MAI 2013 / n°185 / 1,70 €

« Présents pour le futur »
C’est le slogan du candidat vert, Patrick Herrmann, du canton de Neuchâtel pour la prochaine élection au Conseil d’Etat. Son premier axe d’action consiste à recréer « confiance et transparence sur la base d’une concertation permanente ». En cette période troublée par l’affaire Cahuzac, les paradis fiscaux, on constate que nos voisins d’outre-frontière ont des préoccupations bien semblables aux nôtres. Présents pour le futur, les militants, les élus d’Europe Ecologie – Les Verts ont montré qu’ils n’attendent pas les périodes électorales pour rencontrer leurs concitoyens. Ainsi, les débats sur la transition énergétique à Morre, Montbéliard, Dole, Voiteur … ont permis de construire un autre futur avec plusieurs centaines de participants. Présents pour le futur aussi, les militants, les élus écologistes dans les actions contre les paradis fiscaux, dans les collectifs qui se créent contre le développement de l’aéroport de Dole-Tavaux, contre l’exploitation des gaz de schistes, pour la fermeture des centrales nucléaires, pour la protection du loup … Présents pour le futur, à l’Assemblée Nationale, les députés et sénateurs EELV ont fait voter des amendements et déposé une proposition de loi pour moraliser les relations bancaires et supprimer l’évasion fiscale. Présents pour le futur, les écologistes français et suisses défendent le TGV Lyria qui relie Berne, Neuchâtel et Pontarlier à Paris. Présents pour le futur, le 11 mai, les écologistes seront nombreux pour dénoncer le projet d’aéroport de Notre -Dame -des-Landes. Ils seront aux côtés des agriculteurs que l’on veut déloger pour construire ce projet du passé. Dans cette période de crise, ce n’est pas de grands projets inutiles dont nous avons besoin. Alors oui, nous sommes actifs au présent avec le futur en ligne de mire !

Bernard Lachambre et Brigitte Monnet Cosecrétaires

Transition énergétique

POUR PROLONGER LA RÉFLEXION (suite)
Dans le numéro d’avril de La Feuille Verte, nous avions publié trois comptes rendus de la journée Convention sur la transition énergétique qui s’était déroulée à Morre (25) le 16 mars dernier, organisée par EELV -Franche-Comté. Cette journée, qui avait rencontré un vif succès, a vu se succéder des exposés, tables rondes et ateliers sur les nouvelles données climatiques, énergétiques, les nouveaux modes de production, les politiques locales, nationales, européennes concernant les économies d’énergie, et bien d’autres choses encore. Ce mois-ci, nous vous proposons trois nouveaux compte-rendus d’ateliers et plénière afin d’apporter de l’eau au moulin … de notre réflexion écologiste!

La rédaction

Transition énergétique: un atelier

L'ÉNERGIE HYDRAULIQUE EN FRANCHE-COMTÉ
INTERVENANTS : Eric Durand, conseiller régional EELV et vice-

2

président de l'EPTB (1)

Louis Massias, président d'ERCISOL (2) Patrice Malavaux, garde-pêche sur le Doubs
franco-suisse.

Marc Goux, animateur du collectif SOS Loue et
rivières comtoises. L'énergie hydraulique est une des énergies renouvelables présentes en Franche-Comté. Mais les barrages, qu'ils soient grands ou plus petits, posent aussi des problèmes d'environnement. D'où l'intérêt de confronter les points de vue.

Pour la Franche-Comté, l’objectif du « Schéma Régional Climat Air Energie » en matière d’hydroélectricité est d’augmenter la puissance installée de 70 MW, à la fois par amélioration/optimisation de l’existant et par des installations nouvelles respectueuses des règles environnementales. Pour y parvenir, il est prévu la création de 18 ouvrages nouveaux pouvant être équipés de centrales ainsi que l’équipement ou le suréquipement de 24 ouvrages existants.

L'hydraulique en Franche-Comté
Pour commencer, Eric Durand, fait l'inventaire rapide de l'hydraulique dans notre région : 17 centrales de plus de 2 MW (mégawatts) qui représentent 88 % de la puissance installée, 510 installations de moins de 2 MG (12 % restants), pour un total de 495 MG. Les barrages constituent aussi le principal moyen de stockage de l’énergie. Cette capacité de stockage est légèrement augmentée dans le cas des centrales équipées de turbines-pompes permettant de remonter l’eau dans le barrage aux heures creuses (la nuit).

Des impacts sur les écosystèmes
Eric Durand énumère ensuite les différents impacts des ouvrages hydroélectriques sur le milieu naturel : rupture de la continuité sédimentaire amont/aval, blocage de la migration des poissons, « corsetage » des cours d’eau par la réalisation d’ouvrages transversaux provoquant également, sur la durée, un enfoncement du lit des cours d’eau en plaine. Ce sont tous les écosystèmes liés à la rivière qui sont bouleversés, par exemple par la déconnexion des bras morts et des zones humides mais aussi par le ralentissement de l’écoule -

-ment des eaux, un risque d’élévation de la température avec apparition d’algues qui absorbent l’oxygène et peuvent occasionner un dégagement de méthane. Le SDAGE (3) prévoit d’assurer la continuité écologique de 2/3 des eaux de surface d’ici à 2015. Dans certains cas, il s'agit de préserver la continuité écologique, dans d'autres il s'agit de la restaurer en réduisant l’impact des obstacles existants : équipement de 54 passes à poissons et écrêtement ou arasement de 10 barrages.

Les graves nuisances sont liées à l’activité hydroélectrique par éclusées catastrophiques pour les poissons : le débit passe brutalement de 2 à 44 m3 /s, avec retour rapide au faible débit à la fin du turbinage. Des photos montrant des poissons se retrouvant piégés sur les bancs de galets, en aval de l'usine après l'arrêt de la centrale, sont présentées. Le fonctionnement des barrages successivement installés sur cette zone n'est pas coordonné entre une société d’exploitation suisse et EDF. On est confronté à la non convergence d’intérêts entre les exploitants et aux différences de réglementation entre les deux pays. Cela peut paraître étonnant quand on sait que l’aéroport de Mulhouse-Bâle est géré conjointement par les deux pays sans que cela ne pose de réelles difficultés, avec un contexte techniquement bien plus compliqué… Le préfet du Doubs a récemment haussé le ton à propos de ces dysfonctionnements, certaines améliorations ont déjà été observées et on s'oriente vers un nouveau règlement en 2014, plus favorable à l'environnement.

Un enjeu de taille : l'eau potable de demain De l'hydraulique coopératif et solidaire
C'est ensuite au tour de Louis Massias, président d'ERCISOL (2) de faire part de son expérience. ERCISOL est une entreprise créée en novembre 2010 qui s’inscrit totalement dans la démarche de la transition énergétique : production locale d’électricité, donc réalisation d'économies liées à son transport, création d’activités de proximité donc d’emplois non délocalisables. Enfin, par son fonctionnement démocratique de type coopérative (un homme = une voix), elle est ouverte en permanence à toute nouvelle adhésion (SAS à capital variable). Ce fonctionnement favorisant le lien et le partage entre ses acteurs. ERCISOL a donc vocation à développer la production d'électricité à partir de mini ou microcentrales hydrauliques. C'est ainsi qu'elle vient d'acquérir, dans les Vosges, une petite centrale hydraulique de 200 kilowatts. Dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine industriel, ERCISOL a aussi un projet, dans le Lot, de réhabilitation d’un moulin très ancien avec création en collaboration avec l’ADEME d’un espace d’information ouvert au public sur les énergies renouvelables. Marc Goux animateur du collectif SOS Loue et rivières comtoises, revient sur les problèmes de nuisance évoqués en début de séance par Eric Durand. Au cours de ces 150 dernières années, 240 barrages, petits et grands, ont été érigés sur les rivières du département de la Haute-Saône. Pendant longtemps, les conséquences de ce « corsetage » des rivières ont été ignorées. On sait aujourd'hui qu'en empêchant une rivière de divaguer dans sa plaine alluviale, on provoque l'enfoncement progressif de son lit et l'abaissement du niveau des nappes phréatiques.

3

Le point de vue des pêcheurs
Patrice Malavaux, garde-pêche sur le Doubs francosuisse, évoque ensuite les problèmes que pose la gestion des grands barrages : Châtelot, Refrain, la Goule.

Ce phénomène pénalise la régénération des rivières et leur capacité d’autoépuration et a évidemment un impact sur la qualité et la quantité d’eau potable disponible,

sur la richesse piscicole et sur le potentiel de baignade du département. Cela a donc également des conséquences sur le prix de l’eau potable et la perte de potentiel touristique. Il n’est pas question de contester la bonne foi de ceux qui veulent développer les microcentrales, mais il faut les amener à la prise de conscience des impacts de ces aménagements sur le fonctionnement des rivières. Et, aux conséquences de la construction des ouvrages transversaux de ces 150 dernières années, viennent s'ajouter les dégâts occasionnés par les pollutions liées à l’activité industrielle de la même époque, à l’activité agricole plus récente, et à toutes les autres activités humaines utilisant les rivières comme poubelles.

En conclusion, l'intervenant évoque la nécessité d'un étude sérieuse d'impact pour que les petits barrages soient compatibles avec les écosystèmes des rivières et des zones humides et aimerait que le SDAGE prenne cette question sérieusement en compte. ( 1) Etablissement Public Territorial de Bassin (2) Energies Renouvelables Citoyennes et Solidaires (3) Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux.

EELV– FC

Transition énergétique: un autre atelier

LA BIOMASSE, ENERGIE RENOUVELABLE
ANIMATEUR : Benoît Cypriani,
Président du groupe des élus municipaux EÉLV de Besançon. Adjoint à l’environnement, au développement durable, à la maîtrise de l’énergie. le chauffage, - il y a consensus sur le fait que le bois de chauffage énergie est neutre en bilan carbone si la forêt est renouvelée, - on peut envisager la question de la mobilisation des forêts privées. Concernant le boisplaquette, il se dégage une forme de consensus sur l’intérêt des chaufferies bois dans le cadre d’un contrôle strict ; plan d’approvisionnement spécifique en amont de projet, cartographie nécessaire des chaufferies en regard des plateformes de stockage et des plans d’approvisionnement. La forêt doit pouvoir conserver son point de climax, c’est-à-dire son point d’équilibre entre sorties et entrées sur tous ses aspects. Les chaufferies doivent absolument avoir la maîtrise de l’approvisionnement.

4

INTERVENANTS : François Pasquier, gérant de la
SARL Sundgaubois, plate-forme bois déchiqueté (90).

Sylvestre Soulié, responsable
syndical Franche-Comté du Syndicat national des personnels des forêts et de l’espace naturel.

Des atouts pour le bois-énergie
Dans la cadre des objectifs 3 x 20 du Paquet climaténergie (plus 20 % d’énergies renouvelables, moins 20 % d’émissions de CO2, plus 20 % d’efficacité énergétique, d’ici à 2020) de la politique européenne commune de l’énergie, à mettre en œuvre nationalement et donc localement, la valeur biomasse de la forêt franc-comtoise peut être une opportunité : - la forêt franc-comtoise est la 2e ou 3e forêt française, et elle pourrait être plus productive tout en préservant la biodiversité, il y aurait des stocks disponibles à l’exploitation, - les filières bois-plaquette utilisent du petit bois et du bois de faible qualité (de par la variété : tremble, bouleau, aulne, charme ; ou de par la qualité : bois noueux ou tordu), dont la seule valorisation est l’utilisation en plaquette pour

Des bémols sur le modèle
À ce stade, de nombreuses réserves sont émises par les différents acteurs de l’atelier sur la simplicité et facilité apparente du modèle de partenariat « public/privé » : l’histoire récente des modèles de type Lyonnaise des Eaux ou Véolia dans le domaine de la privatisation de la ressource eau appelle à la plus grande prudence sur les collaborations de ce type.

Une fois vérifié que la forêt franc-comtoise est dès aujourd’hui une opportunité à taille industrielle en terme de potentiel de ressource biomasse, ce qui d’ailleurs la rend intéressante pour les grands centres urbains qui, soudainement, ont une grande envie de la mettre en équation et d’en soutirer des agréments de confort, d’économie, de mise en conformité avec les directives à peu de frais, voire des revenus, de nombreuses questions et points d’inquiétude apparaissent, souvent partagés par tous les interlocuteurs : tous partagent l’idée que l’ambition première d’une forêt (d’un point de vue productif) est de produire de la grume, c’est-à-dire du bois de scierie. Par ailleurs la couverture territoriale des chaufferies est déjà importante, et dans une grande variété de puissances (repère : 300 kW = 1 école) : il y a déjà des centrales de 7 MW (à Planoise), on parle de projets à 16 MW : le risque est important de la prise de contrôle des filières et de la ressource par les centres urbains, au détriment voire au mépris des usages traditionnels de la forêt et des zones rurales.

On assiste à une carbonisation du regard sur la forêt, assimilée à un tas de bois géant. Selon certaines thèses on serait déjà au maximum de son exploitation : risque de la culture du Miscanthus, risque des TCR (très courtes rotations), risque des TTCR (très, très courtes rotations). Il faut opérer une « sylviculture de milieu » plutôt qu’une « sylviculture de produit », ce qui pourra laisser espérer la conservation des facultés de résilience de la forêt. On note des nouveaux conflits d’usage : granulés de bois, bois-bûche, bois compressé, panneaux de particules. Le marché oblige déjà parfois à utiliser du billot (comportements de style mafieux et chantage possible entre les grands opérateurs des partenariats publics/privés et leurs filières de soustraitance). Quid du traitement des cendres, du bilan carbone, du traitement des fumées, du mode de vente et de l’accès à la ressource ?

Promouvoir une gestion durable de la forêt
Le bois est une énergie renouvelable si la gestion est bonne, mais pas du tout inépuisable : il existe un risque de surexploitation et donc de raréfaction, ou de désertification (qui correspond à une destruction profonde de la forêt et son incapacité à se reconstituer). La question se pose des tonnages réellement disponibles dans le cadre du développement durable, face aux calculs optimistes d’une ingénierie dont le seul but serait d’alimenter une ou plusieurs chaufferies. Attention également au stress des arbres dû au réchauffement climatique (stress hydrique, maladies). La forêt peut souffrir du réchauffement climatique et ne plus pouvoir fournir une ressource constante.

5

Les dangers d'une vision centralisée et capitaliste
C’est le risque d’une vision et d’une pratique « féodales » du développement, centralisées sur les centres urbains puissants et sur un respect « superficiel » des réglementations en vigueur, avec un optimisme de rendement dû à un manque de culture profonde de la forêt et potentiellement ignorant de la réalité de la forêt et de son développement dans la durée et la qualité. La forêt ne doit pas passer sous la coupe d’une économie capitaliste effrénée. On note déjà des tensions devant une phase de durcissement de l’approche capitaliste de la forêt : baisse des ressources, guerre et accaparement des marchés, tensions sur l’accessibilité à la ressource.

Il faut prendre en compte la nécessité de préserver l’humus : le bois de chauffage prélevé n’alimente plus le cycle naturel de renouvellement de la forêt, qui s’opère sur un temps long très différent de nos visions pragmatiques et de nos besoins à court terme. Cet atelier riche en informations et en points de vue n’a pas permis de dégager de consensus, sinon l’idée si caractéristique des préoccupations liées à l’écologie -simple à comprendre mais difficile à mettre en œuvre- que la gestion de la forêt et du bois comme ressource doivent se faire en tenant compte de toute la complexité et de tous les aspects liés aux enjeux de préservation de l’environnement.

Alain Poncet, compte-rendu et
commentaires

Transition énergétique: plénière

CONCLUSION
De gauche à droite: - Louis Massias, intervenant pour ERCISOL - Philippe Chatelain, animateur - Denis Rouge: intervenant pour ENERCOOP - Gérard Magnien: délégué général Energie cities - Jean Louis Dufour: association Vents du Grimont Chaque année, en moyenne, la consommation d’énergie revient à 1000 € par habitant en dehors des transports. La traçabilité de cette dépense devient donc obligatoire, et ne peut passer que par l’intervention des collectivités territoriales. C’est à elles que revient, parmi d’autres pistes, la recherche des solutions de proximité, par exemple pour le chauffage. Les citoyens, dans ce cadre, sont aussi des acteurs économiques, comme consommateurs évidemment, mais aussi comme éléments d’appui pour la recherche de solutions pour la transition énergétique : il s’agit de les valoriser. On trouve souvent des citoyens engagés, parfois même « hors du commun ». En conclusion, le mot clé c'est la décentralisation des politiques énergétiques

6

Gérard Magnin commence par rappeler que les dépenses énergétiques représentent 1,2 milliard d'€ par an en Franche-Comté, soit environ 1000 € par habitant et qu'on part d'un système centralisé de type étatique pour aller vers un système décentralisé. Une série d'oppositions pointées
Que peut faire le citoyen ? Question difficile selon lui ; en conséquence il propose d’essayer de sortir de l'abstraction du terme en commençant par parler de la transition énergétique. Il propose de la lire sous la forme d’une série d’oppositions : - Energie fossile / énergie renouvelable - Un « système énergie » partant de l'offre / système partant de la demande - Une organisation centralisée / une organisation décentralisée - Des fonctionnements autoritaires / des fonctionnements démocratiques Mais l’opposition qui lui parait la plus pertinente est celle qui met en évidence la vision qu’on avait jusque là d’une problématique très « nationale » dans le traitement de cette question pour une vision multi-scalaire qui associe dans la réflexion et dans l’action l’ensemble des territoires. C’est un changement de paradigme : la question de l'énergie doit se décliner à toutes les échelles ; y compris, donc, régionale et locale. C’est là que la question du citoyen devient majeure.

Des économies d'énergie à l'installation d'éoliennes
Après avoir évoqué les actions entreprises au niveau de la commune en direction des économies d’énergie (une chaufferie bois qui a permis de réelles économies) Jean-Louis Dufour, maire de Chamole (39) présente le projet d’installation d’un parc de neuf éoliennes. Monsieur Dufour insiste d’entrée de jeu sur l’importance d’en faire un projet « citoyen », ce qui signifie qu’il faut faire prendre conscience aux citoyens de la nécessité de participer à la transition énergétique. Il faut donc les associer au projet . Notre intervenant présente également quelques exemples pris ailleurs : Pays de Vilaine, Vent d'Houyet, Ercisol. Il décrit les démarches en cours : les machines ne sont pas encore installées ; le tour de table va commencer. Du point de vue du financement, les collectivités territoriales fourniront l'essentiel. Selon lui, le cœur du projet c'est une SEM (société d’économie mixte).

Pour les particuliers, 2625 € sont nécessaires pour un ménage qui veut devenir propriétaire d'une part dans la société de production électrique (hors chauffage).

En guise de conclusions pour la journée
Faute de temps, le riche débat qui s'annonçait a été très court. On en retiendra l'extrême sensibilité des acteurs de terrain, à exprimer les fondements de leur démarche. On note aussi dans les échanges la volonté d'éviter les "fausses - bonnes" solutions : on trouve toujours des limites à l'utilisation de solutions alternatives, soit parce qu'elles ne se situent que du point de vue de la solution "technique", soit parce qu'elles ne répondent que très partiellement aux enjeux globaux. Malgré tout on retiendra la confiance apportée par tous les témoignages dans la mise en œuvre de solutions répondant aux demandes des consommateurs-citoyens, de plus en plus impliqués dans la maîtrise des réponses à leur besoins. C'est un peu à l'image de la journée dont ce débat formait une sorte de conclusion. Ce fut sans conteste une réussite, et cela à plusieurs titres : - un succès quantitatif d'abord, dû à la bonne information faite en amont dans tous les réseaux ; - un succès qualitatif par la très bonne tenue des débats, la richesse des apports d'information, la qualité des intervenants. Le sentiment dominant est celui du passage d'un seuil en matière de réflexion et d'action sur la transition énergétique : - les acteurs institutionnels sont impliqués et viennent volontiers débattre de ces enjeux : producteurs d'énergie (EDF), mais aussi collectivités territoriales, - on est, semble-t-il, sorti d'une situation de marginalisation des promoteurs des énergies alternatives ; personne ne regarde plus de haut ceux qui ont depuis longtemps pointé du doigt l'inévitable changement de perspective en matière de production et de consommation d'énergie - personne ne se scandalise qu'un parti décide de participer en tant que tel à cette initiative nationale ; on peut y voir la validation des idées que nous portons en la matière et pour lesquelles on nous reconnaît à la fois une expertise et une légitimité. Une action à renouveler !

Energie citoyenne et solidaire Louis Massias, président d'ERCISOL (1), fait
d’abord un court rappel historique qui débouche sur la nécessité qui lui est apparue de créer une structure valorisant les énergies nouvelles ; ainsi a été créé ERCISOL : Énergie d'origine Renouvelable CItoyenne et SOLidaire.

L’idée de coopérative est venue de la question suivante : pourquoi ne pas associer tout le monde ? Le système de la coopérative repose sur l’idée : un homme, une voix ; le principe demeure dans ERCISOL, qui réunit des responsables élus. Elle a obtenu l’agrément « Entreprise solidaire » pour cinq ans ; c’est une association nationale qui s’occupe à la fois d’information et de production. Chaque projet forme une filiale qui construit son propre tour de table dans lequel ERCISOL peut participer. Toute sorte de projets sont en cours.

7

ENERCOOP ou l'alternative énergétique Denis Rouge présente sommairement la structure Enercoop et ses objectifs : il s’agit d’acheter immédiatement de l’électricité d'origine renouvelable. C’est une structure coopérative dans laquelle on peut s’investir, les collectivités peuvent adhérer.

Enercoop se donne aussi comme but de relocaliser la production d'énergie et donc de développer des solutions locales. Le prix est un peu plus cher que celui de l’électricité d’origine non-renouvelable, mais cela pousse aussi à faire des économies d'énergie. Certaines questions sont en débat à Enercoop comme la place du photovoltaïque ou la cogénération (production simultanée de chaleur et d'électricité).

Claude Mercier

(1) ERCISOL S.A.S. 12C, rue des Vosges 90150 Foussemagne Téléphone : 06.08.28.86.59 contact@ercisol.com

(2) ENERCOOP 9—11, avenue de Villars 75007 Paris Téléphone: 0 811 093 099 contact@enercoop.fr

Lutte contre le surendettement

DES DISPOSITIONS À RENFORCER
Dans le cadre de la loi relative à la séparation et à la régulation des activités bancaires, une avancée est passée inaperçue : la création d'un Observatoire de l'inclusion bancaire, qui était l'une des propositions du rapport sur l'exclusion bancaire réalisé dans le cadre de la conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale. Cet Observatoire devrait permettre de mieux connaître le phénomène d'exclusion bancaire en France. En 2005, Nelly Olin, secrétaire d'État à l'Exclusion, donnait le chiffre de 5 millions de personnes souffrant d'exclusion bancaire. Mais ce chiffre est très incertain : s'il est possible de savoir combien de personnes sont en situation de surendettement (on estime que 757 000 ménages se trouvent dans cette situation et que chaque année 200 000 nouveaux dossiers de surendettement sont déposés), il est plus complexe de connaître le nombre de gens qui ont des difficultés d'accès au service bancaire. Le Centre Walras de l’Université Lumière Lyon 2 précise qu' « une personne se trouve en situation d’exclusion bancaire lorsqu’elle subit un degré d’entrave dans ses pratiques bancaires qui ne lui permet plus de mener une vie sociale normale dans la société qui est la sienne ». Enfin, la Gamme des moyens de paiements alternatifs au chèque (GPA), que les banques se sont engagées à proposer, notamment aux deux millions d'interdits bancaires, est relativement peu utilisée et son coût (40 euros par an en moyenne) est probablement dissuasif pour une partie de la population. La loi Lagarde de 2010 a également instauré des dispositifs visant à prévenir le surendettement, notamment en s'attaquant aux crédits renouvelables. Selon cette loi, le consommateur doit disposer de la possibilité de conclure un contrat de crédit amortissable comme alternative au crédit renouvelable lors de la souscription d’un crédit de plus 1 000 € ; les taux maximum autorisés pour les crédits renouvelables et les crédits classiques doivent être alignés d'ici à 2014 et le remboursement du crédit renouvelable est réduit dans le temps. Si ces dispositions ne sont pas aujourd'hui toujours appliquées comme elles le devraient, on constate une baisse des crédits renouvelables, puisque la part de ces derniers dans les crédits à la consommation est passée de 40,4% en 2009 à 35 % en 2011. Si des dispositions sont présentes dans la loi bancaire, il serait nécessaire de renforcer de manière importante la politique de lutte contre l'exclusion bancaire, en s'assurant de la bonne application de la loi Lagarde de 2010 ou de l’interdiction de la publicité concernant le crédit renouvelable, mais aussi en renforçant l'accompagnement social contre le surendettement. De nombreuses expérimentations locales se développent : une plateforme budget à Grenoble, une plate-forme téléphonique à Paris... À Besançon, une convention entre le CCAS (Centre communal d'Action sociale) et le Comité des banques de Franche-Comté a été signée, dont le but est de créer des passerelles entre les acteurs sociaux et les banques. Enfin, comme le préconise la Cour des Comptes, une contribution prélevée sur les établissements financiers pourrait être mise en place pour participer au financement du coût du traitement du surendettement.

8

Il existe depuis 1984 un droit au compte. En effet, toute personne ne possédant aucun compte et se voyant refuser l’ouverture d’un compte par un établissement bancaire peut demander à la Banque de France qu’elle désigne un établissement bancaire qui aura l’obligation de lui en ouvrir un. Malheureusement, le droit au compte reste une procédure lourde et mal connue, qui n'a bénéficié en 2012 qu'à 32 000 personnes. De même, les services bancaires de base, gratuits, prévus par la loi, sont réservés aux personnes ayant eu recours au droit au compte et leur contenu est notoirement insuffisant.

Cyrielle Chatelain

L’Accord national interprofessionnel pour la sécurisation de l'emploi (ANI)

UN TOURNANT DANS LA POLITIQUE DE L'EMPLOI
Le mercredi 24 avril, le projet de loi de sécurisation de l'emploi, transcrivant l'accord national interprofessionnel signé le 11 janvier, a été définitivement adopté par le parlement. Dans une période de crise, où 5 millions de personnes sont inscrites au Pôle emploi et où 2 millions d'autres connaissent un chômage de longue durée, cet accord revêt un caractère particulièrement important. Il a vocation à stimuler l’emploi au même titre que les Emplois d’avenir, les Contrats de génération, le Crédit d’impôt compétitivité emploi, la création de la Banque publique d’investissement… Ce projet de loi contient des dispositions importantes :

La généralisation de la couverture complémentaire santé à l'ensemble des salariés.
D'ici au 1er juin 2013, des négociations de branche vont s'ouvrir afin de permettre à tous les salariés de bénéficier d’une couverture collective. Cette complémentaire sera prise en charge au moins à moitié par les employeurs. De plus, en cas de rupture de contrat, le salarié pourra bénéficier à titre gratuit de cette couverture pendant la durée de son indemnisation chômage, dans une limite de 12 mois. Cette complémentaire devra être mise en œuvre par les entreprises avant le 1er janvier 2016. Pour certains, cette disposition utile pourrait néanmoins s’inscrire dans la logique de retrait de la sécurité sociale. Par ailleurs, les mutuelles et les assurances privées se sont considérées en partie exclues du fait de l’obligation de négocier ces contrats à l’échelle des branches

La création d'un compte personnel de formation.
Le projet de loi crée un compte personnel de formation individuel et intégralement transférable en cas de changement ou de perte d'emploi. Tout salarié pourra également bénéficier d'un conseil pour être ainsi informé de l'évolution des métiers sur son territoire. Cette disposition est une première réponse à la demande des écologistes pour permettre à chacun de pouvoir se former tout au long de la vie. Le texte a été amélioré lors de son étude par le parlement en permettant un accès gratuit au service de conseil en orientation professionnelle et la création d’un volet formation professionnelle des personnes handicapées au niveau de la stratégie nationale de formation

9

La taxation des CCD.
Pour limiter l'augmentation des contrats courts, le projet de loi prévoit que les employeurs payent une surcotisation à l'assurance chômage sur ces contrats. Cette disposition constituait une demande forte de l'ensemble des syndicats. On se souvient que la CFDT avait fait de cette question un point de rupture. Il sera néanmoins essentiel de suivre attentivement sa mise en application pour s'assurer que les employeurs ne se reportent pas sur l’intérim, qui n'est pas concerné par cette surtaxation.

Les droits rechargeables.
Cette loi inscrit le principe des droits rechargeables. Ainsi les droits à l'allocation d'assurance chômage non épuisés, issus d'une période précédente de cotisation, sont pris en compte lors du calcul de la durée et du montant de l'ouverture d'une nouvelle indemnisation. Néanmoins, les modalités de mise en œuvre de cette mesure devront être discutées lors d'une nouvelle négociation des partenaires sociaux. De plus, cette mesure ne devra pas aggraver le déséquilibre financier du régime d'assurance chômage. Certains se sont inquiétés de l’absence de moyens pour ce faire mais l’idée est bien que le coût soit moindre par une réduction des périodes de chômage.

L'encadrement du travail à temps partiel.
Avec ce projet, un temps minimal de travail est fixé à 24 heures par semaine, ou à l'équivalent mensuel de cette durée. Cependant, cette durée ne s'applique pas aux salariés de moins de 26 ans poursuivant leurs études, ni aux particuliers employeurs. De plus, des dérogations à cette durée minimale de travail sont acceptées : dans le cas où le salarié fait une demande écrite et motivée pour obtenir une durée de travail inférieure ou dans le cadre d'un accord de branche qui regroupe les heures de travail en journée et demi-journée régulières, permettant aux salariés de cumuler avec une autre activité de travail. Enfin, chaque heure supplémentaire (dans une limite de 10 % du temps de travail) donne lieu à une majoration de salaire de 10 %. La crainte peut être liée au fait que l’accord du salarié peut être plus ou moins forcé dans une période défavorable aux salariés ?

Avec cet accord de mobilité, la mutation d’un salarié dans un autre établissement n’est plus considérée comme une modification du contrat de travail nécessitant un accord du salarié, mais cette modification est soumise à l’accord d’une majorité des syndicats. À partir de là, l’accord s’imposera au salarié, qui pourra néanmoins bénéficier d’un licenciement économique individuel s’il refuse, comme c’est le cas actuellement. Mais sans plan social négocié, même si plus de 10 salariés refusent cet accord de mobilité interne.

10

La représentation des salariés.
Dans les entreprises de plus de 5 000 salariés en France et de plus de 10 000 au niveau mondial, les salariés auront un représentant dans les CA de moins de 12 personnes, et deux dans les CA de plus de 12 personnes. Il s’agit d’une demande ancienne sensée renforcer la démocratie sociale.

Sur cette question qui constituait un premier point d’inquiétude, les écologistes ont obtenu que la mobilité soit étudiée sur la base des conditions personnelles, familiales, l’état de santé ou le handicap du salarié et que l’employeur doive compenser les pertes éventuelles de pouvoir d’achat ou les frais de transports supplémentaires. Dans le même esprit des aides de l’employeur à la mobilité géographique et au déménagement sont maintenant inscrites dans la loi. Il faudra être extrêmement vigilant dans l’application de cette mesure et en évaluer les dérives le cas échéant.

Les accords de maintien dans l’emploi.
Le projet crée une nouvelle catégorie d’accords d’entreprise : les « accords de maintien dans l’emploi ». Ils doivent permettre aux entreprises qui rencontrent des difficultés conjoncturelles d’aménager temporairement l’équilibre global travail/salaire/emploi. Ce nouvel outil s’ajoute aux outils déjà existants, tels que le chômage partiel. Cette proposition est apparue rapidement comme le second point de risque. Le projet de loi encadre ces accords, entre autres, avec les conditions suivantes : un accord ne sera acté que s’il est validé par une majorité de 50 % de la représentation syndicale de l’entreprise l'accord ne pourra excéder deux ans - néanmoins nous ne savons pas si un nouvel accord ne pourra pas être signé à l'issue des deux années - et l'accord de maintien dans l'emploi ne peut diminuer les salaires compris entre 1 et 1,2 SMIC. Il y a donc des éléments de protection des

La mobilité interne.
Le projet de loi vise à faire de la mobilité interne un instrument négocié à articuler avec la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). La mobilité interne se caractérise par un changement de poste et/ou de lieu de travail au sein de la même entreprise. Le projet de loi prévoit que des négociations collectives, portant notamment sur les mesures d’accompagnement à la mobilité des salariés en matière de formation et sur les limites imposées à la mobilité, soient menées au sein des entreprises afin de minimiser les impacts de cette mobilité sur la vie familiale.

salariés -, Si le salarié refuse l’accord validé par la majorité des syndicats, son licenciement est considéré comme un licenciement économique et non comme un licenciement individuel, comme prévu initialement. En revanche, le salarié ne bénéficierait pas d’un plan social, c’est là le point faible et de vigilance. Les écologistes ont obtenus que les dirigeants et les actionnaires réalisent un effort proportionnel à l’effort demandé aux salariés. C’est bien le minimum que d’être solidaire dans la difficulté.

Bien que n’étant pas en première ligne dans ce débat, j’ai fait part, dès le début des discussions, de ce qui représentait à mes yeux les deux principales faiblesses de ce texte : - le risque de mobilité subie et pénalisante, - le risque de réduction de salaire et de dégradation des conditions de travail Si concernant la mobilité des améliorations importantes ont été adoptées, sur la question du licenciement en cas de refus d’accord de maintien dans l’emploi nous n’avons pas pu améliorer le texte autant que nous le souhaitions. Notre demande de requalifier le licenciement de 10 salariés ou plus en « licenciement collectif », leur permettant de bénéficier d’un plan social, a été rejetée. Comme pour la plupart des grands textes présentés à l’Assemblée depuis le début de la mandature, les arguments pour adopter ce texte en raison des avancées obtenues, comme ceux pour s’y opposer ne manquent pas. Néanmoins, au regard des avancées du texte initial et de celles obtenues dans le débat, de l’engagement de notre groupe et singulièrement de notre chef de file, des amendements votés, de l’état d’esprit qui a prévalu au sein de la majorité parlementaire, je me suis, avec mon groupe, abstenu.

La déjudiciarisation des procédures de licenciement.

Le projet prévoit que les procédures de licenciement collectif aboutissent grâce à un accord collectif majoritaire ou à un plan unilatéral, présenté par l'employeur, homologué par l’administration. Cette disposition pose plusieurs questions, notamment en ce qui concerne la réduction du temps de validation des accords par l'administration. En effet, les temps de validation par la Direccte (Direction régionale de l’économie, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l’emploi) sont extrêmement courts : 8 jours en cas d’accord, 21 jours sans accord. Le projet de loi instaure également, dans le cadre de procédures de conciliation aux prud’hommes, un barème d’indemnité tenant compte de l’ancienneté du salarié, ce qui présente un risque que l’indemnisation se fasse non plus en fonction du préjudice, mais uniquement de l’ancienneté.

11
Eric Alauzet Député EELV

Ma position et celle du groupe écologistes
Il faut tout d’abord souligner que l’examen de la loi a été l’occasion d’un travail parlementaire de qualité. Lors de l’examen en commission des amendements issus de tous les groupes (majorité et opposition) ont été adoptés.

Science et écologie

ROBOTS-ABEILLES, POLLUTION DES OCÉANS, MERCURE ET ÉNERGIE THERMIQUE DES MERS
Cette rubrique a pour ambition de proposer un regard critique sur l'actualité scientifique, en montrant tantôt les dangers, tantôt les espoirs suscités par les recherches et les découvertes. Cette information peut parfois inspirer les propositions des écologistes. Les références sont données pour ceux qui voudraient approfondir les questions traitées. qui entrerait dans l'augmentation du PIB... Et si on essayait plutôt de préserver les abeilles en bannissant les pesticides ? Notons à ce sujet la victoire très récente des défenseurs des abeilles. Le 29 avril, suite à une pétition signée par des centaines de milliers de personnes en Europe, la Commission de Bruxelles vient de suspendre pour deux ans, l’utilisation de trois molécules insecticides, particulièrement dangereuses pour les abeilles: l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame, commercialisées sous le nom de Gaucho, Cruiser et Poncho. La Feuille Verte de mars s’était fait l’écho des inquiétudes de l’Association Nationale de l’Apiculture Française au sujet des néonicotinoïdes.

1. Les robots-abeilles
Des chercheurs de Harvard essaient de mettre au point de minuscules robots volants, de la taille des insectes. Ils s'inscrivent dans l'hypothèse du déclin des abeilles et de leur éventuelle disparition. Il y a aussi le projet français OVMI (Objet Volant Mimant l'Insecte). Les questions à résoudre sont complexes : miniaturisation, propulsion, source d'énergie, vision électronique, stabilisation, etc. Il s'agirait de mettre au point de véritables essaims de robots-abeilles, coordonnés entre eux. Ils pourraient être utilisés pour la pollinisation ou la recherche de victimes en cas de catastrophe. Les chercheurs travaillent déjà sur un procédé de fabrication simple et bon marché… (Pour la Science n° 426, avril 2013, pp.164-71) Pas très sexy!

2. Nos poubelles touchent le fond
C'est au milieu du XXe siècle que la pollution des océans a culminé. Les mers ont servi de dépotoirs : des déchets industriels, résidus des industries pharmaceutiques, armes chimiques et conventionnelles déclassées, combustibles nucléaires usagés, matériels irradiés issus de l'industrie nucléaire. L'AIEA (1) estime à 63 000 000 000 000 000 becquerels la radioactivité des déchets nucléaires qui reposent au fond des océans. Malgré les législations internationales entrées en vigueur en 1975 et 1983, nos déchets continuent de s'accumuler au fond des océans, en particulier les plastiques. Une douzaine d'États ont continué à déverser des déchets radioactifs jusqu'en 1993. (Les dossiers de la Recherche n°3, avril-mai 2013, pp. 49 à 51)

12

Commentaire : Il y a 20 000 espèces d'abeilles répertoriées dans le monde, 1 000 en France. Elles jouent un rôle irremplaçable dans la fructification des plantes cultivées et sauvages. Cette contribution des insectes pollinisateurs à la production agricole mondiale est évaluée entre 190 et 320 milliards de $ par an, 2,8 milliards de $ pour l'agriculture française. De là à penser que certains lorgnent déjà sur ce futur marché juteux…

Commentaire : les plastiques étouffent les oiseaux, les tortues, les phoques et les poissons de surface. La pollution chimique provenant des effluents d'usine, de la décomposition des plastiques ou du lessivage des sols pollués menace gravement la flore et la faune marines. Et d'autres dangers sont encore devant nous : les projets d'exploitation pétrolière et minière des grands fonds présentent de lourdes menaces pour les milieux marins, comme l'a montré la catastrophe de la plateforme pétrolière dans le Golfe du Mexique en avril 2010.

4. Un accord international contre le mercure
On connaît depuis longtemps l'extrême toxicité du mercure, que ce soit par inhalation ou par ingestion. C'est donc une menace grave pour la santé humaine et l'environnement. Il entre dans la composition des batteries, des lampes fluorescentes, des baromètres et thermomètres, des cosmétiques et des pesticides. Il est aussi utilisé dans les activités d'orpaillage. L'accord signé le 19 janvier à Genève par 137 pays vise à supprimer les activités minières d'extraction dans un délai de 15 ans, à interdire l'utilisation de produits contenant du mercure d'ici à 2020 et à réduire ou supprimer son utilisation dans l'orpaillage. (La Recherche n° 474, avril 2013, p. 83).

3. L'énergie thermique des mers
Même dans les régions tropicales, les eaux profondes sont froides : 4 à 5°C à 1 000 m de profondeur. On peut utiliser la différence de température entre les eaux chaudes de surface et les eaux profondes froides pour fabriquer de l'énergie : c'est l'énergie thermique des mers. Mais le rendement thermodynamique théorique est faible : 3 % contre 35 % pour les centrales électriques thermiques classiques. La rentabilité ne peut être envisagée que dans la perspective du renchérissement des énergies fossiles. En revanche, le pompage d'eau froide peut constituer une bonne alternative à la climatisation classique. Des hôtels de Polynésie française sont déjà équipés d'un tel système, avec une réduction de 90 % de la consommation énergétique. (Les dossiers de la Recherche n°3, avril-mai 2013, pp. 46 à 48)

Commentaire : cet accord est une avancée mais il a aussi ses faiblesses. Aucune mesure contraignante n'est prévue pour la décontamination des sites pollués par le mercure ; les États auront le choix entre « contrôler » et « réduire » les émissions de mercure, et cet accord n'entrera en vigueur que quand 50 États au moins l'auront ratifié.

13

Gérard Mamet

(1) Agence Internationale de l'Énergie Atomique

Commentaire : c'est peut-être une partie de la solution de l'approvisionnement énergétique dans les îles tropicales françaises : Guadeloupe, Martinique, Réunion. Mais les investissement sont très lourds. Pour une centrale de 20 mégawatts, les tuyaux pour pomper l'eau froide doivent avoir un diamètre de 5 à 6 m, et de 10 m pour une centrale de 100 mégawatts. Sans parler des risques pour l'environnement liés au refroidissement des eaux de surface et à l'entretien des installations.

Municipales

MUNICIPALES 2014 A BESANÇON : consultation publique pour un projet partagé

14

« Attention, c’est bientôt parti pour six ans ! Alors exprimez-vous maintenant ! ». Le groupe local du Grand Besançon a choisi de consulter la population de la Ville de Besançon et du Grand Besançon pour collecter les suggestions, propositions, et toute information émanant des habitants eux-mêmes afin d’être au plus près de leurs attentes. Nous voulons en tenir compte lors de la rédaction du programme des prochaines élections municipales 2014 -2020. Pour ce faire, le choix a été d’ouvrir un espace d’expression sur le site internet d’EELV-FC : h tt p : / / f ra n c h e c o m t e . e e l v.f r / m u n i c i p a l e s besancon/, sur lequel chacun peut proposer ses idées à travers six questions (par exemple : « Quels sont les chantiers prioritaires pour préparer au mieux l’avenir de Besançon ? ») et quatre thèmes (par exemple : « Une ville pour tous, est-ce possible ? »). Trois questions sont obligatoires, elles nécessitent une réponse même minime pour pouvoir passer aux thèmes. Ces items ont été définis avec les membres du groupe local de Besançon. Cette démarche met en œuvre certains de nos fondamentaux que constituent la démocratie participative et la subsidiarité. Des flyers d’information concernant cette consultation seront distribués lors d’actions menées dans la rue. Le public pourra également nous faire parvenir des propositions par courrier.

Pour que cela fonctionne, nous avons besoin de la plus large diffusion possible de ce site. Dès à présent, n’hésitez pas à le diffuser sur vos listes de discussion, auprès de vos amis et sur vos réseaux sociaux. Et vousmême n’hésitez pas à le tester ! Les personnes en charge de son suivi sont : Pauline Jeannin et Anne Vignot.

Un groupe de travail va analyser les réponses. Vivement que l’on mette en place une cellule de crise, tellement les réponses vont être nombreuses !!

Anne Vignot
pour le groupe local du Grand Besançon

Gaz et huiles de schiste

ET SI C'ÉTAIT UNE BULLE SPÉCULATIVE ?
La FrancheComté est directement concernée par les gaz de schiste, puisque des gisements ont été détectés dans son soussol. 2 500 personnes se sont d'ailleurs retrouvées à Nantua le samedi 16 mars pour manifester contre les forages qui concernent, dans notre région, aussi bien des gisements « conventionnels » que des gisements de schistes. EÉLV a dit « non » pour des raisons écologiques : l'utilisation de ces pétroles et gaz contribuerait à une relance des émissions de gaz à effet de serre et la méthode d'extraction, dite par fracturation hydraulique, est dangereuse pour l'environnement (risques pour les nappes phréatiques et fuites de méthane). Le Monde diplomatique de mars aborde le débat sur les gaz de schiste sous l'angle économique, cette foi-ci, et parle de la possibilité d'une « grande escroquerie ».

Des coûts de production très élevés
Non seulement la fracturation hydraulique présente de graves risques pour l'environnement, mais elle pose aussi des problèmes économiques. Dans le numéro de janvier 2012 de la revue Nature, David King révèle que « le rendement d'un puits de gaz de schiste décroche de 60 à 90 % au terme de sa première année d'exploitation ». Dès qu'un forage s'épuise, les exploitants doivent à toute vitesse en creuser d'autres pour maintenir leur niveau de production et rembourser leurs dettes. Et les forages coûtent très cher. Un géologue qui a travaillé pour Amoco, Arthur Berman, estime que si on additionne les coûts des milliers de puits supplémentaires, « on en arrive au montant des sommes investies dans le sauvetage de l'industrie bancaire en 2008 ». Les premiers effets de la bulle gazière se font déjà sentir sur quelques-unes des plus puissantes compagnies pétrolières de la planète : ExxonMobil, BP et Shell. L'an dernier, le PDG d'ExxonMobil déclarait par exemple : « On est en train d'y laisser notre chemise. » La même année, BP Group a déprécié de 1,3 milliards de dollars ses actifs. La compagnie Shell, quant à elle, vient d'enchaîner trois trimestres de résultats médiocres avec une baisse cumulée de 24 % sur l'année 2012.

15

Un engouement suspect
Depuis quelques années, la presse américaine annonce un nouvel essor économique grâce aux gaz et pétroles de schiste. Les États-Unis pourraient même arriver à une quasi-autosuffisance énergétique et passer devant l'Arabie Saoudite comme premier producteur mondial de pétrole à l'horizon 2017. Pourtant, dès 2011, on observe quelques fissures dans cette belle construction médiatico-industrielle. Des géologues, des avocats et des analystes des marchés mettent en doute les effets d'annonce des compagnies pétrolières, qui sont soupçonnées d'avoir délibérément surestimé le rendement et le volume de leurs gisements. Début 2012, deux consultants américains tirent la sonnette d'alarme dans la revue britannique Petroleum Review. Ils révèlent que, depuis 2009, les compagnies sont autorisées à chiffrer le volume de leurs réserves comme bon leur semble, sans évaluation indépendante. La surestimation des gisements de gaz de schiste permet de faire passer au second plan les risques liés à leur exploitation … et fait grimper le prix des actions des sociétés concernées.

Quand la bulle spéculative éclatera…
Dans ce dossier, ce qui peut paraître assez diffcile à comprendre, c'est la baisse très importante des prix du gaz aux États-Unis, qui sont passés de 7 à 8 $ par million de BTU - British Thermal Unit - (1) en 2008 à moins de 3 $ en 2012. L'auteur de l'article explique cette baisse spectaculaire par la conjoncture : une montée en puissance brutale de la production des gaz de schiste, chaque société ayant voulu se placer sur ce nouveau marché, combinée à la récession de l'activité économique et donc à la baisse de la demande.

L'analyste John Dizard expliquait, dans le Financial Times du 6 mai 2012, que les producteurs de gaz de schiste avaient dépensé des montants « deux, trois, quatre voire cinq fois supérieurs à leurs fonds propres afin d'acquérir des terres, de forer des puits et de mener à bien leurs programmes ». Et elles ont dû emprunter des sommes astronomiques, en comptant, elles, sur des prix toujours plus élevés des hydrocarbures. L'article évoque deux scénarios possibles dans l'évolution de la situation. Dans le premier, les prix finiront pas s'ajuster à un niveau très élevé pour couvrir les dettes passées et les coûts de production, et l'intérêt économique des gaz de schiste aura fait long feu. Dans le deuxième scénario, on assisterait à « deux ou trois faillites retentissantes », avec des conséquences en cascade sur l'économie mondiale et l'approvisionnement en énergie.

Dans tous les cas, l'exploitation des gaz de schiste ne ferait que retarder la nécessaire transition énergétique en direction du tryptique cher à Europe Écologie : sobriété, efficacité énergétique et énergies renouvelables.

Gérard Mamet

(1) Unité anglo-saxonne d'énergie équivalant à peu près à 250 calories ou 1 060 joules ou 0,3 Wh.

16

Vous n’êtes pas adhérent d’Europe Ecologie Les Verts de Franche Comté ? Et du même coup, vous ne recevez pas systématiquement la Feuille Verte, le mensuel des écolos comtois ?

Abonnez-vous ! Réabonnez-vous! Et faites abonner les gens autour de vous ! Ainsi, vous serez sûr de ne rater aucun numéro, et cela pour la modique somme de 16,00 euros seulement (11 numéros par an).

Chèque à l’ordre d’EELV-FC, à adresser à : EELV-FC — 14, rue de la République — 25000 Besançon

17

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful