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SEJS / MC Mars 2009

Projet de déclaration liminaire UNSA-éducation


en CTPM, le 31 mars 2009

Monsieur le président,

Vous nous avez convoqué aujourd’hui pour un CTPM historique, bien tristement historique, d’ailleurs.

Depuis quelques années, nous nous demandions quels seraient le ou les ministres qui oseraient s’afficher
publiquement comme les fossoyeurs du ministère chargé de la Jeunesse et des Sports. Jean-François
LAMOUR, tout en organisant la baisse des moyens des services et des établissements, s’était contenté, si
l’on peut dire, de ne supprimer qu’une structure, le CREPS de Montry. On cherche encore les effets positifs
de l’opération…

Sous l’égide du Président SARKOZY, Mme BACHELOT et M. LAPORTE font beaucoup mieux. Outre les
suppressions massives d’emplois (l’équivalent des effectifs moyens d’une grosse région Jeunesse et Sports
par an, 230 en 2009, largement plus que ce qui était envisagé), un budget prévu à la baisse (- 15 %) sur trois
ans, c’est maintenant près de la moitié du réseau des CREPS que l’on va supprimer en deux ans, sans
compter l’INJEP, juste au moment où le gouvernement affiche une volonté de mieux prendre en compte les
besoins de la jeunesse. Et dans la liste communiquée le 16 décembre des centres d’éducation populaire et de
sport (CREPS) qui devaient subsister,- pour combien de temps encore ? -, l’éducation populaire avait
justement disparu de leurs missions !

Bravo ! Quelle performance ! Il est vrai que l’on doit améliorer la performance du service public et que les
ministres seront évalués sur leurs résultats …

Ces décisions sont brutales et stupides.

Elles sont brutales, car, encore moins que d’habitude, il n’y a de concertation sur ces sujets. Plus le Premier
ministre demande qu’on développe le dialogue social,- dans ses nombreuses circulaires relatives à la RGPP,
moins on n’en fait. Cela en devient tristement comique.

Le conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP) du 4 avril 2008 mettait déjà « la charrue avant
les bœufs » en indiquant qu’il y aurait (ou pourrait y avoir) un resserrement du réseau des établissements
après la réalisation d’une évaluation. Mais cette évaluation, qui a erré quelques temps au plan de la méthode
pour être finalement précipitée pendant l’été 2008, n’a pas fait l’objet de la moindre concertation, ni de la
moindre rencontre, avec les représentants des personnels, malgré leurs demandes.

On les a simplement mis devant le fait accompli des décisions ministérielles, le 16 décembre dernier.

Quant aux résultats de cette évaluation, ils ne doivent pas être très probants, car, malgré ses engagements, le
secrétaire d’Etat ne les a toujours pas rendu publics.

Ces décisions sont également brutales par rapport à nos partenaires. Le secrétaire d’Etat indique vouloir
souhaiter que les collectivités territoriales et le mouvement associatif s’investissent dans la reprise des
établissements qu’il veut fermer, mais il ne les associe pas en amont de ses intentions, provoquant leur
légitime irritation, au risque de compromettre leur participation à ces reprises. C’est bien là que se rejoignent
les caractères contre productif, stupide et brutal de ces décisions.

L’association des régions de France (ARF), l’assemblée des départements de France (ADF) et le comité
national olympique et sportif français (CNOSF) l’ont écrit aux ministres il y a un mois. Ils considèrent que
« les conditions ne sont pas remplies pour mener à bien cette réforme » et « demandent de suspendre la
fermeture des CREPS en l’attente de la mise en place de groupes de réflexion associant les services de l’Etat,
le mouvement sportif et tous les niveaux de collectivité concernés ».

Déclaration liminaire UNSA-éducation au CTPM du 31 mars 2009 -1/2-


SEJS / MC Mars 2009

On ne sait pas si les ministres concernés ont daigné leur répondre, mais, au vu de l’ordre du jour de ce
CTPM, prévoyant déjà la dissolution de six CREPS, il est clair qu’ils n’ont pas été entendus.

Que, comme toutes organisations, les missions et le fonctionnement de l’ensemble des CREPS, - pas
seulement les dix, mais mes vingt-quatre -, doivent être régulièrement examinés dans une perspective
d’amélioration du service public, personne ne le conteste. Que des modulations territoriales soient
nécessaires, c’est envisageable. Qu’une amélioration des partenariats soit nécessaire, c’est sans doute
souhaitable. D’ailleurs, plusieurs étaient prêts à le faire.

Il était donc possible de procéder intelligemment en réunissant ces partenaires localement et en prévoyant, en
concertation avec eux, pour chaque établissement, les améliorations nécessaires. Pourquoi, mais pourquoi
donc, a-t-on fait l’inverse ?

Ces décisions sont également stupides,- insensées, au sens étymologique -, car elles ne présentent pas
d’argumentation convaincante. Les « rapports au Premier ministre » qui présentent ces dissolutions indiquent
pour chaque CREPS, par des « copier-coller » quasi systématiques, la volonté politique de recentrer les
établissements sur deux priorités, « l’accueil des sportifs de haut niveau » et « l’offre de formation dans le
secteur monopolistique » (où sont d’ailleurs oubliées les obligations de l’Etat en matière de formation
initiale). On peut discuter de ces orientations politiques ; ce sont les choix du gouvernement actuellement en
place.

Mais, dans ces deux secteurs, les besoins sont tels qu’il n’y a pas matière à supprimer des CREPS. Il aurait
fallu, bien au contraire, les renforcer. Vu sous l’angle de l’usager et du contribuable, comme l’on dit
maintenant, le service aurait été moins coûteux.

En effet, dernier point, car, les décisions étant déjà prises, cela ne sert à rien de poursuivre la démonstration,
ces décisions sont financièrement contre-productives, alors que l’Etat veut faire des économies. Ces
nouvelles orientations politiques visent en effet à supprimer d’autres missions de ces établissements, qui
contribuaient largement à leur équilibre financier et permettaient la réalisation de leurs missions dans les
domaines du sport de haut niveau et des formations « monopolistiques ». Les supprimer, c’est supprimer ces
ressources, et, vu les perspectives de fortes diminution du budget de l’Etat, elles seront bien difficiles à
compenser.

Cela menace fondamentalement les quatorze CREPS qui demeurent, transitoirement, sans aucun doute.

Alors qu’aucune solution de continuité n’est encore arrêtée au delà du 31 août prochain, vous allez, dans la
précipitation, prononcer juridiquement la dissolution six CREPS. Vous ne savez pas ce qui se passera après,
et, d’ailleurs, vous ne semblez pas vraiment vouloir le savoir. Cela nous promet sans doute de beaux
contentieux.

Le reste de l’ordre du jour de ce CTPM est tout autant calamiteux. Les suppressions d’emplois de 2009
dépassent largement les prévisions budgétaires … Quel crédit accorder au vote du Parlement ? … Des arrêtés
prévoyant des primes de restructuration ou indemnités de départ volontaire sont aussi à l’ordre du jour. Ce
sont des éléments de la « boîte à outils » de la régression générale des politiques publiques (vrai sens du sigle
RGPP). Une fois n’est pas coutume, ils ont fait l’objet d’une réunion de travail préalable avec les
organisations syndicales. Mais seule une partie de leurs demandes a été prise en compte. Notamment, ils
restent muets sur les périodes d’application des droits ouverts, ce qui va générer de nouvelles injustices. Par
ailleurs, il n’était pas nécessaire de dissoudre préalablement les établissements concernés pour les mettre en
application.

Vous ne vous étonnerez donc pas que, dans cette instance formelle qu’est le CTPM, simulacre de
concertation, l’UNSA-éducation, rejointe sans doute par d’autres syndicats, vote contre ces projets.

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Déclaration liminaire UNSA-éducation au CTPM du 31 mars 2009 -2/2-