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Le Temps

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Collections historiques intégrales:
Journal de Genève, Gazette de
Lausanne et Le NouveauQuotidien
Index
Avis de décès 30
Bourses et changes 29
Fonds 26, 27, 28, 29
Pharmacies 30
Toute la météo 20
L'essentiel
LaSuisseà10millions d’habitants
Editorial
Une chance
à saisir
Par François Modoux
Nul n’est devin, le futur
n’appartient àpersonne. L’anti-
cipationdes évolutions démo-
graphiques requiert rigueur et
circonspection. LaSuisse des
années 60avécuavec le mirage
d’une populationqui attein-
drait 10millions d’habitants
en2000, c’était absurde. Le
simplisme des projections
d’alors reflétait le climat
d’euphorie qui baignait le pays.
Préservée de laguerre, aucœur
de l’Europe enreconstruction,
laSuisse connaissait une pros-
périté sans précédent.
Lavigoureuse croissance
démographique de ladécennie
écoulée aréactualisé l’horizon
d’une Suisse à10millions
d’habitants. Cette fois, ce n’est
ni unfantasme, ni unobjectif
intangible. Juste une perspec-
tive, tout àfait vraisemblable, à
laquelle il importe de se prépa-
rer sans tergiverser.
C’est d’autant plus nécessaire
que, les Suisses le sentent bien,
le pays achangé. Oncommence
às’y sentir àl’étroit. Pensons
auxgares exiguës, auxtrains
bondés, auxautoroutes satu-
rées de l’aube àlanuit. Sans
parler de l’étalement fulgurant
des infrastructures et des bâti-
ments, qui acoloré les campa-
gnes de gris et uniformisé les
paysages.
L’alliance scellée hier àBerne
pour repenser le développe-
ment territorial de façon«du-
rable» est emblématique d’une
sensibilité nouvelle. Le désir de
village autant que laville mal
aimée ont troplongtemps
poussé àune périurbanisation
qui apparaît aujourd’hui bien
déraisonnable. Lacroissance
démographique, qui ne devrait
pas faiblir, met lapression: c’est
le bonmoment pour agir.
La Suisse a besoind’unnou-
veaucontrat territorial. L’étroi-
tesse de ses surfaces habitables
la pousse à préserver les der-
nières réserves vertes duPla-
teauet à densifier les villes
partout oùcela est possible.
«Rajouter de la ville à la ville»,
disent les urbanistes, telle est la
dernière exigence écologique.
Le défi est d’ailleurs déjà relevé
avec des chantiers ambitieux
qui étofferont nos villes, créant
beaucoupde logements de
qualité desservis par des trans-
ports publics efficaces. La
Suisse s’est troplongtemps
pensée villageoise tout ense
sachant urbanisée. Qu’elle
saisisse la chance de se réconci-
lier enfinavec sonidentité
urbaine. öPages 2 à 11, 16
Entretien
avec l’imam
d’Al-Azhar
Le port duvoile, l’immolation,
la constructiondes minarets, l’is-
lam et la lecture du Coran
aujourd’hui, l’attaque terroriste
contre les cop-
tes, la mise en
garde adressée
jeudi au pape
Benoît XVI: Ah-
medal-Tayyeb,
44e grand
imam de l’Uni-
versité Al-Azhar du Caire, a reçu
Le Temps cette semaine pour un
entretien exclusif. Avec une mise
au point vive: «On ne peut pas
fairedeparallèleentrel’Egypteet
la Tunisie.» öPages 13, 14
J.A. 1211 Genève 2 | www.letemps.ch
Week-end
AvecleSamedi Culturel
Samedi 22, dimanche 23 janvier 2011 | N° 3906 CHF 4.50, France €3.10
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Samedi Culturel
«Les Chemins
de la liberté»,
le filmévénement
de Peter Weir
Vignoble
Au pays de la
biodynamie où l’on
cultive en observant
la lune Pages 33, 34
International
Un sommet sans illusions
Genèveaccueilleunerencontre
entreChypriotes grecs et turcs
avec laprésencedeBanKi-moon.
Objectif: sortir del’impasse. Mais
les espoirs sont ténus. Page 14
Suisse
La culture selon l’UDC
Plaisante, utile et rentable: telle
est la culture dont rêve l’UDC, qui
fustige les «artistes d’Etat cajo-
lés». Une visionqui hérisse les
milieux de la création. Page 19
Week-end
Chaleur en couleurs
Couleurs chaudes pour saisons
froides. Chronique des défilés de
mode milanais. Pages 36, 37
Pour vous abonner:
www.letemps.ch/abos
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UDeux millions d’habitants
de plus bientôt. Quel genre
de vie mènera-t-on en 2040?
UDéjà le pays est devenu
très urbain malgré un rêve
tenace de vie à la campagne
UConfédération, cantons
et communes s’engagent
à freiner le mitage du pays
Toni Nadal
raconte
Rafael
Oncle et coach– bénévole – de
Rafael, Toni Nadal s’exprime ra-
rement dans les médias. A Mel-
bourne, il raconte au Temps la
combativité de
son neveu, nu-
méro un mon-
dial, sa force
mentale parti-
culièrement
travaillée dès
sa jeunesse.
«C’est utile dans le tennis et dans
la vie», dit-il. Et en dressant les
qualités de son protégé – disci-
pline, respect, ténacité –, la con-
versation glisse vite en direction
de…Roger Federer. öPage 32
Unpaysenmutation
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
2
Sylvain Besson
«Il y a trop de monde, c’est ça le
problème.» Dans l’air froiddupetit
matin, Martin, solide moustachu
portant la veste orange fluo des
CFF, tente de canaliser les voya-
geurs qui se pressent dans la gare
de Lenzbourg, en Argovie. «Nos
quais sont devenus trop étroits
pour les fluxdependulaires», cons-
tate Hans Huber, maire de cette
bourgade d’à peine 8000 habi-
tants. «Parfois, j’ai peur» – peur que
la ruée matinale ne finisse par pré-
cipiter quelqu’un sur les voies, où
passent quelque 500 trains par
jour.
Les quais surpeuplés de Lenz-
bourg illustrent un phénomène
chaque jour plus manifeste: la
Suisse craque aux entournures. On
le constate sur les autoroutes,
transformées en «périph» où l’on
circuleauralenti; dans les trains où
l’on reste debout à cause du
monde; dans les universités, où les
amphithéâtres peinent à contenir
les flots de nouveaux étudiants.
L’arrivéeannuelledeplusde50 000
étrangers affole le marché duloge-
ment. Si lacroissancedémographi-
que nourrie par l’immigration se
poursuit au rythme actuel, calcule
Credit Suisse, la Suisse approchera
9 millions d’habitants en 2020 –
contre7,8aujourd’hui –et pourrait
frôler les 10millions en2040.
Sans enêtretoujours conscients,
les Suisses sont en train de changer
de pays. Le sentiment de convivia-
Les noms sur les boîtes aux let-
tres du village – Taylor, Seatter,
Stormark, Sharpe – laissent peude
doute sur la provenance des nou-
veaux résidents. «Tous des gens
qui parlent anglais, confirme
Chantal Hermenjat. Ils sont polis,
bien, certains ont des plaques du
corps diplomatique… Mais pour
communiquer, on doit se parler
avec les mains.»
A cent mètres de là, dans un
immeuble à peine achevé, un ex-
patrié décrit son parcours. Il est
Serbe, sa femme est Française. Il
est consultant dans l’humanitaire,
elle est cadre dans une multina-
tionale du tabac basée à Genève.
Ils arrivent du Vietnam et ont
trouvé leur logement grâce à Car-
tus, une société spécialisée dans la
«relocation» d’expatriés. «On a vi-
sité des dizaines d’appartements,
explique l’homme. Mais enSuisse,
tout est cher, très cher.»
A Chavannes, les loyers attei-
gnent des niveaux dignes de Ge-
nève ou Zurich: 2450 francs par
mois pour 52m
2
, 3800francs pour
100m
2
. «Ça monte jusqu’à 4500,
6000 francs par mois, raconte
Chantal Hermenjat. Il faut des
moyens, il n’y a pas beaucoup de
Suisses qui ont ça.»
Où vont les autres? La côte lé-
manique étant inabordable, le
boom immobilier déborde dans
ce qui était autrefois la pleine
campagne. Le canton de Fribourg
est devenu l’eldorado des villas
familiales qui surgissent partout
en carrés compacts, derrière des
remblais de terre meuble.
k
«Ici, il y adeuxans,
il n’y avait rien»
«Ici, il y a deux ans, il n’y avait
rien, juste un champ», se souvient
Anne-Catherine Rubattel, une as-
sistante maternelle installée à
Lully, près d’Estavayer (FR). Elle vit
avec son mari et leurs deux en-
fants dans une «maisonvaudoise»
jaune citron, à côté d’une dizaine
de villas de même type. «On a
choisi assez traditionnel, précise-
t-elle; on s’est dit que ça vieillirait
mieux. Ala longue, quand on voit
comme les prix grimpent, c’est un
boninvestissement.»
Deux jours par semaine, la
jeune femme travaille dans une
école à Lausanne. Son mari est re-
présentant chez Novartis et se dé-
place beaucoup. «Construire,
c’était sonrêve, explique-t-elle. Il a
économisé pour.» Elle-même était
moins enthousiaste à l’idée de
quitter la région lausannoise,
mais les prix élevés ont fini par
repousser le couple à l’intérieur
des terres.
Aujourd’hui, Anne-Catherine
Rubattel fait ses courses dans les
centres commerciaux de la ban-
lieue fribourgeoise, à 25 kilomè-
tres de chez elle. Les week-ends se
passent souvent chez des amis
lausannois, à trente minutes
d’autoroute. «Les gens vivent dans
les agglomérations parce qu’ils
peuvent retourner facilement en
ville, explique-t-elle. Ils habitent
ici, mais ce n’est pas pour y vivre…
Je veux dire, ce n’est pas pour y
passer la journée.»
L’argument décisif de l’installa-
tion à la campagne, ce sont les
enfants. Avec leurs culs-de-sac
abrités du trafic routier et leurs
toboggans enplastique, omnipré-
sents dans les jardinets, les zones
villas semblent conçues spéciale-
ment pour eux. «Ils jouent entre
eux, ils s’occupent, dit Anne-
Catherine Rubattel. Ici, on n’est
que des mamans qui travaillons à
peu de pourcentage, on s’en-
traide, on les amène à l’école. En
ville, je ne laisserais pas mon en-
fant tout seul dehors, suivant où.»
Les chercheurs scrutent avec
avidité les mœurs de la nouvelle
classe de pendulaires qui a colo-
nisé le Plateau. «Leur mode de vie
n’est pas toujours choisi, constate
Vincent Kaufmann, du Labora-
toire de sociologie urbaine de
l’EPFL. Quand un couple travaille
entredeuxendroits, il faut trouver
un compromis – habiter entre
Lausanne et Genève, ouentre Lau-
sanne et Berne, par exemple.» Pa-
trick Sallin, architecte fribour-
geois qui construit surtout des
maisons individuelles, le résume
ainsi: «Ce sont tous des gens qui
ont besoin de se retrouver quel-
que part.»
Le déménagement périurbain
s’accompagne souvent d’un chan-
gement d’opinions politiques. On
dépend davantage de sa voiture;
on s’endette pour acheter sa mai-
son; on consomme moins de ser-
vices publics comme les trans-
ports collectifs ou les crèches.
«En devenant propriétaire, on
vote plus à droite, résume le poli-
tologue zurichois Daniel Kübler.
L’espace de vie dans lequel on se
meut influence lastructure des in-
térêts que l’on a, et les références
politiques.» Un phénomène qui,
en Suisse, profiterait surtout à
l’UDC.
k
«L’étause resserre»
Dans les régions envoie d’urba-
nisation rapide, l’arrivée des nou-
veaux habitants est accueillie avec
enthousiasme – et une certaine
anxiété. A Romont, de son châ-
teau qui domine la campagne,
Willy Schorderet, préfet de la
Glâne, jette un coup d’œil inquiet
sur la route en contrebas. Quasi
déserte pour l’instant, elle pour-
rait devenir, demain, la bretelle de
contournement d’un centre-ville
saturé. «Il faut prévoir tout cela
aujourd’hui, sinon on risque l’en-
gorgement, dit-il. A un moment
donné, si l’onn’est pas proactif, on
vaavoir unproblèmed’infrastruc-
tures. Ecoles, transports, ces ques-
tions arrivent très vite.»
En sept ans, la population de la
Glâne est passée de moins de
18 000àplus de20 000personnes.
L’onde de croissance venue dubas-
sin lémanique rejoint celle qui
émane de Berne et Fribourg. «Petit
à petit, l’étau se resserre des deux
côtés», observe Willy Schorderet. A
Romont, le parking de la gare de-
vient saturé, il va falloir en cons-
truire un nouveau. L’agrandisse-
ment du cycle d’orientation
coûtera 15 millions de francs. La
rénovation des homes pour per-
sonnes âgées, 48 millions. Sept
millions viennent d’être déblo-
qués pour refaire une station
d’épuration. La réfection de la
route Romont-Vaulruz coûtera des
dizaines de millions aucanton.
E
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Voyage à travers
l’«hyperville» suisse
Alimenté par la croissance robuste, l’immigration et
le crédit pas cher, le boom immobilier transforme les
campagnes helvétiques en vaste chantier. Reportage
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lité villageoise décline. La popula-
tion, plus nombreuse et plus mo-
bile, stresse les infrastructures et
oblige à repenser l’organisationdu
territoire. Ce défi n’a pas été arti-
culé clairement au niveau politi-
que. Il soulève pourtant une ques-
tionexistentielle: quel genre de vie
mènera-t-on dans une Suisse qui
comptera bientôt un, voire deux
millions d’habitants de plus?
k
L’explosion
Dans les campagnes, le boom
prendparfois des proportions op-
pressantes. En 1970, Chavannes-
des-Bois, sur la frontière valdo-ge-
nevoise, comptait une centaine
d’habitants. Ils sont 550 aujour-
d’hui, et seront 850 en 2012. Les
grues dominent le village, le grin-
cement des machines de chantier
sature l’air, des panneaux ornés
d’images de synthèse chantent la
vie future: un retraité prend le
frais dans la courette d’unimmeu-
ble, des enfants jouent, un couple
de randonneurs s’élance vers la
forêt.
Ces visions enchanteresses ont
dumal à convaincre AlainMottier
et Chantal Hermenjat, dont la
maison a été cernée de nouvelles
constructions. «C’est l’explosion
totale, racontent-ils. Avant, en
face, il y avait une vieille ferme, un
bâtiment sympa, ils ont tout dé-
moli. On était un petit paradis,
maintenant les gens peuvent voir
dans notre piscine.»
L’architecte Bernard von Gunten: «Les communes me demandent: quand est-ce qu’ils arrivent, les nouveaux contribuables?» SEMSALES, 22 DÉCEMBRE 2010
3 Unpaysenmutation
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Voyage à travers
suisse
Le boom est comme une ma-
chine qui s’auto-alimente: plus
d’habitants signifie plus de dé-
penses, que l’on cherche à couvrir
en attirant de nouveaux habi-
tants…ARomont, onleur a même
érigé un monument – un rond-
point bariolé, oùl’onvoit unjeune
couple bâtir la villa de ses rêves
sous le regard bienveillant d’un
édile à ruban.
L’architecte Bernard von Gun-
ten, de la société Home + Foyer,
spécialisée dans les maisons indi-
viduelles, observe au quotidien
l’engouement des autorités loca-
les: «Les communes me deman-
dent toutes: quand est-ce qu’il dé-
marre, votre chantier? Quand
est-ce qu’ils arrivent, les nouveaux
contribuables?»
Il faut dire que les bénéficiaires
de la croissance sont largement
répartis. A midi, sous les portraits
jaunis du général Guisan, une
foule d’électriciens, plâtriers et
maçons aux carnets de comman-
des surchargés remplit les restau-
rants de campagne. D’un bout à
l’autre de la Suisse, on raconte des
histoires d’agriculteurs devenus
millionnaires d’un coup, en ven-
dant un terrain. Ou de vignerons
qui, sur les bords du Léman, ont
fait construire des villas bien si-
tuées qu’ils louent à des «expats»
pour 6000 ou 8000 francs par
mois.
Mais aujourd’hui, l’euphorie se
teinte d’inquiétude. Le boom
semble trop effréné pour durer
longtemps. Dans des communes
autrefois rurales comme Châtel-
Saint-Denis (FR), les prix s’envo-
lent et le terrain constructible se
fait rare. «Il y a dix ans, onpouvait
encore acheter 2000 m
2
, se sou-
vient Bernard von Gunten. Il y a
cinq ans, on discutait encore de
1000, 1400 m
2
. Maintenant, on
parle plutôt de 700, 800 mètres!»
La taille des maisons se réduit,
et les budgets des nouveaux pro-
priétaires sont souvent serrés.
Certains professionnels de l’im-
mobilier craignent qu’en relevant
ses tauxd’intérêt – coincés à0,25%
depuis 2008 – la Banque natio-
nale ne brise la ruée des classes
moyennes vers les campagnes, fi-
nancée grâce au crédit bon mar-
ché.
k
L’hyperville
La peur inverse existe aussi: que
les zones villas grignotent la
Suisse jusqu’à la rendre mécon-
naissable. «Si l’on continue à cette
vitesse, tout sera dévoré», redoute
André Corboz, expert genevois et
mondialement reconnu de l’urba-
nisme.
Dans un texte de 1997, «La
Suisse comme hyperville», il cons-
tatait que «des agglomérations
continues sont entraindesecons-
tituer chez nous aussi, sans qu’on
enprenne conscience dans le gros
de la population. […] Il en résulte
que le rapport traditionnel entre
ville et campagne s’est inversé: la
«campagne» est maintenant en-
tourée par la «ville», elle se trouve
à l’intérieur de l’hyperville.»
Cette urbanisation diffuse n’a
pas de nom. Est-ce une ville in-
forme, une vaste banlieue, une
campagne sans âme? Quand on
lui demande quel terme colle le
mieux à cette nouvelle réalité
suisse, André Corboz finit par lâ-
cher: «Los Angeles.» «On ne peut
plus appeler ça un village. C’est…
des zones», dit Chantal Hermenjat,
l’habitante de Chavannes-des-
Bois effrayée par le développe-
ment fulgurant du village. Sara
Carnazzi, chercheuse chez Credit
Suisse, parle de «banlieue du Pla-
teau».
Moche, vilain, voire «dégueu-
lasse», les adjectifs peu flatteurs
pleuvent quand il s’agit de décrire
ces nouveaux quartiers. Lorsqu’il
était enfant, David Modoux, habi-
tant du hameau fribourgeois de
La Verrerie, marchait jusqu’à une
petite église qui se dressait seule
sur la crête, près d’un vieux relais
de poste. Depuis, des construc-
tions disparates ont poussé: cube
enbois minimaliste, large maison
décorée de rondins, villa mauve.
«Il n’y a aucune recherche esthéti-
que, ni plan d’urbanisme», se
plaint-il.
Plusieurs facteurs expliquent
l’esthétique discutable des nou-
velles zones d’habitat. D’abord
l’essor des constructeurs «clés en
main» comme Home + Foyer,
Swisshaus ou CIM. Ils proposent
des maisons sur catalogue, avec
des modèles baptisés Agora, Al-
tea, Apéro ou Provence. Le prix
fixe rassure le client, qui choisit
son style: basique à toit pentu,
«villa vaudoise» rappelant une
ferme, ou, chez Swisshaus, «médi-
terranée» pour «mettre un air de
vacances dans votre vie».
k
Cloches contre
villas
Jérôme Chenal, architecte et
chercheur associé à l’EPFL, voit
dans les villas la résultante de
choix politiques, comme les avan-
tages fiscaux consentis aux pen-
dulaires et aux acheteurs de mai-
sons. Elles incarnent la volonté
d’accéder à un «logement pour
riches» – la villa est une version
miniaturisée de la demeure de
maître dupassé –, l’idéalisationde
la vie campagnarde et la repro-
duction du modèle américain de
la «famille qui consomme» avec
maison, enfants et voitures.
Mais en s’installant à la campa-
gne, les nouveaux habitants ont
altéré son caractère paysan. Les
anciens espaces ruraux se parent
d’attributs urbains: lampadaires,
noms de rue, ralentisseurs, sacs
pour déjections canines… «Aux
heures de pointe, la région se
transforme, il y a tellement de cir-
culation qu’on se croirait au cen-
tre de Genève», regrette Philippe
de Rougemont, militant écolo-
giste installé aux Thioleyres, près
de Palézieux (VD), une zone en
forte croissance démographique.
Dans les villages fribourgeois,
on fait le compte de ce qui a dis-
parudepuis 40ans: les petits com-
merces, les cafés, les curés, les éco-
les de bonnes sœurs. De nouvelles
croyances – Eglises évangéliques
outhérapeutes NewAge– rempla-
cent les cadres religieux du passé,
en promettant chaleur humaine
et «guérison spirituelle» aux rési-
dents des zones villas.
Freddy Panchaud, syndic de
Villaz-Saint-Pierre (FR), un bourg
qui vient de passer la barre des
1000 habitants, maintient qu’ony
est «aussi bien qu’il y a 40 ans. La
forêt, les rivières n’ont pas changé,
on peut toujours se balader.» Son
principal grief est l’absence de
passage sous les voies de la ligne
CFF. Avec l’augmentationdu trafic
routier et de la cadence des trains,
«le temps d’attente devant les bar-
rières devient presque infernal».
Ala sortie sud du village, l’agri-
culteur Joël Marmy a vu de hauts
piquets métalliques surgir dans le
pré oùpaissaient ses vaches. Bien-
tôt, de petits immeubles destinés
à accueillir 150 pendulaires s’élè-
veront à côté de sa ferme. Avec
moins de surface herbeuse à dis-
position, le paysan subira une
perte de revenu. Il a déjà dû re-
noncer à mettre des cloches à ses
bêtes, parce qu’une habitante des
villas voisines se plaignait. «Il fau-
dra bien que les gens s’inquiètent
un jour de tous ces dézonages,
dit-il. Il y a des mètres carrés qui
partent chaque seconde. C’est du
terrain qu’on ne reverra jamais.»
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|ve|at|ea de |a pepa|at|ea rés|deate permaaeate. Se|de m|grate|re par d|str|ct, I000·I007
de I0 à I5X
de I5 à I0X
de I0 à I5X
de 5 à I0X
de 0 à 5X
de -I à 0X
de -I à -IX
de -J à -IX
de -5 à -JX
de -I à -5X
de -I0 à -IX
Chantier en Terre-Sainte. Entre les années 1960 et 2012, la population de la commune aura été multipliée par huit. CHAVANNES-DES-BOIS (VD), 21 DÉCEMBRE 2010
öSuite en page 4
EDDY MOTTAZ
Unpaysenmutation
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
4
k
«C’est une chance»
A 150 kilomètres vers l’est, le
canton d’Argovie donne une idée
prémonitoire de ce que pourrait
devenir la Suisse. Dans les vallées
del’Aar et delaLimmat s’étendune
agglomération faite d’entrepôts,
d’usines et de zones villas imbri-
quées, que domine le mugisse-
ment continu de l’autoroute. On a
donné le nom de «bouillie ur-
baine» à cette entité tentaculaire,
dont la colonne vertébrale court
presque sans interruption sur
35kilomètres, dulac deZurichjus-
qu’à Baden.
Reliée par une nouvelle auto-
route qui la met à trente minutes
ducentredeZurich, larégioncam-
pagnarde du Freiamt, au sud de
l’Argovie, se prépare à être avalée
par lamétropoleenexpansion. De-
puis 1990, sa population a aug-
menté de 35% (contre 15% dans le
reste de la Suisse). Mais cela n’in-
quiète pas Urs Pilgrim, médecin et
président de la fondation cultu-
relle St Martin à Muri, chef-lieu du
Freiamt. «L’agglomération, c’est
une chance, on le voit comme ça»,
assure-t-il. Les immigrants zuri-
chois apportent de la prospérité,
du dynamisme et de «bonnes
idées». Le carcan du catholicisme,
autrefois très conservateur dans la
région, s’est desserré.
Mais l’influx de nouveaux habi-
tants transforme le tissu social
d’une autre façon. «C’est devenu
plus anonyme, plus impersonnel,
témoigne Hanny Dorer, une jour-
naliste installée en Argovie depuis
1981. Les sociétés locales – gym,
chœur, fanfare – ont du mal à re-
cruter.»
Les Allemands occupent désor-
mais des positions en vue dans les
Eglises, les usines, les hôpitaux. Ils
refusent deparlerledialecte, cequi
transmet à certains Suisses «un
sentiment d’infériorité», selon
Hanny Dorer. Les immigrés des
Balkans, ouvriersdutextileoudela
construction, sont accusés de faire
exploser la violence scolaire et les
budgets d’aide sociale.
Pour empêcher qu’une agglo-
mération informe ne recouvre le
canton, les autorités argoviennes
ont instauré des «ceintures de sé-
paration» entre les villages, où les
constructions sont interdites. «On
ne veut pas devenir une banlieue»,
déclare Hans Huber, maire de
Lenzbourg, la petite ville aux quais
de gare surpeuplés, qui se trouve à
18 minutes en train du centre de
Zurich. «Nous devons faire atten-
tionà ce que les pendulaires s’intè-
grent. S’il n’y a plus de sentiment
d’appartenance, j’ai peur que notre
démocratie ne résiste pas.»
Ce radical bon teint est partisan
assumé d’un certain dirigisme. Sa
ville comptait 7300 habitants en
2007, ils sont 8400 aujourd’hui et
seront 10 000 d’ici trois ans. Dans
l’idéal, estime-t-il, la croissance de-
vrait s’arrêter là. A l’extérieur de la
ville, il est partisande mettre finau
pouvoir des communes de délimi-
ter elles-mêmes les zones à bâtir.
L’important, pour Hans Huber, est
de préserver des espaces vides: «Si-
non, ceseracommed’êtreenfermé
dans un gratte-ciel. On devient
agressif.»
k
Visions futuristes
L’exemple argovien montre
qu’un nouveau consensus est en
trainde gagner la classe dirigeante
helvétique. Le modèle basé sur la
maison individuelle, l’autonomie
communale et une expansion ur-
baine diffuse ne semble plus via-
ble. Pour le politologue Daniel Kü-
bler, qui a étudié l’extension de ce
qu’il appelle la «zone moche» de
l’Oberland zurichois, il est urgent
de «renverser la perspective»: «Il
faut désormais penser le dévelop-
pement en fonction des zones qui
doivent rester libres.»
Daniel Kübler préconise la créa-
tion d’oasis de paysage intact, les
«aggloasis», qui feront office de
parcs urbains à l’échelle nationale.
ABerne, l’Officefédéral del’aména-
gement du territoire – régulière-
ment critiqué pour son impuis-
sance à canaliser l’urbanisation –
recommande «la réalisation d’un
territoire harmonieux, où paysa-
ges attrayants et quartiers d’habi-
tation denses se marieront à mer-
veille».
En Suisse alémanique, le temps
est propice aux visions futuristes,
qui rayonnent parfois d’un opti-
misme naïf sur la situation privilé-
giéedupays. Si ellecultivesesavan-
tages comparatifs – impôts bas,
dettefaible, politiques libérales –la
Suisse peut se poser en «modèle
d’avenir doté d’un caractère exem-
plaire pour l’Europe et le monde»,
écrit Credit Suisse dans une étude
datée de juillet 2010.
Encore faudra-t-il résoudre les
tensions générées par une popula-
tion en croissance. L’économiste
saint-gallois Franz Jaeger a avancé
l’idée d’une taxe que devraient
payer les étrangers désireux de
s’établir en Suisse. «Quand il y a
90 personnes dans une salle de
100 places, c’est en ordre, décla-
rait-il il y a quelques mois à la Neue
Luzerner Zeitung. Mais quand
120 personnes viennent, il y a un
problème.»
Franz Jaeger admet que le pays
n’en est pas encore là. «Peut-être
que nous ensommes déjàà80per-
sonnes dans la salle, explique-t-il
aujourd’hui. Avec une politique
[de construction] très restrictive,
nous ensommes à 80personnes, si
on est plus libéraux, à 70 seule-
ment.» Selon lui, «la forêt offre en-
core de la place» – une idée que le
Conseil fédéral vient de reprendre,
à la grande indignation des écolo-
gistes, en suggérant d’autoriser les
communes à sacrifier certaines
surfaces boisées auprofit des habi-
tations.
Dans un livre* coédité avec le
banquier Konrad Hummler, Franz
Jaeger imagine la Suisse future
comme une «cité-Etat», une
«grande ville du Plateau» entourée
par unterritoire plus oumoins na-
turel formé des Alpes et duJura.
«L’évolution organique va dans
cette direction, estime l’écono-
miste. Mais il faut l’orienter, l’ac-
compagner. Nous avons besoin
d’unconsensus, d’unsens commun
de ce que nous voulons.»
Les grandes visions et les plans
directeurs décidés d’en haut n’ont
jamaisétélefort desdirigeantshel-
vétiques. Et la croissance molle des
années 1990– onpensait alors que
la population baisserait au
XXIe siècle – a laissé les autorités
fédérales dans un état d’imprépa-
rationflagrant.
«Sans des investissements im-
portants dans les infrastructures,
onaura de plus enplus de difficul-
tés pour aller autravail, avertit Sara
Carnazzi, chercheuse chez Credit
Suisse. On observe déjà pas mal de
saturation dans les transports, l’es-
pace habitable.» D’ici à 2020, pré-
dit-elle, le phénomène d’urbanisa-
tion des campagnes risque de
toucher à son terme, car «les gens
ne pourront plus se déplacer de
manière efficace». Un phénomène
de «retour dans les villes» s’amor-
cera alors – à condition que l’état
du parc immobilier n’ait pas at-
teint, là aussi, un point critique de
saturation.
Le Conseil fédéral commence à
réfléchir à ces questions. La minis-
tre de l’Environnement, Doris
Leuthard, vient de présenter un
«Projet de territoire suisse» destiné
àcanaliser l’urbanisation. Discrète-
ment, l’état-major de prospective
de laChancellerie fédérale étudie à
quoi pourrait ressembler la Suisse
en 2025. Des «scénarios extrêmes»
– dont l’engorgement complet des
infrastructures – ont été étudiés,
confie unparticipant à ses travaux.
«Cen’est pasquelquechosedont
ils veulent parler pour l’instant,
ajoute cet interlocuteur. Si l’on dif-
fuse ce genre de scénarios mainte-
nant, ça ne pourrait pas être com-
pris de la population…» La
publicationdurapport final est at-
tendue avant l’été. Le débat sur le
visage d’une Suisse à 10 millions
d’habitants va pouvoir vraiment
commencer.
* Stadtstaat –Utopieoder realistis-
ches Modell?, à paraître
en mai aux Editions NZZ Libro.
Anne-
Catherine
Rubattel
devant
sa villa neuve
à Lully (FR):
«On a choisi
assez
traditionnel,
on s’est dit que
ça vieillirait
mieux.»
LULLY,
22 DÉCEMBRE 2010
Gabarits devant la ferme des Marmy. La construction d’immeubles va priver l’agriculteur d’une partie de ses revenus. VILLAZ-SAINT-PIERRE, 23 DÉCEMBRE 2010
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5 Unpaysenmutation
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
2038 L’année qui pourrait voir
la Suisse crever le plafonddes 10mil-
lions d’habitants. Du moins selon
l’une des dernières projections dé-
mographiques de l’OFS, datées de
juillet 2010. Toutefois un autre scé-
nario fondé sur des hypothèses plus
prudentes et décrit comme plus pro-
bable ne prévoit que 8,992 millions
d’habitants enSuisse en2055.
58 000habitants de plus par
an: c’est le rythme auquel a progressé
la population suisse la dernière dé-
cennie. Cela correspond à rajouter
chaque année la population de la
taille d’une ville comme Bienne ou
Lugano.
+14,6%L’augmentation de la
populationducantondeFribourgde
2000 à 2009. Des 26 cantons suisses,
c’est la palme de la croissance démo-
graphique lors de la décennie écou-
lée. Al’inverse, Appenzell Rhodes-In-
térieures a vu sa population
diminuer de 1,5%, le plus mauvais
résultat cantonal.
+24,1%Le taux de croissance
de la population du district fribour-
geois de la Veveyse ces dix dernières
années: le record pour tous les dis-
tricts. Celui de Conches (Goms), en
Haut-Valais, est à l’autre extrême: la
décennie écoulée, sa populationa re-
culé de 8,1%.
116,8%Le taux de croissance
de la population enregistré par la
commune fribourgeoise de Montet,
dans la Glâne, entre 2000et 2009. Un
score qui lui vaut le rang de cham-
pionnedelacroissancedémographi-
que enSuisse.
+24% L’augmentation de la
population du canton de Vaud de-
puis vingt ans.
+1,4%Letauxdecroissancede
la population suisse en 2008 – un
rythme soutenu jamais atteint de-
puis les années 1960.
113862Lesarrivéesannuelles
moyennes enSuisse de nouveauxim-
migrants, entre 2000 et 2009.
+103363 Le solde migra-
toire annuel enregistré en 2008, re-
cord de la décennie écoulée et pic le
plus élevé depuis 1961. Au nombre
d’étrangers arrivés durant une année
donnée, l’on soustrait le nombre
d’étrangers qui ont quitté le pays la
même année (émigration, décès).
1,5 enfant par femme en âge de
procréer. Cet indice conjoncturel de
fécondité des femmes suisses en
2009 est d’un point inférieur à ce
qu’il était en1950 (2,4).
400 habitants par km
2
sur le
Plateau suisse. Cet indice est compa-
rable à la densité de population me-
surée sur le territoire national des
Pays-Bas (392,5 habitants/km
2
)
75% La part de la population
suisse établie aujourd’hui en zone
urbaine, contre 62%en1980.
208000 frontaliers travail-
laient enSuisseàfin2010. Acomparer
avec lechiffrede135000il ya dix ans.
50m
2
de surface habitable sont
occupés, en moyenne, par un habi-
tant en Suisse. La surface construite
par habitant dépasse, elle, 400 m
2
.
685000 personnes seront
âgées de plus de 80 ans en Suisse en
2030. On en dénombre deux fois
moins aujourd’hui.
4132 centenaires (99 ans et
plus) vivaient enSuisse en2009. C’est
340 fois plus qu’en 1950 (12 person-
nes).
54163 centenaires devraient
peupler la Suisse en 2050, quand le
pays auracrevéleplafonddes 10mil-
lions d’habitants, selon le scénario
«élevé» de l’OFS. Ils seront 33356 si
c’est le scénario «moyen» prévoyant
une croissance démographique mo-
dérée qui se réalise.
84,4années, c’est l’espérance de
vie des femmes nées en Suisse en
2009. Soit 1,9 année de plus que
10 ans plus tôt. L’espérance de vie des
hommes atteint 79,8 ans, à savoir
2,9 années de plus qu’en 2000. En
1950, l’espérance de vie était, respec-
tivement, de 70,9 ans pour les fem-
mes, et de 66,4 ans pour les hommes.
Les progrès de la médecine sont res-
ponsables de cet allongement spec-
taculaire de l’espérance de vie.
Presque unmètre par se-
conde: c’est le rythme de l’extension
des surfaces bâties en Suisse. Entre
2002 et 2008, les constructions ont
ainsi grignoté 27 km
2
de paysage ru-
ral.
60% La part des actifs qui
étaient pendulaires en l’an 2000,
contreseulement 33%en1970et 50%
en1990.
594voitures neuves sont mises
encirculationenSuisse chaque jour.
+30%L’augmentation du tra-
fic des véhicules motorisés en Suisse
de 1990 à 2007.
420259 véhicules neufs,
toutes catégories, étaient mis en cir-
culationen2001, année record. Pour
l’essentiel (402595), des voitures de
tourisme. C’était le double des mises
en circulation de 1975 (respective-
ment 216 269 et 189945).
38,2kilomètres, c’est la distance
quotidienne moyenne franchie par
les Suisses dans leurs activités jour-
nalières (en2005). Vingt ans plus tôt,
cet indicateur de mobilité était infé-
rieur de 30%(29,4 km).
98,4minutes, c’est la durée quo-
tidienne moyenne des déplacements
effectués par les Suisses dans leurs
activités journalières en 2005. Vingt
ans plus tôt, le temps de déplace-
ment était de 69,6 minutes (– 41%).
31%La part des ménages suisses
(un sur trois) qui dispose de deux
véhicules et plus en 2005. Le ratio
était de 17% en 1984. L’éloignement
d’un nombre toujours plus grand de
ménages des grands centres où se
concentrent toujours davantage les
emplois s’exprime dans cet indica-
teur enforte croissance. LT
La foule sur la Bahnhofstrasse à Zurich. Trois Suisses sur quatre habitent aujourd’hui en zone urbaine. ZURICH, JUIN2009
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10millions, et moi, et moi, et moi…
A ce jour, la Suisse compte 7,8 millions d’habitants. La décennie écoulée, elle a enregistré une croissance
démographique vigoureuse. Le sentiment de vivre à l’étroit grandit. Chiffres et impressions furtives
Histoire de la population suisse, un territoire constamment surpeuplé
ö«Se souvient-on que, jusque vers
la fin du XIXe siècle, le territoire de
la Suisse actuelle – pauvre en res-
sources naturelles – est constam-
ment surpeuplé?» Le démographe
Pierre Gilliand le rappelait en 1991
lors d’un congrès consacré aux
enjeux démographiques suisses à
l’horizon de l’an 2000. La précarité
des conditions de vie et l’insuffi-
sance de la production agricole ont
longtemps forcé une part impor-
tante de la population à chercher
ailleurs les moyens d’exister. L’émi-
gration était intense lors des pério-
des de disette.
ö Au Moyen Age, la Suisse faisait
partie de l’empire de Charlemagne
puis de l’empire allemand. Autour
de l’an 1000, le nombre des habi-
tants est d’environ un demi-million,
selon les historiens.
öLaSuissedeMarignan(1515) n’est
guèreplus peupléequecellede
Morgarten(1315). Entreles deux
batailles, unlourdtribut est payéàla
peste, qui menacevilles et campa-
gnes jusqu’àlafinduXVIIe. L’essor
général delapopulationalieuau
XVIe, àlafaveur d’unelonguepériode
depaixaprès les guerres deReligion.
Lapopulationsuisseatteint lemillion
avant 1600, et 1,2millionvers 1700.
öDes conditions plus favorables
créent l’amorcedelatransition
démographiqueauXVIIIe. Lenombre
d’habitants est de1,7millionvers
1800, voisinde3millions autour de
1880. C’est àcetteépoqueque
l’immigrationd’étrangers vers la
Suisse, provenant surtout des pays
limitrophes, dépassel’émigration
hors deSuisse. LaSuissedénombre
3,3millions derésidents en1900.
öLapopulationadoubléentre1500
et 1800. AuXIXe, elledoubleà
nouveauenunsiècle. L’industrialisa-
tionest sourcedenombreuxdrames,
mais aussi d’undéveloppement
économiqueet d’uneaméliorationà
longtermedusort des individus. De
1800à1900, l’espérancedevieàla
naissancepassede35ans à50ans
pour les hommes et les femmes.
Devenueattractiveaucœur de
l’Europe, laSuissecomptedéjà15%
d’étrangers en1910.
öLaguerrede14-18met finauflux
migratoirepositif. Puis lapopulation
augmenteàunrythmeaccéléré
durant les deuxdécennies 50et 60,
celles dumiracleéconomique. La
décennieécoulée(2000-2010)
renouepour lapremièrefois avecdes
rythmes aussi soutenus (lireen
pages 6et 7). François Modoux
Souvenirs d’une Suisse à 6,2 millions
Les trains et les trottoirs vides de mon enfance
Par Serge Michel
Celapourrait n’êtrequ’uneimpression,
ces souvenirs d’enfanceoùtout paraît
simple, lent et bucolique. Mais il yales
chiffres. Depuis 42ans quej’ai vulejour, il
yaunmillionet demi depersonnes de
plus dans cepays. Alors cen’est pas justele
fait d’avoir grandi, d’avoir pris plus de
placeet dem’êtrefrottéauxautres, c’est
tout simplement queles autres sont plus
nombreux. 7,7millions en2011contre
6,2millions en1969. Entrel’enfant que
j’étais, évoluant dans les années 1970sur
les trottoirs d’Yverdonavec unléger
sentiment devacuité, et l’adultecoincé
aujourd’hui contrelavitredutramà
Genève, c’est laSuissequi achangé, davan-
tagequemoi.
Uneannée, peuaprès leMondial de
1978enArgentine, nous nous sommes
tous mis àporter des bonnets rougeet
bleuduCrédit Suisse. Il enavait distribué
800000. Aujourd’hui, il enfaudrait le
double. Leferait-il encore?
Acemoment, il n’yavait pas d’auto-
routepour aller àLausanne, mais lavieille
routecantonalequi grimpait vers Esserti-
nes. Et là, sur unreplat venteux, unradar.
Achaquefois, monpèrejetait uncoup
d’œil dans lerétroviseur pour voir si
l’appareil «yétait». Ondisait qu’il n’yavait
quequelques appareils photopour toutes
les boîtes deradar vides ducanton. L’autre
jour, j’ai vucrépiter àmonpassagele
«super-radar» dupont duMont-Blanc à
Genève. Impossibledesavoir qui était
visé: l’enginpeut flasher 22véhicules en
mêmetemps. Et cen’est làqu’unedes
mesures degestiondes masses et deleur
mobilitécroissanteadoptées par laSuisse
après manaissance.
Jenemesouviens pas quel’onait sou-
vent fait laqueue. Sauf àlaposte. Il fallait
bienychoisir safile, sous peinedese
retrouver derrièreunemèredefamille
qui payait ses factures avec des bulletins
deversement dont l’employéesaisissait
manuellement les données. Qu’il yait
toujours autant demondeàlapostealors
quel’onydistribuedes numéros depas-
sageet queles paiements sefont par
Internet, voilàqui décrit leboomdémo-
graphiqueaussi bienqueles statistiques
del’OFS.
Il arrivait aussi quel’onprenneletrain.
Les horaires étaient devéritables horaires,
c’est-à-direqu’ils n’étaient pas cadencés; il
fallait déchiffrer ledépliant. Les billets,
eux, étaient depetits cartons, épais
commedes pièces depuzzle, presquede
domino. Et les trains n’étaient jamais
pleins, mes premiers souvenirs devoya-
geurs debout remontent auxannées
1990. Et quandonarrivait àGenèvepour
aller voir mes grands-parents, tout était
simple. Il n’yavait qu’unseul tram, le12,
et làaussi des places assises.
Yverdon, àl’époque, neconnaissait
qu’unseul Africain. Il s’appelait Mama-
douet vendait dupainaumarché. Les
autres étrangers étaient Italiens ouEspa-
gnols. Onles côtoyait àl’écoleprimaire,
jusqu’enquatrième, puis ils disparais-
saient, évaporés par unsystèmeélitaire
qui les destinait auxmétiers manuels.
Heureusement, ils nesesont pas tous
laisséfaire. Monbanquier, par exemple,
est d’origineitalienne. Mais c’est vrai qu’il
a10 ans demoins quemoi.
Lapremièrefois quej’ai compris que
nous étions nombreux, c’était àl’Univer-
sitédeGenève. Cetteannée-là, les examens
eurent lieuàPalexpo. Nous étions des
centaines, dans unhall immense. Enfait
d’examen, c’était des questionnaires à
choixmultiples queles assistants pou-
vaient évaluer enquelques secondes. Le
but était d’éliminer lamoitiéd’entre
nous, autremesuredegestiondes masses.
Et encore, jen’avais rienvu: l’Université
deZurichemploiedésormais des agents
desécuritépour vider les amphithéâtres
afinquelecours suivant puissecommen-
cer àl’heure.
Dans labibliothèquedemes parents, il
yavait unlivreTimeLifesur l’an2000. On
yvoyait des voitures qui volaient au-des-
sus demaisons auxformes étranges.
Quellesupercherie! Envérité, leprogrès
sembles’êtrelimitéàrendrelaviepossi-
bleàunrythmeaccéléréet dans unespace
toujours plus exigu: nos rues, nos auto-
routes, nos restaurants, nos supermarchés
sesont remplis. Cen’est pas plus mal, mais
cen’est plus lemêmepays.
Unpaysenmutation 6
François Modoux
k
Laronde des marteaux-
piqueurs
C’est un village imaginaire dans un
canton non identifié. A Güllen, autour
de la villa rose, la vie s’écoule paisible-
ment. Les arbres sont en fleurs, il n’y a
pas d’école, les enfants s’adonnent à des
jeux buissonniers, les hommes labou-
rent la terre. Le paysage champêtre
montre une vie toute de quiétude. Ce
mercredi 6 mai 1953, Güllen respire
l’harmonie et l’ordre, dans son écrin qui
semble immuable.
Ce tableau est le premier d’une série
de sept due aupinceaudupeintre suisse
Jörg Müller. L’ensemble, choisi pour il-
lustrer cette double page, raconte ce qui
est arrivé à Güllen, de 1953 à 1972 –
l’espace d’une génération. D’abord dis-
crets, les changements s’accélèrent. Une
voiture bleue traverse les champs; le
ruisseauest canalisé; les haies disparais-
sent, remplacées par des clôtures; l’élec-
tricité éclaire la maison rose; une petite
usine fume au loin; des bulldozers font
irruption; des silos se dressent à la place
du petit bois; un gros tuyau déverse son
contenu dans l’étang désormais pollué.
Ainsi évolue le paysage, soumis à «la
ronde annuelle des marteaux-
piqueurs», jusqu’à ce dernier tableau,
daté du mardi 3 octobre 1972: rasée, la
jolie villa rose! Il n’en reste rien, aucune
trace, pas une pierre. A sa place, on a
construit une autoroute où l’on roule à
toute vitesse. Les dernières prairies envi-
ronnantes accueillent des villas dortoirs
pour citadins harassés. Unpanneaupro-
clame: «La vie à Güllen va devenir plus
confortable, nous construisons un cen-
tre commercial, 500 places de parking».
L’œuvre éloquente de l’artiste bien-
nois, qui illustre cette double page, con-
naît un succès international dès sa pu-
blication, en 1973. En Suisse, elle
interpelle, inquiète, irrite. Bien sûr, l’ac-
cès généralisé au réfrigérateur, au télé-
phone et à la voiture réjouit tout le
monde. Mais Jörg Müller met le doigt là
oùçafait mal. Il écornel’imageidyllique
que les Suisses cultivent de leur pays. «Le
monde n’est pas un conte de fées», se
défendra le peintre. Ses dessins réalistes
remuent des doutes encore inavoués
mais embryonnaires. C’est ça la vie? Où
mène la consommation effrénée? Que
devient la Suisse lancée dans une course
accélérée vers la modernité?
k
L’avertissement de MaxFrisch
En 1955 déjà, Max Frisch mettait en
garde les Suisses. «Ce que nous ne vou-
lons pas, écrivait-il dans achtung: die
Schweiz!, c’est le funeste mélange que
l’on commence à voir autour de nos
villes, à savoir ces villages à moitié urba-
nisés et ces centres à moitié villageois.»
Epargnée par la Deuxième Guerre mon-
diale, la Suisse se modernise à la faveur
de deux décennies euphoriques. Les an-
nées 50 et 60 sont marquées par une
exceptionnelle croissance économique
et démographique. Le «miracle écono-
mique» amèneprospéritéet sécuritéso-
ciale pour le plus grand nombre, non
sans ombres au tableau. La construc-
tion tous azimuts d’usines, de bureaux,
de maisons d’habitation et de vacances
ainsi que de routes réduit la surface
agricole utilisable et dénature des pay-
sages jusque-là intacts. Des immeubles
typiquement urbains essaiment le pay-
sage des stations alpestres. Les Suisses
découvrent la spéculation foncière: les
prix du sol dans les agglomérations at-
teignent des niveaux si vertigineux que
son utilisation devient inabordable
pour unemajorité. L’urgencedelasitua-
tion s’exprime par une image choc po-
pularisée par le pamphlet de Max
Frisch: toutes les 3 secondes, 1 m
2
de
terre agricole disparaît
La question de la maîtrise judicieuse
du sol est posée. Toutefois, le citoyen
helvétique, méfiant envers l’emprise de
l’Etat sur l’économie et la vie des indivi-
dus, neveut pas d’entraveaudéveloppe-
ment. De même qu’une initiative socia-
liste visant à freiner la spéculation
foncière échouera dans les urnes en
1967, il n’y aura pas d’organisation na-
tionale du territoire obéissant à des
principes restrictifs. Fédéralisme
oblige, l’utilisation, la mise en valeur et
la sauvegarde du sol sont laissées au
bon vouloir des cantons et des commu-
nes. La Confédération utilise ses mai-
gres compétences pour inviter les can-
tons à définir des zones agricoles et de
détente non constructibles. Mais les
pouvoirs locaux sont réticents à régle-
menter et protéger.
k
Lamagie de la
«décentralisationconcentrée»
Né dans les années 40, le concept de
«décentralisation concentrée» devient,
en 1973, la pierre angulaire d’une «con-
ception directrice» du développement
de la Suisse jusqu’en l’an 2000. Ce docu-
ment de référence, baptisé CK-73, écarte
une densification assumée des grandes
villes et consacre le projet d’une Suisse
organisée autour d’un tamis de villes
moyennes, complémentaires et inter-
connectées. Le réseau des villes suisses –
43localités comptent plus de 10 000ha-
bitants en 1960 – doit être «renforcé de
façon équilibrée». Dans cette vision
idéale de l’urbanisation du pays, la pro-
motion des centres secondaires doit li-
miter le basculement économique et dé-
mographique du pays sur les centres
principaux.
Sur le terrain, nécessité fait loi. La
Suisse change de visage, comme l’illus-
trent les fresques de Jörg Müller. Le ré-
seau routier s’étend. Le rail, héritage
vieillissant du XIXe siècle, se modernise.
Ces axes de transport nouveaux et plus
performantsdraineront lesnouvelleszo-
nes d’habitation dans un étalement ur-
bain qui paraît aussi peu raisonnable
que maîtrisable. La campagne se couvre
d’asphalte et de béton en même temps
que le trafic en ville s’intensifie. Les Suis-
ses deviennent pendulaires: travail à la
ville, domicileauvert prochedeschamps
et des vergers, dans les petites localités
qui ceinturent les centres principaux.
k
L’esprit du«Dörfli»
aune longue histoire
Dans cette phase de transition accé-
lérée, la vie en ville est associée à des
images négatives tandis que le cadre de
vie des bourgs et des villages non loin
des aires urbaines a toujours plus la
cote. Il faut dire que cette double repré-
sentation a une longue histoire forgée
dès les premières Expositions nationa-
les. Celle de Zurich en 1883 et plus en-
core celle de Genève en1896ont contri-
bué à créer unmythe autour du«village
suisse» et de la vie à la campagne. Dans
une Suisse qui s’industrialisait, s’urba-
nisait et s’ouvrait aux étrangers, le «Dör-
fli» y était mis en scène comme un lieu
idyllique, de paix et d’harmonie. Le
symbole de la patrie helvétique qui a
résolu l’improbable équation de se
constituer en famille unie. Face à la
naissance du monde ouvrier, la bour-
geoisie voyait dans le «village suisse»
une image rassurante qui célébrait un
consensus social pourtant loin d’être
une réalité. Cette référence constante
dunationalisme helvétique a imprégné
si durablement l’inconscient collectif
des Suisses que Hugo Loetscher écrit
encore en 1990: «Parlez de la Suisse, en
Suisse, et l’on vous racontera des cam-
pagnes, des paysans, mais jamais des
villes. La mode est de donner de la
Suisse, aussi parmi les écrivains, une
image tout à fait fausse: celle d’un pays
de montagnes et de paysans!»
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L’heure d’enterrer le mythe
duvillage suisse
L’étalement urbain qui mite la campagne a une longue histoire. L’utilisation judicieuse du territoire helvétique a beau être
discutée depuis plusieurs décennies, elle est restée une quête chimérique dans un pays fédéraliste qui a survalorisé
la vie à la campagne. Mais depuis peu, les mentalités changent. Sous la pression des besoins,
un consensus se cristallise pour densifier les villes et préparer le pays à héberger un jour 10 millions d’habitants
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La construction à tous crins devait
bienéveiller une résistance. Autout dé-
but des années 1970, des citoyens dé-
clenchent une onde verte. Adeptes du
slogansmall is beautiful, ils pensent pro-
tection des terres arables et conserva-
tiond’uneagriculturelocalecapablede
nourrir la population. Ils se mobilisent
pour défendre le patrimoine histori-
que ducœur des villes contre de grands
projets immobiliers inspirés par
l’euphorie de la croissance. «On nous
accusait d’être malthusiens», se sou-
vient Laurent Rebeaud. Cofondateur et
premier président des Verts, il sera un
pionnier de l’écologie auConseil natio-
nal avec Daniel Brélaz qui y fut le pre-
mier élu «écolo».
k
La«question» des étrangers
Dans l’élan des folles années du mira-
cle économique, la question qui fâche le
peuple suisse est pourtant d’une autre
nature. C’est celle des étrangers. L’admis-
sion de 800 000 immigrés entre 1945 et
1965pour servir une économie tournant
à plein régime a créé un puissant ma-
laise. En croissance continue depuis
1940, la part des étrangers dans la popu-
lationrésidante enSuisse atteint unpic à
17% en 1970. Le réflexe de repli fait de
l’immigrant le bouc émissaire tout dési-
gné pour ces nouveaux maux de la so-
ciété helvétique que sont l’inflation, la
spéculationet uneprétenduedilutionde
l’identité nationale. Lavague xénophobe
culmine le 7 juin 1970 lors du vote sur
l’initiative populaire demandant le ren-
voi d’environ400 000 étrangers. 46%des
votants se retrouvent du côté de James
Schwarzenbach. C’est une brèche sé-
rieuse dans le consensus national.
En 1968, le Conseil fédéral charge
l’économiste Francesco Kneschaurek
d’imaginer l’évolution de l’économie
suisse jusqu’en 2000. Né au Tessin, fils
d’un hôtelier, docteur de la respectée
Haute Ecole de Saint-Gall, ce spécia-
liste de la prospective économique pu-
blie une série d’études entre 1969 et
1974. Dans la première, il imagine que
la Suisse pourrait compter 10 millions
d’habitants en l’an 2000. Ce scénario,
une variante parmi d’autres, frappe les
esprits. «Perspective inquiétante», titre
le Journal de Genève.
Tout à ses projections mathémati-
ques, le professeur a mécaniquement
appliqué aux trente années à venir les
spectaculaires taux de croissance de
l’immigration enregistrés depuis
1945. Les critiques sont vives. Manque
de rigueur, aveuglement… Le profes-
seur est aussi accusé d’instrumentali-
ser la démographie pour faire le lit des
xénophobes qui chauffent les esprits
contre une Suisse «surpeuplée».
En 1974, le professeur Kneschaurek
fait sonmea culpa: «Les prévisions rela-
tives à une Suisse comptant 10 mil-
lions d’habitants deviennent de plus
en plus utopiques.» En corrigeant ses
pronostics, il prend acte, avec retard,
de la forte régression du taux de nata-
lité. La chute, effective depuis 1962, a
été restituée dans toute son ampleur
par le recensement national de 1970.
S’ajoutent les premières mesures de
restriction de la population étrangère
prises par le Conseil fédéral pour cal-
mer les craintes populaires. Et quand,
en 1973, le premier choc pétrolier
plonge l’économie mondiale dans une
récession généralisée, la Suisse ex-
7
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
L’heure d’enterrer le mythe
village suisse
L’étalement urbain qui mite la campagne a une longue histoire. L’utilisation judicieuse du territoire helvétique a beau être
discutée depuis plusieurs décennies, elle est restée une quête chimérique dans un pays fédéraliste qui a survalorisé
la vie à la campagne. Mais depuis peu, les mentalités changent. Sous la pression des besoins,
un consensus se cristallise pour densifier les villes et préparer le pays à héberger un jour 10 millions d’habitants
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En 1968, le Conseil fédéral charge
l’économiste Francesco Kneschaurek
d’imaginer l’évolution de l’économie
suisse jusqu’en 2000. Né au Tessin, fils
d’un hôtelier, docteur de la respectée
Haute Ecole de Saint-Gall, ce spécia-
liste de la prospective économique pu-
blie une série d’études entre 1969 et
1974. Dans la première, il imagine que
la Suisse pourrait compter 10 millions
d’habitants en l’an 2000. Ce scénario,
une variante parmi d’autres, frappe les
esprits. «Perspective inquiétante», titre
Tout à ses projections mathémati-
ques, le professeur a mécaniquement
appliqué aux trente années à venir les
spectaculaires taux de croissance de
l’immigration enregistrés depuis
1945. Les critiques sont vives. Manque
de rigueur, aveuglement… Le profes-
seur est aussi accusé d’instrumentali-
ser la démographie pour faire le lit des
xénophobes qui chauffent les esprits
contre une Suisse «surpeuplée».
En 1974, le professeur Kneschaurek
: «Les prévisions rela-
tives à une Suisse comptant 10 mil-
lions d’habitants deviennent de plus
en plus utopiques.» En corrigeant ses
pronostics, il prend acte, avec retard,
de la forte régression du taux de nata-
lité. La chute, effective depuis 1962, a
été restituée dans toute son ampleur
par le recensement national de 1970.
S’ajoutent les premières mesures de
restriction de la population étrangère
prises par le Conseil fédéral pour cal-
mer les craintes populaires. Et quand,
en 1973, le premier choc pétrolier
plonge l’économie mondiale dans une
récession généralisée, la Suisse ex-
porte sonchômage: 200 000immigrés
privés de travail rentrent au pays. Dé-
fendant une approche «réaliste» –
«nous ne sommes ni ne serons jamais
des prophètes» – Kneschaurek pronos-
tique en 1974 que la Suisse comptera
7 millions d’habitants en 2000. Vingt-
cinq ans plus tard, on en dénombrera
7,288 millions.
k
10millions d’habitants
en2038…ouplus tôt?
Musclée par la libre circulation des
personnes en vigueur depuis juillet
2002, la démographie affole de nou-
veau les statistiques. Le solde migra-
toire annuel moyen pour la décennie
2000-2010 a bondi à 57297 person-
nes. La seule année 2008, la Suisse a
enregistré l’arrivée record de 161629
immigrés et la balance migratoire – le
solde entre les arrivées et les départs
d’étranges – a atteint 103363 indivi-
dus, un record inégalé depuis 1961.
C’est comme si, en une année, l’on
ajoutait à la Suisse la population cu-
mulée des communes de Saint-Gall et
de Neuchâtel. Or ces arrivants étran-
gers sont majoritairement en âge de
procréer et de travailler. En 2009, 66%
d’entre eux ont entre 20 et 39 ans; la
part des 20-65 ans atteint 85,7%.
L’élandes années 2000 à 2010 a logi-
quement réveillé l’idée d’une Suisse à
10 millions d’habitants. Dans un scé-
nario «élevé» – par opposition à la va-
riante «moyenne» dite «de référence» –
l’Office fédéral de la statistique (OFS)
pronostique que la barre des 10 mil-
lions sera franchie en 2038. Le démo-
graphe Philippe Wanner, ancien colla-
borateur de l’OFS et désormais
professeur au LaboDémo de l’Univer-
sité de Genève, estime «tout à fait vrai-
semblable» ce scénario dit «élevé»:
«Tout y concourt. On est même parti
pour y être plus vite que les pronostics
officiels ne l’imaginent. La Suisse à
10 millions d’habitants, ce n’est pas un
tabou!»
Le chercheur énumère les multiples
carburants de cette robuste dynami-
que démographique: un Etat peu en-
detté, une fiscalité attractive, une
monnaie stable, une économie perfor-
mante et historiquement ouverte au
monde, un niveau de vie élevé pour
l’Europe, des filières de formation de
qualité, des services publics plutôt
performants, un niveau de sécurité ré-
jouissant. Et puis le prochain départ à
la retraite des baby-boomers (les en-
fants nés entre 1945 et 1965) provo-
quera un appel d’air massif sur un
marché du travail asséché. «Toutes les
décisions de politique économique
vont dans le sens de rendre la Suisse
plus compétitive et plus attractive. Elle
restera donc une terre d’immigration
très désirée.» Le scientifique s’en féli-
cite car, note-t-il, «cet apport de popu-
lation sera un facteur de croissance et
de prospérité pour la grande majorité
des habitants».
Et le vieillissement de la popula-
tion, qui fait se lamenter nombre d’ex-
perts inquiets pour le financement des
prestations sociales? Sur ce point aussi
Philippe Wanner détonne. Oui, la
grande vieillesse augmentera, oui les
centenaires se multiplieront (voir les
chiffres en page 5). Mais les seniors
vivront en bonne santé plus long-
temps; ils seront nantis d’un pouvoir
d’achat supérieur à celui des retraités
du siècle passé. Qualifiés et équipés
d’ordinateurs, nombre d’entre eux res-
teront actifs, à temps partiel, au-delà
de l’âge légal de la retraite. Les seniors
feront tourner l’industrie des loisirs et
de la détente plus intensivement en-
core qu’aujourd’hui. Parallèlement,
beaucoup d’emplois attractifs seront
créés dans le secteur de la santé pour
s’occuper des plus âgés. «Toujours plus
de centenaires ne résideront pas à
l’EMS», prédit le démographe.
k
Latardive réconciliation
des Suisses avec laville
En attendant, sous la pression démo-
graphique, le pays bouge, les mentalités
changent. Depuis une bonne dizaine
d’années, la Suisse – son territoire et ses
villes – est l’objet d’une intense observa-
tion scientifique. La littérature spéciali-
sée fleurit, faisant le portrait d’une Suisse
toujours plus urbaine. «Ce n’est pas en
rêvant de campagne qu’on construit des
villes de qualité», proclame la Charte de
l’association Métropole Suisse depuis
2002.
Une année plus tôt, les villes suisses
obtenaient le statut d’acteur politique
reconnu par la Confédération. Si bien
qu’elles captent désormais une manne
fédérale importante – des milliards de
francs par année–, unlevier pour accom-
plir leur nécessaire métamorphose.
Yvette Jaggi mesure le long chemin
parcouru. Quand elle était syndique de
Lausanne (1990-1998) et présidait
l’Union des villes suisses, elle a mené
frontalement cette bataille nationale,
ferraillant contre les cantons et la Berne
fédérale. Aujourd’hui, elle applaudit à la
«réconciliationdesSuissesavecl’urbain».
Un «nouveau consensus» se cristallise à
l’épreuve des bouchons autoroutiers,
des trains bondés et de la pénurie chro-
nique de logements dans les grands cen-
tres: «L’idéederajouter delavilleàlaville
fait son chemin même si l’étalement ur-
bainsur le Plateau, favorisé par le fédéra-
lisme, n’a jamais vraiment cessé.»
Pour densifier le tissu urbain, on pro-
jette d’élever des tours. Pour fluidifier la
mobilité, on agrandit les gares, on dou-
ble ou triple des lignes ferroviaires exis-
tantes, on ajoute des lignes de métro ou
de S-Bahn qui irriguent les cœurs des
cités. Dans les grandes villes, on réhabi-
lite des friches urbaines, oncrée de nou-
veaux quartiers d’habitation proches
des centres. On assiste aussi au grand
retour des architectes et des urbanistes,
euxqui avaient laisséauxjuristes les pre-
miers rôles de l’aménagement du terri-
toire durant les années du miracle éco-
nomique.
Professeur à l’EPFL et directeur de la
Communauté d’études pour l’aménage-
ment du territoire (CEAT), Martin Schu-
ler tire un parallèle entre la période
d’après-guerre – les années 50 à70 – et la
Sources
ö Martin Rotach, Aménagement national
suisse, Conceptions directrices de l’aména-
gement du territoire national CK-73,
version abrégée, DFJP, ORL, 1973
ö Sous la direction du professeur F.
Kneschaurek, Perspectives de l’économie
suisse et problèmes posés par son dévelop-
pement. Résumé des études relatives à
l’évolution de l’économie suisse jusqu’en
l’an 2000, Office central des imprimés et
du matériel, Saint-Gall/Berne, 1974
ö Jörg Müller, Ronde annuelle des mar-
teaux-piqueurs ou la mutation d’un pay-
sage, Editions L’école des loisirs, 1974
ö Collectif, Nouvelle Histoire de la Suisse
et des Suisses, Payot, 1982
ö Collectif, Suisse 2000. Enjeux démo-
graphiques, Editions Réalités sociales,
1991
ö Joëlle Salomon Cavin, La Suisse ur-
baine: entre ubiquité et absence, dans
EspacesTemps.net, Textuel, 13.09.2004
ö Bernard Crettaz, Un si joli village, essai
sur un mythe helvétique, Histoire et
société contemporaine, Genève, 1987
ö François Walter, La Suisse urbaine,
Editions Zoé, 1994
öFrançois Walter, Cinquante ans d’amé-
nagement du territoire en Suisse? Quelques
questions aux acteurs, DISP, 127, 1996
ö Roger Diener, Jacques Herzog, Marcel
Meili, Pierre de Meuron, Christian
Schmid, La Suisse. Portrait urbain, ETH
Studio Basel, 1999-2003
ö Martina Koll-Schretzenmayr, Gelun-
gen? Misslungen? Die Geschichte der
Raumplanung Schweiz, NZZVerlag,
2008
Suisse de 2010: «On assiste à la même
mobilisation pragmatique. Sous la pres-
sion des faits et dans l’urgence, il s’agit
d’adapter le pays à la nouvelle donne
démographique et économique.» «C’est
bienconnu, renchérit Yvette Jaggi, onne
dépense que sous la contrainte. C’est
dans l’urgence que ce pays trouve des
solutions.»
Une Yvette Jaggi qui exulte de voir les
villes suisses se densifier et, c’est moins
connu, se repeupler après avoir long-
temps perdu des habitants au profit des
communes périphériques. Aux conser-
vateurs de la protection du paysage qui
brandissent lecompteur des surfaces bâ-
ties pour alarmer l’opinion sur une
Suisse dénaturée, l’amie des villes op-
pose les mètres carrés de surfaces nou-
vellement construites en zone urbaine.
«Ce sont autant d’efforts pour rendre les
villes désirables et prêtes à accueillir da-
vantage d’habitants à proximité des
nouveaux emplois tertiaires.» Et de dis-
qualifier le retour des discours aux ac-
cents malthusiens: «Les craintes sont in-
fondées. Il existe bien assez d’espaces
constructibles pour une Suisse de
10millions d’habitants.»
Unpaysenmutation
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
8
Propos recueillis par
François Modoux et Pierre Veya
Le Temps: Dix millions d’habitants
en Suisse, ce n’est plus un mirage.
Qu’est-ce que cette perspective
évoque spontanément pour le
géographe que vous êtes?
Jacques Lévy: Il
faut relativiser
l’augmenta-
tionabsolue
de la popula-
tion. S’agissant
de la localisa-
tionde ce
surcroît d’habitants, j’aime bien
relever que la Suisse est unpetit
pays de montagne, mais ungrand
pays de plaine. La densité du
Plateau est certes élevée, mais elle
reste loinde celle des Pays-Bas,
qui s’ensortent très bien. La
questionqui se pose à la société
helvétique est à la fois simple et
fondamentale: ces deux millions
supplémentaires d’habitants,
faut-il les étaler ou les concen-
trer? Historiquement, ona étalé
la croissance démographique sur
le territoire. Faut-il inverser le
mouvement? Les prises de posi-
tionne distinguent pas deux
camps biendéfinis. Ce n’est pas
surprenant, car changer de para-
digme renvoie à des questions
d’identité complexes. Ce qui se
joue, c’est le rapport des individus
et de la collectivité à la nature,
mais aussi à eux-mêmes.
– Justement, on sent qu’on est en
train de détruire le beau jardin
qu’était la Suisse. Un peu partout
la campagne s’uniformise.
N’est-ce pas le moment de remet-
tre en cause le choix d’étaler la
population jusqu’à présent privi-
légié notamment pour préserver
un équilibre régional?
– Je voudrais d’abordsouligner
que la Suisse est une Hanse qui a
réussi. Historiquement, elle est
constituée d’unréseau de villes
qui a su tenir tête aux empires en
développant une organisation
propre dans unrapport de force
pourtant défavorable. Unéquili-
bre entre Etat et société civile,
fondé sur le pragmatisme et la
reconnaissance de l’individu
comme acteur de la société, s’est
instauré et a favorisé undévelop-
pement de la Suisse qui la distin-
gue encore maintenant comme
unpays plus riche et moins en
crise que les autres pays d’Europe.
Aujourd’hui, la Suisse est une
société urbaine, combinaison
entre unréseau de petites princi-
pautés et des villes. Le cœur du
problème identitaire est le sui-
vant: ce qui n’est pas urbain
craint que ce qui est urbaindo-
mine l’ensemble. Sans raison,
mais avec une certaine logique.
Car l’onconstate partout que les
villes sont bienplus productives
que les campagnes. Cette règle se
vérifie quelle que soit l’architec-
ture du pouvoir.
– Le fédéralisme et les mécanismes
de péréquation qui lui sont asso-
ciés sont-ils adaptés aux défis
contemporains?
– La Suisse est unsystème politi-
que qui a équilibré les pouvoirs
urbains par des contre-forces, les
cantons. Ces républiques confet-
tis, créées sur le modèle de la
chôra – une cité-Etat à la grecque
–, sont des entités politiques très
puissantes mais très petites. Ce
modèle a favorisé la grande qua-
lité urbaine des petites villes à
travers tout le territoire. Mais il
présente uninconvénient majeur
dès lors que les frontières politi-
ques des cantons ne correspon-
dent plus à la réalité des espaces
de vie. Désormais, l’expositionà
l’effet free rider – littéralement le
«passager sans ticket», permet-
tant à unindividu ou à une insti-
tutionde profiter de services sans
enpayer le prix – est forte. Appli-
qué à la société urbaine suisse,
l’effet free rider profite à une
populationaisée qui accède à
tous les avantages de la centralité
urbaine sans enassumer les
coûts. Al’échelle du pays, onvoit
se multiplier des morceaux de
société urbaine qui profitent de
la surproductivité des villes-cen-
tres sans participer aux charges
d’investissement de celles-ci. Or si
une ville est d’autant plus produc-
tive qu’elle est grande, il est aussi
avéré que cette dynamique coûte
cher enéquipements et eninfra-
structures. Et quandune ville ne
peut pas investir pour prévenir
ou corriger les tendances inégali-
taires ensonsein, cela finit tou-
jours par avoir des conséquences
sociales.
– On le vérifie ailleurs qu’en
Suisse?
– Biensûr. L’effet free rider est une
clé de lecture des disparités à
toutes les échelles: locale, régio-
nale, nationale, continentale,
mondiale. L’originalité de la
Suisse puise dans la combinaison
entre unfaible niveau de prélève-
ments obligatoires et l’idée du
citoyen-contribuable qui veut
contrôler ses impôts et a, avec la
démocratie directe, les moyens
d’intervenir sur les décisions
politiques dans undélai court.
Cela favorise untravail explicite
des lobbys dans les parlements.
Endonnant beaucoupde poids
aux forces de blocage, ce système
n’est pas très favorable à la pro-
ductiond’unbienpublic untant
soit peu abstrait, comme peut
l’être l’urbanité.
– Le risque de captation de la
richesse par les seuls pôles ur-
bains serait donc limité par la
nature même du système politique
suisse?
– Nonseulement la «captation»,
ce qui serait légitime, mais aussi,
pour partie, la productionmême
des richesses, et pas seulement à
cause du pouvoir des cantons,
mais aussi enraisonde la force
des idéologies anti-urbaines. Sur
le terrain, onobserve deux mou-
vements contradictoires. D’un
côté, les villes assument de plus
enplus leurs projets de dévelop-
pement. Des dispositifs compli-
qués sont mis enplace pour
contourner l’inexistence de gou-
vernements urbains régionaux.
Soutenues par les incitations
fédérales certes tardives et unpeu
technocratiques mais finalement
assez efficaces, des politiques
d’agglomérationvoient le jour
dans les grandes villes. Même à
Genève, où les réticences ont été
longtemps plus vives qu’ailleurs.
Ce ne sont pas des actions car-
rées, bienlisibles, mais beaucoup
de projets sont mis enmouve-
ment. D’unautre côté, les réticen-
ces à coopérer à l’échelle régio-
nale subsistent. AGenève par
exemple, les acteurs ont tardé à
penser et organiser le développe-
ment de leur ville nonpas tant
parce que la démocratie locale les
enempêchait, mais plutôt parce
que leurs idéologies les entra-
vaient. L’idée de la Cité-Etat,
autosuffisante, est encore très
puissante, avec pour effet que les
«déjections» urbaines émises vers
la France et les communes vau-
doises voisines sont tout simple-
ment ignorées. Genève s’est long-
temps raconté une histoire qui
n’était pas la bonne, mais ça
change.
– Sur quel levier agir si l’on entend
favoriser la construction de villes
compactes et durables, capables
d’entraîner une dynamique régio-
nale féconde?
– La conscience écologique est un
facteur considérable de modifica-
tiondes lignes de conflits. Pour
l’instant, l’alliance souhaitable
entre écologistes et urbanophiles
n’est pas simple. Chez les écologis-
tes suisses, la mouvance anti-ur-
baine est marquée. Or, la Suisse se
rattache globalement au monde
germanique, avec une conscience
écologique forte, mais, enmême
temps, la traditiontypiquement
américaine de laisser agir sans
tropde limitationles forces éco-
nomiques est dominante. Je ne
sais pas qui sortira vainqueur de
l’affrontement entre ces deux
paradigmes antagonistes. Bonne
nouvelle, l’optionurbaine est de
plus enplus reconnue comme la
composante spatiale du dévelop-
pement durable. Densifiée, bien
aménagée, rationnellement
organisée, irriguée par des trans-
ports publics efficaces, la ville
contribue à réduire les pollutions
et les gâchis. L’idée de la ville amie
de la nature et des hommes est
récente et révolutionnaire. Elle
bouscule les images de mal-déve-
loppement spontanément asso-
ciées aux grandes villes.
– En quoi le développement dura-
ble, concept à la mode s’il en est,
aide-t-il à penser le territoire
d’une future Suisse à 10 millions
d’habitants?
– Le développement durable
semble omniprésent dans les
discours…peut-être parce que
ceux qui s’enréclament semblent
ne pas avoir lu le rapport
Brundtlandde 1987. Ce docu-
ment fondateur ne dit pas qu’il
faut chercher uncompromis
entre le modèle obsolète de
croissance agro-industrielle et la
décroissance défendue par les
intégristes de l’écologie. Le déve-
loppement durable repose sur
l’affirmationque la croissance
économique, la cohésionsociale
et le respect de l’environnement
sont nonseulement compatibles,
mais cohérents entre eux au
point d’être, au fond, une seule et
même chose. Ce nouveau para-
digme actualise le questionne-
ment du rapport amour-haine de
la Suisse et des Suisses aux villes.
Comme le montre la success story
de l’histoire de la Suisse, la ville
est fondamentale dans la cons-
tructionde l’identité helvétique;
enmême temps, la ville est jugée
menaçante et mal aimée. Cette
contradictionest toujours plus
thématisée, je m’enréjouis. «Le
portrait urbainde la Suisse», du
Studio Basel, a été unévénement
scientifique et politique. Ce re-
marquable travail interpelle le
pays: la Suisse est-elle prête à
assumer sa missionurbaine?
– Aquel développement urbain
la Suisse doit-elle aspirer?
– Monpoint de vue de chercheur
est que plus la ville assume son
métier de ville, plus elle est effi-
cace. Plus onaugmente la densité
avec la diversité des populations
et des activités, plus onfabrique
une machine urbaine qui sera
efficace politiquement et écono-
miquement. Il n’y a pas, à ma
connaissance, de contre-exemple.
Autrement dit: quelles villes
veut-onenSuisse? Il faut mener
ce débat de façonplus explicite.
L’urbanisme, c’est, désormais,
d’injecter de l’urbanité sans chan-
ger les masses. C’est d’ajouter de
la ville à la ville à enveloppe cons-
tante. C’est possible car dès qu’on
est dans les banlieues, les densités
sont faibles, il n’y a pas d’obsta-
cles techniques et toutes les
bonnes raisons convergent pour
augmenter la densité. Mais les
habitants le veulent-ils? Il faut les
convaincre! La perspective d’une
Suisse à 10 millions d’habitants
rendce débat toujours plus né-
cessaire. Le ras-le-bol face au
mitage du territoire, qui s’ex-
prime dans l’initiative pour la
protectiondu paysage sur la-
quelle les Suisses voteront pro-
chainement, montre que c’est le
bonmoment.
– Pourquoi l’organisation de la
ville et du territoire reste perçue
comme un enjeu secondaire?
– Le territoire, la ville, c’est abs-
trait. Du moins c’est plus abstrait
que le logement. Onenparle la
plupart du temps de façontan-
gentielle. Nous, chercheurs, avons
du mal à rendre simple l’idée que
chaque individu prenddes déci-
sions quotidiennes qui ont un
impact sur le vivre-ensemble
dans unespace donné. Il faudrait
créer davantage de forums, de
lieux où chacunpeut mesurer les
effets de sa propre action. La
priorité, c’est de développer la
démocratie participative, mais
pas seulement sur des enjeux
immédiats. Et il faut une stratégie
politique qui sache utiliser les
bons leviers dans uncontexte où
les attentes de la société demeu-
rent contradictoires.
– Beaucoup de projets échouent,
mais n’exagère-t-on pas les bloca-
ges?
– Ce qui est vrai, c’est que les villes
sont bientenues. Les Suisses y
veillent. La qualité des services
urbains est aussi tout à fait re-
marquable si onla compare avec
celle des pays voisins. Cela fait
partie de l’identité civique des
Suisses. La Suisse a aussi des
atouts pour ce granddomaine
qu’est l’urbanisme car une culture
du dialogue préexiste par la
démocratie directe. Ce qui pose
problème, ce sont les composan-
tes affectives des représentations.
Or il faut reconnaître que small
n’est pas toujours beautiful. L’idée
rousseauiste que, plus une société
est minuscule, mieux elle sera
gérée est plus que discutable,
faits à l’appui.
– Au bilan, la démocratie directe
est-elle un atout ou un frein?
– La peur d’échouer, d’être désa-
voué par le peuple est souvent le
principal facteur de paralysie des
exécutifs. D’ailleurs, on valorise la
démocratie directe comme l’ins-
trument qui empêche de se four-
voyer dans des aventures. Mais
prenons l’exemple des tunnels
alpins. Le choix de construire
deux transversales alpines obéis-
sait au souci de réunir une majo-
rité populaire. Pour un projet
discutable, peut être pas d’une
extrême urgence, on a asséché les
finances aisément mobilisables
pour les transports. En consa-
crant des sommes faramineuses
pour l’axe nord-sud, on a du coup
dépensé très peu pour l’axe
ouest-est, le vrai axe vital de la
Suisse, où habitent 80%de la
population. On a différé le plus
urgent, le train à grande vitesse à
travers le Plateau suisse. Cela
donne à réfléchir. On voit com-
ment ce système de prise de
décision peut aussi conduire à
des aventures…
La banlieue ouest de Lausanne. «La Suisse est un petit pays de montagne, mais un grand pays de plaine», relève non sans malice
le professeur Jacques Lévy. Le géographe plaide pour une alliance entre écologistes et urbanophiles. RENENS, 20 NOVEMBRE 2006
Y
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«Small n’est pas toujours beautiful»
Le géographe
Jacques Lévy,
directeur
du Laboratoire
Chôros à l’EPFL,
invite la Suisse
à assumer sa
mission urbaine
D
R
‘‘
L’idée de la ville
amie de la nature
et des hommes
est récente et
révolutionnaire,,
PUBLICITÉ
«Nous sommes déjà tropnombreux»
L’explosion
démographique
met en danger
la qualité de vie
et les libertés.
C’est l’avis
de Philippe
Roch, ancien
patron
de l’Office
fédéral de
l’environnement,
et d’un courant
écologique qui
tend à s’affirmer
Yelmarc Roulet
«Ce n’est pas une préoccupation
solitaire, de plus enplus de gens me
témoignent leur inquiétude.» Parmi
les Suisses qui envisagent sans
aucun plaisir la croissance démo-
graphique, il y a Philippe Roch, l’an-
cienchef del’Officefédéral del’envi-
ronnement. Dans sa maison de la
campagne genevoise, d’où il pour-
suit untravail de consultant, il le dit
sans ambages: «Nous sommes déjà
beaucoup trop nombreux, sur la
planète mais aussi chez nous.»
Pour la Suisse, il rêve de revenir
aux 3 millions d’habitants que le
pays comptait il y a 50 ans. «Trois
millions, cinq millions, le chiffre est
symbolique, s’empresse-t-il de pré-
ciser. L’important est qu’on en fi-
nisse avec l’idéologie de la crois-
sance.»
«L’empreinte écologique de la
Suisse s’étendbienau-delàdes fron-
tières nationales, affirme l’ancien
directeur du WWF, alors que le
monde est plein et que ses ressour-
ces sont en désagrégation. On s’est
moqué de Malthus, mais il avait rai-
son. Certes, l’économiesedéveloppe
en même temps que la population,
mais onneveut pas voir quec’est sur
la base d’une surexploitation de la
nature. Il faudrait deux ou trois pla-
nètes si l’on voulait que le tout le
monde vive comme nous aujour-
d’hui. On ne peut pas davantage
prétendre que ce mode de vie nous
soit réservé.»
Unparadis perdu
Les ressources, mais aussi les li-
bertés. Plus onest nombreux, plus il
faut organiser, restreindre. Quand
Philippe Roch parle de son enfance,
au Grand-Lancy, c’est avec la nostal-
gieduparadis perdu. «Nous faisions
des courses à vélo, des cabanes, on
patinait sur les étangs de la Praille.
Notre monde était immense.
Aujourd’hui, il n’y a que des routes
et dubéton. Nos enfants trouvent la
liberté dans l’ordinateur.»
Souslesoleil dejanvier, lesberges
de l’Allondon, où Philippe Roch
aime conduire ses visiteurs, sont
pourtant désertes et intactes
comme au premier jour. Mais dans
son village de Russin, tout proche,
où il vit depuis 35 ans, «onsent l’en-
cerclement».
Pour stopper lacourbe démogra-
phique, il n’a pas de solution mira-
cle. Le démocrate-chrétien assure
aimer tout le monde, ne vouloir
chasser personne, ni fermer les fron-
tières. Il prend ses distances avec les
idées xénophobes, élitaires ou d’ex-
trême droite qui se greffent souvent
sur les considérations démographi-
ques. Même s’il attribue à James
Schwarzenbach, le père des initiati-
ves anti-étrangers, «un souci écolo-
gique sincère».
La croissance de la population
suisse n’étant due qu’à un solde mi-
gratoire positif, les deux questions
du nombre et des immigrés sont à
l’échelle nationale inextricable-
ment liées. C’est ce qui rendla ques-
tiondémographique si délicate et si
peupopulaire.
Ne pas se brûler les doigts
Sur l’échiquier politique, le rejet
de la croissance démographique
peut être présent ici et lààtitre indi-
viduel. Mais il n’est thématisé ni à
gauche ni à droite. Les deux camps
s’accordent toujours à voir dans la
croissance ce qui permet de réaliser
des profits et de financer les institu-
tions sociales.
Les écologistes de droite sont à
cet égard les plus décomplexés.
Dans un postulat au Grand Conseil
vaudois, le Vert libéral Jacques-An-
dré Haury préconise d’adapter la
promotion économique au défi
démographique et de freiner les
efforts pour attirer des sociétés dans
la régionlémanique.
Sur son «e-magazine contre le
néo-conformisme», le journaliste
Philippe Barraud consacre réguliè-
rement des chroniques à la crois-
sance démographique, cette «catas-
trophe écologique qui ravit les
politiciens» et que protège selon lui
un véritable tabou (www.commen-
taires.com).
Mais le débat public a surtout été
alimenté, à l’automne 2009, par le
texte des conseillers nationaux éco-
logistes Bastien Girod (ZH) et
Yvonne Gilli (SG), dans lequel ils
tentaient defonderune«visioncriti-
que de la croissance démographi-
que d’un point de vue vert». Ils met-
taient en garde contre les effets
négatifs d’une politique d’attraction
sans limite sur les conditions de vie
enSuisse.
Cette prise de position avait sus-
cité un tollé à gauche et valu à leurs
auteurs unsermond’Ueli Leuenber-
ger, président duparti suisse.
«Ni lui ni moi n’avons changé
d’avis», sourit aujourd’hui Bastien
Girod. Mais il assure qu’après cer-
tains malentendus de départ, le cli-
mat est désormais «suffisamment
neutre pour poursuivre une discus-
sionconstructive. Laqualitédevieet
la non-discrimination, ce sont deux
objectifs queles Verts ont àpoursui-
vre avec la même détermination.»
Philippe Roch
dans la forêt
genevoise.
«On s’est moqué
de Malthus,
mais il avait raison»,
assène l’écologiste.
Il dénonce
un développement
économique fondé
sur une surexploitation
de la nature.
RUSSIN, 17 JANVIER 2011
E
D
D
Y
M
O
T
T
A
Z
Faut-il figer les zones à bâtir pendant vingt ans?
L’Initiative pour le paysage, qui a
abouti en été 2008 avec 110000
signatures, arrive ces prochains
jours au Conseil national.
Elle préconise de figer pendant
20ans les zones constructibles et
d’encourager la densification, afin
de mettre fin au mitage du terri-
toire.
Pro Natura, comme chef de file,
Patrimoine suisse, le WWF, l’ATE et
Franz Weber soutiennent cette
initiative, ainsi que les Verts et le
Parti socialiste sur le plan politique.
Le Conseil fédéral a rejeté l’initia-
tive, tout en proposant un contre-
projet indirect que Sophie Mi-
chaud, secrétaire romande de Pro
Natura, qualifie de beaucoup trop
mou. Le gouvernement est prêt à
renforcer les exigences lors de la
création de nouvelles zones à bâtir,
mais sans fixer aucune limite
quantifiable.
Le Conseil des Etats, qui a déjà
traité l’initiative, l’a également
rejetée. Mais les sénateurs sont
allés dans le sens des initiants en
rendant contraignant le prélève-
ment de la plus-value lors des
déclassements. La taxe perçue
lorsqu’une zone agricole est rendue
constructible doit alimenter un
fonds d’indemnisation pour favori-
ser le retour de certains terrains à
leur ancienne vocation agricole.
«Les zones constructibles sont
surdimensionnées», affirme Sophie
Michaud, qui précise que la surface
bâtie a augmenté de 96 km
2
, à
raison de 1 m
2
par seconde, depuis
le lancement de l’initiative en juillet
2007.
La votation populaire n’est pas
envisagée avant 2012. Y. R.
9 Unpaysenmutation
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Propos recueillis par
François Modoux et Pierre Veya
Le Temps: Dix millions d’habitants
en Suisse, ce n’est plus un mirage.
Qu’est-ce que cette perspective
évoque spontanément pour le
géographe que vous êtes?
Jacques Lévy: Il
faut relativiser
l’augmenta-
tionabsolue
de la popula-
tion. S’agissant
de la localisa-
tionde ce
surcroît d’habitants, j’aime bien
relever que la Suisse est unpetit
pays de montagne, mais ungrand
pays de plaine. La densité du
Plateau est certes élevée, mais elle
reste loinde celle des Pays-Bas,
qui s’ensortent très bien. La
questionqui se pose à la société
helvétique est à la fois simple et
fondamentale: ces deux millions
supplémentaires d’habitants,
faut-il les étaler ou les concen-
trer? Historiquement, ona étalé
la croissance démographique sur
le territoire. Faut-il inverser le
mouvement? Les prises de posi-
tionne distinguent pas deux
camps biendéfinis. Ce n’est pas
surprenant, car changer de para-
digme renvoie à des questions
d’identité complexes. Ce qui se
joue, c’est le rapport des individus
et de la collectivité à la nature,
mais aussi à eux-mêmes.
– Justement, on sent qu’on est en
train de détruire le beau jardin
qu’était la Suisse. Un peu partout
la campagne s’uniformise.
N’est-ce pas le moment de remet-
tre en cause le choix d’étaler la
population jusqu’à présent privi-
légié notamment pour préserver
un équilibre régional?
– Je voudrais d’abordsouligner
que la Suisse est une Hanse qui a
réussi. Historiquement, elle est
constituée d’unréseau de villes
qui a su tenir tête aux empires en
développant une organisation
propre dans unrapport de force
pourtant défavorable. Unéquili-
bre entre Etat et société civile,
fondé sur le pragmatisme et la
reconnaissance de l’individu
comme acteur de la société, s’est
instauré et a favorisé undévelop-
pement de la Suisse qui la distin-
gue encore maintenant comme
unpays plus riche et moins en
crise que les autres pays d’Europe.
Aujourd’hui, la Suisse est une
société urbaine, combinaison
entre unréseau de petites princi-
pautés et des villes. Le cœur du
problème identitaire est le sui-
vant: ce qui n’est pas urbain
craint que ce qui est urbaindo-
mine l’ensemble. Sans raison,
mais avec une certaine logique.
Car l’onconstate partout que les
villes sont bienplus productives
que les campagnes. Cette règle se
vérifie quelle que soit l’architec-
ture du pouvoir.
– Le fédéralisme et les mécanismes
de péréquation qui lui sont asso-
ciés sont-ils adaptés aux défis
contemporains?
– La Suisse est unsystème politi-
que qui a équilibré les pouvoirs
urbains par des contre-forces, les
cantons. Ces républiques confet-
tis, créées sur le modèle de la
chôra – une cité-Etat à la grecque
–, sont des entités politiques très
puissantes mais très petites. Ce
modèle a favorisé la grande qua-
lité urbaine des petites villes à
travers tout le territoire. Mais il
présente uninconvénient majeur
dès lors que les frontières politi-
ques des cantons ne correspon-
dent plus à la réalité des espaces
de vie. Désormais, l’expositionà
l’effet free rider – littéralement le
«passager sans ticket», permet-
tant à unindividu ou à une insti-
tutionde profiter de services sans
enpayer le prix – est forte. Appli-
qué à la société urbaine suisse,
l’effet free rider profite à une
populationaisée qui accède à
tous les avantages de la centralité
urbaine sans enassumer les
coûts. Al’échelle du pays, onvoit
se multiplier des morceaux de
société urbaine qui profitent de
la surproductivité des villes-cen-
tres sans participer aux charges
d’investissement de celles-ci. Or si
une ville est d’autant plus produc-
tive qu’elle est grande, il est aussi
avéré que cette dynamique coûte
cher enéquipements et eninfra-
structures. Et quandune ville ne
peut pas investir pour prévenir
ou corriger les tendances inégali-
taires ensonsein, cela finit tou-
jours par avoir des conséquences
sociales.
– On le vérifie ailleurs qu’en
Suisse?
– Biensûr. L’effet free rider est une
clé de lecture des disparités à
toutes les échelles: locale, régio-
nale, nationale, continentale,
mondiale. L’originalité de la
Suisse puise dans la combinaison
entre unfaible niveau de prélève-
ments obligatoires et l’idée du
citoyen-contribuable qui veut
contrôler ses impôts et a, avec la
démocratie directe, les moyens
d’intervenir sur les décisions
politiques dans undélai court.
Cela favorise untravail explicite
des lobbys dans les parlements.
Endonnant beaucoupde poids
aux forces de blocage, ce système
n’est pas très favorable à la pro-
ductiond’unbienpublic untant
soit peu abstrait, comme peut
l’être l’urbanité.
– Le risque de captation de la
richesse par les seuls pôles ur-
bains serait donc limité par la
nature même du système politique
suisse?
– Nonseulement la «captation»,
ce qui serait légitime, mais aussi,
pour partie, la productionmême
des richesses, et pas seulement à
cause du pouvoir des cantons,
mais aussi enraisonde la force
des idéologies anti-urbaines. Sur
le terrain, onobserve deux mou-
vements contradictoires. D’un
côté, les villes assument de plus
enplus leurs projets de dévelop-
pement. Des dispositifs compli-
qués sont mis enplace pour
contourner l’inexistence de gou-
vernements urbains régionaux.
Soutenues par les incitations
fédérales certes tardives et unpeu
technocratiques mais finalement
assez efficaces, des politiques
d’agglomérationvoient le jour
dans les grandes villes. Même à
Genève, où les réticences ont été
longtemps plus vives qu’ailleurs.
Ce ne sont pas des actions car-
rées, bienlisibles, mais beaucoup
de projets sont mis enmouve-
ment. D’unautre côté, les réticen-
ces à coopérer à l’échelle régio-
nale subsistent. AGenève par
exemple, les acteurs ont tardé à
penser et organiser le développe-
ment de leur ville nonpas tant
parce que la démocratie locale les
enempêchait, mais plutôt parce
que leurs idéologies les entra-
vaient. L’idée de la Cité-Etat,
autosuffisante, est encore très
puissante, avec pour effet que les
«déjections» urbaines émises vers
la France et les communes vau-
doises voisines sont tout simple-
ment ignorées. Genève s’est long-
temps raconté une histoire qui
n’était pas la bonne, mais ça
change.
– Sur quel levier agir si l’on entend
favoriser la construction de villes
compactes et durables, capables
d’entraîner une dynamique régio-
nale féconde?
– La conscience écologique est un
facteur considérable de modifica-
tiondes lignes de conflits. Pour
l’instant, l’alliance souhaitable
entre écologistes et urbanophiles
n’est pas simple. Chez les écologis-
tes suisses, la mouvance anti-ur-
baine est marquée. Or, la Suisse se
rattache globalement au monde
germanique, avec une conscience
écologique forte, mais, enmême
temps, la traditiontypiquement
américaine de laisser agir sans
tropde limitationles forces éco-
nomiques est dominante. Je ne
sais pas qui sortira vainqueur de
l’affrontement entre ces deux
paradigmes antagonistes. Bonne
nouvelle, l’optionurbaine est de
plus enplus reconnue comme la
composante spatiale du dévelop-
pement durable. Densifiée, bien
aménagée, rationnellement
organisée, irriguée par des trans-
ports publics efficaces, la ville
contribue à réduire les pollutions
et les gâchis. L’idée de la ville amie
de la nature et des hommes est
récente et révolutionnaire. Elle
bouscule les images de mal-déve-
loppement spontanément asso-
ciées aux grandes villes.
– En quoi le développement dura-
ble, concept à la mode s’il en est,
aide-t-il à penser le territoire
d’une future Suisse à 10 millions
d’habitants?
– Le développement durable
semble omniprésent dans les
discours…peut-être parce que
ceux qui s’enréclament semblent
ne pas avoir lu le rapport
Brundtlandde 1987. Ce docu-
ment fondateur ne dit pas qu’il
faut chercher uncompromis
entre le modèle obsolète de
croissance agro-industrielle et la
décroissance défendue par les
intégristes de l’écologie. Le déve-
loppement durable repose sur
l’affirmationque la croissance
économique, la cohésionsociale
et le respect de l’environnement
sont nonseulement compatibles,
mais cohérents entre eux au
point d’être, au fond, une seule et
même chose. Ce nouveau para-
digme actualise le questionne-
ment du rapport amour-haine de
la Suisse et des Suisses aux villes.
Comme le montre la success story
de l’histoire de la Suisse, la ville
est fondamentale dans la cons-
tructionde l’identité helvétique;
enmême temps, la ville est jugée
menaçante et mal aimée. Cette
contradictionest toujours plus
thématisée, je m’enréjouis. «Le
portrait urbainde la Suisse», du
Studio Basel, a été unévénement
scientifique et politique. Ce re-
marquable travail interpelle le
pays: la Suisse est-elle prête à
assumer sa missionurbaine?
– Aquel développement urbain
la Suisse doit-elle aspirer?
– Monpoint de vue de chercheur
est que plus la ville assume son
métier de ville, plus elle est effi-
cace. Plus onaugmente la densité
avec la diversité des populations
et des activités, plus onfabrique
une machine urbaine qui sera
efficace politiquement et écono-
miquement. Il n’y a pas, à ma
connaissance, de contre-exemple.
Autrement dit: quelles villes
veut-onenSuisse? Il faut mener
ce débat de façonplus explicite.
L’urbanisme, c’est, désormais,
d’injecter de l’urbanité sans chan-
ger les masses. C’est d’ajouter de
la ville à la ville à enveloppe cons-
tante. C’est possible car dès qu’on
est dans les banlieues, les densités
sont faibles, il n’y a pas d’obsta-
cles techniques et toutes les
bonnes raisons convergent pour
augmenter la densité. Mais les
habitants le veulent-ils? Il faut les
convaincre! La perspective d’une
Suisse à 10 millions d’habitants
rendce débat toujours plus né-
cessaire. Le ras-le-bol face au
mitage du territoire, qui s’ex-
prime dans l’initiative pour la
protectiondu paysage sur la-
quelle les Suisses voteront pro-
chainement, montre que c’est le
bonmoment.
– Pourquoi l’organisation de la
ville et du territoire reste perçue
comme un enjeu secondaire?
– Le territoire, la ville, c’est abs-
trait. Du moins c’est plus abstrait
que le logement. Onenparle la
plupart du temps de façontan-
gentielle. Nous, chercheurs, avons
du mal à rendre simple l’idée que
chaque individu prenddes déci-
sions quotidiennes qui ont un
impact sur le vivre-ensemble
dans unespace donné. Il faudrait
créer davantage de forums, de
lieux où chacunpeut mesurer les
effets de sa propre action. La
priorité, c’est de développer la
démocratie participative, mais
pas seulement sur des enjeux
immédiats. Et il faut une stratégie
politique qui sache utiliser les
bons leviers dans uncontexte où
les attentes de la société demeu-
rent contradictoires.
– Beaucoup de projets échouent,
mais n’exagère-t-on pas les bloca-
ges?
– Ce qui est vrai, c’est que les villes
sont bientenues. Les Suisses y
veillent. La qualité des services
urbains est aussi tout à fait re-
marquable si onla compare avec
celle des pays voisins. Cela fait
partie de l’identité civique des
Suisses. La Suisse a aussi des
atouts pour ce granddomaine
qu’est l’urbanisme car une culture
du dialogue préexiste par la
démocratie directe. Ce qui pose
problème, ce sont les composan-
tes affectives des représentations.
Or il faut reconnaître que small
n’est pas toujours beautiful. L’idée
rousseauiste que, plus une société
est minuscule, mieux elle sera
gérée est plus que discutable,
faits à l’appui.
– Au bilan, la démocratie directe
est-elle un atout ou un frein?
– La peur d’échouer, d’être désa-
voué par le peuple est souvent le
principal facteur de paralysie des
exécutifs. D’ailleurs, on valorise la
démocratie directe comme l’ins-
trument qui empêche de se four-
voyer dans des aventures. Mais
prenons l’exemple des tunnels
alpins. Le choix de construire
deux transversales alpines obéis-
sait au souci de réunir une majo-
rité populaire. Pour un projet
discutable, peut être pas d’une
extrême urgence, on a asséché les
finances aisément mobilisables
pour les transports. En consa-
crant des sommes faramineuses
pour l’axe nord-sud, on a du coup
dépensé très peu pour l’axe
ouest-est, le vrai axe vital de la
Suisse, où habitent 80%de la
population. On a différé le plus
urgent, le train à grande vitesse à
travers le Plateau suisse. Cela
donne à réfléchir. On voit com-
ment ce système de prise de
décision peut aussi conduire à
des aventures…
La banlieue ouest de Lausanne. «La Suisse est un petit pays de montagne, mais un grand pays de plaine», relève non sans malice
le professeur Jacques Lévy. Le géographe plaide pour une alliance entre écologistes et urbanophiles. RENENS, 20 NOVEMBRE 2006
Y
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H
«Small n’est pas toujours beautiful»
Le géographe
Jacques Lévy,
directeur
du Laboratoire
Chôros à l’EPFL,
invite la Suisse
à assumer sa
mission urbaine
D
R
‘‘
L’idée de la ville
amie de la nature
et des hommes
est récente et
révolutionnaire,,
PUBLICITÉ
«Nous sommes déjà tropnombreux»
L’explosion
démographique
met en danger
la qualité de vie
et les libertés.
C’est l’avis
de Philippe
Roch, ancien
patron
de l’Office
fédéral de
l’environnement,
et d’un courant
écologique qui
tend à s’affirmer
Yelmarc Roulet
«Ce n’est pas une préoccupation
solitaire, de plus enplus de gens me
témoignent leur inquiétude.» Parmi
les Suisses qui envisagent sans
aucun plaisir la croissance démo-
graphique, il y a Philippe Roch, l’an-
cienchef del’Officefédéral del’envi-
ronnement. Dans sa maison de la
campagne genevoise, d’où il pour-
suit untravail de consultant, il le dit
sans ambages: «Nous sommes déjà
beaucoup trop nombreux, sur la
planète mais aussi chez nous.»
Pour la Suisse, il rêve de revenir
aux 3 millions d’habitants que le
pays comptait il y a 50 ans. «Trois
millions, cinq millions, le chiffre est
symbolique, s’empresse-t-il de pré-
ciser. L’important est qu’on en fi-
nisse avec l’idéologie de la crois-
sance.»
«L’empreinte écologique de la
Suisse s’étendbienau-delàdes fron-
tières nationales, affirme l’ancien
directeur du WWF, alors que le
monde est plein et que ses ressour-
ces sont en désagrégation. On s’est
moqué de Malthus, mais il avait rai-
son. Certes, l’économiesedéveloppe
en même temps que la population,
mais onneveut pas voir quec’est sur
la base d’une surexploitation de la
nature. Il faudrait deux ou trois pla-
nètes si l’on voulait que le tout le
monde vive comme nous aujour-
d’hui. On ne peut pas davantage
prétendre que ce mode de vie nous
soit réservé.»
Unparadis perdu
Les ressources, mais aussi les li-
bertés. Plus onest nombreux, plus il
faut organiser, restreindre. Quand
Philippe Roch parle de son enfance,
au Grand-Lancy, c’est avec la nostal-
gieduparadis perdu. «Nous faisions
des courses à vélo, des cabanes, on
patinait sur les étangs de la Praille.
Notre monde était immense.
Aujourd’hui, il n’y a que des routes
et dubéton. Nos enfants trouvent la
liberté dans l’ordinateur.»
Souslesoleil dejanvier, lesberges
de l’Allondon, où Philippe Roch
aime conduire ses visiteurs, sont
pourtant désertes et intactes
comme au premier jour. Mais dans
son village de Russin, tout proche,
où il vit depuis 35 ans, «onsent l’en-
cerclement».
Pour stopper lacourbe démogra-
phique, il n’a pas de solution mira-
cle. Le démocrate-chrétien assure
aimer tout le monde, ne vouloir
chasser personne, ni fermer les fron-
tières. Il prend ses distances avec les
idées xénophobes, élitaires ou d’ex-
trême droite qui se greffent souvent
sur les considérations démographi-
ques. Même s’il attribue à James
Schwarzenbach, le père des initiati-
ves anti-étrangers, «un souci écolo-
gique sincère».
La croissance de la population
suisse n’étant due qu’à un solde mi-
gratoire positif, les deux questions
du nombre et des immigrés sont à
l’échelle nationale inextricable-
ment liées. C’est ce qui rendla ques-
tiondémographique si délicate et si
peupopulaire.
Ne pas se brûler les doigts
Sur l’échiquier politique, le rejet
de la croissance démographique
peut être présent ici et lààtitre indi-
viduel. Mais il n’est thématisé ni à
gauche ni à droite. Les deux camps
s’accordent toujours à voir dans la
croissance ce qui permet de réaliser
des profits et de financer les institu-
tions sociales.
Les écologistes de droite sont à
cet égard les plus décomplexés.
Dans un postulat au Grand Conseil
vaudois, le Vert libéral Jacques-An-
dré Haury préconise d’adapter la
promotion économique au défi
démographique et de freiner les
efforts pour attirer des sociétés dans
la régionlémanique.
Sur son «e-magazine contre le
néo-conformisme», le journaliste
Philippe Barraud consacre réguliè-
rement des chroniques à la crois-
sance démographique, cette «catas-
trophe écologique qui ravit les
politiciens» et que protège selon lui
un véritable tabou (www.commen-
taires.com).
Mais le débat public a surtout été
alimenté, à l’automne 2009, par le
texte des conseillers nationaux éco-
logistes Bastien Girod (ZH) et
Yvonne Gilli (SG), dans lequel ils
tentaient defonderune«visioncriti-
que de la croissance démographi-
que d’un point de vue vert». Ils met-
taient en garde contre les effets
négatifs d’une politique d’attraction
sans limite sur les conditions de vie
enSuisse.
Cette prise de position avait sus-
cité un tollé à gauche et valu à leurs
auteurs unsermond’Ueli Leuenber-
ger, président duparti suisse.
«Ni lui ni moi n’avons changé
d’avis», sourit aujourd’hui Bastien
Girod. Mais il assure qu’après cer-
tains malentendus de départ, le cli-
mat est désormais «suffisamment
neutre pour poursuivre une discus-
sionconstructive. Laqualitédevieet
la non-discrimination, ce sont deux
objectifs queles Verts ont àpoursui-
vre avec la même détermination.»
Philippe Roch
dans la forêt
genevoise.
«On s’est moqué
de Malthus,
mais il avait raison»,
assène l’écologiste.
Il dénonce
un développement
économique fondé
sur une surexploitation
de la nature.
RUSSIN, 17 JANVIER 2011
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Faut-il figer les zones à bâtir pendant vingt ans?
L’Initiative pour le paysage, qui a
abouti en été 2008 avec 110000
signatures, arrive ces prochains
jours au Conseil national.
Elle préconise de figer pendant
20ans les zones constructibles et
d’encourager la densification, afin
de mettre fin au mitage du terri-
toire.
Pro Natura, comme chef de file,
Patrimoine suisse, le WWF, l’ATE et
Franz Weber soutiennent cette
initiative, ainsi que les Verts et le
Parti socialiste sur le plan politique.
Le Conseil fédéral a rejeté l’initia-
tive, tout en proposant un contre-
projet indirect que Sophie Mi-
chaud, secrétaire romande de Pro
Natura, qualifie de beaucoup trop
mou. Le gouvernement est prêt à
renforcer les exigences lors de la
création de nouvelles zones à bâtir,
mais sans fixer aucune limite
quantifiable.
Le Conseil des Etats, qui a déjà
traité l’initiative, l’a également
rejetée. Mais les sénateurs sont
allés dans le sens des initiants en
rendant contraignant le prélève-
ment de la plus-value lors des
déclassements. La taxe perçue
lorsqu’une zone agricole est rendue
constructible doit alimenter un
fonds d’indemnisation pour favori-
ser le retour de certains terrains à
leur ancienne vocation agricole.
«Les zones constructibles sont
surdimensionnées», affirme Sophie
Michaud, qui précise que la surface
bâtie a augmenté de 96 km
2
, à
raison de 1 m
2
par seconde, depuis
le lancement de l’initiative en juillet
2007.
La votation populaire n’est pas
envisagée avant 2012. Y. R.
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Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
10
Le laboratoire
d’une nouvelle
Suisse urbaine
Né à Rotterdam, il a gardé de
forts liens avec son pays natal. Il
enseigne à Delft, comme à Genève
et à Paris-Belleville, la «forme ur-
baine». «Je connais bien cette ville
de sept millions d’habitants», dit-il
en parlant de la Randstad, l’agglo-
mération qui réunit Rotterdam,
Amsterdam, LaHaye et Utrecht.
Le concept de Randstad, apparu
dans les années 1960, a permis un
regard nouveau sur la pratique ur-
baine: «Le saut d’échelle a été fait.
On habite à Delft, on travaille à La
Haye et on hésite, pour le dîner,
entreAmsterdamet Rotterdam. On
saute dans le train sans regarder
l’horaire. Ce mode de vie n’empê-
che pas un fort attachement à son
lieud’origine.»
La croissance démographique
aura pour conséquence la pour-
suite de l’urbanisation du Plateau
suisse. Le long du Jura, du reste,
s’apparentedéjààunevillelinéaire.
L’enjeu est passionnant pour ar-
chitectes et urbanistes. «Tout
comme la mentalité urbaine, qui
met du temps à s’imposer, l’urba-
nisme est une valeur plutôt faible
en Suisse, un pays où l’on tend à
n’être collectif que par défaut,
constate Nicolas Pham. On amé-
nage encore chacundans soncoin,
souvent en fonction de pures op-
portunités.»Et leprofesseur des’in-
terroger: «La Suisse à 10 millions
d’habitants aura-t-elle la forte
identité collective nécessaire à sa
réussite?» De nécessité, il faudra
faire vertu. Il y aura des décisions
radicales à prendre sur le partage
du sol, les grands investissements,
la répartitiondes compétences. Les
frontières cantonales vont s’affai-
blir, les cantons se spécialiseront,
prévoit-il.
Le grandparadoxe
Résoudre la contradiction entre
le grand désir d’individualité des
Suisses et la contrainte de la pro-
miscuité, c’est la grande affaire.
Qu’on soit beaucoup plus nom-
breuxsurlePlateaun’effraieenrien
NicolasPham: «C’est mêmeunetrès
bonne chose sur le plan sociologi-
que si cela nous implique tous da-
vantage dans le vivre ensemble.»
Les plans directeurs cantonaux
sont en place, note-t-il, on ne va
plus dézoner massivement au dé-
triment du paysage non construit.
Il y a des réserves de zones à cons-
truire suffisantes pour 10 millions
d’habitants. Et il y aura toujours as-
sez de surfaces agricoles pour le
jour où, comme il le croit, on célé-
brera le grand retour de l’agricul-
ture de proximité.
L’enseignement et l’action
Nicolas Pham, 52 ans ce samedi,
a partagé un bureau d’architecte
avec celle qui est devenue sa
femme, ArianeWidmer. Celle-ci est
aujourd’hui la responsable opéra-
tionnelle du Schéma directeur de
l’Ouest lausannois, qui vient de re-
cevoir le Prix Wakker. «J’enseigne,
elle pratique, nous sommes tou-
jours enphase sur les contenus.»
Lui parle beaucoup à ses étu-
diants de la densité réelle et de la
densité apparente, qui ne se recou-
pent pas forcément. La densité
réelle fait que les Pays-Bas sont,
avec le Japon, l’un des pays les plus
peuplés du monde. La densité ap-
parente fait qu’on n’a pas l’impres-
sion d’y vivre les uns sur les autres;
que la campagne, même dans les
poches vertes de la Randstad, reste
lacampagne.
Pour maintenir une faible den-
sitéapparente, il faut delaperméa-
bilité. C’est elle qui favorise, pour le
parcours, l’usage, le regard, la tran-
sitionentrel’intérieur et l’extérieur,
le public et le privé. Comme dans
une peinture hollandaise du siècle
d’or. Yelmarc Roulet
«La ville
comme en
Hollande»
Nicolas Pham,
professeur à l’Ecole
d’architecture
de Genève (Hepia)
A ceux qui s’inquiètent de l’évolution du
territoire helvétique sous la pressiondémo-
graphique, à ceux qui le voient bientôt cri-
blé d’habitations éparpillées, ni ville ni
campagne, à la fois enlaidi, déruralisé et
désurbanisé, on serait tenté de répondre:
nevous inquiétez pas, ons’enoccupe! Dès le
début des années 2000, Berne a mis en
œuvre une politique des agglomérations
qui encourage et soutient les régions et les
villes qui seréorganisent. Enoutre, laConfé-
dération a créé un fonds affecté au trafic
d’agglomération. Le développement dura-
ble fait partie des principauxcritères d’attri-
bution de l’aide fédérale. Sous l’aiguillon de
ces mesures, cantons et communes se bous-
culent pour déposer leurs projets. C’est ainsi
qu’en très peu d’années, la Suisse s’est cons-
tellée de projets de belle tenue.
Parmi ceux-ci, les réalisations zurichoi-
ses, de Züri West à la vallée de la Glatt,
opérées en un temps record. La brillante
reconversion des friches industrielles et fer-
roviaires de Winterthour. Bâle n’est pas en
reste: l’Expositioninternationaled’architec-
ture (l’IBA), que l’Eurodistrict trinational
(208 communes associées) prépare pour
2020, stimulera un développement territo-
rial à l’échelle transfrontalière. Parmi les
projets ambitieux, onpeut encore mention-
ner Neuchâtel et son réseau urbain (le
RUN); l’Agglomération franco-valdo-gene-
voise; leSchémadirecteur del’Ouest lausan-
nois distingué par le Prix Wakker 2011.
Autant de laboratoires urbains et territo-
riaux où s’apprend comment maîtriser les
mutations du pays.
Lorette Coen
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«Le tram de la Glatt est notre
architecte municipal.» La formule
est d’Urs Meier, partenaire du
bureau d’architecture et d’urba-
nisme Planpartner à Zurich, qui
accompagne depuis bientôt qua-
rante ans le développement de
cette région située au nord de Zu-
rich, le long de la rivière Glatt pré-
cisément.
Avec la nouvelle étape inaugu-
rée en décembre dernier, la ligne
de la Glatt relie entre elles cinq
communes de l’agglomération
sur une tangente de 13kilomètres
entre Dübendorf et l’aéroport à
Kloten, avec un bras qui descend
jusqu’au centre de Zurich. Ou,
pour donner la vraie mesure de
cette ville virtuelle: un tram qui
dessert 100 000 habitants et
autant de places de travail.
Unfil rouge de lacroissance
L’architecte Urs Meier, consulté
depuis 1962 par les communes, a
participé dès 1990 aux premières
études pour une nouvelle ligne de
la Glatt. «Sa particularité est d’être
un pur projet de l’agglomération.
Les 21 haltes sont le fil rouge de la
croissance de toute la région.»
L’expansion à partir d’un centre
historique autour de l’église, c’est
fini. Le tracé de ce tram relie les
territoires en plein développe-
ment, souvent situés à la périphé-
rie des communes. Les nouvelles
constructions se concentrent
autour des arrêts, de manière très
dense. Et, en contrepartie, on ne
touche pas aux autres quartiers
d’habitation, commeles petits im-
meubles de trois étages. «La popu-
lation voit que l’on ne veut pas
tout chambouler et soutient le
changement, note l’architecte. A
Wallisellen, les nouveaux plans de
quartier ont passé sans encombre
l’assemblée communale.»
Les communes au nord de Zu-
rich ont reconnu étonnamment
tôt qu’elles allaient au-devant de
graves problèmes si elles ne don-
naient pas un coup d’accélérateur
aux transports publics: elles ris-
quaient d’étouffer sous le trafic, et
de devenir des communes-bu-
reaux, sans nouveaux habitants.
Le tramprécède
les constructions
Dans un premier temps, tout le
monde s’est emballé pour l’idée
d’unmonorail, untrainsuspendu.
Cela rassurait les automobilistes,
qui n’auraient pas à partager la
route. Et surtout, cela permettait
de se distinguer de Zurichavec ses
trams. «C’était bonpour lamobili-
sation, note Urs Meier. Mais heu-
reusement, on est arrivé à faire re-
descendre le train sur terre. La
Glattalbahn, c’est un tram qui ne
veut pas dire son nom. Mais un
tram moderne, avec son propre
tracé et une vitesse plus élevée
qu’en ville car les arrêts sont plus
espacés. Grâce à lui, nous sommes
arrivés en un temps record à faire
pousser des quartiers urbains là
où une agglomération informe
s’étendait. Pour une fois, le tram
n’est pas arrivé après les construc-
tions, il les a fait pousser.»
Le résultat est là. Entre Wallisel-
len et Opfikon, sur un tronçon
seulement du tramde la Glatt, les
nouveaux habitants arrivent, ils
devraient être 12 000 à 14 000
d’ici à 2020, soit une croissance de
plus de 10%. Chaque nouvelle ré-
gion comporte des zones vertes,
ainsi que bureaux et logements.
Elle se distingue des autres par un
élément d’identification. Le parc
de la Glatt a un lac artificiel, long
ruban d’eau d’un demi-kilomètre.
Le quartier de Richti à Wallisellen,
entre l’autoroute et le premier
centre commercial ouvert en
Suisse, le Glattzentrum bien sûr,
aura une tour qui accueillera le
siège d’une grande assurance qui
déserte pour cela la ville de Zu-
rich.
Le choixde laqualité de vie
Urs Meier explique: «Cela fonc-
tionne. Les premières associations
de quartier se sont formées. C’est
la preuve qu’il y a de la vie.» Et qui
sont les nouveaux habitants? «Ce
sont des Suisses moyens, pas des
personnes socialement défavori-
sées. Des jeunes qui ne trouvent
pas d’appartements abordables
au centre-ville et qui fonderont
bientôt une famille. Des cinquan-
tenaires et plus qui veulent le con-
fort de constructions modernes et
la proximité de divers services. Et
les étrangers qui n’ont aucun a
priori négatif envers ces commu-
nes de banlieue. Tous apprécient
le caractère absolument central
de ces quartiers. Zurich avec toute
son offre est rapidement accessi-
ble. Cela pèse plus dans la balance
que le bruit de l’aéroport tout pro-
che. D’ailleurs, les immeubles mo-
dernes sont très bienisolés.»
Les communes de la Glatt coo-
pèrent, à huit; elles ont fondé
pour cela une association, le
GLOW. Mais elles n’envisagent en
aucuncas de fusionner. La ville du
futur n’apas d’unité politique. Elle
passe par l’idée de réseau. Mais
l’élégant tram blanc numéro 10
de la Glatt, qui descend au cœur
de la cité et s’arrête comme tous
les autres devant la gare centrale
de Zurich, est un symbole fort: la
preuve que l’agglomération est
concurrentielle.
Catherine Cossy
«Le tramde
la Glatt est
notre plan»
Urs Meier, architecte
et urbaniste, Zurich
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Qui aurait prédit à cette femme
d’apparence discrète et tranquille
qu’il lui reviendrait un jour d’em-
poigner le projet urbanistique où
Genève joue peut-être son avenir
urbain? Pascale Lorenz, la cin-
quantaine, d’origine valaisanne,
née à Zurich, formée en architec-
ture à l’Ecole polytechnique fédé-
rale de Lausanne, a suivi une car-
rière linéaire: collaborations
auprès de différentes agences, en-
seignement aussi; un bureau par-
tagé avec plusieurs associés puis,
à partir de 1994, le sien propre où
elle conduit des transformations,
des rénovations, la construction
de logements, où elle travaille à
des projets d’aménagements ur-
bains et de protection du patri-
moine. Mais il lui faut plus: «J’aspi-
rais à d’autres développements
professionnels et c’est alors que
j’ai eu la chance de pouvoir m’en-
gager dans l’aventure du PAV – le
périmètre Praille, Acacias, Ver-
nets». D’abord mandataire en
2008, puis collaboratrice de la
précédente directrice, elle la rem-
place ensuite à titre intérimaire
et, depuis le 1er juillet 2010, se
retrouve à la tête du projet.
Attentes immenses, enjeux po-
litiques considérables: le terrain
sur lequel elle se risque paraît des
plus accidentés. N’a-t-il pas déjà
usé, en très peu de temps, deux
patrons? Benoît Genecand, an-
ciendirecteur d’UBS et actuel pré-
sident de la Chambre genevoise
immobilière, jette l’éponge après
deux mois. Puis Sylvie Bietenha-
der, juriste ayant exercé de hautes
fonctions auprès de l’Etat, se re-
tire après une année. Il n’en faut
pas plus pour confirmer l’opinion
dans la certitude que le PAV est à
ranger parmi les transformations
urbaines genevoises hautement
désirables mais verrouillées pour
longtemps. Or, sous le pilotage de
Pascale Lorenz, voici que le re-
tournement se produit: il pousse
des ailes au projet.
Les visiteurs ont tout loisir de le
constater dans l’exposition itiné-
rante qui leur est adressée, «Le
PAV s’expose aux Genevois».
Ouverte depuis jeudi, elle montre
les thématiques d’urbanisme im-
briquées qui orientent la trans-
formationduterritoire; elle expli-
que le pilotage du projet, son
calendrier et son contexte. Les es-
sais de trois photographes, Yves
André, Steeve Iuncker-Gomez et
Gérard Pétremand, y ajoutent sa-
veur et couleur. Le grandchantier,
enfin assumé, est présenté
comme «un projet ambitieux qui
s’inscrit déjà parmi les plus
grands programmes européens
actuels».
De fait, les esprits ont imper-
ceptiblement évolué. Entre 2004
et 2006, le défunt Institut d’archi-
tecture de l’Université de Genève
avait mis sur pied des ateliers de
projets sur le site, dont les résul-
tats avaient été édités, sous le titre
Vision Praille Acacias, chez Infolio.
Le périmètre avait ensuite fait
l’objet d’un concours internatio-
nal, «Genève 2020», lancé par la
section genevoise de la Fédéra-
tion suisse des architectes (FAS).
Une initiative politique très peu
goûtée des autorités de l’époque.
Lesquelles, poussées dans leurs
retranchements, avaient néan-
moins chargé la Fédération pour
les terrains industriels (FTI) d’or-
ganiser un concours sur mandats
d’études parallèles. Le plan direc-
teur actuel, signé par le bureau
lauréat, Ernst Niklaus Fausch, de
Zurich, en est issu.
Le tournant décisif se produit,
explique Pascale Lorenz, lorsque
le PAV, rapatrié au sein de l’admi-
nistrationcantonale, «cesse d’être
perçu comme un territoire per-
mettant de produire dulogement
mais, plus globalement, comme
une extension du centre-ville de
Genève. On comprend enfin qu’il
s’agit de faire de la ville en ville.»
Avec la nouvelle législature, le
conseiller d’Etat Mark Müller de-
vient le patron politique de l’opé-
ration. Le PAV, inscrit comme l’un
des projets prioritaires ducanton,
devient une direction en soi dont
Pascale Lorenz tient les comman-
des.
La directrice rappelle l’énor-
mité de la tâche: «A la différence
de Lyon-Confluence ou de Züri
West, les 230 hectares à transfor-
mer neconstituent pas unefriche;
une foule d’activités, et des mil-
liers d’emplois, s’y trouvent im-
plantés. Il s’agit d’une zone à den-
sifier dans laquelle il est
impossible de procéder par
grands tracés lancés dans l’espace.
Nous développerons ici une stra-
tégie intelligente, nous applique-
rons une structurationpar le vide,
en travaillant à partir de la trame
des espaces publics, encontinuité
avec le grand territoire. Et nous
développerons la mobilité géné-
rale, douce de préférence.» Une
opération d’une telle envergure
exige une entente gouvernemen-
tale assortie d’un soutien politi-
que fort.
Dès lors, il ne suffit pas que la
directrice – qui décrit le PAV
comme «un grand puzzle» et
comme un «processus plutôt
qu’un projet» – sache combiner la
vision urbanistique et la réalité
du terrain, soit capable de veiller
à une planification de qualité
sans que ce souci ne constitue une
entrave à la concrétisation. Pas-
cale Lorenz s’exclame: «Le PAV,
c’est continuellement une très
grande négociation.» Sa mission
primordiale consiste à maintenir
le dialogue avec et entre les nom-
breuses parties engagées. A son
avantage figure le métier, qui lui
confère le langage adéquat, et
l’approche pragmatique d’un ter-
rain dont elle provient. L. Co.
«Le PAV s’expose aux Genevois».
Genève, Espace SIG, pont de la
Machine. Lu-ve 9h-18h, sa-di
10h-17h, jusqu’au 13 fév.
«Comme
ungrand
puzzle»
Pascale Lorenz
directrice du projet
de La Praille, Genève
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«Des tours
et des zones
de détente»
René Hutter,
planificateur en chef
du canton de Zoug
René Hutter, chef de l’aménage-
ment cantonal du territoire à
Zoug, reçoit, pour les besoins de la
photo, sur le toit du bâtiment ad-
ministratif qui abrite son bureau.
Vu d’en haut, la croissance de son
cantonsemblelaisséeàelle-même.
La vieille ville de Zoug est à peine
visible. L’empilement de villas et
petits immeubles sur les pentes du
Zugerberg en dessus du centre
montre que la place est chère.
La ville a poussé dans l’autre
direction. Des barres blanches
d’immeubles futuristes abritent
quelques-unes des nombreuses so-
ciétés holding qui font la prospé-
rité du canton. Le trafic est omni-
présent. Près de la gare, un terrain
vague hérissé de gabarits attend
les 80 mètres de ce qui sera la plus
haute tour ducanton. Le recordest
encore détenu par Uptown, cons-
truction biseautée culminant à
63mètres, àpeinedécoffréeàquel-
ques centaines de mètres de là.
Redescendu dans son bureau,
René Hutter s’empresse de corriger
cette impression. Il aime son can-
ton, et ne veut pas l’abandonner
aux clichés. Debout devant une
carte punaisée aumur, il passe son
doigt sur des lignes pointillées qui
s’efforcent de contenir des flaques
jaunes protéiformes: «Ce sont les
limites au-delà desquelles il n’est
plus possible de bâtir. Les nouvel-
les constructions doivent se con-
centrer dans les zones existantes.»
Quelques taches rosevif s’allument
çà et là: «Les seules réserves pour
des nouvelles zones à bâtir.»
Apres marchandages
Leur emplacement a fait l’objet
d’âpres marchandages fin2003 au
Grand Conseil lors des discussions
sur le plan directeur cantonal. Ce
document de référence s’est donné
pour but de maîtriser la croissance
de Zoug, un canton dont la popu-
lationaugmente de manière supé-
rieure à la moyenne nationale. En-
tre 2000 et fin 2009, l’envolée a été
de 17%, pour atteindre 111 000
personnes. «Nous devions réagir à
la poussée de la population. Seule
une densificationétait encore pos-
sible, le longdes nœuds constitués
par la gare de Zoug et les arrêts du
RER régional», explique René Hut-
ter. Intéressé à une expansion à la
verticale, le plan directeur impose
auxcommunesdescritèresdequa-
lité pour les bâtiments dépassant
25 mètres de haut et leur environ-
nement. Leur construction est sur-
tout limitée à trois communes,
dont Zouget Baar.
René Hutter, arrivé en 2000 à la
tête de l’Office zougois de l’aména-
gement duterritoire, aparticipéde
près à l’élaboration du plan direc-
teur. Il en explique la philosophie
avec la fierté d’un père: «Nous
avons laissé des doigts verts par-
tout. Chaque habitant du canton
ne doit pas avoir plus de cinq mi-
nutes pour se retrouver dans une
zone de détente. A pied, bien en-
tendu.»Pour souligner sonpropos,
il brandit la nouvelle carte biface
du canton que son département
vient d’éditer, uncôtépour les pro-
menades, l’autre pour les randon-
nées à vélo, avec de nombreuses
propositions d’itinéraires. Et souli-
gne: «La nature a encore beaucoup
de place dans le canton.»
Le plan directeur représente
une ingérence forte dans l’autono-
mie des onze communes. Asso-
ciées à la procédure, elles ont avalé
la pilule. Grâce à la péréquation
interne, elles étaient moins tentées
de spéculer avec le prix de leurs
terrains. Zoug a réussi à préserver
quelques oasis vertes, même au
bord du lac. Et surtout à ne pas
recouvrir tout le flanc du Zuger-
berg, la colline dominant le chef-
lieu, de constructions en terrasse
avec vue sur le lac.
Si l’onpense à la Goldküste zuri-
choise, un exploit. En revanche, le
plan directeur est arrivé trop tard
pour les villas entourées d’impo-
sants parcs qui empêchent l’accès
au lac à Risch, sur la rive opposée.
Là où Daniel Vasella notamment
s’est installé depuis une dizaine
d’années.
Laclasse moyenne chassée
La classe moyenne n’a pas cette
chance. Zoug a un taux de maisons
familiales très bas pour la Suisse.
Car, revers de la médaille d’une fis-
calitébasse, leterrainesttroprareet
trop cher pour y placer une seule
petitevilla. Lesfamillesvont réaliser
leur rêve dans les cantons voisins.
René Hutter n’y voit pas d’inconvé-
nients. «Ce sont encore presque des
Zougois. Depuis Sins, en Argovie,
vous êtes plus vite à Zoug que de-
puis levillaged’Oberägeri.» C. C. M
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11 Unpaysenmutation
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Le laboratoire
d’une nouvelle
Suisse urbaine
Né à Rotterdam, il a gardé de
forts liens avec son pays natal. Il
enseigne à Delft, comme à Genève
et à Paris-Belleville, la «forme ur-
baine». «Je connais bien cette ville
de sept millions d’habitants», dit-il
en parlant de la Randstad, l’agglo-
mération qui réunit Rotterdam,
Amsterdam, LaHaye et Utrecht.
Le concept de Randstad, apparu
dans les années 1960, a permis un
regard nouveau sur la pratique ur-
baine: «Le saut d’échelle a été fait.
On habite à Delft, on travaille à La
Haye et on hésite, pour le dîner,
entreAmsterdamet Rotterdam. On
saute dans le train sans regarder
l’horaire. Ce mode de vie n’empê-
che pas un fort attachement à son
lieud’origine.»
La croissance démographique
aura pour conséquence la pour-
suite de l’urbanisation du Plateau
suisse. Le long du Jura, du reste,
s’apparentedéjààunevillelinéaire.
L’enjeu est passionnant pour ar-
chitectes et urbanistes. «Tout
comme la mentalité urbaine, qui
met du temps à s’imposer, l’urba-
nisme est une valeur plutôt faible
en Suisse, un pays où l’on tend à
n’être collectif que par défaut,
constate Nicolas Pham. On amé-
nage encore chacundans soncoin,
souvent en fonction de pures op-
portunités.»Et leprofesseur des’in-
terroger: «La Suisse à 10 millions
d’habitants aura-t-elle la forte
identité collective nécessaire à sa
réussite?» De nécessité, il faudra
faire vertu. Il y aura des décisions
radicales à prendre sur le partage
du sol, les grands investissements,
la répartitiondes compétences. Les
frontières cantonales vont s’affai-
blir, les cantons se spécialiseront,
prévoit-il.
Le grandparadoxe
Résoudre la contradiction entre
le grand désir d’individualité des
Suisses et la contrainte de la pro-
miscuité, c’est la grande affaire.
Qu’on soit beaucoup plus nom-
breuxsurlePlateaun’effraieenrien
NicolasPham: «C’est mêmeunetrès
bonne chose sur le plan sociologi-
que si cela nous implique tous da-
vantage dans le vivre ensemble.»
Les plans directeurs cantonaux
sont en place, note-t-il, on ne va
plus dézoner massivement au dé-
triment du paysage non construit.
Il y a des réserves de zones à cons-
truire suffisantes pour 10 millions
d’habitants. Et il y aura toujours as-
sez de surfaces agricoles pour le
jour où, comme il le croit, on célé-
brera le grand retour de l’agricul-
ture de proximité.
L’enseignement et l’action
Nicolas Pham, 52 ans ce samedi,
a partagé un bureau d’architecte
avec celle qui est devenue sa
femme, ArianeWidmer. Celle-ci est
aujourd’hui la responsable opéra-
tionnelle du Schéma directeur de
l’Ouest lausannois, qui vient de re-
cevoir le Prix Wakker. «J’enseigne,
elle pratique, nous sommes tou-
jours enphase sur les contenus.»
Lui parle beaucoup à ses étu-
diants de la densité réelle et de la
densité apparente, qui ne se recou-
pent pas forcément. La densité
réelle fait que les Pays-Bas sont,
avec le Japon, l’un des pays les plus
peuplés du monde. La densité ap-
parente fait qu’on n’a pas l’impres-
sion d’y vivre les uns sur les autres;
que la campagne, même dans les
poches vertes de la Randstad, reste
lacampagne.
Pour maintenir une faible den-
sitéapparente, il faut delaperméa-
bilité. C’est elle qui favorise, pour le
parcours, l’usage, le regard, la tran-
sitionentrel’intérieur et l’extérieur,
le public et le privé. Comme dans
une peinture hollandaise du siècle
d’or. Yelmarc Roulet
«La ville
comme en
Hollande»
Nicolas Pham,
professeur à l’Ecole
d’architecture
de Genève (Hepia)
A ceux qui s’inquiètent de l’évolution du
territoire helvétique sous la pressiondémo-
graphique, à ceux qui le voient bientôt cri-
blé d’habitations éparpillées, ni ville ni
campagne, à la fois enlaidi, déruralisé et
désurbanisé, on serait tenté de répondre:
nevous inquiétez pas, ons’enoccupe! Dès le
début des années 2000, Berne a mis en
œuvre une politique des agglomérations
qui encourage et soutient les régions et les
villes qui seréorganisent. Enoutre, laConfé-
dération a créé un fonds affecté au trafic
d’agglomération. Le développement dura-
ble fait partie des principauxcritères d’attri-
bution de l’aide fédérale. Sous l’aiguillon de
ces mesures, cantons et communes se bous-
culent pour déposer leurs projets. C’est ainsi
qu’en très peu d’années, la Suisse s’est cons-
tellée de projets de belle tenue.
Parmi ceux-ci, les réalisations zurichoi-
ses, de Züri West à la vallée de la Glatt,
opérées en un temps record. La brillante
reconversion des friches industrielles et fer-
roviaires de Winterthour. Bâle n’est pas en
reste: l’Expositioninternationaled’architec-
ture (l’IBA), que l’Eurodistrict trinational
(208 communes associées) prépare pour
2020, stimulera un développement territo-
rial à l’échelle transfrontalière. Parmi les
projets ambitieux, onpeut encore mention-
ner Neuchâtel et son réseau urbain (le
RUN); l’Agglomération franco-valdo-gene-
voise; leSchémadirecteur del’Ouest lausan-
nois distingué par le Prix Wakker 2011.
Autant de laboratoires urbains et territo-
riaux où s’apprend comment maîtriser les
mutations du pays.
Lorette Coen
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«Le tram de la Glatt est notre
architecte municipal.» La formule
est d’Urs Meier, partenaire du
bureau d’architecture et d’urba-
nisme Planpartner à Zurich, qui
accompagne depuis bientôt qua-
rante ans le développement de
cette région située au nord de Zu-
rich, le long de la rivière Glatt pré-
cisément.
Avec la nouvelle étape inaugu-
rée en décembre dernier, la ligne
de la Glatt relie entre elles cinq
communes de l’agglomération
sur une tangente de 13kilomètres
entre Dübendorf et l’aéroport à
Kloten, avec un bras qui descend
jusqu’au centre de Zurich. Ou,
pour donner la vraie mesure de
cette ville virtuelle: un tram qui
dessert 100 000 habitants et
autant de places de travail.
Unfil rouge de lacroissance
L’architecte Urs Meier, consulté
depuis 1962 par les communes, a
participé dès 1990 aux premières
études pour une nouvelle ligne de
la Glatt. «Sa particularité est d’être
un pur projet de l’agglomération.
Les 21 haltes sont le fil rouge de la
croissance de toute la région.»
L’expansion à partir d’un centre
historique autour de l’église, c’est
fini. Le tracé de ce tram relie les
territoires en plein développe-
ment, souvent situés à la périphé-
rie des communes. Les nouvelles
constructions se concentrent
autour des arrêts, de manière très
dense. Et, en contrepartie, on ne
touche pas aux autres quartiers
d’habitation, commeles petits im-
meubles de trois étages. «La popu-
lation voit que l’on ne veut pas
tout chambouler et soutient le
changement, note l’architecte. A
Wallisellen, les nouveaux plans de
quartier ont passé sans encombre
l’assemblée communale.»
Les communes au nord de Zu-
rich ont reconnu étonnamment
tôt qu’elles allaient au-devant de
graves problèmes si elles ne don-
naient pas un coup d’accélérateur
aux transports publics: elles ris-
quaient d’étouffer sous le trafic, et
de devenir des communes-bu-
reaux, sans nouveaux habitants.
Le tramprécède
les constructions
Dans un premier temps, tout le
monde s’est emballé pour l’idée
d’unmonorail, untrainsuspendu.
Cela rassurait les automobilistes,
qui n’auraient pas à partager la
route. Et surtout, cela permettait
de se distinguer de Zurichavec ses
trams. «C’était bonpour lamobili-
sation, note Urs Meier. Mais heu-
reusement, on est arrivé à faire re-
descendre le train sur terre. La
Glattalbahn, c’est un tram qui ne
veut pas dire son nom. Mais un
tram moderne, avec son propre
tracé et une vitesse plus élevée
qu’en ville car les arrêts sont plus
espacés. Grâce à lui, nous sommes
arrivés en un temps record à faire
pousser des quartiers urbains là
où une agglomération informe
s’étendait. Pour une fois, le tram
n’est pas arrivé après les construc-
tions, il les a fait pousser.»
Le résultat est là. Entre Wallisel-
len et Opfikon, sur un tronçon
seulement du tramde la Glatt, les
nouveaux habitants arrivent, ils
devraient être 12 000 à 14 000
d’ici à 2020, soit une croissance de
plus de 10%. Chaque nouvelle ré-
gion comporte des zones vertes,
ainsi que bureaux et logements.
Elle se distingue des autres par un
élément d’identification. Le parc
de la Glatt a un lac artificiel, long
ruban d’eau d’un demi-kilomètre.
Le quartier de Richti à Wallisellen,
entre l’autoroute et le premier
centre commercial ouvert en
Suisse, le Glattzentrum bien sûr,
aura une tour qui accueillera le
siège d’une grande assurance qui
déserte pour cela la ville de Zu-
rich.
Le choixde laqualité de vie
Urs Meier explique: «Cela fonc-
tionne. Les premières associations
de quartier se sont formées. C’est
la preuve qu’il y a de la vie.» Et qui
sont les nouveaux habitants? «Ce
sont des Suisses moyens, pas des
personnes socialement défavori-
sées. Des jeunes qui ne trouvent
pas d’appartements abordables
au centre-ville et qui fonderont
bientôt une famille. Des cinquan-
tenaires et plus qui veulent le con-
fort de constructions modernes et
la proximité de divers services. Et
les étrangers qui n’ont aucun a
priori négatif envers ces commu-
nes de banlieue. Tous apprécient
le caractère absolument central
de ces quartiers. Zurich avec toute
son offre est rapidement accessi-
ble. Cela pèse plus dans la balance
que le bruit de l’aéroport tout pro-
che. D’ailleurs, les immeubles mo-
dernes sont très bienisolés.»
Les communes de la Glatt coo-
pèrent, à huit; elles ont fondé
pour cela une association, le
GLOW. Mais elles n’envisagent en
aucuncas de fusionner. La ville du
futur n’apas d’unité politique. Elle
passe par l’idée de réseau. Mais
l’élégant tram blanc numéro 10
de la Glatt, qui descend au cœur
de la cité et s’arrête comme tous
les autres devant la gare centrale
de Zurich, est un symbole fort: la
preuve que l’agglomération est
concurrentielle.
Catherine Cossy
«Le tramde
la Glatt est
notre plan»
Urs Meier, architecte
et urbaniste, Zurich
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Qui aurait prédit à cette femme
d’apparence discrète et tranquille
qu’il lui reviendrait un jour d’em-
poigner le projet urbanistique où
Genève joue peut-être son avenir
urbain? Pascale Lorenz, la cin-
quantaine, d’origine valaisanne,
née à Zurich, formée en architec-
ture à l’Ecole polytechnique fédé-
rale de Lausanne, a suivi une car-
rière linéaire: collaborations
auprès de différentes agences, en-
seignement aussi; un bureau par-
tagé avec plusieurs associés puis,
à partir de 1994, le sien propre où
elle conduit des transformations,
des rénovations, la construction
de logements, où elle travaille à
des projets d’aménagements ur-
bains et de protection du patri-
moine. Mais il lui faut plus: «J’aspi-
rais à d’autres développements
professionnels et c’est alors que
j’ai eu la chance de pouvoir m’en-
gager dans l’aventure du PAV – le
périmètre Praille, Acacias, Ver-
nets». D’abord mandataire en
2008, puis collaboratrice de la
précédente directrice, elle la rem-
place ensuite à titre intérimaire
et, depuis le 1er juillet 2010, se
retrouve à la tête du projet.
Attentes immenses, enjeux po-
litiques considérables: le terrain
sur lequel elle se risque paraît des
plus accidentés. N’a-t-il pas déjà
usé, en très peu de temps, deux
patrons? Benoît Genecand, an-
ciendirecteur d’UBS et actuel pré-
sident de la Chambre genevoise
immobilière, jette l’éponge après
deux mois. Puis Sylvie Bietenha-
der, juriste ayant exercé de hautes
fonctions auprès de l’Etat, se re-
tire après une année. Il n’en faut
pas plus pour confirmer l’opinion
dans la certitude que le PAV est à
ranger parmi les transformations
urbaines genevoises hautement
désirables mais verrouillées pour
longtemps. Or, sous le pilotage de
Pascale Lorenz, voici que le re-
tournement se produit: il pousse
des ailes au projet.
Les visiteurs ont tout loisir de le
constater dans l’exposition itiné-
rante qui leur est adressée, «Le
PAV s’expose aux Genevois».
Ouverte depuis jeudi, elle montre
les thématiques d’urbanisme im-
briquées qui orientent la trans-
formationduterritoire; elle expli-
que le pilotage du projet, son
calendrier et son contexte. Les es-
sais de trois photographes, Yves
André, Steeve Iuncker-Gomez et
Gérard Pétremand, y ajoutent sa-
veur et couleur. Le grandchantier,
enfin assumé, est présenté
comme «un projet ambitieux qui
s’inscrit déjà parmi les plus
grands programmes européens
actuels».
De fait, les esprits ont imper-
ceptiblement évolué. Entre 2004
et 2006, le défunt Institut d’archi-
tecture de l’Université de Genève
avait mis sur pied des ateliers de
projets sur le site, dont les résul-
tats avaient été édités, sous le titre
Vision Praille Acacias, chez Infolio.
Le périmètre avait ensuite fait
l’objet d’un concours internatio-
nal, «Genève 2020», lancé par la
section genevoise de la Fédéra-
tion suisse des architectes (FAS).
Une initiative politique très peu
goûtée des autorités de l’époque.
Lesquelles, poussées dans leurs
retranchements, avaient néan-
moins chargé la Fédération pour
les terrains industriels (FTI) d’or-
ganiser un concours sur mandats
d’études parallèles. Le plan direc-
teur actuel, signé par le bureau
lauréat, Ernst Niklaus Fausch, de
Zurich, en est issu.
Le tournant décisif se produit,
explique Pascale Lorenz, lorsque
le PAV, rapatrié au sein de l’admi-
nistrationcantonale, «cesse d’être
perçu comme un territoire per-
mettant de produire dulogement
mais, plus globalement, comme
une extension du centre-ville de
Genève. On comprend enfin qu’il
s’agit de faire de la ville en ville.»
Avec la nouvelle législature, le
conseiller d’Etat Mark Müller de-
vient le patron politique de l’opé-
ration. Le PAV, inscrit comme l’un
des projets prioritaires ducanton,
devient une direction en soi dont
Pascale Lorenz tient les comman-
des.
La directrice rappelle l’énor-
mité de la tâche: «A la différence
de Lyon-Confluence ou de Züri
West, les 230 hectares à transfor-
mer neconstituent pas unefriche;
une foule d’activités, et des mil-
liers d’emplois, s’y trouvent im-
plantés. Il s’agit d’une zone à den-
sifier dans laquelle il est
impossible de procéder par
grands tracés lancés dans l’espace.
Nous développerons ici une stra-
tégie intelligente, nous applique-
rons une structurationpar le vide,
en travaillant à partir de la trame
des espaces publics, encontinuité
avec le grand territoire. Et nous
développerons la mobilité géné-
rale, douce de préférence.» Une
opération d’une telle envergure
exige une entente gouvernemen-
tale assortie d’un soutien politi-
que fort.
Dès lors, il ne suffit pas que la
directrice – qui décrit le PAV
comme «un grand puzzle» et
comme un «processus plutôt
qu’un projet» – sache combiner la
vision urbanistique et la réalité
du terrain, soit capable de veiller
à une planification de qualité
sans que ce souci ne constitue une
entrave à la concrétisation. Pas-
cale Lorenz s’exclame: «Le PAV,
c’est continuellement une très
grande négociation.» Sa mission
primordiale consiste à maintenir
le dialogue avec et entre les nom-
breuses parties engagées. A son
avantage figure le métier, qui lui
confère le langage adéquat, et
l’approche pragmatique d’un ter-
rain dont elle provient. L. Co.
«Le PAV s’expose aux Genevois».
Genève, Espace SIG, pont de la
Machine. Lu-ve 9h-18h, sa-di
10h-17h, jusqu’au 13 fév.
«Comme
ungrand
puzzle»
Pascale Lorenz
directrice du projet
de La Praille, Genève
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«Des tours
et des zones
de détente»
René Hutter,
planificateur en chef
du canton de Zoug
René Hutter, chef de l’aménage-
ment cantonal du territoire à
Zoug, reçoit, pour les besoins de la
photo, sur le toit du bâtiment ad-
ministratif qui abrite son bureau.
Vu d’en haut, la croissance de son
cantonsemblelaisséeàelle-même.
La vieille ville de Zoug est à peine
visible. L’empilement de villas et
petits immeubles sur les pentes du
Zugerberg en dessus du centre
montre que la place est chère.
La ville a poussé dans l’autre
direction. Des barres blanches
d’immeubles futuristes abritent
quelques-unes des nombreuses so-
ciétés holding qui font la prospé-
rité du canton. Le trafic est omni-
présent. Près de la gare, un terrain
vague hérissé de gabarits attend
les 80 mètres de ce qui sera la plus
haute tour ducanton. Le recordest
encore détenu par Uptown, cons-
truction biseautée culminant à
63mètres, àpeinedécoffréeàquel-
ques centaines de mètres de là.
Redescendu dans son bureau,
René Hutter s’empresse de corriger
cette impression. Il aime son can-
ton, et ne veut pas l’abandonner
aux clichés. Debout devant une
carte punaisée aumur, il passe son
doigt sur des lignes pointillées qui
s’efforcent de contenir des flaques
jaunes protéiformes: «Ce sont les
limites au-delà desquelles il n’est
plus possible de bâtir. Les nouvel-
les constructions doivent se con-
centrer dans les zones existantes.»
Quelques taches rosevif s’allument
çà et là: «Les seules réserves pour
des nouvelles zones à bâtir.»
Apres marchandages
Leur emplacement a fait l’objet
d’âpres marchandages fin2003 au
Grand Conseil lors des discussions
sur le plan directeur cantonal. Ce
document de référence s’est donné
pour but de maîtriser la croissance
de Zoug, un canton dont la popu-
lationaugmente de manière supé-
rieure à la moyenne nationale. En-
tre 2000 et fin 2009, l’envolée a été
de 17%, pour atteindre 111 000
personnes. «Nous devions réagir à
la poussée de la population. Seule
une densificationétait encore pos-
sible, le longdes nœuds constitués
par la gare de Zoug et les arrêts du
RER régional», explique René Hut-
ter. Intéressé à une expansion à la
verticale, le plan directeur impose
auxcommunesdescritèresdequa-
lité pour les bâtiments dépassant
25 mètres de haut et leur environ-
nement. Leur construction est sur-
tout limitée à trois communes,
dont Zouget Baar.
René Hutter, arrivé en 2000 à la
tête de l’Office zougois de l’aména-
gement duterritoire, aparticipéde
près à l’élaboration du plan direc-
teur. Il en explique la philosophie
avec la fierté d’un père: «Nous
avons laissé des doigts verts par-
tout. Chaque habitant du canton
ne doit pas avoir plus de cinq mi-
nutes pour se retrouver dans une
zone de détente. A pied, bien en-
tendu.»Pour souligner sonpropos,
il brandit la nouvelle carte biface
du canton que son département
vient d’éditer, uncôtépour les pro-
menades, l’autre pour les randon-
nées à vélo, avec de nombreuses
propositions d’itinéraires. Et souli-
gne: «La nature a encore beaucoup
de place dans le canton.»
Le plan directeur représente
une ingérence forte dans l’autono-
mie des onze communes. Asso-
ciées à la procédure, elles ont avalé
la pilule. Grâce à la péréquation
interne, elles étaient moins tentées
de spéculer avec le prix de leurs
terrains. Zoug a réussi à préserver
quelques oasis vertes, même au
bord du lac. Et surtout à ne pas
recouvrir tout le flanc du Zuger-
berg, la colline dominant le chef-
lieu, de constructions en terrasse
avec vue sur le lac.
Si l’onpense à la Goldküste zuri-
choise, un exploit. En revanche, le
plan directeur est arrivé trop tard
pour les villas entourées d’impo-
sants parcs qui empêchent l’accès
au lac à Risch, sur la rive opposée.
Là où Daniel Vasella notamment
s’est installé depuis une dizaine
d’années.
Laclasse moyenne chassée
La classe moyenne n’a pas cette
chance. Zoug a un taux de maisons
familiales très bas pour la Suisse.
Car, revers de la médaille d’une fis-
calitébasse, leterrainesttroprareet
trop cher pour y placer une seule
petitevilla. Lesfamillesvont réaliser
leur rêve dans les cantons voisins.
René Hutter n’y voit pas d’inconvé-
nients. «Ce sont encore presque des
Zougois. Depuis Sins, en Argovie,
vous êtes plus vite à Zoug que de-
puis levillaged’Oberägeri.» C. C. M
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Eclairages Subjectif
Le Temps
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Les habits neufs du président Bourguiba
Il était une fois
Joëlle
Kuntz
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aTunisieest lepremier pays
arabeàavoir étédotéd’une
Constitution, en1861. La
notiondesouverainetécons-
titutionnelle, «destour», aaccompa-
gnélegrandmouvement deréforme
commencéauXIXesous lerègnedu
beyottomanAhmed1er. Il amanqué
depeuquelepays, pourvud’une
monnaie, d’unearméeindépen-
danteet d’undrapeau, nedevînt une
républiqueennompropre.
Il nel’est pas devenu, et saConsti-
tutionaétésuspendueen1864. Ses
élites ont mal gérélamannefiscale
et les ressources, elles l’ont endetté,
affaibli, si bienqu’àlafindusiècle,
quandl’Italieaprétendusel’appro-
prier commeterritoirecontigudela
Libye, l’Allemagneet laGrande-Bre-
tagneont autorisélaFranceàen
faireunprotectorat (1881).
Pendant toutelapériodefran-
çaise, lenationalismetunisienaété
marquépar unecontinuitéhistori-
queavec cecourt mais profond
réformismedu«destour». Lareven-
dicationd’un«parlement tunisien» a
formél’identitédel’oppositionau
colonialisme, sans toutefois présup-
poser lanaturedurégimeàvenir. La
prioritéétait lasouverainetéet la
libertén’était pas ressentieautre-
ment quenationale. Commeailleurs
dans leMaghreb, l’élanlibéral, cons-
titutionnaliste, ouvert auxdifféren-
ces, s’est fondudans l’élannational,
unitairejusqu’àl’unanimisme. On
retient d’ailleurs del’œuvredeHabib
Bourguibales deuxmoments de
manifestationunitaire: celui, spon-
tané, qui aaccueilli ses réformes
sociales aulendemaindel’Indépen-
dance, en1956, sur lalibertédes
femmes, lapratiquereligieuse, la
scolarisationdes enfants et lalutte
contrelapauvreté; et celui qu’il a
ensuitefabriquépour protéger son
pouvoir delasociétéet qui adonnéà
sonrégimesoncaractèreautoritaire
et intouchable. Tout lecontenu
libéral delarevendicationparle-
mentaristes’est envoléàpeinele
parlement élu, remplacépar unidéal
de«peupleuni», de«masses populai-
res rassemblées» et autres face-à-face
delanationet desonprésident.
P
our Michel Camauet Vincent
Geisser, qui étudient «lesyn-
dromeautoritaire» enTunisie, letour
s’est jouédès 1955, lors delasigna-
turedes conventions franco-tuni-
siennes sur l’autonomieinterne. Un
désaccordest alors survenuentre
HabibBourguiba, président du
Néo-Destour, et SalahBenYoussef,
sonsecrétairegénéral, faisant voler
enéclats lafragileunitéqui s’était
faitedans ceparti entreles différents
registres delasensibiliténationale.
Youssef contestait Bourguibaen
jouant sur les références musulma-
nes et arabes duVieuxDestour du
début dusiècle, ens’appuyant sur
l’entouragedubeyet sur l’arabisme
nassérienémergent. Bourguiba, de
soncôté, comptait sur lacentrale
syndicaleet sur les autorités françai-
ses pour créer unecommunauté
autonomedecitoyens, nonsans
entretenir enmêmetemps certains
codes del’identitémusulmaneet
arabe: «Toutes ces tribus, toutecette
Nationsont unies par unereligion
uniqueet unepatrieunique, devait-il
déclarer en1956, desortequesi l’un
devous veut indiquer sonorigine,
qu’il soit enTunisieouàl’étranger,
qu’il disesimplement qu’il est Tuni-
sien. S’il setrouveendehors des pays
arabes, qu’il disesimplement qu’il est
Arabe! Enfin, s’il est endehors des
territoires musulmans, qu’il dise
qu’il est musulman.»
Cebel assemblaged’identités ne
supportapas d’expressiondiver-
gentedecellequelui donnait Bour-
guibalui-même: Youssef et les siens
furent implacablement réprimés,
mettant laTunisieauseuil dela
guerrecivile. Pour Bourguiba, la
dissidenceyousséfiste, comme
d’ailleurs àgauche, celledusyndica-
listeAhmedBenSalah, également
pourchassé, attestait des humeurs
imprévisibles d’unpeuplefacile-
ment séduit par les fauteurs detrou-
ble. Il yvoyait un«mal tunisien»
caractérisépar latentationdel’anar-
chieet deladivision.
LaConstitutionde1956netran-
chait qu’enapparenceentreles
différentes conceptions delacom-
munautépolitiquetunisienne. Tous
élus sous l’étiquetteduFront natio-
nal forméautour duNéo-Destour, les
députés avaient discutédunomà
donner aulienpolitique. Pour les
syndicalistes, cedevait êtreun«Etat
démocratique, indépendant et com-
plètement souverain». Pour les «Zi-
touniens», cecourant historique
inspirépar les lettrés delaMosquée-
UniversitédelaZitounadeTunis, ce
serait un«Etat arabe, musulman,
libreet indépendant». Laformula-
tionfinaleeut l’allured’unesynthèse
bourguibiste: un«Etat libre, indé-
pendant, souverain; sareligionest
l’islam, lalanguel’arabe.»
Sur lepapier, latrouvailleétait
habile. Enpratique, ellen’apas suffi
ànouer lelienentrel’Etat et laso-
ciété. Duhaut deleur statut d’éliteet
deleur vocationréformatrice, les
gouvernants ont cherchéàcréer d’en
haut, defaçonautoritaire, uneso-
ciétéconformeàleurs désirs en
manipulant les codes culturels exis-
tants. Résultat, lemouvement islami-
queest parvenuàseposer, par sa
répression, commeunealternative
crédibletant aurégimequ’austyle
devieimposé.
Dès lors, ladénonciationrituelle
del’islamismeest devenuepour les
élites enplaceunemanièrederen-
forcer leur pouvoir degroupeet
d’occulter leur déficit delégitimité
populaire. MêmelaFranceaura
soutenuBenAli jusqu’àsafuitesous
leprétextedelamenaceislamique.
La«révolutiondujasmin» fera-t-elle
enfinunhabit confortablepour la
Tunisie?
Le retour triomphal de Bourguiba à Tunis, en juin 1955, juste après la signature des conventions franco-
tunisiennes sur l’autonomie. Peu de temps après, l’unité politique interne allait voler en éclats. ARCHIVES
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Nouvelles frontières
Frédéric Koller
Cette semaine j’ai découvert
Le Caire, 20millions d’habitants
dit-on. Peut-être bienplus. On
connaît lachanson: AParis, àvélo,
ondépasse les autos. Ehbien
auCaire, entaxi, je me suis fait
dépasser par unâne. Il tirait une
charrette de carottes. C’était sur
l’avenue Ramsès. Celane s’invente
pas. Je venais de quitter l’université
Al-Azhar, centre de l’islamsunnite,
oùundiplomate m’avait expliqué
ceci: «Vous verrez, Le Caire, on
adore ouonabhorre. Onle fuit ou
onne peut plus le quitter.» Je ne
sais pas encore si j’adore, mais c’est
le genre de ville démesurée, de
concentrationhumaine improba-
ble, qui ne laisse pas indifférent.
Comme j’enchaînais les rendez-
vous et que l’onm’avait conseillé de
me déplacer entaxi (les urbanistes
ont oublié les marcheurs), j’ai passé
untiers de montemps dans des
bouchons et une pollutiond’enfer –
tout enrestant dans unpérimètre
délimité. Celapermet àl’esprit de
divaguer sinond’avoir les idées
claires. Le Caire me fait penser à
Canton, il y aune vingtaine d’an-
nées, lorsque lacité des cinqchè-
vres émergeait de satorpeur com-
muniste: elle n’est pas faite pour les
gens pressés et ses monuments
rongés par ladécrépitude se déni-
chent comme des trésors enfuis.
Vud’untaxi, Le Caire pourrait se
résumer endeuxmots: klaxonet
Coran. Larue est unconcert perma-
nent d’automobilistes d’apparence
Impressions cairotes
fort calme, d’appels àlaprière et de
lectures radiophoniques duCoran.
C’est ce que j’ai raconté àunévêque
copte qui m’aréponduavec une
anecdote: «Unjour, unami du
Libande passage auCaire m’adit
que les routes ici sont encore plus
dangereuses que dans sonpays
lorsqu’il est enguerre. Voilàpour-
quoi les chauffeurs de taxi écoutent
des programmes sur l’islam, lui
ai-je répondu. Pour survivre sur les
routes duCaire, il faut l’aide de
Dieu.» Le Caire, ai-je encore pensé,
c’est le pays des hommes aufront
bleu. Chez certains, cette marque
qui n’est pas de naissance devient
presque de lacorne. C’est l’effet de
laprière et des génuflexions. C’est
le stigmate le plus visible – avec le
niqab– de l’islamisationde la
société égyptienne. Acela, l’évêque
m’aréponduque les Egyptiens
étaient eneffet des personnes fort
pieuses, les musulmans comme les
chrétiens.
Cette islamisation, voulue par
Anouar el-Sadate, puis Hosni
Moubarak, peut se mesurer autre-
ment, m’aexpliqué l’intellectuel
Amr Elshobaki: lors de lapremière
promotionde sciences politiques
de l’Université duCaire, en1964, il
n’y avait aucune femme voilée (et
elles représentaient 40%des effec-
tifs). Dans sapromotionàlui, en
1984, lamoitié des femmes étaient
voilées. Aujourd’hui, toutes les
étudiantes sont voilées, sauf quel-
ques chrétiennes. Amr Elshobaki
est àl’image de ce Caire cosmopo-
lite, ouvert et qui aconnutous les
brassages d’hommes et de reli-
gions: unpeudépité par latour-
nure des événements, mais réaliste.
Durant une bonne demi-heure, il
m’adétaillé doctement les mille et
une raisons pour lesquelles
l’Egypte ne suivrait pas lavoie
tunisienne, bienque les motifs de
frustrationy soient plus nombreux.
«L’Egypte s’effondre, répétait-il,
mais il n’y aurapas de révolution.»
Il y avait une sorte de fatalisme
dans savoix. Ce fatalisme qui est le
premier cliché qu’onvous jette àla
figure enposant le piedauCaire.
«EnEgypte, ainsi vale dicton, c’est
lamême histoire depuis 5000ans:
Si onalapaix, lasécurité et du
pain, personne ne se plaint. Même
si onest pauvre.»
J’enétais presque désolé pour
Amr Elshobaki avant d’oser cette
question: «Mais n’attendez-vous
pas de laTunisie qu’elle devienne
unmodèle de démocratisation
pour le monde arabe?» Là, il s’est
passé quelque chose d’étrange.
Comme si l’intellectuel se réveillait.
«Mais biensûr! J’ai 48ans. De ma
vie, laseule chose que j’ai vule
monde arabe exporter, c’est le
terrorisme. Laseule chose dont j’ai
entenduparler, c’est l’exception
arabe: celle de l’unique régionau
monde qui ne connaît pas ladémo-
cratie. Grâce àlarévolutiontuni-
sienne, je peuxpour lapremière
fois parler avec fierté d’unpays
arabe qui aréussi àrenverser un
régime autoritaire. C’est extraordi-
naire. C’est lafinde l’exception
arabe!»
De retour vers l’hôtel, bloqué sur le
pont duSix-Octobre, je me suis dit
que, peut-être, l’espoir était de
retour auCaire. Et que c’était beau
de voir cela.
«C’est extraordinaire,
s’exclame
l’intellectuel Amr
Elshobaki. C’est la fin
de l’exception arabe!»
Gare auscénario catastrophe
Beat Kappeler
Si les cantons ne touchent plus
les excédents habituels de la
Banque nationale, onpeut réagir
par unmélange de Schadenfreude
[joie provoquée par le malheur
d’autrui, ndlr.] et de soulagement.
Car depuis cet accordde partage
des bénéfices entre les cantons, la
Confédérationd’une part et la BNS
d’autre part, l’indépendance de
l’institut d’émissionétait encause.
Aprésent, quandles bénéfices
somptueux d’antanse convertis-
sent enpertes sèches, tout le
monde s’agite et donne des leçons.
Les responsables de la BNS ont
beaujeude défendre leurs inter-
ventions démesurées duprin-
temps et les pertes consécutives en
faisant valoir que la BNS ne doit
pas faire des bénéfices enpremier
lieu. Les politiciens l’entendaient
d’une autre oreille, munis, comme
ils le croyaient, d’uncontrat en
bétonsur le partage.
L’indépendance des banques
centrales était undes piliers de
l’ordre monétaire basé sur du
papier aulieude l’or. Mais regar-
dons ce qui se passe aux Etats-
Unis et enEurope: les gouverne-
ments se présentent auguichet et
remettent leurs quittances pour
les dépenses inouïes qu’ils prati-
quent. Les banques centrales leur
remettent de l’argent frais et
déposent les quittances dans le
coffre-fort. Les politiciens s’en
vont enchantant.
Légalement, les procédés sont
unpeuplus formels, mais maté-
riellement l’image est juste. For-
mellement, les banques centrales
américaine et européenne achè-
tent des obligations émises par les
gouvernements. Ces obligations
couvrent les dépenses encourues:
les quittances enquestion.
Tout étudiant enéconomie
aurait raté ses examens s’il avait
proposé, il y a seulement trois ans,
que les instituts d’émissionpuis-
sent abreuver le pays de papier-
monnaie se basant sur des obliga-
tions d’Etats surendettés.
Aujourd’hui c’est une politique
courante. Cependant, il y a
comme uncouac. Depuis que la
banque centrale américaine a
intensifié ces achats, les taux
d’intérêt sont montés d’unpoint
aulieude baisser, comme c’était le
but. Et il appert que la Chine et la
Russie sont passées aumême
moment ducôté des vendeurs de
ces papiers américains. Le prix de
l’or s’est envolé, les matières pre-
mières aussi. Le public et les
grands détenteurs de la dette
américaine redoutent le pire. Leur
réactionsanitaire peut empêcher
l’issue décrite dans unpapier
d’economiesuisse par le profes-
seur Rudolf Minsch.
Celui-ci admet les dires des
banques centrales américaine,
européenne et suisse: la contre-
partie de ces achats d’obligations,
Les gouvernements se
présentent au guichet
et remettent leurs
quittances pour les
dépenses inouïes
qu’ils pratiquent
donc la monnaie nouvellement
émise, est gelée sur des comptes
auprès d’elles. Elles offrent aux
banques vendeuses de ces pa-
piers des taux avantageux pour
retenir ces sommes. Mais Rudolf
Minsch montre qu’un jour les
taux d’intérêt monteront – par le
refus des acheteurs d’obligations
peu rémunératrices comme
maintenant aux Etats-Unis, par la
conjoncture qui monte, par la
menace d’inflation qui imposera
la fin de ces rachats et de ces
soutiens aux banques centrales.
Ace moment, les banques pri-
vées ne renouvelleront plus leurs
dépôts chez elles et placeront ces
sommes ailleurs. La masse moné-
taire «active» augmentera alors
considérablement. L’économie
baignera dans un océan de mon-
naie et de pouvoir d’achat fictif,
les prix prendront l’ascenseur. A
ce moment, les banques centra-
les ne détermineront plus la
masse monétaire, mais la masse
monétaire mènera la politique
de ces banques centrales. Belle
formule de Minsch, mauvaise
perspective.
L’alternative serait la finde ces
soutiens, voire la revente de ces
papiers par les banques centrales.
Ainsi elles encaisseront la masse
monétaire émise et pourront la
détruire. Mais elles affronteraient
unchœur de protestations – les
entreprises, les syndicats, les
politiciens dépensiers. Les Etats
devraient passer à unrégime
extrêmement strict. EnEurope, les
Etats duSudferaient faillite sur-le-
champ, les banques détenant
leurs dettes aussi. Perspective
mauvaise aussi, mais salutaire. Si
onla juge impossible, onmesure
le degré de perte d’autonomie des
banques centrales. Perspective
extrêmement inquiétante.
La semaine
Page 13
Samedi 22janvier 2011
Actualités
Virus Stuxnet
Un acte de guerre
contre l’Iran sans
la moindre règle
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Tunisie - Suisse
Les jets du clan Ben Ali
et les blocages
du Conseil fédéral
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Science
Les détournements
par les hackers de
la console Kinect
Page20
Suisse
Comment l’UDC
veut réformer
la culture
suissePage19
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«Le musulmanest tolérant oun’est pas»
Egypte Le grand
imam de l’Université
Al-Azhar du Caire,
Ahmed al-Tayyeb,
s’exprime sur la
Tunisie, le suicide
et la coexistence
avec les chrétiens.
Entretien exclusif
Frédéric Koller,
envoyé spécial au Caire
Ahmed al-Tayyeb est considéré
comme un homme modéré. Mais
le 44e grand imamde l’Université
Al-Azhar, principale référence de
l’islamsunnite dont le siège est au
Caire, sait aussi hausser le ton.
Jeudi, par communiqué, il annon-
çait le gel d’undialogue bisannuel
avec le Vatican en geste de protes-
tation contre les propos du pape
Benoît XVI qui s’était inquiété, en
début d’année, du sort des chré-
tiens d’Orient suite aux attentats
visant cette communauté en Irak
et en Egypte. Il emboîte ainsi le
pas au gouvernement égyptien
qui avait déjà rappelé son ambas-
sadeur auVaticanpour signifier sa
mauvaise humeur face à ce qu’il
considère comme une ingérence
inadmissible dans ses affaires in-
térieures.
Nommé en mars dernier par le
président Hosni Moubarak pour
reprendre la direction d’une insti-
tution plus que millénaire, Ah-
med al-Tayyeb représente l’un des
piliers du pouvoir avec la tâche
difficile de promouvoir l’islam
tout en neutralisant ses courants
plus radicaux comme celui des
Frères musulmans. Très respecté
en Egypte, sa crédibilité est con-
testée par certains du fait de sa
proximité avec le pouvoir. Agé de
64 ans, il a étudié en France et
connaît bienl’Europe.
Le grand imam Ahmed al-
Tayyeb nous a reçu dans la
grande salle d’audience de l’Uni-
versité Al-Azhar pour un entre-
tien exclusif en début de se-
maine. Là, sous le portrait
tutélaire du président égyptien,
de nombreuses personnes pa-
tientent pour aborder le grand
cheikh. Trois conseillers interve-
nant dans latraductionet des sol-
licitations incessantes ne nous
ont permis, dans un premier
temps, de ne poser que deux
questions en plus d’une heure.
Affable, le grand imam nous a
fixé un second rendez-vous le
lendemain matin pour terminer
l’entretien.
Le Temps: Lundi et mardi, trois
personnes se sont immolées, dont
deux devant le parlement. Com-
ment expliquer ce geste? Est-ce
une protestation traditionnelle
dans l’islampuisqu’il y a aussi des
cas en Tunisie, en Algérie et en
Mauritanie ces jours-ci?
Ahmed al-Tayyeb: Onne peut pas
faire de parallèle entre l’Egypte et
la Tunisie car les situations sont
très différentes. EnTunisie, le
peuple a été occidentalisé, coupé
de sa culture et de sonidentité
arabe et musulmane. Ce n’est pas
le cas enEgypte. Par exemple, la
règle de l’héritage tel que décrit
par la charia et le Coran, et qui
fait l’objet d’unconsensus chez les
musulmans, a été déformée (en
Tunisie). Il enva de même avec
l’interdictiondu voile dans les
rues et les lieux publics. Ainsi
l’Université Zitouna – qui avait
une place éminente dans l’his-
toire de l’islam– a été piétinée par
le régime tunisien. L’état des
libertés ne correspondait pas aux
attentes du peuple tunisien. Les
médias évoquent beaucoupla
corruptionet la concentration
des richesses nationales au profit
d’une élite. La loi de l’histoire veut
que, dans ces circonstances, le
peuple se soulève pour obtenir
des améliorations.
L’Egypte est très différente. Nous
n’avons pas vécu cette occidenta-
lisationet une telle remise en
cause de notre civilisation. Al-
Azhar continue de jouer sonrôle
et transmet sonmessage sur la
charia islamique. C’est intoucha-
ble. Nous n’avons pas interdit le
voile. Beaucoupde femmes préfè-
rent rester dévoilées et ce n’est
pas unproblème. Al-Azhar émet
ses conseils et l’Etat n’intervient
pas sur leur tenue vestimentaire.
C’est libre. L’Etat est à nos côtés
pour diffuser l’islamcorrect, la
culture islamique modérée et les
règles de la charia comme la
miséricorde et l’aide au peuple. Il
y a biensûr des différences de
classes et de niveau de vie.
Comme partout. EnEgypte, c’est
le résultat de quatre guerres –
entre 1948 et 1973 – et d’une très
forte croissance démographique.
Mais, ici, tout le monde sait que le
gouvernement travaille jour et
nuit pour vaincre ces problèmes.
Voilà pourquoi la comparaison
faite par quelques-uns entre ce
qui s’est passé enTunisie et la
situationde l’Egypte est vide de
tout sens. Je ne peux pas juger du
cas de l’immolationà Tunis, il y a
des circonstances psychologiques
qui ont peut-être poussé cette
personne à cet état de fragilité
mentale. Mais je peux dire que
l’islaminterdit absolument qu’un
homme ayant sa raisonutilise le
suicide pour exprimer sa colère.
Cette mode de l’immolationchez
les jeunes, l’islaml’interdit com-
plètement.
– Les coptes ont été l’objet d’atta-
ques, dont un attentat sanglant à
Alexandrie (22 morts et 90 bles-
sés) et une tuerie dans un train
(un mort et cinq blessés) quelques
jours plus tard. Cela révèle-t-il une
tension grandissante entre chré-
tiens et musulmans?
– Ce qui s’est passé à Alexandrie
est uncrime planifié à l’étranger
mais exécuté enEgypte. C’est un
comportement complètement
étranger à la nature du peuple
égyptien, copte ou musulman.
L’histoire de l’Egypte n’a jamais
connu d’affrontements armés
entre les coptes et les musulmans
depuis l’arrivée de l’islamjusqu’à
nos jours. C’est donc unacte
terroriste du type qui a visé par le
passé des musulmans égyptiens
ou frappé des touristes étrangers
comme à Louxor.
Peut-ondire que ces actes relè-
vent d’unconflit islamo-chrétien?
Entoute logique, non. Alors
pourquoi décrire l’attentat
d’Alexandrie comme unconflit
entre l’islamet le christianisme?
(on tend un téléphone portable à
l’imam). C’est le ministre de l’Edu-
cationnationale. Il m’annonce
qu’il a résolu le problème de la
mutationd’unenseignant copte
qui s’y opposait. Sa mère m’a
sollicité pour empêcher ce trans-
fert et je suis intervenu. C’est réglé.
Pour l’attaque dans le trainen
Haute Egypte, l’auteur – dont on
dit qu’il était malade ou mal
traité – est aux mains de la justice
et il sera puni comme il se doit.
Hier [dimanche], l’auteur d’une
autre attaque contre des coptes et
des musulmans a été condamné à
mort. Prenez l’exemple de cet
Américainqui a tué plusieurs
personnes et blessé une députée.
Peut-onparler de tuerie ou
faut-il, selonvous, qualifier cela
de fitna, de conflit religieux? Ce
que je veux dire, c’est que ces
actes, lorsqu’ils se produisent
hors du monde musulman, ne
suscitent pas tropd’interroga-
tions, onpasse vite dessus. Mais
quandc’est dans unpays musul-
man, onl’interprète aussitôt
comme unconflit religieux. On
cherche à diviser les peuples, à
créer l’inquiétude et la tension. Je
ne sais pas ce que l’Occident a à
gagner avec ces accusations
incessantes et qui commencent,
malheureusement, je suis désolé
de le constater, à ériger unmur
de méfiance réciproque entre
l’Occident et l’Orient. Je crains
que cela puisse renforcer, en
réaction, une certaine haine chez
les musulmans.
– Al-Azhar représente un courant
modéré de l’islamsunnite. On
constate toutefois une influence
grandissante du chiisme porté
par la révolution iranienne, du
wahhabisme de l’Arabie saoudite,
du salafisme ou des Frères musul-
mans en Egypte, autant de cou-
rants conservateurs, puristes,
voire extrémistes. Face à cette
concurrence, comment pouvez-
vous garantir la défense d’un
islammoderne et ouvert? Face à
leur lecture très littérale du Co-
ran, ne faut-il pas développer une
interprétation des textes ancrée
dans l’histoire pour repenser un
islamqui vive avec son temps?
– Je ne veux pas nommer des
personnes, ni des doctrines. De
façongénérale, toute l’histoire de
l’islama été traversée de courants
conservateurs et de fermeture qui
ont tenté d’imposer leurs points
de vue. Mais la doctrine moyenne,
modérée, de l’islam, a presque
toujours prévalu pour défendre la
tolérance. Ce qui se passe
aujourd’hui, ressemble à ces
vagues du passé. Mais le grand
public s’intéresse aux grandes
références originelles et correctes
de l’islam. Et la référence, c’est
Al-Azhar, l’université qui défend
depuis plus de mille ans une
lecture du Coranmodéré. Le
musulmanest tolérant et modéré
ou n’est pas.
Concernant la lecture historique
du Coran, c’est une question
curieuse née enOccident qui ne
correspondpas du tout à la vision
des spécialistes du Corandans le
monde musulman. Al-Azhar, qui
a une visionmoderniste mais se
réfère toujours aux sources, ne
peut se reconnaître dans l’appel à
une lecture historique. Elle n’a
pas de sens pour l’islam. Elle ne
peut s’accorder à l’esprit du Co-
ran. Le Coranest untexte divin,
absolu, valable pour tous les
temps et tous les lieux. C’est ce
qu’onappelle le miracle inimita-
ble du Coran.
Amontour, je vous pose la ques-
tion: comment pouvez-vous
accepter enOccident des organi-
sations religieuses qui affirment
que les montagnes peuvent dis-
paraître? Les Evangiles ou le texte
de la Bible sont intangibles et
intouchables. Mais vous nous
posez la questionde la stabilité
du Coranà travers les siècles et les
lieux. Cela m’amène à vous poser
cette autre question: l’Occident
accepte ence moment même la
colonisationet le meurtre de
peuples au nomde slogans et de
textes religieux. Onreconnaît
l’existence de ces pays et onac-
cepte leurs politiques. Vous ne
voulez pas mettre leurs textes
dans uncontexte historique ni
stopper les gens qui fondent leur
pays sur ces textes. Il y a des Etats
qui fondent leur existence sur des
textes religieux, sur des mythes
considérés comme source de
légitimité.
– Voudriez-vous parler d’Israël?
– Je vous laisse tirer votre conclu-
sion.
Suite en page 14
Ahmed al-Tayyeb (à gauche) avec le patriarche copte, Shenouda III, après l’attentat à Alexandrie. «On cherche à diviser les peuples, à créer l’inquiétude et la tension.» LE CAIRE, 2 JANVIER 2011
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«L’islaminterdit
absolument qu’un
homme ayant sa raison
utilise le suicide pour
exprimer sa colère»
International
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
14
«Aucunerègledans leCorannelimitelahauteur des clochers»
Suite de lapage 13
– La présence de l’islamen Europe
est de plus en plus importante.
Que dites-vous à vos coreligion-
naires qui doivent s’adapter à un
cadre laïc?
Ahmed al-Tayyeb: J’ai suffisam-
ment vécuenEurope pour com-
prendre la situation. J’ai toujours
pupréserver ma croyance et mon
identité islamique dans la plupart
des domaines de la vie publique.
Mais je me retirais encertaines
occasions, lorsqu’elles ne s’accor-
daient pas avec les règles de ma
charia islamique. Al’inverse, les
Français respectaient bienmes
positions et m’ont accordé le droit
d’être musulman. Les vives ten-
sions actuelles entre musulmans
et pays laïcs enOccident, liées à
l’intransigeance de quelques-uns,
ne sont pas unproblème d’inté-
gration. Cette dureté touche
l’Occident comme l’Orient. On
s’enplaint aussi ici. Je comprends
l’inquiétude de l’Occident envers
le comportement provocateur
d’une minorité de quelques mu-
sulmans. Mais si l’onapplique
bienle principe de liberté, ausens
occidental, aux citoyens musul-
mans tout enconservant un
dialogue avec Al-Azhar, alors on
trouvera unlarge terrainpour la
coexistence pacifique entre les
musulmans et leurs pays de rési-
dence enOccident.
– Il y a une réaction à la présence
de l’islamen Europe qui s’est
notamment traduite par l’inter-
diction des minarets en Suisse.
Avez-vous un commentaire sur ce
vote? Le fait que le rejet de l’islam
est un thème de plus en plus por-
teur dans les droites populistes
européennes vous inquiète-t-il?
– La questiondes minarets n’est
pas fondamentale. La question
importante est celle de la liberté
religieuse que l’Occident prétend
toujours vouloir défendre et
pratiquer. Cette liberté, enOcci-
dent, prendles couleurs de l’arc-
en-ciel: elle change, elle se diver-
sifie. Quandonparle de l’islam,
des femmes musulmanes ou des
lieux de prière de l’islam, la cou-
leur est différente de celle appli-
quée aux autres religions. Je
prétends que notre civilisation
islamique a toujours été plus
raisonnable, plus large d’esprit et
a mieux garanti la liberté des
autres que la civilisationocciden-
tale. Voyez par exemple les églises
dans les pays musulmans, dont
les clochers s’élèvent haut dans le
ciel. Jusqu’à ce jour, il n’y a
aucune autorité ou aucune règle
dans le Coranqui limite la hau-
teur des clochers ou des minarets.
Les meilleurs exemples ensont
les cieux égyptiens. Quant à
l’extrême droite européenne, ce
n’est pas monproblème mais
celui de la nature de la civilisation
occidentale qui tantôt se durcit,
tantôt s’assouplit sans que l’on
sache pourquoi.
– Que faites-vous de l’interdiction
de construire des églises en Arabie
saoudite par exemple?
– Dans le monde arabe, il est tout
à fait incorrect de dire que les
églises ou leur constructionsont
interdites, limitées ou condition-
nées. Il suffit de se promener au
Caire pour s’enconvaincre. Il y a
même des églises à côté des mos-
quées. Pour l’Arabie saoudite, je
vous renvoie la question: est-ce
que l’onme permet, à moi musul-
man, d’aller bâtir une mosquée à
l’intérieur du Vatican?
Propos recueillis au Caire par
Frédéric Koller
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Les opposants tunisiens rentrés d’exil ont «dumal à réaliser»
Tunisie Une semaine après la fuite du président déchu Ben Ali, les Tunisiens qui ont choisi de fuir la dictature goûtent aux joies du retour
Enterrement de Safia Farhat,
dans le cimetière de Djebel Lah-
mar. Toute l’élite intellectuelle, po-
litique et artistique est présente ou
presque pour honorer cette
grande féministe et artiste. «Tous
les hommes qui comptent pour
l’avenir de la Tunisie sont là», glisse
Kamel Jendoubi. Rentré de France
lundi dernier, le président du Ré-
seau euroméditerranéen des
droits de l’homme et cofondateur
du Comité pour le respect des li-
bertés et des droits de l’homme en
Tunisie redécouvre son pays après
seize ans d’exil contraint.
«Je suis encore perdu»
«Quand j’ai vu les événements à
Sidi Bouzid, puis surtout à Kasse-
rine, raconte Kamel Jendoubi, je ne
pouvais pas rester indifférent en
voyant mourir les jeunes de mon
pays. Et puis je pensais que mon
retour pouvait indirectement faire
pressionsur la communauté inter-
nationale, si les sbires de Ben Ali
m’arrêtaient avec mon passeport
français.» Assez grand et les che-
veux gris, l’homme ne passe pas
inaperçu dans la foule. Les gens se
pressent pour l’embrasser, le félici-
ter. «Je suis encore perdu, j’ai du
mal àréaliser tout cequi vient dese
passer. Surtout que je n’ai rienvécu
personnellement. Ce serait plutôt
àmoi deféliciter les Tunisiens pour
ce qu’ils sont parvenus à accom-
plir.»
Entre deux condoléances, les
conversations politiques repren-
nent vite le dessus. Hama Ham-
mami, autre opposant au régime
de l’ancien président, arrive enfin:
«Moi j’ai préféré la prison à l’exil.
Mais je suis content de retrouver
mon vieux compagnon de lutte.
De toute façon, je ne sais pas ce que
je veux faire, ma sécurité n’est pas
encore assurée, ma famille est tou-
jours menacée.»
«Pour le moment, je n’ai aucune
velléité politique, avoue Kamel
Jendoubi. Je suis là pour accompa-
gner le mouvement, pour partager
ma joie avec celle de ma famille. Ce
n’est pas la priorité, il faut d’abord
reconstruire un cadre électoral
pour le pays.»
D’autres ont déjà annoncé clai-
rement leur candidature à la prési-
dence. Premier à s’être révélé,
Moncef Marzouki, militant aguerri
des droits de l’homme exilé en
Franceet président duparti leCon-
grès pour la République. «A peine
rentré, je suis parti à Sidi Bouzid et
un peu partout dans le pays. Il fal-
lait prendre le pouls de la popula-
tion, renouer avec monpays.»
L’incertitude plane encore sur
la date des élections que déjà les
volontaires sortent des rangs. Le
journaliste et écrivainTaoufik Ben
Brick, par exemple, se considère
commeleseul légitime. «Monpar-
cours d’opposant de toujours
plaide pour moi. Je suis le pro-
phète de cette révolte car j’ai pré-
dit l’histoire de la Tunisie à travers
mes livres. Qu’onle veuille ounon,
je suis le père légitime de la révo-
lution. Je me présente depuis
2004, cette fois, le trophée m’ap-
partient.»
Seul obstacle à toutes ces bon-
nes volontés, la différence d’âge
entre les manifestants et ceux qui
s’estiment à même de les représen-
ter. Un argument que balaie Taou-
fikBenBrickd’unrevers delamain.
«Je suis un des leurs. Je suis fils de
mineur, frère de syndicaliste et de
la gauche tunisienne. Je viens d’un
village situé à cinq kilomètres de
Thala et de Kasserine, où la révolte
a été forte. C’est clair, je suis le plus
ancré dans la population. Et
d’ailleurs, qui connaît Néjib
Chebbi, Mustapha Ben Jaafar, ou
même Moncef Marzouki parmi les
Tunisiens qui sont descendus dans
la rue? Personne!»
Candidature des internautes
Autre candidature officielle, en
tout cas sur Facebook, celle du
mouvement des «1 million de co-
lombes». Créé par un groupe de
jeunes sur le réseau social, il pro-
met de choisir comme leader celui
qui sera parvenu à «mobiliser le
plus d’internautes».
Laliste devrait encore s’allonger
dans les jours à venir. Jeudi, le pre-
mier Conseil des ministres a voté
la loi d’amnistie permettant le re-
tour notamment de RachedGhan-
nouchi. Le chef du mouvement is-
lamiste Ehnnada n’a encore rien
dit sur ses intentions politiques,
mais il est enfinsorti desaclandes-
tinité. Marion Karton, Tunis
Moncef Marzouki. Opposant
historique au régime de Ben Ali.
Taoufik Ben Brick. Le journaliste
est candidat à la présidentielle.
A
F
P
Kamel Jendoubi. Militant
des droits de l’homme.
N
O
T
I
M
E
X
Chypriotes grecs et turcs négocient
à Genève pour sortir de l’impasse
Nations unies La division de Chypre perdure depuis trente-six ans. Ban Ki-moon exige des parties
qu’elles montrent une réelle volonté de progresser. Les obstacles pour réunifier l’île demeurent
Stéphane Bussard
Lesommet deGenèveentrelelea-
der chypriote grec Demetris Chris-
tofias et son homologue chypriote
turc Dervis Eroglu avec la présence
du secrétaire général de l’ONU va-
t-il réussir là où plus de 90 rencon-
tres tenues depuis septembre 2008
ont échoué? Mercredi 26 janvier, au
Palais des Nations, de 10 heures à
14 heures, les deux négociateurs
doivent rapporter àBanKi-moonles
progrès réalisés depuis le sommet
de New York en novembre 2010.
Mais le constat est brutal. Il n’y a
aucun progrès. La réunification de
l’île paraît même plus lointaine. A
Genève, l’espoir ne sera donc pas
substantiel. «Il consistera à retrou-
ver une dynamique», explique un
observateur.
Trente-six ans après la tentative
des colonels grecs d’annexer Chypre
enrenversant Mgr Makarios et après
l’invasion par l’armée turque du
nord de l’île, aujourd’hui autopro-
clamée République turque de Chy-
pre du Nord, rien ne semble avoir
bougé. Pour une source proche du
dossier, la dispute chypriote s’est
même aggravée la semaine der-
nière. DervisErogluest revenusur ce
qui semblait pourtant un acquis: la
volonté de part et d’autre de créer
unefédérationavecdeuxentités do-
tées d’une seule personnalité juridi-
que internationale. «Le leader chy-
priote turc estime que les deux
composantes de la future Fédéra-
tion chypriote devraient bénéficier
d’une souveraineté et non pas la
seule fédération. C’est un retour en
arrière.»
Les obstacles à une résolution du
problème chypriote restent nom-
breux. Les droits de propriété sont
sans doute l’écueil principal tant les
positions sont figées. Les Chypriotes
grecs se réfèrent aux principes des
droitsdel’hommeappliquésausein
de l’Unioneuropéenne dont ils sont
membres depuis 2004: les person-
nes expropriées doivent pouvoir re-
trouver leur propriété. Mais l’affaire
n’est pas simple. Environ 80% des
biens immobiliers du nord de l’île
appartiennent à l’origine à des Chy-
priotes grecs. Si tous récupéraient
leurs biens, l’entitéchyprioteturque
serait fortement minée. On estime
que ces derniers devraient pouvoir
choisir entre une compensation, un
échange ouune réappropriation.
Dans le domaine de la sécurité,
43 000 soldats turcs veillent au
grainsur l’île. Les Grecs y ont unpeu
moins de 1000 soldats, l’ONU quel-
que 700 Casques bleus et l’armée
chypriote grecque compte environ
10 000 soldats. Enfin, selon le jour-
naliste britannique William Chis-
lett, depuis 2008, les deux parties
auraient dûmettreenœuvre23me-
sures pour restaurer la confiance.
Seules sixont étéprises. Trois d’entre
elles consistent à échanger des in-
formations dans les questions cri-
minelles, àfaciliter letransit des am-
bulances au-delà de la Ligne verte
ou encore à recenser le patrimoine
culturel de l’île.
Face à la stagnation du dossier,
l’ONU commence à s’impatienter.
Ban Ki-moon exigera à Genève des
solutions pratiques pour surmonter
les blocages, une communication
conjointe entre les deux leaders et
un engagement de chacun pour
convaincre les populations des
bienfaits d’une réunification de
Chypre.
En 2004, le précédent secrétaire
général, Kofi Annan, avait déjà mis
sur la table un plan audacieux de
fédération chypriote bicéphale. Un
vote a eu lieu. Les Chypriotes turcs
ont largement accepté (64,9%) la
proposition soumise à référendum.
La partie chypriote grecque l’avait
nettement refusée (75,8%). Malgré
cela, ajoute William Chislett, Chy-
pre a pu adhérer à l’Union euro-
péenne grâce aux menaces de la
Grècedebloquer l’adhésiond’autres
candidats à l’UE. Aujourd’hui, beau-
couppensent quelaTurquien’adhé-
rera pas à l’UE tant que le problème
chypriote n’est pas résolu.
Cen’est d’ailleurspasunhasardsi,
il y a quelques jours, l’envoyé spécial
de Ban Ki-moon pour Chypre,
Alexander Downer, était à Ankara.
Cette visite ne doit pourtant pas
masquer un certain ras-le-bol onu-
sien. Le Sud-Coréen étudierait la
possibilité de supprimer la fonction
d’Alexander Downer et de réduire le
nombre de Casques bleus sur place.
Au plan international, la partition
de l’île ne serait plus taboue. Mais,
explique un spécialiste, «ce défai-
tisme n’est pas sans arrière-pensée.
LaGrande-Bretagne, qui est l’unedes
trois puissances garantes de Chypre
auxcôtés delaGrèceet delaTurquie
envertude l’accordd’indépendance
de 1960, a un intérêt au statu quo.
Ellepeut ainsi conserver sesdeuxba-
ses militaires d’Akrotiri et de Dheke-
lia au sud de l’île, dont l’importance
stratégiqueest considérable».
Face à la stagnation
du dossier, l’ONU
étudie la possibilité
de réduire le nombre
de Casques bleus
#Z\
<Ta <ÏSXcTaaP]ÏT
<Ta <ÏSXcTaaP]ÏT
5P\PV^dbcT
;Pa]PRP
=XR^bXT
1PbT
QaXcP]]X`dT
;XV]TeTacT
1PbT
QaXcP]]X`dT
A ¯ ? 3 4 2 7 H ? A 4
3 D = > A 3
2 7 H ? A 4
DavidCameronse sépare
de son«spindoctor»
Grande-Bretagne Andy Coulson rattrapé par
un scandale d’écoutes téléphoniques illégales
Eric Albert, Londres
Le cocktail est explosif: il mé-
lange Rupert Murdoch, des écoutes
téléphoniques illégales de stars et
d’hommes politiques, et Downing
Street. Tropexplosif, afini par juger
le premier ministre David Came-
ron: il a donné congé vendredi à
son spin doctor, son conseiller en
communication, Andy Coulson.
Depuis des années, l’homme
était accusé d’avoir ordonné des
écoutes téléphoniques illégales
quand il était rédacteur en chef du
News of the World, un tabloïd trash
du dimanche, appartenant au
groupe de Rupert Murdoch. S’il a
toujours démenti, les accusations
contre lui se sont faites plus préci-
ses ces derniers mois, notamment
grâce à une campagne menée par
le Guardian, quotidien de gauche
très opposé au groupe Murdoch.
«Quand le porte-parole a besoin
d’un porte-parole, il est temps de
changer de rôle», affirmait le jour-
nal vendredi.
L’affaire remonte à janvier 2007.
Le journaliste en charge des affai-
res royales àNews of the World, Clive
Goodman, est condamné à 4 mois
de prison pour avoir écouté illéga-
lement des messages téléphoni-
ques de footballeurs, de stars et de
membres de la famille royale, dont
le prince William, l’héritier au
trône. Andy Coulson démissionne
alors de son rôle, démentant toute
implication, mais acceptant sa res-
ponsabilité en tant que rédacteur
en chef. Quelques mois après, Da-
vid Cameron, alors leader de l’op-
position, l’appelle à ses côtés pour
gérer ses relations avec la presse.
Depuis, les deux hommes sont très
proches.
Néanmoins, le doute sur son
spin doctor demeurait. Le rédacteur
enchef d’untabloïdpouvait-il vrai-
ment ignorer la façon de travailler
de son correspondant royal?
D’autant plus que les écoutes
étaient réalisées par un détective
privé, qu’il fallait rémunérer.
Victimes identifiées
Le Guardian a relancé l’affaire
quand il a révélé en 2009 qu’une
des victimes des écoutes avaient été
payée un million de francs pour ne
pas porter plainte. Depuis, un flot
régulier d’informations du même
genre apparaît régulièrement. Plu-
sieurs dizaines de victimes ont été
identifiées, allant de l’actuel maire
de Londres, Boris Johnson, à l’an-
cienfootballeur Paul Gascoigne, en
passant par l’actrice Sienna Miller.
L’undes rédacteurs enchef de News
of the World, proche d’Andy Coul-
son, vient d’être suspendu de ses
fonctions. Pour le spindoctor de Da-
vid Cameron, plaider l’ignorance
devenait très difficile.
L’affaire salit bien sûr David Ca-
meron. «Le garder aussi longtemps
àses côtés posedes questions sur sa
capacité de jugement», lance, per-
fide, Ed Miliband, le leader de l’op-
positiontravailliste. Le premier mi-
nistre espère désormais avoir tiré
un trait sous cette affaire. Il a inté-
rêt: d’autres rebondissements sont
certainement à en attendre, et
l’ouverture d’unprocès possible.
Premier jour de deuil national
Une semaine après la chute du
régime du président Ben Ali, la
Tunisie a observé un premier jour de
deuil national «en mémoire des
victimes» du soulèvement populaire
– une centaine de morts, selon
l’ONU. L’Union générale des tra-
vailleurs tunisiens, qui a joué un rôle
crucial dans la révolte populaire, a
appelé à la dissolution du gouverne-
ment de transition et à la formation
d’un cabinet «de salut national»,
sans ministres de l’ancien régime.
De nouvelles manifestations ont
eu lieu dans le pays pour exiger la
démission du gouvernement, no-
tamment au siège de la Primature
(premier ministre) à Tunis, d’où des
fonctionnaires ont jeté par les
fenêtres des portraits officiels du
président déchu. «Vous avez volé la
richesse du pays mais vous n’allez
pas voler la révolution! Démission
du gouvernement!», ont scandé
tout au long de la journée des
manifestants en divers endroits de
la capitale.
Confirmant un retour progressif à la
normalité, le gouvernement de
transition a annoncé une reprise
graduée des cours dans les écoles
et lycées à partir de lundi. AFP
15 International
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Stuxnet, l’acte de guerre informatique
contre l’Iransans la moindre règle
Nucléaire iranien Le virus a fait flancher un millier de centrifugeuses. Washington et Israël en assaillants désignés
Alain Lallemand
Ce ne sont que huit chiffres, en
apparence anodins: 19790509.
Mais ces chiffres se trouvaient dans
le virus informatique Stuxnet qui a
infecté la planète en 2009 et 2010.
Ils n’ont pourtant aucune fonction
pratique: en théorie, tous les ordi-
nateurs sous Windows qui
auraient eu cette «date de nais-
sance» – mais il n’y ena plus aucun
à l’heure actuelle – auraient été
épargnés par le virus. Alors, à quoi
servaient-ils? C’était une coquette-
rie de programmeur, l’une des
deux signatures cachées du virus
qui lui apposaient la patte d’Israël:
le 9 mai 1979 (19790509) mour-
rait Habib Elghanian, premier juif
à avoir été fusillé par le nouveau
régime islamique iranien.
Pareils indices n’ont pas valeur
de signature officielle, bien en-
tendu, mais un faisceau d’indices
montre aujourd’hui que Stuxnet
était effectivement une attaque
informatique (américano-)israé-
lienne destinée à faire tourner à
surrégimepuis àsous-régime–jus-
qu’à destruction de leurs rotors
d’aluminium– les cascades de cen-
trifugeuses iraniennes de Natanz,
ces milliers d’«essoreuses» dont la
juxtaposition permet l’enrichisse-
ment de l’uraniumiranien.
Rappelez-vous: en juin 2009, le
Net est envahi par un virus nou-
veau qui ne sert ni à dérober les
numéros de cartes de crédit ni à
perturber les ordinateurs. Il n’en
est pas moins monstrueux: il se
transmet tant par clés USB que par
réseaux internes (grâce à une faille
dans le programme d’impri-
mante), il se dissimule auplus pro-
fond des programmes et surtout
ne perturbe pas les ordinateurs –
ce n’est pas sa cible.
Lorsquedeuxversions duvirus se
croisent, note l’entreprise Symantec
qui a décortiqué ce virus, ces ver-
sions se mettent automatiquement
àjour l’une l’autre. ViaInternet, elles
se mettent également à jour grâce à
deuxserveurs basés auDanemarket
en Malaisie. Ce virus installe lui-
même son programme pilote dans
l’ordinateur et, puisqu’il lui faut
pour ce faire des privilèges d’admi-
nistrateur, il leur dérobe les codes
enmoins de vingt-quatre heures. Ce
virus est tellement élaboré, estime
Symantec, qu’il a nécessité six mois
de travail à un groupe de cinq à dix
programmeurs.
Mais à quoi – et qui – sert-il?
Dans les faits, il ne s’attaque qu’à
certains automates programma-
bles industriels (api) de la firme
Siemens, programmés de manière
très spécifique (avec Step7), et il ne
les affecte que si ces automates
sont montés encascades d’une cer-
taine manière et selon un volume
impressionnant. C’est très pointu:
dans les faits, sur 100 000 systèmes
infectés, près de 65 000 étaient
basés en Iran (au 29 septembre
2010), ce qui est une bonne indica-
tionde sa cible géographique.
Ensuite, le virus ne dérègle pas
les automates: il les reprogramme
pour excéder exactement la capa-
cité de résistance des moteurs con-
trôlés par ces ordinateurs (donc
pour détruire ces moteurs), tout en
faussant les données envoyées en
salle de contrôle. Bref, pendant que
le virus ordonne aux automates de
pousser les machines jusqu’à l’ex-
plosion, les écrans de contrôle dif-
fusent l’enregistrement d’une acti-
vité normale: du pur Mission
impossible. C’est là que le virus «si-
gne» sa cible: selon l’Institute for
Science and International Security
(ISIS), Stuxnet est conçupour pous-
ser les moteurs aux fréquences
exactes qu’il faut pour bloquer
(2Hz), faire tourner à régime nor-
mal (1064Hz) puis faire exploser (à
1410 Hz) les rotors d’aluminium
des centrifugeuses iraniennes de
deuxtypes: celles rachetées autrafi-
quant pakistanais A. Q. Khan, puis
la première génération de celles in-
ventées par les Iraniens eux-mêmes.
Dans un article retentissant pu-
blié samedi dernier, le New York
Times affirme que Stuxnet est bien
uneréalisationisraélo-américaine,
testée avant diffusion, dans le dé-
sert israélien du Néguev, sur une
cascade de centrifugeuses recons-
tituée à cette seule fin. Siemens a
(involontairement?) prêté son
concours via le renseignement
américain. Par ailleurs, selon l’ISIS,
l’objectif a été partiellement, mais
largement atteint: de fin 2009 à
début 2010, près de 1000 centrifu-
geuses de Natanz ont flanché, ce
qui est beaucoup plus que le ni-
veau normal de défaillances.
Washington et Israël sont-ils
prêts à passer aux aveux? Non,
même si la secrétaire d’Etat Hillary
Clinton a publiquement évoqué le
fait que «l’Iran a des problèmes
technologiques qui ont ralenti son
calendrier». L’estimation com-
mune, tant au sein de l’opposition
iranienne en exil que pour les ser-
vices de renseignement israéliens,
est que l’attaque Stuxnet a reporté
à 2015 la capacité iranienne de se
doter de la bombe atomique, et a
écarté le spectre d’une action mili-
taire israélienne contre l’Iran.
Reste un problème de droit in-
ternational, que même le quoti-
dien israélien Haaretz évoque:
«Dans le cyberespace, les règles
d’engagement (d’unconflit) n’exis-
tent pas encore.» Est-il acceptable
que des guerres informatiques se
développent aujourd’hui sans que
la communauté internationale
s’enempare et les réglemente?
L’attaque Stuxnet
a reporté à 2015
la capacité iranienne
de se doter de
la bombe atomique
L’Iranrefuse de suspendre l’enrichissement d’uranium
Les discussions à Istanbul
n’ont «pas été concluantes»
Les grandes puissances et l’Iran
ont eu une heure et demie de dis-
cussions vendredi à Istanbul sur le
nucléaire. Dans le palais ottoman
de Ciragan, elles ont réuni la cheffe
de la diplomatie européenne, Ca-
therine Ashton, intermédiaire du
groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie,
Chine, France, Grande-Bretagne,
Allemagne), des représentants de
ce groupe et le négociateur iranien
et son équipe. Le groupe des Six
exige des garanties sur le pro-
gramme nucléaire de l’Iran, soup-
çonné de chercher à se doter de
l’arme atomique.
Catherine Ashton s’est entrete-
nue en tête-à-tête avec le négocia-
teur en chef du nucléaire iranien
Said Jalili, un échange qui s’est
avéré«pas concluant», adéclaréàla
presse ce diplomate occidental
proche des discussions.
Le négociateur en chef du nu-
cléaire iranien, Said Jalili, a déclaré
que son pays veut que son droit à
l’enrichissement de l’uranium soit
reconnu, et a demandé aussi la le-
vée des sanctions internationales
contre l’Iran, comme précondi-
tions à un début de discussions sur
un échange de combustible, selon
ce diplomate.
L’Iran poursuit «avec vigueur»
ses «activités d’enrichissement»
d’uraniummalgré les sanctions in-
ternationales, avait déclaré samedi
dernier Ali Akbar Salehi, le chef du
programme nucléaire iranien.
Concernant un échange de com-
bustible, les grandes puissances re-
cherchent un accord révisé sur ce
point, par rapport à la proposition
de 2009, «comme point de départ
pour bâtir la confiance», selon le
mêmediplomateoccidental. L’Irana
rejeté en 2009 un projet du groupe
de Vienne (Etats-Unis, Russie,
France) d’envoi enRussiede1200kg
d’uranium iranien faiblement enri-
chi pour obtenir en contrepartie de
la Russie et de la France ducombus-
tible pour le réacteur de recherche
médicale de Téhéran. En mai 2010,
l’Irana présenté avec la Turquie et le
Brésil une contre-proposition pré-
voyant d’envoyer en Turquie
1200 kg de son uranium pour faire
l’échange. Les grandes puissances
ont ignoré cette offre. AFP
Crashde Smolensk: affrontement partisanenPologne
Pologne - Russie Le premier ministre polonais, Donald Tusk, veut préserver la «paix politique» avec Moscou
Le 10 avril 2010 est devenu une
date charnière dans la «martyrolo-
gie» polonaise. Ce jour-là, à 7h27,
leTupolevTu-154Mtransportant le
président Lech Kaczynski, certains
de ses conseillers, de hauts respon-
sables militaires et des représen-
tants de la société civile quitte Var-
sovie pour assister aux cérémonies
marquant le 70e anniversaire du
massacre d’environ 22 000 offi-
ciers polonais à Katyn. A 8h41,
l’avion s’écrase près de l’aéroport
de Smolensk, enRussie. Depuis, les
deux pays concernés par le crash,
la Pologne et la Russie, ont cherché
à établir les faits. Mais ils ne sont
pas arrivés à des conclusions iden-
tiques, de sorte qu’à Varsovie le
drame s’est mué en polémique
riche en émotions et en calculs po-
litiques.
Mercredi dernier, pendant six
heures, les insultes et les cris ont
animé le débat au Sejm (Chambre
basseduparlement). Lepremiermi-
nistre, Donald Tusk, a répondu aux
attaques de l’opposition, menée par
le jumeau du président défunt, Ja-
roslaw Kaczynski. Donald Tusk a
marché sur une ligne de crête: il de-
vait prendre ses distances avec le
rapport «incomplet» présenté à
Moscou par le Comité intergouver-
nemental d’aviation (MAK), sans le
rejeter en bloc: celui-ci attribuait
l’entièreresponsabilitédel’accident
à l’équipage polonais du Tupolev,
soumis aux «pressions» de l’entou-
rage présidentiel pour atterrir.
Depuis le 18 janvier, la commis-
sion d’enquête polonaise a révélé
d’autres éléments, tel l’enregistre-
ment des conversations entre la
tour de contrôle et l’équipage. Il
apparaît que le pilote n’avait pas
été alerté de la mauvaise météo à
l’arrivée, ni correctement aiguillé
lors de son approche. Tout en ré-
clamant une «version complète»
de l’accident, Donald Tusk a cher-
ché à préserver la «paix politique»
avec Moscou. «Pour nous, ce qui
comptait n’était pas de prouver
quel mauvais partenaire est la Rus-
sie, mais d’obtenir les éléments
matériels, pour que triomphe la
vérité sur Smolensk.»
Jaroslaw Kaczynski a eu des
mots très durs à l’égard de Donald
Tusk, qu’il accuse depuis des mois
de s’être soumis au diktat russe et
d’être moralement responsable du
crash. «Il est arrivé, dans l’histoire
très tourmentée de notre peuple,
que nous perdions la liberté, mais
pas notre dignité, a-t-il déclaré.
Sous la direction du premier mi-
nistre Donald Tusk, nous avons
perdu notre dignité, et la liberté
aussi sera menacée.»
Thèses conspirationnistes
Au sein du parti Droit et justice
(PiS), certains ont décidé d’utiliser
le crash pour conduire une croi-
sade haineuse contre le gouverne-
ment. Le 17 janvier, le gendre du
président défunt, Marcin Dubie-
niecki, a même fourni de la matière
auxthèses conspirationnistes, affir-
mant que l’hypothèse d’unattentat
était «plus plausible que jamais».
«Nous vivons dans l’ombre du
mythe de Smolensk, soupire Jaros-
law Makowski, directeur de l’Insti-
tut citoyen, proche de la Plate-
formecivique(PO), laformationde
Donald Tusk. Le gouvernement est
sous la pression d’une opposition
proche de l’hystérie. Elle a beaudé-
cliner le mot vérité sous toutes ses
formes, elle ne pense qu’aux élec-
tions législatives de l’automne.
Tout le monde se prétend spécia-
liste des avions. Les médias feraient
mieux d’accorder davantage de
place aux véritables experts et aux
anciens pilotes.»
Piotr Smolar Le Monde
Irak: Tony Blair
exprime
des regrets
Grande-Bretagne
Commission d’enquête
AFP
Tony Blair a défendu vendredi
avec fougue le bien-fondé de la
guerre qu’il a livrée en2003à Sad-
dam Hussein et redoublé de criti-
ques envers l’Iran «nocif» tout en
exprimant des regrets inédits
pour «les pertes en vies humai-
nes», devant une commission
d’enquête sur la guerre d’Irak.
L’expression tardive de regrets
est intervenue au terme de quatre
heures de débats techniques fasti-
dieux, retransmis en direct à la
télévision. Quand le président de
la commission Sir John Chilcot a
demandé aupremier ministre tra-
vailliste de 1997 à 2007 s’il avait
quelque chose à ajouter.
«Troptard»
A la même question, lors de sa
première comparution en janvier
2010, Tony Blair avait dit n’éprou-
ver «aucun regret», s’attirant une
avalanche de critiques. Il a cette
fois corrigé son propos. «Je vou-
drais dire clairement que, bienévi-
demment, je regrette profondé-
ment et sincèrement les pertes en
vies humaines dans les rangs de
nos forces armées, dans celles
d’autres nations, celles de civils ve-
nus aider les Irakiens et celles des
Irakiens eux-mêmes.»
«Trop tard» se sont immédiate-
ment écriés plusieurs représen-
tants des victimes assis dans les
rangs du public. «Vos mensonges
ont tué mon fils. J’espère que vous
pourrez vivre avec ça», a accusé
RoseGentle, mèred’undes 179 sol-
dats britanniques tombés enIrak.
Tony Blair était convoqué une
deuxième fois pour «clarifier» ses
réponses initiales.
Brèves
France – Al-Qaida
U Oussama benLadena, dans un
nouveau message audio mena-
çant, lié le sort des otages français
au retrait de la France d’Afghanis-
tanet averti que les positions du
président Nicolas Sarkozy coûte-
raient «cher» à sonpays. Cet enre-
gistrement sonore diffusé ven-
dredi par la chaîne de télévision
du Qatar Al-Jazira est le deuxième
message du chef du réseau Al-
Qaida menaçant la France en
moins de trois mois. (AFP)
Proche-Orient
U La première visite à Gaza de la
ministre française des Affaires
étrangères, Michèle Alliot-Marie, a
été chahutée vendredi par des
manifestants pro-Hamas, jetant
une ombre sur sonappel à la levée
du blocus israéliensur le territoire
palestinien. Les protestataires lui
reprochaient des propos qui lui
ont été attribués par erreur sur le
soldat israélienGiladShalit. (AFP)
France
U Jean-Luc Mélenchon, coprési-
dent duParti de gauche, qui ap-
partient à la gauche radicale, a
annoncé vendredi sonintentionde
proposer sa candidature à l’élec-
tionprésidentielle de 2012. (AFP)
Albanie
U Trois personnes ont été tuées
par balles, vendredi à Tirana, lors
d’une manifestationde l’opposi-
tionmarquée par de violents
accrochages avec les forces de
l’ordre, donnant une tournure
dramatique à la crise politique qui
dure depuis unanet demi. (AFP)
Etats-Unis
U Gabrielle Giffords, l’élue blessée
lors de la fusillade de Tucsonle 8
janvier, a quitté vendredi l’hôpital
où elle était soignée dans cette
ville d’Arizona pour être transférée
par avionau Texas, où elle doit
entamer une rééducation. (AFP)
Le négociateur iranien Said Jalili est allé prier dans la Mosquée bleue avant de reprendre les discussions. ISTANBUL, 21 JANVIER 2011
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Suisse
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
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Unpacte contre le bétonnage de la Suisse
Aménagement La Confédération, les cantons, les villes et les communes s’engagent à freiner le mitage du territoire
François Modoux
La Suisse a mal à son territoire.
La nouveauté, c’est qu’elle le recon-
naît et le déplore, très officielle-
ment, et à l’unisson. Vendredi à
Berne, des représentants au plus
haut niveau de la Confédération,
des cantons, des communes et des
villes ont fait leur meaculpa. Onn’a
pas su, par le passé, aménager judi-
cieusement le territoire. Le laisser-
faire a favorisé l’étalement des sur-
faces construites, le fameux mitage
du territoire aujourd’hui dénoncé
par tous comme une plaie.
L’origine du mal? Les interve-
nants à cette conférence de presse
nationale ont un peu tourné
autourdupot. Maisilsconviennent
que le gène du fédéralisme, qui ca-
ractérise le système politique
suisse, porteunelourdepart deres-
ponsabilité.
Dès lors qu’il s’agit d’aménager
le territoire, personne ne sait qui
tient le gouvernail. L’Etat central ne
dispose pas de compétences fortes
enlamatière et les cantons doivent
partager les leurs avec les commu-
nes, dans un contexte de rivalité
attisée par l’autonomie fiscale. Les
réflexes égoïstes priment sur la
coopération. L’autisme l’emporte
quand il importerait de dialoguer.
Cela devient handicapant quand
les espaces politico-administratifs,
découpés par les frontières canto-
nales et communales, ne corres-
pondent plusauxespacesvécuspar
les citoyens.
La Confédération, les cantons,
les communes et les villes veulent
désormais renouer avec unaména-
gement vertueux. Ensemble, ils ont
élaboré un «Projet de territoire
Suisse». Présenté hier, ce «concept»
n’a riende contraignant. Il formule
des principes stratégiques qui de-
vraient prévaloir à tous les niveaux
de l’Etat où s’élabore et se décide
l’occupationduterritoire. «C’est un
état d’esprit, unengagement àfaire
mieux», a défendula conseillère fé-
dérale Doris Leuthard. Les cantons
et les communes seront «les plus
concernés» par le respect de ces en-
gagements, a-t-elle pris soin de
souligner.
Concrètement, le développe-
ment territorial ne sera «durable»
que s’il ménage le sol, ressource
rare et précieuse dans une Suisse
aux surfaces habitables étriquées.
Comme la populationsuisse conti-
nuera de croître, il faut canaliser le
développement urbainvers des zo-
nesdéjàconstruites. Doncdensifier
les villes existantes. En contrepar-
tie, aunomdelaprécieusediversité
des paysages, il faut protéger à la
fois des zones agricoles et des
beaux sites, identitaires; des espa-
ces verts consacrés à la détente à
proximité des agglomérations où
résident déjà la grande majorité
des Suisses.
L’autre défi souligné par le «Pro-
jet de territoire Suisse», c’est la né-
cessitéfaiteauxacteurs del’aména-
gement territorial de dépasser le
morcellement du pouvoir politi-
que. Entre communes voisines, il
faut penser sonavenir enpartenai-
res et non plus en rivales. Idem
pour les cantons.
Sur quoi reposel’optimismeaffi-
ché hier par tous les intervenants?
Il arrive unmoment oùla non-coo-
pération entre autorités a un prix
pour les citoyens; quand la facture
devient trop élevée, le temps est
mûr pour queles choses bougent, a
plaidé le conseiller d’Etat soleurois
Walter Straumann, au nom des
cantons.
D’ailleurs, a noté Lukas Bühl-
mann, directeur de l’Association
suisse pour l’aménagement du ter-
ritoire (ASPAN), les exemples de
bonnes pratiques se multiplient.
Des projets ambitieux impliquant
plusieurscommunes, et parfoisdif-
férents cantons, se concrétisent là
où les intérêts divergents sem-
blaient insurmontables il y a en-
core peude temps.
L’exemple présenté hier est celui
du plateau de Malley, dans l’Ouest
lausannois, qui implique trois
grandes communes. Vice-prési-
dent de l’Union des villes suisses et
syndicdeLausanne, Daniel Brélaza
vanté les mérites de ce morceau de
ville qui va naître sur d’anciennes
friches industrielles grandes
comme la ville de La Chaux-de-
Fonds. Efficience énergétique,
liaison optimale au centre-ville
aveclacréationd’unnouveautram,
logements neufs pour 8000 habi-
tants: le futur quartier est promis à
un développement exemplaire de
cette volonté de concentrer l’habi-
tat plutôt que le disperser.
Les parrains du «Projet de terri-
toire Suisse» se réclament des con-
clusions qu’un précédent docu-
ment, le Rapport 2005 du
développement territorial, avait ti-
rées. A l’époque, le Conseil fédéral
n’avait pas voulu avaliser le travail
de son administration. Si bien que
les collaborateurs de l’ARE (l’Office
fédéral du développement territo-
rial) avaient en quelque sorte pu-
bliéàcompted’auteurlerésultat de
leurs travaux, déjà sévères pour les
travers du développement territo-
rial suisse.
A cette anecdote, on mesure le
chemin parcouru. La discussion
autrefois avortée est relancée avec
la mise en consultation du «Projet
de territoire Suisse». Les cantons de
montagne ont aussitôt exprimé la
crainte que l’on mette sous cloche
le territoire qui n’est pas déjà urba-
nisé. Les Verts, dont l’initiative sur
le paysage est discutée au parle-
ment, ont salué des engagements
constructifs, mais ils s’inquiètent
pour leur mise en œuvre, que rien
ne garantit.
«C’est un nouvel
état d’esprit, un
engagement à faire
mieux que dans
le passé»
Les internautes pistent les jets duclanBenAli à Genève
Fuite Des amateurs ont repéré les trois avions privés du clan. Ils se sont posés près de 30 fois à Cointrin l’an dernier
Latraqueacommencésur Twitter
au soir du 14 janvier. Assis devant
son écran à des milliers de kilomè-
tres de là, alors que les médias en
sont réduits aux conjectures, un in-
ternaute portant le pseudo Twouir1
est le premier à assister endirect à la
fuite du président Ben Ali. «J’ai re-
marqué le Boeing 737 immatriculé
TS-IOOausudd’Enfidhaquandil est
entré dans le radar de Malte, raconte
cet observateur anonyme. Je l’ai vu
partir vers le sud en direction de Tri-
poli, puis bifurquer vers la France
avant de faire à nouveau demi-tour
vers Djeddah.»
Le Falconde «M. Gendre»
Twouir1fait partie d’une commu-
nauté d’internautes qui passe ses
nuits à observer le trafic aérien en
temps réel sur des sites comme
Flightradar24ouLibhomeradar.org.
Dès le15janvier, des appels sont lan-
céssurTwitterpourretrouverlatrace
de trois avions privés utilisés par le
clanenfuite.
Leparcoursdecesjetslaisseentre-
voir les liens étroits qu’entretenaient
jusqu’aux derniers jours les proches
de Ben Ali avec la place genevoise. Il
s’avère que trois de leurs avions pri-
vés, des Challenger 600 immatricu-
lés TS-IAM et TS-IBT, ainsi que le Fal-
con TS-JSM, se sont posés à 28
reprises à Genève en 2010. C’est à
bord d’un des Challenger que Leïla
Ben Ali et son entourage ont quitté
l’aéroport duBourget après avoir été
refoulés par les autorités françaises
le15janvier.
Le Falcona quant à lui été localisé
mercredi sur le tarmac de Cointrin
par unamateur qui aaussitôt publié
l’information sur son blog. L’avion y
est arrivé le 10 janvier au soir, de Tu-
nis, apparemment sans passager. Il
appartient àuneex-figuremontante
du régime Ben Ali, Mohamed Sakhr
El Materi, l’époux de la fille aînée de
Leïlaet deZineel-AbidineBenAli. Ce
milliardaire de 31 ans est notam-
ment à la tête de la holding Princess
El Materi et de la banque islamique
Zitouna, dont les avoirs ont été saisis
hier par la Banque centrale tuni-
sienne.
Récepteur amateur
Sakhr El Materi, décrit dans les
câbles diplomatiques de WikiLeaks
comme un jeune homme conserva-
teur et ambitieux, a fait sa première
fortune en plaçant en bourse une
part de sa société d’importation de
voitures. Il aensuitefondélabanque
Zitouna en 2010. Le 22 novembre
dernier, «Monsieur Gendre» avait
lancé une OPAde plus d’un milliard
dedollars sur l’opérateur detélépho-
nie mobile Tunisiana. L’opération
était financée pour moitié par des
banques étrangères qui craignent
aujourd’hui d’avoir perduleur mise.
Depuis jeudi, son nomet celui de
son épouse Nesrine figurent en
bonne place sur la liste des person-
nes visées par le blocage des biens
imposé par le Conseil fédéral. Un
porte-paroleduDépartement desaf-
faires étrangères (DFAE), chargé de
l’application de la mesure, confirme
que l’ordre concerne «toutes les va-
leurs de toute nature, mobilière et
immobilière». En théorie donc, le
Falcon devrait être saisi. «Toute per-
sonne ayant autorité sur cet avionet
qui le laisserait partir serait punissa-
ble», confirmeleporte-parole.
L’avion se trouverait toujours sur
le tarmac de Cointrin. C’est ce que
révèle une base de données mainte-
nuepar l’Associationdes riverains de
l’aéroport deGenève(ARAG), qui en-
registre tous les atterrissages et dé-
collages grâce à un récepteur. C’est
avec ce genre d’installations ama-
teurs, réparties un peu partout en
Europe, que des internautes comme
Twouir1 s’amusent à pister les jets
tunisiens. Le Falcon restait toutefois
introuvable vendredi. «Je suis allé
voir cematin, jenel’ai pas vu», confie
penaud un porte-parole de l’Aéro-
port de Genève. Contacté vendredi,
l’OFAC s’est dit incapable de donner
plus deprécisions.
François Pilet
U Plusieursplaintesliéesauxévéne-
ments tunisiens ont été reçues par le
Ministèrepublicgenevois, a-t-il indi-
qué vendredi soir. Alix Francotte Co-
nus, premier procureur, vaexaminer
si unavionetd’autresavoirsduprési-
dent déchuBenAli et de ses proches
doivent être saisis. Aucune saisie pé-
nale n’a été ordonnée pour l’heure à
Genève, apréciséleParquet genevois
dans soncommuniqué. (ATS)
Regard
Ces blocages qui soignent la réputation
LeConseil fédéral adécidéde
bloquer pour uneduréedetrois ans
les éventuels avoirs del’ancien
président tunisienBenAli et deson
clan. Unemêmeordonnancevise
Laurent Gbagbo, chef d’Etat en
grandedifficultédelaCôted’Ivoire.
Ces mesures exceptionnelles, fon-
dées sur les pleins pouvoirs que
confèrelaConstitutionlorsquela
sauvegardedes intérêts dupays est
enjeudans ses relations avec l’étran-
ger, neconstituent pas vraiment une
surprise. Depuis plusieurs années
déjà, lemessagepolitique– em-
preint il est vrai d’uncertaincynisme
– est assezclair. LaSuissenedoit plus
êtreassimiléeàunecaissederetraite
pour dictateurs déchus.
Ces fortunes insolentes depoten-
tats endéroutesont problématiques
depuis longtemps. En1986, le
Conseil fédéral arecouruaumême
droit denécessitépour éviter quele
magot duclanMarcos nesevolati-
liseavant ledépôt d’unerequête
d’entraide. En1997, ungel politique
urgent des fonds del’ex-dictateur
zaïrois Mobutuaaussi étéordonné.
Cevolontarismeiracrescendo. En
2002, unenouvelleétapeest fran-
chieavec leblocageenbout de
course, et unefois l’échec dela
procédured’entraideprogrammé,
del’argent duclanDuvalier. Le
Département des affaires étrangères
est auxpremières loges dans ces
dossiers. Sous laféruledeMicheline
Calmy-Rey, biendécidéeàrestaurer
l’imageécornéedelaplacefinan-
cièresuisse, cettemêmeparadesera
encoreutilisée, mais envaincette
fois, pour éviter delibérer les fonds
Mobutudont laRDCneveut pour-
tant pas.
Renouveléchaquetrois ans dans
ces deuxdernières affaires, cegel
politique, dont lalégitimiténe
s’imposepas demanièreaveuglante,
aétéobservéavec unegranderete-
nuepar leTribunal fédéral. Mon-Re-
pos atout demêmeeul’occasionde
diredans lecas Mobutuqueladurée
decettedécision, censéeêtrelimitée
dans letemps, devenait excessive.
LaConstitutionn’apas pour
vocationpremière, reconnaît le
Conseil fédéral lui-mêmedans son
messageauparlement, derésoudre
des cas liés àl’entraidejudiciaire
internationaleet nesaurait devenir
unesolutionàlongtermepour
résoudredes cas problématiques. Le
blocagegouvernemental des fonds
Duvalier perduretout demême
depuis neuf ans, sans compter les 16
ans deprocédurequi ont précédé.
Tous ces efforts pour quelquemal-
heureux6millions defrancs qui ne
changeront sans doutepas grand-
choseàlamisèred’Haïti mais qui
pèsent bienlourdsur l’imagedela
Suisse.
C’est bienpour résoudre ce
casse-tête qu’une nouvelle loi sur
la restitutiondes avoirs illicites de
personnes politiquement expo-
sées (les fameux PEP) a été concoc-
tée. Aunrythme de sénateur et
avec unrésultat décevant. Ces
dispositions, qui doivent entrer en
vigueur enfévrier, permettront au
Conseil fédéral de bloquer l’argent
d’ex-chefs d’Etat et de leurs pro-
ches sans se fonder sur la Constitu-
tion(celle-ci continuera à servir
pour les cas d’urgence), mais
seulement dans des circonstances
bienprécises.
Unedemanded’entraidejudi-
ciaireenbonneet dueformede
l’Etat d’origineseranécessaire. Il
faudraensuitequecemêmeEtat ne
soit plus enmesured’enquêter en
raisondes défaillances desonsys-
tèmejudiciaire. Ceblocagedevra
enfinêtredans l’intérêt delaSuisse.
Ces conditions cumulatives ont fait
direàl’ancienprocureur général
genevois BernardBertossa, engagé
dans laluttecontrelacorruption,
que«cetteloi aurauneportéequasi
nulle» (LTdu24.09.2010).
Apriori, il n’yaaucuneraison
queles cas ivoiriens et tunisiens,
pour autant queles requêtes d’en-
traidesoient biendéposées, relèvent
delafutureloi. Il n’est d’ailleurs à
souhaiter àaucunEtat dedevenir
défaillant, donc denouveautrop
corrompuoudévasté, pour pouvoir
bénéficier ensuitedes grandes
facilités deconfiscationet derestitu-
tionréservées par cettenouvellevoie
spéciale. Les populations ici spoliées
devront donc attendrel’issuede
lentes et complexes procédures
d’entraide, voirecelled’uneenquête
pénalehelvétique, avec des règles de
preuvebeaucoupplus strictes, pour
espérer voir lacouleur decequi apu
êtresiphonnédans les caisses publi-
ques.
Quant àlaSuisse, il lui resteà
espérer queles futurs montants
découverts – ceuxqu’elleaacceptés
avant deles déclarer nongrata– ne
seront pas tropimportants. Et
surtout quecemagot n’aurapas été
transférédans les jours qui ont
précédécettedécisiondeblocage.
Laloi sur leblanchiment d’ar-
gent, conçuepour éviter l’arrivéeet
lafuitedefonds illicites, prévoit une
vigilanceaccruedes banques face
auxPPE. Certains dossiers tels que
l’affaireAbacha, avec ses milliards en
dépôt ouentransit, et ses intermé-
diaires financiers peuregardants,
ont démontréqu’il resteencoreà
faireenmatièredepréventionpour
éviter auConseil fédéral dedevoir
sauver périodiquement lafaceà
grands coups deConstitution.
Fati Mansour
La Constitution n’a
pas pour vocation
première de résoudre
des cas liés à
l’entraide judiciaire
Tunis: la liste noire
Mohamed Sakhr El Materi (lire
ci-contre) y figure. Son père
Moncef El Materi, aussi. Ou encore
Belhassen Trabelsi. L’ordonnance
du 19 janvier du Conseil fédéral qui
prône le gel des avoirs du clan Ben
Ali comprend une liste d’une qua-
rantaine de noms. Apart l’ex-prési-
dent Ben Ali et sa femme Leila
Trabelsi, y sont notamment cités
leurs enfants Nesrine et Halima, les
trois enfants issus d’un premier
mariage de Zine el-Abidine Ben Ali,
ses frères et sœurs, de même que
le clan Trabelsi et des membres de
grandes familles proches du couple
présidentiel.
Moncef El
Materi, prési-
dent du Conseil
d’administra-
tion de Nestlé
Tunisie depuis
2006, a quitté
ses fonctions au lendemain de la
publication de la liste noire, a
révélé le Blick. Nestlé confirme. Et
affirme qu’il a démissionné «de son
plein gré». PDGde Adwya, leader
des industries pharmaceutiques en
Tunisie, Moncef El Materi est un
ami de promotion de Zine el-Abi-
dine Ben Ali à l’Ecole militaire de
Saint-Cyr. Et a surtout été l’un des
organisateurs de la tentative du
coup d’Etat contre le président
Habib Bourguiba en 1962, pour
lequel il avait été condamné à mort,
puis gracié.
Autre personne
visée: Belhas-
sen Trabelsi,
frère de Leïla,
propriétaire de
compagnies
aériennes,
d’hôtels et de chaînes radio-TV.
WikiLeaks le décrit comme «le
membre le plus connu de la famille,
qui serait impliqué dans un grand
nombre de faits de corruption».
Sofiane Ben Ali, neveu du président
déchu, y est également. Selon des
Tunisiens, il aurait été aperçu en
début de semaine à Genève, près
d’une banque HSBC.
Ridha Ajmi, avocat suisse d’origine
tunisienne, a, dans sa dénonciation
pénale au Ministère public de la
Confédération, établi sa propre
liste. Très différente. Il juge celle du
Conseil fédéral «incomplète, car
elle exclut notamment les hommes
politiquement engagés pendant la
période de la dictature». La sienne
vise aussi des ministres encore au
pouvoir. Et comprend le nomde
Mohamed Ben Ali, né en 2005. Un
enfant du couple présidentiel que
le Conseil fédéral n’a pas inscrit sur
sa liste. Valérie de Graffenried
Brèves
BNS
U Lasuspensionéventuelledes
versements delaBanquenationale
suisse(BNS) auxcollectivités publi-
ques préoccupeles chefs des Finan-
ces des cantons latins. Dans un
communiquédiffusévendredi, ils
exigent des précisions. (ATS)
Cannabis
U Lapolicepourrait exiger 100
francs detoutepersonnedeplus de
16ans priseenflagrant délit de
fumer unjoint. Unecommissiondu
National vaprochainement mettre
ceprojet enconsultation. Ellene
rejettepourtant quedejustessela
dépénalisationducannabis. (ATS)
Horaires
U Syndicats et associations patro-
nales ducommercededétail sont à
nouveauàcouteauxtirés àGenève.
Celles-ci envisagent dedénoncer la
conventioncollectivedusecteur si
les syndicats refusent denégocier
uneextensiondes horaires. Forts du
rejet d’uneouvertureétenduedes
commerces envotationle28no-
vembre, les syndicats s’yrefusent et
réclament unemédiationduCon-
seil d’Etat. (LT)
Champagne
U Labataillesur l’appellation«Flû-
tes deChampagne» est terminée. Un
accordaététrouvéentrelefabricant
vaudois et laFrance. (ATS)
17 Suisse
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
MichelineCalmy-Rey dans lechaudronUDC
Albisgüetli La présidente de la Confédération était invitée au grand raout annuel des démocrates du centre.
Elle a tenté de rappeler à un auditoire pas toujours acquis la nécessité d’une Suisse ouverte sur le monde
Anne Fournier, Zurich
Elle est arrivée peuavant 19 h, de
noirvêtue, trèsviteengagéedansun
tête-à-tête souriant observé de tous
avec l’un de ses hôtes principaux,
Christoph Blocher. «Nous avons
beaucoup apprécié son courage», a
glissé aupassage Toni Brunner, pré-
sident de l’UDC. Il faut dire que les
attentes étaient élevées, depuis que
Micheline Calmy-Rey a fait savoir
qu’elleserait présenteàce23eAlbis-
güetli, grand-messe de l’UDC que
plusd’unprésident delaConfédéra-
tion a jusqu’ici évitée. En terrain
miné au moment où sa cote de po-
pularité est en baisse, allait-elle
aborder des sujets explosifs comme
l’UE ou plutôt caresser son public
dans le sens du poil, se montrant
grandepatriote?
Sur le podium, la Genevoise a
commencé par dénoncer les
échauffourées devant l’Albisgüetli,
où des mouvements autonomistes
avaient appelé à la mobilisation et
où les forces de l’ordre étaient pré-
sentesennombre. «Noussommeslà
pour parler avec des mots et non
avec les poings.» Endébut de soirée,
le conseiller national Hans Fehr a
été blessé au visage, agressé, selon
ses dires, par certains des quelque
80manifestants.
Accueillie en français dans une
salledustanddetirpleineàcraquer,
la présidente a d’abordtenuà mon-
trer unsens deladérisionet del’hu-
mour. Jusqu’à faire sourire. «Je n’ai
aucun problème à venir ici; on n’y
trouvepasplusleloupquelediable,
et de cornes on ne voit au pire que
celles d’un bouc.» Elle a ensuite as-
surédesonamourdelapatrie, quels
que soient les désaccords qui la sé-
parent de son auditoire: «Je repré-
sente une Suisse avec laquelle vous
devez probablement vous sentir
moins à l’aise: Genève, Rousseau,
Calvin, une femme politique socia-
liste, l’ouverture. Cela constitue-t-il
une raisonsuffisante pour ne pas se
parler?»
Quelque 1500 personnes
s’étaient réunies, sous des airs de
fanfare, rassemblées par le slogan
«Unavenir sûr enliberté», invités ou
fidèles de l’UDC – parmi lesquels
Thomas Müller, conseiller national
saint-gallois qui vient de préférer
l’UDC au PDC et qui a été très cha-
leureusement accueilli. Fanfare, cra-
vates et biscuits marqués de la croix
fédérale, le décor était patriotique à
souhait pour ce qui se veut la forte-
resse de l’opposition. Surtout lors-
quedébuteuneannéeélectorale.
Durant quelque trente minutes,
la socialiste, à l’aise, a surtout insisté
sur l’importance de «la collabora-
tion internationale», «clé de notre
succès», aussi avec des thèmes sus-
ceptibles d’égratigner la susceptibi-
lité UDC. A plusieurs reprises, elle a
soulignélanécessitéd’êtreprésente
sur la scène internationale. Ecoutée
avec attention, la Genevoise a pour-
tant essuyé des «ouhh» de protesta-
tion lorsqu’elle a fait l’éloge de la
voie bilatérale avec l’Union euro-
péenne, rappelant que «la libre cir-
culationdes personnes et Schengen
ont permis à la Suisse de réaliser ses
objectifs deprospéritéet desécurité
voir deles dépasser».
Monté sur l’estrade avant la con-
seillère fédérale, Christoph Blocher
s’est durant plus de soixante minu-
tes surtout employé à dénoncer le
«concept de Weck» d’une Télévision
d’Etat d’où l’on cherche «à écarter
l’UDC», notamment de l’émission
politique Arena. Le tribun zurichois
ena aussi profité pour adresser une
viveattaquecontrelaBanquenatio-
nale suisse, qui «a voulu participer
ausauvetagedel’euro»etaperdu«le
même montant qu’UBS». Lui n’avait
quasi personne à séduire et les ap-
plaudissements sont venus le rap-
peler.
Micheline Calmy-Rey lors de la réunion de l’UDC dans la salle de l’Albisgüetli. La présidente de la Confédération était l’hôte du parti. ZURICH, 21 JANVIER 2010
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«Je représente une
Suisse avec laquelle
vous devez
probablement vous
sentir moins à l’aise»
La voie étroite de la Suisse enEurope expliquée à l’Allemagne
Micheline Calmy-Rey
effectue lundi à Berlin son
premier voyage officiel
à l’étranger en tant
que présidente
Au cœur de la visite qu’entre-
prend lundi à Berlin la présidente
de laConfédération, Micheline Cal-
my-Rey, il y a le besoin urgent d’ex-
pliquer aux voisins de la Suisse sa
position particulière face à l’Union
européenne. Après Berlin, la prési-
dente helvétique et cheffe de la di-
plomatie devrait se rendre à Ma-
drid, Bruxelles et Paris. Elle avait
reçu en début d’année le ministre
italien des Affaires étrangères,
FrancoFrattini.
Alors que le Conseil européen a
conclu en décembre que «la voie
bilatérale est pratiquement épui-
sée», Berne veut encore croire à la
possibilité de faire évoluer les ac-
cords entre l’UE et la Suisse tout en
garantissant la souveraineté helvé-
tique. Le Conseil fédéral estime
qu’il existe des pistes pour que la
Suisse dispose d’undroit de codéci-
sion et de participation jugé suffi-
sant et qui s’appliquerait à l’ensem-
ble des accords. C’est de la
possibilité de cette voie que Miche-
lineCalmy-Reyaimerait convaincre
ses voisins allemands et français
surtout.
Et le dossier fiscal?
Rompant avec la tradition des
discours prononcés devant une
université, c’est dans le cadre d’une
«discussion» co-organiséepar laSo-
ciété de politique extérieure alle-
mande DGAP («Berne-Berlin-
Bruxelles: entre intérêt national et
solidaritéeuropéenne») queMiche-
line Calmy-Rey aura l’occasion de
préciser cette positionenmarge de
la visite officielle. «Tout le monde
est d’accordque le modèle bilatéral
actuel doit être aménagé, estime à
ce sujet le politologue Dieter Frei-
burghaus, professeur émériteàl’Id-
heapde Lausanne. La pressionaug-
mente sur la Suisse, mais c’est
essentiellement une pression ver-
bale! La capacité de l’Union euro-
péenne à se mettre d’accord sur
quoi que ce soit est tellement faible
que l’Union européenne va plutôt
utiliser ces maigres ressources pour
des sujets autrement plus impor-
tants que la Suisse! Angela Merkel,
dans tout cela, est très pragmati-
que. De toute façon, elle laisse plu-
tôt le dossier suisse à son ministre
des Finances, Wolfgang Schäuble,
un Allemand du sud qui connaît
bienmieuxqu’ellelaSuisse.»
Mais Micheline Calmy-Rey ne
rencontrera pas Wolfgang Schäu-
bleàBerlin. Pas plus queleministre
des Transports, alors que ces deux
dossiers pèsent sur les relations bi-
latérales depuis des mois.
«Le dossier fiscal ne va pas pro-
gresser au cours de cette visite», as-
sure un proche allemand du dos-
sier. Après la signature d’une
convention sur la double imposi-
tion, les négociations viennent à
peine de débuter autour du projet
d’impôt libératoire, le modèle Ru-
bik qu’espèrent les établissements
financiers suisses pour préserver le
secret bancaire.
Quant aux transports, les ques-
tions de voisinage telles que les
voiesaériennesautourdel’aéroport
de Zurich, ou la question du finan-
cement desvoiesferroviairesenvue
de l’ouverture dutunnel de base du
Saint-Gothard figurent également
enmargedelarencontre, maisrelè-
vent désormais davantaged’uneso-
lutiontechnique.
Micheline Calmy-Rey, qui a été
nomméepar lesecrétairegénéral de
l’ONU, Ban Ki-moon, dans le panel
des 21 personnalités mondiales
chargées de réfléchir «à la viabilité
de l’environnement mondial», sous
la double présidence de la prési-
dente finlandaise, Tarja Halonen, et
du président sud-africain, Jacob
Zuma, aimerait aussi sensibiliser les
dirigeants européens àcettecause.
Plus généralement, la Suisse
prendactedelanouvelledimension
politique de l’Allemagne, première
économie européenne, davantage
tournée vers son engagement en
Afghanistan, son dialogue avec la
Russie, la difficile mue de l’Europe
ou la recherche d’un nouvel équili-
bre mondial que vers son petit voi-
sindusud. Yves Petignat, Berne,
et Nathalie Versieux, Berlin
En2009, Berne avouait sonimpuissance face à la prolifération
WikiLeaks Des ingénieurs nucléaires iraniens se sont formés en Suisse sur invitation de la société Colenco. Reproches de Washington
LasociétéargovienneColencoa
entraîné sur sol suisse des ingé-
nieurs iraniens liés auprogramme
nucléaire de la République islami-
que, révèlent des documents di-
plomatiques américains recueillis
par WikiLeaks et publiés par le
journal norvégienAftenposten.
Les ingénieurs appartenaient à
Masna, une structure étatique
chargée de la conception des cen-
trales nucléaires iraniennes, qui
est visée par un embargo de
l’Union européenne. Selon le do-
cument américain, les ingénieurs
ont été entraînés à «l’analyse pro-
babiliste de sécurité» et ont pu re-
cevoir «des conseils techniques
détaillés» concernant la concep-
tion de réacteurs nucléaires.
Autant d’activités civiles qui, selon
Berne, étaient légales et tolérées
par le régime de sanctions mis en
place par l’ONU.
L’informationtout de même est
embarrassante pour la Suisse, car
les documents suggèrent que les
autorités helvétiques étaient, en
2009 encore, conscientes de la fai-
blesse de l’arsenal législatif des-
tiné à entraver l’exportation de
technologies nucléaires sensibles.
«Le gouvernement suisse a de
plus en plus de mal à imposer des
contrôles à l’exportationà l’indus-
trie», aurait ainsi déclaré Erwin
Bollinger, responsable de ces con-
trôles au Secrétariat d’Etat à l’éco-
nomie(Seco), lors d’unerencontre
avec un responsable américain le
15 septembre 2009. Selon lui,
Berne avait bien reçu «des indices
selonlesquels la technologie four-
nie par Colenco pouvait être dé-
tournée par les Iraniens», mais
l’administration fédérale ne pou-
vait pas «atteindre son objectif de
stopper Colenco en utilisant les
lois suisses actuelles».
Selon les Etats-Unis, les activités
de Colenco présentaient un «ris-
que» que la technologie nucléaire
civile fournie à l’Iransoit détournée
à des fins militaires. Et l’argument
de Colenco – les technologies four-
nies à l’Iran étaient dans le «do-
maine public» – n’a pas convaincu
Washington: «L’aide de Colenco in-
cluait une assistance pour la con-
ception des réacteurs, à un niveau
très détaillé», et cette «valeur ajou-
tée était le cœur de ce que recher-
chait l’Iran quand il a approché Co-
lenco», explique le document
américain.
Selon les autorités suisses, la so-
ciété s’est montrée «très coopéra-
tive» et a fourni des «milliers de pa-
ges» documentant ses activités.
L’administrationafini parmettrefin
àsesliensavecl’Iranenutilisant une
réglementation technique éma-
nant du Nuclear Suppliers Group,
qui réunit les principaux pays pro-
ducteurs de technologie nucléaire.
La société argovienne aurait subi
une perte de 40 millions de francs
dufait decetteinterdiction.
Colencoréagit
«A chaque pas que nous fai-
sions, nous en informions le Seco,
qui a toujours donné son feu vert,
car la technologie que nous met-
tions en œuvre n’était pas consi-
dérée comme dangereuse», expli-
que Roberto Gerosa, directeur
exécutif de Colenco.
«Dès le début, le Seco nous a
avertis que nous risquions de su-
bir des pressions américaines,
poursuit le directeur. Nous sa-
vions qu’il yavait des risques, mais
nous ne savons pas quelles inter-
ventions ont effectuées les autori-
tés américaines auprès de la
Suisse, et le revirement de 2009
nous a surpris. Nous n’avions pas
le sentiment de violer les sanc-
tions. Nous sommes des techni-
ciens, pas des politiques.»
Sylvain Besson et Y. P.
Foisond’idées
pour financer
les transports
Rail D’autres solutions
pourraient ressurgir
Bernard Wuthrich, Berne
D’accord de trouver de nouvelles
recettes pour financer les transports,
à condition que ce soient les autres
qui paient. Les réactions aux propo-
sitions du Conseil fédéral (LT du
21.01.2011) ont été sans surprise: la
droite et les organisations routières
acceptent de renchérir le train mais
pas les taxes routières, alors que la
gaucheet les organisations écologis-
tes demandent lecontraire.
Il sera difficile pour le Conseil fé-
déral de démêler l’écheveau. Peut-
être devra-t-il ressusciter l’une ou
l’autredesidéesdefinancement qu’il
n’a pas retenues. Plusieurs pistes ont
été explorées, lit-on dans le rapport
du groupe de travail créé par les dé-
partements des transports et des fi-
nances.
Redevance sur les titres de trans-
port. Plutôt que de renchérir les
billets eux-mêmes, on pourrait pré-
lever une taxe dont les recettes se-
raient affectées au rail. L’idée a été
écartée, car elle s’ajouterait à l’aug-
mentationduprixdesbillets, qui pa-
raît inévitable.
Tarification de la mobilité (mobi-
lity pricing). Il s’agit d’une «option
porteuse d’avenir», selon le groupe
de travail. Mais elle n’est pas mûre,
car elle implique de revoir toute la
tarification existante. Cette solution
pourrait voir lejour plus tard.
Fonds fédéraux. Il n’est pas exclu
queles sommes prélevées sur lebud-
get ordinaire augmentent. Mais ce-
lui-ci sera mis à contribution pour
l’AVSet lasanté. Alors…
Taxe poids lourds. Des versements
supplémentaires pour les transports
publicsseferaient audétriment dela
part verséeauxcantons.
TVA. Aujourd’hui déjà, 0,1% des re-
cettes de la TVA sont affectées aux
transports. Un doublement de ce
prélèvement dégagerait 300 mil-
lions de plus. Mais la TVA est aussi
sollicitée pour l’AI (0,4%) et la ten-
dance est de ne pas multiplier les
parts affectées à des fins précises, la
TVAdevant rester unimpôt général.
Taxes sur l’essence. L’initiative de
l’AssociationTransport et Environne-
ment (ATE) demande que la moitié
de leurs recettes aillent aux trans-
ports publics. Le Conseil fédéral dit
non: on utilise déjà 25% pour le rail,
le reste doit rester à disposition du
réseauroutier, dit-il.
Taxesurlespendulaires. Lancéepar
le directeur de l’Office fédéral des
transports, Peter Füglistaler (LT du
15.10.2010), cette idée s’inspire du
«Versement Transport» (VT) instauré
enFranceen1973. Cettetaxeest pré-
levée auprès des entreprises qui em-
ploient des pendulaires. Leprojet est
jugé «réalisable en Suisse» malgré la
fermeoppositiondes patrons. UnVT
de0,2%surlamassesalarialerappor-
terait 500millions.
D’autrespistesont étéexploréeset
leseront encore. Les réactions enten-
dues depuis jeudi laissent penser
que le Conseil fédéral devra revoir sa
copie, aumoins enpartie.
Suisse
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
18
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Daniel Brélaz, unmathématicien
coincé par les chiffres
Elections La situation financière de Lausanne est devenue le thème principal de la campagne
Yelmarc Roulet
Une dette plus grande que celle
du canton, des charges loin d’être
maîtrisées, une caisse de pension
insuffisamment couverte. Ces
mauvaises performances lausan-
noises ont pris possession de la
campagne pour les élections com-
munales de mars prochain. Elles
en sont même devenues le thème
principal, ce qui lui donne untour
tout à fait inédit. Le syndic, Daniel
Brélaz, qui tient aussi la caisse
communale, est sur la défensive.
L’as des maths est-il devenu le can-
cre des finances publiques?
Les problèmes financiers de
Lausanne ne datent pas d’hier,
mais le récent classement de
l’Idheap lui a donné un grand re-
tentissement public en lui attri-
buant la dernière place dans son
classement de la gestion des villes
(lire ci-dessous). Depuis, l’opposi-
tion de droite multiplie les assauts
sur ce sujet, en espérant regagner
du terrain dans une capitale vau-
doise où elle est réduite à la por-
tioncongrue. Lamajoritérose-rou-
ge-verte occupe en effet 60% du
Conseil communal (parlement) et
sixsièges sur sept àlamunicipalité.
Laplaiedelacaissedepensiona
été rouverte il y a quelques jours.
La municipalité a dû annoncer
qu’une nouvelle injection d’une
centaine de millions de francs se-
rait nécessaire: les 350 millions de
2008 n’ont pas permis d’atteindre
le taux de couverture de 60% pro-
mis. «Le syndic reporte à 2012 le
moment de prendre les mesures
touchant les prestations», se plaint
Pierre-Antoine Hildbrand, le spé-
cialiste caisse de pension dans le
campradical-libéral. Et deconnec-
ter la double casquette du syndic,
qui est également président de la
caisse.
Les Verts libéraux, qui espèrent
se faire une place dans ces élec-
tions, ont lancé une initiative vi-
sant à réduire de 7 à 5 le nombre
des municipaux. Ils rejoignent
l’UDC, déjà présente sur ce thème
par unemotion. Outrel’accusation
implicite d’inutilité de certains
élus, cela permettrait d’alléger le
ménagedelacommune. «Les char-
ges salariales de la Ville ont aug-
menté de 25% en 10 ans, souligne
Benjamin Leroy-Beaulieu, candi-
dat de la droite écologiste à l’exé-
cutif. Onne s’entirerapas sans une
intense réorganisation. «On ne
peut pas dire que Daniel Brélaz fa-
vorise les dépenses, mais il n’arrive
pas à les freiner», observe l’UDC
Claude-AlainVoiblet.
Quant à la dette, elle atteint 2,3
milliards de francs. Depuis que le
canton a réduit drastiquement la
sienne autour de 2 milliards, elle
fait tache. Avec 20000 francs par
habitant, Lausanne est la com-
mune la plus endettée du canton,
et de loin. Les intérêts engloutis-
sent 70 millions par an, ou
«200000 francs par jour» pour re-
prendre le calcul grand public
agité dans la campagne.
Même les socialistes s’y sont
mis. Florence Germond, qui bri-
gue un fauteuil à la municipalité,
s’inquiètedelasituationdes finan-
ces lausannoises, dont l’évolution
tranche avec celles des autres col-
lectivités publiques. Pesant cha-
cun de ses mots, la colistière de
Daniel Brélaz, trouve que le syndic
a le mérite d’avoir avancé mais
qu’il faut faire un pas de plus. Lau-
sanne souffre visiblement d’un
problèmestructurel, qu’il faut exa-
miner de près. Pour l’heure, elle se
garde de proposer des économies
mais regarde du côté des autres
communes, qui devraient partici-
per davantage aux charges de la
ville-centre, et du canton, qui
garde dans sa poche les montants
reçus àcetitredelaConfédération.
«Ce sont des retombées indirec-
tes de l’affaire grecque, estime Da-
niel Brélaz à propos de cette effer-
vescence, mais la situation n’a rien
de comparable.» Il y voit un «pré-
chauffage électoral intense de
ceux qui n’ont pas bougé dans les
années 90, quand la dette prenait
l’ascenseur», alors qu’elle se stabi-
lise. «Le déficit était de 115 mil-
lions aux comptes 2003 alors que
nous avons un bénéfice de 20 mil-
lions en 2009, ajoute-t-il. Redres-
sement il yaeu, et sans négliger les
investissements.»
Reste une inconnue. Ces sujets
financiers sont-ils électoralement
porteurs? «Non!», répond le syn-
dic, «ce discours sur la majorité
faite d’incapables et de gaspilleurs
nevapas prendre.»Mêmel’opposi-
tion admet ouvertement qu’elle se
poselaquestion. Lethèmes’est im-
posé d’autant plus facilement qu’il
n’y ena pas beaucoupd’autres. Les
grandes options urbanistiques du
projet Métamorphose ne sont
guère contestées; la politique de
toxicomanie a été évacuée vers
l’écheloncantonal; les sujets de sé-
curitésentent leréchauffé, comme
l’initiativequelabaseduPLRlance
contre la mendicité. Certains à
droite redoutent que toute leur
vertu financière ne suffise pas à
éviter le scénario catastrophe:
l’élection au premier tour des six
candidats de la gauche.
L’opposition de droite
multiplie les assauts
Le coût de la dette pèse sur les finances de la capitale
La maîtrise défaillante des
dépenses «livre Lausanne
à la conjoncture»
La dette de 2,3 milliards coûte
cher à Lausanne et réduit sa marge
de manœuvre. En 2009, la capitale
vaudoise a versé en intérêts près de
72 millions de francs. Sur 100 francs
d’impôts encaissés, 8 ont servi à fi-
nancer les emprunts cumulés au fil
des exercices. Ces emprunts ont ali-
mentédes investissements généreux
malgré un taux annuel d’autofinan-
cement deplusoumoins60%depuis
2002.
Or, avec le temps, les montants à
payer ont baissé en raison de taux
favorables. Toutefois, leur relève-
ment probable risque d’alourdir la
charge ces prochaines années, note
Nils Soguel. L’expert en finances pu-
bliques del’Institut dehautes études
en administration publique de Lau-
sanne (Idheap) est l’auteur d’une
étude comparative des villes suisses
parue en novembre 2011. Lausanne
occupait la queue du classement. Le
syndic, Daniel Brélaz, avait dénoncé
les «critères psychorigides» utilisés.
Une dette incontrôlable pourrait
influencernégativementlesprêteurs
institutionnels ou privés, avance à
sontour Francis Randin, ancienchef
duServicevaudois des finances.
Leproblèmedes charges
La maîtrise défaillante des char-
ges est l’autre point faible lausan-
nois. La hausse moyenne est de 5%
sur les dix dernières années. En
outre, depuis 2000, les comptes ont
plongé dans le rouge cinq fois sur
neuf. Et quand ils sont passés au
noir, c’était grâce à une bonne con-
joncture, explique Nils Soguel. La
couverture des dépenses est trop
aléatoire. Trop dépendante de la
conjoncture. Et mêmequandelleest
bonne, ellesuffit àpeine. Autrement
dit, le déficit est «structurel».
Quant à la Caisse de pensions du
personnel de la commune (CPCL), si
son assainissement pèse lourde-
ment aujourd’hui sur le ménage
communal, c’est parce qu’aupara-
vant, la Ville/employeur n’avait pas
contribuéàlahauteur deses obliga-
tions. Du coup, les comptes des an-
nées précédentes apparaissaient
meilleurs qu’ils ne l’étaient en réa-
lité, suggère encore Nils Soguel.
Pour s’en sortir, Lausanne devrait
àlafois réduiresonendettement, ou
du moins le stabiliser, et modérer
l’augmentationdesonpersonnel. Ce
qu’elle a commencé à faire. Par con-
tre, l’accroissement de la pression
fiscale, soumis aux aléas économi-
ques et politiques, n’est pas une so-
lutiondurable, estime Nils Soguel.
Enfin, Lausanne, conseilleFrancis
Randin, pourrait négocier uneparti-
cipationplus conséquente des com-
munes voisines qui bénéficient des
prestations de laville-centre.
Ce tableau, préoccupant selon
nos interlocuteurs, est nuancé par la
notation de l’agence Standard &
Poors. Si la dette et la caisse de pen-
sion sont des talons d’Achille con-
nus, l’enseigne relève, parmi les
pointsforts, unebonnegestionbud-
gétaire ainsi que des actifs diversi-
fiés et abondants. L’agence examine
l’état de la capitale depuis 10 ans. A
partir de 2005, sanote est A+/stable:
la 5e note sur une échelle qui en
compte 21. Vaudaffiche AA+/stable.
Ces notes indiquent la capacité de
payer ses créanciers. Pour ce faire,
Standard&Poors complètel’analyse
financière avec l’examen du con-
texte économique. Lausanne,
commetout l’Arc lémanique, vit une
période faste qui influence favora-
blement sonévaluation.
MarcoDanesi
Le théâtre du pouvoir
Déconcertant
Pour
marquer
l’importance
des trans-
ports, Doris
Leutharda
choisi un lieu
symbolique:
entourée d’un vieux bus de 1924 et
d’un autobus ultramoderne, elle a
donné sa conférence de presse
dans les locaux de Bernmobil, les
transports publics de la ville fédé-
rale. Etait-ce vraiment une bonne
idée? Premièrement, le plan d’ac-
cès fourni par ses services condui-
sait les journalistes au mauvais
endroit. Deuxièmement, l’entre-
pôt choisi était glacial et l’acousti-
que déplorable. Troisièmement,
bien qu’il s’agisse d’une confé-
rence de presse officielle du Con-
seil fédéral, elle ne figure pas aux
archives (mais peut-être sera-t-il
possible de récupérer plus tard les
images de la SSR). Enfin, Doris
Leuthard s’y est rendue en…li-
mousine.
Rafraîchissant
Les Jeunes socialistes n’ensont
pas à une idée décoiffante près. La
sectionde la ville de Berne a de-
mandé de mener une étude sur le
nombre de douches installées dans
les locaux de l’administration.
Motif: unnombre élevé de collabo-
rateurs souhaiteraient se rendre à
leur travail à vélo, mais ne le font
pas faute de pouvoir se rafraîchir.
Les JS demandent combiencela
coûterait si oneninstallait pour
que «90%des collaborateurs de
l’administrationcommunale puis-
sent se doucher sur leur lieude
travail». Rafraîchissant. Mais est-ce
prioritaire?
K
E
Y
S
T
O
N
E
Récalcitrant
Thomas
Müller, dont
onn’a jamais
entendu
parler au
Conseil natio-
nal sauf
lorsqu’il s’en
est vivement pris à l’ancienministre
allemandPeer Steinbrück, est à la
une de la presse alémanique depuis
une semaine à cause de sontrans-
fert à l’UDC. Fâché contre le PDC,
qu’il jugeait tropà gauche, il avait
même refusé de payer ses cotisa-
tions. Mercredi soir, il a été intro-
nisé comme candidat officiel de
l’UDCsaint-galloise pour les élec-
tions d’octobre. Il s’est empressé de
brandir deux bulletins de verse-
ment montrant qu’il avait réglé son
dû. Il peut désormais se fondre
dans la cohorte UDCla conscience
et le porte-monnaie allégés.
Transparent
Unfrissonparcourt les couloirs
duPalais fédéral. La liste des lob-
byistes qui ont accès aubâtiment –
ils seraient aunombre de 321– sera
publiée dès la prochaine législa-
ture, a décidé la Délégationadmi-
nistrative, composée des présidents
et vice-présidents des deux con-
seils. Diantre! Jusqu’à maintenant,
les lobbyistes faisaient tout pour
être le plus discrets possible. Cha-
que parlementaire a le droit d’en
accréditer deux, mais la liste ne
peut être consultée que sur de-
mande. Elle sera bientôt publique,
mais les élus resteront libres de
choisir la manière dont ils dési-
gnent les personnes auxquelles ils
donnent accès aupouvoir. La
transparence restera donc partielle.
Bernard Wuthrich, Berne
K
E
Y
S
T
O
N
E
Offensivedel’AslocaàGenève
Logement Une initiative législative sera lancée
Assurer la suprématie des loge-
ments locatifs et des loyers modérés,
etfreinerlaconstructiondebureaux,
tel est l’objectif de l’initiative législa-
tive que l’Asloca s’apprête à lancer à
Genève. Présentéecommeunmoyen
de remédier à la grave crise du loge-
ment ducantonet auxeffetsnéfastes
delaspéculation, elles’attaqueàl’ac-
cord sur le logement signé en 2006.
«La population augmente de 4000
à 6000 personnes par an, et seuls
1200 logements sont sortis de terre
en2010, souligneChristianDandrès,
l’avocat de l’Asloca. En outre, sur ce
total, deuxtiersétaient inabordables
pour laclassemoyenne.»
Dénonçant la part trop élevée de
bureauxconstruitsàl’heureactuelle,
l’initiativeimposequedansleszones
constructibles, 70 à 100% de la sur-
face soit affectée àdulogement, et le
soldeàdes activités.
Suivant les zones, les nouveaux
bâtiments devront offrir entre 50 et
100% d’appartements à louer. La
moitié d’entre eux deviendront des
logements sociaux dans la plupart
des zones à bâtir. La densité devra
êtreforteetleprixduterrainrevuàla
baisse. Il passede1000à700francsle
m
2
enzone de développement, et de
450à100francs enzoneagricole.
Le texte va jusqu’à limiter la taille
des appartements à 120 m
2
, et la pé-
riodeoùles loyers sont contrôlés par
l’Etat passe de 10 à 20 ans. Les loge-
ments sociauxquepossèdent les col-
lectivités publiques ne pourront pas
être vendus, et l’Etat devra consacrer
aumoins90millionsparanàsapoli-
tiquedulogement. SandraMoro
13 mars
19 Suisse
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Naissances
Berta et Flávio Borda D’Água
sont heureux de vous annoncer
la naissance de leur fils
Arthur
le 16 janvier 2011
Chemin
De-La-Montagne 10
1224Chêne-Bougeries
Alexandre Dibrov el Joy Hauville
/2, avenue de Belhusy
1012 Lausanne
Nous sonnes heureux
d´annoncer la naissance de
Nikila
le 1/ janvier 2011 à 3h14
íarieLuce el Laurenl Claes
6, rue du Jura
1201 Geneve
Nous sonnes lres heureux
d´annoncer la naissance de
Theodore, Louis
le 14 janvier 2011 à 21h34
Helena el Paulo Pasadas
9, rue FerdinandHodler
1208 Geneve
Nous sonnes heureux
d´annoncer la naissance de
Edgar
le 25 nai 1999
Anne el Georges Duponl
3, rue FerdinandHodler
1208 Geneve
Nous sonnes heureux
d´annoncer la naissance de
Pierre, Jacques
le 25 nai 1999
Nous avons l´innense |oie
d´annoncer la naissance de
Alice, Zoe
le 23 nai 1999, à 22h15
Ellen el Palrick Desconbes
203, rue FrançoisGraslinesse
1208 Geneve
Les annonces de naissance, avec pholos des bebes,
sont disponibles sur le sile lll#\gVc\ZiiZh#X]
Plaisante, utileet rentable:
laculturedont rêvel’UDC
Programme Le parti définit les contours d’une production artistique
compatible avec ses valeurs. Vive polémique avec les créateurs
Anne Fournier, Zurich
Prendre pour cible les «artistes
d’Etat cajolés». L’ambition est
avancée mi-décembre dans son
programme 2011-2015 par
l’UDC sous le paragraphe «cul-
ture». Le parti ne se contente pas
d’exposer ses points forts. Il dé-
nonce nommément les trois créa-
teurs que sont Pipilotti Rist, qui a
«droit à une rente à vie de Pro
Helvetia», Christoph Büchel,
«auteur d’une mise en scène por-
nographique», à Vienne, et le ci-
néaste Mike Eschmann, «à
l’œuvre misogyne et apologéti-
que de la violence». Or, «la culture
est l’affaire de gens cultivés», sti-
pule le programme UDC.
D’ordinaire discrets face aux at-
taques du parti, certains artistes
ont choisi de réagir. «Qui veut de-
venir un «artiste d’Etat cajolé»? La
question est posée – sur un ton
ironique – depuis le début de l’an-
née par la plate-forme internet
«Kunst + Politik». Quelque 230 si-
gnataires se portent d’ores et déjà
volontaires pour rejoindre ceux
pointés dudoigt par l’UDC. «Cette
façon d’attaquer nommément les
gens donne froid dans le dos et
rappelle l’ambiance de la Guerre
froide», explique l’écrivain Guy
Krneta, instigateur de la plate-
forme. «L’UDC lance une chasse à
l’homme, crée des ennemis plutôt
que d’engager un débat sur l’en-
couragement à la culture.»
Veut-on, à l’aube d’élections
fédérales, raviver les souvenirs
d’une affaire Hirschhorn (en
2004, à Paris, l’une de ses œuvres
avec un acteur urinant sur une
image de Christoph Blocher avait
entraîné une coupe des subven-
tions de ProHelvetia)? L’auteur du
programme culturel de l’UDC, le
conseiller national Christoph
Mörgeli, s’empresse de préciser:
«La culture a toujours eu sa place
au sein de notre parti. Mais nous
avons trop longtemps laissé cer-
tains domaines à la gauche, à
l’image de l’éducation ou de la
culture. C’est normal que nous
voulions aussi présenter notre po-
sition.»
Dans son bureau, où trône l’ef-
figie de Guillaume Tell, le Zuri-
chois, lui-même conservateur du
Musée d’histoire de la médecine
de Zurich, dément toute provoca-
tion: «Nous avons attaqué les ar-
tistes d’Etat en prenant des exem-
ples car il faut les nommer. Nous
n’exigeons pas du conformisme
mais ne voulons pas de culture
étatique.»
Les principaux mots d’ordre
sont connus: contre la culture
d’Etat, plus d’économie de mar-
ché et de culture populaire, la pri-
mauté des cantons (qu’ils ont
déjà), moins d’acteurs dans la po-
litique culturelle grâce, par exem-
ple, àunefusiondeProHelvetiaet
Présence Suisse, moins de «copi-
nage» dans la promotion du ci-
néma, pas de soutien aux «projets
misogynes ou pornographiques».
La culture devrait donc retrouver
ses «vraies racines». Mais quelles
sont-elles et qui les définit? Chris-
toph Mörgeli: «J’attends de la cul-
ture qu’elle motive les gens à pen-
ser plus loin, leur permette
d’oublier leurs soucis et leur dis-
pense du plaisir. Elle doit répon-
dre aux principes de l’offre et de la
demande. Par exemple, notre cul-
turepopulairecréequelquechose
qui plaît.»
Aurait-on peur d’être remis en
question par des opinions diver-
ses même si cela peut, comme dé-
siré, «motiver les gens à penser
plus loin»? La réponse fuse: «Nous
laissons libre champauxcritiques
mais ce n’est pas à l’Etat de les
soutenir. Par contre, cela peut être
la mission de fondations comme
«Schweizer Musikinsel Rheinau»
[créée par Christoph Blocher, ndlr]
encouragées dans ce sens par des
allégements fiscaux.» Plutôt que
de subventionner des créateurs,
Christoph Mörgeli préfère soi-
gner le patrimoine. Même l’aura
assurée à la Suisse par des artistes
comme Thomas Hirschhorn ou
Pipilotti Rist exposée à New York
le fait sourire. «Le château de
Chillon est plus important que
Thomas Hirschhorn. Lui sera
oublié dans trente ans.»
La polémique redouble depuis
dix jours. L’hebdomadaire Welt-
woche, proche des idées de l’UDC,
a publié en une des photos d’ar-
tistes, accompagnées de la lé-
gende: «Chasseurs de subven-
tions talentueux». Des artistes
«déjà milliardaires» recevraient
des soutiens étatiques généreux
(lire ci-dessous). Chaque année,
2,24 milliards de francs de sub-
ventions seraient alloués à la cul-
ture par les collectivités publi-
ques, note l’hebdomadaire.
L’article se réfère aux statistiques
fédérales, sans préciser que ces
milliards incluent les bibliothè-
ques, les médias ou encore l’en-
tretien des monuments. Et que la
Confédération ne consacre que
0,6% de ses dépenses totales à la
culture.
Signataire de l’appel de
«Kunst + Politik», l’écrivaine Me-
linda Nadj Abonji, lauréate cet
automne pour son roman Tauben
fliegen auf du Deutsche Buchpreis
ainsi que du Prix suisse du livre
dénonce un climat d’agressivité:
«Des choses erronées circulent, on
mélange tous les soutiens alloués,
alors que tous ne viennent pas de
l’argent public. Ils font comme si
les artistes voulaient cacher quel-
que chose. Or, si nous affichons
nos distinctions, c’est parce que
nous en sommes fiers.»
Ces prises de parole d’artistes,
«souvent auservice de l’Etat», lais-
sent Christoph Mörgeli de mar-
bre. Lui, grand lecteur de Thomas
Mann, trouve souvent sa culture
«à l’étranger». Parmi les artistes
répondant aux normes de l’UDC,
il cite Albert Anker, «qui travailla
à côté de ses activités de peintre»,
ou l’écrivain Thomas Hürlimann,
situé en marge des idées de gau-
che. De toute façon, l’UDC n’aime
guère que «les artistes fassent de
la politique, même dans une dé-
mocratie directe, parce qu’ils
n’ont pas assez de vue d’ensemble.
Bien souvent, ils mentent et cela
ne fait pas de bien aux gens.»
Christoph Blocher et «Mädchen mit Brotlaib», aquarelle d’Albert Anker. ARCHIVES
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«Le château de
Chillon est plus
important que
Thomas Hirschhorn.
Lui sera oublié»
«Ce parti veut amputer la Suisse de sonesprit créatif»
Pius Knüsel, directeur
de Pro Helvetia, répond
aux critiques de l’UDC
Le Temps: Etes-vous surpris par le
programme culturel présenté par
l’UDCqui réclame moins de sub-
ventions? Et qui vise certains
artistes?
Pius Knüsel: Ce n’est pas la pre-
mière fois que l’UDCqualifie
certains artistes d’«étatiques» et
vise particulièrement les créa-
teurs contemporains des arts
visuels les plus réputés. Le parti
nie leur qualité, et pour les expul-
ser du système d’encouragement,
il aspire à démolir le système
même. Or il n’y
a pas d’artistes
étatiques en
Suisse. Ils ne
suivent pas une
commande
mais leur inspi-
ration. J’espère
que les autres
partis vont défendre le projet de
la Suisse culturelle reconnue
partout dans le monde. L’UDC
veut amputer la Suisse de son
esprit créatif.
– Le parti reproche la «rente à vie»
accordée à des artistes reconnus
comme Pipilotti Rist. Pourquoi
soutenir des artistes déjà fortu-
nés?
– Les artistes fortunés ne deman-
dent plus de bourses ou d’aide à
la création. Cela fait partie d’une
éthique professionnelle. Ce sont
les musées étrangers qui deman-
dent une participationaux coûts
d’exposition. Et c’est là où la
Suisse se trouve encompétition
forte avec les autres pays. Si on
refuse, les musées choisissent
d’autres artistes issus d’autres
pays. Nous ne sélectionnons que
les projets les plus importants. Il
nous semble essentiel qu’à
l’étranger les grands noms suisses
soient présents. L’impact d’une
expositionde Pipilotti Rist au
MoMAà NewYork est énorme.
Ces grands noms garantissent la
visibilité de notre pays sur la
scène internationale. Une Suisse
riche enpersonnalités, encréa-
teurs et enculture – des fois pro-
vocatrice, souvent intelligente,
toujours attractive.
– Ne devriez-vous pas davantage
considérer la culture tradition-
nelle dans vos programmes?
– Nous le faisons. Nous soutenons
de nombreuses expositions de
Paul Klee, de Le Corbusier, de
Giacometti, d’Anker et de Hodler,
même si les coûts d’assurances
pour les anciens maîtres sont
exorbitants. Nous finançons des
tournées de yodleurs et de musi-
que d’Appenzell. Pro Helvetia
respecte la diversité de ce pays,
elle la soigne et la promeut par-
tout. Pipilotti Rist fait partie de
cette diversité.
Propos recueillis par A. Fo.
Pierre Aubert, probable futur procureur
Neuchâtel La succession de Pierre Cornu au Ministère public semble jouée. Explications
Qui prendra la tête du Minis-
tère public neuchâtelois le 1er
juin prochain? La question agite
le landerneaujudiciaire depuis la
démission surprise du procureur
général Pierre Cornu, fin décem-
bre. Comme l’a appris Le Temps, le
conseil de la magistrature a
ouvert le 10 janvier la procédure
dite de «mobilité interne». Seuls
les magistrats actuellement en
fonction– une quarantaine – peu-
vent se porter candidat à sa suc-
cession.
Une élection devant le Grand
Conseil, seconde option qui était
offerte au conseil de la magistra-
ture, n’est pas exclue. La loi sur
l’organisation judiciaire stipule
que les sept membres du conseil
peuvent «en tout temps clore la
procédure de mobilité, le poste
vacant étant alors soumis à élec-
tion judiciaire». Un tel revire-
ment est imaginable si les candi-
dats en lice n’ont pas le profil
souhaité.
Le délai pour le dépôt des can-
didatures a été fixé au 25 janvier.
Pour l’heure, deux magistrats
sont candidats: Pierre Aubert,
48 ans, juge au Tribunal d’ins-
tance, ancien juge d’instruction
et juge au Tribunal du district de
Neuchâtel; Nicolas Feuz, 39 ans,
procureur et ancien président du
collège des juges d’instruction.
Pierre Aubert est en pole posi-
tion pour succéder à Pierre
Cornu. La loi stipule que le poste
revient au candidat «qui a été élu
le premier dans la magistrature
cantonale». Le fils de l’ancien par-
lementaire fédéral Jean-François
Aubert a été intronisé en 1989,
dix ans avant Nicolas Feuz. Les
rares magistrats entrés plus tôt
que lui, ne seraient pas intéressés
par la fonction.
Le conseil de la magistrature
pourrait théoriquement ren-
voyer le dossier au Grand Conseil
s’il juge que Nicolas Feuz est le
meilleur candidat. Le principal
intéressé n’y croit pas. «Pierre
Aubert ferait un très bon procu-
reur général, constate Nicolas
Feuz. Je vois mal le conseil de la
magistrature le désavouer.»
Pierre-Emmanuel Buss
Sciences&Environnement
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
20
Météo
LA MÉTÉO COMPLÈTE
SUR INTERNET
www.letemps.ch/meteo
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décre|ssaate
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J ç|as
Dimanche, quelques bancs de
grisailles seront presents à
l'aube sur le Plateau, sinon la
journee s'annonce dans
l'ensemble ensoleillee. De
l'humidite gagnera à nouveau la
Suisse par le nord entre lundi et
mercredi, augurant d'un temps
changeant, alternant passages
nuageux et eclaircies. Quelques
averses de neige sont probables,
principalement mardi et à l'est du
pays. La bise pourrait íaire son
retour jeudi avec plus de soleil.
Ce samedi, des bancs de stratocumulus circuleront dans le ciel du Plateau,
se montrant plus írequents à mesure que l'on se dirigera vers le nord et l'est
du pays. Le temps sera en revanche ensoleille autour du Leman, en Valais et
au Tessin. La bise, encore sensible le matin, ira en íaiblissant l'apres-midi.
Un puissant anticyclone s'est installe pour plusieurs jours sur le nord des lles
8ritanniques. ll sera responsable d'un ílux de nord íroid et humide sur l'£urope
centrale, apportant aujourd'hui des averses de neige humide des Pays-8as au nord
de la France. Un temps instable prevaudra en outre sur le bassin mediterraneen.
BXcdPcX^]VÏ]ÏaP[TPdY^daS{WdXÆ"W
Ve|ee.e|e¸ae ea c|.ec| sa
09005I5 II5 (|rs. I.80/m|a
depa|s |e réseaa f|xe sa|sse )
-10º -25º
-1º -5º
-5º -7º
-2º -5º
-2º -4º
-2º -5º
5º -1º
0º -6º
-7º -11º
-6º -8º
-1º -Jº
-1º -2º
IIb09
08b09
IIbI4
09bIJ
-5º 0º -2º 2º -2º 1º
-6º -1º -Jº 0º -4º -1º
-2º 5º Jº 7º -2º 2º
-4º 2º
-5º -1º
-4º 4
-4º 2º
-5º -1º
-2º 5º
-8º -Jº -2º -2º -2º -6º -5º -6º -2º -6º
-10º -4º -4º -4º -Jº -9º -9º -10º -Jº -10º
0|maacbe |aad| Hard| Hercred| Jead|
Brèves
Vaccins anti-diarrhées
U Les vaccins contre les rotavirus
ont nettement réduit la fré-
quence des diarrhées pouvant
être mortelles chez les jeunes
enfants dans le monde depuis
leur mise sur le marché ces der-
nières années, montre une re-
cherche publiée jeudi dans un
supplément de la revue médicale
américaine Pediatric Infectious
Disease Journal. Les diarrhées dues
à ces virus sont l’une des principa-
les causes de mortalité des en-
fants de moins de 5 ans, avec plus
de 500 000 décès chaque année,
et causent l’hospitalisationde
millions d’autres. (AFP)
Contre l’obésité
U L’Organisationmondiale de la
santé (OMS) recommande de
limiter drastiquement l’accès des
mineurs aux denrées à haute
teneur engraisses saturées, en
acides gras trans, ensucres libres
ou ensel. Objectif: lutter contre
l’obésité qui frappe au moins
43 millions d’enfants de moins de
5 ans sur la planète. (ATS)
Transplantation du larynx
U Une équipe chirurgicale inter-
nationale a réussi une transplan-
tationdu larynx sur une femme
aux Etats-Unis, la deuxième
jamais réalisée, lui permettant de
retrouver une voix normale après
onze ans, a annoncé jeudi le
centre médical Davis enCalifor-
nie. L’interventiona eu lieu en
octobre 2010. (AFP)
Energie solaire
U La NASAva lancer finfévrier le
satellite Glory pour mieux com-
prendre comment le Soleil et les
aérosols affectent le climat terres-
tre, ont indiqué jeudi les respon-
sables de cette mission. L’enginva
notamment poursuivre des me-
sures de l’énergie solaire débu-
tées il y a plus de trente ans. (AFP)
Poissons déconseillés
U Le cantonde Berne déconseille
aux enfants et aux femmes en-
ceintes de manger des poissons
pêchés dans la partie bernoise de
la Sarine et dans l’Aar enamont
de l’embouchure dans le lac de
Bienne. Ces poissons contiennent
des substances de type dioxine,
ont annoncé vendredi ses autori-
tés. (ATS)
Migration de cerfs
U Les services de la chasse des
cantons de Berne et Soleure ont
commencé à transférer une dou-
zaine de cerfs d’uncôté à l’autre de
l’autoroute A1près de Niederbipp
(BE). Ces animaux souffrent de
surpopulationcôté
bernois et de sous-
populationcôté
soleurois, mais
ils ne parvien-
nent pas à
migrer natu-
rellement
d’une régionà
l’autre à cause
de la voie
routière. (ATS)
D
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Sites de
plongée fermés
enThaïlande
Vie Les coraux sont
très dégradés
AFP
Les autorités thaïlandaises ont
annoncé vendredi la fermeture
sine die de sites de plongée popu-
laires auprès des touristes pour
tenter d’empêcher la mort des ré-
cifs de coraux victimes du ré-
chauffement des eaux.
Au total, 18 sites où «80% des
récifs souffrent de blanchisse-
ment» seront fermés dans sept
parcs maritimes nationaux, a in-
diqué le département des parcs
nationauxet delaconservationde
la faune et de la flore.
Les coraux de la mer d’Anda-
man et du golfe de Thaïlande
souffrent d’un grave blanchisse-
ment lié à l’augmentation des
températures de l’eau de mer pro-
voquée par le phénomène météo-
rologique El Niño et des activités
humaines excessives à proximité
des récifs, ont précisé les autorités
responsables.
Le corail abrite des millions
d’algues qui lui donnent ses cou-
leurs et ne supportent pas l’éléva-
tionencours de latempérature de
l’eau. Une fois les micro-algues
mortes, le corail se décolore et
meurt de faim, se transformant en
unsquelette calcaire.
Agenda
Migrations et épidémies
U Dans le monde globalisé où
nous vivons, nouvelles technolo-
gies, échanges économiques et
personnes ne sont pas seuls à se
déplacer. Les maladies enfont
tout autant, parfois sur le pas des
migrants. Quels défis cela pose-
t-il à nos sociétés? Connaissance
3, l’«Université des seniors»,
organise une conférence sur la
questionlundi à Lausanne.
«Migrations et épidémies: quels
défis relever?», une conférence du
docteur Patrick Bodenmann, lundi
24 janvier, 14h30, salle Paderewski
du Casino de Montbenon, Lausanne.
Entrée sans réservation, 10 francs
ou sur abonnement.
Kinect: genèse d’undétournement
Informatique Entre menaces et promesses de récompense, la sortie du système de Microsoft pour jouer à la Xbox sans
manette a provoqué une folle course entre hackers pour parvenir à prendre le contrôle de cette nouvelle technologie
Lucia Sillig
Faire des batailles de polo-
chons avec soi-même, passer à tra-
vers les meubles ou shooter dans
unchat. Lorsqu’elle a lancé Kinect,
lesystèmequi permet dejouer àla
console Xbox sans manette, Mi-
crosoft le destinait à des divertis-
sements plus classiques. Mais
c’était sans compter l’engoue-
ment d’unehordedehackers pour
cette nouvelle technologie. Il leur
a fallu sept jours pour en prendre
le contrôle et depuis les applica-
tions, loufoques ou pas, foison-
nent (LT du 11.01.2011). Genèse
d’undétournement.
Le premier jour, jeudi 4novem-
bre, Microsoft lance Kinect aux
Etats-Unis. Lesystèmeallieuneca-
méra couleur, une caméra et un
projecteur infrarouge et des petits
moteurs. La caméra couleur per-
met de capturer les mouvements
du joueur. Le projecteur et la ca-
méra infrarouge sondent la pro-
fondeur en criblant l’espace d’une
grille de points. L’enregistrement
des déformations de cette grille
permet au système de déterminer
la distance à laquelle se trouve
une main, une tête ou un canapé.
Quant aux moteurs, ils orientent
l’engin. «C’est fait pour jouer à des
jeux vidéo, mais, franchement,
qui allait s’en tenir à ça avec du
hardware aussi cool et aussi bi-
zarre?» commentait un mois
après le hacker Kyle Machulis, lors
d’une présentation pour nerds, à
SanFrancisco.
Le 4 novembre à 10h, il achète
l’appareil avec la ferme intention
de le faire succomber à une bonne
séance de rétro-ingénierie. Il n’est
deloinpas leseul àavoir cetteidée
derrière la tête. D’autant que
moins de trois heures après, Ada-
fruit, une entreprise d’électroni-
que «do it yourself» new-yorkaise,
promet une récompense de 1000
dollars àlapremièrepersonnequi
arrivera à faire fonctionner le sys-
tème sur son ordinateur. L’appa-
reil dispose d’unport USBpermet-
tant de le connecter à la console,
mais aussi à autre chose…«Le pro-
blème c’est qu’il ne parle qu’à la
Xbox, explique Kyle Machulis. On
peut le brancher sur son ordina-
teur, mais ce dernier ne sait pas
quelle langue parle la caméra. Et
vice-versa.» Le seul moyen de dé-
coder le fonctionnement, c’est
d’écouter comment Kinect et la
console se parlent, en espérant, à
force, comprendredes bribes dela
conversation. Mais pour ça, il faut
un appareil appelé USB analyser,
qui transfère les données brutes
sur un ordinateur et coûte 1200
dollars. Qu’à cela ne tienne, Ada-
fruit en commande un, promet-
tant de mettre les données en li-
gne afin que les personnes
intéressées puissent s’enservir.
Le deuxième jour, un porte-pa-
role de Microsoft précise que la
compagnie ne tolérera aucune
modification de Kinect et qu’elle
travaillera en proche collabora-
tionavec les forces de l’ordre pour
empêcher que le système soit tra-
fiqué. La réaction d’Adafruit ne se
fait pas attendre: «OK, très bien. La
récompense est doublée.»
Le quatrième jour, un certain
AlexP, du Natural user interface
group (NUIG), met en ligne des
vidéos indiquant qu’il a réussi à
détourner Kinect sur son ordina-
teur. «On s’est dit qu’on avait
perdu», se rappelle Kyle Machulis.
Microsoft, de son côté, change de
ton: «Kinect n’a en aucune ma-
nière été hacké. Le hardware et le
software n’ont pas été modifiés.
Quelqu’un a simplement écrit des
pilotes pour permettre à d’autres
appareils que la Xbox de servir
d’interface avec Kinect.» Pour les
trafiqueurs anonymes, c’est une
provocation. Quant à Adafruit,
elle augmente la récompense à
3000 dollars: «Ça pourrait encore
monter, cela dépend de la fré-
quence à laquelle Microsoft conti-
nue à dire des bêtises.»
De leur côté, AlexP et le NUIG
n’ont toujours pas publié le code
source de leur travail, condition
posée par Adafruit pour obtenir le
butin. Ils veulent avant cela récol-
ter 10 000 dollars de donations
pour financer leur activité: «Nous
voulons aider la communauté et
accélérer l’utilisationdeKinect sur
Linux/Mac/Windows, ainsi que
fournir une documentation
claire.» La communauté n’appré-
ciepas. «EntreMicrosoft et ça, tous
les hackers dignes de ce nom se
sont dit, OK, on va s’occuper de
ça», observe Kyle Machulis.
Le cinquième jour, Adafruit re-
çoit enfin son USB analyser. Le
sixième, elle met 600 Mégas de
données brutes en ligne. «A partir
delà, çadevient unpeucommeun
sudoku: on reste assis et on re-
garde les chiffres, en espérant
comprendre les fonctionnalités,
décrit le Californien. Onse dit, OK,
ça c’est le paquet de données qui
démarre une image, ça c’est celui
qui bouge les moteurs…Et petit à
petit, ça se met en place. C’est le
plus beau sentiment du monde!»
L’équipe de Kyle Machulis est sur
la bonne voie. Mais il se fait tard,
et, pensant que personne ne par-
viendra à la devancer, elle s’ac-
corde quelques heures de som-
meil.
Le septième jour, n’est pas un
jour de repos pour tout le monde.
D’autant que c’est la date de sortie
de Kinect en Europe, où l’aube se
lève bien plus tôt que sur la côte
Ouest des Etats-Unis. A Bilbao,
Hector Martin, 20ans, étudiant en
informatique ayant déjà fait ses
preuves sur Wii ou iPhone, a tra-
vaillé toute la nuit. «J’ai essayé de
dormir, mais je ne pouvais pas»,
confie-t-il au New Scientist. A 10h,
il achète l’appareil. Deux heures
plus tard, il parvient àlefairecom-
muniquer avec son ordinateur. Il
met en ligne des vidéos en guise
de preuve ainsi que son code
source. «C’était étonnamment fa-
cile, je pense que cet appareil sera
très utile pour beaucoup de pro-
jets, en particulier en robotique»,
commente-t-il sur sonblog.
C’est Kyle Machulis, un brin dé-
pité mais bon joueur, qui vérifie
et adoube son travail. Adafruit
verse la récompense à l’Espagnol
et le NUIGy ajoute les 457 dollars
qu’il a récoltés. Depuis, Hector
Martin, Kyle Machulis et d’autres
ont monté le OpenKinect Project
afin de mettre à disposition de
tous des logiciels permettant
d’utiliser le système de Microsoft
sur les différentes plates-formes.
Designers, chercheurs et ama-
teurs en tout genre se sont rués
dessus. «La Wii, c’était sympa,
mais il n’yavait rienderéellement
innovant, commente Alexandre
Alahi, de l’EPFL, qui travaille ac-
tuellement sur un système de vi-
déosurveillance basé sur Kinect
avec sa société Videosafe. Là, il y a
un vrai pas technologique. Et du
point de vue de l’interaction
homme-machine, c’est assez révo-
lutionnaire.»
Microsoft soutient désormais
qu’elle a fait exprès de laisser le
port USB de Kinect ouvert pour
encourager ces développements,
qu’il s’agissait d’une stratégie de
marketing. Début janvier, le géant
informatique avait en tout cas
déjà vendu 8 millions d’appareils.
La rumeur veut qu’il se prépare à
commercialiser une version offi-
cielle du système pour Windows.
Quant à Hector Martin, il avait
promis de réinvestir l’argent ga-
gné dans d’autres projets. C’est
chose faite. Lui et son équipe
Failoverflow présentaient fin dé-
cembre un nouvel exploit à la
Chaos Communication Confe-
rencedeBerlin. Ils sont parvenus à
casser la clé de la Playstation3 de
Sony, permettant ainsi de faire
tourner des logiciels non autori-
sés oupiratés dessus. La firme nip-
pone a déposé plainte la semaine
dernière.
Un amateur de Kinect. Le mouvement des mains provoque celui de la théière à l’écran. ARCHIVES
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«Petit à petit, ça se
met en place, un peu
comme un sudoku.
C’est le plus beau
sentiment du monde»

Economie&Finance
Page 21
Samedi 22janvier 2011
Internet
En proie à de nouvelles
menaces, Google
change de directeur
Page 24
Croissance
Les prévisions
de Goldman Sachs
supérieures à la
moyenne Page 25
Denrées alimentaires
Le rapporteur spécial
de l’ONUappelle
à une régulation
des prix Page 22
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Dollar/franc 0,959
Euro/franc 1,3027
Euro/dollar 1,3582
Rend. Emprunt Conf en % 1,899
Baril Brent/dollar 97,17
Once d'or/dollar 1343,5
SMI
6567,31 +0,83%
Dow Jones
11871,84 +041%
Stoxx 50
2970,56 +1,47%
L’affaire du vol de données ban-
caires suisses remises aux autorités
allemandes rebondit. «Actuelle-
ment, une personne se trouve en
détention préventive», a confirmé
vendredi Jeannette Balmer, porte-
parole du Ministère public de la
Confédération, réagissant à un ar-
ticle duTages-Anzeiger.
Depuis presque un an, l’affaire
préoccupe les autorités judiciaires
et fiscales des deux côtés du Rhin.
Pour des raisons très différentes:
côté allemand, le Land de Rhéna-
nie-Westphalie a acquis pour
2,5 millions d’euros un CD conte-
nant des informations supposées
provenir de Credit Suisse. L’opéra-
tionapermis auParquet de Düssel-
dorf d’identifier 1000 fraudeurs
présumés du fisc. Du côté suisse, le
Ministère public de la Confédéra-
En vue
Audemars Piguet
21
Bank of America
25
Credit Suisse 21
Facebook 23
Girard-Perregaud
Gold. Sachs 25
Google 23
Julius Baer 21
Parmigiani 21
Piaget 21
Richemont 21
TAGHeuer 21
Vacheron
Constantin 21
Vivendi
Universal 23
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La distribution,
le défi des
petites marques
L’accès aux détaillants
reste très compliqué
La deuxième édition de Geneva
Time Exhibition (GTE), qui a
fermé ses portes vendredi à Ge-
nève, a offert un flash de visibilité
aux 60 petites marques horlogè-
res qui y exposaient. Un point de
départ incontournable pour en-
suite séduire les détaillants à tra-
vers le monde. «Je pense que j’ai
noué des contacts pour le Nigeria
ou l’Ouzbékistan qui devraient
aboutir», se réjouit Alain Spinedi,
patron des montres Louis Erard
au Noirmont (JU), qui trouve tou-
tefois qu’une meilleure homogé-
néité dans le niveau des marques
devrait être recherchée au GTE.
Egalement satisfait du salon,
Pierre Dubois, fondateur de Pierre
DeRoche dans la Vallée de Joux,
s’inquiète néanmoins de la prove-
nance de ces détaillants. «Je n’enai
vu aucun de Suisse, d’Europe ou
des Etats-Unis. Ils venaient tous
d’Extrême-Orient, de Russie, de
Turquie, etc. Est-ce symptomati-
quedenotreindustrie?Celasigni-
fie-t-il que la reprise tarde en Eu-
rope?» Sans réponse, il note
également que la Chine ne consti-
tue pas l’eldorado pour les petites
marques. «Le niveau des taxes –
31% pour l’importation et 17% de
TVA– est dissuasif», poursuit-il.
Le défi numéro un pour ces in-
dépendants? L’accès à la distribu-
tion. Plusieurs patrons interrogés
soulignent que la crise a encore
renforcé la position des grands
groupes. Quant au GTE, il se cher-
che un autre lieu que le Centre
international deconférences pour
l’année prochaine, plus adapté à
sa volonté de croissance. Aussi
plus proche du Salon de la haute
horlogerie? Marie-Laure Chapatte
L’horlogerie se trouve à
l’aube d’une nouvelle ère
Perspectives Le haut de gamme pourrait connaître une prolifique
période de croissance structurelle. La vague chinoise débute à peine
Bastien Buss
Phénomène attendu, les salons
genevois de cette semaine ont con-
sacré le retour en force de la haute
horlogerie institutionnelle, celle
des grandes marques. La croissance
est à nouveausoutenue et l’exercice
en cours se présente sous de riants
voire d’excellents auspices. Il pour-
rait mêmereprésenterunenouvelle
référence absolue pour cette indus-
trie. Jean-Christophe Babin, prési-
dent de Tag Heuer, se dit «féroce-
ment optimiste», alors que
Parmigiani anticipe une hausse de
quelque 30% de ses ventes et Aude-
mars Piguet évoque «d’excellentes
entrées de commandes».
Certains patrons n’hésitent pas à
parler d’un retour à l’euphorie
d’avant-crise, laquelle n’a enrienal-
téré les fondamentaux de cette in-
dustrie qui avait connu, jusqu’à
septembre 2008, 19trimestres con-
sécutifs de progression. Au final, ce
marasme, et ceux qui ne manque-
ront pas de surgir, n’a constitué
qu’une légère parenthèse. Un mo-
ment suspendu, évanescent, certes
douloureux pour les emplois sacri-
fiés, les (rares) entreprises dispa-
rues, les illusions perdues pour cer-
tains, maislesmanuelsd’histoirene
le retiendront en aucune manière
comme un changement de para-
digme.
Ce dernier se produit au con-
traire en ce moment même et il dé-
ploiera encore ses effets sur de
nombreuses années, voire décen-
nies. C’est que l’avenir s’annonce
prometteur. La montée en puis-
sance de cette industrie pourrait
n’enêtre qu’à ses débuts.
Plusieurs arguments plaident en
ce sens. Enpremier lieul’expansion
géographique. Avec la Chine
comme principal vecteur de crois-
sance. Beaucoup de patrons horlo-
gers (Piaget, Vacheron Constantin,
Girard-Perregaux, Parmigiani, Tag
Heuer) s’accordent à dire que la va-
gue chinoise débute à peine et
qu’on n’en perçoit pour l’heure que
les premières ondes. Le véritable
raz-de-marée est encore à venir.
L’essor d’une classe moyenne,
éprise d’horlogerie de renom et
haut de gamme ainsi que de voya-
ges, va se poursuivre à un rythme
effréné, difficilement concevable
sous nos tropiques, et encore ali-
menté par la croissance démogra-
phique. Dans l’Empire du Milieu,
après avoir pris position dans les
villes principales, ce que les spécia-
listes appellent le first tier, les horlo-
gers suisses, via leurs boutiques, fi-
liales et divers points de vente, font
main basse sur les régions dites se-
condaires. Les plus hardis s’empa-
rent désormais de celles du third
tier, comptant chacune plusieurs
millions d’habitants. Même les ré-
gions les plus reculées recèlent un
potentiel de taille. Pour preuve, Pia-
get vient d’inaugurer deux bouti-
ques enMongolie.
Stratosphérique, la demande est
telle que la Chine deviendra cette
année le premier marché mondial
du luxe, avec cinq ans d’avance sur
les estimations les plus optimistes,
grâce à une hausse prévue de 20%
de ses achats, selon Kepler. A la fin
de l’année, ce pays pèsera pour 30%
de l’ensemble des ventes et contri-
buera à hauteur de 75% à sa crois-
sance.
Si tous les acteurs de la branche
neréussiront pasdanscet eldorado,
il convient de ne pas négliger le po-
tentiel des autres marchés. L’Inde,
demain ou plus tard, connaîtra
aussi unboomimpressionnant. Les
voisins émergents s’annoncent tout
aussi prometteurs que porteurs. Le
Brésil fleurit et Argentine, Afrique
du Sud, Malaisie, Indonésie et Viet-
nam constituent autant de leviers
propitiatoires. Même le Guatemala,
et d’autres territoires inexplorés,
commencent à bourgeonner.
L’AmériqueduSudpourrait devenir
aussi importantequeleNord, selon
Audemars Piguet. Unjour, les Etats-
Unis, premier marché de l’horloge-
rie il n’y a pas si longtemps, retrou-
veront de leur allant.
En parallèle, la population mon-
diale, tendanciellement, s’enrichit.
Le rôle des montres, comme révéla-
teur et symbole du statut social, ne
peut que croître. Un des grands dé-
fis, selon Franco Cologni, adminis-
trateur du groupe Richemont, est
maintenant de séduire les plus jeu-
nes, les décideurs dedemain. Il con-
vient aussi d’insuffler une dimen-
sion plus culturelle à l’horlogerie,
pas seulement en tant que mesure
brute du temps mais comme objet
d’art appliqué.
Dans le haut de gamme, laSuisse
n’a pour l’heure que très peu de
concurrents. D’ici à dix ans, ils se
seront peut-être renforcés mais aux
horlogers helvétiques de garder
leur avance, leur avantage concur-
rentiel et passionnel, derenforcer le
Swiss made et continuer à susciter
le désir et l’envie. Surtout d’investir,
investir et encore investir dans
l’outil industriel, alors que les capa-
cités de production actuelles sem-
blent déjà ne plus suffire.
Si ces éléments sont réunis, ga-
geons que l’ascension de l’Everest
commence àpeine. Les heurts cycli-
ques ne seront que des étapes de
repos dans les différents campe-
ments qui mènent ausommet.
Salon de la haute horlogerie. Détaillants, clients et collectionneurs sont
venus passer commande en nombre à Genève. SIHH, 17 JANVIER 2011
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La Chine deviendra
cette année le premier
marché mondial du
luxe, soit avec une
avance de cinq ans
L’auteur duvol de données bancaires arrêté
Credit Suisse Une personne est en détention préventive, selon le Ministère public
tion(MPC) a ouvert enfévrier 2010
uneenquêtepénalepour «soupçon
d’espionnage économique». Elle a
déjà permis d’arrêter à la mi-sep-
tembre un Autrichien qui a servi
d’homme de paille entre les autori-
tés allemandes et l’auteur duvol de
données. Peuaprès, l’intermédiaire
autrichien s’est suicidé dans une
prisonrégionale bernoise.
Depuis, les recherches ont conti-
nué. «Les investigations en cours
nous ont poussés à prendre de
nouvelles mesures», a ajouté le
MPC, qui n’a fourni aucune préci-
sion sur l’identité de la personne
détenue. Credit Suisse, dont les fi-
liales outre-Rhinont étéperquisiti-
onnées en juillet et en décembre,
n’a pas commenté l’affaire hier.
Versement suspect
Paradoxalement, l’indice qui a
permis aux autorités suisses
d’avancer dans l’enquêteémanedu
Ministère public de Düsseldorf.
Cette instance avait rédigé un dos-
sier destiné aux avocats des clients
soupçonnés de fraude fiscale. Ce-
lui-ci contenait des indications qui
ont permis aux autorités helvéti-
ques d’établir un rapprochement
avec le versement suspect d’une
importante somme effectué par
l’intermédiaire autrichien dans
une banque duVorarlberg.
Particularité de l’affaire: l’auteur
présuméduvol est accuséautitrede
«service de renseignements écono-
miques» et non pas de violation du
secretbancaire. L’espionnageécono-
mique, qui est du ressort de la Con-
fédération, est passible d’une peine
privative de liberté allant jusqu’à
trois ans. Yves Hulmann, Zurich
RudolphElmer reste enprison
Le Tribunal a demandé
de nouvelles mesures
privatives
Condamné pour violation du se-
cret bancaire, arrêté une heure
après le verdict mercredi, Rudolf El-
mer n’apas étélibéré. Dans uncom-
muniqué publié vendredi, le Tribu-
nal de district de Zuricha demandé
de prolonger la détention du pré-
venu. Il s’est adressé auTribunal des
mesures de contrainte afin d’obte-
nir leplacement del’ex-banquier de
Julius Baer en détention provisoire.
Cette demande repose sur unsoup-
çondeviolationdelaloi sur les ban-
ques. Elle a trait aux deux CDremis
lundi par Rudolf Elmer à Julian As-
sange, fondateur de WikiLeaks, à
Londres.
Refus desacondamnation
Ainsi, le Tribunal de district de
Zurich applique la nouvelle législa-
tion du Code de procédure pénale
qui prévoit un délai de 48 heures
après l’arrestation pour demander
de nouvelles mesures privatives de
liberté. Selonlecommuniqué, leTri-
bunal desmesuresdecontraintean-
noncera lundi matin s’il accepte de
placer Rudolf Elmer en détention
provisoire. Quant à ce dernier, il a
fait appel jeudi soir de sa condam-
nation. Il refuse l’amende de 7200
francs, avec sursis de deuxans, pour
violation du secret bancaire, tenta-
tivedecontrainteet menace.
Rudolf Elmer a dirigé la filiale de
Julius Baer aux îles Caïmans jus-
qu’en 2002. Il a été licencié par son
employeur pour avoir refusé de se
soumettre à un détecteur de men-
songe, une mesure illégale en
Suisse. Par la suite, il a divulgué des
informations confidentielles sur
des comptes de clients de Julius
Baer. Daniel Eskenazi
Analyse
SÜRlNTERNET
www.|etemps.ch/begue|in
|E POlNT DE vÜE
DE JEAN-PlERRE
BEGÜE|lN
·P|us de quant|tat|ve eas|ng?
Pourquo| pas?·, |`ana|yse
de notre nouveau chron|queur
Economie
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
22
Olivier De Schutter, rapporteur spécial de l’ONUpour le droit à l’alimentation
«Le G20doit réglementer la spéculation
sur les denrées alimentaires»
Propos recueillis par RamEtwareea
Le Temps: Les Nations unies vien-
nent de tirer lasonnette d’alarme
sur une nouvelle flambée des prix de
produits alimentaires. Lasituation
est-elle vraiment grave?
Olivier De Schutter: Elleest tendue.
Les prixdublé, dumaïs, dusucreet
d’autres produits debaseont
exploséces derniers mois. Les pays
qui dépendent des importations se
retrouvent dans unesituation
précaire. Pour d’autres, lasituation
est moins dramatique. Leprixdu
riz, denréedebasedelapopulation
enAsieet enAfriquedel’Ouest, est
plutôt stabledufait debonnes
récoltes. Autrebonnenouvelle:
l’Afriquesubsaharienne, générale-
ment fragilesur leplanalimen-
taire, est moins touchée. LaZam-
bie, leMalawi, leNiger par exemple
ont eudebonnes récoltes àlafinde
l’annéedernière, au-delàdeleurs
besoins propres. Ces pays nedoi-
vent pas fairefaceauchoc des prix.
Lasituationest cependant tendue,
car l’offren’arrivepas àsatisfairela
demandemondiale, et les stocks
sont bas. Outreles catastrophes
naturelles qui ont affectéles cultu-
res, notamment enRussie, en
Ukraineet plus récemment en
Australie, l’utilisationdeproduits
agricoles pour laproductiondes
biocarburants auxEtats-Unis et en
Europeposeunsérieuxproblème.
L’andernier, 38%dumaïs récolté
auxEtats-Unis aservi àlaproduc-
tiond’éthanol.
–Est-ce que lademande croissante
de laChine, de l’Inde et d’autres
pays émergents tendaussi l’offre?
– C’est vrai queles habitudes ali-
mentaires dans plusieurs pays
émergents changent. Mais il faut
plutôt seréjouir quedes millions
degens puissent adopter des
régimes plus diversifiés. L’impact
sur les prixest limité. L’Indeet la
Chinesont plus oumoins autosuf-
fisantes, bienquecettedernière
importebeaucoupdesojapour
nourrir lebétail. Aulieudeposer
seulement laquestionsur lade-
mandecroissantedes pays émer-
gents, il faudrait évoquer lasurcon-
sommationdans les pays riches.
Bienquelaconsommationde
protéines animales progressedans
les pays émergents, unAméricain
mangeencoredeuxfois plus de
viandequ’unChinois. Laconsom-
Olivier De Schutter prône
une agriculture durable
Le Temps: Les plantes transgéni-
ques qui promettent de meilleurs
rendements et qui résistent aux
diverses maladies peuvent-elles
faciliter l’équilibre entre l’offre et
la demande?
Olivier De Schutter: Les OGM
posent des questions de santé
publique que je ne puis commen-
ter, sinonpour regretter que la
recherche scientifique soit décou-
ragée par les détenteurs de bre-
vets sur ces semences qui y met-
tent tous les obstacles possibles.
Les organismes transgéniques
ont également unimpact envi-
ronnemental, lié à la contamina-
tiondes champs voisins de ceux
sur lesquels ils sont cultivés. Enfin
– et ce thème est celui qui me
préoccupe enpriorité – ils posent
des problèmes relevant de l’éco-
nomie politique: s’enremettre
aux OGMrevient à condamner les
agriculteurs à une dépendance
très forte vis-à-vis d’unpetit nom-
bre de firmes qui exercent un
pouvoir exorbitant et sont en
situationoligopolistique. Cela
étant dit, l’attentionportée aux
OGMme paraît disproportion-
née. Ce qu’il faut, c’est une recher-
che financée par des fonds pu-
blics, qui réponde aux besoins
des paysans les plus pauvres. J’ai
parfois l’impressionque la ba-
taille sur les OGMfait office de
diversion: 6%seulement de la
recherche privée sert les petits
agriculteurs dans les pays en
développement, et il y a nombre
de plantes tropicales – sorgho,
millet, patate douce oumanioc,
par exemple – qui sont des «plan-
tes orphelines», auxquelles onne
s’intéresse pas, ouguère.
– Autre question polémique:
l’achat ou la location de terres là
où elles sont disponibles par des
Etats ou des entreprises n’est-il
pas une solution pour augmenter
la production agricole?
– Je suis très inquiet de la tour-
nure que prendce phénomène.
L’investissement est nécessaire et
souhaitable, mais quandil prend
la forme de l’achat oude location
à long terme, l’onfait unmauvais
choix. Très souvent, les petits
agriculteurs ne sont pas protégés
contre l’expropriation. Enoutre,
beaucoupde petits agriculteurs
sont pauvres, car la parcelle qu’ils
cultivent est réduite: il faudrait
leur donner les moyens d’étendre
les surfaces qu’ils cultivent, et non
pas les mettre enconcurrence
pour l’accès à la terre avec des
investisseurs. Miser sur de gran-
des exploitations risque d’aug-
menter la pauvreté dans les cam-
pagnes. Si l’onvoulait vraiment
réduire la pauvreté et contribuer
audéveloppement rural, l’on
investirait autrement: dans les
petites exploitations familiales.
– La libéralisation du commerce
des produits agricoles, telle qu’elle
est sur la table des négociations
dans le cadre du Cycle de Doha, ne
conduirait-elle pas à une plus
grande production?
– Le système actuel met encon-
currence d’une part des agricul-
teurs de l’OCDE, qui bénéficient
des subventions et des technolo-
gies, d’autre part une très grande
masse de petits agriculteurs dans
les pays pauvres qui n’ont pas ces
avantages. Cela n’a pas de sens, et
c’est une des raisons de la ruine
de la petite agriculture. Enmême
temps, compte tenudes différen-
ces de productivité entre ces
différents paysans, se contenter
de réduire les subsides et préten-
dre que le marché fera le reste
revient à tromper les gens: de
fortes disparités subsisteront de
toute manière, audétriment de
l’agriculture des pays pauvres. Ce
que je préconise, c’est que ces
Etats puissent renforcer leur
agriculture enprotégeant leurs
paysans dudumping, de manière
à progressivement pouvoir mieux
se nourrir eux-mêmes. Par
ailleurs, l’accès aux marchés des
pays industrialisés pour les pro-
duits tropicaux (café, cacao,
arachide, noix de cajou) doit être
encouragé, mais encore faut-il
que les bénéfices aillent aux
producteurs et nonà des inter-
médiaires. La part qui leur revient
diminue aufil des années au
profit des multinationales.
d’investir 22milliards dedollars
(21,1milliards defrancs) sur trois
ans dans l’agriculture. Unefraction
seulement decemontant aété
versée. Et jecrains queles investis-
sements réalisés nesoient pas
– La notion de souveraineté ali-
mentaire constitue-t-elle une
réponse aux crises à répétition?
– Nous devons aller dans cette
direction. Les pays les plus vulné-
rables sont ceux qui dépendent
des importations pour répondre
à leurs besoins alimentaires, et la
meilleure façonde se protéger
contre le choc des prix des den-
rées alimentaires, c’est de rompre
cette dépendance. C’est aussi une
manière de s’assurer que l’agricul-
teur perçoive une part plus im-
portante duprix payé par le
consommateur. Par ailleurs, les
échanges internationaux dans les
produits agricoles requièrent des
systèmes de stockage sophisti-
qués, des chambres froides et des
transports. Ensomme, la mondia-
lisationdes produits agricoles est
très énergivore. Si l’onprendau
sérieux l’idée qu’il faut lier agri-
culture et changement climati-
que, il est indispensable d’aller
vers des chaînes plus courtes,
réduisant le délai entre le champ
et l’assiette. Il n’y a pas d’autre
issue.
Propos recueillis par R. E.
«L’attentionportée aux OGMest disproportionnée»
toujours les plus efficaces pour
aider les petits agriculteurs des
pays endéveloppement.
–Quel est votre propre rôle entant
que rapporteur spécial de l’ONU
pour le droit àl’alimentation?
– Monrôleconsisteàfournir aux
Etats lameilleureexpertisepossi-
blesur labasedes consultations
quejemène, pour les aider àpren-
dredes décisions informées. Les
gouvernements reçoivent beau-
coupdeconseils techniques sur la
manièred’augmenter laproduc-
tionagricole. Mais jepose, pour ma
part, les questions dedistribution:
qui produit?Pour lebénéficede
qui?Aquel prix?L’augmentation
delaproductionn’est pas tout, elle
peut s’accompagner dudéveloppe-
ment delapauvretéet delacrois-
sancedes inégalités. Monrôleest
d’yêtreattentif.
–Vous avez parlé de laspéculation.
Qui doit lutter contre?
– Laspéculationn’est pas lacause
premièredelahausseoudela
baissedes prix. Unmarchédes
produits dérivés, oùs’échangent
des promesses d’achat et deventeà
terme, est mêmenécessairedans
unecertainemesure, car il permet
auxopérateurs deseprotéger d’une
volatilitéexcessive. Mais si les
échanges sur ces marchés nesont
pas régulés, ils déstabilisent les
marchés, auxquels ils envoient des
signauxqui deviennent illisibles. Le
développement des fonds indiciels
dematières premières et lalogique
financièrequi vient às’imposer
détachent ces marchés dérivés de
l’économieréelle: des bulles se
forment et puis explosent, sans que
celacorrespondeauxfondamen-
taux, c’est-à-direauxniveauxdes
stocks et auxcourbes del’offreet de
lademande. Il est important quele
G20, enfaisant unedistinction
entreles opérateurs commerciaux
et les investisseurs purement finan-
ciers, réglementelemarché. Car la
volatilitédes prixdes matières
premières agricoles handicapeles
producteurs, qui nesavent plus
planifier leur productionet pour
qui les risques s’accroissent. Elle
peut aussi déboucher sur des situa-
tions depanique: si unfonds d’in-
vestissement spéculeàlahausse, les
acheteurs vont s’empresser d’ache-
ter, les vendeurs retarder lavente–
chaquefois dans laconvictionque
lespéculateur décideenconnais-
sancedecause–, et il enrésulteune
raretéartificielle.
Olivier De Schutter, professeur du
droit international à l’Université
de Louvain et à Columbia Univer-
sity, est le rapporteur spécial des
Nations unies pour le droit à
l’alimentation. Il a succédé à ce
poste à Jean Ziegler en mai 2008.
De 2004à 2008, il était le secré-
taire général à la Fédération inter-
nationale des Ligues des droits de
l’homme. Il est l’auteur de nom-
breux ouvrages sur les droits
économiques et sociaux. Olivier
De Schutter, 42 ans, est marié et
père de trois enfants. Ces derniers
portent chacun un prénomqui
rappelle les droits de l’homme:
Théo René-Cassin, Nesle Castor
(surnomde Simone de Beauvoir)
et Jean San Suu Kyi.
Le Belge a passé toute son enfance
et adolescence dans les pays en
développement. Il se dit très
attaché à l’Afrique, plus particuliè-
rement au Rwanda. R. E.
Le successeur
de Jean Ziegler
1980, onavait plutôt assistéàun
net désengagement. Lacrisede
2008achangécela. Mais dela
paroleauxactes, legouffreest
immense. Ausommet deL’Aquila
dejuillet 2009, leG8avait promis
– LaBanquemondialeareconnu
quenégliger l’agricultureétait une
erreur: investir dans cesecteur
constituelameilleurefaçonde
réduirelapauvretérurale. Et pour-
tant, depuis ledébut des années
mationmoyennemondialede
viandes’élevait en2000à37,4
kilos, mais si latendanceactuellese
poursuit, laconsommationmon-
dialeserade50kilos en2050, et
50%des céréales produites seront
consacrées àlanourritureanimale.
Si l’onn’agit pas sur ces courbes, il
faudraaugmenter laproduction
agricolede70%d’ici à2050pour
répondreauxbesoins mondiaux.
–Enquoi lacrise actuelle est-elle
différente de celle de 2008qui avait
provoqué des émeutes de lafaim
dans de nombreux pays?
– D’abord, les impacts sont diffé-
rents grâceàlastabilitéduprixdu
riz. Finavril 2008, latonneavait
atteint unsommet de1000dollars,
triplant sonprixenl’espacede
quelques mois! Laflambéeétait
provoquéenotamment suiteàla
décisiondelaThaïlandeet de
l’Indederestreindreleurs exporta-
tions afindecontenir lahaussede
prixchezeux. Or des pays comme
les Philippines, grandconsomma-
teur deriz, n’avaient d’autrechoix
qued’importer. Uneraretéartifi-
cielleadonc étécréée, encoura-
geant laspéculation. Auprintemps
2008, les marchés agricoles
s’étaient par ailleurs emballés à
causedelaflambéeduprixde
pétrolequi fluctuait entre130et
140dollars lebaril. Aujourd’hui, il
sesitueautour de100dollars. On
verraces prochaines semaines
l’impact delatendancehaussière.
–Quelle leçonle monde a-t-il rete-
nue de lacrise de 2008?
– Nous refusons d’entirer vraiment
les enseignements. Laconcurrence
entrel’alimentationhumaine, les
cultures fourragères et les biocar-
burants créedes conséquences
perverses, plus encoredans le
contexteactuel oùl’augmentation
des prixdupétroleencouragela
productiondebiocarburants. Nous
n’avons pas agi nonplus contrela
spéculationdefaçondéterminée,
alors quelecomportement des
fonds d’investissement sur les
marchés dérivés des matières
premières agricoles ades consé-
quences nuisibles. Enfin, ona
réinvesti dans l’agriculture, mais
pas suffisamment.
–Justement, laBanque mondiale
avait juré en2008de faire de l’agri-
culture sapriorité…
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Olivier De Schutter: «Nous n’avons pas agi contre la spéculation de façon déterminée.» BRUXELLES, 26 FÉVRIER 2010
L’interviewde la semaine Paraît chaque samedi
23 Economie
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Tabac
Philip Morris licencie
à Neuchâtel
PhilipMorris procède à une
lourde restructurationsur son
site de Neuchâtel. Le fabricant de
cigarettes va supprimer unmaxi-
mumde 120 emplois sur les
quelque 1500 qu’il compte à
Neuchâtel. Les suppressions de
postes se feront par le biais de
retraites anticipées mais des
licenciements seront également
prononcés, a indiqué vendredi
PhilipMorris dans uncommuni-
qué. (ATS)
Résultats
Zehnder en croissance
Le groupe argovienZehnder, actif
dans les radiateurs et la ventila-
tion, a réalisé l’andernier un
chiffre d’affaires de 476 millions
d’euros (615 millions de francs,
chiffre encore nonrévisé). Ses
ventes montrent ainsi une pro-
gressionde 9%par rapport à
2009. (ATS)
ThyssenKrupp stagne
Le numéro unallemandde la
sidérurgie ThyssenKruppa an-
noncé vendredi que sonbénéfice
opérationnel (Ebit) sur le premier
trimestre de sonexercice 2010/11
était «aumême niveau» qu’unan
auparavant, soit 277 millions
d’euros (358 millions de francs).
Le bénéfice opérationnel a toute-
fois été amputé de quelque 370
millions d’euros à cause des pro-
blèmes de sa filiale Steel Ameri-
cas, pénalisée par des problèmes
de démarrage de hauts fourneaux
aux Etats-Unis et auBrésil. Le
groupe a par ailleurs évalué à 11
milliards d’euros sonchiffre
d’affaires sur le trimestre. (ATS)
Dix milliards à la Banque
cantonale de Zoug
La Banque cantonale de Zoug a vu
son résultat quasiment stagner en
2010 par rapport à l’année précé-
dente. Elle a dégagé un bénéfice
net de 61,1 millions de francs, en
baisse de 0,5%, notamment sous
l’effet d’une hausse des charges de
personnel. Les produits bruts ont
en revanche progressé de 0,6%à
216 millions de francs, selon les
chiffres publiés par la banque
vendredi. Les dépôts sous gestion
ont passé la barre des 10 milliards
de francs (+4,5%). (ATS)
Bonnes conditions pour
la Compagnie des Alpes
La Compagnie des Alpes, égale-
ment présente en Suisse, a vu son
chiffre d’affaires progresser de
1,41%au premier trimestre de son
exercice 2010-2011. Elle a profité
de bonnes conditions pour la
pratique du ski. La société fran-
çaise a enregistré un chiffre d’af-
faires global de 90,3 millions
d’euros (116,5 millions de francs)
au premier trimestre (clos le 31
décembre), qui correspond à la
période d’activité la plus faible du
groupe CDA. Les domaines skia-
bles affichent à eux seuls 61
millions d’euros de chiffre d’affai-
res sur cette période (+2,1%).
(ATS)
Industrie
ABB reprend Baldor
Le groupe d’ingénierie suisse
ABB va pouvoir racheter le spé-
cialiste américain des moteurs
électriques industriels, Baldor
Electric. Les autorités de concur-
rence américaines ont donné
leur feu vert jeudi à cette tran-
saction, a annoncé le groupe
suisse. «La division anti-mono-
pole du Département américain
de la justice a autorisé le projet
d’acquisition de Baldor par ABB
par le biais d’une offre publique
d’achat pour l’ensemble des
actions en circulation de Baldor
au prix de 63,50 dollars net par
action», en cash, a expliqué ABB
dans un communiqué. (ATS)
Conjoncture
L’Allemagne a le moral
Le climat des affaires s’est encore
amélioré en janvier en Allema-
gne, le baromètre Ifo atteignant
un nouveau record, au-dessus
des attentes. Il a atteint 110,3
points, son record absolu, contre
109,8 points en décembre (révisé
en légère baisse). Le principal
indice de confiance allemand
poursuit ainsi sa remontée débu-
tée il y a huit mois, a relevé une
porte-parole de l’institut Ifo. Les
entrepreneurs sont également
plus confiants dans l’avenir:
l’indice de leurs attentes pour les
six prochains mois a progressé à
107,8 points contre 106,8 points
en décembre. (AFP)
Transport aérien
IAGest né
Les compagnies aériennes bri-
tanniques British Airways et
espagnole Iberia ont fusionné
vendredi, donnant naissance à
un nouveau groupe baptisé
International Airlines Group
(IAG), conformément à leur
contrat de mariage approuvé par
leurs actionnaires en novembre.
La cotation des actions de BA et
d’Iberia a été suspendue sur les
bourses de Londres et de Madrid,
et IAG, le nouveau groupe om-
brelle qui rassemble les deux
entreprises, a été inscrit ce ven-
dredi au Registre du commerce
madrilène. (AFP)
Gategroup reste avec Iberia
Gategroup prolonge sa collabo-
ration avec Iberia. Le groupe
zurichois spécialisé dans les
services à bord pour les voya-
geurs a signé avec la compagnie
aérienne espagnole un nouveau
contrat pour quatre ans, dont la
valeur dépassera les 400 millions
de francs. (ATS)
Panorama
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;PR^]UXP]RTPd_[dbWPdc
unapaisement dans les relations
commerciales entre les deux
pays, alors que Washington
porte régulièrement plainte
contre la Chine auprès de l’Orga-
nisationinternationale du com-
merce (OMC) pour concurrence
déloyale. (AFP)
Hu Jintao
U Le président chinois Hu Jintao
a exhorté les Etats-Unis à alléger
leurs restrictions frappant les
exportations de matériel high-
techvers la Chine, après que
Washingtonet Pékineurent
signé pour 45 milliards de dol-
lars (43,4 millions de francs) de
commandes chinoises à l’indus-
trie américaine. «Nous espérons
que les Etats-Unis […] allégeront
leurs contrôles sur les exporta-
tions de matériel high-techvers
la Chine aussi vite que possible
afinde doper leurs exporta-
tions», a dit Hu Jintao jeudi soir à
Chicago. Il a également souhaité
La Chine souhaite «l’apaisement»
PUBLICITÉ
BenAli a créé une société
à deux vitesses enTunisie
Crise Les activités reprennent peuà peudans
unclimat d’incertitude politique et économique
La révolutiondu jasminn’a pas
encore mis finà l’incertitude poli-
tique et économique en Tunisie.
La bourse de Tunis est fermée de-
puis dix jours. Les banques et les
assurances ont repris très partiel-
lement leurs activités en cette fin
de semaine. Selon des témoins à
Tunis, les files d’attente sont visi-
bles devant les distributeurs
automatiques de billets et les
commerces. Des produits alimen-
taires – pain, lait, fruits, légumes –
commencent à manquer.
«Nous découvrons avec un cer-
tain effroi la société à deux vites-
ses qui s’est construite au fil des
années, fait remarquer un Tuni-
sien. D’uncôté, laplus grande par-
tie de la population trime pour
gagner entre 300 et 500 francs
par mois. De l’autre, les dirigeants
politiques et leurs coteries qui, à
coup de favoritisme, du chantage
et d’abus de pouvoir, jouissent
d’une richesse inouïe. Les same-
dis, les magasins de luxe et les
restaurants à la mode sont bon-
dés jusqu’à tard dans la nuit.»
Les caciques du régime
Les regards des enfants de la
révolution du jasmin se tournent
vers les bailleurs de fonds qui, se-
lon eux, ont soutenu un régime
autoritaire et corrompu les yeux
fermés. Entre 1995 et 2009,
l’Union européenne a versé
1,7 milliard d’euros à la Tunisie et
la Banque européenne 2,8 mil-
liards d’euros. Autre bailleur de
fonds, la Banque mondiale qui,
dans son dernier rapport sur le
pays, se félicite de la baisse du
taux de pauvreté descendue sous
la barre de 4% de la population.
En 2009, le Forum économique
mondial a classé la Tunisie
comme le pays le plus compétitif
d’Afrique alors même que le chô-
mage était de 14% et de 40%
parmi les jeunes de moins de
25 ans.
Les secteurs industriels tuni-
siens – textile, agro-industrie, in-
formatique et centres d’appel –
sont pour l’ensembletenus par les
caciques du pouvoir ou conjoin-
tement avec des partenaires
étrangers. Ils bénéficient d’un ré-
gime spécial qui leur exempte des
droits de douane pour les équipe-
ments et matières premières im-
portés et des impôts sur les béné-
fices pendant dix ans, une facilité
renouvelable à l’envi.
L’écart de revenu ne concerne
pas que les villes, mais également
les régions rurales où les possibi-
lités d’embauche sont encore plus
rares. Certains agriculteurs ont
fini par abandonner leurs
champs.
C’est cette semaine que les
agences de notation ont mesuré
la fragilité de l’économie tuni-
sienne. Standard & Poors et Fitch
viennent d’abaisser leur note
pour la dette qui s’élevait à 39%
duPIBà la fin2010. RamEtwareea
Jean-Marie Messier ne
retourne pas enprison
Justice L’homme d’affaires doit payer
une amende de 150000 euros
Jean-Marie Messier, poursuivi
pour des délits présumés au mo-
ment des déboires de son ex-so-
ciété Vivendi Universal en 2002,
a été condamné vendredi à 3 ans
de prison avec sursis et 150 000
euros d’amende par le Tribunal
correctionnel de Paris.
L’ancien chef d’entreprise em-
blématique des années 1990 est
reconnu coupable de «diffusion
de fausse information aux mar-
chés et abus de biens sociaux.»
Il est relaxé en revanche sur
l’accusation de manipulation de
cours. Parmi les six autres préve-
nus, Edgar Bronfman Jr, directeur
général de Warner Music, a été
condamné à 15mois de prison
avec sursis et cinq millions
d’euros d’amende pour délit d’ini-
tié. ATS
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<wm>10CAsNsjY0MDQx0TWyMDUyMgQAUXCoNA8AAAA=</wm>
Les bénéfices liés à la vente du sac et à la participation d’Ali et Bono à cette campagne sont reversés
au Conservation Cotton Initiative Uganda. Retrouvez Ali et Bono sur louisvuittonjourneys.com
Ali et Bono sont habillés en Edun. Ali porte le sac collaboratif Louis Vuitton/Edun.
Les plus belles aventures ont commencé en Afrique.
Economie
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
24
PUBLICITÉ
Paul Volcker ne conseillera
plus BarackObama
Etats-Unis L’inspirateur de la réforme de Wall
Street se retire, laissant son œuvre incomplète
Yves Genier
Désigné conseiller spécial du
président pour lutter contre la
crise financière peu après l’élec-
tion de Barack Obama en novem-
bre 2008, Paul Volcker se retire.
L’ancien président de la Fed, l’un
des principaux inspirateurs de la
réforme de Wall Street, sera rem-
placé par un industriel, Jeffrey Im-
melt, directeur général de General
Electric, l’un des plus grands grou-
pes dupays.
Le changement, annoncé par la
Maison-Blanche cette fin de se-
maine, survient alors queledurcis-
sement des nouvelles règles de
Wall Street est pour l’essentiel sous
toit. La loi Dodd-Frank, qui la défi-
nit, aétévotéeenjuillet par leCon-
grès. Ses dispositions d’applica-
tionsont entraind’être publiées.
La marque la plus saillante de
l’œuvre de Paul Volcker est la dis-
position qui porte son nom et qui
interdit aux banques de faire du
négoce pour leur propre compte.
Toutefois, la versionfinale de la loi
est moins stricte que ne le souhai-
tait son inspirateur. Elle laisse aux
banques une petite marge de
manœuvre en leur permettant
d’engager 3% de leurs fonds pro-
pres dans de telles opérations.
Cette brèche «permet aux ban-
ques de contourner la loi. Paul
Volcker lui-même a dit qu’il re-
grettait cela. Donc, le durcisse-
ment réglementaire américain a
été plus limité et démagogique
que vraiment effectif», juge Didier
Cossin, professeur de finance à
l’IMDà Lausanne.
«Les affaires peuvent
reprendre»
L’arrivée d’une majorité républi-
caine à la Chambre des représen-
tants ennovembre a largement re-
fermé la fenêtre du durcissement
de la réglementation financière.
«L’appétit du Congrès pour une
poursuite des réformes est devenu
nettement moindre», souligne Cé-
dric Tille, professeur d’économie à
l’Institut universitaire de hautes
études internationales et du déve-
loppement (HEID) à Genève. Di-
dier Cossinestime que «nonseule-
ment le durcissement sera limité
(comme il s’annonce aussi au ni-
veau international avec Bâle III –
règles augmentant fortement le
niveau minimal de fonds propres
exigibles), mais il semble que l’on
ne parlera même plus guère de
durcissement».
Le départ de Paul Volcker coïn-
cide aussi avec le retour à
meilleure fortune des grandes
banques américaines. La plupart
d’entre elles ont publié, à l’excep-
tion de Bank of America vendredi,
des résultats enhausseen2010. De
plus, complèteCédricTille, «lepro-
gramme TARP (Trouble Asset Re-
lief Program), qui apermis augou-
vernement d’alléger les bilans des
banques, a coûté moins cher que
prévu. Les affaires peuvent repren-
dre comme avant.»
Face à de nouvelles menaces,
Google change de directeur
Internet En place depuis dix ans, Eric Schmidt quitte la direction pour être remplacé par Larry
Page. En plus de l’ombre de Facebook, Google fait face à plusieurs enquêtes importantes
Anouch Seydtaghia
Quelques heures après avoir
changé de directeur au niveau
suisse, Google change de tête au
niveau mondial. Eric Schmidt (55
ans), en place depuis dix ans, cé-
dera le 4 avril son poste à Larry
Page (37 ans), cofondateur de l’en-
treprise. Eric Schmidt demeurera
président du conseil d’administra-
tion. Il détiendra encore 2,7% du
capital deGoogle(valeur: 5,45mil-
liards de dollars) après avoir
vendu il y a peu des actions pour
335 millions de dollars (321 mil-
lions de francs). La nouvelle de ce
remplacement aéclipsélapublica-
tion des résultats annuels 2010 de
Google: un chiffre d’affaires en
hausse de 24% à 29,3 milliards de
dollars, un bénéfice en progres-
sionde 30%à 8,5milliards.
Pourquoi unchangement dedi-
rectiondans uncontexte si favora-
ble? Lors d’une conférence, Eric
Schmidt a concédé que la proxi-
mité de ses tâches avec celles de
Larry Page et Sergey Brinavait con-
duit à des délais supplémentaires
dans les processus de décision. Or
désormais, Google devra agir vite
face à plusieurs menaces.
k
Facebook
Google a clairement raté le phé-
nomène des réseaux sociaux. Son
service «Buzz» ne fait pas parler de
lui, son réseau Orkut n’a jamais eu
d’audience mondiale. Plus grave
encore, aux Etats-Unis, entre jan-
vier et novembre 2010, selonle ca-
binet ExperianHitwise, letraficgé-
néré par Facebook a dépassé celui
de Google. Autre exemple: le trafic
envoyé par Facebook sur Amazon
a progressé de 328%en2010, (pas-
sant de1,8%à7,7%), alors quecelui
de Google diminuait de 2% (19,6%
du trafic), selon JP Morgan. Con-
clusion: Larry Page, réputé davan-
tage orienté vers les produits et
services qu’Eric Schmidt, aura cer-
tainement pour mission de se fo-
caliser sur les réseaux sociaux. Car
les annonceurs pourraient migrer
une partie de leur budget de la«re-
cherche textuelle» (type Google) à
la recherche sociale, domaine de
prédilectionde Facebook.
k
La téléphonie mobile
A priori, la situation est confor-
table pour Android, le système de
Google pour téléphone. Aux Etats-
Unis, selon les derniers chiffres du
cabinet ComScore, Android dé-
passe toujours légèrement
l’iPhone en termes de portables
équipés. Mais Google fait face à
deux défis: d’abord la fragmenta-
tion d’Android, qui énerve beau-
coup de clients, les fabricants de
portables tardant parfois beau-
coupàproposer les mises àjour du
système.
En parallèle, Google aura tout à
prouver dans ledomainedes systè-
mes d’exploitation pour ordina-
teurs. Chrome OS, qui doit venir
défier Windows cette année, sus-
cite déjà beaucoup de scepticisme
dans le milieu high-tech. La vo-
lonté de Google de gérer le sys-
tème enligne ne convainc pas.
Bruxelles et Washington
Bruxelles et l’Etat duTexas soup-
çonnent Google de favoriser cer-
tains résultats dans les recherches.
Ce dossier est sérieux: si Google ne
parvient pas à convaincre rapide-
ment les autorités de la concur-
rence de sa bonne foi, il risque des
enquêtes fleuves – comme celles
que Microsoft a dû subir. De plus,
le Département américain de la
justice enquête sur le rachat par
Google, pour 700 millions de dol-
lars, dusite de réservationde voya-
ges ITA. Apriori, ceseralenouveau
rôle d’Eric Schmidt de défendre
Google auprès des autorités.
Des citations explosives
Eric Schmidt est réputé pour des
phrases explosives:
U«Un jour nous avons eu une
conversation où nous imaginions
que nous pourrions essayer de
prédire la bourse. Et ensuite nous
avons décidé que c’était illégal.
Alors nous avons arrêté de le
faire.» (mars 2010)
U«Si vous avez 14 photos de vous
sur Internet, nous pouvons prédire
qui vous êtes avec un taux de
réussite de 95%.» (août 2010)
U«Avec des produits comme
Google Latitude, vous pouvez nous
dire où vous êtes et ensuite dire à
vos amis ou vous êtes. Nous pou-
vons ensuite prédire où vous irez.»
(août 2010)
A. S.
Larry Page va reprendre la
direction de Google.
D
R
<wm>10CEXKMQ6AIBAEwBdx2T0OQa8kUBELNb7AWPv_ysTGYroZw5PgU9t6tM0JWArUYlQvqgLLPjHLnKKDSgW5MAMao9H_HWoPO9CBE5Tnul8R_eYPXQAAAA==</wm>
<wm>10CAsNsjY0MDAx1TU0sjAxNAIA6Ncnnw8AAAA=</wm>

9.75% sur actions Newmont Mining Corporation
Reverse Convertible à Barrière


Coupon Sous-jacents Barrière N° de valeur Symbole Devise Date de remboursement Souscription jusqu'au
9.75% Newmont Mining 75% 12 345 982 USNEM USD 8 février 2012 28 janvier 2011



Reverse Convertibles à Barrière



Coupon Sous-jacents Barrière N° de valeur Symbole Devise Date de remboursement Souscription jusqu'au
5.75% p.a. Nestlé, Roche, Novartis 65% 12 269 950 NRNOM CHF 1er février 2013 26 janvier 2011

8.00% Nestlé, Credit Suisse, Roche 69% 12 269 958 RBNCR CHF 3 février 2012 27 janvier 2011

10.50% Daimler, BMW, Volkswagen 59% 12 345 967 RBDBV CHF 3 février 2012 27 janvier 2011

11.25% EADS, Siemens, BMW 65% 12 345 976 ESBRC CHF 8 février 2012 28 janvier 2011

12.25% Syngenta, Monsanto, Yara 65% 12 269 952 SMYMB CHF 8 février 2012 1er février 2011


15.00% Renault, Carrefour, Lafarge 65% 12 269 954 RCLMB EUR 2 février 2012 25 janvier 2011

11.25% Siemens, Bayer, BASF 75% 12 345 972 SBBBC EUR 7 février 2012 28 janvier 2011

8.00% p.a. Gold, Silver, Palladium 49% 12 269 957 USFPM USD 7 février 2013 25 janvier 2011

10.25% Coca-Cola, Microsoft, Pfizer 75% 12 269 933 KMPMB USD 1er février 2012 24 janvier 2011

9.00% Apple 79% 12 345 980 USAAP USD 8 février 2012 28 janvier 2011

8.75% Caterpillar 79% 12 345 978 USCAT USD 8 février 2012 28 janvier 2011

8.00% Google 85% 12 345 981 USGOO USD 8 février 2012 28 janvier 2011

9.50% Starbucks 79% 12 345 979 USSBU USD 8 février 2012 28 janvier 2011


Ces informations sont indicatives; les conditions définitives seront fixées à la date de fixation respective.

Nous vous conseillons volontiers: tél. +41 (0) 58 205 40 46*, info@myproducts.ch, www.myproducts.ch
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Avant de conclure toute transaction, l'investisseur doit comprendre le produit, son profil de risque et ses sous-jacents, et se faire conseiller par sa banque ou son conseiller en placement.
Cette annonce a été conçue à des fins de marketing et n'est pas le résultat d'une analyse financière. Elle n'est fournie qu'à titre d'information; elle ne représente ni une offre, ni une invitation à la présentation d'une offre, ni une recommandation pour l'achat ou la vente de produits financiers. Les «term-sheets» ainsi que les conditions
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d'après la Loi fédérale sur les placements collectifs de capitaux (LPCC) et ne sont donc pas soumis aux dispositions de la LPCC ni au contrôle de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Ainsi, l'investisseur ne peut pas recourir à la protection de la LPCC. L'investisseur est exposé au risque d'émetteur et la
valeur de ses placements ne dépend pas seulement de l'évolution et de la solvabilité des sous-jacents constituant le produit, mais également de la solvabilité de l'émetteur. Vous trouverez des informations supplémentaires dans la brochure «Risques particuliers dans le commerce des titres» qui peut être obtenue gratuitement auprès
de Clariden Leu SA. Cette annonce ne constitue pas un prospectus d'émission au sens des art. 652a ou 1156 CO.
lcuve||es em|ss|cns
pur e-mu||.
NZQSPEVDUTDI
25
Finance
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Brèves
Espagne
U Le gouvernement espagnol
prépare unnouveau «plan» pour
renforcer le réseau des caisses
d’épargne, le maillonfaible du
système bancaire du pays, a an-
noncé vendredi le numéro deux
du gouvernement, Alfredo Perez
Rubalcaba. «Le gouvernement
prépare unplan» dont l’objectif
est de «renforcer la solvabilité et
la crédibilité des caisses d’épar-
gne», a annoncé Alfredo Perez
Rubalcaba à l’issue du Conseil des
ministres. (AFP)
Bulgarie
U La Banque européenne d’in-
vestissement a accepté vendredi
d’aider la Bulgarie à construire
des autoroutes avec des fonds
européens, et pourrait aussi
selon Sofia aider à financer la
part bulgare dans le projet Na-
bucco. «La Bulgarie a le droit de
toucher des fonds du budget
européen, mais vous devez être
prêts avec des projets», a déclaré
à Sofia le président de la BEI, le
Belge Philippe Maystadt.
(AFP)
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C|êtare. 6567,3¡ 5Ml
Fonds de placement, opinions d’analystes, OPAdu mois... Plus d’infos sur www.letemps.ch
La bourse
suisse
Reprise
La bourse suisse a démarré la séance de vendredi en
hausse de 0,25%à 6529 points, malgré les clôtures
négatives de NewYork et Tokyo. Le marché s’est
clairement raffermi au cours de la séance. L’indice de
confiance allemandIFOa enregistré une croissance
étonnante et a été bienaccueilli par les investisseurs.
L’échéance des options Eurex a également influencé
positivement le marché. Le SMI a progressé de 0,8%à
6567 points et le SPI de 0,7%à 5876 points. U Grâce
aux bons résultats publiés par la Bank of America,
les valeurs bancaires ont été à la fête. UBS s’est appré-
cié de 1,8%à 16,99 francs, Credit Suisse de 2,6%à
43,63 francs et Julius Baer de 2%à 42,95 francs.
U Pour sa part, Actelion(+1,8%à 52,85 francs) a
profité de nouvelles rumeurs faisant état de la pré-
parationpar des banques d’investissement d’une
transactionpour une grande société. U Les autori-
tés antitrust du Département de justice américain
ont donné jeudi soir leur accordà la reprise de
l’américainBaldor Electric par ABB(+2,4%à 22,48
francs). La dernière conditionà la transactionest
ainsi remplie. U Dans le secteur du luxe, Swatch
Group(+0,9%à 378 francs) et dans une moindre
mesure Richemont (–0,5%à 52,65 francs) ont re-
trouvé des couleurs grâce à de nouvelles analyses et
recommandations positives de plusieurs banques
sur le secteur. U Pour sa part, Petroplus (+1,9%à
14,71 francs) a encore fait partie du pelotonde tête.
Le titre aura progressé de près de 10%cette semaine.
U Les poids lourds de la cote ont été légèrement en
retrait. Novartis (inchangé à 54,20 francs) n’a pas
profité d’une nouvelle concernant les tablettes
Cladribinde sonconcurrent Merck. Les autorités
sanitaires européennes ont confirmé une décision
antérieure et refusé définitivement leur commercia-
lisation. Roche (+0,2%à 140,80 francs) a reçu l’auto-
risationde commercialiser au Japonl’Edirol, un
dérivé de la vitamine D3. Nestlé a progressé de 0,7%
à 52,60 francs.
BCGE Private Banking
4I,80
4¹,I0
4¹,c0
4I,40
:0UkC|. b|00Vb|kG
(W &W"
|a |.sacs
2aTSXcBdXbbT
;TcXcaTeTSTccT
!%"
NewYork
Entraîné par General Electric
Ala clôture, le DowJones prenait 0,41%à
11871,84points tandis que le Nasdaq, à dominante
technologique, cédait 0,55%à 2689,54 points. L’in-
dice élargi Standard&Poor’s 500 avançait de 0,24%à
1283,35 points. «Le marché répondlargement au
signal donné par les résultats, meilleurs qu’attendu,
à l’image de General Electric qui est considéré
comme unbaromètre» de l’économie, a expliqué
Anthony Conroy, de BNY Convergex Group. AFP
Europe
Légère reprise
Les bourses européennes se reprenaient légèrement
enmatinée, menées par les valeurs liées aux matiè-
res premières et les bancaires: Dexia (+3,86%), Royal
Bankof Scotland(+6,52%), Credit Agricole
(+3,30%) et Société Générale (+2,57%). Les statisti-
ques sur le climat des affaires enAllemagne et en
France étaient rassurantes, avec notamment l’IFOau
plus haut depuis la réunificationdes deux Allema-
gnes. Enl’absence de chiffres macroéconomiques,
l’échéance des options et futures janvier menaient
les marchés qui enregistraient des gains substantiels
endeuxième partie de séance. U ThyssenKrupp
(+0,28%) a annoncé que sonbénéfice d’exploitation
au premier trimestre serait similaire à celui de l’an-
née précédente. U Delhaize Groupe (+2,64%) a
affiché unchiffre d’affaires trimestriel légèrement
inférieur aux attentes au quatrième trimestre.
U Bankinter (+3%) a fait état d’unbénéfice infé-
rieur aux attentes pour 2010 plombé par le renché-
rissement de ses coûts de financement et une hausse
de ses provisions pour créances douteuses. U SAP
(–0,30%) faisait l’objet de rumeurs de placement.
U L’Eurostoxx50 a clôturé enhausse de 1,47%à
2970,56. Bordier &Cie, Banquiers privés
GoldmanSachs préfère les pays
développés aux émergents
Perspectives Pour la première fois depuis cinq ans, la banque prévoit une croissance du PIB
bien supérieure à la moyenne. Les experts estiment que l’or atteindra son sommet en 2012
Emmanuel Garessus, Zurich
Goldman Sachs a dressé un ta-
bleau particulièrement optimiste
de l’économie et des actions ven-
dredi à Zurich lors de sa «confé-
rence stratégique». Sur l’ensemble
des régions, ses prévisions dépas-
sent le consensus. C’est la pre-
mière fois depuis cinqans, aexpli-
qué DavidKostlin, responsable du
marché américain. L’accélération
de la croissance américaine expli-
que l’essentiel des choix d’inves-
tissement de l’institut. Eneffet, les
analystes recommandent d’inves-
tir de préférence dans les pays dé-
veloppés plutôt que dans les
émergents, notamment durant
les premiers mois de l’année. Car
les politiques monétaires et les in-
terventions administratives con-
tre les hausses de prix pourraient
perturber les bourses chinoises ou
indiennes.
Au sein des émergents asiati-
ques, la préférence est accordée
aux entreprises et régions les plus
sensibles au marché américain,
comme le Japon, la Corée et
Taïwan.
L’avis de David Kostlin s’était
avéré correct en 2010. Cette star
de Wall Street avait annoncé, il y a
un an, que l’indice S & P 500 des
actions américaines serait à 1250
points à la fin 2010. Aujourd’hui,
il prévoit un niveau de 1500
points à la fin 2011. Il anticipe en
effet une accélération de la crois-
sance du PIB américain à 4% d’ici
au milieu de cette année et l’ab-
sence de risque d’inflation ou de
hausse des taux directeurs. Un en-
vironnement idéal pour les mar-
chés. La nervosité des acteurs
pourrait monter d’un cran dans
un mois, lorsque le Congrès déci-
dera ou non de relever le plafond
de la dette. Mais la tendance haus-
sière ne sera pas remise en ques-
tion.
Malgré les craintes et les criti-
ques à l’égard du système capita-
liste, le PIB américain est
aujourd’hui 16% plus élevé qu’en
2005. Le revenu des Américains
s’est accru de 2100 milliards de
dollars.
Non seulement le PIB pro-
gresse, mais les bénéfices des en-
treprises vont dépasser leur ni-
veau record.
En réponse à la crise, les ména-
ges ont dû accroître leur taux
d’épargne. Aujourd’hui il atteint
6% et ne devrait plus progresser.
Cela signifie que la consomma-
tion privée, qui représente 70% de
l’économie américaine, vade nou-
veau soutenir la croissance. C’est
une bonne nouvelle pour le taux
de chômage. Ce dernier ne bais-
sera cependant pas assez pour
obliger la Réserve fédérale à rele-
ver ses taux directeurs.
Nouvelle hausse
des bénéfices
Goldman Sachs prévoit une
hausse de 14,5% des bénéfices
l’année prochaine et d’encore
10,5%en2012. Ceux-ci dépendent
des volumes d’affaires et des mar-
ges. La banque américaine s’at-
tend à une hausse des ventes de
8,1%cette année et de 7,2%l’année
prochaine, soit bien davantage
que la moyenne des experts
(86,6%en2011 et 6%en2012).
«Le débat le plus chaud du mo-
ment à Wall Street concerne les
marges des entreprises», selonDa-
vid Kostlin. Le consensus des ana-
lystes prévoit une hausse à9,6%en
2012, contre 8,5% en 2010. Sur ce
point précis, Goldman Sachs est
plus réservé et prévoit une marge
de 9%en2012.
Pic de l’or
L’environnement ne se détério-
rera pas de sitôt, selon la banque
américaine. Le mouvement de re-
prise ne dure que depuis 18 mois
et en moyenne un cycle s’étend
sur 3 à 4 ans, ce qui lui permet
d’augmenter le PIB de 25%. Si les
attentes de Goldman Sachs sont
exactes, à la fin 2012 le PIB se sera
accru de 20% depuis son point le
plus bas.
Le marché européen des ac-
tions devrait également progres-
ser d’environ 20%. Gerald Moser,
directeur de l’institut américain,
privilégie les cycliques et les mar-
chés du norddu continent.
Enfin, dans les métaux pré-
cieux, Joshua Crumb, stratégiste,
estime que la demande d’or va
permettre au métal jaune de
poursuivre sur sa lancée. Mais le
pic sera atteint en 2012 quand les
taux d’intérêt réels redeviendront
positifs aux Etats-Unis.
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L’euro revient au-dessus de 1,30franc
Changes De solides données conjoncturelles en Allemagne soutiennent la monnaie unique
L’euro s’est installé vendredi au-
dessus de la barre de 1,30 face au
franc. Une marque qu’il avait dé-
passée la veille, sans pouvoir la te-
nir. Le franc est ainsi au plus bas
face à la monnaie unique euro-
péenne depuis le 9 décembre der-
nier sur le marché des changes.
L’euro regagne également du ter-
rain face au dollar, repassant ven-
dredi au-dessus delabarrede1,35,
un niveau plus vu depuis près de
deux mois.
Explication: la devise des Dix-
Sept profite de données conjonc-
turelles favorables, en particulier
d’une croissance allemande ro-
buste. Le climat des affaires s’est en
outre encore amélioré en janvier
outre-Rhin, selon le dernier baro-
mètre Ifo. Il atteint désormais
110,3 points, son record absolu,
contre 109,8endécembre.
Reste à savoir si ce regain de vi-
gueur de l’euro sera durable. Pour
la Suisse, la question est primor-
diale alors que le débat sur le rôle
que la Confédération doit tenir
dans ce dossier – en volant à l’aide
des exportateurs – est désormais
sur la table. Vendredi, l’ancienchef
économiste de la Banque natio-
nale suisse (BNS), Ulrich Kohli, a
amené sa voix au débat en esti-
mant dans la Basler Zeitung que la
stratégie de l’institut d’émission
visant à tenter d’empêcher le ren-
chérissement du franc a été «un
fiasco total». La banque centrale a
«au mieux retardé l’appréciation
de deux à trois mois» et «a fini par
capituler enjuin», a-t-il ajouté.
Le professeur Kohli estime que
la BNS ne doit plus intervenir, car
«les taux de change variables don-
nent toujours lieu à des fluctua-
tions, qui se corrigent d’elles-mê-
mes avec le temps». De son point
de vue, il est «très possible, même
probable, que l’eurose rétablisse».
De son côté, la BNS continue en
tout cas à optimiser son bilan en
diversifiant ses devises. Ses posi-
tions en euros sont passées de
90,9 milliards à la fin septembre
2010 à 89,6 milliards fin décem-
bre, selon des données publiées
vendredi. A leur plus haut, au
30 juin 2010, elles se montaient à
120,6milliards d’euros. LT
Bank of America a fortement creusé sa perte
Banque L’établissement a publié des résultats largement inférieurs aux prévisions
Bank of America a fortement
creusésapertel’andernieràcausede
dépréciations et d’une baisse des re-
cettes, mais a réduit la perte sur le
seul quatrième trimestre, des résul-
tats largement inférieurs aux prévi-
sions dans les deuxcas.
Elle a souligné vendredi dans un
communiqué que la perte annuelle
nette avait atteint 3,6 milliards de
dollars (3,47 milliards de francs) en
2010, contre2,2milliards unanplus
tôt.
Au quatrième trimestre, la perte
nettes’élèveà1,6milliarddedollars,
trois fois inférieureàcellede5,2mil-
liards de dollars enregistrée un an
plus tôt àlamêmepériode.
Par action, le bénéfice net hors
éléments exceptionnels ressort à
86 cents, alors que les analystes ta-
blaient sur 98 cents, et à 4 cents par
action sur le quatrième trimestre,
alors que Wall Street misait en
moyennesur 14cents.
La première banque américaine
en termes d’actifs, et celle qui a le
plusdemal àseremettredelacrise, a
vu le total de ses produits reculer de
8% l’an dernier à 110,2 milliards de
dollars, moins qu’attendu par les
analystes, etde11%lorsdestroisder-
niersmoisdel’annéeà22,4milliards
de dollars. Les analystes tablaient
respectivement sur 112,6 et 24,9
milliards dedollars.
«L’an dernier a été une année de
reconstructionet de nécessaires cor-
rections», a commenté le directeur
général BrianMoynihan.
«Nos résultats reflètent les pro-
grès que nous faisons pour mettre
cet héritage, essentiellement lié à
l’hypothécaire, derrière nous», a-t-il
ajouté. «Nous avons gagné 10,2 mil-
liards de dollars hors dépréciations
d’actifs intangibles, avons consolidé
nos capitaux, réduit lerisquesur no-
tre bilan, et vendu plus de 19 mil-
liards de dollars d’actifs» non straté-
giques. Sur l’ensemble de l’année, la
banque a passé des dépréciations
d’actifs intangibles (goodwill) de
12,4milliards dedollars.
«Nous entrons dans l’année 2011
[…] sur fondd’améliorationdel’éco-
nomie. Une reprise économique
pleinedépenddelastabilitédumar-
ché immobilier», a précisé Brian
Moynihan. AFP
Ordre des informations de fonds: Nom du fonds, monnaie comptable du fonds, Conditions d’émission / rachat, Particularités, Valeur d’inventaire
(valeurs du vendredi, 21.01.2011, indication des fluctuations de cours voir particularités), Performance 2011 en %
FONDS DE PLACEMENT
Fournis par: Swiss Fund Data AG en collaboration avec SIX Swiss Exchange AG et SIX Telekurs Ltd. PUBLICITÉ
Aberdeen Global Services S.A.
www.aberdeen-asset.com
Tél. (352) 46 40 10820
Fax (352) 245 29 056
AG AM Mkts L Curr USD 2/1 e 10.63 -0.6
AG American Eq Fund A-2 USD 2/1 e 14.39 -
AG Asia Pacific Eq Fund A-2 USD 2/1 e 67.70 -2.1
AG Asian Bd USD 2/1 e 4.33 -0.8
AG Asian Prop Shr Fund A-2 USD 2/1 e 15.97 -0.2
AG Australasian Eq A-2 AUD 2/1 e 26.61 -
AG Chinese Eq A-2 USD 2/1 e 24.76 0.8
AG Div Euro A2 EUR 2/1 e 144.37 1.0
AG East Euro Eq A2 EUR 2/1 e 104.93 2.6
AG EM Bond Fund A-2 USD 2/1 e 32.10 0.2
AG EM Eq A-2 USD 2/1 e 45.53 -
AG Em Mkts Sml Cos A2 USD 2/1 e 16.68 -1.0
AG Euro Eq ex UK A2 EUR 2/1 e 8.63 -0.1
AG Euro High Yield Bond A-2 EUR 2/1 e 15.50 3.0
AG European Eq A-2 EUR 2/1 e 34.25 0.1
AG Hgh Yld Bd GBP 2/1 e 1.12 1.9
AG India USD 2/1 e 102.10 -6.1
AG Japanense Eq A-2 JPY 2/1 e 290.00 -
AG Japanese Sm Co’s A-2 JPY 2/1 e 560.14 2.5
AG Latam A2 USD 2/1 e 4593.37 -0.6
AG Resp World Eq USD 2/1 e 9.05 1.0
AG Russian A2 EUR 2/1 e 11.73 3.3
AG Sml Cos A2 USD 2/1 e 36.50 0.3
AG Stling Fin GBP 2/1 e 1.91 -0.1
AG Stlng Corp GBP 2/1 e 0.93 -0.7
AG Tech A-2 USD 2/1 e 2.92 -
AG UK Eq A-2 GBP 2/1 e 12.48 -
AG World Bd GBP 2/1 e 1.61 -3.5
AG World Eq A-2 USD 2/1 e 14.18 -
AG World Res A2 USD 2/1 e 14.16 0.2
ABS Investment
Management LLC
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PvB Pernet von Ballmoos AG
Tél. 044 205 51 51, www.pvbswiss.com
Investissements alternatifs
PvB Andante - Europe K (EUR) EUR 2/1 bf 10017.25 -
PvB Andante - Europe K (USD) USD 2/1 bf 10030.30 -
PvB Andante - G7 K (CHF) CHF 2/1 bf 9850.65 -
PvB Andante - G7 K (EUR) EUR 2/1 bf 10526.95 -
PvB Andante - G7 K (USD) USD 2/1 bf 11161.00 -
PvB Andante - X-G7 K (CHF) CHF 2/1 bf 12565.30 -
PvB Andante - X-G7 K (EUR) EUR 2/1 bf 13286.35 -
PvB Andante - X-G7 K (USD) USD 2/1 bf 14469.10 -
Active Niche Funds S.A.
Tél. 021 320 11 01
www.ativenf.ch
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Luxemb. Sel. Fd-Active Solar CHF CHF 2/1 e 60.08 9.9
Luxemb. Sel. Fd-Active Solar EUR EUR 2/1 e 60.19 9.8
Luxemb. Sel. Fd-Active Solar USD USD 2/1 e 65.34 9.8
Adamant
Biomedical Investments AG
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Adamant Global Medtech A CHF 5/5 e 1076.96 4.4
Adamant Healthcare Trends A CHF 5/5 e 894.47 5.2
Alegra Capital Ltd.
www.alegracapital.com
Direction des Fonds:
PvB Pernet von Ballmoos AG
Tél. 044 205 51 51, www.pvbswiss.com
Autres fonds
Asset-Backed Securities Fund A USD 2/3 bf 1276.93 -
Asset-Backed Securities Fund S USD 2/3 bfx 136.27 -
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CACEIS Fastnet (Suisse) SA, Nyon
Tél. +41 22 360 94 00
Amundi Funds Classic Capi.
Aqua Global EUR 1/1 e 90.27 -1.4
Arbitrage Inflation EUR 1/1 e 106.35 0.1
Arbitrage VaR 2 (EUR) EUR 1/1 e 118.11 -
Arbitrage VaR 2 (GBP) GBP 1/1 e 117.51 -
Arbitrage VaR 2 (USD) USD 1/1 e 121.06 -
ASEAN New Markets USD 1/1 e 91.42 -1.0
Asia Pacific Renaissance USD 1/1 e 17.40 0.9
Asian Growth USD 1/1 e 27.55 1.9
Asian Income USD 1/1 e 18.74 -0.0
Brazil USD 1/1 e 125.59 -1.1
Clean Planet EUR 1/1 e 71.04 1.1
Dynarbitrage Forex Asia Pacific JPY 1/1 e 10315.00 0.2
Dynarbitrage High Yield EUR 1/1 e 103.93 0.5
Dynarbitrage VaR 4 (EUR) EUR 1/1 e 113.35 -
Dynarbitrage VaR 4 (USD) USD 1/1 e 110.63 -
Dynarbitrage Volatility EUR 1/1 e 117.25 0.1
Emerging Europe EUR 1/1 e 34.88 2.2
Emerging Internal Demand USD 1/1 e 97.40 -2.0
Emerging Markets Debt USD 1/1 e 26.28 -1.5
Emerging World USD 1/1 e 107.40 -0.9
Equity Statistical Arbitrage (EUR) EUR 1/1 e 98.82 -0.2
Euro Bond EUR 1/1 e 14.30 -0.9
Euro Corporate Bond EUR 1/1 e 15.02 -0.6
Euro High Yield Bond EUR 1/1 e 15.54 2.1
Euro Inflation Bond EUR 1/1 e 129.96 0.2
Euro Quant EUR 1/1 e 6.96 3.1
Euro Reserve EUR 1/1 e 12.36 0.0
Euro Select Bond EUR 1/1 e 112.18 0.1
Euro SRI EUR 1/1 e 77.41 2.2
Europe Smaller Companies EUR 1/1 e 8.12 -1.6
European Bond EUR 1/1 e 143.61 -0.1
Gems Europe EUR 1/1 e 77.72 1.6
Global Aggregate USD 1/1 e 168.83 1.2
Global Agriculture USD 1/1 e 93.16 0.6
Global Bond USD 1/1 e 23.92 0.3
Global Convertible Bond EUR 1/1 e 10.72 -0.6
Global Corporate Bond USD 1/1 e 120.68 -0.5
Global Equities USD 1/1 e 8.27 0.5
Global Finance USD 1/1 e 10.47 3.0
Global Inflation Bond EUR 1/1 e 105.86 -0.9
Global Resources USD 1/1 e 91.25 -3.8
Greater China USD 1/1 e 554.82 2.2
Index Euro EUR 1/1 e 101.53 2.0
Index Europe EUR 1/1 e 108.42 -0.4
Index Global Bond (EUR) Hedged EUR 1/1 e 110.90 -0.3
Index North America EUR 1/1 e 122.02 1.5
Index Pacific EUR 1/1 e 146.93 -3.0
India USD 1/1 e 165.01 -9.1
India Infrastructure USD 1/1 e 64.99 -9.7
Japan Value JPY 1/1 e 6668.00 3.4
Korea USD 1/1 e 23.49 5.7
Latin America Equities USD 1/1 e 747.83 -1.6
Minimum Variance Europe EUR 1/1 e 134.35 -0.0
Multimanagers Long / Short Equity EUR 1/1 e 100.85 -
Restructuring Equities EUR 1/1 e 70.71 -0.1
Select Euro EUR 1/1 e 135.51 3.2
Select Europe EUR 1/1 e 141.87 1.5
Switzerland CHF 1/1 e 8.48 2.2
Thailand USD 1/1 e 93.01 -2.4
US Innovative Companies USD 1/1 e 9.03 1.7
US Opportunities USD 1/1 e 11.20 1.7
USD Reserve USD 1/1 e 12.10 0.0
Volatility Euro Equities EUR 1/1 e 149.99 -0.3
Volatility World Equities USD 1/1 e 138.57 -0.6
CAAM Interinvest
Amundi Interinvest - Intern. Debts EUR 1/1 1518.23 -0.3
Amundi Interinvest - Short Term I EUR 1/1 4747.82 -
Amundi Interinvest - Short Term I USD 1/1 2797.35 -
Amundi Interinvest - Short Term P EUR 1/1 112.32 0.0
Amundi Interinvest - Short Term P USD 1/1 114.35 0.0
Amundi Interinvest - Short Term S EUR 1/1 113.70 0.0
Amundi Interinvest - Short Term S USD 1/1 115.56 0.0
Amundi Interinvest Glb Debts Port. EUR 1/1 1262.00 0.1
AS Investment Management
Tél. +41 22 716 52 00
www.as-im-com
AS Eq. Fund - Flexibil.Switzerland CHF 2/2 a 91.30 1.1
AS Eq. Fund - Opport. Switzerland CHF 2/2 a 101.30 -0.2
Tél: 00352 46 71 71 666
pfcs.lux@pictet.com
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The European Asset Value EUR 1/2 a 48.29 0.9
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Tél. 043 299 12 04
www.axa-winterthur.ch
Fonds en obligations
Win Fund Bond-Index CH CHF 4/3 e 102.26 -1.0
Fonds en actions
Win Fund Equity-Index CH CHF 4/3 e 103.01 1.2
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www.baloise.ch
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BFI Swissfranc Bond (CHF) R CHF 2/1 106.56 -0.3
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BFI EuroStock (EUR) R EUR 2/1 33.04 0.8
BFI InterStock (CHF) R CHF 2/1 64.73 3.1
BFI SwissStock (CHF) R CHF 2/1 81.23 0.5
Fonds d’allocation d’actifs
BFI Activ (CHF) R CHF 2/1 107.10 1.2
BFI Activ (EUR) R EUR 2/1 57.47 -0.2
BFI Capital Protect (CHF) R CHF 2/2 11.45 0.2
BFI Capital Protect (EUR) R EUR 2/1 11.52 -1.0
BFI Capital Protect Plus (EUR) R EUR 2/1 10.37 -0.8
BFI Dynamic (CHF) R CHF 2/1 90.46 2.3
BFI Dynamic (EUR) R EUR 2/1 47.15 0.3
BFI Opportunity Fund (CHF) R CHF 2/1 8.58 -0.9
BFI Opportunity Fund (EUR) R EUR 2/1 8.76 -0.4
BFI Progress (CHF) R CHF 2/1 103.85 1.2
BFI Progress (EUR) R EUR 2/1 55.41 0.1
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Représentant en Suisse:
Banque Privée Edmond de Rothschild SA,
Genève, Tél. +41 22 818 91 11
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BBVA Durbana Latam Fixed IncA USD 2/2 78.78 0.4
BBVA Durbana Multstr 80/20 EUR EUR 2/2 103.38 1.0
BBVA Durbana Multstr 80/20 USD USD 2/2 103.61 0.6
BBVA Durbana Renta EURO EUR 1/1 a 102.76 -0.8
BBVA Durbana Renta USD USD 1/1 a 105.62 -0.0
BBVA Durbana Renta Var.Gbl EUR EUR 2/2 130.87 -0.0
BBVA Durbana Renta Var.Gbl USD USD 2/2 126.36 1.1
Monetario EUR EUR 2/2 100.86 -0.0
Monetario USD USD 2/2 100.21 -0.1
Bank Sal. Oppenheim jr. & Cie. (Suisse) SA
Tél. +41 44 214 23 33, www.oppenheim.ch
Oppenheim Pharma/wHealth EUR 2/1 e 205.14 -1.6
Banque Bonhôte & Cie SA
Tél. +41 32 722 10 00
info@bonhote.ch
www.bonhote.ch
Bonhôte-Arbitrage (CHF) CHF 2/1 b 11303.00 0.0
Bonhôte-Arbitrage (EUR) EUR 2/1 b 7826.00 0.0
Bonhôte-Arbitrage (USD) USD 2/1 b 8504.00 0.0
Bonhôte-BRIC CHF 2/1 a 154.28 5.1
Bonhôte-Immobilier CHF 2/2 e 116.50 0.2
Bonhôte-Monde CHF 2/2 a 137.04 3.0
Bonhôte-Obligations CHF 2/1 a 105.02 0.9
Bonhôte-Obligations HR CHF 2/1 a 119.24 3.5
Bonhôte-Performance (CHF) CHF 2/1 b 13914.00 0.0
Bonhôte-Performance (EUR) EUR 2/1 b 9517.00 0.0
Bonhôte-Performance (USD) USD 2/1 b 10564.00 0.0
Banque Cantonale de Genève
Tél. 058 211 21 00
www.bcge.ch
info@bcge.ch
Asia Pacific Performance -A- EUR 2/1 e 28.99 2.4
Asia Pacific Performance -B- USD 2/1 e 40.26 2.4
Asia Pacific Performance -C- EUR 2/1 e 28.03 2.4
Asia Pacific Performance -D- USD 2/1 e 39.10 2.4
La Foncière CHF 2/2 e 763.00 3.2
Banque Cantonale de Genève
Tél. 058 211 21 00
www.bcge.ch
info@bcge.ch
Fonds en obligations
BCGE Synchrony Finest of LPP Bonds ACHF 1/1 a 1044.97 -0.1
BCGE Synchrony Swiss Govt Bonds CHF 4/3 e 1074.72 -1.1
Fonds en actions
BCGE Synch. Small & Mid Caps CH A CHF 1/1 e 1152.86 -1.8
BCGE Synchrony Europe Equity EUR 4/3 f 1104.51 1.1
BCGE Synchrony Swiss Equity CHF 4/3 e 2048.01 1.8
BCGE Synchrony US Equity USD 4/3 f 1152.64 1.7
Fonds d’allocation d’actifs
BCGE Rainbow Balanced (CHF) CHF 2/1 e 125.46 2.1
BCGE Rainbow Balanced (EUR) EUR 2/1 e 106.98 0.1
BCGE Rainbow Defensive (CHF) CHF 2/1 e 104.71 1.3
BCGE Rainbow Dynamic (CHF) CHF 1/1 e 94.86 2.7
BCGE Rainbow Dynamic (EUR) EUR 1/1 e 110.00 0.3
BCGE Rainbow World Equity (CHF) CHF 1/1 e 90.45 4.0
BCGE Synchrony Finest of LPP 25 A CHF 1/1 a 968.58 1.2
BCGE Synchrony Finest of LPP 40 A CHF 1/1 a 922.86 2.0
BCGE Synchrony Finest of LPP 40 SRI ACHF 1/1 a 876.35 1.7
Banque CIC (Suisse) SA
Tél. +41 61 264 14 51
www.cic.ch
Fonds en obligations
CIC CH Fund - Bond CHF B CHF 2/1 e 1151.97 -0.2
CIC CH Fund - Bond Europe B EUR 2/1 e 715.04 -1.2
Fonds en actions
CIC CH Fund - Action Swiss B CHF 2/1 e 1752.65 1.6
Fonds d’allocation d’actifs
CIC CH Fund - Strategy Global (CHF) B CHF 2/1 e 916.01 2.5
CIC CH Fund - Strategy Global (EUR) B EUR 2/1 e 577.71 1.1
Autres fonds
CIC CH Fund - Bond Convert B EUR 2/1 e 1091.56 -0.2
Banque de Dépôts et de Gestion
Tél. +41(0)21 341 85 11
www.bdg.ch
info@bdg.ch
Fonds en obligations
BDG Bonds Opportunities (EUR) EUR 3/2 e 1056.53 -0.1
Fonds en actions
BDG Swiss Stocks CHF 3/2 e 1165.71 1.1
Fonds d’allocation d’actifs
BDG Balanced (CHF) CHF 3/3 e 1034.16 3.3
Banque Baring Brothers Sturdza SA
Tél. +41 22 317 98 11
ngf@bbbsa.ch
www.bbbsa.ch
Nippon Growth (UCITS) Fd A JPY 2/1 a 66817.00 4.8
Nippon Growth (UCITS) Fd B acc JPY 2/1 a 56358.00 4.6
Nippon Growth (UCITS) Fd C dist JPY 2/1 a 54531.00 4.7
Nippon Growth Fund JPY 2/1 a 67084.00 6.8
Strategic China Panda Fund EUR 2/1 e 2126.39 2.3
Strategic China Panda Fund GBP 2/1 e 2048.23 2.3
Strategic China Panda Fund USD 2/1 e 2157.24 2.3
Strategic Euro Bond Fund acc EUR 2/1 e 1058.95 -0.7
Strategic Euro Bond Fund dist EUR 2/1 e 1016.95 -0.7
Banque Pasche CM-CIC Private Banking
Tél. + 41 22 818 82 22
funds@pasche.ch
www.banque-pasche-group.com
Représentant pour la Suisse:
Wegelin Fondsleitung AG
9001 St. Gallen
Fonds en actions
Elite Strat.Glob. EmMa FoF USD 2/3 f 113.56 1.0
Elite Strategic Asia FoF EUR 2/3 f 105.40 0.1
Elite Strategic Europe FoF EUR 2/3 f 113.69 1.2
Elite Strategic Latin America FoF USD 2/3 f 112.21 -0.2
Elite Strategic North America FoF USD 2/3 f 109.71 1.1
Fonds d’allocation d’actifs
Elite Strategic Balanced FoF EUR 2/3 f 100.57 0.4
Elite Strategic Growth FoF EUR 2/3 f 95.03 -0.0
Elite Strategic Income FoF EUR 2/3 f 104.32 -0.1
Banque Piguet & Cie S.A.
Tél. 021 310 10 56
piguetfunds@banquepiguet.com
www.banquepiguet.com
Fonds d’allocations d’actifs
Piguet Pondéré (CHF) CHF 3/2 af 197.11 1.4
Piguet Pondéré (EUR) EUR 3/2 af 122.42 0.7
Fonds en actions
Piguet Actions Suisses CHF 3/2 af 164.92 0.7
Piguet Int’l Fd-World Equities USD USD 2/1 af 111.10 0.9
Piguet Int’l Fd-World Equities-cl. CHF CHF 2/1 af 113.17 1.6
Piguet Int’l Fd-World Equities-cl. EUR EUR 2/1 af 85.42 0.6
Fonds en obligations
Piguet Global Fd Int’l Bd CHF Cap CHF 2/1 af 152.60 0.8
Piguet Global Fd Int’l Bd CHF Dis CHF 2/1 af 112.43 0.8
Piguet Global Fd Int’l Bd CHF-cl. J Dis CHF 2/1 af 98.97 0.8
Piguet Global Fd Int’l Bd EUR Cap EUR 2/1 af 136.56 -0.7
Piguet Global Fd Int’l Bd EUR Dis EUR 2/1 af 97.59 -0.7
Piguet Global Fd Int’l Bd USD Cap USD 2/1 af 216.40 -0.1
Piguet Global Fd Int’l Bd USD Dis USD 2/1 af 142.02 -0.1
Banque Privée
Edmond de Rothschild SA
Genève
Edmond de Rothschild Prifund
www.edr-prifund.ch, Tél. +41 58 818 95 68
Compartiments actions
PRIFUND - ASIAN EQUITIES - A USD 2/3 1051.33 0.3
PRIFUND - EUROPEAN EQUITIES - A EUR 2/3 126.74 0.5
PRIFUND - EUROPEAN EQUITIES - B EUR 2/3 123.65 0.5
PRIFUND - JAPAN EQUITIES - A JPY 2/3 10838.00 4.2
PRIFUND - JAPAN EQUITIES - A USD 2/3 124.22 3.5
PRIFUND - JAPAN EQUITIES - B JPY 2/3 10682.00 4.2
PRIFUND - SWISS EQUITIES - A CHF 2/3 153.07 0.3
PRIFUND - SWISS EQUITIES - B CHF 2/3 151.25 0.3
PRIFUND - USA EQUITIES - A USD 2/3 111.65 1.7
PRIFUND - USA EQUITIES - B USD 2/3 108.99 1.7
Compartiments de gestion alternative à
risques particuliers
PRIFUND Alpha DIVERSIFIED - A CHF 2/3 b 128.25 0.0
PRIFUND Alpha DIVERSIFIED - A EUR 2/3 b 145.30 0.0
PRIFUND Alpha DIVERSIFIED - A USD 2/3 b 152.17 0.0
PRIFUND Alpha DIVERSIFIED - B CHF 2/3 b 126.63 0.0
PRIFUND Alpha DIVERSIFIED - B EUR 2/3 b 143.63 0.0
PRIFUND Alpha DIVERSIFIED - B USD 2/3 b 150.42 0.0
PRIFUND Alpha EMERG. MARK. - A EUR 2/3 a 168.66 2.5
PRIFUND Alpha EMERG. MARK. - A USD 2/3 a 186.47 2.3
PRIFUND Alpha EMERG. MARK. - B EUR 2/3 a 166.99 2.5
PRIFUND Alpha EMERG.MARK. - B USD 2/3 a 184.70 2.3
PRIFUND Alpha EUROPA - A CHF 3/2 b 101.22 0.0
PRIFUND Alpha EUROPA - A EUR 3/2 b 104.31 0.0
PRIFUND Alpha EUROPA - A USD 3/2 b 107.66 0.0
PRIFUND Alpha EUROPA - B CHF 3/2 b 100.19 0.0
PRIFUND Alpha EUROPA - B EUR 3/2 b 103.73 0.0
PRIFUND Alpha TRADERS - A EUR 2/3 b 159.96 0.0
PRIFUND Alpha TRADERS - A USD 2/3 b 169.81 0.0
PRIFUND Alpha TRADERS - B EUR 2/3 b 157.71 0.0
PRIFUND Alpha TRADERS - B USD 2/3 b 167.64 0.0
PRIFUND Alpha UNCORR. ($) - A USD 2/3 b 191.71 0.0
PRIFUND Alpha UNCORR. ($) - B USD 2/3 b 188.54 0.0
PRIFUND Alpha UNCORR. (CHF) - G CHF 2/3 b 102.07 0.0
PRIFUND Alpha UNCORR. (EUR) - A EUR 2/3 b 180.01 0.0
PRIFUND Alpha UNCORR. (EUR) - B EUR 2/3 b 176.98 0.0
PRIFUND Alpha UNCORR. (GBP) - G GBP 2/3 b 104.10 0.0
PRIFUND Alpha VOLATILITY - A EUR 2/3 b 132.11 0.0
PRIFUND Alpha VOLATILITY - A USD 2/3 b 138.45 0.0
PRIFUND Alpha VOLATILITY - B EUR 2/3 b 129.97 0.0
PRIFUND Alpha VOLATILITY - B USD 2/3 b 136.24 0.0
Compartiments de stratégie
PRIFUND - NATURAL RESOURCES - A USD 2/3 a 103.39 1.7
PRIFUND - NATURAL RESOURCES - B USD 2/3 a 102.72 1.7
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 10 - A CHF 2/3 a 127.62 -0.2
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 10 - A EUR 2/3 a 153.84 -0.4
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 10 - A USD 2/3 164.60 0.0
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 10 - B CHF 2/3 a 125.71 -0.2
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 10 - B EUR 2/3 a 151.99 -0.4
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 10 - B USD 2/3 a 162.94 0.0
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 15 - A CHF 2/3 a 122.55 0.6
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 15 - A EUR 2/3 a 155.37 0.4
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 15 - A USD 2/3 a 164.93 0.7
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 15 - B EUR 2/3 a 154.47 0.4
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 15 - B USD 2/3 a 102.42 0.7
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 5 - A CHF 2/3 111.40 0.2
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 5 - A EUR 2/3 126.98 0.0
PRIFUND - QUAM MULTIMGR. 5 - A USD 2/3 128.52 -0.0
PRIFUND - RETURN PLUS ($) - A USD 1/3 a 107.72 1.1
PRIFUND - RETURN PLUS (CHF) - A CHF 1/3 a 102.91 0.1
PRIFUND - RETURN PLUS (CHF) - B CHF 1/3 a 99.93 0.1
PRIFUND - RETURN PLUS (EUR) - A EUR 1/3 a 108.11 0.0
PRIFUND - RETURN PLUS (EUR) - B EUR 1/3 a 100.52 0.0
PRIFUND - STRATEGY ($) - A USD 2/3 132.19 0.6
PRIFUND - STRATEGY ($) - B USD 2/3 129.30 0.6
PRIFUND - STRATEGY (CHF) - A CHF 2/3 a 97.00 1.1
PRIFUND - STRATEGY (CHF) - B CHF 2/3 a 94.53 1.2
PRIFUND - STRATEGY (EUR) - A EUR 2/3 a 112.40 -0.4
PRIFUND - STRATEGY (EUR) - B EUR 2/3 a 109.59 -0.4
Compartiments liés au secteur de
l’immobillier à risques particuliers
PRIFUND Alpha PROP. SECURIT A CHF 2/3 b 92.25 0.0
PRIFUND Alpha PROP. SECURIT A EUR 2/3 b 100.61 0.0
PRIFUND Alpha PROP. SECURIT A USD 2/3 b 101.03 0.0
PRIFUND Alpha PROP. SECURIT B CHF 2/3 b 82.25 0.0
PRIFUND Alpha PROP. SECURIT B EUR 2/3 b 89.21 0.0
PRIFUND Alpha PROP. SECURIT B USD 2/3 b 90.58 0.0
Compartiments monétaires
PRIFUND - MM $ - A USD 1/1 1656.08 0.0
PRIFUND - MM CHF - A CHF 1/1 12460.71 0.0
PRIFUND - MM EUR - A EUR 1/1 657.23 0.0
Compartiments obligataires
PRIFUND - BOND ($) - A USD 2/3 161.72 0.2
PRIFUND - BOND ($) - B USD 2/3 127.80 0.2
PRIFUND - BOND (CHF) - A CHF 2/3 122.35 -0.2
PRIFUND - BOND (CHF) - B CHF 2/3 108.46 -0.2
PRIFUND - BOND (EUR) - A EUR 2/3 138.45 -0.6
PRIFUND - BOND (EUR) - B EUR 2/3 116.43 -0.6
PRIFUND - BOND (GBP) - A GBP 2/3 120.92 -0.2
PRIFUND - BOND (GBP) - B GBP 2/3 110.00 -0.2
BANQUE SYZ & CO SA
Fonds OYSTER
Tél: +41 58 799 19 05
www.oysterfunds.com
Fonds en obligations
OYSTER Credit Opportunities EUR2 EUR 2/1 a 161.57 0.3
OYSTER Euro Liquidity EUR EUR 2/1 f 150.83 0.0
OYSTER Europ. Corp. Bds EUR EUR 2/1 f 199.09 -0.2
OYSTER Europ. Fixed Inc. EUR EUR 2/1 f 191.55 -0.2
OYSTER Global Convertibles EUR EUR 4/1 f 199.64 1.3
OYSTER US Dollar Bonds USD USD 2/1 f 310.15 0.5
Fonds en actions
OYSTER Asia Opportunities USD2 USD 3/2 f 176.67 2.2
OYSTER Emerg. Mkts. Dyn. USD2 USD 2/2 f 131.71 0.5
OYSTER Europ. Opp. EUR EUR 2/1 f 302.77 -0.1
OYSTER Europ. Small Cap EUR EUR 2/1 f 293.84 0.2
OYSTER Italian Opp. EUR EUR 2/1 f 30.39 4.9
OYSTER Italian Value EUR EUR 2/1 f 215.96 2.1
OYSTER Japan Opp. YEN JPY 2/2 f 12773.00 4.4
OYSTER LatAm Opp USD2 USD 3/3 f 183.39 0.1
OYSTER Market Neutral EUR EUR 1/1 f 155.61 -1.1
OYSTER US Dynamic USD USD 1/1 f 109.77 1.7
OYSTER US Small Cap USD USD 2/1 f 186.99 -0.2
OYSTER US Value USD USD 1/1 f 144.94 1.2
OYSTER World Opp. EUR EUR 2/2 f 145.66 0.1
Fonds d’allocation d’actifs
OYSTER Abs. Ret. EUR EUR2 Cap EUR 4/4 f 150.07 0.3
OYSTER Abs. Ret. Italy EUR EUR 2/1 f 160.25 2.3
OYSTER Diversified CHF CHF 2/1 f 162.25 0.3
OYSTER Diversified EUR EUR 2/1 f 233.23 0.2
OYSTER For Extra Yield (EUR) EUR CapEUR 4/4 a 164.22 -1.0
Autres fonds
3A Dynamic UCITS Fund A CHF CHF 3/3 a 1002.82 0.7
3A Dynamic UCITS Fund A EUR EUR 3/3 a 1011.64 0.7
3A Dynamic UCITS Fund A USD USD 3/3 a 1012.90 0.7
BANQUE SYZ & CO SA
Fonds alternatifs 3A
Tél: +41 58 799 18 00
www.3-a.ch
Investissements alternatifs
3A Asia Fund cls. B CHF 2/1 bf 822.96 -
3A Asia Fund cls. B EUR 2/1 bf 900.99 -
3A Asia Fund cls. B USD 2/1 bf 914.16 -
3A Long Short cls. B CHF 2/1 bf 944.57 -
3A Long Short cls. B EUR 2/1 bf 1011.06 -
3A Long Short cls. B USD 2/1 bf 1275.28 -
3A Multi Arbitrage cls. B CHF 2/1 bf 1186.72 -
3A Multi Arbitrage cls. B EUR 2/1 bf 1218.00 -
3A Multi Arbitrage cls. B USD 2/1 bf 1382.84 -
3A Multi Strategy cls. B CHF 2/1 bf 1166.91 -
3A Multi Strategy cls. B EUR 2/1 bf 1318.13 -
3A Multi Strategy cls. B USD 2/1 bf 2055.76 -
BCV 0848 808 885
Gérifonds +41 21 321 32 00
www.gerifonds.com
info@gerifonds.com
Fonds en instruments du marché monétaire
BCV Forex Alpha (CHF) CHF 1/1 e 99.89 0.0
Fonds en obligations
AMC Pro CHF Foreign Bonds -A- CHF 3/1 e 101.91 -0.3
AMC Pro International Bonds -A- CHF 3/1 e 79.90 3.2
AMC Pro Swiss Franc Bonds -A- CHF 3/1 e 97.28 -0.5
BCV DYNAGEST Corp Bd Expo (CHF) -A-CHF 2/1 a 103.65 0.8
BCV DYNAGEST Intl Bd Expo (CHF) -A- CHF 2/1 a 97.85 1.1
BCV DYNAGEST World Expobond (EUR)EUR 2/1 a 149.62 -0.1
Fonds en actions
AMC Chinac A USD 2/1 e 42.60 2.1
AMC Euromac A USD 2/1 e 140.68 1.9
AMC Indiac A USD 2/1 e 134.24 -8.2
AMC Latinac A USD 2/1 e 413.31 -2.1
AMC Pro Act. World ex US&WW -A- USD 1/1 e 80.95 -1.0
AMC Pro Active Europe -A- EUR 1/1 e 69.59 0.3
AMC Pro Active Swiss -A- CHF 1/1 e 85.69 -1.4
AMC Pro Active US -A- USD 1/1 e 95.05 0.7
AMC Pro Europe Equity -A- EUR 1/1 e 153.74 2.6
AMC Pro Japac -A- JPY 2/1 16886.29 1.0
AMC Pro Swiss Equity -A- CHF 1/1 e 169.78 0.6
AMC Pro US Equity -A- USD 1/1 e 137.50 1.9
AMC Pro VMS Europe -A- EUR 1/1 e 108.53 1.9
AMC Pro VMS Swiss -A- CHF 1/1 e 104.41 -0.8
AMC Pro VMS US -A- USD 1/1 e 117.08 0.7
AMC Seapac A USD 2/1 e 299.52 1.8
BCV Cluster Equity Alpha (CHF) -A- CHF 1/1 a 103.45 -1.6
BCV Cluster Equity Alpha (EUR) -A- EUR 1/1 a 103.73 -1.6
BCV Cluster Equity Opp. (CHF) -A- CHF 1/1 a 105.94 0.4
BCV DYNAGEST World Expoequity EUR 2/1 a 105.30 0.2
BCV DYNAGEST World Expoequity REPCHF 2/1 a 119.39 1.9
BCV DYNAGEST World Expoequity REPEUR 2/1 a 141.70 1.8
Fonds d’allocation d’actifs
BCV Actif Défensif (CHF) CHF 2/1 f 96.60 1.2
BCV Actif Offensif (CHF) CHF 2/1 f 89.48 2.7
BCV Actif Offensif (EUR) EUR 2/1 f 101.63 0.6
BCV Actif Sécurité (CHF) CHF 2/1 f 102.05 0.7
BCV Classical (CHF) CHF 1/1 a 102.55 0.4
BCV Classical (EUR) EUR 1/1 a 112.54 -0.1
BCV Mixed (CHF) CHF 1/1 a 101.23 2.5
BCV Mixed (EUR) EUR 1/1 a 110.14 1.5
BCV Select (CHF) CHF 1/1 a 102.82 1.5
BCV Select (EUR) EUR 1/1 a 110.83 0.5
BCV Stratégie Actions Monde CHF 2/1 e 84.36 4.2
BCV Stratégie Dynamique CHF 2/1 e 81.40 3.3
BCV Stratégie Equipondéré CHF 2/1 e 132.32 2.2
BCV Stratégie Obligation CHF 2/1 e 100.78 0.5
BCV Stratégie Revenu CHF 2/1 e 108.27 1.4
Investissements alternatifs
BCV Defensive Fund (CHF) A CHF 1/1 bf 841.76 -
BCV Defensive Fund (EUR) A EUR 1/1 bf 794.90 -
BCV Defensive Fund (USD) A USD 1/1 bf 800.96 -
BCV Directional Fund (CHF) A CHF 1/1 bf 1066.10 -
BCV Directional Fund (EUR) A EUR 1/1 bf 910.33 -
BCV Directional Fund (USD) A USD 1/1 bf 899.65 -
Autres fonds
BCV DIAPASON Commodity (CHF) A CHF 1/1 a 78.09 0.9
BCV DIAPASON Commodity (EUR) A EUR 1/1 a 75.69 0.9
BCV DIAPASON Commodity (USD) A USD 1/1 a 87.63 0.9
BCV DIAPASON Syst Alpha (CHF) A CHF 1/1 a 113.14 -0.5
BCV DIAPASON Syst Alpha (USD) A USD 1/1 a 113.55 -0.5
BlackRock Investment Management (UK) Ltd
(London) Zurich Branch
Tél. 044 297 73 73
www.blackrock.com/ch
Fonds en actions
BGF NewEnergy A USD USD 2/1 e 7.99 2.4
BGF Swiss Opps A2 CHF CHF 2/1 e 192.38 -1.4
BGF WdGold A USD USD 2/1 e 60.52 -10.3
BGF WdMining A USD USD 2/1 e 83.58 -3.6
Bordier & Cie
Tél. 022 317 12 12
Fax 022 311 29 73
www.bordier.com
Autres fonds
BO Fund II - Europe EUR 1/1 e 79.79 2.8
BO Fund II - Gbl Balanced CHF 1/1 e 90.85 1.7
BO Fund II - Global Emerging USD 1/1 e 201.96 0.2
BO Fund II - Helveticus CHF 1/1 e 77.52 0.7
BO Fund II - Obligest CHF CHF 1/1 e 103.62 -0.1
BO Fund II - Obligest EUR EUR 1/1 e 107.12 -0.2
BO Fund II - Obligest USD USD 1/1 e 108.57 -0.0
Braun, vonWyss & Müller AG
Tél. +41-44-206 40 80
Fax +41-44-206 40 85
www.bwm.ch
Fonds en actions
Classic Global Equity Fund CHF 3/3 a 319.65 8.4
Classic Value Equity Fund CHF 3/3 a 99.30 6.2
BSI SA
Tél. +41 91 809 31 69
Fax +41 91 809 41 82
www.bsibank.com
Fonds en instruments du marché monétaire
MultiOpp-BSI Money Market CHF A CHF 2/1 e 1061.95 0.0
MultiOpp-BSI Money Market EUR A EUR 2/1 e 1173.88 0.1
MultiOpp-BSI Money Market USD A USD 2/1 e 1268.98 0.0
MultiOpp-BSI Short Term CHF A CHF 2/1 e 98.39 0.0
MultiOpp-BSI Short Term EUR A EUR 2/1 e 102.45 0.1
MultiOpp-BSI Short Term USD A USD 2/1 e 106.19 0.0
Fonds en obligations
BSI-Multibond CHF CHF 2/1 e 108.84 -0.2
BSI-Multibond EUR A EUR 2/1 e 55.60 -0.7
BSI-Multibond Global Dynamic A CHF 2/1 e 93.68 2.4
BSI-Multibond USD A USD 2/1 e 119.84 -0.4
BSI-Multinvest-CHF Bonds A CHF 2/1 e 113.60 -0.0
BSI-Multinvest-EUR Bonds A EUR 2/1 e 132.85 -0.5
BSI-Multinvest-USD Bonds A USD 2/1 e 142.20 -0.6
MultiOpp-BSI GlobDyBond CHF A CHF 2/1 e 102.02 3.2
MultiOpp-BSI GlobDyBond EUR A EUR 2/1 e 127.69 -0.6
Fonds en actions
BSI-Multieuropa A EUR 2/1 e 84.88 3.2
BSI-Multihelvetia A CHF 2/1 e 333.30 1.2
BSI-Multinippon A JPY 2/1 2808.00 1.4
BSI-Multinvest-Asian Stocks A USD 2/1 225.91 -0.5
BSI-Multinvest-Greater China A USD 2/1 178.71 -0.3
BSI-Multinvest-Swiss Stocks A CHF 2/1 e 171.53 0.7
BSI-Multinvest-US Stocks A USD 2/1 e 126.83 1.1
Fonds d’allocation d’actifs
BSI LIFE INVEST A CHF 2/1 e 100.35 0.7
BSI-Multinvest - Alternative UCITS A EUR 2/1 f 103.34 1.3
BSI-Multinvest - Life Sciences A USD 2/1 e 107.90 0.2
BSI-Multinvest-Strat.Bal. (CHF) A CHF 2/1 e 96.56 1.3
BSI-Multinvest-Strat.Bal. (EUR) A EUR 2/1 e 99.58 -0.7
BSI-Multinvest-Strat.Inc. (CHF) A CHF 2/1 e 100.23 0.4
BSI-Multinvest-Strat.Inc. (EUR) A EUR 2/1 e 110.12 -0.2
MultiOpp-BSI Absoluta Daily A EUR EUR 2/1 e 98.67 -0.5
MultiOpp-BSI Absoluta Daily A USD USD 2/1 e 99.72 -0.6
MultiOpp-Swan A EUR 2/1 e 108.56 0.6
Investissements alternatifs
BSI - MM Directional Fd USD 2/1 bf 837.37 -
BSI - MM Directional Fd (CHF) A CHF 2/1 bf 100.19 -
BSI - MM Directional Fd (EUR) A EUR 2/1 bf 98.49 -
BSI MMF-Yd Enhanc. (CHF hedged) -A-CHF 2/1 bf 93.82 -
BSI MMF-Yd Enhanc. (EUR hedged) -A-EUR 2/1 bf 103.14 -
BSI MMF-Yd Enhanc. (USD) -A- USD 2/1 bf 109.16 -
BZ Fund Management Aktiengesellschaft
Egglirain 24, CH-8832 Wilen
Tél: +41 44 786 66 00
www.bzfund.ch
Fonds en actions
BZ Agro CHF 2/2 e 115.80 3.2
BZ Infra CHF 2/2 e 128.15 5.0
BZ Senior CHF 2/2 e 127.79 3.3
CACEIS Fastnet (Suisse) SA
Tél. +41 22 360 94 00
www.caceis.ch
BAC Min.Reg.Managed Vol-South Africa -/- - -
BAM Equity Trading Fund (CHF) CHF 1/1 e 2244.80 0.0
BBGI - Equities Sw. Behavior. CHF 1/1 e 86.90 -0.4
BBGI Commodities (USD) A USD 1/1 e 167.90 -0.4
BBGI Islamic Share Energy (USD) USD 1/1 e 197.40 -0.4
BBGI Share Clean Energy (USD) USD 1/1 e 74.20 3.6
BBGI Share Gold (USD) USD 1/1 e 158.80 -10.6
BBGI Tactical Switzerland A CHF 2/1 e 111.80 -0.1
BBGI Tactical World A USD 2/1 e 122.60 -1.5
BPES-DYNAFLEX (EUR) ClasseA EUR 2/2 a 107.37 -0.4
BPES-DYNAFLEX (USD) ClasseA USD 2/2 a 103.93 0.1
BPES-DYNAFLEX Emerging (EUR) Cl. A EUR 2/2 a 99.11 -1.5
BPES-DYNAFLEX Emerging (USD) Cl. AUSD 2/2 a 99.72 -0.3
DM Swiss Equity Asymmetric A CHF 2/2 a 106.89 0.1
DM Swiss Equity Asymmetric Q CHF 2/2 a 10792.73 0.1
Swissquote Quant FD EUR Eq CHF -A- CHF 1/1 e 69.06 -1.3
Swissquote Quant FD EUR Eq EUR -A- EUR 1/1 e 48.38 -1.3
Swissquote Quant Swiss Equities CHF 1/1 e 58.24 -0.3
Swissquote Quant US Eq CHF -A- CHF 1/1 e 59.22 -0.2
Swissquote Quant US Eq USD -A- USD 1/1 e 53.39 -0.3
Swissquote Quant WORLD Eq CHF -A- CHF 1/1 e 46.11 1.5
Capital International
www.capitalinternationalfunds.com
Capital International is part of
The Capital Group Companies
CI Emerging Markets Fund B CHF 1/1 e 100.33 3.3
CIF All Country Equity Fund B CHF 1/1 16.92 3.5
CIF Asia Pacific ex-Jap.Eqty B CHF 1/1 17.73 3.0
CIF Euro Bond Fund B CHF 1/1 16.12 2.9
CIF Europ. Grth and Inc Fd B CHF 1/1 20.56 6.8
CIF European Equity Fund B CHF 1/1 13.64 4.9
CIF Global Bond Fund B CHF 1/1 17.70 2.7
CIF Global Equity Fund B CHF 1/1 15.67 3.6
CIF Global Grth and Inc Fd B CHF 1/1 13.84 3.0
CIF Global High Income Opp. B CHF 1/1 28.20 3.8
CIF Japan Equity Fund B CHF 1/1 9.36 4.6
CIF US Grth and Inc Fd B CHF 1/1 15.42 4.8
CapitalatWork Umbrella Fund
Représentant en Suisse:
RBC Dexia Investor Services Bank S.A.,
Esch-sur-Alzette, succursale de Zurich
Fonds en instruments du marché monétaire
Cash + at Work C Cap EUR 1/1 e 142.60 -0.3
Fonds en obligations
Corp. Bd at Work C Cap EUR 2/1 e 194.30 -0.5
Gov. Bd at Work C Cap EUR 1/1 e 137.97 -0.8
Infl. at Work C Cap EUR 2/1 e 150.80 -0.3
Fonds en actions
Am. Eq at Work C Cap USD 2/1 e 194.81 2.9
As. Eq at Work C Cap EUR 2/1 159.34 -3.2
Cont. Eq at Work C Cap EUR 2/1 e 306.86 1.4
Cont. Eur Eq at Work C Cap EUR 2/1 e 99.30 0.6
Europ. Eq at Work C Cap EUR 2/1 e 365.29 0.4
Fonds d’allocation d’actifs
Gbl Mkts Fd I C Cap EUR 2/1 e 13427.59 -0.7
CAT Fund AG
Tél. +41 43 311 26 11
Fax +41 43 311 26 99
www.cat-fund.ch
Fonds en obligations
Cat Asia Convert (CHF) CHF 2/1 1435.88 -0.5
Cat Nippon Convert CHF 2/1 1046.34 0.6
Clientis Banken
Tél. 031 660 46 44
Fax 031 660 46 55
www.clientis.ch
Fonds d’allocation d’actifs
Adagio (Lux) - Festverzinslich - B CHF 2/1 e 123.86 0.8
Allegro (Lux) - Wachstum - B CHF 2/1 e 99.12 2.2
Vivace (Lux) - Ausgewogen - B CHF 2/1 e 108.66 1.2
Credit Suisse
www.credit-suisse.com/triamant
Fonds d’allocation d’actifs
CS Triamant Balanced (CHF) CHF 2/1 f 975.99 2.1
CS Triamant Balanced (EUR) EUR 2/1 f 1063.00 0.2
CS Triamant Balanced (USD) USD 2/1 f 1052.18 0.9
CS Triamant Income Oriented (CHF) CHF 2/1 f 886.17 0.6
CS Triamant Income Oriented (EUR) EUR 2/1 f 1016.53 0.0
CS Triamant Income Oriented (USD) USD 2/1 f 1039.49 0.7
CS Triamant Cap.Gains Orient.(CHF) CHF 2/1 f 1071.39 2.8
CS Triamant Cap.Gains Orient.(EUR) EUR 2/1 f 1127.08 0.5
CS Triamant Cap.Gains Orient.(USD) USD 2/1 f 1052.77 1.4
CREDIT SUISSE ANLAGESTIFTUNG
www.credit-suisse.com
Autres fonds
CSA Mixta-BVG CHF 3/3 e 1287.85 0.9
CSA Mixta-BVG Basic CHF 3/3 e 1224.75 -0.0
CSA Mixta-BVG Defensiv CHF 3/3 e 1376.45 0.5
CSA Mixta-BVG Index 25 CHF 2/1 e 1004.07 0.5
CSA Mixta-BVG Index 35 CHF 2/1 e 1011.80 0.9
CSA Mixta-BVG Index 45 CHF 3/3 e 1075.46 1.2
CSA Mixta-BVG Maxi CHF 3/3 e 1189.83 1.1
Credit Suisse Asset Management Funds AG
www.credit-suisse.com
Fonds en instruments du marché monétaire
CS Premium (CH) Short Maturity (Euro) EUR 2/1 e 895.12 0.0
CS Premium (CH) Short Maturity (Sfr) CHF 2/1 e 855.99 0.2
CSF (Lux) Money Market Sfr B CHF 2/1 e 713.98 0.0
Fonds en obligations
CS BF (CH) Dynamic Sfr CHF 2/1 e 111.58 -0.0
CS BF (Lux) IL (Euro) B EUR 2/1 e 117.98 -0.0
CS BF (Lux) IL (Sfr) B CHF 2/1 e 110.41 0.3
CS BF (Lux) IL (US$) B USD 2/1 e 126.06 0.0
CS BF (Lux) Sfr B CHF 2/1 e 497.58 -0.2
CS BF (Lux) Sh-Term Sfr B CHF 2/1 e 131.10 0.1
CS BF (Lux) TOPS (Euro) B EUR 2/1 e 118.97 -0.3
CS BF (Lux) TOPS (Sfr) B CHF 2/1 e 109.06 0.3
CS BF (Lux) TOPS (US$) B USD 2/1 e 127.00 0.1
CS Premium (CH) Bond (Euro) EUR 2/1 e 97.73 -0.6
CS Premium (CH) Bond (Sfr) CHF 2/1 e 89.90 -0.6
CS Premium (CH) Bond (US$) USD 2/1 e 93.84 -0.3
CS SICAV One (Lux) Gl Convert B USD 2/1 e 111.78 1.2
CSF (Lux) Bond Short Maturity EUR B EUR 2/1 e 99.77 -0.3
CSF (Lux) Fixed Maturity 2013 EUR B EUR 2/1 e 99.78 -0.6
CSF (Lux) RR Engineered (Euro) B EUR 2/1 e 117.14 -0.5
CSF (Lux) RR Engineered (Sfr) B CHF 2/1 e 111.88 -0.5
CSF (Lux) RR Engineered (US$) B USD 2/1 e 104.83 -0.6
SICAV II (Lux) CS IL Bonds (Euro) B EUR 2/1 e 113.37 -0.0
SICAV II (Lux) CS TOPS (Euro) B EUR 2/1 e 114.85 -0.6
Fonds en actions
CS EF (CH) S&M C Switzerland CHF 2/1 e 695.96 -3.1
CS EF (CH) Swiss Blue Chips CHF 2/1 e 183.87 0.1
CS EF (CH) Swissac B CHF 2/1 e 239.28 -0.0
CS EF (Lux) Brazil B USD 2/1 e 10.72 -1.2
CS EF (Lux) GL Security B USD 2/1 e 11.62 0.4
CS EF (Lux) Gl Value B EUR 2/1 e 7.82 1.2
CS EF (Lux) S & MC Europe B EUR 2/1 e 1449.03 -3.6
CS EF (Lux) Sm MC Germany B EUR 2/1 e 1142.09 1.2
CS EF (Lux) USA Value B USD 2/1 e 14.09 1.4
CS ETF (CH) SLI CHF 3/3 e 104.11 1.6
CS ETF (CH) SMI CHF 3/3 e 65.10 1.2
CS ETF (CH) SMIM CHF 3/3 e 140.08 -3.0
CS ETF (Lux) MSCI EMMA USD 3/3 e 116.44 -0.2
CS ETF (Lux) MSCI EMU Large Cap EUR 3/3 e 90.98 4.0
CS ETF (Lux) MSCI EMU Mid Cap EUR 3/3 e 59.63 1.0
CS Select Fd (CH) Swiss Eq130/30 B CHF 2/1 e 12.95 -0.7
CS SICAV One (Lux) Eq Asian Dragon BUSD 2/1 e 11.95 0.4
CS SICAV One (Lux) Eq Gl EM Prop B USD 2/1 e 8.35 -4.2
CS SICAV One (Lux) Eq Gl Emg Mrkts BUSD 2/1 e 11.69 1.2
CS SICAV One (Lux) Eur Eq D Plus B EUR 2/1 e 11.63 1.4
CS SICAV One (Lux) Gl Eq Dv Pl B USD 2/1 e 10.67 0.2
CS Sol (L) Megatrends B USD 2/1 e 107.33 0.7
CSF (Lux) Gl Responsible Eq B EUR 2/1 e 145.19 0.4
Fonds d’allocation d’actifs
CS PF (CH) Privilege CHF 2/1 e 99.27 1.1
CS PF (Lux) Balanced (Euro) B EUR 2/1 e 136.07 0.3
CS PF (Lux) Balanced (Sfr) B CHF 2/1 e 168.53 2.1
CS PF (Lux) Growth (Euro) B EUR 2/1 e 126.03 1.0
CS PF (Lux) Growth (Sfr) B CHF 2/1 e 158.96 2.6
CS PF (Lux) Income (Euro) B EUR 2/1 e 142.89 -0.0
CS PF (Lux) Income (Sfr) B CHF 2/1 e 159.94 1.5
CS PF (Lux) Income (US$) B USD 2/1 e 229.25 0.0
CS SICAV One (Lux) Challenger (Euro) BEUR 2/1 e 91.72 -0.0
CS SICAV One (Lux) Challenger (Sfr) B CHF 2/1 e 88.34 0.0
CS SICAV One (Lux) Defender (Euro) B EUR 2/1 e 100.40 -0.0
CS SICAV One (Lux) Defender (Sfr) B CHF 2/1 e 94.92 0.1
CAT FUND
Ordre des informations de fonds: Nom du fonds, monnaie comptable du fonds, Conditions d’émission / rachat, Particularités, Valeur d’inventaire
(valeurs du vendredi, 21.01.2011, indication des fluctuations de cours voir particularités), Performance 2011 en %
FONDS DE PLACEMENT
Fournis par: Swiss Fund Data AG en collaboration avec SIX Swiss Exchange AG et SIX Telekurs Ltd. PUBLICITÉ
CSF (Lux) TR Gl BRIC (Euro) B EUR 2/1 e 100.64 -0.2
Fonds immobiliers
CS 1a Immo PK CHF 5/5 e 1310.00 -0.4
CS REF Green Property CHF 5/5 e 111.50 -1.3
CS REF Hospitality CHF 2/1 e 102.50 -0.5
CS REF International CHF 5/5 e 1045.00 0.5
CS REF Interswiss CHF 5/5 e 223.00 3.7
CS REF LivingPlus CHF 2/1 e 121.20 2.3
CS REF PropertyPlus CHF 5/5 e 135.10 0.2
CS REF Siat CHF 5/5 e 163.00 6.5
Investissements alternatifs
CS Sol (L) Prim Mul-Strat B (EUR) EUR 2/1 a 102.29 0.5
CS Solut. (L) DJ CS AllHedge Index B USD 2/1 a 92.47 1.3
CSPST (Lux) Multi Strategy B USD 2/1 bf 1280.90 -
responsAb Gl Microfinance Fd B USD 4/1 bf 131.69 -
Autres fonds
CS BF (CH) Convert Intl A CHF CHF 2/1 e 183.42 4.8
CS Commodity Fund Plus (CH) Euro B EUR 2/1 e 6.94 -0.3
CS Commodity Fund Plus (CH) Sfr B CHF 2/1 e 8.31 -0.1
CS ETF (CH) SBIDG 1-3 CHF 3/3 e 95.99 -0.2
CS ETF (CH) SBIDG 3-7 CHF 3/3 e 95.63 -0.5
CS ETF (CH) SBIDG 7-15 CHF 3/3 e 108.26 -1.4
CS SICAV One (Lux) I CG Orie (Euro) B EUR 2/1 e 113.31 0.8
CS SICAV One (Lux) I CG Orie (Sfr) B CHF 2/1 e 105.31 3.0
CS SICAV One (Lux) I I Orie (Euro) B EUR 2/1 e 107.15 0.0
CS SICAV One (Lux) I I Orie (Sfr) B CHF 2/1 e 102.11 1.4
CS SICAV One (Lux) Inds Bal (Euro) B EUR 2/1 e 110.29 0.4
CS SICAV One (Lux) Inds Bal (Sfr) B CHF 2/1 e 103.55 2.3
de Pury Pictet Turrettini S.A.
Tél. 022 317 00 30
www.ppt.ch
Représentant pour la Suisse:
Pictet Funds S.A.
60, route des Acacias, 1211 Genève 73
Fonds en actions
Guilé Emerg Markets Engagement Fd AUSD 2/1 a 216.47 -2.8
Guilé Emerg Markets Engagement Fd BUSD 2/1 a 219.58 -2.8
Guilé European Engagement Fd A EUR 2/1 e 89.73 0.8
Guilé European Engagement Fd B EUR 2/1 e 90.86 0.9
DEGROOF BANQUE PRIVEE SA
Tél. + 41 22 817 35 00
Fax + 41 22 817 35 01
e-mail: contact@degroof.ch
Fonds en actions
IT Fd Techno.Global - Cl.Classique EUR 1/1 e 648.91 2.7
Deutsche Bank (Schweiz) AG
Tél. +41 44 224 53 50
www.pwm.db.com
Direction des Fonds:
PvB Pernet von Ballmoos AG
Fonds immobiliers
Rüd Blass Immo CH Dachfonds A CHF CHF 1/1 ax 1318.40 1.6
Rüd Blass Immo CH Dachfonds I CHF CHF 1/1 ax 1316.50 1.6
Dominicé & Co Asset Management
www.dominice.com
Swiss Equity Discovery Fund CHF 1/1 f 93.31 1.9
EFG Bank
Tél. +41 22 918 71 71
www.efgbank.com
Direction des Fonds: SIF Swiss Investment Funds
Fonds en actions
EFG Asia USD 2/1 e 186.45 0.1
EFG Europe EUR 2/1 e 120.97 -0.6
EFG Japan JPY 2/1 fl 599.00 -
EFG North America USD 2/1 e 111.03 2.2
EFG Switzerland CHF 2/1 e 136.29 -1.1
Autres fonds
EFG GIS Dynamic Allocation EUR 2/2 e 100.06 -0.0
Intelbond EUR 2/2 e 50.33 -1.0
EFG Bank
Représentant en Suisse:
EFG Bank - Zurich
Tél. +41 44 226 17 17
EFG FUND - European Bonds A EUR EUR 1/1 e 12977.48 -0.4
EFG FUND - Healthcare A EUR EUR 1/1 e 751.72 -1.6
EFG FUND - Healthcare A USD USD 1/1 e 1017.20 -0.8
EIC Partners AG
Tél. +41 43 844 10 00
Fax +41 43 844 10 01
www.eicpower.com
Fonds en actions
EIC Energy Utility Fund A (CHF) CHF 2/1 e 63.47 5.8
EIC Energy Utility Fund A (EUR) EUR 2/1 e 49.43 1.9
EIC Energy Utility Fund I (CHF) CHF 2/1 e 8503.12 5.9
EIC Energy Utility Fund I (EUR) EUR 2/1 e 6507.54 1.9
EIC Renewable Energy Fund A EUR 2/1 e 73.03 2.8
EIC Renewable Energy Fund I EUR 2/1 e 7065.38 2.8
Ethos
Tél. 022/ 716 15 55
Fax 022/ 716 15 56
www.ethosfund.ch
Fonds en obligations
Bonds CH CHF 3/3 e 129.89 -0.5
Bonds International CHF 3/3 e 103.62 2.7
Fonds en actions
Equities CH Index. C.G. CHF 3/3 e 151.14 0.5
Equities CH Mid & Small CHF 3/3 e 193.09 -2.9
Equities Eur ex CH Index C.G. CHF 3/3 e 64.20 5.8
Equities Europe ex CH CHF 3/3 e 88.49 5.6
Equities North America CHF 3/3 e 52.27 4.8
Equities North America (RPF) CHF 3/3 e 52.97 4.8
Equities Pacific CHF 3/3 e 71.42 3.7
Equities World ex CH (RPF) CHF 3/3 e 78.56 5.2
Pictet-Ethos(CH)Sw SustEq -E CHF 2/2 e 100.73 -0.0
Falcon Private Bank Ltd.
Tél. 044 227 55 55
www.falconpb.com
Fonds en obligations
Falcon Bond Fund CHF T CHF 2/1 1647.94 -0.2
Falcon Bond Fund EUR T EUR 2/1 78.32 -1.0
Fonds en actions
Falcon CH Sm&Mid Cap Eq I CHF 2/1 159.74 -3.9
Falcon CH Sm&Mid Cap Eq T CHF 2/1 156.44 -3.9
Falcon European Equity Fund T EUR 2/1 906.66 0.8
Falcon Gold Equity Fund A USD 2/1 604.88 -10.9
Falcon Gold Equity Fund Asia A USD 2/1 130.89 -10.8
Falcon Swiss Equity Fund T CHF 2/1 320.87 0.3
Fonds d’allocation d’actifs
Falcon Best Select - Mixed (CHF) CHF 2/1 92.24 1.5
Falcon Global Portfolio Fund T CHF 2/1 1949.64 3.7
Investissements alternatifs
AIG DSF II (Event Driven) I USD 2/1 bf 1185.37 -
AIG DSF II (Long/Short Eq) I USD 2/1 bf 1133.27 -
Falcon Alternat. Opport. (CHF) A CHF 2/1 bf 115.16 -
Falcon Alternat. Opport. (CHF) I CHF 2/1 bf 11806.75 -
Falcon Alternat. Opport. (EUR) A EUR 2/1 bf 123.99 -
Falcon Alternat. Opport. (USD) A USD 2/1 bf 129.10 -
Falcon Alternat. Opport. (USD) I USD 2/1 bf 13233.59 -
Falcon Cat Bond Fund CHF A CHF 2/1 bf 112.34 -
Falcon Cat Bond Fund CHF I CHF 2/1 bf 11424.58 -
Falcon Cat Bond Fund EUR A EUR 2/1 bf 123.46 -
Falcon Cat Bond Fund USD A USD 2/1 bf 127.62 -
Fidelity Funds II SICAV
Tél. 0800 55 27 66
www.fidelity.ch
Représentant pour la Suisse:
BNP Paribas Securities Services, Paris,
succursale de Zurich, Tél. +41 58 212 63 22
Fonds en instruments du marché monétaire
Fidelity Fds II GBP Ccy Fd A GBP GBP 1/1 e 21.56 0.0
Fidelity Funds II AUD Ccy Fd A AUD AUD 1/1 e 34.05 0.2
Fidelity Funds II CHF Ccy Fd A CHF CHF 1/1 e 31.59 0.0
Fidelity Funds II Euro Ccy Fd A EUR EUR 1/1 e 17.84 0.0
Fidelity Funds II USD Ccy Fd A USD USD 1/1 e 33.37 0.0
Fidelity Funds SICAV
Tél. 0800 55 27 66
www.fidelity.ch
Représentant pour la Suisse:
BNP Paribas Securities Services, Paris,
succursale de Zurich, Tél. +41 58 212 63 22
Fonds en obligations
Fidelity Fds Int Bd Fd A Acc Euro EUR 1/1 e 11.34 -0.3
Fidelity Fds Int Bd Fd A Acc USD USD 1/1 e 12.47 -0.6
Fidelity Fds Int Bd Fd A USD USD 1/1 e 1.24 -0.6
Fidelity Fds USD Bond Fd A Acc USD USD 1/1 e 12.16 -0.2
Fidelity Fds USD Bond Fd A USD USD 1/1 e 6.26 -0.2
Fidelity Funds Asian Hh Yld Fd A Acc EUR 1/1 e 11.74 0.4
Fidelity Funds Asian Hh Yld Fd A Acc USD 1/1 e 12.18 0.9
Fidelity Funds Eur H Y Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 13.46 1.4
Fidelity Funds Eur H Y Fd A EUR EUR 1/1 e 9.43 1.3
Fidelity Funds Euro Bd Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 11.35 -0.6
Fidelity Funds Euro Bd Fd A EUR EUR 1/1 e 11.18 -0.6
Fidelity Funds Strlg Bd Fd A Acc GBP GBP 1/1 e 1.20 -1.5
Fidelity Funds Strlg Bd Fd A GBP GBP 1/1 e 0.29 -1.4
Fidelity Funds Targ 2035(Eur) Fd A EUR 1/1 e 19.46 -0.1
Fidelity Funds Targ 2035(Eur) Fd A Acc EUR 1/1 e 19.75 -0.0
Fidelity Funds Targ 2040(Eur) Fd A EUR 1/1 e 19.47 -0.0
Fidelity Funds Targ 2040(Eur) Fd A Acc EUR 1/1 e 19.74 -0.0
Fidelity Funds US Hh Yld Fd A Acc EUREUR 1/1 e 13.23 1.2
Fidelity Funds US Hh Yld Fd A USD USD 1/1 e 12.01 1.5
Fonds en actions
Fidelity Fds Eur Dyn Gth Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 10.99 -0.6
Fidelity Fds Eur Dyn Gth Fd A EUR EUR 1/1 e 26.80 -0.6
Fidelity Fds Sth E Asia Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 17.95 1.6
Fidelity Fds Sth E Asia Fd A Acc USD USD 1/1 e 18.98 2.0
Fidelity Fds Sth E Asia Fd A EUR EUR 1/1 e 5.35 1.6
Fidelity Fds Sth E Asia Fd A USD USD 1/1 e 7.20 2.1
Fidelity Funds Am Div Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 9.76 1.2
Fidelity Funds Am Div Fd A USD USD 1/1 e 12.66 1.5
Fidelity Funds Am Gth Fd A Acc EUR 1/1 e 9.09 0.2
Fidelity Funds Am Gth Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 8.65 -0.2
Fidelity Funds Am Gth Fd A Acc USD USD 1/1 e 9.08 0.2
Fidelity Funds Am Gth Fd A USD USD 1/1 e 24.03 0.2
Fidelity Funds America Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 10.50 0.9
Fidelity Funds America Fd A Acc USD USD 1/1 e 11.05 1.3
Fidelity Funds America Fd A USD USD 1/1 e 5.09 1.3
Fidelity Funds America Fd Y Acc USD USD 1/1 e 9.52 1.3
Fidelity Funds Asean Fd A Acc USD USD 1/1 e 19.39 -1.1
Fidelity Funds Asean Fd A USD USD 1/1 e 28.98 -1.1
Fidelity Funds Asia Aggr Fd A EUR 1/1 e 10.61 -1.6
Fidelity Funds Asia Aggr Fd A USD 1/1 e 9.62 -1.1
Fidelity Funds Asia Aggr Fd A Acc EUR 1/1 e 10.52 -1.5
Fidelity Funds Asia S.S. Fd A Acc USD USD 1/1 e 17.63 1.4
Fidelity Funds Asia S.S. Fd A USD USD 1/1 e 33.70 1.4
Fidelity Funds Australia Fd A Acc AUDAUD 1/1 e 11.03 -0.5
Fidelity Funds Australia Fd A AUD AUD 1/1 e 41.42 -0.5
Fidelity Funds China Fcs Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 9.83 0.9
Fidelity Funds China Fcs Fd A USD USD 1/1 e 46.50 1.3
Fidelity Funds Em EMEA A EUR 1/1 e 14.08 -4.2
Fidelity Funds Em EMEA A USD 1/1 e 14.13 -3.9
Fidelity Funds Em EMEA A Acc EUR 1/1 e 14.19 -4.2
Fidelity Funds Em EMEA A Acc USD 1/1 e 14.25 -3.9
Fidelity Funds Em Mkts Fd A Acc USD USD 1/1 e 14.32 -1.0
Fidelity Funds Em Mkts Fd A EUR EUR 1/1 e 9.39 -1.4
Fidelity Funds Em Mkts Fd A USD USD 1/1 e 21.66 -1.0
Fidelity Funds Emerging Asia Fd A EUR 1/1 e 14.48 -3.7
Fidelity Funds Emerging Asia Fd A USD 1/1 e 12.27 -3.2
Fidelity Funds Emerging Asia Fd A Acc EUR 1/1 e 14.40 -3.7
Fidelity Funds Emerging Asia Fd A Acc USD 1/1 e 12.27 -3.3
Fidelity Funds Eur Gth Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 7.95 -1.7
Fidelity Funds Eur Gth Fd A EUR EUR 1/1 e 10.09 -1.8
Fidelity Funds Eur L. C. Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 9.08 1.4
Fidelity Funds Eur L. C. Fd A EUR EUR 1/1 e 28.43 1.4
Fidelity Funds Eur S 50 Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 8.58 4.8
Fidelity Funds Eur S 50 Fd A EUR EUR 1/1 e 8.70 4.8
Fidelity Funds Eur S. C. Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 11.26 0.7
Fidelity Funds Eur S. C. Fd A EUR EUR 1/1 e 26.99 0.8
Fidelity Funds Eur Spe Sits Fd A EUR 1/1 e 10.06 -0.6
Fidelity Funds Eur Spe Sits Fd A Acc EUR 1/1 e 10.11 -0.6
Fidelity Funds Euro Aggr Fd A Acc EUREUR 1/1 e 6.96 2.1
Fidelity Funds Euro Aggr Fd A EUR EUR 1/1 e 12.67 2.1
Fidelity Funds Euro Bl Ch Fd A Acc EUREUR 1/1 e 9.52 0.8
Fidelity Funds Euro Bl Ch Fd A EUR EUR 1/1 e 14.96 0.8
Fidelity Funds France Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 9.76 2.3
Fidelity Funds France Fd A EUR EUR 1/1 e 36.70 2.3
Fidelity Funds Germany Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 11.07 -0.8
Fidelity Funds Germany Fd A EUR EUR 1/1 e 27.44 -0.8
Fidelity Funds Glbl Cons Ind Fd A EUR EUR 1/1 e 23.86 -1.1
Fidelity Funds Glbl Fin Serv Fd A EUR EUR 1/1 e 18.57 1.5
Fidelity Funds Glbl Hlth Cr Fd A Acc EUREUR1/1 e 10.47 -0.4
Fidelity Funds Glbl Hlth Cr Fd A EUR EUR 1/1 e 16.42 -0.3
Fidelity Funds Glbl Ind Fd A EUR EUR 1/1 e 38.31 -0.9
Fidelity Funds Glbl Sector Fd A EUR 1/1 e 10.60 -0.6
Fidelity Funds Glbl Sector Fd A USD 1/1 e 11.16 -0.2
Fidelity Funds Glbl Sector Fd A Acc EUR 1/1 e 10.59 -0.7
Fidelity Funds Global Focus Fd A USD USD 1/1 e 38.73 -1.3
Fidelity Funds Global Tech Fd A EUR EUR 1/1 e 7.02 3.0
Fidelity Funds Global Tel Fd A Acc EUREUR 1/1 e 11.32 -0.6
Fidelity Funds Global Tel Fd A EUR EUR 1/1 e 7.31 -0.6
Fidelity Funds Greater China Fd A USDUSD 1/1 e 147.80 2.1
Fidelity Funds Iberia Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 9.99 5.1
Fidelity Funds Iberia Fd A EUR EUR 1/1 e 44.77 5.1
Fidelity Funds India-Focus Fd A USD USD 1/1 e 32.26 -8.9
Fidelity Funds Indonesia Fd A USD USD 1/1 e 24.48 -7.4
Fidelity Funds Int Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 9.78 0.6
Fidelity Funds Int Fd A Acc USD USD 1/1 e 10.34 1.0
Fidelity Funds Int Fd A EUR EUR 1/1 e 25.09 0.6
Fidelity Funds Int Fd A USD USD 1/1 e 33.73 1.0
Fidelity Funds Italy Fd A EUR EUR 1/1 e 27.29 6.3
Fidelity Funds Jap Ad Fd A JPY JPY 1/1 e 18958.00 4.5
Fidelity Funds Jap Sml Cp Fd A Acc JPYJPY 1/1 e 633.50 4.3
Fidelity Funds Jap Sml Cp Fd A JPY JPY 1/1 e 985.30 4.3
Fidelity Funds Japan Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 7.47 1.2
Fidelity Funds Japan Fd A Acc JPY JPY 1/1 e 554.60 4.0
Fidelity Funds Japan Fd A EUR EUR 1/1 e 1.13 1.2
Fidelity Funds Japan Fd A JPY JPY 1/1 e 126.60 3.9
Fidelity Funds Korea Fd A USD USD 1/1 e 21.38 2.2
Fidelity Funds Latin America Fd A USDUSD 1/1 e 48.07 -3.3
Fidelity Funds Malaysia Fd A USD USD 1/1 e 45.84 3.2
Fidelity Funds Nordic Fd A Acc SEK SEK 1/1 e 51.41 -2.7
Fidelity Funds Nordic Fd A SEK SEK 1/1 e 593.80 -2.7
Fidelity Funds Pacific Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 11.38 -0.3
Fidelity Funds Pacific Fd A USD USD 1/1 e 22.22 0.1
Fidelity Funds Singapore Fd A USD USD 1/1 e 50.73 -0.3
Fidelity Funds Switzld Fd A Acc CHF CHF 1/1 e 9.08 0.4
Fidelity Funds Switzld Fd A CHF CHF 1/1 e 39.66 0.4
Fidelity Funds Taiwan Fd A USD USD 1/1 e 9.70 -0.8
Fidelity Funds Thailand Fd A USD USD 1/1 e 33.17 -2.2
Fidelity Funds UK Fd A GBP GBP 1/1 e 1.92 -0.4
Fidelity Funds World Fd A EUR EUR 1/1 e 10.49 0.9
Fonds d’allocation d’actifs
Fidelity Funds Euro Bal Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 10.25 0.3
Fidelity Funds Euro Bal Fd A EUR EUR 1/1 e 12.62 0.2
Fidelity Funds FPS Gl Gth Fd A Acc USDUSD 1/1 e 10.29 0.9
Fidelity Funds FPS Gl Gth Fd A USD USD 1/1 e 17.70 0.8
Fidelity Funds FPS Gth Fd A Acc EUR EUR 1/1 e 9.27 0.4
Fidelity Funds FPS Gth Fd A EUR EUR 1/1 e 13.44 0.4
Fidelity Funds FPS M. Gth Fd A Acc EUREUR 1/1 e 10.14 -0.3
Fidelity Funds FPS M. Gth Fd A EUR EUR 1/1 e 9.35 -0.3
Fidelity Funds G I Lkd Bd Fd A Acc EUR 1/1 e 11.36 -0.8
Fidelity Funds G I Lkd Bd Fd A Acc USD 1/1 e 10.46 -0.4
Fidelity Funds Targ 2010(Eur) Fd A EUR 1/1 e 21.06 0.0
Fidelity Funds Targ 2010(Eur) Fd A Acc EUR 1/1 e 10.07 0.0
Fidelity Funds Targ 2015(Eur) Fd A EUR 1/1 e 26.66 -0.3
Fidelity Funds Targ 2015(Eur) Fd A Acc EUR 1/1 e 10.36 -0.3
Fidelity Funds Targ 2020(Eur) Fd A EUR 1/1 e 29.35 -0.2
Fidelity Funds Targ 2020(Eur) Fd A Acc EUR 1/1 e 9.72 -0.2
Fidelity Funds Targ 2025(Eur) Fd A EUR 1/1 e 23.77 -0.1
Fidelity Funds Targ 2025(Eur) Fd A Acc EUR 1/1 e 9.47 -0.1
Fidelity Funds Targ 2030(Eur) Fd A EUR 1/1 e 23.90 -0.0
Fidelity Funds Targ 2030(Eur) Fd A Acc EUR 1/1 e 9.49 -0.1
Fidelity Funds Targ.TM 2010 Fd A USDUSD 1/1 e 12.81 0.0
Fidelity Funds Targ.TM 2020 Fd A USDUSD 1/1 e 15.47 0.7
Fonds immobiliers
Fidelity Fds Global Property Fd A EUR 1/1 e 8.94 -0.0
Fidelity Fds Global Property Fd A USD 1/1 e 10.23 0.4
Fidelity Fds Global Property Fd A Acc EUR 1/1 e 6.29 1.0
Fidelity Fds Global Property Fd A Acc EUR 1/1 e 9.38 -0.0
Fidelity Fds Global Property Fd A Acc USD 1/1 e 10.69 0.4
Fidelity Funds Asia Pac Ppty Fd A EUR 1/1 e 7.97 -0.5
Fidelity Funds Asia Pac Ppty Fd A USD 1/1 e 8.27 -0.1
Fidelity Funds Asia Pac Ppty Fd A Acc EUR 1/1 e 8.37 -0.5
FidFund Management SA
Tél. +41 22 704 06 10
www.fidfund.com
Procimmo Swiss Commercial Fund CHF 2/2 125.50 5.4
Fortuna Investment AG
Tél. 058 472 53 05
Fax 058 472 53 39
Fonds en obligations
FORTUNA Bond Fund CHF CHF 2/1 e 106.96 -0.7
FORTUNA INVEST - Long Term BF CHF 1/1 e 96.42 -1.4
Fonds en actions
FORTUNA Eq Fd Switzerland CHF 2/1 e 174.87 0.7
Fonds d’allocation d’actifs
FORTUNA Anlagefonds CHF 2/1 e 114.15 -0.2
FORTUNA Multi INDEX 10 CHF 2/1 e 96.77 -0.0
FORTUNA Multi INDEX 20 CHF 2/1 e 96.81 0.6
FORTUNA Multi INDEX 30 CHF 2/1 e 98.16 1.3
FORTUNA Multi INDEX 40 CHF 2/1 e 98.85 2.3
Fortuna Investment AG
Vaduz
Tél. +423 232 05 92
Fax +423 236 15 46
Fonds en obligations
FORTUNA Short Term BF CHF CHF 2/1 e 559.35 -0.1
Fonds d’allocation d’actifs
Europe Balanced Fund CHF CHF 2/1 e 94.76 1.0
Europe Balanced Fund Euro EUR 2/1 e 115.14 -0.6
Franck, Galland
Tél. +41 58 310 40 00
www.franckgalland.com
Fonds en actions
BFG Equity Fund - Global Select (CHF) CHF 1/1 e 608.14 3.2
Investissements alternatifs
Carnauba Alt. Fds Directional (USD) USD 2/1 bf 778.57 -
Autres fonds
BFG Strategy Fund - Global (EUR) EUR 1/1 a 88.47 0.8
BFG Strategy Fund - Global (CHF) CHF 1/1 a 75.65 2.2
GAM
Tél. +41 58 426 30 30
suisse@gam.com
Liste complète: www.gam.com
Fonds en obligations
GAM Star Pharo Em.M. Dt&FX EUR A EUR 2/1 a 11.11 0.2
GAM Star Pharo Em.M. Dt&FX USD A USD 2/1 a 11.10 0.2
Fonds en actions
GAM Global Diversified A GBP 1/1 f 27.76 1.6
GAM North American Growth A GBP 1/1 f 19.39 -1.7
GAM Star Asian Eq. EUR A EUR 1/1 f 14.23 1.3
GAM Star Asian Eq. USD A USD 1/1 f 15.09 1.9
GAM Star Asia-Pacific Eq. CHF A CHF 2/1 f 9.20 4.3
GAM Star Asia-Pacific Eq. EUR A EUR 2/1 f 120.16 2.4
GAM Star China Eq. USD A USD 2/1 f 20.98 3.7
GAM Star Cont. European Eq EUR A EUR 1/1 f 12.70 0.8
GAM Star European Equity EUR A EUR 2/1 f 200.78 0.8
GAM Star Frontier Opp. USD A USD 2/1 f 6.46 0.9
GAM Star Glob Eqty USD A USD 2/1 f 11.30 -0.3
GAM Star Japan Eq. EUR A EUR 2/1 f 101.87 3.1
GAM Star Japan Eq. JPY A JPY 2/1 f 982.36 3.8
GAM Star US All Cap Eq. EUR A EUR 2/1 f 17.90 0.7
GAM Star US All Cap Eq. USD A USD 2/1 f 9.54 1.3
GAM Star Worldwide Eq. EUR A EUR 1/1 f 11.89 3.8
GAM Star Worldwide Eq. USD A USD 1/1 f 2744.62 4.4
GAM UK Diversified A GBP 1/1 f 12.57 1.6
Investissements alternatifs
GAM Gl. Multi-Alpha CHF Cl CHF 2/1 b 112.75 1.2
GAM Gl. Multi-Alpha EUR Cl EUR 2/1 b 128.08 1.4
GAM Gl. Multi-Alpha USD Cl USD 2/1 b 133.64 1.3
GAM Star Abs Eur EUR I EUR 2/1 f 10.85 -0.5
GAM Star Disc. FX USD A USD 2/1 a 10.46 1.8
GAM Star Emer Mkt Rates EUR A EUR 2/1 f 11.08 -0.7
GAM Star Glob Rts EUR A EUR 2/1 a 10.99 2.0
GAM Star Glob Rts USD A USD 2/1 a 11.07 2.0
GAM Star Global Selector USD A USD 2/1 f 10.93 0.3
GAM Star Keynes Quant Strat USD A USD 4/1 a 10.45 -0.9
Gutzwiller Fonds
Management AG
+41 61 205 70 00
Fonds en actions
Gutzwiller ONE USD 2/1 e 215.00 3.1
Investissements alternatifs
Gutzwiller TWO (CHF) CHF 3/1 cfi 107.40 -
Gutzwiller TWO (EUR) EUR 3/1 cfi 113.40 -
Gutzwiller TWO (USD) USD 3/1 cfi 141.50 -
BANQUE HERITAGE
Tél. +41 58 220 00 00
www.heritage.ch
funds@heritage.ch
Fonds en actions
Heritam East. Eur. Herit. Cap EUR 1/1 a 279.48 4.2
Heritam Energy Cap USD 2/1 a 104.54 1.8
Heritam Eur. Opp. A Cap EUR 1/1 a 142.88 1.8
Heritam USA Growth Cap USD 1/1 a 125.10 0.5
Fonds d’allocation d’actifs
Heritage Wealth Balanced EUR EUR 1/1 a 105.95 0.1
Heritage Wealth Balanced USD USD 1/1 a 103.50 0.9
Investissements alternatifs
Heritage L/S Equity (USD) A USD 1/1 bf 421.45 -
Heritage Total Return (CHF) A CHF 1/1 bf 1078.76 -
Heritage Total Return (EUR) A EUR 1/1 bf 1123.14 -
Heritage Total Return (USD) A USD 1/1 bf 1078.34 -
IAM Independent Asset Management SA
Tél. 022 8183640
Fax 022 3105557
www.iam.ch
Fonds en actions
IAM Emerging Market - A CHF 2/1 e 2731.13 2.7
IAM European Equity - A CHF 2/1 e 1086.79 3.7
IAM Global Equity - A CHF 2/1 e 1387.29 4.4
IAM Gold & Metals - A CHF 2/1 e 4162.75 -1.7
IAM Immo Securities - A CHF 2/1 e 1023.30 2.9
IAM Swiss Equity - A CHF 2/1 e 1557.37 -0.8
Fonds d’allocation d’actifs
IAM Asset Allocation - A CHF 2/1 e 1172.45 0.8
IFP FUND MANAGEMENT SA
Tél. +41 58 896 66 61
www.ifpfund.ch
info@ifpfund.ch
Fonds en actions
IFP QUANTEVIOUR Europ. Eq. (EUR) -A-EUR 1/1 e 91.89 6.7
Autres fonds
IFP Convert. Bonds Opport. (EUR) EUR 3/1 a 132.40 1.2
IFP Global Convertible Bonds (CHF) -A- CHF 3/1 e 120.25 0.7
IFP Global Convertible Bonds (EUR) -A- EUR 3/1 e 121.32 0.2
ifund services AG
044 286 80 00
www.ifundservices.com
info@ifundservices.com
Fonds en actions
Top of Class of World Equity Funds R EUR 2/1 113.11 -1.1
J.P. Morgan (Suisse) SA
Tél. +41 22 744 19 00
www.jpmam.ch
Fonds en obligations
JPM Income Opp. A acc-EUR Hgd EUR 2/2 e 125.58 0.4
Fonds en actions
JF Asia P.ex-Jap Eq A acc-USD USD 2/2 e 20.79 -0.1
JF China A acc-USD USD 2/2 e 31.37 1.8
JF India A acc-USD USD 2/2 e 26.62 -8.6
JPM Africa Eq. A acc-USD USD 2/2 e 11.53 -3.1
JPM Em Mkts Eq A acc-USD USD 2/2 e 23.32 -2.8
JPM Em Mkts Small Cap A acc-USD USD 2/2 e 11.89 0.8
JPM Europe Sel Eq A acc-EUR EUR 2/2 e 823.70 1.8
JPM Europe Str Val A acc-EUR EUR 2/2 e 10.09 4.4
JPM Global Focus A acc-EUR EUR 2/2 e 16.13 -0.1
JPM Global Nat Res A acc-USD USD 2/2 e 20.98 -3.1
JPM High Eur STEEP A acc-EUR EUR 2/2 e 11.81 3.1
JPM Russia A acc-USD USD 2/2 e 17.04 3.5
JPM US 130/30 A acc-USD USD 1/1 e 9.33 1.4
JPM US Dynamic A acc-USD USD 2/2 e 9.79 1.4
Autres fonds
JPM Gl Conv (EUR) A acc-CHF Hdg CHF 1/1 e 21.93 1.1
JPM Hbdg.Stat.Mk.Ntl A acc-EUR EUR 2/2 e 107.87 0.6
KBL EUROPEAN PRIVATE BANKERS
Tél. +41 58 316 60 00
info@kbl-spb.com
Représentant en Suisse:
KBL SWISS PRIVATE BANKING LTD
Fonds en obligations
KBL epb Gov Bonds Euro EUR cap EUR 4/4 e 510.95 -0.2
KBL epb Gov Bonds USD cap USD 2/4 e 516.14 -0.2
KBL epb Sel Inv Gr Cor EUR cap EUR 4/4 e 517.98 -0.7
KBL epb Up Inv Gr Cor EUR cap EUR 4/4 e 545.54 -1.0
Fonds en actions
KBC equity L Europe EUR cap EUR 4/4 e 547.83 1.4
KBC equity L Japan JPY cap JPY 4/4 e 16777.00 3.4
KBC equity L North America EUR cap EUR 4/4 e 637.94 1.7
KBC equity L North America USD cap USD 4/4 e 934.49 1.6
KBL epb Eq Best Div. EUR cap EUR 4/4 e 533.06 4.4
KBL epb Eq Sel Eq Europe EUR cap EUR 4/4 e 539.45 3.9
KBL key Eastern Europe EUR cap EUR 4/4 f 2834.45 4.5
KBL key Europe EUR cap EUR 4/4 f 761.13 1.3
KBL key european small co EUR cap EUR 4/4 f 1176.74 1.2
KBL key Far East USD cap USD 4/4 f 1727.15 1.7
KBL key major emerging mk USD cap USD 4/4 f 780.25 0.7
KBL key natural resources EUR cap EUR 4/4 f 628.50 0.6
KBL key natural resources USD cap USD 4/4 f 645.07 1.2
KBL key North America EUR cap EUR 4/4 f 448.11 1.5
KBL key North America USD cap USD 4/4 f 480.76 1.7
Fonds d’allocation d’actifs
KBL epb Flexible 25/75 EUR cap EUR 4/4 f 337.23 0.4
KBL epb Flexible 50/50 EUR cap EUR 4/4 f 262.71 1.2
LB(Swiss) Investment AG
Tél. 044 225 37 90
investment@lbswiss.ch
Autres fonds
MV Immoxtra Schweiz I CHF 1/2 e 109.27 0.7
MV Immoxtra Schweiz P CHF 1/2 e 109.34 0.6
LGT Bank in Liechtenstein
Tél. +423 235 1122
Fax +423 235 1522
www.lgt.com
Représentant pour la Suisse:
LGT Bank (Schweiz) AG
4002 Basel, Tél. 061 277 56 00
Fonds en instruments du marché monétaire
LGT MM Fund CHF CHF 2/1 e 1117.20 0.2
LGT MM Fund EUR -B- EUR 2/1 e 693.26 0.0
LGT MM Fund GBP GBP 2/1 e 1180.92 0.0
LGT MM Fund USD USD 2/1 e 1431.82 -0.0
LGT MM Gov CHF -B- CHF 2/1 e 1018.10 0.0
LGT MM Gov EUR -B- EUR 2/1 e 1046.06 0.0
LGT MM Gov USD -B- USD 2/1 e 1029.92 0.0
Fonds en obligations
LGT Bd Emma Local Currency (USD) -A-USD 2/1 e 1051.90 -1.1
LGT Bd Emma Local Currency (USD) -B-USD 2/1 e 1092.30 -1.1
LGT Bd Glbl Inflation Linked (CHF) -A- CHF 2/1 e 1003.80 -0.4
LGT Bd Glbl Inflation Linked (CHF) -B- CHF 2/1 e 1067.20 -0.4
LGT Bd Glbl Inflation Linked (EUR) -A- EUR 2/1 e 994.02 -0.3
LGT Bd Glbl Inflation Linked (EUR) -B- EUR 2/1 e 1082.25 -0.3
LGT Bd Glbl Inflation Linked (USD) -A- USD 2/1 e 985.80 -0.4
LGT Bd Glbl Inflation Linked (USD) -B- USD 2/1 e 984.84 -0.4
LGT Bond CHF -B- CHF 2/1 e 1441.85 -0.5
LGT Bond Corporates USD -A- USD 2/1 e 1022.54 -0.1
LGT Bond Corporates USD -B- USD 2/1 e 1028.30 -0.1
LGT Bond EUR -B- EUR 2/1 e 908.62 -1.4
LGT Bond Global -B- EUR 2/1 e 1312.26 -2.7
LGT Bond USD -B- USD 2/1 e 2174.36 -0.9
LGT M-M Bds Emerg Mkts (USD) -B- USD 2/1 e 3079.59 -0.6
LGT M-M Bonds High Yield (USD) -B- USD 2/1 e 1724.45 1.5
LGT M-M Convert. Bds (USD) -B- USD 2/1 e 1207.49 1.2
LGT SIM Global Bond Fund (EUR) -A- EUR 2/1 e 1054.49 -1.5
LGT SIM Global Bond Fund (EUR) -B- EUR 2/1 e 1109.33 -1.5
Fonds en actions
LGT Eq Asia / Pacific ex Japan -B- USD 2/1 e 2704.19 0.6
LGT Eq EE M EUR -B- EUR 2/1 e 2233.42 2.9
LGT Eq Europe Se Trend EUR -B- EUR 4/1 e 1632.86 0.5
LGT Eq Global Sector Trends -(CHF) B- CHF 2/1 e 1167.94 6.1
LGT Eq Global Sector Trends -(EUR) B- EUR 2/1 e 1114.88 2.7
LGT Eq Global Sector Trends -(USD) B- USD 2/1 e 1650.56 2.8
LGT Eq Japan -B- JPY 2/1 438.00 1.4
LGT Eq North America Sector Trds -B- USD 2/1 e 2173.09 3.3
LGT Eq Switzerland -B- CHF 2/1 e 1991.30 0.3
LGT Equity SIM EUR EUR 2/1 e 1183.33 0.8
LGT M-M EQ Asia ex Japan (USD) -B- USD 2/1 2095.51 -1.2
LGT M-M EQ Emerg Markets (USD) -B-USD 2/1 e 3751.93 -0.0
LGT M-M EQ Europe (EUR) -B- EUR 2/1 e 1236.61 0.1
LGT M-M EQ Japan ( JPY) -B- JPY 2/1 796.00 1.8
LGT M-M EQ North America (USD) -B- USD 2/1 e 1274.35 0.7
LGT SIM Europe Equity (EUR) -B- EUR 2/1 e 742.91 -0.1
Fonds d’allocation d’actifs
LGT Asset Allocation 1 Year EUR 2/1 a 733.40 0.2
LGT Asset Allocation 2 Years EUR 2/1 a 1486.15 0.2
LGT Asset Allocation 3 Years EUR 2/1 a 997.14 0.8
LGT Asset Allocation 4 Years EUR 2/1 a 1043.85 1.2
LGT Asset Allocation 5 Years EUR 2/1 a 855.77 1.5
LGT GIM Balance -B- CHF 2/1 f 10771.69 1.5
LGT GIM Balance -B- EUR 2/1 f 11260.89 0.8
LGT GIM Balance -B- USD 2/1 f 11082.52 0.7
LGT GIM Growth -B- CHF 2/1 f 11118.01 2.0
LGT GIM Growth -B- EUR 2/1 f 11709.36 1.2
LGT GIM Growth -B- USD 2/1 f 11502.05 1.0
LGT Global Active Timer EUR 2/1 e 1069.65 0.0
LGT Global Active Timer USD 2/1 e 1103.68 0.1
LGT SIM Multi-Asset (CHF) -B- CHF 2/1 f 1036.70 1.6
LGT SIM Multi-Asset (EUR) -B- EUR 2/1 f 1100.75 1.0
LGT Strategy 1 Year -B- CHF 2/1 e 1225.40 -0.6
LGT Strategy 1 Year -B- EUR 2/1 e 1438.96 -0.8
LGT Strategy 2 Years -B- CHF 2/1 e 1196.55 -0.1
LGT Strategy 2 Years -B- EUR 2/1 e 1501.86 -1.0
LGT Strategy 3 Years -B- CHF 2/1 e 1190.80 0.8
LGT Strategy 3 Years -B- EUR 2/1 e 1435.94 0.2
LGT Strategy 3 Years -B- USD 2/1 e 1036.78 0.3
LGT Strategy 4 Years -B- CHF 2/1 e 1141.90 1.4
LGT Strategy 4 Years -B- EUR 2/1 e 1405.52 0.6
LGT Strategy 4 Years -B- USD 2/1 e 1047.56 0.8
LGT Strategy 5 Years -B- CHF 2/1 e 1284.25 1.7
LGT Strategy 5 Years -B- EUR 2/1 e 1442.46 1.0
LGT Strategy 5 Years -B- USD 2/1 e 1050.88 1.1
Lombard Odier
Darier Hentsch
Tél. 022 709 90 00
www.lombardodier.com
Représentant des fonds LODH en Suisse:
Lombard Odier Darier Hentsch Fund Managers SA
Tél. 022.793.06.87
Fonds en instruments du marché monétaire
LOF - Money Market (EUR) P A EUR 1/1 e 110.76 0.0
LOF - Money Market (GBP) P A GBP 1/1 e 10.12 0.0
LOF - Money Market (USD) P A USD 1/1 e 10.24 0.0
LOF II - Money Market (CHF) P A CHF 1/1 e 129.22 0.0
LOF II - Money Market (EUR) P A EUR 1/1 e 111.12 0.0
LOF II - Money Market (GBP) P A GBP 1/1 e 10.18 0.0
LOF II - Money Market (USD) P A USD 1/1 e 10.25 0.0
Fonds en obligations
LO Fds Sov. Trea. 1-3 (CHF) P D CHF 2/1 e 8190.69 -0.1
LOF - 1798 Optimum Trend (EUR) P A EUR 2/1 e 11.73 0.3
LOF - 1798 Optimum Trend (USD) P A USD 2/1 e 11.33 0.2
LOF - BBB-BB (EUR) P A EUR 2/1 e 10.04 -0.1
LOF - Convertible Bd Asia (CHF) P A CHF 1/1 e 13.87 0.8
LOF - Convertible Bd Asia (EUR) P A EUR 1/1 e 14.41 0.8
LOF - Convertible Bd Asia (USD) P A USD 1/1 e 14.37 0.8
LOF - Convertible Bond P A EUR 2/1 e 14.15 0.8
LOF - EM Loc.Curr.&Bds (CHF) P A CHF 1/1 e 10.34 3.0
LOF - EM Loc.Curr.&Bds (EUR) P A EUR 1/1 e 11.47 -0.9
LOF - EM Loc.Curr.&Bds (USD) P A USD 1/1 e 10.68 -0.9
LOF - Emerging Market Bond P A USD 2/1 e 21.46 1.0
LOF - Euro Aggregate Bond P A EUR 1/1 e 9.26 -0.2
LOF - Government Bond (EUR) P A EUR 1/1 e 9.82 -0.1
LOF - Government Bond (USD) P A USD 1/1 e 18.31 -0.4
LOF - Inflation-Linked Bd (EUR) P A EUR 1/1 e 10.16 0.2
LOF - Inv. Grade A-BBB (CHF) P A CHF 2/1 e 11.84 0.2
LOF - Investment Grade (EUR) P A EUR 2/1 e 15.27 -0.6
LOF - Investment Grade + (EUR) P A EUR 2/1 e 10.43 -0.8
LOF - Total Return Bd (EUR) P A EUR 2/1 e 11.59 0.1
LOF - Total Return Bd (USD) P A USD 2/1 e 17.09 0.0
LOF II - 1798 Optim.Trend (EUR) P A EUR 1/1 e 11.78 0.3
LOF II - 1798 Optim.Trend (USD) P A USD 1/1 e 11.31 0.3
LOF II - Convertible Bond (CHF) P A CHF 1/1 e 22.51 0.8
LOF II - Convertible Bond (EUR) P A EUR 1/1 e 14.19 0.8
LOF II - Convertible Bond (USD) P A USD 1/1 e 20.94 0.7
LOF II - Emerging Mkt Bond P A USD 1/1 e 21.12 1.0
LOF II - Euro Aggregate Bond P A EUR 1/1 e 9.29 -0.2
LOF II - Gbl Government Bd Hedged P ACHF 1/1 e 23.76 -0.7
LOF II - Gbl Government Bd P A CHF 1/1 e 22.10 3.2
LOF II - Government Bond (EUR) P A EUR 1/1 e 51.55 -0.1
LOF II - Government Bond (USD) P A USD 1/1 e 18.38 -0.4
LOF II - Inv. Grade A-BBB (CHF) P A CHF 1/1 e 11.86 0.2
LOF II - Investment Grade (EUR) P A EUR 1/1 e 15.31 -0.6
LOF II - Swiss Aggregate Bond P A CHF 1/1 e 20.95 -0.6
LOF II - Total Return Bd (CHF) P A CHF 1/1 e 15.37 0.0
LOF II - Total Return Bd (EUR) P A EUR 1/1 e 11.65 0.1
Fonds en actions
LO Alto - Global Equity P D EUR 2/1 e 88.89 1.6
LO Nutrition P D CHF 2/1 e 115.22 2.1
LO Swiss Cap (ex-SMI) P D CHF 2/1 e 370.51 -1.7
LO Swiss Leaders P D CHF 2/1 e 100.41 0.6
LODH Multifonds - Commodity P D CHF 1/1 e 119.63 1.4
LODH Multifonds - Commodity P D USD 1/1 e 158.79 0.0
LOF - 1798 US Eq. Long/Short P A USD 1/1 e 9.00 0.4
LOF - Alpha Japan (CHF) P A CHF 1/1 e 9.63 4.0
LOF - Alpha Japan P A JPY 1/1 e 865.00 3.8
LOF - Baron US Growth P A USD 1/1 e 9.09 0.6
LOF - Clean Tech P A EUR 1/1 e 6.75 -3.9
LOF - EMEA P A EUR 1/1 e 16.76 -0.9
LOF - Europe P A EUR 1/1 e 6.26 -1.2
LOF - Eurozone S&M Caps P A EUR 1/1 e 36.46 -2.9
LOF - Generation Global (CHF) P A CHF 1/1 e 8.85 4.2
LOF - Generation Global (EUR) P A EUR 1/1 e 11.24 0.4
LOF - Generation Global (USD) P A USD 1/1 e 10.28 0.4
LOF - Global Emerg. Mkts (EUR) P A EUR 1/1 e 8.48 -1.8
LOF - Global Emerg. Mkts (USD) P A USD 1/1 e 7.94 -1.8
LOF - Global Energy P A USD 1/1 e 10.46 2.0
LOF - Golden Age (CHF) P A CHF 2/1 e 14.40 2.4
LOF - Golden Age (EUR) P A EUR 2/1 e 9.53 1.8
LOF - Golden Age (USD) P A USD 2/1 e 13.24 1.5
LOF - Greater China P A USD 1/1 e 113.65 2.4
LOF - Japan. S&M Caps P A JPY 1/1 e 2034.00 3.1
LOF - Pacific Rim P A USD 1/1 e 13.34 0.7
LOF - Pzena Global Value P A USD 1/1 e 6.55 4.4
LOF - Selective Global Equity P A EUR 1/1 e 151.77 -0.4
LOF - Technology (EUR) P A EUR 1/1 e 10.08 5.1
LOF - Technology (USD) P A USD 1/1 e 15.28 5.2
LOF - W.Blair Gbl Grwth (EUR) P A EUR 1/1 e 9.34 -1.0
LOF - W.Blair Gbl Grwth (USD) P A USD 1/1 e 9.33 -1.0
LOF - World Gold Expert. (CHF) P A CHF 2/1 e 35.74 -8.8
LOF - World Gold Expert. (EUR) P A EUR 2/1 e 27.24 -9.7
LOF - World Gold Expert. (USD) P A USD 2/1 e 34.69 -10.1
Fonds d’allocation d’actifs
LODH Multifonds - Optimix (CHF) P D CHF 1/1 a 88.15 0.7
LODHO - Global Conservative P A CHF 2/1 e 16.02 0.3
LOF - 1798 Tactical Alpha (CHF) P A CHF 1/1 e 10.03 -0.6
LOF - 1798 Tactical Alpha (EUR) P A EUR 1/1 e 10.09 -0.6
LOF - 1798 Tactical Alpha (USD) P A USD 1/1 e 14.50 -0.6
Investissements alternatifs
LO Multi. - Glbl Trading EUR A EUR 1/1 bf 2321.73 -
LO Multi. - Glbl Trading USD A USD 1/1 bf 2836.32 -
LO Multi. - Global Eq. L/S CHF A CHF 1/1 bf 5914.57 -
LO Multi. - Global Eq. L/S EUR A EUR 1/1 bf 4194.48 -
LO Multi. - Global Eq. L/S USD A USD 1/1 bf 5477.79 -
LO Multi. - Market Neutral EUR A EUR 1/1 bf 227.13 -
LO Multi. - Market Neutral USD A USD 1/1 bf 248.61 -
LODH Alternative Strategies (CHF) D CHF 1/1 bf 21.39 -
LODH Alternative Strategies (EUR) D EUR 1/1 bf 28.21 -
LODH Alternative Strategies (USD) D USD 1/1 bf 35.41 -
LODH Delta Global (CHF) P D CHF 1/5 bf 14.52 -
LODH Delta Global (EUR) P D EUR 1/5 bf 19.14 -
LODH Delta Global (USD) P D USD 1/5 bf 49.82 -
LOF - Alternative Beta (CHF) P A CHF 1/1 e 123.38 -0.6
LOF - Alternative Beta (EUR) P A EUR 1/1 e 81.60 -0.6
LOF - Alternative Beta (USD) P A USD 1/1 e 120.17 -0.5
Man Investments AG
Preis Anfragen: +353 (1) 647 0060
allg Anfragen: +41 (0) 55 417 6000
www.maninvestments.com
Investissements alternatifs
AHL Alpha Plc USD 1/1 a 817.96 -1.8
Man AHL Diversified Markets EU EUR 1/5 a 34.01 -2.5
Man AHL Diversified Plc USD 1/5 a 96.36 -2.5
c/oTrillium SA
Tél.: 022 318 84 49
Fax: 022 318 84 48
www.manavest.ch
Fonds d’allocation d’actifs
Manavest - Glob Opp CHF 1/1 a 100.40 2.1
Service Line
0848 845 400
www.banquemigros.ch
Fonds en obligations
Mi-Fonds (CH) SwFrBd MT - A CHF 2/1 e 103.23 -0.2
Mi-Fonds (CH) SwissFrancBond - A CHF 2/1 e 103.58 -0.5
Mi-Fonds (Lux) InterBond - A CHF 2/1 e 79.70 2.8
Mi-Fonds (Lux) InterBond - B CHF 2/1 e 137.21 2.8
Fonds en actions
Mi-Fonds (CH) EuropeStock - A CHF 2/1 e 68.41 5.8
Mi-Fonds (CH) InterStock - A CHF 2/1 e 73.55 5.1
Mi-Fonds (CH) SwissImmo A CHF 2/1 e 106.54 2.1
Mi-Fonds (CH) SwissStock - A CHF 2/1 e 83.85 0.7
Mi-Fonds (Lux) InterStock - A CHF 2/1 e 79.11 5.0
Mi-Fonds (Lux) InterStock - B CHF 2/1 e 100.12 5.0
Mi-Fonds (Lux) SwissStock - A CHF 2/1 e 88.45 0.7
Mi-Fonds (Lux) SwissStock - B CHF 2/1 e 104.98 0.7
Fonds d’allocation d’actifs
Mi-Fonds (CH) 10 - A CHF 2/1 e 100.00 0.2
Mi-Fonds (CH) 10 - V CHF 2/1 e 101.51 0.2
Mi-Fonds (CH) 30 - A CHF 2/1 e 96.86 0.9
Mi-Fonds (CH) 30 - V CHF 2/1 e 97.50 0.9
Mi-Fonds (CH) 40 - A CHF 2/1 e 96.31 1.1
Mi-Fonds (CH) 40 - V CHF 2/1 e 96.50 1.1
Mi-Fonds (CH) 45 Sustainable A CHF 2/1 e 102.75 0.8
Mi-Fonds (CH) 45 Sustainable V CHF 2/1 e 102.87 0.8
Mi-Fonds (CH) 50 - A CHF 2/1 e 92.36 1.6
Mi-Fonds (Lux) 30 - A CHF 2/1 e 114.35 1.2
Mi-Fonds (Lux) 30 - B CHF 2/1 e 178.92 1.2
Mi-Fonds (Lux) 40 (EUR) - A EUR 2/1 e 95.39 0.2
Mi-Fonds (Lux) 40 (EUR) - B EUR 2/1 e 133.95 0.2
Mi-Fonds (Lux) 50 - A CHF 2/1 e 124.54 1.9
Mi-Fonds (Lux) 50 - B CHF 2/1 e 190.98 1.9
Mirabaud & Cie
Tél. +41 58 816 22 22
Fax +41 58 816 28 67
marketing@mirabaud.com
Fonds en actions
Mir.Sel.Eq.Europe A Cap EUR 1/1 e 66.44 -0.4
Mir.Sel.Eq.World A Cap USD 1/1 f 95.40 1.9
Mirabaud Eq Asia A Cap USD 3/1 a 186.27 0.6
Mirabaud Eq Asia I Cap USD 3/1 a 194.43 0.7
Mirabaud Eq H.Al.Eur.Ex UK A Cap EUR 2/1 e 88.92 0.7
Mirabaud Eq H.Al.Pan Eur. A Cap EUR 2/2 e 90.03 1.3
Mirabaud Eq H.Al.Pan Eur. I Cap EUR 2/2 e 91.35 1.3
Mirabaud Eq USA A Cap USD 3/1 e 122.65 1.5
Mirabaud Eq USA I Cap USD 1/1 e 128.00 1.5
Mirabaud Fd Swiss Caps A Cap CHF 1/1 e 1152.50 0.2
Mirabaud Fd Swiss Caps Z Cap CHF 1/1 e 1197.28 0.2
Mirabaud Fd Swiss Sm.MidCap A Cap CHF 1/1 e 220.56 -0.7
Mirabaud Fd Swiss Sm.MidCap Z Cap CHF 1/1 e 229.26 -0.7
Investissements alternatifs
MirAlt SICAV-Diversified A Dist USD 1/1 b 102.77 2.6
MirAlt SICAV-Diversified I Cap CHF 1/1 b 87.93 0.0
MirAlt SICAV-Europe A Dist EUR 1/1 b 65.49 3.1
MirAlt SICAV-Europe I Dist EUR 1/1 b 91.99 3.3
MirAlt SICAV-North America A Dist USD 1/1 b 139.17 2.2
MirAlt SICAV-North America I Dist USD 1/1 b 94.96 2.3
La Mobilière
Tél. 022 363 94 05
Fax 022 361 78 28
www.mobi.ch
Fonds d’allocation d’actifs
MobiFonds 3a - A CHF 2/1 e 113.16 0.5
MobiFonds Select 20 - B CHF 2/1 105.19 0.0
MobiFonds Select 50 - B CHF 2/1 104.07 0.7
MobiFonds Select 90 - B CHF 2/1 105.39 1.4
OYSTER Funds
Voir sous BANQUE SYZ & CO SA
Parcadia Asset Management S.A.
Tél. +41 52 261 50 50
www.axa-winterthur.ch
Fonds en actions
Cosmos Funds-Active Protection UL EUR 4/1 a 109.34 -0.5
COURS DE RIVE 15 GENEVE
022 735 29 11
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lentilles de contact
Votre
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confiance
Ordre des informations de fonds: Nom du fonds, monnaie comptable du fonds, Conditions d’émission / rachat, Particularités, Valeur d’inventaire
(valeurs du vendredi, 21.01.2011, indication des fluctuations de cours voir particularités), Performance 2011 en %
FONDS DE PLACEMENT
Fournis par: Swiss Fund Data AG en collaboration avec SIX Swiss Exchange AG et SIX Telekurs Ltd. PUBLICITÉ
Fondations Pictet
Tél.: 058/323 29 60
www.pictet.com
Fonds en obligations
FPLP-LPP/BVG-Bonds -P CHF 3/3 b 129.32 -0.3
FPLP-LPP/BVG-SMT Bonds -P CHF 3/3 b 111.16 0.0
FPPI-LPP/BVG-Bonds -P CHF 3/3 b 116.91 -0.3
FPPI-LPP/BVG-SMT Bonds -P CHF 3/3 b 111.34 0.0
Fonds d’allocation d’actifs
FPLP-LPP/BVG-25 -P CHF 3/3 b 110.92 1.1
FPLP-LPP/BVG-40 -P CHF 3/3 b 118.41 1.4
FPPI-LPP/BVG-25 -P CHF 3/3 b 117.90 1.1
FPPI-LPP/BVG-40 -P CHF 3/3 b 101.57 1.4
Pictet Funds S.A.
Tel. +41 (58) 323 3000
www.pictetfunds.com
Fonds en instruments du marché monétaire
PF (CH)-Sov M.Mkt (CHF) -P CHF 1/1 e 985.23 0.0
PF (CH)-Sov M.Mkt (EUR) -P EUR 1/1 e 1002.18 0.0
PF (CH)-Sov M.Mkt (USD) -P USD 1/1 e 999.06 0.0
Pictet (CH) CF-CHF CashPr -P CHF 2/2 e 997.27 0.0
Pictet (CH) CF-EUR CashPr -P EUR 2/2 e 1010.35 0.0
Pictet (CH) CF-GBP CashPr -P GBP 2/2 e 1069.69 0.0
Pictet (CH) CF-USD CashPr -P USD 2/2 e 1036.19 0.0
Pictet (CH)-Money Mk (CHF) -P CHF 2/2 e 973.14 0.0
Pictet (CH)-Money Mk (EUR) -P EUR 2/2 e 999.36 0.0
Pictet (CH)-Money Mk (GBP) -P GBP 2/2 e 1001.27 0.0
Pictet (CH)-Money Mk (USD) -P USD 2/2 e 990.47 0.0
Pictet-CHF Liquidity -P CHF 2/2 e 124.16 0.0
Pictet-EUR Liquidity -P EUR 2/2 e 136.43 0.0
Pictet-EUR Sovereign Liq -P EUR 2/1 e 102.53 0.0
Pictet-JPY Liquidity -P JPY 1/1 e 10113.45 0.0
Pictet-USD Liquidity -P USD 2/2 e 131.27 0.0
Pictet-USD Sovereign Liq -P USD 2/1 e 101.67 0.0
Fonds en obligations
PF (CH)-Bonds CHF -P CHF 4/4 e 1025.41 -0.5
PF (CH)-ShtMidTm Bds -P CHF 4/4 e 902.74 -0.0
PI (CH)-CHF Bds -I CHF 2/2 e 1018.21 -0.4
PI (CH)-Fgn Bds -I CHF 2/2 e 876.68 2.8
Pictet-Asn Lcl Ccy Dbt -P EUR EUR 1/1 100.41 -2.9
Pictet-Asn Lcl Ccy Dbt -P USD USD 2/2 135.84 -0.8
Pictet-CHF Bonds -P CHF 2/2 e 426.02 -0.3
Pictet-Convertible Bonds -P EUR EUR 3/2 e 108.49 2.3
Pictet-Em Lcl Ccy Dbt -P EUR EUR 2/1 f 131.40 -1.9
Pictet-Em Lcl Ccy Dbt -P USD USD 2/2 f 177.34 -0.3
Pictet-EUR Bonds -P EUR 2/2 f 397.71 -0.2
Pictet-EUR Corporate Bonds -P EUR 2/2 e 152.28 -0.5
Pictet-EUR Government Bonds -P EUR 2/2 e 115.98 -0.4
Pictet-EUR High Yield -P EUR 2/2 e 175.26 2.6
Pictet-EUR Inflation Lk Bds -P EUR 2/2 e 111.30 0.3
Pictet-EUR SMT Bonds -P EUR 2/2 e 121.02 -0.2
Pictet-Glo Emerging Debt -P USD USD 2/2 e 263.33 0.1
Pictet-Global Em Ccy -P EUR EUR 2/1 f 78.51 0.3
Pictet-Global Em Ccy -P USD USD 2/1 f 106.49 1.9
Pictet-LATAM Lc Ccy Dbt -P EUR EUR 2/1 e 101.76 -1.6
Pictet-LATAM Lc Ccy Dbt -P USD USD 2/1 e 135.23 -0.6
Pictet-US High Yield -P USD USD 2/2 e 118.69 1.7
Pictet-USD Government Bonds -P USD 2/2 e 532.35 -0.5
Pictet-USD Short Mid-Term Bds -P USD 2/2 e 123.34 -0.0
Pictet-World Gvt Bonds -P EUR EUR 2/1 e 128.33 -1.6
Fonds en actions
PF (CH)-Glob Equities -P USD 4/4 e 1187.89 1.4
PF (CH)-Glob Equities -P CHF CHF 4/4 e 1189.19 4.8
PF (CH)-Swiss Mid-Small Cap -P CHF 2/2 e 3284.96 -2.5
PF (CH)-Swiss Mkt Tracker -P CHF 4/4 e 101.57 0.6
PI (CH)-Swiss Eq -I CHF 2/2 e 1177.68 0.2
PI (CH)-World Eq -I CHF 2/2 e 753.67 5.5
Pictet (CH)-Swiss Eq 130/30 P CHF 2/2 e 85.35 -0.0
Pictet (CH)-Swiss Eq -P CHF 2/2 e 1607.48 0.3
Pictet-Agriculture -P EUR EUR 1/1 e 151.75 -2.0
Pictet-Agriculture -P USD USD 1/1 e 205.29 -0.4
Pictet-Asian Eq ExJpn -P EUR EUR 2/2 135.70 -3.1
Pictet-Asian Eq ExJpn -P USD USD 2/2 183.57 -2.0
Pictet-Biotech -P EUR EUR 1/1 e 228.36 0.3
Pictet-Biotech -P USD USD 2/2 e 306.27 0.2
Pictet-Clean Energy -P EUR EUR 2/2 e 58.72 0.5
Pictet-Clean Energy -P USD USD 2/2 e 79.44 2.1
Pictet-Digital Comm -P EUR EUR 1/1 e 104.77 -0.6
Pictet-Digital Comm -P USD USD 2/2 e 141.73 0.9
Pictet-Eastern Europe -P EUR EUR 2/2 e 410.84 1.4
Pictet-Emerging Markets -P EUR EUR 2/2 449.95 -2.4
Pictet-Emerging Markets -P USD USD 2/2 608.68 -1.2
Pictet-Emerging Mkts Idx -P USD USD 2/2 f 269.22 0.9
Pictet-Ethos(CH)Sw SustEq -P CHF 4/4 e 100.46 -0.1
Pictet-Eu Equities Sel -P EUR EUR 2/2 e 459.82 0.7
Pictet-Euroland Index -P EUR EUR 2/2 e 93.87 3.0
Pictet-Europe Index -P EUR EUR 4/4 f 115.42 2.1
Pictet-European Sust Eq -P EUR EUR 2/2 e 148.72 0.9
Pictet-Generics -P EUR EUR 1/1 e 111.29 -0.4
Pictet-Generics -P USD USD 2/2 e 150.55 1.1
Pictet-Glo Megatrend Sel -P CHF CHF 1/1 e 148.96 3.2
Pictet-Glo Megatrend Sel -P EUR EUR 1/1 e 114.28 -1.3
Pictet-Glo Megatrend Sel -P USD USD 1/1 e 154.60 0.3
Pictet-Greater China -P EUR EUR 2/2 297.12 -0.9
Pictet-Greater China -P USD USD 2/2 401.94 0.3
Pictet-Indian Equities -P EUR EUR 2/2 287.61 -9.9
Pictet-Indian Equities -P USD USD 2/2 389.08 -8.9
Pictet-Japan Index -P JPY JPY 2/2 e 9168.63 3.0
Pictet-Japanese Eq 130/30 -P EUR EUR 1/1 41.59 -1.9
Pictet-Japanese Eq 130/30 -P JPY JPY 2/2 4660.54 1.9
Pictet-Japanese Eq Sel -P EUR EUR 2/1 69.48 -2.0
Pictet-Japanese Eq Sel -P JPY JPY 2/2 7786.22 1.8
Pictet-Japanese SMid Cap -P EUR EUR 2/1 69.18 -2.8
Pictet-Japanese SMid Cap -P JPY JPY 2/2 7752.06 1.0
Pictet-MENA -P USD USD 2/2 f 53.66 -0.1
Pictet-Pac ExJpn Idx -P USD USD 2/2 e 316.42 0.1
Pictet-Premium Brands -P EUR EUR 2/2 e 89.29 -4.6
Pictet-Russian Equities -P USD USD 2/1 e 84.65 3.9
Pictet-Security -P USD USD 2/2 e 127.27 0.6
Pictet-Small Cap Europe -P EUR EUR 2/2 e 583.68 -2.3
Pictet-Timber -P USD USD 1/1 e 121.18 2.0
Pictet-US Eq Gr Sel -P USD USD 2/2 e 113.82 1.6
Pictet-US Equity Value Sel -P USD USD 2/2 e 132.57 2.2
Pictet-USA Index -P USD USD 4/4 e 105.14 1.8
Pictet-Water -P EUR EUR 2/2 e 147.96 -2.4
Fonds d’allocation d’actifs
PF (CH)-LPP-25 -P CHF 4/4 e 1086.73 1.0
PF (CH)-LPP-40 -P CHF 4/4 e 1125.26 1.2
PF (CH)-LPP-40Tracker -P CHF 4/4 e 1050.45 1.6
Pictet-Absl Rtn Glo Cons -P EUR EUR 1/1 f 100.78 -0.1
Pictet-Absl Rtn Glo Div -P EUR EUR 2/2 f 114.03 0.1
Pictet-Piclife -P CHF CHF 2/1 f 801.75 1.6
Autres fonds
Pictet (CH) Pre. Mtls - Phy. Gold P(CHF) CHF 2/1 e 129.57 -1.3
Pictet (CH) Pre. Mtls - Phy. Gold P(EUR)EUR 2/1 e 99.76 -5.4
Pictet (CH) Pre. Mtls - Phy. Gold P(USD)USD 2/1 e 133.80 -4.5
Pioneer Investments AG
Tél. 031 399 31 11
Fax 031 382 88 88
www.pioneerinvestments.ch
Fonds d’allocation d’actifs
Pioneer Investments CSF Fund CHF 2/1 e 72.57 2.4
PKB Privatbank AG
Tél. +41 91 913 35 35
www.pkb.ch
fund@pkb.ch
Investissements alternatifs
PAS Emerging Markets EUR -A- EUR 2/1 bf 878.46 -
PAS European Markets EUR -A- EUR 2/1 bf 1001.31 -
PAS Global Long Short EUR -A- EUR 2/1 bf 878.32 -
PAS Low Vol CHF -A- CHF 2/1 bf 955.97 -
PAS Low Vol EUR -A- EUR 2/1 bf 978.33 -
PAS Low Vol USD -A- USD 2/1 bf 990.39 -
Plenum Investments AG
Tél. +41 43 488 57 50
www.plenum.ch
productsinfo@plenum.ch
Autres fonds
Plenum Prime Selection Dynamic C CHF 2/1 e 96.70 1.8
PostFinance, Die Post
Tél. 0848 888 300
www.postfinance.ch
Fonds en actions
PostFinance Fonds Global CHF 2/1 e 96.20 4.0
PostFinance Fonds Suisse CHF 2/1 e 110.58 0.7
Fonds d’allocation d’actifs
PostFinance Fonds 1 Bond CHF 2/1 e 93.38 -0.6
PostFinance Fonds 2 CHF 2/1 e 92.83 0.3
PostFinance Fonds 3 CHF 2/1 e 93.08 0.8
PostFinance Fonds 4 CHF 2/1 e 85.85 1.3
PostFinance Fonds 5 CHF 2/1 e 77.77 2.2
PostFinance Pension 25 CHF 2/1 e 100.94 0.5
PostFinance Pension 45 CHF 2/1 e 97.55 1.2
Banques Raiffeisen
Tél. 0844 888 808
www.raiffeisen.ch
Fonds en instruments du marché monétaire
Raiffeisen Euro Money A EUR 2/1 e 510.22 0.1
Raiffeisen Euro Money B EUR 2/1 e 724.81 0.1
Raiffeisen Swiss Money A CHF 2/1 e 1035.11 0.1
Raiffeisen Swiss Money B CHF 2/1 e 1295.53 0.1
Raiffeisen US Dollar Money A USD 2/1 e 982.88 -0.0
Raiffeisen US Dollar Money B USD 2/1 e 1541.13 -0.0
Fonds en obligations
Raiffeisen Conv Bond Global B CHF 2/1 e 91.38 -0.0
Raiffeisen Euro Obli A EUR 2/1 e 72.27 -0.3
Raiffeisen Euro Obli B EUR 2/1 e 141.94 -0.3
Raiffeisen Futura Global Bond A CHF 4/1 e 83.05 -0.7
Raiffeisen Futura Swiss Franc Bond A CHF 4/1 e 105.38 -0.6
Raiffeisen Swiss Obli A CHF 2/1 e 110.61 -0.5
Raiffeisen Swiss Obli B CHF 2/1 e 172.12 -0.5
Raiffeisen US Dollar Obli A USD 2/1 e 108.34 -0.4
Raiffeisen US Dollar Obli B USD 2/1 e 161.90 -0.4
Fonds en actions
Raiffeisen Clean Technology A CHF 2/1 e 132.11 3.9
Raiffeisen Clean Technology B CHF 2/1 e 132.11 3.9
Raiffeisen EuroAc A EUR 2/1 e 78.32 0.4
Raiffeisen EuroAc B EUR 2/1 e 102.91 0.4
Raiffeisen Futura Global Stock A CHF 4/1 e 66.17 5.9
Raiffeisen Futura Swiss Stock A CHF 4/1 e 144.90 -0.2
Raiffeisen Future Resources A CHF 2/1 e 152.67 2.7
Raiffeisen Future Resources B CHF 2/1 e 152.67 2.7
Raiffeisen SwissAc A CHF 2/1 e 264.48 -1.0
Raiffeisen SwissAc B CHF 2/1 e 289.27 -1.0
Fonds d’allocation d’actifs
Raiffeis.Fd(CH)Multi Asset Cl.Dyn CHF 4/1 e 90.01 1.6
Raiffeis.Fd(CH)Multi Asset Cl.Fut CHF 4/1 e 97.45 1.2
Raiffeis.Fd(CH)Multi Asset Cl.Mod CHF 4/1 e 94.89 1.3
Raiffeisen Global Invest Balanced A CHF 2/1 e 110.19 1.5
Raiffeisen Global Invest Balanced B CHF 2/1 e 136.06 1.5
Raiffeisen Global Invest Equity A CHF 2/1 e 78.09 2.2
Raiffeisen Global Invest Equity B CHF 2/1 e 81.39 2.2
Raiffeisen Global Invest Growth A CHF 2/1 e 91.75 1.8
Raiffeisen Global Invest Growth B CHF 2/1 e 95.29 1.8
Raiffeisen Global Invest Yield A CHF 2/1 e 102.62 1.1
Raiffeisen Global Invest Yield B CHF 2/1 e 132.17 1.1
Raiffeisen Pens.Inv.Fut.Balanced A CHF 4/1 e 100.63 0.7
Raiffeisen Pens.Inv.Fut.Balanced I CHF 4/1 e 103.67 0.7
Raiffeisen Pension Invest Futura Yield ACHF 4/1 e 119.97 0.3
Raiffeisen Pension Invest Futura Yield ICHF 4/1 e 124.19 0.3
Autres fonds
Raffeis.Fd(CH)Multi Asset Cl.Def CHF 4/1 e 103.53 1.9
Raiffeisen Cap. Prot. 2013 B CHF 2/1 e 107.74 -0.2
Raiffeisen Cap. Prot. 2014 (EUR) B EUR 2/1 e 103.04 -1.3
RBA Holding
Tél. 031 660 44 44
Fax 031 660 44 55
www.rba.ch
Fonds d’allocation d’actifs
Adagio (Lux) - Festverzinslich - B CHF 2/1 e 123.86 0.8
Allegro (Lux) - Wachstum - B CHF 2/1 e 99.12 2.2
Vivace (Lux) - Ausgewogen - B CHF 2/1 e 108.66 1.2
Tél. +41 58 262 00 00, www.realstone.ch
RealStone Eq Asian Property EUR 2/1 e 108.98 1.5
RealStone Swiss Property CHF 2/1 e 124.20 -0.3
REYL & Cie S. A.
Tél. +41 22 816 8000
Fax +41 22 816 8001
www.reyl.com
Fonds en obligations
Em Debt Opp B USD USD 2/1 e 108.11 -0.3
Em Debt Opp C CHF CHF 2/1 e 107.13 -0.3
Em Debt Opp E EUR EUR 2/1 e 107.50 -0.3
Fonds en actions
Elite France-Europe B EUR EUR 2/1 af 99.90 1.4
Em Mkts Eq B USD USD 3/1 e 134.63 0.2
Em Mkts Eq J CHF CHF 3/1 e 123.93 3.1
Em Mkts Eq L EUR EUR 3/1 e 133.74 0.1
Europe Low Vol B EUR EUR 2/1 e 99.44 -1.0
Europe Low Vol C CHF CHF 2/1 e 94.92 -1.0
European Eq B EUR EUR 2/1 e 230.55 -1.1
European Eq C CHF CHF 2/1 e 211.68 -1.1
European Opp B EUR EUR 2/1 e 108.47 -1.5
European Opp C CHF CHF 2/1 e 105.64 -1.5
North American Eq B USD USD 2/1 e 153.56 -0.0
North American Eq E EUR EUR 2/1 e 146.76 -0.1
Robeco (Suisse) SA
Tél. 044 227 72 08
Fax. 044 227 72 22
www.robeco.com
Fonds en instruments du marché monétaire
Robeco Flex-o-Rente D EUR EUR 3/2 108.58 0.5
Robeco Flex-o-Rente D USD USD 1/1 107.16 0.6
Robeco Flex-o-Rente E EUR EUR 3/3 104.04 0.5
Fonds en obligations
Robeco European HY Bds D EUR EUR 1/1 136.76 1.8
Robeco High Yield Bonds D EUR EUR 3/3 95.23 1.6
Robeco Lux-o-rente D CHF CHF 1/1 112.13 -0.4
Robeco Lux-o-rente D EUR EUR 1/1 116.56 -0.4
Robeco Lux-o-rente D USD USD 1/1 123.15 -0.4
Robeco Lux-o-rente E CHF CHF 1/1 107.74 -0.4
Robeco Lux-o-rente E EUR EUR 1/1 110.42 -0.4
Rorento A EUR 3/3 e 47.85 0.2
Fonds en actions
Robeco A EUR 3/3 e 23.69 0.3
Robeco Asia-Pacific Eq. D EUR EUR 3/3 90.71 -0.9
Robeco Chinese Equities D EUR EUR 3/3 56.17 0.9
Robeco Consumer Trends Eq. D EUR EUR 3/3 76.04 -1.1
Robeco Emerging Stars Eq. D EUR EUR 3/3 159.31 -1.5
Robeco EMMA Equities D EUR EUR 3/3 150.73 -1.9
Robeco EMMA Equities D USD USD 3/3 152.09 -1.0
Robeco European Equities D EUR EUR 3/3 33.58 1.6
Robeco European MidCap Eq D EUR EUR 3/3 84.13 0.3
Robeco European Stars D EUR EUR 3/3 73.82 1.6
Robeco Health & Wellness Eq. D EUR EUR 3/3 46.35 -0.1
Robeco Indian Eq. D EUR EUR 3/2 96.59 -7.0
Robeco Natural Resources Eq. D EUR EUR 3/3 105.12 -3.2
Robeco New World Fin. Eq. D EUR EUR 3/3 36.12 3.0
Robeco Property Equities D EUR EUR 3/3 94.23 0.1
Robeco US Premium Eq D USD USD 3/3 123.62 2.4
Robeco US Premium Eq DH EUR EUR 3/3 112.51 2.4
Rolinco A EUR 3/3 e 21.30 0.6
RSI Securities SA
Tél. +41 22 328 29 11
Fax +41 22 328 70 37
Sirius Asia ex-Japan 2010 USD USD 2/1 e 16.71 0.1
Sirius Asia ex-Japan USD USD 2/1 e 26.31 0.1
Sirius Japan Opp. CHF CHF 2/1 e 134.19 4.1
Sirius Japan Opp. CHF 2010 CHF 2/1 e 104.27 4.1
Sirius Japan Opp. Inst. EUR EUR 2/1 e 100.74 3.8
Sirius Japan Opp. Inst. JPY JPY 2/1 e 12529.02 3.9
Sirius Japanese Conv. CHF CHF 2/1 e 193.91 0.2
Sirius Japanese Conv. Inst. JPY JPY 2/1 e 19641.76 0.2
Bank Sarasin & Cie AG
Tél. 061 277 77 77
www.sarasin.ch/fonds
Fonds en obligations
SaraBond CHF 4/3 e 248.24 1.7
Sarasin BondSar P CHF CHF 4/4 e 94.41 -1.6
Sarasin BondSar USD A USD 2/1 e 99.01 -0.4
Sarasin BondSar World A EUR 2/1 e 141.94 -2.1
Sarasin Structured Return (EUR) B EUR 2/1 e 112.81 -1.0
Sarasin Sustainable Bond CHF A CHF 2/1 e 153.15 -0.4
Sarasin Sustainable Bond EUR A EUR 2/1 e 102.01 -0.9
Fonds en actions
SaraSelect CHF 4/3 e 717.15 1.1
Sarasin EmergingSar-Global A USD 2/1 e 364.97 -1.3
Sarasin EmergingSar-New Frontiers A USD 2/1 e 152.81 1.9
Sarasin EquiSar - Global A EUR 2/1 e 138.08 -1.1
Sarasin EquiSar - Global F EUR 2/1 e 138.89 -1.0
Sarasin EquiSar-IIID (EUR) B EUR 2/1 e 139.69 -2.0
Sarasin EquiSar-Int.Income B EUR 2/1 e 106.60 -1.1
Sarasin Equity-Swiss Dyn M CHF CHF 4/3 e 100.33 1.0
Sarasin New Power Fund A EUR 2/1 e 56.50 0.8
Sarasin New Power Fund B EUR 2/1 e 56.42 0.8
Sarasin New Power Fund F EUR 2/1 e 57.84 0.8
Sarasin OekoSar Eq - Global A EUR 2/1 e 112.28 0.7
Sarasin OekoSar Eq - Global B EUR 2/1 e 112.42 0.7
Sarasin OekoSar Eq - Global F EUR 2/1 e 113.93 0.7
Sarasin Real Estate Eq-Global A EUR 2/1 e 108.45 0.9
Sarasin Real Estate Eq-Global B EUR 2/1 e 118.25 0.9
Sarasin Sust Eq-Global Em Markets B USD 2/1 e 107.87 -0.3
Sarasin Sust Eq-Real Estate Gl B EUR 2/1 e 99.29 0.6
Sarasin Sust Eq-Switzerland CHF 4/3 e 565.42 0.0
Sarasin Sust Equity-USA B USD 2/1 e 109.27 1.7
Sarasin Sustainable Eq-Europe A EUR 2/1 e 64.85 0.2
Sarasin Sustainable Eq-Europe B EUR 2/1 e 65.39 0.2
Sarasin Sustainable Eq-Global A EUR 2/1 e 90.14 0.9
Sarasin Sustainable Water A EUR 2/1 e 106.30 -2.1
Sarasin Sustainable Water F EUR 2/1 e 107.11 -2.1
Fonds d’allocation d’actifs
SaraFlex CHF 4/3 e 93.26 1.5
Sarasin Global Return (EUR) A EUR 2/1 e 117.10 -0.8
Sarasin Global Return (EUR) F EUR 2/1 e 117.12 -
Sarasin GlobalSar Optima (EUR) B EUR 2/1 e 107.78 -0.5
Sarasin GlobalSar-IIID (CHF) A CHF 2/1 e 330.48 0.3
Sarasin GlobalSar-IIID (EUR) A EUR 2/1 e 247.11 -0.4
Sarasin OekoSar Portfolio A EUR 2/1 e 154.24 -1.2
Sarasin Quant Portfolio - Def P CHF CHF 4/3 e 99.79 -0.3
Investissements alternatifs
Sarasin Commodity-Diversified CHF 4/3 e 99.91 0.5
Sarasin Commodity-Diversified (USD) USD 4/3 e 105.71 0.4
Sarasin Commodity-Diversified EUR EUR 4/3 e 78.10 0.3
Sarasin Commodity-Dynamic I CHF CHF 4/3 e 114.48 0.7
Sarasin Commodity-Dynamic P CHF CHF 4/3 e 113.95 0.7
Sarasin Currency Opp (CHF) B CHF 2/1 e 94.43 -3.3
Sarasin Currency Opp (CHF) F CHF 2/1 e 95.28 -3.3
Sarasin Currency Opp (EUR) B EUR 2/1 e 110.12 -3.4
Autres fonds
Sarasin Global Village-Opp (EUR) B EUR 2/1 e 118.24 -0.4
Schroder Investment Management
(Switzerland) AG
Tél. 044 250 12 98
www.schroders.ch
Fonds en actions
Schroder Swiss Eq Core Fund A CHF 2/1 e 103.75 0.1
Schroder Swiss Eq Core Fund I CHF 2/1 e 110.03 0.2
Fonds d’allocation d’actifs
Schroder Capital Fund CHF 2/1 e 1101.90 0.8
Schroder Capital Protected Fd 2014 CHF 1/1 e 112.78 -0.1
Schroder Capital Protected Fd 2019 CHF 1/1 e 110.53 -0.9
Schroder Maturity Protected Fund 2032CHF 1/1 e 118.61 -5.9
Schroder Strategy Fund CHF 2/1 e 128.21 1.2
SIA Funds AG
Tél. 055 617 28 70
www.s-i-a.ch
info@s-i-a.ch
Fonds en actions
LTIF Alpha - Alpha II CHF CHF 3/1 e 155.08 3.4
LTIF Alpha - Alpha II EUR EUR 3/1 e 119.41 -0.4
LTIF Alpha - Alpha II GBP GBP 3/1 e 101.08 -1.6
LTIF Alpha - Alpha II USD USD 3/1 e 160.15 -0.4
LTIF Alpha - EUR class EUR 1/1 e 160.77 -0.4
LTIF Classic - Classic II CHF CHF 3/1 e 180.75 4.0
LTIF Classic - Classic II EUR EUR 3/1 e 139.17 0.1
LTIF Classic - Classic II GBP GBP 3/1 e 117.81 -1.1
LTIF Classic - Classic II USD USD 3/1 e 186.65 0.1
LTIF Classic - EUR class EUR 1/1 e 264.55 0.1
LTIF Natural Resources CHF CHF 1/1 e 196.97 5.1
LTIF Natural Resources EUR EUR 1/1 e 151.66 1.2
LTIF Natural Resources GBP GBP 1/1 e 128.38 -0.0
LTIF Natural Resources USD USD 1/1 e 203.41 1.2
Autres fonds
LTIF Stability CHF 1/1 a 215.20 2.8
SIF Swiss Investment Funds
Tél. +41 22 918 73 88
info@swiss-if.ch
www.swiss-if.ch
Fonds en instruments du marché monétaire
RBC MONEY MARKET FUND USD 1/1 e 99.78 0.0
Fonds en actions
RBC NATURAL RESOURCES EQUITY USD 3/3 e 198.44 2.1
SVM Value Fund (Switzerland) CHF 2/1 a 170.15 2.0
Fonds d’allocation d’actifs
JOLIMONT Value Fund (Euro) EUR 2/1 e 104.51 1.0
Autres fonds
RBC EURO FIXED INCOME EUR 3/3 e 99.87 -0.7
RBC SWISS FRANC FIXED INCOME CHF 3/3 e 100.05 -0.4
RBC USD FIXED INCOME USD 3/3 e 96.95 0.2
RED & WHITE Low Vol. Fd (EUR) EUR 1/1 a 102.11 0.2
Solvalor Fund Management
Tél. +41 58 404 03 00
www.solvalor.ch
Solvalor 61 CHF 2/2 e 260.00 2.2
Swiss & Global Asset Management SA
funds@swissglobal-am.com
www.jbfundnet.com
Tél. +41 58 426 65 00
Fonds en obligations
JB BF ABS CHF - B CHF 2/1 e 87.00 0.4
JB BF ABS EUR - B EUR 2/1 e 93.33 0.3
JB BF Absolute Ret Pl-CHF - B CHF 2/1 e 117.33 1.0
JB BF Absolute Ret Pl-EUR - B EUR 2/1 e 124.76 1.0
JB BF Absolute Ret Pl-GBP - B GBP 2/1 e 126.92 1.0
JB BF Absolute Ret Pl-USD - B USD 2/1 e 126.45 1.0
JB BF Absolute Return-CHF - B CHF 2/1 e 111.73 0.4
JB BF Absolute Return-EUR - B EUR 2/1 e 127.93 0.5
JB BF Absolute Return-GBP - B GBP 2/1 e 119.56 0.4
JB BF Absolute Return-USD - B USD 2/1 e 120.28 0.4
JB BF Cred Opportunities-EUR - B EUR 2/1 e 140.16 0.7
JB BF Dollar Med Term-USD - B USD 2/1 e 179.56 0.1
JB BF Dollar-USD - B USD 2/1 e 297.71 -0.4
JB BF Emerging-EUR - B EUR 2/1 e 272.16 -0.1
JB BF Emerging-USD - B USD 2/1 e 340.22 -0.2
JB BF Euro -EUR - B EUR 2/1 e 319.54 -0.5
JB BF Euro Government-EUR - B EUR 2/1 e 144.95 -0.2
JB BF Global Convert-CHF - B CHF 2/1 e 93.74 0.7
JB BF Global Convert-EUR - B EUR 2/1 e 97.35 0.7
JB BF Global High Yield-EUR - B EUR 2/1 e 179.72 1.9
JB BF Local Emerging-EUR - B EUR 2/1 e 211.25 -1.6
JB BF Local Emerging-USD - B USD 2/1 e 292.92 -1.7
JB BF Swiss Franc-CHF - B CHF 2/1 e 178.20 -0.5
JB BF Total Return-EUR - B EUR 2/1 e 90.01 0.6
JB CF £ Sterling-GBP /B GBP 2/1 e 2281.85 0.0
JB CF Dollar-USD /B USD 2/1 e 1808.71 0.0
JB CF Euro-EUR /B EUR 2/1 e 2059.92 0.0
JB CF Swiss Franc-CHF /B CHF 2/1 e 1474.16 0.0
JB II BF Dollar MD-USD - B USD 2/1 e 122.05 0.1
JB II BF Dollar-USD - B USD 2/1 e 114.53 -0.4
JB II BF Euro-EUR - B EUR 2/1 e 93.71 -0.5
JB II BF Swiss Franc-CHF - B CHF 2/1 e 96.53 -0.5
JB II CF £ Sterling SD-GBP /B GBP 2/1 e 111.81 0.0
JB II CF Dollar SD-USD /B USD 2/1 e 107.37 0.0
JB II CF Euro SD-EUR /B EUR 2/1 e 107.70 0.0
JB II CF Swiss Franc SD-CHF /B CHF 2/1 e 102.43 0.0
JB Strat Gl FI-CHF - B CHF 2/1 e 104.72 0.7
JB Strat Gl FI-EUR - B EUR 2/1 e 126.23 -0.7
Fonds en actions
JB EF Asia-USD - B USD 2/1 189.95 0.1
JB EF Biotech-USD - B USD 2/1 e 103.76 0.7
JB EF Black Sea-CHF - B CHF 2/1 e 33.98 6.3
JB EF Black Sea-EUR - B EUR 2/1 e 42.88 1.8
JB EF Black Sea-USD - B USD 2/1 e 42.44 2.8
JB EF Central Europe-EUR - B EUR 2/1 e 261.64 3.6
JB EF Euroland Value-EUR - B EUR 2/1 e 135.80 1.2
JB EF Europe Growth-EUR - B EUR 2/1 e 76.35 -1.6
JB EF Europe Leading-EUR - B EUR 2/1 e 89.80 1.8
JB EF Europe S&Mid Cap-EUR - B EUR 2/1 e 138.67 -1.3
JB EF Europe-EUR - B EUR 2/1 e 297.39 -0.6
JB EF German Value-EUR - B EUR 2/1 e 226.63 1.0
JB EF Gl Emerging Mkts-EUR - B EUR 2/1 e 93.08 1.0
JB EF Global-EUR - B EUR 2/1 e 80.28 2.0
JB EF Infrastructure-CHF - B CHF 2/1 e 64.60 4.1
JB EF Infrastructure-EUR - B EUR 2/1 e 83.06 0.3
JB EF Infrastructure-USD - B USD 2/1 e 81.81 0.2
JB EF Japan-EUR - B EUR 2/1 81.19 -2.8
JB EF Japan-JPY - B JPY 2/1 9420.00 0.8
JB EF Luxury Brands-CHF - B CHF 2/1 e 113.03 -0.5
JB EF Luxury Brands-EUR - B EUR 2/1 e 139.78 -4.2
JB EF Luxury Brands-USD - B USD 2/1 e 126.63 -4.2
JB EF Natural Resources-CHF - B CHF 2/1 e 80.46 3.9
JB EF Natural Resources-EUR - B EUR 2/1 e 102.97 0.0
JB EF Natural Resources-USD - B USD 2/1 e 97.56 -0.0
JB EF Northern Africa-CHF - B CHF 2/1 e 90.42 3.6
JB EF Northern Africa-EUR - B EUR 2/1 e 115.66 -0.3
JB EF Northern Africa-USD - B USD 2/1 e 109.24 -0.3
JB EF Special Val. EUR - B EUR 2/1 e 108.86 2.0
JB EF Swiss S&Mid Cap-CHF - B CHF 2/1 e 441.32 -3.9
JB EF Swiss-CHF - B CHF 2/1 e 392.62 -0.8
JB EF US Leading-USD - B USD 2/1 e 366.50 0.6
JB EF US Value-USD - B USD 2/1 e 129.41 1.2
JB Equity Fund NEWO -EUR - B EUR 4/4 e 110.11 -0.8
JB Equity Fund NEWO -USD - B USD 4/4 e 115.28 -0.7
JB Strat EF Gl Excell-CHF - B CHF 4/1 e 102.31 2.2
JB Strat EF Gl Excell-EUR - B EUR 2/1 e 105.46 0.3
Fonds d’allocation d’actifs
JB (CH) Multistrategy-CHF - A CHF 2/1 e 90.10 0.8
JB Evolution Defensive -CHF - B CHF 4/4 e 100.82 0.5
JB Evolution Defensive -EUR - B EUR 4/4 e 101.20 0.5
JB Evolution Defensive -USD - B USD 4/4 e 101.37 0.5
JB Evolution Dynamic -CHF - B CHF 4/4 e 102.18 1.1
JB Evolution Dynamic -EUR - B EUR 4/4 e 102.57 1.1
JB Evolution Dynamic -USD - B USD 4/4 e 102.69 1.2
JB Strategy Balanced-CHF - B CHF 2/1 e 129.28 1.1
JB Strategy Balanced-EUR - B EUR 2/1 e 123.73 -0.3
JB Strategy Balanced-USD - B USD 2/1 e 109.14 -0.0
JB Strategy Growth-CHF - B CHF 2/1 e 78.65 1.4
JB Strategy Growth-EUR - B EUR 2/1 e 87.69 -0.3
JB Strategy Income-CHF - B CHF 2/1 e 109.94 0.8
JB Strategy Income-EUR - B EUR 2/1 e 133.06 -0.5
JB Strategy Income-USD - B USD 2/1 e 129.03 -0.1
Autres fonds
JB Commodity-CHF - B CHF 2/1 e 87.39 1.1
JB Commodity-EUR - B EUR 2/1 e 92.20 1.0
JB Commodity-USD - B USD 2/1 e 103.44 1.1
Swiss & Global Asset Management SA
funds@swissglobal-am.com, www.jbfundnet.com
Tél. +41 58 426 65 00
Private Label Funds
Fonds en obligations
JPM EURO LIQ FD (SWITZ.) - A EUR 2/1 e 10001.13 0.0
JPM EURO LIQ FD (SWITZ.) - B EUR 2/1 e 10003.93 0.0
JPM EURO LIQ FD (SWITZ.) - C EUR 2/1 e 10007.41 0.0
JPM USD LIQ FD (SWITZ.) - A USD 2/1 e 10000.00 0.0
JPM USD LIQ FD (SWITZ.) - B USD 2/1 e 10000.00 0.0
JPM USD LIQ FD (SWITZ.) - C USD 2/1 e 10001.84 0.0
Fonds en actions
Gold Equity Fund CHF - B CHF 2/1 e 297.78 -6.5
Gold Equity Fund EUR - B EUR 2/1 e 221.98 -10.0
Gold Equity Fund USD - B USD 2/1 e 314.03 -10.1
URAM Energy Stock Fund (EUR) - B EUR 2/1 e 88.91 1.3
URAM Energy Stock Fund (EUR) - C EUR 2/1 e 89.93 1.3
URAM Energy Stock Fund (USD) - C USD 2/1 e 101.01 1.2
URAM Gold Alloc (EUR) - B EUR 4/4 e 128.03 -11.5
URAM Gold Alloc (EUR) - C EUR 4/4 e 128.31 -11.5
URAM Gold Alloc (USD) - B USD 4/4 e 127.97 -11.6
URAM Gold Alloc (USD) - C USD 4/4 e 128.52 -11.6
URAM Gold&Mining SF (EUR) - B EUR 2/1 e 141.88 -4.7
URAM Gold&Mining SF (EUR) - C EUR 2/1 e 143.30 -4.7
URAM Gold&Mining SF (USD) - B USD 2/1 e 159.71 -4.8
URAM Gold&Mining SF (USD) - C USD 2/1 e 163.10 -4.8
WMP Electricity Value Chain Fund - B CHF 1/1 e 95.41 5.7
WMP EMA Established Leaders Fd - B CHF 4/4 e 104.12 -0.8
WMP Global Equity Fund - B CHF 2/1 e 99.65 3.9
Swiss Life Asset Management AG
Tél. +41 43 284 77 09
Fax +41 43 284 49 94
www.slfunds.com, funds@sl-am.com
Fonds en obligations
SL MF (Lux) Defensive CHF 2/1 e 118.05 2.5
SLF(CH) Bond Swiss Francs CHF 1/1 e 105.13 -0.8
Fonds en actions
SL MF (Lux) Dimension CHF 2/1 e 76.02 3.7
SL MF (Lux) Dynamics CHF 2/1 e 234.55 2.3
SL MF (Lux) Innovation CHF 2/1 e 49.98 4.3
SL MF (Lux) Opportunity CHF 2/1 e 102.86 2.7
SLF (CH) Eq. Switzerland CHF 1/1 e 79.75 0.1
SLF(LUX) Eq Biomedical EUR 2/1 e 100.27 0.6
SLF(LUX) Equity EuroZone EUR 2/1 e 96.17 2.8
Fonds d’allocation d’actifs
SLF (CH) Flexible Gl. Allocation (CHF) CHF 1/1 e 90.92 1.6
SLF(CH) Maturity Guaranty 2017+2 CHF 1/1 e 95.97 -1.4
SLF(CH) PF Global Bal CHF CHF 1/1 e 97.51 0.7
SLF(CH) PF Global Inc CHF CHF 1/1 e 97.92 0.4
SLF(LUX) PF EuroZone Bal EUR 2/1 e 139.52 2.2
SLF(LUX) PF Gl Grth CHF CHF 2/1 e 90.08 1.4
Swisscanto
Tél. +41 44 215 44 88
www.swisscanto.ch/anlagestiftung
Swisscanto LPP 3 Portolio 10 CHF 2/1 e 155.35 0.2
Swisscanto LPP 3 Portolio 25 CHF 2/1 e 143.55 0.6
Swisscanto LPP 3 Portolio 45 CHF 2/1 e 161.60 1.0
Swisscanto LPP 3 Oeko 45 CHF 2/1 e 124.45 0.4
Swisscanto
Téléphone 058 344 44 00
www.swisscanto.ch
Fonds en instruments du marché monétaire
SWC (LU) MM Fund AUD B AUD 2/1 221.60 0.2
SWC (LU) MM Fund CAD B CAD 2/1 188.57 0.0
SWC (LU) MM Fund CHF B CHF 2/1 148.80 0.0
SWC (LU) MM Fund EUR B EUR 2/1 105.08 0.0
SWC (LU) MM Fund GBP B GBP 2/1 130.18 0.0
SWC (LU) MM Fund USD B USD 2/1 194.54 0.0
SWC (LU) SICAV II MM Fund CHF B CHF 2/1 104.76 0.0
SWC (LU) SICAV II MM Fund EUR B EUR 2/1 110.62 0.0
SWC (LU) SICAV II MM Fund USD B USD 2/1 111.83 0.0
Fonds en obligations
SWC (CH) BF CHF CHF 2/1 e 91.52 -0.4
SWC (CH) BF Corp EUR EUR 2/1 e 106.44 -0.1
SWC (CH) BF Corp H CHF A CHF 2/1 e 101.35 -0.3
SWC (CH) BF International A CHF 2/1 e 80.19 2.8
SWC (CH) BF Oppor EUR EUR 2/1 e 96.53 -0.7
SWC (CH) BF Opportunit. H CHF CHF 2/1 e 87.35 -0.4
SWC (LU) Bd Inv Gl Corp. H CHF B CHF 2/1 e 103.29 0.1
SWC (LU) Bd Inv Gl Corp. H EUR B EUR 2/1 e 103.17 0.1
SWC (LU) Bd Inv Gl Corp. H USD B USD 2/1 e 102.71 0.1
SWC (LU) Bd Inv Glob Conv H CHF B CHF 2/1 e 101.48 0.3
SWC (LU) Bd Inv Glob Conv H CHF J CHF 2/1 e 101.63 0.4
SWC (LU) Bd Inv Glob Conv H EUR B EUR 2/1 e 101.52 0.2
SWC (LU) Bd Inv Glob Conv H EUR J EUR 2/1 e 101.71 0.3
SWC (LU) Bd Inv Opp. Short T B EUR 2/1 e 110.29 -0.3
SWC (LU) Bond Inv AUD A AUD 2/1 e 114.37 0.4
SWC (LU) Bond Inv AUD B AUD 2/1 e 167.86 0.4
SWC (LU) Bond Inv CAD A CAD 2/1 e 129.58 -1.0
SWC (LU) Bond Inv CAD B CAD 2/1 e 169.55 -1.0
SWC (LU) Bond Inv CHF A CHF 2/1 e 106.89 -0.5
SWC (LU) Bond Inv CHF B CHF 2/1 e 122.57 -0.5
SWC (LU) Bond Inv EUR A EUR 2/1 e 65.41 -0.5
SWC (LU) Bond Inv EUR B EUR 2/1 e 82.57 -0.5
SWC (LU) Bond Inv GBP A GBP 2/1 e 63.21 -2.1
SWC (LU) Bond Inv GBP B GBP 2/1 e 86.00 -2.2
SWC (LU) Bond Inv International A CHF 2/1 e 86.80 2.7
SWC (LU) Bond Inv International B CHF 2/1 e 108.12 2.7
SWC (LU) Bond Inv MT CHF A CHF 2/1 e 102.30 -0.3
SWC (LU) Bond Inv MT CHF B CHF 2/1 e 114.88 -0.4
SWC (LU) Bond Inv MT EUR A EUR 2/1 e 102.06 -0.5
SWC (LU) Bond Inv MT EUR B EUR 2/1 e 128.62 -0.5
SWC (LU) Bond Inv MT USD A USD 2/1 e 111.42 -0.2
SWC (LU) Bond Inv MT USD B USD 2/1 e 139.97 -0.2
SWC (LU) Bond Inv USD A USD 2/1 e 114.72 -0.5
SWC (LU) Bond Inv USD B USD 2/1 e 149.07 -0.5
SWC (LU) SICAV II Bond Abs. Ret. A CHF 2/1 e 92.70 -3.8
SWC (LU) SICAV II Bond Abs. Ret. A EUR 2/1 e 93.44 -4.3
SWC (LU) SICAV II Bond Abs. Ret. B CHF 2/1 e 107.62 0.4
SWC (LU) SICAV II Bond Abs. Ret. B EUR 2/1 e 110.25 0.0
SWC (LU) SICAV II Bond Inv CHF A CHF 2/1 e 101.39 -2.2
SWC (LU) SICAV II Bond Inv CHF B CHF 2/1 e 109.15 -0.7
SWC (LU) SICAV II Bond Inv EUR A EUR 2/1 e 101.25 -3.2
SWC (LU) SICAV II Bond Inv EUR B EUR 2/1 e 116.10 -0.6
SWC (LU) SICAV II Bond Inv MT CHF ACHF 2/1 e 101.79 -1.7
SWC (LU) SICAV II Bond Inv MT CHF B CHF 2/1 e 108.59 -0.4
SWC (LU) SICAV II Bond Inv MT EUR AEUR 2/1 e 101.43 -3.2
SWC (LU) SICAV II Bond Inv MT EUR BEUR 2/1 e 116.35 -0.5
SWC (LU) SICAV II Bond Inv USD A USD 2/1 e 107.81 -3.2
SWC (LU) SICAV II Bond Inv USD B USD 2/1 e 124.86 -0.7
SWC Swiss Red Cross Charity Fund CHF 2/1 e 102.15 -2.4
SWC(CH)BMT EMU Goverments A EUR 4/4 e 95.95 -0.4
SWC(CH)BMT EMU Goverments I EUR 4/4 e 96.04 -0.4
SWC(CH)Bond Market Tracker CHF A CHF 4/4 e 102.43 -0.6
Fonds en actions
SWC (CH) EF Asia A USD 2/1 e 89.36 0.3
SWC (CH) EF Emerging Mkt A USD 2/1 e 226.75 1.0
SWC (CH) EF Euroland A EUR 2/1 e 103.80 1.9
SWC (CH) EF Europe EUR 2/1 e 121.50 2.1
SWC (CH) EF Gold USD 2/1 e 1375.36 -10.6
SWC (CH) EF Green Invest A CHF 2/1 e 90.04 3.9
SWC (CH) EF International A CHF 2/1 e 127.75 4.4
SWC (CH) EF Japan A JPY 2/1 4745.00 1.2
SWC (CH) EF North America A USD 2/1 e 241.93 2.3
SWC (CH) EF SMC Switzerl A CHF 2/1 e 393.86 -2.3
SWC (CH) EF Switzerland CHF 2/1 e 271.71 0.8
SWC (CH) EF Tiger A USD 2/1 e 103.18 2.1
SWC (CH) EF Value Switzerland A CHF 2/1 e 128.92 1.2
SWC (CH) MSCI Europe Ind. A EUR 4/4 e 84.14 1.0
SWC (CH) MSCI Japan Ind. A JPY 4/4 5819.00 1.3
SWC (CH) MSCI USA Ind. A USD 4/4 e 99.93 2.0
SWC (CH) SPI Index A CHF 4/4 e 87.90 1.0
SWC (LU) EF Climate Invest B EUR 2/1 e 72.00 -0.9
SWC (LU) EF Health Care B EUR 2/1 e 367.34 0.8
SWC (LU) EF Selec.International B CHF 2/1 e 96.96 4.9
SWC (LU) EF Selec.North America B USD 2/1 e 123.61 1.5
SWC (LU) EF Selection Energy B EUR 2/1 e 777.32 2.0
SWC (LU) EF SMC Japan B JPY 2/1 15287.00 2.4
SWC (LU) EF Technology B EUR 2/1 e 162.62 1.2
SWC (LU) EF Top Dividend Europe A EUR 2/1 e 94.18 3.8
SWC (LU) EF Top Dividend Europe B EUR 2/1 e 103.11 3.8
SWC (LU) EF Water Invest B EUR 2/1 e 93.39 -1.1
SWC (LU) Eq Fd GI Em Ma B USD 2/1 e 140.30 0.2
SWC(CH)MSCI® World ex CH IF A USD 4/4 e 109.69 1.6
SWC(CH)MSCI® World ex CH IF I USD 4/4 e 111.96 1.6
Fonds d’allocation d’actifs
SWC (CH) PF Valca CHF 2/1 e 263.34 1.8
SWC (CH) PF World 30 CHF 2/1 e 98.69 0.7
SWC (CH) PF World 45 CHF 2/1 e 79.00 1.0
SWC (LU) PF (EURO) Bal A EUR 2/1 e 103.92 -0.3
SWC (LU) PF (EURO) Bal B EUR 2/1 e 121.15 -0.3
SWC (LU) PF (Euro) GI Bal A EUR 2/1 e 84.73 -0.6
SWC (LU) PF (Euro) GI Bal B EUR 2/1 e 89.94 -0.6
SWC (LU) PF (Euro) GI Income B EUR 2/1 e 117.30 -1.0
SWC (LU) PF (Euro) GI Yield A EUR 2/1 e 101.34 -0.6
SWC (LU) PF (Euro) GI Yield B EUR 2/1 e 107.41 -0.7
SWC (LU) PF (EURO) Growth A EUR 2/1 e 98.92 0.5
SWC (LU) PF (EURO) Growth B EUR 2/1 e 111.22 0.5
SWC (LU) PF (Euro) Yield A EUR 2/1 e 101.25 -0.6
SWC (LU) PF (Euro) Yield B EUR 2/1 e 124.74 -0.6
SWC (LU) PF Balanced A CHF 2/1 e 159.15 2.4
SWC (LU) PF Balanced B CHF 2/1 e 177.81 2.4
SWC (LU) PF Equity A CHF 2/1 e 230.41 4.5
SWC (LU) PF Equity B CHF 2/1 e 241.26 4.5
SWC (LU) PF GI Income A CHF 2/1 e 102.48 1.1
SWC (LU) PF GI Income B CHF 2/1 e 106.21 1.1
SWC (LU) PF GI Yield A CHF 2/1 e 96.08 1.2
SWC (LU) PF GI Yield B CHF 2/1 e 98.44 1.2
SWC (LU) PF Green Inv Bal A CHF 2/1 e 151.95 2.4
SWC (LU) PF Green Inv Bal B CHF 2/1 e 158.77 2.4
SWC (LU) PF Green Inv Eq A EUR 2/1 e 92.13 0.1
SWC (LU) PF Green Inv Eq B EUR 2/1 e 92.13 0.1
SWC (LU) PF Growth A CHF 2/1 e 202.01 3.1
SWC (LU) PF Growth B CHF 2/1 e 218.43 3.1
SWC (LU) PF Income A CHF 2/1 e 109.19 0.9
SWC (LU) PF Income B CHF 2/1 e 129.80 0.8
SWC (LU) PF Yield A CHF 2/1 e 134.29 1.5
SWC (LU) PF Yield B CHF 2/1 e 154.19 1.5
SWC (LU) SICAV II Por. Bal. (EUR) A EUR 2/1 e 101.14 -1.7
SWC (LU) SICAV II Por. Bal. (EUR) B EUR 2/1 e 109.52 0.0
SWC (LU) SICAV II Por. Yield (EUR) A EUR 2/1 e 101.37 -2.5
SWC (LU) SICAV II Por. Yield (EUR) B EUR 2/1 e 110.94 -0.4
Fonds immobiliers
Swisscanto (CH) RE Ifca CHF 5/5 e 119.40 2.5
Investissements alternatifs
SWC (CH) Alternat Fd Direct CHF A CHF 3/1 bf 872.81 -
SWC (CH) Alternat Fd Div CHF A CHF 3/1 bf 1059.02 -
SWC (CH) Alternat Fd Div CHF Ab CHF 3/1 bf 728.87 -
SWC (CH) Alternat Fd Div EUR A EUR 3/1 bf 1449.81 -
SWC (CH) Alternat Fd Div USD A USD 3/1 bf 1521.73 -
Autres fonds
SWC (CH) BF Convert Int A CHF 2/1 e 102.34 3.4
SWC (CH) Commodity Selection Fund ACHF 2/1 e 89.99 2.3
SWC (LU) Capital Protect 2014 B CHF 2/1 e 101.95 0.1
SWC (LU) Capital Protect GI 2015 B CHF 2/1 e 103.07 -0.4
Symphonia Lux Sicav
33 Rue de Gasperich
L-5826 Hesperange Luxembourg
Vertreter für die Schweiz: BNP Paribas
Securities Services, Paris, succursale de Zurich
Tel. +41 58 212 63 22
Fonds en obligations
Symphonia Flexible Bond EUR 1/1 f 5.52 -0.1
Fonds d’allocation d’actifs
Symphonia Alto Valore EUR 1/1 f 10.47 0.6
Symphonia Best Value EUR 1/1 f 11.63 0.3
Symphonia Combined EUR 1/1 f 1292.02 2.0
Symphonia Combined Plus EUR 1/1 f 1030.24 2.2
Symphonia Italian Eq EUR 1/1 f 2.95 5.5
Symphonia Synapsi TR Strat EUR 1/1 f 10.63 0.5
Symphonia Valore EUR 1/1 f 10.15 0.3
UBS AG
Infoline 0800 899 899
www.ubs.com/fonds
Fonds en obligations
UBS(Lux)BF-CHF P-acc CHF 2/1 e 2316.75 -0.2
UBS(Lux)BF-EUR P-acc EUR 2/1 e 310.61 -0.4
UBS(Lux)Med.Term BF-CHF P-acc CHF 2/1 e 144.00 -0.1
Fonds en actions
UBS 100 Index-Fund Switz. CHF 2/1 e 4397.04 0.8
UBS(CH)EF-Gold P USD 2/1 e 594.99 -11.1
UBS(CH)EF-Switzerland P CHF 2/1 e 730.80 0.3
UBS(Lux)EF-Biotech P-acc USD 2/1 e 190.90 0.9
UBS(Lux)EF-Emerg.Markets USD P-acc USD 2/1 e 29.67 -2.1
UBS(Lux)EF-EURO STOXX 50 P-acc EUR 2/1 e 146.27 4.8
UBS(Lux)EF-European Opport. P-acc EUR 2/1 e 491.83 1.0
UBS(Lux)EF-Global Innov. (EUR) P-acc EUR 2/1 e 52.96 2.6
UBS(Lux)EF-Greater China (USD) P-acc USD 2/1 226.06 0.2
UBS(Lux)EF-Health Care P-acc USD 2/1 e 120.18 0.6
UBS(Lux)Key S.Sic.-Asia Eq(USD) P-accUSD 2/1 142.01 -1.5
Fonds d’allocation d’actifs
UBS (CH) Suisse 25 P-dist CHF 3/4 e 102.27 0.3
UBS (CH) Suisse 45 P-dist CHF 3/4 e 103.09 0.5
UBS(CH)SF-Balanced(CHF) P CHF 2/1 e 148.04 1.2
UBS(CH)SF-Yield(CHF) P CHF 2/1 e 119.70 0.3
UBS(Lux)Key S.Sic.-Gl.All.CHF P-acc CHF 2/1 e 10.26 1.3
UBS(Lux)KSS-Gl.All.Foc.Eu.(CHF) P-acc CHF 2/1 e 9.45 1.2
UBS(Lux)SF-Balanced(CHF) P -acc CHF 2/1 e 1600.62 1.1
UBS(Lux)SF-Fix.Inc.(CHF) P -acc CHF 2/1 e 1660.73 0.2
UBS(Lux)SF-Yield(CHF) P -acc CHF 2/1 e 1826.62 0.7
UBS(Lux)Strat.X.Sic.-BA(CHF) P-acc CHF 2/1 e 10.40 1.3
UBS(Lux)Strat.X.Sic.-FI(CHF) P-acc CHF 2/1 e 10.21 0.2
UBS(Lux)Strat.X.Sic.-YD(CHF) P-acc CHF 2/1 e 10.57 0.8
Autres fonds
UBS(CH)Commodity Fd-CHF P-dist CHF 2/1 e 95.86 -1.0
UBS(Lux)KSS-Abs.Ret.Med.(CHF) P-acc CHF 2/1 e 79.53 0.4
UBS(Lux)KSS-Abs.Ret.Plus(CHF) P-acc CHF 2/1 e 96.65 0.4
UBS(Lux)St.S.-Rogers I.Com.(CHF) P-accCHF 2/1 e 95.00 1.3
UBSVitainvest Fonds
Autres fonds
UBS (CH) Vitainvest - 12 World CHF 5/1 e 240.61 0.1
UBS (CH) Vitainvest - 25 Swiss U CHF 5/1 e 103.64 0.1
UBS (CH) Vitainvest - 25 World CHF 5/1 e 295.62 0.4
UBS (CH) Vitainvest - 40 World CHF 5/1 e 215.46 0.8
UBS (CH) Vitainvest - 50 Swiss U CHF 5/1 e 106.07 0.4
Explication Indices
Conditions d'émission et de rachat de parts:
Le premier chiffre se réfère aux conditions
appliquées lors de l'émission de parts:
1. Pas de commission d'émission et/ou de taxes en
faveur du fonds (l'émission a lieu à la valeur
d'inventaire)
2. Commission d'émission en faveur de la direction
du fonds et/ou du distributeur (peut être différente
pour le même fonds en fonction de la filière de
distribution)
3. Frais de transaction en faveur du fonds (participa-
tion à la couverture des frais lors du placement de
nouvelles res-sources entrées)
4. Combinaison de 2) et 3)
5. Conditions particulières lors de l'émission de
parts
Le second chiffre en italique se réfère aux
conditions appliquées lors du rachat de parts:
1. Pas de commission de rachat et/ou de taxes en
faveur du fonds (le rachat a lieu à la valeur
d'inventaire)
2. Commission de rachat en faveur de la direction du
fonds et/ou du distributeur (peut être différente
pour le même fonds en fonction de la filière de
distribution)
3. Frais de transaction en faveur du fonds (participa-
tion à la couverture des frais lors de la vente de
placements )
4. Combinaison de 2) et 3)
5. Conditions particulières lors du rachat de parts
Particularités:
a) évaluation hebdomadaire
b) évaluation mensuelle
c) évaluation trimestrielle
d) pas d'émission ni de rachat régulier de parts
e) valeur du jour précédent
f) évaluation antérieure
g) émission des parts suspendue temporairement
h) émission et rachat de parts suspendus
temporairement
i) prix indicatif
l) en liquidation
x) après distribution de revenu et/ou gain de cours
Les informations fournies sont sans garantie
BILLETS DEVISES avec 100 francs
LA BANQUE achète vend achète vend on achète
Changes
MONNAIES CHF USD EUR GBP JPY CAD AUD
Taux d’intérêt
EUROMARCHÉ
MONNAIES 1 MOIS 2 MOIS 3 MOIS 6 MOIS 12 MOIS
Titre Cours Cours Vol. Extrêmes 12 mois Var. %
clôture préc. Haut Bas Déb. 10
Indices boursiers
Extrêmes 12 mois
Clôture Précédent Haut Bas
Matières premières
Pétrole et combustibles
Clôture Var. %
ABB LTDN 22.48 21.96 10832012 23.46 17.87 7.9
ACINON 90.4 90.15 4848 185.8 81.6 1.2
ACTELIONN 52.85 51.9 1307650 57.95 39.19 3.2
ADDEX PHARMA N 11.45 11.3 4692 14.2 8.75 16.7
ADECCON 61.85 62 1107241 66.5 45.44 0.9
ADVAL TECH N 338 338 18 353 184 -2.5
ADVANCED DIGITAL N 31.55 31.45 7870 52.85 24.25 2.9
AFFICHAGE N 140 138 294 151 93.8 0.0
AFG ARBONIA N 32.5 33 44973 33.55 20.8 12.0
AIRESIS N 2.13 2.13 43288 2.17 1.45 6.5
ALLREAL N 136 136 5834 138.3 114 -0.1
ARYZTA N 41.3 41.65 258276 47.2 36 -4.2
ASCOMN 14.2 14.35 33134 15.45 9.43 -3.4
BACHEMN -B- 56.3 56 6096 73.5 49.6 0.5
BALOISE N 93.3 92.35 310367 97.85 73.4 2.5
BARRY CALLEBAUT N 765 769 3793 816 618.91 -1.2
BASELLAND KB BP 1289 1270 626 1330 1046 0.7
BASILEA PHARMA N 71.8 70.5 55490 86.2 52.5 10.4
BASLER KB BP 144 143.7 3725 145.5 120.8 1.0
BELIMON 1671 1698 1300 1780 1100 -1.1
BELL HLD SA N 1886 1863 177 1886 1480 6.7
BELLEVUE GROUP N 34.4 33.95 2941 42 29.25 6.5
BERNER KB N 243 241.8 2448 243.5 231.5 0.4
BK CA ST GALLEN 1402 1380 12 1500 1300 2.7
BK COOP P 67.9 67.15 847 71.2 65 -0.1
BK LINTH N 467.5 472.5 50 500.32 452.5 0.5
BK SARASIN N 43.3 42.55 57424 45.05 34.25 1.6
BKWFMB ENERGIE N 77 76 36713 83.6 62.55 8.9
BNS N 998 990.5 3 1075 958.5 0.8
BOBST GROUP N 41.85 41.5 10213 46.9 34.5 -2.6
BONDPARTNERS P 1130m 1140 — 1165 990 0.4
BQUE ROTHSCHILD P 27050 27050 1 27790 22600 0.1
BQUE CANT. GE P 216 212.5 347 245 202.3 0.4
BQUE CANT. JU P 61 61 110 63 57 4.1
BQUE CANT. VD N 516 513.5 4877 525 396.97 5.0
BUCHER N 188.5 190.4 40434 198.5 107.8 7.8
BURCKHARDT N 258.75 253.5 8349 278 175 -0.0
CALIDA N 575.5 551.5 363 575.5 305.15 2.7
CHARLES VOEGELE P 55.8 55.65 7767 57.5 40.05 3.9
CICOR TECH N 47 46.8 6311 47.25 29.35 17.5
CIE FIN TRADITION P 121.9 122.8 1389 130.7 99.85 2.6
CLARIANT N 16.43 16.23 5028396 19.93 10.55 -13.2
COMET N 198 191.1 873 208.4 130 1.1
CONZZETA P 2064 2035 72 2100 1690 8.6
CPH CHEMIE&PAPIER 1695 1695 29 1800 1222 -0.2
CS GROUP N 43.63 42.51 9602229 58.1 36.88 15.8
CYTOS BIOTECH N 13.1 13.05 1442 17.75 10.1 4.8
DAETWYLER P 80.5 79.85 15475 81.8 58.4 3.8
DUFRY N 116.4 115 48836 133 63.25 -7.4
EDIPRESSE P 377 376 78 390 220.2 1.8
EFG INTL N 13.55 13.85 231542 20.45 10.5 5.8
EMMI N 217.8 219.7 889 226.8 122.6 3.7
EMS-CHEMIE N 159.6 156.3 11406 171.5 115.82 -3.7
ENERGIEDIENST N 50.25 51 7742 68.95 39.5 2.5
EVOLVA N 1.65 1.64 138441 7.5 0.66 6.4
FEINTOOL N 362 360 844 365 230.5 13.1
FISCHER N 507.5 515 18663 578.5 272.5 -3.7
FLUGHAFEN ZUERICH N 391.75 389 3753 402.5 283.59 2.5
FORBON 600 610 6943 635.5 335.5 1.6
GALENICA N 517 515.5 17684 581 364.5 -8.4
GAMN 16.25 16.3 795571 16.65 11.03 5.1
GATEGROUP N 50.3 49.45 138950 53.5 30.5 -1.6
GEBERIT N 198.6 197.6 114553 219.9 159.1 -8.1
GENOLIER SMN N 19.15 19 74530 20.85 14.5 9.1
GIVAUDAN N 946 961 52628 1062 842 -6.2
GOTTEX FUND MAN 6.99 7.05 15788 10.9 4.29 20.9
GRAUBUEND KB BP 1228 1228 145 1255 1190 0.8
GROUPE MINOTERIES 302 310 9 369 265 2.3
HELVETIA N 371 373.75 24716 387.75 278.75 3.1
HOLCIMN 69 67.95 1755406 85 59.65 -2.3
HUBER+SUHNER N 63.65 63 12489 66.95 40 -1.7
HYPOBK LENZBURG N 4350 4330 23 4700 4001 1.1
IMPLENIA N 32.25 31.6 35243 32.4 25.23 0.9
INFRANOR P 25.95m 25.15 — 30.3 19.1 -3.8
INTERSHOP P 311 311 736 321.75 281.25 2.4
JULIUS BAER N 42.95 42.1 1169636 45.17 30.01 -1.9
KABA N 385 381.25 9683 405 255.25 -3.9
KUDELSKI P 21.85 21.6 101303 35 19.8 9.2
KUEHNE &NAGEL N 124.6 125.9 241019 136.9 92.1 -4.1
KUONI N 441 437 4212 475 292 -2.9
LECLANCHE N 28.2 28.25 699 46.01 26.25 0.7
LEMHOLDING N 605 634 1757 655 282.5 5.5
LIECHT LANDESBK P 74.9 74.95 8308 84.5 64.9 2.6
LINDT &SPRU N 29130 29055 90 31150 24350 -3.2
LINDT &SPRU BP 2560 2550 2116 2925 2124 -9.4
LOEB BP 186.85m 185 — 203.8 167 1.7
LOGITECH N 17.8 17.94 1657006 21.03 14.12 0.0
LONZAN 70.3 69.25 478013 90.95 65.75 -6.2
LUZERNER KB N 310.5 309.75 2457 320 278 -0.1
MCH GROUP N 50 49.75 175 52 35.6 4.8
METALL ZUG N 3596 3650 219 3800 2515 1.7
MEYER BURGER N 29 28.9 141971 33.35 22.25 -0.5
MICRONAS N 12.8 12.8 190554 15.3 3.5 16.3
MIKRON N 7.4 7.32 9045 7.8 6 7.8
MOBILEZONE P 10.35 10.4 5038 10.75 7.7 -1.4
MOBIMON 199.5 198.6 4076 202.6 166.84 -0.1
NATIONAL VERS N 32 32 13789 34.55 26 -2.8
NESTLE N 52.6 52.25 11680282 56.9 48.18 -3.9
NOBEL BIOCARE N 19.46 19.33 1230415 35.97 15.2 10.3
NORINVEST N 3.95 4.2 200 6.2 3.95 -3.6
NOVARTIS N 54.2 54.2 8115148 60.4 50.2 -1.3
OC OERLIKON N 5.85 5.74 996052 12.3 3.69 19.3
ORASCOMDEV N 54.6 54 4719 74.86 46.8 -2.4
ORELL FUSSLI N 140 141 92 146 131 -1.4
PANALPINA N 120 117 69884 132 67.3 -0.4
PARGESA P 82.95 81.55 51330 95.15 64.65 4.4
PARTNERS GROUP N 164.7 165.5 29283 186 126.5 -7.1
PERFECT N 0.23 0.23 7025 0.32 0.21 4.5
PERROT DUVAL P 1872.5m 1895 — 1895 1021 10.1
PETROPLUS N 14.71 14.43 1064999 22.342 9.12 19.3
PHOENIX P 665 650 414 675 410 0.7
PRECIOUS WOODS N 22.4 22.4 2559 38 14.8 0.2
PSP SWISS PROP N 73.6 74 164338 78.5 56.79 -1.8
PUBLIGROUPE N 106 106 1436 119.9 90 -2.7
REPOWER BP 315 315 20 386 249 16.2
RICHEMONT P 52.65 52.9 2926529 57.75 34.3 -4.2
RIETER N 362.25 350 24569 380 245.9 6.8
ROCHE BJ 140.8 140.5 4720437 187.4 128.9 2.7
ROMANDE ENERGIE N 1678 1685 64 1911 1441 10.0
SANTHERA PHARMA N 8.68 8.7 7150 28.15 7 0.9
SCHINDLER N 104.3 102.9 54244 118 76.6 -6.7
SCHINDLER BP 104.9 103.2 336795 118.4 76.05 -5.1
SCHMOLZ+BICKENB N 8.94 8.93 245873 16.63 6.62 -5.4
SCHULTHESS N 42 42 23738 51.9 31.2 6.4
SCHWEITER P 775 765 2668 778 507.5 3.3
SGS N 1581 1589 35680 1709 1282.4 0.7
SIKA FIN P 2080 2065 5229 2199 1482 1.4
SONOVA N 116.6 116.8 217526 139.8 112.3 -3.3
ST GALLER KB N 481.5 478.75 1234 507.5 445 2.4
STRAUMANN N 219.3 222 45879 311.5 198.4 2.4
SULZER N 135 133.4 197840 147.5 86.75 -5.2
SWATCHGROUP P 378 374.7 371536 434.8 262.2 -9.3
SWATCH GROUP N 68 67.05 134186 78.5 50.4 -9.8
SWISS LIFE N 141.8 141.5 159014 144 97.94 4.8
SWISS PRIME SITE N 68.75 69.25 145243 72.4 55.66 -1.4
SWISS RE N 53.25 52.8 1889731 55 41.47 5.8
SWISSCOMN 415.6 413 106260 424 356.8 1.0
SWISSMETAL P 6.95 6.95 2765 11.7 6.7 -1.9
SWISSQUOTE N 59 58 16253 59.9 36.25 10.0
SYNGENTAN 295.8 292.8 494021 307.9 222 8.1
SYNTHES N 126 125.4 383402 144.5 109.3 -0.2
TAMEDIA N 123 124 12139 130 70 -0.8
TECAN N 76.5 79.75 55021 82.5 58.8 -1.9
TEMENOS N 36.75 35.5 456959 39.55 23.4 -5.5
TORNOS N 13.15 13 46715 14 6.9 1.9
TRANSOCEANN 75.25 75.05 1047012 101.1 46.54 17.4
U-BLOX N 49.15 48 15469 55.8 29.1 -2.2
UBS N 16.99 16.69 19865911 18.6 13.31 10.6
VALARTIS P 26 25.9 482 39.95 23 0.0
VALIANT N 138.1 138.3 37239 206.5 128.5 5.4
VALORA N 322 319.5 6653 332 223.4 -1.3
VAUDOISE ASS N 269.75 268.25 135 273.75 183 9.6
VETROPACK P 1789 1790 169 2055 1525 0.7
VILLARS N 536m 525 — 589.96 502.3 -1.6
VON ROLL P 4.49 4.54 101985 7.14 4.3 -8.3
VONTOBEL N 35.9 36.5 39998 37.7 26.75 0.8
VPB VADUZ P 113.8 111.5 2886 142.5 99 -0.8
VZ HOLDING N 114 115 1598 125 72.5 -5.0
WALLISER KB P 705 705 53 740 578 2.6
WALTER MEIER N 202 201.4 336 202 92.01 5.4
YPSOMED N 62.5 62.5 863 74.07 51.5 10.0
ZUEBLIN IMMOP 4 3.9 110908 4.77 3.25 7.8
ZUGER KB P 5425 5420 74 5450 4434 8.7
ZURICHFS N 257 253.9 820387 273.1 221.4 6.1
ZWAHLEN &MAYR P 485 490 25 500 409 -1.0
COURS À 17 HEURES
COURS À 17 HEURES
LIBOR
MONNAIES 1 SEMAINE 1 MOIS 3 MOIS 6 MOIS 12 MOIS
Achat Vente Achat Vente
SUISSE
SMI 6567.31 6513.50 6659.87 6424.87
SPI 5876.14 5833.43 5964.95 5772.61
SLI 1041.88 1033.67 1061.51 1017.19
SMIM 1386.32 1383.84 1443.29 1383.84
GRANDE-BRETAGNE
FTSE 100 5896.25 5867.91 6090.49 5867.29
FRANCE
CAC 40 4017.45 3964.84 4022.58 3790.96
ALLEMAGNE
DAX 30 7062.42 7024.27 716500 6835.74
ESPAGNE
IBEX 35 10829.10 10636.90 12049.20 8563.60
ITALIE
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1 Dollar canadien 0.9320 1.0100 0.9556 0.9780 99.00
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100 Yens 1.1220 1.2140 1.1486 1.1752 8237.23
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Franc suisse - 1.0431 0.7673 0.6522 86.2200 1.0381 1.0545
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Baril New York Nymex WTI 89.21 -0.42
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Titre Cours Cours Vol. Extrêmes 12 mois Var. %
clôture préc. Haut Bas Déb. 10
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Source : Chambre Syndicale des Négociants en
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UBS (CH) Vitainvest - 50 World CHF 5/1 e 189.92 1.2
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Tél. 00800 827 38 637
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Fonds en instruments du marché monétaire
UBP Money Market CHF Cap CHF 1/1 e 107.58 0.0
UBP Money Market EURO Cap EUR 1/1 e 127.93 0.0
UBP Money Market USD Cap USD 1/1 e 129.90 0.0
Fonds en obligations
UBAM-Absolute Ret A Cap EUR 1/1 e 98.27 -0.2
UBAM-Absolute Ret A Cap USD 1/1 e 94.72 -0.2
UBAM-Corp Euro Bd A Cap EUR 1/1 e 146.54 -0.4
UBAM-Corp Euro Bd A Dis EUR 1/1 e 100.98 -0.4
UBAM-Corporate Bond (USD) A Cap USD 1/1 e 150.52 0.2
UBAM-Corporate Bond (USD) A Dis USD 1/1 e 118.80 0.2
UBAM-Dyn EUR Bd A Cap EUR 1/1 e 243.01 0.2
UBAM-Dyn EUR Bd A Dis EUR 1/1 e 168.13 0.2
UBAM-Dyn USD Bd A Cap USD 1/1 e 202.30 0.0
UBAM-Dyn USD Bd A Dis USD 1/1 e 134.82 0.0
UBAM-Emerg Mkt Bd (USD) A Cap USD 1/1 e 141.89 0.4
UBAM-Emerg Mkt Bd (USD) A Dis USD 2/1 e 119.07 0.4
UBAM-Global Bd CHF A Cap CHF 1/1 e 1376.19 -0.4
UBAM-Global Bd CHF A Dis CHF 1/1 e 118.11 -0.5
UBAM-Local Ccy Em Mk Bd A Cap USD 1/1 e 123.36 -1.6
UBAM-Local Ccy Em Mk Bd A Dis USD 1/1 e 106.77 -1.6
UBAM-Yld Curve EUR Bd A Cap EUR 1/1 e 746.54 -0.2
UBAM-Yld Curve EUR Bd A Dis EUR 1/1 e 81.22 -0.3
UBAM-Yld Curve USD Bd A Cap USD 1/1 e 2231.34 -0.6
Fonds en actions
UBAM (CH) Swiss Excellence Equity A CHF 1/1 e 105.10 -1.8
UBAM-Calamos US Eq Growth A Cap USD 1/1 e 273.31 1.0
UBAM-Dr.Ehrhardt German Eq A Cap EUR 1/1 e 1163.71 -2.4
UBAM-Equity Bric+ A Cap USD 1/1 a 90.79 -1.2
UBAM-Europe Equity A Cap EUR 1/1 e 259.11 -1.4
UBAM-IFDC Japan Equity A Cap JPY 1/1 e 777.00 2.9
UBAM-Neuberg.Bn US Eq Val A Cap USD 1/1 e 683.07 1.8
UBAM-Swiss Equity A Cap CHF 1/1 e 170.18 -0.1
UBAM-Turkish Equity I Cap USD 4/4 e 110.77 -3.2
UBAM-VP Value China Equity A Cap USD 1/1 e 83.74 0.8
UBP Multifunds - US Equity A Dis USD 1/1 f 125.57 2.3
Autres fonds
UBAM (CH) GOLD + (CHF) A CHF 1/1 e 100.50 -4.4
UBAM (CH) GOLD + (EUR) A EUR 1/1 e 100.32 -4.2
UBAM (CH) GOLD + (USD) A USD 1/1 e 100.24 -4.3
UBAM Convertibles Europe C Cap EUR 1/1 e 1391.47 0.6
Union Investment
www.union-investment.ch
info@union-investment.ch
Représentant pour la Suisse:
Union Investment (Schweiz) AG
Tél. 044 224 32 09
Autres fonds
UnionProtect: Europa (CHF) CHF 2/1 e 96.98 0.3
UniProtect: Europa II EUR 2/1 e 112.41 0.5
UOB
Global Strategies Funds Plc
Représentant en Suisse: RBC Dexia Investor
Services Bank S.A., Esch-sur-Alzette,
succursale de Zurich, Tél. +41 44 405 97 00
UOB Paradigm Fund Class A EUR 1/1 e 143.90 -0.0
UOB Paradigm Fund Class B USD 1/1 e 176.37 -0.0
Valartis Asset Management S.A.
Tél. +41 22 716 10 00
Fax +41 22 716 10 01
www.valartis.ch
MC Russian Market Fund A USD 2/1 e 138.26 3.5
MC Russian Market Fund B USD 2/1 e 27.42 3.5
Valartis (LUX 1) Eastern Europ. Eq. EUR 2/1 36.44 0.6
Valex Capital AG
Tél. +41 44 888 99 00
www.valex.ch
Fonds d’allocation d’actifs
Valex Capital - Global Opport. Fund D EUR 1/1 e 102.54 1.4
Valiant Bank
Tél. 031 320 91 11
Fax 031 320 91 12
www.valiant.ch
Fonds d’allocation d’actifs
Adagio (Lux) - Festverzinslich - B CHF 2/1 e 123.86 0.8
Allegro (Lux) - Wachstum - B CHF 2/1 e 99.12 2.2
Vivace (Lux) - Ausgewogen - B CHF 2/1 e 108.66 1.2
Vontobel Fonds Services AG
Tél. 058 283 53 50
www.vontobel.com
Fonds en instruments du marché monétaire
Euro Money B EUR 2/1 e 127.44 0.1
Swiss Money B CHF 2/1 e 113.80 0.1
Target Return (EUR) B EUR 2/1 e 98.54 -0.6
US Dollar Money B USD 2/1 e 126.37 -0.0
Fonds en obligations
Absolute Return Bond (CHF) B CHF 2/1 e 106.61 -0.3
Absolute Return Bond (EUR) B EUR 2/1 e 151.63 -0.6
Bond Select (EUR) B EUR 2/1 e 119.54 -1.0
Eastern European Bond B EUR 2/1 e 131.44 0.1
Euro Bond B EUR 2/1 e 294.25 -0.4
Euro Mid Yield Bond B EUR 2/1 e 121.40 -0.1
Swiss Franc Bond B CHF 2/1 e 213.43 -0.6
US Dollar Bond B USD 2/1 e 258.62 -0.4
Fonds en actions
Central and Eastern Europ. Eq. B EUR 2/1 e 146.98 4.3
China Stars Equity B USD 2/1 e 138.90 0.5
Emerging Markets Equity B USD 2/1 e 584.51 -4.7
Eur. Mid & Small Cap Equity B EUR 2/1 e 128.42 0.7
European Equity B EUR 2/1 e 226.33 0.4
European Value Equity B EUR 2/1 e 157.99 -2.0
Far East Equity B USD 2/1 e 336.30 -5.1
Gl.Resp.Asia(ex Japan)Equity B USD 2/1 e 203.73 -3.2
Gl.Responsib.European Equity B EUR 2/1 e 134.28 0.2
Gl.Responsib.International Equity B USD 2/1 e 115.97 0.9
Gl.Responsib.US Equity B USD 2/1 e 150.02 1.4
Global Responsibility Swiss Equity A CHF 4/1 e 135.36 -0.2
Global Trend Clean Technology B EUR 2/1 e 162.31 0.2
Global Trend Future Resources B EUR 2/1 e 187.23 -0.9
Global Trend New Power B EUR 2/1 e 109.35 1.6
Global Value Equity (ex US) B USD 2/1 e 180.66 -4.0
Global Value Equity B USD 2/1 e 132.77 -2.7
Japanese Equity B JPY 2/1 e 4376.00 1.9
Swiss Mid and Small Cap Equity B CHF 2/1 e 117.72 -2.6
Swiss Stars Equity B CHF 2/1 e 214.41 -1.1
US Equity B USD 2/1 e 109.84 1.5
US Value Equity B USD 2/1 e 490.32 0.2
Vontobel Swiss Small Companies A CHF 4/1 e 594.29 -0.8
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Fonds d’allocation d’actifs
Def. Balanced Portfolio (CHF) B CHF 2/1 e 100.05 1.2
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Autres fonds
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Fax 0848 80 10 21
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Fonds d’allocation d’actifs
Saphir PF Forte A CHF 4/1 e 98.35 1.8
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Autres fonds
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Saphir PF Standard I CHF 4/1 e 139.64 0.0
Banque Morval
Tél. +41 22 839 93 00
www.willerfunds.com
Willerequity Greater China USD 2/2 e 15.24 2.5
Willerequity Japan JPY 2/2 e 1599.00 4.8
Willerequity Latinamerica USD 2/2 e 104.69 -2.3
Willerequity Russia &East.Euro USD 2/2 e 37.98 3.8
Willerequity South East Asia USD 2/2 e 33.14 -0.2
Willerequity Trade Winds EUR 2/2 e 13.34 1.7
Zurich Invest AG
Tél. 044 628 49 99
Fax 044 629 18 66
www.zurich.ch
Fonds en instruments du marché monétaire
Target Inv. Fd Geldmarkt (CHF) - B CHF 1/1 e 10.19 0.0
Fonds en obligations
Target Inv. Fd Obligationen (CHF) - B CHF 2/1 e 10.11 -0.6
Fonds en actions
Target Inv. Fd 100 (CHF) B CHF 2/1 e 13.90 3.6
Target Inv. Fd Sustainable (CHF) - B CHF 2/1 e 8.06 4.8
Fonds d’allocation d’actifs
Target Inv. Fd 25 (CHF) - B CHF 2/1 e 11.10 0.4
Target Inv. Fd 35 (CHF) - B CHF 2/1 e 11.46 0.8
Target Inv. Fd 45 (CHF) - B CHF 2/1 e 11.55 1.0
Zürcher Kantonalbank
Tél. 0800 840 844
www.zkb.ch
Fonds en actions
ZKB Gold Aktienfonds A CHF 5/5 e 791.19 -3.4
ZKB Industrie Vision Fonds CHF 5/5 e 858.85 6.8
ZKB Konsum Vision Fonds CHF 5/5 e 983.64 3.8
ZKB Nachhaltigkeits Vision Fonds A CHF 5/5 e 664.89 5.4
ZKB Ressourcen Vision Fonds CHF 5/5 e 1434.41 5.5
Autres fonds
ZKB Gold ETF A (CHF) CHF 5/5 e 4115.53 -1.6
ZKB Palladium ETF CHF 5/5 e 2478.45 5.1
ZKB Platinum ETF CHF 5/5 e 2766.79 6.3
ZKB Silver ETF CHF CHF 5/5 e 2507.91 -7.7
Mémento
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
30
Vaud
Chapelle-sur-Moudon - 13 h 30: M. André
Guignet; temple.
Fribourg
Delley - 14 h: M. Jean-Claude Benkert; église.
Fribourg - 9 h 30: Mme Isabelle Overney; église
du Christ-Roi.
Fribourg - 9 h 30: Mme Albine-Marie Verdon;
maison provinciale des Soeurs d'Ingenbohl au
Schoenberg.
Le Crêt - 10 h: M. Roger Sauteur; église.
Marly - 10 h: M. Joseph Tinguely; église Saints-
Pierre-et-Paul.
Jura bernois / Jura
Bévilard - 13 h 30: Mme Jeanne Clémence-
Loviat; pavillon du cimetière.
Courtételle - 14 h: Mme Gisèle Membrez; église.
Neuchâtel
Neuchâtel - 10 h: Mme Maria Abrantes Correira;
basilique Notre-Dame, église rouge.
Valais
Aproz - 10 h: Mme Micheline Bourban; église
paroissiale.
Basse-Nendaz - 10 h: Mme Edith Praz; église.
Bovernier - 10 h: M. Gilbert Sarrasin; église.
Miège - 10 h 30: M. Alain Fuchs; église.
Sion - 10 h 30: M. Wolfgang Loretan; cathédrale.
Venthône - 10 h 30: Mme Christiane Vocat;
église.
Pharmacies de garde
Genève
Genève - Pharmacie Amavita
058 851 36 03. Gare Cornavin.
Sa 7h-23h, di 10h-23h.
Pharmacie du Parc-de-Budé
Servette/Petit-Saconnex
022 733 21 60. Av. de Budé 15. Sa-di jusqu'à 23h.
Pharmacieplus Ecole-de-Médecine
022 781 19 19. Rue Ecole-de-Médecine 12.
Sa-di jusqu'à 23h.
Cointrin - Pharmacie Sun Store
Genève aéroport, gare CFF
022 798 58 55. Sa-di 8h-21h.
Vaud
Lausanne - Pharmacie 24 SA
50 m de l'avenue d'Ouchy
021 613 12 24. Av. Montchoisi 3.
Sans taxe d'urgence. Sa-di 8h-24h.
Pharmacie Metro Flon
Dans la gare du Flon
021 318 73 10. Pl. de l'Europe 5.
Sa 8h-22h, di 10h-21h.
Pharmacie Sun Store A la Gare
Bâtiment CFF, quai 1
021 324 20 20. Pl. de la Gare 9. Sa-di 7h-23h.
Cossonay-Ville - Pharmacie de Cossonay
Pitton. 021 861 11 13. Rue du Temple 1.
Sa, di 10h-12h, 17h-18h.
Echallens - Pharmacie Grognuz
021 886 23 50. Rue de la Poste 3.
Sa jusqu'à 16h, di 11h-12h.
Pharmacie Sun Store
Centre Migros
021 882 21 32. Rue de Praz-Palud. Sa jusqu'à 17h.
Grandson - Pharmacie Payot
024 445 33 51. Rue Haute 2.
En cas d'urgence 024 445 26 36.
Entrée libre. Di 9h30-10h30.
Leysin - Pharmacie de Leysin
024 493 45 00. Av. Rollier.
Urgences (sur ordonnance).
Sa 9h-12h15, 14h-17h30, di 17h-18h.
Mézières - Pharmacie du Jorat
021 903 02 60. Sa , di 11h-12h.
Montreux - Pharmacie Sun Store
021 965 35 80. Quai de la Rouvenaz.
Sa jusqu'à 20h, di 10h-12h30, 16h-20h.
Morges - Pharmacie Coop Vitality
021 803 00 44. Rue des Charpentiers.
Sa jusqu'à 18h, di 11h-12h, 18h-19h.
Nyon - Pharmacie Sun Store Combe
022 361 51 30. Centre MM.
Sa jusqu'à 19h30, di 10h30-13h, 17h-19h30.
Payerne - Pharmacie de la Promenade
026 662 18 18. Pl. Général-Guisan 7.
Sa jusqu'à 17h, di 11h-12h, 18h-19h.
Renens - Pharmacie de la Mèbre
021 634 01 58. Rue de la Mèbre 6.
Sa 17h-19h, di 10h-12h, 19h-20h.
Saint-Prex - Pharmacie de Saint-Prex
Centre commercial
021 806 26 26. Rue de la Gare 1.
Jours fériés et dimanches: fermé.
Urgences: 021 613 12 24 ou pharmacie de service de
Morges. Sa 8h-17h.
Villars-sur-Ollon - Pharmacie Fleury
024 495 11 22. Av. Centrale.
Urgences (sur ordonnance).
Villeneuve - Pharmacie de Villeneuve
021 960 10 52. Grand-Rue 32.
Sa jusqu'à 17h, di 11h-12h, 17h-18h.
Yverdon-les-Bains - Pharmacie Plus de la Gare
024 426 63 65. Av. de la Gare 10.
Sa 6h45-20h30, di 9h-20h30.
Urgences
Air Glaciers 141 5. Centre d'information
toxicologique 145. La Main Tendue 143.
Police 117. Pompiers 118. Sauvetage du
lac 117. Sauvetage par hélicoptère 141 4.
Secours routiers 140. SOS-enfants Aide aux
enfants et aux jeunes 147. Urgences Santé 144.
Permanences
Genève
Genève - A domicile, Médecins Urgences
Visites 7j/7 de 7hà 23h.
022 321 21 21. Lu-di 7h-23h.
Adent cliniques dentaires
Urgences et consultations. 0800 101 800.
Arcade sages-femmes
Association de sages-femmes à domicile
Permanence téléphonique
022 329 05 55. Bd Carl-Vogt 85.
Lu-ve 8h-20h, sa-di 9h-12h, 17h-20h.
Association des chiropraticiens
022 781 82 00. Lu-ve 8h-16h, sa-di 8h-12h.
Association des cliniques dentaires
Urgences
Lu-ve 8h-19h, sa 8h-17h, di 9h-12h
Rive droite - clinique dentaire de la Servette
022 733 98 00. Avenue Wendt 60
Rive gauche - clinique dentaire de Malombré
022 346 64 44. Chemin de Malombré 5
C1 Centre médico-dentaire
022 338 02 00. Rue de Lyon 87.
Lu-ve 7h-21h, sa 8h-16h, di 9h-12h.
Centre médical de Sécheron
Urgences médico-chirurgicales
022 731 77 87. Av. Blanc 46. Lu-ve 8h30-19h.
Centre médical du Léman
022 716 06 60. Rue A.-Vincent 17. Lu-ve 8h-18h.
Centre médico-Chirurgical des Acacias
Urgences ambulatoires adultes et enfants
Consultations et urgences: 24h/24 - 7j/7 avec ou
sans rendez-vous
022 342 54 55. Rue des Epinettes 19, Acacias.
Lu-ve 8h-20h, sa 8h-14h.
Centre médico-dentaire Balexert
Centre commercial (accès caisses cinéma)
022 979 22 22. Av. Louis-Casaï 27.
Lu-ve 7h-21h, sa 8h-16h, di 10h-12h.
Clinique dentaire de Genève
022 735 73 55. Terrassière 58, France 29, Gabelle 6
(Carouge). Lu-ve 7h30-19h30, sa 8h30-13h30.
Clinique Générale-Beaulieu
Garde pédiatrique. 022 839 54 15.
Ch. Beau-Soleil 20. Lu-ve 18h-22h, sa-di 8h-22h.
Clinique la Colline
022 702 20 22. Av. de Beau-Séjour 6.
Genève médecins
Consultations à domicile (24h/24, 7j/7)
022 754 54 54.
Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG)
Service des urgences
022 372 81 20. Rue Gabrielle-Perret-Gentil 2
Service d'accueil et d'urgences pédiatriques (SAUP)
022 382 45 55. Avenue de la Roseraie 45
Urgences psychiatriques
022 372 38 62. Rue Gabrielle-Perret-Gentil 2
Urgences obstétricales
022 382 42 36. Boulevard de la Cluse 32
Carnet de deuil
Convois funèbres
Lorenzo Ferraro;
Carolina Ferraro et sa mamanLorenza, ainsi que Umberto et Francesco Ferraro;
Salvatore Aversano ainsi que Gaétan, Alizé et Sixtine Aversano et leur mamanViktoria;
Béatrice Barras-Aversano et soncompagnonPierre Ruel;
Odile et ChristianJacot-Barras et leurs enfants Marina, Adrienet Gabrielle;
Vincent Barras;
La famille Nappi à Naples,
ainsi que les familles parentes, alliées et amies enSuisse et enItalie,
ont le profondchagrinde faire part du décès de
MADAME GAETANA FERRARO-AVERSANO
leur très chère maman, grand-maman, sœur, tante, marraine, cousine et parente, enlevée à
leur tendre affectionle 21 janvier 2011, dans sa 67e année, des suites d’une maladie
supportée avec courage.
La messe de sépulture sera célébrée dans l’intimité le lundi 24 janvier à 14 heures, enla
chapelle italienne Sainte-Marguerite, rue de la Mairie aux Eaux-Vives.
La famille remercie chaleureusement toute l’équipe soignante du 5e étage de la
Clinique Générale Beaulieu et le Docteur Christiande Pree.
Domicile: 3, avenue Calas, 1206 Genève.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Repose dans la paix enfin trouvée.
MURITH
Oui, j’en ai l’absolue certitude: rien ne pourra nous
arracher à l’amour de Dieu: ni la mort ni la vie ni les
anges ni les puissances infernales ni les dangers
présents ni l’incertitude de l’avenir; aucune autre force
de l’univers. Qu’elle vienne d’En-Haut ou de l’Abîme,
aucune autre créature, non, rien au monde ne peut
mettre de séparation entre nous et l’amour que Dieu
nous a témoigné en Jésus-Christ notre Seigneur
et dont nous jouissons en communion avec lui.
Rom. 8: 38-39
Paroles Vivantes – A. Kuen
Aline Leclerc;
Philippe et Catherine Leclerc;
Henriette Tissot;
Luc Tissot, ses enfants et petits-enfants, sonépouse Katia Tissot et sa fille;
Delphine Tissot;
Marguerite Tissot;
Ariane Leclerc, ses enfants et petits-enfants, et soncompagnon;
Patricia et Michel Rey-Leclerc, leurs enfants et petits-enfants;
Olivier et Irène Quesada, leurs enfants et petits-enfants;
Muriel Leclerc;
Beryl Leclerc;
Isabelle et Aristo Kiziroglou-Leclerc, leurs enfants et petits-enfants;
Eliane et RichardBovey-Leclerc et leurs enfants;
Ses cinq filleuls, Miwa Catherine Yanaguidani, Yves de Senarclens, ElisabethAttanasio,
Alienor Weber, James Tang;
Ses nombreux amis enSuisse et à l’étranger;
ont le profondchagrinde faire part du décès d’
ELISABETH LECLERC
leur sœur, belle-sœur, cousine, marraine, parente et amie, qui s’est éteinte paisiblement
dans sa septantième année le 20 janvier 2011 après une longue et éprouvante maladie
supportée avec courage et dignité.
La cérémonie religieuse aura lieu à la Chapelle de l’Oratoire, rue Tabazan7, 1204
Genève, le jeudi 27 janvier à 16 heures.
Enlieu et place de fleurs, undonpeut être fait enfaveur de la paroisse de l’Oratoire de
l’Eglise Evangélique Libre de Genève, mention«antenne-mission», CCP 12-1069-8.
Le corps repose au Centre funéraire de Saint-Georges.
L’incinérationaura lieu dans l’intimité de la famille.
Ungrandmerci au Dr Claudius Irlé et sonéquipe et au Dr BernardBouchardy et son
assistante.
Monsieur et Madame Michel et ElizabethGampert-Schuler et leurs enfants;
Monsieur et Madame Bruno et Martine Schmaeh-Gampert et leurs enfants;
Monsieur et Madame Jean-Raymondet Irène Fischer-Gampert, leurs enfants et petite-fille;
Monsieur et Madame Johannes et Karyne Veith-Amiguet, leurs enfants et petits-enfants;
Monsieur BernardAmiguet;
Madame Christiane Combe-de Senarclens, ses enfants et sa petite-fille;
Monsieur et Madame François et Françoise Combe-Pally, leurs enfants et petits-enfants;
Madame Marie-Claire Combe-Oberli et ses enfants;
Monsieur Etienne Combe;
Les descendants de Daniel Peter et Fanny née Cailler;
Les descendants de JustinEmile et Elisa Amiguet;
Les familles Nicollier, Weber, Peter, Amiguet, parentes et alliées,
ont le chagrinde faire part du décès de
MADEMOISELLE JACQUELINE AMIGUET
leur tante, grand-tante, arrière-grand-tante, parente, qui s’est endormie paisiblement le
jeudi 20 janvier 2011, dans sa 99e année.
La famille tient à remercier la directionet le personnel du Foyer Saint-Paul où elle
résidait depuis seize ans pour sa gentillesse et sondévouement.
Le culte sera célébré au temple de Cologny le mercredi 26 janvier à 15 heures et
l’inhumationsuivra au cimetière de Cologny.
Enlieu et place de fleurs, undonpeut être versé enfaveur de l’Ecole d’infirmières de la
Source à Lausanne, CCP 10-16530-4.
Cet avis tient lieu de faire-part.
L’Eternel est mon berger.
Psaume 23
MURITH
Le Conseil d’Administration, la Directionet les collaborateurs de
BRANDFORDTRUST SA
ont le profondchagrinde faire part du décès de
MADAME MARCELLE BERNSTEIN
mère de
M. ERWIN BERNSTEIN, Administrateur-délégué
Me Philippe A. Grumbach
Président du Conseil d’Administration
Urgences gynécologiques
022 382 68 16.
Boulevard de la Cluse 32
Urgences ophtalmologiques
022 382 84 00.
Rue Alcide-Jentzer 22
Permanence des vétérinaires genevois
Fr. 2.-/min. 0900 838 343.
Permanence du Rond-Point de Plainpalais
022 329 56 56. Rue de Carouge 17-19.
Lu-di 8h-22h.
Permanence médico-chirurgicale de Chantepoulet
24h/24 - 7j/7 sans rendez-vous
022 731 21 20. Rue de Chantepoulet 1-3.
Permanence Vermont Grand-Pré
24h/24 sans rendez-vous
022 734 51 50. Rue de Vermont 9a.
Service d'urgence dentaire Lu-di 8h-18h
Rive droite
022 791 04 30. Rue François-Lehman 8
Rive gauche
022 320 31 22. Rue Georges-Leschot 2
Société cantonale d'ostéopathie de Genève
Service de garde 022 782 72 48. Lu-di 8h-18h.
SOS infirmières
24h/24, 7j/7 022 420 24 64.
SOS médecins
Urgences médicales et consultations à domicile
24h/24, 7j/7 022 748 49 50.
Unité d'urgence psy
24h/24, 7j/7 0800 20 24 04.
Carouge - Clinique de Carouge
7j/7, 24h/24
022 309 46 46. Av. Cardinal-Mermillod 5.
Chêne-Bougeries - Clinique des Grangettes
Chemin des Grangettes 7.
Urgence adultes
022 305 07 77. Lu-ve 7h-23h, sa-di 8h-23h
Urgences pédiatrie
022 305 05 55. Lu-di 10h-22h
CARNET DE DEUIL
POUR TOUT FAIRE-PART DE DÉCÈS,
L’AVIS DE REMERCIEMENTS DE LA FAMILLE EST OFFERT.
Le Temps Media: Tél. +41 22 888 59 00 Fax +41 22 888 59 91 - Mail: carnets@letemps.ch
Meyrin - Hôpital de la Tour
022 719 61 11. Av. J.-D.-Maillard 3.
Service des urgences
022 719 61 11.
Service de consultations de pédiatrie
022 719 61 00.
Petit-Lancy - Garde Médicale Lancy (Enfants +
Adultes)
Garde Adultes: 022 879 57 00
Garde Enfants: 022 879 57 01
Lu-ve: 19h-22h (tél. dès 18h)
Samedi adultes: 9h-12h (tél. dès 8h)
Samedi enfants: 9h-15h (tél. dès 9h)
Dimanche et fériés: enfants 9h-15h (tél. dès 9h)
Avenue du Petit-Lancy 29.
Lausanne
A Bel-Air
Permanence dentaire
021 320 32 81. Lu-ve 8h-19h, sa 9h-14h, di 9h-12h.
Adent clinique dentaire Lausanne-Blécherette
021 644 20 00. Rte du Châtelard 54 B.
Lu-ve 7h-21h, sa 8h-16h, di 15h-18h.
Ardentis clinique dentaire Lausanne-Flon
Consultations lu-ve 7h30-19h
058 234 00 80. Voie du Chariot 6.
Lu-ve 8h-18h, sa-di 12h-16h.
Centrale des médecins et médecins-dentistes
24h/24. Ordonnances urgentes seulement, dès 23h
au matin. 0848 133 133.
Centre de médecine dentaire et d'implantologie
(CMD+I)
Urgences dentaires 021 312 21 53.
Av. Mon-Repos 14. Lu-ve 7h45-18h45.
Centre médical de Vidy
A deux pas du rond-point de La Maladière
Urgences médicochirurgicales, physiothérapie,
chirurgie de la main, gynécologie, chiropratique.
021 622 87 77. Rte de Chavannes 11.
Lu-ve 7h-23h, sa-di 9h-23h.
Centre médical du Valentin
021 321 23 33. Rue du Valentin 32.
Lu-ve 7h-23h, sa-di 9h-21h.
Centre médical Vidy Source
Aile est de la Clinique de la Source
Urgences médicochirurgicales, gynécologie.
Avec ou sans assurance privée. 021 641 25 25.
Av. Vinet 30. Lu-ve 7h-21h, sa-di 9h-21h.
CHUV
021 314 11 11. Rue du Bugnon 46.
CHUV - HEL - PMU: URGENCES 24h/24
Urgences vitales adultes et enfants
144.
Urgences médicales adultes et enfants
0848 133 133.
Urgences adultes: CHUV/PMU
0848 133 133. Bugnon 44
Urgences enfants: CHUV/HEL
0848 133 133. Montétan 16
Urgences psychiatriques: CHUV/PMU
021 314 19 30. Bugnon 44
Urgences gynécologiques: CHUV/Maternité
021 314 34 10. Ave Pierre-Decker
Urgences accouchements: CHUV/Maternité
021 314 35 05. Ave Pierre-Decker
Médecins de garde
Neuchâtel
Couvet - Dr Monod
032 863 16 26. Hôpital Neuchâtelois.
Sa, di jusqu'à 22h.
Dentistes de garde
Genève
Genève - Dr Cyril Jaques
022 732 18 10. Rue de Lausanne 56.
Sa-di 9h-12h, 16h-18h.
31 Sports
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Carnet de bord
«Comme coincés sur l’autoroute»
Chaque samedi, Dominique
Wavre, qui participe avec
Michèle Paret àlaBarcelona
WorldRace, décrit lasituation
àbordde Mirabaud.
«La mer est très bleue, avec
pas mal de houle qui vient du
sud. Il y a des petits cumulus et
les températures sont agréa-
bles. Ça nous change de ces
derniers jours, oùnous avons
traversé unfour, avec plein
soleil et pas d’air dutout. Là, on
a retrouvé la ventilationet ça
fait dubien.
Cela dit, le moral est plutôt
moyen: pendant que nous
étions dans unplancatastro-
phique, plantés dans l’anticy-
clone, les deux de devant [Mi-
chel Desjoyeaux et François
Gabart sur Foncia, et Jean-Pierre
Dicket LoïckPeyronsur Virbac-
Paprec 3] ont trouvé unautre
système de vents. Onest comme
coincés sur l’autoroute. Ils vont
encore augmenter leur avance
dans les prochains jours et c’est
inquiétant, onne vit pas ça très
bien. Soit ona raté le coche, soit
ils ont été exceptionnellement
bons. Onn’a pas eutropde
chance et ils ont une dépression
d’avance. Il y a forcément eu
une erreur de notre part, mais
nous n’avons de loinpas été les
seuls à opter – à tort – pour la
route directe plutôt que le long
des côtes brésiliennes.
Disons qu’ona perdula
deuxième régate, mais le che-
minest encore tellement long
qu’il peut se passer beaucoupde
choses. Nous allons encore être
freinés par l’anticyclone ce
week-endet ensuite, d’ici à trois
ouquatre jours, nous attaque-
rons le grandsud.
L’ambiance y sera très diffé-
rente de ce que nous avons
connujusqu’ici. Il y aura le
froid, des vagues beaucoupplus
fortes. Il faut s’attendre à quel-
que chose de beaucoupplus
sauvage et exaltant – depuis le
départ, ça a été de la navigation
normale. D’uncôté, nous som-
mes impatients d’y plonger; de
l’autre, il y a une petite appré-
hension. Je vous enparle parce
que vous me posez la question,
mais c’est sûr que nous essayons
de ne pas troppenser à ces
choses-là.
Il n’y a aucunproblème tech-
nique à déplorer à bord. On
découvre chaque jour la saveur
des plats lyophilisés et onse
rendcompte qu’il n’y a aucun
confort sur Mirabaud. Il man-
que unendroit oùrelaxer son
corps, surtout quandça tape.»
Propos recueillis par Simon Meier
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Kitzbühel, le baptême de la glace
Ski alpin Les athlètes du Cirque blanc se souviennent toute leur vie de leur premier passage sur la redoutable Streif. La
piste autrichienne, sur laquelle aura lieu samedi la descente reine, représente un rite de passage effrayant et solennel
Julie Conti, Kitzbühel
L’enfer glacé de la Streif est un
mythe sur le Cirque blanc. Ses
pentes invraisemblables et ses
courbes perfides enont fait la des-
cente la plus crainte du circuit. Ce
n’est qu’après avoir franchi la li-
gned’arrivéequ’unskieur entreau
Panthéondes descendeurs. Jamais
un athlète n’oublie sa première
Streif.
Pour saisir le degré de courage
oud’inconsciencenécessairepour
s’élancer, il faut se rendre au som-
met du Hahnenkamm. Depuis le
portillon de départ, les concur-
rents ne voient pas la piste qui
plonge sous leurs lattes. La pente
est trop raide. Seuls deux virages
s’offrent à leur regard, avalés à
pleine vitesse par les concurrents
précédents avant que ceux-ci ne
soient happés par la Mausefalle.
La suite appartient à la légende.
«J’ai unmauvais souvenir de ma
première Streif, en 1996», raconte
Didier Cuche. «Lors de l’entraîne-
ment, j’éprouvais vraiment de la
peur, et il a fallu que je me rai-
sonne pour franchir le portillon
de départ et ne pas redescendre
avec la télécabine. En général,
j’aime bien regarder quelques
concurrents avant de m’élancer,
mais à Kitzbühel, en voir un est
largement suffisant. Regarder
quelqu’un prendre le saut depuis
laMausefalleavant deplonger àla
verticale n’est vraiment pas agréa-
ble. D’ailleurs, au départ de cette
piste, l’ambiance est beaucoup
moins à la rigolade qu’ailleurs,
c’est ce qui lui donne cette inten-
sité si particulière. Finalement,
mon premier entraînement s’est
bien passé. Et même si j’avais
perdu 8 secondes et demie, je me
suis senti comme unvainqueur en
passant la ligne d’arrivée.»
La Streif est un rite de passage,
avec ses codes augustes et dérisoi-
res. Les aînés dispensent leur of-
fice avec malice. «Cuche et les
autres m’ont déjà raconté plein
d’histoires horribles à propos de
la piste», a rigolé Marc Gisin à la
veille de son premier entraîne-
ment. «Ils me disent aussi que je
ne dois pas déballer mes affaires,
car il est possible qu’ils doivent les
ramasser très vite et très bientôt.»
A l’heure de la reconnaissance
ouduplongeondans le vide, l’am-
biancedevient plus solennelle. Di-
dier Cuche a recueilli à ses débuts
la sagesse de William Besse et de
Daniel Mahrer. «Ils m’ont indiqué
les lignes à prendre et les mouve-
ments à exécuter», se souvient le
Neuchâtelois. «La première fois,
onne peut pas se rendre compte à
quel point il est important d’anti-
ciper. Il est nécessaire de pouvoir
apprendre des aînés. Aujourd’hui,
nous sommes làpour les jeunes. Si
l’un d’eux ne se sent pas bien, ou
n’a pas confiance en lui, nous sa-
vons trouver les mots.» La Streif,
comme un passage de témoin,
tisse des liens entre les généra-
tions.
Il y a une vingtaine d’années, les
«vieux» avaient déjà recommandé
au jeune WilliamBesse de faire sa
valise. Comme Marc Gisin, on l’a
défié de pousser trois fois sur ses
bâtons au départ de la course.
«Ces anecdotes donnent à la piste
cette dimension supplémentaire,
dit le Valaisan. La Streif est un my-
the. Et cette réputationest fondée,
car les trente premières et les
trente dernières secondes sont
impressionnantes. Quand tu as
descendu la Streif, tu appartiens à
une certaine caste. Mais ce n’est
que maintenant que je me rends
compte à quel point cette piste est
difficile et quelle somme de cou-
rage elle demande.»
La descente de Kitzbühel en
tant qu’auditionduCirque blanc?
Laquestionamuse SilvanZurbrig-
gen: «Normalement, quand vous
ratez un examen, vous ne risquez
pas votre vie…» Les accidents ont
entaché la Streif comme autant de
ratures sur une partition. L’Améri-
cain Scott Macartney en 2008, Da-
niel Albrecht en 2009 se sont
heurtés violemment à la rudesse
de la piste. Descendue à une
moyenne de plus de 100 km/h, la
glace a abîmé des crânes, fracassé
des bassins. Cette année, la terri-
ble chute de l’Autrichien Hans
Grugger à l’entraînement a cho-
qué les concurrents.
Les «rookies» suisses Vitus
Lüönd et Marc Gisin s’élanceront
aujourd’hui sur leur première
Streif. A la veille de l’entraîne-
ment, l’Obwaldien était fébrile.
«Ce sera probablement le mo-
ment le plus spécial et le plus exci-
tant de ma carrière, a-t-il confié.
J’espère que je survivrai. L’impor-
tant pour une première fois est
surtout d’arriver enbas.»
Ils seront quelques-uns à effec-
tuer samedi leur baptême de la
glace. Dans le silence tendu du
portillon de départ, ils jetteront
un regard respectueux à la mythi-
que autrichienne, pousseront
trois fois sur leurs bâtons s’ils en
trouvent le courage, puis se feront
happer par la Streif. Et entreront
dans la légende du Cirque blanc.
Un pantin désarticulé (en l’occurrence le Croate Ivica Kostelic) sur une pente vertigineuse. «Normalement, quand vous ratez un examen,
vous ne risquez pas votre vie…», souligne Silvan Zurbriggen à propos de la Streif. KITZBÜHEL, 21 JANVIER 2010
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«J’espère que je
survivrai. L’important,
pour une première
fois, est surtout
d’arriver en bas»
L’invincible
Ivica Kostelic
Le Croate remporte
sa première épreuve
de vitesse en super-G
Mais qui peut encore battre
Ivica Kostelic, et surtout com-
ment? Pratiquement invincible
dans les disciplines techniques
depuis le début de l’année, le
Croate a remporté vendredi le su-
per-G de Kitzbühel devant l’Autri-
chien Georg Streitberger et Aksel
Lund Svindal. Cette victoire a en-
core creusé son avance sur le Nor-
végien au classement général de
la Coupe du monde. «Ivica a juste
été parfait», a lâché Didier Cuche,
quatrième de l’épreuve. «Il va
même être chaud pour se classer
parmi les cinq premiers dans la
descente. Avec la confiance qu’il a
amassée dans les Alpes bernoises,
je ne suis pas sûr que quelqu’unva
pouvoir aller le chercher cette an-
née au classement général. En
tout cas pas moi.»
Cuche: «Çapeut se faire»
Ivica Kostelic surfe sur la douce
vague de la réussite. Lui qui court
depuis deux ans derrière le gros
globe de cristal a mis tous les
atouts de son côté pour que 2011
soit un grand cru. «Je me suis en-
traîné vraiment très dur le prin-
temps dernier, dit-il. Et comme le
mois de janvier est le plus impor-
tant pour marquer des points au
général, j’essaie toujours d’attein-
dre monpic de forme durant cette
période.» LeCroatesemblefairece
qu’il veut de ses skis. Il peut aussi
compter sur sa bonne étoile. Un
petit numéro de dossard l’a aidé à
fêter sa première victoire dans
une discipline de vitesse.
Didier Cuche a déjà remporté
trois descentes et unsuper-Gdans
la station autrichienne. Il comp-
tait donc sur cette étape de la
Coupe du monde pour signer sa
première victoire de la saison. Il a
échoué au pied du podium ven-
dredi, mais compte sur la des-
cente pour renouer avec le succès.
«Tout ne s’est pas passé comme
prévu, surtout en haut de la piste.
Je n’étais pas surpris de ne pas être
devant à l’arrivée. Je suis en revan-
che très content de lapartie finale,
et si j’arrive à répéter ça demain
[samedi], ça peut se faire.»
Lindsey Vonn intouchable à Cortina
Les Suissesses ont dû se contenter des accessits lors
du super-Gde Cortina d’Ampezzo, dominé par
l’Américaine Lindsey Vonn. Lara Gut a pris la cin-
quième place, juste devant Fabienne Suter. (SI)
Hans Grugger «pas hors de danger»
L’AutrichienHans Grugger n’est «pas complètement
hors de danger» après sonopérationà la tête suite à
sa lourde chute à Kitzbühel jeudi, ont indiqué des
médecins de l’hôpital d’Innsbruck, où le skieur a été
placé dans uncoma artificiel. «Il n’y a pas de menace
vitale, mais elle peut survenir d’une heure à l’autre»,
a précisé le neurochirurgienAlois Obwegeser. (SI)
Rome renonce à la Formule 1
Rome abandonne définitivement l’idée d’accueillir
unjour unGrandPrix dans ses rues. La ville se con-
centre désormais exclusivement sur sa candidature à
l’organisationdes Jeux olympiques de 2020. (SI)
L’éternel Ryan Giggs en veut encore
Le milieu de terrainRyanGiggs (37 ans) est décidé à
jouer unande plus pour Manchester United, son
club de toujours. «Nous allons discuter, mais j’espère
vraiment jouer l’année prochaine», a dit vendredi
l’éternel Gallois. RyanGiggs a joué son600e match
de Premier League avec les RedDevils le week-end
dernier. (AFP)
Des JOà la sauce shakespearienne
Chacune des trente-huit pièces du dramaturge
WilliamShakespeare sera jouée dans une langue
différente, allant de l’espagnol à l’arabe, enpassant
par l’ourdou, lors d’une série de représentations
organisées à l’occasiondes JOde 2012 à Londres. (SI)
Ammann
atterrit aupied
dupodium
Saut à skis Adam
Malysz s’impose chez
lui, à Zakopane
Le Polonais Adam Malysz a
remporté sous la neige le premier
des trois concours de Coupe du
monde de saut prévus à
Zakopane. Simon Ammann (4e) a
manqué le podium pour deux
dixièmes de points. Vainqueur à
quatre reprises du Globe de cris-
tal, AdamMalysz(33ans) amis fin
àunelonguepériodededisetteen
signant son 39e succès en Coupe
du monde. Le moustachu polo-
nais n’avait plus triomphé à ce ni-
veau depuis son triplé réalisé en
mars 2007 à Planica.
Sixième et huitième le week-
end dernier à Sapporo, Simon
Ammann est privé de podium
pour la troisième fois consécutive.
Il conserve néanmoins sa troi-
sième place au classement géné-
ral. Le quadruple championolym-
pique a manqué le coche dans la
première manche, qu’il terminait
au 9e rang après s’être posé à
125,5 mètres «seulement». Il réus-
sissait ensuite le meilleur saut de
la finale en atterrissant à 135,5
mètres, mais échouait à 0,2 point
de la troisième marche du po-
dium occupée par l’Allemand Se-
verinFreund. SI
Sports
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
32
«Si Rafa me payait, ça fausserait notre relation»
Tennis Entretien avec
Toni Nadal dans les
coulisses de l’Open
d’Australie. L’oncle et
coach du numéro un
mondial raconte le
chemin parcouru
avec l’humilité qui
caractérise le clan. Il
nous fait comprendre
comment Rafa est
devenu Rafa
Propos recueillis par
Isabelle Musy, Melbourne
Le Temps: Rafa a commencé le
tennis à 4 ans. Avez-vous rapide-
ment pensé qu’il deviendrait pro?
Toni Nadal: Non. Même si, quand
tues l’entraîneur et l’oncle, tuas
envie de rêver à de grandes cho-
ses. C’est d’abordavec monregard
de parent que je le voyais devenir
unbonjoueur. Il se débrouillait
très bien. Il a remporté le Cham-
pionnat des Baléares à 8 ans, alors
que la limite d’âge était de 12 ans.
– Vous avez beaucoup misé sur
l’éducation…
– C’était essentiel à mes yeux.
D’abord, parce que c’est plus facile
de travailler avec ungarçonbien
élevé. Et deuxièmement, comme
c’est monneveu, je ne voulais pas
que les gens aient une mauvaise
image de lui. Pour unsportif, la
notionest importante. Elle signi-
fie que vous avez une discipline,
que vous savez écouter et vous
remettre enquestion. Sur un
court, Rafael a durespect pour
tout le monde, les ramasseurs de
balles, l’arbitre, ses adversaires.
C’est pareil endehors.
– Plus jeune, Federer était coléri-
que. Est-ce que Rafa s’énervait?
– Nonjamais. Il a toujours euun
bontempérament. Il n’a jamais
cassé de raquette.
– Sa force mentale est incroyable…
– Le sport est avant tout uneffort
et untravail mental. Passer la
balle par-dessus le filet n’est pas si
difficile. C’est l’attitude qui
compte. La capacité à surmonter
unobstacle. Certains n’ont pas
besoinde ça pour jouer autennis.
Quelqu’uncomme Federer a le
coupde raquette si facile qu’il
peut faire ce qu’il veut. Quand
Rafael était jeune, j’ai mis l’accent
sur le mental. C’est utile dans le
tennis et dans la vie. Onenrevient
à la notiond’éducation. Si tues
capable d’affronter les difficultés
de l’existence, tupeux aussi le
faire sur uncourt. Dans la famille,
ona été élevés avec l’idée que
dans la vie, il faut savoir regarder
l’adversité enface. J’ai habitué
Rafael à l’idée que les choses ne
vont pas toujours bien. Depuis
tout petit, il a appris que la vie est
faite de leçons à tirer.
– Est-ce vrai qu’il était droitier?
– Audébut, il faisait tout à deux
mains, coupdroit et revers. Il était
gaucher auniveaudes jambes,
alors je me disais qu’il l’était aussi
des bras. Ona commencé le ser-
vice enutilisant sa maingauche
et après, je lui ai fait faire son
coupdroit à une main, avec la
gauche. Mais aujourd’hui, je ne
sais pas ce qu’il est. La vérité, c’est
qu’il ne sait rienfaire de la main
gauche. Ni écrire, ni manger, ni
jouer augolf, ni lancer une balle.
– Comment est né son coup droit
«lasso»?
– Petit, face à des joueurs de son
âge, il avait ungeste normal.
Quandil a commencé à disputer
le tournoi de Monte-Carlo, il avait
moins de force que ses adversai-
res. Il avait tendance à frapper la
balle unpeutardet il s’est mis à
faire le lasso. Mais moi, toute ma
vie, je lui ai dit de frapper la balle
comme Federer.
– Il dit toujours que Federer l’a
aidé à élever son jeu…
– Si tute mesures avec quelqu’un
qui court systématiquement plus
vite que toi, tufais tout ce que tu
peux pour le rattraper. Quandtu
te retrouves face à unjoueur
comme Federer, tues obligé
d’élever tonniveauaumaximum.
– Rafa, c’est cette capacité à courir
sur toutes les balles…
– Tous les bons joueurs ont cette
capacité. Federer l’a. Monfils est
plus rapide que Rafael. Ferrer et
Djokovic aussi. Il y a très peude
différences.
– Alors qu’a-t-il en plus?
– Ce qu’il a enplus que tous les
autres, mais moins que Federer,
ce sont les titres enGrandChe-
lem. Je ne sais pas ce qu’il a en
plus. Quandje vois d’autres
joueurs, ils me paraissent aussi
bonque Rafael.
– Quel regard portez-vous sur le
jeu de Federer?
– Il a untoucher de balle unique.
Je ne connais pas de sportif – et je
ne parle pas que dutennis – qui
maîtrise sonsport comme Roger
le fait. Il a undes meilleurs servi-
ces dumonde, le meilleur coup
droit, une des meilleures volées,
le meilleur revers coupé, unbon
lift, unjeude jambes incroyable.
– Qu’a changé Paul Annacone?
– Il est plus agressif. Je l’ai constaté
à l’US Openet auMasters. Mais
plus que Paul Annacone, c’est la
défaite qui l’a changé. Il ena
connuplusieurs depuis son16e
GandChelemici, il y a unan. Il a
réalisé qu’il devait changer quel-
que chose et c’est ce qu’il fait.
C’était pareil pour Rafael l’an
dernier. Ons’est dit que si onne
faisait rien, c’était fini. Alors il a
changé de cordage et modifié son
service. Sonjeua évolué.
– Est-ce le fruit de votre travail?
– Oui, mais c’est une question
d’attitude. Le plus important pour
s’améliorer, c’est avoir envie de
progresser. Dans sa tête, Rafael est
habité enpermanence par le
désir de faire mieux. Tues obligé
de progresser sinonturecules.
Rafa sait qu’il ne peut pas se
reposer sur ses lauriers. Djokovic,
Murray et Söderling ne sont pas
loin. Et Federer, pfouh, il est
encore là. QuandRafael a décro-
ché sonpremier Roland-Garros,
je lui ai dit: «N’oublie pas qu’il y a
des joueurs qui ont gagné ici
avant toi, dont onpensait qu’ils
allaient remporter plusieurs
Roland-Garros, et qui n’enont
gagné qu’unseul.»
– La notion d’objectif à court
terme est-elle votre philosophie?
– Nous savons que c’est difficile de
gagner. Demain[samedi], nous
affrontons unjeune et très bon
joueur [Tomic]. Alors peut-être
qu’après-demain, nous serons
dans l’avion. Depuis qu’il est tout
petit, nous nous sommes tou-
jours fixé des objectifs à court
terme, pour le travail quotidien,
mais aussi à long terme. Pour
savoir quel cheminsuivre et se le
dessiner dans la tête, il faut
d’abordsavoir oùl’onveut aller.
– Certains comparent la relation
entre un joueur et son coach à
celle d’un couple. Chez vous, elle
est plutôt filiale…
– Dans uncouple, la relationen
principe est équilibrée. C’est du
50-50. Entre unjoueur et son
coach, c’est 90-10, voir 95-5. Le
joueur est le patron. Il paie son
coachet estime donc avoir le
pouvoir. Je vois souvent des
joueurs qui parlent mal à leur
entraîneur. Mais si le coachveut
garder sonjob, il doit s’écraser.
– Mais entre Rafael et vous, ce n’est
pas comme ça…
– Non. Sinon, je ne serais pas ici. Je
viens enAustralie pour aider mon
neveu. Mais s’il me parle une fois
mal, je rentre chez moi.
– Est-ce vrai que vous ne voulez pas
être rémunéré?
– Je ne veux pas recevoir d’argent
de monneveu. Aunmoment
donné, monfrère voulait que
Rafael me paie. J’ai refusé. Pour
pouvoir continuer à lui dire ce
que je veux. S’il me rémunérait,
cela fausserait notre relation.
– Il est comme un fils pour vous.
Comment gérez-vous l’aspect
émotionnel?
– C’est plus compliqué pour lui.
J’étais dur quandil était jeune car
entant qu’oncle, tute permets
plus facilement de t’énerver
contre le joueur après une dé-
faite. J’ai appris à contrôler ça.
– Il cherche souvent votre regard
sur le court. Pour se rassurer?
– C’est une habitude qu’il a prise
depuis tout petit. Certains m’ont
reproché de lui parler pendant les
matches, mais je ne dis rien.
Maintenant, il me regarde moins.
– On vous sent très proches…
– La famille est très soudée. C’est
aussi lié à l’attitude de Rafael. Je
crois qu’il aurait le même respect
avec unautre entraîneur.
– On a l’impression que la modes-
tie est une marque de fabrique
chez les Nadal…
– C’est plutôt la marque de notre
implicationdans le monde. Nous
ne faisons que passer une balle
par-dessus unfilet. Cela ne nous
rendpas supérieurs aux autres. Je
suis important pour ma famille.
Mais je ne suis qu’une personne
parmi des milliards. La modestie
n’a riend’extraordinaire. C’est
l’inverse qui n’est pas normal.
– Mais ce n’est pas évident de
rester modeste quand, comme
Rafa, on ne peut pas faire un pas
sans attirer les foules.
– Il sait que cette situationest due
aufait qu’il est numéro undans
sonsport et que dans quelques
années, ce se sera terminé. Et
surtout, il sait que cela ne le rend
pas plus important que les autres.
Quandj’étais jeune et que je
regardais Borg ouLendl à la
télévision, j’étais impressionné et
je pensais que ces champions
étaient des gens à part. Mainte-
nant que j’occupe la même place
sur le court que le coachde Borg,
je sais que Rafa n’est pas quel-
qu’unde spécial. Et moi encore
moins. J’endéduis qu’il n’y a
personne au-dessus des autres.
– Etes-vous fier de Rafael?
– Je n’aime pas ce terme mais je
suis content d’être ici, de voir
monneveugagner des titres.
– Sa plus grande qualité?
– Sur uncourt, c’est sa combati-
vité. Endehors, sa gentillesse.
– Les enfants l’adorent. Expliquez-
vous ce pouvoir d’attraction par sa
nature généreuse?
– Les jeunes aiment soncaractère
de battant. Alors que les person-
nes unpeuplus âgées apprécient
plus le côté gentlemande Fede-
rer. Par ailleurs – je ne devrais pas
dire ça vuque c’est monneveu–, il
n’y a pas beaucoupde joueurs qui
consacrent autant de temps à
signer des autographes. Il est
patient avec les enfants. Aures-
taurant, il va se lever jusqu’à sept
fois pendant le repas pour poser
avec des gens. Il dégage une
certaine proximité. Alors que
Federer paraît plus inaccessible,
davantage sur unpiédestal.
– Il paraît que vous faisiez croire à
Rafa que vous aviez des pouvoirs
magiques…
– Oui et je le fais encore avec mon
fils. Rafa était unpetit garçontrès
crédule. Alors je lui faisais croire
que j’étais ungrandjoueur de
l’ACMilanouque j’avais gagné
plusieurs fois le Tour de France
avec une mobylette. Je lui ai dit
aussi que j’étais unmagicien. Un
jour, je l’avais pris pour remplacer
unjoueur duclublors d’une
rencontre par équipe. Il avait
7 ans et devait affronter ungar-
çonde 12 ans. Alors pour le rassu-
rer, je lui ai dit que si je voyais
qu’il était mené auscore, je ferais
tomber la pluie pour interrompre
la partie. Il était moins fort que le
garçonmais courait sur toutes les
balles et le matchétait serré.
Quandla pluie est arrivée, il m’a
dit: «Ohnon, tudevrais l’arrêter,
je crois que je peux gagner.»
Toni Nadal
et son poulain,
ici sur leur terre
de prédilection.
«Nous ne faisons
que passer une balle
par-dessus un filet.
Cela ne nous rend
pas supérieurs
aux autres.»
PARIS, 31 MAI 2009
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Federer et Wawrinka poursuivent leur chemin
Le Bâlois et le Vaudois
sont en 8e de finale
Stanislas Wawrinka a sorti le
matchparfait le soir oùil le fallait.
Il a exécuté son pote Gaël Monfils
7-6 6-2 6-3 pour s’ouvrir les portes
de son premier huitième de finale
à Melbourne, qui l’opposera di-
manche à Andy Roddick.
Tout s’est joué sur la fin d’un
premier set àcouteauxtirés. Après
avoir été mené 0-30 à 5-5 sur son
service, Stanislas Wawrinka ga-
gnait cette première manche en
enlevant les cinq derniers points
du jeu décisif. Mené 4-2 dans le
tie-break, il a bénéficié de deux
cadeaux de Monfils sur les deux
derniers points: une amortie ratée
et une double faute.
La suite du match fut un vérita-
ble chemin de croix pour l’An-
tillais. Dominé dans l’échange, il a
cherché son salut dans d’impro-
bables montées au filet. Seule-
ment, la puissance et la précision
des passings de Wawrinka ont
rendu tous les efforts de Monfils
bien vains. Même s’il fut tendu à
l’instant de conclure, le Vaudois
ne fut plus inquiété. La différence
entre les deux joueurs sautait aux
yeux entre unWawrinka enpleine
confiance et un Monfils trop hési-
tant sur la tactique à suivre.
«Stanest très complet»
Roger Federer avait mille fois
raison de pronostiquer une vic-
toiredesoncompatriote. «Stanest
devenu un joueur très complet. Il
a gommé ses lacunes en retour et
dans le jeu de jambes, soulignait
le Bâlois. A mes yeux, il a l’avan-
tage sur Monfils.»
Il aura aussi ses chances face à
l’Américain Andy Roddick et il
n’est ainsi pas utopique d’envisa-
ger àMelbourne unpremier quart
de finale 100% helvétique dans le
cadre d’un tournoi du Grand Che-
lem.
Roger Federer, en tout cas, de-
vrait être au rendez-vous. Facile
vainqueur vendredi du Belge Xa-
vier Malisse (6-3 6-3 6-1), le nu-
méro deux mondial a repris son
rythme de croisière moins de qua-
rante-huit heures après avoir été
poussé dans ses derniers retran-
chements par Gilles Simon. Di-
manche en huitième de finale, Fe-
derer cherchera aussi le K.O. face à
l’Espagnol Tommy Robredo, qu’il
a battu lors de leur neuf rencon-
tres. SI
Défilés de mode à Milan:
couleurs chaudes
pour saison froide
Pages 36 et 37
A-t-on tendance
à poser trop facilement
des défibrillateurs internes
en Suisse? Page 34
Week-end
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Samedi 22janvier 2011
Leïla Ben Ali,
la coiffeuse, les lingots
et les grands hommes
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La biodynamie,
cette façon
de cultiver
la vigne
à l’écoute
du calendrier
lunaire et en
harmonie avec
le zodiaque,
gagne du terrain.
Pierre-
Emmanuel Buss
a rencontré
deux vignerons
qui l’appliquent
avec succès,
sans ésotérisme
mais avec tisanes
d’orties.
Journal de bord
Aupays des jours «fleurs»
et des jours «fruits»
Soleil glacé sur le Rhône. Dans
les vignes tout autour, les travaux
de taille ont commencé depuis
longtemps. Ici, audomaine Cornu-
lus, à Savièse, rien n’a été entrepris
avant le 6 janvier. C’est une règle
d’or de la biodynamie que Sté-
phane Reynard et Dany Varone,
cousins et copropriétaires, respec-
tent scrupuleusement. «L’Epipha-
nie marque l’inversion des cou-
rants de sève entre les phases
centripètes de l’automne et centri-
fuge duprintemps.»
Etre à l’écoute de la vigne, tenir
compte de l’influence magnétique
de la terre, de la lune et du soleil.
Diviser le calendrier en jours
«fruits» et enjours «fleurs». Arroser
ses vignes de tisanes d’orties. Voilà
quelques principes de la biodyna-
mie. Développée par l’anthroposo-
phe Rudolf Steiner, cette méthode
est encore perçue comme ésotéri-
que, voire sectaire. Difficile, pour-
tant, de contester son efficacité.
Convertis il y a plus de dix ans,
Marie-Thérèse Chappaz (Fully), les
frères Cruchon (Echichens), Ray-
mondPaccot (Féchy) et le duoRey-
nard & Varone, pour ne citer
qu’eux, appliquent ses principes
tout en ayant renforcé leur statut
de références de la viticulture.
Dany Varone et Stéphane Rey-
nard ont fait le pas de la biodyna-
mie dans un souci d’améliorer la
qualité. Aujourd’hui, ils l’appli-
quent sur 7 hectares, le reste des 8
autres étant cultivé en Production
intégrée. Avec succès! Cultivé en
biodynamie depuis 10 ans, le Cor-
nalin 2004 du Clos des Corbassiè-
res a reçu en 2007 le Prix honorifi-
que de meilleur vinétranger par le
GrandGuide des Vins de France.
«L’idéeétait detrouver unealter-
native aux molécules de synthèse
utilisées dans la viticulture tradi-
tionnelle, reprend Dany Varone.
Elles ont des effets sur les ceps, le
raisin et sur les êtres humains qui
le consomment. On s’est dit: al-
lons-y, on verra bien. Avec le recul,
on constate que nos vignes se por-
tent mieux. Elles se sont équili-
brées d’elles-mêmes et expriment
mieux la diversité de nos terroirs.»
Alors, pourquoi ne pas passer à
100%enbiodynamie? «Onne peut
pas se le permettre. Certaines de
nos 250 terrasses sont difficile-
ment accessibles, cela coûterait
trop cher.» Selon une étude réali-
sée avec Louis-Philippe Bovard, lui
aussi vigneron convaincu par la
biodynamie, cela impliquerait un
tiers detravail enplus. Dequoi ren-
chérir le prix de la bouteille.
k
Novembre: jours
«fruits» et jours
«racines»
Pour remplacer les engrais, her-
bicides et autres fongicides, l’huile
de coude ne suffit pas. Rudolf Stei-
ner a imaginé plusieurs prépara-
tions dynamisantes qui, mélan-
gées à l’eau dans une
centrifugeuse, permettent de ren-
forcer les défenses propres des
plantes. «Nous commençons en
novembre avec une pulvérisation
de 4 grammes par hectare de 501,
soit une préparation de silice de
corne, juste avant la chute totale
des feuilles, explique Dany. Celafa-
vorise la qualité du fruit. Fin no-
vembre, nous désinfectons le sol
avec 240 g par hectare de compost
de bouse MT (Maria Thun). Cela
favorise une restructuration ra-
pide des terres abîmées.»
Ces travaux sont réalisés à des
moments définis par le calendrier
lunaire et le positionnement des
planètes devant les constellations
zodiacales. «De manière générale,
la 501 s’applique un jour «fruit» et
les travaux du sol sont réalisés un
jour «racine», noteDany. Mais nous
ne sommes pas prisonniers de ce
calendrier. On est pragmatique.
On s’adapte à la météo et à la taille
dudomaine.»
k
Janvier àmars, lataille
enlune ascendante
Les jours commencent à rallon-
ger. Les travaux de taille débutent
de manière sélective. Au Domaine
Cornulus, on commence avec les
vignes de gamay et de pinot noir, à
700 mètres d’altitude. Cette année,
les premiers coups de sécateurs
ont été donnés le 11 janvier. «On
met l’accent sur nos meilleures vi-
gnes plus tard», précise Stéphane
Reynard.
Le mois de mars est mis à profit
pour latailledes meilleures parcel-
les, mais aussi des plus fragiles.
«C’est la période où la taille est la
plus équilibrante, assure Dany Va-
rone. Pour les jeunes vignes ou les
cépages difficiles, on fait attention
Dany Varone et Stéphane Reynard, cousins et copropriétaires du domaine Cornulus. Ils ont fait le pas de la biodynamie dans un souci d’améliorer la qualité. UVRIER, 20 JANVIER 2011/PHOTO: OLIVIER MAIRE/PHOTO-GENIC.CH
ö Suite en page 34
Week-end
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
34
Les maladies cardiovasculaires sont la
première cause de mortalité en Suisse et
dans les pays industrialisés. Dans l’arsenal
thérapeutique, les défibrillateurs cardiaques
implantables jouent un rôle toujours plus
important car ils permettent de traiter
efficacement les troubles du rythme graves
menant à une mort subite. Une étude améri-
caine parue dans la revue JAMAmontre
toutefois que dans plus de 20%des cas, ces
appareils sont implantés sans tenir compte
des recommandations de cardiologie. Un
excès de zèle qui a pour conséquence une
mortalité hospitalière plus élevée, des
complications postopératoires plus fréquen-
tes et un séjour hospitalier plus long. Et donc
des coûts plus élevés. Qu’en est-il en Suisse?
Explications d’Henri Sunthorn, médecin
adjoint au service de cardiologie des HUGet
spécialiste des troubles du rythme.
Le Temps: Faut-il s’alarmer des résultats
de l’étude américaine?
Henri Sunthorn: Cette étude montre surtout
un problème de timing dans le moment de
l’intervention. Dans les cas étudiés, les
chirurgiens sont intervenus trop tôt par
rapport aux recommandations. Normale-
ment, on attend 40 jours après un infarctus
avant de poser un défibrillateur interne, et
trois mois après un pontage. De plus, nous
n’intervenons pas lorsque l’atteinte cardia-
que est trop sévère (insuffisance cardiaque
de stade 4). Ce sont ces directives qui n’ont
pas été respectées. Mais il faut modérer ces
résultats. S’il est juste de dire qu’il ne faut en
général pas intervenir trop tôt après un
événement cardiaque, cela peut être justifié
dans certains cas. Et surtout, on ne sait pas
si les personnes qui ont été traitées trop tôt
n’auraient pas de toute façon eu des compli-
cations, avec ou sans intervention.
– Qu’entendez-vous par là?
– Par exemple, nous ne posons pas de défi-
brillateur à des personnes qui ont une insuf-
fisance cardiaque de stade 4. Nous atten-
dons que les choses se stabilisent et que le
patient soit revenu à un stade 3 ou 2. En-
suite, il peut arriver que le patient décède
parce qu’il est trop sévèrement atteint ou
qu’au contraire, il n’ait plus besoin d’une
intervention. L’étude américaine ne tient pas
compte de cela. Donc dans leur statistique
sur la mortalité, il y a probablement des
gens qui seraient décédés de toute façon.
On peut faire la même remarque pour les
complications. Mais encore une fois, c’est la
plupart du temps une erreur d’intervenir
trop tôt. L’étude montre que cette décision
est plus souvent prise par des médecins qui
ne sont pas des spécialistes. Seuls 66%des
médecins étaient des électrophysiologues,
soit des spécialistes du rythme cardiaque.
En Suisse, la plupart des médecins qui
posent des défibrillateurs internes sont des
spécialistes.
– A-t-on aussi tendance à poser trop facile-
ment des défibrillateurs internes en Suisse?
– La pause de défibrillateurs internes est en
augmentation. En 2009, nous en avons posé
110par million d’habitants en Suisse pour 80
en 2005. C’est 5 à 6 fois moins qu’aux
Etats-Unis (580/million d’habitants) et
moins qu’en Europe (150/million d’habi-
tants). Or on estime qu’en prévention pri-
maire, soit pour les gens qui n’ont jamais eu
de troubles du rythme mais qui ont un profil
à risque, il faudrait en implanter 800par
million d’habitants. Cette augmentation du
besoin s’explique par le vieillissement de la
population, mais aussi par l’efficacité de ce
dispositif pour sauver les vies des patients.
Les études abondent dans ce sens.
– Avec un défibrillateur, les personnes âgées
ne peuvent plus mourir?
– Si le cœur doit s’arrêter, il s’arrête, per-
sonne n’est immortel. Mais il y a en effet des
gens qui me demandent de l’enlever car ils
préfèrent partir soudainement d’un arrêt
cardiaque plutôt que d’une autre pathologie.
La pose de cet appareil en prévention pri-
maire concerne surtout les personnes de
moins de 70ans.
Défibrillateurs implantables: de l’excès de zèle?
Check-up
Par Marie-Christine
Petit-Pierre
au calendrier lunaire. Le plus favo-
rable est de tailler un jour «fruit»
en lune descendante. Nous avons
detrès bons résultats aveclecorna-
lin, un cépage qui a une forte ten-
dance à l’alternance. On obtient
des récoltes beaucoup plus régu-
lières qu’avant.»
k
Avril: prévenir plutôt
que guérir
Enavril, les vignerons effectuent
les premiers traitements fongi-
ques. En biodynamie, la lutte con-
tre les maladies de la vigne se fait
de manière préventive. L’oïdium
est combattu par du soufre, le mil-
diou par du cuivre. «Ce sont les
deux seuls traitements que nous
avons le droit d’utiliser, souligne
Dany Varone. Il peut y avoir des
problèmes. En 2007, le mildiou
nous a fait perdre 90% de la pro-
duction d’une parcelle de chasse-
las. Quand c’est parti, on ne peut
pas faire grand-chose. La seule op-
tion serait un traitement chimi-
que.»
L’utilisation parfois intensive du
cuivre–les doses augmentent aufil
des traitements – est un problème
souvent souligné par les adversai-
res de la biodynamie. La critique
amuse Dany Varone: «Le cuivre
n’est pas seulement utilisé en bio-
dynamie. Nous l’utilisons aussi en
production intégrée. L’utilisation
en parallèle de tisanes de prêle et
ortie/osier permet de réduire les
quantités utilisées.»
k
Mai: silice, cuivre
et tisanes
A la fin du mois de mai, deux
semaines avant la floraison, les vi-
gnerons procèdent à un deuxième
traitement de 501, de préférence
un jour «fruit». La poudre est pla-
cée dans un dynamiseur de 600 li-
tres. L’eauest mise enrotationpen-
dant une quinzaine de secondes
pour qu’elle garde «en mémoire»
les composants de la préparation.
«C’est un apport important «pour
la qualité du fruit», estime Dany
Varone.
Les traitements de soufre et de
cuivre – entre 6 et 10 selon les an-
nées – sont systématiquement ac-
compagnés de tisanes. Avec des
propriétés qui étonnent le pro-
fane. «En 2003, année de canicule,
la chaleur était telle que l’une de
nos vignes était complètement
amorphe, se souvient Dany. Les
feuilles étaient bouillantes. Il n’y
avait plus de mouvement de sève.
Sur le conseil d’unspécialiste, nous
avons pulvérisé une infusion d’or-
tie. 24 heures plus tard, la vigne
était repartie. C’était à peine croya-
ble.»
k
Juin: chasse
auxherbes folles
A l’approche de l’été, la végéta-
tion devient de plus en plus pré-
sente dans les vignes. Oiseaux ni-
cheurs, coccinelles et reptiles
témoignent de la vitalité des par-
celles cultivées en biodynamie. Le
vigneron ne laisse pas faire. «Mi-
juin, onbêche entre les rangs pour
éviter que l’herbe fasse concur-
rence à la vigne, indique Dany Va-
rone. Plus tard, on fauche. Si on
bêchait à nouveau, cela donnerait
l’indicationàlavignedecréer dela
végétation. Notre objectif n’est pas
de faire de la feuille, mais dufruit.»
L’intensité des traitements fon-
giques varie selon les millésimes.
L’humidité favorise le développe-
ment du botrytis cinerea, ou pour-
riture grise, qui prend possession
des baies deraisinavecunerigueur
militaire. La culture biodynami-
que offre deux solutions de traite-
ment: le talc et le lithothamne,
substances qui permettent de sé-
cher le raisinet de le protéger de la
pourriture.
k
Septembre:
des vendanges précoces
Les jours qui précèdent les ven-
danges, ils surveillent avec atten-
tion la maturité des grains. «Quel
que soit le cépage, nous sommes
toujours plus précoces en biody-
namie qu’en production intégrée,
indique Dany Varone. Nous ven-
dangeons une semaine plus tôt. Je
n’ai pas d’explication concrète.
Cela démontre l’importance du
type de culture sur le raisin.»
Les différentes étapes de la vini-
fication se déroulent de la même
manière qu’en viticulture tradi-
tionnelle. Aune exceptionnotable
près: rien n’est entrepris quand ce
n’est pas un jour «fruit», «fleur»,
«racine» ou«feuille». Une situation
qui, heureusement, ne se produit
que 2 à 3 fois par mois.
C’est unepériodemouvementée
pour Dany Varone, qui s’occupe de
la vinification. Il assure que la bio-
dynamie donne une typicité auvin
dès ledébut desaconception. «Ala
cave, on remarque d’emblée une
intensité aromatique plus forte.
Cela se confirme très souvent en
bouteille…» Pour conserver cette
expression particulière, les deux
cousins ont acheté une dizaine
d’œufs en béton dans lesquels ils
élèvent leurs blancs biodynami-
ques. «Leur légère porosité empê-
che la réduction que l’on retrouve
parfois en cuve inox, souligne
Dany Varone. Le béton apporte de
la fraîcheur au vin, loin du boisé-
vanillé standardisé des barriques.
C’est une excellente façon de valo-
riser la qualité de la matière pre-
mière. L’expérience est si con-
cluante que nous allons bientôt
nous lancer avec les rouges.»
$Suite de la page 33
La famille des
vignerons «bio»
La tendance «bio» s’est
fortement développée ces
quinze dernières années
dans les différents vigno-
bles européens. Plusieurs
philosophies cohabitent,
souvent étroitement con-
nectées. Petite revue de
détail.
ö La viticulture biologique
ne tolère aucune molécule
chimique de synthèse. Seuls
des produits présents dans
la nature comme le soufre
et le cuivre peuvent être
utilisés pour le traitement
de la vigne. L’objectif est de
favoriser un équilibre entre
les différentes maladies et
les différents insectes
présents dans le vignoble.
Les principes culturaux sont
régis par un cahier des
charges européen. Si le
raisin est «bio», la situation
est beaucoup moins claire
pour le vin. Le taux maximal
de soufre autorisé varie
selon les régions viticoles.
ö La biodynamie, ou agri-
culture biologique dynami-
que, ou agriculture biologi-
que dynamique, est un
système de production
agricole dont les bases ont
été posées par l’anthropo-
sophe Rudolf Steiner dans
les années 1920. Les vigne-
rons biodynamiques sont à
coup sûr certifiés «biologi-
ques». Par conviction, ils
vont plus loin. Ils s’appli-
quent à redonner à la plante
et au sol une résistance et
une vitalité déréglées selon
eux par les produits de
synthèse. Ades degrés
divers, le calendrier lunaire
est pris en compte pour
effectuer les principaux
travaux à la vigne.
ö Les «bio-naturels» sont
non seulement hostiles aux
traitements chimiques dans
les sols, ils refusent aussi
toute adjonction de pro-
duits exogènes lors de la
vinification. Dans leur
viseur: le soufre (SO2),
ajouté en cave pour stabili-
ser les vins et les empêcher
de s’oxyder. Sans soufre,
une bouteille doit être
gardée à moins de 14 de-
grés pour éviter les dévia-
tions aromatiques ou les
reprises de fermentation.
Selon leurs défenseurs, les
vins sans soufre permettent
d’exprimer plus fidèlement
le caractère du fruit. P.-E. B.
Tonneaux de fûts de chêne. Les différentes étapes de la vinification se déroulent de la même manière qu’en viticulture traditionnelle. SAVIÈSE, 21 JANVIER 2011
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Dany Varone s’occupe de la vinification. Il assure que la biodynamie
donne une typicité au vin dès le début de sa conception. SAVIÈSE, 21 JANVIER 2011
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Devant la cave. Les deux cousins ont acheté une dizaine d’œufs en béton
dans lesquels ils élèvent leurs blancs biodynamiques. SAVIÈSE, 21 JANVIER 2011
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35 Week-end
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Le collectif Tendance Floue fête ses 20ans
Uncertainregard
Tendance Floue, collectif français de photogra-
phes, a été créé il y a tout juste vingt ans. Ni agence ni
coopérative, le groupe a été pensé comme la réunion
fructueuse de cinq personnalités. Les membres sont
désormais une quinzaine, travaillant sur des sujets
extrêmement variés, politiques, culturels, sociétaux.
Pour fêter ses deux décennies, le collectif organise
une série d’expositions à Paris courant février. Ici, un
extrait du travail de Bertrand Meunier au Japon, où
l’onvoit unfande manga déguisé ensonpersonnage
favori. Une image angoissante, si l’on ne connaît pas
sonhistoire. Caroline Stevan
www.tendancefloue.net
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Week-end
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
36
Bon appétit
Par Maxime Pietri
Salades de pommes de terre
Une bonne salade de pommes de
terre, pour le gourmand, est la perfec-
tiondubonheur. C’est aussi uncau-
chemar quandelle est bricolée à la
six-quatre-deux, comme l’emplâtre
bidouillé pour la fête des voisins.
Alors?
Ali-Babconjuguelapommedeterre
ditedeHollande, peaurougesur chair
fermeet jaune, avec ici des pommes
reinetteet duhareng, oulàavec des
reinettes biensûr, mais aussi dela
choucroute. Dans cedernier cas, le
maestroprécisequecet apprêt con-
vient plutôt aux estomacs robustes.
L’avis de Saint-Ange? Elle cuisine
aussi des Hollande qu’elle fait cuire,
nonpelées, plongées dans une eau
froide et couvertes, à même ces
tubercules, d’unlinge replié. Pour-
quoi? Mystère et boule de suif. Eplu-
cher brûlant et couper enlamelles
mesurant le quart de 1 cmd’épais-
seur. Verser dans une sauce compo-
sée d’une vinaigrette fortifiée de vin,
de bouillonet d’herbes, et attendre,
pour servir, qu’elles aient absorbé
tout le liquide. Le passage clé de la
recette étant que les patates soient
plongées chaudes dans la sauce,
même si elles doivent être servies
froides.
Que dit Robuchon, lui qui avait son
producteur de pommes de terre
attitré, Jean-Pierre Clot, enSeine-et-
Marne*, lequel lui fournissait, entre
autres, les célèbres grosses rattes
que le chef montait enpurée plus
aérienne qu’une aile de chérubin? Ce
CompagnonduTour de France préco-
nise nombre de tubercules à chair
jaune et ferme, mais insiste sur celles
dulittoral bretonoude ses îles:
«Petites terres légères et sableuses,
amendées de compost organique,
mélange fermenté dutype goémon
oualgues d’échouage, produisant les
meilleures pommes de terre du
monde.»Bref, il décrit treize salades,
dont la Caennaise pour accompagner
dupoisson(avec, entre autres, cidre
brut, oseille, calvados, paprika), la
Jurassienne pour le gibier (fenouil,
genièvre, fromage radis roses et
kirsch), ouencore celle aux endives
pour des viandes blanches et froides
(coriandre, piments oiseaux, cuminet
safrandans le bouillon).
Chez nous? Elles cuisent, pelées et
détaillées encubes, encompagnie de
petits dés de gingembre frais, dans
une eausalée, départ à froid. Cuisson
al dente et verser, chaud, dans unbol
de vinblanc sec. Une fois le vinab-
sorbé, réchauffer et napper d’une
vinaigrette à l’huile de noix, avec
échalote et persil haché.
*C’était le cas en 1994 quand est paru
«Le meilleur et le plus simple de la
pomme de terre», chez Flammarion.
Nous ignorons si c’est encore vrai.
collections printanières (les plus
belles depuis des années, avis) en
les apaisant àpeine. Celadonnedes
pantalons gaufrés rose malabar
matchés avec unechemisenoireou
une parka sombre. Des pulls pastel
couronnés de cols bi ou tricolores
vifs. La couleur comme une façon
de tout recommencer, de remettre
le classicisme duvestiaire masculin
à zéro.
La couleur pour enterrer, une
fois pour toutes, l’ostentation du
bling-bling. L’énergie de la couleur
plutôt que l’assurance dunoir. Une
virilité faite d’un peu plus de trans-
gression. Moins d’obéissance aux
codes hérités. Confiance, légèreté.
La couleur de l’espoir.
Prochain rendez-vous:
Lundi chez Louis Vuitton
De gauche à droite: Jil Sander, D&G, Bottega Veneta, Burberry Prorsum, Prada. Extraits des défilés automne-hiver 2011-2012. La couleur calorifique. MILAN, JANVIER 2011/PHOTOS: THEOCRETA/TRENDSPOT
C’est une tradition neuchâteloise.
Depuis 1995, le Non Filtré est
présenté au public le troisième
mercredi du mois de janvier. Une
date fixée par le Conseil d’Etat pour
éviter que les producteurs se bous-
culent pour sortir leur vin primeur
avant les autres. Cette spécialité –
car c’en est une – représente
aujourd’hui 8%de la production de
chasselas du canton, soit environ
120000 litres.
Présenté cette semaine, le millé-
sime 2010tient toutes ses promes-
ses. Ala tête du Domaine Saint-Sé-
baste, à Saint-Blaise, Jean-Pierre
Kuntzer souligne l’importance d’un
automne sec et frais qui a permis
d’obtenir une excellente qualité de
raisin. Le moût bénéficiait d’une
teneur en sucre élevée – 81 degrés
Oechslé à la fin des vendanges, le
20 octobre – et d’une acidité supé-
rieure au millésime 2009.
Comme son noml’indique, le Non
Filtré ne subit pas de filtration avant
la mise en bouteille. Sa robe pré-
sente une forte turbidité induite par
les lies en suspension. Caractéristi-
que qui lui donne un profil aro-
matique original et améliore
son potentiel de vieillissement.
Le Saint-Sébaste 2010présente
un bouquet expressif avec des
notes de tilleul, de fleurs blan-
ches, d’agrumes et de bonbon
acidulé. L’attaque en bouche
est souple avec une jolie
matière soulignée par un
léger carbonique. Un vin
frais, harmonieux et séduc-
teur parfait à l’apéritif ou
pour accompagner une
mousse de poissons du lac.
Il est possible de le garder
plusieurs années en cave.
Dans ce cas de figure, il ne
faut pas secouer la bou-
teille avant de servir comme on le
fait avec le primeur. Les vieilles lies
risqueraient de dénaturer le vin.
Ala tête du Domaine Saint-Sébaste
depuis 1992 après dix ans d’asso-
ciation avec son père, Jean-Pierre
Kuntzer est propriétaire de près de
20hectares de vignes. Régulière-
ment récompensé au niveau natio-
nal, il vient de lancer des sélec-
tions parcellaires, démarche peu
répandue à Neuchâtel. Pinot noir
d’inspiration bourguignonne
lancé en 2008, le Clos de la
Perrière a été élaboré avec le
concours de Jacques Tatasciore
(LTdu 12.07.2010), qui utilise
une partie de la cave de
Saint-Blaise. Un gage de
qualité.
Où l’acheter?
Domaine Saint-Sébaste,
Jean-Pierre Kuntzer, rue
Daniel-Dardel 11, 2072
Saint-Blaise. Tél. 032 753 14
23. www.kuntzer.ch Prix: Fr.
10,80.
Vinothèque
Par
Pierre-Emmanuel
Buss
Non Filtré 2010, Saint-Sébaste
Détails à la hausse
Survol des tendances masculines observées
aux défilés milanais, outre les couleurs et les
accessoires évoqués sur la page de gauche:
äLa pochette dans la veste de costume.
Ala ville comme à la campagne. Plutôt impri-
mée «mouchoir» (rayures, carreaux) et
joliment chiffonnée que blanche et pliée en
carré. En principe désassortie. Si on tient
absolument à assortir sa pochette, l’accorder
à la chemise plutôt qu’à la cravate (ce que
seuls les ploucs et les hyperdandys au 3e
degré feront).
äLe gris. Le beige. Et pas le noir.
äLes cravates à carreaux, rayées et plutôt
foncées. Moins de nœuds papillon.
äLe pantalonà pinces (petits plis sous la
ceinture plutôt taille basse). Le pantalon
caleçon (Neil Barrett). Autrement dit: net
recul du pantalon slim.
äLa veste de costume se porte encore plus
courte, si, si. Chez Dolce &Gabbana, elle se
fait même spencer. Appliquée au costume
d’affaire «sérieux», cette tendance de mode
rendplus que jamais observable la règle qui
prévaut dans le costume classique: quandles
bras sont relâchés le long du corps, le bord
inférieur de la veste de costume doit s’arrêter
à la même hauteur que le poignet. Ou à peine
plus bas!
äLe cardigantricoté qui ressemble à une
veste classique à double boutonnage. La
veste de costume à pans croisés et double
boutonnage.
äLe soir, la chaussure de velours. Elle rem-
place la chaussure vernie (et même le jour).
äLe pantalonporté dans la chaussette qui
dépasse de la botte lacée. Le pantalon super-
court qui laisse voir la cheville.
äLe visage glabre. Toutes ces barbes, dans
les magazines et même sur les plateaux des
émissions de sport, cela finissait par être
barbant.
äLe manteau. Pour l’automne 2011: plutôt
précieux, travaillé, plis dans les dos, martin-
gale, presque trapèze comme dans les années
1960. Voir le manteau bleu Burberry Prorsum,
ci-dessus.
äLe créateur turc Umit Benan
(LTdu 20.01.2011). Future star?
äLes bottes lacées aux semelles crantées,
épaisses, avec profil bien dessiné (de Bally à
Church’s). Les semelles légèrement compen-
sées (Prada, etc.).
äLe velours un peu fatigué. La veste du soir
en velours un peu molle, qui tire sur la ja-
quette. Cf. Bottega Veneta, élégantissime
le soir.
äUndétail fourrure décalé. Cf. les cols
desmokingenvisonblanc chez Burberry
Prorsum.
äLes larges rayures horizontales sur les
pull-overs.
äLe style collège d’hier (cravate mince Eavy
League) mélangé au style collège
d’aujourd’hui (doudounes, baskets de cou-
leurs, jean). Comme le gars à lunettes de
soleil, ci-dessus.
äLes gilets, le motif prince-de-galles, les
costumes gris perle. Les cheveux plaqués à la
brillantine, avec raie de côté. Une panoplie
plutôt virile, portant haut les signes de classi-
cisme. Bref, tout ce qui permettra aux hom-
mes de se prendre pour le héros de la série
«MadMen». Et de leur faire croire, en ce
siècle d’identités troublantes que les mecs
viennent vraiment de Mars. St. Bo.
Le nez dehors
Après-ski
U Champéry s’enflamme le
temps d’une soirée: cracheurs de
feu, clown, musique, vinchaud.
Sa 22, 15h30-19h30. Rue du Village,
Champéry. Accès libre, animations
gratuites. Rens. www.champery.ch
Parapente
U La Mauler Cup, compétition
internationale de parapente, a
lieu ce week-endà Zinal. Dé-
monstrations, vols de groupes et
souper. Sa 22, 8h30-18h30, di 23,
10h-16h. Prix public: fr. 75. –, (sou-
per et abonnement de ski pour deux
jours).
Rens. www.vol-libre.ch
PUBLICITÉ
La coiffeuse
et les lingots
Par Stéphane
Bonvin
Village
people
dont elle a rapidement des filles
avant l’arrivée d’unfils, enfin,
quandelle aura déjà 47ans.
Entre-temps, elle et sonclan
auront largement mené leur
razzia économico-politique. Y
compris sur le président lui-
même, toujours plus dépendant
de sonépouse, instable aupoint
de croire aupouvoir magique du
chiffre 7(imprimé sur des tim-
bres, érigé enmonuments, etc.).
Leïla projetait-elle de succéder à
sonmari? Onle lit.
Leïla la «Régente de
Carthage». La «Lady
Macbeth» de Tunis. La
«Pompadour africaine».
Et, biensûr, la «coiffeuse
aux lingots». Cette my-
thologie de pacotille mon-
tre comment l’imagination
divague vite, quandil s’agit de
décrire les épouses des hommes
aupouvoir. Que ces derniers
soient admirables oucrapuleux
ne change rienà cette manière,
finalement sexiste, de penser les
femmes de l’ombre. Leïla la ré-
gente. Mais Carla l’ambitieuse.
Michelle la solide. Hillary l’indis-
pensable. Camilla la patiente.
Pourquoi, dans la presse people,
les hommes de pouvoir finissent-
ils si souvent par avoir l’air dépen-
dants de leur épouse? Par ressem-
bler à l’enfant de leur femme?
Sur les photos, elle a des habits
qui brillent unpetit peutrop. Et
une manucure unpetit peutrop
voyante. Comme si Leïla BenAli,
l’épouse de l’ex-président de
Tunisie, avait l’air de ce qu’elle est:
une femme unpetit peu, oh, rien
qu’untout petit peutropamorale
pour avoir puréprimer sonambi-
tionet puis sa chute.
Passons sur le caractère tragi-
que de ce qui s’est passé enTuni-
sie. Il y a, dans ce journal sérieux,
des pages pour enparler avec
hauteur. Et attardons-nous –
n’est-ce pas là le destinde
cette chronique évaporée?
– sur l’aspect romanesque
de cette Leïla BenAli: une
coiffeuse griffue, devenue
cheffe de clanmafieux,
manipulant sonmari, sonpays,
ses alliés internationaux, mariant
sa famille à des puissants comme
onplace des chiots. Et qui se
serait enfuie avec 1,5 tonne d’or.
Onl’imagine, la veille dudépart,
endéshabillé mauve et mules à
plumettes, donnant des ordres
pour que ses gens remplissent ses
malles Vuittonde lingots, allez,
ouste, ouje lâche mes pits.
Leïla est née, comme sondicta-
teur de mari, dans une famille
très pauvre. Elle est mariée quand
elle rencontre celui qui n’est
encore que le général BenAli et
Beaux
encouleurs
Stéphane Bonvin est rentré des défilés de mode milanais.
Il y a vu des hommes en orange, bleu ciel, rouge et vert.
Et il se demande si, l’hiver, la couleur nuit gravement à la virilité
Cinq accessoires-clés
Prada.
Le mi-bas lurex, why not?
T
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Ermenegildo
Zegna.
La cravate
fine
à carreaux
ou rayée.
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Bally. Semelle épaisse, bottine lacée.
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Marni. Chapeau
Borsalino revisité.
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Gucci.
Grand
retour
de la
serviette.
D
R
L’homme est laproie de sonom-
bre. Et cela fait deux siècles que
cela dure. L’homme est le prison-
nier dugris des murs. Et cen’est pas
demain qu’il s’en évadera.
L’homme est le vassal du noir, du
bleu sombre, du brun ou du vert
foncé. Et c’est comme cela depuis
que la bourgeoisie et l’austérité de
son costume ont relégué, en Occi-
dent, la couleur au rayon des aris-
tos déchus, des narcissiques oisifs,
des pas assez virils et des trop soi-
gnés. Voyeur, oui. Voyant, non.
C’est ce que l’onse remémorait à
Milan, toute la semaine, en regar-
dant les marques transalpines du
luxe et de la mode faire défiler
leurs collections pour l’automne et
l’hiver 2011. De mémoire de chro-
niqueur demode, onn’avait jamais
vu saison froide autant réchauffée
par des couleurs d’été indien. Spé-
cificitéitalienne?Stratégiedemar-
ques en mal de publicité qui se
retrouvera très atténuée en vitrine
et dans la rue? N’empêche.
N’empêche que les quatre mar-
ques à suivre à Milan, qui valent le
détour pour leurs qualités de
scouts des tendances, ont joué, au
sens propre, les éclaireurs.
Burberry Prorsum, d’abord.
Christopher Bailey a délaissé les
trenches maison pour des man-
teaux plus urbains, directement
inspirés des années 1960. Gros car-
reaux rouges et noirs. Ou jaunes.
Tons de ciel bleu après l’orage. Par-
dessus caramel luisants. Burberry
couvre ses clients de manteaux lé-
gèrement trapézoïdaux, courts,
taillés dans des laines bouillies et
parés de raffinements, jeux de
martingales, plis dans le dos. Une
ambiance pré-swinging London
ponctuée de touches vison. La cou-
leur de l’insouciance. Celle de l’at-
tente, de la confiance des années
60 qui se défirent de leurs conven-
tions blindées. Le qu’en dira-t-on,
l’androgynie, la couleur? Même
pas peur.
Grandes pièces decouleurs défi-
lant comme des monochromes
chezBottegaVenetaaussi. Entoute
beauté, la maison délivre, sur un
fond anthracite, des cabans carrés
couleur jus d’orange ou sanguine,
des pantalons de velours côtelés
éclatants. Subtilité des mariages
d’unvert anis avec unvert pistache,
pantalon lichen et col roulé mou-
tarde. Ici, le soir est encore plus
désirable que le jour, avec des ves-
tes de velours relâchées, flottant
dans le sillage d’une écharpe nuit.
Peu de couleurs, finalement, mais
une telle subtilité qu’ona l’impres-
siond’enavoir vubeaucoup.
Mais c’est évidemment avec
Prada et Jil Sander que les couleurs
prennent une valeur subversive
autant qu’esthétique. Les deux
marques ayant d’ailleurs déjà sur-
colorisé leurs vestiaires pour le
printemps qui s’annonce.
Prada revient à ses sources. So-
briété bizarre, pantacourts incon-
grus, gris vibrants, costumes au
cordeau. Sur cette base trémen-
dent les fameux motifs Prada, dé-
calés, à la limite du mochouille.
Cette fois, les petits dessins rose
fané, vert bouteille et marron sont
traités dans unlurexqui donneàla
couleur une valeur précieuse et dé-
risoire, tendre autant qu’ironique.
Comme dans ces chaussettes mon-
tantes bordeaux ou bleues qui dé-
passent des pantalons golf. Défi-
lent de grandes valises de
représentant de commerce bleu
dragée. Des vestes à motif losange
orange et bordeaux. La couleur,
pour dire l’étrangeté. La couleur
pour se hisser au-dessus de la mê-
lée. Celle des hommes sombres.
Et puis à côté du rouge qui élec-
trise Dolce & Gabbana, à côté des
tons roseindiens vus chezGucci ou
Vivienne Westwood, à côté d’une
palanquée de marques travaillant
les bordeaux, les oranges brûlés et
les caramels, à côté du défilé D&G
très réussi dans sa façon de mélan-
ger les couleurs comme un écran
d’iPad saturé d’applications, il y a
Jil Sander. Raf Simons reprend la
palette fluoqu’il a utilisée pour ses
<wm>10CEXKMQ6AIAxG4RPR_G2Boh0JTMRBjScwzt5_0rg4vG96Y3gifNW27G11Bk8IZmpQLyKEaK7IxFEczEVeZk6iWnJU_-9Qe9iADhxgus_rAbUomaJdAAAA</wm>
<wm>10CAsNsjY0MLQ00DU3NzY3MAYABwGobA8AAAA=</wm>
dès CHF 165.- pour 2 nuits*
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www.juravaudois.ch
Ballons
U Plus de 80 montgolfières s’affi-
chent au 33e Festival internatio-
nal de ballons de Château-d’Œx.
Sa 22, 9h45-17h, di 23, 9h45-16h.
Château-d’Œx. Adultes fr. 9. –, en-
fants (14ans) gratuit. Vols passagers:
adultes, fr. 299. –, enfants, fr. 150.-.
Rens. www.ballonchateaudoex.ch
Freestyle
U Le Montreux Jib Festival,
compétitionde ski et snowboard
freestyle, a lieu ce week-end.
Sa 22, 9h-21h15, di 23, 10h30-
16h30. Place du Marché, Montreux.
Accès libre. Rens. http://mon-
treuxjib.ch Magali Dubey
37 Week-end
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
Bon appétit
Par Maxime Pietri
Salades de pommes de terre
Une bonne salade de pommes de
terre, pour le gourmand, est la perfec-
tiondubonheur. C’est aussi uncau-
chemar quandelle est bricolée à la
six-quatre-deux, comme l’emplâtre
bidouillé pour la fête des voisins.
Alors?
Ali-Babconjuguelapommedeterre
ditedeHollande, peaurougesur chair
fermeet jaune, avec ici des pommes
reinetteet duhareng, oulàavec des
reinettes biensûr, mais aussi dela
choucroute. Dans cedernier cas, le
maestroprécisequecet apprêt con-
vient plutôt aux estomacs robustes.
L’avis de Saint-Ange? Elle cuisine
aussi des Hollande qu’elle fait cuire,
nonpelées, plongées dans une eau
froide et couvertes, à même ces
tubercules, d’unlinge replié. Pour-
quoi? Mystère et boule de suif. Eplu-
cher brûlant et couper enlamelles
mesurant le quart de 1 cmd’épais-
seur. Verser dans une sauce compo-
sée d’une vinaigrette fortifiée de vin,
de bouillonet d’herbes, et attendre,
pour servir, qu’elles aient absorbé
tout le liquide. Le passage clé de la
recette étant que les patates soient
plongées chaudes dans la sauce,
même si elles doivent être servies
froides.
Que dit Robuchon, lui qui avait son
producteur de pommes de terre
attitré, Jean-Pierre Clot, enSeine-et-
Marne*, lequel lui fournissait, entre
autres, les célèbres grosses rattes
que le chef montait enpurée plus
aérienne qu’une aile de chérubin? Ce
CompagnonduTour de France préco-
nise nombre de tubercules à chair
jaune et ferme, mais insiste sur celles
dulittoral bretonoude ses îles:
«Petites terres légères et sableuses,
amendées de compost organique,
mélange fermenté dutype goémon
oualgues d’échouage, produisant les
meilleures pommes de terre du
monde.»Bref, il décrit treize salades,
dont la Caennaise pour accompagner
dupoisson(avec, entre autres, cidre
brut, oseille, calvados, paprika), la
Jurassienne pour le gibier (fenouil,
genièvre, fromage radis roses et
kirsch), ouencore celle aux endives
pour des viandes blanches et froides
(coriandre, piments oiseaux, cuminet
safrandans le bouillon).
Chez nous? Elles cuisent, pelées et
détaillées encubes, encompagnie de
petits dés de gingembre frais, dans
une eausalée, départ à froid. Cuisson
al dente et verser, chaud, dans unbol
de vinblanc sec. Une fois le vinab-
sorbé, réchauffer et napper d’une
vinaigrette à l’huile de noix, avec
échalote et persil haché.
*C’était le cas en 1994 quand est paru
«Le meilleur et le plus simple de la
pomme de terre», chez Flammarion.
Nous ignorons si c’est encore vrai.
collections printanières (les plus
belles depuis des années, avis) en
les apaisant àpeine. Celadonnedes
pantalons gaufrés rose malabar
matchés avec unechemisenoireou
une parka sombre. Des pulls pastel
couronnés de cols bi ou tricolores
vifs. La couleur comme une façon
de tout recommencer, de remettre
le classicisme duvestiaire masculin
à zéro.
La couleur pour enterrer, une
fois pour toutes, l’ostentation du
bling-bling. L’énergie de la couleur
plutôt que l’assurance dunoir. Une
virilité faite d’un peu plus de trans-
gression. Moins d’obéissance aux
codes hérités. Confiance, légèreté.
La couleur de l’espoir.
Prochain rendez-vous:
Lundi chez Louis Vuitton
De gauche à droite: Jil Sander, D&G, Bottega Veneta, Burberry Prorsum, Prada. Extraits des défilés automne-hiver 2011-2012. La couleur calorifique. MILAN, JANVIER 2011/PHOTOS: THEOCRETA/TRENDSPOT
C’est une tradition neuchâteloise.
Depuis 1995, le Non Filtré est
présenté au public le troisième
mercredi du mois de janvier. Une
date fixée par le Conseil d’Etat pour
éviter que les producteurs se bous-
culent pour sortir leur vin primeur
avant les autres. Cette spécialité –
car c’en est une – représente
aujourd’hui 8%de la production de
chasselas du canton, soit environ
120000 litres.
Présenté cette semaine, le millé-
sime 2010tient toutes ses promes-
ses. Ala tête du Domaine Saint-Sé-
baste, à Saint-Blaise, Jean-Pierre
Kuntzer souligne l’importance d’un
automne sec et frais qui a permis
d’obtenir une excellente qualité de
raisin. Le moût bénéficiait d’une
teneur en sucre élevée – 81 degrés
Oechslé à la fin des vendanges, le
20 octobre – et d’une acidité supé-
rieure au millésime 2009.
Comme son noml’indique, le Non
Filtré ne subit pas de filtration avant
la mise en bouteille. Sa robe pré-
sente une forte turbidité induite par
les lies en suspension. Caractéristi-
que qui lui donne un profil aro-
matique original et améliore
son potentiel de vieillissement.
Le Saint-Sébaste 2010présente
un bouquet expressif avec des
notes de tilleul, de fleurs blan-
ches, d’agrumes et de bonbon
acidulé. L’attaque en bouche
est souple avec une jolie
matière soulignée par un
léger carbonique. Un vin
frais, harmonieux et séduc-
teur parfait à l’apéritif ou
pour accompagner une
mousse de poissons du lac.
Il est possible de le garder
plusieurs années en cave.
Dans ce cas de figure, il ne
faut pas secouer la bou-
teille avant de servir comme on le
fait avec le primeur. Les vieilles lies
risqueraient de dénaturer le vin.
Ala tête du Domaine Saint-Sébaste
depuis 1992 après dix ans d’asso-
ciation avec son père, Jean-Pierre
Kuntzer est propriétaire de près de
20hectares de vignes. Régulière-
ment récompensé au niveau natio-
nal, il vient de lancer des sélec-
tions parcellaires, démarche peu
répandue à Neuchâtel. Pinot noir
d’inspiration bourguignonne
lancé en 2008, le Clos de la
Perrière a été élaboré avec le
concours de Jacques Tatasciore
(LTdu 12.07.2010), qui utilise
une partie de la cave de
Saint-Blaise. Un gage de
qualité.
Où l’acheter?
Domaine Saint-Sébaste,
Jean-Pierre Kuntzer, rue
Daniel-Dardel 11, 2072
Saint-Blaise. Tél. 032 753 14
23. www.kuntzer.ch Prix: Fr.
10,80.
Vinothèque
Par
Pierre-Emmanuel
Buss
Non Filtré 2010, Saint-Sébaste
Détails à la hausse
Survol des tendances masculines observées
aux défilés milanais, outre les couleurs et les
accessoires évoqués sur la page de gauche:
äLa pochette dans la veste de costume.
Ala ville comme à la campagne. Plutôt impri-
mée «mouchoir» (rayures, carreaux) et
joliment chiffonnée que blanche et pliée en
carré. En principe désassortie. Si on tient
absolument à assortir sa pochette, l’accorder
à la chemise plutôt qu’à la cravate (ce que
seuls les ploucs et les hyperdandys au 3e
degré feront).
äLe gris. Le beige. Et pas le noir.
äLes cravates à carreaux, rayées et plutôt
foncées. Moins de nœuds papillon.
äLe pantalonà pinces (petits plis sous la
ceinture plutôt taille basse). Le pantalon
caleçon (Neil Barrett). Autrement dit: net
recul du pantalon slim.
äLa veste de costume se porte encore plus
courte, si, si. Chez Dolce &Gabbana, elle se
fait même spencer. Appliquée au costume
d’affaire «sérieux», cette tendance de mode
rendplus que jamais observable la règle qui
prévaut dans le costume classique: quandles
bras sont relâchés le long du corps, le bord
inférieur de la veste de costume doit s’arrêter
à la même hauteur que le poignet. Ou à peine
plus bas!
äLe cardigantricoté qui ressemble à une
veste classique à double boutonnage. La
veste de costume à pans croisés et double
boutonnage.
äLe soir, la chaussure de velours. Elle rem-
place la chaussure vernie (et même le jour).
äLe pantalonporté dans la chaussette qui
dépasse de la botte lacée. Le pantalon super-
court qui laisse voir la cheville.
äLe visage glabre. Toutes ces barbes, dans
les magazines et même sur les plateaux des
émissions de sport, cela finissait par être
barbant.
äLe manteau. Pour l’automne 2011: plutôt
précieux, travaillé, plis dans les dos, martin-
gale, presque trapèze comme dans les années
1960. Voir le manteau bleu Burberry Prorsum,
ci-dessus.
äLe créateur turc Umit Benan
(LTdu 20.01.2011). Future star?
äLes bottes lacées aux semelles crantées,
épaisses, avec profil bien dessiné (de Bally à
Church’s). Les semelles légèrement compen-
sées (Prada, etc.).
äLe velours un peu fatigué. La veste du soir
en velours un peu molle, qui tire sur la ja-
quette. Cf. Bottega Veneta, élégantissime
le soir.
äUndétail fourrure décalé. Cf. les cols
desmokingenvisonblanc chez Burberry
Prorsum.
äLes larges rayures horizontales sur les
pull-overs.
äLe style collège d’hier (cravate mince Eavy
League) mélangé au style collège
d’aujourd’hui (doudounes, baskets de cou-
leurs, jean). Comme le gars à lunettes de
soleil, ci-dessus.
äLes gilets, le motif prince-de-galles, les
costumes gris perle. Les cheveux plaqués à la
brillantine, avec raie de côté. Une panoplie
plutôt virile, portant haut les signes de classi-
cisme. Bref, tout ce qui permettra aux hom-
mes de se prendre pour le héros de la série
«MadMen». Et de leur faire croire, en ce
siècle d’identités troublantes que les mecs
viennent vraiment de Mars. St. Bo.
Le nez dehors
Après-ski
U Champéry s’enflamme le
temps d’une soirée: cracheurs de
feu, clown, musique, vinchaud.
Sa 22, 15h30-19h30. Rue du Village,
Champéry. Accès libre, animations
gratuites. Rens. www.champery.ch
Parapente
U La Mauler Cup, compétition
internationale de parapente, a
lieu ce week-endà Zinal. Dé-
monstrations, vols de groupes et
souper. Sa 22, 8h30-18h30, di 23,
10h-16h. Prix public: fr. 75. –, (sou-
per et abonnement de ski pour deux
jours).
Rens. www.vol-libre.ch
PUBLICITÉ
La coiffeuse
et les lingots
Par Stéphane
Bonvin
Village
people
dont elle a rapidement des filles
avant l’arrivée d’unfils, enfin,
quandelle aura déjà 47ans.
Entre-temps, elle et sonclan
auront largement mené leur
razzia économico-politique. Y
compris sur le président lui-
même, toujours plus dépendant
de sonépouse, instable aupoint
de croire aupouvoir magique du
chiffre 7(imprimé sur des tim-
bres, érigé enmonuments, etc.).
Leïla projetait-elle de succéder à
sonmari? Onle lit.
Leïla la «Régente de
Carthage». La «Lady
Macbeth» de Tunis. La
«Pompadour africaine».
Et, biensûr, la «coiffeuse
aux lingots». Cette my-
thologie de pacotille mon-
tre comment l’imagination
divague vite, quandil s’agit de
décrire les épouses des hommes
aupouvoir. Que ces derniers
soient admirables oucrapuleux
ne change rienà cette manière,
finalement sexiste, de penser les
femmes de l’ombre. Leïla la ré-
gente. Mais Carla l’ambitieuse.
Michelle la solide. Hillary l’indis-
pensable. Camilla la patiente.
Pourquoi, dans la presse people,
les hommes de pouvoir finissent-
ils si souvent par avoir l’air dépen-
dants de leur épouse? Par ressem-
bler à l’enfant de leur femme?
Sur les photos, elle a des habits
qui brillent unpetit peutrop. Et
une manucure unpetit peutrop
voyante. Comme si Leïla BenAli,
l’épouse de l’ex-président de
Tunisie, avait l’air de ce qu’elle est:
une femme unpetit peu, oh, rien
qu’untout petit peutropamorale
pour avoir puréprimer sonambi-
tionet puis sa chute.
Passons sur le caractère tragi-
que de ce qui s’est passé enTuni-
sie. Il y a, dans ce journal sérieux,
des pages pour enparler avec
hauteur. Et attardons-nous –
n’est-ce pas là le destinde
cette chronique évaporée?
– sur l’aspect romanesque
de cette Leïla BenAli: une
coiffeuse griffue, devenue
cheffe de clanmafieux,
manipulant sonmari, sonpays,
ses alliés internationaux, mariant
sa famille à des puissants comme
onplace des chiots. Et qui se
serait enfuie avec 1,5 tonne d’or.
Onl’imagine, la veille dudépart,
endéshabillé mauve et mules à
plumettes, donnant des ordres
pour que ses gens remplissent ses
malles Vuittonde lingots, allez,
ouste, ouje lâche mes pits.
Leïla est née, comme sondicta-
teur de mari, dans une famille
très pauvre. Elle est mariée quand
elle rencontre celui qui n’est
encore que le général BenAli et
Beaux
encouleurs
Stéphane Bonvin est rentré des défilés de mode milanais.
Il y a vu des hommes en orange, bleu ciel, rouge et vert.
Et il se demande si, l’hiver, la couleur nuit gravement à la virilité
Cinq accessoires-clés
Prada.
Le mi-bas lurex, why not?
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Ermenegildo
Zegna.
La cravate
fine
à carreaux
ou rayée.
D
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Bally. Semelle épaisse, bottine lacée.
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Marni. Chapeau
Borsalino revisité.
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Gucci.
Grand
retour
de la
serviette.
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L’homme est laproie de sonom-
bre. Et cela fait deux siècles que
cela dure. L’homme est le prison-
nier dugris des murs. Et cen’est pas
demain qu’il s’en évadera.
L’homme est le vassal du noir, du
bleu sombre, du brun ou du vert
foncé. Et c’est comme cela depuis
que la bourgeoisie et l’austérité de
son costume ont relégué, en Occi-
dent, la couleur au rayon des aris-
tos déchus, des narcissiques oisifs,
des pas assez virils et des trop soi-
gnés. Voyeur, oui. Voyant, non.
C’est ce que l’onse remémorait à
Milan, toute la semaine, en regar-
dant les marques transalpines du
luxe et de la mode faire défiler
leurs collections pour l’automne et
l’hiver 2011. De mémoire de chro-
niqueur demode, onn’avait jamais
vu saison froide autant réchauffée
par des couleurs d’été indien. Spé-
cificitéitalienne?Stratégiedemar-
ques en mal de publicité qui se
retrouvera très atténuée en vitrine
et dans la rue? N’empêche.
N’empêche que les quatre mar-
ques à suivre à Milan, qui valent le
détour pour leurs qualités de
scouts des tendances, ont joué, au
sens propre, les éclaireurs.
Burberry Prorsum, d’abord.
Christopher Bailey a délaissé les
trenches maison pour des man-
teaux plus urbains, directement
inspirés des années 1960. Gros car-
reaux rouges et noirs. Ou jaunes.
Tons de ciel bleu après l’orage. Par-
dessus caramel luisants. Burberry
couvre ses clients de manteaux lé-
gèrement trapézoïdaux, courts,
taillés dans des laines bouillies et
parés de raffinements, jeux de
martingales, plis dans le dos. Une
ambiance pré-swinging London
ponctuée de touches vison. La cou-
leur de l’insouciance. Celle de l’at-
tente, de la confiance des années
60 qui se défirent de leurs conven-
tions blindées. Le qu’en dira-t-on,
l’androgynie, la couleur? Même
pas peur.
Grandes pièces decouleurs défi-
lant comme des monochromes
chezBottegaVenetaaussi. Entoute
beauté, la maison délivre, sur un
fond anthracite, des cabans carrés
couleur jus d’orange ou sanguine,
des pantalons de velours côtelés
éclatants. Subtilité des mariages
d’unvert anis avec unvert pistache,
pantalon lichen et col roulé mou-
tarde. Ici, le soir est encore plus
désirable que le jour, avec des ves-
tes de velours relâchées, flottant
dans le sillage d’une écharpe nuit.
Peu de couleurs, finalement, mais
une telle subtilité qu’ona l’impres-
siond’enavoir vubeaucoup.
Mais c’est évidemment avec
Prada et Jil Sander que les couleurs
prennent une valeur subversive
autant qu’esthétique. Les deux
marques ayant d’ailleurs déjà sur-
colorisé leurs vestiaires pour le
printemps qui s’annonce.
Prada revient à ses sources. So-
briété bizarre, pantacourts incon-
grus, gris vibrants, costumes au
cordeau. Sur cette base trémen-
dent les fameux motifs Prada, dé-
calés, à la limite du mochouille.
Cette fois, les petits dessins rose
fané, vert bouteille et marron sont
traités dans unlurexqui donneàla
couleur une valeur précieuse et dé-
risoire, tendre autant qu’ironique.
Comme dans ces chaussettes mon-
tantes bordeaux ou bleues qui dé-
passent des pantalons golf. Défi-
lent de grandes valises de
représentant de commerce bleu
dragée. Des vestes à motif losange
orange et bordeaux. La couleur,
pour dire l’étrangeté. La couleur
pour se hisser au-dessus de la mê-
lée. Celle des hommes sombres.
Et puis à côté du rouge qui élec-
trise Dolce & Gabbana, à côté des
tons roseindiens vus chezGucci ou
Vivienne Westwood, à côté d’une
palanquée de marques travaillant
les bordeaux, les oranges brûlés et
les caramels, à côté du défilé D&G
très réussi dans sa façon de mélan-
ger les couleurs comme un écran
d’iPad saturé d’applications, il y a
Jil Sander. Raf Simons reprend la
palette fluoqu’il a utilisée pour ses
Ballons
U Plus de 80 montgolfières s’affi-
chent au 33e Festival internatio-
nal de ballons de Château-d’Œx.
Sa 22, 9h45-17h, di 23, 9h45-16h.
Château-d’Œx. Adultes fr. 9. –, en-
fants (14ans) gratuit. Vols passagers:
adultes, fr. 299. –, enfants, fr. 150.-.
Rens. www.ballonchateaudoex.ch
Freestyle
U Le Montreux Jib Festival,
compétitionde ski et snowboard
freestyle, a lieu ce week-end.
Sa 22, 9h-21h15, di 23, 10h30-
16h30. Place du Marché, Montreux.
Accès libre. Rens. http://mon-
treuxjib.ch Magali Dubey
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
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Clichés et absurdités enIsraël
Photographie Le
Lausannois Matthieu
Gafsou, aux origines
juives, travaille
à une exposition
des faux-semblants
de l’Etat hébreu
Caroline Stevan
Sur la carte de vœux qu’il a
choisi d’envoyer pour 2011, un
Chinois torse nu semblant défier
la montagne et la neige. Matthieu
Gafsou, photographe romand et
talentueux, aime figer l’absurde.
Il en a eu, dit-il, foule d’occa-
sions enIsraël, oùil vient depasser
un mois. Pourtant, il qualifie son
séjour de «désagréable». Le Lau-
sannois, dont le père est un Juif
franco-tunisien, nourrit un rap-
port forcément particulier à l’Etat
hébreu.
«Mon père m’a transmis son at-
tachement à la culture juive et j’ai
fantasmé ce pays à travers lui, ra-
conte l’ancien élève de l’Ecole de
photographie de Vevey. J’ai tou-
jours pensé qu’il y avait une logi-
que à la création d’Israël après la
Shoah, qu’il fallait bientrouver un
foyer à ces gens déracinés. Pen-
dant longtemps, je ne supportais
pas que l’on attaque cet endroit
car cela revenait à critiquer les
Juifs et donc mon père. Je fais la
part des choses aujourd’hui.»
Fin 2010 donc, auréolé de sa
récente participation à l’exposi-
tion reGeneration2 au Musée de
l’Elysée, Matthieu Gafsou part
confronter sa construction men-
tale d’Israël avec la réalité. «Les
moments de gêne ont été nom-
breux. L’omniprésence des armes,
les contrôles permanents, l’accueil
assez peu chaleureux. Surtout,
c’est un pays sans identité. Nom-
bre de villes, les colonies notam-
ment, ne disposent ni de cinéma,
ni de bistrots, ni de théâtre. C’est
triste.»
Architecture et urbanisme fas-
cinent le Vaudois, quasi trente-
naire. Il photographieles colonies,
forteresses dominantes destinées
àemplir leterritoire, et c’est levide
qui l’étreint. A l’image de ces pla-
ces de jeux qui quadrillent les
nouveaux quartiers et restent dé-
sespérément inoccupées. Tâches
de couleur écrasées de soleil,
«sculptures dada». Les clichés de
Matthieu Gafsou interrogent les
frontières, le mélange des genres
et l’incongruité. «J’essaie d’allier
des cadrages très géométriques
avec des sujets plus ambigus, voire
un peu laids. Je veux montrer que
rien n’est parfaitement clair et ap-
porter une réflexion sur le mé-
dium. Les gens ont tendance à
penser que la photographie ne
ment pas, or, si elle est soumise au
réel, elle le trahit tout le temps.»
L’une des images du jeune pho-
tographe met en scène un juif
ultraorthodoxe pointé par une
flèche de circulation, une colonie
en arrière-plan. Un décryptage un
peu rapide y verra un cliché, une
photo facile. Gafsou, lui, met en
garde contre une lecture sim-
pliste: «Pointer ausens proprel’ex-
trémisme religieux comme cause
de l’expansion territoriale paraît a
priori séduisant. Or, paradoxale-
ment, denombreuxultraorthodo-
xes combattent farouchement la
colonisation au titre que les Juifs
ne méritent pas Eretz Israël (la
Terre promise dans la Torah) tant
que le Messie ne sera pas venu…»
Feu de circulation tentaculaire
planté sur un rond-point, touriste
recouvert de boue de la mer Morte
et semblant au désespoir, co-
lombe flanquée du drapeau israé-
lien, Matthieu Gafsou traque
l’absurde et les faux-semblants,
comme un leitmotiv. Une théma-
tique qui l’avait poussé à photo-
graphier les constructions grandi-
loquentes du régime tunisien en
2007-2008. Ce travail lui valut le
prix HSBC et la publication d’une
monographie, Surfaces, chez Actes
Sud. De son passage en Israël, le
Lausannois espère tirer un livre et
une exposition, auxquels il se con-
sacre actuellement.
Il sait que le sujet est sensible et
refuse de se poser en juge. Ama-
teur de philosophie, il est cons-
cient quelavéritén’est jamais sim-
ple, surtout pas en Israël. «Il y a le
prisme de lecture palestinien ou
celui de la Shoah. Ce ne sont évi-
demment pas les mêmes. Les Is-
raéliens souffrent aussi de cette si-
tuation, bienqu’ils soient les forts,
les méchants et qu’ils aient un
Etat; il n’est jamais agréable de
faire la guerre. Je ne me permet-
trais pas de critiquer les Russes,
par exemple, qui vivent dans des
colonies. Ils ont fui des conditions
difficiles pour se retrouver là et
savent à peine ce qu’est le sio-
nisme. Ils appartiennent à quel-
que chose qui les dépasse. La mé-
canique de l’Etat, en revanche, est
bien huilée, du service militaire à
la planification des colonies et
c’est aux dirigeants que j’aurais
tendance à envouloir.»
La construction de l’Etat israé-
lien est un autre sujet qui pas-
sionne l’ancienétudiant enlettres.
Un peuple qui n’en est pas un, des
sionistes qui se divisent en com-
munautés polonaise, somalienne,
française ou indienne. Les mélan-
ges sont rares. En comparaison,
Matthieu Gafsou trouve la Suisse
plutôt homogène.
Renseignements: www.ph0.ch
«Sans titre 65b». Touriste hagard recouvert de boue. Les clichés de Matthieu Gafsou interrogent le mélange des genres et l’incongruité. ARCHIVES
«J’essaie d’allier
des cadrages très
géométriques avec des
sujets plus ambigus,
voire un peu laids»
«Pêcheur de perles»
Deuxième partie de l’hommage
(enquatre épisodes) à la pianiste
Maroussia Le Marc’Hadour
(1900-1986).
(Samedi, 17h30, Espace 2)
«Pardonnez-moi»
Darius Rochebinreçoit Klaus
Schwab, le patroncharismatique
du WorldEconomic Forum.
(Dimanche, 13h25, TSR1)
«Dans les bras du figuier»
Le destinextraordinaire de Vera
Michalski-Hoffmann. (Dimanche,
17h03, RSR La 1ère)
Radio-TV
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FONDATION PIERRE GIANADDA MARTIGNY
1978 33 ANS 2011
0£ 8£d0l8 ß 8IßF8ßd
Paroours d¹un oolleotlonneur
du 10 décembre 2010 au 13 juin 2011, tous les jours de 10 h à 18 h
visite commentée mercredi 26 janvier 2011 à 20 h (sans supplémentj
Une vie
en quelques dates
1981 Naissance à Aubonne
2000-2006 Etudes de lettres
à l’UNIL, travaille parallèlement
comme journaliste à 24 heures
2006-2008 Ecole de photogra-
phie de Vevey
2008 Prix du Photoforum
Pasquart, Bienne
2009 Prix HSBC
Exposition collective et internatio-
nale reGeneration2
2011 Exposition Alpes, à la Galerie
Coalmine de Winterthour LT
MATTHlEÜGAFSOÜ
OOMMENTE SES PHOTOS
SÜRlNTERNET
www.|etemps.ch
Sur l’établi de la Sectioncinéma
Soleure La Confédération a présenté sa distribution d’aides aux festivals
Lors de sa traditionnelle «Infor-
mationàlabranche» menéedurant
les Journées de Soleure, la Confédé-
ration a présenté vendredi son fi-
nancement aux festivals. Celui-ci
représente 2,3 millions de francs
paranpourlapériode2011-2013. Il
maintient son soutien aux festivals
déjà encouragés, avec rallonge
pour quatre d’entre eux.
C’est lecas duFestival deLocarno
qui resteleprincipal bénéficiairede
la manne fédérale: sa subvention
représente 62% de l’enveloppe to-
tale. Le grand rendez-vous ciné-
phile tessinois va recevoir 1,45 mil-
lion, soit 100000 francs de plus.
Locarno reçoit ce supplément
«pour des raisons tactiques, politi-
ques et stratégiques», a expliqué le
directeur de l’Office fédéral de la
culture (OFC) Jean-Frédéric Jauslin.
Le Festival du court-métrage de
Winterthour obtient 100000 francs
(+50000). Le Festival du film d’ani-
mation Fantoche de Baden (AG)
ainsi que le Festival dufilmfantasti-
que de Neuchâtel (NIFFF) décro-
chent 120000 francs chacun, soit
45000francs de mieux.
L’OFCattribue le même montant
qu’auparavant à trois manifesta-
tions, dont Visions du réel à Nyon
qui touchera 400000 francs. Le Fes-
tival de films de Fribourg conserve
ses 100000 francs pour 2011, puis
l’aide sera évaluée après l’entrée en
fonction du nouveau directeur ar-
tistique. Montant inchangé aussi
pour le Zurich Film Festival:
50000 francs.
Passage aunumérique
Autre rendez-vous important,
les Journées de Soleure font l’objet
d’une convention de prestations
avec la Confédération. Le rendez-
vous du cinéma suisse a obtenu à
nouveau330000francs pour 2011.
Interrogé au sujet de la succes-
siondeNicolas Bideauàlatêtedela
Section cinéma de l’OFC, Jean-Fré-
déric Jauslinn’acité aucunnom. Il a
en revanche précisé que, des
56 candidatures reçues, huit ont
fait l’objet d’entretiens. Deux ou
trois personnes restent encore dans
la course. Verdict ce printemps.
L’OFCa par ailleurs annoncé que
les petits exploitants de salles de
cinéma vont bénéficier d’un coup
de pouce afin de s’adapter au nu-
mérique. Ils devront toutefois rem-
plir certains critères visant àassurer
ladiversitédeleur programmation.
Pour accompagner cette mue, le
Département fédéral de l’intérieur
va consacrer un million de francs
cette année, et un maximum de
9 millions sur six ans. Entre 100 et
120salles decinémadevraient ainsi
passer au numérique chaque an-
née. ATS
Vincente Minnelli illuminera Locarno
Le 64e Festival international du film
de Locarno, qui aura lieu du 3 au 13
août, consacrera une rétrospective
intégrale au metteur en scène
américain Vincente Minnelli. Tous
ses films seront projetés durant la
manifestation, a indiqué la direction
du festival vendredi.
De son vrai nomLester Anthony
Minnelli, le père de Liza Minnelli est
né en 1903 à Chicago dans une
famille italo-américaine. Mort en
1986, Vincente Minnelli a tourné un
grand nombre de films dont Un
Américain à Paris en 1951, Tous en
scène en 1954, La Femme modèle en
1957 et Gigi en 1958, qui lui valut un
Oscar. ATS
39 Culture&Société
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
MOUSSORGSKI | SAINTSAËNS | TCHAÏKOVSKI
VALERY GERGIEV
OLGA BORODINA
ORCHESTRE DU THÉÂTRE MARIINSKI
MEZZOSOPRANO
DIRECTIONMUSICALE
CONCERT UNIQUE ET EXCEPTIONNEL
JANVIER À H
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Le nouveausystème Hallyday
se met enplace
Business Alors que l’entourage du chanteur français change considérablement, certains
«remerciés», comme son ancien producteur Jean-Claude Camus, sortent de leur réserve
Véronique Mortaigne
et Marie Slavicek
Un an après des ennuis de santé
qui avaient failli lui coûter la vie,
Johnny Hallyday a annoncé jeudi
avoir été opéré avec succès pour
remplacer sa prothèse de la han-
che, afin d’être «en parfaite forme
physique» pour son grand retour.
Le chanteur français va sortir, le
28 mars, un nouvel album: «Jamais
seul» (Warner Music). Une tournée
est prévue en2012, qui a fait l’objet
d’une avance de 12 millions
d’euros. «C’est une somme aber-
rante qui détruit le métier», estime
Jean-Claude Camus, producteur
d’Hallyday depuis 1982, écarté de
l’entourage de la star à l’automne
2010; comme les attachées de
presse Vincence Stark et Catherine
Battner, le photographe attitré, Da-
niel Angeli, et une partie de ses
conseils juridiques.
Johnny Hallyday, 67 ans, n’a en
fait jamais été seul. Il se place au
sommet d’une pyramide commer-
cialedont il vient desaper les bases.
Ainsi l’idole française a-t-elle été le
principal bénéficiaire de ses tour-
nées, en les coproduisant «à 80%
par le biais de sa société Navajo»,
précise Jean-Claude Camus, lassé
d’être considéré comme le seul na-
bab de l’histoire. Hallyday vient de
dissoudre Navajo, au profit d’une
nouvelle entité, Mamour, dont la
gérante devrait être l’auteure de la
douce appellation, Laeticia Hally-
day, 35 ans. Ayant atteint son pa-
roxysme lors de son hospitalisa-
tion à Los Angeles fin 2009, la lutte
d’influence au sein du clan Hally-
day a provoqué la fâcherie du fils,
David, et renforcé le pouvoir de
l’épouse.
Autour du chanteur affaibli, on
trouve aussi un milliardaire, Jean-
Claude Darmon, ex-roi de la publi-
cité dans les stades de football, et
un jeune musicien français, Ma-
thieu Chedid, concepteur et gou-
rou de Jamais seul. Le beau-père,
AndréBoudou, qui avait (mal) con-
seillé Hallyday lors de son dernier
coup d’éclat – attaquer, en vain,
Universal Music, sa maison de dis-
ques depuis 1964 –, vit dans un re-
trait relatif sur l’île de Saint-Martin,
auxAntilles. Propriétairedes boîtes
de nuit Amnesia, il avait été con-
damnéen2008àsixmois deprison
avecsursis pour fraudefiscale, abus
de biens sociaux et comptabilité
falsifiée, puis, en mars 2010, à une
peine équivalente pour fraude fis-
cale – les deux affaires concernent
sa discothèque duCap-d’Adge.
Engoncé dans une procédure
qui l’oppose au docteur Delajoux,
en dépit d’une expertise médicale
favorable au paiement intégral des
primes d’assurance après l’annula-
tionde24 concerts duTour 66, Hal-
lyday a fait redémarrer la machine
au printemps 2010. Jean-Claude
Darmon – l’homme qui a racheté
aux enchères la Rolex de Jacques
Séguéla – a alors tenté de trouver
une solution aux besoins de cash
de son ami chanteur en cherchant
unnouveauproducteur.
«Warner (qui a racheté Camus
Productions en 2008) et son direc-
teur général, Dinh Thien Ngo,
avaient proposé 5 à 6 millions
d’euros pour des concerts en2011»,
rappelle Jean-Claude Camus. L’an-
cien «taulier» avait monté le Tour
66 en 2009, avec des concerts
géants et spectaculaires, dont il a
toujours eule secret.
Au printemps 2010, le groupe
Lagardère avait manifesté, via Jean-
Pierre Elkabbach, son désir de s’oc-
cuper d’Hallyday à «360 degrés»
(concerts, disques, image,
pubs, etc.). Un contrat proposé à
6millions d’euros. Coullier Produc-
tions a doublé la mise juste pour la
partie spectacle.
La société a aussi son multimil-
lionnaire: Marc Ladreit de Lachar-
rière. Le PDGde la financière Fima-
lac a racheté, en 2009, 40% du
capital de Coullier Productions. Fi-
malac vient de renforcer ses posi-
tions en raflant Vega, numéro un
français de l’exploitation de salles
dédiées aux spectacles et événe-
ments.
Ex-associé et ex-beau-frère de
Jean-Claude Camus, Gilbert Coul-
lier avait suivi la carrière du chan-
teur depuis 1975. La séparationCa-
mus-Coullier en 1991 s’était
traduite par des contentieux de-
vant les tribunaux. «Il fallait tuer le
père! Aujourd’hui, les ficelles se ti-
rent en douce, déclare Jean-Claude
Camus, qui fut, de sonpropre aveu,
le récitant public de textes rédigés
par Laeticia Hallyday. Y compris la
charge exagérée que j’ai proférée
contre le docteur Delajoux», qui l’a
attaqué en diffamation. Pour Jean-
Claude Camus, Johnny Hallyday
«est la plus grande star française,
mais il a totalement démissionné.
Où trouvera-t-il l’envie de monter
en scène tous les soirs en 2012?
Pour gagner son premier centime,
Coullier Productions devra vendre
800 000 billets!» Sollicité, Gilbert
Coullier n’a pas souhaité s’expri-
mer.
Marraine de l’Unicef, Laeticia
Hallyday joue, quant à elle, de ses
côtés sexy. Publiées cet été dans le
magazine people Public, des photo-
graphies où elle nage nue ont servi
de prétexte aurenvoi de Daniel An-
geli. Ce dernier, l’un des paparazzi
les plus célèbres du monde, avait
été choisi en 1997 par Johnny Hal-
lydayet safemmecommeleur pho-
tographe officiel. Accusé d’avoir
vendules images, Daniel Angeli ré-
torque que Laeticia Hallyday «sa-
vait que la plage était remplie de
paparazzi et s’est montrée sans
maillot volontairement. Mon
agence a ensuite racheté ces ima-
ges aux paparazzi, puis nous avons
choisi ensemble celles qui pou-
vaient sortir. En quinze ans, elle a
toujours tout vérifié.»
Ce que confirment Vincence
Stark et Catherine Battner, remer-
ciées à leur tour à l’automne. Héri-
tières de l’agence (96B) de Gilles
Paquet, ami intime de l’idole des
jeunes, elles voient alors arriver un
cabinet américain, Mann & Miller.
C’est lors d’une soirée donnée à Los
Angeles queLaeticiaHallydaysese-
rait rapprochée de Rosalie Miller et
de sonépoux HamiltonMann, spé-
cialisés dans le conseil enimage.
Mais, en quelques jours, ceux
qui avaient fait miroiter la gloire
californienne à l’artiste français
sont parvenus à se mettre à dos le
photographe Jean-Baptiste Mon-
dino, Mathieu Chedid, Gilbert
Coullier et Optic 2000 – en voulant
écarter Vincent de Brus, le réalisa-
teur des campagnes du lunetier.
Mann &Miller dit en avoir terminé
avec Hallyday et avoir mené à bien
une mission «limitée à quelques
jours».
Prévupour le4mars, leprochain
clipOptic 2000exposeunHallyday
conforme à son imagerie: habillé
en cow-boy, dans un ranch. Il y
chanteunenouvelleversionde«Vi-
vre pour le meilleur». Le Monde
Johnny et Laeticia Hallyday. La lutte d’influence au sein du clan a provoqué
la fâcherie du fils, David, et renforcé le pouvoir de l’épouse. ARCHIVES
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Johnny «a totalement
démissionné. Où
trouvera-t-il l’envie de
monter en scène tous
les soirs en 2012?»
Il suffit parfois d’uninterprète
inspirépour qu’unspectacle
trouvesonélévation. C’est cequi
arriveavec LaCampagne, au
PochedeGenève. Lapièceest
signéedel’Anglais MartinCrimp,
54ans. Elleest montéepar le
Genevois PhilippeLüscher. Tous
deuxs’emploient àcréer un
climat. L’auteur enauréolant de
mystèredes personnages ordi-
naires. Lemetteur enscèneen
ourlant les dialogues deréso-
nances musicales – labande-son
est aussi prégnantequ’élaborée.
Letexteet lamiseenscènesouf-
frent dumêmedéfaut: uneten-
danceàtropendire. Par bon-
heur, lacomédienneSophie
Lukasikdonneuntour étrangeà
cettefindepartiedomestique.
Elleincarnel’hiver dusentiment,
unétat denon-retour. Et elleest
magnifiquedans ceglacis.
Le scénario? Unhomme
(François Nadin), médecinde
sonétat, rentre àlamaison. Son
épouse (Sophie Lukasik) dé-
coupe des images pour lacham-
bre des enfants. Tout, dans le
décor de Jean-Marc Humm,
respire une aisance middle class:
unsalonbaigné de clarté, avec
liseuse et pouf. Lafemme est
absorbée, l’homme perturbé. Il
vient de recueillir une jeune fille
(JessicaKraatz) égarée. Dans un
moment, cette inconnue se
révéleraêtre samaîtresse et, plus
pervers, sacomplice entoxico-
manie. L’étrangère vamettre à
nule cul-de-sac conjugal. Dans
LaCampagne, chacunest en
manque – d’amour, d’illusions –
et lanausée générale.
Enoncé ainsi, lapièce pourrait
être dévastatrice. Mais Crimpa
lamainlourde. Ses dialogues
sont parsemés de répétitions qui
supportent mal le jeuappuyé de
François Nadin(forte présence,
pourtant) et de JessicaKraatz.
Que faire ici quandune psycho-
logie convenue menace de nous
embourber? Suivre Sophie Luka-
sik, belle et désarmante. Son
talent est de suggérer lamue
d’une héroïne d’intérieur de
plus enplus extérieure àsavie. Il
faut lavoir remercier sonmari
d’uncadeaud’anniversaire, une
paire de chaussures écarlates.
Juchée sur les talons, elle ala
gratitude tête-à-claque: «Je les
adore, sincèrement, merci.»
Alafin, LaCampagne est gagné
par unefoliequ’onnelui soup-
çonnait pas. FaceàFrançois
Nadin, SophieLukasikdit lafuite
àtravers lalandedesonperson-
nage, lechemindepierrequ’elle
emprunte, soncœur depierre
soudain. Dans les sous-bois de
sonrécit, elleest decristal et de
roche, condamnéeausomnam-
bulismedes apparences. Il yalà
unenauséeet uneabsence. Flir-
ter ainsi avec leviden’est pas
donnéàtous.
Alexandre Demidoff
La Campagne, Théâtre Le Poche,
Genève, jusqu’au 13 février (Loc.
022/310 37 59). 1h50.
Critique: «La Campagne» au Poche, à Genève
Beau malaise théâtral
Brèves
Céline
U Le ministre de la Culture Fré-
déric Mitterranda annoncé ven-
dredi le retrait du recueil des
célébrations nationales 2011 de
Louis-FerdinandCéline après la
polémique suscitée par la pré-
sence dans cette liste de l’écrivain
auteur de textes antisémites.
L’Associationdes fils et filles de
déportés juifs de France et son
président, le chasseur de nazis
Serge Klarsfeld, avaient réclamé
mercredi l’annulationdes célé-
brations officielles prévues en
France pour les 50 ans de la mort
de l’écrivain, décédé le 1er juillet
1961. (AFP)
Martine
U Martine, la petite héroïne de
millions de fillettes depuis les
années 1950, est endeuil: son
dessinateur, le Belge Marcel
Marlier, est mort endébut de
semaine à l’âge de 80 ans. Sortie
en1954, la première aventure,
Martine à la ferme (sans sonchien
Patapouf, qui la rejoindra plus
tard), interprétait les joies de la
vie rurale pour la génération
d’après-guerre. Le 60e et dernier
album, Martine et le prince mysté-
rieux, est sorti en2010. Malgré la
disparitiondu scénariste Gilbert
Delahaye, en1997, le succès a été
constant. (AFP)
Une chansoninédite de Gainsbourg? «C’est unbeaufondde tiroir»
Gilles Verlant
Biographe de Serge
Gainsbourg
La maison de disque Universal
Music vient d’annoncer la sortie
prochaine d’un morceau inédit
de Serge Gainsbourg, «Comme
un boomerang». Ecrite pour
Dani et interprétée en 2001 en
duo avec Etienne Daho, la chan-
son circule cependant sur le Net,
depuis plusieurs années déjà,
avec la voix de Gainsbourg. Un
imbroglio?
Le Temps: Pourquoi Universal a-t-il
Question à
décidé de faire passer cette chan-
son pour un inédit?
Gilles Verlant: Le morceau n’est
jamais sorti officiellement sur le
marché, dès lors, il est facile de le
vendre comme uninédit, à l’aide
d’une communicationunpeu
simpliste. Universal n’est pas une
entreprise de bienfaisance, elle
doit allécher les collectionneurs
et les fans encréant unappel pour
l’intégrale qui va sortir à la findu
mois de février.
– Que vaut artistiquement cette
version de «Comme un boome-
rang»?
– C’est unfondde tiroir qui vaut
tant de tiroirs pleins de musiciens
encirculationaujourd’hui. C’est
une des rares chansons que Gains-
bourg a composée pour d’autres
artistes dans les années 70. Le
chanteur avait été prolixe dans les
années 60. Une décennie plus
tard, il est débordé par les projets
dans les studios et dans le cinéma.
Je trouve par ailleurs que la ver-
sionde la chansonrendue publi-
que par Olivier Julien[ndlr: le
découvreur de la bande] est nette-
ment meilleure que celle que sort
Universal, qui ena fait unmixage
où onperdle relief des guitares.
– L’intégrale qui sortira en février
comporte d’autres inédits. Les
avez-vous écoutés? Que faut-il en
penser?
– Il y a, parmi ces morceaux, une
perle absolue: c’est «L’Escroc». Il a
été enregistré en1963 durant les
sessions de l’albumGainsbourg
confidentiel. Le chanteur l’a écrit
pour le générique d’untéléfilm. Il
est moins commercial que
«Comme unboomerang» mais a
une valeur absolue.
– Faut-il s’attendre à la sortie
d’autres inédits encore en 2011?
– Certainement. Onenannonce
déjà pour la rééditionde Melody
Nelson. Et il y a des cartouches
encore, j’ensuis persuadé.
Propos recueillis par Rocco Zacheo
Gainsbourg en 2011
Plusieurs publications sont atten-
dues cette année, à l’occasion
des vingt ans de la disparition
du chanteur. Les principales:
ö Une nouvelle intégrale de sa
discographie, le 28 février. Dix ans
après la première version, un bis
enrichi d’une poignée d’inédits,
dont «Comme un boomerang».
ö«L’intégrale Gainsbourg», livre
à paraître en février, coécrit par
les journalistes et biographes Loïc
Pecaud et Gilles Verlant. Il retrace
l’histoire de toutes les chansons
écrites et composées par l’artiste.
ö Pour marquer le 40e anniver-
saire de sa sortie, réédition, en
mars, de «Melody Nelson», album
majeur de Gainsbourg. Il sera
agrémenté par des inédits.
ö Premier albumde Lulu Gains-
bourg, en septembre. Il reprend le
répertoire du père en compagnie
notamment d’Iggy Pop, de Patti
Smith et de Stevie Wonder. R. Z.
E
R
I
C
L
A
M
I
R
O
Y
Cinéma
Le Temps
Samedi 22 janvier 2011
40
Genève
Genève
Cleveland contre Wall Street (Cleveland Vs. Wall
Street) de Jean-Stéphane Bron. Avec Barbara Anderson.
Sa/di v.o. 18.30. 7/14 ans.
No et moi de Zabou Breitman. Avec Zabou Breitman.
Sa/di v.f. 16.30, 20.45. 12/14 ans.
Rue de Carouge 72-74, 022 328 23 23 Art-Ciné
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.o. 13.30, 16.10, 18.50, 21.30. 12/14 ans.
Rue de la Corraterie 17, 022 566 11 00 Astor Film Lounge
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa/di v.f. 14.00, 16.15, 18.30, 20.45. 14/16 ans.
Chantepoulet 23, 022 908 04 30 Central
Biutiful d'Alejandro González Iñárritu. Avec Javier Bardem.
Sa/di v.o. 20.40. 14/16 ans.
La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier. Avec
Mélanie Thierry. Sa/di v.f. 18.00. 12/14 ans.
Nowhere Boy de Sam Taylor-Wood. Avec Aaron Johnson.
Sa/di v.o. 16.00. 12/14 ans.
Bd Saint-Georges 8, 022 329 45 02 Cinélux
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.o. 13.30, 16.00, 18.30, 21.00. 12/14 ans.
Pl. des Eaux-Vives 3, 022 736 89 20 City
Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard) de Billy
Wilder. Avec William Holden. Di v.o. 15.30. 12/12 ans.
Eve (All about Eve) de Joseph L. Mankiewicz. Avec Bette
Davis. Di v.o. 19.00. 12/14 ans.
La vérité nue (Where the Truth Lies) d'Atom Egoyan.
Avec Kevin Bacon. Di v.o. 20.00. 12/14 ans.
Laurel et Hardy au Far West (Way out West) de James
W. Horne. Avec Stan Laurel. Sa v.o. 15.15. 7/7 ans.
Le troisième homme (The Third Man) de Carol Reed.
Avec Orson Welles. Sa v.o. 18.30. 12/12 ans.
Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud. Avec
Diane Kruger. Sa v.o. 21.00, di v.o. 21.15. 16/16 ans.
Têtes de pioche (Block-Heads) de John G. Blystone. Avec
Stan Laurel. Di v.o. 14.15. 10/12 ans.
Un vrai cinglé de cinéma (Hollywood or Bust) de Frank
Tashlin. Avec Jerry Lewis. Di v.o. 17.30. 7/7 ans.
La vérité nue (Where the Truth Lies) d'Atom Egoyan.
Avec Kevin Bacon. Sa v.o. 17.00, di v.o. 21.15. 12/14 ans.
Mystères de Lisbonne de Raoul Ruiz. Avec Adriano Luz. Sa
v.o. 19.15, di v.o. 14.45. 16/16 ans.
Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud. Avec
Diane Kruger. Sa v.o. 15.00, di v.o. 19.15. 16/16 ans.
Général-Dufour 16, 022 320 78 78 Les Cinémas du Grütli
Encore un baiser (Baciami ancora) de Gabriele Muccino.
Avec Stefano Accorsi. Sa/di v.o. 16.15. 10/14 ans.
L'enfance d'Icare (L'Enfance d'Icare) d'Alex Iordachescu.
Avec Guillaume Depardieu. Sa/di v.f. 17.15, 21.10. 16/16 ans.
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa/di v.f. 14.45, 16.45, 18.45,
20.45. 10/14 ans.
Le quattro volte (Le Quattro Volte) de Michelangelo
Frammartino. Avec Giuseppe Fuda. Sa/di v.o. 13.50, 19.15.
16/16 ans.
Potiche de François Ozon. Avec Catherine Deneuve.
Sa/di v.f. 14.00, 19.00. 7/10 ans.
The Human Resources Manager d'Eran Riklis. Avec Mark
Ivanir. Sa/di v.o. 21.05. 10/12 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont. Sa/di v.f. 15.45. 7/7 ans.
Eaux-Vives 23, 022 736 04 22 Les Scala
Another Year de Mike Leigh. Avec Jim Broadbent.
Sa/di v.f. 13.15, 18.00, 20.30. 10/16 ans.
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Avec
Lambert Wilson. Sa/di v.f. 15.45. 10/16 ans.
Servette 78, 022 733 19 00 Nord-Sud
A bout portant de Fred Cavayé. Avec Gilles Lellouche.
Sa v.f. 22.30. 16/16 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 13.30, 15.30, 16.15, 19.00, 20.45, 21.45, di v.f. 10.45,
13.30, 15.30, 16.15, 19.00, 20.45, 21.45. 12/14 ans.
Ballet du Bolchoï: La leçon de danse - Gisèle Di
v.o. 17.00.
Burlesque de Steven Antin. Avec Christina Aguilera. Sa
v.f. 13.10, 17.45, di v.o. 10.45, 13.10, 17.45. 7/10 ans.
De vrais mensonges de Pierre Salvadori. Avec Audrey
Tautou. Sa/di v.f. 13.00, 17.30. 10/12 ans.
Harry Potter et les reliques de la mort (part. 1) (Harry
Potter and the Deathly Hallows - Part 1) de David Yates.
Avec Emma Watson. Sa/di v.f. 13.15, 18.30, 21.30. 12/12 ans.
L'apprenti Père Noël de Luc Vinciguerra. Avec Line Renaud.
Sa v.f. 13.15, di v.f. 11.00, 13.15. 0/7 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 15.30, 17.45,
20.00, 22.15. 14/14 ans.
Le fils à Jo de Philippe Guillard. Avec Gérard Lanvin.
Sa/di v.f. 13.00, 19.30. 10/12 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley. Sa
v.f. 15.45, 18.30, 21.00, di v.f. 16.00, 21.00. 10/10 ans.
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa/di v.f. 16.15, 19.00. 14/16 ans.
Le voyage extraordinaire de Samy - 3D (Around The
World In 50 Years - 3D) de Ben Stassen. Avec Yuri
Lowenthal. Di v.f. 11.15. 0/7 ans.
Les petits mouchoirs de Guillaume Canet. Avec François
Cluzet. Sa/di v.f. 13.00, 21.30. 14/16 ans.
Les trois prochains jours (The Next Three Days) de Paul
Haggis. Avec Russell Crowe. Sa/di v.f. 13.30, 21.30. 12/14 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa/di v.f. 16.15, 19.00,
21.45. 14/16 ans.
Megamind - 3D (Megamind) de Tom McGrath. Avec Brad
Pitt. Sa v.f. 16.15, di v.o. 11.00, 16.15. 7/10 ans.
Moi, moche et méchant - 3D (Despicable Me - 3D) de
Pierre Coffin, Chris Renaud. Di v.f. 11.00. 0/7 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa v.f. 15.10, 17.20, 21.40, di v.o. 10.45,
15.10, 17.20, 21.40. 12/14 ans.
Que justice soit faite (Law Abiding Citizen) de F. Gary
Gray. Avec Gerard Butler. Sa v.f. 23.30. 16/16 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de B. Howard, N. Greno. Sa v.f.
13.00, 15.15, 17.30, di v.o. 10.45, 13.00, 15.15, 17.30. 7/7 ans.
Red de Robert Schwentke. Sa v.f. 23.50. 12/14 ans.
Saw 7 - 3D de Kevin Greutert. Avec Cary Elwes. Sa v.f. 22.15,
24.10, di v.f. 22.15. 18/18 ans.
Skyline de Colin Strause, Greg Strause. Sa v.f. 15.15, 19.45,
22.00, 24.10, di v.f. 15.15, 19.45, 22.00. 14/14 ans.
Somewhere de Sofia Coppola. Avec Stephen Dorff. Sa
v.o. 15.40, 20.15, di v.o. 15.40, 20.15, 22.30. 12/16 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa v.o. 13.15, 13.30, 16.00, 19.00, 19.45,
21.45, 23.30, di v.o. 13.15, 13.30, 19.00, 19.45, 21.45.
12/12 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 16.30, 19.00, di v.o. 11.15, 16.30, 19.00.
10/12 ans.
Un balcon sur la mer de Nicole Garcia. Avec Jean Dujardin.
Sa v.f. 13.15, 18.15, di v.f. 11.00, 13.15, 18.15. 10/14 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont, précédé du court-métrage La queue de la
souris. Sa v.f. 13.30, di v.f. 11.30, 13.30. 7/7 ans.
Av. Louis-Casaï 27, 0901 30 20 10
(80 ct l'appel + 80 ct la min.) Pathé Balexert
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa/di v.f. 13.00, 15.00, 17.00,
19.00, 21.00. 10/14 ans.
Les émotifs anonymes (Les Emotifs anonymes) de Jean-
Pierre Améris. Avec Isabelle Carré. Sa/di v.f. 15.30, 17.30, 19.30,
21.30. 7/12 ans.
Megamind - 3D (Megamind) de Tom McGrath. Avec Brad
Pitt. Sa/di v.f. 13.15. 7/10 ans.
Somewhere de Sofia Coppola. Avec Stephen Dorff. Sa/di
v.o. 13.00, 15.15, 17.30, 19.45, 22.00. 12/16 ans.
Confédération Centre, 0901 30 20 10
(80 ct l'appel + 80 ct la min.) Pathé Rex
Africa United de Debs Gardner-Paterson. Avec Eriya
Ndayambaje. Sa/di v.o. 15.45, 17.45, 19.45. 7/12 ans.
Année bissextile (Año Bisiesto) de Michael Rowe. Avec
Monica Del Carmen. Sa/di v.o. 15.45, 20.15, 22.15. 18/18 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.o. 16.15, 19.00, 21.45. 12/14 ans.
Benvenuti al Sud de Luca Miniero. Avec Claudio Bisio. Sa/di
v.o. 18.00. 7/10 ans.
De vrais mensonges de Pierre Salvadori. Avec Audrey
Tautou. Sa/di v.f. 13.30, 19.00. 10/12 ans.
Fair Game de Doug Liman. Avec Naomi Watts. Sa/di
v.o. 17.45. 10/14 ans.
0900 900 156* = de 15 à 22 h.
80 ct/appel/min.
Age légal/Age suggéré
Harry Potter et les reliques de la mort (part. 1) (Harry
Potter and the Deathly Hallows - Part 1) de David Yates.
Avec Emma Watson. Sa/di v.f. 13.15. 12/12 ans.
Honeymoons (Medeni mesec) de Goran Paskaljevic. Avec
Nebosja Milovanovic. Sa/di v.o. 15.15, 19.30. 16/16 ans.
Les trois prochains jours (The Next Three Days) de Paul
Haggis. Avec Russell Crowe. Sa/di v.o. 13.00, 21.45.
12/14 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa/di v.o. 16.15, 21.15.
14/16 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa v.o. 15.30, 17.45, 20.00, 22.15, di
v.f. 17.45, 20.00, 22.15. 12/14 ans.
Natale in Sudafrica de Neri Parenti. Avec Christian De Sica.
Di v.o. 15.30. 16/16 ans.
No et moi de Zabou Breitman. Avec Zabou Breitman.
Sa/di v.f. 13.00. 12/14 ans.
Potiche de François Ozon. Avec Catherine Deneuve.
Sa/di v.f. 13.00, 17.20, 21.40. 7/10 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 15.30. 7/7 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa/di v.o. 13.15, 20.00, 22.15. 10/12 ans.
Un balcon sur la mer de Nicole Garcia. Avec Jean Dujardin.
Sa/di v.f. 13.15. 10/14 ans.
Bd James-Fazy 33, 0901 30 20 10
(80 ct l'appel + 80 ct la min.) Pathé Rialto
L'heure du crime (La doppia ora) de Giuseppe Capotondi.
Sa v.o. 21.00, di v.o. 18.00, 20.00. 16/16 ans.
Rue de la Coulouvrenière 11, 022 328 09 26 Spoutnik
Carouge
Himalaya, le chemin du ciel de Marianne Chaud. Sa/di
v.o. 16.00. 0/10 ans.
La nostra vita de Daniele Luchetti. Avec Raoul Bova. Sa/di
v.o. 15.45, 21.15. 12/14 ans.
Le paysage intérieur de Pierre Maillard. Sa/di v.f. 17.20,
21.00. 7/14 ans.
Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
(Tanzträume) d'Anne Linsel, Rainer Hoffmann. Avec Pina
Bausch.. Sa/di v.o. 14.00. 7/12 ans.
Unser Garten Eden de Mano Khalil. Sa/di v.o. 19.00.
16/16 ans.
Vénus noire d'Abdellatif Kechiche. Avec Yahima Torres.
Sa/di v.o. 18.00. 16/16 ans.
Zimmer 202 - Peter Bichsel in Paris (Zimmer 202 )
d'Eric Bergkraut. Sa/di v.o. 14.15. 16/16 ans.
Rue Saint-Joseph 47, 022 301 54 43 Bio
Lausanne
L'enfance d'Icare (L'Enfance d'Icare) d'Alex Iordachescu.
Avec G. Depardieu. Sa v.f. 18.30, di v.f. 14.00, 18.30. 16/16 ans.
Un balcon sur la mer de Nicole Garcia. Avec Jean Dujardin.
Sa/di v.f. 16.15, 20.45. 10/14 ans.
Aloys-Fauquez 4, 021 647 46 42 Bellevaux
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Avec
Lambert Wilson. Sa/di v.f. 15.30. 10/16 ans.
Les petits mouchoirs de Guillaume Canet. Avec François
Cluzet. Sa/di v.f. 20.15. 14/16 ans.
Moi, moche et méchant (Despicable Me) de Pierre
Coffin, Chris Renaud. Sa/di v.f. 13.15. 0/7 ans.
Potiche de François Ozon. Avec Catherine Deneuve.
Sa/di v.f. 18.00. 7/10 ans.
Théâtre 6, 021 312 51 32 Capitole
Bonnie and Clyde d'Arthur Penn. Avec Faye Dunaway. Di
v.o. 15.00. 16/16 ans.
Conte de la folie ordinaire (Storie di ordinaria follia) de
Marco Ferreri. Avec Ben Gazzara. Sa v.o. 18.30.
Garde à vue de Claude Miller. Avec Lino Ventura.
Sa v.f. 21.00. 14/14 ans.
La folle histoire du monde (History of the World: Part
1) de Mel Brooks. Avec Mel Brooks. Di v.o. 18.30. 14/16 ans.
La poursuite impitoyable (The Chase) d'Arthur Penn.
Avec Marlon Brando. Sa v.o. 15.00. 12/14 ans.
Moi, un Noir de Jean Rouch. Avec Oumarou Ganda.
Di v.f. 21.00. 12/14 ans.
Montbenon, 021 315 21 77 Cinémathèque
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 14.00, 16.00, 18.30, 18.45, 21.00, 21.15. 12/14 ans.
Benvenuti al Sud de Luca Miniero. Avec Claudio Bisio, s.-t.
fr.. Sa/di v.o. 16.30, 18.45, 21.00. 7/10 ans.
La lanterne magique, ciné-club pour enfants (Die
Zauberlanterne) de -. Sa v.f. 10.00. 6/6 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 14.15, 16.30,
21.00. 14/14 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.f. 14.15, 16.30. 10/10 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa/di v.f. 16.15, 18.45,
21.00. 14/16 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 14.15, 18.30, 20.45. 12/14 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 14.00. 7/7 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 16.15. 7/7 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa/di v.f. 14.00, 18.30. 12/12 ans.
Viaduc 1, Prilly, 021 661 10 76 Cinétoile Malley Lumières
Vénus noire d'Abdellatif Kechiche. Avec Yahima Torres.
Sa/di v.o. 16.00, 19.15. 16/16 ans.
Lavaux 36, 021 728 69 69 City Club Pully
A bout portant de Fred Cavayé. Avec Gilles Lellouche.
Sa v.f. 23.25, di v.f. 11.30. 16/16 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 15.40, 18.25, 21.10, 23.50, di v.f. 10.30, 15.40, 18.25, 21.10.
12/14 ans.
Ballet du Bolchoï: La leçon de danse - Gisèle Di
v.o. 17.00.
Harry Potter et les reliques de la mort (part. 1) (Harry
Potter and the Deathly Hallows - Part 1) de David Yates.
Avec Emma Watson. Sa/di v.f. 13.00. 12/12 ans.
L'apprenti Père Noël de Luc Vinciguerra. Avec Line Renaud.
Sa/di v.f. 13.20. 0/7 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa v.f. 15.15, 17.30, 19.45,
21.55, 24.05, di v.f. 10.55, 15.15, 17.30, 19.45, 21.55. 14/14 ans.
Le fils à Jo de Philippe Guillard. Avec Gérard Lanvin.
Sa/di v.f. 13.25, 17.30, 19.35. 10/12 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley. Sa
v.f. 13.45, di v.o. 11.15, 13.45. 10/10 ans.
Les trois prochains jours (The Next Three Days) de Paul
Haggis. Avec Russell Crowe. Sa v.f. 13.30, 20.45, di v.f. 13.30,
20.45. 12/14 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa v.f. 16.00, 18.25,
20.50, 23.15, di v.o. 10.40, 16.00, 20.50. 14/16 ans.
Megamind - 3D (Megamind) de Tom McGrath. Avec Brad
Pitt. Sa v.f. 13.15, di v.o. 11.45, 13.15. 7/10 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa v.f. 15.25, 21.40, di v.o. 11.30, 15.25,
21.40. 12/14 ans.
Que justice soit faite (Law Abiding Citizen) de F. Gary
Gray. Avec Gerard Butler. Sa v.f. 23.45. 16/16 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa v.f. 13.15, 15.35, di v.f. 14.15. 7/7 ans.
Skyline de Colin Strause, Greg Strause. Avec Eric Balfour.
Sa v.f. 17.50, 20.00, 22.05, 24.10, di v.f. 18.25, 21.10. 14/14 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa v.f. 16.15, 18.45, 21.15, 23.45, di
v.f. 16.15, 18.45, 21.15. 12/12 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa/di v.f. 16.15, 18.30. 10/12 ans.
Port-Franc 16, Pathé Flon
Année bissextile (Año Bisiesto) de Michael Rowe. Avec
Monica Del Carmen. Sa/di v.o. 15.40, 20.15, 22.20.
18/18 ans.
Another Year de Mike Leigh. Avec Jim Broadbent. Sa/di
v.o. 15.50, 18.35, 21.30. 10/16 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.o. 15.15, 18.00, 20.50. 12/14 ans.
Dans ses yeux (El secreto de sus ojos) de Juan José
Campanella. Avec Ricardo Darin. Di v.o. 11.00. 14/16 ans.
De vrais mensonges de Pierre Salvadori. Avec Audrey
Tautou. Sa/di v.f. 13.40, 21.20. 10/12 ans.
Encore un baiser (Baciami ancora) de Gabriele Muccino.
Avec Stefano Accorsi. Sa/di v.o. 18.15. 10/14 ans.
Faites le mur! (Exit Through the Gift Shop) de Banksy.
Avec Shepard Fairey. Sa/di v.o. 22.15. 7/14 ans.
Home for Christmas (Hjem Till Jul) de Bent Hamer. Avec
Trond Fausa Aurvag. Di v.o. 10.40. 12/14 ans.
Honeymoons (Medeni mesec) de Goran Paskaljevic. Avec
Nebosja Milovanovic. Sa/di v.o. 16.00. 16/16 ans.
L'œil invisible (La mirada invisible) de Diego Lerman.
Avec Julieta Zylberberg. Di v.o. 11.00. 16/16 ans.
La nostra vita de Daniele Luchetti. Avec Raoul Bova. Sa/di
v.o. 13.10. 12/14 ans.
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa v.f. 15.10, 17.10, 19.10, 21.10,
di v.f. 10.30, 15.10, 17.10, 19.10, 21.10. 10/14 ans.
La Yuma de Florence Jaugey. Avec Alma Blanco. Di
v.o. 10.50. 16/16 ans.
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa/di v.f. 15.30, 17.50, 20.10. 14/16 ans.
Le quattro volte (Le Quattro Volte) de Michelangelo
Frammartino. Avec Giuseppe Fuda. Sa/di v.o. 13.40, 18.00.
16/16 ans.
Les émotifs anonymes (Les Emotifs anonymes) de Jean-
Pierre Améris. Avec Isabelle Carré. Sa/di v.f. 14.50, 16.40,
18.30, 20.30. 7/12 ans.
Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
(Tanzträume) d'Anne Linsel, Rainer Hoffmann. Avec Pina
Bausch.. Di v.o. 11.15. 7/12 ans.
Megamind de Tom McGrath. Avec Brad Pitt. Sa/di v.f. 13.00.
7/10 ans.
Mother & Child (Mother and Child) de Rodrigo Garcia.
Avec Naomi Watts. Di v.o. 11.00. 12/14 ans.
Natale in Sudafrica de Neri Parenti. Avec Christian De Sica.
Di v.o. 13.00. 16/16 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 13.30. 7/7 ans.
Red de Robert Schwentke. Avec Bruce Willis. Sa/di
v.o. 22.20. 12/14 ans.
Somewhere de Sofia Coppola. Sa v.o. 13.00, 15.20, 17.40,
20.00, di v.o. 15.20, 17.40, 20.00. 12/16 ans.
The Human Resources Manager d'Eran Riklis. Avec Mark
Ivanir. Sa/di v.f. 13.00. 10/12 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa/di v.o. 22.30. 10/12 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont, précédé du court métrage "La queue de la
souris".. Sa/di v.f. 13.00. 7/7 ans.
Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (You
Will Meet a Tall Dark Stranger) de Woody Allen. Avec
Antonio Banderas. Di v.o. 10.45. 10/16 ans.
Petit-Chêne 27, Pathé Les Galeries du Cinéma
La Yuma de Florence Jaugey. Avec Alma Blanco. Sa/di
v.o. 14.00, 16.00, 18.00. 16/16 ans.
Mardi, après Noël (Marti, Dupa Craciun / Tuesday,
After Christmas) de Radu Munteanu. Avec Mimi Branescu.
Sa/di v.o. 14.00, 20.00, 22.00. 16/16 ans.
Petit tailleur de Louis Garrel. Avec Arthur Igual.
Sa/di v.f. 20.00, 21.00, 22.00, 23.00. 16/16 ans.
Unser Garten Eden de Mano Khalil. Sa/di v.o. 16.00, 18.00.
16/16 ans.
Maupas 4, 021 311 29 30 Zinéma, salles 1 et 2
Vaud
Aigle
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa/di v.f. 18.15. 10/14 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 13.30. 7/7 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa/di v.f. 15.45, 20.30. 12/12 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 16.00, 20.40.
14/14 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.f. 13.35. 10/10 ans.
Un balcon sur la mer de Nicole Garcia. Avec Jean Dujardin.
Sa/di v.f. 18.30. 10/14 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 18.00, 20.45. 12/14 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 15.30. 12/14 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont, précédé du court-métrage La queue de la
souris. Sa/di v.f. 13.50. 7/7 ans.
Chemin Novassalles 4, 024 467 99 99 Cosmopolis
Aubonne
Red de Robert Schwentke. Avec Bruce Willis. Sa v.f. 20.30,
di v.f. 17.30. 12/14 ans.
The Social Network de David Fincher. Avec Jesse Eisenberg.
Sa v.o. 17.30, di v.o. 20.30. 12/14 ans.
Grand-Rue 25, 021 808 53 55 Rex
Bex
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa v.f. 18.00, di v.f. 20.00. 14/16 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa v.f. 20.30,
di v.f. 17.00. 14/16 ans.
Av. de la Gare 4A, 024 463 14 92 Le Grain d'Sel
Carrouge
Les petits mouchoirs de Guillaume Canet. Avec François
Cluzet. Sa v.f. 20.30. 14/16 ans.
021 903 19 18 Cinéma du Jorat
Château d’Œx
Mon pote de Marc Esposito. Avec Edouard Baer.
Sa v.f. 20.30, di v.f. 17.00. 10/10 ans.
026 924 63 68 Eden
Chexbres
Toy Story 3 de Lee Unkrich, suivi d'un brunch. Sa v.f. 20.30,
di v.f. 10.30. 0/7 ans.
Rue du bourg, 021 946 19 40 Cinéma de la Grande Salle
Cossonay-Ville
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa v.f. 20.30, di v.f. 17.00. 12/14 ans.
Mother & Child (Mother and Child) de Rodrigo Garcia.
Avec Naomi Watts. Di v.o. 20.30. 12/14 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Di v.f. 14.30. 7/7 ans.
Route de Morges 3, 021 861 19 38 Casino
Echallens
Arthur 3: La guerre des Deux Mondes (Arthur 3 La
Guerre des Deux Mondes) de Luc Besson. Avec Freddie
Highmore. Sa v.f. 17.00, di v.f. 14.00. 7/10 ans.
No et moi de Zabou Breitman. Avec Zabou Breitman.
Sa v.f. 20.30. 12/14 ans.
Pl. du Lion-d'Or 4, 021 881 15 47 Cinéma
La Sarraz
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa v.f. 20.30, di v.f. 16.00, 20.30. 14/16 ans.
021 866 62 56 Casino
Le Sentier
Date limite (Due Date) de Todd Phillips. Avec Robert
Downey Jr.. Sa v.f. 18.15. 12/14 ans.
La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier. Avec
Mélanie Thierry. Sa v.f. 20.30, di v.f. 17.00. 12/14 ans.
Chemin des Cytises 1, 021 845 43 76 La Bobine
Leysin
Megamind de Tom McGrath. Avec Brad Pitt. Sa/di v.f. 17.00.
7/10 ans.
Mon père et nous (Life With Father) de Michael Curtiz.
Avec William Powell. Sa/di v.f. 20.00.
024 493 06 06 Le Regency
Montreux
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.o. 18.15. 12/14 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa/di v.f. 15.30, 20.45. 12/12 ans.
Another Year de Mike Leigh. Avec Jim Broadbent. Sa/di
v.o. 18.00. 10/16 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.o. 15.30. 14/14 ans.
Les trois prochains jours (The Next Three Days) de Paul
Haggis. Avec Russell Crowe. Sa/di v.o. 20.40. 12/14 ans.
Grand-Rue 90-92, 021 965 15 62 Hollywood
Morges
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 15.45, 20.45. 12/14 ans.
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Avec
Lambert Wilson. Sa/di v.f. 14.30. 10/16 ans.
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa/di v.f. 17.00, 19.00, 21.00.
10/14 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa v.f. 13.45, 23.15,
di v.f. 13.45. 14/14 ans.
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa v.f. 18.30, 23.00, di v.f. 18.30. 14/16 ans.
Dufour 4, 021 802 47 01 Cinema Odéon
Nyon
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 16.00, 18.30, 21.00. 12/14 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 21.00. 14/14 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.f. 14.00. 10/10 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Sa/di v.f. 18.30. 14/16 ans.
Megamind de Tom McGrath. Sa/di v.f. 14.00. 7/10 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 16.00. 12/14 ans.
Rue Neuve 5, 022 362 62 44 Capitole World-Dreams S.A.
Orbe
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa v.f. 17.30, 20.30,
di v.f. 15.00, 17.30, 20.30. 14/16 ans.
Elle s'appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner. Avec Kristin
Scott Thomas. Sa v.f. 17.45, 20.45, di v.f. 15.15, 17.45, 20.45.
12/12 ans.
Terreaux 36, 024 441 34 02 Urba
Oron-la-Ville
Alpha et Omega d'Anthony Bell, Ben Gluck. Sa/di v.f. 17.00.
7/7 ans.
Harry Potter et les reliques de la mort (part. 1) (Harry
Potter and the Deathly Hallows - Part 1) de David Yates.
Avec Emma Watson. Sa v.f. 17.00, 20.00, di v.f. 20.00.
12/12 ans.
L'homme qui voulait vivre sa vie d'Eric Lartigau. Avec
Romain Duris. Sa v.f. 20.00, di v.f. 17.00, 20.00. 14/14 ans.
021 907 73 23 Cinéma d'Oron, salles 1 et 2
Payerne
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 17.45, 20.45, di v.f. 11.10, 17.45, 20.45. 12/14 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 14.20. 7/7 ans.
De vrais mensonges de Pierre Salvadori. Avec Audrey
Tautou. Sa v.f. 18.00, di v.f. 11.20, 18.00. 10/12 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.f. 14.10. 10/10 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Sa/di v.f. 20.30. 14/16 ans.
L'apprenti Père Noël de Luc Vinciguerra. Avec Line Renaud.
Sa/di v.f. 14.00. 0/7 ans.
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa/di v.f. 18.30. 14/16 ans.
Le sentier des vaches de Jean-Théo Aeby. Avec Marc
Pasquier. Di v.f. 11.00.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 16.00. 12/14 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert de Michel Gondry. Avec
Seth Rogen. Sa/di v.f. 21.00. 12/12 ans.
Grand-Rue 6, 026 660 28 43 Apollo
Sainte-Croix
No et moi de Zabou Breitman. Avec Zabou Breitman.
Sa v.f. 18.00, di v.f. 20.00. 12/14 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 20.30. 10/12 ans.
Av. de la Gare, 024 454 22 49 Royal
Vevey
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 14.45, 17.45, 20.45, di v.f. 20.45. 12/14 ans.
Ballet du Bolchoï: La leçon de danse - Gisèle Di
v.o. 17.00.
Lausanne 17, 021 923 87 87 Astor
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa v.f. 16.15, 18.30,
di v.f. 11.00, 16.15, 18.30. 10/14 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa v.f. 20.45, 23.00,
di v.f. 20.45. 14/14 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 13.45. 7/7 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Di v.f. 16.00. 12/14 ans.
Faites le mur! (Exit Through the Gift Shop) de Banksy.
Avec Shepard Fairey. Sa v.o. 18.30, 23.15, di v.o. 11.00, 18.30.
7/14 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.f. 13.30. 10/10 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa/di v.f. 20.45.
14/16 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont. Sa v.f. 16.30. 7/7 ans.
La nostra vita de Daniele Luchetti. Avec Raoul Bova. Di
v.o. 11.00. 12/14 ans.
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa/di v.f. 20.45. 10/14 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 18.15. 14/14 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa v.f. 23.15. 14/16 ans.
Megamind de Tom McGrath. Avec Brad Pitt. Sa/di v.f. 13.45.
7/10 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 16.00. 7/7 ans.
La nostra vita de Daniele Luchetti. Avec Raoul Bova. Sa/di
v.o. 18.30. 12/14 ans.
Les trois prochains jours (The Next Three Days) de Paul
Haggis. Avec Russell Crowe. Sa/di v.f. 20.45. 12/14 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 16.00. 12/14 ans.
J.-J.-Rousseau 6, 021 925 88 99 Rex
Yverdon-les-Bains
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 13.30, 16.00, 18.30, 21.00. 12/14 ans.
Bel-Air 6, 024 425 30 39 Bel-Air
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 18.30, 21.00.
14/14 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.f. 13.30, 16.00. 10/10 ans.
Plaine 29, 024 425 43 55 Capitole
Harry Potter et les reliques de la mort (part. 1) (Harry
Potter and the Deathly Hallows - Part 1) de David Yates.
Avec Emma Watson. Sa/di v.f. 15.30. 12/12 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa/di v.f. 18.30, 21.00.
14/16 ans.
Moulins 30, 024 425 77 61 Rex
Neuchâtel
Couvet
De vrais mensonges de Pierre Salvadori. Avec Audrey
Tautou. Sa/di v.f. 20.30. 10/12 ans.
Megamind de Tom McGrath. Avec Brad Pitt. Sa/di v.f. 16.00.
032 863 16 66 Colisée
La Chaux-de-Fonds
Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
(Tanzträume) d'Anne Linsel, Rainer Hoffmann. Avec Pina
Bausch.. Sa/di v.o. 16.00, 20.45. 7/12 ans.
Un homme qui crie de Mahamat Saleh Haroun. Avec
Youssouf Djaoro. Sa/di v.o. 18.15. 16/16 ans.
Rue du Coq 11, 032 967 90 42 Cinéma ABC
Elle s'appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner. Avec Kristin
Scott Thomas. Sa/di v.f. 18.00. 12/12 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Sa/di v.f. 15.00, 20.30. 14/16 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa v.f. 23.00. 12/14 ans.
Rue de la Serre 83, 032 913 13 88 Eden
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Sa v.f. 15.00, 17.45,
20.30, 23.15, di v.f. 15.00, 17.45, 20.30. 12/14 ans.
Rue de la Serre 68, 032 916 13 55 Plaza
Another Year de Mike Leigh. Avec Jim Broadbent. Sa/di
v.o. 17.45. 10/16 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 20.30. 14/14 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 15.00. 7/7 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa v.f. 23.00. 12/12 ans.
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa v.f. 15.45, 17.45, 20.30,
di v.f. 16.00, 18.15, 20.30. 10/14 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa v.f. 22.45. 14/14 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 22.30. 10/12 ans.
Un balcon sur la mer de Nicole Garcia. Avec Jean Dujardin.
Sa/di v.f. 15.30, 18.00, 20.15. 10/14 ans.
Rue de la Serre 52, 032 916 13 66 Scala
Neuchâtel
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa/di v.f. 18.15, 20.45.
14/16 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 15.00. 7/7 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 23.15. 10/12 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore - 3D (The Chronicles of Narnia: The Voyage of
the Dawn Treader -3D) de Michael Apted. Avec Georgie
Henley. Sa/di v.f. 16.00. 10/10 ans.
Megamind - 3D (Megamind) de Tom McGrath. Avec Brad
Pitt. Sa/di v.f. 14.00. 7/10 ans.
Somewhere de Sofia Coppola. Avec Stephen Dorff. Sa/di
v.o. 18.15. 12/16 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa v.f. 20.30, 23.00, di v.f. 20.30. 12/12 ans.
Les trois prochains jours (The Next Three Days) de Paul
Haggis. Sa v.f. 20.15, 22.45, di v.f. 20.15. 12/14 ans.
The Human Resources Manager d'Eran Riklis. Avec Mark
Ivanir. Sa/di v.o. 18.00. 10/12 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont. Sa/di v.f. 15.00. 7/7 ans.
Faubourg du Lac 21, 032 710 10 33 Apollo
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 15.00, 17.45, 20.30, 23.00, di v.f. 15.00, 17.45,
20.30. 12/14 ans.
Hôpital 5, 032 710 10 44 Arcades
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Sa/di v.f. 16.00, 18.15, 20.30. 10/14 ans.
Lac 27, 032 710 10 55 Bio
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa v.f. 15.30, 20.15, 22.45,
di v.f. 15.30, 20.15. 14/14 ans.
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa/di v.f. 18.00. 14/14 ans.
Hôpital 18, 032 710 10 77 Rex
Les émotifs anonymes (Les Emotifs anonymes) de Jean-
Pierre Améris. Avec Isabelle Carré. Sa/di v.f. 15.30, 18.00,
20.15. 7/12 ans.
Lac 7, 032 710 10 88 Studio
Fribourg
Bulle
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 20.30. 12/12 ans.
Le sentier des vaches de Jean-Théo Aeby. Avec Marc
Pasquier. Sa v.f. 13.30, 18.15, di v.f. 11.00, 13.30, 18.15. 7/7 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 15.30. 7/7 ans.
De vrais mensonges de Pierre Salvadori. Avec Audrey
Tautou. Sa v.f. 18.25, di v.f. 11.20, 18.25. 10/12 ans.
Megamind de Tom McGrath. Avec Brad Pitt. Sa/di v.f. 13.45.
7/7 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 16.00. 12/14 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa/di v.f. 21.00. 10/12 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 17.30, di v.f. 11.10, 17.30. 12/12 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 20.45. 14/14 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.f. 14.00. 10/10 ans.
Rue Lécheretta, 026 912 73 40 Prado
Châtel-Saint-Denis
Le sentier des vaches de Jean-Théo Aeby. Avec Marc
Pasquier. Sa v.f. 18.00, di v.f. 15.00. 7/7 ans.
No et moi de Zabou Breitman. Avec Zabou Breitman.
Di v.f. 20.30. 12/14 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 20.30, di v.f. 18.00. 10/12 ans.
021 948 94 86 Sirius
Fribourg
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 14.15, 14.30, 17.15, 17.30, 20.15, 20.30. 12/12 ans.
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 14.15, 14.30, 17.15, 17.30, 20.15, 20.30. 12/12 ans.
Harry Potter et les reliques de la mort (part. 1) (Harry
Potter and the Deathly Hallows - Part 1) de David Yates.
Avec Emma Watson. Sa/di v.f. 14.00, 17.00. 12/12 ans.
L'apprenti Père Noël de Luc Vinciguerra. Avec Line Renaud.
Sa/di v.f. 13.40, 15.35. 7/7 ans.
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa/di v.f. 14.00, 17.00,
20.45. 14/14 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore - 3D (The Chronicles of Narnia: The Voyage of
the Dawn Treader -3D) de Michael Apted. Avec Georgie
Henley. Sa/di v.f. 14.00, 17.15, 20.00. 10/10 ans.
Le sentier des vaches de Jean-Théo Aeby. Avec Marc
Pasquier. Sa/di v.f. 14.00, 16.00, 18.00. 7/7 ans.
Les trois prochains jours (The Next Three Days) de Paul
Haggis. Avec Russell Crowe. Sa/di v.f. 20.00. 12/14 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa/di v.f. 14.45, 17.45,
20.45. 14/14 ans.
Megamind - 3D (Megamind) de Tom McGrath. Avec Brad
Pitt. Sa/di v.f. 13.45. 7/7 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 14.45, 17.45, 20.45. 12/14 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 16.00, 18.15. 7/7 ans.
Skyline de Colin Strause, Greg Strause. Avec Eric Balfour.
Sa/di v.f. 20.45. 14/14 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa/di v.f. 20.45.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa/di v.f. 17.30, 20.15. 10/12 ans.
Av. de la Gare 22, 0901 90 10 07 (80 ct appel/min.)
Cap'Ciné Fribourg
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet, s.-t. all.. Sa v.f. 20.30, di
v.f. 16.00, 20.30. 10/14 ans.
Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
(Tanzträume) d'Anne Linsel, Rainer Hoffmann. Avec Pina
Bausch.. Sa v.o. 14.00, 16.00, di v.o. 14.00. 7/12 ans.
Ordinary People de Vladimir Perisic. Avec Relja Popovic. Di
v.o. 11.00, 18.10. 16/16 ans.
Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu. Avec Jean-Paul
Rouve, en avant-première. Sa v.f. 18.00. 14/16 ans.
Another Year de Mike Leigh. Avec Jim Broadbent. Sa/di
v.o. 17.50. 10/16 ans.
Les émotifs anonymes (Les Emotifs anonymes) de Jean-
Pierre Améris. Avec Isabelle Carré. Sa v.f. 15.50, 20.40,
di v.f. 11.20, 15.50, 20.40. 7/12 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont. Sa/di v.f. 14.00. 5/7 ans.
Somewhere de Sofia Coppola. Avec Stephen Dorff. Sa/di
v.o. 20.50. 12/16 ans.
Un balcon sur la mer de Nicole Garcia. Avec Jean Dujardin.
Sa/di v.f. 15.00. 10/14 ans.
Vénus noire d'Abdellatif Kechiche. Avec Yahima Torres.
Sa v.f. 17.30, di v.f. 11.10, 17.30. 16/16 ans.
Pérolles 5, 026 347 31 50 Rex
Guin (Düdingen)
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the
Dawn Treader) de Michael Apted. Avec Georgie Henley.
Sa/di v.a. 15.00. 10/10 ans.
Liebling, lass uns scheiden de Jürg Ebe. Avec Marco Rima.
Sa/di v.a. 18.00.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa/di v.a. 20.30. 10/12 ans.
Haupstrasse 21, 026 493 13 50 Exil
Valais
Martigny
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa/di v.f. 17.00, 20.30. 12/14 ans.
Av. de la Gare 17, 027 722 17 74 Casino
Le nom des gens de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin.
Sa/di v.f. 17.00, 20.30. 14/16 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Di v.f. 14.30. 7/7 ans.
Grand-Saint-Bernard 32, 027 722 26 22 Corso
Monthey
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 14.30. 7/7 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert de Michel Gondry. Avec
Seth Rogen. Sa v.f. 20.30, di v.f. 17.00, 20.30.
Coppet 1, 024 471 22 61 Monthéolo
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa/di v.f. 17.00. 10/14 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 20.30, di v.f. 14.30, 20.30. 12/12 ans.
Centrale 7, 024 471 22 61 Plaza
Sierre
The Green Hornet - Le Frelon vert de Michel Gondry. Avec
Seth Rogen. Sa v.f. 20.30, di v.f. 17.30, 20.30.
Max-Huber, 027 455 01 18 Bourg
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick.. Sa/di v.f. 17.30, 20.30. 14/16 ans.
Megamind de Tom McGrath. Sa/di v.f. 15.00. 7/10 ans.
Général-Guisan, 027 455 14 60 Casino
Sion
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore - 3D (The Chronicles of Narnia: The Voyage of
the Dawn Treader -3D) de Michael Apted. Avec Georgie
Henley. Sa v.f. 16.00. 10/10 ans.
Mon beau-père et nous (Little Fockers) de Paul Weitz.
Avec Robert De Niro. Sa v.f. 18.30, di v.f. 17.00. 10/14 ans.
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Di v.f. 14.30. 7/7 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa v.f. 21.00, di v.f. 20.00. 12/12 ans.
Cèdres 10, 027 322 32 42 Arlequin
Le dernier des templiers (Season of the Witch) de
Dominic Sena. Avec Nicolas Cage. Sa v.f. 18.15, 20.45,
di v.f. 15.30, 20.45. 12/14 ans.
Un balcon sur la mer de Nicole Garcia. Avec Jean Dujardin.
Sa v.f. 15.45, di v.f. 18.00. 12/14 ans.
Cèdres 10, 027 322 32 42 Capitole
L'homme qui voulait vivre sa vie d'Eric Lartigau. Avec
Romain Duris. Sa v.f. 15.30, di v.f. 16.00. 14/14 ans.
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa v.f. 18.00, 20.15,
di v.f. 14.00, 18.15, 20.15. 10/14 ans.
Cèdres 11, 027 322 15 45 Les Cèdres
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 17.45, 20.30, di v.f. 15.00, 17.45, 20.30. 12/14 ans.
Mayennets 5, 027 322 15 45 Lux
Jura
Delémont
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 16.30, 19.00, 21.30, di v.f. 17.00, 20.30. 12/14 ans.
La vie sauvage en Suisse (Wildnis Schweiz) de Roger
Mäder. Sa/di v.f. 14.00. 7/7 ans.
Granges 13, 032 422 11 29 La Grange
Burlesque de Steven Antin. Avec Christina Aguilera.
Sa/di v.f. 17.30. 7/10 ans.
Raiponce (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 15.00. 7/7 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert de Michel Gondry. Avec
Seth Rogen. Sa/di v.f. 20.30. 12/12 ans.
Pré-Guillaume 2, 032 422 27 10 Lido
Le Noirmont
Mon pote de Marc Esposito. Avec Edouard Baer.
Sa v.f. 20.45, di v.f. 20.30. 10/10 ans.
032 953 11 84 Cinélucarne
Les Breuleux
Megamind de Tom McGrath. Di v.f. 16.00. 7/10 ans.
No et moi de Zabou Breitman. Avec Zabou Breitman.
Sa v.f. 20.30, di v.f. 20.00. 12/14 ans.
Lux
Porrentruy
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 20.30, di v.f. 15.00, 20.30. 10/12 ans.
Jura 29, 032 466 25 92 Colisée
Jura bernois
Bienne
Devil de John Erick Dowdle. Avec Chris Messina. Sa
v.o. 15.30, 20.30, 22.30, di v.o. 15.30, 20.30. 14/16 ans.
Mao's Last Dancer de Bruce Beresford. Avec Bruce
Greenwood. Sa/di v.o. 17.45. 10/12 ans.
Rue Centrale 51a, 032 322 61 10 Apollo
Black Swan de Darren Aronofsky. Avec Natalie Portman. Sa
v.o. 17.45, 20.15, 23.00, di v.o. 17.45, 20.15. 14/16 ans.
Black Swan de Darren Aronofsky. Avec Natalie Portman. Sa
v.o. 17.45, 20.15, 23.00, di v.o. 17.45, 20.15. 14/16 ans.
Le Monde de Narnia: chapitre 3 - L'Odyssée du Passeur
d'Aurore - 3D (The Chronicles of Narnia: The Voyage of
the Dawn Treader -3D) de Michael Apted. Avec Georgie
Henley. Sa/di v.a. 15.15. 10/10 ans.
Neuengasse 40, 032 322 10 16 Beluga
Kinshasa Symphony de Claus Wischmann, Martin Baer. Di
v.o. 10.30, 20.30.
Moon de Duncan Jones. Avec Matt Berry. Sa v.o. 20.30.
Faubourg du Lac 73, 032 322 71 01 Filmpodium
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.f. 15.00. 7/7 ans.
We want Sex (Made in Dagenham) de Nigel Cole. Avec
Rosamund Pike. Sa/di v.o. 18.00, 20.30. 10/12 ans.
Rue Centrale 32a, 032 323 66 55 Lido 1
Burlesque de Steven Antin. Avec Christina Aguilera, + v.-o.
angl/all.. Sa/di v.a. 15.00, 20.30. 7/10 ans.
Small World (Je n'ai rien oublié) de Bruno Chiche. Avec
Gérard Depardieu. Sa/di v.o. 18.15. 12/14 ans.
Rue Centrale 32a, 032 323 66 55 Lido 2
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa v.a. 15.30, 20.15,
23.00, di v.a. 15.30, 20.15. 14/14 ans.
Love et autres drogues (Love and Other Drugs)
d'Edward Zwick. Avec Jake Gyllenhaal. Sa v.a. 15.30, 20.15,
23.00, di v.a. 15.30, 20.15. 14/14 ans.
Satte Farben vor Schwarz (Colours in the Dark) de
Sophie Heldman. Sa/di v.a. 18.00. 14/16 ans.
Th.-Wyttenbach 4, 032 322 01 22 Palace
Raiponce - 3D (Tangled) de Byron Howard, Nathan Greno.
Sa/di v.a. 15.15. 7/7 ans.
Sacred & Secret – The Balinese Reincarnations (Sacred
& Secret – Das geheime Bali) de Basil Gelpke. Di
v.o. 10.45. 12/14 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa v.o. 18.00, 20.30, 23.00, di v.o. 18.00,
20.30. 12/14 ans.
The Green Hornet - Le Frelon vert - 3D de Michel Gondry.
Avec Seth Rogen. Sa v.o. 18.00, 20.30, 23.00, di v.o. 18.00,
20.30. 12/14 ans.
Quai du Bas 92, 032 322 38 77 Rex 1 (Bi)
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Avec
Lambert Wilson. Sa v.o. 17.45, di v.o. 11.00, 17.45. 10/16 ans.
Morning Glory de Roger Michell. Avec Harrison Ford. Sa/di
v.o. 15.00, 20.15. 10/12 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.o. 22.45. 10/12 ans.
Quai du Bas 92, 032 322 38 77 Rex 2
La Neuveville
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa/di v.f. 20.30. 10/14 ans.
Nowhere Boy de Sam Taylor-Wood. Avec Aaron Johnson. Di
v.o. 17.30. 12/14 ans.
Une vie de chat d'Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli. Avec
Bernadette Lafont. Sa/di v.f. 15.00. 6/10 ans.
Pl. de la Gare 3, 032 751 27 50 Ciné2520
Moutier
La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier. Avec
Mélanie Thierry. Sa v.f. 17.30. 12/14 ans.
The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck. Avec
Angelina Jolie. Sa v.f. 20.30, di v.f. 16.00, 20.00. 10/12 ans.
Rue du Clos 1, 032 493 73 73 Le Cinoche
Saint-Imier
Prud'hommes (Prud' Homme) de Stéphane Goël.
Sa v.f. 20.00, di v.f. 17.00, 20.00. 7/14 ans.
Francillon 29, 032 941 35 35 Espace Noir
Tavannes
C'était hier de Jacqueline Veuve. Di v.f. 20.00. 10/10 ans.
La petite chambre de Stéphanie Chuat, Véronique
Reymond. Avec Michel Bouquet. Sa v.f. 17.00, 21.00,
di v.f. 17.00. 10/14 ans.
032 481 20 41 Cinéma Royal
Tramelan
Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood. Avec Matt Damon.
Sa v.f. 18.00, 21.00, di v.f. 17.00. 12/14 ans.
Mardi, après Noël (Marti, Dupa Craciun / Tuesday,
After Christmas) de Radu Munteanu. Avec Mimi Branescu.
Di v.o. 20.00. 12/14 ans.
Rue Cinéma, 032 487 45 61 Cinématographe