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Licence 1 — ULMA202 TD: Ensembles, Fonctions 2005 p.

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Notations et rappels
– Définition Un ensemble E est fini s’il est équipotent à [0, n − 1]N . On note card(E) = |E| = n.
– Propriété S’il existe une injection de E dans F , et si F est fini alors E est fini.
– Définition Un ensemble E est dénombrable s’il est équipotent à N.
– Propriété S’il existe une injection de E dans F , et si F est dénombrable alors E est fini ou dénombrable.
– Notation Soit E, F deux ensembles, f : E −→ F une fonction, c’est à dire un élément de F E . On note :
f∗ : P(E) −→ P(F ) et f ∗ : P(F ) −→ P(E)
A 7−→ {f (x), x ∈ A} B 7−→ {x ∈ E : ∃y ∈ B : y = f (x)}

1 Ensembles, fonctions : rappels.


1. Dans cet exercice, on considère E un ensemble fini, P(E) l’ensemble des parties de E. On définit le
complémentaire d’une partie A, et on note A = E \ A.
(a) Reportez vous au diagramme de Venn de la figure ci contre.
Vous direz si les affirmations suivantes sont justes ou fausses. A B
g ∈A∩B g ∈A∩B
f ∈C \A g ∈A∪B∪C a d c

e∈A∩B∩C m∈A∩B∩C e
{h, m} ⊂ A ∩ B b
f g

m
h

C
E

(b) Démontrer les lois de Morgan : A ∪ B = A ∩ B et A ∩ B = A ∪ B


(c) A, B, C sont des parties de E. Développer : A ∪ (B ∩ C), A ∩ (B ∪ C), A ∪ B, A ∩ B.
(d) On définit l’opération ¦ sur P(E) par A ¦ B = A ∩ B.
Soit A, B ∈ P(E) exprimez en fonction de la seule opération ¦ : A, A ∪ B, A ∩ B
2. Donner en extension l’ensemble P({1, 2, 3}).
3. Soient deux ensembles E, F . Comparez pour l’inclusion ensembliste : P(E ∩ F ) avec P(E) ∩ P(F ).
Même question pour P(E ∪ F ) avec P(E) ∪ P(F )
4. Une relation binaire de l’ensemble A vers l’ensemble B est définie par son graphe, une partie de
A×B. On peut la représenter également par un diagramme. Dire parmi les relations binaires suivantes
lesquelles sont :
– a) une application de A dans B
b) une fonction
– injective
– surjective
– bijective
1)
a 1 a 1 a 1 a 1
b 2 b 2 b 2 b 2
c 3 c 3 c 3 c 3
d 4 d 4 d 4 d 4
e 5 e 5 e

(a) (b) (c) (d)

2) A = B = R,
a) b) c) d) e)
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5. Les ensembles qui suivent peuvent-ils se définir à partir d’un produit cartésien ? d’une relation ? S’il
s’agit d’une relation binaire fonctionnelle vous direz si elle est injective, surjective, bijective.
(a) {(0, 1), (1, 0)},
(b) {(0, 1), (1, 1), (2, 1)},
(c) {(0, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1), (1, 0, 0)},
(d) {((0, 0), 1), ((0, 1), 1), ((1, 0), 0), ((1, 1), 1)},
(e) {((0, 0), 1), ((0, 1), 1), ((1, 0), 0), ((1, 1), 1), ((0, 0), 0)},
(f) {(x, y) ∈ N2 : x + y 6 4},
(g) A = {(x, y) ∈ N2 : x > 4 et y > 3},
(h) B = N2 \ A.
6. Soit f : E −→ F une fonction.
(a) (A, B) ∈ P(E), discutez de la valeur des ensembles f∗ (A ∪ B), f∗ (A ∩ B) et f∗ (A) suivant que
f est injective, surjective ou bijective.
(b) Montrer que si f est injective alors ∀A ∈ P(E) : f ∗ (f∗ (A)) = A.
(c) Montrer que si f est surjective alors ∀B ∈ P(F ) : f∗ (f ∗ (B)) = B.
7. Pour chacune des propriétés suivantes donnez une partition infinie P de N la vérifiant :
(a) Chaque X ∈ P est fini.
(b) Pour tout n ∈ N il existe un unique X ∈ P avec n éléments.
(c) Chaque X ∈ P est infini.
8. Soit E un ensemble quelconque, f : E −→ E, et g : E −→ E deux fonctions.
(a) Donner une condition pour que f ◦ g soit (i) injective. (ii) surjective. (iii) bijective. La condition
trouvée est-elle nécessaire ? suffisante ? nécessaire et suffisante ?
(b) Que dire de f et g si f ◦ g est (i) injective ? (ii) surjective ? (iii) bijective ?
(c) Donnez un exemple de fonctions f non injective et g non surjective telles que f ◦ g soit bijective.
(d) Quand E = N, trouver un exemple pour f et g, telles que f ◦ g = idN et g ◦ f 6= idN
9. Soit E un ensemble, et soit (A, B) ∈ P(E). Soit f la fonction :

f : P(E) −→ P(A) × P(B)


X 7−→ (X ∩ A, X ∩ B)

trouver des conditions nécessaires et suffisantes sur A et B pour que f soit


(i) injective ? (ii) surjective ? (iii) bijective ?

2 Cardinalité d’ensembles
1. A, B, C sont des parties de E un ensemble fini. Exprimez en fonction de |A|, |A ∩ B|, |B| les cardinaux
des ensembles A ∪ B,A \ B et A × B.
2. Prouver que “n” + “1” = “n + 1”, “2” + “2” = “4”, “2” × “2” = “4”, “2”“2” = “4”, AB+C = AB × AC ,
¡ B ¢C
A = AB×C .
3. (L’argument diagonal) A–t–on ∅ = P(∅) ? Existe–t–il des ensembles E tels que E = P(E) ? De
manière moins triviale, nous allons montrer le théorème de Cantor, que l’ensemble des parties est
toujours plus grand que l’ensemble lui-même : Considérons une application φ : E → P(E) et l’en-
semble A = {x ∈ E/x 6∈ φ(x)}. Peut-on trouver un élément de E dont A est l’image ? φ peut-elle
être surjective ? Cette construction est connue sous le nom de l’argument diagonal ou du “barbier”,
qui rase les gens qui ne se rasent pas eux-même. C’est le même argument qui prouve que la classe de
“tous les ensembles” n’est pas un ensemble.
4. (Le pigeonnier) C’est le principe qui dit que pour ranger n pigeons dans m < n nids, il y aura au
moins un nid avec deux pigeons.
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(a) Dans votre groupe, il existe une relation binaire, celle de se connaı̂tre. Montrez qu’il existe au
moins deux personnes avec le même nombre de connaissances dans la classe.
(b) Sur sept nombres entiers, vous en trouverez deux paires dont les produits sont égaux modulo
sept.
(c) Il existe un multiple non nul de 2005 dont l’écriture décimale est composée uniquement de 0 et
de 1 (indication : on peut le trouver avec au plus 2005 chiffres).
(d) Sur cinq points dans le triangle équilatéral de côté 1, deux au moins sont à une distance inférieure
ou égale à 1/2.
(e) Sur 51 points dans le carré de côté 1, trois au moins sont dans un cercle de rayon 1/7.
5. Soit E un ensemble fini, et f : E −→ E une fonction. Prouvez que
(i) f injective (ii) f surjective et (iii) f bijective, sont équivalentes.
Est–ce toujours vrai quand E n’est pas fini ?
6. Soient E et F deux ensembles finis ou dénombrables. Montrer que E ∪ F et E × F sont finis ou
dénombrables.
7. Montrer l’équivalence de
(i) E est infini, (ii) E contient une partie infinie dénombrable, et (iii) E est en bijection avec une
sous-partie stricte.
8. Théorème de Cantor-Bernstein Soient E et F deux ensembles tels qu’il existe une application f
injective de E dans F et une application g injective de F dans E. On partitionne E en :

Ep = {x ∈ E, ∃x0 ∈ E \ g∗ (F ), ∃p ∈ N, x = (g ◦ f )p (x0 )}
Ei = {x ∈ E, ∃y ∈ F \ f∗ (E), ∃p ∈ N, x = g ◦ (f ◦ g)p (y)}
E∞ = E \ (Ep ∪ Ei )

On partitionne de manière analogue F en Fp , Fi et F∞ suivant qu’un élément de F a une ((chaı̂ne


d’antécédents)) par g ◦ f ◦ g · · · de longueur finie paire, finie impaire ou infinie.
Déduire de cette construction qu’il existe une bijection de E dans F .
9. Des énumérations de N2 : On définit les ((techniques)) suivantes :
(a) On énumère les couples d’entiers par tranche horizontale : d’abord (0, 0) puis (0, 1), puis (0, 2),
..., puis la deuxième tranche (1, 0), (1, 1), ... puis la troisème tranche (2, 0), (2, 1), ....
(b) On énumère les couples d’entiers par tranche d’équation x+y = r. D’abord (0, 0), puis (1, 0), (0, 1),
puis (2, 0), (1, 1), (2, 2), puis ...
(c) On énumère les couples d’entiers par carrés d’équation (x = r, y 6 r) ou (y = r, x 6 r) : D’abord
(0, 0), puis (1, 0), (1, 1), (0, 1), puis (2, 0), (2, 1), (2, 2), (1, 2), (0, 2), puis ...
Indiquez les méthodes qui réalisent une bijection f2 de N2 vers N. Dans ce cas, donner le rang des
points (1, 1), (2, 2) et (3, 0). Pour ceux qui ont du courage, on pourra calculer f2 (x, y) en fonction de
x et y.
10. Soit f2 : N2 −→ N une fonction énumérant N (cf. exercice précédent).
(a) Utilisez f2 pour construire une énumération f3 de N3 .
(b) Prouvez que Np est dénombrable pour tout p ∈ N. On note fp une énumération de Np .
(c) Soit alors f : N• −→ N telle que :
½
1 + f2 (p − 1, fp ((a0 , a1 , . . . , ap−1 ))) si p 6= 0
f ((a0 , a1 , . . . , ap−1 )) =
0 sinon
S p
Prouver que f est injective. En déduire que, pour tout ensemble dénombrable E, p∈N E est
dénombrable.
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(d) Soit φ : N −→ N définie par φ(n) est le nombre premier de rang n + 1 dans la suite des nombres
premiers. φ(0) = 2, φ(1) = 3, φ(2) = 5, ....
S
Soit alors g : p∈N Np −→ N telle que :
 Q
 0≤k≤p−1 φ(k)1+ak si p 6= 0
g((a0 , a1 , . . . , ap−1 )) =

0 sinon
S p
Prouver qu’on a un autre codage de p∈N N dans N.
11. On note 2N l’ensemble des suites définies sur N et à valeur dans {0, 1}. Rappeler l’argument ((diagonal))
permettant de prouver que 2N n’est pas dénombrable.
Prouver que P(N) l’ensemble des parties de N, P∞ (N) l’ensemble des parties infinies de N et 2N sont
équipotents. Prouver que Pfini (N) l’ensemble des parties finies de N est dénombrable.
12. On note [n] = [0; n]N = {x ∈ N, 0 ≤ x ≤ n}. Soit n ∈ N et f : [n] −→ [n], une fonction totale – ou
application. Soient les propositions : (i) f est injective. (ii) f est surjective. (iii) f est bijective.
(a) Montrer que (i) ⇒ (iii) en utilisant la définition d’une injection.
(b) Montrer que (i) ⇒ (iii) par récurrence sur n. Indication : On pourra considérer la fonction :

 p si p 6= n et p 6= f (n)
g : [n] −→ [n] telle que g(p) = f (n) si p = n

n sinon

On montre que g est bijective. Puis on considère g ◦ f .


(c) Montrer que (ii) ⇒ (iii) en utilisant la définition d’une surjection.
(d) En déduire qu’étant donné deux ensembles finis et équipotents E et F , pour toute application
f : E −→ F , les propositions (i) et (ii) sont équivalentes.
Cette propriété reste–t–elle vraie pour des ensembles équipotents quelconques ?