoir connu la même sensation avec l’autre jambe m’a un peu calmé sur le moment. Mais moi, je ne baisse jamais la tête, je ne me laisse jamais aller. Dans quatre mois, je reviens et voilà.

C’est ce que vous vous disiez sur la civière ?

– C’est clair.

Même quand Trezeguet

marque sous vos yeux, “à votre place” ?

– Je n’ai eu aucun sentiment à ce

moment-là. Moi, je suis concret et j’attends mon heure. Ce n’était pas mon heure. Et à aucun moment, je ne mesuis ditque ma carrièreétait finie. Ce n’est jamais fini. Je serai présent à la prochaine Coupe du monde. Je vais faire une bonne saison et mar- quer des buts… Je pense déjà aux qualifs de l’Euro !

Donc le souvenir de l’instant

de la cassure à Saint-Étienne n’est pas si noir que cela ?

– … Pfff… non, dans mon esprit, ce

n’était pas un tunnel noir. C’était

juste douloureux… mais une dou- leur physique, pas psychologique. Je suis très costaud.

Alors parions… quand nous

donnez-vous rendez-vous sur un terrain ?

– Les médecins ont dit octobre. Moi,

je vais essayer de gratter un peu de

temps sur leurs pronostics ! Je dirais… fin septembre !

Ces dernières semaines,

avez-vous été touché par cer- tains messages d’encourage- ment ?

– J’ai reçu des appels de petits gar-

çons et de petites filles qui m’ont beaucoup touché. C’est ce qui m’émeut le plus, les enfants…

Avant votre accident, on se

disait que Grégory Coupet était bien seul, avec toute la

misère du monde sur les épaules…

– Mais c’est mieux d’être numéro 2

que pas là du tout. Je voudrais dire à Grégory et aux autres remplaçants :

“Prenez du bon temps, même si vous

ne jouez pas. Accrochez-vous, bat- tez-vous, car il y a plus grave que votre situation et plus grave que la mienne. Ne faites pas la gueule parce que vous ne jouez pas, car on a eu l’immense chance d’être dans les 23. Des millions de personnes aime- raient être à notre place. Alors savourez.”

Où puisez-vous cette force

mentale ?

– Du fait d’avoir pris ces cinq

matches de suspension et de n’avoir

pas pu faire l’Euro 2004. Cela vient peut-être de mon enfance aussi. Elle

a été très dure, et je me suis forgé un

Êtes-vous

patient

de

caractère très tôt. Cela doit remonter

nature ?

 

si loin. Je suis dur et fort dans ma

Oui, il le faut. Il faut que l’os se

tête.

solidifie. Il fautprendre son temps. Et

Finalement, votrementalest

plus solide que vos os ?

– Carrément, oui. En même temps,

je ne sais pas si mon corps est vrai- ment fragile car avant ma première blessure en 2004, je n’avais rien eu.

Que vous inspire la blessure

de Michael Owen ?

– Que je préfère ma blessure à la sienne.

Avez-vous suivi le parcours

des Bleus à la télévision ?

– Bien sûr, à la maison. Contre le

Togo, le suspense était grand mais j’avais confiance.

Malgré la suspension de

Zinédine Zidane ?

– Je pense qu’il y a beaucoup de

qualités dans ce groupe et je pense

aussi qu’on a démontré que même sans Zizou, on pouvait réussir à faire des bonnes choses… Les gens atten- dent peut-être un peu trop de Zizou.

Ils lui mettent trop de pression. C’est

mon avis. Je ne sais pas comment il peut gérer ça. C’est lourd… je lui tire vraiment un coup de chapeau.

« Le pire,

c’était l’Euro 2004 »

On dit qu’à tout malheur, un

bonheur. Et dans votre cas ?

– Dans mon malheur, je suis chan-

ceux quand même. Cela aurait pu vraiment se compliquer. J’aurais pu être amputé de la jambe gauche en 2004. Et là, je n’ai pas de fracture ouverte, pas de problème de liga- ment ou de genou… la fracture est nette. Et puis mon bonheur, c’est que ma fille et mon fils grandissent bien.

À part ça, tout va bien !

Vous avez commencé votre

rééducation ?

– J’ai commencé avec les kinés de

Liverpool et je pars au CERS de Saint- Raphaël la semaine prochaine.

je pense qu’après avoir eu deux jambes cassées, je serai deux fois

plus fort.

Et vous exprimerez cette

force à Marseille ?

– Je ne sais pas encore. J’attends,

j’attends. Et je ne pense qu’à ma jambe.

Vous avez eu peur que ce

rêve marseillais ne

s’effondre ?

– Euh, oui… quand tu entends que

tu ne reprendras qu’au mois d’octobre… je comprends que cela refroidisse les clubs. Si ça doit se

faire, ça se fera.

Est-ce le pire moment de

votre carrière ?

– Non, car c’est une blessure phy-

sique et il n’y avait rien à faire. Le pire, c’était l’Euro et ces cinq matches de suspension.

Car il y avait en plus le poids de la culpabilité ?

mais c’était pas mérité.

C’était lourd. Ça m’a fait plus “ch…” qu’aujourd’hui.

N’êtes vous pas triste d’être

privé duFrance-Brésil desame- di ?

– Non, je suis très heureux parce que

je me sens encore dans le groupe. Je

ne dis pas " ils " ont gagné, mais " on " a gagné. J’aurais aussi dit " on " a perdu si cela avait été le cas et j’aurais quand même été très fier d’eux, avec toutes les critiques qu’on a pris dans la gueule. Je suis toujours avec eux et je l’ai toujours été. On s’est appelé très souvent, surtout avec Sylvain (Wiltord), Thierry (Hen- ry) et Jean-Alain (Boumsong). Et s’ils

– Oui

sont champions du monde, je me sentirai aussi un peu champion avec

eux ! Pas complètement, non, mais

un peu.»

CHRISTINE THOMAS

HANOVRE. – Appuyé sur ses béquilles, Djibril Cissé est venu encourager, hier, ceux qu’il devait
HANOVRE. – Appuyé sur ses béquilles, Djibril Cissé est venu encourager, hier, ceux qu’il devait accompagner
sur les terrains d’Allemagne. Jusqu’à son accident contre la Chine au début du mois. (Photo Richard Martin)
Jusqu’à son accident contre la Chine au début du mois. (Photo Richard Martin) MERCREDI 28 JUIN

MERCREDI 28 JUIN 2006

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F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale)

FOOTBALL

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale)
F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale)

COUPE DU MONDE (huitièmes de finale)

F O O T B A L L COUPE DU MONDE (huitièmes de finale)
ALLEMAGNE - Suède : 2-0 ARGENTINE - Mexique : 2-1 ITALIE - Australie : 1-0
ALLEMAGNE - Suède :
2-0
ARGENTINE - Mexique :
2-1
ITALIE - Australie :
1-0
Suisse - UKRAINE :
0-0
ANGLETERRE -
É
quateur :
1-0
PORTUGAL - Pays-Bas :
1-0
BR
É
SIL - Ghana :
3-0
Espagne -
FRANCE
1-3
a.p.
0-3 aux t.a.b.
Samedi 24 juin,
Lundi 26 juin,
Dimanche 25 juin,
Dimanche 25 juin,
Hier,
Hier,
à
Munich
à
Leipzig
à
Kaiserslautern
Lundi 26 juin,
à
Cologne
à
Stuttgart
à
Nuremberg
à
Dortmund
à
Hanovre
Quarts
ALLEMAGNE - ARGENTINE
ITALIE - UKRAINE
ANGLETERRE - PORTUGAL
BRÉSIL -
FRANCE
de finale
en re
ju n,
en re
ju n,
ame
ju
et,
ame
ju
et,
17 heures,
à
Berlin
21 heures,
à
Hambourg
17 heures,
à
Gelsenkirchen
21 heures,
à
Francfort
Mardi 4 juillet,
Mercredi 5 juillet,
À partir des huitièmes de finale, les
matches sont disputés selon un système
d’élimination directe. En cas d’égalité à
l’issue du temps réglementaire, les deux
équipes disputent une prolongation de
deux périodes de quinze minutes. Il n’y a
ni but en or ni but en argent. Si le score est
toujoursnul à l’issue des prolongations,le
vainqueur est désigné après une séance
de tirs au but.
Les joueurs expulsés au cours d’un match
sont automatiquement suspendus au
moins pour le match suivant. Les joueurs
qui récoltent deux avertissements au
cours de deux matches différents sont
aussi automatiquement suspendus pour
le match suivant.
N.B. : les joueurs des équipes qualifiées
qui ont reçu un seul carton jaune au pre-
mier tour repartent de zéro à partir des
huitièmes de finale.
21 heures,
à
Dortmund
21 heures,
à
Munich
200
3
e place
Auteur du deuxième but brésilien
hier contre le Ghana (3-0), Adriano a
marqué le 200 e but du Brésil en
Coupe du monde. Les quintuples
champions du monde devancent
l’Allemagne (186) et l’Italie (116).
Samedi 8 juillet,
21 heures,
à
Stuttgart
« C’est quand je le veux. »
Finale
manc e
ju
e ,
20 heures,
à
Berlin
Du défenseur italien Fabio Cannava-
ro, interrogé sur la fréquence de ses
rapports sexuels pendant la Coupe
du monde.
A
B
C
D
E
F
G
H
ALLEMAGNE - COSTA RICA
4-2
ANGLETERRE - PARAGUAY
1-0
ARGENTINE - C
TE D
IVOIRE
2-1
MEXIQUE - IRAN
3-1
É
TATS-UNIS - R
É
PUBLIQUE TCH
È
QUE
0-3
AUSTRALIE - JAPON
3-1
COR
É
E DU SUD - TOGO
2-1
ESPAGNE - UKRAINE
4-0
POLOGNE -
É
QUATEUR
0-2
TRINIT
-ET-TOBAGO - SU
DE
0-0
SERBIE-MONT
ÉNÉ
GRO - PAYS-BAS
0-1
ANGOLA - PORTUGAL
0-1
ITALIE - GHANA
2-0
BR
É
SIL - CROATIE
1-0
FRANCE
-
SUISSE
0-0
TUNISIE - ARABIE SAOUDITE
2-2
ALLEMAGNE - POLOGNE
1-0
ANGLETERRE - TRINIT
-ET-TOBAGO
2-0
ARGENTINE - SERBIE-MONT
ÉNÉ
GRO
6-0
MEXIQUE - ANGOLA
0-0
PUBLIQUE TCH
QUE - GHANA
0-2
JAPON - CROATIE
0-0
FRANCE
-
COR
É
E
DU SUD
1-1
ARABIE SAOUDITE - UKRAINE
0-4
É
QUATEUR - COSTA RICA
3-0
SU
È DE - PARAGUAY
1-0
PAYS-BAS - C
Ô
TE D
IVOIRE
2-1
PORTUGAL - IRAN
2-0
ITALIE -
É
TATS-UNIS
1-1
BR
É
SIL - AUSTRALIE
2-0
TOGO - SUISSE
0-2
ESPAGNE - TUNISIE
3-1
É
QUATEUR - ALLEMAGNE
0-3
SU
È DE - ANGLETERRE
2-2
PAYS-BAS - ARGENTINE
0-0
PORTUGAL - MEXIQUE
2-1
PUBLIQUE TCH
QUE - ITALIE
0-2
JAPON - BRESIL
1-4
TOGO -
FRANCE
0-2
ARABIE SAOUDITE - ESPAGNE
0-1
COSTA RICA - POLOGNE
1-2
PARAGUAY - TRINIT
-ET-TOBAGO
2-0
TE D’IVOIRE - SERBIE-MONT
ÉNÉ
GR
O
3-2
IRAN - ANGOLA
1-1
GHANA -
É
TATS-UNIS
2-1
CROATIE - AUSTRALIE
2-2
SUISSE - COR
É
E
DU SUD
2-0
UKRAINE - TUNISIE
1-0
Pts
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N.
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N.
P.
p.
c.
Diff.
Pts
J.
G.
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P.
p.
c.
Diff.
Pts
J.
G.
N.
P.
p.
c.
Diff.
1
ALLEMAGNE
9
3
3
0
0 +6
8
2
1 ANGLETERRE
7
3
2
1
0
5
2
+3
1 ARGENTINE
7
3
2
1
0
8
1
+7
1 PORTUGAL
9
3
3
0 +4
0 1
5
1
ITALIE
7
3
2
1
0
5
1
+4
1 BR
É
SIL
9
3
3
0
0
7
1
+6
1 SUISSE
7
3
2 0
1
4
0
+4
1 ESPAGNE
9
3
3
0
0
8
1
+7
2
É
QUATEUR
6
3
2
0
1 +2
5
3
2 SU
È
DE
5
3
1
2
0
3
2
+1
2 PAYS-BAS
7
3
2
1
0
3
1
+2
2 MEXIQUE
4
3
1
1 +1
1 2
4
3
GHANA
6
3
2
0
1
4
3
+1
2 AUSTRALIE
4
3
1
1
1
5
5
0
2 FRANCE
5
3
1 2
0
3
1
+2
2 UKRAINE
6
3
2
0
1
5
4
+1
3
Pologne
3
3
1
0
2 -2
2
4
3 Paraguay
3
3
1
0
2
2
2
0
3 Cô
te d
Ivoire
3
3
1
0
2
5
6
-1
3 Angola
2
3
0
2 Ré
1 3
1
2
-1
p. tch
è
que
3
3
1
0
2
3
4
-1
3 Croatie
2
3
0
2
1
2
3
-1
3 Cor
é
e du Sud
4
3
1
1
1
3
4
-1
3 Tunisie
1
3
0
1
2
3
6
-3
4
Costa rica
0
3
0
0
3 -6
3
9
4 Trinit
é
-et-Tobago
1
3
0
1
2
0
4
-4
4 Serbie-Mont
éné
gro
0
3
0
0
3
2
10
-8
4 Iran
1
3
0
1 -4
2 4
2
6
É
tats-Unis
1
3
0
1
2
2
6
-4
4 Japon
1
3
0
1
2
2
7
-5
4 Togo
0
3
0
0
3
1
6
-5
4 Arabie Saoudite
1
3
0
1
2
2
7
-5
0 3 1 6 -5 4 Arabie Saoudite 1 3 0 1 2 2 7 -5
0 3 1 6 -5 4 Arabie Saoudite 1 3 0 1 2 2 7 -5

1. Klose (Allemagne), 4 buts.

1 3 0 1 2 2 7 -5 1. Klose (Allemagne), 4 buts. 1. Schweinsteiger (Allemagne)
1 3 0 1 2 2 7 -5 1. Klose (Allemagne), 4 buts. 1. Schweinsteiger (Allemagne)

1. Schweinsteiger (Allemagne) ; Aloisi

2. Podolski (Allemagne) ; Crespo, Maxi Rodriguez (Argentine) ; Ronaldo (+ 1) (Brésil) ; Fernando
2. Podolski (Allemagne) ; Crespo, Maxi
Rodriguez (Argentine) ; Ronaldo (+ 1)
(Brésil) ; Fernando Torres, Villa (+ 1)
(Espagne), 3 buts.
(Australie) ; Cafu (+ 1) (Brésil) ; E. Men-
dez (Équateur) ; Vieira (+ 1) France) ;
Totti (Italie) ; M. Mendez (Mexique) ; Figo
(Portugal) ; Kalinitchenko (Ukraine) ;
8. Gerrard (Angleterre) ; Cahill (Austra-
Jaziri (Tunisie), 2 passes.
lie) ; Adriano (+ 1) (Brésil) ; Wanchope
(Costa Rica) ; Aruna Dindane (Côte
d’Ivoire) ; A. Delgado, C. Tenorio (Équa-
teur) ; Henry, Vieira (+ 1) (France) ;
Bravo (Mexique) ; Bosacki (Pologne) ;
Maniche (Portugal) ; Rosicky (République
tchèque) ; Frei (Suisse) ; Chevtchenko
(Ukraine), 2 buts.
23. Frings, Lahm, Neuville (Allemagne) ;
Beckham, J. Cole, Crouch (Angleterre) ;
Flavio (Angola) ; Al-Jaber, Al-Kahtani
(Arabie Saoudite) ; Cambiasso, Messi,
Saviola, Tevez (Argentine) ; Aloisi,
Kewell,Moore (Australie) ; Fred, Gilberto,
Juninho, Kaka, Zé Roberto (+ 1) (Brésil) ;
Ahn Jung-hwan, Lee Chun-soo, Park-Ji-
sung (Corée du Sud) ; Drogba, Kalou,
B. Koné (Côte d’Ivoire) ; R. Gomez (Costa
Rica) ; N. Kovac, Srna (Croatie) ; Kaviedes
(Équateur) ; Juanito, Raul, Xabi Alonso
(Espagne) ; Dempsey (États-Unis) ; Ribé-
ry (+ 1), Zidane (+ 1) (France) ;
Appiah, Dramani, Gyan, Muntari (Gha-
na) ; Bakhtiarizadeh, Golmohammadi
(Iran) ; Gilardino, Iaquinta, F. Inzaghi,
Materazzi,Pirlo,Totti (Italie) ; Nakamura,
Tamada (Japon) ; J. Fonseca, Marquez,
Zinha (Mexique) ; Cuevas (Paraguay) ;
Robben, Van Nistelrooy, Van Persie (Pays-
11. Ballack, Odonkor, Klose, Schneider
(Allemagne) ; Beckham, J. Cole (Angle-
terre) ; Zé Kalanga (Angola) ; Al-Hawsa-
wi, Noor (Arabie Saoudite) ; Crespo, Mes-
si, Riquelme, Saviola, Sorin, Tevez
(Argentine) ; Cicinho, Gilberto, Juan,
Kaka (+ 1), Ricardinho (+ 1), Ronaldin-
ho, Ronaldo (Brésil) ; Song Chong-gug,
Cho Jae-jin (Corée du Sud) ; Centeno, R.
Gomez (Costa Rica) ; Aruna Dindane, A.
Keita (Côte d’Ivoire) ; A. Delgado,
Kaviedes, Valencia (Équateur) ; Fabregas,
Puyol, Reyes, Xavi (Espagne) ; Beasley
(États-Unis) ; Ribéry, Wiltord (+ 1)
(France) ; Appiah, Gyan (Ghana) ; Mah-
davikia (Iran) ; Perrotta, Pirlo (Italie) ;
AlexSantos(Japon) ; Franco, Pardo,Zinha
(Mexique) ; Santa Cruz (Paraguay) ; Rob-
ben, Van Persie (Pays-Bas) ; Krzynowek,
Zurawski(Pologne) ; Pauleta, Simao (Por-
tugal) ; Grygera, Nedved (République
tchèque) ; P. Djordjevic, Stankovic (Ser-
bie-Monténégro) ; Allbäck, Edman, Lin-
deroth (Suède) ; Barnetta, Lustrinelli, H.
Yakin (Suisse) ; Romao (Togo) ; Chevt-
chenko (Ukraine), 1 passe.
Bas)
etc
En italique, les joueurs et les pays élimi-
nés.

ALLEMAGNE

Pas d’entraînement pour Klose et Ballack

Oliver Kahn, Miroslav Klose et Michael Ballack n’ont pas participé à l’entraîne- ment d’hier matin, par une forte chaleur, au stade am Wurfplatz qui jouxte le stade olympique. Kahn a été pris de maux d’estomac et de nausées à son arrivée aux vestiaires et il a aussitôt été reconduit au camp de base de l’équipe allemande. Klose et Ballack ont effectué une séance individuelle de régénéra- tion dans la salle de sport de l’hôtel de la sélection. Touché à un pied face à la Suède, Ballack avait déjà été exempté de la séance de dimanche. Hier, l’enca- drement de l’équipe d’Allemagne a assuré « que tout allait bien » et que sa participation au match de vendredi contre l’Argentine n’était pas remise en cause. – E. C.

ANGLETERRE

Eriksson s’interroge

Avant le quart de finale contre le Portugal samedi à Gelsenkirchen, la partici- pation de Gary Neville (mollet), indisponible depuis trois matches, constitue la seule interrogation de l’équipe d’Angleterre avec… le schéma tactique de Sven-Göran Eriksson. Le sélectionneur pourrait, en effet, changer une nou- velle fois de direction pour abandonner le 4-1-4-1 adopté contre l’Équateur (1-0) et revenir au 4-4-2 pour mettre plus de pression sur la défense portugaise avec les deux mètres de Peter Crouch, resté sur le banc en huitièmes. Cela aurait aussi l’avantage de permettre à Rooney de décrocher un peu et de s’ouvrir plus d’espaces. – J.-M. R.

ITALIE

Nesta très incertain

Au lendemain de la qualification pour les quarts de finale, à laquelle il n’a pas participé en raison d’une blessure aux adducteurs, Nesta a fait une courte apparition sur le terrain d’entraînement de Duisbourg, Il passera de nouveaux examens ce matin. « Ça évolue bien, mais il ne sera pas facile de le récupérer contre l’Ukraine vendredi », a reconnu le médecin de la sélection. Materazzi étant suspendu, Barzagli (25 ans, Palerme), entré contre l’Australie (1-0), pourrait donc être titularisé. Ouvert au public, l’entraînement s’est déroulé dans une ambiance festive, rapidement retombée lorsque les joueurs ont appris le drame de l’ancien international Gianluca Pessotto (voir page 14), nouveau team manager de la Juventus et ancien coéquipier de plusieurs d’entre eux à la Juve et en équipe nationale. Dans l’après-midi, Zambrotta et Del Piero ainsi que Ciro Ferrara, un des adjoints de Lippi et également ancien coéquipier de Pessotto, sont partis pour Turin en avion privé. Ils devaient reve- nir dans la soirée. – C. Ru.

privé. Ils devaient reve- nir dans la soirée. – C. Ru. La rue avec eux CANCALE.-
privé. Ils devaient reve- nir dans la soirée. – C. Ru. La rue avec eux CANCALE.-
privé. Ils devaient reve- nir dans la soirée. – C. Ru. La rue avec eux CANCALE.-
La rue avec eux CANCALE.- Une victoire en huitièmes de finale et voilà la France
La rue avec eux
CANCALE.- Une victoire en huitièmes de finale et voilà la France qui retrouve de la voix et
des couleurs ! Dans les rues de Cancale, en Ille-et-Vilaine, comme dans nombre de com-
munes françaises, les supporters ont retrouvé la voix et les drapeaux. Et France-Brésil,
dans trois jours, fait monter la passion… (Photo André Durand/AFP)
1 : catastrophique
1 : catastrophique

2 : très mauvais

3 : mauvais

4 : médiocre

5 : moyen

6 : assez bon

7 : bon

8 : très bon

9 : exceptionnel

10 : parfait N.B. : seuls les joueurs ayant joué au moins 45 minutes sont notés.

les joueurs ayant joué au moins 45 minutes sont notés. NOTE ★✩✩✩✩✩ : spectacle sans intérêt
les joueurs ayant joué au moins 45 minutes sont notés. NOTE ★✩✩✩✩✩ : spectacle sans intérêt

NOTE ★✩✩✩✩✩ : spectacle sans intérêt ★★✩✩✩✩ : spectacle médiocre ★★★✩✩✩ : spectacle moyen ★★★★✩✩ : spectacle agréable ★★★★★✩ : spectacle très agréable ★★★★★★ : spectacle exceptionnel

Les notes des matches d’avant-hier Note maxi : 6 n ernau es de ourna s
Les notes
des matches
d’avant-hier
Note maxi : 6
n ernau es
de
ourna s es
de
Italie - Australie (1-0)
2,18
2
Suisse - Ukraine (0-0, 0-3 aux t.a.b.)
1,73
1

Nombre de votants :

Italie - Australie, 9 778 votes. Suisse - Ukraine, 6 155.

: Italie - Australie, 9 778 votes. Suisse - Ukraine, 6 155. Trente-deux ans après, la

Trente-deux ans après, la Coupe du monde s’est réinstallée en Allemagne. Trente-deux pays y participent et, pendant trente-deux jours, nous vous conterons une histoire se rapportant à l’un d’eux.

WÜRSBURG

de notre envoyé spécial

FOUDROYÉE PAR L’ÉLIMINATION de son équipe nationale (« la Nati ») survenue à l’issue de l’exercice des tirs au but lundi à Cologne, boulever- séepar le long chagrin télévisé de Ludovic Magnin, la Suisse n’est plus aujourd’hui cette « charmante et verte Confédération » chère au commun, mais un torrent de larmes, versées par près de sept millions et demi de citoyens. Ce que ni la politique ni la religion, et encore moins l’économie, n’était jamais arrivée à réaliser, un simple match de foot- ball l’a fait : depuis trente-six heures, Alémaniques, Romands, Tessinois et Romanches ont désormais ceci en commun, cela durera ce que cela durera, d’être d’abord et avant tout des « Suisses ». Pareil constat en ce pays n’est pas rien. Oui, il aura suffi que trois footballeurs confédérés, Streller, Barnetta et Cabanas, s’y prennent à peu près aussi mal que Didier Six et Maxime Bossis en leur temps à Séville pour que la « Barrière de rösti » (1) – sorte de rideau de fer « géographi- co–gastronomique » – saute, pour que germano- phones et francophones tombent dans les bras les uns des autres afin de tenter de se consoler. Sur ce point, beaucoup de témoignages aujourd’hui le

confirment : on a vu, à Zurich, à Bâle, à Berne, à Genève ou à Lausanne multitude de gestes de « fraternisation » entre communautés, des choses devenues « impensables depuis des années » au sein de l’helvète société si on en croit notre savou- reux confrère du Matin, Pierre Nusslé. C’est bien simple ; le dernier exemple d’une telle unité natio- nale, d’une semblable douleur transcendée, remonterait à plus d’un demi-siècle ! C’était à

BARRIÈRE

(Suisse)

l’occasion, déjà, d’une Coupe du monde, encore d’une défaite suisse – face à l’Autriche (7-5), en quart de finale –, toujours un 26 juin, celui de l’an 1954 cette fois-là. Entre ces deux dates, cinquante-deux années ont passé et la cohabitation s’est délitée. Zurich s’est tournée vers Francfort, Lugano vers Milan et Genève, suffisamment occupée à ses petites affaires, s’est recroquevillée sur son nombril. Si à Lausanne onse prononçait pour le « oui » à l’occa- sion d’une « votation », à Bâle ce serait forcément « non » – et vice versa. Les Vaudois appellent

d’ailleurs « Nein Säger » « Ceux qui disent non » – leurs compatriotes demeurant au nord de la frontière définie précédemment. Jusqu’à l’équipe nationale qui a eu à souffrir de cette fracture tribale. Norbert Eschmann, qui débuta sa carrière internationale durant le Mondial 1954 puis participa huit ans plus tard à celui disputé au Chili, ce très fin joueur qui termina sa vie professionnelle comme journaliste reconnu, nous expliquait ainsi que pendant des décennies « la guerre des clans a sévi en sélection ». Très manichéenne : d’un côté les Romands, « tenants d’un football offensif », de l’autre les Aléma- niques, qui partaient du principe qu’il « était impossible de rivaliser [avec les grandes nations] sans un jeu défensif débouchant sur des contre- attaques ». Très caricaturale aussi, « puisque, explique Nusslé, “allemands” et francophones ne partageaient jamais la même chambre ». Depuis qu’il a pris en main la génération des « Titans » (2), Jakob (« Köbi ») Kuhn est parvenu à gommer tout cela. Et à faire de « la Nati » la fille aînée d’une Suisse venant de se découvrir une identité.

PATRICK LEMOINE

(1) Le rösti est une galette de pommes de terre râpées. (2) Demi-finalistes en 2002 de l’Euro Espoirs.

LA MÉTÉO ALLEMANDE

LA MÉTÉO ALLEMANDE

LA MÉTÉO ALLEMANDE
21 11 24 14 Berlin Potsdam ALLEMAGNE UKRAINE Hanovre Marienfield PORTUGAL Dortmund Aerzen Duisbourg FRANCE
21
11
24
14
Berlin
Potsdam
ALLEMAGNE
UKRAINE
Hanovre
Marienfield
PORTUGAL
Dortmund
Aerzen
Duisbourg
FRANCE
Leipzig
ITALIE
23
Cologne
Bergisch-Gladbach
BRÉSIL
Fra cfort
24
NurembergN
27 14
16
Kaiserslautern
27
Herzogenaurach
16
ARGENTINE
StuStuttgart
Baden-Baden
Munich
ANGLETERRE
26
16
Les camps de base
des 8 qualifiés

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PAGE 10 MERCREDI 28 JUIN 2006

MERCREDI 28 JUIN 2006

Au Vieux Campeur L’enseigne symbole de La Montagne et du Choix ! Bientôt les vacances

Au Vieux Campeur

L’enseigne symbole de La Montagne

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MERCREDI 28 JUIN 2006

MERCREDI 28 JUIN 2006 PAGE 11

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FOOTBALL COUPE DU MONDE (huitièmes de finale) BRÉSIL - GHANA : 3-0
FOOTBALL
COUPE DU MONDE (huitièmes de finale)
BRÉSIL - GHANA : 3-0

Le Brésil s’est préservé

La Seleçao ne s’est pas épuisée pour battre un Ghana valeureux mais naïf. Elle s’est gardée, aussi, de faire le spectacle…

DORTMUND

de notre envoyé spécial

AU VU DE LA TENSION qui va désormais escorter son parcours à partir des quarts de finale, il faut pro- bablement renoncer à l’idée de voir le Brésil et son « carré magique » se mouvoir dans un jeu pétillant et époustouflant. Son match contre le Ghana, hier, aura confirmé que la Seleçao n’est pas venue en Alle- magne pour éblouir. Elle n’y est « que » pour étoffer un palmarès, le plus touffu, déjà, du football mon- dial. On ignore si cela relève d’une force un peu insondable ou si cela s’attache au standing moyen des adversaires qu’il a croisés jusqu’ici, mais le Brésil n’a encaissé qu’un but depuis le début de la compétition. Ce quasi-hermétisme ne doit pas leur- rer : une fois de plus, hier, comme contre la Croatie (1-0) et l’Australie (2-0), les champions du monde ont essuyé une pluie de tentatives adverses. Dida a tenu le coup, la défense centrale Lucio-Juan en a sauvé quelques-uns. Mais samedi, à Francfort, en quarts, le Brésil ne pourra laisser perdurer ses légèretés d’hier dans le pressing. Il lui faudra, aussi, retrouver cette détermination à s’emparer du jeu qui lui avait per- mis de dompter le Japon (4-1), jeudi dernier, et qui sembla plus habiter les Ghanéens, hier. Le Brésil a-t-il laissé venir cet adver- saire pour mieux exploiter les place- ments parfois naïfs de son bloc ? Ou s’était-il trop imbibé de la consigne de Parreira d’éviter les contacts ? Sa possession de balle sur l’ensemble du match (48 %) est la plus faible depuis le début du tournoi, et c’est en première période qu’elle toucha le fond (46 %). Le meilleur pressing, ce fut le Ghana qui l’exerça, même s’il tomba assez rapidement dans l’écueil des fautes : au bout de dix minutes, deux cartons jaunes avaient déjà sanctionné l’engage- ment des Africains. L’ardeur à récupérer le ballon et à le porter vers l’avant rapidement n’est rien sans un minimum de précision, dans la passe supposée décisive comme dans les tirs. Des frappes, le Ghana en aura accumulé assez pour estimer être tombé la tête haute, mais sans jamais déceler l’angle qui aurait forcé Dida à abdiquer.

Onzième victoire d’affilée en phase finale

Ses meilleures occasions ? Un tir lointain de Dramani (19 e ), une tête plein axe de Mensah sauvée par le pied droit de Dida (42 e ), une frappe enroulée de Gyan captée en deux temps par le gardien brésilien (69 e ). Et unautre essai de Gyan, dugauche, encore bloqué par Dida (80 e ). Les Ghanéens auront commis l’erreur fatale de ne faire fructifier aucune de ces opportunités, eux qui avaient pourtant pris les champions du monde par le bon bout, les pres- sant haut, formant un bloc très res- serré de sept joueurs devant leur gar-

un bloc très res- serré de sept joueurs devant leur gar- dien, sur certaines phases de

dien, sur certaines phases de jeu. Un peu comme l’Italie face à l’Australie, le Brésil laissa se développer l’impression qu’il était prenable. Impression vite piétinée : à la mi- temps, la Seleçao menait 2-0, après avoir exploité de grossières erreurs d’alignement de la défense des Black Stars. Sur le premier but, Kaka surfa sur un positionnement déficient des laté- raux ghanéens pour lancer Ronaldo, plein axe. Accélération, passement de jambes et frappe de l’extérieur du droit : un but pour l’Histoire, le quin- zième de l’attaquant brésilien en

Coupe du monde, désormais seul recordman du genre, devant l’Alle- mand Gerd Müller (14 buts). Sans baigner dans la lumière, Kaka fut pourtant impliqué dans les mou- vements décisifs de la Seleçao. Le Milanais se trouva à nouveau à l’ori- gine du deuxième but lorsqu’il trou- va Cafu sur son côté droit. Le centre du capitaine auriverde finit sur le genou d’Adriano et le ballon entra dans le but. Le mouvement avait été rapide, beau, tranchant. Petit souci, néanmoins : l’attaquant de l’Inter Milan était en position de hors-jeu sur l’action.

À 2-0, le Brésil, qui s’était relative- ment peu foulé auparavant, passa la seconde mi-temps à gérer. Sans beaucoup plus verrouiller son bloc, puisque le Ghana continua, par vagues régulières, à se mettre en position de tir. Parreira profita sur- tout de la dernière demi-heure pour tester un système en 4-3-2-1 lorsque Adriano laissa sa place à Juninho. Le Lyonnais alla se placer devant Gil- berto Silva, qui avait remplacé Emer- son à la pause, et sur la droite de Zé Roberto. Devant ce trident, un duo Kaka-Ronaldinho tenta d’alimenter un Ronaldo renaissant. Pour tout

dire, on revit peu le buteur brésilien, hormis sur un tir croisé que détourna Kingston (88 e ). Trois minutes plus tôt, Zé Roberto avait définitivement bouclé le dossier, sur une belle passe en profondeur de Ricardinho, l’ancien Bordelais. Il se dit que le football est un jeu qui se joue à onze et où, à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne. Depuis son naufrage du 12 juillet 1998 face aux Bleus (0-3), le Brésil en est quand même, depuis hier, à onze victoires consécutives en Coupe du monde…

JÉRÔME TOUBOUL

consécutives en Coupe du monde… JÉRÔME TOUBOUL Le s c hiffres d u m at ch

Les chiffres

en Coupe du monde… JÉRÔME TOUBOUL Le s c hiffres d u m at ch Tirs

du match

Tirs Tirs contr és Source : LTD
Tirs
Tirs contr
és
Source : LTD
1100000
1100000

Le nombre de fautes commises par le Ghana durant cette Coupe du monde. Record provisoire de l’épreuve.

DORTMUND. – Il ne reste plus que six minutes et dix Ghanéens sur le terrain. Zé Roberto devance la sortie de Richard Kingston et marque le troisième but brésilien. (Photo Alain de Martignac)

Huitième de finale r s ana 3 : 0
Huitième de finale
r
s
ana
3
:
0
Robertorto CCarlos PaintsilPaint 5,5 4,5 Ronaldinhoaldin AppiaA h 4,5 cap., 4,5 Zé RobertoRobe MensahMensn
Robertorto CCarlos
PaintsilPaint
5,5
4,5
Ronaldinhoaldin
AppiaA
h
4,5
cap., 4,5
Zé RobertoRobe
MensahMensn
JJuanan
Adrianoano
Gyan
6,5
7
6,5,
4,54
55
DidaDida
Muntari
E. Addo
KingstKingstingsings on
6,5
5
4 6,5
LLuciocio
Ronaldoald
AmoAm ah
Illiasu
Illi
6,5
Emersonmerso
6,5
4,5
5,5,
5
Kaka
Dramani
Cafu
6
3,5
Pappoappoe
cap.,ap., 6,56
3,5
Kaka Dramani Cafu 6 3,5 Pappoappoe cap.,ap., 6,56 3,5 BRÉSIL - GHANA : 3-0 (2-0) ★★★✩✩✩

BRÉSIL - GHANA : 3-0 (2-0) ★★★✩✩✩

Ronaldinho déçoit encore

LES JOUEURS. – Le Ballon d’Or n’a toujours pas évolué à son meilleur niveau depuis le début de la compétition.

DORTMUND.

de nos envoyés spéciaux

BRÉSIL

DIDA (6,5) : impeccable sur toutes les tentatives cadrées des Ghanéens. Le Milanais a encaissé un seul but depuis le début de la Coupe du monde et il ne le doit pas seulement à la qualité des défen- seurs qui le protègent. CAFU(6,5) : comme pour prouver que ses vieilles jambes se portent parfaitement, le capitaine bré- silien (trente-six ans) a multiplié les montées dan- gereuses dans le dernier quart d’heure. LUCIO (6,5) : toujours aussi impressionnant défensivement. Le Munichois est aussi à l’origine de l’ouverture du score. JUAN (6,5) : la rigueur de ses interventions a fait un bien immense en première période, quand son équipe peinait à freiner les attaques adverses. ROBERTO CARLOS (5,5) : ses appels de balle sont toujourstranchants, en revanche laprécision avait disparu. EMERSON (5) : il a commencé la partie au petit trot et n’a jamais semblé capable d’accélérer. À l’évidence diminué, il a laissé sa place au repos à GILBERTO SILVA (6), dont la placide activité a été précieuse.

ZÉ ROBERTO (6,5) : dans la lignée de ses pre- miers matches. Précieux à la récupération, précis dansses transmissions et plein depunch, il a ajou- té à ces qualités son premier but dans la compéti- tion. KAKA (6) : le Milanais a abondamment égaré les ballons, mais il est à l’origine des deux premiers buts. Ça sauve largement son match. Relayé par RICARDINHO, passeur décisif sur le troisième but. RONALDINHO (4,5) : il a plutôt bien tiré ses coups francs mais a de nouveau abusé de longs ballons imprécis. Quelques gestes techniques pour rappeler, par éclairs, qu’il est le meilleur joueur du monde. ADRIANO (4,5) : lancé seul au but, il perd face à Kingston le duel qui aurait pu plier la rencontre au bout d’un quart d’heure à peine. Décevant, il peut remercier l’arbitre d’avoir accordé son but alors qu’il avait été en position de hors-jeu d’un bout à l’autre de l’action. Remplacé par un JUNINHO très en jambes (61 e ). RONALDO (6,5) : le Brésil arrive seulement en quart de finale et son étoile a déjà rempli sa mis- sion personnelle. Il a désormais marqué trois fois depuis le début de l’épreuve, portant son total en Coupe du monde à quinze unités. Sa forme phy- sique n’est pas encore étincelante mais elle est de

plus en plus présentable. Le Madrilène est capable d’effectuer de vrais appels et en toute fin de match il a surésister au retour de Mensah. Cela prouve l’étendue du chemin parcouru depuis sa piteuse prestation face à la Croatie (1-0).

GHANA

KINGSTON (6,5) : il fut si souvent laissé seul devant les Brésiliens qu’en dépit des trois buts encaissés il n’eut rien à se reprocher. Des réflexes importants comme sur une tête de Paintsil, son coéquipier, ou de Cafu en fin de match. PAINTSIL (4,5) : rarement bien placé, il eut beaucoup de mal sur les ballons longs, sur les transversales. Mais il offrit des solutions offen- sives qui auraient pu être mieux exploitées. MENSAH (7) : le vrai patron de la défense. Solide dans les airs, présent au duel, il faillit même mar- quer un but égalisateur de la tête. Il s’imposa sou- vent devant les attaquants brésiliens. ILLIASU (5,5) : pas grand-chose à se reprocher sur l’ensemble de la rencontre. Un ton au-dessous de son compère de l’axe, toutefois. PAPPOE(3,5): comme le latéraldroit,son place- ment laissa à désirer. Trop souvent pris dans son dos par Cafu, il couvrit le départ de Ronaldo sur l’ouverture du score. MUNTARI (5) : il fut le véritable régulateur du

milieu. Dans ses moments forts, le Ghana fut dominateur. Mais ce ne fut pas souvent le cas APPIAH (4, 5) : très décevant. Il joua souvent à contretemps, ne choisissant que rarement la bonne solution. Il ne délivra jamais la passe juste et ne fut pas assez direct dans son jeu. E. ADDO (4) : le remplaçant d’Essien devait ini- tier le pressing sur les passeurs : il ne le fit jamais. Quand on joue la ligne aussi haut, il faut être capable de couper la relation technique vers les attaquants. A raté son match. Remplacé par BOATENG (60 e ), un peu plus présent. DRAMANI (3,5) : trop de déchets techniques, de passes approximatives. L’enjeu tétanisa peut- être le milieu droit. AMOAH (4,5) : beaucoup de courses et d’appels mais un manque flagrant d’efficacité. Il ne cadra quasi pas une frappe et oublia surtout d’être spontané… Remplacé par TACHIE-MENSAH (70 e ), remuant. GYAN (5) : lui aussi eut un mal fou devant le but. Dommage, car ses prises de balle, ses courses furentsouvent intéressantes.Maison attendd’un buteur qu’il marque quand les occasions se pré- sentent… Expulsé pour deux cartons.

RÉGIS DUPONT et HERVÉ PENOT

Temps frais. Pelouse en bon état. 65 000 spectateurs environ. Arbitre : M. Michel (SLQ).

Remplacements. – 46 e : Emerson par GILBERTO SILVA

Kaka par

RICARDINHO. Non utilisés : Rogerio Ceni (g.), Julio Cesar (g.), Cicinho, Luisao, Cris, Gilberto, Mineiro, Fred. Absent : Robinho (cuisse). Entraîneur : C. A. Parreira.

LES BUTS

(note :

6) ;

61 e : Adriano par JUNINHO ;

83 e

:

Remplacements. – 60 e : E. Addo par BOATENG ; 70 e : Amoah par TACHIE-MENSAH.

Non utilisés : Adjei (g.), Owu (g.), Sarpei, Kuffour, Mohammed,