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Un petit point vert dans un océan de rouge : c’est la couleur du Rwanda sur cette mise à jour

de la carte mondiale figurant le statut de la peine de mort… Pays qui, par une loi adoptée le 8
juin 2007 par l’Assemblée nationale et le 10 juillet 2007 par le Sénat, a aboli la peine capitale,
y compris pour les crimes commis pendant le génocide. Le Burundi voisin pourrait bien, dans
un proche avenir, suivre le même chemin puisque la révision en cours du code pénal prévoit
aussi d’exclure la peine capitale pour tous les crimes. C’est un événement exceptionnel pour
ces deux anciennes colonies belges meurtries par des années de guerres et de massacres,
premiers pays abolitionnistes de la région. Au même moment, l’Ethiopie reprend les
exécutions qu’elle avait cessées depuis 1998 et le parlement kényan vient juste de rejeter une
motion déposée par l’opposition visant à abolir la peine capitale. En 2007, les trois autres pays
abolitionnistes ont été l’Albanie — pour tous les crimes (en 2000 pour les crimes de droit
commun) — le Kirghizstan pour les crimes de droit commun et le Gabon pour tous les crimes.

A quelques milliers de kilomètres de là… Vers l’ouest, un anniversaire : Johnny Ray Conner,
accusé d’avoir tué une commerçante à Houston en 1998, est devenu le 400e condamné à mort
exécuté au Texas depuis 30 ans. Vers l’est, la Chine (qui compte pour plus de 90 % des
exécutions mondiales parmi une trentaine de pays) continue d’exécuter des milliers de
personnes tous les ans : Amnesty international a référencé environ 3 400 exécution en 2004,
1 770 en 2005 (plus de 5 000 selon l’ONG italienne Hands off cain et « seulement » 1 010 en
2006 ; mais selon un député du Congrès national, toujours cité par Amnesty international, le
chiffre annuel réel des exécutions se situe plus certainement entre 8 000 et 10 000.
En 1977, seuls 16 pays avaient aboli la peine capitale : il sont aujourd’hui 90. Les progrès
sont considérables, mais la carte qui révèle l’existence d’un immense « arc rouge » qui
s’étend de l’Afrique centrale à l’Extrême-Orient et au Japon en passant par le Proche-Orient,
le Golfe et l’Asie du Sud nous rappelle que c’est loin d’être suffisant : il faudra encore que la
pression et le travail des ONG et des organisations internationales ne se relâchent pas. La
prochaine Assemblée générale des Nations unies, en octobre 2007, prévoit de proposer une
résolution appelant à un moratoire global sur les exécutions.

Malgré cette amélioration et ces espoirs, la situation reste préoccupante. Tout d’abord, les
exécutions de mineurs se poursuivent en Iran, au Soudan, en Arabie saoudite et au Nigeria.
Les Etats-Unis, le Pakistan et le Yémen (qui avait exécuté en 1993 un enfant de treize ans) se
sont récemment engagés à ne plus exécuter de mineurs. Par ailleurs, aux Etats-Unis, grand
pays riche et développé, les exécutions restent une affaire courante (entre 1977 et 2007, 1 100
personnes ont été exécutées dans l’ensemble des Etats-Unis).

Dans l’Union européenne, la Grèce a été le dernier pays abolitionniste (2004). Et pour toute
l’Europe, avec la récente décision de l’Albanie, il ne reste plus qu’un seul pays, la Biélorussie,
où la peine de mort reste en vigueur.

En Asie centrale, le Kirghizstan rentre en 2007 dans le groupe des abolitionnistes, après le
Turkménistan (paradoxalement reconnue comme une des pires dictatures de la planète jusqu’à
la mort en décembre 2006 de son président mégalomane Saparmourad Niazov), qui avait
aboli la peine de mort pour tous les crimes en 1999…