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Yahia/Liberté
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IL L’A SOUMIS HIER À L’APPROBATION DE SON CONSEIL NATIONAL

Le RCD rend public son projet de Constitution P.3

ELLE ORGANISE AUJOURD’HUI UNE JOURNÉE PORTES OUVERTES

La BDL à l’écoute de sa clientèle P.6

LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D’INFORMER

LIBERTE

DJAMEL DEBBOUZE AVANT SON SPECTACLE À ALGER

“Sans mon humour, je serais mort” P.28

QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37, RUE LARBI BEN M’HIDI, ALGER - N° 6291 VENDREDI 26 - SAMEDI 27 AVRIL 2013 - ALGÉRIE 15 DA - FRANCE 1 € - GB 1£ 20 - ISSN 1111- 4290

CELA S’EST PASSÉ MERCREDI SOIR À SKIKDA

Un groupe terroriste se rend avec femmes et enfants P.4

MOKRANE AÏT LARBI, AVOCAT ET MILITANT DES DROITS DE L’HOMME, À “LIBERTÉ”

“Un 4 e mandat n’est pas dans l’intérêt du Président” P.2

Louiza/Liberté
Louiza/Liberté
pas dans l’intérêt du Président” P.2 Louiza/Liberté ACCUSÉ DE MALVERSATIONS POUR LA SAUVEGARDE DE SON

ACCUSÉ DE MALVERSATIONS POUR LA SAUVEGARDE DE SON PATRIMOINE

Newpress
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Moumen Khelifa, objet d’un procès en France P.4

Moumen Khelifa, objet d’un procès en France P . 4 UNE CATASTROPHE ÉVITÉE DE JUSTESSE SUR

UNE CATASTROPHE ÉVITÉE DE JUSTESSE SUR LA ROUTE DE LARBAÂ NATH IRATHEN

Une cinquantaine d’étudiants ont failli périr dans un accident P.8

Louiza/Liberté
Louiza/Liberté

CESSION DE DJEZZY ET LANCEMENT DE LA 3G

Djoudi joue les prolongations P.7

Louiza/Liberté

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L’actualité en question

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

MOKRANE AÏT LARBI À “LIBERTÉ”

“Un quatrième mandat n’est pas dans l’intérêt du Président”

Pleinement versé dans l’exercice de son métier d’avocat “des procès durs”, Mokrane Aït Larbi, militant libre de toute attache partisane, reste néanmoins un observateur avisé de l’arène politique. Dans cet entretien, il fait notamment part de son analyse du projet de révision constitutionnelle et des enjeux de pouvoir sous-jacents.

Liberté : Nous sommes exactement à une année de l’élection présidentielle et à ce jour, on ne connaît pas encore les noms des candidats, sa- chant que dans les pays à tradition électorale dé- mocratique, les postulants à la magistrature su- prême sont connus des années avant. Par quoi expliquez-vous, chez nous, ce “retard” pour au- tant qu’on puisse le qualifier ainsi ?

Mokrane Aït Larbi : Justement, notre pays n’a pas de traditions démocratiques. Le président de la République a tou-

seul responsable. Elle est le ré- sultat d’une longue réflexion et d’un débat public visant à as- seoir la démocratie, garantir les libertés publiques et les droits de l’Homme, renforcer la souveraineté du peuple, la séparation des pouvoirs, l’in- dépendance de la justice et le contrôle du gouvernement et

du peuple, la séparation des pouvoirs, l’in- dépendance de la justice et le contrôle du gouvernement

Par :

jours été choisi par un groupe. La

des services de sécurité par le Parlement. Mais en Algérie,

OMAR OUALI

aucune révision précédente n’a visé cet objectif. Ce qui est urgent aujourd’hui, à mon avis, se résume dans l’abroga- tion des amendements de 2008 relatifs aux mandats et aux prérogatives du gouverne- ment. Le reste peut attendre car les problèmes des ci- toyennes et citoyens ne rési- dent pas dans le texte de la Constitution en vigueur ni dans les lois. “Les réformes du Président” n’ont pas empêché la fraude électorale aux der- nières élections. Cette fraude et l’absence d’élections libres sont un obstacle à la souverai-

situation actuel- le ne permet pas l’émergence de leaders charis- matiques, compétents et intègres, capables d’im- poser l’alternance. D’autre part, la plupart des chefs de parti politique, candidats potentiels à cette élec- tion, ne sont même pas capables de faire le consensus au sein de leurs militants. Mais ne vous inquiétez pas, les candidats farfelus sont déjà connus et je peux vous en citer une dizaine. Quant au candidat qui sera président, il ne sera connu officiellement qu’en janvier 2014. C’est la tradi- tion “démocratique” dans notre pays.

Une commission de révision de la Constitution vient d’être mise sur pied par le président de la République. Ce qui fait trois révisions pour un même président en quatorze ans. Est-ce une si-

tuation normale ? Cette révision est-elle si ur- gente que cela ?

 

neté du peuple, qui a toujours manifesté sa volonté de se donner des institutions démocratiques et des représentants compétents, crédibles et intègres, capables de régler les pro-

blèmes urgents, à commencer par ceux des plus défavorisés.

der la Constitution, le désir de créer un poste de vice-président. On parle aussi d’un retour à la limitation des mandats, alors qu’elle a été abo-

Dans une démocratie et un État de droit, la ré- vision de la Constitution ne se décide pas par un

 

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La commission est composée d’experts en droit constitutionnel. D’abord, est-ce que vous avez un

lie en 2008. À quel calcul répondrait la création

 

commentaire sur la composante de cette com- mission ? Pourquoi une commission d’experts et non pas une commission composée de repré- sentants de la classe politique et de la société ci- vile ?

Je n’ai pas de commentaire sur la composante de cette commission car il ne s’agit pas de personnes. Toutefois, il est à rappeler qu’au moins un de ses membres est militant FLN et je ne vois pas comment concilier la rigueur d’experts et les in- térêts partisans. La révision de la Constitution doit, à mon avis, être précédée d’un grand débat public sur les questions d’intérêt national, suivi d’un document de travail qui doit être soumis à une commission composée de représentants de la classe politique et de la société civile. Des ex- perts indépendants interviennent, par la suite, pour la mise en forme et ce n’est pas à une com- mission d’experts, quelle que soit par ailleurs la compétence de ses membres, de décider de l’ave-

nir de l’Algérie. La révision de la Constitution est d’abord un problème politique. Et ce n’est pas à un architecte de décider à la place du propriétai- re de la maison. Malheureusement, nous consta- tons que la révision se prépare à huis clos et c’est une révision de plus qui ne vise que le maintien du système mis en place par la force en 1962.

Certains plaident pour un régime parlementai- re, d’autres pour un régime semi-présidentiel, d’autres encore pour un régime présidentiel fort. Vous, en tant que praticien du droit mais surtout en homme politique, quel est le système qui convient en cette phase historique pour l’Algé- rie ?

Je plaide pour un système démocratique et un État de droit car le problème ne réside pas dans la na- ture du régime mais dans l’absence de la démo- cratie. Un régime présidentiel nécessite des ins- titutions fortes et stables choisies librement par le peuple afin d’éviter le despotisme ; et le régi- me parlementaire passe par de grands partis po- litiques organisés pour éviter l’instabilité et par des élections libres. En l’absence d’institutions fortes et de partis politiques organisés, le régime semi-présidentiel peut faire éviter les inconvé- nients des deux autres régimes.

Même si la mouture finale du projet est en cours d’élaboration, des indiscrétions prêtent au pré- sident Bouteflika, qui a la prérogative d’amen-

d’un poste de vice-président ? Et pourquoi le re- tour à la limitation des mandats ?

Je ne suis pas dans le secret du palais. À ce jour, la présidence de la République n’a pas publié le document de travail soumis à la commission, comme cela a été le cas en 1996, et la commission travaille à huis clos. Il m’est difficile de commen- ter “les indiscrétions”. Sur le fond, le problème ne réside pas dans le nombre de mandats, encore moins dans la création d’un poste de vice-prési- dent, mais dans l’élection du président. Lorsque le président de la République est choisi effective- ment par le peuple, par des élections libres et ou- vertes sans “candidat de consensus”, le nombre de mandats est secondaire. Mais dans un système comme le nôtre, où le président est choisi par quelques personnes, deux mandats sont largement suffisants.

Un quatrième mandat pour le président Boute- flika, physiquement diminué à cause de sa maladie, est-il dans l’intérêt de l’Algérie ?

Le problème, encore une fois, ne réside pas dans la maladie du Président mais dans le fonc- tionnement des institutions et le respect de la Constitution. Concernant un quatrième mandat, le Président ne s’est pas encore prononcé. Vu la charge de la fonction, quatre mandats, même pour un homme en bonne santé, et quels qu’en soient sa politique et son programme, c’est trop. Et un quatrième mandat n’est pas dans l’intérêt du Pré- sident lui-même. Je ne pense pas que le Président ait dit “tab djnanna” et “acha man arifa qadrahou” dans le but de briguer un quatrième mandat.

La Kabylie vient de célébrer le 33e anniversai- re du Printemps berbère par des marches qua- lifiées de démonstration de “force” pour reven- diquer l’officialisation de tamazight. Pensez-vous que le pouvoir est aujourd’hui assez mûr pour répondre favorablement à cette revendication ? Quelles conséquences éventuelles sur la cohé- sion nationale en cas de refus ?

Le Maroc a reconnu, par l’article 5 de la nouvel- le Constitution, tamazight comme langue officiel- le, au même titre que la langue arabe, suivi par le nouveau régime libyen. Le pouvoir algérien est tenu aujourd’hui, même par calcul, de répondre à la revendication de plusieurs générations qui vi- sent notamment la reconnaissance de tama- zight comme langue officielle dans la prochaine Constitution.

 

F.1409

 

LIBERTE

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

L’actualité en question

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IL L’A SOUMIS HIER À L’APPROBATION DE SON CONSEIL NATIONAL

Le RCD rend public son projet de Constitution

Considérant que la révision constitutionnelle est une affaire de tous les citoyens, le RCD compte inviter au débat des acteurs politiques et de la société civile, des artistes, des sportifs, etc.

S e voulant une alternative fiable au pouvoir en place, le Rassemblement pour la cul- ture et la démocratie (RCD) vient de rendre public son avant-projet de Constitu-

tion avant même que le chef de l’État ne décline sa copie à lui. Et la primeur

a été accordée au conseil national du

parti qui s’est réuni hier au Club El Moudjahid à Alger pour débattre jus- tement des différentes propositions. Lors de son passage au Forum de Li- berté, le 22 avril dernier, le président du parti, Mohcine Belabbas, avait in-

diqué que le projet sera d’abord soumis au conseil national du parti avant d’être proposé au débat dans le cadre de conventions régionales et nationa- le. Considérant que la révision consti- tutionnelle est une affaire de tous les citoyens, le RCD compte inviter au dé- bat des acteurs politiques et de la so- ciété civile, des artistes, des sportifs, etc. Les principales propositions du RCD concernant ce dossier de la Constitu- tion sont du domaine public : limita- tion du mandat présidentiel à deux de 5 ans chacun, équilibre entre les dif- férents pouvoirs, officialisation de ta- mazight, etc. S’étant souvent distingué par des initiatives audacieuses, le RCD

a, à nouveau, mis sur la table des pro-

positions pour le moins inédites com-

me l’introduction d’une nouvelle en- tité dans l’architecture institutionnel-

le du pays, à savoir la région. Voulant

en finir avec la malédiction des Consti- tutions jetables, le RCD ambitionne de doter l’Algérie d’une loi fondamenta- le “pérenne” qui prend en compte toutes ses réalités sociologique, cultu- relle et historique du pays. Car, comme il est expliqué dans le pré- ambule de l’avant-projet, “avant d’être un texte de loi, une Constitution est l’af- firmation d’une vision générale et de l’es- prit qui président à la confection des ins- truments permettant aux différentes ca- tégories sociales et aux sensibilités po- litiques composant la nation de com- muniquer, de proposer et de concourir pour dégager le meilleur compromis pre- nant en charge la demande nationale”.

Une Constitution qui puise ses référents dans l’histoire Du point de vue du parti de Mohcine Belabbas, “il nous faut appréhender le sujet dans sa globalité et trouver enfin

les voies et moyens ainsi que la substance du texte installant l’Algérie nouvelle dans l’harmonie, la transparence et la justi- ce”. S’interdisant de tomber dans le panneau du mimétisme, le RCD assure

: “Notre génération ne doit ni copier ni

d’ailleurs ignorer par principe les che- mins empruntés par d’autres. Mais avant de regarder ailleurs, il nous revient de revisiter notre histoire pour décou- vrir les stratégies élaborées, les mé- thodes mises en œuvre et les cadres construits par nos populations pour affronter et surmonter les épreuves.” “Faute d’assumer cet exercice d’investi- gation historique et de prospection po- litique, les Algériens sont condamnés à afficher un unanimisme identitaire de façade et subir, dans les faits, les affres d’un tribalisme qui soumet et anéantit toute velléité de construction étatique moderne”, a-t-il ajouté.

Des principes généraux régissant la société algérienne Le projet de Constitution du RCD s’ar-

Yahia/Liberté
Yahia/Liberté

Le président du RCD Mohcine Belabbas, le 22 avril dernier, lors de son passage au Forum de “Liberté”.

ticule autour de 7 principes géné-

raux : l’égalité en droits et devoirs de tous les Algériens et la garantie de tous les attributs des droits de l’Homme dans un État moderne ; la séparation

du politique et du religieux ; la redé- finition de l'algérianité intégrant l'en- semble de ses composantes qui consti- tue une garantie pour la cohésion et l’unité de la nation ; la consécration de la libre entreprise et de la protection de la propriété privée ; la formulation pré- cise et concrète, des instruments d’in- tervention et de contrôle par la nation et ses représentations tant centrales que locales ; l’édification d’un État sur les principes de l’unité et de l’indivisibili- té prenant en charge les spécificités lo- cales et régionales de la nation et, en- fin, la priorisation de la construction d'un ensemble régional des pays de l'Afrique du Nord.

Une séparation des pouvoirs réelle et effective Aux yeux du RCD, la recherche de l’équilibre des pouvoirs est “la clé de voûte de tout compromis politique dé- mocratique”. “L’omnipotence et l’hégé- monie de la fonction présidentielle au dé- triment des autres pouvoirs est la cau- se essentielle du dysfonctionnement ins- titutionnel avec une incidence émi- nemment préjudiciable sur la gestion des

affaires publiques”, a-t-il expliqué. “L’indépendance de la justice prémunit la nation de la mainmise d’une seule et même personne, qui cumulant les trois pouvoirs, aliène une souveraineté qui re- lève du peuple. Au plan politique, la sé- paration des pouvoirs empêche les abus qu’un détenteur unique serait tenté de commettre au détriment des libertés et de la protection des ressources natio- nales”, a-t-il ajouté Concernant le pou- voir législatif, le RCD propose un Par- lement qui “assume le contrôle de l’ac- tion gouvernementale et la consécration de la responsabilité politique” et préco- nise “la mise en place au sein du Parle- ment d’un système de contrôle et d'éva- luation (…) et dont les membres s'oc- cuperont non seulement de l’examen du budget mais aussi du contrôle de la ges- tion des deniers publics”.

L’Exécutif sous contrôle réel du Par- lement Le RCD propose aussi “des prérogatives plus affirmées” pour le Conseil de la na- tion qui ne fait que “voter les projets qui lui sont soumis sans pouvoir les amen- der”. Pour le pouvoir exécutif, le RCD esti- me nécessaire “un pouvoir exécutif bi- céphale effectif” “le Chef du gou- vernement, issu de la majorité parle- mentaire, doit avoir des responsabilités constitutionnelles au lieu d’être confiné dans la délégation de pouvoirs du pré- sident de la République”.

Pour le RCD, la limitation du nombre de mandats présidentiels constitue “un véritable antidote aux réélections systématiques, aux dérives du despo- tisme et de la présidence à vie et favo- rise corrélativement une compétition po- litique ouverte et saine”. “Le président doit disposer, quant à lui, de pouvoirs nécessaires à l'exercice de sa fonction d’arbitre. Ses missions consis- tent à incarner l’unité de la nation et à être le garant des équilibres institu- tionnels”, explique le RCD. “Le maintien des pouvoirs exceptionnels, que confère au président l’actuelle

Constitution, en cas de crise majeure, constitue sans doute un grand risque pour le pluralisme démocratique et le respect des libertés publiques ; ces pou- voirs doivent être, de ce fait, clairement encadrés”, ajoute-il. Mieux, le parti de Mohcine Belabbas propose de mettre en place “une juridiction spé- cialement dédiée à l’examen des man- quements graves que pourraient com- mettre le chef de l’État, le Chef du gou- vernement ou le ministre dans l’exerci- ce de ses fonctions doit être envisagée”.

De l’indépendance de la justice Pour ce qui est du pouvoir judiciaire, le RCD préconise l’indépendance de la justice qui “implique des moyens ma- tériels et des réajustements législatifs à même de lui garantir l’exercice de ses pouvoirs et l’impartialité dans l’appli- cation de la loi”. Dans cette optique, le Conseil supérieur de la magistrature “doit décider des nominations, des mu- tations et de l’évolution de leur carriè- re (magistrats ndlr)”. “Condition sine qua non de l’indépendance de la justi- ce, la Constitution doit prescrire l’in- amovibilité et le principe du contrôle de la discipline du magistrat par cette seule instance dont le mode de dési- gnation doit être interne à la corpora- tion et représentatif des diverses juri- dictions qui la composent”, insiste le RCD. En outre, le RCD a plaidé pour le ren- forcement des prérogatives des or- ganes consultatifs comme le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et le Conseil national économique et social en soumettant la nomination de leur composante, initialement attribuée au président de la République, à l’avis du Parlement.

A. C.

L’ÉDITO

PAR SAÏD CHEKRI

Mode opératoire suspect

Inutile

d’attendre de

connaître le contenu de cette révision pour avoir une idée sur ses objectifs politiques. “Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement”, dit-on. Et quand on œuvre pour le mieux, on agit dans la transparence, peut- on ajouter. Il est vrai qu’en politique, la forme de l’action constitue souvent un indice suffisant pour en cerner le fond, voire l’arrière-pensée.”

U ne nouvelle Constitution algérienne est en cours d’élaboration. Cinq experts,

désignés par le chef de l’État, planchent depuis 20 jours sur un texte rédigé au-

paravant suite à une série de séances de travail et de réunions non médiatisées,

autant dire secrètes, ayant regroupé le Premier ministre avec des partenaires non iden- tifiés. Les experts en question sont instruits par Bouteflika de rendre leur copie “dans les plus brefs délais”. Voilà, en tout et pour tout, ce que nous savons de ce projet, hor- mis qu’il tient en haleine et inquiète, à juste titre, la classe politique, la société civile et l’opinion publique, purement et simplement exclues de cette opération de révision constitutionnelle. Tous les acteurs politiques et les juristes, qui ont eu à s’exprimer sur la question, ont au moins émis des réserves quant au mode opératoire choisi, soup- çonnant l’ordonnateur du projet de “rouler” pour sa personne, son clan ou son régi- me. Inutile d’attendre de connaître le contenu de cette révision pour avoir une idée sur ses objectifs politiques. “Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement”, dit-on. Et quand on œuvre

pour le mieux, on agit dans la transparence, peut-on ajouter. Il est vrai qu’en politique la forme de l’action constitue souvent un indice suffisant pour en cerner le fond, voi- re l’arrière-pensée. Au sortir du système de l’apartheid, l’Afrique du Sud qui voulait ou- vrir une nouvelle ère de son histoire en se dotant d’une Constitution démocratique, juste et durable a privilégié la transparence et le consensus pour ce faire. Une com- mission de cinquante personnes, entre juristes, syndicalistes et militants associatifs ou politiques, issus de divers horizons, ont mis six longues années et tenu des milliers de séances de travail dans une salle en verre érigée pour la circonstance au centre de Johannesburg, pour rédiger le projet de Constitution qui allait être soumis à référen- dum. Aucun de ses articles n’a été voté à la majorité. Chaque disposition a été débat- tue, modifiée, amendée ou reformulée de sorte à emporter l’adhésion des 50 membres de la commission. Aucune réunion ne s’est tenue en l’absence d’un des membres. À l’opposé de la “méthode Bouteflika”, celle du RCD semble tenir en compte la néces- sité d’associer l’ensemble de la société et des tendances politiques à l’élaboration de la future Constitution qui devra être la résultante des différents courants de pensée en présence dans le pays, le reflet de la société dans sa diversité politique, sociale et culturelle si on veut en faire une Constitution pérenne.

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L’actualité en question

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

ACCUSÉ DE MALVERSATIONS POUR LA SAUVEGARDE DE SON PATRIMOINE

Moumen Khelifa, objet d’un procès en France

Le système maffieux mis en place par Moumen Khelifa, grâce à de nombreuses complicités, sera à nouveau jugé, cette fois-ci en France, lors d’un procès programmé du 2 au 20 décembre prochain devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

A ccusé de délits de banqueroute par dissimulation de comptabilité, de détournement d’actifs et de blan- chiment d’argent en bande orga- nisée, Moumen Khelifa, toujours détenu en Grande-Bretagne et

objet d’une demande en instance d’extradition vers l’Algérie, ne comparaîtra pas devant le juge français. Une audience préalable est prévue le 25 septembre pour examiner les demandes de nul- lité. Dix autres personnes sont appelées à la bar- re dont l’ex-femme du golden boy, des anciens re- présentants de ses entreprises en France ainsi qu’un constructeur équipementier. Son ex-femme, Nadia Amirouchane, Ghazi Keb-

bache, son oncle et ancien directeur général d’El Khalifa Bank et Khalifa Construction, et Mo- hammed Nanouche, ex-directeur général-adjoint de la même banque, ont été placés en 2007 sous mandat de dépôt provisoire en France, à la sui-

te de la délivrance par la justice algérienne de mandats d'arrêt internationaux. Ces trois proches de l’ancien golden boy d’Alger ont été condamnés par la justice algérienne, res- pectivement à 10 ans de prison pour la premiè- re et 20 ans pour les deux autres, et ce, pour des faits “d'association de malfaiteurs et d'escroque- rie”. Les démêlées judiciaires de Moumen Rafik Khelifa avec la justice française ont commencé à la suite du lancement, en 2003, d’une procédure de liquidation judiciaire en Algérie. Rafik Khe- lifa se serait livré à des opérations douteuses pour la sauvegarde de son patrimoine, comme la dis- parition organisée de véhicules de luxe de sa so- ciété de location ou la vente à perte de sa villa Ba- gatelle à Cannes, achetée par Khalifa Airways en juillet 2002 pour environ 36 millions d’euros et revendue 16 millions d’euros l’année suivante. Il est poursuivi, en outre, pour la réimmatricula- tion de trois avions de la compagnie aérienne,

d’une valeur d’environ 1,7 million d’euros chacun, au profit d’une autre compagnie qui n’avait pas de rapport spécifique avec Khalifa Airways. Ces différents délits ont mené vers la faillite plusieurs filiales françaises de la compagnie aérienne Khalifa Airways et de Khalifa Rent a Car. C’est du moins ce que dévoilent les enquêtes déclen- chées par les tribunaux de Nanterre et de Paris sur plusieurs affaires liées, entre autres, à Kha- lifa TV, Khalifa Airways et l’affaire des Swift (transfert des devises à l’étranger) sur lesquelles la justice algérienne n’a pas encore statué. L’affaire du transfert de devises à l’étranger promet des ré- vélations fracassantes si la justice algérienne va jusqu’au bout de ses investigations et engage- ments. Des dizaines de personnes, entre témoins et ac- cusés, ont été entendues, dans le cadre de l’ins- truction menée par le tribunal de Chéraga dont des fonctionnaires liés à l’opération de

l’importation de la station de dessalement de l’eau de mer, non fonctionnelle de l’Arabie Saoudite.

Le juge d’instruction s’est également intéressé aux

formalités douanières qui ont entouré la récep- tion de cette station qui n’aura servi qu’à justifier

la sortie de sommes faramineuses d’argent.

Entre 2000 et 2003, les montants transférés de di- verses manières à l’étranger s’élèvent à plus d’un milliard d’euros, révèle une source proche du dossier. L’effondrement en 2003 du groupe Khalifa, constitué autour d’une banque, d’une compagnie aérienne et de deux chaînes de télévision et em-

ployant 20 000 salariés en Algérie et en Europe,

a causé jusqu'à présent un préjudice estimé

entre 1,5 et 5 milliards de dollars à l’État algérien

et aux épargnants. Le compte n’est pas encore

bouclé, la procédure de liquidation étant enco-

re en cours.

NISSA HAMMADI

CELA S’EST PASSÉ MERCREDI SOIR À SKIKDA

Un groupe terroriste se rend avec femmes et enfants

U n groupe de terroristes, accompagnés de leurs femmes et

de leurs enfants, s'est rendu, mercredi en fin de journée,

à la brigade de la gendarmerie de Collo.

Selon des sources sécuritaires, ce groupe composé d’une vingtai- ne de personnes activait dans le maquis du massif de Collo, à Sioua- ne précisément. Ils étaient, précisent nos sources, dans des condi- tions sanitaires lamentables et soufraient essentiellement de la gale. Ils ont été auscultés le jour même dès leur arrivée par des méde- cins de l'hôpital de Collo. Dans leurs bagages, il y avait des armes dont des kalachnikovs. Cette reddition massive aurait, selon nos sources, intervenu après celle, il y a une vingtaine de jours, d'un dangereux terroris- te qui activait dans les maquis de la région depuis 1995. Par ailleurs et à la suite du démantèlement, la semaine dernière, de deux réseaux de soutien au terrorisme activant sur l’axe Ta- malous-Kerkera-Aïn Kechra et l'interpellation d'une dizaine de per- sonnes, c'est au tour des réseaux de soutien des localités de Ou-

led Attia, Kanouaâ et Chéraïa de tomber. 28 personnes, âgées entre 21 et 75 ans dont des femmes, ont été entendues par le procureur de la République près le tribunal de Collo. 16 d’entre elles origi- naires de la localité de Siouane, 2 de Bounoghra (Ouled Attia), 9 de Dar Aïssa (Chéraïa) et une autre personne du hameau de Chaâ- ba (Béni Zid) ont été présentées devant le procureur de la Répu- blique près le tribunal de Collo, durant les journées de mercredi et jeudi. Mais ce n’est qu’hier, tôt dans la matinée, que le procureur a or- donné la mise en détention provisoire de 10 personnes et la cita- tion directe pour le reste du groupe. Selon des sources fiables, et toujours suite aux révélations de Abou Abdallah, un autre réseau de soutien au terrorisme composé d'une dizaine de personnes est entre les mains de la gendarmerie et sera présenté devant le magistrat instructeur près le tribunal de Col- lo dans les jours à venir. Rappelons qu’Abou Abdallah, souffrant d'un handicap au pied sui-

te à une blessure, a activé pendant 17 années aux maquis et selon des indiscrétions, il a reconnu avoir pris part à plusieurs attentats meurtriers dont celui d’Oued Zeggar qui a coûté la vie à 7 poli- ciers, ainsi que dans d’autres opérations meurtrières sur l’axe Ker- kera-Aïn Kechra. Ses révélations portent notamment sur les caches et casemates des terroristes toujours en activité, leur nombre, leur terrain d’évolu- tion et surtout leurs réseaux de soutien sont de grande importance dans la lutte antiterroriste. Parallèlement à ces opérations de démantèlement des réseaux de soutien, les services de sécurité ont renforcé leurs dispositifs de contrôle. Ce qui a permis de resserrer l’étau sur les groupes armés dans le grand massif de Collo. Plusieurs barrages fixes de la po- lice, de la gendarmerie et de l’armée ont été installés au niveau des axes importants alors que des opérations de ratissage dans les mon- tagnes sont menées quasiment tous les jours.

A. B.

LE MINISTRE DE LA JUSTICE À PROPOS DES SCANDALES DE CORRUPTION

“Seul le procureur de la République est habilité à fournir des informations”

C’ est un geste de bonne volon- té qu’a bien voulu accomplir le docteur Mohamed Charfi,

ministre de la Justice, garde des Sceaux, en acceptant de présider, hier à l’au- ditorium de la faculté de médecine de l’université Abou-Bakr-Belkaïd, la cé- rémonie d’ouverture des travaux du Colloque international sur les inves- tissements étrangers en Algérie orga- nisé par le Syndicat des avocats algé- riens en collaboration avec l’Union in- ternationale des avocats dont le siège est basé à Paris (France). D’aucuns y ont vu là une démarche d’apaisement du ministre vis-à-vis de la corporation des avocats après le bras de fer qui a op- posé dernièrement les robes noires aux magistrats accusés de dépassement de leurs prérogatives “qui portent at- teinte non seulement à la défense, mais surtout aux droits des justiciables”. D’ailleurs dans ses propos tenus à la cour de justice devant les huissiers, no- taires et avocats, Mohamed Charfi a tenu à souligner que “les avocats qui ont une mission exaltante sont les parte- naires directs de la justice et participent pleinement à la consolidation de l’État de droit à travers la défense et la pré- servation des droits justiciables”. Le col- loque de Tlemcen doit aborder durant

B. Abdelmadjid/Liberté
B. Abdelmadjid/Liberté

Le ministre de la Justice, Mohamed Charfi, hier à l’université de Tlemcen.

deux jours les questions en rapport avec les aspects juridiques des inves- tissements étrangers en Algérie et dans le Maghreb avec les interventions de professeurs universitaires, avocats et experts en droit commercial inter- national de France, Maroc, Tunis, Chine, Uruguay et des États-Unis

d’Amérique sur les propres expériences de ces pays. Il a été également retenu d’autres thèmes à débats comme la réa- lité de l’investissement en Algérie, les stratégies politiques de relance éco- nomique, le rôle des institutions fi- nancières, les missions de l’Agence nationale de promotion de l’investis-

sement en Algérie. Dans son allocution devant les participants, le ministre qui a salué dans la salle Ali Haroun, an- cien membre du HCE, a déclaré que les différents dispositifs juridiques ac- cordent aux investisseurs étrangers toutes les garanties soulignant au pas- sage que l’Algérie est signataire de nombreux traités en ce sens et qu’elle milite pour une plus grande ouvertu- re vers le marché international. Pour sa part, le président de l’Union inter- nationale des avocats, maître Jean-Ma- rie Burguburu, a indiqué que le thème proposé par le barreau de Tlemcen est porteur car il s’agit, a-t-il dit, de la ren- contre du droit et de l’économie et qu’il n’y a pas d’investissement étranger sans un cadre juridique sur et déter- miné. Il a également souligné que le contingent des avocats algériens affi- liés à l’UIA est le second, ce qui augu- re que l’Algérie présidera tôt ou tard cette instance internationale. La veille, Mohamed Charfi, accompagné du wali, avait inauguré le nouveau centre extérieur de l’administration péniten- tiaire du chef-lieu de wilaya chargé de la réinsertion des condamnés et visi- té différentes institutions rattachées à son département ministériel comme la nouvelle cour de justice (inaugurée le

9 octobre 2011 par son prédécesseur Tayeb Belaïz), construite dans la com- mune de Mansourah sur une superfi- cie de 17 500 m 2 , couvrant 17 500 m 2 de bureaux (135), salles d’audience (5), salles d’archives (3), grandes salles de réunion (2) et divers autres espaces de travail, le tribunal administratif de Tlemcen, les tribunaux de Remchi et de Nédroma. Le ministre s’est déclaré totalement sa- tisfait de sa visite en tenant notamment ces propos : “J’ai constaté des efforts louables accomplis par les différents per- sonnels affectés aux structures judi- ciaires qui sont engagés pleinement dans le vaste processus visant à facili- ter l’accueil et la prise en charge des jus- ticiables”, ajoutant à propos des centres de rééducation que “la dignité et les droits de l’Homme des prisonniers doi- vent être garantis car ce sont des Algé- riens qui purgent des peines en appli- cation des lois de la République et qui ont des droits et des devoirs”. À propos des scandales de corruption, le garde des Sceaux a déclaré que “seul le procureur de la République est habilité à fournir les informations concernant notamment l’affaire Sona- trach”.

B. ABDELMADJID

LIBERTE Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LE RADAR

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PAGE ANIMÉE PAR HAMID SAÏDANI

 

radar@liberté-algerie.com

{de Liberté

{

IL DÉNONCE SON PARCOURS SEMÉ D’EMBÛCHES DANS UN LIVRE

Le chirurgien Réda Souilamas quitte la France pour les USA

Spécialiste de la greffe pul- monaire, le chirurgien Réda Souilamas, reconnu interna- tionalement, dénonce son parcours semé d’embûches dans un livre la Couleur du bistouri, sorti en France aux éditions Naive. D’origine al- gérienne, Réda Souilamas a réalisé 130 greffes pulmo- naires et publié 49 publica- tions scientifiques, mais sa carrière en France fut ponc- tuée de discriminations et de brimades. Il écrit son histoi- re dans un livre où il consta- te que le système de promo- tion au sein de l’AP-HP est basé sur les réseaux plutôt que sur les compétences. Ses ori- gines algériennes auraient également freiné sa carrière. Après des années de combat, le chirurgien a préféré re- joindre une prestigieuse ins- titution de santé américaine où son travail est reconnu.

À CAUSE DE L'EXIGUÏTÉ DE LA SALLE DE SPECTACLES

Dimajazz affiche déjà complet

Les organisateurs du festival Dimajazz, qui s'est ouvert jeudi à Constantine, annoncent que la plupart des concerts prévus affichent

déjà complet. La raison ayant trait, semble-t-il, à l’exiguïté

de la salle de spectacles du

palais de la culture Malek- Haddad qui ne peut contenir que 500 places (!). Nombre

d'amateurs de jazz, une musique populaire s'il en est,

ne comprennent pas

comment puissent-ils rater, ainsi, le passage en Algérie d'artistes célèbres comme Al

Di Meola ou encore Lucky

Peterson. Il est à craindre, au final, que cette manifestation “institutionnalisée” n’engendre encore plus de frustrations qu'elle était censée venir absorber.

POUR ACCUEILLIR LE PREMIER MINISTRE

Béjaïa se fait belle

POUR ACCUEILLIR LE PREMIER MINISTRE Béjaïa se fait belle ■ Opération toilettage dans la ville de

Opération toilettage dans la ville de Yemma Gouraya qui re- çoit incessamment Abdelmalek Sellal. Marque de fabrique du pouvoir : désherbage, réfection de trottoirs, rafistolage, badi- geonnage et drapeaux hissés le long de son parcours. Du salon d’honneur de l’aéroport, reloo- ké par un artiste du terroir, au siège de la wilaya, et de là vers

la Maison de la culture dont le grand parvis est enfin dallé, tout sera nickel. Course contre la montre également pour ter- miner avant sa venue deux jets d’eau : un au rond-point de Naciria et l'autre au carrefour menant vers Boulimat, Saket et Béni K’sila, la façade ouest de Béjaïa rattrapée par le béton et le mauvais goût et plantée de

décharges sauvages. La ville a eu recours également aux tagueurs du MOB qui ont peint des fresques en vert et noir, couleurs du club qui est pour Béjaïa ce qu’est le Mouloudia pour la ca- pitale. Indifférents, les Béjaouis attendent tout même avec im- patience l’arrivée du Premier ministre pour voir ce qu’il ra- mènera dans ses bagages.

CHARGÉ DE RÉGULER LE MARCHÉ DU MÉDICAMENT

Installation du Comité national pharmaceutique consultatif

Un Comité national pharmaceu- tique consultatif (CNPC) a été installé, jeudi à Alger, par le ministre de la San- té, Abdelaziz Ziari. Le CNPC sera présidé par le directeur de la pharmacie et des équipements mé- dicaux au ministère, Hafid Hamou. Le rôle de ce comité est de proposer des idées et des solutions à même de régu- ler le marché du médicament en Algé- rie pour diminuer les ruptures et les pé- nuries des produits pharmaceutiques et de développer l'industrie pharmaceu-

tique locale. Le comité se réunira à raison d'une fois par mois et exposera au fur et à mesure des ren- contres, les difficultés que rencontrent les opérateurs dans leurs activités et proposera des solutions pour satisfaire l'ensemble des acteurs pharmaceutiques.

pour satisfaire l'ensemble des acteurs pharmaceutiques. Arrêt sur image LES PARASOLS DOIVENT ÊTRE ANONYMES Les
Arrêt sur image LES PARASOLS DOIVENT ÊTRE ANONYMES Les clients des cafés d’Alger-Centre pris en
Arrêt sur image
LES PARASOLS DOIVENT ÊTRE ANONYMES
Les clients des cafés d’Alger-Centre pris en otage

ANNONCÉ PAR LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR

Une carte grise avec numéro national en 2014

Une carte grise avec numéro national en 2014 ■ Le secrétaire général du mi- nistère de

Le secrétaire général du mi-

nistère de l'Intérieur et des Col- lectivités locales, Abdelkader Ouali, a annoncé, jeudi à Saïda, que son département est en phase d'élaborer une carte gri- se avec numéro national qui sera en vigueur en 2014 dans le cadre de la lutte contre la falsi- fication de ce document. Selon M. Ouali, le ministère tend vers la numérisation et la modernisation de tous les do-

cuments administratifs dont la carte grise, annonçant qu'une base de données nationale du parc automobile sera créée et un numéro national affecté à la voi- ture “qui ne changera pas avec le changement du lieu ou du pro- priétaire”. Il a ajouté que le per- mis de conduire à points aura également un numéro national, et ce, dans le cadre de la straté- gie de modernisation des do- cuments.

LIBÉRATION DES OTAGES FRANÇAIS AU CAMEROUN

Une rançon de sept millions de dollars ?

AU CAMEROUN Une rançon de sept millions de dollars ? ■ Il y a quelques semaines,

Il y a quelques semaines, l’É-

lysée s'est employé à diffuser à travers le monde un message se- lon lequel la France ne paierait plus de rançon pour la libéra- tion de ses otages. Un doute vient d'être jeté sur cet engage- ment. Selon la chaîne d'infor- mation iTélé, citant “des sources opérationnelles”, la libération de la famille Moulin-Fournier a bien eu sa contrepartie. Elle a été obtenue en échange no-

tamment de la libération de 16 militants de Boko Haram déte- nus au Cameroun et du paie- ment d’une rançon de 7 mil- lions de dollars. La somme n'a pas été payée par l'État français mais peut-être par le président camerounais ou par le groupe GDF. Dans un cas comme dans l'autre, le payeur retrouvera son dû sous une forme ou une autre.

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L’actualité en question

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

ELLE ORGANISE AUJOURD’HUI UNE JOURNÉE PORTES OUVERTES

La BDL à l’écoute de sa clientèle

La Banque de développement local (BDL) organise aujourd’hui une journée portes ouvertes sur le thème “Les services bancaires en toute facilité”, au niveau de l’ensemble de son réseau commercial implanté sur le territoire national.

P lus de 80 agences, sur 150 agences dont dispose la banque, sont concer- nées par l’opération. À travers l’or- ganisation de cet événement, la BDL vise un double objectif, celui de mettre en évidence son positionne-

ment sur le marché bancaire par rapport à la concurrence et également celui de présenter l’ensemble des produits et services qu’elle com- mercialise et qui font d’elle la banque des PME/PMI, professions libérales et des particu- liers. Dans une conférence de presse, organisée jeudi au siège de la BDL à Staouéli (Alger), le P- DG de la banque, Mohamed-Arselane Bachetarzi, également vice-président de l’Union des banques maghrébines, a indiqué que les banques algé- riennes sont aujourd’hui “à un niveau très ap- préciable” à l’échelle maghrébine. Ce qui doit être fait, selon lui, “c’est d’approcher le continent afri- cain”. Au niveau national, la BDL s’inscrit plei- nement dans “les priorités tracées” par les pouvoirs publics : l’emploi, la formation et le développe- ment régional. “Nous sommes un instrument bancaire qui doit apporter sa contribution. Nous nous inscrivons dans cette trajectoire”, a souligné M. Bachetarzi. Pour rappel, le ministre des Fi- nances a appelé, récemment, les responsables des banques publiques à s'impliquer pleinement dans le dispositif de soutien à l'emploi dans le Grand-Sud. La BDL, indique son P-DG, accor-

de une attention particulière à la région du sud du pays en matière d'attribution de crédits et de recrutement des jeunes. En matière d'octroi de crédits, les directeurs des agences BDL du Sud “ont été instruits de faciliter l'accès à tous les types de crédit, immobilier, investissement, emploi de jeunes…”, a précisé M. Bachetarzi. Sur le plan de l'emploi, un dispositif spécifique a été mis en pla- ce au niveau de cette banque pour assurer des for- mations sur les différents métiers bancaires au profit de jeunes universitaires issus des wilayas du Sud. La BDL veut, à travers la journée de com- munication qu’elle organise, être à l’écoute de sa clientèle, lui permettre de percevoir d’une manière effective les efforts de modernisation consentis par la banque afin de lui assurer la meilleure qua- lité d’accueil et de service et se placer comme “une banque facilitant la promotion des PME à travers le territoire national”. La banque privilégie éga- lement le secteur des énergies renouvelables. Des conventions ont été signées avec l’Aprue et des dis- cussions sont menées avec des organismes concernés. En matière de financement des entreprises, le di- recteur général adjoint, Lahouari Rahali, a indi- qué qu’à la fin de l’exercice 2011, la BDL a accordé des crédits de l’ordre de 164 milliards de dinars sur 6 600 dossiers étudiés. 124 milliards de dinars sont des crédits d’exploitation, à court terme, et 40 milliards d’investissement. En 2012, la banque

a traité 6 700 dos- siers mais a consenti 259,5 milliards de di- nars de prêts, soit une progression de 58%. Les fi- nancements ac- cordés au titre de l’exploitation ont été de l’ordre 162,4 milliards de dinars et ceux destinés à l’inves- tissement sont es- timés à 57,9 mil- liards de dinars. “Nous sommes de plus en plus portés sur le finance- ment de l’inves- tissement”, affir- me Lahouari Ra- hali. Les secteurs de l'industrie, du

BTP, du touris- me et des transports ont représenté 66,2% des cré- dits autorisés. En ce qui concerne le financement des dispositifs de soutien à l'emploi de jeunes (An- sej, Angem, Cnac), 36,93 milliards DA ont été ac-

Liberté
Liberté

L’emploi, la formation et le développement régional sont les trois priorités de la BDL.

cordés par la BDL en 2012, dont 23,04 milliards dans le cadre de l'Ansej, 12,34 milliards pour la Cnac et 1,5 milliard pour l'Angem.

MEZIANE RABHI

OMER FARUK KORKMAZ, NOUVEAU REPRÉSENTANT DE LA COMPAGNIE EN ALGÉRIE

Turkish Airlines souhaite augmenter ses vols et ouvrir Oran et Constantine

R éclamer depuis longtemps

mais en vain. Les Turques ne

semblent pas vouloir lâcher

prise ; mercredi dernier, lors d’une rencontre de presse, Omer Faruk Korkmaz, nouveau DG de Turkish Airlines (TK) en Algérie, est revenu à la charge en reformulant le souhait de la compagnie de vouloir aug- menter ses fréquences au départ d’Alger et ouvrir de nouvelles des- sertes sur Oran et Constantine. La TK, qui opère actuellement avec un vol quotidien, tout autant qu’Air Al- gérie, n’arrive pas à absorber toute la demande qui du reste est en constan- te évolution. Or, la situation actuel- le, qui souffre de verrouillage total, ne permet ni la proposition des pro- motions ni autres formules attractives alors que les plus bas prix des billets sont de l’ordre de 43 000 DA et peu- vent atteindre, en été, les 70 000 DA.

“C’est aux aviations civiles de nos deux pays d’opérer ce changement qui sera bénéfique pour tous et en pre- mier lieu pour le passager”, a expliqué le nouveau venu en Algérie qui ne semble pas arriver les mains vides. “Nous avons plein d’idées à vouloir dé- velopper en Algérie. Nous sommes aussi en négociations avec Air Algérie pour un partenariat sur le code Sha- re (free sale)”, a-t-il indiqué. La compagnie turque, qui a signé son retour en 1999, cassant ainsi l’em- bargo aérien pratiqué sur l’Algérie du- rant plusieurs années, souhaite ren- forcer davantage sa présence dans le pays en allant, par ailleurs, au-delà de sa vocation de transporteur et parti- ciper dans la promotion de la desti- nation Algérie. “Nous recevons beau- coup de touristes algériens. Nous sou- haitons encore plus, tout comme nous souhaitons que des Turques viennent

visiter votre beau pays. Pour le mo- ment, la quasi-majorité des arrivées en Algérie sont d’ordre professionnel”, a- t-il confié. Et annoncer : “Nous allons organiser des voyages presse en direc- tion de l’Algérie en plus de la réalisa- tion des reportages à diffuser sur les chaînes turques. Nous sommes prêts aussi à distribuer des brochures, des cartes et autres supports de l’Algérie touristique, et ce, à titre gracieux.” La Turquie a également beaucoup à of- frir aux Algériens avec des produits diversifiés. En plus de la mythique Is- tanbul, ses stations balnéaires à An- talya et Bodrum, la TK compte mettre en exergue le volet thermal et médical sur lesquels la Turquie est très compétitive. Omer Faruk Kork- maz, qui a rencontré la presse algé- rienne pour la première fois depuis son arrivée à Alger — il y a un peu plus de trois mois — a tenu à pré-

senter un exposé exhaustif de la compagnie qui dispose aujourd’hui d’une flotte de 202 appareils avec 23 avions acquis en 2012 et 23 autres inscrits pour 2013. Membre de Star Alliance, elle occu- pe la seconde place en tant que trans- porteur en Afrique après la France et développe de grandes ambitions, no- tamment sur le trafic de connexion sur lequel Turkish Airlines affiche de grandes aptitudes avec 40% de crois- sance entre 2003 et 2012 pour ce qui est des passagers à l’international. La compagnie, qui opère sur 202 desti- nations et transporte pas moins de 20 millions de passagers, n’a pas manqué de rafler le prestigieux titre World Airline Awards alloué par Skytrax, la classant comme étant “la meilleure compagnie aérienne de Europe en

2012”.

NABILA SAÏDOUN

RÉCUPÉRATEURS ET EXPORTATEURS DE MÉTAUX FERREUX ET NON FERREUX

L’espoir du holding turc s’évapore !

L es récupérateurs et exportateurs qui atten- daient avec impatience la mise en service de l’aciérie de la wilaya d’Oran par Tosyali Hol-

ding pour “se débarrasser” de leurs stocks ont vite déchanté. Contrairement aux engagements offi- ciels, le holding turc ne semble pas intéressé par la ferraille des opérateurs privés. Le calvaire des récupérateurs et exportateurs de métaux ferreux et non ferreux n’est pas encore fini. Au chômage depuis l’interdiction des exportations de ces métaux en 2009 et 2010, ces opérateurs ne savent plus à quel saint se vouer pour se faire en- tendre. Après avoir frappé vainement à toutes les portes et fait le pied de grue devant toutes les institutions concernées par leur problème, ils se sont tournés vers le président de la République et le Premier ministre, mais sans parvenir à faire bouger les choses. Des promesses sans lendemain s’accu-

mulaient au fil de l’entassement de leurs stocks de métaux. La seule lueur d’espoir née au lendemain de l’annonce du projet de réalisation par la société turque, Tosyali, d’une aciérie dans la wilaya d’Oran, s’estompe de jour en jour. Et pour cause, le holding turc ne semble pas très intéressé par les offres de la Fédération nationa- le des récupérateurs et exportateurs de métaux fer- reux et non ferreux. Cette dernière se tourne une fois encore vers Sel- lal pour qu’il intervienne en leur faveur auprès du holding qui leur fait la sourde oreille. Selon la fédération, deux correspondances ont été adressée ce mois d’avril au DG de Tosyali Holding pour lui demander audience et lui proposer “la vente de quantité importante de ferraille”. Mal- heureusement, aucune réponse à ce jour ! Selon toute vraisemblance, le holding turc n’est pas très intéressé par la ferraille des opérateurs privés mais

uniquement par celle proposée par les entreprises publiques de récupération. Les récupérateurs et exportateurs n’ont pas d’autres débouchés locaux, d’autant que les trois entreprises publiques de ré- cupération à qui ils voulaient proposer leurs stocks, il y a quelques mois, ont imposé un cahier des charges draconien qui les a empêchés de sou- missionner. Selon la fédération, alors que les opérateurs pri- vés frappaient à toutes les portes pour trouver de quoi nourrir leur famille, les trois entreprises de récupération stockaient des tonnes de ferraille qu’elles allaient proposer à l’aciérie Tosyali Hol- ding. “Pas d’exportation, pas de débouchés locaux et des stocks entassés depuis des années. Que pou- vons-nous faire encore pour mettre fin au calvai- re qui n’a que trop duré ?” s’interrogent ces opé- rateurs.

MALIKA BEN

41 e SESSION DE FORMATION DU CLUB DE PRESSE DE NEDJMA

“La prise de parole en public

Nedjma a organisé le 25 avril dernier la 41 e session de formation de son Club de presse, au niveau de son institut de formation sis, à Tixeraïne à Alger, au profit des journalistes et des professionnels des médias. La session dispensée par M’hamed Bitouri, docteur en psychologie et expert international en ressources humaines et en communication, a porté sur “la prise de parole en public”. Le D r Bitouri a entamé la formation par la présentation “du processus de communication et les obstacles liés à ce dernier, ainsi qu’à la manière d’améliorer sa communication qui passe par une bonne écoute et une compréhension de son interlocuteur”. Il a également souligné “l’importance d’une bonne compréhension de ce qu’est la communication, qui consiste à s’assurer que le message émis soit bien compris par le récepteur qui, à son tour, émet un feed-back”. À ce sujet, le formateur mettra en exergue les règles essentielles d’une bonne communication, notamment celle de “se mettre toujours à la place de son interlocuteur et du comportement à tenir en matière de gestuelle, de mimique et de posture”, tout en mettant l’accent sur les qualités de l’orateur charismatique dont “l’enthousiasme, la confiance en soi et l’acceptation de l’autre”. Poursuivant son exposé, le D r Bitouri s’est attardé sur la manière de susciter l’intérêt de son auditoire, et ce, entre autres, par une bonne présentation dans laquelle les objectifs de l’orateur sont clairement définis. En conclusion de sa présentation, le conférencier a formulé quelques conseils sur la façon de convaincre son public, à commencer par “une bonne connaissance de son auditoire mais aussi en faisant appel à l’émotion du public en racontant une histoire au lieu de citer des chiffres et analyses”. Il a énuméré les dix erreurs à éviter en s’adressant à un public comme “celle de tourner le dos à son auditoire lors de sa présentation”. Cette 41 e session de formation s’inscrit dans la série des formations dispensées par Nedjma depuis la création de son Club de presse en 2006. À ce jour, 45 sessions de formation ont été assurées, dont 41 sessions à Alger et quatre dans les régions pour les correspondants locaux. Ainsi, Nedjma continue à diversifier la thématique de ses formations afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques des journalistes en matière de formation dans divers domaines utiles à l’exercice de leur métier.

LIBERTE

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L’actualité en question

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CESSION DE DJEZZY ET LANCEMENT DE LA 3G

Djoudi joue les prolongations

Le ministre des Finances, qui a confirmé qu’il n’existait “aucun couac”, n’a, cependant, donné aucune échéance.

“I l y a une action gou-

vernementale concer-

tée, que ce soit sur la 3G

ou concernant le dossier

Djezzy ; tout se fait

dans le cadre de la

concertation. Il n’y a aucun couac là-des- sus”, a assuré M. Djoudi, ministre des Finances jeudi dernier en marge d'un séminaire sur les avantages de l'intro- duction en Bourse organisée, jeudi, par la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bour- se (Cosob). Des paroles qui se veulent rassurantes mais qui dénotent, dans le même temps, de la difficulté dans la gestion de ces dossiers. “Le jour où on finalisera et signera l'accord, je parlerai de ce dossier”, a-t-il lancé à propos de Djezzy. Ainsi le suspense existerait dans la me- sure où le lancement de la 3G reste dé- pendant de l’acquisition des 51% des parts de Djezzy au profit de l’État al- gérien. Or, il se trouve que les négo- ciations n’ont que trop duré (plus de 3 ans), si l’on compte le nombre de fois où M. Djoudi lui-même a certifié que “c’est en bonne voie” et plus récemment (en mars dernier) que “les négociations sont sur le point d’être achevées”. M. Benhamadi, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, a déclaré le 4 avril dernier que “le processus de lance-

Liberté
Liberté

Le ministre des Finances, Karim Djoudi.

ment de la 3G prendra effet après 2 ou 3 semaines encore nécessaires pour boucler la transaction entre l’État al- gérien et le russe Vimpelcom”. Et, c’est visiblement un Djoudi exaspéré qui commentera ces propos. “Moi, je n’ai rien déclaré. Ni deux semaines ni trois semaines, ni un mois. Le dossier est tou- jours en cours de traitement et il n’est pas possible d’avancer une date.” Très peu d’informations sont donc communi- quées sur ce dossier dont l’évolution prend une tournure des plus rocam- bolesques. À ne pas perdre de vue que l’Algérie a renoncé à faire jouer un droit de pré- emption et s’est simplement transfor- mée en investisseur souhaitant ac- quérir des parts de Djezzy, et ce, à un prix important dont le pays se serait bien fait l’économie. Le retard dans le lancement de la 3G alimente, à son tour, les scénarios les plus impro- bables, jusqu’à imaginer que le retard peut avoir une quelconque relation avec la sécurité de l’État. À ce propos, M. Benhamadi est formel : “Le retard accusé n'a rien avoir avec une prétendue crainte du Printemps arabe.” Et d’insister qu’“il est dû au report de l'acquisition de l'opé- rateur Djezzy”. Il reconnaîtra, en outre, que c’est là “une opération complexe qui nécessite le temps nécessaire”. Le mys- tère perdure, tenant en haleine les

PROSPECTIVE ET STATISTIQUES

Les notes de conjoncture confiées au secrétariat

L ’unité de gestion du programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), gérée par

le ministère du Commerce, continue ses opérations de jumelage avec les institutions algériennes. C’est au tour du secrétariat d’État chargé de la Prospective et des Statistiques (SEPS). La première phase de cette action consiste à établir

un audit sur le processus d’élaboration de la note de conjoncture et évaluer celle-ci au regard des standards internationaux requis dans ce domaine. Les experts ont, en outre, présenté l’expérience eu- ropéenne en matière de production des notes de conjoncture. Ils ont examiné, aussi, les techniques de collecte et de préparation des données ainsi que leur analyse et le processus de rédaction de ce type de do- cuments. Au cours de la deuxième phase, les experts

et les représentants du SEPS procéderont à la mise en œuvre des recommandations de la première étape et définiront et rédigeront d’un commun ac- cord une fiche d’un projet de jumelage, dont l’objectif général est l’appui à la création d’un observatoire dé- dié à l’étude et la compréhension des phénomènes conjoncturels et la production de la note de conjonc- ture. Le but des initiateurs de ce projet est d’arriver à la pu- blication par le SEPS d’une note qui répond aux cri- tères admis en la matière du point de vue de la ré- gularité, la fiabilité des informations et d’analyse. Quatre grands axes d’intervention ont été identifiés à ce propos. Il s’agit d’améliorer les données recueillies pour les analyses conjoncturelles, renforcer les ou- tils d’analyse. Il est également question d’améliorer les capacités d’analyse macroéconomiques… Cette

mission, faut-il le rappeler, est composée de spécia- listes européens et algériens. Cet appui s’inscrit, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique généra- le du gouvernement qui attribue au SEPS, l’organi- sation et le renforcement du système statistique na- tional et la production d’une note de conjoncture qui doit devenir un des instruments de prise de décision sur le plan économique. L’opération se réfère aussi aux dispositions de l’accord d’association notamment dans on article 64 relatif à la coopération dans le domai- ne des statistiques. Le but c’est d’assurer la comparabilité de l’utilisation des statistiques entre autres sur le commerce exté- rieur, les finances publiques, et la balance des paie- ments, la démographie, les migrations, les transports et les télécommunications.

B. K.

millions d’Algériens demandeurs de cette technologie dont le retard n’est pas sans impact, également, sur le secteur économique. L’Algérie demeure l’un des rares pays, voire le seul en Afrique, à ne pas dis- poser de cette technologie…

NABILA SAÏDOUN

ÉCHANGE CULTUREL ALGÉRO-US

L’ambassade des États-Unis à Alger offre un planétarium à l’association Sirius

Un planétarium a été offert à l’association Sirius de Constantine par l’ambassade des États-Unis. Cette donation est un projet scientifique et a pour objectif de rapprocher la population de l’astronomie via la cosmo- caravane. La caravane scientifique est un projet qui compte un planétarium et des projets scientifiques. Le projet a coûté 30 000 dollars. “Cette initiative est un signe d’amitié entre les deux pays. La donation est la première du genre pour nous. Avec ce projet, nous ambitionnons d’aider les sciences et faire connaître notre culture”, souligne Henry S. Ensher, ambassadeur des États-Unis en Algérie. De son côté, le président de l’association, M. Memouni, déclare qu’“avec le planétarium, nous voulons démocratiser l’astronomie pour les populations les plus reculées du pays. Grâce à ce projet, nous allons sillonner tout l’Est constantinois. Nous allons visiter des écoles et des zones enclavées”. “Nous allons commencer par l’est du pays car nous sommes une association régionale. Nous allons tenter de visiter une école ou une ville toutes les deux semaines”, explique le président de l’association. L’hôte de l’ambassade US fait savoir que cette expérience sera l’occasion de faire naître et de découvrir des talents chez les jeunes.

D. S.

SELON LE BAROMÈTRE DU VOISINAGE DE L’UE

Les Algériens optimistes quant à la situation dans leur pays

P lus de huit Algériens sur dix estiment que

l'Union européenne entretient de bonnes re-

lations avec leur pays, un chiffre significa-

tivement plus élevé que dans d'autres pays par- tenaires méditerranéens. Les Algériens aimeraient d'ailleurs que l'UE joue un rôle encore plus im- portant dans leur pays dans différents domaines. “Il s'agit là d'une des conclusions-clés du baromètre du voisinage de l’UE pour l'Algérie (automne 2012), publié récemment et mené dans le cadre d'un pro- jet de sondage d'opinion dans le voisinage finan- cé par l'UE”, rapporte le Centre d'information pour le voisinage européen. L'enquête, basée sur 1 000 interviews réalisées en novembre et décembre 2012, révèle que 59% des Algériens considèrent l'UE comme un partenai- re crucial et que 54% estiment que l'UE et l'Al- gérie partagent suffisamment de valeurs com- munes pour pouvoir coopérer, deux chiffres si-

gnificativement plus élevés que les moyennes dans la région du sud de la Méditerranée (IEVP-Sud) (respectivement 46% et 43%). 42% des Algériens trouvent que le soutien de l'UE contribue large- ment au développement de leur pays, 34% des personnes interrogées affirment que l'UE a sou- tenu les populations locales lors du Printemps ara- be et 46% estiment que l'UE a apporté paix et sta- bilité à la région (pour l'ensemble de la région de l'IEVP-Sud, ces chiffres s'élèvent respectivement à 40, 32 et 37%). Près de trois quarts des personnes interrogées (74%) souhaitent que l'UE joue un rôle plus im- portant au niveau du développement écono- mique, du commerce (70%), des droits de l'Hom- me (40%) et de l'enseignement (44%). Deux tiers des personnes interrogées (66%) ont une vision positive de l'UE, contre à peine 7% qui en ont une image négative. En effet, le sondage révèle que

près de la moitié des Algériens font confiance à l'UE — plus qu'aux autres institutions interna- tionales comme la Ligue arabe (38%) ou l'ONU (14%) ; 70% des personnes interrogées dé- clarent faire davantage confiance à leur gouver- nement qu'au Parlement (42%) ou aux partis po- litiques (25%). Une écrasante majorité (81%) des personnes interrogées estime que l'UE entretient de bonnes relations avec l'Algérie, contre une moyenne de 54% dans la région de l'IEVP-Sud. Les 84% des Algériens interrogés dans le cadre de ce sondage se sont dits généralement satisfaits de la vie qu'ils mènent — bien plus que dans d'autres pays de la région. Les Algériens sont aus- si beaucoup plus optimistes que les autres po- pulations de la région par rapport à la direction que prend leur pays, avec 54% des répondants qui estiment que l'Algérie va dans la bonne direction, contre seulement 21% qui pensent le contraire ;

74% trouvent que la situation économique est bonne et 57% sont convaincus qu'elle va encore s'améliorer ; 80% sont satisfaits du fonctionne- ment de la démocratie en Algérie, soit bien plus que les 57% pour l'ensemble de la région. 57% des personnes interrogées trouvent que suffisamment d'informations sont disponibles sur l'UE et 43% déclarent qu'elles sont faciles à comprendre. Des fiches d'information résumant les conclusions du baromètre du voisinage de l'UE ont été pu- bliées en même temps que les rapports de suivi 2012 des pays couverts par la Politique euro- péenne de voisinage (PEV). Pour l’Algérie, il n’y a pas eu de rapport de suivi car aucun plan d'ac- tion de la PEV n’est en vigueur. Pour autant, la Commission européenne relève concernant l’Al- gérie que “les relations bilatérales se sont consi- dérablement améliorées depuis 2011”.

MEZIANE RABHI

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L’actualité en question

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

L’INTRIGANTE AFFAIRE EZZERGA À HYDRA

Qui est derrière la non-application des jugements de justice ?

Les affaires d’escroquerie dans le domaine de la promotion immobilière se suivent mais ne se ressemblent pas. Celle qui va suivre traîne depuis seize ans et sa particularité réside dans le fait que le jugement rendu par la justice en 1997 peine à trouver son application en faveur de 17 familles qui attendent toujours d’occuper en toute légalité leurs logements.

L a genèse de cette affaire remonte à la fin des années 80 quand un promoteur (A. H.) lance une offre pour la construction de logements promotionnels à la cité El- Djamila, dans la commune d’Hydra, juste au niveau du carrefour Paradou.

Denrée rare, le logement n’est jamais de trop en Al- gérie. Des souscripteurs se bousculent donc au por- tillon, ce qui est une aubaine pour le promoteur dé- veloppant du coup un gros appétit. Le sans-scru- pule n’hésite pas à vendre, par le biais de contrats de réservation sous-seing des appartements à plu- sieurs familles en même temps. Les bénéficiaires se rendent toutefois compte de l’arnaque et décident, en se scindant en deux groupes, d’intenter une ac- tion en justice, pour le premier de récupérer inté- gralement les sommes d’argent versées et pour le second la concrétisation de l’achat de leur logement par acte notarié authentique enregistré et publié à la conservation foncière. Entre-temps, le promo- teur indélicat a préféré mettre les voiles vers d’autres cieux, laissant derrière lui une situation in- extricable. Intervient alors une autre étape, aussi compliquée que défavorable pour la moitié des fa- milles souscriptrices : le premier groupe passe à l’ac- tion en cassant les verrous des appartements et oc- cupe les lieux. Pourtant ces familles ont obtenu par jugement la récupération des sommes versées et la condamnation du promoteur indélicat à une pei- ne de prison. Quant aux familles composant le deuxième groupe, elles finiront aussi par avoir gain

de cause par des décisions définitives, d’abord par le tribunal de Bir-Mourad-Raïs puis par la cour d’Al- ger ordonnant l’expulsion des “indus occupants” (co- pies des jugements en notre possession). Une dé- cision que les plaignants attendent de voir appliquée depuis seize ans. Trois de leurs représentants que nous avons rencontrés ont exprimé le désarroi de ces familles qui ne savent plus où s’adresser et qui veulent surtout savoir qui se cache derrière “le ver- rou d’application” mettant à bas leurs espoirs. “Nous ne sommes plus au stade de qui a raison. La justice a tranché en notre faveur et nous ne de- mandons pas plus que l’application du jugement”, dira l’un d’eux, ajoutant qu’il a été entendu par l’adjoint du procureur général d’Alger à ce sujet, un rendez- vous resté sans suite. “En revanche, une décision a été exécutée rapidement en faveur d’un ancien mi- nistre”, dira un autre. Dépité, ce dernier confie qu’on lui aurait même dit que “tant que Bouteflika est pré- sident, vous ne récupérerez pas vos appartements”. Le Président irait-il jusqu’à s’immiscer dans une ba- nale affaire de logement ? Ce qui est certain, c’est que cette affaire s’étire en longueur dans un tunnel dont on ne voit pas le bout. Le plus désolant, selon les plaignants, c’est de constater que “certains ap- partements sont loués chaque année à des sociétés, prouvant si besoin est, que les occupants ne sont pas dans le besoin et qu’ils possèdent d’autres propriétés”. Nos tentatives d’en savoir plus sur cette affaire no- tamment auprès de la cour d’Alger sont restées vaines.

ALI FARÈS

Newpress
Newpress

Nul ne veut appliquer la décision de la justice dans l’affaire Ezzerga.

LA DÉCISION A ÉTÉ PRISE À L’ISSUE DE LA RENCONTRE DES SYNDICATS À GHARDAÏA

“Rassemblement millionnaire” dans le Sud

L es fonctionnaires et travailleurs du Sud et

des Hauts-Plateaux sont décidés, cette fois-

ci, à arracher coûte que coûte leurs reven-

dications. Loin de faire fléchir les contesta- taires, le silence des pouvoirs publics ne fait que jeter de l’huile sur le feu et augmenter leur dé- termination à aller jusqu’au bout d’un combat qui n’a que trop duré. Les résolutions adoptées à l’is-

sue de la rencontre, mercredi dernier, des syn- dicats qui mènent la fronde dans ces régions vont dans le sens de la radicalisation du mouve-

ment. Et pour ce faire quoi de mieux que de se doter d’un bureau de coordination entre les syndicats de la Fonction publique des zones concernées. Les six syndicats Snapest, Unpef, SNPSP, SAP, Snapap et Cnes comptent ainsi mieux rebondir dans les prochaines semaines. Le ton sera donné, plus exactement maintenu, par la poursuite de l’action initiale de trois jours de grève par semaine (lundi, mardi et mercredi). Puis à partir de la semaine suivante, soit le 5 mai pro- chain, les journées de débrayage seront portées

à une semaine de grève renouvelable. La ren- contre de Ghardaïa prévoit, également, la tenue d’un rassemblement régional millionnaire dont le slogan est “Pour la restitution des droits spoliés des personnels de la Fonction publique des régions concernées”. Les syndicats réitèrent leur “appel en direction du gouvernement, qui doit assumer l’entière responsabilité des conséquences éven- tuelles de sa lenteur, pour l’application des lois et la satisfaction immédiate des revendications dans leur globalité et non en partie”. Les établissements

spécialisés et les Directions de l’action sociale et de la solidarité ont été largement paralysés par le mouvement de débrayage observé par les travailleurs affiliés à l’UGTA. Selon la Centrale syndicale, le suivi a atteint les 100% dans certaines wilayas. Les travailleurs revendiquent la révision du statut particulier et du régime indemnitaire des corps communs, intégration des contractuels, la médecine du travail et la partialité de l’admi- nistration.

MALIKA BEN

LE NOUVEAU SYNDICAT LANCE SA PREMIÈRE ACTION

Les communaux en grève le 29 avril

Fraîchement installé suite à la démission des membres du syndicat Snapap, le collectif des travailleurs des communes annonce sa première action de protestation. Une grève de trois jours à compter du 29 avril pour faire aboutir des revendications qui datent de 2010, souligne le communiqué du collectif. Et d’énumérer certains points :

réintégration de tous les syndicalistes suspendus ; intégration des contractuels ; révision du statut particulier des corps communs, ouvriers professionnels et chauffeurs ; respect du droit à l’exercice syndical et la prime de guichet et de délégation de signature. Il y a lieu de signaler à propos de cette dernière doléance que l’union du même secteur affiliée au Snapap- Felfoul a révélé, il y a quelques semaines, que la satisfaction de cette revendication est en phase de finalisation.

M. B.

ACCIDENT DE LA CIRCULATION

4 morts à El-Oued

U accident mortel est survenu dans la nuit de mercredi à jeudi à El-Oued, faisant 4 morts dont deux agents de la Protection civile.

Selon cette source, le drame a eu lieu à la suite d’une

collision entre une ambulance de la Protection ci- vile et un camion semi-remorque au niveau de la rou- te reliant les localités de S’til à Oum Thiour. L’am-

n

bulance transportait une femme en période d’ac- couchement en compagnie d’une proche, vers la ma- ternité d’Oum Thiour. La femme enceinte a trouvé la mort sur place avec deux éléments de la Protection civile alors qu’une autre femme accompagnant la femme enceinte est également décédée plus tard après avoir été évacuée

dans état critique à l’hôpital Djilali-Ben-Omar d’El- Oued. Selon les mêmes sources, la cause du drame est due à l’excès de vitesse du camion, ce qui a em- pêché son chauffeur de maîtriser son véhicule.

S. MOHAMED

UNE CATASTROPHE ÉVITÉE DE JUSTESSE SUR LA ROUTE DE LARBAÂ NATH IRATHEN

Une cinquantaine d’étudiants ont failli périr dans un accident

U bus de transport universi-

taire, assurant la navette entre l’université de Tizi Ouzou et la

localité de Larbaâ Nath Irathen, a failli provoquer une véritable catas- trophe durant le milieu de la semaine écoulée. Ce bus à bord duquel se trouvait une cinquantaine d’étudiants a dérapé près du village Adeni et a failli finir sa course dans les eaux du barrage

n

Taksebt. Les occupants du bus n’ont dû leur salut qu’à un olivier que le bus avait percuté au moment où il a quit- té la chaussée, sur la RN15, pour en- tamer sa chute. Une grosse panique s’est emparée des étudiants qui ont échappé de justesse à une véritable ca- tastrophe. Si des dégâts ne sont, fort heureusement, pas enregistrés, cet ac- cident relance, à juste titre, le débat sur

la qualité du transport universitaire dans la wilaya de Tizi Ouzou où le parc de transport est constitué majoritai- rement de bus vétustes qui mettent chaque jour en danger des dizaines de milliers de vies humaines. Sur ce point, il y a lieu de rappeler que durant l’année 2010, la direction des œuvres universitaires avait tenté d’imposer l’usage de bus neufs dans son cahier

des charges de la sous-traitance du transport universitaire mais les auto- rités locales, comme à leur habitude, ont vite fait de reculer et de céder de- vant le mouvement de protestation en- clenché par les transporteurs privés qui tenaient coûte que coûte à imposer leurs vétustes bus qui constituent un véritable danger de mort sur les routes.

S. LESLOUS

LIBERTE

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

L’internationale

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LA NOUVELLE RÉSOLUTION INSISTE SUR L’AMÉLIORATION DES DROITS DE L’HOMME

L’avertissement à demi-mot de l’ONU au Maroc

Bien qu’ayant accepté de retirer leur projet de résolution prévoyant d’inclure le contrôle des droits de l’Homme parmi les missions de la Minurso, les États-Unis ont veillé à ce que l’importance de l’amélioration de la situation soit soulignée dans le texte adopté.

C omme de coutume, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, jeudi, une autre résolution sur le Sahara Occidental, dans laquelle il a re-

nouvelé son appel à une “solution po- litique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermi- nation du peuple du Sahara Occiden- tal”. Outre la prorogation du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sa- hara Occidental (Minurso) jusqu’au 30 avril 2014, le fait nouveau dans cette ré- solution est que les membres de l’or- gane exécutif des Nations unies souli- gnent : “L’importance de l’amélioration de la situation des droits de l’Homme” au Sahara Occidental. Dans cette ré- solution, portant le numéro 2099/2013, le Conseil de sécurité de l’ONU a par- ticulièrement insisté, cette fois-ci, sur la nécessité du respect par le Maroc des droits de l’Homme des Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara Oc- cidental, en appelant à “élaborer et appliquer des mesures indépendantes et crédibles pour assurer le plein respect des droits de l’Homme” des Sahraouis. Le Conseil de sécurité a accordé une grande importance à cette question, en réitérant dans un autre paragraphe de sa résolution la nécessité du “renfor- cement de la promotion et de la pro-

D. R.
D. R.

Le Conseil de sécurité a prolongé le mandat de la Minurso jusqu’au 30 avril 2014.

tection des droits de l’Homme au Sahara Occidental”. Ainsi, il enjoint au Maroc de mieux respecter les droits de l'Hom- me au Sahara Occidental. Pour rappel, les États-Unis avaient d'abord pré- senté un texte qui, pour la première fois, chargeait la Minurso de “sur- veiller et de faire un rapport sur le res- pect des droits de l'Homme”, au grand dam des Marocains. La proposition américaine défendue par l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, était pourtant en cohérence

avec les pratiques onusiennes. La Mi- nurso est, en effet, la seule mission de l'ONU n'incluant pas de volet sur les droits de l'Homme. Les Marocains avaient réagi très vivement, allant jus- qu'à reporter sine die un exercice mi- litaire conjoint avec des soldats amé- ricains et faisant intervenir leur lobby auprès du Groupe des amis du Saha- ra Occidental (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Espagne). Cé- dant à cette pression, Washington a re- noncé à inclure les droits de l'Homme

dans le mandat de la Minurso. Loin de constituer une victoire pour la diplo- matie marocaine, la nouvelle résolution est un avertissement en termes très édulcorés. Ceci étant, le Conseil de sé- curité a affirmé son “soutien résolu à l’engagement du secrétaire général et son envoyé personnel pour trouver une so- lution à la question du Sahara Occi- dental” et a appelé à “un rythme re- nouvelé et intensifié des réunions et au renforcement des contacts”. Cet appel du Conseil de sécurité vient en réaction aux appels de la communauté inter- nationale dont notamment le dépar- tement d’État américain et les ONG in- ternationales des droits de l’Homme qui ont dénoncé, à travers plusieurs rapports, les violations de ces droits par les autorités marocaines par des pra- tiques de tortures, détentions arbi- traires et autres mauvais traitements in- fligés aux Sahraouis. Ces dénonciations ont aussi été confirmées par le dernier rapport sur le Sahara Occidental pré- senté le 8 avril au Conseil de sécurité par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans lequel il a soutenu, en termes clairs, que la surveillance “in- dépendante, impartiale, complète et constante de la situation des droits de l’Homme au Sahara Occidental” de- vient plus que jamais une “nécessité pri- mordiale”.

MERZAK TIGRINE

TUNISIE

Fortes divergences entre l’opposition et la majorité au pouvoir

U ne dernière mouture de l’avant-projet de la

Constitution tunisienne a été présentée mer-

credi dernier à un groupe d’experts tunisiens.

L’annonce du parachèvement de ce document est pré- vue pour ce week-end, selon le président de la Consti-

tuante, Mustapha Ben Jaafar. Mais en attendant, la polé- mique enfle déjà

entre la majorité au pouvoir et l’opposition sur plusieurs points de litiges en relation, entre autres, avec l’aspect consensus, le régime politique et les prérogatives du chef de l’É- tat. “La nouvelle Constitution tunisienne sera parmi les meilleures au monde”, a estimé M. Ben Jaafar, lors d’une conférence de presse, ajoutant que ce document suprême de l’État tunisien “sera celui de tous les Tu- nisiens”. Dans le même temps, l’opposition prévient qu’il s’agit d’un projet qui sert les intérêts d’un par-

De notre correspondant à Tunis :

IMED O.

ti bien précis, faisant allusion au parti islamiste En- nahdha, majoritaire au pouvoir. Selon le rapporteur général de la Constitution, Habib Khedher, les dou- blons ont été supprimés, des textes harmonisés et des articles ajoutés. “Nous pourrons à ce moment-là, a-t-il ajouté, évoquer

les articles qui font débat (

de faire en sorte que la Constitution soit consensuel- le pour éviter un référendum, qui reste au final une pratique démocratique.” Une forte divergence dans l’appréciation de l’aspect consensuel de l’avant-pro- jet de la Constitution est apparue entre les députés d’Ennahdha et M. Ben Jaafar, d’ un côté, et les re- présentants de l’opposition, de l’autre. Ces derniers pensent que ce projet ignore les droits de l’opposi- tion et favorise des prérogatives illimitées au Premier ministre, au détriment du président de la République. Ce conflit est la résultante de la nature du régime po- litique qui sera adopté dans la nouvelle Constitution.

et nous sommes en train

)

En dépit de l’accord initial de principe sur un régi- me mixte, la commission du pouvoir législatif, exé- cutif et des relations entre les deux n’a pas réussi à préserver l’entente entre ses membres, notamment pour ce qui est des attributs du chef de l’État. Au- trement dit, l’avant-projet tel que présenté par le pré- sident de la Constituante stipule que le chef de l’É- tat est élu au suffrage universel et aura la préroga- tive de définir la politique étrangère, superviser la dé- fense nationale, proposer des lois, intervenir en temps de crise et dissoudre l’Assemblée du peuple (l’actuelle assemblée Constituante). Parallèlement, les partis po- litiques participant au dialogue initié par le président tunisien n’ont pas abouti au consensus sur la ques- tion du régime politique avec un désaccord entre les représentants d’Ennahdha qui, eux, défendent le ré- gime parlementaire, alors que le reste des partis sont favorables à un régime mixte (présidentiel modéré).

I. O.

SAHARA OCCIDENTAL

L’Algérie satisfaite de la résolution onusienne

L’adoption jeudi par le Conseil de sécurité d’une résolution sur le Sahara Occidental appelant à une solution politique “juste, durable et mutuellement acceptable en faveur de l’autodétermination” du peuple du Sahara Occidental et à “l’amélioration de la situation des droits de l’Homme” des Sahraouis dans les territoires occupés, a été accueillie avec satisfaction par l’Algérie. Dans une déclaration à l’APS, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, a affirmé que “l’Algérie accueille avec satisfaction l’adoption, ce jour, par le Conseil de sécurité de la résolution sur le Sahara Occidental”. Il a ajouté que l’Algérie se réjouit de l’engagement du Maroc et du Front Polisario à continuer à œuvrer sous l’égide des Nations unies pour parvenir, à travers des négociations directes, à une solution qui pourvoie à l’autodétermination et saisit cette occasion pour renouveler son appréciation aux efforts déployés, à cette fin, par le secrétaire général de l’ONU et son envoyé personnel, l’ambassadeur Christopher Ross. Amar Belani a notamment souligné que l’Algérie se félicitait de “la constance de l’engagement des Nations unies et de la communauté internationale pour un règlement juste et durable, basé sur une solution politique mutuellement acceptable devant permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination, conformément aux principes et aux objectifs de la charte des Nations unies, ainsi que des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité”. Poursuivant dans le même ordre d’idées, le porte- parole du MAE a déclaré :

“L’Algérie souligne la vigilance manifestée par la communauté internationale sur la question de la protection et l’observation effective des droits de l’Homme au Sahara Occidental et prend note de la nécessité d’un accès régulier et sans entraves pour les mécanismes onusiens dûment mandatés, les organisations et les observateurs étrangers des droits de l’Homme.” En sa qualité de pays voisin, observateur du processus de règlement, l’Algérie continuera d’apporter sa contribution à ce processus de décolonisation qui relève de la seule responsabilité des Nations unies, a affirmé Amar Belani.

M. T./AGENCES

FRANÇOIS HOLLANDE SOULAGÉ

L’ONU prend la suite de son intervention militaire au Mali

L e président français est soulagé :

l’ONU va décharger sa maigre trésorerie en prenant le relais

des forces françaises dans le Nord-Mali. La résolution — mise au point par la France — a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’Organi- sation des Nations unies jeudi, ouvrant la voie au déploiement de douze mil- le six cents Casques bleus au Mali dès le 1 er juillet. Satisfait, le locataire de l’É- lysée a dépêché son ministre de la guer- re, Jean-Yves Le Drian, au Mali, Niger et Tchad pour préparer le retrait fran- çais qui n’en sera pas un dans les faits. En effet, le ministre est missionné pour faire accomplir le dernier chapitre

de la feuille de route française pour le Mali, transformé en épicentre du Sa- hara sahélien. Yves Le Drian prépare l’après-guerre à l’issue des opérations militaires qui ont permis de démanteler les réseaux djihadistes qui occupaient le nord du Mali, mais qui ont gardé des capacités de nuisance. La France feint d’ignorer la complexi- té du problème rendue plus inextri- cable depuis le coup d’État de la jun- te dirigée par un capitaine, Sanogo, contre le président ATT. Une confusion qui a favorisé la proclamation de l’É- tat Azawad par des indépendantistes touareg sous la bannière du MNLA, lesquels, à leur tour, avaient été chas-

sés en juin 2012 par les djihadistes qui les ont remplacés jusqu’en avril 2013, lorsque les forces françaises ont ache- vé la reconquête d’Adrar des Ifoghas, aux frontières algériennes et nigé- riennes. Les Touaregs ont entre-temps changé de position, en s’engageant eux aussi dans la lutte contre les re- paires djihadistes. D’ailleurs, sans leur collaboration, les forces spéciales françaises n’auraient pas connu le succès qui leur est attri- bué. Paris, qui insiste pour qu’une élection présidentielle ait lieu en juillet au Mali, exerce la pression sur les au- torités de Bamako afin qu’elles s’enga- gent résolument dans la restauration du

processus démocratique. À Gao, plus grande ville du nord du Mali où il était hier, Yves Le Drian a réuni les opéra- tionnels de l’intervention française pour peaufiner le passage de relais des forces françaises aux Casques bleus de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), qui va absorber la force de la Misma qui n’a pas vu le jour malgré les gesticulations de la Cédéao. La Mi- nusma comprendra au maximum 11 200 soldats et 1 440 policiers, dont des bataillons de réserve capables de se dé- ployer rapidement. Elle n’aura pas pour mission la lutte antiterroriste, mais devra stabiliser les centres urbains

essentiels, particulièrement dans le Nord, et empêcher un retour d’élé- ments armés dans ces zones. Les Casques bleus devront aussi protéger les civils, le patrimoine culturel et contrôler le respect des droits de l’Homme. Ils aideront également les autorités maliennes à instaurer un dialogue politique national, à organi- ser des élections libres, équitables et transparentes, et à promouvoir la ré- conciliation avec les Touaregs du Nord : tout un programme. Un repré- sentant spécial de l’ONU pour le Mali sera nommé pour diriger la Minusma.

D. BOUATTA

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Culture

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

COUP D’ENVOI DU SALON DE CRÉATIVITÉ À RIADH EL-FETH

L’Onda fait son printemps à 40 ans

Ce Salon, qui se tient à l’esplanade de Riadh El-Feth (un chapiteau qui comprend une cinquantaine de stands), a été inauguré officiellement, jeudi matin, par Khalida Toumi, ministre de la culture. La veille, dans la soirée, la salle Ibn Zeydoun (Oref) a abrité le premier concert des soirées musicales de ce Salon, qui se tient jusqu’au 29 avril.

L ’Office national des droits d’auteur et des droits voi- sins (Onda) fête ses 40 an- nées d’existence, et célèbre la Journée mondiale de la propriété intellectuelle (qui

coïncide avec le 26 avril), à travers une manifestation inédite : le Salon natio-

nal de Créativité, qui a ouvert ses portes, jeudi matin. Ce Salon, inauguré par Khalida Tou- mi, ministre de la culture, qui a pro- noncé un discours au stand de l’Onda

face à des artistes (entres autres Abdel- wahab Doukkali du Maroc, Houari Benchenet, Hassan Ben Zirari, etc.) et

à des élèves, se tient sous un chapiteau, comportant une cinquante de stands,

à l’esplanade de Riadh El Feth. Et c’est

peut être la première fois que se mélan- gent autant de personnes, qui tra- vaillent certes dans le domaine de l’art et de la création, mais qui ne se rencon- trent pas forcément. On retrouve, dans ce 1er salon (les organisateurs souhai- tent qu’il devienne une “tradition”) des maisons d’éditions (Alpha, Casbah, Barzakh, Z-Link, etc.), des éditeurs de musique (Izem, Dounia éditions, AVM, Sunhouse, Belda, etc.), des institu- tions culturelles (comme l’Agence al- gérienne pour le rayonnement cultu- rel, ou encore l’Office national de la cul- ture et de l’information), des associa- tions, etc. Un véritable village artistique où se croisent, s’expriment et se mêlent différentes expressions artistiques. Durant cette première journée, des élèves ont visité le salon, des breakdan- cers ont fait le show au niveau du stand des éditions Dounia, et des artistes étaient présents aux stands de leurs édi- teurs. Parmi ces artistes, la chanteuse Souad Asla, qui était présente au stand des éditions Izem, pour procéder à la dédicace de son album, “Jawal”. Has- na El Bécharia était également au stand de même éditeur, pour dédica- cer ses deux albums, et pour rencon- trer son public. Au stand d’Izem, on re- trouve les nouveautés de cet éditeur basé à Tizi Ouzou, mais qui est ouvert sur les différentes expressions musicales algériennes. De ses nouveautés, citons le dernier Idir, “Awin Ighilen” de Sahel, ainsi que le nouveau disque d’Ali Amran (qui sera présent aujourd’hui au Salon pour le dédicacer), intitulé “Tizi n Leryah”. AVM propose également de la nou- veauté, avec le dernier opus de cheb Bi- lal, “Jek El Mersoul” de cheb Akil (qui dédicacera son disque au salon, demain et après-demain), ou encore “Lyame Tbayane” de Madjid Hadj Brahim, neveu du “king” Khaled. Le DVD du one man show, “100% Bled” du talen- tueux humoriste Mohamed Khassani, gagnant du concours “Qahwet El Gos- to” (diffusé sur El-Djazaïria TV) est aussi disponible au stand de cet éditeur. Par ailleurs, ce 1er Salon de Créativi- té, qui a pour slogan “Générations-Dz

de Créativi- té, qui a pour slogan “ Générations-Dz Inauguration par M m e Toumi du

Inauguration par M me Toumi du Salon de Créativité de l’Onda.

Zehani/Liberté
Zehani/Liberté

Kader Japonais, une énergie incroyable sur scène.

Solidaires”, est une belle opportunité pour l’Onda de toucher un plus large public dans son action de sensibilisa- tion sur l’importance du respect des droits d’auteur et des droits voisins. Une belle manière aussi de faire com- prendre au public que le piratage peut mettre fin aux carrières d’artistes confirmés et stopper l’ascension de jeunes talents.

Kader Japonais en “guest” La veille, mercredi soir, et après la cé- rémonie officielle organisée au siège de l’Onda, le premier concert des soirées musicales du Salon de Créativité, a eu lieu à la salle Ibn Zeydoun (Riadh El- Feth). Ce concert a enregistré une af- fluence timide. La pluie a, peut-être, dissuadé les gens de sortir de chez eux, ou alors est-ce à cause du foot, puisque le Real Madrid affrontait en demi-finale de la Ligue des Champions le Borussia Dortmund. Mais l’hypothèse la plus plausible est que l’Onda n’a pas médiatisé son évè- nement, ou du moins, pas suffisam- ment. Les artistes qui se sont succédé sur scè- ne ont réussi à créer un lien avec les spectateurs. Les jeunes talents ayant participé à la compilation “Hymne à la liberté” (un disque de reprises de chants patriotiques, réalisé à l’occasion du Cinquantenaire de l’indépendance par l’Onda, en partenariat avec Alger Chaîne III de la Radio algérienne), ont ouvert la soirée. Ayoub Medjahed a in- terprété “Djazaïrana”, Kawthar Mezi- ti a repris “Dzaïr Tahya” (de Chérifa), Linda Blues a chanté “Min Djibalina”, Sadek Democratoz a mis le feu avec Mawtini” (version reggae), et Chem- seddine du groupe Freeklane a revisi-

“alayki mini salam”. Par la suite, Id- dir Salem, grand gagnant dans la caté- gorie chant du LaboraTour (organisé l’été dernier par Alger Chaîne III), a en- chanté l’assistance avec sa voix sublime. Accompagné par un guitariste, il a in- terprété des morceaux de son répertoi- re, notamment “Akham”. Wlad Bambra, jeune formation créée à la fin de l’année 2010, a ensuite rejoint la scène, pour reprendre des mor- ceaux puisés dans le répertoire des Di- wane-Gnaoua. Ils ont revisité au tam- bour le morceau “Megzou”, avant d’in- terpréter, sur les airs du goumbri et des karkabous, “Sidi Lyoum”, “Chalaba”, et “Salou nabina”. Après une brillante dé-

monstration, les Wlad Bambra cède- ront la scène à Kawthar Meziti, qui a fait voyager le public, avec sa voix aé- rienne, les airs de sa guitare, et son in- terprétation sobre et tout en douceur. Le rythme reprendra de plus belle lors de la prestation du groupe Elwa- choul de Ghardaïa, mais c’est Kader Ja- ponais, nouvelle icône de la chanson raï, qui finira par enflammer l’assistan- ce. Accompagné par des musiciens de talent, Kader Japonais, véritable machine à tubes, chantera ses titres les plus connus, notamment “Jour après jour” ou encore “Mama Mia”. En outre, les soirées musicales du Sa- lon de la Créativité se poursuivront jus-

qu’au 28 avril à Ibn Zeydoun. Le dernier spectacle, prévu le 29 avril, aura lieu à 19 heures à la salle El Atlas de Bab El-Oued (car le même jour, à 19 heures, et à l’occasion de la Journée in- ternationale du Jazz, l’Aarc organise un concert avec Karim Ziad), et sera ani- mé par les groupes Freeklane, Harmo- nica et Babylone (dont le titre “Zinaa dépassé le million de vues sur You- Tube), et Mohamed Lamine. Rappe- lons, enfin, que l’entrée est libre aux soi- rées, et que ce soir se produiront les groupes Jariste, Djermane, El Dey, ainsi que Nadir Leghrib, Yousra Cha- tila, Ayoub Medjahed et Hakim Salhi.

SARA KHARFI

MOIS DU PATRIMOINE À MÉDÉA

Le cavalier et le cheval à l’honneur

Une exposition sur le cavalier et le cheval est organisée par le musée public national des arts et traditions popu- laires de Médéa, à l’occasion de la célébration du mois du patrimoine (18 avril-18 mai). Intitulée “le Cavalier algérien, l’art de la résistance”, l’exposition montre, à travers diffé- rents tableaux, les péripéties de l’histoire ayant favorisé la rencontre de l’homme et de l’animal pour faire face aux in- vasions ennemies, dans les conquêtes et dans l’activité quo- tidienne. Le visiteur est convié à découvrir un pan impor- tant d’un héritage ancien, que les gravures et les peintures rupestres font remonter à la période préhistorique (plus de 2 000 ans avant J.C.). “Les Numides étaient aussi d’excellents cavaliers légers qui, armés de javelots et de boucliers, mon- taient leurs chevaux sans l’emploi du mors, de la selle et de l’étrier. Ces qualités leur valurent d’être engagés par l’armée romaine comme auxiliaires ayant joué un rôle déterminant dans la victoire de Rome contre Carthage pendant les guerres puniques”, lit-on dans la présentation. L’Emir Abdelkader est connu pour avoir été un hippiatre re- nommé, ainsi que les autres chefs de la résistance algérien-

ne ont aussi tous été d’excellents cavaliers. Le cheval bar- be, qui est élevé en Algérie, est considéré comme un signe de fierté chez les familles rurales, notamment celles des Hauts-Plateaux où l’élevage équin existe toujours. Le che- val est un acteur important dans les différentes manifes- tations religieuses et sportives, dans la fantasia qui demeu- re une tradition équestre bien ancrée, ainsi que dans le mon- de du sport à travers les courses hippiques, les concours d’obs- tacles et les raids d’endurance. Le harnachement du cheval, une caractéristique de la pa- rade, est aussi mis en exergue car le métier artisanal qui le soutient est resté plus ou moins dynamique dans nos contrées où on continue de confectionner du matériel d’ap- parat tel que les selles, les étriers, et du travail de maréchal- ferrant, etc. L’espace réservé à l’exposition montre aussi des tenues de cavaliers empruntées à une association locale, composées de pantalons larges, de gilets, de gandouras, de burnous, de chéchias, de turbans et de chapeaux, etc.

M. EL BEY

MOIS DU PATRIMOINE À MILA

Le site romain Milev renoue avec le public

D es centaines de personnes, dont des étrangers, ont afflué, jeudi après-midi, vers l’ancienne ville romaine de Mila, à l’occa-

sion de l’ouverture officielle du Mois du patrimoi- ne. Le site, remontant au III e siècle avant notre ère,

abritera du 25 avril au 25 mai prochain les acti- vités culturelles retenues pour la célébration du Mois du patrimoine à Mila, placé cette année sous le thème "le Patrimoine et la résistance". Plus d’une dizaine d’artisans, de peintres et d’établissements religieux prennent part à ce rendez-vous annuel qu’ils animeront, quatre se- maines durant, par des expositions d’œuvres en

rapport avec le thème de la manifestation. Des objets artisanaux, utilisés dans les maquis pendant la guerre de Libération, et des manus- crits, réalisés sous la domination coloniale par des élèves de zaouïas, entre autres, sont exposés au site romain Milev, transformé à l’occasion en es- pace d’exposition à ciel ouvert. En effet, un attirail d’objets, des meules en grès, des tapis d’alfa, des braséros, des ustensiles de cui- sine en terre cuite et des outils agricoles datant de l’époque coloniale meublent l’exposition. “Ces objets ont participé à la survie de nos valeureux moudjahidine pendant la guerre. Ils font parti, au-

jourd’hui, du patrimoine matériel de la résistan- ce”, nous dira l’animatrice de l’exposition. Pour sa part, l’association de la zaouia Dar Echeikh, de Sidi Khelifa, participe à la manifestation par l’ex- position d’un ensemble de manuscrits réalisés par ses étudiants entre 1851 et 1930. Il s’agit d’exem- plaires du Saint Coran rédigés à la main par des élèves de ce prestigieux établissement religieux qui a joué, faut-il le souligner, un rôle extrême- ment important pendant l’occupation française. Pas moins de 43 manuscrits, dont un datant de l’année 1851 et les autres remontant à l’année 1930, sont exposés au public. “Ces Corans ont été rédi-

gés par des élèves de la zaouia Dar Echeikh. A l’époque où l’administration d’occupation françai- se poursuivait son chimérique projet de faire de l’Al- gérie une terre française, nos étudiants s’affairaient, avec des moyens rudimentaires, à transcrire le Co- ran et à le diffuser pour préserver l’identité natio- nale”, nous dira le président de l’association de la zaouia. Signalons que la manifestation connaîtra, égale- ment, la production de nombreuses troupes de chants folkloriques et des exhibitions équestres données par une escouade de cavaliers locaux.

KAMEL BOUABDELLAH

LIBERTE

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

Culture

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FIN DES TRAVAUX DU 2 e SÉMINAIRE INTERNATIONAL SUR LA LITTÉRATURE MAGHRÉBINE D’EXPRESSION FRANÇAISE À BATNA

Maintenir la rencontre et lui garantir une plus large participation

Ce rendez-vous littéraire, qui a réuni des universitaires, des chercheurs, des étudiants, des écrivains et des lecteurs, a été une réussite, tant par le choix de la thématique que par la qualité des intervenants, et le débat d’idées qui a eu lieu.

L e deuxième séminaire in- ternational sur la littéra- ture maghrébine d’expres- sion française, qui porté, cette année, sur une ré- flexion autour de l’œuvre

de Driss Chraïbi (Maroc), Amin Zaoui et Rachid Boudjedra, a pris fin mardi soir, après deux jours de débats, de réflexions, d’échanges fructueux et parfois houleux. Si les échanges entre universitaires et chercheurs conver- geaient et divergeaient, les débats ont eu lieu dans la sérénité, comme le relevait si bien une intervenante. Les conférences et interventions, no- tamment celle du docteur Rachid Raïssi (université de Ouargla) intitu- lée “Esthétique des interactions et poétique du fragment”, ainsi que cel- le du docteur Christine Belakhdar (Allemagne) intitulée “Stratégie scrip- turale chez Amin Zaoui”, ou encore celle de Redouane Aïssani et Sadek Aouadi qui ont traité, respective- ment, de l’œuvre de Rachid Boudje- dra et de la question de la forme dans le roman maghrébin d’expression française, ont capté l’attention et l’in- térêt des présents. D’ailleurs, signalons ici que les membres de l’assistance n’étaient pas forcément de formation littéraire. Un bon nombre d’entres eux sont éga- lement venus des universités des wi- layas limitrophes (Sétif, Biskra, Oum El-Bouaghi, Khenchela). A ce propos, Fodhil Dehou, vice-recteur de l’uni- versité de Ouargla, et qui a présidé une séance lors de ce séminaire, a dé- claré : “Nous pouvons, avec ce poten- tiel, faire de Batna une capitale régio- nale de la littérature. Le premier sémi- naire était un ballon de sonde, qui nous a permis cette fois de prendre en char- ge quelques erreurs et bavures de jeu- nesse.” Le séminaire a été clôturé par Abdeslam Dif, Doyen de la faculté des lettres et des langues de Batna. Par la suite, M. Dehou, membre du comi- té rédacteur des recommandations, s’est chargé de leur lecture. Le comité a appelé à ce que les orga- nisateurs de ce séminaire veuillent à sa périodicité. Ils ont également de- mandé la publication des actes de ce séminaire. Ce comité rédacteur a également re- levé le fait que l’implication des mai-

Hamatou/Liberté.
Hamatou/Liberté.

sons d’édition joue un rôle capital dans la réussite d’un tel évènement. D’ailleurs, l’implication d’un éditeur local, Guerfi en l’occurrence, montre que tout peut se faire à un niveau lo- cal, sans avoir à chercher des impri- meurs étrangers, par exemple. Les membres du comité ont appelé les or- ganisateurs à envisager, pour l’avenir,

d’inviter des écrivains et universitaires d’Afrique subsaharienne, et pour- quoi ne pas songer également à une présence méditerranéenne. Le chef de département de français de l’univer- sité El-Hadj-Lakhdar de Batna, M. Kahlat, a dressé pour nous un pré-bi- lan, en estimant : “Je suis amplement satisfait de ce séminaire. Nous avons beaucoup appris de la première édition,

et nous nous sommes améliorés. Ce qui

importe à présent, c’est de passer à l’écrit. C’est ce qui me semble très im-

portant. Il y a l’établissement Guerfi qui

a exprimé sa disposition à nous accom-

pagner. Car ce n’est plus possible de res- ter dans l’oral et l’oralité.”

“Nous voulons lire” ! Notre interlocuteur nous annoncera également que “nous avons déjà dé- cidé, et à l’unanimité, de la thématique du prochain rendez-vous, prévu pour le mois de novembre 2014”. Du côté de Batna, on s’accorde à dire, et ce n’est point exagéré, que ce séminaire a été une réussite. Cette réussite tient en plusieurs points. En premier lieu, le

Le séminaire a pris fin, mardi, après deux jours de débats et d’échanges.

choix de la thématique de ce séminai- re, et les axes de réflexion qui ont por- té sur trois écrivains, qui ont pour point commun, entre autres, la sub- version, la fascination pour l’oralité et l’imaginaire maghrébin. La poétique et l’esthétique tiennent une place pri- mordiale chez trois auteurs. Ce sémi- naire est réussi parce qu’il y a peu de temps, on n’imaginait pas un face-à- face auteurs/lecteurs/critiques/édi- teurs, etc. La ruée vers l’amphithéâtre pour as- sister aux communications, mais aussi la prise d’assaut de la librairie Guerfi où a eu lieu la séance de dédi- cace des romans d’Amin Zaoui, n’est autre qu’un indice indicateur. “Nous voulons lire”, semblaient nous dire les

habitants de Batna et des wilayas li- mitrophes qui ont pris part à ce sémi- naire. Cet engouement du public témoigne

de l’intérêt que porte les étudiants pour la littérature algérienne et magh- rébine, et sort les lecteurs du cliché et de la stigmatisation, selon lesquels l’étudiant ne lit pas et refuse de lire. Le lecteur manifeste un intérêt pour ce qui l’intéresse. On ne peut pas obli- ger les gens à lire ce que nous croyons être bons pour eux. Le choix de la thé- matique est pour beaucoup dans la réussite de ce séminaire, ainsi que l’implication des étudiants, puisqu’ils ont pris cette rencontre comme un car- refour, mais également comme un

podium sur lequel ils se sont exprimés et ont montré leurs capacités et apti- tudes”, nous fait remarquer un univer- sitaire. Le directeur général des éditions Exovisions (maison d’édition basée à Limoges en France, qui participe à ce séminaire pour la deuxième fois), M. Benidir, qui était chargé de l’organi- sation et de la mise en place du plan de travail et de communication, a es- timé que les choses se bien déroulées. Pour sa part, l’étudiant Annis nous a expliqué que “le débat contradictoire est la meilleure façon d’avoir un pro- duit de qualité. La voix unique n’a ja- mais rien donné et ne donnera rien. Nous avons assisté à un débat d’idées, et je vous avoue que je suis très satis- fait. Pourvu que ça continue et le plus souvent possible”. Meriem, éga- lement étudiante, a souhaité qu’à l’avenir, les organisateurs de ce sémi- naire “réfléchissent, sérieusement, à impliquer davantage les étudiants, même pour des interventions, notam- ment pour ceux qui sont en fin de cycle ou qui se distinguent lors de leurs sou- tenances ou mémoires”. Batna a vécu des journées de débats d’idées et d’échanges de qualité, pour- vu que de belles initiatives, comme ce séminaire, se durent et se multi- plient. En attendant, Batna conti- nuera de lire, d’aimer les livres et leurs auteurs.

RACHID HAMATOU

lire, d’aimer les livres et leurs auteurs. RACHID HAMATOU …SORTIR… Salon de Créativité de l’Onda ■
lire, d’aimer les livres et leurs auteurs. RACHID HAMATOU …SORTIR… Salon de Créativité de l’Onda ■

…SORTIR…

les livres et leurs auteurs. RACHID HAMATOU …SORTIR… Salon de Créativité de l’Onda ■ Les éditions

Salon de Créativité de l’Onda

Les éditions IZEM et AVM sont

présentes, du 25 au 29 avril prochain, à l'Esplanade Riadh El-Feth. EIles organisent, en partenariat avec La Centrale des artistes, des séances de ventes-dédicaces avec de nombreux artistes algériens. Au Stand IZEM, aujourd’hui : Ali Amran ; demain :

Mohamed Polyphene et Malika Domrane ; le 29 avril : Abranis. Au Stand AVM, demain et après demain : cheb Akil.

Ibn Zeydoun à 19h. Ce soir : concert de

Nadir Leghrib, Yousra Chatila, Ayoub Medjahed, Hakim Salhi, et les groupes El- Dey, Djermane et Jariste. Demain :

concert de Samir Toumi, Réda Doumaz, Hasna El- Bécharia, et les groupes Choughli et Caméléon. Entrée libre.

Concerts

Concert avec Libre Rap, Azzou, et

Afrockaine, aujourd’hui, à 16h, à la salle El- Atlas.

Concert de Cheikh Sidi Bémol, ce soir, à

20h30, à la salle Ibn Khaldoun.

Théâtre

Représentation de la pièce, Ana, ayali

wa el-chitane, de l’association théâtrale Belliri de Constantine, aujourd’hui, à 16h, au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi.

Ventes-dédicaces

Mohamed Rebah présentera et

dédicacera son ouvrage, Taleb Abderrahmane guillotiné le 24 avril 1958

(éditions Apic), aujourd’hui, à 14h30, à la librairie Kalimat (27, boulevard Victor- Hugo, Alger).

Sarah Haidar dédicacera son roman,

Virgules en trombe (éditions Apic), aujourd’hui, à partir de 14h30, à la Librairie Générale (4, place Kennedy, El- Biar, Alger).

Dîner culturel

La Mouette tours, agence de voyage et

de tourisme organise un dîner culturel, ce soir à partir de 19h30, au restaurant Rosmarin (7, rue Doudou-Mokhtar, Ben Aknoun, à proximité de l'ambassade de l'Arabie Saoudite), avec l'écrivain et homme des médias, Hamid Grine. Réservation au : 021 79 16 26 / 0557 24 63 78. Formule: 2500 DA incluant dîner copieux + débat et échange avec l’écrivain.

Tournée

A l’occasion de la sortie de son nouvel

album, Rabah Asma, sera en concert :

Aujourd’hui, à 16h à la salle El-Mougar

(Alger).

Lundi 29 avril, à 18h, à la Maison de la

culture Taos-Amrouche de Béjaïa.

Mardi 30 avril, à 18h, à la Maison de la

culture Ali-Zamoum de Bouira.

Mercredi 1er mai, à 18h, à la Maison de

la culture de Tébessa.

Jeudi 2 mai, à 18h, à la Maison de la

culture de Batna.

Samedi 4 mai, à 17h, à la Maison de la

culture de Souk Ahras.

Mardi 7 mai, à 14h, à la Maison de la

culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

Jeudi 9 mai, à 20h, à la maison de la

culture de Koléa.

B elle initiative que celle de l’Assem- blée populaire communale (APC) de Boudjima, dans la daï-

ra de Makouda à l’ouest de Tizi Ouzou, qui vient d’organiser -en collaboration avec l’association “Un livre, une vie”, les éditions Passerelle, le Haut commissa- riat à l’amazighité (HCA), l’APW de Tizi Ouzou et les associations Anza, ACABM et LACD- le premier Salon du livre à Boudjima. Une activité qui s’ins- crit dans le cadre de la Journée interna- tionale du livre. Ce salon, organisé les 23 et 24 avril, a vu la participation de plusieurs maisons d’édition et de conférenciers. Organisé à la Bibliothèque communale, ce salon, premier du genre dans une localité à Tizi Ouzou, a accueilli un atelier d’ani- mation, encadré par la Ligue des arts ci- nématographiques et dramatiques, ain-

LE LIVRE À L’HONNEUR DANS LES VILLAGES

Boudjima capitale du livre

si que des expositions diverses, notam- ment, une sur le patrimoine de l’eau en Algérie et en Méditerranée, organisée par l’AERA-ED (association de ré- flexion et d’échange dans le domaine de l’environnement). Mardi dernier, You- cef Merahi, du HCA, a animé une conférence portant sur l’écriture et l’édition en langue amazighe, suivie d’une table ronde sur la lecture pu- blique, animée par Ousmer Ferroudja et Hacène Metref. “Force est de consta- ter que nos jeunes ne lisent pas. Dans ce cas, faut-il rester les bras croisés en adoptant une posture faite de résignation ou ne faut-il pas plutôt se décider à trou- ver, au moins, des solutions locales ? Pour ce faire, quelles solutions, et quels seront les acteurs de ce vastes chantiers”, autant de questions auxquelles les conféren- ciers ont tenté de répondre. Mercredi

dernier, l’écrivain Rachid Mokhtari a animé une conférence sur “Le roman al- gérien post-1988, personnages cher- chent fiction”. Pour l’auteur de “Nouveau souffle du roman algérien”, “deux per- sonnages cohabitent dans l’espace fiction- nel de la littérature algérienne. L’ancien- ne maquisard de la guerre de Libération et le terroriste islamiste de la période qua- lifiée de décennie noire, restée ouverte”. Et de s’interroger : “Comment se signa- lent ces personnages ? Renvoient-ils au réel ? Opposent-ils deux périodes histo- riques et construisent-ils des symbo- liques?”. Cette conférence a été suivie par la pro- jection du documentaire “A chacun son Algérie”, de Caroline Philibert et Luc Thiébaut. Il s’agit “des mémoires compar- timentées de citoyens d’une ville de France sur la colonisation et la guerre

d’Algérie”. En outre, la bibliothèque de Boudjima vient de bénéficier d’un quota de 50 000 livres, offerts par l’as- sociation, établie en France, “Un livre, une vie”. Par ailleurs, le maire de Boud- jima, Smaïl Boukharoub, a estimé que ce 1er salon est une occasion de rap- procher le livre des villageois : “Avant, ce genre d’activités étaient organisées dans les grandes villes, comme le chef-lieu de wilaya. Alors on a décidé, avec la réa- lisation d’une bibliothèque dans notre commune, d’exploiter cet espace d’une manière rationnelle et de rapprocher le livre, mais aussi les éditeurs et les écri- vains de nos citoyens. Pour une premiè- re, le salon a connu une bonne influen- ce et la présence d’écrivains et d’artistes comme Rachid Mokhtari, Denis Marti- nez, Smail Ray, Youcef Merahi, etc.”.

KOCILA TIGHILT

et d’artistes comme Rachid Mokhtari, Denis Marti- nez, Smail Ray, Youcef Merahi, etc.” . KOCILA TIGHILT

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Contribution

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

DÉBAT

De la violence sociale au suicide d’un responsable

La presse a fait état du suicide, dans son bureau, du directeur de la réglementation et des affaires générales de la wilaya de Mascara (Drag). Suite à ce drame, le site "Algérie patriotique" a rapporté que le wali a été relevé de ses fonctions.

C e genre de drame est-il particulier et exceptionnel pour en faire état aussi largement ou parce que cela s’est déroulé dans le siège de la wi- laya en sa qualité de cadre res- ponsable ? Sinon, combien de

cadres se sont suicidés sans voir leur acte susci-

ter une curiosité d’ordre social ? Seulement une ligne dans les “faits

divers”. Le suicide, en Algérie, n’est pas

un phénomène ex- ceptionnel. Il n’est pas particulier à une catégo-

rie. Il est, comme pour le diabète et les cardio- pathies, lié à l’hygiène de vie, au stress et à nos comportements quotidiens en privé et en public

! Dans le cas de ce Drag, on a vite trouvé “l’ex-

plication” et le “bouc émissaire” en la personne du wali qui l’aurait “sévèrement blâmé” lors d’une session de l’Assemblée. Si tel est le cas, et alors ? En quoi le wali est-t-il responsable ? Et si c’est lié à la personnalité du Drag, en quoi le wali est aussi responsable ? Et si c’était le wali, la vic- time du même acte, on suspendrait qui ? Il serait vraiment stupide d’en imputer la responsabilité à qui que ce soit sauf si on évolue dans l’oppor- tunisme. Le wali nie toute relation de cause à ef- fet avec ce suicide en affirmant même avoir de bons rapports avec lui. Ce que confirme le P/APW selon la presse. En supposant qu’il y ait relation de “cause à effet”, tentons cette spécula- tion :

- Comment ce Drag s’est-il laissé dépendre du “bon vouloir” du wali jusqu’à être “humilié” et se laisser croire qu’il peut décider de sa carrière ? Ne pouvait-il pas répliquer et faire confiance à soi- même et à ses compétences ? Le compétent trou- ve toujours une issue à sa situation profession- nelle ! Au demeurant, avait-il toutes les capaci- tés et la volonté de le faire ? Se sentait-il dans un dépit et une frustration qui lui ont fait croire à une

PAR

DJERRAD AMAR

impasse, dont la seule issue serait de disparaître ? Une foule de questions. Par son âge, 59 ans, c’est- à-dire à un an de la retraite, ces explications res- tent improbables, superflues. Ce wali a-t-il toutes les compétences requises pour gouverner une wilaya ? Si "oui", alors il est inconséquent de prendre à son encontre une telle décision (le relever de ses fonc- tions). Est-ce parce que le drame s’est déroulé au siège de la wilaya ? Et alors ? Ce serait une fuite en avant, un manque de perspicacité que d’exi- ger ou de le relever de ses fonctions ! Quelle sera la réaction des autres walis quand on sait que des cas de suicide sont enregistrés souvent sur tout le territoire pour des motifs liés à la gouvernan- ce ? C’est quoi cet opportunisme des députés qui tombent à bras raccourcis sur le wali pour l’évin- cer ! Et si le même drame s’était déroulé à l’APN, à la présidence de la République, dans un mi- nistère, on suspendrait qui ? Soyons raison- nables! Si "non", alors la responsabilité revient directe- ment à l’État au travers de ses décideurs qui fou- lent aux pieds toutes les règles permettant la sé- lection et le choix des responsables à tous les ni- veaux ! On les suspendrait aussi ? Reconnaissons que l’État - c’est-à-dire nous tous - manquons encore de volonté politique pour mettre fin à cette gabegie dans la gestion des com- pétences. Nous savons tous comment et pourquoi sont désignés et évincés les responsables. Nous avons été autant acteurs que victimes. L'Algérie est, à notre sens, le seul pays qui "recycle" les incompétents en les "mutant" en cas de dé- faillances. Là est essentiellement le problème de l’Algérie. Les postes de responsabilité sont cédés aux incompétents non pas par "erreur dans le choix", mais consciemment par "copinage" et in- térêts. Il s'agit bien de maintenir les privilèges. L'essentiel pour nos responsables et de mettre à la tête un des leurs, quelles que soit ses capaci-

tés, quitte à le seconder par des compétents pour éviter le blocage. Ces derniers ne bénéficient de postes de responsabilité que dans certains secteurs où il est pratiquement impossible de faire au- trement. Nous l’avons constaté et… admis durant toute notre carrière. Il n’y en a pas un qui ne sou- haiterait pas prendre la place d’un responsable pour avoir les mêmes pouvoirs et bénéficier des mêmes privilèges en l’absence de règles fermes. Même si un clan remplace un autre, la même at- titude est maintenue. Rien n’est encore fait pour mettre un terme à cette cupidité ! C'est là une des principales faiblesses de l'Algé- rie qui peut être à l'origine (la porte ?) de toutes les tentatives de déstabilisation. Si les ennemis de l’Algérie y tentent encore, c'est grâce à cette faille. Ils ne s'y aventureraient jamais s'ils savaient qu’elle était encadrée par des gens compétents. Il a été diagnostiqué que l’origine des maux re- latifs à la gérance des entreprises et des institu- tions, des ressources humaines et matérielles se situent dans cette "rente" - objet de toutes les convoitises - issue des revenus pétroliers, dont la gestion reste problématique. Elle est la cause de toutes les rivalités et le frein à toutes les actions visant les changements structurels. Une rente qui est à la fois "bienfaitrice" et "corruptrice". Parce que la "rente" est contraire aux règles du marché, en s’opposant à l’acte de production, en annihi- lant l’effort, il se déroule une course folle et ef- frontée pour profiter à qui mieux mieux de cet- te "manne". Les systèmes rentiers ont toujours été réfractaires à l’esprit d’initiative. Ces systèmes per- vertissent les consciences en encourageant les convoitises, la collusion, la paresse et l’incom- pétence. La pratique du pouvoir dans ces systèmes s’établit suivant une approche avide et cupide. Leurs dirigeants le sont par favoritisme, d’où cet- te duplicité et cet esprit négligent et prédateur, gé- nérant des idées et comportements absurdes et abusifs.

Combien de cadres de valeur ont dû subir les pires abus dans le but de saper leur bonne volonté par des incompétents amateurs des situations troubles? Combien de cadres se sont désistés ou ont refusé des responsabilités, car constatant qu’ils servaient de faire-valoir ou de boucs émissaires? La majorité des cadres algériens ont été, plus ou moins, confrontés à ces genres de situations in- justes, souvent insolubles, à cause des connivences qui poussent à la révolte, voire aux actions dé- raisonnables. Qui n’a pas subi l’injustice, la per- sécution, la mise à l’écart ? Qui ne s’est pas plaint

à la tutelle, dénonçant les abus, mais sans suite?

Qui n’a pas esté en justice son employeur ou pour- suivi lui-même par ce dernier ? Qui n’a pas été abusivement licencié et défié par l’employeur d’al- ler "porter plainte"? Qui n’est pas passé par de pro- fondes déceptions ou n’a pas effleuré les troubles psychotiques du fait de la violence du milieu pro- fessionnel ? Au-delà des causes liées à la constitution des in- dividus, l’État, en Algérie, porte la responsabili-

té des drames attachés aux conditions de travail,

à la gestion des carrières, à la protection de l’in-

tégrité physique et morale des travailleurs qui res- tent bien en deçà du niveau, malgré l’existence des lois. En Algérie, les compétences existent, et l’É- tat n’arrive toujours pas à leur offrir les conditions de leur épanouissement et les mettre au service du pays qui ne peut qu’en tirer avantages et bien- faits. La solution reste celle adoptée par les pays qui ont réussi dans leur développement écono- mique et social, celle qui réhabilite le travail - qui fait la promotion de l’homme - et non dans cet esprit rentier pervers qui supplante le travail et l’intelligence, accentue les contradictions, main- tient dans l’archaïsme. Le drame du siège de la wi- laya de Mascara entre dans le cadre de cette vio- lence sociale, auquel il faudra s’intéresser plus honnêtement et sérieusement.

D. A.

INTEMPÉRIES À L’OUEST DU PAYS

Des accidents de la route et des inondations

L es dernières intempéries qui se

sont abattues sur le nord-ouest

du pays sont à l’origine de plu-

sieurs accidents de la route et d’in- nombrables inondations enregistrés un peu partout dans la région. Durant trois jours, de mardi en début de soi- rée à jeudi dernier, la population de Sidi Bel-Abbès et ses environs a été pri- se de court par une violente pertur- bation atmosphérique inattendue, ac- compagnée de rafales de vent et des pluies torrentielles et dont les cumuls ont atteint localement les 70 mm. Ces violentes averses qui se sont abattues sans interruption ont mis à nu les im- perfections et les malfaçons des réseaux d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales du chef-lieu de wilaya. Pour ces scènes de désolation, causées faute d’entretien et de maintenance des avaloirs, les services des APC et l’ONA ont recensés 40 points noirs, à Sidi Bel- Abbès, Ras El Ma, Moulay Slissen et Ténira. Ces derniers qui n’ont pas bé- néficié de beaucoup d’intérêt de la part des services concernés ont fait l’objet d’intervention d’équipes d’entretien pour le désengorgement et le net- toyage des avaloirs. Cependant, selon les services de la Protection civile,

cinq accidents de la route, notam- ment des dérapages de voitures ont été enregistrés, dans les communes de Aïn El Berd et Sidi Lahcène et n’ont causé aucun perte humaine, ni dégâts matériels. Par ailleurs, dans la ville de Sfisef (39 km à l’est du chef-lieu de wi- laya), une cinquantaine de citoyens du vieux quartier Bouhend ont observé un sit-in devant le siège de la daïra pour réclamer leur relogement suite aux inondations de leurs habitations vé- tustes qui ont été endommagés par les eaux pluviales. A Mascara, coulées de boue, chutes de pierres, déracine- ments d’arbres, habitations inondées, oueds en crue, populations déplacées, routes barrées car devenues imprati- cables, chaussées éventrées, accidents de la route ont été les conséquences des très fortes chutes de pluie. En effet, de mémoire de sexagénaire, jamais la ré- gion de Mascara n’a connu des préci- pitations d’une telle intensité avec des averses ininterrompues 36 heures du- rant. Certes, aucune victime n’est à dé- plorer mais les dégâts causés sont très importants avec des habitations inon- dées ayant engendré le déplacement des populations notamment dans les douars relevant des localités de Ma-

D. R.
D. R.

mounia, Hacine, Mocta-Douz, Ti- ghennif, Ghriss, Froha, Maoussa et Sig pour ne citer que celles-ci. Dans la commune de Mocta-Douz, plus de 200

personnes dont les habitations ont été inondées ont été mis à l’abri par les pompiers dans des écoles réquisition- nées. En outre, des routes devenues im- praticables ont été fermées à la circu- lation notamment les tronçons Mas- cara-Hacine et Hacine-Mohamma- dia. Ces chutes de pluie sont à l’origi-

ne d’une vingtaine d’accidents de la cir-

culation qui ont fait 22 blessés dont cer- tains grièvement atteints et qui ont été admis dans les hôpitaux les plus proches.

A Aïn Témouchent, et pour la seule

journée de mercredi, les différentes bri-

gades de la Protection civile ont enre- gistré cinq accidents de la circula- tion, qui se sont produits sur différents axes routiers de la wilaya, faisant six blessés dont certains grièvement at- teints. Les pluies diluviennes n’ont pas épargné les vieilles habitations qui ont été inondées, provoquant des dé- gâts matériels importants nécessitant l’intervention rapide des agents de la Protection civile.

A. BOUSMAHA, M. LARADJ ET A. B.

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L’Algérie profonde

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

profonde Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013 LIBERTE BRÈVES de l’Est JIJEL Célébration de la

BRÈVES de l’Est

JIJEL

Célébration de la fête de la fraise

La maison de la culture Omar-Oussedik a

abrité, jeudi, la traditionnelle fête de la fraise. Cette manifestation a été marquée par la participation de 57 exposants (39 producteurs et 18 pâtissiers professionnels). Venus nombreux assister à cette 9e édition, le public a pu découvrir plusieurs variétés de ce fruit tant apprécié par les Jijeliens, telles que la Camaroza, Vantana, Naiad, Carmila, Condonga. Selon les responsables de la Chambre d’agriculture, la wilaya de Jijel a connu une hausse considérable dans la production. En

effet, cette dernière a enregistré 52

quintaux de fraises en 2013, contre 48 000 quintaux en 2012, ce qui a permis à la wilaya de Jijel d’occuper la première place au niveau national. Selon les informations recueillies sur les lieux de l’activité, les communes réputées pour la production de la fraise sont Sidi- Abdelaziz qui occupe la première place en matière de superficie réservée à ce fruit avec 74 ha, suivie de la commune de Kheiri Oued Adjoul avec 53,2 ha, et puis en dernière position les communes de Chekfa, El-Ancer, El-Kennar, Kaous et El-Aouana avec une superficie inférieur à 45 ha. Cette manifestation a été également marquée par la présence de plusieurs pâtissiers qui ont tenu à exposer des gâteaux préparés à base de fraises. Cet événement qui a pour but de mettre en valeur la production de la fraise à Jijel a été également caractérisé par le concours du meilleur producteur, le meilleur exposant, du meilleur pâtissier et enfin pour clôturer un prix d’encouragement pour la meilleure femme productrice de ce fruit.

MOULOUD SAOU

450

KHENCHELA

Un policier condamné à 10 ans de prison pour avoir tenté de tuer son collègue

Le tribunal criminel près la cour d’Oum El-

Bouaghi a prononcé, jeudi une peine de dix années de réclusion criminelle à l'encontre d'un policier pour le chef d'accusation “tentative de meurtre”. L'affaire remonte au mois de juillet dernier lorsque le policier, originaire de Annaba, a tiré une balle visant son collègue, originaire d’El-Tarf, âgé de 30 ans. La victime se trouvait dans l’hôtel de police au centre-ville de Khenchela, lorsque son collègue a fait usage de son arme de service (PA) atteignant la victime au cou. Transférée en urgence à l’hôpital Ali-Boushaba, la victime a été miraculeusement sauvée par le staff médical et ses jours ne sont, à présent, plus en danger.

M. Z.

BISKRA

Saisie d’une cargaison de 2000 bouteilles d’alcool

Des sources de la Sûreté de wilaya, nous

apprenons qu’une cargaison de 2240 bouteilles d’alcool de diverses contenances a été saisie par la brigade du 2e arrondissement lors d’une tournée nocturne. Un petit camion de transport circulant tard dans la nuit attirera l’attention des policiers qui en inspectant le véhicule découvriront la marchandise qui allait être livrée. A bord du camion, deux individus âgés de 25 et 33 ans, le chauffeur et un convoyeur, seront mis en détention préventive pour transport de boissons alcoolisées sans autorisation.

H. L.

GUELMA

Deux charlatans arrêtés

La cellule de communication de la Sûreté de

wilaya nous a adressé un communiqué dans lequel elle fait part de la mise hors d'état de nuire de deux individus âgés de 47 et 54 ans qui activaient dans un local à la cité Seddiki, sur les hauteurs de la ville. C'est à la faveur d'informations et d'investigations que les éléments de la police judiciaire ont appréhendé ces deux hommes qui s'adonnaient au charlatanisme et à la magie noire en faisant fi de la détresse de leurs victimes. En effet, ces deux “talebs” qui recevaient une nombreuse clientèle,

notamment féminine, confectionnaient des talismans et des amulettes qui permettraient de résoudre ses problèmes, à savoir mariages, succès aux examens, retour d'un être cher, accès au travail et au logement, etc. Les policiers ont saisi des bibelots, du matériel spécifique au charlatanisme et une forte somme d'argent. Auditionnés au siège de la

Sûreté de wilaya, les deux mis en cause ont été présentés devant procureur de la République près le tribunal de Guelma qui a ordonné la détention préventive du principal accusé et la

liberté provisoire

exercice de charlatanisme.

HAMID BAALI

pour son compère pour

RÉSORPTION DE L’HABITAT PRÉCAIRE À MILA

Une aide financière aux occupants des baraques

Pas moins de 426 familles de la wilaya de Mila vont bénéficier d’une aide financière d’une valeur de 70 millions de centimes.

D. R.
D. R.

Les maisons en préfabriqué sont occupées par des familles nécessiteuses depuis 1980 suite aux inondations qu’a connues la wilaya à l’époque.

L’ épineuse question des habitations provisoires est en passe de connaître son épilogue à Mila, au grand bonheur de plusieurs cen- taines de familles concernées. Une circulaire interministérielle impli-

quant les départements de l’Intérieur, des Fi- nances et de l’Habitat et de l’Urbanisme vient d’être adoptée, laquelle circulaire stipule l’octroi

d’une aide financière au profit des familles vivant dans des baraques afin qu’elles puissent construi- re un toit en dur. Le texte législatif en question, référencé 02 du 8 avril 2013, concerne les mé- nages occupant des logements en préfabriqué. Sur le territoire de la wilaya de Mila, 426 familles vont profiter des dispositions de cette circulaire in-

terministérielle. En effet, selon la cellule de com-

munication de la wilaya, une aide financière d’une valeur de 70 millions de centimes sera accordée à l’ensemble des familles remplissant les condi- tions définies par ledit texte, lesquelles auront éga- lement accès à un crédit bancaire au taux d’in- térêt réduit. Notre source révèle que les maisons en préfabriqué dans la wilaya de Mila remontent aux années 1980, qu’elles ont été attribuées à des familles sinistrées par les inondations pour ser- vir d’habitations de transit et qu’elles se trouvent actuellement dans un état de vétusté et de dé- gradation avancée. Selon notre source, qui rapporte des propos du Premier ministre, les bénéficiaires de cette opé- ration pourront ériger leurs nouvelles habitations en dur en lieu et place de leurs baraques actuelles. Cela est valable, faut-il le souligner, pour les fa-

milles occupant des logements en préfabriqué se trouvant sous l’autorité de l’OPGI. Pour les ba- raques qui relèvent encore de l’autorité des Do- maines de l’Etat, elles pourront, exceptionnel- lement, faire l’objet d’une action de cession au profit de leurs occupants actuels, conformément aux dispositions du décret n°83-375 du 28 mai 1983, définissant les modalités et conditions de vente des logements modulaires préfabriqués dans la région de Chlef. Quant à l’aide étatique de 70 millions et l’accès au crédit bancaire, ils s’ap- pliquent, souligne-t-on, uniformément aux unes et aux autres. Soulignons que les 426 logements en préfabriqué de Mila sont localisés dans les communes de Mila, Chelghoum-Laïd, Télegh- ma et Grarem-Gouga.

KAMEL BOUABDELLAH

SÉTIF

Formation de 20 généralistes en nutrition infantile

L es locaux de l’institut MBI de Sétif ont abrité jeudi une jour- née de formation en nutrition

pédiatrique organisée par le labo- ratoire Blédina et le service de mé- decine pédiatrique du CHU Saâd- na-Abdennour de Sétif au profit d’une vingtaine de médecins géné- ralistes s’occupant de la santé des en- fants des wilayas de Sétif et Bordj Bou-Arréridj. “Cette initiative or-

ganisée à l’intention des médecins des deux secteurs privé et public est une première au niveau national. La qualité de l’encadrement et des thèmes concoctés pour la formation ainsi que l’attestation qui couronne- ra ce cycle de formation alternée qui s’étalera sur plusieurs mois en té- moignent”, s’est réjouit le Dr A. Laouamri, conseiller en gastro-nu- trition infantile à Blédina.

Par ailleurs, les formateurs qui ont procédé à la distribution de la char- te et du guide pratique de l’allaite- ment maternel ont insisté sur l’al- laitement maternel. Pour une meilleure maîtrise de la nutrition in- fantile, les organisateurs comptent élargir l’expérience afin de toucher le maximum de médecins au niveau national. De son côté, le Pr Bioud, chef de service de médecine pé-

diatrique du CHU Saâdna-Abden- nour, qui a présenté une commu- nication sur l’intérêt de la formation médicale, nous a affirmé qu’aucun lait ne peut substituer le lait ma- ternel, cependant pour un complé- ment, le lait de substitution doit être choisi avec un grand soin en étroi- te concertation avec le médecin.

F. SENOUSSAOUI

LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA PROTECTION CIVILE À MILA

Simulation de sauvetage au barrage de Beni Haroun

L e directeur générale de la Protection civi- le, Mustafa Habiri, s’est rendu, mercredi à Mila, où il a assisté à la manœuvre effectuée

par des unités de sapeurs-pompiers, au large du barrage de Beni Haroun. En marge de sa visite, Habiri a affirmé que le phénomène des noyades dans les plans d’eau des régions de l’intérieur du pays ne cesse de prendre de l’ampleur et que le nombre de personnes mortes dans les puits et les barrages ces dernières années est plus qu’in-

quiétant. Sans donner de statistiques, ce res- ponsable affirme : “Le nombre de personnes noyées dans les puits et les retenues d’eau de l’in- térieur du pays est de loin supérieur à celui enre- gistré sur les plages du littoral national.” Dans ce sillage, le DG de la Protection civile appelle ses services à plus de mobilisation et ordonne aux di- rections de wilaya où il y a des barrages d’eau à mettre en place des programmes de formation de plongeurs pour remédier à cette situation. Si-

gnalons que des hommes-grenouilles, venus de 31 wilayas, ont participé, ce mercredi, à des exer- cices de simulation au large du barrage de Beni Haroun. La manœuvre, réalisée par 86 plongeurs, cadres et médecins de la Protection civile, a consisté en le sauvetage de six personnes tombées dans le lac du barrage, suite à un accident de la circulation survenu sur le pont suspendu de l’oued Dib qui enjambe un flanc du barrage.

KAMEL B.

LIBERTE

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L’Algérie profonde

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TIZI OUZOU

La mairie d’Aït Zikki a une nouvelle assemblée

Le P/APC, Moussaoui Boualem, qui reste indépendant, est secondé par trois nou- veaux vice-présidents, 1 indépendant, 1 FLN et 1 FFS.

D. R.
D. R.

Q uatre mois seule- ment après l’instal- lation de l’exécutif communal d’Aït Zikki, 70 km à l’est de Tizi-Ouzou, in-

tervenu le 27 décembre 2012, à la fa- veur des résultats des élections lo- cales remportées par la liste indé- pendante conduite par un ex- mai- re d’Aït Zikki, à l’époque d’obédien- ce FFS, un changement a été opéré. Le maire, en application de la loi, a, après avoir enregistré le boycott par des élus de l’opposition de la pre- mière réunion prévue le 21 mars 2013, puis convoqué une autre as-

Après délibérations, le conseil communal de AÏt Zikki a procédé à l’installation d’un nouvel exécutif local.

semblée, le 22 avril dernier et, sui- te à laquelle et après un vote des élus qui a sanctionné une nouvelle ma- jorité, l’assemblée a procédé à une délibération promulguant un chan- gement radical dans la composan- te de l’APC d’Aït Zikki. Le nouvel exécutif se compose comme suit: le P/APC reste bien sûr indépendant en l’occurrence, M. Moussaoui Boualem, il est secondé par trois vice-présidents, 1indépendant, 1 FLN et 1 FFS. Trois présidences de commissions ont été attribuées aux élus su FFS et du FLN. Une jeu- ne élue du FFS prend la commission sociale, culture et sport, un autre élu

de la même formation politique prend la commission hygiène et environnement et un élu du FLN s’adjuge la commission finances et urbanisme. Cette nouvelle compo- sante semble la mieux convenir se- lon le P/APC. “Je gérais les affaires de l’APC en éternel déphasage avec ceux sur qui je pouvais compter. Je me suis retrouvé tout seul pour gérer trois problèmes majeurs en trois mois de mandat seulement: le blocage de l’APC par les habitants, la grève des transporteurs suite à promulgation de la nouvelle tarification des transports et l’opération de déneigement. Face à toutes ces mésaventures, je dois

prendre les dispositions qui s’imposent car je veux m’occuper réellement des préoccupations de la population de ma commune”, nous a indiqué le maire d’Aït Zikki. Ce changement n’est pas allé sans provoquer un mécontentement au sein des élus, en l’occurrence ceux du RCD et RND

qui ont été écartés de toute respon-

sabilité au sein des vice-présidences et des présidences de commissions suite à la constitution de la nouvel-

le alliance Indépendants, FFS et

FLN. L’APC d’Aït-Zikki est compo-

sé de 3 élus indépendants, 2 FLN,

4 FFS, 1 RND et 3 RCD.

C. NATH OUKACI

POUR AVOIR AGRESSÉ LE CHEF DE DAÏRA DE BOUMERDÈS

3 personnes placées sous mandat de dépôt

Trois personnes ont été placées avant-hier écroués pour avoir agressé le chef de daïra de Boumerdès et le secrétaire général de l’APC. Les deux fonctionnaires de l’administration ont été pris à partie par des occupants de maisons construites illicitement qui ont refusé la démolition de murs de clôture érigés pour prendre possession de terrain situés en bord de la plage de la sablière. C’est la deuxième fois en une semaine que des responsables onté té empêchés de démolir des constructions illicites. Dernièrement, ce sont des propriétaires de baraques construites au bord de la RN24 qui se sont opposés à la destruction de leurs commerces. Selon nos informations, des dizaines de constructions illicites sont recensées chaque mois dans la commune de Boumerdès.

NASSIM OUHIB

Une bijouterie attaquée en plein jour à Hamadi

Le centre-ville de Hamadi a été jeudi après-midi le théâtre d’une scène digne d'un film hollywoodien. Une bijouterie a été attaquée en plein jour par une bande de malfaiteurs composée de deux individus. Cette attaque s'est soldée par la blessure du propriétaire de la bijouterie et le vol de tout l’or qui s’y trouvait. Selon des témoignages recueillis auprès des habitants de cette paisible ville, il était 13h passées, lorsque deux individus ont fait irruption dans la bijouterie. Une fois à l’intérieur, ils ont assommé le propriétaire à l’aide d’un marteau. Après avoir mis le propriétaire a terre, les cambrioleurs l’ont ligoté et lui ont mis un ruban de scotch sur la bouche, les deux bandits se sont emparés de tout ce qui brille avant de prendre la poudre d’escampette.

NACER ZERROUKI

BOUIRA

Une récolte de 2 100 000 quintaux de céréales prévue

L es dernières pluies enregis- trées dans la wilaya de Bouira ont été bien accueillies par les

professionnels de l’agriculture. Selon les connaisseurs, les précipitations sont arrivées au bon moment de fer- tilité des céréales. Selon M. Morsli Rachid, directeur des services agricoles, une récolte re- cord est attendue pour cette année. Nous prévoyant 2 100 00 q”, notant que la wilaya dispose de 190 000 hec- tares de surface utile. Pour cette année, les céréales occu- pent une place prépondérante avec 18 500 hectares cultivés. “Grâce au contrat de performance signé avec les professionnels de la branche céréali- culture, un rendement de 27q à l’hec- tare est prévu”, souligne Morsli Ra-

chid. Parlant de la pluviométrie il re- lève que “la wilaya de Bouira a en- registré 490 mm de précipitation.

Elle est bien répartie sur les différents mois de la saison labours-semailles. Pour les dernières pluies enregistrées

ce week-end, elle revêt un intérêt

particulier pour l’agriculture. Elles augmentent la production et le poids spécifique du grain”. Pour rappel, la wilaya de Bouira dispose de 28000 hectares d’oléiculture. Pour cette année, elle a enregistré un rendement de 6150 000 litres. Pour la pomme de terre, elle dispose de

8000 hectares, chose qui la place par-

mi les wilayas productrices du pays

dans cette filière. L’arboriculture de son côté bénéficie de 40 000 hec-

tares.

A. DEBBACHE

de son côté bénéficie de 40 000 hec- tares. A. DEBBACHE BRÈVES du Centre BLIDA Arrestation

BRÈVES du Centre

BLIDA

Arrestation d’un réseau de trafiquants

Les éléments de la police judiciaire de Blida viennent d’arrêter une bande de criminels de 4 personnes. Leur arrestation a permis la récupération de deux pistolets, 29 cartouches et 1/2 kilo de drogue. Pour rappel, ce groupe de délinquants active entre les communes de Bouarfa, Chiffa, Hay Drioueche et le centre ville de Blida. C’est suite à une information qu’une enquête a été ouverte par la police

judiciaire. Après identification et filature, les policiers mettent la main sur le chef de la bande possession de 400 g de kif et une somme d’argent de 5 880 DA. Passé aux aveux, le délinquant dénonce les trois complices. L’enquête reste ouverte par les éléments de la brigade de recherche et d’investigation de Blida jusqu’a la présentation des ces criminels devant la

justice.

K. FAWZI

AÏN DEFLA

Le directeur d’Actel décède

Le vol d’un montant de 15 millions de centimes au sein de l'agence commerciale de la ville d’Aïn Defla depuis deux semaines a

suscité bien des interrogations dans la région. Selon nos sources, l'un des proches du directeur aurait été accusé par certains services DOT (direction des opérations de Télécommunication), chose qui aurait

vraisemblablement

directeur de l'agence en question. Il est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon une source d'Algérie Télécom de Aïn Defla, trois employés ont été sanctionnés par la direction suite au vol perpétré dans ladite agence. À l'heure actuelle, on ignore si le directeur de l’Actel en la personne M. Hachoud Benali, âgé de 57 ans, originaire de la

ville d’El Attaf aurait subi des pressions de la part de ses responsables ou bien s’il s’agit d’une mort naturelle, indiquent nos sources. Une enquête a été ouverte par les services judiciaires de la wilaya d’Aïn Defla pour déterminer les causes du vol. Contactés par nos soins, un cadre de ce secteur s'interroge sur l'absence au XXI e siècle d’une camera vidéo dans cette agence principale qui pourrait lever l’équivoque. Notons que le DOT de la wilaya est en poste à Aïn Defla depuis

2005.

affecté le moral du

B. BOUZAR

M’SILA :

Un paysan meurt électrocuté à Magra

Un homme de 42 ans, est décédé en fin de semaine, à El Guechaïche, dans la commune de Magra, après avoir été électrocuté. Le malheureux, répondant aux initiales de Dj. K., est décédé sur place au moment où il voulait réparer le moteur d’une pompe immergée dans un puits. La nouvelle s’est répandue telle une traînée de poudre et a vite fait le tour des localités avoisinantes. La dépouille mortelle a

été évacuée vers la morgue de l’établissement hospitalier public de proximité de Magra par

les éléments de la Protection civile. Par ailleurs, une enquête a été aussitôt ouverte par les services de sécurité compétents.

CHABANE BOUARISSA

TAMANRASSET

Un enfant de 9 ans mort par noyade

Un enfant de 9 ans s’est noyé dans un bassin, mercredi soir, au quartier Adriane. De sources sûres, nous apprenons que la victime, O. El Bekaï, était en compagnie de son frère aîné et a profité de l'absence de la mère, occupée, pour s'approcher, non loin du domicile parental, d’un bassin de 3 mètres de profondeur creusé par la société des travaux publics, Cosider lors de la réalisation du projet de réhabilitation du réseau d’alimentation de la ville de Tamanrasset en eau potable. L’enfant qui aurait échappé à la vigilance de son frère s’y est noyé en voulant nager. Malgré l'arrivée rapide des secours et les efforts entrepris par ses proches, l’enbfant n’a

pu être ranimé. La famille de la victime accuse Cosider et décide d’intenter une action en justice pour négligence. “On veut avoir des explications sur le fait de creuser un trou béant à quelques mètres seulement des espace réservés aux jeux de nos enfants sans sécuriser le périmètre et sans prendre la peine d’avertir le responsable de quartier. C’est grave !” dénonce un proche du défunt. De son côté, un employé de cette entreprise précise que “ces enfants ayant ouvert la vanne de la conduite principale sont à l’origine de cet étang et leurs parents irresponsables doivent en assumer pleinement les conséquences”.

RABAH KARECHE

LIBERTE

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L’Algérie profonde

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PÉNURIE DE CARBURANT À AÏN TÉMOUCHENT

Les hallaba de retour !

La situation est provoquée par les hallaba dont le nombre a subitement connu une hausse sensible.

D. R.
D. R.

L’essence distribuée dans la région est détournée pour être acheminée au-delà de la frontière ouest.

L es scènes des longues files de véhicules, vé- cues auparavant sont réapparues ces der- niers jours dans les stations d’essence im-

plantées à travers la wilaya de Aïn

Témouchent. Ce qui n’a pas manqué de susci- ter l’ire des automobilistes, en particulier, les chauffeurs de taxi à l’image de ceux du chef-lieu de la wilaya, Béni-Saf et Hammam Bou Hadjar qui connaissent une crise sans précédent en matière de carburant tous type confondus. Ces derniers n’ont pas manqué d’interpeller les autorités locales afin qu’elles mettent un terme à

cette situation qui se répète en prenant des mesures draco- niennes à même de dissuader les hallaba qui ont envahi les stations d’essence et qui continuent à pomper de grandes quantités de carburant destinées à être écoulées de l’autre côté de la frontière ouest. La crise a touché aussi bien le mazout que l’essence, et elle a été sérieusement ressentie dans les stations des localités de Emir- Abdelkader qui fait frontière avec la wilaya de Tlemcen, Béni Saf et Sidi Safi où se sont formées d’in- terminables files d’automobiles. De nombreux chauffeurs de taxi traverseront des dizaines de kilo- mètres parfois jusqu’à la wilaya

d’Oran à la recherche du carbu- rant. Une situation provoquée par les hallaba, dont le nombre a subitement connu une hausse sensible. Généralement, ceux-ci, au volant de grosses cylindrées ou de poids lourds lestés de leurs re- morques, se présentent tôt le ma- tin où à une heure tardive pour faire le plein, notamment, de ma- zout qui connaît une forte deman- de ces derniers jours. De leur côté, les citoyens ont demandé de limiter la vente de ce produit aux hallaba pour alléger cette pression. “Nous avons pris attache tout ré- cemment avec le secrétaire général de la wilaya pour limiter la vente de carburant à hauteur de 500 DA

par véhicule. L’année dernière, cet- te mesure avait donné de bons ré- sultats. Pourquoi ne pas la renou- veler ? C’est une solution qui dis- suade les hallaba qui ne vont quand même pas s’aventurer à faire le trajet Maghnia-Aïn Témou- chent pour 500 DA de mazout dans leurs réservoirs”, affirme l’un des automobilistes. Cette fois-ci, la pénurie a touché même l’essen- ce. “Nous sommes obligés de faire la chaîne durant une longue pério- de, parfois, jusqu’à quatre heures, alors que d’autres vont jusqu’à El- Amria pour s’approvisionner. Est- ce normal ?”, s’interroge un autre chauffeur de taxi.

M.LARADJ

SALON AUTO À ORAN

SNVI, la grande absente !

L e 6e Salon international du véhicule utilitaire et indus- triel de l’Ouest (Vuvi) et le 7e

Salon du service après-vente et équipements (Autosav) organisés par la Somex pendant une semai- ne, connaît un engouement par- ticulier auprès des transporteurs : “Plus de 70 exposants dont presque la totalité sont des marques internationales, participent à ce Sa- lon de l’Oranie. Cette année, plus d’une douzaine de nouvelles marques participent à ce rendez- vous. En parallèle des véhicules, une partie de l’exposition est dédiée au SAV (service après-vente) qui

occupe 20 % de la participation”, déclare Rezzoug Abdelkader, DG de Somex et organisateur du sa- lon. Des remises de 10 000 DA à 20 000 DA, voire 1 million de di- nars, seront octroyées aux clients durant ce salon. “Des remises im- portantes seront accordées aux acheteurs potentiels sans oublier les différentes opérations de finance- ment des achats : crédit, leasing, lo- cation-vente…”, souligne notre interlocuteur. La participation des assurances et plusieurs acteurs du secteur de l’automobile facili- te l’accès à toutes les informations des clients. Cependant, le grand

absent de ce salon est incontesta- blement l’acteur public, la SNVI, qui a brillé par son absence lais- sant aux concurrents le soin de présenter leurs produits : “La SNVI est absente. Franchement je ne connais pas les raisons”, dira un exposant. En aparté, certains participants n’ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur la tutelle : “Aucun res- ponsable du ministère de l’Indus- trie n’a annoncé sa venue pour inaugurer ce salon. En fait, les importateurs de véhicules font grincer des dents à certains. Les taxes sur les véhicules, la suppres-

sion du crédit automobile… On fait tout pour dissuader les clients. Malgré tous ces bâtons dans les roues, le nombre de véhicules ven- dus ne cesse d’augmenter”, fait sa- voir un participant. De son côté, Daewoo a présenté ses nou- veaux-nés au niveau de son sho- wroom à El-Kerma : un camion benne de 10 tonnes Novus SE et l’autre de 15 tonnes. A noter que 5507 véhicules utilitaires de marque Daewoo ont été vendus de 2002 à 20012 (à titre indicatif 7 vendus en 2002 et 930 en 2012).

NOUREDDINE BENABBOU

7 vendus en 2002 et 930 en 2012). NOUREDDINE BENABBOU BRÈVES de l’Ouest WILAYA D’ORAN Le

BRÈVES de l’Ouest

WILAYA D’ORAN

Le chef du service cartes grises écroué

Pour le chef d’inculpation de faux et usage de faux,

le procureur de la République près le tribunal d’Oran (cité Djamel), a ordonné, mardi, la mise sous mandat de dépôt du chef du service cartes grises de la wilaya d'Oran, avons-nous appris, de sources concordantes. Les griefs retenus à l’encontre de ce fonctionnaire ont trait à des actes de faux et usage de faux, notamment dans des transactions de bus de transport public, ajoute-t-on. Le magistrat instructeur s’est saisi de cette affaire suite à des opérations de vente par le biais des crédits accordés aux jeunes et qui sont soumis au régime irréfragable de l’incessibilité. Cette affaire qui risque de faire tache d’huile a également concerné des employés des communes de Sidi Chahmi, Bir El Djir et Es Sénia qui ont été également inculpés pour le même chef d’accusation et écroués. Le chef de service emprisonné a été confronté à ses complices qui ont reconnu qu'ils agissaient avec son aide. Les investigations qui sont menées actuellement par les services de la Gendarmerie nationale pourraient aboutir à l’arrestation d’autres agents communaux qui demeurent activement recherchés par les éléments des services de sécurité compétents.

K. R .I

SUICIDE DU DRAG DE MASCARA

Des témoignages accablants contre le wali

Le suicide du DRAG de Mascara n’a pas livré tous

ses secrets et les langues commencent à se délier. La mystérieuse lettre qu’aurait écrite le défunt avant de se donner la mort est au centre de toutes les interrogations. Si le premier magistrat persiste dans ses déclarations de n’avoir pas pris connaissance de cette lettre, les témoignages par contre de deux fonctionnaires appuyés par le récit d’un agent de police, tous les trois présents sur les lieux du drame, l’accablent. Ces deux agents qui exercent au niveau de la DRAG affirment que le défunt avait bien écrit une lettre qui a été découverte posée sur la table près de son corps et que les premières lignes portant “Merci mon Dieu ! Je vous connais mon Dieu !” ont été lues à haute voix par le policier. Le policier n’est pas parvenu au terme de sa lecture, interrompu par l’arrivée précipitée du wali. Selon le premier fonctionnaire, M. Mohamed : “C’est un membre du protocole qui a avisé le wali de la présence de la lettre. Le wali l’a saisie, l’a lue et l’a pliée.C’est le second fonctionnaire, S. Kada qui confirme que le wali a mis la mystérieuse lettre dans la poche de sa veste. Les deux fonctionnaires ont été auditionnés à deux reprises par les enquêteurs de la sûreté de la wilaya de Mascara.

A. B.

LE MINISTRE DES RESSOURCES EN EAU À CHLEF

La station de dessalement de Maïnis opérationnelle en 2014

Les travaux concernant la réhabilitation de

l’ensemble du réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Chlef seront prochainement engagés. C’est le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, qui l’a annoncé, jeudi, lors de sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya. “Les travaux de rénovation du réseau local d’AEP presque complètement délabré ainsi que son raccordement progressif vers les foyers seront bientôt lancés”, a déclaré le ministre en inspectant les projets qui relèvent de son secteur actuellement en cours de réalisation ou de rénovation. Bien qu’optimiste à l’égard de la couverture de toutes les communes de la wilaya, notamment en matière d’AEP, le ministre a reconnu, cependant, qu’il existe un manque à prendre en charge. Il a annoncé à ce propos que plusieurs opérations pour lesquelles des enveloppes financières seront dégagées ont été inscrites. “Celles- ci permettront, une fois finis les travaux de réalisation pour certaines, et de renouvellement pour d’autres, aux citoyens des communes de la wilaya de respirer et d’en finir, une fois pour toutes, avec ces coupures d’eau qui surviennent particulièrement dans les zones rurales et enclavées. C’est le cas de la station de dessalement de l’eau de mer de Maïnis à Ténès que nous venons de visiter aujourd’hui. Une fois mise en service à partir du 1er semestre de l’année prochaine, cette station mettra définitivement fin à la pénurie d’eau qui se pose, avec acuité, dans certaines régions de la wilaya car elle produira un volume de 200 000 m3 par jour. Cet important projet dont les différents travaux de réalisation vont bon train après plusieurs arrêts, permettra également à une partie de l’eau des barrages d’Oued Fodda et de Sidi Yakoub d’assurer l’irrigation des terres agricoles”, a-t-il encore fait savoir. Le ministre a également inspecté, outre les barrages de Sidi Ali Aychoune dans la commune d’El Karimia se trouvant dans un état d’envasement avancé et d’Oued Fodda, le petit barrage d’El Braihine dans la commune d’Ouled Abbès. Il annoncera que les opérations de rénovation qui seront engagées par son département, toucheront également ces ouvrages hydrauliques qui sont destinés à l’AEP, et aussi à l’irrigation.

AHMED CHENAOUI

20

Des

Gens

& des Faits

Vendredi 26 - Samedi 27 avril 2013

LIBERTE

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CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE

Récit de Adila Katia

8 e partie
8 e partie
Dessin/Amouri
Dessin/Amouri

La femme de ménage Djohar le rac-

compagne dehors et le remercie une

une bouteille d’eau. Elle lui laisse son numéro de téléphone.

Pour toi

RESUMÉ : Fouzia se réveille avec beaucoup de retard. Elle se prépare vite et part sans prendre un café. Elle n’aime pas arriver en retard. Elle est surprise de voir son cousin en train de l’attendre près de son bureau. Il a apporté des copies du testament et les actes de donation de son père, établis de son vivant. Elle remarque les dates et signatures. Son oncle ne quittait plus la maison et dépendait des autres. Et il était si généreux et si proche d’elle qu’elle ne peut pas imaginer et accepter le fait qu’il ne lui ait rien laissé…

vous n’avez pas supporté ?

Elle secoue la tête. Elle n’a pas la for-

ce de lui raconter. Le médecin Kamel

lui fait une injection.

- Reposez-vous, lui dit-il. Avez-vous

quelqu’un pour vous ramener chez vous ? Je vous mets en arrêt maladie

pendant cinq jours… Je vous prescris un traitement qu’il faudra suivre pen- dant une semaine ! J’espère que vous irez mieux. Je vous joins mon numé- ro de téléphone ! N’hésitez pas à m’appeler si ça ne va pas !

- Merci docteur, dit la femme de mé-

nage en prenant l’ordonnance et l’arrêt de maladie. Je vais la raccompagner chez elle. Dr Kamel secoue la tête.

- Elle n’est pas en état de marcher, re-

marque-t-il avant de retirer son tablier

blanc et de prendre sa veste. Je vous raccompagne.

- Et s’il y a d’autres urgences, s’inquiè-

te la femme de ménage.

Fouzia ne s’en rend pas compte mais des larmes coulent sur ses joues. Elle

a mal au cœur. Elle se lève et va aux toi-

lettes où elle se plie en deux, de dou- leur. Elle vomit un peu. En rentrant hier soir, chez elle, elle était si épuisée et si déçue qu’elle n’a pas ouvert son fri- go. Elle s’est mise au lit, sans rien

prendre. Les nausées la font gémir. Elle se laisse aller contre le mur. Une femme de ménage qui finit son service, la trouve et crie à l’aide. L’agent de sécurité accourt. Il l’aide à soulever Fouzia qui peine à se redresser.

- J’ai un nœud au ventre… Laissez-

moi… Elle perd connaissance. L’agent la prend dans ses bras et l’emmène à l’in- firmerie où le médecin venait à peine d’ouvrir la porte.

Il s’écarte pour le laisser passer. L’agent dépose Fouzia sur la table d’ausculta-

tion. La femme de ménage arrive avec son sac.

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