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La

prétendue

le

De

intuition

Coelo

de

d'Aristote*

Dieu

RICHARD BODÉÜS

dans

1

Le trait6 Du ciel (D. C.), parmi les oeuvres d'Aristote, se pr6sente d'embl6e

1).

Ce n'est qu'au passage qu'il evoque les realites extra-c6lestes situdes hors

du temps et de 1'espace (1,9,279 a 18-22). Mais il ddmontre que les realites

naturelles qui forment le ciel sont ing6n6rables et incorruptibles.

pourquoi le Des parties des animaux d6signe ce genre d'dtude comme "la

philosophie relative aux r6alit6s divines" (1,5,645 a 4). De fait, le D. C. tient express6ment pour "divins" le ciel, les astres et le cinqui6me element dont ils sont form6s.1

comme un expose qui se rattache A la "science de la nature" (1,1,268

a

C'est

Une

telle

faqon

de

parler

ne

suffit

pas

dvidemment A

prouver

qu'en

6crivant le D. C. , Aristote professait

Le corps c6leste ou les corps c6lestes (incorruptibles) ont un caractere que la tradition prete aux dieux (immortels). 11 ne s'ensuit pas qu'Aristote

dont

la tradition n'avait qu'une vague intuition. C'est pourtant ce qu'on a cru. Et

enseigne A reconnaitre

une

th6ologie

cosmique

les v6ritables

ou sid6rale.

dieux

dans les corps

en question

fort de I'hypoth6se evolue de mani?re

D. C. repr6sentait un moment privil6gi6 dans le d6veloppement des id6es

th6ologiques du philosophe,

jeunesse du dialogue perdu Sur la philosophie,2 mais que dépasseront les

de

que le

selon

tr?s

laquelle

la philosophie

du temps,

proche

aristot6licienne

l'on

encore

a suppose

des

aurait

sensible

un

au cours

moment

th6ories

245

doctrines successives de la Physique, du traité Sur le mouvement

maux

et de la Métaphysique

Lambda.3

des ani-

Ce n'est

pas

cette

cette h y p o t h e s e

hypothese

entre

non

ou,

on sait

ici le lieu de reprendre

fragile,4

le

D. C.

et

ni meme

le dialogue

plus

de

revenir

sur

incidemment,

que

les plus

le dossier

volumineux

accumul6

sur

celui

des rapports

Sur

le

propos

parle

dminemment

du

5 IIne

peut

D. C.,

qui

dieux,

a des

du dieu

morceaux

y "fait

appel,

contro-

etre

verses

est

etranger a toute preoccupation theologique,6 ni de passer en revue tous les

passages

divin:

marge

confirmer (celle-ci), a des considerations

au t6moignage de l'opinion courante et de la tradition".' La question 6tant

de savoir comment interpreter ce genre d'appel a la tradition, nous concen-

trerons notre attention sur le texte sans doute le plus 6nigmatique

ceux qui ont sollicite la sagacit6 des commentateurs soucieux de r6soudre

cette question. Le texte litigieux cloture le premier chapitre du livre II.

Personne, ?

pour

en

ou du

question

la philosophie.

essentiel

des

le philosophe

significatifs

appartiennent

scientifique

et qu'Aristote

de la demonstration

plus dialectiques,

en l'occurrence,

parmi

le sens veritable.

notre

connaissance,

n'en

a jamais

reconnu

Faute de quoi, ont etc entretenues,

des hypotheses

sur la pens6e

theologique

fantaisistes

qu'il

convient

de dissiper.

d'Aristote,

2

Quelques

D. C.,

ete

faisant,

des demonstrations

te, comme

destinees a corroborer la these fondamentale

et sp6cialement

semble

(ensemble d'opinions

mots,

d'abord,

sur le contexte sommairement

1'eternite

de notre

passage.

Au

debut

du

qui ont

Ce

II, Aristote

recapitule

les theses

principales

dans

Dans

d6fendues

au livre

I touchant

indique

du

quelle

ciel

fut l'intention

sa totalite.

pareil

theologique

le philosophe

ailleurs

avec nettet6

essentielle

contex-

sont

qui forment

la base de son expose.

dans le D. C., les allusions

sur les dieux)

a la pensee

de 1'eternite des corps celestes

du premier corps, celui de la sphere extreme. La th6ologie

devenir

ici ancilla philosophiae

246

(physicae).

Nous y reviendrons

dans notre

conclusion.

C'est

la perspective

inverse

de celle qu'illustrera

la pens6e

du Moyen ne sont qu'une

le philosophe

Age chretien.

sorte

afin

En fait, les opinions

6galement

th6ologiques

sollicit6es

par

d'opinions

d'6prouver

Autrement

parmi

dialec-

d'autres,

le

caract?re theologique caractere accidentel,

cause

soirement,

represente 1'essentiel pour le physicien et reciproquement. On aura 6gale- ment l'occasion d'y revenir. Aristote confronte ainsi ses propres th6ses à

cinq opinions

tiquement les propositions scientifiques qu'il defend.8

interessent

de

certaines

opinions

est,

pour

dit,

le philosophe,

un

en

en ce sens que ce n'est pas a ce titre que les opinions

c6leste,

Ce

mais parce

qu'elles

touchent,

qui

est

accessoire

pour

la physique

acces-

a la nature

du ciel.

le theologien

plus ou moins de ceux

qui

autoris6es:

(comme

que

1. L'opinion

Platon

que le ciel a ete engendr6. L'impossibilitd

montre, par 1'absurd, 30-284 a 2).

de ceux pour

divin parmi les realites en mouvement et de ceux qui assignent aux dieux

le ciel comme residence. C'est un genre d'opinion qui va dans le sens des

et du

dans

le Timée)

de justifier

contraire

a

semblent

cette

cette

du

poids

croire

hypothese

(283

b

I'hypoth6se

2. L'opinion

r6putde

ancienne

qui il y a de l'immortel

conclusions

d6pos6es

par le philosophe

(284 a 2-18).9

3. La vieille conception

qu'on

trouve

dans

le mythe

d'Atlas

et que

par-

tagent ceux pour qui le ciel est de nature pesante.

le defaut de n'avoir pas reconnu l'hétérogénéité du corps 616mentaire

dont le ciel est compose (284 a 18-23).

C'est

une opinion

qui a

4. L'opinion d'Empedocle qui attribue au tourbillonnement

des

corps

celestes la force qui les empeche

qui a le meme

de c6der a leur poids.

celeste

les deux

fait voir qu'elle

pas.

C'est

une opinion

defaut

qui

que la pr6c6dente

Platon

(284 a 24-26). nouvelle

une a ne pas c6der

(284 a 24-26). nouvelle une a ne p a s c6der
f o i s ) s o u t i e n n e n

fois) soutiennent

a son

mouvement

precedentes, repr6sente, pour

pour

a 6t6 assum6e

de vue

de son

se

5. L'opinion

Cette

Aristote,

r6soudre

auteur,

mesure,

expliquer

de ceux

(comme

le corps

comme

qu'une ame contraint

naturel

(284 a 27-35). derni?re

une position

un probl6me

opinion,

dont

qui,

sa theorie

selon

th6orie,

lui, n'existe

Du point

l'avantage

en effet,

de cette

qui nie la pesanteur

du corps cdleste,

imaginaires

a ceci qu'elle

fait 1'6conomie

de forces

pour

sans succes

la constance

de mouvements

qui dchappent

aux lois

247

de

avantage.

la

pesanteur.

Aristote,

tr6s

visiblement,

se

plait A

souligner

pareil

11 dvoque

les deux premieres

par

opinions,

donn6es

l'invraisemblance

pour

antithetiques,

dans

contre

le but de garantir

laquelle

du d6but A la fin, est fondamentalement

Platon d'abord (opinion 1) qu'il

1'6ternit6 du ciel. Et c'est contre Platon ultimement

la seconde

de la premiere,

il prend

position.

Par ou l'on peut voir que tout ce développement,

dirig6 contre

Platon.

C'est

contre

sollicite

(cfr opinions

la pens6e

3

et

4)

ancienne

(opinion

en faveur

5) qu'il

contraignant

contraignant

de

sou-

la

de forces

des

fictions

inutiles.

Il importe

de

garder

dans

sa controverse

avec Pla-

Il évoque

d'abord

la gen6se

de sa subsistance

sous la contrainte

du

OVFLV av8?ov:

de cette

contradiction.

conf6rer

Mais il entend

au ciel le genre a I'Ame du

ne saurait

Platon,

en effet,

grace

Aristote

lui oppose

que c'est

de peine

cette

et bienheureuse"

critique

equivale

un veritable

de

à

proprement

une

"divines"

ligne

cette

perspective

qu'Aristote,

du Timge.

ton,

d'une

ame

5).10 Aristote

indiquer

de perfection

monde,

impossible, car I'Ame qui devrait user sans arr6t de contrainte pour mouvoir

le ciel contre nature

(284 a 29), ni disposer du loisir n6cessaire pour gouter aux satisfactions

l'intelligence

1'affirmation

Car,

ame

qu'il

de corps

sans ame intelligente, ne se contente

dieu.

ciel (opinion

284 a 27-28; opinion

pesanteur

que

toutes

les iddes

sont

naturelle

en memoire.

remarque,

On aura

cela dit,

reproduit

(U'n6

la contradiction

1), puis

n'entend

1'etemite

àvayxa?ov01lç

pas tirer parti

que Fame

pretendait

invoquee

qu'il

par Platon

pretend.

eternelle

faire

du monde

etre

un dieu.ll

"exempte

bien

ne saurait

(284 a 31-32).

11 semble

que

qu'il est impossible

Aristote

au ciel

de faire du corps c6leste

dans

le D. C.,

Quant

a poser

on

le sait,

se refuse,

(ou

immanente

attribue

divin"

aux astres) . 616ment corporel

It 8£?ov: 11,3,286 a 11),

aux propri6t6s

au cinqui6me

pas

yap

et qui font

dieu.

sorte

pas, En tout cas, Aristote

pour

du ciel "une

elles ne suffisent

est inutile

a faire du ciel un veritable

de montrer

que I'dme platonicienne

248

expliquer

montre

quelque

dieu.

corps

propri6t6

conditions,

l'instar

pour

que

le corps

c6leste

ne choit

pas vu la fonction

vers le centre

de l'Univers.

11

aussi que Fame en question,

sorte,

ne pourrait

satisfaire

Or, pour Aristote,

c6leste

s'explique

le mouvement

sans qu'on

de son 616ment constitutif.

d'un

que le corps celeste vivant

que Platon lui assigne en

du ciel un

en bas) du par la seule

dans ces le D. C.,

à

aux conditions

circulaire

lui doive

assigner

qui feraient (et non de haut

une ame,

de croire,

dans

notre

que

11est donc difficile

meme

encore

s'il est consu,

donn6

par

moins

dieu

mobile,

soit

qui se meut, Sans Fame

celeste

philosophe

à

de

un dieu veritable.

intelligente

est

encore

qui a le loisir de s'adonner

le ciel

sa propre

activite,

le corps

Platon,

dont

Fame

n'aurait

pas ce loisir.

ne

vise pas, pour autant,

pas a la these

de la gen6se du ciel (opinion 1), qu'il oppose ces affirmations. De plus, ce n'est pas la portee theologique des affirmations traditionnelles qui int6resse

le philosophe, mais ce que celles-ci laissent deviner d'une conception du

ciel. Aristote 6crit d'abord

furent surtout, dit-il, ceux de nos peres, d'apr6s lesquels il est quelque chose

(284 a

2-4).13 La nature des propos allegues, qui sans doute roulaient sur les dieux

d'immortel et de divin parmi les realites doudes de mouvement"

Opposant A

Platon

les affirmations

a cautionner

des anciens

(opinion

2), Aristote

la th6ologie

traditionnelle.

Car ce n'est

de 1'animation

intelligente

du ciel (opinion

5), mais a la these

qu'

"il

y a du vrai

dans

les propos

ancients

et qui

immortels, n'est pas imm6diatement identifiable. Mais la suite du texte, qui r6p6te en d'autres termes une observation faite dans le premier livre, 14

permet d'y voir plus clair: "Les anciens, dit Aristote, attribuaient aux dieux

le ciel et 1'espace

sup6rieur

dans

l'idde

que,

seul,

il était

des

immortel"

Anciens

(284 a lorsqu'ils que le ciel

11-13).

Bref,

le philosophe

les dieux,

decode

ici la pens6e

y trouver

6tablissent

doit etre,

du ciel, immanente

sejour des dieux, qu'Aristote invoque A 1'appui de sa propre these. S'autori-

sant de la tradition, le philosophe soutenir par ailleurs de l'identit6,

1'existence des dieux, pour ne retenir que la seule conviction

qu'elle semble vdhiculer:

Aristote n'6pingle qu'une proposition

la th6ologie,

les dieux

comme

au ciel et il pretend

immortel.

la conviction

Et c'est la conviction

de l'immortalit6

celle-ci

en font

le

pouvait

voire

de

implicite

aux propos

de ceux qui, traditionnellement,

met

de

cote

ce

de la nature,

doit

8tre

que de la fonction,

Dans

le ciel

immortel.

latente de philosophie naturelle.

249

Vraie ou fausse dans son propos explicite, la th6ologie ne le pr6occupe pas.

Et tous les autres caracteres

rencontre

contraire, des caract?res par lesquels il entendrait suggerer subrepticement que le ciel serait lui-meme un dieu ou, encore moins, le dieu veritable qu'il faudrait substituer aux dieux de la tradition. Aristote n'entend ni confir-

mer, ni infirmer la th6ologie traditionnelle. Son intention se borne a justi- fier ce qu'il donne pour une conviction de philosophie naturelle immanente

a la tradition,

caracteres

nous

parlons, si l'on s'en

semble fournir cette preuve contraire.

divins

corporelle

ou

de

perfection

que

le philosophe

du

dans la substance

c6lestell

ne sont pas, sauf preuve

selon

laquelle

le corps

celeste

doit

poss6der les memes

dont

que les dieux

immortels

et parfaits.

Nous avons dit: sauf preuve

remet

du contraire.

Or la fin du chapitre

qu'on

en donne

a l'interpr6tation

d'ordinaire,

3

Aristote se flatte, en conclusion, de la superiorite de sa theorie celeste (284 a 36-b 5). Voici en quels termes, d'apr6s la traduction de P. Moraux (Paris,

1965, p.56).

"Eh bien, si, comme nous l'avons dit, notre explication relative A la translation premiere apparait comme possible, non seulement nous pouvons, grace a elle, concevoir d'une mani6re plus juste 1'6temit6 du ciel, mais, grace a elle aussi, nous tenons le seul moyen de professer des theories qui, de l'avis general, s'accordent tout a fait avec l'intuition que l'on a de Dieu." wavzevavxfii 3tEQL idv

Cette

rationnelle

joint

derni?re

proposition

donne

a comprendre

appliquee ce que la pens6e

a 1'etude

religieuse

du (premier)

visait

ciel,

de mani?re

que,

par

Aristote

intuitive.

une

croit

d6marche

avoir

re-

La physique

concorde avec la theologie ou, plut6t, r6ussit a dire scientifiquement ce

qu'au fond cherche a dire maladroitement

des

la tradition

quand

elle parle

dieux. Dans ces conditions, il devient 16gitime de presenter la philosophie naturelle d'Aristote comme une cosmo-th6ologie qui pretend assumer, justifier rationnellement et exprimer en termes clairs l'intuition théorique fondamentale des traditions religieuses en montrant que le ciel est Dieu.

250

1'on donne A

interpretation 1'expression curieuse

llav'tELa parait designer m6taphoriquement (par reference a la divina- tion) une saisie intuitive des determinations essentielles de Dieu. Simplicius

dit-il,

semble etre le premier

Cette

repose

entierement

que 1tEQL 'tOY 8EÓV, ou

ce genre

de lecture:

sur

le sens

llav'tELaL

le

substantif

a avoir propose

Aristote,

"a appel6 llav'tE(a cette idee commune que nous avons touchant 1'ab-

sence de peine et la f6licit6 du divin", Il a ete suivi presque aveugl6-

ment par tous les principaux

W.K.C.

tionnelle

ete

H.J.

excep-

Stocks,

traducteurs

18

aujourd'hui:

la signification

dans

J. Tricot,

tout

J.L.

a faite

Guthrie,

qu'aurait

L.

Elders, ainsi le mot

l'Index

de

(conjecture).

Et

llav'tE(a

H.

ce seul passage et dans

d'Aristote

le Lexicon

a

de

enregistree

Liddell-R.

dans

Scott

Bonitz

(opinio)

Il n'y

a qu'un

de notre

le mot

a priori

passage,

qui puisse

une petition

n'est

expliquer

ce large

consensus

veut.

Aristote

dans

Car,

ou

la

non

lecture

seulement

contemporains tee par la volont6

de principe,

nulle

part

mais celle-ci

si l'on

llav'tE(a

attestd

(I6v

chez

a visiblement

ses

ete dic-

avec la

qui

le divin

de llav'tELa

avec cette

signification,

le dieu

dont

d'assimiler

6EOV)6voqud

en rapport

et le divin

C'est parce

(16 8dov),

l'on

il est question

dans

le contexte

identifier

a faire

precede.

dont

un synonyme

que

au concept

a cru qu'Aristote

que l'on

voulait

il a parle

de dieu

9VVOLa.

a ete enclin

de xowfi

Les rares

garder

principe,

"mit

lecteurs

d'Aristote

une

qui ont evite ce travers conforme

signification

professait

se sont content6s

D'après

de

ce

au mot

llav'tE(a

aurait

a l'usage.

Aristote

dit qu'il

des doctrines

(C. Prantl)

qui s'accordent

ou "con quanto

251

der den Gott

betreffenden

heilige

Kunde"

la scienza oracolare ci dice sul divino" (0. Longo).19 11n'est pas sur que ce

genre de traduction implique une interpretation diff6rente du passage et de

l'intention

ou A 1'art divinatoire concemant Dieu ou le divin ne parait rien

changer a la conviction des interpr6tes qu'Aristote se flatte ici de rejoindre,

par une ddmarche rationnelle, religieuse permet d'atteindre.

Bos

r6f6rence par une 6tude des indications fournies ailleurs par Aristote tou-

cette

ce A quoi

la

divination

d'Aristote

dans son ensemble.

Une reference

une

autre

s'est

efforce

a la mantique, a

d6marche

de nature

Dans

un

article

recent,2°

A.P.

de comprendre

chant les pratiques divinatoires. Ce travail donne la pleine mesure de

1'embarras des interpr6tes. Bos cherche en vain des paralleles a notre

passage, il fouille les fragments d'oeuvres

d'une

texte,22

suppose

cdleste

surgissent des visions proph6tiques, non pas A propos de Dieu, mais A

se produit meule de foin

1'entour de Dieu:'

du

perdues pour exhumer les bribes

il pense

a cette

a une corruption conclusion

extreme,

selon

laquelle

la substance

et

grace

a laquelle

il

dans

les

du dieu

trans-

pens6e

mais,

sur les visions ne

pour

point

se r6f?re

I'Ame

irrationnelles,21

se r6soudre

qu'Aristote

est

celle

ici A une thdorie

humaine

est

dont

composee

dit-il,

"la connaissance

de Dieu'

du foin;

divinatoire, de la meme

etres c6lestes

prend feu par 6chauffement

'A 1'entour

faqon qu'une

divine

la connaissance

252

cendant est sa condition nécessaire". 24 Bref, "la remarque finale dans De coelo II,1", conclut Bos, "assigne un role interm6diaire a 1'616ment celeste, le role que Platon assignait aux ddmons".11 Tout, dans cette reconstitution hypoth6tique, est imaginaire. L'allusion

dieu

si la propri6t6

constante pour le philosophe

transcendant se comprendrait

obscure A

la

propri6t6

divinatoire

du

corps

d'un

par en question était une donn6e

dieu transcendant,

dans cette

c6leste

activ6

un

et si le role

affaire, était lui aussi evident. Aucun texte de notre philosophe, faut-il le

dire?, ne permet de montrer que cette double condition était remplie. Et les explications de Bos cherchent a lever une obscurite par des obscurit6s plus

grandes

du

D. C., II,1 se trouve

encore.

inutile

11 est

de discuter

plus levts de mani6re

avant

car

ses hypotheses, a un texte

simple

grace

le mystere

precis.

4

Trois problemes,

dire

l'allusion

tion ? Et, 3) En quoi le philosophe peut-il affirmer que ses propres discours

sont manifestement

ment, ces trois probl6mes sont lies. L'id6al serait donc de trouver un seul et

meme texte qui resolve ensemble ces trois difficult6s. Or ce texte existe. Il

figure

une prise

en gros, sont identifiables dans notre passage: 1) Que veut

parle

de

divination

6EOV) en rapport

avec

2) que

repr6sente

la mention

de cette

divina-

(01JIl<POOVO'UÇ) avec ce dont

il parle?

Evidem-

notre passage etant, on 1'a vu,

Aristote

lorsqu'il

(iov

au dieu

en accord

On n'en

par

chez Platon.

sera pas surpris, a Platon.

rapport

de position

Premier

pour

probleme:

le

savoir,

qu'est-ce,

d'ouvrir

ici, que la llaV'tELa dont le Cratyle, of Socrate

parle

Aristote?

11

somm6

d'arbitrer entre deux th6ses contraires sur la signification des noms. Her- mog6ne expose la these 6trange de son adversaire qui se refuse A expliquer

suffit,

se trouve

clairement ses affirmations.

donc contribuer

de

quelque

Il ajoute A fagon A

l'intention

1'oracle

de Socrate:

(Thv llav'tE(av)

"Si tu peux de

Cratyle,

j'aurai

plaisir

a 1'entendre".

(384 A).

Et voila,

du coup,

1'interpretation

6tymologique

des noms a laquelle

va contribuer

Socrate,

presentee

comme

253

1'elucidation d'une parole

se souvient

oraculaire!

du Cratyle,

Il y a tout

donnd

a parier

qu'Aristote,

dans

notre

tation

passage,

d'une

par son auteur

pour l'interpré-

des

d e s n o m s .

noms.

adopte

le

aisdment.

represente

la

affirmation

qu'en

divinatoire

d i v i n a t o i r e

parlant

ici

dans

touchant

de

la signification

le philosophe On la v6rifie

L'hypoth6se

vocabulaire

est

image

Le

deuxi6me

de Platon

ce dialogue.

en

effet,

probleme

était,

de savoir

ce que

mention

l'on

nous

renvoyer qu'a la signification

cette

6tymologie

hommes de la Gr?ce, me semble-t-il,

seulement qu'aujourd'hui soleil, la lune, les astres, une course et toujours

dieux

comprend sans peine pourquoi ce passage du Cratyle reste A 1'esprit d'Aris-

d'une

tote

dire,

c'est-A-

mot

du

dieu

de

dans

dans

juger

cette

1'expression

comme

on

expression,

iy

llav'tE(aL

de

Ifii

1tEQL i6v

de

l'usage

ne

peut

BEOV. Si

du

a raison

vient

cette

le faire

derni6re

"divination"

gu6re

de 1'oracle lorsqu'il

Socrate.

Socrate

qui

ne tenaient

concerne

le dieu,

fournit

"Les

a 1'6tymologie

en

du mot 6 OE6g par

expr?s.

C'est

Or le Cratyle

parle:

termes

premiers

pour dieux que ceux-la (tiennent pour tels), le

tous suivre

beaucoup le ciel. Et c'est parce

courir (eÉov'ta),

qu'ils

a la nature

que

de barbares

de courir

le

du

corps

mot

Platon

que

qu'ils les voyaient

leur

donnèrent

(6Ew)"

celeste

applique

pretendait

les realites

le nom

(397 C-D).

de

On

est

anime

ancienne-

indiquer,

en

en question

par

reference

de

Par

lorsqu'il revolution 6ternelle.

ment

acheve

c6lestes

ete

montrer

1'6tymologie

aux corps

qu'il

avait

et au ciel lui-meme,

anciennement

reconnu

. effet,

avaient

le privilege

d'un

et dernier

Le troisi6me

mouvement

probl?me

qui dure

se resout

toujours. des lors de lui-meme.

Aristote

theories

celeste sont les seules qui s'accordent pleinement avec 1'interpretation

(oraculaire)

explication

peut

soutenir

que

avanc6e

ses

propres

a propos

touchant

la substance

qu'elles

offrent

du

corps

du mot

Oeog, parce

la seule

toujours

plausible

perp6tuelle

du fait que le corps celeste

6voqu6e

par ce mot.

suit naturellement

la course

En fait,

cette

reference

au Cratyle,

de la part

d'Aristote,

est moins

une

faqon de dire que 1'6tymologie

en faveur de sa propre theorie, qu'une fagon de critiquer Platon pour cette

6tymologie! Le philosophe

("toujours courir") que le Cratyle propose de retrouver sous le substantif

eeog.

retrouver

de courir

souvenir

une realite

conception.

et avait requ un nom conforme a pareille

avait ete conqu comme

du mot 6cos

nous

le mot

renvoie,

suppos6e

certes,

par Platon

a

1'etymon

quant

temoigne

dEF-t-OEiV

Mais

ce n'est

l'idee

toujours.

d'une

pas sous

OE6g, qu'Aristote,

bien l'id6e

de penser

a lui, pense

mais pas celle le

conserve

livre du D. C.,

en cause:

Platon

OE6g evoque

avait raison

de course, que le langage

au premier

epoque

ancienne

pe?p6tuelle

Aristotle

ou le corps cdleste

1'a deja indique

en course

Cependant,

254

c'est un autre mot qui conserve le souvenir

pens6e, disait-il, que le premier

invoqu6

par le Cratyle. de la terre,

(a10£ga)

"Dans

du feu,

la

de

corps

c o r p s

ont

appel6

du

fait

est different

ether

1'air et

et

au

de

1'eau,

(les

anciens)

le lieu

perp6tuelle

notre

que ne se v6rifie La reference

le plus

(8dv

passage,

avait

qu'a

au

a cet

élevé

åEt)

Aristote s'autorise

sugg6r6e

propos du mot a10fig, ainsi qu'il l'a

Cratyle vise un temoignage endroit, du mot 6EOs.

lui ont

fil