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Des contrôles judiciaires levés et un mandat de dépôt annulé

DU NOUVEAU DANS L'AFFAIRE DES FAUX BACS P. 2

annulé DU NOUVEAU DANS L'AFFAIRE DES FAUX BACS P. 2 P. 6 à 16 LaLaLaLaLa

P. 6 à 16

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Le Quotidien D'ORAN Edition Nationale d'Information En échange d'informations PROPOSITION DE SURVOL DU
Le Quotidien
D'ORAN
Edition Nationale d'Information
En échange
d'informations
PROPOSITION
DE SURVOL
DU TERRITOIRE
ALGÉRIEN PAR
DES DRONES
AMÉRICAINS
P. 2
Ph.: B. H. Karim

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DES DRONES AMÉRICAINS P. 2 Ph.: B. H. Karim Publicité JEUDI 28 FÉVRIER 2013 - 18

JEUDI 28 FÉVRIER 2013 - 18 RABIE ETHANI 1434 - N° 5551 - PRIX: ALGÉRIE : 15 DA - FRANCE : 1 EURO - ISSN 1111-2166

02

Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

E VENEMENT

En échange d'informations

Proposition de survol du territoire algérien par des drones américains

M. Mehdi

L ’ambassadeur américain, à Al-

ger, ainsi que de hauts respon-

sables du contre-terrorisme,

suggèrent de proposer à l’Algérie de partager davantage d’informations pour aider les forces de sécurité al- gériennes à éliminer ou capturer des terroristes, aussi bien à l’intérieur qu’aux frontières du pays. C’est ce que révèle un récent article du «New York Times». Cette approche, ajou- te le quotidien dans son édition du

26 février 2013, «témoigne de l’ap-

pui croissant au sein de l’adminis- tration» américaine à prendre des mesures «plus énergiques contre les ex- trémistes, dans la région» depuis l’atta- que du site gazier de Tiguentourine (In

Amenas), le mois dernier, qui a fait

37 morts dont 3 Américains.

Les Etats-Unis proposent donc de partager des informations recueillies par leurs drones de surveillance pour permettre aux forces de sécu-

rité en Algérie de «s’engager dans des opérations, tant à l’intérieur, et peut-être, d’une manière limitée, à l’extérieur des frontières», ajoute le

« NYT ». Le journal cite un «câble

adressé», la semaine dernière, au Département d’Etat, par Henry S. Ensher, dans lequel l’ambassadeur américain, à Alger, «a insisté pour que la poursuite du terroriste, Mo- khtar Belmokhtar, le cerveau de l’at- taque du champ gazier, soit une

priorité». Et pour ce faire, M. Ensher recommande à l’Administration Obama de dire aux autorités algé- riennes que «si elles permettent aux Etats-Unis de laisser survoler des drones, non armés, la zone fronta- lière de l’Algérie, notamment avec

le Mali, les Américains partageraient

l’information avec le gouvernement algérien», ajoute encore le « NYT ». Selon le quotidien newyorkais, ci- tant un responsable américain qui

a requis l’anonymat, il y a un con-

Ph.: B. H. Karim
Ph.: B. H. Karim

sensus au sein des décideurs politi- ques et sécuritaires, aux Etats-Unis que Belmokhtar et les membres d’Aqmi «devraient être agressive- ment poursuivis». La même source

a indiqué qu’aucune décision ne

semble avoir été prise, pour l’ins-

tant, pour «présenter une proposi-

tion formelle à l’Algérie». L’article révèle aussi que pendant

la prise d’otages de l’usine de gaz

d’In Amenas, l’Algérie a permis à un drone de surveillance américain

« Predator » de survoler le comple-

xe, mais a insisté pour que cette opé- ration cesse une fois l’assaut termi-

né. Enfin, le journal affirme que les responsables américains ont «déce-

lé un éventuel changement de posi-

tion des responsables algériens», pour s’éloigner de «leur vieille poli- tique» de «ne pas effectuer d’opéra- tions militaires à l’extérieur des fron-

tières du pays». «Des officiels algé- riens ont récemment déclaré aux États-Unis qu’ils étaient prêts à me- ner des opérations dans les zones frontalières», affirme la source ano-

nyme au « New York Times ».

Echec scolaire Le manque de formation des enseignants pointé du doigt

L e manque de formation chez les enseignants et instituteurs est

à l’origine de 50% de l’échec sco-

laire en Algérie, a indiqué, mercre-

di, le coordinateur du Syndicat na- tional autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et tech-

nique (SNAPEST), Meziane Meria- ne. M. Meriane qui était «l’invité de Rédaction» de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, a expliqué que

le manque de formation des ensei-

gnants et instituteurs est à l’origine de pas moins de 50% de l’échec scolaire, d’où la nécessité, selon lui, de revoir les méthodes de forma- tion appliquées au niveau des éco- les normales. Il a estimé que les di- plômes délivrés par ces écoles sont

«insuffisants», le coordinateur du SNAPEST a proposé d’inclure des cycles de formation au profit des enseignants, «notamment en matiè-

re de connaissance psychopédago-

gique avant tout recrutement». Cet-

te proposition figure parmi les sug-

gestions formulées par le SNAPEST dans le cadre des concertations ini-

tiées par le ministère de l’Educa- tion pour l’évaluation de la réfor-

me du système éducatif après dix années de sa mise en œuvre, a noté

M. Meriane. Sur ce point, il a expli- qué qu’il ne s’agit pas de «réformer

la réforme», mais plutôt de «sup-

primer ou corriger les incohéren- ces», une mission, a-t-il dit, «qui est du ressort exclusif des spécialis- tes de l’éducation et de la pédago-

gie». Regrettant la suppression des conseils pédagogiques qui étaient chargés d’évaluer les capacités des élèves, M. Meriane a relevé la né- cessité de «recréer les tests d’éva- luation pour éviter aux élèves mal orientés un autre échec à l’université». A propos de la vio- lence en milieu scolaire, le coor- dinateur de SNAPEST a fait état d’une campagne de sensibilisation, menée actuellement dans tous les

établissements scolaires, pour lut- ter contre ce phénomène qui, a-

t-il relevé, «prend de l’ampleur, notamment de la part de l’élè- ve envers l’enseignant».

Des contrôles judiciaires levés et un mandat de dépôt annulé

Du nouveau dans l'affaire des faux bacs

Houari Saaïdia

L ’affaire des faux bacs qui a éclaboussé l’Université

d’Oran est passée, avant-hier mardi, devant la Chambre d’ac- cusation. Ordre du jour de l’audience : l’examen des appels interjetés contre les ordonnances du juge d’instruction, en charge du dossier. En effet, cette juridic- tion d’instruction de 2 e degré a eu à statuer sur un nombre d’ap- pels formulés, d’une part, par certains mis en cause, et de l’autre, par le parquet concernant les décisions prises par le magis- trat instructeur près la 5 e Cham- bre du tribunal d’Oran, sise Cité Djamel. Le « verdict » est tom- bé à une heure tardive de la jour- née d’avant-hier. A l’exception de quatre cas, les décisions du juge d’instruction ont été confir- mées par la Chambre d’instruc- tion. Celle-ci a, dans son arrêt rendu à l’issue du délibéré, pro- noncé la levée du contrôle judi- ciaire auquel étaient assignés les doyens des facultés de Droit et des Sciences économiques ainsi que le vice-recteur de l’Universi- té d’Oran, chargé de la pédago- gie et chapeautant le centre uni- que des inscriptions. Il a été pro-

noncé également l’annulation du mandat de dépôt sous lequel était placée une étudiante qui, au moyen d’un faux bac, avait pu s’inscrire, il y a deux ans, au dé- partement de Droit. En vertu de cet arrêt donc, la mise en cause, incarcérée il y a une dizaine de jours pour faux et usage de faux, devait être remise en liberté sous contrôle judiciaire, dès mardi. Selon des sources proches du dossier, les avocats de cette jeu- ne femme ont dénoncé dans leurs plaidoiries une décision de « deux poids, deux mesures », en ce sens, ont-ils argumenté en substance, que tous les indus bacheliers qui avaient comparu devant le juge d’instruction avaient fait l’objet d’une « me- sure restrictive de liberté », en l’occurrence le placement sous le régime du contrôle judiciaire, à l’exception de leur cliente qui avait fait, quant à elle, l’objet de la mesure exceptionnelle de « privation de liberté, à titre pro- visoire ». Selon les mêmes avo- cats, la décision du juge d’ins- truction « était entachée, dans le cas d’espèce, d’une forte conno- tation subjective et d’un préjugé évident, dont l’origine est à cher- cher dans la notoriété du père de

cette fille». S’agissant des autres cas, une quarantaine, la Cham- bre d’accusation a maintenu le contrôle judiciaire auquel étaient assignés les mis en cause, entre étudiants, fonctionnaires de l’ad- ministration universitaire et autres intermédiaires. C’est le cas, notamment, d’un inspecteur de l’Académie universitaire, écroué sur ordre du juge d’ins- truction, qui a vu sa demande de remise en liberté rejetée par la justice. De graves accusations pèsent, selon nos sources, sur ce responsable, présenté par l’accu- sation comme l’un des maillons du trafic des faux diplômes de baccalauréat. En clair, il est accusé d’être ce- lui qui proposait aux parents des bacheliers mis en cause de faire recours pour changer la filière d’inscription, en se chargeant lui- même de leur produire le faux bac sur mesure pour appuyer le dossier du recours. Le passage du dossier devant la Chambre d’ac- cusation intervient, alors que l’in- formation judiciaire suit toujours son cours avec l’audition du res- te des mis en cause parmi un contingent de 107 accusés, aux- quels il faut ajouter pas moins de 100 témoins.

aux- quels il faut ajouter pas moins de 100 témoins. A ccusé de faire preuve d’intransigeance

A ccusé de faire preuve

d’intransigeance dans

les négociations qui se

mènent en Tunisie en

vue de la formation du cabinet que doit conduire le chef du gou- vernement désigné Ali Larayedh,

Kharroubi Habib

Ghannouchi «l’intransigeant» surprend ses détracteurs

renforcé le soupçon qu’Ennahda est plus intéressé à garder le pou- voir qu’à accepter une solution politique à même de mettre fin à la crise politique qui empê- che l’Etat tunisien de s’atta- quer à la résolution des gra-

Rached Ghannouchi, le patron du parti islamiste Ennahda, a incontestablement surpris ses détracteurs en annonçant que sa formation renonce à vouloir pour elle les minis- tères régaliens notamment l’Intérieur et les Af- faires étrangères. C’était en partie sur l’attribution de ces mi- nistères que butaient les négociations. Les in- terlocuteurs avec qui Larayedh a tenté de s’en- tendre pour former avec Ennahda une large coa- lition de gouvernement exigeaient en effet la « neutralité » des ministères de souveraineté faute de quoi ils ne participeraient pas au gou- vernement qu’il veut constituer en cette forme. En acceptant cette condition, Rached Ghannou- chi et Ennahda ont déblayé le plus dur devant Ali Larayedh qui va très certainement pouvoir

rapidement constituer son équipe gouvernemen- tale. Ils ont du même coup désarmé ceux qui les accusent de vouloir continuer à monopoli- ser le pouvoir et à cantonner les partis suscep- tibles de contracter alliance avec eux au simple rôle de faire-valoir. Ce n’est certes pas par conviction démocrati- que que le parti islamique et son chef ont lâché du lest en l’occurrence. Mais au constat qu’il leur est impossible de former un cabinet sans l’appoint au moins du CPR du président de la République Moncef Marzouki et de celui du Et- takatol dirigé par le président de l’Assemblée nationale constituante qui eux aussi ont fait de l’exigence de la neutralité des ministères de sou- veraineté un préalable irrévocable au renouvel- lement de leur alliance avec Ennahda. Ils ont aussi été obligés de le faire au vu que la persis- tance de la paralysie dans laquelle est la Tuni- sie a pour conséquence d’avoir sérieusement en- tamé leur crédit au sein de la population où s’est

ves problèmes économiques et sociaux auxquels le pays est confronté et vont en s’amplifiant. Avec son consentement au renoncement par Ennahda aux ministères régaliens, Ghannouchi a fait preuve du pragmatisme que lui déniaient ses détracteurs. Mais a fait aussi la démonstra- tion qu’il tient bien en main son parti dans le- quel on le disait en difficulté et en perte d’auto- rité face à des compétiteurs qui l’auraient con- testé, les uns en reprenant contre lui le grief de l’intransigeance, les autres celui au con- traire de vouloir brader le fonds doctrinal d’Ennahda et la « légitimité » des urnes qu’il a obtenue. Les périphéries de la crise politique tunisienne ont en tout cas démontré que Rached Ghannouchi est l’homme clef de la scène politique nationale. Rien ne peut aboutir dans le pays qui n’ait reçu son aval ainsi que l’a démontré l’échec de l’initiative de l’ex-chef du gouvernement Hamadi Jebali. D’autres acteurs politiques sont parvenus à le contraindre à céder sur la question des minis- tères régaliens, mais ils ne peuvent prétendre gouverner s’il s’y oppose. Espérons que le prag- matisme de Ghannouchi constitue un pas posi- tif vers l’instauration en Tunisie d’une démo- cratie apaisée. Doit également y contribuer maintenant une attitude à l’égard d’Ennahda et de son chef plus réaliste des partis laïcs et libé- raux qui ne peuvent persister à lui dénier le droit acquis avec sa victoire électorale d’être la com- posante principale du pouvoir tunisien. La dé- mocratie réserve parfois des surprises et des désillusions dont il faut faire avec. C’est en se conformant à cette vérité que les Tunisiens of- friront au reste du Maghreb et aux pays arabes l’exemple d’une révolution réussie.

Tirage du N°5550

118.438 exemp.

 

Le Quotidien

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E VENEMENT

Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

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Selon le DG de la CNED

Aucune réévaluation de l’autoroute Est-Ouest

Le directeur général de la Caisse nationale d’équipement pour le développement (CNED), M. Chiali Farouk, a affirmé, hier, lors de la présentation des activités et le bilan de son organisme, que le projet de l’autoroute Est-Ouest n’a subi aucune réévaluation de son montant initial, ou plutôt sur le montant plafonné.

son montant initial, ou plutôt sur le montant plafonné. M. Aziza P our lever toute sorte

M. Aziza

P our lever toute sorte d’am biguïté, le DG de la CNED a précisé, du siège du minis-

tère des Finances, qu’une envelop- pe supplémentaire d’un (1) mil- liard d’euros a été accordée au projet, un montant qui n’a rien à voir avec le montant plafonné. «Cette somme a été consacrée à des travaux complémentaires et à des travaux supplémentaires, tels que des petits tronçons à part», dira-t-il. Le conférencier a beau- coup insisté sur la nécessité de la maturation des études des grands projets pour éviter toute réévalua- tion importante. Il a indiqué, dans ce sens, que sur 44 projets du pre- mier plan quinquennal (2005- 2009) 36 ont été réévalués, d’où un accroissement relatif de 39%, passant ainsi de 2.625 à 3.655 milliards de dinars. Il relativise en affirmant que les maîtres d’ouvra- ge (nationaux et étrangers) sont, aujourd’hui, de plus en plus cons- cients, ils réclament de plus en plus le guide de management des grands projets d’infrastructures économiques et sociales élaboré par la Caisse nationale d’équi- pement pour le développement (CNED). Un guide qui les aide- ra à atténuer considérablement les contraintes qui entraîneront soit des retards dans les délais de réalisation ou bien des demandes de réévaluation. Le DG de la CNED a indiqué que sur 26 projets en phase de tra- vaux, 23 ont été inscrits au titre du plan quinquennal 2005-2009. Des projets qui n’ont pas respecté les délais impartis et ayant connu des allongements de délais d’exé- cution. M. Chiali Farouk a expli- qué ces retards par l’épineux pro- blème de la libération des assiet- tes foncières et des emprises et ainsi que dans les déplacements des réseaux divers (gaz, poteaux

électriques et autres). Ainsi que les retards dans les choix et l’installa- tion des bureaux de suivi et de contrôle des travaux. Il a cité aussi la faiblesse des capacités na- tionales de gestion et de suivi des grands projets. Le conférencier a annoncé, par ailleurs, que l’Etat est favorable aujourd’hui pour un financement alternatif à son budget dans la réa- lisation des grands projets. Autre- ment dit, il y a possibilité de faire appel à un partenariat public-pri- vé (PPP) pour le financement des grands projets. Le DG de la CNED a précisé que le privé pourra con- tribuer avec 10 à 20%, voire plus, sur le montant global du projet. Il précise qu’il y a eu un mé- morandum d’entente entre la cais- se et des experts coréens pour mettre en place un service qui orientera le (PPP) sur les modali- tés des emprunts obligataires. Ce pôle sera constitué d’une équipe pluridisciplinaire qui va étudier ce genre de partenariat sur le plan lé- gislatif, réglementaire et les risques sur comment financer et récupé- rer son argent. Le 1 er responsable de la caisse dira ensuite que la CNED a éva- lué et suivi 69% du programme national des projets d’investisse- ments. En chiffre, il précise que sur un programme national des grands projets d’un montant de 81 milliards de dollars, 59 grands projets ont été suivis par la CNED, des projets d’un montant de 56 milliards de dollars. Pourquoi ce n’est pas tous les projets ? Le con- férencier précise que la caisse éva- lue et suit les projets dont le mon- tant est supérieur à 20 milliards de DA. Parmi les projets phares évalués par la caisse, on cite la nouvelle ville de Hassi Messaoud, Djamaa El Djazaïr, stade OMS de Tizi Ouzou et le Centre interna- tional des conférences de la pré- sidence de la République.

MSP

Soltani plaide pour la limitation des mandats présidentiels

Salah-Eddine K.

L e président du MSP, Aboudjerra Soltani, a annoncé, hier, lors

d’une conférence de presse tenue au siège de ce parti à Alger que le con- grès de sa formation se tiendra du 1 er au 3 mai 2013. Le MSP a déjà en- tamé et terminé les débats et des pro- positions à propos du statut intérieur du parti et de sa politique générale, sur le thème de la corruption, sur la désaffection du citoyen pour les élec- tions, des thèmes qui touchent à la jeunesse, la femme… ont été déjà fai- tes. Et dès le 1 er mars et jusqu’au 16 du même mois, ces thèmes seront si- multanément discutés par les mili- tants au niveau des wilayas et par les groupes spécialisés, des discussions qui seront soumises par la commis- sion de préparation à Madjlisss Echoura pour exploitation au con- grès. Le mot d’ordre du parti pour ce congrès sera, selon le conférencier, «un mouvement qui se renouvelle, un pays qui se réveille» (haraka toudje- dad, watan yenhadh). Un mot d’or- dre qui résume toutes les préoccupa- tions actuelles du parti, selon Solta- ni, qui pense que le prochain congrès donnera au parti une nouvelle «vi- sion politique». Sur ce plan, le MSP semble avoir opté définitivement pour être dans le camp de l’opposition. Son président affirme que «le double jeu» auquel s’est livré le MSP par le passé en étant dans l’opposition et en même dans le pouvoir n’a pas conduit à «faire de nous (MSP) des partenaires du pou- voir comme nous l’avions souhaité». Le MSP, justifie son président, «a d’abord soutenu la concorde civile initiée par le président Abdelaziz Bouteflika et ensuite a fait partie de «l’Alliance présidentielle», en raison du danger de mort qui menaçait le pays». Mais si ce danger s’est dissipé, le président du MSP avertit toujours sur les dangers d’une monopolisation du pouvoir qui risque d’engendrer une explosion sociale comme ce fut le cas dans d’autres pays arabes. Aboudjerra Soltani semble, cette fois- ci, définitivement résolu et plaide pour la limitation des mandats prési-

Phs.: Rachid K.
Phs.: Rachid K.

dentiels, pour une séparation des pouvoirs dans un régime parlemen- taire et pour que l’exercice de toutes responsabilités soit, en fin de man- dat, évalué. C’est du moins ce qui est urgent à instaurer. Revenant sur les affaires de corruption qui ont se- coué récemment le pays, Soltani commentera largement le dossier dit «Sonatrach 2». Pour lui, «la corrup- tion a dépassé les bornes et faisant dans la métaphore, il déclare qu’elle circule librement à travers les conti- nents». Et d’ajouter : «Maintenant, il s’agit de corruption en milliards et en devises fortes». «Ce qui importe

maintenant pour l’Etat est de désigner ceux qui auront la charge du suivi du dossier, de ceux qui auront la charge de protéger les témoins, les juges et

bien sûr les prévenus

ni, qui ajoute que «l’argent volé doit être restitué et investi ici». Quant à une présentation de sa can- didature aux prochaines présidentiel- les, Soltani n’écartera pas cette éven- tualité conditionnée par sa reconduc- tion à la tête du parti lors du prochain congrès et aussi à condition que la Constitution actuelle soit amendée dans son chapitre relatif à la durée du mandat présidentiel.

», dira Solta-

à la durée du mandat présidentiel. », dira Solta- Kamel Daoud C ’est l’histoire d’une poste

Kamel Daoud

C ’est l’histoire

d’une poste à

Akid Lotfi racon

Oran et 2014 :

Postes et Potemkine

La vérité est qu’elle possé- dait 05 poules exactement. Il y a un effet dominos-men- teurs ascendant dans les ré-

gimes autoritaires. C’est le cas ici avec cette poste. Le but est d’inaugurer, pas de servir. C’est de déclarer pas de vérifier. Cette logique du bilan fausse, bien sûr, tout. En matière de logements, un grand promoteur algérien racontera au chroniqueur cette obsession du bilan à présenter avant 2014 qui fait que l’on construit mal, en vrac, en masse, n’importe comment, rien que pour atteindre un chiffre final à présenter. Pas de politique de villes nouvelles, d’espaces aména- gés, d’habitabilité et d’architecture. C’est une logi- que à l’unité, pas à la qualité. L’année 2014 pèse lourdement sur la manière de dépenser et de mentir et de dilapider depuis dans beaucoup de secteurs. Bouteflika ne viendra jamais retirer son salaire de cette poste et donc on peut tricher et faire des ef- fets d’annonce et lancer des méga-projets imaginai- res. D’ailleurs, même si Bouteflika y vient, que pour- ra faire de plus que bouder et faire grève comme les millions d’autres Algériens ? A la fin ? Une définition sur Wikipédia pour ceux qui s’intéressent : «L’expression «villages Potemki- ne» désigne un trompe-l’œil à des fins de propagan- de. Selon une légende historique, de luxueuses fa- çades avaient été érigées à base de carton-pâte, à la demande du ministre russe Potemkine, afin de masquer la pauvreté des villages, lors de la visite de l’impératrice Catherine II, en Crimée, en 1787». Le lendemain, la fameuse poste a eu de l’électricité (mais pas encore d’égout). Cela n’empêche pas qu’el- le a été inaugurée avant et fermée ensuite. L’effet Potemkine a été assuré.

tée par le collè-

gue, dans ce journal, hier :

inaugurée par le ministre à Oran-est, elle sera fer- mée le lendemain. La raison ? Elle n’est raccordée à aucun réseau. Cela a été fait dans le cadre de la fiction nationale : il fallait que le ministre inaugure. Le savait-il ? Probablement : il est Algérien de sou- che. Cela se fait depuis l’époque Chadli : inaugurer des puits d’eau, remplis avec une citerne, le matin, le temps que l’Autorité y jette un coup d’œil et s’en va. Le but n’étant pas de servir un citoyen qui n’existe pas, mais un Pouvoir qui inspecte. Il n’y a pas d’opi- nion publique agréée et forte en Algérie. Sauf des révoltes ou des vassalités. Il n’y a pas de société civile libre. Pas de contre-pouvoir. L’Etat est une chaîne alimentaire, dans une alimentation généra- le. Ce n’est pas une démocratie mais un Deylicat. La conclusion est qu’à Oran-est il y a une nouvel- le poste. Cela sera inscrit dans le bilan, puis dans le bilan du bilan et dans le bilan de tous les bilans, à la fin du mandat. Un jour, Bouteflika annoncera qu’à Oran-est l’Etat a construit trente-trois postes. Car il y a dans la culture du régime une obsession post-stalinienne du bilan et de la statistique. On con- çoit l’exercice de l’Etat dans le cadre du triptyque socialiste : lancement/inauguration/bilan. Un cercle fermé qui a tendance à fonctionner dans la fiction, car sans référent externe, ni surveillance publique. L’une des proches de Bouaziz le Tunisien, a ra- conté comment Benali qui l’avait reçu en audience, l’a interrogée sur son état et pourquoi elle se plai- gnait de pauvreté alors qu’elle possédait 15 vaches. C’était écrit dans les rapports que Benali recevait.

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

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«L’ami nécessaire» sent le soufre

Le canadien Bombardier nie tout lien avec Farid Bedjaoui

L’avionneur Bombardier ne veut pas que son nom soit associé au « neveu » Farid Bedjaoui et jure que la transaction pour la vente de ses avions à Tassili Airlines en 2006 et 2007 s’est faite directement, sans intermédiaires. Farid Bedjaoui, « l’ami nécessaire », sent le soufre, il est devenu celui qu’il ne faut pas avoir fréquenté si on a traité avec l’Algérie.

Salem Ferdi

L es contrats de vente de

huit avions (Q400 puis de

quatre Dash-Q200) con-

clus en 2006 et 2007 entre Tas- sili Airlines, filiale de Sonatrach, et l’avionneur canadien Bom- bardier pour un montant de plus de 100 millions de dollars ont-ils donné lieu à des com- missions ? Des informations ont été publiées dans ce sens en Algérie. Elles impliqueraient, une fois de plus, Farid Bed- jaoui, neveu de l’ancien minis- tre Mohamed Bedjaoui et un «proche» de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil. Farid Bedjaoui est déjà cité dans les affaires ENI-Saipem et SNC Lavalin qui défraient la chroni- que en Algérie, en Italie et… au Canada. Farid Bedjaoui, «l’ami nécessaire», selon la formule qui est en passe de devenir un «concept» en bonne et due for- me, aurait-il servi «d’intermé- diaire» obligé pour la vente

des huit avions ? Ou alors s’agit-il d’une conclusion « hâtive» par le fait que tous les contrats conclus par Sona- trach et ses filiales soient mis en doute en raison des scandales italo-canadiens ? Marc Duchesne, porte-paro- le de l’avionneur Bombardier, est catégorique : la société ne connaît pas Farid Bedjaoui et n’a eu, à aucun moment, re- cours à ses services. «Nous avons vendu nos huit avions à Tassili directement», a-t-il assu- ré. Selon lui, les médias algé- riens qui ont fait état de liens entre Bombardier et Farid Be- djaoui sont allés vers des con- clusions injustifiées en liant le «neveu» à l’affaire des ventes d’avions à Tassili Airlines. «Ce monsieur n’est absolument pas impliqué dans la vente des huit avions, c’est de la pure spécu- lation», a jouté le porte-parole de Bombardier. «Il n’y aucun fondement à cela, aucune rai- son qui puisse conduire à une connexion entre nous et ce monsieur en rapport avec cet- te vente à Tassili». Il a ajouté que contrairement à ce qui a été rapporté par les médias, aucune autorité gou- vernementale algérienne n’a contacté Bombardier au sujet d’une enquête. «Les médias de- vraient faire attention, nous ne savons pas d’où cela vient. Il n’y a aucune raison de nous im- pliquer avec cette personne», a déclaré Marc Duchesne. Il a indiqué que Bombardier utilise effectivement les services d’intermédiaires dans les mar- chés qu’il ne connaît pas, lais- sant entendre que ce n’est pas

le cas de l’Algérie. Il est établi que Bombardier a utilisé les services d’un intermédiaire tu- nisien pour emporter un con- trat en Afrique du Sud en 2005. Cet intermédiaire, du nom de Youssef Zarrouk, était un pro- che de Ben Ali et avait des con- nexions à Montréal. Mais, in- siste Marc Duchesne, dans le cas de l’Algérie «nous n’avons pas utilisé de go-between (in- termédiaire), nous avons ven- du directement à Tassili». Est- ce le fait que Farid Bedjaoui et sa famille soient établis à Mon- tréal qui rend les contrats ca- nadiens «suspects» ?

UNE VIE DORÉE Il est clair cependant que Farid Bedjaoui est passé avec la cascade de révéla-

tions de «l’ami nécessaire» à un personnage qui sent le soufre et qu’il convient de ne pas fré- quenter. L’insistance de Bom- bardier à ne pas voir son nom associé au «neveu» comme l’est l’autre grande entreprise canadienne SNC Lavalin est compréhensible. Elle l’est d’autant plus que le désormais célèbre Farid Bedjaoui a une «grande vie» montréalaise. Une grande partie de sa «fortune» est investie à Montréal, rappor- te le site Presse. CA, où il est établi avec ses parents depuis une vingtaine d’année. Dans un article intitulé la «vie dorée de Farid Bedjaoui», Presse.CA dresse le profil d’un jeune qui a baigné dans l’aisance entre quartier huppé à Paris, immen- se villa à Palma de Major- que… «Au début des années 2000, Farid Bedjaoui s’est ins- tallé à Dubaï où il a créé Ryan Asset Management FZ, société d’investissement à laquelle dès 2003 la firme algérienne Sona- trach a confié la somme de 2 milliards de dollars. C’est aussi à Dubaï qu’est situé le siège d’OGEC, firme spécialisée dans les projets pétroliers et gaziers. Farid Bedjaoui est alors de- venu l’interlocuteur incontour- nable entre Sonatrach et les en- treprises multinationales qui veulent décrocher de juteux contrats en Algérie.». Le neveu est devenu en 2000 - avec l’avènement de Chakib Khelil ? - l’ami «nécessaire» des entreprises étrangères. Avec les actions judiciaires en- gagées en Italie et au Canada et les révélations en Suisse d’un Tunisien qui a longtemps servi en Afrique du Nord pour SNC Lavalin, Farid Bedjaoui est sor- ti de l’ombre pour entrer dans la chronique scandaleuse. La pire des choses qui puisse arri- ver à un «go-between»…

pire des choses qui puisse arri- ver à un «go-between»… Télécommunications Le groupe Qtel devient Ooridoo

Télécommunications

Le groupe Qtel devient Ooridoo

Salah C.

D ésormais, Qtel group (Qatar Télécom Group), dont fait par-

tie Nedjma, l’une des compagnies de télécommunications qui enregis- tre l’une des plus grandes croissan-

ces au monde, s’appelle «Ooridoo», signifiant en arabe : «je veux». L’an- nonce de la nouvelle marque com- merciale a été faite lundi dernier

à partir de Barcelone, en marge

de la tenue du congrès mondial du mobile, par le président du con- seil d’administration, Cheikh Abdel- lah Ben Mohammed Ben Saoud Al Thani. La nouvelle marque attendue

durant cette année ainsi que la pro- chaine concernera l’ensemble des fi- liales où Ooridoo est majoritaire,

à savoir Qtel du Qatar, Indosat

en Indonésie, Watania du Koweït, Nawras du Sultanat d’Oman, Tunisiana de Tunisie et Nedjma d’Algérie. Par ailleurs, le même groupe an- nonce que le quadruple ballon d’or du football, Lionel Messi, a été dé-

signé comme ambassadeur de Oo- ridoo à travers le monde ainsi que

le soutien à la fondation de la star

mondiale pour son engagement pour l’amélioration des conditions de vie des différentes communau- tés à travers le monde. Quant au choix de la nouvelle appellation commerciale, le président du con- seil d’administration a réitéré la vo- lonté des responsables du groupe à

demeurer à l’écoute des aspirations de la clientèle et de participer au dé- veloppement humain. En termes plus clairs, cette nouvelle stratégie tend à permettre à la femme une utilisation équitable de son télépho- ne mobile, aux jeunes de bénéficier de tous les avantages qu’offre la technologie mobile et aux différen-

tes communautés à accéder plus fa-

cilement à l’usage d’internet. Il s’agi-

ra également de faciliter l’accès aux

services adaptés à tous les porteurs

de projets et d’initiatives porteuses.

A cette cérémonie de lancement de

la nouvelle marque commerciale, étaient conviées plusieurs personna-

lités du monde des télécommunica- tions à l’instar d’Anne Bouverot et

Chérie Blair, respectivement DG de GSM Association et présidente de la fondation Chérie Blair, ainsi que Dr Hamadoun Touré, le secrétaire général de l’Union internationale des télécommunisations (UIT) et du médaillé olympique, le Qatari Nas- ser Al Attiyah, comme invité d’hon- neur. Ooridoo, fort de ses 89,2 mil- lions d’abonnés et un chiffre d’af- faires estimé à la fin 2012 à 6,8 mil- liards de dollars, est le spécailiste des services de téléphonie mobile et fixe ainsi que le haut débit Internet et des services adaptés aux besoins des entreprises. Intervenant à la même occasion, le PDG du groupe a mis l’accent sur le fait que le changement d’appellation permettra de poursui- vre cet élan qui fait d’Oordoo, le

groupe qui a enregistré le plus fort taux de croissance. Enfin, Joseph Ged, le DG de Nedjma, a estimé que

cette nouvelle marque maintiendrait le cap atteint auprès de la clientèle en Algérie.

La mouture d’un nouveau code des Douanes finalisée

L a mouture d’un nouveau code des Douanes, destiné notam-

ment à réviser le régime douanier, vient d’être finalisée, a indiqué mer- credi à Alger, un responsable à la di- rection générale des Douanes (DGD). Hakim Berdjoudj, directeur des Etudes à la DGD, a indiqué, lors d’une réunion regroupant les Doua- nes et les représentants du Patronat national, qu’il y a «une nouvelle mouture. C’est un projet de loi por- tant code des Douanes qui est prati- quement finalisé, avec pour objectif de prendre en charge notamment, la convention révisée du régime doua- nier économique et concentrer tou- tes les procédures simplifiées dans la législation», a-t-il précisé. Entré en vigueur en 1979, le code des Doua- nes a subi des modifications, en 1998, puis amendé à travers les dif- férentes lois de finances, a dit M. Berdjoudj qui présentait, devant des représentants d’organisations patronales, un exposé sur les simpli- fications des procédures de dédoua-

nement actuellement en vigueur, en présence du DG des Douanes M. Mohamed Abdou Bouderbala et des cadres de l’institution. La révision de l’actuel code des Douanes s’inscrit dans le cadre d’un programme de modernisation des Douanes, à l’orée de 2014, visant notamment à amé- liorer les services douaniers, à tra- vers des facilitations accordées aux opérateurs économiques, notam- ment les investisseurs, les produc- teurs et exportateurs. M. Bouderba- la a annoncé, dans ce sens, qu’un nouveau cadre réglementaire sera, prochainement, élaboré en vue d’élargir le dispositif de l’opérateur économique agréé (OEA), pour tou- cher les opérateurs activant dans le secteur des services. «Nous conti- nuons à recevoir les demandes de la part des opérateurs économiques pour bénéficier du statut de l’Opéra- teur économique agréé (OEA). Pour le moment, ce dispositif est limité aux producteurs. Pour les services, il y a un texte réglementaire qui sera pré-

paré», a indiqué le DG des Douanes. L’élargissement des avantages dont bénéficie actuellement un premier groupe de 28 opérateurs publics et privés, sera limité à la filière des «grands services», comme la gran- de distribution a, cependant, ajouté M. Bouderbala. Le statut d’OEA per- met à l’entreprise bénéficiaire d’avoir un passage prioritaire de ses mar- chandises importées avec un dé- douanement à posteriori. Les premiers agréments ont été dé- livrés, la semaine dernière, à de gran- des entreprises économiques dont Sonelgaz, les groupes agroalimen- taires Cevital et Amor Benamor, au Laboratoire médical ‘Biopharm’ ain- si que le groupe de construction ETRHB-Haddad. Le DG des Douanes a souligné également que les 327 opérateurs qui bénéficient du dispositif du circuit tra- ditionnel, pourront formuler des de- mandes pour recevoir l’agrément de l’OEA, afin d’accéder à plus de faci- lités et d’avantages.

Oran

De faux dinars et euros saisis, trois arrestations

K. Assia

A gissant sur la base d’informa- tions, les éléments de la briga-

de de recherches et d’investigations

de la sûreté de la wilaya d’Oran ont réussi, dans l’après-midi de mardi,

à démanteler deux réseaux spécia-

lisés dans la fausse monnaie. Trois individus, dont un Camerou- nais, ont été arrêtés pour faux et usage de faux et une somme de 17 millions de centimes (dinars algé- riens) et 153.700 euros en faux billets de banque a été saisie. Le premier réseau composé de deux Algériens a été neutralisé à Bir El-Djir. Les policiers ont découvert, après une perquisition, 59 faux billets en coupures de 2.000 DA, 52 autres en coupures de 1.000 DA, 53 de 200 euros, 137 faux billets de 100 euros et 122 autres de 50 euros. 37 enveloppes contenant une centaine de coupures destinées à être impri- mées ont été aussi saisies au cours de la perquisition. Poursuivant leurs recherches, les

Ph.: B. H. Karim
Ph.: B. H. Karim

enquêteurs sont parvenus à neutra-

liser un Camerounais dans le quar- tier de Sid El-Bachir (ex-Plateau)

à Oran. Lors de la fouille, les

éléments de la BRI ont décou- vert un lot de papier blanc des-

tiné à être imprimé en coupures de 1.000 DA, 2.000 DA, 50 euros et 100 euros. Au total, 1.099 cou-

pures ont été saisies. Les mis en cau- se ont été présentés, hier, au tribu- nal et placés sous mandat de dépôt.

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

06 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 La bataille d’In Amenas, les batailles de l’Algérie
06 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 La bataille d’In Amenas, les batailles de l’Algérie

La bataille d’In Amenas, les batailles de l’Algérie

«Accusé» par certaines parties de mutisme, de ne pas s’être prononcé au moment et après ce qui s’est passé à Tiguentourine, et même au-delà des audiences accordées aux personnalités politiques étrangères qui se sont succédé à Alger juste après le dénouement de la prise d’otages, le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a réagi au moment opportun à l’occasion de la commémoration de la Journée du Chahid, et ce en rendant un hommage appuyé à ceux qui se sont distingués par leur bravoure lors de la dernière bataille d’In Amenas.

pppppararararar BACHIRBACHIRBACHIRBACHIRBACHIR BENBENBENBENBEN NADJINADJINADJINADJINADJI

L e Chef de l’Etat a par lé de la bataille d’In Amenas. Il a rendu un

hommage aux soldats qui ont annihilés et battu à plat de couture les plans machiavéliques ourdis con- tre l’Algérie. En fait, à In Amenas, il n’y a pas eu seulement une

bataille militaire mais plu- sieurs ? et sur plusieurs fronts, et le Président de la République est le pre- mier à ne pas l’ignorer. Une bataille militaire, une bataille économique, une bataille diplomatique, une bataille médiatique et d’autres, c’est ce qui s’est passé en un laps de temps

à In Amenas. La bataille militaire, les terroristes voulaient en dé- coudre avec les hommes de l’Armée Nationale Popu- laire (ANP) et démontrer

au monde sa vulnérabilité, chose qu’ils n’ont pas pu ni prouver ni réaliser, puisque les héritiers de la glorieu- se Armée de Libération Nationale (ALN) ressem- blent à leurs aînés qui ont mis hors des frontières une grande armée française soutenue par les forces de l’OTAN. Et voici qu’en quel- ques heures ils ont réduit

à néant des plans élabo-

rés et concoctés dans des laboratoires que le temps réussira à dévoiler et à

mettre à nu. Ces labora- toires mettront du temps

à relever la tête s’ils ne

s’autodétruiront pas par eux-mêmes. Et là, ils ne se frotteront plus à l’Algérie sinon ils s’y piqueront gra- vement et subiront une lourde défaite, comme cel- le d’In Amenas ou pire ! La bataille économique. Elle est réelle. Les hydro- carbures sont le nerf de la guerre. L’Algérie y puise

une grande partie de ses ressources pour nourrir les algériens, construire, édu- quer, développer, etc.… Ceux qui savent tout cela voudraient bien priver les algériens de ces ressour- ces afin de les réduire à la mendicité, à la dépen- dance totale, mais leurs plans ont été mis à nu et ils n’ont pas réussi à les mettre en application.

L es pays de l’OPEP, les clients de l’Algérie et les

autres savent que notre pays milite pour un aligne- ment du prix du gaz sur celui du pétrole et Tiguen- tourine est une région et un important champ gazier. Sa mise hors d’état de produc- tion réduirait à une certai- ne marge les revendica- tions de l’Algérie et affai- blirait sa bataille pour un

monde plus juste, pour un nouvel ordre économique mondial, laissé aux pans de l’histoire du temps ou les équilibres mondiaux se jouaient entre les deux blocs. La bataille diploma- tique, In Amenas y était en

plein dans le mille et de quelle manière. En l’espa- ce de quelques heures, le monde entier et les capi- tales mondiales ont eu les yeux braqués sur Alger, de- venue en ce mois de Fé- vrier 2013 un centre «ner- veux» ou se sont relayés des Premiers ministres, des ministres des Affaires étrangères et d’autres dé- partements aussi impor- tants les uns que les autres, de plusieurs pays du monde. Pendant la bataille d’In Amenas plusieurs «ar- mes» diplomatiques ont été testées par plusieurs de nos partenaires. Certains ont voulu «la jouer». Ils voulaient dic-

ter leurs politiques en ma- tière de conduite à tenir avec les preneurs d’ota- ges, mettant en cela la vie de quelques individus, soient-ils les meilleurs des mortels, au même ni- veau que la souveraineté nationale et de la dignité de tout un peuple. Certains ont voulu envoyer leurs experts militaires, leurs troupes d’élite, leurs con- seillers et je ne sais quoi encore. D’autres ont vou- lu négocier à la place des algériens et certains ont voulu nous humilier. En-

fin, ils en ont eu pour leur argent, rendu au comp- tant par l’Algérie et ses hommes fiers.

bataille diplomatique

été la plus rude et la

plus âpre à mener, et elle a, en dépit de tout ce qui a été dit ou même pensé, été GAGNEE. Il n’y a qu’à voir les revirements de posi- tions de plusieurs capita- les quant aux résultats de cette bataille. Faisons un petit récapitulatif de tout ce qui a été dit sur la ré- ponse algérienne aux ter- roristes et aussi sur le nombre limité de victimes par rapport au nombre de personnes sauvées. La bataille médiatique, même si elle n’a pas eu le même poids que celles que l’on vient d’énumérer, l’on pourrait affirmer qu’elle a bien eu lieu et mérite de figurer dans le palmarès des algériens. Des agences de presse, des télévisions du monde et des titres de la presse mondiale voulaient bien être au cœur de cette ba- taille, mais ils ont été dé- passés par le temps et la rapidité d’exécution et de réaction de ceux qui ont mené la bataille militaire contre l’internationale terroriste. N’étant pas au centre des intérêts de la presse, même nationale, In Amenas, daira (sous préfecture) de la wilaya d’Illizi, éloignée d’Alger de 1300 kilomètres, de 800 kilomètres de Ouargla, d’environ 200 kilomètres d’Illizi, ne compte peut être même pas un corres- pondant de presse.

L a

a

A Illizi, il y a des jour- nalistes correspondants de la presse nationale, à Ouargla également, mais l’information sécuritaire dans son essence, n’est pas gérée sur le plan mé- diatique comme n’importe quel fait, et pour y accé- der il en faut…

L a gravité de l’évène ment a fait que se qui

se passait ce jour-là à In Amenas le soit par commu- niqué à diffuser par l’agen- ce de presse algérienne, Algérie Presse Service (APS). Les heures qui ont suivi l’attaque terroriste l’ont été à coups de com- muniqués et d’informations officielles transmis par le canal de l’APS. Sur les écrans des télévisions du monde entier, il n’y avait que la carte de l’Algérie avec la localisation des lieux de l’évènement en lui-même, et la plaque d’entrée de la ville d’In Amenas. Des images ou des pho- tos n’ont pu être diffusées qu’après coup, après le premier assaut, mais pas de photos ou d’images du site ou se déroulait la pri- se d’otages. Seules quel- ques photos du dispositif militaire sécurisant la ré- gion ont été diffusées. Ce n’est qu’après que tout soit terminé et le bon travail des soldats de l’ANP soit achevé que les téléspecta- teurs et lecteurs eurent

droit à certaines images et photos. La presse algérien- ne a été celle qui a le plus écrit sur cet évènement et relaté la réalité de la cho- se, mettant dans leur ca- dre les faits, une attaque de l’internationale terroris- te contre l’Algérie. Mes autres n’ont fait que spéculer ou nous insulter via des pseudo-experts spécialistes en relations internationales et des questions militaires et stratégiques. Ce n’était que du vent et l’Algérie n’avait point le temps de sentir le vent et de l’entendre. C’était ça la bataille d’In Amenas, et le Président Bouteflika a tenu à ren- dre hommage à ceux qui l’ont menée. Dans sa position de Pre- mier Magistrat, de Chef d’Etat, il a su choisir le moment pour se pronon- cer, et ce 18 Février l’était pour toutes les raisons du monde. C’est l’hommage des algériens à ceux qui ont donné et offert leurs vies pour l’Indépendance de l’Algérie, pour la Liber- té, pour l’Honneur d’un peuple qui n’a vécu pen- dant toute son histoire que des conquêtes étrangères que des batailles imposées par autrui. Il a quand même toujours su leur ren- dre la balle et la pareille et se libérer. Il l’est mainte- nant et définitivement, le monde a changé.

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Du Djebel aux rizières. A propos des résistances . Un essai et des mémoires de Abderrezak Bouhara. Editions ANEP, Alger 2004. 300 pages, 660 dinars.

D ans son premier ouvrage, Les vi viers de la Révolution (Casbah Editions, 2001, 336 pages,350 dinars), l’auteur - récemment

décédé - avait en quelque sorte écrit ses mémoires en se limitant à sa jeunesse et à son engagement dans la lutte de libéra- tion nationale. Un livre qui a connu un cer- tain succès, car tombé au bon moment, moment durant lequel les citoyens com- mencaient à “aimer” les livres d’”histoire”. Son second livre relève d’un autre regis- tre, mi-mémoriel, mi-essai et très réflexif…à la Bouhara, avec ce mélange et ce style un peu vieillot qui rebute, mais qui, aussi, retient car toujours porteur de sens. Les mots sont pesés, placés là où il faut, visant le “coeur de cible”, comme au champ de tir. On ne se refait pas. Militaire tu as été, militaire, tu le resteras, comme on dit. Mais, avec un coeur gros comme ça. On le sent. Ca existe chez les centu- rions, non? L’auteur raconte les résistan- ces , celles des hommes, celles des peu- ples, celles des armées ‘révolutionnaires”

, celles des militaires (il aime bien le mot “guerrier”) , l’art de la guerre, à des mo- ments et en des lieux différents mais tel- lement semblables (en Algérie juste avant et après l’Indépendance en tant qu’officier chef de bataillon, sur le front de Suez avec les éléments de l’ANP, et au Vietnam en tant que diplomate), les résistances qu’il a rencontrées tout au long de son parcours militaire (en Algérie et en Egypte) , politique et diplomatique ( au Vietnam ) , avec des histoires bien préci- ses , qui vous tiennent , bien souvent, en haleine, regrettant même que l’auteur

afin de

n’aille pas encore bien plus loin… connaître leurs “FIN”.

Avis
Avis

Je ne m’y connais pas du tout en art militaire, mais seulement en résistance(s), je pense que ce livre

devrait (il l’est déjà, certainement) être un ouvrage ayant une place importante dans les bibliothèques des écoles…. mili- taires algériennes et même étrangères. Il doit, aussi, être lu par tous autres, histo- riens en tête, car il comporte une somme appréciable d’informations (et de photos parfois inédites) sur nos guerriers. Peut- être assez lourd à digérer, à la limite de l’académique et avec trop de matière . 300 pages, trois axes ou sujets. Du trois en un ! Toujours le problème des auteurs qui veulent tout dire en un seul ouvrage et des éditeurs qui manquent d’imagination en termes de présentation. Le titre est long et “Résistances” aurait suffit. Un conseil à l’éditeur : à ré-éditer…avec une couverture moins fade Phrase à méditer (Extraite du premier ouvrage, p 15 ) :

«Le développement des événements qui ont marqué l’Algérie au cours de la deuxième partie du siècle que nous vi- vons a provoqué des bouleversements sans précédent…… expression d’une re- naissance nationale ……….comparable à

celle d’une lame des mers…

Fausse lame

puis lame de brise…., puis lame battue….puis lame sourde…et enfin lame de fond , lorsqu’elle apparaît dans toute

sa puissance et son impétuosité »

Sept ans dans le feu du combat. La Guerre d’Algérie en France, 1954- 1962. Un ouvrage mémoriel de Mohand Akli Benyounès. Casbah Editions, Alger 2013. 215 pages, 850 dinars

L’auteur est actuellement membre (de- puis 2008) du Conseil de la nation, faisant partie du Tiers –présidentiel. Président , depuis 2004, de l’Association des moud- jahidine de la Fédération de France du Fln de 1954 à 1962, il a soutenu, sans réser- ve, dit-il, la candidature de Abdelaziz Bouteflikaà la tête de l’Etat, dès le pre- mier mandat, et il a été un proche de feu Aboubakr Belkaid (assassiné le 28 septem- bre 1995 par les terroristes islamistes).

le 28 septem- bre 1995 par les terroristes islamistes). Livres : résistance Un homme résolument engagé

Livres : résistance

Un homme résolument engagé dès l’âge de dix-huit ans, grâce à une prise de conscience nationaliste précoce , formé par un père syndicaliste (un émigré qui rejoindra assez vite le maquis et qui tombera au champ d’honneur en 1961) Il raconte tout de son parcours person- nel. Sans fioritures ni discours. Avec for- ce détails . Des lieux. Des noms. Des combats. Des actions.

Pour compléter votre documenta- tion sur la guerre de libération nationale…….en France !ce détails . Des lieux. Des noms. Des combats. Des actions. Ferhat Abbas, l’homme de presse.

Ferhat Abbas, l’homme de presse. Une étude de Leila Benammar Benmansour. Alger-Livres Editions. Collection Etudes et documents. Alger 2012. 273 pages, 680 dinars

C’est seulement le 30 octobre 1984 que Ferhat Abbas est décoré de la mé- daille nationale de résistant……. après avoir «goûté» de la prison dans le Sud algérien (1964-1965), de la «résidence surveillée» (1976-1977), la «confisca-

tion » de sa pharmacie et de son passe- port ainsi que le blocage de son compte

en banque (1976-1982). ……

est totalement retrouvée ……. à 80 ans, bien malade, éprouvé par les épreuves

infligées par ceux (ou leurs enfants et petits enfants ) qu’il a défendu contre le

colonialisme …

Lui, le premier Président du Gouverne- ment Provisoire de la République Algé- rienne (Gpra) . Lui, le premier Président de l’Assemblée nationale de l’Algérie in- dépendante, le rédacteur d’un ouvrage- choc , en 1931, s’il vous plaît, «le Jeune Algérien», dénonçant la colonisation française et défendant l’algérianité de son peuple. Lui , entré en politique déjà en 1933 luttant pour l’égalité des droits face à l’égalité des devoirs afin «de pré- parer les Algériens à de meilleures con- ditions de lutte». Lui, le journaliste-mi- litant dans son journal, «L’Entente» (1935)…puis «L’Egalité» (1944) , puis «La République Algérienne »(1948) ……….Lui, l’auteur du Manifeste du Peu- ple algérien ( 1943)….Lui, qui, en 1948, lance un Appel pour la lutte armée, dans le cas où la France refuserait l’autonomie…Lui, dont «l’ami le plus cher» sera Abane Ramdane . Lui, mem- bre du Cnra, du Cee…. Aujourd’hui encore, bien que les his- toriens , les universitaires et bien des politiques aient reconnu sa forte em-

dans les années 20.

La liberté

déjà

preinte sur le cours de l’Histoire de l’Al-

il reste encore

pas assez «présent» dans l’univers po- litique officiel du pays. Un aéroport ! une université ! Alger, zone interdite ! ……….Il faut reconnaître que Benyoucef

Benkhedda ( le second président du Gpra) n’ a pas plus ou mieux.Et d’autres, et d’autres . C’est dire toute la «haine» ou l’ «envie» ou la «jalou- sie» qu’ont certains de nos baroudeurs , aujourd’hui encore, à l’endroit des «intellectuels», tous ceux qui «pen- sent» , qui «doutent», qui « criti- quent», qui s’ «opposent», qui font preuve d’ «humanisme»….C’est enco- re pire pour ceux de la «tribu». Alors que pour les autres, parfois même pour des responsables de heurts sanglants, régionalisme et circonstances aidant, la «rahma» va jusqu’au révisionnisme.

gérie contemporaine…

Avis
Avis

Tout ce que vous voudriez savoir

sur Ferhat Abbas. Et, surtout, sur le journaliste impénitent ( le vrai doyen du journalisme moderne algérien , avec son camarade Kessous) au servi- ce des idéaux de liberté de son peuple . Un vrai lutteur…mais aussi un grand hu- maniste : Savez-vous que Ferhat Abbas est intervenu en faveur de Messali Hadj, réfugié en France, pour lui faire obtenir la nationalité algérienne qui lui avait été refusée par les gouvernants algériens de l’époque.Et, à sa mort, il est interve- nu afin que sa dépouille soit transférée à Tlemcen, sa ville natale ? Qui dit plus. Qui dit mieux ?

Phrase à méditer : «C’est une erreur, en politique, de compter sur la sagesse de l’adversaire» (p. 88)

dit mieux ? Phrase à méditer : «C’est une erreur, en politique, de compter sur la

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

07 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Le discours islamiste des années 90 en Algérie
07 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Le discours islamiste des années 90 en Algérie

Le discours islamiste des années 90 en Algérie

Autopsie d’un discours triomphaliste…

PPPPPararararar AbdAbdAbdAbdAbdelhakelhakelhakelhakelhak AbdAbdAbdAbdAbderrerrerrerrerrahmaneahmaneahmaneahmaneahmane BENSEBIA*BENSEBIA*BENSEBIA*BENSEBIA*BENSEBIA*

C e discours a été suivi parce qu’il est simple et répond so cialement à ce que ces jeu-

nes désiraient voir et entendre, une

génération de jeunes, qui a subi les premières mutations d’une so-

ciété en mouvement, faute aussi d’un vécu social difficile et suite

à un vide surtout culturel, mais

aussi religieux. De point de vue scientifique, ce discours ne peut en aucun cas faire l’objet d’une étude scienti- fique, pour plusieurs raisons, même s’il demeure adopté par ces jeunes. Primo, ce discours inclut des contradictions fla- grantes et des mensonges his- toriques, de quelques lectures superficielles, sinon erronées, qui revendique la violence et l’extrémisme, au nom d’une idéologie qui n’a jamais existé ou revendiqué. La simplicité dans ce discours n’est pas à prendre pour un ob- jectif ou qui faisait l’objet d’une intervention scientifique, elle re- flétait l’état idéologique des locu- teurs de cette époque, une donne importante, profitée par les jeu- nes, puisqu’il se positionnait avec leurs univers de réflexion. Ces discours n’ont jamais été traduits ni en français ni en aucune langue. Par souci mé- thodologique, nous avons pré- féré les analyser linguistique- ment, en profitant de notre connaissance de la linguistique et la langue arabe. Par conséquent, le style adop- té et les mots utilisés ont été longtemps délaissés, l’écriture rimée et le complément qui dérive du verbe dans la même préposi- tion, s’inspirent de la linguistique coranique, qui est devenue archaï- que, sinon dépassée. La tradition de l’écriture rimée date l’Empire arabe des Abbassides et par con- séquent du Déclin du monde ara- be, les occurrences usitées sont de nature coranique. «Je ne connais pas un autre de- voir très important délaissé com- plètement par les musulmans com- me el djihad au nom de Dieu, quoi- que les textes coraniques qui évo-

quent ce grand devoir sont multi- ples, un devoir qui constitue l’apo- gée de l’Islam.»

langue empruntée dégage

plusieurs connotations et diffé-

rents comportements de l’intran-

sigeance, elle manifeste le sérieux de par l’utilisation du style et de la tradition coranique, et propose en effet, un seul remède : le recours

à l’Islam radical. Les sermons et

la prière de vendredi sont le sup- port qui diffuse ces discours, en fai- sant souvent appel à la tradition islamique pour célébrer le présent, dénonçant aussi la tradition popu- laire, synonyme de l’ignorance des règles divines et de l’Islam. Quant à l’évolution et l’émergen- ce de ce discours, il semble impor- tant de rappeler que son apparition n’était possible qu’à partir d’une conjoncture politique mondiale pré- cise, se caractérisant par la fin de la guerre froide, l’imposition des Etats-Unis et l’Occident comme for- ces de domination, la Révolution et l’instauration de la République isla- mique en Iran, en 1979. Dans la même logique, le déclin du monde arabe est vu comme ré- ponse divine, et les musulmans, di- gnes de ce nom, doivent se pré- senter au secours de cette Algé- rie, qui n’accepte pas le repli et la répression.

L a

discours est loin d’être con

sidéré comme idéologique, ou

structuré autour des fondements ou réflexions scientifiques, qui nous confient la possibilité de l’appré- hender scientifiquement. Comment appréhender un discours qui qua-

C e

Le discours des années 90 n’a jamais cessé d’attirer l’attention et les analyses. Il s’agit d’un discours qui prônait l’étendard des valeurs de l’Islam et de l’authenticité pour être suivi, comme pour s’imposer comme un discours de qualité, qui a pu réunir autour de lui des centaines, voire des milliers de jeunes.

lifie les intellectuels de mé- créants, du fait qu’ils ignorent la charia, des hommes primitifs (djahala), qui n’acceptent pas

l’application des lois divines, des apostats qui répriment le peuple, qui empêchent l’application de la

volonté divine sur Terre ?! Ce discours, souvent euphori- que, tend à mobiliser les jeunes,

en les incitant aussi à faire appel à

la force pour réclamer leurs droits. « Qui est fautif, déclarait-il alors, la police qui protège la loi terres- tre ou la jeunesse qui appelle à Dieu ? » réclamait BENHADJ lors d’un meeting à Alger en 1991, tan-

dis que Abassi (1) n’a pas manqué

d’occasion pour déduire que : « Le

système est malade, a-t-il dit un jour. Le médecin, c’est le FIS et le médicament existe depuis quator-

ze siècles. C’est l’islam.» (2)

À la différence des autres con fréries musulmanes dans le

monde arabe, les islamistes algé- riens ont des connaissances rudi-

mentaires sur l’Islam, et leurs dis- cours demeurent limités d’un point

de vue contenu, ils imitent les

autres sans qu’ils ne sachent que leur discours n’est senti que parce

qu’il critique, et c’est facile de cri- tiquer que de conquérir les cer- veaux par la raison, du fait aussi que tout interdit est convoité, dans une société renfermée et conser- vatrice.

Le discours islamiste conteste les

lois imposées qui s’inspirent des valeurs occidentales. Il refuse aus- si les systèmes politiques instau- rés, qualifiés d’héritages coloniaux

à remplacer par les lois islamiques

et la démocratie substituée au prin- cipe d’Echoura « l’accord de l’en- semble», en affirmant:

« Nous ne croyons pas en cette démocratie qui réclame le pouvoir

du peuple. La démocratie est im-

pie, et ce qui nous pousse à reje-

ter cette démocratie c‘est qu’elle insiste sur la majorité. La bonne gouvernance et l’opinion juste ne peuvent pas se faire sur la base

de cette majorité et de minorité

mais dans l’application des lois et les résolutions révélées par Dieu» (3) , ou encore « Le multipar- tisme est inacceptable du fait qu’il résulte d’une vision occidentale. Si le communisme et le berbérisme s’expriment, ainsi que tous les autres, notre pays va devenir le champ de confrontation d’idéolo-

gies diverses en contradiction avec la religion de notre peuple. Il n’y a pas de démocratie parce que la

seule source de pouvoir, c’est Al- lah, à travers le Coran, et non le peuple. Si le peuple vote contre la

loi de Dieu, cela n’est rien d’autre

qu’un blasphème. Dans ce cas, il faut tuer ces mécréants pour la bonne raison que ces derniers veu-

lent substituer leur autorité à celle

de Dieu.» (4) Le discours islamiste rejette les

valeurs universelles qui confient à la femme le droit de participer ou

à jouer un rôle dans la société, il

refuse la laïcité ; source du déclin

du monde arabe, et de sa malé-

diction face aux ennemis.

C ette démocratie n’est qu’un «concept étranger, un mot qui

n’existe dans aucun dictionnaire de langue arabe, ni dans le Coran, ni dans la Sunna, une déjection par-

mi les immondices » de la pensée

humaine (5) . Elle est aussi «kofr»

«un péché» et que la souveraine-

té n’appartient pas au peuple mais

à Dieu en se justifiant toujours par

des versets coraniques. Ce discours n’accepte pas l’idée d’une démocratie qui contredit les lois dictées et voulues par Dieu :

«On ne peut accepter cette dé- mocratie qui permet à un élu d’être

en contradiction avec la charia, sa

doctrine, ses valeurs. La démocra- tie est étrangère dans la maison de Dieu. Si le peuple vote contre la loi de Dieu, cela n’est rien d’autre qu’un blasphème.»

E ncore, le mot «liberté» n’est qu’un concept qui s’ajoute «au

nombre des poisons maçonniques et juifs destinés à corrompre le monde sur une grande échelle ». Quant à la femme, elle est la cible

privilégiée. Elle est considérée tan- tôt comme épervier du néocolonia- lisme (6) tantôt comme transsexuel- le (7) à côté de ses partisans, quali- fiés ainsi de transsexuels, ou même une force au service de l’obscurantisme. La femme doit rester chez elle, son « Lieu natu- rel. Dans une société islamique naturelle, la femme n’est pas des- tinée à travailler mais à se consa- crer à la reproduction et à l’éduca- tion des hommes. Elle est une re- productrice d’hommes » (8) , ou en- core « La femme est productrice des hommes, elle ne produit pas

). Scienti-

fiquement, il est admis qu’il est

impossible à une femme de con-

cilier son travail et ses obligations

Je répète que la femme doit

rester chez elle et éduquer les hommes » (9) . Quant à la mixité, elle est qualifiée de «puante, odieuse », source de «malédic- tion et de vengeance divine», en appelant à y mettre terme.

«Nous sommes prêts à sacri- fier les deux tiers de la popula- tion pour permettre au tiers res- tant de réussir dans le cadre d’un État islamique.» (10)

Le discours islamiste refuse les valeurs occidentales sans propo- ser de substitut. Tout est mis en- tre les mains des pieux et des sa- ges qui craignent Dieu, qualifiés aussi de substituts de Dieu sur Ter- re, qui savent distinguer entre le bon et le mauvais. Ce refus est synonyme du refoulement, de la frustration et de la vengeance. Les islamistes veulent se venger en créant une atmosphère de haine et de violence. Aussi, ils se prennent pour des prophètes, sinon de leurs compagnons, ils se considèrent comme «salaf saleh» ou «xxles pieux ancêtres» qui plaident pour une application immédiate de la charia.

) (

de biens matériels (

L es islamistes ont bien voulu à travers cette association, faire

vivre la jeunesse de l’époque dans l’ère des miracles, ils veulent créer une distorsion entre la logique et la jeunesse, entre les différentes composantes sociales du peuple. Ils manquent d’idées réalistes ou

de visées politiques, et c’est facile de faire un rêve que de conquérir scientifiquement et logiquement les consciences. Désormais, ce discours qui prê- che la haine et la vengeance sem- ble être écouté, en profitant du soutien des familles et les jeunes défavorisés. La pauvreté et le dé-

sir de la vengeance sont devenus des critères importants d’apparte- nance et d’adhésion à ce courant. « Si l’armée ne rentre pas dans ses casernes, a-t-il poursuivi, le FIS aura le droit d’appeler à la re- prise du Djihad, comme en novem- bre1954 » et en citant des versets coraniques maudissant ceux qui «empêchent les fidèles d’accom- plir leurs prières dans les maisons de Dieu.» (11) Pour atteindre les objectifs, les leaders n’ont pas hésité à faire

appel à des doses exagérées de hadîts et de versets coraniques comme si nous sommes dans un autre monde qui diffère du nôtre, en trouvant aussi facile de réciter les histoires de Prophètes et les compagnons du Prophète Maho-

met, sans hésiter à faire la déduc-

tion sur la conjoncture de l’époque. Aucun argument ne semble être authentique ou original. Toutes les histoires ont été détournées de leurs contextes généraux, tout est justifié au nom de la Foi et de la Croyance musulmane. La faibles- se de l’État est vue dans son igno- rance des principes de l’Islam, et l’inapplication de la charia, jugée nécessaire pour un peuple, qui croit profondément en Dieu. En outre, à titre personnel, je me souviens du jour où les islamistes ont emporté le pre- mier tour des élections locales, et des propos d’Ali BENHADJ quand il déclarait que « les Al- gériens qui n’ont pas voté qu’ils sachent bien qu’ils doivent dès maintenant changer de vête- ments et d’attitudes » (12) .La ten- dance des islamistes des années 90 est aussi de renaître en Algé- rie la culture arabe authentique, en se vengeant des 132 années coloniales, comme une répon- se à la France, en revendiquant l’instauration d’une République islamique.

D ’autre part, certains locuteurs

et théoriciens de ce groupe

fondamentaliste n’ont jamais con- nu les bancs de l’école institution- nelle, seule une formation religieu- se a été dispensée dans quelques écoles coraniques isolées. L’incul- ture de ces leaders a conduit le pays vers une vague de violence, car l’Islam revendiqué ne s’adapte pas avec la spécificité algérienne. Ces islamistes ont voulu s’asseoir pour mettre à la disposition du peuple, un projet de société fondé sur les principes d’un Islam radi- cal, un processus qui n’accepte pas les nouvelles donnes de la société moderne. « Je ne respec- te ni les lois, ni les partis qui n’ont pas le Coran. Je les piétine sous mes pieds. Ces partis doi- vent quitter le pays. Ils doivent être réprimés.» (13) Le discours islamiste demeure homogène sur le plan des idées, et les mauvaises interprétations des versets coraniques et les ha- diths sont la bonne devise, choisie pour ressusciter les années de la prédication, tout en scandant : «Il n’y a qu’un seul Dieu et que Moha- med est son Prophète. Pour l’État islamique nous vivons, pour cet État islamique nous mourons, pour cet État islamique nous déclarons la guerre et pour cette fin nous as- pirons à rencontrer Dieu ». Seul le discours du numéro un du FIS :

Madani ABASSI, docteur de for- mation, écarte volontairement certaines spécificités de cet Is- lam radical, selon les circonstan- ces et l’auditoire. Les versets co- raniques sont moins utilisés dans son argumentation et nous re- marquons que son discours s’oriente davantage vers les ré- formistes arabes tels que Djame- leddine EL AFGHANI, Mohamed ABDOH, imprégné aussi de la pensée de Sayed QOUTOUB. En revanche, dans son explication de la situation sociale, il n’hé- site pas à utiliser toutes les for- mes discursives et culturelles, et les propos de certains idéo- logues et penseurs de l’Asie centrale (surtout pakistanais et saoudiens). Ces derniers adhèrent à la pensée salafiste, une pensée détournée, versée dans l’extrémis- me absolu, qui revendique le dji- had pour accéder au Pouvoir.

I mplicitement ou explicitement, les jeunes sont invités à lire les

livres d’IBN TAYMIYYA, le père du salafisme (14) , distribués à titre gracieux par les autorités saou- diennes au profit des pèlerins,

sinon vendus à prix symboliques afin de diffuser ce que ce dis-

cours appelle la culture origina- le, authentique car, pendant les années 80, nous assistions à l’ins- tauration d’un État islamiste chiite en Iran, dont le style semble être simple et très sollicité par ces jeu- nes, encore à la quête du savoir et de la croyance. Le livre intitulé «Du djihad, rè- gles et organisation» d’Abdellah AZZAM, donne des instructions claires et précises aux jeunes, dans le but est d’éliminer les apostats et les impies. Les tex- tes ont été bien argumentés, en se justifiant par des hadîts. «Ce qui peut gêner les musul- mans doit être liquidé, y com- pris les femmes et les vieillards » (15) tout en affirmant que le pro- phète de l’islam les a autorisés à tuer, à piller et à tout faire pour que la charia soit appliquée.

L e discours islamiste écarte la dimension de la diversité cul-

turelle et universelle de l’Hom- me, c’est la Foi qui doit primer, et vu, par conséquent comme discours figé, qui n’accepte pas les autres idées en provenance des autres réalités sociales ou politiques, et demeure attaché aux pieux ancêtres. Les islamistes n’ont jamais prôné l’initiative de créer un mode de vie favorable à tous, leurs discours demeurent homo- gènes sur le plan des idées et les actions, qui ne croient pas à la diversité ou qui donnent une solution à une situation d’impas- se, leur seul objectif est d’être au pouvoir en trouvant facile de jouer sur les sentiments d’appar- tenance à la sphère musulmane ou/et en récitant des versets coraniques, ou/et en racontant quelques histoires détournés de leur contexte original. Ce discours, qui refuse l’autre, est par définition manipulateur et autoritaire. Les islamistes ont fait appel à tous les moyens pour conquérir les jeunes, en inven- tant un discours guerrier, incen- diaire, plein de menace et de vio- lence, en cherchant une régen- ce et un pouvoir perdus. En revanche, le discours des islamistes change d’attitudes vis- à- vis de ces valeurs, jugées oc- cidentales notamment en matiè- re de droits de l’Homme. Après la dissolution du parti islamiste, ses leaders n’ont pas hésité à réclamer leurs droits en diffusant leurs appels aux institutions étrangères. Ils dénoncent les poursuites judiciaires et la ré- pression exercées à l’époque, en demandant la protection et la justice des institutions interna- tionales. C’est la première fois que ce discours, souvent mani- pulateur, soit écouté par les Oc- cidentaux, jugés impies et mé- créants, et c’est aussi le support médiatique tant attendu.

L a venue du président BOUTEFLIKA a été l’occasion

pour re- entendre le numéro 2 du parti dissous (16) . Cette fois- ci, et dans une lettre écrite au premier, change d’attitude et ad- hère à ceux, considérés comme des impies, en faisant appel im- plicitement aux politiciens et so- ciologues occidentaux tels que ROUSSEAU, ADELAUER, et VOLTAI- RE, en affirmant que la démocratie s’inspire de notre religion et qu’elle était toujours l’objet recherché par les musulmans et les califes. Cette inclinaison témoigne clairement d’un changement de ton et de discours, qui renonce à la violence. «Les expériences humaines ont montré que la prise et l’accaparement du pouvoir par la force sont parmi les grandes causes du déclenche- ment de guerres civiles et des conflits armés internes. Se jouer de la volonté populaire a des con- séquences des plus fâcheuses.»

Suit en page 8

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

08 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Le discours islamiste des années 90 en Algérie
08 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Le discours islamiste des années 90 en Algérie

Le discours islamiste des années 90 en Algérie

Autopsie d’un discours triomphaliste…

Suite de la page 7

L a contradiction qui marque cette lettre reste toujours dans les comparaisons erro-

nées, et en ayant recours aux his- toires des califes, détournées de leurs contextes originaux. Il semble important de rappeler que le discours des islamistes con- tinue de faire l’amalgame entre le

religieux et la politique, entre l’ap- plication en bloc de la charia et les nouvelles valeurs politiques. Les conséquences d’un discours incen- diaire ont été désastreuses sur tous les plans. Cependant, même si ce discours garde le même es- poir, les mêmes arguments pour édifier une République islamique en Algérie, en y ajoutant un mé- lange de valeurs occidentales et authentiques, les contradictions demeurent très présentes, et ne sont jamais acceptées. Notre objectif dans le présent point n’est pas de faire une ana- lyse des idées ou les structures linguistiques, qui demeurent loin d’être appréhendées scientifi- quement. Nous voulons montrer,

à titre illustratif et méthodologi-

que, les caractéristiques d’un discours simple, mais qui peut contenir des idées désastreuses. Pour comprendre ce discours et ses visées, Lhouari ADDI écrit :

« La séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), par laquelle les régimes démo- cratiques garantissent les droits civiques des citoyens. Cet oubli n’est pas innocent car s’il est un pouvoir que les islamistes récu- sent, c’est le pouvoir législatif supposé appartenir à Dieu. Les islamistes adopteront la démocratie lorsqu’ils cesseront de confondre l’éthique et le juri- dique, c’est- à-dire lorsqu’ils prendront conscience de la né- cessité de dépasser la tension kantienne entre l’éthico- reli- gieux et le juridico-politique. Il faut qu’ils prennent conscience qu’il n’y a pas de règle juridique dans le Coran et la Sunna car la règle juridique est temporelle et est susceptible de changer avec l’évolution de la société, tandis que les textes sacrés s’adressent

à toutes les générations. Il y a par contre une morale dans les textes sacrés qui in- fluence l’élaboration de la règle juridique en utilisant aussi la rai- son, ce que la tradition appelle ijtihad. L’islam offre des ressour- ces pour construire un champ po- litique moderne centré sur la notion de souveraineté humaine (ijtihadia), à condition que l’éthi- que se limite aux ’ibadates et que le juridique prenne en charge les mou’amalates.» 17

le juridique prenne en charge les mou’amalates.» 1 7 2- Evolution du discours islamiste des années

2- Evolution du discours islamiste des années 90 Le discours de ces années 90 est vu comme refuge pour des jeunes qui vivent en double

misère : une misère identitaire, car aucune politique, depuis l’In- dépendance, n’a tranché en leurs faveurs, et une seconde de foi, ils sont mal pris en charge par l’école ou par les intellectuels. Par conséquent, ils n’ont que deux choix amers: Se baigner dans la

Bibliographie:

criminalité ou se promener dans les jardins de l’intégrisme. Le mérite de ce discours rési- de dans son investissement dans la misère des jeunes et de la so- ciété, en se servant d’une lan- gue incendiaire et d’un style adapté à leurs besoins. «Un parti politique (…) milite pour l’édification d’un État isla- mique, instrument entre les mains du peuple permettant d’organiser une vie sociale ba- sée sur les valeurs islamiques. Assurément, l’État islamique que le FIS vise à faire édifier sur la terre algérienne est un État de droit et de justice, un État indé- pendant, libre et souverain où le citoyen et le peuple jouissent

pleinement de la liberté

Il fait miroiter le paradis en se justifiant par la pensée créative (ijtihad), de tout ce qui est l’Is- lam et les versets coraniques. Ces politiques proclament l’in- terdit de tout ce qui est art authentique et propre à la socié- té algérienne, en inventant une lecture fondamentaliste de l’Is- lam, en faisant aussi appel à une

langue irréprochable, qui s’em- prunte des générations ancestra- les, astreints à recourir à une lecture éthérée pour s’éloigner des sens cachés de ces versets, et en s’appuyant beaucoup sur le côté spirituel. Et si ce discours est adopté, la seule interprétation qui nous pa- raît possible, c’est que la croyan- ce demeure toujours ce savoir relatif, facile à suivre, et plus cette croyance est grande, plus elle est ascientifique, et vue con- voitée (19) .

discours est aussi motivé par le chaos politique et l’absence d’une diversité politique au sein de la société. « Ni État ni lois, l’islam est la constitution.» « En cas de majorité aux pro- chaines législatives, nous sus- pendons la constitution, nous interdisons les partis laïques et socialistes, nous appliquons im- médiatement la charia, nous expulsons immédiatement le président de la République.» (21) Par déduction, force est de dire que ce discours n’a été suivi que parce qu’il est le seul qui évoque ces questions, et le seul refuge, pour ces jeunes, devant une telle situation d’im- passe. Son mérite demeure sa faculté à réunir d’autres politi- ques qui réclament le change- ment et l’ouverture démocrati- que, de connaître par consé- quent un écho favorable, au sein de la société. Durant cette période, ce dis- cours ne cesse de se dévelop- p e r, e n i n v e s t i s s a n t d a n s d’autres activités hors politi- ques, et dans le quotidien de cette jeunesse.

R ésultat. Cette persévérance a été couronnée d’un succès ;

remporter les élections munici- pales en 1990 et le premier tour des législatives en 1992. Mais, avouons-le, la prise du pouvoir par ses islamistes, qui se ré- clament les pionniers des pau- vres, est une avancée signifi- cative dans un pays comme l’Al- gérie, malgré la faiblesse du taux de participation aux légis- latives. Les élections ont été aussi marquées par un fort taux d’abstention. L’accession au pouvoir par les islamistes est devenue un cau- chemar qui insomnie les jeunes et les familles défavorisées, qui ont suivi ce mouvement. Nous assistions à des dépassements flagrants, et l’outrecuidance de certains a conduit le pays vers une autre crise, cette fois des institutions. Dès lors, nous constatons que le paradis mi- roité est devenu une légende, un mythe avec cette nouvelle avancée de mauvaise gestion.

L e ton de ce discours a com plètement changé. «Le 4 jan-

vier 1992, une semaine avant l’annulation des législatives, HA- CHANI lançait : Notre combat est celui qui oppose la pureté islamique à l’impureté démo- cratique. L’État qui promit, s’inspirerait aux dires de son ami, Rabah KEBIR, « des mo- dèles soudanais, iranien et saoudien.» (22) Depuis, l’Algérie des années 90 est sous l’emprise de l’ar- mée : les législatives sont an- nulées, le processus électoral est arrêté, et l’appel est fait à d’autres solutions politiques pour éviter le vide constitutionnel.

solutions politiques pour éviter le vide constitutionnel. b- La seconde période: 1992- 1999 L’évolution tragique

b- La seconde période:

1992- 1999 L’évolution tragique des évènements politiques a donné une nouvelle âme à

un autre discours qui prêche le

feu. La parole est donnée à des groupes extrémistes, qui voulaient se venger de l’annulation du pro- cessus électoral. Le discours, de cette période, prêche la vengeance et la rébel- lion, revendiquant aussi le pouvoir

confisqué. Il se sert de l’interpré- tation fondamentaliste du Coran et les versets du Prophète Mohamed pour faire émerger un discours in- cendiaire, qui réclame le sang pour

le sang. Les jeunes de cette pério-

de n’ont pas besoin ni des paradis promis ni d’un État islamique, mais d’un emploi stable.

leurs arguments, détournés de leurs contextes, pour les adap- ter à leurs idées et besoins. L’Islam prêché n’a jamais été l’objet ni d’une Révélation, ni de Prophétie, le Coran ne s’est révélé que dans un con- texte guerrier et révolutionnai- re bien précis. Toute la culture du Djihad que nous trouvons dans ce dis- cours n’est que le fruit des in-

terprétations superficielles mais fondamentalistes de l’Islam. Le discours des groupes ter- roristes est marqué par l’adop- tion de la pensée et l’idéologie d’un islamiste indien, appelé

MAWDUDI, le prosélyte, sinon le père fondateur de l’Islam po- litique, qui n’hésite pas à légi- férer ou à condamner au nom de cet Islam fondamentaliste.

Il a inculqué chez les jeunes musulmans, venus combattre les communistes en Afghanis-

tan, sa doctrine et ses idées, il les a qualifiés aussi de l’espoir

grandissant de la Nation arabe, en vue d’édifier un empire Is- lamique, en commençant par les tyrans arabes. Tout est justifié au nom de cette doctrine, et la naissance du discours islamiste algérien tient beaucoup à cette vision qui œuvre pour un monde ara- be guidé par des pieux et les gardiens de l’Islam qui crai-

gnent Dieu. De manière générale, tous

les groupes terroristes algé- riens, depuis 1992, se servent de ces arguments et s’alignent sur la même ligne de la pensée de MAWDUDI, qui se caractéri-

se par sa capacité à fabriquer des arguments sur des princi- pes rationnels, en profitant de ses études, en journalisme, ef-

fectuées en Grande-Bretagne.

réalité, pour celui qui inves

bien dans le mouvement is-

lamiste aura la possibilité de dé- couvrir que ce discours suit la li-

gne tracée au départ. Tout est bien calculé, car nous assistons aussi à

la naissance de plusieurs groupes

terroristes qui développent le

même discours, les mêmes mots

E

n

tit

» (18)

et

le même style. Le premier mouvement terroris-

te

est appelé « Exil et Rédemption»

ou « Hijra oua Takfir », qui récla-

me, à travers un discours, rédigé en arabe moyen, le djihad pour sortir du cycle des tyrans et des apostats. La langue utilisée et les argu-

ments avancés qui justifient la pri- se des armes contre le pouvoir al- gérien s’approchent du discours des wahhabites en Arabie Saoudi-

te et de l’Extrême-orient. Tout est

justifié au nom d’un État islamique,

et se tromper n’est pas un péché

sanctionné par Dieu «qui voit en vous, son incarnation et ses modè- les sur Terre» en se témoignant par

les hadîts du Prophète : «…Celui qui

a raison a deux récompenses et

celui qui se trompe n’aura qu’une seule récompense, celle de l’effort

fourni» et en se justifiant aussi par

la pensée créative.

D ans la même optique, et par souci scientifique, nous étions

obligés de vérifier si ces textes existent. Cependant, ces propos ont été détournés de leur con-

texte original et précis. Le tex-

te fait référence au juge, qui se

trouve en difficulté, faute d’un texte juridique précis, et par préméditation, ne fait pas aus-

si référence au deuxième texte

qui dit que «celui qui invente un mauvais rite sera puni, y compris celui qui le suit jusqu’à l’apocalypse…» . Les arguments avancés, dans ce discours des années 90, sont complètement détournés et falsifiés. La mauvaise interprétation des textes coraniques est la monnaie courante de ce dis- cours, qui n’est pas, rappelons- le innocente. Pourtant, les vieux qui n’ont jamais connu ni la lecture ni l’écriture savent bien interpréter. Chaque musul- man sait bien que les textes sacrés ne sont jamais contra- dictoires mais complémentai- res. D’ailleurs et dans tout le monde arabo-musulman, la question des dogmes constitue le lien d’attachement entre les peuples, elle rend facile la cor- rélation entre l’Islam, le social et la politique. Les islamistes ont bien choisi leurs mots et

D ire la vérité de ce discours n’était pas sa conséquence.

Des intellectuels, des artistes, des journalistes semblent être la cible privilégiée, qualifiés d’impies, d’athées, de mé- créants, de pourris ; des attri- buts synonymes de la mort. (20) . À leurs tours, ces jeunes sont devenus des prêcheurs de la mort et de l’ignorance, ils sè- ment la panique pour récolter la terreur, l’islam revendiqué s’oppose complètement à la

configuration sociale, ils se jus- tifient avec, et donnent à ce discours le goût de la vengean- ce ; un discours simple, une rhétorique modeste, et un voca- bulaire d’émeute: apostats, im- pies, oppression, vengeance, la mort, martyr, bravoure, impa- tience, mécréants, intolérants. Trois périodes ont marqué l’évolution du discours islamis- te algérien des années 90 :

du discours islamis- te algérien des années 90 : c- La troisième période : 1999-…. Les

c- La troisième période :

1999-….

Les initiatives prises, dans le cadre de la Charte pour la Paix et de la Réconciliation, ont été

acceptées par le peuple algérien.

Dès 1999, nous remarquons que le discours islamiste des années 90 demeure partiellement absent de la sphère politique algérienne, mal-

gré les quelques communiqués et annonces qui suivent les attentats perpétrés contre la population ci- vile et les agents de l’Etat. Cette absence est justifiée d’une part par l’absence d’adeptes qui partagent avec ce discours les mêmes idées et doctrines, la vigilance de la po- pulation, le développement de la conscience patriotique, et enfin par la maturité de certains politiques. D’autre part, la configuration po- litique algérienne a fait émer- ger et a laissé la liberté à d’autres partis islamistes qui développent un discours modé- ré, qui dénoncent la violence. En somme, l’ouverture démo- cratique, après une décennie meurtrière, a laissé aux per- sonnes et aux associations po- litiques la possibilité de créer, et de développer des discours modérés, qui prônent la voie paci- fique pour revendiquer leurs droits et d’exposer leurs problèmes. * Université de Mostaganem

d’exposer leurs problèmes. * Université de Mostaganem a- La première période : 1988 - 1992 Ce

a- La première période :

1988 - 1992 Ce discours se caractérise par un vocabulaire très sim- ple, qui dénonce la corrup-

tion, la complaisance et les dif- férents fléaux qui touchent la société. Les islamistes récla- ment un retour en bloc à la tra- dition islamique, en suspendant la Constitution. Ils profitent de la baisse significative de la ren- te pétrolière, et sa répercussion sur la société pour avoir plus d’adeptes. L’émergence de ce

1 Le numéro 1 du Front Islamique du Salut (FIS), parti dissout

2 Propos tiré d’un article dans le journal de l’Humanité, un quoti-

dien français, édition du 17 juillet 1997.

3 Propos traduits de BENHADJ Ali, cités par KHOUDJA Mohamed

in Algérie, les années de la déviation (en langue arabe), 2000, Algérie.

4 BENHADJ Ali, Interview avec le journal Horizons (quotidien

algérien indépendant d’information), édition du 23 février 1989.

5 Tiré d’un article paru in Humanité , édition du 15 septembre

1994.

6 Propos tiré d’un article paru dans édition du 16 juillet 1997

du journal de l’Humanité, Abassi MADANI, du FLN au FIS, arti- cle signé ZERROUKY Hassane.

7 Propos de BENHADJ Ali, le 23 novembre 1989 en manifes-

tant à Alger. Voir aussi l’édition du 03 septembre 1997 du

journal l’Humanité.

8 Propos recueillis lors d’un meeting populaire organisé à Boussa-

da, la ville natale de Madani ABASSI, janvier 1990, accompagné

d’Ali BENHADJ. Pour plus de détails, voir les archives du journal l’Humanité, édition du 18 octobre 1995. 9 Op-cit, le journal Horizons du 23 février 1989.

10 Op-cit, les archives du journal l’Humanité.

11 KROËS Claude, l’envoyé spécial du journal l’Humanité, édition

du 29 juin 1991.

12 Voir aussi le journal télévisé de la deuxième chaîne française

France2 du 25 décembre 1992.

13 BELHADJ Ali, meeting à Koléa, Alger Républicain (quotidien in-

dépendant d’information, édition du 05 avril 1991.

14 L’Islam politique.

15 AZZAM Abdellah, Du djihad, règles et organisation en langue

arabe. Voir les pages 110, de la page 120 à la page 127.

16 Vous trouverez l’interview accordée au journal « Le Monde

» en date du 03.04.06. Propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi (Alger, envoyé spécial) - Source:http://

www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-757192@51-

746414,0.html LE MONDE |.

17 ADDI Lahouari, Professeur des Universités, IEP de Lyon, Fran-

ce Membre de l’Institute for Advanced Study, Princeton, USA, Le langage politique des islamistes algériens et son évolu- tion dans les années 1990, une communication présentée au congrès de l’Association Française d’Études sur le Mon- de Arabe et Musulman (AFEMAM) sur « La construction des savoirs sur les mondes musulmans »- Paris 2-4 Juillet 2003.

18 Nous lisons dans le dernier congrès du FIS en août 1992.

19 GEERTZ Clifford C., Savoir local, savoir global. Les lieux du

savoir, traduit de l’américain par Denise Paulme (éd. orig. : 1983),

Paris : Presses Universitaires de France, 1986, 293 pages.

20 Voir l’article d’Ali BENHADJ paru en 1990 dans l’organe du parti

dissous «El Mounquid/ Le Sauveteur ».

21 SAHNOUNI El Hachemi (leader islamiste) lors d’un meeting à

Sétif, cité in El Watan (quotidien algérien indépendant d’informa-

tion) du 04 août 1991.

22 Tiré d’un article du journal l’Humanité, édition du 23 novembre

1999. Un article signé Hassan ZERROUKY.

Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 09 PPPPPararararar ElElElElEl YYYYYazidazidazidazidazid DDDDDibibibibib V

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Jeudi 28 février 2013

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V oilà que Mahsas vient aus

si de partir. Il rétrécit ainsi

le peu qui reste et accroit

le lot de ceux qui beaucoup sont déjà partis. Boumediene, Bou- diaf, Benbella, Chadli, Messaa- dia, Boumaaza, Debaghine, Yazid Benkhedda Mehri, Bouhara, Belk- hir, Lamari, Smain et plusieurs autres que la mémoire du chroni- queur n’a pu instantanément lis- ter ; ont chacun dans son giron marquer l’histoire nationale ou une partie de celle-ci. Cette histoire qui est parfois, à la limite de l’injustice, imperson- nelle ne semble pas rendre hommage à ceux qui, par actes ou annales l’on partiellement fa- çonnée. Elle n’agit pas dans les sentiments. Le temps s’exer- ce et passe. Les actions aussi. L’enregistrement y est sponta- né et définitif. La touche effa- cer n’existe pas dans le clavier de l’histoire. Tout signe ou gra- phe y est consigné pour la per- pétuité. Le peuple fait et dé- fait l’histoire. Les hommes également font fortifier ou as- sujettir l’histoire. Bien de grands hommes sont partis sans que leur progéniture ne soit bien imbibée de leurs élans et abnégation au service de la patrie. Ces hommes maintenant défilent un à un sur le catafalque des cimetières. Même l’enterre- ment, à paraitre, n’est réservé qu’aux seuls initiés. Les jeunes de ce jour doivent ou bien ont un droit de connaitre l’épopée qu’avaient chevauchée ces ico- nes. Rongés par la maladie où parfois l’indifférence est plus mortelle qu’une résistance vira- le, ils se sont rangés dans le si- lence post-activité et regardent tacites témoins le produit de leur travail. Ils n’ont pas combat- tu pour une Algérie inégale, ni pour une indépendance valorisant une minorité populaire.

Les événements mortifères de ces personnalités n’ont pu à vrai dire enthousiasmer à coté d’un rêve difficile toute une jeunes- se désemparée. Cette jeunesse à l’égard de qui le pouvoir n’a pu hélas se mettre au diapason de ses doléances, se voit en net décalage avec cette même ap- titude de gestion. La géronto- cratie et le personnel séché tien- nent en attache la gérance de cette masse juvénile. Le temps des révolutions classiques et

Ils partent un à un

Les générations se succèdent. L’histoire se perpétue. La liaison devant unir l’une à l’autre n’est que dans le prêche du souvenir et de la reconnaissance. Ainsi il y a des hommes qui s’effilent et s’égrènent. Ils partent un à un.

légendaires est une inconnue pour cette frange sociale. Leur révolution est une débrouillar- dise pour le comment arriver à vivre. Diplômé ou chômeur, le jeune reste totalement incom- pris par ceux qui, sans lui de- mander, décident de gérer son avenir. Le monde actuel natio- nal a été fait et continue de l’être sans eux. Ces jeunes n’ar- rivent point à s’atteler à de vagues engagements tant répé- tés par des visages super vus et connus, devenus cauchemar- desques, criant à l’emploi ou à la solidarité nationale.

Dites leur d’aller voir l’un de ces personnages actuels qui savent se recycler sans pour autant octroyer de la compré- hension mutuelle, Ils sauront à bonne parole vous répondre. Victimes apparentes et dans leur grande majorité des inéga- lités sociales qui de jour en jour déchirent l’équilibre des classes, ils requièrent une justice appli- cable uniformément à tous. Cer- tains fréquentent pour leurs études les universités de pres- tige, d’autres les abandonnent pour vivre en travaillant le ca- bas, le trabendo ou la vente à la sauvette. Certains usent à longueur de boulevards et de campus universitaires les pneus de la Q7 de papa quand les autres font le lèche-pare-brises aux carrefours des feux tricolo- res. Ces lycéens, pris en pau- vres otages entre la grève d’en- seignants dégoutés et un minis- tre inamovible recyclé sénato- rialement n’arrivent pas à sui- vre un programme au kilo et changeant à l’humeur de cet ennuyeux ministre.

Toute cette jeunesse est donc une production made in l’école algérienne. L’unique alternative qui leur est offerte devant l’échec scolaire répétitif et pré- coce, demeure principalement le marché informel. A défaut de fugue ou d’immolation. Les souks sont remplis d’étals pré- caires, de tentes de fortune, de gardiennage forcé et vulgaire. Les kiosques en tôle ou en petites baraques occupent tous les coins de la ville et des hameaux. La chaussée des routes nationales est jonchée sur ses bords de tou- te espèce de marchandises. Des fruits et légumes, patates et ba- nanes aux cigarettes et produits

de terre cuite. La débrouillardise bat son plein. La vulgarité, l’in- civisme voire la brutalité, que nous condamnons tous, leur de- vient une réaction de survie et un acte d’arracher son goûter. Ils ne prennent pas en odeur de sainte- té les services d’hygiène ceux de la sureté et de gendarmerie avec qui, ils se trouvent continuelle- ment antithétiques. La légalité telle qu’édictée leur est une en-

trave. Ils voient en leur interven- tion une censure de vie et une coupure de rezk. Ce qui importe

à leurs yeux ce sont ces agents

qui les pourchassent aux angles des rues, ces commerçants pa- tentés qui les haranguent. Ils ne connaissent pas les avantages fis- caux qui à leur sens n’ont enrichi que beaucoup d’opportunistes. Que pensent-ils alors de la politi- que, des partis, des élections ? Absents sur toute la case, ces ci- toyens rebelles à une certaine vi- sion sociopolitique, n’aperçoivent que du trompe-œil.

Les partis politiques n’y ont parfois recours que pour coller les affiches ou perturber moyen- nant de modiques sommes, le trajet électoral d’un adversaire. L’on n’a jamais vu un nom de chômeur porté en pole position sur une liste électorale. Si au FLN, le mouvement dit de re- dressement censé insuffler une nouvelle fraicheur est dirigé par un vieillard, si dans le corps de noyau institutionnel la destinée est entre les mains d’un ancê-

tre, si dans leur wilaya, leur wali les embauche au pif ; que vont- ils dire ces jeunes ? En qui et quoi vont-ils croire ? En ces prêts bancaires draconiens et jamais remboursés ? Dans ces jouets de transport public Har- bin, Chana ou DFM les fainéan- tisant davantage ? L’entreprise de travaux publics n’arrive point

à trouver de main d’œuvre au

motif qu’aucun jeune ne veut se

salir les mains ou faire le tâche- ron. La banque est plus avanta- geuse pour lui. De la vie de la cité, ils n’ignorent cependant pas ce qui se trame en son sein. Ils sont les premiers à savoir l’augmentation des prix, la ra- reté d’un produit ou le bon écou- lement d’un autre. A défaut de ce militantisme et cet engament politique, « ils » les ont obligé

à préférer les fumigènes des

stades aux défilés d’un premier novembre ou d’un 8 mai 1945.

La grande bleue reste aussi une issue pourtant fatidique et mor- telle pour ces centaines de jeu- nes qui se sont jetés dans de frêles embarcations bravant les vagues, les cotes espagnoles ou italiennes. Alors leur parler de ces icones qui ont eu à fabri- quer de bout en bout l’Algérie censée être nouvelle ; ces jeu- nes sont sans état d’âme. A qui incombe donc cette responsa- bilité du tourné-de-dos face à l’histoire ? Le vide dans les ré- ponses n’est que sidéral.

Il existe cependant une autre caste de jeunes branchés, let- trés et diplômés. Cette catégo- rie qui se trouve partiellement un peu partout dans les roua- ges de l’Etat, administrations et entreprises publiques fait fonc- tion de nègre. En leur oppose à chaque fois, leur inexpérience, leur tiédeur ou leur candeur. La promotion éventuelle ne leur est qu’un rangement dans l’obsé- quiosité presque religieuse du chef sectoriel. Ainsi la fuite vers l’ailleurs, l’étranger est devenu un exil forcé. Là bas, ils pen- sent y trouver un rang appré- cié et conforme à leur compé- tence. Au moins, s’estimeraient- ils heureux et libres. Si dans certains cercles d’autorité, la fonction supérieure n’a comme élément de sélection que l’ap- partenance régionale, ould bled ou ould flen, que diront ces jeu- nes cadres parqués dans la ré- serve de la république ? L’Algé- rie appartient comme sa terre, son ciel et ses eaux à tous.

Quand le passé n’est pas clair, l’avenir va se rendre impérati- vement opaque. Une archive est un bout d’étendard d’un ensem- ble de faits. L’histoire en fait ne peut se taire longtemps. Malgré l’humeur du pouvoir factuel,

malgré le silence sciemment dé- crété comme un emblème en berne ; le cours reprendra dès la levée de mains invisibles, ses lueurs et ses éclaircies. On ne fabrique pas une histoire, on la crée, on la vit et le reste, c’est aux autres d’en découdre. Plu- sieurs éléments constructeurs du fait national ont connu ou la loi de l’omerta ou le feu de l’in- vective. Ils sont partis dans des moments qui tramaient encore

les plis d’une histoire toujours inachevée. Ils sont partis en emportant dans leurs linceuls un

lot important des arcanes du pouvoir et leurs plus confidents aléas. Ainsi plusieurs personna- lités nationales en disgrâce cir- constancielle avec la sainteté du pouvoir respectivement mis en place depuis l’indépendance s’en vont, sans qu’il y ait eu en leur faveur une séance de ré- conciliation. Il a suffit qu’à cha- que disparition de l’un d’eux ; le mérite revenant au presi- dent ; que toutes les archives le concernant soient déterrées et vite dépoussiérées. Elles montrent un homme qui res- semble aux autres, à la diffé- rence que lui traine au sein de sa biographie, le balbutiement de la révolution, le tout début du recouvrement de l’Algérie al- gérienne. L’embryon de l’Etat naissant se développait dans l’été des discordes et les diffé- rents clans, de l’intérieur aux frontières, du politique au mili- taire. Une humeur de supréma- tie et de prédominance. Il in- carnait au gré des envies d’une histoire en éternelle bouscula- de tantôt le mal aimé, tantôt le contre-révolutionnaire. Cet, homme, maintenant disparu, qu’il soit l »’un ou l’autre cités plus haut est parti à jamais. Mais son intervention dans l’an- nale chronologique nationale est là. Quelque part dans la pous- sière des cahiers historiques.

A la mort de Mehsas, l’on a vu des séquences jusqu’ici inédites diffusées par la télévision. Mais pourquoi attendre le départ dé- finitif d’un homme pour pouvoir dire qui, était-il ? Le montrer, et sembler provoquer à son égard contrition et compassion ? Les archives retirées à l’occasion vont-elles réintégrer l’obscuri- té tombale des salles de stoc- kage ? Ces icônes dans le dia- gramme des longues éphémé- rides du mouvement nationalis- te et révolutionnaire ont tous droit à la longévité post-mor- tem. Ce sont Ce sont ces funé- railles de ces hommes, deve- nues en cascade qui vont sinon doivent permettre, pour cer- tains de leurs camarades enco- re en vie, de dire des choses qu’il fallait dire, il y a 50 ans. Les spectacles funéraires en pompes nationales ou officielles ont duré un instant, le deuil pour certains quelques jours. Et après que faire ? L’image dévoi- lée de l’homme poursuivra son p’tit bonhomme de chemin et ira, malgré l’enténèbrement des archives vers la mémoire collec- tive. Que Dieu leur accorde clé- mence et miséricorde.

La stratégie de l’entretien, un autre vecteur de développement

PPPPPararararar DDDDDELLAELLAELLAELLAELLA NouredNouredNouredNouredNoureddddddineineineineine

L ’état algérien a consenti des sommes colossales pour la réalisation des in- frastructures nécessaires au déve-

loppement du pays. Le cours du pétrole aidant, ces investissements ont enregis- tré, ces dix dernières années, une ac- célération fulgurante presque jamais égalée par le passé. Ces réalisations, il faut le dire, ren- dent un immense service aux citoyens et ont certainement fait le bonheur des entrepreneurs, réels ou assimilés, qui ont engrangé des fortunes, qu’eux seuls sont capables d’évaluer. L’objet du présent article n’est ni de faire le bilan de ces réalisations, ça serait trop prétentieux, ni, encore moins, de faire le procès desdits entrepreneurs qui, pour la plupart d’entre eux, jouent un rôle capital dans le développement économique et social du pays.

L ’idée qui est mise de l’avant à travers cet écrit, et qui semble tellement évi-

dente, est la nécessité d’accompagner ces

investissements par une réelle stratégie pour la pérennité de ces ouvrages, et par la même, la préservation des ressources financières du pays. Combien de fois, en effet, des installa- tions industrielles de premier rang ont vu leur niveau de production laminé à la sui- te de négligences observées dans les pro- tocoles d’entretiens de leurs équipements, engendrant ainsi des pertes financières souvent réclamées, à tort, aux compa- gnies d’assurances.

P our éviter de lasser le lecteur en res tant dans le cadre des généralités et

des théories, pas toujours faciles à expli- quer, il est préférable de donner un exem- ple, un cas d’école, observable par tous, ou du moins tous les usagers de la rou- te nationale n°6. Ce fût, je dois l’avouer, le facteur déclenchant de cet- te intervention dans la presse écrite nationale. Je voudrais, en effet, traiter de cet exemple car d’un côté il est, semble t- il, question de réaliser un projet auto- routier important reliant les villes de Mascara et Sig, et de l’autre côté on

laisse des désordres, sur le bas-côté de la route existante, prendre de l’am- pleur au risque d’une détérioration inté- grale et irréversible de la chaussée. Ces dégradations se produisent à hauteur de la maison cantonnière, et plus précisément entre les points PK28 et PK29.

E n effet, tous les usagers habituels de cet axe Mascara-Hacine, ont du cons-

tater, avec parfois quelques désagré- ments, les travaux de remplacement de la glissière de sécurité métallique qui longe la route sinueuse reliant les deux agglomérations pré-citées. Cet ouvra- ge métallique a été remplacé par une protection en béton qui, elle-même, a été démolie peu de temps après sa mise en place, pour des raisons qui devraient être valables.

C e qui a été, par contre, négligé c’est la démolition des rigoles sur le côté

qui sont censées canaliser les eaux de pluie ruisselant sur la chaussée pour les transférer vers un collecteur qui les évacue loin de la chaussée. L’absence de ces rigoles a engendré,

surtout lors de précipitations orageu- ses, le déversement des eaux de ruis- sellement vers les talus naturels cau- sant ainsi l’entrainement de plus en plus prononcé des couches superficiel- les de sol et le creusement de nou- veaux talwegs rendant la chaussée ja- mais aussi vulnérable. Les usagers de cette route ont du constater également que pour éviter le pire, c’est-à-dire l’ef- fondrement de la chaussée, une petite barrière en terre, réalisée à la hâte, a été dressée pour empêcher les eaux de continuer à se déverser sur les ta- lus naturels.

V oici donc un exemple réel illustrant comment l’absence d’entretien, mêlé

à des négligences dont je ne suis pas en mesure d’identifier les auteurs, s’avère lourd de conséquences sur les budgets attribués par les pouvoirs publics. J’espère seulement qu’à travers cet ar- ticle de presse, les responsables en char- ge de ce secteur s’empressent à réagir et à prendre les mesures qui s’imposent pour épargner au pays des dépenses dont il se serait bien passé.

10

Le Quotidien d'Oran

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

11

Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 11 S’indigner, partir ou se taire, telle est la

S’indigner, partir ou se taire, telle est la question

De prime abord, le titre de cette contribution, tel que proposé, ne suscite l’intérêt que par la question posée qui revêt l’aspect d’une véritable problématique.

PPPPPararararar CherifCherifCherifCherifCherif AliAliAliAliAli

R épondre d’emblée à ce questionne

ment, participe de la gageure à

moins de faire le rapport avec le

monde littéraire, pour découvrir le sens à donner à ces trois verbes composant le titre de cette contribution. Tout d’abord, en ce qui concerne le pre- mier infinitif :

« s’indigner » ou l’indignation qui en découle a constitué une thématique im- portante chez Stéphane Hessel. Il en a fait un livre, intitulé « Indignez- vous » *. Ce livre a connu un succès fulgurant, malgré ses 32 pages. Traduit en 34 langues, il a été vendu à près de 4 millions d’exemplaires. L’auteur encourage la société civile à agir en contre pouvoir, en s’impliquant plei- nement dans toutes les questions la con- cernant. Il consacre dans son ouvrage la primauté de l’intérêt général sur l’intérêt financier, défend le syndicalisme et prône la solida- rité intergénérationnelle. Il est pour l’idée « du réveil public du peuple, qui était, jusqu’à présent, très passif ». Bien évidemment, il place son combat dans un esprit démocratique et civilisation- nel, loin de toute forme d’anarchie, dont cer- tains veulent l’affubler, car jaloux de l’accueil de son livre par un très large public. Ceci amis lecteurs, pour ce qui concer- ne le « s’indigner » qui a ouvert le titre de ma présente contribution. Concernant le « partir », je l’ai choisi comme complément de titre, en référen- ce au livre « Barrez-vous » *. Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet ouvrage a été co-écrit par Felix Marquardt ( Fondateur des Dînners de l’Atlantique et des Submerging Fines Dînners) Mouloud Achour (journaliste de canal +, d’origine al- gérienne, tiens-tiens !) et Mokless (rappeur). Du pitch du livre, il ressort, en substan- ce, ceci :

« Jeunes, tirez-en votre parti ; votre sa- lut est ailleurs. Non pas dans la fuite, en quittant un pays dont les perspectives éco- nomiques sont moroses, mais en vue de vous désaltérer et de vous réinventer pour revenir riches d’expériences, ayant fait les rencontres qui vous changeront avant que vous n’en fassiez profiter votre pays. N’hésitez plus, choisissez une destina- tion où le monde est en train de se faire, là, tout de suite, que ce soit Tbilisi, où la Ministre de l’économie, la patronne de la police nationale et le seul conseiller du président sont tout juste trentenaires, ou Shanghai, Mexico ou Santiago. Barrez-vous, parce que rien ne vaut l’ivresse qui convient avec la conscience du Monde et de l’Autre du Voyageur ; par- tir, c’est découvrir qu’on ne pense pas, ne travaille pas, ne communique pas de la même manière à Paris, Guang-Zhou ou au Cap et j’ajouterai pour ma part Alger, Tlemcen, Tizi Ouzou, Annaba ou In Aménas. Voilà amis lecteurs, deux petits résu- més de deux livres, accessibles sur le net, que vous ne verrez pas au salon du livre des Pins Maritimes. Ces livres ont fait un buzz énorme, par- tout dans le monde. Ils ont fait « pschitt… » chez nous, non pas du fait de leur contenu mais faute d’es- paces de libre expression à même de les faire connaitre du grand public. Ils ont tout de même retenu l’attention des inconditionnels des chaînes satellitaires qui se sont délectés des débats, notamment télévisuels, organisés en présence des auteurs des livres considérés, qui ont défen- du leurs thèses, souvent à coups de fleuret moucheté, avec leurs contradicteurs. Des thèses « transfrontalières » dès lors où elles concernent la société et l’inter- pellent sur son vécu et son devenir. Celles-ci peuvent trouver des espaces d’expression dans notre pays, via les ré- seaux sociaux, la radio, la télé et les jour- naux où l’on viendrait débattre entre per- sonnes civilisées, sachant s’écouter et ac- cepter l’avis de l’autre. S’exprimer ainsi et en ces lieux et pour- quoi pas s’indigner en conséquence, ne

participe ni de l’anarchie, ni du trouble à l’ordre public.

Et l’objectif est de faire avancer les cho-

ses et le pays avec, en mettant de côté les formulations éculées de type « y’a qu’à » ou « il faut que » ou encore les égoïsmes des uns ou des autres.

Et de dire ce qui ne va pas ou ce qui n’a

pas été pris correctement en charge se-

lon les desiderata de la population. De se corriger et notre trajectoire avec.

Et à ce niveau, l’indignation participe de

la salubrité publique, car souvent, beaucoup de questions sont traitées en vase clos. Rappelons à ce sujet, l’intervention re- marquée et remarquable de Babess, pré- sident du C.N.E.S qui n’a pas hésité à pousser un coup de gueule, lors des der- nières assises de la société civile, tenus en 2012 pour dire son sentiment concer- nant la marginalisation du mouvement associatif en particulier et de la société civile, en général. Quand ce n’est pas les grands boule-

versements planétaires qui sont ignorés ou qui ne donnent lieu qu’à des observations superficielles entre experts qui s’échangent quelques avis, sans suite et les dossiers y afférent reposent dans les tiroirs. Comme le scandale de la viande de che- val qui secoue l’Europe où l’indignation est générale. Face à l’ampleur de la situation, la commission européenne envisage dé- sormais de renforcer la réglementation sur l’étiquetage, et la traçabilité des produits agro-alimentaires, dont la viande.

Si en Europe, où les règles communau-

taires de contrôle et de sécurité des pro- duits alimentaires sont les plus draconien- nes, on a pu facilement tromper le con- sommateur, pourtant très regardant sur ce qu’il consomme, que dire des algériens, qui ne savent pratiquement rien sur ce que contiennent leurs assiettes ? * Que peut représenter pour l’algérien de consommer de la viande chevaline quand il a mangé à son insu, de la viande de baudet ? De la viande asine a été retrouvée sur les étals des bouchers à Alger, Oran et ré- cemment Tiaret, sans susciter la moindre réaction chez les responsables concernés. Alors, pour le moins « indignons-nous » ! Après s’être indigné pour le ventre, in- dignons-nous maintenant pour le cerveau, celui des faussaires du BAC d’Oran et de leur progéniture. Continuons de nous indigner à cause de l’absence d’intérêt porté aux propositions généreuses de NABNI, qui n’a de cesse de se décarcasser, en vain. Poursuivons notre indignation concernant le sort cruel réservé à ces deux réfugiées maliennes et leur mésaventure d’Oran. Poussons notre indignation à son pa- roxysme suite à tous ces rapts d’enfants suivis de leur assassinat, nous qui croyions que notre société était à l’abri de ce gen- re de crimes abominables. Indignons-nous davantage aussi pour le parti FLN, qui s’est donné en spectacle lors du retrait de confiance à son secré- taire général… qui lui-même a fait de la résistance…avant de céder son siège aux

forceps… pour se précipiter à l’étranger… d’où il a proféré quelques amabilités pour ses pairs du parti… dont certains ont vite fait de déclarer leur candidature comme le mouhafedh de Constantine… battu en brèche aussitôt par un ministre qui, sem- ble-t-il, tiendrait la corde… au motif qu’il serait le plus consensuel … Et au parti de s’ins- taller dans la crise…qu’il aurait pu éviter s’il avait pensé à organiser… « des primaires ». Tout en m’indignant, je dis pour para- phraser qui vous savez : « Belkhadem si tu reviens… j’arrête tout ». Enfin, nous serons unanimes, peut-être à nous indigner, collectivement, contre le dernier tube de cet opérateur téléphonique dont nous ne ferons pas la publicité ici, qui veut nous transformer en « loosers », si l’on juge par les paroles de sa chanson qui passe en boucle dans toutes nos radios :

« Vainqueurs, vaincus nous sommes avec les verts.

Et nous irons au mondial et tralalére »

A moins d’être le Qatar, je ne vois pas

comment on pourrait participer au mondial si on collectionne les défaites et si on n’incul- que pas la culture de la gagne à tous nos compétiteurs, footballeurs à fortiori. Plaidons amis lecteurs pour le retrait de cette mascarade musicale et conti- nuons de nous indigner. Ceci étant dit, intéressons-nous main- tenant à l’infinitif « partir ». Il n’est malheureusement perçu qu’à travers un prisme déformant, qui affuble

tout jeune quittant le pays de manière clandestine : c’est « Le Harraga ».

L’opprobre lui est jeté et à sa famille aussi, désespérée soit-elle. Il est vrai que beaucoup de nos jeunes partent, en désespoir de cause, faute de trouver un emploi décent et pérenne.

L’Etat ne peut raisonnablement les retenir en dépit de la loi qui pénalise leur acte. L’Etat ne peut également donner un lo-

cal commercial à tous ces jeunes en er-

rance, les redéployer dans les marchés ou les recruter en qualité de veilleurs de nuit ou d’agents de sécurité. Ils continueront donc à tenter leur chan- ce en solo, à moins que les pouvoirs pu- blics ne trouvent des destinations d’im- migration du style Australie ou Canada,

à ces « desperado ». D’autres jeunes, plus sages et souvent porteurs de titres et diplômes supérieurs, pensent qu’après les études, leur salut est ailleurs. Non pas dans la fuite, mais en vue de se désaltérer, de souffler et de se réin- venter pour revenir riches d’expériences nouvelles, imprégnées de la créativité et de l’enthousiasme qui fleurissent aujourd’hui aux coins du monde. Monsieur Abdelmalek Sellal a vu juste d’ailleurs, en affirmant lors de l’une de ses premières sorties en tant que Pre- mier Ministre : « Laissez les jeunes souf- fler, laissez-les vivre ! ». Il l’a dit sur un ton aussi péremptoire

qu’émotionnel en regardant droit dans les yeux tous ceux qui bloquent les énergies de ce pays.

Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge de la fuite de nos jeunes qui condamnerait no- tre pays à terme, mais les encourager à partir explorer le monde, à faire des ren- contres qui changeront leurs vies, et après, d’en faire profiter l’Algérie. « Partez si vous voulez, revenez, re- partez encore, revenez de nouveau » C’est ce que préconise les auteurs du livre « Barrez-vous » et qu’on peut en- core s’approprier et paraphraser pour dire

à nos jeunes, ceux qui piaffent d’envie

de partir « l’Algérie ce n’est pas unique- ment votre pays de naissance, qui est votre, mais le monde entier ; faites-vous violence si nécessaire, mais emparez- vous en. Il y va de votre avenir et celui de l’Algérie. Quand à « se taire », qui est le troi- sième infinitif composant mon titre, il si- gnifie, permettez-moi cette lapalissade, garder le silence. C’est aussi, diront d’autres, une ma- nière d’affirmer son appartenance à la majorité silencieuse…celle qui compose le plus grand parti du pays… celui des abstentionnistes ou des « bof…istes », c’est selon. Mais ce même « parti », n’a-t-il pas failli dans les années 1990, nous précipiter dans les « abysses » s’es- timant non concerné par les enjeux d’alors ? Continuer à se taire ? c’est vous qui voyez. Partez. Si vous voulez. Mais ne restez pas passifs, au moins dans votre vie de tous les jours. Deux choses pour en finir avec cette Contribution :

- Je rends hommage, tout d’abord, à ce jeune d’Illizi qui a donné un sens à cette problématique « s’indigner, partir ou se taire ? », par son attitude aussi témérai- re que courageuse :

-Il s’est indigné devant un parterre d’officiels et un panel de notables de la région. -Il n’est pas parti de sa région qu’il aime par dessus tout. -Il ne s’est pas tu, il a dit ce qu’il avait à dire ! -Je félicite, ensuite, Ahmed Lahri et les professeurs Berchiche-Mekki-Cherif et Al- louache pour le grand moment de télévi- sion et « d’indignation » qu’ils nous ont offert, en cette soirée du 18/02/2013 sur Canal Algérie, à l’occasion de l’émission « Questions d’Actu » qui a traité des par-

tis politiques.

Je me suis personnellement régalé en attendant peut être, de réécouter Omar Zelig et sa bande de joyeux drilles sur les ondes de notre radio.

Bibliographie :

*Les réflexions de cet article ont pris source à partir des livres « Indignez-vous » et « Barrez-vous ». *Les algériens savent-ils ce que contiennent leurs assiettes (Rabah Amir- TSA du 17/02/2013).

Paris : Akram Belkaïd L’Obs, Libé, SlateAfrique et les errances du journalisme L a semaine
Paris : Akram Belkaïd
L’Obs,
Libé, SlateAfrique
et les errances du journalisme
L a semaine dernière, en
notamment au Maghreb. Par-
découvrant les unes du
mi ces contributeurs, où l’on
Nouvel Observateur et
de Libération toutes deux
consacrées à un « roman » à
propos d’une liaison en 2012
entre son auteure, la juriste
Marcela Iacub, et Dominique
Strauss-Kahn, ma première
réaction a été une colère
mêlée de nausée. J’avais de-
vant moi le symbole de cette
indécence parisianiste dont je
me demande jusqu’où elle va
aller et quelles catastrophes
elle va finir par déclencher.
C’était-là un nouvel exem-
ple obscène de la déconnec-
tion entre les médias dits
nationaux (et dits aussi de
gauche…) et les Français
(vous noterez que je n’ai
pas parlé de France profon-
de mais bien de Français, où
qu’ils habitent).
comptait entre autre Chawki
Amari et Kamel Daoud, il y
avait aussi le journaliste ma-
rocain Ali Amar.
P our nous autres journa-
listes algériens, habitués
à ne jamais ménager notre
plume à l’égard du pouvoir
d’Alger, la présence d’Ali
Amar avait quelque chose de
rassurant sur le plan de
« l’équilibre des forces » car
cela signifiait que le Makhzen
marocain en serait lui aussi
pour ses frais (pas de maniè-
re gratuite mais quand l’ac-
tualité l’exigerait). En effet,
trop souvent, les publications
(comme les colloques) con-
cernant le Maghreb en Fran-
ce
se résument à une mise
en
accusation systématique
V oilà un pays plongé dans
la crise et où le désarroi
du pouvoir algérien tandis
que les deux autres voisins,
et la peur du déclassement
sévissent à chaque coin de
rue. Voilà un pays, où l’on
sent physiquement la souf-
france et la crainte du lende-
main. Voilà un pays qui sait
déjà que 2013 ne sera pas
une bonne année sur le plan
de l’économie et donc de
l’emploi. Et que trouvent à
faire ces deux publications
qui, hier, c’était certes il y a
longtemps, se mobilisaient
pour les combats sociaux et
la lutte contre les inégalités
? Les voici donc qui infligent
au lecteur quelques bonnes
feuilles à propos de cochon-
neries et autres galipettes
qui, dans un monde normal,
ne devraient intéresser per-
sonne si ce n’est quelques
obsédés lubriques en mal
d’images salaces. Khmadj…
surtout le marocain, sont plu-
tôt ménagés (Mamounia et
« tagineage » obligent…).
Pour dire les choses sim-
plement, dans la presse fran-
çaise, on peut cogner autant
qu’on veut sur Abdelaziz
Bouteflika, le DRS ou qui
sais-je encore, mais, surtout,
surtout, pas touche à Mo-
hammed VI. Or, Ali Ammar,
comme ses anciens compè-
res du Journal Hebdo Abou-
bakr Jamaï et Ali Lmrabet, ne
se sont jamais laissés allés à
ce genre de journalisme
makhzano-compatible. Le
fait qu’Ali Amar ne soit plus
calamum-gratta chez SlateA-
frique pose donc nécessaire-
ment la question de l’indé-
pendance de ce site vis-à-vis
du Makhzen et des divers in-
J ’ai été heureux d’appren-
dre que de nombreux
térêts financiers interlopes
qui activent en son nom. Il
est possible que cette indé-
pendance soit maintenue,
mais, en tout état de cause,
journalistes de Libé ont pro-
testé contre le choix d’un tel
sujet qui, à la limite et con-
naissant l’implacable loi du
copinage et réseautage en la
matière, aurait dû être can-
tonné aux pages littéraires.
Mais, ce battage médiatique
en dit long sur l’état d’une
partie de la presse française,
de son incapacité à réaliser
que l’époque actuelle est por-
teuse de dangers et que ce
n’est pas en organisant ici et
là quelques savants débats
qu’ils peuvent prétendre ver-
ser leur écot. On dira qu’en
ces temps de lectures gratui-
tes et googlisées, il faut faire
preuve d’inventivité et
d’agressivité pour aller cher-
cher le lecteur. Peut-être.
Mais, cela n’est ni plus ni
moins qu’un pitoyable raco-
lage qui flatte les plus bas
instincts qui sommeillent en
chacun d’entre nous. Bien
sûr, on nous a servi l’inévita-
ble argument de « l’excellen-
te qualité littéraire » du livre.
Tu parles…
j’ai décidé, en ce qui me con-
cerne, que la belle aventure
avec SlateAfrique est désor-
mais terminée.
D epuis longtemps, la ma-
jorité des écrivains se
doivent de trouver un emploi
pour vivre, traînant ainsi
un fardeau sapant leur
créativité et diminuant leur
temps d’écriture. Cela vaut
aujourd’hui pour le journalis-
me indépendant. Ce métier
est en train de muter et une
certaine idée de l’exercer est
en train de mourir de sa bel-
le mort. La faute à ce que j’ai
décrit précédemment. Pipo-
lisation, influence de lobbies
divers, standardisation de
l’écrit. La profession vit sous
le règne des copains et des
coquins. On en est ou l’on
n’en est pas. Qu’importe l’ex-
périence, le savoir-faire, la
connaissance fine de tel ou
tel sujet : on sent bien que
J ’étais d’autant plus éner-
vé que je venais d’appren-
partout les digues cèdent.
Rentabilité, frilosité à
l’égard de certains sujets ju-
gés tabous, emprise des cu-
mulards, uniformité et ca-
dre les conditions dans les-
quelles le site SlateAfrique
venait de congédier son ré-
dacteur en chef Pierre Cher-
ruau ainsi que son adjoint
Philippe Randrianarimanana.
Je n’emmétrai pas de juge-
ment public sur ce renvoi.
Mais, je sais au moins une
chose. Pierre Cherruau a per-
mis le décollage de ce site.
Avec lui et son équipe, nous
avons été quelques pigistes
à avoir assis la crédibilité et
la notoriété de SlateAfrique,
poralisme. Etre à la fois
pigiste et avoir un second
métier va être une tendan-
ce lourde. A terme, le prix
à payer par la presse mais
aussi par la démocratie sera
très lourd dans un contexte
où l’on nous annonce pour
demain des journaux sans
journalistes (!).
Mais, cette inquiétante
perspective ne semble guè-
re inquiéter la presse et il est
à parier qu’elle ne volera ja-
mais la vedette à une actua-
lité fesso-littéraire.

12

Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

12 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 L’UGTA/Pouvoir : une relation historique et indéfectible Pourquoi
12 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 L’UGTA/Pouvoir : une relation historique et indéfectible Pourquoi

L’UGTA/Pouvoir : une relation historique et indéfectible

Pourquoi Bouteflika aura-t-il choisi cette double commémoration du 24 Février pour exprimer son amertume et sa colère contre le scandale qui secoue actuellement Sonatrach ? Il le fait par le biais d’un message qu’il adresse au secrétaire général et à travers lui l’ensemble des travailleurs tous syndicats confondus.

PPPPPararararar ReghisReghisReghisReghisReghis RRRRRabah*abah*abah*abah*abah*
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P arce que historiquement le

multisyndicalisme qui devait

selon les buts avoués per-

mettre une nouvelle forme de par- ticipation au sein des entreprises maintes fois restructurées jusqu’à la fermeture pour certaines d’en- tre elles, n’a pas selon toute vrai- semblance donné les résultats es- comptés. Les nombreuses corpo- rations crées au lendemain de la promulgation de la loi 90-14 du 02 juin 1990 n’ont pas réussi une émergence effective pour des rai- sons diverses. Elles continuent de travailler sous forme de groupe de pression face au désordre né du désengagement progressif et maintenant total de l’Etat. Elles n’ont jamais participé ni aux né- gociations ni aux différentes ten- tatives de consensus sociaux. Dé- sormais l’équilibre du pouvoir n’a pu se réaliser. On est donc parti d’un syndicat unique pour abou- tir en 2013 à la même situation. Pourquoi l’espace politique a été relativement plus réceptif que ce- lui social ? La centrale syndicale assume t-elle une part de respon- sabilité dans ce vaste gâchis ? A- t-elle pu surmonter les contradic- tions en son sein ? Cette situa- tion permettra t-elle de favoriser les ambitions du gouvernement Sellal ? Autant donc de question qui appellent en cette commémo- ration du 24 février une analyse pragmatique. De nombreux ana- lystes sont unanimes quant á la nécessité absolue d’un lien dia- lectique entre les différents évè- nements politiques, sociaux et économiques pour mieux négo- cier la complexité des problèmes humains de la société algérienne (01). Mais avant cela, nous se- rons contraints de revenir suc- cinctement sur les causes qui ont entravé cette émergence. Pour mieux marquer le poids qui pèse sur la centrale syndicale de l’UG- TA, nous partirons de son passé pour mieux comprendre sa situa- tion d’aujourd’hui et pourquoi pas perspective. Nous aborderons la problématique du coût social/ ré- formes économiques et pourquoi pas aboutir á travers cette mo- deste contribution á mettre en exergue les éléments á ne pas occulter pour arriver á ce pacte social tant recherché.

occulter pour arriver á ce pacte social tant recherché. DES CAUSES DU RALENTISSEMENT DE LA RÉELLE

DES CAUSES DU RALENTISSEMENT DE LA RÉELLE ÉMERGENCE PLURISYNDICALE

Sans entrer dans une analyse dé- taillée, ces causes peuvent se résu- mer historiquement comme suit :

1-Certains syndicats n’étaient dans les faits que l’excroissance de partis politiques qui ont profité d’une crise aigue qui a affaibli l’im- munité du corps social du monde de travail pour enfoncer les entre- prises dans des problèmes inex- tricables. Les pouvoirs publics ont réagi violemment pour interdire carrément ce type d’organisation (02). Il faut souligner au passage que le travail de proximité qui a été entrepris a permis une mobili- sation considérable du collectif des travailleurs. Les différentes ana- lyses imputent cela à une capaci- té extraordinaire de «capter l’in- dignation et le désarroi» d’une masse désorientée car ils savaient habillement ramener des réponses simples á des questions comple- xes. (03) Ils n’avaient pas besoin, selon ces recherches d’une assise quelconque. Les pratiques de la chari’a suffisaient pour les légitimer.

2-Les procédures de prévention des conflits et de négociation se sont avérées inefficaces. Les grè- ves durent dans le temps et usent les participants qui désertent les rangs syndicaux car ne croyant plus à son efficacité. Etant donné les enjeux, les acteurs en amont de la relation de travail n’avaient qu’un pouvoir limité et apparent qui ne leur permettait pas de pren- dre des décisions qui restent à ce jour centralisées. Le pouvoir réel étant ailleurs, les différentes dis- cussions pour ne pas dire négociations tournaient en rond pour aboutir à des pourrissements, souvent au détriment de la base syndicale à l’exception des sec- teurs dit névralgiques (04) qui ont toujours eu gain de cause. 3-L’arbitrage dans son sens le plus large a montré une certaine partia- lité pour favoriser les institutions au nom de «l’intérêt suprême» Il limite les marges de manœuvre pour les moyens de luttes syndicales. Il faut ajouter à cela la lenteur et la non application des décisions de justice qui ont découragé une base qui a certainement d’autres priorités que de militer dans des organisations rendues ainsi stériles. Certains syn- dicats ont brillé par leur position soit négativiste soit de principe et cela n’a pas plu à leur base orientée vers le côté strictement matériel.

à leur base orientée vers le côté strictement matériel. LA CENTRALE FACE À CETTE SITUATION Cette

LA CENTRALE FACE À CETTE SITUATION

Cette crise dans les relations de travail plurisyndicale a favorisé l’UGTA qui a été et reste à ce jour le seul partenaire des pouvoirs publics. Il a été reçu au plus haut niveau des instances du pays au moment même où il connaissait une crise aigue de sa représenta- tivité : mai 1990, octobre 1990, puis avril 1991 sans compter les différentes tripartites jusqu’à 2012. Des analyses au demeurant très superficielles voire même intentionnelles aussi bien à l’inté- rieur que de l’extérieur de la cen- trale tentent en vain d’imputer cela à une forme de pseudo- crédibili- té montée par l’Etat pour instru- mentaliser sa direction pour des objectifs inavoués. La légèreté de ces analyses réside dans le fait qu’elles ne prennent pas en comp- te que ce syndicat a toujours été confronté historiquement à un compromis entre des actions poli- tiques et celui d’ordre social et sou- vent au détriment de ses princi- pes syndicaux et de la mobilisa- tion de sa base. En effet, sa fon- dation un 24 février 1956 par Feu Aissat Idir visait en plus des ob- jectifs classiques syndicaux de :

-Contrecarrer la naissance d’un syndicat de la tendance Messalis- te dont les rivalités sanglantes sont très connues dans les milieux de l’immigration en France ; -Susciter l’adhésion de l’interna- tionale syndicale à la cause algé- rienne; -Toucher le monde du travail pour faire pression sur l’administration coloniale en créant un goulot d’étranglement dans les principa- les activités économiques : les dockers pour l’import/export, les cheminots pour le transport des marchandises etc. -Les travailleurs étaient les princi- paux pourvoyeurs de fonds pour la révolution algérienne surtout en ses débuts. -Sa position vis-à-vis de l’action politique, l’UGTA, l’a affichée ouvertement lors de la grève lan- cée par le FLN le 28 janvier 1957 qu’il qualifia dans son organe «l’ouvrier algérien» de grande ba- taille (05) . Cet élan pour la libéra-

tion de la nation s’était fait au prix de centaines et de centaines de syndicalistes avec à leur tête le principal fondateur qu’ils trouvent tous un hommage solennel en cette commémoration. Ces objectifs ont réussi de ras- sembler toutes les tendances au sein de cette centrale jusqu’à la libération, nous insistons politi- que du pays. Au lendemain de l’indépendance la ligne de con- duite syndicale et le pouvoir se sont posés avec acuité. L’éclate- ment des différentes tendances paraissait logique à partir du mo- ment où l’objectif politique est at- teint. A la lecture des mémoires d’un membre fondateur (06), il

y avait plusieurs groupes dont

deux pouvons-nous déduire po- saient un problème particulier :

1-D’abord celui constitué par les militants de l’ex PPA/MTLD et qui étaient proches de la CGT. Ils mi- litaient pour une autonomie syn- dicale et donc une indépendance totale à l’égard du pouvoir. «il

avait selon l’auteur cité plus haut, souvenance des contraintes en- durées par la CGT du fait du PPA et ne voulaient pas voir renou- veler cette expérience.» ; 2-Ensuite les partisans de ce qu’ils appellent le « légalisme »et qui avaient entièrement confian- ce en le pouvoir en place et qui trouvaient que la lutte contre les Français suffisait pour détermi- ner l’objectif commun à tout le monde. Un pouvoir libérateur ne peut que bénéficier du soutien total et inconditionnel d’un «oui» acquis d’avance. Selon lui, ce sont malheureusement ceux- là même qui feront une longue car- rière dans ce syndicat. Ce pouvoir en place qui avait opté pour une voie socialiste non pas par idéologie mais par né- cessité de développement (07) , a pris en compte cette classification pour asseoir sa stratégie. Il s’agit d’un nettoyage du premier grou- pe qui présentait de nombreuses contradictions avec les objectifs pour la politique de développe- ment national. Il favorisait le se- cond, jugé plus synergique. Une phraséologie bien orientée suf- fisait amplement pour maîtriser

le reste, plutôt électrique et for-

mé par des militants fortement imprégnés d’idées marxistes et prônait la transformation du syn-

dicat en parti politique révolution- naire et perpétuellement contes- tataire. La mise en œuvre de cet-

te stratégie, qui a commencé dé-

but 1962 a atteint ses objectifs

le 20 décembre de la même an-

née avec un lourd tribut payé par des syndicalistes soucieux du li- bre exercice du droit syndical et pour lesquels, en dépit des cir- constances, ils méritent un grand respect pour la revendication de ce principe canonique. Suite en page 13

Renvois :

(1) Dr A. MEBTOUL «Rente -monopole et logique du pouvoir» El Watan du 20/

12/92

(2).interdiction du SIT excroissance du FIS (3) S. Cheikhi «Questions ouvrières» Naqd N 6 de mars 1994 (4)-Les travailleurs du groupe Sona- trach ont toujours eu gain de cause con- trairement au secteur de l’éducation et l’université qui ont duré parfois jusqu’à une année. (5) S. HADJERES «Grandeur et misère du mouvement syndical Algérien» El Watan 24/02/1997 (6) B.BOUROUIBA «le mouvement syn- dical algérien face aux luttes pour le pouvoir» Naqd N 4 mars 1993 (7) Déclaration du ministre de l’écono- mie de l’époque voir Rasjep n 2 mars 1963 page 90.

La corruption, en dinars et en devises

Tout, apparemment, oppose MM. Chakib Khelil et Amar Saïdani. Tout, sauf leur implication, révélée par la presse, dans des affaires de corruption.

révélée par la presse, dans des affaires de corruption. PPPPPararararar AbedAbedAbedAbedAbed
révélée par la presse, dans des affaires de corruption. PPPPPararararar AbedAbedAbedAbedAbed

PPPPPararararar AbedAbedAbedAbedAbed

CharefCharefCharefCharefCharef

C hakib Khelil part, Amar

Saïdani arrive. Le pre-

mier, en chute libre, rase

les murs, et n’a plus d’avenir en Algérie. Le second, après une période de disgrâce, veut reve- nir par la grande porte, en se portant candidat au poste de secrétaire général du FLN. En- tre les deux, il y a une différen- ce énorme. Si énorme que leurs itinéraires ne devaient jamais se croiser. Sur la scène politique algérienne, il y a en effet peu d’hommes aussi dissemblables. Le premier est un technicien, formé dans l’industrie du pétro- le. Il appartient à la première génération, celle qui a eu vingt ans avant l’indépendance. C’est un proche du chef du président Abdelaziz Bouteflika, un mem- bre du clan au sens premier, originaire de Tlemcen. Il a ac- cédé à des postes prestigieux grâce à sa seule relation privi- légiée avec le chef de l’Etat. Sa disgrâce est récente. Il est ac- cusé d’avoir touché des com- missions faramineuses, dans des contrats passés par la compagnie Sonatrach. Le second est originaire du sud. Il fait partie de la généra- tion de l’indépendance. Il n’a pas de formation académique très poussée, mais la vie l’a for- gé. Au syndicat comme au FLN,

il est monté à la force du poi- gnet. Il n’hésitait pas à faire le coup de poing, dit-on, et ne re- culait pas devant le coup de feu. Il a utilisé ces qualités pour s’imposer, et entrer dans des réseaux qui en ont fait plus tard

un «patriote » face aux grou- pes terroristes, avant de le

pousser plus tard vers l’apo- théose, au prestigieux poste de Président de l’Assemblée Popu- laire Nationale. Amar Saïdani ne fait pas partie des proches du chef de l’Etat. De plus, il est en disgrâce depuis un mandat pré- sidentiel. Mais l’ancien président de l’APN a quelques mérites. Il n’a pas été élevé dans un mi- lieu doré, et il s’est forgé à la force du poignet. Parvenu au sommet, il n’a pas considéré que le monde s’est arrêté : c’est lorsqu’il est devenu président de l’APN qu’il s’est inscrit à l’uni- versité, faisant preuve d’une véritable curiosité, disent des témoins qui n’ont pas de sym- pathie particulière envers le personnage. A l’inverse, M. Khelila été envoyé en formation pendant la guerre de libération, aux frais de l’Etat algérien nais- sant, qui voulait faire de lui un ingénieur en pétrole. Un demi- siècle plus tard, cette formation n’est accessible qu’aux plus chanceux. C’est dire si M. Khe-

lil est né sous une bonne étoile. En bon rural, originaire du sud, M. Saïdani a été cité, selon des informations de presse, dans des affaires de corruption en dinars, portant sur des terres agricoles, entre Djelfa et Laghouat, dans la steppe et les Hauts Plateaux. Pour M. Khelil, par contre, on est dans un monde plus chic, plus branché : on parle de pétrole et de dollars, de comptes off-sho- re et de sociétés écran, de mul- tinationales et de paradis fis- caux. M. Khelil est d’ailleurs ci- toyen américain, vivant dans un monde très internationalisé. Il possédait, il y a un an, deux belles demeures à Washington même. M. Saïdani, quant à lui voyage, plutôt entre les mouha- fadhas du FLN et les kasmas de la wilaya d’El-Oued. Le nom de M. Chakib Khelil ap- parait dans une affaire où le bakchich s’élève à près de 200 millions de dollars. Il n’est pro- bablement pas seul à bénéficier de cet argent tombé du ciel ita- lien, mais tous les spécialistes s’accordent à dire que cette af- faire, révélée par la justice ita- lienne, n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de la corrup- tion liée aux contrats signés par Sonatrach. On s’attend donc à ce que la fin de la protection que lui assuraient ses amis au pouvoir permette de déterrer d’autres dossiers. A moins que les Algériens ne soient con- traints d’attendre que la justice du pays des kouffarsleur appor- te de nouveaux détails sur les mœurs de leurs dirigeants. Selon la presse, M. Saïdani se- rait, de son côté, impliqué dans une affaire portant sur 3.200 milliards, soir 32 milliards de dinars, ou encore 225 millions de dollars. Malgré son statut d’ancien président de l’APN, il n’a mené aucune action convaincan- te pour se disculper. Il n’a pas réussi à évacuer les soupçons qui pèsent sur lui, ni à mettre fin aux rumeurs qui entourent le personnage. Un personnage sulfureux, qui a réussi à accé- der à un poste prestigieux, oc- cupé entre autres par Ferhat Abbas et Rabah Bitat. Au final, donc, peu de choses unissent MM. Khelil et Saïdani. Leurs itinéraires ne semblaient pas destinés à se croiser. Jus- qu’à ce jour, où chacun d’eux, à sa manière, est devenue une star, opérant sur le même ter- rain : la corruption. Célèbres et puissants, ils sont devenus les symboles de la déchéance de cette nouvelle Algérie. Mais le pire est encore à venir, car le retour de M. Saïdani, envisagé de manière tout à banale par ses pairs, confirme que l’Algé- rie a admis la corruption com- me un élément structurel de la gestion du pays.

Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 13 L’UGTA/Pouvoir : une relation historique et indéfectible

Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

13

Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 13 L’UGTA/Pouvoir : une relation historique et indéfectible Suite

L’UGTA/Pouvoir : une relation historique et indéfectible

Suite en page 12

I l n’est un secret pour person-

ne que l’UGTA était acquis au

FLN avec lui ou malgré lui de-

puis le début de l’indépendance par un accord dont la teneur a été reprise par l’organe du parti uni- que El Chaab (8) .

En effet, pouvait lire : «il suffit

de rappeler que rien sépare le syn-

dicaliste du militant du FLN pour comprendre et admettre que rien peut opposer l’UGTA au FLN ou le FLN à l’UGTA. Avant d’être syndi-

caliste, le militant qui active au sein de l’UGTA est d’abord un patriote militant du FLN dont le rôle essen- tiel est la défense des intérêts de l’ensemble du peuple algérien, donc des travailleurs et des paysans. Si à

un moment ou un autre des dissen-

sions ont pu se manifester entre

l’UGTA et le parti, elles ne pou- vaient en aucun cas revêtir un quelconque caractère de gravité. Crée par le parti (son fondateur

le regretté Aissat Idir était mem-

bre du CNRA), l’UGTA est un élé- ment constitutif du parti au même titre que les autres organisations nationales.» cette déclaration se- lon notre analyse n’est que le re- flet de la tendance qui l’a empor- té. En effet, certaines contradic- tions persistaient au sein même de la centrale mais elles n’étaient pas assez fortes pour se manifester d’une façon ostentatoire. Encore

une fois l’action politique a préva-

quement impossible de faire son apprentissage syndical dans une école sans épouser ses idées maî- tresse. Par contre, il est parmi les rares qui ont compris que la si- tuation économique et sociale im- posée par une crise multidimen- sionnelle, ne pouvait plus assurer une alliance : désormais, le parti et l’UGTA ne font plus un comme annoncé précédemment. A cette époque, la rente n’est plus là pour l’assurer. N’ayant plus de croyan- ces communes et plus d’objectifs consensuels, ce syndicat prenait

des distances vis- à vis de sa base,

il était devenu le royaume des

mensonges et de la propagande s’il n’est pas un tremplin pour les promotions rapides et pour les af- fairistes de pénétrer l’entreprise publique. La situation était telle que qu’il y avait d’une part une maffia politico - financière de- venue très influente dans la sphère économique et sociale et

un Etat affaibli par une crise brus-

que mais aigue, un parti FLN com- plètement discrédité et vidé de toutes ses tendances, un nombre important d’organisation politiques qui «chantent» au passé enfin une masse désorientée par la rapidité des événements. Trouver donc le moyen de canaliser les contesta- tions sociales était un acte non seulement patriotique mais vital pour le pays. L’histoire retiendra que sans ce léger «lifting» de l’UGTA`tiré de l’emprise du parti

Bien qu’on parle de réformes de- puis 1988, on peut situer le com- mencement des actions concrè- tes avec la lettre de confirmation envoyée au FMI en avril 1991 et le début du PAS. Les technicistes des différents gouvernements qui se sont succédés se sont dispu- taient plusieurs approches pour entamer un programme efficace mais en vain car le coût social était présent au centre de toute

réflexion. Aujourd’hui le poids des hydrocarbures dans l’économie nationale est devenu un vrai cas- se-tête, une préoccupation pri-

mordiale et un problème sérieux pour les décideurs.La rente pé- trolière représente plus 46% du PIB 2012, près de 98% des ex- portations. La contribution au PIB du secteur industriel ne cesse de diminuer, il est passé de 8,5 en

2003 à 5,3 en 2012. (10) Seules

400 entreprises publiques repré-

sentent le parc industriel de l’Etat. L’investissement public pèse 10% du PIB, la production locale hors hydrocarbures ne représente que 39% du PIB et est répartie com- me suit : agriculture 8%, BT 7%, industrie 5%, services privés 19% PIB. (11) Les importations ont un poids de près du 1/3 du PIB. On peut donc déduire que la réorien- tation économique des années

1980 suivie juste après par les

événements liés au terrorisme, ont complément déconnecté, voi- re dévié, les recettes pétrolières de leurs objectifs doctrinaux. Ré- sultat : à part un effort visible entrepris dans l’infrastructure rou- tière, et à quel prix ?car l’affaire de l’autoroute Est-ouest n’a pas encore livré tous ses secrets, prés de 200 milliards de dollars sont

déposés dans des banques étran- gères sans une idée précise de leur utilisation éventuelle pour le développement national. (12)

leur laissent la prise en charge

du coût social au risque d’enflam- mer le pays. Quant aux privés al- gériens, ils s’emparent des acti- vités accessoires et ancrent leurs ventouses dans le seul but de sucer la rente pétrolière. Selon l’Office national des statistiques (ONS), organisme étatique en la matière, il a été recensé en 2011 près de 959 718 entités écono- miques en Algérie, dont plus de

853 370 unités, soit 88,92% res-

tent versées, soit dans le com- merce soit dans les services, tou- jours est-il, très éloignées de la production proprement dite. (13) 2-Diversifier l’économie :

Depuis pratiquement 1985, les ex- perts n’arrêtent pas de lancer cette formule générique sans pour autant circonscrire les domaines dans les- quels l’Algérie pourrait exceller pour faire face au marché inter- national. Que reste-t-il de l’agri- culture, de l’industrie, de l’édu- cation, des services, etc. L’infor- mel guide l’économie aujourd’hui. C’est un fait incontestable. 3-Ne plus vendre du pétrole :

Le laisser dans le sous-sol ne ga- rantirait pas le maintien de sa va- leur dans le temps et surtout ne fructifierait pas son rendement, sauf si les cadres algériens sont réellement en panne d’idées. 4-Investir les fonds souverains à l’étranger :

Si les cadres algériens n’ont pas réussi à utiliser ces fonds pour le développement national, comment pourraient-ils les redéployer à l’in- ternational face aux mastodontes des investissements. Ce débat autour d’une stratégie alternative au pétrole dure dans le temps, mais l’objet autour du- quel se situe cette discussion in- terminable demeure une source tarissable. Alors, avons-nous as- sez de temps pour continuer ce débat ? Pour répondre, nous fai- sons un rappel succinct de l’exis- tant en matière de ressources en hydrocarbures en Algérie.

l’agence Alnaft. Cela a du con- traindre les pouvoirs publics à revoir leur copie pour certaine- ment assouplir le système fiscal. En général, il est admis en ex- ploration qu’entre le moment d’investir et le début d’exploita- tion, il faut compter au moins 5 ans pour la phase de recherche et de délinéation et de 2 à 4 ans pour le développement, donc toutes les découvertes actuelles sont l’œuvre des contrats de par- tage de production qui ont con- duit depuis 1986 à plus de 266 découvertes, dont 155 ont été faites par Sonatrach seule et 111 en association. On a annon- cé 4 autres découvertes en 2012 et ce, en attendant la pu- blication par Sonatrach du rap- port des activités de l’année en question. Selon le revue de BP

Statistical Review of World Ener- gy, (15) on évalue les réserves de l’Algérie pour le:

- pétrole : 12,2 milliards de ba-

rils, soit 18,5 ans au rythme de production actuel.

- Gaz : 4500 milliards de m 3 , soit

55,3 ans. Ces chiffres sont contestés par le milieu officiel, et le ministre de l’Energie et des Mines a déclaré le 4 janvier 2011 que nos réserves ne vont pas s’épuiser dans ces délais sans donner d’autres chif- fres. On peut uniquement se con- tenter des déclarations du PDG de Sonatrach dans sa conférence de presse du 7 février 2012, qui si- tue leur augmentation de 40 à 50% ces dix dernières années. (16)

lu

sur celle sociale mais cette fois-

unique et si on avait laissé

la «grande bataille» des tra-

vailleurs n’est pas l’indépendance politique mais celle économique. Cette «alliance» aurait pu être rompue suite à la réorientation du développement économique enta-

ci

Cette «alliance» aurait pu être rompue suite à la réorientation du développement économique enta- ci LA

LA RÉNOVATION

la`panique gagner le monde de travail, le pays aurait sans aucun doute sombré dans le chaos total. C’est aussi une action politique qui devrait être faite pour libérer la nation d’un imbroglio idéologique.

mé début des années 80 (9) mais la

Il

faut reconnaître que la position

rente pétrolière a réussi d’entre- tenir un climat social favorable jus- qu’à l’explosion d’octobre 88.

DE L’UGTA ET «LE GÉNIE BENHAMOUDA»

affichée et sans équivoque de l’UG- TA sur la question d’écarter la re- ligion de la politique lui a valu la perte de plus de 400 syndicalistes dont son secrétaire général.

L’ÉVOLUTION DE LA SI-

Contrairement aux différentes

Contrairement aux différentes TUATION ÉCONOMIQUE

TUATION ÉCONOMIQUE

analyses qui tentent de ramener

DEPUIS L’AVÈNEMENT

la

«brouille» Benhamouda/FLN

PLURISYNDICAL

pour l’indépendance de ce syndi-

Pratiquement, tous les syndicats

DE LA NOUVELLE DONNE DU MARCHÉ DES HYDROCARBURESde ce syndi- Pratiquement, tous les syndicats Elle dicte de revenir aux fondamen- taux avec des

Elle dicte de revenir aux fondamen- taux avec des projections quanti- fiées. En dépit de la crise européen- ne, toutes les études prospectives s’accordent pour prévoir :

-Une demande de pétrole, alimen- tée surtout par les pays émergents et qui oscillerait autour de plus ou moins 2%/an et notamment en diminution cette année selon le dernier rapport de l’AIE -Malgré la croissance modeste, la part des hydrocarbures reste pré- pondérante ; -Une importance marquée du gaz naturel ; -La production de pétrole res- tera concentrée dans les pays du Moyen-Orient, l’OPEP est amenée à doubler sa production pour passer de 30 à environ 60 Mbj à l’horizon 2030.

pour passer de 30 à environ 60 Mbj à l’horizon 2030. DES ALTERNATIVES PROPOSÉES EN DÉBAT

DES ALTERNATIVES PROPOSÉES EN DÉBAT À CE JOUR

1-L’ouverture des capitaux des entreprises ou la privatisation:

Il a été constaté que désormais les investisseurs, notamment

été constaté que désormais les investisseurs, notamment QUELQUES CHIFFRES DU SECTEUR DES HYDROCARBURES cat à des

QUELQUES CHIFFRES DU SECTEUR DES HYDROCARBURES

cat à des divergences idéologiques

y

compris l’UGTA sont en marge

étrangers, s’intéressent plus aux

L’Algérie jouit d’un vaste domai-

et

des manœuvres politiciennes,

du débat économique dont l’évo-

secteurs à forte croissance pour

ne minier estimé à plus de 1 536

le

bon sens dictera qu’il est prati-

lution se fait en dents de scie.

la partager avec les Algériens et

442 km 2 , (14) dont uniquement

 

774

688 km2 sont utilisés. Un

dont uniquement   774 688 km2 sont utilisés. Un peu moins de la moitié, soit 761

peu moins de la moitié, soit 761

754 km2, reste vierge et suscep-

tible de renfermer des hydrocar- bures. 371 850 km2 sont soit en phase de prospection soit en celle de recherche. Cela est un atout considérable que seuls les Fran- çais et partant les américains en sont conscients. Le cadre légis- latif a évolué depuis 1986 dans

un souci d’attirer les investisseurs pour trois raisons : partager le risque d’exploration, explorer les zones en profondeur du Sahara, augmenter les réserves. Il y a eu successivement : la loi 86-14 du

19 août 1986 amendée en 1991,

pour alléger les dispositions fis-

cales ; ensuite la loi très contre- versée sur les hydrocarbures 05-

07 du 26 avril 2005 modifiée par

l’ordonnance 6-10 du 29 juillet 2006 enfin revue en 2012 pour s’ouvrir formellement aux res- sources non conventionnelles. On est donc passés d’un régime de «partage de production» à un autre dit de «concession évo- luée». Il faut souligner que de- puis la promulgation de cette der- nière ordonnance, les investis- seurs ne se bousculent pas pour prendre les blocs proposés par

Renvois :

CONCLUSIONpas pour prendre les blocs proposés par Renvois : La part du marché gazier algérien demeure

La part du marché gazier algérien demeure en dépit de son atout de proximité menacée par le gaz de schiste américain, l’abondance du charbon qui vient en Europe, les concurrents russe et qataris. En plus, depuis 2011 (17) , l’Algérie vient d’ajouter un autre poids à ses difficultés économiques : ce- lui de la consommation interne qui ne cessent d’augmenter pour at- teindre des proportions inquiétan- tes. En 2011, les importations des carburants ont augmenté de 78% par rapport à 2010, on peut ima- giner l’ampleur en 2013. Donc en absence d’une alternative aux hy- drocarbures, dans moins d’une décennie, l’Algérie ne pourra plus exporter des hydrocarbures alors, comment financera t-elle le déve- loppement projeté ? R. B.

*Consultant et Economiste Pétrolier

(8) El Chaab dans sa livraison du 21 décembre 1962 (09)-lire les détails dans notre contribution dans le quotidien El Watan du 15 septembre 2012 (10) Chiffre communiqués par l’ancien premier ministre aux députés de l’APN (11) idem (12) montant estimé par la banque mondiale. (13) rapport de l’ONS paru en 2012 (14) rapport d’activité 2009 du ministère de l’énergie et des mines (15) Revue des statistiques de BP 2012 disponible dans leur site (16) El Watan du 4 janvier 2011 et du 7 février 2012 (17) Rapport d’activité 2011 de Sonatrach disponible : www.sonatrach.dz

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

14 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Et si ce n’était qu’un jeu de rôles
14 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Et si ce n’était qu’un jeu de rôles

Et si ce n’était qu’un jeu de rôles en Tunisie

PPPPPararararar AbdAbdAbdAbdAbdelkelkelkelkelkadadadadadererererer LeklekLeklekLeklekLeklekLeklek

C oncentrait sur lui, depuis l’as-

sassinat, le 6 février 2013, du

militant de gauche Chokri Be-

laïd, tout ce que compte le pays com- me outils et moyens d’analyses des faits et d’éclairage d’opinions. On s’intéresse à sa vie privée, à son par- cours politique, à sa méthode de gou- verner et à sa démarche, pour enfin être définitivement considéré com- me un véritable homme d’Etat. Qua- lifié ainsi parce qu’il a osé une réso- lution visant un remaniement minis- tériel. Forts de ce constat, les obser- vateurs sur place avaient hâtivement conclu à une cause à effet, entre l’as- sassinat de Chokri, l’initiative hardie de Jébali, et sa nouvelle dimension étatique. Jébali est comme ses pré- décesseurs, natif de Sousse, la perle du Sahel, dans la Tunisie utile, et non moins généreuse productrice de pre- miers ministres. Depuis l’indépendance, le 20 mars 1956, la quasi majorité des hommes politiques tunisiens, sont issus de cet Est prospère du pays. Car avec le collège Saddiki, et lycée Carnot de Tunis, le lycée de Sousse en fut la principale sinon l’unique pépinière pourvoyeuse d’hommes politiques. Les présidents, Habib Bourguiba est né à Monastir, ville balnéaire, située à 18 kilomètres de Sousse, et Zine Al Abidine Ben Ali, est natif de Ham- mam Sousse, dans la banlieue Nord de la perle, Jawharat Es-Sahel, com- me disent les tunisiens. En plus des deux présidents, cette région avait fourni également à la Tunisie, pres- que tous ses premiers ministres, tels que, Hédi Nouira, Mohamed M’zali, Zine El Abidine Ben Ali, Heddi Bekou- che, Rachid Sfar, Hamed Al Karoui, Mohamed Ghanouchi, et le tout der- nier Hamadi Djébali. Ce fils de me- nuisier devenu premier ministre, est ingénieur diplômé des universités françaises en thermodynamique. Il aurait été en rupture de ban avec son père dès son adhésion à l’islamisme politique, au sein du mouvement de la tendance islamique le MTI, rede- venu En-Nahdha. Il fut, avec le doctrinaire idéolo- gue, Rached Khériji, alias Ghanou- chi, et Ali Laarayedh, ancien minis- tre de l’intérieur, et non moins éga- lement ingénieur, et promu premier ministre depuis le vendredi 22 février 2013, l’un des véritables piliers. Ils connurent tous les trois la prison, sous Bourguiba et sous Ben Ali aus- si. La révolte du 14 janvier 2011, qui s’était faite, sans les islamistes, en fit d’eux les véritables décideurs de la tunisie. Officiant au palais de Dar El Bey dans la Casbah de Tunis, siè- ge du premier ministère, Hamadi Djébali, avait après l’assassinat de Chokri Belaid, montré sur la scène politique tunisienne, qu’il y avait dan- ger et péril en la demeure et qu’en conséquence, il fallait passer à une autre phase de gouvernement. Im- plicitement, il reconnaissait l’échec de l’équipe gouvernementale qu’il pilo- tait, dans sa composante humaine.

P our les tunisiens l’assassinat de Chokri Belaïd, est la manifesta-

tion tangible de la déficience, parti- culièrement, des services du minis- tre de l’intérieur. Alors, pour redon- ner de l’allant au mouvement isla- miste qui conduit les affaires du pays. Jebali, sans en informer personne, semble-t-il, envisagea de remanier son gouvernement, en y intégrant des technocrates. Entendre ici des personnalités non partisanes. Il cher- chait à priori un apaisement de la rue tunisienne et à rassurer l’opinion pu- blique internationale et autres obser- vateurs de par le monde, scrutateurs du respect des droits de la personne humaine. Cette initiative annoncée en solo avait déplu. Elle portait sur l’essentiel, à savoir, confier les por- tefeuilles de la justice et de l’inté- rieur, à des personnes censées incar- ner aux yeux de toutes les critiques, la neutralité, c’est-à-dire choisies, hors du noyau dur d’En-Nahdha. Cette sortie ne fut pas du goût du Majlis Echoura, du parti islamiste. Le 16 février ce mouvement faisait le rappel de ses troupes et de tous ses affidés à travers toute la Tunisie pour

L’ex premier ministre tunisien, Hamadi Djébali, qui s’affranchissait chaque jour un peu plus, des décisions prises au palais de Carthage, par le président de la république, par intérim. Et qui commençait, dit-on avec insistance, à faire de l’ombre à son mentor, Ghanouchi.

la république, par intérim. Et qui commençait, dit-on avec insistance, à faire de l’ombre à son

montrer sa désapprobation, et, du moins en façade, se désolidariser de Hamadi Jébali. L’objet de la manifes- tation, qui fut selon tous les obser- vateurs, un flop, était de défendre la légitimité du gouvernement et de l’assemblée nationale constituante. Devant les 10 à 15 000 partici- pants, alors que les organisateurs avaient annoncé des centaines de mille, se présentera dans une liesse proche de l’extase, le leader Ghanou- chi, pour dire que la Tunisie, appar- tient à tous les tunisiens. Et que sa présence à cette manifestation était de dénoncer les conflits, les tensions, et les manœuvres, qui existent à tra- vers le pays entre les partisans de la révolution et ses ennemis.

A se demander où se situe Gha- nouchi dans ce challenge, lui et

son mouvement qui n’ont pas parti- cipé à la révolte du 14 janvier 2011 ? Mais le thème demeure fortement vendeur. Puis, enchaînant sur l’ini- tiative de Hamadi Jebali, Rached Ghannouchi a estimé qu’un gouver- nement de technocrates représente- rait une sorte de coup d’Etat contre la légitimité. Dès à présent la ruptu- re est pour les néophytes consom- mée, entre les deux hommes d’un coté, et de l’autre, entre Jébali et le mouvement En-Nahdha. A la fin de toute cette mise en scène, specta- culairement menée, Ghanouchi, fit en sorte de condamner les violences de toutes sortes, pour conclure en déclarant fermement: qu’En-nahdha ne lâchera pas le pouvoir. C’est dans cette dernière sentence que réside tout le projet politique nahdhaoui et toute sa stratégie. De leur coté, creusant à satiété l’évè- nement, et sans se défaire de cette propension, à trouver des explica- tions à tout, et d’exhiber des justifi- catifs, même là où il n’en faut pas. Les tunisiens comme à leur habitude se sont lancés, à faire du formalis- me, en convoquant de grands spé- cialistes du domaine, pour savoir, si Jébali avait le droit ou pas,de rema- nier son gouvernement ? Devrait-il ce faisant, au préalable, démissionner ? Est-ce que l’assemblée nationale constituante devait auparavant être consultée ? Etc. En tout état de cau- se, le 19 février Hamadi Jébali pré- sentait sa démission au président de la république, Mohamed Marzouki, qui l’accepta. D’aucuns affirment de- puis, que cette démission trouve ses causses dans l’échec du premier mi- nistre sortant à former un gouver- nement de technocrates. Car aucun parti ne voulait y participer. Les for- mations politiques, se sont montrées réticentes, pour préserver leurs chances de succès aux prochaines élections législatives et locales. Aucu- ne formation ne voudrait demain, face aux électeurs endosser les ca-

potages dans tous les domaines, et les plantages du gouvernement Jé- bali. Cela est une lecture au pre- mier degré de l’évènement, qui par ailleurs se tient.

C ependant les vraies raisons de ce renoncement sont à rechercher

dans la stratégie d’En-Nahdha de durer au pouvoir. A ce propos la loi tunisienne du 16 décembre 2011, relative à l’organisation provisoire des pouvoirs publics, dite : la petite constitution, avait dans sa teneur omis le cas de la démission du chef du gouvernement, elle n’envisage dans ses articles, que les cas de l’in- capacité ou bien le décès de ce der- nier. Ainsi et toujours selon cette loi, le président par intérim, Marzouki doit désormais assigner au parti ma- joritaire à l’assemblée nationale cons- tituante de désigner un candidat, que le président chargera de former un nouveau cabinet. Si après 15 jours de cette désignation, ce candidat échoue à former son gouvernement. Le président par intérim, de la ré- publique procédera à des consulta- tions, avec les partis, les coalisions et les blocs parlementaires, en vue de former un gouvernement. En l’es- pèce, on n’est pas encore là, parce que, le Majlis Echoura du parti majo- ritaire En-Nahdha vient de choisir, son ex secrétaire général, et ancien ministre de l’intérieur Ali Laarayedh, pour ce poste, que le président Marzouki avait le 22 février, chargé de former le nouveau gouvernement. Avec cette nomination, l’exclusivi- té de fait, et l’apanage d’occuper ce poste, anciennement réservés aux personnalités sahéliennes disparaîs- sent. Laarayedh est natif de Medni- ne dans le Sud tunisien. Il est com- me Jébali ingénieur mécanicien de marine marchande, il fut comme lui chef et porte parole d’En- Nahdha, et comme lui emprisonné durant dix ans. Il aura subi, durant, de terri- bles pressions psychologiques et autres sévices physiques. Sa femme également fut soumise aux pires bru- talités dégradantes et avilissantes dans sa dignité, par l’état policier tunisien. Mais c’est sous son autori- té au ministre de l’intérieur, que le drapeau tunisien fut arraché par un activiste islamiste du fronton de l’uni- versité des lettres des arts et des humanités de Manouba, et rempla- cée par l’étendard noir salafiste. Et que dans une action mémorable, une jeune fille étudiante brava ce gros bras et remis le drapeau national à sa place. C’est également sous son administration de ce ministère que des policiers et des agents de la gar- de nationale -gendarmerie- avait tiré sur des manifestants à Siliana, nord ouest du pays, pour les disperser, à la chevrotine. Cette munition est in- terdite d’utilisation, par les conven-

tions internationales. En France elle est même interdite dans la chasse au gros gibier. Selon les experts fran- çais, elle ferait souffrir l’animal chas- sé, quand il n’est que blessé. On dit aussi que c’est lui qui aurait donné des ordres pour que les activistes des ligues de protection de la révolution, milices islamistes, ne soient pas in- quiétés, après avoir incendié, l’am- bassade américaine à Tunis. La des- truction de 40 mausolées, dont la plus significative est celle de Sidi Bousaïd, dans la banlieue nord de Tunis, et la dégradation d’autres pa- trimoines tunisiens, avaient eu lieu pendant qu’il officiait au ministère de l’intérieur, et qu’il avait laissé faire.

C omme qui dirait, après évalua- tion, cette promotion s’est faite

sur un bilan, pour le moins négatif, en matière sécuritaire. La première mission de ce ministère de souverai- neté qu’est le département de l’inté- rieur. Oui mais cette manière de pro- céder est en harmonie totale avec la démarche islamiste de gouverner. Les nahdhaouis de Tunisie, le con- firment encore une fois, s’il en était besoin. En préparant cette chronique, je suis tombé sur un document qui renseignerait le lecteur, sur le nou- veau premier ministre tunisien. Alors, j’ai décidé de le soumettre à tous.

En 1990 et à la faveur de l’ouverture décidée par Ben Ali, en direction de l’opposition, Ali Laarayedh, alors se- crétaire général d’En-Nahdha, don- nait cette interview, aux journaux tunisiens, As-sabah, arabophone et le Temps hebdo, francophone. Il di- sait donc: «L’islam constitue pour nous la référence pour tous nos pro- blèmes socio-économiques».

- Êtes-vous pour la fermeture des

bars ? «Oui, un pays musulman ne

doit ni vendre, ni encourager la con- sommation d’alcool. Les savants de l’islam détermine- ront si les touristes étrangers peu- vent consommer de l’alcool dans un pays musulmans», répondait l’actuel chef du gouvernement.

- Êtes-vous pour la fermeture des

hôtels ? «Oui, progressivement, pour

nous orienter vers l’agriculture et l’in- dustrie », disait-il.

- Que pensez-vous du statut de la

femme ? « D’abord, qu’on ne vienne pas nous dire que ce statut du code personnel est sans failles. Il a be-

soin d’être revu et discuté par des sociologues, des savants de l’is- lam, des juristes. Ensuite, on ver- ra ses avantages et ses inconvé- nients», confirmait-il.

- Êtes-vous pour la liberté de la

femme ? « Comme principe oui, mais il faut le voir dans la dimen- sion familiale » !

- Une femme peut-elle avoir un pas-

seport et voyager seule ? «Les juges et les savants de l’islam détermine-

ront les conditions ! »

- Et si les juges et les savants de l’is- lam sont contre ces droits ? «On appli- quera alors l’islam dont on cherche

d’ailleurs souvent à souiller l’image ».

- Croyez-vous que le port du voile

est obligatoire ? « Oui, toutefois les

femmes qui ne le portent pas sont des musulmanes qui commettent des péchés… Nous sommes pour une con- duite saine ».

- Êtes-vous contre le planning fami-

lial ? « Oui, je suis contre le planning familial ». Et comme cela se passait

en 1990, il ne pouvait échapper à donner sa lecture de ce qui se pas- sait à cette époque en Algérie.

- Que pensez-vous des incidents en

Algérie dont les auteurs semblent être des intégristes ? « Il s’agit d’une campagne orchestrée par les médias tunisiens visant à porter préjudice à no- tre mouvement… Le Front islamiste al- gérien fait d’excellentes choses dont les médias tunisiens ne parlent pas…». Alors, le nouveau premier ministre tunisien, fera-t-il mieux, plus, ou bien moins que ses frères d’obédien- ce, algériens ? Pour ce qui concerne, nous connaissons le résultat. Son comparse Jébali, devenu secré- taire général du parti. Et alors que les résultats définitifs des élections à l’assemblée constituante n’étaient pas encore publiés. En premier mi- nistre autoproclamé, faisait lors d’un meeting nahdhaoui, tenu le diman- che 13 novembre 2011, au théâtre de plein air de Sousse, à Sidi Dha- her, cette déclaration : «il s’agit là d’un moment divin, dans un nouvel Etat, dans un 6ème Califat, inchal- lah». Monsieur Laarayedh, son suc- cesseur premier ministre, concréti- sera-t-il, le projet?

Le programme politique dans cet- te mouvance, c’est qu’une fois au pouvoir, il n’est plus question de le lâcher, coûtera ce qu’il en coûtera. A chaque crise, et pour gagner du temps, sans apporter de solutions aux attentes des populations. On re- prend les mêmes et on recommen- ce. On change l’orchestre, mais la

partition demeure la même. Pour la prise en charge financière de ces périodes d’atermoiements et de ter- giversations, un petit émirat du golf,

couleur grenat et blanc, y pourvoira. Le temps faisant son travail d’usu- re, tous les challengers et les tous les concurrents politiques, per- dront des forces, les électeurs de leur coté, seront, eux aussi fati- gués. Ainsi pour les autres, quand ils rêveront à reconquérir le pou- voir, il y aura loin de la coupe aux

lèvres. Et si ce n’était là qu’un jeu de rôle, bien rodé dans cette mou- vance, qui est entrain de se repro- duire en Tunisie ? La réponse est par

l’affirmative. Car le futur président de la république tunisienne, se nom- me Hamade Jébali.

Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 15 L’Algérie ou le syndrome de Nauru PPPPPararararar

Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

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Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 15 L’Algérie ou le syndrome de Nauru PPPPPararararar

L’Algérie ou le syndrome de Nauru

PPPPPararararar MoMoMoMoMohammedhammedhammedhammedhammed BeghdBeghdBeghdBeghdBeghdadadadadad

CAUCHEMAR EN PLEINE NUIT Pour mon malheur, je tombe sur une mauvaise surprise à la lecture de ce message en vous plongeant dans l’effroi qui

vous glace le dos et vous laisse perplexe. Je me suis alors senti en train de vivre un cauchemar en n’arrêtant pas d’y penser à l’issue dramatique de ce petit pays dont je viens de découvrir sa descente aux enfers. Je ne cessais pas de se retourner dans mon lit et en n’ayant plus l’envie de me rendor- mir. J’imaginais ce même scénario catastrophe qui pourrait se repro- duire un jour chez nous et qui me hantait en cette sombre nuit d’hi- ver de ce que nombre d’experts ne cesse d’alerter sur les périls qui pourraient être très imminents avec ces puits si jamais commencent à s’épuiser. Il faudrait de véritables réformes totalement radicales des institutions, des hommes et des mentalités politiques, économiques et sociales pour espérer sortir in- demne du cycle infernal qui se dres- se inévitablement devant nous.

NAURU ? Est-ce que quelqu’un a enten- du parler d’un état indépen-

dant et membre permanent de l’ONU qui se nomme Nauru (1) ? En tous les cas, c’est la première fois que j’entends parler de ce nom que chaque algérien devrait apprendre désormais par cœur son aventure. On doit même la méditer tous les jours. Il s’agit d’un petit état, à peine peuplé de 15000 habitants, qui s’étale sur une île d’environ 21 kilomètres carrés en plein océan pacifique à mi-chemin entre Hawaï et l’Australie. Par sa taille, Nauru est considérée comme la plus pe- tite république du monde. Si on in- voque dans ce papier Nauru, c’est

à cause de son passé économique

qui ressemble comme deux gout- tes à notre présent dans ce do- maine. C’est une Algérie minuscu- le mais son actualité actuelle est

des plus effroyables à tous points de vue. Commençant par le début en présentant ce pays aux lecteurs. En effet, c’est en 1968 que Nauru accéda à son indépendance après avoir été une colonie allemande de

indépendance après avoir été une colonie allemande de J’avais reçu la semaine dernière un message
J’avais reçu la semaine dernière un message électronique émanant du mouvement écologique algérien que j’avais
J’avais reçu la semaine dernière
un message électronique
émanant du mouvement
écologique algérien que j’avais
consulté après m’être réveillé
en plein milieu de la nuit suite à
une soudaine insomnie. Comme
je n’arrivais pas à retrouver le
sommeil, je me suis donc
connecté sur Internet pour lire
du courrier laissé en instance.

tous les pays qui ne veulent pas voiler la face. Il suffit donc de se regarder avec courage et respon- sabilité le visage dans ce miroir nauruan pour prédire son destin. Tout le monde se poserait la ques- tion pourquoi ce petit pays n’avait- il pas prévu sa situation actuel- le ? C’est encore l’histoire de la cigale et de la fourmi qui n’a pas

été retenue. Pour quelles raisons, est-il tombé en déliquescence ? Eh bien, on pourrait être tenté de dire qu’il était aveuglé et obnubi- lé par cette richesse non durable et non renouvelable, qu’il n’écou- tait que ses pulsions les plus dé- vastatrices. Ses voix conscien- cieuses étaient certainement inaudibles. Le Tsunami a alors tout emporté sur son passage.

LE RETOUR DE MANIVELLE À NAURU C’est dans les années 1990 que ce qui devait arriver arri- DE MANIVELLE À NAURU C’est dans les années 1990 que ce qui devait arriver arri- va. Le retour de la manivelle

avait débuté avec l’épuisement des réserves en phosphate, combiné en cela à de mauvais choix écono- miques qui avaient alors trempé inévitablement Nauru dans la failli- te et l’instabilité politique. Parallè- lement aux restrictions budgétai- res qui ont suivi cette récession, l’état nauruan tente sans succès de diversifier son économie par le tourisme et la pêche. Ne disposant pas d’autres ressources, elle de- vient alors indubitablement un état voyou en se tournant vers des activités illicites telles que le blan- chiment d’argent, la vente de pas- seports, le marchandage de ses votes au sein des organisations internationales. Elle a même ins- tallé sur sa minuscule parcelle à peine insuffisante pour sa popula- tion des centres de réfugiés pour le compte de l’état australien aux étrangers qui attendent leur visa d’émigration vers ce pays (3) . Comme on le constate fort bien, Nauru s’est convertie en une pla- que tournante du trafic internatio- nal en passant d’un état respecta- ble vers un état irresponsable et infréquentable. C’est une des con- séquences directes de sa politique antérieure qu’elle est en train de payer sèchement. N’en parlons pas des effets collatéraux sur la popu- lation qui vivent maintenant au seuil de la pauvreté et de la pré- carité. Comme séquelle principa- le, l’espérance de vie s’est énor- mément dégringolée, passant à 59 ans pour les hommes et à 64 ans pour les femmes. Certains rapports annoncent 49 ans comme moyen- ne dans le pays.

LES SÉQUELLES DE LA RENTE SUR NAURU Avec toutes les maladies des pays riches liées au cœur, DE LA RENTE SUR NAURU Avec toutes les maladies des pays riches liées au cœur, au sang, à l’appareil digestif, au

rein, aux dents, etc… qui rongent une grande partie de la population, c’est à une morte lente et à une fin dramatique auxquelles sont soumises les humains de ce pays devant les yeux impassibles du monde entier qui se sont déguer- pis une fois le magot rempli et la source desséchée. On ne finit pas ce passage sans citer ce partena- riat signé en 1997 avec l’institut international du diabète et cet état

redevenu pauvre mais avec des répercussions très graves. Cet ac- cord stipule que les Nauruans ac- ceptent de se livrer à toutes sor- tes d’examens médicaux et géné- tiques sur une période de vingt années, contre de possibles com- pensations financières au profit de son gouvernement. Après une pa- renthèse très prospère, le nauruan touche le fond de l’abîme en se substituant aux animaux en co- bayes. Pour ainsi dire, Nauru cède ses enfants pour essayer de survi- vre dans ce monde impitoyable où tout le monde s’en détourne de son sort cruel. Les algériens ont-ils déjà oubliés les années noires avec le FMI appelé en rescousse et en vous dictant ses lois après une chute brutale des cours du baril ? Alors un peu de recul, nous ferait bon- nement réfléchir. Tous les ingrédients sont donc réunis en nous pour subir le chaos de Nauru dont l’exploitation de son phosphate a radicalement transfor- mé cette jeune démocratie promet- teuse à ces débuts en un état cor- rompu et clientéliste. La malédic- tion des matières premières est là pour nous rappeler la faillite d’un état et la ruine de ses habitants tout en détruisant tous les liens qui les tissaient à leur culture tradi- tionnelle. C’est une histoire qui peut nous servir d’exemple et d’avertissement comme le rappel- le la vidéo intitulé « Nauru : une île à la dérive » de l’émission Tha- lassa de France 3 projetée en ce 27 septembre 2009 (4) . Toujours dans le cadre de ces prémonitions, nous recommandons à nous tous comme livre de chevet celui de Luc Folliet : « Nauru, l’île dévastée » (5) ou encore du même auteur un reportage télé accompagnant son livre avec le titre terrible, « L’im- plosion écologique de l’île de Nau- ru » (6) , tout en espérant que la leçon nauruane serait retenue.

, tout en espérant que la leçon nauruane serait retenue. LES INGRÉDIENTS NAURUANS SUR L’ALGÉRIE Ce

LES INGRÉDIENTS NAURUANS SUR L’ALGÉRIE Ce cataclysme pourrait surgir à tout moment et à grande échelle en Algérie. Il faut pren-

Références:

dre au sérieux ce syndrome de Nauru. Cette république est tom- bée en déchéance pourtant elle n’est même pas de la taille d’une de nos petites villes mais elle a un président, un gouvernement, un parlement de 18 députés, un aé- roport international et une compa- gnie aérienne avec des avions et possédait des comptes garnis en milliards de dollars qui se sont en- volés sitôt la crise avait pointé en le épouillant de tous ses biens. Elle pouvait être mieux gouvernée qu’un mastodonte comme le nô- tre. Et pourtant son destin est des plus inattendus. Actuellement, le gaz de Schiste provoque un grand débat dans le pays, du moins sur les réseaux sociaux et sur les colonnes des journaux. Si le pays songe à se tourner vers cette ressource nui- sible aux ressources hydriques ont il ne s’agit pas ici de le redémon- trer, c’est que les gouvernants sentent la fin très proche des hy- drocarbures. Si nous décidons d’exploiter cette nouvelle énergie au détriment des énergies renou- velables, on court vers un autre désordre écologique qui hypothé- querait grandement l’avenir du pays et ceux des générations fu- tures. Ce serait encore une fois une fuite en avant. Depuis que les autorités ont fait de la rente des pétrodollars leur feuille de route, tous les us des citoyens se sont totalement mé- tamorphosés dans le mauvais sens. L’Algérie n’est vue non pas comme un pays à aimer mais trai- tée comme une vache à lait. C’est une grosse tarte à partager. Cha- cun veut sa part du gâteau. Il y a ceux qui ont avalé la grande por- tion et continuent de la croquer, de la déchiqueter de tous leurs dents de prédateurs. Il y a ceux dont l’unité de change est le di- nar, d’autres monnayent en mil- liards de centimes (un bâton ou un « mechehat » dans le jargon de nos soi-disant affairistes), les enfants et les neveux privilégiés comptent en centaines millions d’euros et les invisibles en mil- liards de dollars. Pauvre Algérie qui peut finir en pauvre et vieille malade, victime de ses enfants qui lui ont subtilisé tous ses biens et profitée d’elle jus- qu’à la moelle de son épinière, ils lui ont volée tous ses joyaux pour la laisser finir mal ses jours, bon- ne à rejoindre le cimetière ou à défaut la maison de vieillesse. Elle leur a tout donnés mais en re- tour que de faux espoirs. Les di- nars ne leur suffisent plus, ce sont les dollars et les euros et de toutes sortes de gains en monnaie forte qui les attirent vers la proie nommée Algérie. Depuis plus d’une décennie, au lieu d’éradiquer le mal, l’affaire Khalifa a fait des émules en en- courageant tous les prédateurs à s’acharner davantage sur la mal- heureuse Algérie, la dernier en date, celle que l’on nomme par af- faire Sonatrach 2, qui vous donne l’envie de vomir, est là pour nous rappeler l’horreur qui persiste. Des gens sans scrupules qui n’ont ja- mais porté l’Algérie dans leur cœur comme le dévoile ces transactions qui nous rappellent le rôle maffieux de ces intermédiaires. Attention, l’Algérie possède une mémoire d’éléphant qui se sou- vient de tout, du plus petit au grand et énorme détail. Elle voit tout, subit tout mais ne réagit pas im- médiatement. Sa revanche est un plat qui se mange froidement qu’elle réserve à chacun de ses résidents qui ne lui ont pas été fi- dèle, qui l’ont escroquée et qui lui ont dérobée sa jeunesse.

1888

à 1914 puis australienne de

1914

à 1968 avec une période ja-

 

L’OPULENCE DE NAURU

ponaise entre 1942 et 1945 au

cours de la seconde guerre mon- diale (2) . C’est la richesse en phos- phate dont regorge ce pays qui nous pousse à soupirer profondé- ment sur ces hydrocarbures qui pourraient nous être aussi fatales dans un lendemain qui s’approche

L’exploitation de son phospha- te avait donc commencé il y a plus d’un siècle. C’est

L’exploitation de son phospha- te avait donc commencé il y a plus d’un siècle. C’est à la l’ac-

quisition de leur indépendance que les Nauruans autochtones avaient accédé à la rente de cette ressour- ce. Avec la hausse du cours mon- dial du phosphate qui avaient cul-

à grands pas. Ce n’est pas la ri-

chesse de ces ressources naturel- les qui pose problème mais ce sont leurs gestions anachroniques qui pourraient nous réserver un futur des plus incertains. Il existe de nombreux pays sur la planète qui dépassent de très loin notre pro- duction en énergie fossile, à l’ins- tar des pays scandinaves, mais ils n’ont jamais compté intégralement sur les rentrées de devises de cet- te énergie non-renouvelable pour les gaspiller et les éparpiller dans la nature comme c’est le cas de l’Algérie durant ces années fastes. Il est inimaginable dans un pays où les institutions jouent pleine- ment leurs rôles que des scanda- les de pots de vin et de corruption éclatent telles des bombes dans tous le pays sans que les autorités réagissent avec rigueur et ferme- té qui redonnerait confiance à ce peuple qui bouillonne en son for intérieur. Ces affaires sont deve- nues même banales et c’est là que le danger d’un effritement de l’état nous guète avec ses hameçons im- pitoyables qui happent sans ver- gogne et sans se rassasier cette Algérie. L’effet boumerang n’est pas loin, le réveil tardif risque d’être dur, très dur. Nauru a donc inventé ce miroir funeste pour déchiffrer l’avenir de

miné en 1975 à 68 dollars la tonne que la prospérité de Nauru est pas- sée du néant à un rang la classant parmi les meilleurs PNB par tête dans le monde. Avec un produit in- térieur brut de 50 000 dollars Us par habitant, Nauru s’était instal- lée royalement durant deux décen- nies, juste après l’Arabie saoudite dans le classement mondial des pays aisés ! Qui disait mieux ! Sa population s’était ouverte à grands bras et sans compter à la consom- mation à outrance et voire ses tra- ditions s’occidentaliser davantage. Elle importait tous les produits de consommation, de la simple épin- gle jusqu’aux voitures de luxe et de tous terrains. Cela nous rappel- le étrangement notre condition vir- tuelle. On ne dépense pas selon les labeurs des bras mais selon les ren- trées de la rente. Ce mode de vie occidental s’es avéré même néfas- te par la suite pour la santé de la population avec une augmentation de l’obésité et en enregistrant le taux le plus élevé du diabète dans le monde (40% de la population atteinte du diabète de type 2) due aux mauvaises habitudes alimen- taires importées et des conséquen- ces de la sédentarité au point où leur état leur paie même les fem- mes de ménages venant des pays asiatiques avoisinants.

1- http://www.naurugov.nr 2- http://fr.wikipedia.org/wiki/Nauru 3- http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Nauru 4- http://blog.france3.fr/equipe-thalassa/2009/09/27/nauru-une-ile-a-la-derive/ 5- Luc Folliet, Nauru, l’île dévastée - Comment la civilisation capitaliste a anéanti le pays le plus riche du monde, Edition «La Découverte», 2009. 6- http://www.paperblog.fr/2459277/nauru-l-ile-devastee-de-luc-folliet/

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Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

16 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Par Pierre Morville L ’IFRI est l’un des
16 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Par Pierre Morville L ’IFRI est l’un des
16 Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 Par Pierre Morville L ’IFRI est l’un des

Par Pierre Morville

d'Oran Jeudi 28 février 2013 Par Pierre Morville L ’IFRI est l’un des think tanks français

L ’IFRI est l’un des think tanks français en matière de géopolitique. Cet insti-

tut dirigé par Thierry de Mont- brial vient de publier deux étu- des passionnantes, l’une sur le regard de la Chine sur le Ma- ghreb, la seconde est son pen- dant, vu du côté indien. Ces deux pays les plus peu- plés de la terre, sont d’ores et déjà des géants économiques présents tous deux dans la zone du Maghreb. C‘est pourtant une région éloignée de Pékin ou de New-Delhi, il n’existe pas de tra- dition de relations historiques. La langue peut faire obstacle, l’ara- be (ou le français) ne sont pas ou peu enseigné dans les facul- tés chinoises ou indiennes. Il est donc tout à fait intéressant de voir comment ces deux grands pays considèrent cette région, prise au sens large, de la Mauri- tanie à l’Egypte. L’interrogation est d’autant plus pertinente que la Chine et l’Inde ont comme la plupart des grands pays, été très surpris, voire embarrassé dans le cas de la Chine, par l’émer- gence soudaine des «Printemps arabes». «C’est avant tout d’un point de vue de politique inté- rieure (risque d’instabilité) que les mouvements de révolte dans le monde arabe ont été suivis en Chine, avant que le cas libyen ne viennent rappeler aux autorités et aux entreprises la nécessité croissante de protection des in- térêts économiques et des res- sortissants de la région» note Alice Ekman qui a rédigé l’étude «Le Maghreb vue de Chine».

LE PRINCIPE DE NON-INGÉRENCE Cette chercheuse précise d’emblée qu’il n’existe pas de stratégie chinoise orga- nisée sur l’ensemble de la zone même si Pékin dispose déjà d’outils d’analyse et d’action glo- bale comme le Forum de coopé- ration sino-arabe dont la derniè- re session s’est tenue en mai 2012, à Hammamet en Tunisie. Les relations bilatérales res- tent cependant pour la Chine, le bon modèle pour développer les liens économiques et secon- dairement politiques avec les pays de la zone. De ce point de vue, deux pays ont particulièrement de l’impor- tance pour Pékin : l’Egypte et l’Algérie. L’Egypte qui certes, ne dispose pas de ressources éner- gétiques importantes, occupe une place centrale par sa situa- tion géographique dans le mon- de arabe, par ses moyens de communication maritime (Canal de Suez) et elle représente un important marché intérieure :

L’Egypte est principal marché d’exportation de la Chine, devant l’’Algérie et le Maroc, les échan- ges entre les deux pays ont to- talisé 8,8 milliards de dollars en 2011, soit une progression de 40% par rapport à 2008. Dans le cas de l’Egypte et de l’Algérie, les relations ont égale- ment un caractère historico-po- litique. Pékin a avait tissé des liens particuliers avec Nasser, soutenant sa démarche panara- be. L’Egypte fut le 1er pays ara- bo-africain à nouer, en 1956, des relations diplomatiques avec la Chine. Le FLN algérien eu des relations privilégiées avec les autorités chinoises dès la guerre d’indépendance, au milieu des années 50. Le Maroc et la Tuni- sie ont eu des relations diploma- tiques plus tardives (1958, pour le Maroc, 1964, pour la Tunisie). La période maoïste fut mar- quée par un grand isolement di- plomatique et commercial. Deng

Le Maghreb, vu de Pékin Fin 2011, le commerce entre la Chine, le Moyen-Orient et
Le Maghreb, vu de Pékin
Fin 2011, le commerce entre la Chine, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord
s’élevait à 159,9 milliards de dollars, en progression annuelle de 34,7%,
dont 30% revenaient au Maghreb

Xiaoping qui prit la succession de Mao, entama une ère de déve- loppement économique à marche forcée et ouvrit la Chine au mon- de. La croissance économique, l’ouverture de marchés aux pro- duits chinois, la garantie de res- sources minières et énergétiques étant les principaux objectifs, la diplomatie devait se mettre aux services de ces objectifs et le pragmatisme devenait la règle. Oubliées, les grandes incanta- tions à l’internationalisme prolé- tarien, la Chine veut entretenir des relations avec de nombreux pays, quelle que soit leur cou-

leur politique, affichant très haut son principe de «non-ingérence»

et pratiquant «le taoguang yang

hui», «dissimuler sn éclat et re- chercher l’obscurité», en d’autres termes note Alice Ekman, «faire profil bas». Ces orientations qui restent encore largement pré- sentes dans la gestion quotidien- ne de la politique étrangère chi- noise, ont tout de même été in- fléchies au début des années 2000 avec l’accession au pouvoir du Président Hu Jintao et de son 1er Ministre Wen Jiabao

L’ALGÉRIE, DESTINA- TION PRIORITAIRE On assiste alors à une in- tensification des relations de la Chine avec le Maghreb

et de la présence chinoise dans

la région : outre la question tou-

jours cruciale des ressources énergétiques, on assiste à une

pénétration des entreprises chi- noises sur des marchés locaux en plein développement, ceux-

ci été souvent de surcroît consi-

dérés comme des tremplins avec des marchés aux alentours : le Maghreb est ainsi perçu par les Chinois comme un mode d’accès privilégié aux marchés euro- péens. «Au Maghreb, c’est na- turellement vers l’Algérie riche en pétrole que la Chine s’est tournée en priorité pour déve- lopper des relations diplomati- ques et économiques approfon- dies» pointe la chercheuse de l’Ifri : les grandes pétrolières chinoises (CNOOC, Sinopec, CNPC) sont présentes dans ce pays mais également en Libye qui devient également prioritai- re, et dans une moindre mesu- re, en Tunisie et au Maroc, tout comme les grands gaziers ou miniers chinois (China Geo En- geneering, Socom). Mais les éco- nomies du Maghreb représentent également des marchés locaux attractifs, en plein développe- ment. Au début des années 2000, le niveau de vie et le pou-

Au début des années 2000, le niveau de vie et le pou- voir d’achat au Maghreb

voir d’achat au Maghreb sont supérieurs à ceux des marchés de l’Afrique sub-saharienne. L’Al- gérie devient l’une des principa- les zones de développement des entreprises chinoise du BTP, avec des très nombreux chantiers (aé- roport, centres commerciaux, création de plus 60 000 loge- ments, autoroute la plus longue du continent…). Avec l’adhésion de la Chine à l’OMC, les marchés maghrébins s’ouvrent plus faci- lement aux produits chinois et la création d’entreprises chinoises dans le Maghreb sur des cré- neaux à plus forte valeur ajou- te, tels que l’électro-ménager (Haier Maghreb Arabe HHW), les

Télécoms (Huawei, ZZT), l’auto- mobile, le textile, voire même le tourisme, avec l’ouverture de li- gnes aériennes directes Chine- Egypte mais également Alger- Pékin en février 2009. Ces mar- chés maghrébins sont égale- ment vécues par les entrepri- ses chinoises comme des mar- chepieds vers d’autres mar- chés : ceux de l’Afrique sub- saharienne, avec l’investisse- ment du géant du textile chinois SI LI & Fung au Maroc, maïs éga- lement les marchées européens, les investisseurs chinois étant particulièrement intéressés par le fait que certains pays du Ma- ghreb comme le Maroc ont signé avec l’UE des accords préféren-

tiels d’échange. Dans le cadre de sa stratégie, à la fois économique et diploma- tique, la «Go global Policy» adop- tée en 2001 par le gouvernement central chinois, Pékin compte

également étendre son «soft power» sur le plan culturel avec la création des centres culturels chinois Confucius, le développe- ment de l’apprentissage du chi- nois, le lancement en 2009 d’un groupe de chaînes de télé en lan- gues étrangères… Enfin, Pékin compte sur les liens tissés avec les pays du Ma- ghreb pour renforcer son poids dans les organisations interna- tionales. En retour, ces mêmes pays comptent sur un soutien chinois pour le règlement de dos- siers difficiles comme la question palestinienne ou l’affaire du Sa- hara occidental, «pour lequel la Chine est un des soutiens tradi- tionnels de l’Algérie» remarque Alice Ekman.

tradi- tionnels de l’Algérie» remarque Alice Ekman. LE GRAND CHOC DES PRINTEMPS ARABES Pour l’experte de

LE GRAND CHOC DES PRINTEMPS ARABES Pour l’experte de l’Ifri, les entreprises et les adminis- trations chinoises fonction-

nement au cas par cas, pays par

pays, parfois au risque de buts hétérogènes, notamment au sein de la myriade des organismes publics chargés du développe- ment extérieur, «l’absence de coordination institutionnelle est d’autant plus forte qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de ligne idéologique directrice de la poli- tique étrangère chinoise en Afri- que du Nord. Les fonctionnaires, chercheurs et conseillers des ins- titutions de politique étrangère affirment sans détour que la di- plomatie chinoise ne tient pas compte outre mesure des orien- tations politiques et idéologiques des pays avec lesquels elle en- tretient et développe des liens» précise Alice Ekman. ««S’il y a des problèmes dans les pays ara- bes, ce sont les affaires des pays arabes» résume l’un des cher- cheurs chinois qu’elle a inter- viewé. Si l’on excepte des liens historiques et politiques forts, comme ceux noués avec l’Algé- rie, et même dans ce cas, la non- ingérence prévaut largement. Mais cette non-ingérence tourne souvent à une relative indifféren- ce, voire parfois un certain mé- pris aux situations locales du Maghreb. Du coup, les entrepri- ses et les pouvoirs publics chi- nois ont été totalement surpris par la soudaineté et l’ampleur des «printemps arabes», dont ils ont une lecture d’abord «in- térieure» : «face à l’émergen- ce des mouvements de révolte dans le monde arabe, note la chercheuse de l’Ifri, une forte nervosité a gagné les autorités chinoises qui se sont rapide- ment inquiétées de l’effet do- mino potentiel et d’une propa- gation jusqu’en Chine». Ainsi les grands medias traditionnels chinois et de presse et d’audio- visuel ont faiblement couvert les événements et le 1er effet des printemps arabes a été un renforcement par les autorités chinoises de l’évaluation des ris- ques de «crise intérieure» et une mainmise accrue sur les medias et les réseaux sociaux chinois ! Le second traumatisme fut l’af- faire libyenne : non seulement la Chine a du, lors du conflit entre le pouvoir khadafien et les for- ces anglo-franco-américaines, évacuer en urgence 37 000 res- sortissants chinois en février- mars 2013, la Libye restera un traumatisme pour de nombreux investisseurs chinois qui ont per- du leur mise dans le secteur énergétique et d’autres domai- nes d’activité. Les industriels chinois ont éga- lement perdus des plumes dans

d’autres conflits comme celui du Soudan et Soudan du Sud et dans une moindre mesure en Syrie. Plus généralement, les cas d’enlèvements voire d’assassinat de salariés chinois, souvent pour des raisons mafieuses ont aug- menté ces dernières années sur le continent africain dans son en- semble. Les personnels des en- treprises chinoises ont égale- ment du faire l’apprentissage de mesure de sécurité face au ter- rorisme islamiste. Ainsi le grou- pe pétrolier CNPC a fait suivre à 17 000 de ses salariés une for- mation de prévention et de sé- curité en 2009. De son côté le groupe de télécoms Huawei a fait appel en 2010/11 à des consul- tants et chercheurs spécialistes de la région pour savoir si les printemps arabes pouvaient éga- lement émerger en Algérie. La relative indifférence aux situations locales entraîne éga- lement des erreurs de gestion dans les relations avec les po- pulations maghrébines. Cer- tains secteurs industriels ma- ghrébins sont touchés directe- ment par la concurrence chinoi- se et la population locale ne bénéficie pas toujours d’un ef- fet d’aubaine des projets d’in- vestissement chinois, en raison d’un taux insuffisant d’embau- ches dans la population d’ac- cueil et d’un recours très faible à la sous-traitance locale. «La pratique couramment em- ployée par les groupes chinois opérant à l’étranger d’importer de la main d’œuvre de la Chine est de plus en plus mal perçue dans les pays de la région où les taux de chômage demeurent très élevés, remarque Alice Ek- man, en 2009, des incidents violents ont éclaté en Algérie entre population locale et ouvriers chinois». Le Chine à ce jour ne s’est pas dotée d’une vision stratégique sur l’ensemble de la zone, le prin- cipe de non –ingérence, parfois teinté d’indifférence ou d’incom- préhensions, restée de mise, les «printemps arabes» sont vé- cues par les spécialistes chinois, qui sous-estiment culturelle- ment les exigences démocrati- ques, comme de simples récla- mations des populations d’une amélioration de leurs conditions de vie. «D’un point de vue gé- néral, rien n’indique que les printemps arabes ont significa- tivement modifié la vision chinoi- se de la région Maghreb-Moyen- Orient», conclut Alice Ekman. (La semaine prochaine : «le Ma- ghreb, vu de New Delhi»)

Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 17 Le baisemain, ultime symbole de la servitude

Le Quotidien d'Oran

Jeudi 28 février 2013

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Le Quotidien d'Oran Jeudi 28 février 2013 17 Le baisemain, ultime symbole de la servitude B

Le baisemain, ultime symbole de la servitude

2013 17 Le baisemain, ultime symbole de la servitude B aiser les mains est une chose

B aiser les mains est une

chose étrangère à nos va-

«

leurs et à notre morale.

C'est un acte que toute âme libre refuse. Je déclare mon refus caté- gorique de cette habitude et je vous appelle à n'embrasser que les mains des parents, pour marquer votre respect à leur égard”. L’homme qui parle ainsi n’a pas la réputation d’être un démocrate. Le pays qu’il dirige est même l’un des plus fer- més et des plus conservateurs de la planète. En 2005 pourtant, le roi Abdallah Ibn Abdelaziz prenait tout le monde de court en annonçant l’abolition officielle du baisemain en Arabie Saoudite. Ironie de l’histoi- re, il passe pour un progressiste

pour certains observateurs maro- cains, déçus par les promesses non tenues de Mohammed VI d’alléger le protocole royal au début de son règne. Le jeune monarque était alors porteur d’espoir d’ouverture et renvoyait l’image d’un roi “cool”. L’abolition du baisemain par Mo- hammed VI faisait partie de ces si- gnes de modernité tant attendus. Et on attend encore… En trépignant d’impatience, surtout depuis que le débat sur ce rituel, longtemps mis sous le boisseau, est brutalement re- venu au devant de la scène suite au déclenchement du Printemps arabe.

de la scène suite au déclenchement du Printemps arabe. MODERNISTES VS TRADITION Le 20 février 2011,

MODERNISTES

VS TRADITION

Le 20 février 2011, la rue gronde de slogans contre la corruption et le despotisme. Les jeunes mar- cheurs rêvent de modernité et de démocratie. La revendication de monarchie parlementaire est sur toutes les lèvres. Quelques semai- nes plus tard, le roi annonce une réforme constitutionnelle, où il pro- met de lâcher certaines prérogati- ves au profit du Chef du gouverne- ment. Des militants associatifs sai- sissent l’occasion et ressortent alors la question hautement symbolique (et donc politique) du baisemain. Abdelhamid Amine, vice-prési- dent de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), va même jusqu’à demander, en di- rect à la télévision, “la suppres- sion du baisemain et du rituel de la prosternation, contraires aux principes fondateurs des droits hu- mains”. La déclaration fait mouche. Plusieurs intellectuels et hommes politiques (dont des ministres ac- tuels du PJD) y adhèrent. Mais le roi, lui, observe en silen- ce. Il laisse passer quelques semai- nes puis envoie un nouveau signal aux partis politiques. Le message est porté par l’un des conseillers du souverain. Il dit en substance ceci :

“Seul Dieu est sacré. Quant à moi, je préfère être un roi citoyen”. Que faut-il en déduire ? Le roi allègera- t-il enfin le protocole qui entoure ses réceptions, ses déplacements et ses cérémonies officielles ? Rien de tout cela à vrai dire. La cérémonie d’allégeance, quelques jours après l’adoption de la nouvelle Constitu- tion, ne change pas d’un iota. Des centaines de dignitaires, en djella- ba blanche, se prosternent au pas- sage du monarque juché sur son cheval, tandis que des serviteurs du Palais scandent à l’unisson “Allah ybarek f’âmar Sidi”. Les mœurs du Makhzen sont respectées au pied de la lettre, ne présageant aucune réforme de l’autre pierre angulaire du proto- cole royal : le baisemain. Les modernistes sont sous le choc. Leurs espoirs sont déçus mais le débat fait rage tout de même. Il est particulièrement ravivé par un incident survenu le 9 janvier 2012. Le prince héritier Moulay El Has- san, âgé de neuf ans, inaugure le nouveau parc zoologique de la ca- pitale. Il est accueilli par plusieurs officiels qui se plient en deux pour lui embrasser sa petite mimine d’enfant. L’héritier du trône alaouite, amusé, se laisse faire. Le choc des images est terrible. Ces dernières font d’ailleurs le tour du monde. Partout, et particulièrement

Embrasser la main du roi est contraire aux préceptes de l’islam

et aux valeurs universelles de droit,

de démocratie et de modernité. Qu’attendons-nous pour bannir ce “geste” ?

modernité. Qu’attendons-nous pour bannir ce “geste” ? dans les pays du Printemps arabe, la vidéo fait

dans les pays du Printemps arabe, la vidéo fait scandale. La polémi- que reprend de plus belle. En mai 2012, c’est au tour d’Ah- med Raïssouni de s’inviter dans le débat. L’ancien président du Mou- vement unicité et réforme (MUR) signe une tribune dans laquelle il considère “qu’en islam, on ne se prosterne que devant Dieu”, suite à la réception des walis fraîchement nommés par Mohammed VI. Le théologien, très respecté dans le monde arabe, enfonce le clou en ajoutant que “les textes religieux sont très clairs sur ce sujet” : le baisemain est contraire aux précep- tes de l’islam. Sa tribune ressem-