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Des jésuites / par MM. Michelet et Quinet Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Des jésuites / par MM. Michelet et Quinet Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Des jésuites / par MM. Michelet et Quinet

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Michelet, Jules (1798-1874),Quinet, Edgar (1803-1875). Des jésuites / par MM. Michelet et Quinet. 1843. 1/
Michelet, Jules (1798-1874),Quinet, Edgar (1803-1875). Des jésuites / par MM. Michelet et Quinet. 1843. 1/

Michelet, Jules (1798-1874),Quinet, Edgar (1803-1875). Des jésuites / par MM. Michelet et Quinet. 1843.

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d 39744

DES

JÉSUITES

Imprimerie

de Ducessois,

55,

quai

des Auguslins.

JÉSUITES

MM.

DES

PAU

MICHELET

PARIS

ET

QUINET

PAULIN, RUEPIERRE-SARRAZIN,12. HACHETTE, RUEDESEINE,33.

1843

La

force

auteurs

de

des choses

ces

leçons

a conduit

à traiter

les

le

même sujet

dans leur enseignement.

Cette

bord

rencontre,

à l'insu

l'un

s'étant

faite

de l'autre,

l'œuvre

de

la situation

même;

tard

ils se sont

accordés

pour

tribuer

le

sujet

alliance

les questions

présentait.

est

sorti

principales

le

De

cette

volume

d'a-

a été

plus

se dis-

que

libre

que

nous publions;

il a paru

convenable

de réunir

sous un même

titre

deux

parties

d'un même ensemble,

complètent

l'une

par l'autre,

qui

se

et dans

lesquelles

le public

même

attachent

de cœur

esprit. Quant

de prix

et de pensées

trop

n'a

vu

qu'un

aux auteurs,

ils

à cette

union

pour n'avoir

pas

venir.

désiré

en marquer

ici le sou-

Paris,

ce 15 juillet

1843.

LEÇONS

DE M. MICHELET.

Ce que l'avenir

nous garde,

Dieu le sait!

ment je le prie, s'il faut qu'il nous fcappe

nous frapper de l'épée.

Seule-

encore,

de

Les blessures que fait l'épée, sont des blessures

nettes

et franches,

qui saignent,

faire aux plaies honteuses,

lissent,

et qui vont toujours

et qui guérissent.

Mais que

qu'on cache, qui s'envieil-

gagnant?

De ces plaies,

la plus à craindre,

c'est l'esprit

de la

police

intrigue,

mis dans les choses

de sainte délation,

de Dieu, l'esprit

de pieuse

l'esprit des jésuites.

Dieu nous donne

dix fois la tyrannie

politique, mi-

plutôt qu'une telle police

litaire,

et toutes les tyrannies,

salisse

jamais notre France!

La tyrannie

a cela de

bon qu'elle

la brise ou elle se brise.

réveille souvent le sentiment

national, on

éteint,

Mais, le sentiment

la

gangrène

ment la chasserez-vous?

une fois dans vos chairs et dans vos os, com-

La tyrannie

se contente

de l'homme

extérieur,

elle

rieur, elle

1

2

ne contraint

que les actes. Cette police atteindrait

jus-

qu'aux pensées.

Les habitudes

même

de la pensée changeant

peu à

peu, l'âme,

d'autre

altérée

dans ses profondeurs,

nature

à la longue.

Une âme menteuse

et flatteuse, tremblante

deviendrait

et mé-

chante, qui se méprise elle-même,est-ce

encore une âme?

Changement pire

que la mort

même.

La mort

ne

tue que

le corps;

mais

l'âme tuée,

que reste-t-il?

La mort,

en vous tuant,

vous

et vos fils, et

Ici, vous perdriez

laisse vivre en vos fils.

l'avenir.

Le jésuitisme,

l'esprit

de police

et de délation,

les

basses habitudes de l'écolier rapporteur,

une fois trans-

portés du collège et du couventdans

la société entière,

quel hideux spectacle

une maison de jésuites, c'est-à-dire

trahison au

cupé à se dénoncer.La

Toutun peuple vivant comme

du haut en bas, oc-

foyer même, la femme

l'enfant

la mère.

espion

mais un triste murmure,

confessent les péchés

uns les autres

du mari,

de

Nul bruit,

de gens qui

les

un bruissement

d'autrui

qui se travaillent

et se rongent

tout doucement.

Ceci n'est

pas, comme

on peut croire,

un tableau

Je vois d'ici tel peuple

jour

d'un degré

que les jésuites

d'imagination.

enfoncent

boues éternelles.

chaque

dans cet enfer des

3

« Mais n'est-ce

pas manquer

craindre

pour

elle un tel danger?

à la France

que Pour un millier

de

de

jésuites que nous avons aujourd'hui1.

Ces mille hommes

ont fait en douze

» ans une chose

prodigieuse.

Abattus

ils se sont relevés,

en

1830,

sans qu'on

écrasés

et

s'en doutât.

aplatis,

Et

non

seulement

relevés;

y avait

des jésuites,

trente ou quarante et les mènent

terre,

mais pendant qu'on demandait

ils

ont

enlevé

sans

difficulté

s'il

nos

mille prêlres, Dieu sait où

leur ont fait perdre

«

Est-ce

qu'il

y a des

tion,

dont

seur

le

lit.

donc

Où

sont

à eux,

ils gouvernent

la

femme,

Demain,

est

tous

ils auront

le clergé

ces

partis

jésuites?

»

Tel

la

déjà

la femme

maison,

la

son

enfant2.

de France?

qui

en faisaient

Restauration?

éteints,

morts,

anéantis.

fait

par

cette

ques-

u n c o n f e s -

un confes-

table,

le

la

vie

foyer,

sous

la

1 Selon

aujourd'hui

une personne

en France

qui croit

plus

de 960;

être bien informée,

il y en aurait

au moment

de la révolution

de

juillet,

il y en avait

423. A cetteépoque

ils étaient concentrés

dans

quelques

diocèses.

passer

pape

viennent

maisons;

-Ils

aujourd'hui,

ils

partout

sont

disséminés

dans

tous

se répandent

en ce moment.

Ils

tl vient

trois

il Alger,

plusieurs

en Russie.

se font demander

Maîtres

du Valais,

cantons,

etc,,

par le Mexique

de s'emparer

et la Nouvelle-Grenade.

de Lucerne

et des Petits

2 Qu'on

sache

bien une fois,

malgré les éternelles

répétitions

les

d'en

au

ils

etc.

des

4

Qu'est

devenu

ce tout

si vigoureux?

Je cherche,

-petit petit jansénisme, jansé

petit,

mais

et

je ne vois que

la tombe

de Lanjuinais.

Où est

cans,

qui

M. de Montlosier,

voulaient

l'harmonie

où sont nos loyaux

galli-

de l'État

et de l'Eglise.

l'État

Disparus.

sait. Qu'est-ce

Ils auront

délaissé

qui oserait

aujourd'hui

qui

les

délais-

en France

se

dire gallican,

se réclamer

du

nom

de

l'église

de

France?.

La

pourtant

timide

opposition

sulpicienne

( peu gallicane

et qui faisait

bon marché

des Quatre

articles),

s'est

tue avec M. Frayssinous.

Saint-Sulpice

s'est renfermé dans l'enseignement

des

prétres,dans

aux jésuites.

sa routine

de séminaire,

laissant

C'est

pour la joie

de ceux-ci

le monde

que Saint-

Sulpice

élevé

semble

là, ils n'ont

avoir

été créé;

rien à craindre.

tant que le prêtre

Que peuvent-ils

est

dési-

rer de mieux

qu'une

pas qu'on

enseigne1

école qui n'enseigne

pas et ne veut

? Les jésuites et Saint-Sulpice

vi-

Jésuites

qui se trompent

la liberté

de l'enseignement

de

là-dessus

l'Université,

n'a rien

dans ce volume.

à dessein

sur

tout

cela,

que

la question

de

et de ce qu'ils

appellent

le monopole

à faire

ici.

On ne

trouvera

pas un mot

J'ai

des amis

bien chers

dans

l'Univer-

sité, mais,

depuis

1 M. l'archevêque

éleves

aux cours

1838,

je n'ai

de Paris

de la Faculté

plus l'honneur

les a invités

de théologie.

de lui appartenir.

en vain à envoyer

leurs

5

vent maintenant

citement entre

ensemble;

bien en ensemble;

la mort et le vide.

le pacte s'est

fait ta-

Ce qu'on

fait dans ces séminaires,

si bien

fermés

contre

résultats.

la loi, on ne le sait guère

que par la nullité des

Ce qu'on en connaît aussi, ce sont leurs livres

de rebut, abandonnés

aux malheu-

d'enseignement,

partout

livres surannés,

ailleurs, et qu'on inflige toujours

prêtres 1. Comment

s'étonner s'ils sortent

Ils sen-

reux jeunes

de là aussi étrangers

à la science qu'au monde.

tent

dès le premier

pas qu'ils n'apportent

rien de ce

qu'il faudrait;

présente une occasion de paraître,

les plus judicieux

l'envoyé des jésuites, il s'empare

se cache.

se taisent;

qu'il

se

le jésuite arrive,

ou

de la chaire;

le prêtre

Et ce n'est pourtant

pas le talent

cœur.

Mais que voulez-vous?

contre eux.

qui manque,

ni le

tout est aujourd'hui

1 Au

jeunes

grand

prêtres,

péril

de

leur

élevés dans

moralité;

j'admire

cette

casuistique,

ce que conservent

tout

ces

encore

d'honnêteté.

sont des livres

celle

même

le médecin.

« Mais

ne voyez-vous

.Il

d'une

pas, dit

un évêque,

qui

que

ce

de médecine.»

prétexte

y a telle

maladie,

médecine

aujourd'hui

salit

est infâme,

oubliée

(ou

et

qui.

sous

imaginaireet

physiquement

cynique

impossible),

qu'on

le malade

L'assurance

met à défendre

tout cela,

doit

maisons

faire

couvents

sentir

combien

la loi

devrait

fermées,

se sont transformés

où personne

ne sait

en maisons

surveiller

ce qui se passe.

de correction.

ces

grandes

Certains

6

Ils ne le sentent

encore

à les

mettre

que trop,

et ce sentiment

contribue

au dessous

d'eux-mêmes.Mal

voulu

du monde,

maltraité

des siens,

le prêtre

de pa-

roisse

marcher

(regardez-le l'air souvent

tristement,

timide

dans

la rue)

chemine

et plus

que modeste,

prenant

volontiers

Mais, voulez-vous

le bas du pavé!

voir un homme?

Regardez

passer

le jésuite.

La voix est douce,

Que dis-je

un homme?

Plusieurs

en un seul.

Sa démarche

Le cou-

mais

le pas est ferme.

dit, sans qu'il parle

rage

pour le soutenir,

« Je m'appelle

légion.

est chose

facile à celui qui sent avec soi une armée

qui se voit défendu,

poussé,

et par ce

grand

titrés,

corps des jésuites,

de belles

dames,

et par tout un monde

de gens

qui au besoin

remueront

le

monde

pour

lui.

Il a fait vœu

d'obéissance.

pour régner,

pour

être

pape avec le pape,

des jésuites, répandu

pour avoir sa part du grand

dans tous les royaumes.

royaume

Il en suit

l'intérêt

lie, et de Bavière

par correspondance

en Savoie.

int ime, de Belgique

en Ita-

Le jésuite

vit en Europe,

hier à Fribourg,

demain

paroisse,

l'église;

maladive

dans la petite

il ne ressemble

qu'il élève

à Paris;

rue humide

que trop

le prêtre

vit dans

une

qui longe le mur

de

à la

triste

giroflée

sur

sa fenêtre.

Voyons

ces

deux

hommes

à l'œuvre.

Et d'abord

7

examinons

de quel côté

té tournera

tournera

cette

cette

place,

rê-

personne et qui semble

à droite,

qui arrive

sur

la grande

A gauche,

veuse,

hésiter encore.

c'est la paroisse;

la maison des Jésuites.

D'un côté, que trouverait-elle?

un homme honnête,

homme

de cœur

peut-être,

sous cette

forme raide

et

gauche,

sions, c'est-à-dire

qui travaille

toute

à ignorer

sa vie à étouffer

ses pas-

de plus en plus les choses

sur lesquelles

au contraire,

on viendrait

sait d'avance

le consulter.

ce dont

il s'agit,

Le jésuite,

il devine

les précédents,

trouve

atténuante,

il arrange

fois du côté

du monde.

sans difficulté

la chose

du côté

la circonstance

de Dieu,

par

Le prêtre

porte

la Loi et le décalogue,

comme

un

poids

de plomb;

ficultés

Vous

en vient

encore

vaise,

il

avancé.

cette

chapelle

il est lent,

lui

parlez

plus;

de dif-

et il lui

mau-

bien

plein d'objections,

vos scrupules,

de

votre affaire

très-mauvaise.

vous semble

Vous

parée,

la trouve

voilà

C'est votre faute. Que n'allez-vous

italienne?

chapelle

plutôt dans

coquette;

quand

peur,

même

entrez,

elle

vous

serait

serez

un

peu

rassuré

sombre,

bien

soulagé.

homme

Votre

cas

pour

est

peu

de chose;

d'esprit

de la Loi ? La Loi peut

vous le prouver.

régner

là-bas,

n'ayez

pas

vite,

et bien

il

y a là un

Que parlait-on

mais ici règne

8

la

grâce, La bonne Vierge

ici le Sacré

é Cœur de Jésus

Cœur

de Jésus

est si bonne1!

et de Marie.

Il y

a

d'ailleurs

une

deux hommes.

Le prêtre

grande est lié de bien des manières,

différence

entre

les

par son église,

et comme mineur.

par l'autorité

Le prêtre

locale;

il est en puissance

a peur du curé

et le curé

de l'évêque. lui demande

Le jésuite

n'a peur

que l'avancement

n'a rien à lui dire. Et quel

assez audacieux

pour douter

serait

que

même

la règle

et la loi?

de rien.

Son ordre

ne

de l'ordre.

aujourd'hui

le jésuite

L'évêque

l'évêque

ne soit

lui-

L'évêque

lui qu'on

ne nuit

pas,

tient les prêtres;

et il sert beaucoup.

il a le bâton

sur

C'est par

eux, lequel

manié

évêque,

par un jeune sera la verge

vicaire

de fer

général

qui

veut devenir

« Donc,

prêtre,

prends

peu,

bien garde.

Malheur

on peut

à toi, si tu écri-

te sus-

si tu bouges vais

Prêche

n'écris jamais;

forme,

une ligne

Sans

autre

pendre,

prudence

t'interdire;

nulle explicalion;

d'en demander,

nous dirions

si tu avais l'im-

« Affaire

de

1 Le jésuite n'est pas seulement confesseur, il est directeur, et

comme

engagé

tel, consulté

au secret,

sur

en sorte

tant;

que

comme tel,

vingt

directeurs

il ne se croit

qui

vivent

nullement

ensemble

peuvent

qui

leur

testaments,

mettre

sont ouvertes,

en commun,

examiner

et combiner

de part

les milliers

d'âmes

et qu'ils

voient

en part.

et pénitentes,

Mariages,

peuvent

tous

les actes

de leurs

pénitents

être discutes,

préparés

dans ces conciliabules!

9

mœurs.

» C'est

la même

me

chose

chose

po

pour un prêtre

que

d'être

noyé, une pierre au cou On dit qu'il n'y a plus de serfs en France

Il y en

a quarante mille.

valer leurs larmes

Je leur conseille

de se taire, de ra-

et de tâcher

de sourire.

Beaucoup accepteraient

le silence,

dans

un

coin.

Mais on ne les tient

faut qu'ils parlent ils damnent Bossuet.

et qu'ils mordent,

et de végéter

pas quitte.

Il

et qu'en

chaire

On en a vus de forcés de

répéter

tel sermon contre

un auteur vivant qu'ils n'avaient

pas lu.

Ils étaient

je-

tés, lancés, malheureux

du passant étonné, qui leur demandait pourquoi.

chiens de combat,

aux jambes

0 situation

misérable!

anti-chrétienne,

maine

Ceux qui la leur font

en rient

loyaux adversaires,

croient

leurs ennemis,

ceux qu'ils attaquent,

en pleureront

anti-hu-

Mais leurs

et qu'ils

Prenez

un homme

dans

la

rue,

le premier

qui passe,

et demandez-lui

répondra sans hésiter

« Qu'est-ce

que les Jésuites?

« La contre-révolution.

» Il

»

Telle est la ferme foi du peuple;

et vous n'y changerez

rien.

elle n'a jamais varié,

10

Si ce mot, prononcé

quelques

personnes,

ayons perdu

le sens.

au Collége

il faut

qu'à

de France,

a surpris

force d'esprit,

noue

Grands

pulaire,

prédis,

esprits,

qui rougiriez

d'écouter

la voix po-

adressez-vous

à la science,

étudiez,

et je le

au bout

de dix ans passés

sur l'histoire

et les

livres des Jésuites,

mort

de la liberté.

vous n'y trouverez

qu'un

sens

La

Le jour où l'on a dit ce mot,

la Presse

entière

(chose

nouvelle),

atteint,

retenti.

s'est trouvée d'accord1.

plus

bas

encore

que cette

» On s'en

Partout

où la Presse

et

dans

étrange

vantait

les masses,

il

réponse

«Nous

en

avril;

en juin,

pas

que

personne

Ils n'ont imaginé

pas.

n'existons

l'on s'en cache.

Que sert de nier?

ne voyez-vous

ne se paiera

dites-vous

de paroles.

Criez liberté!

Cela

à votre

aise,

de tel ou

tel parti.

ne nous

importe

là, c'est

guère.

Si vous avez le cœur

jésuite, passez

le côté

de Fribourg

si vous

êtes

loyal

et net,

venez

ici, c'est la France!

a

1 On peut parler ainsi, lorsqu'une cause, embrassée

par le Siècle,

le Constitutionnel, elle Courrier, est défendue d'une part par les Débats et la Revue des Deux-Mondes, de l'autre par le National; la Gazette même s'est déclarée contre les Jésuites dans la question

du probabilisme.

il

Dans l'affaiblissement

des partis, dans le rapproche-

ment plus ou moins désintéressé de beaucoup

d'hommes

d'opinion

ait plus

esprits

diverse,

que deux

L'esprit

il semble

partis,

que

comme

de vie et l'esprit

tout à l'heure

il n'y a que

de mort.

il n'y

deux

Situation bien autrement

années,

grande et dangereuse

quoique les secousses

celle des dernières

médiates y soient moins à craindre. Que serait-ce.

que

im-

si

de mort,

dominé la religion,

l'esprit

gnant

dans tout ce qu'elle

ayant

la société dans la politique,

a de vivant?

la littérature

Le progrés

des hommes

de mort s'arrêtera,

allait ga-

et l'art,

espé-

rons-le.

va mieux

cheminé

Le jour a lui dans le sépulcre.

On sait, on

savoir encore comment

ces revenants

ont

dans la nuit.

Comment,

pendant que nous dormions,

ils avaient,

à pas de loups,

tres et les femmes,

les gens sans défense,

surpris

les maisons religieuses.

des prê-

Il est à peine concevable

la porte.

combien de bonnes

frères, charitables

gens,

de simples esprits, humbles

ont été ainsi abusés.

entr'ouvert

sœurs,

leur ont

Combien

trompés

de couvents

à cette

voix douce-

reuse et maintenant

et l'on sourit

disent.

ils y parlent

ferme, et l'on a peur,

en tremblant,

et l'on fait tout ce qu'ils

12

Qu'on

nous trouve

une œuvre

riche

ils n'aient

aujourd'hui donner comme

la principale

ils veulent,

influence,

où ils ne fassent

à qui ils veulent.

Il a bien

fallu

dès lors

naires,

picpus,

prendre

chez

que toute

lazaristes,

eux

le mot

corporation

bénédictins

pauvre (mission- allât

même),

d'ordre.

Et maintenant

tout

cela

est

comme

mènent bravement

Chose étonnante

une

grande

armée

que

les jésuites

à la conquête

du siècle.

qu'en

si peu

de 'emps

on

ait

réuni

de telles

forces!

Quelque

haute opinion

qu'on

aie de l'habileté

pliquer

rieuse.

un

des jésuites,

elle ne suffirait

a là une

pas à ex-

mysté-

jour

tel résultat.

Il y

main

Celle qui,

bien dirigée,

dès le premier

du monde,

Faible main,

a docilement

à laquelle

opéré les miracles

rien

ne résiste,

de la ruse.

la main

de la

femme.

Les jésuites

ont employé « De

parle toutes couvertes

saint Jérôme

pauvres

1 »

de péchés

On montre

à un

une pomme on a montré

venir

tilles petites dévotions

à soi. Eh

bien,

féminines,

inventés

hier;

on leur

a arrangé

l'instrument,

petites

dont

femmes,

enfant

pour

aux femmes

le faire

de gen-

de saints

joujoux,

un petit

monde

ido-

lâtre.

revenait

Quels

signes

et voyait?.

de croix

ferait

Il ne

resterait

saint Louis,

pas deux

s'il

jours.

Il aimerait

mieux

retourner

en' captivité

chez

les

Sarasins.

13

Ces nouvelles modes

nécess

étaient nécessaires pour gagner

étaient

les femmes.

pâtisse

vent

Qui

veut

les prendre,

au

il faut

qu'il

com-

aux petites

faiblesses,

petit

manège,

sou-

de quel-

aussi au goût du faux.

Ce qui a fait prés

la fortune de ceux-ci,dans

le commencement

obligé

visites

ques-unes

surtout,

tère;

c'est justement

ce mensonge

et ce mys-

en ca-

faux nom,

demeure

peu connue,

chette, la nécessité

piquante

de mentir

en revenant.

Telle quia beaucoup

le monde

uniforme

senti,

et fade,

le mélange

des idées contraires,

et qui à la longue

trouve

cherche

dans

je ne sais quelle acre

volontiers

saveur.

J'ai vu à Venise

un tableau,

où, sur un riche

tapis sombre,

et dans

le crâne

une belle

errait

Ceci, c'est l'exception.

rose

à plaisir

se fanait

près

une gracieuse

Le moyen

simple

d'un

crâne.

vipère.

et naturel

qui a généralement

sauvages

au moyen

jésuitesses1,

fines

réussi,

c'est de prendre

les oiseaux

des oiseaux

et douces,

privés.

adroites

Je

parle

des

et charmantes,

qui, marchant

toujours

devant

les jésuites,

ont

mis

1

Les

dames

du

Sacré-Cœur

non seu!ement

depuis

sont,

dirigées

et

de

par

gouvernées

par les Jésuites,

constitutions.

Les intérêts

l'ordre doivent

être communs

les jésuites de retour

la caisse du Sacré-Cœur.—

faite aux Jésuites

par Loyola

mais elles ont,

pécuniaires

On

de

1823,

deux

point,

les mêmes

branches

puisque

ces

jusqu'à

apres la révolution

un certain

de juillet,

ont été aidés

a révoqué

expressément

la défense

de diriger

des maisons

de femmes.

14

partout l'huile

ravi les femmes

et le miel,

adouci

la voie.

en se faisant

sœurs, amies,

voulait, mères surtout,

touchant

le point

Elles

ont

ce qu'on

sensible, le

pauvre cœur maternel.

De bonne

amitié,

elles consentaient

à prendre

la

jeune fille

parée jamais, la remettait de grand