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Mon cheminement vers l'Islam

Le récit révélateur de la conversion spontanée d'un jeune savant chinois :

Dr Ty

Edité par :

Abbas Ahmad al-Bostani

(la Cité du Savoir)

Publication de la Cité du Savoir

Éditeur: Abbas Ahmad Al-Bostani


La Cité du Savoir
C. P. 712, Succ. (B)
Montréal, Québec, H3B 3K3
Canada

Site Web : http://www.bostani.com/


E-mail permanent : abbas@bostani.com
E-mail alternatif 1 : bostani5@hotamil.com
E-mail ilternatif 2 : bostani5@yahoo.fr

Première édition: Janvier 2004

Copyrights: Tous droits réservés à l'éditeur

ISBN : 2-922223-28-0

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Table des matières

Remerciements 5
Introduction 7
Présentation 9
Pourquoi me suis-je converti à l'Islam? 12
Réflexion 1: La Renaissance 18
Réflexion 2: Le Changement psychique du Converti 21

Réflexion 3 : Mes premiers pas, mes premières difficultés 28

Réflexion 4: L'islam, cette religion si extraordinaire 41

Réflexion 5: A-t-on besoin de morale? 58

Réflexion 6: Comment accéder à l'amour d'Allah? 67

Réflexion 7: L'islam et le scientifique 75

Réflexion 8: Le riche et le pauvre 88

Réflexion 9: Et si je mourais demain? 94

Réflexion 10: Le mariage 99

Réflexion 11: Les préjugés 108

Réflexion 12: Etre continuellement satisfait de Dieu 116

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Remerciements

Je remercie humblement Allah de m'avoir permis d'écrire ce livre. Je Lui dédie ce modeste
travail, en Lui demandant pardon et en Lui témoignant toute ma gratitude. Dans l'espoir qu'Il
accepte mon repentir...

Ma reconnaissance se tourne naturellement vers le frère et l'ami Dr Abbas al-Bostani, pour


m'avoir donné cette chance de m'exprimer. Quelques fois, nos discussions fussent houleuses.
Finalement, je me suis rendu compte que la plupart de ses observations étaient justes, ce qui
m'a permis d'améliorer sans conteste cet écrit.

A ma petite soeur qui a fait un excellent travail en corrigeant mon «piètre» français d'après
elle! Je la remercie.
Mes remerciements s'adressent à la soeur Nora pour ses précieux conseils et ses remarques
pertinentes. Et à son mari qui l'a soutenue.

A mon ami Maximus avec qui j'ai eu un grand plaisir de correspondre. J'espère que cela va
continuer incha'Allah. Je souhaite un jour qu'il s'identifie à la phrase suivante : « lorsque le
Grand Gladiateur entre dans l'arène, il inspire la peur... ».

A Mahmood et à Sanah. Leur fréquentation m'ouvre des portes inimaginables (al-


hamdullillah!)! Heureusement qu'ils étaient là, sinon j'aurais pu mourir de froid et de faim
dans ce pays de fous!

A tous mes autres amis que je n'ai pas pu nommer par souci de préserver leur anonymat, qui
m'ont fait part de leurs critiques et de leurs réactions. Qu'ils trouvent ici, toutes et tous, ma
reconnaissance. Sans leur contribution, certaines choses n'auraient pu se réaliser. Encore
une fois, merci! « Celui qui ne sait pas remercier ses semblables, ne sait pas remercier
Dieu...».

Introduction

J'espère de tout coeur que ce modeste petit livre apportera quelque chose à ceux et à celles qui
vont le lire. Il est certainement incomplet, puisque, à partir du peu de lectures que j'ai faites
sur l'islam, j'ai essayé de réfléchir, de méditer et d'en déduire mes propres conclusions. Sans
faire un réel travail de recherche très poussé, j'ai tout de même relevé le défi, afin de partager
avec vous, mon vécu et mes nombreuses réflexions en tant que converti. Les thèmes traités
sont si variés qu'il était impossible pour moi de les détailler tous. Dans certains chapitres, des
lacunes sont apparentes. De ce fait, j'espère que vous pourrez me pardonner et chercherez par
vous-mêmes ce que je n'aurais pas explicité ou ce que j'aurais oublié...

Mon souci premier était de montrer et de démontrer aux musulmans, qu'avec le peu de
connaissances que nous avons de notre religion, nous pouvons toujours utiliser notre raison
pour bien la comprendre, l'aimer et l'apprécier à sa juste valeur. A partir de ce peu
d'informations, nous pouvons façonner une bonne éducation pour nous-mêmes et pour les
autres. Lire beaucoup pour nous cultiver et simultanément appliquer le savoir acquis à notre
existence afin de l'enrichir, de l'embellir... C'est cela le mérite!

Mon deuxième objectif était de provoquer le non-musulman à méditer et à lui faire prendre
conscience que peut-être, dans cette vie, il est passé à côté d'une chose très précieuse sans
qu'il s'en rende compte. Cette chose qui lui semble dérisoire est en fait une perle pour d'autres!
De lui montrer en tant qu'êtres humains, nous sommes capables de piétiner nos préjugés afin
de mieux apprécier et aimer l'autre, l'inconnu, notre inconnu, notre prochain, notre frère dans
l'humanité...

J'espère ne pas trop m'être éloigné de ces buts recherchés? Sinon, je vous demande
humblement de bien vouloir me pardonner et d'être indulgents quant à mes erreurs et à mes
maladresses... Assalamu'alaikum (Que la paix soit sur vous).
Au nom de Dieu le Tout-Miséricordieux,

le Très-Miséricordieux

Présentation

N.B. Tout le genre masculin utilisé, désigne les deux sexes pour ne pas surcharger le texte

Pourquoi écrire un mémoire? Dans quel but? C'est la question que je me suis posée. Peut-être
pour faire un bilan d'une partie de ma vie passée en Islam et regarder par quels moyens ma foi
a évolué durant ces années? Ou bien, je voulais simplement partager avec vous un bout de
mon intimité, un bout de mes pensées intérieures que je ne confiais qu'à mes amis les plus
proches. Nous permettre ensemble de méditer et de nous rendre compte de la chance que nous
avons d'avoir cette religion si extraordinaire dont peu de personnes connaissent réellement le
contenu profond.

J'ai toujours pensé qu'il fallait que j'exprime par écrit les très nombreuses idées qui me
traversaient l'esprit, mais sous quelle forme, je l'ignorais. Alors l'occasion s'est présentée à
moi et j'ai décidé de la saisir pour me présenter et exposer mes réflexions.

Je me prosterne et m'incline devant Allah, le Tout-Puissant. Je remercie et louange Celui qui


m'a créé et guidé vers le droit chemin. Le Très-Miséricordieux qui m'a fait sortir des ténèbres
vers la lumière. Qu'Il me pardonne les erreurs que j'ai pu et pourrai commettre. Je ne Le
remercierai jamais assez... même s'Il me donnait encore sept vies... Al hamdu lillah Rabbi-
l-'âlamin (Louanges au Seigneur des Mondes).

*****

Je suis d'origine chinoise de père et de mère. Mes grands-parents avaient quitté la Chine pour
des raisons politiques et surtout économiques. Ils se sont installés au Laos, un des pays de
l'ancienne Indochine, la terre où je suis né. J'y ai vécu et gravé quelques souvenirs jusqu'à
l'âge de neuf ans. Comme toutes les autres, notre famille a rencontré de nombreuses
difficultés au pays telles que la pauvreté, la dictature, l'incroyable léthargie et l'hypocrisie des
communistes etc. De ce fait, mes parents ont décidé et réussi à nous faire sortir de ce
marasme, mes soeurs et moi. Nous sommes arrivés en tant que réfugiés politiques en France à
la fin de 1980. Un an après notre arrivée, je me souviens encore d'avoir vu à la télévision le
portrait géant du nouveau président français, F. Mitterand. Bien sûr, je ne comprenais pas
alors toute l'effervescence du moment.

Dans ce pays d'accueil, j'ai été scolarisé avec deux années de retard à l'école primaire vu que
je ne parlais pas du tout français. Je comprenais à peine ce que nous disaient nos maîtres(ses).
Lorsqu'il fallait faire des rédactions, je n'en dormais pas la nuit, tellement je me sentais mal à
l'aise avec cette matière. C'est pourquoi, mon intérêt s'est vite porté vers les sciences. J'étais
plutôt doué pour ces dernières, j'aimais cela et avec peu de travail j'y réussissais. Mais je
n'étais pas un élève très brillant car j'étais paresseux et du genre «moins j'en fais et mieux je
me porte». Jusqu'à ce que j'aie découvert l'Islam qui m'a rééduqué et m'a bien fait comprendre
qu'une intelligence sans travail est un gaspillage, une inutilité. Cette religion, à travers le
summum de la Science qu'elle a apportée à l'humanité, m'a aussi aidé à affûter certains dons
que Dieu m'a accordés (hamdullillah).

J'ai une maîtrise de physique et à l'époque je rêvais d'être comme A. Einstein, ce savant fou
qui a révolutionné notre vision de l'univers par sa théorie de la relativité. Mais je me suis
rapidement rendu compte que je n'avais pas son génie. Alors j'ai changé de discipline,
continué et terminé mon doctorat en chimie organique dans une grande université française.
Actuellement je suis chercheur, en quête de nouvelles molécules contre le cancer, à l'interface
chimie-biologie. J'ai pu par occasion acquérir des connaissances en biochimie. Mes
formations scientifiques expliqueront ma logique, mon raisonnement et mes déductions lors
de mes nombreuses réflexions qui vont suivre incha'Allah.

Pourquoi me suis-je converti à l'Islam?

Voilà une question intéressante et qui, je pense, pourrait en intéresser plus d'un. Pourquoi me
suis-je converti à une religion en apparence si «barbare», si «sanguinaire», si «injuste», et qui
«maltraite» les femmes? "Es-tu devenu fou?" me demanda ma famille. Je réponds que, jusqu'à
preuve du contraire un fou n'aurait pas réussi à obtenir son doctorat en chimie, sinon tous les
professeurs qui m'ont noté et qui ont attesté de mes réussites passées, seraient aussi fous que
moi ou plus encore! Et si ces professeurs étaient fous, eux mêmes vont produire des fous, car
ils enseignent à des centaines d'étudiants par an. Je veux bien être considéré comme tel si l'on
disait de même pour tous ceux que j'ai précités. Si j'étais réellement fou, alors certainement
que le milliard de musulmans le seraient aussi. Voilà comment on répond à une question peu
pertinente.

Cependant plus sérieusement, je vais vous donner les raisons qui m'ont mené vers cette voie.

Comme tout être humain, je nais, je respire, je travaille, je réfléchis, je vis des moments de
joie, de tristesse... Bref, un humain tout ce qu'il y a d'ordinaire. J'ai grandi dans une
communauté laotienne qui aime beaucoup l'amusement et le divertissement. C'est ce que j'ai
fait durant ma jeunesse. Je sortais en discothèques, en soirées dansantes, j'allais là où tout
amusement pouvait se faire. Et pour nous aider dans cette tâche, nous avions recours à des
artifices tels que l'alcool et le cannabis que je partageais avec mes amis d'antan. Au moins,
nous nous amusions, comme dirait l'autre...! Mais voilà, mon for intérieur m'interpellait sans
cesse et j'étais préoccupé par ma vie, de ce que j'en faisais. Plus j'allais danser et je sortais,
plus je me posais la même question embarrassante: à quoi tout cela me sert-il? Je m'amuse et
d'autres personnes dans le monde meurent de faim! J'ai la chance de vivre et d'étudier alors
que d'autres survivent et meurent tous les jours dans l'indifférence générale! Ils n'ont pas la
chance, même ne serait-ce que d'apprendre l'alphabet! Cela n'avait pas de sens. Je ne
comprenais pas. Je ne pouvais pas accepter cette injustice, cette inégalité...

Durant des années, à force de me poser des questions, je me suis rendu à la question
philosophique suivante: pourquoi j'existe ou quel est le but de ma venue sur terre? J'ai essayé
de répondre à cette question en observant tout autour de moi et en récoltant les réponses que
l'on pouvait me donner. Il y en a qui me disaient que l'on vit pour s'amuser. Cela ne m'a pas
convaincu, car si cela était vrai alors pourquoi certains vivent la misère et même la guerre?
Leur vie à eux n'est certainement pas drôle! D'autres me disaient que nous vivons pour
construire une vie meilleure pour nos enfants et être quelqu'un dans la société. Dans ce cas, la
question qui me traverse l'esprit est: et ces enfants eux-mêmes vont-ils devoir travailler aussi
pour leurs descendants? Et ces derniers vont-ils devoir faire de même pour leurs
progénitures...? Par conséquent, n'y a-t-il pas de fin? C'est comme l'histoire de l'oeuf et de la
poule.

Etre quelqu'un dans la vie: supposons que nous le devenions. Mais de ce que j'ai pu voir, la
plupart voire la quasi-totalité des gens qui ont leur place dans la société se moquent
littéralement de la misère, de la souffrance, des malheurs des autres. Si le contraire était vrai,
alors ces personnes se seraient davantage engagées pour aider les démunis uniquement par
amour du prochain. Ainsi nous n'aurions pas eu toute cette misère partout dans le monde.
Demandez autour de vous, combien parmi ces gens hautement placés dans la société font ce
geste humanitaire? A quoi leur sert donc cette place qu'ils ont réussi à acquérir? Peut-être
qu'ils sont heureux ainsi et c'est tant mieux pour eux. Pour ma part, je ne pouvais l'admettre,
car avoir la meilleure des réussites du monde et être indifférent aux malheurs des autres sans
faire le moindre geste pour les aider, est comme l'animal qui, par instinct abandonne les
faibles.

Ah! J'oubliais qu'un grand nombre d'entre eux croient que nous descendons du singe, ainsi
nous devons nous conduire comme tel. Si nous sommes réellement comme lui, alors pourquoi
s'embarrasse-t-on d'avoir dans notre société l'éthique et la morale? Et quelle est l'utilité de
pousser cette recherche aussi loin, qui nous permet même d'aller explorer l'univers?! Car
l'animal lui, n'a pas besoin de tout ceci, il vit avec son instinct et n'a pas besoin non plus de se
torturer l'esprit à se demander pourquoi tel médicament réagit sur telle maladie: quelle est sa
structure, son mécanisme d'action, son site d'interaction...? Nous n'avons qu'à laisser mourir
ces malades comme le ferait l'animal et ce serait plus simple pour tout le monde! Mais... nous
ne le faisons pas... Ceci prouve que nous ne sommes pas comme l'animal, nous sommes au-
dessus de lui, car notre intelligence est supérieure, ce qui nous permet de maîtriser la matière
et même l'atome! (Pour comprendre l'effondrement du Darwinisme, pour ceux que cela
intéresse peuvent consulter le site www.harunyahya.com/fr/). Malgré tout, si ces gens pensent
que nous descendons de l'animal, ce choix leur incombe. Je ne peux que respecter leur façon
de vivre. Pour moi, je ne pouvais toujours pas l'accepter. Toutes les argumentations
matérialistes ne m'ont pas non plus convaincu. Je cherchais autre chose, mais je ne savais pas
quoi...

C'est pour cela qu'à l'âge de 20-21 ans, je commençais à m'isoler, non pas parce que j'étais
asocial, au contraire, ceux qui me connaissent peuvent témoigner à quel point je suis un
homme ouvert d'esprit et très amical. Mais je préférais vivre dans ma solitude au lieu de
partager mon temps avec des égoïstes, des gens démunis d'humanisme. Je passais mon temps
libre à méditer et à me poser de multiples questions. Je cherchais réellement quelque chose,
mais je ne savais pas comment le définir et le saisir.

C'est à l'âge de 23 ans à Tours, que j'ai rencontré des musulmans et musulmanes à la cité
universitaire. J'ai toujours cru que la religion était pour les faibles d'esprit et moi, orgueilleux
que j'étais, ne pouvais accepter qu'elle puisse m'apporter quoique ce soit. Malgré les préjugés
que je portais en moi, j'ai fait l'effort de contacter les «barbares», les «sanguinaires», les
«intégristes» à la barbe et au voile. Par curiosité intellectuelle et soif de comprendre, je les
bombardais de questions qui me paraissaient difficiles et espérais qu'ils feraient des faux pas.
Je guettais les erreurs dans leurs réponses, malheureusement, les «barbares» n'en firent pas
comme je le voulais. J'étais complètement étonné, ahuri! Le malin qui croyait prendre s'était
lui-même pris!

J'ai découvert que les jeunes filles voilées étaient des femmes comme les autres, mieux
encore, elles sont instruites, intelligentes et ont énormément de principes contrairement à
certaines qui se déshabillent pour un rien! Les «barbares» aussi étaient aimables, intelligents
et essayaient de parfaire leur moralité. Ils réussissaient tant bien que mal. Mais ils ont le
mérite de faire l'effort, contrairement à ceux qui prétendent être les cousins du singe. Moi, qui
détestais les religions et les trouvais aussi hypocrites les unes que les autres, je commençais à
poser des questions pertinentes sur Dieu, sur les principes de l'islam, sur le sens profond et sur
la sagesse de cette religion que peu de gens voulaient apprendre et comprendre. Le méfiant
que j'étais, devenais très intéressé par la matière. En moi, cette religion «barbare»,
«intégriste», «terroriste», «injuste» à l'égard des femmes était devenue... noble, pleine de
bonté, de magnanimité, de sagesse et de justice. Je commençais à comprendre le fondement
de la philosophie islamique, qui est d'un niveau extrêmement élevé, contrairement à ce qu'on
pourrait nous faire croire.

Après ces années de méditations, de doute, j'ai enfin trouvé ce que je cherchais: la spiritualité.
L'âme troublée, agitée allait enfin pouvoir entrer dans la quiétude, le calme, la paix
intérieure... J'ai fait le grand saut dans une petite salle de prière à l'université de Rennes, le
dimanche 11 novembre 1995 en prononçant la shahada, le témoignage: «Ash hadou an-lâ
ilâha illâllâh wa ash hadou anna Muhamaddan rassûlullâh (Je témoigne qu'il n'y a d'autres
divinités qu'Allah et je témoigne que Muhamed est le messager d'Allah)». Depuis, j'ai vécu en
pleine possession de mes facultés intellectuelles qui n'ont fait que croître après cette
conversion.

Ainsi, je suis devenu musulman par la grâce d'Allah, le Tout-Miséricordieux, qui m'a guidé,
protégé, et sauvé. Il m'a fait aimer davantage mes parents, ma famille, mes amis et mon
prochain. Et mon Seigneur a donné un vrai sens à ma vie, le sens que j'ai tant espéré
découvrir... Je me prosterne devant le Créateur du cosmos, et implore Son pardon des péchés
que j'ai pu commettre et Lui demande rémission, Subhan Allah (Gloire à Allah).

Réflexion 1:

La Renaissance

Les lendemains en islam étaient des journées presque ordinaires. J'ai cru dans un premier
temps qu'il y aurait de l'or et des femmes qui me tomberaient du ciel! Mais ce n'était rien...
Plus sérieusement, je m'attendais à un grand changement en moi, mais c'était plutôt le doute
qui dominait mon coeur. En effet, dans les premiers moments, je me posais sans cesse la
question de savoir si j'avais bien fait d'entrer dans cette religion. Et de voir dans une mosquée,
pour la première fois de ma vie autant de personnes qui se prosternaient continuellement en
attendant la prière en commun, me perturbait. Je n'arrêtais pas de me dire que j'étais en train
de faire une erreur et que j'avais vraiment l'impression d'être dans une secte! Malgré cela, je
me disais que je ne devais pas juger avant de connaître. Ne pas avoir de préjugés comme en
ont la plupart des gens. Je faisais tout pour ne pas ressembler à nos cousins venus du singe, je
ne voudrais pas les critiquer et me comporter exactement comme eux. Dans ce cas je n'aurais
pas été meilleur...

Du fait de l'effort qu'elle a fourni, une personne qui se convertit bénéficie de la miséricorde
d'Allah. Il lui ouvre le coeur et l'esprit en le purifiant, en lui redonnant de la bonté, de la
gentillesse et de la candeur, tout simplement... en le faisant RENAÎTRE. Cette renaissance est
bien réelle. De cette façon, à ses débuts, le converti est comme un enfant. Il est naïf, pur,
curieux et aime découvrir ce nouvel univers qui est devenu sien, l'apprendre et le comprendre.
Le novice que j'étais, se sentait encore fragile, influençable et très manipulable. Heureusement
que des amis musulmans sincères m'ont soutenu lors de ce passage difficile, de ce
changement brutal dans ma vie Sans leur aide précieuse, j'aurais pu être un mauvais
musulman aujourd'hui, et qui sait, peut-être que j'aurais été fou comme le disait si bien ma
famille?

Les conseils de certains amis étaient cruciaux pour moi, afin que je ne m'égare pas de la
umma (la communauté musulmane). D'ailleurs, si je ne m'abuse, il est de notre devoir et de
notre responsabilité de guider ceux qui viennent d'entrer dans la miséricorde d'Allah! Le
soutien moral et matériel à ce moment difficile de ma vie était une chose tout à fait
appréciable. Des amis, très serviables, m'ont montré les mosquées, les bonnes associations
musulmanes, les boucheries halals (licites) et les librairies où j'ai pu me procurer des livres. Il
faut avouer que le néophyte que j'étais, était très vorace en lecture car j'avais tout à apprendre!
Alors mes frères m'ont conseillé de bons livres islamiques pour que je ne me perde pas dans
les détails et la complexité de certains écrits. Certains plus intimes m'ont présenté leur famille,
leurs amis afin que je sois bien entouré par la chaleur fraternelle. J'en avais tant besoin,
surtout à ce moment-là. J'appris que certains convertis ont eu moins de chance que moi, car ils
ont été expulsés à tout jamais de leur famille. En entrant dans l'islam, ils ont été radiés de leur
lignée, de leur affiliation... Que cela est cruel... L'intolérance est signe d'une grande
ignorance... Cependant un jour, nous aurons des comptes à rendre...

Pour aider dans ce cas, nos amis «fraîchement» débarqués et parfois déboussolés, nous
pouvons mettre en place un système de parrainage. Que chaque personne intelligemment
désignée devienne par pacte écrit, responsable d'un frère nouvellement converti. Comme celui
que notre Prophète (SAW) avait fait entre un ançari (partisan) et un muhajir (émigrant) lors
de l'Emigration des Musulmans à Médine. Après ces précautions, nous pouvons demander à
Allah, le Tout-Puissant, de les protéger et de les guider. Si Dieu guide une âme alors rien, ni
personne ne pourra plus l'égarer. Allah, le Très-Miséricordieux, a blanchi le coeur d'une de
Ses créatures. Cette purification, avec espoir, pourra renforcer ses sens et aiguiser son
intelligence pour lui permettre de voir, de comprendre et de servir le Créateur, le Très-Noble...

Dieu, le Très-Haut, sonde et décèle le moindre atome de bonté en nous. Louanges à Lui qui
m'a fait renaître...

Réflexion 2:

Le Changement psychique du Converti


J'ai cru qu'une fois trouvé ce que je cherchais, ma vie serait plus simple. Mais les choses n'ont
pas été ainsi, un parcours du combattant venait de se dresser devant moi. Il fallait que je
concilie les disputes avec ma famille à propos de la conversion, faire face à son
incompréhension et son incrédulité. Par la suite, j'ai été contraint de rompre des liens avec
elle, pour un temps. Cela fut une expérience douloureuse à vivre, mais il fallait passer par là...
Egalement affronter la moquerie, le regard des gens bornés dans de mon entourage. A
l'époque, vivre avec le peu de connaissances que j'avais de l'islam était terriblement frustrant
car je ne pouvais m'en justifier. D'autant plus qu'avec ma foi toute neuve j'étais obligé de faire
face à une société peu tolérante, qui n'a pas une estime très élevée des musulmans et de notre
religion en général, car elle véhicule énormément des préjugés qui pourraient paraître à des
esprits simples plus ou moins fondés.

Au début, je n'arrivais pas à saisir, après être devenu musulman, pourquoi encore des
problèmes après ma conversion! J'ai cru que Dieu allait me dérouler un GRAND tapis rouge!
Mais il n'en était rien...

J'ai compris bien plus tard, que plus Allah aime un serviteur et plus Il va l'éprouver, afin qu'il
progresse dans sa foi, sa science, sa sagesse et son amour pour Lui. Et Dieu «ne charge pas
une âme plus que ce qu'elle peut supporter ...».

Une des premières difficultés à laquelle je devais faire face en moi-même est ce que j'ai
nommé «le changement psychique du converti». En effet, lorsqu'une personne entre dans une
religion telle que l'islam, elle doit changer sa façon de penser, de regarder, de manger,
d'écouter, de parler, d'agir... en somme toutes ses habitudes. Il était nécessaire de rééduquer
son âme. Certains font ce changement avec une plus grande facilité lorsqu'ils ont une
«prédisposition». Cette faculté s'acquiert.

Je prends le cas de celui qui s'est perverti dans les choses harams (interdites en islam), alors
plus son amour de ces choses perverses est grand et plus il lui faudra travailler pour
s'améliorer. C'est pourquoi je parle de «prédisposition acquise». Un non-croyant qui avait
passé une partie de sa vie à se cacher et à se voiler à lui-même la fitra (l'instinct originel qui
permet à tout être humain de croire en Dieu), devait opérer un changement psychique
profond, très profond... c'était mon cas. En quelque sorte, regarder la vérité cette fois-ci, sans
détour ni fuite.

En premier lieu, il était urgent que j'affronte mon éducation parentale car celle-ci se transmet
et s'implante dans l'âme. Après quoi, il fallait que je lutte contre mes mauvaises habitudes
acquises durant la vie de non-croyance. Enfin, faire face à mon environnement, qui est un
facteur très influent, d'après ce que j'ai compris. C'est tout simplement un changement total à
l'intérieur de moi-même, et cela m'a demandé énormément de temps, de sacrifices et de
souffrances personnelles...

Ainsi, pour mettre ce processus en marche, j'ai compris qu'il fallait d'abord admettre les
mauvaises habitudes que je voulais changer. Le pire d'entre nous est celui qui n'accepte pas
ses propres défauts. Il n'y a point de honte à avoir conscience de cette faiblesse, au contraire,
cela nous permet de progresser. Tout être humain est imparfait, mais le plus intelligent est
celui qui cherche à être meilleur en qualité. Je sais combien il est difficile de regarder ses
défauts, sa poubelle intérieure car elle est désagréable et rabaisse l'orgueil! Mais il fallait
passer par là. C'était la première étape de ma thérapie personnelle...
Puis, je devais comprendre d'où me venaient ces insuffisances. J'essayais de saisir, par
exemple, pourquoi j'avais l'habitude d'être constamment pessimiste, négatif. En principe, je
découvrais toujours une partie de la réponse dans l'éducation de mes parents. Ont-ils
l'habitude d'interpréter tous les événements d'une façon négative? Dans ce cas, je reproduisais
instinctivement, systématiquement ce que j'avais observé chez eux jusqu'à ce que j'en
devienne conscient. Ce défaut, un véritable poison, était l'un des plus pénibles à changer, car
il fallait sans cesse lutter et lutter à nouveau... sans jamais baisser les bras, sinon cette
habitude reprenait le dessus sur moi!

Puis, j'ai aussi découvert qu'une autre partie de l'explication pouvait être trouvée dans mes
fréquentations et dans mon environnement. Est-ce que mes amis aimaient-ils le côté sombre?
Là encore je suivais aveuglément le groupe et un adage dit «qui se ressemble s'assemble...».
J'ai dû aussi observer un espace plus vaste, à savoir la société dans laquelle je vivais. Si cette
terre était remplie de pessimistes alors il aurait été bien difficile pour moi de ne pas suivre «la
tendance» car j'aurais été à l'encontre de ces moeurs. En dépit de tout, après ces longues
années d'intenses efforts, Allah m'a aidé à vaincre tous ces stimuli (Al-hamdullillah!). J'ai
transposé et appliqué le même raisonnement à d'autres de mes nombreux défauts.

En guise de rappel, j'ai dû chercher l'origine de chaque défaut, soit dans mon éducation
parentale, soit dans mon environnement, soit en moi-même ou les trois facteurs combinés. J'ai
découvert que généralement un problème a plusieurs sources. L'important est de savoir quel
pourcentage représente chaque cause pour produire de tels effets. Comprendre l'origine de ses
déficiences pour mieux les accepter et essayer de les changer, est signe d'une âme de très
grande noblesse. J'ai adopté cette attitude enrichissante du mieux que j'ai pu et du mieux que
je peux encore...

Pour exécuter mon programme, j'ai classé mes défauts et j'ai mis en priorité les «grosses
mauvaises habitudes» qui empoisonnaient le plus ma vie au quotidien. Une des pires pour ma
propre vie et la vie des gens qui m'entouraient, c'était l'insatisfaction continuelle. Je vais
essayer de détailler dans les pages et chapitres qui suivent certains thèmes dont celui-ci qui
me semble le plus crucial.

Comme vous le savez le non-croyant a cette spécificité de ne pas croire en Dieu; ainsi il
compte sur lui-même, sur le matériel et sur les autres humains qui l'entourent. Une fois qu'il
obtient une chose tant espérée, il fait preuve de mécontentement de ce qu'il a acquis. Et
comme il en veut toujours plus, toujours mieux, il ne peut jamais être heureux de ce qu'il a
entre ses mains, même s'il a la plus magnifique des familles, la plus belle des maisons, la
meilleure des réussites sociales, le meilleur bienfait du monde etc... Cette insatisfaction
perpétuelle ruinait et empoisonnait mon existence. J'ai dû lutter avec acharnement contre cette
maladie de l'âme (je donnerai une solution personnelle dans la suite des réflexions).

Accepter, comprendre ses faiblesses et dans la même perspective, se changer pour mieux
vivre et s'épanouir avec son environnement, avec ceux et celles qui nous aiment et que nous
aimons, c'est essentiel pour moi... et vous?

Après avoir passé ces deux stades, il était normal désormais de réussir l'étape la plus difficile,
la plus longue et la plus douloureuse: l'application, le concret. Comment ai-je procédé? Pour
être pédagogue, je prends l'exemple d'un de mes défauts qui me poussait à penser et à
interpréter toujours mal les faits et les dires des autres. Un rendez-vous raté, je commençais à
maudire l'ami sans lui laisser la moindre chance de s'expliquer. Un mauvais regard non
intentionnel et je manifestais mon mécontentement. Pour m'aider, j'ai lu le magnifique livre
«Comment aimer Allah?», dans l'édition de la Cité du Savoir (Abbas Ahmad al-Bostani) et le
très didactique livre «Problèmes psychologiques et moraux» de Sayyed Mojtaba Moussavi
Lâri, qui ont été de véritables remèdes pour moi, pour mon âme.

Alors pour mon cas, comment ai-je changé? En tant que croyant, lorsque ces mauvaises
pensées traversaient mon esprit, je récitais un, dix, vingt versets du Coran (ou je répétais les
mêmes ayats plusieurs fois) ou je faisais le zikr (Allahou akbar, al-hamdullillah, subhan
Allah...) ou j'essayais de trouver des raisons positives. Autant de versets ou de raisons
nécessaires pour qu'elles disparaissent. Malheureusement, ces idées noires ressurgissaient à
tout moment. Dans ce cas, je recommençais le processus autant de fois que le besoin se faisait
sentir. A force, au bout de deux mois, deux ans, huit ans... ce défaut est parti (Al-
hamdullillah). J'ai résisté en n'étant pas défaitiste, oui j'ai essayé de ne pas l'être. Autrement,
j'aurais pu enlever tout espoir dans ma vie... Cela était difficile mais je savais que c'était
possible. Des amis libanais m'ont soutenu et aidé dans cette tâche très ardue. Qu'ils trouvent
ici, eux et leur famille, toute ma gratitude. Je ne les remercierai jamais assez pour ce qu'ils
m'ont apporté. Ils sont... comme ma famille.

En résumé de mon travail intérieur, le changement d'un défaut:

- c'était d'abord l'admettre, le reconnaître;

- ensuite, le comprendre et être convaincu que cet immense effort était pour mon bien, pour
que je puisse m'épanouir pleinement;

- enfin, l'étape la plus longue et la plus pénible, était de mettre tout ceci en application avec
beaucoup de ténacité et de vaillance sans jamais désespérer.

C'était un très grand jihad (en arabe, cela veut dire «faire l'effort intérieur») contre moi-même
pour devenir meilleur, et pour me perfectionner tous les jours. J'espère avoir réussi... Allahou
'Alam (Dieu Seul le sait). Par l'effort qu'il avait fourni pour trouver son chemin, le nouveau
musulman que j'étais, a bénéficié de l'ouverture du coeur et de l'âme qu'Allah, le Pardonneur
Absolu, lui a prodiguée. Par conséquent, il était plus disposé à changer par rapport aux autres.
En remerciant Dieu qu'il ne s'était pas trop perverti dans les péchés avant sa conversion ce qui
l'aurait empêché de réaliser cette rééducation psychique en profondeur.

Qu'Allah, Le Clément, nous renforce les sens et le coeur pour que nous puissions nous
améliorer, nous rapprocher de Lui jour après jour, et qu'à la fin, être parmi les véridiques,
ceux élevés aux rangs les plus sublimes, les plus intimes avec Lui...

Réflexion 3 :

Mes premiers pas, mes premières difficultés


Depuis ma conversion du 11 novembre 1995, j'ai essayé de faire mes prières quotidiennes et
de pratiquer l'islam en général du mieux que j'ai pu, ou en un mot d'être un musulman tout ce
qu'il y a d'ordinaire...

Pourtant quelques jours après cette date déterminante de ma vie, une question me préoccupait
et me dérangeait à chaque instant: comment est-ce que j'allais annoncer cette nouvelle à ma
famille? Avec elle, comme avec mes amis ou avec les gens en général, je n'ai pas l'habitude
de mentir ou de tricher. J'essaie toujours d'être sincère et franc sans un brin d'hypocrisie dans
mes relations humaines comme je le fais avec Dieu. En aucune façon, je ne pouvais garder ce
lourd fardeau sur moi. D'abord ai-je commis un crime? Ai-je fait du mal à quelqu'un? Ai-je
spolié les droits de quelqu'un? Qu'ai-je fait à part prendre ma vie en main? Qu'ai-je fait, pour
ne pas avoir le droit de dire à ma famille que je me suis converti à l'islam? Pourquoi n'aurais-
je pas cette liberté? Ne s'agit-il pas de ma vie?

Malgré toutes ces questions pertinentes, je savais que cette révélation allait être difficile, vu
tous les murs de préjugés qui m'attendaient. Après ma conversion, j'ai rendu visite deux fois à
ma famille sans réussir à lui dire, à lui avouer... A chaque fois le courage m'a manqué... Et je
me disais que j'allais le faire la fois suivante. Je repoussais ainsi l'échéance pour arriver aux
vacances de Noël. Où là, j'ai décidé de le dire en me répétant sans cesse qu'il fallait les
affronter, sinon je risquais de reporter encore cette date fatidique. J'avais mauvaise conscience
de ne pas leur avoir avoué auparavant. Pour m'aider j'avais demandé à un ami tunisien de
m'accompagner et de passer quelques jours à la maison pour que j'accomplisse cette tâche
bien ardue. Je m'étais préparé psychologiquement.

Traditionnellement, toute notre grande famille se réunissait chaque année pendant les
vacances de Noël pour se retrouver et pour aussi fêter le nouvel an ensemble. Comme à ses
habitudes ma mère, avec sa générosité débordante, nous a préparé un gargantuesque repas
chinois digne de l'occasion! Il y avait de la bonne soupe pékinoise, des rouleaux de printemps,
du poulet, du canard laqué... et même du porc rôti au repas! Nous avions tous commencé à
manger, à déguster; et les discussions comme les plaisanteries allaient de bon train. Cependant
pour ma part, ce festin n'avait pas la même saveur, le même délice que les autres fois. Je ne
pouvais l'apprécier, car je ne cessais de penser à la révélation que j'allais devoir faire... J'étais
entouré de tout ce vacarme, mais mon esprit était ailleurs. A chaque bouchée de nourriture,
j'étais pensif et dès que je me disais qu'il fallait le dire à ce moment-là, une parole ou une
action d'un membre de la famille m'interrompit. Arrivé au beau milieu du dîner, avec la gorge
nouée, profitant d'un temps de silence où chacun était concentré sur son assiette, je leur ai
enfin révélé ceci: «Voilà, je voudrais vous dire quelque chose. Quelque chose d'important
pour moi. Puisque vous êtes tous présents aujourd'hui, je voudrais vous dire que je me suis
converti à l'islam il y a à peu près deux mois ...».

Un grand silence s'est abattu sur notre domicile. Pas un bruit, pas une mouche n'a pris son
envol... Le calme avant la tempête ?! La plupart de la famille s'est arrêtée net de manger. Les
rires se sont transformés en renfrognements, les sourires en sévérités. Des questions me sont
tombées sur la tête comme une grande averse. Les premières réactions étaient: «Es-tu devenu
fou?! Qu'est-ce qui t'as pris?! Pourquoi as-tu fait ça?! Pourquoi es-tu entré dans la religion des
Arabes?!».

Certains m'ont lancé des regards sévères qui m'ont jugé et d'autres ont montré de
l'étonnement, de l'incompréhension, mais tous ont été choqués par cette annonce. Certains ont
simplement fait ce commentaire, comme pour se rassurer: «Cela lui passera, c'est juste une
crise de personnalité ...!». Mais je vais vous raconter dans les lignes à venir, leurs autres
réflexions et allégations plus comiques les unes que les autres.

Face à cette tempête de réactions, j'ai essayé de garder mon calme, mon sang-froid pour ne
pas perdre mon objectif, à savoir leur faire comprendre et accepter ma conversion d'une façon
douce... J'ai été face à un tribunal dont il fallait répondre à l'interrogatoire! J'ai tenté
constamment de calmer l'ardeur de certaines de mes soeurs, l'inquiétude de ma mère... Pour
cela, je répétais sans cesse: «Si vous voulez vraiment me comprendre et connaître cette
religion, alors donnez-moi du temps... car j'en ai besoin pour vous prouver que j'ai bien
réfléchi avant de prendre cette décision et que j'ai eu raison d'avoir fait cela». Certaines de
mes soeurs m'ont carrément demandé de leur montrer Dieu pour leur prouver Son existence!
Arrivé en fin de soirée, je me sentais fatigué et lassé par toutes ces questions qui n'en
finissaient pas. Alors j'ai pris congé d'eux pour pouvoir faire mes prières et me reposer chez la
grande soeur. Ce que je fis. Il faut avouer que toute la journée je m'étais préparé, j'avais
cherché les mots pour leur dire cette vérité. Une fois cette révélation faite, je me sentais
soulagé d'avoir enfin accompli mon devoir et tout ce que je voulais, c'était d'aller dormir
tranquillement...

Le jour suivant, au petit matin, une de mes soeurs me réveilla brusquement et me demanda
d'aller rejoindre toute la famille qui m'attendait chez les parents, pour à nouveau s'entretenir
avec moi. Comme je devais prendre du temps pour me réveiller, pour faire ma toilette et ma
prière, finalement c'était une partie de ma famille qui est venue à moi. Mes soeurs et ma mère
étaient présentes. Je leur ai demandé ce qui se passait et le pourquoi de ce réveil si matinal.
Elles m'ont répondu qu'aucune d'entre elles n'avait trouvé le sommeil après ma mystérieuse
confession de la veille!!

Contrairement à moi qui ai dormi comme un bébé, elles m'ont avoué avoir passé une nuit
blanche en discussions pour résoudre mon problème. Elles en ont conclu que, soit j'étais
devenu fou, soit des gens étaient en train de me manipuler, soit une femme m'avait
ensorcelé!!!! Et bien, je dois dire que je ne m'attendais pas à toutes ces conclusions si
remarquablement trouvées après une si longue nuit de réflexion! Pour répondre à leur
première allégation, je leur ai dit que mes paroles sont cohérentes et que généralement, un fou
déraisonne et que ce qu'il dit n'a ni queue ni tête. Ce n'était pas mon cas... Concernant leur
deuxième allégation, malgré mes arguments, aucune d'entre elles n'a voulu me croire,
répondant que la personne manipulée n'est jamais consciente. Elles m'ont dit qu'elles avaient
confiance en moi mais pas en eux, ceux qui étaient en train de contrôler mon esprit!! Surtout
que j'habitais à cette époque, loin de toute la famille. Aussi leur suggérais-je de venir me
rendre visite et voir ma vie à Rennes. Et pour leur dernière trouvaille, ma mère me demanda
de l'accompagner à Paris pour voir un bonze bouddhiste pour qu'il m'enlève cette terrible
sorcellerie féminine!!! Je ne pouvais m'empêcher de rire intérieurement. Comme j'avais vu de
l'angoisse dans ses yeux, pour la tranquilliser, je lui ai dit que si cela pouvait la rassurer alors
je le ferais. Certaines d'entre elles ont commencé à pleurer et m'ont fait comprendre qu'elles
n'espéraient plus me revoir, vu que désormais j'allais partir tuer des gens, faire le jihad
islamique!!

A ce moment précis, j'avais compris que ma tendre mère et mes soeurs qui ont versé des
larmes pour moi m'aimaient et qu'elles avaient peur de me perdre à tout jamais, moi le fils et
le frère unique... C'était de l'amour et de l'affection qui se manifestaient dans leurs réactions.
J'avais saisi cela. J'essayais par tous les moyens de rassurer ma mère et certaines de mes
affectueuses soeurs, mais en vain. Les préjugés étaient si tenaces, tellement tenaces que même
aujourd'hui, après huit années de conversion, je sais que certaines de mes soeurs veulent
encore que je retourne sur mes pas!! Incroyable, mais tenaces ces préjugés!! Je savais
pertinemment qu'il me faudrait énormément de temps, de persévérance pour persuader tout ce
petit monde que j'ai pris la meilleure décision de ma vie. Oui, beaucoup de temps... D'ailleurs
même aujourd'hui, je me demande si j'ai bien réussi?! Incroyables, mais irréductibles ces
préjugés! J'espère du fond du coeur qu'avec le temps, elles vont finir par comprendre le sens
profond de ma conviction, et elles vont enfin se rendre compte que je suis loin d'être un fou
ou un superficiel...! Je l'espère...

Vu sa plus forte personnalité par rapport à mes soeurs ou à ma mère, mon père eut une
réaction plus rude. Il essayait de me déstabiliser et de me faire croire que cette religion
appartenait aux Arabes et que j'avais fait un très mauvais choix. Bien que je lui aie démontré
le contraire, il n'avait rien voulu entendre. De plus, il me disait que j'allais lui imposer ma
religion au détriment de la sienne, et que certainement un jour, je lui demanderais d'enlever
son autel de prière. Je lui ai solennellement promis que jamais une telle chose ne se produira.
Jusqu'à présent, j'ai tenu mon engagement. J'ai su à cet instant que le convaincre serait
impossible, alors je lui ai fait comprendre que je ne demandais que du respect pour ma
religion, rien de plus. Pas besoin qu'il approuve, mais juste du respect... et c'est ce qu'il fit tant
bien que mal.

Après ces deux semaines de vacances tumultueuses, je suis retourné seul à Rennes. Dans cette
université, je préparais un diplôme d'ingénieur en télécommunication, un domaine qui ne me
passionnait pas du tout. Rempli d'informatique, de programmation, d'automatisme... rien que
des cours qui me déplaisaient. Je n'avais pas trop le choix vu que j'avais fait très peu de
demandes d'orientation après ma maîtrise de physique. Alors il fallait finir les deux années qui
me restaient, avec des matières dont j'avais horreur! Malgré tout, c'est bien dans cette ville
que j'ai commencé à prier, à jeûner, à apprendre mon islam et à connaître la notion de
fraternité...

Pour mon premier Ramadan, j'ai bien tenu le coup pour une personne comme moi qui aimait
bien la gastronomie! Je me souviens que cette année-là, il y avait énormément de neige dans
toute la France! Mais encore, j'avais même jeûné quelques jours avant Ramadan pour
m'exercer un peu! Grâce à Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, j'avais
réussi à passer ce test (al-hamdullillah!). D'ailleurs maintenant je me souviens d'un
événement. Par ce mois inédit pour moi, beaucoup de généreux frères m'avaient invité à
partager leur repas. Cela était très agréable et très chaleureux. Cependant une fois, j'ai été
convié par un frère qui me fit entrer dans le salon avec une table qui commençait à se garnir
de bons plats. Avec lui, il y avait un autre convive et sa petite fille de 5-6 ans. Pendant ce
mois béni pour les musulmans, nous discutions de l'islam, mais toutes les quelques minutes,
j'entendais quelqu'un frapper à la porte. Au début, j'ai cru que c'était d'autres invités qui
venaient nous rejoindre, mais ce n'était pas le cas. C'était son épouse, à l'abri des regards, qui
frappait à la porte de la cuisine pour lui demander d'aller chercher les plats! J'étais perturbé
par cette façon de procéder. Alors, j'ai osé demander à mes hôtes si cette attitude était
purement islamique. Ils m'ont confirmé avec des hadiths (les paroles et les faits du Prophète)
à l'appui, sans hésitation que c'était oui!

A ce moment précis, j'étais vraiment troublé! Mettez-vous à ma place, moi qui ai vécu dans
cette société occidentale durant toutes ces années, venant à peine de me convertir et je
découvre une attitude que je n'avais jamais rencontrée auparavant!! Il était dans ce cas, tout à
fait légitime que cela me choque! Ce sujet embarrassant m'a préoccupé pendant des semaines,
des mois et des années. Je ne comprenais pas cette affirmation qui me semblait contradictoire?
Me suis-je trompé? Vu que je ne cerne pas tous les aspects de l'islam, qui est un domaine
aussi vaste que l'univers, ce paradoxe ne serait-il pas seulement apparent? Quelle image
auront les autres de nous? De notre religion? Je me questionnais à ce propos. Comment
comprendre cette pratique?

Est-ce vraiment islamique? Est-ce simplement traditionnel? Pourquoi cet événement m'a-t-il
tellement préoccupé? Je pense que c'est par souci de comprendre ma religion et d'essayer
continuellement d'acquérir du savoir que j'ai toutes ces réflexions. Mais aussi de comprendre
comment les autres nous perçoivent, pour que nous puissions nous améliorer tous les jours.
Comment les autres pourront-ils nous juger à travers cette attitude? Peut-être que ces gens-là
ne veulent-ils pas vraiment nous connaître? Quoique nous fassions, peut-être qu'ils seront
toujours contre nous pour de multiples raisons? Les intolérants et les intégristes ne sont pas
forcément là où on le croit, mais plutôt du côté de ceux qui pointent habituellement le doigt
vers les autres! Le menteur dit toujours que ce sont les autres qui mentent sauf lui. Le voleur
dit toujours que ce sont les autres qui volent sauf lui et ainsi de suite... Toujours est-il, qu'il est
laborieux pour ma part de répondre à toutes ces questions. J'espère qu'un jour, Le Très-Haut
éclairera mon esprit, incha'Allah. En attendant, du fait que je vis dans une société qui n'a
aucun rapport avec l'islam, il faut que je m'adapte et que je m'intègre sans concéder ma
conviction. De même pour ma future épouse, j'aimerais qu'elle utilise son droit à exercer sa
profession. Mais est-ce le cas pour une femme voilée en Occident, ici sur la terre de la liberté?
A-t-elle vraiment ce droit de travailler pleinement dans cette société?

J'ai pu constater de visu et en discutant longuement avec des soeurs voilées quelles misères
elles vivent en essayant de trouver du travail et de finir correctement leurs études. Ces soeurs
martyrisée m'ont également décrit leurs peines face aux remarques et aux réactions
désobligeantes des personnes hautement placées... juste à cause de ce bout de tissu sur leur
tête? Là-dessus j'essaierai de développer ma vision dans les réflexions suivantes. Comme je
l'ai dit, pour l'instant, la souplesse sans concession de mes principes est la solution la plus
appropriée et la plus sage que j'aie trouvée pour pouvoir m'épanouir en Occident, sinon je
pourrais facilement m'y étouffer...

Face à ces interrogations, durant cette année d'études j'essayais de suivre des cours qui
m'intéressaient de moins en moins. Je luttais contre moi-même pour ne pas abandonner
l'affaire et pour finir les deux années qui me restaient, mais en vain. C'était comme se forcer à
avaler quelque chose que l'on n'aimait pas du tout. Avec douleur, j'ai évité cet échec jusqu'au
bout...

Cependant, ce que je redoutais le plus c'était la réaction de ma famille, surtout de certaines de


mes soeurs qui pouvaient me dire que «tout cela était à cause de l'islam, cette religion qui m'a
fait perdre la tête! A tel point que je ne savais plus étudier!». C'était exactement ce qu'elles
m'ont reproché, lorsqu'elles ont su que j'avais abandonné l'école en question. Elles ne m'ont
pas raté... Comme si l'échec retentissant que j'avais subi ne suffisait pas, il fallait que certaines
en rajoutent. Heureusement, qu'une autre partie des soeurs m'ont exprimé leur compréhension,
leur sympathie.

Après ce fiasco dans mes études, en attendant de savoir ce que je voulais faire de ma vie,
j'étais parti travailler quelques mois pour gagner de l'argent, chez l'un des plus puissants
exploitants de l'esclavage moderne, Mc Donald's. En fin de juillet, une idée a surgi. Je voulais
revenir en arrière pour faire une licence de chimie, pour passer plus tard le concours de
Capès, qui m'aurait permis d'enseigner dans le secondaire en tant que professeur de physique-
chimie. Cette idée paraissait peu pertinente à ma famille et à mon entourage. Certains de mes
amis se sont moqués de moi. Mais je me disais au fond: «rira bien, qui rira le dernier ...». Ma
mère n'était pas du tout d'accord avec ce projet. Elle tenait absolument à ce que j'aille trouver
un travail, que je me marie et fasse autre chose que d'étudier (ce qui est le souci de toute mère
affectueuse). Ce que disaient aussi la plupart de mes soeurs. Mais je ne voulais pas abdiquer
car je sentais que j'étais capable de m'accrocher encore. C'est alors que j'ai convaincu mes
parents de me donner cette dernière chance en m'aidant un peu financièrement jusqu'à la
maîtrise, où j'ai trouvé un travail en tant que livreur de pizzas le soir après les cours. Cette
année-là, je n'avais jamais mangé autant de pizzas de toute ma vie!! Quel festin pizzarien!! Et
j'ai promis à mes parents que si je devais échouer encore, alors cette fois-ci je m'arrêterais
pour de bon. Ayant réfléchi, ils me concédèrent cette chance.

C'est ainsi que je repartis sur les bancs de l'école. Reprendre la chimie que j'avais abandonnée
depuis trois ans! Il fallait revoir les bases que je n'avais pas pratiquées depuis. C'était un vrai
défi! Pour prouver d'abord à moi-même que j'en étais capable, puis à ma famille et enfin à
mon entourage à qui je devais l'adage «rira bien, qui rira le dernier ...». D'ailleurs aujourd'hui
parmi tous ces gens qui se sont moqués de moi, il n'y en a pas eu un seul qui a fait quelque
chose de sa vie, dans tous les sens du terme. Bref, ne perdons pas notre temps... laissons les
ramassis entre eux.

Ma licence de chimie s'est tellement bien déroulée que j'en étais surpris par les notes
obtenues. Mes amis libanais m'ont convaincu de poursuivre mon troisième cycle universitaire
au lieu de passer le Capès et de ne pas m'arrêter ainsi en si bon chemin, surtout avec ces
excellentes notes. Ils me disaient que cela serait dommage de gaspiller une intelligence en
s'arrêtant si tôt, car l'islam a besoin de gens instruits et hauts placés dans la société pour
défendre sa cause. Ils avaient bien raison. Si j'en suis là, c'est tout de même grâce à eux. Je ne
peux l'oublier, je leur suis redevable bien qu'avec leur grande magnanimité, ils ne m'aient
jamais rien réclamé en retour. Je leur suis reconnaissant. Je donne toujours à César ce qui lui
appartient, autrement cela s'appelle de l'ingratitude ou du vol... Grâce à leurs argumentations,
j'ai fini par espérer décrocher mon doctorat. Ils m'ont soutenu tout au long de mes difficultés,
ce que n'avait pas fait une partie de mes soeurs. Au contraire, elles envenimaient mes relations
avec les parents.

A ce propos, je me souviens être intervenu lors d'une dispute entre mes parents. Je l'ai regretté
amèrement et me suis promis à l'avenir de ne plus me mêler de leurs affaires, car trop de
souffrances y sont passées dans cette histoire. En effet, comme toute dispute, parfois cela
dégénère et chacun peut faire et dire des choses qu'il regrette plus tard. Mais cela n'était pas si
grave. C'était plutôt la réaction de certaines soeurs qui n'était pas sans conséquences. Au lieu
de comprendre que je m'étais interposé pour que cette dispute cesse, elles en ont déduit,
depuis ma conversion à l'islam, que j'étais devenu un sauvage, un individu qui n'avait même
plus de respect pour les parents!!!! Malgré ma conviction que l'interprétation était fausse, la
sentence a tout de même brisé mon coeur. Mes propres soeurs qui me traitaient de sauvage et
d'irrespect, moi!! Elles m'ont sous-estimé, dévalué... Cela m'a fait trop mal, c'était trop
douloureux de l'entendre. Comme si elles n'en avaient pas assez fait, toujours ce même groupe
a coupé le contact avec moi. Plus de nouvelles, plus d'existence d'une partie de mes soeurs
durant les six années suivantes. Pourquoi avaient-elles agi ainsi avec moi? Est-ce le fait que je
me sois converti à l'islam? Est-ce par sadisme, par méchanceté? Est-ce par bas calcul
matérialiste? Est-ce par manque d'amour pour moi?
En tout cas, la cicatrice est profonde. Même jusqu'à présent, j'ai du mal à leur pardonner. Si je
décide un jour de ne plus leur tenir rigueur de cette cruauté gratuite, je le ferai pour l'amour de
ma religion et de mon Seigneur. Personne ne pourra me reprocher de ne pas les excuser dans
l'immédiat, car j'ai besoin de temps pour panser cette plaie qui a été ouverte durant de longues
années. Une telle cassure ne peut être recollée du jour au lendemain... Cela est impossible...
Seul le temps pourra m'aider... Suite à cet échec à l'université de Rennes, j'avais tellement
besoin de leur encouragement, de leur soutien moral qui ne me parvenaient jamais. Au
contraire, je n'entendais que des critiques et des reproches continuels. Ce groupe m'a
lâchement abandonné... En tout cas, Allah m'a guidé vers une autre famille qui a su me donner
cette affection, ce support moral et ce confort psychologique qui m'ont permis de réussir.
Comme je l'avais déjà mentionné, mes amis libanais m'ont tant apporté. Pour toujours quelque
part dans mon esprit, ils resteront gravés, constellés. Je souhaite de tout coeur qu'ils
réussissent dans leurs vies, truffées d'obstacles et de rudes épreuves. En écrivant ces quelques
mots, je sens mes larmes qui se répandent... Je ne peux les contenir... Je prie Allah de leur
ouvrir Son aile de Miséricorde, comme ils l'ont fait avec moi. J'espère qu'ils n'oublieront pas...
le petit chinois naïf que j'étais, qui a grandi et mûri à leur côté... Je l'espère...

Allah, mon Sauveur, n'a pas cessé de me protéger et de m'orienter. Il est mon secours, mon
espoir et le vrai sens de ma vie... al-hamdullillah Rabbi-il-âlamin!

Réflexion 4:

L'islam, cette religion si extraordinaire

La spiritualité, ce que chaque âme recherche, je l'ai trouvée dans l'islam. Même si, certains
refusent de l'admettre, nous croyons tous intimement en quelque chose, quelque chose
d'invisible, de grand... de supérieur. D'autres trouvent cet état suprême dans diverses religions,
dans le bouddhisme ou dans le zen ou encore dans le yoga etc... Mais j'ai découvert que
l'islam est une religion complète, d'un niveau philosophique, de réflexion et de raisonnement
incomparable, inestimable... J'ai vu cela en fouillant, en fouinant sans cesse dans cette source.

La spiritualité a fait revivre mon âme qui commençait à dépérir et à mourir à petit feu à force
de s'attacher au matériel. Mon corps a besoin de nourriture pour vivre et mon âme, de
spiritualité. J'ai vu autour de moi concrètement que celui qui, intentionnellement oublie de
nourrir son âme de vertu, se comportait comme un animal où seul son plaisir domine, contrôle
tout son être. Aussi, remarquais-je que certains ne parlent que de sexe, d'argent, de pouvoir,
de prestige ou de réussite... Je ne dis pas que le musulman doit s'écarter et s'isoler du monde.
Non, loin de là! Il doit vivre avec son environnement qu'il lui soit amical ou hostile. Le
musulman acquiert de même les bienfaits de cette terre comme le ferait le matérialiste, mais
c'est le but qui diverge! Le croyant travaille pour obtenir les biens terrestres afin de les utiliser
comme moyen pour se rapprocher de Dieu, le Sublime, le Très-Haut et pour parfaire sa
spiritualité, sa vertu, sa noblesse, et son éthique. Parce qu'il sait qu'un jour, il va retourner à
Allah, le Tout-Puissant, le Juge Suprême et il va ce jour-là, devoir justifier son comportement
de jadis. Toute religion est supposée apporter des remèdes à l'être humain, et après ces huit
années, j'ai pu observer que l'islam a rempli honorablement son rôle pour mon cas. Pour ceux
qui sont sceptiques et qui veulent en savoir davantage, ils peuvent toujours consulter de bons
ouvrages spécialisés ou regarder sur le site www.bostani.com quelques livres contenant
d'extraordinaires richesses. Encore faudrait-il sincèrement avoir envie d'apprendre sans idées
préconçues...?

J'ai découvert que l'islam est un havre de paix et de bonheur. Je me rappelle qu'un ami
djiboutien m'avait fait une remarque très pertinente sur la date de ma conversion à islam.
Etant donné que l'anniversaire de l'Armistice (jour férié en France) de la première guerre
mondiale est le 11 novembre, alors cet ami m'a dit que «les gens ont conclu la paix entre eux
et toi, tu as fait pareillement avec toi-même». Il avait tout à fait raison. En entrant dans cette
religion, j'ai trouvé la paix de l'âme, une réconciliation avec mes membres, avec mon coeur
et... avec mon être. Tant d'années de combats et de questionnements avant de trouver cette
harmonie intérieure. Bien que j'eusse ce bonheur à portée de main, il m'arrivait souvent de ne
pas savoir l'exploiter, car trop de soucis et de pressions de la société me l'ont fait oublier.

L'être humain a cette étrange tendance à négliger ses amis, sa santé, sa famille et sa vie qui
sont autant de joies, juste à côté de lui, mais il le réalise uniquement une fois conscient qu'il
va les perdre. Les troubles et les angoisses m'envahissaient, faisant chavirer mon âme à
chaque fois que je me suis éloigné de ma religion et de mon Seigneur, le Très-Affectueux.
Dès ce moment, j'ai pris conscience que seule l'anse d'Allah est la voie la plus sûre pour
m'élever vers la véritable satisfaction, que beaucoup recherchent mais ne peuvent l'atteindre
que superficiellement. J'ai compris que ce bonheur ne pouvait être atteint seulement grâce à
l'amour humain. Or ce sentiment, aussi remarquable soit-il, est incomplet et a besoin lui-
même d'être comblé par une autre affection qui elle, est supérieure, sublime... parfaite:
L'AMOUR DIVIN.

Puisque je n'avais pas pris conscience de cela auparavant, j'ai été de déceptions en déceptions,
de désillusions en désillusions... comme le vivent la plupart des mortels...

Si les gens savaient... si ces gens savaient ce qu'ils ont négligé et manqué. S'ils comprenaient
le réel contenu de l'islam alors nous pourrions tous ensemble, les six milliards d'être humains
que nous sommes, vivre en harmonie et en paix. Malheureusement certains n'aiment point la
vérité, ils la voudraient tortueuse comme eux-mêmes. D'autres la méconnaissent
involontairement ou intentionnellement. Cependant, je crois que beaucoup de musulmans,
eux-mêmes, sont fautifs puisqu'ils ne comprennent pas leur propre religion et la pratiquent
mal, voire très mal. Il suffit de pas grand chose pour que nos détracteurs, sans cesse à l'affût,
nous salissent et fassent du tort à notre religion. Ainsi, devenons nous-même meilleurs et nous
verrons combien de personnes vont nous respecter et nous aimer. Si nous sommes forts, les
autres hésiteraient à nous attaquer. Si nous sommes respectueux, les autres hésiteraient à nous
insulter. Si nous sommes bons envers eux, ils hésiteraient à nous poignarder dans le dos. Bien
sûr, je parle dans le cadre général. Le cas de l'individu sans vertu, quoiqu'il fasse, n'aura
jamais d'amour pour autrui et surtout pas pour vous.

Depuis ces années passées en France en tant que converti, ai-je rencontré beaucoup de
musulmans qui aiment sincèrement l'islam et qui la pratiquent intelligemment?? Je suis dans
l'incertitude pour répondre à cette question, car jusqu'à présent, je n'arrive toujours pas à
m'expliquer pourquoi notre umma (la communauté musulmane) est tombée à un niveau aussi
bas. Y a-t-il un problème d'ignorance, d'incompréhension? Une maladie ou carrément une
mort du coeur des musulmans? Si tel est le cas, ce serait la catastrophe?! En effet un jour, un
homme est venu se plaindre auprès d'un mystique qu'il y avait de plus en plus de morts dans le
cimetière. Et ce dernier lui répondit: «Ce que je crains pour vous, ce ne sont pas les morts
dans les tombes, mais plutôt les vivants dont leurs coeurs sont morts!!». Sommes-nous arrivés
à ce point? A cette léthargie? Je ne l'espère pas... Du fond du coeur, je ne l'espère pas pour
notre communauté...

Je parle d'amour en islam. Oui! Beaucoup d'amour! C'est le sentiment que j'utilise le plus avec
ma famille et mes amis sincères. Cette religion m'a appris le vrai, le pur amour sans intérêts ni
bas calcul, ce que je ne maîtrisais pas forcément avant ma conversion. Avoir ce sentiment
noble, ne veut pas dire que je sois idiot et qu'il faille aimer tout le monde, même ceux qui me
détestent! Non je m'y refuse! Car l'islam me recommande de l'amour intelligent! Je ne donne
pas cette affection à ceux qui me haïssent, ils risqueraient de m'humilier. Je le répète, le
croyant a sa dignité et son honneur, mais il n'est pas arrogant. Point d'arrogance en lui... car il
reconnaît toujours son tort, mais il n'admet pas que les autres le rabaissent vu qu'il est digne.
J'ai remarqué que beaucoup de musulmans confondent ces deux notions, ce qui fait qu'ils se
comportent mal. Ils substituent maladroitement l'orgueil, l'arrogance à la dignité et à
l'honneur. Soyons réellement honorables comme le petit-fils du Prophète (P), l'Imam al-
Hussein (p)... Mais ne soyons point arrogants comme pharaon qui détenait un pouvoir et une
richesse hors de portée de la plupart d'entre nous!

Pour finir avec l'amour, je n'affirme pas qu'une personne sans islam ne sache pas aimer. Non,
je ne dis pas cela! Seulement, je dis et cela n'engage que moi-même, que son amour est
incomplet. Le non-croyant ou le mauvais musulman ne saurait donner cette affection comme
le ferait le sincère, l'authentique croyant, car l'islam est sa GRANDE école d'amour. Elle lui
apprend à aimer avec pureté Allah, son Créateur, le noble Messager (SAW), ses Successeurs
(p), sa propre famille, ses amis... l'être humain. Ne descendons-nous pas tous d'Adam? Si nous
avons un grand attachement pour Allah, l'Eternel-Tendre, certainement Ses créatures ne
pourront s'empêcher de nous rendre cette affection. A moins qu'elles ne soient trop hypocrites
ou trop fourbes.

J'aime du fond du coeur la grande justice et la grande sagesse de l'islam. Oui! Il y a ces deux
qualités dans notre religion! Ce que j'ai cru comme injustice n'était qu'apparence. Cette
religion renferme une sagesse incroyablement belle. Il faut entrer dans sa profondeur pour
mieux l'apprécier, la délecter...

Prenons le cas de la polygamie, que j'avais tellement de mal à accepter, ce point sur lequel nos
détracteurs aiment tant se moquer de nous. Superficiellement, cette habitude me semblait être
d'une injustice effroyable! Comment une religion qui prétend défendre les droits de l'homme
peut-elle autoriser cela? Pour comprendre le sujet, il était nécessaire pour moi que j'incorpore
ses règles et son objectif. J'ai écouté de nombreuses conférences, lu beaucoup de livres avant
de m'apercevoir que Dieu l'a autorisée mais a bien stipulé dans le Coran qu'il est préférable
pour nous d'avoir une seule épouse, car Allah, l'Omniscient, sait que chaque âme a un seul
coeur. Alors pourquoi l'a-t-Il permise puisque Lui-même est l'Equité-Sublime? Pour que les
autres se moquent de nous? J'ai appris qu'Il l'a toléré dans des situations bien spécifiques, où
le cas l'exige réellement et où le refus d'avoir une seconde épouse débouche sur un drame
humain beaucoup plus grave que l'acceptation de cette solution. Certes, il y a des hommes qui
abusent de la légalisation restreinte de la polygamie, mais cet abus ne doit nullement autoriser
à incriminer la Loi islamique. On peut citer des dizaines d'exemples de cas particuliers ou le
recours à la polygamie s'avère plus humain que son refus. Mais contentons-nous ici d'évoquer
une situation générale qui exige que la société recourt à cette pratique.

En effet, en temps de guerre, nous savons que ce sont en principe, les hommes qui vont au
front et meurent. Durant cette période précise, le nombre de veuves augmente
considérablement. Pour pallier ce manque et dissiper le désarroi de ces femmes qui ont parfois
plusieurs enfants à charge, l'islam autorise et demande à l'homme qui en a les moyens de
prendre plusieurs épouses, quatre tout au plus, sans changer le nom paternel des enfants
adoptés. Si nous en épousions plusieurs il faut être équitable en tout point avec chacune
d'entre elles: richesse, maison, vêtement, affection, amour, besoin sexuel etc... Mais Allah,
l'Impénétrable, sait qu'il nous est difficile en principe de les aimer toutes, avec la même
tendresse. Malgré cela, nous ne devons en léser aucune. C'est un geste de bonté, de
magnanimité... elle est loin, très loin de cette image qui me faisait croire que le musulman est
un obsédé sexuel. Après toute guerre, comme l'histoire l'a démontré, il y a beaucoup de
femmes qui tombent enceintes et nous ne trouvons plus traces des pères génétiques! C'est ce
qui s'est produit après la seconde guerre mondiale et la guerre du Vietnam pour ne citer que
ces exemples. Les pères biologiques comme par enchantement n'existent plus. C'est comme si
les gens qui ne croyaient pas en Dieu, subitement conçoivent que les enfants viennent de la
création divine sans pères! C'est une honte ignoble de la race humaine! En période de guerre,
la polygamie peut s'avérer être une protection, une sécurité efficace pour les femmes
vulnérables, qui deviennent des proies bien faciles pour des gorilles en rut sans scrupules! Le
comprenez-vous...?

Après mûre réflexion, je suis devenu conscient qu'épouser légalement quatre femmes engage
de lourdes responsabilités. A leur égard, mais aussi à l'égard des nombreux enfants issus de
ces unions. A l'inverse, en Occident: combien d'hommes mariés ont des maîtresses et
n'assument même pas leur responsabilité en le faisant en cachette?!! C'est de l'adultère, de la
vilenie et de la facilité. Puisque personne n'est au courant de leurs relations extra-conjugales,
alors ils peuvent jeter ces femmes-là à tout moment! Tandis que le musulman qui est reconnu
juridiquement comme ayant quatre épouses, ne peut en aucune manière se défiler et doit aller
jusqu'au bout de ses engagements.

Alors après cette compréhension, l'islam était devenu peu à peu, miraculeusement clair,
incroyablement sage, impensablement équitable à mes yeux... Des conditions exceptionnelles
font des lois exceptionnelles. J'ai appris que si nous devions mourir de faim et qu'il n'y avait
que de la viande de porc, le Coran autorise au musulman à consommer cet aliment, puisque la
vie est sacrée! Il faut savoir que les priorités importantes priment les simples priorités.

Il en est de même pour la situation extrême de misère. Le musulman qui en a les moyens doit
faire vivre plusieurs femmes démunies et leur donner une dignité, une protection, un nom, un
abri... Encore une fois c'est l'amour du prochain qui nous pousse à faire ce geste noble et non
par simple appétit sexuel!

J'ai trouvé ces deux conditions très parlantes, des exemples fréquemment évoqués par les
savants musulmans pour nous permettre de comprendre cette loi divine... exceptionnelle, juste
et sage. Je me suis alors posé la question suivante: qu'en est-il de la société occidentale?
Lorsque après une guerre, vu le manque d'hommes évident à ce moment-là, des femmes qui
ne veulent pas entendre parler de la polygamie ou qui ne peuvent pas la pratiquer légalement,
je devine qu'elles risquent de commettre l'acte d'adultère et certainement que les enfants
engendrés ne pourront pas avoir de nom légitime! Bien sûr, elles peuvent toujours donner le
nom maternel à leurs enfants si les pères ne reconnaissent pas leurs progénitures! En le
faisant, il est bien probable qu'elles créent un désordre généalogique. Et après plusieurs
générations, il serait difficile, voire impossible de vérifier le vrai nom du père biologique, sans
parler des risques de consanguinité méconnus causés par cette désorganisation. Aller à
l'encontre d'une loi naturelle, d'une loi divine, c'est prendre un risque de voir apparaître la
perturbation sociale.

Aujourd'hui en vivant en Occident, je peux constater que rien ne donne cette condition qui
permet au musulman de pratiquer la polygamie, sauf peut-être dans des cas très exceptionnels
qui devront être traités spécifiquement. Car même la femme qui vit seule avec ses dix enfants
a droit à une pension de veuvage ou de divorce! Elle peut aisément se suffire à elle-même.
Cependant, il lui est quand même nécessaire, pour son équilibre psychique, d'avoir un homme
dans sa vie! A moins qu'elle ne soit homosexuelle, dans ce cas, c'est autre chose.

Une autre injustice me travaillait l'esprit. Il s'agissait de la musulmane voilée, soi-disant


dévaluée. Vous savez ces femmes qui "portent des choses sur leurs têtes et qui sont bêtesé",
ne comprennent rien à la vie. La plupart d'entre elles sont, paraît-il, manipulées...? Je me suis
demandé pourquoi l'islam a exigé d'elle de porter ce foulard? Pour que les gens se moquent
d'elles?!

Au fil des années, des fréquentations et des méditations, j'ai vu que ces femmes-là n'étaient ni
manipulées, ni stupides. Leur voile n'est qu'une conviction qu'elles affichent, mais d'autres ont
des problèmes d'ordre psychique plus graves puisque leurs cerveaux sont complètement
voilés!

Ces croyantes sont très instruites, perspicaces et intelligentes. Certaines ont de fortes
personnalités pour résister à l'enfer qu'on leur fait vivre. Il faut du courage et de la ténacité à
ces sacrées femmes avec toutes les humiliations qu'on leur fait subir ici, sur la terre de la
justice, de la liberté et des droits de l'homme! Un grand nombre d'entre elles sont des
professeurs, docteurs, médecins, informaticiennes, institutrices etc Ici, la plupart ont sacrifié
la jeunesse pour les études. Si nous disons que ces musulmanes d'élite sont stupides, alors
nous pouvons affirmer que le système qui leur a délivré les diplômes, doit être plus demeuré
encore! Car celui qui récompense un idiot est plus idiot que ce dernier! Sinon, jamais il
n'aurait fait cela!

J'ai compris que la dévaluation de la femme voilée fabriquée par certains médias n'était qu'un
leurre. Ces médias voulaient nous faire croire que le port du foulard islamique est symbole de
la femme soumise, sous-traitée, démunie de ses droits... Je n'étais pas convaincu par leur ruse.
Alors je me suis demandé: où est le réel «hic»...? Où est-il vraiment...?!

Plusieurs années plus tard, j'ai découvert que le «hic» se situe ailleurs, bien loin, tellement
loin que je ne pouvais l'imaginer dans l'immédiat. En effet, en regardant l'histoire de
l'humanité, l'homme a toujours voulu dominer ses semblables par n'importe quel moyen ou
par n'importe quelle conquête. Pour comprendre, je me suis souvenu de mes cours d'histoire
sur la colonisation et comment des décideurs de ce monde avaient (et ont) le pouvoir de
déchirer des nations entières! La guerre froide jusqu'à l'effondrement du bloc de l'Est avec la
chute du mur de Berlin a déblayé le chemin pour qu'un certain lobby international gouverne
notre planète sans partage ni limite! Malheureusement pour lui, au même moment une force
capable de faire obstacle à son projet démoniaque se dressa. Elle s'appelle... ISLAM. L'élite
de ce diabolique lobby s'est bien vite rendu compte que notre religion est puissante et
renferme une justice, des principes, un humanisme que tout être humain recherche et qui
pourrait contre-carrer son dessein machiavélique! Il faut donc abattre à tout prix cette
idéologie gênante. Pour ce faire, ils ont attaqué le point sensible: la musulmane voilée!
Voilà, la vraie raison! Enfin, j'avais trouvé LA réponse à l'énigme!! Je me suis senti soulagé,
éveillé, conscient... moins sot qu'avant. Il n'y a rien de plus frustrant que de ne pas
comprendre ce qui se passe en soi-même et autour de soi! Pas vous...?

En raisonnant, je suis parti d'un bout de tissu sur la tête pour arriver à cette avidité du pouvoir
planétaire! Par conséquent, le voile islamique mal interprété et les autres mensonges
concernant notre religion ne sont que des prétextes pour calomnier et diffamer, afin d'anéantir
notre idéologie. Voilà LE VRAI problème de nos jours!!

J'ai vécu et je vis encore la propagande massive, programmée anti-islam. Et tous les moyens
sont bons pour manipuler et aveugler l'esprit des citoyens surtout par l'intoxication
médiatique!! Les coups bas ne manquent pas dans ce genre d'exercice. Et naturellement, on
s'en prend aux plus faibles, aux plus démunies qui portent bien le symbole de cette religion, à
savoir les musulmanes voilées! En particulier, les collégiennes ou les lycéennes! Bravo
messieurs, vous êtes de vrais chevaliers à l'assaut des jeunes filles! Même Sir Lancelot aurait
eu honte de sa piètre prestation face à votre bravoure! Bravo!

Plus une personne fait du zèle dans le domaine et plus elle est couronnée, comme c'était le cas
d'un sale individu qui a souillé le Coran et qui a reçu des prix et des encouragements un peu
partout dans le monde! Les portes de l'enfer sont grandes ouvertes... Ils verront un jour, la
Toute-Puissance se manifester du Haut de Son Trône. Ne savent-ils pas que Dieu, le Créateur
de toute chose, peut se passer de l'univers entier et qu'Il n'a nullement besoin de nous?! C'est
plutôt l'être humain qui est dépendant de Lui en tout temps, en tout lieu. Et s'Il décidait de
faire effondrer ce cosmos; comment le reconstruirons-nous??!!

Croyez-vous qu'un jour, j'obtiendrai moi aussi une récompense spéciale pour ce que je suis en
train d'écrire?! Ou alors j'obtiendrai des coups de matraques spéciaux?! Mais Dieu est là, le
Témoin-Suprême, l'Omniprésent. Il écoute, observe et enregistre... Le jour où ces gens
mourront, ils vont commencer à goûter aux supplices de la tombe et vont enfin réaliser
l'ENORMITE de ce qu'ils ont commis de leur vivant.

Voilà ce que j'ai déchiffré du problème du port du foulard islamique... Peut-être qu'un jour,
toute la vérité sera-t-elle mise au grand jour...? Peut-être...?

Nos soeurs voilées défendent et symbolisent des principes de très hautes valeurs auxquelles
chaque être humain peut adhérer sans peine. C'est pourquoi tous les ans à travers le monde,
des centaines de milliers de personnes comme moi, se convertissent à cette religion et... cela
dérange...

Connaissez-vous au moins la sagesse du port de ce voile? Je parie que certains d'entre vous ne
la connaissent même pas. C'est toujours pareil avec les gens. Ils ne savent pas, ils critiquent et
véhiculent des préjugés au lieu d'aller à la rencontre de l'inconnu. Contrairement à ces
personnes, j'ai creusé profondément pour apprendre, pour comprendre...

L'islam demande à la femme de se voiler et d'avoir une tenue décente qui va jusqu'aux
poignées et aux chevilles, pour préserver ses parties intimes des regards des hommes. Notre
religion encourage la croyante à être élégante et belle dans le sens islamique du terme, en
particulier lorsqu'elle se cherche un mari, car la beauté est un atout. Dieu est sublime et aime
la beauté! Evidemment que le critère d'une épouse n'est pas seulement sa beauté, mais c'est
une qualité non négligeable pour beaucoup d'hommes! Le voile préserve celle qui le porte. Il
préserve aussi sa famille, son entourage et la société en général. L'islam ferme les moindres
petites portes aux perversions (dans une autre réflexion, je vous parlerai de ce que j'ai compris
sur l'importance de la moralité et de l'éthique). Or, la première perversion et le premier
contact se font par la vue... Comme le phénomène bien connu du coup de foudre!! Tomber
amoureux d'une femme sans lui avoir parlé, cela est possible grâce à la vue.

Au lieu de respecter les principes islamiques, lorsqu'une femme se met en décolleté et en


minijupe: qu'est-ce que les hommes regardent en premier chez elle? Croyez-moi qu'à ce
moment précis, les mâles n'ont pas que des bonnes idées qui leur traversent l'esprit! Si de plus,
la belle créature a un corps de Kim Bassinger, dans ce cas ces mâles peuvent littéralement
s'asphyxier en la dévorant des yeux!!

Ou bien lorsque vous sortez en discothèque avec son vacarme infernal où il est impossible de
se faire entendre. La seule façon d'attirer une fille est de vous tortiller comme un serpent au
son de la flûte! Vous vous échangez le regard sans dire un mot. Toujours sans un mot... vous
pouvez imaginer le reste.

Je démontre par ces exemples simples, le pouvoir de la vue, du regard. C'est le premier sens
que nous utilisons à chaque nouvelle occasion. Lorsque nous rencontrons une personne pour
la première fois, d'abord nous la regardons, puis nous échangeons des paroles ou lui serrons la
main. Le regard a un étrange et puissant pouvoir...

C'est pour cela que l'islam stipule que la femme doit avoir un habit chaste et un voile pour la
protéger des regards parfois malsains de certains hommes qui ont le coeur malade, et d'éviter
ainsi leurs pensées perverses. Par conséquent, les hommes seront contraints de traiter la
croyante en question avec révérence, respect et ne pourront pas la considérer comme un
morceau de viande fraîche, étalée et prête à être vendue. Loin d'être considérée comme une
«femme-objet», notre religion met la femme en valeur, lui donne son honneur et lui fait
comprendre que la beauté, qu'Allah lui a confiée, devra être jugée pour ce qu'elle en aura fait
sur terre. L'a-t-elle utilisée dans le bien ou l'a-t-elle utilisée pour transmettre des maladies...?
Sans la crainte d'un jour du jugement dernier, la perversion se répand comme une épidémie! Il
vous suffit de voir, par an, le nombre de morts causés (ou seront causés) par le SIDA et le
nombre d'adultères détruisant des familles entières... Cela est désolant...

Pour ce dernier cas, ce ne sont pas les parents qui sont majeurs et vaccinés, qui sont à plaindre
lors des divorces, mais plutôt leurs enfants, ces êtres fragiles, qui ont besoin d'équilibre et
d'amour. Ces bambins que l'on a obligé à grandir trop vite, trop tôt pour leur âge... J'ai appris
que si la vie de couple devenait invivable, alors l'islam autorise le divorce. Cependant, notre
religion préfère jouer la carte de la réconciliation pour éviter cet éclatement familial qui fera
plus de mal que de bien...

En outre, lorsqu'elle s'adresse aux hommes qu'elle peut religieusement épouser, la musulmane
en ayant sa vue baissée d'un cran (non par soumission mais par préservation), protège son
foyer familial. Elle ne laisse aucune faille d'adultère entrer chez elle. Elle met aussi à l'abri
son entourage, et la société en général en ne répandant pas cette calamité. Si vous ne me
croyez pas, demandez à des musulmane voilées, convaincues, instruites et intelligentes (il en
existe, faites-moi confiance!). Elles seules pourront réellement vous expliquer le fondement
des principes qu'elles véhiculent à travers leur apparence. Allez à la source et ne caressez pas
constamment la surface, car cette attitude risque de vous tromper à coup sûr.
La musulmane n'est pas non plus soumise, mais obéissante (au sens inné et naturel du terme)
au mari juste, intelligent et non dictateur. Si l'homme est équitable et bon à l'égard de son
épouse, musulmane ou non, soyez-en certain qu'elle lui obéira spontanément, instinctivement.
Dieu nous a créés avec ces aspirations différentes mais bien complémentaires. Pour ce thème,
vous pouvez vous référer à de multiples ouvrages spécialisés, et je vous conseille de vous
procurer entre-autres les discours extraordinaires du Dr Hani Ramadan qui explique très bien
la différence entre, d'un côté prééminence et dictature du mari, et de l'autre, obéissance et
soumission de l'épouse. Je ne rentrerai pas dans les détails...

Nous pouvons parler à l'infini de l'aspect extraordinaire et exceptionnel de cette religion


sublime. Même l'océan de mots et sept autres de plus ne sauraient suffire pour exprimer la
beauté, la sagesse, la justice et la noblesse inestimable de l'islam. Les musulmans ont entre
leurs mains un trésor, une source inépuisable, mais ne savent pas toujours l'exploiter à juste
titre. Sinon notre umma et notre monde islamique ne seraient pas tombés aussi bas.
Retournons à notre vraie religion... alors, seulement alors: la science, nous en acquerrons, la
dignité, nous en aurons et le respect, nous en imposerons...!

Qu'Allah, l'Eternel, nous guide et nous protège de l'égarement. Qu'Il nous pardonne de notre
négligence, de notre inconscience et de notre insouciance... Dieu, le Très-Noble, le Très-Haut,
n'a nul besoin de l'univers et de Ses créatures. Si ce n'est par Sa Très Grande Miséricorde, s'Il
le voulait réellement, Il pourrait en moins de temps faire disparaître toute cette
IMMENSITE... Alors, ne croyez-vous pas qu'Allah en est pleinement capable??!!

Réflexion 5:

A-t-on besoin de morale?

Voilà une question sur laquelle j'ai essayé de faire remuer correctement mes neurones. Après
avoir lu ce chapitre, vous pourrez me dire si j'ai réussi ou pas? C'est vrai, ne vous êtes-vous
jamais posé cette question?! En tant qu'être humain, a-t-on vraiment besoin de morale pour
vivre? Si oui, dans quel but?

Si nous nous considérons comme venus de l'animal, alors nous devons nous comporter
comme tel! A savoir vivre comme l'animal avec son instinct, son désir et dans ce cas je crois
que le problème d'éthique n'a pas lieu d'être! Mais d'autres vous diront que nous avons évolué
et c'est pour cela que nous ne nous comportons pas totalement comme de vrais animaux! Bien
j'accepte ce subterfuge, cependant cela n'explique pas pourquoi il existe sur terre des «saints»
qui ne pensent qu'aux autres en s'oubliant eux-mêmes. Ces êtres exceptionnels n'hésitent pas à
se sacrifier pour autrui aux détriments de leur propre vie, sans autre raison que leur grande
noblesse d'âme et/ou par amour de leur Seigneur, le Très-Majestueux! Comment expliquer
cela si nous sommes réellement des animaux? Même si nous nous considérons comme
animaux supérieurs, cela n'explique pas ces cas très particuliers qui sont au-dessus du
commun des mortels?! Certainement que l'hypocrite vous répondra qu'il n'a jamais vu de
saints dans sa vie et ainsi mettra fin à la discussion, comme ferait l'animal qui ne peut
apprendre ni comprendre.
Mais l'éclaircissement se trouve dans une des sages paroles de l'Imam Ali (p) qui dit: «Allah a
déposé chez les Anges le 'aql (intellect, raison) sans le désir, chez les animaux le désir sans le
'aql, et chez les êtres humains le 'aql et le désir (les deux ensemble). Celui d'entre ces
derniers, dont le'aql domine le désir est meilleur que les Anges, et celui dont le désir l'emporte
sur le 'aql est pire que les animaux».

Après avoir pris connaissance de ce hadith remarquable, je crois que tout commentaire serait
superflu. Je pense que vous pouvez déduire de vous-même ce que nos cousins venus du singe
ont fait comme erreurs dans leur raisonnement. Et celui qui a le coeur voilé, même si nous lui
apportions des milliers de miracles, ne serait pas enclin à croire à la création divine...

Cependant, tout ceci ne répond toujours pas à ma question: a-t-on besoin de morale pour
vivre? Je me suis demandé pourquoi l'islam nous interpelle sans cesse sur l'éthique, la vertu et
la noblesse d'âme. Il vous suffit de vous reporter au Coran ou aux hadiths de notre saint
Prophète (P) pour voir que parfois notre religion n'est ni plus ni moins qu'un cours sur la
morale! Quasiment tout se réfère à cela!! Pourquoi?!! Vraiment ce point m'a beaucoup
tourmenté. Je n'arrivais pas à comprendre pour quelles raisons les savants passaient leur vie à
étudier, à enseigner et à écrire des livres sur l'éthique musulmane!! Quelle en est l'utilité??

Pour que je puisse bien cerner le problème d'une façon globale, j'ai pris un peu de recul.
Depuis toutes ces années, j'ai pu observer que cette société dans laquelle nous vivons est d'une
très grande pauvreté spirituelle! L'Occident s'est enorgueilli d'avoir fait triompher le matériel
sur le spirituel. Ils sont arrivés au summum de leur art dans la technologie, mais ne sont-ils
pas en train de se ruiner eux-mêmes sans le savoir?

En effet, lorsque nous parlons de spiritualité, nous sommes contraints de parler de religion, du
bien et du mal, ou en un mot, de morale, d'éthique et de vertu. Or, des savants musulmans
affirment qu'une civilisation démunie de ces trois dernières qualités que je viens de citer, va
créer le désordre et tomber dans la décadence peu à peu. J'ai dû faire preuve de beaucoup
d'imagination et de gymnastique de l'esprit pour tenter de maîtriser ce concept.

Je me suis mis un instant à imaginer le gouvernement d'un pays influent, dirigé par des
politiciens véreux. Je me suis demandé: que pourraient-ils faire? Cette élite pourrait diriger sa
politique de telle sorte que seul son intérêt compterait au détriment des autres. Elle pourrait
exécuter sans scrupule des millions de vies pour cet intérêt, créant ainsi un peu partout dans le
monde: guerre, misère, famine et chaos. Par conséquent, les populations, dans les pays où ce
désespoir régnerait, seraient forcées de s'exiler vers d'autres lieux plus propices. C'est
pourquoi, nous verrions ici et là dans le monde de grands exodes. Cet important déplacement
humain générerait irrémédiablement, pour tout pays et ses populations limitrophes, de
nombreux problèmes économiques et sociaux que nous connaîtrions et que nous vivrions
parfois. Qui ne voudrait pas vivre dans son propre pays s'il le pouvait, si les conditions le
permettaient? Qui n'aimerait pas être chez soi, où il pourrait s'identifier à ses semblables, ses
moeurs et sa culture? Mais la guerre, la misère, l'insécurité intentionnellement provoquées,
nous obligeraient à quitter notre terre natale avec regret ou satisfaction selon les cas. Ce même
gouvernement perverti irait produire sans aucun doute le désordre social au sein de son propre
pays. Comme je viens de montrer par cette projection, des hommes possédant du pouvoir au
plan national et international, sans principes fixes, pourraient à tout moment spolier les droits
d'autrui et provoquer un désastre humanitaire là où ils passent. Alors a-t-on besoin de morale
pour vivre?
Je me suis amusé à aller plus loin. Qu'en est-il des hommes d'affaire, les grands businessmen
(qui ont plus ou moins des liens avec les politiciens)? Si ces gens étaient dépouillés de toute
moralité, puisqu'ils détiennent le pouvoir de l'argent et spéculent tous les jours avec des
millions de dollars, que pourraient-ils réellement provoquer?? En raison de l'interconnexion
mondiale, au cas où un pays économiquement puissant s'écroulerait, il entraînerait
systématiquement dans son sillon ses partenaires commerciaux, provoquant définitivement de
grands désastres! Sûrement que ces milliardaires influents joueraient un rôle dans tous les
cataclysmes économiques qui séviraient un peu partout sur notre chère planète! Je vous laisse
imaginer quelles en seraient les retombées sur les populations concernées. Alors n'aurait-on
toujours pas besoin de morale?

Ensuite je me suis rabattu sur mon domaine: les scientifiques. Lorsque ces soi-disant savants,
supposés apporter la science et la connaissance à l'humanité, travaillent sans ce but noble et se
focalisent uniquement sur le profit, qu'adviendrait-il des malades dépendant de leur savoir?
Récemment une société pharmaceutique, que je ne nommerai pas, fut traduite en justice pour
avoir vendu des médicaments contre le cholestérol ayant tué plusieurs patients. Ceux qui
avaient fait confiance en ces «grands» scientifiques, croyant pouvoir guérir de leur maladie,
en sont morts! Les enquêtes semblent montrer que cette compagnie connaissait la nocivité de
son produit, mais n'avait pas voulu le retirer de la vente!! Quelle honte et quel profit bas en
marchant sur la vie d'autrui!! Ceci n'est-il autre chose qu'un problème d'éthique ou de
déontologie?!

En outre, à force de regarder la télévision, de vivre dans cette société ou de partager avec des
amis leurs mauvaises expériences, j'ai remarqué le manquement croissant au devoir d'un
certain nombre de médecins, qui se répand dans les hôpitaux. Ces derniers n'ont même pas le
courage d'admettre leurs erreurs et se cachent derrière leur puissante institution pour les
défendre, délaissant les pauvres patients désarmés avec leur douleur, leur souffrance sans un
brin de consolation, de compréhension ni d'humanité! Quelle abjection pour leur serment
d'Hippocrate ou "d'hypocrite" (comme vous le voudrez)! Si ces médecins, qui sont supposés
fournir du soulagement aux malades, ne respectent même plus leur engagement, où va-t-on?!
Dans ce cas, comment peut-on avoir confiance en eux lorsqu'ils nous soignent? Alors ne
serait-il pas question ici aussi de morale, d'éthique?

Et si maintenant, la Justice à son tour ne respectait pas sa morale, son éthique? Je pense que
chacun comprendrait les terribles conséquences que pourrait avoir ce manquement au devoir,
en particulier dans un domaine aussi sensible qu'est la Justice...

Je continue ma visualisation. Par conséquent, si ces quatre hautes sphères sociales


n'accomplissaient pas correctement leurs obligations morales et leurs responsabilités,
qu'adviendrait-il du simple citoyen monsieur X.? Inévitablement, à cause de ces injustices, de
ces disparités, la société connaîtrait une désorganisation totale entraînant le mal-être et le mal-
vivre de la population, en particulier la plus démunie. Chacun pourrait faire ce constat amer
autour de soi. Notre planète ne serait pas un havre de paix et de bonheur comme elle devrait
l'être. C'est la raison pour laquelle, régulièrement nous verrions tous les ans, des jeunes (les
êtres les plus influençables) qui commettraient des crimes effroyables, inimaginables, ou
d'autres délits tout aussi graves, ou encore se donneraient volontairement la mort.

C'est avec toute cette inspiration, que j'ai commencé à réaliser le rôle décisif de la morale, de
l'éthique dans une civilisation... Ces vertus sont des gages de stabilité sociale,
d'épanouissement pour tous. Les savants musulmans qui ont passé leur vie à étudier cet aspect
de l'islam, n'ont-ils pas eu raison? Et ils indiquent que cette harmonie humanitaire serait
réalisable grâce à la religion divine car elle seule, pourrait réellement aider l'homme à faire
dominer son 'aql sur son instinct animal (qui parfois s'avère être terriblement destructeur)!
Pour vivre tous ensemble sur cette petite planète, ne semble-t-il pas nécessaire que les gens
prennent conscience que sans éthique, nous nous vouons à notre auto-destruction, à notre
propre mort...?!

Je vais pousser ma réflexion davantage, car deux autres questions importantes m'interpellent,
à savoir : le monde occidental tourne bien, cela ne voudrait-il pas dire qu'il existe des gens
intègres?! Et qu'en est-il vraiment du monde «islamique» actuel?

C'est vrai qu'il y a encore des gens intègres, voire très intègres en Occident. Heureusement,
sinon personne ne pourra y vivre. Cependant, cette intégrité a ses limites. De ce que j'ai vu, la
pression de la société est telle qu'un jour ou l'autre, sans une religion pour l'aider à tenir
fortement et fermement sa moralité, l'homme cédera inévitablement. Et ce sera le début de la
fin de son éthique. La religion aide à résister aux agressions extérieures contre nos principes
et nos valeurs humaines.

Et je me suis rappelé que dans l'autre cas sublime, des hommes connus, imprégnés d'une
connaissance et d'un amour profond de l'islam, ne se sont inclinés devant aucune pression,
aucune corruption. Je vous cite en exemple le très grand et le très valeureux Sayyed M. Baqr
Sadr qui n'a pas cédé d'un pouce aux nombreuses menaces, exactions, tortures et tentatives de
perversion de Saddam Hussein. Sa ligne de conduite a toujours été d'une droiture sans
défaillance! A tel point que le meurtrier l'a assassiné, lui et toute sa famille! Le Sayyed a
sacrifié sans hésitation sa vie... pour sa morale, son éthique... Un homme intègre sans religion
ou un musulman avec une foi incomplète, serait-il capable d'aller jusqu'au bout de cette
abnégation?!

Un autre exemple plus célèbre, qui je l'espère touchera l'âme du musulman. C'est le cas de
l'Imam al-Hussein (p), le Prince des martyrs, qui n'a pas hésité à aller à la rencontre de la mort
pour défendre ses principes, sa morale et sa vertu transmis par son grand-père, le noble
Messager Muhamed (P). Les mots ne sont pas assez forts pour exprimer cet acte de courage et
de dévouement... Les mots ne sont pas assez tristes pour expliquer ce que les musulmans ont
fait de ce sang sacré, en se déviant tous les jours du vrai islam. Cette religion que des êtres
sublimes ont défendue corps, sang et âme pour nous la transmettre pure et intacte. Et nous,
nous nous soucions seulement du comment cuisiner notre poulet pour qu'il devienne meilleur
à manger! Le contraste est stupéfiant, saisissant, triste... désolant.

J'ai essayé de comprendre les pays musulmans actuels, à travers les informations qui
m'inondent tous les jours. Finalement, j'ai pu me rendre compte que la plupart d'entre eux
n'ont que le nom «islamique», mais c'est tout ce qui reste du mot. Les anciens protectorats et
colonies ont été déracinés de leurs bases. Presque tous les gouvernants sont corrompus et ne
suivent que la loi de l'offre et de la demande. Ils n'hésitent pas à se prostituer auprès des
colonisateurs pour leur pouvoir et leur richesse! C'est justement parce que ces pays-là,
intentionnellement dominés, ne suivent plus les vrais principes islamiques que nous voyons
leur monde rempli d'inégalité sociale, d'injustice et d'archaïsme! Un très grand sage a dit:
«pour savoir si tu es dans le droit chemin, observe le comportement des non-croyants à ton
égard. S'ils sont satisfaits de toi dans tout ce que tu dis et dans tout ce que tu fais, alors saches
que tu es en train de t'égarer!». En jetant un coup d'oeil sur les différents pays «islamiques» et
par déduction, nous pourrions nous faire notre propre opinion d'eux.
Tout ce long discours nécessaire, pour me convaincre du rôle crucial et déterminant de la
vraie religion divine. Sans elle, le monde est malade et tourne mal. Les gens sont inconscients
et insouciants. Mais nous finirons tous par aller dans cette tombe tant appréhendée!! Alors, va
avoir lieu le début d'atroces tortures et de souffrances! Mais il sera trop tard à ce moment-là
pour retourner en arrière... oui trop tard, le point de non-retour sera franchi. Chacun aura sa
provision pour l'au-delà... Chacun, sa responsabilité...

Qu'Allah, le Très-Haut, nous protège du tourment éternel. Qu'Il nous fasse clémence et
miséricorde pour nos erreurs passées. Qu'Il nous inspire cette réelle sincérité dans notre
repentance...

Réflexion 6:

Comment accéder à l'amour d'Allah?

Il n'y a pas si longtemps, durant la préparation de mon doctorat, j'ai réussi à accéder
provisoirement à un sentiment extraordinaire, unique et si merveilleux. Tant j'en avais besoin,
cette affection s'est avérée être vitale pour moi en tant que croyant. Une sensation qui, un jour
je l'espère ne partira plus jamais de mon coeur... je l'espère ardemment... C'est seulement
après ma septième année de conversion à islam que j'ai commencé à réaliser que cette
sensation si agréable est en réalité, L'AMOUR D'ALLAH... Je n'ai pas réussi à comprendre
cela auparavant. C'était flou, confus...

Comment suis-je parvenu à cette tendresse du Très-Affectueux? A dire vrai, c'est Dieu, le
Tout-Miséricordieux, qui était clément envers moi, en me guidant vers cette inclination.
Autrement, avec tout l'effort du monde je n'aurais jamais pu réussir seul...

En effet lors de la préparation de ce doctorat, des pressions et des stress m'inondaient de toute
part : la chimie qui ne marchait que rarement, des expériences qui échouaient à presque tous
les coups, des exigences énormes de résultats venant de mon directeur et de l'industrie
pharmaceutique pour laquelle je travaillais. Trois années de travail acharné dans la recherche,
et j'avais l'impression de piétiner, de marcher à reculons. J'avais le sentiment de faire du
surplace et j'étais devenu comme un robot. Je n'arrivais plus à réfléchir, mon cerveau s'était
bloqué. J'étais devenu idiot, je n'apprenais rien et je ne faisais rien avancer. Le stress était tel
que je ne trouvais plus le sommeil ni l'appétit. Je me réveillais avec de la sueur froide en
pleine nuit, réveillé par des cauchemars où je voyais des molécules qui s'agitaient dans tous
les sens! La dépression a commencé à sévir en moi. Tout ce que je touchais, je voyais ou je
faisais, je l'interprétais en mal, en négatif. Cela fut un moment douloureux de ma vie. Je dois
avouer que durant 12 années d'études, je n'avais jamais autant souffert que ces trois années-là.
Une douleur psychique profonde, d'autant plus que mon entourage en général était insensible
à ma peine! Cela était terrible! Je voyais la plupart de mes amis, seulement lorsque l'on devait
partager un repas ensemble. Autrement, ils disparaissaient. Peu de compréhension et de
miséricorde de leur part. C'est comme s'ils étaient eux aussi devenus des robots à leur tour. Ce
manque de solidarité me peinait. Cependant avec beaucoup de recul, je remercie humblement
Allah que ces amis ne s'étaient pas intéressés à moi, car c'est grâce à cette indifférence
générale que mon besoin d'affection de Lui, le Très-Noble, était devenu plus grand et plus
vital encore... Vu que mon entourage ne me prodiguait pas ce soutien psychologique, plus que
jamais je m'accrochais à mon Créateur et je Lui demandais continuellement de m'aider... à
Lui, Lui Seul...
Mais cette insensibilité de leur part me torturait tout de même et cela ne faisait qu'ajouter aux
problèmes que j'avais déjà au laboratoire. Où justement, des hypocrites se sont comportés
comme des animaux avec moi. Des gens sans coeur qui prétendent être des scientifiques! Ne
véhiculant en eux aucune valeur humaine! Depuis qu'ils ont su que j'étais musulman, ils ont
multiplié leurs mesquineries, leurs abjections. Avec cette ambiance atroce au laboratoire et un
manque cruel de sensibilité de mon entourage, j'ai essayé une vingtaine de fois de
démissionner. Réellement, j'ai voulu tout arrêter, tout abandonner pour aller reposer mon
esprit qui souffrait tant. Durant cette épreuve difficile, je me répétais sans cesse un verset du
Coran: «Certes après la difficulté, viendra la facilité ...». J'ai tout fait pour que ce verset
devienne LA devise de ma vie. Je pleurais sans cesse. J'ai demandé avec insistance à Allah de
me libérer de cette torture, de cette flamme qui brûlait mon âme. J'ai senti que mon existence
était devenue impossible à vivre. Je voulais continuellement fuir, partir loin de mes
problèmes. A chaque fois que j'écoutais une cassette de récitation du Coran, je pleurais. Mais
ce qui me faisait le plus souffrir avant tout, c'est d'avoir cru qu'Allah m'avait abandonné, à tel
point qu'Il ne voulait plus répondre à mes prières. Cette idée m'avait terriblement affligé! Mes
larmes ne cessaient de couler chaque fois que je pensais à cela. Je répétais sans cesse «Ne
m'abandonne pas! Ne m'abandonne pas mon Seigneur! Je T'en supplie, ne me laisse pas...
Aide-moi... Ne laisse pas un de Tes serviteurs sans Ta guidance ...». A un moment, j'ai perdu
espoir en Dieu, en Sa Miséricorde, en Sa Bonté... J'ai commencé à être ingrat...

C'est dans les moments difficiles que l'on voit vraiment sa foi, sa conviction. C'est dans ces
moments-là que le besoin de Dieu est immense. D'ailleurs, je me demande comment ils font
ces non-croyants dans des épreuves redoutables de la vie? Comment arrivent-ils à espérer
encore de la vie, face aux décès de leurs proches? Comment trouvent-ils le réconfort de l'âme
sans ce soutien divin? Sans cette spiritualité? Or pour ma part, grâce à l'islam, au lieu d'être
traumatisé par cette épreuve, j'en suis sorti avec une plus grande force morale et une
conviction accrue!

En effet, Allah ne m'avait pas abandonné à mon propre sort. Au contraire, Il m'a fait passer ce
test pour que je devienne plus fort. Pour preuve, durant ces moments terribles j'ai découvert
un jour le site www.bostani.com du Dr Abbas al-Bostani et je me suis mis en contact avec lui
par e-mail. (Ah internet! Si tu n'étais pas là! Mais comme tu es là, tu apportes aussi ton fléau,
ton illusion au monde puisque chaque personne s'enferme dans sa bulle avec toi. Ainsi, nous
sommes devenus tes zombies...)

Vrai philanthrope qu'il est, le frère Dr al-Bostani, avec une générosité extraordinaire, sans
calcul, ni intérêts d'aucune sorte (une pureté bien rare de nos jours), n'a pas hésité à m'envoyer
une trentaine de livres gratuitement de son édition sur l'islam, dont le plus précieux était:
«Comment aimer Allah?». Ce livre était mon diamant, mon trésor, mon secret, ma maîtresse...
Avec tous mes problèmes de la journée, tout ce que j'espérais c'était de me retrouver chez moi
seul, dans la nuit, et d'être dans les bras de ma bien-aimée, mon réconfort, ma paix... mon
livre. J'ai dévoré cet écrit comme Gargantua qui n'avait pas mangé depuis des siècles! Je l'ai lu
et relu d'une façon incessante. Je scrutais le moindre mot, la moindre phrase. Grâce à ce
minuscule livre, j'ai trouvé une paix immense, un soulagement sans bornes à mes douleurs. Je
m'attristais lorsque je devais partir au travail, lorsque je devais me séparer de lui... Dans mon
intimité, seul avec ma souffrance, je pleurais et j'invoquais Allah sans relâche, de me faire
sentir cet amour tant vanté dans ce livre...

Puis un jour, en prenant ma voiture pour aller au laboratoire, j'ai ressenti quelque chose
d'étrange ce matin-là. Une sensation de bien-être, de bien-vivre, de joie, de bonheur intense en
moi... Je n'ai pas su dans l'immédiat, mais par la suite, j'ai compris ce jour-là qu'Allah, par Sa
Très Grande Miséricorde, m'avait fait goûter provisoirement SON AMOUR. Que j'étais
heureux! J'avais l'impression d'être sur un nuage! Je me sentais léger... J'avais le sentiment de
flotter dans l'air... Une douceur indéfinissable envahit mon coeur... Un délicat parfum venu de
très loin, mais si attirant, s'infiltra dans mon âme... Moi qui avais tous ces problèmes non
résolus et voilà que je me suis mis à planer! Certains pourraient croire que je me suis «shouté»
avec mes molécules chimiques, mais non! Mais non! Je vous assure, je n'avais rien pris,
même pas de café (que je n'aime pas d'ailleurs)! Je savais pertinemment que cet état de grâce
était provisoire, alors j'en profitais au maximum en m'isolant des autres êtres humains, pour
aller déguster égoïstement ce délice, ce plaisir... Un ami doctorant, travaillant dans le même
bâtiment de recherche, m'aperçut et me demanda très étonné puisque la veille, il m'avait vu si
démoralisé: «Qu'est-ce que tu as? Tu as l'air si heureux?». J'ai vu dans son regard qu'il croyait
que j'avais passé une nuit de rêve avec une femme! Mais il ne connaissait pas mon secret...

Cette douce béatitude était unique, incomparable, inestimable pour celui qui l'a vécu un temps
si court soit-il... Au beau milieu des gens, j'étais là physiquement, mais mon esprit était
ailleurs, loin de tout et de tout le monde. J'avais trouvé ce qu'on appelle le BONHEUR
SUPREME, le Nirvana.

Cette euphorie a duré deux semaines! Deux fantastiques semaines! C'était le cadeau d'Allah
pour soulager ma douleur de trois ans. Je L'ai remercié du fond du coeur, mais je me suis senti
si triste dès la disparition de cette sensation. J'étais réconforté de savoir qu'Allah ne m'avait
pas abandonné, mais en plus Il m'avait donné en retour Son Amour, Son Privilège... C'est un
grand honneur pour moi d'avoir eu cette haute récompense du Créateur Suprême, le Tout-
Puissant. J'espère que je ne Le décevrai pas... je l'espère... Je dédie désormais ce travail et ma
vie au Plus Grand, au Dieu Sublime, Allah... Allahou Akbar! (Dieu est Le Plus Grand!).

En réalité, j'ai déjà vécu un jour ou deux, ce sentiment à la fin de ma première année de
conversion à l'islam, mais j'étais loin de me douter qu'il s'agissait de l'amour d'Allah. Je
marchais dans la rue, dans un vacarme fou, je vivais secrètement cette joie harmonieuse dans
mon âme. Il m'a fallu ensuite attendre presque six ans avant de retrouver cet état et de le
comprendre! Je sais que ceux qui n'ont jamais vécu cela auraient du mal à me comprendre, à
saisir ma description du phénomène qui pourrait leur paraître abstrait, irréel... Mais c'est la
stricte vérité. J'espère que vous aussi un jour incha'Allah vous vivrez cette émotion extrême et
là, vous comprendrez mes mots, mes paroles, mes phrases... Et vous vous rendrez compte que
je ne vous ai point menti...

D'ailleurs, dorénavant je fais tout l'effort nécessaire pour que cet amour revienne et reste bien
ancré dans mon coeur. J'ai compris que celui qui a savouré ce bonheur ne peut plus s'en
passer, il en redemande constamment avec insistance... Pour maintenir cet état affectif au
sommet, j'ai réalisé qu'il fallait d'abord laver mon coeur, car Dieu n'est très proche que du
véridique, du pur... Pour arriver à cette limpidité d'âme, il n'y a qu'une et une seule façon: LES
PLEURS. Plus mes larmes jaillissaient de mon être et plus je nettoyais la saleté en moi et plus
je me rapprochais d'Allah, jusqu'à ce que j'accède à Son Immense Affection et à Son Grand
Amour... Je gémis sans cesse devant mon Grand Pardonneur pour qu'Il me fasse repentir. Je
suis fier de verser mes larmes pour le Seigneur des mondes, le Créateur de cet univers, mais je
me rabaisse point devant les gens! Ma dignité de croyant me l'interdit!

Parfois même je m'efforce de pleurer pour débarrasser mon coeur de la souillure de la vie.
Pour ce faire, j'adoucis cet organe en implorant le Maître des hommes, le Dieu des hommes en
ces termes: «Quel sens aura ma vie sans Toi? Comment pourrais-je vivre sans Ton amour?
Quel intérêt de continuer à vivre sans espérer Te rencontrer un jour? Vas-tu laisser à son
propre sort, un de Tes humbles serviteurs? Ne m'abandonne pas... je T'en supplie, je
T'implore, je T'invoque... Ne me laisse pas sans Ta Guidance, sans Ta Protection, sans Ta
Miséricorde, sans Ta Tendresse. Ne m'en prive pas car c'est un besoin vital pour moi, pour le
croyant que je suis... Celui qui croit en Toi, qui espère en Toi, qui aime pour Toi et qui aime
en Toi».

En moi, à chaque fois, ces requêtes sont d'une telle intensité que je ne peux éviter de pleurer.
C'est comme cela que je lave et je purifie mon coeur devant Allah, le Très-Haut, le Très-
Magnanime, le Très-Magnifique... aucun superlatif ne peut Le décrire puisqu'Il est au-dessus
de TOUT...

Je Lui dédie cet oeuvre modeste. Qu'Il trouve ici le signe de mon remerciement, de ma
gratitude, de mon témoignage et de ma prosternation devant Lui... Subhan'Allah wa al-
hamdullillah Rabbi'il-'alamin...!

Réflexion 7:

L'islam et le scientifique

J'ai vécu en France de l'école primaire jusqu'au doctorat. Dans ce cas, il est bien facile de
comprendre que mon âme ait été imprégnée par les courants de pensée qui y sont véhiculés.
En particulier, par le concept que l'homme vient du singe et qu'il subit des changements selon
la théorie de l'évolution. Je me rappelle au collège, la première fois que je voyais le
professeur, comment il nous présentait des dessins d'un animal qui se transformait, en
fonction du temps, en être humain... Ses matériaux, son savoir-faire devenait de plus en plus
sophistiqués au fil des siècles... Nous étions même partis visiter des musées pour confirmer
ces affirmations. C'était mon premier contact avec «l'existence». Autrement à cette époque, ce
sujet ne m'effleurait à peine l'esprit...

Arrivé en dernières années du lycée, j'ai eu une intelligente professeur en mathématique, qui
avait neuf enfants (tous surdoués à l'école) et qui a adopté deux orphelins de guerre! D'après
les dires des gens, elle était une bonne chrétienne et très religieuse!! La première contradiction
était là devant moi. Comment une scientifique intelligente comme elle, pouvait croire en ces
«sottises» de création divine?! Comment était-ce possible...? Entre la théorie de l'évolution
apprise à l'école et la création divine défendue par cette enseignante, laquelle était vraie...?

J'apprenais de plus qu'un nombre de ses collègues croyaient comme elle en Dieu! Alors
pourquoi d'autres nous enseignaient que nous venions du singe?! Pourquoi un tel décalage?
La théorie de l'évolution qui dit se baser sur des preuves scientifiques pour se défendre et
malgré cela, des scientifiques eux-mêmes croient en Dieu?? Ce paradoxe m'intriguait... Qu'il
est cruel d'imposer une seule vision, un seul concept sans laisser le choix...

J'aime apprendre et comprendre. Je suis très curieux de nature. En tant que scientifique, avec
rigueur et précision, ma formation me contraint à trouver des explications plausibles pour tout
événement, pour tout phénomène. Une continuelle recherche de l'exactitude, qui m'a
beaucoup aidé dans ma soif de vérité, dans ma quête du vrai...

J'ai toujours trouvé cela extraordinaire qu'une simple pomme qui tombe d'un arbre a pu faire
réfléchir un savant tel que Newton, pour trouver toute une «théorie de la mécanique» qui
porte encore son nom. Ou de me dire que le jet d'un caillou dans l'eau a poussé des
mathématiciens à soutenir d'intenses efforts durant des années, pour pouvoir mettre cet
événement banal sous forme d'équation appelée «la propagation d'ondes». Le stylo, le cahier,
le verre, la bouteille, les habits, le parfum, tous les appareils d'électroménager etc... que nous
utilisons quotidiennement ont fait l'objet d'études extrêmement poussées, pour que la science
maîtrise complètement leurs composantes internes et externes.

Je suis toujours aussi impressionné par la créativité humaine à produire de nouvelles


molécules incroyablement belles, réellement inimaginables. Une toute petite modification
chimique apportée à un médicament peut fournir des résultats désastreux ou très prometteurs
pour d'autres maladies! Comme le fait de modifier une petite dent d'une clé, dès lors elle n'est
plus reconnue par sa serrure, peut totalement perturber l'ouverture d'une immense porte d'un
grand château ou peut être utilisée pour d'autres demeures d'une façon inattendue. Mais de là à
savoir quelles sont ces autres demeures inconnues?! Seul Arsène Lupin, le gentleman
cambrioleur, pourrait les trouver.

Dans l'histoire de l'humanité, je crois que nous vivons une époque où l'être humain a réussi à
atteindre un tel niveau de son art, au summum du contrôle de la matière, qu'il peut en être fier.
Je suis émerveillé tous les jours de ce que j'apprends dans mon domaine sur les nouvelles
percées, les nouvelles applications, les réels espoirs de guérison des malades... C'est fabuleux!
Et pourtant, il nous reste tant de choses à chercher et surtout tant à découvrir... Lorsque nous
ouvrons une porte de découverte, nous voyons qu'il y a dix autres qui nous restent
inaccessibles dans l'immédiat...

Je n'arrivais pas à m'imaginer que toute cette merveille de la nature que je vois à travers la
chimie provient du pur hasard. Que l'agencement extraordinaire de certaines structures
moléculaires s'est fait d'une manière fortuite. Cela est difficile à croire. Comment croire que
l'homme est venu là par accident? Sorti du néant et qu'il s'est formé ensuite avec beaucoup de
chance! Comment croire en cela? Beaucoup de questionnements, peu de réponses
satisfaisantes pour le scientifique que je suis. A tout moment, j'essaie de dépasser les futilités
humaines pour toucher la vérité, bien que parfois cela m'ait énormément porté préjudice. Dieu
Seul sait si j'ai atteint ce but. Mais contrairement à certains qui prétendent être des
«scientifiques», je n'ai pas d'idées arrêtées et j'essaie de comprendre quoiqu'il arrive, même de
marcher sur les vexations que l'on pouvait me faire. Voilà comment j'ai tendance à aborder ma
vie, avec beaucoup d'interrogations, sans jamais me reposer jusqu'à ce que je trouve une
réponse plausible à ma logique et à ma raison. Modestement, j'applique encore ce principe
pour acquérir le peu de science qu'Allah veut bien me donner.

J'ai eu la chance d'avoir étudié durant mon stage de maîtrise de physique la théorie du Big
Bang, la fameuse théorie qui devait tout expliquer concernant la naissance de notre univers et
de nous-mêmes.Le professeur qui nous supervisait était un type mesquin, susceptible et qui
n'avait aucune justice dans l'âme, mais qui prétendait être un scientifique. Bref... un produit
raté de la science comme il en existe tant.
Contrairement à cet individu, notre professeur de physique nucléaire était un modèle du genre.
Un scientifique modeste, humble, rempli d'une science incroyable et qui avait une maîtrise
impressionnante de sa matière. Tous les étudiants l'aimaient. J'étais émerveillé par ce
personnage. J'allais à ses cours avec l'envie d'apprendre.

Je me rappelle qu'un jour, alors qu'il nous donnait un cours sur les particules-antiparticules, il
était obligé de nous parler du Big Bang et de la création de l'univers pour nous expliquer la
formation de ces entités élémentaires. A un moment, il nous montrait une belle diapositive de
l'espace entouré d'étoiles et de galaxies que l'on pouvait distinguer. Et il nous expliquait
comment les planètes prenaient naissances. Il disait que les scientifiques croient que ces astres
étaient créés à partir de la vapeur (ou de la fumée) qui se sont condensées pour donner la
forme sphérique finale que nous observons partout dans l'univers, mais ceci d'une façon
accidentelle. Juste au moment où il a dit «d'une façon accidentelle», il s'est arrêté et il a eu un
regard vide, pensif. Puis il reprit «en tant que scientifique, j'avoue que j'ai un peu de mal à
croire que toutes ces merveilles dans l'univers puissent être le fruit du hasard... J'ai beaucoup
de mal à y croire...!». Cette affirmation de la part d'un professeur que j'appréciais tant, a laissé
une trace, une empreinte dans mon coeur. La preuve en est que je me souviens encore de cet
événement datant d'il y a plus de huit ans comme si c'était d'hier! Je n'oublierai jamais son
regard lorsqu'il a dit «d'une façon accidentelle». Il semblait être dans la lune, ailleurs perdu
avec sa pensée, loin de nous et surtout loin de son cours... Vous pourriez me dire que c'est
normal, puisque les physiciens planent toujours et qu'ils ont la tête dans les étoiles. Mais... je
ne pense pas que c'était cela l'explication.

A cette époque, avant ma conversion à islam, en moi-même je commençais à me poser des


questions à propos du Big Bang et de la création de l'univers. J'étais bien obligé puisque c'était
mon sujet de mémoire de maîtrise! J'ai lu un certain nombre de livres sur le sujet. L'auteur que
j'ai trouvé excellent, très pédagogue était le professeur Stephen Hawkins, le fameux
astrophysicien qui, à partir de son fauteuil roulant nous fait des merveilles en la matière!
Rendons à César ses mérites. Si vous connaissiez le personnage, vous comprendriez ce que je
veux vous communiquer. Ce scientifique de renommée internationale n'a pas renié sa
croyance en Dieu! Et dans la même foulée, j'ai appris que M. Albert Einstein, l'idole de tous
les physiciens, lui-même croyait en un Dieu créateur!!! Bah bah bah!!! Le petit étudiant athée
que j'étais avant ma conversion, a reçu les claques de sa vie en essayant de comprendre le Big
Bang! Comme quoi parfois, les études servent à quelque chose, et pour mon cas, cela a servi
pour mon inclination vers Allah, le Créateur Sublime de cet univers, nul autre dieu que Lui.

Mais d'autres scientifiques restent imperturbables, avec un coeur complètement voilé, bien
qu'ils perçoivent tous les jours des miracles dans leur domaine de recherche. Ils interprètent
cela en terme de données scientifiques et non en terme de réflexions par rapport à la vie, par
rapport à leur vie. Comme dirait l'autre, ils sont devenus esclaves de leur objet de recherche.

A ce propos, je me souviens qu'un jour, alors que j'étais en train de faire des manipulations au
laboratoire, j'ai vu des gens courir dans le couloir. J'ai cru qu'il y avait une alerte d'évacuation
du bâtiment ou un problème quelconque. Les étudiants étaient tous excités. J'ai arrêté une
collègue et je lui ai demandé le pourquoi de ce grand remue-ménage. Elle me répondit d'un air
tout à fait étonnée: «Tu ne sais pas! Il y a le lauréat du prix Nobel de chimie qui vient assister
à la soutenance d'une thèse, alors tu comprends on a envie de le voir en chair et en os!». Avec
tout le respect que je dois aux "nobélistes", j'étais quand même surpris par cet enthousiasme
que j'ai trouvé extravagant pour ma part. J'ai compris qu'à partir de ce moment précis que
certains scientifiques sont devenus des «scientistes», ceux qui ont pris la Science pour un dieu
et leurs prophètes sont les lauréats du prix Nobel!

Ils sont aveuglés par les informations, les résultats qui les inondent dans leur domaine. Plus le
scientifique est ignorant et plus il devient prétentieux, et plus il s'enfonce dans son incroyance.
Un peu de modestie mon ami, même Albert Einstein croit en Dieu, alors qui es-tu par rapport
à ce géant de la recherche qu'il était? Connais-tu au moins la valeur de son chef-d'oeuvre: la
théorie de la Relativité? Fais un peu preuve d'humilité, cela pourrait t'aider à être plus sage,
moins idiot, et surtout plus scientifique, ce que tu prétends être... En effet, en recherche
expérimentale, en chimie en tout cas, nous admettons les résultats jusqu'à preuve du contraire,
jusqu'à ce qu'une autre découverte vienne les infirmer. C'est notre outil de travail. Cela nous
permet d'être plus prudent et nous fait prendre conscience que nos trouvailles ne sont que les
petites pièces d'un immense puzzle sans limite. A TOUT petit pas, c'est ainsi que notre
Science avance, mais elle avance, c'est cela l'essentiel...

L'autre difficulté pour moi, c'était de comprendre pourquoi les gens dans cette société
croyaient très peu en Dieu. Pourquoi la plupart des scientifiques chrétiens que je rencontrais,
renonçaient facilement à leur foi religieuse? Pourquoi? Comment? Voilà les mots clés.

Pour comprendre, je suis revenu brièvement à l'histoire du christianisme, qui est réellement
différente de celle de l'islam. Vous pourrez (si vous êtes honnêtes avec vous-mêmes) vous
convaincre seuls si vous étudiez et compariez l'histoire de ces deux religions.

En effet, l'Eglise, à une certaine époque pas si lointaine que cela, croyait que la terre était
plate et placée au centre du système solaire où les autres planètes gravitaient autour. D'après
leurs observations, leurs calculs et leurs résultats, des scientifiques tels que Copernic et
Galilée ont tenté d'affirmer le contraire. Au nom de la religion, ils ont été vite fait, bien fait,
mis à l'écart ou contraints de renier leurs découvertes! Nous savons aujourd'hui que ces deux
savants avaient raison. La preuve en est que nous avons tous étudié la gravitation et entendu
parler des «lois de Copernic», ou de la mécanique classique utilisant les résultats de Galilée!

Alors dans la tête du scientifique chrétien, n'y aurait-il pas des troubles, des doutes face à cette
énorme contradiction?! Si dieu a envoyé cette religion, cela prouve qu'il existe. Or s'il existe,
il doit être le créateur de l'univers. Comme l'Eglise s'est trompée, alors dieu s'est trompé.
Donc dieu n'existe pas, sinon il ne peut y avoir de telles erreurs. Par ce simple raisonnement,
voilà comment nos amis chrétiens peuvent arriver à la conclusion de la non-existence de Dieu.
Autrement, il leur faut croire en cette existence tout en admettant les erreurs de l'Eglise! Voilà
le grand dilemme du scientifique chrétien! That is the question. To be or not to be!

Chacun d'eux fait ce qu'il peut pour contourner cette incompatibilité. Certains de ces amis
chrétiens vivent avec cette contradiction et dans ce cas, il ne faut surtout pas leur en parler,
sinon ils pourraient vous sauter au cou et vous étrangler sur place. D'autres font semblant de
ne pas comprendre et utilisent de la supercherie pour s'échapper. Certains encore ne se
fatiguent même pas les neurones, en oubliant cette existence divine qui leur fait tellement mal
à la tête. Voilà où se trouve l'une des explications de la nonchalance de ces scientifiques
chrétiens envers la religion. D'autres facteurs tout aussi importants sont cachés, sournois et
qui détruisent de l'intérieur les principes religieux, ces valeurs dont tout être humain a tant
besoin pour vivre avec ses semblables. Je vous laisse le loisir de les chercher par vous-
mêmes...
Quant à l'islam, ses enseignements sont souvent corroborés par les donnés de la sciences. Le
Coran en particulier, renferme une quantité impressionnante et très variée de preuves
scientifiques. Ce qui réconforte la position du scientifique musulman croyant! Point de
contradiction entre notre religion et la Science! Au contraire, l'islam se défend avec ces
découvertes scientifiques! Je vous renvoie à certains livres, que j'ai lus parmi tant d'autres
dans le domaine, «Ceci est la vérité», «Les milles et une vérité scientifiques du Coran», ou
encore celui du chirurgien français converti à l'islam Dr Maurice Bucaille «Le Coran, la Bible
et la Science». Pour ma part, après avoir pris connaissance de ces preuves scientifiques
relatées dans le Coran, je ne peux que m'incliner devant la Grandeur et la Gloire d'Allah. Je ne
peux qu'être humble devant Lui, en Lui demandant pardon de l'arrogance dont j'ai fait preuve
avant ma conversion...

Mais certains individus ne veulent toujours pas accepter la vérité et disent que les soi-disant
découvertes dans le Coran ne sont que des interprétations. Cela serait vrai s'il n'y avait qu'une,
deux, ou trois interprétations, malheureusement pour eux, il y a d'innombrables preuves avec
de telles précisions, qu'il est impossible pour une personne de bonne foi et saine d'esprit de
renier l'évidence. Avec le progrès de la Science, des révélations scientifiques du Coran
continuent tous les jours à nous surprendre, et même à nous les musulmans! Pourtant, certains
s'accrochent et continuent à s'entêter. Allah, Celui qui détient le Trône Absolu, voile les
coeurs des pervers-rebelles pour qu'ils ne puissent ni voir, ni comprendre. L'enfer sera certes,
leur lieu de repos...

Quant aux musulmans scientifiques célèbres qui ont énormément contribué à l'évolution de
l'humanité, je leur rends hommage à ma manière, en les citant modestement dans mes écrits.
Je donne trois exemples pour que vous-même alliez chercher les autres si cela vous intéresse.

Jaber Ibn Hayyan (mort en 803 A.C.), encore connu sous le nom de Géber en Occident. Il est
connu, reconnu comme étant le père de l'alchimie, ce mot devient plus tard la chimie. Il
pratiquait aussi la médecine à Kufa (Iraq) vers 776 A.C. Il est rapporté qu'il a étudié avec son
ami très proche l'Imam Ja'far As-sadiq (p), qui lui a prodigué ses idées scientifiques.
Consultez:"concise.britannica. com/ebc/article?e4=44096" pour en savoir plus. Il a écrit les
deux imposants livres Kitab al-Kimya (le livre de la chimie) et Kitab al-Sab'în (le livre des
soixante-dix). On lui doit le mot chimie qui dérive du mot arabe al-Kimyâ', le mot
alcali=alcalin (qui veut dire milieu basique en chimie), le mot aldéhyde (qui est un
groupement fonctionnel usuel en chimie organique), alambic (le inbiq = appareil servant à la
distillation), charab (sirop)...

Il faut savoir que la plupart des noms que nous utilisons commençant par «al» (qui veut dire
«le») viennent des mots arabes (algèbre, algorithme, alcali, alcool, alchimie, aldéhyde....). Ou
encore d'autres mots arabes francisés comme: calame (crayon), narandj (orange), toubib
(médecin), djinn (génie, esprit de l'air), al malgama (amalgame), émir (amiral), badendjil
(aubergine), azour (azur), qalib (calibre), kahwa (café), kafur (camphre), sifr=zéro (chiffre),
koton (coton), al iksir (élixir), azzahr (hasard), djuba (jupe), makhazine (magasin), nouqoua
(nuque), asucare (sucre), samt=chemin (zénith)... Je continue...?? Débrouillez-vous avec le
site internet que j'ai découvert: users.antrasite.be/ppoisse/Documents/arabic.htm.

Un autre, savant aussi célèbre que le premier, dont les occidentaux utilisent son travail en
mathématiques, sans trop souvent le citer. Donnons à chacun sa juste valeur, son juste droit!
Muhamed Bin Mussa Al-Khawarizmi (770-840 A.C.), né à Khawarizm (d'où son nom), située
au sud de la mer d'Aral. Il a émigré à Bagdad (Iraq) et a écrit son chef-d'oeuvre en algèbre à
l'époque : Al-Jabr wa al-Muqabilah. On lui doit le mot et la conception d'algorithme:
(www.ummah.org.uk/history/scholars/KHAWARIZ.html).

Encore un autre scientifique musulman qui a fait un travail extraordinaire en médecine, même
huit siècles après sa mort, ses recherches étaient encore honorées. Ibn Sina (980-1037 A.C.)
connu sous le nom d'Avicenne en Occident, est né à Afshana près de Bukhara (Ouzbékistan).
Agé seulement de dix ans, il a étudié le Coran et il le connaissait entèrement par coeur. Il fut
très précoce. A l'âge de 17 ans, il parvint à guérir le prince sâmânide, Nûh ibn Mansûr, atteint
de maladie, qui l'avait fait venir auprès de lui. Après la mort de son père, il partit à Gorgan où
le prince lui permit de tenir des cours publics, et où il composa sa grande oeuvre médicale,
«Le Canon» (Al-Quanun fi al-Tibb). Il est connu aussi pour être philosophe, encyclopédiste,
mathématicien et astronome de son temps. Il a eu une grande influence sur St. Thomas
Aquine. Pour plus d'information sur ce sujet, consulter:
www.muslimphilosophy.com/ei/sina.htm.

Vous pourrez vous amuser à connaître davantage d'autres musulmans scientifiques sur:

www.muslimheritage.com/day_life/default.cfm, ou,

members.tripod.com/~wzzz/, ou,

cyberistan.org/islamic/.

Il est impossible ici pour moi de vous faire une liste exhaustive. Je voulais surtout vous
sensibiliser sur la question.

En détaillant la biographie de chacun de ces savants musulmans, je me suis rendu compte que
leur relation avec l'islam et Allah était tout à fait particulière. Leurs convictions étaient au-
dessus du commun des mortels. L'islam les a honorés et nous sommes fiers en tant que
musulmans d'avoir eu des croyants scientifiques aussi brillants que ces savants-là! Notre
religion leur a donné une place d'honneur et de prestige pour leurs efforts dans la recherche.
L'islam se défend entre autre par la Science et par ses découvertes. Par conséquent, il n'y a
point d'opposition entre l'islam et le scientifique. En ce qui me concerne, en tant que
scientifique, ce point a été crucial pour ma croyance. C'était un des éléments catalyseurs, LA
CLÉ de ma conviction intime, qui m'a permis de tant apprécier cette religion si sublime.

«Le savant est parmi les ignorants, ce que le vivant est parmi les morts. Le chercheur de la
Science bénéficie du pardon d'Allah. Rechercher donc la Science, car elle est la voie qui vous
mène vers Allah, et la recherche de la Science est une obligation pour tout musulman». Notre
bien-aimé Prophète, s'adressant à l'Imam Ali lui dit : «O Ali! Deux rak'ah (prosternation) de
prière accomplies par le savant valent mieux que mille rak'ah accomplies par un simple
serviteur»

La Science est l'une des meilleures portes pour accéder à la connaissance de l'Etre-Eternel, de
l'Etre-Sublime... nul autre que Lui, le Connaisseur, l'Omniscient, qui détient le Savoir illimité,
infini...

Réflexion 8:
Le riche et le pauvre

A travers mon peu de vécu, il faut avouer qu'il y a des thèmes qui m'ont plus frappé que
d'autres. «Le riche et le pauvre» fait partie de ces sujets qui m'ont marqué. J'entends par là,
voir des riches débordant de luxe et des miséreux tels qu'ils n'ont même pas de quoi se nourrir
quotidiennement, a touché profondément mon âme! Je n'arrivais pas à comprendre cette
inégalité, cette iniquité. D'ailleurs à cause de cette énorme injustice sociale, durant des années,
je me disais que dieu ne pouvait exister, autrement il n'aurait jamais autorisé de telles choses à
se produire. Pendant longtemps, j'ai cru en ce raisonnement. Il m'a fallu du temps pour
comprendre, oui beaucoup de temps... Qu'en est-il aujourd'hui réellement?

Pour expliquer ce problème à moi-même, j'étais obligé de revenir à la source des religions
monothéistes (croyance en un Dieu unique). Le judaïsme et le christianisme comme l'islam
croient que la vie est une épreuve, un test passager mais obligatoire. Et un jour, nous serons
jugés par l'Equité-Suprême et aurons mérité la place que nous avons construite pour nous-
même dans l'au-delà. Si je dis jugement, alors je dois avoir un libre arbitre dans tout ce que
j'entreprends, sinon le verdict ne serait pas équitable. Point de contraintes donc dans nos
moindres faits et gestes. Dieu nous donne le libre choix pour que Sa justice ultime soit
équitable! Pour que Son décret soit valable! Certains utilisent cette liberté pour commettre le
mal. C'est le cas du riche sans scrupule qui ne partage point sa fortune. Une autre preuve
évidente de cette latitude est qu'il existe des croyants et des non-croyants! Si Allah avait
voulu, Il aurait pu nous créer tous croyants, mais Il ne l'a pas fait pour nous juger
impartialement, équitablement. C'est du moins ce que je pense. Nous avons par conséquent la
liberté de mener notre vie comme bon nous semble, cependant il faudra quand même rendre
des comptes de nos actes d'antan...

J'ai lu dans le Coran que chaque être humain vient au monde avec sa propre subsistance.
Alors comment se fait-il qu'il y a des gens qui meurent de faim dans le monde?! Ai-je mal
compris? J'ai appris la réponse dans une des sages paroles de l'Imam Ali (p), qui dit: «Chaque
fois qu'un pauvre meurt de faim, c'est qu'il y a quelque part un riche qui a trop consommé ...».
Les fortunés ont monopolisé la richesse mondiale sans partage, créant ainsi cette disparité
sociale et provoquant des grandes famines un peu partout dans le monde. Avec tout le trésor
que renferme notre planète, nous pourrions faire vivre tous les six milliards d'être humains
que nous sommes et plus encore!! Mais il y a des détournements de ressources, des
détournements de capitaux... Trouvez-vous cela normal qu'il existe un seul milliardaire dans
ce monde qui soit plus riche qu'un pays tout entier?! Dites-moi, trouvez-vous cela normal?!

Vous pouvez me rétorquer: es-tu contre la fortune? Le musulman, doit-il rester toujours
pauvre? NON! Je ne dis pas cela! Le musulman peut être riche, même très riche. Mais le vrai
croyant n'oublie jamais les autres et partage avec eux l'abondance que Dieu lui a octroyée.
Qu'est-ce que cela coûterait aux richissimes de donner les centimes de milliers de dollars aux
nécessiteux? Cela les appauvrirait-il? Mais dites plutôt qu'ils sont avares et cupides. Ils
thésaurisent le grand serpent qui va les dévorer un jour! Et lorsqu'ils font oeuvre de charité,
c'est souvent pour obtenir en contrepartie des compliments, de la reconnaissance et des
intérêts quelconques plus que de l'amour du prochain. L'islam, quant à lui, oblige le
musulman fortuné à payer la zakat (l'impôt purificateur, la taxe) et à verser ainsi un
pourcentage aux plus démunis parmi nous. Il prêche que le pauvre a un droit sur notre
richesse! C'est une religion de partage et d'amour...
Oui mais... Je me suis dit: Pourquoi est-ce qu'il existe des gens qui naissent pauvres et
meurent de faim contrairement à nous?? Ce n'est pas juste! Mes amis m'ont prévenu que je
risque de me casser les dents avec ce thème. Je tente quand même le diable. La question est
très philosophique, mais comme je l'ai comprise je vais tenter de l'exposer. Peut-être que je
l'ai mal saisie? Dans ce cas, j'espère que les lecteurs auront l'obligeance de me pardonner et de
me corriger. Vous me direz si je peux appliquer la parole du célèbre mathématicien français,
Henri Poincaré qui a dit: «Rien n'est difficile, seulement des choses que nous n'avons pas bien
comprises ...»?

Pour essayer de répondre à cette interrogation, j'ai dû me documenter et y avoir réfléchi. J'ai
compris que l'islam comme toute religion monothéiste, nous enseigne qu'il y aura le Jour du
Jugement Dernier. Et en ce jour-là, nous récolterons avec équité selon nos actes passés, nos
rétributions soit en enfer, soit au paradis. Cette notion de jugement dernier, un des piliers de la
croyance en islam est FONDAMENTALE pour me permettre de comprendre ce thème.

Alors qu'en est-il vraiment de ces gens qui naissent dans des pays tellement pauvres qu'ils
succombent par manque d'eau et de nourriture??! Est-ce équitable?? Prenons le cas du bébé
éthiopien. Si ce bambin meurt à cet âge, alors je sais que d'après les savants, les textes
islamiques stipulent qu'il ira directement au paradis, car cette béatitude est offerte au nouveau-
né qui décède avant sa conscience et sa compréhension du monde. Ce n'est que pure justice...
Mais cela ne signifie pas qu'il faille le laisser périr! NON sûrement pas! Cela serait en
contradiction avec notre morale et notre éthique! La vie est sacrée au nom de toute religion,
nous devons aider, mettre tout l'effort possible pour cet enfant, pour qu'il retrouve la santé.
Malgré toute cette assistance, si le nouveau-né meurt, alors nous pouvons dire qu'il ira
inévitablement au paradis. Et ce lieu de repos serait certainement mieux pour lui que de vivre
la misère qui l'attend. Mais seul Dieu a le droit d'enlever la vie. Autrement, cela s'appelle
meurtre ou suicide!! Et ces deux éléments constituent des péchés abominables aux yeux de la
religion!!

Supposons maintenant que ce bébé grandisse, devienne adulte et vive des situations bien
difficiles dans son pays, en raison de l'environnement très austère. Mon amour pour la justice
me pousse à dire que dans ce cas, il bénéficierait d'un traitement de «faveur» au Jour du
Jugement Dernier, du fait de la dureté de sa vie. Et ce ne serait que pure justice...

Je me suis mis à imaginer, à présent que cet éthiopien, au lieu de vivre la misère sur sa terre
natale, grandisse en Occident dans un des pays du G8! Qui peut me promettre que cet individu
n'irait pas dans un gang ou qu'il ne ferait pas du trafic de drogue ou qu'il ne tuerait pas de
vieilles dames??! Parmi vous, quel est celui qui est capable de me prédire cela?? Si nous
connaissions son avenir de péchés, il aurait mieux valu pour lui de rester dans son pays, même
pauvre au lieu de risquer d'aller en enfer, n'est-il pas vrai??

L'injustice «du riche et du pauvre» sur terre que je ne comprenais pas, devenait peu à peu
claire avec cette réflexion. J'ai saisi que n'importe où nous vivons, chacun a la possibilité de
faire le bien pour préparer sa récompense dans l'au-delà. Chaque rétribution sera réévaluée
selon ses difficultés et sa peine terrestre. Ce ne sera que pure justice...

Pour compléter la compréhension de ce thème, j'ai aussi incorporé la notion de «destin». Est-
ce que nous sommes tous prédestinés à notre vie? Avons-nous le pouvoir de changer notre
sort? J'avais du mal à démêler le vrai du faux. A chaque fois que j'en discutais avec mes amis
musulmans, ce sujet devenait encore plus confus dans mon esprit. Jusqu'au jour où j'ai pris
connaissance d'un hadith de l'Imam Jafar As-sadiq (p) qui tranche d'une façon limpide la
question: «Il n'y a pas de prédestination totale ni un pouvoir absolu du jugement humain. La
vérité se trouve entre les deux extrêmes».

Pour finir avec «le riche et le pauvre», je disais que grâce à cette autonomie, certains humains
utilisent leur intelligence et leurs facultés à s'accaparer des biens d'autrui sans s'acquitter de
leurs obligations financières. En islam, l'indigent a un regard sur notre argent... C'est une
obligation religieuse de lui donner ce qui lui revient! Je ne connais pas une religion plus
magnanime que cela.... Ainsi donc, Dieu existe. Il regarde, observe attentivement nos
moindres faits et gestes... Comme Il connaît très bien l'homme, puisqu'Il l'a créé, Il lui donne
cette pleine latitude dans ses agissements en toute liberté. Sans quoi, il pourrait contester et
arguer que tout ce qu'il aurait fait dans sa vie était sous contraintes! Aucune excuse ne lui sera
accordée en un jour de grande terreur...

Pour corriger cette injustice sociale à notre échelle, du mieux que nous le pouvons, chacun
peut donner un peu pour que le monde devienne meilleur par cette générosité. Si les peu
fortunés vivant en Occident que nous sommes, pouvaient donner quelques euros chacun, alors
je vous laisse imaginer la somme astronomique disponible pour ceux qui en ont besoin! Il faut
faire ce geste de bonté régulièrement pour purifier nos biens, notre coeur, notre foi... D'un
autre côté, par les moyens qui nous sont disponibles, nous pouvons aussi lutter contre cette
économie sauvage que certains veulent nous imposer! Nous pouvons devenir très riches,
mais... n'oublions jamais ceux qui n'ont même pas la chance de manger à leur faim tous les
jours. NON! Ne les oublions pas...

Qu'Allah nous fasse clémence en nous accordant l'abondance pour que nous puissions aider
nos prochains. Utilisons cette munificence pour progresser dans notre spiritualité. Autrement,
tout ce que nous ferons n'aura aucun sens, aucune profondeur, aucun amour... aucune piété...

Réflexion 9:

Et si je mourais demain?

Huit années passées en islam pour que je commence à comprendre peu à peu l'expression si
souvent utilisée par les musulmans: incha'Allah (si Dieu le veut). En moi, cette formule
commençait à avoir un sens, une valeur. Allah, l'Omnipotent, est Celui qui détient le Pouvoir
Absolu, rien ne peut Lui échapper. Il voit tout, Il sait tout, Il est capable de tout, Il est
L'Essence et Le Retour de toute chose... A tout moment, s'Il voulait, Il pourrait reprendre la
vie qu'Il m'a allouée. Si c'était le cas, qu'aurais-je réellement fait pour préparer mon voyage?
Pour aller à Sa rencontre? Pour justifier ce que j'ai produit avec ma vie d'antan? Et si je
mourais demain...?

A chaque fois que je me pose ces questions, mes larmes aiment se répandre, désirent
s'exprimer... et veulent s'exclamer auprès du Très-Haut, pour qu'Il leur accorde encore pardon
et repentance... Pour qu'Il leur donne à nouveau une occasion de se racheter et de ressentir
l'amour et la miséricorde du Créateur, avant de subir le jugement dernier dont l'issue semble si
incertaine...

Allah, Le Munificent, nous a recommandé des choses pour notre bien-être, pour notre confort
et pour notre spiritualité, afin d'élever notre âme au-dessus des Anges. Mais parfois, je paresse
lorsque je dois me lever pour ma prière du matin, et j'hésite à suivre le vrai chemin de Dieu.
Et si je mourais demain...? Comment pourrais-je me justifier de cette nonchalance?

Allah, Le Magnanime, nous a ordonné de dépenser nos biens pour nous purifier. Mais parfois,
tout en sachant que d'autres frères sont dans le besoin, je préfère tout de même garder mon
argent, sous prétexte de conserver un capital pour un jour difficile. Que fais-je de la parole:
«le vrai croyant est celui qui ne se soucie guère du lendemain»? Et si je mourais demain...?
Comment pourrais-je répondre de ce manque d'humanité? De cette avarice?

Allah, Le Très-Noble, nous a demandé de préserver nos sens, autrement nous risquons de
perdre un jour toute la richesse de bonnes actions si durement acquises. Mais parfois, en
faisant fi de ces conseils, je médis de mon frère, j'écoute des choses peu recommandées et je
regarde des endroits où cela ferait honte à la chasteté. Et si je mourais demain...? Comment
pourrais-je m'excuser de cette frivolité?

Et en signe de dévotion pour Allah, Le Très-Pur, nous devons manifester notre attachement au
Sceau des prophètes (P), à sa Descendance (p) et à l'être sublime qui a sacrifié son sang sacré
pour nous. Pourquoi son souvenir effleure-t-il à peine mon esprit? Comment pourrais-je dire
que j'aime intimement Allah, si je n'éprouve rien pour ceux que le Souverain nous a
recommandé de chérir? Comment devrais-je me blanchir de ce manque de reconnaissance
envers le Maître de la jeunesse du Paradis? Le pourrais-je...? Le devrais-je...?

Allah, Le Juge Suprême, nous a exhorté de lutter contre toute forme d'injustice là où nous la
trouvons. Mais parfois, tout en voyant ces exactions, je préfère détourner mon regard pour ne
pas avoir d'ennuis. Que fais-je de l'énoncé: «n'est pas croyant celui qui n'aimerait pas pour son
frère ce qu'il aimerait pour lui-même»? Et si je mourais demain...? Comment devrai-je me
disculper de cette lâcheté? De cette faiblesse?

Allah, Le Très-Miséricordieux, nous a conseillé d'aider notre frère dans les difficultés et les
besoins. Mais parfois, tout en restant insensible à sa souffrance, je préfère penser à mon petit
confort et à mes affaires personnelles. Que fais-je du maxime : «l'altruisme du vrai croyant ne
peut être égalé»? Et si je mourais demain...? Comment devrais-je me décharger de cet
égoïsme?

Allah, Le Très-Affectueux, nous a demandé de respecter et d'ouvrir notre aile de miséricorde


pour notre mère, notre père, notre famille, l'orphelin, l'ami, le voisin et le voyageur de
passage. Mais parfois, tout en oubliant ces principes, je me mets en colère contre eux et je les
blesse. Que fais-je de la parole: «le respect et la miséricorde font partie du croyant vertueux»?
Et si je mourais demain...? Comment me défendre de ce manquement à mon devoir?

Allah, L'Unique, Le Digne-de-Louange, nous a préconisé la sincérité, la générosité, la


noblesse d'âme, l'amour, la clémence et non la punition envers nos prochains. Mais parfois,
tout en négligeant ces principes, je me laisse mener par mes envies et mon humeur. Que fais-
je de la phrase: «le croyant est une lumière, un guide pour l'humanité»? Et si je mourais
demain...? Comment pourrais-je justifier cette négligence? Et comment devrais-je plaider ma
cause devant Le Seigneur?

Dans ce cas, aurais-je encore le courage de me présenter devant Sa Majesté, Le Gouverneur


Suprême? Et malgré cela, de pouvoir dire que je ressens un amour profond pour ma religion,
pour mon Créateur...? N'aurais-je pas honte...?
Où est passée mon intention sincère de plaire à Allah, Le Dieu Tout-Puissant? Gloire à Lui,
louanges à Lui, Celui qui peut se passer de l'univers entier. Où est dirigée ma réelle intention?
Vers ce bas-monde ou vers l'au-delà...?

Je ne suis même pas marié. Et si je mourais demain? Comment pourrais-je combler l'autre
moitié de ma foi?

Je n'ai même pas fondé une famille ni eu des enfants. Et si je mourais demain? Qui va se
soucier de moi? Qui va prier pour moi? Qui va se souvenir de moi? Qui va soulager ma
souffrance dans la tombe?

Et l'affirmation: «trois choses continuent à vous apporter des bienfaits même après votre mort:
avoir des enfants pieux qui prient pour vous, laisser une science utile et faire une oeuvre de
charité que les gens continuent à utiliser», me fait prendre conscience que j'ai réalisé peu de
choses dans ma vie, dans l'existence que Dieu m'a allouée. Et si je mourais demain?

Malgré tout, mon espoir me pousse à implorer sans cesse mon Maître, mon Roi, L'Eternel,
pour qu'Il me pardonne, pour qu'Il me donne encore cette chance de suivre Ses
recommandations, Ses prescriptions.

Mon espérance me pousse à croire que Dieu est le Tout-Miséricordieux, le Très-


Miséricordieux, qui va me garantir encore l'opportunité pour que je répande le bien autour de
moi, pour qu'Il soit satisfait de moi.

D'être guidé par Lui, d'être protégé par Lui, de pouvoir me rapprocher de Lui et d'être enfin
parmi les véridiques, les plus aimés et les plus dignes de Lui... incha'Allah...

Réflexion 10:

Le mariage

Je dois avouer que ce thème est l'un des plus sensibles et des plus délicats à traiter. J'y ai mis
mes émotions et utilisé abondamment de brouillons pour l'écrire. Un sujet bien délicat pour un
converti comme moi, d'origine chinoise, qui voudrait se marier avec une musulmane. Il fallait
que je tienne compte de l'affectivité, voire de la susceptibilité de certains, mais aussi de mes
propres sentiments! Qu'il est difficile de parler de quelque chose qui nous touche
personnellement, intimement. Le faire d'une façon lucide, clairvoyante sans rancune à l'égard
de quiconque, car il s'agit ici de respect, d'affection et d'amour pour autrui. C'est un domaine
bien délicat, oui bien délicat...

Je préfère vous parler des Beatles, les quatre garçons qui chantaient si bien l'amour: «All we
need is love! All we need is love! love, love! love is all we need!... ». Je pourrai ainsi me
désengager de ce sujet qui m'embarrasse tant, dont il va tout de même falloir que je parle.
Point de tabou en moi, oui point de tabou...

Depuis que le monde existe, et que l'homme venant d'Adam, il y a toujours eu procréation
pour perpétuer la vie, la race humaine. La preuve en est que je suis et que vous êtes là. J'ai
pris connaissance que l'islam commande ou recommande à chaque croyant et à chaque
croyante de se marier. Notre religion nous apprend qu'un célibataire n'a que la moitié de la
foi! Il faut donc qu'il la comble avec une âme-soeur!! Je ne le savais pas du tout! Il n'y a point
d'abstinence ou voeu de chasteté en terme de sexualité dans l'islam! A travers mes
nombreuses lectures et méditations, j'ai compris que Dieu nous a créés avec cette pulsion,
cette libido. Cette envie doit être épanouie dans un cadre légal, licite. C'est le mariage devant
Allah qui donne ce droit à l'homme. Autrement, cela s'appelle de la fornication ou de
l'adultère.

J'imagine un instant que nous n'ayons pas ce désir inné, alors certainement, l'espèce humaine
serait depuis bien longtemps éteinte! Puisque ce point est la pierre angulaire de toute société,
je me suis demandé: quels sont les critères d'une bonne épouse ou d'un bon mari selon
l'islam?!

Dans un premier temps, j'ai bien été surpris par la réponse énoncée par notre Prophète (P): LA
PIÉTÉ. Par la suite au fil des années, j'ai saisi toute son importance, son rôle crucial pour
nous-mêmes et pour la société! J'ai appris que la femme doit être croyante et vertueuse au
sens islamique du terme. J'ai aussi découvert que l'intelligence est l'un des bons critères. Ce
qui me réconforte dans ma conception du mariage! Plus une femme est intelligente et plus elle
pourra être pieuse, noble. Sa grande faculté intellectuelle va lui permettre d'acquérir un plus
haut degré de compréhension de l'islam. D'où, plus de chance de voir cette musulmane proche
de la perfection d'âme. Cette qualité est primordiale, en particulier lorsque nous espérons
avoir une descendance brillante, ce qui est mon cas. Nous connaissons tous, le très fort impact
de la mère sur l'enfant. Je me suis informé davantage avec un des extraordinaires livres
disponibles chez le même éditeur (Abbas Ahmad al-Bostani), intitulé «L'islam et la
psychologie». Malgré toutes les précautions prises, personnellement je me reposerai à la fin
sur Allah, l'Omniscient...

J'apprends également que si je veux épouser une femme, je dois observer sa famille, ses
parents, ses frères et soeurs. Cela me permettra de voir le genre d'éducation qu'elle a reçue.
Bien sûr comme toute règle, il y a des exceptions. L'islam me ne m'interdit de regarder sa
beauté. Il faut qu'elle me plaise physiquement car c'est moi qui vais la voir tous les jours de
mon existence après le mariage! Certains hommes peuvent faire abstraction de ce critère
physique, je les félicite de leur travail intérieur. Mais personnellement j'en ai besoin. Lorsque
je la vois sourire, j'aimerai que cela m'épanouisse. Echanger le regard seulement avec elle,
doit faire vibrer mon coeur, autrement je ne pourrais pas l'aimer pleinement, éperdument...

Je pense qu'il y a de nombreux autres critères qui peuvent intervenir. Mais le plus important,
comme j'ai retenu, c'est la PIÉTÉ. Notre Prophète (SAW) a mis l'accent sur ce critère en
disant: «... un arabe n'est pas supérieur à un non-arabe et réciproquement. Un blanc n'est pas
supérieur à un noir et réciproquement. SAUF par la PIÉTÉ!...». Cela dit, rien ne m'empêche
d'épouser une femme pour son argent, dans ce cas, il va falloir que j'assume les conséquences
qui s'ensuivent! Maintenant que j'ai donné succinctement un aperçu de ma compréhension
globale du problème, je vais décrire ce que j'ai vécu personnellement dans ce domaine.

J'ai vu qu'il y a des mariages mixtes. Peut-être qu'il y a plus de mixité en islam qu'ailleurs...!
Je ne connais pas réellement les statistiques dans le domaine. Mais ce que j'ai pu observer
depuis huit ans, en règle générale, c'est que les différents groupes qui composent le monde
musulman, comme tous les autres peuples, se marient entre eux : entre les gens de même race,
de même ethnie, de même clan, de même village, de même tribu etc... Il n'y a absolument
aucun reproche dans cette remarque, c'est juste un constat. C'est dans la plupart des cas, «un
esprit conservateur» qui règne. Ce point peut être positif, à condition que nous unissions deux
personnes par le critère islamique pour préserver notre religion, mais j'ai constaté que ce n'est
pas toujours cela qui prime! Mes amis musulmans me donnent comme argument qu'il est plus
facile de se comprendre avec ses semblables (ne serait-ce que par le même langage) et cela
permet de diminuer les facteurs de risques. A savoir, épouser un homme d'un pays que nous
connaissons très peu, c'est être imprudent car nous allons à la rencontre de l'inconnue, de la
culture et des traditions différentes. Oui! Je leur accorde ces pertinences.

Il est vrai qu'il est habituel et plus aisé d'épouser sa compatriote. Mais moi, je parle de l'islam,
cette religion si extraordinaire (dont j'ai appris et que j'aime tant), qui a mis la piété en priorité
sur les autres facteurs. Je parle de priorité d'importance! Si des musulmans des premiers
temps de l'islam ne s'étaient pas mariés avec des femmes d'autres contrées qui ne parlaient
même pas leur langue, certainement que notre religion ne se serait pas répandue de cette façon
sur la terre! Vous pouvez me répliquer: «mais c'était le premier temps de l'islam, désormais
nous sommes au XXIème siècle... !». Oui mais, le dâ'wa (le prêche de la foi islamique) est de
tout temps, tout lieu jusqu'à la fin du monde! En tant que croyants, j'estime que nous devons
accomplir correctement notre devoir à l'égard des non-croyants, autrement nous aurions à
répondre de cela devant le Seigneur des mondes. De plus, cette expansion de notre religion, si
elle est bien faite, ne laissera aucune excuse aux mécréants devant le Juge-Suprême et ils ne
pourront pas dire qu'ils ignoraient l'existence de cette guidance.

Pour ma part, j'ai eu deux chances de me présenter à des soeurs dont j'étais éperdument
amoureux, pour leur parler de mon projet de mariage. J'écris ceci avec beaucoup de respect,
de tendresse et d'affection pour elles. Et elles m'ont répondu l'une après l'autre, avec toute
sincérité et honnêteté que certes, elles me considèrent comme un très bon croyant et que je
pourrais être un excellent mari et un père formidable, cependant jamais leurs parents ne
pourront m'accepter!! Je leur ai demandé la raison de ce scepticisme. Elles m'ont simplement
répondu que je n'étais pas de la bonne nationalité, du bon idiome.

La sentence est tombée comme un couperet, un glaive, une bombe. Mon coeur s'est brisé,
mon esprit s'est embrouillé, mes larmes se sont répandues... Je ne savais que penser de cette
réponse. Elles étaient toutes deux très sincères et très honnêtes avec moi. Sans rancune dans
mon coeur, je les ai remerciées pour cette franchise. Mais le mal était fait. A chaque fois que
je pense à cela, j'y verse encore des larmes... J'en porte encore des cicatrices, des séquelles...
Je suis devenu très sensible à ce mot de «mariage», en particulier si j'ai des sentiments pour
une soeur musulmane. J'ai peur à chaque fois d'entendre la même explosion qui va me
torturer, me faire souffrir. Ma crainte est légitime, compréhensible... Si l'on me disait que
j'étais laid ou que je n'étais pas intelligent ou que je n'étais pas assez croyant... je pouvais
encore l'accepter. Mais pour cette raison-ci, la blessure s'est gravée, cristallisée en moi...

Bien sûr, nous pourrions régler le problème facilement en disant que je pouvais trouver une
autre famille! Oui, c'est vrai que je le pouvais. Mais le cur a ses raisons que la raison ne peut
comprendre. Le coeur a ses raisons qui vont imposer à la raison de l'entendre et de l'admettre.
Je ne peux épouser une femme pour qui je n'ai pas de sentiments très forts, très profonds. Cela
est inconcevable pour moi. Vous pouvez me dire, peut-être que l'amour viendra avec le
mariage! Peut-être ou bien peut-être pas, dans ce dernier cas je pense que je serais très peiné,
et je pourrais rendre une personne bien malheureuse vivant à mes côtés. Je n'ai nullement
envie de prendre ce risque.
Par la suite, seulement par la suite, les deux soeurs ont évoqué des raisons économiques,
sociales... Mais la première phrase s'est déjà constellée dans ma mémoire. Alors comment
appréhender désormais d'autres facteurs, d'autres arguments...? Moi qui aime tant l'islam, ses
principes, sa justice, sa justesse, sa sagesse, et je me retrouve devant ce dilemme. Faire
abstraction de ce que les musulmans font et ne retenir que ce qui est dit dans l'islam. C'est
facile à dire, mais difficile à faire, surtout lorsque la chose touche le fond de votre âme. De
plus, si les musulmans n'appliquent pas leurs propres préceptes, alors qui va le faire à leur
place?? Dites-moi, o! vous qui êtes plus savants que moi...! J'ai besoin, à cet instant même, de
baumes qui puissent réconforter mon coeur blessé. Oui, j'en ai tant besoin. Ce que je redoute,
c'est que cette histoire se reproduise encore avec moi. Oui, je redoute tant...

Certainement que Dieu nous a créés en différents peuples, pour que nous nous connaissions
entre nous. Cela est écrit dans le Coran. Mais je ne pense pas que cela signifie qu'il faille
rester cloîtré dans son clan ou son village ou sa communauté ou son pays exclusivement! Ce
serait de la pauvreté d'esprit!! Dans ce cas, pourquoi l'islam dit que tous les être humains sont
frères entre eux, surtout dans la même religion??!

Pour parler de l'inconnue en épousant un homme ayant une culture et des traditions
différentes. Si les musulmans le voulaient vraiment, la solution serait simple: regardez-le,
observez-le, étudiez-le, donnez-lui la possibilité de vous prouver qu'il respecte tous les bons
critères de l'islam. Donnez-lui cette chance, peut-être qu'en retour, il vous rendra des bienfaits
et de la bonté dont vous ne pourriez même pas imaginer...

De cette expérience, j'en ai déduit que les critères «des semblables» et/ou de la diminution des
facteurs de risque de l'inconnue, peuvent être valables mais pas toujours. La plupart du temps,
par ces arguments, j'ai constaté que les gens concernés camouflent profondément trois défauts
qu'ils ne veulent pas que l'on touche.

A savoir, leur fermeture d'esprit et/ou leur faiblesse d'amour pour l'islam et/ou leur manque de
confiance en Dieu. Oui, mes amis! Certains d'entre nous ont une constipation d'esprit
incroyable! Un manque d'ouverture inextricable! D'autres, par manque d'amour pour l'islam,
font passer LEUR culture bien avant la religion. Tout ce qu'ils entreprennent, ils appliquent,
ils satisfont d'abord LEURS traditions. Pour cette catégorie de musulmans, l'islam est devenue
une identité et non une religion! Mais comme le mariage se fait devant un imam et que nous
lisons des versets du Coran, alors les gens sont leurrés et croient qu'il s'agit réellement de
l'islam! J'espère un jour que ces croyants pourront revenir sur leurs erreurs, changer d'avis et
se corriger pour qu'ils ne blessent plus, à l'avenir, d'autres convertis à l'islam...

Enfin, en ayant intelligemment étudié au préalable le terrain, inconnu ou pas, si nous avons
une réelle confiance en Allah, nous n'aurions pas peur de l'avenir quel qu'il soit!! Puisque
nous avons la certitude que notre Seigneur est Celui qui détient tout dans Son pouvoir, et que
toute chose dépend de Lui.

Alors, pourquoi être effrayé par l'inconnu?! De plus, qui peut m'assurer que le fait d'épouser
un homme de sa propre nationalité peut éviter les conflits, les disputes et les divorces? Qui
peut me dire que le fait d'épouser un homme pieux, sincère, honnête venant d'un lieu étranger
ne vous donnera pas des bienfaits, des richesses, de la joie, du bonheur et beaucoup d'amour??
Ainsi, de nationalité bien étrangère, un converti comme moi vous a présenté son vécu de la
question du mariage. Peut-être que d'autres ont-ils eu plus de chance que moi...?
En ce qui concerne ce point, je crois que j'en ai trop dit. Ce sujet me dérange et me blesse. Je
préfère vous dire que j'ai totalement, sincèrement confiance en Allah, mon Guide-Suprême. Et
que l'avenir ne m'inquiète pas outre mesure, car Dieu seul pourvoit à mes besoins. Sûrement,
Il m'emmènera vers une famille qui me mérite, qui mérite ma piété, ma sincérité, ma
tendresse, ma grande affection et mon amour qui déborde... Je donne humblement ma vie au
Créateur, nul autre divinité que Lui, l'Unique, le Tendre...

Réflexion 11:

Les préjugés

Préjugés : «Croyances, opinions préconçues souvent imposées par le milieu, l'époque,


l'éducation; partis pris, idées toutes faites»,

le nouveau Petit Robert, édition 1993

Voici donc la définition du mot "préjugés". Ce sont des croyances, généralement sans
fondements précis, conçues à l'avance sur autrui ou sur autre chose. Normalement, ces idées
peuvent être négatives ou positives, mais en principe nous les sous-entendons péjoratives. J'ai
trouvé que cette définition sus-mentionnée est très parlante, en particulier le «souvent
imposées par le milieu, l'époque, l'éducation». D'après les auteurs, cela prouve implicitement
que l'être humain est influençable et influencé par son environnement, son éducation. Il est
aussi intéressant de remarquer l'ajout du mot «l'époque» dans ce dictionnaire. N'est-ce pas
vrai?

Si je me souviens bien, à une certaine époque, les Blancs croyaient en majorité qu'ils étaient
supérieurs aux Noirs, puis aux Asiatiques. Les Chrétiens croyaient que les Indiens d'Amérique
n'avaient pas d'âme et d'autres sottises de ce genre circulaient... La supériorité blanche est-elle
toujours à majorité écrasante comme autrefois? Peut-on le prouver scientifiquement? Se pose-
t-on toujours la question de savoir si l'Indien a une âme? Selon le moment, la période, ces
opinions préconçues changent...

En Occident, des préjugés sur l'islam n'ont jamais été aussi manifestes et choquants que
maintenant. Il faut dire que les médias y sont pour beaucoup. Quelles sont donc ces fausses
croyances véhiculées à l'encontre des musulmans vivant dans cette société? Existent-ils
d'autres préjugés plus restreints? Pourquoi cette vague anti-islamique sévit-elle autour de
nous? Voilà les quelques questions clés auxquelles je vais essayer de me répondre.

Il est bien difficile de sortir «du courant de pensée» de notre époque, comme cela était
difficile pour moi d'aller à la rencontre de ces musulmans que j'ai cru être des barbares, des
sanguinaires. Des années de fréquentations m'ont montré et démontré que ces croyances
étaient complètement fausses. J'ai réussi, comme un certain nombre, à passer à travers les
mailles du filet, mais nos détracteurs continuent à répandre leurs mensonges, leurs infamies.

Les idées les plus faussement admises sont : les musulmanes voilées sont toutes soumises et
pour certaines d'entre elles (en particulier les adolescentes), leur port du foulard a été imposé!
En plus l'islam est injuste à l'égard des femmes vu que cette religion ne lui donne que la
moitié de l'héritage. Mais, si ces ignorants voulaient comprendre un peu, ils verront à quel
point l'islam respecte et élève la femme! En effet brièvement, en islam la femme ne reçoit que
la moitié de l'héritage par rapport à l'homme. Seulement cette somme lui appartient
complètement et elle a un droit de propriété exclusif. Alors que pour l'homme, il a le devoir et
l'obligation de dépenser son héritage pour sa famille. Dans ce cas ce legs ne lui appartient pas
dans le sens strict comme pour la femme! Alors faites le compte et vous verrez que la femme
sort gagnante de l'histoire!! Mais les gens mal intentionnés, que nous leur apportions des
preuves ou pas, cela ne change rien à leurs opinions, à leurs préjugés...

Les musulmans eux-mêmes sont injustes à l'égard des femmes, pour preuve leur religion leur
permet de pratiquer la polygamie. Sur ce point, j'ai déjà donné mon opinion. Ils sont tous, sans
distinction, des terroristes potentiels! C'était exactement ces idées qu'avait ma famille lorsque
je lui ai parlé de ma conversion à l'islam. Vous souvenez-vous?

D'autres sottises de ce genre sont régulièrement véhiculées par les médias, ce grand manitou
qui fait la pluie ou le beau temps comme bon lui semble! Je ne peux hélas pas toutes les
détailler car il me faudrait passer des jours et des nuits pour le faire!! Vous n'avez qu'à
inventer vos propres préjugés si cela vous chante, mais si les autres avaient des fausses idées
sur vous, quelles souffrances psychologiques auriez-vous? Quelles frustrations vivriez-vous?
Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse! Voilà une parole de sage
énoncée pour des sourds...

Voilà comment certains aveuglent leurs concitoyens! Ainsi le simple citoyen ne peut plus
démêler le vrai du faux, son esprit est complètement troublé et confus... car certaines images
choquent tant...

Pour contrôler, il faut manipuler... Pour posséder, il faut pervertir... Pour gouverner, il faut
occuper... Et surtout, ne pas laisser réfléchir...

Ainsi mes amis, nous sommes bien victimes de préjugés ciblés et nous savons pourquoi
désormais! Il faut être musulman pratiquant pour réellement comprendre ces aspects,
autrement ce ne seront que caresses. Or, ces dernières sont plutôt agréables contrairement aux
gifles que reçoivent tous les jours les musulmans et en particulier les soeurs musulmanes
voilées! Certaines d'entre elles ont même été expulsées de leurs écoles, de leur lieu de travail!
Juste à cause de leur conviction!! Ici dans la démocratie, sur la terre des soi-disant droits de
l'homme et de la liberté! Quelle honte! Quelle hypocrisie!

Seuls ceux ou celles qui en sont directement ou indirectement victimes peuvent s'en souvenir,
sinon ce ne sera que de l'information ni plus ni moins. Hé oui! Mes amis, nous avons tous
embarqué dans le même bateau, que nous le voulions ou non. Si ce navire coule, nous allons
tous boire la même tasse! En êtes-vous conscients? Les autres ne font aucune distinction entre
musulman beau ou laid, l'important est de l'abattre en le salissant le plus possible.

La plupart de mes amis musulmans sont très révoltés et désabusés par ces préjugés injustifiés.
Nous souffrons intérieurement tous de cela. Parfois, la frustration arrive à son paroxysme
lorsque nous entendons des informations totalement injustes! Nous en parlons pour évacuer
notre douleur face à tous ces préjugés qui nous blessent tant. Il nous arrive souvent d'en parler
et même d'en plaisanter pour essayer de relativiser notre situation parfois peu enviable! Les
médias intentionnellement généralisent des cas très particuliers. S'ils trouvent une histoire
d'un musulman qui vole, alors ils font croire que tous les musulmans sont des voleurs! Vous
remarquerez que les journaux parlent rarement des bons croyants. A les entendre nous
croirions qu'il n'existe pas de vrai croyant sur terre! Cela est terriblement injurieux!! Mais
encore, je vais vous rapporter une attitude tout à fait étonnante!!!

Depuis ma conversion, j'ai côtoyé beaucoup de musulmans venant de tous horizons, de toute
culture (des amis algériens, marocains, tunisiens, malaisiens, égyptiens, libanais, djiboutiens,
sénégalais, guinéens, malgaches, irakiens, iraniens... et autres encore). J'ai réellement
rencontré et partagé des repas avec tout ce beau monde! Dieu merci, j'ai eu cette chance
inouïe de connaître toute cette richesse culturelle!! J'ai pu apprendre d'eux leur mode de vie,
leur mentalité, leur originalité... Cela m'a donné une autre dimension de l'humanité dans le
sens concret du terme. Egalement, ces fréquentations m'ont permis d'appréhender l'islam sous
différents angles. Une aubaine pour moi, pour que je puisse mieux comprendre ma religion!!

Cependant, un type de comportement de certains musulmans me tracassait continuellement.


En effet, victimes et souffrant eux-mêmes de préjugés, ils véhiculent à leur tour des opinions
non-fondées sur autrui!! Sans justifications, sans preuves tangibles à l'appui!!
INCROYABLE, MAIS VRAI!! De quoi s'agit-il réellement...?

Les amis musulmans sunnites véhiculent énormément de fausses idées à l'égard des amis
chiites. Sans s'en rendre compte, ils agissent de la même manière que ceux qui se comportent
avec eux! Puisqu'ils sont sujets à de telles injustices, ils devraient être plus sensibles et plus
attentifs que toutes autres personnes?! Sans chercher, sans creuser, ils croient fermement à ce
qu'on leur rapporte! Ils reprochent à leurs détracteurs ces croyances injustifiées leur portant
préjudice, et ils en souffrent énormément, mais paradoxalement ils font eux-mêmes peiner
leur coreligionnaire!! IMPENSABLE, MAIS VRAI!!

Pourquoi ne remarquent-ils pas cette incohérence?! Je n'arrivais pas à comprendre cette


contradiction. J'étais terriblement embarrassé par cette dénégation dans l'attitude de mes amis.
Cette diversité, n'est-elle pas une richesse pour notre religion? J'ai essayé de comprendre...

N'y a-t-il pas ici un problème de 'aql (intellect, raison)? Pourquoi n'utilisons-nous pas ce don,
que Dieu nous a octroyé? Pourquoi n'allons-nous pas chercher, fouiller et fouiner davantage?
Ces amis sunnites disent que les chiites forment une secte. Est-ce fondé? Qu'ils idolâtrent
l'Imam Ali comme font les chrétiens avec Jésus, fils-de-Marie. Est-ce fondé? Et qu'ils ont
déformé l'islam en s'égarant. Est-ce vraiment fondé?? D'où tirent-ils leurs argumentations??
Lorsque les non-musulmans disent d'eux qu'ils sont intégristes ou terroristes, ils sont
mécontents, mais ils agissent pareillement avec leur coreligionnaire. Bizarre, ce manque de
sensibilité de la part des gens qui souffrent eux-mêmes de tant de préjugés...?! Ne fais pas à
autrui ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse ...! La mémoire de certaines personnes est bien
courte...

Agissent-ils vraiment avec 'aql ou par pure ignorance? Ou par parti pris? Ou par croyance
aveugle? Ou par pure affection? Il est très trompeur d'utiliser nos sentiments pour analyser
une conception qui nous est peu connue. Nous risquons de commettre des erreurs à coup sûr.
Pourquoi n'allons-nous pas chercher l'explication à la source, avec ceux qui pratiquent et qui
en sont convaincus? De quoi avons-nous peur? De découvrir certaines vérités...? Pourquoi
critiquer les gens et se comporter exactement comme eux? Dans ce cas, sommes-nous
différents d'eux? En outre, je n'ai pas vu que les détracteurs de l'islam aient fait des
distinctions entre musulmans, d'écoles ou de rites.
Dans le Coran, il y a de multiples versets qui nous interpellent avec des points
d'interrogations: «Ne réfléchissez-vous pas...?» (Sourate Yûnus, 10: 3). «Ne raisonnerez-vous
donc pas?» (Sourate Yûnus 10: 109). «Ne méditent-ils donc pas sur la parole (le Coran)...?»
(Sourate Al-mu'minoun, 23: 68). «Ne comprenez-vous donc pas...?» (Sourate Al-Qasas, 28:
60). «Ne voient-ils donc pas...?» (Sourate As-Sajda, 32: 27). «Peut-être vous rappellerez-
vous...?» (Sourate Ad-Dariyat, 51: 49). Ainsi il existe de très nombreux points
d'interrogations de ce genre dans ce Livre Sacré. Ceci afin de nous faire réfléchir
constamment et de nous inciter à chercher au lieu d'avoir des préjugés ou des jugements trop
hâtifs sans fondement. Ai-je tort...? C'est pour cela que je me suis permis de dire dans mes
écrits que les musulmans ont entre leurs mains l'islam, ce trésor inépuisable, mais ne savent
pas forcément l'exploiter à juste titre.

«Et obéissez à Allah et à Son Messager. Ne vous divisez pas, sinon vous fléchiriez et votre
force s'affaisserait ...» (Sourate Al-Anfâl, 8: 46), un autre ayat qui doit nous toucher en tant
que croyants. Autrement, notre noble Coran n'aura aucune signification, aucune valeur,
aucune profondeur... Il est de notre devoir d'essayer de comprendre l'autre, notre
coreligionnaire... notre frère en islam. Il faut être capable de faire abstraction de ces idées
toutes faites, toutes programmées pour nous induire en erreur. Ne vous rappelez-vous pas de
ce vieux adage qui dit: «diviser pour mieux régner ...»? Faisons l'effort de mieux nous
apprendre mutuellement, en appliquant le principe de la tolérance en islam, cette religion que
je ne me lasserai jamais de dire qu'elle est extraordinaire, sublime, sage, juste... sans égale
dans l'univers. Allah nous a donné une telle miséricorde, une telle richesse... Mais puisque
nous, les musulmans, faisons fi d'appliquer ce que nous recommande cette source inestimable,
il est bien légitime de nous demander si nous méritons vraiment toute cette considération
divine et toutes les souffrances que notre Prophète bien-aimé (P) a endurée pour essayer de
nous transmettre... cette religion intacte et pure?

Qu'Allah nous vienne en aide et qu'Il nous guide vers le Chemin Droit, le Chemin de la
Vérité, le Chemin... de la béatitude éternelle...

Réflexion 12:

Etre continuellement satisfait de Dieu

Nous sommes déjà arrivés à la fin de ce livre, le temps passe si vite. J'espère que vous avez
apprécié et passé de bons moments avec mes écrits...! Comme tout bon feu d'artifice, il faut
qu'il y ait un splendide bouquet final avant de se quitter. Ce dernier thème EST mon bouquet
final. Nous allons faire un petit voyage ensemble. J'espère qu'il vous plaira, surtout pour ceux
et celles qui ont un peu d'amour pour leur religion et leur Seigneur, le Très-Noble.

Pour aborder cette question de la satisfaction de Dieu, j'ai pris conscience qu'il fallait d'abord
avoir confiance en Lui, le Créateur Suprême. Si nous avons confiance en Allah, le Tout-
Puissant, alors il sera par la suite plus facile d'être constamment heureux des bienfaits qu'Il
nous aura impartis sur cette terre. Comment ai-je réussi à avoir, un temps soit peu, cette
confiance, ce sentiment si profond et si difficile à acquérir?? Comment ai-je pu faire cela??
Je me suis mis à rêver, à m'évader... Puisque je suis un scientifique, pour ce faire, j'ai utilisé ce
que j'ai acquis dans mon domaine. J'ai commencé à imaginer l'atome, cet élément constitué
d'un noyau et de ses électrons qui gravitent tout autour. Cette notion n'est pas tout à fait exacte
car la mécanique quantique nous démontre que les électrons ne gravitent pas, mais ont
seulement une probabilité de présence régie par des lois mathématiques appelées fonctions
d'ondes. Bref, prenons tout de même ces atomes d'une façon schématique. Ces entités
élémentaires forment des molécules essentielles à la vie, les acides aminés (provenant du
décodage de l'ADN). Ces derniers se combinent à leur tour pour donner des protéines.
Toujours d'une façon simplifiée, ces protéines s'agencent pour donner des êtres vivants, dont
nous-mêmes: les êtres humains.

Cet être pensant et conscient vit quelque part sur la terre, son berceau. Je me détache un peu
de notre planète... Ah! Je vois sa satellite, Lune. Essayez d'imaginer en même temps que moi,
vous allez voir comment ce sera drôle! Je disais que je vois la planète fluorescente qui tourne
autour de notre très chère terre. Notre astre a sa propre précession. Ce qui nous garantit les 24
heures dans une journée. Les deux complices gravitent autour de notre flamme, Soleil. C'est
pour cela que nous avons les quatre saisons (pas celles de «Vivaldi» mais bien automne,
hiver, printemps et été!) et les douze mois de l'année.

Je m'éloigne encore un peu... Ah! Je vois ses voisines Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne,
Uranus, Neptune et Pluton. Elles accomplissent toutes rigoureusement, harmonieusement leur
travail et leur ellipse autour du soleil. Maintenant que nous avons une vue d'ensemble de tous
ces astres en mouvement, nous pouvons admirer cette belle horloge, merveilleusement
orchestrée, organisée, planifiée... rien ne manque. Ce beau spectacle est régi par des lois
mathématiques et physiques d'une extrême rigueur. Ce système solaire est si élégant, si
extraordinaire... que même les astrophysiciens qui font de la recherche en sont émerveillés
quotidiennement!!

A présent, je recule progressivement par rapport à notre cher système qui disparaît au fur et à
mesure, pour devenir plus qu'une tâche, enfin... un point. Je commence à voir du blanc, un
brouillard qui couvre ma vision. Qu'est-ce que c'est...? Je m'éloigne encore un peu. Je vois une
traînée blanche. Une belle courbure commence à se dessiner de plus en plus nette. Ah...! C'est
Orion, un des nombreux bras qui forment notre galaxie. Dans ce lieu, notre système solaire est
situé à environ 26 000 années lumières du centre de la voie lactée. La spirale géante se meut
lentement, puissamment. On dirait que rien ne pourra arrêter sa marche majestueuse,
gracieuse... si sûre d'elle-même. Elle compte plus de 200 milliards d'étoiles! A cet instant
même, vous traversent l'esprit, les nuits d'été très douces, très calmes, en contemplation de ce
beau nuage dans le ciel, cette voûte exubérante illuminée de ses constellations à perte de vue.
Cette beauté inégalable, inégalée... Notre système solaire est profondément enfoui dans cette
géante nébuleuse, aplatie de 130 000 années lumières de diamètre. Pouvez-vous l'imaginer...?
Cela signifie qu'il faudrait à la lumière 130 000 années pour qu'elle puisse traverser d'est en
ouest notre voie lactée!!! Si grandissime, si géantissime et si belle, si impressionnante, si
imposante...

Je continue à m'éloigner encore. Notre nébuleuse se réduit doucement, peu à peu, petit à
petit... Ah! Qu'est-ce que je vois à côté, à quelques années lumières? Une autre galaxie, quatre
fois plus massive que la nôtre! C'est Andromède M31, une autre spirale mastodonte encore
plus impressionnante, plus attrayante à contempler... Toutes deux et une dizaine d'autres
forment un petit rassemblement de galaxies, appelé Groupe Local. Suis-je arrivé à la fin du
voyage?
En reculant encore un peu, je me rends compte qu'il existe aux alentours des centaines... des
milliers d'autres groupes de galaxies comme le nôtre!! Incroyable, mais vrai!! Ils s'unissent
tous pour donner, ce que les scientifiques appellent un amas de galaxies! Suis-je vraiment
arrivé cette fois-ci à la fin?

Mais en m'éloignant davantage, je vois qu'il existe d'autres amas comme le nôtre ou plus
titanesques encore!! Inimaginable, mais vrai!! Je n'arrive plus à trouver de mots assez forts
pour définir CETTE IMMENSITÉ, CE GIGANTISME... Où sommes-nous maintenant? Où
est notre magnifique voie lactée? Où est notre planète bleue? Je suis perdu... perdu dans cette
union immensurable d'amas de galaxies désignés comme LA super-amas de galaxies, NOTRE
UNIVERS.

Désormais, nous sommes arrivés à la frontière... à l'extrême... à l'indéfinissable... à


l'indescriptible... à l'infinie... Essayons d'imaginer ensemble que nous sommes dans cette nuit
sans limites remplie de constellations, de brillances qui éblouissent notre regard, notre esprit
et notre conscience. Dans toute direction, notre vision est émerveillée par ce spectacle
grandiose, incommensurable, impensable... inimitable. Pas un bruit, pas un son ne s'y
échappent. Le silence est maître... Le silence est roi... Devant cet impressionnant auguste
chef-d'oeuvre d'Allah, pour ma part, je ne peux que sentir ma petitesse, ma faiblesse...
L'atome que je suis face à cette étendue, cette voûte céleste sans borne, je ne peux que
ressentir mon étroitesse, mon insignifiance... Dès lors, comment ne pourrais-je pas et ne
devrais-je pas me prosterner humblement devant ce Créateur plein de Majesté, de Royauté...?!
Est-ce la création de cet univers ou ma propre création qui était difficile??

Alors, est-ce la création de cet oeuvre colossal ou ma propre création qui était plus difficile
pour Dieu?? Conscient de cette différence inexprimable, comment ne pourrais-je pas
m'incliner avec beaucoup d'humilité devant Allah, l'Essence de toute chose? Conscient de
cette différence indéfinissable, comment ne devrais-je pas me soumettre simplement à Allah,
mon Souverain? Comment ne devrais-je pas reconnaître Sa Puissance illimitée? Comment ne
pourrais-je pas apprécier Son Génie sans égal? Comment ne pourrais-je pas être honoré de ma
servitude pour Lui? Comment ne devrais-je pas être fier de mes larmes, de mes pleurs qui
gémissent pour Lui? Comment ne devrais-je pas attester Son Unicité, Sa Gloire, Ses
Louanges? Comment...?

Comment ne L'aimerais-je pas? L'aimer, L'adorer avec une tendresse profonde, sincère, pure,
sans brin de timidité... Sans l'ombre d'un doute ni de suspicion. Comment ne pourrais-je pas
Lui faire confiance? Comment ne pourrais-je pas Lui donner ma vie, mon âme? Comment...?
Seuls... ceux qui ont un peu de cet amour pour leur Seigneur peuvent me comprendre. Peuvent
sentir ce que je ressens, peuvent vivre à mes côtés en ce moment même, cette joie et ce grand
bonheur... Dès lors, comment ne devrais-je pas avoir pleinement confiance en Lui, le Créateur
Sublime...??

Dans ce grand trou noir céleste, nous tâtonnons, perdus dans son immensité. Nous nous
recherchons. Où sommes-nous réellement? Qui sommes-nous vraiment? Que sommes-nous
dans ce macrocosme? Où suis-je? Qui suis-je? Que suis-je dans cet univers?

Quelque part dans ce cosmos, dans ce super-amas de galaxies... J'avance ardemment dans
cette obscurité infinie, avec espoir de me retrouver... de trouver mon chemin de retour. Pour
progresser vers l'amas de galaxies désirées... pour regagner le Groupe Local... Je presse mon
esprit de descendre, en souhaitant redécouvrir... notre voie lactée. Dans un des bras de cette
spirale géante, se trouve un système solaire... notre système solaire que j'ai hâte de revoir.
Dedans, la Mère soleil brille de tout son éclat et à ses côtés, que vois-je?! J'aperçois
finalement une planète si pure, si bleue, si agréable à regarder... NOTRE TERRE!! Enfin je la
distingue avec clarté...! Je suis sauvé...

Quelque part, sur un des cinq continents... dans un des pays... dans une des régions... dans une
des villes... dans une des maisons... dans une des chambres... oui quelque part... sur notre
bureau ou sur notre lit... ici, nous sommes. Pas très loin, pas trop loin... ici tout près. Nous
sommes là à présent. En train de lire. En train de méditer, de réfléchir. L'infime que nous
sommes, Allah, le Tout-Miséricordieux, nous a donné la Science, le pouvoir sur la matière et
même sur cet univers.

Par conséquent, comment ne pas être reconnaissant? Comment ne pas avoir de la gratitude
envers Lui? Ainsi, que représentent nos problèmes, nos soucis, nos tracas, notre maison, notre
travail, notre quotidien ... après ce très long voyage dans l'espace sidéral? Il nous a donné une
mère, une famille, des amis qui nous aiment, des animaux pour nous servir et tous les
bienfaits qui s'ensuivent... Cependant, il m'arrive souvent d'oublier toute cette bonté divine...
Lorsque cela se produit, je m'isole et je refais ce long voyage, seul avec mon imagination et
mon rêve pour me rappeler, pour me remémorer...

Après cette prise de conscience, pourquoi ne pas être satisfait? Dieu, le Tout-Puissant, nous a
donné l'intelligence, l'ouïe, la vue, l'odorat, le toucher, la parole, la santé et même la richesse...
alors pourquoi ne pas être satisfait de Lui? Il nous a prodigué de l'affection et de l'amour
malgré notre ingratitude et notre insolence... De plus, Il nous a donné la chose la plus sacrée
sur cette terre... LA VIE!

Aussi pourquoi ne pas être continuellement satisfait de Lui, le Tout-Miséricordieux, le Très-


Miséricordieux...? Certes, soyons continuellement satisfaits de Dieu... Car avec pertinence,
nous savons intimement que nous retournerons TOUS un jour à Lui... sans exception près.

Donc, ne manifestons pas d'ingratitude... OUI, point d'ingratitude... NON, pas d'ingratitude...
ni aujourd'hui... ni demain... ni jamais...

FIN