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Hickmet Félix Regnault Les eunuques de Constantinople In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris,

Les eunuques de Constantinople

In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, V° Série, tome 2, 1901. pp. 234-240.

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Hickmet , Regnault Félix. Les eunuques de Constantinople. In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, V° Série, tome 2, 1901. pp. 234-240.

doi : 10.3406/bmsap.1901.5957 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0301-8644_1901_num_2_1_5957

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14 mars

1904

les eunuques de constantinople

Par les Drs Hikmet (de Constantinople) et Félix Regnault.

La plupart des eunuques de Constantinople sont des nègres Nubiens ou Abyssiniens,, enfants volés, ou vendus par leurs parents. Les marchands les châtrent dans tous pays surtout aux environs de Soûakim, quelques-uns à Mourzouk (ïripolitaine), puis ils les embarquen sur des voiliers pour les vendre en Turquie. Voici comment se pratique l'opération : l'enfant est maintenu sur une

chaise, on lie sa verge avec une corde sur laquelle on tire, verge et testi

cules

sont tranchés d'un seul coup de rasoir le plus ras possible. On

arrête l'hémorragie avec de l'huile bouillante, c'est l'hémostatique usité dans ces pays où ,on ignore encore le pincement des vaisseaux. On applique ensuite un baume composé de cire, de suif et de mastic qu'on laisse jusqu'à ce que la suppuration le détache *. Les neuf dixièmes périssent, mais la valeur d'un eunuque monte de suite de 200 à -2,000 francs.

1 Duhoussel avait indiqué que l'opêralion était totale et se faisait d'un seul coup de rasoir (Bulletins Société Anthropologie, 1S77, p. 131). Lortet, daus une étude parue dans les Archives d'Anthropologie criminelle, Lyon, 1876, p. 361, nous dit qu'en Egypte certains couvents Coptes font et vendent des eunuques. Il décrit deux procédés ; dans l'un on tranche les parties avec un rasoir, puis pour arrêter l'hémorragie on plonge l'enfant dans le sable fin et sec chauffé par le soleil; on le déterre au bout de 4 à 5 jours et on applique quelques chiffons arrosés d'huile sur la plaie ; ou bien on sectionne au moyen d'un lien utilisé comme serre nœuds ce qui prévi» nt l'hémorragie et on panse avec de l'ècorcc d'acacia nilotica. On met dans le canal de 1urètre un clou en plomb pour empêcher que la cicatrisation ne provoque une rétention d'urine. On voit que les procédés sont variés.

On sait par les castrations chirurgicales que si l'homme est châtré après l'apparition de la virilité, les désirs persistent, le sujet conserve une

puissance relative, voire une ejaculation des liquides prostatique et sémi

naux.

Un homme châtré après la puberté conserve une protaste et des

vésicules séminales qui même si elles diminuent peuvent encore fournir un liquide sécréteur. Châtré dans l'enfance, ces organes ne se développent point. C'est peut-être la cause des différences qui existent entre deux sujets châtrés jeune ou adulte. Quand les testicules sont atrophiés dans l'enfance à la suite d'orchite ourlienne, l'aspect mâle du sujet n'est pas modifié. J'ai vu un sujet dont les testicules étaient mous et gros comme des noisettes a la suite des oreillons et qui avait des moustaches, une barbe bien fournie, des poils au pubis et sur la poitrine. 11 s'était marié et avait des enfants qu'il croyait sien. — F. R.

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Cette opération est pratiquée avant la virilité à l'âge de dix à douze ans. Il est exceptionnel que l'on fasse eunuque des sujets ayant plus de quinze ans.

A l'examen anatomique le périné est plat couvert d'une cicatrice blanc

grisâtre distincte de la peau ; on ne sent pas les cordons. [1 existe un trou pour uriner; les eunuques urinent accroupis. Il n'y a

point de poils sur le périné, au'our de l'anus, ni sur le corps; la barbe ne pousse pas ; mais cils, sourcils et cheveux persistent. La prostate est atrophiée : à l'examen rectal de deux eunuques atteints de maladies de la vessie le Dr Hikmet ne put trouver trace de cet organe.

Si le sujet est châtré après la puberté, la barbe diminue mais ne dispar

aîtpas, il subsiste quelques rares poils un peu raides. La voix ressemble à celle d'une femme. Ils sont, en général, très grands ceci dû à la longueur des membres qui sont disproportionnés avec le corps. Os sont fortement dolichocéphales, la nuque faisant une saillie exagérée '. Us ont tous été choisis bien conformés, ont une figure agréable, de grands yeux, les lèvres minces, le nez aquilin, la peau très fine, la taille élégante et les mains affinées. Tous ces caractères peuvent être attribués à leur race. Leur ensemble est sympathique. Souvent ils deviennent obèses, leur embonpoint leur donne de grosses fesses et de gros seins. La sénilité est prématurée chez les eunuques, au delà de 30 à 35 ans la peau perd sa souplesse^ devient squameuse ; après 40 ans le cercle sénile de la cornée est constant. Généralement ils conservent leurs dents blanches et solides. La phtisie pulmonaire est fréquente chez eux. Sans accident, ils peuvent vivre longtemps, et quelques-uns môme ont atteint une extrême vieillesse.

1 Duhousset l'avait noté sur les eunuques du Caire (Bulletins Soc. Anthr., 1896, p. 336.

Le

D' Lortet, de Lyon,

à fait l'étude de ce caractère. L'eunuque qu'il a étudié

avait 1.79,

 

Fémur droit .

.

.

.

.

535 millim. — gauche.

463

372

.

 

530 millim.

Tibia Humérus droit

464

372

Gub il us droit.

325

324

Radius droit

308

305

Ce

qui donnerait par la méthode de Rollet :

 
 

Pour le

fémur une taille de

 

1

m.

94

— le tibia

1 m,

99

— l'humérus

1 m.

88

— le radius

2 m.

09

Les mains et les pieds sont très allongés. La symphise pubienne est étroite. L'allongement des membres s'observe chez le bœuf, le chapon et en général tou les animaux ehâtrés au moment de la croissance. J'ai relevé sur ce sujet l'indice occipital de 70.9, l'occipital est très sailliant posté rieurement.

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11 y avait autrefois des eunuques de race blanche provenant de Circassie, il n'y en a plus que cinq ou six dans l'ancien palais, ils sont affectés au service de l'intérieur et non à celui des femmes. Ils sont très âgés car actuellement on ne fait plus d'eunuque dans ce pays. On a remarqué qu'ils sont moins résistants que les nègres, vieillissant plus vite, ont des rides et blanchissent prématurément. L'opération était pratiquée de môme que pour les nègres. En général, les eunuques éprouvent des se.isations vénériennes, la femme ne leur est pas indifférente, ils recherchent son amitié, aiment a l'embrasser et jouissent de son contact. Un eunuque a même été légi timement marié, il couchait avec sa femme mais n'y était autorisé que hors du palais. Les eunuques n'aiment pas les alcools et les supportent mal, la plus petite dose leur fait perdre la raison. Friands de gâteaux et de sucrerie, ils ne tiennent pas à la viande., en offrent à leurs invités mais n'en mangent pas. Ils sont extrêmement propres. Les couleurs vives leur plaisent surtout, particulièrement le rouge, leurs chambres sont souvent décorées en rouge et or. Ils aiment la musique surtout celle du tambourin et des instruments nègres. Ils portent des bijoux, souvent plusieurs rangées de bagues. Cela est plutôt dû a la suggestion des femmes qu'à leur état physiologique. Les eunuques sont avares, ne dépensent rien en plaisir et deviennent riches. Ls trait principal de leur caractère est la facilité à se laisser sugges tionner. Ils acceptent la moindre affirmation sans preuve, ils croient les calom niesles plus invraisemblables. Non seulement ils n'ont pas de jugement mais l'amour du surnaturel, et croient les faits incroyables de préférence aux faits logiques. Quand ils ont ajouté foi à quelque chose, il est impossible de les faire changer d'idée quelque bonne raison qu'on leur donne. Ils aiment les enfants et aussi les animaux, les poules, les moutons, les vaches, les singes et surtout les chats. Cette affection s'exagère jusqu'à la zoophilie, un d'eux faisait manger son chat aune table spéciale. Ils ne sont ni méchants ni cruels, restent fidèles à leurs amitiés, et à leur maître mais n'ont aucun courage. Ils n'ont aucune activité cérébrale ne se mêlent ni de politique ni de guerre, n'ont pas d'instruction. Il est rare qu'ils sachent lire et écrire. Comme les enfants, ils sont gais, rient pour un rien et s'étonnent de tout, ils sont fiers, susceptibles, se fâchent facilement. Comme distraction ils ont les dames, les lotos, les dés, les cartes, les combats de coq, mais ils ne jouent que peu d'argent car ils sont avares. Ils fument beaucoup, la cigarette, le narghilé. Leur fanatisme est ex-

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car ils sont toujours en relations avec

trème, comme celui des femmes; les moullas.

Ils n'ont pas leurs préjugés.

de rapport avec

le monde extérieur et conservent tous

de rapport avec le monde extérieur et conservent tous D'après une photographie du squelette d'eunuque du

D'après une photographie du squelette d'eunuque du Caire donné pur M. le

légale Prof. Lortet de la Faculté au musée de médecine de médecine de Lyon. Cette photographie m'a été obligamment communiquée par le laboratoire de M. le Prof. Lacassagae ; je l'en remercie vivement.

Fonctions sociales. — Les eunuques sont au service des femmes du harem, quelques-uns sont destinés aux prin ces. Ils ne font pas de service gross

ier, il y a pour cela des esclaves né

gresses.

à son service ; les « grandes femmes »

Chaque femme a un eunuque

en ont deux ou trois. Les femmes des rois défunts vivent dans l'ancien palais toujours enfer mées. Les eunuques ont toutes les clefs, peuvent pénétrer partout, annoncent la visite du médecin. § Chaque femme possède une petite maison ou un appartement dans la maison, elle esttoujours accompagnée de ses eunuques, ils couchent dans une pièce à côté de leurs maîtresses, ou dans un grand dortoir en dehors du harem. Quand ils sortent ils sont respectés du peuple. Le palais actuel contient 300 fem mes et 5 à 600 eunuques nègres.

Il y a en Turquie quatre sortes de titre : religieux,; militaires, civils lettrés et anciens civils illettrés. Un

seigneur qui sait lire et écrire

titre d'effendi ; s'il ne sait ni lire ni écrire il a le titre d'agha. Les eunuques

sont aghas. Chaque palais a un bach

agha (tète du seigneur) et au-dessus est le grand chef, Dciroussada- A ghassi (seigneur du palais saint), chef de tous les eunuques. Le chef doit être

a le

nègre, il y a sept cents ânS est ainsi.

qu'il en

Le grand chef du palais a un titre supérieur k celui de maréchal, il a la préséance sur lui dans les cérémo- nies.

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• Officiellement le

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cheik ul islam

a le

pas

sur lui mais en fait le grand

chef est plus redouté et le cheik lui baise la main.

Le grand chef a un traitement mensuel de 500 livres turques soit envi ron12,000 francs. Il a une grande influence sur Sa Majesté qu'il accompagne toujours

et à qui il présente les femmes.

Ses moindres paroles sont écoutées et son autorité se transmet aux autres eunuques ; ceux-ci vont dans les ministères, réclament des faveurs pour leurs protégés; on ne leur refuse rien car on les craint. Il suffît que le grand chef dénonce au Maître quelqu'un comme ennemi

de la Patrie pour qu'il soit destitué; il a réussi à faire dégrader des maré chaux et des généraux de divisions. Il existe un code pénal spécial pour les eunuques; ils subissent la peine du fouet couchés à plat ventre, devant tous dans la cour du palais, on leur donne aussi des coups de bâton, jamais moins de dis, on peut les emprisonner. Les eunuques sont aussi chargés de l'éducation des femmes. Celles-ci sont des Gircassiennes achetées ou reçues en cadeaux qui entrent au

harem vers 10 ou 12 ans, il n'y a pas de femme

turque, arabe, ni kurde.

Les eunuques leur apprennent les règles de la politesse, de la bien

séance,

a bien se tenir devant le Maître. Ils leur enseignent aussi la religion car

le moulla n'entre pas dans le harem, il ne s'agît que de quelques prières ou sourates apprises par cœur. Us les convainquent de la toute puissance de Sa Majesté le Sultan, descendant du prophète qui communique avec Dieu. Si vous avez quelque mauvaise pensée contre le Sultan, disent-ils, ils viendra vous étrangler dans la nuit. La prédiction se réalise par un spasme hystérique.

de la morale ; à manger avec grâce, à parler correctement et

A quatorze ans, dans la nuit du 27e jour duRhamazan la femme reçoit

pour la première fois la visite du Sultan.

Si elle devient enceinte on la garde en un palais spécial jusqu'à la fin

de la grossesse à moins qu'on ne décide l'avortement par raison d'état, ce qui est fréquent. Des sages-femmes, surnommées sanglantes par le peuple, sont prépo séesà ces fonctions. Seules 'lés quatre femmes légitimes mènent leurs grossesses à terme. •

Les eunuques

sont encore' chargés de l'éducation morale des princes.

Quelques professeurs, choisis parmi les plus fanatiques, leurs donnent quelques éléments de littérature, de musique, de dessin, de science. En

réalité, les princes ne savent rien. Les notions ethnographiques qui précèdent ont un caractère d'utilité pratique, 11 peut être 'important pour nos ambassadeurs et consuls de les con

naître.

Ce rôle social des eunuques se retrouve dans plusieurs pays, et il y aurait à faire un curieux essai d'ethnologie comparée.

' !■;.,.

HIKMEÏ ET FÉLIX REGNA.ULT. — LES EUNEUQUES DE CONSTANTINOPLE 239

A la Cour de Pékin, Matignon 1 nous représente le Palais impérial habité par 1,000 eunuques, gardiens de harern, intendants^ fonctionnaires vaquant à tous les emplois. L'empereur est le seul mâle dans l'enceinte du palais. L'opération est pratiquée d'un seul coup de rasoir enlevant verge et testicules. Ce sont des enfants achetés, mais parfois des adultes qui se font émasculer volontairement. Ils pourvoient aux besoins matériels et spirituels des dames du palais, occupent toutes les fonctions depuis celle de cooli jusqu'à celle de grand favori, servent d'intermédiaire entre l'em pereur et les concubines. Punis, ils subissent la bastonnade. Ils peuvent

sortir du palais, se marient très souvent. Ils sont doux, s'attachent aux animaux, il paraît qu'ils conservent des idées libidineuses et jouissent du contact de la femme. L'étude ethnographique sur les eunuques actuels doit éclairer le rôle qu'ils remplirent dans l'antiquité. En Assyrie ils avaient une grande importance. Les historiens nous les montrent encombrant les palais royaux; ils gardaient les chambres à cou

cher,

éventaient le

maître, lui servaient à boire et

à manger, etc., etc.

Ils devaient jouer le rôle qu'ils remplissent encore. Aussi les eunuques sont-ils constamment représentés sur les bas-reliefs

assyriens.

On les voit suivant le roi dans ses promenades, ses chasses, ses expéd

itions,

dépenses, font les calculs, etc. Et leur aspect particulier est fort bien

rendu

joues bouffies, ce double menton, ce corps gras sans relief musculaire, cette figure molle, qui contraste avec l'air cruel des guerriers. Ce rôle prépondérant des eunuques k la Cour persista après l'empire assyrien. On les retrouve en Perse où, dans les derniers temps de l'empire, ils acquirent une grande autorité et remplirent les principaux emplois de l'Etat, à la fois généraux et conseillers du roi. On les retrouve à la cour de Byzance et, plus tard, à la cour du Sultan ; et, aujourd'hui, ils jouent encore leur rôle dans les tragédies d'Orient.

ils portent l'éventail et les insignes royaux, tiennent les livres de

par les artistes de l'époque ; ils ont bien vu ce faciès glabre, ces

Discussion

M. Bloch. — La communication que nous venons d'entendre est aussi

intéressante au point de vue médical, car elle nous apprend que la cas tration, chez les jeunes sujets, exerce une influence manifeste sur le volume

de la prostate.

;

II existe donc, entre les testicules et la prostate une véritable corrélation

de croissance, que la tératologie (Godard, 1860) et l'expérimentation sur les animaux avaient d'ailleurs déjà démontrée. On sait que chez les vieillards la prostate est souvent hypertrophiée ; or, malgré l'âge et malgré l'état pathologique de cet organe l'ablation

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des testicules amène, d'après certains chirurgiens, une diminution notable de la prostate.

U mars 1901

M. Duhousset. — II a été question plusieurs fois, à la Société d'Anthro

pologie, depuis quelque temps, de la circoncision.

M. le Dr Regnault en en parlant, ainsi que des Eunuques, et comme

ressource documentaire de récits orientaux, a bien voulu citer mon récit. D'autre part, ayant été de nouveau consulté sur ces mutilations visant surtout le sexe féminin, je crois devoir rappeler aux membres de la Société d'Anthropologie que j'ai fait ici, il y a 23 ans, une communication au sujet de la circoncision des filles en Egypte et des Eunuques, le récit de cette séance contient une douzaine de pages, dans le bulletin qui en fait ment ion, à la date du 15 février 1877.

MM. d'ANDMAN, GàRNAULT.

M. Regnault. — En 1873, il y avait en grand nombre d'eunuques de race blanche ;. il est intéressant de savoir que des sujets pouvaient rolon- tairement devenir eunuques. Le même fait a été observé à Pékin. Aujourd'hui il n'y a plus guère que des eunuques nègres. Il n'y a à Constantinople que des eunuques complets, c'est-à-dire pri vés de leurs testicules et dé leur verge. Existait-il en Perse et en Egypte des eunuques incomplets, c'est-à-dïre avec verge, mais sans testicules, le fait serait intéressant à savoir.

1 J.-J. Matignon, Bulletins de la Société Anthropologique, 1896, p. 325.

DE LA TRANSFORMATION D'UNE RACE DE COULEUR EN UNE RACE BLANCHE.

Par M. le Dr Adolphe Bloch.

Comme suite à ma dernière communication sur la transformation d'une race dolichocéphale en une race braçhycéphale, je me propose d'étudier aujour d'huila transformation d'une race de couleur en une race blanche. Mais je dois rappeler que la modification n'est presque jamais limitée à un seul caractère, car le plus souvent la variation est corrélative, c'est-à- dire que le changement s'opère sur un certain nombre d'organes à la fois, et si je prends comme titre de ce travail : la transformation d'une race de couleur, c'est que la coloration delà peau est un caractère anthropologique manifestement visible pour tout le monde, et sur lequel les historiens insistent particulièrement lorsqu'ils décrivent certaines populations. Les explorateurs signalent fréquemment, dans une môme race, deux types qui diffèrent par la coloration de la peau, et que l'on attribue gêné-