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Leçon 2 : La programmation linéaire par la méthode graphique

Dans cette seconde leçon, nous allons utiliser le matériel présenté dans la leçon précédente pour résoudre une catégorie de problèmes que l’on est susceptible de rencontrer dans la vie économique. Nous rencontrerons successivement deux types de problèmes : des problèmes de recherche d’un maximum, des problèmes de recherche d’un minimum. Nous donnerons dans un troisième chapitre, une « astuce » pour aller un peu plus vite et sûrement dans la résolution de ce type particulier de problèmes.

I Les problèmes de recherche d’un maximum

Partons d’un exemple simple pour expliquer le but de cette partie et la démarche à suivre L’Ile des cocotiers produit du pétrole, des bananes et du soja. Les marchands internationaux sont plus intéressés par le pétrole que par les bananes et le soja, ce qui fait qu’il y a un déficit à l’exportation des produits agricoles sur cette île. Pour soutenir l’agriculture, le gouvernement oblige les acheteurs de pétrole à acheter aussi des bananes et du soja. Les achats sur cette île se feront par lots qui peuvent être de 2 types : des lots à dominante BANANE chaque lot contient pétrole 1 baril banane 0.4 tonnes soja 0.3 tonnes des lots à dominante SOJA chaque lot contient pétrole 1 baril : banane 0.2 tonnes soja 0.6 tonnes

Les conditions de vente sont telles que tous les produits achetés dans cette île doivent être immédiatement et en totalité emportés Un acheteur se présente avec un pétrolier et un cargo qui contient 2 cales aménagées : la cale avant ne peut contenir que du soja, et la cale arrière ne peut contenir que des bananes. Les capacités sont les suivantes pétrole 1000 barils cale arrière : BANANES 450 tonnes cale avant : SOJA 450 tonnes Le lot dominante BANANE coûte 5.2 écus. Le lot à dominante SOJA coûte 6.2 écus, Tandis que les prix auxquels ont peut revendre ces produits sur le marché mondial sont les suivants : 1 baril de pétrole 6 écus 1 tonne de BANANES 2 écus 1 tonne de SOJA 8 écus

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A partir de cet exemple quelles questions peut-on se poser ? • Question 1 : Quel problème mathématique doit résoudre l’acheteur pour constituer sa cargaison ? • Question 2 : quelles quantités de bananes, soja et pétrole va-t-il se procurer ? • Question 3 : Un technicien fait remarquer que l’on pourrait transformer la cabine du capitaine du cargo pour qu’elle puisse servir à stocker des bananes ou du soja (pas les deux simultanément) Voyez vous un intérêt à cette transformation : doit-on y entreposer des bananes ou du soja ? • Question 4 : Le coût de la transformation de la cabine du capitaine est de 1.5 écus. On pourra alors y stocker soit 0.6 tonnes de soja, soit 0.4 tonnes de bananes. Faut-il faire cette transformation ? Tout d’abord quel problème se pose à l’importateur ? Evidemment de choisir le nombre de lots BANANES et le nombre de lots SOJA qu’il doit se procurer de manière à maximiser son profit. Le calcul du chiffre d’affaires avec un produit quantités prix unitaire pétrole 1 baril 6 écus bananes 0.4 tonnes 2 écus soja 0.3 tonnes 8 écus total Le calcul du chiffre d’affaires avec un produit quantités prix unitaire pétrole 1 baril 6 écus bananes 0.2 tonnes 2 écus soja 0.6 tonnes 8 écus total lot BANANES est facile à faire : chiffre d’affaire 6 écus 0.8 écus 2.4 écus 9.2 écus lot SOJA est facile à faire : chiffre d’affaire 6 écus 0.4 écus 4.8 écus 11.2 écus

Connaissant le prix des lots (5.2 écus pour le lot BANANES et 6.2 écus pour le lot SOJA), on en déduit l’idée d’un Bénéfice par lot : type de lot Bénéfice unitaire BANANES 4 écus SOJA 5 écus Le problème de l’importateur est donc de savoir combien de lots de chaque type il doit acheter, sachant que les deux lots ne lui rapportent pas les mêmes profits. Nous nommerons x le nombre de lots BANANES y le nombre de lots SOJA Le problème de l’importateur est donc de choisir sa commande , c’est à dire deux nombres x et y , de manière à rendre son bénéfice le plus grand possible. Mathématiquement, le bénéfice s’exprime en fonction de x et y par : (on désignera le bénéfice par l’abréviation Ben ) 22

à représenter dans le plan (muni d’un repère où l’on reportera les valeurs de x en abscisse et de y en ordonnée ) l’ensemble D32 des points M (x. 8). Prenons alors un autre point. C’est à dire ici. alors 4x1 + 5y1 est inférieur à 32. alors 4x0 + 5y0 est supérieur à 32 . Il correspond à un programme de bénéfice 40 . y1 ) est dans ce second demi-plan. Les points situés sous la droite D32 représentent des commandes qui conduisent à des bénéfices inférieurs à 32 écus. par exemple C (0. y ) qui ont même bénéfice que C sont situés sur une droite D60 d’équation 4x + 5y = 60 Cette droite D60 est évidemment parallèle à la droite D32 . x=3 et L’astuce ici est de représenter graphiquement l’ensemble des points qui conduisent à un bénéfice de 32. L’ensemble des points M (x. mais « un peu au dessus ». y 8 P 6 Droite D32 4 A 2 Q 0 0 2 4 6 x B 8 10 Cette droite sépare évidemment le plan en deux demi-plans : un premier demi-plan (région hachurée ) situé au dessus de la droite : si P (x0 .Ben = 4x + 5y Par exemple. par le point B (8. y0 ) est un point situé dans cette région. 4) et. 0). un demi-plan situé en dessous de cette droite : si Q(x1 . par exemple. y ) tels que 4x + 5y = 32 Nous savons D32 est une droite passant par le point A(3. comme l’indique le graphique suivant : 23 . commander 3 lots BANANES et 4 lots SOJA revient à choisir y=4 ce qui nous conduit à un bénéfice de 32. de même Les points situés au dessus de la droite D32 représentent des commandes qui conduisent à des bénéfices supérieurs à 32 écus.

Supposons que. 24 . exercices 1 et 2 L’importateur ne peut choisir n’importe quelle commande (x.y 10 Droite D40 8 6 4 2 Droite D32 0 0 2 4 6 8 10 x En prenant un grand nombre de points . y ). On obtiendrait alors un graphique : y 10 sens des bénéfices croissants 8 droites d'isobénéfices 6 4 2 x 0 2 4 6 8 10 0 Tous les points sur une même droite assurent le même bénéfice. Quand on passe d’une droite à une autre. Il ne peut choisir sa commande que dans un certain sous-ensemble du plan. Il faut en effet qu’il puisse la transporter. ces contraintes soient matérialisées par la zone hachurée. on peut ainsi tracer sur le dessin un ensemble de droites de « même bénéfice ». que l’on pourrait appeler « droites d’iso-bénéfice » par analogie avec les isobares et les isothermes de la météorologie. les bénéfices varient : ils augmentent si on se déplace vers le coin « Nord-Est » du graphique : d’où la signification de la flèche indiquant le « sens des bénéfices croissants ». limité par des contraintes qui correspondent aux limites de capacité de ses bateaux. comme dans les dessins ci-dessous.

on voit apparaître une contrainte : x + y ≤ 1000 • contrainte sur les bananes : Chaque lot BANANE contient 0. si on achète x lots BANANE et y lots SOJA.4x + 0. il obtient 0. on lui fournira 0. il obtiendra 0. nos commandes (x. De même. En fait.2y tonnes de bananes . Si l’importateur prend x lots BANANE. y ) sont soumises à 5 contraintes : • contraintes de positivité des variables Ces deux contraintes qu’il ne faut pas oublier (sous peine de rater son examen) traduisent simplement que l’importateur se procure des nombres positifs de lots . on voit apparaître la contrainte : 0. y ).4 tonnes de bananes. que le maximum du bénéfice sera atteint pour la commande correspondante au point D. on obtiendra donc x + y barils de pétrole.4x tonnes de bananes.2y tonnes de bananes. sur le dessin de droite. en prenant y lots SOJA. En passant la commande (x. La capacité de la cale qui permet de recevoir des bananes n’est que de 450 tonnes de bananes. on voit apparaître la contrainte 25 .y 10 y 10 Sens des bénéfices croissants 8 8 6 6 D 4 4 2 2 0 0 2 4 6 8 10 x 0 0 2 4 6 8 10 x Il est clair. x ≥ 0 et y ≥ 0 • contrainte sur le pétrole : Chaque lot contient 1 baril de pétrole.4x + 0. Reste à regarder la forme particulière des contraintes dans notre problème.2y ≤ 450 • contrainte sur le soja : en procédant de manière analogue pour le soja que pour la banane . Comme la capacité du pétrolier n’est que de 1000 barils. Ce raisonnement simplissime est valable dans tous les cas.

6y ≤ 450 Résumons les contraintes de notre importateur : les commandes (x. y ) qu’il peut envisager sont celles du domaine  x≥0     y≥0  pétrole : x + y ≤ 1000   bananes : 0.4x + 0. on limite « tellement » les possibilités de commande qu’en aucun cas on ne pourra remplir la cale de bananes. y0 ) qui correspond à une saturation à la fois de la contrainte de pétrole et de soja. Pour obtenir la « meilleure commande.3x + 0.6y ≤ 450 Le domaine délimité par ces contraintes est représenté en gris sur le dessin suivant : 2500 y bananes 2000 1500 pétrole soja 1000 500 0 0 500 1000 1500 x Sur ce dessin. comme nous l’avons vu précédemment. On dit qu’elle ne sera jamais active. on constate que la contrainte de bananes ne sert à rien. 26 . on pourra « oublier » la contrainte de banane dans la suite de la résolution.2y ≤ 450    soja : 0. il suffit. Aussi.0. de tracer quelques droites d’iso-bénéfice : On constate que le bénéfice est maximum au point D(x0 .3x + 0. Cela veut dire que lorsqu’on tient compte des contraintes de place sur le pétrole et le soja.

puisqu’il achète 1000 barils de pétrole (x0 + y0 = 1000 ) . la cale de bananes n’est pas pleine.3y0 = 150 y0 = 500 x0 = 500 On reporte cette valeur pour trouver x0 Du point de vue des contraintes. 27 Conclusion : la commande qui assure le bénéfice maximal de l’importateur est obtenue avec 500 lots à dominante BANANE et 500 lots à dominante SOJA. Si on doit mettre quelque chose dans la cabine du capitaine.6y0 = 450 On raisonne par substitution : de la première équation.1500 y sens des bénéfices croissants 1000 500 D 0 0 500 1000 1500 2000 x exercices 3 et 4 Une fois résolu ce problème. et que la contrainte associée aux bananes n’est pas saturée en ce point.4x0 + 0. il n’y a plus qu’à calculer les coordonnées x0 et y0 de D. puisqu’il obtient 300 tonnes de bananes (0. On dira alors que les contraintes associées au pétrole et au soja sont saturées au point (x0 . il n’y a pas de problème : la cale de banane n’est pas pleine. y0 ).3x0 + 0.3x0 + 0.6y0 = 450 0.2y0 = 300) alors que la capacité de sa cale est de 450 tonnes. Passons alors à la question de la cabine du capitaine : si on la transforme. Ce faisant. Ces deux nombres sont donc solutions du système : ½ x0 + y0 = 1000 0. c’est bien du soja. La cale de soja est aussi remplie (0. on tire : x0 = 1000 − y0 On reporte cette expression dans la seconde équation : Et on obtient : 0. . Par contre. il remplit son pétrolier. doit-on y accueillir des bananes ou du soja ? Dans ce cas. l’importateur fait un bénéfice de 4 ∗ 500 + 5 ∗ 500 = 4500 écus.6y0 = 450 ).3(1000 − y0 ) + 0.

3x + 0. En langage technique. Hélas.3x + 0.6 Les coordonnées x et y du point qui assure le profit maximum sont déterminées par le fait que ce point se trouve à l’intersection de 2 droites.6y ≤ 450 0. le point d’intersection bouge aussi. Revenons au graphique : en transformant la cabine du capitaine. puisque le pétrolier est plein.6y ≤ 450. la nouvelle contrainte se traduira par une droite parallèle à la précédente.Mais est-ce la peine de le faire ? Non. Sur le dessin. nous obtiendrons un nouveau dessin qui ressemblera à : 10 0 0 y N o uvelle intersectio n 750 ∆ 500 D N o uvelle co ntrainte d e S o ja 250 0 0 500 1000 15 0 0 2 00 0 x Clairement. le novice de la programmation linéaire. Si une des droites bouge alors que l’autre reste fixe. en faisant cette réponse. on modifie la quantité totale de soja que l’importateur peut emporter : la contrainte devient 0. En grossissant le trait. on dit que l’on peut substituer des lots BANANES aux lots SOJA. ne prend en compte que la contrainte de pétrole (x + y = 1000) mais il oublie que l’on peut remplacer un peu de pétrole venant de lots BANANES par du pétrole venant de lots SOJA. le point d’intersection des "deux contraintes actives" s’est déplacé de D à ∆. on ne pourra pas acheter plus de pétrole. dit le débutant (celui qui ne s’est pas encore fait taper sur les doigts). Qu’en est il des bénéfices 28 .

il faut comprendre ce qu’elle fait. que le point qui assure le bénéfice maximum passe de D à ∆.1000 y 750 ∆ d ro ite s d 'is o _ b é né fic e s 500 D 250 0 0 500 1000 1500 2000 x Il est clair sur le dessin.5 écus. on gagne 0.6y1 = 450. pour résoudre des problèmes du même genre. pour un nombre quelconque de variables. Cependant. mais cela est une autre histoire.. c’est que la plupart des tableurs en particulier le tableur Excel contiennent des « fonctions » qui produisent tous ces calculs de manière automatique. Cette méthode est simple à mettre en œuvre. Cet exemple montre à peu prés tout ce que l’on peut attendre de la résolution par la méthode graphique. mais elle présente cependant quelques défauts : • quand il y a 3 variables ou plus. de multiplications et de divisions menée de manière « astucieuse ». Les nouvelles commandes possibles sont les coordonnées du point ∆(x1 . Cette méthode pourra apparaître fastidieuse à mettre en œuvre : elle repose en effet sur l’organisation d’une suite d’additions. on ne peut plus faire de dessin . donc on améliore le bénéfice en transformant la cabine du capitaine. Si le coût de la transformation de la cabine du capitaine est aussi de 1. Nous verrons dans le chapitre III une astuce pour « éviter de tracer les droites d’iso-bénéfice » et. Divers cas particuliers seront vus en séances de Travaux Dirigés.. dans une prochaine leçon.6 soit : (en recommençant les calculs) x1 = 498 et y1 = 502 On vérifie que le bénéfice est supérieur : il vaut maintenant 4502 écus. y1 ) telles que : ½ x1 + y1 = 1000 0.. pour dominer la machine. soit un gain de 2 écus. Une leçon expose la mise en oeuvre des calculs sur le tableur Excel. « la méthode du simplex ». un moyen général. • même s’il n’y a que 2 variables.5 écus à la transformation. la résolution repose sur l’habileté du dessinateur : tracer un réseau de parallèles avec la règle et le crayon n’est pas aussi simple que l’on peut croire. exercice 5 29 . Ce qu’il faut se dire. Reste à convaincre le capitaine .3x1 + 0.

nous partirons d’un exemple : Dans l’île des Palmiers. les habitants ont formé une coopérative de production où on ne rigole pas : tout le monde travaille. le problème de la coopérative est de nourrir la population avec le moins d’employés pour pouvoir récolter un maximum d’orchidées pour générer des revenus à l’exportation. chaque semaine. morue et sardines va-t-on pêcher ? Le problème de la coopérative est de décider des nombres de travailleurs du Nord et du Sud qui seront employés à pêcher du poisson. Comme précédemment. un travailleur rapporte une quantité d’orchidées qui vaut : Valeur des orchidées rapportées en une semaine de travail Un travailleur du Nord 50 écus Un travailleur du Sud 80 écus Evidemment. principale source de nourriture de l’île. Une partie des adhérents employés de la coopérative sont affectés à la cueillette des orchidées sauvages. l’autre au Sud. les quantités suivantes de poisson sont nécessaires : Quantités de poisson Thon 900 kg Morue 800 kg Sardine 700 kg Contrairement à nos contrées où souvent le pêcheur revient bredouille. l’un situé au Nord. Les habitants de l’île vivent dans deux villages. et pour nourrir les habitants de l’île. seule ressource exportable de l’île. les quantités de poisson rapportées par un pêcheur en une semaine n’ont rien d’aléatoire et sont données par le tableau suivant : Quantités de poisson rapportées en une semaine par Pécheur du Nord Pécheur du Sud 6 kg 30 kg 20 kg 8 kg 10 kg 10 kg Thon Morue Sardine Tout employé de la coopérative qui ne va pas à la pêche est affecté à la récolte des orchidées sauvages. Evidemment les orchidées ne sont pas les mêmes au Nord de l’île et au Sud : En travaillant une semaine. Supposons que l’on ait le choix entre les deux propositions suivantes qui toutes deux permettent de nourrir la population de l’ile : ½ Proposition 1 : 70 travailleurs du Nord et 20 travailleurs du Sud Proposition 2 : 36 travailleurs du Nord et 46 travailleurs du Sud 30 . tandis que les autres sont occupés à pêcher du poisson. mais le minimum. sur l’île des Palmiers. Mais ce n’est là qu’une vision approchée des choses : nous devrons répondre aux questions suivantes : Question 1 : Quel problème mathématique doit résoudre la coopérative pour employer « au mieux » la main d’œuvre ? Question 2 : quelles quantités de thon.II Les problèmes de recherche d’un minimum Envisageons maintenant un problème où il faut trouver non pas le maximum d’une fonction.

la valeur de la récolte d’orchidée d’un travailleur du Nord est de 50 écus tandis que celle d’un travailleur du Sud est de 80 écus. que. dans la théorie économique. si un pêcheur du Nord rapporte 6 kg de thon. mais de coût d’opportunité. mathématiquement. tandis que selon les termes de la proposition 2 . car elle permet de consacrer à la production d’orchidées le plus grand nombre de personnes. De même. alors un nombre x de pêcheurs rapportera 6x kg de thon. On peut donc penser que la seconde proposition est la meilleure. celui qui organise la coopérative sait bien que x et y . on doit avoir 20x + 8y ≥ 800 10x + 10y ≥ 700 En conclusion. y ≥ 0 31 Evidemment.Selon la proposition 1 90 travailleurs sont occupés à la pêche. Notons en passant. on ne parle pas de manque à gagner. si un pêcheur du Sud rapporte 30 kg de thon. ils rapporteront 6x + 30y kg de thon et cette quantité doit être supérieure ou égale à 900 kg. Evidemment. on doit avoir Pour les Sardines. on préférera envoyer à la pêche un travailleur du Nord plutôt qu’un travailleur du Sud. De même Pour la Morue. alors un nombre y de pêcheurs rapportera 30y kg de thons. car les travailleurs n’ont pas la même productivité : en effet. Appelons alors x le nombre de pêcheurs de la zone Nord y le nombre de pêcheurs de la zone Sud le coût d’opportunité de la coopérative est de C = 50x + 80y La coopérative doit décider des nombres x et y de manière à rendre C le plus petit possible. Ensemble. seulement 82 travailleurs sont distraits de la production d’orchidées. le problème que doit résoudre la coopérative est le suivant : Trouver deux nombres x et y qui réalisent le minimum du coût C C  = 50x + 80y Thon 6x + 30y ≥ 900    Morue 20x + 8y ≥ 800 Sous les contraintes Sardine 10x + 10y ≥ 700    x ≥ 0. x et y étant des nombres d’individus doivent évidemment être positifs ou nuls. Ce raisonnement est FAUX. c’est évaluer le « manque à gagner » : ½ Pour la proposition 1 : le manque à gagner est de 50*70 + 80*20 = 5100 écus Pour la proposition 2 : le manque à gagner est de 50*46 + 80*36 = 5480 écus Le raisonnement économique nous dit ici qu’il est préférable de prendre la proposition 1 qui s’accompagne d’un manque à gagner inférieur. pour distinguer les deux propositions. Tant qu’à faire. tout en assurant la subsistance des villages : Pour le Thon : on doit avoir évidemment : 6x + 30y ≥ 900 En effet. on doit avoir x ≥ 0 et y ≥ 0. Ce qu’il faut faire.

il faut rajouter ces deux contraintes qui "traduisent le fait que les variables sont positives". le Coût est de 4000 écus. 32 . Le mathématicien qui aura à résoudre ce problème n’est pas forcément au courant des tenants et des aboutissants. on a représenté cette droite : Evidemment. comme dans le cas de la recherche d’un maximum. situé au dessous de la droite. Le Coût associé à une telle combinaison est de 4000 écus. y ) du plan associés à un Coût de 4000 écus sont situés sur une droite du plan d’équation : 50x + 80y = 4000 Sur la figure suivante. Quand on passe d’une droite à une autre dans le sens de la flèche. En un point tel que Q situé « au dessus » de la droite. en un point tel que M . et en un point tel que P . Mais ce n’est pas forcément lui qui aura à résoudre le problème. y ) conduit à un Coût de 4000 écus. situé sur la droite. Bref. on a la relation : 50x + 80y = 4000 On constate que tous les points M (x. La question est alors : Existe-t-il d’autres nombres x et y qui conduisent à un Coût de 4000 ? Si une combinaison (x. le Coût est inférieur à 4000 écus : On a pu donc. le coût est supérieur à 4000 écus. qu’on se le dise. représenter sur une zone hachurée l’ensemble des points qui conduisent à un coût supérieur ou égal à 4000 écus : y 60 50 40 Q 30 20 P M 10 0 0 20 40 60 80 100 x Tous les points d’une même droite « d’iso-coût » conduisent à la même valeur du coût. nous allons procéder de la même façon que dans le cas d’un problème de recherche d’un maximum Premier écueil : comment allons nous procéder à la recherche d’un minimum ? Le coût C s’exprime par la relation : C = 50x + 80y Considérons.représentent des nombres positifs ou nuls. Une copie d’examen où elles n’apparaissent pas sera traitée durement. alors. par exemple la situation dans laquelle on emploie un nombre x = 40 de pêcheurs au Nord et un nombre y = 25 de pêcheurs au Sud. on diminue les coûts. Pour traiter de ce problème. forcément.

Supposons que les contraintes de choix nous obligent à choisir l’un des points d’un « ensemble de points admissibles » représenté par la zone hachurée dans le graphique suivant : y 60 50 40 30 20 10 0 0 20 40 60 80 100 x Rajoutons sur ce graphique les droites d’iso-coût. Mais. le choix est alors très simple : 33 .y 60 50 40 30 20 10 sens des coûts décroissants x 0 20 40 60 80 100 0 Le premier écueil est passé : nous avons vu comment représenter le Coût d’opportunité sur le graphique. il faut aussi tenir compte des contraintes sur les choix des nombres de pêcheurs : en effet. il ne faut pas oublier qu’il faut « nourrir la population ». sinon on échoue au second écueil. bien entendu.

telles qu’elles sont exprimées par les relations : Thon 6x + 30y ≥ 900 Morue 20x + 8y ≥ 800 Sardine 10x + 10y ≥ 700 x ≥ 0. et si les droites d’iso-coût sont celles représentées sur le dessin. Nous avons donc vu comment on passe le second écueil. y ≥ 0 imposent que le choix doive s’effectuer sur un domaine de la forme 120 A Morue 80 B 40 Sardines Thon C D 0 0 50 100 150 200 34 .y 60 sens des coûts décroissants 50 40 30 20 10 H x 0 20 40 60 80 100 0 Si on cherche le point de la zone hachurée qui assure le coût minimum. Reste l’application pratique : reprenons notre problème de minimisation du coût d’opportunité : Les contraintes. il est clair que la solution se situe au point H : tous les points de la zone hachurée se situent au dessus de la droite d’iso-coût passant par H . ils entraînent donc un coût supérieur ou égal au coût associé au point H .

il faudra envoyer 50 pêcheurs du Nord de l’île (x = 50) et 20 pêcheurs du Sud de l’île (y = 20) pour nourrir les habitants de l’île. en appliquant toujours la méthode de substitution : En reportant ce résultat dans la première ligne : (70 − y ) + 5y = 150 soit : 70 + 4y = 150 et donc 4y = 80 y = 20 x = 50 On trouve ainsi la valeur de y : x = 70 − 20 En remplaçant dans la seconde équation. en divisant la première ligne par 6 et la seconde par 10 : ½ x + 5y = 150 x + y = 70 De la seconde ligne : x = 70 − y On en déduit. on trouve la valeur de x : En conclusion. y )réalisant l’approvisionnement des habitants au moindre coût. on doit avoir : Thon : Sardines : 6x + 30y = 900 10x + 10y = 700 Soit. on obtiendra une 35 . On dira que les contraintes de Thons et de Sardines sont saturées à l’optimum.Traçons alors les droites d’iso-coût sur ce dessin : y 120 Sens des coûts décroissants A 80 B 40 c C D 0 0 50 100 150 200 x Il est clair que le minimum est atteint au point C . C’est à dire qu’au point C (x. On obtiendra ainsi exactement 900 kg de thons et exactement 700 kg de sardines. Par contre. intersection des droites définissant les contraintes de Sardines et de Thon.

en trois étapes : 1) 2) 3) tracé du « domaine des possibles « tracé des droites « d’iso-coût » ou des droites « d’iso-bénéfice » selon les cas détermination de l’optimum. A ce stade.quantité de morue égale à 20*50 + 8*20 = 1160 kg. 7 et 8 36 . En conclusion. on constate que les problèmes de recherche d’un minimum et ceux de la recherche d’un maximum se traitent de manière analogue. On dira que la contrainte de Morue n’est pas saturée à l’optimum. il est peut être intéressant de faire quelques exercices : exercice 6. bien supérieure au minimum requis qui est de 800 kg.

Vous ne trouverez cette astuce dans pratiquement aucun livre. par l’intermédiaire de deux exemples : l’un consacré au problème de minimisation précédent. yA = 50 mais on a perdu le nom des droites. ce sont les pentes des différentes droites : Sur le dessin.5x + 65 µ ¶ xA = 10 Ces trois droites passent toutes par le point A . on les a tracées sur le dessin suivant.III une astuce pour « aller plus vite » Dans ce chapitre. Commençons par donner l’astuce. Commençons par l’astuce : Considérons les trois droites qui ont pour équation :   D1 : y = −4x + 90 D : y = −9x + 140  2 D3 : y = −1.5   D1 est représentée par D’ D2 est représentée par D”  D3 est représentée par D 37 . nous allons donner une astuce pour résoudre « aisément » les problèmes de programmation linéaire par la méthode graphique. on peut constater que : Sur le dessin : Par les équations : Car Pente D” < Pente D2 -9 < Pente D’ Pente D1 < Pente D < Pente D3 On en déduit facilement que Voilà toute l’astuce ! < -4 < -1. l’autre au problème de maximisation vu au premier chapitre. car elle est d’un maniement très délicat. y D" D' D A x Devinette : Quelle droite représentée sur le dessin correspond à la droite D1 ? Le seul renseignement dont on dispose.

y ≥ 0 Nous avions tracé le domaine et obtenu le dessin suivant : 120 A Morue 80 B 40 Sardines Thon C D 0 0 50 100 150 200 Il est clair que le minimum du Coût sera atteint en l’un des 4 points A. Regardons alors. 38 . D. mais tout le problème est de savoir lequel est le bon. B. C. pour chacun des points.Passons alors à l’examen du problème de minimisation précédent Trouver deux nombres x et y qui réalisent le minimum du coût C C = 50x + 80y  Thon 6x + 30y ≥ 900    Morue 20x + 8y ≥ 800 Sous les contraintes Sardine 10x + 10y ≥ 700    x ≥ 0. les contraintes saturées en ce point et la droite d’isocoût passant par ce point.

Ce qui est important de remarquer ici.625x + C0 80 La pente de la droite d’iso-coût passant par A est donc de −0.5x + 100 La pente de la droite associée à la contrainte de Morue a pour pente −2.625.625. la pente de n’importe quelle droite d’iso-coût est de −0. La droite d’iso-coût passant par A a pour équation : 50x + 80y = C0 soit y = −0. c’est que Le point A ne réalise pas le minimum et La pente de la droite d’iso coût ne se situe pas entre les pentes des deux contraintes qui se coupent au point A 39 .Commençons par le point A : il est défini par l’intersection de la droite délimitant la contrainte de Morue et le bord vertical du graphique : y 120 A droite d'iso coût passant par A 80 B 40 ∆ C D 0 0 ∆' 50 100 150 200 x Comparons les pentes : Soit C0 le coût associé au point A.5. On a donc : ½ Sur le graphique bord < Pente ∆’ < Pente ∆ Par le calcul bord < Pente Morue < Pente Iso-Coût Il est clair sur ce dessin qu’il y a des points admissibles et situés « en dessous « de la droite d’iso-coût passant par A et qui offrent donc un coût inférieur au coût associé à A. Le point A ne peut être le minimum recherché. La droite définissant la contrainte de Morue a pour équation : 20x + 8y = 800 soit y = −2. Remarquons que puisque toutes les droites d’iso-coût sont parallèles.

à l’intersection des contraintes de Morue et de Sardines qui ont pour pentes respectives : ½ Droite Morue Pente = -2.5 < -1 < -0.625 Là encore. Le point B ne réalise pas le minimum et La pente de la droite d’iso coût ne se situe pas entre les pentes des deux contraintes qui se coupent au point B 40 .Passons donc au point B . Ce point ne réalise donc pas le minimum recherché. on constate l’existence de points admissibles situés « en dessous » de la droite d’iso-coût passant par B.5 Droite Sardine Pente = -1 y 120 A 80 droite d'iso coût passant par B B 40 C D 0 0 ∆' 50 ∆" 100 ∆ 150 200 x On obtient donc les conditions suivantes : Sur le dessin : Pente ∆’ < Pente ∆" < Pente ∆ Par les équations : Pente Morue < Pente Sardine < Pente Iso-coût Car -2.

5 y 120 A 80 droite d'iso coût passant par C B 40 C D 0 0 50 ∆" ∆ 100 150 ∆' 200 x On obtient donc les conditions suivantes : Sur le dessin : Pente ∆" < Pente ∆ < Pente ∆0 Pente Thon -0.Ce point est à l’intersection des contraintes de Sardines et de Thon. Le point C réalise le minimum et la pente de la droite d’iso coût se situe entre les pentes des deux contraintes qui se coupent au point C 41 .Passons alors au point C . qui ont pour pentes respectives : ½ Droite Sardine Pente = -1 Droite Thon Pente = -0.625 < Il n’y a plus de points admissibles situés « en dessous » de la droite d’iso-coût passant par C . Ce point réalise donc le minimum recherché. situé à l’intersection des droites de Sardine et de Thon.5 Par les équations : Pente Sardine < Pente Iso-coût < Car -1 < -0.

• Pour le point C .. • Pour les point A et B . la première contrainte est la contrainte de Thon. la première contrainte est « verticale » avec une pente de "-∞”.Que nous apprend cet exemple ? Chaque point candidat au minimum est défini par deux contraintes dont nous appellerons les pentes Pente 1 et Pente 2. on a : Le point C est un minimum • Pour le point D .5 et la seconde contrainte est « horizontale » avec une pente de 0. de pente —2. l’autre est la contrainte de Morue. On a Pente Iso-coût < Pente 1 < Pente 2 Le point D n’est pas un minimum Traitons alors un second exemple de minimisation : en considérant le problème Minimiser C C = 2x + 4y Sous les contraintes : (U1 ) 1.5x + 10y ≥ 500 (U2 ) 5x + 20y ≥ 2000 (U3 ) 1.25 + 0.5.8y ≥ 200 (U4 ) 4x + 5y ≥ 900 x≥0 y≥0 Pente 1 < Pente Iso-coût < Pente 2 Le domaine et les contraintes qui le limitent est illustré par le dessin suivant : 42 . nous avons : Pente 1 < Pente 2 < Pente Iso-coût Les point A et B ne réalisent pas le minimum Remarquons que pour le point A. de pente —0.

5x + C0 /4 soit y = −0. la règle est la même : Considérons par exemple le problème suivant dans lequel B est un bénéfice : Maximiser B B = 17x + 5y Sous les contraintes : (U1 ) 3x + 2.8x + 180 1. Cependant : CETTE ASTUCE NE DISPENSE PAS DE TRACER LE DOMAINE DES POSSIBLES .7x + 1.y 300 U3 150 U4 U2 0 0 x U1 250 500 Il apparaît clairement sur le dessin. U4 .25x + 0.5625x + 25 Pente U3 < Pente U4 < Pente Iso-Coût < Pente U2 Le minimum est donc obtenu à l’intersection des droites définissant les contraintes U4 et U2 .5y ≥ 555 x≥0 y≥0 Le domaine et les contraintes qui le limitent est illustré par le dessin suivant : 43 .5y ≥ 750 (U2 ) 4x + y ≥ 400 (U3 ) 10 + y ≥ 700 (U4 ) 3.25x + 100 soit y = −0. Calculons les pentes de ces différentes droites ainsi que la pente d’une droite d’iso-coût : Iso-Coût 2x + 4y = C0 U2 U3 U4 5x + 20y = 2000 4x + 5y = 900 soit y = −0. que la contrainte U1 ne sert à rien. U3 . Restent les contraintes U2 . CAR IL FAUT POUVOIR ELIMINER LES CONTRAINTES REDONDANTES (INUTILES). L’application de l’astuce est donc assez simple. Dans le cas d’un problème de maximisation.8y = 200 soit y = −1.

U3 800 700 y U3 600 U2 500 400 U4 300 200 100 0 0 50 100 150 200 250 300 U1 x Il apparaît clairement sur le dessin. Le reste est affaire d’exercices : exercices 9 et 10 44 . Cependant : CETTE ASTUCE NE DISPENSE PAS DE TRACER LE DOMAINE DES POSSIBLES .4x + B0 /5 U1 3x + 2.5y = 750 soit y = −1. U2 . que la contrainte U4 ne sert à rien. Restent les contraintes U1 . L’application de l’astuce est donc assez simple. Calculons les pentes de ces différentes droites ainsi que la pente d’une droite d’isobénéfice : Iso-Bénéfice 17x + 5y = B0 soit y = −3. CAR IL FAUT POUVOIR ELIMINER LES CONTRAINTES REDONDANTES (INUTILES). U3 .2x + 300 U2 4x + y = 200 soit y = −4x + 200 U3 10x + y = 900 soit y = −10x + 900 Pente U3 < Pente U2 < Pente Iso-Coût < Pente U1 Le minimum est donc obtenu à l’intersection des droites définissant les contraintes U1 et U2 .