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La connaissance

comme

fait physique

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Bah! répondit Lebrun, ce sont des physiciens ils sont tournes vers la nature des choses, et n'en pensent pas plus long; leur métier n'est pas de réfléchir' »
PHILOSOPHIE ET PHYSIQUE.

Tout le monde sait, aujourd'hui, que la physique a absorbé, pendant ces dernières' années, la mécanique, et même, en un certain Ce que l'on sait moins, et ce qui, poursens, les mathématiques. tant, est aussi vrai, c'est que la physique a annexé aussi la philoNous ne voulons pas dire sophie, la théorie de la connaissance. la que les philosophes n'ont désormais plus de raison d'être philosophie reste légitime comme la mécanique – nous voulons dire que la philosophie et la mécanique ont perdu le droit de la physique. C'est la de préséance logique, d' « enveloppement physique qui doit aller de l'avant, fournir les principes; le philosophe doit attendre le physicien, sous peine de faire de la philosophie pure, c'est-à-dire vide, car il n'y a pas encore d'algorithmes dont le maniement philosophiques pourrait donner lieu à une science pure indépendante de la correspondance physique et anadans la logue aux mathématiques pures. Il y a, dès maintenant, physique, une théorie de la connaissance qui a justement pour caractère principal de ne pas même faire mention de la connaissance-texture. et de traiter exclusivement au contraire le problème de la correspondance, non pas entre le sujet et l'objet– termes d'un vocabulaire substantialiste périmé – mais entre système physique observateur et système physique observé. Que nous ayons le droit d'employer cette expression « système », c'est ce que la science moderne prouve physique observateur surabondamment.
1. Voir premier article Revue philosophique, 2. Alain, B~re~ens au bord de la mer, p. 61. mai-juin t9~, p. 369.

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REVUE

PHILOSOPHIQUE

I. Le premier exemple que nous pouvons citer, et que nous ne développerons pas parce qu'il est bien connu, c'est celui de la définition de la simultanéité. Un philo$ophe, devant sa physique table de travail, en combinant mentalement des images et des se représente toute l'Immensité de l'univers à un instant concepts, donné. Il a peut-être un moment d'orgueil en songeant à la grandeur de la pensée humaine, et en se considérant comme le support du sujet métaphysique, du « représentatif o indissolublement lié au représenté, à l'univers considéré comme objet. Mais le physicien arrive ensuite, il ne sait pas ce que c'est que le sujetetl'objet, il ne pense même pas au criticisme kantien, mais il se transporte, avec ses instruments de mesure. en un point où il pourra constater la coïncidence de deux rayons lumineux les deux événesignalant ments entre lesquels il veut définir la simultanéité, et comme il sait, d'autre par t, que les rayons lumineux et tous les agents de ont une vitesse limite, la même dans tous les systèmes signalisation de référence, comme l'a prouvé le résultat négatif des expériences sur le vent d'éther, il est à même de donner une définition physique de la simultanéité. Le physicien n'a pas « pensé », il n'a pas il s'en employé son cerveau de la même façon que le philosophe, est servi comme d'un instrument attaché à tel système enregistreur de référence et il s'est arrangé pour définir la simultaphysique, néité de telle sorte qu'il puisse toujours faire coïncider ses formules théoriques avec .une vériScation Quant au penphysique. à sa table de travail, il a peut-être, seur, au philosophe dans une extase métaphysique, connu l'essence de l'univers dans toute sa mais cela, nous ne le saurons jamais, lui-même ne le profondeur, saura jamais. C'est Féternel conflit du mystique et du médecin. Le mystique et de connaissance, le médecin, parle de révélation examinant le mystique, ne constate Les que des états nerveux. idées du philosophe sur la simultanéité ne sont qu'une aventure de son esprit, ou de ses cellules nerveuses; intérieure elles ne concernent pas l'univers réel, elles ne lui correspondent pas. C'est abus de langage par un véritable que le même mot (, connaissance peut aux deux cas; par un abus plus grand s'appliquer encore que l'on peut établir un parallèle entre la relaquelconque tion connaissant-connu, au sens de la philosophie et au idéaliste, sens physique. II n'y a pas de rapport entre le relativisme philoso-

A regarder les choses de très loin. il ne peut déterminer les coordonnées de position appropriés. ~\otre deuxième encore plus décisif. et lié à l'interféromètre de Sagnac ou de Michelson. La chaîne de la ég'ate au quantum causalité est donc rompue. Et le même arrive encore. Nous ne voyons là qu'une communauté de métaphore.) à l'aide de laquelle et même en imaginant un microscope et un éclairage observer. nous le tireexemple. LA CONNAISSANCE COMME FAIT PHYSIQUE 79* et la relativité Le sujet. rons du principe d'indétermination. II. précisément d'action. au sens idéaliste. être au-delà de la physique. comme l'état A n'est à une certaine valeur près. ne peut échapper. Il y a une laquelle indétermination irréductible et dont la valeur a une limite constante. Le déficit de connaissance n'entraîne-t-it pas un déficit de- . etc. D'après le principe de déterminisme. c'est un événement cérébral. à sa propre nécessité interne l'être est sa reprépeut échapper sentation. sur la continuité indivisible du mouvement. il se préoccupe tout de suite d'observer physicien tes valeurs numériques à la position et à la vitesse correspondant de l'électron. un état B du monde se rattache nécessairement à un état A. Ce qui se passe dans le cerveau du philosophe n'est pas une connaissance. phique n&. H s'aperçoit alors qu'étant données les propriétés de la lumière il pourrait (eu'et Compton. avec une précision croissante l'incertitude avec qu'en augmentant il détermine les quantités de mouvement. comme l'état initial. se représente maintenant un électron en mouvement. paradoxes qui répond au flux indivisé de notre propre durée.R. un idéaliste pourrait triompher devant le principe d'Indétermination. Il serait plaisant et absurde de concevoir le « représentatif » d'Hamelin entraîné dans le mouvement de la terre sur ellemême ou autour du soleil. il n'est pas question de pas déterminé considérer comme déterminé l'état ultérieur. S'il est bergsonien. rien d'autre. il médite peut-être sur les des Eléates. L'observateur. au système de référence pour prendre auquel il est lié. Après la physique des quanta. physique. Le même vu par une coupe philosophe qui pensait tout à l'heure à l'univers instantanée dans le temps. alors qu'il est à côté. par l'examen duquel nous nous acheminerons à une théorie générale de la connaissance. La situation est tout à fait la même que tout à l'heure. au sens physique. ses mesures. Le philosophe croit faire de la métaphysique. RUYER.

une fois n'est pas coutume.précisément principe à Bergson nous pouvons recourir Pour le montrer. » Ce qui doit nous inciter c Le déterminisme phrase comme le temps. il y a deux thèses très de la conscience. et quand les physiciens parlent d'une vision. en traduisant par cette leprincipe n'existe pas. adaptation. la seconde difTérentes. à notre avis. dont. querait ici d'obscurcir nous l'avons supposé Mais le philosophe que nous maltraitons. les cervelles du monde. mentaire que de la présenter res« Einstein a montré que le temps n'existe pas. car. humaines comme un concept. la question. propriété sur les atomes de ils ne pensent qu'à l'action photo-électrique le mieux tout à l'heure. lui aussi la science allait de l'avant et précédait la philosophie Dans l'Essai sur a critiqué la notion tout idéale du déterminisme. de l'esprit. l'espace. la physique obligée de renoncer triompher Ce serait faire un bien étrange comn'est-ce pas une revanche? ainsi de la théorie de la relativité. aurait quelque raison de Lui aussi/comme l'idéaliste. Comme nous le verrons notre rétine. Nous ferions la même loger des événements peut vraiment d'indétermination faute grossière. c'est que le déterminisme. l'idée abstraite aux nécessités adapter le résultat d'une telle d'indétermination est. et cette fois. la première un raison quand il critique a précieusement fausse. lui aussi. lui-même. est d'abord une idée abstraite. abstrait. » La relativité au temps idéal. Bergson il n'a déterminisme vide. les données immédiates est vraie. treinte a conduit à substituer forgé par un temps physique.80 REVUE PHILOSOPHIQUE réalité? de même que le relativisme tout apparent Triomphe le avec la relativité n'a aucun rapport physique. où l'on dans une reconstruction utilisable scientifique réels. aient dû Il y a donc de fortes chances pour que les physiciens Le du travail technique. déficit de connaissance que signale au fond le principe d'indétermientre deux systèmes un manque nation signifie d'ajustement risdu vocabulaire Toute intervention philosophique physiques. avec le déficit de perception ne saurait L'effet Compton passer pour une l'évêque anglais. n'a aucun rapport déficit de connaissance du « spirit de d'un être spirituel. une idée philosophique. et qui a la prétention . comme . philosophique de la théorie des quanta. vide des réalités en dehors desquelles de dessiner en creux le moule aucun sens.à la méfiance. bergsonien. au déterminisme.

la notion de probabilité. c'est du verbalisme. c'est de la logomachie.–1932 (N~7 et 8). parce qu'il y a plus. dans la mécanique ondulatoire de Schrodinger. LA CO~'AtSSAXCE COMME FAIT PHYSIQUE 81 dans lequel les réalités viendront se couler. Il est très frappant babilités. (c'est-à-dire forme à une sorte d'épreuve en négatif de sa réalité positive. Ainsi il nous semble que la critique de Bergson ne s'applique qu'à un déterminisme tout philosophique et idéal. peu importe que l'on fasse couler d'eau sur la tête de 'l'enfant. 6 tout . de énonce le principe remarquer qu'au même moment où la physique elle est amenée par là même à employer d'Indétermination. RUYER. Nous ne voulons pas parler de la mécanique de GIbbs et Boltzmann. pas une propriété un sens et un contenu au déterminisme. que de la déclarer L'inutilité'du mot apparaît crûment dans ce possible. tant qu'elle dénonce probabilité. Seulement un problème reste ouvert. réalité n'arrive scolastiquo Chaque physiquement seule fois. un emploi tout scolastique de la notion. de statistique mais. qui donnerait La comparaison avec l'idée de possible est encore instructive. Cela nous empêche de nous rien de plus au fait réel en le proclaapercevoir que l'on n'ajoute mant déterminé si l'on ne qu'en le proclamant possible.R. tandis que. Elle peut être rapde la critique que faisait Auguste Comte de la notion de prochée en un sens. une fois qu'elle qu'une est aussi bien de la décréter arrivée. dernier cas. Disserter sur le possible en général. à une sorte d'ombre avec laquelle elle coïnciderait). alors. Nous cessons de croire à un déterminisme idéal qui régirait du dehors les réalités. plus précisément. mais calculer les proc'est faire de la science positive. Une préparé n'a pas plus d'Intérêt scientifique pareille conception que la notion de possible. dans le premier cas. il y a juste autant dans le mot que dans la chose. mais il nous faut regarder cette réalité et chercher si elle ne posséderait directement. critique juste. croit pas à la vertu du baptême. Pourtant. mais qui ne portait TOME cxfv. dans l'événement réel que dans l'idée par laquelle on a la prétention de lui ajouter au contraire quelque chose. d'un coefficient de probabilité la texture l'emploi pour désigner même de la réalité. condéterminée. peu ou beaucoup Bergson a raison aussi quand il soutient mais il serait peut-être que l'astronome M plus exact de dire « le mathématicien qui s'occupe d'astronomie – ne fait pas de véritable en annonçant une éclipse. prédiction mais u-ne simple analyse d'un donné.

était vraiment de mots. du jour où il y a eu crise des principes. Une et du temps. contre Henri Poincaré. du mathématicien. comme étant. a été 'démontrée précisément principes. la valeur réaliste est démontrée par la crise du déterdu déterminisme aujourd'hui dans son emploi scientiSi le déterminisme. Il ne distingue indivisible pas mathématiques le déterminisme il considère physique comme dérivant physique. minisme. à vrai dire – – artificiellement bien que des réalités considérées a comme contenu réel l'idée dans l'espace seul. une thèse de la continuité de du temps. qu'il preuve est faite qu'il faisait vraiment de la fusion. à la manière de Bergson. en son fond. ce que l'on appelle maintenant cela revient à affirmer ceci à la façon du physicien. n'a plus le droit de faire la coupure de la science a montré que la physique se mouvait sur L'évolution tout autre que celui des mathématiques pures et de un terrain défini par les sciences expérimenLe déterminisme l'abstraction. Voilà ce qui. 11 y a une ~o~e possible de l'univers à quatre dimensions. Ce scientifique. amené à la deuxième Nous sommes réalité. il aurait été à l'abri fique. un philosophe aujourd'hui. Depuis vingt ans. du langage qu'il oppose aux abstractions et le courant imprévisible c'est le flux des états de conscience. et de notre durée. conétait une théorie de la réalité. c'est le principe une formule paradoxale des non conventionnelle La valeur réaliste. l'espace d'espace-temps faite au moyen d'une loi de courbure prédiction En ce n'e~t encore qu'une façon de poser cette loi en l'analysant. que Bergson veut. La à la façon d'une pure définition de toute retouche. du temps. corps avec la réalité. il n'est plus rien. avec raison. Vidé de son contenu. De même. expérimentale. quelque et des mathématiques. qui.$3 REVUEPHILOSOPHIQUE t~ ~t~~ 1\*t~f)t! ~fû r~r~Tirnr de !û la y\)'rJ~HiHtt~ pour un calcul. d'indétermination. tales ne dépasse pas le plan de la connaissance soit dit sans vouloir chercher c'est qui le prouve définitivement. aussi t. une anticipation de l'espace et et expérimentalement sciemment opérée aujourd'hui. tel que le veut Bergson. minisme physique. tout analytique du déterminisme est insoutenable. . elle-même. probabilité pas du tout contre l'utilisation Cette thèse de Bergson. » Le déterminisme une thèse sur la nature de contient d'inertie. Il impliquait Croire au déterla ligne d'univers. tions des déterministes Ce chose de psychologique. chercher sous les abstracil la décrit comme de leurs adversaires.

qui travaiHait « une commande a de la pour physique. avait consijusqu'aujourd'hui déré les phénomènes d'assez loin pour admettre des structures continues d'où le principe de déternnnisme.). II est extraordinaire 1 ait pu croire que l'indéqu'Eddington termination notre intuition ou notre impression physique rejoignait de la liberté « Dans le cas de l'atome.R. de noyaux irréductibles d'indétermination. des quanta implique un remaniement de nos idées sur la continuité du temps aussi bien que de le l'espace. Elle est l'oeuvre d'un mathématicien. Hddmgton. Bergson a raison. surtout la physique des champs. mais d'un mathématicien MinkowskI. De même la théorie de la relativité a modifié l'énoncé du principe la théorie d'Inertie. on s'aperçoit que la ligne du déterminisme. quantique t. est faite de grains. mais seulement après que le a été lié à l'espace. 1 LA COXNAtSSAXCH COMME FAIT PHYSIQUE 83 de nouveau sens. . On aperçoit mieux maintenant la portée du principe d'indétermmation c'est une théorie de la réalité.. temps Cetfe union. ce qui implique une rupture dans la chaîne de la causalité. p. EHe ne constitue en rien une confirmation de la deuxième thèse de Bergson. cela n'empêche pas la croyance et la liberté d'être un jeu de notre imagination. La physique. Que le déterminisme abstrait soit du pur verbalisme. le principe d'indéEffectivement. :!()'. correspond à quelque chose de positif. Cette évolution de la physique n'a absolument rien à voir avec un retour à la théorie du libre arbitre. d'expérimentalement vérifiable. puisque est un quantum atome d'action. notamment Dirac. cela va sans dire. termination ne fait qu'un avec la théorie des quanta. continue à correspondre « macroscopiquement » au déroulement des phénomènes réels. Ainsi que d'autres physiciens. qui. Le passage du déterminisme absolu au déterminisme avec une frange de probabilité n'a aucun rapport avec le problème de la liberté. dont l'indétermination commanderait une volition. "Ilm_ RUYER. En y regardant de plus près. elle. car il recule finalement devant l'idée d'un atome clé du cerveau. psychologique nous pena un arrière-fond sons qu'I[ y qui a la plus parfaite continuité avec l'arrière-fond du cerveau nous ne soyons « pas davanquoique tage fondés à appeler volition l'arrière-fond de la manière spontanée d'agir de l'atome raison l'arrière-fond que d'appeler de sa manière d'agir causale Cette étrange hypothèse ne lui sert à rien.La nature du monde pAy~uc.

ou tout l'espace et le temps. d'ordre plus profond. comme un effort du la connaissance cien n'a jamais envisagé de correspondance. représentée consiscientifique après avoir brisé le système du déterminisme retrouve la réalité véritable qui est l'étoile déré comme artificiel. mais elle nous fournit une occasion de prépas ici par elle-même. sur les atomes du cerveau. un problème sujet vers l'objet. le résidu de*connalssance possible doit être en quetque d'où d'indétermination.REVUE PHtLOSOPtHQL'E ou lui correspondrait. une Pour la physique. par Bergson. losophiques science. il n'y a plus de connaissance au moins. une connaissance mentale. connaissance qui répond bien à ce que l'intuition psychologique. et par là même. semble la physique que même lorsque exemple pour montrer elle ne parle pas le suivre le même chemin que la philosophie. matérielle. dépasser la limite précise ne peut dépasser un certain de même qu'un microscope quantum. ne nous intéresse du déterminisme La question même langage. une fois rompue la chaine fois la chaîne du déterminisme dans la connaissance correspondance de causalité qui permettàit du tout. simple d'un Nous ne pourrions d'observation. tirer de la ciser la théorie de la connaissance que nous voudrions Pour la philosophie. LA FRONTIÈRE DE LA MÉTAPHYSIQUE. de l'esprit d'ensemble une acuon et il est obligé d accepter Mais alors. sorte dilué dans une quantité irréductible nouvelle. texture. nous avons appelé la connaissance brisée. l'homme. . Cette situation respondance phiêtre comprise que par une refonte complète des conceptions admises aujourd'hui. toute d'une i" M s'agirait impossibilité. et L'incertitude H de la mécanique . mais comme se rabattre sur le « sujet » quand la coril ne peut évidemment ne peut de la physique fait défaut..( l'onde de probabilité Du moment que le physisur la position et la vitesse de l'électron. d'Indétermination? pourquoi passer par le détour du principe de la physique est d'un intérêt Inépuide ce chapitre L'examen de meilleur trouver On ne saurait sable pour la philosophie. d'indéEn face du problème posé par les quanta et le principe on peut penser à trois solutions termination.

du moins la elle. LA CO~'AtSSAXCE COMME FAtT PHYSfQL'E 85 de même que nous ne pouvons observer un atome grossissement. à peu près aucun sens. et quelques autres savants de premier plan semblent encore l'accepter. là où il là cesse la science et la connaissance vérin'y a plus de structure. cherchait à mettre en évidence chose qui parce qu'elle quelque n'existe pas: une vitesse à travers l'éther. Parler beaucoup plus radical. à ce qu'il semble. ~° S il est impossible de dépasser le quantum d'indétermination. le mouvement de la physique n'a fait que confirmer la valeur absolument solide du principe indéterministe d'Heisenberg-. d'Indétermination. il faut déjà supposer un théoriquement ou même des yeux humains sensibles aux microscope imaginaire. c'est qu'il n'y a rien à trouver au-delà. sinon proposer 1. en ce sens. t~ novembre ]9~i). comme celle du mouvem'nt brownien. Nous devons cependant noter qu'Einstein. . ~° Le principe d'indétermination une borne à la conmarque naissance ont raison de et. pour le principe de « l'Intérieur » d'un électron ou d'un photon n'a. qui les fortifie dans cette idée. pour observer acceptent la position d'un électron. une modification à la solution 2. c'est 1 analogie avec la théorie de la relativité. (te savants cette solution En effet. celle-ci une correspondance table. Cette soluparce que nous cherchons Ce tion. les savants scientifique. BuiietM de la Société française de philosophie. RUYER. la nature de la connaissance la philosophie ne peutscientifique.R. A l'intérieur– si l'on peut dire du noyau d'indétermination. Einstein va même jusqu'à comparer la situation de la physique devant le quantum d'indétermination. la réalité serait encore de môme Peu espèce spatio-temporelle. de Michelson a eu un résultat L'expérience négatif.) Mais. que pour les objets connaissables. où l'on fait intervenir des ('[emccts non directement observables et où l'on trouve pourtant des vérifications de plus en plus complètes à mesure que nos moyens d'observations se perfectionnent (Cf. rayons y: it s'agit donc encore d'un autre genre d'impossibilité. sûrement. Nous ne trouvons rien une chose qui n'existe pas. depuis cette date. situé à l'intérieur du soleil. s'en tenir à la solution Comme la science n'est possible que par une description de structures. à sa situation devant des théories. a la faveur de la majorité des savants. terme à puisque implique terme entre les détails de la construction et les détails théorique de la structure Mais par le fait même qu'elle a reconnu physique. et que cette description ne se conçoit que pour des réalités dans l'espace et le temps.

serait l'apparence. de sons. inconnaissable. interne est impossible. On peut se du quantum à dire qu'au-delà il y a risquer d'indétermination. II n'y a pas d'a-connaissable » du monde des formes et des structures objet. admettre que le domaine de la conn'a pas la même « puissance naissance » que. dans un autre monde. II faut présenter la connaissance de cette l'univers façon deux étages de réalités. on doit. On nous accordera un minimum de métaque c'est là vraiment . Nous ne parlons pas de correspondance cet X qui supporte les étages superposés de l'espace physique et de l'étendue un sujet de tout repos. l'étage physique et l'étage mental. notre seul duquel personne propos but est de chercher à améliorer la perspective de philosophique la physique de la connaissance. celui de l'être. par là même. à sensible. pour choisir ne saurait nous contredire. Notre idée est que la notion d'une réalité connaissable. au contraire. il pourrait Nous insistons. le tout reposant sur un X avec lequel toute qui se correspondent. en délimitant la sphère ou a un sens. pré-spatial nos définition. nous mots. avec laquelle une correspondance spatio-temporelle peut ètre établie. parce que le criticisme n'exprime qu'un fait comme derrière la nature de chaque un autre. comme une correspondance entre deux étages d'êtres. en quelque sorte de la tentation du criticisme. est une notion anthropomorphique. Rien.OSOPHtQUE considérer à un autre point de vue? Pratiquement.~86 6 REVUEPHH. un X pour lequel la connaissance n'a plus de sens. n'empêcherait un kantien orthodoxe de croire que. ou d'un déficit de réalité. Le fait d'avoir reconnu qu'il y a des conditions de la correspondance-connaissance nous physiques d'user philosophiquement guérit. mais la première formule est inutilement dogmaou tique. un X qui n'est pas de la nature de l'espace et du temps. qui n'en est pas le « noumène mais qui est autre. Par nous ne pouvons pas parler de cet X. à son propos. dans la vie future. sur ceci qu'il « Que serait la réalité non-spatiale est naïf de se demander si ') Après avoir déuni physiquement nous pouvions la connaître? la connaissance. ne sont qu'une vaine émission ne pouvons que le cerner en négatif. un a-connaissable. cela revient au même de parler d'un déficit de réalité tout court. connaître les noumènes. qui n'est pas du tout la réalité dont notre monde impensable le phénomène. il y a « au-dessous un étage <{ue la connaissance géométrique épuise entièrement.

i)U. donnée élémentaire de la mécanique soit un intelligible qu'il faille dans tous les théosoigneusement transporter. En effet. La </)eor. La situation de la science est complètement retournée Bien loin que la depuis Descartes. RUYER. ne risque physique. Autant il est absurde de faire de inintelligible la métaphysique. Le prininterdit de croire que pensée et étendue cipe d'indétermination soient deux attributs d'une substance. si l'on rejette notre philosophie des la philosophie du dédoublement. . A. les théories déjà si aujourd'hui. » Si notre idée est vraie. se montre Or. la connaisoriginelle sance doit pouvoir être parfaite et absolue comme la réalité ellemême. 2.les p/tysMfens contemporains(nouvelle édition). Il faut bien que la correspondance commence sur un fond d'indétermination. cette philosophie nécessairement embarrassée devant la physique des quanta. Nous devons indiquer qu'it s'agit de développements présentés comme provisoires. de la physique sont comme bâties sur le vide. 3. Rey consacre à la théorie des quanta le moment il est impossible d'avoir une idée claire et distincte de l'indivisible d'action 2. Rey.ede la physique(nouvelle édition). Si la réalité est une sorte de Janus sujet-objet. on ne peut qu'adopter que nous avons déjà critiquée. étapes. ainsi. par déduction. » « Nous n'en pénétrons la pas encore à vrai dire c'est à peine si nous la pensons au sens signification. p.un manque de phénomène sur lequel s'échafaudent paradoxalement les constructions Il faut changer l'atmoscientifiques. p. et ajoutés en appendice de La théorie de ta physique eAe. pour « sauver les phénomènes ». et non de la science. indispensable pour comprendre même la physique. autant il est Indispenseble d'en faire pour comprendre <. Si connaissant et connu sont des éléments complémentaires de l'être. A. ibidem. . Comme parfaites 1. comment un manque fondamental d'ajustement serait-il concevable? Cet embarras est sensible dans les dévelop« Pour pements 1 que M.. 309. l'inintelligibilité des propre du terme et tient à la nature même de la connaisquanta est irrémédiable sance. de cartésianisme et de spinozisme dans laquelle sphère baigne encore la critique philosophique de la science moderne. Métaphysique minimum pas d'être dangereuse. rèmes de la science universelle.R. . LA COXXAISSAXCE COMME FAIT PHYSIQUE 87 toute négative et qui.Ucan. ou deux substances créées envers les philosophes par un Dieu plein de bonnes intentions amis de la clarté et de la distinction.

Nous remarquions été fortifiés dans cette idée qu'il n'y avait rien à trouver derrière de la avec la théorie le noyau d'indétermination. avec des boîtes scellées. ou les ondes.aohn. 301. notre univers. E. 2. x.Y)i(tiermann). comme l'expérience avaient plus haut que les physiciens négatif. par l'analogie Mais dans ce dernier cas aussi un minimum restreinte. mais nous voudrions dans leur ettbrt cette idée une justification précise. chap. se referment. c'est par tique de principes rationnels d'un domaine où elle ne peu t le heurt de la physique aux frontières d'indéqui sont à la base du principe pénétreT. Nos théories. Milikan ajoute existe. symbolique comme ou plutôt deux étages du monde. à partir d'un certain point. . p. Bloch. L'électron. de saisir C'est une idée bien vieille que l'homme est Incapable ici avoir donné à un commencement absolu.·t_ f t»a:R. l'écrit Alillikan II dement établi. dont le contenu. Les expériences de MIchelson. Nous ne reconstruide la physique est incontestable. mais en ce sens seulement. à la philosophie Pour passer de la physique bien autrenous ne nous servons pas du principe de substance. » Nous avons vu qu'il y est évident que le point d'appui des ondes peut La mécanique avait de fortes raisons d'en douter. Se servir de est au-delà de la physique. En ce sens. Ce n'est pas par un jeu dialecque nous y sommes amenés. un caractère termination. décon» à la théorie des ondes. dans chose venir quelque expliquer pourrait dans de symbolique Ce qu'il y a peut-être l'univers des structures. relativité se sont ne s'impose-t-il de métaphysique pas? Les physiciens 1. mais sans aucun appui visible o. ou des postulats indéfinissable comme ceux qui sont à la base du calcul matriciel certants. pour saisir l'expérience. mais il faudra alors une « prémisse sans doute reculer la difficulté.7. sons pas le monde à un certain moment. encore que la notion de connaissance. Ce qui les potentiels. Cf. . commode comme d'un réservoir et a-connaissable l'X préspatial un difficiles de notre monde serait les problèmes pour résoudre subterfuge injustifiable. solien apparence debout nf et nr « l'édifice demeure . la substance des formes. L'ancMnneet la nouvellethéorie des quanta. ne concerne pas notre monde.gg REVUE PHILOSOPHIQUE ar·t. le caractère sur le néant. de la physique. ment anthropomorphique L'X non spatial n'est pas. ont. il est ce qui est autre que la forme. on ne peut rien en dire. il faut le redire.

ment. nous ne le croyons pas. que la science. Les deux problèmes certains autres du moins sur le plan Faire de la métaphysique pour y répondre c'est reconnaître de la philosophie. à regarder les dans le réalisme qui consisterait extravagant courbures ou les torsions d'espace comme des choses éternelles des Du reste. une philosophie de la connaissance-texture. qu'une description champs n'est probablement des quanta. 2i!L . mais. champs. sance cessera. p. à que de telles phrases vrai dire. Les au fond à la physique et elle doit se raccorder n'obéissent sans individuels des points-événements intervalles « Un détinissant le ds2 doute pas à la règle mathématique sans doute comme nous les montrerait examen microscopique Peut-être même l'intorva'lle arbitraires. Espace. RUYER.R. risqué d'écrire sincèrement frontière pas. entièrement primordial de variations continues et est-il simplement n'est-il pas susceptible et à 0 pour de points-événements. égal à 1 pour certains couples n'en sont donc qu'un. Et ce dont nous sommes sûr. Edding~on. Ce qui nous conduit à un réa de valeur d'une vérité physique. phyque la connaissance ne saurait correspossible pourtant. Gravitation. dans laquelle la connaissance de la superposition n'a que dans laquelle le criticisme est une aventure particulière. 1. auquel le mouvement à admettre sens. pondre qu'à l'étage géométrique a touché à une avec les quanta. LA COXXAtSSAKCE COMME FAIT PHYSIQCE 89 l'éther comme une sorte engagés dans une impasse en considérant aurait un relativement de milieu matériel. Nous souhaitons qu'elle ne dépassera fassent sourire dans cinquante ans. Mais ce n'est pas une raison pour se refuser à la base de la théorie de& qu'il faut bien un X Indéfinissable ce n'est pas pour tomber Si nous rejetons l'idéalisme. la physique aux atomes de Démocrite. la seule connaissance bien Il est peut-être de l'univers. à la philosophie ou des étages. analogues en gros de l'univers. L'OBJET ET L'IDENTITÉ. Temps. c'est qu'il y aura toujours un moment ou la correspondance-connaisen géométrie naturelle. et ou plutôt en mécanique en physique. sique. devant un obstacle incompréhensible. du dédoubleà la philosophie Nous avons cherché à substituer.

90 REVUE PHILOSOPHIQUE lisme de la structure. entre deux systèmes de structures respondance aux liaisons différentes. une sorte de péché originel. loin d'être logiquement loin de contenir antérieur aux structures. implique. on se condamne ainsi à tourner Indénniment' dans un cercle. bien différent du réalisme de l'objet. deux domaines~. L'absolu de notre pensée fait sortir l'univers du temps. « L'expérience l'unité réelle de ce qui est d'abord. par primitive. si la connaissance l'objet doit se suffire à lui-même est un effort vers l'objectivité pure. l'objet. i ». errant dans un univers fini. n'est que le résidu de l'opération par laquelle nous décomposons une structure pour la connaître par correspondance. se laisse rompre peu à peu en » L'un est l'objet qui. La variété. reconstituer ensuite en radiations. En effet. 292. Le Retour éternel et la philosophie de la physique. ne sont que les jeux d'un objet éternel. on s'apercevra alors que l'élément. éternité. à un parfait parfait « chosisme conséquence mais logique. Que cet objet éternel soit constitué par les atomes de la théorie cinétique. pour se suffire à lui-même. tel est déjà le sens de la citation de Poincaré par notre travail. ce ne sont toujours qui se dissocierait que la de nouvelles formes A vouloir considérer du matérialisme. une science parfaite devrait aboutir à un matérialisme ». Ibidem. ou par les passant par tous les états probables. A. en les élevant à la dignité d'objet absolu.p. la philosophie du dédou« que blement et la contradiction n'est pas petite. connaissance comme une condition universelle de l'être. Rétala connaissance blissons maintenant à son rang. toute leur réalité. selon une idée très à la mode. l'autre est la conscience psydans laquelle nous trouvons aussi l'intuition de notre chologique. du principe qui est le point de départ paradoxale. la noulaquelle nous avons commencé veauté inépuisable des formes. Rey en a une pleine conscience. 315. Il est bien curieux que la thèse idéaliste qui affirme une théorie qui affirme l'absolu de la pensée ait pour contre-partie l'absolu de l'objet. un efÏort pour nous éliminer nous-même des choses. p. . quanta de radiation qui. de l'opéra<. ce n'est qu'une sorte de sous-produit humain. On pense de effacer le scandale de l'inintelligibilité des principes premiers la mécanique. doit obéir à la loi de retour éternel. comme une corentre deux étages. Comme M. pourraient de la matière peut-être.

par conséquent. On imagine mal comment les mathématiciens créer une pourraient ~ou/e règle de continuité. LA CONNAISSANCE COMME FAIT PHYSIQUE 91 de connaissance. bon gré. par exemple une bille de billard roulant sur un tapis. J'observe un objet. de langage. fondamental de continuité. la science va avec succès la matière. il vaut mieux poser correctement le problème en termes de structure et de correspondance de structure.tion géométrique trie. car alors nous sortirions du plan de la physique. il faut bien une certaine permaou une certaine nence. la décomposition s'arrête parce que la correspondance fait défaut. simplification est obligé. armé du principe d'inertie. elle est encore tentée de s'imaginer qu'elle a saisi l'objet alors qu'elle a seulement touché ses propres limites. d'un élément hubstantiel et d'un objet absolu. de science. brusquement. C'est évident d'après notre définition de la connaissance. Sans aucun doute. jusqu'à qui lui paraît un objet stable. . de faire intervenir la continuité de l'espace et du temps. une sorte de fluide sans vagues. sinon une continuité absolue. endroit. humaine. pure satisfaction grammaticale. Si donc le postulat de tion. du moins une certaine continuité dans le temps. que par une insuffisance et non Car il faut bien. plutôt si l'univers était une sorte de chaos de discontinuité. Mais le postulat ni. par un mauvais tour de la grammaire. au temps i!\ Il faut bien que je postule que la correspondance-connaissance sinon la même bille concerne. c'est peut-être par excellence. géométrie qui rejetterait Parler de l'identité d'un objet à travers le temps. elles aussi sur reposent un X inintelligible. Le sens commun a remonté la matière. mal gré. qu'est-ce qui nous oblige à y satisfaire par un objet. pour que la connaissance d'une structure soit même en dehors de toute imagination possible. quel que soit cet objet? La continuité est une notion de la géomémême la no. et connaissant et la vitesse de la bille au temps l. il ne serait pas question de correspondance. elle décompose et au moment où. et peutêtre dangereuse.R. c'est une manière rapide. plus loin. de l'espace et la continuité que l'unité du moins à notre échelle des structures dans l'espace. rien de plus. RUYER. d'arriver Puisqu'on aux frontières de la métaphysique. et n'ahorder la métaphysique de la physique. l'emplacement son j'attends à tel passage. Il faut donc se garder de transposer en thèse ce qui n'est qu'une métaphysique. Bien évidemment. continuité. finalement.

ment. L'expérience humaineet la causalité physique. 2. rationnelle: ici d'une le thème développé autre cas ne saurait mieux justifier nous voyons que la « physique de la connaissance ». la continuité la géométriepure. CRITICISME ET PHYSIQUE. structures dans son contenu n'est pas plus philosophique d'identité principe dans la mesure où il n'est de déterminisme. s'opposait de L'idée fondamentale transcendantale. est inutile aussitôt que la connaissance ne domine pas Preuve que la théorie de la connaissance s'arrête. H bille. théorie qui n'a pourtant aucun rapport avec !'individuaUté physique des différents . Très probablesalle.chap. si je suis seul dans la autre que statistique. premier la notion vraiment de l'Expécomment « le temps causal H de la deuxième Analogie au temps pure forme a au temps arithmétique. aussi bien que l'attirail philosophique physique < causalité ». « substance ». je peux affirmer que c'est « la même d'un électron. définies et. 28) laquelle nous avions fini par mathique dont nous avions pris l'habitude.-mars 1931. logique. . p. à Kant d'avoir eu le fait honneur On sait que M. il n'en serait pas de même s'il s'agissait l'Indéterminade causalité entraîne évidemment L'indétermination Il ne faut pas confondre et par suite d'identité tion de continuité. l'événesoit suffisante physique n'est pas absolue. dans la nouvelle théorie lathéorie des quanta d'Einstein. posé comme une nécessité justifié par la connaissance. il exprime creuse. Aucun il est clair même qu'il doit être inintelligible. Cartan. avecla géométrie naturelle. Revue de métaphyLe point matériel était une abstraction mathésique. et à nous devons abanattribuer une réalité physique. puisque à une « physique de la continuité est subordonnée connaissance Rien ne nous autorise à affirmer que cette continuité ait une valeur Si la bille est unique. par conséquent. quoiqu'elle de l'existence – pour permettre ment le montre pratiquement Le de la connaissance.93 REVUE PHILOSOPHIQUE il est clair qu'il ne peut pas être fonde la connaissance. rience.points qui constituent le fluide matériel ou électrique supposé à l'état continu. Brunschvicg Il a montré moderne de la causalité.. pas une abstraction « identité ». idéale. M. C'est encore une illusion que » donner si la théorie unitaire du champ arrive à s'étabUr. continuité du tout la science. t Convergence curieuse. réel que le principe Tout un fait physique. est niée (Cf. de l'Esthétique priori du champ unitaire. janv. Brunschvicg. xxvttt.

c'est qu'il y ait un invariant. en montrant de l'existence qu'elle cachait cosmologique est un fait Si la connaissance une preuve ontologique inaperçue. au fond de l'idéalisme critique. on veut dire qu'elle périrait qu'une plante exige de la chaleur. comme la physiologie des organes gée de décrire les fonctions . de force dans la définition subjective Si je regarde une maison. il y a un ordre objectif l'ordre des perceptions. célèbre nnnt. des phénomènes.re. du principe de substance et du prind'où la déduction variation. un élément introduit étranger Sans l'avoir rendre suspect le système tout entier du criticisme? « Pour que la connaisnous avons écrit plus haut fait exprès. à base toute encore devant la « toile de fond H d'un rationalisme un un sophisme Il y a. elle a évidemment cosmique. aucun ordre. RUVER. religieuse? dans la preuve à celui même que Kant a dénoncé peu analogue de Dieu. c'est que toute expérience suppose la forme d'un sujet. à toute force. FAIT PHYSIQUE COMME – J-A COXXAtSSAXCE 93 avec le Coa'ito.R. la condition et une une permanence..t. la succession l'irréversibilité. Toute véritable le criticisme sance. Mais prenons garde de la position kantienne? inévitable caractère rendrait la connaissance impossible. Ainsi. Kant est d'avoir Mais considérer que le plus grand mérite de n'est-ce pas dans le criticisme. d'où la des conditions d'existence. la ~i. ce n'est pas parler d'une exigence de l'entenII ne faut pas jouer sur le mot « exigence ».. plus f. dire qu'un univers discontinu c'est exprimer un fait. et non comme une nécessité la connaissance considérer sinon parce que l'on philosophe comme une chance? Pourquoi.< Cogito. sophie de de la représentation la possibilité et que le sujet constitue ait prise sur le pour que l'entendement l'objet. sance d'une structure le involontairement avouer » N'est-ce pas. qui détermine fleuve. faute d'une température en soi. élevée. ~-n~t Kant. manence. sorte en quelque s'introduit Mais la physique cipe de causalité. avec elle en amenant de la causalité. au donc extérieurement ressemblera théorie de la connaissance est bien oblide même que la physiologie scientifique criticisme.H~hrp. » finaliste de la connaisd'une « physiologie illusoire possibilité n'est pas autre chose. de toute la philopeut-être. Quand on dit dement. dira-t-on. il faut bien une certaine persoit possible. je peux commencer ne m'impose de l'appréhension Si je regarde un bateau qui descend un par la cave ou le grenier. Pourquoi vouloir. changement.

particulier Déjà nous avons été amené à transposer le principe de substance ou de permanence Pour qu'il y ait il faut que les phénomènes changement. bateau descendant le fleuve. Du même œil. Mais la solution kantienne est-elle la bonne? en Kant.REVUE PHILOSOPHIQUE nnaitste et de rendre compte de leur adaptation mais harmonieuse. Livrés aux fantaisies de notre cerveau. les tendances évidemment. Mais à la Causalité passons dite. Hume voit une bille de billard en pousser une autre. non seulement nous pouvons percevoir dans l'ordre que nous voulons. d'après des physique quanta. perfectionne de Hume. Mais c'est lepsychologisme luimême qu'il fallait abandonner. la présentation déductive du principe apparaît déjà comme assez dérisoire. La solution kantienne consiste à remarquer que nos idées nesont pas du tout fantaisistes. Par en nous retourconséquent. Ici. comme Kant en proprement a eu du reste conscience. a priori subjectif contient le secret de l'objectivité et même de la réalité Mais la physique empirique. en au sujet-collection substituant. de l'esprit empiristes anglo-saxon l'induisent en erreur. de Hume est un « psvcholol'empirisme gisme ». nous nous demandons en vain quel facteur mystérieux crée cet ordre et canalise cette réalité. la causalité. ou géométrique en de plutôt continuité principe la macroscopique. nant vers la réalité physique dont l'ordre apparaît et s'impose à travers la succession de nos images. le sujet comme « unité d'images. ou de continuité absolue. L'erreur de Hume est tout à fait à l'erreur du philosophe analogue pré-relativiste que nous avons présenté plus haut. transcendantale de la conscience. en renversant le point de vue. qu'il y a des synthèses priori en physique comme en mathématiques et que cet. ou d'un bateau remontant un fleuve sans moteur. la physique d'après moderne. nous suggère le principe d'une tout autre solution l'objectivisme . Examinons puisqu'elle le cas de la causalité. contiennent quelque chose de permanent qui soit le sujet du en principe changement de continuité. cette succession pure de visions. bref. il regarderait la maison de la cave au ou le grenier. Au fond. Ceci posé. le psychologisme somme. mais nous pouvons forger toutes sortes de concepts tels que celui de simultanéité absolue. et il chercherait en vain dans sa dans vision. La connaissance est possible. est. obéissent qu'elles nécessairement à des lois internes. voyons ce qu'elle est. Après cette transposition.

sur le tapis: notre vision nous donne fidèlement la trajectoire. Riais cette Inertie est sans commune mesure « primaire avec l'inertie a. ajouter. faut-il notre comme Seulement. nous ne disons pas expérimentalement. nous montrer la bille rebroussant sans cause pourrait chemin. nous par exemple lorsque pensons que 7 et 5 font 12. de la pellicule. qui posent des pseudo-problèmes vers la réalité quand nous nous retournons « première ». de la physique pré-relativiste. et. est de la réalité physique ». même un psychologue ne le nierait peut-être aussi. n'ayant jamais regardé un fleuve de près. que ce qui se passe au dehors..7. Les sont aussi rares que les spectateurs psycho-physiologistes qui. Nous regardons la lourde bille d'ivoire rouler exemple. Nous sommes même portés quées ». « réetie des le cerveau le plus lent peut très. _i __f_. et au mépris du principe d'inertie. . dans le passage rien. 7. pourrait-on « truquée dans dire. parce que notre cerveau est un être au milieu des êtres. 1 il n'y a qu'une nécessité.te pas spontanément dans son rôle d'obserobservateur. nécessité qui régit ce qui se passe dans notre cerveau. qui régit. celle de la réalité nécessité physique. radical. regardent donc comme raisonnerait Micromégas. nous sommes incapables de distinguer empiriquement. en fait. apparente. puisque notre influx nerveux a une vitesse finie de propagation... comme le déroulement de la pellicule cinématographique. voyant les méandres sans. Dans le fait de la connaissance.7:1 RUYER. Bien plus. au le moteur plutôt que l'écran. aussi bien le système observateur que le système observé. Il est bien probable rayons lumineux. cerveau.. dans le déroulement des ne viole la loi d'Inertie. L'a . Mais une reproduction filmée nous donnerait exactement la même vision. un film arrangé. – les réalités « tru». vateur à propriétés Ds là viennent les crises dans la physiques.. Nous raisonnons cinéma. physiques ». des réalités non « truquées à considérer comme plus immédiatement réelles nos images. système ne re. qui. LA COXXAISSAXCE COMME FAIT PHYSIQUE 9~ T. spiritualiste une certaine pas que nos images mentales impliquent inertie. connaissance crise de la causalité crise physique newtonienne. objets représentés facilement se représenter une automobile faisant 100 kilomètres à l'heure. ou notre propre Imagination. elle projette des propriétés « secondes l'imagination.R. Or. Expliquons-nous en prenant comme physique l'inertie. 1. Notre réalité cérébrale. Pourtant. s'amplifier .

96 REVUE PHILOSOPHIQUE des conclurait l'eau en mouvement. Si donc. qu'elles dépendent « principes de l'entendement ». Nous avons essayé de dÉHnir ces liaisons dans Esquissed'une philosophie de la structure (Alcan). et la relativiste. Kant. abstraction n'ont pas conscience temps. au neraitl'ordredela mécanique? des formes dans l'espace point de vue de la méthode.suggérée par la physique toutes deux. superposées sur le on met brutalement naires~. implique ord. Mais en fait. essayant un projecteur et concluant et d'une portée de 500 kilomètres que la minute. une Mais si. nous faisons la même faute que ferait quence directe. l'appareil 1. lorsqu'ils « rationvenir rompre la perfection semblent dont les principes elle nous est La véritable nelle » de la géométrie. au xvm" siècle. comme deux réalités de même espèce. solution. pure qui domique de croire à une géométrie cipe de substance? Rien de plus légitime sans doute.aux liaisons physiques d'un genre particulier. les ombres sur l'écran. qui a mis la géométrie . l'association on ou l'attraction newtonienne. les savants l'étude des formes dans l'espace seul. comme la psychologie. la mécanique. du rayon. seul. dépasse 300000 kitovitesse de la lumière. comme Hume. on veut retrouver nécessité dans la forme du sujet. ne sont que des événements phytout est physique notre comparaison. à l'extrémité des liaisons La réalité mentale mètres à la seconde. Ou encore. même plan. . Les synthèses en les absorbant d'accord. que d'étudier dans le de leur existence faite de leur inertie. Pour reprendre siques. des idées et l'inertie mécanique et l'on ne comprend ne comprend guère plus du tout la physique. que l'évolution distinguer alors qu'elle en est une conséfleuves viole le principe d'inertie. abordent D'où leur embarras abstraction. les choses photoà projections. on tombe dans un insoutenable paradoxe. ne portent pas Il ne faut pas nous objecter que nos critiques et non de contre Kant parce que celui-ci parle de l'entendement montre humaines des erreurs La longue histoire l'imagination. Est-ce une erreur l'imagination absolue ou au prinque de croire à la simultanéité l'Imagination. assez mal de livré à lui-même se distingue que l'« entendement ou de de l'entendement pure. à 6000 tours à la tournant un physicien. est une que la géométrie. mécanique ') ou de de « formes de la sensibilité a priori.

pour la vers l'un ou l'autre de ces systèmes. LA CONNAISSANCE COMME FAIT PHYSIQUE 97 La loi d'inertie. vaguement. Quand que la science se tourne. 7 . de même. en s'élever au rang des esprits. supposer Le néo-réalisme est retombé dans l'erreur de anglo-saxon au sérieux le contenu brut de la Hume. vu. ombres animées de la toile a la même structure que la scène qui s'est déroulée au studio. elle reste toujours une physique. est le parce que l'aspect. L'image de de cinq billes.R. RUYER. C'est une pseudo-idée nécessité. que la structure d'une table-vue est la même structure que celle de la C'est comme si l'on disait que la scène jouée par les table-objet. physique La solution kantienne est aussi excentrique. n'est pas du tout liée à la métaphore du film. résoudre. Car notre critique. perception. il fait une métaphysique de l'apparence. de la physique. et pour justifier de la réalité. Mais on peut corriger en opposant l'empirisme expérience à expérience. dans le monde des billes réelles. il remonte vers Kant. en approfondissant le mécanisme du fait. donne sept billes. fonctionphysique nement physique sur le même plan qui doit être mis exactement même que celui du bateau qui descend le fleuve. qui consiste à prendre B. pour de Hume. La science est toujours tournée vers la réalité physique. en toutes ses parties dans un ordre arbitraire. en croyant étudier des formes pures dans un espace Idéal. De même que le géomètre. par suite des graphiées. 1932 (N<~7 et 8). appréhendant j'obéis en réalité au fonctionnement de mon cerveau. sort du monde. être exprimé dans des énoncés progrès pourra plus perfectionnés régit tout cela. qui « régirait que de la réalité sortie de son propre mode d'existence. est pour physique elle le système observateur. continue à obéir pourtant croyant aux lois physiques. sans caricature. une « aperception transcendantale la physique ». fait physique. Russell admet nous l'avons encore. et qui. même. au contraire. ~ajoutée à l'image ne serait-ce l'image de douze billes pas la raison pour laquelle. il serait TOMEcxiv. relativement à la science. au cinéma. aussi tératologique que la logique de Hegel. aussi bien que le système observé. Nous pouvons notre langage défectueux de tout à l'heure si la réalité corriger n'est fondamentalement que d'une seule espèce. il n'y a plus. une crise se déclare. à se mettre à la recherche d'une corriger l'empirisme a la réalité. sept et cinq font douze? Voilà l'idée kantienne. lorsque je regarde une maison. remarquonsle bien.

B. 38. 1. de Rignano. il fonctionne monde. M. dans l'expression que le mot « jugement ». un surobservateur si l'on imaginait 1». avec le « jugement de la « conscience ') de Kant? La phytranscendantale sophe. être dupes du psychologique invite-t-elle pas plutôt à ne plus physique qui conditionne comme tel. p.) du philointellectuelle ».-mars 1931. est un fait dans le experiment est réel. réalité « truquée « – ne nous limites des mathématiques pures.()g REVUE PHILOSOPHIQUE de n'être jamais allé au Kant du reproche trop facile d'absoudre cinéma. » et l' ici Mais alors. Le « Gedankenrien de dire d'un événement qu'il est a priori. doit être remplacé par ». il obéit à des lois comme tout ce qui kantien ne peut se défendre qu'à la selon sa nature. situé en quelque sorte « ailleurs que quelque part physique. et à chercher le mécanisme a eu une idée cette réalité du « second ordre »? M. du problème sa solution physique gré à Kant d'avoir fait passer et c'est une thèse fondamentalepar le détour des mathématiques.janv. On ne comprendrait nonun « troisième homme H. Comment qui a si profondément ein. de Goblot. mais ils ne sont pas a priori. Russell de la physique les tendances très profonde quand il a rapproche Les notions des objective. Elle a une base bien plus large. . Elle revient à remarquer « jugement synthé». et par le cerveau humain. Brunschvicg réalité que dans.steinienne. comme tous mentaux sont bien synthétiques les événements n'est pas du monde. et celles de la psychologie moderne mais elles pures ne sont pas des imaginations. dans lequel le changement les événements parce qu'il ne signifie un vain mot. Or le mot « événement tique a priori ». peut-il faire de Kant de la relativité signification d'Einstein L' « observateur d'Einstein? une sorte de précurseur situées quelque part est constitué par une règle et une horloge restreinte rien à la relativité dans le monde. la analysé M. mathématiques n'ont leur avec les imaginations. Brunsehvicg. Revuede métaphysique. qu'elles ont ceci de commun sait M. avec le « maintenant tout géométriques . Le criticisme est en dehors condition de soutenir que la réalité psychologique du monde. Brunschvicg. qu'ont donc de commun le « maintenant H et l' « ici » du savant. » de Mach. avec l' « aperception en ne prenant plus au sérieux les abstractions sique moderne.

la nécessité Mais en conclurons-nous des mathématiques. Nos jugements ne sont pas synthétiques ils reflètent le fonctionnement a priori. ne tire sa nécessité du monde physique dont que de la nécessité elle n'est qu'un reflet. Et c'est même une des raisons qui l'ont incité à rechercher Mais l'empirisme une nécessité a priori d'origine subjective. monde physique? le raisonnement de Kant. une « nécessité interne dans les objets mathématiques même les mais cette nécessité est une nécessité plus abstraits. mathématiques pures Il y a naturellement nuité absolue. n'est-ce pas précisément de la physique ait conquis un droit de contemporaine qu'elle sur les mathématiques? L'ordre des mathépriorité philosophique abstraites ne domine plus l'ordre des réalités physiques. qu'elles analyses. etc. Tout occupé à matique avait un sens en dehors de l'univers prouver contre Hume que le contenu seul de nos idées est contindans notre entendement gent et qu'il y a des lois nécessaires dérivent ellesmême. Infini de l'espace. d'emprunt. En physique une machine à calculer. les vérités mathématiques comme purement à considérer empiriques. comme une addition Une addition mentale. Il croit encore que les mathématiques aller aupeuvent comme si la nécessité devant de la science expérimentale mathéréel. Or. Bien entendu. Mais les postulats sont de qui sont à la base des mathématiques . RUYER. en substance. sont de faux problèmes. sa construction tout artificielle et il y a conventionnelle. des choses. nous constatons voyant fonctionner que. LA CONNAISSANCE COMME FAIT PHYSIQUE 99 de sa propre philosophie de la physique doit être que l'objectivité comme étant du type de l'objectivité des mathémainterprétée le caractère le plus frappant tiques. absolu de Hume n'exprimerait-il pas plus fidèlement l'esprit de la science kantien? II nous semble. dans son empirisme Kant reprochait sceptique. matiques On se rend compte aujourd'hui que les problèmes posés par les nombre contiinfini.R. les vérités la manière mathématiques nécessaires en tant sont des sont des truismes. malgré dans son fonctionnement une nécessité même interne. d'ombres au cinéma. il ne s'aperçoit pas que ces lois nécessaires mêmes du mode de construction de « notre machine a. en tout que le rationalisme d'aujourd'hui comme Hume que se tromper a cas. qu'il vaut mieux se tromper de Kant. que la nécessité interne de la machine à calculer est à la source de la nécessité du Tel est pourtant. physique à Hume d'aboutir.

Eddington.nC! . l'électro-magnétrique. rationalistes. en un mot « l'univers ». les nombres indépendants base d'existence Pour en douter. 2. Les nombres absolu. en tous qu'elle permet à la théorie de le parcourir.F. est née d'un effort se de et ta nouvelle théorie des quanta. Nous l'avons vérifié pour le postulat Rien de plus mort. l'o"C~n. M. « l'arrogance des nouveaux ». « type de champ ». &ce La nature du monde aussi. Cette tendance de la science anti-. il n'y a pas besoin de physique? – au physicien travaux Dirac. On se tromperait en en « mathématisation de la physique l'expression transposant ~t bien plus encore en sous-entendant' « rationalisation ». lo r. . Rendre les propriétés du cercle intelligibles. de colère qui anime contre elle les « purs ') parmi les l'espèce Toute une partie des « Entretiens au Bord de la Mer ». ou plutôt a-rationaliste nous en trouvons un curieux dans symptôme expérimentale. la matière. ce n'est pas TUontrer que le cercle peut se déduire de la raison ). par inspirés penser à certains matricielle il suffit d'imaginer un par la mécanique exemple d'individualité à notre univers où l'indétermination apparaîtrait échelle. On trouvera physiciens peut-être paradoxal que nous parlions des tendances purement expérimentalistes de la science au moment même où Einstein. purs faits. tions et des matériaux inutiles ne sont pas commandés par une les exigence de notre raison 2. au contraire. aujourd'hui que le « logicisme » en mathématiques. géoméde quoi déduire à la fois la gravitation. laisser impressionner L' « univers » signilie par ce mot fascinant. est un plaidoyer pour la raison contre la physique. Le savant s'arrange pour retrouver lois classiques de structure et voilà tout. p.~0 1- REVUE PHILOSOPHIQUE f'+~ Nr. par la théorie veut trouver dans un seul schéma du champ unitaire. 239. 323). physique. de même que la théorie de la relativité. sujet.. ma)a. Une fois le type de champ choisi.~ r. p. intelligible. pour rapprocher ['expérience (L'ancienne Cf. La par une analyse science rend l'univers en ce sens qu'elle l'analyse.~+ ~7~ de continuité. on doit y retrouver par analyse les lois mais le choix de la géométrie.-ré son caractère d'abstraction marque. l'élimination des équaphysiques. que le « panlogisme sont-ils absolument de toute mêmes.nrt"1. « La géométrisation ici de la simplement que toute la réalité physique peut être complèphysique signifie tement décrite en termes de structure. une fois posé. P: 127. contre d'Alain. Btooh note que la mécanique matricielle. E.6n. sens sans obstacle. Mais il ne faut pas se tisme.n"r.

est une partie de l'univers. à dialectique. La connaissance n'est pas une condition transcendante de l'être. un fait cosmique. toutes les autres choses existantes. Le fait de connaissance autres. Ce qu'il y a de définitivement vrai dans le criticisme. seul unréalisme de la forme peut être absolu sans contradiction. une réalité à côté des autres réalités. c'est une aventure des êtres. Nous croyons que l'on est pleinement d'accord avec la science en revenant à cette vieille théorie d'après laquelle ou la réalité classée sous l'esprit. RUYER. témoin est encore un être physique. c'est que le monde doit être défini de telle sorte que la connaissance c'est-à-dire comme y soit possible explicable.R. et même en celui qui voit sans être vu. raisonnement à raisonnement. d'autre part le l'esprit de la physique progrès qui nous a donné la notion de « mathéma». Cela ne veut pas dire que la de la connaissance possibilité de définir la réalité de permette l'univers. Nous connaître. La réalité mentale est un ensemble de formes à liaisons La correspondance entre ce mode de structure spéciales. ce n'est pas l' « Esprit universel Le témoin d'un » qui se manifeste. LA CONNAISSANCE COMME FAIT PHYSIQUE 10r pure. Seule est cohérente une présentation en termes de structure du système observateur comme du système observé. Un homme voit un autre homme comme il le voit mander ou respirer. comme un miroir qui reflète un jeu de miroirs. nous l'avons montré. impliqua encore la vieille conception de l'Homme. Il faut donc bien comprendre moderne peut que la philosophie faire beaucoup mieux que d'opposer au criticisme kantien. ou que le cercle est une pure idée qui pourrait exister en dehors du monde physique. assistons à la science. alors que toute sa philosophie. ce mot. à laquelle la physique relativiste a porté le dernier coup. Ces deux mouvements tiques naturelles ne font convergents l'évolution qu'achever commencée d'importance capitale par Kant a été de Copernic. se compaauquel étrangement imprudent rer. peut être en quelque sorte constaté du dehors. Elle peut lui dialectique d'une part le progrès de la psychologie opposer deux faits qui rattache maintenant humain « à la terre ». Roi de la Création idée toute mystique. seul-il . et les constitue la connaissance.

que par un possible a przor! qui le fonde. elle n'invoque jamais aucune transcendance. transcendantale. quand. fausse. puisqu'elle consiste nécessairement de l'enfant ou l'existence des nombres non des nombres-objets » qui impliquent mais « des nombres nombrants et du sauvage. nos poser. théologiquement remontant des créatures au créateur. – de même le criticisme la ou de décomposer leur mécanisme comme représentations les fonde a priori sur une constitution scientifique. Kant a beau opposer le du possible. et conditionne un fait toujours par un autre fait. Ce n'est pas seulement par sa carapace rébarbative. ou l'existence de l'espace. au lieu de simplement au lieu de poser. en les attributs. d'après lui. son caractère caractère aux faits le réel n'est tel. psychologie sur des conditions sur une espèce de Dieu formelles. De même transcendantale par Kant de l'idée de « possibilité consiste à « parler les choses. et l'on peut arriver à ce possible par une analyse n'a une telle dialectique. même. l'existence qui ne saurait exister peut interpréter en rapports. de nous montrer une seule découverte mettons au défi l'idéalisme ou rétiexive scientifique qui soit due à une analyse transcendante On nous répondrait sans doute en nous montrant de ce genre. La science explique aucun rapport avec les analyses scientifiques. se retourne Nous réel au possible. par son c'est vocabulaire. elle ramène un fait à un autre. que le criticisme kantien rappelle la scolastique. un acte intellectuel. en les doublant que la scolastique les d'essences qui ne sont que des mots. comme dans la théologie du de Leibniz sa à la conception Moyen Age. et la physique mathématique. un acte de mise en relation ayant sa source de l'échange. mais de l'espace engendré par une action constitutive à celle du tracé. Rien de plus révélateur que l'emploi fait par son principe ». et en toutes les mathématiques. elle Elle ne rattache jamais le vers le système observant. même.avec Einstein. comment une pure physique de la connaissance nous demandant de la quantité. subjective.M2 REVUEPHILOSOPHIQUE et en rejeter l'idée peut à la fois retenir l'idée vraie du criticisme. dans l'opération pratique – non de l'espace perspectif. Mais nous demananalogue derons à notre tour que l'on nous fasse voir là autre chose que des . Une telle analyse. il ne fait que révéler davantage propre conception d'addition inutile tout verbal de celle-ci. sans plus. dont il recherche intérieur. en soi et par soi. nous l'avons vu.

L'ensemble à la façon lité. après avoir à faire la métaphysique de l'Univers. l'opération que dans la prétendue dans le texture. par parenthèse. RUYER. tous les autres chapitres pense et écrit « acte intellectuel a là où il s'agit d'acte tout court. où pas un détail n'est sans rapport fragment tant que l'on ne sort pas de l'espace et du temps. concret du mot.R. de connaisquantique que l'on n'a pas atteint l'indétermination renoncé Nous sance. Il n'y a pas de sujet. Chacune est à sa place. peuvent échanger. -êtres. dans ne découvrons pas plus le « sujet M philosophique connaissancedu jugement. selon des lois différentes. nôtre. Des machines compter. analyse scientifique. même Le mécanisme la non-présence . et la réalité physique préexiste à calculer. ainsi que dans et son fonctionnement. et superposées ce qui. par mille recoupements être est un absolu de présence ici. nous ne les avons appelées des réalités « truquées )' que pour exprimer qu'elles étaient dues à des liaisons composées Elles aux liaisons des objets qu'elles reproduisent. élimine ne sont pas des points de vue de réalité. LA CON~tAtSSAKCE COMME FAIT PHYSIQUE 103 au sens le plus autre chose que des opérations . 11 fait encore de l'opération une sorte de métaphysique mentale. Il ne signifie rien de dire qu'il se connaît lui-même. dans l'appareil foncMaisons. La psycho-physiologie comme aux machines cerveaux du est déjà assez avancée pour faire une analyse de l'opération non transcendantale. dites dont les lois mentales laisse se dessiner en négatif Notre fonctionnement psychologique ce que nous appelons l'objet physique. puisque nous faisons partie des il est.gestes physiques. -«apparences ». aux notre machine cérébrale aussi.implique de la connaissance de la structure avec correspondance. analyse jugement. il y a diverses consciences un étage de réaconstitue de ces conciences Cosmos. la struclaquelle . que nous pour simplifier de la différente et reconnaissons comme une structure situons Notre et mille correspondances. ne sont pas des Nos représentations et ne saurait se déborder. un mécanisme qui démontre L'idéaliste de la science. elle ne reflète pas l'Univers de ses des Monades de Leibniz. un elles sont un fragment tout danger d'antinomie avec bien ajusté. tracer. qui fait son être. tant l'ensemble. mais elle retient. les lois physiques tionnant proprement ne sont du reste qu'une complication. des liaisons d'un ordre différent.

des ensembles.104 REVUE PHILOSOPHIQUE ture immédiatement qui est nous a correspondance. En dehors de la la « conscience transcendantale~). contre nous. mais l'élément. si le système des structures est la réalité même et non une « idée ». accumulent victoires. des champs. voir les philosophes Il n'y a pas de « sujet ». ce feu follet. par définition. car alors l'absolu de présence de chaque élément de l'espace. c'est-à-dire toujours de présence. Nous voudrions sous quelque forme qu'ils l'imacesser de poursuivre. « tournés vers la nature des choses ') que les savants. nature des choses. si nous étions matériase retournerait L'argument liste. avec la thèse du D. R. serait non spatial. et non ailleurs que là où elle est. serait borné à un point. des intervalles. supposé réel. pour nous. 1' « aperception intellectuelle ». le « représentatif M. par conséest contredit à la fois par la science quent. qui leur a fait perdre déjà trop de leur temps. non des « ici ponctuels des groupes d' « ici ». il faut bien que chaque structure soit en un lieu déterminé. français ginent. Whila structure s'accorde. RUYER. le « sujet ». . complexe. était. non la forme. présente Comment donc peut-on voir là un argument en faveur de l'idéalisme ? Si l'espace et le temps. étendue sensible. nous reconstituons qui nous contient. et par notre mode même ondes. nos sensations nous donnent une étendue puisque un ensemble Sur ce point la philosophie de sensible. il n'y a rien. mais des qui pose comme réels. si la réalité. A travers notre le Cosmos étendu. tehead il faut rejeter la « localisation simple ». des liaisons. Feux follets. Mais le matérialisme isolés. pendant victoires sur comme dit dédaigneusement Alain.