n° 1 30 - Avril 201 3

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Bulletin d'information de l'Union départementale des syndicats Force Ouvrière de l'Isère

Arrêton s l e m as s acre !

Sommaire

Pas de dialogue au GHM p. 3

Un parcours remarquable p. 12

La toxicologie au travail p. 6

Directeur de publication : Jean-Pierre Gilquin - commission paritaire : 071 6 S 05801 ISSN 0338-5701 - Impression : Imprimerie Notre Dame - Montbonnot UD FO Isère - bourse du travail - 32 avenue de l'Europe - 38030 Grenoble cedex 02 - tél. 04 76 09 76 36 - fax 04 76 22 42 55 - courriel : udfo.38@laposte.net Prix le numéro : 0.80 € - Abonnement 1 an : 3,20 €

E d it o ri a l
Garder le cap des revendications et de l’action

Etat de crise aux urgences
Exaspération et mobilisation en ce début d’année aux urgences du Centre hospitalier Universitaire (CHU). Le problème de la saturation de ce service n’est pas nouveau. Il ne fait que s’accroître du fait de la diminution du nombre de gardes effectuées par les médecins de ville et la disparition des urgences dans des hôpitaux de proximité (La Mure, Rives, Pont-de- Beauvoisin). A Grenoble 70 personnes se présentent en moyenne aux urgences chaque jour, 35 patients attendent plusieurs heures leur prise en charge et jusqu'à 48 heures pour certains d'entre eux. C'est dans ce contexte que 21 médecins urgentistes sur 23 signent, fin janvier, une lettre envoyée à la direction du CHU menaçant de démissionner le 15 février si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Grenoble

direction. Le lendemain le SNMH-FO (syndicat national des médecins hospitaliers) reçoit mandat des médecins pour les représenter. Mercredi 13 février, à l'initiative de FO, un tract commun est rédigé, signé par FO-CHU, FO groupement départemental santé, CGTCHU, CGT Union départementale santé, AMUF Association des Médecins urgentistes de France, SFAR Société française d'Anesthésie et de Réanimation, Avenir Hospitalisation (syndicat en création).

La mobilisation du 5 mars contre

Les promesses doivent être tenues
Mercredi 20 février, suite à une rencontre avec la direction de l’hôpital, les urgentistes lèvent leur menace de démission. Trois postes de médecins devraient être créés très prochainement. La direction du CHU s'engage par ailleurs, par écrit, à la création d’une 3ème ligne de garde (et le recrutement de 8 urgentistes), la réalisation de travaux dès 2013 et l'établissement de plans à plus long terme, la mise en place d’une cellule de placement des patients des urgences, la définition des conditions de fonctionnement d’une unité post-urgences pour l’hiver prochain, l'élaboration d’un plan d’investissement matériel. Pour Cyrille Venet, médecin à l'hôpital de Voiron qui a suivi l'ensemble des négociations, les risques sont trop importants pour que les postes et lits attribués le soient au détriment d'autres activités du CHU. Le 12 mars six médecins et FO se sont réunis pour faire le point. Malgré l'annonce de l'arrivée de 4 urgentistes en mai et un en novembre ils ont l'impression de « s'être fait balader ».

l’accord Medef-CFDT-CGC-CFTC avait

pour objectif d’affirmer, face aux élus de la République, notre opposition à un accord nuisible pour les salariés. Et la mobilisation du 9 avril portera le même message. Bien sûr, cela n’empêche pas de se battre aussi pour limiter les dégâts. L’essentiel des mesures de ce texte ne vise qu’à rassurer les marchés et les actionnaires, plus soucieux de la rentabilité de leurs investissements que du développement économique de notre pays. Tant d’emplois perdus, de drames humains, de territoires vidés de toute production, abandonnés par l’Etat qui, souvent, a retiré le dernier rempart que représentent les services publics ! Dans notre département, le ministre en charge de ces dossiers a visité, au pas de charge, la plateforme chimique de Roussillon. Les représentants des salariés ont dû se contenter de regarder passer le cortège ! Furieux, ils ont juré qu’on ne les y reprendrait plus. Côté retraite, un accord assurant la pérennité des régimes Agirc-Arrco a été trouvé. Côté assurance-chômage, la montée ininterrompue des inscriptions à Pôle Emploi plonge le régime dans un déficit abyssal qui va finir par l’emporter sur le célèbre « trou de la sécu ». L’austérité comme seul remède à nos difficultés ? Voilà bien la vraie question. A l’inverse du choix fait par les signataires de cet accord, nous continuerons à demander la mise en oeuvre d’une autre politique que celle qui mène au chaos. Jean-Pierre Gilquin, Secrétaire général.

Des postes, des lits…
Ils demandent une « ligne de garde » supplémentaire (8 postes de médecins) et l'ouverture de 35 lits. Ils dénoncent un "manque flagrant de moyens". Mais les urgences, ce ne sont pas seulement des médecins, ce sont aussi des infirmières, des aidessoignantes, des brancardiers, du personnel administratif et des chambres. Sur ce dernier point ce n'est pas du tout satisfaisant car les lits supplémentaires sont dans les couloirs. Vendredi 8 février, une délégation FO est reçue à la préfecture par le délégué territorial de l'ARS (Agence régionale de la santé), en marge de la visite de la ministre de la santé. Lundi 11 février, les syndicats rencontrent la

Cyrille Venet, délégué départemental au SNMH FO (syndicat national des Médecins hospitaliers).

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Grenoble

Projet néfaste au GHM
Un défaut de dialogue

Chambre d’agriculture
Pour la première fois FO a présenté des listes en Isère dans les deux collèges pour les élections professionnelles à la chambre d’agriculture. Dans le collège de la production agricole, où se mesurait la représentativité en agriculture, la l iste FO a obtenu 24% et 12,9% dans le collège des organismes agricoles.

temps d’aller manger au self. Les revendications du personnel ne sont pas entendues : des inégalités salariales ont été constatées, et la direction refuse d’aborder le sujet ; au service facturation les hommes sont moins payés que leurs collègues femmes. Des problèmes d’organisation et de conditions de travail ne sont pas réglés alors que la diminution du nombre de soignants par rapport aux patients provoque l’accumulation des problèmes. Ce qui se met en place ne pérennisera pas la qualité, disent les salariés.

Tokheim

A Grenoble, la Mutualité Française semble se mettre au diapason du discours ambiant sur la productivité et la flexibilité. Protestant contre une précarisation des conditions de travail et d’accueil des patients, les salariés ont entamé un mouvement de grève le 24 janvier. Il a duré 14 jours. 80 % des salariés étaient mobilisés le premier jour pour dire leur désaccord à la direction du GHM (Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble. Un projet de soustraitance des agents de service hospitalier est envisagé. 40 salariés sont concernés par cette course au moins-disant. Une demiheure de pause payée, (même si les salariés étaient susceptibles d’être dérangés), devrait être décomptée du temps de travail des personnels de soins, alors qu’ils n’ont pas le

Corinne Rosset-Livrieri, déléguée syndicale.

Le conflit au jour le jour sur www.fo38.fr
Le syndicat FO du distributeur de carburant Tokheim, basé à SaintQuentin-Fallavier, a tenu son assemblée générale annuelle le 18 février dernier. Une vingtaine de participants ont fait le bilan de l’activité et ont reconduit à l’unanimité le bureau syndical : Mohamed Nourredine a été reconduit dans sa fonction de secrétaire du syndicat.

Thierry Carron, délégué FO.

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Droit du travail ébranlé, licencie
Isère Des licenciements facilités
En 2008, les salariés d’Ahlstrom Label Pack connaissent un plan social basé sur la compétitivité qui se soldera par 21 licenciements. Christian Petrequin, délégué syndical FO, a fait condamner l’entreprise, début 2013, pour licenciement abusif. L’entreprise doit verser 810 000 € aux 13 salariés qui avaient porté l’affaire devant le tribunal des prud’ hommes. Dans la même configuration économique mais sous le régime de l’accord Medef-CFDT-CGC-CFTC, il aurait suffit à l’employeur de produire un document expliquant les raisons de sa décision de licencier et de le transmettre aux services de l’Etat. Sans réponse de ce dernier sous 21 jours, le projet de licenciement deviendrait effectif sans possibilité de recours de la part des salariés. Une alternative cependant, mais guère plus favorable pour les salariés : une baisse des salaires. Un salarié refuse ? Il pourra être licencié pour cause réelle et sérieuse.

Une mobilisation à coup sûr pas à la hauteur de l’attaque frontale contre le droit du travail et la protection de CFTC de signer un accord national interprofessionnel largement favorable au patronat. 2500 salariés ont dé nouveau programmées le 9 avril (cf. www.fo38.fr). Et maintenant ? Les parlementaires, qui ont été systématiquement interpellés notamment par FO, vont devoi l’austérité et ses conséquences dramatiques pour la population se poursuit, dans chaque entreprise, dans ch

Moonwalk syndical
L'aspect temps partiel de l'accord Medef-CFDT-CGC-CFTC (dit ANI pour accord national interprofessionnel) relève de l'enfumage. Il commence par prévoir les dérogations avant de présenter le contenu. Si la majoration d'heures peut, si le patron le souhaite, faire augmenter le salaire de 1%, le fléau du temps partiel que sont les coupures n'est pas abordé. Le temps partiel sera au minimum de 24h/semaine, sauf pour les contrats actuels, sauf si le salarié le demande expressément. Mais travailler 1h de plus avec une coupure, ce n'est pas une avancée. Pour Dominique Blanchard de Carrefour Meylan : "les gens n'aiment pas les coupures. De toute façon ça sera à la tête du client et il y aura toujours une bonne raison de déroger".

Raccourcissement des délais
Cette salariée avait un contrat pour 18 heures par semaine mais son employeur lui a payé pendant des années entre 12 et 36 heures par mois. Le préjudice, sur les cinq dernières années tourne autour de 30 000 €. Avec l’accord Medef-CFDT, elle ne pourrait réclamer qu’environ 20  000€ puisque le délai de prescription, devant les prud’hommes, passe de 5 à 3 ans. Ce raccourcissement du délai pour faire appel au tribunal passe, lui, de 5 à 2 ans. Pire encore, le montant minimum de l’indemnisation pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse passe de six à quatre mois de salaire.

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ement favorisé

es salariés, le 5 mars à l’appel de FO et de la CGT qui ont refusé, à l’inverse de la CFDT, de la CGC et de la éfilé le 5 à Grenoble et des rassemblements ont eu lieu à Vienne et à Bourgoin-Jallieu. Des actions sont à

ir donner force de loi ou pas à tout ou partie de cet accord indigne. Pendant ce temps, la lutte contre haque service public.

Mobilité interne et forcée
La mobilité interne devient un sujet obligatoire de négociation triennale. Des accords de mobilité seront négociés prévoyant les mesures d’accompagnement. La prise en compte des contingences familiales sera la seule limite imposée à la mobilité. Avec l’accord Medef-CFDT, en cas de refus de la mobilité, la société ne sera plus tenue de licencier pour motif économique mais pourra le faire pour motif personnel. Le salarié perd ainsi le bénéfice du régime du licenciement économique : droit de contester le bienfondé de la mesure, contrat de sécurisation professionnelle, reclassement, priorité de réembauchage. De ce fait, l'employeur pourra se soustraire à la mise en place d'un PSE, le motif de licenciement devenant personnel et non plus économique.

Congé sabbatique
Après un congé sabbatique, ce salarié isérois ne s’était pas présenté à son travail à la date prévue. Son employeur l’avait licencié avec indemnité et droit au chômage. Avec l’accord Medef-CFDT, ce salarié serait considéré comme démissionnaire… sans indemnité ni droit au chômage, en totale contradiction avec la jurisprudence actuelle qui est claire : la démission ne se présume pas ; elle doit être claire et non équivoque. Il s’agit d’un coin enfoncé dans un acquis fondamental des salariés.

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Photowatt
Le combat avait été de longue haleine et l’entreprise avait bénéficié de la campagne présidentielle puisque l’entreprise était devenue un symbole de l’efficacité de Nicolas Sarkozy pour sauver les emplois ! Une partie du personnel avait été repris par EDF et il reste 360 salariés chez Photowatt à Bourgoin-Jallieu. Un très grand nombre d’entre eux adhèrent à FO. Sous l’impulsion de Slaheddi Bedoui (voir en dernière page), le syndicat est en passe de devenir, relativement à l’effectif, un syndicat important dans le département !

La question

L’alcool au travail, non !
L’usage d’alcool ou de « substances psychoactives » au travail peut présenter un grave problème de sécurité pour le salarié ou ses collègues. Il s’avère qu’il concerne tous les niveaux hiérarchiques et tous les secteurs d'activité. Les addictions sont liées à la prise de produits (tabac, alcool, médicaments ou drogues) ou non (dépendance au travail, aux jeux, à Internet…).
La protection des salariés

La lutte contre les addictions est une tâche complexe et de longue haleine.
Prévention L'idéal est de mettre en place un groupe de projet associant tous les acteurs de la santé au travail, dont le CHSCT (comité hygiène, sécurité et conditions de travail) ou les délégués du personnel et l'encadrement. Le règlement intérieur peut aborder le problème des addictions, sans oublier de prendre en compte les « pots de l'amitié » pour les réglementer.

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Carrefour :
Voilà des mois que FO défend 52 salariés du magasin de l’Isle d’Abeau qui veulent obtenir une indemnisation pour l’entretien de leurs vêtements de travail et la revalorisation de leur salaire. Alors que la fédération FO du secteur a signé un accord national sur ce sujet, l’avocat de Carrefour l’Isle d’Abeau a proposé, mi-mars, une conciliation globale avantageuse.

L'employeur doit assurer la protection de la santé physique et mentale des salariés au travail. Ces derniers ont une obligation de santé et de sécurité vis-à-vis d'eux-mêmes et des autres. La santé et la sécurité des personnes peuvent être mises en danger lorsque des salariés sont en état d'ébriété ou ont consommé des substances psychoactives. 15 à 20% des accidents du travail, de l'absentéïsme et des conflits entre personnes seraient liés à l'usage de drogues, alcool compris.
Discrimination Il est discriminatoire de ne pas embaucher ou de licencier quelqu’un sous prétexte d’addiction. L’important est qu’il soit apte au boulot.

Il semblerait que les consommations de substances psychoactives soient plus élevées ou plus fréquentes chez les personnes affectées à des postes à risque ou à fortes contraintes (tâches à haut risque, métiers pénibles ou difficiles, postes à fortes responsabilités).
Dépistage Si la disposition est prévue dans le règlement intérieur, l'employeur peut pratiquer un dépistage par alcootest. Il ne peut y avoir de contrôle systématique, hormis pour les postes comportant de grandes exigences de sécurité. Le dépistage systématique de stupéfiants ne se justifie en aucun cas. La fouille de vestiaire est envisageable sous certaines conditions, notamment lorsque prévues au règlement intérieur.

Porcher
A Badinières, Bruno Marchand, délégué FO de Porcher Tissage, 280 salariés, fait face à une situation inquiétante. La holding propriétaire du groupe (2000 salariés dans le monde dont 600 dans le Nord-Isère) est en liquidation judiciaire suite à un contentieux au sein de la famille propriétaire. Le liquidateur cherche aujourd’hui un repreneur extérieur et se veut rassurant sur l’avenir des emplois. Il est le seul à être rassuré !

Si votre collègue s’est shooté…
Si une personne paraît être sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants, la première mesure doit être de la secourir, en incluant le retrait du poste. L'employeur peut la mettre au repos ou la faire raccompagner. Ensuite, l'inciter à aller consulter ou se faire aider. Rester à l'écoute. Le médecin du travail est à même d'apporter son aide.
Plus d’infos. www.drogues-dependances.fr www.travailler-mieux.gouv.fr/Addictions.html www.inrs.fr www.anpaa.asso.fr/ Bulletin d'adhésion

Nom _______________________________________ prénom ____________________________ tél. _________________________________________ portable___________________________ adresse ________________________________________________________________________ entreprise ______________________________________________________________________ Souhaite adhérer à FO (à retourner à : UD FO Isère - bourse du travail - 32 av. de l'Europe 38030 Grenoble cedex 02 - tél. 04 76 09 76 36). Date et signature

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Roger Tisseyre nous a quittés
Roger en 1972

Comprendre pour comb
Qui n'a pas rêvé de comprendre l'économie ? Les syndicalistes en entendent parler en permanence, de manière plus ou moins directe. Une réponse facile du patron : on verra quand ça ira mieux, pour l'instant, ce n’est pas possible. Et l'argument soi-disant béton, du même : c'est inexorable, on ne peut rien faire... Ecrit par Hervé Charmettant, Georges Sébastien, et Guillaume Vallet, enseignantschercheurs à l’Université Pierre-MendèsFrance (Grenoble), "Comprendre l’économie" explique la croissance, la désindustrialisation, le chômage, les inégalités, la mondialisation et le développement durable. Echange avec les auteurs.
Pour qui avez-vous écrit ce livre ? GS : Nous l'avons fait pour un public large. Les étudiants, mais aussi les salariés. Il n'y a jamais eu autant d'informations économiques et les gens sont perdus. Pourquoi l’avoir écrit ? HC : Pour lutter contre les idées reçues ! Elles sont favorisées par une mauvaise compréhension. Pour pouvoir se faire une opinion, il faut connaître. Le but est de donner des outils. C'est pourquoi nous avons articulé les thèmes suivant le principe : une question, des outils, des faits puis les théories des économistes. GV : Le but est aussi de faire connaître les sciences économiques. C'est compliqué, non, l'économie ? HC : On a essayé de simplifier sans être simplistes. Ce n’est pas l'économie pour les nuls. Il faut être un peu outillé. GS : Ce livre est en effet un outil pour comprendre. Il est beaucoup plus simple que beaucoup d'autres ouvrages. GV : On ne donne pas de réponses aux questions, mais des pistes. En conséquence, il est nécessaire de présenter les choses de

C'est bien connu, si les salaires ne peuvent augmenter c’est parce que l’économie est en crise. C’est entendu, re c’est la faute aux chinois et le droit du travail qui s’affaiblit, la faute à… à qui d’ailleurs ? Dans la très ancienne b est toujours plus sûr de comprendre comment va le monde. Le comité général du 11 juin sappoertera matière à réflexion et sujets à discussion avec des économistes et un phi

Il a été secrétaire général de l’Union départementale FO Isère de 1963 à 1972, tout en continuant à travailler et à animer en qualité de secrétaire sa section à EDF. Tâche bien difficile à l’époque puisque dans ce fief, la CGT n’autorisait pas l’implantation d’une autre organisation syndicale. Il a pris sa retraite en 1979 mais a continué sa vie militante pendant de nombreuses années en s’occupant de la section des retraités de Toulon. Il est mort dans sa 89e année.

Avec des économistes...

Eurofloat, un syndicat de copains
Belle ambiance lors de l’assemblée générale du syndicat d’Eurofloat, réunie le 29 janvier à Roussillon. La vingtaine d’adhérents présents a pu s’exprimer et réagir après les rapports présentés par Pascal Duvert, délégué syndical pour le rapport moral, et Christian Bonnard pour la trésorerie. Les invités, Marie Clémençon, secrétaire de l’Union locale de Vienne et Daniel Schoendorf, plateforme chimique de Roussillon, ont souligné ce remarquable travail de syndicalisation et d’animation mené depuis des années par cette équipe.

Hervé Charmettant, Guillaume Vallet et Georges Sébastien

manière un peu technique.
Il faut être trois pour aborder ces thèmes ? GV : Nous sommes tous trois issus de l'enseignement au lycée qui a ses exigences. Chacun est enseignant sur ses thématiques. C'est aussi un projet collectif avec des discussions entre nous. GS : En ce qui me concerne, les thèmes sont importants dans le cadre de la formation syndicale. Il y a des différences de point de vue entre vous ? HC : Il n'y a pas de différence du point de vue théorique. De plus, nous ne présentons pas de conclusion, on ne donne que les théories existantes, ce qui fait qu'on ne donne pas d'opinion. J'ai même appris des choses en lisant le livre, chacun ayant écrit sa partie. GS : On a tous appris des choses. On aurait pu ne pas être d'accord, par exemple sur les comparaisons France/Allemagne. C'est un outil pour des syndicalistes ? HC : Oui, les syndicalistes sont au coeur de l'économie. Ils sont donc concernés. Cela peut leur donner des idées pour gérer autrement leur entreprise. GS : Les exemples allemands montrent que ce n'est pas le coût qui empêche d’être compétitif.

Cars Berthelet, FO devient majoritaire
David Ogier et son équipe confortent la place de FO chez les cars Berthelet en réalisant 58% de représentativité, alors qu'aux dernières élections sa représentativité était de 50 %. Bonne nouvelle pour les salariés de l'entreprise où les élus CE de FO ont l'intention de désigner un expert alors que la situation de la société est incertaine.

Les auteurs
Hervé Charmettant est enseignant-chercheur à la faculté d'économie de Grenoble. Il a enseigné une vingtaine d'années en lycée et en prépa HEC. Georges Sébastien est Directeur de l'Institut d'études Sociales de Grenoble, il est docteur en Economie et professeur certifié en Sciences économiques et sociales. Guillaume Vallet travaille à la faculté d'économie de Grenoble. Il est agrégé en Sciences sociales et maître de conférences en Sciences économiques. Le livre "Comprendre l'économie", Hervé Charmettant, Georges Sébastien, Guillaume Vallet. Editions De Boeck, 19€.

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battre

Berger Levrault

etenir un employeur licencieur de centaines de salariés ce n’est pas bien du tout. L’âge de la retraite qui s’éloigne, bataille que mènent les salariés et chômeurs pour défendre leurs conditions de vie et de travail il a toujours été, et il losophe, en présence du secrétaire général de la confédération FO.

Avec un philosophe...
Dans l'action syndicale, les événements locaux et nationaux nous mettent rapidement sous pression. L'urgence, les réunions de ci et de là nous font courir. Pour prendre du recul une solution est une formation souvent syndicale, parfois économique ou juridique. Cédric Cagnat propose, lui, la philosophie pour prendre de la hauteur. Dans son essai "Politique de la violence, essai sur l'impuissance citoyenne" (1) , il définit le démocratisme comme l'ensemble des discours dissimulant l'idéal démocratique. Depuis les grecs anciens, l'homme s'attache à définir un cadre légal à la contestation. Au XVIIème siècle Hobbes précise que l'homme naturellement mauvais a besoin d'être cadré par la loi. Progressivement, ce cadre s’est imposé comme une valeur morale.
En tant que partie du système… Aujourd’hui, toute explosion de violence en dehors de ce cadre est vue comme illégitime et immorale. Les auteurs de cette violence sont assimilés à une plèbe emportée par sa part animale et ne peuvent donc délivrer de message politique dont seuls les « honnêtes citoyens » respectueux du cadre légal sont porteurs. En conséquence le message initial est dépolitisé.

tend à rendre la démocratie inopérante. La contestation est utilisée par le pouvoir pour faire perdurer une situation délétère en contradiction avec les idéaux proclamés. Les syndicalistes peuvent alors trouver là des pistes de réflexion. Si en tant que partie du système, leur action tend à devenir inopérante, comment peut survenir l'inédit ? Comment obtenir une rupture ? En n'oubliant pas que l'origine du mouvement ouvrier est illégale bien que légitime. Par ailleurs, est-ce que le risque de rentrer dans un cadre quelconque ne peut avoir comme effet d'amoindrir l'action ? Au final, est-ce que les débordements de la base, incluant par exemple des menaces de tout faire sauter, ne peuvent avoir comme origine cette non prise en compte de la revendication initiale ?

Marc Soubrier vient d’être nommé délégué syndical (DS) dans cette entreprise qui occupe 70 salariés sur Lyon et 870 sur le territoire. L’activité lyonnaise se déploie sur trois secteurs : la distribution et logistique de l’édition, le développement de logiciels pour le secteur santé et la gestion administrative des collectivités locales. Mais ce poste de DS n’est pas nouveau pour Marc qui œuvre depuis plus de 20 ans dans les instances du personnel (comité, comité central, délégué du personnel) sous l’étiquette FO, au sein de son syndicat Isérois. S’il reprend le flambeau pour ce mandat, il continue d’éclairer de sa flamme la défense des salariés au sein de sa société avec ses autres mandats.

Lely environnement
Bernard Fornacciari, délégué syndical FO est satisfait : "nous avons obtenu 2,5 % d’augmentation générale pour 2013 et une prime de 300€ sur la reconduction annuelle de la prime de partage des profits, ce qui correspondait à la demande de FO lors des négociations sur les salaires". Lely emploie 87 salariés sur l’Isère, sur les sites de Fontaine et St Quentin-sur-Isère. Son activité s’articule autour de l’évacuation et traitement des déchets industriels.

Ce que dit Cédric Cagnat, c'est que ce cadre
(1) Cédric Cagnat a enseigné la philosophie à Grenoble. Il poursuit désormais ses travaux en dehors des institutions. Il a publié chez L'Harmattan "La Construction collective de la réalité" et "Cercles" aux éditions Tissot. "Politiques de la violence, Essai sur l'impuissance citoyenne", Cédric Cagnat. L'Harmattan, 19€.

Infos pratiques Comité général mardi 11 juin 2013 à Voiron
avec Jean-Claude Mailly, Secrétaire général confédéral. 9 heures. Accueil 9 h 30 h – 12 heures Débat avec Guillaume Vallet et Hervé Charmettant, économistes, Cédric Cagnat, philosophe, Jean-Claude Mailly, secrétaire général FO 12 heures – 14 heures : repas confraternel 14 heures – 16 h 30 : comité général statutaire *Introduction par Jean-Pierre Gilquin, secrétaire départemental FO *Discussion, * Intervention de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la confédération FO Ouvert à tous, inscription auprès de l'Union départementale au 04 76 09 76 36. Le repas de midi est pris sur place, participation de 5 € par personne. Amphithéâtre au Tremplin Sport Formation de 9h30 à 17h 180 Boulevard de Charavines

Education nationale
Un décret qui ne rajoute pas d’heures d’enseignement mais des activités périscolaires en plus, des rythmes plus difficiles pour l’enfant, une charge financière supplémentaire pour les communes, et peutêtre aussi pour les familles, une double tutelle pour le personnel, voici quelques spécialités du menu concocté par la réforme des rythmes scolaires.

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Une mutuelle pour les adhérents

FO dans la coiffure
Le 11 mars dernier Stéphanie Eymeric Prat, coordinatrice nationale pour FO coiffure était dans notre département afin de rencontrer des salariés de ce secteur. Elle-même salariée d’une grande chaîne de salons de coiffure dans le Sud-Est de la France, Stéphanie est depuis 2012 en charge d’un secteur peu syndiqué mais qui, suite à un travail de terrain, voit son nombre d’adhérents augmenter. C’est par des réunions d’information dans les unions départementales et en se rendant directement dans les salons que Stéphanie renseigne et fait connaître l’organisation à des salariés souvent isolés et peu habitués à voir des syndicalistes. Participant également aux commissions mixtes paritaires, sa connaissance du terrain enrichit la délégation FO lors des réunions de négociations générales. Des avancées pour les salariés ont d’ores et déjà été acquis : la prise en charge de l’outillage par l’employeur, de nouvelles classifications, des frais de santé mieux remboursés par la mutuelle. Les revendications principales de la profesStéphanie Eymeric Prat, coordinatrice nationale coiffure.

Isère

Les groupes AG2R et Macif prévoyance ont conçu une offre de complémentaire santé spécialement pour les adhérents de Force Ouvrière.

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Rupture conventionnelle
C’est une épidémie et si, quelquefois, cette manière de quitter une entreprise peut correspondre à un désir ou un projet mûrement réfléchi, il convient, toujours, de ne pas rester seul. Car le salarié peut être accompagné par un représentant du personnel ou un conseiller du salarié, surtout lors de l’entretien préalable à la signature de la rupture. C’est utile tant les conséquences d’une telle rupture peuvent réserver quelques surprises, pas toujours positives !

sion ? Un 13ème mois pour tous, l’extension de la convention collective nationale à l’Outre-Mer et l’instauration de titres restaurant. Secteur également touché par la crise, les salons enregistrent moins d’entrées, augmentant de ce fait la pression de certains employeurs sur les salariés. Ils fixent, par exemple, des objectifs pour la vente de produits et de services, pratique peu habituelle dans cette activité.

Contact : fo.coiffure@gmail.fr Facebook : Fo Coiffure Sud Est

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Grenoble Téléphérique
Score… extrordinaire à Grenoble Téléphérique où Hakim Sabri, délégué du personnel FO sortant a été réélu avec 100 % des voix, soit 13 voix sur 13 suffrages (15 salariés).

Isère

Soïtec
Après un plan social qui a vu le départ volontaire de 140 salariés, les salariés vivent actuellement sous le régime du chômage partiel  : deux semaines par semestre et une semaine de fermeture d’usine programmée ce printemps.

L’Afoc pour éviter le stress
La vie, parfois, est simple comme un coup de fil… à condition qu’il soit donné par l’un des bénévoles de l’Afoc (Association de défense des consommateurs de FO). Ils ne comptent plus, les militants isérois, ces appels qui ont suffi à convaincre un notaire, un garagiste, un vendeur de télévision, une auto-école, un bailleur social, un opérateur de téléphonie, un banquier, un artisan… que décidément, il convenait de parler autrement à un consommateur. Ou tout simplement de lui répondre. Certes, les dossiers sont parfois complexes

et nécessitent quelque expertise. Cela tombe bien : l’Afoc est un vrai réseau national qui a su embaucher des experts incollables sur tous les aspects du droit dans tel ou tel périmètre de la consommation. Certes, il suffit parfois de trouver le bon interlocuteur. Cela tombe bien : les militants isérois de l’Afoc ont capitalisé, au fil du temps, une belle connaissance des réseaux et savent ouvrir les bonnes portes. Dernière bonne nouvelle : ils sont plutôt disponibles, répondent aux messages laissés sur leur boîte vocale ou envoyés sur leur boîte mail. Ils tiennent aussi des permanences et leur intervention est gratuite pour les adhérents FO

ST Microelectronique
L’Union départementale est à la recherche de salariés de STMicroelectronics. Si vous avez des contacts dans cette entreprise, le signaler au 04 76 09 76 36.

France Alu Color
Jean-François Dussart est le nouveau représentant de la section syndicale de France-Alu-Color (Marcilloles), entreprise où travaillent 150 salariés.

Les permanences en Isère

Serge Crosio et Serge Mouet durant une permanence.

Grenoble : Mercredi 14h00 – 17 heures Tour FO – Bourse du Travail 32, avenue de l’Europe 38030 Grenoble 04 76 09 97 76 (laisser un message en cas d’absence) afoc38gre@laposte.net

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"Je crois au dialogue, dans le respect de tous"
Slaheddi Bedoui a récemment été désigné délégué syndical de Photowatt, entreprise de fabrication de panneaux solaires qui emploie aujourd’hui 360 salariés à Bourgoin-Jallieu. Il est le leader d’un syndicat qui, après avoir très bien fait son boulot, sous le feu des médias, lorsque l’entreprise a mis sur la table un plan de licenciements, connaît un nouveau regain. Il est aussi un ex-sans-papier, joueur de foot émérite et fils de syndicaliste tunisien. Un parcours remarquable. toujours eu un casier judiciaire vierge et c’est très important pour moi. »

Slaheddi Bedoui

Comment as-tu fait ton chemin ?
En Tunisie je jouais dans un club équivalent à la première division française et, en France, j’ai intégré des équipes de bon niveau dans la région. Ces clubs m’ont renvoyé l’ascenseur en m’aidant pour mes démarches de naturalisation. Du fait de cette expérience, parfois douloureuse, je conseille et aide, quand je peux, les jeunes de mon quartier. Je m’occupe également de l’association sportive de Photowatt. Le sport est un vecteur de pas mal de choses ! »

contré, à l’époque, beaucoup de syndicalistes. Suite au deuxième plan social beaucoup de collègues me demandaient de m’investir. »

Le syndicalisme, c’est nouveau pour toi  ?
« Oui et non. Même si l’on ne peut pas comparer, mon père était syndicaliste en Tunisie. Il travaillait pour les chemins de fer et ma famille a parfois payé ses prises de position. Lui aussi d’ailleurs, par des séjours en prison. Je peux, c’est vrai, exercer mes mandats avec plus de sérénité. Le dialogue, dans le respect de tous, peut faire vraiment avancer les choses. Je pense avoir créé des liens entre beaucoup de salariés. Enfin, nous verrons cela lors des prochaines élections des représentants du personnel. »

D'où viens-tu ?
« D’origine tunisienne je suis arrivé en France à 26 ans. Je rêvais de liberté et d’horizon nouveau et j’ai quitté la Tunisie en laissant ma famille au pays. Durant quelques années j’ai été sans papier. Je travaillais à gauche, à droite, dans le bâtiment par exemple. J’ai en revanche

Depuis combien de temps es-tu salarié de Photowatt ?
« Depuis 2004 et j’ai vécu 2 plans sociaux. Je dois dire que je n’ai pas ren-

Ex-sans papier, joueur de foot, syndicaliste, Slaheddi Bedoui a un parcours très atypique. Il aide du mieux qu'il peut les jeunes de son quartier.

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