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Les Concours óe Versions Scolaires à OOSJSI J Fioraox

Dès sa fondation, l'Escole Gastou-Febus a voulu intéresser les enfants de nos écoles à ses concours. Il y a à cela deux raisons principales. La première consiste à faire pénétrer la langue- natale dans le sanctuaire de l'enfance dont elle a été bannie depuis un demi-siècle. La seconde a pour but d'associer le parler de nos pères à l'ensei- gnement de la langue française par les exercices de version

gasconne. Car »i DOU S tenons à sauver les coutumes, les traditions, l'esprit, l'âme, l'originalité de notre race, nous sommes aussi de notre siècle et nous voulons que le Gascon parle le français aussi bien et mieux, s'il est possible, qu'un habitant de l'Ile-de-France. Nos Inspecteurs d'Académie nous ouvrirent leurs bulletins et un certain nombre de maîtres leurs écoles. Plusieurs instituteurs et quelques institutrices, en outre, envoyè- rent à nos concours annuels des lots de versions que nous eûmes plaisir à récompenser par des diplômes, des médailles, des livres d'histoire et de littérature gasconnes. La Bigorre, le Gers, les Landes, eurent leur part de succès, mais c'est le Béarn qui révéla le plus de bonnes volontés et peut-être le plus d'aptitudes.

pour généraliser le goût des

exercices gascons qui semblait se localiser en Béarn, le Bureau de l'Escole modifia le programme de son concours des écoliers. En 1909, en effet, on lisait à la page 249 de ses Reclams, l'avis que

Voulant tenter un effort nouveau

voici :

Un prix de 100 fr. en espèces sera attribué à l'institutrice ou à l'instituteur (Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Landes ou Gers), qui présentera au Jury des Jeux Floraux, le meilleur lot de cahiers de versions gasconnes- françaises, faites pendant l'année scolaire 1909-1910. Chaque devoir sera daté et signé. Le choix des sujets est laissé au maître. Entreront en compte pour le classement, outre le mérite littéraire : l'écriture, la tenue du cahier, l'orthographe et la ponctuation trançaises, la régularité et la quantité des exercices.

si

modeste qu'en "fût le chiffre, de quoi stimuler bien des activités, bien des dévouements. Car les instituteurs qui connaissent la

manière de Febus, étaient autorisés à penser que l'on ne s'en tiendrait pas à cette somme si le concours prenait des

Il

semble

qu'il

y

avait

dans

un

prix

de

cette

nature,

proportions sérieuses, s'il révélait des efforts suivis, intelligents et nombreux. Sans être inépuisable, notre caisse se prêterait à

saignée double, triple, plus forte même s'il le fallait, et en

donnant l'argent à pleines mains, nous penserions encore, comme on dit chez nous « avoir fait un bon marché». Eh bien, nos prévisions, nos vœux ont été déçus. En 1910, comme en 1911, il n'y a eu que trois écoles béarnaises qui ont pris part au concours de cahiers ; les trois autres départements se sont abstenus.

une

Nous avons marché un peu vite, il faut le reconnaître. Nous avons demandé un effort de trop longue haleine à des hommes qui sont trop occupés, trop surmenés. Nous allons donc revenir à notre premier genre de' concours : traduction annuelle d'un morceau de vers ou de prose dont les Rerlams publieront le texte

_ en

temps

utile.

nous récompenserons tous les efforts, nous

encouragerons toutes les volontés. Aux prix ordinaires, nous joindrons des livres d'histoire béarnaise ou gasconne, des livres de littérature populaire écrits par nos bons auteurs dans le langage béni de nos mères. On les lira avec plaisir, nous aimons à le croire, au coin du feu. pendant les longues soirées d'hiver et on les conservera avec un soin jaloux à la place d'honneur dehênè lou cahmêt de la (latine.

L'anthologie béarnaise-gasconne où chaque écrivain, où tous les dialectes de nos quatre départements trouveront leur place, aura certainement vu le jour ávant nos Jeux Floraux de 1912, ainsi que nous l'avons promis. Ce sera un livre charmant, un livre précieux : nous nous ferons un plaisir de l'offrir à tous les maîtres et à tous les élèves qui viendront à nos concours, par le seul fait qu'ils concourent, sans exclusion de nos autres récom- penses.

*

Très larges,

*

*

En demandant à tous les instituteurs d'initier leurs élèves à la version gasconne-française, nous faisons acte de bon Français. L'enseignement du français tel qu'il se pratique en ce moment à l'école primaire donne-t«il des résultats en rapport avec le travail et le temps qu'on y consacre ? Certainement non ! Et le mal est si grand que le cercle pédagogique du canton d'Orthez a délibéré sur cette proposition. Il faudrait supprimer l'enseignement de la composition française et la remplacer par la lecture non expliquée ». Le procès-verbal de la discussion à laquelle cette proposition a donné lieu, écrit par M. A. Dalès, instituteur à Orthez, a été inséré

— 303

dans la Revue du Sud-Ouest, organe et propriété des Amicales d'Institutrices et Instituteurs du Sud-Ouest, n° 14, page 456. Nous y relevons ces affirmations graves :

1° L'enseignement delà composition française n'a pas donné de résultats ; 2° Cet enseignement est trop élevé pour nos élèves ; 3° Un enseignement plus agréable doit lui être substitué ; 4° La lecture personnelle peut remédier à la crise du français. Et aussi cette vérité : On aura beau interdire le patois ou le basque en récréation, on n'interdira pas les fautes de français. Les instituteurs d'Orthez ont bien raison. La composition française ne devrait venir qu'en fin d'études, quand l'élève a déjà un bagage personnel d'idées acquises par la lecture, l'observation, un commencement de pratique des choses de la vie. Mais la lecture libre est-elle suffisante pour remédier au mal dont on se plaint avec tant de raison ? J'avoue que je suis plutôt sceptique. Même parmi les paysans et les ouvriers, il n'est pas rare de rencontrer des gens qui lisent beaucoup, qui lisent et qui comprennent ; ils ont à s'exprimer plus de facilité que les autres, mais leurs écrits sont bourrés de fautes, de gasconismes surtout. La lecture seule ne saurait donc suffire à l'enseignement du français. Il faut y joindre les exercices de traduction. J'ai connu quelqu'un, il y a quelques quarante ans, dans un pensionnat primaire, jeune homme d'intelligence ordinaire, qui avait une véritable passion pour la lecture, il ne lisait pas, il dévo- rait les livres. Pendant deux ou trois ans, il avait étudié un peu de latin et par conséquent fait force thèmes et versions. Eh bien, sans aucune leçon qui puisse compter, car les leçons de compo- sition d'alors, même dans les pensionnats réputés, ne valaient pas celles des écoles primaires d'aujourd'hui ; sans leçon donc, pour ainsi dire, il devint bon en français ; d'aucuns disent même très bon ; il avait fait des traductions ! Je lisais ces jours-ci dans la Revue Bleue un article très intéressant de M. Alfred Croiset(de l'Institut) sur l'utilité de la version latine pour l'étude du français. Je me permets d'y faire quelques coupures que je soumets à la méditation des institutrices et instituteurs.

« Quelle est donc l'utilité de la version latine pour l'étude du français? Elle est très grande et j'y crois, pour ma part, fermement. Mais contraire- ment à ce que s'imaginent beaucoup de personnes, elle résulte non pas des ressemblances du latin avec le français, mais au contraire des différences qui l'en séparent. Le moi, disent les philosophes, se pose en s'opposant. On ne se connaît bien soi-même qu'en se distinguant des autres. On sait d'autan* mieux le français qu'on le compare au latin pour l'en distinguer et qu'on

— 304

prend ainsi plus pleinemant conscience de ce qui constitue son génie propre.

Mais ce génie propre du français, ce

découvre : c'est dans le sentiment qu'en possède tout écolier de France ;

sentiment inné, pour ainsi'dire, et qui se développe journellement par la conversation, par la lecture des textes littéraires, par les observations d'un professeur éclairé ».

J'entends protester les gens que toute innovation effraie, je ne veux pas dire les amis de toute routine, fût-elle absurde : — On n'apprend pas le latin dans nos écoles, disent-ils, le latin est la langue des riches, abordable seulement pour ceux dont l'éduca- tion se fait dans les collèges ou les lycées. — Ne vous hâtez pas de triompher, répondrons nous, si la vieille langue morte nous échappe, nous avons à notre portée, sous la main, dans le cœur et dans la tête, notre belle langue béarnaise et gasconne que Mistral et Devoluy ont trop modestement dénommée le latin du pauvre. Elle peut remplacer le latin, selon les esprits les plus éclairés que n'aveugle pas la peur des nouveautés ; selon la ììemie Hleue aussi, qui dit excellemment :

« Chaque langue a son génie, son style propre et toutes peuvent servir à nous donner par comparaison conscie»ce de la nôtre. Une lionne traduc- tion d'un texte anglais, allemand, italien (sans parler du grec)!. 1 ), va au même but qu'une version latine, si elle est intelligente et pénétrante. Ajou- tons que tout exercice*de traduction est un exercice fécond non seulement pour l'étude de la langue française, mais aussi pour la culture de la pensée, parce qu'elle met l'enfant en contact avec une intelligence virile dont il se pénètre en cherchant à l'exprimer à sa manière. L'effort nécessaire pour y réussir est une gymnastique intellectuelle d'autant meilleure qu'elle n'est pas disproportionnée avec les forces de l'enfant. Le latin à cet égard n'a donc pas de privilège absolu *.

De son côté, le maître de la tribune française, Jaurès, a écrit récemment dans la Dépêche de Toulouse les lignes significatives suivantes :

« Pourquoi ne pas profiter de ce que la plupart des enfants de nos écoles

connaissent et parlent ce qu'on appelle d'un nom grossier : « le patois » ? Ce ne serait pas négliger le français : ce serait le mieux apprendre, au contraire, que de le comparer familièrement, dans son vocabulaire, dans sa syntaxe,

dans ses moyens d'expression, avec le languedocien et le provençal. Ce serait pour le peuple de la France du Midi le sujet de l'étude linguistique la plus

J'aimerais bien

n'est pas dans le latin qu'on le

vivante, la plus familière, la plus féconde pour l'esprit

que les instituteurs, dans leurs Congrès, mettent la question à l'étude

»

A l'appui de cette opinion si sage, nous pourrions en citer d'au- tres tout aussi nettes, mais il faudrait aller les chercher loin de nous, dans un milieu qui n'est pas le nôtre. Mieux vaut puiser

(1) Ni du gascon.

-

305

-

dans un livre de chez nous, le Recueil de versions qasconnes par Sylvain Lacoste, ancien instituteur landais, (Pau 1902, imprimerie Vignancour, prix 2 fr.) M. Lacoste, dans sa trop courte carrière d'instituteur, a journellement pratiqué la version gasconne. Les enseignements de son livre sont donc les enseignements de l'expé-

rience. On y lit :

« En résumé, soit pour le vocabulaire, soit pour les grammaires, soit pour

l'orthographe usuelle, soit enfin pour le style proprement dit, le gascon

peut servir de point de départ et d'auxiliaire à l'enseignement du français. Autrement dit, il faut aller du connu à l'inconnu, du gascon que l'on

Pourquoi donc le gasçon ne

fourniraît-il pas un bon point de départ à l'enseignement du français? Pourquoi abandonner ce qui est appris? Pourquoi enfin renoncer à la force acquise qui permet d'arriver bien plus facilement et plus vite au but ? C'est une aberration, et il est triste d'avouer que le fait n'existe qu'en Francfc. Les Belges de Flandre enseignent le français par le flamand et nos voisins d'Outre-Manche, l'anglais par le welch. Partout, sauf chez nous ce principe est généralement admis même dans l'enseignement primaire : qui veut bien apprendre sa langue, doit la comparer à une langue étrangère. »

connaît au français que l'on ne connaît pas

Plus près de nous encore, sur les murs de toutes nos écoles pri- maires béarnaises et basques sans exception, s'étale imprimé dans un article du règlement un témoignage de l'excellence des ~ versions. Encore une citation et ce sera la dernière. En juillet, j'écrivais en langue béarnaise dans les Réclams (je traduis presque littérale- ment) :

« Je ne sais pas, ami lecteur, si l'on sait autour de toi, qu'il y eut en

France deux hommes de province, aujourd'hui couchés dans la tombe que les instituteurs et tous ceux qui aiment les choses de l'école tiennent pour

deux gloires nationales.

« Je veux parler du Béarnais Félix Pécaut, inspecteur général, directeur

de l'école de Fontenay-aux-Roses, un des plus grands pédagogues des temps modernes ; et de Jules Ferry, ce mâle Lorrain, auquel l'histoire impartiale rendra un jour complète justice. Ensemble ils pensèrent à un peuple de nos

montagnes ignorant de la langue nationale, qui s'était battu avec tant de courage en 1870, sur maints champs de bataille et qui méritait d'être élevé avec soin pour devenir une fleur de France.

« Et le premier avec son sens pratique des choses proposa; et le second avec la clairvoyance de son âme patriotique approuva :

L'ENTRÉE DE LA LANGUE BâSQUE A L'ÉCOLE PRIMAIRE,

« Où il pourra être fait des exercices du basque en français

« et du français en basque, dans la limite du nécessaire et

« uniquement en vue d'enseigner la langue nationale ». (art. 15 du règlement scolaire).

— 306

La voilà officiellement consacrée la version scolaire. Voilà, pour les instituteurs consciencieux qui ont osé dénoncer l'inanité de la composition française, l'instrument merveilleux qui apprendra le français à leurs élèves sans effort et comme en se jouant. Au majorai J. Lhermite qui plaidait auprès de lui l'excellence de

la version provençale,

« Je ne vois pas pourquoi un inspecteur d'Académie du Midi « n'en ferait pas l'expérience dans son département ». Pourquoi ne serait ce pas le Béarn qui ouvrirait le feu ? Certai nement l'Escole Gastou-Fébus, se ferait un plaisir d'offrir les pre- miers livres de versions, afin de favoriser une tentative qu'une question de sous pourrait faire échouer. Qu'ils marchent donc de tout leur cœur, de toute leur âme, les vaillants instituteurs du canton d'Orthez. Avec nos vœux, l'aide dont nous pouvons disposer leur est toute entière acquise.

M. Bayet répondit :

#

#

#

Ceci nous a un peu éloigné de notre concours de versions. Mais tout chemin mène à Rome, et nous y revenons. Nous adressons un chaleureux appel aux institutrices et aux ins- tituteurs des quatre départements gascons du Sud-Ouest. Qu'ils prennent part en masse à nos concours, ils y trouveront honneur et profit, tandis que leurs élèves s'initieront au jeu de la version qui ne parait difficile que quand on la regarde de loin.

Lou

hasa

J.-V.

LALANNE.

[Medalhe d'aryen dou Councours de Ì9H )

Ah ! quin doù qué m'a heyt, lou mé praùbe hasa, Quoan a calut balha-u lou cop de ganibete ! N'abè pas lhèu très ans ! Mey la nousté daunete

Qué disè qu'ère bielh

enta-u n'é ha passa!

You qué l'abi causit au beth miey dé la couade, Quoan ère pouricot, permou dé-ù mé goarda. Débat la may, souben, aù loc dé s'amenda, Qué-s passeyabe fier, la halhotte entufade.

.

— 307

-

Dé plumes e canets

E-u biengouu estuya « ço» per oun réyétabe

U cop plà débergut lou milhoc que mindyabe,

Né sera bouté dounc pas à ha lou hasalhot !

En estiran lou cote baten lasalétes, Qué s'esprémè ta ha lou sou « quiquiriqui » !

A pênes qué piulabe

Qu'espernicabe tout dab las soues patetes !

Toutu qué m'agradé, sustout quoan esté gran :

Darré lou cap qu'abè coum û casqué dé plumes Qui-u biraben lou sou, mey beroy qué las brumes,

En

U péruc dé coumbat, e la couhe en troumpete,

Dus oelhots dé luzer e lou cos pigalhat, Qué semblabe û dragou, sus las pattes quilhat Dab espérous aguts coum ue bayounete !

E you qu'aymabi tan d'enténé lou mati,

Aus hasas dé-us bésis, la soue boutz timbrade Souna coum ûclérou l'ore de la lhébade, Quoan lou sou hè lusi l'aùbe de blanc sati !

à péjies û pelhot

E puch aquet couqui

amuchan

tout clâ la race de Houdan !

Aù respouné, labets, touts qué s'esganurraben ! Lous ûs en trémoulan, d'autés en s'escanan, Lous ûs haut, d'autés bach, e lou reste au mièytan ! Dinquo qu'èren arraucs, la bouque nou barraben!

Cabbat dé la parguie, auta fier qu'Artaban, Qué belhabe dab soegn sus la soue pouralhe. Arribare l'estoure ? en segoutin la halhe Qu'é-u cridabe : « Say dounc! si gauses, doubleban! »

E lous hasas bésis ! Quines espérissades,

Quoan biénen ha u puchéù sou cami communau ! Quoan lou déchabe ana, menter-û plà malau, Qué courrèn estuya's las halh.es esquissades.

Mey, malhurousemen, tout que s'acabe û cop :

Lou mé praubé hasa qué s'a bis acabade La glori dab la bite, eth qui hasè l'aubade

Despuch belhèu très ans !

Dounc, bielh n'ère pas trop?

Adare, qu'ey bertat, qu'ère coum ue auquéte ; Dé las hestes. en nau qué calou lou toupi ! Sou plat e sou boulhou qué-m goardey d'escoupi ! Ah ! b at sabè berroy. couquine de daùnete !

[Parla dou Biarn)

POQUES

de Caubios.

Abriu - Au

-

308

Poular

-

Gascoun - L'

fMedallie de Brounze dou Councours de

ABRIU

19ii)

Lou cèu s'esclaris ; à mouméns Lou sourelh, damb' soun arrajado, Semblo ha hizé dou bèt tems

A la terro miey déchidado.

Lous bénts bouhon tan amistous, Que sous coustous e dén las pianos, Ser touts lous aurés lous bourrous Pousson à milès coumo granos.

Tridos e merlés p'ous rendalhs Sajon déjà sas cansounétos, Dén lous bareyts, lous perdigalhs, Se respounon damb' las lauzetos.

Sou bord dous téus per sous embans, Lous passérats e las passèros

S'abourilhon

E batalon horos entièros !

ah ! lous pacans

P'ous barats lous beroys coucuts, Daubrèchou uelhs plés d'arrouzado, Luzéns coum' louis-d'or cajuts D'uo bousso acaramulado.

Lous menlès capérats de hlous, Las sègos de blan abilhados, Lous ayrés lénds, cargats d'audous, Bouton pensiuos las maynados !

Tout ès en joè, bestis e géns ; Déguén l'oustau, déguénla bordo, Cadun rèbo dou bèt printéms,

E tout s'esmau, tout se discordo,

*

Quan floucat coum' un dounzeloun,

Abriu pertout jito juncado

E canto la bèro cansoun

Qui ba jumpla la terro aymado !

AU

309 —

FOULAR

GASCOUN

Beroy foular gascoun oun n'es tu dounc passât 0 tu que ta lountéms an pourtat las aujolos ? La gens benguts flerots praubet t'an desnegat E quan parlon de tu s'en arrizon las drolos !

Car glouriusos qu'ous eau chapèus tout capérats De dèts pams de ribans, de flous ou de berduro, Qu'auren hounto sigu de pourta desplégats Sou cap, mouchoèrs de hiu per touto couhaduro

Parlam mé si bou plèt d'aquets bèts mounuméns Qu'ajargon ser sous péus las maynados pégassos Qui turbados s'en ban en dé plazé à las géns, S'agrada de chapèus parèlhs à nis d'agassos.

Aco que n'es beroy, ressercat e coquèt, Que paréch d'un pauc louy, damb' aco qué soun bèros, Que nou pas lous foulars qui hèn pas nat effet E bous balhon ma foè l'ayré de bourdilèros !;

Pourtan nostos gran-mays, lountéms s'en soun couhados, Lous galans d'aquet téms jamès las mesprésèn, Bestidos simplomén èron quan même aymados, Aneyt n'es pas atau, lou progrè ba soun trèn.

La sédo, lou bélours, las flous e las dentèlos An ramplassat pertout lou both e lou cadis Hélas ! que dounc y hè mas bèros damizèlos ? Que caou ségui la modo ou quitta lou pais !

L'AZÉ

De touts lous animaus, jou souy lou mè

Lou mè gus e tabén lou mè mau-abilhat, Estouna-bous aprè sé jamè* nat.poèto, Damb' sa guitarro d'aur n'es estât pram prou bêto En dé coum' au chibau, perdébat lou mén nas Burla d'aquet ensens qu'aymon tan lous pégas

pélat,

310

Certo souy lou prumè per dizé damb' lou moundé Que carri pas trop bien, bezots souy de boun coundé ? Moun péu abourilhat es tan si pu trop loun, Mouu cap mau dégauchit manco de proupourtioun

E lous méns, quan baygouy, dé sas mas bourrélados,

En couhèn d'aurelhos un pauc trop aloungados !

Horomis tout aco séri pas malurous Sé Tomé quauqué cop èro ménch aboundous Dous gnacs de l'agulhoun, de las abarroutados

Qui dèchon ser ma pèt d'escouzentos larrados !

E lou mesté au

Es la causo soubén se jou bengui testut !

cô dur, sans piétad e bourrut

Acoustumat juenot à la rudo galèro De trima neyt e jour, counéchi la misèro ;

Qu'au ji lou benté boueyt ou bien que l'au-ji plén, Enter-miey dus brancars astan que souy countén

E chiri de boun cô la pesanto carréto

Cargado a hè peta lou cué de ma séréto.

Mous jarrets soun d'aciè, mous paoumous soun de fer, Que hèu, quan rayni, damb' ma bues un brut d'infer Capablé d échanta qui sapa quan de lègos Lous auzélots aurius p'ous bruchots e las sègos !

« Cantos faus e trop fort, sa me dizon daubus,

« Per un arré sigu m'apèrérén grahus.

— « Ah ! que canti trop fort ! Digats dounc, géns en blouzo,

« N'ats entenut souben à Bôurdèu ou Toulouzo

« Ténors ou barytouns munits dé calaméts

« Que baloussén lou mén ? N'ats troubat à troupèts ?

« Barloulats s'ats lézé, trufat-zé dou praubé azé

« N'es pas ma fauto à jou sé bous podi pas plazé !

« Qu'a calut de tout téms à l'orné un pâliras,

« Qu'at say qu'es un malur d'esta bazud praubas,

« Mè tabén, dous bourrics, lou Diu qui porto béo

« En per que m'a hicat au bèt miey de la réo

« La crouts, la bèro crouts, dous brabés, dous baléns

« En dé bous much' à toutsqu'èts de machantos gens !

DUGOU.ION,

de Condom (Gers).

— 311

RBSpouDsse àla«Dissertation»

Plous ds Laeaze

paride aus « Reclams » de May 1911

«SOMMES=NOUS

BEARNÉS

OU

BIARNÉS la

Loubieng, lou 13 d'Aoust 1911.

Amie

e

Counfray,

Que-t mandi escuses si souy trop aban-béyt e si bieni bouta lou naz en lous tous parlatoris dab Mous de Carribe : la boste batalère

que m ey tan agradibe, que-m gabe l'embéŷe de m'y mescla

m at permetetz. Si lou cas estousse que nou, e que-b hasoussi

puchèu, qu'en seratz quitis dab u « hè t'em en-la », e

calera pas dise dus cops. Qu'esperabi plà que lou gayman counfray de Nay dab

alalat que-ns balhare tr meste artigle en respounsse a la toue

« Dissertation » sus lous Biarnés. Qu'où bedi deya, agusan lou sou calam. d'oun abem acoustumat de bede bequia tan sabrous e aboundous lous trèyts dou miélhe esperit biarnés, qui hèn lou gay

dous leyidous de la soue beroye prose. Més

Que l'an début estramousi la gresilhade e lous aygas dou més

de May, ahouni-u lou milhoc, sega-u la cibade, esbrigalha-u lou

Au prêts oun

ey la bioque tau praube mounde, qu'en y a ta s'en da, e nou sab

si

nou m'at

qui

t'ères

arrèy encoère !

roumént, embasa-u la prade, escatrala-u lou bitatye

pas bou d'escribe quoand se dolen de tau miscap. Lhèu sera estât malau, més n'ey pas goayre de

créde : dab û

caddèt goarrut e brinchut coum aquéth (ou counéch ?) lous mètyes

ne hèn pas de grans ahas, si-m pensi. Sounque aye abut lous gats

entecats !

auyamis e lous malandrès qui s ous poden apourica dessus, coum serén la « chiatique aux currons », F « estropisie dans le bentre »

e lou « varvarum fliscum ». Qu'éy hère plà capable d'at desbroumba

tout ent'aus balha poutingues, s ous gahe la méndre frèbe, e d'ous

Que-t diserèy que l'interèssen bèth drin aquéths

mia t'aus bagns de Salies, si eau,

« tourroumbiole » ou p'ou cami de hèr. A l'entertan qui sie drin esbagat e que fat

bau, you, abia dus moûts sus la questiou qui-t thepique :

dab la soue « tomobile » ou

hesqui assabé, que-t

E

eau

dise Bearnés

ou

Biarnés ? La

respounsse,

moun

amie,

qu'ey hère ayside : que disen coum bolen,

e

que s'en

tourne au

312 —

medich. Qu'en troubam las probes en la gramatique e lou dicciou- nari bearnés (ou biarnés) de Lespy et Paul Raymond, e dens las bielhes paperoles e lous titres antics trigats per aquéts balénts e sapiénts linguistes: que s'en y bed a pièles e brassats en las archibes de la Préfecture de Pau, — qui ne-s sount pas toutes bruslades, hurousemént ! E qu'en y a hens lous cabinets de las maysous coumunes, en so dous noutaris, e cabbath lous graès de hères d'oustaus, oun trop soubent lous dèchen arroumega p'ous arrats, trauca per las arles, empourqui de proube, apriga de tela" raques e pouyri de cascantisses.

E pertout, que s'y léy aquéste double grafie : Bearn, Bearnés, ou :

Biarn, Biarnés. Mes, per choès, que prounouncien mèy ad arround

(autan bau dise toustémps) :

Biarn

e Biarnés.

Que

semblaré

que

Bearn, Bearnés, puden drin au franchiman.

 

Toutû, dens la Satire Ménippée, obre

franchimande,

coum sabs,

dou sedzau siègle, oun s'y debise dou nouste Henricou, qu'où

bedem coum asso mentabut : « Ce Biarmis, qui faisoit mille tours de Basque, et qui ne passoit pas si longtemps au Met que Mayenne

à table »

dues syllabes,

counde pas

que per dues, e tout aco, pramoun que ta qu'ey « diphthongue »

e n'en ey pas ea. Que hè bou abisa-s'y quoand escriben en bèrs,

pot

ana). Aquéth chibaliè de Camelat, — qui s'y counéch s'en y a nat,

manque de prosodie d'aquere

payère : e qu'abè plà rasou, lou hilh de quauque may, e que m at asseguraben hère d'autés qui s'y entenen tabèy.

— que m'arcastabe,

s'en boleu apita

Biarn sounque ue ; Bearnés qu'en a très, e Biarnés

Adare,

que eau

remerca

ue

cause :

Bearn qu'a

ne

qui

sien

u

die,

plà cathoulics

bère

(en prose, tout que

Nous auts, Biarnés, que hicam yuste toustémps i oun caleré e. Dètz e nau cops sus bingt, que disent qui a mode de que.

Que debeiem dise ou escribe : Qu'èy abut so « que » meritabi ;

escoute so « que

» dits lou pay.

E

que

disem,

e

qu'escribem

:

so

(( qui

» meritabi

;

— so

« qui

» dits lou pay.

 

Lou tou coumpatriote Despourrins (1) qu'a « coumetut » mant'u bèrs oun s'y bed qui en places de que :

Ex

: « Despuch qui tu

fréquentes la yént de coundiciou

»

La léngue biarnése qu'ey soo, — e nou pas bastarde, — dou

de l'espagnòu, oun s'y dits que, « conjonction » ou

« pronom relatif complément direct du verbe », (Drin de « péda-

francés

e

(1) Laca/.e est originaire d'Accous.

gogie » ne goaste pas la sauce !) — Que-m semblaré que ta debisa de plà, lou biarnés que deberé emplega lou que, en lous medichs cas oun se hè en francés, e renouncia a dise qui. Més lou pleg qu'ey prés, e de trop loégn en-la : anatz-y ha !

So qu'ey autan curious,

més

au

rembès,

qu'ey de hica e per i.

Au parsâ d'Orthez, la cause qu'ey coumune : a tout pip-pap qu'y —

enteneratz a dise se, oun aulhous e disen si : Lhèbe t, se pods

ayaque t, se

pods, — si bos. La cause qu'ey dounc entenude, coum disen aquéths arre- bouhiècs de yutyes, quoand sount harts de droumi : d'are-en-la, que debiseras en bearnés, si-t plats, ou en biarnés, si t'acounténte miélhe, e arrés ne t cerquera de brut ni ne t hera nat proucès. Passam a gn'aute questiou qui s pause en la toue létre :

Que demandes — e n'es pas un drinot curious — so que poudè significa, en permères, lou noum de «Béarnais ». Plà qu'as hèyt de t'adressa à Mous de Carribe (e mey plà encoère qu'auré heyt lou felibre nayés de t'y respoune). S'at abès mandat a quauque docle amassade de linguistes,, de sapientas e d'académiciens,

« chercheurs de petites bêtes», qu'ous aurés f en pipiatye, e

qu'en aurén a discuti per chèys més ou chèys ans, chens ne tira nade luts. llurousemént, que souy aciu enta-t tira de pênes, — si at bos a de bou, — e que-t bau esclari lou mystèri en u arrebirat de mâ :

A l'origine, le nom « Béarnais » a dû sig7iifier : habitant du Béarn. N'ère pas mèy malì qu'aquero. E trufandises a part, ne creds pas que pouch ha rampèu a Christophe Colomb dab sa foutirole de l'oeù quilhat sus la punte, e ad' aquéth falsur de Sganarelle qui endebinabe escopemént so qui hasè las gouyates mudes ? Per aco, que-s pod que la-mie trobe ne t paréchi pas rigoureu- sement « scientifique » Béth aha ! You que la créy soulide, e

qu'atendi u desmentit ou ue « refutaciou. »

Que cragni que-t sies esbarrit p'ou mièy d'aquéts cercayres

d '« étymologies » atrebits bastidous d'« hypothèses», qui, au tour

dat, après s'abé loungadément turmentat lou cerbèth en boulén trouba l'esplic de fèyts hère escus, n'arriben yamèy a mete-us au cla.

D'habitude, lou noum d'ue poupulaciou (lous « poblans », ta debisa coum lous anciens Biarnés) que s tire dou noum de la terre oun demoure. Mes que y a excepcious : atâu lous Normands qu'an

bos. En la maye partide dou Biarn que disen : si

;

— 314

bateyat la Normandie, e dous Parises, qui èren ue « tribu » galoèse, qu'ey biengut lou noum de la bile de Paris. N'y auré pas dounc arrèy d'estounant a so que « Biarn » estesse badut despuch

Més, d'oun sort « Biarnés » ? Ne-m carqui pas d'at

desnida : la loue questiou que demoure sancére. E la toue « étymologie ? » — Que eau coumbiéne qu'a coulou, coum disen per nouste, e qu'ey autan plà cabilbade coum la de nat sapiént que-y aye. Que t'en eau félicita. S'abi a-t ha û arcast, que séré a perpaus de la trop grane moudestie qui-s muche en la toue «Dissertation.» Que diserén que t largues dab bère bergougne, en hanescuses a la yént. N'abès pas besougn, — cred me, — de manda û aperet, ta counclusi, « aux vrais linguistes et aux savants archéologues » — mant'û cop que-s sount troumpats de camî, — e qu'aurés début menchs

« Biarnés ».

encoère calameya ue chabraquerie coum aqueste : « dont hélas t je ne saurais être que par une très jaible sympathie ». A qui at bos ha créde, tu, caddèt de Biarn, double esperoat, e qui as dat las probes de so qui baus despuch qui ès dous noustes, àVEscole de Félms.' Ent'acaba, que-t bau embia ue « étymologie », e que l'acoum- pareras dab la toue. Que sera hère a dise si ne t'interésse pas. Que l'ey troubade en ue estudi sus Bénehnrnum, paride hens la Reçue de Gascogne, en 1868. Qu'ey estade hèýte per l'abat Lartigan, ancien caperâ de Bellocq. ouncou de nouste erudit counfray Louis Batcave, lou felibre e historien de grane balou, doun ey tan fière nouste Escole. Coum at sabs, que s'y a hère escriute peleyat, — en baganaut,— ta destermia oun ère l'antic capdulh dou Biarn. Qu'en y a qui l'an boulut a Mourlâs, d'auts à Nabarrénx ou a Labastide-Cézéracq. Scaliger e Perret qu'où hiquen a Orthez, Walkenaër enter Maslacq e Lagor, Bouilletau ras de Bénéjacq, Marca e la maye part dous Biarnés à Lescar. Mazure, Faget de Biure, Cénac-Moncaut,;

d'Anville, e d'autés

Mous de Lartigau, éth, qu'où plante hardidemént héns la soue parropi, a Bellocq. E la soue « thèse » n'ey pas mèy pègue que gn'aute, Qu'en tiri toute nàtre aqueste note : que t'en heras arrabes e caulets :

« Les vaches étaient les armoiries du Béarn. Voici l'origine de ces armoiries :

prudénts e abisats, n'ou gausen pausa en-loc.

«

— 315

« Les peuples de la vieille Aquitaine étaient connus sous le nom

« de Vaccéens ( Vaccœi) ou Vascons ( Vascones), et leur capitale sous

« celui de Vacca ou Vasca. Ce nom venait sans doute à cette ville

« de l'état du pays, dont les collines renfermaient de nombreux

« pâturagas qui les rendaient propres à la nourriture du bétail.

« D'après Marca, Vacca ou Vasca se trouvait en deçà des Pyré-

« neés, sur le territoire qui s'étend jusqu'à la "Garonne et que l'on

« désigne sous le nom d'Aquitaine. C'était la première dénomi-

« nation de la ville qui fut plus tard appelée Beneharnvm. En

« indiquant le siège de Benebarnum, nous avons par cela même

« indiqué celui de l'antique Vacca.

(1),

« Nous

rappelons

ici

qu'à

côté

de Lescar et

de

Hourquet

«

nous avons indiqué, entre Bellocq et Lahontan, un monticule

c

appelé Poey-de-Basque ; ce qui, dans notre vieil idiome, signi-

«

fie hauteur de Basque. Or le mot basque est la traduction béar-

«

naise de

Vacca ou

Vasca.

« Nous rappelons aussi que la paroisse de Bellocq, comme nous

«

l'avons dit au début de cette étude, est désignée dans les cartu-

«

laires de Sordes et de Dax sous le nom de Sanetus Pctriis de

((

Fachencs:

c'est

un

indice

de plus, carie mot de Fackencs nous

semble être le nom

« Les bêles à cornes étaient la principale richesse de Vacca. De

« là, les vaches servant d'armoiries. De plus, le docte Jean de

« Bordenave nous apprend que le vin était un des meilleurs pro-

« duits de son territoire. De là. les nombreuses feuilles de vigne

« qui sont gravées sur la porte de l'église de Bellocq, à côté des

« vaches traditionnelles,

un peu défiguré de

Vaccéens,

 

«

Nous ajouterons enfin que d'après M. Guillaume de Humbolt,

«

Vibérien, qui était la langue de l'Aquitaine, et l'eusrariin et le

«

Basque, n'étaient qu'une même langue Nous constatons aussi

«

que le propre de cette langue est de révéler les qualités des pér-

il

sonnes et des choses par le nom qui les désigne. Le nom Vacca

«

de la capitale s'explique par cette observation. Et quant au nom

«

de Beneharnvm, il est très remarquable qu'en basque Behia veut

«

dire vache, Arnoa veut dire vin. Or les deux mots réunis for-

ci

ment Behiarnoa, et avec la terminaison latine Behiamum ou

«

Beneharnum. » Qu'ey tout dit, e que m'estanqui aquiu. Que deus abé hartère de

m'escouta.

 
 

(1) Lieux-dits

de

la

commune

de

Bellocq,

mentionnés

dans

l'étude

de

l'abbé Lartigau.

 

-

316

-

Sies hardit. Si-t sentibes drin feblote la « sympathie », qu'ayes horte la santat. Soegne-t plâ pendént las bacances : lou bou bî de

riale per aco, e drin ca,

la couméte de 1910 que t'y aydera :

ne t'ou goastis pas dab aygue. Dinqu'a las permères, Yausép

qu'ey

J.

GARDÈRE.

Aus

Counfrays

Que-p pregam de leye dab soegn, so que Mous de

à Maubezi lou 28 d'Aous darè :

Bibal e-s

disè

« Simili Palay se plaignait précisément, il y a quelques jours, que les noms des Gascons, même les plus célèbres, se perdaient dans l'oubli. Et bien, il ne faut pas que cela soit, il faut que les vieux murs de notre château, désormais à l'abri des ravages du temps et des hommes, conservent précieusement les œuvres que les Gascons font et le souvenir de celles qu'ils ont faites. « Voici ce que je propose pour répondre spécialement à la juste préoccupation de Simin Palay, qui est celle cle notre Président et la nôtre : que chacun de nous, que tous les felibres dressent la liste des gascons célèbres, connus d'eux par l'histoire étudiée ou à étudier, avec ces renseignements : lieu et due de naissance, date du décès et leurs principaux faits en une lijne et envoient ces listes à notre Président et par suite au Bureau de l'Escole,de toutes ces indications écrites, il sera fait un choix, une condensation : cette condensation, ce panorama pour ainsi dire, de la de passée de la Gascogne, sera peint

sur des tableaux qui viendront garnir les murs de, notre salle historique ». Pensats-y, cars confrays, e chetz trop al tende embiat se lous

noums qui

counechets

e

qui

soun

l'aunou

de

la

nouste

bère

Gascougne.

Diarnés, Lanusquets, Bigourdàs, Armagnacais que p'y poudets hica biste : tribalh aysit, per ma fè ; n'abets pas a cerca hère, que s'en y trobe pertout d'aquéts grans noums, per boste. Que-p demandan des bal ha lous noums tau qu'ous porte la loue graphie ; tau qu'es sinnaben etbs médichs : e las bielhes paretsdou Casteth rebiscoulat que seran fières d'amucha, aus qui-ou biénen bésita, la glouriouse sarabantène dou hilhs de la terre béroye !

Adrien PLANTÉ

-

317

-

AVJÌS importants

Les

Cartes et recommandation

Les membres de l'Escole, qui, inscrits depuis le mois de juillet 1909, n'ont pas eu leur carte de Sociétaires, vont la recevoir dans le courant du mois de décembre. Les autres trouveront dans le n° de janvier prochain, une petite bande de papier bleu, à l'extrémité de laquelle on aura placé un petit timbre gonamé portant la millésimme 1912, qu'ils détache- ront et colleront sur leur carte à la place de « 1909 ». On ne peut changer tous les ans les cartes ; mais le millésimme le sera dans les mêmes conditions que cette année, ainsi que cela se pratique pour les cartes du Touring-Club. Nous sommes heureux d'annoncer qu'à partir du 1 er Janvier 1912, les Reclams seront imprimés sur papier de luxe teinté, pur Alfa. Dans le cas où nos sociétaires remarqueraient quelque interrup- tion ou quelqu'irrégularité dans le service de la poste, nous les invitons à adresser leur réclamation à M. Marrimpouey, notre bligeant imprimeur, qui s'empressera d'y faire droit. Nous les prions, en même temps, et avec la plus vive instance, de faire connaître à M. Mirrfmpouey les changements d'adresse :

c'est lui qui a, en main, la liste des sociétaires sur laquelle il fera "es modifications nécessaires, mais encore faut-il qu'il soit prévenu. Dans ces deux cas spéciaux, que nous signalons, il est inutile de s'adresser au Président ou au Secrétaire-général : ceux-ci n'habitant pas Pau, les réclamations ne pourraient que subir des

retards regrettables. Enfin, nous rappelons, à ceux qui nous envoient des manuscrits à insérer aux Reclams, qu'ils ne doivent écrire que sur le recto des feuillets : le travail des imprimeurs est considérablement gêné et, par suite, retardé, quand on écrit sur le verso.

observation, dont on

A diverses reprises, nous avons n'a pas tenu généralement compte.

fait cette

Simple

318

mise

au

point

Il revient à la direction des Reclams que, dans la publication des

articles, une part trop importante serait faite aux Basses Pyrénées et, on semble ajouter, si on ne le dit pas expressément, que les

autres départements n'auraient pas la part qui leur serait due.

A cette observation la réponse est aisée. Que nos collègues des

divers départements approvisionnent la Rédaction de pièces, d'extraits divers, de façon qu'il lui incombe seulement de faire le

choix et la répartition. Rien ne sera plus facile. Au surplus qu'on examine la dernière liste des Ecoliers. Les Basses-Pyrénées, on le constatera, comptait 290 adhérents, les Landes 60. les Hautes-Pyrénées 55, le Gers 50. Beste une cinquan- taine de membres dont le lieu d'origine n'est pas connu, mais

qu'il n'est pas téméraire de répartir dans la proportion des chiffres

ci dessus. On voit donc qu'en appliquant les idées de proportion-

nalité, aujourd'hui en particulier honneur, les Basses-Pyrénées représentent neuf douzièmes des membres de l'Ecole. Le pays de Gaston Febus se devait bien d'honorer aussi la mémoire du prince

et sa langue.

LA

RÉDACTION.

Noubèles

Lourde. Mous Albert de Despaux, l'amne dou Gurmeth Salie,

que coelh laurès pou sou mestiè de yardinè : Medalhe de bermelh

e report bantayre à la

d'aryén à l'espausiciou orticole de Lourde. Qu'où ne hèm amistous

coumplimens.

Aryelès. L'istourian dou Labeda, Yan Bourdete, qui s'ey mourt darreramens à Toulouse que s'ey hèyt enterra dens lou sou pèys natiu, Aryelès. Lou défunt que dèçhe bère trentée de libes d'istòrie e de mey u cayè de coundilhots hère beroys en lengue

Soucietat d'orticulture biarnese,

medalhe

mayrane, qui seran publicats aqueste ibèr.

Auch. Que ban quilha l'estatue de d'Artagna

.

de la bile.

sus

ue

place

— 319

Mountauba. Aqueste tour qu'an estreat lou buste dou pouète poupulàri, A. Quercy. Que-s troubèn à la hèste lous mayouraus A. Perbosc e Ratier, dab lous amies de Toulouse: A. Praviel,

J. Rosés, F. Court. Moussu Rigal, lou président

èàrsinolo que parlé de la bite segade abans d'ore dou cantadou (1853-1899) e que remetou lou mounumen au mayrede Mountauba. Lous bilhs de Pouvillon, lou fray, la moulhè e loushilhsde Quercy qu'èren dens lous escoutayres.

de XEscolo

Peyrigus. Lou mèste roumaniste Chabaneau qu'aura et tabé lou sou medalhou escultat à Nountrou en Perigord. LovxBournat, soucietat felibrenque que n'a hèyt l'inouguraciou lou 24 de setéme darrè. Que y'abou discours de Mous de Aublant, discourse bercets de Mous de Beneit, lou pouète qui aplaudim en 1907 à^Cautarés. Mous de Millardet qui representabe la soucietat de Lengues Roumanes de Mountpeliè, que digou la bite tribalhadoure dou lenguiste e la soue amistat ta la lengue dous ancèstres. Que balhè la dedicàci escribudeau cap de la Grammaire Limousine e adressade per et à la soue may. Lou capouliè V. Bernard, que saludè Chabaneau au noum de F. Mistrau e dou Felibridye.

M.

de C.

AU

MESTE

D'AHAS

de l'Armanac dou bou biarnés

e dèu franc gascou.

Que disen, per aciu bach, que l'Armanac du biarnés e dèu franc gascou qu'a parescut a Pau, la bile amistouse.

N'en sabèn pas arrèy, nous aules ! Ne se l'an pas embiat coum'd'autes cops ! Dus ans a que-s desbroumben, e toutu, qu'abem toustem saludat, dab gauyou, aquet nabeth badut code cop qu'ey sourtitdou cros ! Anem, moussu lou meste d'alias, nou desbroumbits pas que y a cauques bous biarnés e quauques francs gascons aus Réclams, qui sèrén

qui

hurous de cabé la badude dou libiot, n'estoussi que ta paya comte.

lou

so

A.

P.

Nabèths

Counfrays

Madame Guilhermoz, 35, rue de Villiers, Paris. M. Daniel Campet, 5, rue Gambetta, St Jean-de-Luz. Fernand de Cardaillac, 87, Boulevard St-Michel, Paris.

Les

320

Fêtes Régionalistes de Bourges

Le congrès et les fêtes régionalistes de Bourges des 13, 16 et 17 Septembre ont eu une importance et un éclat inattendus. La présence d'un nombre considérable de Membres du Parlement, la réception grandiose qu'à faite aux Congressistes la Munici- palité, l'énorm e affluence accourue à Bourges, la splendeur du cortège historique, reconstitution du passé' Berrichon, organisé par le maître statuaire Jean Baffler, ont fait de ces fêtes de véri- tables assises du Bégionalism e où les hommes d'opinions politi- ques et de convictions religieuses les plus diverses se sont fait entendre tour à tour. Après Charles Beauquier, Député radical socialiste du Doubs et avant le marquis de L'Estourbillon, président de la Fédération Bretonne, le Duc de la Salle majorai du Felibrige a prononcé, au nom du Félibrige, le discours suivant:

Messieurs,

Au temps où la résistance s'organisait ici contre l'Anglais envahisseur, où Agnès Sorrel faisait oublier par trop au « roi dt Bourges » son devoir de « Conquistador » un Auvergnat eut l'hon- neur de présider en Berry aux préparatifs de cette lutte que la pucelle allait couronner d'inoubliables victoires. Louis de Scorailles, puissant baron Cantalien, Sénéchal du Berry et du Limousin, Capitaine de la Grosse Tour de Bourges, Conseiller et Chambellan de Charles VII, fut un des plus utiles artisans de ce relèvement national dont Jeanne d'Arc incarne si purement l'âme. Les troupes qu'il recruta en Auvergne appor- tèrent un appréciable contingent à l'armée de la délivrance d'Orléans et de la marche victorieuse vers Beims. Cet acte de solidarité, ce nécessaire tribut à la Patrie Française, alors « en si grande pitié », suivant le mot de la bonne Lorraine, l'Auvergne l'a toujours acquitté avec entrain, fière de son régi- ment, réputé entre tous, que le Chevalier d'Assas illustrait au soir de Cloterscamp avant qu'il ne se couvrit de gloire une dernière fois grâce à nos immortels Volontaires de 1792. Dans un tout autre domaine, c'est encore ce même sentiment de solidarité inter-provinciale qui nous fait répondre aujourd'hui à votre pacifique appel, nous associer à l'effort que vous souhaitez promouvoir pour populariser dans de sages et démocratiques limi-

tes, l'idée féconde du régionalisme.

Mieux, peut-être,

que

bien d'autres provinces, nous avons con-

— 321

servé ce qui pouvait utilement l'être de notre physionomie parti- culière, de nos mœurs, de notre langue. En vain, nos émigrants, qui se comptent par milliers, sillonnent-ils les chemins du monde ; à l'automne de leur vie, tous reviennent au terroir natal s'y constituer les fidèles gardiens de cet esprit ancestral nullement exclusif, largement ouvert, au contraire, au progrès, irréductible- ment réfractaire, seulement, à ce scepticisme générateur des dé- racinés et des sans-patrie.

terre et de ses morts; il cherche

d'instinct ce terrain nécessaire de conciliation entre la tradition et le progrès, entre l'individualisme, vers lequel on l'accuse, mênre, d être trop enclin, et l'associationisme, qui s'impose chaque jour davantage, bien en dehors des sphères purement économiques, entre le besoin inné de liberté et les salutaires entraves de l'indispensables discipline. Son esprit, réputé, ajuste titre, éminemment pratique, ne fait pas de lui l'esclave aveugle d'un passé mort, des choses définitivement abolies mais il entend bénéficier de l'expérience cent fois renouvelée des ancêtres. Si notre chaîne Cantalienne nous fut, maintes fois, un rempart, une défense qui nous permit, mieux qu'à l'habitant des plaines, de nous développer plus à l'aise conformément à notre ambiance à notre tempéramment, à notre sol, nos montagnes ont aussi leurs cols, leurs vallées que nous avons suivis, de tout temps, pour aller chercher au dehors et rapporter au terroir le mieux-être ma- tériel et moral, bénéficier des progrès mieux et plus vite réalisés chez nos voisins. Mais, de même que notre sol et notre climat ne se prêtent guère à l'acclimatation de telle culture ou de telle es- sence, ainsi notre rude bon sens répugne à celle assimilation outranciére, à ce nivèlement centalisateur exagéré qui fait souvent trop bon marché des intérêts provinciaux les plus respectables. Ne sonl-ce pas là les purs desiderata régionalistes qui souhai- tent voir s'harmoniser enfin aux nécessités modernes, cet orga- nisme gouvernemental aux rouages par trop multiples et compli- qués qu'un Président du Conseil, M. Clémenceau, comparait na- guère à la vieille machine de Marly ! Nombre de bons esprits estiment que l'œuvre centralisatrice de îa Monarchie renforcée par Napoléon n'est plus adéquate à notre siècle de l'électricité et de l'aviation, que notre division territo- riale est par trop arbitraire, ne tient aucun compte de l'homo- génité géologique et économique, qu'il est choquant de voir, par exemple, la Lozère comptant quatorze fois moins d'habitants que le département du Nord, iournissant cinquante-quatre fois moins d'impôts, entretenir presque le même nombre de fonctionnaires pour son administration. Elle serait, évidemment plus ration-

L'Auvergnat a le culte

de

sa

nelle et moins coûteuse une division plus large qui serait basée sur la géologie, la climatologie, l'hydrographie, facteurs puis- sants du genre d'existence et de la vie d'un peuple, qui influent si fortement sur l'habitant, les migrations, la culture même et différencient logiquement les groupes ethniques. Aucune de ces considérations n'est en lignes de compte dan l'œuvre législative de 1789. La division arbitraire par départe- ments et arrondissements parait avoir été uniquement basée sur le désir de placer le contribuable et le justiciable le plus éloigné à moins d'une journée de marche du chef-lieu administratif et ju- diciaire. L'état, des route, à la fin du XVIII 0 siècle, ou plutôt leur inexistence, justifiait alors cette considération que chemins de fer, aujourd'hui, aéroplanes, demain, peut-être, rendênt entiè- rement surannée. Hommes d'Etat et Législateurs, Economistes et Philosophes et non des moindres, ont creusé le problème ; les grandes Assises régionalistes de Bourges ont jeté sur la question un jour tout nou- veau. Les infagables apôtres du régionalisme ; Charles Beauquier, Député du Doubs, Louis Marin, Député de Nancy, mon éloquent ami Charles Brun, vingt autres encore des plus qualifiés, ( l ) on' décrit, un à un, tous les aspects, élucidé chaque difficulté, lumi neusement montré les bienfaits de la réforme régionaliste. Leur clairs exposés de doctrine, l'étude approfondie des résultats pra- tiques, réalisables sans heurts, qu'ils nous ont fait toucher du doigt démontrent surabondamment que, loin d'être un recul vers le passé, le régionalisme, tel que le comprennent et le propagen* ses promoteurs, constitue un nouveau et puissant élément d prospérité nationale, un progrès réel digne de tenter les généreu ses ardeurs de notre Démocratie si noblement éprise de mieux être moral et de liberté. A cet idéal qui n'a rien d'utopique, à la réalisation de ce pro- gramme décentralisateur, à ce patriotique régionalisme, généra- tenr d'une France plus forte, où chaque province apporterait une meilleure et plus complète contribution à l'indissoluble bloc national, le Félibrige m'a officiellement chargé d'apporter son adhésion et ses vœux. Son Chef, le Capoulié Valère Bernard, a bien voulu me donner missions de vous dire nos chaudes sympa- thies Félibréennes, vous assurer de notre plus zélé concours. Majorai du Félibrige, je ne peux vous faire impartialement l'histo-

(4) Ont pris la parole au Congrès régionaliste, entre autres personnalités :

M. le Maire de Bourges ; Louis Pauliat, Sénateur du Cher; Lefas, Député j Rolland Professeur à la faculté de Droit de Nancy; Désiré Ferry ; J. Mihura, Avocat au Conseil d'Etat ; Antonelli et Hertz de " La Démocratie Sociale »; le Docteur Leprinceé ; H. Laudier, Conseiller Gai du Char ; M. Hervet, Président de la Chambre de Commerce; Turpin, Président delà Société Historique, etc.

323

rique de ce grand mouvement méridional qui a pris naissance sur les rives du Rhône, au milieu du xix eme siècle, et dont le glorieux

père de Mireille reste le patriarche vénéré : il suffit d'assister à une de nos réunions annuelles, qu'elle se célèbre au pied des Alpes ou au cœur des Pyrénées, pour comprendre combien vibre puissamment le Midi de la Gaule à l'évocation de son passé

la

glorieux chanté par ses poètes, conté par ses langue ancestrale.

historiens,

dans

Elle est éminemment

palriotique 1 et féconde, comme le régiona-

lisme dont elle est sœur, l'œuvre Félibréenne qui groupe dans un fraternel coude à-coude tous les fils de la terre Occitane, sans distinctions de préférences politiques ou de convictions religieuses, qui fait communier à la même coupe, dans un même idéal un

moine austère et fervent comme \e R. P. Xavier de Fourvières, Prieur des Prémontés et le fougueux député socialiste qu'était Clovis Hugues ! Souhaitant ardemment voir grandir cet espoir, ce besoin de paix et de concorde, s'étendre à tous les fils de la terre française je lève mon verre à la ville de Bourges, à son premier Magistrat que je remercie de son»hospilalité flatteuse. Au nom du Félibrige,

je bois à la diffusion de la doctrine régioiialiste, à l'amour de la

la grande

petite patrie, au culte de la terre natale, à la Patrie.

gloire

de

Duc DE LA

SALLE.

eu l'honneur d'être

invité aux fêtes de Bourges. Ne pouvant se rendre à cette flatteuse invitation, il n'a pu que s'associer de loin aux manifestations qui

avaient pour but la glorification de la Petite Patrie, qui ne peut- être que celle de la grande tant aimée !

Le Président de YEscole Gaston Febus

avait

A.

P.

RECTIFICATIONS

M. l'abbé Mayraux, curé de Cazères, réclame la paternité de la jolie Cante dou Papoun que nous avons publiée à la page 2,35 des Reclams de Novembre dernier. Notre grand chercheur M. Louis Batcave l'avait

trouvée et nous l'avait envoyée : nous aurions dû, en la publiant, mettre

Louis Batcave'. Notre correcteur

d'épreuves a oublié cette mention. Notre amin'a nullement voulu s'appro-

prier la paternité de'cette chanson; nous sommes heureux, avec lui, de rendre à César ce qui est â César, en félicitant l'auteur du succès de ses œuvres qui sont entrées dans le- domaine populaire : lou Curé de M ugroun et la Cante dou Papoun. A. I'.

recueillie et communiquée par

M .

324

-

BOURDETT E

Nous apprenions, il y a quelque jours, la mort du

grand

anna-

liste de la Bigorre, M. Jean Bourdette, décédé à Toulouse.

En 1903, à la Félibrée d'Argelès, ce fut, pour nous, une

grande

joie de lui offrir le prix d'hontieur de l'Escole Gastou-Fébus, qui

lui revenait en toute justice, et qu'il voulut bien accepter.

occupée, dont une

grande partie avait été consacrée à l'histoire de la petite Patrie, il

avait gardé l'ardent désir de continuer à cette œuvre les années

Il avait alors plus de 80 ans et de sa vie

si

qui lui restaient encore à vivre.'

chacune

infatiguablement marquée par un travail nouveau, enrichissant

per amou dou Labeda — c'était sa devise — la bibliographie bigour-

danne de documents précieux que, la loupe à la main, il arrachait

aux archives de la région.

Il

a

tenu

parole : depuis,

huit années se sont écoulées,

Nous l'avons

vu

dans

son

laboratoire

de

Toulouse,

envahi de

brochures et de

livres,

de

parchemins,

l'œil

toujours

brillant,

jeune d'esprit, d'entrain patriotique ; il nous reçut avec une

exquise bienveillance que nous ne pouvons pas oublier.

la

plum e à la main, corrigeant, avant de fermer les yeux, les épreuves

de trois ouvrages — deux brochures et un volumes de 500 pages,

de

paraître.

à cet aimable

nos vœux

11 avait près

sur

le

de 90 ans,

de

quant il

du

est

mort,

Lavedan,

pour

qui

ainsi

dire,

monastère

St-Sabin

viennent

A ce grand travailleur,

confrère,

tout

d'éternel et heureux repos :

A sa famille, nos plus vives condoléances

et

nos

respectueuses

sympathies.

Le Président de l'Escole Gaston-Fébus,

Adrien

PLANTÉ.

L'abondance des matières nous force à renvoyer aun° de Janvier une

Verdaguer, traduite par Camelat, et d'autres très intéressantes

poésie de

communications.

Lou Yérant : E.

MARRIMPOUEY.

PAU ,

EMPR1.VIERIE

VIGNANCOBR,

E.

MARRIMPOUEY,

EMPR1MUR.