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éditorial, plus si le poète devient parfois arme de la révolution, pornographie qui se sait

pour un pornographique qui s’ignore.


Aimé Césaire, le jour d’avant nos avions juxtaposés, de tous nos règlements, de nos conditionnements, on
ne saurait réussir le moindre sentiment. Cela est d’un autre ordre, et réel, et
par Pierre Hunout par Matthieu Marie-Céline infiniment plus élevé.
ce mois-ci dans [sic], le mensuel de dixit, la mort se retranche à elle-même De toutes vos pensées fabriquées, de tous vos concepts triés, de toutes vos
et s’invite avec le feu au banquet jamais rassasié du poème. ce mois-ci, dixit, démarches concertées, ne saurait résulter le moindre frisson de civilisation
la revue, espère s’augmenter d’un numéro, avec au sommaire Marc Perrin, Honneur et respect à un homme qui n’a eu de cesse de rappeler au poète ainsi vraie. Cela est d’un autre ordre, infiniment plus élevé et sur-rationnel.
Laurence Barrère et ismaël. trois talents de la poésie contemporaine auxquels qu’à l’homme, son exercice ; à savoir que son devoir n’est point le songe mais 2 – Je n’ai pas fini d’admirer le grand silence antillais, notre insolente richesse,
pornographique est celui qui célèbre la mort de l’autre par sa propre mort. nous avons le bonheur de donner la parole, une parole que nous sommes bel et bien l’action. L’action dans le texte, l’action dans l’humanité. Evoquer notre pauvreté cynique.
pornographique aussi celui qui donne la mort par la mort. le poème, lui, se heureux de partager avec vous, toujours. Monsieur Aimé Césaire (26 juin 1913 – 17 avril 2008) à l’occasion du premier 3 – Vous avez encerclé le monde. Il vous reste à l’embrasser. Chaudement.
maintient dans cette relation, entre demeure de l’invisible et remontée des anniversaire de sa mort a non seulement une résonance déplacée, mais 4 – Les vraies civilisations sont des saisissements poétiques : saisissement des
Enfers, le poème c’est la peau d’Hadès brûlée par le soleil de Thésée, une également un caractère étrange. De par la situation actuelle dans laquelle étoiles, du soleil, de la plante, de l’animal, saisissement du globe rond, de la
peau noire et calcinée, une pornographie nègre. tu as laissés tes enfants insulaires, ils se réveillent enfin pour entendre une pluie, de la lumière, des nombres, saisissement de la vie, saisissement de la
parole fomentée durant toute une vie d’homme debout. Nous ne sommes mort.
(se) donner la mort ne certifie cependant pas le poème, n’a jamais abouti à pas seuls à être tes enfants, et tous les orphelins de par le monde et son […]
amener une incidence jusqu’à l’œil ; ce n’est que le poème qui parfois (se) avis aux auteurs système chiffré, puissent-ils écouter ta poésie et lui donner vie, lui donner 9 – On ne bâtit pas une civilisation à coups d’écoles, à coups de cliniques,
donne la mort, comme bombe dans la bouche et/ou révolution avortée, corps. Encore un peu, et nous serons à ton siècle. Merci. à coups de statistiques. Seul l’esprit poétique corrode et bâtit, retranche et
constat d’échec pour ouvrir le tranchant du regard. dixit est actuellement à la recherche de manuscrits inédits, ainsi vivifie.
n’hésitez pas à nous faire parvenir vos textes à : Appel au magicien- poème inédit d’Aimé Césaire (extraits) 10 – Les Antilles n’ont pas de civilisation, parce que les Antilles boudent la
ici va l’écart entre le poète et le révolutionnaire, une évidente question collectifdixit@gmail.com poésie. Scandaleusement. Nous avons perdu le sens du symbole. Le mot
de cible à (ne pas) atteindre. de fait, si toutes deux surgissent de et par la Quelques mots pour une civilisation antillaise propre a dévoré notre monde. Scandaleusement.
ou à l’adresse suivante :
périphérie, seule la révolution cherche à gagner le centre ; la poésie, elle, […]
association dixit, 6/8 Place du Pont-Neuf, 31000 Toulouse, France. De toutes nos machines réunies, de toutes nos routes
ne se proclame pas et toujours se méfie de quelque pouvoir que ce soit. 1 –
elle creuse et évide, elle met à jour un puits et un vertige. tout au Votre envoi vous sera réexpédié s’il est accompagné d’une enveloppe suffisamment affranchie pour le
retour. Nous n’assumons aucune responsabilité si un manuscrit est égaré.
kilométrées, de tous nos tonnages accumulés, de tous Rédigé en Haïti, le 20 mai 1944

Alain Bashung, la nuit d’après à paraître agenda


par Benjamin Alexandre avril_2009_n°04
théâtre / lecture / rencontre [sic] c’est gratuit,
bashung – danseur à la poitrine constellée d’hématomes – tes poumons de
fougère ont craché leur dernier souffle ; volute brisée au bord d’un cendrier
dixit, n°7 « le corps seul succombe à sa disparition
avant de s’incarner dans le vide
le néant est le corps de l’autre
DU 7 AU 18 AVRIL : Lettres à nos hommes qui sont Là-bas (Cie Théâtre de l’éclat), 21h00
- Théâtre du Grand Rond (Toulouse)
et ce mois-ci, c’est avec :

20 AVRIL : Incidences II, Giney Ayme / Jérôme Game, 21h00, entrée libre - Cave benjamin alexandre
qu’il nous faut traverser les yeux clos, aveuglés que nous sommes par le cri avec Marc Perrin, que faire alors avec le deuil
Poésie (Toulouse) matthieu marie-céline
des néons que tes dents ont planté dans nos rétroviseurs. Laurence Barrère et ismaël
de ce qui est advenu et le deuil de ce qui
laurence barrère
adviendra » 25 AVRIL : Émilie Piqueboeuf ou la Vie en plein dedans (Cie du Petit Matin), 19h00 - Le
avril 2009, 10 € ismaël, lettres à la mort, lettres 32 Chapeau Rouge (Toulouse) pierre hunout
bashung – plus rien ne s’oppose à la nuit. cette nuit qui déborde pour cogner 27 AVRIL : Poèmes entrecroisés, Manuel Van Thienem, 21h00, entrée libre - Cave Poésie et ismaël
son veuvage à l’oreille des berlines. plus rien ne s’oppose à la nuit, pas même le 4 MAI : Les Villes invisibles d’Italo Calvino, Lyne Zrehen / Sara Valero, 21h00, entrée
hennissement de ces nuages crucifiés à l’ombre de tes omoplates. et malaxe, libre - Cave Poésie direction de publication :
malaxe... jusqu’à ce que nos mains saignent... malaxe... jusqu’à ce que les matthieu marie-céline
mirages... exposition pierre hunout
JUSQU’AU 03 MAI : Michel Dieuzaide, Quand la lumière tient la plume / Laurent Camut, Qui
bashung – désormais je me dore à tes nerfs, au souvenir d’Ostende dont l’écume fait a peur des fantômes... - Le Château d’Eau (Toulouse) association dixit , 6/8 place du pont-neuf,
écho à ta voix éraillée, déraillée. 31000 toulouse, france. tél : 05 61 14 27 01 fax :
dixit vous propose 05 34 32 05 81. dixit , collectif et revue
désormais je me dore... de poésie, est une association à but non-

issn en cours
9 MAI : Abolition de l’esclavage, lecture par Ingrid Bricquet-Galmar et Matthieu Marie- lucratif régie par la loi du 1er juillet 1901.
et ton souvenir comme une île flottante. Céline - Canal Sud (92.2 FM) - à partir de 16h président : anthony clément / vice-président :
benjamin alexandre / secrétaire : matthieu
marie-céline - © dixit tous droits
réservés aux auteurs - toulouse - avril 2009
libres-paroles

Benjamin Alexandre Matthieu Marie-Céline Laurence Barrère

T’écrire – c’est peindre sa langue couleur d’échafaud, non pour abattre mais Pour régler l’existence les lois du chiffre du nombre (et) de la masse bien suivre les flèches on il est des frissons que même le vent ne sait guère imiter. Ta peau. L’odeur
pour élaguer. C’est se soustraire à l’encre pour s’agrafer aux marges, à tout ce pour entrer dans des cases des dates (et) des numéros pour tout partout perturbe tout sans quoi incolore, imberbe sur ma bouche lorsque je parle de toi. D’autres sont morts
qui déborde la parole pour lui donner corps – substance – au delà du sens. pour ne pas déborder ni en poids ni en taille ou en toute autre valeur lire à gauche de page d’élucider la transparence de la peau.
T’écrire – c’est peut-être éviter sa cible pour se perdre dans la chair même mesurable [compter avoir les bons gènes au départ] délire de gauche à droite (bout de page) saut de Peu de mains ont remonté l’alpage de cette écorce que tu m’enfantes. Partie
du blanc. pour ne pas faillir ni mettre le genou à terre encore moins déjouer son rôle ligne palpable du monde, qui ne se découvre que dans l’amertume d’un frère. Dans
C’est ouvrir une fenêtre. aux yeux de la l’affront d’une pupille.
tout est balisé tout nous balise garder Partie inaugurale du monde. Ebouillanter le pluriel, sur l’échafaud.
pour couler tranquillement sa vie jusqu’à mourir correctement (sans pic couchée
du haut ni pic du bas) pour exister sans véritablement se sentir vivant surtout
point le droit de faire à côté toujours viser dans le trou qu’il faut
à droite c’est perdre à gauche c’est perdu aussi au milieu c’est là paramétrer tout par défaut ajuster

Il a été sa femme. Elle a été sa femme. Toutes les deux elles ont été.

déjà disponible Serge Pey est un des artistes les plus singuliers de la performance
et de la poésie d’action contemporaine. Poète de la rupture des
la page de tunis Des hommes. La nuit il, levait, les yeux. Pour la regarder dans ses fenê-
tres. Elle baissait ses fenêtres pour le regarder. Dans les yeux. Elle ouvrait
Serge Pey & Além Surre Garcia frontières de l’art, il rédige ses poèmes sur des bâtons qui jalonnent
par ismaël ses portes le jour, venu. A la senteur du café. Il lui ouvrait son ventre, elle
Nihil & Consolamentum, Toulouse, Délit Editions, 236 p., 21 € ses installations et ses expositions. Théoricien et critique, il explore y prenait place. Naturellement. Elle s’étalait elle sommeillait. Ou bien, elle
les phénomènes de possession et de dépossession dans la pratique laissait éclater ses bourgeons…
orale du poème. Fondateur et initiateur du Mouvement des Marches
Internationales de la Poésie, il enseigne la poésie contemporaine à Il l’a quitté depuis un an. Parti à la recherche, des cailloux, des éclats. Il Il n’a osé cueillir, d’elle, que certains, mots. Qui se répètent depuis, avec
Nihil et Consolamentum de Serge Pey est n’a pas retroussé ses manches. Avant d’immerger ses bras, dans la terre. son accent à elle. Comme des saisons primitives dans sa bouche. Il ne sait
l’Université de Toulouse-Le Mirail. Son oeuvre plastique est exposée
la première édition des textes de l’auteur La mémoire. En croyant pouvoir déraciner les mauvaises herbes. Dans pas. S’il pourra jamais aimer. Un homme. Ou. Une femme. Autant qu’il l’a
à Paris, au parc de la Préhistoire de Tarrascon et au Musée d’art
toulousain consacrée au génocide occitan chaque caillou. Ramassé du rêve. Il a entendu sa voix, couler. Dans chaque aimé, elle.
contemporain de la ville de Toulouse.
et à la théologie cathare. Rédigés au début éclat. Cueilli de l’arbre. Il a entendu un écho. Un écho, qu’il n’a pas encore
des années 1980, ils n’avaient fait jusqu’alors réussi, à retenir dans le creux de sa main. A planter dans les yeux, du premier Toulouse
Além Surre Garcia est un écrivain de langue occitane et française. De
l’objet d’aucune publication. Précédé par La inconnu. Des grenouilles avaient sauté, dans ses yeux. Par milliers. Il ne buvait
1990 à 2006, il fut chargé de mission pour la langue et la culture occitane
dédicace des brûlés, Nihil et Consolamentum, dans l’eau, qu’à la lueur d’une bougie. Un vendredi à vingt trois heures.
au Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Il a publié notamment Antonio Vidal
son édition bilingue traduit du français vers
(1983) et Lo libre del doble despartible (1997) aux éditions Trabucaire, ainsi qu’Au-
l’occitan par Alem Surre Garcia, est suivi du Il y a un an, en partant, il a déchiré une page. Il n’a pas su. Quel goût peut bien
delà des rives, les Orients d’Occitanie (2005) aux éditions Dervy. Ses oeuvres ont
recueil Les pieds de Belibaste, pour moitié écrit avoir la rivière. Peut-être. Celui des prostituées, qu’on y a noyé. En les jetant du
été mises en musique et font l’objet de nombreuses créations de théâtre et de
directement en occitan et du texte polémique haut des ponts. Dans ses bagages. Il avait emmené. Une femme un chat et un les lieux de notre lutte où désigner des zones de liberté, où éclaircir la poésie
chorégraphies contemporaines. Alem Surre Garcia est aussi traducteur. Il a
écrit par le poète contre la décoration de la soleil. Tous trois réfractaires, on aurait cru qu’ils faisaient parties de la même contemporaine sont multiples. Retrouvez [sic] et toute l’actualité de dixit
traduit vers le français des oeuvres de Jean Boudou, de Bernard Manciet et de
place du Capitole : Messe de minuit pour les famille. Ou de la même main. sur le blog de l’association :
Max Rouquette, notamment les deux premiers volumes occitans de son oeuvre
plafonds de Toulouse. Ce livre est illustré par des
dessins de Serge Pey.
majeure, Vert Paradis (éditions du Rocher). http://dominusdixit.blogspot.com