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G roupe I nstitut S upérieur de C ommerce et d’ A dministration des E

Groupe Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises

Mémoire de fin d’étude :

Option : Comptabilité, Contrôle de gestion et Audit

Les spécificités de l’audit des OPCVM

Rédigé par : BENZAOUIA Boutaina

Encadré par : M.ELATTAR Mehdi

Année universitaire : 2011-2012

Dédicaces

A mes chers parents, pour tous leurs sacrifices, leur amour, leur

tendresse, leur soutien et leurs prières tout au long de mes études,

A mes merveilleux beaux-parents, pour leur soutien, leur

affection, et leur bienveillance inconditionnelle,

A mon cher mari RAJA Nabil, pour son soutien indubitable, et

pour tout le bonheur qu’il m’apporte chaque jour,

A mes chères sœurs Amina et Fatima Ezzahra pour leurs

encouragements permanents, et leur soutien moral,

A mes chers frères, Alae, Houssam, Hatim et Houssine, pour leur

appui et leur encouragement,

A toute ma famille pour leur soutien tout au long de mon parcours

universitaire,

Que ce travail soit l’accomplissement de vos vœux tant allégués, et le fuit de votre soutien infaillible,

Merci d’être toujours là pour moi.

2

Remerciements

En guise de reconnaissance, je tiens à témoigner mes sincères remerciements à toutes les personnes qui ont contribués de prés ou de loin au bon déroulement de mon stage de fin d’étude et à l’élaboration de ce modeste travail.

Mes sincères gratitudes à M. Mehdi ATTAR pour la qualité de son enseignement, ses conseils et son intérêt incontestable qu’il porte à tous les étudiants de l’ISCAE. Je tiens à remercier l’ensemble du personnel du cabinet DELOITTE, DAIFI Nabila, BENNANI Fadoua, LEGHRIS Rachid et KAOUKAB Marouane pour leur patience, leur conseils plein de sens et pour le suivi et l’intérêt qu’ils ont portaient à mes travaux.

Enfin, je n’oserais oublier de remercier tout le corps professoral de l’ISCAE, pour le travail énorme qu’il effectue pour nous créer les conditions les plus favorables pour le déroulement de nos études.

3

Sommaire

Remerciements

 

3

Introduction

1

Première partie

9

 

Chapitre I : Présentation des OPCVM

 

11

1-

Historique :

11

2- Définitions :

 

12

3-Rôle économique des OPCVM :

 

13

4-Principaux avantages des OPCVM :

15

Chapitre II : Classification des OPCVM :

16

1-

Classification juridique :

16

 

a-

Les sociétés d’investissement à capital variable :

 

16

b-

Les fonds communs de placement :

16

2-

Classification selon le mode de placement :

17

 

c-

a- Les OPCVM

actions :

17

d-

b- Les OPCVM

obligataires :

17

e-

Les OPCVM diversifiés :

 

18

f-

Les

OPCVM monétaires :

18

g-

Les OPCVM contractuel:

18

3-

Classification selon l’affectation du résultat :

 

18

 

h-

a-Des fonds de distribution

 

18

i-

Des fonds de capitalisation :

18

Chapitre III : Le fonctionnement des OPCVM :

 

19

1-

Les principaux intervenants :

 

19

 

j-

a- Les intervenants externes :

19

k-

b-

Les intervenants internes

:

20

2-

Les règles spécifiques au fonctionnement de la SICAV:

 

22

3-

Les règles spécifiques au fonctionnement du FCP :

23

Chapitre I : Cadre juridique :

 

25

1-

Les règles communes :

25

2-

Les règles spécifiques aux SICAV et aux FCP :

 

26

 

l-

a- Les SICAV :

26

m-

b- Les FCP :

27

Chapitre II : Cadre comptable :

 

29

1-

Les principes comptables :

29

4

 

n-

L'image fidèle :

 

29

o-

La continuité d'exploitation :

30

p-

Le Principe de permanence des méthodes :

30

q-

Le Principe du coût historique :

30

r-

Le Principe de spécialisation des exercices :

30

s-

Le Principe de prudence :

30

t-

Le principe de clarté :

30

u-

Le principe d'importance significative :

30

2-

Les principes spécifiques aux OPCVM :

30

3-

Organisation comptable des OPCVM :

31

4-

Présentation des Etats de synthèse

32

 

v-

a-

Le

bilan :

32

w-

Le compte des produits et charges (CPC) :

 

32

x-

d- L’Etat des soldes de gestion (ESG)

32

y-

e- L’inventaire des actifs (IA)

33

z-

f- L’Etat des informations complémentaires (ETIC)

33

Chapitre III : Cadre fiscale :

33

Deuxième partie

35

Introduction

36

Chapitre 1 : La notion de risque :

38

1-

Le risque inhérent :

38

 

a- Le risque lié au secteur d’activité :

39

b- Le risque lié à l’environnement légal :

39

c- Le risque lié à la nature des transactions :

39

d-Risque lié à la structure organisationnelle des OPCVM :

39

e-Le risque lié à la conception et au fonctionnement des systèmes :

39

2-

Le risque de contrôle :

40

3- Le risque de non détection :

40

Chapitre 2 : Identification des risques par nature :

40

1- Les risques réglementaires :

40

 

a-

La surexposition du portefeuille par rapport à l’émetteur :

41

b-Ratios de composition de l’actif :

41

c-Ratios de liquidités :

42

d-Plafonds des emprunts d’espèces :

42

2-

Les risques liés à la déontologie :

42

3-

Les risques liés au contrôle interne :

43

5

4- Les risques opérationnels :

 

43

 

a-

Le risque de dépréciation des actifs :

44

b- Le risque de contrepartie :

 

44

c- Le risque de liquidité :

44

d-Autres règles prudentielles :

44

5-

Gestion du risque :

44

Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’OPCVM

47

1-

La connaissance des caractéristiques de l’OPCVM audité :

48

2- La constitution du dossier permanent :

 

48

3-

La planification de la mission :

49

Chapitre 2 : Evaluation du contrôle interne

50

1- Le fondement de l’évaluation du contrôle interne :

52

2- La démarche de l’évaluation du contrôle interne :

52

 

a- L’organisation de l’OPCVM :

53

b-Evaluation du contrôle interne des cycles significatifs :

54

Chapitre 3 : Le contrôle des comptes :

56

1-

Contrôle des cycles significatifs :

57

 

a-

La détermination des cycles significatifs :

57

b-

Le capital :

57

b- Le portefeuille :

 

63

c-La trésorerie :

67

d-Les produits et charges :

69

4- Autres vérifications et Contrôles :

73

Chapitre 4 : L’émission des rapports

76

Conclusion

78

Bibliographie

 

79

Annexes

80

6

Introduction

Depuis leur création dans la fin des années 90, les organismes de placement collectif ont connu une évolution très importante et joue un rôle très prépondérant dans le développement du marché financier et de la bourse des valeurs de Casablanca. En effet, de par la gestion professionnelle et les mesures de sécurité, de liquidité et de rentabilité qu’ils offrent, ces instruments sont le moyen qui permet de réconcilier l’épargnant avec le marché financier. Ces organismes sont caractérisés par une importante transparence dans le mode de gestion. Cette transparence et sécurité qu’offre les OPCVM est garantie par la réglementation très stricte et par les différents organes chargés d’en assurer le respect et l’application. Parmi les techniques mises en place pour favoriser l’essor des OPCVM et pour assurer à l’épargnant une sécurité optimale et une gestion performante de son placement, l’audit financier et comptable. D’une part, l’audit des OPCVM permet au gestionnaire de se concentrer sur son objectif de base, et qui est de faire fructifier l’épargne, et d’autre part, il garantie au porteur de part une sécurité supplémentaire et diminue ses réticences par rapport aux produits financiers. L’intérêt pour ce sujet a été motivé par l’évolution exponentielle que ces produits devront connaître et par la demande conséquente que cette évolution devra induire en termes d’audit financier et comptable. Pa ailleurs, la démarche d’audit des OPCVM, présente un certain nombre de spécificité qui différent largement de la démarche adoptée pour le cas des entreprises industrielles et commerciales. Ces particularités rendent primordiale la sensibilisation des auditeurs quant aux particularités intrinsèques au secteur des OPCVM et qui se reflètent principalement au niveau des comptes. Ce modeste mémoire se veut une simple contribution à la vulgarisation des Organismes de placement en valeur mobilières et une simple description de leu démarche d’audit. Pour ce faire, le plan de ce mémoire s’articulera autour de deux parties. La première sera consacrée à la prise de connaissance de l’activité des OPCVM et de l’environnement comptable, fiscale et juridiques où ils opèrent.

7

Dans une deuxième partie, on présentera les différentes étapes de la démarche d’audit des OPCVM qui permettent la totale couverture des risques encourus par le secteur. L’objectif de ce mémoire est d’être un point de départ pour toute personne souhaitent se familiariser avec ce secteur et découvrir l’approche spécifique d’audit des OPCVM.

8

Première partie

Les organismes de Placements Collectifs des Valeurs Mobilières : Définitions, règles de fonctionnement et particularités

9

SECTION 1 : Aperçu général
SECTION 1 : Aperçu général

10

Chapitre I : Présentation des OPCVM

1- Historique :

Crées en 1995, les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) Marocains ont connu un essor important et continuent à jouer un rôle significatif dans le développement du marché. Leur création dans le pays s’inscrit en principe dans le but de la libéralisation de l’économie nationale par l’élargissement des canaux de collecte de l’épargne et la diversification des sources de financements disponibles aux entreprises et aux investisseurs. Les parts de fonds communs de placement ont été prévus par le dahir portant loi n° 1-93-213 du 21 septembre 1993. En 1995, eut lieu le lancement des cinq premiers fonds grand public pour un montant de 500 MMAD, ainsi que la création de l’Association des Sociétés de Gestion & Fonds d’Investissement Marocains(ASFIM) dont la mission sera de rechercher et appliquer tous moyens propres à favoriser le développement des OPCVM, représenter ses membres auprès des pouvoirs publics, et à centraliser l’information concernant la gestion collective de l’épargne au Maroc au profit de l’ensemble de la profession. En 1997, le nombre des OPCVM est passé à 40, et l'actif géré par les OPCVM a dépassé le seuil de 10 Milliards de dirhams. Malgré la crise que connaissait la bourse de Casablanca en 1998, on a assisté à la création des fonds profilés dont la politique de gestion permet d’obtenir la meilleure performance selon un niveau de risque et une durée de placement optimale déterminés dés le début de l’investissement. Au 30 septembre de la même année, le nombre des OPCVM est passé à 53 et l'actif géré est de l'ordre de 24 Milliards de dirhams. En 1999, les premiers «fonds indiciels» et «fonds à capital garanti» ont été crée. En 2000, le premier OPCVM spécialisé dans les petites capitalisations a été lancé, suivi, une année plus tard, par les premiers fonds à but caritatif. En 2002, les actifs gérés dépassent les 50 MMAD, puis les 80 MMAD en 2004.

Selon les données du CDVM du 27 janvier 2012, l’encours de l’actif net géré par les 337 OPCVM du marché s’est établi à 232,77 milliards de dirhams, en hausse de 1,43 % par rapport à fin 2011. Par catégorie de fonds, les OPCVM obligataires moyen et long terme ont légèrement baissé de -0,41 % à 112,59 milliards de dirhams, représentant ainsi 48% de l’actif géré. Les fonds obligataires court terme ont progressé de 6,41% à 24,19 milliards de dirhams. Idem pour les OPCVM monétaires dont l’encours a augmenté de 3 % à 62,46 milliards de dirhams.

11

L’intérêt des épargnants pour ces placements prouve l’aversion au risque des épargnants qui ne souhaitent

L’intérêt des épargnants pour ces placements prouve l’aversion au risque des épargnants qui ne souhaitent pas trop s’engager sur des placements actions et diversifiés plus risqués surtout en ces temps d’incertitudes sur les marchés boursiers. Au Maroc, les OPCVM ont permis une collecte structurée de l’épargne et sa redirection pratique vers des milieux porteurs. Les OPCVM ont ainsi démontré depuis leur lancement des avantages incontestables par rapport à des produits de placement similaires.

2- Définitions :

Les OPCVM (ou Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) sont régis par le dahir portant loi n° 1-93-213 du 4 Rebia II (21 septembre 1993). Selon cette loi, les OPCVM sont des structures d’épargne collective dont l'activité consiste à investir sur le marché financier, l'épargne collectée auprès de leurs porteurs de parts. L'activité des OPCVM appartient donc à la gestion collective d'actifs. En effet, plusieurs épargnants mettent en commun leurs investissements - aussi modeste soient ils dans un portefeuille constitué principalement de valeurs mobilières en vue d’être investie sur le marché financier. La gestion de cette épargne est déléguée à des professionnels qui ont pour rôle de la faire fructifier en procédant à des placements sur le marché selon le niveau de risque et la performance qu’offre ce dernier. L’épargne collectée par les OPCVM peut être investie dans différents types de valeurs mobilières et autres produits financiers (actions, obligations, titres de créance négociables….).

A l'actif de l'OPCVM figurent les instruments financiers qu'il détient (actions, obligations,

Au passif de l'OPCVM figurent les capitaux apportés par les

TCN, produits dérivés, souscriptions des porteurs.

).

Afin de mieux cerner ce terme, il est intéressant de le décortiquer mot par mot et de comprendre leu définition exacte.

12

Organisme :

règles de fonctionnement et de constitution d’un OPCVM afin de mieux contrôler et optimiser la gestion de l’OPCVM.

Placement : Les OPCVM sont des moyens qui permettent d’investir l’épargne collectée en valeurs mobilières en profitant de la performance du marché.

Collectif : Les OPCVM sont accessibles du petit épargnant au plus grand dans les mêmes conditions de gestion et de transparence. Les bénéfices sont partagés également au prorata du placement initial.

Valeurs mobilières : les valeurs mobilières constituent le portefeuille de l’OPCVM. Ces valeurs mobilières sont constituées principalement d’actions, d’obligations et de TCN. L’épargne collectée est ainsi investie en valeurs mobilières.

Il s’agit du cadre juridique et réglementaire qui permet de définir les

Les OPCVM permettent ainsi de canaliser l’épargne collectée vers la bourse afin de contribuer au financement de l’économie. Avant de passer au chapitre suivant, il est important de clarifier certains concepts.

Actif net d’un OPCVM correspond à la valeur globale de son portefeuille évaluée au prix de marché et diminuée des dettes.

Les actifs d’un OPCVM est constitue de l’ensemble des liquidités et valeurs mobilières qu’il détient.

Etablissement dépositaire est une personne morale ayant son siège social au Maroc est qui a pour rôle la conservation des actifs et le contrôle des décisions prises par un OPCVM. L’établissement dépositaire peut être soi une banque agréé conformément à la législation les régissant, soi la Caisse de Dépôt et de Gestion, soi un établissement de crédit, de garantie, de gestion de fonds ou des opérations d’assurance.

Etablissement de gestion est toute personne morale qui a pour objet exclusif la gestion d’OPCVM. L’établissement de gestion doit avoir son siège social au Maroc et doit disposer d’un capital social supérieur au minimum fixé par le ministère.

Les liquidités sont des fonds qui s’achètent et se vendent facilement et qui ne restent pas plus de deux ans dans le porte de feuille de l’OPCVM.

La valeur liquidative d’un fonds est le montant obtenu en divisant la valeur totale du fonds par le nombre de parts existantes.

Les frais de gestion sont la rémunération de la société de gestion. Ces frais dépendent du type de fonds et comprennent les charges d’exploitation encourues à l’exception des charges d’emprunts.

3-Rôle économique des OPCVM :

Les organismes de placement collectifs sont des instruments financiers qui ont été créée pour favoriser les échanges sur le marché financier. Ces organismes permettent de canaliser les épargnes des porteurs de parts et de les investir. Pour mieux comprendre le rôle que joue ces organismes, il serait intéressant de présenter le marchés financier et ces différents circuit afin d’y situer ces organismes.

13

Le marché financier : Au niveau du marché financier on distingue deux catégories d’agents :

Le marché financier :

Au niveau du marché financier on distingue deux catégories d’agents : les investisseurs et les épargnants. Le rôle du marché financier est de gérer les transferts entre ces deux agents et de canaliser les épargnes pour les investissements. Le marché financier est composé de deux principaux circuits : le circuit bancaire et le circuit boursier.

Pour le circuit bancaire, c’est au niveau de celui-ci que passent les épargnes des agents économiques. En effet, ces derniers déposent leurs économies à la banque sous forme de

dépôt à terne, compte sur carnet

satisfaire les besoins de financement des investisseurs en leur offrant des crédits.

Les banques quant à elles, se servent de ces dépôts pour

Dans le cas de non solvabilité de l’investisseur, la banque a l’obligation de rembourser les dépôts des épargnants. Ainsi ce circuit présente une sécurité très importante pour l’épargnant, mais une rémunération plutôt faible.

Epargnant
Epargnant
mais une rémunération plutôt faible. Epargnant Banque Investisseur Quant au circuit boursier , les agents
Banque
Banque
mais une rémunération plutôt faible. Epargnant Banque Investisseur Quant au circuit boursier , les agents
Investisseur
Investisseur

Quant au circuit boursier, les agents économiques désirant épargnants leurs économies, investissent au niveau de la bourse en achetant les titres émis par les entreprises. Contrairement au premier circuit, les épargnants prennent plus de risques. En effet si l’entreprise fait faillite, l’épargnant assume le risque perte d’une partie ou de la totalité de son investissement. En contre partie de ce risque, le rendement des titres est beaucoup plus intéressant.

le rendement des titres est beaucoup plus intéressant. Particuliers Besoins de placement 14 Bourse Entreprises
Particuliers
Particuliers

Besoins de placement

14

Bourse
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des titres est beaucoup plus intéressant. Particuliers Besoins de placement 14 Bourse Entreprises Besoins de financement
Entreprises
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Besoins de financement

Ainsi, pour encourager les épargnants à investir leurs économies, les OPCVM ont été créé pour garantir aux porteurs de parts un accès sécurisé et performant à la bourse et au marché financier. Ces organismes permettent la gestion des parts et permettent le financement de l’économie en canalisant l’épargne vers les investisseurs, ce qui redynamise les marchés financiers.

En effet, la canalisation de l’épargne vers la bourse coûte beaucoup moins cher que le financement qui passe par le circuit bancaire.

La naissance de ces organismes a également permis de faire fructifier l’épargne populaire et de démocratiser l’accès des classes moyennes aux marchés financiers.

4-Principaux avantages des OPCVM :

Les OPCVM sont devenus un produit très attractif qui attire de plus en plus les épargnants qui souhaitent faire fructifier leurs économies sans pour autant prendre de risques.

Parmi les avantages compétitifs des OPCVM, on peut citer :

La sécurité :

Le cadre réglementaire propre aux OPCVM repose essentiellement sur la sécurité de l’épargnant.

La garantie d’une gestion professionnelle :

Le professionnalisme et la compétence sont les principaux critères que la société gestionnaire doit présenter pour gagner la confiance des porteurs de parts.

La confiance :

En choisissant d’investir dans un OPCVM, le porteur de parts délègue à la société de gestion, la gestion exclusive de toutes les opérations. Ainsi, celui-ci doit avoir une confiance totale en sa capacité à fructifier ses économies.

Une communauté d’intérêt :

Puisque l’OPCVM est géré selon une communauté d’intérêt, il permet de préserver les droits et intérêts aussi bien du grand épargnant que du plus modeste.

La souplesse :

Le marché des OPCVM est accessible pour tout épargnant, quelque soit la modestie de leur mise. Celui sera impossible au niveau du marché financier.

La liquidité :

La liquidité représente une caractéristique très intéressante pour les épargnants, qui en plus de la sécurité et de la rentabilité que leur offre ces organismes, ils veulent être sûrs de pouvoir vendre leurs parts à tout moment sur la base d’une évaluation très fiable.

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Chapitre II : Classification des OPCVM :

1- Classification juridique :

Le Dahir portant loi n° 1-93-213 du 4 Rebia II (21 septembre 1993), a prévu deux principaux types d’ OPCVM.

Les sociétés d’investissement à capital variable (SICAV),

les fonds de placement collectif (FCP).

a- Les sociétés d’investissement à capital variable :

La société d’investissement à capital variable dit SICAV, est une société anonyme qui regroupent les actifs de plusieurs investisseurs et qui a pour objectif exclusif la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières. Ces dernières sont émises et rachetées à tout moment à la demande d’un souscripteur, à un prix défini conformément aux dispositifs de du dahir. Ce prix correspond à la valeur liquidative de l’action majorée des frais et commissions. Chaque souscripteur possède une part de l’ensemble, corrélativement au nombre d’actions qu’il détient. Le capital de la SICAV est dit variable car il change constamment au gré des entrées et sorties des actionnaires. Comme toute société anonyme, la SICAV dispose d’une personnalité juridique propre et d’un conseil d’administration. Les investisseurs sont ainsi considérés comme actionnaires et disposent du droit d’exprimer leur avis sur la gestion lors de l’assemblée générale. La SICAV est ainsi caractérisée par sa réglementation amplement surveillée, puisque cette dernière est à la fois régie par les textes de la loi sur la société anonyme et par ceux régissant le dahir des OPCVM. Le principe de la SICAV, comme celui de tout OPCVM, est la diversification du risque. Les SICAV possèdent des portefeuilles diversifiés et peuvent mieux opérer une diversification des risques qu'un petit actionnaire. Parmi les spécificités juridiques de la SICAV, on peut citer les dispositions suivantes :

Aucun quorum n’est requis pour la tenue de l’assemblée générale.

Il n’existe pas de droit préférentiel de souscription permettant de souscrire de nouvelles actions lors de l’augmentation de capital.

Aucun avantage particulier n’est prévu dans les statuts de la SICAV.

Les variations de capital se font à tout moment au gré des entrées et sorties d’actions.

b- Les fonds communs de placement :

Contrairement à la SICAV, le FCP ne possède pas de personnalité morale.il s’agit d’une copropriété de valeurs mobilières dont l’investissement est matérialisé par des parts sociales ou des certificats de copropriétés. Les investisseurs ne disposent donc d’aucun droit lié à la gestion, au contrôle ou à la prise de décisions. Des professionnels de gestion de portefeuilles prennent, au nom des investisseurs, les décisions d’achat et de ventes, selon les performances du marché. La gestion du fond commun de placement est quasiment identique à celle de la

16

société d’investissement à capital variable. La valeur liquidative du FCP est le plus souvent calculée de façon hebdomadaire et est généralement plus élevée que pour un SICAV. Dans le marché des OPCVM, les SICAV sont plus souvent destinés au grand public quelque soit la valeur de leur investissement, quand aux OPCVM, leurs statuts sont adoptés pour des OPCVM plus spécifiques.

2- Classification selon le mode de placement :

Les OPCVM sont également classés suivant la nature des valeurs mobilières et leur prédominance au niveau du portefeuille. Les OPCVM peuvent ainsi être classée en cinq catégories :

OPCVM Actions,

OPCVM Obligataires ou de taux,

OPCVM Diversifiés,

OPCVM Monétaires,

OPCVM contractuels,

a- Les OPCVM actions :

Les OPCVM actions doivent être investit au minimum à hauteur de 60% en actions sur le marché des actions de la Bourse de Casablanca. La valeur liquidative de l’OPCVM dépendra principalement de la tendance baissière et haussière des actions en portefeuille. Ces OPCVM font encourir à l’épargnant le risque de non perception du dividende de liquidité ou même la perte de la totalité du capital investit.

b- Les OPCVM obligataires :

Ce sont des OPCVM investit au minimum à hauteur de 90% de leurs actifs, en titres de créances négociables, représentant un prêt définis pour une maturité précise. L’OPCVM obligataire permet d’obtenir un rendement corrélé avec un indicateur de référence. Ces OPCVM répondent en effet au souci des clients de mutualiser leurs risques grâce à un placement à moyen qui leur assure une performance modérée mais régulière et sûr. Il existe différents types d'OPCVM obligataires :

Les OPCVM investit en OPCVM d’Etat (les bons de trésor).

Les titres et créances négociables.

Les OPCVM obligataires investis en obligations privées.

17

c- Les OPCVM diversifiés :

L’actif d’un OPCVM diversifié rassemble les différentes classes de valeurs mobilières. Ces dernières présentent pour chacune d’entre elles un risque et une performance spécifique. Cette catégorie d’OPCVM permet à la fois, à l’investisseur de ne pas prendre le risque associé à une seule catégorie de produit et de profiter du dynamisme de la bourse. L’investisseur doit bien s’informer quant à la composition de l’actif afin de savoir si ce dernier répond parfaitement au niveau de risque qu’il est prêt à supporter et au niveau de rendement espéré.

d -

Les OPCVM monétaires :

Les OPCVM monétaires sont caractérisés par un porte feuille constitué principalement par des titres dont la durée de vie est très courte et qui sont généralement utilisé pour la gestion de trésorerie des entreprises et pour placer les surplus temporaires de liquidité. Ces OPCVM présentent pour les souscripteurs un niveau de risque faible avec un rendement très modeste qui dépend de l’évolution des taux d’intérêt.

e- Les OPCVM contractuel:

Concernant cette catégorie d’OPCVM, l’engagement de l’OPCVM est contractuel, et porte essentiellement sur un objectif ou résultat concret.

3- Classification selon l’affectation du résultat :

Il s’agit des fonds de distribution et des fonds de capitalisation.

f -

a-Des fonds de distribution

Dans ce cas, l’intégralité des revenus et des bénéfices générés par le portefeuille sont versés aux détenteurs de parts de façon périodique sous forme de coupon ou de dividende.

g -

Des fonds de capitalisation :

Contrairement aux fonds de distribution, les revenus générés par le portefeuille ne sont pas versés aux détenteurs de parts sous forme de coupons ou de dividendes, mais sont réinvestit. Les détenteurs de parts réalisent des profits grâce à la plus-value dégagée lors de la cession de l’intégralité ou d’une part de leurs actions. En effet leur performance se mesure par la progression de la valeur liquidative.

18

Chapitre III : Le fonctionnement des OPCVM :

Les OPCVM existent ainsi sous deux formes juridiques, les SICAV et les FCP. La SICAV est une société anonyme dont l’objet est la gestion de valeurs mobilières, quant au FCP, il est considéré autant que copropriété de valeurs mobilières qui ne possède pas de personnalité morale. Le chapitre suivant sera consacré au cadre réglementaire et juridique de fonctionnement des OPCVM afin de mieux cerner et comprendre les similitudes et différences entre ces deux catégories d’OPCVM.

1- Les principaux intervenants :

Selon le dahir portant loi n° 1-93-213 du 4 Rebia II, les OPCVM sont des structures d’épargne collective dont l'activité consiste à investir sur le marché financier, l'épargne collectée auprès de leurs porteurs de parts. La gestion de cette épargne est déléguée à des professionnels qui ont pour rôle de la faire fructifier en procédant à des placements sur le marché selon le niveau de risque et la performance qu’offre ce dernier. Au niveau de cette partie, nous allons essayer de présenter les différents intervenants qui participent à la gestion du portefeuille ainsi que les règles qu’ils sont tenus de suivre.

h- a- Les intervenants externes :

o Le Ministère chargé des Finances :

Selon l’article 32 du dahir régissant les OPCVM, le ministère chargé des finances doit approuver les demandes d’agrément des projets de statuts des SICAV ou de règlements de gestion des FCP. Toute modification des statuts ou des règlements doit également être soumise à l’approbation du ministère. Ces demandes sont adressées à ce dernier après avis du Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières.

o Le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) :

Le CDVM est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, et qui a pour mission de sauvegarder les actifs des investisseurs, en veillant à la bonne diffusion de l’information et au respect des dispositions réglementaires et légales. Parmi les rôles que joue le CDVM niveau des marchés financiers, on cite :

- L’encadrement des opérateurs par le contrôle des sociétés de bourses et des dépositaires.

- La bonne diffusion de l’information pour permettre aux détenteurs de parts de prendre les décisions selon les informations dont ils disposent. Le CDVM veille également au respect des obligations d’informations.

- La surveillance du marché et des transactions boursière afin de détecter les pratiques qui mettent en danger l’épargne investit.

19

De leur part les sociétés gestionnaires sont tenues de communiquer au CDVM les rapports annuels et semestriels concernant les OPCVM, la demande d’approbation des commissaires aux comptes, ainsi que toute modification de la note d’information. Le CDVM a également le droit de demander aux commissaires aux comptes des OPCVM de leur communiquer tout les documents dont ils se sont servis pour la certification des comptes. Dans certains cas le CDVM peut même demander au CAC de procéder à toute analyse supplémentaire qu’il en juge la nécessité. Dans ce cas, les frais et honoraires sont à la charge du CDVM. Le commissaire aux comptes à l’obligation de porter à la connaissance du CDVM de toutes les irrégularités et écarts relevées dans l’exercice de ses fonctions, et ce, dès qu’il en a pris connaissance.

b- Les intervenants internes :

o Organisation interne d’un OPCVM :

Afin de comprendre le fonctionnement des OPCVM, il est important de décrire l’organisation interne de ces organismes. Le schéma suivant présente une organisation type d’un OPCVM :

Direction générale

Assistant
Assistant
Assistant

Assistant

Front office Back office Middle office Informatique -Gestionnaire -Responsable -Cadre taux Back office Middle
Front office
Back office
Middle office
Informatique
-Gestionnaire
-Responsable
-Cadre
taux
Back office
Middle office
-Analyste
-Cadre Back
financier
office
-Négociateur
taux

20

-Front office :

Le front office exerce ses activités sur les marchés de capitaux et est en charge d’exécuter les ordres définis par la société de gestion. Son objectif est de créer de la valeur en optimisant au maximum les transactions. Il est également appelé Trader et communique en temps réel avec le marché.

-Middle office :

Le middle office joue à la fois une vocation de contrôle des activités et des résultats du front office et également de son support.

Le middle office est à la fois présent en amont et en post marché.

En effet il est présent en amont en support direct du front office et du marché. C’est celui-ci qui rapporte les informations nécessaires au front office, rapproche les résultats bruts sur les transactions et les résultats comptables après enregistrement de l’opération sur le système informatique.

Au niveau du post marché, le middle office joue un rôle de contrôle et de vérification des opérations et du respect des contraintes réglementaires et statutaires des titres.

-Back office :

Le back office quant à lui joue un rôle administratif et comptable. Celui-ci s’occupe du bon dénouement des opérations et de prendre en charge les transactions après leur exécution par le front office su les différents marchés.

Le rôle du back office peut se résumer ainsi :

-

Contrôle préalable

-

Règlement

-

Livraison

-

Conservation des titres.

o

Le promoteur :

Le promoteur d’un fond OPCVM est un groupe financier qui participe à la constitution de l’OPCVM et à sa commercialisation. Une même entité peut regrouper à la fois le promoteur, l’établissement de gestion et le dépositaire.

o Le dépositaire :

En vertu du Dahir portant loi n°1-93-213 concernant les OPCVM, le dépositaire d’OPCVM est un établissement ayant pour objet la sauvegarde des actifs et le contrôle de la régularité et conformité des décisions relatifs aux OPVCM. Le dépositaire est désigné au niveau des statuts pour les SICAV et au niveau des règlements pour les FCP.

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Le rôle de cet établissement est la conservation et préservation des actifs de l’OPCVM, la tenue de la comptabilité des OPCVM, le contrôle de la régularité des décisions et l’information du CDVM en cas de non respect des normes régissant les OPCVM.

o Société de gestion :

Une société de gestion d’OPCVM est une société qui a pour rôle la gestion du portefeuille et de la politique des OPCVM. La société gestionnaire intervient dans la gestion financière, administrative et comptable de l’OPCVM, et dans le suivi du contrôle interne et de la diffusion de l’information.

MAROCLEAR: CDVM: Centralisation des Promoteur: Contrôle et protection de l'épargne,informatio n des porteurs
MAROCLEAR:
CDVM:
Centralisation des
Promoteur:
Contrôle et
protection de
l'épargne,informatio
n des porteurs de
titres et
conservation des
valeurs mobilières
parts
Créateur de
l'OPCVM selon
les besoins et
contraintes des
épargnants
Ministère des
finances
Visa des demandes
d'agréement et des
projets de statut
Dépositaire:
OPCVM
Concerver les
titres

Distributeur:

Vente et rachat des parts en contrepartie d'une comission

Société de

gestion

en contrepartie d'une comission Société de gestion 2- Les règles spécifiques au fonctionnement de la SICAV:
en contrepartie d'une comission Société de gestion 2- Les règles spécifiques au fonctionnement de la SICAV:

2- Les règles spécifiques au fonctionnement de la SICAV:

La société d’investissement à capital variable est une société anonyme regroupant les actifs de plusieurs investisseurs et qui a pour objectif exclusif la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières. La SICAV est ainsi caractérisée par sa réglementation amplement surveillée, puisque cette dernière est à la fois régie par les textes de la loi sur la société anonyme et par ceux régissant le dahir des OPCVM. Nous allons présenter dans cette partie les différentes spécificités qui concernent le fonctionnement des OPCVM. Il faut savoir que toutes les actions de la SICAV sont intégralement libérée et obligatoirement nominatives. Le capital de la SICAV est égal à la valeur des actifs à l’exclusion des sommes distribuables. Le rachat de ses actions peut être suspendu dans le cas où le capital atteint la

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moitié du montant minimum qui est de cinq millions de Dirhams ou lorsque des circonstances l'exigent et enfin si l'intérêt des actionnaires est prioritaire.

En effet les SICAV sont tenues de refuser tout rachat constituant un risque pour la valeur du capital et pour les actionnaires. Pour ce faire, ces sociétés doivent se conformer à certaines règles prudentielles.

3- Les règles spécifiques au fonctionnement du FCP :

Si les SICAV émettent des actions, l’établissement de gestion du FCP émet des certificats nominatifs, représentant une ou plusieurs parts du FCP.

La gestion du FCP doit préserver les intérêts et droits des porteurs de parts. L’établissement de gestion est mandaté afin d’exercer tous les droits attachés aux titres du FCP, de représenter le FCP auprès des tiers, de valoir les droits et intérêts des porteurs de parts et surtout de sauvegarder les actifs et de ne pas les utiliser pour ses propres besoins.

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SECTION 2: Environnement juridique, comptable et fiscale des OPCVM
SECTION 2: Environnement juridique,
comptable et fiscale des OPCVM

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Chapitre I : Cadre juridique :

Les OPCVM ont été prévus par le dahir portant loi n° 1-93-213 du 21 septembre 1993. Ce secteur suit une réglementation très rigoureuse qui concerne tout les aspects, de la création jusqu’à la dissolution. Dans ce chapitre, nous allons proposer une lecture concise des principaux textes de cette loi régissant les OPCVM.

1- Les règles communes :

Les FCP et les SICAV présentent un certain nombre de similarité. En effet, lors de la constitution, les deux formes d’OPCVM sont tenues de présenter auprès du CDVM leurs projets de statuts et les règles de gestion afin qu’il les approuve. Ces projets doivent contenir un certain nombre de mentions obligatoires tel que la stratégie d’investissement, la dénomination, la catégorie d’OPCVM et l’adresse des établissements de gestion et des établissements dépositaire. Les actions ou les parts d’OPCVM doivent être intégralement libéré. Après avis du CDVM, le ministère chargé des finances définis les conditions qui d’évaluation de la valeur liquidative des OPCVM. Cette dernière est définie au moins chaque fin de semaine selon l’article 68 du dahir. L’établissement de gestion et l’établissement dépositaire sont tout deux responsables envers les tiers et les porteurs de parts des dispositions légales et réglementaires qui régissent le fonctionnement des OPCVM. Après leur constitution, les OPCVM sont tenus de publier une note d’information dans un journal d’annonces légales après visa du CDVM. L’article 78 du dahir définit les valeurs que l’OPCVM peut recevoir. Il s’agit de :

« Les valeurs mobilières cotées à la bourse des valeurs, les valeurs mobilières faisant l'objet de transactions sur tout autre marché réglementé, en fonctionnement régulier et ouvert au public ;les actions ou parts d'OPCVM ;les parts d’organismes de placement en capital risque (OPCR) régis par la législation relative aux organismes de placement en capital risque ; les parts de fonds communs de placement en titrisation (FCPT) régis par la loi n° 10-98 relative à la titrisation de créances hypothécaires; les titres de créances négociables (TCN) et les Bons de Trésor (BDT). » L’établissement dépositaire est tenu, pour les deux catégories d’OPCVM, d’établir un inventaire des actifs ainsi qu’un relevé chronologique de toutes les opérations. Ces documents sont mis à la disposition des commissaires et compte, de actionnaires ou porteurs de parts ainsi que toute personne préposée par le CDVM. Un rapport annuel contenant tout les états de synthèses de l’OPCVM, ainsi qu’une liste de documents permettant de se renseigner sur l’évolution du patrimoine de l’OPCVM et arrêtée par le CDVM, doivent être publiés au plus tard 3 mois après la clôture.

25

Tous les documents cités ci-dessus ne peuvent être publié qu’après certification du commissaire au compte désigné par l’établissement de gestion du FCP ou le conseil d’administration et dont la nomination doit absolument être approuvée par le CDVM. Le commissaire aux comptes devra vérifier les valeurs de l'OPCVM et contrôler la régularité et la sincérité de ses comptes.

2-

Les règles spécifiques aux SICAV et aux FCP :

a- Les SICAV :

o

Constitution :

La constitution d’une SICAV passe préalablement par l’agreement du projet de statuts par le CDVM et par le ministère chargée des finances. Cette demande d’agreement est importante dans la mesure où elle permet au CDVM d’apprécier la qualité des promoteurs, des dirigeants,

du dépositaire et du commissaire aux comptes désigné. Ce projet de statut doit comporter :

-

La dénomination de l’OPCVM et de l’établissement dépositaire

-

La classification adoptée par les fondateurs

-

La stratégie d’investissement

-

Les apports déterminant le capital social, et qui doit être intégralement libéré

-

Les modalités et la périodicité de calcul de la Valeur Liquidative

-

Les modalités d'affectation des résultats et de distribution des revenus ;

-

Les dates d'ouverture et de clôture des comptes de l'OPCVM ;

-

Le montant du capital ou de l'actif net au-dessous duquel il peut être procédé au rachat des actions ;

-

Les cas de dissolution de la SICAV, sans préjudice des causes légales, ainsi que les conditions de liquidation et les modalités de répartition des actifs

-

 

….

Après l’approbation du CDVM, la constitution de la SICAV est matérialisée par la signature des statuts par les actionnaires. La SICAV obtient la personnalité morale au moment du dépôt au greffe du tribunal. Un extrait des pièces soumises au greffe du tribunal devra ensuite être publié au bulletin officiel et dans un journal d’annonces légales.

L'article 6 du dahir relatif aux OPCVM prévoit les dispositions suivantes quand au fonctionnement de la SICAV:

- Aucun quorum n’est requis pour la tenue de l’assemblée générale ordinaire et extraordinaire.

- Aucun droit préférentiel n’est accordé aux actionnaires dans le cas d’augmentation de capital.

- Les statuts ne stipulent aucun avantage particulier.

26

- L’assemblée générale soit se réunir dans les 5 mois suivant la clôture de l’exercice.

- La constituions d’un fond de réserve n’est pas obligatoire.

- Les variations de capital se font au gré des actionnaires, sous réserve des dispositions des statuts.

Il est à rappeler que les actions des SICAV sont entièrement libérée et obligatoirement nominatives.

Etant donné que les SICAV sont des organismes faisant appel à l’épargne, elles sont soumises à une réglementation très stricte en matière d’information.

Les SICAV sont ainsi tenues de publier un certain nombre d’information :

Ainsi les SICAV sont tenues de publier les informations suivantes :

- La valeur liquidative de l’OPCVM doit être affichée au moins chaque vendredi.

- Les prix de souscription et de rachat.

- Le rapport semestriel publié dans les 30 jours de la fin du premier semestre. Ce rapport doit comporter la ventilation de l’actif et du passif, le nombre d’actions en circulation, l’orientation de la politique de placement, la ventilation des revenus de la SICAV par catégorie, les états de synthèses…….

- Le rapport annuel qui comprend les états financiers, l’inventaire des actifs, un commentaire des actifs, les plus ou moins values, les valeurs liquidatives….

Ces rapports doivent être certifiés par le commissaire aux comptes avant leurs publications.

i -

b- Les FCP :

Contrairement à la SICAV, le FCP ne possède pas de personnalité morale.il s’agit d’une copropriété de valeurs mobilières dont l’investissement est matérialisé par des parts sociales ou des certificats de copropriétés.

Les modalités de constitution des FCP sont quasiment identiques à celle des SICAV à l’exception des aspects suivants :

- Le projet de règlement doit être soumis à l’approbation du ministère chargé des finances après avis du CDVM.

- Même après le dépôt au greffe du règlement de gestion, le FCP n’acquiert pas de personnalité morale.

Les règles de fonctionnement des FCP ne diffèrent pas de celles des SICAV, à de :

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l’exclusion

Le FCP est géré par l’établissement gestionnaire en conformité avec la réglementation de gestion en tant que mandataire. En effet l’établissement exerce tous les droits relatifs aux titres composant le portefeuille de FCP et le représente auprès des tiers.

Le FCP est considéré autant que titre de copropriété, la notion de capital est ainsi remplacée par celle d’actif net.

Pour récapituler, le tableau ci-dessus représente un comparatif des principales particularités juridiques de SICAV et FCP.

Libellé

FCP

SICAV

Capital social Dhs

1 000 000

5

000 000

Libération

100%

100%

Valeur Nominale Dhs

100

50

Actions

N/A

Forme nominative

Actions de garantie

N/A

Oui

Nb d’actionnaires min

2

5

Quorum AGO

N/A

Aucun quorum

Majorité AGO

N/A

½

Quorum AGE

N/A

½ sur 1 ère convocation, Aucun sur 2 ème convocation

Majorité AGE

N/A

 

2/3

Registre des PV du CA et des AGO/AGE

N/A

 

Oui

Quorum CA

N/A

 

Majorité

Nb d’administrateurs

N/A

3

à 12

Nb d’administrateurs salariés max

N/A

1/ 3 des membres du conseil d’administration

Durée du mandat d’un administrateur

N/A

6

ans si nomination par AGO

3

ans si nomination par les statuts

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Distribution de dividendes après la clôture de l’exercice

6

mois

6

mois

Date limite AGO

 

N/A

 

5 mois

Rapport spécial

N/A dans la pratique

N/A dans la pratique

Régi par

Dahir portant loi N°1- 93-213 relatif aux OPCVM

Dahir portant loi N°1-93-213 relatif aux OPCVM + loi 11 août 1922 relatif aux sociétés de capitaux

Organe chargé de la nomination d’un CAC

Établissement de gestion

Conseil d’administration de la SICAV

Durée du mandat du CAC

3

exercices

3

exercices

Différents intervenants de contrôle

CDVM, Dépositaire, CAC, BAM, Office de changes

CDVM, Dépositaire, CAC, BAM, Office de changes

Valeur de rachat ou de souscription

Prochaine VL

Prochaine VL

Droit préférentiel de souscription

 

N/A

 

N/A

Durée du premier exercice comptable

Possible jusqu’à 18 mois

Possible jusqu’à 18 mois

Délai de publication des comptes

3

mois annuel

3

mois annuel

2

mois semestriel

2

mois semestriel

Chapitre II : Cadre comptable :

1- Les principes comptables :

a- L'image fidèle :

C’est autour de ce principe que s’articule tout les autres principes comptables applicables aux OPCVM.

Les OPCVM doivent refléter l’image la plus fidèle de son patrimoine et de sa situation financières. Pour ce faire l’OPCVM doit respecter toutes les règles définies par les organes de contrôle et publiquement acceptées.

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b- La continuité d'exploitation :

Selon ce principe, l’OPCVM doit établir ses états de synthèse dans une perspective de continuité d’exploitation et de poursuite de ses activités. Selon ce principe, tous les éléments isolés d’actif et dont l’utilisation est abandonnée, ne doivent pas être pris en compte pour l’évaluation de la valeur liquidative.

c- Le Principe de permanence des méthodes :

Les états de synthèse des OPCVM doivent être établit selon les mêmes règles d’évaluation et de présentation, sauf dans la présence d’indication exceptionnelles.

d -

Le Principe du coût historique :

La valeur d'entrée d'un élément inscrit en comptabilité pour son montant exprimé en unités monétaires courantes à la date d'entrée reste intangible quelle que soit l'évolution ultérieure du pouvoir d'achat de la monnaie ou de la valeur actuelle de l'élément, sous réserve de l'application du principe de prudence.

e- Le Principe de spécialisation des exercices :

Le calcul du résultat de chaque exercice se fait en y imputant que les produits et charges qui s’y attachent.

f -

Le Principe de prudence :

La valorisation du patrimoine à la valeur actuelle est effectuée sur la base d’appréciations prudentes, pour éviter le risque de transfert, sur des périodes à venir, d’incertitudes présentes susceptibles de grever le patrimoine et le résultat de l’entité. En effet, les produits ne sont pris en compte que s'ils sont certains et définitivement acquis à l'OPCVM, en revanche, les charges sont à prendre en compte dès lors qu'elles sont probables.

g -

Le principe de clarté :

L'OPCVM doit procéder à l'enregistrement de ses opérations dans les rubriques et sous les comptes convenables, selon la nature de chaque opération.

h- Le principe d'importance significative :

En vertu de ce principe, l'OPCVM est autorisé, en matière d'évaluation et de présentation des états de synthèse, d'user d'approximation qui n'est pas susceptible d'influencer l'opinion que doit normalement avoir un lecteur des comptes sur le patrimoine, la situation financière et les résultats.

2- Les principes spécifiques aux OPCVM :

Résultat net : les produits des OPCVM sont constitués principalement par les revenus du portefeuille (intérêts, arrérages, primes et lots, dividendes, jetons de présence) majorés du produit des sommes disponibles provisoirement. Les frais de gestion et les charges sur emprunts s’imputent sur ces produits.

Sommes attribuables : il s’agit du résultat net augmenté du report à nouveau et majoré ou diminué du compte de régularisation des revenus afférents à l’exercice précédent.

30

Régularisation des revenus : ce compte permet d'assurer une répartition équitable du résultat, il est crédité des revenus avancés par les nouveaux souscripteurs et débité des revenus incorporés dans le prix des parts ou actions rachetées.

Actif net : l'actif net d'un OPCVM correspond à l'actif comptable diminué des dettes. L’actif d'un OPCVM est égal à l'ensemble des liquidités et valeurs mobilières figurant à l'actif de son bilan.

Capital : le capital d’un OPCVM est égal à tout moment à la valeur de son actif net moins les somme à distribuer.

Valeur liquidative : il s’agit de la valeur de l’action de la SICAV ou de la part pour le cas des FCP. Cette valeur est égale à l’actif net divisé par le nombre de parts et d’actions. La valeur liquidative prend en compte les plus ou values latentes et les gains et pertes réalisées.

3-

Organisation comptable des OPCVM :

o Comptes de capitaux

Le capital des OPCVM comprend le capital en début d’exercice en plus des émissions ou rachats de titres sans oublier les commissions y afférentes.

Ce poste regroupe également les plus ou moins values sur les opérations financières, les différences de change et les frais de négociation sur les titres quand la comptabilité les exclus.

o Les immobilisations

Pour le cas des OPCVM, les immobilisations sont comptabilisées sous réserve du principe du coût historique. Cependant, les variations négatives doivent être enregistrées au niveau du compte « Variation des différences d’estimation sur immobilisations »

o Comptes d’actif circulant

Ce compte enregistre les mouvements sur les titres en valeurs historique. Par contre les plus ou moins values sont inscrites en différences d’estimations.

Pour les obligations et les titres de créance négociables, leurs revenus sont comptabilisés soi selon la méthode du coupon couru soi selon la méthode du coupon encaissé.

La première consiste à enregistrer les revenus de placement au compte de résultat au fur et à mesure de leur acquisition.

Par contre la deuxième méthode consiste à ne rattacher au résultat que les revenus de placement encaissés le jour de détachement du coupon.

31

o Comptes des passifs circulant :

Ce compte est l’un des comptes spécifiques aux OPCVM. Au niveau du compte d’affectation périodique des charges, on enregistre les mouvements selon la méthode de l’abonnement périodique des charges de frais de gestion.

4- Présentation des Etats de synthèse

Les états de synthèse prescrits pour les OPCVM, par le Dahir formant la loi n° 1-93-213, sont au nombre de cinq :

Le bilan,

Le compte de produits et charges (CPC),

L’Etat des soldes de gestion (ESG),

L’inventaire des actifs,

L’Etat des informations complémentaires (ETIC),

a- Le bilan :

Le bilan est présenté en deux tableaux : actif et passif. Pour le cas des OPCVM, le bilan ne comporte pas de colonnes pour les valeurs brutes ou pour les amortissements ou provisions. Le bilan des OPCVM est caractérisé par l’absence des colonnes réservées pour les valeurs brutes et pour les amortissements ou provisions jugés non pertinents pour le cas des OPCVM. La présentation retenue est une présentation en « tableau » qui demeure identique à celle du CGNC et se prête bien à une présentation comptable, contrairement à une présentation en liste qui est plutôt une solution financière.

b- Le compte des produits et charges (CPC) :

Au niveau du CPC, les opérations relatives à l’exercice précédent ne sont pas prises en compte Le CPC est subdivisé en trois catégories de résultats :

Un résultat financier sur les opérations financières,

Un résultat net de l’exercice à partir des opérations de gestion et après intégration du résultat financier,

Un résultat à affecter à partir des opérations spéciales d’imputation du résultat de l’exercice, par le jeu des comptes de régularisation des revenus de l’exercice en cours.

c- L’Etat des soldes de gestion (ESG)

L’ESG prévu pour les OPCVM est différent de celui retenu au niveau du CGNC en effet pour les OPCVM, une partie des charges et produits est constatés au niveau de la classe1.

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d- L’inventaire des actifs (IA)

Les OPCVM sont tenus de présenter semestriellement et annuellement l’inventaire de leurs actifs certifié par l’établissement dépositaire. Les informations suivantes sur l’actif de l’OPVM figurent dans l’Etat d’inventaire des actifs :

Désignation des valeurs, à classer par nature, par émetteur, Quantité,

Prix de revient,

Valeur boursière,

Plus ou moins value,

% de l’actif par émetteur.

Ce document permet de vérifier que l’OPCVM a respecté les plafonds réglementaires définis en matière d’emploi des fonds.

e- L’Etat des informations complémentaires (ETIC)

L’état des informations complémentaires, comprend :

La ventilation de l'actif : Il s'agit de ventiler les créances par échéance de recouvrement (plus d'un an, moins d'un an, échues et non recouvrées) et de donner le détail des comptes financiers - actif.

La ventilation du passif : Il s'agit de ventiler les dettes par échéance de remboursement (plus d'un an, moins d'un an, échues et non payées).

L'évolution du nombre d'actions ou de parts en circulation et de la valeur liquidative

La ventilation des revenus de l'OPCVM par catégorie

Les plus ou moins values réalisées

L'affectation des résultats

Chapitre III : Cadre fiscale :

Conformément à l'article 106 de la loi n° 1-93-213, les OPCVM bénéficient de l'exonération des impôts et droits suivants :

- Droits d'enregistrement et de timbre relatifs aux variations du capital et aux modifications des statuts et des règlements de gestion.

- L'impôt sur la patente

- L'impôt sur les sociétés (IS)

Les OPCVM sont également exonérés de :

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- La Taxe sur les produits des Actions ou parts sociales (TPA) : ils encaissent donc l'intégralité des dividendes des actions

- La Taxe sur les Produits de Placement à Revenu Fixe (TPPRF): ils perçoivent donc le montant brut de chaque coupon et ce pour chaque obligation détenue

- La Taxe sur les Profits de Cessions d'Actions et Parts Sociales (TPCAPS)

D'autre part, les droits d'entrée et de sortie ne sont pas soumis à la TVA quant à la partie afférente au fonds. En revanche, les commissions perçues par l'OPCVM en tant que rémunération des prestations de services, à imputer au réseau placeur, sont soumises à la TVA au taux réduit de 7%. Ces commissions sont prélevées par le réseau placeur lors des opérations de souscription, de rachat, de placement, de gestion et de garde des valeurs mobilières; c'est donc le réseau placeur qui est redevable de cette TVA. Concernant les porteurs de parts, il faut distinguer les différents revenus procurés par les placements en OPCVM pour déterminer l'impôt. La nature des revenus dégagés dépend de la politique d'affectation des résultats adoptée par l'OPCVM.

34

Deuxième partie

Spécificité de l’audit des OPCVM

35

Introduction

L’objectif primordial de tout épargnant est de trouver l’outil financier qui lui procure le plus d’avantages en matière de rentabilité, de souplesse et de liquidité. En effet, l’épargnant cherche un outil accessible pour une mise de fond modeste et qui lui permet de réaliser des gains tout en ayant la liberté de revendre ses parts ou d’investir à tout moment. En plus des objectifs de souplesse, de liquidité et de rentabilité, l’épargnant cherche également à sécuriser ses économies. Les OPCVM sont l’instrument financier qui offre le maximum de sécurité aux épargnants grâce aux différents dispositifs sécuritaires que le législateur marocain a mis en place pour protéger les intérêts des porteurs de parts. Parmi ces dispositifs, on peut citer :

- Les différentes règles prudentielles,

- La garantie d’une gestion professionnelle,

- La supervision d’organismes tels que le CDVM,

- Le commissariat aux comptes obligatoire.

C’est ce dernier dispositif qui fera l’objet de cette deuxième partie du mémoire. Nous verrons

ainsi dans un premier chapitre, l’approche adoptée pour l’audit de ces organismes. La deuxième partie sera consacrée à la définition de la méthodologie d’audit adoptée et des différentes étapes autour desquelles s’articule la mission de CAC des OPCVM.

36

SECTION 1: L’approche par les risques
SECTION 1: L’approche par les risques

37

Avant de commencer ses contrôles techniques, l’auditeur doit s’informer au préalable sur toutes les particularités du cadre comptable légale et de fonctionnement des OPCVM, ainsi que sur l’évolution de son environnement pour pouvoir déterminer les cycles les plus significatifs et les zones de risques sur lesquels portera en priorité la mission de CAC. L’approche par les risques permet de faire la distinction entre les zones présentant un risque significatif et devant faire l’objet d’un contrôle approfondi, et entre les zones ne demandant que des vérifications allégées. La section suivante a pour objet de déterminer les différents risques auxquels sont confrontés les OPCVM et qui définissent l’étendue de la démarche du commissaire aux comptes dans sa mission de certification des comptes de l’OPCVM

Chapitre 1 : La notion de risque :

Le risque d’audit peut être défini comme étant la probabilité que l’auditeur exprime une

opinion incorrecte sur les états financiers de l’OPCVM contenant des incohérences significatives. Quelle que soit l’approche adoptée, l’auditeur ne peut avoir une certitude totale sur l’inexistence d’anomalie sur la situation et les états financiers de l’OPCVM contrôlé. Le risque d’audit se décline en 3 composantes :

- Risque Inhérent

- Risque de contrôle

- Risque de non détection

Le risque d’audit est intimement lié au principe d’importance significative. Une information est dite significative si celle-ci est susceptible d’influencer l’opinion que les lecteurs des états financiers ont sur la situation, le résultat et le patrimoine de l’entité auditée. Ce principe responsabilise le chef d’entreprise puisqu’il doit faire appel à son propre jugement et à son appréciation. Ainsi, la sincérité des états financiers peut être par une multitude de facteurs de risque que le commissaire aux compte doit prendre en compte pour avoir une bonne concordance entre les moyens mis en œuvre et la gravité des erreurs qui peuvent se produire. Le risque d’audit peut émaner des trois composantes citées ci-dessus, de l’une ou de l’autre ou même des trois. Plus un facteur de risque sera important, plus le commissaire aux comptes doit mettre en œuvre tous les moyens possibles qui lui permettront d’obtenir la confiance suffisante qu’il ne s’est pas produit d’erreurs significatifs.

1- Le risque inhérent :

Le risque inhérent est lié à l’existence d’anomalies significatives dans un compte ou une catégorie d’opération sans prendre en compte des contrôles internes. Cette catégorie de risque est en général causée par des facteurs de l’environnement externe. Une bonne connaissance de l’entreprise et de son environnement macro-économique et légale est indispensable pour la détection du risque inhérent. Dans le cas particulier des OPCVM, le risque inhérent est

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principalement lié au secteur d’activité complexe, à la nature des transactions, la l’environnement juridico-légal et à l’organisation et fonctionnement des systèmes.

a- Le risque lié au secteur d’activité :

Ce n’est que pendant les années 90 que les OPCVM ont été instauré au Maroc. La complexité et la nouveauté de l’activité représente le risque lié au secteur d’activité. Ce secteur est aussi bien spécifique par ses produits que par ses textes et intervenants. Effectivement, les OPCVM opèrent sur le marché financier et s’exposent aux différents risques de marché à savoir le risque de signature, le risque de taux, le risque de contrepartie et le risque de liquidité. De plus, le secteur des OPCVM, connaît l’utilisation de produits de plus en plus complexe et difficilement contrôlable, ce qui rend la valorisation de ses produits difficile malgré les règles de gestion précises.

b- Le risque lié à l’environnement légal :

Le secteur des OPCVM est caractérisé par une réglementation très stricte dans tous les aspects de la création à la dissolution. En effet plusieurs facteurs sont à l’origine du risque lié à l’environnement légal, à savoir l’évolution récente des textes, la complexité et l’ambigüité des lois régissant les OPCVM et la difficulté de leur application, la spécificité des principes et du plan comptable des OPCVM et l’obligation d’établir des situations hebdomadaire ce qui demande une rigueur dans les délais de comptabilisation et de valorisation.

c- Le risque lié à la nature des transactions :

Il s’agit du risque lié au volume et à la nature des transactions traitées. En effet, les opérations à caractère récurent tels que les achats ou ventes d’actions ou d’obligations sont traitées par des systèmes maîtrisés et représentent un risque inférieur par rapport aux opérations à caractère exceptionnel qui sont traitées dans des marchés bien spécialisés.

d-Risque lié à la structure organisationnelle des OPCVM :

La structure organisationnelle des OPCVM est très complexe du fait de la pluralité des parties prenantes. En effet, les OPCVM d’un groupe promoteur ou d’une société de bourse ont une structure interne différente. Les conseils d’administration fixent des objectifs à la gérance qui peuvent avoir une influence sur les résultats et performances des OPCVM. De leur part les sociétés gestionnaires qui sont en général lié à des banques, peuvent être tentées de placer des produits qu’elles voudraient céder au sein de l’OPCVM. L’efficacité des procédures de contrôle interne reste importante pour atténuer ce risque et modifier l’organisation des OPCVM.

e-Le risque lié à la conception et au fonctionnement des systèmes :

Quelque soit la qualité et la conception du système informatique, elle n’est jamais suffisante pour assurer le bon fonctionnement du système informatique et ainsi la fiabilité de l’information. Plusieurs facteurs tels que la rotation du personnel et la formation insuffisante

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peuvent accroître le risque de conception et de fonctionnement des systèmes. En général, les opérations à caractère répétitives présentent plus de fiabilité que les opérations à caractère exceptionnels traitées par des systèmes très spécifiques.

En conclusion on peut dire que l’impact du risque inhérent peut être atténué en grande partie par les procédures de contrôle interne mises en place.

2- Le risque de contrôle :

Le risque de contrôle est lié à l’existence d’anomalies dans un compte ou une catégorie d’opérations causées par le système comptable ou le dispositif de contrôle interne. Le système d’information doit jouer un rôle primordial dans la conception d’un dispositif de contrôle interne efficace et veiller à son application.

Pour réduire les facteurs de risque liés au contrôle interne, il est nécessaire qu’il y ait une séparation entre le dépositaire, le gérant du portefeuille et le gérant de l’OPCVM. Le système d’information utilisé doit permette un traitement fiables des opérations (calcul arithmétique,

Il est également nécessaire que la

cohérence des données, exhaustivité, bonne évaluation

transmission des informations entre les gérants, les services de traitements comptables et le dépositaire, soit efficiente et dans les bons délais.

).

3- Le risque de non détection :

Le risque de non détection est un risque professionnel propre à la mission de commissariat aux comptes et qui est lié à l’incapacité de l’auditeur à détecter une anomalie significative dans les états financiers de l’entreprise. Contrairement aux deux précédents risques, le risque de non détection n’est lié ni à l’environnement interne ni à l’environnement externe, mais plutôt à la conduite des diligences d’audit.

Parmi les facteurs de risque de non détection :

- Une équipe d’audit non qualifiée et qui n’a pas les compétences nécessaires

- Une mauvaise planification et orientation de la mission

- Une mauvaise interprétation des résultats

Après avoir présenté la notion de risque et son importance dans toute la démarche d’audit des OPCVM, les sections suivantes seront consacrées à l’examen des risques spécifiques à l’OPCVM. Ces risques sont ventilés en risques réglementaires, risques liés à la déontologie, risque lié au contrôle interne et enfin les risques opérationnels.

Chapitre 2 : Identification des risques par nature :

1- Les risques réglementaires :

Les droits des épargnants et des investisseurs sont en permanence exposés aux imprévus politiques, monétaires et bousiers qui peuvent avoir un effet sur leurs engagements et sur le niveau de risque conclut à la souscription. Afin des protéger les porteurs de parts, le CDVM a

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fixé des règles de gestion très strictes qui définissent les niveaux de risque à ne pas dépasser ainsi que la composition des actifs. La vérification du respect des rations érigées pas le CDVM est nécessaire pour l’auditeur afin de mieux appréhender les risques auxquels les OPCVM sont exposés. Ainsi, la circulaire du CDVM n°12/01distingue les règles prudentielles par rapport aux points suivants :

- La surexposition du portefeuille par rapport à l’émetteur

- La composition des actifs

- La liquidité

- Le plafond des emprunts en espèce.

a- La surexposition du portefeuille par rapport à l’émetteur :

Selon la théorie du portefeuille, pour créer un portefeuille efficient, c'est-à-dire qui présente une rentabilité maximum pour un risque minimum, il faut que les titres le composant ne soient pas sélectionnés de façon individuelle mais plutôt selon une corrélation de leurs variations à celles du reste des titres du portefeuille. Ainsi, la surexposition du portefeuille par rapport à l’émetteur accentue le risque global de dépréciation dans le cas d’une évaluation défavorable. Afin de protéger les porteurs de part de ce type de risque, la circulaire 12/1 définis un certain nombre de ratios qui permette le contrôle et le suivi des actifs par type d’émetteur. Ces ratios permettent également à l’auditeur de mieux apprécier le risque d’audit et spécialement le risque inhérent.

Ratios

Définition

Règle

Ratios de

division par

émetteur

Ce risque est lié à la nature de l’organisme émetteur et

aux garanties présentées. On distingue :

- Les valeurs mobilières émises par l’Etat,

- Les valeurs mobilières non émises par l’Etat,

Valeur boursière par émetteur

Actif net

=<10%

*Les dépassements concernant les titres émis par l’Etat (bons de trésor) sont

autorisés.

b-Ratios de composition de l’actif :

Le gestionnaire de l’OPCVM est contraint de mentionner au niveau de la note d’information et de la fiche signalétique à la rubrique «orientation des placements », la catégorie à laquelle appartient son OPCVM, sous réserve de respecter un minimum de répartition des risques.

Ainsi, les classes auxquelles peut appartenir un OPCVM sont les suivantes :

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Classe d’OPCVM

Règle

OPCVM « actions »

Ces OPCVM doit être investis à hauteur de 60% sur le marché des actions. Le degré de surexposition= Y x 100/ Actif net. (Y étant l’évaluation de l’actif physique.)

OPCVM « obligations »

Ces OPCVM ne sont investit que sur les marchés de taux et ne peuvent contenir d’actions, ni de droits de souscription, ni de certificats d’investissement. Ils ne peuvent contenir plus de 10% en actions ou équivalents.

OPCVM « monétaires »

Ces OPCVM sont composés essentiellement de titres dont la durée de vie est très courte.

OPCVM « diversifié »

Cette catégorie d’OPCVM passe par l’investissement dans les différentes classes, dans le respect des ratios prudentiels applicables.

L’appartenance à chacune des catégories précitées entraîne le respect en permanence des critères de qualification, qui font l’objet d’une mention obligatoire à la rubrique «orientation des placements » de la fiche signalétique.

c-Ratios de liquidités :

L’objet de ce ratio est principalement de protéger les épargnants et les investisseurs des abus des organismes promoteur qui profitent des liquidités de l’OPCVM non rémunérées, mais qui génèrent des produits de trésorerie pour l’organisme.

Ce ratio se matérialise par la formule suivante :

Total classe 5 (solde débiteur)

Actif net

d-Plafonds des emprunts d’espèces :

=< 15%

Afin de permettre aux sociétés gérantes des OPCVM d’assurer une certaine liquidité au niveau du portefeuille et de faire face aux opérations d’achat importantes, les sociétés gérantes des OPCVM peuvent procéder à des emprunts auprès des établissements de crédit. Pour limiter les dépassements en matière d’emprunt et protéger les intérêts des porteurs de parts, le ministère chargé des finances, après avis du CDVM, fixe un plafond de 10% des actifs de l’OPCVM. Le dépassement du plafond doit être mentionné au niveau du rapport du commissaire aux comptes et déclaré au CDVM.

2- Les risques liés à la déontologie :

Le terme déontologie peut être définit comme l’ensemble des principes et devoirs qui guide une activité professionnelle. Ces devoirs professionnels complètent les textes de lois qui ne

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sont certainement pas exhaustives. En effet, la gestion des OPCVM dépend intimement des différents acteurs financiers (dépositaires, gestionnaires et promoteurs), qui peuvent avoir des intérêts très divergents. De plus, la structure organisationnelle des OPCVM ne permet pas la différentiation des différents acteurs intervenants, ce qui accentue encore plus le risque de détournement.

L’OPCVM peut ainsi être le moyen de :

Produire des commissions abusives sur les opérations de vente ou d’achat,

Utiliser pour leur propre compte des titres des clients,

Pour le promoteur, de répondre à leurs besoins de financement par la souscription de leurs propres titres,

Pour le gestionnaire, de prendre participation grâce au cumul de mandat,

commissions

De

profiter

des

performances

de

l’OPCVM

pour

générer

des

additionnelles,

Les risques liés à la déontologie dépendent principalement de l’efficacité du contrôle interne et reste très difficile à détecter, car la séparation des tâches en matière d’OPCVM est rarement appliquée.

3- Les risques liés au contrôle interne :

La mise en place d’un dispositif de contrôle interne fiable est indispensable pour atténuer les risques spécifiques à l’activité des OPCVM. En effet, le dispositif de contrôle interne doit permettre le respect des règles de séparation des fonctions et des tâches. Cependant, les procédures mises en place ne sont pas à elles seules suffisantes, il faut que la structure gérant l’OPCVM soit dotée de moyens appropriés et d’un personnel qualifié. Cette partie sera détaillée par la suite au niveau de l’évaluation du contrôle interne.

4- Les risques opérationnels :

Le risque opérationnel est le risque de pertes résultant de faiblesses au niveau des procédures, du personnel, des systèmes internes ou à l’environnement externe. Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières sont exposés aux risques opérationnels suivants :

Le risque de dépréciation des actifs,

Le risque de contrepartie,

Le risque de liquidité,

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a- Le risque de dépréciation des actifs :

Il s’agit du risque de taux engendré par les engagements à taux fixe est qui dépend de la volatilité des taux, de la liquidité du marché et de l’importance de l’effet du levier.

b- Le risque de contrepartie :

Il s’agit du risque de défaut sur les opérations de pensions, de prêts et d’emprunts de titres qu’encourt l’organisme de placement. La contrepartie se trouve dans l’incapacité de rembourser de livrer ou de reprendre les titres à l’échéance. Le risque de contrepartie peut se présenter ainsi :

- Le non remboursement par l’émetteur des obligations qu’il a émises : C’est le risque que l’émetteur de l’obligation manque à ses engagements. Pour atténuer ce risque, il est nécessaire de fixer des limites d’engagement par émetteur.

- Le risque de marché de gré à gré : Sur le marché des titres de créance négociable, les billets de trésorerie émis par les entreprises présentent un risque très important par rapport aux bons de trésor et aux certificats de dépôt.

- Le risque sur le marché à terme de gré à gré : C’est le risque de défaut sur les opérations de pension, de prêts, d’emprunts et de vente réméré, d’où l’importance de la conclusion de ces opérations avec des contreparties ayant un statut d’établissement dépositaire.

c- Le risque de liquidité :

Le risque de liquidité se traduit par le défaut de règlement ou de livraison à l’échéance convenue.

d-Autres règles prudentielles :

Imbrication d’actifs :

Le contrôle d’imbrication d’actifs est effectué sur la base des inventaires des actifs. Selon

cette règle, un OPCVM ne doit pas détenir de parts d’un OPCVM ayant déclaré dans sa note d’information investir plus de 5% de ses actifs en parts d’OPCVM.

Investissement réciproque :

La règle de l’investissement réciproque stipule que tout OPCVM ne doit pas détenir dans son

portefeuille de parts ou actions d’un autre OPCVM lui-même investit en parts ou actions du premier OPCVM. Pour s’assurer de l’application de cette règle, l’auditeur doit comparer l’inventaire des actifs de l’OPCVM avec ceux des OCPVM qu’il détient.

5- Gestion du risque :

La gestion du risque d’audit permet à l’auditeur d’atténuer le risque d’audit à un degré raisonnablement faible pour la confiance suffisante et indispensable pour la certification des comptes et l’émission de l’opinion d’audit.

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La prise de connaissance de l’OPCVM et l’évaluation des différents risques qu’il peut encourir, permet à l’auditeur de concevoir les différentes procédures d’audit qu’il devra mettre en œuvre pour cerner toutes les zones de risques possibles. En plus de permettre à l’auditeur de déterminer la nature et l’étendue des contrôles à effectuer, la gestion des risques d’audit permet également à l’auditeur de garder le risque d’audit à un niveau stable et faible. Ainsi, plus le risque d’anomalies est grand, plus l’auditeur doit mettre en œuvre des procédures d’audit supplémentaire pour atténuer le risque de non détection. Le niveau de risque accepté pour la certification des comptes repose principalement su son jugement personnel. Le tableau suivant définit le niveau diligence nécessaire selon le niveau du risque inhérents et du risque de contrôle :

 

Le risque de contrôle

 

Elevé

Moyen

Faible

 

Elevé

Maximal

Elevé

Moyen

Le risque

Moyen

Elevé

Moyen

Faible

inhérent

Faible

Moyen

Faible

Minimal

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SECTION 2: La démarche spécifique de l’audit des OPCVM
SECTION 2: La démarche spécifique de
l’audit des OPCVM

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L’audit financier est l’examen auquel procède un professionnel compétent et indépendant dans le but d’exprimer une opinion selon laquelle les états de synthèse ont été établis, dans tous leurs aspects significatifs, selon un référentiel comptable identifié et qu’ils donnent une image fidèle des informations financières de la société et de son patrimoine. L’audit financier a pour objectifs de garantir :

- La régularité et la sincérité des comptes

- L’image fidèle du patrimoine

- La situation financière

- Le résultat des opérations de l’entreprise à la date de clôture.

Il est clair que la démarche d’audit des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières ne sera pas différente dans son essentiel à celle de l’audit financier que je viens de définir, mais reste comme même que le commissariat aux comptes de ces organismes demande une méthodologie spécifique.

La mission de CAC des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières se distingue par la semestrialité des interventions et par leur élargissement aux opérations d’apport en nature, de transformation, de fusion et liquidation. De ce fait, le commissaire aux comptes doit être attentif à un certains nombre de zones de risques tels que la conformité des différents placements aux principes précisés aux souscripteurs, le respect de la réglementation comptable, la régularité des méthodes d’évaluation retenues, le respect des ratios de composition de l’actif selon les circulaires et les notes d’information En effet l’expert comptable adopte une méthodologie de travail rigoureuse adaptée aux règles légales et aux spécificités de fonctionnement des OPCVM et permettant la réalisation des objectifs de l’audit à partir de la succession d’étapes qui aboutit par la formation de l’opinion.

La démarche de l’audit des OPCVM s’articule autour de quatre étapes :

- La prise de connaissance de l’OPCVM : Il s’agit dans cette étape de la prise de connaissance générale de l’OPCVM se traduisant par la constitution du dossier permanent.

- L’analyse des procédures et l’évaluation du contrôle interne : cette étape nécessite l’analyse des processus de gestion de l’OPCVM et l’évaluation des forces et faiblesses du dispositif du contrôle interne.

- Le contrôle des comptes et l’inventaire des actifs : Ce sont les contrôles techniques des comptes et des cycles les plus significatifs. L’étendue de ces contrôles dépend du niveau de confiance dans le dispositif de contrôle interne.

- Le rapport : L’émission du rapport correspond à l’aboutissement de la mission et qui se manifeste par l’expression de l’opinion.

Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’OPCVM

La prise de connaissance de l’OPCVM est un passage obligatoire qui permet à l’auditeur de mieux appréhender les différents risques liés à l’environnement, aux particularités et au

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fonctionnement des OPCVM. C’est sur la base de cette prise de connaissance que l’auditeur définit les cycles les plus significatifs et établi le plan et les orientations de la mission. Toutes les informations recueillies à partir de cette phase permettent de constituer le dossier permanent.

1- La connaissance des caractéristiques de l’OPCVM audité :

En vertu de la circulaire 03/01, le CDVM exige de la part de l’auditeur lors de la phase de prise de connaissance d’apporter des précisions concernant les points suivants :

La classification et l’orientation des placements des OPCVM,

Les principales caractéristiques des placements,

Les caractéristiques comptables de l’OPCVM.

La classification et l’orientation des placements des OPCVM

Nature des placements

Ratios spécifiques

limites d'investissement

Sensibilité

Historique des VL

Politiques de distribution

Valeur d'origine de la part

Principes de valorisation

Les principales caractéristiques des placements

Les caractéristiques comptables de l’OPCVM

Coupon couru/détaché

Calcul des frais de gestion et des frais variables

Frais inclus ou exclus des titres

Mode de comptabilisation des différences d'estimation

2- La constitution du dossier permanent :

Lors de la prise de connaissance de l’OPCVM, la constitution du dossier permanent permet de rassembler toutes les données juridiques utiles pour le bon déroulement de la mission de CAC.

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Selon le circulaire 03/01, la liste de document comprend principalement :

- Une copie des statuts ou du règlement de gestion,

- Le dossier d’agrément,

- Une copie de l’attestation du dépôt de fonds,

- Une copie de la note d’information,

- Une liste de tous les dirigeants,

- Pour les SICAV, une copie de déclaration d’immatriculation au registre de commerce,

- Le rapport des CAC précédents,

- Copies de tous les contrats concernant le fonctionnement de l’OPCVM,

- Copies des différents PV du conseil d’administration de la SICAV, et de celui de l’établissement de gestion du FCP,

- La description de tous les moyens humains, financiers, et techniques.

3- La planification de la mission :

C’est sur la base de la prise de connaissance de l’environnement, des caractéristiques de l’OPCVM et de l’appréciation des différentes zones de risque que l’auditeur établi le plan de mission. L’organisation de la mission d’audit des OPCVM ne diffère que peu de celle des entreprises « classiques ». En effet, le plan de mission comporte les mêmes axes que celui d’une mission classique à savoir, l’organisation, les zones de risques, les points de contrôle, et le budget alloué. Cependant, le nombre assez important des OPCVM à audité chez les dépositaires demande une planification et gestion plus précise de la mission. Il est à préciser que la planification de la mission est un processus continu qui peut être adapté en fonction de l’évolution des circonstances et des résultats dégagés par les procédures d’audit.

Le plan d’une mission type comporte généralement les points suivants :

- Prise de connaissance de l’OPCVM : il s’agit de rassembler toutes les informations concernant l’OPCVM, à savoir, la dénomination, la classification, la politique de placement, l’organisation générale, la société de gestion, le dépositaire, la date de clôture, l’historique

- Détermination des chiffres significatifs : il s’agit principalement du budget et comptes prévisionnelles, et des particularités et principes comptables.

- Définition de la mission : définition de la nature de la mission, des autres auditeurs, et des commissaires aux comptes de la société de gestion et dépositaire.

- Systèmes et domaines significatifs : prise de connaissance de l’organisation, des procédures et politiques comptables, définition du seuil de signification par cycle, définition des comptes significatifs et des zones de risques identifiées lors de la phase

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de

s’appuyer.

prise

de

connaissance,

définition

des

contrôles

sur

lesquels

l’auditeur

doit

- Détermination des points forts et points faibles : élaboration d’une analyse SWOT, pertinence des contrôles effectués par le dépositaire.

- Orientation du programme de travail : détermination de la liste de documents, évaluation du contrôle interne, intervention de spécialistes en informatique.

- Organisation et budget : détermination des différents intervenants et interlocuteurs, répartition des heures, détermination des honoraires et frais.

- Planification : détermination de la date d’intervention et des délais d’émission du rapport.

Chapitre 2 : Evaluation du contrôle interne

Lors de l’étape de prise de connaissance, l’auditeur identifie les systèmes et les cycles significatifs dont il doit évaluer et apprécier le contrôle interne.

Le contrôle interne est définit comme l’ensemble des mesures d’auto contrôle, comptable, informatique ou autre, que l’organisme met en place pour assurer la maîtrise de son patrimoine et de ses entreprises. Un dispositif de contrôle interne fiable permet de garantir la fiabilité de l’information, d’assurer la conformité aux lois et réglementation en vigueur et d’atténuer les risques spécifiques à l’activité des OPCVM.

L’évaluation du contrôle interne est une étape primordiale dans la démarche d’audit. En effet, c’est à partir de l’appréciation du dispositif de contrôle interne que l’auditeur détermine l’étendue de ces travaux et si le programme de contrôle des comptes peut tirer ou non des conséquences de la qualité du contrôle interne et de ses effets sur la présentation des comptes et l’image fidèle.

La circulaire 03/01du CDVM relatif au commissariat aux comptes des OPCVM, fixe au nombre de deux les étapes d’appréciation et d’évaluation du contrôle interne. Le schéma suivant présente les diligences minimum relatives à cette phase de la démarche d’audit des OPCVM.

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Etude et description des systèmes

Etude et description des systèmes Description et prise de connaissance de l’organisation de l’OPCVM o

Description et prise de connaissance de l’organisation de l’OPCVM

o

Organigramme,

o

Système informatique et contrôle,

o

Relations entre les différents services,

o

Procédures d’enregistrement comptables,

o

Procédures de contrôle mises en place par le dépositaire et la société de gestion,

Evaluation du contrôle interne

Examen critique des cycles significatifs

- Souscription/rachat

- Opération de portefeuille

- Trésorerie

Appréciation pour chaque cycle des aspects suivants

- Réalité

- Exactitude

- Exhaustivité

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Evaluation des risques d’erreurs

Test d’efficacité (points forts et points faibles)

1- Le fondement de l’évaluation du contrôle interne :

L’évaluation du dispositif de contrôle interne est importante dans la démarche d’audit pour des raisons aussi bien d’efficacité que de coût. En effet la fiabilité et la régularité des procédures mises en place par l’OPCVM par rapport aux risques inhérents identifiés, constituent pour l’auditeur une économie en matière de coût et de temps car ils lui permettent de se concentrer plus sur les défaillances qui ont un impact sur l’image fidèle.

Cette étape ne doit pas être considérée comme un travail supplémentaire pour l’auditeur, car c’est sur la base de celle-ci qu’il oriente sa mission et établit son programme de travail. De plus, il est plus facile pour l’auditeur de réparer les systèmes produisant les anomalies que de réparer les anomalies elles mêmes.

Il est nécessaire de rappeler que le dossier d’agrément des OPCVM contient en plus des informations juridiques, les organigrammes précis avec une description de tous les niveaux hiérarchiques, de l’effectif et des rémunérations du personnel intervenant dans la gestion de l’OPCVM.

Pour protéger les intérêts des porteurs de part des abus des sociétés gestionnaires de leurs épargnes, ces dernières sont tenues de mettre en place des structures organisationnelles respectant les principe de gestion pour le compte de tiers. Ces principes sont les suivants :

Principe de séparation des fonctions : ce principe est conçu de manière à permettre un contrôle indépendant par la distinction des tâches d’enregistrement, des tâches opérationnelles, et des tâches de conservation. Ce principe permet d’éviter les conflits d’intérêts entre la société de gestion, le dépositaire et le promoteur.

Le principe des moyens suffisants : la société gestionnaire de l’OPCVM doit être dotée disposer de tout les moyens humains, techniques et financiers, nécessaire pour le bon fonctionnement de l’OPCVM.

Le principe du contrôle : le contrôle de la gestion de l’OPCVM est exercé soi en interne par le gestionnaire, soi en externe par le dépositaire et le CAC. Les sociétés de gestion doivent se conformer à toutes les réglementations, communiquer de façon adéquate les informations utiles à leurs clientèles et s’abstenir d’exploiter les informations privilégiées.

2- La démarche de l’évaluation du contrôle interne :

Dans sa démarche d’appréciation du contrôle interne, le commissaire aux comptes examine tous les moyens dont dispose l’OPCVM pour s’assurer de la fiabilité et l’efficacité du dispositif de contrôle interne.

Les étapes d’évaluation et d’appréciation du contrôle interne peuvent être décrites ainsi :

Prise de connaissance des systèmes comptables, informatiques et autres, et des procédures de contrôle par l’examen de la documentation interne (manuel de procédures, organigramme ),

Description des dispositifs de contrôle interne pour chaque cycle par l’établissement de diagramme de circulation,

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Vérification du bon fonctionnement des procédures décrites par des tests de conformité portant sur certaines opérations,

Evaluation des forces et faiblesses du dispositif de contrôle.

L’appréciation du contrôle interne sera appréhendée suivant les cycles suivants :

Souscription et rachat,

Opérations de portefeuille,

Opérations de trésorerie,

Produits et charges sur les opérations de gestion des actifs,

Frais de gestion,

Intérêts des emprunts,

Opérations de valorisation.

En plus des cycles cités ci-dessus, on rajoute l’organisation de ces organismes.

Après la prise de connaissance des systèmes et procédures de contrôle interne, l’auditeur procède à la description de ces derniers grâce aux documents existants en internes, aux rapports des auditeurs internes et aux documents externes (rapport des CAC précédents, notation de l’OPCVM). Cette étape est très importante dans la mesure où elle permet la compréhension correcte des systèmes.

a- L’organisation de l’OPCVM :

Pour que l’organisation de l’OPCVM soit efficace, il faut nécessairement que celle-ci respecte les principes de la bonne gestion pour compte de tiers cités ci-dessus, à savoir, le principe de séparation des fonctions, le principe des moyens suffisants et le principe de contrôle. Pour comprendre l’organisation de l’OPCVM, l’auditeur doit recourir au dossier d’agrément qui comporte toutes les informations sur le mode d’organisation de l’OPCVM. Pour ce faire, l’auditeur doit procéder aux travaux suivant :

- Demander tout les documents organisationnels, à savoir, l’organigramme fonctionnel, le manuel de procédure, la charte déontologique

- Vérifier que la séparation des tâches est conçue de manière à permettre un contrôle indépendant et distingue bien les tâches d’enregistrement, les tâches opérationnelles et les tâches de conservation,

- Vérifier l’autonomie de l’organisme de placement par rapport au dépositaire,

- S’assurer du respect des règles déontologiques,

- S’assurer que la société de gestion dispose de tous les moyens humains et techniques, nécessaire pour le bon fonctionnement de l’OPCVM,

- Vérifier l’existence d’un département contrôle interne et audit interne,

- Vérifier que l’ensemble des moyens techniques, organisationnels et humains mis en place, garantissent la sécurité du système d’information,

- Vérifier l’efficacité du dispositif de contrôle grâce aux tests de conformité consistant à suivre des transactions pour vérifier l’existence et la réalité du système.

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La règle de séparation des fonctions est le principe d’organisation le plus important dans la démarche d’appréciation du contrôle interne des OPCVM. En effet, le respect de ce principe permet d’instaurer un autocontrôle continu et d’éviter le risque de fraude qui est très élevé en raison du caractère public de l’épargne et de l’importance des montants en jeu. Après avoir dégagé les points forts et les points faibles du système organisationnel de l’OPCVM, l’auditeur rédige un rapport destiné aux dirigeants comprenant des recommandations pour améliorer le dispositif de contrôle interne et pallier aux faiblesses constatées et pouvant avoir une incidence sur la fiabilité des comptes.

b-Evaluation du contrôle interne des cycles significatifs :

La démarche d’appréciation et d’évaluation du contrôle interne ne s’arrête pas au niveau de l’organisation, mais concerne également les cycles cités précédemment, et qui sont les plus significatifs. Le tableau ci-dessous, récapitule pour chaque cycle le programme de travail minimum que l’auditeur doit suivre dans son appréciation du contrôle interne.

Cycle

Objectif

Programme de travail

Souscription/

- Veiller à l’égalité des traitements,

- Description du traitement de ces opérations et des contrôles auxquels procède le

Rachat

- Traitement des frais de rachat et d’émission en fonction des souscripteurs,

dépositaire,

- Obtenir les délais d’enregistrement des opérations,

- Vérifier si le système garde une trace dans

- Absence de délais pour la transmission des informations entre le front-office, le back- office et la comptabilité,

le cas de l’annulation de ces opérations,

- Effectuer des tests de conformité sur un échantillon d’opération pour s’assurer de l’existence du système,

- Dégager les points forts et les points faibles

- Veiller à l’enregistrement exhaustif de toutes les souscriptions et rachats au risque de fausser le calcul de la valeur liquidative,

du système,

- Evaluation de l’impact des faiblesses sur les comptes,

Opération de

S’assurer de la réalité, de l’existence et l’exhaustivité des opérations de portefeuille

- Comprendre le fonctionnement des services de gestion des actifs,

portefeuille

- S’assurer du respect de la règle de séparation des fonctions d’enregistrement, de gestion de l’actif et de leur conservation,

 

- Etablir un flowchart représentant les flux de traitements des données,

- Décrire les procédures de contrôle des titres par le dépositaire,

54

 

- S’assurer du respect des règles et ratios prudentiels,

- S’assurer de la réalité l’exactitude et l’exhaustivité des enregistrements comptables à travers la vérification des avis d’opérés ou du tableau des opérations,

- Vérifier le bon calcul des plus ou moins values sur les ventes,

- Identifier les différents intervenants,

- S’assurer de l’encaissement des intérêts sur un échantillon de titres,

- Effectuer des tests de conformité.

Opérations de

Veiller au respect de la réglementation

- S’assurer du respect de la règle de séparation des fonctions,

trésorerie

 

- Vérifier les procédures concernant les opérations de placement et de dépôt ainsi que leur suivi,

- Etablir des flowchart,

- Vérifier les procédures d’emprunt et de découvert,

- Identifier les différents intervenants,

- Evaluer l’efficacité des contrôles des comptes bancaire par le dépositaire,

- Vérifier l’existence et l’exactitude des soldes bancaires,

- Tests de conformité.

Produits et

Veiller au respect de la réglementation en matière de frais.

- Etablir un descriptif des services qui interviennent au niveau des opérations de

charges sur

opérations de

détachement et d’encaissement des intérêts et des produits distribuables,

gestion du

portefeuille

- Suivi des échéanciers (coupons, intérêts,

dividendes, produits divers

),

- Etablir le flowchart du traitement des produits et charges,

- Identifier les différents intervenants,

- Vérifier les délais et dates d’enregistrement des opérations de détachements,

- Vérifier le suivi des opérations des annulations des produits,

- Effectuer les tests de conformité.

Intérêts des emprunts et frais de gestion

Veiller au respect de la réglementation en matière de frais

- Définir les différents intervenants au niveau du calcul et règlement des charges et des intérêts,

 

- S’assurer du respect de la règle de séparation des fonctions d’engagement des charges, de leur règlement et de leur comptabilisation,

55

 

- Effectuer les tests conformité.

Opération de

Vérifier l’existence des procédures de valorisation conforme à la note d’information, aux statuts et aux méthodes des ratios

- Définir les différents intervenants au niveau des opérations de valorisation ainsi que les caractéristiques des valeurs et cours,

- Effectuer les tests de conformité,

valorisation

 

- Dégager les principaux points forts et faibles du système de valorisation.

Après avoir vérifié l’organisation et le fonctionnement du système et des cycles les plus significatifs, le commissaire aux comptes effectue une appréciation finale des procédures de contrôle interne compte tenu des forces du système qui lui donneront plus d’assurance, et des faiblesses dégagées lors de l’évaluation préliminaire du dispositif de contrôle et celle découlant de la non application des forces du système. L’auditeur récapitule par la suite les différents points relevés dans un rapport de recommandations qui fait objet d’une réunion de synthèse avec la direction dans le but de clarifier les recommandations permettant de pallier aux faiblesses et d’améliorer le système et la fiabilité des comptes.

Chapitre 3 : Le contrôle des comptes :

Après l’appréciation des procédures de contrôle interne et l’identification des principales zones de risque, l’auditeur s’appuie sur les résultats de cette étape pour la validation des inventaires, de la comptabilité et des états financiers de l’OPCVM. L’approche par les risques va permettre à l’auditeur de faire la distinction entre les zones présentant un risque significatif et devant faire l’objet d’un contrôle approfondi, et entre les zones ne demandant que des vérifications allégées. Pour le cas des OPCVM, les cycles représentant le plus de risques sont les suivants :

Le capital

Le portefeuille

La trésorerie

Les produits et charges

L’auditeur doit vérifier le respect et des dispositions légales et réglementaires et l’application

des principes comptables spécifiques. Au niveau de cette partie, on va déterminer de manière concise et pratique les différents contrôles et vérifications à effectuer en présentant les différents tests réalisés et leurs objectifs. Enfin, le contrôle des comptes revient à fiabiliser les donnés remis par le client, à contrôler les états de synthèse par rapport à la réglementation en vigueur, à vérifier la composition des actifs et à vérifier la conformité des opérations inter fonds. L’auditeur aura besoin pour l’élaboration de ses travaux de contrôle des comptes, des documents suivants ;

- La balance générale : l’auditeur doit déterminer sur la base des comptes de la balance et du seuil de signification les comptes les plus significatifs.

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- Le grand livre : ce document donne le détail des opérations et permet à l’auditeur d’effectuer les sélections sur la base des montants les plus significatifs.

- Les valeurs liquidatives : leur suivi est nécessaire pour la réalisation des tests de valorisation et de souscription et rachat.

- Les avis d’opéré : c’est document qui regroupe toutes les opérations de vente, d’achat et de pension de l’exercice.

- Le document MAROC CLEAR : le dépositaire central des titres fourni un document qui regroupe toutes les informations et les caractéristiques des titres sur le marché.

- Les relevés bancaires et les états de rapprochement : pour la validation des ERB et vérifier l’exhaustivité et l’exactitude des comptes bancaires de l’OPCVM.

1- Contrôle des cycles significatifs :

a- La détermination des cycles significatifs :

Avant de commencer ces travaux de contrôle, l’auditeur doit fixer le montant à partir duquel une erreur ou une anomalie peut affecter l’image fidèle et la sincérité des comptes. Le seuil de signification va ainsi permettre d’identifier les principales zones de risque et définir les l’étendue de ses travaux. Pour les OPCVM, le seuil de signification représente 1% de l’actif net.

Préalablement aux travaux sur les comptes, l’auditeur doit élaborer une revue analytique pour appréhender les éléments significatifs et vérifier la cohérence de l’évolution de la valeur liquidative et la régularité des valorisations par référence à la note d’information.

La vérification et le suivi de l’évolution de la valeur liquidative est effectué sur la base de l’historique des valeurs liquidatives délivré par l’OPCVM.

La revue analytique doit être élaborée en fonction de la classification, de l’orientation des placements et du marché de l’OPCVM.

b- Le capital :

Le capital d’un OPCVM est constitué principalement du capital début d’exercice diminué ou augmenté des rachats et émissions de parts, en plus des commissions et primes qui s’y attachent. Le capital se compose également des différences de change, des plus ou moins values sur les opérations financières, ainsi que les frais de négociation sur titres quand celles si sont exclus de la comptabilité des titres.

Le premier contrôle que l’auditeur est amené à faire est de s’assurer que le capital figurant sur la balance générale est le même si on le reconstitue sur la base d’un test de cohérence.

Pour ce faire, l’auditeur devra :

- Vérifier si les reports à nouveau respectent les décisions d’affectation du résultat,

- Cadrer les comptes de la balance générale avec le bilan,

- S’assurer de la bonne reprise du capital de l’exercice passé,

57

- Analyser et justifier l’évolution des flux composant le capital.

Il faut rappeler que le capital d’un OPCVM se compose des éléments suivants :

+
+
-
-
+
+

+

Capital de début d’exercice

Emission de l’exercice

Rachat de l’exercice

Droit d’entrée et de sortie

Plus values sur les titres

-

Moins values sur les titres

-

Frais d’acquisition/cession

+

Différences d’estimation

+/-

Autres éléments

Après avoir cadré le capital figurant au niveau de la balance avec la somme des flux cités ci- dessus, l’auditeur vérifie la régularité et la conformité des éléments qui composent le capital, à savoir, les souscriptions et rachats, les frais de négociation, les plus ou moins values et l’affectation des résultats.

les plus ou moins values et l’affectation des résultats. Les souscriptions et rachats : Les opérations

Les souscriptions et rachats :

Les opérations de souscription et de rachat ont impact très significatif sur la situation financière et sur le résultat de l’OPCVM. La particularité du secteur des OPCVM est que les porteurs de parts sont libres de vendre ou d’acheter leurs parts dés qu’ils le veulent. Les mécanismes comptables spécifiques au secteur des OPCVM permettent de préserver les intérêts des porteurs de parts et de garantir l’égalité de traitement de leurs demandes de rachat et de souscription. Le commissaire aux comptes, doit en tant qu’organe de contrôle, garantir la règle d’égalité entre les différents porteurs de parts.

58

Les premiers contrôles à effectuer sont des contrôles de cohérence qui consiste à cadrer la valeur liquidative moyenne avec la valeur retenue pour les souscriptions et les rachats.

Pour vérifier l’exhaustivité et le correct enregistrement des souscriptions et rachats, l’auditeur doit d’abord déterminer la taille de l’échantillon qui lui permettra d’avoir une assurance suffisante pour la certification. C’est à partir du jugement personnel de l’auditeur que la taille de l’échantillon est définit. L’auditeur peut utiliser la méthode du scope qui consiste à prendre les opérations du grand livre, les classer par ordre et prendre les montant les plus significatifs de façon à couvrir 70% des opérations de souscriptions et de rachats comptabilisées.

Après avoir choisit son échantillon, l’auditeur s’assure de la bonne comptabilisation et du calcul correct des différentes variables relatives aux opérations de souscription et de rachats. Il s’agit de cadrer les valeurs figurant au niveau des avis de rachat ou de souscription avec les montants comptabilisés.

Généralement, l’auditeur doit vérifier les assertions d’audit suivantes :

- L’exactitude des montants comptabilisés,

- La présentation et bonne comptabilisation des opérations de souscriptions et de rachats,

- La réalité des opérations par le rapprochement des avis de rachat/souscription et de la comptabilité,

- Cut-off

Pour procéder à ces vérifications, l’auditeur est amené à effectuer les tests suivants :

Test sur les souscriptions et les rachats : pour cette partie, on présentera un seul canevas pour les rachats et les souscriptions, mais en réalité on doit effectuer deux tests distincts.

L’auditeur commence par récupérer le grand livre et sélectionner les opérations les plus importantes, jusqu’à couvrir 70% des opérations.

Pour contrôler les l’entrée ou sortie réelle des fonds, l’auditeur récupérer les avis de souscription et de rachat, ainsi que les relevés bancaires relatifs aux dates des opérations afin de vérifier les encaissements et décaissements relatifs et vérifier le respect du principe de cut off.

Opération de souscription :

59

Date de

Nombre de

VL

Montant global

Travaux

souscription

part souscrite

effectués

de souscription

1

2

J/M/N

A

B

A*B





1) avis de souscription

2) relevé bancaire

Le nombre de part souscrite figure au niveau de l’avis de souscription.

La valeur liquidative figure au niveau de l’historique VL remis par le client.

Après avoir vérifié les avis de rachat et de souscription ainsi que la sortie ou entrée effective de fonds, l’auditeur doit s’assurer de la bonne répartition des écritures de régularisations des produits et charges suite aux opérations de souscription et de rachat. L’auditeur doit rapprocher les montants comptabilisés et les régularisations calculées.

Opération de souscription du J/M/N :

 

J/M/N

J+1/M/N

Libellé

Nb parts avant souscription

Nb parts souscrites

 

X

Y

Revenu

   

Total du revenu avant la souscription Régularisation calculée du revenu Régularisation du revenu selon le grand livre Ecart en dh

A

B

C

D

-X : Le nombre de parts avant la souscription (historique VL).

-Y : Nombre de parts souscrites (Avis de souscription ou historique VL).

-A : Le total du revenu avant la souscription figurant au niveau de l’état du bénéfice délivré par le client, à l’exclusion des bénéfices avant répartition.

-B : (A*X/Y).

-C : Montant des régularisations figurant au grand livre (compte 88100).

Après le test sur les régularisations, l’auditeur vérifie un autre paramètre des opérations de souscription et de rachat, à savoir les primes d’émission. Le test sur la prime d’émission est effectué sur la base de l’échantillon retenu au niveau du test des souscriptions.

60

             

Total des

 

Régulari

sations

     

Nombre

Nbre de

Valeur Liquidativ e de la

régularisati ons suite à

la

Prime

Prime

Date de

souscript

ion

de parts

souscrite

parts avt

souscriptio

Nominal

capital

souscrit

Total

Revenu

précéd

ent

propres

au

résultat

d'émissi

on

d'émissio

n selon

Ecart

s

n

veille

souscriptio

calculée

GL

n

précede

nt

j/m/n

A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

K

L

-A, B, C : figurent au niveau de la valeur liquidative.

-E : figure au niveau de la valeur liquidative de la veille de l’opération de souscription.

-G : le montant calculé au niveau du test précédent.

-D : A*C

-F : A*E

-I : A*H/B

-J : F-D-G-I

-G : le montant calculé au niveau du test précédent. -D : A*C -F : A*E

Frais de négociation

Certains OPCVM utilisent la méthode des « frais exclus » pour la comptabilisation des frais relatifs aux négociations de titres. Pour valider l’exactitude et la réalité des frais de négociation, l’auditeur choisit à partir du grand livre un échantillon de commissions payées sur les achats et le ventes de titres. L’auditeur procède par la suite aux contrôles suivants :

Vérification des avis d’opérations pour contrôler la réalité des opérations,

Appliquer les taux de commissions fixé au montant d’achat ou de vente,

Comparer les frais comptabilisés par la société de gestion et les frais calculé par l’application des taux.

Les plus ou moins value :gestion et les frais calculé par l’application des taux. L’audite ur valide ensuite la correcte comptabilisation

L’auditeur valide ensuite la correcte comptabilisation des plus ou moins values réalisées sur les cessions des titres, des opérations à terme

Ce contrôle consiste à cadrer les plus ou moins values sur cessions calculées avec les plus ou moins values comptabilisées au niveau du grand livre.

L’auditeur sélectionne un échantillon couvrant 70% de la population à partir du grand livre et récupère le tableau des opérations ou l’avis d’opéré relatif pour s’assurer de l’existence effective des plus ou moins values sélectionnées. Ensuite, l’auditeur récupère pour chaque opération la dernière valeur ajoutée avant la cession. Le canevas du test de validation des plus ou moins values sur cessions est le suivant :

61

Date

Titre

Quantit

é cedée

Prix

Unitaire

MONTANT

GLOBAL

Prix de

revient en

M/PV DTT en DH

P/Mvalue bg en DH

Ecart DH

 

(X)

DH (Y)

J/M/N

A

B

A*B

C

C-A*B

D

D-C-A*B

-X : prix de revient unitaire figurant dans l’avis d’opéré

-Y : prix de revient figurant au niveau de la dernière VL avant la cession

-C : prix de revient figurant au niveau de la dernière VL avant la cession

-D : plus ou moins value figurant au niveau du grand livre

-D : plus ou moins value figurant au niveau du grand livre Affectation du résultat :

Affectation du résultat :

Il faut rappeler que l’affectation des résultats est un des principaux critères de classification des OPCVM telle qu’affiché au niveau de la note d’information.

L’objectif de contrôle de l’auditeur est de vérifier que l’affectation des résultats se fait conformément à ce qui est annoncé aux épargnants au niveau de la note d’information.

L’auditeur doit contrôler dans un premier temps l’affectation de l’exercice précédent, puis valider celle de l’exercice audité selon l’optique de capitalisation ou de distribution.

62

Affectation du résultat de l'exercice

précédent

Capitalisation - S'assurer que la note d'information ne prévient pas de distribution obligatoire,

- S'assurer que les reports à nouveau

sont conformes aux soldes de l'exercice précédent

Distribution

- A partir du calcul du coupon

unitaire, s'assurer du nombre de parts en circulation au jour de distribution,

- Vérifier que le compte de

régularisation a bien été soldé,

Affectation du résultat de l'exercice audité

Capitalisation - S'assurer de l'abscence l'obligation de distribution,

Distribution

- Vérifier la la ventilation fiscale des revenus bruts ( recoupement avec la

balance),

- S'assurer du montant des frais de gestion engagé,

de

b- Le portefeuille :

La gestion d’actif est l’objet même de l’activité des OPCVM. Selon le type d’OPCVM, l’auditeur devra contrôler plusieurs types d’actifs.

Les contrôles des opérations de porte feuille ont pour objectif de s’assurer de la valeur des titres au niveau de la valeur liquidative et valider le coût de revient des titres.

63

Le premier contrôle à effectuer consiste à valider les quantités, les valeurs unitaires et le coût de revient des titres en rapprochant l’inventaire permanent des actifs de l’OPCVM avec celui délivré par le dépositaire.

Les tests de valorisation permettent de s’assurer de la bonne comptabilisation des titres en porte feuille.

Validation du coût de revient des titres :

Pour valider les coûts de revient des titres en porte feuille, l’auditeur commence par récupérer la valeur liquidative relative à l’exercice audité (31/12/N) et la valeur liquidative relative à l’exercice précédent (30/06/N). L’auditeur devra effectuer ce test pour toutes mes catégories de titres, et constitue un échantillon couvrant plus de 70% de la population pour chacune des catégories. Enfin, pour chacun des titres sélectionnés, l’auditeur récupère les avis d’opéré pour s’assurer de l’existence et l’exactitude des opérations. Le canevas suivant présente les différentes étapes pour la validation du coût de revient.

Pour la bonne compréhension de ce test, on prendra pour exemple le titre A du fond X de l’OPCVM Y.

A

A Date Acquisition   Cession Qté valeur Qté Valeur 30/9/11 9/1/12 400 39 968
A Date Acquisition   Cession Qté valeur Qté Valeur 30/9/11 9/1/12 400 39 968

Date

Acquisition

 

Cession

Qté

valeur

Qté

Valeur

30/9/11

9/1/12

400

39

968 000

16/1/12

100

9 994 172

23/1/12

300

29

980 032

30/1/12

200

19

993 058

2/3/12

 

100

9

993 526

21/3/12