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AMÉLIORER

LA PRÉVENTION
ET LA PRISE EN CHARGE
DES ESCARRES

Bonnes pratiques organisationnelles

« L’excellence au quotidien ! »
Charte éthique
des projets d’amélioration en organisation
conduits par la MeaH

L’objet des interventions de la MeaH est d’améliorer la qualité de la prise en charge des
patients, de façon directe ou indirecte, ainsi que les conditions de travail des professionnels
dans le contexte de « vie réelle ».
Les établissements sont volontaires et informés des modalités de collaboration.
En accord avec la MeaH, les professionnels décident des actions d’amélioration et les
conduisent en veillant à leur impact sur la qualité des soins.
Les données utiles au projet sont recueillies par les établissements avec le concours
des consultants.
La diffusion des données est anonyme. Sur accord de l’établissement, cet anonymat
peut être levé.
Le financement des chantiers est assuré sur fonds publics (Fond de modernisation des
établissements de santé publics et privés).
La sélection des consultants est réalisée après appel d’offres en application du Code
des marchés publics.
Les agents de la MeaH déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt avec les cabinets de
conseil.
Les documents produits sont relus par un comité de lecture interne à la MeaH, incluant
un médecin si le thème impacte directement la prise en charge des patients.
Dans un souci de qualité et d’éthique, chaque chantier fait l’objet d’une évaluation et
d’un rapport selon les recommandations de publication sur l’amélioration de la qualité
des soins.

3
Sommaire

Préface 7
Remerciements 9
Introduction 13

Partie 1
Organiser le dépistage, la prévention
et la prise en charge des escarres 15
Partie 2
Intégrer la problématique escarres
dans l’animation des équipes 149
Partie 3
Gérer les ressources humaines et matérielles 215

5
© MeaH, septembre 2009
50, rue du Faubourg Saint-Antoine
75012 Paris
Préface

L’escarre est définie comme « une lésion cutanée d’origine ischémique liée à une com-
pression des tissus mous entre un plan dur et les saillies osseuses1». Il s’agit d’une pa-
thologie courante en milieu hospitalier, et particulièrement dans les services de gériatrie,
de neurologie, de rééducation, de soins intensifs ou encore de chirurgie.
Le dépistage, la prévention et le traitement des escarres font aujourd’hui l’objet de
nombreuses recommandations professionnelles provenant de sociétés savantes ou
d’agences sanitaires (comme l’HAS en France). Fréquemment, ces recommandations
ne sont pas utilisées2 alors que la pathologie présentée par le patient s’y prête. Cet écart
entre les recommandations et la pratique est fréquemment retrouvé pour l’ensemble
des pratiques médicales et de soins3 et peut être la cause, en ce qui nous concerne, de
l’apparition ou de l’aggravation d’escarres.
Un des freins à la mise en œuvre des recommandations (ou « implémentation ») peut
être directement lié à l’individu, par exemple en raison d’une absence de mise à jour
des connaissances. Mais les freins proviennent principalement de la manière dont le
groupe de professionnels intervenant dans la prise en charge s’est organisé : planifica-
tion des soins, échange d’information, coordinations des actes, organisation de forma-
tion… Cette exigence d’organisation est rendue encore plus prégnante car la prise en
charge des escarres nécessite un travail d’équipe intégrant de nombreux acteurs : mé-
decins, infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, nutritionnistes,
assistantes sociales… Les établissements et professionnels de santé partenaires, en
amont et en aval, doivent également être impliqués pour éviter une rupture de la prise
en charge.
Décloisonner, former, faire communiquer et travailler ensemble les acteurs et apporter
des solutions concrètes adaptées aux besoins et aux contraintes du terrain : tel est le
sens de l’expérience du chantier pilote de la MeaH mené en 18 mois avec huit établis-
sements volontaires, qui, malgré leurs diversités géographiques, de taille et d’activités,
ont été confrontés à des problématiques communes. Au-delà de l’amélioration de la
mise en œuvre des recommandations, les actions d’amélioration organisationnelles ont
permis au final de réduire l’incidence des escarres, de participer à la création d’un savoir-
faire collectif et à la maîtrise des coûts.
Cet ouvrage synthétise les démarches menées et les outils développés par les établis-
sements pilotes. Ils seront certainement utiles aux équipes de soins qui souhaitent se
lancer dans un projet d’amélioration de la prise en charge des escarres dans leur établis-
sement.

Dr Sébastien WOYNAR,
Conseiller médical de la MeaH

(1) National Pressure Ulcer Advisoy Panel.


(2) Prise en charge des escarres : revue de la littérature - MeaH, 2007 (www.meah.sante.gouv.fr).
(3) Zerhouni, E. The NIH Roadmap Science 3 October 2003 : 63.

7
Remerciements

Tous nos remerciements aux équipes projets des établissements pilotes4, et notam-
ment à :

Centre hospitalier de Redon


- Thierry HORRUT, cadre de santé rééducateur
- Hervé DEVILLERS, praticien hospitalier
- Anne Élisabeth FRESIL, IDE, membre de la commission escarres
- Cindy MARSAC, ergothérapeute, membre de la commission escarres
- Nathalie LE ROCH, diététicienne

AP-HP hôpital René Muret-Bigottini – Sevran


- Marie-Claire BAGOE FONTA, directrice des soins
- Simonne FROGER, cadre supérieur de santé
- Patricia CIMEN, cadre de santé de rééducation

Clinique du Château de Vernhes – Bondigoux


- Philippe DI PIETRO, directeur adjoint - services économiques et financiers
- Frédéric SANGUIGNOL, directeur

Centre mutualiste de Kerpape – Ploemeur


- Pierre-Yves MORCET, directeur des services de soins infirmiers
- Yannick AUDRENO, cadre de santé
- Yolande LE NEURES, infirmière
- Fabienne BOURDIN, aide-soignante
- Maryse GESSIAUME, aide-soignante
- Rozenn LE BESQUE, ergothérapeute
- Jacqueline LE BRUN, aide-soignante
- Emmanuelle LE CAIGNEC, pharmacienne
- Michèle LE COZ, psychologue
- Michèle LE GARREC, ergothérapeute
- Yolande LE NEURES, infirmière
- Marie-Bernadette LE NEVE, diététicienne
- Henry LE PABIC, aide-soignant
- Catherine LE PARC, infirmière
- Marie-Claire LE TOUMELIN, aide-soignante
- Thérèse LEMOINE, animatrice - monitrice sportive
- Nelly MAHE, aide-soignante
- Louise NEDELEC, infirmière
- Pierre PEDELUCQ, médecin
- Michèle PINEL, infirmière
- Morgan RIVALAN, faisant fonction de cadre infirmier
- Emmanuelle ROBO, kinésithérapeute
- Alain SCAVINER, ingénieur biomédical
- Hélène YHUEL-CHARUN, infirmière

Centre de gérontologie des Abondances – Boulogne Billancourt


- Jamileh JAFARBAY, médecin gériatre référent plaies et cicatrisation
- Claire RIPOUTEAU, pharmacien, présidente COMEDIMS et CME
- Maurice LAPIERRE, cadre de santé - DSSI
- Françoise PORET, IDE unité SSR
- Pedro ALVAREZ, IDE unité long séjour
- Monique N’BUYI, aide soignante unité SSR
- Frédérique CHARVET, aide soignante unité long séjour
- F. DUPONT, directeur adjoint - services économiques et financiers
- Flora BORDJIAN, kinésithérapeute
- Cécile LOMBARDIN, diététicienne
- Daniel LEMESRE, directeur

(4) Par convention, les chefs de projet sont inscrits en première ligne.
9
Centre hospitalier Henri Mondor - Aurillac
- Dominique COUROUGE DORCIER, praticien hospitalier, dermatologue
- Édith COURNIL, cadre de santé
- Daniel FLORY, cadre supérieur de santé
- Catherine PRUNET, cadre de santé

Hôpital Georges Clémenceau - (AP-HP Champcueil)


- Nathalie CERVANTES, praticien hospitalier, présidente de CME
- Marie-Christine BERTRAND, cadre supérieur hygiéniste
- Béatrice DUPUIS, IDE
- Cécile TURBELLIER, ergothérapeute
- Dominique MIGNIEN, directrice des soins et de la qualité

Hôpital local de Selles-sur-Cher


- Christine DULAC, cadre de santé
- Isabelle ETIENNE, directrice
- Corinne SYRIES, IDE
- Muriel LE PICAULT
- Véronique BERCU

Nos remerciements également aux cabinets de conseil qui ont accompagné les
établissements :

CNEH
- Jean-Luc LE MOAL
- Éric CASSAGNE
- Cécile GOGUET
- Évelyne JOFFRION
- Jérôme MAUDUIT

Alcimed
- Florent SURUGUE
- Diane D’AUDIFFREY
Table des matières

Partie 1
Organiser le dépistage, la prévention
et la prise en charge des escarres ............................................... 15

Mieux dépister en identifiant les patients à risques .........................................................16


Protocoliser la prévention des escarres ............................................................................22
Prendre en compte précocement le risque d’escarres
par une procédure d’accueil du patient ............................................................................32
Améliorer la mobilisation physique régulière des patients ...............................................35
Mettre en place un anneau de décharge du talon ............................................................41
Aider le patient et sa famille à s’approprier les réflexes de prévention ...........................44
Protocoliser le traitement des escarres ............................................................................48
Réaliser un classeur de procédures escarres ...................................................................66
Tracer l’apparition et le suivi des escarres ........................................................................81
Tracer les soins de pansements .......................................................................................86
Connaître l’évolution d’une escarre par un suivi photographique ....................................92
Améliorer la prise en charge et la traçabilité nutritionnelles .............................................99
Protocoliser l’évaluation, la prise en charge et la surveillance de la douleur ..................110
Intégrer la problématique escarres dans la planification murale des soins ....................118
Anticiper l’arrivée d’un patient porteur d’escarres par une pré-admission.....................126
Assurer la continuité de la prévention et de la prise en charge
en préparant la sortie du patient .....................................................................................137
Créer un carnet de communication avec les soignants de ville
afin d’assurer la continuité des soins..............................................................................141
Assurer un soutien continu sur les escarres
par une ligne téléphonique dédiée (numéro vert)...........................................................147

Partie 2
Intégrer la problématique escarres
dans l’animation des équipes.................................................... 149

Définir des indicateurs en matière d’escarres ................................................................150


Mesurer et suivre des indicateurs relatifs aux escarres .................................................154
Communiquer pour institutionnaliser la problématique escarres ...................................168
Développer des outils d’information sur le projet escarres
à destination des équipes ...............................................................................................172
Organiser et animer une journée professionnelle sur le thème des escarres ...............181
Mettre en place une RME (revue de morbidité escarres) ..............................................184
Sensibiliser le corps médical au codage PMSI des escarres .........................................192
Valoriser le coût de prise en charge des escarres ..........................................................195
Faire le lien entre le projet EPP de l’établissement et les escarres ...............................205
Construire un plan de déploiement interne du projet escarres ......................................208

11
Partie 3
Gérer les ressources humaines et matérielles......................... 215

Évaluer les connaissances des soignants sur les escarres ............................................216


Mettre en place des formations sur les escarres ...........................................................229
Former et informer les nouveaux agents sur les escarres .............................................236
Désigner et mettre en place des référents escarres......................................................247
Optimiser l’utilisation de supports de prévention adaptés .............................................250
Mettre en œuvre une maintenance adaptée des supports (matelas) ............................259
Organiser le bionettoyage des supports de prévention .................................................261
Favoriser une utilisation continue des matelas...............................................................263

12
Introduction

La Mission nationale d’expertise et d’audit hospitaliers a lancé en 2007 un chantier pi-


lote de 18 mois auprès de huit établissements volontaires, afin d’aider les équipes à
améliorer la prise en charge des patients porteurs d’escarres. Nous saluons la volonté
de progresser, les efforts fournis et les résultats obtenus par les équipes pilotes, qui ont
été accompagnées et soutenues méthodologiquement par deux cabinets de conseil,
Alcimed et le CNEH.
Les bonnes pratiques organisationnelles (BPO) mises en œuvre par les établissements
pilotes ont été réunies au sein de cet ouvrage, qui constitue une « boîte à outils » pour
tout établissement qui souhaiterait engager une démarche d’amélioration de la préven-
tion et de la prise en charge des escarres ou renforcer ses actions. Il a été réalisé par
Aurélie LEBRUN en collaboration avec le Dr Sébastien WOYNAR, conseiller médical
de la MeaH et les consultants Florent SURUGUE du cabinet ALCIMED et Jean-Luc
LE MOAL du CNEH.
Nous vous présenterons ainsi dans un premier temps les différentes bonnes pratiques
mises en œuvre afin de systématiser, d’homogénéiser, de tracer et finalement d’amélio-
rer les pratiques en matière de dépistage, de prévention et de traitement des escarres,
à chaque étape du circuit du patient.
Dans un deuxième temps, nous étudierons de quelle manière les établissements ont
intégré la problématique des escarres dans l’animation de leur équipe, en mettant en
place des indicateurs de qualité et en développant des outils de communication spéci-
fiques.
Enfin, nous exposerons les actions des établissements concernant la gestion des res-
sources humaines afin de développer les compétences en matière d’escarres et la ges-
tion des ressources matérielles afin d’en optimiser l’utilisation.
Bonne lecture.

Aurélie LEBRUN
Dr Sébastien WOYNAR

13
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Partie 1
Organiser le dépistage,
la prévention
et la prise en charge
des escarres
La prise en charge des escarres repose sur l’intervention d’un ensemble
d’acteurs au quotidien et à chaque étape du circuit du patient. De sa
pré-admission jusqu’à son retour à domicile, il est important de forma-
liser et de systématiser les modalités de prise en charge, afin d’en assu-
rer la continuité et la qualité. Cela repose notamment sur des processus
et des outils de référence, communs à tous les acteurs.

15
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Mieux dépister en identifiant les patients à risques


Type de BPO • Mise en œuvre dans l’ensemble des 8 établissements pilotes
• Taux de patients ayant fait l’objet d’une mesure du risque
Indicateurs de suivi de l’action
par une échelle reconnue
Délai de mise en œuvre de l’action • 6 mois

Rappel de la problématique
Les risques d’escarres doivent être identifiés le plus précocement possible afin de pou-
voir mettre en œuvre tous les moyens de prévention et ainsi d’éviter les escarres ac-
quises. Cela ne semblait cependant pas être réalisé de manière systématique dans les
établissements pilotes, ou cela n’était pas tracé.

Objectifs de la BPO
Mettre en place une évaluation systématique du risque d’escarres.

Mise en œuvre
Action envisagée
Il s’agit ici de développer des stratégies de prévention adaptées grâce à un meilleur dé-
pistage. Pour cela, il est possible de mettre en place l’utilisation systématique d’échelles
de risque reproductibles et validées, associée à une évaluation clinique.

Acteurs et gouvernance de l’action


• responsable de l’action : cadre de santé ;
• autres professionnels impliqués dans la mise en œuvre de l’action : IDE et IDE réfé-
rente escarres si possible, médecins ;
• sponsors de l’action : les médecins, qui doivent sensibiliser les IDE et AS sur le « risque
escarres ».

Démarche
1. Recensement de l’existant
Il existe actuellement plusieurs échelles reconnues et valides, les plus utilisées sont
celles de Norton, Angers et Braden.
2. Identification du type d’échelle le plus adapté à l’activité et au profil des patients
L’échelle de Braden a été identifiée par les établissements pilotes comme la plus adap-
tée aux services gériatriques. Ainsi, certains établissements gériatriques, comme l’hôpi-
tal René Muret Bigottini, ont choisi de passer de l’échelle de Norton à celle de Braden,
qu’ils considéraient comme plus adaptée à l’évaluation du risque escarres pour les per-
sonnes âgées. La grille d’Angers et l’échelle de Norton sont également couramment
répandues dans les services.
Enfin, le centre de Kerpape, établissement spécialisé en rééducation fonctionnelle, a
choisi de ne pas utiliser ces grilles, qui ne conviennent pas pour certains patients jeunes
handicapés notamment, mais de considérer que l’ensemble des patients est par nature
à risque.
3. Systématisation de l’évaluation
La réalisation systématique de l’évaluation des patients par la grille a été intégrée au
sein des protocoles, comme mode d’identification du niveau de risque et comme point
de départ des actions de prévention qui doivent être mises en place.

16
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Une réévaluation du risque a également été prévue, de manière hebdomadaire pour


certains établissements, bimestrielle pour d’autres et/ou lorsque le patient se dégrade.
4. Communication et formation
Les grilles et la procédure d’évaluation du risque sont présentées à l’équipe soignante
au même moment que les procédures d’accueil et de prévention, par oral lors de réu-
nions et par écrit dans le cadre de campagnes d’affichages, de lettres d’information, etc.

Impact attendu sur l’organisation


• amélioration du dépistage, meilleure identification des patients pour lesquels les pra-
tiques de prévention sont à réaliser immédiatement ;
• diminution du nombre d’escarres acquises.

Facteurs clés de succès / Risques et limites


bonne compréhension et bonne maîtrise de la grille par les soignants ;
sensibilisation à la nécessité de dépister le risque d’escarres ;
intégration dans une procédure systématisée d’accueil du patient ou dans un proto-
cole escarres ;
difficultés à changer les habitudes ;
évaluation réalisée insuffisamment rapidement après l’entrée du patient ;
peu de réévaluation systématique du score pendant le séjour.

Ils l’ont fait, ils en parlent


« Nous avons cherché un moyen de priorisation des actions qui ne laisserait pas de
place à l’interprétation. Le score de Norton nous est apparu comme étant, non seule-
ment, un indicateur partagé par la communauté médicale mais, aussi, le moyen d’une
démarche structurante pour les soignants ». Philippe DI PIETRO, directeur adjoint, clinique
du Château de Vernhes
« Le dépistage est essentiel afin de cibler le plus précocement possible les patients qui
vont nécessiter une attention particulière pour prévenir les escarres. Les établissements
l’ont systématisé en identifiant cette étape comme point de départ de leurs procédures
escarres ». Florent SURUGUE, responsable de mission ALCIMED

Exemples et outils
Exemple 1 : grille de Braden utilisée par l’hôpital René Muret Bigottini
Exemple 2 : grille d’Angers utilisée par le centre hospitalier de Redon (SSR)

17
18
Etiquette patient 3UpYHQWLRQGHVHVFDUUHV $QQH[H,,
Hôpital René –Muret-Bigottini'DWHGHO·pYDOXDWLRQ
Exemple 1

1RPGXVRLJQDQW

7RWDOHPHQWOLPLWpH 7UqVOLPLWpH /pJqUHPHQWOLPLWpH 3DVG


DOWpUDWLRQ
Aréactif. patient ne gémit Ne répond qu'aux stimuli Répond aux commandes Répond aux commandes
pas, ne bouge pas, n'attrape douloureux. Ne peut pas verbales, mais ne peut pas verbales. N'a pas de déficit
3HUFHSWLRQ
pas stimulus. Cette communiquer son inconfort, toujours exprimer son sensitif ou sensoriel qui
VHQVRULHO
situation est liée à sauf par des gémissements ou inconfort ou son besoin limiterait sa capacité à
une diminution du niveau de l'agitation d'être tourné ressentir ou à verbaliser la
Capacité à répondre de conscience ou à une 28 28 douleur ou l'inconfort.
de manière sédation altération de la sensibilité qui a un certain degré
significative à 28 l'empêche de ressentir la d'altération de la sensibilité
l'inconfort provoqué à une capacité limitée à douleur ou bien limite la qui limite sa possibilité de
par la pression ressentir la douleur sur la sensation de douleur ou ressentir la douleur ou un
majeure partie de son d'inconfort sur une moitié du inconfort dans un ou deux
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

corps. corps. membres.


 7RXMRXUVKXPLGH  7UqVKXPLGH  2FFDVLRQQHOOHPHQW UDUHPHQWKXPLGH
La peau est presque La peau est souvent, mais pas KXPLGH La peau est habituellement
toujours humide, en toujours humide. les changes La peau est sèche. les changes sont
+80,',7( particulier du fait de la doivent être effectués au moins occasionnellement nécessaires seulement aux
Degré d'humidité transpiration et des urines. une fois pour chaque équipe humide, nécessitant un intervalles habituels.
auquel la peau est La moiteur ou l'humidité soignante. change supplémentaire,
exposée sont toujours constatées environ une fois par jour.
lorsque patient est bougé
ou tourné.
 $OLWHPHQW  6pMRXUDXIDXWHXLO 3. 0DUFKH  0DUFKH
Grille de Braden utilisée par l’hôpital René Muret Bigottini

$&7,9,7(
Confiné au lit. La capacité de marcher est occasionnellement IUpTXHPPHQW
Degré d'activité sévèrement limitée ou absente. Marche occasionnellement Marche hors de sa chambre
physique patient ne peut pas supporter pendant jour, mais sur de au moins deux fois par jour
son propre poids et/ou doit être très courtes distances avec et dans sa chambre au
assisté sur sa chaise ou dans ou sans assistance. patient moins une fois toutes les
son fauteuil roulant. passe la plupart du temps deux heures en dehors des
au lit ou sur une chaise. heures de sommeil.

 7RWDOHPHQW  7UqVOLPLWp  /pJqUHPHQWOLPLWp  $XFXQHOLPLWDWLRQ


LPPRELOH Fait occasionnellement de Fait de fréquents Fait de fréquents et
02%,/,7( N'effectue pas sans légers changements de la mais légers changements importants changements
Capacité à changer assistance moindre position du corps ou des de position du corps ou de position sans aide.
et à contrôler la changement dans la membres mais est incapable de des membres de manière
position du corps position du corps ou des les accomplir seul de manière autonome
membres . fréquente ou significative.

 7UqVLQVXIILVDQWH  3UREDEOHPHQW  &RUUHFWH  ([FHOOHQWH


Ne mange jamais un repas LQVXIILVDQWH Mange la moitié ou Mange plus de la moitié
complet. Mange rarement un repas davantage de la plupart des de chaque repas. Ne refuse
Mange rarement plus que complet et généralement repas. Mange au total 4 jamais un repas. Mange
tiers de la nourriture seulement la moitié de la plats de protéines (viande habituellement un total de
proposée. Au maximum, nourriture proposée. L'apport ou produit laitier) chaque 4 plats ou davantage de
ne mange que deux plats en protéines ne comprend jour. Occasionnellement, viande et de produit
de protéines par jour seulement que 3 plats de viande patient va refuser un repas, laitier. Mange
(viande ou produit ou de produit laitier par jour. mais prendra occasionnellement entre
laitier).L'absorption de Occasionnellement, le patient habituellement un les repas. N'a pas besoin
liquides est faible. Ne prend une supplémentation supplément s'il est proposé de supplémentation
1875,7,21
prend pas de OU bien reçoit moins de la OU est nourri par sonde ou
Consommation supplémentation sous quantité optimale de nutriment par nutrition parentérale
alimentaire forme liquide OU ne liquide ou bien est nourri par qui assure probablement
habituelle prend rien par la bouche sonde. les besoins nutritionnels.
et/ou est maintenu sous
liquide non nutritif per os
ou sous perfusion IV
pendant plus de 5 jours.

19
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres
20
 3UREOqPH  3UREOqPHSRWHQWLHO 3. Pas de problème
patient nécessite une Bouge faiblement ou nécessite apparent
assistance modérée à une assistance minimale. Bouge au lit et sur sa
maxima pour se mouvoir. Pendant un mouvement, la chaise de manière
Il ne peut pas se soulever peau glisse dans une certaine autonome et possède une
sans glisser contre les mesure sur les draps, dispositif force musculaire suffisante
draps. Glisse fréquemment de contention ou d'autres pour se soulever
)5,&7,21(7 dans lit et fauteuil et dispositifs. complètement pendant les
&,6$,/0(17 nécessite des patient maintient plus souvent mouvements
repositionnements une position relativement Garde toujours une bonne
fréquents avec une bonne dans son lit ou sur sa position au lit ou sur sa
assistance maximale. chaise, mais glisse parfois au chaise.
La spasticité,les sol.
contractures ou l'agitation
provoquent une friction
cutanée quasi permanente.
Un score total de 23 points est possible.
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

3OXVOHVFRUHHVWEDV RXPRLQV SOXVO·LQGLYLGXDGHULVTXHVGHGpYHORSSHUXQHHVFDUUH


(HAS Prévention et traitement des escarres 2001)

6FRUH
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 2
Grille d’Angers utilisée par le centre hospitalier de Redon (SSR)

21
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Protocoliser la prévention des escarres


Type de BPO • Mise en œuvre dans l’ensemble des 8 établissements du chantier
• Taux de respect des recommandations en matière de prévention
Indicateurs de suivi de l’action • Taux de patients bénéficiant de l’ensemble des mesures de prévention
recommandées
Délai de mise en œuvre de l’action • 6 mois

Rappel de la problématique
Les pratiques de prévention peuvent parfois être mises en œuvre de manière infor-
melle, non coordonnée et non systématisée. Il peut alors être nécessaire de formaliser
la procédure à suivre afin d’homogénéiser et de systématiser les pratiques.

Objectifs de la BPO
• améliorer la prévention des escarres ;
• réduire le nombre d’escarres acquises.

Mise en œuvre
Action envisagée
Rédiger un protocole de prévention, que les soignants s’approprient et appliquent de
manière pérenne.

Acteurs et gouvernance de l’action


• responsable de l’action : cadre de santé ;
• autres professionnels impliqués dans la mise en œuvre de l’action – groupe de travail :
directeur des soins infirmiers, médecins, IDE référente escarre (si possible), AS, réé-
ducateurs ;
• les sponsors de l’action : mise en forme et diffusion par le service qualité, CME.

Démarche
Les dix étapes de la mise en œuvre sont :
1. bibliographie : recommandations, protocoles existants ;
2. confrontation des pratiques avec les recommandations : le groupe de travail se
réunit afin d’identifier les différentes actions nécessaires en matière de prévention
des escarres et pour définir un logigramme de prévention ;
3. rédaction des supports : le plus souvent, les établissements ont rédigé leur pro-
tocole de prévention sous la forme d’un arbre décisionnel. Selon les scores d’éva-
luation du risque d’escarres, les différentes conduites à tenir y sont décrites, ainsi
que les acteurs et les supports d’information et/ou de traçabilité correspondants :
protocole d’utilisation du matériel de prévention, fiche de suivi des mobilisations,
etc. Une « check-list escarres » a également été créée par un établissement. Elle
permet aux soignants de s’assurer que l’ensemble des mesures de prévention a
bien été réalisé ;
4. validation par l’encadrement et le corps médical ;
5. phase de test et le recueil des commentaires, ajustements ;
6. validation et la mise en forme qualité ;
7. diffusion : définir le mode de diffusion du protocole ;

22
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

8. association du document aux autres protocoles escarres, au sein d’un classeur


escarres et/ou sur le réseau Intranet de l’établissement. Ce document doit faire l’objet
d’une communication auprès des soignants : les soignants doivent savoir qu’il existe,
quelles sont les procédures définies, les outils associés, et doivent savoir où les trou-
ver. Cela peut être expliqué oralement lors d’une ou de plusieurs réunions d’équipe ;
9. formation des soignants ;
10. resensibilisations ponctuelles.

Impact attendu sur l’organisation


• amélioration et homogénéisation des pratiques de prévention ;
• diminution des escarres acquises et des stades supérieurs à 2.

Facteurs clés de succès / Risques et limites


un protocole simple et visuel, remis à jour ;
un protocole pertinent avec les spécificités du service et le bénéfice pour les patients ;
un protocole expliqué aux soignants : communication à réaliser ;
des procédures trop nombreuses, non lues ;
un protocole trop littéraire ;
la résistance au changement.

Ils l’ont fait, ils en parlent


« Concernant la formalisation de nos pratiques, nous sommes partis de zéro. Le savoir-
faire se transmettait oralement de soignant à soignant. Un gros travail a été fait en ce do-
maine. Non seulement, il nous a permis d’écrire ce que nous faisions, mais également
de revisiter nos pratiques en groupe de travail pluridisciplinaire. Ces documents permet-
tront, d’autre part, d’améliorer l’accueil des nouveaux personnels ». Yannick AUDRENO,
cadre de santé, centre de rééducation de Kerpape
« La création de guides permet d’uniformiser et d’éviter l’auto-décision ». Simonne
FROGER, cadre supérieur de santé, hôpital René Muret Bigottini
« L’utilisation d’huile de massage a beaucoup augmenté au cours du programme MEAH,
ce qui montre que le message est passé. Au-delà de l’effet strictement cutané, cela a
probablement facilité l’action des soignants auprès des malades par le confort du geste
technique ». Philippe DI PIETRO, directeur adjoint de la clinique du Château de Vernhes

Exemples et outils
Exemple 1 : sommaire du protocole de prévention des escarres chez les patients âgés
de l’hôpital G. Clémenceau (AP-HP Champcueil)
Exemple 2 : protocole de prévention de la clinique du Château de Vernhes
Exemple 3 : protocole de prévention du centre de rééducation de Kerpape
Exemple 4 : logigramme de prévention du centre hospitalier d’Aurillac
Exemple 5 : check-list mémoire escarres du centre de rééducation de Kerpape
Exemple 6 : logigramme du centre de gérontologie des Abondances

23
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 1
Sommaire du protocole de prévention des escarres chez les patients âgés de
l’hôpital G. Clémenceau (AP-HP Champcueil)

SOMMAIRE
PHYSIOPATHOLOGIE DE L’ESCARRE ......................................................................................... 4
I. Définition ........................................................................................................................................................................ 4
2. Classification par stades et localisation .................................................................................................................. 4
3. Les facteurs favorisants ............................................................................................................................................. 5
3.1. Les facteurs explicatifs............................................................................................................................................ 5
3.2. Les facteurs prédictifs de risque particulièrement importants en gériatrie ........................................................... 6

PRÉVENTION.................................................................................................................................. 7
Évaluation : echelle de risque et jugement clinique .................................................................................................. 7
Mesures de prévention................................................................................................................................................... 9
I. Agir sur l’installation ................................................................................................................................................... 9
1.1. Le matériel à disposition ..................................................................................................................................... 9
1.2. L’installation du patient et la mobilisation alternée ......................................................................................... 15

2. Agir sur l’immobilité ................................................................................................................................................. 16


3. Agir sur la friction ..................................................................................................................................................... 17
4. Agir sur la m&cération ............................................................................................................................................. 18
5. Agir sur la dénutrition et la déshydratation ............................................................................................................. 18
5.1. La dénutrition .................................................................................................................................................... 18
5.2. La déshydratation .............................................................................................................................................. 20

Mesures d’information et d’éducation ....................................................................................................................... 21


Guide d’attitude pratique .............................................................................................................................................. 23

24
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 2
Protocole de prévention de la clinique du Château de Vernhes

Clinique du
Prévention des escarres Château de
Vernhes

OPC-TS-06-001 Pagination : 2/2


Documents
Responsabilité Tâches références

1 – Médecin 1 – A l’entrée de tout patient secteur SSR ou Médecine, évaluer le risque DPA-TS-04-
002-01
d’escarre au moyen de l’échelle de Norton

Score 16 11 < Score > 15 Score 10


Pas de risque Risque modéré Risque élevé

2 – Mettre en place le 6 – Mettre en place le


2 à 5 et 6 à 9 :
matériel : matériel :
IDE et ASQ
- matelas gaufrier - matelas alternating
- potence - potence
- +/- Arceau - +/- Arceau
- matériel de
3 –Soins d’hygiène : positionnement
- toilette quotidienne
- changes fréquents 7 –Soins d’hygiène :
- éviter la macération - toilette quotidienne
- vérifier la literie - changes fréquents
- éviter la macération
- vérifier la literie
4 – Examen des points
d’appui et effleurage
des zones à risque 8 – Examen des points
d’appui et effleurage des 5 et 9 : Fiches
zones à risque techniques de
5 – Changements de positionnement
position : et mobilisation
9 – Changements de alternée
- alterner les positions position : OPC-TS-06-
- réaliser une - alterner les positions 001-01
installation correcte - réaliser une installation
- assurer la traçabilité correcte
- assurer la traçabilité

10 : Fiches de
10 – Dépistage et correction du statut nutritionnel : surveillance
10 : - à l’entrée, réaliser un mini MNA alimentaire et
Diététicienne - actions en fonction du score hydrique
et médecin - évaluation calorique sur trois jours OPC-TS-29-
001-01
- régime en fonction
- pesée hebdomadaire pour les patients en secteur SSR

11 – Education du patient
11 : IDE et
ASQ

12 : Médecin, 12 – Réévaluation hebdomadaire du risque d’escarres


IDE, ASQ au moyen de l’échelle de Norton

25
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 3
Protocole de prévention du centre de rééducation de Kerpape

PRÉVENTION P
DES ESCARRES
PRO-OPC-CLI-005

INDICE DE REVISION 1 DATE DE MISE A JOUR 11/06/08


DIFFUSION NATURE DE LA MODIFICATION

Création

Mot clé : escarre

1. Objet
Cette procédure a pour but de définir les meilleures conditions pour prévenir l’apparition
d’escarres au décours de l’ hospitalisation d’ un patient pouvant présenter ce type de risque.

2. Domaine d’application
Ensemble des services de soins et de rééducation.
Chaque professionnel doit être conscient de sa contribution en la matière dans la chaîne
du soin.

3. Documents de référence
Guide de bonne pratique HAS Bibliographie MEAH

26
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Accueil du patient

QUI QUOI COMMENT

Arrivée du patient

Services des Admissions

Constitution du dossier administratif d'admissions Dossier médical


(coordonnées ...) Dossier administratif

Secrétaire des Transmission des informations recueillies via le


dossier médical, social, soins IDE, rééducation Dossier informatisé
admissions

Accompagnement du patient et de ses


accompagnateurs dans le service de soins ou
information des ambulanciers sur la localisation

Accueil infirmier
Entretien avec le patient et recueil des données Dossier de soins
cliniques et habitudes de vie Fiche individuelle de plannification
du patient blanche IDE
IDE
Si risque avéré ou présence imprévue d'escarre :
- Examen cutané (alerte du médecin si besoin)
- Photos
- Ajustement du plan de soins (support, installation)

Recueil de données
AS 1ère installation du patient et de son environnement Fiche individuelle AS

Appel de
IDE / AS l'ergothérapie ?

Non
Oui

Déplacement systématique pour les tétraplégiques à Traçabilité dossier ergothérapeute


la chambre du patient pour prévention de
Ergothérapeute complications cutanées par décharge de tous les
Traçabilité dossier IDE "Fiche de
points d'appuis (talons, sacrum, trochanter) transmission interdisciplinaire"

Médecin Dans les 24 premières heures, visite médicale, Prescription ordinateur + papier
Équipe pluridisciplinaire examen clinique et élaboration du projet de soins (traitements, examens biologiques)
Prise en charge diététicienne +
indication à la psychologue (alerte)
1ère installation pour la nuit
Classeur escarre
- vérification des points d'appui, Fiches spécifiques
- hydratation de la peau (Biafine®),
AS / IDE - installation suivant protocole (à rédiger) drap sans
pli, signalisation des rougeurs, levée des appuis ENR-OPC-CLI-031 + PRT-OPC-CLI-
051

Le choix du support en lit est proposé par l'équipe et validé par le cadre
en terme de disponibilité du matériel

27
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Quotidien
QUI QUOI COMMENT

Début de journée

Le matin en chambre
Prévention de l'état cutané par :
- une hygiène corporelle,
- une hydratation de la peau par effleurage (Biafine®),
AS - Fiche de PEC de la prévention dans
- information de tout changement de l'aspect cutané à l'IDE
classeur escarre
- installations spécifiques au lit
- Protocoles à rédiger
- surveillance nutritionnelle et hydrique
- Documents de traçabilité

AS / IDE - vérification des points d'appui


+/- Ergo - profiter de ce moment pour une éducation spécifique du patient ENR Check list "mémoire escarre"
Support d'éducation à créer

Habillage
- en accord avec le patient
Avoir une vigilance ++ sur le choix des vêtements
(trop serrés, couture, texture)
AS
Transfert avec lève-personne
- choisir le bon filet (plein ou creux) Fiches techniques filets à créer
- éviter les plis avec les filets

Mise en fauteuil
Ergo et/ou kiné
+ éventuellement atelier Réglage et/ou modifications :
réadaptation assise, dossier, accoudoirs, palettes, appui-tête.
et/ou service orthopédie

Vérification du coussin du fauteuil :


- à l'endroit
AS Livret escarre
- bien au fond du fauteuil
- bien gonflé (ni +, ni -)

Test FSA :
Ergo et/ou kiné + labo - réglage coussin + fauteuil roulant
- changement coussin

- vigilance sur les plis des vêtements Fiche de bon positionnement au


- vigilance sur la position en fauteuil fauteuil à créer

AS
- vigilance ++ sur le temps en fauteuil (ne pas dépasser la durée
prescrite) avec implication du patient Noter dans les transmissions
- augmentation progressive du temps (heure en heure)

Ergo Recherche des gestes fonctionnels évitant la prise de risque cutané

A chaque déplacement (fauteuil, chariot, douche, ambulance...)


AS /IDE vérifier la présence du bon suppport et vérifier les branchements
des matelas

Pour les patients en lit, si nécessaire, retournement à horaire


régulier avec hydratation des points fragiles (Biafine®) Fiche mémoire "brancher matelas"

AS Au coucher
- vérifier tous les points d'appui
Fiche d'installation au lit
- hydrater (Biafine®)
- installation de 3 coussins

Nuit
- vérifier la bonne installation régulièrement (coussins, selles, urine)
AS / IDE - retournement si besoin
ENR Check list "mémoire escarre"
- hydratation de la peau

Fin

28
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 4
Logigramme de prévention du centre hospitalier d’Aurillac

tous services de soins


QUI ? QUAND ? QUOI ? COMMENT ?

A l’entrée
dans le
serv
r ice
service

DR+ IDE Porteur d’escarre ?


+ AS
OUI
NON

DR

IDE + AS

NON

OUI

IDE + AS Appliquer le présent protocole de prévention

Installer sur matelas à eau, coussins…

Mettre en place Echelle de Norton

Toutes les 3 Chan ger le patient de position ( toutes les 3/4


à 4 heures heures) …cf p10

DR Mettre en œuvre une nutrition adaptée

29
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 5
Check-list mémoire escarres du centre de rééducation de Kerpape

CHECK LIST
P
MEMOIRE ESCARRE
ENR-OPC-CLI-031

Check list mémoire escarre

Le bon support au bon moment

Examen cutané quotidien

Peau hydratée

Vérification des points d’appui

Changement de position organisé

Plis (vêtements/draps) évités

Matelas branché

Patient informé du risque

Transmissions réalisées

30
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 6
Logigramme du centre de gérontologie des Abondances

ÉVALUATION
Changement d’état patient

SURVEILLANCE STADE 0 Déclin autonomie


Entrée Patient Courbe de poids / diagramme
de soins AS

BRADEN
IDE / A S

< 15 > 15

SURVEILLANCE
PREVENTION

Bilan Suivi
Mobilisation Matériels de Nutritionnel hydratation
IDE / AS prévention MNA IDE : mise en
Sur prescription place
IDE : décision médicale AS, ASH : suivi
de mise en Diététicienne
place selon
protocole
Prise en charge matériel Surveillance
de la douleur cutanée
KINE / ERGO :
choix

Non Efficace Efficace

Protocole Installation et Mobilisation Adaptation


Protocole de Prise en charge matériel adapté nutritionnelle et
traitement de de la douleur selon le stade surveillance
l’escarre et fiche IDE, AS IDE / AS
pansement IDE, AS,
Médecin IDE, Diététicienne
Médecin Kiné, Ergo Médecin
IDE

EN CAS D’ÉVOLUTION DÉFAVORABLE PRÉVENIR LE RÉFÉRENT

Toute apparition d’escarres doit faire l’objet d’une transmission au cadre d’étage
Éduquer et informer le patient et sa famille

31
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Prendre en compte précocement le risque d’escarres


par une procédure d’accueil du patient
Type de BPO • Mise en œuvre : centre de rééducation de Kerpape
• Taux de dépistage du risque d’escarres à l’entrée
Indicateurs de suivi de l’action • Délai de mise en œuvre des procédures de prévention et/ou
de traitement à l’entrée du patient
Délai de mise en œuvre de l’action • 6 mois

Rappel de la problématique
Le risque ou la présence d’escarres doivent être pris en compte au plus tôt, dès l’accueil
du patient. Le plus souvent, à l’instar du centre de Kerpape, la problématique escarres
n’est pas intégrée dans les procédures d’accueil des patients.

Objectif de la BPO
Homogénéiser les pratiques afin de prendre en charge au plus tôt le risque d’escarres
lors de l’entrée d’un patient.

Mise en œuvre
Action envisagée
Mettre en place une procédure d’accueil des patients intégrant la problématique es-
carres.

Acteurs et gouvernance de l’action


• responsable de l’action : cadre de santé ou IDE ;
• autres professionnels impliqués dans la mise en œuvre de l’action : IDE, AS ;
• les sponsors de l’action : direction des soins.

Démarche
1. Réaliser un logigramme
Un logigramme a été rédigé, définissant : le rôle des différents acteurs, les actes à me-
ner et à tracer, les supports de traçabilité. Ceci est défini à chaque étape du parcours du
patient dès son arrivée et jusqu’à son installation pour la première nuit.
2. Diffuser le logigramme
Ce logigramme a été intégré au protocole de prévention, dans la logique de pouvoir
dépister le risque d’escarres le plus en amont possible et ainsi de mettre en œuvre la
prévention très précocement.
Les soignants disposent ainsi au sein du protocole de prévention, d’un descriptif com-
plet de chaque étape de prise en charge d’un patient, au regard du risque d’escarres.
Les acteurs et les outils sont identifiés pour chaque étape, ce qui permet d’homogénéi-
ser les pratiques, même pour les nouveaux soignants.

32
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Impact attendu sur l’organisation


• meilleur taux de patients dépistés ;
• prévention plus précoce ;
• amélioration et homogénéisation de l’accueil du patient ;
• diminution des escarres acquises.

Facteurs clés de succès / Risques et limites


réalisation d’un support simple et visuel ;
explication de la procédure et communication sur le sujet auprès des soignants en
continu ;
adaptation de la procédure aux contraintes spécifiques de chaque service ;
manque de temps pour mettre en application ;
formalisation trop rigide des pratiques ;
document support non connu ou non consulté.

Ils l’ont fait, ils en parlent


« Les quelques heures d’attente nécessaires à trouver le support adapté lors de l’arrivée
d’un patient suffisent à la constitution d’une escarre. Nous espérons avoir fait passer
le message par le biais de ce chantier et ainsi améliorer l’accueil des patients dans les
hôpitaux et les cliniques ». Yannick AUDRENO, cadre de santé, centre de rééducation de
Kerpape

Exemple et outils
Exemple : protocole d’accueil du patient du centre de rééducation de Kerpape

33
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple
Protocole d’accueil du patient du centre de rééducation de Kerpape
Accueil du patient

QUI QUOI COMMENT

Arrivée du patient

Services des Admissions

Constitution du dossier administratif d'admissions Dossier médical


(coordonnées ...) Dossier administratif

Secrétaire des Transmission des informations recueillies via le


dossier médical, social, soins IDE, rééducation Dossier informatisé
admissions

Accompagnement du patient et de ses


accompagnateurs dans le service de soins ou
information des ambulanciers sur la localisation

Accueil infirmier
Entretien avec le patient et recueil des données Dossier de soins
cliniques et habitudes de vie Fiche individuelle de plannification
du patient blanche IDE
IDE
Si risque avéré ou présence imprévue d'escarre :
- Examen cutané (alerte du médecin si besoin)
- Photos
- Ajustement du plan de soins (support, installation)

Recueil de données
AS 1ère installation du patient et de son environnement Fiche individuelle AS

Appel de
IDE / AS l'ergothérapie ?

Non
Oui

Déplacement systématique pour les tétraplégiques à Traçabilité dossier ergothérapeute


la chambre du patient pour prévention de
Ergothérapeute complications cutanées par décharge de tous les
Traçabilité dossier IDE "Fiche de
points d'appuis (talons, sacrum, trochanter) transmission interdisciplinaire"

Médecin Dans les 24 premières heures, visite médicale, Prescription ordinateur + papier
Équipe pluridisciplinaire examen clinique et élaboration du projet de soins (traitements, examens biologiques)
Prise en charge diététicienne +
indication à la psychologue (alerte)
1ère installation pour la nuit
Classeur escarre
- vérification des points d'appui, Fiches spécifiques
- hydratation de la peau (Biafine®),
AS / IDE - installation suivant protocole (à rédiger) drap sans
pli, signalisation des rougeurs, levée des appuis ENR-OPC-CLI-031 + PRT-OPC-CLI-
051

Le choix du support en lit est proposé par l'équipe et validé par le cadre
en terme de disponibilité du matériel

34
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Améliorer la mobilisation physique régulière


des patients
• Mise en œuvre
◗ Clinique du Château de Vernhes
Type de BPO
◗ Hôpital local de Selles-sur-Cher

◗ Centre gérontologique des Abondances

• Taux de respect de la recommandation de prévention


Indicateurs de suivi de l’action
par la mobilisation régulière des patients
Délai de mise en œuvre de l’action • 6 mois

Rappel de la problématique
Les patients doivent régulièrement être changés de position afin d’éviter de trop solli-
citer les points d’appui et ainsi de prévenir la formation d’escarres. Cette mobilisation
doit être tracée afin que chaque intervenant puisse suivre les actions réalisées et puisse
assurer une continuité de la mobilisation.
Au sein de la clinique du Château de Vernhes, de l’hôpital local de Selles-sur-Cher et du
centre de gérontologie des Abondances, il apparaissait en pratique que la mobilisation
n’était pas réalisée de manière régulière et systématique, ou du moins que cela n’était
pas tracé.

Objectif de la BPO
Améliorer la mobilisation et sa traçabilité pour mieux prévenir les escarres et ainsi ré-
duire le nombre d’escarres acquises.

Mise en œuvre
Action envisagée
Créer une feuille de suivi de la mobilisation des patients.

Acteurs et gouvernance de l’action


• responsable de l’action : cadre de santé ou IDE ;
• autres professionnels impliqués dans la mise en œuvre de l’action : IDE, AS ;
• les sponsors de l’action : direction des soins.

Démarche
1. Bilan de l’existant en groupe de travail
Le groupe de travail s’est réuni afin de déterminer le mode de traçabilité qui serait le
plus suivi.
Il est apparu que la traçabilité au sein du dossier n’était pas pratique, puisque cela im-
pliquait que chaque intervenant consulte le dossier à chaque mobilisation. La traçabilité
murale paraissait être la plus facile et la plus rapide à consulter et à remplir.
2. Création du support
Le groupe a privilégié une présentation visuelle : une affiche format paysage, compre-
nant pour chaque jour un cercle découpé en tranches horaires, au sein desquels chaque
intervenant doit écrire ses initiales et la code de position du patient (exemples : DD pour
décubitus dorsal). Cette feuille est destinée à être affichée sur le mur du patient dès le
début des soins de prévention.

35
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

3. Mise en test
Une première fiche de test a été mise en place dans un service pilote. Quelques ajuste-
ments de forme ont donné lieu à une version 2.

4. Diffusion
La feuille de mobilisation a été intégrée dans le protocole de prévention.

5. Réalisation d’un audit sur le bon remplissage de la feuille


Un audit de remplissage de la feuille a ensuite été mené, afin d’évaluer si les équipes
avaient intégré la traçabilité à leurs pratiques : l’IDE référente est entrée dans la chambre
des patients à risques pour vérifier si les fiches de traçabilité étaient bien remplies, et ce,
pendant sept jours consécutifs.
Cela a permis d’identifier les jours, les horaires, les équipes qui ne respectaient pas la
traçabilité et de mettre en place les actions correctives ou de sensibilisation nécessaires.

Impact attendu sur l’organisation


• amélioration du taux de respect des recommandations de mobilisation alternée en
matière de prévention des escarres ;
• amélioration et homogénéisation des pratiques de prévention.

Facteurs clés de succès / Risques et limites


une fiche de suivi simple et visuelle ;
l’information et la sensibilisation de l’ensemble des intervenants (jour et nuit) ;
l’audit de remplissage et la correction des dysfonctionnements pendant la phase de test ;
des fiches trop complexes à remplir ;
une culture de la traçabilité peu développée ;
un manque de traçabilité continue lors des nuits.

Ils l’ont fait, ils en parlent


« Compte tenu de notre organisation où l’équipe de nuit est une équipe spécifique, il
était important de trouver un moyen d’assurer la continuité des soins entre l’équipe de
nuit et l’équipe de jour. La fiche de mobilisation nous est apparue à la fois comme un
vecteur pertinent mais, également, comme un support d’évaluation du processus de
soins ». Philippe DI PIETRO, directeur adjoint, clinique du Château de Vernhes

Exemples et outils
Exemple 1 : feuille de mobilisation alternée de la clinique du Château de Vernhes
Exemple 2 : feuille d’audit de remplissage des feuilles de mobilisation alternée de la
clinique du Château de Vernhes
Exemple 3 : fiche de mobilisation du centre gérontologique des Abondances
Exemple 4 : fiche de mobilisation de l’hôpital local de Selles-sur-Cher

36
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 1
Feuille de mobilisation alternée de la clinique du Château de Vernhes

MOBILISATION ALTERNÉE
Mode d’emploi : Légende :
Noter dans chaque cadran la position du patient. DD : Décubitus Dorsal DLD : Décubitus Latéral Droit
Inscrire également les initiales du soignant. F : Fauteuil DLG : Décubitus Latéral Gauche

DATE : ........... /............ /.......... DATE : ........... /............ /.......... DATE : ........... /............ /..........
0h 0h 0h
11h 1h 11h 1h 11h 1h

10h 2h 10h 2h 10h 2h

9h 3h 9h 3h 9h 3h

8h 4h 8h 4h 8h 4h

7h 5h 7h 5h 7h 5h
6h 6h 6h

12h 12h 12h


23h 13h 23h 13h 23h 13h

22h 14h 22h 14h 22h 14h

21h 15h 21h 15h 21h 15h

20h 16h 20h 16h 20h 16h

19h 17h 19h 17h 19h 17h


18h 18h 18h

OPC-TS-06-0001-01 - VERSION 0 - 22/01/20008

Exemple 2
Feuille d’audit de remplissage des feuilles de mobilisation alternée de la clinique
du Château de Vernhes

DOSSIERS
REMPLISSAGE DES FEUILLES DE MOBILISATION - 30 MAI 2008

Audit réalisé par :


Xxxxxxxxxxx

Trois patients SSR concernés ce jour-là par les mobilisations.

Méthodologie :
suivi sur les sept jours précédents le recueil, soit du 23 au 29 mai 2008 ;
revue des fiches de suivi de mobilisations dans les chambres ;
comptage du nombre de cases horaires renseignées sur ces sept jours ;
pourcentage d’adéquation par rapport au chiffre standard attendu (pour chaque patient, le nombre de
cases horaires à renseigner sur sept jours est de 168).

37
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Patient N°1 :

Service 3°A

96 cases remplies soit 57.14 % de remplissage.

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 2
h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h 3
h
J1 X X X X X - - - X X X X X X X X X X X X - - - -
J2 X - - X - - X - - - X - X - X X X - X - - - - -
J3 X - - X - - X X - - X - - X X X - - X - - - - -
J4 X - - X - X - - X X - - - - X - X - X X - - - -
J5 X X X X X X X X - X - - X - X X X - X - - - - -
J6 X X X X X X X X - X - - - - - - X - X - X X X X
J7 X X X X X X X X - X X - - X - X - X - - X X X X

J1 Jour AC Nuit SF/IM


J2 Jour NV Nuit IM
J3 Jour NV Nuit IM
J4 Jour CS/JC Nuit IM/SF
J5 Jour CS/JC Nuit SF
J6 Jour CS/JC Nuit SF/MK
J7 Jour EMC Nuit MK

Patient N°2 :

Service 4°N

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23
h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h h
J1 - - - - - - - - - X X - X X X X X - X - - - - -
J2 - - - - - - - X X X X - X X X - X - - - - X X X
J3 X X X X X X X - - - - - X X X X X X X X X X X X
J4 - - - - - - - - X X - - X X X X - X X X - - -
J5 X X X X X X X X - - - - - X X X X - - X X X X X
J6 X X X X X X X X - - - - - - X X X X X X X - - -
J7 - - - - - - - - X X X X - - - - - - X - - - - -

69 cases remplies soit 41.07%

J1 Jour MCA/CM Nuit MK/BD


J2 Jour CM Nuit BD/MK
J3 Jour CM Nuit MK/MK
J4 Jour CM/MCA Nuit MK/CG
J5 Jour CS/MCA Nuit CG
J6 Jour CM/MCA Nuit CG/DC
J7 Jour CM/IP Nuit DC

Patient N° 3 :

38
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple 3
Fiche de mobilisation du centre gérontologique des Abondances

ETIQUETTE DATE:

Petit-DEJEUNER Décubitus latéral Gauche 9h


Décubitus dorsal
30° à 45°
8h

Signature soignant: Signature soignant:

Fauteuil Fauteuil

DEJEUNER 12h Décubitus latéral Droit 13h


Décubitus dorsal 30° à 45°

Signature soignant:
Signature soignant:

Fauteuil Fauteuil

GOUTER 15h Décubitus latéral Gauche 16h


Décubitus dorsal 30° à 45°

Signature soignant:
Signature soignant:

Fauteuil Fauteuil

DINER 19h Décubitus latéral Droit 20h


Décubitus dorsal
30° à 45°

Signature soignant: Signature soignant:

Fauteuil Fauteuil

39
Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Décubitus latéral Gauche 23h

30° à 45°

Signature soignant:

Décubitus latéral Droit 02h

30° à 45°

Signature soignant:

Décubitus latéral Gauche 05h

30° à 45°

Signature soignant:

VERIFIER TOUS LES POINTS D'APPUIS A CHAQUE CHANGEMENT DE POSITION

Exemple 4
Fiche de mobilisation de l’hôpital local de Selles-sur-Cher

SUIVI DES CHANGEMENTS DE POSITION Identification du patient


ET DES CHANGES

Patients et résidents Prévention des escarres : Patient ne pouvant pas se Score de BRADEN Date :
concernés mobiliser de façon autonome ou score BRADENS <15 Stade de l’Escarre : Date :
Durée du suivi En continue pour les personnes ne pouvant pas se mobiliser de façon autonome
Support de prévention des Préciser Date de mise en place et Matelas Coussin à eau Coussin en gel Talonnière
escarres nature du support
Fréquence de mobilisation Toutes les 2 H : patient au fauteuil Toutes les 3 heures : patient au lit
Type de positionnement DD : Décubitus Dorsal DLG : Décubitus Latéral Gauche DLD : Décubitus Latéral Droit

AL : Assis Lit F : Fauteuil


Change et petite toilette CH
Indiquer dans chaque cadran : la date et
le type de positionnement effectué ( DD , DLG , DLD , AS ou F) et si un change a été fait : CH
DATE DATE DATE
10h 12h 10h 12h 10h 12h
8h 14h 8h 14h 8h 14h

6H 16h 6H 16h 6H 16h

4H 18h 4H 18h 4H 18h

2H 20h 2H 20h 2H 20h


24h 22h 24h 22h 24h 22h

)LFKHjDUFKLYHUGDQVOHGRVVLHUSDWLHQWXQHIRLVFRPSOpWp EHPAD et Hopital de Selles sur Cher - Fiche de suivi Positionnement – Janvier 2008 – V3

40
Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Mettre en place un anneau de décharge du talon


Type de BPO • Mise en œuvre centre gérontologique des Abondances
Indicateurs de suivi de l’action • Taux de talonnières mis en place
Délai de mise en œuvre de l’action • 1 mois

Rappel de la problématique
L’apparition d’escarre se fait principalement au niveau du sacrum et du talon. Dans un
certain nombre de cas, l’escarre au talon est évitable, notamment par un support de
prévention adapté.
Le centre gérontologique des Abondances a cependant constaté que les dispositifs de
décharge du talon existants (par exemple, les bottes) ne restent pas toujours en place
et n’assurent pas une décharge durable du talon, notamment pour les patients agités.

Objectif de la BPO
Éviter l’apparition d’escarres au talon du fait d’un matériel inadapté.

Mise en œuvre
Action envisagée
Mettre en décharge les talons des patients par l’utilisation d’anneau décharge du talon,
et ce, même sur des patients potentiellement agités.

Acteurs et gouvernance de l’action


• responsable de l’action : médecin spécialiste de la prise en charge des escarres en
partenariat avec l’ergothérapeute ;
• autres professionnels impliqués dans la mise en œuvre de l’action : les médecins
pour la prescription du support, en lien avec les aides-soignants et les infirmiers pour
l’alerte et la mise en place du dispositif ; le référent escarre joue un rôle d’information
et d’expertise vis-à-vis de ses collègues.

Démarche
Les différentes étapes de la mise en œuvre sont :
1. faire réaliser un projet d’anneau décharge talon par le groupe de travail ;
2. décrire le « mode d’emploi » au sein d’une fiche technique : indications, contre-in-
dications, technique de mesures et de mise en place, entretien, mode de suivi et de
traçabilité, etc. ;
3. lancer la confection de l’objet par l’ergothérapeute ;
4. mettre en test sur quelques patients ;
5. diffuser le modèle auprès des services, qui peuvent demander à l’ergothérapeute
une confection sur mesure.

Impact attendu sur l’organisation


• amélioration de la prise en charge des escarres constituées ;
• amélioration de la prévention des escarres en cas de stade 0 identifié ;
• diminution de l’incidence escarre talon.

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Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Facteurs clés de succès / Risques et limites


formation des personnels sur la surveillance escarres/dépistage pour mettre le talon
en décharge le plus tôt possible ;
information du patient et de sa famille ;
temps nécessaire à l’ergothérapeute pour créer et mettre en place l’anneau ;
support non adapté aux patients artéritiques.

Ils l’ont fait, ils en parlent


« Ce support a été testé et a montré une efficacité satisfaisante dans un bon nombre
de cas. Son utilisation est en revanche à proscrire dans le cas de patient artéritique par
exemple. Cet outil de prévention ou de traitement a été chez nous réalisée par l’ergo-
thérapeute. Une tentative de réalisation avec l’aide d’un industriel a malheureusement
échoué. L’entretien de ce support est à aborder dès sa conception en lien avec l’équipe
opérationnelle d’hygiène hospitalière. Le suivi et la traçabilité des décharges doivent
également être mis en place ». Mme le Docteur JAFARBAY, gériatre, référent escarre,
service SSR, centre gérontologique des Abondances

Exemple et outils
Exemple : fiche de réalisation des anneaux de décharge de talon du centre gérontolo-
gique des Abondances

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Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Exemple
Fiche de réalisation des anneaux de décharge de talon du centre gérontologique
des Abondances

Fiche de réalisation
des anneaux
de décharge de talon
Indications :
• escarres stade 0 en prévention ;
• escarres stade 1-2 en traitement ;
• escarres stade 3-4 pour limiter l’aggravation ;
• installation au lit.

Contre-indications :
• patients artéritiques ;
• peau abîmée au niveau du mollet.

Intérêt
Décharge du talon permanente, même en cas de changement de position au lit.

Fabrication
Découpage sur mesure dans un bloc de mousse de 15 cm d’épaisseur.
L’anneau est fendu afin de faciliter sa mise en place chez les patients ayant un pansement important.
La mousse est recouverte d’un jersey.

Prise de mesures :
• tour de la cheville ;
• tour du mollet.

Le diamètre total de la mousse est variable selon les morphologies. L’objectif étant d’obtenir une décharge
permanente du talon, même sur un support à air dynamique.
L’intérieur de l’anneau est découpé de manière conique (diamètre mollet diamètre cheville) afin d’éviter qu’il
glisse vers le pied et fasse pression au niveau du tendon d’Achille.

Installation au lit :
Patient en décubitus, ouverture de l’anneau grâce à la fente afin de positionner au-dessus du tendon d’Achille.
Il est indispensable de prévoir un appui sous genou afin d’éviter une hyperextension (mousse, oreiller,
traversin…)
Ces anneaux sont à usage personnel et sont jetés lorsqu’il n’y a plus de risque d’escarre.

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Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Aider le patient et sa famille à s’approprier les réflexes


de prévention
Type de BPO • Mise en œuvre centre de rééducation de Kerpape
Indicateurs de suivi de l’action • Taux de réhospitalisation pour escarres
Délai de mise en œuvre de l’action • 6 mois

Rappel de la problématique
Lors du retour à domicile, les patients et l’entourage ne respectent pas toujours correc-
tement les observations et les soins de base permettant de prévenir l’apparition des
escarres. Ceci entraîne parfois une réhospitalisation des patients pour motif d’escarres.

Objectifs de la BPO
• informer le patient et ses proches sur les escarres ;
• rendre le patient (et ou sa famille) acteur de sa prise en charge et plus autonome ;
• éviter des réhospitalisations pour cause d’escarres.

Mise en œuvre
Action envisagée
Il est intéressant de définir et de mettre en œuvre un projet éducatif via la création de
supports d’un livret formateur :
• réalisation d’un livret à destination de l’équipe soignante (fiches plastifiées format A4 :
nombre de fiches limité à 5/6), permettant aux membres de l’équipe de soutenir leurs
interventions d’éducation par des supports écrits ;
• réalisation d’un livret d’information à destination des patients et/ou de leur entourage,
qui reprend les fiches de formation et y ajoute toutes les informations simples et essen-
tielles (que faire en cas de…. ? les quelques critères de soins à réaliser ; qui appeler ?).
Cette éducation peut se faire selon plusieurs axes, qui peuvent se compléter :
• éducation du patient et/ou de son entourage par le soignant, au moment de la sortie ;
• remise par le soignant d’une information écrite permettant au patient et/ou à l’entou-
rage de :
◗ relire les informations transmises à l’oral « à tête reposée » et ainsi pouvoir poser des
questions aux soignants, avant la sortie,
◗ conserver un document expliquant les soins ou actions de prévention à réaliser, après
la sortie.

Acteurs et gouvernance de l’action


• responsable de l’action : IDE et si possible IDE référent escarres, pour son expertise
et son contact avec les patients ;
• autres professionnels impliqués dans la mise en œuvre de l’action : les personnes en
lien avec le patient et/ou l’entourage au cours du séjour et au moment de la sortie sont
responsables de l’action éducative - médecin, personnel soignant, personnels de réé-
ducation et personnel de soutien (cadre de santé, IDE, AS, AMP, kinésithérapeuthe,
ergothérapeuthe, diététicien…), assistante sociale ;
• sponsors de l’action : SRISP (service de réadaptation et d’insertion socioprofessionnel)
CLIC, SIAD, HAD, équipes mobiles de gérontologie, équipe médicale des soins pallia-
tifs, réseau gérontologique.

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Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

Démarche
Dix étapes sont nécessaires :
1. réaliser une évaluation initiale de la connaissance des patients et/ou de l’entou-
rage par une enquête (type quizz), avant la mise en place du dispositif éducatif ;
2. définir les outils à créer ;
3. créer une maquette ;
4. relire et réajuster le dispositif éducatif par un service pilote ;
5. faire réaliser une lecture par des usagers afin de s’assurer de la bonne compréhen-
sion par des personnes non initiées ;
6. faire valider par la commission escarres ;
7. éditer le support et le diffuser ;
8. présenter aux équipes le dispositif éducatif à intégrer ;
9. évaluer le dispositif.
L’évaluation de l’impact du dispositif peut se faire de deux manières :
• une même enquête de connaissances des escarres est réalisée auprès des patients
lors de leur sortie, avant la mise en place du dispositif, puis après la mise en place
du dispositif. Le différentiel de connaissances démontre l’effet positif de l’éduca-
tion réalisée. Ainsi, une enquête (quizz) a été réalisée lors de la sortie (échantillon
de trente patients ou tous les patients sur deux mois si moins de trente sorties sur
deux mois),
• l’évolution du taux de réhospitalisation peut refléter une meilleure prévention des
escarres après la sortie des patients ;
10. réévaluer les supports après une période de mise en œuvre (par exemple : six
mois).

Impact attendu sur l’organisation


• meilleure prévention de la part des patients et de leur entourage ;
• appropriation des réflexes préventifs par les patients et leurs familles ;
• diminution des escarres acquises lors des retours à domicile, réhospitalisations évitées.

Facteurs clés de succès / Risques et limites


utiliser des mots simples ;
proposer une présentation visuelle et illustrée ;
être synthétique et utiliser des moyens mémo-techniques. Par exemple, le centre de
Kerpape a utilisé une logique simple et aisée à retenir pour expliquer la prévention :
◗ les 3 H : hygiène corporelle, hydratation, hygiène alimentaire ;

◗ les 3 V : vêtements adaptés, vigilance, vérification visuelle.

les soignants qui réalisent des actions d’éducation :


◗ doivent maîtriser le contenu des supports ;

◗ doivent appuyer leur discours sur un support d’éducation visuelle.

utiliser un langage inadapté aux interlocuteurs ;


ne pas faire passer les messages essentiels en entrant trop dans les détails ;
supports inutiles pour les interlocuteurs non lettrés ou ne parlant pas français.

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Améliorer la prévention et la prise en charge des escarres

Ils l’ont fait, ils en parlent


« L’éducation du patient vise à le rendre autonome, c’est-à-dire à lui donner les moyens
de gérer lui-même le risque escarre. Il s’agit là du cœur du métier en réadaptation. Nous
manquions vraiment d’un projet formalisé dans ce domaine ». Yannick AUDRENO, cadre
de santé SSR, centre de rééducation mutualiste de Kerpape

Exemple et outils
Exemple : livret formateur escarres du centre de rééducation de Kerpape

Exemple
Livret formateur escarres du centre de rééducation de Kerpape

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Organiser le dépistage, la prévention et la prise en charge des escarres

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