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Grandir Grandir Autrement Autrement GRANDIR PRATIQUE Les draisiennes Naître parents Des ateliers pour les pères

Grandir Grandir

Autrement Autrement

Grandir Grandir Autrement Autrement GRANDIR PRATIQUE Les draisiennes Naître parents Des ateliers pour les pères
GRANDIR PRATIQUE Les draisiennes Naître parents Des ateliers pour les pères Grandir et s’éveiller Les
GRANDIR PRATIQUE
Les draisiennes
Naître parents
Des ateliers
pour
les pères
Grandir et s’éveiller
Les régressions
GRANDIR EN SAVOURANT
Changer d’avis
et se décider
à allaiter
Signer
avec les enfants

N°18

Juillet

Août

2009

4,90

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

Sommaire

Sommaire Actualités Courrier des lecteurs En bref   5 6 Grandir au quotidien   Grandir fûté

Actualités

Sommaire Actualités Courrier des lecteurs En bref   5 6 Grandir au quotidien   Grandir fûté

Courrier des lecteurs En bref

 

5

6

Grandir au quotidien

 

Grandir fûté : Flylady : conseils et soutien pour l'entretien du foyer Grandir pratique : Draisiennes : des vélos sans pédales et sans roulettes Activités, éveil : Activités de motricité fine Un sac furoshiki Lire et grandir : Ressources pour créations écolos

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10

12

14

16

Naître parents

Grossesse : Les ateliers pour les pères Accouchement : Créer une ambiance « cozy » à la maternité La chronique de Ludo : Vers une culture de l'allaitement ?

18

20

23

1*

Dossier

Dossier
Dossier
Dossier
Dossier

Signer avec les enfants 2% Utiliser la langue des signes avec des tout-petits permet de communiquer plus facilement, à l'âge où les enfants ne savent pas encore parler ou, du moins, disposent d'une élocu- tion limitée. Mais on peut aussi signer avec des enfants plus grands. Grandir Autrement fait le point sur ce qu'apportent les signes dans le quotidien des enfants et de leur entourage.

Grandir et s’éveiller

des enfants et de leur entourage. Grandir et s’éveiller Éducation : Régressions : des "retours en

Éducation : Régressions : des "retours en arrière" pour mieux avancer ! Ados : les ados et les petits

44

46

Des clés pour comprendre : Une femme d'intérieur ? Portage : Le Tonga

Vu par les enfants : Des ateliers au village Massage : Psycho-bio-acupressure : quelques points pour le bien-être de tous !

49

51

54

55

Grandir ensemble

Grandir ensemble

Grandir ici : Corse : maternage et insularité font bon ménage Grandir ailleurs : Grandir dans un kibboutz Grandir sur Terre : Peaux de mouton et cuirs : à consommer avec modération ! Grandir sainement : Ne touchons pas au sexe des garçons !

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58

60

62

Faire grandir une initiative : Des lavables en maternité

65

Zoom produit nature : L’argile ou la terre aux mille vertus Interview : Toxic Planet, des BD pour réveiller les consciences écologiques

66

68

Grandir en savourant

Grandir en savourant
 

Point allaitement : Changer d'avis et se décider à allaiter Zoom aliment : Des boissons diverses et variées pour renouer avec l’été Fines bouches : Des boissons fraîches à partager sans modération

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2 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

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71 75 76 2 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18 exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

7^

g Édito 10 doigts pour tout dire n’est-ce pas ce que S’aider de ses mains
g
Édito
10 doigts pour tout dire
n’est-ce pas ce que
S’aider de ses mains pour communiquer,
4$
chaque être humain
a tendance à faire, surtout lorsqu’il
par exemple
? De même
maîtrise mal une langue étrangère,
les bébés,
à
le font spontanément
lorsqu’ils commencent
de la
langue des
montrer les objets du doigt. L’introduction
la
outil pour approfondir
signes est alors un formidable
communication, lorsque l’on
est enfant,
bien que l’on
du langage
oral.
entende. Et ce, sans freiner l’apprentissage
Au contraire,
déjà
comme le pensait
Rudolf Steiner,
portant son nom, “La parole
fondateur de la pédagogie
de l’organisation
motrice de
provient de l’ensemble
il
apprend à parler,
l’homme. Au départ, lorsque l’enfant
du corps
est concerné
commence à le faire par des gestes. L’ensemble
prépare
par la parole.”
Ainsi, le mouvement
au langage
et ancre celui-ci
dans la corporéité,
qui est
aussi l’être
de l’homme.
raison que
C’est donc pour cette
nous avons
un dossier
de
décidé de consacrer
sur le fait
quel que soit
leur âge.
signer avec des enfants,
également des
Dans ce numéro,
vous trouverez
informations sur des ateliers pour les futurs papas, très
à leur rôle
à venir durant
utiles pour les préparer
l’accouchement et leurs premiers instants avec leur bébé.
Vous découvrirez
régressions
aussi que les soi-disant
permettent aux enfants de mieux grandir.
Des articles
plus pragmatiques
vous présenteront
ce petit
filet si pratique
pour porter
les tout-petits
qu’est le Tonga®,
et cet engin
mais sans
pédales, qu’est
à deux roues,
la draisienne. Vous apprendrez à vous servir de l’argile
pour votre
de savoureuses
bien-être et à vous concocter
et saines boissons.
été !
Je vous souhaite
un bel
Carine
Rédactrice en chef
6@
Directrice de la publication : Carine Phung Van (04 76 01 85 77) - Rédactrice
en chef : Carine Phung Van - Rédaction : Gaelle Goutain, Stéphanie Boudaille-
Lorin, Carine Phung, Raffa, Martine Vergnol, Isabel Jimenez-Debeze, Anne
Brunner, Emmanuelle Sampers, Ingrid van den Peereboom, David Durand,
Catherine Dumonteil-Kremer, Ludovic Lorin, Céline Claire, Maryline Leprince, Madalena Bortnik, Marie-Florence Astoin,
Sophie Nelson, Marie-Hélène Rattin, Sandrine Desroses, Sophie Fauvette, Caroline Choppard - Communication : Voodoo
Studio, David Durand, Aurélie Jonneaux - Couverture : Sandra-Laure Bouverot - Photographie : Emmanuelle Sallustro,
Sandrine Fraikin, Rebecca Young, Susanne Klein, Sonia Drevet - Illustrations : Sébastien Buteau - Conception maquette
et mise en page : Olivier Monnier (06 15 59 14 02) - Impression : Alias - 13, chemin Albert Camus, ZA champs Fila, 38320
Poisat. Tiré à 6 000 exemplaires. ISSN : 1954-2925 - Numéro de CPPAP : 1008 G 88505 - Association Grandir autrement -
Le magazine est imprimé sur du papier recyclé
non blanchi, avec de l’encre végétale sans
solvant, par un imprimeur
inscrit dans une démarche
de développement durable
et ayant reçu le label
Imprim’vert.
14 rue Charles Beylier 38400 Saint-Martin-d’Hères - http://www.grandirautrement.com - contact@grandirautrement.com
Et merci aux parents pour leurs témoignages et/ou leurs photographies !
CCoonnttaacctt aannnnoonncceeuurrss eett ddiissttrriibbuutteeuurrss :: aauurreelliiee jjoonnnneeaauuxx@@ggrraannddiirraauuttrreemmeenntt ccoomm

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

Eh bien signez maintenant Sébastien, 31 ans, est le papa d’Arthur , 6 ans, et
Eh bien signez maintenant Sébastien, 31 ans, est le papa d’Arthur , 6 ans, et

Eh bien signez maintenant

Sébastien, 31 ans, est le papa d’Arthur , 6 ans, et de Lilwen, 3 ans, mais aussi l’époux de Gaëlle, doula et créatrice d’une association de maternage. Dessinateur depuis toujours, féru de BD, Sébastien crée des petites vignettes qui dépeignent, avec un regard un peu décalé mais toujours emprunt d’amour et de tendresse, les aléas et péripéties de sa vie quotidienne, dans laquelle sans doute beaucoup d’autres parents maternants se reconnaîtront.

4 Juillet-Août 2009 - Grandir autrement n°18

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

APPELS À PARTICIPATION

APPELS À PARTICIPATION C ourrier des lecteurs Nous vous remercions pour vos courriers et vos messages
APPELS À PARTICIPATION C ourrier des lecteurs Nous vous remercions pour vos courriers et vos messages

Courrier des lecteurs

APPELS À PARTICIPATION C ourrier des lecteurs Nous vous remercions pour vos courriers et vos messages
APPELS À PARTICIPATION C ourrier des lecteurs Nous vous remercions pour vos courriers et vos messages

Nous vous remercions pour vos courriers et vos messages d’encouragement !

Bonjour, J’ai bien réceptionné le numéro 17 de votre magazine et j’ai parcouru l’article concernant
Bonjour, J’ai bien réceptionné le numéro 17 de votre
magazine et j’ai parcouru l’article concernant les berceaux
et les bandeaux avec beaucoup de plaisir. Toutefois, je
souhaiterais que vous puissiez apporter deux rectifications
dans votre prochain numéro. Mon nom est Claude Parisot et
non pas Denis et le nom du berceau s’orthographie Kododo ;
c’est très important car il existe des berceaux cododo en
bois pour le domicile et je ne souhaite pas être attaqué en
justice par ces fabricants pour utilisation et publication d’un
nom commercial déposé. Le nom de notre site est à
orthographier ainsi : http://www.kododo.fr
Merci !
Quelle joie de voir dans votre dernier numéro un
article sur les devenirs du placenta. Pour moi, il fait partie
de mon enfant et de moi-même, il m’était impensable de
le jeter
surtout avec le bonheur inhérent à un AAD.
Nous avons fait des PlacentArbres (placenta enterré sous
des arbres ), j’en parle dans mon modeste blog :
http://aglibouly.canalblog.com/archives/p10-10.html
Mon seul regret : ne pas en avoir fait des empreintes.
Merci !
Audrey M., 2 enfants
Claude Parisot
Réponse de la rédaction
Je vous suis depuis le début et j’étais
vraiment contente de trouver enfin un magazine qui traitait
des sujets qui me tenaient à cœur et qui correspondaient
au quotidien avec mes enfants. Et puis, et puis, petit à
petit, j’ai senti transpirer dans vos articles l’influence de la
communication non-violente… Je ne chercherai pas à vous
convaincre, mais sachez que pour moi, la CNV est le
summum de la manipulation faussement bienveillante,
encore plus atroce quand il s’agit d’enfants, et que je plains
cette prochaine génération soi-disant maternée, couche-en-
culottée, cododotée et surtout bien abîmée par cette
Nous vous remercions d’avoir partagé avec nous votre
position. Il est vrai que certains parents accusent, comme
vous le faites, la CNV d’être manipulatrice. Je ne sais pas si
c’est la CNV en soi qui est manipulatrice ou bien certaines
personnes qui en usent comme tel, parce qu’ils s’en servent
précisément comme d’une « méthode ». Quoi qu’il en soit, il
n’en reste pas moins que, pour de nombreux parents, la CNV
est la clé qui leur permet de développer une approche
empathique avec leurs enfants, et c’est en cela que nous
pensons que la CNV est un des outils qui aide à
accompagner ses enfants de manière non-violente…
méthode ultra-violente !Cécile M.
Cécile M.

Un centre hospitalier et une

maternité vont rebâtir leur service de maternité et de néonatalogie dans la région Nord. Ils cherchent les avis, les idées, les souhaits des parents et futurs parents tant en ce qui concerne les bâtiments à construire que l’aménagement intérieur des différentes pièces et les règles de fonctionnement de ces services du futur. Comment serait donc la maternité de vos rêves de façon pratico-pratique et comment verriez-vous son organisation avant, pendant et après la naissance ? Et, si vous l’avez déjà trouvée en France ou à l’étranger, parlez-nous en, décrivez-la nous et donnez- nous ses coordonnées pour qu’éventuellement des professionnels concernés aillent la visiter. Merci !

Veuillez écrire à corinne.gremillet@ch-roubaix.fr avec copie à marie.courdent@laposte.net

Nous sommes étudiantes en master de

psychologie à l’Université Toulouse II et réalisons actuellement un mémoire de recherche auprès des mamans ayant un ou plusieurs enfants, quel que soit leur âge, concernant le vécu de l’accouchement et le processus de maternité. Notre souhait est d’apporter des éléments de compréhension pour adapter au mieux les demandes respectives des divers acteurs de la périnatalité, qu’elles émanent des parents ou des professionnels. Cette étude s’inscrit donc dans le champ de la prévention. Pour cela, un questionnaire est contenu à l’adresse suivante :

http://accouchement.unblog.fr Ce questionnaire s’inscrit dans la partie recueil de données quantitatives de notre étude et sera en circulation jusqu’à fin juin maximum. Il sera complété par des entretiens avec plusieurs mamans pour la partie qualitative. Nous vous remercions par avance de votre participation et votre soutien pour la réalisation de cette étude qui, pour être pertinente et publiable dans le monde scientifique international, doit comporter un grand nombre de participants.

Mélinda TEXIER et Sandra LEFEVRE (06 84 95 23 43) de l’Université Toulouse II. Supervisées par Mme Stacey CALLAHAN, professeur des Universités, psychologue et enseignant chercheur à l’Université Toulouse II.

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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Bye bye, Bisphénol A ? Tandis que nous évoquions déjà les risques liés à l’utilisation
Bye bye, Bisphénol A ? Tandis que nous évoquions déjà les risques liés à l’utilisation

Bye bye, Bisphénol A ?

Tandis que nous évoquions déjà les risques liés à l’utilisation des biberons en plastique dans notre numéro 8 (novembre 2007), à l’occasion d’une interview d’Anne-Corinne Zimmer, auteure de Polluants chimiques :

enfants en danger¹, aujourd’hui, alors que la majorité de la population est désormais informée sur le sujet, le débat se fait de plus en plus vif. Pour mémoire, rappelons que “Les études montrent que le Bisphénol A, peu impor- te la dose, se fixe sur les récepteurs hor- monaux et envoie un signal amenant le corps à produire des œstrogènes (hor- mones féminines). (…) Cette substance est pourtant reconnue comme un per- turbateur endocrinien, et quand bien même ses effets à faibles doses font encore l’objet de controverses, le principe de précaution devrait être mis en œuvre.” 2 Dès lors, la méfiance a gagné parents et professionnels, de nombreux biberons

sans Bisphénol A font leur apparition sur le marché et la ville de Paris a déjà pris la décision de ne plus acheter des biberons de composition incertaine

pour ses crèches. Si parents, profession- nels et collectivités territoriales conti- nuent à boycotter les biberons en poly- carbonate, peut-être que notre gouver- nement acceptera de privilégier enfin le

principe de précaution.

CP

1 - Éditions de l’Atelier (2007).

2 - Extrait de l’interview de Grandir Autrement, numéro 8.

Sur le web :

http://lagrandeinvasion.blog.lemonde.fr/ category/bisphenol-a

http://www.antidote-europe.org/

cp19mai08_fr.htm

http://www.reseau-environnement-sante.fr/ ressources/etudes-scientifiques.html (études scientifiques)

http://www.cyberacteurs.org/actions/ lettre_rapide.php?id=380 (pétition)

lettre_rapide.php?id=380 (pétition)   Pour un nouveau regard sur la naissance Doulas :
 
 
 
Pour un nouveau regard sur la naissance

Pour un nouveau regard sur la naissance

Doulas : des 7 es journées « à l’international »

 

On a presque davantage parlé anglais, espagnol, portugais, … que français les 8, 9 et 10 mai 2009 à Paris lors de la dernière édition, très réussie, de la ren- contre annuelle des doulas¹. Naoli Vinaver, sage-femme mexicaine, a enthousiasmé l’assemblée en nous racontant des histoires de naissance pendant que Mauricio Kruchik- Biderman, doula israëlien, accueillait des paroles de papas. Le partage des initiatives menées autour du monde a semé des graines, que Jan Tritten, sage-femme et rédactrice en chef du

magazine Midwifery Today, a encoura- gées à pousser pour le bien-être des bébés et des mamans. En coulisses, les échanges ont été riches, souvent très intimes lors des tentes rouges, groupes de paroles de femmes, organisées en continu. La pièce de théâtre « Naissance », jouée pour la deuxième fois en France, a été très applaudie. Merci aux doulas pour leur accueil, toujours aussi ouvert, année après année, aux parents et aux acteurs très divers de la périnatalité. MFA

1 - http://www.doulas.info

Le Réseau Naissance Allaitement, qui se trouve à Aubenas, en Ardèche, organise une rencontre avec Michel Odent, chirurgien obs- tétricien, autour de la naissance. Elle aura lieu les samedi 3 et dimanche 4 octobre 2009, aux Jardins Intérieurs à Saint Privat, près d’Aubenas. Repas et hébergement sur place. De plus, le samedi, est pro- posée une soirée autour du chant prénatal. Places limitées, inscrivez- vous avant le 30 juillet 2009. Prix : 70 /adhérents : 50 http://www.nouvellesnees.com/ michelodent.html

 

Daniela Brzeski / Doulas de France

 
 

6 Juillet-Août 2009 - Grandir autrement n°18

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Les fessées, histoire ancienne ? Pour la première fois, la Défenseure des enfants, Dominique Versini,
Les fessées, histoire
ancienne ?
Pour la première fois, la Défenseure des
enfants, Dominique Versini, a pris parti
en faveur de l’interdiction des puni-
tions corporelles. En effet, elle l’a clai-
rement exprimé dans son rapport au
Comité des droits de l’enfant, à
Genève, rapport que l’on peut consul-
ter en intégralité sur son site :
http://www.defenseuredesenfants.fr.
De plus, la Défenseure des enfants a
cité la pétition que l’Observatoire de la
Violence Éducative Ordinaire (OVEO)
avait lancée en 2007 et qui a aujour-
d’hui recueilli non plus 116 signatures
d’associations, comme il est dit dans la
note du rapport, mais 187. D’autre
part, dans le paragraphe consacré aux
châtiments corporels (§ 5.5, p. 54-55
du rapport), Dominique Versini fait
également quatre recommandations
allant dans le sens d’une politique de
sensibilisation auprès des parents et
des professionnels de l’enfance. Même
si la demande de la Défenseure des
enfants va certainement se heurter à
de grandes résistances, aussi bien au
niveau de l’État que de l’opinion
publique, cette prise de position a des
chances de faire évoluer plus rapide-
ment la situation. Pour aider à cette
évolution, l’OVEO suggère à tous ceux
qui le désirent d’écrire au Premier
ministre pour lui demander de mettre
en œuvre les recommandations de la
Défenseure des enfants. Il vous suffit
pour cela de signer la pétition télé-
chargeable à la page suivante :
http://www.oveo.org/ fichiers/Petition-
OVEO-Premier-Ministre.pdf ou la copier-
coller sur ce site http://www.premier-
ministre.gouv.fr/acteurs/premier_
ministre/ecrire et de porter sur cette
page les indications demandées. CP ■
de porter sur cette page les indications demandées. CP ■ SICL : un autre regard sur

SICL : un autre regard sur les couches lavables

Du 27 avril au 3 mai 2009 s’est dérou- lée la 13 e Semaine Internationale de la Couche Lavable qui s’est traduite, cette année, en France, par l’organi- sation de près d’une centaine de manifestations un peu partout sur le territoire. À cette occasion, Bulle de Coton, l’Association pour la Promotion des Couches Lavables (APCL), a tenu le 28 avril à Paris une conférence intitulée "Des couches pour le futur". Un premier bilan a été dressé sur le marché de la couche tex- tile en France : en 2009, on dénombre pas moins d’une cinquan- taine de fabricants contre trente en 2004. Un nouveau phénomène voit aussi le jour, celui des « Écolaveurs », professionnels du lavage de la couche, aujourd’hui une petite dizai- ne répartis dans tout l’Hexagone. Ils permettent, d’une part, de soulager les parents et les crèches de l’entre- tien des couches et, d’autre part, de créer des emplois locaux. Dix, c’est aussi le nombre de crèches qui se sont équipées en lavables. Une volon- té qui démontre une évolution des mentalités et qui devrait se propager dans les années à venir. L’APCL sou- ligne aussi les mesures indirectement

favorables à l’utilisation des couches lavables adoptées par le Sénat lors du Grenelle de l’Environnement, en février dernier, rappelant le rôle incon- tournable des pouvoirs publics dans l’adoption de la couche textile : une réduction de 7 % par habitant des ordures ménagères pendant les cinq prochaines années, des programmes locaux de prévention des déchets qui pourraient bénéficier du soutien financier de l’ADEME et, enfin, un dis- positif de tarification incitative qui ferait payer à chaque habitant la part résiduelle de ses déchets au poids ou au volume. Enfin, l’APCL ne manque pas de souligner toutes les initiatives en faveur des couches lavables ailleurs dans le monde : en Belgique, cinquante communes financent jus- qu’à 50 % l’investissement dans les couches lavables. Au Canada, dans une trentaine de communes, on peut se faire rembourser jusqu’à 200 $ pour l’achat de vingt-quatre couches mini- mum. En Angleterre, à Londres, la mai- rie offre 80 par enfant pour l’achat de couches lavables ou l’utilisation des services d’un Écolaveur. Autant d’exemples encourageants qui ne demandent qu’à être suivis. SN

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

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G randir au quotidien ■ ■ ■ G RANDIR FÛTÉ Flylady : conseils et soutien

Grandir au quotidien

GRANDIR FÛTÉ

Flylady : conseils et soutien pour l’entretien du foyer

La méthode Flylady nous apprend à nous organiser dans la gestion de notre intérieur, notamment en nous fixant diverses routines.

F

lyladies, flybabies, hotspot, missions,

Fling Boogie, etc. Ces termes, que l’on pourrait croire sortis tout droit d’un film d’aventure, sont en réalité le jar-

gon d’une méthode américaine mise au point par Marla Cilley et qui permet de se transfor-

mer en fée du logis. Aude P., deux enfants, et Anne F., trois enfants, témoignent.

UNE RÉVÉLATION

Certaines femmes ne jurent désormais que par cette méthode, à l’instar d’Aude : “J’ai tou-

jours été désordonnée et je le suis encore un peu, mais beaucoup moins. Je sais comment m’y prendre pour que ma cuisine redevienne une cuisine digne de ce nom : ranger la vais- selle propre ; ranger la nourriture ; mettre mes gants ; mettre la vaisselle sale dans le lave- vaisselle ; laver les casseroles ; nettoyer la table et le plan de travail… C’est tout simple, mais avant je n’avais pas d’ordre pour le faire et je perdais du temps, alors je trouvais cela contraignant. Maintenant, je sais que je suis capable d’avoir une cuisine propre en quinze minutes. Je me dépêche pour le faire car je joue avec le chrono. Je pense que Flylady m’a réellement apporté de la sérénité. Le livre de

Marla Cilley, Entretiens avec mon évier 11 , est

devenu une bible pour moi : j’en lis souvent des passages le soir, en me couchant.”

DES ROUTINES POUR RYTHMER LE QUOTIDIEN

Les flyladies tiennent généralement un jour- nal de bord où elles notent leurs consignes pour la journée. Ou bien elles reçoivent ces consignes via une newsletter. Anne nous résu- me son journal de bord : “J’ai mis en place

une répartition des tâches ménagères sur la semaine, par zones de la maison, et une liste de routines : ce sont les choses à faire quoti-

une liste de routines : ce sont les choses à faire quoti- Bien s’organiser permet d’avoir

Bien s’organiser permet d’avoir du temps pour bien faire les choses.

diennement afin d’éviter d’être submergée. Désormais, je n’ai plus l’impression de passer mon samedi à ne faire que le ménage et ne suis plus découragée quand je vois l’état de la maison le dimanche soir, lorsque les invités partent. Maintenant, ma maison est toujours propre et rangée. Le fait de travailler par zones permet de faire un endroit à fond sans avoir l’impression de passer la journée à ne faire que cela. Par exemple, avant je faisais ma cuisine ou ma salle de bains à fond en une journée et résultat : j’avais mal partout le soir, j’étais épuisée, voire découragée si je n’avais pas fini. Maintenant, je fais ce que je peux en quinze minutes et, au bout du comp- te, je nettoie à fond plus souvent et mieux mais sans en avoir l’impression. Du coup, cela me laisse plus de temps pour moi !”

TOP CHRONO !

En effet, généralement, la méthode préconise de se concentrer durant quinze minutes sur une zone précise. Aude confirme l’efficacité de se fixer une limite dans le temps : “C’est

important de travailler avec un chrono, on voit le temps défiler et cela permet de se dépêcher pour faire la tâche que l’on s’est fixée. Du coup, quand on a fini avant le chro-

no, on a gagné. Cela devient un jeu : on gagne parfois et cela fait sourire. Jouer à sor- tir les poubelles, qui l’aurait cru ?”

SE MOTIVER VIA LES FORUMS

Sur de nombreux forums, comme celui des Femmes au foyer 22 (où les flyladies se prénom- ment flyfafettes) ou encore sur Magic Maman et Bulle de nature, on peut trouver des sec- tions consacrées à la méthode. Aude ajoute :

“Le forum des flyfrancophones 33 permet de se motiver et de trouver des astuces. Sur le forum, on aide les nouvelles à se mettre en route, entre autres. On s’y lance aussi des défis, comme éteindre son ordinateur pen- dant une heure afin de consacrer trois périodes de quinze minutes au rangement et quinze minutes de pause-thé-lecture.”

UNE FIÈVRE CONTAGIEUSE ?

À force d’en parler sur les forums, les flyladies sont de plus en plus nombreuses. Mais elles sont aussi capables de « convertir » les membres de leur foyer, comme le raconte

encore Aude : “Mon mari commence à s’y mettre. Il faut dire qu’à la base nous étions très désordonnés. Maintenant que je suis un peu plus organisée, on arrive à manger dans une cuisine propre. Du coup, c’est plus facile

de donner un coup de main pour débarras- ser, ranger ou nettoyer ! Mes enfants partici- pent aussi. Par exemple, quand on rentre, on

a une routine : ils enlèvent leurs chaussures

et pendent leur blouson sur leurs porte-man-

teaux à leur taille. Je désencombre aussi pas

mal leur chambre : il y a peu de jouets, je jette tout ce qui est cassé et nous faisons un

tri assez régulier.”

CARINE PHUNG

1 – Éditions L’Instant Présent (2008).

2 – http://www.femmaufoyer.net

3 – http://flyingfrancophone.forumactif.net

Listes de diffusion Flylady :

http://www.flylady.net (en anglais) http://groups.yahoo.com/group/FeeVolante/

?yguid=173555425

http://groups.yahoo.com/group/MiniFee

Volante/?yguid=173555425

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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G randir au quotidien ■ ■ ■ G RANDIR PRATIQUE Draisiennes : des vélos sans

Grandir au quotidien

GRANDIR PRATIQUE

Draisiennes : des vélos sans

Les draisiennes

sont des vélos sans pédales. C’est un véhicule particulièrement remarquable pour apprendre

à maîtriser

l’équilibre et à

se déplacer rapidement dès

le plus jeune âge. Et, contrairement

à ce que l’on

pourrait croire, il est faux de

penser qu’un enfant n’apprendra pas

à pédaler avec

un vélo sans pédales ! Bien au contraire, les enfants ayant

eu l’occasion

de conduire

une draisienne apprennent très vite et très tôt

à pédaler avec

un vélo sans roulettes 1 .

CARINE PHUNG

1 – Certains vélos avec roulettes constituent même un frein à l'apprentissage de l'équilibre de l'enfant car il peut apprendre à rouler de manière penchée ou, en tout cas, sans aplomb.

❤ Draisienne en bois Like a bike Draisienne Puky à partir de 198 € 75,
Draisienne
en
bois Like
a bike
Draisienne Puky
à partir de 198 €
75, 105 et 129 €
port compris
selon la taille
Avec un beau design, des lignes épurées, un bois clair, cette draisienne est un
magnifique objet, fiable et solide. La marque propose des petits modèles très
accessibles aux plus jeunes (dès 2 ans). Son poids léger permet à l’enfant de
la soulever facilement et de l’emporter partout avec lui. Autre avantage : la
selle peut se régler selon la taille de l’enfant. De plus, de nombreux acces-
soires peuvent être rajoutés : béquille, panier en bois, remorque, etc. Like a
bike a été récompensé de la troisième place au prix du design du jouet en
bois 2003 en Allemagne. La draisienne est garantie et pourra très certaine-
ment servir à plusieurs enfants. Le système, qui assure à la fois la solidité et
la sécurité, a été breveté : il s’agit de deux anneaux de bois qui s’écartent
pour laisser passer la selle et se rejoignent pour s’encastrer dans la fourche.
À la jonction cadre-fourche, il n’y a donc pas de vis qui créeraient un point de
rupture et conduiraient, à terme, à la casse. De plus, la jonction cadre-fourche
devient une butée naturelle de rotation du guidon sur la feutrine, garantis-
sant une sécurité optimale pour l’enfant. Aucun dérapage n’est possible. On
peut néanmoins regretter la difficulté d’installation des poignées en caout-
chouc sur le guidon, lors du montage. Notre astuce : un peu d’huile végétale.
En bois de bouleau ou de hêtre, pneus à chambre à air. Poignées de
protection sans PVC. Aucun additif cancérigène (en particulier,
hydrocarbures aromatiques polycycliques et assouplissants) dans les pneus
ou les poignées. Selle 100 % coton, lavable.
Fabriquée en Allemagne : le bois provient d’Europe centrale, les pièces
Avec un design qui évoque la trottinette, cette draisienne
existe en trois tailles : 2 ans (à partir de 85 cm), 2 ans et
demi (à partir de 90 cm) et 3 ans (à partir de 95 cm).
L’accès bas et le marchepied permettent à l’enfant, même
petit, de monter et descendre facilement, ainsi que d’avoir
un endroit où poser ses pieds après avoir pris de la vitesse.
La selle, incurvée, est réglable en hauteur, de même que le
guidon. Les pneus sont pleins sur le plus petit modèle,
gonflables sur les autres. Quant aux poignées de sécurité,
elles sont munies de freins sur les modèles 2 ans et demi
et 3 ans (un frein arrière sur le premier, un frein avant et
un frein arrière sur le second). Une béquille (sur les
modèles 2 ans et demi et 3 ans) donne la possibilité de
maintenir la draisienne en position verticale et évite ainsi
de la laisser traîner par terre, et permet donc d’en prendre
le plus grand soin. Une courroie de portage est proposée
en option afin de faciliter le transport.
Les draisiennes sont assemblées en Allemagne, avec des
pièces provenant de l’Union Européenne, par une entrepri-
se qui emploie des travailleurs handicapés et des procédés
de production respectueux de l’environnement, notam-
ment en utilisant des matériaux écologiques et recyclables.
sont découpées dans une menuiserie artisanale en Allemagne. Les
draisiennes en bois sont assemblées artisanalement en Allemagne à Aix-
la-Chapelle. La feutrine est posée à la main. Les selles sont cousues mains
par une couturière, tout comme tous les articles et accessoires en tissu.
Toutes les pièces détachées sont également disponibles
afin d’offrir une durée de vie la plus longue possible aux
draisiennes. Le cadre est en acier recouvert de peinture
epoxy anti-chocs.
■ Existe en bleu ou en rouge.
■ 7 coloris de selle en coton. 4 coloris en cuir. 4 coloris de poignées.
■ Diamètre de la roue : 20 ou 22 cm selon le modèle.
■ Hauteur de selle : de 32 à 41 cm (mesurée depuis le sol).
■ Poids : de 3,3 à 6,2 kg selon le modèle.
■ Poids : 3,4 kg.
■ En vente notamment chez Cyclable :
■ Garantie 2 ans.
http://www.cyclable.com (09 64 36 09 11).
■ Pour les enfants, à partir de 80 cm.
■ http://www.commeunvelo.com (09 70 44 62 51).

10 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

A VERTISSEMENT : ATTENTION AUX PENTES , LES DRAISIENNES N ' ONT , LA PLUPART

AVERTISSEMENT :

ATTENTION AUX PENTES,

LES DRAISIENNES N'ONT, LA PLUPART

DU TEMPS, PAS DE FREINS,

LES TOUT-PETITS N'ÉTANT GÉNÉRALEMENT PAS CAPABLES DE MAÎTRISER CORRECTEMENT LEUR USAGE. ET IL EST ÉGALEMENT POSSIBLE QUE LES CHAUSSURES DE VOS ENFANTS S'USENT PLUS VITE !

pédales et sans roulettes

Draisienne en acier Vélo 3-en-1 Wishbone Vélo évolutif Draisienne Kettler Like a bike jumper Bike
Draisienne
en
acier
Vélo
3-en-1 Wishbone
Vélo évolutif
Draisienne
Kettler
Like
a
bike
jumper
Bike
Bike
In
Progress
179 €
210 €
62,90 € ou 73,90 €
à partir de 195 €
(selon la taille)
Cette draisienne, robuste et réglable
en hauteur, est livrée avec deux amor-
tisseurs en élastomères de deux dure-
tés différentes. Le plus dur doit être
monté dès que l’enfant pèse plus de
quinze kilos. L’enfant pourra s’amuser
à « sauter » avec sa draisienne, sur ter-
rain plat ou non. La draisienne est
dotée d’un bloqueur de guidon (pour
les plus petits). Cadre, fourche et
rayons en aluminium. Selle en cuir bro-
dée. Aucun additif cancérigène dans
les pneus ou les poignées.
Déjà presque montée lors de l’achat,
c’est un tricycle sans pédales (ou por-
teur) qui évolue en draisienne. S’utilise
en draisiennes de deux tailles diffé-
rentes. La selle se règle en hauteur.
Inconvénients : son poids, une tendan-
ce à se dévisser et du bois qui est en
contreplaqué.
Tous les vélos Wishbone sont équipés
de roues composées à 60 % de plas-
tiques recyclés. Roues caoutchouc avec
chambre à air. Le bois est uniquement
issu de plantations forestières. La colle
Robuste, jolie, évolutive. Lorsque l’en-
fant maîtrisera bien l’équilibre, il n’y
aura pas besoin d’investir dans l’achat
d’un vélo à pédales puisqu’il suffira de
rajouter le pédalier. Ce vélo s’utilise
donc avec ou sans pédales.
Mise en place des pédales manquant
de simplicité. Possède une sonnette et
des réflecteurs. Son gros inconvénient :
son poids.
Cette draisienne est très facile à mon-
ter. Le siège se règle en hauteur et au
niveau de l’inclinaison. Solide, elle est
facile d’entretien, notamment pour les
roues qui n’ont pas besoin d’être
regonflées. L’assise est confortable. Les
poignées, anti-dérapantes et terminées
par un bourrelet, sont bien conçues.
Châssis en tube d’acier de qualité
supérieure avec revêtement en polyes-
■ Dim. monté : L 95 x l 52 x H 57 cm.
ter écologique. Pneus à air en plas-
■ Structure en aluminium.
tique.
■ Existe en deux tailles :
Fabriquée à Taïwan : la draisienne a
été dessinée par le « papa » de KOKUA,
en collaboration avec le leader mondial
du vélo pliant, une entreprise
américaine. Les pièces sont produites
et empaquetées dans les usines
réglementées de ce fabricant américain,
à Taïwan, car cette entreprise possède
les machines adéquates. Les employés
des usines sont tous majeurs et salariés.
et les autres produits de fabrication uti-
lisés respectent entièrement l’environ-
nement.
Lieu de fabrication : selon
Imaginarium, entreprise conceptrice du
- 10 pouces pour des enfants à partir
vélo, cette information est classée
de 2 ans, faisant des enjambées de 32
confidentielle !
à 41 cm (vélo rouge et jaune).
Conçu en Nouvelle-Zélande mais
■ Hauteur de selle de 40 à 55 cm.
- 12,5 pouces pour des enfants à partir
fabriqué en Chine.
■ Muni d’un frein avant dont la
de 2 ans, faisant des enjambées de 35
Hauteur de selle variable de 28
à 45 cm.
pression est réglable et d’un système
de freins arrières qui s’active par
à
45 cm (vélo bleu et jaune).
■ Dimensions : L 100 x l 40 x H 45 cm.
rétropédalage.
Existe aussi en version 12,5 pouces
avec garde-boue, frein avant et
■ De 1 à 5 ans.
■ Poids : 8 kilos.
béquille (vélo rouge, jaune et bleu, au
■ En vente notamment chez Nature et
■ De 3 à 6 ans
prix de 84,90 €).
■ Existe en 8 coloris différents.
découvertes
■ En vente chez la Fnac éveil et jeux :
■ Diamètre de la roue : 29 cm.
http://www.natureetdecouvertes.com
http://www.eveiletjeux.com/Produit-
■ Fabriqué en Allemagne.
■ En vente chez Le monde de Léa :
Hauteur de selle : de 34 à 47 cm
(mesurée depuis le sol).
(01 39 56 01 47).
122994/velo-evolutif.htm#
(08 92 35 07 77).
http://www.lemondedelea.fr
(09 52 68 27 32).
■ Poids : 3,5 kg.
■ Garantie 2 ans.
■ Pour les enfants, à partir de 85 cm.
http://www.commeunvelo.com
(09 70 44 62 51).

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

11

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

G randir au quotidien Activités de motricité fine Ouvrir un flacon, déposer une goutte, attraper

Grandir au quotidien

Activités de motricité fine

Ouvrir un flacon, déposer une goutte, attraper avec une pince… ces activités ont en commun le travail de la dextérité, tout en étant souvent vues par les enfants comme un jeu amusant.

L es activités et le matériel de motricité fine présentés ici font partie de la pédagogie des écoles Montessori. En dehors de ces structures, on peut faci-

lement reproduire les mêmes concepts. Un enfant frustré de ne pas être plus agile y trou- vera une opportunité de progresser. De plus, au-delà de toute notion de stimulation de

l’enfant, beaucoup d’entre eux prennent un

plaisir certain à exercer ainsi leurs muscles et

à s’entraîner à un mouvement précis pour atteindre leur objectif.

▼

LA PINCE À SPAGHETTIS / LA PINCE À CORNICHONS

Deux ramequins, des objets de moyenne taille (ici, des noix) ou de petite taille (comme des perles en bois) et une pince, de type pince

à spaghettis ou à cornichons, suivant le for-

mat des objets à saisir. L’objectif est de trans- vaser les noix d’un ramequin à l’autre en uti- lisant la pince. On peut commencer par des objets plus souples, comme du coton ou des pompons.

▼

LA PINCE ET LES LENTILLES

Ici, ce sont des lentilles qui sont transvasées avec une pince à épiler, c’est-à-dire le même exercice mais avec une difficulté supplémen- taire, les objets comme la pince étant plus petits. On peut demander à l’enfant de dispo- ser les lentilles, une à une, sur des ventouses, par exemple celles du dessous d’un porte- savon ou d’une protection contre les glissades que l’on colle au fond de la baignoire.

LES BAGUETTES CHINOISES

Utiliser des baguettes chinoises pour déplacer d’un bol à l’autre des objets (on peut décou- per une éponge fine en morceaux, par exemple, ou utiliser des pompons ou des formes en mousse). Optionnel : faire flotter ces formes sur de l’eau.

▼

12 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

LES BOCAUX À OUVRIR ET FERMER

Différents récipients sont présentés : bou- teilles, bocaux, flacons, etc. Ils sont de formats différents et n’ont pas tous le même type de fermeture. L’enfant les ouvre un par un, puis les referme (on peut mélanger les couvercles et bouchons avant cette étape). L’activité est auto-corrective car chaque bouchon ne s’adapte qu’à un seul contenant.

▼

LES ÉCROUS

L’enfant visse et dévisse les boulons sur les écrous, avec et sans clé. Variante : l’enfant peut aussi visser et dévisser, à l’aide d’un tour- nevis. Il suffit de prévoir une petite plaque de bois, éventuellement pré-trouée.

▼

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

▼

LES CADENAS

L’enfant cherche la bonne clé pour ouvrir, puis refermer, chaque cadenas.

LE COMPTE-GOUTTE

L’enfant remplit le compte-goutte d’eau dans un verre et dépose celle-ci dans un second verre. Variante : déposer quelques gouttes de colorant alimentaire ou de tout autre liquide non transparent dans de l’eau, pour obtenir un bel effet coloré.

▼
dans de l’eau, pour obtenir un bel effet coloré. ▼ L ES PERLES L’enfant enfile de

LES PERLES

L’enfant enfile de grosses perles en bois sur un lacet, dans l’ordre qu’il souhaite ou suivant un certain enchaînement. Variantes : enfiler des pâtes, des morceaux de paille coupés…

: enfiler des pâtes, des morceaux de paille coupés… ▼ LA TIRELIRE fente. Un nouvel ouvrage
▼ LA TIRELIRE fente. Un nouvel ouvrage dans la collection de Balthazar Le livre à
LA TIRELIRE
fente.
Un nouvel ouvrage dans
la collection de Balthazar
Le livre à compter de Balthazar,
À la poursuite du lapin brun,

Insérer des pièces, des jetons ou d’autres petits objets dans une tirelire ou n’importe quel récipient dans lequel on a découpé une

STÉPHANIE BOUDAILLE-LORIN

Marie-Hélène Place et Caroline Fontaine-Riquier, Éditions Hatier Jeunesse (2008). Dernier de cette collection qui
Marie-Hélène Place et Caroline
Fontaine-Riquier, Éditions Hatier
Jeunesse (2008).
Dernier de cette collection qui reflète
l’esprit de la pédagogie Montessori,
cet ouvrage de très grand format
nous entraîne à la suite de Balthazar
et Pépin, qui tentent de rattraper
UN lapin brun et font de nombreuses
rencontres : TROIS lapins blancs,
SIX chauve-souris, etc. L’enfant
s’amuse à lire le chiffre, écrit en gros
caractères, et est encouragé à en
suivre le contour du doigt.

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

G randir au quotidien Un sac furoshiki Un furoshiki (à l’origine, c’est un foulard japonais

Grandir au quotidien

Un sac furoshiki

Un furoshiki (à l’origine, c’est un foulard japonais traditionnel qui sert à tout emballer et à porter) est un carré de tissu d’au moins un mètre sur un mètre, que l’on peut plier et nouer de façon à former des sacs plus ou moins grands. Cela permet d’avoir un sac à peu de frais, très facile à réaliser. Même si cela n’est pas obligatoire, mieux vaut coudre un ourlet aux bords, pour éviter au tissu de filer. D’autre part, utiliser deux épaisseurs de tissus de couleurs différentes permet de le rendre réversible, bicolore et plus solide.

Pour réaliser celui-ci, nous avons choisi deux tissus coordonnés. Il est important de préférer des
Pour réaliser celui-ci, nous avons choisi deux tissus
coordonnés. Il est important de préférer des tissus plutôt
fins (toile fine, drap ou popeline par exemple) : ainsi, le
furoshiki sera plus facile à nouer. Pour ce modèle, nous
avons opté pour une dimension de 115 x 115 cm.
Pour commencer, coupez dans chaque tissu un carré
de 117 cm de côté. Pour cela, vérifiez que le tissu a
été taillé bien droit, puis repliez-le sur lui-même avant
de l’épingler bien à plat.
Pour obtenir un carré
parfait, repliez l’extrémité
du tissu vers l’intérieur de
façon à former un triangle
et coupez au ras du bord.
Dépliez les carrés et posez-les l’un contre l’autre, endroit contre endroit. Épinglez-les ensemble et piquez-les
Dépliez les carrés et posez-les l’un
contre l’autre, endroit contre
endroit. Épinglez-les ensemble et
piquez-les à 1 cm du bord, en
ayant soin de laisser une
ouverture de 15 cm pour
permettre de les retourner.
Une fois qu’ils sont cousus ensemble,
passez votre main par l’ouverture laissée et
retournez les carrés sur l’endroit. Rentrez
les bords de l’ouverture et maintenez-les
fermés avec des épingles.
Faites ensuite, à 3 ou 4 mm du bord, une seconde
piqûre de finition, qui servira aussi à fermer l’ouverture.
On peut auparavant écraser les coutures au fer à
repasser pour un fini plus soigné.
En option : des poches intérieures
Pour rendre le furoshiki encore plus pratique, nous lui avons
ajouté des poches. Elles sont taillées dans ce qui reste du tissu
de l’intérieur. Il faut penser à prévoir 2 cm de plus en hauteur
pour l’ourlet, et 1 cm de chaque côté pour les coutures. Surfilez
les bords et repliez le haut de 2 cm pour faire l’ourlet, puis
piquez-le à 5 mm du bord. Repliez les autres bords et cousez-
les grossièrement à la main en faisant un bâti.

14 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

Épinglez les poches bien à plat, face à face, à 15 ou 20 cm du
Épinglez les poches bien à plat, face à face, à 15 ou 20 cm du
Épinglez les poches bien à plat, face à face, à 15 ou 20 cm du
Épinglez les poches bien à plat, face à face, à 15 ou 20 cm du

Épinglez les poches bien à plat, face à face, à 15 ou 20

cm du centre du furoshiki, selon la taille que vous avez

choisie. Piquez ensuite les poches à 5 mm du bord, en

veillant à faire des points de renfort aux extrémités de l’ouverture. Cette méthode permet de s’assurer que les coutures des poches seront solides, et que les deux épaisseurs du furoshiki resteront solidaires. Si vous ne souhaitez pas faire de poches, pensez à piquer ensemble

les deux épaisseurs de tissu, par exemple en faisant une

piqûre en croix au centre.

Et voici un joli furoshiki bicolore et à poches.

au centre. Et voici un joli furoshiki bicolore et à poches. P LIAGES ■ S IMPLE

PLIAGES

SIMPLE

furoshiki bicolore et à poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À
furoshiki bicolore et à poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À
furoshiki bicolore et à poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À
furoshiki bicolore et à poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À

EN SAC À DOS

poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À DOS ■ I SABELLE
poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À DOS ■ I SABELLE
poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À DOS ■ I SABELLE
poches. P LIAGES ■ S IMPLE ■ ■ E N SAC À DOS ■ I SABELLE

ISABELLE CAZALET

Pour voir les différents nouages :

http://raffa.grandmenage.info/post/2007/02/

09/Sacs_furoshiki

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

15

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

G randir au quotidien ■ ■ ■ L IRE ET GRANDIR Ressources pour des créations

Grandir au quotidien

LIRE ET GRANDIR

Ressources pour des créations

Les loisirs créatifs ont le vent en poupe. Vous avez envie de créer sans renoncer pour autant à vos valeurs ? Récupération, création avec trois fois rien et utilisation de matières naturelles vous permettront de donner libre cours à votre fibre créatrice.

OBJETS EN PAPIER À CRÉER SOI-MÊME, 50 PROJETS POUR DÉCORER ET OFFRIR

Fiona Jones Éditions De Vecchi (2007) 19,90 Le papier, matériau extrêmement versatile, est ici décliné en de nombreuses tech- niques, afin de créer cinquante cadeaux que vous pourrez offrir avec fierté. Cet ouvrage grand for- mat est présenté sous forme de pas à pas en photos, auxquels s’ajoutent des astuces et les gaba- rits. Les réalisations vont de l’abat-jour au miroir enluminé, en passant par les cartes ori- gami et les bijoux de papier.

JOUETS À CRÉER, AVEC CISEAUX, COLLE, PEINTURE ET IMAGINATION

Raffaella Castagna et Gianluigi Spini Éditions L’Inédite (2007)

15

Rien de mieux que d’impliquer les enfants dans la création de leurs jouets pour qu’ils puissent les apprécier pleinement. Ici, le bri- colage se fait en famille, avec des fournitures simples et beau- coup de récup’ d’objets d’usage courant. Du cerf-volant au tangram, des marionnettes aux instruments de musique, les pas à pas illustrés de photos vous guideront dans des réalisa- tions gaies et accessibles à tous.

dans des réalisa- tions gaies et accessibles à tous. L A POTERIE AVEC LES ENFANTS Liliane
dans des réalisa- tions gaies et accessibles à tous. L A POTERIE AVEC LES ENFANTS Liliane

LA POTERIE AVEC LES ENFANTS

Liliane Tardio-Brise Éditions Eyrolles (2006)

20

Cet ouvrage très com- plet s’adresse à l’adulte qui souhaite accompa- gner des enfants dans la découverte de la terre et de la poterie. Il y trouvera toutes les bases concernant la terre, son travail, sa cuisson et sa décora- tion, ainsi que le matériel nécessaire (mais l’on peut commen- cer avec trois fois rien) et les consignes de sécurité. Cette partie théorique est suivie de pas moins de cinquantes projets à réaliser, clairement identifiés selon le niveau de diffi- culté, mais aussi le nombre de séances néces- saires, la taille de l’objet et la tranche d’âge (de 3 ans aux ados).

LA TEINTURE AU NATUREL

Jackie Crook Éditions Le Temps Apprivoisé (2008) 21 Vous avez envie de couleurs, mais crai- gnez les produits toxiques des teintures industrielles ? Jackie Crook met l’art de la teinture de textiles naturels à la portée de tous. Richement illustré, son livre donne envie de se mettre à l’ouvrage. Les différentes méthodes sont détaillées et suivies de trente projets de teinture qui déclinent la gamme des couleurs en utilisant des racines, écorces, fleurs, fruits ou légumes. Le nuancier final est bien pratique.

fruits ou légumes. Le nuancier final est bien pratique. 16 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18
fruits ou légumes. Le nuancier final est bien pratique. 16 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18
fruits ou légumes. Le nuancier final est bien pratique. 16 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18
fruits ou légumes. Le nuancier final est bien pratique. 16 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18
fruits ou légumes. Le nuancier final est bien pratique. 16 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

16 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

DÉCOREZ VOTRE INTÉRIEUR AVEC DES MEUBLES EN CARTON

Elsa Pagis Éditions CréaPassions (2007) 13 Le carton est un matériau plus soli- de qu’on ne le croi- rait et permet de créer, à moindres frais, des meubles sur mesure aux formes diverses.

❤

Cette technique, longtemps tenue secrète par les quelques initiés, est désormais accessible à tous : Elsa Pagis vous en révèle toutes les ficelles et vous accom- pagne dans la création de vos premiers meubles : commode, tables, canapé, tout devient possible. De la conception du meuble au gabarit, de la réalisation aux finitions, tout est expliqué.

99 FAÇONS DE CUSTOMISER SES T-SHIRTS

Faith et Justina Blakeney, Anka Livakovic, Ellen Schultz Éditions Marabout (2007) 8,90 Fournitures de base :

un tee-shirt, des ciseaux, du fil et des aiguilles. Objectif : un petit haut mode ou chic, un sac, une jupe… Cet ouvrage est une mine d’idées :

chaque page com- porte un projet décrit

en étapes simples et illustré de schémas. Il va bien au-delà de la customisation qui consiste à orner un vêtement : il permet de détourner un tee-shirt classique pour en faire un haut original. Les idées peuvent se combiner entre elles, ce qui devrait stimuler votre créativité et il n’est même pas nécessaire d’être une cou- turière avertie !

❤

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

écolos

écolos C RÉER UN MUR VÉGÉTAL EN INTÉRIEUR & EN EXTÉRIEUR Jean-Michel Groult Éditions Ulmer (2008)
écolos C RÉER UN MUR VÉGÉTAL EN INTÉRIEUR & EN EXTÉRIEUR Jean-Michel Groult Éditions Ulmer (2008)

CRÉER UN MUR VÉGÉTAL EN INTÉRIEUR & EN EXTÉRIEUR

Jean-Michel Groult Éditions Ulmer (2008) 24,90 Selon un sondage UNEP/IPSOS de février 2009, le jardin est la deuxième « pièce » préférée des Français, après le salon. Oui, mais comment se créer cette oasis de détente en appartement ? Jean-Michel Groult vous donne ici toutes les informations nécessaires pour transformer un mur en jardin, sur votre balcon ou sur une façade, et même en intérieur. Il présente les différentes techniques accessibles aux ama- teurs et toutes les étapes à suivre pour la réa- lisation et l’entretien, et vous conseille sur les plantes idéales pour un jardin vertical.

conseille sur les plantes idéales pour un jardin vertical. P AYSAGES MINIATURES , CRÉEZ AVEC DES

PAYSAGES MINIATURES, CRÉEZ AVEC DES VÉGÉTAUX

Patrick Zacharuk Éditions Didier Carpentier (2008) 12,50 Ce livre ravira les grands enfants et leurs parents : à partir d’échantillons prélevés dans la nature (mousse, brindilles, souches mortes, etc.), il vous guide dans la réalisation de tout petits paysages, jardins miniatures qui appor- teront une touche de nature chez vous sans nécessiter d’entretien. De quoi conjuguer, en balade, l’observation de la nature et une création en famille.

l’observation de la nature et une création en famille. R ÉCUP ’ ENFANTS Huguette Kirby Éditions
l’observation de la nature et une création en famille. R ÉCUP ’ ENFANTS Huguette Kirby Éditions

RÉCUPENFANTS

Huguette Kirby Éditions Le Temps Apprivoisé (2006) 10,90 Les enfants ont naturellement tendance à détourner les objets quotidiens de leur usage, par jeu. Ils trouveront ici des idées pour construire animaux, bolides, personnages et autres boîtes à trésor. Et pour cela, ils n’au- ront besoin que de ce que vous auriez jeté en temps normal :

emballages alimen- taires, rouleaux de papier toilette, bou- chons, boîtes d’œufs, etc. Avec un peu de colle et de la peinture, le recy- clage se fait ludique.

de colle et de la peinture, le recy- clage se fait ludique. D ÉTOURNEZ LE JEAN

DÉTOURNEZ LE JEAN, OBJETS DÉCO - ACCESSOIRES DE MODE

Véronique Villatte Éditions Didier Carpentier (2008) 6,90 Un jean devenu trop petit ou chiné dans un vide-grenier à moindres frais ? Transformez-le ! Matière résistante et maniable, le jean se prête en effet à de nombreuses possibilités. Trente-cinq projets sont présentés ici : bijoux, sac, portefeuille, mais aussi des sets de table, un plateau, etc. Les ados seront sans doute inspirés pour détourner un clas- sique de leur garde- robe.

pour détourner un clas- sique de leur garde- robe. C OPAIN DU BRICOLAGE Didier Schmitt Éditions

COPAIN DU BRICOLAGE

Didier Schmitt Éditions Milan Jeunesse (2009) 23,50 Les enfants aiment faire quelque chose « pour de vrai », aussi sont-ils souvent atti- rés par les outils et, si les parents sont équipés, l’établi du bricoleur devient une vraie mine d’or. En leur apprenant à utiliser le matériel de manière sécuritaire, on leur ouvre des portes vers de nombreuses créations. Cet ouvrage en foisonne : il y en a pour tous les goûts, tous les niveaux et tous les styles, des rangements en carton et des lampions en papier au banc en bois et au tipi en toile. Les petits pourront participer et les grands s’en donner à cœur joie.

participer et les grands s’en donner à cœur joie. 1001 JEUX DE CRÉATIVITÉ AVEC LES OBJETS

1001 JEUX DE CRÉATIVITÉ AVEC LES OBJETS

Philippe Brasseur Éditions Casterman

(2009)

16,75 Avec cet ouvrage, il ne s’agit plus de bri- coler, mais de boos- ter la créativité et l’imaginaire. Prendre conscience des objets qui nous entou- rent au quotidien, leur inventer des usages,

créer une histoire à partir d’accessoires, déve- lopper ses cinq sens… Autant d’activités qui feront bouillonner les cerveaux, petits et grands, et chasseront tout risque de s’ennuyer

petits et grands, et chasseront tout risque de s’ennuyer chez soi ! ■ S TÉPHANIE B

chez soi !

STÉPHANIE BOUDAILLE-LORIN

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

B OUDAILLE -L ORIN Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009 17 exemplaire de Aur?e Bianchi -

17

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

N aître parents ■ ■ ■ G ROSSESSE Les ateliers pour les futurs p un

N aître parents

GROSSESSE

Les ateliers pour les futurs p un espace privilégié de parole

La grossesse est aussi synonyme de chamboulement pour les hommes. Prendre part à un atelier pour futurs papas leur permet de partager leurs expériences, d’exprimer librement leurs émotions, de trouver des réponses à leurs questions et d’entamer une réflexion riche sur leur paternité.

É couter et rassurer leur compagne

pendant la grossesse, la soutenir et

l’encourager le jour J, être un papa

impliqué et aimant avec leur bébé :

les futurs pères ont, aujourd’hui, obliga- tion de « résultats ». Mais eux, qui les écoute, qui entend leurs doutes et leurs angoisses sur le déroulement de l’accou- chement ou encore sur leur place de papa ? Il existe, heureusement, des espaces de parole et d’écoute dédiés aux futurs papas : ce sont les ateliers pour les pères. Mode d’emploi.

ATELIERS POUR LES PÈRES :

OÙ ET COMMENT ?

Les ateliers pour les pères existent depuis de nombreuses années, sans toutefois se

généraliser. “Cela reste encore marginal”,

confirme Benoît Le Goëdec, sage-femme cadre à l’hôpital de Montreuil et sage- femme libéral, animateur d’ateliers pour les futurs papas à l’Institut mutualiste Montsouris à Paris. Ces ateliers sont prin- cipalement proposés par les maternités (les Bluets et les Lilas en région parisien- ne, par exemple), mais aussi par certaines associations axées sur la parentalité et le

maternage. Leur spécificité ? Être réservés aux papas et futurs papas, sans leur com- pagne. Ces ateliers sont également sou- vent animés par des hommes : des gyné- cologues, des pédiatres, des maïeuticiens (sages-femmes hommes), des psycho- logues ou simplement des papas. “Il a

été, en effet, dit, lorsque ces ateliers ont vu le jour, qu’il était préférable de placer en face des futurs papas un interlocuteur

masculin, relate Benoît Le Goëdec. Je

pense toutefois que les sages-femmes « femmes » sont tout à fait légitimes pour animer ces ateliers car, aux yeux des hommes, elles apparaissent alors comme sages-femmes et non comme femmes et mères. Pour ma part, j’interviens coiffé de ma casquette de sage-femme « homme » et non de celle de père.” Ces ateliers

durent en moyenne deux à trois heures. Ils sont bien souvent sans rendez-vous :

les futurs papas intéressés n’ont qu’à pousser la porte et à s’installer.

UN LIEU DÉCHANGE ET DÉCOUTE OÙ LA PAROLE DES HOMMES SE LIBÈRE

“Ces ateliers offrent aux futurs papas une possibilité d’écoute singulière de leur

Et si vous n’avez pas d’atelier pour les pères près de chez vous ?

Si aucune maternité ou association n’organise d’atelier de ce type dans votre région, vous pouvez tout à fait prendre rendez-vous, pour une ou plusieurs séances individuelles, avec la sage-femme qui suit votre compagne et bénéficier ainsi d’un espace de parole privilégié, l’échange collectif entre pères en moins.

“Il est important d’informer les futurs papas sur cette possibilité car, d’eux- mêmes, ils n’oseront pas prendre une telle initiative”, souligne Benoît Le Goëdec.

18 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

Goëdec. 18 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18 vécu en tant qu’hommes et non en tant

vécu en tant qu’hommes et non en tant que compagnon de leur femme, précise Benoît le Goëdec. Ils peuvent exprimer librement leurs émotions, leurs interroga- tions, leurs doutes et leurs peurs. Chose qui n’est pas naturellement évidente pour eux et qu’ils ne s’autorisent pas tou- jours en présence de leur compagne, par souci de protection.” Encouragés par les

questions de l’animateur et les réponses des pères les plus prolixes, la plupart des participants osent prendre la parole et certains, même, se confient. “Ils peuvent

alors aborder des sujets intimes comme la question de la sécheresse vaginale pendant l’allaitement. Un sujet qu’ils

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Sandrine Fraikin

Sandrine Fraikin apas : et d’écoute n’évoquent pas lors des séances de pré- paration à l’accouchement

apas :

et d’écoute

Sandrine Fraikin apas : et d’écoute n’évoquent pas lors des séances de pré- paration à l’accouchement

n’évoquent pas lors des séances de pré- paration à l’accouchement en couple”,

constate Sabine Maquère, sage-femme libérale, consultante en lactation IBCLC et ancienne animatrice d’ateliers pour les futurs papas axés sur l’allaitement à la maternité de l’hôpital Antoine-Béclère, en région parisienne. Selon le vécu de chaque père et sa sensibilité, les doutes soulevés et les questions posées sont divers et touchent aussi bien à la gros- sesse qu’à l’accouchement et le retour à la maison : qu’est-ce que je peux faire le jour J pour soutenir ma compagne ? Ma femme, qui va être en fusion totale avec le bébé, ne va-t-elle pas me rejeter, etc ?

INFORMATION, RÉASSURANCE ET RÉFLEXION SUR LA PATERNITÉ

“L’un des objectifs de ces ateliers est d’in- former objectivement les pères, afin de les aider à faire le tri entre les informa- tions, bonnes ou mauvaises, qu’ils ont déjà en tête, de part leur culture et leur

vécu, ou qui sont véhiculées par la famille et/ou les copains déjà pères”, ajoute

Sabine Maquère. Une information qui les rassure et les amène à entamer une introspection sur la paternité. “C’est aussi

le but de ces échanges : mener une véri- table réflexion sur leur place pendant la grossesse aux côtés de leur compagne, puis le jour J et après la naissance”, pour-

Se rencontrer entre pères et/ou futurs pères permet d'aborder des questions que l'on n'ose parfois pas poser, par exemple.

que l'on n'ose parfois pas poser, par exemple. suit Benoît Le Goëdec. Leur montrer que le

suit Benoît Le Goëdec. Leur montrer que le fait de communiquer dès la grossesse avec leur bébé, par la voix et le toucher, peut les aider à s’ancrer déjà dans l’après- naissance, leur expliquer, dans les grandes lignes, comment se déroule un accouchement et les sensibiliser au fait que le temps de la naissance est un temps psychologique et qu’il est impor- tant, pour vivre pleinement ce moment, de se placer dans cet espace temps, en laissant de côté le reste. “Nous parlons

beaucoup aussi de l’après-naissance et notamment des pleurs du bébé, comme langage et non comme un signe forcé- ment de mal-être, poursuit-il. Je les rassu- re en leur disant qu’il est normal de ne pas forcément comprendre son bébé au début mais que, plus on va l’observer, plus on va être à son écoute et répondre à ses besoins, et plus la communication sera facile.”

DES FUTURS PAPAS SATISFAITS ET PLUS SEREINS

Si, au départ, nombre de pères poussent la porte d’un atelier, non pas de leur plein gré mais après y avoir été vivement encouragés par leur compagne, la plu- part d’entre eux en ressortent contents.

“Ils m’envoient bien souvent un SMS

après la naissance : ‘Le bébé est né. Merci encore pour ce moment de partage’. Les

mamans m’appellent aussi parfois : ‘Mon

compagnon a participé à votre atelier : ça l’a bien rassuré et aidé à trouver sa place le jour J’, indique Benoît Le Goëdec.

Certains papas reviennent même assister un seconde fois à l’atelier ou sollicitent un entretien avec moi, seuls ou en

couple.”

EMMANUELLE SAMPERS-GENDRE

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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N aître parents ■ ■ ■ A CCOUCHEMENT Créer une ambiance « cosy » à

N aître parents

ACCOUCHEMENT

Créer une ambiance « cosy » à la maternité

Aménager la salle de naissance où l’on accouche et la chambre où l’on séjourne ensuite, pour en faire des endroits plus chaleureux et intimes, c’est possible en amenant des objets personnels et en faisant preuve d’imagination et d’initiative.

et en faisant preuve d’imagination et d’initiative. E ntre les allées et venues des sages-femmes, le
et en faisant preuve d’imagination et d’initiative. E ntre les allées et venues des sages-femmes, le
et en faisant preuve d’imagination et d’initiative. E ntre les allées et venues des sages-femmes, le
et en faisant preuve d’imagination et d’initiative. E ntre les allées et venues des sages-femmes, le

E ntre les allées et venues des sages-femmes, le bruit du monitoring, l’éclairage blafard et la froideur métallique du matériel médical, une salle de naissance à la maternité n’a

généralement rien d’un cocon douillet. Avec un peu d’imagination et des petits objets personnels, il est toutefois possible de rendre ce lieu, a priori

impersonnel, un peu plus cosy et de favoriser ainsi une intimité propice au bon déroulement du tra- vail. Vous pouvez faire de même dans votre chambre si vous restez ensuite quelques jours à la maternité avec votre bébé.

pourra faire office d’éclairage tamisé. Rassurez- vous, cette pénombre improvisée ne gênera pas le travail des sages-femmes qui disposent de lampes

pour vous ausculter. “On entend parfois des réflexions de la part de certains membres de l’équi- pe mais il n’est jamais formellement interdit aux parents de procéder à ces petits aménagements”,

rassure la doula. Si la température de la pièce ne vous convient pas, vous pouvez parfaitement bais- ser ou hausser le thermostat dont sont équipées les salles de naissance. Il est possible aussi de bais- ser le volume du monitoring si son bruit vous déconcentre. Sachez, enfin, que le lit sur lequel vous serez installée une bonne partie du travail est

modulable. “Il est possible d’en modifier la hauteur et d’en relever le dossier. La partie basse peut aussi s’abaisser ou s’enlever carrément. Cela permet à la future maman de varier les positions”, indique

OSER AMÉNAGER LA SALLE DE NAISSANCE SELON SES BESOINS

“Lorsqu’ils arrivent à la maternité le jour J, les couples se sentent en territoire inconnu et « genti- ment » accueillis par le corps médical. De ce fait, ils n’osent pas toujours exprimer leurs souhaits et encore moins prendre des initiatives, souligne

Pascale Gendreau, doula en Gironde. Or, ils doi-

vent avoir en tête que, durant tout l’accouche- ment, la salle de naissance est leur endroit et qu’ils peuvent l’aménager à leur guise sans pour autant gêner l’équipe médicale.” Une femme en travail

recherche souvent la pénombre : si tel est votre besoin, n’hésitez pas à tirer les stores en journée ou à baisser, voire à éteindre, la lumière la nuit. Une lampe à sel d'Himalaya apportée par vos soins

Pascale Gendreau.

APPORTER DES OBJETS PERSONNELS ET SÉCURISANTS

Une femme qui accouche a besoin de se sentir ras- surée et sécurisée. N’hésitez pas à apporter le jour J, en salle de naissance, des objets personnels. “Cela

peut être une lampe à sel pour l’éclairage. Elle est en effet préférable aux bougies, pour des raisons de sécurité. Le collier ou le bracelet que vous avez reçu lors de votre blessingway 11 (rituel de célébra- tion de la femme enceinte, organisé généralement au septième mois de grossesse), un oreiller, un coussin ou une couverture « doudou » impré- gnés de votre odeur”, énumère

« doudou » impré- gnés de votre odeur” , énumère Pascale Gendreau. Certaines odeurs – océanes
« doudou » impré- gnés de votre odeur” , énumère Pascale Gendreau. Certaines odeurs – océanes

Pascale Gendreau. Certaines odeurs – océanes ou boisées – sont en effet très sécurisantes pour les futures mamans. Si tel est votre cas, versez quelques gouttes d’huiles essen- tielles de cette fragance sur un

20 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

mouchoir que vous glisserez dans un sac de congé- lation : il vous suffira, durant
mouchoir que vous glisserez dans un sac de congé- lation : il vous suffira, durant
mouchoir que vous glisserez dans un sac de congé- lation : il vous suffira, durant
mouchoir que vous glisserez dans un sac de congé- lation : il vous suffira, durant

mouchoir que vous glisserez dans un sac de congé- lation : il vous suffira, durant le travail, d’ouvrir le sac pour respirer ce parfum. “Ce procédé est

lement – certains touchers vaginaux prévus toutes les heures ou toutes les deux deux heures, selon les protocoles. Prétextez, par exemple, l’arrivée d’une

conseillé dans la mesure où toutes les maternités n’acceptent pas la diffusion d’huiles essentielles en

grosse contraction au moment de l’examen. Afin de vous sentir libre d’adopter toutes les positions

salle de naissance, précise la doula. Sans oublier une huile de massage, des petites bouillottes,

souhaitées, troquez aussi votre tee-shirt long contre un paréo que vous nouerez sur vos hanches.

sources de chaleur bienfaitrices ; un brumisateur et

“La vulve de la femme est ainsi protégée et la

des

pastilles à la menthe pour vous rafraîchir ; des

femme se sent autorisée à se mouvoir librement”,

CD

de musique et, le cas échéant, un lecteur CD (si

poursuit la doula.

la maternité n’est pas équipée) ou un lecteur MP3 avec des oreillettes ; des cartes postales représen- tant des lieux ressources pour vous – en particulier si vous avez pratiqué la sophrologie ou l’hypnose prénatales – et sur lesquelles vous pourrez fixer votre attention pendant les contractions.

PRÉSERVER SON INTIMITÉ

Se déconnecter de l’environnement extérieur et

pouvoir ainsi plonger dans le travail est important pour la future maman. Seulement voilà, comment entrer et, surtout, rester dans sa bulle à la mater- nité face au ballet incessant du personnel médical et aux questions qui fusent de toutes parts : “Quel

est votre numéro de sécurité sociale ?”, “Le prénom

du bébé est-il choisi ?”, etc. La

réponse : s’en

remettre au futur papa ou toute personne présen- te lors de l'accouchement. Briefé par sa compagne

pendant la grossesse sur toutes les questions d’ordre administratif, c’est lui ou elle qui répondra

au personnel et fournira, si besoin, les papiers

nécessaires. C’est lui, encore, qui saura où se trou-

vent les affaires du bébé pour la naissance. “Le

papa peut ainsi demander au personnel médical qu’il s’adresse à lui en priorité et qu’il ne parle pas trop fort, si possible. Si lui-même chuchote, l’équi- pe baissera forcément le ton”, suggère Pascale

Gendreau. Enfin, pour préserver votre intimité « corporelle », sachez que vous pouvez essayer de refuser – sans pour autant vous y soustraire tota-

UNE AMBIANCE COSY AUSSI DANS SA CHAMBRE

Si vous bénéficiez d’une chambre seule – et même si vous êtes à plusieurs et que vous vous entendez bien avec vos collègues de chambrée –, vous pou- vez personnaliser votre espace, le temps de votre séjour à la maternité. Après la naissance de sa troi- sième fille, Sandrine F. a ainsi entièrement aména- gé sa chambre pour en faire un lieu douillet et

Bougies et lampes à sel pour créer une ambiance intime :

n'hésitez pas à préparer tout ce qui peut vous aider à vous sentir à l'aise.

tout ce qui peut vous aider à vous sentir à l'aise. f a m i l

familial. “J’avais apporté mes lampes en cristal de sel pour l’éclairage, ma bouilloire et ma tisane, relate-t-elle. Comme nous disposions d’un second lit, nous avons pu dormir tous ensemble, mon compagnon et mes trois filles, dans nos cou- vertures et sur nos coussins. On était un peu comme chez nous, à tel point qu’avant d’en- trer dans la chambre, les membres du per- sonnel médical toquaient à la porte !”

du per- sonnel médical toquaient à la porte !” ■ E MMANUELLE S AMPERS -G ENDRE

EMMANUELLE SAMPERS-GENDRE

1 - Voir notre article sur le sujet paru dans notre numéro 15 janvier/février 2009.

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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Sébastien Buteau

Sébastien Buteau N aître parents ■ ■ ■ L A CHRONIQUE DE L UDO Vers une

N aître parents

LA CHRONIQUE DE LUDO

Vers une culture de l’allaitement ?

Le biberon est tellement devenu un symbole de la petite enfance que même un bambin allaité peut s’imaginer être nécessairement passé par ce substitut. À quand une culture de l’allaitement ?

L orsque ma femme a commencé à nourrir notre petit, nous n’avions jamais entendu parler d’allaitement long mais nous étions assez motivés

pour ne pas nous être intéressés du tout à la question des biberons et des laits en poudre. On nous en a bien offert un, mal- gré tout, mais nous ne l’avons même pas conservé. A priori, il n’avait pas sa place chez nous. Et pourtant…

UNE ANECDOTE QUI MA LAISSÉ SONGEUR

Mon fils, alors âgé de 3 ans, joue avec une bouteille d’eau. Il me dit : “Je suis un bébé. Je bois au biberon.” Bon, il est vrai qu’il est difficile de ne pas associer bébé et biberon, mais ça me fait quand même bizarre. Après tout, il n’en a jamais pris, même pour du lait maternel : il a toujours pu téter à la source. Mais il poursuit : “Les

bébés boivent des biberons. Quand j’étais bébé, j’avais des biberons”. Quoi ? Mais

non, pas du tout ! Ce syllogisme me sidè- re. Précisons qu’il n’est pas encore sevré et n’a donc pas oublié les tétées avec sa mère. Et que nombre de ses petits copains ont la même chance que lui. Il n’est pas entouré d’enfants non allaités, et pourtant la culture du biberon l’a quand même tou- ché ? Il me faut en parler avec lui…

TOUJOURS LES MÊMES VISUELS

Il est vrai que s’il a peu vu de biberons « en vrai », leur représentation dans les albums pour enfants est quasiment systé- matique. Je me souviens de la phase où il me fallait expliquer de quoi il s’agissait, puis j’ai dû répondre à la question mais

pourquoi le bébé ne tête pas ?” Oui, c’est

vrai, pourquoi ? Est-ce que les illustrateurs trouveraient indécent de dessiner un bébé au sein ? Savent-ils que l’allaitement peut être discret ? Ou bien sont-ils eux- mêmes tellement imprégnés de la culture

du biberon qu’ils ne dessinent que des bébés pourvus de ce fameux accessoire, souvent secondé par la tétine, comme si c’était un passage obligé ? Même les ani- maux, dans les livres, prennent le biberon !

UN SYMBOLE À MODIFIER

Bien sûr, les biberons existent. Bien sûr, tous les enfants ne sont pas allaités et certains reçoivent le lait de leur mère dans un biberon. Je ne dis pas qu’il faut en faire un tabou. C’est cette représenta- tion systématique qui me gêne : bébé = biberon. Dans un pays qui n’a pas tou- jours brillé par ses taux d’allaitement, l’omniprésence du biberon ne peut pas aider. Beaucoup de femmes n’ont jamais assisté à une scène d’allaitement avant d’essayer elles-mêmes. Mais, finalement, c’est dès le premier âge qu’on nous pré- pare : bébé = biberon. Comment ne pas s’étonner alors que, pour beaucoup de jeunes mères, il n’y a pas de différence de qualité entre lait maternel et lait artificiel, ou presque, et qu’il s’agit d’un simple choix d’organisation ? Dans les lieux publics, il n’est pas rare que l’on signale un endroit prévu pour les bébés par un biberon. Là encore, l’analo- gie est trop systématique et ne se justifie pas. Cela aiderait sans doute à favoriser les taux d’allaitement si l’on arrivait à changer cette image, mais cela sera long et pas simple, tant les mentalités font le lien entre bébé et biberon. J’adorerais voir plus souvent des ouvrages dans lesquels les enfants tètent. Voir le symbole inter- national de l’allaitement plus souvent uti- lisé. En attendant, ce sont les mamans allaitantes qui jouent un rôle important :

chaque fois qu’elles nourissent leur enfant en public, elles rappellent qu’à l’origine, bébé = tétée.

LUDOVIC LORIN

qu’à l’origine, bébé = tétée. ■ L UDOVIC L ORIN Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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Aurélie Chen

Aurélie Chen D ossier 2^ Parler avec les mains, écouter avec les yeux 2* Signer avec

Dossier

Aurélie Chen D ossier 2^ Parler avec les mains, écouter avec les yeux 2* Signer avec

2^ Parler avec les mains, écouter avec les yeux

2* Signer avec les bébés :

vive la communication gestuelle !

3! Nathanaëlle Bouhier-Charles :

“Les enfants prennent goût à l’art de communiquer”

3@ Des ateliers pour signer en famille

3$ Un pont entre les langues

3^ Yaëlle : “Je veux donner une chance à chacun de s’affirmer dans sa spécificité”

3* Signer avec des enfants plus grands

4) Signer avec un enfant différent

4# Pour aller plus loin

DOSSIER RÉALISÉ PAR STÉPHANIE BOUDAILLE-LORIN, SOPHIE NELSON, CATHERINE DUMONTEIL-KREMER ET CARINE PHUNG.

Signer Signer avec avec

les les enfants enfants

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D ossier Parler avec les mains , écouter avec les yeux La langue des signes,

Dossier

D ossier Parler avec les mains , écouter avec les yeux La langue des signes, langue

Parler avec les mains, écouter avec les yeux

La langue des signes, langue naturelle des Sourds 1 , est plutôt méconnue du grand public entendant. À présent que des ateliers proposent aux parents de communiquer par ce mode avec leur bébé, en dehors de toute surdité, c’est une opportunité pour en savoir plus sur cette langue étonnante.

L a langue des signes a probablement existé dès que deux sourds se sont retrouvés en contact, tant l’homme est un animal social. Certains paléontologues pensent même

politique reste de pousser à l’intégration, ce qui signifie généralement qu’un enfant sourd, seul parmi une classe d’entendants, doit se débrouiller pour suivre toute la journée un cours inadapté dans une langue qu’il ne perçoit que très imparfaitement. Pire encore, les médecins, interlocuteurs pri- vilégiés des familles – les enfants sourds étant en grande majorité de parents entendants – tendent à médi- caliser la situation et ne proposent qu’opérations et rééducation dès le plus jeune âge. L’implant cochléaire, censé permettre aux sourds d’entendre, semble pourtant généralement une déception et la cause de souffrances pour les intéressés. Finalement, ce n’est qu’en 2005 que la langue des signes a été reconnue comme une langue officielle en France !

Ce jeune Sourd signe « gâteau ».
Ce jeune Sourd
signe « gâteau ».

que la communication humaine a d’abord été gestuelle. Mais, bien sûr, parler avec les mains ne laisse pas de traces.

UNE LANGUE INTERDITE

L’Abbé de l’Épée, figure mythique dans la communauté des Sourds, a sans doute été le premier entendant, en France, qui se soit intéressé à la langue des signes. Elle devient alors la langue utilisée au sein de l’Institut de Jeunes Sourds de Saint- Jacques, à Paris. Hélas, elle sera condamnée lors du Congrès de Milan, en 1880, où une assemblée d’éducateurs français et italiens déci- dent, à grand renfort de démonstrations faussées et d’arguments peu scientifiques, que la langue des signes doit disparaître de l’enseignement, pour permettre aux Sourds de bénéficier d’une éduca- tion oraliste 22 . Sous prétexte d’éradiquer leur diffé- rence, on leur interdit l’usage de cette langue, notamment dans les écoles et internats ! Commence alors un siècle pendant lequel les Sourds devront se cacher pour communiquer entre eux, au point d’en oublier la valeur de leur langue.

UNE LANGUE À PART ENTIÈRE

La langue des signes est parfois confondue avec l’alphabet dactylologique, manière de former les lettres avec les doigts. Pourtant, cet alphabet a une utilisation limitée ; il serait bien trop lent et fasti- dieux d’épeler les mots un par un. Cela peut néan- moins servir pour indiquer une première fois un nom propre, comme celui que nous portons, par exemple, mais on le fera ensuite suivre d’un « nom- signe », l’équivalent gestuel de son nom et prénom, une fois que l’on a été rebaptisé par la commu- nauté Sourde. La langue des signes est donc bien plus qu’un alphabet, c’est une langue à part entière, qui ne reproduit pas non plus la langue parlée du pays. Ainsi, on parle de « français signé » pour désigner une communication calquée sur le français oral ou écrit et de « langue des signes française » ou LSF pour décrire le mode de communication des Sourds. Pourquoi cette différence ? La langue des signes dispose de sa grammaire propre. L’une des conséquences est que l’ordre des signes ne suit pas l’ordre des mots de nos phrases. C’est ce qui fait qu’il est quasiment impossible de bien parler et de bien signer en même temps, sauf pour de brefs

UNE RENAISSANCE RÉCENTEET FRAGILE

En 1971, le 6 e congrès de la Fédération Mondiale des Sourds se tient à Paris. C’est l’occasion d’un réveil pour la communauté Sourde qui redécouvre la richesse des signes. Sous l’impulsion d’un Sourd américain et de son interprète, un groupe de Sourds va créer la troupe International Visual Theater (I.V.T.). Et c’est dans ce cadre que seront créés les tout premiers cours de LSF. En 1991, la loi Fabius redonne enfin droit de cité à la langue des signes dans l’éducation des jeunes sourds : les parents peuvent choisir une éducation bilingue (français et LSF) ou un ensei- gnement oraliste. Hélas, l’offre en établissements bilingues demeure très limitée et la tendance

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5 1
5
1

Les cinq paramètres du signe « content » :

1) configuration : main à plat, doigts serrés ; 2) emplacement : sur la poitrine ; 3) mouvement : circulaire, dans le sens des aiguilles d’une montre ; 4) orientation : paume vers la poitrine ; 5) expression réjouie.

: paume vers la poitrine ; 5) expression réjouie. 4 3 2 Qu’est-ce qu’un signe ?
4 3 2
4
3
2
Qu’est-ce qu’un signe ? ● Un signe peut correspondre à un mot… ou pas. La
Qu’est-ce qu’un
signe ?
● Un signe peut correspondre à un mot… ou pas. La LSF n’étant pas
calquée sur le français, il n’y a aucune correspondance stricte. Il faudra
parfois plusieurs signes pour traduire un seul mot ou l’inverse.
● Un signe est défini par cinq paramètres :
● la configuration : la forme que prend la main ;
● l’emplacement : l’endroit, dans l’espace ou sur soi, où se fait le signe ;
● le mouvement : c’est-à-dire le déplacement des mains, mais aussi le sens
de ce déplacement, l’éventuelle répétition du mouvement, sa vitesse… ;
● l’orientation : vers le haut, le bas, la droite, la gauche, vers soi, vers
l’interlocuteur, les deux mains face à face ou dos à dos… ;
● et l’expression du visage, qui fait partie intégrante du signe et vient le
ponctuer. C’est souvent ce dernier paramètre qui pose le plus de
difficultés aux entendants, qui ne se sentent pas toujours à l’aise. Mais
dans le cadre d’une communication avec un bébé, il est plus courant de
faire diverses mimiques.
● Certains signes sont iconiques, c’est-à-dire que l’on voit très facilement
le rapport entre ce qui est signé et le signe en lui-même. Par exemple, le
signe « papa » se fait en pinçant deux fois une moustache invisible, près
de la bouche. À l’inverse, d’autres signes sont arbitraires et l’on ne peut
pas deviner leur sens rien qu’en les voyant.

donc pas, pour maîtriser la langue des signes, d’apprendre simplement le vocabulaire. En revanche, dans le cas d’une utilisa- tion temporaire avec un bébé enten- dant, cela peut satisfaire au besoin de communication.

À CHAQUE PAYS SA LANGUE DES SIGNES

Contrairement à une autre idée reçue, la langue des signes n’est pas universelle. Il existe bien ce que l’on appelle la Langue des Signes Internationale (LSI), mais il s’agit d’un code (donc, figé, à l’opposé d’une langue vivante), qui est utili- sé dans le cadre de conférences ou de rencontres entre sourds de différents horizons. En effet, comme pour leurs équivalents à l’oral, les langues des signes ne cessent d’évoluer. Il serait donc impossible d’envisager une langue mondiale qui connaîtrait partout les mêmes développements simultanés. En revanche, seul le vocabulaire varie d’une contrée à l’autre, la grammaire étant une

base commune. Concrètement, cela signifie qu’un Sourd japonais sera ralenti dans sa communica- tion avec un Sourd allemand, mais tous deux par- viendront à échanger. Quel avantage par rapport aux langues parlées ou écrites ! Un enfant qui découvre la langue des signes très jeune ne continuera pas forcément à la pratiquer une fois qu’il sera passé à l’oral. Toutefois, c’est une première ouverture sur une autre langue et une autre culture. Et, plus tard, peut-être sera-t-il tenté d’approfondir cette approche et de partir à la découverte du monde des Sourds… dans son

propre pays.

STÉPHANIE BOUDAILLE-LORIN

messages. Un autre exemple ? La grammaire est transposée dans l’espace : le présent se situe à peu près au niveau des épaules de celui qui s’exprime, le futur devant lui et le passé derrière. Il ne suffit

1 – On écrit sourd avec une minuscule pour désigner

quelqu’un qui n’entend pas et Sourd avec une majus- cule pour signifier membre de la communauté Sourde.

2 – C’est-à-dire que les sourds doivent apprendre à

parler (à « oraliser ») et à lire sur les lèvres.

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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Sonia Drevet

Sonia Drevet D ossier Signer avec les bébés vive la communica Donner aux tout-petits les moyens

Dossier

Sonia Drevet D ossier Signer avec les bébés vive la communica Donner aux tout-petits les moyens

Signer avec les bébés vive la communica

Donner aux tout-petits les moyens de s’exprimer autrement que par la parole à laquelle ils n’ont pas encore accès, c’est possible grâce aux signes : un langage à leur portée, aux ressources insoupçonnées.

L es enfants n’accèdent au langage oral que vers 18 mois. Jusque-là, ils ne disposent que de très peu de moyens pour communi- quer sur leurs besoins et leurs envies. L’utilisation de signes issus de la Langue des Signes Française (LSF) peut leur ouvrir de nouveaux horizons en leur donnant très tôt la possibilité de s’ex- primer et de se faire comprendre de leur entourage. C’est tout l’enjeu du concept Signe Avec Moi 11 ,, développé en France par deux mamans, l’une sourde, l’autre entendante : offrir un outil de communication unique et accessible à tous afin d’enrichir la relation parent-enfant en privilégiant écoute et respect.

L’utilisation de la langue des signes pour communiquer avec des enfants enten- dants nous vient des États-Unis. Dès la fin des années soixante-dix, Joseph Garcia, inter-

prète en ASL (American Sign Language),

constate que les enfants sourds ou de parents sourds communiquent à l’aide des signes bien plus tôt que les enfants entendants ne le font avec des mots. Il élabore alors un système, qu’il nomme Sign With Your Baby 22 , visant à favoriser la communication parents-enfants à l’aide de signes issus de l’ASL. En 1982, deux psychologues de l’Université de Californie, Linda Acredolo et Susan Goodwyn, ayant constaté que les bébés communiquaient naturellement par gestes, créent Baby Sign 33 , un répertoire de signes adaptés aux bébés pour leur permettre d’échanger plus facile- ment avec leur entourage. Certains de ces signes sont issus de l’ASL, d’autres inspirés de gestes repérés chez les bébés, d’autres encore totalement inventés. Ces expériences ont permis d’observer une meilleure compréhension, une réduction de la frustration chez les enfants comme chez les parents, un renforcement du lien parent- enfant, un apprentissage précoce du langage, un vocabulaire plus riche et plus précis et, de manière plus globale, une assurance dans l’expression.

28 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

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:

tion gestuelle !

: tion gestuelle ! S IGNE A VEC M OI , LA LANGUE GESTUELLE À LA

SIGNE AVEC MOI, LA LANGUE GESTUELLE À LA PORTÉE DE TOUS LES BÉBÉS

C’est dans ce contexte que Nathanaëlle Bouhier- Charles, maman de trois enfants, découvre l’utili- sation des signes dans la communication avec les enfants. Installée aux États-Unis avec sa famille, elle se rapproche de groupes de parents prati- quant, comme elle, l’attachment parenting. Elle constate que ceux-ci utilisent les signes, associés aux mots, pour communiquer avec leurs enfants. D'abord sceptique, elle est très vite convaincue par le concept et s'inscrit à une série d'ateliers. Ses enfants se prennent au jeu et se mettent à com- muniquer beaucoup plus facilement et précisé- ment grâce aux signes. De retour en France, en 2005, elle crée Signe Avec Moi, en tandem avec Monica Companys 44 , comédienne, formatrice, auteure et éditrice sourde, afin de développer le concept de ce côté-ci de l’Atlantique.

Les tout-petits s'expriment spontanément à l'aide de leurs mains pour se faire comprendre.

AU COMMENCEMENT ÉTAITLE SIGNE

L’idée de signer avec les bébés est née d’un constat :

les très jeunes enfants s’expriment, naturellement et en nous imitant, par gestes, bien avant de le faire verbalement. Les mécanismes requis par

avant de le faire verbalement. Les mécanismes requis par l’exercice de la parole sont bien trop
avant de le faire verbalement. Les mécanismes requis par l’exercice de la parole sont bien trop

l’exercice de la parole sont bien trop complexes pour un enfant de quelques mois. À l’inverse, il maîtrise suffisamment bien les muscles de ses mains, de ses bras et de son visage pour les utiliser afin de pouvoir communiquer. Un nourrisson va se mouvoir d’une certaine manière, exercer un mou- vement de succion, tourner la tête pour signifier qu’il cherche à téter, qu’il a sommeil ou qu’il a besoin d’éliminer. Un peu plus tard, il fera au revoir avec la main, les petites marionnettes, bravo, chut ou encore pointera du doigt l’objet qu’il convoite ou la scène sur laquelle il souhaite attirer l’atten- tion. Ces signes, qui s’apparentent plutôt à des signes culturels, sont introduits, plus ou moins consciemment, dans la communication avec les tout-petits, en famille mais aussi en collectivité. On peut donc tout à fait imaginer en proposer d’autres, consciemment cette fois, afin d’élargir le vocabulaire ainsi mis à disposition des tout-petits et de leur entourage pour leur permettre de com- muniquer plus facilement. Les signes viendront ainsi précéder les mots, facilitant la compréhen- sion mutuelle adultes-enfants en attendant que se mette en place le langage oral, en général entre 18 et 24 mois. Par la suite, les signes peuvent faci- liter la compréhension des premiers mots pronon- cés par l’enfant et être utilisés encore transitoire- ment jusqu’à ce que la parole soit suffisamment élaborée.

DES BÉNÉFICES MULTIPLES

Un enfant qui utilise les signes pour communiquer peut initier et orienter la conversation, au lieu de dépendre du bon vouloir des adultes. Il peut par exemple de lui-même demander à regarder un livre plutôt que d’attendre que l’adulte le lui propose. Il peut s’exprimer clairement et sans détours, donc sans frustration et sans colère inutiles, sur ses envies et ses besoins. C’est le gâteau au chocolat qui est dans le placard qui lui fait envie, pas celui qui est dans l’assiette sur la table. On vient de changer sa couche, oui, mais il a fait un gros pipi qui le gêne et il aimerait être de nouveau changé. L’adulte aussi en tire les bénéfices : la satisfaction d’avoir compris ce que cherchait à lui dire son enfant est immense. Pour lui non plus, pas d’éner- vement, pas de frustration. En utilisant les signes pour communiquer, on devient plus attentif l’un à l’autre. On se regarde, ce que l’on ne fait pas tou- jours quand on se parle. L’enfant, se sentant compris, acquiert une plus grande confiance en lui, en ses capacités à com- P

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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RENCONTRE

RENCONTRE D ossier P muniquer. Il est perçu comme intelligent et com- pétent, aussi petit soit-il,

Dossier

RENCONTRE D ossier P muniquer. Il est perçu comme intelligent et com- pétent, aussi petit soit-il,

P muniquer. Il est perçu comme intelligent et com- pétent, aussi petit soit-il, et cela ne peut que ren- forcer son estime de soi. Le plaisir d’entrer en communication, activement, avec les adultes va tout naturellement le pousser à communiquer davantage. Et comme, par ailleurs, on continuera à lui parler, il va très vite vouloir suivre les adultes sur le chemin du langage oral. Les signes ne représentent donc pas un frein au développe-

ment de la parole, au contraire. Ils sont un trem- plin vers une communication globale efficace et

épanouissante.

SOPHIE NELSON

1 - http://www.signeavecmoi.com

2 - http://www.sign2me.com

3 - https://www.babysigns.com

4 - http://www.monica-companys.com

https://www.babysigns.com 4 - http://www.monica-companys.com Monica Companys, co-fondatrice de Signe Avec Moi Grandir

Monica Companys, co-fondatrice de Signe Avec Moi

Grandir Autrement :

Pouvez-vous définir Signe Avec Moi en quelques mots ? Monica Companys : L’association Signe Avec Moi a pour objectifs d’encourager et de faciliter la communication entre les bébés et leurs parents dans l’écoute et le respect, de renforcer et nourrir les liens qui les unissent par l’utilisation des signes de la Langue des Signes Française. Elle dispose pour cela d’un réseau d’ani- mateurs d’ateliers de communication gestuelle avec les bébés 11 , d’un service de formation auprès des professionnels et elle organise des manifestations culturelles.

Comment la rencontre avec Nathanaëlle Bouhier-Charles, l’initiatri- ce de Signe Avec Moi, a-t-elle eu lieu ? Tout à fait par hasard, sur internet. Nathanaëlle cherchait à convertir les signes du Baby Sign (issus de la Langue des Signes Américaine) en LSF. De mon côté, je cherchais une maman entendante qui uti- lise les signes de la LSF sans connaître les sourds, ni avoir dans sa famille un sourd, pour pouvoir élaborer et concrétiser un livre sur ce thème. Mais je ne trouvais que des mamans entendantes qui connaissaient les signes puisque leurs propres parents étaient sourds. Bien sûr, je pouvais faire cela avec des interprètes de LSF qui sont mères, ou avec les enfants de mes amies sourdes qui sont devenues mères et qui uti- lisent les signes avec leurs bébés enten- dants, mais c’était un peu de la triche.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous associer à ce projet ? J’étais consciente de l’ampleur du concept des signes pour les bébés entendants aux États-Unis, où il existe depuis plus de trente ans. Je reportais toujours l’idée de lancer cela en France,

sachant qu’ici il n’y avait rien et que c’était trop tôt et trop avant-gardiste. Je craignais que ce soit perçu comme une méthode et, pour ma part, en tant qu’auteure, je sentais que je ne serais pas crédible aux yeux du grand public entendant. Il me fallait le faire avec une maman entendante. Pour ce qui est de la pertinence du concept, c’était fla- grant. Il suffisait de regarder les bébés entendants de parents sourds (de tous mes amis sourds) : ces bébés étaient particulièrement réceptifs et s’expri- maient déjà bien avant les bébés enten- dants issus de parents entendants. La communication s’établissait très tôt (dès 6-7 mois) et on pouvait les comprendre avant qu’ils commencent à parler.

Comment Signe Avec Moi est-il perçu par la communauté sourde ? Ils réagissent comme moi au début :

“Quoi ! Des signes aux entendants, alors que nous nous battons pour faire reconnaître la LSF dans l’éducation des

bébés sourds ! Beaucoup de sourds ne savent pas que ce concept existe quasi-

Signe

Avec Moi a été littéralement parachuté dans un pays où l’on rechigne à faire reconnaître la LSF. Il est de mon devoir de faire le « pont » et de multiplier les conférences auprès des associations de sourds, pour qu’ils soient au courant et comprennent bien le but de ce concept :

une passerelle « étroite » pour que les entendants prennent conscience de la singularité des sourds, de leur culture et de leur langue. Quelle place occupent les enfants sourds dans la démarche de Signe Avec Moi ? Les parents d’enfants sourds, pour la plu- part, n’utilisent pas d’emblée les signes. Ils ont du mal, ce que je comprends par-

ment partout sauf en France

faitement, à faire le deuil de leur enfant entendant. Il leur faut accepter la surdité de leur enfant. De plus, la pression médi- cale est très forte et l’environnement, en France, n’a pas encore banalisé les signes. Du coup, les parents d’enfants sourds s’acharnent à vouloir que leur enfant parle et n’utilisent la LSF qu’à

contrecœur

dans ce projet, était justement que la masse écrasante que représentent les entendants connaisse les signes et les sourds et que les parents d’enfants sourds voient que la communication ges- tuelle avec les bébés se banalise, se démocratise. Si j’avais fait un livre pour parents de bébés sourds, je n’aurais fait que les marginaliser encore plus.

Mon but, en m’investissant

Quelles actions pourrait-on imaginer dans le futur pour étendre la portée de Signe Avec Moi ? Une expansion dans les crèches permet- trait aux enfants sourds de communi- quer grâce aux signes. Beaucoup de comptines comportent déjà une gestuel- le, ce qui ravit les bébés, et on les repro- duit spontanément. Signe Avec Moi entre dans ce principe-là : on parle mais on accompagne les mots de quelques signes ponctuels que les bébés pourront par la suite restituer en cas de besoin. Ce ne sont que des signes-mots, jamais une traduction en LSF pure et dure. J’espère que les entendants seront ten- tés d’en savoir plus sur les sourds grâce à Signe Avec Moi. Pour les mamans qui utilisent les signes, c’est une ouverture sur une relation plus riche avec leur bébé entendant et une invitation à découvrir le monde des sourds.

SOPHIE NELSON

1 – Voir à ce sujet notre article sur les ateliers p. 32.

30 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

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Aurélie Chen

Aurélie Chen Nathanaëlle Bouhier-Charles : “Les enfants prennent goût à l’art de communiquer” Nathanaëlle
Aurélie Chen Nathanaëlle Bouhier-Charles : “Les enfants prennent goût à l’art de communiquer” Nathanaëlle

Nathanaëlle Bouhier-Charles :

“Les enfants prennent goût à l’art de communiquer”

Nathanaëlle Bouhier-Charles a introduit en France le concept d’utiliser la langue des signes avec des enfants entendants, à travers Signe Avec Moi. Catherine Dumonteil-Kremer interviewe pour nous cette pionnière, qui est aussi son amie de longue date.

Grandir Autrement : Nathanaëlle, la première fois que tu m’as parlé de langue des signes, tu vivais aux États- Unis… Je m’étais alors demandée si cela correspondait à un besoin ou à une intellectualisation précoce des enfants Nathanaëlle Bouhier-Charles : Moi aussi, quand j’ai vu des parents faire des signes aux bébés et aux bambins lors des ren- contres de mon groupe de soutien, j’ai

pensé : “Ils sont fous ces américains, ils ne savent plus quelle méthode inventer pour booster leurs petits ! Ils feraient mieux de les laisser tranquilles. De toute façon, les enfants finissent par parler : alors pour- quoi vouloir accélérer les choses ?” Cela

me semblait artificiel et contraignant. Et puis j’ai découvert l’hygiène naturelle infantile 11 et cette approche respectueuse a vraiment retenu mon attention. Ingrid Bauer propose dans son livre Diaper free 22 d’utiliser le signe de la lettre T pour signer « toilet ». Sans grande conviction, mais dési- reuse d’être plus connectée à mon bébé, j’ai commencé à le signer chaque fois qu’il était question d’élimination, du moins le plus souvent possible. Mon fils s’est mis à repro- duire ce code spontanément à 10 mois et cela a été une révélation. Il pouvait me faire part de ses besoins et je pouvais facilement le comprendre et agir pour qu’il se sente bien. C’est ainsi que nous avons commencé à introduire des signes de la vie courante avec enthousiasme.

Ce que je trouve fondamental dans ce concept, c’est le rapprochement, l’atta- chement, la compréhension Oui, c’est un outil vraiment simple, pas besoin de « maîtriser » avant de se lancer. On apprend ce dont on a besoin pour mieux communiquer au fur et à mesure, en même temps que son enfant. Ce qui est intéressant, c’est que quand on signe, on prend le temps d’établir le contact, de se regarder, on ralentit le rythme, on bais- se le ton, on est attentif à l’expression de l’autre. Les enfants se sentent reconnus, capables, acteurs, confiants et prennent goût à l’art de communiquer. On découvre ce qui retient leur attention, ce qui les émeut, les perturbe, les relations qu’ils établissent entre les choses qui les entourent. Les adultes se sentent plus compétents. Les frustrations diminuent d’un côté comme de l’autre, les liens se tissent plus forts.

Le deuxième point important pour moi dans ce que tu fais, c’est ta démarche auprès de la communauté sourde fran- çaise : cela t’a demandé beaucoup de travail relationnel mais aussi technique, car il a fallu utiliser la LSF (Langue des Signes Française). Je trouve vraiment important que tu aies pu le transmettre via le livre, le DVD et les formations. J’ai consacré beaucoup d’énergie et de temps à ce projet avant-gardiste, à poser

des fondations pour que parents, anima- teurs/trices d’ateliers, professionnels de la santé et de la petite enfance, sourds et entendants mettent leurs compétences et leurs expériences en synergie pour diffu- ser cette approche. Je suis heureuse que de très nombreuses familles et structures aient découvert les bienfaits des signes et que ce bonheur soit contagieux. Des gens découvrent la philosophie du parentage de proximité et

d’autres s’intéressent de plus près à la LSF et à la culture Sourde. Beaucoup de ponts se sont créés et je m’en réjouis. De plus, il me tient à cœur d’insister sur le fait que ma conception de l’approche Signe Avec Moi est véritablement indis- sociable des valeurs d’éducation respec- tueuse. Les signes doivent être au service de la relation et non un outil d’oppression sup-

plémentaire.

PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE DUMONTEIL-KREMER.

1 - Voir par exemple le chapitre 6 de notre

Guide des couches lavables et autres alter- natives aux jetables, Éditions Grandir

Autrement (2008).

2 - Sans couches, c’est la liberté, Éditions

L’Instant Présent (2006).

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D ossier Des ateliers pour signer en famille Participer à un atelier d’initiation aux signes

Dossier

D ossier Des ateliers pour signer en famille Participer à un atelier d’initiation aux signes pour

Des ateliers pour signer en famille

Participer à un atelier d’initiation aux signes pour les bébés permet de rencontrer d’autres apprentis signeurs, voir les signes en direct, glaner des idées d’activités signées et se sentir soutenu dans sa démarche.

S i de multiples outils sont désormais mis à la disposition des parents qui souhaitent s’ini- tier à la langue des signes pour communi- quer avec leur enfant, à commencer par les

livres, de plus en plus nombreux à paraître sur le sujet, rien n’égale la convivialité d’un atelier. Visualisation des signes exécutés en direct, échanges d’expériences, dialogue avec d’autres parents, suggestions d’activités, jeux, comptines à signer sont autant d’aspects plébiscités par les par- ticipants des ateliers de langage signé.

Signe Avec Moi, pionnière du concept de signer avec les bébés en France, a développé un véritable réseau d’animateurs formés à la communication gestuelle et à sa transmission. La liste est dispo- nible sur le site de l’association 11 . En général, une séance d’initiation est proposée afin de découvrir le concept et le principe des ateliers. On peut ensuite s’inscrire à une session de plusieurs ateliers thématiques (les activités, la toilette, les vête- ments, la nourriture, les animaux, les personnes, les sens et les émotions…). Cela permet à la fois un suivi et une progression dans l’apprentissage des signes, tout en facilitant leur mémorisation grâce à la visualisation et à l’effet de miroir du groupe. Les jeux, les chansons et les supports, comme les livres utilisés au cours des ateliers, rendent ceux-ci plus vivants et sont un moyen facile et ludique d’enre- gistrer les signes, comme en témoigne Jeanne G.,

deux enfants : “J’avais déjà un livre répertoriant les signes et, au fond, je ne pensais pas qu’un atelier

m’aiderait particulièrement, alors j’y suis allée sur-

Et puis, finalement, le

fait de voir quelqu’un signer, c’est quand même beaucoup plus efficace que de regarder des images dans un livre ! De plus, nous avons appris

des comptines, qui permettent de retenir quelques signes facilement, et amusent grands, moyens et

Carine P., trois enfants, enchérit : “L’atelier

petits ”

m’a beaucoup aidée, notamment en enrichissant mon vocabulaire de signes, en créant une réelle dynamique, en me permettant d’inviter les signes dans les comptines et en me faisant prendre conscience de l’importance de capter le regard de son enfant lorsqu’on communique avec lui”.

tout pour la convivialité

ÉCHANGES ET CONVIVIALITÉ

Sophie E., animatrice du réseau Signe Avec Moi à Compiègne dans l’Oise, accueille à bord de sa péniche des petits groupes de parents et d’enfants pour une série de six ateliers. “Chaque séance dure

une heure et se déroule une fois par semaine. On commence par un petit bilan des expériences signées de chacun depuis la séance précédente. Les parents sont toujours contents de me faire part de leurs découvertes et de leurs observations, de voir qu’ils suscitent la curiosité et l’enthousiasme autour d’eux lorsqu’ils parlent des signes. C’est également un temps consacré aux questions et aux échanges entre parents. Puis, nous abordons le thème de la semaine. J’amène les nouveaux signes par le biais d’une histoire, d’un jeu, d’une chanson. Cela permet à tous, petits et grands, de s’approprier les signes sans difficulté et en y pre- nant du plaisir, tout en donnant des pistes aux parents sur comment faire entrer les signes dans leur quotidien.”

32 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

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n°18 exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr Lors d'un atelier, les parents s'exercent à faire

Lors d'un atelier, les parents s'exercent à faire des signes, en situation.

Stéphanie R., maman d’Inès, 3 ans, et de Laura, 6 mois, vient d’achever une série

Stéphanie R., maman d’Inès, 3 ans, et de Laura, 6 mois, vient d’achever une série de six ateliers ani- més par Sophie et souhaite déjà s’inscrire à une nouvelle session, tant cette plongée dans l’univers des signes l’enthousiasme. “Les ateliers sont très

conviviaux, Sophie est toujours disponible pour revoir ou chercher d’autres signes afin de répondre au mieux à notre vécu quotidien. Nous n’y trou- vons que des avantages : un temps de partage en famille, des séances de lecture en signes animées à la maison avec Inès et l’intérêt grandissant de Laura pour nos mouvements de mains lorsqu’on

sadresse à elle. Laëtitia T., maman de Cylian, 15 mois, explique qu’elle s’est sentie remotivée en

participant aux ateliers. On se met à utiliser cer- tains signes auxquels on ne pensait pas forcément avant d’assister à l’atelier et qui s’avèrent très

utiles au quotidien. Les ateliers apportent aussi un soutien aux parents, qui se sentent parfois iso- lés, ou mal compris de leur entourage, dans leur

pratique des signes. “Les grands-parents de Cylian, qui étaient plutôt sceptiques au départ, s’y met- tent volontiers maintenant qu’ils le voient signer. Le personnel de la crèche où il va s’est converti aussi et utilise régulièrement les signes pour com-

muniquer avec lui, ajoute Laëtitia. Convaincue de l’utilité des signes dans la communication avec les tout-petits, elle souhaite d’ailleurs mettre en place des ateliers dans la crèche où elle travaille. Participer à un atelier peut aussi apporter un éclai- rage nouveau sur sa façon d’utiliser les signes, donner davantage d’aisance et des petits trucs auxquels on n’aurait pas forcément pensé autre- ment, comme l’explique Carine : “J’ai appris que

l’on peut signer même lorsqu’on a son bébé tout contre soi, ne serait-ce que pour ne pas perdre l’ha- bitude, mais aussi parce qu’il peut percevoir le mouvement, même s’il n’est pas dans son champ de vision. J’ai aussi compris que l’on pouvait signer sur le corps de bébé, comme quand par exemple

on veut signer pipi et qu’il faut toucher son ventre :

si on a son tout-petit contre soi, alors c’est plus facile de faire le signe en touchant son ventre à lui

Ici, un enfant partage la lecture de son « album de vie » répertoriant, en images et en signes, les choses importantes de son quotidien.

et en signes, les choses importantes de son quotidien. et, en plus, ça ancre le signe

et, en plus, ça ancre le signe dans son corps.”et en signes, les choses importantes de son quotidien. E T AVEC LES PLUS GRANDS ?

ET AVEC LES PLUS GRANDS ?

“Souvent, les parents qui s’inscrivent à un atelier pour leur bébé viennent avec le grand frère ou la grande sœur et ils sont surpris de voir comme les aînés s’amusent autant, si ce n’est plus, que les petits. Pour un grand, outre l’aspect ludique, ce qui est génial c’est de pouvoir créer une connivence

plus grande encore avec son petit frère ou sa peti-

te sœur, mais aussi de partager une activité en famille à un moment où il peut avoir l’impression qu’il n’y en a plus que pour le bébé. C’est vraiment une activité fédératrice et qui renforce les liens intrafamiliaux, ça aussi c’est une idée qui meplus grande encore avec son petit frère ou sa peti- p l a î t ”

plaît, confie Sophie, qui incite toujours les parents hésitant à venir avec leurs aînés à tenter l’expé-

rience. “En général, ils ne le regrettent pas et choi- sissent par la suite l’atelier du mercredi ou du samedi pour pouvoir venir les jours où il n’y a pas école.”

C’est aussi ce lien, et le bonheur de la perspective des retrouvailles, que souligne l’usage des signes « voiture » et « sœur » que Jeanne adresse à Alois,

1 an, “pour lui signifier qu’on va dans la voiture chercher sa sœur : deux fois par jour pour l’école, c’est très utile, d’autant plus quand il ne comprend pas pourquoi je l’interromps dans son jeu. Il me regarde tourner mon volant imaginaire et, déjà, ça le console, puis il me voit signer « sœur » et me sou- rit ! Je trouve ça détendant pour nous deux de montrer un geste simple là où un mot compliqué manquerait son but”.

Au-delà de la joie de reconnaître les premiers signes de leurs enfants, l’essentiel, pour bon nombre de parents qui s’initient à la communica- tion gestuelle, est le lien que les signes viennent renforcer entre leurs enfants et eux. C’est ce qu’ex- prime Stéphanie, qui conclut : “Que Laura, pour qui

nous nous sommes lancés dans cet apprentissage, signe ou non, elle nous aura sensibilisés à une autre culture et offert du temps en famille”.

SOPHIE NELSON

1 - http://www.signeavecmoi.com

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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Aurélie Chen

Aurélie Chen D ossier Un pont entre les langues Pour les enfants bilingues ou trilingues, ou

Dossier

Aurélie Chen D ossier Un pont entre les langues Pour les enfants bilingues ou trilingues, ou

Un pont entre les langues

Pour les enfants bilingues ou trilingues, ou encore ceux qui entament l’apprentissage d’une langue étrangère, les signes peuvent s’avérer intéressants en ce qu’ils constituent un pont entre les langues. Entretien avec Zoé Atkinson, qui anime des ateliers pour enfants bilingues.

Grandir Autrement : Comment avez-vous eu l’idée d’utiliser les signes dans le cadre du bilin- guisme ? Zoé Atkinson : Je suis orthophoniste, diplômée en Grande-Bretagne. J’ai découvert la langue des signes en travaillant avec des enfants et adultes ayant des déficiences intellectuelles. Je travaillais avec le programme de langage Makaton 11 , qui com- bine la langue des signes et des pictogrammes à la parole, pour rendre le langage plus accessible. Trouvant que les gestes de la langue des signes accompagnent naturellement la parole, je suis revenue à la langue des signes avec la naissance de ma fille, qui est bilingue anglais-français. Très peu quand elle était bébé, mais surtout plus tard, lors de l’acquisition de certains concepts. Ma fille avait des difficultés avec l’apprentissage des cou- leurs et j’ai repris la langue des signes pour les mots qu’elle trouvait difficiles. Elle bloquait sou- vent sur le nom des couleurs mais, dès qu’elle voyait le signe, elle était capable de retrouver le mot. Encore maintenant, à 3 ans et demi, si elle n’arrive pas à nommer une couleur, et que je la signe, elle se remémore tout de suite le mot.

Apprendre l’anglais en signant et surtout en s’amusant ?

Something special est une série pour les enfants anglophones. Conçue pour les enfants porteurs d’un handicap, elle met en scène de tels enfants afin de leur donner une visibilité et permettre une identification. De plus, les signes présentés lors d’un épisode sont généralement montrés par le biais d’un objet réel, d’une photo, d’un pictogramme et sont aussi parfois le thème d’une comptine. Tout cela permet une meilleure intégration des nouveaux signes. Lors de chaque épisode, Mister Tumble, le clown, aide également à approcher le signe de manière ludique. Les enfants français ou parlant d’autres langues pourront également voir ces séries avec grand plaisir, comme en témoigne Lucie S. :

"Mon fils de 3 ans regardait très peu la télévision lorsque l’on a découvert Something Special, mais il a tout de suite accroché. Pour ma part, je trouve les chansons pleines d’entrain et j’apprécie cette ouverture sur le monde de la différence. Mon fils a appris beaucoup de mots en anglais et surtout de nombreux signes, même si les signes anglais diffèrent fréquemment de ceux en français. Souvent, nous regardions ensemble et, quand le personnage nous invitait à reproduire le même signe que lui, mon fils le faisait et il me regardait en me disant :

‘Allez, « you sign » !’ d’un ton presque autoritaire."

« you sign » !’ d’un ton presque autoritaire." Concrètement, en quoi le signe aide l’enfant

Concrètement, en quoi le signe aide l’enfant bilingue ? Les avantages de ce système pour des bébés sont similaires pour des enfants dans un environne- ment monolingue ou bilingue : souvent, le signe représente l’objet le plus près visuellement, ce qui aide l’enfant dans sa compréhension. La langue verbale est très abstraite et un signe est souvent plus simple à comprendre. L’acquisition de la parole venant après la compréhension, l’enfant est ralenti par le besoin d’un développement neu- rologique de la langue et par la respiration per- mettant d’articuler des mots. Des gestes avec les mains sont plus faciles pour un bébé. Donc, la langue des signes permet à un bébé de com- prendre et de parler avec ses mains plus tôt que la parole ne le permet. Ce qui est intéressant, professionnellement par- lant, avec la langue des signes pour des bilingues,

34 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

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Aurélie Chen

est que le signe donne un repère fixe pour plu- sieurs mots ayant le même sens. Ceci aidera des enfants à aller de l’un à l’autre. Pour le développe- ment sémantique, ceci est important, car des mots peuvent ‘se perdre’ dans le bilinguisme. Quand on cherche un mot, on ne le retrouve plus. Souvent, on aide la recherche du mot en pensant à la catégo- rie à laquelle il appartient ou à la première conson- ne. Le signe est une autre aide très efficace pour retrouver des mots « perdus ».

Comment avez-vous eu l’idée de proposer des ate- liers spécifiques ? Avec une amie enseignante anglophone, nous avons créé l’association « Communication-Café » à Grenoble. On propose principalement des cours d’anglais pour des enfants bilingues, ce pour maxi- miser leur potentiel en anglais et donner de l’im- portance à leur identité anglophone. Grâce à l’as- sociation, j’ai eu le privilège de rencontrer Marielle Lachenal, formatrice en Makaton et animatrice SAM pour la région. Depuis, Communication-Café

propose aussi des ateliers de langue des signes, mais en anglais. Par respect pour la communauté signante en France et pour communiquer avec un plus grand public, nous utilisons des signes fran- çais, même si les paroles sont en anglais. Pour l’ins- tant, nous proposons un atelier débutant avec des chansons, des histoires et activités sensorielles accompagnées par des signes. Pour des bébés nés dans un environnement bilingue, le plus important n’est pas le fait que leur environnement soit bilingue mais que, comme pour tous les bébés, ils vivent dans un environne- ment étrange, où ils comprennent peu. Comme un adulte qui se trouve dans un pays où il ne parle pas la langue, ne décrypte rien et ne comprend pas les coutumes du lieu. Il est perdu et c’est angois- sant. Pour des bilingues, il y a encore une langue de plus, c’est pourquoi le langage des signes aide à imposer du sens dans le chaos !

PROPOS RECUEILLIS PAR CARINE PHUNG

1 – voir page 38.

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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D ossier Yaëlle : “Je veux donner une chance à chacun de s’affirmer dans sa
D ossier Yaëlle : “Je veux donner une chance à chacun de s’affirmer dans sa

Dossier

D ossier Yaëlle : “Je veux donner une chance à chacun de s’affirmer dans sa spécificité”

Yaëlle : “Je veux donner une chance à chacun de s’affirmer dans sa spécificité”

Yaëlle, alias Maryline Pierrat, est la maman de quatre enfants. Elle vient de créer sa maison d’éditions, Patte d’Ourse 1 , pour diffuser des outils de communication utilisant le support de la langue des signes française.

Grandir Autrement : D’où vient votre désir de créer un outil qui permette le partage et la valorisation des différences ? Yaëlle : Il y a sept ans, mon fils aîné, Nathaniel, 13 ans, s’est soudain mis en

échec scolaire. Il avait des crises nerveuses

et

ne voulait plus aller au collège. Après

en

avoir discuté, j’ai appris qu’il avait été

victime de racisme et qu’il n’avait pas voulu me le dire par peur de me culpabi- liser. Il est métis, son père est vietnamien. Il a émis le souhait de ne pas retourner au collège. Nous avons essayé de voir com- ment faire, car évidemment l’inspection académique nous mentait en nous disant que l’on ne pouvait pas… Nous avons ren- contré des roulottiers avec qui nous avons tellement sympathisé qu’ils nous ont pro-

posé de l’emmener en tournée avec eux,

tout en lui faisant suivre des cours par cor- respondance. Il s’est alors beaucoup rap- proché des chevaux et a fait un peu de spectacle de voltige. Il a découvert qu’on pouvait vivre autrement. Il a suivi les rou- lottiers dans leur tournée pendant huit mois. À la fin de l’année, quand trois ins- pecteurs sont venus faire le contrôle péda- gogique, ils ont vu qu’il n’avait guère tra- vaillé durant l’année… Mais Nathaniel voulait de toute façon retourner au collè- ge, à condition que ce ne soit pas le même. Il a recommencé une année de quatrième et a fait un cursus brillant, où il

a décroché de nombreuses mentions.

Cette année avec les chevaux lui avait apporté beaucoup de confiance en lui. Quant à moi, ça m’a permis de réaliser combien cela demandait de ressources

d’être différent. Cela exige d’accepter sa différence afin de la transformer en riches- se. La différence nécessite donc un certain acompagnement.

Vous avez créé un jeu, Amédée 22 : com- ment est né ce "bébé" ? Justement, lorsque je travaillais dans une maternelle, j’ai pu constater combien la différence pouvait être perçue comme inquiétante. J’ai expliqué aux enfants que l’accent de certains de leurs camarades venait de ce qu’ils utilisaient une autre langue et je leur ai appris des mots étran- gers. Les enfants se sont mis à les apprendre avec enthousiasme. De plus, parler à l’autre dans sa langue permet que celui-ci se sente reconnu. On lui montre qu’on est prêt à entrer dans son monde. Amédée est donc mon premier outil pour faire le pont entre les langues. Les illustra- tions du jeu ont été faites par Jennyfer Dalrympe, illustratrice d’ouvrages pour enfants. Chaque niveau permet la décou- verte d’une ou plusieurs langues. Le pre- mier niveau, qui aborde le vocabulaire lié à la thématique « J’ai besoin d’aide », est en anglais et en français. Le second, qui permet de dire ce qu’on sent dans son corps, est en italien et en français. Le troi- sième, « J’apprends les règles sociales », est en turc et en français. D’autres langues sont proposées dans un autre coffret. La langue des signes est présente dans tous les niveaux. Cela permet une sensibilisa- tion à cette langue et cela place sur un niveau d’égalité ceux qui parlent la langue minoritaire et ceux qui apprennent à l’uti- liser. La langue des signes est très deman- dée par les entendants. Ainsi, ils se sentent moins démunis lorsqu’ils rencontrent une personne sourde. Je trouve ce jeu magique, j’ai l’impression qu’il me porte. On peut y jouer à partir de 2 ans et les par- ties peuvent durer de cinq minutes à une heure, en fonction du niveau choisi. Ce jeu crée également une continuité pour les bébés signeurs, qui peuvent partager cette richesse avec les autres enfants. Le jeu intégre la multiculturalité en général.

Vous avez aussi mis en place la signo- graphie, pouvez-vous nous expliquer ce que c’est ? J’ai connu une enfant sourde qui refusait d’écrire en français. Pour elle, cela ne signifiait rien. J’ai eu l’idée de tracer le contour de sa main faisant un signe et d’écrire le mot à côté. Spontanément, elle a pris le crayon pour faire la même chose avec un autre mot. Et ensuite, elle s’est mise à écrire ! C’est toujours quelque chose que je vis qui m’amène à créer un outil. J’ai donc mis en place la signogra- phie ainsi. C’est un procédé mnémotech- nique qui permet aux entendants d’ap- prendre plus facilement la langue des signes. En 1997, j’en ai parlé à la com- munauté sourde qui m’a prise de haut. Puis, j’ai eu deux autres enfants entre temps, mais après cette pause, je pense bientôt éditer un livre intitulé Japprends la signographie. J’ai depuis expliqué ma démarche à Monica Companys 33 et nous sommes en train de créer quelque chose ensemble. Il existe aussi une signogra- phie aux États-Unis, qui est faite par ordi- nateur. La mienne est manuelle car cela permet plus d’autonomie.

Avez-vous encore d’autres projets ? Oui, beaucoup ! Dans ma maison d’édi- tion, créée en 2008, j’ai décidé de tout éditer en trilingue : en langue des signes et dans une langue minoritaire en France (turc, breton, chinois…). Je veux donner une chance à chacun de s’affirmer dans sa spécificité. Je pense aussi éditer une affiche pour donner les signes à utiliser en cas d’urgence (lorsqu’on se trouve hos- pitalisé, par exemple).

PROPOS RECUEILLIS PAR CARINE PHUNG

1 - http://www.editions-pattedourse.com

2 - Amédée – Fais-moi un signe… que je

puisse faire un pas vers toi !

http://www.editions-pattedourse.com/docs/ Amede_philosophie.pdf Le jeu coûte 27 .

3 - Voir page 30.

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exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

Souroupa : un festival tout en signes ! L'association Signes propose cette année la quatrième
Souroupa : un festival tout en signes ! L'association Signes propose cette année la quatrième
Souroupa : un festival tout en signes ! L'association Signes propose cette année la quatrième

Souroupa :

un festival tout en signes !

L'association Signes propose cette année la quatrième édition du festival Souroupa, festival de théâtre et de conte bilingue (LSF et français oral). Pour un public sourd ou pas !

Rémy Masséglia
Rémy Masséglia

L association Signes s'est donnée

pour mission de rapprocher les

sourds des entendants, à travers les

échanges, notamment grâce à la

langue des signes. Elle contribue à favori- ser la reconnaissance des sourds, mettant l’accent non sur la déficience (et la com- passion) mais sur la richesse de la diffé- rence culturelle et linguistique. Signes a ainsi créé des résidences d’artistes réunis- sant sourds et entendants dans l’objectif de créer un spectacle bilingue (Langue des Signes Française et français oral).

SPECTACLES VIVANTS

Cette année, le festival Souroupa aura lieu du 10 au 14 juillet, dans la vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes. Comme les années précédentes, tous les spectacles seront présentés par des artistes, sourds ou pas. Une dizaine de spectacles auront lieu dans quatre vil-

lages de la vallée, avec une cinquantaine d’artistes du spectacle vivant : comédiens, marionnettistes, conteurs, danseurs, clowns de théâtre…. Au programme également : une exposi- tion de photos prises au cours des rési- dences d’artistes 2008 par Rémy Masséglia, des projections, la présenta- tion d’ouvrages récents (livres/DVD de

Conte sur tes Doigts pour enfants sourds et entendants, Le réveil sourd d’André

Minguy, Les silencieux du Dr Jean Dagron). Cette année, la marraine de la manifestation sera Zohra Abdelgheffar, conteuse sourde de Marseille.

CARINE PHUNG

Programme :

http://www.signes-roya.org/index.php?/

festival-souroupa-edition-2009.html

Association Signes (04 89 91 04 74, http://www.signes-roya.org)

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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D ossier Signer avec des enfants plus grands Que ce soit à l’école ou au

Dossier

D ossier Signer avec des enfants plus grands Que ce soit à l’école ou au détour

Signer avec des enfants

plus grands

Que ce soit à l’école ou au détour d’un spectacle, la langue des signes a beaucoup à apporter aux enfants, quels que soient leur âge et leur situation.

À l’initiative de particuliers, souvent des parents directement concernés par l’utili- sation des signes ou d’associations œuvrant pour une plus grande connais-

sance de la culture sourde, la langue des signes vient à la rencontre des enfants. À l’école, dans les crèches mais aussi dans les théâtres ou les biblio- thèques, des hommes et des femmes, sourds ou entendants, viennent présenter les signes à des enfants qui ne connaissent souvent rien de ce lan- gage particulier et qui ont pourtant tant à en apprendre.

QUAND LES SIGNES SINVITENT À LÉCOLE

Élisabeth F., maman d’un petit garçon qui ne parle pas, mais avec lequel elle communique grâce aux signes en utilisant le système Makaton 11 , intervient régulièrement dans l’école de ses enfants pour pro- poser une initiation à la langue des signes. Elle nous raconte cette extraordinaire aventure.

“C’est ma fille qui m’a soufflé l’idée : elle souhai- tait que d’autres personnes puissent communiquer avec son petit frère. En apprenant les signes du Makaton aux autres, je pourrais faire entrer plein d’enfants dans le monde de notre petit garçon et, surtout, ces enfants apprendraient la tolérance face aux différences, à accepter l’autre tel qu’il est. La directrice de l’école a approuvé le projet et a souhaité mettre en place des séances hebdoma- daires d’une demi-heure. Je me suis alors retrouvée face à un vrai défi : aller dans trois classes de CP et CE1, leur montrer la langue des signes, les intéres- ser à ce mode de communication et le leur apprendre. Soixante-quinze élèves de 6 à 8 ans qui n’ont qu’à ouvrir la bouche pour se faire com- prendre, pour raconter, parler, s’exprimer ; soixan- te-quinze élèves qui ne connaissent pas la LSF ni même son existence. J’ai décidé de me présenter dans chaque classe en ne parlant qu’avec les mains, ce qui a beaucoup intrigué les élèves, les a fascinés, puis je leur ai montré quelques signes. De petites étincelles de curiosité se sont mises à briller ici et là et le temps des questions est venu : pour- quoi ? Pour qui ? Comment ? Petit à petit, les élèves qui me croisaient dans la cour, dans la rue, se sont mis à signer à mon intention. Au début,

seuls deux ou trois ont osé. Maintenant, ils vien- nent presque tous me saluer en signes. J’ai été vrai- ment très surprise de l’accueil de ces enfants dits "normaux", de leurs réactions face à cet autre mode de communication. Leur envie de connaître, leur enthousiasme, leur motivation m’émeuvent à chaque nouvelle séance : ils veulent apprendre encore et toujours.”

En plus des trente minutes hebdomadaires consa- crées à la langue des signes dans chaque classe, Élisabeth et ses apprentis signeurs consacrent par- fois un après-midi entier à des activités diverses (loto, jeu de sept familles, memory), le tout en signes. Ils projettent même d’enrichir le tradition- nel spectacle de fin d’année avec une poésie ou une chanson signée.

“Aujourd’hui, ces soixante-quinze enfants vont vers notre fils et lui parlent avec leurs mains. Ils ne le rejettent plus, ne se moquent plus de lui. Ils en ont même discuté avec leur famille, ont montré les signes appris ensemble à leurs parents et à leurs frères et sœurs. Il a suffi d’expliquer, de montrer. Une dynamique de tolérance, de compréhension, d’acceptation s’est mise en place”, conclut Élisabeth

qui, espérons-le, fera germer d’autres initiatives comme celle-là.

SIGNES EN SCÈNE

Le spectacle vivant est aussi un bon moyen pour les enfants de découvrir la langue des signes. Langage visuel par excellence, la LSF donne une tonalité particulière à une pièce de théâtre et lui apporte une nouvelle dimension. La chorégraphie des mains captive l’attention des jeunes spectateurs. Les visages aussi sont sans cesse en mouvement, alternant les expressions les plus variées, de maniè- re appuyée, pour renforcer la portée des signes, faire rire, sourire, frissonner. À l’International Visual Theatre 22 , à Paris, la troupe d’Emmanuelle Laborit propose une relecture des Fables de La Fontaine à l’aide de grandes marionnettes qui signent, tandis que des comédiens disent le texte. Créé en 2007, Entre chien et loup met en scène, pour la première fois, des marionnettes qui s’expriment en LSF. Un concept qui séduit tout le monde, des plus petits aux plus grands.

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La marionnette est aussi le vecteur utilisé par la compagnie 100 voix 3 3 ,

La marionnette est aussi le vecteur utilisé par la compagnie 100 voix 33 , à Tours, pour ses interven- tions dans les crèches et les haltes-garderies. Pascaline Denis, comédienne entendante formée à la langue des signes, propose une initiation aux signes pour les plus petits, en étant présente à cer- tains moments précis comme l’arrivée des enfants, les jeux, les repas ou la sieste, afin d’instaurer un rituel permettant aux enfants de se familiariser avec le langage corporel. Pascaline raconte des his- toires, chante des comptines que la marionnette traduit en signes. Elle propose aux structures qui le souhaitent de fabriquer leur propre marionnette qui restera dans leurs locaux après son départ, créant ainsi une continuité pour les enfants dans leur découverte de la communication gestuelle. À Lyon, Patricia Mazoyer, comédienne souffrant d’une surdité légère, formée à la LSF, a créé la Compagnie de la Main Tatouée. Elle écrit et inter- prète des spectacles qu’elle joue dans les écoles, les bibliothèques, les associations et, même, chez les particuliers. On peut faire appel à elle pour ani- mer une fête d’anniversaire, par exemple. En solo ou en duo avec un conteur sourd, elle propose aux enfants entendants de découvrir la magie des signes à travers contes, comptines et jeux de mains. Sa démarche est aussi préventive. En sensi- bilisant les enfants très jeunes aux problèmes de

Ici, un enfant partage la lecture de son « album de vie » répertoriant, en images et en signes, les choses importantes de son quotidien.

et en signes, les choses importantes de son quotidien. surdité, elle souhaite leur faire prendre conscience

surdité, elle souhaite leur faire prendre conscience de l’importance de protéger leur audition afin de préserver cet outil de communication qui nous relie au monde.

Enfin, rappelons que, depuis juin 2008, les candi- dats au baccalauréat ont la possibilité de passer une épreuve en LSF. Cette option est ouverte à tous, sourds et entendants. Un programme d’en- seignement de la LSF à l’école primaire a été lancé suite à la loi du 11 février 2005, reconnaissant la LSF comme une langue à part entière. Ce pro- gramme s’adresse, bien sûr, en priorité aux malen- tendants mais aussi à tous les élèves qui vou- draient s’initier à la langue des signes. Le chantier est colossal, mais la reconnaissance établie et la volonté de faire tomber les barrières sont un pre- mier pas dans l’élaboration d’une passerelle pour relier sourds et entendants.

SOPHIE NELSON

1 - Programme de Communication Alternative et

Améliorée (CAA) qui propose d’utiliser les signes et les pictogrammes pour accompagner la parole (voir notre article « Signer avec un enfant différent » p. ??)

2 - http://www.ivt.fr

3 - http://www.cie100voix.fr

4 - http://www.maintatouee.org

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D ossier Signer avec un enfant différent Entretien avec Marielle Lachenal, animatrice Signe Avec Moi,

Dossier

D ossier Signer avec un enfant différent Entretien avec Marielle Lachenal, animatrice Signe Avec Moi, formatrice

Signer avec un enfant différent

Entretien avec Marielle Lachenal, animatrice Signe Avec Moi, formatrice du programme Makaton et mère de Géraldine, qui ne communique que grâce aux signes.

Grandir Autrement : Comment êtes-vous venue aux signes avec les enfants ? Marielle Lachenal : Je suis venue aux signes avec les bébés par ma fille, Géraldine, 18 ans, qui utili- se les signes pour communiquer depuis plus de 12 ans, dans le cadre du programme Makaton. Géraldine a une déficience intellectuelle et ne parle pas ou, du moins, elle ne parle pas avec des mots… Elle parle avec ses mains. Je suis devenue formatrice au programme Makaton. Le Makaton appartient au vaste champ de ce que l’on appelle la Communication Alternative et Améliorée (CAA). La CAA s’adresse à toute per- sonne qui a des difficultés pour communiquer, quelle qu’en soit l’origine. Parmi les moyens de CAA, on en trouve de sophistiqués utilisant l’infor- matique, des codes écrits comme les picto- grammes, mais aussi de plus simples et non tech- nologiques comme les signes. L’idée d’utiliser des signes pour aider les personnes handicapées, enfants et adultes, à communiquer est ancienne et répandue dans le monde entier. Le Makaton (de MArgaret, KATe et TONy, qui en sont à l’origine) vient d’Angleterre et propose d’utiliser signes et pictogrammes pour accompagner la parole. C’est un outil parmi d’autres. Il existe plein d’autres programmes et aussi des professionnels, des parents, qui ont l’idée de signer et construisent seuls leur outil de communication.

Pensez-vous que le Makaton et Signe Avec Moi (SAM) soient des approches comparables ? Si on fait un lien entre SAM et Makaton, on peut dire que c’est d’abord très proche : à la base, il y a la même conviction que les signes sont un formi- dable outil pour parler quand on ne s’exprime pas verbalement ou mal. Mais l’intérêt du Makaton, qui fait son originalité, est de proposer un outil clés en mains, associant de façon très construite signes et pictogrammes. Autre originalité du Makaton, c’est d’avoir constitué un vocabulaire de base, très progressif, qui évite de surcharger l’enfant de trop de signes, qui suit le développement du langage et répond aux besoins de base des personnes et des enfants. La totalité du vocabulaire recoupe beau- coup le livre des signes de SAM, mais le cadre des niveaux est précieux et évite par exemple de mon- trer des signes inutiles ou trop compliqués à des petits ou à des personnes avec des grosses diffi- cultés. Le Makaton existe dans de nombreux pays

et, partout où il est présent, les signes adoptés sont ceux de la langue des signes du pays. En France, ce sont donc les signes de la langue des signes française. L’association travaille en étroite collabo- ration avec les Sourds de l’International Visual Theatre 11 . Ils nous ont assistés pour choisir les signes quand il y avait un choix à faire, ils ont accepté que les dessins des signes de leur diction- naire soient dans nos brochures et ils nous aident à les apprendre de façon parfaite.

Qu’est-ce que le Makaton change pour l’enfant ? Et pour ses parents ? Je vais vous donner quelques exemples : Amélie est une petite fille qui a un polyhandicap très lourd. Sa maman, Sophie, a suivi une formation car elle vou- lait comprendre les autres enfants de la poupon- nière où était Amélie. Sur le coup, j’en étais gênée, elle allait passer six jours à apprendre des signes dont Amélie ne se servirait jamais. Et, au deuxième week-end, Sophie est revenue, bouleversée : sa fille avait ri aux éclats. Pendant la formation, on avait réfléchi à la place reconnue à l’enfant comme interlocuteur. Et, de sourire en sourire, Amélie avait ri aux éclats pour la première fois : cela avait valu la peine de faire la formation ! Léa a 8 ans. Elle a une déficience associée à des traits autistiques. Catherine, sa maman, a dit que deux choses ont changé depuis la formation : elle ne parle plus de la même façon à Léa. Elle utilise les mêmes mots avec les mêmes signes, ne dit plus que c’est l’heure du bain de cinquante façons dif- férentes et Léa comprend mieux. Et Léa la regarde quand elle parle. Comme il se passe quelque chose de plus : des signes à regarder, Léa s’est posée et regarde sa maman. Cela n’a l’air de rien, mais c’est fantastique pour Catherine. Dominique, maman de Fabien, 6 ans, IMC 22 , pen- sait que son fils ne comprenait rien, elle avait une image très noire de lui et les professionnels ne l’aidaient pas à en changer. En fait, les signes ont d’abord permis à Fabien de comprendre qu’il y avait des mots dans le langage, à comprendre que le langage avait un sens… et il s’est mis à parler, sans passer par le signe. Le papa de Céline est revenu ému aux larmes le matin du deuxième jour de la formation : Céline est une enfant dysphasique, qui utilisait les signes avec son orthophoniste mais ne les avait jamais utilisés à la maison. Mais, ce matin-là, elle a

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« Roger » signe chant (ci-contre) et marcher (ci-dessous).

« Roger » signe chant (ci-contre) et marcher (ci-dessous). demandé à son papa d’aller acheter du
« Roger » signe chant (ci-contre) et marcher (ci-dessous). demandé à son papa d’aller acheter du
« Roger » signe chant (ci-contre) et marcher (ci-dessous). demandé à son papa d’aller acheter du
« Roger » signe chant (ci-contre) et marcher (ci-dessous). demandé à son papa d’aller acheter du

demandé à son papa d’aller acheter du pain avec lui : elle attendait simplement que son papa s’y mette ! Et je ne peux pas m’empêcher de parler de ma fille. Je dis souvent que, sans le Makaton (ou plus lar- gement la CAA), elle serait devenue folle et moi avec. Elle a tellement de choses à dire, tellement de choses à comprendre, tellement de peurs à exprimer, tellement d’amies à nommer… Elle est défavorisée par son apparence physique et, du coup, les gens la croient incapable de tout, mais

Une marionnette à main peut s’avérer un outil précieux pour accompagner l’enfant différent (http://www.marionnettes -a-mains.com).

différent (http://www.marionnettes -a-mains.com). elle les surprend, les émeut. Alors oui, le Makaton, ça

elle les surprend, les émeut. Alors oui, le Makaton, ça change tout… Le monde autour des enfants change aussi. Les enfants des écoles, des centres aérés apprennent avec plaisir des chansons signées, qui fédèrent le groupe autour de l’enfant qui signe. Les caissières des magasins oublient le visage de l’enfant pour

s’émerveiller des signes : “Elle parle avec ses mains ?”

Les grands-mères hésitantes osent s’attacher à l’enfant qui les nomme… Ça change aussi dans les instituts médico-éduca- tifs. Par exemple, dans certains établissements pour enfants polyhandicapés, on a vu un vrai changement de regard des éducatrices sur les enfants. Ceux-ci sont capables de communiquer et on peut leur expliquer ce qu’ils vivent, ce qu’ils font ou vont faire… Du coup, les auxiliaires regardent autrement leur organisation, demandent par exemple de ne plus être dérangées pendant qu’elles font manger les enfants : le directeur devra attendre pour passer les consignes !

Quelles peuvent être les réticences ?

Il y a des enfants qui ne progressent pas, qui ne

s’ouvrent pas et des parents qui se découragent. Il

y a des parents qui ont peur de ces signes qui

feront voir que leur enfant ne parle pas : “Je ne vais

quand même pas supporter qu’elle gesticule

devant tout le monde !” Il y a des parents qui n’y croient plus. Il y a des établissements qui sont d’une violence étonnante contre des éducateurs qui se lancent dans l’aventure. Ce qui me touche est que, quand je parle de SAM, je retrouve étrangement chez les récalcitrants les mêmes arguments que ceux qui me sont opposés quand je parle de signer avec les personnes et les enfants handicapés dépourvus de langage verbal.

“Ce n’est pas important, il peut se faire com- prendre autrement. Il est heureux comme ça, pour- quoi vouloir le faire parler ? Il faut laisser le temps au temps, il parlera quand il sera prêt. Il peut mon- trer du doigt, ça suffit. Il comprend bien, ce n’est pas la peine. S’il signe, il ne parlera plus. Si vous signez avec lui, vous allez l’enfermer dans une rela-

tion trop étroite Les mêmes phrases qui ont sur- tout comme effet de ne rien proposer !

Pourquoi avoir souhaité devenir animatrice Signe Avec Moi ? D’une part, pour le plaisir de partager les ateliers

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D ossier P 42 avec les parents et les bébés, et mon tout nouveau statut

Dossier

D ossier P 42 avec les parents et les bébés, et mon tout nouveau statut de

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avec les parents et les bébés, et mon tout nouveau statut de grand-mère de Lou me lie encore plus aux parents des ateliers. Mes ateliers sont proba- blement différents, je suis dans une autre place, plus vieille, je revis peut-être aussi le même plaisir que j’avais lorsque j’étais médecin de PMI :

peuvent venir à des ateliers SAM. En toute simpli- cité, sans leur promettre de miracles, mais juste pour pouvoir poser leurs valises, jouer et chanter avec d’autres parents et leurs bébés, retrouver plus de plaisir dans la communication, dans la vie. Mais se rendre compte aussi que, dans certains han- dicaps, le chemin de la communication est compliqué et que les ateliers ne suffi- ront pas forcément. Leur dire de ne pas rester seuls, de s’appuyer sur des professionnels compétents :

je retrouve mes réflexes d’entourer les parents, de les envelopper un peu ! Ma longue expérience de signes et de formations colore certai- nement mes rencontres. Mais je suis venue aussi à SAM pour faire tomber les bar- rières. Si on signe avec tous les bébés, les bar- rières pour signer avec les enfants handicapés vont s’effacer, les parents auront moins peur du regard des autres, nos enfants seront plus largement compris… J’ai déjà eu en formation Makaton des parents de petits enfants trisomiques, mais leur place aurait plus été en atelier SAM, avec d’autres parents de petits, que dans des formations marquées « Handicap ». Ils ont tout le reste de leur vie pour être dans le champ du handicap ! On voit aussi souvent des parents d’enfants handi- capés venir aux signes quand tout a raté dans les rééducations et que l’enfant ne parle toujours pas à 4/5 ans, que les troubles du comportement arri- vent : les signes sont alors la solution extrême, de dernière chance. SAM peut changer cette image. La banalisation des signes avec les petits va per- mettre de dédramatiser leur proposition aux per- sonnes handicapées. Une belle chance ! Je découvre aussi dans les ateliers à quel point le handicap blesse les parents et fige les profession- nels. Les parents de petits savent d’emblée modi- fier leur langage, savent d’emblée choisir les signes d’une histoire. Ils savent spontanément, c’est la grâce d’être parents, s’identifier aux besoins de leur bébé, « régresser » à son niveau de compré- hension, l’imiter, modifier leur langage. Je vais essayer de transmettre ce que je comprends en for- mation Makaton : comment retrouver cette sensi- bilité à l’autre avec un grand de 6 ans ou avec un adulte de 30 ans ! Dédramatiser ce chemin vers l’autre, qui est si évident avec un petit, mais que nous ne savons plus trouver ensuite. Pour conclure, je dirai que c’est évidemment une chance si des parents de petits enfants handicapés

une chance si des parents de petits enfants handicapés les professionnels sont sou- vent des appuis

les professionnels sont sou- vent des appuis indispen- sables. Mais sans lâcher leur volonté d’ouvrir leur enfant à la communica- tion par les signes (tous les pros ne sont pas ouverts aux signes !) Juste une petite remarque encore : il me semble important, dans ces ateliers, d’être très attentifs aux autres parents de l’atelier : qu’il n’y ait pas de surenchère entre les bébés, le plus beau, le plus en avance. Quand on est parent d’enfant handicapé, on est écorché vif, insé- curisé aussi sur ses propres compé- tences, et la confrontation à des bébés qui vont bien et de mamans semblant trop « bonnes mères » peut être très douloureuse. La présence d’enfants handicapés peut aussi être une chance d’ouverture pour les parents des bébés qui vont

bien.

PROPOS RECUEILLIS PAR CARINE PHUNG

1 - http://www.ivt.fr

2 - Infirmité Motrice Cérébrale.

Ressources

Jeux Makaton à télécharger :

http://www.makaton.fr/?page=portal/article&id=84

Matériel et DVD Makaton à acheter :

http://www.makaton.fr/?page=portal/article&id=88

Diverses ressources en vente chez Hop Toys :

http://www.hoptoys.fr

Something special (en anglais) :

http://www.bbc.co.uk/cbeebies/somethingspecial

Diverses ressources en anglais :

http://www.makaton.org/khxc/index.php

Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

‹ Pour aller plus loin L IVRES : ● Signe avec moi , Nathanaëlle Bouhier-Charles,
‹ Pour aller plus loin L IVRES : ● Signe avec moi , Nathanaëlle Bouhier-Charles,
‹ Pour aller plus loin L IVRES : ● Signe avec moi , Nathanaëlle Bouhier-Charles,

Pour aller plus loin

LIVRES :

Signe avec moi, Nathanaëlle Bouhier-Charles, Monica Companys, Éditions Monica Companys

(2005).

Encore ! Jouer, chanter et signer : Bébé adore

ça !,

Isabelle Thomas, Monica Companys,

Éditions Monica Companys (2009).

Bébé parle, comment utiliser la langue des

signes pour

communiquer, Marcel Beyer, Éditions

Courrier du Livre (2007).

La méthode Baby Signs : Comment communi-

quer avec votre bébé avant qu’il ne sache parler,

Linda Acredolo, Susan Goodwyn, Doug Abrams, Éditions Marée Haute (2008).

LIVRES POUR ENFANTS :

Bébé signe, premiers signes en LSF, Monica

Companys, Angelika Trabelsi, Éditions Monica Companys (2007).

Dis-le avec tes mains, Initiation à la LSF pour

enfants entendants, Éditions Monica Companys (2009). Les éditions Monica Companys propo- sent de nombreux autres imagiers et diction- naires bilingues.

Mes 20 premiers signes, Imagier de signes de la langue des signes pour les tout-petits,

Sandrine Higel, http://www.signes2mains.fr (06 78 69 08 53). Sandrine propose également

Mes premières comptines gestuelles, Chantons

avec les mains !

ABCD Signes, Abécédaire bilingue en français

et langue des signes,

Bénédicte Gourdon, Roger

Rodriguez et Chamo, Éditions Thierry Magnier (2008). L’album contient une affiche des signes de l’alphabet. Les éditions Thierry Magnier pro- posent également des imagiers thématiques, tels

Signes d’émotions, Signes de Noël, Signes d’ani-

maux, etc.

Dictionnaire bilingue français/langue des

signes pour enfants,

Éditions I.V.T. (1996).

120 pages cartonnées. Des livres thématiques

du même éditeur : http://www.ivt.fr

La fée Cionam, Éditions Monica Companys

(2006). Dans la même collection de contes en français et LSF, on trouve L’ogre Comian et La

sorcière Canimo.

Patouille à l’école, Delphine Jaunay, Éditions

Association Un Signe (2005). Pour acquérir le vocabulaire de l’école.

Série d’imagiers pour enfants, par exemple :

Jouer, Monica Companys et David Ohana, Édi- tions Monica Companys (2009). Mais aussi

Aimer, Dormir, Manger, Se laver et Sortir.

Alpha Cat's, jeu de carte pour apprendre l’alphabet LSF, http://france.catsfamily.net

apprendre l’alphabet LSF, http://france.catsfamily.net DVD : ● Signe avec moi, vidéo de 452 signes,
apprendre l’alphabet LSF, http://france.catsfamily.net DVD : ● Signe avec moi, vidéo de 452 signes,
apprendre l’alphabet LSF, http://france.catsfamily.net DVD : ● Signe avec moi, vidéo de 452 signes,
apprendre l’alphabet LSF, http://france.catsfamily.net DVD : ● Signe avec moi, vidéo de 452 signes,
apprendre l’alphabet LSF, http://france.catsfamily.net DVD : ● Signe avec moi, vidéo de 452 signes,
apprendre l’alphabet LSF, http://france.catsfamily.net DVD : ● Signe avec moi, vidéo de 452 signes,

DVD :

Signe avec moi, vidéo de 452 signes, Nathanaëlle Bouhier-Charles, Monica Companys, Éditions Monica Companys (2006).

Something special, Pearson Education Business. Plusieurs titres (en anglais).

CD-ROM :

Les signes de Mano, parrainé par Emmanuelle Laborit, Éditions I.V.T. (2001). Dictionnaire inter-

actif de la langue des signes.

RESSOURCES SUR LE WEB :

Signe avec moi :

http://www.signeavecmoi.com

un forum de discussion ouvert à tous :

http://signeavecmoi.activebb.net

Site des éditions Monica Companys :

http://www.monica-companys.com

Site de l’association Signes2Mains :

http://www.signes2mains.fr

Blog d’une famille qui signe :

http://signeavecanais.blogspot.com

Site de l’association Marsupio :

http://marsupio.asso.free.fr

Site de l’association Massado :

http://www.massado.fr

Clémentine signe pour nous :

http://www.youtube.com/watch?v=tSFCrow7KAI

et http://www.youtube.com/watch?v=hZ-rOcQfuBo

et http://www.youtube.com/watch?v=hZ-rOcQfuBo Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009 exemplaire de
et http://www.youtube.com/watch?v=hZ-rOcQfuBo Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009 exemplaire de

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

exemplaire de Aur?e Bianchi - aureliebianchi@live.fr

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G randir et s’éveiller ■ ■ ■ É DUCATION Régressions : des “retours en Les

Grandir et s’éveiller

G randir et s’éveiller ■ ■ ■ É DUCATION Régressions : des “retours en Les enfants

ÉDUCATION

Régressions : des “retours en

Les enfants connaissent parfois des périodes où leur développement semble revenir en arrière. On dit qu’ils régressent. Qu’en est-il exactement et que peuvent signifier ces périodes ?

V oilà que votre enfant se remet à

parler comme un bébé, qu’il

redemande à dormir avec vous,

réclame à nouveau à téter

toutes les heures ou encore fait pipi dans sa culotte ? Rassurez-vous, cela arrive à de nombreux enfants ! Et si vous lâchiez prise ? Cela ne peut de toute façon que passer.

DEMANDER DE LATTENTION

Les régressions des enfants se manifes- tent souvent à l’occasion d’un chan- gement stressant dans leur vie, telle l’arrivée d’un autre enfant. Ludivine

T. se souvient : “Alixia avait vingt- deux mois à la naissance de son frère, Ronan. Il y a eu plusieurs manifestations de régression, où elle exprimait son désir d’être trai- tée comme son frère. La plus importante s’est passée alors qu’el- le avait deux ans et demi. Ronan commençait à se déplacer. « Propre » le jour depuis déjà trois mois et la nuit depuis un mois, elle s’est remise à faire systématiquement dans sa culotte. De plus, Ronan enta- mant la diversification, Alixia a alors réclamé qu’on lui donne à manger, et, quand cela lui était possible, elle voulait être installée dans la chaise haute. Enfin, elle a réclamé à nouveau notre présence

pour dormir. Par ailleurs, il lui arrive enco- re de me demander de la prendre dans l’écharpe. Toutes ces sollicitations ne m’ont jamais inquiétée. Je sais qu’elle sont nécessaires, qu’Alixia a besoin de se ras-

surer sur notre disponibilité. Je n’ai jamais refusé ses retours en arrière, qui, je pense, préparaient une acquisition, une progression.

Cette fois-ci, son évolution est d’ordre intellectuel : depuis quelques jours, alors que tout est ren- tré dans l’ordre, elle ne cesse de nous interroger sur le « pourquoi » des choses.”

En effet, un petit frère ou une petite sœur qui se déplace, c’est un bébé qui com- mence à empiéter sur le territoire des autres frères et sœurs ou, au contraire, des bras de parents qui restent plus sou- vent vacants et dans lesquels il fait bon aller vite s’engouffrer dès qu’il y a de la

ALLER DE LAVANT

Lors de leurs poussées de croissance, les bébés recommencent généralement à téter comme des nouveau-nés, ne sont apaisés que par les bras, se désintéres- sent de leurs autres occupations. On appelle ces périodes « poussées » de crois- sance précisément parce qu’elles permet- tent aux tout-petits de grandir, tant phy- siquement que psychologiquement. On nomme d’ailleurs aussi ces périodes « phases de réassurance ». Par la suite, on peut parfois voir de plus grands enfants jouer à faire le bébé, comme en témoigne Carine B. : “Au-delà

des périodes ‘crampons’ où mes bébés réclamaient plus que d’habitude à téter et à être portés, ce à cause des dents,

des nouvelles acquisitions ou des maladies, la seule véritable période où j’ai remarqué une petite régres- sion avec mes deux grands a

été vers 3 ans : ils ont tous deux eu une phase où il disaient qu’ils étaient de petits bébés et où ils aimaient ‘parler bébé’, recevoir des câlins dans la position de bébés, etc. Je pense que cela correspond justement à l’âge où ils se rendent compte qu’ils ne sont plus des bébés et cela leur permet sans doute de faire la transition”. Ainsi,

ces retours en arrière permettent aux tout-petits de franchir ensuite un grand pas en avant !

“D’UN POINT DE VUE DÉVELOPPEMENTAL, LENFANT VA TOUJOURS VERS LAVANT !

MIRJA NOAK

place ! Et puis, ce sont des parents qui focalisent sur les pro- grès du bébé, sans forcément faire remar- quer aux plus grands tout ce qu’ils savent déjà faire ! Quoi de plus naturel, dans ces conditions, qu’un grand frère ou une grande sœur qui veut se faire remarquer et demande de l’attention ? D’ailleurs, il se peut que les enfants plus grands ne mani- festent pas de régression mais tentent de solliciter davantage leurs parents (pour jouer avec eux, passer des moments ensemble, etc.).

SE RÉASSURER

Tout comme les périodes de croissance, les phases de régression peuvent per- mettre aux enfants de combler leurs besoins de réassurance. C’est pourquoi il ne sert à rien de lutter ni même de s’in-

quiéter ! Ann-Kristin D. partage ce point

de vue :

“Mes garçons ont 20 mois

d’écart. À la naissance de son frère,

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arrière” pour mieux avancer ! Sébastien Buteau Corwin n’a pas eu de régression particuliè- re.

arrière” pour mieux avancer !

Sébastien Buteau
Sébastien Buteau

Corwin n’a pas eu de régression particuliè- re. Par contre, c’est au moment où Björn a commencé à se déplacer que c’est arrivé. Quand son frère s’est mis à ramper, Corwin a réclamé de nouveau les couches, a commencé a essayer de se déplacer comme lui et à vouloir qu’on lui donne la becquée aussi. On n’a pas cher- ché à aller contre, sans y porter trop d’at- tention et en encourageant ses progrès, en lui proposant aussi des temps « rien qu’à lui », et en lui permettant d’avoir dans l’appartement un espace auquel son frère ne puisse accéder. Dans ces moments-là, je pense qu’il a un grand besoin d’être rassuré.”

REVENIR À DES STRATÉGIES CONNUES

Mirja Noak, psychologue clinicienne, est également persuadée que ces comporte- ments sont la meilleure façon que l’en- fant trouve pour se réassurer. Elle

explique : “Des comportements dits

« régressifs » apparaissent chez les

enfants suite à des changements impor- tants, voire traumatisants, qui les mettent dans une situation d’insécurité. Il peut s’agir de situations nouvelles comme une

scolarisation ou une première expérience de garde (prolongée), d’une naissance (qui, malheureusement, s’accompagne encore souvent d’une séparation de plu-

sieurs jours d’avec la figure d’attache- ment principale) ou de tout incident mar- quant ou traumatisant pour l’enfant (accident, dispute violente des parents, deuil, agression…). L’enfant, toujours à la recherche de la stratégie la mieux adaptée pour mainte- nir son niveau de stress au plus bas afin de pouvoir explorer son environnement librement, va ainsi appliquer les straté- gies comportementales qui se sont avé- rées les plus efficaces dans le passé. Et, souvent, plus le stress est grand, plus la stratégie est ancienne, car la plus conso- lidée. La demande du sein, du biberon ou la réintégration du lit familial rentrent tout à fait dans ce cas de figure. L’enfant se trouvant dans une situation insécurisante pour lui peut également

« perdre » des comportements perçus

comme déjà acquis, mais qui, le plus sou- vent, sont en cours d’acquisition (le contrôle sphinctérien, la marche, le lan- gage…). Dans ce cas, l’enfant, qui se mobilise entièrement pour ramener son stress à un niveau supportable et gérable, ne peut plus s’investir dans l’acquisition ou la consolidation de comportements nouveaux. Ainsi, c’est souvent le dernier comportement acquis qui se fragilise. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un retour en arrière car, d’un point de vue développemental, l’enfant va tou- jours vers l’avant ! Il se meut dans une fourchette de développement dans laquelle il va acquérir un certain nombre de choses sur tous les niveaux (cognitif, émotionnel, social et physiologique). Au

sein d’un même stade, l’enfant peut reve- nir en arrière, mais il ne peut pas « redes- cendre » à un stade antérieur. Il va de soi également que chaque situa- tion doit être analysée dans son contexte et en prenant en compte les expériences antérieures et le vécu de l’enfant. Des rai- sons purement médicales sont aussi à exclure par un médecin (méningite, affec- tion neurologique, vers ou encore manque de vitamine B12). En ce qui concerne l’apaisement de la situation, le mot-clef reste sécurisation ! Tant que l’enfant reste en situation insé- curisante, il ne peut rien faire d’autre que chercher la solution à son problème, à savoir la diminution de son stress. Être disponible un maximum pour l’enfant, physiquement et psychiquement (plus l’enfant est petit, plus l’apaisement nécessite de contact physique), l’aider à mettre des mots sur ses émotions et lui montrer que l’on comprend son désarroi, qu’on le prend au sérieux et que l’on cherche une solution avec lui, vont l’aider efficacement dans sa régulation de stress. Il faut toujours garder en tête que les demandes de proximité (tétées, retour au lit familial, demande d’être porté, etc.) sont à satisfaire au maximum, dans la mesure du possible, car il ne s’agit pas de caprices, de perte d’autonomie définitive ni de volonté de prendre la place de la petite sœur, par exemple, mais de straté- gies de l’enfant pour réguler son niveau de sécurité afin, justement, de pouvoir à nouveau continuer son chemin vers l’in- dépendance et faire son « boulot à lui » :

explorer le monde.”

CARINE PHUNG

Grandir autrement n°18 - Juillet-août 2009

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G randir et s’éveiller ■ ■ ■ A DOLESCENTS Petit frère ou petite sœur :

Grandir et s’éveiller

G randir et s’éveiller ■ ■ ■ A DOLESCENTS Petit frère ou petite sœur : le

ADOLESCENTS

Petit frère ou petite sœur :

le plaisir de s’en occuper

Une fratrie avec un « petit dernier » arrivé bien après les autres, une famille recomposée où des enfants déjà adolescents ou pré-adolescents accueillent un petit frère ou une petite sœur. Comment envisagent-ils leur rôle d’aîné à cette période charnière de leur développement ? Portraits croisés.

charnière de leur développement ? Portraits croisés. L ’ enfance, âge de découvertes par excellence,
charnière de leur développement ? Portraits croisés. L ’ enfance, âge de découvertes par excellence,
charnière de leur développement ? Portraits croisés. L ’ enfance, âge de découvertes par excellence,

L enfance, âge de découvertes par excellence,

semble toutefois culminer dans ce domaine

en deux temps : durant les toutes premières

années de la vie puis, de nouveau, à l’ado-

lescence, où l’on est particulièrement avide de nouvelles expériences. Ce n’est donc pas par hasard si une complicité particulière se noue par- fois, souvent, entre aîné et benjamin dans une fra- trie, d’autant plus si l’écart d’âge entre l’un et l’autre est important. Le tout-petit et l’adolescent se trouvent chacun à une extrémité du temps de l’enfance : l’un vient d’y entrer, l’autre s’apprête à en sortir. C’est un peu comme si l’un passait le relais à l’autre. L’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur peut même rétablir l’équilibre de la cellule familiale soudain ébranlée par les velléités d’indépendance et d’émancipation de l’aîné. C’est

ce qu’exprime Philippe E., qui avait 11 ans et demi à la naissance de sa petite sœur : “En prenant la

place qui lui revient dans la géographie de l’espa- ce familial, une petite sœur, un petit frère, vient comme en équilibre de la posture de l’aîné ado- lescent, arrivé au point où il tend à s’éloigner un peu du cercle pour voler de ses propres ailes. Ses absences, ses prises de distance, sont peut-être moins flagrantes que dans une cellule familiale moins étoffée, et par là plus légères à assumer,

plus douces. Delphine G. a noté une différence de comportement de son aîné avec son premier petit frère, de sept ans son cadet, et le dernier, à la nais- sance duquel il avait 10 ans : “David a 11 ans et,

en ce moment, il adore porter son petit frère, Vincent, 13 mois, sur ses épaules ou encore jouer avec lui. Quand il était bébé, il lui est arrivé de le masser ou de le porter dans l’Ergo. Pourtant, avec son autre petit frère, Eddie, 4 ans maintenant, il n’était pas aussi proche quand celui-ci était bébé. Ce qui m’a amusée, c’est qu’une semaine après la naissance de Vincent, il m’a dit : ‘Quand est-ce que

tu fais le quatrième ? Ce serait bien : je m’occupe- rais d’Eddie, papa de Vincent et toi du bébé. On aurait tous quelqu’un dont s’occuper ! Et puis, si c’est une fille, ça ferait trois garçons et une fille :

ça, c’est un bon équilibre’. Je ne partage pas for-

cément son enthousiasme au sujet du quatrième, mais je suis émue par son envie de « materner » ”

COMME UNE ÉVIDENCE

Si, pour les parents, la question de la différence d’âge peut susciter de l’inquiétude, pour les enfants, en revanche, les choses semblent plus évidentes. Pour Marc G., 12 ans, rien ne distingue ses rapports avec sa petite sœur Laure-Anna, 3 ans, de ce que peuvent vivre d’autres enfants avec leur frère ou leur sœur, quel que soit leur âge. Lorsqu’on lui demande s’il y a des choses en particulier qu’il aime faire avec sa sœur, il répond, l’air étonné : “Je ne sais pas, tout

! C’est ma sœur, j’aime être avec elle, m’occuper d’elle, la porter, jouer avec elle, parler avec elle, la faire rire et la faire réfléchir, lui faire jouer de la musique (on joue de la batterie !), la faire manger et lui faire à manger. J’aime bien cuisiner. D’ailleurs je voudrais en faire mon métier plus tard. Avec Laure-Anna, on joue à la dînette : je suis dans son restaurant et elle me sert. Et je lui apprends aussi à cuisiner pour de vrai. J’aime bien avoir des conver- sations avec elle : je lui pose des questions, elle me répond. Elle a une façon de raisonner, une logique

qui mimpressionnent. Montrer le chemin, donner la main, partager ses passions : telles peuvent être les contributions de ces grands frères ou grandes sœurs. Leur présence, à la fois bienveillante et ini- tiatrice, leur confère un statut singulier, à mi-chemin entre celui des adultes et celui des enfants. Sophie E., deux frères et une sœur de 8, 10 et 11 ans ses

aînés, se souvient : “Petite, j’éprouvais de la fierté à sortir en compagnie de mes frères et de ma sœur ou à passer une soirée seule avec eux quand nos parents s’absentaient. Je pouvais faire des choses que mes copains et copines ne faisaient pas à mon âge, comme aller à un concert de rock ou me cou- cher tard le soir. Je me sentais à la fois totalement en confiance et rassurée, autant qu’avec papa ou maman et, en même temps, il y avait ce sentiment de liberté, de pouvoir transgresser les interdits, d’être une grande moi aussi…”

46 Juillet-août 2009 - Grandir autrement n°18

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L E RIRE : UNE PASSERELLE POUR ENTRER EN COMMUNICATION La complicité n’est pas toujours

LE RIRE : UNE PASSERELLE POUR ENTRER EN COMMUNICATION

La complicité n’est pas toujours instantanée. Un grand, comme n’importe quel aîné confronté à l’ar- rivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, peut avoir besoin de temps pour l’apprivoiser. Le rire s’avère alors un outil formidable pour briser la glace, comme a pu le constater Cécile B., maman de Baptiste, qui avait 8 ans et demi à la naissance

de sa petite sœur : “C’est par le rire qu’ils sont entrés en contact, juste avant qu’il n’ait envie de la porter dans ses bras et qu’il réalise la richesse d’un geste tout simple, comme celui de la cuillère que l’on approche de la bouche d’un enfant pour le

nourrir. Provoquer rires et sourires chez leur petit frère ou leur petite sœur remplit de joie et de fierté les aînés. Philippe se souvient : “Elle est allongée

sur un lit, je pose les mains à plat de part et d’autre et j’imprime des secousses aux ressorts du matelas. C’est mieux qu’un manège, ma petite sœur rit aux éclats et ne veut plus s’arrêter. Découvrir qu’on peut susciter cette joie simple, pure, et prendre plai- sir à la donner encore : c’est aussi quelque chose que je retiens de cette période, et de cette ren-

contre. Rencontre, voilà sans doute le mot clé de ce lien fraternel singulier. Pour Philippe, elle a scel-

lé “les bases d’un accord secret, tacite, entre aîné et benjamine, à l’origine d’une belle complicité qui ne se dément pas avec le temps.” De quoi rassurer les

parents qui s’inquiètent de l’arrivée d’un enfant « tardif » et de ce fossé qu’ils redoutent de voir se creuser entre lui et ses aînés. Une crainte qu’a par- tagée Cécile, aujourd’hui totalement rassurée :

“Bien souvent, trop souvent, en attendant cette petite que je savais dernière, j’avais compté les années qui les sépareraient, plongeant dans l’ave- nir en calculant l’âge de l’une quand l’autre aurait 15 ans et puis 20, tout à la fois convaincue et