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FABRICATION DE L'ALCOOL

PRODUCTION DU RHUM
FABRICATION DE L'ALCOOL

PRODUCTION DU RHUM

J.-Paul ROUX
REDACTEUR EN CHEF DU JOUllNAL L.4 IlEVGB Ui1.1PERSELLE DL' LA D I S T l L L E i i l E

MEMBRE DU JURY DE L'EXPOSITION INTERNMIONALE I)E 1881


PEMBRE DES CONGRES INTERN.1TIONAUX POUR L'ÉTUDE D E L'.\I,COOLISBE, E.I.C., ETC.

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Prix : 3 francs
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G . MASSON, É I ) L T E U K
L I B R A I R E D E :L'ACAD$MIE D E nl&DECIKE
Dans le petit travail que nous présentons à l'industrie
de la canne à sucre de tous les pays, nous nous sommes
surtout préoccupé d'indiquer non pas une solution au
problème de la sucrerie de cannes, mais un puissant
moyen de lutte contre la concurrence, et peut-être yne
transformation complète de cette industrie.
A notre avis, pour retrouver son état florissant, l'indus-
trie de la canne à sucre doit faire une évolution com-
plète, évolution qui consiste à donner une plus grande
importance à la fabrication des eaux-de-vie et de l'alcool.
Le malheur des temps a voulu que la France fût privée
ou à peu près de son plus beau fleuron commercial et
vinicole, la production des eaux-de-vie de vin des Cha-
rentes ; c'est une place tout indiquée pour les eaux-de-
vie de canne.
Ce qui fait la puissance et le succès des industries
agricoles européennes, c'est qu'elles sont dirigées dans un
esprit de progrès scientifique, une grande largeur de
vues pour les applications induslrielles des nouvelles
inventions, enfin, , avec un sentiment mercantile très
souple, très vif, très délié, qui fait que l'on s'attache peu
à produire une marchandise peu demandée, mais que
l'on se préoccupe toujours de fabriquer ce que l'on est
sûr d'écouler.
Comme exemples frappants du nouvel esprit qui doit
VI PRBFACE

animer les industriels qui dirigent de grandes exploita-


tions, nous citerons les progrès énormes faits en Alle-
magne par deux industries qui nous touchent de très
prhs : l'industrie de l'alcool et celle du sucre.
Ces deux industries, essentiellement agricoles, sont
devenues, dans ce pays, par la précision des procédés,
la correction commerciale, l'élasticilé cle la production,
des industries ayant toutes les qualités dcs industries
manufacturières.
La solution générale que nous indiquons n'est pas
riouvelle; elle s'impose par la loi du progrès, et à l'agri-
culture francaise même on lui indique, comme remède
à ses souffrances, de faire de l'industrie, de se lrai~s-
former.
Le conseil est d'ordre général, et sans application
directe et pratique bien souvent.
Pour l'industrie coloniale, iloiis pouvons 6tre plus
précis et, par suite, plus utile.
Puis, joignant la pratique ii la théorie, en conseillant
aux planteurs de fabriquer des eaux-de-vie el des alcools,
nous leur indiquons comment ils peuvent les produire el
à l'aide de quels appareils, ce qui leur épargnera des
pertes de temps et des recherches laborieuses.
Nous avons l'intime conviction de [rendre service à
l'industrie du sucre de canne en lui cornniuniquant nos
observations sur le mouvement général industriel et agri-
cole, observations recueillies tant en France que dans de
nombreux voyages à l'étranger, et q u i peuvent guider
ceux qui, éloignés de plusieurs milliers de lieues, reslenl
encore dans la voie des anciennes -raiiques.

ROUX.
J . -PAUL
CHAPlTRE PREMIER

LA CANNE A SUCRE
ET SES PRODUITS

L'industrie coloniale sucrière, la fabrication de sucre de


canne, qui a fail jaclis la prospérité des colonies, traverse au-
jourd'hui une crise des plus intenses, par suite de la coiicur-
rence de plus eii plus vive que lui fait le sucre de betterave.
L'avilissement du sucre tle canne est tel que, dans cer-
taines colonies, à Cuba par exemple, des champs entiers de canne
à sucre sont abandonnés.
Plusieurs remèdes à cette situation désastreuse, qui menace
gravement l'avenir des colonies, ont été appliqués ou proposés.
D'abord des mesures fiscales protectrices, puis la transforma-
tion du matéricl des usines, enfin la varikt6 (les cultures; l'fitat,
les industriels et les planteurs ont été invités it taire leur part
dans l'œuvre de salut colonial.
La récenie loi sur les sucres, en accordant une faveur aux
sucres des colonies, a déjà fait quelque chose; la part de l'fitat
ne peut guère être plus grande.
Les industriels, en transformant leur matériel qui est souvent
plus perfectionné que Ir, matériel métropolitain, se sont mis à la
hauteur des circonstances.
Reste la variété des cultures; or ceci est le plus dificile;
c'est un conseil facile à donner, mais qu'on ne peut mettre en
pratique.
Ui1 député des colonies, s'exprimait ainsi sur ce point à ln
Cliambrc :
« I,a Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, Mayolte, ne sont
pas des pays où, coiilme cil France, on s'occupe de diverses cul-
tures; on n'en fait qu'une, retenez bien ce fait, c'est la culture
de In canne.
2 LA CANNE A SUCRE ET SES PRODUITS

1)Quaiid 011 parcourt ces petits pays, on ne rencontre de toutes


parts que des champs de cannes. Ils tirent de cette denrée toutes
leurs ressources. C'est elle qui leur permet d'opérer tous leurs
échanges, de payer tons leurs impôts, de faire face à toutes leurs
obligations.
» Si donc vous tarissez l'industrie sucrière de ces colonies, vous
les ruinez litteralement. »
Voilà l'importance de la culture de la canne à sucre aux colo-
nies, qui alimente plus de 1,200 sucreries, ainsi réparties, ,
d'après M. Sicre de Fonbrune, ancien président de la Chambre
d'agriculture de l'île de la Réunion :
La Martinique compte 864 sucreries et 15 usines centrales;
La Guadeloupe, 472 sucreries et 21 usines centrales;
L a Réunion, HO sucreries;
Mayotte et Nossi-Bé, 12 sucreries;
Nouvelle-Calédonie, 2 sucreries;
Guyane, 2 sucreries.
La production totale en sucre est de près de 180 millions ds
tonnes.
D'autre part, on compte :
A Cuba, 1,358 sucreries produisant 580,000 tonnes de sucre,
moyenne des dix dernières années;
A la Louisiane, 910 sucreries dont la production est de
120,000 ,tonnes de sucre.
Au milieu de cette énorme prquction de sucre et de l'avi-
lissement des prix, une solulion srndique d'elle-mAme, et nous
sommes surpris que 16s représentants des colonies ne l'aient pas,
indiquée plus tôt :
C'est la fabrication des alcools de canne, c'est In transforma-
tion industrielle, qui a enrichi le nord de la France, qui doit
aussi ramener la prospérité aux colonies.
Il ne faut pas seulement demander du sucre à la canne, mais
aussi de l'eau-de-vie, d u rhum.
La disparition de3 eaux-de-vie de Cognac laisse le champ libre
aux eaux-de-vie coloniàles .
I,A CAANC .\ SGCRE E T SES I'IIODUIT3 3

La fabrication du rhum, cle l'eau-de-vie de cailile s'iildiyuc tout


naturellement, dans les colonies et dans les pays producteurs de
canne, comme 16 seul moyen de faire équilibre au bas prix des
sucres.
Pour accomplir cette évolutioiî, les circonslaiices sont très favo-
rables, car l'eau de-vie de canne viendrait combler le vide immense
laissé par l'eau-de-vie (le vin,. qui n'est plus produite qu'en
petite quantité depuis les progrès foudroyants di1 phylloxera.
Il y a là, nous le savons, une question de proportion entre le
prix du sucre et le prix du rhum; mais il est certain aussi que
si la distillation de l'eau-de-vie, au lieu d'être un accessoire de
la sucrerie, élail l'objet principal et unique de l'exploitation, la
fabrioation se ferait dans des oonditions bien meilleures : le prix
cle revient serait diminué, la qualité des rhums améliorée et les
rendements augmentés,
La part plus grancle à faire à la distillation el, éventuellement,
la transformation des sucreries en distilleries, doivent appeler
l'attention des pays producteurs de canne à sucre, dont l'avenii~
peu riant est ainsi décrit par la plume assombrie de $1. B. l)nreni~,
directeur du .Jour.,lal des fabricants de suc;-e :

Des centaines de petites sucreries coloniales doivent disparaître et


clisparaitront fatalement, et le même phénomène sè produira à Cuba, A
Porto-Rico, dans les Antilles anglaises, à la 1,ouisiane et ailleurs, jusqu'à
ce que l'industrie exotique repose sur des bases économiques analogues
à celles de l'iqdustrie europ6enne et que le progrès réalisé partiellement
par les iisines centrales soit devenu la règle et non pas l'exception. D'ici
la, la production exotique se sera abaissée dans une considerable pro-
portion et il sera dificile aux planteurs sans capitaux, sans travailleurs,
aux prises avec des difficultés d'ordre politique et social de toute sorte,
de regagner le terrain perdu.
Le domaine siti+ierpresque tout cntier, l'avenir de la consommatioii
dans le monde, l'exportation dans tous les pays qui ne produisent pas de
sucre, appartienent donc pour longtemps i la betterave européenne,
prête à ce rôle important qu'elle remplit déjà.

El1 hien! que les planleiirs, quc Jes colons ne s'obstinent plus
4 L A C A N N E A SUCRE ET SES PRODUITS

à vouloir produire uniquement du sucre, et à faire dc celtc


fabrkation la base principale des exploitations oloniales.
Qu'ils donnent plus d'attention à la fabrication des eaux-de-
vie par l'utilisation des résidus; le sucre qui leur aura échappé
dans la fabrication, ils doivent le retrouver par un bon traite-
ment des bas produits au moyen d'une distillerie perfectionnée.
En un mot, pour lutter avantageusement contre la concurrence,
ils doivent déplacer la base de leur exploitation; le sucre, dc
produit principal, doit devenir produit secondaire, et la fabri-
cation des eaux-de-vie, rhum et tafia, être le pivot de l'industrie
coloniale.
Le déplacement de ses moyens d'action donnera à cette,indus-
trie une force nosvelle, en ouvrant à ses produits un marché
plus vaste et en les présentant dans de meilleures conditioiis.
Le sucre, déchargé pour une bonne partie de tous les frais de
fabrication qii'il doit supporler à lui tout seul aujourd'hui,
luttera avantageusement contre la concurrence.
En donnant une attention plus grande à la distillerie, en
employant des appareils perfectionnés, les rendements en eau-
de-vie seront augmentés et la qualité des produits beaucoup
améliorée, ce qui leur assurera. un débouché constant et à un prix
très rémunérateur.
L'exportation peut aussi ètre beaucoup favorisée par la dimi-
nution dri prix du fret, au moyen des appareils perfectionnés d u
système Savalle produisant de forts degrés. Nous parlons, cl i i
reste, plus loin de ces appareils sur lesquels nous appelons l'al-
tention spéciale des fabricants.
La disparition presque totale et Ies prix si élev6s clcs eaux-de-
vie de vin laissent aux eaux-de-vie de canne, rhum et tafia une
place immerise à remplir, des besoins très grands à satisfaire.
Les qualités hygiéniques de ces produits, aussi bien que
leur goût particulier et leur finesse d'origine, leur assurent dans
la consommation du nioride entier la première place parmi les
liqueurs et les eaux-de-vie.
CULTURE DE LA C A N N E A SUCRE
E N ESPAGNE

La culture de la canne et de la fabrication du sucre dans les


provinces méridionales de l'Espagne, depuis Gibraltar jusqu'h
Almeria, ont pris depuis quelque temps une certaine impor-
tance.
Vingt-trois sucreries de cannes, dont quelques-unes trks
puissantes, sont installées dans ces provinces.
On lira, croyons-nous, avec beaucoup d'intérêt, une coninlii-
nication faite par M. Grand i la Société des Ingénieurs civils
sur la canne à sucre et l'industrie sucrière dans ces régions :
Quoiqu'au premier abord il puisse paraître singulier de venir
parler de culture de cannes à sucre sous le 370 degré de lati-
tude nord, il est facile cependant de trouver l'explication de ce
fait dans la situation orographique particulière de la contrée dont
il s'agit et les conditions climatériques toutes spéciales qui en
, sont Ia conséquence.
La partie de la côte d'Andalousie propre à la culture de la
canne, comprise entre le 36e et le 3 7 e degré de latitude nord, s'étend
depuis le village d'hdra à l'Est jusqu'à l'embouchure du Rio-
Gundiaro à l'Ouest, à peu de distance de Gibraltar, mesurant
entre ces deux points extrêmes une longueur de 220 à 230
liilomètres .
Sur toute cetle longueur s'étend parallèlement à la mer, il
une certaine distance du rivage, une chaîne de montagnes qui,
partant de la Sierra-Nevada au-dessous de Grenade, se pro-
longe vers l'Est jusqu'aux hauteurs de la Serrania de Ronda,
formant l'extrémité de la ligne de partage des eaux entre
l'océan et la Méditerranée.
C
i L A CANNE A SUCRE EN ESPAGNE

Cette chaîne, dont certains sommets atteignent la limite des


neiges éternelles, forme un abri contre les vents du nord, et
si llon remarque en outre que la direction de cette partie de la
côte est sensiblement de O 30" S à E 300 N, on comprendra
qu'elle se présente ainsi dans les meilleures conditions pour
utiliser aussi complètement que possible la chaleur solaire.
Grâce à ces conditions spéciales, cette partie de la côte anda-
louse jouit d'un climat tout à fait exceptionnel, qui y rend
possible la culture de la plupart des plantes tropicales paral-
lèlement à celle des végétaux moins délicats de nos contrées
plus froides.
Tous les sept ou huit ans seulement, une gelée de courte
durée se fait sentir; mais par une récolte prématurée, on arrive
la plupart du temps, sirion à annuler complètement, du moins
à restreindre beaucoup son action si;r le rendement des planta-
tions sucrières.
Un climat chaud n'est pas la seule condition nécessaire à la
culture de la canne ; il faut encore que le sol sur lequel on la
cultive présente constamment un certain degré d'humidité. Ce
résultat est atteinl pendant une grande partie de l'année par
la fréquence dos pluies ; mais, à partir du mois de juin jusqu'au
mois de septembre, il devient absolument nécessaire de corn-
battre la sécheresse par des irrigations artificielles. Cette con-
dition exige le voisinage d'un cours d'eau d'une certaine
importance et restreint conséquemment l'étendue des plantations
à un petit nombre de localités privilégiées.
On remarque, en effet, que la chaîne de montagnes dont il a
été question plus haut, loin de suivre les sinuosités de la côte,
tantôt s'en approche de telle sorte que les derniers contreforts
viennent plonger dans la mer, tantôt s'en éloigne en forrriant de
grandes plaines arrosées par des cours d'eau qui déposent in-
cessamment sur leurs rives des limons fertilisants. Chacune de
ces plaines est devenue le centre d'une culture de cannes plus
ou moins developpée, tandis que les parties montagneuses,. à
peine recouvertes d'une mince couche de terre végétale, sont
LA CANNE A SUCRE EN ESPAGNE 7
affectées à la culture de la vigne qui constitue également l'une
des principales richesses du pays.
Sans examiner si la culture de la canne i sucre sur la c<te
d'Andalousie remonte réellement à l'époque de l'occupation
romaine, il résulte de clocunients autl~eiitiquesqu'elle acquit un
grand développement sous la domination arabe. L'expulsion des
Maures et la découverte de l'Amérique, où cette culture atteignit
promptement une extension considérable, firent décliner peu à
peu l'industrie indigène depuis la fin du x v ~siècle jusqu'au
moment où, vers le milieu de notre siècle, l'attention fut dc-
rechei' attirée sur cette question, et où, grâce à une inlpulsion
nouvelle, l'industrie sucrière en Espagne entra de nouveau clans
une ère de prospérité.
A cette époque, la culture de la canne n'occupait que la
région orientale de la côte ; mais depuis quelques années elle a
pris possession également de la partie située entre Malaga ct
Gibraltar où elle tend aujourd'hui à se développer chaque jour
davantage.
Des trois variétés de cannes actuellement cultivées dans cette
dernière région, la variété dite américaine est celle qui donne le
meilleur rendement et qui tend à remplacer les deux autres dans
toutes les plantations nouvelles.
La durée industrielle de la canne est de 7 ou 8 ans en moyenne,
La plantation se fait par boutures de 30 à 40 centimètres, coupées
dans des cannes saines provenant de la récolte précédente et
placées horizontalement boul à bout siir deux parallèles
;lu fond de larges sillons. Cette opération, pour laquelle on
emploie environ 13 à 14,000 Jiilogrammes de cannes par hectare,
se fait généralement au mois de mai. A la fin d'octobre, la canne,
qui atteint lm50 à 2 mètres, commence à jaunir et finit par arriver
a maturité complète au mois de février, époque à laquelle com-
mence la récolte qui dure généralement trois mois (de fin
fdvrier à fin mai).
La quantité d'eau que l'on distribue par hectare de plantation
est d'environ 800 à 1,000 mhtres cubes pour chaque irrigation. Le
8 LA CANNE A SUCRE EX ESPAGNE

norrtbre de ces irrigations réparties sur les trois ou quatre mois


de sécheresse étant de 10 à 12, cela représente une quantité
annuelle de *10,000mètres cubes par hectare, et comme à la fin
de6l'été, au moment où les irrigations sont le plus nécessaires,!~
débit des rivières se trouve sensiblement réduit, il est le plus
souvent indispensable de faire au printemps des réserves d'eau,
que l'on accumule dans des bassins de dépôt disposés à cet
effet.
L'emploi des engrais est de la plus haute importance dans la
culture de la canne, qui ne tarderait pas sans cela à épuiser le
sol. La difficulté de se procurer facilement des engrais artificiels
n'a pas permis de faire ~usyu'icides expériences bien complètes
sur leur application, et l'on se sert généralement du fumier de
ferme employé seul ou mélangé à la bagasse de la récolte pré-

't
cé iite. La quantité de Suniier distribuée par hectare est estimée
à 3 ou 40,000 kilogrammes. Lorsque l'on cultive par récoltes
biennales, on emploie, la seconde année, le guano de préférence
au fumier, par suite de la plus grande facilité qu'il présente pour
sa distribution dans les plantations hautes et touffues.
Suivant la qîiantité d'engrais employée et les soins apportés à
la culture, le rendement moyen d'un hectare de plantation
pourra varier de 35,000 à 37,000 kilogtammes. Dans les condi-
tions ordinaires, on peut dire que le rendement d'une plantation
par hectare est de 90,000 kilogrammes en récoltes annuelles, ct
de 78 à 78,000 dans les cas de rbcoltes biennales.
Dans ces conditions, le prix de revient de la canne coupée et
prête à passer au moulin est de 4 8 à 20 franc's par 4,000 kilo-
grammes, non compris la location de la terre, qui, à raison de
380 à 400 francs par hectare, élève ce prix de revient à 30 francs
en nîoyeilne.
Le prix de vente est 45 frc(6cs les 4,000 kilogrammes.
Les sucriers, ezl Espagne, donnent comme résultat de fabrioatioii
sur un travail d'environ 10 millions de liilogranîmes de cannes :
Un rendement eii sucre de 11 O/,,
- alcool de O, 7712.
LA C A K K E A SUCRE Eh 1:ÇPAbAE

Soit par 1,000 liilogrammes dc caraiie:


110 kilogrammes de sucre?
7 litres 7.12 cl'alcool.
Ce qui, réduit eii rl~unla 601, doriiic 12 litres SS c l ciivirvn
13 litres de rhum i $00.
CULTU.RE D E L A C A N N E A SUCRE
E N ALGÉRIE

La production de la caiiiie à sucre peut tlevcnir unc iiiiportante


source de richesse pour l'Algérie ; la culture du coton, uii moment
florissante pendant la guerre cles fitats-Unis, n'a yu résister,
malgré les encouragements du gouvernement et la facilité avec
laquelle y pousse le cotonnier, à la coiicurrence des cotons amC-
ricains; la canne à sucre remplacerait donc le cotonnier avec tlc
grands avantages.
En outre la fabrication des alcools étant complètement libre,
par suite de l'absence de tout ihpôt, la disti1latioyi.de la, canne ii
sucre y serait très fructueuse.
La locatioii de la terre, qui est conime on l'a vu plus haut clc
380 à 400 fr. l'hectbr&&u Espagqe, serait eii dlgérie 'considé:
fablement abaissée, et J I A ~ ~ annulée
U ~ pour ainsi (lire.
Les ,1,000 kilogrammes de canne qri.reviennent à 20 fr: eiivi-
roh, fournissent 100 litres de rhum à 60 degrés, soi1 au cours
actuel une Valeur dkiiviron 80 francs.
Il y a là un marge incl.ustrielle;énorme qui doit favoriser la
culture de la canne e t sa distillation en Algérie.
Voici l'?dée que suggère M. Désiré Savalle pour la culture de
la canne k sÙcre eii Algérie. C'est unbidée excellente qui, 11iei1
.'4
appliquée, rendrait de grands services 2 la'colonie africaine,
ei qui peut d'ailleurs Ctre suivie dans. tous les pays où la culture
de la canne est possible.
On pourrait &buter, dit M .Désir& Savalle, a'v.ec 80 hectares
depannes qui, si elles,sont d'un& bcpne venue, prodliiront eavi-
ron 3 niillions de hilogramme~ de cannes, soit l'alimentation
d'une distillerie*p u r une campagne de cent jours' Ca'nnEe sui-
L A CANNE A SUCRE EN ALGÉRIE 11
vante, on augmenterait les plantations pour arriver successive-
ment à alimenter la distillerie pendant 150 jours, et l'on ferait
ainsi iine excellente opération; car on obtiendrait de 75 hectares
environ 3,500 hectolitres d'alcool qui, au prix de 80 francs,
représentent 280,000 francs de recettes brutes, soit 3,733 francs par
hectare.
c Il y a dans la culture et la distillation de la canne, dit
encore M. Désiré Savalle, une mine d'or à exploiter pour certai-
nes contrées de l'Afrique. Ceux qui s'y adonneront ne feront, du
reste, que répéter ce qui a réussi depuis bien des années en
Égypte.
» Les distilleries situées en Algérie se trouveront admirahle-
ment placées pour alimenter d'alcool l'Espagne, le Portugal,
l'Italie et la Turquie qui aujourd'hui tirent en majeure partie ce
produit de l'Allemagne et de l'Autriche. »
CULTURE DE LA CANNE A SUCRE
et Fabrication du Rhum dans la République Argentine

Une intéressante notice de M. Pierre Andrieux, communiquée


à la Société de Géographie commerciale de Paris, traite de l'impor-
tance de la fabrication du rhum dans la République Argentine.
- Les rhums et les tafias consommés dans cette région sont
demandés à la production locale et surtout à l'importation.
Leur prix de revient aux lieux de production varie de 35 à
70 francs l'ktolitre, suivant la qualité et le degré d'alcool. J,#
prix de vente sur la place de Buenos-Ayres n'est pas moindre
de 75 à 110 francs. Cette grande différence eptre le prix de
vente et le prix de revient est due à l'ensemble bes frais d'expé-
dition et surtout aux droits élevés qui frappent à leur entrée dadb
le pays les alcools étrqngers.
On peut évaluer la consommation générale des alcools, dans la
République Argentine, à un minimum de 133,000 hectolitres par
an, chiffre qui ne peut qu'augmenter avec l'accroissement inces-
sant de la population et le développement de la richesse publique.
La production locale en rhums et tafias est estimée à 10,000 hec-
tolitres; celle des alcools de maïs et de vin à 35,000 hectolitres,
soit un total de 48,000 hectolitres qui, sur la consommation
annuelle, présente un déficit de 90,000 hectolitres comblé par
l'i$ rtation étrangère. Or, les droits de douanes qui frappent
f
les cools importés sont aujourd'hui de $0 0/0 de la valeur, et
I'e gouvernement vient de proposer de les porter à 75 0/0.
:e

sont ces droits protecteurs, c'est l'assurance d'avoir le
de vente sur les lieux, puisque le pays consomme plus
qu'il ne produit, c'est enfin la facilité de fabriquer sur place à
un bas prix de revient le rhum et le tafia, qui doivent attirer
l'atiention des industriels ; il convient de signaler cette fabrica-
tion dans le pays comme une industrie excessivement rémun6-
ratrice.
Le rhum est obtenu par le traitement direct des jtis de la
canne à sucre. C'est à partir du 30"egré de latitude et au
rd, que cette plante est cultivée; sur les bords de la rivière
Prt ra&kt, d'immenses étendues de terre soi~téminemment propres
à sa culture. La saison des pluies coïncide avec les graiides
chaleurs, conditions essentiellement favorables pour la végétation
C

deu@a~tesqui, comme la canne a sucre, réclament a la fois la


chisur et l'humidité. Enfin le climat y est d'une salubrité tout
à fait exceptionnelle, avantage très précieux, car tous les
tfiiiux des champs y sont faits par des cultivateurs européens.
la&en*même temps que la canne, il se fait dans cette région,
q~$~pmxprend la province du Corrientes et le Chaco austral, la
& i r e d'une plante à tige sucrCe qui, par les résultats qu'cllc a
kurnis, est à signaler : c'est le sorgho sucré qui se t r o u ~ edaiis
son véritable climat.
Lej'sorgho sucré est cultivé aux fitats-unis de l'dnîérique du
Nord, principalement dans le bassin cle Rllississipi, sur une vaste
échelle. On y a obtenu de très belles et tres nombreuses variétés
inconnues en Europe. Cette plante donne des produils idcnticjues
à ceux de la canne à sucre, comme rhum ct comnlc sucre cris-
tallis6. On produit, en ce momeiit, 49 millioiis dc liilogrnmmes
de ce dernier. Ces sorghos, dont les qualités saccl~arinessont
supérieures de beaucoup aux variétés cullikécs en Früiicc, dont
la tige mûrit moins et est plus petite, se sèment daiîs !c nord
de la République Argentine, depuis le 1"' septembre ,jrisc[u'ü la
fin de février. La récolte pour la distillation commence dans les
premiers jours de décembre ; la plante renferme alors 12 0/0 de
sÛcr& Elle arrive à sa complète maturité dans la premibrc
semai4e de janvier avec une proportion de 14 à 15 0/0 de soi1
poids. O n la coupe en deux fois: la première coupe donne
3,000 kilogrammes à l'hectare ; la seconde, 15,000 liilogrammcs.
Un hectare produit donc une moyenne de 50,000 liilogrammes
d e tiges, avec une moyenne de 13 0/0 de sucre. Les semis
étant échelonnés pendant six mois, la récolte dure le même
temps, de décembre à fin mai.
Le jus sucré de ces varié& de sorgho ne diffère pas de celui
de la canne à sucre. L'arome de ces plantes est absolument
le même, soit dans le sirop, soit dans le sucre cristallisé. Iles
rhums et tafias que l'on obtient sont identiques, qu'ils viennent
de la cannc ou de ces sorghos.
La canne à sucre diffère du sorgho en ce qu'elle est vivace.
Elle ne se reproduit que par boutures. Le sucre s'y trouve en
plus grande quantité dans les entre-nœuds les plus bas; c'est
l'inverse qui a lieu pour le sorgho. Plantée en hiver, de juin à
août, la canne à sucre se coupe à la même époque l'hiver suivaiutc
Sa culture à la République Argentine rappelle beaucoup c&le
de la Nouvelle-Orléans, où le climat et le sol s ~ ideatiques.
d
Les tiges sont moins hautes qu'aux Antilles, mais elles sont
nombreuses pour chaque plante. Un hectare en produit environ
30,000 kilogrammes. La richesse en sucre est dg 13 p. c. en j ujn,
de 14 à 13 p. c. en juillet et août; la moyenne pendantt ces
trois mois est donc de 14 p. c. Cette plante donne des récoltes
abondantes pendant les quatre premières années; les variétés
que l'on cultive sont : la canne à rubans violets, la canne rouge,
la blanche, la petite rouge du. Paraguay, la petite blanche de
Corrientes. Les deux premières donnent les meilleurs résultats
comme qualité et richesse en sucre.
L'établissement de cultures de cannes et de sorgho dans la
région indiquée n'exige pas de grandes dépenses dans 1'Améri-
que du Sud. Le sol est constitué par des prairies qui sont faci-
lement défrichées à la charrue, e t la jouraée de labour ne revient
qu'à S: francs; les bœufs de labour ne valent que 200 francs la
paire. Quant au capital d'exploitation, il s'élève à 400 francs
environ par hectare cultivé.
Les bons ouvriers agriculteurs sont rares dans la République
Argentine; aussi, après expérience, M. Pierre Andrieux considère-
t-il comme plus avantageux, lorsqu'on veut s'assurer d'une pro-
iruction régulière, de faire cultiver le sol par des colons indépen-,
FABRICATION DU RHUM DANS LA RÉPUBLIQUE ARGENTIXE I :i
dants avec lesquels on passe des marchés pour la livraison, à
l'usine, de la makièiae première dont on a besoin, plutôt que
d'entreprendre soi-même cette culture. Losque l'on colinait à
l'avance la moralité et les aptitudes des colons, et il y a dans
' *
la République Argentille des cultivateurs francais répondant à
ceswnditions, on peut leur faire des avances en nature et en
matbriel, qu'ils remboursent ensuite par la livraison de leurs
produits. En leur achetant les tiges sucrées, qu'ils vendent à
-1' étêtées et effeuillées, au prix de 23 francs les 100 liilo-
grammes, on leur assure un bénéfice net de 330 francs par hec-
tai.e, ce qui estplus que suffisant pour s'attacher tout le personnel
.il(Ccessairb l'exploitation.
a e feilne de cannes h sucre ou de sorgho, renfermant une
*&de 93 p. c. de sucre, donne, en faisant une part très
%rge.pour les pertes, un minimum de 94 litres de rhum à GO0.
Ces 94 litres valent à l'usine, au prix minimum de 67 francs
l'hectolitre, 63 fr,
DiP cette somme il y a à d6duire :
Pour l'achat d'une tonne de tiges. . . . . . . . . . 23 fr.
Pour les frais de fabrication et frais généraux. . . . . 19 ))

Soit un total de . . 43 ),

Le traitement d'une tonne donne donc un bénofice de i l francs.


Comme exemple de mise en pratique, BI. Andrieux prend unc
Culture de 120 hectares comprenant la canne à sucre ct le sorgho ;
il 7 a neuf mois de fabrication, dont six pour le sorglio el trois
#hi la canne, pendant lesquels il est traité 5,800 tonnes de tiges.
6gps ces conditions, la production en rhum est de 5,000 hecto-
litres, et le capital engagé 29,000 francs; on voit donc que cc
;capital est productif d'un intérêt de 31 p . c. l'an, affaire lucra-
tive, et qui mérite d'attirer dans cette contrée les coloiis et les
industriels.
CHAPITRE II

DISTILLATION DE LA CANNE A SUCRE

Le procédé traditionnel pour la distillation .de la canne con-


siste à faire passer les tiges entre des cylindres afin d'en extraire
le jus ou vesou.
C'est aussi le procédé employé pour la fabrication du sucre. t
Mais ce procédé d'extraction ne répond plus, dans sa simpli-
cité primitive, aux exigences de l'industrie moderne. Beaucoup
de sucre reste dans la bagasse, quelque puissants que soient les
moulins, et cela exige en outre une force motrice colisidérable.
On évalue qu'il faut environ la force d'un cheval pour extraire
un hectolitre de vesou par heure.
Pour la distillation directe de la canne, nous conseillons donc
d'employer le système de diffusion préconis6 par M. Désiré Sa-
valle, qui épuise complètement la canne de tout le sucre qu'elle
contient, et donne une grande économie de force motrice, d e
main-d'œuvre et de matériel.
Toutefois, comme beaucoup de fabriques sont encore installées
pour extraire le vesoii au moyen de moulins à canne, nous don-
nons la description d'une distillerie avec moulins, et ensuite nous
parlerons de l'extraction du vesou par la diffusian de la canne.

§ 1. - Ensemble d'une Distillerie de Cannes

L'ensemble d'une distillerie pour un travail journalier de


30,000 kilogrammes de cannes, est représenté par les figures 1
et 2.
DISTILLATION DE LA CANNE A SUCRE
DISTILLATION DE LA CANNE A SUCRE 19

Voici la légende qui en fait comprendre les principales dispo-


sitions :
A. - Moulin à cannes semblable à ceux employés dans les sucreries.
B. - Machine à vapeur et transmission pour le moulin à cannes.
C. - Six cuves de fermentation, où le vesou, préparé, transforme son
sucré en alcool.
D. - Pompe à vesou, alimentant l'appareil distillatoire, et pompe à eau.
E. - Machine à vapeur faisant mouvoir les pompes.
F. - Réservoir à vesou fermenté alimentant l'appareil distillatoire.
G. - Appareil distillatoire, o i ~l'alcool est extrait d u vesou fermenté el se
produit à l'état de tafia.
H - Réservoir à tafia.
1. - Appareil de rectification, où les tafias sont débarrassés de leur goût
et de leur odeur, et sont amenés à l'état d'alcool fin à 96 degrés centési-
maux.
J. - Magasin et réservoir, où on loge l'alcool bon goût, prêt être expédié.
K. - Générateur de vapeur.

Le fonctionnement de l'usine est des plus simples. La canne


amenée au moulin est écrasée, et le vesou extrait s'élève par un
monte-jus L dans les cuves préparatoires Milil'; de là, il se rend
à courant continu dans les cuves de fermentation C'CC", et lors-
qu'une cuve de fermentation est pleine, on la divise en deux, en
la partageant par moitié dans la cuve suivante. Le vesou des
cuves MM' coule alors sur les deux cuves qui continuent à fer-
menter. La première est abandonnée à sa fermentation, jusqu'h
ce qu'elle soit bonne à distiller; la seconde se partage encore en
deux dans une cuve suivante, et la fermentation se continue ainsi
desuite en utilisant la dernière emplie pour poursuivre l'opération,
11 en résulte ly travail très rapide et très complet de la trans-
formation de la matière sucrée en alcool. Les cuves dont la fer-
mentation est achevée en 18 heures, sont- vidées par la pompe D
dans le réservoir supérieur P qui alimente l'appareil distilla-
toiré G. Le produit alcoolique de ce premier travail se rassemble
dans le réservoir couvert en tôle II, et sert toutes les vingt-
t
q u d r e heures à charger l'appareil de rectification 1. Enfin
parfaitement épuré et achevé, se rend au magasin à
DEVIS DE DISTILLERIE DE CANNES A SUCRE

5 II. - Devis approximatif du matériel d'une distillerie


travaillant par. jour 30,000 kilog. de cannes.

La conduite d'une distillerie de cannes du systkme Savalle repre-


senté ci-contre, ne présente réellement aucune difficulté ; les ou-
vriers ordinaires des pays où on les établit se mettent promptement
au courant du travail. Pour éviter d'ailleurs les écoles, MM. Savalle
et Cie ont soin d'envoyer u n contremaître pour surveiller l'instal-
lation de toute usine nouvelle, pour assister au montage des appa-
reils et à leur mise en marche. De cette manière, l'industrie de
la distillation perfectionnée prend facilement racine.
Voici le devis approximatif du matériel d'une distillerie
pouvant travailler par jour 30,000 kilogrammes de cannes, et
livrer ses produits au commerce, soit à l'état de rhum à 60°,
soit à l'état d'alcool extra-fin rectifié et marquant 96 à 9'i0
centésimaux :

l 0Foree motrice t
Un générateur de vapeur de 50 chevaux. . . . . . . Fr. -10.000
R0 Moteur r
Une machine ii vapeur de 8 chevaux. .......... 4.800
S0 Extraction du vesou t
Un broyeur à cannes. . . . . . . . . . . . . . . . .. 3.000
4 O Pompels :
Trois pour les jus fermentés, pour l'eau froide et gour .l'ali-
mentation du générateur . . . . . . . . . . . : . . . . . 3.300
Transmission de mouvement, environ. . . . . . . . . . . 1.200
Go Distillation :
Une colonne distillatoire en cuivre no 4, avec régulateur de
vapeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12.400'
6 O Reetiflcation des alcools bruts r
Un rectificateur no 3 à chaudière en t6le .........
A reporter. ..
DEVIS DE DISTILLERIE DE CANNES A SUCRE 21
Report. .. 43.400
V 0 Réservoirs en tôle t
Un pour les alcools bruts de 100 hect., un pour les alcools
.
r&tifiés de 80 hect , un pour les jus faibles de 28 hect., un
pour l'eau froidc de 25: hect., un pour l'eau chaude de
19 hectolitres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2.300
S0 Fermentation r
Six cuves en bois contenant chacune 100 hect . . . . . . 2.400
goTuyauterie et Robinetterie de l'usine, variant sui-
vant la disposition des locaux. . . . . . . . . . . . . . 4.300
Total. . . . . . . . . . . . . . . .--
32.600
DIFFUSION DE LA CANNE

S. III. - Diffusion de la Canne

Voici sur quelles observations s'est appuyé M. Savalle po r


ktablir son système d'extraction, qui remplace parfaitement e 4
moulin à cannes.
Tous les instruments établis jusqu'ici pour préparer la carine
à la diffusion ont eu pour but de la couper en rondelles d'une
faible épaisseur pour la faire pénétrer par l'eau chaude et en
extraire le sucre.
Ces divers instruments diviseurs sont imparfaits, car . les
rondelles de cannes jetées dans les diffuseurs se collent les
unes sur les autres et efnpêchent le liquide de diffusion de les
pénétrer.
Dans ces derniers temps, M . Savalle s'est beaucoup occupé
de la question, et ses expériences l'ont fait arriver à cette con-
clusion : que, pour bien diffuser la canne, il faut la réduire, Ilon en
rondelles comme on cherche a le faire, mais en cube8 de petites dimen-
sions et de formes différentes, qui ne puissent s'agglomérer entre eux
lorsqu'on veut les diffuser.
11 est arrivé, la canne, ainsi réduite, à obtenir, par la diffusion,
tout le sucre qu'elle peut donner.
Dans ses recherches: il a eu surtout en vue la diffusion de la
canne pour la distillation des rhums, mais le résuitat de ses obser-
vations peut aussi trouver une excellente ibplication .4,*
dans la
sucrerie coloniale.
Les résultats fournis par les expériences ont été parfaits ; ce
mode d'opérer sera préteré dans toutes !es petites distilleries,
qui trouveront dans son emploi une écoaomie importante jointe
à une grande "çimplicité.
CHAPITRE III

"DISTILLATION DES MÉLASSES DE CANNES

5 1. - Fermentation des M6lasses de Cannes


La préparation des mélasses pour la fermentation est d'une
grande simplicité.
On commence par délayer dans une cuve préparatoire C (voyez
fig. 4) de la mélasse avec de l'eau, pour obtenir un mélange qui
pèse 106 au densimètre et 33 de température. On y ajoute 4 kilog.
d'acide sulfurique par chaque 100 kilog. de mélasses employées.
Ce jus sucré, ainsi prPparé, coule par une rigole en bois, posée
sur les cuves dans la première cuve de fermentation D. Là, on ajoute
2 liilog. de levure de bière par 100 kilog. de mélasses cmployées.
Après deux ou trois heures de repos, la fermentation se pro-
duit. Elle s'annonce par un cercle de mousse blanchâtre se
formant autour de la paroi de la cuve, puis le liquide se couvre
(d'une couche de mousse jaunâtre avec un dégagement d'acide
carbonique; on peut s'en assurer en approchant de la couche de
liquide une lampe qui s'éteint au contact du gaz acide car-
bonique. A ce moment, l'on prépare une seconde cuve de jus C,
à ia même densité que la première, mais à une température de
25 degrés seulement; les suivantes sont aussi préparées à cette
température.
Lorsque le jus qui se trouve en I) a perdu par la fermenta-
tion de 3 à 4 degrés, on y mélange petit à petit le contenu de
la seconde cuve C, et cela de manière à ce que, en coulant du jus
préparé à 106 degrés, l'on maintienne le jus en fermentation à
une densité n'excédant pas 102 à 1030 à une température de
26 à 28".
La figure 4 indique 3 cuves C, pour préparer la mélasse; à
la rigueur, deux suffiraient: une qui alimente les cuves de fer-
mentation, et l'autre que l'on prépare dans les conditions de
densité et de température indiquées, soit densité 106, et tem-
pérature 2s0.
Lorsque la premiére cuve à fermenter D est pleine ou à peu près,
on la partage avec la deuxième cuve, au moyen d'une conduite
de communication munie de robinets, sans arrêter pour cela
l'alimentation sur la première cuve D, et l'on ne commence à
coiiler du jus préparé sur ia seconde cuve à fermentation Dr
que lorsque celle-ci est emplie au 1/3 par la communication
avec la première; à ce moment l'on a deux cuves D Dr, sur
lesquelles on alimente à continu du jus préparé.
Quand les deux cuves sont à peu près pleines, on ferme la
communication de la première cuve avec la seconde et l'on
ouvre celle de la deuxième cuve avec la troisième pour remettre
dans cette dernière 1/3 de cuve environ. La première cuve D
étant pleine, on arrête l'alimentation de celle-ci, et l'on com-
mence à alimenter la troisième cuve D", et ainsi de suite, de
-manière à avoir toujours deux cuves à alimenter avec du jus
préparé.
Les cuves de fermentation doivent être alimentées, de manière
à toujours bien conserver la densité de 102 à 1030 et la temp,é-
rature de 26 à 280.
Les cuves où l'on a cessé l'alimentation, et qui sont pleines
lorsque l'on coupe la suivante avec une cuve vide, doivent -être
abandonnées pour achever la fermentation qui doit se terminer
20 à 25 heures après avoir cessé l'alimentation. La fermentation
de ces cuves doit s'achever à une densité de 101 à 101 1/2 et à
une température de 30 à 32 degrés.
Il faut distiller les fermentations aussitôt achevées pour empê-
cher la fermentation acide qui se produit toujours au détriment
de l'alcool. Au fur et à mesure que les fermentations se termi-
nent, on les distille.
Pour obtenir de bonnes fermentations, il faut suivre régulière-
ment les conditions de densité et de température; la tempéra-
FERDIENTATION DES MÉLASSES DE CANNES 25
ture se règle à plus ou moins haut degré, selon la chaleur du
local où l'on fermente, et aussi suivant la contenance des
.cuves. Ainsi, plus les cuves sont petites, plus il faut une tem-
pérature élevée, et, au contraire, plus elles sont grandes, moins
il faut de degrés de température; car dans unc graiicle masse de
1iquMe en fermentation, la chaleur s'élève en fermentant, tandis
.que dans une petite quantité le liquide se refroidit par le coiitact
de l'air extérieur.
.Pour les mélasses de cannes, il n'est pas inclispcnsable d'em-
ployer de la levure ; on peut préparer de la mélasse comme
il est indiqué ci-dessus, avec la levure en moins, et la fermen-
tation commence seule au bout d'un certain temps.
Cependant, lorsque l'on peut se procurer facilement de In
levure, il est préférable d'en mettre au moins 2 0/0 d u poids de
mélasse employée, pour la premikre cuve de préparation qui sert
de cuve-mère et de point de départ de fermentatioiz pour les
suivantes.
Les températures ci-dessus sont indiquées d'après le thcrmo-
mbtre centigrade.
26 DISTILLERIE DE MÉLASSES DE CANNES

5 II. - Distillerie de Mélasses de cannes annexée


à une Sucrerie

Les figures 3 et 4 donneront une idée d'une distillerie de


mélasses de cannes annexée à une sucrerie.
La figure 6 qui donne l'élévation indique en B le dépotoir
pour mesurer la mélasse employée.
C l'une des cuves de préparation de la mélasse. - C'est là
qu'on y mélange l'eau et l'acide sulfurique, si on peut en dis-
poser.
D sont les cuves où la fermentation s'opère à continu.
E est la petite machine à vapeur pour actionner les pompes.
Et F est l'appareil distillatoire établi pour produire des rhums
à forts degrés.
Généralement la vapeur pour chauffer l'appareil se prend sur
les générateurs de la sucrerie.
Pour le cas où l'on désirerait un générateur séparé, il se trouve
indiqué d a ~ la
s figure en plan :
Cette figure en plan indique aussi en G - le magasin où
sont logés les rhums dans des cuves en bois de chêne de Riga;
de là ils sont enfutés et expédiés.
DISTILLERIE DE M&LASSES DE CANNES
5 III. - Petit appareil à travail continu fonctionnant
à feu direct.

L'installation complète d'une distillerie conslitunnt une dépense


importante, on hésite longtemps avant de se décider à cnlrer
dans la grande fabrication malgré lcs gros bénéfices en perspec-
tive. On ernploic un temps considéral~leen deniaiides de rei~sei-
gnements, établissement de devis, de comptes simulés, de pris
de revient, en recherches théoriques enfin qui laissent toutjours
un peu d'incertitude quant au résultat pratique.
Pour faciliter aux persorlnes qui désirent commencer la distil-
lation des mélasses et de la cannc sur une petite échellc les
moyens d'effectuer cette fabrica Lion dans les meilleures conditions
pratiques, MM. D. Savalle fils et Cle ont imaginé un petit
appareil à travail continu fonctionnant à feu nu, facilement
transportable et occupant peu de place. La figure 9 représente
cet appareil d'une construction élégante et d'une conduite sinlple
et facile.
Jusqu'ici les appareils de distillation parfaits fonctionnaierit
seulement par la vapeur, ce qui en restreignait considérablement
l'emploi, vu l'installatiori obligée de générateurs.
IC

L'usage des petits appareils à feu direct s'in~posaitdonc dans


beaucoup de cas, malgré ic produit inférieur c~u'ils fournissent
et l'inconvénient, encore plus grave, c~u'ilsont tle perdre parfois
juscp'au quart du volunlc d'eau-de-vie contenu dans les ma-
tihrea soumises à la distillation.
Les personnes qui voulaient essayer de la distillation se bor-
naient d'abord à travailler avec ces petits appareils; puis, en
présence des mauvais résultats obtenus, renonçaient à une fa-
brication qui eût été très avantageuse, effectuée dans de meilleures
conditions.
30 PETIT APPAREIL A TRAVAIL CONTINU

C'est pour remédier à ces graves inconvénients que MM. D.


Savalle et Cie ont éludié la construction d'un petit appareil qui
fournit par le feu nu les mêmes avantages que les appareils
marchant par la vapeur, un 'produit aussi parfait comme goût,
et un aussi grand rendement en évitant les pertes d'alcool dans
les vinasse&
Le petit appareil, représenté figure 9, est à travail continu et
peut fournir par lieure 28 à 30 litres de rhum ou de tafia à 60
degrés ceniésimaux, soit 430 litres en 18 heures de travail.
Le jusareste très peu de temps dans ce nouvel appareil; son
passage rapide fait que le produit est de qualité bien supérieure
à celle des produits de l'ancien système.
Ce petit appareil est appelé à rendre de grands serïices dans
les pays de culture de cariries, en familiarisant les planteurs avec
la distillation des mélasses et de la canne, en les faisant profiter
ainsi des avantages considérables que peut leur donner cette
fabrication qui, selon nous, est appelée à régénérer les coloiiies
si compromises par la crise sucrière. L'appareil dont nous
?-2zions de parler coûte emballage compris 8,000 francs.
Pig. 5. - Petit appareil à travail co.itiiiu ioacliuii~iûritÙ feii tliiect.
32 COLONNE DISTILLATOIRE

5 IV. - Colonne distillatoire fonctionnant à la vapeur.


La maison Savalle construit des distilleries de mélasses de
toutes les dimensions.
Pour atteindre ce but, elle a combiné l'appareil no O qui, joint
à la modicité de son prix, a l'avantage d'être très simple, commode
à installer, facilement transportable, et de pouvoir fonctionner
aussitôt arrivé à destination. Il n'exige pas de bâtiment spécial.
Sa puissance de production est de 600 litres de tafia à 60 degrés
par dix heures de travail.. Son prix actuel, avec le générateur qui
sert au chauffage, est de 10,500 francs.
Pour employer l'appareil figure 6, on commence par emplir
d'eau le générateur de vapeur; on allume le feu et on fait monter
la pression à 3 ou 4 atmosphères. Pendant que la vapeur se pro-
duit, on alimente de jus fermentés le petit réservoir supérieur
de l'appareil. En ouvrant le robinet à cadran, on introduit le
liquide dans le chauffe-vin et dans toute la colonne.
La première fois que l'appareil fonctionne, il faut examiner si
le régulateur de vapeur est préparé au travail. Pour cela, il faut
que la tige du flotteur soit bien fixée à ce dernier, que le levier
ait son point d'appui solidement établi,el qu'enfin la soupape de
vapeur soit ouverte de 4 à 5 millimètres seulement, au point de
repos de l'appareil.
Cet examen -préalable terminé, on introduit graduellement la

(1) Extrait du rapport fait aux actionnaires du la Sociité E. Le Dentu et C", usine
de la B~sse-Terre (Guadeloupel .
29 décembre 4876.
a Salaires.

s La dépense des transports des cannes; a été de 4 fi.. 66 c. par tonne.


D Les salaire; de l d sucrerie sont tombés à 2 fr. 49 c. par tonne de cannes; ou 13fr.
a 82 C. par barrique de sucre.
Quant à la distillerie, grice au foqtionnemerR automatique de l'appareil Savalle,
N qui fait qiie la main-d'œuvre se réduit à peu près au chargement des cuves, il a
a été dépensé 851 fi.. 36 c. pour faire 87,523 litres de tafias à 599, soit O fr. 97 c.
fi par hectolitre (environ 1 centime par litre). u
34 C&ONN% DISTILLATOIRE

vapeur, e ~ é p a s s epar la soupape du régulateur et se rend dans


le sou bassement, puis elle s'élkve pour chauffer graduellement
Igs couches de liquide contenues dans les plateaux de la colonne,
6% entraîner vers le chairla-vin les vapeurs alcooliques. Là, ces
vapeurs se condensent en cédant leur calorique au vin qui va être
h t i l l é , et s'écoulent à l'état de tafia à 60 degrés à l'éprouvette:
A ce monlent on ouvre partiellement le robinet d'alimentation
du vin muni de son cadran gradué et l'on cherche petit à petit
le point d'alimentation convenable, qui se détermine une fois pour
toutes. Quand on ouvre trop le robinet cl$limentation, la produc-
tion de ?&a s'arrête à l'éprouvette ; si on l'ouvre trop peu, le
Idegré du produit est trop faible. C'est en évitant ces deus extrêmes
clu'm qmive au point d'alimentation reqtiis, qui une fois déter-
uila6, @kt toujours.
Capetit appareil rectangulaire ayant son régulateur automatique
ile vape&, il n'y a pas à s'occuper de régler le chauffage; il suffit
(le chauffer legénérateur, et le régulateur de vapeur fait le reste.
Les vinasses épuisées sortent saris cesser par le siphon' de
vaange si tué au bas de la colonne. Un injecteur Giffard sert à l'ali-
ilîentation dans le générateur de l'eau enlevée par la vaporisation.
!,'opération est continue et dure tant qu'on chauffe Pe générateur
et qu'on alimente de jus ou de vin à distiller par le réservoir
supérieur. Il est essentiel de ne jamais laisser vider telui-ci pen-
dant le travail.
Quand on vmt arrêter l'opération, on ferme d'abord le robi,net
à cadran servant à l'alimentation du vin ; q~ e l q u e minutes
s ap+&,
on ferme le robinet de vapeur. Les tafias obtenus par ce travail
essentiellement régulier sont de qualité parfaite.
Pour maintenir l'appareil en parfait état de propreté, il est utile :
1" De ne pas remuer le contenu des cuves de fermenlation en
les vidant, de façon à ne pas amener dans la colonne la boue et
la levure qui se trouvent au fond de ces cuves.
20 Quand on arrête le kavail pour plusieurs jours, il faut passer
de l'eau dans l'appareil pour en faire sortir les vinasses acides qui
rongeraient le métal.
APPAREIL RECTANGULAIRE 33

Fig. 7. - Appareil rectangulairc no 3. dl,iicnsion moyenne pour les sucreries


§ V. - Appareils produisant de forts degrés.

Autrefois les colonies étaient considérées comme une source


de fret devant alimenter la marine marchande et les produits
coloniaux étaient transportés bruts.
C'était sur ce principe qu'avaient été échafaudés tout un sys
tème de surtaxes de pavillon et le monopole de la raffinerie
métro"p1itaine.
+

Aujourd'hui tout cela e$ changé, et la concurrence doit faire


rechercher la diminution du prix des frets en ne transportant
O e
cpe des produits aussi purs que possible.
Nous ne rechercherons pas pourquoi on ne raffine pas encore
+ sucre aux colonies, car cela ne rentre pas dans notre cadre,
mais nous indiquerons l'économie considérable que 1'011 peut
réaliser en n'envoyant en Europe que des tafias à forts degrés.
* Les fabricants de sucre distillateurs des colonies trouveront
de grands avantages par l'emploi du nouvel appareil Savalle, qui
leur permettra d'obtenir des tafias titrant de 90 à 93 degrés
cèntésimaux, soit au pbse-alcool anglais Sikes de 58 à 63 over
proo f.
Considérons, par exemple, le tafia produit actuellement la a
Martinique .à 60 degrés. Ce poduit se trouve grevé :
Pour logement par hectolitre. . . . . . . . . . . . Fr. 4s »
Pour fret, jnsqu'au Havre . . . . . . . . . . . . . . . 5.35
Soit ensemble . . . . . . . . Fr. 20.55
par hectolitre, d'un produit contenant 60 degrés ou 60 litres
d'alcool pur à 100 degrés.
Si, au lieu d'avoir dans cet hectolitre 60 degrés, on peut y mettre 90
id 93 degrés, ou gagne les fiais de logement et de fret sur 30 ù 33
litres d'alcool, ce qui constitue u n bénéfice de 40 ic 14 francs par hec-
tolitre de tafia enaoyé en France.
APPAREILS PRODUISANT DE FORTS DEGRÉS

Fig. 8. - Appareil distillataire produisant, d u premier jet, des rhums à 90 et 93 degrés.


38 APPAREILS PRODUISANT DE FORTS DEGRÉS

Dans beaucoup de colonies on a compris cela et on emploie


depuis cpelque temps déjà les nouveaux appareils Savalle, qui
fournissent 90 degrés.
Il est utile de bien remarquer que ce produit contient tout au-
tant d'arome que le tafia à GO degrés, et qu'il est même supérieur
en qualité parce qu'il contient moins d'huiles lourdes.
Nous avons donné, figure 7, la disposition de l'appareil Savall e
produisant des tafias à 60 degrés ; nous donnons ici, figure 8 ;
la disposition du nouvel appareil produisant à volonté de 90 à
93 degrés.
DISTILLERIE DE MBLASSES DE CANNES 39

$ VI.- Devis approximatif d'une distillerie de mélasses


produisant 4,000 litres de tafias à 60 degrés p a r
12 heures de travail.

Générateur semi-tubulaire de 60 mhtres carrée 'de surface de


chauffe (existant h la Sucrerie).
Distillatio~i:
Appareil distillatoire rectangulaire en cuivre no 8 . . 19.000 ))

3 O iUoteur:
Une machine à vapeur de 6 chevaux. ....... 3.000 ))

4 O Pompes:
Une pompe à jus fermentés en l~rorize . . . . . .
Une pompe à eau froide. . . . . . . . . . . . . 4.800 ))

Deux pompes alimentaires. . . . . . ...


Une pompe à chaînes à mélasses. . . . . . . . . . 700 u
So Cuves en bois :
Deux cuves préparatoires de 65 liectolitres . . . . . t.300 ))

Dix cuves de fermentation contcnant chacune 250 hec-


tolitres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10.000 ))

Deux cuves en bois de chêne de chacune 100 Iiecto-


litres pour loger les tafias. . . . . . . . . . . . . . . 2.000 ))

Go Réservoirs en tôle :
Un pour jus fermentés de 1.300 litres ......
Uii pour eau froide de 2.500 - ...... 1.fi00 JJ

Un à eau chaude de 3.000 - ......


Un dépotoir à mélasses de 730 litres.
g o Tuyauferle et robinetterie :
Pour le gAnhrateur, l'appareil, la machine, les cuves,
environ 1,000 kiIog. à 4 fr. 30 . . . . . . . . . . . . 4.300 J)

Environ 2,000 kilog. à 1 franc .......... 2.000 ))

Tohl approsimatit'. . . . Fr. 48.800 9


CHAPITRE IV

CONTROLE DES P E R T E S D'ALCOOL


6prouvées dans les dfstilleries.

La distillation continue, inventée par Cellier-Blumentlial et mise


en pratique Ia première fois par M. Anland Savalie, réalise un
grand progrès par la rapidité du travail et l'économie de com-
bustible. Mais, à côté de ces avantages qui sont réels, cette opé-
ration a laissé une cléfectuosité qui, sans importance pour !es petites
usines, en a une très grande pour celles qui opèrent en grand,
et ce sont elles qui, aujourd'hui, sont les plus nombreuses. Les
anciennes colonnes ont le grave défaut de faire perdre beaucoup
d'alcool en le laissant dans les vinasses.
Les distillateurs se servent souvent d'appareils défectueux qui
leur font perdre dans les vinasses une proportion considérable de
produits, qui devrait constituer la plus forte part de leur bénéfice.
Une distillerie qui perd de l'alcool dans les vinasses se ruine.
Nous sommes donc heureux de signaler aux fabricants un nouvel
appareil d'essai des vinasses, par leqüel ils auront la preuve
matérielle de la perte d'alcool qu'ils subissent par leurs colonnes
défectueuses.
On se servait autrefois, pour éprouver les vinasses, d'un serpentin
d'épreuve, où se condensaient les vapeurs sortant des vinasses;
ou encore, l'on prenait une petite quantité de vinasses, que l'on
distillait dans un alambic. L'une et l'autre de ces expériences
sont imparfaites. En effet, par le nouvel appareil d'essai, là ou
l'on ne trouvait aucune trace d'alcool, l'appareil d'essai de
Savalle a extrait des flegmes de 7 à 8 degrés centésimaux. Plu-
sieurs distillateurs ont ainsi acquis la certitude qu'ils perdaient
de 3 à & e t jusqu'à 10 pour cent d'alcool dans les résidus.
La figure 9 représente la disposition de cet appareil.
a. Fourneau contenant sa chaudière.
b. Colonne pour enrichir ct analyser les vapeurs de la distillation.
c. Analyseur A eau.

Fig. 9. - Nouvel appareil pour déterminer la teneur alcoolique de la vinasse e t la


perte d'alcool éprouvée par i'emploi des appareils distillatoires défectueux.
d. Réfrigérant.
e. fiprouvette graduée pour recevoir le produil.
g. Manomètre.
h. Conduite d'arrivée du gaz destiné au chauffage.
Voici la manière d'employer cet appareil :
On introduit 10 litres de vinasse dans la chautiière a par uiie
ouvertupe ménagée à cet effet sur le couvercle de la chaudière. On
met de l'eau froide dans le manon~ètreg, dans l'analyseur c et
dans le réfrigérant d. Puis on allume le gaz de chauffage. Le
liquide contenu en a se met eri ébullition ; les vapeurs traversent
la colonne b et viennent se condenser en e d'où elles retourilent
à l'état liquide charger les dix plateaux de la colonne b. A mesure
que ce6 plateaux se garnissent, la pression inonte au manomètre
g , et cette pression varie de 20 h 23 centimètres pendant le
cours de l'opération.
Après quelques instants de distillation intérieure, I'eau se
trouve chaude en c, et alors les vapeurs les plus riches en alcool
passent à la distillation, en se condensant dins le réfrigérant d,
et s'écoulent dans I'Gprouvekte graduée e.
J.e volume du produit obtenu dépend de la teneur alcoolique
du liquide soumis à l'épreuve. Si l'on opère sur des vinasscs, un
produit de 100 centimètres cubes, par exemple, sera l'alcool
contenu dans les 40 litrcs sur lesquels on opère. On peut ainsi
retrouver f'acilement un cciitimèlre cube d'aicool dans dix mille
centimètres cubes de vinasscs ; la précision de l'appareil est donc
de l/lO,OOOmc.
Plusieurs distilleries ont acquis pal. cette expérience la preuve
qu'elles perdaient beaucoup d'alcool; aussi se sont-elles décidées
à remplacer leurs appareils distillatoires anciens, dont le travail
est plus ou moins défectueux, par l'appareil rectangulaire per-
fectionné dont nous avons déjà parlé.
Ce nouvel appareil d'épreuve est très utile aussi pour se
rendre compte de la richesse alcoolique des vins et des fermeil-
tations en général. On s'en sert encore pour opérer en petit sur
une petite quantité de matière première, afin d'apprécier ainsi
ce que celle-ci peut rendre d'alcool.
Cet appareil (1)se distingue des autres appareils d'essai, qui ne

(1) II cohte emballe rendu en gare à Paris, 525 francs.


COATROLE DES PERTES D'ALCOOL 43
sont pour la plupart que des alambics primitifs de petite dimen-
sion, en ce que le produit alcoolique est très concentré et facile
à peser exactement à l'aréomètre.
Ainsi, lorsqu'on opère sur un vin riche de 8 0/0 d'alcool, les
premiers produits obtenus titrent 93 et 94 degrés, et la moyenne
est à 79 degrés. Si l'on opère sur une matibre contenant 2 0/0
d'alcool, la moyenne des produits est à 50 degrés.
Nous engageons donc fortement les distillateurs à contrôler
régulièrement leur travail au nîoyen de cet appareil ; ils s'évite-
ron t ainsi des pertes importantes.
CHAPITRE V

STATISTIQUE DES DISrrILLERIES DE MÉLASSES


PROVENANT D E SUCRE DE CANNES
Employant 122 appareils S A V A L L E (4)

DES INDUSTRIELS

AFRIQUE
(Guinée méridionale.)
LITRLS LITRES
Manol de Paula Barboxa.. ... Benguella .............. l .fi00
Pinto et Braga.. ...........
Joaos Fesseira Goncalrex. ....

EMPIRE ANGLO-INDIEN
Imson Parry et Cie.. ........ IMadras ........lIndoustiinI
RÉPUBLIQUE ARGENTINE
3. Augsburger ............. Canada de Gon~ezSanta-Pé . 2.000
Araoz Cornejo, Uriburn et Cie San-Pedro.. .... Salta.. .. 2.500
P. San Germes ............. Santiago Bel Eslero. ..
Le même, 2e appareil ......
Claira et Cie ............. Simoca . . . . . . . Tiicurnaii 1.900
Somora et Cie.. ............
C. Bileret ................. Lules.. ........ fuciiinan 750
Fernaudez Hermanos. ....... Bellavista.. .............. 1.500
Sta-Cordova del Tucuman. ... Prodencia ............... 2.000
Padilla Hermanos. .......... Mercedes. ............... 4.800
Vergues et Cl=.. ............ Santa-Barbara. .......... 1 .fi00
S c h ~ f e ret Fiequena. ........ Santiago del Estero. ... Santo-Domingo 2 .O00
..
Gerardo-Constantini et Cle ... Santa-Lucia.. Tucuman 2.000

REPUBLIQUE DE BOLIVIE
L. Soux ...................
.45: .

RENSEIGNEMEYTS
DES INDUSTRIELS

BRESIL
Report .........24.100 3.500
Compagnie anonyme agricole
de Campos ...............Cao~pos....... Rio ...... 2.500
Compagnie Engelo Central de
Quissaman............... Q~iissaman..... Rio ...... 2.500
La Companhia progressa agri-
cola ....................Slâranhàs . . . . . . 5.030
F . Ferraro et fils ........... Bahia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2.000
Foncesca et Morelli .......... !tu ............ 4.00C

Sucrerie de Lojuca .......... Lojuca ......... Ballia .... 2.000


Munzer et Spaan ............ Rio-Janei ro ............. 1.200 1.000
Juan Ollivela ............... ......... 2.501)
C . Schumann et Cie ........ - ......... 1 O00 .
Sucrerie centrale de Quissa- 5.000
man .................... Quissanian ..... Rio ......
José da Costa Bodrigues ..... FropriCtB d'blhûmlira ......... 2.500
pris Paragnan
Félix Vandesmet et Cie ...... Pojuca ......... Bahia .... 2.000
Comolli et Cie . . . . . . . Pelulas .................. .l .000 tiectilicateur du nouveau

Santos, Cortico et .Freitas.... Rio.de.Janeir.0 ...........

CHILI
Julio Bernstein . . . . . . . . . . . . . ïinadel Mar,prés
\'alparaiso ............. 3.500
hrcel Deves ............... Lli u llu ......... Limachc-Valps
r~iso.... 1.000
Ovalle (Le docteur) ......... Santiago ................ 1. 000
Le même, colonne rectangu-
laire ............................................ 1.000

CUBA
bpezteguia frères ...........Cienfuegos ..... 3.000
Les mêmes, 2e appareil .............................. 6.000
' ~omas~ r e o k s.............. Soledad ........ Guanianrmn .. 1.250 2 .000
Comte de Casa More......... Sau(issima-Trinidud .........' . . . 4 .Y00 4.500
Le même ................. Indio .................. 4.500 4.50O
Marquis de Monte10. . . . . . . . Ida Havane .............. 4.003
La Muela ................... Sicrra Morena . . . . . . .: ... 7 .500
De Montaldo ................ Cienf~iegos............... 3 -000
Beed Ruiz et Cie . . . . . . . . . . . . I..a 1:cclcncia .... P~icrio-Principe 1.230
--
TOTALù ~ q o r t c.r. . . . . . . . 86.300 37.000
RENSEIGNEMENTS
DES INDUSTRIELS

ÉGYPTE
Report. ......... 84.300 37.000
Son Altesse leuhédive d'Egypte Samaloutli ..... tlaute-Égyp:e .
lerappareil rectificateur.. ... .........
.........
.........
/ie - colorine rectüngu-
laire en cuivre.. ........ - ....... 7.000
Ije appareil, colonne rectarig. - ......... 7.000

ESPAGNE
J. Agrela.:. ............... Grenade .................
Le même, 2e appareil, colonne
distillaloire. ............. - ......... 1 .O00
Agrela, frères.. ............ Motril .......... Grenade ..
Les mêmes, colonne recta n-
giilaire. .................
Aurioles, Ravassa y Moré.. ... Motril.. ........
Le même, colonne rectangu-
laire ....................
Enrique Barbaua.. ......... Motril .......... Grenade .. 1.000 2.000
Burgos Dominguez et Garcia.. Motril .......... Grenade .. 2.000 2.400
La Chica Rodriguex et Aurioles Grenade ................ 2 .O00 3 .O00
Les mêmes, 2" appareil, co-
lonne distillatoire.. ...... - ......... 3.000
Compagnie sucrière de San
Guillermo.. .............. Malaga ..................
2e appareil, colonne rectan-
gulaire ................. - ......... 2.000
Duchesse de Santona ........ Motri1 .......... Grenade .. 1.000 2 .O00
Garcia, Romero, Ortiz y Mar-
tinez.. .................. Ma1ag;i ......... hfalaça ...
Les mêmes, colonne rec tan-
guiaire.. ................ - ......... 2.000
J. de la Gandara.. .......... San-Pedro-d'Al-
L~ rcclang,l- cantara ...... JInlag,i ...
laire. .................. - ......... 2.000
Héredia fils.. .............. Adra ........... Grcnndc .. 2.000 2.000
Earios ct fils.. ............. Tore-del-Mar .............
Les nzêt~zes,Y :ippaieil.. .... - 1.. ....... "3500 2.9011
--
TOTAI,à repo~te)........... 122.800 79.S00
RENSEIGNEMENTS -
DES INDUSTRIELS

Les mêmes, 4e aapparzil. ..... .........


Les mêmes, Se appareil.. .... .........
Sala Pou et Cie.. ...........
FabricaNuestraSenora delPilar Salobreiia ...............
La même, 2e appareil. ...... ......... 1.20
José del Pulgar.. ........... Sucrerie de Mare Malaga.. . 73

GUATEMALA
J. Guardiola.. .............. Hacienda Chocola ......... '7.908
Brooks ....................lSucrcrie de Saleda. .../buanlinml .. 3.5001 1 1
LA GUADELOUPE

RÉPUBLIQUE D'HAIT1

ILE DE MADCRE

2e appareil, colonnc distillalre

ILE MAURICE
Hewetson ......................................... 5.000
2e appareil rcctificaiei.~r pro-
duisant les alcools filis a
96 degrés.. .....................................

LA MARTINIQUE
Le baron de Larenti.. . . . . . . . Fort de Frocce. ......... 3.500
Eugène Eustache. .......... Usirie de Griliori. TiiiiitQ. . . 3.000
A. de Heynard.. ............ IT.qinc de la Diloii ......... :i.001i

--
TOT\ L Ù ~ ~ p o r t e .r .. . . . . . . . 191 . iSO 09.000
RENÇEIGNEPIENTS
DES INDUSTRIELS

RIÉPUBLIQUE DE L'EQUATEUR

PEROU
Bauer frères.. .................................... 750
Pour leur propriété de Cha-
Félix Denegri.. ............ ~ i i n a.................. 6.000 cavento.
Pe appareil, un rectificateur
no 3 .................... .........
ILES PHILIPPINES
Francisco Puig et Hermano. San-Fernando . . La Pampanga.. 650
Ayala et Cie.. .............. Manila ......... Manila.. . 1.000
J. Gonzalez ................ Manila.. ....... Capiz .... 2.000 1.200
Le mênze.. ................
Le même .................
Rodriguez.. ................ Manila.. ................ 750
PORTO-RICO
Manlove, Alliott et Cie, cons-
tructeurs mécaniciens .... Ponce.. ................. 2.500
Les nzêmes, colonne rectangu-
laire. ................... - ......... 2.800
.
Fantauzzi frères,colonne no 8. Usine Felicitas. . Patillas . 4,000
I L E D E LA RBUNION

LA TRINIDAD

2e appareil, un rectificateur
no 7 ....................
REPUBLIQUE DE VÉNÉZUELA
J. A. Mosquera hyo.. . . . . . . ./Caracas. ....... ( ......... 1 1 1.O001
ILES D U CAP-VERT
TABLE DES GRAVURES

Pages.
FIGURE1. - Vue en élévation d'une distillerie de cannes à sucre construite par
MM.. D. Savalle et Cie. . . .'. ................ 17
2. - Vue en plan d'une distillerie d e cannes à sucre . . . . . . . . . . 18
3. - Vue en élévation d'une distiilerie de mélasse d e cannes annexéeh une
sucrerie.. .......................... 27
4. - Vue en plan d'une distillerie de mélasse de cannes annexée B une
sucrerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5. - Petit appareil à travail continu fonctionnant à feu direct. ..... bl
6. - Appareil transportable pour la production des tafias et des rhums . 33
7. - Appareil rectangulaire no 3, dimension moyenne pour les sucreries . 36
8. - Appareil distillatoire produisant d u premier jet des rhums à 90 et
93 degrés. ........................... 38
9. - Nouvel apparei! pour déterminer la teneur alcoolique des vinasses
et la perte d'alcool éprouvée par l'einploi des appareils distillatoires
défectueux. .......................... 42
Pages .
PRBFACE
CHAPITRE PREIIER . - La canne à sucre et ses produits . . . . . . . . . . . . . . 1
8 I" - Culture de la canne A sucre en Espagne . . . . . . . . . . . . . . 5
..............
$ II - Culture de la canne B sucre en Algérie 10
5 III Cultiire de la canneà sucre et fabrication du rhum dans la République
............................
Argentine 12
. .............
CEAPITRGDEUXIEXE - Distillation de la canne B sucre 16
................
§ Ier - Ensemble d'une distillerie de cannes 16
5 II - Devis approximatif d'une distillerie travaillant par jour 30,000 kilogr.
............................
de cannes 20
3 III - Diffusion de la canne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
CHAPITRE .
TROISIEME - Distillation des mélasses des cannes . . . . . . . . . . . 83
5 1" - Fermentation des mélasses des cannes . . . . . . . . . . . . . . . 23
g II - Distillerie de mélasse annexbe à une sucrerie'. . . . . . . . . . . . 26
tj III - Petit appareil à travail continu fonctionnant à feu direct . . . . . . 29
5 IV - Colonne distillatoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
§ V - Appareils produisant de forts degrés ................ 36
§ VI - Devis approximatif d'une distillerie de melasse produisant 4, 000 litres
de tafias A 600 en 12 heures de travail .............. 39
CHAPITRE QUATRIEME .- .
Contrôle des pertes d'alcool éprouvées dans les distilleries 40
CHAPITRE CINQUIEME . - Statistique des distilleries de mélasse provenant de sucre
de cannes ........................... 41
TABLEDES GRAVURES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
REVUE UNIVERSELLE DE LA DISTILLERIE
Journal hebdomadaire paraissa~it le cliiriarrcliz.
F O N D E EN 1873
J.-Paul ROUX
PROPRIETAIRE ET R ~ D ~ C T C ULKY CIlEP

Le plus grand journal technique francais spCcial à la distillerie


Indispensuble à tous les distillateurs, rectifituteur~et fubrica~~ts.

BUREAUX
PARIS BRUXELLES
53, rue Vivienne, 53 I 46,rue de l'Association, 46

ABONNEMENTS
FILANCE
ET B E L G I Q U E .. 15 TR.\NCS 1 UXIONPOSTALE. . . . . 18 I ~ ~ ~ A S C J
LA

FABRICATION DE L'ALCOOL

DISTILLATION DES GRAINS


PABRICATlOM DE L'ALCOOL

DISTILLATION DES GRAINS


PAR

J.-Paul ROUX
REDACTEUR EN CHEF DU JOURNAL L A R E V U E U N I V E R S E L L E B E L A D I S T I L L E R I E
MEMBRE DU JURY DE L'EXPOSITIO'I INTERNATIONALE DE 1881

MEMBRE DES CONGRÈS INTERNATIONAUX POUR L'ÉTUDÇ DE L'ALCOOLISMF, ETC., ETC.

PARTS
'@RIMERIE ET LIBRAIRE CENTRALES DES CHEMINS DE FER
IMPRIMERIE CHAIX
S O C I ~ ~ ~ATN BO N Y M E A U C A P I T A L D E SIX nIILLIotis

Riie Bergbre, 20
4888
Le bon accueil fait à notre travail sur la Rectification des
alcools et la Fabricatio~zdu Rhum nous a encouragé à presser
la publication des autres parties de notre ouvrage sur la
Fabrication de l'alcool.
C'est ainsi que nous offrons aujoiird'hiii la Distillc~tion11cs
grains, qui est la partie de l'ouvrage qui nous a paru avoir
le plus d'opportunité par suite de l'extension prodigiecse
prise par la fabrication des alcools de substances farineuses,
et le rôle important reservé à cette industrie.
Nous n'avons pas eu l'intention, nous devons le dire tout
de suite de faire u n traité complet de la distillation des
grains, un ouvrage didactiqiie sur cette belle industrie
embrassant l'étude détaillée des matières premières, la des-
cription scientifique et critique de tous les procédés connus,
l'exposition technique et raisonnée des nombreuses machi-
nes et appareils employés.
Un tel ouvrage aurait certaiiîement une grande utilité,
et nous le savons aussi bien que personile par les fré-
quentes et nombreuses demandes qui nous sont faites; mais
le grave défaut de ces ouvrages compacts qui demandent
beaucoup de temps et des recherches minutieuses c'est de
vieillir aussi vite que des almanachs!
Aucune industrie, excep té peut-être, celle des applicatiocs
de l'électricité n'a fait des progrès aussi rapides. Et ce proi
grès s'affirme d'une manière officielle par l'augmentation
des rendements, constalés anni~ellementdans les distil-
leries par les agents des contributions indirectes.
En Amérique, par exemple, le rapport du commissaire
des revenus intérieurs constate que le rendement par bais-
seau de maïs, augmente légèrement chaque année.
En Belgique, en Auiriche les mêmes observations ont
ét6 faites ; c'est dire quelle attention constante s'impose
aux industriels qui ne veulent pas se'laisser devancer.
La spécialité est la caractéristique du progrès. Au fur
et à mesure de ses développements une industrie se: subdi-
vise en branches spéciales dans lesqilelles l'étude des faits
est de plus en plus serrée et approfondie.
Au commencemeiit du siècle u n traité sur la fabrication
de l'alcool comprenait tout au plus une centaine de pages,
dont la -majeu-~epartie était occupée par la description
des instruments servant à « peser » les eaux-de-vie!
Aujourd'hui la fabrication est non seulement plus per-
fectionnée, mais l'alcool est extrait de diverses substances
gui exigent chacune u n travail différent, enfin, comme si
ce n'était pas assez d'avoir à lutter, d'avoir à conquérir la
nature, les législations fiscales des différentes nations. ont
encore compliqué le problème de la fabrication des alcools
par les entraves qu'elles ont apportées au travail.
De sorte que dans chaque État il faut suivre une
méthode spéciale de fabrication conforme à la législation
fiscale du pays.
La France, la Belgique, la Hollande, l'Angleterre, 1'Alle-
magne, l'Autriche, l'Italie, la Russie ont des législations
différentes qui exigent des procédés particuliers.
Ce serait donc non seulement un travail gigantesque,
mais aussi éphéiuère que d'exposer avec tous ses ddtails, Ia
fabrication dans chaque pays, car cette législation est sujette
à des mouvements brusques dont la Belgique, l'Autriche
et l'Allemagne nous ont donné des exemples.
Ce n'est donc pas un traité complet que n0u.s avons
voulu faire ; notre but est plus modeste, nous nous ren-
fermerons dans les grandes lignes de la distillation des
grains, en indiquant, les principes. sur iesquels est basée
cette belle industrie, ses différentes branches et en donnant
la description des principaux appareils employés.
Notre but sera rempli si nous avons réussi à inspirer lc
goût d'étudier plus profondément cette industrie qui est
une des forces productives de l'agriculture.
Les notions purement seientifi~~ues, les détails exclusive-
ment techniques on les lroiivera ensuite dans des traités
spéciaux plus volumineux.
J.-P.~JLROUX.

P.-S. - Cette brochure était terminée, et prète a être


remise à l'imprimeur, lorsque la mort est veilue siirprendre
--M. Désiré Savalle, le' chef de la grande niaison de con-
struction d'appareils de distillerie : D. Savalle fils et Cie,a
Paris, qui nous a aidé de sa précieuse collaboration et de
ses conseils pour la rédaction de cet ouvrage.
On trouvera plus loin une notice biographique sur cette
éminente personnalit6 de l'industrie francaise des alcools.
M. DÉSIRE SAVALLE

A 27 ans, hl. Désiré Savalie se trouvait, par la mort de


son père, fondateur de la maisou, à la lele des affaires qu'il
n'a cessé de développer p& u n travail des plus assidus,
tant par le côté scientifique que par le côté industriel.
De l'étroite spécialité de la distillation des alcools, i l
s'était fait un monde, et rien rie lui échappait, rien ne lui
était indifférent de ce qui se rattachait à ses occupations
favorites.
La distillation de la betterave, de la mélasse, des vins,
des grains, des caroubes, des jus de canne, du méthylène,
a été tour à tour étudiée, dans toutes ses parties : sac-
charification, fermerktation, distillation des moûts, rectifi-
cation des alcools, etc.
La rectification des alcoois était - surtout la base des
recherches de M . Désiré Savalle; il avait successivement
étudié to.utes les faces du problkme, et en serrait de plus
en plus la solution .
E n 1873, il publia sûn livre : Progrès récents de la distilla-
tion qui fit connaître ses travaux; en 1876, l'édition étant
épuisée, u n nouvel ouvrage parut sous le titre : Appareils
et pro~éclés nouveau% de distillatior,, et, en 1881, u n autre
volume, les L)istiller*ies,mettait à jour tous les progrès
accomplis par la maison Sûvalle dans les diEérenles branches
de l'industrie aes alcools.
Ce que M. Désiré Savalle exposait dans ses livres i i le
II
justifiait par les faits; les nombreuses usines qu'il a con-
struites en France et à l'étranger en font foi, ainsi que
les récompenses et les distinctions obtenues aux exposi -
tions .
E n 1867, à l'Exposition universelle de Paris, il obtient
la médaille d'or; l'année suivante au Havrè, l e diplôme
d'honneur; en 1873, à l'Exposition universelle de Vienne
(Autriche), la médaille de progrès; et en 1878, à Paris,
le grand prix. Nocs passons, bien entendu, les concours
et expositions secondaires. En 1877, il faisait partie du
jury d'acimission et d'installation de lYExposilion uni-
verselle.
E n 1878, M. Savalle fut nommé chevalier de la Légion
d'honneur, juste récompense de travaux qui avaient con-
tribué à agrandir le renom de l'industrie francaise.
Pour donner h ses recherches sur la rectification plus
d'ampleur et de sûreté, M. Savalle avait construit, près
de Paris, u n magnifique établissement pour la restifica-
lion des alcools, où sont ,appliqués tous les nouveaux
procédks auxquels travaillait son esprit ingénieux et in-
ventif.
Au lieu d'un peiit laboratoire, chez lui, avenue du
Bois-de-Boulogne, c'élait u n laboratoire siir une grande
échelle qu'il avait construit à Puteaiix.
M. Désiré Savalle est décédé le 10 octobre 1887 en son
116tel de l'avenue d u Bois-de-Boulogne à Paris.
Cette mort a eu u n grand retentissement dans le monde
de la distillerie, car le nom de M. Savalle est connu par-
tout où on fabrique de l'alcool, c'est-à-dire dans le monde
entier; la description de ses appareils est pour ainsi dire
classique, et se trouve dans tous les ouvrages de distillerie
de tous les pays et dans toutes les langues.
C'est une perte considkrable pour l'industrie et la science.
M. Savallc est mort à 09 ans dans la plénitude de ses
forces el de son activite infatigable. Son esprit ouvert à
tous les progrès, comprenait vivement toute l'importaiice
d'une nouvelle découverte ou d'un perfectionnement.
Les funérailles eurent lieu le 13 octobre 4887, à l'église
Saint-Honoré d'Eylau, place Victor-Hugo, trop petite pour
la circonstance, au milieu d'un grand concours de monde,
de notabilités de l'industrie, du commerce et de la scierice,
Père d'une nombreuse famille, M. Savalic a laissé un
fils digne de lui succéder.
CHAPITRE PREMIER
-

L'ALCOOL DE GRAlN

La fabrication de l'alcool par la distillation des grains est une


des plus intéressantes industries qu'il soit possible d'exercer,
celle qui offre le plus vaste chanip d'application, et aussi le plu?
varié, à l'intelligence de l'homme, celle qui présente le plus de
ressources dans ses moyens d'action.
Cette industrie emprunte à la science la plus avancée b u s ses
procédés, elle fait appel à la physiologie végétale et à la chimie
organique pour la transformation des malières premières ; à la
physique et à la mécanique pour l'établissement des appareils
transformateurs ; enfin c'est l'agriculture qui fournit les d!verses
matières premières et utilise les résidus.
L'arriidon étant la véritable matière première de ce1te fabrica-
tion, tous les grains contenant plus ou moins d'amidon sont
susceptibles d'être distillés, et suivant que des raisons commer-
ciales en permettent l'emploi, on peut distiller tour à tour le
blé, le maïs, le seigle, le riz, l'orge, le dari, l'avoine, etc., etc.
La préférence à accorder à chaque grain est imposée par son
rendement en alcool et son prix de revient ; il y a là une échelle
de .proportion sur laquelle le distillateur doit toujours avoir I'ccil
comme sur une boussole. L'instantanéité des communications
permettant de connaître immédiatement les pris et les disponi-
bilités en grains sur tous les marchés du monde; la rapidité et
le bon marché des moyéns de transport permettant de réaliser
dans le plus bref délai les combinaisons commerciales les plus
1
étendues, font que le diçtillateur peut toujours choisir à son gré
le grain dont la distillation lui parait la plus avanlageuse.
En certains pays, comme en Belgique, par exemple, les varia-
tions de la législation fiscale ont imposé tour à tour au distilla-
teur le travail des grains les plus divers, et il n'y a peut-être
pas de substances que les distillateurs belges ne se soient ingéniés
à travailler et de ti-ansformation préliminaire qu'ils n'aient
fait subir aux grains. Ils ont travaillé le seigle, l'orge, le bl;, le
maïs, le dari ; puis ils ont applique la germination et travaillé
le blé germé, le seigle .germe, le maïs germé, le malt, etc. ; puis
ils ont bluté les farines.
La distillerie belge dans ces dix dernières années a fait la
preuve de l'infinie variété deressources que présente la distillation
des grains.
Dans d'autres pays, comme la Russie, l'Amérique du Nord,
le grain, seigle et maïs, produit par le sol national s'impose à
la distillation par son abondance et son bon marché.

Il convient de dire ici un mot de la crise qui frappe l'agricul-


ture, car d'après nous, elle se lie étroitement aux industries dont
nous nous occupons.
La solution de cette crise se trouve piirement et simplement dans
le développement des industries agricoles et nulle part ailleurs;
tous les autres moyens ne sont que des palliatifs. L'agriculture
doit entrer franchement dans la voie industrielle, pour utiliser
tructueusement tous ses produits. Ce sont les diverses industries
agricoles, telles que la distillerie, la sucrerie,la brasserie, la mino-
terie, etc., qui, en donnant une plus haute valeur aux produits (le
l'agriculture et en lui fournissant d'autre part des matières à
bon marché, resultrit des transformations opérées par elles, ce
sont ces industries agricoles qui mettront les agriculteurs . en
mesure de lutter contre la concurrence des pays vierges.
Une crise élant un défaut d'équilibre entre le prix de revient
et le prix de vente, entre la production et la consommation, il.
faut s'appliquer ii diminuer le prix de revient, ce qui augmen-
tera la corisornmation par le bon marché.
Il faut ici appliquer un principe écoiiomique qui régit la pro-
duction universelle. Pour abaisser le prix de revient, il faut faire
de l'indiistrie. Tous les produits auxquels on applique des pro-
cédés précis, mathématiques, des procédés industriels sont fabri-
qués à meilleur marché ; et cette fabrication donne des bénéfices
considérables.
L'agriculture, qui n'est qu'une industrie spéciale, doit fatale-
ment subir les lois qui gouvernent la production en gériéral, et
elle doit comme les autres industries transformer ses procédés,
sous peine de déchoir.
Par ce qui va suivre on verra de quel secours puissant la dis-
tillation dei grains est pour l'agriculture, et quelle merveilleuse
industrie est celle qui, dans une rotation de quelques mois, pro-
duit à la fois des eaux-de-vie et des alcools, des viandes succu-
lentes, et de la levure excellente qui rend le pain meilleur.
C'est l'alimentation de l'homme, assurée clans ce qu'elle a de
plus complet. Chaque hectolitre d'alcool donne lieu à une pro-
duction de 25 kilogrammes de viande.
Nous croyons ne dire que l'exacte vérité en assurant que la
construction d'une distillerie dans un pays est un nouveau gage
de richesse et de bien-être.

Les produits de la distillation des grains sont tou,jouur de l'al-


cool et des résidus ou vinasses, et quelquefois de la levure. De
la judicieuse utilisation de ces divers produits dépend le succès
d'une distillerie et, nous ajouterons, de toute la région agricole
environnante.
Ce n'est un secret pour personne que la riche agriculture des
Flandres a eu pour premier instrument de fortune la distillerie
agricole. La fertilisation des terrains stériles de l'Allemagne et
du Nord et des régions Baltiques est due à la transformation
puissante opérée par de nombreuses distilleries, qui nori seule-
ment restituaient au sol les matières minéraIes enleçées par les
grains, mais l'enrichissaient encore par d'autres éléments pour
ne garder que les principes constituants de l'alcool qui sont, on
le sait, des plus simples et n'épuisent pas la terre.
La distillation des grains, parzl'emploi si fructueux de la matière
première et l'énorme influence qu'elle exerce sur l'élevage du
bétail, est une industrie agricole de premier ordre. Dans lespays
qui se distinguent par une agriculture avancée, on voit la dis-
tillerie des grains être une des bases de l'exploitation agricole.
La manière d'utiliser les résidus, drêches ou vinasses a subi
des transformations par suite de i'agrandissement des usines. -La
distillerie a naturellement suivi l'évolution qui entraîne le tra-
vail moderne, l'industrie s'est centralisée et, au lieu (les modestes
installations des premiers temps, annexes des fermes, les distil-
leries sont devenues de grandes usines travaillant des centaines
de quintaux de grains par jour, soit par le malt, soit par les
acides.
A cette grande production de résidus il a fallu trouver un écou-
lement proportionne et spécial ; l'antique moyen de la consom-
mation directe et sur place n'étant pas toujours praticable, on a
inventé des procédés qui permettent le desséch~mentdes drêches
pour leur transport dans un grand rayoii de la distillerie.
Les résidus de la distillation par les acides qui autrefois étaient
un grand sujet d'embarras pour les distillateurs, sont aujour-
d'hui fructueusemcnt utilisés au moyen de procédés dont nous
parlons plus loin.
Chose singulière, la distillation des grains est si bien une in-
dustrie agricole dans toute l'acception du mot, reliée intimement
à l'agriculture, que, suivant les pays de production, l'alcool est
ou le produit principal oii le produit secondaire de la fabrica-
tion.
Là est tout le secret de la puissance, comme production d'al-
cool à bon marché, des Etats-Unis, de la Russie et de l'Allemagne ;
les premiers fabricants, ceux qui produisent les flegmes. distil-
lent pour avoir journellement une nourriture substantielle toute
préparée pour les bestiaux.
Aux États-unis, au lieu de donner le maïs dircctement aux
porcs, on le distille, et ces animaux sont engraissés avecles ré-
sidus, de sorte que le maïs se troixve à la fois produire du lard
et de l'alcool.
Il convient de bien se pénétrer de la miiltiplicité et de la fer-
tilité des moyens d'action d'une distillerie pour l'exercer avec les
plus fructueux avantages, et se rendre compte dcs conditions de
la concurrence intérieure et étrangère.
Le choix des grains et l'ingéniosité dans I'iitilisation des rési-
dus sont bien faits, au poinl de vue purcmer~tindustriel et tech-
nique, pour exciter l'étude intelligente du distillateur, mais un
plus vaste horizon lui est encore ouvert par l'augmentation pro-
gressive du rendement en alcool qu'il peut obtenir.
La distance qui sépare le rendement pratique du rendement
théorique est encore très grande, niais elle dimillue tous les joiirs
par les perfectionnements de la fabrication, inne connaissance plus
parfaite des bonnes condi tioiis de la saccharification et cie la fer-
mentation. L'augmentiltion dans le rendement est une sorte (le
prime donnée aux recherches et aux travaux du dislillatei~r.
C'est donc une considération qu'il nc faut pas perdre de vuc ; le
disti1I8teur met en œuvre les matikres organiques les plus insta-
bles; les moindres changements eri plus ou en moins produisent
des différences consiclérables dails le rendement cil alcool.
L'amidon, avons-nous dit, est la vraie matière première de la
distillation des grains, or toutes les propriétés tle cette précieuse
substar~cessont encore loin d'être coiinues.
a Malgré l'intérêt qui s'atlac.he au rOle si important de l'ami-
don, dit M. Ed. Heckel, malgré le ilombre considérable des ob-
servateurs qui en ont fait le sujet de leurs études, l'hisloire (le la
substance amylacée nous est encore bien imparfaitement coniiiie.
Nombreux sont pour nous les points qui restent obscurs en ce qui
concerne son origine, son développement et son utilisation. »
Le marché de l'alcool clevient de plus en plus un marclié uni-
versel; tous les pays producteurs, toutes les places commerc:iales
sont étroitement reliés les uns aux autres, la concurreiices'accé-
lère de jour en jour, et les bénéfices se rcstreignent de plus en
plus, phénomène écoliomique qui se produit toujours dans les
industries bien exercées et en voie cle progrEs. Les profits se li-
mitent quand l'imprévu est diminué par la précision du travail.
La distillalion des grains est entrée à grands pas dans la voie
du progrès indushiel ; sortie d u domaine des procédés empiriques,
elle applique aujourd'hui et, pour ainsi dire, au jour le jour
toutes les découv~~ates de la science; dans certains pays, elle a ses
laboratoires, ses chimistes, ses chaires et ses professeurs.
Elle a Ses constructeurs spéciaux, les ingénieurs les plus savants
et les plus habiles s'appliquent à approfondir de plus en plus le
problème constamment posé dont les termes sont : diminuiion
du prix de revient, augmentation du rendement et de la qualité,
utilisation de tous les produits.
Dans les chapitres qui suivent nous nous appliquons à donner
les indicatioris nécessaires pour l'étude et la solution d'un pro-
blème aussi compliqué.
CHAPITRE DEUXIEME

TRAVAIL DES GRAINS

Les grains destinés à la distillation sont traités par différcntcs


méthodes, suivant Ic but quc l'on clésire atteindre, cl Ics espèces
de grains que l'on a à travailler.
Nous indiquerons successivement les différentes méthodes; ct,
comme nous n'écrivons pas un ouvrage purement didactique,
nous en tracerons seulement les grandes lignes.

fj 1. - Saccharification par le malt.

L'opération de la saccharifiealion des grains par le malt varie sui-


vant la législation des pays, suivant le matériel de saccharification
dont se servent les usines, et suivant que celles-ci opèrent sur des
grains réduits en farine au sur une partie de grains e n t i e ~ qu'elles
s
réduisent par la cuisson.
Dans le Nord, on emploie peu 1c procédé de la cuisson des
grains, parce que l'on prétend que le 3/6 ainsi obtenu a tou,jours
un léger goût de brûlé qu'il cst diEcile de lui enlever.
Dans les distilleries produisant de la levure, le procédé de cuis-
son du maïs entier est écarté pour le même motif, la qualité de
la levure s'en trouvant altérée.
Voici comment l'on opère la saccharification cles maïs dans les
usines qui font cette opération dans un seul macérateur.
Une macération de 1,000 kilog. de grains composés de 700 liilog.
8 TRAVAIL DES G R h l S S

de maïs et de 300 kilog. d'orge malté y dure 3 heures 45 minutes,


qui sa subdivisent de la manière suivante :
10 minutes pour introduire l'eau nécessaire à la cuisson du
maïs,
10 - pour délayer la farine de maïs au moyen de l'agi-
tateur.
45 - pour introduire la vapeur dans le mélange de farine
hydratée et faire monter la température.
On cuit ainsi le maïs de telle sorte qu'il ne con-
tienne plus de parties dures, et qu'en l'étendant
sur le thermomètre en cuivre, le tout soit en
dextriiie, forme une masse lisse et n'ait plus
la consistance d'un liquide dans lequel il y aurait
des grains de sable.
1.3 - pour laisser reposer le tout pendant ce temps,
15 -- pour faire fonctionner l'agitateur et introduire de
l'eau dans la double enveloppe du macérateur pour
refroidir la masse à 70 degrés.
25 - pour verser dans le macérateur la farine de malt
en contiiluant à agiter pendant ces "2 minutes.
90 - pour laisser reposer la macération pendant ce temps,
20 - pour vider le contenu du macérateur et l'envoyer
au réfrigérant des moûts.
05 - pour laver le macérateur.
---
2% minutes.

L'onération a ainsi duré 3 h , 4.3 m. La loi française permet


d'employer ce temps à la macération ; en Belgique, où la durée
d u travail pour toutes les opérations est limitée à 24 heures ou
à 48 heures au choix du distillateur, on opère bien plus vite, et
l'on pare à l'insuffisance de la saccharification par d'énormes
quantités de levure employées à la fermentation.
Dans les usines bien organisées, la cuisson du maïs se fait dans
un macérateur, et, pendant ce temps, la farine d'orge malt6 est
hydratée dans un machratcur spécial plus petit muni d'un broyeur
pour réduire le malt le plus possible, et quand la farine de maïs
TIttvhrI, »Es O R A T I s n
a subi sa cuisson et qu'elle.est refroidie à la température voulue,
on y déverse le lait de malt pour opérer la saccharifitaation.
L'opération se fait à peu prhs de la mème manière dans les
usines qui ne font pas moudre le maïs et qui le cuiselit entier ou
simplement concassé.
Le maïs est introduit dans un cuiscur en tôle avcc l'eau néces-
saire à la cuisson. - Celle-ci se fait sans pression, et lorsqu'elle
est achevée, on envoie lc contenu du cuiseur dans le macérateur.
On profite alors de la haute température du grain cuit pour opé-
rer une grande vaporisation au mojeii d'un courant d'air qu'on y
fait passer, soit au moyen d'il11 ventilateur ou au moyen d'un ap-
pareil Giffard.
Quand la masse est arrivée dans le macératsiir à la température
requise à la saccharification, oii y introduit le malt, et l'opération
se continue comme celle precédemment décrite.

§ I I . Saccharification des grains sans malt ou sans


acides par le procédé Bachet.

Ce procédé intéressera vivement lcs praticiens qui se deman-


deront pourquoi l'on a passé tant d'années sans lc diicouvrir.
M. Bachet, chimiste d'Annecy, est venu trouver M. Savalle au
mois d'août 1877 en proposant une association pour i'exploita-
tion de son procédé. Après de nombreuses et coûteuses expé-
riences faites avec M. Savalle et aux frais de ce dernier,
M. Bachet a rdsumé son procédé dans ses brevets; nous en don-
nqns ici la copie belge qui le résume :

SACCHARIFICATION DES MATIGRES ARIY LACEES OU FfiCULENTES


PAR L'EAU,
LA CHALEUR ET LE GLUTES,

par FRANÇOIS-MARIEBACHET, chiniiste à Paris.


La saccharification des matières amylacées ou féculerites, %est-A-dire
leur transformation en dexlrine, puis en gliicose, pratiqnée orclinairernenl
dansle but d'en obtenir ultérieurenient de l'alcool par la fermentation, se
fait maintenant par deux procédés connus.
10 TR.iYAIL DES GRAISÇ

Le premier consiste dans l'action de certains acides minéraux, su~fli-


rique, chlorhydrique, phosphorique, etc., dilués et avec l'aide de la
chaletir.
Le second, dans I'aclion de la diastase (ou du malt qui la contient),
employée également en dilution et avec i'aide de la chaleur.
J'en ai imaginé un troisième, pliis simple et plus économique.
d'ai reconnu que les matières amylacées ou féculentes se transforment
peu à peu et lentement en dextrine et en glucose, c'est-à-dire se saccha-
rifient sous la seule influence de l'eau et d'une chaleur modérée. Que cette
transformation est de beaucoup accélérée par la presence d'une certaine
quantité de gluten. Elle devient alors assez rapide pour que dans une
demi-heure à une heure elle soit achevée à ce point que le liquide obtenu,
soumis à la fermentation, donne une qualité d'alcool chimiquement pro-
portionnelle au poids de la matière amylacée employée.
Le point de chaleur qui produit l'effet maximum est aux environs de
soixante degrés centigrades. Il ne faut gilère laisser la température des-
cendre au-dessous; mais il est essentiel surtout d'éviter de dApasser sen--
siblement cette limite, sous peine de voir le gluten perdre progressive-
ment et même totalement son action saccharifiante.
Un brassage convenable du mélange favorise la ri-action.
Lorsqu'on emploiera pour ce travail une farine de céréale naturellement
riche en gluteii, comme par exemple celle du seigle, on se trouvera dans
les meilleures conditions de réussite. Mais on peut, au contraire, avoir à
opérer sur des matières que l'on a dû préalablement chauffer, soit pour
les adoucir, soit dans tout autre but, et dans lesquelles on a par ce fait
même détruit la vertu saccharifiante du gluten; ou bien sur des ma-
tières contenant peu de gluten, ou même n'en contenant pas du tout,
comme dans la fiicule ou I'aiiiidon. Dans ces cas, il conviendra, pour
obtenir un résultat suffisamment pronipt et avant de commencer le trai-
tement de ces matières, d'y introduire une plus ou moins forte quantité
de gluten ; ce que fera très Lien, par exemple, l'addition d'une propor-
tion calculée de farine de seigle.
Du reste, lorsque le but qu'on visera sera d'obtenir par la fermenla-
tion de I'alcool ou des boissons alcooliques, il sera inutile de pousser la
saccharification jusqu'à l'entière transformation de la matihre amylacée
en glucose. Il suffira que cette matière soit convertie, portion en glucose
et portion en dextrine. En effet, l'action saccharifiailte du gluten se con-
tinuera sur cette dextrine pendarit la durfie même de la fermenlation,
et cela assez rapidement pour que, à la fin, on trouve dans la liqueur
toute la quantité d'alcool correspondante au poids de la matière amy-
lacée employée.
En résumé, je constate comme un fait nouveau, découvert par moi,
que l'action de l'eau et d'une chaleur déterminée (soit environ soixante
degrés centigrades) suffit pour transformer à la longue les matières amy-
lacées ou féculentes en dcxtritie, puis en glucose; et que cette trans-
formation acquiert toutes les conditions requises industriellement de rapi-
dité et de totalité par l'adjonction nitlurelle ou factice aux susdites
matières d'une quantité convenable de gluten.
Je me réserve exclusivement l'emploi de ces moyens nouveaux de
saccharification.
Après cette exposition générale du procédé, j'ajouterai quelques détails
pratiques et spéciaux pour la grande facilité de son emploi. Ces détails
n'ont du reste aucun caractère de presrription absolue et peuvent varier
suivant les circonstances, l'essentiel étant, pour obtenir les ineilleurs ré-
sultats, de s'écarter le moins possible des principes énoncés ddns l'expo-
sition ci-dessus et, formant Id base du système.
Eau. - La proportion d'eau habituellement employée dans les sac-
cl~arirications par le malt est également celle convenable dans mon
procédé. C'est environ quatre fois le poids du grain, quand on ne tra-
vaille que du grain, ou plus génSralemcnt six ou sept rois le poids dc
la niatière amylacée contenue dans les siibstanccs diverses que l'on
peut avoir à traiter, en tenant compte natiirellement dc l'eau que ces
substances peuvent déjà contenir par elles-mêmes.
Gluten. - Dans les céréales ccmme le seigle, l'orge, employées seules,
la proportion de gluten relativernent à l'amidon est très forte, soit d'en-
viron 20 0/0 ; aussi la saccharification de ces graines moulucs est-elle
très rapide et ne demande-t-elle guère qu'une demi-heure. La farine de
ces graines est trailbe crue, telle qu'elle sort du moulin. Les pomnies
de terre, les amidons ou fécules qui oiit subi la dossiccation, la Sarine
de maïs, etc., demandent au contraire à être préalablemeiit cuits àl'eau
pour acquérir un degré convenable de ramollissûment et d'hydratation.
Dans quelques-unes de ces substances le gluten n'existant pas, et dans
Ies autres, celui qui s'y trouve ayant été porté à iin degré de chaleur
qui a détruit ses propriktéi saccharifiantes, il y a lieu, quand on eut
les traiter, de les additionner de la farine crue de seigle ou d'autres
drhales dans une proportion telle que le poids de gluten amené par
cette farine soit environ le dixième de celui de la matière amylacke ou
fbculente contenue dans tout le mélange. Cette proportion d'environ 10 0/0
est suffisante pour amener une saccharification complète dans 30 à 60
minutes suivant les matiéres.
Ainsi on peut faire les additions suivantes de farine de seigle crue,
savoir :
100 de seigle sur 100 de maïs;
12 TRA\-AIL DES G K A I S S

34 de seigle sur 100 de pommes de terre;


167 de seigle sur 100 d'amidon ou de fécule, etc.

Chaleur. - L'observance stricte du degré de température indiqué


est le point le plus esseniid pour une bonne réussite du procédé. L'ac-
tion saccharifiante du gluten augincnle à mesure que, de la température
ordinaire, on é18ve le mélange vers soisante degrés centigrades, point
aux environs duquel elle atteint son maximum d'ictensité. Mais il ne faut
dépasser que de fort peu ce point pour voir cetle action diminuer pro-
gressi\ement; une chaleur plus forte finit même par enlever entièrement
et definitivement au gluten sa vertu de transformation, sans qu'alors il
puisse la reprendre par un abaissenlent de température.
En conséquence, quand on tr'iitera des farines de céréales, il convien-
dra que l'eau avec laquelle on les mélangera ne soit pas à une tempéra-
ture de plus de soixante degrés. Quand on traitera d'autres matières
qu'il aura fallu laire préalablement cuire à l'eau, il conviendra d'attendre
que le mélange soit redescendu au moins à soixante degrés avant d'y
faire les additions de farine crue de seigle indiquées plus haut. Dans l'un
et l'autre cas, on réchauffera ensuite doucement la inasse de façon à la
maintenir aussi régulièrement que possible à soixante degrés pendant
toute la durée de l'opércition. Ce chauffage peut Btre fait par une arrivée
directe de vapeur dans le mélange, ou par serpentin, ou mieux encore
par le moyeu d'un bain-marie entretenu lui-même à soixante degrés.

Brassaye. - Un large brassage continu et aussi parfait que possible


accélère et complèle la saccharification. Un agitateur horizontal à bran-
ches remplit parfaitement ce but.

iipplication. - Le procédé s'applique à diverses fabrications, savoir


celle de la dextrine, celle de la glucose, celle de l'alcool, celle dc la bière
et autres boissons fermentées, etc.
Pour cette dernibre fabrication, celle de la bière, il y a une remarque
importante à faire. Il est expliqué dans l'exposition ci-haut que le mode
dc saccharification décrit n'opère pas une transformation coinplète de
la matière amylacée ou féculente en glucose, mais seulement portion en
glucose e t portion en dexlrine. II est expliqué en outre que le gluten
contenu dans le mélange continue son aciion saccllarifiante sur cette
dextrine pendant l'acte mêrrie de la fermentation, et cela assez rapide-
ment pour que, à la fin, on retrouve dans le liquide une proportion
d'alcool chimiquement correspondante Ti la totalité de la matière amy-
lacke ou féculente employée. Or, en fabriquant de la bière par ce procédé
avec de l'orge crue, si on Sait, comme quand on travaille au malt, bouillir
le moût sucré avec du houblon, avant de Ic mettre en fermentation, il
arrivera que le gluten sera modifié par la chaleur et ne pourra trans-
former pendant la fernicntation la partie d'amidon passée seulement à
I'état de dextrine. La portion seule passée à I'état de glucose se changera
en alcool et l'on aura ainsi de la bit;re trop faibli.. 11 faudra, pour cbvier
à cet inconvénient, après la cuisson du moût avec lc hoiibloii, J aj outer
une petite quantité de farine d'orge cruc pour remettre un peu de glu-
ten frais dans le liquide. On pourrait encore, ce qui serait plus simple,
atteindre le même but en ne raisant qn'interverlir l'ordre dcs opérations.
Ainsi, on commencerait fàire cuire le houblon avec de l'eau pure, puis
on se servirait de cette décoction refroidie jusqu'i soixante degrés pour
opkrer la saccharification de l'orge. Le gluten, en procédanl ainsi, ne
serait pas altéré et agirait converiablement sur la dextrine pendant la
fermentation.

Ava~ztcrges.- II est facile de ~ o i rconibien ce procédé de saccliarifi-


cation présente d'avantages sur les anciens. Ces avantages sont :
i0 ficonoinie des acides et du carbonate de chaux ~iéccssairepour les
saturer. Suppression de toutes les manipulations qu'entraîne cet em-
ploi des acides.
Ou bien économie de tout le malt, qui se trouve remplacé par du grain
ordinaire, non germé, simplement moiilu et donnant en alcool un ren-
dcmeiit supérieur.
2" Economie cle combustible, puisque l'on n'emploie qu'une tempé-
rature de soixante degrés, pour u n temps trBs court ;
3" Economie de temps et par conséquent d'appareils, l'opération de
saccharificntion ne demandant que 30 à BO ininutes, taudis que la
même opération au malt réclame deux à trois heures, et à l'acidc douze
heures et plus.
4 O Production de levure en proportion au n~oinsaussi forte que celle
obtenue par lc procédB du malt ;
fi0 Production de résidus, soit drClclies d'uilc pureté parfaite pour la
nourriture du bétail.

26 avril 1878.
1 'r TKAVAIL DES G R A I S S

S III. - Ensemble d'une distillerie de grains traitant


10,000 kilog. par vingt-quatre heures.

Nous donnons ici lc plan d'une usine spécialemenl installée en


vue de la distillation des grains par le procédé Bachet ou à vo-
lonté par le mall.

Fig. 1. - Pue en c'lévation d'une distillerie de grains.

Pour le travail par le nîalt, il faudrait ajouter la malteric, ger-


moirs et tourailles, pour lc cas où le distillateur trouverait plus
avantageux de fabriquer son malt lui-meme au lieu de l'acheter
aux malteurs (le profession.
TRAVAIL DE\ GRAIKS 13
Légende explicative des figures 1 et 2.
A . Généraburs a vapeur.
B. Machine à vapeur ;iclionnant le moulin, lcs pompes, les inacératcurs et
les réfrigérants.
C. Moulin i cinq paires de meules.
il. Cylindres i cuire le iilaïs, et macératcurs.
E. Réfrigérants, munis d'lin veiililateur.
F. Cuves cri bois, pour les fermeiitalions.
G. Pompes k eau, a matière fermenlée, etc.
H. Colonne distillnloirc Btnblie spéciaiemcnt pour la distillation des moùls
épais.
1. Rectificate~irpour raffiner l'alcool obtenu p u le premier appareil.
J . Magasin coi~lenantles réservoirs en tdle pour loger l'alcool.
K. Bureau.
L. Cheminée des généraleiirs.

$ IV. - Devis approximatif du matériel d'une distillerie


travaillant par jour 10,000 kilog. de grains par le pro-
cédé Bachet ou à volonté en opérant par le malt.

1 0 Deux générateurs senii-tubulaires for-


mant ensemble une surface de chauffe de 200 in&-
tres carrés . . . . . . . . . . . . . . . Pr.
2 O Une machine à vapeur de 39 clievnux . . .

%O U n moulin avec trois broycurs Ganz ct une


hlu terie. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
40 Une colonne disCillieîoiro en fonte de fer

et cuivre no 9. . . . . . . . . . . . . . . .
Supplément pour trous de bras . . . . . . . .
- sortie des vinasses . . . . . .
&O Un reciificateur no 6 du nouveau système
Savalle à chaudière en tôle . . . . . . . . . .
6 O Pompes :

Une à jus fermenté en bronze. . . . . . . . .


Deux en fonte de fer pour eau froide. . . . .
Deux pompes alimentaires . . . . . . . . . .
Une pompe à drêches . . . . . . . . . . . .
Fig. B. - Vue en plan de l'ensemble'd'une diiiillerit: de grains
7 O Dlacéi*ation :
Un cylindre pour cuirc le maïs . . . . . . . .
Un macérateur avec agitateur méca~iiquc . . . .
S0 K&frig&i*ant
des moûts de huit niétrcs de
diamètre (tôle préparée à ètre rivée sur placc ct
partie niécanique) . . . . . . . . . . . . . .
9 OFeriiieiitntion :
Dix cuves cn bois dc 220 hectolitrcs cliticuiie . .
1 0 0 Réservoirs en tble divers :
t
Environ 15,000 kilog. à 65 Ir. lcs 100 kilos. . .
I l o Triyauler*ieel i*obiiielteric des géricra-
teurs, des al)pareils, des ponipes, (le la cuveric.
etc., etc., eiiviron . . . . . . . . . . . . . .
120 Tuyauter-ie eii fonte de fer . . . . . .
130Transmission do naioa~vcment:
Enkiron Ci.000 hilog. à 'JO il.. les 100 hilog. . .
-
T0,i.a~approximatif . . . . Fr.
APPAREIL POUR LA DISTILLATION UES GRAINS
EN MOUS ÉPAIS

Pour qu'une industrie prenne tous les dévcloppemeiits dont elle


est susceptible, il ne suffit pas qu'elle renferme en elle-mème
tous les éléments d'une graiide prospérilé, que les circonstances
favorisent l'augmentation cle production, qu'elle ait à sa tête des
hommes douSs d'une grande science et de beaucoup de ténacité,
il faut encore qu'elle ait à sa disposition un matériel perfectionné
tenu au courant cleç progrès et des découvertes de la science.
Or, plus nous alloris, plus l'outil règne eii maître dalis l'in-
dustrie, et c'est de la supériorilé de l'outillage que dépeiideilt
tout à la fois la supériorilé du produil et l'abaissement du prix
de revient ; ce qui conduit à dire que les constructeurs d'appareils
ont un rhle prépondérant dans les progrès d'unc industrie, et
la preuve frappante de ce fait est clonnée dans iin grand nombre
d'industl;ies, telles que par exemple, la filature, le tissage, et
surtout la fabrication du sucre. On peut même faire cette remar-
que, que les irrdustries qui sont le plus en relarad, qui pataugent
dans la routine, sont celles qui n'ont pas de constructeurs
spéciaux.
La fabrication du sucre notaululent serait presque restée dans
le laboratoire, si après les savants n'étaient venus des construc-
teurs d'élite pour faire passer dans le domaine industriel ce qui
n'était encore qu'une intéressante expérielice de chimie ; d'autres
industries ile doivent la force de résister à la concurrence
ét,raagèr*equ'au talent dc leur:, fabricants d e machines.
La fabrication des alcools a dû le perfectionnement de ses pro-
duits et le développement qu'elle a prise aujourd'hui & des hommks
do:& d'une énergie et d'une perbévérance de travail remarquables,
ail premier rang desquels on cloit placer M. Désiré Savalle. Mais
comme dans ce siècle de progrès constaiit, s'arrêter c'est &tro-
grader, M. Savalle perfectionne sans cesse le matériel de la distil-
lerie afin de meltre cette industrie, pour ainsi dire journellement,
au niveau des découvertes modernes !
Quels immenses progrès a faits la distillerie industrielle depuis
seulement trente ans ?
En France, à cette époque, la distillation du vin était tout;
!a distillation industrielle rien ou presque rien, elle élait pour
ainsi dire considérée comme une curiosité de l'industrie, et les
produits de mauvaise qualité étaient vendus à lrès bas prix
relativement aux alcools de vin. Que devien t-elle maintenant ?
Sout ou presque tout.
C'est qu'aujourd'hui les rbles sont renversés ! La distillation du
vin n'existe pour ainsi dire plus, car on lie livre à I'alambic que
les vins médiocres et qui ne peuvent fournir qu'un produit dis-
ti llé très inférieur.
La distillation des grains, des mélasses et des betteraves doit
donc combler le vide produit par la non-distillation du vin ; or
c w i d c on peut l'évaluer à plus de 800,000 Iîeclolilres d'alcool
pour la France seulement! Autrefois la distiilation du vin a
F
meme produit un million et demi d'hectolitres d'alcool.
Mais la distillerie industrielle n'est pas prise au dépourvu, et
la science de sss fabricants jointe à l'habileté de ses construcleurs
saura suffire aux demandes.

La colonne distillatoire rectangulaire dont nous donnons le


dessin ci-dessus est un des appareils les plus perfectioiinés pour
la distillation des matières pâteuses fermentkes, composées soit
d'orge, de seig1e.ou de maïs. L

Tous les distillateurs connaissent les avantages qu'il y a & tra-


APPAREIL POUR LA DISTILLATIOU DES G R A I S S EN YOUT $PAIS 21
vailler des moûls épais, mais ils saveril aussi la peiiie que coille
la distillation. 11 est évident qu'au point (le vue fiscal, cjuand
l'impôt porte sur la cuve de fermentation, il est (le l'intérht du
distillateur de travailler (les moûts aussi concentrés que possible ;
s u poiiit de vue technique cet intérêt ne parait pas aussi iricon-
testable à première vue ; cependant dans une fabrication h ~ e n
concluite et bien soignée les moûls épais offrcliît des a ~ a n t a g e set
ont des partisans convaincus.
Quoi qu'il en soit, la distillatioii des matières épaisscs offre
des difficultés que MI Savalle s'est appliqué à surmonter dans son
appareil rectangulaire.
On sait que la distillation des grains fermentés en matibre
pâteuse présente surtout deux incon v6nien t s graves : l'obstructioii
fréquente et l'usure rapide.
Dans la colonne rectangulaire, dont nous parlons toutes les
parties sont construites solitlemenl pour n'avoir pas a retlouter
une trop prompte usure, la combinaison du système est telle que
I'appareil reste constamment propre, nettoyéqu'il est par la vitesse
d'écoulement de la matière en distillation lequel est de 4.0 centi-
mètrespar secoiide; avec une marche aussi rapide toules les parties
du liquide sont entrainécs et aucun dépôt ne se produit.
Ce noiivel appareil a déjà reçu de nombreuses applications.
Celui représenté par la figure 4 fonctionne dans la grande distillerie
de grains de M. le baron Springer, à Maisons-Alfort; il opère u n
travail journalier de 30,000 kilogrammes de grains délayés dans
2,000 hectolitres de liquide, et fournit ainsi 16.800 litres de
flegmes de grains à 50 degrés.
C'est u n des plus puissants appliqués à ce genre particulier d e
travail, et, cependant, ce n'est pas le plus grand. La maison
Savalle en a établi dont la puissance est double.
A première vue, cet appareil semble trCs simple ; il est, il est
vrai, bien simplifib, comme tout ce qui est réellement pratique,
mais sa combinaison n'en est pas moins le résultat d'un travail
sérieux et d'une longue expérience.
Cet appareil fonctionne entièrement ù continu : il a fallu oblenir :
I o L'épuisement complet de l'alcool colzfenu dans les fermentations et
22 APPAREIL POUR LA DISTILLATTO'r DES GRA1R.S EX JIOI!T OPAIS

ne pas en laisser perdre dans les vinasses qui sortent au bas de


l'appareil. Ce résultat est atteint par la perfectioii dc tous les or-
ganes et par l'emploi d'un rdgi~lateurde vapeur q u i fait que le
travail se maintient constamment le même, el dans la position In
plus favorable à l'oh tei~tiondu meilleur résultat.

Fig. 3. - Vile en plan de l'apparcil distillatoire appliqua an travail dcs grain>.

La matière à distiller est d'abord reçue daiis Ic chauffe-vins


très puissant C, qui lui communique la chaleur perdue des va-
peurs d'alcool qui sortent de l'appareil. Cette matière, ainsi pré-
parée et chauffé~,arrive à contiriii sur le plateau supérieur de la
colonne A , où s'opère la distillation. Dans cette colonne, la ma-
tière s'étale en une couche mince très divisée, traversée de toutes
parts par la vapeur destiiiée à opérer la séparalion cle i'alcool ;
aussi cette séparation est-elle aussi parlaite que possible.
Dlms la colonne de Maisons-Alfort, la course de la matière à
distiller est de ,125 mètres de longueur, el les surfaces de bar-
botage pour la vapeur y ont 200 mètres. Chaqci~ litre de ~ ~ î a t i è r e
6 distiller y est donc. soumis h U I I P lume de wayeur représentant
200 mètres de long. On comprendra aisément toute l'énergie de ce
travail et sa supériorité incontestable sur celui des anciens ap-
pareils.
90 Il a fallu ensuite obtenir que, malgré ce grand travail de
APPAREIL POUR L A DISTILLATTOX DES GRATXS EN MOGT EP,\TS %3

30,000 kilog. de grains, c'est-à-dire de matières obstruantes, par


joiir, l'appareil ne subisse pus d'arrêt ponr cause $'obst~uction. Ce
résultat a égalemen lété atteint. On distille, à Maisons-Alfort, huit
mois, soit deux cent quarante jours, sans démonter pour le net-
toyage.
On y passe ainsi la quantité formidable cle 7,200,000 kilogr. de
grains. L'appareil siibit ensuite un nettoyage qui se fait promp-
tement et le met à nouveau à l'état de distiller, sans arrêt, la
quantité de grains ci-dessus incliquée.
Outre la grande pr6cision obtenue dans le travail, on riralise,
par ce nouveau système, une économie de 20 à 25 0/0 sur le
combustible.
L'eau du réfrigérant n'emporte plus cette grande quanti té clc
calorique, et l'on n'est plus obligé cl'élever ces imnienses quan-
tités d'eau indispensables au fonctionnement des anciennes co-
lonnes.
En résumé, ce nouvel appareil se distingue par les perfectionne-
ments suivants que nous énumérons simplement, sans y insistcr ;
chacun en comprendra l'importance :
Application à son chauffage d'un régulateur de vapeur perfec-
tionné ;
Mode de régulariser l'alimentation des liquides à distiller ;
Chauffe-vins à grandes surfaces, qui utilise parfaitement le
calorique des vapeurs d'alcool au profit du moût froid entrant
dans l'appareil ;
Brise-mousses qui procure des produits moins acides et exempts
de mélanges de matikres résultant (le coups de feu ;
Conduits trop-pleins, qui sont établis de tclle sorte qu'ils com-
muniquent au dehors au moyen d'un rcgard : on peut ainsi les
visiter sans démonter l'appareil ;
Réfrigérant tubulaire dont la disposition intérieure nouvelle ré-
duit de moitié la consommation d'eau nécessaire à la réfrigération ;
Disposition sphciale des plateaux de colonne à grande surface
de barbotage, où chaque litre de matière a distiller est soumis à
une lame de vapeur représentant, dans les grands appareils,
environ 200 mètres de longueur.
L'ensemble du système offre une perfection réelle d'où résulte
une grande puissance de travazl et l'assurance d'épuiser complètement
les vinasses de leur alcool. On évite ainsi les pertes que l'on subit
par les anciens appareils.
En appliquant, dans le Nord, l'appareil d'épreuve des vinasses,
on a trouvé des colonnes à calottes perdant jusqu'à 4 0/0 d'al-
cool. Généralement, on constate une perte de .l à 2 0/0.
Il est utile de faire remarquer que les colonnes rectabgulaires,
tout en épuisant complètement les vinasses, produisent néanmoins
des alcools bruts (flegmes) plus purs et plus faciles à rectifier
que ceux obtenus par les anciennes colonnes.
Si donc on met en ligne de compte le plus grand rendement
en alcool, l'économie de combustible et la parfaite régularité de
travail obtenus par le nouvel appareil on voit que les distilla-
teurs ont un grand avantage à changer leurs anciennes colonnes.
Un petit chiffre statistique assez curieux pour terminer. Le
nombre d'appareils en fonction est de 172. Ces appareils peuvent
distiller par vingt-quatre heures 24 millioils 138,300 litres de
matière fermentée, soit plus d'un million de litres à l'heure.
Le ruban pâteux formé par la matière, lorsqu7ell-ecourt dans ces
divers appareils, a une longueur totale de 16 kilomètres : - la
distance cle Paris à Versailles. Et les tubes employés dans la
construction de tous ces appareils, placés bout à bout, forme-
raient un tuyau de 100 kilomètres.

Voici la légende des figures 3 et 4, représentant l'appareil dis-


tillatoire employé à Maisons-Alfort :
A . Colonne distillatoire rectangulaire en cuivre, composée d'un soubasse-
ment en fonte de fer; de 25 troncons munis de regards et de la couverture,
le toul maintenu au moyen de pinces de fer.
B. Brise-mousses relournant i la colonne les mousses et les matières entrai-
nées par le courant d e vapeur se rendant de la colonne au chauffe-vins.
C. Chauffe-vins tubulaire.
D. Réfrigérant tubulaire à compartiments intérieurs.
E. ]iprouvette graduée p o u r ~ c o u l e m e n des
t flegmes.
F. Régulateur de chautyage de l'appareil.
G. Tube de contre-pression pour sortie des vinasses.
Fig. 4. - Appareil Savalle fonctionnant à Alaisons-dlfort pour la distillation des
fermentations épaisses d e grains.
H . Réservoir d'eau froide.
i. Tuyau conduisant les vapeclrs de chauffage de la soupape du régulateur
à i'a9pareil.
j . Tnyau de pression de la colonne d u régulateur.
k . 1. Tuyau conduisant les vapeurs alcooliques de la colonn!: au brise-
mousses et a u chauffc-vins.
m. Tuyau de refoulement de la pompe à matière alimentant l'appareil.
I L . Conduite d'eau au réfrigérant.
o. Sortie des vinasses. ,
p. Conduite d'alcool vers l'épro~ivette.
q. Conduites des malikres chaudes entrant dans la colonnc.
1.. Retour du brise-mousses.

S . Tube d'air.
1. Soupape du régulateur de vapeur.
2. Robinet à cadran réglant l'alimentation des ~natiéresi distiller.
3 . Robinet d'eau froide au rbfrigérant.
4. Reniflard.
fi. Niveau d'eau.
6, Purge de la base de la colonne.
CHAPITRE QUATRIÈME

LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSfiE

La fabricalion de ln levure pressée, comme annexe de la dis-


tillation des grains par le malt, qui est une industrie nouvelle en
France, est pratiquée de temps presque irnménîorial cn Ilollande,
en Saxe et en Autriche.
Dans d'aulres pays, comme l'Angleterre et la Belgique, la
législation fiscale sur les distilleries empêche la fabrication fruc-
tueuse de la levure pressée, aussi ces deux pays importent des
quantités colossales de levure qui leur sont fournies par la France,
les Pays-Bas, l'Allemagne, la Norvège, la Suède et la Russie.
La fabrication de la levure pressée est une opération très sé-
(luisante, elle a toutes les apparences d'un béneifice net pour les
distillateurs, puisqu'elle est une troisième marchandise après
l'alcool et les drêches, dont le distillateur peut tirer profit. En
outre des bénéfices que donne cette fabrication, l'alcool produit
acquiert une plus-value considérable. L'alcool des fabriques de
levure pressée est d'une qualité supérieure. La preuve officielle
en est donnée par les cotes commerciales hongroises et autri-
chiennes; sur les marchés de Vienne et de Pesth, l'alcool pro-
venant de la fabrication de la levure pressée est toujours d'un
prix supérieur à l'alcool ordinaire.
Cette qrialité de l'alcool s'explique parfaitement par les soins
minutieux qu'exige la fabrication de la levure, dans le choix des
grains de première qualité, la macération parfaite et une fermen-
tation irréprochable.
Mais aussi tentante que soit la production de la levure, ct
aussi fructueuse qu'elle puisse paraître, nous ne devons pas lais-
ser ignorer que c'est une fabrication très difficile, très délicate,
exigeant une attention soutenue et la science complète de ce tra-
vail spécial.
La première difficulté n'est pas dans les moyens (le fabriquer
de bonne levure, mais plutôt clans la possibilité de la fal~riquer
économiquement; &est-à-dire que ce que l'on gagne en levure
on ne le perde pas en alcool et réciprocluement.
La deuxième difficulté est clans la vente de la levure. Ce pro-
duit ne peut pas s'emmagasiner comme l'alcool, ni on ne peut
en forcer la consommation comme pour les drèciies, la clientèle
est très divisée, n'a que de pelirs besoins, mais journaliers ct
constants.
Ces réserves faites, nous croyons I'i~idustriede la levure ap-
pelée à un grand avenir, l'emploi de ce précieux agent de fer-
mentation augmentera tous les jours, son application deviendra
pliis générale au fur et 3 mesure qu'il sera connu et apprécié.
Au point de vue hygiénique, son emploi doit Cire fort reconi-
mandé dans la boulangerie et la pâtisserie. .
L'horrible pratique du vieux levain aigre, qui donne au pain
un goût d'amertume si détestable. doit être proscrite. On a la
preuve de cette différence sans la chercher, quand on mange du
pain à Paris et dans les villes de province du Midi, où les bou-
langers ont conservé l'ancienne méthode.
Le pain de Vienne, si délicat, si fin, doit cerlainement sa répu-
tation à l'excellente levure avec laquelle il est fabriqué, autant
qu'à la qualité de la farine et aux =&rites de la moulure hon-
groise.
La facilité que l'on a, en Autriche, pour se procurer de la
levure pressée d'excellente qualité a introduit l'usage habituel de
la levure dans les préparations culinaires qui ont la farine pour
base, cela a.rendu très populaires les plats ou plutôt les gâteaux
appelés mehlspeisen , que les corclons bleus viennois savent si hien
préparer.
Si on considttre qu'en France, le pain blanc est la principale
base de l'alimentation, beaucoup plus qu'en Allemagne, eu An-
gleterre, en Belgique, pays où la pomme de lerre remplace, en
partie, le pain, l'emploi de la lcvure dans la boulangerie fraii-
çaise devrait être encowagé comme étant un progrés considérable
dans l'alimentation, en vue de l'hygiène et de l'agrément.
Beaucoup d'industries, telles que la distillerie, la papeterie, em-
ploient des quantités assez considérables de levure, et il est à pré-
voir que d'autres industries en feront bientôt un usage avaiitageux.
Les statistiques nous manquent pour établir, par chiffres, le
développement progressif de l'emploi dc la levure dans l'industrie ;
nous pouvons seiilement dire, qu'en France, il y a seize ans, il n S
av,iit pas de fabrique de levure, et qu'actuellement il y en a dix,
fabriquant ensemble en moyenne 25,000 liilogramnies de levure
par jour.
Toute cette levure n'entre pas dans la consommation française,
une bonile partie est expédiée en Angleterre et en Belgique, ainsi
que nous le disons plus haut.
En Hollande, la fabrication de la levure n'a pas progressé
comme elle aurait dû, pour les raisons qui sont indiquées au
cliapi tre des Distilleries de Schieclnm.
En Allemagne, d'importantes fabriques ont été élevi.es, notam-
ment à Hambourg, en Saxe, dans le Wurtemberg et sur les bords
du Rhin.
L'importation de la levure pressée en Angleterre a été, en 1883,
de 260,610 quintaux ; elle s'était élevée, en 1882, à 21 7,708 quin-
taux ; c'est une augmentation considérable, et la progression suit
ainsi son cours depuis plus de dix ans.
Quand on sait que, d'autre part, en Angleterre, on applique
des procédés pour purifier la levure de brasserie et la rendre
ainsi propre aux applications que reçoit la levure de distillerie,
on peut juger l'importance du développement de la consommation
de ce produit dans le Royaume-Uni.
Afin de donner ail lecteur des idées assez précises sur la fabri-
calion de la levure dans les prii1cil)aux pays de production, nous
allons parler de la fabrication française, hollandaise, autrichienne
el russe.
LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSCE

1. - Fabrique de Levure française.

Parmi les distilleries avec fabrication de levure pressée, en


activité en France, nous choisirons, pour en donner la description,
la distillerie de MM. Springer et Cie, à Maisons-Alfort, qui est
une des mieux installées.
Nous donnons ci-après le rapport fait par 31
' . Lamy, professeur
à l'École centrale, pour la Société d'encouragement, et à la suile
duquel une médaille d'or fut décernée à M. le baron Max Springer.
Ce rapport contient des détails très intéressants sur l'usine,
les appareils et la fabrication.

Rapport fait par M . Lamy, au nom du comité des arts


chimiques de la Société d'encouragement pour l'In-
dustrie nationale sur la fabrique de M M . Springer et Co
à Maisons-Alfort (Seine).

D 1)aiis la séance di1 12 novembre ,1875, vous avez renvoyé à


votre comité de chimie une communicatiori faite par M. Barral, au
nom dc $1. le baron Springer, sur une nouvelle fabrication de levure
et d'alcool de grains établie récemment à Maisons-Alfort. Sur l'in-
vitation de M . Springer, plusie'urs membres du comité, auxquels
s'étaient joints deux membres du coinité d'agriculture, sont allés
visiter l'usine, et c'est un compte rendu sommaire de cclte visite
que nous venons vous présenter dans cc rapport.
LES FABRIQUES DE LEVUBE PRESSÉE 32
» Depuis j8Ci0, M. le baron Springer fabriquait à Re~iidorf,1)rès
de Vienne, en Ailtriche; de la levure dite viennoise, très re-
cherchée pour la fabrication du pain et clc la pâtisserie. h 1'Expo-
~ i t i o nuniverselle de 1867, à Paris, la boulangerie autrichienile mit
en relief la supériorité de cette levure, laquelle, examinée et essayée
par les membres du Jury international de la classe 67, fut l'objct
d'qn rapport des plus favorables. Après I'avoir expédiée pendant
plusieurs années de Vienne en France, où elle était vendue en
concurrence avec la levure similaire hollaildaise, RI. Springer s'est
d6cidi: à venir la produire sur place, et, dans ce but, il a foi-~dé
en 1874, à Maisons-Alfort, une grande distillerie de grains. La
nouvelIe levure, qui a reçu le nom de levure française, l'alcool
résultant de la fermentation, et le résidu solide dc la distillation,
ou la drêche, tels sont les trois produits essentiels de l'industrie
que M. le baron Spriilgcr a l'hoiiiieur cl'avoir introclunie le pre-
mier en Frailec, et doiit l'iinporta~icepeut justifier les détails dails
lesquels nous allons entrer.
» L'usine élevée à Maisons-Alfort, au milieu d'un vastc terrain
de 18 hectares de superficie, et construite tout en fer, brique ou
pierre, comprend trois grandes divisions : la malterie, la prépa-
ration de la levure et la distillerie.
n Les étages supérieurs du bàtiment de la malterie renferment
la matière première de la fabrication, savoir : orge, seigle et maïs,
doiit ils peuvent emmagasiner 3,500,000 kil., et coiitiennent en
outre toutes les machines les plus perfectionnées pour nettoyer,
diviser les graiiis, les concasser, les élever ou les transporter ho-
rizoiitalemen t. Au premier étage, huit paires de meules avec blu-
toirs servent à les réduire en fine farine.
» Dans le sous-sol sont les germoirs, vastes el belles caves voûtécs
convenablement éclairées et aérées, dont le plancher, tout eri
ciment de Portland, préscilte une double pente en aens contraire
vers un canal médian, et oii la température peut conserver une
coiîsiailce des plus favorables à la germination.
N Au-dessus sont les cuves de mouillage cn ciment, avec cle

larges trappes pour laisser tomber le grain coilvenablemen t goiiflé


sur le sol du germoir.
LES FABRIQUES DE LET'URE P R E S S ~ E 33
» La touraille est une étuve à deux étages, avec une chambre
inférieure pour le chauffagede l'air, dont la disposition, qui nous
a paru nouvelle, mérite d'être signalée. D'un coin de cette chambre
un large tuyau en tôle forte galvanisée s'élbve graduellement en
hélice, et, aprés trois tours du spire, va déboucher dans une che-
minée sur la paroi supérieure opposée. C'est par ce tuyau que
passent la fumée et les gaz chauds du foyer du calorifère. Sa section,
bizarre, est celle d'un demi-cercle surmont6 d'un cOne afin de per-
mettre aux radicelles desséchées de l'orge (touraillons) de tomber
jusque sur le plancher. Au-dessous de ce tuyau fortement échauffé,
et à des distances égales assez rapprochées, débouchent des tuyaux
verticaux, un peu coniques de bas en haut, ouverts aux deux
bouts, qui vont puiser l'air pur par leur extrénîité inférieure dans
une chambre de sous-sol voisine du massif du foycr. Cet air, appelé
dans les tuyaux, vient se dégager contre la surface du conduit
hélicoïdal de fuméc, et s'échauffer à son contact pour s'élever
ensuite à travers le plafond perforé qui supporte l'orge h des-
sécher.
1) Les planchers à claire-voie de la touraille sont formés, non

par des lames de(tô1e perforées, mais de toiles en fil de fer dont
la surface présente une plus grande somme d'espaces vides par
rapport aux espaces pleins. Enfin, au sommet du plafond voûté
du deuxième étage, une large baie circulaire cst fermée au moyen
d'une trappe mobile, à coiitrcpoids, yuc l'on peut maiiceuvrer
aisément du plancher de la touraille, pour régler l'écoulement de
l'air chaud plus ou moins chargé d'humidité.
D L à préparation des moîtts ou jus sucrés se fait en saccharifiant

exclusivenient par le malt un mélange en proportions à peu près


égales de farine, d'orge, de seigle et de maïs. L'orge seule est
maltée fournir la diastase nécessaire à la transformation en
sucre de la fécule des trois espèces de grains.
n L'opération elle-même a lieu dans des cuviers macérateurs à
double fond, chauffés à ' l a vapeur à 730, et munis d'agitateurs
mus mécaniquement. Elle dure à peine deux heures.
)) Aussitôt que la saccharification est jugée complète, or1 écoule
la bouillie pâteuse dans de grands rafraicliissoirs dont la dispo-
3
sitiori et l'efficacité sont des plus reniarquables. Ce sont de grands
bacs en tôle, cylindriques, à double fond, très larges (7 à 8 mètres
de diamètre), mais d'une très faible profondeur (30 à 40 centi-
mèlres). Le faux fond est rafraîchi par une nappe d'eau à 120,
dont la circulation es1 rendue m6thodique par le mojen de dia-
phragmes convenablement placés. Au ceiitre, un arbre vertical
mobile porte, à sa partie inférieure, deux grands bras horizon-
taux & palettes pendantes pour agiter constamment le liquide, et
au dessus, en dehors du liquide, un double volant destiné à
enlever la vapeur et renouveler l'air. Sous l'action de l'eau froide,
qui circule entre les deux fonds du rafraichissoir, et du mouve-
ment rapide de l'arbre qui remue le liquide et balaye énergi-
quement la vapeur et l'air à sa surface, la r6frigération est des
plus promptes, par suite le moût mieux préservé des ferments
J

de maladie, et la matière organique rendue moins facilement


altérable.
n Une fois refroidi à 120, le moût en bouillie pileuse est écoulé
dans un atelier au rez-de-chausée, pour être distribué aux cuves
de fermentation.
n Cet atelier, dont la superficie n'est pas moins de 1,000 mètres
carrés et la hauteur de 12 mètres, contient des cuves pour la fer-
mentation de 6,500 hectolitres de moût. Le plancher est à claire-
voie, comme celui de nos distilleries de bettraves ou de mélasses,
mais au dessous est une vaste cave, clont l'air tonjours frais sert
à ventiler l'atelier el à y eiltrelenir une température sensiblement
constante en été comme en hiver : coildition précieuse pour la
régularité de la fermentation et la qualité de produits qu'elle
engendre.
Les cuves de fermentation, de forme elliptique, ont one
hauteur peu différente de leur petit diamètre. Peut-être serait-il
plus avantageux, au point de vue ctu rendement en levure, de
leur donner une moins grande hauteur, M. Pasteur a, eri effet,
prouvé que la levure se développait en proportion d'autant plus
grande que l'épaisseur du moût en fermentation était moindre,
C'est, d'ailleurs, un fait qui aurait été constaté depuis longtemps
par les distillateurs de grains en Hollande, le pays du monde oii
l'on fabrique le plus de levure douce pour l'exportation (1); car,
dans les nombreuses distilleries de ce piys, notamme~it aux
environs de Schiedam, la fermentation sc fait en partie dans des
bacs qui n'ont pas plus dc 30 à 40 centimètres de profondeur.
B Quoi qu'il .en soit, les cuves étant i peu près rempiics dc

moût, on les niet en train avec un levain de farines de malt et


de seigle convenablement préparé. On a préalablement ajouté au
moût une partie de vinasse épuisée, provenant d'une opéralion
précédente, laquelle doit contribuer, par son acidité, ifavoriser la
fermentalion. La température au départ est 180, et elle lie dépasse à
aucun moment 280. La constance de ces limites de température,
jointe tous les soins apportés à la préparation des grains, aux
proportions du mélange, à la rapiditC des opératioils et à l'extrême
propreté des appareils, concourt, sans nul doute, à donner au fer:
ment une hiergie ,dedéveloppement et une vitalité consid6rahles.
a A diverses reprises et jusqu'à ce que l'ébullitioii ou la fer-
mentation touibe, on recueille la levure à la surface des cuves.
u Cette levure est ensuite tamisCe, lavée h l'eau froide, puis
comprimée et mise en sacs ou en paquets pour être expédiée
aux boulangers et aux pitissiers. De 100 kilog. de grains, on
obtient 9 kilog. de levure pressée. En Hollande, le rendement
serait un peu plus grand. Mais il faut remarquer que le chiffre
du rendement h c peut avoir, dans ce genre de fabrication; de
significalion bien précise, parce qu'il c'existe pas d e caractères
de pureté ou d'activité pour la levure assez bien définis qu'on
puisse adopter facilement comme termes de comparaison. Un
méme poids de levure, d'appareiice à peu près identique, peut
agir trks inégalement dans la panification, selon que cette levure
est composée de globules jeunes, vigoureux, bien vivants, ou
d'un melange de ces globules avec d'autres moins jeunes, moins
sains, en un mot, moins actifs. Dans tous les cas, le rendement
industriel est encore bien loin de ce qu'il peut être, car, d'après
les expériences de M. Pasteur, il peut s'élever jusqu'à plus de

(1) Les 400 distilleries hollandaises produisent pour 11 millions de fraui:s de leviire
et les risidus de Iû distillation sualisent à I'engrûiseement de plus de 100.000 brpufs.
30 pour 100 du poids du sucre, ou plus du double de la quarititi.
actiiellenient obtenue.
n La levure française, préparée b Maisons-Alfort, préscnle ce ca-
ractbre eurieux qu'elle doit sans doute à la nature des matibres
premiéres d'être d'une qualité incontestablemeilt supérieure à
celle.qui est faite en Autriche par le même procédé (1).
Y Elle est blanche, parfaite d'odeur et de goût, ne pouvant nl-

térer ni la nuance de la farine, ni le goût tlu pain ou des pitisse-


ries qu'elle sert a produire. Elle a une force trbs grande, qui fait
pousser réguiibrement l i pite et procure une Bconomie de pllis (le
moitié sur la levure de bière; elle a, de lus, sur celle-ci, l'avnn-
tage de ne pas communiquer au pain l'amertume ou l'odeur nro-
matique forte qui proviennent du houblon. A cause de sa pureté,
elle ne s'altbre pas facilemeiitet peut 6tre conservée à l'état sain
pendant plusieurs jours, même au niilieii des chalcurs (le l'étk.
r Employée avec une addition de lait et de beurre, elle sert,
avec le plus grand succès, à la fabricatioii dcs pains riches et da
fantaisie, ainsi que dcs gitenux de toutes sortes.
» Enfin, d'après les fabricants, elle ne dissoudrait pas le gluteil
comme le font les autres levurcs, mais elle lui doiincrait, au
contraire, toute l'extension et la régularité du gonflemerit dont
il est susccptiblc.
n Sous le rapport de la coniposition chimique, j'ai trouvé que
cette levure press& perdait, - à, ,100 degrés, 72/5 010 d'eau, et
que 100 parties de la substance sbclie abandonnaient à I'étlier
3/3 de matikre grasse, et laissaient à l'incinération 7 de cendres
a demi vi~iifiées.
n L'usine Springerïabrique journellement (2) 3,000 liilogrammes
.de celte levure, qu'elle livre à la boulangerie parisienne et dont,
elle exporte même une partie eii Belgique et en Angleterre.
a La fabrication de la levure, par la fermentation du moût,

(1) Il faut attribuer la qualit6 e~ee~itianriellode eatte levure la perfectioii de


l'ensemble du rnnlériel d~ l'"sine, et sur:out au travail régulicr c t rapiilc des ea:o::nes
diaüilatoires Savalle.
(2) Il ne fjut pas perdre de vue que cc Rapport s 6ti' f,iit il y a plus de doiirc ans.
(.Vole de I'aulew.)
ayant transformé celui-ci en vindomprend nécessairement la
distillation de ce vin pour cn retirer l'alcool. A Maisons-Alfort, on
fait 70 hectolitres rl'alcool par jour; le rendement moyen de
100 I<ilogrammes de grains-est de 25 litres à 100 degrés ccnlési-
maux. Cet alcool est. si remarquable, par sa pureté et sa fiilesse,
qu'il est vendu, avec une prime de 12 à ,15 francs, sur le cours
ordinaire des alcools indusiricls. Un tel résultat tient d'abordaux
soins apportés dans le clioix des malieres premières et dans toutes
les opérations de la fermentation qui fournissent un vin de qua-
lité supérieure; ensuite à la perfection du travail dan; les appa-
reils de distillatiori et de rectification employés. Ces appareils, au
nombre de cinq : deux pour distiller et trois pour rectifier, sont
ceux de MAI. D. Savalle et Cie, quc nous avons décrits dans un
autrc rapport, et sur I'iniportance desquels, par conséquent, noiis
n'avons pas à insister ici.
n Enfin, le troisième produit de l'usine de Maïsons-Alfort est
le liquide en bouillie pâlcuse, d'où l'on a extrait l'al~ool, ou le
résidu de la distillation que l'on nomme drbche. Il en est fabri-
qué chaque jour plus de 4,000 liecrolitres, pouvant servir Q la
nourriturc et à l'engraissement d'ur même nombre de vaches
"laitiércs ou de I~oeufs,c'cst-à-dire rcpré~enter la production de
1,000 liilogrammes de viande par jour ou son équivalent en lait,
Elle a sur la drbche des brasseurs i'avaiitage d'ètrc plus riche en
matikres grasses, i cause du màïs qui entre dans sa fabrication.
a ~alheurcusement,cette dréche contient beaucoup d'eau, en-
viron onze fois son poids; elle est difficilement transportableet a
l'inconvénient de s'altérer promptemcnt. Commc elle ne pouvait
être entièrement consommée chaude à Maisons-Alfort, des presses
ont été montées pour en expulser la plus grande partie de l'eau
et vendre la partie solide sous la f o r ~ ede tourteaux, qui sont
actuellemeiit rechercliés par -les nourrisseurs de Paris.
D Rous compléterons les nombres que nous avons citCs sur

l'importance de l'usine en ajoutant qu'elle possèdc 3 machines à


vapeur de la hrce de l a 0 clicvaux, 4 poiupcs à eau dont le débit
est de 1,.500 heclolitrcs par heure, une douzaine de pompes di-
verses pour l'alimentatiort des chaudières, des colonnes distilla-
toires ou reotificatrices, des appareils pour le nettoyage des grains,
du malt, par la ventilation, e tc.; Ci presses pour la compression de
la levure et de la drêche ; enfin 4 chaudières à vapeur de 350 Che-
vaux, consommant annuellement 9,000 tonnes de charbon.
D En résumé, Messieurs, votre comité a été vivement intéressé

par l'ensemble des opérations qu'il a vu pratiquer dans l'usine de


Maisons-Alfort. II a stater la beauté et la pureté de la levure
française, la finesse et la qualité de l'alcool obtenu, l'importance
des résidus pour la nourriture et l'engraissement du bétail, enfin
la perfection des soins apportés à l'installation de toute l'usine.
» Cette triple fabrication fait le plus grand honneur à M. Sprin-
ger et à son habile directeur, M. Berger; elle mérite d'être eu-
couragée, développée, conime intimement liée aux progrès de
l'agriculture, de la production en général, et, en particulier, de
'

la bonne fabrication du premier de nos aliments : le pain.


)).En conséquence, Messieurs, nous vous proposons d'adresser
des remerciements à M. Springer et d'ordonner l'insertion du
présent rapport dans le Bzllletin de la Société.
» Siqné : LAMY, rapporteur. »

Approuvé en ségnce, le 28 avril 1876.

Ce rapport a été fait, il y a douze ans, depuis lors, le travail et,


le matériel de la distillerie ont pris une extension consi46rable.
Comme appareils distillatoires il y a :
3 colonnes Savalle pour la distillation des moûts épais;
3 colonnes - pour distiller les eaux de levure ;
3 rectificateurs Savalle de grande dimension.
La malterie a une surface de germoirs de 2 hectares et 3 tou-
railles, dont 2 continues du système Nsback et Fritze de Prague.
La vapeur pour tout l'établissement est fournie par 10 géné-
rateurs de 100 chevaux chacun.
La force motrice est donnée par 2 machines à vapeur de
200 chevaux et 2 machines de 60 ; les machines étant en double,
le travail ne subit pas d'arrêt.
§ II. - Fabriques de levure hollandaise.

LES DISTILLERIES DE SCHIEDAM.

Schiedam est une petite ville où la distillation des grains est


l'industrie la plus importante de la ville, ou pour mieux dire la
seule industrie. Il y a 300 distilleries à Schiedam. Par distillerie
on entend une petite usine de 4 cuves seulement : 3 hommes
suffisent pour le service d'une telle distillerie, qui est un tout
complet. On n'agrandit pas une distillerie, on en construit une ou
plusieurs autres ; voilà tout. Il y a des industriels qui ont 3, 6, 7, 8
distilleries; ce qui correspond à de grandes usines qui au-
raient 20, 24, 28, 32 cuves.
Il g a toiis les jours une bourse à Schiedam, où sont cotés les
flegmes (moutwyn), le genièvre et la drêche (spoeling). Pourcon-
server à la levure de Schiedam sa bonne renommée, les distilla-
teurs ont formé une association et nommé des inspecteurs qui
surveillent la bonne qualité des levures fournies par les distilla-
teurs, afin qu'elles ne soient pas fraudées par les industriels de
mauvaise foi, qui profiteraient de la bonne renommée de la ville
pour vendre un bon prix et fournir de la mauvaise qualité ou
une levure falsifiée.
La d. k h e est achetée en bloc par une association de marchands
de drèche qui a nom Schiedamsche spoeling vereeniging, littérale-
ment cela veut dire Union de la Drêche de Schiedam. A la bourse
on cote le prix de la drêche fait par cette Union et le prix fait
par les distillateurs qui sont en dehors de l'Union. Ces cours sont
donnés dans le journal de la localité.
Schiedam est situé sur les bords de la Schie, rivière qui a
donné son nom à la ville, comrne la Rotte a donné le sien à Rot-
terdam et l'Amstel à Amsterdam.
Presque toutes les distilleries sont sur les bords de la rivière,
et c'est par cette voie qu'elles reçoivent et expédient les mar-.
chandises, les drêches surtout.
Le transport des drèches liquides se fait en vrac dans de petits
bateaux spéciaux, et la Schiedumsche spoeling vereeniging a un
emplacement avec de grandes citernes où elle,peut emmagasiner
ses drêches.
Voici comment les HoIlaiidais donnent la drêche aux bestiaux :
les bêtes sont au pâturage dans de grandes prairies entourées de
canaux; 2 . 0 ~3 bacs remplis de drêche sont à la disposition des
animaux, et le transport des drêches aux bacs des prairies se fait
-au moyen des bateaux dont,nous venons de parler, munis d'une
pompe en bois. C'est simple et pratique.
Cela diffère essentiellement des moyens de transport usités en
France et en Belgique ; les Hollandais savent merveilleusement
mettre à profit les iiistruments que leur fournit la nature. L'eau
et le vent, qui font de la Hollande un séjour peu aimable pour les .
étrangers, sont des instruments de fortune pour les Hollandais.
Le vent est une force motrice utilisée par les iniiombrables mou-
lins que l'on voit partout, et l'eau est un instrument de trans-
port qiie des milliers de canaux utilisent.
Beaiicoup de distillateurs hollandais ne désirent absolument rien
innover dans leur fabrication; ne leur parlez pas des nouvelles
inventions, des perfectionnements, etc., ils ne veulent rien en-
tendre, ils prétendent qu'en s'écartant de leur mode de travail,
ils compromettraient la bonne renommée de leurs produits ; que
goût serait changé et que leur situation serait perdue. Il n'y
le
apeut-être pas $autre exemple dans l'histoire de l'industrie où
l'esprit d'immobilité ait été mis systématiquement en pratique
.comme à Schiedam. Pour certains distillateurs hollandais le
progrès est lettre morte.
Naturellement, il y a des exceptions, et nous en connaissons
quelques-uns qui n'ont pas tout à fait cet esprit-là.
Pour la distillation, on emploie le sei& et le malt. Le malt est
employé tel qu'il sort de la touraille sans être nettoyé ni dégermé.
La macération et la fermentation étant la base de la production
de la levure, voici comment se font ces opérations dans les distil-
leries de Schiedam.
Le travail commence à Y heures du matin.
On met dans les cuves 19 brocs d'eau chaude, et 7 1/2 d'eau
froide, de manière à arriver à une température moyenne de
78 degrés centigrades.
Le broc dtant de BO litres, on a ainsi environ 530 litres de
liquide à 780.
Dans cette eau, on mélange ,190 kilog. de farine, composée de
moitié malt et moitié seigle.
La mouture n'est pas très fine, il reste des grumeaux d'orge.
La farine est dans cet état pour faciliter la précipitation des
parties lourdes du grain pour la fabrication de la levure.
Deux hommes brassent fortement, pour obtenir u n liquide
homogène, au moyen de fourclies en fer.
La préparation de six cuves dure environ trois quarts d'hure.
La température du mélange d'eau et de farine, tombe à 63 degrés
centigrades.
On couvre ensuite les cuves pendant deux heures pour laisser
s'opérer la saccharification.
Puis on les découvre pour les laisser refroidir.
Si la température du mélange était un peu inférieure à 63 degres,
à 62" par exemple, on laisserait les cuves couvertes pendant une
demi-heure de plus, soit deux heures et demie de saccharification.
Vers onze heures du matin, on met de l'eau froide et des clairs
dc vinasse refroidies, pour emplir ces cuves de 2,200 litres et en
porter la température à 290 1/2 centigrades.
A midi, on met par cuve, un kilo$. de levure de bière.
Puis on laisse la cuve au repos jusqu'k deux heures de l'après-
midi, heure à laquelle on décante la partie supérieure des ciives
qui est claire poula l'envoyer sur les bacs plats, oh se sépare la
levure.
Cette décantation se fait au moyen d'un tube ainsi fait :
Le bout A est niis dans la paroi de la cuve, et celui B se baisse
pour servir de trop-plein au liquide à décanter.
Le sût clair est élevé dans des bacs plats à levure, la hau-
"&.
teur d liquide est d'environ vingt centimètres. Les parois des
bacs qui sont en sapin blanc, ont trente centimètres d'élévation,
le moût qui vient d'être élevé dans ces bacs plats, subitpar cette
opération un abaissement de température (au mois de mai) de
10 à 4.1 degrés, il est à 18 centigrades au moment ob le bac plat
est plein.
La fermentation s'y continue, et le lendemain matin à neuf
heures; soit environ après dix-neuf heures de sé,jour dans ces
bacs, od retourne le liquide dans les cuves à fermentation, la
levure ;este dans les bacs plats.
A ce moment cette fermentation claire des grains est à iine tem-
pératube de 25 degres centigrades.
meiitation a donc élevé en dix-neuf heures la tempéra-
ce liquide de '7" .1/2 de chaleur (la température du local

a opéré sa fermentation dans les cuves qui.sont


près qu'on y a de nouveau mélangé la partie
liquide débarrassée de sa levure.
On laisse séjourner les cuves jus~u'aulendemain matin (qui est
le troisième jour) à neuf heures pour en opérer la distillation.
On emploie par cuve de 22 hectolitres, environ 9 hectolitres
de clairs de vinasse.
Les rendements sont i
En alcool à 100° de 27 4/10 litres par 100 kilog. de grains, ren-
dement exigé par l'administration des accises (Régie) en levure de
10 à 12 et même 14 0/0 du poids des grains employés.

En 1874, dans les distilleries de Schiedam, on se servait trks


rarement des thermomètres, et le densimètre y était inconnu. On
n'y a jamais titré le point d'acidité des cuves, le'travail y est
généralement abandonné à un contremaître qui conduit le travail
de routine.
La distillerie hollandaise a été jusqu'ici très florissante, grâce
à l'emploi si fructueux qu'elle fait des drêches, et à la renommée
de ses eaux-de-vie de grains (genièvres), mais ses moyens d'action
ne sont plus de notre temps, le prix de revient est tropélevé, et il
n'est pas difficile de prévoir une décadence très prochaine si
cette industrie ne modifie pas radicalement ses procédés; car elle
ne pourra plus lutter contre la concurrence des usines installées
avec les appareils perfectionnés. Voici un exemple frappant de
Ia différence entre l'ancien procédé et le nouveau.
M. J.-J. Melchers Wz, distillateur à Schiedam, frappé de l'énorme
dépense de combustible qu'exige l'ancien système de distillation
à feu nu employé généralement à Schiedam, a installé son usine
à la vapeur et opère la distillation de ses grains fermentés par
.une des nouvelles colonnes distillatojres rectangulaires.

Voici le ta%leau comparatif des résultats :


Frais de fabricatim dans les anciennes Réduction des frais de fabrication
distilleries de Sehaedam par un bon outillage
Charbon.-60 hectolitres (420 mats), En France, les distilleries de grains
pour 1,800 litres de flegmes(Moutwyn) montées par les appareils perfection-
à 460 centésimaux, ou 420 kilog. de nés dépensent, dans les mêmes condi-
houille par hectolitre d'alcool à 1000 tions (c'est-à-dire sans mouture du
(non compris la mouture, qui se fait, grain), par hectolitre d'alcool pur
d'après ia législation, en dehors de 185kilog. de houille, qui reviendraient,
l'usine).-Ce charbon coûte 6 ri.. 80 c. à Schiedam a . . . . . . 3 fr. 03 c.
La main-d'œuvre, qiioi- En France, où nous
que à très bon compte en payons nos hommes plus
Hollande, y est encore, par cher, cette main-d'œuvre
hectolitre d'alcool à 1000, de 3 30 est comp!ée . . . . . . . 2 35
en écartant celle nécessitée 5 fr. 38 c .
par le maltage et la mou-
ture.
1 0 fr. 18 c. 1
Les anciennes distilleries de Schiedam ont donc un bénéfice de
4 fr. 80 c. par hectolitre d'alcool à réaliser en adoptant les nouveaux
appareils de distillation continue.
Comme nous l'avons dit plus haut, à Schiedam, on emploie
généralement de petites cuves de fermentation, parce qu'elles y
servent aussi à faire la saccharification; elles sont de 2,200 litres.
On y charge 190 kilog. de grains, composék d'environ moitié seigle
et moitié malt. Chaque cuve produit :
10 Environ 115 litres de flegmes à 4.60.
2 O 16 hectolitres de drêches pour la nourriture du bétail, qui
se vendent suivant la saison 60 à 70 centimes l'hectolitre.
30 20 kilog. de levure qui se vendent à l'exportation environ
1 franc le kilog.
Ce qui représente pour ,100 kilog. de grains un rendement :
40 En alcool pur 27 9/10 litres.

2O En levure 10 kiiog . 1/2.


3O En résidus 7 fr. 60 c.
Ces .rendements ont fait, juqu'jci, la fortune des distilleries
hollandaises, et ces résultats auraient pu se continuer longtemps
encore si la concurrence n'était venue porler sur le marclié anglais
des quantités considérables de levures produites dans les usines
bien montées en Allemagne, en France et en Russie; La concur-
rence, qui abaisse le prix de la levure, obligera nécessairement
les Hollandais à sortir de la routine et à perfectionner leur
travail, sous peina de voir tomber chez eux une industrie agricole
de la plus grande importance.
L'exemple leur est donné, il est îacile à suivre : ils doivent, pour
arriver à bien, concentrer le travail si éparpillé de leurs distille-
ries, opérer en grand, à la vapeur, et distiller les fermentations
par une colonne continue qui leur fournisse d'une seule opération
de l'alcool brut (moutwyn) à 400 au lieu de l'obtenir en trois opé-
rations à feu nu comme cela se pratique aujourd'hui.

$jI I I . - Fabriqv de levure russe.

Sa consommation considérable et toujours croissante de la


levure pressée en Russie, tant par ies boulangers et les pâtissiers

(1) Capitale du goiiverncrncnt de I'Esthonie, située au golfe de Finlande. 35,400 habi-


tants.
46 LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

que par les distilleries qui s'approvisionnaient presque salis


exception à l'étranger, notamment à Vienne, était déjà dans le
temps un encouragement pour les hommes entreprenants à can-
struire des fabriques d e levure pressée dans le pays même.
Cependant, la production de ces fabriques n'est pas considérable
et, en outre, la qualité de leur produit laisse beaucoup à désirer,
car les matières étrangères mélangées à la levure, telles que
l'amidon, la fécule de pommes de terre, la levure de bière, etc.,
diminuent son efficacité, et pource motif l'importation est encore
trks considérable malgré les droits d'entrée de 75 kopeks (1)
par pound (2).
La création d'une grande fabrique de levure preksée, travaillant
d'après la méthode autrichienne, et fournissant un produit pur,
peut donc être considérée non seulement comme une satisfaction
donnée aux exige!ncqs de :a consommation, mais aussi comme
un grand progrès au point de vue de l'industrie, %attendu que ni
les fabriques russes, ni la plupart des fabriques 'étrangères ne
fournissaient jusqu'à présent une levure non mélangée. La fabrique
de Reval devait être la première à déroger à cette règle.
Le fondateur de la Société est M. Charles Schedl, qui en est
resté le directeur.
M. Charles Scliedl est un ingénieur autrichien d u plus grand
mérite et un des spécialistes les plus distingués d'Europe pour la
fabricaiion de la levube pressée; il est ingénieur civil, chevalier
de l'ordre de François-Joseph d'Autriche, depuis 1868, et consui
d'Autriche-Hongrie à Reval.
Ses connaissances approfondies, son ardent esprit d'initiative
l'ont fait participer à la cr6atioii des première4 fabriques de
levure dans deux pays bien différents, en France et en Russie.
En Russie, il a cr6é de toutes .pièces l'usine de Reval d ~ i i t
nous nous occupons dans ce chapitre, et en France, il a été le
premier directeur de l'usine Springer de Maisons-Alfort. C'est le

(1) 100 kopeks = 1 rouble = 4 francs.


(2) 1 poud = 16 3/8 kilos.
LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE 4.7
ler avril 1871 que M. Ch. Schedl a été chargé, par MM. Springer
et Ge, d'établir les plans de la fabrique, de diriger et de sur-
veiller les travaux de construction, d'installation et d'exploitation
de cet établissement, comme directeur et fondé de pouvoirs. A
la suite d'incidents inutiles à rapporter ici, M. Schedl donna sa
démission le 2 mars 1874, de directeur de la distillerie de Maisons-
Alfort.
La France était dot6e alors de la première fabrique de levure
de grains. M. Schedl se tourna vers la Russie, et deux ans après,
l'usine de Reval était fondée, et la Russie, à son tour, possédait
la première fabrique de levure pressée. A la recherche de la
meilleure localité en Russie pour y fonder cet établissement, il
l'a trouvée à Reval. Quelques personnes, prévoyant la prospérité
d'une entreprise de ce genre établie sur une base rationnelle,
ont réuni les capitaux nécessaires à la réalisation de ce projet,
et c'est de cette association qu'est sortie la Société par actions
pour la fabrication de la levure pressée, à Reval. La société est
composée de quatre actionnaires seulemeni, sous la présidence
du comte Ewald Ungerer Sternberg.
A la création cle cet établissement, il s'agissait de réunir les
conditions suivan tes :
10Une eau pure, ni trop riche en chaux ni trop douce; elle a
été trouvée en quantité suffisante dans le lac d'eau douce situé au-
dessus de Reval; les bonnes qualités de cette eau ont été démon-
trées par les analyses du savant cliirniste, le docteur C. Schmidt,
à ~orpat.
20 Un bon terrain ; il a été trouvé dans le faubourg Neue Slobode,
une colline de sable fin et conlpact a été nivelée en partie et
appropriée comme terrain de construction. Un grand égout a été
construit pour l'évacuation des eaux dans un ruisseau qui coule
a proximité et se jette un peu plus loin dans la mer.
30 Des matériaux à bon marché; à la montagne de Laks (Laka-
berg) près Reval, on a trouvé la pierre calcaire fournissant des
tranches de grandes dimensions ayant une épaisseur de 5 pouces,
ainsi que de la chaux hydraulique; les bois ont été fournis en
excellente qualité par l'Esthonie,
48 LES FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

40 Des relations à bon marché pour le transport des machines,


des appareils, des pièces en fer, etc., achetés la plupart à l'étranger ;
le port et le bureau de douane à Reval étaient d'une grande
utilité sous ce rapport.
50 Des c'ommunications directes et peu coûtcuses avec les con-
trées de production des matières premières. Reval, comme situa-
tion de chemin de fer et comme port de mer, offrait toutes les
satisfactions sous ce rapport : le seigle et l'orge peuvent y ariver
des gouvernements de la Baltique; le maïs, en partie d'Odessa
et de Rostow-sur-Danube, par chemin de fer en transit avec
application cles tarifs internationaux réduits, en partie du Banat
hongrois par chemin de fer jusqu'à Stettin et de là par navire i~
Reval ; on peut J- amener sans grands frais, au départ de Xewcastle,
le charbon Hartley, demi-gras, des usines de Buddles.
60 Des ouvriers stables; on les a rencontrés dans les indigènes
de 1'Est.honie et les Allemands.
70 Etre aussi rapproché que possible des centres de consom-
mation ; sous ce rapport, la situation géographique de Reval est
assez avantageuse ; les contrées limilrophes ,à la mer, Helsingfors
à une distance de 200 kilomètres, Saint-Pétersbourg à une dis-
tance de 400 kilomètres et Moscou, sont ses débouchés. Les
communications par mer offraient tous lcs avantages pour
l'exportation des alcools fins vers Lo'ndres et Bordeaux. Le bétail
peu? être transporté de Reval à Saint-Pétersbourg sans arrêt pour
son alimentation.
La construction et l'installation de la fabrique ont été diri-
gées par M. Charles Schedl, directeur, en personne; un long
et bel été a favorisé les travaux commencés en @n 1876 avec
500 ouvriers.
En même temps que les fondations des bâtiments, ont été
commencés aussi ceux de la cheminée ronde et massive ayant
une hauteur de 45 mètres; elle a été construite en briques de
Flensbourg par la maison Toisoul de Paris, en soixante-cinq jours
et sans échafaudage.
Tous les travaux ont été poussés avec une activité telle que
les bâtiments étaient sous toit et munis de portes et de fenêtres,
LES FABRIQCES DE LETURE P I ~ C ~ S É E 4.9
le "2 octobre 1876. A fin mars 1877 on a commencé l'agencement
des grandslocaux et le placen~entdes machines, et le 21 mars 1878
elle a été mise en aclivité. L'usine est donc eil exploitation de-
pmiadix ans, et tout est encore en très bon état.
La façade du bâtiment principal est séparée de la rue par une
rangée de g r ~ n d arbres
s et une grille en fer. Ceiui-ci couvre avec
les deux pavillons et les maisons de derrière une superficie de
743 faden carrés (1,283 mètres carrés 40) ; la plupart des bâti-
ments sont à plusieurs étages et ils entourent une cour pavée
d'une superficie de 1,320 faclen carrés (2,376 mètres carrés).
L'établissement est des trois côtés séparé des voisins par (!es
prBs et des jardins ayant ensemble une superficie de 10,027 faden
carrés (1 hectare 80 ares 48 cent.).
La fabrique renferme une mallerie complète, des greniers et des
magasii~sà blé, un moulin à vapeur, la fabrique de levure pres-
sée, la distillerie, les appareils à rectifier l'alcool, des caves à
alcools, des manutentions pour l'expédition de la levure pressée,
le bureau, les magasins, e tc.
Tout ce que la pratique et la science peuvent offrir a été utilisé
dans l'unique but de créer un établissement à la hauteur du pro-
grès actuel et de le doter' de tous les moyens propres à assurer
son succès.
Toutes les fondations sont isolées au mogeii d'une couche d'as-
phalle; les magasins, où l'aération ne laisse rien à désirer, ont
des planchers doubles et même triples en matières imperméables
et partout où on emploie de l'eau, même aux htages, ils sont
eouverls d'asph.lte; leur solidité est assurée ail moyen de pou-
trelles, de tràirerses et de colonnes en fer, toutes les pièces rivées
eotre elles; les escaliers en fer, les conduites d'eau et de vapclur
réduisent le danger en cas d'incendie.
Le puits artésien a ,138 mètres de profondeur,
Les chaudières, les nlachines à vapeur et autres, les pompes,
les apparoeils de distillation et de rectification, les constructions
en fer e,t tous les engins en général ont été fouriiis non pas par
une seule fabrique, mais par plusieurs et chaque fois par celie qui
Btait à même de fournir tout ce qu'il y avait cle plus perfectionné,
4
De cette manière, il était possible de créer dans cet établissement
un ensemble digne d'éloges.
La malterie se trouve dans un vaste bâtiment où lcs greniers
à orge, les locaux pour la trempe, les germoirs et les tourailles
sont disposés de la manière la plus pratique. Les chaudières, au
nombre de deux, ayant chacune une force de 50 chevaux, s a i t
semi-tubulaires du système Victoor et Fourcy, à Corbehem, près
Douai; elles se composent d'une chaudière cylindrique à deux
bouilleurs et d'une chaudière tubulaire horizontale réliées entre
elles au bas par des tubes à eau, et en haut par des tubes à va-
peur. Vu leur graride surface de chaufie, elles fournissent beau-
coup de vapeur avec une régularité telle que le manque d'eau ou
de vapeur, cause fréquente des interruptions de travail, y est
impossible. La place pour une troisième chaudière est réservée
dans le bâtimerit aux machines.
Le moulin, qui est pourvu d'un appareil à broyer le maïs, a
quatre paires de meules franqaises qui permettent de produire
m e farine fine sans l'échauffer. Les gousses du maïs et du malt
sont retirées au moyen de trieuses mécaniques et n'entrent par
conséquent pas dans la cuve.
Les grands niacérateurs cylinclriques en fer à double paroi sont
pourvus chacun d'un agitateur à triple mouvement qui travaille
les matières encuvées de la manière la plus complète et fournit
sur le bac en fer un moût de 28-19 0/0 cle richesse sacchari-
métrique.
Le local où le moût est transporté pour le refroidissement
contient deus bacs ronds, et la ventilation est disposée de manière
à rendre inutile l'emploi de la glace.
Les locaux de fermentation du moût et de préparatioii de la
levure sont d'une propreté admirable. Tous les récipients en bois
ont PLé fabriqués à Eu2eine-Inférieure), en bois de sapin de
Suèdc, ét ont été t; oures à Keval par des tonneliers français ; ils
sont nioins chers que ceux en chêne et joints comme s'ils n'étaient
qu'en unc seille pièce. Les essais faits dans la marine russe ont
prouvd quc le bon sapin est plus durable que le chèiie et qu'il
nc cède en rien en qualité au bois de teak.
LES PAURIQUE% U C LCVURE l > l \ ~ b b 6 ~ 51
Toutes les pièces des grands appareils de dislillatioii et de rec-
tification sont en cuivre et garnies de laiton. Ces appareils ont
été construits d'après les systèmes les plus nouveaux, leur foi~c-
tionnemegt est très satisfaisant.
L'appareil système Savalle, travaillant à la vapeur et sans filtre
àecharboil, fournit des alcools fins complètement purs.
L'alcool pur de 90 O/O Tr., payant l'accise (droit de régie),
'

d'après L'a~pareil de contrôle de Siemens, est réduit à 40 0/0 et


rectifié ensuite à 96-97 0/0: par conséquent, il n'a pas le goût
fade propre à presque tous les alcools russes.
L'alcool est conservé dans de grands récipients en fer qui peuvent
être fermQs hermétiquement.
Une machine à vapeur horizontale de 30 chevaux fournit la
force motrice au moulin et aux n~acérateurs mécaniques; cinq
pompes à vapeur de diverses coiistrilctions transporte111 l'eau, le
moût et les vinasses.
Un réservoir à vapeur directe dequatre à cinq atmosplières per-
met de la. diriger vers tous les locaux où elle est nécessaire; un
autre réservoir ayant servi pourvoit au cl~auffagedes locaux.
Une chauclière en fer fournit l'eau chaude pure à l'usage de la
partie chimique de l'exploitation, tandis y ue l'eau venant des
appareils de réfrigération alimente les cliauclières à vapeur.
En outre, la fabrique est pourvue de lous les ustensiles les plus
nouveaux tels que monte-charges, chariots transporteurs, trieuses
mécaniques, elc.
11 n'est fait emploi d'aucun acide dans la fernientalion des
moûts qui soiit préparés pour la fabrication de la levure pressée
el ln distillalion ct'vérifiés à chaque phase à l'aide d'analyses. La
mise en train a lieu au moyen de levure et l'eau y est remplacée
par les vinasses filtrées.
Les vinasses qui sont encore riches en matikres alimentaires,
sont versées dans des citernes cimen tées et vcndues aux laitiers;
toutefois, la Société a l'intenlion, dans le cas où la fabrication
devrait être augmentée, de construire des étahles et d'engraisser
clu bétail; les vinasses qui ne pourraient pas être utilisées dans
LES F A B R I R Ç E S DE LEVURE PRESSÉE 83
cetle partie, seraient décantées et comprimées afin de pouvoir
être expédiées à l'état sec.
La ~ u s s i econsomme annuellement pour une vale~irde un mil-
lion et demi de roubles (6 millions de francs) de levure pressée.
Dans le pays même on en fabrique environ 39,000 pouds (966,500 k.)
et environ 67,000 pouds (2,103,BOO ]\il .) sont importés d'Alle-
Blague et d'Autriche. L'importation de levure étrangère augmente
continuellement; elle n'était en 1869 que de 32,444 pouds
(331,BOO kil.).

(I IV. - Fabrique de levure autrichienne.

Si la Hollande a la priorité pour l'ancienneté et l'importance


de la fabrication de la levure, c'est l'Autriche qui a créé l'indus-
trie manufacturière de la levure pressée, et c'es1 la mdthocle autri-
chienne qui est généralement adopléc dans les pays OU s'érigent
de nouvelles usines, comnie en France, en Russie, en Italie, etc.
Il y a tout au plus quarante ans que Mauthrier, le fondateur
de cette industrie, dont l'usine a pris des développements si con-
sidérables à Saint-Marx; près Vienne, commença à fabriquer la
levure suivant une méthode no'uvelle.
Ces procédés tenus longtemps secrets, comme on les tient encore
aujourd'hui, hien que ce soit un secret de polichinelle que les
journaux techniques et les brochiires ont (lepuis lorigtemj~s(le-
voilé, ces procédés ont reçu des perfectioiinements importants, et
en reçoivent encore tous les jours, coninie on peut s'en convaincre
en parcourant la liste des bresets ori en lisant les articles spé-
ciaux des joilrnaux de la distillerie.
En outre que chaque fabricant a la conviction d'avoir le meil-
leur procédé. de fabrication, il y a encore plusieurs méthodes qui ont
Bté brevetées et publiées; notamment celles de M. Jacques Rainer,
de de M. de Hirsch, de M. W. PiIarquardt, etc.
En Autriche, !es fabriques de levure pressée sont au nombre
de trente environ. Les plus importantes sont dans les environs
l?& LFS FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

de Vienne, parmi lesquelles, Mauthner, J . Weiner el fils, baron


Max Springer, etc.
Le clébouché principal pour l'exportation, c'est Ia'Russie.
Dans l'espoir qu'il intéressera nos lecteurs nous publions un
projet d'installation de fabrique de 1evure;qui nous 1i été com-
muniqué par un ingénieur autrichien.

D~TAII,SDE L'INSTAT,LATION D'UNE FABRIQUE DE LEVURE PRESSÉE ET


D'ALCOOL SUIVANT LE SYSTÈME AUTRICH JEN, AVEC CiNE PRODUCTION
JOCRNALIÈRE DE 2,000 KILoGRÀMams DE LEVURE ET 30 HECTOLITRES
D'ALCOOI~

ikchines a vapeur :
Deux de 80 chevaux de force chacune; une de 20 chevaux.
Chaudières :
Surface de vaporisalion de 50 0/0 en plus pour la vapeur
nécessaire à la cuisson et à la distillation du moût.
Moulin :
5 bàtis h cylindres ;
3 meules françaises de 1 m. 40 c. de diamètre.

Nettoyeurs et éléuateurs.
Pompes :
2 pompes à eau froide à effet double; 5,000 hectolitres par
24 heures;
2 pompes à moût 1,600 hectolitres ;
2 - à vinasses 2,000 h. ;
2 - à eau de levure 600 h . ;
2 - d'alin~eritation.
Appareils distillatoi~es:
Pour 4,600 hectolitres de moût et GUO Iiectolitres d'eau de
levure :
fi cuves de saccharification avec agitateurs ;
2 bacs de refroidissement en fer, ronds avec ventilateurs et
agitateurs ;
20 bacs en fer pour la. clarification des vinasses de 80 hectolitres
chacun ;
2 ~éservoirsà eau froide en fer, de 200 hectolitres chacun ;
1 réservoir à eau chaude en fer de 200 hectolitres ;
4 réservoirs à vinasses de 200 hectolitres chacun;
82 cuves de fermentation de 70 hectolitres chacune, en sapin
rouge de O m. 08 c. d'épaisseur;
25 cuves d'acidification de la levure, de 10 hectolitres chacune,
en sapin rouge de O m. O3 c. d'épaisseur.
10 cuves de fermentation pour la levure, de la même soiate el
de la même épaisseur;
2 cuves à levure de 40 hectolitres chacune, en bois idem ;
35 cuves en bois idenî pour laver la levure, de 30 hectolitres
chacune ;
4 serpentin pour refroidir la levûre;
2 grands réfrigéran 1s Lawrence ;
4 presses à levure, avec les sacs nécessaires ;
Tuyaux en cuivre pour le moût ;
Tuyaux en fer pour l'eau.

Distillation conlinuelle de jour et de nuil., soit pendant


24 heures.
Céréales :
65 quintaux métriques de maïs;
64 - de seigle:
G6 - de mnlt.
Ci6 LE5 FABRIQUES DE LEVURE PRESSÉE

Avec de petites variations, charbon : 280 quintaux métriques,


de qualité moyenne.

Huile :
4 kilos d'huile de colza purifiée ;
8 - américaine .
(Mélange servant de matière lubrifiante.)
20 kilos de pétrole pour l'éclairage.

Ouvriers :

1 chef-meunier ;
3 meuniers;
2 distillateurs;
3 emballeurs de levure;
2 ouvriers pour la fabrication des caisses;
2 chefs-ouvriers pour le local de fermentation,
20 ouvriers pour le même;
2 chefs-ouvriers pour le local de la levure;
10 ouvriers pour le même;
2 chefs-ouvriers pour le local de saccharification;
2 ouvriers pour le même;
4 pour les vinasses ;
8 manœuvres pour les grains ;
4 chaiiffeurs ;
1 iietloyeur de chaudières ;
2 machinistes;
1 mécanicien ;
1 serrurier;

1 directeur technique ;
I directeur commercial ;
4 comptable;
1 caissier ;
1 correspondant ;
1 commis auxiliaire ;
1 caissier pour les vinasses, et commis expéditeur;
2 magasinier.
III. - MANIPULATION
Rendement de 100 kiiog. de malt :
11-12 kilog. de levure ;
2,600 litres p. c. d'alcool.
En 24 heures :
43 moûts à 1,400 kil. = ,18,200 kil.
CHAPITRE CINQUIEME

APPAREIL D'UN NOUVEAU SYSTRME SERVANT A REPKENDRE


L'ALCOOL ENTRAINEPAR LES EAUX DE LAVAGE DE LA
LEVURE

L'eau qui > servi au lavage et nu traitement dc la l e ~ u r e


em-porle avec elle une notable quatitité d'alcool qu'il est impor-
tant de pouvoir reprendre avant d'envo~erl'eau à la rivière.
Dans les grandes usines, et notamment h la tlislillerie de
Maisons-Alfort, la perte eii alcool, de ce chef. peut s'élever do
3 à 4 hectolitres par jour.
Evi~ercette perte est donc un bénéfice tout net pour !a dis-
tillerie. Mais cette eau de lavage, si peu riche en alcool, ne peut
pas btre fructueusement distillée tlans les appareils qui épuisent
le moût fermenté des grains ; car, distillée aiilsi, la dépense du
combustible est considérable et ne fournit comme produit qu'une
eau titrant 5: degrés d'alcool.
Le problème ainsi posé, MM. D4siré Savalle et C'"nt cou-
biné un appareil sl>écial, représenté par la figure 12, et qui per-
met d'obtenir à volonté de l'alcool à 90 degrés avec une dlpense
de combustible très minime.
Cette grande économie de conîbustible est obtenue par une
combinaison qui fait reprendre, au profit de l'appareil, une
grande partie des clialeurs perducs, tant des vapeurs alcooliques
que de l'eau épuisée d'alcool qui sort de 1'apl)areil. On a observé
que, pendant le fonctionnement, la dépense dc vapeur, sous une
pression de 4 atmosplières 1/2, est celle qui s'écliappe par une
section de 140 millimètres carrés.
60 .\PP.\REIL $CS NOUVEAV SYSTÈME S E R V A N T ' A REPRENDRE L'ALCOOL

Iles résultats parfaits et mètne inespérés de ce i~ouveausys-


tème, ont conduit l'invenleur à l'appliquer à ln distillerie des
matières fermenlées; des matières épaisses provenant des grains et
contenant environ 4 0/0 d'alcool ont fourni de l'alcool brut
à 940.
En présence des excellents résultats fournis par cet appareil,
M. le Baron Springer en a fait installer successivement 4 pour la
distillation des eaux de lavage de la levure; 3 fonctionnent à
l'usine de Maisons-Altort,, près Paris, et un autre d'une grande.
puissance à l'usine de Reintlorf, près Vienne. Ce dernier appa-
reil est d'une puissance de travail de 1,200 Iiectolitres par
24 heures.
SACCHARIFICATION PAR TlES ACIDES

$ 1. - Quand faut-il préférer la saccharification par


les acides à la saccharification par le malt?

Par son extrênîe siulplicité et la rapidité du travail, la distilla-


Lion (les grains par la saçcharitication au moyen des acides est
souvent très avantageuse surlout lorsque dans la distillation on a
seulement en vue la fabricalion exclusive de l'alcool.
Le distillaleur SC trouve ainci débarrassé des complications
qu'entraîne avec elle la méthode de saccharitication par le malt:
construction de matériel spécial, germoirs et tourailles, conduite
plus délicate du travail, etc. En outre, utitisation obligatoire des
.+drêchespar l'alimentation des bestiaux ; cc mode d'utilisation
domplique encore le travail de la. distillerie, suivant que l'on
trouve ou que l'on ne trouve pas à vendre les drêches, jour par
jour, aux éleveurs du voisinage, et dans la négative il faut éta-
Mir des Btables nombreuses, alors le distillaleur doil s'improviser
éleveur et commerçant de bestiaux.
Au préalable, il a dû s'établir malteur pour fabriquer lui-même
son malt, ce qui fait deux industries adjacentes à la distillerie.
Quand la production journalière d'alcool doit être considérable,
la parfaite organisation dc ces annexes cle la distillerie est par-
fois très difficile, sinon impossible.
Les grandes distilleries, comme il en existe en France, cn Bel-
gique, en Hollande, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, qui
travaillant par le malt produisent des centaines d'lleclolitres
G4 S.\CClllRlFIChTIOX ~ 4 1 1LES A C I U E ~

d'alcool par jour, ont parfois mille bêtes tlaiis leurs élahles, et
les cultivateurs des environs doivent se faire' inscrire pour obte-
nir de la drêche.
Mais ces grandes distilleries, en outre qu'elles se trouvent
généralement dans un centre agricole, ne soiit pas arrivées tout
d'un coup à cette grande production et à ces.résultats. II faut du
temps pour créer toutes ces artères de l'écoulement du produit
de la distillerie, pour faire apprécier par les cultivaleurs les qua-
lilés de la drèche; et si les résultats sont très beaux par la
suite, ils ne sont obtenus qu'après beaucoup de peine, (le soins
et de sacrifices.
Daiis la plupart des cas tlonc, la saccharitication par les acides
s'impose comme étant la plus simple et la plus manufacturière.
Par les progrès qu'a faits ce genre de fabricatioiî, on est
arrivé à utiliser aussi les résidus, et au moyen des appareils rec-
tificateurs Savalle, on peut produire des alcools kgalaiil en finesse
et en neulralité les meilleurs alcools résultant de la saccharifi-
cation par le malt.
Au m0yc.n de certains moulins, on peut opéier la moulure cles
grains de manière à en séparer le son. Celui-ci ne produisant pas
d'alcool est iiuisible dans le travail, et comme rosidu, i l est par-
fait, car étant a l'ktat sec il peut êlre transporté et emmagasiné;
ce qui est souv~iitimpossible avec les résidus provenant de la
dislillalion par le malt, qui doiveiit ètre consommés sur place et
jour par jour.
En résumé donc, ,quand il s'agit de traiter journellement de
grandes quantités de maïs ou de riz, la saccharification par les
acides cst la plris facile, et c'est par ce système qu'ont été ins-
tallées les grandes distilleries de Croisset-Rouen et cle Bordeaux-
Bacalan.
Nous allons donner la description des deux niodes de travail
par les clc cl es : à air libre ct sous pression.
SACCHA!lIFICATION PAR LES ACIDES 65

3 II. - DescrBtion du travail par l'ancienne méthode


à air libre.

La saccharification des grains par les acides est un travail assez


simple, qui exige cependant certaines conditions essentielles pour
arriver à un bon résultat :
l o 11 faut d'abord employer des cuves de saccharification Btablies
dans &s conditions de durée toutes particulières, et il faut que
ces cpves soient solidement supportées par le fond. Sans cela, on
s'expose à des accidents de rupture de ces cuves, et il eik résulte
toujours des brùlures graves, souvent mortelles pour les personnes
qui se trouvent là, dans le moment où le sirop bouillant s'en
échappe ;
20 Il faut, ensuite, que le barboteur en plomb, qui amène la
vapeur de chauffage, soit tourné en spirale sur le fond'de la cuve,
de manière à ne laisser qu'une distance d'environ 20 à 23 centi-
mètres seulement entre les spires, et 45: centimètres seulement
entre la spire extérieure et la paroi de la cuve ; que ce barboteur
soit percé de trois rangs de trous, dont la somme d'ouverture
représente environ le triple de sa section; ces trous doivent être
répartis en trois rangs, dont un sous le tube et les autres de
chaque côté du tube; il va de soi que l'extrémité de ce barboteur
est bouchée. Si l'on néglige ces précautions pour le barboteur, il
en résulte que l'ébullition ne se fait pas d'une manière égale dans
toute la quve, et qu'une partie des grains tombe sur le fond et
s'y fixe sans se saccharifier.
Quelques distilleries ont voulu parer à cet inconvénient en
mettant dans la cuve un agitaleur mû par la machine; cette com-
plication n'est pas utile, si le barboteur en plomb est posé dans
la cuve, comme nous l'avons indiqué.
30 Il faut, avant de charger dans la cuve les maïs concassés. v
mettre l'eau et l'acide (ou du moins le 1/3 de la quantité totale
de l'acide à employer, qui est d'environ 10 kilogr. d'acide muria-
tique ou Ci kilogr. d'acide sulfiirique par 100 kilogr. de grains) ; il
66 SACCHARIFICATIOI~' PAR LES ACIDES

faut porter ce mélange d'eau et d'acide à l'ébullition et mainte-


nir celle-ci par une vapeur soutenue, pendant tout le temps- que
dure le chargement de Ia cuve. Cette ébullition maintient le grain
en suspension et empêche qu'il ne se précipite sur le fond de la
cuve d'où on ne pourrait que difficilement le détacher.
On vérifie quelquefois, pendant le chargement, au moyen d'un
mouveron, pour s'assurer si rien ne se dépose dans la cuve ; si
cela arrive, c'est quel'on a chargé les grains trop précipitamment ;
on modère en ce cas, pendant quelques instants, l'alimentation
des grains, jusqu'à ce que la partie précipitée se soit mélangée au
liquide en ébullition.
40 On met environ une heure à opérer le chargement de la cuve ;
ensuite on ajoute le surplus de l'acide, on maintient encore une
bonne ébullition pendant une heure pour réduire complètement
le grain en dextrine ; puis on modkre la vapeur tout en maintenant
toujours l'ébullition, jusyu'à l'achèvement de la saccharification,
qui varie suivant la nature des grains soumis au travail de 8 à
1.4 heures.
Pour savoir quand celle-ci est terminée, il y a plusieurs procé-
dés pour reconnai tre la quanti té de glucose (sucre incristallisable)
produite.
On fera bien, à cet effet, de se procurer et de suivre lesvins-
tructions données par deux peiites brochures, qui indiquent très
succinctemenl les opéralions à faim ; ces brochures sont les sui-
vantes :
Celle de M. Charles Viollette ; elle a pour titre : Dosage dusucre
au nzoyen des liyzteurs 'titrées. Elle se vend à Lille, chez M. ~ u a r r é ,
libraire, Grande-Place. L'autre est de M. fimile Cornmerson ;
elle se vend, à Paris, 99, boulevard de Magenta, au bureau du
Journal des Fabricants de sucre. Mais pour les personnes qui auraient
des dificixltés pour se les procurer, nous indiquerons ici l'opéra-
tion à l'alcool, qui peut aussi, dans certains cas, servirde guide.
50 Elle consiste à prendre de la cuve en ébullition une petite
quantité de sirop ; à la filtrer sur du papier gris, et àla mélanger
ensuite dans une éprouvette en verre, avec trois fois son volume
d'aicool à fort degré.
SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES 67
.Tant que dans l e mélange se forme un précipité blanc nuageux,
la iaccharification est incomplète ; c'est la dextrine, qui est inso-
luble dans l'alcool, qui se précipite. Aussitôt que le mélange reste
homogène, l'opération est terminée. On arrête ,alors la vapeur qui
chauffe la cuve, et on en vide par parties le contenu dans la cuve à
saturer.
60 Cette opération de la saturation consiste à enlever au sirop
la quantité d'acide qii'il contient en excès, au moyen de carbonate
de chaux (appelé, dans le commerce, blanc de Meudon ou blanc
d7~spa;ne).
Ce blanc est préalablement broyé et passé au crible, pour être
divisé et exempt de corps étrangers. On en met dans les sirops,
i
de maniére, à laisser exister dans les fermentations environ six
millièmes d'acide muriatique pour des jus riches de 4 à 5 degrés
du densimètre. Si le blanc de Meudon est pur, bien lavé, il en
faudra mettre à la satiiration environ 3 kilogr. 1/2 par 100 kilog.
de mais saccharifiés.
Dans le cas où l'on mélange les maïs saccharifiés avec des si-
rops de mélasses, l'opération de la saturation ne se fait plus, puisque
l'excédent d'acide est employé par les m6lasses. Cet acide rernplit
en ce cas un double but : d'abord il sert à saccharifier les maïs,
puis il sert à faire fermenter les mélasses.
Les sirops résultant de la saccharitication par l'acide sont, après
leur saturation, refroidis ek mélangés d'eau pour être ramenés à
20 degrés centigrades et 4 1/2 à 5 degrés de densité; ils fermen-
tent avec une grande facilité, parce qu'ils contiennent beaucoup
de levure. Aussi emploie-t-on dans ce travail la fermentation
continue, sans autre levure de bière que celle nécessilée par la
mise en train de la première cuve.

$ III. - Desoription du travail par la nouvelle méthode


rapide et économique sous pression

La premiére méthode de préparer les grains à la distillation


que nous venons d'expliquer, est très simple ; mais la dépense
nécessitée par l'acide et par le combustil~leest importante et devait
08 SACCHARIFICATIQ~V PAR LES A C ~ D E ~

nécessairement fixer l'attention des praticiens, et les pousser 41


chercher à obtenir un résultat plus économique.
M. Colani, ancien professeur à l'Académie de Strasbourg, et
M. Kruger sont les premiers arrivés à un perfectionnement réel
et pratique de cette ancienne méthode 'de saccharification.
Leur procédé consiste à opérer sous fiession, dans un cylin-
dre en cuivre, et à déterminer d'une manière exacte le nonabre
de calories nécessai~es ù la saccharification de chaque substance, en
opérant à une pression de vapeura donnée et dans un laps de iernps
tléterminé.
Ils sont ainsi arrivés ù fixer le milieu de pression le plus favorable
au traitement de chaque espèce différente de grains et d'autres
matières. Lorsqu'on dépasse ce milieu de pression, et par consé-
quent de chaleur, on produit la transformation de la glucoJe en
acide caramélique; si l'on opère à une pression inférieure à celle
indiquée, on perd le béndfice du systéme, par la durée trop
longue du travail et la dépense trop forle de combustible..
Ils ont tour à tour traité les mais, les orges, les seigles, les
blés, puis le foin, la paille, le bois, etc.; ils ont ainsi obtenu des
résultats très intéressants. Le foin, par exemple, leur a donné
12 1/2 pour cent d'alcool. Mais ils sont surtout appliqués au
traitement industriel des maïs.
Nous extrayons d'une brochure, qu'ils ont publiée, leur ma-
nière d'opérer pour les maïs ; c'est le travail qui nous intéresse
le plus, parce qu'il sert aujourd'hui dans toutes les distilleries de
mélasses, pour introduire économiquement dans le travail la
levure et l'acide nécessaires à une-bonne fermentation.
a Nous cuisons en vase clos. Ce vase est en cuivre; disons tout de
» suite pourquoi nous avons choisi ce métal. L'acide chlorliydrique ou
» muriatique, le seul dont iious nous servions, n'attaque guère le cuivre
)) eii masse et ae l'attaque qu'au contact de l'air; par l'expulsion de l'air
1) au moyen de la vapeur, iioüs mettons l'appareil saccharificateur B
)) l'abri de toute action corrosive, ainsi qu'on peut s'en convaincre en
r visitant celui qui cst monté à notre usine; après 1,500 cuites, il est,
u P I'intdrieur, exactement dans le même état que le jour où le cons-
a tructeur nous l'a expédié. . . . .
SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES 69
)) Pour chaque espèce de substances contenant de l'amidon, l'opéra-

w tion exigera une quantitd d'eau et d'acide, une pression et unv durée
s quelque peu différentes. Au lieu d'entrer, à ce sujet, dans d'innom-
n brables détails, nous allons raconter exactement comment nous opé-
0 rons depuis plusieurs mois avec le maïs, qui est un des grains les

D plus rebelles h une saccharification complète.


u Nous versons d'abord dans notre saccharificateur, qui mesure une
n capacité d'un mètre cube et demi, 600 litres d'eau coupés de 16 kilogr.
u d'acide chlorhydrique, et en mème temps nous ouvrons le robinet de
fi vapeur. Dès que les deux tiers de l'eau sont entrés, nous chargeons,

u parle, trou d'homme supérieur, 360 kilogr. de maïs concassé. On ferme


)) le trou d'homme ; on laisse sortir l'air par le robinet purgeur jusqu'd ce
u qu'il ne passe plus que la vapeur. On ferme alors ce robinet, et le
n manomètre ne tarde pas à monter. Lorsqu'il marque 3 atmosphères
1) (pression normale pour le mals), on arrête l'introduction de la vapeur
>) de chauffage. Une ou deux fois peut-être pendant l'opération, le ma-

)) nomètre redescend vers 2 4/2 ; il est bon, en cc cas, de rouvrir l'acc6s


)) à la vapeur durant quelques secondes, ce qui sufit pour rétablir et
)) maintenir la pression normale. Aprés cinquante minutes de chauffage
B .(à partir de l'instant où l'on a fermé le trou d'homme), on ouvre le

) robinet de ddcharge, et l'appareil devenant un vrai monte-jus, toute la


masse liquide s'élève par le tuyau vers la cuve de dépôt, qui est munie
» d'un couvercle solidement cloué et d'une petite chcminAe en bois, pour
)) permettre k la vapelir du liquide de s'écliapper librerrent sans produire
O d'éclaboussures. Entre le point de départ et le point d'arrivée du tuyau

r de decharge, il existe une différence de niveau de 6 mètres. On pourrait


I) l'augmenter corisidérablement sans aucun inconvénient. - Rien ne

u reste dans le saccharificateur.


u La décharge dure quatre minutes, le chargement onze. Avec les cin-
e quante minutes de cuisson, la durée totale de l'opération est donc de
r soixante-cinq minutes, de sorte que nous faisons habituellement vingt-
n deux cuites en vingt-quatre heures. L'ouvrier attaché au saccharificateur
n a tout le temps nécessaire pour conduire au moins deux appareils,
» chargement compris. Il serait donc facile d'établir dans les grandes
s 4isines tolite une batterie de saccharificateurs, et rien n'empêcherait,
)) d'autre part, de donner au cylindre une dimension double, triple ou

)) même quadruple.

Suivant MM. Colani et Kruger, on arrive, par l'application de


70 SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES

Ieur procédé, à diminuer la dépense de fabrication de 1,000 kilogr.


de maïs de 38 fr. 50 c., qui résultent de :
10 Différence en moins sur l'acide employé, 55 kilogr. 16 francs les
100 kilogr . . . . . . . . . . . . . . . fr. 8 80
20 Différence en moins de dépenses de combustible, 900 kilogr.
de houille à 30 francs. . . . . . . . . . . . . 29 70
Soit par 1,000 kilogr. de grains. . , . . Fr. 38 50

Et ce n'est là qii'une partie des avantages de ce procédé, puis-


qu'il augmente aussi le rendement eii. alcool.
Le procédé de saccharification' de MM. Colani et Kruger a reçu
de nombreuses applications dans ces dernières années, nous don-
nons ci-dessous la copie d'une lettre d'un grand industriel, fa-
bricant de sucre et distillateur dans le Pas-de-Ca!ais - elle fixe
bien le rendement obtenu du maïs jusqu'en 4881. - Mais depuis
cette époque, des distillaleurs du Nord, MM. Bonzel, ont perfec-
tionn6 le travail et sont parvenus à augmenter le rendement du
maïs de 3 à 4 litres d'alcool par 100 kilogr. Déjà plusieurs usines
ont acquis par licence de brevet le droit de se servir de ce nou-
veau procédé, do& ils tirent les meilleurs résultats.
Les figures 42 et 13 représentent la vue de face et de profil,
de l'appareil de MM. Colani et Kruger.

A . Cylindre en cuivre rouge, solidement construit, contenant son doirble


fond perforé.
b. Trou d'homme servant à charger les grains.
c. Trou d'homme pour introduire le double fond.
d. gprouvette servant à suivre le travail, par la prise d'échantillons du sirop
à différentes phases de l'opération.
e. Manomètre indiquant la pression jnlérieure de l'appareil.
f. Horloge pour observer la durée de l'opération.
G. Cuve en bois, munic d'une cheminée, servant à vider le contenu du
saccharificateur, aussitôt la saccharification terminée.
1. Robinel d'arrivée d'eau acidulée.
2. Robinet d'arrivée de vapeur pour le chauffage.
3. Robinet pour purger l'air contenu dans le cylindre.
4. Robinet de vidange, communiquant à la cuve supérieure.
SACCHARIFICATION PAR LES .\CIDES

5 IV. - Lettre d'un distillateur.

Après avoir décrit le système Kruger, nous croyons devoir repro-


duire la lettre d'un distillateur adressée au Journal la Sucrerie ut-
digène et publiée le 9 février 1881 et dans laquelle se trouvent
des chiffres qui ont beaucoup d'intérêt, en tenant compte tou-
tefois des perfectionnements apportés depuis :

Puisque vous voulez bien ouvrir les colonnes de votre intéressant


journal aux publications relatives à l'alcool, je demanderai à répondre
quelques lignes à l'article paru dans votre dernier numéro sur la saccha-
rification des grains par les acides, procédé Kruger.
d'ai mont6 l'an dernier sept appareils système Kruger pour la distil-
lation du maïs et je dois dire que tous ces appareils ont'fonctionné à
mon entiére satisfaction.
d'avais accepté la proposition de M. Savalle qui m'avait offert sou prin-
cipal ingénieur pour me guider dans cette nouvelle installation et, sous
cette habile direction, mon travail a été parfait du premier jour jusqu'au
dernier.
1,'économie d'acide et de vapeur réalisée par les saccharificateurs Kruger
est très importante. Le maïs est sufisamment cuit, sans jamais être
brùlé. Cependant le rendement n'a jamais dépassé chez moi, 31 0/0, et
il n'a guère été au-dessous de 30 0/0 en prenant la moyenne de tout l'été.
On m'avait fait espérer 33 litres de bon alcool à 900 par 100 kilogs de
maïs. de crois que- ce résultat est impossible à obtenir, et que les distil-
lateurs qui ne veulent pas se faire d'illusion doivent compter sur un mi-
nimum de 330 kilogr. de maïs pour produire un hectolitre d'alcool à 90°
et cela en travaillant trbs bien.
Les maïs, surtout en été, ne sont pas toujours d'une qualité irrépro-
chable, et on ne peut pas en retirer plus d'alcool qu'ils n'en contiennent.
Agréez. etc;
74 SdCCHARIFICATION PAR LES ACIDES

§ V. - Devis approximatif du matériel d'une distillerie


travaillant par24 heures 7,000 kilos de riz ou de maïs
par les acides.
Io Générateurs de vapeur :
Trois générateurs de vapeur de la force de 30 chevaux
chacun :

1
Tôle, 22,200 kilogr., h 65 francs. . . . . Fr. 14.430
Fonte, 7,5200 kilogr., à 45: francs . . . . . . 3.240 18.670 n
Accessoires, environ . . . . . . . . . . . 1.O00
Moteur :
Machine A vapeur de 8 chevaux . . . . . . . . . 3.600 ))

3O Distillation :
Une colonne distillatoire en fonte, avec ses satellites
en cuivre no 5 . . . . . . . . . . . . . . . . 10.300 ))

do Rectification :
Un rectificateur à chaudière cuivre no 4 . . . . . . . 12.000 ))

5O Pompes r
Une pompe à jus fermenté en bronze, . . . . . . .
Deux pompes en fonte de fer pour eau froide. . . . 4.500 )>

Ueux pompes alimentaires. . . . . . . . . . . . .


60 Saocharification :
Un concasseur. . . . . . . . . . . . . . . . . . 2.200 ))

Un appareil en cuivre systBme Colani et Kruger . . . 5.500 s


Une cuve dc décharge. . . . . . . . . . . . . . . 800 u
'ioSaturation :
Trois cuves de 35 hectolitres. . . . . . . . . . . . 8PO
8O Fermentation :
8 cuves de 110 hectoiitres chacune. . . . . . . 4.400 11

go Itéservoirrs en tôle :
Deux pour les alcools bruts. . . . . . . . . . .
Un pour les 3 6 bon goût . . . . . . . . . . .
TTri à eau froide . . . . . . . . . . . . . . . . . $1 3.500 1)

1
Un à jus îermenté . . . . . . . . . . . . . . . .
Un eau chaude, à 65 francs les 100 kilogr. . . . .
o0 Robinetterie, tuyauterie, transmiaeioiia et
1
montages divers, environ. . . . . . . . . . . 7.000
Matériel : TOTALapprosimatif. . . . . . . K. 72.CilO *
SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES 75

ag VI. -
Devis approximatif du materiel d'une distillerie
travaillant par 24 heures 60,000 kilog. de riz ou de maïs
par les acides.

lo Qénérafeurs de vapeur :
Six générateurs semi-tubulaires représentant ensembIe
720 mètres carrés de surface de chauffe. . . . Fr. 105.000 n .
Prise de vapeur en tôle reliant les générateurs. , . .
1,800 ))

2O Moteur et pompes r
Une machine à vapuur à haute pression de 40 chevaux. 18.000 ))

Deux pompes à eau pouvant fournir enseinble 100 mètres


cubes par heure . . . . . . . . . . . . . . . . 5.500 ))

Deux pompes à jus fermentés en bronze pouvant fournir


par heure 25 mètres cubes . . . . . . . . . . . 5.700 ))

Deux pompes alimentaires. . . . . . . . . . . . 2.500 ))

3O Moulin :
Six broyeurs système Gaüz . . . . . . . . . . . 4.5.000 ))

Bluterie, élévateurs, etc. . . . . . . . . . . . . 5.000 1)

ho Sacc1i;arifioationt
Huit appareils Kruger en cuivre no 3 . . . . . . . . 72.000 ))

Deux cuves de décharge des Krugers contenant cha-


cune 100 hectolitres . . . . . . . . . . . . . . 2.000 ))

Six cuvesà saturer contenant chacune 150 hectolitres . 5.400 1)

Seize cuves de fermentation contenant chacune


525 hectolitres en sapin rouge de 70 "'/" . . . . . 23.600 ),

Deux appareils distillatoires en cuivre du système


Savalle (no 13 de la série) A 45.000 francs l'un . .
90.000 ))

A reporter. . . . . 373.500 ))
SACCHARIFICATION PAR LES ACIDES

Report. . . . . 873.500 x
'io Rectification :
Trois appareils de rectification no 10, h chaudière en
tôle du systhme Savalle, établis du nouveau système
avec colonn3 rectangulaire et disposds pour ufiliser
les vapeurs d'échappement. . . . . . . . . . . . i 65.000 b>

8O ~ Q s e r v a i ren
s tôie :
Réservoir b flegmes de 1.O00 hectolitres ;
P 4 moyens goûts de 100 ;
» à mauvais goûts de 250 ;
Dix réservoirs à alcool fin contenant ensemble 2.000
hectolitres ;
Deux réservoirs à eau froide ;
Deux réservoirs à jus fermentés;
Un réservoir eau chaude ;
pesant ensemble environ 60.000 kilogr. . . . . . 30.000 0

Divers :
Tuyauterie et robinetterie, environ. . . . . . . . . 35 .O00 a
Transmission de mouvement. . . . . . . . . . . . 6.000 ))

Dépotoir etc., etc. . . . . . . . . . . . . . . . . 3 .O00 ))

TOTAI,approximatif. Fr. 639.500 u

Des distilleries. de cette importance sont iiistüllées, l'uiiz a Croisset-Rouen, et l'autre


à Bordenux.
RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS

Si l'alcool de grains est très apprécié par son moelleux et sa


douceur, il n'en est pas moins vrai que lorsque la rectification
est imparfaite, il conserve un goût sui generis, dont il est, par la
suite, très difficile de lc débarrasser, et qui se dégage de toules
les préparations dont cet alcool est la base.
Lorsque l'alcool des grains doit être consommé comme eau-
de-vie, telles que les genièvres et les whiskies, ce goût sui generis,
au lieu d'être un défaut, est précisément une qualité et en cons-
titue lc bouquet. C'est ce goût particulier inhérent à la nature
du produit qui fait rechercher les eaux-de-vie de Cognac, de
rhum, de cerise (kirscli), etc.
Mais si l'alcool des grains est employé comme base principale
de certains produits, comme la fabrication des liqueiirs, le vinage
des vins fins, la fabrication des eaux-de-vie de Cognac, etc.;
ators cet alcool doit être complètement raffiné et dépouillé de
toutes les impuretés qui seraient une cause de perturbation et
d'infériorité dans les opérations de la fabrication.
Les premières impuretés de l'alcool de grains sont assez faciles
h enlever, c'est pourquoi, même avec des appareils imparfaits,
on' peut produire des alcools appréciés et jouissant d'une prime ;
mais pour fabriquer des alcools de grains absolument purs, il
est nécessaire d'employer des appareils très perfectionnés et des
procédés spéciaux.
La rectification des alcools de grains est faite sur une très
78 RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS

grande échelle à l'usine la Madone, à Puteaux, pr&s Paris.


Nous donnons, en outre de la description de cette usine, celle
d'une grande usine de rectification russe.

§ 1. - Usine la Madone

LA MADONE A PUTEAUX (PRESPARIS)

La caractéristique de l'industrie moderne est la somme consi-


dérable de capitaux exigée pour arriver à une fabrication très
perfectionnée.
Dans toutes les branches de Sindustrie on remarque que pour
se tenir au niveau du progrès moderne et satisfaire aux condi-
tions économiques qui sont : un prix de revient très bas uni à la
perfection du produit, il faut immobiliser des capilaux immenses
k i t en achat de matières premiéres, soit dans un outillage très
coûteux.
La fabricatioii et le raffinage des alcools surtout exigent des
installations très compliquées et d ' u n prix de revient très élevé,
quand on veut toucher à cette industrie et produire des qualités
au-dessus de l'ordinaire et remarquées cle suite par la clientèle.
Car, autant il est difficile d'attirer l'attention sur un produit
médiocre, autant un produit supérieur est demandé et recherclié.
C'est que les avantages donnés par l'alcool supérieur sont si
grands que les acheteurs n'hésitent jamais à lui accorder une
prime importante. Jusqu'ici on réserve encore l'alcool très fin
pour des emplois qui exigent un produit bien délicat, mais le
temps n'est pas loin où on ne voudra plus employer que des
alcools absolument neutres et purs, parce que leur puissance
d'affinité moléculaire est plus grande et que les merveilleuses
propriétés physiques et chimiques de l'alcool, son énorme pouvoir
dissolvant ne sont pas diminuées ou dégradées par la présence
d'huiles essentielles et d'acides que laisse toujours un travail im-
parfait.
RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS 49
Quand on observe que les eaux-de-vie de Cognac, par exemple,
ne doivent leurs hautes qualités qu'à la présence de principes
qui n'exislent qu'à l'état de quantités infinitésimales, on ne doit
pas être surpris que la présence de quantités mêmes très minimes
d'huiles essentielles, qui sont des poisons très violerits, suffisent
pour déprécier i'alc001 et le rendre improj~reà un emploi rationnel.
Malgré les avantages considérables qu'il y a, à produire des
alcools très fins, les fabricants hési tent toujours, pour des raisons
que nous n'avons pas à examiner, à faire les dépenses nécessaires
pour l'installation des appareils perfectionnés de raffinage des
alcools.
De là vient que laFrance est restée longtemps tributaire de l'Al-
lemagne pour une grande quantité d'alcool qui pouvait parfaite-
ment être fabriquée en France.
En présence de ce t,é ta1 de choses, l'administration de l'usine
la Madone, &+uteaux, n'a pas hésité à immobiliser une somme
considérable, pour doter le pays d'une usine modèle fabricant des
alcools d'une pureté exceptionnelle.
Les alcools de la Madoiie rivalisent comme velouté et souplesse
avec les meilleurs alcodls allemands, ils ne sont ni secs, ni durs,
comme certains alcools t r h fins du commerce, leur force alcoolique
et leur pureté ont atteint un degré inconnu jusqu'ici.
L'installation de cebte usine a été faite par les soins de MM. D.
Savalle et Cie, les ingénieurs-constructeurs de distillerie.
Les appareils en activité à Puteaux sont du même système que
ceux installds par MM. Savalle et CiQn Allemagne et en France,
et qui produisent les alcools de marques jouissant d'une forte
prime.
Dans cette nouvelle installation MM. Savalle et C1e ont ap-
pliqué les derniers perfectionnements que leurs études cons-
tantes de la rectification leur ont fait trouver, et qui réalisent ainsi
un progrès tout nouveau sur ce qui a été fait jiisqu'à ce jour.
Par son outillage perfection~~é, l'usine cle la Madone est en me-
sure de fournir, à des prix très modérés, des alcools d'une qualité
exceptionnelle. Cela permettra d'étendre l'usage de l'alcool fin
80 RECTIFICATION DES FLEGMES DE GRAINS

à une infinité d'emplois, pour lesquels son prix élevé i'avait éloi-
gné jusqu'ici.

MARQUE DE FABRIQUE DE « LA MADONE n

La marque de fabrique de la rafiiierie d'alcool, la Madone, re-


~résciiteun élégant flacon d'alcool bouché à l'émeri avec le nom
et l'adresse de l'usine et les mots : alcool raffiné.
Cetle marque a été déposée conformément à la loi du 23 juin
1857.

S. II. - Usine de rectifiçation

Cette usine construite à la fin de l'année 1885 a commencé à


travalller au commencement de l'année suivante; elle est bâtie au
centre même de la partie haule de la ville de Nijny-Novgorod,
RECTIFICATION D E S F12EGh1ES DE G K h l S S 8t

ville située au confluent du Volga et de l'Oka; c'est la première


usine de rectification employant des appareils perfectionnés, cons-
truite dans la région orientale de la Russie; grâce Ct la qualit6
des produits qu'elle fabrique et à son excellente situation au point
de vue des communications, elle a pris rapidement une grande
importance et exporte ses produits dans toutes les villes de l'ouest
depuis Perme jusqu'à Astrakhan et aussi en Sibérie; - comme
l'usine « la Madone n, l'usine de M . Dolgoff ne rectifie que des
alcools, flegmes de grains et de pommc cle terre achetés dans les
diverses distilleries agricoles des gouvernenlents voisins ; tout
l'alcool rectifié qu'elle produit est transformé clans l'usine même
en Vodka, eau-de-vie blanche, dont l'usage est très répandu dans
toutes les classes de la société russe, cette eau-de-vie qui n'est
que de l'alcool à 40" G. L. sans addition aucune d'aromates ni
d'essences, doit pour être buvable et non nuisible à la santé, étre
fabriquée a r e c un alcool exempt de toute saveur âcre et piquantc
et quine laisse percevoir au goû't que la saveur h la fois chaude
et douce de l'alcool parfaitement pur.
Le travail dans l'usine deM. Dolgoff s'opère dc la même façon
que dans l'usine de K la Madone » ; l'alcool qui y arrive par
grands convois, en hiver par traîneaux, en été par les rivières,
est aussitôt versé dans de grands réservoirs en f e r situés sous sol
et hermétiquement clos. Une fois l'alcool entré dans une usine dc
rectification, en Russie, le plus grand soin du propriétaire doit
être d'éviter les perles même minimes, car si l'alcool ne coûte
qu'environ 22 francs l'hectolitre à 900, il acquitte à son entrkc
dans les usines dc rectificution uil droit de 190 fr. par llectolitre
à 900, et l'admiiiislration (le la régie ne tient compte d'aucun
déchet par le travail, et, jusqu'h yroscnt, malgr6 Ics justes de-
mandesdes industriels, ne dégrève pas Sc l'julpôt las liuiies essen-
tidles et les mauvais gouls qui par cette cause s'écoulent très
difficilement dans les industries qui pourraient les employer.
Aussi est-il nécessaire pour tra~ailleravec profit de posséder un
appareil rectificateur ne perdant point d'alcool et séparant les bons
et les mauvais goûts avec perfcctioii. tout en réduisant ces der-
niers à leur moindre quantité.
6
82 RECTIFICATION D X S FLEGMES DE GRAINS

Le rectificateur nioiité chez M. Dolgoff est un numéro 8 du


système Savalle, produisant 8,000 litres d'alcool bon goût par
24 heures. Avant de subir la rectification, l'alcool brut étendu
d'eau (40 à 450) traverse une batterie de six filtres d e 10,000
litres de capacité chacun et remplis de cliarbon de bouleau par-
faitement carbonisé, lourd et régulièrement concassé ; tous les
réservoirs dans lesquels doit passer l'alcool sont complèlement
fermés, n'ayant qu'un double clapet à leur partie supérieure
pour la sortie et la rentrée de l'air nécessaire à leur remplissage
et à leur \idange; ces réservoirs, qui sont au nombre de six,
sont disposés de façon que la circulation de l'alcool se fasse
alitant que possible par différence de niveau; il y a cependant
une pompe mue par la machine à vapeur pour pomper l'alcool
des citernes de réserve dans le réservoir mélangeur, et de ce
réservoir dans celui de charge situé tout en haut de l'usine et
d'où l'alcool s'écoule lentement et continuellement à travers les
filtres; le mélange d'eau et d'alcool se fait dans un réservoir
cylindrique complètement fermé, à l'intérieur duquel tourne un
arbre à palettes actionné par la machine à rdp eur.
L'édifice comprend cinq grandes salles distinctes : le magasin
où l'oii vide les pipes d'alcool brut et où l'on emporle l'alcool rec-
tifié; la salle des filtres occupée d'un côté seulement par la bat-
terie des six filtres, l'au tre côté res taut libre dans le h t de pouvoir
doubler ou tripler le travail sans modifier les blitiments ; la salle
de l'appareil, d'une très grande élévation, peut aussi recevoir un
scconcl appareil égal au plus fort; la salle du ghnérateur, où la
piace d'un second est aussi réservée ; enfin la salle de la machine
à vapeur, où se trouve une macliiiie de liuit clicvaux actionnant
une pompe à eau, uiie pompe h alcool, uiic pompc d'alimentation,
le mélangeur et deux macllines dynamo-électriques pour l'éclai-
rage de l'usine, des bureaux, des magasins et de la maison d'habi-
tation ; une autre petite machine à vapeur est destinée à actionner
une des machines dynamo-électriques de réserve dans le cas
tl'iiiie avarie survenant à la grande; c'est là que sont aussi
groupés divers appareils automatiques qui reiiclen t compte au
contremaître de tout ce qui se passe dans l'ubine, saris qu'il ait
Ri'
nm
besoin de se dkranger : un tableau à numéros nvcc sonnette élec-
trique l'avertit quand un des réservoirs est sur le point d'Gtre
pleiri ou vide ; deus petits il~anoil~Slres à ct à eau lui intli-
a i 1 2

quent constaniment le coulage à l'heure de l'alcool h trakcrs les


filtres et le coulage (le l'alcool à I'éprouvette du rcctificateur ;
des robinets placés sous sa main lui permettent de modifier l'un
et l'aulre coulage.
Tous les bâliments soiit coilstruits en briques ; les poutres,
escaliers, supports d'appareil sont en fer et en fonte; la toiture
est en tôle de fer oiîdulée et affccle la forme d'uuc voûlc, ce qui
lui donne une grande rbsislance au poids des neiges, bien qu'clle
ne soit pas muiiic d'ui~carrnalure inlérieurc; h chaque étage J e
chaque salle se trouvc un robiilct d'incendie, qui est al~rnciilc
par la conduite d'eau de la ville sous une forte pression ; (lc
PLIS, dans la salle dc la machine se trouve un jeu de valves éti-
quetées, au moyen desquelles Ic iiîacliinis te peut envoyer ln vapeur
du générateur là où un conîmencenient d'incei~diese déclarcrait.
Les sacrifices fails par BI. Dolgoff pour monler uiie usine fone-
tionnant avec profit, sans accideiits, el livranl des produils trés
estimés dans les deux capitales, Aloscou el Saiiit-I'élersbourg, cl
dans toute la partie orieiîtalc de la Russie, ont été couronnés de
succès.
Dans les deux expositions où ces produils ont figurb: en 28H6,
à l'exposilion industrielle et agricole dcs rCgions du Volga à
Kasan, il lui a éti: d6ceriié une médaille (l'or et la médaille (le
la Société technique impériale de Russic ; et, en 1886, h l'exl~o-
sition CIkaterinnbourg, il lui ii 6té tlécerii6 uiie sceoiiae médaille
d'or.
Aussi, n'est-il pas étoiinailt quc, clia(1ite année, à la grande
foire di. Nijriy-Novgorod , ses relations conimcrcialcs s'dfenclciit
toujours davantage.
CHAPITRE HUITIE~CIE

DES R ~ S I D U SDE LA DISTILLATION DES GRAINS

$ 1. - Drêches de la distillation par le malt.

Ainsi qu'on a pu l'observer dans les chapitres précédents, I'uti-


lisation des résidus de la distillation des grains a une extreme
importance pour le succès d'une distillerie, il ne suffit pas de
fabriquer le meilleur alcool, d'obtenir les plus grands rendements,
il faut encore tirer le meilleur parti possible des sous-produits
de la distillation.
Quand on travaille par le malt, l'emploi des drêches se trouve
tout indiqué; elles sont données encore chaudes ou tièdes aux
bestiaux; c'est le s ~ s l è m e le plus parfait. C'est celui qui cst
employé clans la grande distillerie de hl. Louis RIeeus à Wyneghem
(Belgique) où un système de tuyaux et dc conduilcs, am&ne la
drêche directement dans les mangeoires des dix étables t l FjO~ bûtes
chacuné que possède la dislillerie.
Quand le distillateur n'utilise pas lui-même sa drêche, les
cultivateurs viennent la chercher dans des lonneaux, elle leur est
livrée presque toujours chaude, car c'est encore une économie
de combustil~lepour l'éleveur.
Enfiii quand la \-ente immédiate de la drkche ii'est pas possible,
il €aut la corri primer ou la dessécher au inoyen d'un système quel-
conque.
A la distillerie de Maisons-Alfort, la drêche qui n'est pas vendue
liquide, est comprimée dans des sacs au moyen d'une forte presse
86 DE? RÉSIDUS I)E: LA DISTILLATIOX DES GRAINS

et veiirlue au poids (5 fr. 90 c.) les 100 kilogr., la drêche liquide


est vendue 73 centimes l'hectolitre.
Différents moyeiis ont été préconisés pour clessécher la drêche;
parmi ces procédés nous parlerons du système breveté de
MM. Louis RIeeus et Heiiizelmann; nous donnons plus loin la
description du brevet.
II va sans dire que le distillateur qui n'a pas I'cmploi de ses
ilrêches ne doit pas travailler par le malt, car c'est le bon emploi
de ce résidu qui peut seul le compenser largeaient des frais im-
portants supplémeiitaires que nécessite ce mo-de de fabrication.

5 II. - Composition et valeur nutritive des drêches


de la distillation par le malt.

M. Graiitleau, cxhiiniste à Nancy, a analysé, les drêclies dc la


distillerie de fi1aisoils-Alfort, qui sont livrées aux nourrisseurs des
environs de Paris, soit liquides, soit comprimées. .
Les matières premières de la distillerie de MM. Springer et Cie,
qui est, comme on le sait, une fabriclue de levure, se composeiit
de seigle,-de maïs et d'orge.
D'après les analyses publiées par $1. Grandeau dans le J o u ~ n a l
d'Agriculture prsctique, l'hectolitre de cette drêche pèse 102 kil. fifi.
Il contient 8 kil. 15 de substances sèches et 94 kil. 40 d'eau.
La composilion d'un hectolitre de mélange est la suivante enpoids:
Matière azotée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . kil. 1.340
Matière grasse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 630
Sucre de glucose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2.110
Matière extractive non azotée, amidon, dertrine, etc. . . . . 2.340
Cellulose briite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2.230
Matières minérales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 310
Eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94.400
TOTAL.. . . . kil. 102.330

Débarrassée de l'eau, la substance solide, dont le poids total,


par hectolitre, s'élève à 8 kil. 190, présente la composition centé-
simale suivanle :
DES RÉSIDUS DE L Z DISTlLL4TION DEI GR ZlXS 87
Matière azotée . ' . . . . . . . . . . . . . . . . . . Itil. 18.86
Matière grasse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 'i .79
Sucre de gli~cose. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13. Y8
Matière extractive non azot6e. . . . . . . . . . . . . . . 28.66
Cellulose brute. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27.28
Matières minéralcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3.77

Le rapport des matières azotées aux substailces iioii azotées


= 112.65. Ces résidus sont donc riches en malières iîulritives.
La fermentation s'obtient à Maisons-Alfort, sans addilion préa-
lable (l'acides aux cuves.
Voici, d'après MM. Dietrich et Iioiîig, la comparalsoii moyenne
des divers déchets iiîdustriels les plus appropriés à la nourriture
tiu b6tail:
10 hectolitres dc liquidc distillcric Springer corrcsporiclent srnsi-
blement, comme valeur nutritive en substniice azotée, A 180 kilcl-
grammes de foin de prairie. En effet, 10 heclolit~es de drêche
con tiennent :
Matière azotée. . . . . . . . 13.43 kilogrammes.
Matière non azotée. . . . . . 40.00 -
150 kilogrammes de foin de prairie contiennent :
Matière azotée. . . . . . . . 15.20 kilogrammes.
Matière rioil azotéc . . . . . . 60.00 -
Substdnces 100 P ~ R T I E SDE SUBST~SCESSÈCIIES CO\TIE\IE\T

pour 100

1. Germes de malterie . . . .
2. Drêches de brasserie . . . .
3. Vinasse de seigle . . . . .
4.Vinassedemais. . . . . .
5. Vinasse de blé. . . . . . .
6. Pulpes de betteraves . . . .
7. Pulpes de pommes de terre
8. Drêches de Maisons-Alforts
..
* Sucre compris.
88 DES RESIDUS DE LA DISTILLATION DES GRAINS

On estime généralement que les résidus de la distillation de


200 kilogr. de seigle, d'orge ou de maïs, équivalent à 100 kilogr.
de foin de première qualité; de là on peut facilement déduire la
valeur absolue de ces résidus dans chaque localitb.

S III. - Traitement de la vinasse sous haute pression. -


Brevet Louis Meeus et B. Heinzelmann, à Wyneghem
(Belgique).

La vinasse, c'est-à-dire le mélange des résidus solides et liquides


que l'on obtient des moûts de grains saccharifiés après leur fer-
mentation et leur distillation contiennent 90 à 93 0/0 d'eau et
les substances suivantes qui sont en partie dissoutes dans l'eau,
mais, pour la plupart, en suspension dans cetle dernière : fibres
ligneuses, graisse, amidon, sucre, dextrine, matières minérales
et substances azotées; la plus grande partie de ces dernières
matières appartient au groupe des corps albumineux.
On a déjil fait de nombreux essais dans le but de séparer, au
moyen de mdtliodes connues, cornnie l'emploi des filtres-presses,
séparation au moyen de turbines, etc., les substances solides
des vinasses des matiCres liquides, et de donner aux premières,
par dessiccation, une forme sous laquelle elles soient plus faciles
à transporter et à conserver. Ces essais n'ont, jusqu'à présent,
donné aucun résultat satisfaisant et que l'on puisse utiliser manu-
facturièrement, car une certaine portion des albuminoïdes est en
suspension dans le liquide sous forme de gluten et lui donne une
consistance extrêmemeqt tenace et visqueuse, et finit par ohstruer
les pores de la matière filtrante, ce qui rend extrêmement diffi-
cile sinon impossible le filtrage complet du liquide.
Mais si l'on soumet au préalable la vinasse, pendant une courte
période, à l'effet de la haute pression et à la température corres-
pondante, dans un vase clos, on coagule ces matières glutineuses
en suspension, et aussi une partie de celles qui sont dissoutes.
Dans le liquide obtenu on peut alors opérer d'une façon com-
plète et sans difficulté, par l'un des moyens mentionnés plris Iinut,
la séparation des solides et des liquides.
DES RÉSIDUS DE LA DISTILLATIOX DES GRAINS 8!)

$j IV. - RAsidus de la distillation par les acides.

Pendant longtemps les résidus de la dislillation par les acides


au lieu d'être une source de bénéfices pour le distillateur ne lui
causaient au contraire qiie des embarras de toutes sortes et dcs
. dépenses constantes.
On s'estimait heureux quand oii pouvait les évacuer dans une
rivière ou à la mer, ou les répandre dans les champs comme
engrais.
Le procédé inventé par MN. Porion et Mehay a faiC entrer le
traitement des vinasses dans une voie trbs fructueuse. Ce procédé
appliqué décjà dans de nonibreuses usines donne les résultats les
plus sa tisîaisan ts.

S V . - Utilisation des drkches provenant de la dis-


tillation du maïs par les acides, procédé Porion et
Méhay.

Parmi les principaux perfectioniicments apportés dans ces der-


niers temps au travail des grains par les acides, et notamment au
travail des niaïs, figure incontestablenlent un procédé au moyen
duquel MM. Porion et Méhay retirent de la vinasse autrefois inu-
tilisée ou très mal utilisée, des produits accessoires importaiits et
qui, déduction faite des frais, ne représeiiteiit pas moins de
2 fr. 30 c. à 2 fr. 50 c. par 100 kilogrammes de maïs travaillé,
soit environ 7 francs par Eiectolitre d'alcool produit.
Cc procédé qui consiste essentiellement à constituer au moyen
des matières solides de la vinasse ou du moût des grains une
nouvelle matière première d'liuilerie, ou sorte de graine oléagi-
neuse artificielle pouvant être travaillée par les procédés ordinaires
de l'huilerie, se compose des opérations suivantes :

Séparation des matières solides de la vinasse. - Cette première


opération se fait au moyeii de filtres-presses mis en communica-
tion directe avec les colonnes de distillation et fonctioiinaiit par
la simple pression de ces appareils.
90 DES RBSIDUS DE L A DISTILLATION DES GRAINS

Laijuge des matières des filtres-presses. - On commence par opérer


le délayage des matières solides sortant des filtres-presses, ce qui
peut être fait au moyen de tous appareils propres à délayer les
matières farineuses telles que les différents n~acérateursemployés
dans le travail de la distillation par ie malt. On charge les ma-
tières dans l'appareil avec 4 ou 9 fois leur poids d'eau et pendant
l'opération on chauffe à l'ébullition en vue d'éviter les altérations
et pour rendre plus facile la clcuxième filtration, opération qui se
fait dans une seconcle série de filtres-presses par l'intermédiaire
d'un monte-jus recevant les matières délayées et faisant pression
dans ces appareils.
Le lavage qui vient d'êtFe indiqué n'ayant pour but que de ren-
dre les tourleaux propres à la nourriture du bétail, il convien-
drait de supprimer cette opération si l'on se proposait simplement
de produire des tourteaux d'engrais.

Séchage et pulvérisatio~ades matières solides sortant des filtres-presses.


- L'appareil employé à cette double opération soit pour les pro-
duits lavés de seconde pression, soit pour les produits non lavés
de première pression présente sensiblement les mêmes disposi-
tions qu'uii chauffoir d'huilerie fonctionnant par la vapeur. Il se
compose d'un réservoir cylindrique dont le fond circulaire chauffé
par la vapeur au moyen d'un double fond, se trouve constamment
raclé par une ou plusieurs lames de couteau inclinées mises en
mouvement par un arbre vertical.
En opérant la dessiccation au moyen de cet appareil, que l'on
conduit simplement comme lorsqu'il s'agit du chauffage des fa-
rines oléagineuses en travail d'huilerie, peu à peu, la matière,
constamment remuée par les lames de l'appareil, se divise et
tombe en poussière à cela près de quelques boules, qui apparais-
sent principalement sur la fin de l'opération et qui se réduisent
du resle facilement en poudre en les froissant légèrement.
Lorsque la matière en séchage ne renferme plus que 10 0/0
d'eau environ, l'on arrête l'opération ; on tanlise d'abord le fin,
puis les boules après les avoir écrasées sur le tamis, et le produit
se trouve alors préparé pour le travail de l'huilerie.
DES R ~ ~ S I D I JDE
S 1.A DlSTIL1,ATIOS DES GRAISS 91

Extractionde l'huile. - Ces matières ayant été préparées comme


il vient d'être dit ci-dessus, l'extraction de l'huile peut se faire
par tous les moyens industriels employés en huilerie et notamment
par pression ou par le sulfure de carbone.
Lorsqu'oii opère par pression, procédé qui est aujourd'hui le
plus employé, l'on obtient comme résidus de l'opération, des
tourteaux analogues, et à peu près aussi riclies en azote que
ceux d'arachides, mais qui sont de beaucoup préférables comme
nourriture du bétail.
La composition de ces tourteaux est très régulière pour un même
mode de travail, mais elle est un peu diff4rente selon que les
résidus solides des filtres-presses ont été lavés et repressés ou
qu'ils n'ont pas subi ces opérations.
Nous donnerons ci-après des analyses moyennes de tourteaux
obtenus dans ces deux conditions différentes.
Tourteaux alimentaires de drêchcs de maïs (provenant de résidus
lavés).
Composition en centièmes :
Azote . . . . . . . . . . 7.13
Acide phosphorique soluble 4 .16
Huile restant. . . . . . . 12.14
Matières organiques . . . 69.77
Cendres . . . . . . . . . 2.24
Eau. . . . . . . . . . . 7.35
Total. . . . 100.00
Tourteaux-engrais de drêches de maïs (provenant de résid us
non lavés).
Composition en centièmes :
Azote . . . . . . . . . . 6.43
Acide phosphorique soluble 1 .19
Huile restant. . . . . . . 12.10
fiIatières organiques. . . . 69..61
Cendres . . . . . . . . . 3.35
Eau. . . . . . . . . . . 7.32
Total. . . . 100.00
L'huile de drêche de maïs obtenue par le procédé ci-dessus
décrit est un peu plus colorée que celle qu'on extrait directe-
ment, dans quelques usines, des germes de ce grain séparés
mécaniquement. Ellc convient cependant très bien à l'état brut
pour plusieurs industries; iiotammcnt pour la fabrication des
savons mous et celle des dégras. On la vend actuellement avec
3 ou 4 francs d'écart au-dessous du cours de l'huile de lin.
Le rendement en huile peut changer avec la variété du maïs
et avec sa provenance, mais en général il dépend surtout de sa
bonne coiiservation, car, ainsi que l'a constaté hl. Ladureau dans
son intéressante publication sur le rdle des corYs gras dans la ger-
nin nation des graines, l'échauffement qui se produit toujours lors-
qu'il y a altération du grain résulte principalement cl'une com-
bustion plus ou nioins active dc l'huile qu'il renferme.
Jusqil'à ce jour les quantités de produits obtenus par 100 kil.
de maïs travaillé ont varié enlre les limites suivantes:

Huile. . . . . de 2 . 8 0 à 3 kil.
Tourteau . . . de 10 » à Il -

En nous basant sur les premiers chiffres qui sont les moins
favorables nous donnerons ci-après, approximal ivement , un
compte de fabrication par jour, applicable au travail des résidus
d'une fabrique employant 20,000 kilogr. de maïs par journéc de
vingt-quatre hcures ct opcrant l'extraction de l'huileparles presses.
Dans l'établissement de ce compte et de ceux qui vont suivre
iious supposerons 300 jours de travail effectif par année.

Produit pur j o u ~:

800 kilogrammes d'huile au cours actuel de 35 francs les 100


liilograrnmes . . . . . . . . . . . . . . . . . Fr. 275 )
;

2,000 liilogrammcs clc tourteau h 44 francs les ,100


i~ilogramn~es . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280 ))

A reporter. . . Fr. $55 3


DES RESIDUS DE LA DISTILLATIOX UES GRAINS 03
Heport ... Fr. 553 ))

Frais

16 ouvriers à 3 francs. . . . . . . . . Fr. 68 ))

Intérêt et amortissement à 20 0/0 sur un


capital de 45,000 francs (1). . . . . 1. . . 30 1)

Amortissement, en une seulc annbe, d'une


prime de brevet montant pour toute sa
durée à 20,000 francs (2) . . . . . . . . 66 66
Toiles de filtres-presses, charbon et frais gé-
néraux. . . . . . . . . . . . . . . . . 40 1) 384 66
Reste bénéfice par jour de travail. . . . . Fr. 370 34

pendant la première ailnée et 437 francs par jour pei~dant les


années suivantes, la prime de brevet ayant éti! complètement
amortie dès la première année d'ex~>loitation.
Le mode d'extraction de l'huile par pression a élé le plus
gériéralement appliqué jusqu'ici, beaucoup de distillateurs redou-
tant l'emploi (lu sulfure de carbone à cause du danger cl'in-
cendie ; cependant il convient de dire, qu'avec ilne bonne instal-
lation et eu prenant certaines précautions, ces dangers nc sont
pas, à beaucoup près, ce qu'on se l'imagine communémeilt.
Quoi qu'il en soit, le procbdé d'extraction par le sulfure de
carbone donne un rendement en huile plus grand que le procédé
par pression, et, contrairement à ce que MM. Porion et IVIéhay
avaient admis lout d'abord, ils ont reconiiu depuis, qu'en em-
ployant d a sulfure de carbone convenablement épuré, le résidu
de l'extraction est non nioins bon comme nourriture du bétail.
Voici d'ailleurs un compte établi pour ce dernier mode de tra-
vail, en considérailt toujours une fabrique opérant sur 20,000
kilogrammes de maïs par vingt-quatre Iicures.

(1)Voir ci-après les devis d'installatiori.


(2) La prime de brevet est fixée d'après l'importance de la fabricaiioii annuelle en
alcool de grain ; celle de 20,000 I'rancs figurdnt dans ce compte s'applique une usine
produisant 20,000 hectolitres d'alcool par an.
Produit par jour :
650 kilogr. d'huile à 55 francs les 103 kilogr. . . F r . 357 59
1,850 kilogr. de tourteau à 16 francs les 100 kilogr. 296
Fr. 693 50
Fieais :
16 ouvriers à 3 francs. . . . . . . . . Fr. 48 »
Intérêt et amortissement a 20 0/0 sur un
capital de 45,000 francs (1) . . . . . . . 30 D

Amorlissenieiit eii une seule aiiriéc d'uilc .


prime de brevet monlant pour loute sa
durée à 20,000 francs . . . . . . . . . . 68 66
Perte en sulfure de carbone : 25 kilogrammes
à 60 francs les 100 kilogrammes . . . . . 5 ))

Charbon et frais généraux . . . . . . . . , 40 )) 199 66


Reste : bénéfice par jour de travail. ... Fr. 453 84
pendaut la première année et 820 fr. 50 c. par jour pendant les
années suivantes, la prime de brevet agant été coniplètement
amortie dès la première année d'exploitation.
Anltirieureuîen t à MM. Porion et Méhay, l'on avait déjà fabriqué
de l'huile de maïs en opérant sur les germes de ce grain préala-
blement séparés mécaniquement, mais il ne nous paraît pas
qu'avant eux, l'huile clu riz et celle du dari aient ét6 extraites
industriellcmeiit. Le nouveau procédé permet d'obtenir ce résultat
et, pour le riz spécialement, malgré la très faible proportion
d'huile que ce grain renferme; parce qu'il donne finalement, par
suite de la coiicentration qui s'effectue dans le résidu, des ma-
tières qui, à l'étal- sec, ne renfermerit pas moiiis de 20 à 25 0/0
d'huile ou de subslances grasses et qui sont, par conséquei~t,assez
riches .pour êlre traitées économiyuenicnt. Mais ces résidus, à
l'état sec, sont beaucoup moins abondants que pour le aïs et

(1) Nous admettons ici le même cliiffre pour I'insiallation qu'avec i'extractiun lie l'huile
par les presses, ce qui est à peu prks exact; toutefuis, pour le travail dont il s'agit, on
- doit considérer ce chiffre comme un maximum sur lequel il pourrait p avoir quelque
réduction à faire.
DES RÉSIDUS DE LA DISTILLATION DES GRAINS 95
ne représentent guère que de 7 à 9 0/0 du poids du grain em-
pleyé. Quant au dari il donne à peu près la mème quantité de
résidus secs que le maïs et ces résidus ont aussi à peu près la
même richesse en huile et en azote pour les deux sortes de
grains. Mais l'huile du dari et celle du riz SC séparent dificilc-
ment par pression, en sorte qu'il convient toujours, pour les
rdsidus de ces grains, de donner la préférence au modo d'extrac-
tion par le sulfure de carboiie.
q- Le compte donné ci-dessus pour les résidus du maïs, avcc
ektraction de l'huile par le sulfure de carbonc, p o u ~ a n ts'appli-
quer également à ceux du dari, nous nous borileroris à donner
ci-après un compte de fabrication concernant le travail des rési-
dus dc riz par cotte méthode, et, pour faciliter les comparaisons,
nous prendrons encore pour exemple uiic tlistillcric opéralit sur
20,000 kilogrammes de grains par journée de vingt-quatre heures,
I'roduit pctr jour :
i;l/
300 kilogr. d'huile à 38 francs los 100 liilogr. . 465 $5 lD
1,100 kilogr. de tourteau. . . . . . . . . . . . . 154
-N $;fYd
Fr. 319 n
Frais :
12 ouvriers à 3 francs. . . . . . . . . Fr. 36 )>

Intérêt et amortissement à 20 0/0 sur un


capital de 25,000 francs . . . . . . . . . . 16 66
Amortissement en une seule aulléc CI'LII~C
prime de brevet montant pour toute sa clur6c
à 20,000 francs . . . . . . . . . . . . . . 66 66
Perte en sulfure de carbone, 14 liilogr. à O Tr.60. 8 40
Charbon et frais généraux . . . . . . . . 22 40
190 12
Reste : bénéfice par jour de travail . . . . . . Fr. 1.68 88
-
pendant la première année et 235 fr. 84 c. par jour pendant les
années suivantes, la prime de brevet ayant été complèlement
amortie dès la prpmière année de l'exploitation .
Les coniptes ci-dessus font ressortir l'iuiportaiicc du procédé
96 DES RESIDUS DE LA UISTILLATIOK DES GRAINS

Porioii et Méhay, en ce qui touche son application aux rési8us


provenant de la distillation des grains par les acides, et ils mon-
trent que l'avantage de son emploi peut se traduire dans ce
cas, pour le t!*avail du maïs, par une différence dc 6 à 8 francs
sur le prix de revient de l'hectolitre d'alcool.
Mais, outre cette application qui tend aujourd'hui à se géné-
raliser, nous pensons que ce même procédé est appelé aussi à
rendre de très grands services pour le traitement des résidus ou
cirêches provenant de la distillation dei grains par le malt; car,
s'il est certains établissements qui trouvent aisément le débouché
de leur drêche liquide pour la nourriture du bétail, il en est
aussi un grand nombre qui en sont fort gênés, surtout pendant
l'été. Dans ce cas, le procédé Porion et Méhay leur permettra de
les transformer en huile et en tourteau pouvant se conserver
presque indéfiniment et ils n'auront plus ainsi à écouler que des
liquides clairs, ce qui, en général, ne présente pas de difficulté.
Lorsqu'on se propose de faire fermenter à moûts clairs, quel
q?xe soit le grain eniployé et le mode de travail adopté, au lieu
do faire la séparation des matières non dissoutes du grain, en
opkrant sur la vinasse, or1 retient ces matières au moyen des
filtres-presses, ou par tous autres moyens, immédiatement après
la saccharification, et une fois cetle séparation effecluée, les opé-
rulions restent exactement les mêmes que lorsqu'on opère sur la
vinasse, après avoir disiillé directement les produits provenant
de la fermeiilation à moûts troubles.

DEVISD'INSTALLATION POUR LE TRAVAIL DEY RÉSIDUS PAR LE PROCODÉ


PORION ET MÉHAY A ~ E CEXTRACTION DE L'IIUILE PAR PRESSION -
SIOTEUR NON COMPRlS.

l o Devis approximatif relatif à uiie distillerie opérant sur


20,000 kilogr. de maïs par vingt-quatre heures :
G filtres-presses, 29 plateaux dc 80 cul. à I,'i5O fi-ailes. ,10.800
/i délayeur dc 12 hectolitres . . . . . . . . . . . . 4 .O00
2 mon te-jus de 10 à 12 hectolitres. . . . . . . . . 650
d 7.eporter . . . . 12.150
Xeport . . . . . .J 2.150
8 sécheurs a 4;lOO francs . . . . . . . . . . . . . 8.800
4 clîauffoir yd'huiler.ic . . . . . . . . . . . . . . . 1.000
4 pr,esses à huile ii 1. 800 1i.aiic.s . . . . . . . . . . 7.200
Buffet de pompes et compensateurs . . . . . . . . 3.600
Transmission. tuyautage. n1ontag.e et accessoires d'hui-
lcric . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . G.OOO
-.-
r'
. .
IOTAI~ . . Fr . 38.790
20 Devis approxinîalif relatif h une dislillerie opérant sur
10.000 kilogr . de maïs par vingt-quatre heures :
.
3 fil tres.presscs. 19 plaleaux dc 80 ciii . 5 4 750 francs . 5.250
1 délayc~rde 12 l-iectolit~.es.. . . . . . . . . . . 1.000
2 monte-jus dc 8 h 10 hectoli~res . . . . . . . . . 500
4 sécheurs à 2.100 frniics . . . . . . . . . . . . . 4.MO
1 cliauffoir d'huilerie . . . . . . . . . . . . . . . Ci00
2 presses à huile à 1, 800 francs . . . . . . . . . . 3.600
Pompc double et couîpens.iteur . . . . . . . . . . . 2.000
Transmission. luÿau tage. montage et itccessoires cl'liui-
leric . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4.000
r r o ~ .~ . Fr. 21.250

3" Devis approximatif relatif à une disLillerie opérant sur


fi. 000 kilogr . de maïs par vingt-quatre heures :
4 filtrepresse. 19 plateaux de 80 cm . . . . . . FI.. 1.750
1 fdlre-presse plus pctit pour repression . . . . . . 1.000
1 délayeur de 8 I-ie~tolil~es . . . . . . . . . . . . 800
2 mon te-.jus de 8 à I O I~~cclolitres. . . . . . . . . fi00
2 sécheurs à 1.100 francs . . . . . . . . . . . . . 2.200
1 chauffnir d'lîuileric . . . . . . . . . . . . . . . 500
1 presse à huilc . . . . . . . . . . . . . . . . . 1.800
Pqmpe double et compensateur . . . . . . . . . . 5.000
Transmission. tuyautage. montage et accessoires d'liui-
leric . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3.000
TOTAL. . . . Fr . 43.550
98 DES RÉSIDUS UE LA DISTILLATION DES GRAINS

Quant à la hrce motrice nécessaire, on peut compter sur dix


chevaux-vapeur pour le premier devis, sur cinq pour le second
et sur deux et demi à trois pour le dernier.
Pour l'installation du travail des résidus par le sulfure de car-
bone, on peut compter approximativement sur les mêmes chikres
totaux que ci-dessus, mais, ainsi que nous l'avons fait observer
précédemnient, il convierit cependant de les considérer, dans ce
cas, conînie des maxima susceptibles de quelque rédiiclion.

VI. - Engraissement du bétail par la drêche


des distilleries de grains.

Iles Belges ct les Hollandais ont les prcmiers pratiqué le sys-


tème d'engraissement du b6tail par les résidus de la distillation
cles grains, ils obtieiiiiient par ce moyen des résultats très grands
tant soils le rapport de la beauté du bétail que sous celui de la
qualité de ia viande. La race se rapproche cle celle de Normandie.
Durant, Ic beau temps, le bétail reste sur des prairies grasses
arrosées par de petits canaux, où il broute l'herbe verte et con-
somme en plein air la drèche à sn. disj~ositiondans les cuves.
L'engraissement se fait en Autriche-Hongrie, avcc les mêmes
procédés d'engraissement, mais au moyen d'un système de nourri-
ture par la drêche autrement employée.
Eiîgagé par des amis, à exposer scs propres expériences, sans
entrer dails des explications scientifiques, M. Schedl 1'ii;génieur
autrichien dont nous avons déjà parlé, donne ainsi qu'il suit un
calcul moyen du rendement de cct engraissement par la drêchc,
qui aura In même valeur pour les distilleries de grains en France:

«Ayant le fuinier nécessaire pour une culture en Moravie


(Autriche j , j'avais dans les étables environ 260 boeufs et
vaches, que je renouvelais ulie fois durant la campagne (le sept
mois de cette distillerie (qui ne marchait pas en été), ce qui
faisait fi20 bêtes à cornes par campagne, soit dans sept années
3,640 yièves de bétail ii engraisser.
H La race était variable dans les différeiites années, les beurs
étaient de Morahie, (le Bohème, dc la Pologne et dc Horigrie; les
vaches du Tyrol et de la Suisse.
K Malgré la difl'brence de la race, ils ciigraissaieiit t o u ~
complète-
ment et dans la ~ ê i n duréee de 100 à 120 ,jours, en augmentant
eil inoyeiluc clc lin 1~ilogi.auinîepoids T i ~ a i i tpar jour.
11 y avait seulcnieiît la diffcrence de grandeur et largeur cle
corps, qui friisnil que de petitci pihces allaient seulemerit à
290 kilogr., poids mort, et les gr;~ndcsjusc~u'h :192lzilogr. poids mort.
« Ce hétail, \endu géuéraleilieut au niarclié de Vienne, obtenait
presque toiijours lcs premiers prix pour scs c~ualités,et méine
plusieurs fois j'ai ventlu des h a u f s gras B des uiarc.liailds cle Ham-
bourg pour lcs traiisporter eii Angleterre.
« Dans une distillc~icb Pesth (Hongrie) j'avais pour utiliser unc
p ~ t i t eparlie de la clrdclic prodiiile, ainsi qiic pour la \cilte aux
nou.rrisscurs, constammenl un nombre clc 210 tktes (le b é ~ n i l
daiir les btablcs : soit 630 letes par ai1n6e, et durant 13 aiinécs,
9,430 têtes dc racc hongroise ct suisse.
« La, j'ai fait la rnème remarque d'augmeiitatioii d u poicls vivant
de plus d'un liilograinuîc par jour et tele cri moyenne.
« La hase de ces eilgraissenieiils était unc tlrCc1ic p ï o ~ ~ i i i ~de
iit
clistilleries qui emploient, coiiîme premiere matibrc, le inais e t
le malt d'orge séché üyec uii peu cle seigle, mais pas d'acide sul-
furique, et dans cette tlrêche licjuitle était cncore visihle une
forte quantité (le farilie de ces trois grains.
a Le bétail restait tout le teuîps cie ~ o i ieilgraissement ilnus
l'étable, mais à cause de cette nourriture liquide et uii peu cliaudc,
les étables contienilerit un air liumidc et deniaticlelit alors à ktre
bien ventilées et nettoyées.
« Le fumier est moins compact ct plus liquide que par la nour-
riture séche et le bétail procluil plus tl'uriiie. 011 ne clonlie pas
de la paille de blé, orge ou avoine en i~ature,mais coupée dans
la drêche .
(( Le calcul suivant est établi d'après mes expérieiices persoii-
nelles, ct appliqué à des prix moge~isen France, même à Paris
sans octroi.
« MalgrB que le bétail maigre n'a eu généralement hesoin que de
100 DES R É S I D U ~ DE LA DISTILLATION DES URAINS

cent jours pour faire et terminer son engraissement , et rarement


cent vingt jours, je prcnds Ic cas plus long, et je ne m'occupe.
pas de ce fait que le bétail demi.maigre engraisse proportionnelle-
nient plus vite et cloiine plus de bénéfice que celui tout maigre.

Calcul du prix de revient de i'engraissement d'un bœuf


durant une période de 120 jours.
DBPENSES
1. Achat d'un bœuf maigre en France, pesant en Inoÿcnilc
vivant BE30 Silogr., au prix mojcii cle O fr. 70 c. . . . 355 »
I I . Notcrrittrre durant (20 jours (4 mois):
Bonne drêche de grains, par jour en trois fois 1 hecto-
litre x 120 = 110 hcct. à O fr. 75 c., prix dc vente de
la distillerie. . . . . . . . . . . . . . . . 90 »
Foin de bonne qualité, par jour 1 kil.. x 420
= 120 kil. à O fr. 10 c. (100 bottes de 5 kil.
pour fr. $0) . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 ))

e maïs, seulement durant les derniers


I J a ~ i n de
30 jours à 5 kil. = ,150 Bil., en moyenne
1 8 f r . 5 0 ~ .. . . . . . . . . . . . . . . . 27 75
- Sel gris, $0 gr. par jour X 120 = G kil. à
Ofr.20c.. . . . . . . . . . . . . . . . . 1 2 0
Tourteaux de lin oz1 de colza, 200 gr. en farine
par joar x 120 = 24 kilogr. à O fr. 30 c . . 7 20
Garçon d'étable.
1 Iiommepour le service de la nourriture et le
nebto-age cle 20 bceufs recevant4 francs par jour,
c'est par tête et par jour O fr. 20 c. X ,120 jours. 24 ))

Surveillant (étant aussi. vétérinairej :


1 erriploy6 pour 300 heufs reçoit 409 francs
par mois soit par pièce et jour 4.5 c. x 120 jour; 5 40
Usaqe des ztstensiles et r4parations des étables,
par pièce et jour 4 fr. 67 c. = 120 . . . . . 2 169 35
))

111. Paille cle seigle pour fztmier, « mémoire » n » »


--
))

Dépenses . . . 554 55
DES SID DUS DE L A DISTILLATION DES GRAINS

RECETTES

IV. Vente d'un bu>z~fgras en France en moyenne


Augmentation du poids vivant au moins
I kil. par jour; le bœuf gras pèse en moyenne
vivant. . . . . . . . . . . . . . Ci70 ]<il.
Moins 45 0/0 de ce poids pour la vie 300
Poids mort. 370 kil.
au prix de 1 FI.. 40 à 1 fr. 80 en moyenne de
1 fr. 60. . . . . . . . . . . . . . . . Fr. 592 D

V . Fumier, (niémoire) . . . . . . . . . Li92 B


.-
Bénéfice en quatre mois . . . . 37 43
--
Soit 112 fr. 35 c. pour une tète coustante durant l'année
(3 fois changée).
Capital nécessaire por*r l'entreprise de 1'engraissei:ient.
Achat d'un bœuf maigre en moyenne. . . . . . Fr. 385 »
Dopense de nourriture durant 4 mois. . . , . . . . ,170 ))
Coût de la construction dlélabIe par animal. . . . . 300 »
-
<-

Total . . . Fr.. 8 5 »

u Le bénéfice annuel de 462 fi.. 35 c. représente 43 01'0, et oila,


en plue, d'excellent fumier pour rien, cela \eut dire seiilement pour
le prix de la paille.
u On peut donner beaucoup de paille Ir: matin et le soir parce que
les excrements pâteux e t la grande quantité d'urinz mouillent.
rapidement la litière.
cc J'ni donné habituellement une botte de 5 kilogr. paille dl:

seigle par jour (de 24 heures'), ce qui fait pdr bête, en 120 jours.
GO0 kilogr. de paille à O fr. O6 c. (30 francs les 100 bottes de
5 kilogr .), soit 36 francs, de dépenses pour la paille.
cc La quantité tle fumier produit ainsi en 120 jours, après qu'il

était pourri daiis la fosse durant cleux mois ou deux mois et demi,
6tait en moyenne de six petites voitures. On compte qu'une bête
cornes produiten 20 jours avec 100 kilogr. de paille, une petite
voitu1.e de fumier pourri; laquelle quantité j'ai trouvée suffisante
pou1 engraisser 190 mètres de champs, en rnoyeiliie, dc différentes
terres et cultures.
(( Cela faisnit que 3 bceufs, conslamment toute l'année (soit
9 bmufs chacun durant quatre mois) donnaient 84 petites voitures
de fumier sufisant pour un hcctare de terrain en culture.
(( Dans les grandes fosses de fumier, carrées, plate?, à 50 cen-

timètres de profondeur et entoiirées de petits murs, le sol pavé


avait une petite pente, pour faire couler le purin dans des
réservoirs à part en maçonnerie. De là, par une petite pompe à
main, le fumier était arrosé avec ce purin pour hâier sa slécom-
position.
(( Le fumier, venant d'une nourriture comme celle de la drêche
de grains, contient beaucoup de matières minérales, organiques et
animales qui font sa supério~itépour la grande culture sur lc
fumier des étables de bétail, nourri à sec et avec plus de matières
organiques.
a Ce fumier vaut donc plus que 1c prix de la paille, chacun le

compte, soit pour sa culture, soit pour la vente à d'autres culti-


tivateurs et jardiniers, comme bon lui semble.
K Les distilleries agricoles en Autriche-Hongrie, qui travaillent

le maïs avec le malt d'orge séché, produisent comme résidu une


drêche qui engraisse le bétail complet et produit une viande de
première qualité, et apporte encore un bénéfice à p ~ r de t 13 O/O
du capital, et, en outre, qui produit un fumier excellent pour
la culture des terres.
u II e3 sera de même pour les distilleries de grains en France,
si elles emploient la mème méthode d'engraissement pour le
bétail aes races françaises. ))
PRGPARATIONS DES CLAIRS DE VINASSES POUR LE TRAVAIL
DES FERMENTATIONS DE GRAINS

Dans toute fermentation alcoolique qui s'est faite normalement,


il y a une certaine quantité d'acide libre que l'on évalue à l'équi-
valent de 3 liilogrammes d'acide sulfurique par 1,000 litres de
fermentation. Dans les moûts de mélasses, on met cet équi-
valent d'acide en ajoutant de l'acide sulfurique au jus que l'on
prépare à la fermentation. Dans les moûts de grains, cet acidc
est amené dans la fermentation par l'addition que l'on ÿ fait des
clairs de vinasses des opérations précédentes.
Si l'on omettait cette addition d'acide ou de vinasses claires,
reconnue indispensable à un bon travail, on diminuerait le ren-
demenl en alcool d'environ deux pour cent, car, dans ce cas,
la fermentation alcoolique se ferait dans des conditions moins
favorables.
Mais il ne faut pas perdre de vue que les vinasses à réemployer
dans le travail des grains doivent être parfaitement saines e t ,
pour cela, bien préparées; sinon, on introduirait dans le travail
des ferments nuisibles et l'on diminuerait le rendement alcoolique
au lieu de l'augmenter.
Voici les conditions dans lesquelles les clairs de vinasses doivent
être préparés pour donner un bon résultat :
4 0 Les vinasses sortant de la colonne à distiller doivent subir

l'ébullition; elles se rendent pour cela dans des cuves en bois mu-
nies d'uil barboteur de vapeur où elles sont niaintenues à l'ébullition
104 PREPARATIONS DES CLAIRS DE VINASSES

pendant une heure et plus. Cette ébullition prolongée a pour ré-


sultat de détruire tous les ferments nuisibles, et de réduire la
dextrine qui n'a pas été transformée par .le travail précédent.
Cette ébullition étant bien faite, les vinasses cliangeiit d'aspect;
de troubles qu'elles étaient au sortir de la colonne distillatoire,
elles deviennent limpides et faciles à décanter.
20 La seconde opération à faire subir aux vinasses es1 la décan-
tation de la partie claire, qui se désigne pour ce motif: clairs de
vinasses. On laisse précipiter au fond dc la cuve la partie épaisse.
Ce prdcipité a lieu par le repos et le refroidissement. (Dans cer-
taines usines, on a une citerne spéciale où l'on vide les vinasses
bouillies, et c'est dans cette citerne qu'elles se décantent et que
sont enlevées les vinasses claires.) On peut se passer de cetle
citerne, si l'on emploie un nombre de cuves suffisantes pour y
permettre l'ébullition d'abord et, la décantation ensuite.
30 La troisikme et dernière opkration à faire subir à la vinasse
claire, est sa réfriqération. Celle-ci s'obtient en élevant les vinasses
claires dans des réservoirs offrant une grande surface et une faible
profoiicleur. Ces réservoirs re~oiventuiie couche de vinasses qui
varie de 20 à 30 centimèlres d'élévation. Pendant la réfrigération,
un nouveau précipité se produit, et comme les réservoirs (plats
I~acs)à vinasses se trouvent situés au-dessus des cuves de fermen-
tation, il est facile de prélcver pour le travail des clairs de vinasses
parfaitement limpides. Toute la partie de vinasse trouble ou:épaisse
est envoyée dans la cilerne aux résidus destinés à l'alimentation
clu bétail.
La préparalion des clairs de vinasses, conime nous venons de
le décrire, a été pratiquée, à notre connaissaiice, la première fois,
il y a douze ans, par MM. D. Savalle fils et Cle dans la grande dis-
tillerie de grains qu'ils ont installée en 1873 à Schiedam pour le
compte de M. J.-J. Melchers, Wz. En 1875, il a été installé, à
Maisons-Alfort, chez M. le baron Springer. I)enil+nt cluelque temps,
ce travail a été tenu secret par ceux qui le pratiquaient; mais à
la suite d'indiscrétions, il a été reproduit dans diverses usines eri
France e t aussi en Autriche.
CHAPITRE DIXIEME

FABRICATION DU LEVAIN POUR LA FERMENTATION


DTJ MOUT

Toutes les phases de la distillation des grains ont égalemeiit


leur importance, et méritent des soins particuliers: la macération
et la saccharification, pour utiliser jusqu'aux dernières particules
d'amidon et de sucre; la distillation pour l'épuisement complet
des moûts; mais jusqu7à un cerlain poinl, la mécanique jouant le
plus grand rôle dans ces opérations, de sorte qu'il est relativement
facile de corriger cc qu'elles pourraient avoir de défectueux et
d'incomplet, car les causes en apparaissent le plus souvent d'une
manière tangible.
Mais il n'en est pas de même de la fermentalion des moûts,
cctte phase de la fabrication d'où dépend le rendemeiit en alcool,
La fermentalion des moûts cst une opération chimiclue, ou plutôt
1)io-cliimique, qui est un terme plus exact et définit plus sincé-
rcment la naturc du phénomène qui transforme en alcool, le sucre
en dissolution daris le moûl.
Selon que la formation est plus ou moins régulikre, qu'elle
rcste alcoolique et n'est pas envahie par les autres ferments para-
sites, comme les ferments acétique, lactique, bulyrique, la fermen-
tation visqueuse putride, etc., le rendement est augmenté ori
diminué.
MalgrS les immenses travaux scientifiques de la plupart des
grands'chimistes : Diimas, Pasteur, Béchamp, Berthelot, Scliützen-
berger, Liebig, Berzélitis, Dubrun fant, Swann, Hoffmann, qui se
sont occupés de la fermentation, on n'est pas encore arrivé à une
106 F.iBRIC.iTION DIJ LEVAIN 'POUR LA .FERMEXTATION DU MOUT

connaissance exacte de ce phéiiomène bio-chimique; et si dans


les laboratoires, avec l'aide de puissants microscopes, on est arrivé
à une connaissance approximative de la fermentation e't des ph&
nomènes qui s'y rattachent, dans tous les cas dans la pratique,
on ne peut appliquer que fort peù de chose de toutes les indi-
cations théoriques révélées par nos grands savants.
C'est même ce qui fait l'étonnement des hommes du métier,
que cette distance énorme qui sépare les travaux du savant sur la
fermentation et leur application pratique; et ce qui leur fait
éprouver une immense déception lorsque, sur la foi des comptes
rendusou des annonces d'ouvrages, ils espèrent trouver dans des
travaux scientifiques célèbres des enseignements pour la pratique
des usines.
Aussi l'abîme profond qui sépare encore I E science pure de la
fermentation, de l'application dans les fabriques, nous autorise à
dire, que cette science n'en est encore qu'à ses débuts; ce sont
quelques éclairs dans une nuit sombre, les travaux scientifiques
si prônés n'ont fait qu'indiquer une route, une mélliode, mais
le chemin reste à faire.
Dans ces conditions, il n'est pas surprenant si dans la pratique
on s'obslirie dans certains procédés qui ont donné de bons résul-
tats, et que ce n'est que discrktement que l'on modifie les opéra-
tions de la pratique courante.
L'importance pour le distillateur d'avoir toujours des fermen=
talions aussi complètes que possible, doit donc lui faire donner
une attention spéciale au levain, à sa fabrication et à la mise en
fermentation ,
Nous ne donnerons ici que quelques indications pratiques, car
une étude même succincte d'un aussi vaste sujet nous entraîne-
rait trop loin.
Règle générale, il ne faut employer que des levures aussi bonnes
que possible, aussi nous recommandons aux distillateurs de s'exer-
cer à connaître la qualité des levures, et à les apprécier soit au
moyen du microscope, soit par des essais sur une petite échelle.
Quand c'est possible, il faut se servir de la levure de brasserie,
et à son défaul de la levure pressée de diatilierie ; elles ont cha-
cune leur avantage, l'une par son prix réduit, l'autre par sa
grande activité
Mais il arrive parfois, et même souvent, que Ic distillateur peut
avoir un a~antagcréel fabriquer lui-même le levain nécessaire
pour ses fermentations et rendre ainsi indépendan te sa fabrication,
des ferments d'autrui, ou bien qu'il soit dans cette obligation par
l'éloignement des usines qui pourraient lui fournir de la levure.

Quand on voudra fabriquer le levain dans la distillerie, on pré-


parera dans de petites cuves séparées, un véritable moût de grain
cru et de malt, que l'on commencera à mettre en fermentation
au moyen d'une petite quantité de levure. Le ferment alcoolique
se développera avec une extrême rapidité dans ce moût ainsi pré-
paré, lequel deviendra lui-même un levain pouvant communiquer
la fermentation alcoolique.
Pour la mise en train des cuves à feruientation de la distillerie,
on prendra une parlie du levain de ces petites cuves, et ce levain
aura la même action que la levure dc bière. - Afin de perpé-
tuer le ferment alcoolique dans ces petites cuves, et en avoir tou-
jours de prêt pour le travail, il faudra simplement préparer
chaque fois un moût particulier comme nous le disons plus haut,
et ce moût sera mis en fermentation avec une petite partie du
levain qui aura étB employé pour les grandes cuves. Le levain se
renouvelle ainsi lui-même, et on est dispensé d'employer de la
levure de bière ou de la levure pressée.
Voilà le principe des levains artificiels, mais dans la pratique
il y a différents procédés plus ou moins perfectionnés que nous
allons indiquer.
La méthode de fabriques de levain dans la distaillerie, en très
grande pratique en Allemagne n'est pas suffisamment appliquée
en France, où elle n'est employée que dans les fabriques de levure.
Il est cependant très avantageux pour le distillateur de préparer
lui-même son levain, dont il peut apprécier la force et la qualité ;
nous devons toutefois faire remarquer que l'on reproche aux le-
vains de ne pas donner une fermentation alcoolique aussi carac-
tkrisée que celle donnée par la levure de brasserie et de distillerie.
108 FABRICATION DU LEV.2IN POL-R L.4 FERiiIENTATION DU MOUT

Ori doit préparer le moût de levain de distillerie avec des ma-


tières riches en gluten et en albumine, ainsi qu'en matière amy-
lacée, mais en même temps ces matiéres doivent posséder la plus
grande énergie diastasique. Le grain bien germé, le malt vert
ou touraillé, possèdent à un très grand degré les qualités néces-
saires pour la production d'un bon levain.
a La matière première consiste donc, dit Stanîmer, dans le
malt ver1 ou sec, le blé non mdté el parfois le moût de pommes
de terre ; la première fermentation est provoquie par la levure de
bière ou la levure sèche, les suivantes par la levure mère. D
« L'essentiel, c'est de produire un moût trks riche en ferments
et fermen tant lui-mème et d'empêcher la formation d'acide acé-
tique qui provoquerait la fermentation acétique et de trop grandes
quanlité d'acides tartrique et lactique qui diminueraient la décnm-
position alcoolique dans les moûts. On arrive à ce but d'abord
par une propreté minutieuse, quelquefois aussi en employant une
infusion de houblon et par le choix judicieux des températures.
Un excès d'acide peut du reste être neutralisé par l'addition de
soude. ))

Avec des soins attentifs, et certaines précautions or peut donrier


à la fermentation des levains une marche réguliè'
4
et régler la
maturité du levain de manière à la faire coïncider avec le moment
de l'emploi; on peut ainsi établir une marche périodique dans la
production des levains; nous en donnons plus loin un exemple.
Pour la fermentation du moût de grains, on peut emploger
différents levains dont nous indiquons la préparation; mais il y
toujours des phases principales qui doivent êlre suivies et qui
sont : 310 macération, 20 développement acide, y compris l'abais-
sement de la température ; 30 mise en levain ; 40 levée de la levure
mère ; 50 rafraîchissement ; 60 emploi ralionel, au moment oppor-
tun, du levain.
Voici, d'après M. Lacambre, quelques indications sur le levain :

Levain naturel usiti en Allemagne. -Depuis des siècles, en Saxe,


en Bohême et èa Ravière, bien des brasseurs et des distillateurs, t .

pour fair$fermenter leurs moûis, se bornent à y ajouter une


FABRICATIOX 1)IJ LEVAIS I>OLR L.\ FERMEXT,YiïON DIi MOCT 109
certaine quantité, un cinquième ou un dixième, du même liquide
déjà en plcine fermentation. Cetle métliode que j'ai conseillée
dans ma première édition pour la préparation du h o , et quc j'ai
même fait pratiquer en grand clans quelques distilleries et brasse-
ries, est aujourd'hui très usitée en France pour la mise eil fer-
menlatiou du jus de betterave.
-
Lecaifz artificiel usité erz Allemagne dans les distilleries de grains.
Dans quelques provinces allemandes, un grand nonîbre cle dis-
tillateurs mettent leur moùt en fermentation au moyen d'uii
levain préparé de la manière suivante : -4près avoir fait macércr
les grains, 0n.y ajoute de l'eau et de la vinasse fraiclie, puis on y
nlet de la levure ou du levain préparé à l'avance, et quand le
mélange est bien Iiomogène, on laisse reposer une licure, après
quoi on décante ou l'on sou tire dans une autre cuve une cer-
taine quantité clu mélange, auquel on ajoute lin demi ou un t i m
de vinasse fraîche. O11 mélange bien le tout, on couvre la cuve
et on laisse fermen ter la matière pendant vingt-quatre à tren te-six
heures, après quoi elle est employée pour mettre en fcrmciltat.ion
de nouveau. Pour que ce levain soit fort, c'est-à-dire pour qu'il
provoque 1ii fernîentation avec énergie, il doit avoir avant la fer-
mentation une densité de 50 à 60 B . , et une température de 22 a
240 C. Mais il faut aussi avoir soin de le placer dans un lieu dont
la température soit maintenue à 20".
Autre levain usité dans les distille~.iesalletîzunrles. - Quelques dis-
tillateurs allemands, qui ne se servent poiiil de vinasses pour
délayer leurs graiiis macérés, préparent une a u t r espèce~ de levain
assez- efficace; ils font macérer du malt scul ou mélangé avec un
peu de seigle finement moulu, et le produit de la macération est
versé sur un bac où oil le laisse refroidir pcndant dix à quinze
Beures; puis on lc fait couler dans une petite cuve, en y ajoutant
un peu d'eau tiède pour amener sa densitt: à G ou 70 B . et sa
température à 28 ou 2 i 0 ; on y ajoute cnfin un peu de levure
o u u n peu de rnoht en fermentation, et quaiid ce mélange a fer-
menté lentement pendant vingt-quatre et trente-six heures, il
e b propre à servir comme levain.
120 FABRICATION DU LEVAIS POUR CA FEHMENThT103 D U fiI01JT

g 1. - Procédé allemand

Voici, d'après M. Stammer la niarclie suivie tlaiis les meilleures


distilleries de l'Allenîagne pour la préparation du levain :
l 0Levain de malt vert. -- Laprkparation de ce levain nécessite trois cuvcs,
plus une cuvette pour la levure-mère pour chaque cuve de fermentation
journellement. Que l'on siippose, par exemple, que la première mise en
fermentation doit avoir lieu le lcroctobre, on procédera de la manière
suivante :
Lc 29 septcmbrc, à 6 heures du soir, on rail la première macéralioii
du malt pour le levain. Pour chaque 30 hilogr. dc pommes de terre de
moût principal, on prend 1 ltilogr. de bon malt vert, écrasé soigneu-
scment; on met dans la cuve à levain, dont la dimension est généralcineiit
de 1/10 à 1/12 de la capacité de la cuve à Ièrmenlation 0.4 litre d'eau
de 75 à 80" pour chaque kilogr. de malt vert, et quelques grarnmes dc
Iioiiblon délayés dans de l'cau houillante. On introduit dans ccLte cau, pcu
à peu, tout le malt en brassant et travaillant très Pncrgiquemcnt avec dcj
fourquets, pour produire rapidement un mélange uniforme et cornplet;
on continue de brasse? encore pendant cinq minutes, ct on aura alors
ilne masse de 50" environ; on ajoute erisiiitc 0.7 litre d'criu de 90 à 940
par kilogr. de malt, et on reiiiiie bicn le mélangt..
A la fiil de cette. opér'iliori, le moût ainsi prSp3i.é doit prdsenter unc
tcnip6rature de 63 à 65;";on essuie à la main les parois clc la cuve au-
dessus dc la surface du inoùt, on 1c recouvre cl on l'abandonne à la
saccliarification pendant une heurr. Si la tempér,i!ure vouluc n'6tait pas
atteinte, il faudrait modifier un peu celle dc l'cau srloii le cas.
AprBs le temps indiqué, on découvre la cuve, on brasse, on iietto:~
les parois à la main, ct 011 abandonne le moût jiisqu'au 30 scptcmbrc
h 7 hcures di1 matin. Le goût auparavant sucré et àcrc du u ~ o û t est
iiiainteriant sucré et acidulé à la Sois par suite de la formation d'acide
tartrique.
-4ce moment, uil rcfroidisseincnt rapide jusqu'h 21" doit êlro effectué,
température qu'on doit avoir produite vers midi. Cct effet dans les éta-
blissements ordinaires est obtenu cn plaçant des réfrigérants en métal
de formes diverses qu'on mct dans Ie moût et par lesqucls on fait passer
un courant continu d'eau froide. Les réfrigérants sont formés par des
-serpentins ou par des anneaux cylindriques de la hauteur du moût, munis
FABRICATION DU LEVAlN P O U R LA FERMENTATION D U MOUT 111
d'un tuyau avec entonnoir se posant sous le robinet à eau, et de l'autre
cûté et un peu plus bas d'un tuyau recourbé, passant en dessus et hors
de la paroi de la cure, pour l'écoulement de 17cau, après avoir traversé le
réfrigérant.
Dans les grandes dis~illcries, on se sert aussi dc rcfroiàisseurs sem-
blables à ceux pour le rnoût principal.
Seizc lieures avdnt l'emploi, on ajoute au moût de levain reîroidi 9
à 10 iitres de bonne levure de biibre par 50 kilogr. de malt ou la quan-
tité équivalente de levure sèche de la meilleure qualité, en niêlant le
tout avec le plus grand soin ; on essuie la paroi et I'on recouvre cri partie ;
c'est de celle façon qu'on déteriniiie la fernientation RU cominencenlent
du travail. Cctie addilion SC fait donc dans l'esemple clioisi le 30 Jep-
tembre, à 6 heures du soir.
Le jour suivant, 1"' octobrc, avant d'ajouter le levain, qui est alors
prêt A l'emploi. au moût refroidi sur le refroidisseur ou dans la cuve à
fermentation, on prélè~e;ine partie du levain afin de le garder comme
1evur.e m i ~ epour l'opération suivante; il faut avoir pour le moût-levain
provciiant de 50 Bilogr. de malt vert, 32 à 33 litres de cette levurd marc,
qu'on precd pour les 2/3 de la porlion claire du levain.
On perce la couche de drêclie ii la superficie et on prklève la quantitb
déterminée du lirluide qui se trouve en dessous et qui est principalement
chargé des globules de ferment, ensuite on ~nêlele tout et on en pi.él61.c
le reste. Ces deus portions sont mises dans la cuvette pour la le\ure
mère qui est ordinairement en cuivre et qui doit être mairitenue à un:
tcmpér,iture aussi basse que possible, en la posant dans un bac travers6
par un courant perpétuel d'eau froide. La température normale dc la lcvurc
m&redoit être de 10 k 120; en été cet abaissement doit être produit au
besoin avec de la glace.
Lc moût restant dans la cure est cnsuitc addilionil6 il'uiic quantité de
moût de fermentation égale au volumc pré'evtl?de levore inùro prisc dans
la cuve-matière et refroidie préalablement A 30-34". On peut aussi, si Ics
circonslances le perinettciit, prendre sur le refroidisseur ce moût destiné
h la fer~~zentatior~prépal.atoire, 011 le mêle bien au moût-levure, et on
laisse fermeilter pendant deux heures, après quoi on ajoute enfiri le levain
fermentant au moût dans la cuve ou sur le refroidisseur, ainsi qu'il a bté
indiqué déjà plusieurs fois.
Les préparations ult6ricurcs de levain se font sans levure de bièrc cn
place de Iaquèlle la levure mère de la cuve à levain précédeiite est eiii-
ployde. Voici comment on procède :
112 FABRICATION b u LEVAIN POUR LA FEKlIENTATION DU MOUT

Le 30 septembre, à 6 heures du soir, on fait la trempe dans la cuve-


levain no 2, exactement comme pour le no 1 le jour précédent, on refroidit
dc mêmc le Icr octobre, et on y mêlc le Ier octobre au soir la levure mère
préle~réele malin au no 4 . La fermentation se déclare comme si l'on avait
employé de !a levure proprcinent dite. Le 2 octobre, cctte cuve-levain est
prêle pour scr\ir dc fermerit à la cuve 1i fermentation no 2, a p r h avoir
subi la fermenlntion prkparaloire comme pour le no 4 .
Le lcr'oclobrc 1~:soir, à 6 heures, on fait la trempe d u malt dans la cuve
levain no 3, on fait la snccliarificatiori et lo refroidissement, et on met
en fermentation avec la levvre-nlère prélevée le 2 octobre le matin à la
cuve-Icvain no 2, et on emploie ce lcvain en fermcntalion lc 3 octobre.
Chaque jour o:i rccornrncnce la mirrnc rérie d'opérations.
S'il y a plusieurs cuves à faire fermenter par jour, il faut naturellement
employer le mêmc nombre de cuvcs-lcvain et de cuvettes à levure mère,
avec lesquels le travail se fait simullanément, avec la seule différence quc les
moûts pour les différentes cuves d'un jour n'arrivent pas au pointà la fois ;
Ics levaiiis des cuves-levain do chaque jour devront plutôt elre gou\erriés
de maniére à être mûrs consécutivement, et avec les interviilles correspon-
daiit à ceux entre les moûts des diMcenles cures principalcsh fermeiliation.
L'expérience a prouvé l'excellence de ve levain à malt vcrt; il n'exige
aucune addition dont on se dispensera donc absolument. En observant
exactcment les prescriptions indiquées ainsi que la propreté la plus mi-
nutieuse dans tous les détails, on obtient tcujoiirs u n bon résultat. A
cet égard, on ne saurait trop répéter quc les cuves-levain exigent une
atteniion loiite particulière ; nous y reviendrons en ttrminant ce chapitre.
Dans les prcmiers jours de travail, le levain ne possède plts encore
toute sa force, qu'il n'acquiert que peu à peu, quand le développemeiit
du nouveau fer~ncnts'est accru au point nécessaire ; cc qui arrive ci1
liuit-dix jours environ. Mais aprbs cet espace de temps, la propagation
d'un jour à l'diitre, moyennant la lcvure mère, dure tout le temps cle In
campagne, à moins d'ri.çcident oü de négligence. Cependant une addilioii
pBriodique de boill;c lcvure pressée SB fait quelquerois (0.5 kilogr. de 1evui.e
presséc, additionnke deux fois par mois à la lcvure mère :l'une cuve),
pour niultiplier et renouveler les germes de levure; mais on risque par
ccttc addition de gâtcr le levain, si la Icviire ajoutée n'est pas de la qua-
lité absolumcnt nnrinale.
2 O Levain a mal1 sec et Ù seigle non mnlld. -,- La préparalion de ce
levai11 demande, comme le précédent, trois clives-levain et une ciiveltc
à levure mère par cuve de fermentation.
Pour fixer les idées, nous supposerons la capacité de cette cuve de
25: hectolitres, et la charge de pommes de terre de 1,800 kilogr., ou une
quantité équivalente de grains.
Le premier jour, à quatre lieures de l'après-midi, quararite à quarante-
deux heures avant la mise en fermentation de la cuve principale corres-
pondante, on verse dans la cuve-levain no 1, 42 litres d'eau bouillante
qu'on fait relroidir à '73"et à laquelle on a'oute trente grammes de
k
houblon prealablemeiit trempé d'eau ùouillan . A ce point, on ajoute
lentement et en brassant soigneusement 40 kilog!.. de malt sec melé de
8 kilogr. de seigle non malté, le tout nîoulu, mais non pas trop finement.
On coiitinue de brasser encore quelques minutes, pour produire u n
mélange intinx et parfait, et on ajoute alors 22 litres d'eau à 20" pour
arriver, après le^ mélange, à la tel~p6raluredesaccliarification de 64 à 65::
en cas de besoin, on corrige un peu les tenïp8ralures indiquées pour
produire le résultat définitif avec toute sûreté.
Ensuite on essuie à la main la paroi, on met le ccuvercle et on aban-
donne penddnt une lieure à la saccharification. Lie làjusqu'nu leiidemain
à neuf heures du matin, on découvre la cuve et on brasse quelquefois
jusqu'à sept heures, c'est-à-dire pendant une période de vingt-sept heures
après la trempe ;on abandonne le moût tranquillement au refroidissement
et à la fermentation de l'acide, la température à ce point doit être de 22"
ou être ramenée à ce point par le brassage. Ensuite on introduit 7 litres
de bonne lekurt: de bière fraîche ou 1280 grammes de levure pressée
et l'on abandonne à la fermentation jüsqu'au moment de l'emploi.
L'après-midi de ce second jour, on fait la trempe dans la cuve à le-
vain no 2, absolument comme pour le no 1.
Le troisik~cjour. le levain du no 1 es1 mûr, avant de l'ajouter au
moat principal, on en prélève 98 litres comme levure mère qu'on traite
comme il a éte décrit plus haut pour le levain no 2. De même, la fermcn-
tation preparatoire ne diffkre pas pour les deux levains: elle ne devra pas
durer plus de deux lieures. Le travail ultérieur est coritinué de même;
seulement en mettant en ferment la cuve ri0 3 et suivantes, on n'emploie
pas 'la levure ordinaire, mais la levure nibrc prélevée le matin dans la cuve-
levain no 4 et suivantes.
Pour ce levain comme pour le prkédent, il faut aussi trois cuves à
levain et une cuvette pour chaque cuve de fermentation par jour.
La fermentation de ce levain peut affecter deux apparences. avec QU
salis chap~au;ellcs sont bonnes toutes 1, s deus, mais le chapcau em-
pêche mieux la formation d'une trop grande quantité d'acidc. Or le cha-
8
peau se montre toiijours quand le malt n'est pas finement moulu, et on
préférera donc employer les cylindres écrasoirs, plutôt que les moulins,
même pour l'écrasement du malt sec.
La levure-mère doit toujours montrer le chapeau compact. Si celui-ci
se rompait et s'agaissait, ce serait un signe que la quantité d'acide acé-
tique fût trop forte; il n'y aurait rien à raire que de recommencer un
nouveau travail à levain au moyen de la levure de bière bien fraîche.
3O Levain simple de malt sec. - Même nombre de cuves que pour le
levain 3. Pour les proportions adoptées dans l'exemple précédent, on com-
mence quarante heures avant le moment d'application, en versant dans
la cuve-levain 42 litres d'eau à 'iS0 avec 30 grammes de houblon trempé
d'avance. Ensuite on ajoute, en brassant soigneusement, 24 kilogr. de malt
d'orge sec, finement écrasé ou grossièrement moulu, et on continue de
brasser quelque temps, après quoi on élève la température à 63 ou 660,
moyennant l'addition de 20 à 25: litres d'eau à 90". On essuic les parois,
on recouvre et l'on abandonne à la saccharification pendant une heure,
puis, on d6couvre et on laisse le moût s'acidifier jusqu'au lendeniain;
vers le soir, on brasse quelquefois pour produire une température de 220.
Le même jour, à quatre heures de l'après-midi, on fait la trempe exac-
tement de la même facon que dans la cuve no 2 et, à sept heures, on
ajoute au no 1, à la telripérature de 7 litres de l e ~ u r ede bière ou
1250 grammes de levure pressée, et on l'abandonne à la fermentalion
jusqu'au troisième jour.
On voit que les opérations sont les mêmes que pour le levain 2 ; on
préléve donc la levure mère et on fait la fermentation préparatoire de
la même iaqon que dans l'exemple précédent. De même la levure de
bière est remplacée dans la suite par la levure mère prélevée le matin
du niênic jour.
Nous conseillons d'ajouter un peu de levure de bière ou pressée pen-
dant le première semaine de ce travail, pour renforcer l'action de la le-
vure mibre pendant le temps où elle n'est pas encore arrivée à son état
normal,
§ II - Cuves à levain.
Les Cuves à levain sont habituellement e n bois ; cependant, l'ex-
trême délicatesse cle l'opération, la grande importance qu'il y a
a préparer uii levain aussi p u r que possible, exempt d e toule fer-
mentation étrangère q u i serait communiquée aux grandes cuves,
FABRICATION UIJ LEVAIK llOIJR LA FER>lEIITATIOX DU ,\IOI:T 115
doivent faire adopter des cuvcs doublées en cuivre, afin que le net-
toyage en soit rendu plus fhcile et s u e les plus petites bactéries
soient expulsées aprbs chaque opération.
La capacité des cuvcs h lcvain varie suivant les pays, car il y
a des États dans lesquels la législation fiscale sur les distilleries
regle elle-même la capacité clc ces .vaisseaux.
Toutefois, comme indication approximative, nous pouvons dire
que la capaciti. des cuves à levain cst le douzième de celle des
cuves-guilloires, y uand on travaillera en levure simple <lemalt vert
ou touraillé ; elle sera de uii dix-huitième, si or1 travaille en levure
double.

$ III. - Caractères essentiels des bonnes levures,

Les caractères essentiels des bonsles levures sont ainsi définis par
M. Lacambre : Les distillateiirs emploient des levures parfois so-
lides et shclies, mais plus ordinairement ils font usage de ceiles
qui ont une consislance de pâte plus ou moins compacte. Dans le
commerce, 011 ne trouve guère de levure qu'à ces deux derniers
étals, parce qu'à l'état de fluidité, elles sont d'un transport plus
coûteux et d'une conservation trop difficile. La levure fraîche à
l'état cle bouillie est cependant préférable, toutes choses égales
d'ailleurs; mais les distillateurs n'ont pas tou,jours le choix, et un
grand nombre d'entre cux ont souvent du mal à s'en procurer
de fraîche pendant l'été.
Le levure sèche est celle qui a le moins d'éne~gie,parce que,
quelque soin qu'on apporte à sa dessiccation, elle perd en grande
partie la vertu qui fait tout son prix; aussi les distillateurs ne
doiveni-ils en faire usage qu'à dCfaut d'autre; et ils doivent avoir
soin, avant de l'employer, de la raviver, c'est-à-dire de la d6layer
dans un peu de moîit vingt à vingt-quatre heures à l'avance,
sans quoi 'elle ne. produirait que très len teinen t et tardivemen t
l'effet désiré ; ce qui, dans ce cas, a fait dire à bien des distilla-
teurs qu'elle avait perdu entièrement sa vertu comme ferment.
Malgré sa revivitica lion, elle rie récupère jamais sa force primitive,
et l'on doit en employer de très fortes proporiions pour obtenir
en grand de bons résultats pratiques.
La levure sèche doit être d'un jaune pâle légèremen t grisâtre,
jamais d'un jaune a$ encore moins d'un brun foncé, ce qui déno-
terait une altération profonde ou une sophistication ; elle doit
avoir une consistance de fromage sec, se Laissarit casser assez fa-
cilenient en morceaux, sans toutefois se réduire eii petits grumeaux
et sans être dure, compacte el cornée, cqmme certaines pites
d'Italie. Quand on en délaye une petite quantité dans de l'eau
tiède, elle doit avoir une odeurfraîche qui ne soit point désagréa-
hle et, si on y a,jout une forte proportion d'eau bouillante, elle
doit prompiement se porter à la surface du liquide et surnager;
si elle tombe au fond. cela est un indice qu'elle est plus ou moins
altérée. Ce dernier caracthre est aussi applicable aux autres le-
vures, mais il ne p3rmct point de porler u 11 jugement certain
dans aucun cas.
STATISTIQUE DE LA FABRICATION DE L'ALCOOL DE GRAINS
DANS LES GRANDS PAYS DE PRODUCTIOS

Année 1872. . . . . . . . . .
- 1873. . . . . . . . . .
- 1874. . . . . . . . . .
- 1875. . . . . . . . . .
- 1876. . . . . . . . . . .
- 1877. . . . . . . . . . .
- 1878. . . . . . . . .
- 1879. . . . . . . . . .
- 1850. . . . . . . . . .
- 4881. . . . . . . . . .
- 1882. . . . . . . . . .
- 1883. : ...... . ..
- 1884. . . . . . . . . .
- 1889. . . . . . . . . .
- 1886. . . . . . . . . .
-
' 1887. . . . . . . . . .
PRODUCTION
DE L'ALCOOL DE GRAINS DANS LES ILESBRITANNIQUES
Relevé officiel pour les deux dernières années fiscales :
Angleterre et Pays de Galles 14.192.691 gallons 644.356 hectol.
@cosse. . . . . . . . . . 20.213.651 - 4G6.424 -
Irlande. . . . . . . . . . 8.044.970 - 365.242 -
Total 1883. . . . . . . 32.511.472 - 2.476.022 -
- 2882. . . . . . . 32.424.177' - 1.472.058 -
- j883. . . . . . . 32.312.047 -
- 1884. . . . . . . 33.019.841 -
- 4885. . . . . . . 32.907.4.43 -
- 1886. . . . . . . 32.592.404 -

D'après les relevés officiels de M. Jacquine, inspecteur des


finances, la moyenne annuelle de la product;on de 1871 à 1875
a été de. . . . . . . . . . . . . . . 1.243.683 hectolitres.
D'après les derniers relevés officiels, elle a été :
Année fiscale 1881-82 104.149.077 gallons 3.942.043 hectol.
- - 1882-83 72.235.178 - 2.734.101 -
- - 1883-84 85.000.21 7 - 0.000.000 -
- - 1884-88 94.854.124 - 0.000.000 -
- - 1885-86 88.947.501 - 0.000..000 -

D'après les coiitenances imposables déclarées par les distilla-


teurs, la production s'est élevée en :
1881 à. . . . 391.712 hectolitres.
1 8 8 2 à . . . . 391.051 -
1 8 8 3 à . . . . 397.017 -
1884à. . . . 401.254 -
1885 à. . . . 400.376 -
1 8 8 6 à . . . . 388.015 -
1 8 8 7 à . . . . 390.050 -
La production lotale de l'alcool de grains et de ponirnes ile
terre, s'est élevée en :
1882-83 à. . . . 3.202.993 hectolitres.
1883-84 à . . . . 3.115.427 -
4884-88 à. . . . 3.347 .O10 -
1885-86h. . . . 3.280.417 -.
STATISTIQUE
Des distilleries de grains les plus importantes
montées en France et à 1iktranger par la maison Savalle.
rB
ii PRODUCTION
z
NOMS Ew JOURNALIÈRE
DEMEURES EN AI,COOL RENSEIGNEMENTS
2r,
DES INDUSTRIELS
-w
a
Ci

I I I I I
FRANCE
l
Bonze1 (Ad.) ................ Haubourdin.. .. Nord.
-
... 3.000
Le même, 2e appareil.. ...... - 4.. 000

6. Boulet fils.. ............. Roiien..-....... Seine-Inf. 8.000 RI. Boulet est l'un de nos
Le même.. .................. -
-
10.OOO pnnclpaus importa-
teiiis de grnim.
Le mêm, 3e appareil.. ...... -
-
10.000
Le mAnae,4e appareil.. ...... - 10.000 Rect~ficateiir nouv. sys-
tème.
Cie d'Alcools et de Levures ... Amiens Montière Soinme .. 7.000
La même, 2e appareil.. ...... - - 5.000
LU même, 3e appareil.. ...... - - 7,000 Appareil appliqué d ex-
traire l'dlcool pcrdu
dans les eaux de la\age
Delavigne.. .................Rouen.. ....... Seine-Inf. 4.500 de levures.

Dedrye aîné. ................ Dunkerque ..... Pas-de-Calais. 2.000 2 .O00


Delizy e t Doisteau fils ....... Pantin.. ....... Seine.. ..
Les mêmes, 2e appareil. ....... - -
1 6.000
6.000
R~ctificateurs nouveau
systme.La plusgrande
fabrique de i i q u ~ u r sde
Fiance.
Droulers-P~OUVOS~.. .......... Roubaix ....... Nord. ... 6.000 Rectificateur nouv. sys-
terne.
A. Duboulay et Cie ........... Rouen.. ....... Seine-Inf. 3.600
Colombet, Gibaud et ...... Avignon ....... Vauc1use.t
Cle. 2.500
Denis ...................... Sommaing- sur-
Ecaillon ..... Nord.. ... 4 .O00 Distillerie de geniètrc.
2 e appareil ............... - - 1.O00

Hanicotte.. ................. Béthune. ...... Pas-de-Calais. 5.000


Le même, 2e appareil.. ...... - - 4.500

Hanon ...................... Nœux.. ........


Le d m e , 2e appareil.. ...... -
-
-
--- 8.000
8.000

A reporter.. ... 24.900 99.600


1% STATISTIQUE DES UI\TII,I.EIiTR\ 1)E GRAINS LES PLUS IVPORTANTES

m PRODUCTION
z
P
NOMS w J WRNALICRF,
I
DEMEURES RENSEIGNEMENTS
DES INDUSTRIELS
2
4
Ei
EN ALCOOL

--
W
n BRIJT RECTlFlB

Report. .... 24.500 991600


..... Agde.. ......... Hérault..
Distillerie de l'Hérault.. 7.000
Paul Lamur. ................ Capestang- -
...a. 2.000
Lesaffre et Bonduelle. ........ Renescure.. .... Nord.. . - . 4.000 Exploitation agricole avec
engraissement du bétail
2e appareil, colonne distil- par les residus de la
latoire rectangulaire.. ... y - 4.000 dislillation.

Lugan. ..................... Saint-Thibery .. Hérault. . 1.O00


Le même, 2e appareil ....... - - 1 .O00
A. Mather et Cie ............. Toulouse.. ..... Haute-Gar 2.500
Les mêmes, 2eappareil, colonne
.............
distillatoire.. - - 2.000
Jules Pernod et Cie.. ......... Avignon ....... V~ucluse. 2.000
Le même.. ................. - - 2.000 Rectificateur nour. syb-
tème.
Schotmans (Bmiie). ........... Ancoisne.. ..... Nord.. ... 2.000 3.000
Le même, 2e appareil.. ...... - -
- 3e appareil.. ...... Capellc.. ....... -
3.000
Société Industrielle de Bor-
deaux. .................. Bordeaux.. ..... Gironde. . 40 .O00
La même.. ................. - - 10.000
La même.. ................. - - 12.400 Rectificatelirs uouv. sys-
La même.. ................. - - 12.400
Springer et Cie.. ........... Maisons-Alfort.. Seine.. .. 6.500 Fabricants de levure, d'al-
Les mêmes, 2e appareil.. ..... - - 6.500 cool de grainset de r6si-
dus pour la nourriture
Les mêmes, 3e appareil.. ..... - - 6.500 et l'engraissement du
Les mê~nes,4%appareil.. ..... - - 6 .fi00 béta~l. M. le baron Max
Springer a éte décore
Les mêmes, seappareil, colonne officier de la Légion
rectangulaire pour la distil- d'honneur pour avoir
lation des grains.. ....... - - 6.000 importé cette nouvelle
industrie en France.
Les mêmes, GP appareil, colonne
rectangulaire. ............ - - 8.000 Appareil poùr la distil-
Les mêmes, 7e appareil ..... - 300 lation des eaux de la-
Les mêmes, 8e appareil.. ... - - 300 vage de levures
Les mêmes, Se appareil ..... - - 600 Idem.
Les mêmes, 20C appareil ..... - - 6.500
Les mêmes, 4 l e appareil.. ... - - 21 000 .
Thennevier et C l e . . .......... Ris-Orangis.. ...
Seine-et-Oise. 2.000
Tourte1 frkres.. .............Tantonville.. ...
Peurthe-et-h. 2.000 Grande brasserie de Tan-
-- tonville.

A reporter.. ... 90.200 187.400


i
STATISTIQI'E DE5 DISTIT.LI.:KIE\ T)E GR \ INS I.ES l'LI'S I\IIIOHTANTES 12

m
H PRO1)UCTION
7
NOMS
DEMEURES
z
c
2
TOUR\ ~ L I E R E
ET ALCOOI.
%6
DES INDUSTRIELS *
4
-4
n

Lemaire. ................... Bettignics ...... Nord. ...


Le même, 2e appareil.. ...... - -

Vaine du Croisset.. .......... Rouen ......... Seine-Inf.


JA mmême.. ................. -- -
La mime.. ................. - -
La méme.. ................. - -
King et ................ Avignon. ...... I~aucluse.
Cie.. 1 4.000I 6.000Il{e;~:~~~teiir
n o l l ~ .s i s

Dujardin.. .................. -
Le même: 2e appareil.. ...... Monchecouït ...
Nord. ...
- 1 1 4.000
1 8.004

Bertrand ................... Alger. ... 1.000


Compagnie des Distilleries algé-
nennes.. .................. Alger. ......... -
La mime, 24 appareil rectan-
gnlaire .................. - - 5.000
Fournier et Cie ............. Philippeville..
-
.. Constantine ..
Le même, 2e appareil.. . . . . . . - 2.000
Tarbouriech ................. - 1.on0

ILES ACORES

Charles de Lima Mayer.. ..lSaint-Michel.. ..I 4 000 Itectificateiir


Dr

......
I terne.
nour. sys

3e appareil.. ...............
I
Empresa Angreuse de Distillicao Terceirc..
- I 1.000 1.000
%.O00 Reetificateur
terne.
nouv. sys

ALLEMAGNE
Compagnie de Bank für S ~ r i t
and producten Bandel.. .... Oschersle.. ....
(ancienne maison Wrede frères)
124 STATISTIQUE DES DISTILLERIES DE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES

"
c
b PRODUCTION
A
NOMS E JOURNALIÈRE
DEMEURES w
c E N ALCOOL RENSEIGNEMENTS
DES INDUSTRIELS 2
---
'W
a BRUT RECTIFIE

Report. .... 162.200 270.800


Henri Helbing.. . . . . . . . . . . . Wansbeck, près
..
Hambourg.. 6.000 Rectificateur
terne.
nouv. sys-

J.-B. Hoper Jeune.. ......... Hambourg ..... 5.000 ~ i v r éen 1873.


ee appareil.. ............. - 16.000 - 1875.
3e appareil. .............. - i2.000 - (877.

A. Scheurer.. ............... Lo elbach, près


tolmar ...... Alsace.. . 1.000
2e appareil, cnlonne rectan-
gulaire ................ - - 1.000
Jules Wrede.. .............. Berlin.. ....... 20.000
2e appareil. .............. - 7.000
J.-A. Gilka.. ................ Berlin.. ....... 6.500 La plus grande fabriquede
2e appareil ............... - 6'500 Iiqueursdel'Allemagne ;
elle en vend touslesans
pour enlironquatre mil-
lions de francs ;sa fabri-
cation la plus impor-
tante est celle du küm-
Potworowski et Cie, Hepner rnel .
frères et Cle, successeurs.. . Posen
......... 17.000 Rectificaleur du nouveau
systeine fonctionnant
Car1 Zehe.. ................. Soraü.. ........ 3. 000
par l'air.

Nathan et .............. Hambourg. .... 8.000


Cle.
...............
2e appareil - 8.000
D. Gotte et Zimmermann.. ... Halberstadt.. ... 8.000
2e appareil ............... - 8.000
Kerkauw. ................ Nauen.. ....... 2.500
Mampe .....................Stavgard ....... 4.000
Galle ....................... Stettin.. ....... 3.000
Friedeberg.. ............... Magdebourg .... 8.000
Gerardelli Muzatti et Cle.. ... Breslau ........ 8.000
2e appare~l................ - 8.000
Seidel et Cle.. ............... - 4.000
Friedman.. ................. Posen.. ........ 7.000
--
A reporter.. ... 163.200 447.300
1
STATISTIQUE DES UISTILLERIES I)E GRAINS LES 1'1,US IYPOlXT.Ii\'TES 125

EN ALCOOL ENSEIGNEMENT
DES INUUSrRIELS

--
BRUT RECTlllE

AUTRICHE
Kapelusz frères.. ........... Brody.. . . . . . . . Galicie.. .
Pokorny frères et Hugo-Jelinek Pilsen.. ........ Bohême..
Adolf Popper.. .............. Pilsen.. ........ Bohêmc..
2e appdrell.. ......
3e appareil. .......
Actien Fabrikshof (Sociéte ano-
nyme). .................. Temesvar.. .... Hongrie..
Max Springer .............. Reindorf . . . . . . pr. \ icnne
6.-H. lautner,. ............. Florisdorif'.. ....
2e appareil.. ............
ANGLETERRE

BAVIERE
Ed. Engerer.. ............... 1 Ratisbonne. .... 1 Ilai iiire I ..
BELGIQUE
Carbonnelle Nerinckx. ........ rournai. ....... Hainaut. .
2e appareil. ..............
J.-B. Cuvelier fils . . . . . . . . . . Rruxellcs ...... Brabant. . 1.000 Rectificdl~on d dicool

2e appareil pour la produc-


tion des genikvres.. ......
Jules et Octave Claes Fievet.. . Gand.. ......... Flandre. .
Baron de Saint-Sgmphorien ... \l-Symphoricn . Hainaiil. .
2e appareil ...............
Bal et Cle .................. Anvers.. ....... Anvers.. . On1 appliqiir. I c i iefri;
2e appareil ............... - - Iants ?alalle a leur 3
~ ) d i e l kCL ~ ~ I ~ I C V I C .
JOSSklin.. .................Licge .......... Licge ....
A reportel.. ... 176.200 5-0.300
126 STATISTIQUE DES DISTILLERIES UE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES

DES INDUSTRIELS
BRUT RECTIFIE

dailles d'or à Paris en


1878. Chevdlier de 1'0r-
dre de Léopold en i 880.

laire. ....................
CHILI
Aninat et Collao frères. ...... Conceplion ..... 2.000 2.000
Les mêmes, 30 appareil.. .....
Marcel Devès................ Lliullu.. ....... Liinachi
Bunster ................... Valparaiso.. . . . Valpzraiso

DANEMARK
Bruun.. ....................liolskilde.. .....
Brondums Efterfolger ........ Copenhüguc ....
De Danske Sprittfabbrikker.. .. -
Hans Just.. .................
ESPAGNE
Narezo y Bustamante. ....... Valladdicl ...... Espagne..
Le yême, colonne recldngu-
laire. ....................
Antonio Orùs Valles.. ....... Huesca ........ Huesca ..
Le même, colonne rectaiigu-
laire.. ...................
--
A re210rter..... 188.000 562.800
STATISTIQUE DES DISTILLERIES D E GRAINS LES PLUS 1MPOIIT.iNTES 127

,n
C PRODUCTION
7.
NOMS .IOKJRNAI.I~RE

1 !=
L<
DEMEIIRES w
c Ex ALCOoI, RENSEIGNEMENTS
r
DES INDUSTRIELS -7

2
- --
lieport.. . . . 188.000 J(iS.800
Bertran y Rossel ........... Barcelone.. .... 2.000
.
Vicente Gutierer y Gasafont.. Saritander.. .... - 4.000 .\ppareil a genikvre.

Garcia-Romero.. ............. Madrid.. ....... - 2.400 2.000 Hi~ctificateur nouv. rys-


tèiiie.

ÉTATS-UNIS
Millcreek, Distilling et Ch'. ....lCincinnati.. ....I 1 12,500 lleclificalour
1 iiouv. sys-
l tBnie

HOLLANDE
Blankenheim et Nollet.. ...... Rotterdam ..... 8.000
J.-H. Henkes . . . . . . . . . . . . . . . . Delfshaven.. ... 11011. mér. 2.500
E. Kiderlen.. ............... Delfsliaven.. ... - 12.000 M. Kidi,iieii, ctievalier de
l'orrlri: lle F'rBdéric de
Le même, 2 e appareil, co- \\'iirteiiioerg. Usiiie du
lonne distillatoire pour les Zederlandsrhe sli~iri,
grains et mélasses.. ...... - - 3.000 i ~ r a n d e r ye n 1)islilleer-
der\-, t~availlarit les
Le même, 3e appareil, colonne grain?, riz et n~elasso
distillatoirerectangulairc en ezotiqui>>,:~/üeslrüfiiii,
cuivre ................... - - 5. 000 iiiariluc ssu en o.

Moltxer ('ancienne maison


Erven Lucas Bols). ......... Ai~islerdanl. . . . - 1.()O0 Fahriiiuu d e liqueurs.
Le même, 2e appareil ....... - - 3.000 Iteii«minée ciir.i)pcciine
pour SPS aiiisettez.
hrerlailic d'or e l medaille
Mouton.. .................. I,a Haye ....... - 3.400 dargcilt en Isis.
itei.tificateur iiouv. sk-s-
tènie.
Theod. c. Melchers.. ......... Schiednrri.. .... -- 6.000 i'remière distillerie d e
Le &me, pour une seconde Scliiadairi mo11ti.c à. la
usine. ................... - - 3.400 T ; I ~ ' . I I et
~ rmr>lo~aiitla
coloiincdisiillatoire rec-
laiiyiilaire. Cetle usine
Romkes, Bakker c t Van Calcar. Süppemeer. .... Crciiiiiyut. .. 2.500 rualise iiiie éconuiiiic d e
s'i o/o do ci)~ul~iislil~le
sur l'aiicieii syst?lue i
Vandenberg.. ............... Ida Haye.. ..... 2.000 ieu ,III enip!oyC à Schie-
dam.
A. Van Berkel et fils.. ...... Delft.. ......... 4.000
Van DuIken, Weiland et Cie.. . l2otLerdam.. .... 4.800
Van Meerten et fil.. ......... Delll.. ......... 6.800
Le même, 2e appareil.. ...... - 3. GO0
--
A reporter.. ... 210.400 ti29.000
I l
-
rn PIZOUUCTION
Z
NOMS. w JOL'R~~LI~RE
ü '
Y
UEMEUIiES EN ALCOOL RENSEIGNE>MENT
a
c
DES INDUSTRIELS d
a

--a
n BRUT
-
.RECTIkIE

Report.. ... 210.400 625.000


Van Marken.. ............... Delft.. ......... 6.500
Le même, 2" appareil.. ...... - 6.000
Wittkamp.. ................. Schiedam.. .... 20.000
Beukers .................... - 8.000
LUXEMBOURG
E. -K. Ellis. ................. IHœhenhof.. ....1 1 i 2.200i
ITALIE
Ch. Abeeg. .................Snvigliano.. .... PiCinon!.. 1.500
Le même, 2e apparcil ........ - 1.500
Le même, 3e oppareil.. ...... - 6.000 Rectiîïcaieur nouv. sys-
tème.

Branca frère>. ..............Milan.. ........ Lomhrdie ... 6.000 Reclificateur nouv. sys-
t8me.
.
Comte E. dSEmarèse ......... Bairo .......... Piémont.. 2.000 2.000 Rectlflcateur nouy. YS-
terne.
Carlo Sessa, deux appareils .. Milan.. ........ 11.Se0 Di~t~llerie
de mais la pius
Les mêmes, 3' appareil.. ..... -- 2 500
a
importante d'~talic.
- 4" appareil.. ..... - 4 .500
- Ne appareil.. ..... - 4.500
Comle Faella.. ............. Imola.. ........ 1.000
Métiche..................... Carvazere, par
Rovigo. ...... 1 .500
Le même, 2e oppareil.. ...... - 1.500
- 3e appareil. ....... - 1.500
cornle Car10 Morra.. ........ Turin.. . . . . . . . 3.000 D~sL~ller~e
malt.
de mais par le
Colonne rectangulaire.. ... - 3.000
Vigni (professeur). .......... Florence. ...... Toscane.. 1.O00
PORTUGAL
Ch. Mayer.. ................Lisbonne ....... 3.050 Rectificaleur nouv. sys-
Le même.. ................. Aqores. ........ 4.000 teme.

André Michon.. ............. Porto.. ........ r ~ emais par I*


1-000 D ~ s t ~ l l e de
2e appareil. .............. - 1.000 saccliarificîtion a<ide.
p-

A reporter. .... -3'3.400 698.200


U I
STATISTIQUE DES DISTILLERIES DE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES 129

V)
v PRODLCTION
4
NOMS E JOURK~LI~RC
sz
UEMEURES w
c EN ALCOOL RENSEIGNEMbNTS
E;
Q
DES INDUSTRIELS a
4
'W
n RRbT 1lECTIlIh
-- __._-pu

Report. .... 230.400 698.400


Peters.. ................... Porto.. ........ 1.500 \ppareil produisant des
Le mime, colonne rectang~ld1l.e - 1.500 flegmes d forts degres.
Le même, 3e appareil. ....... 2.000 ~ e c l l a c a t e u rnouv. sys-
terne.
J.-H. Andresen .............. 2.300
2e appareil. .............. - 2. GO0
Sylva Cunha.. ............. - Y. 000
LI? même, 2e appareil . . . . . . - 3.000

RUSSIE
Jean de Chrouschow ......... bt-Pétersbourg.. 8.000 Rectificateurs du nouveau
Le même, pour u n e 2. usine.. - 6.500 syslemc.

Cie industrielle et Commerciale


dodessa.. ................ Odessa.. ...... G .5OO
Amédée Armand ............. St-Pétcrsbourg . 2.000 D I S L I ~ ~ ~ ~ I Odu
d I<ldnde.
IL lichen

Revaler Spiritus-Raffinerie (So-


ciété anonyme), .......... Revel.. ........ Esthonie. 8.000
, 2e rectificatcur ........... - - 8.000
3e appareil. .............. - - 3.000
Revaler Presshefe Fabrik ..... Revel.. ........ - 3.000 Directeur nl car1 Schedl.

A. Wolfmidt ................ i\Ioscou ........ 3.600


A . Wolfsmidt.. .............. Iliga.. ......... 4.000
Baron Paul Wrede.. ......... Sitz.. .......... Esthonie. 3.600

ROUMANIE
Jonescu. .................. Carra Coloi'eni.. 2 ~ 0 0 2.000 seciiflcateiir d u nouicau
s~staixie.
Demetre, Morait.. ........... Buchaiest.. .... 2.500
Le même, 2e appareil.. ...... - 3 .600 Kecl~flcaleurd u nouleau
ùgsteinc.
Philippe Vretto.. ............ Galatz.. ........ i .O00
--
A reporter. ... "1.600 765.500

Ji
130 STATISTIQUE DES DISTILLERIES DE GRAINS LES PLUS IMPORTANTES

Vi
c PRODUCTION
Z
NOMS w
z
JOURNALIÈRE
DEMEURES W EN ALCOOI, RENSEIGNEMENTS
DES INDUSTRIELS a
d:
.w BRUC RECTIFIÉ
n
--
Report.. .... 251.500 765.500
Powel et Guirard ............ Ghidigeni ...... 3.000
% appareil, colonne rectan-
gulaire.. ............... 3.000

RÉPUBLIQUE ARGENTINE
. Enrique Guisty.. ............ Chivilcoy.. ..... Buenos-Ayres . 2.000
2 e appareil, colonne reclan-
plaire.. ............... - 2.000
Laveirgne et Cie. ............ Buenos-Ayres.. . 5.000
Meillet et Cle.. .............. - 8.001,

SAXE
Hermann Sand.. ............ ILeipzig ........ ( 1 1 12 .400 1 Usinemod&iemontéecom-
plètement par nous en
1873.

SUÈDE
Société Win et Spirituosa Aktie,
Bolaget. ..................lslockholrn ..... ISukde.. .. 1 1 6.500 1
TURQUIE
Misraki et Fernandez.. . . . . .\Salonique. .....
I 1 6.3001 6.500
1Rect~ficateur du nouveau
syatéme.

RÉPUBLIQUE DE L'URUGUAY
Meillet et Paysse.. .......... Montevideo.. ... 2.000 2.060 Usine du Paudo montee
I --
par M. Edmond Castel.

..... 265.000 800.900


TOTAL litres d'alcool de
grains.

pouvant être produits par jour par les appareils SAVALLE.


CONCLUSION

Nous avons indiqué à grands traits Ics différe~ilesphases de


la distillation des grains, ses divers systèmes et expos6 briève-
ment les ressources niultiples que présente ce tle intéressante
industrie.
Dans cette légère esquisse d'un travail qui nécessiterait plu-
sieurs gros volumes, nous n'avons voulu, commc nous le disons
dans la préface, qu'indiquer les conditions fructueuses de la
distillation des grains et les \.oies pour y arriver.
Notre travail n'aura pas ét6 inutile s'il jette dans la circulation
quelques idées claires sur uiie industrie dont on appr6c.i~encore
mal les services, et s'il contribue à fairc juger sainement les
chances de succès d'une fabrique d'alcool.
C'est pourquoi nous nous sommes attaché surtout à exposer
les côtés pratiques et industriels de la question et à la clhbarrasser
des théories et de la matière scieutifique qui souvent l'obscur-
cissent aux yeux des lecteurs peu familiaris6s avec le langage
abstrait de la science.
11 est toujours facile, et mênie c'est la partie la plus agréablc
pour l'écrivain, d'entasser beaucoup de matières tirées de la
science pure; les matériaux ne manquent pas, el on rencontre
.peu de conlradicteurs compétents.
Tout autre affaire est de parler dcs choses usuolles de la pra-
tique courante, pouvant étre contrôlées dans toutes les usines, et
par les chefs et par les directeurs.
Aussi modeste que puisse paraitre ce travail, nous avons dû
compi;liser, pour le rédiger, une masse énorme de livres, dc
journaux et de documents, tant cn francais, en anglais qu'en
allemand, sur ia distillerie daris tous les pays.
132 CONCLUSION

Xous le disons à l'avance, nous savons parfaitement et mieux


que personne, combien ce travail est incomplet, ct que de choses
il y aurait à dire sur la distillation des grains en Angleterre,
cn Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Espagne, en France,
en Italie, en Russie, aux Gtats-Unis, etc.
La fabrication est différente dans chacun de ces pays, non
seulement à cause du climat et des matières travaillées, mais
encore par suite de la législation fiscale.
C'est pourquoi nous avons seulement indiqué quelques types
principaux.
Comme on a pu en juger, la distillation des grains constitue
un instrument de progrès puissant pour l'agriculture ; on pour-
rbait même juger du progrès agricole d'un pays par le nombre
des distilleries en exploitation.
Cette industrie est, économiquement la plus productive de
toutes, car elle n'a pas à proprement parler de déchets de fabrica-
lion, tout est précieux, tout est également transformé en valeurs.
Le grain est transformé en alcool et en drêche, la drêche en
viaiide et en engrais, l'engrais en grain, et la rotation continue,
d'une part, en fertilisant puissamment la terre, d'autre part, en
apportant aux populations une somme considérable de bien-être
par la production de la viaiide à bon marché, des boissons alcoo-
liques nécessaires à l'entretien de l'énergie vitale chez l'homme,
enfin le pain à bon marché est de bonne qualité par la fertilité
des terres donnant de luxuriantes récoltes de froment.
Une industrie qui a de si merveilleux moyens d'action, une
influence économique qui tient du prestige, ne saurait être assez
encouragée, étudiée et signalée.
Nous nous sentirons grandement récompensé si, pour notre
faible part, nous avons pu la faire apprécier et juger sainement.
En certains pays on a eu autrefois des préventions contre la
distillation des grains, on croyait que les grains distillés étaient
soustraits à l'alimentation populaire et contribuaient ainsi à l'aug-
mentation du prix du pain.
C'est le contraire qui est vrai. Lc grain distillé est un pr&t
fait à gros intérêt et dont la valeur est triplée ou quadruplre en
CONCLUSIOZI . 133
moins-d'un an. La distillation du grain cst l'utilisation la plus
perfectionnée des produits de la terre.
Ce sont les prairies qui sont la force d'une exploitation agri-
cole: or, combien d'hectares de prairies représente une distillerie
qui travaille des milliers de quintaux de grains par jour!
Pour certaines contrées agricoles c'est donc toute une révolu-
tion, et au point de vue purement industriel la fabrication des
alcools de grains est une excellente affaire quaricl elle est com-
prise d'une manière rationnelle.
BIBLIOGRAPHIE
Librairie de 6. MASSON, 120, boulevarà Saint-Germain, à Paris
En voie de publication :
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FABRICATION DE L'ALCOOL
Par J.-PAULROUX
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Journal hebdomadaire paraissant l e dimanclie
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Jean-Paul ROUX
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Le plus grand journal technique français spécial à la distillerie


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RELATIVES A LA DISTILLERIE ET A L A BRASSERIE
Paris, 53, rue Vivienne

OUVRAGES PAR M. J. -PAUL ROUX


Directeur-propriétaire des journaux la Revue univevselle de la Brasserie et de la Malterie
et de la Revue universelle de la L)istillerie, journaux techniques hebdomadaires.
Secrétairedes Congrès internationaux de brasseries de Paris en 1878 et de Bruxelles en 1880.
Secrétaire-délégué de l'Union générale des brasseurs au Congrès de Munich en 1880 et
de Berlin en 1884. Secrétaire du jury de 1'Exposit;on internationale de brasserie de
Versaiiles en 1881, de l'Exposition internationale de Paris en 1885. Secrétaire-rédacteur
de l'Association de garantie, membre du Comité de patronage, et auteur du Système
de classification de l'Exposition naticnale de brasserie à Paris en 1887. Membre des
Congrès internationaux pour l'étude de l'alcoolisme. Membre du Comité d'admission ij
l'Exposition universelle de 1889, etc.
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TABLE DES GRAVURES

GRAVURES DANS LE TEXTE


Pages.
FIGURE 1. - Vue en élévation d'une . . ... . . . . . . ..
distillerie de grains 14
- 2 . - Vue en plan de l'ensemblé d'une distillerie de grains. . . . . . . . . 16
- 3. - Vue en plan de l'appareil distillatoire appliqué au travail des grains. . 22
- 4. - Appareil Savalle fonctionnant à Içlaisons-Alfort pour la distillation des
.
fermentations épaisses des grains . . . . . . . . . . . . . . . 25
- - Vue de la distillerie Springer et Cie à Maisons-Alfort . . . . . . . . .
j. 32
- 6 . - Vue d'un magasin aux alcools. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
-- 7 . - Vue d'ensenible de la fabrique de levure de Reval . . . . . . . . . . 52
- 8. - App~reild'un nouveau système servant à reprendre l'alcoolentraînépar
les eaux de lavage de la levure . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
.- 9. - Vue de profil du faccharificateur Colani et Kruger . . . . . . . . . 71
- 10. - Saccharificateur Colani el Kruger, vu de face . . . . . . . . . . . . 72

GRAVURES HORS TEXTE

- 1. - Vue du local conlenant les colorines distillatoires rectangulaires et ,les


. .
rectificateurs Savalle à Maisons-Allort . . . . . . . . . . . . 34
- - Batterie de chaudières à vapeur . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. 38
- 3. - Machine de cent chevaux système Corlis. . . . . . . . . . . . . . . 40
- 4 . - Vue de la Raffinerie d'alcool la Madone, à Puteaux près Paris. . . . 78
- 5. - Vue de l'usine de r~ctificationde M. A. V. Dolgoff, à Nijny-Novgorod
(Russie). . . . . . . . . . . . : . . . . . . . . . . . . . , 82
Pages .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PREFACE 1
. .
DÉSIRÉ SAVALLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX
CFIAPITRE PREMIER . L'alcool de grains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CHAPITRE DEUXIEME. Traitement des grains . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 Ior . Saccharifieation par le malt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 II. Saccharification sans malt . Procédé Bnchet ct Savalle . . . . . . . 9
5 III. - Ensemble d'une distillerie de grains . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4 IV. . Devis approximatif du matbrie1 d'une distillerie travaillant par jour
10,000 kilog . de grains, par le procédé Bacliet ou a volonté en opé-
rant par le malt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
TROISIÈME.
CHAPITRE Appareil poiir la distillation des grains en moût épais ... 19
CHAPITRE QUATRIEME . Les fabriques de levure pressée . . . . . . . . . . . . . 27
5 I'r . - Fabrique de levure francaise. La distillerie hpringer et Cie ..... 30
5 II. - Fabrique de levure hollandaise . . .
Les distilleries de Schiedam - Descrip .
tion du travail des moûts de grains dans les distilleries de Schiedam 40
tj III . .
Fabrique de levure russe - Distillerie de Reval . . . . . . . . . . . 45
8 IV . - Fabrique de levure autrichienne . Projet de distillerie . . . . . . 53
CINQUIÈME. .
CHAPITRE Appareil d'un nouveau systerne strvant à reprendre I'al-
cool entraîné par les eaux de lavage de la levure . . . . . . . 59
.
CHAPITRES I X I ~ M E Saccliarification par les acides . . . . . . . . . . . . . . . 63
51 .. Quand faut-il préférer la saccharification par les acides à la saccliarifi-
cation par le malt ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5 II. Description du travail par 1aiiçieiine iiiethode à air libre . . . . . . . . 65
.
5 III .D~scriptiondu travail par la nouvelle méthodc rapide et économique
sous pression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
.
8 IV - Lettre d'un distillateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
$V . - Comp:e simulé des frais de fabrication dans une distillerie travaillant
7,000 kilog . de riz ou de niaïs par vingt-quatre heures . . . . . . . 74
5 VI . - Devis approxiniatif du matériel d'une distillerie travaillant par vingt-
quatre heures 60,000 kilog . de riz ou de maïs par les acides.... 73
Pages
CHAPITRESEPTIEBE .
Rectscation des flegmes de grains . . . . . . . . . . . . 77
.
$ 1 - Usine la Madone, à Puteaux (Seine). . . . ........... 78
.
II - Usine Do goff, Nijny-Novgorod (Russie). . . . . . . . . . . . . . . 80
CHAPITRE HUITIÈME. Les résidus de la distillation des grains . . . . . . . . . . 85
$ 1. Drêches de la distillation par le malt . . . . . . . . . . . . . . . . 85
$ II . . Composition et valeur nutritive des drêches de la distillation par'le malt . 86
.
$ III - Traitement des vinasses sous haute pression - Procédé Louis .
Meeus et Heinzelmann. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88-
$ IV .- Résidus iie la distillation par les acides . . , . . . . . . . . . . . . 89
$ V, - Utilisation des vinasses par le prockdé Porion et Méhay . . . . . . . . . 89
.
. YI - Engraissement du bétail par la drêche des distilleries de grains . . . 98
CHAPITRENEUVIÈME. Préparation des clairs de vinasses . . . . . . . . . . 103
CHAPITREDIXIÈME . Fabrication du levain . . . . . . . . . . . . . . . . 105
.
$ 1 Procédé allemand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
.
§ II Cuves à Tevain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
.
5 III Caractères essentiels d'une bo ..ne levùre . . . . . . . . . . . . . . . 115
ONZIÈME .
CHAPITRE .
Statistique de la fabricaJion de i'alcool de grains dans les
grands pays de production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
CHAPITRED O U Z I ~ D I.E.Statistique des distilleries de grains (Installations Savalle) . . 121

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-
-

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MÉDAILLE D'OR

-
IMPRIIEnlE CEBTRILE UES CHEMINS DE FER. -,A. CHAlX ET Ce, RUE D B R G ~ R E ,20. - 9366 0.
CHAPITRE PREMIER.

Importance de la Distillation au point de vue agricole


et de la prospérité générale.

La distillation est l'industrie agricole par excellence. Soit qu'elle


se pratique dans la ferme ou qu'elle se fasse au dehors, elle
fournit toiijours à l'agriculture la nourriture la plus économique
et la plus apte à l'engraissement du bétail. Elle produit de la
viande à bon marché, elle procure en outre à un prix peu élevé et
sur une grande échelle le fumier indispensable à une culture
bien entendue, et elle restitue à la terre tous les éléments néces-
saires à la conservation de sa fertilité.
La distillerie est l'auxiliaire le plus puissant de l'agriculture ;
des contrées arides ont ét4 par elle rendues fécondes et floris-
santes. Les terres donnent, avec son aide, le maximum de
m u c t i o n et de revenu.
Quand la wuvaise saison arrive et que les travaux des champs
cessent, la distillerie est là qui procure du travail aux ouvriers
des campagnes. Les hivers sont dans certaines contrées durs et
pénibles à traverser pour les pauvres gens sans occupation ; dans
les pays ou la distillerie existe, l'ouvrier n'a pas à mendier son
pain, il peut gagner honorablement sa vie, car il a du travail
compe en été. Nos voisins d'outre-Rhin ont mieux con~prisquc
nous l'importance des distilleries, ils en possedent aujourd'hui à
peu prhs 16,000, tandis que la France en compte à peine '700.
II nous restè donc beaucoup à accomplir dans cette voie.
&st diib le but de faciliter l'étude et la création de ces
établissements que nous écrivons cette notice. Nous avons aussi
-6 -
pour but de montrer aux distillateurs dont les appareils laissent
aujourcl'hui à désirer, tous les perfectionnements créés depuis dix
ans, et nous voulons leur indiquer les bénéfices qu'ils réaliseront en
modifiant leur ancien matériel. En agriculture comme en indus-
trie, il est prouvé désormais que l'argent, intelligemment appliqué,
rend largement à celui qui a eu confiance et qui ne s'est pas laissé
arrêter par un sentinient de mesquine économie. Le progrès nous
entraîne aujourd'hui; il faut marcher avec lui, imiter l'exemple
du voisin qui transforme son outillage pour obtenir une produc-
tion supérieure en qualité et en quantité, ou bien il faut se
résigner au triste spectacle de :voir les autres s'enrichir, tandis
que soi-même on va à la ruine.
Les industries annexées aux fermes mènent à l'abondance et à
la fortune; elles élèvent la production de la viande, dont la consom-
mation devient universelle; elles répandent autour d'elles le bien-
êlre et la prospérité et retiennent aux cliamps les bras dont
i'agriculture ne peut se passer, malgré les admirables machines
qui sont h sa disposition. L'avenir des distilleries rurûles est donc
immense. En Allemagne et en Angleterre, les grands propriétaires
ont déjà prévu les résultats si féconds qu'elles doivent donner;
ils montent aujourd'hui des établissements dont les appareils sont
empruntés à notre système français. Que nos agriculteurs ne se
laissent pas devancer par la concurrence étrangère, et qu'ils se
souviennent que la distillation est une industrie éminemment
nationale et qu'elle peut arrêter l'immigration si désastreuse des
ouvriers des campagiies dans les villes.
CHAPITRE II.
Liste des 126 appareils Savalle montés depuis 1867.
Depuis l'Exposition universelle d e 1867 jusqu'à la fin de mai
1870, il a été vendu cent vingt-neuf appareils Savalle, qui se
répartissent comme suit :

L. Engel. .... .... .. . à Caracas . . . . .. . ... . 1

5 EN ANOLETERRE :

A MM. Bernard et Cie. . . . . . .... .


à Leitli (Écosse). . 1
Macadam. . . . ... .. ... à Liverpool. . ..... . .. 1
Robert-Campbell . . . . .. . à Buscot-Park (Berkshire) ... 3
Le même (grands appareils pour
tripler le travail de son usine) . à Buscot-Park (Berkshire) . . . 2
14 EN AUTRICHE :

J. Latzel. . .. .. .
. . . . . à Pawlowitz. . . . . . . . . . 2
. .
C. Leidenfrost. . . . . . . à Gêne (Hongrie). . . . . . . . 2
Ed. Siegl .. ..
. . . . . . . à Szolcsan . . . . . . . . .. 1.
Pokorny frères et Hugo-bel -
.
lineck . . . . . . . . ..
à Pilzen (Rohême) . . . . . . . I
. .
Paul Primavesi . . . . . . à Olmütz , .... . .. .. . 1
Karl-Kammel et Cie . . . . . . A Grusbach . . . . . . ... . 2
Schultz et Pollack. . . ..
. . à Falkus Dovoran . . . . .. . 2
Camille de Laminct. . . . . . à Gattendorf. . . . . .. . .. 2
La SociétB anonyme Action
Fabriksliof . . . ..
. . . à Tsmesvar . . . . .. .. . . 1

3 EN BELGIQUE:

Jules et Octave Clayes-Fiévet ..


à Gand . . . .. ... ... 1
.
FBlix Wittouck (son troisiéme
. . .. . ..
appareil). ... . .. .. . .. à Leeuw-Saint-Pierre .. . ........ 1
.. ..
Le baron de Saint-Sÿmphorien. à Mons.. . .. .. . . .. . . . .. . .. 1
A reporter. ... . 25
.fj..
Report .......... 23
16 EN ESPAGNE :

Marichalar ................... à Puerta-Santa Maria ........... 1


. . .
J F et C Barréda ......... Id .................... t
Ramon Jimenez ............. Id .................... 1
José de Bertemati ........... à Jerez de la Frontera .......... 2
La Société sucrière phinsulaire ....................... 2
à Madrid
.
R La C h i a Rodriguez y
Aurioles................... à Grenade ..................... 2
Cecilio de Roda.............. à Albumol ...................... 1
Joaquin de la Gandara (direc-
teur du chemin de fer de Sa-
ragosse).................. à Albacète ..................... 1
à Malaga .....................
Larios et fils ............... 2
à Madrid ......................
Coralez Péralta .............. 4
Pedro de Domecq ........... à Jerez de la Frontera .......... 2
I DANS LA CONFÉDÉRATION DU NORD :
...........*....
Jules Wrede à Berlin ...................... 1
.
J . . A Gilka (son deuxième
............
appareil) à Berlin ................
1
2 AU BRÉSIL :

Munzer et Spann ............ Pour RioJaneiro ................. Z


...............
Juan Ollivella Id ..................... 1
7 0 EN FRANCE :

Robert de Massy et DBcle ..... à Reauoourt (Saint.Quentin) ...... 1


Les mêmes ................. Un second rectificateur .......... I
Les mêmes ................ Un troisième rectificateur .......... 1
Houvenagl~det ~ e r ~ r a s e a ..
ux à Salomé ........................ 1
Durand .................... ................
à Ivry-le-Temple 1
Le m&me (son deuxihme ap-
pareil) .................. à Borne1 ........................ 4
........... à Argenteuil ..................
P . Lejeune et Cie 9
Deschanvre et Cie ........... à Denain ................A...,.. 2
Charles Droulers ............ à Roubaix ......................
3
Cliarles Legrand ............ à Sassy, par Jort (Calvados).......
2
Tilloy Delaune et Cie ........ à Courrières (Pas.de.Calais) ........
4
Les mêmes ............... Id ................... 1
A reporter ...... &2
-9-
Report ......
62
M .Lamarque ............... à duilles (Gers) .................. I
Léon Crespel (son deuxième
appareil) ................. à Quesnoy-sur-Deule ..............
I
.
G blarcliandise ............. à Frégicourt .....................2
Alfred Pennelier ............ à Laneuville-Roy (Oise)............ 2
Réné Collettt: et C'" ......... aux Moëres-Françaises (Nord) ...... 2
Gomaux et Ce ............. ... ........
à Tournes (Ardennes) .t 1
Coefier .................... à Mantes ........................ 2
.Pasquesoon e-Tafrin et Cie . . . . à Gorgues (Nord) ................. 1
Désiré Coisne et C'" .......... à Merville (Nord) ................
2
Christmann, Stuhlinger et
Schultz .................. à Colmar (Haut-Rhin) ............. 1
Chatriot - Walet, ferme de
Trémonvilliers ............ près Saint-Just-en-Chaussée (Oise) .. 2
.
1 Braconnier .............. à Cliavagné (Deux-Sèvres) . . . . . . .
Régis Bouvet frères ......... à Paris (avenue de Choisy) . . . . . . . . . .2
Lejeune ................... à La Brosse (prks Buzançais) ....... 2
Lignières ................. à Villeneuve.les~Chanoines ......... 2
.
E Vauvillé ................ à Toutifaut (Indre) ................ I
Delavigne .................. à Rouen (Seine-Inférieure) ......... 1
A . blather et Cie ........... 5 Toulouse ....................... 2
Victor Delgutte ............. à Saint-Pierre4es-Calais ........... 2
Charles Legrand. pour agran-
dissement d'usine ......... à Scissy, près Jort (Calvados) ....... 1
Bernard frère et Leurent .... à Bordeaux ...................... I
P.Boulet.son "Lerectificriteur. A Roueiî ...... ... ............... 1
.
Aug André ............... à Brissay-Joigny (Aisne) .......... 2
Brangier ................... .
aux Estrées p la Crêclie .........1
.
A Collette ................. à Seclin (Nord) .................1
Colombet Gibaud et Cie ..... à Avignoii ...................... 1
Dantu-Dambricourt et Durin . à Steene. prks Bergues (Nord) .....
4
Duriez et Droulers . . . . . . . . à Bourbourg .................... 2
Pau1 Ernault ............... à Deiiizy ........................ 3
Fretin et Ghestem ........... à Deulemont (Nord) .............
2
Gontard .................. à Courthézon (Vaucluse) ...........
2
La Société de Ferrière-la-Grande à Ferrière près Maubeuge .......... 1
Lefèbre .................... à Radinghem ................... 1
A reporter ..... 109
- 10 -
Report.. . 109 .
. . . ..
Mettavant .. . . . . . . . . . . . à Xiroux ..... . .. .
.... .. . .. . ... . 2
. .
Nitot et Racine.. . . . . .. . . . à Meaux.. .... . .. . . . . .. . . . .
.. ... . 2
Thiry frères.. ... . .
.,.. . . . . . . à .. ... . . . . . .. . . . .... . . .
. . . . .. . . 1
. . .... ..
Vouters . . . . . . . . .. . . à Haluin.. . . ... .. ....... ... .....
. 4
. ..
Denis, agriculteur.. ... ... . 3 Sommaing-sur-Ecaillon . ... . ..... 1
4 EN HOLLANDE1

.. .
Kiderlen.. . . . . .. . . . . . . . . Rotterdam . . . . . . .... . . ... ... .. 2
. . .
I. et D. Twiss . . . , . . . ... . Id ...
..... ....... .... . .. . . . . I
. . .. ..
Les mêmes . . . . . ... ,-. Id .... ........... .... ....
.. 1
4 EN ITALIE:
Sessa, Fuinagalli et Cie.. ... . ... . .
. à Milan.. .. . . . . . .. .. .. .. . . 1
.
Meticke.. . . ....... . .. ..... à Carvazéré par Rovigo.. . . . . . . ...
2
Le même, un troisième ap-
.
parei 1 . . . . . . . . . . . .. . . . . . Id. .................... 1 ..
I A LA MARTlNlOUE :

A. de Meynard.. . . . . . . . .. . usine à sucre de la Dillou. . . . .. . . . . 4


I AU PIROU
:
Fhlix Denegri.. . ... . . . . ... Hacienda de Chacavenlo.. ..... ..... . 1
I EN PORTUGAL :

Bell.. . . .. ... . . . , .. . . . . . . à Buarcos.. ... .. . . .. ... ... ... .... I


I EN S U ~ D E:

Tranchell.. ............... à Laiidskrona . . . ..... .. .. .... ..... 1


I EN VALACHIE :

Demètre, Moraït.. . ...... .. à Bucharest.. ......... . . ........ . . 1


I A L'ILE MAURICE :

Heweston ... . ........ .... Port-Louis.. ................. ...... 1

Ensemble. . . . appttreils 229


Le nombre total des appareils Savalle montés à ce jour, s'élève
à plus de 500.
Le nom%re des appareils d'autres systèmes, mis à la réforme et
détruits pour être remplacés par les appareils Savalle, s'élève à
plus de 300.
CHAPITRE I I 1.

A p p a r e i l s Savalle, p o u r la distillation des V i n s , des Bet-


t e r a v e s , des Mélasses, des Grains, des C a n n e s A S u c r e
et la p r o d u c t i o n des 316 de G e n i è v r e s et d e s R h u m s .

Les distillateurs ont généralement le tort de n'attacher qu'une


importance secondaire au choix des colonnes distillatoires qu'ils se
procurent; il n'est cepeiidaiit pas indifiérent de prendre l'un ou
l'autre système. Une colonne peut dépenser beaucoup de combus-
tible; la différence peut aller jusqu'à 33 pour cent, soit .1/3 de
trop de charbon consommé, seulement pour la distillation. Cer-
taines colonnes donnent des flegmes troubles et chargés d'acides ;
ce produit est difficile 5 rectifier et laisse une proportion plus
forte de 3/6 mauvais goût. D'autres colonnes, enfin (et c'est là le
défaut le plus grave), perdent uns partie de l'alcool qu'on leur
donne à distiller, soit parce qu'elles sont mal construites, ou, et
cela plus généralement, parce qu'elles ne sont pas pourvues des
organes indispensables pour régler le fonctionnement du travail
continu. L'alimentation des matières à distiller s'y fait d'une ma-
nière défectueuse, trop abondante par moment, ou insuffisante
dans d'autres.
L'alimentation de la vapeur de chauffage est défectueuse, toutes
les fois que l'on compte sur la main de l'homme pour la réaliser.
En effet, l'attention la plus soutenue, la plus grande, n'obtient
même pas la régularité de vapeur requise à un bon travail. Il
résulte de l'irrégularité d'une distillation continue, toujours une
perte, soit de charbon ou d'alcool. En effet, si la matière à dis-
tiller cascade, descend trop vite sur les plateaux de la colonneb
cette matière n'est plus en rapport avec, la vapeur charg4e d'en
extraire l'alcool, et cet alcool s'écoule, se perd dans les vinasses
qui s'échappeiit à et continu. Si la vapeur n'est pas assezalimen-
tée, la même disproportion existe et la même perte d'alcool se
produit. Ces diminutions dans le rendement alcoolique sont intt>r-
mitterites, aussi échappent-elles la plupart du temps à i'observa-
tion des distillateurs qui, en fin de compte, en rejettent la faute sur
la défectuosité des fermentations, ou sur celle de la matière pre.
mière employée; mais parfois aussi, nous avons vu dans le Nord
des accidents terribles, produits par cet alcool perdu dans 12s
vinasses ; témoin celui arrivé, il y a quelques années, à l'un des
plus éminents praticiens du Nord, M . Hary, agriculteur à Oisy-lc-
Verger, où une cave traversée par lin conduit de vinasses se trouva
remplie de vapeurs alcooliques, et la quantité de ces vapeurs et
leur richesse étaient telles, qu'en descendant dans cette cave avec
une bougie, une détonation s'y produisit et la personne fut brûlPc
et mourut peu de jours après.
11 est donc intiispei~sable,pour obte~lirun bon rendement alcooliqtie
de se servir de colonnes distillato~resbien construites, et dont l'alimcn-
tatiori du liquide et celle de la vapeur soient réglée8 automatiquement,
et comme nous le disions, les fabricants ont pour laplupart encore
I~eaucoupà améliorer cette partie de leurs distilleries.
Il est utile aussi, nous ajouterons même indispensable anx
grandes distilleries, d'avoir deux colonnes distillatoires, afin de
parer aux temps d'arrêts qui résultent du nettoyage de ces colon-
nes; car pour obtenir de boils alcools, il fjut un appareil majnt:iîu
en parfait état de propreté.
Les colonnes distillatoires que nous livrons obvient aux défauts
capitaux que nous venons d'knumérer par la grande surfacu de
leurs chauffe-viils et leur disposilion tubulaire. Ces colonnes dC-
penseiit très-peu de combustible, ensuite leur brise-nlousse et leiir
chauffage régulier procurent des flegmes au degré désirable et en-
tièrement débarrassés de matières fermentées acides. Enfin, leur
régulateur pour l'alinzentation des jus à distiller et notre ~*dgulntczrr
a~ctomaf ique de vapeur donitent la garantie cle l'dpuisen~entcomnplet cles
vinasses, avec l'assurance9 d'un travail parfait et constamment iden-
tique.
Voici la description de ces colonnes que iîous établissons, soit
E. - Réfrigdrant.
F. - Régulateur de vapeur.
G. - Eprouvette indiquant le volume de flegmes produit, leur degré et tem-
pérature.
H. - Machine à vapeur de la distillerie, envoyant à volonté ses vapeurs perdues
pour chliuiïer l'appareil distillatoire.
t. - Encrée des vins dans l'appareil.
j. - Entrhe des vins chauds dans la colonne.
i. - k. Tuyaux à col de cygne pour les vapeurs d'alcool.
m. - Tuyau de sortie des flegmes ou alcools bruts produits.
S. - Tuyau conduisant les flegmes dans un réservoir.

o. - Tuyau amenant la pression de l'appareil au régulateur.


1. - Robinet d'échappement libre des vapeurs de la machine.
2. - Robinet de communication des vapeurs perdues de la machine dans la
colonne.
3. - Robinet soupape du régulateur de vapeur, pour la vapeur provenant
directement du génkrateur.
4- - Reniflard pour empéclier l9Bcrasemeut de l'appareil par le vide.
5. - Trou-d'homme.
6. - Indicateur de niveau de liquide.
7. - Robinet de vidange des ina as ses.

Les matières à distiller sont élevées au moyen d'une pompe dans


un réservoir situé au-dessus de l'appareil. Elles entrent en travail
par un robinet de distribution qui vient s'adapter dans le montage
en T. En passant dans le réfrigérant E, elles ont pour effet de
refroidir les alcools bruts produits; plus loip, dans le chauffe-vin
D, elles ont pour effet de condenser les vapeurs alcooliques, et
en même temps qu'elles opèrent cette condensation, elles entraî-
nent avec elles et rendent à la colonne toute la chaleur emportée
de celle-ci par la vapeur d'alcool. Arrivées dans la colonne A, les
inalières sont soumises à la distillation, et parcourent un systPme
particulier de plateaux dont le nombre varie d'après le travail au-
quel on les applique. Dans ces plateaux qu'elles suivent en des-
cendant, elles trouvent à leur rencontre partant du bas de la
colonne, la vapeur d'eau d'abord, puis des vapeurs de plus en plus
riches d'alcool, à mesure qu'elles s'élèvent et traversent les couches
de matibres des plateaux supérieurs. Cette vapeur enlève tout
l'alcool contenu dans la matière fermentée, et celle-ci sort de
l'appareli par le robinet de vidange no 7, à l'état de vinasses.
- 15 -
Nous avons laissé les vapeurs alcooliques au haut de la colonne :
elles sortent de celle-ci par le col de cygne i, pour aller dans le
brise-mousse C se purger des parcelles de matières qu'elles
entraînent parfois mécaniquement ; - purgées, elles se rendent
dans le chauffe-vin D, où elles se condensent en rendant leur
calorique à une autre quantité de jus à distiller. Puis cet alcool
passe par 1 pour se rendre au réfrigérant et pour sortir finalement
par l'éprouvette G.
L'alimentation de la force, qui agit dans l'opération de la distil-
lation par l'effet de la vapeur introduite dans la colonne,
s'effectue avec une précision matliématique et proportionnelle aux
besoins de l'opération ; notre régulateur maintient l'équilibre
des forces et assure la régularité des fonctions. Aussi voit-on la
distillation s'effectuer sans secousses, sans soubresauts, et fournir
régulièrement un jet d'alcool continu, volumirieux, à un degré
élevé et peu variable.
La colonne Savalle répond aux diverses exigences de la distilla-
tion avec une régularité qui est la garantie d'un excellent travail.

Prix des Colonnes distillatoires, en cuivre rouge,


munies d'un r6gulateur de vapeur

NUMÉROS -
PRODUCTION PRIX
des VOLUME DE VIN DISTILLÉ
DIMENSIONS par jour de U heures DES APPAREILS

1 300 hectolitres. 6,000 francs.


2 400 ))
I 7,500 ))

3 500 )) 9,000 ))

4 600 )) 10,500 ))

5 700 rn 12,000 n
6 800 13,500 11
7 900 )) 15,000 ))

8 1,000 » 16,500 r
9 1,100 3 18,000 ))

10 1,200 )) 19,500 ))

11 1,600' )) 26,000 ))

12 2,000 » 32,000 ))

13 2,500 )) 37,500 ))

14 3,600 » 52,000 ))

15 4,500 )) 6,000 1)
C. - Chauffe-vin B chaufige direct par le contact des vapeurs avec la matibre
à distiller.
D. - Col de cygne allant vers le réfrigérant.
.
E - Réfrigérant tubulaire.
F. -Sortie des alcools.
G. - Eprouvette graduée, indiquant la puissance du coulage, le degré ct la
température des alcools bruts.
H. - Sortie des alcools bruts dans Ie reservoir.
1. - Régulateur de chauffage de la colonne.
J. - Communication de pression au régulateur.
K. - Réservoir des jus fermentés B distiller.
L. -Réservoir à eau froide.
?/I N. - Communication des vins du réfrigérant à la colonne.

Cette colonne, partiellement en fonte de fer, est meilleur marché


que celle représentée figure 1, qui est entièrement en cuivre. Le
montage et le démontage de la colonne rectangulaire s'exécutent
facilement; elle s'applique aussi bien à la distillation des grains
en matière pâteuse qu'à celle des betteraves.
Ce dernier point est essenliel pour les distilleries agricoles,
qui ne doiverit pas se contenter de travailler pendant cinq mois
seulement, mais qui sont obligées de pratiquer la distillation des
grains en été, pour avoir des drèches à donner au bBtail au mo-
ment où souvent les fourrages font défaut. Dans cette nouvelle
colonne Savalle, le contact dela vapeur et du vin à distiller se fait
par un système spécial obtenu par la superposition des tronçons
de colonne, et dont aucune partie n'est sujette à s'obstruer.
Le cliauffe-vin est formé par plusieurs couches de liquide en
mouvement, don1 la surface supérieure est chauffée directement
par les vapeurs alcooliques et dont la surface inférieure est chauffée
au travers de surfaces métalliques. Outre sa grande simplicité et
sa grande facilité de nettoyage, ce système offre l'avantage de
coûter moins cher que ses devanciers.
Nous établissons les prix de ces colonnes par numéros, au fur et
à mesure que nous les exécutons, afin d'arriver à les livrer au
prix le plus réduit possible.
CHAPITRE IV.

Régulateur automatique du chauffage des colonnes


distillatoires et des rectificateurs Savalle.

Voici comment s'est exprimé un homme pratique, RI. J . Pezeyre,


au sujet de notre régulateur automatique à vapeur, dans une de
ses communications à la Chambre syndicale des distillateurs de
Paris :
« Le régulateur est une application des lois de l'hydraulique
essentiellement nouvelle, introduite par h1. Savalle dans les appa-
reils de distillation. Il a pour effet de régulariser l'emploi de
toutes les forces et toutes les fondions, et de maintenir les
phénomènes qui s'accomplissent dans tous les organes de l'appa-
reil, dans des conditions de température et de pression constantes
et indispensables à l'homogénéité, à la bonté du produit et à la
vitesse de son écoulement. On évite ainsi de troubler l'opération
par des coups de feu violents, dont on n'est jamais maître avec les
appareils ordinaires. Un appareil de distillation privé de ~.égulateur,
est comme zlrl navire sans boussole, exposé a toutes les chances d'erreurs
et d'accidents. »
Ce régulateur, représenté par la figure 3, est le guide indis-
pensable de nos appareils, en ce sens qu'il maintient efficacement
la pression, la température et la vitesse de circulation des liquides
dans les limites les plus favorables au dégagement de l'alcool et
à l'élimination des éléments étrangers qui le soiiilleiit.
Élément essentiel de nos appareils, il a pour organe principal
1111 flotteur C, qui a pour fonction d'ouvrir ou de fermer un
i.,,l)iiiet de vapeur adapté sur la conduite du chauffage, et dont la
puissance augmentée par l'intermédiaire du levier D, atteint 400
kilograniines, de sorte que ni la poussière, ni l'usure du robinet de
vapeur ne puissent empêcher son action (les deux figures 4 et Ci
représentent le robinet de vapeur avec, sa soupape). On verse de
ou ferme le robinet de distribution. Ajoutons que le robinet et la
soupape 4 et 5, sont d'une construction toute spéciale; l'ensemble
y est ménagé de telle sorte que la pression se fait équilibre à elle-
même, dans une certaine proportion.
Ainsi la soupape, qui a, dans les grands appareils, 6 centi-
mètres de diamètre, ou une surface de 28 centimètres carrés, ne
supporte en réalité que sur 2 centimètres carrés la pression de la
vapeur, et peut être facilement soulevée par le flolteur. La pra-
tique de chaque jour prouve que ce mécanisme très-simple règle
la pression à un centimètre d'eau près (soit à une précision d'u12
millième d'atmosphère). Les appareils qui en sont munis, au
nombre déjà de plus de 500, et qui fonctionnent avec une régu-
larité parfaite, produisent un jet continu et abondant d'alcool, à

Fig. 4. - Robinet de vapeiir Fig. 5.- Soupape


du régulateur. du robinet de
vapeur.

uii titre toujours élevé et sensiblement constant; ils dispensent


pour la conduile de nos appareils d'hommes spéciaux, toujours
tlifficiles à rencoiitrer dans les campagnes, et soiit pour le recti-
ficateur uii véritable bienfait.
Comme pièces à l'appui, nous allons faire connaître où et
coiiîment a pris naissance le régulateur qui nous occupe, avec les
causes des transformations qu'il a subies.
- 21 -
Ce fut en 1846, à la suite d'un grave accident survenu dans
l'importante distillerie que le f~ridateur de notre maison,
M. A. Savalle père, possédait à La Haye, et qui a consacré toute
son existence au perfectionnement de cette importante industrie,
sentit la nécessité d'établir des appareils de sûreté pour empêcher
le retour d'explosioi~s semblables à celle dont il venait d'être le
témoin et dont il avait manqué, avec son jeune fils, M. D. Savalle,
d'être la première victime. La cause de l'accident était l'impru-
dence d'un ouvrier distillateur qui, contrairement à la recom-
mandation qui lui avait été faite, avait donné trop de vapeur à la
chaudière qu'il nettoyait. Le couvercle de cette dernière, main-
tenu au moyen du joint à pinces, s'était enlevé, et la force d'ex-
plosion avait été si subite et si considérable, que le plancher d'un
étage sup&rieur,quoique fortement chargé, s'était soulevé.
Ayrhs cet accident. M. A. Savalle fit appliquer aux chaudières
de tous ses rectificateurs des manomètres a air libre, pour indiquer
la prpssion et servir de guide aux distillateurs.
Ces manomètres servirent peiidant plusieurs aiinées à indiquer
seulement la pression intérieure des chaudières.
Lorsque M. Savalle père organisa sa distillerie à Saint-Denis
(Seine), ces manomètres facilitèrent l'éducation à faire des
ouvriers distillateurs; car la plupart de ceux qui se présentaient
n'étaient au courant que de l'usage de l'appareil Cail, dont on ne
se sert plus aujourd'hui.
M. D. Savalle fils créa le régulateur automatique, et nous croyons
que l'on nous saura gré d'une innovation qui rend d'une maniPre
si complète des services qui jusqu'alors étaient inconnus. Ce ré-
gulateur a subi dbjà plusieurs transformations, et depuis quelques
années, nous en avons fait un instrument véritablement pratique,
à l'abri de tous arrêts par insufisance de soins ; aussi tous nos
anciens clients s'empressent d'adopter ce dernier système.
CHAPITRE V.

Rectification des alcools par le système et les


appareils Savalle.

Le sucre brut, engagé dans sa mélasse, est u l'image de l'alcool em-


prisonné dans les flegmes n. Le sucre a besoin de raffinage pour
acquérir la blancheur et la suavité de goût nécessaires. Les
flegmes réclament aussi une épuration, une espèce de raffinage,
connue sous le nom de rectz'fzcation. Le sucre de betteraves, bien
raffiné, est identique avec le sucre de canne également bien
raffiné ; de même, i'alcool d'industrie, bien rectifié, est identique
avec l'esprit-de-vin .
La rectification a pour but de séparer l'alcool de tous les corps
qui lui sont intimement unis par les lois de l'affinité chimique,
ou associés à titre de simple mélange. Par une rectification bien
conduite, dans les appareils Savalle, on ambne les alcools d'in-
dustrie au degré de pureté qui les rend supérieurs à l'esprit-de-
vin.
La figure 6 représente cet appareil vu en élévation, et dont nous
réservons les détails d'intérieur pour chacun de nos clients.
En voici la légende explicative :
A. - Une chaudikre, recevant les flegmes à rectifier; la capacit6 de la chau-
dibre varie selon son numéro.
B. - Colonne qui épure les alcools par la séparation des produits.
C. - Condenseur analyseur tubulaire, agissant avec puissance par sa disposition
toute spbciale.
D. - Réfrigkrant qui raméne les vapeurs alcooliques à l'état liquide.
E. - Régulateur automatique d'une grande puissance, pour la conduite du
chaiifige.
F. - Nouvelle éprouvette.
G. - Récipient spécial pour la sdparation et I'Bliminatiou des huiles essentielles
et des produits mauvais gobt ; ce rkcipient se trouve placé sur l'appareil du cbté
non apercu du plan d'B16vation.
g. - Col de cygne des vapeurs alcooliqries.
h. - RBtrograde des alcools faibles.
i. - Passage des alcools forts vers le réfrigerant.
j. - Commuiiication de pression an régulateur.
k, - Alimentation des eaux froides de condensation.
1. - Conduite des vapeurs de chauffage de l'appareil.
m.- Trop-plein des eaux chaudes.
2. - Robinet spécial au régiilateur de vapeur.
2. - Sortie des eaux de condensation de vapeur de chauffage.
3. - Robinet double servant ii emplir et à vider la chaudiere.
4. - Robinet regulateur polir admission de l'eau de condensation.
5. - Robinet d'6coulement des alcools secondaires.
6. -
Robinet d'écoulemerit des éthers.
7. - Robinet d'6coulement des alcools bon goût.
S. - Reniflard pour empCcher l'écrasement de l'appareil par l e vide.
9. - Trou d'homme pour visiter le serpentin de chauffe de la cliaudiére.
10. - Niveau d'eau indiqiiant le volume de liquide contenu dans la cliaudiére.

La charpente en fer qui sert à maintenir les différentes piéces


de cet appareil, est à la fois solide, gracieuse et élégante. Cette
charpente s'établit à la demande des acquéreurs.
Toute Ta tuyauterie et la robinetterie peuvent alors se remonter
en peu de temps; c'est un véritable profit pour les contrées
éloignées: il n'est pas besoin, en ce cas, de faire venir de France
des ouvriers spéciaux pour monter ces appareils. Les pièces prin-
cipales sont ajustées, repérées, iiumérotées ; il sufit donc de les
poser d'aplomb.
Pour nos colonies françaises, cet appareil sera l'objet d'un
succès réel lorsqu'on l'appliquera à la rectification des tafias, et
qu'on diminuera ainsi de moitié le fret pour transporter ces 3/(3
sur le continent européen.
Notre appareil a cela de particulier, c'est qu'il n'a aucune espèce
d'analogie avec les anciens, c'est un type, et déjà l'Espagne, les Etats-
Unis d'Amérique, l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, l'Italie,,
l'orient, etc., etc., rivalisent entre eux à l'aide de notre nouvel
appareil, et les aIcooIs qui sont obtenus font prime partoutepar
la dernière expression de leur finesse.
CHAPITRE VI.

Avantages résultant de l'emploi de notre nouvel appareil


de rectification sur ceux des autres systèmes.

Les avantages résultant de i'application de notre rectificateur


perfectionné sont nombreux; ils expliquent la faveur que lui
accordent les distillat,eurs bien renseignés. Notre systkme réduit
à un seul appareil (car nous ne sommes pas limités pour la puis-
sance à lui donner) l'outillage de rectification des distilleries,
autrefois si compliqué et si dispendieux. Cette simplification
facilite la surveillance du travail et évite de nombreuses causes
d'usure, de réparations et d'incendie. Outre ces avantages d'instal-
latien, il en est d'autres dans le travail qui sont plus importants
encore.

Io AVANTAGE SUR LA MISE EN TRAIN.

En commençant les opkrations, l'appareil est vide et parfaitement


propre, contrairement aux autres, qui ont tous les plateaux de leur
colonne chargds d'eau sale et d'huiles essentielles. Cette différence, qui
peut sembler peu importante à première vue, constitue un perfectionne-
ment très-grand; car pour débarrasser d'impureté et d'eau une ancienne
colonne, il faut, en commençant chaque opération, cinq heures de tra-
vail, cinq heures pendant lesquelles on depense en pure perte le
charbon et la main-d'œuvre; de plus on renvoie par la condensation,
pendant ces cinq heures, dans la chaudière du bas, des produits
impurs, qui vont g%ter les alcools à rectifier.

2" AVANTAGE SUR LA CONDUITE DU CHAUFFAGE.

Le fonctionnement n'est plus laissé au bon v a o i r de l'homme charge


de la surveillance des appareils; il s'opère automatiquement et avec une
exactitude mathématique, l'appareil étant réglé de telle sorte que la pro-
duction ne varie pas d'un litre par heure.
Cette régularité de production est le point le plus dificile, mais aussi
le plus important à atteindre dans la rectification des alcools. En effet,
lorsque i'on considère cette opération, elle consiste à produire trois uni-
tés de vapeurs alcooliques, pour les analyser dans un condenseur de
manière à séparer une unité de vapeurs pures, en condensaiit les deux
autres unités qui sont impures. Cette opération est si délicate qu'une
irrégularité dans le fonctionnement de l'appareil, une alimentation trop
intense de vapeur, par exemple, détermine dans le condenseur une
entrée de vapeurs alcooliques, supérieure 3 trois unités; ce dernier ne
peut condenser ce supplément de vapeurs impures, l'analyse est impar-
faite, et les produits sont immédiatement chargés d'huiles essentielles.
Admettons l'inverse, c'est-à-dire qu'on laisse l'appareil manquer de
vapeur : il en résulte dans le coridenseur une adiiiission de vapeur trop
minime, de deux unités par exemple; ces deux unités de vapeur se
trouveront condensées, le travail de l'appareil sera interrompu pour un
temps plus ou moins long, pendant lequel le combustible est dépensé
en pure perte. Le régulateur est donc indispeusable, il 6conornise. d u
combz~stibleet fait produire des alcools parfaits. (Xous en avons donnti
la description à la page 18.)

3" QUALITESUPERIEURE DES PRODUITS.

Par l'emploi de notre appareil, on produit des alcools plus fins et au


titre élevP, de 96 à 97 degrés centésimaux, lorsque les autres colonnes
ne produisent que des alcools ordinaires à 93 ou 94 degrés au plus.
L'élévation du titre de l'alcool donne la garantie qu'il est pur et bien
débarrassé des huiles essentielles.
Cette qualité des produits fournis par nos appareils a été reconnue
par les hoinnies de l'art, qui constatent aussi qu'ils sont plus hygiéni-
ques et produisent un effet moins pernicieux sur ceux qui font abus de
liqueurs fortes.

ri" AVANTAGE POUR LE FRACTIONNEMENT DES PRODUITS.

La fin des opdralions s'opère aussi d'une manibre toute différente :


dans nos appareils, elle s'u~z,ioncelongtemps d'avance par un itatrz~tnnlt
- 27 -
deprêcisi& 8tabli à cet effet. L'homme qui surveille et sépare les pro-
duits est donc ainsi à l'abri du danger qu'offrent les autres rectifica-
teurs, de gâter le travail de toute sa journ6e par un instant d'inatten-
tion, en laissant, à l'instant ou se termine l'opération, couler des 316
de mauvais goiit dans la masse d'alcool fin produite. Notre indicateur
fixe, et longtemps A l'avance, à l'ouvrier distillateur, au contre-maître
de l'usine ou au patron, lorsqu'il vient à passer près des appareils,
que dans deux heures, dans une heure ou dans dix minutes, I'opé-
ration sera terminée, et qu'il faudra faire couler les produits dans un
réservoir autre que celui destiné aux produits fins.
On évite donc ainsi toute surprise; l'ouvrier n'a pas d'excuse à allé-
guer s'il n'est pas à son poste, et le fractionnement des produits devient
jacile.

5. FIN DES OPERATIONSSIMPLIFIBS.

La fin d'une opération faite par une colonne de rectification ordinaire


exige deux ou trois heures de travail pour en enlever l'alcool mauvais goût
et une partie des huiles essentielles. Dans le fonctionnement de nos
rectificateurs, ces trois lieures de travail et de dépense de combustible
se rkduisent à deux minutes : le temps de fermer le robinet de vapeur
et d'ouvrir le robinet pour vider le contenu de la colonne dans le
réservoir aux huiles.

6" AVANTAGE SOUS LE RAPPORT DU RENDEIENT.

De la perfection du travail que nous venons d'énumérer, il résiilte


encore une économie notable de combustible; mais l'avantage le plus
signalé est celui obtenu par la diffkrence de rendement ; notre rectiji-
cateur ne perd que de l A 2 0/0 d'alcool, comme l'atteste le tabIeau de
travail ci-contre, qui nous est remis par un des plus grands distillateurs
de France. Les anciens appareils, au contraire, perdent par la lenteur
de leur travail et leur construction défectueuse, 5, 6 et jusqu'a 8 0/'0
d'nlcool : il en résulte une augmentation de rendement en faveur de
notre appareil de 3 0/0 d'alcool au moins, soi1 2 francs par hectolitre
de 3/6 fin.
RESUME DES OPERATIONS
FAITES AVEC L'APPAREIL RECTIFICATEUR SAVALLE PENDANT LE MOIS D'OCTOBRE
1868, DANS L'USINE DE M. E. P O R I O N , A WARDRECQUES, PP.ÈS SAINT-
OMEP. (PAS-DE-CALAIS).(TRAVAIL FAIT SUR DES ALCOOLS DE M~LASSES.)

Jour Char{emmnts 3/6 3/6 DurZe


3/6 hiauvais
di1 Alcool Moyen Perte de
Extra-fins à
-
mois à 100. retra:ailler goût retravailler
-- i'apér;tlûn

hect. lit. hect lit. he-t lit hect lit hect. lit. hect. l i t h. niin
1 12981 407 29 64 89 07 2 22 4 85 31 15
3 10618 2(11 24 61 74 98 2 72 1 86 25 20
5 136 51 3 61 29 64 96 71 3 53 3 02 30 40
7 11354 385 24 21 79 56 2 92 2 80 26 30
. 9 125 02 4 33 29 05 87 85 2 05 174 2835
11 123 81 4 78 25 69 88 04 3 34 1 96 98 20
13 152 21 4 42 30 04 109 95 5 93 1 87 33 40
16 150 91 4 73 31 62 108 61 2 93 302 3315
17 112 67 3 16 26 58 78.72 206 2 35 25 50
19 99 63 3 75 26 68 65 28 1 66 2 26 22 45
21 134 62 4 OC, 26 9.2 96 46 3 60 3 8 30 25
23 143 b8 4 07 27 33 106 77 4 51 1 22 33 40
25 141 99 3 61 25 39 107 58 4 35 1 06 32 05
27 151 14 4 28 3063 41252 253 118 3355
29 159 25 4 96 29 39 119-69 2 40 2 71 34 35
3 110 38 3 16 27 81 75 11 2 57 1 73 25 35
-- -- --
Totaux 2091 58 fi2 85 445 22 1496 70 49 31 37 21 476 25

MOYENNE ET RESUME DU T R A V A I L D'UN MOIS.


8/6 mauvais goût à retravailler.. . 62 hect. 84 lit. 3 » 0/0
3/6 moyens .................... 445 - 82 - 22 28 010
3/6 extras-fins.. ................ 1496 - 70 - 72 58 0/0
3/6 mauvais goût à retravailler.. . 49 - 31 - 2 36 0/0
PERTE............ 31 - 21 - 1 78 0/0'
Total.. ....... 2092 liect. 28 lit. 100 » 0/0
L'appareil a coulé au bon goût pendant 273 heures 15: minutes, soit
876 litres 1/2 A 95: degrés par heure de coulage au bon goût.
En France on néglige dans le commerce de tenir compte de la variation
de volume que la chaleur fait éprouver aux liquides spiritueux : en Hol-
l ~ n d eet dans plusieurs autres pays, on en tient compte, et cela avec
raison, car entre les extremes, c'est-à-dire de O degré de température
à 30 degr&, cette variation de volume s'élève, d'après les expériences
faites par Gay-Lussac, près de 3 0/0.
Les constatations de rendement ci-dessus ont été faites sans avoir
(1) Dans les appareils anciens à calotte$, cette perle s'élève A 5, 6 et parfois 8 0/0.
- 99 -
égard à cette variation de volume, c'est pourquoi nos clients en Prusse
et en Hollande trouvent des pertes d'alcool à la rectification, moins
grandes que celles de 1,78 010, et cela se comprend.
Les alcools bruts ou flegmés, qui viennent d'être fabriqués dans les
distilleriesdont habituellement i des températures très-élevées qui va-
rient de 20 & 30 degrés centigrades. -
1000 litres de ces flegmes à
30 degrés alcooliques et à 30 de température, ne coristituent en réalité,
à la température norriiale de 1 P degrés, que 989 litres. Si donc on ne
prend pas en considération la variation de volume, on commet une
erreur dans le chargement de l'appareil de 11 litres par mille.
On se trompe aussi, mais l'erreur est moins sensible, si l'on ne
constate pas la température des alcools produits par l'appareil pour en
corriger le volume d'après cette température.
Ces détails suffiront aux praticiens, pour leur démontrer l'importance
qu'il y a pour eux à transformer leurs anciens rectificateura et à adopter
un travail plus économique et plus rationnel.
'C 7" AVANTAGES SOUS LE RAPPORT DU PRIX DE L'APPAREIL.
~~rès"?ivoir expliqué tous les avantages que présentent nos rectifica-
teurs, avantages confirmés chaque jour par la pratique, nous donnons
ci-dessous le prix de ces appareils qui, pour une production donnée
coûtent bien moins que ceux de tout autre système.
PRIX DES RECTIFICATEURS
n ~ u ~D'UN
is RÉGULATEUR AUTOMATIQUE DE CHAUFFAGE

Contenance Volume de 3/6 fin


PRIX

des produit
chaudières. par 24 heures.

litres. litres litres. francs francs.


2.400 300 Ci 330 4.300 8.400
4. i)OO 1 .O00 1.200 3 300 6.300
7 . 300 2.000 2.100 8.000 11.300
10.000 3.000 3.300 11.300 4 5.000
13.000 3.600 4 000 2 4.500 18.300
18.000 4.300 3.000 ?8.$00 24. 300
92. Fi00 6.500 7.000 20. $00 27. fi00
27. 300 8.000 8.500
38.000 10.000 11.O00
43.000 12.400 13 .O00
60.000 17 .O00 18.000
73.000 20.000 21.000
8"qRENSEIGNEMENTS DIVERS.
Pour installer un i3ectificateur, il est indispensable de savoir :
310 Ce qu'il emploiera de chevaux-vapeur pour son chauffage;
2" Ce qu'il lui faudra d'eau froide par heure pour la condensation et
la réfrigération des vapeurs.
Nos lecteurs trouveront ces renseignements dans le tableau suivant :

Puissance de chauffage et de réfrigération pour les


rectificateurs.

La quantité de chevaux-vapeur ainsi que les volumes d'êau du


tableau ci-dessus sont un peu forcés; mais il vaut toujours mieux
avoir plus de puissance.
La coiisommation de charbon par hectolitre d'alcool fin à 900
est, dans les usines installées par nous dans les environs de Paris,
de 38 à 40 kilogrammes, y compris la force mécanique nécessaire
pour élever l'eau froide,
La dépense d'eau de 110srectificateurs est de 45 litres par litre
d'aleoof écoulé à l'éprouvette. Cette dépense est constante, si l'on
cmploie l'eau d'un puits qui est toujours à la température de 42
degrés centigrades. Si au contraire on emploie de l'eau de rivière
très-froide en Iiiver- et chaude en été, la dépense d'eau par litre d'al-
cool varie de 6 à 20 litres par litre de produit écoulé à l'éprouvette.
Dans les localités élevées où l'eau est rare, nous employons
- 31 -
pour les rectificateurs coiistamment la même eau, en la laissant
refroidir la nuit dans des bassins creusés dans le sol.
Sur le littoral de la Méditerranée, en Espagne notammeill, nous
a\ ons fait employer par nos clients l'eau de mer pour condenser
et réfrigérer l'alcool ; ils s'en trouvent très-bien.

CHAPITRE V II.
Nouvelle é p r o u v e t t e jauge, systéme unique.

Parmi nos récentes innovations, l'éprouvette jauge, dont nous


allons entretenir le lecteur, est un des accessoires dont l'impor-
lance ne lui échappera pas ; nous l'appliquons non-seulement aux
appareils de rectification, mais aussi aux colonnes distillatoires en
fonte et @JIcuivre que nous coiistruisons.
Par sa disposition, elle indique d'une manière exacte la quantité
d'aIcooI que, par heure, peut produire l'appareil, si le travclil est
fait avec régularité, avantage très-important pour les chefs d'usines
qui, de cette manière, contrôlent facilement l'ouvrier chargé de cette
opération.
Le principe de sa construction est basé sur l'écouleinent diffé-
rentiel des liquides par un orifice donné, soumis à des pressions
différentes ; nous avons combiné depuis peu une nouvelle disposi-
tion pour cette éprouvette, et nous allons décrire ces modificat.ions
qui ont leur importance ; car elles ajoutent à nos appareils déjà si
dociles à conduire, un nouveau perfectionnement qui simplifie
encore leur surveillance.
La figure 7 représente cette éprouvette unique, dont voici la
légende :
B. - Tuyau des alcools arrivani du réfrigérant.
C. - Tubulure en cuivre, munie d'un robinet de dégustation.
D. - Kobinet de dbgustation.
E. - Éprouvette en cristal, munie de son tube gradué.
F. - Orifice d'écoulement des alcools.
G. - e e r v o i r de distribution.
H. - Robinet d'écoulement des alcools mauvais gobl, adapté ri la
partie infërieure du réservoir G.
1. - Robinet des alcools secondaires.
J. - Robinet des alcools de bon goût.
L. - Plateau-réservoir supportant l'éprouvette, la garantissant et
servant de réceptacle l'alcool, dans le cas où elle serait brisée.

Fig. 7 . - Nouvelle éprouvette jauge, système Savalle.

Voici maintenant le fonctionnement de l'éprouvette. L'alcool,


arrivant d u réfrigérant par le tube B, emplit d'abord la tubulure
C , aiitour du tube gradué F, baigne le petit robinet de dégusta-
tion D et monte, pour se déverser graduellement, par l'orifice
d'écoulement pratiqué en F sur le tube gradué. Cet orifice n'ayant
qu'une section d'ouverture restreinte, le jet d'alcool, quoique arri-
vant sans cesse, ne peut y passer en entier.
Le niveau du liquide s'élève alors dans l'éprouvette jusqu'au
point où la pression qu'il opère sur l'orifice d'écoulement devient
assez forte pour faire débiter à l'orifice le volume d'alcool qui
arrive. La nappe du liquide dans l'éprouvette subit ainsi des
variations de niveau constatées par une graduation, dont chaque
division correspond à un volume différent et indique la quantité
de liquide écoulée par heure.
Les alcools se rendent de l'éprouvette dans un réservoir de
distribution G , muni de trois robinets. Le robinet H commu-
nique au réservoir qui doit contenir les alcols mauvais goût ; le
robinet 1 sert d'écoulement au réservoir des alcools secondaires ;
le robinet J donne accès aux alcools bon goût. L'on remarquera
que la répartition de ces trois robinets est disposée de telle sorte
que s'il s'échappait la plus petite quantité d'alcools mauvais goût,
à la fin d'une opération, ils iraient tomber au fond de la boule G ,
pour se rendre de 1à par le robinet H au réservoir mauvais
goût.
Les perfectionnements que nous avons apportés dans la cons-
truction de cette éprouvette sont réels.
Par la figure représentant cette éprouvette, l'on voit que l'alc,ool
y arrive par la partie inférieure, sans secousses, uniformément,
au lieu d'entrer par le couvercle; cela évite une ouverture qu'on
devait y pratiquer, et cela permet désormais de clore hermétique-
ment l'éprouvette ; toute évaporation d'alcool n'est pas à craindre,
et elle a en outrc le niérite d'être moins coûteuse que sa devan-
cière, par suite de sa disposition nouvelle.
Le robinet de dégustation, le plateau-réservoir protégeant l'é-
prouvette, la distribution des différentes qualités des produits, sont
des modifications qui ne devront échapper à personne ; nous pou-
vons dire que notre éprouvette est arrivée à son point de perfec-
tionnement, et elle rend de vérilables services dans les distilleries
et usines de rectification récemment installées où elle est montée.
Un seul point reste à indiquer aux distillateurs et rectificateurs,
qui nous feront la demande de cette nouvelle éprouvette, pour
éviter d'être obligés de leur envoyer un de nos employés pour
la régler une première fois, - ce point est le mode de d6termina-
tion de l'ouverture qu'il faut donner à l'orifice d'écoulement
F, pour chaque appareil différent recevant l'application de cette
éprouvette,
3
: i.
. .. y.* ...;
&la 1 ' -':aA $a&
r@I.é, pg&BU^ id4 ,',

0 ~gs
gmlernwt p, on dama*. pesagag
Bol&%
&&&*.:a$ a b
(B.
.p~&4ream* &?Iih"id@
".. .
-,
- 35 -
montera en débordant par le haut du tube F; dans le second, la
nappe de liquide descendra de un ou plusieurs chiffres de la gra-
duation.
Pour régler l'éprouvelte, il faut tenir compte de deux conditions
esa$entielles: la première, que le réservoir d'eau de condensation
soit toujours plein, et son niveau maintenu constant par un tube
trop-plein qui fonctionne sans interruption, et cela afin d'avoir
une condensation toujours égale.
La seconde condition exige que le distillateur ouvre le robinet
d'eau de condensation exactement au point requis pour le bon
fonctionnement de l'appareil.
Nous observerons que les effets produits par l'abaissement de
,la bague ne sont pas in~mérliats,qu'il faut quelques minutes pour
en observer le résultat. Par conséquent, il faut agir petit à petit,
et rester au moins 20 minutes à chercher le point de régularité
demandée, de manière à se' rendre compte des effets de
chaque rétrécissement de l'ouverture d'écoulement; sans cela on
dépasserait le point voulu, cas dans lequel on se verrait forcé de
recommencer le travail en relevant à nouveau la bague A citée
plus haut.
L'observation indique que pour un débit de 100 litres à l'heure,
l'ouverture de l'orifice d'écoulement représente 15 millimètres
carrés ; on calculera facilement, d'après cette donnée, l'ouverture
d'écoulement à fixer pour chacun des appareils auxquels on
appliquera l'éprouvette.
Cependant, cette proportion ne peut servir que d'approxiina-
tion, par la dificulté qui existe à établir avec précision des orifices
d'une si faible dimension. La pratique du moyen que nous avons
indiqué corrigera certainement les imperfections que nous signa-
lons. Nous ferons encore remarquer que la moindre fluctuation
qui aurait lieu dans l'alimentation d'eau de condensation, s'a-
perçoit immédiatement ; quand elle ne durerait qu'un instant,
l'éprouvette l'indique et permet aussitôt de porter remède à ce
mal passager.
Les figures 8 et 9 représentent un ensemble tle ces dprouvettes,
- 36 -
dunt l'une A serl à l'écoulement des flegmes, et l'autre B à celui
des alcools provenant du rectificateur.
Nous akons fait construire depuis peu, par un habile fabricant
d'instruments de précision, un nouvel alcoomètre, dont la tige
restreinte s'adapte avec aisance à notre nouvelle éprouvette. Les
d e r é s de son échelle commencent à 700, pour finir à 400, et ces
degrés sont indiqués de manière à pouvoir les reconnaître trks-
facilement. Ce nouvel alcoomètre est d'une longueur d'environ
14 centimètres, tient peu de place et est moins susceptible de
se briser. Nous en ferons l'envoi aux personnes ddsireuses de
s'en servir.
CHAPITRE VIII.

Saturation des flegmes dans la rectification.

Il a été fait tant de bruit au sujet de l'emploi de la potasse per-


lasse dans les flegmes, qu'il ne nous a pas été possible, à notre
tour, de ne pas intervenir dans le débat.
Chaque fois que nous verrons certains innovateurs se rendre
la tâche facile, en prétendant mettre à jour un procédé pratiqué
depuis longtemps, et pour la première fois par le digne et vénéré
fondateur de iiotre maison, pour essayer de se l'approprier, nous
considérerons (le notre devoir de ne rien laisser usurper de la mé-
moire d'un des meilleurs pionniers de l'industrie des alcools.
Les innovateurs dont il s'agit ont été prendre dans les distille-
ries du Nord et des environs de Paris, le procédé de la saturation
des alcools par la potasse perlasse ; ils n'ont aucun droit de
prélever sur les distillateurs et les rectificateurs , une redevance
quelconque pour ce procédé qui était mis en pratique en Hollande
et à Saint-Denis, dans l'usine de M. A. Savalle, depuis de longues
années. Nous avons entre les mains Ies nombreuses factures des
fournisseurs de ce produit à l'usine de Saint-Denis (Seine),
et de plus, de nombreuses attestations des fabricants d'alcool
fin qui mettent depuis longtemps ce procédé en pratique. Voici
l'une de ces attestations que nous donnons de préférence, parcc
qu'elle émane d'un 'des plus grands rectificateurs des environs (In
Paris.

u Berny, le 29 octobre 1868.

a Messieurs D. Savalle fils et Cie, 64, avenue de I'Impéralricc,


à Paris :
n Je m'empresse de vous remettre sur votre demande l'att.esta-
tion suivante, relative au procédé de la saturation de flegmes que
- 38 -
j'emploie depuis que je me suis rendu acquéreur de l'usine de la
Croix-de-Bernj , soit depuis ,1864, procédé que vous aviez anté-
rieurement indiqué à mes prédécesseurs, B1à1. Bruguière et Aus-
sière; car c'est le contre-maître de ces derniers qui a continué
I'einploi de ce procédS quand j'ai pris l'usine.
D J'ai toujours employé sur vos recommandations, pour sa-

turer mes flegmes , la potasse perlasse dissoute dans de l'eau


chaiitle et jetée dans 30 ccnlimètres d'eau mise au préalable en
ébullition dans la chaudière du rectificnteur.
» Je charge mes flegmes sur cette lessive de potasse très-
étendue et j'obtiens ainsi leur saturation complète.
» Et à l'appui de cette attestation, j'ai, si vous le désirez, les
factures des négociants en produits chimiques qui m'ont fourni
les quantités de potasse perlasse nécessaires à mes besoins.
)) Veuillez agréer, etc.
n E. RAYON,
>J 'Rectificateur la Croix-de-Berny, par Antony (Seine). ))

Uh ne nous contestera donc 'pas l'anlériorité de l'emploi de la


potasse perlasse, comme préparation des alcools bruts à la recti-
fication. Cependant, ce procédé laissait une grande lacune quant
au dosage, à la quantité de potasse perlasse à employer par hec-
tolitre de flegmes mis en rectification. En employant de la po-
tasse, de la soude, de la chaux, etc., on prétendait que les huiles
essentielles spéciales aux grains, à la betterave et aux autres
produits alcoolisables, s'unissaient aux bases alcalines en perdant
en grande partie leur odeur et leur volatilité. On déterminait
par tâtonnements dans les premières opérations, comme le dit
un de nos grands chimistes (tome II, du Précis de Chimie
industrielle de M . Payen, page 385), les proportions les plus
convenables de potasse à employer pour obtenir un produit
rectifié irréprochable.
On était complétement dans l'erreur quant au rôle que jouent
les alcalins dans les flegmes avant la rectification, et on l'était
pius encore quant aux tâtonnements qui devaient fixer la quan-
tité de saturants à employer; car l'expérience iious a démontré :
4 0 que l'emploi de la potasse perlasse ou d'autres alcalins dans

les flegmes, avant leur rectification, n'a d'autre but et d'autre effet
que de saturer les acides contenus dans ces flegmes ; "2 que tous
les flegmes ou alcools bruts contiennent, suivant leur provenance, des
quantités d'acide différentes, et que non-seulement ces proportions
d'acide diffèrent avec la provenance, mais encore que, dans une même
uszne, ope'rant toyours sur le même produit et fermentant de la même
manière, b s quantités d'acide contenues clans les flegmes diffèrent d'un
jour id l'autre dans de grandes proportions.
On ne peut donc agir par tâtonnement dans les prem~èlreaopé-
rations de saturation, par le inotif que l'expérience ainsi acquise
ne peut servir pour les opérations ultérieures, qui diffèrent toutes
de la première. II faut donc, suivant nous, examiner le point
d'acidité des flegmes, chaque fois qu'on en charge le rectificateur,
et en opérer la saturatiun exacte; ce que dit M. Payen, page 386
de son Précis de chimie, est vrai. « Si l'on emploie un excès de
ces Dases alcalines, on donne naissance à de nouveaux produits
odorants qui infectent l'alcool. » Cela prouve que les acicies ou les
alcalins, combinés à l'alcool sous l'action d'une certaine température,
donnent l'un et l'autre naissance à des produits infects. Notre procédé
nouveau consiste à opérer la rectification de flegmes neutres, et
nous arrivons ainsi à d'excellents résultats, par une méthode
particulière que rious enseignons à nos clients.
CHAPITRE IX.

Conduite de la rectification.

Cette opération très-délicate exigeait avec les anciens appareils,


de la part de l'opérateur, une attention très-soutenue.
Notre appareil a vaincu, par sa docilité, cette surveillance de
chaque instant, qui ne laissait pas que de beaucoup fatiguer I'ou-
vrier chargé de ce travail ; effectivement, les anciens appareils
non munis d'un régulateur, précieux guide, souvent mal
construits, abandonn4s à eux-mêmes, ne peuvent fonctionner
qu'imparfaitement.
Notre appareil fonctionne de la manière suivante :
On charge la chaudière A?dont la contenance varie, suivant les
dimensions des @pareils, entre 40 et '700 hectolitres, de flegmes
de 40 à 600, et i'on fait arriver la vapeur dans le serpentin. Le
liquide s'échauffant peu à peu, les premières vapeurs montent, se
condensent en chauffant la colonne B, puis finissent par arriver
dans le condensateur tubulaire C ; à ce moment, on ouvre le
robinet 4, afin d'établir l'alimentation d'eau froide ; les vapeurs
sont alors en partie condensées et ratourilent dans la colonne par
le tuyau H de rétrogradation, polir garnir successivement tous les
plateaux.
Dès que .eus les plateaux sont garnis d'alcool, on diminue
l'arrivée de l'eau froide dans le condensateur C, de manière à ne
plus condenser que les 2/3 de la vapeur arrivant dans le conden-
sateur; l'autre tiers se rend dans le réfrigérant D, et de là dans
l'éprouvette.
Les premiers produits sont à '940 très-éthériques, d'une odeur
âcre et forte ; on les envoie au réservoir à mauvais goût ; ensuite
l'alcool s'épure graduellement, il est d'une qualité supérieure au
premier et se mélange aux alcools bruts de l'opération du lende-
main ; après commence, par le fractionnement, Ie 3/6 bon goût
qui se reconnaît par sa neutralité, sa douceur et sa limpidité ; il
se continue presque jusqu'à la fin de l'opération.
Eri admettant, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que la
chaudière soit chargée de flegmes à 500, l'opération commence
des que le liquide atteint 8S0,et elle est terminée d8s que la tem-
pérature s'élève à 1020; c'est-à-dire qu'il ne reste plus d'alcool
dans l'eau contenue dans la chaudière. Ces coilst,ations se font
au moyen d'un instrument spécial construit pour les appareils
Savalle.
On ferme alors le robinet d'amenée de vapeur qui chauffait
l'appareil, et comme il n'y a plus de pression dans la colonne B,
les plateaux se vident successivement de haut en bas sur le pla-
teau inférieur qui communique au réservoir à mauvais goût par
un robinet à trois eaux ; à cette période de l'opération, les plateaux
de la colonne ne coritiennent plus que des huiles essentielles et de
l'alcool mauvais goût; on les envoie dans le réservoir où l'on a
logé les produits éthérés au début de l'opération (1).
Par notre système de déchargeqent des pla@~ux . - de colonne,
les huiles essentielles ne viennent jamais salir le condenseur ni le
réfrigérant de l'appareil; elles restent dans les plateaux inférieurs
de l'appareil, et ces derniers se trouvent nettoyés par le peu cl'al-
cool, à fort degré, qui tombe des plateaux supérieurs.
Pendant que la colonne se vide, on ouvre le robinet no 3,
vidange de la chaudière, puis on la remplit de nouveaux flegmes,
et on recommence l'opération.
Cet appareil produit des alcools ne pesant pas moins de 96 à
97 degrés. Le régulateur de vapeur, qui est une des ses parties
essentielles, en rend la marche parfaitement régulière et facile à
surveiller, et il contribue ainsi à la bonne qualité des produits.
L'éprouvette (fig. 6, page 23), qui est munie d'un thermométre

(1) M. Payen, dans sa dernière édition (Précis de Chimie industrielle), parle de ce pro-
cédé; il appartient tout entier A notre regretté père, M. A. Savalle, qui en faisait usage
B son usine de Saint-Denis (Seine).
M. Payen, dont la bonne foi a été surprise, a cru devoir prêter B M. *** le mérite de
cette invention. Nous tenions A relever ce fait.
-&-
et d'un ar5omètre, indique en même temps au distillateur la
température, le degré, la vitesse d'écoulement de l'alcool rectifié,
et elle le prévient du moment où il doit goûter, afin d'en opérer
le fractionnement.
Nos appareils sont très-bien construits, d'un nettoyage facile,
d'une marche sûre et parfaitement régulière.
CHAPITRE X.

Frais pour rectifier un hectolitre d'alcool et devis


du matériel des usines de rectification.

On nous demande souvent ce que dépensent les usines de rec-


tification montées par notre maison, pour la rectification de leurs
alcools. Voici ce renseignement :
Les frais pour produire la rectification, par nos appareils, de
cent litres de 3/6, sont évalués à 3 fr. 75 c. dans les petites
usines et à 3 francs seulement dans les grandes.
Dans une usine produisant par jour 2,000 litres de 3/6 fin, les
frais se répartissent comme suit :

Par hectolitre d'alcool brr.


Combustible 40 kilogr.. .....................Fr. I n
................... 2
Perte de 2 litres d'alcool brut. 20
Main-d'œuvre.. ................................. 1 »
Frais généraux, intbrkts et amortissement.. ........)) 53
--
Total .............. Fr. 3 73
Ces frais sont encore diminués quand, au lieu de consitlérer
un établissement créé spécialement en vue de la rectification des
alcools, on considère cette opération faite dans une distillerie
agricole et comme complément du travail de celle-ci.
Plusieurs grandes usines de rectification des environs de Paris
nous ont communiqui! le chiffre moyen de la dépense de charbon
pendant la campagne dernière. Cette dépense a été de 32 kilog.
par hectolitre, pour les usines qui n'ont pas à élever l'eau de
condensation : elles achètent l'eau de Seine toute élevée. Cette
dépense moyenne a été de 38 kilogrammes, soit 6 kilogrammes
en plus par hectolitre d'alcool, pour celles qui ont une machine
à vapeur et qui pompent elles-mêmes l'eau nécessaire h la conden-
sation.
- 44 -
Pour créer un établissement de rectification des alcools de bet-
teraves, de pommes de terre, de maïs dans le nord, ou d'alcools
de vins ou de marcs dans le midi de la France, il faut, suivant
I'importance du travail, un matériel qui, très-complet, se compose
des parties détaillées dans les devis suivaiits. Le local pour ce
matériel peut être très-restreint, et nous utilisons souvent des
bâtiments existants dont on nous remet les dimensions, et que
nous approprions au travail qu'on se propose d'exécuter.

DEVIS APPROXIMATlF DU MATORIEL COMPLET D'UNE USINE DE RECTIFICATION


DES ALCOOLS

produisant, par 2.4 heures, de 2 000 à 2.400 litres de 3/6 fin, de 96 1 97 degr0s

Géiidraieur de vapeur
Io de douze chevaux, avec gar-
niture en fo~te.............................. Fr. 1 .ô50
R0 RIaclii~ie& vapeur :
Pompe à eau froide,. ............................
Pompe alimentaire du g8riérateur.. ..................
3.250
Pompe à 3/6 brut.. ...............................
Transmission.. ....................................
ZIO Appareil de rectification no 2, arec chaudière en
tôle.. ........................................... 8.000
(Augmentation daris le cas de cliaiidière en cuivre, 3.500 fr.)

40 Réservoirs :
Un pour l'alcool brut, de ............
100 hectolitres
Un pour les 3/6 fins, de.. 50 -
........... 1.650
Un pour l'eau froide, de.. ............ 25 -
Un pour l'eau chaude, de.. ........... 15 -
6. Tuyauf erie et robinetferie des appareils de l'usine,
environ ......................................... 1.700
Prix du matériel complet.. ...... Fr. 16.250
7
DEVIS APPROXIMATlF DU M A T ~ R I E LCOMPLET D'UNE USINE DE RECTIFICATION
DES ALCOOLS

produisant, par 2J heures, de 3.600 à 4.000 litres de 3/6 fin, de 95 à 97 degrés.

10GldnCrateur de vapeur de 20 chevaux.. ..... Fr. 2.680

R0 Illlacliine a vapeur:
Pompe à eau en fonte.. ............................
Pompe alimentaire du génkrateur.. ................. 8.800
Pompe à alcool brut en bronze.. ...................
Trarismission de force.. ...........................
8 O Appareil de rectification no 4, avec chaudière en
tûle............................................ 14.000
(Si l'on veut une chaudihe en cuivre rouge, l'augmenta
tion est de 4.800 francs).

40 Réservoirs.
Çn pour les alcools bruts, d e . . .......
200 hectolitres
Un pour les 3/6, d e . . ...............
LOO -
Un 1;s 3/6 mauvais goût à retra- 3.000
vailler, de ......................
50 -
Un pour l'eau froide, de.. ............
40 -
Un pour l'eau chaude, de.. ...........
18 J -
6 O TuyauCerie et robiiiettcrie des appareils de l'usine,
environ ......................................... 2.320
Prix du maGriel complet.. ...... Fr. 28 .O00
DEVIS APPHOXIMATJF DU M A T ~ R I E LCOMPLET D'UNE USINE DE RECT~F~CATION
DES ALCOOLS

produisant, par jour de 24 heures, de 6.200 à 7.000 litres de 316 fin, de 95 à 97 degrés.

i" Qu'nérateurde vapeur de 30 chevaux.. ........... 5.300

S0 Macliine da vapeur :
Pompe à eau en fonte.. .................... .
.....
Pompe alimentaire pour le générateur. ..............
Pompe A alcool brut en bronze.. ...................
Transmission de force.. ...........................

30Appareil de rectification ri0 S . . .............. 20.000


(Si l'on achète la chaudière en cuivre rouge, l'augmenta-
tion est de 7.500 francs).

4 O Hbervoirir .
Un pour les alcools b ~ i t s ,de.. .......
300 liectolitres
Un pour les 3/6 fins, de.. ........... 200 -
Un pour les 3/6 mauvais goût à retra-
vailler, de.. .....................
73 -
Un pour l'eau froide, de.. ............ 60 -
Un pour l'eau chaude, de.. ......... 40 -
TuyauCerie et robinetterie des appareils de l'usine,
environ.. ....................................... 4.330
Prix du matériel complet.. ... Fr. 41 .O00
CHAPITRE XI.
Appareil de distillation et de rectification combinées
pour la production des 3/6 de vins, de marcs, de
pommes de terre, de grains, de figues, etc., et pour la
fabrication des geniévres, des cognacs et eaux-de-vie de
toutes les sortes.
Les appareils du système Derosne et les autres employés dans
le midi de la France sont défectueux et ne peuvent rectifier les
alcools, par le motif qfl'ils fonctionnent à continu.
L'opération de la rectification des alcools comporte trois périodes
bien distinctes.
Le début de l'opération a lieu de 80 à 85 degrés de tempéra-.
ture ; durant ce temps, l'appareil produit les alcools éthérés. Le
milieu de l'opération a lieu de 86 à 100 degrés de température ;
c'est la période pendant laquelle se forment les alcools bon goût. La
fin du travail a lieu de 101 à 102 degrés. ceest alors qu'on expulse
;de l'appareil les alcools amyliques .
Les appareils du Midi, dont le travail est continu, fonctionnent
toujours à la mème température, qui est supérieure à 860. Chaque
fois qu'on les alimente d'une quantité nouvelle de matières à dis-
tiller, les alcools éthérés contenus dans ces matières passent à la
distilladion et gâtent le produit. - Voilà pourquoi les alcools de vins
du Midi ne peuvent pas servir au cinage; voilà pourquoi on leur pré-
/ère pour ce travail les alcools du Nord rectikés ; - voilà encore
pourquoi les 3/6 de marcs sont exécrables.
Les alcools produits dans le Midi par les appareils anciens, sont
donc chargés de tous les éthers ; ils sont aussi saturés de tout
i'alcool amylique, parce que ce dernier ne se sépare complétement
que par les appareils qui atteignent au moins une force alc*
lique de 95 degrés centésimaux. Les 3/6 du Midi sont des alcools
bruts, qui demandent 2G être ~ectif2éspour devenir de Calcool bon goût,
de vins ou de marc.
Par notre nouvel appareil, nous 'opérons la distillation et la
rectification immédiate des produits, mais avec séparatiou des
mauvais goûts. Voici la légende explicative de cet.apparei1, repré-
senté par la figure 10, et de son fonctionnement:

Pig. 10. - Appareil de distillation des marcs et des vins.


A. B. C. - Cylindres en tdle oii en cuivre, munis, intérieurement, de grilles
entre lesquelles se placent les marcs B distiller.
D. E. F. G . - Différentes parties qui constituent l'appareil de rectification.
D. - Chaudiere oh se chargent les alcools secondaires de l'opérati0.n précbdente.
E. - Colonne de rectification.
F. - Condenseiir analyseur.
G. - Réfrigérant tubulaire.
H. - Régulateur de vapeur.
R. - Gprouvette graduée.
Y. - Col de cygne des vapeurs alcooliques.
N. - Retrogradation des alcools faibles.
P. - Tuyau de réception pour l'kprouvette.
0. - Tuyau reliant le condenseur au réfrigérant.
Les cylindres A. B. C. étant chargés de marcs, et la chaudière
D étant chargée d'alcools secondaires, on met la vapeur d'eau d b
générateur dans le cylindre A. La distillation des marcs commence ;
elle passe par 1 pour mettre en ébullition le cylindre B et, de là
par 1" le cylindre C.
Les vapeurs alcooliques de ce dernier cylindre passent par l'",
pour meltre en ébullition l'alcool contenu en D, et là la rectification
des alcools s'opère par fractionnement à l'éprouvette R. -Comme
nous l'avons déjà dit, les alcools éthérés arrivent en premier lieu;
ils sont mis à part ; vient ensuite une partie d'alcool secondaire
qu'on réserve pour la charge suivante, et, enfin, on obtient le 316
bon goût débarrassé d'empireume.
Les alcools infects amyliqucs surviennent pour clore le travail.
Les 3/6 fins de marcs ainsi obtenus sont excellents. Ils s'em-
ploient dans le Midi à viner les vins, et bien souvent on les mé-
lange à l'alcool de vin et on les vend comme tels; leur qualité
justifie complétement ce mélange.
Nous avons construit des appareils avec les trois cylindres pour
les marcs. Nous en avons aussi établi plusieurs à deux cjlindres ;
et quand les appareils sont plus particuIièrement destinés à la dis-
tillation des vins, nous les établissons, comme l'indiyue la figure . I I ,
à un seul cylindre ou chaudière qui reçoit en ce cas les vins à
distille?,-dandis que les produits secondaires sont toujours rechar-
5és dans la chaudière B.
B. - ChaudiBre (de 75 hectolitres) en t61e où se chargent les alcools secon-
daires de l'opération précédente.
C. - Colonne de rectification et d'épuration de i'alcool.
D. - Condwseur-analyseur.
E. - Réfrigérant.
F. - Régulateur de vapeur.
G. - Réservoir à eau froide muni de son trop-plein.
B. - Réservoirs et cuve de vitesse où se prépare et se cliauffe à l'avance le
cliargamerit de l'appareil.
II.- Trous d'liomme en bronze pour entrer dans la cliaudière.
0. - Éprouvette graduée recevant les produits.
P.- Tube de shreté.
R. - Conduit d'alinientation d'eau au réfrjgCran! et au condenseur.
S. - Rétrogradation des alcools faibles du condenseur vers la colonne.
T. - Entrée des rétrogradations sur le liaut de la colonne pour produire des
alcools B forts degrés.
U.- Rétrogradation sur la colonne pour produire des eaux-de-vie.
1. - Robinet de vapeur cliauffant les vins en A.
2.- Robinet dè vapeur pour la fin des opérations dans la chaudihre B.
3 et 4.- Robinet de vidange et de cliarge.
5.- Soupape dù régulateur de vapeur.
6. - Robinet à trois eaux pour diriger la rétrogradation du condeuaeur, soit
au bas ou sur le haut de la colonne.
7 et 8.- Niveaux d'eau.
9 et 10.- Soupapes reniflards pour éviter le vide.

Voici comment on opère la mise en train. On charge la ehau-


dière A de vins ou de marcs à distiller, puis on y introduit la
vapeur de chauffage. La distillation conimence. Les vapeurs alcoo-
liques passent dans la chaudière B, montent dans la colonne C et
se rendent dans le condenseur D. Là une partie de ces vapeurs
sont condensées; c'est-à-dire ramenées i l'état liquide et s'écoulent
par la rétrog~adatioriS et le robinet no 6. Pour produire des alcools
à 96 degrés, on renvoie le produit de celte rétrogradation par T
sur les plateaux supérieurs de la colonne. Si, au contraire, on
veut p&u#re eles eaux-de-vie à 98 ou à 73 degrés, on dirige
cette fétrogradation par U sur le premier tiers des plateaux
de la colonne; leo vapeurs non condensées en D passent a u
réfrigérant E et vienne& à l'état liquide se déverser dans l'éprou-
vette O. Les premiers Goduits sont éthériques ; on les met à
part. Vient ensuite la production des alcools bon goût, et enfin
arrivent les alcools amyliques et de inauvais goût, qui sont aussi
éliminés. Pour l'opération suivante, on charge les alcools secon-
daires de la veille dans la chaudière B. La conduite du travail est
très-sûre et très-facile, grâce à l'en~ploi du régulateur de chauf-
fage F.
Ce dernier appareil fournit d'un seul coup des eaux-de-vie excel-
lentes, de Cognac, d'Armagnac, dc la Rochelle, dcs Charentrs ou
du hlidi ; car au lieu cle lui faire produire du 96 degrés, il donne
à volont6 50 à GO ou à 72 degrés centésimaux, et cela par une
seule et unique opération.
Nous appliquons ce nouvel appareil non-seulement aux distille-
ries des pays vinicoles, mais aussi aux distilleries agricoles de
grains et de pommes de terre, et à celles qui fabriquent les 3/6
ordinaires et les genièvres (1). Afin de profiter du caloriqiie perdu
de la distillation et de la rectifir:ation, nous joignons à ces appa-
reils iiue cuve de vitesse R, dans laquelle la matière fermentée à
distiller SC trouve chauffée avant d'eiîlrer dans l'appareil.
L'appareil représenté par la figure 41 est de force à produire
par jour 2,000 litres ile 316 rectifiés dc vins titrant 96 degrés, ou
à volonté 4,000 litres d'eau-de-vie de Cognac ou autres. Son prix
est de 45,000 francs. - Nous établissons des appareils plus petits
ou plus grands, à la dernaiidc de nos clients ; le prix de css appa-
reils varie avec leurs dimensions et suivant la quantité de travail
qu'on veut obtenir par jour.

- . -----
(1) -iuxc~31>ii:e.,nous 1'dppliq:ions à la fdli:cat:cin des i h ~ , n i s .
CHAPITRE XII.

Les distilleries agricoles de betteraves.

La distillerie agricole est indispensable à toute exploitation agri-


cole bien montée, c'est la fabrique d'engrais à bon marché et, par
conséquent, l'objet le plus essentiel et le plus indispensable en
agriculture.
Quoique la question d'engrais soit la première à considérer dans
la création de ce genre d'établissement, il ne faut pas g perdre
de vue la production économique et parfaite de l'alcool, qui doit
venir payer les engrais et laisser, en outre, au cultivateur un
bénéfice raisonnable, el pour cela, nous conseillerons aux agricul-
teurs, de multiplier le plus possible les distilleries bien installées,
avec un matériel très-complet, laissant à la ferme tous les héné-
fices, tous les produits à tirer de ce genre de travail.
Car si les distilleries bien montées donnent de beaux résultats,
celles qui le sont mal, ou inîparfaitement, n'en donnent que de
négatifs à leurs propriétaires.
11 faut donc, pour clu'une distillerie agricole soit dans cle bonnes
conditions, que son travail soit d'tine certaine in-portance, de ,10,000,
45,000, 20,000 ou 30,000 kilog. de betteraves par vingt-quatre
heures, afin que les frais de mairi-d'œuvre soient relativement
réduits.
Il faut que cette distillerie fonctionne par la vapeur, afin d'obtenir
le fonctionnement régulier des appareils mécaniques et de distil-
lation et rectification. Un générateur à bouilleurs coûte peu et les
gens de la ferme apprennent bientôt à s'en servir.
Les distilleries qui n'emploient pas la vapeur, ne fonctionnent
toujours que très-imparfaitement et perdent de l'alcool, par leurs
appareils distillatoires chauffés irrégulièrernent à feu nu.
Il faut, enfin, qu'une distillerie agricole rectifie ses alcools bruts et
livre directement au commerce des alcools rectifiés. Sans cela.
- 54 -
elle perd le bénéfice de la rectification, qui est considérable et,
de plus, les frais de transport et de coulage sur l'alcool brut (ou
flegme) qu'elle envoie souvent à de grandes distances pour les
faire rectifier. Quand, au contraire, la rectification des alcools
s'opère dans la ferme, il n'y a pas de frais de transports perdus,
pas de frais de main-d'œuvre, d'éclairage, etc.; car l'ouvrier
distillateur qui surveille l'appàreil à flegmes, surveille aussi le
rectificateur ; la même lampe éclaire les deux appareils, et dans
le magasin à alcool moins de main-d'œuvre encore ; car, au lieu
d'expédier et cl'enfùter des flegmes à 50 degrés, c'est-à-dire con-
tenant nioitid d'eau, on expédie des alcools fins à 97 degrés.
C'est condamner à l'infériorité et même l'insuccès une distille-
rie agricole, que de la monter à feu nu ; car on l'empêche de
rectifier ses alcools, et on la force ainsi à laisser la plus belle
part de ses bénéfices dans les mains de distillateurs mieux
outillés.
On nous objectera que tous les fermiers ne pourront pas avoir
une distillerie aussi complète, à cause du prix du matériel : nous
renverrons ces personnes au travail de M. Michel Greff, sur les
Distilleries communes, et nous leur conseillerons de monter* une
distillerie par association pour arriver à l'avoir dans de bonnes
conditions, ou se résigner à ne pas en avoir,. plutôt que de perdre
du tcmps et de l'argent à en installer une imparfaitement.

Nous trouvons dans le Journal de I'Agricullure de M. J.-A.


Barral, un article intitulé : les Distilleries communes, de M . Michel
Greff. Nous le soumettons à nos lecteurs; car nous avons eu
occasion de visiter et d'étudier en Allemagne ce genre de distillerie.
qui procure à ses propriétaires de grands bénéfices.

« Les distilleries communes.

D Dans une courte causerie (Bulletin du ,11 janvier 1868), j'ai

indiqué les avantages qui résulteraient, pour les habitants de la


campagne, de L'adoption de fours cornmuns. L'introduction dans les
villages de distilleries communes réaliserait un autre progrès éco-
nomique non moins important. On admet que les résidus de la
distillation des pommes de terre sont, pour les bestiaux, aussi
nourrissants et d'une assimilation plus facile que les tubercules
non distillés. Jl'eau-de-vie retirée de ce végétal est donc un béné-
fice à peu près nrt, puisqu'elle n9exig&iière plus de combustible
que la cuisson et le réchauffement des pommes de terre livrées
intactes aux animaux. Ce bénéfice est tel, que des fermiers de ma
connaissance paient actuellement le loyer de leurs exploitations
avec le produit supplémeiitaire fourni par la récolte des pommes
de terre. Ceux qui savent compter un tantinet, comprendront
quelle mine inexploitée les petits cultivateurs ont sous la main.
Pourtant un bien petit nombre de ceux-ci profitent de cet avan-
tage. Pourquoi cela? Sont-ils ignorants de leurs intérêts ou indit-
férents au gain, au point de dédaigner cette source d~ profits ?
Hélas ! non, ils savent quel bénéfice on peut retirer des pommes
de terre par la distillation, et ils gémissent de ne pouvoir le réa-
liser, eux qui ont tant besoin; mais pour distiller, il faut un
matériel spécial, et le plus grand nombre n'en peut ,pas faire la
dépense. Ceux mêmes qui ont pu se procurer ce matériel, doivent
se conlenter d'un résultat fort incomplet, parce que leur outillage
est nécessairement imparfait, primitif. Mais admettons, par impos-
sible, que tous les petits cultivateurs d'une comnlune puissent faire
les frais d'une distillerie rudimentaire : quelle dépense inutile pour
de minces résultats ! En effet, cent de ces installations coûteraient
180,000 francs, tandis qu'une distillerie perfectionnée commune
ne coûterait pas plus de 25,000 à 30,000 francs.
D Ainsi, économie co~~sidérable dans l'établissement, réunissant
à l'excellence du système l'économie et la supériorité dans la
fabrication, telles sont les considérations qui recommandent les
distilleries coinmuries. Elles permettraient, de plus, de mettre
constamment à la disposition des associés des résidus frais. Ces
résidus mélangés, selon le but qu'on se propose, de farines, de
son, de balles (le trbfle ou de blé, de foin haché, dc menue paille ...,
constituent une excellente nourriture pour le I)étail.
- fi6 -
Y Je ne m'arrête pas aux détails relatifs à 1'Qtablissementet à l'ex-

ploitation de la distillerie commiine. Il existe partout des distilleries


particulières qui peuvent servir de modè!es. Ils ne manquent pas
rion plus, les hommes capables de combiner le mécanisme à une
pareille entreprise, et de le faire fonctionner à la satisfaction de
tous les intéressés. Une seule chose, une cliose capitale nous
manque, à nous autres Français : l'esprit d'initiative. On dirait que
nous tenons absoliiment à convaincre les autres peuples que nous
somnies et que nous voulons demeurer les dignes fils du charre-
tier embourbé. Que ceux qiii trouvent ce rOle indigne d'eux pro-
testent par la création d'industries agricoles communes, ducs à
leur influence et à leur dévouement ! n - MICHELGREFF.
Ce qui se fait en Prusse pour les distilleries de pommes de
terre peut s'npplicluer plus avantageusement encore en France à
l'érection des distilleries de betteraves. Dix cultivateurs mettant
chacun 3,500 francs, créeront une distillerie modèle par-
faitement installée, fonctionnant d la vapeur et livrant directement
ic la consommation ses produits rectifiés, d l'état d'alcool fin.

Un tel établissement sera dans des conditions bien meilleures


que la plupart des distilleries agricoles actuelles, dont l'installa-
tion est vicieuse et incomplete. En effet, ces distilleries marchent
à feu nu et perdent ainsi parfois plus de 20 pour ,100 d'alcool ;
elles nc travaillent que lentement, et laissent s'altérer une partie
de leurs betteraves. Enfin, ccs distilleries ne produisent que des
flegmes, et laissent au reclificatcur un bénéfice considérable que
la distillerie agricole bien montée doit se réserver.
a - :, ~ ,&':~,-.~
.
..
SfmpEiïcation de la main-d'envre*ëT'a6ea&~a.t?oli
du travail de la macération.
Afin de simplifier la&vail des distilleries agricoles et de réa-
liser une &conornie notable sur la main-d'ceuvre t~la macératioe . --u

Plan du nouveau systéme de distribuliqn des cossettrs avec insti


nouvdle des macérateura.
des betteraves, nous avons combiné un montage bien simple, par
lequel la bekterave se rend mécaniquement dans le coupe-racines
---:

s r >a- .- +
- 58 -
et tombe de là, naturellement, dans chaque macérateur. Voici le
plan de cette installation, dont nous nous sommes, du reste,
réservé la propriété par un brevet.
Légende explicatiue des pgu~*es12 et 13. - La betterave lavée est
élevée au moyen d'une courroie en caoutchouc, dans une rigole
qui communique à l'entonnoir du coupe-racines A ; réduite en
eossettes, elle tombe naturellement dans la rigole de distribution
B, et cette dernière, en tournant sur un pivot central et le rail
posé sur les macérateurs, communique la cossette alterriativement
dans chacun de ces derniers.

Fig. 12.- Élévation du nouveau distributeur de pulpes et d'eau acidulée.

On ne pouvait remplacer par u n mécanisme plus simple le tra-


vail des hommes employés dans les distilleries à mettre la bette-
rave dans le coupe-racines et à élever ensuite les cossettes pour
les jeter à la pelle dans les macérateurs. Outre l'économie de
main-d'œuvre, il y a perfection dans le travail, parce que les cqs-
settes restent moins de lemps exposées à l'action de l'air, et qu'elles
sont déposées dans les macérateurs avec une légèreté et une régu-
larité que l'ouvrier le plus habile ne saurait atteindre. On évite ,
par i'emploi de ce distributeur, les pelottes de cossettes compactes
que la macération n'attaque pas" et qui sont perdues pour la dis-
tillerie.
La distribution de l'acide étendu se fait du réservoir h p r un
conduit en caoutchouc qui se rend directement dans la rigole de
distribution des cossettes. Cette distribution est ainsi simplifiée,
car dans l'ancienne distribution, il faut un tube et un robinet
distributeur à chaque macérateur.
En industrie, l'outillage le plus simple est le meilleur; cette
installat.ion nouvelle du travail de la macération rendra et rend
dé.jà de grands services, en diminuant les frais de f~hricationet
en augmentant, par sa rapidité, le rendement alcoolique de la
betterave.
CHAPITRE XIV.

Distillerie de betteraves de M. Camille de Laminet,


à Gattendorf.

E n Autriche, nous avons monté plusieurs distilleries d e bettera-


ves dans le local d'anciennes distilleries d e pommes d e terre ou d e
mélasses. Celle d e M. Camille de Laminet, à Gattendorf par Vienne,
est dans ces co~ditioils;elle est installée dans u n ancien bâti-
ment qu'il a mis à notre disposition, e t pour ce motif, I'espace
enîployé est un peu grand; n ~ a i sla disposition d u niatériel est
très-commodc, et ncus ayons fait exécuter le plan de cette dis-
tillerie pour le donner ici.
La figure 1 i représente le plan dont voici la légende :
A. - Magasin i betteraves.
b. - Laveur.
c. - Monte-beltcraves.
B. - Macération.
d. - Coupc-racines; il sc charge mécaniquement de bcttetüves et se
ddcharge naturellcn~entde ses cosseltes, qui, par la rigole à mouvement
rayonnant, se rendent à voloiité dans chacun des macérateurs.
e. - Série des macérateurs.
C. - Quatre curcs de fermantûtion bien groupées, pour diininuer le
coût des tuyaux de corninuriicationdes jus et de vidange vers la pompe.
D. - Emplacement des appareils de distillatioii et de rectification, et du
réservoir à flegmes.
Les réservoirs à jus fermentés et à eau froide sont portés sur le mur
pour éviter un plancher et d'autres frais de suspension.
E. - Magasin à 3/6 où il se garde, dans un grand réser~oircn tôle
à l'abri de l'évaporation et du coulage, jusq'au moment de l'espédition .
F. - Local du génhrateur et G, cehi de la machine à vapeur que sur-
veille aussi le chauffeur.
La figure 15 représente i'élévation du plan des diverses parties
de ce matériel.
Nous appliquons cet. disposition aux petites et aussi aux dis-
tilleries de betteraves de grande dimension. Celle de M. Karl
Kamniel et C; à àrusbach, près de Vieilne, est installée ainsi, pour
un travail journalier, de 3.5 à 40,000 kilog. de betteraves.
CHAPITRE XV

Distillerie de betteraves de M. Robert Campbell


à Buscot-Park (Angleterre).

Nous étudions depuis quelque temps un mouvement remar -


quable qu'il est intéressant de signaler. Après avdr fourni, durant
une longue période d'années, à notre agriculture,ndionale et au
monde entier, ces admirables instruments qui ont fait faire tant de
progrès aux travaux des cliamps, les invcnteurs anglais et w é r i -
cains assistent aujourd'hui, chez eux, à un spectacle contraire.
C'est nous qui ilon-seulemenl leur envoyons leurs engins avec l'ad-
jonction d'utiles perfectionnements; mais c'est nous encore qui
leur fournissons des appareils qu'ils appliquent avec succès à leur
culture industrielle. C'est ainsi que nous venons de terminer le
montage, en Angleterre, de la première distillerie de betteraves.
Cct établissement est situé dans la belle propriété de M. *Robert
Campbell, ancien membre du Parlement et très-habile agricul-
teur, qui a réalisé à Buscot-Park (comté de Berkshire) des travaux
qui excitent la surprise autant que l'admiration.
Nous- allons enlrer dans quelques détails au sujet de cette
exploitation agricole, qui compte plus de 2,503 hectares, et pour
laquelle il a fallu élever une distillerie très-iniportante, capable
de produire des résidus sufisants rour l'engraissement de 20,000
moutons et de 5,500 bceufs. La betterave, contrairement aux pré-
jugés étaBfis, vient très-bien en Angleterre. M. Campbell a obtenu
cette année, pour un premier essai, 43,000 kilogr. à ?'hectare, et
c p racines titrent, d'après les résultats des analyses exécutées par
M. Jacques Barral, chimiste à Londres, de 10 à 12 pour c w t de
sucre.
Les charrues à vapeur et les autres puissantes machines agricoles
que IV1 . Robert Campbell emploie dans son exploitation, servent
admirablement bien la culture de la betterave, qui exige un l&o,ur
prqfond et des terres parfaitement propres et préparées. Les qinq
chidrrues à vapeur de Buscot-Park sont du système de John Fowler.
Elles peuvent retourner le sol à un mètre de profondeur, Chacun
de ces instrun~entslaboure, par vingt-quatre heures (car ils fonc-
tionnent nuit et jour), dix hectares. M. Campbell estime le coût
b u labour à vapeur à 5 francs l'hectare, tandis qu'exécuté avec
des bœufs ou avec des chevaux, la même quantité revient à
23 francs environ.
Pour peindre fidèlement Buscot-Park, un volume serait à peine
suffisant. Il faudrait décrire la Tamise, qui borde cette grande ex-
ploitation et qui fournit les énormes forces motrices hydrauliques
appliquées aux irrigatioi~sopérées sur une vaste échelle ; il faudrait
faire connaître l'immense bassin central qui contient, avec les
compartiments superposés, trois millions de mètres cubes d'eau
destinés à rdpandre la fertilité dans les prairies. Nous laissons
cette description à des hommes plus compétents que nous, à
M. Barral, rédacteur en chef du Journal de l'Agriculture, par exem-
ple, qui saura décrire avec son éloquence exacte et savante, les
merveilles de l'agriculture anglaise, comme il nous a déjà initiés
aux progrès accomplis dans nos célèbres cultures du nord de la
France, et nous revenons spécialement à la clistillerie de Buscot-
Park.
On a installé à cet établissement, pour mode d'extraction des jus
de betteraves, les nouvelles presses continues du système d'un de
nos compatriotes, de M . Collette, de Séclin (Nord). Neuf presses
sont actuellement montées, et le local construit ud hoc est préparé
pour en recevoir quarante. Les presses actuelles font en quinze
heures l'extraction des jiis de cent cinquante mille kilogrammes de
Ei
betteraves. Les cuves de fermentation ont été établiei 'à Paris ;
elles sont de la contenance de 300 hectolitres chacune. Les pompes
à vins et autres viennent de chez MM. Baudet et Boire, mécapi-
ciens à Lille; ce sont aussi ces messieurs qui ont construit k s
presses du système Colletk.
Pénétrons maintenant dans le vaste local des appareils, déjà
occupé cette année par deux énormes colonnes distillatoires et un
rectificateur de notre syslème, et nous voyons encore une place
laissée ligie pour tripler dans peu de temps ces appareils. 11)
M: Robert Campbell a eu l'heureuse idée de joindre, comme a n k e
aux bâtiments AIevés exprès pour donner asile h ces engins, un
rnagssin destiné à loger tous les alcools produits dans une cam-
pagne. A cet effet, de vastes réservoirs en tôle ont été dressés pour
contenir, à l'abri de tout coulage et de toute évaporalion, les 3/6
prêts à être livrés yuaiid les cours seront le plus rémunérateurs.
If. Robert Campbell a su déployer u r e rare énergie et une per-
sévérante activité à la réalisatiori de ses idées. Nous l'avons vu à
l'œuvre, et nous pouvons dire hautement qu'avec des hommes
semblables, l'Angleterre sera longtemps à la tête du progrès. L'im-
portation de l'industrie de la distillation des betteraves dans le
Royaume-Uni apportera un élément nouveau à la prospérité et à
la grandeur d'une nation qui sait adopter chez elle, sans parti pris
et avec intelligence, les meilleures inventions du moiide entier.

- - -

(1) Monsieur Robert Campbell, après une première campagne, vient de nous com-
mander les immenses appareils destinés à la réalisation de ce projet ; ces appareils
fonctionneront a Buscot pour la campagne prochaine.
CHAPITR$ XVI.

Extraction des jus de betteraves par les presses continues


de M. Collette.

Nos lecteurs qui ont déjà pratiqué la distillation, connaissent


tous les inconvénients (le la macération ordinaire, dont le travail
est lent et incomplet. 1\11. Auguste Collette, fabricant de sucre et
distillateur à Seclin (Nord), a inventé une presse continue qui est
très-ingénieuse et qui perrnet d'obtenir des résultats très-remar-
quables, en épuisant d'une f a ~ o nabsolue la partie sucrée contenue
dans la betterave, à l'aide d'une macération à la vinasse chaude
entre deux pressions énergiques exercées par cette nouvelle ma-
chine.
Par les procédés ordinaires, les cossettes de betteraves restent
de six à huit heures à macérer; tandis que par la presse Collctte,
1'extracti;bn des jus prend à peine dix minules. Cette rapidité de
travail procure des fermentations supérieures et un rei~dement
alcoolique plus élevé. 011sait aussi que les pulpes de la macéra-
tion usitée jusqu'ici, contiennent une énorme quantité d'eau, ce
qui rend les transports très-coûteux. En outre, les pulpes de la
macération s'altèrent promptement. Celles de la presse Collette
peuvent se conserver intactes durant plusieurs années.
Voici la manière d'opérer pour arriver à ces résultats :
Les betteraves sont ripées; la pulpe tombant cle la râpe est
aspirée, au fur et à mesure tle sa production, par une pompe foü-
lante qui l'injecte sous une pression de une et demie à deux atmo-
sphères dans les presses continues à l'action des cylindres per-
- 68 -
Illéables. Sous l'influeilce de ce double s ~ s t è m e ,le jus se sépare
de la pulpe en passalit à travers les cylindres, s'écoule dans un
tamiseur circulaire inécaiiiquc: et, de là, est dirigé, dans un état
d'épuratio~iparfaite, dans les quves de fermentation.
La pulpe, souiiijse à deux laminages successifs dans la même
presse, s'échappe des cylindres parfaitement pressée à raison de
20 à 23 0/0 du poids des betteraves, selon leur nature plus
ou i~loiiislig~îeuse,et tombe à l'une des extrémités du délaÿeur-
macérateur, où elle se trouve immédiatement eii contact avec la
t colonnes à distiller.
vinasse chaude ~ e n a n dcs
Cette pulpe, dans sa circulation d'uiie extrémité à l'autre du
délayeur-~iîacirrateurà palettes, subit, par le mouvement et la di-
visioii des mol6cules, une macération tout a fait complète. Elle
est alors aspirée de iiouveau par une dernière pompe qui la foule
dans d'autres presses seniblables aux premières, où elle subit une
prezsioii aussi énergique que la première fois, et de là est dirigée
par uii coi~duit,dircctcment à l'extérieur des bâtiments, dans les
wagons ou les magasins. Le jus faible yroveniint de cette deuxième
pression, ailditionné alors de la quantité d'acide nécessaire, s'écoule
dir&rneiît et en totalité sur la râpe, pour en faciliter les fonc-
tions, en rcmplacemeiit de l'eau emplojée habituellement.
De cette manière, la densité du dus de prerilière pression mis
en fermentation, au lieu d'être affaiblie, se trouve au contraire
augmentée et peut être amenée de 3 412 a 4 4/2, à la v$onté du
distillateur et selon les lois qui régissent les matière?! à fermenter.
La pulpe, clans son passage daqs le macérateur à la vinasse,
absorbe en abondance les matières azotées qui ont été coagulées
par la chaleur dans les coloilnes distillatoires et les conserve en
grande partie après la pression; c'est ce qui explique sa qualité
exceptioiiiielle et sa supériorité pour la nutrition des bestiaux, sur
toutes les pulpes coiillues jusqu'à ce jour. Sa coiiservation est
d'autant plus facile et de plus longue durée, qu'elle se prête mieux
que toute autre au tassement dans les silos, où elle ne forme plus
qu'un bloc sdide et entièrenîei~tprivé d'air.
~L'extractioii du jus de la betterave par ce procédé, se fait pour
ainsi dire ii la minute et d'une façon tellement rapide, qu'il ne peut
- 69 ,-

y avoir nulle part aucune cause d'altêration. Aussi l e jus coiiser-


vent-ils leur couleur primitive; ils son6 blancs ou roses, selon la
nuante de la betterave râpée, et la pulpe est toujours d'me blan-
cheur et d'une propreté remarquable, puisqii'elle ne peut, en au-
cun cas, contenir aucune impureté, même de la terre provenant du
lavage incomplet des betteraves. C'est aussi à cette rapidité dans
le travail d'extraction du jus, qu'il faut attribuer la beauté et la
facilité des fermentations et par suiteqa qualité exceptionnelle des
produits.
On peut résumer ainsi les avantages obtenus par l'emploi de la
presse de M. Collette, représentée par notre figure 16 :

Pig. 16. - Presse continue de 111. Collette, pour l'extraction des j u s de betteraves.

IoExtraction comyl&te de matihre sucrée;


20 Qualitéexceptionnelle de l'alcool, due à la rapidité du travail d'extraction
du jus ;
3. Pulpe d'excellente qualité et @une conservation facile, à cause de sa siceit6
et contenant les matières nutritives existant daiis la vinasse ;
40 ficonornie de combustible, t~ cause de la densité élevée du jus à disiller ;
50 Fermentations toujours tris-bonnes, sans le secours de la levûre ;
60 Matériel simple à la portée de tous et d'un entretien presque nul ;
73 Exiguïté des bàtiments nécessaires pour l'extraction du jus ;
80 Facilité d'opéfer aussi bien sur de très-grandes que sur de petites
quantilfs.

Ajoutons que tous les établissements, soucieux de maintenir


lerirs produits à la hauteur de leur renominée, ont adopté ce sus-
tème, et que les distilleries Savalle ont été les premières à l'intro-
duire auprès de leurs appareils.
CHAPITRE XVII,

Rendement alcoolique des betteraves et prix de revient


d'un hectolitre d'alcool.

En Autriche, les moyennes de rendement des usines installées


par not,re maison ont élé jusqu'ici tie 6 0/0 d'alcool fin à 90 degrés.
En France, ce rendement a été cette année de 5 litres 1/2 à
90 degrés, par 100 kilog. de betteraves.
Pour le rendement des betteraves en pulpe servant à la nourri-
iure d u bétail, ,100 kilog. de betteraves fournissent, en moyenne,
65 kilog. de pulpes cuites, dont la valeur nutritive est supérieure
à celle de la betterave crue.
$ i c i le prix de revient de cent litres d'alcool fin, d'après les
lfvres d'une distillerie agricole, travaillant par jour 25,000 kilog.
tle betteraves
10 Betteraves, 1,792 kilog. (soit 1,800), à ZS fr.. ............. 32 fr. 40
20 Charbon, 120 liilog. à 30 fr. la tonne.. .................... 3 60
8 0 Acide, 2 kilog. a 20 fr................................... ' 40
40 blain-d'œuvre.............................................. 3 ),
3' Frais divers, intérkt, ainortissement,. ........................ 5 GO

Dont il faut déduire 1,170 kilog. de pulpes, à 10 fr. la tonne.. ...


Les cent litres de 3/6 fin reviennent à........................
Le logernent en pipes en Iiois a coût6.. ........................
Prix net :

Cette usine a produit l'alcool fin à 38 fr. les cent litres, à 90


degrés.
Ce prix de revient varie suivant le rendement cle la betteravc
ek.suivant le nombre des jours cle travail ; mais il prouve que 1ii
dlktillerie agricolc, hieii iuoiitée, est et restera toi!joui+sune excel-
te opératioti.
I(1ri
CHAPITRE XVIII.
Devis approximatif de distilleries de betteraves.

Devis approximatif du matériel d'une distillerie travaillant par jour


25,000 kilog. (500 zenlnern) de betteraves, et livrant au conz-
merce ses produits rectifiés à l'état de 3/6 fin à 96 et 97 degrés.
#?ordemotrice:
l0
Uii générateur ,de vapeur de 25 chevaiix.. ............ 3.370 fr.
voteur :
Urie machine à vapeur de 4 chevaux.. ................ 1,800
Une pompe à eau.. ..............................
Une pompe à vins. ...............................
Une pompe à jus faibles.. ........................
Une pompe aliinentaii e. .............................
1 .O00

Transmissions de mouvement.. ...................... 1.100


200
1
3" Disiillnlioni des viiia de betteraves :
Colonne distillatoire avec régulateur. .................. 7 .O00
4 OReetifienlion des alcools bruts.
Rectificateur à cliaudibre tôle.. ...................... 7.000
s tole :
S0 ~ & s e r r o i reii
Un pour les alcools bruts, de. ...... 30 liectolitres. j
Un pour les alcools rectifiés, de.. .... 50 -
Un pour les alcoc~ls mauvais goût à
retravailler, de.. ................. 25 - 1 .CO0
Un pour les jus faibles, de ........ 25 -
Un pour l'eau froide, de.. ........... 13 -
Un pour i'esu chaude, de.. ......... 15 -
(10 Macération :
Un laveur de betteraves.. ........................... 400
Quatre macérateurs à établir en bois, sur place. Mémoire.
Une cuve à vinasses.. ........................ id.
Un coupe-racines.. ................................ 350
S0 Fermentation :
Quatre cuves de 100 liectolitres en bois. ..... Mémoire.
Re Tuyauterie et robineCterie de l'usine, environ. .. 3.180
Matériel complet : Total. .............. 27.000fr.
Devis a p p r q i m a l i f du matériel d'une distillerie trauaillant par jmir
35,000 kilog. (soit 700 aentnem) de betteraves, et l i w a n t au corn-
mewe ses produits rectifiés d I'état de 3/6 fin à 96 et 97 degrés
centésimazcx.

a0 Force niotriee :
Un gé~érateurde vapeur de 30 chevaux.. ............ 3.300 fr.
S0 Moteur :
Machine à vapeur de 5 à 6 chevaux.. ................ 2.400
S0 Poinpes :
,Une polir les jus fermentés.. ......................
Une à eau froide.. ..............................
Une d'alimentation du générateur.. ...............
Une à jus faibles.. ..............................
Transmission de mouverneiit, environ. ................
-0.O 1I)iritillatioii des vins :
Vne colonne distillatoire avec r6gulateur de vapeur., ....
S0 Beotilioatioii ales alcools briits :
Un rectificateur no 1, à chaudière en tôle. .............
6 O Rhserroirs en tole :
Un pour les alcools bruts, de. .... 100 hectolitres.
Un pour les alcools rectifiés, de. ... 50 -
Un pour les jus faibles, de.. ...... 25 -
Un pour l'eau froide, de.. ........ 23 -
Un pour l'eau chaude, de.. ...... 15 -
go RIae&ratioii:
Un laveur à betteraves.. ...........................
Six macérateurs en bois, à établir sur place.. . Mémoire.
Une cuve à vinasses.. ....................... id.
Un coupe-racine, grand modèle.. ....................
A0 Fermeiitatioii :
Six cuves en bois, de 100 hectolitres chacune. Mémoire.
S0I r a tuyauterie et robinetterie de l'usine, variant
suivant la disposition des locaux ...................
Matériel complet : Total ............ 34.000 fr.
--
CHAPITRE XIX.

Distillation des .maïs, des seigles, des riz, etc., par 10


malt.

Nous donnons dans les figures 17,28 et 49, le plan d'une usine
spécialement installée en vue de la distillation des grains par le
malt. Nous modifions, du reste, la disposition d u matériel, suivant
les locaux qui nous sont donnés pour l'dtablir.

Fig. 17. - Vue en élévation d'une distillerie de grains.


Voici la légende explicative de la vue en élévation :
A. - Le grenier à grains.
B. - Le grenier à farines.
Ç. - Cave où se fait le malt.
Li. - Toiiraillc pour séclier Ic iiialt.
Fig. 18. - Local des appareils et de la machine vapeur.

Fig. 19. - Vue en plan d'une distillerie de grhins.


Dans la vue en plan, nous trouvons en .
E. - Les deux paires de meules pour moudre les grains.
P. - Le local de fermentation, contenant dix cuves en bois.
G. - Les générateurs: ils sont ici tubulaires; mais e n g é ~ é r a l ,pour les mou-
tages lointains, ils se montent d. bouilleurs, parce q u e c e système est trés-simple
,
er peu sujet a réparation.
H. - Local des pompes et des appareils de distillation, de production, de
genikvre et de rectification.
1. - Machine à vapeur.
J. - Tonnellerie.
Ii. - Magasin à alcool.
L. - Bureau de la distillerie.

Les distilleries d e grains d u nord d e la France qui se servent


d e nos appareils, obtiennent d'un mélange d e 80 kilog. d e seigle
e t d e 20 liilog. d e malt, d e 30 à 32 litres d'alcool fin rectifié (base
d e 90 degrés).
Les distilleries d e riz obtiennent d e 100 kilog., suivant la qua-
lité-du riz, 33, 35 et même 38 litres d'alcool fin.

Bzvis approximatif du matériel d'une distillerie opérant par le malt


et travaillant par jour 6,000 kilogramînes de ~enaLs, de seigle,
d'orge ou d'autres grains.
I o Force uiotriee :
Deux géiiératrurs de vapeur de la force de 83 clievaux
chacun.. ....................................... 10.000 Sr.
R0 ,Moteur :
Machine à vapeur de la force de V
l 2 chevaux.. ....... 5.000
3 O Moulin :
Pour la mouture des grains.. ..................... 6.400
4 O Distill~tioii:
Une colonne distillatoire Savalle.. .................. 42.000
Uii appareil de rectification des alcools. .............. 8.000
5 O Ponipes:
Une-pompe f~ vin ou jus fermenté, en bronze.. ....
Une pompe en fonte pour l'eau froide.. .......... 3.500
Deux pompes alimentaires.. .....................
Go ~ a e é r a t i o i i :
Deux macérateurs mécaniques.. ..................... 6.500
go Fernieiitntion :
Dix cuves en bois, contenant chacune 220 hectolitres
(à construire sur place). .......................... )) »

A reporter.. ... 51.400 fr.


Report. .... 81.400 fr.
S0 Rdservoirs en tôle :
Un ....................
pour les alcOols bruts..
Un pour les alcools bon goût.. ...............
Un à eau froide.. ............................ 2.000
Un à jus fermenté ............................
Un à eau chaude.. ..........................
S0 Robiiietterie et tuyauterie, tuaiismissioii et
iuoiitages divers. ........................... 6.600
Total approximatif.......... 60.000 fr.

N. B. Si l'on n'opérait pas dans l'usine la mouture des grains, il y


aurait à déduire de ce prix : les moulins, dix clievaux de force du 64-
nérateur et huit de macliine; soit, ensemble, environ
10.000 francs, ci .................................... 10.000 fr.

La distillation des grains offre de précieuses ressources à l'agri-


culture; elle forme le travail complémentaire des distilleries de
betteraves. En effet, une campagne de betteraves ne dure guère
plus de 420 jours; le matériel de la distillerie chaume plus des
deux tiers du tenips. 011obvie à cet inconvénient, en continuant
le travail par la distillation des grains. On se procure ainsi I'été
des résidus excellents pour le bétail, et qui remplacent à bon
compte les fourrages souvent chers et rares à cause de la séche-
resse.
Par la distillation des grains achetés au dehors, on apporte à
la ferme :
l 0 Le bénéfice résultant de la production de l'alcool ;
20 Des résidus excellents qui produisent de la viande et des
laitages ;
30 T_be quantite considérable d'engrais empruntés a la terre qui
a fourni le grain.
C'est donc une très-productive opération agricole, qui déjà a
et6 appréciée et qui est appliquée chez plusieurs distillateurs
itgriculteurs, dont nous avons installé les usines,
CHAPITRE XX.

L a distillation d e s g r a i n s , des fécules, d e s résidus de


féculeries et de m i n o t e r i e s , des c a r o u b e s , etc., etc.,
par la saccharification acide.

La distillation des grains se trouve parfois entravée par l'im-


possibilité où l'on est d'utiliser les résidus ou de les vendre pour
la nourriture du bétail. Le mieux, dans ce cas, est de les travail-
ler par la saccharification acide, et de vendre les résidus comme
engrais; c'est ce qui se pratique dans plusieurs usines du nord
cle la France, -!la distillation des grains dans ces établissements
est un accessoire de la distillation des mélasses - pour utiliser
dans les fermentations de ces sirops, les principes de ferments con-
tenus dans les grains et les acides employés à la saccharificationl,
Certaines usines, à Rouen, travaillent spécialemeiit les riz et les
maïs par les acides, quoique par cette méthode les résidus
aient une valeur bien moindre que ceux provenailt du travail par
le malt; mais il faut prendre en considération que l'opération est
plus simple et exige bien moins de main- d'œuvre. En effet, les
opérations de la trempe, du maltage, du touraillage se trouvent
supprimées;bes grains, au lieu d'être parfaitement réduits en fa-
rine, peuvent n'être que concassés seulement.
\ c e travail par les acides convient donc parfaitement dans cer-
tains cas, et nous le conseillons surtout quand il s'agit de saccha-
rifier des matières dures, difficilement attaquables par le malt,
telles que les riz, les maïs, les caroubes, les résidus de féuleries
et ceux de minoteries.'
Nous donnons ci-dessous le d ~ v i sd'un matériel pour produire,
par ce procédé, 2,000 litres d'alcool par jour, et nous I'accompa-
gnons d'un plan d'installation, pour que nos lecteurs puissent se
rendre compte de l'emplacemcnt nécessaire à ce genre d'usine.
Devis approximatif du matériel d'une distillerie saccharifZant par l'acide
tes grains , fécules ou résidus de féculerie. - Produit journalier.
2,000 litres d'dcool /in.

20 Foree motrice : -Trois générateurs de vapeur de


I chevaux, chaque. ................... .Fr. 12.500
la force de X n
-
2" Rioteur : Machine à vapeur de 5 chevaux.. .....
2.000 ))

30 Distillation : - Une colonne distillatoire munie de


soli régulateiir de vapeur ............................... 10.000 ))

Un appareil de rectification il0 2 , à chaudière en tdle. ..


8.000 ))

(II y aurait, pour une chaudière en cuivre, augmentation


de 3,800 francs.)
4" Pompes : - Urie pompe i jus fermenté en bronze;
Deux pompes en fonte de fer pour eau
froide ;
Deux pompcs alirnen taires.. ........... 4.000
3 Saccliarific~tian :- Deux cuves de 180 liectolitres,
à 3 fr. l'hectolitre ........................ Fr. 1.O80 n
6" Saturation : - Trois cuves de 80 lieçto-
litres, à 3 Fr. l'hectolitre.. ..................... 720 ))

-
7" Fernientstioii : Six cuves de 130 liec-
......................
tolitres, Li 8 fr. l'hectolitre 340 )) 4.140 ))

80 ~éaervoiraen tôle:- Deux pour les alcools bruts;


Un pour les 3/6 bon goût;
Un à eau froide;
Un à jus fermenté;
Un à eau chaude, environ.. 1.700 ))

go Robinetterie, tuyauterie, traiiaminsions et


nrontam divercr. .................................. 6.600 ))

Total.. ......... .Fr. 48.940 ((


Fi& 20- Vtre en 6léIévation et coupe la@,tudinale d'une aistiiierie i
ou de r&i&us de léeulerie ou de minoterie,
&Y
i
.. *.;
voici l ~ i é g e n bexplicative des @in figures :
> .
L ~,,
,
- :<
L

A; A.' - Cuves Te sacchari6cation, 6olIdement etahlies, oh le9 aiatiére


0. - Concasseurs pour les grains.
p. -Réservoir h 316 extra-fin.
q. - - - fin.
î. - - - mauvais goût.
S. - Cheminée des générateurs.
T. - Grenier de charge des cuves à saccharifier.
1, 2, 3, 4, 1, 6, - Soupapes d'eirrplissage des cuves de fermentation.
7, 8, 9, 10, 11, 22. - de vidange des jus fermentés d*
.. -la citerne.
M. A. Tilloy-Delaume, distillateur à Courrières (Nord), a
enrichi la distillation d'un nouveau procédé dont il s'est réservé
la propriété par un brevet. Ce procédé consiste à recueiilir les
matières azoté~sque renferment les vinasses de distillation de
grains, par l'acide, en faisant couler ces vinasses dans des
citernes et en les y laissant au repos pendant plusieurs jours. La
majeure partie des substances azotées se précipite, et quand le
liquide supérieur s'est éclairci, on le fait décanter.
Le dépôt égouté à l'air d'abord, est désséché ensuite à l'aide dela
chaleur. Il se présente sous forme d'une matière pulvérulente de
couleur gris noirâtre, presque sèche et dont le transport est con-
séquemment très-facile.
Plusieurs analyses de ce produit ont été faites par de bons
chimistes. - Voici celle à laquelle nous attachons Ie plus d'im-
portance, parce qu'elle a ~té-faitepar un chimiste industriel du
Nord très-estimé, RI. B. Corenwinder, et qu'elle a été présentée
par lui dans un rapport au Comice agricole de Lille.
Eau.. ................................................. 8.50
Matières organiques.. .................. 69.54
Azote (moyenne, deux analyses)........ 4.26
73.80 73.80
Matikris minkrale.. ................... 17.70
i00.00
Azote dans 100 parts matière sèche 4.71.
De cette analyse, on peut conclure que l'engrais extrait du maïs
a une valeur fertilisante, qui se rapproche de celle des tourteaux
de sraines oiéagineuses qui contiennent souvent moins de Ci 010
d'awe.
Cet engrais de maïs r'enferme en outre une proportion très-nota-
ble de phosphate et de sel de potasse, éléments qui concourent,
avec les substances azotées, à la nutrition des plantes.
L'usine de Courrières a vendu, celte année, plus d'un million de
kilogrammes de ce nouveau résidu ; employé pour les betteraves,
il a donné d'excellentes récoltes. Tout produit nouveau doit, pour
se faire coppaitre, se vendre à bon marché ; l'usine de Courrières
*&
a bien c-ris cela, en ne vendant son nouvel engrais que 115
francs les 100 kilogrammes, quand sa valeur cornparde aux autres
engrais est de 20 à "L francs.
Les frais de fabrication s'élèvent à 3 francs les 400 kilogrammes.
QI-obtient par 100 kilogrammes de maïs de 20 à 23 kilogrammes
de résidus.
._&^_ ^ *.._-*
M. A Tilloy-Delaume nous a autorisés à céder, par licences, sdn
procédé à nos clients qui montent des distilleries de grains par
l'acide, ainsi qu'aux autres usines de ce genre déjà iristallées. -
Nous donnerons donc à cet égard tous les renseignements qu'on
voudra bien nous demander.
Les conclusions de ce chapitre se résument principalement en
deux points : Fabrication d'alcools recherchés par leur haute qua-
lité, et production d'engrais riches et abondants. Le devis que nous
avons soumis à nos lecteurs n'atteint pas des chiffres tellement
élevés, que les agriculteurs puissent craindre d'employer pareil
capital dans la construction d'une distillerie annexe de leur ferme.
Placé dans cette industrie, il rapportera des bénéfices plus consi-
dérables que jeté aux aventures de la Bourse et des affaires de
banque. 11 profitera à toute la contrée, tout en enrichissant ses
propriétaires, et il contribuera largement pour sa part à la pros-
périté générale du pays.

CHAPITRE XXI.
Distillation de mélasses seules ou mélangées de grains
ou de betteraves.
Dans cette notice, où nous parlons un peu de toutes les espbces
de distilleries, nous ne pouvons omettre br parler des dist.il1eries
"demélasses, qui, à elles seules, fournissent environ un tiers de In
production totqle. de l'algool.
Nous $&nons le plan et Ic devis du matériel d'une deees dis-
tilleries pour un travail journalier de 10,000 kilogrammes $e
mélasse, soit une production d'alcool d'environ 2,800 litres.
Depuis l'emploi de l'acide sulfurique bien dosé dans les fermen-
tations, certaines distilleries, convenablement outillée<&ont par-
vel)ueç à dever le rendcrnent de 100 kilogr de mélasses à 28 litres
d'alcool iin à 90 degrés. Ces distilleries obtiennent en outre 10
liilog. de potasse.
Un de nos grands industriels du Nord, M. Eugène Porion a fait
faire un progrès rkel à cctte industrie, par l'invention d'un four à
potasse très- remarquable. Dans Ce foiir, les vinasses à évaporer
sont rCduites en poussiè:.e, en pluie fine, et celte pluie y est tra-
versée par un courant d'air chaud, provenant presque compléte-
ment de la chaleur perdue de l'incinération de la potasse elle-
même. Il résultè de cette heureuse disposition une économie
d'environ 3û 0/0 de combustible.
Voici ce que coûte, dans les usines produisant 3 pipes, d'alcool
par jour, le travail de 400 kilogrammes de m6lasses.
Cliarbon ................. .+.. 1f . 3 2 ~ .(1)
Levure.. ................... O 56 '
Ou\ricrs ................... O 53
Acide sulfuriqiie.. .......,... O 28
Pipes pour loger l'alcool. .... O 99
Fraii& 3 68
A ce compte, il faut ajouter les frais gknéraux, l'intérêt et I ' a ~ o r -
tissement du capital. Cles éléments sont variables; mais en
moyenne, l'intérêt et l'amortissement peuvent être fixés à
63 centimes par 100 kilog. de mélasse, dans une usine prcduisant
aii nioins G pipes cl'alcool.
Quant aux haais généraux, ils s'élèvent, pour ce même travail
journalier, à 84 cenlimes. Dans une usine, au contraire, produi-'
sant par jour 15 pipes, la somme de 1 fr. '47, représentée-par les
éléments réunis que nous venons d'examiner, se réduit aussitôt à
86 centimes. Il en est ainsi pour toutes'les grandes fabrications
et les vastes usines qui_ seules peuvent -faire descendre aussi 6as
que possible le prix de revient.
(l)~a dépense de combuslible est diminuee de 30 0/Q par l'emploi du Four Porion.
Comme noue l'avons dit dans i;i$ chapitre précédent, on peut faire
un travail mixte en saccharifiani des grains par l'acideCet parvenir
ainsi à diminuer, pour le travail des mélasses, la dépense de Ievûre,
et supprimer en tatalité la dépense relative à Yacide sulfurique.
On peut encore, dans le cas où la siiyation d'une distillériede
mélasses permet la vente de pulpes pour la, nourriture, du
bétail, opérer le travail mixte: de mélakses et d e betteraves.
La distillation des mélasses nécessite la dépense de &quantités
'

considérables de 1evMe pour la fermentation et de combustible pour


l'évaporation des vinasses; ces distilleries offrent, eii outre, le grave
inconvénient de livrer au commerce, comme produits chialique6
tous Ies salins qui devraient retourner à: 13 terre comme engrais.
* .
Nous proposons, comme moyen d'obvier à ces inconvénients,
cl'aqnexer aux distilleries de mélasses, la macération des bette-
raves par les vinasses de mélasses. NOUS obtenons par ce traval-l :
40 La suppression d'une partie de la dépense de levûre pour
les fermentations: ces dernières s'opèrent par le ferment contenu
clans les betteraves ;
Po La suppression d'une part de 1; dépense du combustible :
les sels contenus dans les vinasses se rendent dans les cossettes de
betteraves po* y déplacer le sucre, et augmentent la valeur nu-
tritive de ces cossettes ;
3e Enfin: nous rendons à l'agriculture des pulpes de betteraves
excellenteç contenant tous les sels qui lui sont enlevés aujourd'hui.
La dépense de matériel pour ce travail mixte est peii impor-
tante; elle se réduit à l'acquisition d'un laveur debetteravas, d'un
coupe-racines et de quelques macérateurs, figurés page 5.5 de cette
notice: aussi engageons-nous beaucoup messieurs les distillateurs
de mélasses à appliquer ce nouveau système de fabrication.
Si les distillateurs de mélasses n'étaient pas agriculteurs el
s'ils tesaient àvendre, d'une part, les pulpes de betteraves, etd'au-
tre part, 1 q sels de potasse contenus dans leurs mélasses, il fau-
drait qu'ils se sitrvissent, pour extraire le jus des betteraves: de la
presse continue du système de M. Collette. Ils auront ainsi des
pulpes excellentes et des jus de betteraves parfaits à introduire
dans lems fermentations de mélasses.
Voici la légende explicative des figures 22 et 23 :
A. - Cuve à nrélange, où I'on met la mélasse au point req& pour une
bonne fermentation. On la délaye à cet effet avec de l'eau, pour la porter h
5 112 degrés d u densimétre, et on porte la température du mélange de 24 à
2 6 centigrades.
C'est aussi dans cette ciive que l'on met l'acide s~~lfuriqiie nécessaire à IqTer-
mentation; le dosage de cet acide différe suivant le degré d'alcalinité des mé-
lasses.
11, B., B", etc. - Dix cuves dc cent quatre-vingts hectolitres chaque pour la
fermentation.
C. - Citerne située sous les cuves, oii ces dernières sont rEservées pour étre
distillées.
D. - Réservoir à jus fermentés, .pour l'alimentaticn de la colonne distillatoire.
E. - néservoir d'eau froide.
F. - Appareil distillatoire, systéme Savalle, muni de son régulateur de
vapeur.
G, 6'. - Réservoir à flegmes.
II. - Appareil de rectification.
1. - Réservoir à 316 bon goût.
J. - Machine à vapeur.
IZ.- Pompes.
L, L'. - Deux générateurs semi-tubulaires, syst&me E. Victor Fourcy et C'es
M. - Pour Porion, poix l'évaporation des vinasses et pour l'incinération des
polasses.
N. - Cheminée du four Porion.
0. - Clieminke de l'usine.
CI-IAPITRE XXII:

Bâtiments tubulaires appliqués & l'érection des


distilleries.
Nous avons donné, dans les chapitres précédents, des rensei-
gnements nombreux et très-exacts qui suffiront à fixer nos clients
sur la dépense nécessitée par l'acquisition du matéiiel des distil-
leries. Il nous reste à leur indiquer le choix des bâtiments qu'il
faut élever pour loger ce matériel. Cette dépense varie, suivant
les matériaux employés et suivant les localités, de 35 à Ci0 francs
par mètre carré de terrain construit ; mais le mieiix est de
s'adresser en général à un bon architecte au courant des prix
des entrepreneurs du pays même.
Dans cerlains cas, cependant, et notamment pour les distilleries
à monter dans les contrées où cette industrie est à implanter pour
la première fois, il est préférable de s'en remettre à nous-mêmes ;
car nous construisons depuis quelque temps des bâtiments en
fonte de fer, dont nous donnons la disposition dans nos gravures
24, 23 et 26. Nous voulons, par ce nouveau système de construc-
tion, arriver aux progrès suivants :
4 0 Édifier plus promptement une usine ;

2O Obtenir cles bâtiments légers, solides et parfaitement appro-


priés aux bvsoins du travail;
30 Réaliser une économie notable dans la dépense nécessitée
par la tuyauterie habituelle de l'usine; car les colonnes en fonte
formant le bâtiment sont creuses et servent de conduits pour
l'eau froide, l'eau chaude e t l e s matières à distiller.
Nos dessins rendent une idée exacte cl'un bitiment construit de
ce système. La figure24 représenle la vue extérieure du local des
appareils. Cette construction est formée de colonnes d e fer en
fonte, reliées entre elles par des fers à double T. - Les vides
qui existent entre ces fers sont remplis par des briques creuses.
Urie large fenêtre occupe toute la façade, et deux fenêtres plus
petites prennent le jour par les côtés latéraux.
II;?;
Fig. 25. - Coape tranwer&+m MüyI BDfO~tubulairerpour les ùirulleiier
4
.*
0'. - Distributeur (le l'eau au réfrigérant et au condenseur du rectificatcur.
0'.- Distribution dc l'eau froide au refrigérant de la colonne distiilatoire.
P. - Colonne en fonte servant b l'ascension des jus fermentés dans le réser-
voir supérieur H et b l'alimentation du cliauffe-vin de la colonne.
P. - Colonne servant au trop-plein des jus fermentés du réservoir H.
Q. - Colonne déversant l'eau chaude du refrigérant de l'appareil distillatoire.
Fi. - Colonne servant de trop-plein à Veau froide debordant du réservoir G.
S. - Colonne servant de trop-plein des eaux chaudes du rectificateur.
U. - Colonnes servant de gouttiéres aux eaux pluviales.

Toutes ces conduites en fonte sont d'un grand diamètre. Elles


sont droites et permettent ainsi une vérification intérieure très-
facile, une surveillance active et des nettoyages qu'on peut répéter
souvent et sans peine.
Ce geiii3e de construction est à la fois expéditif, élégant et très-
solide. II peut s'établir à bon marché, et la durée des matériaux
est presqùe indéfinie.
CHAPITRE XXIII.
Cours moyen des alcools depuis 18 ans A Paris.

Nous avons réuni, dans !e tableau synopt.ique suivant, les prix


moyens de l'esprit fin de première qualité à 90 degrés, à la
Bourse de Paris, depuis dix-huit ans. Ce document est fort inté-
ressant; car il inoritre les taux élevés auxquels peuvent atteindre
les aIcooIs, et il prouve aussi que Ies bas prix ne sont que tem-
poraires et qu'ils n'ont jarnais cessé d'être rémunérateurs pour le
producteur. Ainsi donc, le travail d u distillateur bien monté
est toujours productif, et bien souvent il donne des profits
cons;dérables.

TABLEAU COHPARATIP DES COURS lOYENS DE CUAQUE lOIS DE L'ESPRIT FIN, ireQUALITE,
900
A LA BOURSE DE PARIS,DEPUIS 1 8 ANS

Le prix moyen des 18 années est de 89 fr. 22 c.

Il résulte de ce document que, durant dix-huit ans .(de 4882 ti


1869), Ie prix moyen de l'hectolitre d'alcool a Bté de 89 fr. 22 c.;
- 94 -
de 1 S 2 à 1857, les cours ont atteint des taux très-élevés, qui ont
failli toucher en août 1854 à 200 francs. En 1858 et en 1889, les
prix ont subitement ,baissé dans une proportion trks-forte ; ils se
sont raffermis en 1860 et 1861, pour revenir dans les années sui-
vantes à des chiffres moins élevés, mais toujours très-rémunéra-
teurs pour le producteur et le fisc, dont l'impôt sur l'alcool forme
une des branches les plus importantes. Depuis 1860, malgré la
concurrence directe et presque protégée que nos 3/6 nationaux
ont eu à subir par l'invasion sur nos marchés des 3/6 allemands,
les prix ont d'abord descendu à des taux assez bas; mais bien-
tôt ils ont remonté, et depuis trois ans, grâce aux progrès
accomplis par nos distillateurs, qui s'étaient laissés devancer par
les"_trangers dans le i.enouvellement de leur outillage, et grâce
à leurs hautes qualités, nos 3/6 lutterit avec succès contre les
produits étrangers.
De toutes nos industries, celle des alcools est la plus florissante;
car elle a toujours su résister aux désastres politiques ou écono-
miques qui ont tant d'influence, malheureusement, sur la plupart
de nos fabriques indigènes. De toutes les industries aussi, c'est elle
qui peut le plus pour la prospérité agricole de la France. Elle
n'épuise point les terres; car elle leur rend des engrais abondants,
et sa générosité est extrême, puisqu'elle donne encore un produit
dont l'industryte et la consommation humaine ne peuvent pas se
passer.
CHAPITRE XXIV.

Renseignements divers.
Distilleries o h Son peut se renseigner.

Nos lecteurs voudront bien nous permettre de leur faire quel-


ques recommandations utiles. On ne saurait trop répéteF aux
propriétaires, par exemple, d'6tre d'une sévdrité excessive pour
défendre l'emploi des lumières portatives dans les locaux des
appareils, ainsi que dans les magasins où l'on garde les alcools.
Les accidents sont rares; mais quand un sinistre arrive, il est
toujours affligeant de constater qu'il est survenu par imprudence
ou incurie.
Nous allons aussi indiquer une précaution bonne à prendre
pour essayer les appareils tous les trois niois, afin de s'assurer de
leur état parfait et remédier aux pertes de temps causées par les
démontages partiels.
Aujourd'hui une distillerie se monte. Elle a des appareils neufs,
solides et étanches. Ils fonctionnent pendant un certain nombre
d'années ; ils passeat même en différentes mains. Eh bien, il
,susvient un moment où le matériel s'use et où, réellement, il est
dangereux de s'en servir. Extérieurement, aucune défectuositd
n'apparaît; mais à l'intérieur, il n'en est pas de même; car les
métaux sont rongés et n'offrent plus une résistance suffisante.
Le moyen de vérifier le bon état d'un rectificateur est très-simple;
pour le mettre à exécution, peu de chose suffit. Il &ut agir de Ia
facon suivante : emplir d'eau froide la chaudière , mettre de l'eau
dans la colonne jusqu'à deux ou trois mètres d'élévation. Les
appareils sont ainsi soumis à une pression hydraulique supéried4k
à celle qu'ils ont à supporter pendwt le travail. S'il existe chez
eux une partie faible, immédiatement elle apparaîtra, et sans
accident, car de l'eau froide seule jaillira.
Nous conseillons aux distillateurs, non-seulement de faire subir
cette épreuve si sirnplc aux anciens appareils, mais encore de la
répéter tous les trois mois dans les usines neuves. C'est i'affaire
de quelques heures ; elle ii'entraine aucun frais et elle a l'avantage
Bnorme de garantir une marche régulière et à i'abri de tout
accident.
Les personnes qui désirent avoir des renseignements sur les
distilleries agricoles montées par notre maison, en trouveront de
beaux spécimens, en France chez M. Alfred Pennelier, à Laneu-
ville-Roy (Oise) ; chez M. Chatriot-Wallet , près Saint-Just-en-
Chaussée (Seine-et-Oise) ; chez AI. Charles Legraiid, propriétaire,
agriculteur à Sassy, par Venclœuvre-Jort (Calvados). Les alcools
excellents de cette dernière maison se vendent sur les places de
Caen et de Rouen avec prime de 4 et Ci francs en plus du coure
de La Bourse de Paris, et ils ont remporté la médaille d'or à
l'Exposition internationale du Havre, en 1868.
En Autriche, nos futurs clients pourront se renseigner sur
le travail des usines, chez M. Karl Leideiifrost, qui nous a confié
l'érection de sa première distillerie agricole à Gëne, en 1866, et
de la seconde, plus puissante, qu'il a créée à Kalna en 1867.
Les 3/6 de ces deus usines se livrent à Vienne, et sont recher-
chés à des prix de faveur.
Messieurs les agriculteurs autrichiens pourront encore se ren-
seigner auprès de RIM. Karl Kammel et C1e, fabricants J e sucre
et distillateurs à Gruebach (Moravie) et de M. J. Latzel, fabricant
de sucre, raffineur et distillateur à Bartzdorf, par Breslau et
Otmachau.
En Angleterre, les distillateurs seront très-bien reçus par
'M. Robert Campbell, ancieu membre du Parlement, agriculteur
à Buscot-Park, par Faringdon (Berkshire). Cet établissement est
une usine modèle, sur laquelle nos clients trouveront des ren-
4eignements exacts à l'office de notre maison, à Londres, 10,
Basinghall-street City, en s'adressant à notre représentant,
M. Jacqpes Barral.
Conclusions.

Nous devons ajouter à ces ienseignements, que pour les distille-


ries situées à l'étranger, et pour celles de Franc-t: qui nous en
feraient la demande, nous procurons des hommes p~rfaitementau
courant dz la mise en train de nos appareils; nous en procurons
aussi pour la mise en train de toutes les distilleries de betteraves
que nous montons; ces derniers connaissent à fond la macération
et la fermentation.
Nous nous chargeons de la fourniture du plan général de toutes
les distilleries où l'on voudra employer nos appareils, soit' pour
distiller les betteraves, les mélasses, les grains, lesvins, ou toutes
autres matières; nous établirons ces plans appropriés aux locaux
dont on pourrait disposer.
Désireux de répondre aux besoins de l'agriculture et de l'indus-
trie, et de faciliter l'acquisition d'un outillage devenu indispen-
sable par les luttes de la concurrence, nous serons toujours dis-
posés à accorder à nos clients toutes les facilités raisonnables.
Nous pourrions mettre sous les yeux de nos lecteurs les nom-
breuses attestations que nous adressent nos clientsi pour nous
exprimer leur satisfaction ; mais la lecture de ces documents pré-
cieux serait fatigante, et nous nous contentons d'en extraire les
quatre suivants, qui 6manent d'hommes considérables, qui on#
acquis une juste réputation dans les branches diverses de la dis-
tillation industrielle, de la distillatioil agricole et de la distillation
vinicole. La première de ces lettres est écrite par M. Léon Cres -
pel, propriétaire d'une des plus fortes usines du Nord, qui travaille
par campagne 25 millions de liilogrammes de betteraves. Cette
usine possède deux i~ectificateursde notre systèine.
7
Quesnoy-sur-Deule,près Lille (Nord), le 16 novembre 1869.

MM. D. Savalle fiEs et Cie, Ù Paris.


avec colonne de Im,03, que vous nous avez
L'appareil à re~t~ifier
fourni cette anriée, marche admirableinent bien et iious eii sommes
très-coiitents; il nous doriiie, ct au delà, les quaiitités aiinoncées
dans notre marché. Une hcure aprts la mise en marche, nous
obtenions, à la première opération, des alcools extra-fins, et depuis,
iious airoiis toujoiirs fabriqué des alcools qui sont recherchés sur
les places de Paris et Lille.
Vous pourrez dire à toutes personnes désireuses de voir ~onc-
tioiîiier votre appareil, cp'elles ont porte ouvertc chez nous, c[uand
elles voudroiit, et clles pourroiit alors s'assurer clles-mêmes de la
vorité, et se coiivaii~croiitque votre apparcil csl acliriirable, tant
par la grande production^ que par ln qualité, et la régularité dans
In marclie.
Agréez, Biessieurs, nos saliitations ainicales.
Léon CRESPELet Cie.

La seconcle attestation que nous voulons fairc connaître à 110s


lectciirs nous a été écrite par A I . Durand, habile agricnlleur et
rnaire de son pays :
Bornel, le 3 novembre 1868.
d 2ClL+1.B. Savalle fils et Ci", avetzzte de l'I~npérntrice,ic Paris.

Jc Mc fais uii plaisir de TOUS iuformei~que les deux appareils à


rectifier que vous avez montés chez moi, 12 prcniicr à Ivry-Ic-
Temple, eii l 8 G ï ; Ic second à @orilel,cn 4868, foiictionnent par-
faitenreiit et clu'ils ile lais~entrien à déeii.er. Les 3/6 que nous eil
obteiioils sont excellents. Le procédé de neutralisation cles acides
que vous ilcus avez indiqué rgussit très-bien. Enfin, je suis très-
satisfait de votre distribsiteur de betteraves dans les macérateurs;
il économise un lioninie, tout en faisant l'ouv~ageinfiniment mieux.
Eii effd, la cossette est déposée avec une légèr'eté que la mairi
de l'ouvrier le plus habile ne saurait remplacer. Je vous aulorise
à faire tel emploi que vous jugerez convenable de cette attestation.
Veuillez agréer, etc.
DURAND,
Cultivateur Borncl et A Ivry-le-Temple, par bf&u (Oise].

La troisième est l'extrait textuel (lu rapport fait à l'assemblée


géndrale des actionnaires de la Société anonyme Aetien-Fabrikshof
à Temeswar (IIongrie) .
Zu diesem günstigeil Ergebnisse trug nicht wenig der von uns
- in Ausführung eiiier diesfælligen Bestimmung der Statuteii -
in den letzten Tagen des Monates Juni in Betrieb gesetzte Spiri-
tus-Rectificir-Apparat bei. Nacli geiiauer Erwaegung aller Um.
stznde, welclre hier in Betraclit liomineii, liahcii wir uns dafür
entschieden, den genannteii Apparat aus dcni berühmten Etablisse-
ii~eiitD. S av al 1 c fils ct Co in Paris zu beziehen, und mit Befric-
digung licennen wir lhneri mittheileii, dass uiiscre Erwartungen
ln jeder Iiinsicht erfüllt wurden, inclem wir nicht nur eiilen hier
unübertrofienen liochfcincii Spirit crzeugen, der sich bereits deil
Beifall allcr Kenner erworbeii liat, sonderni es entspricht auch die
Ausbeute den Anfoi*deruiigen, die b a n a11 eineii derartigen Ap-
parat knüpfeil liann .
La quatrième émane d'un grand propriétaire ct inclustriel (l'Es-
pagne. Elle a été adressée à M. Saavedra, banquier à Paris, qui
a bien voulu nous la communiquer, et nous en extrajoiis le passage
suivant :
Albacete (Espagne), janvier 1869.

. . . . Dites à MM.
Savalle cl Cie que leur appareil est mervcil-
jeux, et que tous les industrie!^ de notre pays sont en admiration
devant les résultats qu'il donne. Je suis certain qu'ils en plac,eront
beaucoup en Espagne; car de tous les côtés ola accourt pour le voir
fonctionner. . ..
Joaquin de 4 h GANDARA,
Directeur du chemin de fer de Saragosse.
- 100 -
Ces attestatioris qui nous parviennent de pays différents, parlent
assez haut en notre faveur, pour que nous n'ayons pas besoin d'a-
jouter de nouveaux commentaires à ces faits que nous enregis-
trons avec uiie vive satisfaction.

D. SAVALLE FILS ET CE,


64, avenue de i'Irnpératrice, Paris.
? i
Pages
Ie'. - Importanc~de la distillalion au point de vue agricole et de la
CHAPITRE
prospérité générale ........................................
- II. - Liste des 129 appareils Savalle montés depuis 1867............
- -
III. Appareils pour la distillation des vins, des betteraves des mé-
lasses, des grains, des cannes à s w e et la production des
3/6, des genièvres et des rhums.. .........................
IV.- Régulateur automatique des chauffages des colonnes distilla-
toires et des rectificatcurs Savalle........................
- Y.- Rectification des alcools par le système et les appareils Savalle.
- VI. - Avantages résultant de l'emploi du nouvel appareil de rectifica-
tion Savalle ...........................................
- VII.- Nouvelle eprouvette jauge.. ................................
- VIII.- ...................
Saturation des flegmes dans la rectification
- IX.- ................................
Conduite de la rectification..
- X.- Frais pour rectifier un hectolitre d'alcool et devis du matériel
complet d'me usine de rectification.......................
- XI. - Appareil de distillation et de rectification combinées pour la pro-
duction des trois-six de vins, de marcs, de pommes de terre,
de grains, de figues, etc., et pour la fabrication des genièvres,
des cognacs et eaux-de-vie de toutes les sortes............
- XII.- ......................
Les distilleries agricoles de betteraves..
- XIII.- Simplification de la main-d'œuvre et accélération du travail de
la macération.. ..........................................
- XIV. - La distillerie de betteraves de M. Camille de Larninet, A Gatten-
.........................................
- XV. - dorf (Autriche)..
La distillerie de betteraves de RI. Robert Campbell, à Buscot-
Park (Angleterre) .........................................
- XVI. - Extraction des jus de betteraves par les presses continues de
fil. Auguste collette......................................
- XVII. - Rendement alcoolique des betteraves et prix de revient d'un
hectolitre d'alcool.......................................
.- -
XVI~I. Devis approximatifs de distilleries de betteraves.. ..............
- XIX.
XX.
-
-
...
Distillation des maïs, des seigles, des riz, etc., par le malt..
La distillation des grains, des fécules, des résidus de féculeries
et de minoteries, des caroubes, etc,, par la saccharification
acide. ...................................................
- L XXI. - Distillation de melasses seules ou mélangées de grains ou de
betteraves ..............................................
- XXII. - .....
BItiments tubulaires appliqués à l'érection des distilleries.
- XXIII. - Cours moyen des alcools depuis 18 ans à Paris ................
- XXIV. - Renseignements divers Distilleries où l'on peut se renseigner..
s'
- XXV. - Conclusioris.. ..............................................
TABLE DES GRAVURES
pogcs.
FIGURE 1. - Colonne distillatoire en cuivre avec chaudiére formant soubas-
sement et cliauffée par les vap* perdues pal l'échappement
de la machine ............................................ 13
- 2. - Colonne distillatoire rectangulaire en fonte, avec chauffe-vin
d'un nouveau système. ................................... 16
- 3. -Régulateur automatique de chauffage.. ...................... 19
- 4. - Robinet de vapeur du régulateb Savallc.. ................... 20
- 5. -Soupape du robinet de vapeur du régulat&hr.. ............... ' 20
- 6 . - Ensemble d'un rectificateur avec charpente en fer.. .......... 23
- 7. - Eprouvette jauge.. ......................................... 32
- 8. -Elévation de la table A éprouvette........................... 34
y 9. -Vue et plan de la table à éprouvette.. ...................... 3t
- 10. -Appareil de distillation des marcs et des vins.. .............. 48
- 11. - Appareils combinés pour la distillalion et la rectification des
.....
eaux-de-vie de toute sorte, des viiis et des genièvres.. 50
- 12. -Plan du nouveau système de distribution des co~settesavec
installation nouvelle des macérateurs.. ..................... 57
- 13. -Élévation du nouveau distributeur de pulpes et d'eau acidulé 58
- 9
14.-%- Distillerie de betteraves de RI. Camille de Laminet, à Gattendor
(Autriche)................................................ 61
- 15. - Plan de la distillerie de betteraves de M. Camille Laminet.. ... 62
- 16. - Presse continue de W. A. Collette, pour l'extraction des jus de
betterares .............................................. 69
- 17.- ...............
Vue en élévalion d'une di,tillerie de grains.. 74
- 18. -Local des appareils et de la machine à vapeur d'une distillerie
de grains.. .............................................. 75
- 19. - .....................
Vue en plan d'une distillerie de grains.. 75
- 20. -Vue en élévation et coupe longitudinale d'une distillerie de
............
grains ou de résidus de féciilerie et mi~ioterie.. 80
- 22. -Vue en plan d'une distillerie de grains ou de résidus de fécu-
lerie et de minolerie.. ................................... 81
- - 22, -Vue en élévation d'une distillerie de mélasse p ~ un~ travail
r
quolidien de 10,000 hilog. avec produclioii de potasse, par
le four de M. Eiig. Porion.. .............................. 86
- 23. -Vue en plan de la distillerie de mélasse avec aiinexe d'un four
à potasse de M. Eug. Porio~i.............................. 86
- 24. -Vue extérieure d'un bitinieril à colonnes tubulaires pour le
.................................
service d'une distillerie.. 89
- 23. -Coupe transversale d'un bàlimeiit à colonnes tubulaires pour
.........................................
les distilleries.. 90
- 26, -Vue en plan d'un ba'timent A colonnes tubulaires pour les dis-
................................................
tilleries.. 91
IMF. CENTRALE DE9 CHEXINJ DE FER. - A . C I I ~ I XET i:e, 20, A
nÿs GI~IG~IIB, PARIS. - 9c66 0.