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PHOTO : D. R.

El Watan

MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Surmortalité des femmes par infarctus

LIRE L’ARTICLE DE DJAMILA KOURTA EN PAGE 16

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Dimanche 26 mai 2013

ÉDITION DU CENTRE

IILL YY AA 2200 AANS,NS, TTAHARAHAR DDJAOUTJAOUT PPREMIERREMIER JJOURNALISTEOURNALISTE ASSASSINÉASSASSINÉ PRESSE LE
IILL YY AA 2200 AANS,NS, TTAHARAHAR DDJAOUTJAOUT
PPREMIERREMIER JJOURNALISTEOURNALISTE ASSASSINÉASSASSINÉ
PRESSE
LE PRIX DU SANG
Le déchaînement de
la violence terroriste
contre les hommes
et les femmes de la
presse en Algérie
reste inégalé dans
le monde de par son
atrocité et le nombre
de victimes qu’il a
emportées.
La résistance des
journalistes et des
intellectuels, «la
famille qui avance»
comme l’écrivait
Djaout, reste l’une des
pages les plus nobles
du combat pour la
liberté de pensée et
la démocratie.
LIRE LES ARTICLES DE DJAMEL ALILAT, SAÏD RABIA, GHANIA LASSAL, A. SOUAG ET MOKRANE AÏT OUARABI
EN PAGES 2, 3, 4 ET 5 ET LE COMMENTAIRE DE ALI BAHMANE EN PAGE 32
2, 3, 4 ET 5 ET LE COMMENTAIRE DE ALI BAHMANE EN PAGE 32 N°6877 -

N°6877 - Vingt-troisième année - Prix : Algérie : 15 DA. France : 1 . USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com

. USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan. com BLANCHIMENT D’ARGENT ENQUÊTE SUR LES

BLANCHIMENT D’ARGENT

ENQUÊTE SUR LES AVOIRS DE CHAKIB KHELIL EN FRANCE

La section financière du tribunal de Paris est chargée d’instruire une enquête sur une affaire de blanchiment d’argent qui concerne Chakib Khelil et une trentaine de personnes, suite à une plainte déposée par des associations algériennes en France.

LIRE L’ARTICLE DE NOTRE CORRESPONDANTE À PARIS NADJIA BOUZEGHRANE EN PAGE 7

NOTRE CORRESPONDANTE À PARIS NADJIA BOUZEGHRANE EN PAGE 7 800 MAGISTRATS CONCERNÉS GRAND MOUVEMENT DANS LES

800 MAGISTRATS CONCERNÉS

GRAND MOUVEMENT DANS LES RANGS DE LA MAGISTRATURE

LIRE L’ARTICLE DE SALIMA TLEMÇANI EN PAGE 7

LE 5 e CONGRÈS A ÉLU LES SUCCESSEURS D’AÏT AHMED

UNE INSTANCE PRÉSIDENTIELLE À LA TÊTE DU FFS

Le Front des forces socialistes (FFS) a élu hier, au troisième et dernier jour des travaux de son 5 e congrès, sa nouvelle direction.

L e plus vieux parti de l’opposition est désormais sous la direction d’une instance

présidentielle composée de cinq membres que sont Mohand Amokrane Cherifi, Ali Laskri, Rachid Halet, Aziz Baloul et Saïda Ichalamen. Les 1044 congressistes du parti ont élu à la majorité écrasante, dans un vote à main levée, l’unique liste proposée à la candidature pour

la constitution de l’instance présidentielle et comportant les noms cités. La veille, les

nouveaux statuts du parti adoptés après un débat, qualifié de «dur» par les congressistes, ouvraient l’opportunité aux délégués présents de proposer des listes fermées de cinq membres chacune, mais tous se sont accordés à ne soutenir qu’une seule.

Nadjia Bouaricha

(Suite page 6)

TUNISIE

LES AVOCATS ET LES JUGES DANS LE COLLIMATEUR DES DJIHADISTES

LIRE L’ARTICLE DE NOTRE CORRESPONDANT À TUNIS MOURAD SELLAMI EN PAGE 14

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PHOTO : D. R.

PHOTO : D. R. El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 2 DOSSIER TAHAR DJAOUT

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 2

DOSSIER

TAHAR DJAOUT

LE SAGE D’OULKHOU

Q uand je serai grand et que j’aurais un travail, je prendrais de l’argent et je le glisserais

de nuit dans la maison d’un pauvre. Comme ça, quand le pauvre se réveil- lera, il sera content. Il va se dire que c’est Dieu qui le lui a envoyé.» Le petit garçon qui fait ce vœu pieux devant sa grande sœur deviendra quelques années plus tard un brillant journaliste et un intellectuel de renom. Il n’oubliera, cependant, jamais d’aider les pauvres. Mieux encore, chaque fois qu’il en aura l’occasion, il deviendra cet intellectuel engagé pour faire entendre la voix de son peuple et de tous les damnés de cette terre sacrée qui l’a vu naître. La dame qui nous raconte cette anecdote sur le pas de sa porte est Nna Tassadit, la sœur aînée de Tahar Djaout, dont il est ici question. Nous sommes à Oulkhou, son village natal, à Ath Chaffaâ. C’est jeudi, jour de marché dans la ville voi- sine d’Azzefoun. Ce qui explique que le village soit déserté par ses hommes. Un paysan vient à passer. C’est Ahmed Djaout, 63 ans. Ce paisible retraité est le premier habitant que nous rencon- trons et il se trouve être un cousin du journaliste assassiné. Il se chargera bien gentiment de nous introduire à Oulkhou, de nous indiquer la maison familiale de Tahar Djaout, puis celle de sa sœur. Nna Tassadit témoigne que Tahar avait un tempérament exceptionnel. «Jamais on ne l’a vu en colère. Il souriait tou- jours», dit-elle. Joint par téléphone, son

souriait tou- jours» , dit-elle. Joint par téléphone, son Tahar a été fauché à une période

Tahar a été fauché à une période où il venait enfin d’atteindre la plénitude de son talent

ami d’enfance, Akli Gasmi, dira de lui qu’il était «d’une sagesse exemplaire. On ne l’a jamais vu se bagarrer et il détestait la violence». Tout petit déjà, Tahar a fait des pieds et des mains pour rentrer à l’école. N’ayant pas encore atteint l’âge de la scolarité, il n’avait pas été inscrit et en pleurait de dépit. C’est ainsi qu’il accompagna obstiné- ment son frère aîné et se glissa souvent furtivement dans ce mystérieux temple de la connaissance qui le fascinait tant. «Il était très motivé et avait une grande volonté d’apprendre», témoigne encore son ami Akli. Tahar obtient en 1974

une licence de mathématiques, mais sa vocation le pousse tout naturellement vers le journalisme et la littérature. Après Octobre 1988, Djaout s’engagera dans le journalisme d’idées. Dans un hommage non encore publié, son ami et compagnon de longue date, Abdelkrim Djaâd, dira de lui : «Les événements d’Octobre 1988, un aggiornamento du sérail pour déposer Chadli, va consa- crer d’une manière durable la division du pays. Djaout sera l’un des porte-voix du camp démocratique qui s’opposera véhémentement à la violence islamiste.» Alors que les nuages s’amoncellent dans

le ciel d’Oulkhou, nous rencontrons des membres de l’association culturelle locale. Elle porte, bien évidemment, le nom de l’illustre journaliste. Nous nous rendons ensemble au cimetière où il repose. Sa tombe est propre et fleurie. Abritée sous un mimosa, elle se dresse sur une butte qui fait face à la mer en contrebas de ce village qu’il a toujours aimé. Beaucoup de lieux dans et autour du village sont évoqués dans ses livres. Oulkhou, c’est ce «village des ancêtres où il entretenait secrètement une rela- tion intime avec la vérité des origines», nous dira son ami Abdelkrim Djaâd, joint par téléphone. «Toute son œuvre s’est nourrie de ce terreau, de cette terre ancestrale, de cette culture des ancêtres et de l’histoire de son pays», dit son ami d’enfance, Akli Gasmi. «Il était très attaché à ses amis et son village», ajoute encore son ami. Tahar Djaout lisait beaucoup et dévorait littéralement les livres. «Un jour, je lui avais prêté un livre de 300 pages, il me l’a rendu en 24 heures», se rappelle encore cet ancien enseignant de 10 ans son aîné. Tahar a été fauché par les balles inté- gristes à une période où il venait enfin d’atteindre la plénitude de son talent littéraire et journalistique. Il paya de son

sang un engagement sans faille pour une Algérie du progrès. Tahar Djaout se revendiquait ouvertement et fièrement de cette «famille qui avance» face à une «famille qui recule», mais n’avait que ses mots souvent très doux pour le dire. «Des mots contre des kalachnikovs. Combat inégal. Combat pathétique d’une République qui a oscillé et flan- ché au premier coup de feu», dira encore Abdelkrim Djaâd qui l’a longuement côtoyé, aussi bien à Algérie Actualité qu’à Ruptures. Ce 26 mai 1993, sur le parking d’une cité de banlieue, un ersatz d’humain mettra fin à sa vie de deux balles dans la tempe. Il n’avait pas encore bouclé ses 39 ans. Un autre Tahar, Ouettar de son nom, appartenant à l’autre famille, poussera l’outrance jusqu’à dire qu’il n’était une perte que pour la France. 20 ans après sa disparition, sa grande famille commémore encore sa mort. Djaout est le premier martyr d’une corporation qui a payé un lourd tribut au terrorisme. Il sera «le premier martyr d’une presse qui a refusé toute compro- mission, toute flagornerie», dira encore Djaâd. C’est pour toutes ces raisons que Tahar Djaout est aujourd’hui plus qu’un symbole. C’est une école. DjamelAlilat

plus qu’un symbole. C’est une école. DjamelAlilat SI KADDOUR BOUSSELHAM Le serviteur des humbles S i

SI KADDOUR BOUSSELHAM

Le serviteur des humbles

S i Kaddour Bousselham a été victime de son courage car il a osé défier les terroristes

qui lui ont adressé plusieurs lettres de menaces, lui intimant l’ordre de cesser d’exercer la profession de journaliste correspondant. Il a été ravi à la vie au moment où il s’apprêtait à améliorer les conditions de vie de sa famille. Il a toujours vécu modestement», témoigne Abdelkader Benmechta, journaliste de Liberté à Mascara et ami d’enfance du défunt. A l’instar de ses concitoyens victimes du séisme qui a secoué la région de Mascara le 18 août 1994, Kaddour habitait avec ses six enfants, en sa qualité de sinistré, sous une tente dressée à l’intérieur du jardin public de Hacine, sa commune de résidence. «C’est en ces douloureuses circonstances, plus précisément dans la nuit du 29 au 30 octobre 1994, que Si Kaddour, qui se trouvait à l’intérieur de sa khaïma, fut enlevé par un groupe de terroristes», affirme notre interlocuteur. Et d’ajouter : «Selon les aveux de certains terroristes repentis ou arrêtés par les services de sécu- rité, Kaddour Bousselham a été assassiné trois jours après son

Kaddour Bousselham a été assassiné trois jours après son enlèvement. Son corps ne fut jamais retrouvé.

enlèvement. Son corps ne fut jamais retrouvé.» Sa regrettée mère, Khalti Khedidja, morte après lui, n’a jamais pu se recueillir sur sa tombe. Fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage, Kad- dour Bousselham, né le 2 septembre 1947 à Hacine, à 20 km de Mascara, «a été contraint d’interrompre ses études afin de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Il a exercé différents emplois :

ouvrier agricole, facteur, garde-barrière, directeur d’entreprise communale», relate notre confrère. Pour ce qui est de sa carrière dans la presse écrite, Kaddour Bousselham a débuté en qualité de corres- pondant de La République. Après la conversion de ce dernier en langue arabe, il rejoint El Moudjahid avant d’atterrir à la rédaction d’Horizons à Alger, puis il est nom- mé chef de bureau du même journal à Mascara. «Au cours d’un long parcours qui a débuté dans les années soixante, Bousselham Kaddour n’a cessé d’être à l’écoute de ses concitoyens. Dans son village natal de Hacine, les habitants trouvaient même assistance auprès de lui quand il s’agissait de rédiger des lettres», nous dit un autre journaliste natif de la même région. A. Souag

lui quand il s’agissait de rédiger des lettres», nous dit un autre journaliste natif de la
Choc et admiration dans le monde C ’est devenu une sorte de quiz mor- bide

Choc et admiration dans le monde

C ’est devenu une sorte de quiz mor- bide : combien de journalistes ont été tués cette semaine ? De combien

de manières différentes sont-ils morts ?» s’alarmait, en 1994, l’American Journa-

lism Review. Les médias ont, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, payé un lourd tribut sur l’autel du «devoir d’infor- mer». Mais là où «le cas algérien» boule- verse tant l’opinion interna- tionale, c’est que dans nul autre pays, les journalistes assassinés auront été aussi nombreux et ce, en une période aussi a courte. Dès les premières

exécutions, exécu la corporation et autres

associat associations s’effraient de cette hémor-

ragie. ragie. « «Les journalistes sont devenus des

cibles cibles p privilégiées pour les extrémistes.

Et Et ceci ceci représente une situation totale-

ment ment no nouvelle, sans précédent», s’indi-

gnait gnait Dja Djallal Malti de Reporters sans fron-

tières. tières. « «Et c’est la raison pour laquelle

tout tout cela cela est aussi effrayant», concluait-il.

Et Et si si la la presse étrangère reste sans mots

devant devant l le massacre des populations «ci-

viles», viles», i il y a une sorte d’abasourdisse-

ment, ment, d’ d’incrédulité, de profond désarroi

devant devant c ces martyrs de la plume. Le tout

teinté teinté de de r respect et d’admiration. «Le coût

du du dévoue dévouement peut être élevé», lit-on dans

un un reporta reportage daté des années 1990, publié

dans dans l’Inte l’Inter Press Service (IPS). «Pour les

journalist journalistes d’une Algérie déchirée, un

assassinat n’est pas qu’une autre brève, un autre article. C’est un risque quotidien du métier», affirmait un journaliste anglais. «‘‘Porter la plume dans la plaie’’ (…) mais avec infiniment plus de mérite et de cou- rage, bien sûr, à Alger», assurait l’Express. Et le décombre macabre entamé en 1993 se poursuivait, jour après jour, à la une des titres internationaux. Aujourd’hui encore, cette tragédie de la presse algérienne est gravée dans la mé- moire collective de la corporation. Une sorte d’aura qui entoure la presse algé- rienne, qui fait de ses enfants des rescapés, des héros malgré eux. Pour Robert Fisk, cela demeure insuffisant et insignifiant en considération de ce lourd sacrifice. Le reporter, grand connaisseur de l’Algérie, se trouvait dans le pays en janvier 2011. Dans un reportage intitulé «Le martyre oublié des journalistes algériens», Fisk interpelle :

«Comment oublie-t-on aussi rapidement le meurtre de confrères ?» Il énumère les

hommes et les femmes de la plume tombés sous les balles assassines ou les poignards. «Et maintenant, lorsque nous trempons nos pages de tristesse lors de la mort d’un

reporter occidental, pourquoi ne nous rap-

pelons-nous pas ces 94 Algériens ?» Ghania Lassal

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 3

DOSSIER

DJAOUT, YEFSAH, LIABÈS, ALLOULA, BELKHENCHIR…

Crime contre l’intelligentsia

D ifficile exercice que de se remettre dans les années 1990. Début de la décennie noire,

les islamistes étaient à deux doigts de s’emparer du pouvoir. Grisés par un raz-de-marée lors des élections locales de 1990 puis celles de 1991, ils commenceront alors à imposer leur diktat aux Algériens dans tout les espaces publics. Séparation des hommes et des femmes dans les bus, une police islamique s’affairait à la moralisation de la société. Devant la démission du pouvoir en place qui avait laissé longtemps faire, ce sont alors les intellectuels, les journalistes qui constitueront le premier rem- part contre la régression intégriste. Après les premiers attentats contre les services de sécurité, les groupes terroristes prendront pour cible tout ce que l’Algérie possédait comme cadres de qualité, intellectuels et journalistes véhiculant les valeurs du progrès, de démocratie et de modernité. La première victime, Hafidh Sanha- dri qui tomba le 14 mars 1993 sous les balles assassines de hordes de sauvages qui signeront des dizaines d’assassinats. Deux jours plus tard, l’Algérie perdait un de ses meilleurs enfants, Djillali Liabès, sociologue, auteurs de plusieurs publications, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et président à l’époque de l’Institut national des études de stra- tégie globale. Le 17 mars, c’est L’hadi Flici qui est lâchement assassiné. Le 26 mai de la même année, c’est le journaliste écrivain, Tahar Djaout,

qui est tué à Baïnem (Alger). La

série noire, qui avait alors commencé, se poursuivra pendant de longues années : Mahfoudh Boucebci, le professeur Djillali Belkhenchir, le sociologue Mohamed Boukhobza, Smaïl Yefsah, Abdelkader Alloula, Rachid Tigziri, Saïd Mekbel, et la liste est longue, seront tous assassi- nés… C’est un véritable massacre que les islamistes avaient t organisé contre les intel- lectuels algériens. Les terroristes avaient même mis en place une faction, le FIDA, chargée spécialement de liquider une intelligentsia qui leur barrait la route. La terreur s’était installée partout dans le pays. Personne n’y a échappé. Hommes de lettres, artistes, ensei- gnants, journalistes, mé- decins, politiciens, cari- caturistes, les terroristes n’ont pas fait dans le dé- tail. Sortant de la maison le matin, sans jamais être e sûr de revenir le soir. Les

es Algériens rasaient les murs urs

enterraient leur «crème». De ce 3 octobre 1995, quand notre défunt confrère Omar Ouartilane a été tué en rejoignant tôt le matin son bureau au journal El Khabar, de Mahiou, jour-

naliste de Liberté et de son chauffeur, assassinés puis décapités. Comment Mohamed Boukhobza qui avait remplacé Djillali Liabes tué plus

Tahar Djaout. C’est la mémoire d’une Algérie intelligente, battante, résis- tante, intègre tournée vers l’avenir, que les lois amnistiantes du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, et ceux qui l’ont soutenu ont voulu effacée. Des lois qui ont créé un contexte poli- tique où des dérives ont été tolérées. Ali Benhadj, numéro deux du parti

tôt a été sauvagement assassiné devant g dissous (Front islamique q du salut), , Ah-
tôt a été sauvagement assassiné devant
g
dissous (Front islamique q du salut), ,
Ah- Ah -
m
med e d
Benaïcha, Benaïcha,
Ali Ali
Ben- Ben-
hadjer, hadjer,
d’anciens d’anciens
chefs chefs
terroristes, terroristes,

ses enfants. Ces martyrs, on ne doit pas les oublier. Ils représentent «la famille qui avance…», pour reprendre le titre d’une chronique du défunt

revendiquent et jus- tifient aujourd’hui, dans les colonnes d’une certaine presse, la liquidation des meilleurs enfants de l’Algérie. Dans quelle époque sommes-nous ? Saïd Rabia

mais ont résisté à la horde e intégriste intégriste

décidée à dévitaliser l’Algérie lgérie pour pour

lui imposer un projet moyenâgeux oyenâgeux

en semant la mort et la désolation. Djaout, Mekbel, Liabès, Alloula et les autres ont choisi de résister au péril de leur vie pour que l’Algérie reste debout. On se souvient encore de ces mardis noirs où les Algériens

SMAÏL YEFSAH

La jeunesse et le talent assassinés

SMAÏL YEFSAH La jeunesse et le talent assassinés P lusieurs coups de couteau dans le dos

P lusieurs coups de couteau dans le dos et trois balles dans le ventre et la

poitrine. Smaïl Yefsah saigne de partout. Après quelques pénibles pas, il accède à la cage d’escalier du plus proche immeuble de son lieu de résidence, à Bab Ezzouar. Devant la porte d’un voisin, il s’effondre et perd conscience. Transféré rapidement vers l’établissement hos- pitalier de Mohammadia (ex-Belfort), il ne se réveillera plus. Les médecins confirment son décès après le guet- apens que lui a tendu un groupe de ter- roristes intégristes. On est le 18 octobre 1993, en pleine période de terrorisme islamiste. Une date marquée à l’encre indélébile. Vingt ans après, cette atroce scène d’assassinat reste encore un vif

souvenir dans la mémoire des centaines de journalistes et de milliers d’Algériens qui l’ont connu d’une manière ou d’une autre. Ce présentateur vedette du journal télévisé de l’ENTV est ainsi mort pour n’avoir jamais cédé face à la menace des fanatiques religieux. Des menaces qu’il a reçues en direct à la télévision. Son courage, sa témérité et son ouver- ture d’esprit, que lui reconnaissent de nombreux confrères, l’ont vite mis en première ligne des «apostats à abattre». Il est en effet le deuxième sur une longue liste de journalistes de l’ENTV tués par les hordes intégristes qui prenaient pour cible, durant cette période noire de l’histoire récente de notre pays, tous ceux qui ne partageaient pas leur idéolo-

gie sanguinaire et leurs projets obscurs. Smaïl Yesfah aurait pu fuir ce «champ de bataille», aller à l’étranger – comme

l’ont fait certains – couler des jours heu- reux en attendant que la tempête passe et que les choses se tassent. Mais, enfant du peuple vivant dans un quartier populaire qui porte aujourd’hui son nom, Smaïl Yefsah a préféré se battre et combattre la bête immonde aux côtés des siens. Il n’a assurément pas choisi le cercueil, mais

il a bien refusé de faire sa valise. Il est

aujourd’hui l’un des symboles de la lutte contre l’obscurantisme, le fanatisme et l’intégrisme religieux. Sa mort, qu’il

a affrontée debout, est une belle leçon

de bravoure. Un bel acte de résistance.

M. A. O.

religieux. Sa mort, qu’il a affrontée debout, est une belle leçon de bravoure. Un bel acte
El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 4 DOSSIER SAÏD MEKBEL «CE VOLEUR QUI…»

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 4

DOSSIER

SAÏD MEKBEL

«CE VOLEUR QUI…»

S amedi 3 décembre 1994. Saïd Mekbel, 54 ans, célèbre bil- lettiste et néanmoins directeur

du journal Le Matin, publiait un der- nier billet étrangement prémonitoire intitulé «Ce voleur qui…», où la mort guettait le journaliste rasant les murs. Ce fatidique samedi, Saïd est attablé dans une pizzeria, à deux pas du siège de son journal, dans le quartier de Hussein Dey. Une collègue partage son repas, le dernier. Des toilettes de ce restaurant fréquenté par les journa- listes du Matin sort un jeune affublé d’une queue de cheval. Il s’avance vers la table de Saïd Mekbel, dégaine son arme. Il appuie sur la gâchette, l’arme s’enraye, puis deux coups partent à bout portant. Saïd Mekbel, dos au tueur, s’affaisse. Transporté à l’hôpital Aïn Naâdja, il décédera le lendemain. De son vivant, Saïd Mekbel était déjà l’une des figures les plus embléma- tiques de la presse algérienne et ne devait cette position qu’à la seule force de son immense talent. Saïd Mekbel se savait visé. Des menaces de mort, il en recevait depuis des années déjà. Il avait même fait l’objet d’un attentat raté. Alors qu’il avait pointé son pistolet pour lui tirer dessus, à bout portant, le terroriste qui le visait a vu son arme s’enrayer. Ce fatidique samedi 3 décembre 1994, la bouche de la mort a craché à deux reprises. Il venait de publier, le matin même, un dernier billet étrangement prémonitoire intitulé «Ce voleur qui…» Près de deux décennies après sa mort, Saïd Mekbel n’a pas été oublié. A

Béjaïa, sa ville natale, une stèle à son effigie verra bientôt le jour. Lancée sur une initiative d’un groupe de journa- listes locaux, elle sera érigée sur une place publique pour rappeler autant son combat que son sacrifice. Ce que peu de gens savent encore de

lui est que Saïd Mekbel était l’un des

tout premiers ingénieurs algériens. Enfant, il était si précoce qu’on lui a

fait sauter des classes. Détecté très tôt par ses enseignants, on conseilla à sa famille de le mettre à l’Ecole des cadets de Koléa. D’extraction modeste, la famille a dû se saigner pour financer ses études. «Notre mère a dû vendre sa chaîne en or», se rappelle Salim, le plus jeune de ses frères, qui nous a reçus chez lui, dans ce paisible quartier non loin du port. Saïd quitte Béjaïa très tôt pour se consacrer aux études. Quand il reve- nait en vacances dans sa ville natale,

il donnait des cours particuliers aux

voisins qui en avaient besoin. Il don- nait également un coup de main à son

oncle, gérant d’une barque qui assurait

le passage entre le port et la jetée. «La

traversée coûtait 25 centimes», se rap- pelle Salim.

A son retour à Alger, il est recruté par

Alger Républicain en tant que critique

de cinéma. En 1965, il intègre Sonel-

gaz en tant que contremaître. «C’est notre oncle, un ancien moudjahid, qui lui avait demandé de rentrer pour se mettre au service du pays», précise Salim. En 1978, il obtient son diplôme d’ingénieur en mécanique des fluides. Toute sa vie, Saïd Mekbel livrera deux

combats. L’un politique, l’autre jour- nalistique. Son engagement politique au sein du Parti communiste algérien lui vaudra d’être arrêté et torturé sous Boumediène. Il connaîtra également la clandestinité. En 1965, lorsqu’Alger Républicain est interdit pour la troi-

sième fois de son existence par le régime de Boumediène, Saïd Mekbel s’imposera d’écrire son billet d’humeur quotidiennement sans être publié. Il le fera jusqu’à la résurrection du défunt journal, en 1989. Salim Mekbel garde encore chez lui comme de précieuses reliques deux exemplaires de journaux. Il s’agit du numéro zéro d’Alger Répu- blicain après l’indépendance dédicacé par Saïd, puis du numéro zéro du jour- nal Le Matin. Son fils Nazim, que nous avons pu joindre, témoigne : «La rédaction d’Alger Républicain se réunissait ré- gulièrement chez nous, à la maison, au

lancement du journal. C’est aussi à la maison qu’a été décidé du nom et du logo de ce qui allait devenir Le Matin«Saïd a été façonné par Henri Alleg»,

dit son ancien collègue au Matin, Has- san Zerrouky, que nous avons rencontré dans les locaux du Soir d’Algérie. Au

lancement d’Alger Républicain, Henry lui fourgue un recueil des billets de

Robert Escarpit en lui lançant : «Tiens, lis ça et propose nous quelque chose du même tonneau.» Doué d’une grande finesse d’esprit et d’une sensibilité hors du commun, Saïd Mekbel était un touche-à-tout de génie, qui excellait dans beaucoup de domaines : la photo, le dessin, l’écri-

dans beaucoup de domaines : la photo, le dessin, l’écri- ture, la cuisine, la menuiserie… «

ture, la cuisine, la menuiserie… «Il savait parler aux petits comme aux vieux», se rappelle son frère Sa- lim. Saïd était toujours entouré de jeunes journalistes. Dès qu’il perce- vait un talent, il aidait, conseillait et encourageait. «Il avait une posture de passeur», se souvient Arezki Tahar,

ex-directeur du Théâtre régional de Béjaïa, qui l’a bien connu. «Le meilleur hommage qu’on puisse aujourd’hui lui rendre est d’être fidèle à ce journalisme d’idées, à ce journalisme citoyen», dit encore Arezki Tahar, qui nous rapporte cette dernière anecdote. DjamelAlilat

à ce journalisme citoyen », dit encore Arezki Tahar, qui nous rapporte cette dernière anecdote. DjamelAlilat
cevra que le Soir d’Algérie a perdu trois de ses éléments. Son rédacteur en chef

cevra que le Soir d’Algérie a perdu trois de ses éléments. Son rédacteur en chef Allaoua Aït Mebarek, le chro- niqueur Mohamed Dorban et Djamel Deraza qui animait les pages détente. Du jour au lendemain, le Soir d’Al- gérie n’existe plus. Il ne reste du journal qu’un tas de décombres et des journalistes complètement démo- ralisés, abattus par la perte de leurs amis et collègues. Fouad Boughanem, l’actuel directeur de publication du Soir d’Algérie, était au moment des faits à Paris. Il en parle : «Au départ, on refuse cette réalité. Tu refuses d’admettre que des gens puissent disparaître, que des gens sont morts. En plus, il était impossible d’avoir des infos à partir de Paris, les condi- tions de l’époque n’étant pas celles d’aujourd’hui», dit-il. Il fallait trou- ver le courage de rebâtir, de repartir à zéro. De remotiver l’équipe. «Il fallait ressortir le plus vite possible, comme une victoire symbolique sur ceux qui ont voulu notre mort, comme un défi. Il fallait le faire pour nos morts et aussi nos lecteurs», dit encore Fouad Boughanem. «On n’avait plus rien. Heureusement que la solidarité a joué à plein régime», se rappelle encore le directeur du Soir d’Algérie qui précise que c’est dans les locaux d’El Watan que le journal renaît de ses cendres. Fouad Boughanembalaie d’un revers de main les inélégances de confrères qui ont préféré regarder ailleurs au moment où son journal avait besoin d’un soutien. Il préfère ne retenir que les gestes d’aide et de solidarité, par ailleurs fort nombreux. Ahmed Ouyahia, le Premier ministre de l’époque est venu et a promis de reconstruire les locaux. 17 ans après cette macabre journée du 11 février 1996, le Soir d’Algérie est toujours debout, au même endroit, dans les mêmes locaux en bois. DjamelAlilat

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 5

DOSSIER

MERZAK BAGTACHE

LE MIRACULÉ

e me suis vu descendre dans la tombe.» Merzak Bagtache est un mira-

culé. L’écrivain, qui a sur la joue droite ce que l’on pour- rait prendre pour une fos- sette, a échappé, il y a vingt ans, à une tentative d’exé- cution. C’est après moult réticences qu’il accepte de remonter le temps. «Je ne veux pas me replonger dans ce traumatisme, toute cette douleur. Cela fait 20 ans que j’essaie d’oublier», prévient-il, la voix rauque, parfois rendue inaudible par l’émotion. Il relate son his- toire d’une traite, en fermant les yeux, comme pour mieux se remémorer la moindre sensation. Le journaliste et homme de lettres entame sa longue carrière à l’aube de l’indépendance du pays, en décembre 1962, au jour- nal Echaâb, puis à l’APS et d’autres publications. Il devient aussi membre du Conseil consultatif national (CNN). C’est le début des années 1990 qui charrieront leur lot de chaos politique et de morts, et ce que M. Bagtache se refuse toujours

à appeler «guerre civile».

J

«Donner un agrément au FIS a été une erreur mo- numentale. Et nous avons ensuite assisté, impuissants, à l’escalade de la violence et de l’horreur», se rappelle- t-il. Il s’interrompt, se passe une main sur le visage. «Je suis profondément croyant. Mais jamais au grand ja- mais, je ne forcerais qui-

la douleur a commencé. Je

la

douleur a commencé. Je

ne

pouvais ni bouger ni res-

pirer. Et une douleur atroce, inimaginable, me déchirait

à

chaque inspiration», se

souvient-il. Par miracle, Merzak Bagtache survit. Il a la mâchoire brisée – il res- tera 45 jours avec la bouche scellée – et a gardé quelques

séquelles, mais il est vivant. «Je ne sais pas par quelle grâce ma vie s’est prolon- gée. Quant à ceux qui m’ont tiré dessus, AllahYesmah.» Vingt ans après, il n’a au- cun regret. «Lorsque Tahar Djaout puis Mohamed Boukhobza ont été assassi- nés, j’ai été convoqué par

conque à croire. Jamais je ne comprendrais que l’on presse une arme contre la tempe de quelqu’un pour lui dire ‘crois’», lance-t-il, animé. Il se savait menacé, condamné à mort par ces «meurtriers». Pourtant, il

En plein été, il portait une veste. J’ai juste eu le temps d’entr’apercevoir qu’il por- tait la main à sa ceinture.» Puis le néant. La première balle entre dans sa nuque et ressort par sa joue droite, laissant de larges cicatrices.

deux fois au commissariat du quartier. On voulait m’affecter une escorte. J’ai refusé catégoriquement. Ce n’est pas que je n’avais pas peur. Mais chacun ac- complissait son devoir pour sauver l’Algérie, et chacun a fait ce qu’il devait faire.

refusera de se plier à la psy- chose dictée par les terro-

Le journaliste tombe à la renverse. Ce qui lui sauvera

A

mon sens, nous étions

ristes. «Je n’ai rien changé

la vie, la deuxième balle

les semblables des soldats

à mes habitudes.» Et c’est

qui lui était destinée allant

du

1 er Novembre 1954 !»,

ce qui fera de lui une proie toute désignée, aussi facile à atteindre.

se ficher dans la cuisse de son ami, à ses côtés. Au bout d’une minute d’incons-

insiste-t-il. Aujourd’hui, même s’il estime qu’un retour en arrière est impen-

On est samedi 31 juillet 1993. La chaleur à Alger est suffocante. Merzak Bag- tache, comme à son habi- tude, sort, en fin d’après- midi, dans son quartier de Fontaine Fraîche. En pleine lecture, il n’accorde que peu d’attention au jeune homme

cience, il perçoit des cris. «Il faisait noir. Et je ressentais une tristesse infinie. A ma droite, s’est élevé un brouil- lard mauve très compact. Je me suis demandé : ‘est-ce cela l’au-delà ?’» Ses voi- sins, affolés, le transportent en urgence vers l’hôpital

sable, il avoue que la situa- tion n’est pas à la hauteur des sacrifices consentis. «Il y a eu trop de gâchis humain, trop de sang versé. Mais malgré cela, le système politique actuel ne veut pas changer de visage. L’injus- tice et l’opacité demeurent

qui avance, à une dizaine

Birtraria, d’où il sera évacué

et

le pouvoir est cruellement

de mètres de lui. «Il sem- blait étrange, excentrique.

le même jour vers l’hôpital Aïn Naâdja. «C’est là que

loin des préoccupations des citoyens.» Ghania Lassal

11 FÉVRIER 1996 : BOMBE À LA MAISON DE LA PRESSE

L e 11 février 1996 est sans doute le jour le plus sombre de la

presse. C’est une journée de

Ramadhan qui égrène péniblement des heures plombées par la faim et la fatigue. On meuble son temps comme

on peut. Il est 15h30 et dans les locaux du Soir d’Algérie, c’est l’heure du bouclage et des ultimes correctifs. Dehors, c’est l’heure de pointe pour les achats de la journée. Sur la rue Hassiba Ben Bouali, la circulation automobile est, comme à son habi- tude, très dense. C’est cette heure de grande affluence que choisissent des terroristes pour accomplir leur noir dessein. Dans cette insouciance géné- rale et cette torpeur qui gagnent les esprits tenaillés par la faim, un four- gon bourré d’explosifs vient de sta- tionner sur la rue Hassiba Ben Bouali, le long du mur jouxtant la maison de la presse. Une ancienne caserne où des locaux improbables ont été amé- nagés pour abriter des rédactions de journaux. Les occupants du fourgon de la mort quittent subrepticement les lieux. Quelques minutes plus tard, l’explosion qui retentit est si puissante qu’elle rase complètement les locaux du Soir d’Algérie. La Maison de la

presse n’est plus qu’un champ de ruines fumant où errent des blessés,

hagards, qui se demandent si la fin du monde ne vient pas d’arriver. Le souffle de la déflagration est si puis- sant que toutes les vitres du voisinage ont volé en éclats jusqu’au lointain siège de l’UGTA, la centrale syndi- cale algérienne. Sur la rue Hassiba, les morts et les blessés se comptent par dizaines parmi les passants et les automobilistes. Beaucoup de corps sont déchiquetés et les voitures ne sont plus que des amas de tôle tordue. En quelques secondes, des Algériens

viennent encore de passer d’une scène de vie ordinaire à un spectacle d’apo- calypse. A l’heure du bilan, on s’aper-

MOHAMED HASSAÏNE, L’OUBLIÉ

U ne petite plaque dans une ruelle de Lar- baâtache. C’est tout ce qu’il reste

du martyre de Mohamed Hassaïne. Lundi 28 février 1994. Il est 7h30 et, comme tous les jours, Mohamed, journaliste et correspondant de la région de Boumerdès pour le quotidien Alger Républicain, sort de chez lui pour se rendre

à son travail. Il vit dans la localité de Larbaâtache, d’où il est originaire. La «décennie noire» fait rage et la région est un fief terroriste notoire. Le journaliste reçoit ainsi, depuis plusieurs mois, des menaces de mort. Ce matin, elles seront mises

à exécution. Une voiture l’attend à quelques mètres de chez lui. Des hommes armés des-

cendent du véhicule, et, à l’endroit où se trouve à présent la plaque commémorative, les terroristes l’embarquent, avant de disparaître. Et de faire dis- paraître à jamais le père de famille. «A l’époque, nous ne savions rien de son calvaire. Juste qu’il était parti travailler comme tous les jours, mais que le soir il n’est pas rentré à la maison», relate Nacéra, sa veuve. Ce n’est que bien plus tard que les langues se délient dans le voisinage et que des témoins ra- content l’enlèvement tel qu’ils y ont assisté. Près de vingt ans après, la famille du journaliste ne sait

toujours pas ce qu’il est advenu de lui, les circons- tances exactes de son assassinat, mais aussi et

surtout l’emplacement de sa dépouille mortelle. «Comment un enfant peut-il faire le deuil de son père lorsqu’il n’a même pas de tombe sur laquelle pleurer ?», souffle Nacéra, mère de deux garçons. Durant toutes ces années, elle n’a cessé de se demander si le pire aurait pu être évité pour son défunt mari. Celui-ci recevait des lettres de menaces, mais refusait catégoriquement de partir de ce village ou, «le pire pour lui», d’arrêter son travail. «Il était primordial pour lui de continuer à défendre la République, à dénoncer la barbarie qui nous l’a ravi. J’estime qu’il aurait dû jouir de plus de protection, de plus de considération», déplore la veuve. Et ce manque de considéra-

tion, Nacéra et ses enfants l’ont vécu au jour le jour tout au long de ces 19 longues années. «La mémoire de mon mari a été trahie. Qui se souvient de lui ? Rares sont ceux qui l’évoquent, lui ou son sacrifice. Il est mort pour l’ingratitude de l’Etat et de la corporation», s’indigne-t-elle. La famille du défunt Mohamed Hassaïne n’a ainsi pas eu droit aux indemnités et autres réparations octroyées aux victimes du terrorisme. «Je n’ai eu aucune aide de l’Etat, rarement de la corporation ou d’associations. Il a fallu attendre 18 ans pour que ses anciens collègues viennent nous rendre visite pour s’enquérir de la situation dans laquelle nous nous trouvons», s’attriste Nacéra. Ghania Lassal

100 JOURNALISTES ET ASSIMILÉS DES MÉDIAS ASSASSINÉS DE 1993 À 1997

1993
1993

11.07

- Yasmina DRISSI, Le Soir d’Algérie.

20.03

- Houria HAMMADI, ENTV, soeur de Rachida,

20.10-NourredineSERDOUK,Liberté.

04.03-SlimTRIA,radio.

26.05

- Tahar DJAOUT, directeur de Ruptures.

20.07-MohamedLamineLEGOUI,APSàBousâada.

meurt sur lecoup.

29.10

- Khaled GUERDJOUMA.

12.03-DjilaliARABDIOU,photographeAlgérie-

03.08-RabahZENATI,ENTV.

17.09-Laïd-AliAITEL-HARA?radio

21.03-AliBOUKHERBACHE,El-Djoumhouria,directeur

03.11-OmarOURTILANE,rédacteur-en-chefEl-Khabar.

Actualités.

09.08-AbdelhamidBENMENI,AlgérieActualités.

26.09-MouloudBAROUDI,photographeANAFàTipaza.

de Media TV.

04.11-AhmedKHALFOUN,APS.

30.03-YahiaAMOUR,ENTV.

11.09

- Saâdeddine BAKHTAOUI, El Minbar (APUA).

26.09-SmailSBAGHDI,APS.

27.03-MohamedABDERRAHMANI,directeur

02.12-HamidMAHIOUT,Liberté.

10.04

- El Hadi SLIM, ENTV.

28.09

- Abderrahmane CHERGOU, Alger Républicain et

12.10

- Lahcene BENSAADALLAH, directeur de El Irchad.

El-Moujahid.

02.12-HamidouBENKHERFELLAH,Liberté.

24.04-DjamelBOUCHIBI,El-Moudjahid.

L’Hebdolibéré.

16.10-TayebBOUTERFIF,radio.

03.04-MakhloufBOUKHEZAR,ENTV,àConstantine.

05.12 - Khedidja DAHMANI, Echourouk El Arabi.

26.07 - Farida BOUZIANE, Le Pays, à Draâ Ben Khedda.

05.10 - Djamel BOUHIDEL, photographe Le Nouveau

19.10 - Farah ZIANE, rédacteur-en-chef de Révolution

15.05 - Azzedine SAIDJ, El Ouma.

14.12-AbdelkrimBENDAOUD,ENTV.

27.07-BoualemTOUARI,ENTV.

Tell,àBlida.

Africaine,àBlida.

21.05-BakhtiBENAOUDA,indépendant,écrivain,à

20.12

- Mohamed BELKESSAM, chef de production

11.08

- Mohamed KESSAB, Radio Coran et Radio-

14.10-MustaphaABADA,directeurgénéralENTV.

27.10-Mohamed-SalahBENACHOUR,APS,àBlida.

Oran.

ENTV.

Mitidja

18.10-IsmaïlYEFSAH,ENTV.

27.10-KaddourBOUSSELHAM,Horizons,disparuà

21.05

- Malika SABOUR, Echourouk El Arabi.

23.12-KhaledMERIOUD,réalisateurENTV.

15.10-MokraneHAMOUI,directeurcommercial

28.12-YoucefSEBTI,indépendant,écrivain,poète.

Mascara.

27.05-MouradHEMAZI,ENTV.

(Datenonprécise)- TalebADEN, indépendant.

EchouroukEl-Arabi.

1994
1994

30.11

- Yasser El-AKEL El Massa.

18.06-AhmedTAKOUCHET,RadioCirta.

1996
1996

26.12

- Boussaâd ABDICHE, El Moudjahid.

23.01-RachidKODJA,radio.

30.11

- Nasser-Eddine LAKEHAL, El Mass, à Boufarik.

02.08-NaïmaHAMOUDA,RévolutionAfricaine.

12.01

- Mohamed MEKATI, El Moudjahid.

1997
1997

01.03-AbdelkaderHIRECHE,ENTV.

30.11-AhmedISSAAD,radio,àBoufarik.

21.08

- Ameur OUAGUENI, Le Matin.

14.01-KhaledABOULKACEM,L’Indépendant.

10.01

- Messaoud BELLACH, El Moudjahid.

01.03-MohamedHASSAINE,AlgerRépublicain,disparu

03.12

- Saïd MEKBEL, directeur du Matin.

03.09

- Saïd TAZROUT, Le Matin, à Tizi Ouzou.

10.02

- Abdallah BOUHACHEK, Révolution et Travail, à

07.02-Si-AliREGUIEG,ENTV.

àHammadi.

 

04.09

- BrahimGUERROUI, caricaturiste, El Moujahid.

Blida.

01.06

- Abdelwahab HARROUCHE, El Moudjahid.

12.03-HassanBENAOUDA,ENTV.

1995
1995

04.09

- Yasmine BRICK, radio Chaîne 1.

11.02

- Allaoua AIT-MEBAREK, dir. de la rédaction le Soir

20.08-AliTENKHI,ENTV.

19.03-YahiaBENZAGHOU,APS,celluleCommunication

06.01-ZineddineALIOU-SALAH,Liberté,àBlida.

08.09-RadjaBRAHIMI,ENTV,àDellys.

d’Algérie.

31.08-ZoubidaBERKANE,ENTV.

du Premier ministre.

06.01

- Ali ABOUD, radio Chaîne 1.

08.09-SaidBRAHIMI,ENTV,àDellys.

11.02- MohamedDORBANE, leSoird’Algérie.

Journalistesalgériensdisparus

21.03-AbdelmadjidYACEF,photographeL’Hebdo

13.01-AbdelmadjidYahiaoui,Echaâb.

09.09-RabahLALLALI,ENTV.

11.02- Djamel DERAZA, leSoird’Algérie.

199508.03-Djamel-EddineFAHASSI,radio.

libéré.

01.02-NacerOUARI,ENTV.

15.10-AbdelwahabSAADAOUI,Echaâb.

11.02-NaïmaILLOUL,ENTV.

1997 12.04 - Aziz BOUABDALLAH El AlemEssiyassi.

21.03-RachidBENDAHOU,L’Hebdolibéré.

17.02

- Djameleddine ZAITER, El Djoumhouria, à Gdyel.

15.10-AhmedBOUGUERRA.

17.02

- Achour BELGHEZLI, Le Pays, à Tizi Ouzou.

Journalistesétrangers

13.04-MohamedMECEFFEUK,ElWatan.

01.03-MahmoudOUARHOUM,APS.

16.10

- Saida DJEBAILI, El Hayat El Arabi.

17.02

- Dalila DRIDECHE, Le Pays, à Tizi Ouzou.

199401.02-OlivierQUEMENEUR,AFP,aététuéàLa

07.06

- Ferhat Cherkit, El Moudjahid.

20.03

- Rachida HAMMADI, ENTV, mourra de ses

16.10

- Ahmed Mustapha LAZHAR, El Hayat El Arabi.

27.02-MouradTAAM,radio.

Casbah.

07.06-HichemGUENIFI,radioENRS.

blessuresle31.

18.10-MohamledFETTAH,ENTV.

29.02-BelkacemSAADI,ENTVConstantine,àSkikda.

Le même jour, Yves Menari et l’Australien Scott Alla.

PHOTO : H. LYES

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 6

L’ACTUALITÉ

LE 5 e CONG RÈS A ÉLU LES SUCCESSEURS D’AÏT AHMED

Une instance présidentielle à la tête du FFS

Suite de la page 1

P lacé sous le slogan «Pour la reconstruction d’un consensus national», le 5 e congrès du FFS,

disent les congressistes, a «donné tout son sens à ce slogan en optant pour une liste rassembleuse». Consensus a été donc trouvé autour des cinq nou- veaux dirigeants du parti. «C’est un consensus fort parce qu’il est survenu après un débat très sérieux, passionné et dur même au niveau des ateliers. Mais je crois que quand on met tout sur la table de façon claire, en n’évitant aucun sujet, même ceux qui fâchent, c’est ça le principal. C’est un consen- sus qui est né de la confrontation et du conflit, mais un conflit pacifique qui cherche la meilleure solution», estime Rachid Halet, membre de l’instance présidentielle. Notre interlocuteur sou- tient qu’à travers cette élection, «les 1044 délégués nous ont délivré le message que ce parti appartient à ses militants et à tous ceux qui l’aiment et non pas à une caste, quelle qu’elle soit, fut-elle celle des dirigeants du FFS. Le deuxième message qu’ils nous livrent, c’est une forte volonté de changement. Autant nos invités que les congres- sistes ont tous adhéré à l’objectif d’une reconstruction d’un consensus national». Aziz Baloul, anciennement

d’un consensus national». Aziz Baloul, anciennement Les 5 membres de la nouvelle direction du FFS président

Les 5 membres de la nouvelle direction du FFS

président du comité de recours au sein du FFS et actuel membre dirigeant du parti, souligne lui aussi le consensus qu’a suscité la liste proposée au vote :

«J’espère qu’on sera à la hauteur de la confiance des militants parce qu’il est difficile de remplacer Hocine Aït Ahmed. Nous nous traçons comme but, à travers cette direction collégiale, de nous épauler les uns les autres afin de faire avancer le parti. Mais il faut savoir qu’il ne s’agit là que d’une phase de transition, j’espère que le parti va évoluer vers l’émergence

d’une personnalité charismatique qui puisse prendre la direction.» Aziz Baloul tient par ailleurs à préciser que «la ligne politique du FFS n’a jamais été déviée. Il n’y a pas de problème de ligne politique, il y a des problèmes d’ambitions, d’hommes, ce qui est tout à fait normal. Et j’espère que maintenant les gens ont compris que l’intérêt du parti passe avant tout. Notre objectif est que le parti s’élar- gisse sur le maximum du territoire national et aille dans une démarche de conquête du pouvoir. Nous devons

être un parti d’opposition offensif». Ali Laskri a noté pour sa part que «quelles que soient les divergences par rapport à la forme de direction, ce qui compte c’est que la démocratie l’emporte. Les camarades congressistes ont fait leur choix dans la transparence la plus totale». Et l’ancien premier secrétaire d’ajouter que le travail au sein de l’instance présidentielle se fera dans la cohésion, la transparence et la stabi- lité : «La direction collégiale des cinq historiques a donné plus de force à la révolution, et c’est cet esprit de col- légialité qui va présider à notre tâche pour renforcer davantage le FFS. Il est déjà renforcé par la présence de délé- gués de plus de 40 wilayas, c’est très important pour nous.» Ahmed Djed- daï qui, dans un premier temps, avait affiché son intention de se présenter, s’est finalement rétracté : «Nous avons trouvé une liste consensuelle, pourquoi

donc se présenter ? Ce qui compte, c’est l’intérêt du parti et nous avons trouvé un consensus sur les personnes qui composent l’instance présiden- tielle.» Et d’affirmer qu’il n’y a pas de fracture au sein du FFS ni de déviation de la ligne politique. «Notre parti est toujours un parti opposant au pouvoir et il le restera tant qu’il n’y a pas de volonté politique pour une réelle ou- verture démocratique», précise encore Djeddaï. A l’heure où nous mettons sous presse, les travaux du 5 e congrès se pour- suivent autour d’une autre élection importante, celle de la composante du nouveau conseil national (CN). Les congressistes éliront les 159 membres du CN, parmi lesquels l’instance pré- sidentielle choisira le futur premier secrétaire du FFS. Le nom de ce dernier sera connu dans les prochains jours. N. B.

Membres de l’instance présidentielle du FFS succédant à Hocine Aït Ahmed

- MohandAmokrane Chérifi, président du comité d’éthique

- Aziz Baloul, ancien président du comité de médiation, de recours et de règlement des conflits

- Rachid Halet, député et ancien membre du comité d’éthique

- Ali Laskri, député et ancien premier secrétaire

- Saïda Ichalamen, députée et ancien membre du comité d’éthique

LE SIT-IN DE AÏN BEÏDA AVORTÉ

La CNDDC prépare un grand rassemblement à l’Est

De notre envoyé spécial à Oum El Bouaghi

L es chômeurs du Sud n’ont pas réussi, hier, à greffer, dans le Nord, la graine de la reven-

dication qui les anime depuis des mois. Tahar Belabès et ses camarades du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC) ont échoué à Aïn Beïda, où ils avaient prévu de tenir un sit-in. Pourtant, la ville est peuplée de chômeurs : des jeunes et des moins jeunes vic- times des compressions massives et des jeunes diplômés qui ne trouvent rien au sein d’une administration modeste et moribonde et une zone industrielle fantomatique. L’action a été avortée grâce à une mobilisation sans précédent de la population locale et où les politiques du FLN et du RND ont joué les premiers rôles pour dissuader les jeunes de leur ville de rejoindre les manifestants. A la place du bâton de la police, cette fois, les représentants du pouvoir ont eu recours à la stratégie de la peur pour soulever le barrage contre «les trublions étrangers». C’est d’abord dans les mosquées de Aïn Beïda que cette stratégie a été entamée. L’avant-veille, à l’occasion du prêche du vendredi, tous les imams ou presque ont focalisé sur le sujet, appelant la population locale à dire non à ces «manœuvres qui visent à déstabiliser la ville». Tous ceux que nous avons rencontrés avaient un seul mot à la bouche : la peur d’éventuels dérapages. Cheikh

Lazhar, rencontré sur l’esplanade mitoyenne du théâtre, ne cache pas ce sentiment : «Personne ici n’est contre les revendications des chômeurs, c’est leur droit de demander du travail, mais nous avons peur de fâcheuses conséquences.» Avec lui, Mourad Bendada, président d’une asso- ciation de défense de l’environnement, explique que «la population est très sensible parce que la plaie est encore ouverte. Les autorités locales ont pu déloger les centaines de commerces informels qui occupaient toutes les rues du centre-ville et nous avons certes récupéré ces lieux publics, mais il reste encore quelque 400 jeunes qui attendent toujours une alternative à leurs étals perdus. Ces jeunes n’attendent qu’une étincelle pour exploser».

LES AUTORITÉS LOCALES ONT JOUÉ AVEC LE FEU Autour d’une table au café du Théâtre, des per- sonnes n’ont pas caché leur refus de voir Tahar Belabès ou n’importe qui d’autre venir pertur- ber la quiétude de leur ville. Ces personnes qui composent le forum citoyen jouent les vigiles sur la place publique et tirent une fierté manifeste pour avoir réussi à donner au centre-ville, souillé par l’informel, un visage bien meilleur. Mais leur chauvinisme positif est mêlé à de la naïveté politique, car les commanditaires avaient réussi à mobiliser les vaillants citoyens en faisant croire que les manifestants étaient des monstres poten-

tiels. Mais ceci n’empêche pas que les groupes de jeunes, chauffés à blanc dans l’intention de nuire aux manifestants, avaient fini par comprendre au moins le discours de la CNDDC. Nawfel Che- kaoui, licencié en droit et représentant local du Comité, fulmine contre les manipulateurs : «Ils ont voulu créer la fitna à Aïn Beïda en faisant comprendre à des jeunes que nous étions venus casser et créer des problèmes. Heureusement, nous n’avons pas répondu aux provocations et, en expliquant nos intentions, ils ont fini par com- prendre et sympathiser avec nous.» De son côté, Belabès broyait du noir et n’en reve- nait pas d’essuyer un tel revers. «Ce qui nous est arrivé à Oum El Bouaghi est un grave précédent. Le maire et les députés locaux ont incité la popu- lation à nous lyncher. Un militant a été blessé et d’autres ont été chassés de la ville, très tard dans la nuit.» Le coordinateur du Comité considère qu’il s’agit là d’un message du pouvoir qui veut, selon lui, circonscrire le mouvement dans une dimension régionale. «Nous dénonçons cette attitude et nous prévenons le pouvoir que nous allons réci- diver, mais dorénavant nous n’aurons plus à in- former l’administration de nos actions publiques en respectant les délais réglementaires, nous descendrons dans la rue quand on voudra», a-t-il averti, avant de promettre, pour un avenir proche, une grande manifestation des chômeurs dans une grande ville de l’est du pays. Nouri Nesrouche

Les forestiers en grève à partir du 28 mai

La Fédération des travailleurs des forêts et du développement rural appelle à une grève de trois jours à compter du 28 mai. Dans un communiqué rendu public hier, cette fédération, affiliée à l’UGTA, dénonce le refus du ministère de l’Agriculture d’accéder aux revendications des travailleurs, qu’elle qualifie de «légitimes». Ce mouvement de grève sera ponctué par un sit-in, le 1 er juin, pour exiger la réhabilitation et le renforcement de l’administration forestière et son personnel afin d’assurer une meilleure protection du patrimoine national forestier. La fédération exige la promulgation de la nouvelle loi forestière et demande la réhabilitation de la police forestière, avec les moyens coercitifs et dissuasifs nécessaires, pour mettre un terme au braconnage et à la dilapidation du patrimoine forestier. Les travailleurs du secteur revendiquent, également, un statut particulier digne de ce nom et une qualité d’officier de la police judiciaire

pour les chefs de district et les officiers

forestiers.

R. S.

et une qualité d’officier de la police judiciaire pour les chefs de district et les officiers

PHOTO : B. SOUHIL

PHOTO : M. SALIM

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 7

L’ACTUALITÉ

800 MAGISTRATS CONCERNÉS

Large mouvement dans les rangs de la magistrature

Le ministre de la Justice, Mohamed Charfi, prépare l’un des plus importants mouvements dans le corps de la magistrature, apprend-on de source judiciaire.

C ’est un des plus importants mouvements que le ministre de la Justice, Mohamed Charfi,

veut opérer dans les rangs de la ma- gistrature, apprend-on de source judi- ciaire. Cette opération a été confiée à une commission qui siège à la Cour suprême, composée de dix magis- trats, parmi lesquels Hamid Sahel, procureur général près la cour de Sidi Bel Abbès, Boudjemaâ Lotfi, procureur de la République près le pôle pénal spécialisé de Constantine, Mostefa Smati, président du tribunal de Ouargla, les quatre magistrats élus du Conseil supérieur de la magistra- ture (CSM) ainsi que le directeur des ressources humaines et son adjoint. Cette commission travaille. C’est la première fois qu’un mouvement est confié à une commission élargie aux magistrats. Pendant des années, le mouvement a fait partie des préroga- tives du directeur des ressources hu- maines, dont la liste était confection- née au gré des humeurs des ministres ou alors sur la base des relations ou des lieux de naissance, suscitant à chaque fois de la frustration, de la colère et de la démobilisation chez de nombreux juges. Est-ce pour garantir un minimum de transparence que le ministre a élargi la prise de décision aux magistrats ? Nous n’en savons rien. La réponse sera connue une fois

le mouvement rendu public. Ce qui

est certain, c’est que la commission

doit remettre la liste avant la fin de

la semaine en cours, afin qu’elle soit

examinée et entérinée par le CSM, sous la présidence du ministre de la Justice et rendue publique avant la mi-juin. D’après nos sources, il est question de la nomination de nom- breux jeunes magistrats, issus de la

11 e promotion jusqu’à la 14 e sortie entre 1999 et 2005 de l’Ecole supé- rieure de la magistrature, aux grades

de juges d’instruction, de procureurs

de la République, de présidents de tribunaux et de conseillers auprès des cours. Pour nos sources, il s’agit de rajeunir l’effectif des juridictions et

combler le vide laissé par les départs

et les promotions.

DES CHANGEMENTS ET DES INTERROGATIONS En réalité, nos sources qualifient ce mouvement de «plus vaste et

plus large» que le secteur ait connu depuis 2001, année où Ahmed Ouya- hia, alors ministre de la Justice, avait effectué un changement qui

a concerné autant de magistrats. Il

en est de même pour les postes de chefs de cour qui connaîtront aussi des permutations, des changements, des mises à la retraite et des promo- tions. «La liste est prête depuis des

jours. Elle n’attend que le retour du président de la République pour être signée et annoncée. Les chefs de cour

sont nommés par décret présidentiel, sur proposition du ministre de la Justice», notent nos interlocuteurs. Même si certains voient ces change- ments comme «un coup de pied dans la fourmilière et une occasion assez importante pour le rajeunissement des rangs des magistrats», d’autres par contre appréhendent ces mesures vu qu’elles sont prises à quelques

mois seulement de l’élection prési- dentielle. «Depuis sa venue en tant que ministre de la Justice, Moha- med Charfi n’a jusqu’à présent pas réussi à faire face aux pratiques de favoritisme, de régionalisme et de

lutte de clans et d’intérêts héritées de son prédécesseur. Il a laissé la situation telle quelle, alors que pour les magistrats, il a fait appel à une commission élargie aux juges pour éviter toute mauvaise surprise de son directeur des ressources humaines. Pour quelle raison agit-il ainsi ? Est- ce parce qu’il y a l’échéance de 2014 qui nécessite la mobilisation des

magistrats ? Est-ce pour s’assurer de ceux qui vont composer l’organisme de supervision des élections ? L’enjeu de ce mouvement ne doit pas être 2014. Si c’est le cas, il ne faut pas en espérer grand-chose», notent nos

cas, il ne faut pas en espérer grand-chose» , notent nos Des permutations, des mises à

Des permutations, des mises à la retraite et des promotions sont annoncées

interlocuteurs. Entre l’optimisme des uns et le scepticisme des autres, il y a de nombreux jeunes juges qui seront propulsés juges d’instruction, à la tête des tribunaux et au niveau des cours.

Pour nombre d’entre eux, l’espoir de gravir les échelons sans chercher un parrain, comme cela a toujours été de mise, est désormais permis. Salima Tlemçani

BLANCHIMENT D’ARGENT

Enquête sur les avoirs de Chakib Khelil en France

La plainte déposée par deux associations, le Mouvement des citoyens algériens de France (MCAF) et le Conseil national de l’immigration (CNI), contre Chakib Khelil et d’autres responsables algériens pour détournement de biens publics et blanchiment de capitaux, auprès du procureur de la République du tribunal de grande instance de Paris, le 25 février dernier, a été enrôlée par ce même tribunal sous le numéro 131350011095 le 15 mai 2013. C’est la section financière du tribunal de Paris qui sera chargée de l’instruire.

Paris De notre correspondante

O mar Aït Mokhtar, président du MCAF, nous précise que l’action

engagée auprès du procureur de la République de Paris a pour origine une affaire de corruption concer- nant la compagnie italienne ENI et Sonatrach et impliquant, du côté algérien, l’ancien ministre de l’Ener- gie Chabik Khelil et une trentaine de responsables algériens, instruite par le tribunal de Milan et pour laquelle le MCAF et le CNI se sont por- tés partie civile. Affaire dénommée Sonatrach II. «Les personnes mises en cause dans l’affaire de Milan possèdent des biens et des comptes bancaires en France, obtenus à partir d’argent sale. Nous nous sommes appuyés sur la loi française relative au blanchiment de capitaux pour argumenter notre démarche auprès du

de capitaux pour argumenter notre démarche auprès du tribunal de Paris», nous affirme Omar Aït Mokhtar.

tribunal de Paris», nous affirme Omar Aït Mokhtar. Et d’ajouter : «Notre action est dirigée contre les biens in- dûment acquis et non les personnes.» «Nous voulons que cet argent illéga- lement acquis soit rendu au peuple algérien, son véritable propriétaire.» Le président du MCAF nous affirme

qu’un dossier a été remis au procu- reur de la République du tribunal de grande instance de Paris, contenant des documents et des preuves ayant trait aux biens et comptes bancaires appartenant à certaines des personnes poursuivies par le tribunal de Milan, que le MCAF et le CNI ont recueillis suite à des investigations. «Celles-ci se poursuivent», indique Omar Aït Mokhtar. Ces biens détournés seraient de l’ordre de 260 millions d’euros, selon notre interlocuteur. Les députés français et européens Noël Mamère, Eva Joly, José Bové et Cohn-Bendit appuient l’action du MCAF et du CNI, selon Omar Aït Mokhtar. Les deux associations ne vont pas s’arrê- ter à la France, elles vont poursuivre leurs investigations dans d’autres pays européens à la recherche de comptes bancaires et de biens immobiliers illé-

galement acquis. Nadjia Bouzeghrane

APRÈS PLUSIEURS SEMAINES DE DÉBRAYAGE

Les paramédicaux gèlent leur grève

L es travailleurs des corps communs de la santé et les paramédicaux reprennent leur service aujourd’hui, annoncent leurs syndicats

respectifs. Ainsi, le Syndicat autonome des paramédicaux (SAP) a annoncé le gel du mouvement de protestation après «avoir obtenu satisfaction auprès de la tutelle sur les trois points essentiels de la plateforme de revendications», explique Lounès Ghachi, président de

ce syndicat, contacté hier. Une réunion a été tenue, jeudi dernier, entre les représentants du ministère de la Santé, sous la direction du secré- taire général du département, et les responsables du SAP. Le ministère s’est engagé à l’application du statut particulier des paramédicaux à partir de juin prochain. La réunion a été sanction- née par un procès-verbal portant par écrit les promesses de la tutelle

à la revalorisation des primes de garde et la généralisation de la

prime de contagion ainsi que la réintégration de 23 000 travailleurs contractuels, explique le même syndicaliste. «Nous estimons avoir obtenu gain de cause, nous laisserons un délai pour la tutelle. Si ces décisions ne sont pas appliquées, le syndicat reprendra son action de protestation. C’est en tout cas la décision du bureau national man- daté par le conseil national qui s’est réuni à l’issue de la rencontre avec les représentants du ministère», menace M. Ghachi. De son côté, la Coordination nationale des corps communs de la santé, affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a décidé, après de longs débats, de geler, elle aussi, le mouvement de protestation. L’annonce de la signature par le Premier ministre des décrets portant revalorisation de l’indemnité de garde et de la prime de contagion

des professionnels de la santé et le souci de «ne pas pénaliser les malades» semblent avoir eu leur effet sur les grévistes. Après près de six semaines de grève, les corps communs ont opté enfin pour le gel de la grève. Les revendications de ces derniers concernent en premier lieu la révision du régime indemnitaire dans son volet lié notamment

à la prime de contagion. A rappeler que la proposition de la tutelle

concernant la hausse de cette prime à 7200 DA/mois selon le grade a été rejetée par le syndicat qui revendique une autre répartition «selon le risque et non le grade». Fatima Arab

PHOTO : D. R.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 8

ÉCONOMIE

EDISON A EU GAIN DE CAUSE FACE À SONATRACH

La crise en Europe entame les prix du gaz

La compagnie nationale des hydrocarbures s’est vu déboutée par la Chambre de commerce internationale dans le contentieux l’opposant à l’italien Edison.

L es effets de la crise qui conti- nuent à gripper les économies européennes commencent à

avoir raison des prix du gaz, après l’arbitrage, rendu récemment par la Chambre de commerce internatio- nale, en faveur de l’italien Edison, dans le contentieux l’opposant au groupe Sonatrach. La compagnie nationale des hydro- carbures s’est en effet vue déboutée par ladite instance d’arbitrage, en vertu d’une clause dite de boulever- sement, prévue dans le contrat de vente de gaz la liant à l’italien Edi- son, filiale du groupe français EDF. La clause en question prévoit clai- rement de possibles révisions à la baisse des prix du gaz en cas de changement des conditions écono- miques, ce qui est aujourd’hui le cas en Europe, où les perspectives de reprise restent encore mornes. «Difficile» pour l’Algérie de pré- server les prix du gaz en situation de crise économique qui affecte aussi bien la demande que les prix, se résigne ainsi le PDG du groupe Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, cité hier par l’APS. «Notre marge de manœuvre, ex- plique-t-il, est difficile, car il n’y a

manœuvre, ex- plique-t-il, est difficile, car il n’y a Edison, filiale du groupe français EDF pas

Edison, filiale du groupe français EDF

pas de reprise économique forte et lorsqu’il n’y a pas de reprise forte, commander le marché n’est pas uniquement l’apanage de Sona- trach.» Même quand ils sont bien ficelés, les contrats de vente de gaz, regrette le même responsable, «in- cluent malheureusement une clause admissible sur le marché de l’éner- gie et chez tous les partenaires qui consiste à revoir les prix lorsqu’il y a bouleversement des marchés». Plus qu’un simple précédent, le cas de l’italien Edison est surtout symptomatique d’un contexte de

ralentissement économique généra- lisé, charriant déjà un effet domino sur les prix de vente du gaz à de nombreux clients européens. «L’effet domino est là, il n’y avait pas qu’Edison qui a demandé à revoir les prix, il y a aussi l’ENI et Gas Natural Fenosa (GNF)», a en- core admis Abdelhamid Zerguine, ajoutant qu’avec ENI, le groupe algérien «est en passe de revoir les accords pour la troisième fois en deux ans». A s’en tenir au discours du PDG de Sonatrach, l’enjeu n’est donc plus d’empêcher ces révisions

à la baisse, mais juste d’en limiter l’étendue pour qu’elles n’impactent pas certains contrats gaziers liant la compagnie nationale à d’autres clients européens. «Aujourd’hui, a-t-il dit, nous consi- dérons qu’il n’y a pas de boulever- sements pour certains marchés et nous sommes en train de nous battre pour ne pas admettre des réductions pour ces contrats d’approvision- nement.» Ces dernières années, faut-il rappeler, les pressions sont devenues de plus en plus fortes sur les principaux fournisseurs de l’Eu- rope, y compris le géant russe Gaz- prom, pour que les prix du gaz livré par gazoduc soient revus à la baisse. Les clients européens demandent même à ce que les contrats d’appro- visionnement, traditionnellement indexés sur les prix de pétrole, soient adossés sur le marché spot, qui est découplé du marché à terme. Quoi qu’il en soit, en perdant sur les prix du gaz fourni par Sona- trach aux pays du vieux continent, l’Algérie ne peut assurément plus se targuer d’être encore à l’abri des conséquences de la crise qui secoue les économies européennes ces der- nières années. Akli Rezouali

SUITE À SES DÉBOIRES INTERMINABLES EN ALGÉRIE

SMI en arbitrage international avec Air Algérie

Le groupe canadien SM International Construction, retenu pour construire le siège d’Air Algérie, après maintes tentatives infructueuses, se tourne vers l’arbitrage international.

L e groupe canadien SM International Construc- tion, qui a obtenu le marché de réalisation, à

Bab Ezzouar, du nouveau siège social de la com- pagnie Air Algérie, s’est orienté vers les tribunaux internationaux pour faire valoir ses droits sur la compagnie aérienne publique. Cet ultime recours intervient suite à une fin de non-recevoir qu’op- pose la direction d’Air Algérie aux doléances du groupe SMI, qui, à mi-chemin, voit ses charges s’alourdir, remettant en cause les clauses contrac- tuelles, mais surtout sans la moindre contrepartie financière. Après plusieurs tentatives, vaines, de régler le différend à l’amiable, l’arbitrage inter- national a été enfin sollicité le 26 avril dernier par SM International Construction pour faire valoir ses droits. Air Algérie vient ainsi de s’ajouter à la longue liste des entreprises algériennes traînées par leurs partenaires devant les juridictions com- merciales étrangères. Alors qu’Air Algérie s’ac- crochait jusqu’ici inlassablement à ses reproches selon lesquels la société canadienne s’enlisait dans des «retards d’exécution», SMI oppose, elle, la carte de «l’attitude hésitante» du maître d’ou- vrage, Air Algérie en l’occurrence. Explications : après plusieurs mois d’attente faute de plans d’exécution, le chantier n’a pu se mettre en place que le 15 octobre 2011, alors que le contrat a été signé en février 2011 et la

notification de démarrage des travaux n’a eu lieu qu’en juin 2011. Une fois les clés du chantier remises à SMI, les déboires n’ont pas cessé de s’accumuler, puisque l’entreprise canadienne a été appelée à planter les jalons sur l’enceinte du

blindage construite préalablement par le maître de l’ouvrage et dont les défauts sont insurmontables, avec un fond de fouille abandonné pendant 2 ans

à l’air libre.

Cette affaire rappelle, faut-il le souligner, le scan- dale du projet de ligne ferroviaire reliant Annaba à Skikda, attribué en 2006 au groupement OHL-In- frarail et dont les travaux ne sont qu’à 30% de réa- lisation en 2013, faute d’une implication sincère du maître d’ouvrage et des autorités locales. Pour le cas de SMI, alors que le contrat est arrivé

à son terme le 7 mai, l’entreprise canadienne s’est

vu reprocher «un énorme retard dans la réali- sation», alors qu’elle était victime, comme bon nombre d’intervenants étrangers, de la bureaucra- tie algérienne. Le comble est que les travaux réalisés à ce jour ont été financés sur fonds propres de l’entreprise, sans paiement des acomptes sur approvision- nement ni sur travaux supplémentaires. Ce qui s’avère complètement contradictoire avec l’article 60.1 du contrat. Une petite lueur a jailli, le 25 février dernier, de l’actuel immeuble abritant les

locaux d’Air Algérie, jour du paiement du premier acompte à l’entreprise canadienne depuis son implantation en Algérie. Mais cette lueur ne saurait compenser toutes les pertes et les surcoûts générés par la remise en cause des plans initiaux du projet. Car les plans d’aménagement intérieur ont été revus de fond en comble par le maître d’ouvrage.

Alors que l’entreprise s’applique à corriger les défauts de construction faits par le maître d’ou-

vrage, elle se voit destinataire, entre juin 2012 et février 2013, des plans d’aménagement intérieurs en version revue et corrigée ainsi que les plans du système de désenfumage, soit trois mois avant la fin des délais contractuels prévus en mai 2013. Face à ce ralentissement à répétition dans lequel

s’investissait le maître d’ouvrage, comme ce fut le cas dans d’autres projets structurants, SMI n’a eu de choix que d’arrêter le chantier le 2 mai 2013, en attendant un règlement à l’amiable du différend. Cependant, Air Algérie ne l’entendait pas de la même oreille et oppose une fin de non-recevoir aux requêtes de SMI, qui demande «le respect des clauses du contrat». Au bout du compte, l’arbitrage international a été sollicité contre Air Algérie. Sollicité par nos soins afin de donner son avis sur cette question, le PDG d’Air Algérie était

injoignable.

Ali Titouche

CNEP-

BANQUE

Nouvelle

carte

épargne

L a CNEP-Banque procédera au

«déploiement général d’une solu-

tion monétique globale sécurisée

répondant aux normes universelles pratiquées en matière de moyens de paiement électroniques, norme EMV»,

a annoncé, hier, cet établissement

financier dans un communiqué parvenu à notre rédaction.

Le lancement de cette solution moné-

tique est prévu à partir d’aujourd’hui. «Toute nouvelle ouverture de compte épargne logement (vert) ou populaire (rouge) sera faite sous forme de carte

épargne ‘‘CE’’ unique avec des codes différents», explique la même source. Sont aussi concernés «les clients dis- posant d’un compte épargne désirant le transférer d’une agence vers une autre de CNEP-Banque». Dotées d’une puce et d’une piste magnétique avec un code confidentiel, ces cartes épargne auront une durée de

validité de cinq ans à compter de la date

de leur production et seront renouve-

lables à la date de leur expiration, note

le communiqué.

CNEP-Banque souligne que «les cartes épargne seront personnalisées au ni- veau de quatorze points de person- nalisation répartis sur le territoire national». Outre des opérations classiques en agence et en interagence, la nouvelle carte «offre aux épargnants (…) la possibilité d’effectuer différentes opé- rations, à savoir les versements et les retraits sur les DAB et les GAB (distri- buteurs automatiques de billets) de la CNEP-Banque ainsi que des banques de la place 24h/24 et 7 jours/7». Son utilisation, indique-t-on, «réduit les délais d’attente aux guichets à travers la rapidité de traitement des opérations, que ce soit au niveau de l’agence domiciliataire du client ou d’une quelconque autre agence de la CNEP-Banque». La clientèle dispose, par ailleurs, du service d’utilisation de la carte en off line, au cas où la connexion via le réseau d’Algérie Télécom est rompue. «Il s’agit de faire des retraits dans la limite d’un seuil plafonné défini à la commande de la carte épargne», pré- cise le communiqué. La généralisation

de cette solution intervient après son

déploiement «réussi» depuis le 14 avril 2013 sur un site test constitué de dix agences, rappelle la CNEP-Banque. Celle-ci prévoit le remplacement du support livret par la carte en deux temps. Un premier lot de 48 000 livrets sera remplacé par des cartes épargne, après accord des clients sélectionnés. Dans une deuxième phase, l’opération de remplacement touchera l’ensemble des

H. L.

clients.

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PHOTO : D. R.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 9

ÉCONOMIE

CONTRATS INTERNATIONAUX ET ARBITRAGE ÉCONOMIQUE

La compétence des négociateurs algériens en question

La CACI organise un séminaire à Alger à l’effet de combler les grandes lacunes constatées au niveau de la négociation des contrats internationaux.

L es pertes successives des procès arbi- traux des entreprises algériennes face à leurs partenaires étrangers ont poussé la

Chambre algérienne de commerce et d’indus- trie (CACI) à agir en urgence pour juguler un tant soit peu ce phénomène économique. En ef- fet, la CACI organisera du 3 au 4 juin prochain un séminaire de formation dont le thème por- tera sur : «Les contrats internationaux», avons- nous appris auprès des organisateurs. Abritée par l’Ecole supérieure algérienne des Affaires (ESAA) de Mohammadia aux Pins maritimes, Alger, cette rencontre économique s’est assi- gné, à travers ses organisateurs, comme objec- tif, l’acquisition des compétences nécessaires à la négociation et à la rédaction d’un contrat, apprendre les stratégies et techniques de négo- ciation et l’usage des clauses types d’ICC et les techniques de prévention et de résolution des conflits. Le public visé n’est autre que les

directeurs juridiques et juristes d’entreprise ayant des activités liées au commerce interna-

tractant étranger, les notions d’entreprise de droit étranger et de la nationalité des dirigeants

international. «C’est une formation très impor- tante en matière de rédaction des contrats

tional, les avocats et notaires, les négociateurs

et de l’entreprise. Ils s’imprégneront égale-

internationaux. L’Algérie a perdu beaucoup de

et les rédacteurs de contrats internationaux.

ment des nouvelles règles de détermination du

procédures d’arbitrage face à ses partenaires

A l’issue de ce séminaire, il est attendu que les

droit applicable aux contrats internationaux,

qui ont engrangé plusieurs dizaines sinon des

participants sauront mesurer l’importance des différences culturelles et juridiques dans un contexte international afin d’éviter les malen- tendus suivis généralement par l’engagement de procédures arbitrales. Pour ce faire, les animateurs de cette formation ont prévu une

de la négociation et la rédaction d’un contrat international, compte tenu des nouvelles règles du code civil et des contrats interna- tionaux de marchés publics qui comportent des spécificités impliquant des opérateurs étrangers. Les connaissances déjà acquises

centaines de millions de dollars. L’absence de compétence juridique spécialisée des négocia- teurs algériens et des rédacteurs de contrats a joué toujours à la faveur des associés étran- gers qui, eux, prévoient souvent ces situations de litige et se protègent auparavant à travers

application pratique, par l’étude d’un cas réel,

des participants seront ainsi consolidées par de

des clauses mentionnées dans les contrats de

à

travers des petits groupes de travail d’une

nouvelles précisions terminologiques portant

partenariat. L’organisation de ce séminaire

dizaine de participants. Mais, avant de passer

sur les clauses de droit applicable, du risque

à multiplier sans modération au profit d’un

l’étude de l’application, les concernés assis- teront à plusieurs communications, les unes

à

de change, de stabilisation et clauses de gel (clauses de hardship) et des incoterms 2010.

public spécialisé participera à une protec- tion juridique certaine de nos entreprises et

plus importantes que les autres. Il en est ainsi

Dans le cas de règlement des différends dans

leur évitera des situations inattendues», a

de

la présentation de la réforme du code civil

les contrats internationaux, les séminaristes

expliqué un des organisateurs de ce séminaire.

de

2005, qui comporte la définition du contrat

sauront enfin définir la clause de compétence

M-F.Gaidi

international, la nouvelle définition du cocon-

juridictionnelle et l’arbitrage commercial

M e LEZAR NACEREDDINE. Spécialiste en arbitrage économique

«La perte du procès est inscrite dans le contrat lui-même»

Propos recueillis par M-F. Gaïdi

Les entreprises algériennes perdent souvent leur procès en arbitrage économique face à leur partenaire étranger, pourquoi ? La pratique révèle qu’on peut perdre un procès pour trois raisons récurrentes. La première est un contrat mal négocié et/ou mal rédigé, la deuxième concerne un contrat mal exécuté et enfin l’absence de suivi ou le suivi insuffisant des procès arbitraux. Lorsqu’un contrat n’a pas été préparé d’une façon professionnelle et avisée, les points imprévus dégénèrent toujours en litiges susceptibles, soit de bloquer le contrat, ou bien d’aboutir à un contentieux judicaire ou arbitral. La partie perdante est celle qui n’a pas prévu la clause censée la protéger. Ma modeste expérience m’a permis de dresser les constats suivants : les entreprises algériennes ne donnent pas l’importance requise à la pré- paration préalable des négociations et rédactions de leur contrat qui a, parfois, des enjeux colossaux. Aussi, les projets de contrat sont préparés et proposés par les partenaires étran- gers et les négociations se limitent parfois à remplir des canevas pré- parés par ces derniers qui, naturel- lement, prennent soin de ne prévoir que les clauses qui les arrangent, quitte à y apporter quelques modifi- cations de style. Je ne dis pas que les entreprises algériennes ne défendent pas leurs intérêts, je ne pense pas cela, mais même lorsque les débats sont assez houleux et les négocia- teurs algériens se défendent d’une façon coriace, leurs préoccupations ne sont pas toujours reflétées ou prises en charge lors de la rédaction finale. On note parfois une rupture entre les négociateurs et les signa- taires du côté algérien. Tout laisse croire que les décisions sont prises

algérien. Tout laisse croire que les décisions sont prises par des cercles, autres que ceux qui

par des cercles, autres que ceux qui négocient. Certains négociateurs ont été étonnés de la mouture finale des contrats qu’ils ont négociés.

Les négociateurs sont-ils des juristes ? Justement, parmi nos points faibles, il y a l’absence de compé- tences juridiques dans les équipes des négociateurs. L’apport des ju- ristes est souvent sous évalué. Il s’agit là d’un problème culturel. On estime, à tort, que tout le monde peut comprendre le droit et les non- juristes investis de pouvoirs dans la négociation se croient dotés d’une capacité de saisine des enjeux de la terminologie juridique. J’ai eu à constater que des contrats colossaux ont été négociés et rédigés en dehors de compétences juridiques dans les équipes algériennes. Il y a également une absence quasi totale de la culture du consulting de l’externalisation et de l’accompagnement dans la négo- ciation et la rédaction contractuelles. Dans des questions pointues, le recours à des compétences externes est incontournable, non pas que les cadres des entreprises manquent de compétence, mais leur absorption par de tâches quotidiennes ne leur permet pas de se consacrer à l’étude

approfondie dans des sujets tech- niques qui ne se présentent que pé- riodiquement dans leur carrière. Les négociations dans des sujets pareils nécessitent un apport de spécialistes qui ont mené de grandes et longues investigations dans ces domaines et qui peuvent donner un éclairage cardinal. Lorsque l’entreprise étran- gère prépare et rédige le contrat à son avantage, elle l’exécute aussi à son avantage et règle les litiges bien entendu à son avantage. «Le ver est dans le fruit» et la perte du procès est inscrite dans le contrat lui-même. Des exécutions non conformes aux stipulations contractuelles, d’un côté ou de l’autre, engendrent des conten- tieux dans lesquels la partie qui n’a pas suffisamment protégé ses intérêts sera condamnée aux dépens de l’autre. Il se trouve que parfois on essaye de rattraper la mauvaise rédaction par une mauvaise exécu- tion. On peut aussi succomber en matière d’arbitrage international — comme en procédures judicaires — lorsqu’on ne défend pas ses intérêts d’une façon appropriée par un suivi sérieux de la procédure, une implica- tion rigoureuse du service juridique interne de l’entreprise et le choix d’un bon avocat spécialisé dans ce domaine complexe, ardu et pointu.

En tant qu’avocat spécialiste en la matière, qui est chargé de la rédaction des contrats de parte- nariat ? Tout dépend de l’importance de ces accords, du volume des entre- prises, des partenariats en question et aussi et surtout de la culture managé- riale. Dans certains cas les dossiers sont préparés par les ministères, les sociétés de gestion des participa- tions, ils sont transférés, dans leur forme finalisée, vers les entreprises qui sont la partie concrète de ces ac- cords et qui se limitent à l’exécution. Cette pratique est une réminiscence

du centralisme juridico-économique de l’époque socialiste et d’une ges- tion bureaucratique de l’économie ; tout part du sommet. Parfois les dos- siers font le chemin inverse et partent de l’entreprise aux ministères via la Société de gestion des participations, mais le dossier ne commence à être étudié et préparé à la base c’est-à- dire à l’entreprise qu’avec l’aval et sur instruction du sommet (ministère ou plus haut). Dans tous les cas de figure, qu’il soit le point de départ ou d’arrivée du dossier de partenariat, le sommet est détenteur de la décision en dernière instance, tant sur le principe du par- tenariat lui-même, que sur le contenu de l’accord. L’autonomie des entre- prises n’est encore qu’un slogan, une vue de l’esprit. L’implication de toutes ces structures est peut être bénéfique si elles contribuent à une bonne préparation de l’accord, elle est, par contre, dangereuse si elle ne sert qu’à diluer les responsabilités.

Sont-ils formés pour cette diffi- cile mission? On n’est jamais suffisamment formé pour ce genre d’accords qui comporte des aspects multiples va- riés disparates qui, en conséquence, nécessite une synergie des compé- tences. Il faut une collaboration de tech- niciens, d’ingénieurs, de financiers, de juristes de plusieurs spécialités, pour préparer et aboutir à un accord le moins incomplet possible et ici, comme ailleurs, il n’est pas évident de pouvoir travailler ensemble. Il faut une synergie des compétences et la compétence des synergies fait défaut. Les managers de nos entre- prises ne sont pas toujours outillés pour faire coordonner les compé- tences d’une façon synergique. Comment assurer une meil- leure protection de nos entreprises dans les contrats de partenariat ?

Il faut commencer par instaurer une véritable dimension juridique dans le management et comprendre que le droit est un instrument de protection, de défense et de sauve- garde des intérêts contractuels. Pour cela, il faut commencer par donner à la fonction juridique au sein de nos entreprises, la place qui devrait être la sienne. Pour le moment, cette fonction se limite dans la plupart des entreprises algériennes, publiques et privées, à la prise en charge du contentieux qui, en fait, n’est qu’une mission de secours inter- pelée lorsque les dommages sont déjà consommés, que l’incendie est déclenché et qu’on essaye de sauver les meubles. La fonction juridique doit reprendre, dans notre pays la place qui est la sienne dans les pays avancés.

Que suggérez-vous alors ? Une structure d’information et de conseil en amont et en aval du contrat. C’est-à-dire avant sa rédac- tion et pendant son exécution. Une autre structure d’audit, de légalité, d’efficacité et de performance des contrats. L’audit de l’égalité contrôle la conformité des contrats à la loi. L’audit d’efficacité et de perfor- mance contrôle le niveau de sécu- rité et de protection que le contrat assure aux intérêts de l’entreprise. La fonction juridique doit être en somme un instrument stratégique incontournable, d’aide à la décision managériale. Il faut travailler pour la promotion de la bonne gouvernance juridique au sein des entreprises.

Est-ce qu’on peut prévoir tout dans un contrat de partenariat avec les étrangers ? Il n’est pas possible d’avoir un contrat complet, on peut par contre espérer avoir un contrat le moins incomplet possible. M-F. G.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 10

E ffet yo yo ! C’est par cette figure qu’on peut expliquer la gestion des
E ffet yo yo ! C’est par cette figure qu’on peut expliquer la gestion des

E ffet yo yo ! C’est par cette figure qu’on peut expliquer la gestion des autorités du commerce informel. Si les reven-

deurs ont pu s’installer dans les espaces publics, c’est grâce à l’indulgence, voire

l’accord des autorités locales. Les services de sécurité, à qui l’on reproche souvent le manque d’empressement, affir- ment que les instructions «venues d’en haut» exigent d’eux de laisser activer les revendeurs. Toutefois, des actions sont lancées pour déloger des marchands qui ont investi plusieurs communes du centre-ville

et la périphérie de la capitale.

L’année dernière, la lutte contre l’informel

a été réactivée, des sites tels que Bachdja-

rah et Belouizdad ont été complètement éradiqués. Ces opérations ont porté leurs fruits, si l’on en croit un bilan présenté aux élus de l’APW. Selon le document, dont El Watan détient une copie, le nombre de marchands a connu une baisse depuis leur premier recensement en 2004. Excepté au mois d’août 2012, où les revendeurs avaient réoccupé plusieurs espaces.Les services de la Direction du commerce ont enregistré une baisse continuelle des marchands dans des sites d’activité dont le nombre a toute- fois augmenté. Le nombre de revendeurs qui était en 2004 de 7550 a chuté arrivé à 3183 en décembre 2012. Aussi, le nombre de sites de vente informelle, qui était de 97 en 2004, baissera de plus de la moitié, pour atteindre 52. «45 sites ont été éradiqués et 3627 revendeurs délogés, suite aux opérations menées par la wilaya d’Alger. Ce résultat a été possible après la réinsertion des revendeurs. Ainsi, 3654 revendeurs ont été pris en charge dans

RÉGHAÏA

Embouteillages à longueur de journée

La circulation routière s’enlise de plus en plus à Réghaïa. Les bus, qui s’arrêtent anarchiquement sur le bas-côté de la chaussée, sont à l’origine de cette situation, particulièrement à l’entrée de la ville, où les arrêts de bus ont été installés à un endroit qui ne convient pas. Les bus arrivant de Rouiba, ne prennent pas la peine de serrer complètement à droite, obligeant les automobilistes qui sont derrière euxà s’arrêter en attendant qu’ils quittent l’arrêt. Par ailleurs, la même situation prévaut à la sortie de la ville, où les bus s’arrêtent également de manière anarchique, obligeant les automobilistes à s’arrêter à leur tour. Les files de voitures se forment sur plusieurs centaines de mètres. Les automobilistes pénalisés par cette situation réclament plus de rigueur dans le contrôle de ces chauffeurs de bus, qui passent outre la réglementation et créent continuellement des problèmes sur

la route.

K. S.

HORAIRES DES PRIÈRES

Alger et ses environs

DIMANCHE 26 MAI 2013

Dohr………… 13:20

Fadjr……

Asser………

Maghreb…

Îcha……

LUNDI 27 MAI 2013

Chorouk

16:36

19:59

21:41

03:34

….05:32

2013 Chorouk 16:36 19:59 21:41 03:34 ….05:32 ALGER INFO de a K.Saci y PHOTO : M.

ALGER INFO

16:36 19:59 21:41 03:34 ….05:32 ALGER INFO de a K.Saci y PHOTO : M. SALIM 110

de

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K.Saci

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21:41 03:34 ….05:32 ALGER INFO de a K.Saci y PHOTO : M. SALIM 110 sites, regroupant

PHOTO : M. SALIM

110 sites, regroupant 4341 revendeurs, ont

été éradiqués. Depuis le début de l’année, la baisse de ce phénomène est perceptible, se réjouit-on encore. 124 sites, occupés

par 5027 vendeurs, ont été complètement éradiqués. Mais la lutte contre l’informel, qui peut réoccuper facilement les espaces publics, devrait être quotidienne, signalent les comités de quartiers, comme celui de Bachdjarrah. Nadir Iddir

OUVERTURE DU PARC DES GRANDS VENTS

GRANDE AFFLUENCE POUR SON PREMIER JOUR

L e parc des Grands Vents «Dounya-parc» a enregistré une grande affluence, vendredi, lors de son premier jour d’ouverture. Les

premiers visiteurs de ce parc étaient, pour la quasi-totalité, des fa- milles venues découvrir cet espace situé sur les hauteurs d’Alger et dont l’ouverture a été décidée il y a deux semaines par le ministère

de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de la Ville.

Selon le directeur général de l’Agence de promotion du parc des Grands-Vents, Abdelatif Bettiche, l’affluence est «très importante» dans la mesure où il s’agit du premier jour de l’ouverture du parc au public. «Je suis agréablement surpris du nombre de visiteurs, car le parc n’offre pas encore toutes les commodités», a indiqué M. Bettiche, tout en faisant remarquer que les familles peuvent «se contenter tout au moins des espaces verts». Le parc des Grands Vents n’est ouvert que les week-ends pour le moment (vendredi et samedi) de 8h à 20h, a souligné M. Bettiche, ajoutant que pour la

période estivale, il sera ouvert tous les jours de la semaine. L’accès

est gratuit, de même que le parking, a-t-il encore précisé. Pour

ce qui est des installations du parc, elles ne sont pas encore fonc- tionnelles, à l’exemple de la maison de l’environnement fermée au public. Le parc ne dispose pas encore d’espaces de restauration ou de sanitaires, a fait observer le directeur général de l’Agence qui gère cet espace. «Sur instruction du ministère de la tutelle, Dounya-

parc devrait être plus accueillant dans six mois, en offrant toutes les commodités aux visiteurs», a indiqué M. Bettiche, soulignant que

la sécurité sera assurée grâce à un partenariat avec la Gendarmerie

nationale et la direction générale de la Sûreté nationale. Pour le moment, le parc est constitué d’espaces verts et de trois lacs où les visiteurs peuvent organiser des pique-niques, en atten-

dant l’ouverture de points de restauration et de rafraîchissement, a

encore expliqué M. Bettiche.

R.A.I.

LA LUTTE CONTRE L’INFORMEL FREINÉE

Plus de 1600 revendeurs refusent de rejoindre les marchés

Le nombre de sites de vente informelle, qui était de 97 en 2004, baissera de plus de moitié pour atteindre 52.

97 en 2004, baissera de plus de moitié pour atteindre 52. L’informel semble avoir de beaux

L’informel semble avoir de beaux jours devant lui

le cadre du plan quinquennal 2004-2009», peut-on lire dans le document présenté lors de la dernière session ordinaire de l’APW. Les services du commerce ont relevé cependant que près de 1600 revendeurs ont refusé de rejoindre les nouveaux mar- chés de proximité et couverts réalisés sur le budget de wilaya depuis 2006. La rai- son : ces espaces ont été délaissés par les revendeurs vu leur éloignement du centre de l’agglomération. Après les événements du

premier semestre de l’année 2011 (émeute

l’huile et du sucre), le nombre de sites est

passé de 52 à 173, alors que celui des reven- deurs est passé de 3923 à 5299. La DCP

enregistré, en décembre de cette même

année, 165 sites et 5201 revendeurs. Les autorités ont décidé de reprendre, l’année suivante, la lutte contre l’informel. Après les mesures prises en août 2012, le nombre de ces marchands a baissé. 52 sites et 3183 marchands ont été recensés. Selon la DCP,

INSTANTANÉ

Intempéries et responsabilité

U ne fois de plus, les dernières intempéries ont mis à jour l’inca- pacité des pouvoirs publics à résoudre le problème des inonda-

tions devenu récurrent. Avant de parler des solutions à apporter à ce problème, il serait utile de rappeler que la responsabilité de l’Etat dans cette situation est avérée et n’a aucunement besoin d’être démontrée. Les pouvoirs publics ont, des années durant, toléré l’édification de lotissements entiers sur des lits d’oued, ou encore sur les flans de mon- tagnes abruptes et escarpées. Ne savaient-ils pas que ces lotissements sont condamnés à subir, un jour, la colère de Dame nature ? L’incompétence et le laisser-faire ont cependant eu raison, et les résultats sont là. Les eaux pluviales qui s’écoulaient naturellement vers le rivage en serpentant les vallées et les plaines, se retrouvent aujourd’hui coincées entre les murs des constructions qui forment des forêts en béton. Blo- quée dans un enchevêtrement de maisons difficile à défaire, l’eau de pluie stagne et finit par déborder. Par ailleurs, le manque d’entretien des avaloirs, par les collectivités locales, est un facteur de ces inondations. Le travail d’entretien des réseaux d’assainissement, durant la saison estivale, est une tâche qui doit être systématique. Cependant, la plupart des APC attendent le débordement des eaux pour intervenir et essayer de déboucher les canalisations, qui plus est, avec des moyens dérisoires. En tout état de cause, les populations les plus touchées par ces inon- dations sont, sans aucun doute, les habitants des bidonvilles. D’ail- leurs, les seules victimes qui ont péri lors des dernières inondations, habitaient des mansardes dans deux bidonvilles situés à El Maqaria et à Bologhine. Un affaissement du flanc de la montagne, où étaient érigées les deux baraques, a emporté les deux personnes qui se sont retrouvées ensevelies sous des décombres de tôle ondulée.

PHOTO: EL WATAN

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 10

RÉGION

EST

JOURNÉE MONDIALE DE LA BIODIVERSITÉ AU LAC TONGA À EL TARF

Une célébration… et puis s’en vont !

Cette zone humide, réputée pour son exceptionnelle richesse biologique, est l’un des principaux réservoirs de biodiversité de l’aire méditerranéenne.

D epuis l’année 2000, le monde entier célèbre la journée mondiale de la

biodiversité fixée par les Nations unies au 22 mai. Cette année la journée a été placée sous le thème de «L’eau et la biodi- versité». L’ONU a voulu rap- peler à cette occasion combien les ressources naturelles sont importantes et rares, notamment l’eau, car, et à moins que des efforts plus importants ne soient faits pour inverser les tendances actuelles, le monde manquera bientôt d’eau douce. L’Algérie officielle a voulu marquer cette halte annuelle à El Kala, au bord du lac Tonga, zone humide du complexe d’El Kala réputée pour son exceptionnelle richesse biologique qui, d’ailleurs, en fait l’un des principaux réservoirs de biodiversité de l’aire méditer- ranéenne, elle-même réservoir pour toute la planète. Le secré- taire général du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de la Ville (MATEV), celui du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques (MPRH) et le direc- teur général de l’environnement, accompagnés de cadres du MA- TEV, ont fait le déplacement à El Kala pour la célébration de la troisième journée de la décennie 2010-2020 consacrée à la bio- diversité alors que celle qui l’a précédée a été celle de l’eau. Le premier a rappelé l’important

été celle de l’eau. Le premier a rappelé l’important Chez nous, les lois ne sont pas

Chez nous, les lois ne sont pas appliquées

dispositif législatif et réglemen- taire mis en œuvre par l’Algérie depuis sa ratification en 1995 de la convention sur la diversité bio- logique (CDB) adoptée lors du mémorable sommet de la Terre à Rio en 1992. Avec ce cadre réglementaire et les récents textes sur les aires protégées dans le cadre du développement durable, d’innombrables projets de création d’aires protégées marines et terrestres ont vu le

jour, et certains se sont même véritablement concrétisés sur le terrain. C’est en effet dans ces espaces que la protection des habitats et des espèces est prio- ritaire sans pour autant empê- cher complètement les activités humaines. Cela exige des études approfondies, rigoureuses, ap- puyées sur une forte volonté politique fondée sur des convic- tions profondes. Et c’est là pré- cisément où le bât blesse, car si

l’Algérie peut, pour préserver ses milieux naturels et ce qu’ils abritent, se targuer de disposer de cadres organisationnels, ins- titutionnels et juridiques suffi- sants et adéquats, il faut toutefois déplorer qu’ils sont mis à mal par défaut d’application des lois, le plus souvent en raison de déci- sions irréfléchies, de lubies, de décideurs locaux qui privilégient leur carrière à la sauvegarde du patrimoine naturel.

BATNA

Une rallonge budgétaire de 51 milliards de dinars pour la wilaya

A u terme de sa visite de travail à Batna, jeudi dernier, le Premier ministre, Abdel-

malek Sellal, a décidé de doter la wilaya d’une rallonge budgétaire de 51 milliards de dinars. Il a en outre retenu la réalisation d’un stade d’une capacité de 30 000 spectateurs, d’une piscine olympique et d’un nouveau CHU. Cette décision a été prise dans la salle de la maison de la culture en présence d’un parterre composé essentiellement de représentants de la société civile, où, durant plus de quatre heures il a écouté leurs préoc- cupations. La matinée, accompagné d’une dizaine de ministres, il a entrepris la visite de 12 projets réalisés ou en voie de finalisation. Son passage au pôle universitaire de Fesdis, d’une capacité de 30 000 places, a permis de révéler deux problèmes importants sus- ceptibles d’entraver son ouverture définitive au mois de septembre prochain: le transport des étudiants et l’AEP. En effet, usant de pragmatisme, le professeur Tahar Benabid, recteur de l’université Hadj Lakhdar, a soumis l’ouverture définitive du pôle univer- sitaire au préalable de la levée de ces deux obstacles. Si le Premier ministre a instruit

le Dlep de résoudre ce problème, Ammar Tou, ministre des Transports, a, pour sa part, essayé de lui expliquer qu’il serait possible de faire avec, c’est-à-dire de fermer les yeux sur le problème du transport. «Je ne veux pas me retrouver avec 200 bus à l’entrée du pôle», a déclaré le recteur à El Watan et ce, d’autant plus que le pôle longe la route

nationale. Par ailleurs, Abdelmalek Sellal a interpellé le directeur de la culture et celui de la jeunesse et des sports, leur disant de «ces- ser de fonctionner comme l’administration». Il les a sommés d’assurer l’ouverture de leurs infrastructures (cybercafés, terrains de jeux et salles de sport) de 8 h du matin à minuit. Lounes Gribissa

MILA

Un enfant et un sexagénaire tués dans deux accidents

L ’on apprend de source bien informée qu’un enfant de 7 ans a été tué, vendredi dernier en

début de soirée, par un véhicule utilitaire de marque Peugeot Partner. L’accident a eu lieu

dans la commune de Chigara et l’enfant, précise notre source, a été retrouvé sous les roues

de l’engin mis en cause. Le corps sans vie de la victime, mortellement atteinte à la tête, a été transporté par les éléments de la Protection civile de Grarem à la polyclinique de la même localité. A Minar Zaraza, l’on déplore le décès d’un homme de 64 ans. Selon les informations qui nous sont parvenues, ce dernier a été écrasé par un engin de chantier lors d’une opération de bitumage d’un tronçon routier. Sa dépouille a été évacuée à la morgue de l’EPH de Ferd- jioua. Les services concernés ont ouvert des enquêtes pour déterminer les circonstances de ces

M. Boumelih

deux drames.

les circonstances de ces M. Boumelih deux drames. OUM EL BOUAGHI Les cardiopathies en débat U

OUM EL BOUAGHI

Les cardiopathies en débat

U ne journée médicale et scientifique sur les cardiopa- thies s’est tenue, hier, dans la salle de conférence de l’hôtel Harkati de Aïn Beida. Des médecins venus de

toute la région ont assisté à des exposés portant sur les mala-

dies du coeur. Le professeur Abdelkrim Berrah, du CHU de Bab El Oued, a présenté une communication autour de la

péricardite aiguë, dont le traitement repose essentiellement

sur les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’aspirine par exemple. Toutefois, les corticoïdes

sont, selon lui, parfois nécessaires. Le professeur Ouadahi du même CHU a traité le thème de l’hypertension gravidique. Tout comme son confrère, il a proposé la conduite à tenir dans ce genre de maladie et recommandé les traitements spécifiques à cette pathologie dont souffre plus de cinq mil- lions de personnes à l’échelle nationale. Le lien a été aussi établi entre l’ HTA et le diabète. De même ont été débattus

les

risques cardio-vasculaires chez la femme et les troubles

du

sommeil comportant des risques cardiovasculaires. Toutes

les

communications ont été suivies de débats au profit des

jeunes praticiens. L’association des médecins de Aïn Beida

qui fête cette année son septième anniversaire, a organisé une

quarantaine de journées médicales et scientifiques, avec le sponsor de plusieurs laboratoires pharmaceutiques implantés

en Algérie, avons-nous appris de l’un des médecins organisa-

teurs, en l’occurrence le docteur Samir Boudjabi. L. Baâziz

CONSTANTINE

1 500 ha mobilisés pour la production de semences

T ournée essentiellement vers les céréales et les légumi- neuses alimentaires et fourragères, les protéagineux

(plantes légumineuses à forte proportion de protéines) et les oléagineux (plantes contenant de l’huile), l’institut technique des grandes cultures de Constantine (ITGC), sis à la ferme pilote d’El Baâraouia, dans la commune d’El Khroub, a abrité, jeudi dernier, une journée portes ouvertes à laquelle ont assisté les représentants des cinq wilayas sous tutelle :

Constantine, Mila, Oum El Bouaghi, Khenchela et Tébessa.

A cette occasion, Mohamed-El Hadi Sakhri, directeur de

l’ITGC, a indiqué que, pour satisfaire au programme 2013, 1500 ha voués à la multiplication des semences ont été mo-

bilisés, soulignant au passage que lors de la campagne 2012

la production de semences a été, à l’échelle des 5 wilaya

placées sous la compétence territoriale de l’ITGC, de 49 000 q dont 36 392 ont été mis sous certificat d’agréage définitif (CAD). Il indiquera à cet égard les avancées significatives enregistrées depuis l’année 2008, date à laquelle l’ITGC a re- levé une production sous CAD de 20 365 q. Et d’ajouter : «Je tiens à signaler que la wilaya de Khenchela a bénéficié pour la première fois en 2012 d’un programme de multiplication qui s’est soldé par la production de 2633 q de semences sous CAD, et selon les prévisions pour l’année 2013, cette wilaya devrait enregistrer une production de l’ordre de 6500 q. L’op- timisme est également de rigueur pour le reste des wilayas où l’on devrait enregistrer une bonne production de semences, y compris celle des légumineuses alimentaires et fourragères qui bénéficie pour l’année en cours de 26 ha dont 18 en lentilles, 4 en pois chiches, 3 en vesses (fourrages destinés à l’alimentation du bétail) et un hectare en pois fourragésAhmed B.

KHENCHELA

Des habitants inquiets de la qualité de l’eau

L es habitants des 123 logements, à Khenchela-ville, se plaignent de la mauvaise qualité de l’eau qui coule dans

leurs robinets. Ils ont eu la désagréable surprise de constater que l’eau desservie par l’ADE n’est ni «inodore» «ni inco- lore». Ce qui les a poussés à s’approvisionner au prix fort auprès des propriétaires de citernes ou en eau minérale. Les habitants qui nous ont contacté disent qu’ils ne com- prennent pas pourquoi l’eau qui coule dans leurs robinets est surtout fétide. Alerté sur la situation, le directeur de l’ADE, Kamel Aggoun, a dépêché une équipe pour vérifier l’eau sur place. Selon lui, cette eau est parfaitement potable. «Elle est traitée et sérieusement contrôlée, on ne pourrait s’aventurer

à la distribuer à la population si elle était impropre», a-t-il

rassuré.

Kaltoum Rabia

PHOTO : DR

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 10

RÉGION

OUEST

SIDI BEL ABBES

MOSTAGANEM

Crime crapuleux

Controverses autour de la mise à niveau de l’agriculture

Mis à part quelques interventions intéressantes, la demi-journée d’études n’aura finalement pas permis de faire le point sur ce segment central de la sécurité alimentaire.

à BarioAlto

Le quartier de Bario Alto de Sidi Bel Abbès a été le théâtre, jeudi dernier, d’un crime crapuleux perpétré sur la personne d’un jeune homme de 19 ans, poignardé par un couteau. L’auteur présumé de ce meurtre, âgé de 36 ans, n’est autre que son ami et voisin qui, sous l’effet de l’alcool et suite à une violente prise de bec, aurait sorti un couteau et asséné plusieurs coups à la jeune victime. Gravement touchée au thorax, la victime aurait rendu l’âme avant son

transfert à l’hôpital. Le mis en cause, blessé lui aussi, a été interpellé au niveau des ur- gences médicochirurgicales du CHU de Sidi Bel Abbès et placé en garde à vue en atten- dant d’être déféré devant le

en garde à vue en atten- dant d’être déféré devant le parquet. M. A.   TINDOUF

parquet.

M. A.

 

TINDOUF

La Gendarmerie

à la rencontre

du public

La mise à niveau de l’agriculture en question

 

«L’objectif principal de ces portes ouvertes est de faire connaître l’institution au grand public», a annoncé, jeudi, le commandant du groupement territorial de la Gendarmerie nationale de Tindouf, le lieutenant colonel Benzaidi Smail, dans son allocution inaugurale de cette manifestation qui s’étalera jusqu’au samedi. Lors de ces

portes ouvertes, les visiteurs, en très grand nombre dès

L a demi-journée d’étude consacrée à la mise à niveau des exploitations

de leurs intrants, négligeant dangereusement la production locale. Une production bien réelle pourtant puisqu’elle em- ploie 1,2 million de salariés sur 1 million d’exploitations dont certaines sont de taille très modeste, ce qui serait, selon le conférencier, une entrave à l’intensification de la pro- duction. Parlant du PNRA et du PNDAR initiés en 2002 pour relancer l’agriculture, le chercheur dira que les 400 Mds de dinars injectés n’ont eu aucun impact significatif sur l’agriculture, a fortiori sur l’ex- portation hors-hydrocarbures. Toutefois, il est avéré, dira-t-il, que «plus de 600 000 hectares de SAU ont été gagnés sur la jachère entre 2002 et 2009».

INTERVENANT «ORGANIQUE» La présence de rares opérateurs ayant à leur actif une réelle activité d’exportation n’a pas été exploitée par les organi- sateurs qui ont privilégié les intervenants organiques rele- vant des directions de wilaya de l’agriculture, du commerce, de la PME/PMI et de la pêche. Il s’en est suivi des communi- cations rigides et stéréotypées sans aucun lien avec la problé- matique annoncée. Ce fut le cas pour la communication de Mme Lamhal sur la promotion des exportations des produits halieutiques ainsi que celle de Mme Aït Hammouda relative au dispositif réglementaire en matière de qualité des pro- duits agricoles et de la pêche. Autant la première interven- tion aura manqué de fluidité, autant la seconde a été d’une redoutable lourdeur. Interve- nant au titre de la direction du commerce, elles auront surtout convaincu l’assistance de la complexité du dispositif régle- mentaire algérien. S’il fallait convaincre les rares opérateurs présents de se détourner de l’exportation, l’objectif a été

amplement atteint. D’autant que l’un des rares intervenants ayant une réelle expérience des circuits de l’exportation de fruits et légumes produits dans la région a été dissuadé de développer un point de vue pertinent en la matière. Il ne se fera entendre qu’après avoir rappelé que l’université était sans doute le seul endroit pour abriter les débats contradic- toires. Après de longs palabres avec le modérateur du débat général, cet ingénieur souligne- ra avec force que la référence à la période coloniale ainsi que les raccourcis tendant à com- parer l’agriculture algérienne avec celles de la Tunisie et du Maroc – que de nombreux in- tervenants citaient en modèle à suivre –, constituaient une voie sans issue pour l’agriculture algérienne. Citant en exemple les expériences récentes en matière d’exportation, il met- tra en exergue les multiples contraintes imposées aux exportateurs par l’UE. Pour cet expert, l’alignement sur le Maroc et la Tunisie serait fatal pour l’Algérie qui possède un marché intérieur très attractif et très prometteur. Ce que des opérateurs espagnols ont par- faitement intégré, puisqu’après une année d’exportation, ils ont fini par se tourner vers le marché local, au détriment du marché espagnol. Initialement prévue pour aborder le volet logistique dans la chaîne d’ex- portation des produits agri- coles, la conférence de Redha Allel, directeur de la CCI, s’est ponctuée par un répertoire des manifestations et foires agri- coles d’Algérie et de l’UE. Un ancien cadre, très au fait de la logistique, fera remarquer que cette rencontre aura fait l’im- passe sur les principaux acteurs que sont les producteurs, les collecteurs, les conditionneurs et les transporteurs. Ça fait trop d’absents, dira-t-il en guise de conclusion. YacineAlim

agricoles et des ressources halieutiques, organisée par le laboratoire de nutrition du Pr Selsellette, n’aura pas permis de faire le point sur ce segment central de la sécurité alimen- taire. Mis à part les interven- tions du Pr Halbouche et de celle de Hadjira Abdellaoui, portant respectivement sur le financement agricole et sur

la

matinée du jeudi, ont eu

l’approche d’une agriculture biologique – qui reste un vœu pieu –, rares sont les autres intervenants qui auront éclairé l’assistance. Pourtant, dans une courte et concise intervention liminaire, le Pr Bouderoua avait tracé les grandes lignes de la réflexion, notamment en rappelant que, durant la colo- nisation, l’Algérie exportait jusqu’à 700 000 tonnes de produits agricoles vers la mé- tropole, ajoutant, de manière

l’occasion de découvrir les divers moyens matériels dont dispose la Gendarmerie pour l’accomplissement de ses missions ainsi que les données sur les diverses activités menées au niveau du groupement territorial de Tindouf. Dans cette wilaya les tableaux comparatifs entre le

1er trimestre 2012 et le 1 er tri- mestre 2013 font ressortir une baisse de moins 14 (de 69 cas

à

55). Les données compara-

succincte, que l’Algérie pos- sède quelques niches, comme la Deglett Nour ou les viandes rouges ovine et bovine dont les teneurs en acides gras polyin- saturés pourraient constituer un label non négligeable en vue d’une exportation. Lui succédant, le Pr Halbouche axera sa conférence sur les no- tions de logiques du terroir, des filières et des niches de pro- duits locaux, mettant particu-

tives concernant l’émigration clandestine font état de 5 personnes arrêtées en 2011 contre 28 en 2012 et 4 au 1 er trimestre 2013. Pour le trafic des stupéfiants, si les années 2011 (6704,5 kg saisis et 2 personnes arrêtées) et 2012 (5587,74 kg et 10 personnes arrêtées) ont connu des pics alarmants, au cours du 1er tri-

mestre 2013, seule une affaire

a

été enregistrée avec la sai-

lièrement l’accent sur la notion de compétitivité, d’attractivité dont l’épanouissement ne peut intervenir que dans un environ- nement favorable. Parlant des différentes formes de capital, il fera également référence à la chaîne de valeurs dans le monde agricole dont il dira que la production, qui participe à 10% du PNB, ne subit aucune transformation, soulignant que plus de 90% des produits sont consommés sans aucune trans- formation. Parlant des indus- tries agroalimentaires, il dira qu’elles importent plus de 90%

sie de 24,25 kg le 23 février passé. Par ailleurs, il apparaît que la contrebande du car- burant pourrait augmenter puisqu’on enregistre déjà 2 affaires avec 4 personnes

arrêtées au 1er trimestre 2013 (2 100 litres pour une valeur

de 29 250 dinars) contre 2 affaires seulement durant l’année 2011 (15 155 litres pour 20 762,5 dinars). Au cours de l’année 2012, 11 affaires (20 005 litres pour 273 547,5 dinars) ont été traitées et 16

personnes arrêtées.

M. M.

BÉCHAR

Des projets en retard à Abadla

P lusieurs projets à caractère socioéconomique ont fait l’ob- jet, hier jeudi, d’une inspection par la délégation de l’exé- cutif, conduite par le wali de Béchar Zâalane Abdelghani.

Parmi ces projets, l’hôpital de 120 lits d’Abadla inscrit en 2006 et dont les travaux viennent finalement d’être lancés en avril dernier pour une durée de 27 mois. La réalisation de cet hôpital souffre du manque de main-d’œuvre spécialisée, notamment la maçonnerie

et le coffrage. L’exécution du projet, qui accuse un retard de six

ans, a induit inévitablement une réévaluation de l’Autorisation de programme initialement arrêtée à 1.300.000.000 DA. Une demande de réévaluation de 300.000.000 DA a été intro- duite. Le deuxième projet inspecté est un poste transformateur électrique de moyenne tension d’une capacité de 60/30 kv, en cours de concrétisation et qui sera réceptionné en 2014. Il fait partie du programme d’urgence de 150 postes transformateurs,

initié par la Sonelgaz, et dont 93 postes ont été réalisés jusqu’ici, d’après les responsables de l’entreprise, pour renforcer ses capa- cités, particulièrement en été. En outre, le projet de réalisation d’une piscine couverte de proximité à Abadla, dont les travaux ont été lancés en mars 2013, butte sur le problème d’une pénurie de ciment soulevée au cours de l’inspection. La pénurie de ce ma- tériau indispensable, qui se prolonge, risque d’ailleurs de retarder

la finition des travaux restants du CEM à Haï Ahmed Zoubir qui

ouvrira ses portes, selon les instructions données par le wali aux entrepreneurs en charge du projet, au mois de septembre pro- chain. Le CEM va atténuer la pression ressentie que connaissent les deux établissements scolaires d’Abadla. Des citoyens ont interpellé le premier responsable de la wilaya sur l’absence totale au secteur sanitaire d’une ambulance pour l’évacuation d’urgence des malades vers Béchar. Dans son inter- vention, le DSP a précisé qu’un appel d’offres a été lancé pour l’acquisition d’une dizaine d’ambulances médicalisées pour la wilaya et que le problème sera résolu dès leur réception. Aussi, on a appris qu’une somme de 50 milliards de cts a été allouée à la wilaya pour l’aménagement à Abadla d’une zone d’activité éco- nomique réservée à l’installation des opérateurs économiques. Les types d’investissement particuliers hors zone d’activité seront étudiés au cas par cas pour éviter les demandes de lotissements individuels anarchiques, s’exprimant ça et là, a indiqué le wali. La délégation de wilaya a ensuite inspecté le projet en cours de ré- alisation d’une station de déminéralisation de l’eau potable d’une capacité de 4 500 m3/jour. Elle sera réceptionnée dans 17 mois. Mais le point fort de la visite effectuée ce jeudi reste l’inspection du plan d’aménagement de la nouvelle localité de Guir Lofti, située sur la RN 6 en direction de Tindouf, transférée de l’ancien site du même nom aujourd’hui en dégradation avancée. L’ancien site, à proximité de la commune de Erg Ferradj, a été créé dans les années 1970, en pleine révolution agraire. Mais le problème qui surgit déjà, quand on évoque le transfert envisagé des 502 familles dans la nouvelle petite agglomération, reste, selon un habitant, l’absence de liaison entre ces familles transférées et leur point d’attache qui est l’ancien emplacement à une dizaine de km où sont implantées leurs exploitations agricoles qui constituent leur unique subsistance. M. Nadjah

TISSEMSILT

Beaucoup de routes sont en mauvais état

L e réseau routier de la wilaya, d’un linéaire de 1370 km, est surtout composé de chemins de wilaya et de chemins com- munaux qui représentent plus de 600 km. La nature rurale et montagneuse de la région et la quasi-incapacité des communes

à prendre sérieusement en charge ce chapitre auquel s’ajoute,

pour certaines, la voierie urbaine, ont pour résultat l’abandon du réseau routier, l’Etat prenant en charge les seules routes nationales, d’eux d’entre elles traversant la wilaya, la RN I4 vers Tiaret et 19 vers Chlef. La récente visite du ministre des Travaux publics a mis encore une fois en lumière la défectuosité du réseau routier sur le terri- toire de la wilaya. Le représentant du gouvernement a pris acte du problème. Il a proposé aux autorités locales de ficeler un dos-

sier sur le sujet afin qu’il puisse étudier les possibilités de prise en charge des différents réseaux, notamment celui desservant les zones isolées et montagneuses. Les récentes pluies, qui se sont déversées sur le territoire, ont mis également à nu la mauvaise qualité des travaux. La moder- nisation du réseau par la prise en charge de certains tronçons des deux RN et de certains chemins de wilaya et l’étude d’une autoroute El Khemis-Tiaret via Tissemsilt, sont les quelques opérations annoncées par le ministre lors de ce passage dans cette wilaya, dont la partie nord où le réseau désenclavant est

le

a été carrément omise dans le programme officiel de la visite

ministérielle.

Ali Benmoussa

plus sollicité de par la nature montagneuse de cette zone qui

D. R.

PHOTO :

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 11

RÉGION

CENTRE

AFFAIRE DES 2200 TONNES DE CÉRÉALES

Manque de transparence

AFFAIRE DES 2200 TONNES DE CÉRÉALES Manque de transparence Les tonnes de blé n’ont pas été

Les tonnes de blé n’ont pas été stockées dans des silos adaptés

S elon le jugement référencé 13/00390 du 14 avril 2013, le tribu- nal de Hadjout a écarté les services

de la Direction du commerce de la wilaya de Tipasa dans l’affaire des 2200 tonnes de céréales stockées dans les cuves à vin dans un domaine agricole à Bourkika. En effet, cette quantité de blé, tendre et dur, avait fait l’objet d’une inspection inopinée des services de la qualité, rele- vant de l’administration du commerce de la wilaya de Tipasa. La Direction du commerce de Tipasa, compte tenu des résultats des analyses du laboratoire national, avait décidé de sceller ce stock jugé impropre à la consommation. Ce problème est né à la suite de nombreux articles de presse. C’est devenu un véri- table casse-tête qu’il fallait à tout prix étouffer. Le 8 mars 2013, la wilaya de Tipasa, à travers sa Direction du com- merce, avait saisi le procureur du tribunal de Hadjout pour lui rappeler sa volonté de respecter les textes de loi et les mesures à prendre face à une situation pareille. Le 29 avril 2013, la Direction générale du

contrôle économique et de la répression

des fraudes du ministère du Commerce, non satisfaite de la décision du magistrat du tribunal de Hadjout prise en date du

14 avril, demande à la Direction du com-

merce de la wilaya de Tipasa d’intervenir,

en lui rappelant que le 12 février 2013, le procureur général près la cour de Blida avait fait appel à la suite du jugement référencé 12/12424, auprès de la Cour suprême. Le verdict n’est pas encore prononcé. Le tribunal de Hadjout vient de désigner un séquestre pour «assainir» les tonnes de blé analysées par les labo- ratoires nationaux. Le stock de céréales en mauvais état, qui se trouvait dans les

33 cuves à vin à Bourkika, vient d’être

transféré, ces derniers jours, vers un dock à Blida, où sont stockées les tonnes de céréales importées. Le mélange entre les deux stocks est acquis. La traçabilité de ce stock de céréales, qui avait fait couler beaucoup d’encre, vient de s’évaporer en fumée. En l’absence des éléments de la Direction du commerce, le séquestre dé- signé par le procureur du tribunal de Had-

jout vient ainsi de procéder à l’aération et le transfert des 2180 tonnes de blé emma- gasinées dans les conditions évoquées (cuves à vin, ndlr) qui ne répondent pas

aux normes de conservation et d’hygiène d’un stock de céréales, selon les docu- ments, depuis le mois de décembre 2011. Hélas, on n’a pas tenu compte des lettres envoyées à la CCLS d’El Affroun par la direction générale de l’OAIC en date du 2 août 2010 et du 12 juin 2011, ni encore celle envoyée par la direction générale du CACQE en date du 17 janvier 2012. Des résultats d’analyses microbiologiques et physicochimiques de plusieurs labora- toires ont créé la confusion. Cette affaire

s’effrite. Les travailleurs de la CCLS d’El Affroun sont empêchés de divulguer les secrets. Ceux qui ont procédé aux scellés de ce stock de céréales (fonctionnaires de l’Etat, ndlr) viennent d’être mis hors-jeu par le tribunal de Hadjout. Etrangement, personne ne semble vouloir se mêler de ce feuilleton qui dégage «une odeur désa- gréable» et pollue l’atmosphère. M’Hamed H.

MÉDÉA

Des familles réfugiées squattent les lieux

C ’est désolant et inadmissible de voir à quel niveau d’abandon est reléguée la prestigieuse place du 1 er Novembre, nommée affectueu- sement par les autochtones «Saha El Fouquania». Située en plein

cœur de l’ancien centre-ville, dont l’esplanade donne directement sur l’en- trée principale de la majestueuse mosquée Ennour, la placette, vitrine de la cité millénaire, est piétinée et clochardisée par les SDF et les marchands occasionnels. Son pittoresque kiosque de musique vient d’être livré au déferlement de plusieurs mères de famille traînant des bambins venant d’un pays voisin, certainement fuyant la guerre et la misère. Mais ces personnes en guenilles crasseuses ont élu domicile dans l’enceinte de ce précieux vestige, même si les habitants de Médéa n’ont pas lésiné à venir à leur aide en leur offrant argent et nourriture. Mais la dégradation de ces lieux ne fait pas plaisir aux nostalgiques qui préféreraient que ces pauvres gens soient pris en charge dans un espace approprié, sous des tentes ou un spacieux local avec des commodités sanitaires. Car aujourd’hui, ils ont transformé les espaces verts de la placette en dépotoir d’ordures et en WC en pleine nature, d’où une puanteur repoussante commence à se dégager et l’envahissement de mouches et de moustiques. Cette situation est un danger pour tout l’environnement à l’approche des grandes chaleurs. Cela constitue aussi un véritable foyer de nombreuses maladies transmissibles par les insectes et les rongeurs. Les personnes rencontrées sur les lieux, scandalisées, se posent la question : pourquoi ce silence assourdissant des autorités locales ? Elles sont manifestement incapables d’intervenir pour préserver les espaces symboles de Médéa si chers au cœur des Médéennes et Médéens. Pourtant, les associations de bienfaisance et le Croissant- Rouge, avec l’assistance de l’APC, peuvent bien s’en charger et offrir gîte et nourriture à ces familles de réfugiés de pays africains frères, en atten- dant de trouver des solutions à leur douloureux sort. A.Teta

Pas de délestage selonSonelgaz

D ans un point de presse animé récemment par Mohamed Aflah, directeur de l’Entreprise de distribution de l’électricité et du gaz de la

wilaya de Médéa, ce responsable a fixé la date du 31 mai pour achever les opérations du plan d’urgence programmées pour améliorer la situation de l’alimentation en énergie électrique. Cela concerne particulièrement six grandes agglomérations, Médéa, Ksar El Boukhari, Berroughia, Béni Sli- mane, Tablat et Aïn Boucif. Une importante enveloppe de plus de 30 mil- liards de centimes a été dégagée à cet effet pour la réalisation de 85 postes transformateurs et 65 km de nouvelles lignes électriques en moyenne et basse tension. L’interlocuteur a déclaré que grâce aux investissements concrétisés par le groupe Sonelgaz, les abonnés de la wilaya de Médéa se- ront, cet été, à l’abri des fréquentes et désagréables chutes de tension et des coupures intempestives du courant électrique. A cet effet, le chef de projet «Plan d’urgence», l’ingénieur Yousfi, a donné lecture du bilan chiffré des

différentes réalisations, ainsi que les contraintes et difficultés rencontrées sur le terrain, dont le manque de foncier pour la construction des niches des transformateurs. L’opposition des riverains, qui ne sont pas souvent coopératifs au passage des lignes électriques sur leurs propriétés, n’est pas aussi en reste. Dans ce cadre les équipes techniques de l’Entreprise ont mis les bouchées doubles pour mettre en service 67 postes et la totalité des câbles prévus. On se plaint également de l’indisponibilité des équipements des boîtes des transformateurs sur le marché national, causant du retard dans la mise en service des postes déjà réalisés. A.Teta

EL AFFROUN

Enfin un marché pour Beni Mouimène !

B onne nouvelle pour les résidants de la cité Béni Mouimène (14 000 habitants). Ces derniers, habitant les hauteurs d’ElAffroun,

n’auront plus à se déplacer jusqu’en ville, distante d’environ trois kilomètres, pour faire leurs emplettes. Un marché de détail de fruits et légumes et autres produits alimentaires, construit en charpente métal- lique, situé juste à côté des locaux de la sûreté urbaine, sera réalisé et réceptionné dans un délai ne dépassant pas quatre mois. «Les travaux de cette structure commerciale ont débuté le 21 avril dernier», affirme Othmani Maâmar, vice-président de l’APC d’El Affroun. Et d’ajou- ter : «Une enveloppe de 3,7 milliards de centimes a été allouée par la Direction du commerce pour la réalisation de cet ambitieux projet.» Cette initiative, destinée aux marchands qui exercent dans l’informel en squattant les espaces publics de la cité, a pour but de les fixer définiti- vement dans le nouveau marché et organiser leur activité commerciale en toute légalité. Composé de deux étages, cinquante box seront amé- nagés, dont dix seront destinés à l’alimentation générale. «Ce nouveau marché dont va bénéficier la population de la cité Béni Mouimène, mettra un terme à la vente anarchique sur les trottoirs et permettra aussi la création d’emplois au profit des jeunes de la cité», souligne notre

interlocuteur. Un autre espace commercial sera édifié, toujours à la cité Béni Mouimène. Il s’agira d’une plateforme qui sera réalisée à côté de la mosquée, et où seront installés une dizaine de chapiteaux abritant des revendeurs de fruits et légumes. Ce montage, réalisé pour l’organisation de l’activité commerciale locale et la résorption du commerce informel, sera réceptionné avant le début du mois de Ramadhan, avons-nous appris. Toujours au chapitre de la création de nouveaux marchés de proximité, l’APC d’El Affroun, compte réaliser un deuxième marché de fruits et légumes à la cité Béni Mouimène. «Le projet est à l’étude et une commission pour le choix du terrain a été mise en place pour permettre le lancement des travaux dans les plus brefs délais», révèle M. Maâmar. D’une capacité de 43 locaux commerciaux qui seront mis à la disposition des jeunes, la structure sera dotée de toutes les commodités d’hygiène et de sécurité. Quant à l’enveloppe, actuellement inscrite dans le cadre du budget communal, elle est de l’ordre de cinq milliards de centimes. «Nous comptons sur l’apport financier de la Direction du commerce de la wilaya de Blida pour nous permettre de réaliser ce pro- jet», conclut Othmani Maâmar. Abdelkader Lazereg

Un centre commercial à la place d’une école !

C’est le commerce qui a pris le dessus sur le savoir à El Affroun ! L’école de filles, en plein centre-ville, a été abandonnée durant un quart de siècle suite à un séisme, avant d’être démolie par la nouvelle Assemblée populaire communale. Le foncier abritant cette ancienne école a été affecté pour la construction d’un centre commercial à étages, au milieu d’un Plan d’occupation du sol (POS) que les responsables de l’urbanisme doivent bien réfléchir avant d’émettre un avis approprié pour garder l’aspect architectural et respecter le cachet urbanistique du quartier, où sera érigé le centre. «Le symbole de l’illumination du savoir a été souillé sans que le secteur de l’éducation s’oppose et surtout que pas loin,

l’établissement scolaire El Idrici fonctionne avec la formule deux en un, abritant un CEM et une école primaire», nous ont déclaré des riverains. Ces derniers souhaitent au moins que l’école démolie soit remplacée par une autre, afin que leurs enfants puissent être scolarisés dans de

bonnes conditions.

Brahim B.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 11

     
 

CONSTANTINE INFO

 
 

TRANSPORT FERROVIAIRE

 

NAISSANCE DE LA FONDATION ZEDPHARM DU DIABÈTE

 

Un secteur en perte de vitesse

L a

fondation à caractère exclusivement humani-

taire, à but non lucratif, du groupe Zedpharm,

La plupart des gares sont mal entretenues, sans compter le non-respect des horaires de départ, les mauvaises prestations de service, l’insécurité et les tarifs élevés par rapport à ceux des bus et taxis.

PHOTO: D.R.

pour la promotion de la santé au service des couches vulnérables de la société, notamment les malades du diabète, qui était en attente d’agrément, a été officiellement proclamée, jeudi, au siège du groupe pharmaceutique sis à la zone industrielle. Celle-ci qui compte pour l’heure une cinquantaine de mem- bres, se donne pour objectif immédiat la prévention et la sensibilisation sur le diabète, et également sur le Sida et l’hépatite B et C, en direction des éta- blissements scolaires, des mosquées, des salons de coiffures et cabinets de chirurgie dentaire. Elle assu- rera la disponibilité des médicaments, encouragera et primera la recherche dans le domaine médical, initiera des activités sportives au profit des malades, -enfants et adultes-, en plus d’autres actions pour la sauvegarde de l’environnement. Afin de bien mener cette mission, la fondation s’est donnée comme partenaires les directions, de l’édu- cation, des affaires religieuses et de la santé, en plus de médecins et psychologues pour l’accompagne- ment des patients. Selon les directives du président de la fondation, Dr H. Zertal, transmises par le vice-président, Kamel Benchaâbane, «la fondation est ouverte aux bienfaiteurs et à toutes les person- nes de bonne volonté, éventuellement de nouveaux adhérents bénévoles désireux d’œuvrer pour les plus démunis». A moyen et long terme, la fondation ambitionne d’étendre son action au domaine cultu- rel et artistique, de s’impliquer davantage dans les préoccupations sociales et de concourir à réduire les importations de médicaments. «C’est avec l’ex- périence sur terrain que nous aviserons des autres actions à adjoindre à notre actif», a assuré le vice- président de la fondation. Farida Hamadou

L e transport par voie ferrée connaît un net recul ces der- nières années à Constantine,

L e transport par voie ferrée connaît un net recul ces der- nières années à Constantine,

surtout que les infrastructures de ce secteur névralgique sont dans un état de dégradation total. Alors que les habitants des communes et des banlieues environnantes de la ville du Vieux Rocher connais- sent des problèmes de transport, l’exploitation des possibilités que peut offrir ce moyen, autrefois très en vogue, n’est pas classée parmi les priorités des services de la direction des transports. Pour- tant, cette possibilité pourrait contribuer à alléger la tension, notamment sur la destination d’El Khroub, en passant par Sidi Mabrouk, et aussi pour les com- munes de Didouche Mourad et ZighoudYoucef. Malheureusement, une visite sur site nous a fait découvrir un ré- seau défaillant, une signalisation inexistante et des haltes devenues des lieux favorables à la délin- quance et au banditisme. Cer- taines gares sont mal entretenues à l’exemple de celle de Zighoud Youcef qui est en détérioration. Pourtant, et selon les affirmations de Boubakeur Mekerbi, directeur régional Est de la SNTF, le parc roulant existant est suffisant et ne pose pas problème. Un parc doté de deux trains de banlieue sillon- nant la ville sur un itinéraire de 65 km allant de Constantine vers la commune de Zighoud Youcef, et de Constantine vers El Gourzi dans la commune d’El Khroub, de 5 autorails de moyenne et de longue distance exploités dans les lignes régionales de Jijel, Biskra, Tébessa, Bordj Bou Arréridj et Skikda, et de deux trains des grandes lignes assurant le relais entre les wilayas de Constantine, Alger et Annaba. Mais la question qui se pose est la suivante : pourquoi, en dépit de tous ces moyens disponibles, les passagers continuent toujours de bouder le train? Pour certains cheminots que nous avons appro- chés, la réponse est simple : les horaires proposés sont en totale

Les locomotives sont vieilles et les opérations de maintenance trops lentes

 

inadéquation avec la demande, notamment pour les travailleurs résidant dans les banlieues et qui prennent la destination de Constantine chaque jour. Le non- respect des horaires de départ, les mauvaises prestations de service, l’insécurité dans les gares et les haltes, mais surtout les tarifs jugés très élevés par rapport à ceux pratiqués dans les bus et les taxis, sont autant de raisons qui poussent à bouder les trains, selon de nombreux usagers.

locomotives «trop vieilles» et la lenteur des opérations de mainte- nance, en raison des procédures administratives «trop bureaucra- tisées», selon eux «Nous avons vécu une époque où les quais ne désemplissaient jamais; la gare de Constantine jouissait d’un dispositif de sécurité et de contrôle de passager rigoureux, et la discipline n’était pas un vain mot au sein du personnel, ce qui donnait confiance au client, or ce n’est plus le cas aujourd’hui», témoigne un retraité des chemins de fer. Et un autre de confirmer :

tidien par manque de transport urbain, alors qu’avec une réorga-

nisation du transport ferroviaire,

ils

pourraient bénéficier de trains

LE TÉLÉPHÉRIQUE

de

banlieue.

A

ce propos, nous saurons que

de

en

nouveaux horaires ont été mis

application il y a quelques se-

OPÉRATIONNEL LUNDI PROCHAIN

maines. Il s’agit de cinq rotations quotidiennes d’une moyenne d’un train chaque deux heures, de

5h

50 à 17h 40, qui circulera entre

5h 50 à 17h 40, qui circulera entre

Constantine et Zighoud Youcef,

et

de deux autres rotations, une à

 

6h

et l’autre à 16h 15 qui feront

UNE VOIE FERRÉE EN DÉGRADATION Pour d’autres, ce moyen de transport est devenu peu sûr, au vu des derniers accidents enregistrés ces derniers temps sur une voie ferrée en dégra- dation. Plusieurs déraillements dangereux ont été enregistrés à plusieurs reprises, notamment sur la ligne d’El Khroub, alors que les pannes qui peuvent sur- venir en cours de voyage sont devenues fréquentes, de l’aveu même de certains cheminots. Ces derniers déplorent l’état des

le

trajet Constantine-Ouled Rah-

«J’ai constaté de visu que le train venant d’Alger ne transportait qu’une vingtaine de passagers ; auparavant l’équipe de chemi- nots qui devrait faire le trajet ne trouvait même pas de place ! Il faut dire que la mauvaise gestion et le laisser-aller ont porté un sérieux préjudice à ce service très apprécié par le passé.» Il est à noter que les habitants de Sidi Mabrouk, d’El Khroub, de Ouled Rahmoun, Bekira, Hamma Bouziane, Didouche Mourad et Zighoud Youcef galèrent au quo-

moun.

La voix ferrée très accidentée, notamment celle traversant les wilayas de Batna, Constantine, Skikda et Alger, est en cours de réhabilitation avec un taux d’avancement des travaux de 70

%,

selon le directeur de la SNTF

de

Constantine. Ce dernier a pré-

cisé que ces travaux toucheront l’ensemble de l’infrastructure. Pour la gare de Zighoud Youcef qui a été saccagée lors des émeu- tes de janvier 2012, le même responsable a indiqué qu’elle sera

 

TRANSRHUMEL

 

L e

téléphérique sera remis en exploitation dès

lundi prochain, et ce après presque deux mois

 

Les travaux à 55% d’achèvement

de fermeture pour cause de «révision générale plus poussée sur les trois stations». C’est ce que nous a affirmé le P.-D.G. de l’entreprise de transport urbain de Constantine (ETUC), Abdelhamid Kherchi, qui gère le téléphérique depuis son lancement, en juin 2008. «Suite à un certificat de mise en exploitation du téléphérique qui a été délivré la semaine dernière par l’équipe de techniciens de l’entreprise suisse Garavanta, fournisseur des équipements et chargé du contrôle et de l’expertise, celui-ci sera remis en marche en toute sécurité», a déclaré notre interlo- cuteur. C’est un vrai soulagement pour les usagers, notamment ceux résidant dans la banlieue nord de la ville qui ont longtemps galéré pour le transport, et plus encore après la fermeture du boulevard Zi- ghoud Youcef à la circulation la semaine dernière. Le P.-D.G. a en outre beaucoup insisté sur le fait que «aucune panne n’est survenue, ni dans les 33 cabi- nes, ni au niveau des stations». R. B.

L e taux d’avancement des travaux de réalisation du Transrhumel, ou pont de l’Indépendance, est de plus de 55%, a affirmé Hacène Ta-

sur la stabilité et la sécurité de l’ouvrage, surtout que son itinéraire comprend plusieurs zones de glissement», a-t-il argué, ajoutant que des nouvelles techniques et un système moderne ont été utilisés lors de la réalisation de ce projet initialement prévu pour un délai de 36 mois (il devait être livré en avril de l’année en cours), dont le système de monitorage permettra le contrôle de toutes les parties du pont lors de sa mise en service. A notre questionnement sur d’éventuelles difficultés rencontrées, notre interlocuteur nous a répondu que le problème majeur est la présence d’un tel ouvrage dans une zone urbaine. «La prochaine

phase, celle de la pose de la dalle et du tablier, sera plus facile compa- rativement avec la précédente, il faut informer la population que plu- sieurs nouveaux accès seront fermés à la circulation, spécialement du côté de la cité Emir Abdelkader», a-t-il prévenu, qui nous a fait savoir que l’étude de l’extension de ce pont vers l’autoroute Est- Ouest est en

htah, responsable du bureau d’étude Dar EL Handassa, chargé du suivi. Il a déclaré que les travaux de ont dépassé les phases critiques concer- nant les fondations. «L’ouvrage est classé premier au niveau national par rapport à ses caractéristiques de réalisation, notamment pour l’al- titude, sachant qu’il y a plus de 130 m de hauteur entre le Rhumel et le tablier du pont, avec une longueur de 756 m en reliant les aggloméra- tions du côté Est avec celle de l’ouest, du plateau du Mansourah vers la place Khemisti, à proximité de la cité Kouhil Lakhdar», a-t-il expliqué, en précisant que le pont sera installé sur 8 piliers dont ceux n°3 et 4 sont d’une altitude maximale respectivement de 130 et 128 m, implantés dans l’abîme du Rhumel à une profondeur de 40 m en souterrain. «Au vu de la nature géologique très difficile de la ville et de l’importance du projet, nous avons effectué une étude approfondie en accentuant

phase d’achèvement.

Ratiba B.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 11

 

ORAN INFO

 
 

JUMELAGE ORAN-BORDEAUX

UN COLLOQUE CLÔT LA SÉRIE DE RENCONTRES SUR ABDELMALEK SAYAD

Les migrations et la mondialisation en débat

COUP D’ENVOI DES MANIFESTATIONS DU 10 e ANNIVERSAIRE

L e coup d’envoi des manifestations officielles culturelles et artistiques, marquant à Oran, à partir du 25 mai jusqu’au

15

juin prochain, la célébration du dixième anniversaire du

jumelage entre les villes d’Oran (Algérie) et Bordeaux (France)

Le cycle a été entamé le 4 février 2010 par le Centre culturel français (actuellement Institut

a

été donné dans la matinée de samedi à l’Institut Français. Les

Français) en collaboration avec l’association de protection du site de la Villette représentée par Yve Jammet.

festivités programmées ont donné lieu, à partir de 10 heures, au lancement de la Journée de la photographie intitulée «Itiné- rance Oran- Bordeaux : 10 ans» qui a été suivie par un concert de musique oranaise et andalouse animé par les musiciens de l’orchestre «El Houari», et clôturée en fin de matinée par une rencontre littéraire et un conte de l’Association Culturelle «Le Petit lecteur» où ont été conviés les membres du mouvement associatif oranais, le grand public, les adhérents et les étudiants de l’IFO. S’agissant de la manifestation de cette première jour- née selon l’organisatrice, la photographe-comédienne Anne Saffore, «il s’agit de présenter, par le biais d’une vingtaine de photographies qui sont réparties pour deux expositions organi- sées à l’Institut Français et à l’Association SDH- Sidi el Houari, les aspects de la vie au quotidien des deux villes jumelles qui

sont un ciel ouvert parmi les joyaux urbains des régions les plus riches et les plus belles». Par ces deux expositions, a-t-elle indi- qué, «il est question d’une errance à travers un itinéraire bien conçu pour attirer la curiosité et surtout permettre au public oranais de découvrir les richesses que recèlent ces deux grandes agglomérations». Pour l’après-midi, le programme a prévu, dès 14 h, sur le site de l’association «SDH», tout un éventail de manifestations culturelles jusqu’à 18 heures. Elles ont donné lieu

une rencontre d’improvisation sur le thème «Oran-Bordeaux :

à

deux villes d’eau», un partage musical et poétique sous un fond de sons d’instruments musicaux en cuivre, une balade dans les vestiges historiques de ce quartier. Tegguer Kaddour

UN WEEK-END MACABRE

5 MORTS SUR LES ROUTES

C ette fin de semaine a été macabre à Oran où les éléments de la Protection civile ont recensé pas moins de 5 décès

«Migrations et mondialisation», intitulé du colloque international programmé au CRASC les 21 et 22 mai, clôt une série de neuf rencontres consacrées au socio- logue algérien Abdelmalek Sayad. Le

cycle a été entamé le 4 février 2010 par

le

Centre culturel français (actuellement

Institut Français) en collaboration avec

l’association de protection du site de la Villette représentée par Yve Jammet. Au fur et à mesure, d’autres instances ont été mises à contribution dont le CRASC qui a abrité une bonne partie des débats mais aussi l’association des amis de Abdelmalek Sayad présidée par Christian de Montlibert, université de Strasbourg, et coorganisateur de l’exposition «Ici, là-bas, la sociolo- gie de l’émigration-immigration», en adéquation avec les théories du chercheur qui, en son temps, a réussi

à

tion dans les sciences sociales. «Le sociologue des marges, de l’entre- deux», considère ce dernier qui a in- tervenu en séance plénière pour démon- trer que Abdelmalek Sayad est certes un spécialiste de l’immigration mais c’est d’abord un sociologue qui a théorisé les effets de la domination et des luttes sym- boliques. Parmi les différents centres d’intérêts, il évoque le travail effectué

avec Pierre Bourdieu sur les transfor- mations du monde paysan, l’analyse de l’évolution des valeurs de cette catégorie

et les efforts de réflexion qui l’ont amené

à sortir avec de nouvelles représenta-

tions. Christian de Montlibert considère que chez Sayad, la réalité est sans cesse soumise à l’analyse critique faisant que l’histoire demeure toujours en chantier. C’est précisément le cas pour les phé- nomènes migratoires algériens qu’il

étudiés. «Ses travaux ont une valeur

a

heuristique tout à fait d’actualité», es- time l’universitaire français en réponse

une question sur la pertinence de

à

l’œuvre de Sayad aujourd’hui. En tenant compte du fait que, selon lui, «les pays indépendants deviennent en général des banlieues du capitalisme des pays déve- loppés», il met en avant la subsistance des effets de domination symbolique étudiés par l’auteur de «La double absence». TassaditYacine, qui a donné la

imposer la thématique de la migra-

qui a donné la imposer la thématique de la migra- pre- mière conférence du cycle, une

pre-

mière conférence du cycle, une «lecture croisée» de cette œuvre il y a trois ans, est revenu cette fois pour retra- cer son parcours et la formation de son habitus cultivé. «Le rappel du contexte historique permet de comprendre les raisons qui fondent la réflexion de Ab- delmalek Sayad autour de l’émigration- immigration et d’en saisir la genèse»,

note la directrice à l’EHESS en évoquant

la rencontre avec Pierre Bourdieu, alors jeune agrégé en philosophie qui, dit-elle, «l’entraînera sur le champ de l’enquête sociologique pour ne pas dire sur le champ de bataille». En pleine guerre d’Algérie, la tâche n’était pas aisée. Ab- delhafid Hammouche, de l’université de

Lille, prévient contre une sacralisation du penseur, synonyme de monumenta- lisation, et appelle à une lecture critique

de son œuvre. Son intervention porte sur la combinaison des approches de Sayad, Bourdieu et Weber et parle d’appropria- tion critique des savoirs par emprunt de registre ou d’éléments conceptuels. Il note une puissance d’analyse dans «les enfants illégitimes», un texte qui montre finement les rapports de géné- rations et les différences d’aspirations

des uns et des autres. En corrélation avec «La ville» de Max Weber où les gens dépassent leur incompré- hension pour construire des liens et un alphabet commun, il montre com- ment, en adéquation avec le concept émigration-immi- gration théorisé par Sayad, les migrants participent de la construction de la ville fran- çaise. «Avec la montée des nationalismes, les interroga- tions qu’ils suscitent rendent urgent que cet héritage soit mieux étudié et analysé», sou- haite Yves Jammet qui met en avant la fonction sociale pouvant aider à construire des repères. Cédées par Rebacca Sayad, les archives du socio- logue (420 boîtes) traitées par son équipe sont mises à la dis- position du public. Ceci étant dit, ce colloque a été aussi une occasion de présenter d’autres expériences dans le monde, à l’instar des études de cas regroupées dans une session parallèle. Stamatina Kaklamani de l’université de Crête s’est intéressé aux femmes immigrées (des républiques de l’ex-Union Soviétique) qui assistent les personnes âgées en Grèce rurale. Souleymane Gomis de l’université Anta Diop du Sénégal a étudié les transferts de fonds des migrants sénégalais au Ca- nada, une catégorie aisée qui n’échappe pas à certaines idées développées par le sociologue algérien. Nicolas Jaoul du CNRS a regretté d’emblée de ne pas avoir lu Sayad avant d’entamer sa recherche sur l’émigration-immigration des «intouchables» à cause, précise- t-il, du cloisonnement regrettable des sciences politiques et de la sociologie. Sa lecture a postériori lui a permis en quelque sorte de conforter ses conclu- sions même si l’intitulé de son inter- vention portant sur le rôle politique des émigrés-immigrés «intouchables» en Grande-Bretagne et en Inde commence par «une double présence» au lieu d’«une double absence». Djamel Benachour

et un blessé grave. Le premier décès vient d’allonger la liste des noyés sur les plages de la côte oranaise alors que la sai- son estivale n’est pas encore entamée. Un jeune homme est décédé jeudi à Bomo plage. Ce dernier, originaire de la wilaya de Tlemcen et âgé de 27 ans, était en virée balnéaire avec un groupe d’amis. Il a trouvé la mort après s’être aventuré dans une mer démontée. Alors qu’à Es-Senia et Gdyel, 2 moto- cyclistes ont été tués et un troisième grièvement blessé. Le

premier accident mortel a eu lieu à l’entrée de la localité d’Es- Senia. Un jeune homme de 24 ans y a trouvé la mort sur le coup. Ce dernier sur sa mobylette est entré en collision de plein fouet avec une voiture venant en sens inverse. Le second accident a été enregistré sur le tronçon menant de Fleuris-Hassiane Ettoual vers Gdyel. Deux jeunes âgés de

25

mort et un blessé grave. Les dépouilles ont été acheminées vers

ans ont été heurtés par un véhicule léger. On dénombre un

la

morgue de l’hôpital pour autopsie et le blessé grave vers le

service des urgences. Une enquête a été ouverte pour ces deux accidents mortels. Dans le même registre, les éléments de la Protection civile d’Oran ont évacué deux cadavres, un vers la morgue du CHU d’Oran et le second vers l’hôpital d’El Mou- hguen pour autopsie. Le premier cadavre est celui d’une vieille dame. Cette dernière âgée de 80 ans a été retrouvée morte dans son domicile situé à El Makkari, ex-Saint Eugene. Le second a été découvert dans une société située à la zone d’activité d’El Kerma. Il s’agit d’un homme de 63 ans. Zekri S.

SECTEUR DE LA CONSTRUCTION

Les ingénieurs veulent leur Conseil de l’Ordre

MERS EL HADJADJ

GRANDE OPÉRATION DE VOLONTARIAT

U ne vaste opération de volontariat a été programmée, hier, au niveau de la plage de Mers El Hadjadj (ex-Port aux

L es ingénieurs en construc- tion, par le biais de leur

Association Nationale Algé- rienne (ANAIC) dont le siège est implanté à Oran, militent pour la création de leur Conseil National de l’Ordre. Dans une déclaration à la rédaction locale, M. Nou- ri Seguini, le Président de l’ANAIC, a confirmé que cette démarche légitime et

officielle a été préconisée par les professionnels du secteur de l’habitat et de la construc- tion réunis autour de leur Association Nationale. Cette démarche tant atten- due viendra, ainsi a-t-il rap- pelé, consolider et mettre de l’ordre au sein de cette corporation en assurant, par la même occasion, à moyen et long terme, une nouvelle

dynamique pour la concré- tisation des différents pro- grammes d’habitat qui sont lancés au titre du plan quin- quennal 2010-2014 par les pouvoirs publics à travers l’ensemble des wilayas du pays. Il sera également tenu compte par cette nouvelle entité sur- tout des spécificités des types de logements qui seront réa-

lisés en tenant compte des régions. La création d’un Conseil National de l’Ordre va s’atteler au volet de la for- mation et la mise à niveau des ingénieurs en construction, qui constitue, selon lui, un axe majeur et très important afin de mieux contribuer à la modernisation de la construc- tion d’une manière générale. T. K.

Poules) relevant de la daïra de Bethioua. Cette action de nettoyage des plages, organisée par la radio Ba- hia, plusieurs mouvements associatifs et les autorités locales, coïncide avec l’année de l’environnement et porte sur un travail de proximité, lequel vise à impliquer toutes les parties concer- nées dans l’entretien des plages. Quatorze plages au niveau de

tout le littoral algérien, dont celle de Mers El Hadjadj, ont été choisies pour le lancement de cette campagne d’entretien et de préservation de l’environnement. Des moyens humains et matériels seront mobilisés à l’occasion de cette journée de sen- sibilisation. La radio El Bahia transmettra en direct toutes les étapes de cette opération à laquelle une dizaine d’associations

vont participer.

Foued A.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 12

 

ANNABA INFO

 
   

EL BOUNI

 

UNE PATINOIRE AU CLUB HIPPIQUE

 

Les adhérents en colère

NETTOIEMENT TOUS AZIMUTS

On attendait la réhabilitation du club, et c’est une patinoire qui vient s’y greffer sur ordre de la wilaya, du n’importe quoi !

s’y greffer sur ordre de la wilaya, du n’importe quoi ! L ’installation d’une patinoire dans

L ’installation d’une patinoire dans le club hippique de Aïn Achir a suscité le cour-

roux des adhérents de ce lieu

de 3000 DA pour les adultes et 2000 DA pour les mineurs et une cotisation mensuelle de 1200

vaux et assurer le salaire des 20 travailleurs du club. Par ailleurs, sept millions de dinars ont été oc-

Pour la réhabilitation du club, l’opération a été inscrite en 2011. L’étude avait nécessité une en-

L a commune d’El Bouni n’a pas lésiné sur les moyens pour faire aboutir une grande campa-

gne de nettoiement qu’elle a menée tous azimuts la semaine dernière. Ce sont pratiquement les quatre coins de la cité qui ont été passés au peigne fin pour qu’El Bouni se paie un nouveau visage. Des moyens matériels conséquents ont été mobilisés pour le ramassage des ordures et autres corps solides. L’opé- ration ayant associé les efforts des services de la di- rection de l’environnement et des équipes d’Algérie blanche dont le coup de pouce n’est pas négligeable a donné un nouveau look aux cités. Ce qu’il faut aussi souligner c’est que les résidants de ces cités ne sont restés en marge de cette campagne. Ils étaient nom- breux à participer à la réussite de l’opération par un geste de volontariat qui a complètement changé leur environnement immédiat. Parallèlement, les services de la commune ont organisé des battues des chiens errants qui prolifèrent à travers les quartiers et prépa- rent des actions de démoustication et de dératisation qui devront concerner tous les immeubles de la ville. Aussi la commune a mené une campagne de lutte contre la prolifération des constructions illicites dans le quartier du 1 er Mai. Le premier bilan fait état de l’élimination de trente bêtes errantes et la démolition de sept constructions illicites. A. S.

DES TAXIPHONES DANS L’EXPECTATIVE

T ransféré temporairement sur le boulevard Bouzred Hocine, le service des cartes grises de la daïra de

Annaba sera déplacé encore une fois sur le boulevard de l’ALN, apprend-on auprès des responsables de ce service. Cette décision a eu un impact négatif sur les taxiphones et les bureaux de tabac du boulevard Bouzred Hocine. En effet, l’activité du taxiphone a considérablement régressé suite à la généralisation des téléphones mobiles. Les gérants ont trouvé l’astuce et se sont convertis en commerce de tim- bres fiscaux dont les profits générés par les recettes équilibrent un tant soit peu les bénéfices. Mais avec le transfert du service des cartes grises, le pourvoyeur de ce commerce, les dix taxiphones et bureaux de tabac du quartier vont vraisemblablement mettre la clé sous le paillasson. «La vente des timbres fiscaux est notre seul profit. La daïra a annoncé la couleur en remplaçant le timbre de 2000 DA pour les passeports en quittance et voilà qu’elle décide de transférer son service de cartes grises sur le boulevard de l’ALN. Comment allons-nous résister pour payer nos charges», se plaignent les propriétaires concernés. Cependant, au boulevard de l’ALN qui a accueilli ce

service de daïra, les taxiphones du quartier se frottent

réservé de par sa notoriété à l’ac- tivité équestre. C’est du moins l’avis des habitués de club qui dénoncent un amalgame entre l’activité sportive de l’équitation

DA. Actuellement la nouvelle as- sociation impose 10 000 DA/an et 3 000 DA/mois. Plusieurs ca- valiers pauvres ne peuvent plus y adhérer même s’ils ont démontré leur maitrise de cette discipline

troyés par le ministère de tutelle à la direction de la jeunesse et des sports pour la rénovation du club. Jusqu’aujourd’hui, rien n’a été fait, cependant». Par rapport à cette situation, le directeur de la jeunesse et des sports, Djamel Zebdi, s’est expli- qué : «Le retard est à endosser à l’office communal des sports de l’APC de Annaba. Il assurait la gestion des lieux lors de la der- nière visite de l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports en 2011 où il a été procédé à son transfert de l’APC à la DJS. L’inventaire et la préparation de la passation de consignes ainsi

veloppe de 5 164 000, 00 DA et pour la réhabilitation une autre de 74 836 000,00 DA prenant en charge la rénovation des deux carrières, l’écurie, les douches pour les chevaux et un parking. Actuellement, nous sommes dans la dernière phase. L’évaluation des offres et le lancement des travaux seront entamés à la fin juin 2013.». Force est de souli- gner qu’une convention d’une année, approuvée par les services ministériels, a été signée entre la DJS et l’association qui prévoit un accord donnant à l’association la gestion du club et l’entretien des chevaux. La propriété, cepen- dant, revient à la DJS. LeïlaAzzouz

et

une aire de jeux et de loisirs.

«L‘endroit n’est plus ce qu’il était. Jadis, nous y allions chaque week-end mais maintenant nous n’y allons plus car une patinoire a été installée dans un lieu qui n’est pas la sienne même si l’en- trée est de 50 DA par personne alors avant qu’on payait la même somme par véhicule sans comp- ter le nombre de passagers», ont-ils souligné. Pis, l’ancienne

en remportant plusieurs titres locaux, régionaux et nationaux. Contacté, le vétérinaire du club Dr Bentelis est du même avis que les adhérents. Il s’est exprimé sur cette situation en déclarant : «La patinoire nous a été imposée par la wilaya. C’est un club hippique, on n’a pas à y mettre des activités hors celles liées aux activités équestres. Quant aux coûts d’ac- cès et de cotisations, ils sont nécessaires pour subvenir aux besoins alimentaires des che-

association qui gérait le lieu exigeait une cotisation annuelle

 

que l’établissement de l’acte de propriété ont ainsi pris du retard.

d’ores et déjà les mains. Le malheur des uns

A. L.

 

PROJET DE LA NOUVELLE VILLE DRAÂ ERRICHE

 

LA COQUETTE S’INSPIRE D’EL BAHIA

L a visite de la délégation de la

D’EL BAHIA L a visite de la délégation de la ville d’Oran a tracé les contours

ville d’Oran a tracé les contours d’une coopération dans le domaine de la ges- tion. D’ores et déjà, et sur la base de l’expérience d’Oran dans la gestion com- munale, il est projeté la création d’une EPIC de nettoiement pour les communes de Annaba et El Bouni. Aussi l’idée de la gestion par une entreprise des espaces verts et de l’éclairage public fait-elle son petit bonhomme de chemin. Pour sa part, la ville d’Oran mettra à profit l’expérience de Annaba acquise dans la réalisation du pôle universitaire et du projet de nouveau pôle urbain intégré en réalisa- tion à Draâ Erriche. C’est dire que les jalons d’un partenariat entre les deux communes sont ainsi déjà plantés. Les responsables des deux communes sont déterminés à tisser des liens solides pour échanger leurs expériences respectives. Outre les créneaux cités, Annaba qui s’inspire toujours de l’expérience d’Oran on pense à la mise sur pied d’une commission de pilotage chargée du suivi du projet de tramway.

Une aubaine pour les chômeurs

Le taux de chômage a atteint un seuil inquiétant dans la plupart des communes rurales de la wilaya de Annaba. Il touche principalement les jeunes diplômés des centres de formation et de l’université et ceux sans qualification.

wilaya a ordonné aux entreprises impliquées dans la construction de la nouvelle ville de Draâ Erriche à donner la priorité d’embauche aux jeunes chômeurs de Oued El Aneb. «Plus de 200 jeunes chômeurs sans qualification, viennent d’être recensés jusqu’à ce jour pour suivre une formation accélérée dans le bâtiment afin de répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée des futurs chantiers du projet du nouveau pôle urbain intégré de Draâ Erriche. Cette opération va se pour- suivre pour cibler l’ensemble des jeunes chômeurs sans qualification de la commune concernée», révèlent les mêmes élus de Oued El Aneb. Ces dernier abondent sur le même sujet en poursuivant : «Une fois le recense- ment des jeunes chômeurs sans qualification achevé, ces derniers seront placés dans des

établissements de formation de Berrahal et de Oued Kouba pou y suivre des stages dans les métiers de maçon, de ferrailleur, de carreleur, de plombier et autres». Le nouveau pôle ur- bain intégré de Draâ Erriche dont les travaux

d’aménagement ont été lancés par le premier ministre, Abdelmalek Sellal, est conçu pour

abriter un programme de 50 000 logements, tous segments confondus. Ce programme d’habitat sera accompagné d’une panoplie de projets d’équipements publics, à l’instar d’un réservoir de stockage de 10 000 m3 d’eau potable. D’autres communes rurales telles Berrahal, Aïn Berda, Chorfa, El Eulma et Sidi Amar font face, elles aussi, au fléau du chô- mage qu’elle considère comme un problème difficile à prendre en charge par rapport à celui du logement. Les dizaines de marchés de proximité qui sont en cours de réalisation à travers le territoire de la wilaya, demeurent insuffisants pour résorber le chômage. D’au- tant plus que ces espaces commerciauxsont conçus exclusivement aux jeunes chômeurs qui exerçaient dans le commerce informel. C’est dire que seul l’investissement productif avec la création d’usines industrielles, est à même de venir à bout de ce fléau. Les dispo- sitifs de soutien de l’Etat à l’emploi (Ansej, Cnac et Angem) ont montré jusqu’à présent leurs limites d’où la nécessité de trouver d’autres formules plus performantes pour dynamiser le marché du travail.

C ela est à l’origine de manifestations de colère qui sont organisées sporadique-

ment à l’échelle de certaines communes telle

Oued El Aneb où les perspectives en matière d’embauche au travail paraissent inexistantes en l’absence de projets d’investissement productif», estiment des élus locaux. Ce qui

a

poussé les jeunes chômeurs de Oued El

Aneb dont ceux sans qualification, à reven- diquer la priorité en matière d’emploi dans

les chantiers de réalisation du mégaprojet du nouveau pôle urbain intégré de Draâ Erriche.

Il

semble que cette demande a été prise en

considération puisque le chef de l’exécutif de

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 12

 

KABYLIE INFO

KABYLIEKABYLIE INFOINFO

 

EN PRÉVISION DE LA SAISON ESTIVALE À BÉJAÏA

 

AKBOU

 
     

Desassociationsnettoient la plage de Boulimat

 

L’APC RÉPOND AUX HABITANTS DE LA CITÉ ALCOVEL

 

D ans une déclaration signée par son chargé de com- munication, l’APC d’Akbou a tenu à répondre, aux

 

habitants de la cité «Alcovel» qui ont protesté le 13 mai

L’opération «Terre et Mer», en prévision de la saison estivale, est pilotée par l’association Ardh pour la protection de la nature, en collaboration avec d’autres associations.

dernier contre un chantier de la commune entamé à côté de leur cité sans les prévenir. «Ainsi, selon la logique des habitants de la cité «Alcovel» les travaux d’élar- gissement de la voie menant du stade des martyrs à la clinique Hamani auraient du se faire en sourdine, hors des jours ouvrables et des horaires légales de travail» , lit-on dans le communiqué de la commune. L’assemblée populaire d’Akbou estime, plus loin qu’il n’y a pas eu «d’atteinte à l’honneur» des habitants comme l’ont déclaré les contestataires. «S’agissant de la prétendue «atteinte à l’honneur» qui serait généré par la destruction de mur d’enceinte il y a lieu de se demander quel aspect offrira le tissu urbain si tous les citoyens de la commune d’Akbou se mettent à ériger des murs d’en- ceinte autour de leurs cités», s’interroge-t-on à la mairie. Concernant les questions soulevées liées à la propriété du terrain, le signataire du document à tenu à rappeler que l’APC c’est aussi l’Etat. «Pour ce qui est du terrain, sur lesquels sont bâties les baraques, Mr Berrabah reconnaît que le terrain appartient à l’Etat tout en oubliant que l’APC est une institution de ce même état», écrit l’APC en incriminant le porte parole de l’association des habitants d’Alcovel de «se réjouir du statut quo induit par la décision de la cour suprême de l’annulation de la décision de délo- gement des contestataires, et que «c’est tout le monde qui perd dans l’affaire», écrit l’APC d’Akbou non sans revenir sur les conséquences de cette situation que la mairie qualifie de blocage. «Cette situation de blocage pénalise non seulement les occupants des 60 chalets très vétustes mais aussi toute la population d’Akbou», selon le communiqué de l’APC qui précise que ses services envisagent de lancer sur ce site un projet de 600 loge- ments pour le recasement d’un autre quartier de la ville

voué à l’éradication.

F. I.

S amedi dernier, les automobilistes de la RN 24 sur la côte ouest de

Béjaïa n’ont pas eu à rouler trop vite. Sur un périmètre de centaines de mètres, le long de la RN 24, une soixantaine d’enfants de l’école Fathma Nsoumer encadrés par des as- sociations de protection de la nature, se sont donnés rendez- vous pour nettoyer les bordures de la route nationale. Des dizaines de grands sacs emplis de déchets de toute sortes, bouteilles en verre, canettes de bières et autres résidus ont été ramassés. L’opération baptisée «Terre et Mer», en prévision de la saison estivale est pilotée par l’association Ardh pour la protection de la nature en colla- boration avec le club Atlantide,

estivale est pilotée par l’association Ardh pour la protection de la nature en colla- boration avec

PHOTO : EL WATAN

Tichy la Verte, les amis de la faculté de Médecine et la pépi-

Une soixantaine de jeunes bénévoles ont pris part à la campagne de nettoyage de la plage de Boulimat

 

nière du chahid Hassisene. Arborant un large sourire, Ka- rim Khima le président de l’as- sociation Ardh a de quoi être fier. Ses partenaires et jeunes bénévoles ont réalisé un véri-

table exploit ce jour la bien que pour lui, cette campagne n’est que symbolique. «La journée de sensibilisation Terre est Mer est un geste symbolique. Nous avons ciblé les automobilistes à l’arrivée de la saison estivale. Malheureusement, on a consta- té que la plus part des déchets sont dans la rue, les bouteilles de plastiques, des bouteilles de bières qui sont aussi nocives pour la santé», lance-t-il. Tout en expliquant l’opération

aux gens de passage, Karim Khima doit aussi gérer, le deu- xième groupe de bénévoles qui s’est éparpillé sur la plage.

«Notre but ce n’est pas le net- toyage car nous ne sommes pas des éboueurs, nous sommes la pour faire un geste symbolique pour alerter les gens sur la pro- tection de la nature», précise-il. Derrière notre interlocuteur, de jeunes personnes en tenue sous marine s’affairent autour d’un bateau à moteur. C’est l’équipe des plongeurs du club Atlantide auquel est confiée la mission de nettoyage des fonds marins. La mer est as- sez agitée mais ils devront quant

même embarquer pour quelques kilomètres et nettoyer les fonds de l’île des Pisans de Boulimat. Un seul mot d’ordre, ne pas re-

ne leur permettent pas de faire plus. «Si on est sollicité on sera toujours présents. A la fin de la journée, des flyers dessinés par

 

venir les «sacs vides», explique Zaouche Zohir le président du club Alantide qui intervient dans des domaines de sport subaquatiques, notamment le secourisme en mer est aussi sur les lieux. «Aujourd’hui, nous in- tervenons pour prendre la phase sous-marine. Nos plongeurs vont nettoyer les fonds sous marins de cet île qui connaît des milliers de visiteurs chaque saison», dit-il en précisant que la aussi, ce sont des efforts symboliques car leurs moyens

des enfants sont offerts aux au- tomobilistes et aux riverains. La sensibilisation doit continuer dans d’autres canaux» estime Karim Khima de l’association Ardh. «Le rôle de la protec- tion de l’environnement revient avant tout à la direction de l’environnement de Béjaïa et l’APC de Béjaia auxquels l’Etat a donné les moyens. Les asso- ciations sont la pour donner un coup de main», conclut-il. Farid Ikken

GRÈVE À L’ETR BÉJAÏA

 

LA DIRECTION INVITE LES GRÉVISTES À REPRENDRE LE TRAVAIL

BENI DJELLIL

Le CW 15 impraticable

E xcepté la partie traversant le villageTala Moumèn, consi- dérée plus au moins praticable, le chemin de wilaya n°15 qui serpente les hauteurs sud de la commune de Beni Djellil est dans un état lamentable. En effet, les automobilistes de la région se plaignent quotidien- nement, de ce chemin devenu

un véritable cauchemar pour eux, et ce, à partir, notamment, du branchement desservant la localité de Feraoun jusqu’au lieu dit Takwerrabt, et de 1004 au territoire de la commune de M’cisna, au long des collines de Sidi Boudjemâa. Les trans- porteurs plaignants notent que l’état de délabrement avancé

qui caractérise cette tranche du réseau routier hautement em- pruntée, leur cause d’énormes désagréments du fait de son im- praticabilité. Les nids -de- poule qui jalonnent ses accotements et les crevasses fendillant sa chaussée ne font qu’attiser leur peine. «Effectivement, le CW 15 est en piteux état et présente un

sérieux handicape pour les usa- gers qui revendiquent constam- ment son aménagement. Nous avons sollicité les pouvoirs publics et ils nous ont promis de dégager une enveloppe consé- quente en vue de son revêtement dans les jours à venir», nous a déclaré, Titem Elhachemi, P/ APC de Beni Djellil. A.Kasmi

L a direction de l’Entreprise des travaux Routiers, ETR de Béjaïa est sortie de son silence début de semaine

et invité les travailleurs en grève à revenir à leurs postes. Dans une déclaration remise à notre rédaction, le PDG

de l’ETR de Béjaïa estime que le préavis de grève lancé le 13 mai dernier par le Conseil syndical ne reflète pas la position de tous les travailleurs de l’unité. Ce préavis de grève «composé d’ex grévistes et au nom d’ex grévistes (considéré comme base) et non de l’ensemble des tra- vailleurs prouve une fois de plus ses bonnes intentions de recherche de dialogue et de concertation autour des véritables problèmes de l’Entreprise à savoir retrouver sa place dans l’activité des travaux publics», se défend le PDG de l’ETR, B.Kebiche. Plus loin, le premier responsable de cette entreprise a tenu a assurer que le PV de la SGP-TP Sinatra et UGTA est suivi à la lettre par la direction de l’ETR tout en referant au PV «du 05/03/2013 et non pas à celui du 02/04/2013» en poursuivant que «le point 5 du même PV a prévu un comité de suivi (SGP-TP Sinatra et l’ETR d’une part et la Fédération du bâtiment et des travaux publics, l’union de wilaya et l’union locale de l’UGTA Bejaia d’autre part pour l’accompagnement de ces me- sures et traiter de tous les problèmes pouvant survenir jusqu’à la stabilité totale de l’entreprise» Le PDG de l’ETR Béjaïa accuse le conseil syndical d’user de «déclarations tendancieuses pour éloigner d’avantage les pourvoyeurs de plans de charge de l’en- treprise», lit-on dans le communiqué. Tout en invitant les travailleurs en grève à se remettre au travail, le responsable de l’unité de Béjaïa affirme qu’il n’envisage pas de suspendre ses poursuites judiciaires.

«Nous ne pouvons payer 11 mois de grève illégale, en- trave à la liberté de travail et d’arrêter une poursuite ju- diciaire pour détérioration de matériel d’une entreprise

 

BÉJAÏA

 

Grève et marche des corps communs

 

L

es corps communs sont à nouveau sortis hier dans la rue pour faire entendre leur

cause. Rassemblés autour des mêmes reven- dications, les deux syndicats, le Snccopen

et le Snapap, représentant respectivement cette branche d’activité dans l’éducation nationale et à l’université, avaient appelé les corps communs, les ouvriers professionnels et les agents de sécurité des deux secteurs, à observer dans la journée d’hier, une grève. Celle-ci a été ponctuée par une marche de la Maison de la Culture vers le siège de la wilaya. Les animateurs des deux syndicats ont réitéré dans une plateforme commune et rendue publique l’essentiel de leurs revendi-

cations statutaires et autres régularisations administratives. Sur la question des salaires,

exigeant en préambule un salaire à même d’améliorer leur pouvoir d’achat, les deux syndicats ont remis sur le tapis une demande de révision du régime indemnitaire, récla- mant en ceci l’octroi de primes spécifiques, l’intégration des corps communs dans l’édu- cation et la régularisation des contractuels.

L’occasion a été aussi saisie pour dénoncer sur un autre registre l’insécurité régnante dans les cités universitaires et les établisse-

ments scolaires.

R. O.

REMERCIEMENTS

Les familles Ould Saïd d’Azazga, Chouaki de Tizi Rached et Tazerout d’Alger, très touchées par la sym- pathie de toutes les personnes qui se sont associées à la douleur, au chagrin et à la peine qui furent les leurs suite au décès de leur très chère, admirable, remarquable et unique épouse, mère, fille, sœur, belle-sœur et tante OUIZA, survenu à l’âge de 59 ans, et dans l’impossi- bilité de répondre individuellement à tous ceux qui les ont soutenus dans cette pénible épreuve, leur adressent leurs sincères remerciements. «A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.»

 

publique», écrit-il.

F.I.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 14

INTERNATIONALE

LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ÉVOQUE UN RISQUE TERRORISTE À TUNIS

Les juges et les avocats dans le collimateur des djihadistes

Tunis De notre correspondant

L ministère tunisien de l’Intérieur

averti depuis jeudi dernier les juges et les avocats d’un risque

terroriste imminent évalué à 85 %, selon les experts, encouru par le tribu- nal de Tunis qui gère les dossiers des jihadistes arrêtés en rapport avec les divers incidents qu’a connus la Tunisie. La circulation sur le boulevard du 9 avril, à Tunis, est curieusement fluide ces dernières 48 heures. Une artère pourtant connue pour ses embouteil- lages, notamment le matin au niveau du tribunal. Mais, le stationnement des voitures a été interdit aux alentours de ce tribunal, suite aux forts soupçons sur une attaque terroriste visant cette bâtisse. Les entrées sont désormais filtrées. Les professionnels sont appe- lés à porter leur badge et les usagers à donner les motifs de leur présence. C’est la première fois en Tunisie que

e

a

le niveau d’alerte anti-terroriste atteint 85 %, «ce qui représente un niveau très élevé», a constaté le bâtonnier des

avocats, Chawki Tabib. «Les autorités

sécuritaires ont demandé aux corpo- rations professionnelles de collaborer en matière de dispositions sécuritaires préventives», a-t-il ajouté. Quant à la présidente de l’Association des magistrats tunisiens, Kalthoum Kennou, dont la corporation est censée être visée par cette menace, elle s’est dite «sereine» et a indiqué que «de telles menaces ne sauraient perturber la sérénité des juges dans leur quête pour le respect de l’Etat de droit et des institutions, prêché par la révolution».

PROLONGATION DE L’ÉTAT D’URGENCE Au niveau officiel, le Conseil supérieur de la sécurité nationale s’est réuni en présence des trois présidents (Gouver- nement, Assemblée et République), des principaux ministres et de hauts cadres

de l’armée et les forces de sécurité. Suite

à cette réunion, le ministre de la Défense

s’est prononcé pour la prolongation de l’état d’urgence, en vigueur depuis le 14 janvier 2011 et qu’on a longtemps promis de lever. Il a été également question de recommandations sur la mise en place d’une stratégie globale

pour faire face aux défis sécuritaires, le renforcement du contrôle au niveau des frontières pour faire face au terrorisme

et

à la contrebande, le renforcement de

la

sécurité dans tous les tribunaux du

pays, ainsi que la mise en place d’un plan de neutralité des mosquées. «Si le Conseil supérieur de la sécurité natio- nale (CSSN) a examiné avant-hier les questions de sécurité des tribunaux et

de la neutralité des mosquées, il y a lieu de s’interroger sur le rapport entre ces deux thèmes et la sécurité nationale et si l’on est déjà sur le seuil du terrorisme»,

a constaté l’islamologue Néji Jalloul.

Celui-ci ajoute : «Les autorités ont finalement compris le danger latent de

ces discours violents, relayés dans les

mosquées». «Lesquels discours sont parmi les facteurs ayant contribué à la montée du risque terroriste en Tunisie. C’est pourquoi le CSSN s’est retrouvé assujetti à discuter la neutralité des mosquées», a-t-il conclu. Il reste toutefois à élucider le risque réel encouru par la Tunisie en termes de ter- rorisme. «Si le ministère de l’Intérieur a exigé d’interdire le stationnement

autour du tribunal de Tunis, c’est pour

dégager la vue dans la zone et éviter les risques d’un attentat suicide», a expli- qué un expert qui a requis l’anonymat. Pour ce dernier, «le taux de risque à 85% équivaut à une forte probabilité». «Ces mesures de sécurité vont être maintenues pendant longtemps, car c’est la devise en matière de lutte contre le terrorisme des groupes jihadistes sui- cidaires», a-t-il souligné. Une nouvelle

page semble s’ouvrir en Tunisie avec ces soupçons d’attaques terroristes contre des cibles civiles. Mourad Sellami

CONFÉRENCE INTERNATIONALE DE PAIX SUR LA SYRIE

Washington met la pression sur l’opposition

responsables américains, russes et français se

retrouveront demain, lundi, à Paris pour préparer

la conférence internationale visant à réunir à Genève des représentants du régime et de l’opposition. Si le régime a donné, selon la Russie, son «accord de prin- cipe» pour participer à la conférence internationale de paix dite «Genève 2», l’opposition est en revanche très hésitante à s’engager dans des négociations, alors qu’elle est en perte de vitesse sur le terrain. Elle est en outre divisée en raison de la guerre d’influence des puissances régionales, avec d’un côté, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis qui veulent élar- gir la coalition pour réduire l’influence des Frères musulmans et de l’autre, la Turquie et le Qatar qui

soutiennent la confrérie islamiste. «Vous avez l’Arabie Saoudite et les émirats arabes unis qui s’acharnent à inclure jusqu’à trente membres dans la Coalition nationale. Leur objectif est de réduire l’influence des Frères musulmans dans cette structure», a précisé un membre de la Coalition sous couvert de l’anonymat. Ce dernier a souligné que, «de l’autre côté, la Turquie, le Qatar et, dans une certaine mesure, la France sou- tiennent la Coalition telle qu’elle est», estimant «exa- gérées» les perceptions selon lesquelles le groupe est sous l’influence des islamistes. En référence à l’Arabie Saoudite et aux Etats-Unis, un autre membre de la coa- lition a critiqué leur interventionnisme : «Ils menacent de ne pas nous fournir de l’argent et des armes et nous disent que Bachar Al Assad restera au pouvoir si nous

D es

ne nous prononçons pas en faveur de l’élargissement de la Coalition à trente nouveaux membres. C’est scandaleux. Cette rivalité pour le pouvoir tue l’opposi- tion syrienne», a souligné ce représentant, préférant lui aussi garder l’anonymat.

LEVÉE DE L’EMBARGO SUR LES ARMES, L’UE RÉTICENTE Dans tous les cas, pour participer à «Genève 2», la Coalition de l’opposition syrienne a réclamé vendredi à Istanbul des «gestes de bonne volonté» du régime. «Nous voulons être sûrs que quand nous entrerons dans ces négociations, le bain de sang va s’arrêter en Syrie», a déclaré Khaled Saleh, un de ses porte-parole. Malgré tout, les préparatifs de la conférence interna- tionale se poursuivent. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et le chef de la diplomatie française, Lau- rent Fabius, vont rencontrer lundi à Paris leur homo- logue russe, Serguei Lavrov, pour l’évoquer. Lors d’un «dîner de travail», ils feront le point sur l’organisation de la conférence initiée par Washington et Moscou. Lundi également, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE doit se prononcer sur une levée de l’embargo sur les armes à destination de l’oppo- sition syrienne. Plusieurs pays, comme la Suède et l’Autriche, s’y opposent farouchement. Sur le terrain, l’armée syrienne a annoncé avoir pénétré hier dans l’aéroport militaire de Dabaa, une position rebelle clé au nord de Qousseir, une semaine après le début de son

offensive conjointe avec le Hezbollah contre cette ville stratégique. «L’armée syrienne s’est infiltrée à l’inté- rieur de l’aéroport de Debaa par le nord-ouest, après s’être emparée de la ligne de défense des rebelles. Les combats se déroulent désormais à l’intérieur», a décla- ré à la presse une source militaire. Cet ancien aéroport se trouve à 6 km de Qousseir, sur la seule route au nord de la ville. D’après des militants, ce sont les forces spé- ciales de l’armée et le Hezbollah qui ont mené l’assaut. Dans un message, le chef par intérim de l’opposition syrienne, George Sabra, a dénoncé à Istanbul le fait que «des milliers d’Iraniens et leurs collaborateurs terroristes du Hezbollah aient envahi la Syrie». Pour Ghassan Al Azzi, professeur de sciences politiques à l’université libanaise, «les Iraniens ont demandé au Hezbollah de s’engager une fois pour toutes et de fa- çon publique car cette guerre doit décider de l’avenir de l’alliance entre l’Iran et la Syrie et peut-être de toute la région». «Le Hezbollah l’a fait, bien que ceci porte atteinte à son image au Liban et dans le monde arabe», a-t-il ajouté. Le mouvement chiite a dépêché 1700 hommes pour la bataille de Qousseir, selon une source proche de l’organisation. Le contrôle de Qousseir est essentiel pour les rebelles, car cette ville de 25 000 habitants se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance du Liban. La ville est également stratégique pour le régime car elle est située sur la route reliant Damas à sa base arrière

A. Z. et agences

sur le littoral.

NIGER

Les

assaillants

venaient

de Libye

L es auteurs des deux attentats-

suicides perpétrés jeudi au Ni-

ger contre un camp militaire à

Agadez et contre un site du groupe nucléaire français Areva à Arlit «sont venus de Libye», a affirmé, hier, le pré- sident nigérien, Mahamadou Issoufou. «Les assaillants, selon toutes les infor- mations que nous avons eues, venaient de Libye, du Sud libyen», a déclaré M. Issoufou, confirmant des informations déjà avancées par des responsables nigériens sitôt après les attentats. Ces attaques confirment que «la Libye continue d’être une source de déstabi- lisation pour les pays du Sahel», a-t-il poursuivi, s’exprimant à l’issue d’une rencontre à Niamey avec le patron du groupe Areva, Luc Oursel. A Agadez, la grande ville du Nord désertique, 24 personnes ont été tuées, essentiel- lement des militaires nigériens, selon le dernier bilan officiel. A Arlit, site d’extraction d’uranium, un employé d’Areva a été tué et 14 blessés, tous Nigériens, selon le groupe. Dix jiha- distes sont morts, d’après Niamey. Les attentats, les premiers du genre au Niger, ont été revendiqués par les Signataires par le sang, groupe du jihadiste algérien Mokhtar Belmo- khtar — qui avait été donné pour mort par le Tchad — et par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). «J’avais déjà prévenu, depuis le dé- clenchement de la crise libyenne ( ), qu’il fallait éviter que les solutions après la défaite (du défunt dirigeant libyen, ndlr) El Gueddafi soient pires que le mal, et j’avais précisé que si l’Etat libyen se ‘‘somalisait’’ ou tom- bait entre les mains d’intégristes, la solution serait pire», a souligné M. Issoufou devant plusieurs médias. «Aujourd’hui la situation est très difficile, les autorités libyennes font le maximum pour la contrôler, mais le fait est là: la Libye continue d’être une source de déstabilisation pour les pays du Sahel», a-t-il dit. Selon de nombreux experts, le Sud libyen est devenu au cours des derniers mois l’un des sanctuaires où se sont reformées les cellules d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) et autres groupes islamistes armés après l’offensive française au Mali. Sitôt après les attentats, les autorités nigériennes avaient pointé la Libye voisine. R. I.

française au Mali. Sitôt après les attentats, les autorités nigériennes avaient pointé la Libye voisine. R.

El Watan - Dimanche 26 mai 2013 - 15

INTERNATIONALE

CÉLÉBRATION, HIER À ADDIS-ABEBA (ÉTHIOPIE), DU 50 e ANNIVERSAIRE DE L’UNION AFRICAINE

De bonnes intentions, en attendant du concret

L es dirigeants africains ont célébré, hier à Addis-Abeba, cinquante ans d’efforts aux résultats inégaux pour unir leur continent.

Efforts qui jusque-là sont loin de concrétiser les espoir des peuples africains suscités au lende- main de la décolonisation. «Les pères fondateurs (de l’unité africaine) s’étaient donné rendez-vous pour constituer l’Organisation de l’Unité afri-

caine, à l’aube des indépendances il y a cinquante ans, et il est opportun que nous nous retrouvions aujourd’hui au moment où l’Afrique se redresse»,

a déclaré , selon l’AFP, le Premier ministre éthio-

pien, Hailemariam Desalegn. «L’autosuffisance et l’indépendance économique que nos fondateurs évoquaient demeurent encore quelque peu hors de portée et les inégalités sociales persistent», a relevé la présidente de la Commission de l’UA, la Sud-Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma.

Les espoirs de développement en Afrique se heurtent aujourd’hui, notamment à la menace

posée par les mouvements insurgés islamistes, au Sahel, au Nigeria ou en Somalie. Le terrorisme est désormais une menace sérieuse pour l’Afrique

«Ce qui se passe au Niger n’est pas un cas

isolé», a reconnu le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Teodros Adhanom, à propos des deux attentats suicides islamistes ayant fait une ving- taine de morts, jeudi dans le nord du Niger. Le président français, François Hollande, a invité les

chefs d’Etat africains à participer fin 2013 à Paris,

a priori les 6 et 7 décembre, à un sommet consacré

). (

«à la paix et à la sécurité, et donc, d’une certaine façon aussi, à la lutte contre le terrorisme», a-t-il déclaré. L’instabilité dans le Sahel, dans l’est de la République démocratique du Congo et l’inter- minable crise politique à Madagascar devaient

dominer un sommet semestriel de l’UA prévu aujourd’hui et demain. De son côté, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a annoncé l’annulation par son pays de 900 millions de dollars de dettes de pays africains. «L’Afrique change profondément,

incitant de nombreux pays, Russie, Chine,Brésil, Japon et autres, à y investir pour profiter des pos- sibilités économiques. Les Etats-Unis ont été en retard dans ce domaine et nous devons changer cela», a relevé le secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Parmi les autres personnalités présentes à Addis-Abeba, figurent le secrétaire général des

Nations unies, Ban Ki-moon, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et le vice-Premier ministre chinois, Wang Yang. La Chine, qui investit massivement en Afrique depuis des années, a été le seul pays remercié nommé- ment samedi à la tribune de l’UA. Le numéro un

éthiopien, Desalegn, a exprimé sa plus profonde reconnaissance envers la Chine qui investit des

pour soutenir nos efforts de déve-

loppement des infrastructures. De son côté, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a indiqué que la décolonisation du Sahara occidental sera le couronnement des victoires des Africains contre le colonialisme, selon l’APS «Les grandes victoires remportées dans ce combat historique attendent d’être couronnées par le parachèvement de la décolonisation du continent, à travers l’exer- cice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable à l’autodétermination», a souli- gné A. Sellal «Cet idéal a constitué une espérance et une référence qui allait nourrir le processus de renaissance porté par la résistance et le combat des peuples africains contre le colonialisme et l’apartheid», a-t-il ajouté. Amnay Idir

milliards (

)

UNE FÉRULE D’ILLUSIONS

C réée le 25 mai 1963, l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) siège à Addis-Abeba en

Ethiopie. Elle vise la coopération entre les diffé- rents pays du continent dans le respect de l’intangi- bilité des frontières héritées du colonialisme pour

éviter toute vélléité d’instabilité. Elle est dissoute en juillet 2002 et remplacée par l’Union africaine (UA) et compte 53 pays. Le Maroc a quitté l’orga- nisation suite à l’admission, en 1982, du Sahara occidental. Cependant l’OUA est restée inefficace quant au règlement des crises multidimension- nelles qui corrodent le continent. Comme plusieurs Etats membres sont minés par des conflits internes,

à l’exemple des problèmes éthniques et sécession- nistes. D’autres pays se sont engagés dans des confrontations armées pour régler leurs conten-

tieux territoriaux. Quelques tentatives pour ins- taurer un système fédéral sont initiées, à l’exemple du Soudan, mais dans la majorité des cas elles échouent car les dirigeants ont nié le pluralisme culturel et identitaire de leurs pays respectifs au nom de la nation qui reste un idéal abstrait. Ce qui ouvre le champ aux ingérences étrangères. Et l’Afrique se retrouve fragile et dominée et inca- pable de résoudre ses problèmes. En 1992, l’OUA adopte le principe d’un mécanisme de prévention

et de règlement des conflits. Mais elle boucle la fin

du vingtième siècle avec une quinzaine de conflits