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Jacques Pezeu-Massabuau Problèmes géographiques de la maison japonaise In: Annales de Géographie. 1966, t. 75,

Problèmes géographiques de la maison japonaise

In: Annales de Géographie. 1966, t. 75, n°409. pp. 286-299.

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Pezeu-Massabuau Jacques. Problèmes géographiques de la maison japonaise. In: Annales de Géographie. 1966, t. 75, n°409. pp. 286-299.

doi : 10.3406/geo.1966.17239 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1966_num_75_409_17239

Problèmes

géographiques

de la maison japonaise

par Jacques Pezeu-Massabuau

Planches VII-VIII

Si le Japon, très grande puissance industrielle, présente de plus en plus des traits européens et américains qui influent maintenant jusque sur l'a

limentation des populations urbaines, la vie traditionnelle est encore incarnée dans la maison. La totalité de la population rurale et la grande majorité de la population urbaine vit dans des maisons traditionnelles (pi. VII et VIII). En dépit de quelques différences dans le plan de l'habitation (place de l'entrée, par exemple), dans la dimension des demeures (les « grandes » maisons du Hokuriku sur la mer du Japon où la famille vit repliée pendant le long hiver enneigé s'opposent aux petites maisons de Shikoku souvent détruites par les typhons), dans la forme des toits (dont on peut distinguer 5 à 6 types), en dépit de ces différences donc, la maison japonaise présente partout des caractères essentiels identiques (fig. 1). Maison fragile. L'ossature est en charpente et le charpentier est maître ď œuvre ; des poteaux supportent le poids (souvent considérable) du toit. Les murs sont le plus souvent en torchis (shinkabé), parfois en planches fixée» sur les deux faces des supports (okabé), garnis extérieurement d'une paroi de planches minces ; ils n'ont pas rôle de soutien. Ils empêchent mal la péné tration de l'air : la maison est pratiquement toujours à la température exté rieure ; en effet, les murs occupent rarement plus de la moitié des quatre façades : les façades Sud et parties des façades Ouest et Est sont fermées par des cloisons mobiles, cadres de bois sur lesquels est collée une couche de papier translucide, et qui coulissent sur des ramures (shoji). Des cloisons semblables, mais en papier opaque collé sur plusieurs épaisseurs (fusuma), séparent les pièces et isolent une véranda (engawa). Au-dessus des linteaux rainures, une poutre {nageshi), puis des éléments en bois ajourés (ramma). Le plafond est suspendu aux poutres du toit.

chacun des poteaux

de soutien prend appui sur une grosse pierre à demi enfoncée dans le sol.

La carcasse

repose

sur

le

sol

sans fondations :

PROBLÈMES GÉOGRAPHIQUES DE LA MAISON JAPONAISE

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Les pièces d'habitation, l'essentiel donc, ont leur plancher élevé à 15 cm, 20 cm ou même 50 cm du sol, accroché aux poteaux ; là se trouvent la salle à manger (chanoma) avec le foyer (irori) carré ou rectangulaire, la salle de réception (zashiki) qui, avec son tokonoma, sorte d'alcôve, dérive de la cellule

son tokonoma, sorte d'alcôve, dérive de la cellule Fig. I. — Structure de la maison japonaise.

Fig. I. — Structure de la maison japonaise.

1. Fondations (tamaishi). — 2. Sablière basse [dodai). — 3. Lambourde [ashigatame). — 4. Nuki. — 5. Solive (neda). — 6. Parquet. — 7. Poutre maîtresse (honbari). ■— 8. Sablière haute (Aera). — 9. Pannes (moya). — 10. Chevrons (taruki). — 11. Voligeage (nojiita). — 12. Bar

deaux (kokeraita). — 13. Tuiles (kawara). — 14. Poutre faîtière [типе). — 15. Tatami. — 16. Seuil rainure (shikii). — 17. Linteau rainure (kamoi). — 18. Shôji. — 19. Fusuma. — 20. Nageshi. —

Ramma. — 22. Plafond suspendu. — 23. Toit de la véranda. — 24. Plafond de la véranda. —

25. Fenêtres vitrées coulissantes (garasudo). — 26. Tokonoma.— 27. Tokobashira. — 28. Shoin. ■—•

21.

29. Chigaidana.

du moine zen, la chambre à coucher du maître (пета), la véranda. Le plan cher est revêtu des célèbres tatami, nattes aux dimensions standardisées

(0,90 m X 0,80 m) : on y circule en pantoufles. En contrebas du plancher,

le doma est la continuation, sous le toit, du sol

de la rue et de la cour ; on

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y circule chaussé ; s'y trouvent les fourneaux (kamado), les provisions et la

pièce où l'on prend le bain chaud {furo). Le feu est un danger redoutable : parmi les multiples bâtiments annexes qui entourent l'habitation rurale, le kura est un grenier maçonné que 0,40 m d'argile et de plâtre rendent incombustible (fig. 2). Les variétés ne manquent pas. Les vieilles demeures de marchands (fig. 3)

à Kyoto ou Osaka s'allongent perpendiculairement à la rue : encadrant l'en

trée, les magasins ; au centre, l'habitation ; au fond de la parcelle, le doma puis la cour avec les kura. Pour l'élevage du ver à soie, on aménage ailleurs un étage comme magnanerie. Les maisons rurales présentent des différences, selon les régions. Les maisons montagnardes sont des « maison-bloc » à terre et rappellent étrangement les chalets alpins. Dans le Kansai (fig. 4) règne la maison à cour fermée, solide et fermée, et l'habitat est groupé (plaine de Nara, en particulier). Dans le Kantô (plaine de Tokyo, fig. 4), la maison est

à cour ouverte : l'enclos-type entouré d'arbres comprend autour de Yomoya

(habitation) les constructions servant d'abri ou de réserve ou koya (souvent de simples aires dallées protégées d'un toit rudimentaire) ; l'habitat montre une tendance à la dispersion. A Hokkaido, chaque exploitation rurale dis perse ses bâtiments dans une parcelle rectangulaire dont le petit côté s'ouvre

directement sur la route.

ANNALES DE GEOGRAPHIE

La description — même sommaire et incomplète — de la maison japo pose plusieurs problèmes dont nous présenterons ici les deux princ

naise

ipaux1.

I. UNE HABITATION TROPICALE EN PAYS D'HIVERS FROIDS

De la maison tropicale du Sud-Est asiatique et du Pacifique, la maison japonaise retient un très grand nombre de caractères. Elle est d'abord une construction entièrement végétale. Les bois les plus utilisés sont ceux de conifères : le hinoki (Chamaecyparis obtusa), sorte de cyprès au bois dur et fin résistant bien à l'humidité ; son prix assez élevé le fait réserver dans la construction ordinaire aux seules parties exposées à l'eau. Le sugi (Cryptomeria japonica) est très tendre au contraire, mais la richesse de sa coloration en fait un matériau de choix pour la décoration. Il reste que l'essentiel de l'ossature, dans la maison courante, est confié aux nombreuses espèces de matsu (pin) : akamatsu (Pinus densiflora) et kuro- matsu (Pinus Thunberghii). Pour la décoration, le momiji (érable), le kiri

1. Bien d'autres problèmes que les deux posés ici se dégagent de l'étude géographique de

la

de

de

religieuse (influence du style sukiya issu de la cérémonie du thé surtout) comme de l'évolution

la maison et de son évolution sous l'influence de l'architecture officielle, aristocratique et

l'interaction, génétique et actuelle, de la maison urbaine et rurale, celui aussi de l'origine

maison japonaise : notamment celui du quasi-refus de la pierre dans la construction, celui

de

ici d'une étude synthétique de la question, mais d'une prise de contact avec un fait complexe

de l'occupation humaine en Extrême-Orient.

la structure socio-professionnelle de la nation japonaise. Encore une fois, il ne s'agit nullement

PI. VII.

(zashiki) dans la résidence des abbés du Tenryû-ji (temple) à Kyoto. Au fond, le iokonoma avec un kakemono suspendu. A gauche, chigaidana, sur le même plan, avec les jibukuro (placards). Le shoin n'est pas

visible.

A. Pièce d'honneur

B. Retirées les cloisons mobiles,

les pièces

du

fond s'ouvrent

totalement sur le jardin. Les seuils rainures se voient aux premier et second plans. Seuls les ramma indiquent les sépa rations des pièces.

C. Maison rurale près de Kôfu

(montagnes de Chûbu). A gau che, omoya couvert en chaume avec entrée à gauche et véran

daà droite; étage pour l'élevage des vers à soie. A droite, kura couvert en tuiles, aux murs

destinés à

supporter les parois de planches

garnis de crochets

amovibles.

A droite, kura couvert en tuiles, aux murs destinés à supporter les parois de planches garnis
A droite, kura couvert en tuiles, aux murs destinés à supporter les parois de planches garnis
A droite, kura couvert en tuiles, aux murs destinés à supporter les parois de planches garnis
PI. VIII. A. Une rue à Kyoto : importance des cours et des jardins. Au
PI. VIII. A. Une rue à Kyoto : importance des cours et des jardins. Au
PI. VIII. A. Une rue à Kyoto : importance des cours et des jardins. Au

PI. VIII. A. Une rue à Kyoto : importance des cours et des jardins. Au centre, silhouette d'un kura recou vertd'une paroi en planches protégeant le crépi de la pluie. Trame rectangulaire des faîtes et des constructions.

B. Les canaux de Kurashiki :

façades antérieures des mai sons, escaliers d'accès aux

embarcations.

C.

Kurashiki : façades pos tout en kura où le

térieures,

riz était entreposé en atten dant l'expédition.

PROBLÈMES GÉOGRAPHIQUES DE LA MAISON JAPONAISE

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{Paulownia tomentosa), le mûrier sont employés, notamment pour l'ensemble :

poteau du tokonoma, chigaidana, shoin. Le bambou est extrêmement uti lisé dans la maison japonaise, fournissant parfois chevrons, caillebotis, armat ure des murs shinkabe. Le papier des shôji et des fusuma, fait de fibres végétales telles que mitsumata ou kôzo, de la famille du mûrier, les tatami enfin, sont aussi des éléments végétaux. Gomme la maison tropicale du Pacifique ou de l'Asie du SE (sauf la maison vietnamienne), la maison japonaise est juchée sur des poteaux qui en main tiennent le plancher

est juchée sur des poteaux qui en main tiennent le plancher Fig. 2. — Kura :

Fig. 2. — Kura : façade, structure, détail de la fenêtre.

isolé du sol (fig.

1).

On

trouve la même surél évation en régions de

rizière inondée et de cultures sèches. Cette hauteur permet l'aéra tion libre du dessous de la construction sans jamais être suffisante pour constituer un abri ; tout au plus y conserve- t-on certains éléments de rechange de l'ossature, des perches de bambou,

et la fonc

des échelles

tion dévolue à l'espace situé sous le plancher de la maison polynésienne

ou cambodgienne : cui sine, travail, rangement,

stockage du bois, emplacement de la meule, voire animaux domestiques, est ici très exacte mentassurée par le doma. La dénivellation existant entre le niveau du sol et l'étage de la maison tropicale se retrouve ici fonctionnellement au niveau de l'emmarchement séparant le doma de la partie planchéiée et ce qui est là superposé est ici juxtaposé. Gomme dans la maison tropicale également, cette estrade surélevée est surmontée d'un toit qui est l'élément principal de la construction : les murs étant de simples cloisons remplissant les intervalles des éléments porteurs. Comme la maison de certaines îles du Pacifique Sud, la maison japonaise a une allure de kiosque simplement posé sur le sol et maintenu en état de sta bilité par le poids relatif de la toiture. Autre ressemblance : l'absence d'étage ou plutôt de grenier utilisable. Cette parenté avec les types d'habitations plus méridionaux se renforce dans le Sud de Kyû-Shû où la cuisine, comme dans de nombreuses maisons de l'Asie du SE ou des îles océaniennes, s'abrite dans un bâtiment à part.

Ann. de Géog. — lxxv" année.

19

ANNALES DE GEOGRAPHIE

290

La rançon du choix d'un tel système de construction est lourde. Non seulement en effet la maison japonaise expose son ossature souvent pesante

(surtout la toiture) et non fondée, aux typhons et aux séismes, ce qui est le lot de toutes les habitations dans cette partie du monde, mais elle doit en outre faire face aux attaques multiples de l'hiver : poids de neige répartis inégalement sur le toit (surtout au printemps, à cause de l'ensoleillement inégal des versants déséquilibrant les constructions), gel et dégel du sol déchaussant et dénivelant les fonda tions toujours superficielles, chandelles de glace dont le poids brise les cheneaux et la fonte pourrit le pied des parois, insectes aussi comme les fourmis blan ches, très endurantes au froid, qui montent à l'intérieur des piliers et élar gissent leurs nids au niveau des assem blages de la toiture. On peut s'émerv eiller de voir de telles habitations construites et habitées dans des régions où la neige s'entasse quatre mois sur le sol et dans d'autres où la température moyenne est inférieure à 5 °C pendant le même laps de temps (fig. 5). Une telle construction est en effet inchauffable ; la nature même de ses parois, et surtout leurs éléments mobiles, en fait le domaine des courants d'air (fragilité des revêtements extérieurs, vieillissement précoce des matériaux constituants, circulation de l'air glacé

des matériaux constituants, circulation de l'air glacé Fig. 3. — Maison de marchand de Kyôtô :

Fig.

3.

Maison de marchand de

Kyôtô : au fond du jardin se trouve le chashitsu (pièce pour la cér

émonie

son tokonoma.

du thé, de 4,5 tatami) avec

sous la maison, présence du doma entre tenant froid et humidité). Élever la température de l'air de quelques degrés seulement nécessiterait d'impression

nantstonnages de combustible. L'explication traditionnelle — et celle que donnent les Japonais eux- mêmes — est que, alors que les froidures hivernales sont relativement bien supportées, la chaleur et l'humidité de l'été sont difficilement tolérées et il est de fait que la maison japonaise est conçue au mieux pour y échapper partiellement : parois ouvrantes permettant à l'air de circuler librement à travers la maison et favorisant l'évaporation cutanée, ramma (fig. 1) assurant le rafraîchissement des plafonds et les empêchant dé rayonner dans les pièces la chaleur reçue du toit, surélévation de l'ensemble permettant l'aération du dessous de la construction. Le toit, vaste et débordant, abrite du soleil estival tandis que le tiède et sec soleil hivernal pénètre fort avant dans la

PROBLÈMES GÉOGRAPHIQUES DE LA MAISON JAPONAISE

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maison (fig. 6). Le rôle de la véranda est donc double ici : abri des rayons solaires et des averses en été, comme dans toutes les régions tropicales, solarium confortable et à l'abri du vent en hiver : on peut s'y tenir à la froide saison de longues heures sans autre chaleur que celle qu'assure le soleil. L'été (fig. 5) dure environ six mois dans l'Ouest (Kyû-Shû, Shikoku, Honshu jusqu'au Kansai), quatre dans la région de Tôkyô, trois encore à Hokkaidô. Le reste se partage en deux demi-saisons très tempérées, le prin temps et l'automne, et un hiver qui dure la moitié de l'année dans le tiers

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Fig. 4. — Maisons rurales à bâtiments multiples :

type du Kansai (cour fermée) à gauche ; type du Kantô (type dissocié) à droite.

1.

Doma-cuisine. — 2. Nema. — 3. Chanoma. — 4 et 5. Zas hiki et dei.

■6. Écurie. — 7. Puits.

8.

Кита. ■— 9. Dépendances diverses. — 10. Entrée. — 11. W. C.

Nord du pays, quatre mois et demi dans la région de Tôkyô, jamais moins de trois ailleurs. Ce choix de l'été comme saison la plus pénible entraîne ainsi une lourde sujétion vis-à-vis du froid et, de fait, l'endurance des Japonais y est remarquable : le bain brûlant quotidien transformant le corps en accu mulateur de chaleur pour deux ou trois heures; Yirori, le hibachi (sorte de brasero) à la campagne ; en ville : le kotatsu (petite table sous le plateau de laquelle est fixée un récipient à braises ou une résistance électrique, et recou verte d'un molleton sous lequel on place ses jambes), une foule de petits appareils à gaz ou électriques (très vulgarisés depuis la fin de la guerre), une étonnante variété de sous-vêtements portés de jour et de nuit, telles sont les parades que les Japonais opposent à l'hiver. On chauffe donc ici la per sonne et non l'air de la pièce comme en Occident, ce qui coûte naturellement moins cher et explique cette négligence vis-à-vis du froid qui caractérise le Japonais : il est fréquent d'apercevoir des shôji dont le papier est déchiré et le reste tout l'hiver, ou, étant en visite et assis près de l'irori, de souffrir

292

ANNALES DE GÉOGRAPHIE

cruellement du vent glacé qui entre dans la maison par ces mêmes shôji demeurés entr' ouverts et que nul ne songe à fermer. Tout se passe donc comme si la maison japonaise, venue des tièdes régions

du Pacifique central, s'était trouvée maintenue telle quelle avec un soin jaloux jusqu'aux latitudes sibériennes, par les Japonais, au cours de leur remontée progressive vers le Nord, uniquement afin de se protéger des chaleurs humides de l'été. Cette inadaptation relative au climat a suscité — à l'étranger surtout — un autre raisonnement, et nous devons exorciser au passage le mythe de l'explication par les séismes : ceux-ci, ayant pour effet de faire s'écrouler les constructions sur la tête de ceux qui les occupent, on maintiendrait volon

tairement des maisons « légères » afin de minimiser ces

dégâts « humains ».

Remarquons d'abord que les maisons détruites par les séismes ne forment que 14 p. 100 du total contre 45 p. 100 par le feu, ce qui n'empêche pas l'ha bitation en bois de régner exclusivement. De plus, construction en bois n'est nullement synonyme de construction légère : à la campagne surtout où de tout temps les paysans ont mis leur orgueil à édifier leurs charpentes avec des poutres de dimensions impressionnantes et hors de proportion avec les piliers chargés de les supporter. Et ceci nous amène au dernier argument : c'est le poids de la toiture qui maintient l'ensemble de l'ossature en état de stabilité relative. En cas de séisme, le toit s'écroule généralement d'un seul coup, la base des piliers se déplaçant latéralement, et à peu près à l'emplacement exact qu'il abritait normalement, ensevelissant les occupants sous d'énormes masses de bois et de tuiles. Les Japonais le savent bien, eux dont le réflexe est de se préci piter au milieu de la rue, le plus loin possible de leur demeure, à la première secousse. Ce qu'on peut simplement dire, c'est que le système de construc tionà ossature apparente permet, après chaque alerte, de vérifier immédia tementles assemblages, et s'il y a eu des gauchissements, de les corriger par l'adjonction d'éléments obliques.

De nombreux théoriciens — des architectes surtout — étrangers et japonais ont évoqué ce qu'avec une certaine inexactitude on pourrait appeler l'explication esthétique de la maison japonaise. D'excellents livres consacrés au Japon1 ou d'autres plus récents ont mis l'accent à la fois sur la remarquable sensibilité des Japonais aux satisfactions d'ordre esthétique et, par ailleurs, sur le charme et la beauté de leurs demeures. La maison japonaise constitue un monde de sensations bien particulier :

la franche ouverture sur l'espace extérieur d'abord, réalisable à volonté, apparaît comme un signe de recherche d'une communion étroite avec la nature, recherche que les commentateurs se plaisent à opposer à notre goût pour les intérieurs presque clos, aux rares fenêtres, preuve d'un refus, d'une

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Fig. 5. — Les régions géographiques du Japon : températures en été et en hiver.

ANNALES DE GEOGRAPHIE

« méfiance envers l'espace ». La sincérité de la forme, fidèle reflet de la struc ture, l'ossature apparente, les matériaux non peints ni dissimulés sous des papiers muraux, apportent également des sensations relevant du plaisir esthétique : veines du bois mises en valeur, lourdeur majestueuse des poutres de l'habitation rurale (source d'orgueil pour le paysan japonais), perfection de forme des toitures, sans parler de l'art que révèle le jardin. L'impression d'euphorie que ressent l'étranger naît également de la liberté apparente qui préside à l'arrangement des pièces : les indications fonctionnelles sont tou jours très discrètes et non lourdement soulignées par des meubles pesants comme dans nos demeures occidentales. Pour toutes ces raisons — et d'autres encore, plus subjectives — la maison japonaise exerce sur l'Européen un charme prenant, surtout lorsque le voya geur se double quelque peu d'un esthète. Or la littérature japonaise (comme les très courts poèmes appelés tanka), la peinture aussi, parlent dans le même sens : un libre contact avec la nature,

une « prise directe » avec le paysage, le temps qu'il fait, la matière (le bois, la terre cuite, le papier) semble l'idéal partout recherché, tout particuli èrementdans la maison, ses formes et ses matériaux, qui sont le cadre de la vie quotidienne. Il n'est que de voir d'ailleurs les Japonais dans leurs demeures, les regarder vivre à l'intérieur de cet espace si particulier, conçu à l'image de leurs aspirations semble-t-il, pour se persuader qu'il y a là une donnée qu'il est absolument nécessaire d'intégrer pour essayer de comprendre la maison japonaise. Le « fond » de celle-ci, ce par quoi elle diffère radicalement de notre propre conception de l'habitation et par rapport à quoi l'appar tenance sociale et la fonction économique établissent des variantes, ne relève pas, on l'a vu, d'une adaptation rigoureuse au climat. Seraient-ce donc ces exigences esthétiques, dont la maison constituerait l'expression plastique la plus ordinaire, qui aurait poussé les Japonais à propager celle-ci telle quelle jusqu'aux confins les plus nordiques de leur domaine, l'inconfort croissant n'étant que la rançon de satisfactions jugées supérieures? C'est oublier l'étroite cohésion de la société japonaise et l'importance des règles strictes qui, depuis les débuts de son histoire, président aux rela

tions sociales. Ce n'est pas le lieu de décrire les rites complexes de la

tesse nipponne, la manière de s'asseoir sur le tatami, de s'y comporter, si différente de l'attitude des mêmes Japonais dans la rue, au bureau ou à l'usine. Plus qu'aucune autre, la maison japonaise apparaît comme le cadre contraignant de tout un code de vie en société, plus sans doute que nos habitations occidentales, pourtant si aptes à conditionner les gestes quoti diens avec leurs meubles encombrants et leur spécialisation agressive. C'est dans la société rurale que ces faits sont le plus nets parce que l'influence de l'Occident — sur les mœurs et sur les formes de la maison — n'y a pratique mentpas joué. Il existe une nette spécialisation de certaines pièces dans ce

294

poli

qu'on pourrait appeler la fonction « sociale » ou « réception » de la maison, et ces dernières, dans la pensée de l'homme qui les habite, forment un groupe à part. Calquées sur les pièces de réception de la résidence des samouraï

PROBLÈMES GÉOGRAPHIQUES DE LA MAISON JAPONAISE 295

(où elles étaient parfaitement justifiées par le rôle social de ceux-ci), ces pièces — principalement les zashiki — prennent parfois une ampleur (surtout dans la maison rurale traditionnelle) hors de proportion avec leur rôle réel. Elles ne servent guère en effet qu'aux cérémonies familiales : mariage et funérailles surtout. On enlève alors les cloisons intermédiaires et cette partie de la maison devient, pour quelques heures, une vaste salle de cérémonie et de réjouissance. Le reste du temps, on se garde bien d'y séjourner, à plus forte raison d'y dormir, et leur entretien, pour ne pas parler de leur construct ion,se révèle une lourde charge pour la famille, un des obstacles à coup sûr à la modernisation des autres parties de la maison (cuisine, chauffage, éclairage). Or ce sont précisément ces pièces qui expriment le plus fortement l'idéal esthétique japonais, avec en particulier le tokonoma. Le remède a été suggéré depuis longtemps par des spécialistes tels que M. Kon Wajirô, qui s'attachent avec beaucoup de goût à adapter la demeure traditionnelle aux exigences de la vie moderne : un local ou bâtiment collect ifoù chaque famille viendrait tenir ses cérémonies familiales. On voit ce que peut avoir cependant d'inadmissible aux yeux de ceux qui demeurent attachés à la tradition, ce transfert hors de la maison, abri de la famille en tant que cellule permanente de la société à travers les générations — et l'on sait la force de ces concepts dans la tradition extrême-orientale — des actes par quoi s'expriment précisément cette solidarité et cette continuité. Les citadins, eux, se marient le plus souvent à l'hôtel ou dans les shikiba conçus pour cela, à cause de l'exiguïté des appartements urbains, mais cela est encore impensable à la campagne.

Les formes de la maison japonaise, le tokonoma, l'irori, le tatami, sont donc prisonnières en quelque sorte du mode de vie des Japonais et de tous les gestes par quoi ils ont résolu à leur manière l'impérieuse nécessité de vivre — et de vivre serrés — en formant un groupe cohérent et apte à trans former et aménager le paysage naturel au mieux des nécessités élémentaires :

se nourrir, se loger, se reproduire. Comme en toute société, cohérence signifie ici équilibre constamment retouché entre différentes forces politiques, sociales, économiques, idéologiques, plus particulièrement entre les classes sociales. La différenciation des formes de la maison selon le rang de son propriétaire s'exprime au Japon avec une grande acuité du fait précisément que la gamme de formes où elle peut se donner libre cours est plutôt limitée. La taille des habitations est comme ailleurs un critère important mais à l'intérieur d'une même région seulement et c'est surtout parmi les traitements de détails :

espèce de bois utilisée, épaisseur du tatami et nature de sa bordure, papier

qu'il faut chercher. L'appréciation esthétique s'exprime ici

dont la traduction est quasi impossible

, en français et dont l'explication demande une compétence qu'on ne saurait sans doute exiger d'un géographe.

des fusuma par des mots

,

:

wabi, sabi,

shibui

296

ANNALES DE GÉOGRAPHIE

Retenons seulement que le grand art est fait ici de discrétion, de retenue, de mesure et, quoi qu'il puisse apparaître aux yeux occidentaux, la sobriété idéale, la plus grande simplicité, celle du raffinement, coûte ici fort cher.

II.

LE PROBLÈME DES RÉGIONS DE MAISON

Partout cependant, de la plus luxueuse résidence à la plus humble masure,

l'unicité du mode de vie s'affirme par la présence du tatami. Sur 2 000 km, de l'île boréale de Hokkaidô jusqu'au Sud des campagnes de Kyû-Shû et jusqu'à Okinawa, on le

retrouve dans chaque demeure et avec lui, les cloisons mobiles, l'irori, le furo, la veranda. Un habitant du Tôhoku débarquant

à

dans la région de Kôchi,

Sot-trite
Sot-trite

Fig. 6. — Fonction de la véranda, quant à l'ensoleillement de la maison aux différentes périodes de l'année.

1 500

km

de

chez lui, dépose

d'instinct ses chaussures sitôt franchi le seuil, s'asseoit de la même façon dans le zashiki, salue le maître de maison et en reçoit une tasse de thé avec les

mêmes gestes et en murmurant les mêmes paroles de politesse. Apprendre qu'en France il suffit de parcourir une centaine de km

pour passer de maisons où l'on vit au rez-de-chaussée à d'autres où les gens ne séjournent qu'au premier étage, de constructions de pierre à d'autres en

pisé

chéiées ou carrelées, et que chacune de ces habitations est parfaitement

« traditionnelle »,

ou

en bois,

de

cuisines où le

sol est

en terre

battue à d'autres plan-

plonge le Japonais moyen dans le plus grand étonne-

ment. Chez lui, partout, un style de vie identique et des formes identiques de la maison s'exigent mutuellement, le binôme homme + maison s'affirme fondamentalement semblable, ce qui pose au géographe un deuxième pro blème majeur : celui des variations régionales des types de maisons. L'histoire et la géographie proposent un découpage régional très net (fig. 5), ressenti intimement par tous les Japonais, et l'expérience du voyageur lui en montre à l'évidence l'exactitude. C'est lui que tous les manuels de géographie reprennent et notamment le grand ouvrage : Nippon no chiri (Géographie du Japon) 1. Chaque volume, le dernier étant une récapitulation générale, est consacré à une région :

I. — Hokkaidô, qui est à peine le vrai Japon, région au climat très rigou reux, aux paysages végétaux sibériens, faiblement peuplée et de colonisation

1. Tôkyô, Éditions Iwanami, 1963.

PROBLÈMES GÉOGRAPHIQUES DE LA MAISON JAPONAISE

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récente. Son économie est fondée sur une agriculture moderne de type « pays neuf » — surtout des rizières — et sur le charbon.

II. — Le Tôhoku, c'est-à-dire le quart Nord de Honshu, région froide

et montagneuse, relativement arriérée, pays du cheval, du riz et aux cou

tumes

III. — Le Kantô, la plus grande plaine du Japon, riche région rurale

(riz, ver à soie, fruits ; légumes et élevage pour l'agglomération de Tôkyô- Yokohama), la plus grande région industrielle du pays.

folkloriques vivaces.

IV. — Le Chûbu,

qui correspond au renflement central de Honshu :

c'est la «région montagneuse centrale» (Tôsan), la seule relativement conti nentale : bassins dominés par les crêtes neigeuses des Alpes japonaises dont les pentes inférieures sont riches en bois d'oeuvre. Elle est bordée sur la mer du Japon par le Hokuriku, pays au long enneigement hivernal, premier pro

ducteur

Japon (Tôkyô-Osaka) au centre duquel se trouve la troisième agglomération industrielle : celle de Nagoya.

V. — Le Kansai, région de Kyôto-Osaka, berceau de la nation, pays des vieilles capitales et aujourd'hui foyer industriel n° 2. Région tiède ouverte à la fois sur la mer du Japon, la mer Intérieure et le Pacifique.

VI. — Chûgoku et Shikoku : la mer Intérieure forme l'axe de cette

région très méridionale d'aspects, toute en montagnes, rivages et îles. Au centre, vieil axe de civilisation sur les deux rives de la mer Intérieure (Chine —»■ Corée —>• Chûgoku —> Kansai) tandis que les deux versants extérieurs : le

San-in (mer du Japon) et le Tosa (rivage SE de Shikoku) demeurent les régions les plus isolées de tout le pays.

VII. — Kyû-Shû enfin, qui forme à elle seule une région très complète avec les grandes agglomérations industrielles du Nord fondées sur le charbon (la nouvelle ville de « Kita Kyû-Shû » [Kuû-Shû Nord] composée des anciennes villes de Yawata, Tobata et Kokura), sa capitale brillante et active : Fukuoka, ses plaines rizicoles et sa vie maritime intense favorisée par l'émiettement des rivages méridionaux.

de riz du pays, et sur l'océan Pacifique par le Tôkai : axe vital du

Ces sept régions, auxquelles le climat, les paysages, l'histoire, les res sources confèrent une originalité indiscutable, se prêtent cependant diff icilement à un découpage correspondant en types de maisons. Le fait le plus net est une ligne passant à peu près par Kanazawa et Nagoya et un peu au NE du lac Biwa, de part et d'autre de laquelle on observe certaines différences fondamentales. Au NE la maison est plus grande, les pièces plus spacieuses, certaines formes d'adaptation au froid et à la neige s'y montrent (diamètre des poteaux) et les espèces de bois utilisées sont surtout le sugi et le pin d'Ezo, alors qu'au Sud le hinoki et le pin ordinaire l'emportent. Le Sud est la région des typhons et le dodai, souvent absent au Nord, y est

298

ANNALES DE GEOGRAPHIE

d'usage constant. Surtout les deux régions utilisent des systèmes de cons truction différents : au Nord, la mesure de base est l'entre-axes des poteaux (appelé « 1 ken » :) [fig. 7], au Sud au contraire c'est la dimension du tatami qui est le module employé. Enfin le Sud est la région où l'on couvre en tuiles depuis l'époque d'Edo au moins (sauf à Kyû-Shû, localement), alors que le Nord est encore le pays des grands toits de chaume ou de bardeaux, où la tuile, suivie du zinc, sont des acquisitions récentes (cinquante ans en moyenne). Dans le détail on trouve, pour chacune des sept régions, une grande variété de formes et de types de plans : à Kyû-Shû par exemple, il y a trois plans dominants mais

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Fig. 7. — Unités traditionnelles de longueur et de surface (le système métrique est officiellement en vigueur).

aucun des autres ren

contrés

absent.

Tôhoku, le plan carac

ailleurs n'est

Dans le

téristique

est le maga-

riya,

en angle,

un coude avec l'habita tion,et dans le Hoku-

riku le chûmon, sorte d'avant-corps très développé, se ren

l'écurie forme

contre souvent, mais ces deux régions présentent de nombreux autres types de plans et ni maga- riya ni chûmon ne sont absents ailleurs. On a signalé enfin les deux types très caractéristiques du Kansai (cour fermée) et du Kantô (dépendances dispersées dans un enclos) mais tout le pays présente des fermes à cour fermée et d'autres à bâtiments desserrés. Une typologie purement régionale semble donc — peut-être est-ce une impression transitoire — difficile à construire et il paraît délicat de définir, à propos de la maison japonaise, des concepts aussi rigoureux que le sont la « bourrine » vendéenne ou Vetché basque.

L'exposé sommaire des deux problèmes majeurs qui concernent la maison japonaise montrent qu'il est indispensable de recourir à l'histoire. Origine de la maison, étapes de la propagation vers le Nord, exceptionnelle unicité et de sa structure et de la manière d'y vivre, problèmes de mesures de tatami, d'influences de l'architecture officielle, interaction de la maison rurale et de la maison urbaine, tout cela pose à chaque instant le lourd problème des traductions des textes et documents, cadastres et règlements où gisent cer

taines

réponses. Cet exposé montre aussi sur quoi a agi la révolution industrielle lorsqu'à

PROBLÈMES GÉOGRAPHIQUES DE LA MAISON JAPONAISE

299

partir de l'ère Meiji le Japon s'est mis à l'École des Occidentaux : accroi ssement démographique prodigieux posant le problème du nombre des loge

ments, développement de catégories socio-professionnelles nouvelles avec leurs exigences, leurs revenus, leurs façons de concilier le mode de vie tra ditionnel avec leur profession, posant le problème de l'évolution qualitative du logement, essor enfin de l'industrie moderne de la construction et boule versement des traditions des charpentiers. Et, dans la mesure où la maison japonaise, par son unicité même, pouvait apparaître comme un élément uniformisant au sein du peuple japonais, comment les transformations qu'elle risque de subir ne réagiraient-elles pas à leur tour, par son intermédiaire, sur la cohésion du groupe, creusant notamment entre les campagnes, restées fidèles en majorité au goût traditionnel, et les grandes villes, dont l'améri canisme a parfois quelque chose d'agressif, un écart que les formes et les gestes de la maison traditionnelle avaient jusque-là atténué ? Pour le moment il semble que non, et le citadin japonais passe chaque jour de son usine ou de son bureau où il vit à l'occidentale, au cadre tradi

tionnel

de sa maison de bois, sans avoir l'impression d'une sorte de contra

diction.

Une fusion — provisoire sans doute — s'est opérée entre ce que les

Occidentaux appellent les « deux Japons ». La maison traditionnelle évolue cependant, quoique avec lenteur, et l'on doit prévoir que, dans les grandes villes d'abord où ce mouvement s'amorce, puis dans les petites, enfin dans les campagnes, il n'en subsistera finalement que ce qui se montrera suscept iblede s'intégrer sans heurts aux nouvelles structures économiques et sociales qui commandent dès à présent la vie japonaise.