Vous êtes sur la page 1sur 84
Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg Structure d’accueil : COMPARAISON

Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg

Structure d’accueil :

de l’Environnement de Strasbourg Structure d’accueil : COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS Mémoire
de l’Environnement de Strasbourg Structure d’accueil : COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS Mémoire
de l’Environnement de Strasbourg Structure d’accueil : COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS Mémoire
de l’Environnement de Strasbourg Structure d’accueil : COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS Mémoire

COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS

: COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS Mémoire de fin d’étude présenté pour l’obtention
: COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS Mémoire de fin d’étude présenté pour l’obtention
: COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS Mémoire de fin d’étude présenté pour l’obtention

Mémoire de fin d’étude présenté pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur de l’ENGEES, du CES « Gestion et valorisation des déchets », option déchets urbains

Etude réalisée par :

Delphine TASCONE

Septembre 2008

Remerciements

Je tiens à remercier tout d’abord Pascal Gislais, mon maître de stage. Ses conseils et ses remarques m’ont permis d’aller de l’avant tout au long de mon étude. Sa longue expérience au sein d’Eco-Emballages m’a été d’une grande utilité pour comprendre toute la complexité et les enjeux des systèmes Point Vert.

Merci à toute l’équipe du département Technique et Environnement d’Eco- Emballages, pour leur bonne humeur et leur aide au quotidien : Valentin Blanlot, Gaudencia Da Costa, Carlos de Los Llanos, Virginie Fazilleau, Danièle Guy, Valérie Herrenschmidt- Munoz, Nadia Izem, Yann Lemonnier, Amaury Marchal, Mickaël Martin, Karine Roumagnou et Elise Tilly.

Je remercie également sincèrement toutes les personnes des organismes Point Vert étudiés que j’ai rencontrées, qui ont pris le temps de répondre à mes questionnaires et qui m’ont accueillie avec beaucoup de gentillesse dans leur structure :

João Letras et Manual Passaro de SPV à Lisbonne

Angela Emons et Fritz Flanderka de Reclay Group à Cologne

Ursula Denison, Heidi Liebe, Markus van Halteren, Ulrich Küppers et Helmut Schmitz de DSD à Cologne

Regina Careaga et Francisco Pan d’Ecoembes à Madrid

Steven Boussemaere, Mik Van Gaever, Johan Goossens et Frank Vandewal de Fost Plus à Bruxelles

Petr Balner, Lukas Grolmus, Zbyněk Kozel et Pavel Urban d’Eko-Kom à Prague

John Strand et Marten Sundin de REPA-FTI à Stockholm

Annukka Leppänen-Turkula etOlli Paavola de PYR à Helsinki

Joris van der Meulen, Sven Noordhoek, Derk ter Braak et Jan Storm de

Nevang à Rotterdam Sans l’aide et sans les informations communiquées par toutes ces personnes, l’étude

n’aurait pas pu se faire.

Résumé

COMPARAISON DE SYSTEMES « POINT VERT » EUROPEENS

Suite à la directive européenne de 1994 relative aux emballages et déchets d’emballages, les industriels de l’emballage (producteurs, conditionneurs, distributeurs) se sont vus attribués la responsabilité des déchets issus des emballages qu’ils mettent sur le marché. Afin de répondre collectivement à leurs obligations légales, ces industriels ont créé, dans la majorité des pays, des organismes prenant en charge la gestion de leurs emballages en leur nom, contre une contribution financière. La plupart de ces organismes utilisent le logo Point Vert comme preuve de versement de cette contribution : on les appelle organismes Point Vert.

Cette étude s’intéresse au fonctionnement de 6 systèmes Point Vert : DSD (Allemagne), Fost Plus (Belgique), Ecoembes (Espagne), Eco-Emballages (France), SPV (Portugal) et Eko-Kom (Tchéquie). Plus précisément, il s’agit de mettre en regard Eco- Emballages avec les autres systèmes. L’analyse des relations entretenues entre les organismes et les différents acteurs de la gestion des emballages ménagers (pouvoirs publics, industriels, collectivités locales, filières de recyclage) montrent des différences notoires entre les systèmes, révélatrices des différences de contextes (légal, économique, démographique, technique) existant dans les pays.

On retiendra notamment la singularité de l’Allemagne, seul pays où la gestion opérationnelle des déchets d’emballages ménagers incombe aux industriels et non aux collectivités. De plus, c’est le seul pays ou coexistent, en concurrence, plusieurs organismes de gestion des emballages ménagers. Les autres systèmes étudiés ont un fonctionnement global assez proche de celui d’Eco-Emballages. Concernant Eco-Emballages même, la comparaison menée a permis de montrer que dans le système français, les différents acteurs de la gestion des emballages, notamment les entreprises adhérentes et les collectivités, sont fortement impliqués dans les prises de décisions, par rapport aux autres pays.

Abstract

BENCHMARKING OF EUROPEAN “GREEN DOT” SCHEMES

The European directive of 1994 focuses on packaging and packaging waste. It recommends on the one end prevention measures and on the other hand sets recycling and recovery targets for packaging waste. According to the transposed law, industrials are responsible for the management of packaging they place on the market. To fulfil their obligations, industrials created schemes taking in charge on their behalf the management of packaging waste generated by the packaging they placed on the market, in exchange of a financial contribution. This study compares the organisation of 6 Green Dot schemes: Eco-Emballages (France), DSD (Germany), Ecoembes (Spain), Eko-Kom (Czech Republic), Fost Plus (Belgium) and SPV (Portugal). The analysis of the relationships between green dot schemes and the different actors of the household packaging chain (producers, public authorities, municipalities) shows significant differences between the schemes, most of these differences being a direct consequence of different legal, economical, geographical and cultural backgrounds in the countries. The case of Germany is quite peculiar. It is indeed the only country where producers have both the financial and operational responsibility of packaging waste management, leading to a “dual” system: packaging waste management is completely separated from municipal waste management. Moreover, only Germany has several schemes thus having a situation of competition. The other schemes have a global structure quite close to Eco- Emballages. As regards Eco-Emballages itself, study shows that the different partners, especially producers and municipalities, are much more involved in decision-making processes as in other schemes.

Sommaire

Remerciements

3

Résumé

4

Abstract

5

Liste

des

figures et tableaux

8

Liste

des sigles et abréviations utilisés

9

Introduction

11

I. Contexte de l’étude

12

A. Présentation d’Eco-Emballages

12

1. Une mission, plusieurs rôles à jouer

12

2. défis de demain

Les

13

B. et objectifs de l’étude

Cadre

14

1. Contexte

14

2. Intérêt de l’étude

15

3. Objectifs

15

4. Périmètre d’étude

16

5. Méthodologie

17

II. Présentation générale des systèmes

18

A. Les lois européennes

18

1. Directive 94/62/CE du 20 décembre 1994

18

2. Directive

2004/12/CE du 11 février 2004

21

B. Cadre légal et description des systèmes

21

1. Cadre légal

21

2. Les systèmes mis en place

24

C. Le Point Vert : du « Grüne Punkt » à Pro Europe

25

1. Punkt »

« Der Grüne

25

2. Pro Europe

26

3. Le Point Vert aujourd’hui

27

III.

Eléments de comparaison

28

A. Généralités sur les pays

28

1. Données générales

28

2. Consommation d’emballages

29

B. Relations avec les pouvoirs publics

30

1. Agrément

30

2. Périmètre d’action

31

3. Contrôle, Reporting

33

C. Relations avec les producteurs

34

1. Entreprises adhérentes

34

2. Barème amont

37

3. Contribution totale

44

4. Couverture du marché

44

D. Relations avec les collectivités

47

1. Contrats

47

2. La

Collecte

47

3. Le tri

50

4.

La reprise des matériaux

52

 

5. Bilan de la prise en charge des coûts

53

E.

Recyclage-valorisation

55

1. Organisation

55

2. Traçabilité

55

3. Résultats

55

IV.

BILAN DE

L’ETUDE

60

A. Conclusions sur Eco-Emballages

60

B. Défis de demain

 

63

Conclusion

65

Bibliographie

66

Annexes

69

Liste des figures et tableaux

Figures :

Figure 1 : relations entre Eco-Emballages et ses partenaires

13

Figure 2 : der Grüne Punkt

25

Figure 3 : carte des systèmes membres de Pro Europe

25

Figure 4 : cercle de Moebius

27

Figure 5 : répartition des contributions par secteur d’activité

36

Figure 6 : comparaison contribution pour une bouteille en plastique

40

Figure 7 : comparaison contribution pour un pot de yaourt

40

Figure 8 : comparaison contribution pour une boîte de conserve en acier

41

Figure 9 : comparaison contribution pour uen cannette en aluminium

41

Figure 10 : comparaison contribution pour une bouteille en verre

41

Figure 11 : comparaison contribution pour un paquet de biscuit en carton

42

Figure 12 : comparaison contribution pour une brique alimentaire

42

Figure 13: flux de matériaux en Espagne, Portugal, Allemagne et Belgique

48

Figure 14 : taux de recyclage des systèmes

56

Figure 15 : tonnage recyclé par habitant

58

Tableaux :

 

Tableau

1

:

objectifs

de

recyclage, directive

1994

20

Tableau

2

:

objectifs

de

recyclage, directive

2004

21

Tableau 3 : organismes agréés de gestion des emballages

24

Tableau 4 : données générales sur les pays

28

Tableau

5

:

consommation d’emballages ménagers

29

Tableau

6

:

date de création des organismes

30

Tableau

7

:

autorité délivrant l’agrément

30

Tableau 8 : types d’emballages pris en charge par les systèmes

31

Tableau 9 : définition des emballages ménagers

32

Tableau

10

: organismes de contrôle

 

33

Tableau 11 : responsables emballages de service

35

Tableau

12

: nombre de contrats producteurs

36

Tableau 13 : paramètres constitutifs du barème amont

38

Tableau 14 : structure type des barèmes amont

38

Tableau 15 : barème amont verre Ecovidrio

38

Tableau

16

: contribution totale

 

44

Tableau 17 : couverture du marché

45

Tableau 18 : structure type des barèmes amont

47

Tableau

19

: choix opérateur tri

50

Tableau 20 : informations centres de tri

51

Tableau 21 : montant et destinataire des revenus de matériaux

52

Tableau

22

: couverture des coûts

 

53

Liste des sigles et abréviations utilisés

ACV : Analyse de Cycle de Vie

ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie

APA : Agência Portuguesa do Ambiente

CA : Communauté Autonome

CIE : Commission Interrégionale de l’Emballage

CL : collectivité locale

DSD : Duales System Deutschland, un des systèmes Point Vert allemands

EE : Eco-Emballages

JOCE ou JOUE : Journal Officiel des Communautés Européennes / de l’Union Européenne

MPS : Matière Première Secondaire

PEHD : Polyéthylène Haute Densité

PET : Polyéthylène Téréphtalate

PP : Polypropylène

PRO Europe : Packaging Recovery Organisation Europe, Association des organismes européens de gestion des emballages

PYR : Pakkausalan Ympäristörekisteri, système de gestion des emballages finlandais

SPV : Sociedade Ponto Verde, système Point Vert portugais

SPA : Standards de Pouvoir d’Achat

Introduction

L’explosion de la société de consommation n’est pas sans conséquence sur la production de déchets ménagers et notamment de déchets d’emballages. Pour s’adapter à l’évolution des modes de consommation, de plus en plus « individualistes », les distributeurs mettent chaque année sur le marché toujours plus d’emballages. Des portions individuelles de chaque produit ont ainsi vu le jour pour répondre à la hausse du nombre de célibataires, des produits transportables et directement consommables ont été fabriqués pour permettre une consommation à toute heure et en tout endroit… Mais dans un contexte également de développement durable, les pouvoirs publics ne peuvent rester insensibles à cette augmentation de la production de déchets d’emballages. Pour y parer, une directive a été votée en 1994. Elle préconise d’une part des actions de prévention et d’autre part incite à la valorisation et au recyclage des déchets d’emballages. Dans la majorité des pays, des organismes ont été créés à l’échelle nationale pour prendre en charge la gestion des déchets d’emballages. Les grandes disparités existant entre les pays, tant au niveau social, géographique que comportemental ont abouti à une pluralité des systèmes mis en place. L’organisme français, Eco-Emballages, a souhaité s’intéresser de plus près à certains de ses équivalents étrangers, afin de mieux comprendre leur fonctionnement et de mieux pouvoir se situer par rapport à eux. L’objectif de l’étude a donc été d’analyser les organismes allemand, belge, espagnol, finlandais, portugais, suédois et tchèque pour mettre en avant les ressemblances et différences existantes avec Eco-Emballages, et expliquer celles-ci.

Nous nous intéresserons tout d’abord au contexte de l’étude réalisée, pour mieux comprendre son intérêt et définir précisément son cadre et ses objectifs. Puis nous présenterons la directive européenne sur les emballages, qui est le texte de référence en la matière, et nous montrerons comment les transpositions ont abouti en la création des organismes étudiés. Nous aborderons ensuite la comparaison à proprement parler, en étudiant les relations entretenues entre les organismes et les autres acteurs de la gestion des emballages (pouvoirs publics, producteurs, collectivités). Enfin, une dernière partie synthétisera les conclusions principales de l’étude.

I.

Contexte de l’étude

Objectif : expliquer l’intérêt d’Eco-Emballages pour une telle étude ; établir le cadre et les objectifs de celle-ci.

A. Présentation d’Eco-Emballages

La présentation d’Eco-Emballages se justifie d’une part parce qu’il s’agit de la structure d’accueil mais surtout parce que l’entreprise fait partie intégrante de l’étude elle- même. Il faut en effet une certaine idée du rôle et du fonctionnement d’Eco-Emballages pour bien comprendre l’objet de l’étude qui m’a été confiée.

1. Une mission, plusieurs rôles à jouer

En avril 1992, l’Etat français émet un décret qui engage les conditionneurs, distributeurs et importateurs de produits emballés à destination des ménages français, à contribuer à la valorisation des emballages qu’ils mettent sur le marché. La loi laisse la possibilité aux entreprises concernées de s’acquitter individuellement de leurs obligations en mettant en place leur propre système de récupération et d’élimination des déchets d’emballages, ou alors d’en confier la responsabilité à un organisme agréé. Eco-Emballages obtient l’agrément des pouvoirs publics le 19 novembre 1992. La mission d’intérêt générale qui lui est ainsi confiée est la suivante : « installer, organiser, superviser et financer la collecte sélective, le tri et le recyclage des emballages ménagers dans l’Hexagone ». Attribué d’une telle mission, Eco-Emballages s’est retrouvé de fait au cœur du système de gestion des emballages ménagers, à l’interface entre producteurs, collectivités, pouvoirs publics et recycleurs. Ainsi Eco-Emballages a-t-il un rôle particulier à jouer auprès de chacun des acteurs :

- Les producteurs : prendre en charge leur responsabilité légale de gestion des emballages ménagers, en échange d’une contribution financière. Mais également encourager les entreprises à concevoir des emballages plus compatibles avec l'environnement.

- Les collectivités locales : épauler les autorités locales dans la mise en place puis dans

l’optimisation de la collecte sélective par un partenariat étroit ; leur assurer une assistance

technique, financière et pratique, et leur garantir la reprise et le recyclage des emballages triés.

- Les citoyens français : faire trier l’ensemble des habitants, par des campagnes de sensibilisation et des messages de tri clairs.

- Les filières de recyclage : veiller au recyclage effectif des emballages triés par les

citoyens, et ce dans les meilleures conditions économiques et environnementales possibles.

Le schéma ci-dessous résume les relations d’Eco-Emballages avec les différents partenaires :

d’Eco-Emballages avec les différents partenaires : Figure 1 : Relations entre Eco-Emballages et ses

Figure 1 : Relations entre Eco-Emballages et ses partenaires Source : document interne Eco-Emballages

2. Les défis de demain

Si le système établi par Eco-Emballages a aujourd’hui fait ses preuves, il n’en reste pas moins des défis pour l’avenir :

- Améliorer les performances : les objectifs de recyclage sont souvent revus à la

hausse et cela se poursuivra dans le futur. Notamment, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, il est question qu’Eco-Emballages s’engage à recycler 75% des emballages ménagers d’ici à 2012. Cela impliquerait alors une augmentation de 14% par rapport aux

performances de recyclage actuelles. Afin de relever ce défi, Eco-Emballages devra faire trier les français plus et surtout mieux afin d’augmenter la quantité et la qualité des matériaux.

- Renforcer la prévention : face à une production de déchets toujours croissante, Eco-

Emballages devra poursuivre son action de formation et conseil aux industriels concernant

l’éco-conception, pour diminuer les quantités d’emballages mises sur le marché ainsi qu’améliorer leur recyclabilité.

- Revaloriser la collecte sélective : si le principe même de la collecte sélective n’est

actuellement pas remis en question en France, Eco-Emballages doit s’engager pour continuer

à convaincre tant les citoyens, que les industriels, que les pouvoirs publics de sa légitimité. Ceci afin d’éviter de voir apparaître des taxes sur les emballages, ou encore des systèmes de consigne qui pourrait affecter le fonctionnement mis en place.

- Augmenter la participation aux coûts : Eco-Emballages verse des soutiens

financiers aux collectivités locales pour les aider à financer la gestion des déchets d’emballages ménagers. Actuellement, ces aides couvrent environ 60% des coûts. Toujours dans le cadre du Grenelle, il serait prévu qu’Eco-Emballages finance jusqu’à 80% des coûts, si les collectivités s’engagent à mettre en place la redevance incitative. Si cet engagement voit le jour, Eco-Emballages devra alors aux cotés des collectivités optimiser les coûts de manière significative afin que l’impact sur les contributions à payer par les industriels ne soit pas trop important. Tous ces objectifs sont autant de défis qu’Eco-Emballages ne pourra relever qu’en opérant certaines modifications dans son système actuel.

B. Cadre et objectifs de l’étude

1. Contexte

Eco-Emballages est agréé par les pouvoirs publics pour des périodes successives de 6 ans. Cette reconnaissance légale s’accompagne d’un cahier des charges contenant toutes les conditions de fonctionnement de l’organisme et notamment les montants des barèmes amont (contributions producteurs) et aval (soutiens collectivités). L’agrément actuel a été délivré en 2004 et cours jusqu’à fin 2010. Dès aujourd’hui, Eco-Emballages entre donc dans une phase de réflexion et de négociations pour élaborer des propositions pour le futur agrément. Il s’agit donc de repenser la structure, les barèmes, le périmètre d’action… afin de s’adapter au mieux aux nouvelles conditions, et notamment aux éventuelles futures exigences légales d’une couverture des coûts à 80% et d’un objectif de recyclage à 75% 1 . En effet, depuis 2004, le système est resté identique, les contributions des producteurs ainsi que les soutiens aux collectivités n’ont pas changé, alors que les conditions économiques ont, elles, évoluées.

1 Source : France : Draft Law to include 75% household packaging recycling target. European Environment and Packaging Law, N°124, 25 Juillet 2008, p6.

2. Intérêt de l’étude

Dans ce contexte de réflexion et de recherche de propositions, on comprend tout à fait l’intérêt que peut avoir Eco-Emballages à vouloir mieux comprendre ce qu’il se passe dans les pays voisins. En effet, une étude des autres systèmes de gestion des déchets d’emballages en Europe représente un triple intérêt :

- Une voie de comparaison : une meilleure connaissance des systèmes étrangers c’est

tout d’abord simplement un moyen de mieux situer le système français au sein de ses homologues européens.

- Une voie d’optimisation : certaines caractéristiques du fonctionnement des systèmes

étrangers, si elles ont prouvé leur efficacité, pourront éventuellement être intégrées au système français, si le contexte s’y prête.

- Une voie de prévention : au contraire, la connaissance des problèmes rencontrés dans

les autres pays, pourra permettre à Eco-Emballages d’anticiper les sujets sensibles qui ne sont pas encore d’actualité en France mais qui pourraient le devenir.

3. Objectifs

Au vu de l’intérêt que peut présenter une étude de comparaison entre différents systèmes Point Vert européens, voici les objectifs précis :

- fonctionnement des systèmes : étudier, analyser et comparer les différents systèmes

au regard des relations avec les différents acteurs, et notamment mettre en évidence les singularités d’Eco-Emballages en identifiant leurs points positifs et négatifs

- résultats des systèmes : comparer les résultats de recyclage ainsi que les coûts de gestion des différents systèmes d’une façon homogène

- zooms thématiques : analyser les conséquences de certaines spécificités constatées dans certains pays, qui pourraient intéresser Eco-Emballages

Pour ce qui est de la forme, l’étude fait l’objet, pour Eco-Emballages :

- d’un rapport synthétisant sous forme de tableaux tous les résultats de l’étude (une

centaine de pages)

- d’une présentation des résultats au comité de direction d’Eco-Emballages, regroupant

tous les directeurs de départements (7) et sous la présidence du directeur général d’Eco- Emballages, Bernard Hérodin.

4. Périmètre d’étude

Périmètre géographique

L’étude a porte au total sur 8 systèmes que sont : Duales System Deutschland (DSD) pour l’Allemagne, Ecoembes pour l’Espagne, Eko-Kom pour la Tchéquie, Fost Plus pour la Belgique, Nedvang pour les Pays-Bas, Pakkausalan Ympäristörekisteri (PYR) pour la Finlande, Reparegistret (REPA) pour la Suède et Sociedade Ponto Verde (SPV) pour le Portugal. Cependant, tous n’ont pas été étudiés avec le même degré de détails. Les systèmes allemand, belge, espagnol, portugais et tchèque ont été étudiés dans leur intégralité alors que les systèmes finlandais, hollandais et suédois n’ont pas fait l’objet d’un tel approfondissement. Le mémoire ne portera que sur les pays où l’étude a été approfondie.

Cet échantillon de 8 systèmes n’a pas pour vocation d’être représentatif de l’ensemble des systèmes européens. On peut justifier le choix de la manière suivante :

- Les systèmes belges, espagnols et portugais sont proches du système français. Leur

comparaison à Eco-Emballages est donc intéressante pour mettre en évidence les similitudes et différences au sein d’un groupe de système de fonctionnement global semblable.

- Au contraire, les systèmes allemands, hollandais, finlandais et suédois ont été choisis

pour leur singularité. D’une part pour étudier les systèmes de consignes, qui existent dans

ces quatre pays. D’autre part, le cas de l’Allemagne présente la caractéristique principale d’avoir plusieurs systèmes en concurrence, et le système hollandais fonctionne sur la base d’une taxe sur les emballages.

- Quant à la Tchéquie, elle a été choisie pour avoir une idée des systèmes mis en place

dans les pays ayant rejoint plus récemment l’Union Européenne. A noter que le choix de pays ne m’a pas été confié. Il a également été conditionné par

les relations qu’entretient Eco-Emballages avec ses homologues étrangers.

Périmètre thématique Comme décrit précédemment dans la présentation d’Eco-Emballages, un organisme de

gestion des déchets d’emballages est à l’interface entre différents acteurs :

- Les pouvoirs publics, qui autorisent et contrôlent l’exercice des organismes

- Les entreprises mettant sur le marché des emballages, qui transfèrent leur responsabilité légale

- Les collectivités locales, responsable de la collecte et du tri des déchets d’emballages municipaux

- Les acteurs de la reprise et du recyclage des matériaux collectés

Il s’agit donc d’analyser pour chaque système les relations avec ces différents acteurs. Nous nous intéresserons cependant qu’à la gestion des emballages ménagers.

5. Méthodologie

L’étude a été menée de la manière suivante :

- Etude bibliographique : étude de chaque système à travers les documents disponibles

au public : textes de lois, sites Internet des systèmes, études de comparaison existantes, documents internes sur les différents systèmes Difficultés : peu de documents disponibles sur le fonctionnement des systèmes ; tous les sites Internet ou documents ne sont pas en Anglais.

- Echanges écrits avec les systèmes : envoi de 3 séries de questionnaires aux différents

systèmes couvrant les relations avec les différents acteurs (cadre légal et relations producteurs, organisation de la collecte et du tri et relation avec les collectivités, organisation de la reprise et du recyclage des matériaux et résultats).

Difficultés : délais de réponses parfois très longs ; réponses parfois imprécises ; certains pays n’ont pas répondu aux questionnaires, même après rappels.

- Rencontre avec les systèmes : entretien de quelques heures (de 2h à 6h selon les

pays) avec des membres de chaque système (de 1 à 6 personnes rencontrées selon les pays)

dans leur pays d’exercice. Difficultés : utilisation exclusive de l’Anglais donc ambiguïté parfois sur les termes

employés ; entretiens parfois trop courts; pas toujours les bons interlocuteurs ; certaines données ne sont volontairement pas communiquées ; difficulté d’évaluer la fiabilité des informations communiquées

- Synthèse et analyses de l’ensemble des informations collectées : rédaction du

rapport pour Eco-Emballages, préparation de la présentation au comité de direction, rédaction

du mémoire.

Un calendrier des principales étapes de l’étude est fourni en Annexe 1.

II. Présentation générale des systèmes

Objectif : expliciter les deux directives européennes sur la gestion des emballages qui constituent la base même sur laquelle reposent les systèmes étudiés ; décrire brièvement les transpostions en droit nationaux et les systèmes mis en place

A. Les lois européennes

La directive 75/442/CEE du 15 juillet 1975 1 encadre la gestion globale des déchets, et donc des déchets d’emballages. Cependant en 1994 une directive 1 spécialement dédiée aux emballages et déchets d’emballages a été instaurée. C’est ce texte (modifié en 2004) que nous commenterons ici.

1. Directive 94/62/CE du 20 décembre 1994

Objet

Dès le début des années 90, certains pays (Allemagne, France) ont pris des mesures réglementaires concernant les emballages, afin de favoriser leur recyclage. Constatant ces développements, l’Union Européenne s’est vue poussée à élaborer une directive, dans le but d’harmoniser les mesures nationales concernant la gestion des emballages et déchets d’emballages. Concernant les mesures environnementales, la directive établit la hiérarchie suivante :

- La priorité est à la prévention, c'est-à-dire, au sens de la directive, qu’il faut à la fois

réduire la quantité d’emballages mais également réduire la nocivité des substances utilisées dans la fabrication des emballages

- Vient ensuite la réutilisation d’emballages, c'est-à-dire lorsque l’emballage est

« rempli à nouveau ou réutilisé pour un usage identique à celui pour lequel il a été conçu »

- Puis le recyclage et autres formes de valorisation des déchets d’emballages, où :

o

Recyclage : retraitement dans un processus de production, inclut le recyclage organique, mais exclut la valorisation énergétique ;

o

Recyclage

organique :

compostage

ou

biométhanisation,

mais

pas

enfouissement en décharge;

 

o

Valorisation énergétique : utilisation comme moyen de production d'énergie, par incinération, mais avec récupération de la chaleur ;

1 Voir bibliographie pour référence complète des textes

o Valorisation : recyclage, récupération de métaux, valorisation énergétique

Néanmoins, le texte n’a pas pour seul objet de donner des directives environnementales. En effet, il s’agit d’assurer la protection de l’environnement au travers de toute l’Europe, mais tout en conservant la libre circulation dans marché intérieur. Cette double volonté crée quelque peu l’ambiguïté dans la mesure où les ambitions écologiques se heurtent parfois aux principes de libre concurrence et circulation à l’intérieur de la communauté. A titre d’exemple, on peut citer le système de réutilisation des emballages, qui, d’une certaine manière, favorise le marché national, voire local et peut être vu comme une mesure protectionniste.

Périmètre d’application

La directive s’applique « à tous les emballages mis sur le marché dans la communauté et à tous les déchets d’emballages ». Le texte s’attache à définir l’emballage, de la manière suivante :

Emballage : « tout produit constitué de matériaux de toute nature, destiné à contenir et à protéger des marchandises données, allant des matières premières aux produits finis, à permettre leur manutention et leur acheminement du producteur au consommateur ou à

l'utilisateur, et à assurer leur présentation. Tous les articles à jeter utilisés aux mêmes fins doivent être considérés comme des emballages » Selon le texte, on distingue trois niveaux d’emballages :

o

Emballage de vente ou emballage primaire : conçu de manière à constituer au point de vente une unité de vente.

o

Emballage groupé ou emballage secondaire : conçu de manière à constituer au point de vente un groupe d'un certain nombre d'unités de vente, vendu tel quel servant seulement à garnir les présentoirs au point de vente ; peut être enlevé du produit sans en modifier les caractéristiques.

o Emballage de transport ou emballage tertiaire : conçu de manière à faciliter la manutention et le transport. L'emballage de transport ne comprend pas les conteneurs de transport routier, ferroviaire, maritime et aérien. Ces définitions d’emballages ou de niveaux d’emballages sont assez ambiguës, et le deviendront encore plus par transposition en droit national, comme on le verra plus tard. Concernant les acteurs économiques impliqués, la directive laisse en revanche le soin à chaque Etat membre de déterminer qui sont les responsables des emballages et déchets d’emballages, et de quelle manière ils doivent être impliqués (Article 7).

Objectifs

Des objectifs chiffrés concernant le recyclage et la valorisation ont ainsi été fixés aux Etats membres ; des objectifs globaux ainsi que des objectifs par matériaux. A noter qu’en raison de leur situation particulière, certains pays bénéficient de délais supplémentaires, notamment le Portugal du fait de son faible niveau de consommation. Le tableau ci-dessous résume ainsi les objectifs :

Recyclage verre

15% minimum

Recyclage métaux

15% minimum

Recyclage papier-carton

15% minimum

Recyclage plastique

15% minimum

Recyclage bois

15% minimum

Valorisation totale

50% à 65%

Recyclage total

25% à 45%

Date d’atteinte des objectifs

Portugal

2005

Autres pays

2001

Tableau 1 : objectifs de recyclage, directive 1994

Ces objectifs concernent l’ensemble des emballages, c'est-à-dire la quantité totale de matériau recyclé (par quelque système que ce soit) divisé par le gisement d’emballages mis sur le marché dans le pays. Il n’y a pas de distinction emballages ménagers/industriels. On peut s’étonner du fait que la directive n’ait pas prévu d’objectifs quantifiés concernant la prévention, qui constitue pourtant sa première priorité ; ou encore concernant la réutilisation. La concentration en métaux lourds est toutefois réglementée par l’Article 11.

Mise en œuvre

Globalement, la directive laisse une grande liberté aux Etats membres quant à la manière d’atteindre les objectifs de recyclage et valorisation :

« Les Etats membres prennent les mesures pour que soient instaurés des systèmes assurant :

- La reprise et/ou la collecte des emballages utilisés et/ou des déchets d’emballages

provenant du consommateur, de tout autre utilisateur final ou du flux de déchets en vue de les

diriger vers les solutions de gestion des déchets les plus appropriées

- La réutilisation ou la valorisation, y compris le recyclage, des emballages et/ou des déchets d’emballages collectés ». La directive prévoit un délai de deux ans aux pays membre pour mettre en application le contenu du texte.

2. Directive 2004/12/CE du 11 février 2004

Objet

10 ans après la première directive, la deuxième 1 voit le jour, venant modifier et ainsi

supplanter la précédente. Les principaux sujets abordés sont : la précision de la définition de

la notion d’emballage, le renforcement de la prévention, l’établissement de nouveaux objectifs

chiffrés de recyclage et valorisation, une réaffirmation de la libre concurrence.

Pour redéfinir l’emballage, la directive précise certains critères de détermination et

fournit une liste d’exemple. Ainsi n’est pas un emballage un article qui disparait avec la

consommation du produit (un sachet de thé par exemple), est un emballage un article conçu

pour être rempli au point de vente (sac de caisse).

Objectifs

La directive de 2004 définit les nouveaux objectifs de valorisation et recyclage :

Recyclage verre

60% minimum

Recyclage métaux

50% minimum

Recyclage papier-carton

60% minimum

Recyclage plastique

22.5% minimum

Recyclage bois

15% minimum

Valorisation totale

60%

Recyclage total

entre 55% minimum et 80% maximum

Date atteinte des objectifs

France, Allemagne, Belgique, Espagne

2008

Portugal

2011

Tchéquie

2012

Tableau 2 : objectifs de recyclage, directive 2004

On constate que ce sont surtout les objectifs individuels par matériau qui ont subi une

augmentation considérable, à l’exception du bois.

L’objectif global de recyclage a quant à lui plus que doublé, mais pas l’objectif de

valorisation ; le but étant de favoriser le recyclage plus que la valorisation énergétique par

exemple.

B. Cadre légal et description des systèmes

1. Cadre légal

L’analyse des transpositions des directives en droits nationaux 2 permet de faire les

conclusions suivantes : (une analyse détaillée se trouve en Annexe 2)

1 Voir bibliographie pour référence complète des textes

2 Voir bibliographie dans les sections « textes de lois » de chaque pays

Prévention

Etant donné que la directive ne fixe pas d’objectifs chiffrés (en dehors de la concentration en métaux lourds), peu de pays ont mis en œuvre des mesures de prévention. On peut citer cependant les plans de prévention mis en place en Belgique et en Espagne. Les entreprises produisant d’importantes quantités d’emballages doivent établir des plans triennaux de prévention, avec des mesures concrètes et des objectifs quantifiés.

Réutilisation

La directive européenne n’a pas non plus fixé dans ce domaine d’objectifs chiffrés. Parmi les pays considérés, seul le Portugal a fixé un objectif chiffré de réutilisation. Le système de consigne mis en place sur les emballages réutilisables joue un rôle clé dans l’atteinte des objectifs. Bien que l’Allemagne n’ait pas d’objectif chiffré de réutilisation, la consigne obligatoire sur certains emballages réutilisables (même ménagers) favorise la réutilisation. L’importance de la réutilisation dans un pays est un critère intéressant à prendre en considération : un pays où la réutilisation est forte peut avoir une performance de recyclage assez faible, sans pour autant signifier que le système est moins performant, puisque par ailleurs de nombreux emballages sont réutilisés.

Recyclage et valorisation

Pour ce qui est des définitions, tous les pays ont repris les définitions de recyclage et valorisation énoncées dans la directive, à l’exception de l’Allemagne qui ne considère pas l’incinération avec récupération de chaleur comme un procédé de valorisation. Concernant les objectifs, la transposition de la directive de 2004 est assez variable

selon les pays (voir Annexe 3). Notamment :

- la valeur des objectifs : certains pays (Allemagne, Belgique, France) ont des

objectifs plus élevés que ceux de la directive européenne.

- la nature des emballages concernés : certains pays (France, Belgique, Allemagne)

ont des objectifs différenciés selon l’origine des déchets d’emballages (ménagers, industriels)

- la date d’atteinte des objectifs : certains pays ont également des objectifs annuels (Belgique, Portugal, Tchéquie)

- objectifs supplémentaires : certains pays ont des objectifs supplémentaires par

matériau. Par exemple la directive ne fixe qu’un objectif « métaux » alors que la France et l’Allemagne ont deux objectifs distincts « aluminium » et « acier ».

Ces paramètres, variables d’un pays à l’autre, imposent des conditions très différentes aux acteurs économiques responsables de la gestion des emballages. Des objectifs plus élevés ou des délais plus courts vont évidemment susciter la mise en place de moyens plus importants. Plus subtil est peut être l’impact d’un objectif différencié emballages ménagers et industriels, qui est pourtant réel, notamment sur les coûts. En effet, les pays ayant un unique objectif vont surtout cibler leurs efforts sur les emballages industriels, dont les gisements de déchets sont souvent importants en quantité et limité en nombre, et donc dont les coûts de collecte sont moindres. Au contraire, les pays ayant un objectif spécialement pour les emballages ménagers se doivent de mobiliser ce gisement, qui est plus diffus et donc plus coûteux à collecter.

Autres lois On retiendra trois types de textes réglementaires affectant la gestion des emballages :

- taxe : taxe sur les emballages de boissons non réutilisables en Belgique

- consigne : consigne obligatoire sur la quasi-totalité des emballages de boisson non

réutilisables en Allemagne

- restriction d’enfouissement : outre la directive européenne de 1999 1 limitant

l’enfouissement des déchets organiques, certains pays ont mis en place des mesures plus restrictives : l’Allemagne 2 (teneur en carbone<5%), la France 2 (limitation aux déchets ultimes)

Partage des responsabilités

Dans tous les pays de l’Union Européenne les opérateurs économiques de la chaîne de l’emballage (fabricants d’emballage, conditionneurs, distributeurs d’emballages et de produits emballés, importateurs) sont responsables de la gestion des déchets d’emballages et de la transmission d’information quant à la quantité d’emballages qu’ils mettent sur le marché. Dans tous les pays étudiés, les industriels ont mis en place des organismes qui peuvent remplir leurs obligations en leur nom. Les producteurs ont néanmoins généralement la possibilité de transférer leurs obligations ou d’y répondre par eux-mêmes. Si en principe ce sont les industriels qui sont responsables des emballages qu’ils

mettent sur le marché, dans les faits la responsabilité est, dans la majorité des pays,

1 Voir bibliographie pour référence complète du texte

2 Voir bibliographie, section « textes de lois » de l’Allemagne et la France

partagée entre les industriels et les collectivités, pour ce qui est des déchets d’emballages

ménagers et assimilés (petits commerces, bureaux…). Pour le secteur de l’industrie, ce sont

les industriels eux-mêmes qui se chargent généralement de l’élimination de leurs déchets

d’emballages.

Pour les emballages ménagers, on peut distinguer trois groupes :

- En Allemagne, les industriels supportent la totalité de la responsabilité financière et

la responsabilité opérationnelle de l’élimination et la valorisation des déchets d’emballages.

Les collectivités ne sont donc pas impliquées dans la gestion des déchets d’emballages, même

ménagers.

- En Belgique, les collectivités ont la responsabilité opérationnelle alors que les

industriels doivent prendre en charge l’intégralité des coûts.

- En France, en Espagne, au Portugal et en Tchéquie les collectivités ont la

responsabilité opérationnelle tandis que les industriels prennent en charge une partie des

coûts.

2. Les systèmes mis en place

Comme nous venons de le voir, dans tous les pays étudiés, les textes réglementaires

ont poussé les industriels de l’emballage à s’unir pour répondre à leurs obligations légales de

manière collective, aboutissant notamment à la création des systèmes étudiés.

Le tableau ci-dessous reprend les noms et activités des organismes agréés de gestion

des emballages dans les pays étudiés :

pays

nom organismes

périmètre emballages considérés

système Point Vert

emballages ménagers

emballages industriels

Allemagne

DSD

X

 

X

8 autres systèmes

X

 

X

Belgique

Fost Plus

X

 

X

Val-i-Pac

 

X

 
 

Ecoembes

X

 

X

Espagne

 

X

   

Ecovidrio

(verre seulement)

X

France

Eco-Emballages

X

 

X

Adelphe

X

 

X

Portugal

SPV

X

X

X

Tchéquie

Eko-Kom

X

X

X

Tableau 3 : organismes agréés de gestion des emballages

On peut discerner 3 schémas d’organisation :

- En Allemagne, France et Espagne il n’existe des organismes de gestion collective

que pour les emballages ménagers

- En Belgique, il existe deux organismes distincts, un pour les emballages ménagers,

un pour les emballages industriels

- Au Portugal et en Tchéquie, il existe un unique organisme responsable de la gestion

de l’ensemble des emballages L’Allemagne est le seul pays où il existe plusieurs organismes agissant sur le même périmètre d’emballages, qui sont de fait en concurrence. En France, Eco-Emballages et

Adelphe étaient également en concurrence à leur création mais depuis 2005 Adelphe fait partie d’Eco-Emballages. En outre, on peut noter également la présence d’autres organismes collaborant de manière plus ou moins étroite avec les systèmes :

- En Allemagne, c’est un organisme spécial qui gère les emballages consignés

- En Espagne, au Portugal et jusqu’à récemment en France, il existe un organisme

spécial pour la gestion des déchets d’emballages de médicaments

- En France, il existe également un organisme agréé pour la gestion des journaux,

magazines, revues Eco-Emballages n’a en charge que le périmètre ménager, et c’est ce domaine là qui intéresse majoritairement l’entreprise. La suite de l’étude va donc être focalisée uniquement sur la gestion des emballages ménagers. Ainsi, pour les organismes qui ont la double compétence ménagers/industriels (SPV, Eko-Kom), le système de gestion des emballages industriels ne sera pas approfondi. Pour l’Espagne, l’organisme considéré est Ecoembes ; le fonctionnement d’Ecovidrio ne sera pas étudié, bien que certaines de ses données seront citées. Pour l’Allemagne, seul DSD est étudié, et non l’ensemble des organismes.

Figure 2 : der Grüne Punkt

C. Le Point Vert : du « Grüne Punkt » à Pro Europe

1. « Der Grüne Punkt »

« Grüne Punkt » à Pro Europe 1. « Der Grüne Punkt » La marque déposée

La marque déposée « Der Grüne Punkt », littéralement « le Point Vert » est née en Allemagne au début des années 90. C’est le système de gestion des emballages ménagers allemand, DSD, qui a adopté pour la première fois le symbole circulaire aux

Figure 3 : der Grüne Punkt

deux flèches vertes, symbole à appliquer par les producteurs sur leurs emballages, signifiant ainsi leur contribution financière au système. Peu après, d’autres organismes de gestion des emballages se sont mis en place en Europe. Pour faciliter la circulation des emballages au sein de l’Union, il a été décidé que tous les organismes utiliseraient le même logo pour marquer l’adhésion des entreprises à leur système, celui du système allemand.

2. Pro Europe

L’association Pro Europe (Packaging Recovery Organisation Europe) a été créée en 1995 pour garantir et protéger l’utilisation de la marque Point Vert en Europe. DSD, titulaire des droits de la marque a donné à Pro Europe une licence générale. C’est donc désormais Pro Europe qui accorde la licence Point Vert aux organismes agréés, qui à leur tour la concèdent à des milliers d’entreprises. Mais l’organisme permet aussi de mettre en relation l’ensemble des systèmes membres. Ainsi de nombreux groupes de travail sont organisés régulièrement pour que les systèmes débattent ensemble sur des thèmes d’actualité comme la prévention, le marketing, les sujets techniques, les nouvelles lois… autant de sujets qui permettent aux systèmes de s’enrichir mutuellement aux travers des expériences de chacun. Pro Europe est ainsi aujourd’hui désigné comme l’organisme porte parole des dispositifs européens de valorisation et recyclage des emballages qui utilisent le Point Vert comme symbole de financement. D’autres systèmes ayant également pour mission la gestion des emballages mais n’utilisant pas le point vert ont également rejoint Pro Europe. C’est le cas notamment de la Finlande, de l’Italie, du Royaume-Uni… Fin 2007, Pro Europe comptabilisait 27 adhérents, représentés sur la carte ci-après :

27 adhérents, représentés sur la carte ci-après : Figure 4 : Carte des systèmes membres de

Figure 4 : Carte des systèmes membres de Pro Europe

Source : document interne Eco-Emballages

Bernard Hérodin, le Directeur Général d'Eco-Emballages est également le président de Pro Europe depuis avril 2005.

3. Le Point Vert aujourd’hui

Un logo très utilisé…

Comme nous venons de le voir, ce sont déjà 27 pays qui ont choisi le Point Vert comme symbole du système de gestion des emballages. Ce sont ainsi plus de 400 millions d’habitants qui bénéficient pour la gestion de leurs déchets d’emballages des services d’un système Point Vert. Au total, plus de 130 000 entreprises sont adhérentes d’un système Point Vert, apposant ainsi le logo sur plus de 450 milliards d’emballages. Le symbole Point Vert constitue le logo le plus utilisé au monde !

… Mais qui reste équivoque

Cependant, si tout le monde connaît ce symbole, rare sont les gens qui connaissent sa véritable signification : « emballage pour lequel une contribution financière a été versée à un organisme agréé de gestion des déchets d’emballages ». A titre d’exemple, voici les interprétations les plus répandues : «l’emballage est recyclable», «l’emballage est en matériau recyclé», «l’emballage doit être jeté dans la poubelle de tri», «le produit est favorable à l’environnement».

de tri», «le produit est favorable à l’environnement». Figure 5: cercle de Moebius Ainsi, un récent

Figure 5: cercle de Moebius

Ainsi, un récent sondage 1 a montré que 51% des français pensent

que le Point Vert permet d'identifier un produit fabriqué à partir de matière recyclée. On peut expliquer cette interprétation du logo par la ressemblance avec le cercle de Moebius, ci-contre, signifiant que le produit est recyclable, ou, s’il figure en son centre un pourcentage, qu’il est composé à ce pourcentage de matériaux recyclés.

1 Source : Le Monde, 7 Novembre 2007, « Tri sélectif, La France en retard sur ses voisins »

III.Eléments de comparaison

en

s’intéressant aux relations qu’ils entretiennent avec les différents acteurs impliqués dans la

gestion des emballages ménagers. NB : il s’agit bien ici d’aborder les principaux éléments de comparaison ; le volume de ce mémoire ne permettant pas de présenter tous les thèmes étudiés, ni même tous les systèmes étudiés.

Objectif :

comparer

le

fonctionnement

et

les

performances

des

systèmes,

A. Généralités sur les pays

Nous avons déjà vu dans la partie précédente que la législation sur les emballages est variable d’un pays à l’autre, aboutissant à un cadre différent pour les systèmes Point Vert. Le cadre légal n’est cependant pas la seule spécificité nationale à prendre en compte pour analyser les systèmes, il convient également de s’intéresser aux conditions économiques, démographiques… des pays.

1. Données générales

Le tableau ci-dessous fournit quelques données (source : Eurostat 2 ) concernant la population et la situation économique dans les pays étudiés :

 

France

Allemagne

Belgique

Espagne

Portugal

Tchéquie

population 2007

61.9

82.3

10.5

44.5

10.6

10.3

densité

115

230

340

90

115

130

taux d’urbanisation

77%

88%

97%

77%

66%

75%

PIB/hab (en SPA 1 )

27 600

28 100

29 300

26 500

18 600

18 400

Tableau 4 : données générales sur les pays

On constate que les contextes démographiques et économique ne sont pas les mêmes entre les pays, justifiant certaines différences observées dans le fonctionnement des systèmes. On peut ainsi comprendre qu’un système desservant plus de 80 millions d’habitants comme en Allemagne, n’a pas la même ampleur qu’un système desservant 10 millions d’habitants comme en Belgique ; ou que la comparaison des coûts de gestion devra prendre en compte la différence de richesse entre les pays. La densité de population ainsi que le type d’habitat (rural, urbain) a également une influence directe sur la gestion de la collecte sélective

1 SPA : Standards de Pouvoir d’Achat

2 Voir bibliographie pour adresse internet du site d’Eurostat

(organisation, moyens et coûts). La structure politique du pays (état fédéral comme en

Allemagne, en Belgique ou unitaire comme en France, au Portugal) conditionne aussi les

relations qu’entretiennent les systèmes avec les autorités publiques.

2. Consommation d’emballages

Le mode de vie des populations, les habitudes de consommation, conditionnent

fortement la production de déchets, et donc de déchets d’emballages. Si la consommation

d’emballages par les ménages est variable, en tout cas la proportion d’emballages dans les

ordures ménagères semble être assez homogène dans les différents pays étudiés. Il ressort des

entretiens avec les membres des organismes que la part des emballages dans les déchets

ménagers est estimée à 20-30% en poids et environ 50% en volume.

Le tableau ci-dessous donne des estimations de la consommation d’emballages par les

ménages, d’après les discussions avec les organismes :

 

France

Allemagne

Belgique

Espagne

Portugal

Tchéquie

consommation d’emballages par les ménages (en kg/hab.an)

86

85

75

82

85

55

Tableau 5 : consommation d’emballages ménagers

La comparaison de ces chiffres est délicate car le périmètre d’emballages considéré

n’est pas forcément le même (emballages consommés par les ménages ou emballages

potentiellement récupérables par le circuit municipal), ni la méthode d’estimation. Il n’existe

malheureusement pas à l’échelle européenne de données sur les emballages ménagers

seulement. On peut trouver seulement des informations sur les déchets municipaux générés et

sur les déchets d’emballages produits (industriels et ménagers), voir Annexe 4.

On peut par s’étonner de la consommation portugaise annoncée qui est très élevée

alors que le Portugal n’est pas un pays par ailleurs considéré comme un gros producteur de

déchets. En tout cas la consommation en Tchéquie est nettement plus faible que dans les

autres pays, et cela est plus cohérent avec d’autres données sur la production de déchets et

déchets d’emballages que l’on peut trouver. La France, de l’Allemagne, et l’Espagne ont des

consommations élevées, qui sont comparables. La Belgique affiche une consommation un peu

plus faible.

B. Relations avec les pouvoirs publics

1. Agrément

Création des organismes

Comme nous l’avons vu, tous les organismes ont été créés à l’initiative des industriels

de l’emballage (qui constituent aujourd’hui la grande majorité des actionnaires des

organismes) pour répondre à leurs obligations légales. Cependant, ils n’ont pas tous été mis en

place au même moment :

pays

France

Allemagne

Belgique

Espagne

Portugal

Tchéquie

nom organisme

Eco-Emballages

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

date de création

1992

1991

1994

1996

1996

1997

Tableau 6 : date de création des organismes

Eco-Emballages et DSD ont été créés avant la directive européenne alors que dans les

autres pays, les systèmes se sont mis en place après. Du point de vue du statut juridique, tous

les organismes ont été créés sous forme de sociétés à but non-lucratif. Cependant en

Allemagne, après contestation de la situation de monopole de DSD, le marché a été ouvert à

la concurrence et DSD est devenu une société privée à but lucratif.

Agrément

La majorité des pays européens exigent des organismes qu’ils soient reconnus

officiellement, et ce le plus souvent via un agrément écrit, délivré par les autorités publiques

ou leurs représentants. Ce document autorise officiellement l’organisme à exercer et précise

les conditions de son fonctionnement (mission, relations avec les différents acteurs, contrôle

de l’organisme). Ce ne sont pas les mêmes entités qui délivrent l’agrément :

Eco-

Emballages

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

Niveau

autorisation

national

régional

national

régional

national

national

Organisme

autorisant

l’exercice

ministère

environnement

Länder

(16)

CIE*

communautés

autonomes

(17)

ministère

environnement

ministère

environnement

Tableau 7 : autorité délivrant l’agrément Source : entretiens avec les organismes

* CIE : Commission Interrégionale de l’Emballage

L’échelle à laquelle est établie l’autorisation reflète assez bien l’organisation politique

des pays :

- Dans les états ou le pouvoir est fortement décentralisé, comme en Allemagne ou en

Espagne, c’est chaque région qui autorise l’organisme à exercer sur son territoire ;

- Dans les autres pays, l’agrément est établi au niveau national par le ministère de

l’Environnement.

La Belgique, bien qu’étant un état fédéral, a traité la question des déchets de manière

homogène dans les trois régions, en créant au niveau national la Commission Interrégionale

de l’Emballage (CIE), une institution publique veillant à la gestion harmonisée des

emballages sur l’ensemble du territoire belge.

L’agrément doit être renouvelé régulièrement, environ tous les 5 ans pour tous les

systèmes. En Espagne et en Allemagne, ces renouvellements représentent donc un travail

beaucoup plus important, puisque chaque autorisation doit être négociée localement, et à des

moments différents.

2. Périmètre d’action

L’agrément précise notamment les types d’emballages dont la responsabilité peut être

transférée à l’organisme. Nous avons déjà vu grossièrement la répartition entre emballages

ménagers et industriels, mais voici dans le tableau ci-dessous les définitions précises 1 (ou tout

au moins leurs traductions) des emballages pouvant être pris en charge par les systèmes :

système

définition du périmètre d’emballages

Eco-

Emballages

emballages dont les détenteurs finaux sont les ménages

DSD

emballages de ventes dont les détenteurs finaux sont des particuliers (à domicile ou en des points comparables)

Fost-Plus

emballages ménagers selon la « liste grise », à usage unique ou réutilisables

Ecoembes

emballages susceptibles d’être acquis par les particuliers (sauf les emballages en verre)

emballages industriels et commerciaux si collectés par la municipalité

SPV

emballages non-réutilisables

Eko-Kom

tous emballages

Tableau 8 : types d’emballages pris en charge par les systèmes

1 Les informations du tableau sont issues de documents consultés sur les sites internet des organismes (voir bibliographie pour les adresses)

Cette comparaison de terminologie est intéressante car d’une part elle permet de voir

que chaque système a en fait sa propre définition de son périmètre d’emballages, et d’autre

part elle permet de prendre conscience que la dualité « emballages ménagers vs emballages

industriels » est finalement bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Eco-Emballages, DSD et Fost Plus n’ont clairement pas en charge les emballages

industriels, alors que SPV et Eko-kom les ont ; mais le cas d’Ecoembes est en revanche plus

ambigu. Afin de ne pas être équivoque, le système belge a défini une « liste grise »

d’emballages, recensant la totalité des emballages susceptibles d’être mis sur le marché belge,

avec pour chacun son appartenance à la catégorie « ménager » ou « industriel ». La différence

n’est pas aussi marquée dans les autres pays.

Mais c’est encore la notion d’emballages ménagers qui reste la plus difficile à cerner 1 :

système

définition du périmètre « emballages ménagers »

Eco-

 

Emballages

emballages des produits consommés ou utilisés par les ménages à domicile

DSD

emballages de ventes dont les détenteurs finaux sont des consommateurs privés (à domicile ou en des points comparables)

Fost-Plus

emballages de produits considérés comme ménagers selon la liste grise

Ecoembes

emballage dont le produit est susceptible d’être utilisé ou consommé par un particulier, indépendamment du lieu d’utilisation ou de consommation (NB : verre exclu)

SPV

emballages urbains non réutilisables

Eko-Kom

emballages de ventes

Tableau 9 : définition des emballages ménagers

La définition d’Eco-Emballages est en fait la plus restrictive puisqu’elle se limite

aux emballages des produits consommés par les ménages à domicile seulement. Ainsi par

exemple les emballages de produits consommés/utilisés par les particuliers au bureau, aux

restaurants, au café… ne font théoriquement pas partie du périmètre d’Eco-Emballages.

Selon la définition belge, le caractère ménager ou industriel de l’emballage ne dépend

en fait pas, comme en France, du destinataire du produit emballé ou de son lieu de

consommation, mais dépend de la nature même du produit. Certains produits sont

clairement industriels ou ménagers, mais lorsque ce n’est pas le cas, des limites de quantités

ou de volumes permettent de trancher. Ainsi, une caisse de 3 bouteilles de vin est-elle un

emballage ménager alors qu’une caisse de 6 bouteilles est un emballage industriel. De même,

1 Les informations du tableau sont issues de documents consultés sur les sites internet des organismes (voir bibliographie pour les adresses)

un pot de confiture de 500g est un emballage ménager alors qu’un pot de 1kg est un

emballage industriel.

Les définitions espagnoles, allemande, portugaise et tchèque, bien que n’utilisant pas

la même terminologie, désignent en fait quasiment le même périmètre, celui que nous

appellerions en français les déchets ménagers et assimilés. C'est-à-dire que sont inclus dans

le périmètre d’agrément tous les emballages dont les déchets se retrouvent a priori dans le

circuit de collecte municipal. Aux emballages ménagers au sens strict (à domicile) se

rajoutent donc les emballages des bureaux, des petits commerces, des cafés et restaurants…

A noter que les tchèques et les allemands utilisent la notion de « sales packaging »,

emballages de ventes, mais leur définition est en fait plus large que celle de la directive

européenne qui normalement se limite à l’emballage primaire et ne prend pas en compte

l’emballage de groupe (film autour de 6 bouteilles d’eau ou carton autour de pots de yaourts),

ce qui est le cas de leur définition.

Pour le système belge il est plus difficile d’évaluer l’étendue du périmètre des

emballages concernés, mais il semblerait après étude de la liste grise (disponible sur le site

internet de Fost Plus) que la situation soit plus proche de celle des autres pays que de la

France. Les emballages des produits consommés/utilisés dans les bureaux, les cafés,

restaurants… peuvent pour la plupart être déclarés comme ménagers.

La France semble donc être le seul pays où seuls les emballages ménagers

consommés à domicile sont déclarés.

3. Contrôle, Reporting

Comme les organismes ont une mission d’intérêt général, ils sont contrôlés par l’Etat,

ou des organismes dérivés :

Eco-

Emballages

Fost

Plus

DSD

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

organisme

de

contrôle

ADEME*

Bundeskartellammt Gemeinsame Stelle

CIE

CA**

APA***

ministère

environnement

Tableau 10 : organismes de contrôle Source : entretiens avec les organismes *ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie **CA : Communauté autonome ***APA : Agência Portuguesa do Ambiente

Le contrôle des organismes consiste essentiellement en deux objectifs : contrôler

l’activité générale (ce sont en effet tous à l’exception de DSD des sociétés qui ne doivent pas

faire de profit) ainsi que vérifier l’atteinte des objectifs de recyclage, valorisation fixé dans l’agrément. Eko-Kom dépend directement du ministère de l’environnement. Eco-Emballages, Fost Plus et SPV sont contrôlés par des organismes publics responsables de la problématique des déchets (uniquement des emballages dans le cas de la Belgique). L’ Agência Portuguesa do Ambiente (APA) est l’équivalent portugais de l’ADEME, qui dépend directement du ministère de l’environnement. Ecoembes, du fait de ses agréments régionaux différents, confie le contrôle de l’activité de l’organisme à chaque communauté autonome. La situation de l’Allemagne du fait de la mise en concurrence est notoirement différente. Le Bundeskartellammt est l’organisme chargé de veiller au respect de la concurrence. La Gemeinsame Stelle est la chambre de répartition qui partage la responsabilité des couts entre les différents systèmes concurrents, selon leur part de marché. DSD doit rapporter toutes ses données à ces deux organismes. En dehors de l’Allemagne, le contrôle se fait par la transmission du rapport d’activité annuel et si besoin d’un rapport sur d’autres données. D’après les échanges avec les responsables des différents pays, il semblerait que DSD soit très contrôlé (mais la situation est différente). Eco-Emballages et Fost Plus travaille en collaboration étroite avec l’organisme qui les contrôle : contacts réguliers, études et projets communs. SPV et Eko-Kom semblent en revanche avoir un contrôle plus souple : ils doivent simplement communiquer leur rapport d’activité annuel.

C. Relations avec les producteurs

1. Entreprises adhérentes

Nature des producteurs

Tous les systèmes ont rédigé des documents adressés aux entreprises adhérentes (disponibles sur les sites internet de chaque système) décrivant quelles entreprises doivent contribuer pour quels emballages. L’analyse de ces documents permet de constater que le

partage des responsabilités entre les différents acteurs de la chaîne de l’emballage est similaire dans tous les systèmes :

- la règle générale est que l’entreprise qui est responsable, et donc celle qui doit payer

pour l’emballage, est celle qui met le produit emballé sur le marché national pour la première fois. Les entreprises qui contribuent sont donc généralement celles que le langage

anglo-saxon nomme les « packers and fillers », c'est-à-dire les conditionneurs, ceux qui

emballent les produits qui vont être mis sur le marché national, et non pas celui qui fabrique le

matériau d’emballages.

- dans le cas de produits importés, c’est l’importateur qui paye la contribution.

- pour ce qui est des produits à marque de distributeurs, c’est normalement le

propriétaire de la marque (le distributeur, Carrefour® par exemple) qui doit contribuer, car

c’est lui qui choisit le design de l’emballage. Toutefois, pour des raisons pratiques, ce sont

dans les faits le plus souvent ceux qui emballent le produit au nom de la marque qui

contribuent, car ce sont eux qui ont les chiffres sur les quantités et poids des emballages.

Ainsi pour la majorité des emballages, le responsable est clairement identifié, ou des

accords entre les différents acteurs de la chaîne permettent d’avoir un unique responsable.

Dans tous les cas, il n’y a qu’une seule entreprise qui contribue pour l’emballage d’un même

produit.

En revanche, un certain type d’emballage pose problème. Ce sont les emballages de

service, c'est-à-dire les emballages qui sont remplis au point de vente : sacs de caisse, cartons

à pizza, barquette en polystyrène pour les produits frais… Les fabricants d’emballages autant

que les distributeurs estiment ne pas être en devoir de contribuer. Selon les systèmes, les

responsables sont différents :

 

Eco-Emballages

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

fabriquant

 

X

prochainement

   

X

emballage

distributeur

X

 

X

X

X

 

Tableau 11 : responsables emballages de service Source : entretiens avec les organismes

Il est difficile de savoir quelle situation est la plus adaptée : le distributeur est celui qui

choisit l’emballage (matériau, forme) et donc est celui qui peut influer sur sa conception. En

ce sens il devrait être celui qui contribue. D’un autre côté, c’est celui qui produit l’emballage

qui peut en pratique agir matériellement sur l’emballage (allègement…) et c’est aussi celui

qui a les quantités et poids des emballages mis sur le marché.

On appelle « producteurs » les entreprises qui sont responsables des emballages, et

donc pour ce qui concerne l’étude, les entreprises qui contribuent financièrement au système.

Secteurs d’activité

Dans tous les pays, en termes de contribution financière, le secteur le plus important

est celui de l’agro-alimentaire. Plus précisément, c’est le secteur des boissons pèse le plus

financièrement. L’Allemagne fait cependant exception, du fait du système indépendant pour

les emballages consignés, qui englobent la majeure partie des emballages de boissons.

Viennent ensuite les secteurs de l’hygiène et de la beauté et les produits d’entretien, puis

les emballages de services.

L’analyse des rapports

annuels 1 des systèmes donne la

répartition moyenne présentée

ci-contre :

1

10% 10% 10% 70%
10%
10%
10%
70%

boisson,moyenne présentée ci-contre : 1 10% 10% 10% 70% alimentation hygiène, beauté entretien, nettoyage autres

alimentation

hygiène,ci-contre : 1 10% 10% 10% 70% boisson, alimentation beauté entretien, nettoyage autres Figure 6 :

beauté

entretien,1 10% 10% 10% 70% boisson, alimentation hygiène, beauté nettoyage autres Figure 6 : répartition des

nettoyage

autresboisson, alimentation hygiène, beauté entretien, nettoyage Figure 6 : répartition des contributions par secteur

Figure 6 : répartition des contributions par secteur d’activité

Répartition des contributions

Les divers rapports d’activités montrent que dans tous les systèmes, la structure de

répartition des contributions entre les adhérents est la même : un très faible nombre

d’entreprises (moins de 10%) versent un pourcentage très important de la contribution

totale (environ 90%).

Ceci tend à favoriser une politique de relation aux producteurs très centrée sur les plus

gros clients. A noter que parmi les plus gros clients, on retrouve souvent les mêmes noms

dans les différents pays. Il est donc d’autant plus intéressant de comparer les contributions

demandées aux producteurs dans les différents systèmes.

2. Contrats

Nombre de contrats

Toutes les entreprises adhérentes n’ont pas un contrat individuel, un même contrat

peut regrouper plusieurs entreprises. Par exemple en France, se trouvent derrière les 10 000

contrats presque 50 000 entreprises.

Eco-

Emballages

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

nombre

contrats

10 100

18 000

5 800

12 400

7 300

20 200

Tableau 12 : nombre de contrats producteurs Source : entretiens avec les organismes

1 Les rapports annuels sont disponibles sur les sites internet de chaque système, voir bibliographie pour les adresses

Le nombre de contrats n’est donc pas un critère pertinent pour mesurer l’étendue des emballages déclarés aux organismes Point Vert. En revanche, cela donne une idée du travail administratif engendré par la gestion de ces contrats. On comprendra par exemple que pour Eko-Kom il est plus important que pour Fost-Plus, où il y a presque 4 fois moins de contrats à gérer.

Objet et types de contrats L’objet du contrat liant le producteur au système Point Vert est le suivant :

- Le producteur s’engage à donner régulièrement (annuellement ou trimestriellement) au

système des informations sur les emballages qu’il met sur le marché (quantités détaillées par

matériau…) et de payer une contribution financière à la hauteur des quantités engagées.

- En échange, le système prend en charge la responsabilité de la gestion des déchets d’emballages générés par ces quantités d’emballages mises sur le marché.

Pour simplifier les tâches administratives, tous les organismes ont mis en place des contrats simplifiés pour les petits producteurs. Les conditions pour bénéficier du contrat simplifié sont soit sur le chiffre d’affaire de l’entreprise (France, Belgique, Portugal), soit sur la quantité d’emballages qu’elle met sur le marché (Espagne, Tchéquie). Dans le contrat simplifié, les producteurs n’ont en général pas à donner d’informations détaillées sur les emballages mis sur le marché mais juste à donner leur chiffre d’affaire ou la quantité globale d’emballages mis en circulation et à payer un montant forfaitaire.

3. Barème amont

Principe

Selon le principe de la responsabilité du producteur, les entreprises payent à l’organisme une contribution financière reflétant tout ou partie des coûts de gestion des emballages qu’elles mettent sur le marché. Cette contribution est donc variable selon les matériaux, puisque les coûts de collecte, tri, recyclage/valorisation ne sont pas les mêmes selon les matériaux. On appelle « barème amont » ou « barème producteur », la règle qui fixe les conditions et le montant des contributions à payer.

A noter que si les coûts de gestion constituent la base des tarifs, des négociations sont ensuite menées avec les différents acteurs, pour ajuster ces tarifs aux volontés des uns et des autres.

Structure

L’analyse des barèmes ménagers des systèmes (fournis en Annexe 5), montre que la

contribution à payer par les entreprises dépend de paramètres différents :

 

Eco-

         

Emballages

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

matériau

X

X

X

X

X

X

       

X

   

poids

X

X

X

(pas pour le verre)

X

X

       

X

   

volume

(verre uniquement)

nombre

X

   

X

   

d’emballages

(verre uniquement)

Tableau 13 : paramètres constitutifs du barème amont

Tous les pays ont une contribution dépendant

du matériau. A l’exception de

l’Espagne pour le verre, cette contribution est payée au poids.

Ainsi, on a partout (sauf pour le verre en Espagne) un barème du type :

matériau

tarif

verre

… €/kg

papier-carton

… €/kg

acier

… €/kg

aluminium

… €/kg

plastique

… €/kg

… €/kg

Tableau 14 : structure type des barèmes amont

La structure du barème pour le verre en

Espagne tient compte à la fois du

volume et du nombre d’emballages :

Le nombre de catégories de matériaux, ainsi que

les tarifs, étant variables d’un pays à l’autre

 

volume emballage

tarif

tarif verre

<125 mL

0.396

€/unité

Espagne

entre 125 et 500 mL

0.527

€/unité

>500mL

1.053

€/unité

Tableau 15 : barème amont verre Ecovidrio

Mais la structure de barème la plus singulière est celle du système français. En

effet, Eco-Emballages a en fait divisé la contribution à payer en 2 :

- une contribution au poids, dépendant du matériau (comme dans les autres pays) :

matériau

tarif en ct €/kg

verre

0.36

papier-carton

12.21

acier

2.26

aluminium

4.53

plastique

17.78

autre

12.21

- mais à la contribution au poids, s’ajoute, pour chaque emballage, une contribution à l’emballage :

o Si contribution au poids > 0.11ct, contribution à l’emballage est égale à 0.11 ct

o Si contribution au poids < 0.11ct, contribution à l’emballage est égale à la contribution au poids Cette particularité du système français fait que l’on ne peut comparer directement le barème français au poids avec le barème des autres pays car il ne couvre qu’une partie de la contribution. Cette structure de barème est plus complexe que celle de l’autre système mais elle a été instaurée comme mesure de prévention contre la multiplication des niveaux d’emballages, surtout des petits emballages. C’est le seul système à avoir une mesure de ce type au niveau du barème amont.

Catégories de matériaux Comme mentionné précédemment, le nombre et la nature des catégories de matériaux

sont variables d’un système à l’autre.

On constate que le barème français est le plus simple en terme de catégories, avec seulement 6 catégories : verre, papier-carton, plastique, acier, aluminium et « autre » pour le reste. Ces catégories existent également dans les autres pays, mais elles sont souvent subdivisées en sous catégories, avec des tarifs différents. Cela aboutit à un total de 8 jusqu’à 17 catégories différentes pour Fost Plus ! L’analyse des différentes catégories montre surtout :

- briques alimentaires : seul le barème d’Eco-Emballages n’a pas de catégorie séparée pour les briques alimentaires. Ces emballages sont constitués de plusieurs couches de matériaux différents (fibres, Polyéthylène Haute Densité (PEHD), aluminium). Leur constitution complexe rend leur recyclage difficile car la séparation des différentes couches est délicate (et coûteuse). Il s’agit donc d’emballages sensibles dont la gestion globale mérite une attention particulière. Pour le barème d’Eco-Emballages, une brique contribue au même titre qu’un emballage en papier-carton. Tous les autres barèmes ont une catégorie à part et un tarif beaucoup plus élevé que celui du papier-carton (entre 3 et 15 fois plus cher).

- plastique : de même le plastique est un matériau dont la gestion varie d’un pays à

l’autre. Pour ce qui est du barème amont, Fost Plus, Ecoembes et Eko-Kom distingue 2 catégories de plastiques : les plastiques durs (bouteilles et flacons en Polyéthylène Téréphtalate (PET) et PEHD) et les plastiques mous (films, pots de yaourt…), avec un tarif beaucoup plus élevé pour la deuxième catégorie, reflétant un coût de gestion plus élevé. En

effet, le recyclage des plastiques mous est plus difficile et plus coûteux : emballages souvent souillés, nombreuses unités d’emballages pour récupérer une très petite quantité de matériau.

Comparaison de contribution sur produits types

Puisque nous avons vu qu’une comparaison directe des barèmes au poids n’est pas pertinente, compte tenu de la spécificité française, nous allons comparer la contribution à payer dans chaque système, pour quelques produits types.

contribution pour une bouteille en plastique PET de 1,5 L 5,00 4,52 4,50 4,00 3,50
contribution pour une bouteille en plastique PET de 1,5 L
5,00
4,52
4,50
4,00
3,50
3,00
Figure 7: comparaison
contribution pour une
bouteille en plastique
2,50
2,00
1,50
1,08
1,00
0,82
0,66
0,61
0,59
0,50
0,00
bouteille PET 1,5 L
Eco-Emballages
DSD
Fost Plus
Ecoembes
SPV
Eko-Kom
contribution (ct €)
0,80 contribution pour un pot de yaourt 0,70 0,67 0,60 0,50 0,40 0,30 0,21 0,20
0,80
contribution pour un pot de yaourt
0,70
0,67
0,60
0,50
0,40
0,30
0,21
0,20
0,17
0,16
0,09
0,09
0,10
0,00
contribution (ct €)

pot de yaourt

Figure 8: comparaison contribution pour un pot de yaourt

Nous avons vu que Fost Plus, Ecoembes et Eko-Kom ont des tarifs pour le plastique mou plus élevés que ceux du plastique dur. Cependant, l’existence de la contribution à l’emballage à France, dont l’impact est fort sur les petits emballages (doublement de la contribution au poids) fait que la contribution à payer à Eco-Emballages est tout de même plus élevée pour un pot de yaourt.

Contribution pour une boîte de conserve en acier

2,60 2,50 2,40 2,20 2,00 1,80 1,60 1,40 1,20 1,00 0,80 0,66 0,56 0,60 0,40
2,60
2,50
2,40
2,20
2,00
1,80
1,60
1,40
1,20
1,00
0,80
0,66
0,56
0,60
0,40
0,40
0,32
0,17
0,20
0,00
contribution (ct €)

Eco-Emballages0,40 0,40 0,32 0,17 0,20 0,00 contribution (ct €) DSD boîte de conserve acier Fost Plus

DSD0,32 0,17 0,20 0,00 contribution (ct €) Eco-Emballages boîte de conserve acier Fost Plus Ecoembes SPV

boîte de conserve acier Fost Plus Ecoembes
boîte de conserve acier
Fost Plus
Ecoembes

SPV

DSD boîte de conserve acier Fost Plus Ecoembes SPV Eko-Kom Contribution pour une cannette en aluminium

Eko-Kom

Contribution pour une cannette en aluminium 33 cL

2,05 2,00 1,80 1,60 1,40 1,20 1,00 0,80 0,60 0,40 0,20 0,17 0,20 0,13 0,12
2,05
2,00
1,80
1,60
1,40
1,20
1,00
0,80
0,60
0,40
0,20
0,17
0,20
0,13
0,12
0,05
0,00
contribution (ct €)
cannette aluminium 33 cL Fost Plus Ecoembes 2,49 bouteille en verre 75 cL Fost Plus
cannette aluminium 33 cL
Fost Plus
Ecoembes
2,49
bouteille en verre 75 cL
Fost Plus
Ecoembes

Eco-Emballages2,49 bouteille en verre 75 cL Fost Plus Ecoembes DSD SPV Eko-Kom 2,40 2,20 2,00 1,80

bouteille en verre 75 cL Fost Plus Ecoembes Eco-Emballages DSD SPV Eko-Kom 2,40 2,20 2,00 1,80

DSD

SPV

en verre 75 cL Fost Plus Ecoembes Eco-Emballages DSD SPV Eko-Kom 2,40 2,20 2,00 1,80 1,60

Eko-Kom

2,40 2,20 2,00 1,80 1,60 1,40 1,20 1,13 1,11 1,00 0,91 0,80 0,60 0,48 0,40
2,40
2,20
2,00
1,80
1,60
1,40
1,20
1,13
1,11
1,00
0,91
0,80
0,60
0,48
0,40
0,22
0,20
0,00
contribution (ct €)

Eco-Emballages0,60 0,48 0,40 0,22 0,20 0,00 contribution (ct €) DSD SPV Eko-Kom Figure 9 : comparaison

DSD0,40 0,22 0,20 0,00 contribution (ct €) Eco-Emballages SPV Eko-Kom Figure 9 : comparaison contribution pour

0,22 0,20 0,00 contribution (ct €) Eco-Emballages DSD SPV Eko-Kom Figure 9 : comparaison contribution pour

SPV

0,20 0,00 contribution (ct €) Eco-Emballages DSD SPV Eko-Kom Figure 9 : comparaison contribution pour une

Eko-Kom

Figure 9: comparaison contribution pour une boîte de conserve en acier

les

barème

d’Eco-Emballages se

du

Les

métaux

tarifs

pour

situent

dans

la

moyenne

des

autres

systèmes (hors DSD).

Figure 10 : comparaison contribution pour une cannette en aluminium

Le tarif verre d’Eco-Emballages est beaucoup plus faible que celui des autres (hors DSD)

Figure 11 : comparaison contribution pour une bouteille en verre

0,40 0,39 0,38 0,30 Le tarif papier carton d’Eco-Emballages est beaucoup plus élevé que celui
0,40
0,39
0,38
0,30
Le tarif papier carton
d’Eco-Emballages est
beaucoup plus élevé
que celui des autres
(hors DSD).
0,20
0,15
0,14
0,11
0,10
0,03
0,00
Figure 12: comparaison
contribution pour un
paquet de biscuit en carton
contribution (ct €)

paquet de biscuit en carton

Eco-Emballages DSD Fost Plus Ecoembes SPV Eko-Kom 2,11 2,00 1,50 1,00 0,74 0,71 Bien que
Eco-Emballages
DSD
Fost Plus
Ecoembes
SPV
Eko-Kom
2,11
2,00
1,50
1,00
0,74
0,71
Bien que le tarif papier carton
soit très élevé en France, la
catégorie séparée pour les
briques dans les autres systèmes
résulte en une contribution
moyenne pour une brique pour
Eco-Emballages.
0,50
0,45
0,23
0,18
Figure 13 : comparaison
contribution pour une
brique alimentaire
0,00
contribution (ct €)

brique alimentaire

Bilan de la comparaison sur produits types :

- DSD affiche, pour tous les produits présentés, des tarifs jusqu’à plus de 10 fois plus élevé que les autres systèmes. Ceci est essentiellement dû au fait que d’une part les

industriels supportent tous les coûts, et d’autre part que le système de gestion des déchets d’emballages est séparé de la gestion des autres déchets, aboutissant à un système parallèle, beaucoup plus coûteux. Cependant, ces tarifs sont ceux communiqués au public ; lors de l’entretien, DSD a expliqué que des réductions, jusqu’à 30%, sont faites aux gros clients. On ne peut donc pas savoir la représentativité des tarifs affichés.

- Pour les autres pays, il est difficile de tirer une conclusion globale sur la valeur des tarifs, cela variant d’un matériau à l’autre.

- Pour ce qui est d’Eco-Emballages, on retiendra que le tarif verre est beaucoup plus

faible que dans les autres pays alors que le papier-carton est très élevé. La contribution à l’emballage a en outre un fort impact sur les petits emballages (cf. pot de yaourt).

Remarque : il est difficile, en dehors du cas de l’Allemagne, d’expliquer les différences de tarifs constatées. En effet, il faut bien avoir en tête que la valeur des tarifs du barème amont, bien que basée sur les coûts de gestion, est également influencée par d’autres paramètres (acteurs participants à la prise de décision, prix de reprise des matériaux triés, destinataire de la valeur de ces matériaux…)

Modification du barème amont

Le barème producteur, censé refléter les coûts de gestion de l’élimination, doit donc être ajusté régulièrement. Il ressort des discussions avec les organismes sur la fréquence de changement de barème que tous les systèmes étrangers ajustent leur barème tous les ans ou tous les deux ans. En France, le barème est inchangé depuis 2004. Cela présente l’avantage de ne pas avoir à discuter les tarifs trop fréquemment et de faciliter le travail administratif. En revanche, les variations de barèmes sont beaucoup plus brutales, et de fait, moins bien acceptées par les entreprises. Ainsi le futur barème, pour s’adapter à la hausse des coûts d’élimination des emballages va probablement subir une augmentation d’environ 15 à 20%. La modification fréquente du barème dans les autres pays permet de lisser les augmentations et de ne pas avoir des changements trop importants d’un barème au suivant. La fréquence de changement s’explique aussi par la procédure à suivre pour effectuer les modifications. En France, c’est le ministère de l’environnement qui, in fine, approuve ou non les tarifs à appliquer, alors que pour Fost Plus, Ecoembes et Eko-Kom, il s’agit d’une décision interne à l’organisme, avec néanmoins des discussions avec les différents acteurs. En France la procédure totale de négociations et approbation du barème dure plus d’un an alors que cela se passe en quelques mois dans les autres pays. D’après les discussions entretenues avec les différents systèmes concernant la procédure de modifications, il semblerait qu’Eco-Emballages soit un des organismes où l’influence du système sur la prise de décision est la plus limitée. Les lobbys de certains secteurs industriels sont très marqués et orientent fortement les décisions.

4. Contribution totale

Contribution totale

Voici la contribution totale 2007 ainsi que le tonnage total des organismes :

 

Eco-

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

Emballages

Ecovidrio

montant total contribution Point vert 2007

411 M€

900 M€

79 M€

323 M€ 40 M€ verre

42 M€

34 M€

tonnage total

4 788 kt

2 929 kt

735 kt

2 070 kt 1 500 kt verre

730 kt

487 kt

contribution

           

moyenne par

86 €/t

307 €/t

107 €/t

104 €/t

53 €/t

70 €/t

tonne

contribution

           

moyenne par

6.9 €/hab

18.3 €/hab

7.4 €/hab

8.25 €/hab

4 €/hab

.43€/hab

habitant

Tableau 16 : contribution totale Source : rapports annuels, entretiens avec les organismes

On retrouve le coût plus élevé du système allemand. Fost Plus et Ecoembes ont une

contribution moyenne similaire, alors que la contribution moyenne d’Eco-Emballages est

légèrement inférieure. Les contributions moyennes de SPV et d’Eko-Kom sont assez proches,

et bien inférieures à celles des autres systèmes.

Toutefois, les contributions moyennes (à la tonne et par habitant) doivent être

interprétées avec précaution et non pas comparées directement : comme nous l’avons déjà

mentionné, les contextes ne sont pas les mêmes :

- le niveau économique du Portugal et de la Tchéquie n’est pas le même que dans les

autres pays, pouvant expliquer la contribution plus faible ;

- la responsabilité financière des industriels n’est pas la même : couverture des coûts

totale pour Fost Plus et DSD, partage des coûts pour les autres ;

- système parallèle en Allemagne, donc besoin en financement plus grand.

Et ce ne sont que des exemples…

5. Couverture du marché

Nous avons vu en analysant les lois sur les emballages, que dans tous les pays, les

industriels ont le choix de prendre en charge eux-mêmes la gestion de leurs emballages ou de

la transférer à un organisme agréé. Les systèmes mis en place n’ont donc pas en charge la

gestion de l’ensemble des emballages mis sur le marché.

Part de marché

Le tableau ci-dessous regroupe les parts respectives des emballages gérés par les

systèmes. Les données proviennent des rapports annuels pour Eco - Emballages, Fost Plus et

Ecoembes, des entretiens avec les systèmes pour DSD, SPV et Eko-Kom.

 

Eco-Emballages

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

marché

           

concerné

ménager

ménager

ménager

ménager

ménager

tous emballages

part de

95%

60%

92%

90%

90%

83%

marché

Tableau 17 : couverture du marché Source : entretiens avec les organismes

Eko-Kom ne possède pas l’information pour les emballages ménagers seulement,

mais d’après leurs estimations, la part couverte est sûrement plus élevée. Eco-Emballages,

Fost Plus, Ecoembes et SPV estiment couvrir environ 90% des emballages ménagers (selon

leur définition du ménager), soit la quasi-totalité du marché.

Il s’agit bien ici d’estimations, données par les systèmes eux-mêmes. Les conditions

dans lesquelles ces estimations sont faites ne sont pas très claires, mais aucun pays ne semble

avoir la possibilité d’avoir des informations officielles concernant ces chiffres, assez difficiles

à obtenir. En effet, pour pouvoir estimer la part de marché, encore faut-il connaître l’étendue

du marché en question. Evaluer le gisement des emballages ménagers mis sur le marché

national n’est pas chose aisée. En France, Eco-Emballages et d’ADEME ont demandé à

l’institut Estem de faire cette étude 1 pour le gisement français. Les résultats montrent que le

gisement estimé, représentant la totalité des emballages mis sur le marché, est inférieur à la

quantité d’emballages déclarés à Eco-Emballages et Adelphe ! Ces estimations de part de

marché se basent en outre sur des études directes dans les magasins, en vérifiant la présence

ou l’absence du logo sur les emballages. Mais reste encore le problème de l’utilisation

frauduleuse du logo, qui, même si elle reste marginale, biaise tout de même le résultat.

En Allemagne, s’ajoute encore une difficulté : celle de l’existence de 9 systèmes en

concurrence. Il s’agit donc d’abord d’évaluer l’étendue du marché, puis d’estimer la part

gérée par les 9 systèmes, puis la part de chaque système. Les emballages déclarés à DSD

représentent donc environ 60% des emballages de ventes mis sur le marché Allemand. DSD

1 Etude disponible sur le site internet d’Eco-Emballages, voir bibliographie adresse du site

est donc en position dominante sur le marché allemand puisque les 8 autres organismes se partagent les 40% restants.

Free-riders

Puisque les entreprises ont le choix de gérer elles-mêmes leurs déchets d’emballages ou de transférer la responsabilité à l’organisme, cela signifie en théorie que toute entreprise n’ayant pas de système propre adhère à un organisme. Cependant, profitant du peu de contrôle d’application de la loi, certaines entreprises n’ont pas de système propre mais n’adhèrent pas non plus à un organisme : on nomme ces entreprises des free-riders. C'est-à-dire que ce sont les systèmes Point Vert qui couvrent les coûts d’élimination de leurs déchets d’emballages alors qu’aucune contribution n’a été versée. Selon les pays, ce problème est plus ou moins important et les moyens mis en place pour y parer sont variables. En Allemagne par exemple, la situation de concurrence rend encore plus difficile le contrôle des free-riders, et donc leur nombre est très important. La chambre de répartition estime 1 que plus de 20% des emballages ne sont pas déclarés. Généralement, les free-riders sont de petites, voire très petites, entreprises donc les quantités d’emballages engagées par chacune ne sont pas importantes, mais, cumulées, elles peuvent le devenir. Les systèmes n’ont pas la possibilité d’obliger les entreprises à respecter la loi. Ils peuvent tout au plus leur rappeler leur devoir et prévenir les autorités. Eko-Kom a par exemple des employés spécialement dédiés à la recherche et à l’identification des free- riders alors qu’il ne s’agit pas d’une préoccupation pour Eco-Emballages. Cependant, d’après les discussions avec les membres des différents systèmes, il semblerait que l’influence des organismes sur les autorités reste limitée, car cela ne représente pas pour elles une priorité. D’autre part, il existe aussi certains secteurs refusant ouvertement de contribuer au système. Par exemple en France, les petits commerces refusent de payer, notamment pour les emballages de service (sacs en plastiques, boîtes en carton, sachets en papier… remplis au point de vente). Mais comme le lobby de ce secteur est très important, les autorités n’interviennent pas.

1 Source : présentation de DSD à un groupe de travail de Pro Europe, à Lisbonne le 24 mai 2007

D. Relations avec les collectivités

1. Contrats

A l’exception de l’Allemagne où ce sont les producteurs, les collectivités locales sont les responsables opérationnels de la collecte sélective des emballages ménagers et assimilés. Les organismes collaborent donc étroitement avec les autorités locales. Il y a ainsi dans tous les pays (même en Allemagne) un contrat liant le système Point Vert aux collectivités. L’objet de ce contrat est de préciser le rôle et les engagements de chaque partie, différents selon les pays, comme nous allons le voir plus loin.

 

Eco-Emballages

DSD

Fost Plus

Ecoembes

SPV

Eko-Kom

nombre contrats

1 400

650

39

104

34

6 000

contrat identique

X

     

X

X

contrat spécifique

 

X

X

X

   

Tableau 18 : structure type des barèmes amont Source : entretiens avec les organismes

On constate que le nombre de contrats est très hétérogène, et non proportionnel à la population du pays. En Belgique et au Portugal, les collectivités sont regroupées respectivement en « intercommunales » et « systèmes municipaux de gestion des déchets urbains » permettant une gestion des déchets à plus grande échelle et, partant, une réduction des coûts. Ces systèmes regroupent en général plus de 50 000 habitants. Au contraire en France et en Tchéquie, la gestion des déchets est encore très locale, et l’on a ainsi des contrats avec des collectivités pour une poignée d’habitants (le plus petit représentant 15 habitants en Tchéquie !). Eco-Emballages, SPV et Eko-Kom ont des contrats identiques pour toutes les collectivités. Celles-ci s’engagent à livrer tous les matériaux collectés sélectivement et touchent en échange un soutien financier, proportionnel au tonnage collecté. Dans les autres pays, le contrat est spécifique à chaque collectivité, bien que la structure soit la même.

2. La Collecte

Choix de l’opérateur

En Allemagne, c’est DSD qui organise la collecte, au nom des producteurs : c'est-à- dire que DSD choisit le mode de collecte, les flux de matériaux et passe les appels d’offres

pour choisir l’opérateur. Il y a tout de même une discussion avec la collectivité concernant la place des conteneurs, les conditions d’enlèvement… qui font d’ailleurs l’objet du contrat. Dans les autres pays, ce sont les collectivités qui sont les responsables opérationnels, mais elles n’ont pas partout le même degré de liberté :

- En France, les collectivités sont complètement libres d’organiser la collecte sélective

comme elles l’entendent. C’est la collectivité qui choisit le mode de collecte, l’opérateur, les flux de matériaux… On constate une situation similaire en Tchéquie et au Portugal.

L’organisme Point Vert n’est pas impliqué dans l’organisation de la collecte;

- En Espagne, les collectivités sont également relativement libres, ce sont elles qui

choisissent les modalités de collecte (opérateur, mode de collecte). Cependant les conditions de collecte sont discutées avec Ecoembes.

- En Belgique, c’est la collectivité qui passe l’appel d’offre pour l’opérateur, mais elle

doit utiliser les cahiers des charges rédigés par Fost Plus si elle veut que tous les coûts

soient couverts par le système. Fost Plus a donc directement une influence dans l’organisation de la collecte sélective.

Organisation pratique L’étude des systèmes de collecte sélective, à travers les rapports annuels et complétée

par les entretiens, permet de tirer les conclusions suivantes :

- couverture du territoire : aujourd’hui dans chaque pays la quasi-totalité de la

population (entre 95% et 100%) est desservie par un système de collecte sélective des emballages ménagers en papier-carton, plastique, verre et métaux.

- consignes de tri : dans tous les pays à l’exception de la France, les consignes de tri (quel matériau dans quelle poubelle) sont homogènes sur tout le territoire. En outre on a en Espagne, au Portugal, en Allemagne et en Belgique les mêmes flux, à savoir :

en Allemagne et en Belgique les mêmes flux, à savoir : Figure 14 : flux de

Figure 14: flux de matériaux en Espagne, Portugal, Allemagne et Belgique Source : document interne Eco-Emballages

En France cette répartition des matériaux se trouve également mais elle coexiste avec 10 autres ! De même les codes couleurs sont homogènes dans les autres pays, alors que ce n’est pas le cas en France.

La Tchéquie est un cas à part, car sont collectés en mélange les emballages et non emballages. De plus, tous les matériaux ne sont pas collectés partout. Notamment dans les

milieux ruraux, le papier n’est généralement pas collecté car les habitants s’en servent comme combustible. D’autre part, il existe un système particulier de collecte des métaux. Ceux-ci (pas seulement les emballages) peuvent être rapportés par les habitants dans des « buy out centres » (centres de rachat) où ils touchent de l’argent en échange.

o

papier-carton : dans tous les autres pays sauf en France, les emballages en papier-carton sont systématiquement collectés avec les journaux et magazines.

o

plastiques : les consignes de tri du plastique varient selon les pays. En France et en Belgique, on ne collecte que les bouteilles et flacons alors que dans les autres pays, tous les types d’emballages plastiques (pots de yaourts, sacs en plastique, films…) sont collectés.

o

verre : certains pays sépare le verre en plusieurs fractions : coloré/incolore pour la Tchéquie et la Belgique, vert/brun/incolore pour l’Allemagne.

- modes de collecte : variables selon les pays et les matériaux. On constate :

o

verre : collecté à plus de 90% par un système d’apport volontaire.

o

emballages légers : variable selon les pays, mais seule la France a un système de collecte en porte-à-porte aussi développé et surtout avec une fréquence de collecte aussi élevée (une fois par semaine en moyenne 1 contre deux fois par mois en Belgique)

Couverture des coûts

Nous avons déjà mentionné que la prise en charge des coûts était différente selon les systèmes. Plus précisément, on peut distinguer trois groupes de pays :

- Fost Plus et DSD payent directement les factures des opérateurs de collecte

sélective et versent en plus à la collectivité une contribution financière. Fost Plus verse ainsi

25€/an par site d’apport volontaire pour le nettoyage des abords et DSD verse en moyenne

1.2€/hab.an pour le nettoyage et l’utilisation de l’espace public des points d’apport volontaire.

- Ecoembes a établi un modèle mathématique complexe 2 calculant le surcoût de la

collecte sélective pour chaque collectivité, en prenant en compte de nombreux paramètres (mode de collecte, nombre de conteneurs, fréquence de vidage, taux de remplissage des bacs, nombre d’habitants…). Les collectivités doivent ainsi renseigner tous les mois dans le modèle

1 Donnée extraite de la base de données interne d’Eco-Emballages e-value

2 Document de travail interne fourni par Ecoembes, voir bibliographie pour référence

tous les paramètres de leur collecte. Ce sont les collectivités qui payent les factures des

opérateurs ; elles touchent ensuite tous les mois les aides d’Ecoembes. Ces aides, calculées

avec l’aide de la formule, comporte une partie fixe (liée au nombre d’habitant, de conteneurs,

mode de collecte

collecté, taux de remplissage des bacs…). On peut résumer les coûts payés par Ecoembes par

la formule ci-dessous :

mais aussi une partie variable, liée à la performance de collecte (tonnage

)

(estimation des coûts de collecte sélective – coûts d’élimination) x taux de performance

Ecoembes estime, puisque sont pris en compte de nombreux paramètres pour estimer les

coûts de collecte, couvrir ainsi 100% du surcoût de la collecte sélective. Mais il s’agit bien

d’un coût estimé, et non réel.

- Eco-Emballages, SPV et Eko-Kom n’ont tous trois qu’un seul soutien pour la

collecte et le tri. La structure des soutiens est la même dans les trois systèmes : toutes les

collectivités sont payées selon le même barème, fonction de leur performance seulement,

c'est-à-dire en fonction du tonnage collecté par habitant. Dans les trois barèmes, les montants

sont adaptés en fonction du type d’habitat (milieu rural/urbain). Les soutiens sont variables

selon les matériaux. Les détails des soutiens sont fournis en Annexe 6.

Ces soutiens sont versés aux collectivités et permettent de contribuer au financement, mais

pas de couvrir tous les coûts (voir paragraphe III. D. 5).

3.

Le tri

Choix de l’opérateur

Le choix s’effectue de la même manière que pour la collecte. C'est-à-dire :

 

France

Allemagne

Belgique

Espagne

Portugal

Tchéquie

choix opérateur

CL*

DSD

CL*

CL*

CL*

CL

     

cahier des

discussion

   

commentaires

CL libre

charges Fost

avec

CL libre

CL libre

Plus

Ecoembes

Tableau 19 : choix opérateur tri Source : entretiens avec les organismes

*CL : collectivité

En France, au Portugal et en Tchéquie, les collectivités s’engagent dans le contrat

avec le système Point Vert à livrer l’intégralité des matériaux collectés, séparés en certaines

fractions déterminées, et respectant certains critères techniques. C’est la condition sine qua

non pour toucher les soutiens.

Organisation pratique

Les emballages en verre ainsi que le flux journaux, magazines / emballages papier-

carton (hors Eco-Emballages) ne passent pas par un centre de tri. Ne sont triés que les

matériaux collectés en mélange : métaux, plastiques, briques (et papier-carton pour la France).

Le tableau ci-dessous, issu des informations lors des entretiens, caractérise les centres

de tri des différents pays :

 

France

Allemagne

Belgique

Espagne

Portugal

Tchéquie

nombre de centres de tri

317

80

13

89

28

105

habitants / centre de tri

200 000

1 M

815 000

500 000

275 000

95 000

taille centres

62% capacité

30 000 t/an

3400 à

4400t/an

?

500 à

de tri

<5000t/an

26000 t/an

1000 t/an

Tableau 20 : informations centres de tri Source : entretiens avec les organismes

On constate que les équipements sont hétérogènes. L’Allemagne et la Belgique ont