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DROIT DES OBLIGATIONS (Semestre 1)

Année universitaire 2012/2013 -AES Deuxième année

Cours de M. le Professeur P.Y. VERKINDT

Leçon 4 : L’intégrité du consentement 2 : L’erreur et le dol

La théorie des vices du consentement : origines et devenir

I : Le consentement erroné : l’erreur

A

: La définition de l’erreur

1

: Quelques illustrations

2

: L’erreur : sens commun et sens juridique

B

: Les différents types d’erreurs en droit commun des contrats

1

: L’erreur sur la valeur et l’erreur sur les motifs du contrats : ne sont jamais des vices du

consentement

2

: L’erreur sur la personne du contractant est parfois un vice du consentement

3

: L’erreur sur la substance est un vice du consentement

C

: Les caractères de l’erreur , vice du consentement

1

: L’erreur ne doit pas être inexcusable

2

: L’erreur doit être « commune »

II : Le consentement abusé : le dol ou tromperie

A

: La définition du dol

1

: Quelques illustrations

2

: Tromperie, manœuvres frauduleuses et réticence

B

: Les caractères du dol, vice du consentement

1

: Le dol émane du contractant

2

: Le dol a déterminé le consentement

TRAVAUX DIRIGES/SEANCE 5/ L’ ERREUR ET LE DOL

OBJECTIF PEDAGOGIQUE

Cas pratiques :

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1/ Lors d'une vente aux enchères publiques, organisée par la société NATIONALE, hôtel des ventes, Madame DUGOMMIER, antiquaire s’est porté acquéreur d'une coupe de cristal montée sur un socle en bronze argenté. Pourtant, elle a ensuite refusé de prendre livraison de l’objet et d'en payer le prix en alléguant son mauvais état. La société NATIONALE a alors assigné Madame DUGOMMIER en paiement de la somme de 3 000 euros correspondant au prix d'adjudication augmenté des frais. Invoquant que son consentement n’était pas intègre, Madame DUGOMMIER a sollicité l'anéantissement de la vente pour erreur ; cela lui a été refusé en 1° instance. Croyez-vous qu’elle puisse utilement interjeter appel de cette décision, alors que l’acheteuse prétend quelle s’est fondée sur les indications du catalogue, sur la photographie de l'objet et sur les réponses données par la société NATIONALE aux questions qu'elle avait posées antérieurement à la vente sur l'état de l'objet, qui selon elle, ont introduit dans son esprit la croyance erronée que l'objet était en bon état?

2/ Madame DUGOMMIER a acheté un studio dans une résidence pour étudiants, sur les conseils de l’agent immobilier installé en bas de chez elle, Monsieur BERCY, à Monsieur DROUOT - lequel cherchait depuis plusieurs années déjà acquéreur pour ce bien. Elle comptait en effet, bénéficier des avantages fiscaux en faveur du logement étudiant dont lui a parlé ce professionnel de l’immobilier, qui lui a semblé fort compétent. Hélas, plusieurs mois après la vente, alors qu’elle a procédé à des travaux de réhabilitation du studio, Madame DUGOMMIER apprend par un de ses amis travaillant à l’inspection des impôts, qu’il n’existe pas de déduction fiscale possible sur ce genre d’opération. Ayant déjà fait inscrire ces déductions sur sa déclaration d’impôts, elle craint désormais un redressement fiscal. Affolée, dans la mesure où cette acquisition s’avère au-dessus de ses moyens, si aucune déduction n’est possible, ce qu’elle n’avait pas manqué de dire avant la vente, elle a la désagréable impression, dans cette affaire, d’être le dindon de la farce. Tout ça, parce qu’elle n’y connaît rien en droit fiscal ! Elle est donc prête à tout pour se débarrasser de ce studio mais se demande quelles sont ses chances d’obtenir la remise en cause de la vente conclue par Monsieur BERCY, au nom et pour le compte de son vieil ami, Monsieur DROUOT, et quel serait le régime et les conséquences de son action ?

3/ Par ailleurs Madame DUGOMMIER a signé il y a quelques mois un contrat de travail avec Monsieur STHRAU, en qualité de manutentionnaire pour sa petite entreprise. Ce dernier n’a en réalité travaillé que quelques jours à son poste puis a été mis en arrêt maladie. Au retour de ce premier congé maladie, il a de nouveau travaillé quinze jours, puis encore été arrêté… N’ayant pas fait la visite médicale d’embauche obligatoire, parce que l’entreprise avait besoin immédiatement des services de Monsieur STHRAU, le directeur des ressources humaines l’a fait soumettre à un examen par le médecin du travail qui a conclu que Monsieur STHRAU avait été victime quelques années auparavant d’un accident de la circulation qui le rendait inapte à assumer de telles fonctions, nécessitant une activité physique intense. Le contexte économique étant aujourd’hui ce qu’il est, Madame DUGOMMIER se dit qu’il serait plus judicieux pour son entreprise de faire reconnaître que ce contrat est tout simplement inexistant, puisque le salarié a dissimulé, lors de l’embauche, le handicap dont il était atteint et qui était dès l’origine incompatible avec l’exécution des tâches qu’il s’était engagé à assumer. Est-ce possible d’après vous ?

L’erreur sur la substance

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- Document n° 1 : Cass. 1 re civ., 5 février 2002, Bull. civ., I, n° 46

Vu l'article 1110 du Code civil ;

Attendu que lors de la vente publique du 29 septembre 1993 dirigée par M. Cornette de Saint-Cyr, commissaire priseur, M. Brossard a été déclaré adjudicataire d'un "tableau piège" intitulé "Mon petit déjeuner 1972", présenté au catalogue comme étant l'oeuvre de Daniel Spoerri ; que faisant valoir qu'il ne s'agissait pas d'une œuvre exécutée par celui-ci, mais d'une "œuvre fabriquée sous licence" par un tiers, M. Brossard a demandé la nullité de la vente pour erreur sur la qualité substantielle ;

Attendu que, pour débouter l'acheteur de sa demande, l'arrêt attaqué retient que Daniel Spoerri, ayant souhaité faire exécuter des "tableaux pièges" par des tiers, avait authentifié, parmi d'autres, le tableau litigieux de sorte que celui-ci constituait bien une œuvre originale de Daniel Spoerri, peu important que M. Cornette de Saint-Cyr n'ait pas précisé que l'œuvre avait été exécutée "en brevet", et qu'ainsi, M. Brossard ayant voulu acquérir une œuvre de cet artiste et ayant effectivement acquis un tableau de celui-ci ne démontrait pas que son consentement avait été vicié ;

Attendu qu'en statuant comme elle l'a fait, sans rechercher si, compte tenu des mentions du catalogue, le consentement de l'acheteur n'avait pas été vicié par une conviction erronée et excusable que l'œuvre avait été exécutée par Daniel Spoerri lui-même, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ;

Par ces motifs : casse et annule.

- Document n° 2 : Cass. 1 re civ., 25 mai 2004, Bull. civ., I, n° 152

Attendu que Jean Marc X

et Z

,

a acquis, en 1992, au cours d'une vente aux enchères publiques effectuée par la

commissaires priseurs, un tableau intitulé "Jardin à Auvers" présenté au catalogue comme étant

, en nullité de la vente pour erreur sur les qualités substantielles et les commissaires priseurs en

ont assigné le

SCP Y

une oeuvre du peintre Vincent Van Gogh ; que les héritiers de l'acheteur, Edith et René X

vendeur M. A responsabilité ;

Attendu qu'ils font grief à l'arrêt confirmatif attaqué (Paris, 7 mai 2001) d'avoir rejeté leur demande, alors, selon le moyen, qu'en statuant comme elle l'a fait, la cour d'appel a subordonné l'annulation de la vente pour erreur à la preuve de l'absence d’authenticité du tableau et non à la preuve d'un doute sérieux quant à l’authenticité et d'avoir ainsi violé l'article 1110 du Code civil ;

Mais attendu que la cour d'appel a souverainement retenu que l'examen des différents éléments invoqués par

les consorts X

l'attribution de l'œuvre à Vincent Van Gogh était douteuse ;

confrontés à l'analyse scientifique et historique du tableau ne permettait pas d'établir que

D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;

Par ces motifs : rejette le pourvoi.

Document 3 : Cass. 1re civ., 8 décembre 2009, Bull. civ., I, n° 240

Sur la première branche du moyen unique :

Vu les articles 1108, 1109 et 1110 du code civil ;

Attendu qu'ayant été adjudicataire, lors d'une vente aux enchères publiques organisée par la société Sadde

a refusé de prendre

hôtel des ventes, d'une coupe de cristal montée sur un socle en bronze argenté, Mme X

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livraison de cet objet et d'en payer le prix en alléguant son mauvais état ; que la société Sadde l'a fait assigner en paiement de la somme de 2 698,87 euros correspondant au prix d'adjudication augmenté des frais ; qu'invoquant

une erreur sur les qualités substantielles de l'objet, Mme X

a sollicité l'annulation de la vente ;

Attendu que pour déclarer la vente parfaite et accueillir la demande en paiement de la société Sadde, la cour

, et connaissait donc parfaitement les précautions à prendre avant de se porter acquéreur d'un objet dont la vente est mise aux enchères ; qu'elle ne peut donc soutenir qu'elle a été victime d'une erreur ;

d'appel, a retenu que Mme X

exerçant une activité d'antiquaire au moment de la vente, est une professionnelle

Attendu qu'en statuant ainsi, sans rechercher, comme il lui était demandé de le faire, si, nonobstant sa qualité

, réponses données par la société Sadde aux questions qu'elle avait posées antérieurement à la vente sur l'état de l'objet, ne s'était pas portée adjudicataire dans la croyance erronée que l'objet était en bon état, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard des textes susvisés ;

de professionnelle, Mme X

se fondant sur les indications du catalogue, la photographie de l'objet et les

Par ces motifs : casse et annule.

L’erreur sur la personne, erreur inexcusable Document n°4 : Cass. soc., 3 juillet 1990, Bull. civ., I, n° 329

Vu l'article 1110 du Code civil ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué que la société Cart Expert, admise au règlement judiciaire par jugement du 30 mars 1984 et autorisée à poursuivre son exploitation, a, assistée du syndic M. Jeanne, engagé à compter du 21 mai 1984 M. Racy en qualité de directeur ; que le 27 juillet 1984, l'employeur a immédiatement mis fin aux fonctions du salarié en invoquant par un courrier ultérieur la découverte du fait que M. Racy avait caché, lors de son embauche, que le 25 avril 1984 une société, dont il était alors le président-directeur général, avait été mise en liquidation de biens et que cette information aurait été de nature à faire écarter sa candidature au poste de directeur de la société Cart Expert ; que M. Racy a saisi la juridiction prud'homale d'une demande en paiement des indemnités de rupture et de congés payés et de paiement de salaires, la société introduisant de son côté une demande d'annulation du contrat ;

Attendu que pour prononcer l'annulation du contrat de travail et débouter M. Racy de sa demande l'arrêt attaqué, qui a joint les deux instances, après avoir dit que le dol du salarié n'est pas établi, énonce que les circonstances dans lesquelles a été recruté M. Racy et les qualités qui ont été alors mises en avant en ce qui le concerne, montrent suffisamment que la considération de la personne a été la cause principale de l'engagement de Cart Expert France et de son syndic à l'égard de M. Racy, et que l'erreur sur sa personne doit donc entraîner la nullité du contrat de travail ;

Attendu cependant que l'erreur n'est cause de nullité que dans la mesure où elle est excusable; que l'arrêt relève que la société Cart Expert et son syndic avaient été informés par le candidat lui-même qu'il avait été président-directeur général d'une société dont le nom était donné dans le curriculum vitae appuyant cette candidature, et qu'ils ne s'étaient pas renseignés plus complètement sur le candidat directeur et n'avaient pas procédé à des investigations plus poussées qui leur auraient permis de découvrir que M. Racy venait de déposer le bilan de cette société aussitôt mise en liquidation de biens ;

Qu'en statuant comme elle l'a fait, la cour d'appel n'a pas tiré de ses propres énonciations, desquelles résultait la faute inexcusable de la société Cart Expert France et de son syndic, les conséquences juridiques qui en résultaient ;

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Par ces motifs : casse et annule.

Les manœuvres dolosives Document n° 5: Cass. 1 re civ., 22 juin 2004, Bull. civ., I, I, n° 182

, au prix de 1 600 000 francs, produisant des certificats d'authenticité et faisant valoir qu'il s'agissait d'une affaire intéressante puisque la collection avait été estimée par des experts à la somme de 6 500 000 francs ; qu'ayant

ami de cette dernière, d'acquérir un lot de statuettes

Attendu que M. X

et Mme Y

ont proposé à M. Z

une statuette de facture identique dont la

a décliné l'offre mais a toutefois

accepté de conserver la collection dans l'attente d'un éventuel acheteur ; que quelques jours plus tard, il recevait à

nouveau la visite de M. A

la remise d'un acompte de 200 000 francs en espèces,

M. Z

n'a plus

reparu au domicile de M. Z

a saisi le tribunal pour demander l'annulation de la vente, la

restitution de la somme de 1 400 000 francs par lui versée ainsi que des dommages-intérêts en réparation de son préjudice ;

précédemment vendu dans des conditions similaires, à un sieur A

valeur avait été déniée par le commissaire-priseur qu'il avait contacté, M. Z

qui se montrait intéressé et lui proposait d'acquérir le lot moyennant paiement d'une

de lui céder la collection au prix de 1 600 000 francs, somme pour laquelle ce

somme de 2 400 000 francs ; qu'ayant obtenu de M. A

a demandé à M. X

dernier déclarait avoir trouvé preneur ; qu'après réalisation de cette vente et paiement du prix, M. A

lequel, estimant qu'il avait été berné, a porté plainte pour escroquerie ; qu'une

, ordonnance de non lieu ayant été rendue, M. Z

Vu le principe selon lequel nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude et l'article 1116 du Code civil ;

Attendu que pour rejeter la demande en annulation de la vente, la cour d'appel énonce que, même s'il peut

à acquérir le

lot de statuettes pour une somme sans proportion à leur valeur réelle, il n'en reste pas moins que celui-ci s'est déterminé, non en raison d'une valeur qu'il aurait attribuée de façon erronée aux objets en cause, mais en raison de la croyance qu'il avait de les revendre, à un prix "alléchant", à un acheteur enthousiaste, déjà client ; qu'elle considère qu'un tel comportement, "signe de cupidité", est nécessairement illicite et justifie que soit fait application de l'adage précité ;

être admis l'existence d'une manoeuvre commise de concert par les trois intimés pour inciter M. Z

Qu'en statuant ainsi, alors qu'il résultait de ses propres constatations que M. Z

manoeuvres dolosives exercées, de façon concertée, par les défendeurs dans le seul dessein de lui soutirer une somme d'argent importante, ce dont il s'ensuivait que la vente était nulle et que le principe selon lequel "nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude" ne pouvait recevoir application, peu important que l'intéressé ait lui-même agi en croyant réaliser un profit substantiel non justifié, la cour d'appel a violé, par fausse application, le principe précité et, par refus d'application, l'article 1116 du Code civil ;

Par ces motifs : casse et annule.

avait été victime de

La réticence dolosive Document n° 6 : Cass. 1 re civ., 11 mai 2005, Bull. civ. III n° 101

ont

promis de vendre deux piscicultures à la Coopérative de Gouessant, avec réitération de l'acte au plus tard le 1er octobre 1995 ; qu'un bail était consenti à la coopérative, sur l'une des exploitations, jusqu'à la réalisation de la

vente ; que, le 18 janvier 1995, les parties ont résilié d'un commun accord ces deux conventions, moyennant

; que, par acte du

20 août 1997, les piscicultures ont été cédées à l'EARL du Moulin de la Roche et que la Coopérative du Gouessant s'est portée caution du paiement du solde du prix ; que la société EARL du Moulin de la Roche a été déclarée en liquidation des biens et que, par jugement en date du 30 décembre 1998, le tribunal administratif de

versement d'une certaine somme à titre de dédommagement par la coopérative aux époux X

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Rennes, 4 juillet 2003), que, par acte du 10 novembre 1990, les époux X

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Rennes a annulé, à la demande de tiers, l'arrêté préfectoral du 6 mars 1992 qui autorisait l'exploitation des piscicultures ; que, par arrêté en date du 14 janvier 2003, la fermeture de ces établissements a été ordonnée ; que la Coopérative du Gouessant, qui avait poursuivi le paiement du solde du prix en sa qualité de caution, a demandé l'annulation des actes des 18 janvier 1995 et 20 août 1997 pour dol ainsi qu'à être déchargée de son engagement de caution résultant de la convention du 20 août 1997 ;

Sur le premier moyen :

font grief à l'arrêt d'annuler l'acte de résiliation du 18 janvier 1995, alors, selon le

moyen, que le dol, faute intentionnelle, suppose que celui qui s'en rend l'auteur ait agi dans le but de tromper

son cocontractant ; que pour retenir que les époux X

Gouessant, la cour d'appel a retenu qu'ils avaient omis de porter à la connaissance de leur cocontractante l'existence d'un recours dirigé à l'encontre de l'autorisation d'exploiter les piscicultures ; qu'en ne recherchant

pas si les époux X

avaient volontairement dissimulé cette circonstance, dans le but de tromper la coopérative

avaient commis un dol au préjudice de la Coopérative du

Attendu que les époux X

et de l'amener à donner son consentement, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1116 du Code civil ;

Mais attendu qu'ayant relevé que la connaissance de l'existence du recours formé contre la décision autorisant la poursuite de l'activité des piscicultures litigieuses était pour l'acquéreur un élément déterminant de son consentement, qu'en application de l'obligation d'information et de loyauté qui pesait sur les vendeurs

quant aux conditions essentielles de la vente, les époux X

du recours dont ils ne rapportaient pas la preuve qu'il en avait ou pouvait en avoir personnellement connaissance, la cour d'appel, qui n'était pas tenue de procéder à une recherche que ses constatations

rendaient inopérante, a pu retenir l'existence d'une réticence dolosive imputable aux époux X

Par ces motifs : rejette le pourvoi.

devaient faire connaître à l'acquéreur l'existence

;

Document n° 7 : Cass. 3 e civ., 17 janvier 2007, pourvoi n° 06-10442

Vu l'article 1116 du code civil ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 27 octobre 2005), que M. X

marchand de biens, bénéficiaire de

, lui avait consenties sur sa maison, l'a assigné en réalisation de la vente après

promesses de vente que M. Y

avoir levé l'option et lui avoir fait sommation de passer l'acte ;

Attendu que pour prononcer la nullité des promesses de vente, l'arrêt retient que le fait pour M. X

de ne

pas avoir révélé à M. Y

immobilier et de marchand de biens, tandis que M. Y

incapacité totale de travail, ne pouvait lui-même connaître la valeur de son pavillon, constituait un manquement au devoir de loyauté qui s'imposait à tout contractant et caractérisait une réticence dolosive déterminante du

consentement de M. Y

l'information essentielle sur le prix de l'immeuble qu'il détenait en sa qualité d'agent

,

,

agriculteur devenu manoeuvre, marié à une épouse en

au sens de l'article 1116 du code civil ;

Qu'en statuant ainsi, alors que l'acquéreur, même professionnel, n'est pas tenu d'une obligation d'information au profit du vendeur sur la valeur du bien acquis, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;

Par ces motifs : casse et annule.

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