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Mesure électrique de la température

Avec des thermocouples et des sondes à résistance

Dipl.-Phys. Matthias Nau

Depuis des décennies déjà, la température est une des grandeurs de mesure les plus importantes de l’automatisme, de la fabrication et de la technique grand public. Même si la mesure électrique de la température avec des sondes à résistances et des thermocouples est déjà vieille de cent ans, le développement de couples de mesure et de sondes pour différentes tâches de mesure n’est pas prêt d’être terminé. À cause de l’optimisation continuelle des process, on demande de plus de plus des sondes qui permettent d’effectuer des mesures de température rapides, précises et reproduc- tibles à long terme.

Malheureusement comme il n’y a pas de sonde qui s’acquitte de toutes les tâches de mesure avec une précision suffisante, il est d’autant plus important pour l’utilisateur de connaître les principes de la mesure électrique de la température, et de comprendre les caractéristiques relatives à la métrologie et les sources d’erreur. Une sonde précise ne garantit pas une acquisition correcte de la température. La température affichée n’est que la température de l’élément de mesure. L’utilisateur doit prendre des mesures pour que la température du milieu soit également la température de l’élément de mesure.

Ce livre est depuis plusieurs années déjà un guide estimé par les utilisateurs intéressés. Cette ver- sion a été remaniée et actualisée à cause de la modification des normes et des nouveaux dévelop- pements. Le nouveau chapitre « Incertitude de mesure » en particulier présente les idées fonda- mentales du guide ISO reconnu internationalement « Guide to the expression of uncertainty in measurement » (en abrégé : GUM) et décrit la procédure de détermination de l’incertitude de mesure d’une chaîne de mesure de la température avec ses facteurs d’influence. De plus, le cha- pitre sur la protection antidéflagrante a été complété à cause de l’entrée en vigueur le 1.7.2003 de la directive européenne 94/9/CE.

En ce qui concerne la responsabilité élargie du fabricant, les données et les caractéristiques des matériaux de ce guide ne sont que des valeurs indicatives. Dans tous les cas, il faut les vérifier et les corriger le cas échéant, en particulier lorsqu’il s’agit de sécurité.

Matthias Nau

JUMO GmbH & Co. KG, Fulda

Reproduction autorisée avec indication des sources !

Fulda, février 2003

Numéro d’article : 00431166 Numéro du guide : FAS 146 Date d’impression : 02.03

Sommaire

Sommaire

1

Mesure électrique de la température

7

1.1 Mesure de température par contact

7

1.2 Mesure de température sans contact

8

1.2.1 Pyromètre à radiation totale

9

1.2.2 Pyromètre spectral

9

1.2.3 Pyromètre à faisceau

9

1.2.4 Pyromètre à luminance énergétique

9

1.2.5 Pyromètre à répartition

9

1.2.6 Pyromètre à rapport

9

2 Notion de température

11

2.1 Échelle de température historique

11

2.2 Points fixes de température

15

2.3 Échelle de température suivant ITS-90

15

3 Thermocouples

19

3.1 Effet thermoélectrique

19

3.2 Thermocouples

23

3.3 Polarité de la tension thermoélectrique

23

3.4 Comportement en cas de rupture ou de court-circuit

24

3.5 Thermocouples normalisés

25

3.5.1 Forces électromotrices

27

3.5.2 Tolérances

28

3.5.3 Linéarité

30

3.5.4 Comportement à long terme

30

3.6 Critères de sélection

32

3.6.1 Type " T " (Cu-CuNi)

33

3.6.2 Type " J " (Fe-CuNi)

33

3.6.3 Type " E " (NiCr-CuNi)

33

3.6.4 Type " K " (Ni-CrNi)

33

3.6.5 Type " N " (NiCrSi-NiSi)

34

3.6.6 Types " R ", " S " et " B "

34

3.7 Câbles de compensation normalisés

3.7.1 Code de couleur des câbles de compensation

35

36

3.8 Raccordement des thermocouples

37

3.9 Modèles de thermocouples

40

3.10 Thermocouples chemisés

40

Sommaire

3.11 Recherche des défauts

3.11.1 Erreurs de raccordement possibles et leurs effets

4 Sondes à résistance

42

43

45

4.1 Résistance variable avec la température

45

4.2 Résistances en platine

45

4.2.1 Calcul de la température à partir de la résistance

47

4.2.2 Tolérances

49

4.2.3 Classes de tolérance étendues

50

4.3 Résistances en nickel

4.3.1 Tolérances

4.4 Raccordement des sondes à résistance

51

51

52

4.4.1 Technique deux fils

52

4.4.2 Technique trois fils

53

4.4.3 Technique quatre fils

53

4.4.4 Convertisseur de mesure en technique deux fils

54

4.5 Modèles

55

4.5.1 Résistances en céramique

55

4.5.2 Résistances en verre

55

4.5.3 Sondes sous film souple

57

4.5.4 Sondes à couche mince

57

4.6 Comportement à long terme des sondes à résistance

59

4.7 Erreurs avec les sondes à résistance

60

4.7.1 Influence de la ligne de mesure

60

4.7.2 Résistance d’isolement défectueuse

60

4.7.3 Auto-échauffement

61

4.7.4 Tensions thermoélectriques parasites

62

5 Fonction de transfert

63

6 Erreur due à la dissipation de chaleur

67

6.1 Mesures pour réduire l’erreur due à la dissipation de chaleur

7 Calibrage et étalonnage

69

71

7.1 Calibrage

71

7.2 Deutsche Kalibrierdienst (DKD)

72

7.3 Étalonnage

73

Sommaire

8 Armatures et gaines de protection

8.1 Structure d’une sonde électrique

8.1.1 Têtes de raccordement conformes à la norme DIN 43 729

75

75

76

8.2 Sondes normalisées et gaines de protection

77

8.3 Sondes orientées vers une application

80

8.3.1 Sonde à résistance pour fortes vibrations

80

8.3.2 Sondes à résistance pour l’industrie alimentaire

81

8.3.3 Sondes à résistance pour compteur de calories

82

8.4 Exigences pour la gaine de protection

83

8.4.1 Gaines de protection métalliques

84

8.4.2 Gaines de protection pour la fonte

85

8.4.3 Revêtements organiques

86

8.4.4 Gaines de protection en céramique

87

8.4.5 Matériaux isolants céramiques

88

8.4.6 Matériaux spéciaux

88

8.5 Conditions d’utilisation des gaines de protection

89

8.5.1 Matériaux de gaine de protection pour les fontes

90

8.5.2 Résistances aux gaz

91

9 Matériel avec protection antidéflagrante

9.1 Modes de protection

93

95

9.1.1 Mode de protection sécurité intrinsèque " i " suivant EN 50 020

95

9.1.2 Sonde de température et protection antidéflagrante

95

9.2 Circuit électrique à sécurité intrinsèque

96

9.3 Interconnexion de matériels électriques

96

10 Incertitude de mesure

101

10.1 Processus de mesure

102

10.2 Point de vue naïf : intervalle d’incertitude

102

10.3 Point de vue du GUM : incertitude de mesure standard

103

10.3.1 Distribution rectangulaire

105

10.3.2 Distribution triangulaire

105

10.3.3 Distribution de Gauss

106

10.4 Détermination de l’incertitude de mesure suivant le GUM

106

10.5 Point de vue économico-industriel :

incertitude de mesure élargie

106

10.6 Quote-parts d’incertitude de mesure d’une chaîne de mesure de température

107

Sommaire

11 Annexe

115

11.1 Vue d’ensemble des types d’acier et de leurs désignations

115

11.2 Formules de calcul de la température

116

11.3 Forces électromotrices des thermocouples

118

11.3.1 Fer/Cuivre-Nickel (Fe-CuNi) " J "

119

11.3.2 Cuivre/Cuivre-Nickel (Cu-CuNi) " U "

122

11.3.3 Cuivre/Cuivre-Nickel (Cu-CuNi) " T "

123

11.3.4 Fer/Cuivre-Nickel (Fe-CuNi) " L "

124

11.3.5 Nickel-Chrome/Nickel (NiCr-Ni) " K "

125

11.3.6 Nickel-Chrome/Cuivre-Nickel (NiCr-CuNi) " E "

130

11.3.7 Nicrosil/Nisil (NiCrSi-NiSi) " N "

132

11.3.8 Platine-Rhodium/Platine (Pt10Rh-Pt) " S "

136

11.3.9 Platine-Rhodium/Platine (Pt13Rh-Pt) " R "

141

11.3.10 Platine-Rhodium/Platine (Pt30Rh-Pt6Rh) " B "

146

11.4 Valeurs fondamentales pour Pt 100

151

11.5 Valeurs fondamentales pour Ni 100

154

12 Normes et bibliographie

155

12.1 Normes

155

12.2 Bibliographie

156

1 Mesure électrique de la température

Dans nombre de process, l’acquisition de la température est d’une importance primordiale. Env. 45% de l’ensemble des points de mesure concernent la température : masses fondues, réac- tions chimiques, traitement des denrées alimentaires, mesure d’énergie et climatisation. Les domaines cités sont très différents, les tâches des capteurs de température, leurs modes d’action et leur réalisation technique le sont tout autant.

Dans les process industriels, le point de mesure est souvent éloigné du lieu d’affichage : dans le cas des fours à fusion et des fours à recuire, les conditions d’opération l’imposent, dans d’autres cas, l’acquisition des mesures est centralisée. Souvent il est nécessaire de traiter les mesures dans des régulateurs ou des enregistreurs. Dans ce cas, un thermomètre ordinaire à affichage direct ne convient pas, il faut un thermomètre qui convertit la température en un autre signal, un signal élec- trique. D’ailleurs on parle également pour ces transducteurs électriques de thermomètres où pris au sens strict le capteur de mesure est composé d’un élément sensible logé dans une armature de protection.

Dans la mesure électrique industrielle de température, les pyromètres, les sondes à résistance et les thermocouples sont courants. Outre cela il existe aussi des systèmes d’acquisition comme les capteurs à cristal oscillateur et les systèmes optiques sur fibre qui n’ont pas encore réussi à faire leur entrée dans l’industrie.

1.1 Mesure de température par contact

Outre les autres méthodes de mesure, les thermocouples et les sondes à résistance conviennent particulièrement bien aux objets de mesure qui permettent un contact. Ils sont utilisés en très gran- des quantités et par exemple pour la mesure dans les gaz, les liquides, les masses en fusion ou encore à la surface des solides. La précision, le mode de réponse, la plage de température et les propriétés chimiques caractérisent les capteurs et les gaines de protection utilisés.

Les sondes à résistance utilisent le fait que la résistance électrique d’un conducteur électrique varie avec la température. On différencie les résistances à coefficient de température positif (CTP) et celles à coefficient de température négatif (CTN). Dans le cas du CTP, la résistance augmente lorsque la température augmente ; dans le cas du CTN, la résistance diminue lorsque la tempéra- ture augmente.

Les conducteurs métalliques sont des thermistances à CTP. Comme métaux on utilise surtout du platine, du nickel, de l’iridium, du cuivre et du silicium non dopé (Spreading Resistance). La sonde à résistance en platine est largement répandue. Les avantages se trouvent entre autres dans l’insensibilité chimique de ce métal, ce qui évite le risque d’impuretés à cause de l’oxydation et d’autres réactions chimiques.

Les sondes à résistance en platine sont les capteurs les plus précis pour les applications industri- elles et présentent également la meilleure stabilité à long terme. Comme valeur indicative, la préci- sion de la résistance en platine est de ±0,5% de la température de mesure. Au bout d’un an, il peut y avoir un décalage de ±0,05 K à cause du vieillissement. Les sondes à résistance en platine sont utilisées sur des plages de température jusqu’à 800 °C environ, ce qui correspond à des possibili- tés d’utilisation qui s’étendent de la climatisation au génie chimique.

Les conducteurs à résistance CTN sont des capteurs composés de certains oxydes métalliques, dont la résistance diminue lorsque la température augmente. On parle également de « conducteurs chauds » parce qu’ils ne présentent une bonne conductibilité électrique que pour des tempéra- tures très élevées. On parle de résistance CTN (ou également en anglais NTC, Negative Tempera- ture Coefficient) parce que la caractéristique température/résistance descend.

À cause de la nature des process sous-jacents, le nombre d’électrons de conduction augmente de façon exponentielle lorsque la température augmente si bien que la courbe caractéristique pré- sente une forte pente.

1 Mesure électrique de la température

Cette absence de linéarité est un gros défaut des résistances CTN et limite les plages de tempéra- ture d’acquisition à environ 50 K. En effet il est possible de linéariser grâce au montage en série d’une résistance purement ohmique (de dix fois la valeur de la résistance), toutefois la précision et la linéarisation ne suffisent pas pour des étendues de mesure plus grandes. La dérive à cause des chocs thermiques est supérieure par rapport à celle des autres procédés présentés [7]. À cause de leur caractéristique, elles sont sensibles à l’auto-échauffement dû à des courants de mesure trop élevés. Elles sont utilisées pour des applications simples de surveillance et d’indication où la tem- pérature ne dépasse pas 200 °C et où une précision de quelques Kelvin suffit. Toutefois dans ce type d’applications simples, grâce à leur petit prix et au circuit électronique de sortie relativement simple, elles sont supérieures aux thermocouples et sondes à résistance (métalliques) chers. De plus il est possible de réaliser des modèles très petits avec des temps de réponse courts et des masses thermiques faibles. Dans cet ouvrage, nous n’irons pas plus loin sur ce sujet.

Les thermocouples reposent sur l’effet suivant : un déplacement de charge, dans un fil, le long d’un gradient de température en fonction de la conductibilité électrique du matériau. Si deux conducteurs avec des conductibilités différentes sont mis en contact, suivant l’amplitude du gradi- ent de température les différents déplacements de charge permettent de mesurer la tension dite thermoélectrique.

Par rapport aux sondes à résistance, les thermocouples présentent un avantage manifeste : une température haute supérieure, jusqu’à plusieurs milliers de degrés Celsius. Par contre leur stabilité

à long terme est moins bonne, la précision de mesure est un peu plus faible.

Les domaines d’utilisation les plus fréquents sont : les fours, les mesures dans les masses en fusion, les machines de plasturgie et les autres domaines avec des températures supérieures

à 250 °C.

1.2 Mesure de température sans contact

Dans cette catégorie, on trouve les objets qui se déplacent ou qui ne sont pas accessibles pour une mesure, comme par exemple des fours rotatifs, des machines à papier ou à film, des laminoirs, des coulées en continu, etc. Il s’agit également des objets avec une faible capacité thermique et une faible conduction thermique. La mesure sur un objet dans un four ou sur un objet très éloigné est également sans contact. Les mesures avec contact sont alors exclues et on utilise comme grandeur de mesure le rayonnement thermique de l’objet de la mesure.

Les instruments de mesure de la température sans contact, les pyromètres, fonctionnent selon le principe suivant : un thermocouple détecte via une optique le rayonnement thermique émis par un corps chaud. Si l’on est certain que le champ d’image du pyromètre sur l’objet de la mesure sera toujours le même (en totalité), on peut faire appel à ce principe de mesure de la température simple.

Certains modèles travaillent un peu différemment : ils extraient une certaine longueur d’onde du rayonnement reçu et déterminent la proportion de cet extrait par rapport à la totalité du rayonne- ment. Plus la température d’un corps est élevée, plus la part de longueurs d’onde courtes est grande ; la lumière diffusée par le corps est toujours plus bleuâtre. Comme chacun sait, la couleur d’un corps incandescent varie du rouge naissant au rouge blanc, ce qui s’explique par une propor- tion de bleu plus grande. En général, les pyromètres ne travaillent pas dans la plage visible, ils sont plutôt sensibles au rayonnement infrarouge puisque les températures de l’objet dont le rayonne- ment est mesuré sont trop faibles pour émettre des longueurs d’onde visibles utilisables pour la mesure.

Après avoir traversé le filtre spectral, le rayonnement atteint une thermopile ; il s’agit de plusieurs thermocouples montés en série sur une puce à semi-conducteurs, le rayonnement donne nais- sance à une tension thermoélectrique qui est amplifiée et délivrée ensuite comme signal de sortie (0 à 20 mA par exemple pour des températures dans la plage de mesure). Le signal est de type

1 Mesure électrique de la température

linéaire, il est donc possible de l’appliquer directement à un instrument de mesure. Les appareils portatifs possèdent un afficheur intégré. Les différents modèles sont les suivants [16] :

1.2.1 Pyromètre à radiation totale

Pyromètre dont la sensibilité spectrale sur le spectre de rayonnement thermique est presque indé- pendante de la longueur d’onde. Si l’objet de la mesure est un émetteur noir, le signal du récepteur suit à peu près la loi sur les rayonnements de Stefan-Boltzmann.

1.2.2 Pyromètre spectral

Pyromètre qui n’est sensible que sur une plage étroite du spectre de rayonnement thermique. Si l’objet de la mesure est un émetteur noir, le signal du récepteur suit à peu près la loi sur les rayon- nements de Planck.

1.2.3 Pyromètre à faisceau

Pyromètre sensible sur une large plage du spectre de rayonnement thermique. Le signal du récep- teur ne suit ni la loi de Stefan-Boltzmann, ni la loi de Planck dans une approximation acceptable.

1.2.4 Pyromètre à luminance énergétique

Pyromètre avec lequel la température est déterminée immédiatement à partir de la luminance éner- gétique ou par comparaison avec un émetteur de référence de luminance énergétique connue.

1.2.5 Pyromètre à répartition

Pyromètre avec lequel la température est déterminée par identification d’une couleur mélangée de deux domaines spectraux du rayonnement thermique de l’objet de la mesure à une couleur mélan- gée d’un émetteur de référence de répartition spectrale connue.

1.2.6 Pyromètre à rapport

Pyromètre avec lequel la température est déterminée à partir du rapport des luminances énergé- tiques d’au moins deux domaines différents du spectre de rayonnement thermique de l’objet de la mesure.

Le principe de la mesure sans contact permet de mesurer facilement et rapidement, avec des pyromètres, la température d’objets mobiles. Toutefois déterminer le pouvoir émissif de l’objet de la mesure peut présenter des difficultés : la capacité d’un corps à rayonner de la chaleur dépend de la nature de sa surface, plus précisément de sa couleur. Lorsque la température augmente, les corps noirs dégagent plus de chaleur (plus d’ondes lumineuses) que les corps blancs ou de cou- leur. Il faut connaître le facteur d’émission de l’objet et le régler sur le pyromètre. Des valeurs stan- dard sont données pour différents matériaux comme la tôle noire, le papier, etc.

Malheureusement, en général il n’est pas possible de vérifier la température indiquée par le pyromètre avec une autre méthode de mesure si bien qu’il est difficile d’obtenir des valeurs abso- lues. Toutefois, si les conditions restent les mêmes, en particulier en ce qui concerne la surface de l’objet de la mesure, il est possible d’effectuer des mesures comparatives dans la plage de préci- sion indiquée pour l’instrument.

En cas d’installation d’appareils non dissemblables à l’extérieur d’une lunette, il faut veiller à ce que seul l’objet de la mesure se trouve effectivement dans le champ optique de l’appareil. Dans le

1 Mesure électrique de la température

cas de surfaces spéculaires, les erreurs de mesure dues à des rayonnements parasites sont facile- ment possibles. Des poussières sur l’objectif faussent le résultat de la mesure ; la solution peut être d’installer sur les capteurs inaccessibles une buse d’air comprimé qui permet d’ôter péri- odiquement les particules en suspension. Les rayons infrarouges traversent le brouillard (la vapeur d’eau) beaucoup mieux que la lumière visible ; toutefois ils sont sensiblement absorbés par le brouillard ainsi que par le gaz carbonique. C’est pourquoi lors de la conception, on choisit le domaine spectral de sensibilité hors des bandes d’absorption si bien que la vapeur d’eau et le gaz carbonique n’ont aucun effet sur le résultat de la mesure. Toutefois de fortes concentrations en poussières, comme celles que l’on rencontre dans les cimenteries, ont des répercussions défavor- ables. La plage de température pour l’utilisation de la méthode pyrométrique s’étend de 0 à 3000 °C.

2 Notion de température

Du point de vue physique, la chaleur est une mesure de l’énergie immanente à un corps ; le corps possède cette énergie à cause du déplacement désordonné de ses molécules ou de ses atomes. Tout comme une balle de tennis dont la vitesse augmente possède de plus en plus d’énergie, l’énergie interne d’un corps ou d’un gaz augmente lorsque la température croît. La température est une variable d’état qui décrit avec d’autres grandeurs comme la masse, la capacité thermique, etc. le contenu énergétique d’un corps. L’unité de température est le Kelvin. À 0 K(elvin), les molécules d’un corps sont au repos, le corps ne possède plus aucune énergie thermique. C’est pourquoi il ne peut y avoir de températures négatives, un état encore plus pauvre en énergie n’est pas possible. Comme la mesure de l’énergie cinétique interne d’un corps n’est pas accessible directement, on utilise pour mesurer la température l’effet de la chaleur sur certaines propriétés physiques, comme par exemple la dilatation des métaux ou des liquides, la résistance électrique, la tension ther- moélectrique, la fréquence d’oscillation d’un quartz, etc. Pour une mesure de température objec- tive et précise, il faut que l’effet soit stable et reproductible.

2.1 Échelle de température historique

et reproductible. 2.1 Échelle de température historique Fig. 1 : Galilée Fig. 2 : thermoscope Comme

Fig. 1 : Galilée

2.1 Échelle de température historique Fig. 1 : Galilée Fig. 2 : thermoscope Comme la sensibilité

Fig. 2 : thermoscope

Comme la sensibilité à la chaleur des êtres humains n’est pas très fiable pour déterminer la tem- pérature, Galilée a cherché dès 1596 (Fig. 1) une méthode objective pour mesurer la température. Pour cela il a utilisé la dilatation de gaz et de liquides lorsque la température augmente. Le thermo- scope (Fig. 2) est composé d’une ampoule en verre remplie d’air (A) raboutée à un tube en verre (B). Ce tube est plongé (extrémité ouverte) dans un réservoir rempli d’eau colorée (C).

2 Notion de température

Si l’air dans l’ampoule de verre est chauffé, il se dilate et exerce une pression vers le bas sur la colonne d’eau du tube en verre. Le niveau de l’eau sert à indiquer la température. L’inconvénient de ce système est que les variations de la pression atmosphérique influencent la hauteur de la colonne d’eau. La mesure de température n’est reproductible qu’avec correction de la pression atmosphérique.

Au milieu du 17 e siècle, l’académie de Florence a construit des thermomètres. Ces thermomètres étaient fermés par rapport au thermomètre de Galilée si bien que la pression atmosphérique n’influençait pas la mesure de température. Ils ont utilisés de l’alcool comme liquide dans le ther- momètre. L’échelle de température a été définie par la température minimale en hiver et la température maxi- male en été. Il est évident que si on redéfinit ou si on recalibre un thermomètre, on crée une nou- velle échelle puisque les températures minimale et maximale ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre. Il n’existait pas encore d’échelle de température valable universellement qui aurait pu servir à tout moment pour calibrer des thermomètres.

En 1715, le carreur David Fahrenheit de Gdansk a construit des thermomètres à mercure dont les indications concordaient, ce qui était un grand progrès à cette époque. De plus il a adopté une échelle de température qui portera son nom plus tard et qui est encore utilisée aux États-Unis. Comme zéro de son échelle, il a choisi la température la plus basse de l’hiver rigoureux de 1709 ; par la suite il a pu reproduire cette température avec un certain mélange de glace, de salmiac solide et d’eau. Avec le choix de ce zéro, Fahrenheit espérait pouvoir éviter les températures néga- tives. Comme deuxième « point fixe » de son échelle, Fahrenheit choisira sa propre température corporelle à laquelle il attribuera arbitrairement la valeur 100.

En 1742, l’astronome suédois Anders Celsius propose de remplacer l’échelle introduite par Fah- renheit par une échelle plus facile à manipuler (échelle qui finalement portera son nom). Il choisit deux points fixes facilement reproductibles partout dans le monde :

- La température de fusion de la glace sera de 0 °C.

- La température d’ébullition de l’eau sera de 100 °C.

Sur un thermomètre, l’intervalle entre ces deux repères est appelé l’intervalle fondamental. Il est divisé en 100 tronçons égaux, un tronçon correspond à une différence de température de 1 °C.

Ainsi il était possible de calibrer à tout moment n’importe quel thermomètre et de garantir une mesure de température reproductible. Lorsqu’on change le liquide du thermomètre, il faut ré- étalonner le thermomètre sur ces deux points fixes puisque les propriétés matérielles qui dépen- dent de la température diffèrent quantitativement et après le changement l’indication n’est plus correcte.

Ce n’est qu’au 19 e siècle que l’on a réussi à définir sans ambiguïté la température du point de vue physique, grâce aux lois fondamentales de la thermodynamique ; pour la première fois, aucune propriété matérielle n’a été utilisée pour définir la température. Par principe, cette température thermodynamique peut être déterminée avec toutes les méthodes de mesure qui découlent de la deuxième loi fondamentale de la thermodynamique.

D’après la loi de Boyle-Mariotte, à température constante, la pression est inversement proporti- onnelle au volume (p ~ 1/V). D’après la loi de Gay-Lussac, à volume constant, la pression aug- mente avec la température absolue (p ~ V). Il en résulte l’équation générale des gaz pour une mole de gaz :

Formule 1 :

p

V

m

= R

m T

2 Notion de température

avec V m le volume molaire et R m la constante des gaz. Cette formule traduit une relation directe entre la pression p, le volume V et la température T d’un gaz idéal. La température est donc rame- née à la mesure de la pression d’un volume connu. Avec cette méthode, aucune grandeur auxiliaire qui dépend du matériau, aucun facteur de conversion comme les coefficients de dilatation, etc. ne sont nécessaires, comme par exemple pour le thermomètre au mercure.

x P = Hg = gaz idéal
x
P
=
Hg
= gaz
idéal

p = 0, vide

x

S

= point d'ébullition 100 °C

x

x

E

= point de congélation 0 °C

x

échelle fixe par rapport à X = 0

=

0 °C

tube capillaire

tube souple

x échelle fixe par rapport à X = 0 = 0 °C tube capillaire tube souple
x échelle fixe par rapport à X = 0 = 0 °C tube capillaire tube souple
x échelle fixe par rapport à X = 0 = 0 °C tube capillaire tube souple
x échelle fixe par rapport à X = 0 = 0 °C tube capillaire tube souple
x échelle fixe par rapport à X = 0 = 0 °C tube capillaire tube souple
x échelle fixe par rapport à X = 0 = 0 °C tube capillaire tube souple

V = constant

bains à différentes températures

Fig. 3 : thermomètre à dilatation de gaz (thermomètre de Jolly)

En principe, avec le thermomètre à dilatation de gaz, on effectue une mesure de pression. La gran- deur de mesure est la pression hydrostatique ou la colonne de liquide hydrostatique x.

Formule 2 :

p

=

ρ ⋅ g x

Le volume V du gaz confiné est maintenu constant par l’élévation ou l’abaissement du tube capil- laire (repère x = 0).

Formule 3 :

V Gaz

+

V Hg

= cons tan te

Ensuite on détermine les points fixes (x E = point de congélation ; x S = point d’ébullition). La lon- gueur x S x E correspond à 100 °C sur l’échelle Celsius.

2 Notion de température

Formule 4 :

 

x

x

 
 

t

E

= ------------------- 100 °C

 

x S

x E

ou

Formule 5 :

 

x

x E

 
 

t

=

1

--- --------------- 100 °C

 

α

x E

avec

Formule 6 :

 

x S

x B

 

α

= -----------------------------

 

x

B 100 °C

Les mesures avec différents gaz « idéaux » et différents volumes de remplissage donnent toujours :

Formule 7 :

1

α = --------------------------

273,15 °C

Formule 8 :

t

x

x B

= ---------------- 273,15 °C

x B

Pour x = 0, t = 273,15 °C ou 0 K ; le zéro absolu. La notion de température absolue remonte à Wil- liam Thomson qui l’a introduite en 1851. Thomson, le futur Lord Kelvin, a présenté en 1852 une échelle de température reproductible, l’échelle de température thermodynamique. Cette échelle est indépendante de l’amplitude de la température et de la propriété matérielle, elle repose unique- ment sur la deuxième loi fondamentale de la dynamique. Pour définir cette échelle de température, on a eu besoin d’un autre point fixe qui a été fixé lors de la 10 e conférence générale sur les poids et mesures, en 1954 : le point triple de l’eau. Il correspond à une température de 273,16 K ou 0,01 °C. Pour l’unité de température thermodynamique, on applique la définition :

1 Kelvin correspond à 273,16 e de la température thermodynamique du point triple de l’eau.

Dans les instituts de métrologie, la température thermodynamique est généralement déterminée avec ce type de thermomètres à dilatation de gaz. Toutefois comme cette méthode de mesure est extrêmement coûteuse et laborieuse, on a convenu dès 1927 qu’il fallait créer une échelle de tem- pérature pratique qui reflète aussi bien que possible l’échelle de température thermodynamique.

L’échelle de température pratique repose en général sur un certain instrument de mesure ou une propriété matérielle observable. L’avantage de cette définition est une grande reproductibilité pour un coût technique relativement faible.

2 Notion de température

2.2 Points fixes de température

Les matières premières présentent différents états physiques, elles sont liquides, solides ou gazeu- ses. L’état (également appelé la phase) que prend la substance dépend de la température. Pour certaines températures, deux ou trois états co-existent, par exemple le glaçon d’eau à 0 °C. Pour l’eau il y a également une température à laquelle co-existent les phases solide, liquide et gazeuse. C’est la température dite du point triple : 0,01 °C pour l’eau. Pour la plupart des autres matières premières, seules deux phases apparaissent en même temps.

Les autres points fixes sont les points de solidification des métaux purs. Si on refroidit un métal fondu, la masse en fusion commence à se solidifier à partir d’une certaine température. Le pas- sage de la phase liquide à la phase solide n’est pas instantané, et la température reste constante jusqu’à ce que tout le métal soit devenu solide. Cette température est appelée température de soli- dification. Sa valeur dépend du degré de pureté du métal si bien que cette méthode permet de reproduire des températures de manière simple et très précise.

température

liquide solidification court sur-refroisissement jusqu’au début de la solidification solide temps
liquide
solidification
court sur-refroisissement
jusqu’au début de la
solidification
solide
temps

Fig. 4 : courbe de principe de la solidification d’un métal

2.3 Échelle de température suivant ITS-90

Les températures qui correspondent aux points fixes sont déterminées avec des thermomètres à dilatation de gaz ou d’autres instruments de mesure qui permettent de mesurer des températures thermodynamiques. De nombreuses mesures comparatives dans les instituts publics comme le PTB (Physikalisch-Technischen Bundesanstalt) ont permis d’enregistrer ces valeurs dans des documents légaux. Comme ces appareillages coûteux sont inadaptés à la métrologie industrielle, certains points fixes sont définis comme valeurs de base par une convention internationale. Pour les valeurs intermédiaires, l’échelle de température est définie avec des instruments de mesure qui interpolent. Les instruments de mesure sont conçus non seulement pour mesurer des tempéra- tures comme le point de solidification et le point triple, mais également toutes les valeurs intermé- diaires. L’exemple le plus simple d’instrument qui interpole est le thermomètre au mercure ou bien encore le thermomètre à dilatation de gaz.

Jusqu’à la fin de l’année 1989, on utilisait l’Internationale Praktische Temperaturskala de 1968, IPTS-68. Depuis 1990, une nouvelle échelle est entrée en vigueur, l’Internationale Temperaturskala ITS 90. Cette nouvelle échelle était nécessaire puisque nombre de mesures par différents labora- toires dans le monde ont confirmé des inexactitudes dans la détermination des températures des points fixes. Le tableau 1 donne les points fixes définis par l’ITS-90 et leur écart par rapport à

l’IPTS-68.

2 Notion de température

Point fixe en °C

Matière

Écart par rapport à l’ITPS-68 en K

218,7916

Oxygène

0,0026

189,3442

Argon

0,0078

38,8344

Mercure

0,0016

0,01

Eau

0,0000

29,7646

Gallium

0,0054

156,5985

Indium

0,0355

231,928

Étain

0,0401

419,527

Zinc

0,0530

660,323

Aluminium

0,1370

961,78

Argent

0,1500

Tab. 1 : points fixes de l’ITS-90 et leur écart par rapport à l’IPTS-68

La sonde à résistance en platine est admise comme thermomètre qui interpole, sur la plage 259 à 961,78 °C. Pour que la caractéristique de ce thermomètre reproduise les températures thermo- dynamiques aussi bien que possible, les exigences dans l’ITS-90 concernent la pureté du matériau. De plus, il faut calibrer le thermomètre aux points fixes prédéfinis. À partir des mesures aux points fixes, on détermine la fonction d’erreurs du thermomètre par rapport à la fonction de référence ; cette fonction d’erreurs permet ensuite de mesurer n’importe quelle température. Les températures sont données par le rapport « résistance R(T 90 ) sur résistance au point triple de l’eau R(273,16 K) ». Le rapport W(T 90 ) est défini comme suit :

Formule 9 :

W T

(

90 )

R ( T

90 )

= ---------------------------------

R(273,16 K)

Pour satisfaire les exigences de l’ITS-90, il faut fabriquer un thermomètre à partir d’un fil de platine sans tension et spectralement pur, qui remplit au moins les conditions suivantes :

- W(29,7646 °C)

- W(38,8344 °C) 0,844235.

Si le thermomètre doit être utilisé jusqu’au point de solidification de l’argent, il faut également rem- plir la condition suivante :

-

Pour une plage de température déterminée, on applique la fonction W r (T 90 ) dite de référence. Pour la plage de température 0 à 961,78 °C, la fonction de référence est la suivante :

Formule 10 :

1,11807,

W(961,78 °C)

4,2844 °C.

9

W r

(

T

90 )

= C 0

+

C i

·

------------------------------------------

481

i

= 1

T 90 K 754,15

1

Pour le thermomètre individuel, on calcule les paramètres a, b, c et d de la fonction de déviation W(T 90 ) W r (T 90 ) à partir des résultats du calibrage aux points fixes prédéfinis. Si le thermomètre est utilisé par exemple de 0 °C jusqu’au point de solidification de l’argent (961,78 °C), il faut

2 Notion de température

calibrer aux points fixes suivants : point triple de l’eau (0,01 °C) et points de solidification de l’étain (231,928 °C), du zinc (419,527 °C), de l’aluminium (660,323 °C) et de l’argent (961,78 °C). La fonction de déviation devient :

Formule 11 :

2 3 W T ( – W ( T = aWT [ ( 90 )
2
3
W T
(
W
(
T
=
aWT
[
(
90 ) – 1]
+++ dWT
bWT
[
(
) – 1]
cWT
[
(
) – 1]
[
(
90 ) – W(660,323 °C)] 2
90 )
r
90 )
90
90

(« Supplementary Information for the ITS-90 » (BIPM-1990) contient des détails supplémentaires sur la conversion de l’ITS 90.)

2 Notion de température

3 Thermocouples

3.1 Effet thermoélectrique

Le thermocouple est basé sur l’effet décrit par Seebeck en 1821 : un courant de faible intensité circule lorsque deux conducteurs constitués de métaux différents A et B sont reliés et soumis à une différence de température. Les deux conducteurs reliés l’un à l’autre sont appelés thermo- couple (Fig. 5).

A V T B T 1 2 Fig. 5 : effet thermoélectrique La tension elle-même
A
V
T
B
T
1
2
Fig. 5 : effet thermoélectrique
La tension elle-même dépend aussi bien des deux matériaux que de la différence de température.
Pour pouvoir comprendre l’effet Seebeck, il faut s’intéresser à la structure des métaux, plus préci-
sément à leur structure atomique. Un conducteur métallique se distingue par ses électrons dit de
conduction responsables de la conduction du courant. Si la température d’un conducteur métalli-
que est uniforme, les électrons se déplacent à l’intérieur du réseau cristallin grâce à leur énergie
thermique. À l’extérieur le conducteur n’est pas polarisé (ni charge positive, ni charge négative), il
est neutre (Fig. 6).
atomes
électrons libres
Fig. 6 : structure d’un conducteur métallique
Si le conducteur est chauffé à une extrémité, l’énergie thermique est ajoutée à celle des électrons,
leur vitesse moyenne augmente par rapport à celle des électrons de l’extrémité froide. Les élec-
trons diffusent de l’extrémité chaude vers l’extrémité froide et cèdent leur énergie ; ils deviennent
plus lents (Fig. 7).
+
-
Fig. 7 : déplacement de charge dans un conducteur métallique chauffé

La conduction thermique d’un métal s’explique également ainsi. Comme les électrons se dépla- cent à cause du chauffage d’un seul côté, une charge négative se forme sur l’extrémité froide. D’autre part un champ électrique apparaît entre la charge positive (extrémité chaude) et la charge négative (extrémité froide) ; ce champ force le retour des électrons vers l’extrémité chaude.

3 Thermocouples

Le champ électrique existe tant qu’il n’y a pas d’équilibre dynamique entre les électrons entraînés jusqu’à l’extrémité froide par le gradient de température et la force de " rétropropulsion " du champ électrique. À l’état d’équilibre, le nombre d’électrons qui se déplacent dans un sens dans une sec- tion donnée est égal au nombre d’électrons dans l’autre sens. La vitesse des électrons de l’extré- mité chaude est supérieure à la vitesse des électrons (en sens inverse) de l’extrémité froide. Cette différence de vitesses est responsable de la conduction thermique dans le conducteur, sans trans- port de charge, jusqu’à l’établissement de l’équilibre dynamique décrit ci-dessus.

Si on veut mesurer la différence de potentiel entre les extrémités chaude et froide du conducteur, il faut relier l’extrémité chaude à un conducteur électrique par exemple. Ce conducteur est soumis au même gradient de température, le même équilibre dynamique s’établit. Si on ajoute un deu- xième conducteur constitué du même matériau, on obtient une structure symétrique avec la même charge aux deux extrémités libres. Il n’est pas possible de mesurer une différence de potentiel entre les deux charges. Si le deuxième conducteur est constitué d’un autre matériau avec une conductibilité électrique différente, un autre équilibre dynamique s’établit dans le fil. Conséquence : les charges aux extrémités des conducteurs sont différentes, il est possible de mesurer une différence de potentiel avec un voltmètre (Fig. 8).

NiCr

Ni

V

de potentiel avec un voltmètre (Fig. 8). NiCr Ni V Fig. 8 : effet thermoélectrique Un

Fig. 8 : effet thermoélectrique

Un problème apparaît si la mesure de la tension est réalisée avec un voltmètre dont les points de couplage sont constitués d’un autre matériau. Il en résulte deux thermocouples supplémentaires. Si les fils de raccordement à l’appareil de mesure sont en matériau C, une tension thermoélec- trique apparaît aux points de connexion A - C et B - C (Fig. 9).

A C V T B C T 2 1
A
C
V
T
B
C T 2
1

Fig. 9 : thermocouple ; le raccordement introduit un matériau supplémentaire

Il y a deux solutions possibles pour compenser cette tension thermoélectrique supplémentaire :

- un point de référence à une température connue,

- une correction des thermocouples présents à la connexion de l’instrument de mesure.

La figure 10 montre le thermocouple avec le point de compensation à une température constante et connue.

3 Thermocouples

A C B C
A
C
B
C
V
V

point de compensation T = 0 °C

Fig. 10 : thermocouple avec point de compensation

" Tension de la combinaison de matériaux A-C plus tension de la combinaison C-B " est égal à la tension de la combinaison A-B. Tant que tous les points de connexion sont à la même tempéra- ture, le matériau C n’a aucun effet supplémentaire. Ainsi il est possible d’effectuer une correction :

on mesure la température aux points de connexion A-C et B-C et on soustrait la tension attendue pour la combinaison A-B à la température mesurée (compensation de soudure froide). Normale- ment le point de compensation est maintenu à 0 °C (bain glacé par exemple) si bien qu’il est possi- ble d’utiliser directement la tension mesurée pour déterminer la température, en fonction des forces électromotrices de base.

Tout point de connexion soumis à la température de mesure est qualifié de point de mesure. Le point de compensation est le point de connexion où règne une température connue. Un thermo- couple désigne toujours la totalité du dispositif nécessaire pour produire une tension thermoélectrique ; un couple thermoélectrique est constitué de deux conducteurs différents reliés ensemble ; un conducteur seul est appelé une branche thermoélectrique (positive ou négative)

[16].

La tension produite par l’effet thermoélectrique est très faible, elle ne s’élève qu’à quelques micro- volts par Kelvin. C’est pourquoi en général les thermocouples ne sont pas utilisés pour mesurer sur la plage 30 à +50 °C : dans ce cas, la différence par rapport à la température du point de compensation est trop faible pour obtenir un signal de mesure sans parasites. Les applications pour lesquelles le point de compensation est porté à une température nettement supérieure ou inférieure – par exemple grâce à une immersion dans l’azote liquide – sont concevables mais rares.

D’ailleurs il n’est pas possible de donner une tension thermoélectrique " absolue ", il s’agit seule- ment de la différence entre les tensions thermoélectriques affectées à deux températures. Une indication du type " tension thermoélectrique à 200 °C " (ou à une autre température) dans les

par rapport à la tension thermoélectrique à 0 °C ". La

tension thermoélectrique à 200 °C se décompose de la façon suivante :

forces électromotrices signifie toujours "

Formule 12 :

U(200 °C)

= U

A

th

(200 °C)

U

B

th

(200 °C)

Les tensions thermoélectriques effectives dans les différents conducteurs constitués des matéri- aux A et B sont considérablement plus élevées mais leur mesure directe est impossible.

Chaque fois qu’on relie deux métaux différents, un thermocouple apparaît, donc également là où les métaux du thermocouple sont reliés au câble en cuivre par exemple (pour indiquer la tension thermoélectrique dans un autre endroit).

3 Thermocouples

T 1

A Cu T 2 V B Cu
A Cu
T 2
V
B
Cu

Fig. 11 : thermocouple avec point de compensation à la température T 2

Comme ici les signes des tensions thermoélectriques résultantes sont opposés (transition matériau A/B - cuivre), seule la différence des tensions thermoélectriques entre le matériau B et le matériau A est importante. En d’autres mots : le matériau du câble de raccordement est sans importance pour la tension thermoélectrique qui règne dans le circuit. Par contre la température qui règne au point de connexion avec le câble en cuivre (ou avec un câble de raccordement dans un autre matériau) est importante. On parle également à ce sujet de température de connexion puisque le thermocouple et le câble de raccordement sont connectés ensemble.

Si la température de connexion est connue, la tension thermoélectrique mesurée permet de conclure directement sur la température de mesure au point de connexion des fils thermoélectriques : la tension thermoélectrique due à la température de connexion est ajoutée à la tension mesurée, on obtient donc la tension thermoélectrique par rapport à la référence de 0 °C.

Exemple : la température du point de mesure est de 200 °C, la température de connexion est de 20 °C, la tension thermoélectrique mesurée est de 9 mV. La différence de température était de 180 °C. Comme la température est en général rapportée à 0 °C, il faut corriger la valeur et l’aug- menter de 20 °C.

En clair : si le point de compensation était réellement abaissé à 0 °C — dans ce cas les bornes – la tension totale augmenterait d’une valeur qui correspond à une différence de température de 20 °C. La tension thermoélectrique ramenée à 0 °C est par conséquent :

Formule 12 :

U

=

U(t)

+

U(20°C)

tension thermoélectrique

tension

tension thermoélectrique

ramenée à 0°C

mesurée

de la température de connexion

3 Thermocouples

3.2 Thermocouples

Un thermocouple industriel n’est constitué que d’une branche thermoélectrique qui sert pour la mesure. La température de connexion sert toujours de référence. Si la température de connexion varie parce que le point de connexion est soumis à un changement de la température ambiante – dans la tête de raccordement du thermocouple par exemple – il peut y avoir des messages d’erreur. En revanche il est possible de prendre les mesures suivantes :

On mesure la température de connexion ou bien on la maintient constante à une valeur connue. On peut par exemple déterminer la valeur de la température à l’aide d’une sonde de température inté- grée à la tête du capteur et s’en servir ensuite comme température externe du point de compensa- tion pour la correction. Autre solution : on relie le matériau thermoélectrique et le câble de raccor- dement dans un thermostat dit de compensation de soudure froide chauffé électriquement qui pré- sente une température interne constante (généralement 50 °C). Cette température est utilisée comme température du point de compensation. Toutefois l’utilisation d’un thermostat de compen- sation de soudure froide est rare et ne vaut la peine que s’il faut transmettre les signaux à plusieurs éléments éloignés. Jusqu’au thermostat de compensation de soudure froide, les signaux circulent sur un câble de compensation (voir Fig. 12), le reste du câblage est effectué avec des fils de cuivre normaux.

Dans la tête de raccordement, il n’y a pas de fils en cuivre mais des fils dans un matériau avec les mêmes propriétés thermoélectriques que le thermocouple. Le câble de compensation est dans le même matériau que le thermocouple ou pour des raisons de coût dans un matériau avec les mêmes propriétés thermoélectriques. C’est pourquoi aucune tension thermoélectrique n’apparaît au point de connexion du thermocouple. Une tension thermoélectrique se crée là où le câble de compensation est raccordé au câble normal en cuivre, par exemple aux bornes de raccordement de l’appareil. On trouve alors à cet endroit une sonde de température qui mesure ce point de compensation interne pour sa prise en compte. C’est la méthode la plus répandue.

T 1

A Cu câble de V compensation T 2 B Cu
A
Cu
câble de
V
compensation
T 2
B
Cu

Fig. 12 : circuit de mesure du thermocouple avec câble de compensation

Il faut utiliser exclusivement des câbles de compensation dans le même matériau que le couple lui- même (ou avec les mêmes propriétés thermoélectriques) sinon un nouveau couple apparaîtra au point de connexion. Le point de compensation se trouve à l’endroit où le câble de compensation est relié à un autre matériau ; il n’est pas possible de rallonger le câble de compensation avec un câble en cuivre ou un câble de compensation d’un autre type.

3.3 Polarité de la tension thermoélectrique

Un métal dont les électrons (périphériques) sont moins fortement liés les cédera plus facilement qu’un métal avec une liaison forte, du point de vue thermoélectrique ce métal sera donc négatif par rapport à l’autre. De plus le sens du courant est également influencé par la température des deux points de connexion. Cela est évident si on se représente le circuit thermoélectrique sous forme de deux piles : la pile dont la température est la plus élevée délivre la tension la plus élevée. Par con- séquent le sens du courant dépendra du côté du circuit où règne la tension la plus élevée. Les indi- cations de polarité pour les couples thermoélectriques reposent toujours sur le fait que la tempéra- ture au point de mesure est supérieure à celle du point de compensation (ou des bornes).

3 Thermocouples

3.4 Comportement en cas de rupture ou de court-circuit

Un thermocouple ne délivre aucune tension si la température de mesure est égale à la température du point de compensation. Cela signifie que la position de repos de l’indicateur relié ne doit pas se trouver à 0 °C mais à la température du point de compensation. Si un thermocouple est déconnecté, l’indicateur ne revient pas à zéro – dans la mesure où il n’y a pas de message particu- lier pour la rupture de sonde – mais à la température réglée sur l’appareil pour le point de compen- sation.

20 °C

A Cu 20 °C 0mV B Cu
A
Cu
20 °C
0mV
B
Cu

Fig. 13 : thermocouple à la même température que le point de compensation

Si le thermocouple ou le câble de compensation est en court-circuit, un nouveau point de mesure apparaît là où il y a court-circuit. Si le court-circuit se produit dans la tête de raccordement par exemple, la température affichée n’est plus celle du point de mesure réel mais celle de la tête de raccordement. Si cette température est proche de la température de mesure réelle, il se peut que l’on ne remarque même pas l’erreur. Les conducteurs du câble de raccordement peuvent être en court-circuit, c’est le cas s’ils n’ont pas été pris dans la borne de raccordement ou s’ils forment un pont par rapport à la deuxième borne de raccordement.

Si les températures sont élevées, avec le temps les thermocouples sont de plus en plus fragiles parce qu’à cause de la recristallisation la taille des grains dans le métal augmente. C’est pourquoi la plupart des appareils électriques raccordés à des thermocouples disposent de circuits d’entrée qui détectent et signalent la rupture de thermocouple. Le court-circuit de sonde n’est pas si facile à détecter (voir les explications ci-dessus), cependant il est extrêmement rare.

3 Thermocouples

3.5 Thermocouples normalisés

Parmi les nombreuses possibilités de combinaisons de métaux, certaines ont été sélectionnées et normalisées en fonction de leurs propriétés, en particulier la force électromotrice et les tolérances admissibles. Les couples suivants sont normalisés (tension thermoélectrique et tolérance) au niveau mondial (CEI), européen et national.

DIN CEI 584-1, EN 60584-1 Fer/Cuivre-Nickel (Fe-CuNi)

Lettre d’identification

"

J "

Cuivre/Cuivre-Nickel (Cu-CuNi) Chrome-Nickel/Nickel (NiCr-Ni) Chrome-Nickel/Cuivre-Nickel (NiCr-CuNi)

Lettre d’identification Lettre d’identification Lettre d’identification

" T " " K " " E "

Nicrosil/Nisil (NiCrSi-NiSi) Platine-Rhodium/Platine (Pt10Rh-Pt) Platine-Rhodium/Platine (Pt13Rh-Pt) Platine-Rhodium/Platine (Pt30Rh-Pt6Rh)

Lettre d’identification Lettre d’identification Lettre d’identification Lettre d’identification

" N " " S " " R " " B "

DIN 43710 (n’est plus valable) Fer/Cuivre-Nickel (Fe-CuNi) Cuivre/Cuivre-Nickel (Cu-CuNi)

Lettre d’identification Lettre d’identification

" L " " U "

Il s’agit de fer techniquement pur et d’un alliage CuNi avec 45-60% en poids de cuivre, ainsi que d’alliages de platine pur et de rhodium dans les compositions indiquées ; les autres alliages ne sont pas encore définis. Pour le couple chrome-nickel/nickel, on trouve souvent l’abréviation NiCr-NiAl ainsi que la désignation " chromel-alumel " puisque de l’aluminium est ajouté à la bran- che nickel ; la couche AI 2 O 3 protège le nickel. Outre ce couple, il y a le couple Nicrosil/Nisil (NiCrSi-NiSi), type " N ". Il se différencie du couple chrome-nickel/nickel par une proportion de chrome plus élevée dans la branche positive (14,2% au lieu de 10%) et une quote-part de silicium dans les deux branches. Ainsi une couche de dioxyde de silicium (silice) se forme en surface, elle protège le couple. Sa tension thermoélectrique est environ 10% inférieure à celle du type " E " et elle est définie jusqu’à 1300 degrés.

Attention : deux thermocouples de type Fe-CuNi (types L et J) et de type Cu-CuNi (types U et T) sont normalisés, ce qui est justifié historiquement. Toutefois les " anciens " couples U et L sont maintenant passés au second plan par rapport aux couples J et T suivant EN 60584. Tous les couples ne sont pas compatibles parce que les alliages sont différents ; si un couple Fe/CuNi de type L est soumis à une linéarisation suivant la caractéristique de type J, des erreurs de plusieurs Kelvin apparaissent parce que les caractéristiques sont différentes. Idem pour les couples de types U et T.

3 Thermocouples

Des codes de couleur sont définis pour les couples thermoélectriques et les câbles de compensa- tion. Attention : malgré un code de couleurs défini au niveau international, vous pouvez toujours rencontrer des codes nationaux et les confondre facilement.

Pays

 

Internat.

 

USA

Royaume-

Allemagne

Japon

France

 

Uni

Type

Norme

CEI 584

ANSI MC96.1

ANSI MC96.1

BS1843

DIN 43714

JIS C1610-

NF C42-323

(couple

(câble de

1981

thermo-

compensation)

électrique)

J

         

type L

   

Gaine

noir

marron

noir

noir

bleu

jaune

noir

Branche +

noir

blanc

blanc

jaune

rouge

rouge

jaune

Branche

blanc

rouge

rouge

bleu

bleu

blanc

noir

K

Gaine

vert

marron

jaune

rouge

vert

bleu

jaune

Branche +

vert

jaune

jaune

marron

rouge

rouge

jaune

Branche

blanc

rouge

rouge

bleu

marron

blanc

pourpre

E

Gaine

violet

marron

pourpre

marron

noir

pourpre

 

Branche +

violet

pourpre

pourpre

marron

rouge

rouge

Branche

blanc

rouge

rouge

bleu

noir

blanc

T

         

type U

   

Gaine

marron

marron

vert

bleu

marron

marron

bleu

Branche +

marron

bleu

noir

blanc

rouge

rouge

jaune

Branche

blanc

rouge

rouge

bleu

marron

blanc

bleu

R

Gaine

orange

 

vert

vert

 

noir

 

Branche +

orange

noir

blanc

rouge

Branche

blanc

rouge

bleu

blanc

S

Gaine

orange

 

vert

vert

blanc

noir

vert

Branche +

orange

noir

blanc

rouge

rouge

jaune

Branche

blanc

rouge

bleu

blanc

blanc

vert

B

Gaine

gris

 

gris

 

gris

gris

 

Branche +

gris

gris

rouge

rouge

Branche

blanc

rouge

gris

blanc

N

Gaine

rose

marron

orange

       

Branche +

rose

orange

orange

Branche

blanc

rouge

rouge

Tab. 2 : codes de couleur pour les couples thermoélectriques et les câbles de compensation

Si les fils thermoélectriques ne sont pas repérés, les signes distinctifs suivants peuvent être utiles :

Fe-CuNi :

la branche positive est magnétique

Cu-CuNi :

la branche positive est de couleur cuivre

NiCr-Ni :

la branche négative est magnétique

PtRh-Pt :

la branche négative est plus souple

Les températures limites sont également fixées par la norme. On distingue :

- la température maximale,

- la température de définition.

La température maximale est la valeur jusqu’à laquelle une tolérance est définie (voir la section 3.5.2). La colonne " Définie jusqu’à " contient la température jusqu’à laquelle la tension thermoélectrique est normalisée (voir le tableau 3).

3 Thermocouples

Norme

Couple

Température maximale

Définie jusqu’à

 

Fe-CuNi

J

750

°C

1200

°C

Cu-CuNi

T

350

°C

400 °C

NiCr-Ni

K

1200

°C

1370

°C

DIN EN 60584

NiCr-CuNi

E

900

°C

1000

°C

NiCrSi-NiSi

N

1200

°C

1300

°C

Pt10Rh-Pt

S

1600

°C

1540

°C

Pt13Rh-Pt

R

1600

°C

1760

°C

Pt30Rh-Pt6Rh

B

1700

°C

1820

°C

Tab. 3 : thermocouples suivant EN 60 584

3.5.1 Forces électromotrices

D’une façon générale il faut retenir que la tension thermoélectrique est d’autant plus élevée que les métaux des deux branches sont différents. Entre tous les couples cités, le couple NiCr-CuNi pré- sente la force électromotrice la plus grande. Par contre les couples au platine dont les branches ne se différencient que par la quote-part d’alliage au rhodium possèdent la force électromotrice la plus petite. Outre un coût supérieur, c’est un inconvénient des thermocouples en métal précieux.

Les forces électromotrices indiquées dans la norme sont calculées à l’aide de polynômes du deu- xième au quatrième degré. Vous trouverez ces polynômes dans l’annexe de la norme EN 60 584, Partie 1. Ces forces électromotrices se rapportent toutes à une température de référence de 0 °C. Cependant la température réelle du point de compensation est en général dif- férente. Il faut donc corriger de cette tension la tension affectée à la température de mesure :

Exemple :

Couple Fe-CuNi, type " J ", température de mesure 300 °C, température du point de compensation 20 °C

Tension thermoélectrique à 300 °C :

16,325 mV

Tension thermoélectrique à 20 °C :

1,019 mV

Tension thermoélectrique résultante :

15,305 mV

À cause de la non-linéarité de la tension, il serait faux de déterminer en premier lieu la température qui correspond à la tension thermoélectrique mesurée et de retirer ensuite de celle-ci la tempéra- ture du point de compensation. Il faut toujours soustraire de la tension thermoélectrique la tension qui correspond à la température du point de compensation. En général la correction due à la ten- sion thermoélectrique produite au point de compensation est effectuée automatiquement par un circuit électronique de l’appareil raccordé.

3 Thermocouples

3.5.2

Tolérances

Trois classes de tolérances sont définies pour les thermocouples conformes à la norme EN 60 584. Elles sont valables pour les fils thermoélectriques avec un diamètre compris entre 0,25 et 3 mm et concernent l’état à la livraison. Elles ne donnent aucune indication sur un éventuel vieillissement ultérieur puisque celui-ci dépend très fortement des conditions d’utilisation. Les limites de tem- pérature définies pour les classes de tolérance ne sont absolument pas les limites recommandées pour la température d’utilisation ; les tensions thermoélectriques pour des plages de température considérablement plus grandes sont indiquées dans les forces électromotrices. Aucune tolérance n’est définie hors de ces limites de température (voir le tableau 3).

Fe-CuNi (J)

 

Classe 1

 

40

 

à +

750 °C

±0,004 · t

ou

±1,5 °C

Classe 2

40

à +

750 °C

±0,0075 · t

ou

±2,5 °C

Classe 3

 

Cu-CuNi (T)

 

Classe 1

 

0

à

350 °C

±0,004 · t

ou

±0,5 C

Classe 2

 

40

à +

350 °C

±0,0075 · t ±0,015 · t

 

ou

±1,0 °C

Classe 3

200

 

à +

40

°C

ou

±1,0 °C

NiCr-Ni (K) et NiCrSi-NiSi (N)

 

Classe 1

 

40

 

à +1000 °C

±0,004 · t

ou

±1,5 °C

Classe 2

40

à +1200 °C

±0,0075 · t ±0,015 · t

 

ou

±2,5 °C

 

Classe 3

200

à +

40

°C

ou

±2,5 °C

NiCr-CuNi (E)

 

Classe 1

 

40

 

à +

900 °C

±0,004 · t

ou

±1,5 °C

Classe 2

40

à +

900 °C

±0,0075 · t ±0,015 · t

 

ou

±2,5 °C

Classe 3

200

à +

40

°C

ou

±2,5 °C

Pt10Rh-Pt (S) et Pt13Rh-Pt (R)

 

Classe 1

 

0

à

1600

°C

±[1 + 0,003 · (t-1100 °C)]

ou

±1,0 °C

Classe 2

0

à

1600

°C

±0,0025 · t

ou

±1,5 °C

 

Classe 3

 

Pt30Rh-Pt6Rh (B)

 

Classe 1

 

600

à

1700

°C

±0,0025 · t

ou

±1,5 °C

Classe 2

600

à

1700

°C

±0,005 · t

ou

±4,0 °C

Classe 3

 

Tab. 4 : tolérances pour les thermocouples conformes à la norme EN 60 584

 

Cu-CuNi (U)

 

0

à

600 °C

 

±0,0075 · t

ou

±3,0 °C

Fe-CuNi (L)

 

0

à

900 °C

 

±0,0075 · t

ou

±3,0 °C

Tab. 5 : tolérances pour les thermocouples conformes à la norme DIN 43 710

 

NiCr-CuNi (E)

Standard

 

0

à

900

°C

 

±0,005 · t

ou

±1,7 °C

Particulier

0

à

900

°C

±0,004 · t

ou

±1,0 °C

Fe-CuNi (J)

Standard

 

0

à

750

°C

 

±0,0075 · t

ou

±2,2 °C

Particulier

0

à

750

°C

±0,004 · t

ou

±1,1 °C

NiCr-Ni (K)

Standard

 

0

à 1250 °C

 

±0,0075 · t

ou

±2,2 °C

Particulier

0

à 1250 °C

±0,004 · t

ou

±1,1 °C

Cu-CuNi (T)

Standard

 

0

à

350

°C

 

±0,0075 · t

ou

±1,0 °C

Particulier

0

à

350

°C

±0,004 · t

ou

±0,5 °C

Pt10Rh-Pt (S) et Pt13Rh-Pt (R)

 

Standard

 

0

à 1450 °C

 

±0,0025 · t

ou

±1,7 °C

Particulier

0

à 1450 °C

±0,001 · t

ou

±0,6 °C

Tab. 6 : tolérances pour les thermocouples conformes à la norme ANSI MC96.1 1982

3 Thermocouples

On prend toujours la valeur la plus élevée.

Exemple :

Couple Fe-CuNi " J ", Classe 2, température de mesure 200 °C, température du point de compensation 0 °C, Tolérance suivant EN 60 584 : 2,5 °C ou 0,0075 · t = 2,5 °C ou 0,0075 · 200 °C = 2,5 °C ou 1,5 °C.

C’est pourquoi il faut partir d’une incertitude de mesure de ±2,5 °C. Bien entendu, c’est la tolérance maximale admissible, dans la plupart des cas l’écart réel est inférieur.

tólerance (+/-) en Kelvin classe 2 température en °C
tólerance (+/-) en Kelvin
classe 2
température en °C

Fig. 14 : tolérances pour la classe 2 de la norme EN 60 584

Si un thermocouple de ce type délivre une tension qui correspond à une différence de température de 200 °C entre le point de mesure et le point de compensation, la différence de température réelle se trouve entre 197,5 et 202,5 °C.

3 Thermocouples

3.5.3 Linéarité

La tension délivrée par un thermocouple n’est pas linéaire par rapport à la température, c’est pour- quoi elle est d’abord linéarisée par des circuits électroniques spéciaux ; pour cela, sur les appareils numériques, on programme des tables de linéarisation, sur certains appareils l’utilisateur doit saisir des points fixes. Dans le cas des instruments à aiguille, on trouve souvent une échelle graduée qui n’est pas linéaire. Les caractéristiques des couples thermoélectriques conformes à une norme sont déterminées à l’aide des forces électromotrices si bien que les couples sont totalement inter- changeables. Cela signifie qu’un thermocouple Fer/Cuivre-Nickel de type " K " par exemple peut être remplacé par un autre couple de ce type, indépendamment du fabricant, sans qu’il soit néces- saire de recalibrer l’appareil raccordé.

tólerance en mV température en °C
tólerance en mV
température en °C

Fig. 15 : caractéristiques des thermocouples conformes à la norme EN 60 584

3.5.4 Comportement à long terme

En général la température maximale d’utilisation des matériaux est fixée à partir de leur oxydabilité et leur vieillissement à des températures élevées. Outre les couples " non précieux " bon marché en cuivre, nickel et fer, on dispose pour la plage de température au-delà de 800 °C environ de couples " précieux " platinifères dont la température maximale atteint 1800 °C.

La branche positive des thermocouples des types " K " ou " E " et la branche négative des types " J ", " T " ou " E " présentent dans la plage de température 250 °C à 650 °C une modification réversible de la structure cristalline qui est à l’origine d’une erreur d’affichage de 5 K environ.

En outre il existe d’autres combinaisons de métaux différentes, entre autres avec des carbures métalliques adaptés surtout aux températures extrêmement élevées ou basses. Leurs caractéri- stiques ne sont pas normalisées.

Toutefois la stabilité des thermocouples par rapport aux atmosphères oxydantes et réductrices est généralement de moindre importance puisque les thermocouples sont montés presque exclusive- ment dans des gaines de protection étanches aux gaz, fermées hermétiquement.

Les thermocouples nus (les fils thermoélectriques pendent librement dans le four) ne peuvent être utilisés en réalité qu’au-delà de 1000 °C puisque la résistance d’isolement propre des matériaux céramiques est trop faible. Toutefois, pour utiliser des couples nus, qui devraient être qu’en platine, il faut faire attention à nombre de facteurs qui peuvent provoquer un vieillissement prématuré par- fois en quelques heures.

3 Thermocouples

Le silicium en particulier est souvent présent dans les corps de chauffe et leur isolant ; il est libéré avec intensité à la première mise en service ; il diffuse facilement à l’intérieur des fils thermoélec- triques et les pollue. L’hydrogène fragilise les fils thermoélectriques, c’est pourquoi ils ne doivent être utilisés sans gaine de protection que dans des atmosphères oxydantes. (Les couples tungs- tène-rhénium par exemple sont utilisés dans les atmosphères réductrices au-delà de 1000 °C mais ils ne peuvent pas supporter l’oxygène.) Comme on trouve maintenant des céramiques avec une résistance à la chaleur jusqu’à 1800 °C, il faut si possible renoncer aux thermocouples nus et tou- jours utiliser une gaine de protection étanche aux gaz.

Un autre thermocouple typique pour les températures élevées est le couple molybdène-rhénium. Il est mécaniquement plus stable que le couple tungstène-rhénium et comme ce dernier il n’est utili- sable que dans une atmosphère réductrice ou dans un vide très poussé. La température maximale

est environ 2000 °C, toutefois elle est généralement limitée par les matériaux isolants utilisés. Il n’y

a pas de câble de compensation pour ce couple. C’est pourquoi la tête de raccordement est refroi-

die et sa température sert de température du point de compensation. Si ce thermocouple n’est pas libre et se trouve dans une armature de protection, il faut évacuer l’oxygène à cause de la sensibi- lité ou l’asperger de gaz protecteur.

Pour la constance thermique d’un couple, le vieillissement des matériaux est très important. Lor- squ’on s’approche progressivement du point de fusion, la vitesse de diffusion des atomes dans le métal augmente. C’est pourquoi les atomes étrangers immigrent très facilement dans le thermo- couple, par exemple depuis le matériau de la gaine de protection. Comme les deux branches ther- moélectriques sont alliées avec les mêmes atomes étrangers, leurs propriétés thermoélectriques convergent et la tension thermoélectrique diminue. C’est pourquoi pour les mesures de tempéra- ture au-delà de 800 °C, il ne faut utiliser que des thermocouples en platine, si une stabilité à long terme de quelques Kelvin est exigée.

Le platine pur montre une grande affinité avec le captage d’atomes étrangers. C’est pourquoi la stabilité à long terme des couples platine-rhodium augmente lorsque la proportion de rhodium augmente. Le couple Pt13Rh-Pt est environ deux plus stable dans le temps que le couple Pt10Rh- Pt [1]. En outre, il délivre une tension thermoélectrique plus élevée. Le couple Pt30Rh-R6Rh qui

présente toutefois une force thermoélectrique presque deux fois plus petite est encore plus stable

à

long terme.

Il

faut absolument tenir compte du phénomène de vieillissement dans la plage de température

haute aussi bien lors du choix des couples que lors de leur maniement. Un exemple issu de la pra- tique montre que dans les fours d’atelier de trempe, à environ 950 °C, les thermocouples de type

" K " montés dans des tubes métalliques réfractaires présentent au bout de deux ans une dérive

de 25 K. Un contrôle régulier des couples montés est absolument recommandé. On peut par exemple garder un couple du même type que celui installé et l’utiliser pour le contrôle par roule- ment des couples. Pour cela on remplace le thermomètre à vérifier (thermocouple avec gaine de protection et tête de raccordement) par ce thermocouple et on compare la température affichée avec la température indiquée par le spécimen remplacé pour pouvoir se prononcer sur le vieillisse- ment du spécimen.

3 Thermocouples

-1 dérive en K 1000 h - - - température en °C
-1
dérive en K 1000 h
-
-
-
température en °C

Fig. 16 : vieillissement des thermocouples (suivant [1])

Ensuite on remplace le thermocouple de calibrage par le spécimen d’origine. Des tubes ajourés dans lequel on peut introduire le thermocouple de comparaison (en plus du thermocouple en ser- vice) rendent superflu le démontage du thermocouple à tester, c’est un point à considérer dès la conception. Les thermomètres avec une gaine de protection en céramique ne doivent être soumis qu’à des changements de température lents lorsqu’on les retire ou on les introduit avec précaution dans la gaine de protection. Sinon des microfissures peuvent apparaître dans la céramique, ce qui permet aux impuretés d’atteindre le couple et de modifier sa caractéristique.

3.6 Critères de sélection

Le choix du type de thermocouple dépend en premier lieu de la température d’utilisation. De plus il faut choisir un couple avec une tension thermoélectrique élevée pour obtenir un signal de mesure aussi insensible aux parasites que possible. Dans le tableau 8 ci-dessous, les différents couples sont présentés avec leur « trait de caractère ». Les températures maximales recommandées ne peuvent être considérées que comme des valeurs de référence puisqu’elles dépendent fortement des conditions d’utilisation. Elles reposent sur du fil de 3 mm de diamètre pour les couples non précieux et de 0,5 mm de diamètre pour les couples précieux.

Cu-CuNi

350

°C 1)

Peu répandu.

Fe-CuNi

700

°C 1)

Très répandu, bon marché, risque de corrosion.

NiCr-CuNi

700

°C 1)

Peu répandu, tension thermoélectrique élevée.

Ni-CrNi

1000

°C

Souvent utilisé sur la plage 800 - 1000 °C, également adapté à la plage de température inférieure.

NiCrSi-NiSi

1300

°C

(Encore) peu répandu. Peut remplacer en partie les couples précieux.

Pt10Rh-Pt

1500

°C (1300 °C 1) )

Cher, très bonne stabilité à long terme, tolérance étroite.

Pt30Rh-Pt6Rh

1700

°C

Cher, tension thermoélectrique la plus faible, température maximale élevée.

1. Suivant DIN 43710 (1977) pour une utilisation à l’air pur

Tab. 8 : propriétés des thermocouples

3 Thermocouples

3.6.1 Type " T " (Cu-CuNi)

La valeur limite de 400 °C indiquée dans la norme DIN 43 710 pour le couple Cu-CuNi a été réduite à 350 °C parce que suivant la norme CEI 584 la tolérance de ce couple n’est définie que jusqu’à cette température ; dans l’air pur, il y a oxydation dès 200 °C. Au-delà de 350 °C, la branche en cuivre s’oxyde très rapidement, ce qui modifie la force électromotrice. De plus les erreurs dues à la dissipation de chaleur apparaissent facilement parce que la branche en cuivre conduit bien la cha- leur. Ce thermocouple est souvent utilisé pour la mesure à basse température, jusqu’à 270 °C. Ce couple est très peu répandu. Si la résistance à la corrosion est un point important, il vaut mieux recourir à un couple NiCr-Ni puisqu’il est plus répandu.

3.6.2 Type " J " (Fe-CuNi)

Le couple Fe-CuNi est le thermocouple le plus répandu de tous. Outre les raisons traditionnelles, c’est également parce qu’il est bon marché et que sa tension thermoélectrique est relativement élevée. Il est utilisé sur les plages de température inférieure à moyenne, quand il n’est pas rem- placé par le couple NiCr-Ni pour des raisons de résistance à la corrosion. La force électromotrice indiquée dans la norme DIN EN 60 584 est valable jusqu’à 1200 °C. Toutefois comme le taux d’oxydation augmente au-delà de 750 °C, il ne faut pas utiliser le thermocouple au-delà de cette température. La branche en fer passe par un changement d’état magnétique à 769 °C et subit une modification de la structure cristalline à 910 °C. Ces deux effets provoquent une modification per- sistante du signal de sortie. Si le thermocouple est utilisé dans un environnement humide (attention également au dépassement du point de rosée), la branche en fer rouille si elle n’est pas protégée. Au-delà de 500 °C, en présence de gaz sulfureux, le fer se fragilise facilement. Le couple Fe-CuNi est également très répandu sous forme chemisée.

3.6.3 Type " E " (NiCr-CuNi)

Le couple NiCr-CuNi se distingue des autres par sa tension thermoélectrique relativement élevée, c’est pourquoi il est utilisé avant tout dans la plage de température inférieure. Aux États-Unis, il est très répandu alors qu’en Europe il l’est à peine. À cause d’une grande sensibilité en tension, ce thermocouple est également utilisé pour les mesures à basse température. Comme sa branche thermoélectrique conduit peu la chaleur, il est également utilisé dans les pyromètres à faisceau même s’il existe des couples plus intéressants avec des tensions encore plus élevées [2].

3.6.4 Type " K " (Ni-CrNi)

Le couple Ni-CrNi montre une résistance à l’oxydation supérieure à celle des couples " E " et " J " ; c’est pourquoi on l’utilise pour les mesures de température au-delà de 500 °C. Pour les tempéra- tures supérieures à 750 °C, il faut éviter une utilisation non protégée sinon le taux d’oxydation aug- mente fortement ; idem pour les mesures de température dans des atmosphères sulfureuses, oxy- dantes ou réductrices. En cas d’utilisation dans le vide et à des températures élevées, il faut faire attention à la sensibilité dans le vide parce que le chrome diffuse lentement à partir de la branche positive. En présence d’oxygène ou de vapeur d’eau, des pourritures vertes peuvent apparaître. Entre 800 °C et 1050 °C, le chrome est oxydé mais pas le nickel. L’erreur de mesure peut atteindre plusieurs centaines de degrés. Sur la plage de température 400 °C à 600 °C, la branche positive subit une modification réversible de sa structure, qui provoque une variation jusqu’à 5 K du signal de sortie.

3 Thermocouples

3.6.5 Type " N " (NiCrSi-NiSi)

Pour le couple NiCrSi-NiSi, la température est supérieure à celle du couple Ni-CrNi : 1300 °C. Le silicium s’oxyde à la surface de la branche thermoélectrique et forme une couche de protection contre la corrosion. Le silicium atténue l’" état K " réversible du thermocouple de type " K ". C’est pourquoi il peut remplacer en partie les couples en platine considérablement plus chers. Il est éga- lement disponible sous forme chemisée, le matériau de la gaine est très semblable au matériau thermoélectrique, ce qui évite sa pollution.

3.6.6 Types " R ", " S " et " B "

En général, la durée de vie d’un thermocouple en métal précieux est limitée par le grossissement des grains dans les fils thermoélectriques. La résistance mécanique diminue et le matériau se fra- gilise. De plus les impuretés se diffusent plus facilement le long des joints des grains, ce qui modi- fie la tension thermoélectrique.

Les couples thermoélectriques précieux ne sont utilisés qu’au-delà de 800 °C parce qu’ils sont chers et que leur tension thermoélectrique est faible. En plus d’une dérive à long terme nettement plus faible, ils présentent l’avantage suivant : une tolérance plus petite, comme le montre le tableau 9 ci-dessous :

Thermocouple

 

600 °C

Tolérance (Classe 2/Classe 1) 800 °C

1000 °C

Fe-CuNi

« J » « K »

±4,5/2,4 °C

±6,0/3,2 °C

-

Ni-CrNi

±4,5/2,4 °C

±6,0/3,2 °C

±7,5/4,0 °C

Pt10Rh-Pt « S »

±1,5/1,0 °C

±2,0/1,0 °C

±2,5/1,0 °C

Tab. 9 : tolérances des thermocouples en métal précieux

Leur prix élevé et leur faible tension thermoélectrique sont des inconvénients. Le couple Pt13Rh-Pt (type " R ") est surtout répandu dans les pays anglo-saxons. La question de l’utilisation d’un couple de type " S " ou " R " dépend beaucoup de la linéarisation disponible dans l’appareil. À cause de leurs faibles tensions thermoélectriques, les couples de type " B " ne sont utilisés qu’à des températures supérieures à 1300 °C. Si on utilise une gaine de protection étanche aux gaz, la température maximale peut monter à 1800 °C.

3 Thermocouples

3.7 Câbles de compensation normalisés

Les propriétés électriques et mécaniques des câbles de compensation pour les thermocouples normalisés sont définies dans la norme CEI 584-3. Ces câbles sont soit dans le même matériau que le couple lui-même (câbles thermoélectriques, extension cables), soit dans un matériau spé- cial avec les mêmes propriétés thermoélectriques sur des plages de température limitées (câbles de compensation, compensating cables). Ces câbles contiennent des brins torsadés et sont caractérisés par un code de couleur et des lettres d’identification :

1 ère lettre :

Lettre d’identification du type de couple suivant la norme

2 e lettre :

X : même matériau que le couple – C : matériau spécial

3 e lettre :

Cette troisième lett