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Les produits dérivés

Travail présenté

à

Jean-Philippe Tarte

Pierre-Olivier Bilodeau Anderson Grigio Carneirio Geneviève Couture Ghyslain Héroux Julien Savard

Dans le cadre de la propédeutique en finance 70-200-00

HEC Montréal Le 23 septembre 2008

TABLE DES MATIÈRES

LES PRODUITS DÉRIVÉS

3

INTRODUCTION

3

PRINCIPES GÉNÉRAUX

3

OBJECTIFS

4

LES FUTURES

5

LES FORWARDS

7

LES CONTRATS DÉCHANGE (SWAPS) DE TAUX DINTÉRÊT SANS INTERMÉDIAIRE

7

OPTIONS

11

Call

13

Put

15

Fixation de la prime

17

Conclusion sur les options

18

LES DANGERS DES PRODUITS DERIVES

18

BIBLIOGRAPHIE

21

Les produits dérivés

Introduction

Depuis le début des années 80, le marché des produits dérivés n’a cessé de croître, au point où leur importance actuelle est hallucinante. En 2004, l'ISDA a relevé une croissance annuelle de 29 % pour les dérivés sur produits de taux d'intérêt et de 21 % pour les dérivés sur actions et indices d'actions 1 . L'activité sur les contrats à terme représentait 19 744 milliards en juin 2004, contre 9 669 milliards en décembre 2001; une augmentation de plus de 100 % en 3 ans. Durant cette même période, les options progressaient de 134 % 2 . Présentement, les produits dérivés représentent l'essentiel de l'activité des marchés financiers. Or, malgré une telle ascension, les produits dérivés demeurent un mystère pour la majorité des gens n’œuvrant pas dans ces milieux. Qu’est- ce qu’un produit dérivé? Quelle est leur fonction? Sont-ils néfastes pour l’économie? Dans le cadre de ce travail, nous tenterons donc de dresser un portrait général de ce que sont les produits dérivés. Dans un premier temps, leurs principes généraux seront présentés, ainsi que leurs objectifs. Ensuite, leurs multiples formes seront décrites plus en détails. Les contrats à termes, soit les futures et les forwards, les swaps ainsi que les options seront abordés dans ce travail. Finalement, nous présenterons les dangers potentiels liés à leur mauvaise utilisation.

Principes généraux

Un produit dérivé est un instrument financier, c’est-à-dire un titre ou un contrat utilisé pour anticiper une rentabilité ou un risque financier quant à l’acquisition ou à la vente d’un actif. De façon générale, ils permettent aux deux partis impliqués dans une transaction, qui doit être réalisée plus tard, de s’entendre préalablement sur les conditions de la vente, par exemple le prix et le moment. L’objectif étant évidemment d’éviter les

1 Produit dérivé (finance), Wikipedia, l’encyclopédie libre, http://fr.wikipedia.org/wiki/Dérivé (Page consultée le 14 septembre 2008).

2 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.32.

risques de pertes financières imprévues advenant une variation de la valeur de l’actif qui serait désavantageuse pour l’un des partis. Le règlement s’effectuant à une date future, aucun placement net initial est nécessaire pour l’acquéreur. Les produits dérivés portent toujours sur un actif sous-jacent. Ceux-ci peuvent être des actions, des obligations, des bons du trésor, des devises, des indices boursiers ou encore des matières premières. Ces produits se subdivisent en deux classes, soit les produits fermes qui concernent les contrats à terme, les forwards et les swaps, et les produits optionnels qui couvrent les options et les warrants. Tel qu’il sera illustré dans le document, il est possible de les échanger sur le marché de gré à gré, c’est-à-dire par une interaction directe entre les intervenants sans aucunes balises pour les échéances ou les prix, ou encore sur un marché organisé, c’est-à-dire sur un marché financier où les montants, la variation minimale du prix et les échéances sont standardisés.

Objectifs

Actuellement, deux objectifs principaux motivent l’utilisation des produits dérivés : la gestion du risque et la spéculation. Il existe en effet plusieurs types de risques financiers ou économiques qui devraient être évités : les risques de taux autour des opérations financières à taux variables, les risques de prix autour de la valeur d’une action, d’un indice boursier ou d’une matière première, les risques de crédit dans l’éventualité où un débiteur est incapable de rembourser un créancier et les risques climatiques autour des actifs dont la valeur peut-être altérée pour des raisons météorologiques. De plus, tous ces risques peuvent avoir des répercussions autant pour les particuliers que pour les entreprises, les banques ou même l’État. Il est donc normal que ceux-ci aient cherché un moyen de se protéger.

Certaines institutions offrent des polices d’assurances permettant de couvrir certains risques, telle la COFACE en France 3 . Toutefois, ces polices ont l’inconvénient de ne pas être renégociables, ce qui peut être désavantageux si l’exposition au risque varie

3 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.10.

amplement. Dès lors, en permettant la fixation d'un prix à terme, fixe ou optionnel négocié sur un marché financier, les produits dérivés procurent la meilleure protection. Évidemment, comme toute couverture d’assurance, les produits dérivés ne sont pas toujours rentables. Ils sont donc plus souvent utilisés lorsque les probabilités de concrétisation des risques sont jugées suffisamment élevées.

Les produits dérivés ne sont toutefois pas que des instruments de couverture, ils sont aussi un moyen très efficace pour spéculer. En effet, bien que la spéculation existe naturellement, l’utilisation des produits dérivés la facilite beaucoup. Ce concept sera d’ailleurs abordé ultérieurement.

Les Futures

Un contrat de future constitue une promesse de livrer ou de recevoir, à un moment d’échéance ultérieure, une certaine quantité de sous-jacent à un prix fixé d’avance. Ce contrat est négocié sur une bourse de futures 4 .

L’acheteur de futures s’engage à recevoir le sous-jacent, moyennant un paiement d’une somme appelée le montant dû (invoiced amount). De son côté, le vendeur de futures a la tâche de livrer à échéance le sous-jacent en échange du montant dû 5 .

Les spécifications propres à un contrat de futures découlent directement de ces deux préoccupations : sécurité et liquidité du marché.

En matière de sécurité, la bourse oblige chaque contrepartie à verser un dépôt initial de marge (initial margin) sur un compte ouvert pour la circonstance. À la clôture quotidienne de chaque séance boursière, la chambre de compensation détermine un cours de compensation (settlement price), lui permettant de calculer le gain ou la perte sur la

4 Futures, Swaps, Options, Les produits financiers dérivés, Alain Ruttiens, Éditions de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Liège, p.25.

5 Ibid., p.28.

position, par rapport à la séance précédente. La bourse détermine le montant du dépôt initial de marge en référence au mouvement quotidien moyen du prix du contrat. Elle prévoit aussi la possibilité de procéder à un appel de marge (intraday) en cas de mouvement anormal des prix 6 .

Quant à la liquidité, la bourse va standardiser ses contrats sur les bases suivantes : la limitation du nombre d’échéances, la limitation du nombre de décimales dans le prix coté, la fixation d’un montant unitaire en guise de quantité de sous-jacent en jeu dans un contrat et la fixation d’un mode unique de livraison. Ces restrictions ont pour effet de regrouper les besoins d’achats et de ventes en dates, objectifs de prix et montants, sur un nombre plus limité de contrats différents, d’autant plus liquides 7 .

D’une manière générale, les contrats de futures peuvent être utilisés de deux manières, qu’il s’agisse de spéculation ou de position. Dans un premier temps, supposons une vente ou un achat débouclé avant échéance. Dans ce type d’opération, le profit ou la perte réalisée provient du résultat du compte de marge, lors du débouclage du contrat 8 .

Exemple : à t=0, achat

105

Compte de marge globalement crédité de 2

à t=1, (re)vente

107

Dans un deuxième temps, supposons une position de vente ou d’achat maintenu jusqu’à échéance du future. Dans ce cas, l’échéance du contrat implique une livraison contre paiement du montant dû. En réalité, tout se déroule comme si l’acheteur payait au vendeur le prix initial du contrat, en raison de l’impact du règlement du compte de marge 9 .

6 Ibid., p.27.

7 Ibid., p.31.

8 Ibid., p.29.

9 Id.

Exemple : à t0, achat

105

à t1, (re)vente

107

Réception du sous-jacent, contre paiement de 107

Les forwards

Un forward est un accord pour acheter ou vendre un actif à un prix et une date future précisée dans le contrat. En fait, la définition du forward est identique à celle des futures à la différence près que les forwards sont négociés sur un marché de gré à gré (hors bourse), entre banques et institutions financières, alors que les contrats de futures sont négociés sur un marché organisé. De plus, les futures sont des contrats standardisés en terme de montants et de dates d´échéances. En revanche, les forwards sont des contrats à terme non standardisés. Bien souvent, lors du dénouement, les deux contreparties procèdent au règlement de la différence entre le prix négocié à l´avance et le prix du marché (procédure dite de cash settlement). Très peu de contrats font l´objet d´une livraison 10 .

Les

intermédiaire

contrats

d’échange

(swaps)

de

taux

d’intérêt

sans

Lorsqu’un particulier, une entreprise ou un gouvernement a besoin de liquidité, l’emprunt

représente un des principaux choix mis à sa disposition. Dans les circonstances d’un

emprunt, ces derniers font face à deux types de taux d’intérêt, soit le taux fixe et le taux

variable. Dans le premier cas, le taux est fixé globalement en fonction du taux en vigueur

sur le marché au moment de l’emprunt et du risque que représente l’emprunteur. Dans le

10 Cambiste.info, trading de devises [En ligne]. http://www.cambiste.info/dictionnaire-forex/forward.htm (Page consultée le 14 septembre 2008).

cas du taux variable, le taux d’intérêt, tout en prenant compte du risque que représente

l’emprunteur, va varier dans le temps en fonction des fluctuations du taux dans le marché.

Bien évidemment, chacune de ces possibilités a ses avantages. Si l’emprunteur envisage

une baisse des taux d’intérêt dans un avenir rapproché, ce dernier sera fortement tenté d’y

aller avec un emprunt à taux variable. En retour, si le marché lui semble instable ou bien

qu’il envisage une hausse des taux, le taux fixe saura le sécuriser. Par contre, sans grand

étonnement, les choses n’évoluent pas toujours dans le sens espéré. La conjoncture et la

situation particulière de l’emprunteur peuvent changer au point où le type de taux auquel

est assigné son emprunt ne lui convient plus. C’est alors que les contrats d’échange de

taux d’intérêt, communément appelé swap de taux d’intérêt, deviennent un produit fort

intéressant.

Dans les faits, un contrat d’échange de taux d’intérêt est une entente de gré à gré entre

deux agents visant à échanger un montant nominal, libellé dans une monnaie donnée, à

un taux fixe contre le même montant, libellé sous la même monnaie, à un taux variable et

vice versa 11 . Ce type de transaction peut être fait de manière totalement privée ou via un

intermédiaire faisant la liaison entre les différents offrants. En fin de compte, un agent

peut ainsi se prémunir contre une hausse des taux d’intérêt en changeant son taux variable

pour un taux fixe ou bien profiter des baisses de taux en effectuant la démarche inverse.

Elle vise donc, d’une certaine manière, à faire une meilleure gestion continue des risques

de taux. Puisque ce genre de transaction peut subvenir de manière totalement privée, il est

particulièrement difficile de pouvoir mesurer l’ampleur de l’utilisation de ce procédé. Par

contre, à la lumière de ce qui est déclaré, les chiffres sont impressionnants. En effet, dans

11 Jonh Kiff, Uri Ron et Shafiq Ebrahim. Banque du Canada. Département des marchésfinanciers. :

L’utilisation des swaps de taux intérêts et des swaps de devises par le gouvernement fédéral, [En ligne]. http://www.banqueducanada.ca/fr/revue/2001/kifff.pdf (Page consultée le 13 septembre 2008).

le marché des dérivés, le volume quotidien des transactions des banques déclarantes à

plus que doublé de 1995 à 1998, passant d’un volume quotidien de 18.8 milliards de

dollars

à

40,6

milliards 12 .

Bien

que

cela

représente

l’ensemble

des

transactions

quotidiennes dans le marché des produits dérivés, il faut comprendre que lors de la même

période, le pourcentage des swaps d’intérêt dans ces volumes quotidiens est passé de 66%

à 80% des volumes de transaction. Il est donc indéniable que ce genre d’activité est en

forte hausse 13 .

Structure d’un contrat d’échange de taux d’intérêt sans intermédiaire.

Entreprise A ayant un emprunt à taux variable.
Entreprise A ayant un
emprunt à taux
variable.
Entreprise B ayant un emprunt à taux fixe.
Entreprise B ayant un
emprunt à taux fixe.

12 Banque de France. Services des capitaux monétaires extérieurs. : Activités sur le marché des produits dérivés de taux d’intérêt sur la place de Paris, [En ligne]. http://www.banque- france.fr/fr/publications/telechar/bulletin/ etud60_5.pdf (Page consultée le 13 septembre 2008). 13 Id.

Exemple d’un contrat d’échange de taux d’intérêt 14 .

Acteurs :

Entreprise A détenant un taux d’intérêt variable et envisageant une hausse des taux d’intérêt. Entreprise B détenant un taux d’intérêt fixe et envisageant une baisse des taux d’intérêt. Données :

Montant notionnel : 10 millions USD. Terme : 5 ans. Taux fixe convenu : 5% semestriel. Taux variable convenu : 3 mois USD Libor. Exécution :

Dans cet exemple, l’entreprise A souhaite échanger les flux monétaires d’un taux

d’intérêt variable contre un taux fixe. Elle a trouvé preneur en l’entreprise B qui

souhaitait convertir les flux de son taux fixe à un taux variable. Ils se sont donc attendus

sur un montant fictif de 10 millions de dollars américains. Sur une période de cinq ans,

l’entreprise A va défrayer sa partie du contrat à un taux fixe semestriel de 5% pendant 5

ans. Au total, elle versera donc 10 X 10 000 000$ (2.5%), soit 250 000$ deux fois par

année, donc 2 500 000$ au terme du contrat. En ce qui concerne l’entreprise B, les

acteurs ont décidé de s’arrimer au taux du Libor qui est le taux interbancaire offert à

Londres qui sert souvent de référence pour les swaps. Donc, si le taux du Libor-3 mois est

à 2,5 %, l’entreprise B devra payer 2.4 %/4 X 10 000 000 $ pour les 3 premiers mois et la

suite serait fixée en fonction de l’évolution des taux d’intérêt.

14 International swaps and derivatives association. 2004. Interest swap rate example, [En ligne]. http://www.isda.org/educat/pdf/IRS-Diagram1.pdf (Page consultée le 13 septembre 2008).

D’un autre côté, les contrats d’échange de taux d’intérêt ne sont pas sans risque. Ils

présentent dans les faits deux risques principaux, soit le risque de crédit effectif et le

risque de crédit potentiel. Dans le premier cas, le risque de crédit effectif représente le

coût de remplacement du swap si la contrepartie faillit à ses engagements 15 . Cela peut se

produire dans l’optique où une contrepartie pourrait se soustraire de ses engagements

envers les swaps dont la valeur marchande devient négative. Pour pallier à ce problème,

les partis vont généralement signer une convention-cadre contenant des clauses de

résiliation pour certaines opérations prévues. En ce qui concerne le risque de crédit

potentiel, il s’agit simplement du fait que le niveau de risque potentiel du swap évolue à

la hausse avec le temps de manière à ce que le swap devienne de moins en moins

profitable 16 . Ce dernier est calculé en fonction des probabilités de défaillance d’une

contrepartie et de l’évolution future des conditions des marchés.

Options

Versatiles et sophistiquées, «les options (…) offrent non seulement une grande flexibilité dans la gestion des risques mais permettent aussi de construire des stratégies particulièrement intéressantes» 17 . Lorsqu’une personne achète une option, elle acquière le droit de négocier un titre sous-jacent particulier à un prix préalablement fixé. Les options ne réfèrent pas uniquement aux produits dérivés, il existe en fait une diversité de sous- jacents, par exemple, les options sur indices, sur actifs financiers ou encore sur variables monétaires.

15 Jonh Kiff, Uri Ron et Shafiq Ebrahim. Banque du Canada. Département des marchés financiers. :

L’utilisation des swaps de taux intérêts et des swaps de devises par le gouvernement fédéral, [En ligne]. http://www.banqueducanada.ca/fr/revue/2001/kifff.pdf (Page consultée le 13 septembre 2008).

16 Id.

17 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.72.

Les villes qui dominent les marchés mondiaux des produits dérivés sont Chicago, New York et Philadelphie en Amérique du Nord et Londres, Paris, Francfort et Zurich en Europe. Sur les marchés, les options sont presque exclusivement utilisées pour gérer le risque de taux. En effet, on évalue à plus de 91% des options consacrées à la couverture de ce risque 18 . Il existe une différence majeure entre les options américaines et les options européennes : le moment de l’achat de l’option. En Amérique du Nord, les options doivent être exercées avant une date convenue. En Europe, l’option ne peut être exercée avant une date d’échéance fixée.

La localisation des marchés organisés de dérivés sur actifs financiers 19

marchés organisés de dérivés sur actifs financiers 1 9 Grâce aux options, il est possible de

Grâce aux options, il est possible de faire des bénéfices sur un marché en hausse, en baisse et statique. En effet, elles permettent de spéculer les mouvements de prix, de s’assurer contre une baisse de l’actif, de faire des ajustements à court terme dans l’exposition du porte-feuille et d’en accroître sa rentabilité 20 .

18 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.33.

19 Idem

20 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008).

Il existe quatre stratégies caractéristiques aux options : l’achat d’option d’achat et la vente d’option d’achat (call) ainsi que l’achat d’option de vente et la vente d’option de vente (put).

Call

Par définition, «un contrat d’option confère à l’acheteur d’une option d’achat, le droit mais non l’obligation d’acheter» 21 . «Une option qui donne le droit de faire éventuellement un achat à un prix prédéterminé s’appelle une option d’achat. (…) » 22 . Dans le premier cas, la position est longue dans l’option de vente. Dans le second cas, la position est courte.

Supposons qu’une action A est de 100$ au 1 er septembre 2008. L’agent évalue que cette action sera de 110$ au 1 er décembre 2008. Évidemment, il s’agit d’une évaluation alors il ne peut en être certain. Il pourrait acheter les actions A aujourd’hui afin d’éviter de les payer plus cher. Toutefois, le prix de l’action A pourrait aussi baisser. Les marchés des options offrent une option d’achat sur cette action. Son prix d’exercice est de 105$ moyennant une prime de 1$ pour une échéance au 1 er décembre 2008. Le prix effectif de l’option sera donc de 106$. Au final, l’agent acheteur de call exercera son option si le prix de l’action est supérieur à 106$ et l’abandonnera si son prix est inférieur 23 .

21 Finance de marché, concepts et pratiques, Claude Dufloux et Laurent Margulici, Éditions Ellipses, Paris, 2007, p.231.

22 Gestion de fortune, l'allocation d'actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008).

23 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.74.

Position longue en options d’achat 24

Position longue en options d’achat 2 4 En revanche, la situation d’un vendeur de call est

En revanche, la situation d’un vendeur de call est opposée à celle de l’acheteur. Dans l’exemple précédent, l’agent a le choix d’exercer ou non son option, selon ce qui est avantageux pour lui. Néanmoins, ce qui est avantageux pour l’acheteur ne l’est assurément pas pour le vendeur. Dans le cas où l’acheteur n’exerce pas son option, le vendeur touche sa prime et aucune contrepartie n’y sera associée. Dans le cas contraire, le vendeur de l’option se voit forcer de vendre son action à un prix inférieur, c’est-à-dire au prix de l’action à l’échéance 25 .

Position à découvert (courte) d’une option d’achat 26

à découvert (courte) d’une option d’achat 2 6 2 4 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les

24 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008).

25 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.77.

26 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008).

Put

En ce qui à trait à l’option de vente, celle-ci est composée de plusieurs caractéristiques similaires à l’option d’achat. Tout d’abord, elle consiste à un contrat qui donne le droit à son détenteur «de négocier durant ou au terme d’un certain laps de temps et à un prix fixé

d’avance, une certaine quantité d’un produit déterminé, avec une contrepartie qui, quant à elle, a l’obligation de procéder à la transaction, si le détenteur de l’option en manifeste la volonté» 27 . En d’autres mots, cela signifie que comme dans le cas d’une option d’achat, il

y a un acheteur et un vendeur de l’option qui s’entendent en fonction d’un sous-jacent.

Une fois que le prix et la date de transaction sont fixés, celui qui désire acheter l’option de vente a l’opportunité de le faire ou non lorsque l’échéance du contrat vient à terme dans le cas européen, ou à n’importe quel autre moment si l’option est de type américaine. En retour, celui qui désire acheter l’option de vente doit verser une somme d’argent, nommée la prime, à celui qui détient l’option de vente.

Afin de rendre ce concept plus concret, supposons un producteur de blé d’Inde. Sachant que le prix de cette denrée n’est pas toujours stable sur les marchés, ce dernier s’intéresse

à acheter une option de vente. Or, afin de pouvoir faire l’achat de nouveaux équipements,

ce producteur doit absolument s’assurer de vendre sa marchandise à au moins 100$ par tonne. Après s’être renseigné, le producteur choisit donc une option (de type européenne) qui consiste à vendre 20 tonnes à 100$ la tonne dans six mois. Pour ce faire, il dût toutefois s’engager à payer une prime d’un dollar par tonne au vendeur de l’option de vente. Bref, si six mois plus tard le prix sur le marché du blé est de 98$ par tonne, il est plus avantageux pour le producteur de blé d’Inde d’exercer son option de vente puisqu’il peut vendre sa marchandise à 100$ la tonne. En retour, si le prix du marché est désormais de 103$ par tonne, le producteur n’exercera pas son option de vente puisqu’il pourra l’écouler sur le marché à un meilleur prix. Il devra toutefois payer le montant de la prime au vendeur de l’option de vente. Cette prise de décision par le producteur peut donc

27 Futures, Swaps, Options, Les produits financiers dérivés, Alain Ruttiens, Éditions de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Liège, p.99.

s’illustrer sur le graphique ci-dessous. Vous remarquerez qu’en raison de la prime, le seuil de rentabilité se situe à 99$ par tonne. Position longue en option de vente 28

à 99$ par tonne. Position longue en option de vente 2 8 En ce qui à

En ce qui à trait au vendeur de l’option de vente, celui-ci a intérêt que l’acheteur de l’option de vente n’exerce pas son option. En effet, dans le cas du producteur de blé d'Inde par exemple, ce vendeur juge qu’il est très probable que le prix du blé connaisse une hausse au cours des prochains mois. Il voit donc ici l’opportunité de faire un gain, puisque si son hypothèse s’avère bonne, il pourra encaisser le montant de la prime. Cependant, ses pertes pourraient aussi être très élevées si le prix du marché du blé connaît une baisse fulgurante. Graphiquement, sa position peut donc être illustrée comme suit.

Vente à découvert d’une option de vente 29

suit. Vente à découvert d’une option de vente 2 9 2 8 Gestion de fortune, l’allocation

28 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008). 29 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008).

Fixation de la prime

La formule mathématique illustrant le prix d’une prime s’avère très complexe. Cependant, cette dernière est basée sur trois facteurs qui peuvent être facilement compris, soit la valeur intrinsèque, la valeur temps et la volatilité de l’option en jeu 30 .

Valeur intrinsèque

Au niveau de la valeur intrinsèque, elle correspond au gain qui serait enregistré si l’acheteur exerçait aujourd’hui son option. Elle est donc soit positive ou nulle, puisque l’acheteur a le droit et non l’obligation d’exercer son option. Dans le jargon financier, une option est dite «in the money» si elle procure un gain à son détenteur, «out of the money» si elle ne lui en procure pas un, et «at the money» si le prix de l’option est égale le prix du sous-jacent. Bref, si une option est «in the money», sa prime sera beaucoup plus élevée que si elle ne l’est pas puisqu’elle permet à cet instant d’enregistrer un profit 31 .

Valeur temps

«La valeur temps d’une option correspond à la probabilité que celle-ci a d’être exercée» 32 . Le facteur temps est déterminant : plus la date d’échéance de l’option est éloignée, plus l’option peut être avantageuse pour l’acheteur. Toutefois, la valeur temps diminue à l’approche de la date d’expiration. Valeur temps 33

l’approche de la date d’expiration. Valeur temps 3 3 3 0 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs,

30 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008).

31 Idem.

32 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.85.

33 Gestion de fortune, l’allocation d’actifs, les marchés et les produits dérivés [En ligne]. http://www.guide-finance.ch/ica_french/les_produits_derives (Page consultée le 17 septembre 2008).

Volatilité

La volatilité est également importante. En effet, si le titre des produits sous-jacents est particularisé par des prix volatiles, les options ont de meilleures chances d’être profitables aux acheteurs. Les vendeurs doivent donc en tenir compte dans la fixation de leur prime.

Conclusion sur les options

Pour terminer, il serait important de noter que les principes qui ont été décrits plus tôt avaient pour objectifs d’illustrer le fonctionnement d’options dites «plain», puisque ce sont les premières qui sont apparues. De nos jours, il existe plusieurs autres types d’options beaucoup plus complexes appelées options exotiques, qui peuvent consister par exemple à des options sur d’autres produits dérivés 34 . Néanmoins, dans le cadre de ce travail, ces dernières ne seront pas abordées.

Les dangers des produits dérivés

En règle générale, l’usage des produits dérivés est très positif pour les particuliers car ils améliorent de beaucoup la gestion du risque individuel. En effet, ils entraînent un meilleur transfert des risques entre les agents économiques et augmentent la quantité d’informations présentes sur les marchés. Effectivement, il est possible de savoir si des acteurs anticipent une hausse ou une baisse de la demande pour un actif par le biais des transactions de produits dérivés réalisées.

Néanmoins, l’usage des produits dérivés comporte aussi des inconvénients. Sans en être nécessairement la cause, ils développent, lorsqu'ils sont utilisés à mauvais escient, le risque d'une aggravation des crises de change, boursières et financières dont le coût exorbitant est inévitablement supporté par la sphère réelle 35 . Ainsi, l’usage des produits

34 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.19. 35 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.114.

dérivés en inquiète plusieurs car il exacerberait grandement les risques systémiques du marché. Tout d’abord, bien qu'il soit toujours positif d’avoir davantage d’information, le fait qu’il soit désormais envisageable de savoir si certains acteurs clés anticipent des variations de la demande pour des actifs entraîne une augmentation du mimétisme des comportements des acteurs. Or, encourager le mimétisme est loin d’être positif pour le marché puisqu’il s’agit d’un important responsable des bulles spéculatives. De plus, les produits dérivés facilitent aussi la spéculation dans le sens qu’ils entraînent l’apparition de stratégies spéculatives plus agressives, notamment la stratégie du « straddle 36 » qui consiste à parier sur la volatilité d’un actif. Les risques de cette stratégie sont considérables si le marché évolue soudainement dans un sens non anticipé.

Également, bien que l’usage de ces produits a pour vocation une répartition équitable les risques, ce n’est pas toujours le cas. En effet, il arrive qu’un acteur soit prêt à prendre en charge le risque d’un autre en échange d’une rémunération. Or, cette émancipation du risque comporte des effets pervers. Tout risque étant potentiellement assurable, les acteurs de la sphère économique sont encouragés à entreprendre des activités de plus en plus risquées. Ainsi, une banque pourrait être disposée à satisfaire toutes demandes de crédit tant qu’il existe des acheteurs prêts à lui acheter son risque. Bien que la banque puisse se sortir ainsi indemne de la concrétisation de ce risque, l’accumulation de ce type de prêt risqué demeure dangereuse pour la stabilité de l’économie.

Finalement, l’augmentation de ces transferts de risques complexifie grandement le fonctionnement des marchés. « Le risque peut être racheté et revendu à l'infini, au point qu'il sera difficile de déterminer dans ce nœud gordien in fine qui sera le porteur du risque. En période de tension sur les marchés financiers, les opérateurs ne pourront en conséquence clairement identifier dans cet enchevêtrement les responsabilités de chacun.

Il pourrait alors entraîner à sa suite le risque d'une défaillance globale d'un marché ou d'un système financier » 37 . Les dangers d’une utilisation non adéquate des produits

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36 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.108. 37 Les produits financiers dérivés, Yves Jégourel, Éditions La Découverte, Paris, 2005, p.113.

dérivés sont donc considérables. Il importe aux acteurs des marchés de savoir les utiliser de façon responsable.

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