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Bases d’un Nouveau Féminisme engagé pour les D roits de l’ Homme au XXIe siècle

Bases d’un Nouveau Féminisme engagé pour les Droits de l’Homme au XXIe siècle

D ocument constituant de l’association. Sept embre 2011

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D ocument constituant de l’association. Sept embre 2011

ocument constituant de l’association. Septembre 2011

Déclaration Universelle des D roits de l’ Homme Article premier Tous les êtres humains naissent

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Article premier Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2 Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Article 3 Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Le droit à la vie émane de la dignité inhérente et de l’égalité inviolable de tous les êtres humains reconnue dans le préambule. La Déclaration est le fondement politique des Droits de l’Homme.

Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne

Article premier La dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée.

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TABLE DES MATIÈRES Un Nouveau Féminisme pour le XXIe siècle Les changements produits par le
TABLE DES MATIÈRES
Un Nouveau Féminisme pour le XXIe siècle
Les changements produits par le féminisme.
L’idéologie au XXIe siècle
La légalisation de l’avortement et sa promotion
au niveau mondial
Nécessité de changer d’orientation
Le Forum Culture21, Nouveau Féminisme
et Droits de l’Homme
1. Notre identité : l’engagement pour la cause
de la femme et les droits de l’homme
2. Le Nouveau Féminisme que nous
promouvons
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UN NOUVEAU FÉMINISME POUR LE XXIe SIÈCLE

A u début du XXIe siècle, le mouvement féministe est fondé

principalement sur des idéologies qui nient la nature et l’identité de la femme, qui combattent la maternité et font la promotion de l’avortement. Face à cette dérive destructrice, les femmes se sont éloignées du féminisme, qui ignore et ne s’engage pas par rapport aux véritables problèmes de la femme, et est de ce fait incapable de se fixer de nouveaux buts pour le progrès de l’égalité entre hommes et femmes dans les différentes réalités sociales.

LES CHANGEMENTS PRODUITS PAR LE FÉMINISME. L’IDÉOLOGIE AU XXIe SIÈCLE

Le féminisme a eu une influence décisive sur la famille, la société et la culture au cours des deux derniers siècles de notre histoire, avec des contributions positives et des changements négatifs. Elles ont été positives en ce qui concerne l’égalité et la justice sociale, mais il a aussi favorisé et favorise des changements préjudiciables aux femmes et à la société. Ces changements correspondent à un développement des idées, où l’on distingue trois étapes : la lutte pour l’égalité des droits juridico-politiques, l’idéologie de l’égalité fonctionnelle des sexes et l’idéologie de genre. La pensée féministe est passée de la revendication de l’égalité des droits entre les sexes à la conception du dépassement des sexes.

Vers le milieu du XXe siècle, dans les pays occidentaux le bilan de cette première étape de l’activisme féministe était positif pour ce qui est des objectifs d’égalité juridico-politique. Dans une seconde étape, sous l’influence du marxisme et prenant appui sur l’oeuvre de la philosophe Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe, 1949), le féminisme devient défenseur de l’égalité fonctionnelle des sexes, qui implique l’élimination des rôles masculin et féminin, ainsi que le refus de la nature féminine et de la maternité ; au cours de cette étape, une idéologie anti-famille et anti-maternité se consolide, avec l’avortement libre comme revendication centrale.

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Troisième étape : influencé par le post-structuralisme français de la fin des années soixante, le féminisme a produit l’idéologie de genre, qui est apparentée aux idées de Simone de Beauvoir et dont la principale nouveauté est le remplacement du concept de sexe (détermination biologique) par celui de genre (construction culturelle).

Pour l’idéologie de genre le but n’est plus d’en finir avec la prédominance masculine ni de se libérer de la maternité, mais d’éliminer la nature elle-même dans la construction de l’identité de la femme et de l’homme, qui sans rapport avec le sexe doit être un choix personnel. Il s’agit d’une idéologie destructrice de l’individu et de la société, puisqu’en niant la réalité naturelle elle rend difficile la formation et le développement de la personne, ainsi que la perception de valeurs morales fondamentales, sans compter qu’elle accentue la belligérance contre la maternité et la famille.

LA LÉGALISATION DE L ‘AVORTEMENT ET SA DIFFUSION AU NIVEAU MONDIAL

Le changement social le plus négatif produit par le féminisme a été la légalisation de l’avortement en tant que droit de la femme au XXe siècle, qui est devenu un paradigme de l’émancipation féminine.

La légalisation de l’avortement, assumée par la gauche politique, et soutenue actuellement par la plupart des partis de l’éventail politique, commence dans l’ex Union soviétique en 1920. Viennent ensuite à partir des années trente et de façon restrictive ou libre les pays scandinaves et dans les années soixante-dix et quatre-vingt le reste de l’Europe occidentale. En 1982, 10% de la population mondiale vivait dans un pays où l’avortement était interdit ; 26%, où il était permis pour sauver la vie de la femme ou pour des causes médicales et 64%, dans un pays où il était considéré légal pour des raisons sociales ou à la demande, en général pendant le premier trimestre.

L’avortement est défendu aujourd’hui comme exercice d’autodétermination personnelle. Il est présenté comme un “droit reproductif”- un nouveau concept juridique provenant du monde anglo-saxon- ; il est aussi masqué derrière un autre nouveau concept de santé féminine, la “santé sexuelle et reproductive” ; et il est propulsé à tous les niveaux (institutionnels et sociaux), en particulier face à des organismes et institutions mondiales influentes, soutenu et fomenté par de puissants intérêts financiers. Il s’agit, finalement, d’introduire et de consolider une idéologie pro-avortement sous le pseudonyme de droits reproductifs de la femme, comme doctrine officielle de l’ONU dans les affaires démographiques et sexuelles.

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La légalisation de l’avortement a été réalisée en contradiction avec les constitutions démocratiques, qui considèrent le droit à la vie comme premier et fondamental, bien qu’il faille reconnaître qu’au siècle dernier on ne disposait pas suffisamment des connaissances scientifiques actuelles qui mettent en évidence la réalité de l’être humain dès sa conception. Cela implique une nouvelle situation qui exige de résoudre ladite contradiction juridique et un changement dans l’actuelle acceptation sociale de l’avortement.

NÉCESSITÉ DE CHANGER D’ORIENTATION

La direction prise actuellement par le mouvement féministe exige un changement radical vers un nouveau féminisme qui s’implique par rapport aux problèmes réels de la femme et aux défis devant lesquels on se trouve au XXIe siècle. L’évolution au cours des dernières décennies vers des objectifs destructeurs de la nature de la femme avec de graves répercussions sur la société rend nécessaire une réflexion sur le projet social qu’il défend et ses conséquences. C’est un projet dans lequel la plupart des femmes ne se reconnaissent pas, mis à part quelques minorités à forte idéologie qui agissent comme groupes de pression et cherchent à l’imposer dans les lois et la culture au moyen de ce qu’on appelle des politiques antidiscriminatoires.

Les femmes ne peuvent se sentir représentées par un projet qui s’adresse essentiellement à elles et qui est fondé sur la négation de la réalité de ce qui est spécifiquement féminin, du don le plus grand dont elles disposent, de ce qui constitue leur force autonome: la maternité. Un projet qui met en avant comme objectif essentiel que l’autonomie personnelle s’établisse sur la négation de l’existence d’un autre être humain, son propre enfant, ce qui est aussi destructeur pour l’enfant que pour la mère, et implique un modèle de société basé sur le plus fort et le droit à éliminer le plus faible.

Quant aux conséquences de fomenter le démantèlement du mariage et de la famille, cela affecte la viabilité de la société elle-même, comporte une chute de la natalité comme on observe en Europe et conduit au vieillissement, à la décadence et à un horizon où les systèmes de protection sociale ne sont pas durables.

Alors que le mouvement féministe s’évertue dans cette direction, les difficultés des femmes pour obtenir l’égalité ou la rendre effective sont toujours une réalité dans les différentes sociétés.

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Même dans les pays occidentaux, une discrimination existe, la conciliation vie familiale-vie professionnelle est encore
Même dans les pays occidentaux, une discrimination existe, la
conciliation vie familiale-vie professionnelle est encore un défi et
elles se trouvent dans les étapes iniciales de la participation politique.
Le moment est venu, donc, d’une reformulation de la pensée
féministe, qui doit être basée sur l’acceptation de la réalité de la
femme et orientée vers des buts qui signifient un nouveau progrès
dans l’égalité des sexes en respectant leur identité propre et la
différence.
C’est
pour
répondre
à
cette
nécessité
que
naît
le
Forum
CULTURE21, Nouveau Féminisme et Droits de l’Homme.
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FORUM CULTURE21, NOUVEAU FÉMINISME ET DROITS DE L’HOMME

Le Forum CULTURE21, Nouveau Féminisme et Droits de l’Homme

est une association envisagée comme forum de pensée et d’action, qui naît dans le but d’instaurer les bases d’un nouveau féminisme qui réponde aux problèmes réels de la femme et soit à nouveau capable de contributions d’une grande portée à la société du XXIe siècle.

Forum CULTURE21 propose un nouveau féminisme qui, se considérant héritier des mouvements qui historiquement ont été à la tête de la lutte des femmes pour l’égalité des droits juridico-politiques et la participation sociale, réfléchisse sur la réalité actuelle de la femme dans les différentes sociétés du monde et comprenne et assume les principaux défis qui en découlent. N’oubliant pas que la réalité n’est pas la même dans les pays occidentaux que dans les pays en voie de développement, mais sachant que les premiers sont un modèle pour les autres.

1. NOTRE IDENTITÉ : L’ENGAGEMENT POUR LA CAUSE DE LA FEMME ET LES DROITS DE L’HOMME

Le Forum CULTURE21 définit son identité dans un double engagement :

la cause de l’égalité de la femme et l’engagement pour les Droits de l’Homme. Ce double engagement constitue réellement et considérant en particulier l’Europe une nouvelle culture pour le XXIe siècle, puisqu’il regroupe deux réalités qui aujourd’hui apparaissent opposées :

les droits de la femme et le droit à la vie de tout individu, le premier des droits fondamentaux de l’homme et point de référence pour tous les autres.

Cheminer vers cette nouvelle culture implique de profonds changements dans le féminisme et dans la pensée contemporaine, dans les législations et dans les politiques publiques que nous favoriserons activement.

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Nous promouvons de façon prioritaire :

A.

féminine.

Les prémisses du nouveau féminisme que nous proposons diffèrent radicalement de celles qui ont été à la base de ce mouvement au cours des dernières décennies. Il ne nie pas et n’est pas hostile à la nature et à l’identité féminine, ce qui implique de nouveaux paradigmes pour l’émancipation de la femme et exige de remettre en question ceux qui étaient admis sur ces bases par la pensée contemporaine, et reflétés dans les lois et politiques publiques des pays occidentaux. Cela implique de corriger des erreurs commises au XXe siècle qui ont causé de graves préjudices aux femmes et à la société, notamment la légalisation de l’avortement.

Une réflexion est nécessaire dans l’ensemble de la société sur des questions essentielles pour la femme et la société elle-même, comme la conciliation famille-vie professionnelle et une meilleure considération de la maternité dont l’importance est ignorée dans les pays occidentaux. Il faut un changement social et politique dans la façon dont on envisage celle-ci, en reconnaissant convenablement sa valeur personnelle et sociale, et faire bouger tout ce qui l’entrave, soutenir la femme enceinte en toutes circonstances et introduire une culture de la conciliation travail-famille pour les deux sexes.

Nous promouvons un modèle social qui sache adapter ses structures afin de rendre possible la conciliation et où l’horizon de l’épanouissement personnel ne consiste pas exclusivement en des valeurs d’efficacité et de productivité, où hommes et femmes donnent une place prioritaire à la famille, et à la maternité/paternité pour réussir une vie pleine et complète.

B. Un changement dans la conception des droits.

En premier lieu, il faut rendre à l’idéologie des Droits de l’Homme sa signification authentique, et refuser son appropriation par des minorités qui l’utilisent pour faire avancer toutes sortes de revendications. Or, elles ne peuvent pas toutes être considérées comme une extension de ces droits, ni être acceptées comme addition au catalogue de ceux qui sont fondamentaux - dont la force morale réside précisément dans le fait d’être concis, dans sa fermeture et taxativité - notamment quand elles contredisent la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, puisque les soi-disant nouveaux droits sont en bonne partie une négation des anciens et véritables droits. C’est le cas du “droit à l’avortement”, qui nie le droit de tout individu à la vie reconnu dans l’article 3 de la Déclaration.

Un

changement

dans

les

paradigmes

de

l’émancipation

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En ce sens, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (Sentence du 16/12/2010), a affirmé qu’il n’y a pas un droit à l’avortement.

En second lieu, le prétendu “droit à l’avortement” est fondé sur le principe du droit de la femme à disposer de son corps, un argument insoutenable alors qu’il est clair scientifiquement que l’enfant en gestation est un autre être humain dès sa conception. En troisième lieu, l’éthique actuelle reconnaît l’autonomie personnelle, mais les droits individuels qui en sont l’expression ne peuvent être absolus : le droit individuel doit toujours être confronté à la responsabilité sociale.

En somme, l’avortement ne peut être envisagé comme un droit qui nie le droit le plus fondamental, et l’autonomie et l’égalité de la femme ne peuvent se construire sur une pratique aussi négative. Le droit de la femme à sa sexualité ne peut impliquer le droit sur la vie d’un autre être humain, l’enfant en gestation.

C. La reconnaissance en tant que personne de l’être humain avant sa naissance et l’abolition de l’avortement.

Une réflexion et un changement social et juridique sur comment on traite l’être humain avant sa naissance sont urgents. Il faut regarder en partant de la vérité la réalité de l’avortement, qui repose sur la tromperie de l’humanité du foetus, faisant fi des évidences scientifiques. La science montre que l’être humain est toujours le même dans son processus de genèse, développement et fin, puisqu’il a dès sa conception une structure biologique qui le constitue en tant que tel. Cette réalité exige d’en tirer les conséquences : qu’il doit être respecté et considéré comme une personne, et d’avancer vers un concept inclusif qui dépasse la séparation actuelle être humain- personne, séparation qui n’est plus soutenable et qui donne lieu à une discrimination éthique et juridique. Pour cette raison, le problème de la protection des embryons humains et de l’abolition de l’avortement se pose comme une exigence du progrès des droits de l’homme et de la civilisation.

Le droit à la vie contenu dans la Déclaration Universelle doit être pleinement reconnu au premier stade de la vie de l’homme et protégé légalement depuis la conception jusqu’à la mort. Sont prioritaires la dérogation des lois qui reconnaissent l’avortement libre pendant les premières semaines de gestation et la réforme d’autres réglementations, afin que la législation s’oriente vers une réglementation qui considère essentiellement l’incompatibilité vitale entre la mère et l’enfant, et qui signifie une véritable abolition de l’avortement.

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De même, il faut promouvoir depuis les institutions la prévention des causes qui en sont à l’origine dans un respect nouveau et une protection nouvelle de la maternité.

En résumé, l’objectif de Forum CULTURE21 est de contribuer à la réalisation d’une société éthiquement digne et pleinement humaine, respectueuse de la dignité des hommes et des femmes, qui permette une véritable égalité de la femme en respectant son identité et la différence. Une société dans laquelle il n’y ait pas de place pour la “loi du plus fort”, qui considère que toute vie humaine a la même valeur et fermement décidée à l’application effective des droits de l’homme et à leur progrès.

2. LE NOUVEAU FÉMINISME QUE NOUS PROMOUVONS

Le nouveau féminisme que nous promouvons est fondé sur le respect et l’appréciation de la nature, de l’identité et des valeurs propres à la femme. En même temps, il est conscient que la maternité est la pierre d’angle de l’analyse des problèmes de la femme actuelle et que, pour cette raison, elle doit être un véritable point central du féminisme.

Il comprend cinq éléments centraux :

1. Il affirme l’égalité de la femme et reconnaît la différence entre les sexes centrée sur la maternité.

La prémisse principale du nouveau féminisme part de la reconnaissance de l’existence d’une différence entre les sexes centrée sur la maternité, et que la maternité définit de façon essentielle l’être féminin. Pour cette raison, en accord avec la thèse de la politologue J. Haaland Matláry (Il tempo de la fiorituri ou “temps des femmes”,1999), que nous partageons, la libération de la femme et l’obtention de l’égalité avec l’homme ne seront réelles que quand elles seront atteintes en respectant la condition féminine.

L’ancien féminisme égalitaire des années soixante-dix, dépourvu d’une vision anthropologique sur laquelle puisse se fonder une reconnaissance de la différence entre les sexes, essayait de les rendre égaux en incitant à l’imitation de l’homme, et l’actuel féminisme de genre se base sur l’hypothèse ontologique que la féminité et la masculinité sont des conceptions culturelles, ce qui revient à nier l’existence de l’authenticité d’être hommes et femmes, une théorie éloignée de la réalité et des véritables problèmes de la femme.

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Le nouveau féminisme défend la cause de l’égalité des femmes en assumant la différence, refuse l’imitation des hommes mais exige de jouir des mêmes droits, y compris celui de participer à la vie publique, politique et professionnelle, et l’accès à la formation pour garantir leur présence dans les domaines de prise de décisions. Il reconnaît et soutient le rôle de la femme dans la famille et la société, sous toute latitude, religion et culture.

2. Il apprécie la maternité et exige la reconnaissance de son importance vitale pour la société et des droits que cela engendre, et valorise la paternité.

Le nouveau féminisme ne renie pas la nature de la femme et considère que la maternité est un don et une tâche d’une grande valeur, dans laquelle l’éducation des enfants constitue un travail essentiel de formation de la personne et a un impact évident sur le bien-être de la société. Il valorise le sens de la paternité traditionnellement mis de côté par le féminisme et rend les pères de plus en plus conscients de leur importance pour leurs enfants et pour la société. La maternité définit de façon essentielle l’être féminin, mais de même, être père est un condensé de l’être masculin.

Les femmes doivent retrouver leur compréhension naturelle de la grande importance que la maternité a pour elles et réaffirmer son importance dans leur vie et dans l’ensemble de la société, puisque la condition de mère est quasiment ignorée dans les sociétés occidentales, ainsi, on ne valorise pas non plus le rôle de la femme qui travaille pour sa famille et ses enfants. La question de la maternité est de caractère anthropologique mais aussi d’ordre pratique, puisqu’elle doit être reflétée dans l’organisation sociale pour qu’être mère et travailler en dehors de la maison soit compatible.

La maternité est essentielle non seulement pour la femme mais aussi pour l’avenir de la société, par conséquent, elle engendre des droits qui doivent être reconnus : le droit au soutien de la société ; à la non- ingérence de l’Etat dans la vie reproductive ; le droit à une vie professionnelle sans discrimination ; et le droit à éduquer ses enfants, grâce au libre choix de l’établissement scolaire et de l’éducation dans des questions de base de morale et de sexualité.

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3. Il rejette l’avortement comme paradigme de l’émancipation.

En premier lieu, l’émancipation et le plein épanouissement de la femme ne peuvent être construits sur la négation de l’existence de son propre enfant, ce qui est également profondément destructeur pour la mère. La véritable émancipation féminine consiste en la liberté de la femme de pouvoir être elle-même, d’être une personne épanouie dans sa condition de femme, ce qui inclut la possibilité d’être mère. Cette réalité personnelle doit être reconnue et appréciée, et ne pas exiger à la femme d’être comme l’homme pour être respectée, ce qui la porte à l’extrème possibilité de renoncer à la maternité et d’avoir recours à l’avortement pour surmonter les barrières qui se présentent à elle dans la vie professionnelle et politique. Il est temps de se libérer de ces esclavages et de corriger une réalité qui est objectivement mauvaise pour la femme et la société.

Deuxièmement : la banalisation de la sexualité dans les pays occidentaux, comme activité détachée des fondements de l’amour et de l’engagement, a conduit à un rapport direct entre le manque de respect envers la maternité et l’acceptation sociale de l’avortement, vu comme un effet collatéral de l’activité sexuelle et une méthode contraceptive de plus. Face à cette banalisation qui minimise la réalité de l’avortement, il faut une nouvelle culture dans laquelle l’éducation sexuelle intégrale des jeunes tienne compte de la dimension procréatrice et de la valeur de la responsabilité face à la maternité et la paternité. L’exercice de la liberté sexuelle et le renoncement responsable de la femme à être mère, doivent aller de pair avec la responsabilité d’accueillir et de protéger le nouvel être qui pourrait être conçu, et ne peut impliquer le droit sur sa vie.

Troisièmement : l’avortement est mis en avant comme un élargissement des droits, or il ne peut être considéré comme une conquête de la liberté personnelle ou un progrès de la société, mais est un véritable recul dans la condition humaine, puisqu’on accepte moralement et juridiquement une action qui consiste à ôter la vie à un être humain dans le sein maternel, à son stade de plus grande vulnérabilité et où il se trouve totalement désarmé.

La légalisation de l’avortement libre pendant les premières semaines de gestation dans les réglementations de délais, a instauré dans les ordonnances juridiques d’une bonne partie des pays occidentaux la suppression du droit à la vie de l’être humain dans la première phase de sa vie, en contradiction claire avec leurs propres constitutions.

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De même, d’autres réglementations basées sur des indications, avec un critère central d’équilibre entre la vie de l’être qui n’est pas encore né et le droit de la mère à préserver sa santé, ne protègent pas de façon adéquate la vie du nasciturus, qui y est reconnue comme vie humaine digne de tutelle juridique.

Il est temps de réagir, l’Europe doit regarder en partant de la vérité la réalité de l’avortement et avancer vers un grand consensus éthique sur le droit à la vie et sa protection, et affronter les problèmes qui rendent difficiles la maternité et l’égalité réelle de la femme.

4. Il fixe comme objectif prioritaire de son programme de réformes la conciliation de la maternité et la vie familiale avec la vie publique, professionnelle ou politique.

Il faut rejeter les approches qui voient la maternité comme un obstacle au progrès des femmes. Au contraire, on doit reconnaître son importance primordiale et à partir de là mettre au premier plan la question de la qualité de vie au niveau familial, professionnel et politique. Il est essentiel qu’un changement ait lieu, qui doit se concrétiser dans les lois et les politiques publiques, qui reconnaisse et soutienne la grande tâche qu’est la maternité et permette la conciliation.

Depuis les instances politiques et la société une réponse doit être donnée aux questions d’ordre pratique de comment concilier la maternité avec une activité rémunérée, comment réussir à ce que le travail de la mère soit reconnu, comment surmonter les discriminations de caractère culturel et celles provenant des structures sociales, et comment améliorer les responsabilités du père. C’est une question-clé pour obtenir un nouveau progrès dans l’égalité effective des femmes, et cela représente un grand défi pour le nouveau féminisme que de contribuer au changement de l’état de choses dans ce domaine. Si dans le féminisme des années 70 la parité fonctionnelle était l’objectif fondamental du programme de réformes, pour le nouveau féminisme c’est la conciliation qui l’est.

5. Il encourage le leadership de la femme dans la défense et le progrès des droits de l’homme, et dans la contribution à une société plus juste.

Le XXIe siècle s’annonce comme le siècle de la dignité humaine. Ce but exige nécessairement la reconnaissance effective des droits inhérents à celle-ci, dont le premier est le droit à la vie qui émane de la dignité humaine, exprimée comme dignité inhérente et égalité inviolable de tous les êtres humains.

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C’est cette conception qui est présente dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies de 1948, fondement politique des droits de l’homme. Or, la réalité montre une contradiction entre le fait que ces droits fondamentaux reconnus dans les constitutions démocratiques et les textes internationaux, ne peuvent être remis en cause, et leur relativisation par le vote des majorités et pour des raisons d’ordre politique, idéologique ou pragmatique.

Cependant, dès le moment de la conception la vie mérite d’être protégée comme un droit fondamental, puisque la vie et la dignité humaine sont inviolables, ainsi que l’affirme aussi l’article premier de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne. Et l’enjeu devant lequel on se trouve dans ce sens est celui de la protection légale de tout individu dès le début de sa vie, ce qui implique de combattre toutes les violations de ce droit. Si vraiment le XXIe siècle doit représenter un progrès dans la dignité et les droits fondamentaux de façon universelle, les pays occidentaux doivent être un modèle car on ne peut exiger à d’autres qu’ils les respectent si en Occident on les viole de façon évidente. Un changement radical est nécessaire, et il faut rendre le droit à la vie réellement inviolable, et pour cette raison, le Statut de l’Embryon et l’abolition de l’avortement constituent une exigence incontournable.

Le nouveau féminisme encourage le leadership de la femme dans le respect du droit à la vie, puisqu’ayant un rôle primordial dans la transmission de la vie elle doit être à l’avant-garde de la défense de ce droit de tout être humain. Il poursuit, de même, l’éradication des nouveaux esclavages qui dérivent de la prostitution et de la pornographie, axées habituellement sur la femme qui y est traitée comme un objet de consommation, qui sont préjudiciables pour la femme, et pour l’homme, l’enfance et la société en général.

Le Nouveau Féminisme, dans la ligne des meilleures contributions du passé, reprend l’objectif d’une société plus juste et poursuit un changement social et politique qui rende effective l’égalité de la femme. Le rôle du mouvement féministe est crucial pour promouvoir les droits de l’homme, retrouver des valeurs positives pour toute la société et réussir à progresser dans l’égalité des sexes, la parité dans les tâches sociales et politiques et l’élimination de tout ce qui met la femme dans une situation d’infériorité.

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