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LES CONDITIONS DE VIE ET DE TRAVAIL UN TISSERAND EN soteRiES (1840) atelier, remarquablement sale et pauvre, conte- nait quatre métiers. Deux filles de seize et dix-huit ans et un garcon de vingt-deux ans y travaillaient. Enfin, un pauvre petit de cing ans 4 un tout petit métier, il travaillait debout, parce que, me dit sa mere, il n'y avait pas de siége assez bas pour lui Six énormes pains étaient entassés dans un coin. La famille mange soixante livres de pain par semaine. La mére, femme vive, énergique, jeune encore mal 8ré ses neuf enfants, est I'ame de la maison. De petites soupentes contenaient les lits du pére et des huit enfants; le neuviéme était en nourrice. La seule chose qui consolait un peu l’ame dans ce tableau de misére, c’était que la famille travaillait seule et n’admettait point de compagnons. Michelet, journal DANs UNE FILATURE A LYON « Des jeune filles de dix a vingt ans sont forcées de travailler depuis 4 ou 5 heures du matin jusqu’a 10 et 11 heures du soir, méme jusqu’a minuit; tres souvent sous prétexte que louvrage presse, on leur fait passer la nuit entiére... Mais aussi que l'on Consulte le registre de décés des hospices de Lyon, et l'on verra que, sur 100 décas occasionnés par I'épuisement et les maladies de la poitrine, il y a au moins les deux-tiers de jeunes filles sortant des ate- liers de dévidage de Lyon. 1I y a des ateliers ou pas ne seule apprentie ne passe deux ou trois ans sans aller faire un stage dans les hdpitaux, » Le Progrés, 1" avril 1870 DANS UNE FILATURE DE LA REGION D’AMIENS. |Ifallait se lever de grand matin pour entrer 3 la fabrique au coup de cloche de cing heures moins le quart. Le moindre retard impliquait une amende, et a la troisiéme récidive on était congédié avec un mauvais certificat qui vous mettait dans Vimpossi- bilité de trouver a se caser dans la contrée. Mais malgré tous ces inconvénients, la situation des ouvriers de fabrique était bien plus tolérable Que celle des ouvriers en chambre. Rien n’est plus abrutissant que le travail dans un local étroit, quoi qu'il paraisse plus libre. L'ouvrier en chambre res- pire toute la journée les émanations malsaines du charbon et de I'huile nauséabonde qu’il chautfe; une famille enti@re est ainsi a demi asphyxiée dans un espace de quelques metres carrés. » N. Truquin, Mémoires et aventures d'un prolétaire a travers la Révolution Lol REGLEMENTANT LE TRAVAIL DES ENFANTS Louis Philippe, Roi des Frangais, & tous présents et venir. Salut. Article premier. - Les enfants ne pourront étre employés que sous les conditions déterminées par la présente loi, 1° Dans les manufactures, usines et ateliers 2 moteur mécanique ou a feu continu, et dans leurs dépendances; 2° Dans toute fabrique occupant plus de vingt ouvriers réunis en atelier. Art. ll. - Les enfants devront, pour étre admis, avoir au moins huit ans. De huit a douze ans, ils ne pourront étre employés au travail effectif plus de huit heures sur vingt-quatre, divisées par un repos. De douze a seize ans, ils ne pourront étre employés au travail effectif plus de douze heures sur vingt-quatre divisées par des repos. Ce travail ne pourra avoir lieu que de cing heures du matin a neuf heures du soir. Art. Ill. — Tout travail entre neuf heures du soir et cing heures du matin est considéré comme travail de nuit. Tout travail de nuit est interdit pour les enfants au-dessous de treize ans. Si la conséquence du chomage d’un moteur hydraulique ou des réparations urgentes exigent, les enfants au-dessus de treize ans pourront tra- vailler la nuit, en comptant deux heures pour trois, entre neuf heures du soir et cing heures du matin. Un travail de nuit des enfants ayant plus de treize ans, pareillement supputé, sera toléré, s'il est reconnu indispensable, dans les établissements a feu continu dont la marche ne peut pas étre sus- pendue pendant le cours des vingt-quatre heures. Art. IV, — Les enfants au-dessous de seize ans ne pourront étre employés les dimanches et jours de fetes reconnus par la loi. Art. V.~Nul enfant agé de moins de douze ans ne pourra étre admis qu’autant que ses parents ou tuteur justifieront qu’il fréquente actuellement une des écoles publiques ou privées existant dans la localité. Tout enfant admis devra, jusqu’a l’age de douze ans, suivre une école. Les enfants agés de plus de douze ans seront dis- pensés de suivre une école, lorsqu’un certificat, donné par le aire de leur résidence, attestera quiils ont recu instruction primaire élémentaire. Art, Vil ~ Des réglements d'administration publique pourront: 1° Etendre a des manufactures, usines ou ate- lies, autres que ceux qui sont mentionnés dans l'article premier, application des dispositions de la présente loi 2° Flever le minimum de |’age et réduire la durée du travail déterminés dans les articles deuxiéme et troisiéme, 3 gard des genres d’in- dustrie od le labeur des enfants excéderait leurs forces et compromettrait leur santé; 3° Déterminer les fabriques ot, pour cause de danger ou d'insalubrité, les enfants au-dessous de seize ans ne pourront point étre employés; 4° Interdire aux enfants, dans les ateliers ot ils sont admis, certains genres de travaux dangereux ou nuisibles; 5° Statuer sur les travaux indispensables a tolérer de la part des enfants, les dimanches et fétes, dans les usines a feu continu ; 6° Statuer sur les cas de travail de nuit prévus par Varticle troisiéme. (...) Art. XII.— En cas de contraventions a la présente loi et aux réglements d’administration publique rendus pour son exécution, les propriétaires ou exploitants des établissements seront traduits devant le juge de paix du canton et punis d’une amende de simple police qui ne pourra excéder quinze francs. Loi du 22 mars 1841 Industrie Ardennaise — Forges et Clouteries de MOHON Lefort et Cie - Fabrication des Pointes CLOUTERIE EN 1880 rtementales denne: