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COLLÈGE INTERNATIONAL MARIE DE FRANCE

Volume 2, numéro 4
JOURNAL ÉTUDIANT
FÉVRIER-MARS 2009

Dans ce numéro :
SPÉCIAL ÉTUDES
La vie au CIMF 2

Du 1er au 7ème art 3-4

Spécial études postsecondai- 5-7


res
POSTSECONDAIRES
Cette Terre qui ne tourne pas
rond...
8
Victimes de la pollution, un article
choc sur le fléau qui touche notre planète
Sciences et technologies 9
page 7

Les numéros précédants sont dispon-


ibles en ligne sur le site internet du Un beau film pour
Collège International Marie de France
dans la rubrique le printemps
„‟services aux élèves „‟ et sur ENT
P.8
Mot de l’éditrice:
Chers lecteurs et lectrices,

Dans ce numéro, nous nous attaquons a la pollution, un problème qui touche maintenant la plupart des gran-
des villes de la planète et auquel nous souhaitons vous sensibiliser.
Je vous propose aussi un retour sur le très mélodieux concert classique auxquels les élèves particulièrement
doués du Collège nous avaient convié le mois dernier.
Et pour tous ceux qui font en ce moment-même des choix difficiles concernant leurs études, la suite de no-
tre rubrique spéciale sur les études postsecondaires.

Bien a vous, Isabelle Sokolnicka, éditrice

POUR VOUS JOINDRE À L’ÉQUIPE DE RÉDACTEURS DE LA CAPSULE, VEUILLEZ COMMUNIQUER AVEC


Mme MOUCHETAN OU AVEC: lacapsule00@gmail.com

La Vie au CIMF:

Ar Sonerezh Klasel
J‟entends encore la mélodie de la Mar-
che Turque de Mozart et le Concerto
Grosso de Vivaldi qui furent joués lors
de cette soirée …En m‟installant dans
la salle, ignorante de la moindre no-
tion de musique dite « classique », je
m‟attendais à un concert folklorique
breton, avec une ambiance tout ce
qu‟il y a de plus traditionnelle. Je fus
aussi frappée par le décor simple mais
soigné de l‟auditorium : des rideaux
de velours rouge et un fond bleu pâle
éclairé par des spots. Sur le côté, un
piano.
Le spectacle avait un peu de retard,
car certains des artistes devaient pas-
ser leur épreuve sportive du bac, mais avions la chance de retrouver l‟ombre de la présenta-
le public n‟était pas impatient. Enfin les lumières s‟étei- trice, nommée Charlotte Guilbert, derrière le rideau,
gnirent et une charmante animatrice vint nous présen- dansant et tournoyant au gré de la mélodie.
ter le programme, avec une touche d‟humour et de
Parmi les grands auteurs dont les œuvres furent jouées
poésie dans la voix.
dans ce spectacle, on pouvait aussi remarquer des ar-
Le concert débuta avec quelques fausses notes, mais tistes méconnus, comme Oskar Rieding, Enrique Gra-
vite oubliées par la suite, et je pus entendre pour la nados, ou encore Nobuo Uematsu.
première fois Les Deux Polonaises de Chopin ainsi que
Pour conclure, j‟appris que « Ar Sonerezh Klasel » si-
Clair de lune de Debussy. Je fus transportée par les
gnifiait concert de musique classique, et je réalisai que
talents de Yassine Benjelloun et la virtuosité de Marika
cette dernière recelait plus de plaisir que je ne m‟y
Fellegi – on eût cru que son violon et elle ne faisaient
attendais. Bref, c‟était une agréable expérience et j‟es-
qu‟un-. Je n‟oublie pas non plus ces deux jeunes sœurs
père la revivre l‟année prochaine !
bretonnes, Sarah et Ellyn Le Masson, jouant respective-
ment du piano et de la flûte avec beaucoup de maîtrise
et d‟harmonie. De temps en temps, le public et moi Marie-Anne Jagodzinski

2
Du 1er au 7ème art:
Fa yeung nin wa
Réalisé par Kar Wai Wong; Mettant en vedette Maggie
Cheung et Tony Leung Chiu Wai
Hong Kong, 1962. Un journaliste, Chow Mo-Wan, loue une
chambre dans un appartement d‟une famille originaire de
Shanghai. Le même jour, So Lai, secrétaire d‟une compagnie
postale, devient sa voisine. Tous deux sont mariés à des gens
occupés qui s‟absentent souvent. Malgré la présence de la
rentière bienveillante Mme Suen, et des turbulents voisins qui
jouent au mahjong, Chow and So se retrouvent très souvent
seuls dans leurs chambres respectives. C‟est ainsi que naît une
amitié entre les deux héros.
Au terme de nombreuses discussions, Chow and So avouent
tous deux qu‟ils se méfient de leur conjoints, qu‟ils soupçon-
nent être devenus amants. Chow convainc So de se venger en
faisant semblant qu‟ils sont eux aussi amants, et qu‟ils trompent
leurs conjoints respectifs de la même manière qu‟ils se sont
retrouvés cocus. Les deux complices donc en scène la mani-
gance certaine qui s‟est produite à leur insu, entre le mari de
So et la femme de Chow. Cependant, la frontière entre le jeu le
réel sentiment amoureux s‟estompe et devient de plus en plus
ambigu.
Chow sollicite l‟aide de So pour l‟aider à écrire un feuilleton
d‟art martial, un projet auquel il songe depuis déjà très longtemps. Plus proches, et surtout plus proches aux yeux
de tous, on remarque que les deux « amants » s‟aiment réellement. Néanmoins, Chow et So soutiennent qu‟ils ne
sont pas plus que de bons amis, et qu‟ils ne finiront pas comme ont fini leurs conjoints. Après quelque temps,
Chow devient fol amoureux de So. Mais désireux de rester fidèle à ses convictions et de ne pas enfreindre ses rè-
gles morales qui condamnent l‟adultère, il accepte d‟être muté à Singapour, et quitte Hong Kong définitivement.
Même si Chow supplie So de l‟accompagner, il s‟exile seul après son refus, après une nuit qu‟ils passent ensem-
ble. Une année s‟écoule, et So part pour Singapour, et visite l‟appartement de Chow. Elle appelle ce dernier, qui
travaille pour un quotidien local. Il répond au téléphone, mais elle ne se manifeste pas. Rentré chez lui, Chow com-
prend qu‟elle était là en découvrant un mégot de cigarette taché de rouge à lèvre dans son cendrier.
Cet amour si parfait mais si socialement inacceptable ne saura consoler ces deux cœurs indécis. So et Chow vont-
ils se revoir? Succomberont-ils aux effluves amoureux de leurs sentiments les plus secrets? Ce film est esthétique-
ment époustouflant, et imite procédés filmiques les anciens films des années 60 dans les prises de vue bien qu‟il
soit réalisé en 2000. L‟intrigue, certes un peu classique, a le mérite d‟être manipulée par des acteurs géniaux qui la
rendent tout sauf banale.
Ce bijou du cinéma Chinois saura dans tous les cas vous émouvoir, même après la Saint Valentin.

Tania Mohsen

Le ciel de Bay City


Cette fois-ci, je tiens à vous présenter un roman contemporain qui a gagné le Grand Prix du Livre de Montréal en
2008; il s’agit du Ciel de Bay City, de Catherine Mavrikakis. Cette femme, auteure et essayiste, a été professeure à
Concordia jusqu‟en 2003 et elle est présentement professeure de littérature et de langue françaises à l‟Université
de Montréal. Son roman dépeint des moments cruciaux de la vie d‟une fille juive née en Amérique dans une famil-
le immigrante française dont le passé est particulièrement lourd de morts dans les camps de concentration; ses
grands-parents y sont morts, avec le reste de sa famille. Cette jeune fille de 18 ans, Amy, se dit être « une Améri-
caine de deuxième génération », « un monstre made in USA ». Elle est obsédée par un passé qui n‟est pas directe-
ment le sien, celui d‟Auschwitz, celui de la mort et de l‟extermination.
3
Dans le cagibi de sa petite maison de banlieue du Michigan elle redécouvre ses grands-parents. Ce sont
quasiment des fantômes, apeurés, livides, sales, réduits à l‟état de spectres et incapables de prononcer une paro-
le. Elle ne veut pas parler de sa découverte à sa mère et refuse de les intégrer dans sa vie jusqu‟à la toute fin. Ce
roman d‟environ 300 pages brise devant nous le rêve américain en blâmant le ciel imperturbable devant notre
souffrance, le ciel impénétrablement mauve de l‟horizon du Michigan ou bien le ciel polonais du temps d‟Aus-
chwitz. Il est dur de placer un mot caractérisant ce roman; il est puissant, plein de rage, de haine, de colère mais
d‟un autre côté, indéniablement lyrique dans son pessimisme. Le langage est authentique, parfois très cru mais
toujours maîtrisé. Il s‟agit ici d‟une œuvre réussie, du début à la fin, qui a changé ma façon de percevoir; une œu-
vre bouleversante, surprenante, un joyau qui portera à réflexion quiconque l‟aura entre ses mains. Je vous le
conseille de tout mon cœur, mais soyez prêts.
Julia Cytrynbaum

Sherazade et les mille et une nuits


«Sire, si vous me laissez encore vivre aujourd’hui, je raconte-
rais à Votre Majesté des choses encore plus surprenantes…»

Quand j‟étais petite, les contes des mille et une nuits étaient
de loin mes préférés. La richesse des histoires et leur sa-
veur orientale sont restées imprégnées dans ma mémoire et Si la tendance ces derniers temps est de donner
en allant assister au spectacle musical de SHERAZADE, LES une portée universelle aux œuvres classiques, le
MILLE ET UNE NUITS je dois avouer que je ne m‟attendais pari est ici réussi. L‟histoire d‟amour de Sheraza-
pas à retrouver le souvenir doux et coloré que j‟en ai gardé. de devient celle de Yasmina, la bien-aimée d‟Ala-
À vrai dire, je m‟attendais plutôt à être déçue. À trouver une din et celle du Génie de la lampe et de sa belle, et
Sherazade trop moderne et trop différente de celle qui m‟a- LES MILLE ET UNE NUITS devient un bel hymne à
vait été présentée. Et en toute honnêteté, je me suis trom- l‟amour.
pée. Les paroles des musiques auraient néanmoins
gagné à être plus profondes, vu la qualité de l‟ar-
LES MILLE ET UNE rangement musical. J‟aurais aussi préféré voir
NUITS est un spectacle Sherazade raconter plus de ses contes envoûtants,
éblouissant et ensor- et voir l‟histoire se terminer sur son mariage avec
celant. De la salle obs- le roi, sans que les producteurs ne décident de la
cure de l‟Olympia de faire empoisonner, mourir et puis renaître comme
Montréal, on fait sur- emblème de l‟amour éternel.
gir un univers mis en
scène de façon absolu- Le conte original n‟est donc pas vraiment respecté
ment impeccable. Le et les mille et une histoires de Sherazade ne sont
jeu avec des rideaux réduites ici qu‟à celle de la lampe magique d‟Ala-
de toile sombre et din ; une lampe qui a tout de même exaucé mon
deux immenses portails sur les côtés de la scène qui se souhait en me faisant plonger tête la première
transforment en fenêtres ou en ciel étoilé, nous font rentrer dans la splendeur et le monde féerique des contes
avec douceur dans le monde de Sherazade et dans sa tête à de l‟orient.
l‟imagination sans limites. Les mélodies sont très fortement Ma scène préférée est sans contredit celle du ma-
imprégnées de parfum oriental, des musiciens jouent pour riage, où Sherazade chante son bonheur tout en
nous avec sensibilité et les numéros de baladi sont de très déployant de sublimes ailes de soie blanche. Un
belle qualité ; c‟est un spectacle qui nous communique faci- bravo spécial à l‟Homme/esprit qui accompagne
lement chaleur, dépaysement et douceur. Il est agencé les chanteurs au cours du spectacle, effectue d‟im-
comme un tableau, avec harmonie, richesse et sensualité. pressionnantes acrobaties et ajoute une touche de
Les chanteurs ne sont jamais seuls sur scène, derrière un mystère à l‟histoire.
long portail, chaque numéro est subtilement reproduit ou Il reste des supplémentaires pour le mois d‟avril
complété par une troupe de danseurs. C‟est donc au pre- et je vous encourage à aller voir une des repré-
mier plan qu‟on nous offre de très belles voix, comme celle sentations du spectacle musical de Félix Gray, car
de Rita Tabbakh et jamais nos yeux ne se lassent grâce à un cette soirée de 90 minutes vaut définitivement la
jeu de lumières et de couleurs; au deuxième plan, un tour- peine pour la saveur méditerranéenne d‟un mon-
billon de danse et de costumes, comme un mirage, derrière de qui nous transporte et nous réjouit.
ce portail qui ouvre ses portes aux merveilles du spectacle
des MILLE ET UNE NUITS. Isabelle Sokolnicka

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SPECIAL ETUDES POSTSECONDAIRES
Être élève à McGill en Microbiologie et Immunologie
Au milieu de l‟hécatombe universitaire et anglo- Pour en revenir au choix de programme,
phone des “midterms” et des divers “assignments”, un qui dit spécialité recherchée dit médecine, du
petit article ni universitaire ni anglophone pour me déten- moins si “Qui” appartient au monde - passionnant,
dre. Communier avec mes origines (école française sur au demeurant - des études biologiques et de la san-
Queen Mary) en quelque sorte. Non, je suis juste fatiguée. té. La moitié des microbiologistes, à ce que j‟ai com-
pris en parlant à certains, se destine à la noble pro-
La vie universitaire est en effet quelque peu fati- fession de médecin. J‟exagère pour l‟effet stylisti-
gante par moments. Le reste du temps, elle est simple- que, mais à peine. Beaucoup d‟élèves en médicine
ment intéressante. En ce qui me concerne, c‟est ma côtoient en leur première année des vétérans mi-
deuxième session/première année en microbiologie et crobiologistes – entre autres - qui se sont finalement
immunologie. En McGillien, on dit “U1 student, doing a joints à leurs rangs. Une conseillère m‟a cependant
microbiology and immunology major”, mais vous ne pou- fait noter que si tout le monde allait en microbiologie
viez pas le savoir. Les raisons de ce choix de programme et immunologie pour se “distinguer” (rappelez-
demeurent à ce jour assez floues et complexes. En voilà vous: programme contingenté), il n‟y avait plus vrai-
certaines, dans le désordre: “microbiologie et immunolo- ment rien de “distinguant” dans le processus. La
gie” sonne bien. Non, vraiment. remarque est certes pertinente, mais comme pour
tout cliché, il ne faut pas remettre en question celui-
Il y a de ces clichés qui, même en étant de toute évidence là, seulement y croire. Outre l‟appât du contingente-
des clichés, n‟en sont pas moins populairement crus. Ain- ment et de la supériorité supposée du programme,
si, le programme de microbiologie et immunologie étant il y a les curieux. Ceux qui ne savent pas vraiment
contingenté, il est souvent réputé pour être un tremplin pourquoi ils ont pris “Microbiologie et Immunolo-
efficace vers d‟autres spécialités recherchées une fois le gie” au lieu de “Physiologie” ou “Anatomie”. Ceux-
Bac acquis (non pas le Bac français, mais le premier diplô- là sont nombreux. Ceux-là, c‟est entre autres mes
me obtenu à l‟université après trois ou quatre ans d‟étude; compatriotes de CIMF, innocents lycéens aux
vous le saviez, bien sûr). La réputation, de toute façon, est connaissances rudimentaires en photosynthèse et
un facteur fortement considéré pour un étudiant qui choisit génétique, ne sachant pas en quoi “biologie molé-
McGill. Certains argueront que la réputation n‟a pas à voir culaire” diffère de “biologie cellulaire”, ayant
avec l‟excellence des études, ce à quoi j‟opposerai les connu plus de TP ratés/techniquement défaillants/
éléments suivants : tous programmes compris, McGill a vaguement compris que de TP parfaitement réussis.
été classée dans le top 3 des meilleures universités cana- Heureusement pour vous, les études à McGill sont
diennes par le classement du Times (avec le classement d‟une souplesse désarmante. Les cours et les pro-
de Shanghai, l‟une des deux sources mondialement recon- grammes peuvent être changés en cours de route,
nues en matière de classement d‟universités), et ceci pour les crédits transférés d‟une faculté à l‟autre, enfin,
plusieurs années consécutives. Si l‟on ne considère que en résumé, rien n‟est joué en première année. Il faut
les spécialités ayant trait au secteur de la santé, elle est tout de même s‟inscrire. Tout se fait via le site inter-
dans le top 10 mondial, toujours d‟après ce même classe- net de McGill où le choix de deux ou trois program-
ment. À moins que ce ne soit un énorme coup monté or- mes (dépendamment de la nature des programmes)
chestré par un puissant lobbying et les moyens financiers vous est permis. Cela fait, vous êtes acceptés (du
probablement considérables de McGill, je crois que l‟on moins vous devriez l‟être) dans l‟un de ces pro-
peut s‟y fier. Les employeurs, du reste, s‟y fient fortement. grammes et une lettre vous est envoyée en été pour
À bon entendeur… vous demander de confirmer votre inscription. Seu-
le exigence en microbiologie et immunologie: avoir
tous les compléments québécois possibles et imagi-
nables. Vous pouvez bien entendu reprendre le
cours de chimie organique pendant votre première
année mais si vous n‟aviez pas apprécié ce cours à
Marie De France, il y a fort à parier que vous l‟aime-
rez encore moins à McGill. C‟est pareil, seulement
en plus long, plus détaillé, plus difficile. D‟un autre
côté, comme la suite de ce premier cours est égale-
ment requise, (ainsi, vous devrez faire “Introduction
to organic chemistry I” et “Introduction to organic
chemistry II”), il est possible que prendre le cours à
l‟université, en anglais qui plus est, constitue une
meilleure préparation.
5
Enfin, vous êtes élève en microbiologie et immunologie. mal d‟un étudiant à plein temps étant de 5 cours par
Et là, surprise, vous vous rendez compte que c‟est inté- session (10 par année donc), l‟étudiant est invité à
ressant en soi-même. Deuxième surprise, vous vous ren- choisir lui-même des cours supplémentaires, soit
dez compte que les professeurs avaient raison. Un travail complètement au hasard, selon son bon vouloir et
régulier est de mise à l‟université. Les nuits blanches de dans ce cas ce sont des « electives », soit de manière
dernière minute qui marchaient encore en terminale plus organisée, dans un domaine précis et l‟on dit
sont à reléguer nostalgiquement au rang de souvenirs alors qu‟il fait une mineure (en musique, en écono-
lycéens. Si vous vous reconnaissez dans cette dernière mie, en philosophie etc. le choix est vraiment vôtre).
phrase, dites-vous que les habitudes (ici, mauvaises) Vous l‟avez vu, il y a de quoi faire en microbiologie.
prises sont difficiles à changer. Autant s‟y mettre dès le Une bonne dose de mémorisation est nécessaire,
tout début de l‟année universitaire, mieux encore, dès mais ce n‟est pas un problème si le travail, encore
maintenant. À moins que vous ne vouliez vous contenter une fois, est régulier. En retour, l‟on dort un peu
de C, auquel cas 1) vous n‟auriez pas choisi McGill et 2) moins bête chaque jour. Les domaines de la biolo-
vous ne serez pas acceptés en master à McGill puisque gie et de la santé sont des domaines très riches en
votre GPA (sorte de côte R) ne sera pas satisfaisant. découvertes de toutes sortes. Vous m‟excuserez de
cette platitude. Mais souvent les faits les plus basi-
Le programme de microbiologie et immunolo- ques sont les plus oubliés. Dans un programme tel
gie se targue d‟offrir (ou d‟imposer) une assez riche que microbiologie et immunologie, vous serez sou-
culture scientifique, en plus des cours de microbiologie. vent surpris, voire fascinés par ce que vous appre-
Contrairement au programme de biologie où l‟on n‟a nez. Le côté ludique des laboratoires (où tout fonc-
des cours requis qu’en biologie, la première année du tionne, par ailleurs) est un autre atout. La panoplie
microbiologiste immunologue est un tour d‟horizon in- de professeurs de microbiologie qui défilera pen-
cluant la microbiologie, la biologie, la chimie organique, dant la première session (6 en tout) où n‟importe
la chimie physique et des mathématiques. La deuxième quel professeur que vous aurez sera plus qu‟en-
année est un peu plus spécialisée, mais toujours diversi- chanté de répondre à vos questions brillantes ou de
fiée : le festin inclura des cours d‟immunologie, de phy- discuter d‟un point finement relevé par l‟habile étu-
siologie des microbes, de virologie et de biochimie ainsi diant que vous êtes (s‟adresse aux bons éléments,
que deux laboratoires de microbiologie et immunologie. aux étudiants se réservant aux « Honours Program »,
La troisième année est différente, selon que vous faites aux microbiologistes – futurs médecins). Ils seront
le « Honours Program » ou pas. Pour les élèves qui veu- également ravis de vous éclairer sur les aspects du
lent briller (et qui ont un GPA cumulatif d‟au moins 3.3 à cours auxquels vous n‟avez absolument rien com-
la fin de la deuxième année), le Honours Program offre pris soit en personne, soit via mail, soit encore sur le
la possibilité d‟entamer un projet de recherche person- forum réservé à leur cours (s‟adresse aux autres).
nel encadré par un professeur, en plus des cours de Rien de sorcier donc pour réussir à McGill : s‟y met-
troisième année offert à tous. Une occasion pour ces tre dès le début, et ne pas s‟arrêter avant la fin. De
élèves d‟acquérir une expérience de premier choix en toute façon, avec à peine 15 heures de cours par
matière de recherche, et de montrer à tous (professeurs, semaine, vous aurez le temps. Si vous êtes bien or-
employeurs, divers lecteurs de CV etc.) qu‟ils ont juste- ganisés, vous aurez de plus une vie sociale, et vous
ment acquis une expérience de premier choix en matiè- serez ainsi un être humain accompli et comblé. Par-
re de recherche. Pour ceux qui ne sont intéressés ni par ce que, contrairement à ce que l‟on veut vous faire
l‟un ni pas l‟autre, le programme de troisième année croire, la vie ne s‟arrête pas après votre baccalau-
d‟une majeure « normale » prévoit des cours de parasi- réat en juin.
tologie, de pathologie bactérienne et de pathologie vi-
rale. L‟on ne sera pas sans remarquer la très forte orien-
tation médicale de nombre de ces cours. Le rythme nor- Rym Ben Youssef

Système français ou système québécois?


Je m‟appelle Grégory Kudish et je suis un ancien du CIMF. J‟ai quitté cet établissement français au début de dé-
cembre 2008. J‟étudie présentement en sciences humaines au Collège Jean-de-Brébeuf, un CEGEP privé. À la fin
de ma seconde à Marie de France, je m‟attendais à une rupture radicale avec le secondaire. Aujourd‟hui, je crois
que Brébeuf, ou le système québécois en général, incarne mieux cette rupture .
Je ne voyais plus où j’allais
À la fin de ma seconde, j‟avais décidé de poursuivre mes études à Marie de France selon des principes de conti-
nuité et de stabilité. Quand on fréquente la même école depuis la maternelle, on éprouve un certain mal à lui re-
procher quoi que ce soit.
C‟est à Marie de France que j‟ai appris à compter, à écrire, à bien structurer ma pensée, à défendre mon point de
vue. Avec toutes ces acquisitions en main, à quoi bon remettre le CIMF en question?

6
Depuis la troisième, je m‟impliquais intensément dans déplorablement ahurissante.
diverses activités comme la télé étudiante, le journal, En ce qui a trait aux élèves, les « cancres » venaient me
les reportages de spectacles et autres. Je tiens à remer- demander nonchalamment les réponses à des exerci-
cier M.Euillet, Julien Blais, ainsi que Mme Corvellec ces, des photocopies de cours, et ce, jour après jour.
pour le soutien qu‟ils m‟ont apporté. Soutien qui m‟a Ça devenait étonnamment casse-pieds. À la bibliothè-
ouvert de nouveaux horizons. Soutien qui m‟a permis de que, les sixièmes monopolisaient les premiers les ordi-
me dépasser, parfois « trop », me diraient de nombreux nateurs et jouaient à des jeux alors que les lycéens
collègues. À la fin de ma seconde, j‟étais devenu auto- attendaient avec une mine d‟impatience masquée der-
nome, ambitieux, et surtout, j‟avais le goût de grimper rière le dos de ces chers petits.
toujours plus haut. Mais vers quoi je me dirigeais? C‟é-
tait assez abstrait. S’orienter est une affaire personnelle
Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais Qu’est-ce qui est mieux? Le système français ou le systè-
me québécois? C‟est la question que me posent pres-
Quelques semaines après ma rentrée en classe de pre- que tous mes amis. Mais il n‟existe pas de système d‟é-
mière, j‟ai ressenti soudainement un malaise. Malaise ducation meilleur qu‟un autre. Tout dépend de la per-
qui provenait du fait d‟être en présence de la même sonnalité de chaque individu. Pour ma part, le système
approche d‟enseignement qu‟au secondaire. québécois est celui qui me convient le mieux. Pour
Classe de première… Vie lycéenne… Autonomie… Étu- d‟autres, c‟est le système français. Ces deux mondes
diants motivés…. Telles étaient mes attentes. C’est plu- ont chacun leurs points forts et leurs points faibles. Le
tôt à ça que je me suis heurté : « Cahier bien ordonné? tableau ci-dessous illustre les atouts de chaque systè-
… Ah, je peux vérifier votre cours… Devoir non fait, et me.
pourquoi? » Au foyer, c‟était la cacophonie complète et Gregory Kudish

Système français Système québécois

L‟encadrement des élèves est remarqua- 1’) Les élèves jouissent d’une grande autonomie. Certes, le
ble; les professeurs assurent un suivi risque de décrochage est plus élevé car les enseignants ne
continu de chaque élève afin que per- prennent pas les élèves par la main. Un élève qui échoue un
sonne ne soit complètement examen, ça passe presque inaperçu. Mais cette autonomie
„académiquement perdu‟. prépare mieux les élèves pour l‟université, au Québec en tout
cas.

En plus de leur offrir une grande culture 2’) La culture est plus pauvre au Québec. Cependant, les CE-
générale, le CIMF met régulièrement GEPS québécois proposent un tas d‟autres activités captivan-
sur pieds des spectacles de haute qua- tes, telles que des cours d‟escrime, des discussions philoso-
lité. phiques, du bénévolat de tout genre, et surtout, une possibili-
té de percer dans le marché du travail dès l‟âge de 17 ans!
Au CIMF, les horaires sont chargés. Le
nombre d‟heures de cours par semaine 3’) Les horaires sont plus flexibles. Même pour les étudiants
monte jusqu‟à 38 pour la série scientifi- en sciences, lettres et arts, le nombre d‟heures de cours par
que. Les élèves apprennent donc à semaine ne dépasse pas les 33. Les élèves ont donc plus de
travailler dur. temps libre pour s‟impliquer dans d‟autres activités.

L‟enseignement est très généraliste. Même


4’) Les élèves choisissent leurs cours. Il est vrai que cette pos-
les étudiants en sciences sont obligés
sibilité de ne pas suivre des cours d‟histoire et de littérature
de suivre des cours de langue, d‟histoi-
peut appauvrir la culture générale. Toutefois, les enseignants
re/géographie, de français, et de phi-
n‟ont presque pas de discipline à imposer en classe puisque
losophie. Mais cet enseignement géné-
les étudiants ont choisi leurs cours, et donc sont motivés!
raliste permet d‟acquérir une culture
solide.

Tous les regards sont tournés vers le bac- 5’) L’examen final, ou l’équivalent du BAC français, ne compte
calauréat. En effet, l‟élève qui obtient que pour 30% de la note finale. Les élèves ont donc moins de
une moyenne en-dessous de 10 sur pression, et sont moins stressés lors de l‟examen final.
vingt au bac ne l‟a pas, à moins de ré-
ussir au deuxième tour.

7
Cette Terre qui ne tourne pas rond...
Victimes de la pollution
On est habitués à entendre L‟autisme est un
parler du réchauffement de la planète, de la défores- syndrome qui atteint un
tation et de la pollution de l‟eau. Il y a des campa- grand nombre personnes de
gnes dans les écoles et des publicités du gouverne- tous âges -les symptômes
ment à la télévision qui nous montrent les dangers sont remarqués avant l‟âge
auxquels feront face nos enfants si on ne fait pas at- de 3 ans. Il est caractérisé
tention à l‟environnement. Mais les problèmes de par des problèmes d‟échan-
pollution n‟auront pas seulement des conséquences ge social (les personnes
dans l‟avenir, ces problèmes ont un impact sur la atteintes n‟arrivent pas à avoir une conversation ou à
santé humaine aujourd’hui. regarder une personne dans les yeux), d‟apprentis-
En effet, la pollution serait une des causes sage et des comportements limités et répétitifs. Le
de l‟augmentation du nombre d‟enfants souffrant de nombre de cas en Amérique du Nord et en Europe a
maladies mentales ou de malformations ces derniè- augmenté ces dernières années : on parlait d‟une
res années, et surtout dans les pays industrialisés. maladie qui affectait un enfant sur 200, mais aujourd-
Par exemple, en Chine, près de 800 000 à 12 000 000 ‟hui, elle atteint un enfant sur 150. D‟où le lien avec
bébés naissent avec des déficiences et un tiers d‟en- les problèmes environnementaux, ce que viennent
tre eux meurent quelques mois après la naissance. corroborer de nouvelles recherches faites par l‟Uni-
Les spécialistes locaux affirment que la principale versité du Texas qui prouvent l‟association entre ce
cause en est la pollution. Ces maladies pourraient handicap et la pollution de l‟air. Dans ce cas, c‟est le
être des complications cardiaques ou cérébrales, la mercure libéré dans l‟air par les usines et les centra-
trisomie et l‟autisme, entre autres.
les électriques qui augmenterait les risques des en-
fants étant plus susceptibles de développer l‟autis-
me.
La liste de maladies causées par la pollution
est interminable. Il y a d‟autres problèmes de santé
liés à la pollution et même certains sont plus connus,
car on les voit au quotidien, tels que l‟asthme (qui ne
connaît pas une personne asthmatique?) ou les aller-
gies. Diverses études, comme celle effectuée dans
deux différentes villes du Mexique entre 1997 et
1999, montrent que les enfants exposés à un air très
pollué développent des maladies respiratoires qui
durent toute leur vie.
Le lien entre la pollution et certains troubles
de la santé n‟est pas encore complètement établi.
Mais à voir plusieurs études effectuées dans divers
pays du monde et les chiffres montrant les grands
changements ces temps-ci comparés à il y a quel-
ques années, on ne peut pas s‟empêcher de voir que
les choses ne vont pas bien. Une chose est sûre,
maintenant que je sais à quel point la vie des autres
est affectée par l'environnement, je ferai plus atten-
tion à ce qui m'entoure.

Paula Dayan

8
Sciences et Technologies:

Des vers à l’aise dans le vide


Depuis le temps qu‟on parle d‟amener la vie Certains vers étaient protégés contre les
dans l‟espace … il semblerait qu‟une espèce de vers rayons UV, d‟autres n‟ont subi que des UVA ou des
tardigrades aient prouvé leur utilité en s‟y lançant plus UVB, et les derniers ont bénéficié d‟une formule
vite que nous. En septembre 2007, quelques-unes de ces bronzage accéléré, exposés aux deux rayons extrê-
bestioles spécialement résistantes aux conditions hosti- mement cancérigènes émis par notre Soleil, qui sont
les ont été embarquées à bord d‟un vaisseau Soyouz, et d‟ailleurs mille fois plus intenses dans l‟espace qu‟ici
peu après lâchées dans l‟espace sans autre forme de -bas (on remerciera la couche d‟ozone). Par contre,
procès. tous étaient exposés au froid et au vide de l‟espace.

Résultats : malheureusement, ceux qui


étaient exposés aux deux types d‟UV sont morts d‟ir-
radiation excessive. Par contre, 20 % de ceux expo-
sés seulement aux UVB ont survécu, malgré une dés-
hydratation, et ceux exposés seulement aux UVA ou
à aucun rayon ont tous survécu. Ramenés sur Terre,
les tardigrades ont repris leur vie normale et se sont
même reproduits sans trop d‟incidents.
On connaît le rôle destructeur et mutagène
que les UV ont sur le matériel génétique des êtres
vivants, avec notamment risque de cancers. Il sem-
blerait donc que les vers qui se sont reproduits aient
réussi à réparer leurs gênes par un mécanisme in-
connu. Peut-être grâce à une « copie de sauvegar-
de » des gênes, dans un lieu inaccessible aux UV ?

Foucauld Degeorges

Ce tardigrade a la tête de l‟emploi …

Quand la procréation assistée est trop efficace …


Fin janvier, le record du nombre de bébés pour une même grossesse a été égalé : Nadya Suleman a don-
né naissance, dans une clinique de Los Angeles, à des octuplés, six garçons et deux filles, dont l‟accouchement a
eu lieu très prématurément. Ils ne pèsent que 0,8 à 1,5 kg chacun (ce qui fait quand même 9,2 kg au total). Mlle
Suleman avait déjà six enfants, tous conçus sans conjoint, in vitro avec le sperme d‟un donneur, comme maintenant
ses huit petits derniers.
La naissance de jumeaux en trop grand nombre est l‟un des effets secondaires de beaucoup de techni-
ques de procréation assistée. Dans le cas de la fécondation in vitro, les médecins réinjectent systématiquement
dans le corps de la femme tous les embryons qu‟ils ont réussi à obtenir dans les tubes à essai, pour maximiser les
chances de réussite : et lorsque l‟opération réussit, c‟est rarement un seul embryon exactement qui survit, mais
deux, trois, ou quatre … ou huit.
L‟accouchement a eu lieu neuf semaines à l‟avance, mais les bébés semblent avoir tous de bonnes chan-
ces de survie : ils respirent sans aide. Sept seulement avaient été décelés à la dernière échographie, l‟arrivée du
huitième a donc surpris les médecins qui avaient déjà effectué plusieurs simulations de cet accouchement, mais
pour sept bébés seulement. La première naissance d‟octuplés avait eu lieu fin 1998 au Texas et s‟était soldée par le
décès de l‟une des huit au bout d‟une semaine. Si tous les enfants de Mlle Suleman survivent, ce sera donc un vrai
nouveau record.

Foucauld Degeorges