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La transmission de pensée

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K. KEPHREN

LA TRANSMISSION DE PENSÉE

Si nous devions rejeter tout ce que nous ne pouvons expliquer, il resterait bien peu de chose en vérité, et encore, resterait-il quelque chose ?

GREGORY

© www.club-positif.com, 2005, pour la présente édition

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Table des matières

K. KEPHREN

1

PRÉFACE

5

EXPÉRIENCE I

12

EXPÉRIENCE II

14

EXPÉRIENCE III

18

EXPÉRIENCE IV

19

EXPÉRIENCE V

21

EXPÉRIENCE VI

22

EXPÉRIENCE VII

22

EXPÉRIENCE VIII

23

EXPÉRIENCE IX

23

EXPÉRIENCE X

26

EXPÉRIENCE XI

27

EXPÉRIENCE XII

28

EXPÉRIENCE XIII

29

EXPÉRIENCE XIV

37

EXPÉRIENCE XVI

38

EXPÉRIENCE XVII

39

EXPÉRIENCE XVIII EXPÉRIENCE XIX ANALYSE GÉNÉRALE DES EXPÉRIENCES Sur les différentes manières de transmettre une pensée Précautions à prendre pour la vérification des expériences

39

40

42

42

42

2

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Sur les conditions de température convenant

aux expériences

43

Choix des opérateurs et des sujets

44

Sur l'état de santé des sujets

44

Sur la variabilité des succès

45

De la déperdition nerveuse entraînée par les

expériences

48

Rapport entre le sujet et l'opérateur

51

Sur l'extériorisation et la réceptivité nerveuses

52

Sur la façon de penser

57

Sur l'extériorisation propre à chaque personne

60

Rapport entre le caractère et le rayonnement

vital

61

Rapport entre le tempérament et le rayonnement vital

62

Façon psychique de chaque personne de se

manifester

62

Sur la coloration du fluide

63

Phénomènes inattendus se produisant au cours des expériences

64

CONCLUSIONS

65

Existence du rayonnement vital

65

Le sensitif

65

Le

non-sensitif

69

Action curative du rayonnement nerveux sur l'organisme qui le produit

70

La transmission de pensée est un phénomène constant

86

Inconscient et conscient

89

Rôle de l'inconscient dans la vie instinctive 92

Rôle de l'inconscient dans la vie sentimentale

98

Rôle de l’inconscient dans la vie intellectuelle

101

Rôle de l'inconscient chez l'enfant et chez le

vieillard

103

3

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Rôle de l'inconscient chez la femme et chez

l'homme Rôle de l'inconscient dans l'activité de l'artiste et du scientifique Sur le rôle à laisser à l'inconscient dans les

105

107

méthodes de travail

117

Inconscient et morale

123

Inconscient et éducation

129

Inconscient et libre arbitre

134

CONCLUSION

137

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PRÉFACE

La transmission de la pensée sans parole et sans signe visible, comme beaucoup d'autres phénomènes psychiques, n'est pas encore entrée dans le domaine réservé de la science. La plupart des gens cultivés ou non, en parlent avec un sourire moqueur et traitent avec pitié ceux qui font mine d'y ajouter foi. Aussi peu nombreux sont ceux qui ont le courage d'avouer qu'ils croient à sa possibilité, et, rares, ceux qui osent affirmer hautement qu'ils sont convaincus de sa réalité.

Cependant, en un siècle où, journellement, on reçoit, par télégraphie sans fil, des messages venus de l'autre côté de la terre et où l'on soigne les malades à l'aide de rayons que les yeux ne peuvent voir, mais qui traversent les corps opaques et ont une action puissante sur les tissus, il semble que la télégraphie et la communication volontaire d'une image ou d'un désir, sans contact et même à de grandes distances, devraient apparaître comme les faits les plus naturels qui soient. Pourtant, il n'en est rien. Des docteurs, des savants nient encore que des cerveaux puissent exprimer leurs pensées à d'autres cerveaux sans l'aide de l’ouïe ou de la vue ; ils nient encore que les êtres possèdent le pouvoir de pénétrer les sentiments et les émotions de ceux qui se trouvent dans leur voisinage immédiat ou sont éloignés d'eux, grâce à des sortes d'antennes nerveuses qui dépassent la surface de leurs corps et sont douées d'une sensibilité particulière.

Cette hostilité vient, en partie, de ce que beaucoup de personnes s'imaginent voir, dans ceux qui étudient les phénomènes de transmission de pensée, des occultistes, des théosophes ou des spirites plus ou moins déguisés. C'est là une erreur qu'il convient de rectifier. Il n'est nullement besoin, pour concevoir comme possible ou pour expliquer les rapports invisibles qui s'établissent constamment entre les humains, de faire intervenir des influences

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extraordinaires, des entités étranges ou les caprices des trépassés. L'action des parties les plus électriques, si je puis m'exprimer ainsi, de notre organisme y suffit. Et les défenseurs des échanges subtils d'esprit à esprit ne désirent qu'une chose : c'est de leur voir prendre la place qui leur revient dans l'armée des faits courants, contrôlables et contrôlés.

Un des grands arguments employés contre l'existence de la transmission de la pensée sans signes et sans paroles et d'un lieu à un autre, est qu'aucune théorie satisfaisante n'a encore pu l'expliquer. Un tel raisonnement ne saurait suffire à faire nier d'emblée et sans enquête sa réalité ; car tous les phénomènes, sans exception, ont été découverts avant la loi qui les régissait. Les humains ont connu l'obscurité, le vent, les éclipses, avant d'avoir pu en déterminer les causes et les effets. Mais cette ignorance n'empêchait pas l'obscurité, le vent et les éclipses d'être pour eux des sources de sensations et d'impressions dont ils ne pouvaient mettre en doute la force et la précision.

Tous les hommes, sauf un nombre infime d'aveugles, voient la clarté du jour : c'est pourquoi l'humanité entière s'est mise d'accord pour proclamer la splendeur de la lumière. Dans le domaine des relations psychiques, au contraire, la plupart sont aveugles et quelques-uns seulement ont reçu de la nature le don de la sensibilité. Il résulte, de cette disproportion entre les sensitifs et les non- sensitifs, la lutte implacable qui dure depuis des siècles entre ceux qui croient à l'existence du rayonnement vital parce qu'ils le perçoivent avec la même netteté que ceux qui ont des yeux normaux perçoivent les rayons du soleil, et ceux qui n'y croient pas parce que leurs sens psychiques sont trop peu affinés pour leur permettre de prendre conscience des courants impondérables qui s'échappent d'eux ou qui leur viennent de l'extérieur.

Ce combat sans issue, entre ceux qui sentent et croient et ceux qui ne sentent pas et nient, ne pourra prendre fin que le jour où des instruments pourront enregistrer, à n'importe

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quel moment du temps, les émissions cérébrales ou astrales des individus. Jusque-là il en sera toujours qui crieront :

« Admirez l'éclat de l'astre du jour », tandis que d'autres leur répondront : « De quel astre étincelant nous parlez-vous donc ? Il n'est autour de nous que ténèbres et que nuit. »

L'objection la plus fréquente des incrédules, et ils sont nombreux contre la réalité des phénomènes, est qu'ils sont trop extraordinaires pour qu'on y croie sur la foi d'autrui, et chacun déclare qu'il ne peut les admettre sans les avoir constatés « de visu proprio ». Mais comprendre ainsi une science de faits, c'est condamner ceux qui l'étudient au même travail que celui du tombeau des Danaïdes ou de la toile de Pénélope : quand les faits seront-ils acquis si c'est toujours à recommencer ? (1)

Ces réflexions de M. Gasc Desfossés sont l'expression même de ma pensée. En effet, combien de connaissances ne nous inculque-t-on pas, en chimie, en physique, en astronomie, auxquelles nous croyons spontanément, sans jamais songer à en vérifier ou à en constater, de nos yeux, la réalité. Mais, dès que l'on parle de transmission de pensée sans l'aide de mots ou de gestes, tout change. Les visages se tendent avec hostilité, des sourires de dédain ou de pitié courent sur les lèvres, et tous les raisonnements, toutes les affirmations de ceux qui, longuement et patiemment ont expérimenté, se heurtent à une obstination pour le moins injustifiée et extraordinaire.

Nombreux sont ceux pourtant sans – des anciens sur lesquels nous n'avons que des renseignements imprécis – qui, après de laborieuses et persévérantes observations, sont arrivés à se convaincre que des relations invisibles permanentes existent entre les humains, et ont acquis la certitude que la sensibilité ne s'arrête pas aux limites du corps, qu'elle le dépasse, se répand alentour et peut s'étendre à toute l'atmosphère terrestre. Mais il semble que, dans ce domaine, tous les efforts du passé soient vaine et que, comme le disait le texte cité plus haut, il faille toujours tout recommencer.

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Ce n'est pourtant pas que les ouvrages de ceux qui ont étudié ces questions et les ont résolues par l'affirmative manquent d'esprit de prudence, de méthode et d'impartialité. Ceux qui se sont donnés la peine de les lire ont pu s'en aper- cevoir. Car si l'on rencontre l'exaltation, la violence et l'absence de raisonnement c'est, presque toujours, dans les pages des négateurs des phénomènes psychiques qui prennent trop souvent le dédain, la moquerie ou les affirmations méprisantes pour des arguments. Et ce n'est pas parce qu'ils écrivent :

Que la question de la lecture de pensée, de la lucidité, de la double vue est jugée et jugée définitivement (2).

Qu'elle l'est en effet. Aucun argument péremptoire n'a encore été émis contre la transmission impondérable de la pensée, si aucune théorie péremptoire n'est encore venue l'étayer. D'ailleurs quel est le savant qui oserait affirmer qu'un problème scientifique est résolu définitivement.

Depuis que le monde est monde, nous ne voyons en œuvre que les cinq sens, et notre sensibilité est suffisamment armée par ce luxe d'organes récepteurs pour que nous n'ayons aucune raison de supposer un sixième sens ou d'autres encore, établissant de mystérieuses relations fluidiques (3).

À ceci, il est facile d'objecter que, depuis que le monde est monde, les hommes – sentant l'insuffisance de leur cinq sens pour expliquer certaines de leurs impressions ou de leurs sensations qui, à l'évidence, n'en dépendaient pas – ont, au contraire, supposé l'existence d'un sixième. Sans doute est-ce cette perception plus ou moins confuse qu'ils avaient des énergies invisibles de l'Univers qui les a conduits à imaginer l'existence des dieux : sans elle, les religions auraient été vouées à la mort dès leur berceau.

Qu'est-ce que le sens mystique, sinon ce sens qui, par des voies encore inexpliquées, perçoit au-delà de la matière une cité moins tangible, moins visible que celle dans laquelle le corps voit se dérouler son éphémère existence.

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Toutes les religions, et surtout les plus anciennes – comme si, en vieillissant, l'Humanité perdait peu à peu la sûreté de son instinct – ont mis au premier plan les activités insaisissables du monde, prêchant le silence, la méditation et l'isolement qui sont, en effet, les conditions essentielles pouvant permettre aux énergies nerveuses de s'évader de leur prison tangible, de communiquer avec les courants psychiques des autres hommes et de prendre contact avec l'essence des choses. Car, depuis les premiers âges, les vivants ont porté en eux la certitude qu'il était des fluides qui les entouraient, les traversaient, ne cessaient d'emplir l'espace et d'y exercer leur influence. Et c'est parce que cette certitude repose sur des faits réels que les affirmations méprisantes où les raisonnements simplistes de quelques négateurs qui, pour la plupart ont peu ou pas expérimenté, ne parviennent pas à l'ébranler.

Mais, pendant que les esprits qui se croient forts écrasent de leur dédain ceux qu'ils considèrent comme des victimes de leur crédulité, des chercheurs continuent patiemment à creuser le sillon d'un long et modeste labeur. Et c'est à la suite de ces travailleurs, de ces conquérants de la vérité que, délibérément et sans crainte des moqueries ou des sarcasmes, je viens aujourd'hui me placer. Cet ouvrage n'a d'autre but que d'apporter une modeste pierre à l'édifice qui, en dépit des sceptiques, se construit lentement au cours des siècles ; car tous ces pouvoirs, toutes ces énergies, encore mal étudiés, mal définis, que nous portons en nous, appartiendront sans nul doute à la science de l'avenir.

Deux années de patientes recherches et d'expériences assidues, conduites avec méthode et dans l'unique but de me rendre compte si, oui ou non, il existait en nous un rayonnement pouvant dépasser notre forme matérielle, sentir et agir en dehors d'elle, m'ont convaincue qu'il existait en effet. C'est cette conviction que je veux exprimer ici, non pour la communiquer à d'autres, car, je le sais, c'est impossible, et le doute persiste toujours là où l'on n'a pas, soi-même, expérimenté, mais pour apporter des faits à ceux

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qui tentent d'expliquer par des théories les phénomènes psychiques, ce que mes connaissances personnelles ne me permettent pas de faire.

C'est du grand nombre de documents fournis par ceux qui, sincèrement et sans parti pris de négation ou d'affirmation, cherchent à forcer le mystère dans son repaire et tentent de lui arracher quelques-uns de ses secrets que naît un jour la vérité qui s'impose à tous.

Ceux qui penseraient trouver dans les pages qui vont suivre, non du merveilleux – car tout est merveilleux, depuis la germination d'une graine jusqu'au fonctionnement de la plus quelconque de nos cellules – mais du surnaturel, feront mieux de cesser à l'instant leur lecture. Mais que ceux qui travaillent et luttent pour la science les lisent. Ils y trouve- ront, je l'espère, des suggestions utiles. Et, peut-être entreverront-ils, grâce à elles, la possibilité de faire mieux et d'aller plus avant dans la contrée encore un peu voilée mais au sol ferme et dur dans laquelle j'ai aventuré mes pas.

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PREMIÈRE PARTIE

Les personnes qui ont participé aux expériences

Le mieux que je puisse faire maintenant est de vous présenter les personnes qui ont pris part aux expériences que je vais relater.

1 ° E

– Santé vigoureuse. Vie intérieure mobile et

nuancée, mais parfaitement disciplinée par un esprit pondéré, positif et clair en tout ce qui concerne les choses de

l'intelligence. Très sensible au rayonnement psychique. Est à la fois très bon opérateur et très bon sujet ;

2 ° M. L

– Hérédité nerveuse. A souvent, en causant,

de véritables absences. Malgré cela grand sens positif et organisme vigoureux. Elle a un très fort rayonnement et s'extériorise beaucoup, ce qui fait d'elle un excellent opérateur ;

– Très nerveuse mais peu influençable. Elle

s'extériorise facilement, est un bon opérateur mais un sujet moyen ;

3 ° H

4 ° M

– Tempérament apathique. A souvent une

impression de dispersion de sa personnalité dans l'espace. Vive imagination. Très suggestible. Elle peut être endormie

facilement. Est un opérateur médiocre mais un assez bon sujet ;

5 ° G

– Tempérament extraordinairement calme. Est

au-dessous de la moyenne comme puissance vitale. N'a aucune imagination. Elle ne connaît des phénomènes psychiques que ce que je lui en ai dit, et les trouve aussi

naturels que la lumière ou le vent. Est mauvais opérateur mais bon sujet ;

– Bonne santé. Grande sensibilité psychique.

Grand sens critique ; elle s'analyse parfaitement bien.

6 ° B

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Rayonnement nerveux moyen mais très égal. Elle est bon sujet et opérateur moyen dans les expériences à échéance immédiate. Au contraire, dans les essais de longue durée, elle a une forte activité invisible ;

7 ° Moi. – Bonne santé. Extrêmement mobile dans le domaine des sensations et des sentiments, mais très pondérée et très logique dans celui de l'intelligence. Je crois savoir bien m'analyser, pratiquant sur moi-même, depuis des années, l'auto-observation. Je suis un opérateur et un sujet très inégal suivant les jours.

EXPÉRIENCE I

Ordonner mentalement le sujet en plaçant les mains sur ses omoplates

Mon premier essai fut celui, classique, d'attirer à moi le sujet en plaçant les mains sur ses omoplates. Cela est facile et réussit en général vite et bien, même avec des sensitifs moyens. Mais en raison de son uniformité cette expérience présente peu d'intérêt. Aussi, dès le début de mes études psychiques, l'ai-je compliquée en ordonnant mentalement au sujet de tomber, soit en avant, soit à gauche ou à droite. Au bout de peu de jours le sujet sentait de façon presque immédiate et absolument claire l'ordre que cherchait à lui transmettre l'opérateur.

Les résultats obtenus étaient excellents. J'avais, d'une part, la certitude de ne manifester ma volonté à mon sujet par aucun tressaillement de mes doigts ; d'autre part la progression continue de la sensibilité du sujet dans la perception de la pensée qui lui était communiquée m'incitait à croire que, s'il n'avait perçu le mouvement voulu par l'opérateur que par des indications musculaires, il en aurait saisi la direction aussitôt, ce mode de sensation lui étant familier.

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Quelques doutes

Cependant des doutes me restaient quant à la possibilité de transmission d'un désir par seule voie nerveuse ; car des mouvements imperceptibles peuvent se produire dans les membres de l'opérateur sans qu'il s'en aperçoive, et la sensibilité cutanée du sujet peut se développer et devenir plus consciente d'influences légères qui viennent l'affecter.

Dans de telles conditions il m'était impossible de vérifier si un rayonnement quelconque jouait un rôle dans les expériences que je renais de tenter. Aussi décidai-je de les reprendre, sans contact.

Ordonner mentalement le sujet en plaçant les mains à quelques centimètres de ses omoplates

Le sujet devait se tenir debout, passif, les yeux clos, tandis que l'opérateur, les mains à une vingtaine de centimètres de ses omoplates, faisait le geste de le repousser, de l'attirer ou de l'entraîner à droite ou à gauche.

Les premiers essais de ce genre donnèrent des résultats irréguliers. Le sujet sentait nettement le rayonnement des mains de l'opérateur, mais ne parvenait qu'avec assez de peine à sentir la direction qu'il cherchait à lui imprimer. Cependant, après une ou deux semaines d'entraînement journalier, le sujet obéissait à la volonté de l'opérateur, ainsi transmise, à peu près aussi exactement que lorsqu'elle lui était communiquée par le contact de ses paumes contre son dos.

Espace augmenté entre l'opérateur et le sujet

Ce résultat était extrêmement intéressant, mais je voulus le parfaire encore, et j'augmentai l'espace qui séparait le sujet de l'opérateur, cela jusqu'à une distance de plusieurs mètres. Au bout de quelques jours d'efforts l'ordre était

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perçu aussi exactement que précédemment. Enfin, cessant de tendre les mains dans la direction du sujet, l'opérateur pensa seulement à l'influencer par son rayonnement invisible, et, avec une proportion de réussites légèrement moindre, les mêmes effets qu'auparavant se produisirent.

Note. – Un jour, me préparant à attirer ma sœur qui était debout, passive et les yeux clos devant moi et me tournant le dos, j'eus soudain l'idée de jouer du piano sur elle et fit, dans l'air le geste de faire courir les doigts sur un clavier. Elle s'écria aussitôt avec étonnement : « Que fais-tu donc, il me semble que tu joues du piano sur mon dos, je sens tes doigts se mouvoir sur moi comme si j'étais un clavier. » Cette expérience non prévue a une plus grande valeur de démonstration que les autres, car, alors, l'attention expectante du sujet ne pouvait jouer aucun rôle.

EXPÉRIENCE II

Ordonner mentalement le sujet en plaçant la main sur une de ses épaules puis à quelques centimètres

Ma seconde expérience consista à poser la main sur une des épaules du sujet et à le conduire, sans aucun mouvement volontaire, jusqu'à un des sièges de la pièce.

Au bout de peu de jours, la réussissant parfaitement, je réduisis le contact de l'opérateur avec le sujet à un seul doigt ; puis cet effleurement fut supprimé, la main placée à quelques centimètres de l'épaule, et, enfin, l'ordre fut transmis par la seule volonté qu'avait l'opérateur de se rendre psychiquement auprès du sujet et de le conduire par l'épaule, avec sa propre main invisible jusqu'au point de la chambre choisi par lui.

Au bout de quelques semaines d'entraînement le sujet obéissait correctement aux suggestions ainsi faites. Le mieux, pour donner au lecteur une impression exacte de la

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marche et des résultats de mes expériences, est de les relater telles qu'elles sont inscrites sur mes fiches.

Guider mentalement le sujet vers un siège choisi

Je copie donc :

Fiche, mars 1917. – Moi, opérateur ; E

, sujet.

1 er essai.

– Résultat exact.

2e

3 e

4e

5 e

– E

se dirige d'abord vers le siège

auquel je pense, puis s'assoit à côté. Je lui déclare qu'elle s'est trompée. Elle se remet au milieu de la pièce et, cette fois, va s'asseoir directement sur le siège voulu.

6e

– Résultat exact.

7 e

8e

9 e

Fiche, 28 mars 1917. – M. L

opérateur ; E

, (La pièce où nous sommes contient 7 sièges.)

,

sujet

M. L

pense mentalement à faire asseoir E

sur un

des sièges de la pièce. E

expériences. Elle sent comme une main dont les doigts s'impriment sur son dos et son épaule et la guident vers le siège choisi.

réussit aisément toutes les

Fiche, 27 mars 1917. – M. L

Cinq fois de suite M. L

,

opérateur ; Moi, sujet

pense mentalement me

conduire vers un siège. J'y vais sans hésiter. Je la sens très

fortement.

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Fiche. 27 mars 1917. – H

H

,

opérateur ; Moi, sujet.

la main à 10 centimètres environ de mon épaule,

, me conduit aisément où elle veut.

Même expérience avec les mains de H

à 10

centimètres environ de mes omoplates. Je sens son

rayonnement mais ne peut percevoir où il me conduit.

D'ailleurs H

avoue qu'elle ne peut concentrer sa pensée.

Lorsque des personnes qui ne participent pas à l'expérience arrivent

Fiche, 28 mars 1917. – M. L sujets.

, opérateur ; E

et moi,

M. L

pense à nous conduire toutes deux sur le même

siège, puis sur des sièges différents ; 8 essais successifs réussissent parfaitement.

Note. Deux personnes entrent dans la chambre où nous expérimentons. Dès ce moment nous ne pouvons plus du tout sentir M. L

Résultats parfaits

Fiche, 31 mars 1917. – Moi, opérateur ; E

,

sujet.

Plusieurs tentatives faites pour conduire E donné réussissent parfaitement.

à un siège

Fiche, 1er avril 1917. – Moi, opérateur ; E

sujet.

Plusieurs essais faits pour faire asseoir E sièges donnés donnent des résultats parfaits.

sur des

Cette sèche citation de notes peut paraître fastidieuse. Cependant je l'ai crue nécessaire pour montrer que les essais de transmission par seule concentration mentale donnaient, après entraînement, des résultats sensiblement égaux à ceux que donnent ceux que l'on fait avec contact.

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Cette même expérience de conduire mentalement le sujet à un siège donné à été tentée encore : d'abord d'une chambre à l'autre, ce qui a donné des résultats identiques à ceux obtenus lorsque l'opérateur et le sujet se trouvaient dans la même pièce, et ensuite l'opérateur étant distant du sujet de 1 kilomètre environ. Je copie mes notes y ayant trait.

Ordonner mentalement et à distance à une heure convenue

, (Dans la chambre 7 sièges, dont un très grand sofa.)

Fiche, 31 mars 1917. – Moi, opérateur ; E

sujet.

Étant à la maison je concentrai ma pensée, à l'heure

convenue entre nous, pour conduire E faire s'asseoir au milieu.

Contrôle. – À l'heure indiquée E

jusqu'au sofa et la

se met debout au

milieu du bureau, ferme les yeux et reste passive. Au début elle sent assez mal ; puis, tout à coup, elle sent mes mains se poser sur ses épaules et la tirer vers le sofa. Plusieurs fois elle se remet au milieu de la chambre et, chaque fois, elle se sent tirée fortement vers le sofa. À peine assise elle sent que je l'enfonce sur ce siège avec mes mains fluidiques. Et, toujours, elle s'assied au centre du sofa, ce qui est mon désir.

Expérience avec une personne sans entraînement

Fiche, avril 1917. – M. L

À l'heure convenue M. L

,

opérateur ; Moi, sujet.

pense, d'abord, à me faire

asseoir sur le sofa, ensuite sur un fauteuil, et enfin à me faire prendre un livre sur la table et à le poser à terre. Ce dernier

acte n'était nullement prévu, vu que nous n'avions encore jamais fait d'essais de ce genre.

Contrôle. – À l'heure indiquée je me mets debout, en état passif au milieu du bureau.

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Je fais d'abord un tour dans la chambre et vais m'asseoir sur le sofa ;

2 ° 6 fois de suite, je me remets au milieu de la pièce et retourne sur le sofa ;

3 ° Je me dirige vers le fauteuil pensé, je m'y arrête mais sans m'y asseoir ;

4 ° Je suis ensuite attirée vers la table, puis ne perçois plus rien de précis.

Comme on peut le voir, cette dernière expérience tentée avec une personne sans entraînement, a donné des résultats flous, mais non, à proprement parler, incorrects. M.

L voulait me faire asseoir sur le sofa, je l'ai fait ; elle

voulait me conduire sur un fauteuil, ce que je n'ai pas entièrement accompli puisque tout en m'étant rendue auprès de lui je ne m'y suis point assise ; et enfin si je n'ai pas pris de livre sur la table pour le poser à terre comme elle le désirait, du moins ai-je partiellement obéi à sa volonté, puisque je suis allée jusqu'à la table. Aussi, pour si imparfaite qu'elle ait été, cette expérience n'en est-elle pas moins instructive en ce qui concerne la transmission de pensée à distance.

EXPÉRIENCE III

Conduire mentalement le sujet vers une place précise

L'opérateur se mettait dans un endroit quelconque de la pièce, immobile et muet. Le sujet, debout, passif et les yeux clos, au milieu de la chambre, devait se laisser conduire vers la place où il se sentait attiré.

Remarque : Cette expérience n'est pas concluante quant à la transmission de pensée par voie impondérable, parce qu'on peut toujours invoquer qu'un craquement imperceptible du plancher ou le murmure de la respiration

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ou tel autre bruit léger peut guider le sujet dans sa recherche. Cependant, ayant été moi-même sujet fort souvent dans ce genre d'expériences, je puis certifier que lorsque je me rendais vers l'opérateur je n'étais pas du tout guidée par des bruits (car lorsque je percevais le moindre heurt, le moindre frémissement ou le moindre souffle j'arrêtais aussitôt l'expérience), mais parce que je sentais dans l'espace une sorte de courant, ténu mais perceptible à ma force nerveuse attentive, qui venait à moi et m'attirait vers le point de la salle où se trouvait celui ou celle dont la volonté m'influençait.

EXPÉRIENCE IV

Suggérer mentalement au sujet un acte quelconque

Les mains sur les omoplates du sujet, l'opérateur devait suggérer à ce dernier un acte quelconque : prendre un livre, l'ouvrir et le mettre sur un autre meuble, jouer du piano, se mettre à la fenêtre, etc. Au bout de quelques jours les résultats obtenus étaient immédiats et parfaits. Je reproduisis ensuite ces mêmes expériences par la seule concentration de pensée.

Pour donner une idée de nos résultats par ce dernier procédé, je copie le texte de quelques-unes des fiches que j'ai sous les yeux.

Fiche, 26 mars 1917. – M. L tour à tour sujet.

, opérateur ; E

et moi,

M. L

assise dans un coin de la pièce nous suggère

mentalement des actes à accomplir. E

suggestions, debout, passives et les yeux clos.

et moi, recevons les

Sur trente essais successifs, un seul échec.

Ces mêmes expériences reprises, l'opérateur étant dans une chambre et le sujet dans l'autre donnent des résultats aussi excellents.

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Note. – M. L

a une puissante extériorisation et est un

opérateur de premier ordre.

Fiche, 27 mars 1917. – M. L

M. L

,

opérateur ; Moi, sujet.

me commande mentalement des actes et des

gestes. Je la sens très bien et tous nos essais ont un plein

succès.

Fiche, 7 janvier 1928. – B

sujet.

B assise pense à ce qu'elle

veut suggérer à R

B

veut que R

s'asseoir sur un coussin ;

aille

2 ° B

veut que R

ouvre la

porte de l'alcôve ;

3 o B

veut que B

aille

prendre le pierrot qui est sur le divan ;

4 ° B

veut que R

se rende

près du mannequin ;

5 ° B

veut que R

prenne le

pot de fleurs qui est sur la table ;

,

opérateur ; R

(4 ans),

R

fermés, debout au milieu de la chambre. (Ce jeu l'amuse

beaucoup.)

est passif, les yeux

Après quelques instants

d'hésitation R

accomplit

cet acte.

R va vers la porte de

l’alcôve et ouvre celle qui est à côté.

À peine B

que H

attend de lui et le fait.

a-t-elle pensé

lui déclare ce qu'elle

R

R

le fait aussitôt.

le fait aussitôt.

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La transmission de pensée

La transmission de pensée

6 ° B

un vase en argent qui est sur une table et le lui donne ;

veut que H

prenne

R déclare qu'il doit prendre

un objet (hésitation)

et ne sent pas davantage.

vase

un

B voyant que R

est fatigué arrête là les expériences.

EXPÉRIENCE V

Découvrir le chiffre pensé par l'opérateur

L'opérateur devait mettre le doigt de la main droite sur l'épaule du sujet en pensant à un chiffre que ce dernier devait découvrir.

Les premiers essais donnèrent des résultats irréguliers.

Mais après quelques jours d'entraînement, le sujet disait sans hésitation le chiffre pensé par l'opérateur.

L'expérience fut faite ensuite sans contact, par la seule fixation du regard de l'opérateur entre les omoplates du sujet. Les succès ainsi obtenus furent des plus intéressants.

Fiche, 1917. – Moi, opérateur ; A

A et H

et H

,

sujets.

sont debout devant moi, l'un à 5 mètres et

l'autre à 10 mètres de moi. Ils sont tournés dans le même sens que moi.

Je fixe les omoplates de celui qui est le plus près de moi et pense à leur communiquer à tous deux le chiffre 3.

Au bout de 3 à 4 secondes environ, tous deux dessinent correctement un 3 avec leurs dos, mais l'un le trace dans le bon sens et l'autre à l'envers. Tous deux déclarent sans hésiter, que je pense à un 3.

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Note. Ni l'un ni l'autre n'ont jamais fait aucune expérience.

EXPÉRIENCE VI

Décrire la nature et la taille d'un objet sans le voir

Un objet étant placé par l'opérateur à 10 centimètres environ du dos du sujet, ce dernier, debout, passif et les yeux clos, devait décrire la nature et la taille de cet objet. Mais cette expérience nous semblant devoir nécessiter un très long entraînement, nous ne l'avons pas poursuivie.

EXPÉRIENCE VII

Trouver ce que l'opérateur est en train de penser

Ayant les mains sur les omoplates du sujet, l'opérateur pensait à un objet ou à un animal ; le sujet devait dire lequel.

Voici quelques notes prises pendant la durée de ce genre d'expérience.

Fiche, 13 avril 1917. – E

,

opérateur ; Moi, sujet.

Côté E

Côté Moi

1° Chien

C’est un chien

2° Chameau

C’est un animal très gros qui marche lourdement, sans doute un éléphant

3° Perroquet

C’est un oiseau mais je ne puis dire lequel

4° Chat

C’est un chat

5° Cygne

C’est un oiseau qui marche lentement, avec un air fier, content de lui

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La transmission de pensée

La transmission de pensée

Je sens mal et ne peux rien dire

6° Cheval

E se sent lasse

Remarque. Les réflexions du sujet sont, bien que souvent incomplètes, extrêmement intéressantes à cause du rapport étroit qui existe entre elles et les qualités ou défauts de l'animal pensé.

Ces mêmes expériences faites sans contact entre l'opérateur et le sujet, ont donné des résultats à peu près identiques.

EXPÉRIENCE VIII

Se mettre psychiquement près du sujet

L'opérateur pensait à se mettre psychiquement soit devant, soit derrière ou soit à gauche ou à droite du sujet debout, passif et les yeux clos.

Remarque. – Un jour, au cours d'une expérience de ce genre, tentée en société, entre moi et une des personnes présentes, un des assistants, secrètement, tenta, lui aussi de venir fluidiquement auprès de moi. Je déclarai aussitôt, avec étonnement, que j'avais l'impression de sentir contre moi la lutte de deux forces à peu près égales, dont l'une ne parvenait pas à vaincre l'autre. La personne qui avait pensé en cachette avoua alors qu'elle avait aussi voulu envoyer son double invisible auprès de moi, et me témoigna sa stupéfaction que j'aie pu ainsi déceler son dessein.

EXPÉRIENCE IX

Décrire un parcours pensé par l'opérateur

L'opérateur, les mains sur les omoplates du sujet, suivait dans sa pensée un parcours que devait décrire, à

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mesure, le sujet.

Au bout de peu de jours cette expérience était parfaitement réussie. Elle fut alors reprise, sans contact, l'opérateur se tenant debout derrière le sujet ou restant simplement assis. Les résultats ainsi obtenus furent, h peu de chose près, aussi précis que les précédents.

Je copie quelques fiches concernant ce genre de transmission.

Fiche, 12 avril 1917. – Moi, opérateur ; E (Aucun contact).

, sujet

1 ° Je pense à sortir de la

chambre, où nous nous trouvons et à aller m'asseoir dans un fauteuil de la salle

à manger ;

2 ° Je pense à sortir de la chambre, à ouvrir la porte de l'appartement, à descendre l'escalier et à m'arrêter à la porte d'allée ;

Je pense à ouvrir un placard déterminé (à la maison il y en a 34), à prendre mon chapeau, à le mettre devant la glace, à

ouvrir le tiroir d'en haut de la commode, à le refermer,

à sortir, à aller sur le cours Morand en prenant l'avenue, à monter chez H.

H et à m'étendre sur son

Réponse exacte.

Réponse exacte.

E suit exactement à

mesure tout le trajet que je

suis dans ma pensée, de même qu'elle me décrit avec précision tous les actes

qui ont précédé ma sortie.

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La transmission de pensée

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sofa ;

   

4° Je pense à prendre mon

E

suit exactement le trajet

chapeau dans le placard, à le mettre, à sortir, à suivre le cours Morand, puis la place Morand, à m'engager

que

parcourt ma pensée.

sur

le quai, à traverser le

   

pont du Collège, à suivre la

rue

de la République, la rue

des archers et à aller chez

J

;

Je pense à m’habiller, à sortir, à suivre la place Morand, à traverser le pont Morand, à passer sous le passage du théâtre, à

monter à l’Hôtel de Ville, à

E

sent parfaitement ma

pensée et décrit très bien

ces

actes successifs.

 

entrer au service de C

,

à

lui

serrer la main, à aller au

vestiaire et à me mettre à la fenêtre qui donne sur la

place.

 

Même expérience, E

,

opérateur ; Moi, sujet.

1° E

pense à prendre son

manteau, à s’habiller, à sortir, à suivre le cours Morand, puis le cours Vitton, à monter chez R puis à sonner et à repartir parce qu’elle ne trouve personne ;

2° E

la place Morand, à traverser le pont, à arriver à la place

,

pense à sortir, à suivre

Je suis exactement à mesure ce parcours

Je prends la rue Lafont au lieu de la rue Puits-Gaillot pour me rendre au Musée.

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La transmission de pensée

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de la Comédie, à s’engager dans la rue Puits-Gaillot, et à monter au Musée.

Tout le reste est exact.

EXPÉRIENCE X

Dire où se trouve l'opérateur sans le voir

L'opérateur cherchait à se faire voir au sujet dans un point quelconque de la pièce dans laquelle ils se trouvaient.

Fiche, 15 août 1917. – Moi, opérateur ; E

, sujet

1° Je pense à m’appuyer sur

E

me sent et me voit faire

, m’éloigner et à aller m’asseoir sur le sofa jaune ;

le dos de E

puis à

exactement ces différentes actions.

2° Je pense à tourner autour

E

sent et voit très bien tous

, à m’y arrêter quelques secondes et à aller vers la porte.

d’E

à passer à sa gauche,

ces

mouvements.

VARIANTE

Trouver la personne imaginée par l'opérateur

L'opérateur imaginait une personne connue d'elle et du sujet, et se la représentait immobile dans un point de la chambre ou y évoluant. Le sujet devait dire ce qu'il voyait.

Fiche, 5 mars 1917. – Moi, opérateur ; E (d'abord non prévenue de l’expérience).

, sujet

J'imagine, assis sur un des sièges de la chambre, M.

X que connaît E

déclare avec étonnement qu'elle croit voit M. X.,. sur la chaise où, précisément je me le représentais assis. Je songe

Au bout de une à deux minutes E

me

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La transmission de pensée

alors à faire se lever M. X

chambre. Chacun des mouvements que j'imagine sont

décrits avec exactitude par E

et à le faire évoluer à travers la

Ça marche aussi avec une personne non entraînée

Fiche, mars 1917.

Une de nos amies, M

(non entraînée), vient nous

voir. Nous tentons avec elle quelques expériences. Nous nous représentons successivement plusieurs personnes de sa

connaissance et les imaginons près de nous, sans qu'elle

parvienne à rien voir ni à rien sentir. E

l'opérateur et de penser elle-même fortement et clairement à

quelqu'un, Deux essais tentés réussissent parfaitement.

la prie alors d'être

Fiche, 13 mars 1917.

H (non entraînée) pense à une de nos amies

communes et la situe à côté d'elle. E le nom de la personne à laquelle H place avec exactitude.

presque aussitôt, dit pensait et décrit sa

Je pense ensuite à M. Z

et l'imagine en un point me dit aussitôt qu'elle voit M.

déterminé de la chambre. H

Z dans l'endroit de la pièce où je l'imaginais.

EXPÉRIENCE XI

Décrire une personne imaginaire

L'opérateur pensait à une personne imaginaire que le sujet devait décrire. Je n'ai fait que deux ou trois expériences de ce genre qui, du reste, ont donné des résultats intéressants.

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EXPÉRIENCE XII

Se faire sentir et se faire voir mentalement

L'opérateur devait se faire sentir et voir au sujet qui se trouvait dans une pièce voisine.

Fiche, 12 août 1917. – Moi, opérateur ; E

E étant dans une salle éloignée de la mienne, je pense

, sujet.

que je me rends au lieu où elle se trouve et que je m'assois sur l'un des sièges.

1 ° Je pense à m'asseoir sur le banc, vers la fenêtre ;

E me voit occuper cette

place.

E

me voit à l'endroit pensé.

E

me voit en cet endroit.

E

m'a vue m'accouder sur

la table, mais au lieu de ma

tête elle a vu mon bras

gauche se pencher vers elle.

2 ° Je pense à m'asseoir en

face d'E

,

vers la porte ;

3 ° Je m'assois vers la deuxième fenêtre ;

4 ° Je pense à aller m'accouder sur la table d'E et à me soulever légèrement pour tendre la tête vers elle.

Fiche, 16 août 1917. – Moi, opérateur ; E

E et moi sommes dans deux bureaux séparés par une

, sujet.

vingtaine de mètres.

1° Je pense à m’asseoir sur la banquette de la pièce dans laquelle se trouve E

;

Des personnes venues juste à ce moment, font oublier à E que nous tentions une expérience. Mais, soudain,

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2° Je pense à m’asseoir sur un des sièges mais ne puis parvenir à concentrer ma pensée ;

3° Je pense à me mettre

contre E

la tête et la figure ;

et à lui toucher

étant en train de causer, elle lève les yeux vers le siège ou j'imagine me trouver et elle

m'aperçoit, avec, sur le visage,

une expression de

mécontentement qui lui rap- pelle que je devais venir me manifester à elle.

E a l'impression de sentir

mal, et se trompe eu effet.

E me sent devant elle, vers la

table. Elle pense que je dois

être sur sa tête, car elle y sent

des souffles ainsi que sur son

visage.

EXPÉRIENCE XIII

Se faire sentir ou suggérer un acte à distance

L'opérateur devait chercher à faire sentir sa présence ou à suggérer un acte au sujet qui était éloigné de lui et ne savait pas qu'il tentait sur lui une expérience.

Fiche, 6 août 1917. – E

opérateur ; Moi, sujet (non

, E

, prévenue). À 1 kilomètre de distance.

À 16 heures moins 20, étant à X

pense pendant 4

minutes qu'elle est devant moi. Elle a d'abord la sensation que je ne la vois pas, puis elle a soudain l'impression que je sens vaguement sa présence. Elle me sent assise.

Contrôle, – À ce moment-là je faisais moi-même une

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expérience qui retenait fortement mon attention. À 16 heures moins 20, j'ai eu soudain la sensation d'être gênée pour concentrer ma pensée et de me heurter à une force

contraire qui me contraint d'arrêter mon essai. Mais je n'ai

pas songé à E

Ordonner mentalement le sujet à regarder l'heure

Fiche, 8 août 1917. – E prévenue).

,

Dès 9 heures du matin, E

songe qu'elle fera à 11 heures

une concentration pour se

faire sentir à moi qui me trouve à 1 kilomètre de là.

À 11 heures moins 10, elle

cherche à me faire songer à

elle et veut que je regarde

l'heure.

opérateur ; Moi, sujet (non

À 10 heures, je pense

subitement qu'E une expérience.

a dû tenter

À 11 heures, je regarde

plusieurs fois de suite, sans raison, la pendule.

Fiche, 6 mars 1917. – Moi, opérateur ; E sujet (non prévenue).

Variante. – 9 heures ½. Je pense à rendre visible pour

E qui se trouve à

1 kilomètre de là, une personne connue d'elle, désirant qu'elle sente un souffle froid sur son visage et qu'elle regarde l'heure.

À 9 heures ½, E

sent un sou

Se faire sentir à distance

Fiche, 21 septembre 1917. – E (non prévenue).

À 11 heures moins 20, E

,

opérateur ; Moi, sujet

À 11 heures moins 1/4, je

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La transmission de pensée

fait une concentration pour me faire penser à elle.

Elle éprouve la sensation de réussir et s’arrête de penser à 11 heures moins 10.

pense tout à coup à E

que mes pensées soient dirigées dans un tout autre sens.

Mon cerveau semble se vider et je ne puis m'empêcher de la voir devant moi. Au bout de quelques moments je ne sens plus aucune influence.

bien

Fiche, septembre 1917. – E (non prévenue).

À une heure déterminée, E

cherche à se faire sentir à

moi qui suis en un autre point de la ville.

,

opérateur ; Moi, sujet

À l'heure de sa concentration je suis en train de chercher un

mot sur le dictionnaire. J'ai d'abord l’impression d'un vague malaise, la sensation de ne plus pouvoir fixer mon attention sur ce que je fais. Finalement j'éprouve une forte certitude de présence et,

tout à coup, je vois E

côté. Je note l'heure qui, après vérification, concorde

exactement avec celle de son expérience.

à mon

Lorsque la concentration n'est pas totale

Fiche, 18 septembre 1917. – E (non prévenue).

À 12 heures moins 25, E

essaye de me faire penser à elle. Mais elle a de la peine à concentrer sa pensée et croit que je suis occupée.

,

opérateur ; Moi, sujet

Je n’ai rien senti, étant occupée à causer avec plusieurs personnes.

31

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La transmission de pensée

À 12 heures 20, elle s'arrête

de songer à moi.

Toucher le front du sujet à distance

Fiche, 1925. – Moi, opérateur ; B

sujet (non

, prévenue). À 1 kilomètre de distance environ.

1° Un soir, avant de me coucher, je pense à

concentrer ma pensée sur

E pour qu’elle me sente lui

caresser le front. Je pense un

quart d’heure environ.

2° Le lendemain je tente la même expérience.

B qui était au lit à l’heure de

ma concentration, a eu tout à coup la sensation très forte de ma présence. Elle croyait avoir mon visage contre son

visage et a senti mes lèvres sur son front.

Aucun résultat.

Attirer mentalement le sujet à venir sur place

Fiche, 29 décembre 1918. – Moi, opérateur ; E (non prévenue). D’une pièce à l’autre.

Je concentre ma pensée sur

E pendant un quart d’heure

, sujet

E occupée à un travail

urgent qui demande toute

son attention, éprouve tout à

coup le vif désir de venir auprès de moi. Elle s’étonne de cette pensée en un pareil

moment. Elle s’efforce de la chasser de son esprit. Mais

elle renaît obstinément sous

toutes sortes de formes. Enfin elle se donne à elle- même mille bonnes raisons de quitter son travail et de venir auprès de moi, ce

je lui suggère mentalement de

venir me voir. Au bout de ce temps j’arrête ma concentration, croyant que mes efforts ont été sans action.

À peine me suis-je arrêtée de

vouloir qu’elle arrive.

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qu’elle finit par faire.

Se faire sentir à distance

Fiche, 22 avril 1927. – B

opérateur ; Moi, sujet (non

, prévenue). Séparées l’une de l’autre par 1 kilomètre environ.

À minuit, B

se mettre psychiquement à côté de mon lit et veut que je

la sente.

pense à venir

À minuit et quart, venant de me coucher, je sens sur la droite de mon front un fluide doux, mais net et très électrique. Je m’efforce de sentir d’où il vient mais ne découvre pas la personne qui me l’envoie.

Fiche, 24 avril 1927. – Moi, opérateur ; B (non prévenue). À 1 kilomètre de distance.

Je songe, en m’endormant, à me réveiller à 2 heures du matin, pour aller vers B

, l’embrasser et me mettre tout à fait contre elle.

En pleine nuit, je me réveille en effet et pense à B

, comme je le désirais. Au bout d’un instant, je sens son fluide arriver sur moi, ce qui me donne la certitude de la réussite de mon expérience. Je pense à peu près 10 minutes

Aux environs de 7 heures 1/2 du matin, je sens tout à coup venir à moi la pensée de B se rappelant ce qu’elle a senti

, sujet

Au milieu de la nuit, à 1

heure environ, B

réveillée, me sentant contre elle, entre ses bras, lui donnant la même sensation de réalité que si j’y étais tangible et vivante. Elle pense aussitôt que je fais une expérience. Elle me sent ainsi pendant 10 minutes environ et se rendort calmement.

a été

En se réveillant, B

a, en

effet, pensé à moi, à son réveil nocturne, et a désiré me communiquer ses

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La transmission de pensée

La transmission de pensée

la nuit, et voulant me le dire.

impressions.

Fiche, 13 Mars 1917. – Moi, opérateur ; B prévenue). À 1 kilomètre de distance.

,

sujet (non

À 11 heures, venant de me coucher, j’appelle plusieurs fois mentalement B

À 11 heures ¼, B

a pensé à

moi, mais sans songer que je

faisais une expérience.

Et, en m’endormant, je songe que j’irai la réveiller dans la nuit.

Elle a bien dormi la nuit.

Fiche 6 octobre 1917.

À 22 heures, E

et moi étant couchées, sentons des

souffles glacés sur notre visage. E

sur son front et sur ses joues ; moi, je sens un courant qui

me pénètre par le front et par l'estomac. Nous nous communiquons ces impressions que nous éprouvions depuis un moment avant de nous en être parlé. Mais nous ne pouvons identifier ce fluide.

Au bout d'un quart d'heure environ l'influence disparaît. Nous inscrivons sur notre cahier l'heure et la marche du phénomène.

sent des souffles froids

Se faire sentir à 800 kilomètres

, prisonnier, nous compulsons son livre de notes et constatons avec le plus vif intérêt que le 6 octobre 1917, à l’heure indiquée sur notre propre cahier, il a fait une concentration pour se faire sentir à nous. La distance qui nous séparait alors de lui était de 800 kilomètres. Nous ne connaissions pas la qualité de son fluide, n’ayant encore jamais expérimenté avec lui.

Contrôle. – Au retour d'Allemagne de F

qui y était

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Se faire sentir à 2 kilomètres

Fiche, 1918. – Moi, opérateur ; G

, première fois. À 2 kilomètres de distance.

sujet pour la

Je dis un jour à G

vois environ toutes les trois

semaines, que j'irai me manifester à elle une nuit. Je la prie de noter ce qu'elle

sentira.

Cinq jours après notre

rencontre je décide de tenter

une expérience. Je me réveille à 2 heures du matin, et, par

trois fois et très rapidement, je

l'appelle mentalement par son prénom et me rendors aussitôt.

que je

Une seconde expérience

tentée ultérieurement n’a donné aucun résultat. Mais la précision de la réussite de la première était très intéressante.

G que je vois quelques

jours après me déclare

aussitôt que je suis allée lui faire une visite nocturne.

Elle m'indique le jour exact.

Je lui demande ce qu'elle a senti, ce à quoi elle me répond qu'elle a été réveillée au milieu de la nuit par l'appel de son nom répété trois fois et très rapidement.

Elle me dit, en outre, avoir

entendu ouvrir la porte de sa chambre et des pas venir jusqu'à son lit. Lui ayant fait

la remarque que, peut-être,

elle avait été effrayée, elle

me dit avec le calme le plus serein : « Oh ! non, puisque je savais que c'était vous. »

Fiche, 19 février 1917. – H

, opérateur ; E

et moi,

sujets. À 1 kilomètre environ de distance.

Nous nous entendons avec

, les quinze jours, pour tenter

une expérience à distance.

Elle devra venir se

H

Le soir de ce même jour, E et moi nous nous endormons, calmement, sans rien attendre, convaincues que H ne choisira pas cette première

que nous voyons tous

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La transmission de pensée

La transmission de pensée

manifester à nous une nuit.

H se couche le soir de

notre rencontre, ne désirant aucunement tenter l’expérience ce jour-là, parce qu’elle trouve que ce serait

trop près de notre

conversation, ce qui rendrait moins probant les résultats

obtenus.

nuit pour venir nous visiter. Vers 2 heures du matin, chacune de notre côté et sans nous le dire, nous sommes réveillées par des

craquements absolument inusités se produisant dans le plancher, comme si des pas ne cessaient de traverser la chambre de long en large. Nous nous sentons dans un état d’angoisse bizarre et

songeons qu’H

cette nuit-là pour faire son expérience de transmission. En vain nous essayons de nous dire que nous nous trompons et que nous sommes suggestionnées par notre conversation de la veille. Notre étrange état persiste et nous essayons sans résultat de lutter contre lui. Ce n’est qu’après une heure environ que tous les phénomènes cessent et que nous nous retrouvons sans transition dans notre état normal.

a dû choisir

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La transmission de pensée

Mais, au milieu de la nuit elle se réveille et ne peut s'empêcher de penser qu'elle veut se faire sentir à nous. Elle s'endort en pensant fortement qu'elle est dans notre chambre et nous réveille. Une autre expérience faite quinze jours après a donné des résultats identiques. Même réveil complet, mêmes bruits de pas, même angoisse bizarre qui nous étreint et contre laquelle nous luttons sans pouvoir la vaincre.

Le lecteur trouvera peut-être que j'ai trop insisté sur ces expériences. Je l'ai fait à dessein parce qu'elles se rapprochent beaucoup du type des transmissions involontaires qui se produisent constamment dans la vie courante. Mais ces dernières passent presque toujours inaperçues parce que l'on ne sait pas ou que l'on ne peut pas rapprocher la sensation ou l'impression que l'on a ressentie de la cause qui l'a produite. Ainsi un grand nombre de phénomènes intéressants restent inconnus, faute de certaines comparaisons nécessaires à leur mise en lumière.

EXPÉRIENCE XIV

Trouver la place de la main de l'opérateur

L'opérateur mettait sa main à 15 centimètres environ d'un point quelconque du corps du sujet qui devait, étant debout et les yeux clos, déclarer où et comment il la sentait.

Au bout de quelques semaines d'entraînement le sujet

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disait avec exactitude la place de la main de l'opérateur.

EXPÉRIENCE XV

Trouver la partie du corps visée par l'opérateur

L'opérateur pensait à toucher psychiquement une partie du corps du sujet.

Au Bout de quelques semaines d'entraînement, le sujet éprouvait à la partie visée par l'opérateur une sensation de froid, de chaud ou de titillation, suivant les cas. La partie du corps visée par l'opérateur était attirée par lui.

Fiche, 1917. – E

,

opérateur ; Moi, sujet.

E pense à attirer mon

estomac.

E pense à mon estomac

mais sans vouloir l'attirer.

Je me sens l’estomac enflé.

Je me sens l'estomac concave.

Nous répétons cette expérience un certain nombre de

me transmet sa pensée tantôt

fois avec un égal succès. E

étant debout, tantôt étant assise ou couchée.

Moi, opérateur ; E

, sujet.

sent des

courants rentrant ou sortant de son estomac au lieu d'éprouver comme moi à cet organe une sensation d'enflure

ou d'aplatissement.

Mêmes résultats, avec cette différence qu’E

EXPÉRIENCE XVI

Décrire l'état moral transmis par l'opérateur

L'opérateur, les mains sur les omoplates du sujet cherchait à lui transmettre un état moral. Au bout d'un certain temps d'entraînement, le sujet sentait parfaitement

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La transmission de pensée

l'état moral communiqué et en décrivait les nuances particulières à chaque opérateur.

Fiche, 1917. – E

,

opérateur ; Moi, sujet.

1° Orgueil dédaigneux

Je me redresse. Je sens que je dois mépriser l’humanité.

2° Bonté bête

Je m’écrie : « quel sentiment mesquin. Je me sens bête, stupide, molle. »

3° Colère

Cela c’est la colère !

Reprise sans contact, cette expérience a donné des résultats intéressants et probants.

EXPÉRIENCE XVII

Trouver la carte pensée par l'opérateur

L'opérateur, les mains sur les omoplates du sujet, pensait à un des trois habillés du jeu de carte. Le sujet devait trouver lequel. Cette expérience faite de nombreuses fois avec contact et sans contact ont toujours donné une proportion très élevée de succès.

EXPÉRIENCE XVIII

Trouver l'objet ou le lieu pensé par l'opérateur

L'opérateur mettant la main droite sur la tête du sujet devait penser à un objet ou à un lieu que ce dernier devait sentir.

Fiche, 11 mars 1917. – Moi, opérateur ; M

, sujet.

1° Je pense à la statue de Carnot sur la place de la République. Pendant toute la

Au bout de deux secondes,

M s'écrie qu'elle voit une

foule et beaucoup de rues. À

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La transmission de pensée

durée de l’expérience, je ne prononce pas un mot ;

2° Je pense à une tasse ;

3° Je pense à une plante verte qui est sur la table.

la troisième seconde elle déclare qu'elle voit un carrefour avec un monu- ment. À la cinquième elle dit : « C'est le monument Carnot ! »

M voit un objet petit dont

elle ne définit pas tout d’abord la forme. Puis, au bout d’un instant, elle déclare que c’est une tasse.

M devine plus lentement,

mais elle finit cependant par

me dire que je pense à la plante qui est sur la table.

Quelques autres expériences de même genre tentées avec d'autres personnes ont donné des résultats moins précis, mais manifestant cependant que le cerveau du sujet travaillait dans le sens de l'image <?>mentalement par l'opérateur.

EXPÉRIENCE XIX

La pensée de l'opérateur se mêle dans l'esprit du sujet

L'opérateur mettait la main sur la tête du sujet qui faisait de l'écriture automatique. J'ai pu me rendre compte par cette espèce d'expérience que la pensée de l'opérateur se mêle plus ou moins nettement, suivant les cas, au travail inconscient de l'esprit du sujet.

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Ordonner mentalement le sujet d'être calme et de s'endormir

Je termine cette première partie en copiant une fiche relative à une expérience occasionnelle de transmission que j'ai faite, parce qu'elle est d'une précision telle que l'on ne peut vraiment invoquer le hasard pour l'expliquer.

Fiche, septembre, 1917.

B est au lit dans la même chambre que moi. Au

milieu de la nuit je l'entends se tourner, s'agiter, ne dormant pas. Il me vient alors à l'esprit de tenter une expérience. Sans faire un mouvement qui puisse manifester que je suis réveillée je lui ordonne mentalement d'être calme, très calme et de s'endormir. Je parle lentement et fortement dans mon esprit.

Au bout de quelques secondes B

m'appelle

doucement et la conversation suivante s'engage :

K

tu me parles ?

– Oui, que t'ai-je dit ?

– Tu m'as dit de rester calme, très calme et de m'endormir.

Je n'ai pas besoin de dire au lecteur ma stupéfaction

devant le résultat de mon expérience. B

mieux entendue si je lui avais parlé à haute voix.

ne m'aurait pas

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DEUXIÈME PARTIE

ANALYSE GÉNÉRALE DES EXPÉRIENCES

Sur les différentes manières de transmettre une pensée

La transmission de pensée peut se faire par deux centres nerveux différents : celui du cerveau et celui de l'épigastre. Dans le premier cas la pensée transmise est perçue directement, sans modification ni sans adjonction de sensations fluidiques d'aucune sorte. Dans le second cas, au contraire, la perception de l'image suggérée se fait lentement, par degrés, et ne parvient à la conscience qu'après une suite de transformations de la vie psychique du sujet.

Ce second procédé de transmission semblerait devoir être rejeté puisqu'il est plus lent et moins précis que le premier et qu'il exige une assez grande dépense nerveuse. Cependant c'est sur lui qu'ont porté mes recherches, non par suite d'une volonté définie de me diriger dans cette voie, mais, simplement, parce que la qualité de ma sensibilité m'a fait, dès mes premières expériences, percevoir la pensée des autres sous cette forme particulière. Et comme ce mode de transmission et de réceptivité permettait de saisir, dans une certaine mesure, la naissance, le développement et les fins de nos activités instinctives et affectives, et que, d'autre part, ils avaient été assez peu explorés, je me suis attachée à en découvrir les lois.

Précautions à prendre pour la vérification des expériences

Quelles sont les précautions à prendre pour la vérification des expériences ?

D'abord il faut se défier de ceux avec lesquels on opère, même si ce sont des parents ou des amis, et, aussi, il

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faut se défier de soi. La fraude, lorsqu'elle existe, peut n'être qu'à demi consciente ou même tout à fait inconsciente.

Le désir de voir réussir une expérience peut suffire à en vicier les résultats en entraînant l'opérateur à y introduire des expressions de visage ou des gestes involontaires qui peuvent guider le sujet et l'éclairer sur la qualité de la pensée à percevoir ; des déductions erronées peuvent aussi être tirées de phénomènes trop hâtivement interprétés ; enfin il est de nombreux points sur lesquels l'attention doit se fixer constamment pour empêcher toute intrusion de l'imagination dans un domaine qui doit être rigoureusement réservé à la clarté et à la logique scientifiques.

Un excellent moyen, pour éviter les causes d'erreur, est de noter par écrit, toutes les fois que cela est possible, le détail de l'essai qu'on vient de tenter ; un autre est de ne choisir systématiquement que des collaborateurs dont la moralité et la clairvoyance intelligente vous semblent suffisantes. Agir ainsi est éviter une grosse perte de temps et bien des déboires. D'ailleurs lorsqu'on s'astreint, comme je l'ai constamment fait, à être tour à tour opérateur et sujet, la fraude devient impossible.

Sur les conditions de température convenant aux expériences

La qualité de chaleur, d'humidité ou de froid de l'air a sur les expériences une action qui n'est pas négligeable ; mais, ayant expérimenté chaque jour pendant deux années sans tenir compte de la température, j'ai cru constater que ce qui reporte surtout c'est l'état de dépression ou de santé de l'opérateur et du sujet. Si l'un et l'autre sont bien disposés, on peut avoir, même avec un temps pluvieux, des expériences excellentes ; de même, par un temps sec, s'ils sont peu rayonnants, on n'obtient presque rien. Cependant, d'une façon générale, il semble bien que la chaleur et la sécheresse soient favorables à l'émission nerveuse.

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Choix des opérateurs et des sujets

Il est hors de doute que la qualité et la quantité des succès obtenus sont en raison directe de l'excellence des opérateurs et des sujets. Il convient donc, avant de se lancer dans des expériences régulières, de bien étudier les facultés de ceux qui acceptent de s'y prêter.

Il est des personnes dont la sensibilité est nulle et qui ne peuvent percevoir les courants psychiques : elles sont à éliminer aussitôt ; d'autres sont capables d'être bon opérateur ou bon sujet dans de certaines expériences et ne peuvent rien réaliser dans d'autres : il convient donc, après essai, de les utiliser pour leur particularité ; enfin d'autres peuvent émettre et recevoir avec une égale facilité le fluide nerveux et peuvent être employées avec avantage dans tous les genres d'essais. Le mieux est de s'entraîner régulièrement avec deux ou trois personnes qui manifestent les qualités requises et se prêtent à l'expérimentation, non par pure bonne volonté, mais dans un réel esprit de recherche, et sont douées de l'esprit critique voulu.

Sur l'état de santé des sujets

On a souvent voulu représenter les gens susceptibles d'être des sujets comme étant forcément des malades.

Pour que la suggestion réussisse, écrivent MM. Binet et Feré, il faut que le sujet se trouve spontanément ou soit jeté artificiellement dans un état de réceptivité morbide (4).

Je proteste contre cette assertion. Tout être se trouve, et plusieurs fois par jour, dans un état de passivité astrale et mentale tout à fait suffisant pour pouvoir percevoir une pensée venue de l'extérieur. Il est facile par l'expérimentation d'en acquérir la preuve. Et l'on ne peut appeler morbide, je pense, un état que tous les individus ou presque tous les individus réalisent spontanément et constamment. Et il n'est nullement nécessaire, pour

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enregistrer une idée qui passe, d'avoir une tare nerveuse quelconque ni d'être un candidat à l'hystérie. Les sensitifs sont nombreux et la plupart n'ont aucun affaiblissement cérébral ni physiologique. Mes expériences m'ont permis de constater la sensibilité psychique chez des êtres parfaitement forts et normaux.

Je terminerai ce paragraphe par ces lignes de M. Dubois (5) :

Il fallait évidemment renoncer à faire de la suggestion un symptôme de maladie, à la considérer comme l'indice d'un état d'hystérie avéré ; il faut reconnaître franchement que l'homme sain est assez suggestible pour accepter en plein jour, en quelques secondes la suggestion du sommeil.

Sur la variabilité des succès

On ne peut produire les expériences psychiques à volonté. Les phénomènes nerveux sont soumis, avant tout, à des dispositions personnelles d'humeur, de santé et d'extériorisation qu'il n'appartient malheureusement pas aux humains de diriger ni de créer. Mais pour ceux qui expérimentent journellement deux remarques importantes s'imposent :

a) Ou le sujet et l'opérateur sont mal disposés, auquel

cas la proportion des succès reste de 0 à 2 sur 10 ;

b) Ou le sujet et l'opérateur se sentent rayonnants et

bien disposés et la moyenne des succès est de 8, 9 et 10 sur

10.

La réussite des expériences dépend de l'état d'émission et de réceptivité de l'opérateur et du sujet

Ce fait, que j'ai constamment observé pendant mes deux années de recherches, montre que la non-réussite des expériences ne dépend pas de la non-existence des phénomènes étudiés, mais presque essentiellement de l'état

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d'émission et de réceptivité de l'opérateur et du sujet. De plus, en dehors des circonstances personnelles présidant aux expériences, les courants électriques et magnétiques artificiels ou naturels qui traversent l'espace apportent certainement aussi des modifications importantes aux courants infiniment plus faibles émanés des humains.

On ne s'étonne pas que la transmission des messages par T. S. F. soit souvent très imparfaite à cause des perturbations apportées dans les ondes hertziennes par les orages ou par d'autres causes plus obscures. Pourquoi donc voudrait-on que la transmission de pensée par ondes nerveuses soit, en toute circonstance, parfaite et ait la régularité et la précision d'une opération mathématique ? Il y a dans les organismes et dans les fluides qu'ils sécrètent une variabilité, un imprévisible et un nuancé que l'on ne rencontre pas dans les abstractions. La matière vivante réagit constamment à l'ambiance, reçoit le choc de mille mouvements intérieurs plus ou moins confus et inexplicables ; aussi ne peut-on réglementer ni ordonner à volonté les phénomènes dont elle est le siège. Il ne sert à rien de se révolter contre ce fait. Il est infiniment plus profitable de les étudier avec soin lorsqu'ils se manifestent avec clarté et facilité.

Les résultats dépendent de l'intelligence, du tempérament et de la sensibilité des expérimentateurs

Il est un autre point important à noter : c'est que les expériences, suivant qu'elles sont faites par les uns ou par les autres, donnent des résultats tout à fait variables. Ces résultats dépendent avant tout de l'intelligence, du tempérament et de la sensibilité de ceux qui expérimentent. À cela nul ne peut rien. Là où les uns découvrent un trésor, les autres ne rencontrent que des bruines. Tant que les humains ne seront pas tous physiquement et intellectuellement pareils il n'en pourra être autrement.

L'opérateur communique à son sujet, par voie invisible,

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ses opinions, ses désirs et ses espérances ; ce qui revient à dire que chaque opérateur obtient de préférence de ses sujets ce qu'il en souhaite ou en attend. Celui qui ne croit qu'à la suggestion ne trouve que suggestion dans ses expériences ; celui qui ne croit qu'au rayonnement vital ne découvre à chaque pas que des preuves du rayonnement vital, etc., etc. Les faits restent les mêmes, seulement ils se présentent à chaque expérimentateur sous le jour particulier de sa mentalité et de ses croyances. D'où la confusion apparente des conclusions de ceux qui ont étudié ces questions :

confusion qui, malheureusement, entraîne l'incrédulité du plus grand nombre.

Mais ces divergences ne touchent pas à l'essence des phénomènes en cause. Chacun les regarde à travers un verre de couleur différente, voilà tout, et l'objet contemplé reste le même, continuant à s'offrir, immuable, à l'intelligence des chercheurs.

La confiance est très importante

Puis, il y a le rôle énorme que joue la confiance dans l'extériorisation fluidique. Celui qui a pu constater, comme je l'ai fait, le rapport étroit qui existe entre l'émetteur et le récepteur, sait que penser que le sujet ne peut pas réaliser une expérience est le mettre dans l'impossibilité de la faire avec succès. C'est ce qui explique que des gens tels que M. Berheim aient pu expérimenter pendant des années sans pouvoir obtenir une seule preuve de l'existence du rayonnement vital qui, pourtant, est aussi réel que la lumière du jour.

Le fait de croire à la possibilité d'un phénomène donne immédiatement à la masse nerveuse l'attitude expansive nécessaire à sa production, tandis que la crainte ou le doute ou plus encore la certitude qu'il ne peut exister crée dans la personnalité psychique un état d'inquiétude, de retrait et d'activité négative qui l'empêche absolument de se manifes- ter. Ainsi en ce domaine, comme en tous les autres

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d'ailleurs, ce que l'on obtient est en raison directe de la foi qu'on y apporte. C'est là une loi naturelle contre laquelle il serait vain de s'élever et le plus sage est de s'y adapter. Et il est bon de dire ici « qu'avoir la foi » ne veut nullement dire être atteint d'aveuglement, de bêtise ou de manque d'esprit critique, selon qu'on le croit communément.

Ceux qui ne pourront jamais expérimenter la transmission de pensée

Enfin, outre les opérateurs qui ont des préventions contre de certains phénomènes et sont, de ce fait, conduits à ne jamais pouvoir les connaître, il y a ceux qui, par constitution, ne sauront jamais concentrer leur pensée ; ceux qui ont trop peu de fluide pour être en mesure de l'extérioriser et de le rendre actif au dehors et ceux auxquels il manque le sens psychique. À ceux-là, et quelles que soient leur bonne volonté et leur persévérance, le monde de la transmission impondérable est fermé.

Tout le monde ne naît pas athlète, homme de science ou artiste ; de même tout le monde ne naît pas avec des nerfs capables d'utiliser le rayonnement vital ou de percevoir l'émanation immatérielle des corps.

De la déperdition nerveuse entraînée par les expériences

Si l'on veut tenter des expériences de transmission avec chances de succès, il faut avant tout que l'opérateur et le sujet aient un rayonnement psychique calme et fort.

« Mais, nous demandera le lecteur, il y a donc des jours où l'on est plus ou moins bien disposé? » Assurément ; le corps est plus ou moins bon conducteur du fluide, et le dégagement du fluide est plus ou moins actif, selon l'état général dans lequel se trouve l'organisme et particulièrement selon l'état nerveux (6).

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Ainsi parle excellemment M. Gasc Desfossés. En effet, il n'est pas d'opérateur et de sujet qui n'aient éprouvé, d'un jour à l'autre ou même quelquefois d'une heure à l'autre des variations très grandes de leur état d'émission ou de réception nerveuse. Le moindre arrêt dans la digestion, le moindre afflux de sang au cerveau, la moindre crainte ou la moindre émotion ou la moindre joie modifient le rayonnement de la sensibilité psychique qui, pratiquement, ne possède pas deux instants de suite la même intensité. Cette intensité est plus ou moins stable suivant les personnes, mais elle n'est jamais constante. La vivacité ou la lenteur, la force ou la pauvreté des sentiments et des pensées en règle à chaque moment du temps l'expansion ou la rétractation, la puissance ou la faiblesse. Or, les expériences psychiques utilisent et dépensera le capital nerveux de l'opérateur et du sujet ; c'est pourquoi, mal comprises et mal dirigées, elles peuvent entraîner des troubles graves tels que la neurasthénie, l'hystérie ou les névroses de toutes sortes.

La fatigue après les expériences

M. Ochorowicz décrit comme il suit cette fatigue spéciale qui suit les expériences trop prolongées ou faites en état de trop faible rayonnement vital :

Mais il y a encore un autre genre de fatigue qu'on ne peut connaître qu'après une longue pratique du magnétisme. C'est aussi un épuisement et même un épuisement plus durable que celui que procure une émotion, mais il a un autre caractère. Je le nommerai un épuisement externe, car on a alors la même sensation que si la surface du corps était fatiguée principalement. On a, dans les mains surtout, une sensation très ennuyeuse d'une sécheresse mate et désagréable ; nos propres mains ne nous plaisent pas, elles nous gênent. La surface du corps nous paraît vide, ce n'est pas nous qui dominons ce milieu ambiant, c'est lui qui nous presse, qui pèse sur nous. Et cet épuisement, s’il est dû à une cause importante, ne se dissipe que difficilement (7).

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Précautions à prendre en cas de fatigue

Cette sensation d'épuisement particulier se fait sentir après toutes les expériences prolongées, de même qu'après celles même courtes, qui ont été faites en état de faible rayonnement vital. Il convient donc :

De ne jamais faire des expériences en état de fatigue, que cette fatigue soit physique ou nerveuse ;

2 ° D'arrêter les expériences dès que cette lassitude bien comme des opérateurs et des sujets se fait sentir ;

3 ° D'abandonner les essais dès que l'on a constaté que, pour une cause connue ou inconnue, les conditions d'expérimentation sont mauvaises. Un astronome ne s'obstine pas à braquer son télescope sur les étoiles les jours de pluie, sûr qu'il serait d'avance de ne rien voir ; de même celui qui étudie les phénomènes psychiques doit s'abstenir d'expérimenter dès qu'il s'aperçoit que les conditions sont défavorables. Par contre on peut multiplier les expériences quand l'état de l'opérateur et du sujet sont favorables ;

4 ° De faire des exercices respiratoires si, pour des causes diverses la fatigue est survenue, afin de récupérer la force perdue et de combler le déficit fluidique qu'a entraîné momentanément de trop grands efforts psychiques. Lorsqu'ils sont pratiqués régulièrement les exercices respiratoires donnent aux sensitifs une sensation d'allégement du poids du corps, de diminution de la matérialité. Cette action est au contraire peu ou pas sensible sur les non sensitifs ;

5 ° De faire des expériences courtes et coupées par de fréquents repos, la tension nerveuse que demande, soit l'émission, soit la réception d'une pensée fatiguent assez rapidement l'opérateur et le sujet. Évidemment il entre dans la durée possible des expériences une question d'entraînement et de résistance personnelle ; mais il est toujours mieux, entre deux procédés, de choisir celui qui

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donne les meilleurs résultats avec la moindre dépense vitale.

Condition indispensable au maintien de l'équilibre des énergies de l'organisme

Un entraînement psychique bien conduit donne un accroissement de vitalité, une augmentation des forces physiologiques et intellectuelles ; mais pour que ce résultat puisse être atteint, il est absolument nécessaire d'être tour à tour sujet et opérateur : c'est là une condition indispensable au maintien de l'équilibre des énergies de l'organisme. L'étude de notre personnalité immatérielle n'est à aucun degré un amusement ou une futilité. Il faut y apporter sans cesse de la mesure et la plus grande attention. Les expériences psychiques, je le répète, entraînent une déperdition de matière nerveuse qui peut amener plus rapidement qu'on ne le pense, et si l'on n'y prend garde, un affaiblissement et des troubles qui intéressent le corps tout entier. Car cette sorte de capital nerveux qui nous est donné par la Nature n'est pas inépuisable. Il se dépense, soit sur le plan matériel, soit sur le plan sentimental, soit sur celui de l'intelligence et il faut, dans l'intérêt de la santé, savoir l'économiser et le répartir avec sagesse.

Rapport entre le sujet et l'opérateur

Pour que la transmission d'une sensation, d'un sentiment ou d'une pensée puisse avoir lieu entre deux personnes il faut qu'il y ait entre elles une sorte de similitude vibratoire. Les incrédules rient toujours lorsqu'on parle de l'état de rapport nerveux qui doit nécessairement exister entre deux individus qui veulent communiquer ensemble psychiquement ; cependant il est on ne peut plus réel et nécessaire. Il est indéniable qu'il s'établit entre l'opérateur et le sujet une sorte d'harmonie impondérable qui leur permet de se pénétrer d'une manière étroite bien qu'invisible. Ce rapport existe spontanément entre de certains organismes qui se trouvent avoir entre eux une certaine communauté

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naturelle de résonances psychiques ; entre d'autres, au contraire, il n'est que dissemblances ou oppositions et il faut créer artificiellement la sympathie nécessaire avec plus ou moins de peine, suivant les différences qui séparent les deux systèmes nerveux à accorder.

Tous ceux ou presque tous ceux qui ont expérimenté s'accordent à reconnaître que l'application des mains sur les omoplates ou les passes descendantes ou la prise du regard créent momentanément ou de façon durable cette sorte d'harmonie particulière nécessaire à la transmission d'une impression, d'un désir ou d'une volonté d'un individu à un autre. L'affection ou la vie en commun peut également la faire naître.

Voici un autre procédé pour établir le rapport entre le sujet et soi que préconise M. Ochorowicz.

Pour établir le rapport, on rappelle le sujet

mentalement, on l'attire, c’est-à-dire on attire son attention

je ne sais

quoi, se propage et atteint un galvanomètre suffisamment sensible (8).

Il n'est pas étonnant, d'ailleurs, que deux pensées qui veulent se communiquer de l'une à l'autre un message soient obligées d'abord d'apprendre le même langage. Cela est nécessaire dans le monde de la parole et l'est aussi dans celui des vibrations psychiques.

par un effort qui, faisant vibrer les particules de

Sur l'extériorisation et la réceptivité nerveuses

Côté opérateur. L'opérateur qui cherche à transmettre une pensée ou à faire accomplir un acte à un sujet doit être musculairement détendu et son esprit doit être calme. S'il emploie pour cette transmission la voie astrale (qui est celle dont j'ai constamment fait usage au cours de mes expériences) il a assez rapidement la sensation qu'une partie impondérable, invisible, mais très active et très vivante de lui-même se déplace, moins tiède ou froide suivant la

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qualité fluidique de la personne avec laquelle il expérimente. Cette masse lui parait être aussi pondérable que le rayonnement d'un poêle, le souffle d'une brise ou un courant électrique léger ; et que l'opérateur soit près de lui, dans une chambre voisine ou à des kilomètres de distance, elle lui est perceptible sous la même forme et avec la même intensité. Cette impression de contact fluidique est plus nette dans sa région épigastrique qu'en aucun autre point de son corps.

Puis, s'il continue à analyser ses mouvements intérieurs, il sent ce fluide pénétrer dans ses tissus, dans ses nerfs et les envahir d'une façon plus ou moins persistante. Il éprouve aussi une légère oppression, une sorte de poids sur la poitrine qui l'incite à respirer plus profondément. Il lui semble que quelque chose a été modifié dans son rythme vital et (s'il est suffisamment sensitif et entraîné) il s'aperçoit que la partie immatérielle de lui est attirée vers l'opérateur.

Le courant attractif entre l'opérateur et le sujet

Ainsi parle M. Ochorowicz de ce courant attractif qui se crée entre l'opérateur et le sujet dont il a aussi constaté l'existence au cours de ses expériences avec des sujets endormis :

Il existe en magnétisme un phénomène peu étudié par les hypnotiseurs, quoique déjà mentionné par M. P. Richer :

celui de l'attraction dite « magnétique ». Il suffit d'approcher la main du bras du sujet endormi pour qu'aussitôt ce bras se porte dans la direction de la main et suive tous ses mouvements. Quoique l'aimant provoque le même phénomène, il ne faut pas se laisser prendre par des analogies. Cette attraction n'a rien de commun avec l'attraction du fer par l'aimant (9).

J'ai pu constater nombre de fois cette attraction d'un corps par un autre corps entre des individus parfaitement éveillés. Mes expériences m'ont permis de noter deux cas dans lesquels elle se produit. Le premier est celui où une

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personne tend volontairement sa pensée vers une autre en vue de l'influencer ; le second, celui où deux êtres mis en présence se trouvent avoir entre eux une similitude de vibrations psychiques.

Si le sujet continue à prêter une scrupuleuse attention aux mouvements impondérables qui se produisent en lui il constate que la masse nerveuse tend à prendre une forme, une attitude ou une direction, suivant ce qu'attend de lui l'opérateur. Cette forme, cette attitude ou cette direction, qui n'avait été d'abord imprimée qu'à sa personnalité immatérielle, se communique progressivement à son corps qui s'y adapte plus ou moins étroitement, accomplissant ainsi parfaitement ou d'une manière incomplète ce qu'a désiré de lui celui à la volonté duquel il s'est momentanément soumis.

La sensation selon l'idée transmise par l'opérateur

Dans le cas où, par exemple, il reçoit l'idée d'un animal (exp. 7), il sent son double fluidique prendre par sympathie psychique la grosseur, l'allure et la position de cet animal telles que se les représente et les sent l'opérateur. Autrement dit, il a l'impression physique de devenir l'animal pensé. S'il s'agit d'un quadrupède il éprouve le besoin de marcher à quatre pattes ; si, au contraire, il s'agit d'un oiseau, il croit avoir un corps effilé, battre des ailes et s'élever dans les airs. Lorsque l'opérateur pense à le conduire à un siège (exp. 2), il sent son double fluidique partir dans la direction du siège, se retourner, s'abaisser et s'asseoir tout comme l'eût fait son corps de matière ; si c'est un chiffre qui lui est suggéré, il sent sa masse nerveuse dessiner ce chiffre dans l'espace, si son corps est en état de passivité suffisante il est entraîné par ce mouvement et le trace à son tour. Ainsi l'opérateur peut-il contrôler d'une manière visible la façon dont sa pensée est perçue par le sujet.

On peut souvent constater que le sujet écrit très exacte- ment avec son dos le chiffre pensé, mais qu'il faut un temps

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plus ou moins long à son esprit pour pouvoir interpréter le mouvement fluidique et corporel qu'il exécute. Si sa forme matérielle obéit rapidement et exactement à l'impulsion invisible qui est en lui, il retrouve l'équilibre dont il jouissait avant le début de l'expérience et qu'avait momentanément rompu la pensée extérieure qui l'avait pénétré ; si, au con- traire, il perçoit mal l'influence et ne se soumet qu'imparfaitement à l'ordre reçu dans l'invisible il éprouve une sorte de tiraillement intérieur qui lui vient de la dissociation entre ses énergies fluidiques, devenues la proie d'une volonté étrangère, et le rythme de son corps qui, soit par manque de passivité ou par suite d'une résistance involontaire, ne peut se plier aux ordres de cette volonté ou refuse de s'y soumettre. Si ce tiraillement persiste il peut devenir très pénible.

Pour que les expériences fournissent ce qu'on attend

Pour que les expériences fournissent les éléments d'appréciation qu'on est en droit d'en attendre je signale qu'il est absolument nécessaire que, tout en restant musculairement et fluidiquement passif, le sujet analyse au passage avec le plus grand soin et tout haut, les impressions et les sensations dont il est le siège, notant leur qualité, leur espèce, leur durée et l'ordre de leur succession. Ce n'est qu'en procédant ainsi qu'on peut entreprendre avec fruit l'étude des phénomènes de transmission de pensée sans contact et parvenir à déceler la manière dont les idées pénètrent, d'abord dans la sensibilité générale, puis envahissent l'inconscient et, de là, par une suite de développements, entrent, par la voie cérébrale, dans la zone lumineuse de la conscience. Au bout de quelques mois d'entraînement, s'il est suffisamment sensitif et lorsqu'il est bien disposé, le sujet manifeste, par ses réflexions, qu'il reflète dans sa propre sensibilité les élans et les défaillances de la pensée de l'opérateur ; élans et défaillances qu'il perçoit sous la forme d'une augmentation ou d'une diminution de la quantité de fluide perçu. Chaque jet

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cérébral lui donne un choc et chaque arrêt de volonté est pour lui comme un allégement du poids invisible qui l'opprime. Ce phénomène, au cours de mes expériences n'a jamais souffert d'exception.

M. Ochorowicz a fait la remarque :

Que la transmission est sensiblement favorisée lorsque deux personnes, capables de bien concentrer leur pensée, agissent à la fois, et lorsque l'une, pense à l'aide des images visuelles et l'autre à l'aide des sons des mêmes images prononcées mentalement (10).

N'ayant jamais porté mon attention sur ce point particulier, je n'ai jamais constaté que les manières différentes de penser de deux opérateurs essayant de communiquer ensemble leur volonté à un même sujet augmentent leur action sur lui. J'ai seulement noté que, dans ce cas-là, le sujet accusait toujours une augmentation notable de la quantité de fluide perçu.

Sensations au début et après plusieurs entraînements

Au début des essais de transmission de pensée, les sensations éprouvées par le sujet sont élémentaires et vagues, même si l'opérateur a les mains sur ses omoplates ou s'il a avec lui un contact quelconque. Mais, peu à peu, son attention étant portée sur elles, elles se nuancent, se précisent et après quelques mois d'entraînement, elles se rapprochent par leur netteté des sensations ordinaires.

Au cours des expériences, le sujet sent souvent aussi sur son visage ou sur ses mains des souffles légers ou forts, chauds ou froids. Ils sont en quelque sorte la manifestation matérielle de la pensée qui vient le frapper. Ils ont cette particularité d'être d'une espèce spéciale et invariable pour chaque opérateur, ce qui fait qu'ils représentent la personnalité invisible qui cherche à transmettre un désir ou une volonté, ce qu'il porte en lui de psychiquement unique et immuable.

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Les souffles ressentis pendant la transmission de pensée

Beaucoup d'auteurs ont signalé l'existence de ces souffles que ressentent les assistants au cours des séances de matérialisation. Dans les expériences de transmission de pensée, ils se manifestent également et semblent se produire chaque fois qu'il y a dégagement de force nerveuse.

M. Ochorowicz (11), qui les a aussi remarqués lorsqu'il soignait magnétiquement ses malades, les attribue à la chaleur dégagée par les mains de l'opérateur. Je ne suis pas de son avis, les ayant souvent ressentis sur mon front ou sur mon visage avec la plus parfaite netteté, même lorsque je recevais la pensée d'un opérateur qui se trouvait à plusieurs kilomètres de moi ou à de très grandes distances, et que j'étais seule dans une chambre parfaitement close.

Sur la façon de penser

Comment faut-il penser pour que les représentations mentales soient actives et agissent en dehors de l'organisme qui les produit ?

Pour qu'une pensée puisse se transmettre à d'autres cerveaux il faut qu'elle soit claire, persistante et forte. C'est seulement à ce prix qu'elle éveille et condense les courants nerveux de l'organisme et qu'elle les conduit au but que leur fixe la volonté.

Concentrer sa pensée sur une idée définie

Mais rien n'est plus difficile que de penser uniquement et longtemps à une idée définie. Le cerveau a une activité propre qu'il est très malaisé d'entraver et plus malaisé encore de discipliner.

Dès que l'on essaye de maintenir son esprit sur une seule image – car pratiquement tout désir, toute volonté, toute conception se représentent à l'activité mentale sous

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l'apparence d'images – on s'aperçoit que toutes sortes de formes, de lignes, de couleurs sans cesse changeantes, sans cesse dissociées et renaissantes viennent entourer, troubler et parfois effacer le sujet de méditation que l'on avait choisi ; et ce n'est qu'au prix d'un pénible effort qu'on parvient à le ressaisir et à le maintenir solidement installé dans le cerveau.

Ce manque de stabilité de l'esprit se manifeste de même au cours des expériences. Ainsi, lorsqu'on veut conduire mentalement le sujet vers un siège donné, on s'aperçoit si l'on s'observe attentivement que, souvent, au lieu de lui faire suivre le chemin le plus direct pour s'y rendre, la pensée l'y guide au contraire par la voie la plus longue ou la plus fantaisiste.

Les désirs instinctifs et profonds

Je me hâte de dire que ce phénomène ne se produit pas toujours et que sa fréquence ou sa rareté dépend étroitement du tempérament et du caractère de l'opérateur. Mais, de toute façon, si la volonté consciente et les énergies intérieures sont en parfait accord sur le but à atteindre, elles diffèrent fréquemment en ce qui concerne les moyens à employer pour arriver jusqu'à lui. Et, fait à retenir : chaque fois qu'il y a conflit entre elles, le sujet obéit toujours aux puissances inconscientes. Ce qui revient à dire que les volontés nées de notre logique et de notre raison n'ont qu'une faible action en dehors de nous et que notre vie réalisée, avec ses événements, ses succès ou ses défaites est le reflet des désirs instinctifs et profonds qui prennent leur source dans les parties les plus obscures de nous. Seuls ils ont un pouvoir réalisateur, seuls ils sont capables d'assurer et d'extérioriser notre rayonnement vital, d'agir sur d'autres êtres, de modifier le milieu humain au sein duquel nous vivons et, peut-être aussi, d'animer les courants de la Nature.

Mais s'il ne rentre pas dans les puissances de l'homme de réduire absolument sa pensée en esclavage, du moins

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peut-il, dans une certaine mesure et par un entraînement approprié, apprendre à la diriger et à l'asservir.

L'état de mon esprit, pendant la télépathie, nous dit M. Ed. Abramowski, était une sorte d'autosuggestion qui, après le premier effort pour obtenir une représentation intense, devenait une concentration passagère de l'attention, une sorte de monoïédisation à peu près stable, que je n'avais pas besoin de soutenir par l'action de ma volonté (12).

Pour réussir la transmission de pensée

En effet, pour bien transmettre une pensée, il faut se mettre en état de passivité active, ce qui veut dire que toute la partie matérielle de soi doit être calme et aussi détendue que possible, tandis qu'au contraire la force nerveuse libérée agit librement et suivant ses moyens propres en vue de réaliser le but qu'on lui a, au départ, fixé.

Toute personne qui veut transmettre une pensée doit se pénétrer de ce fait que toute activité musculaire, toute con- traction physique, morale ou intellectuelle entrave l'émission du rayonnement vital. De plus la représentation mentale de l'idée à communiquer doit être claire, régulière et prolongée. Alors elle transforme et sculpte la masse nerveuse fluidique de l'opérateur en une image plastique et vivante qui s'échappe de lui et devient sensible à d'autres humains, mais à des degrés divers, suivant qu'ils sont ou non des sensitifs et qu'ils sont ou non capables de percevoir avec précision les courants impondérables.

Dans mes premières expériences je m'imaginais guider le sujet par l'épaule et le conduire pas à pas, rectifiant à mesure mentalement ses erreurs de direction. Ce procédé est utile en ce qu'il permet de noter le rapport étroit qui existe entre les jets de volonté de l'opérateur et les mouvements réceptifs du sujet ; mais, en ce qui concerne la totalité de l'expérience, le mode de pensée le plus parfait est celui qui consiste à voir le sujet aussi vivant, tangible et réel que possible à la place où il doit aller, et dans l'attitude de l'acte

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à accomplir.

C'est cette manière de faire à laquelle, après de nombreux essais, je me suis arrêtée, la considérant comme la plus rapide. M. Ochorowicz est arrivé, en opérant, il est vrai, sur des sujets endormis, à des conclusions contraires. Pour moi, j'ai constamment constaté que cette méthode était

à préférer à toutes les autres quant à l'excellence du résultat

à obtenir.

Sur l'extériorisation propre à chaque personne

Il va sans dire qu'il n'est pas deux personnes dont l'activité intérieure présente la même intensité ni les mêmes caractéristiques ; il n'en est pas deux qui conçoivent et surtout « sentent » de même une représentation mentale. Car n'oublions pas que, dans la transmission d'une pensée par voie astrale, il s'agit avant tout de sensations et non de relations abstraites de cerveau à cerveau.

Il y a les gens qui pensent timidement, en hésitant, avec de constants arrêts et de constantes rétractations fluidiques ; ceux-là n'ont qu'une action nulle ou presque nulle sur l'extérieur. Il en est dont la pensée est douce, constante, pas très intense, mais active cependant par sa ténacité et sa régularité. D'autres ont une pensée vigoureuse mais capricieuse et fantasque, qui n'a qu'une action inégale et fugitive sur le milieu ; leurs élans psychiques sont puissants mais sans cesse changent, ce qui détruit leur efficacité. D'autres ont des concepts mentaux tortueux qui agissent lentement et par détours au dehors, les conduisant cependant aux buts qu'ils se proposent. Puis il y a les forts dans le domaine invisible, ceux qui joignent à un riche capital nerveux une pensée calme, continue et opiniâtre ; ils dominent toujours le milieu dans lequel ils sont placés et, partout, réussissent. Enfin il y a les éternels vaincus, ceux dont les représentations cérébrales sont vagues, diffuses et comme dissociées, et ne peuvent les conduire à aucune réalisation parce qu'elles ne savent pas sculpter la matière

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psychique.

Rapport entre le caractère et le rayonnement vital

J'ai constaté au cours de mes recherches qu'il existait un rapport entre le caractère et les qualités ou défauts fluidiques des individus. Qu'est-ce en effet que le caractère sinon la façon de réagir de notre vie psychique aux excitations extérieures. Suivant les personnes, les réactions sont violentes ou douces, énergiques ou faibles, rapides ou lentes, régulières ou heurtées ; et à chacune de ces nuances particulières correspond une émission nerveuse spéciale.

J'ai été conduite par mes essais à penser que le caractère dépendait de la quantité de fluide vital contenu dans les corps et de la nature de son écoulement.

Le coléreux, par exemple, à un corps qui fournit et surtout concentre trop d'énergie vitale ; aussi, par moment, elle l'oppresse, surcharge ses nerfs qui, sous la plus légère excitation, la projettent au dehors par l'explosion de la colère.

L'apathique, au contraire, a une trop faible sécrétion nerveuse. Aussi, ne suffit-elle pas à nourrir ses muscles qui n'aiment pas à se mouvoir.

Le calme doit son humeur égale et heureuse à l'équilibre constant qui existe entre l'accumulation de son fluide et sa dépense.

Le nerveux, l'impressionnable est, celui dont le capital nerveux varie constamment, suscitant en lui des alternatives d'énergie et de paresse, d’exubérance et de mélancolie. Par- fois il se sent comme vidé et parfois il a l'impression de déborder.

J'ai constaté sur moi-même, et cela sans aucune exception que, la tristesse, la lassitude morale ou physique correspondaient à un déficit nerveux, tandis que la joie et le courage coïncidaient avec un fort dégagement magnétique.

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Celui qui expérimente régulièrement peut facilement faire cette observation ; ce qu'il n'arrive pas à découvrir ce sont les raisons très obscures qui président aux modifications quelquefois rapides de la puissance émissive de l'organisme. Le chagrin, les insuccès et la maladie ont sur lui une action affaiblissante non douteuse ; mais il est beaucoup d'autres causes de dépression psychique qu'il est impossible de déceler et de découvrir.

Rapport entre le tempérament et le rayonnement vital

J'ai remarqué encore que la qualité du fluide vital et le tempérament étaient étroitement liés.

Si la quantité de fluide vital de chaque individu varie constamment, son rythme a une sorte d'invariabilité, et c'est ce mode invariable qu'il affecte chez chaque personne qui révèle le tempérament.

J'ai été conduite par mes observations à classer grossièrement les fluides de la façon qui suit :

1° Fluide léger, transparent, très peu épais :

cérébralité ;

2 ° Fluide plus chaud, dense, mais doué encore de légèreté : sentimentalité ;

3 ° Fluide lourd, opaque lent à se mouvoir et ne pouvant rayonner loin : sensualité.

De ces trois qualités de fluide, celui qui semble le plus détaché des lois de l'espace est le fluide cérébral.

Façon psychique de chaque personne de se manifester

Enfin chaque être se manifeste aux autres psychiquement d'une façon particulière. Les uns se

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traduisent par une sensation de courant pénétrant une certaine partie de la tête, les autres par des souffles sur le front ou sur la face.

Je me suis demandée, sans jamais faire de recherches à ce sujet, si percevoir ainsi les pensées est la résultante d'un rapport qui s'établit entre celui qui influence et celui qui est influencé ou si le point du cerveau auquel le sujet éprouve une impression correspond au point du cerveau qui émet chez l'opérateur. Il y aurait là une étude intéressante à faire.

Sur la coloration du fluide

Certains chercheurs ont cru reconnaître que chaque impression, sentiment ou pensée, donnait au fluide une coloration particulière ; coloration que peuvent percevoir les sensitifs. Pour ceux que ces questions intéressent, je signale l'étude faite par M. J. Stenson Hooker, dans The Lancet, numéro de novembre, 1905, et dans Les Annales des Sciences psychiques, 1906, p. 315.

N'ayant fait aucune expérience dans ce sens, je n'ai pas d'opinion personnelle sur ce sujet.

Voici la liste des couleurs que M. Hooker suppose être données au fluide vital par les différents sentiments :

Violence et passion Bonté Ambition Pensée Art et Raffinement Dépression Dégradation Dévotion Progrès Maladie

= Rouge foncé.

= Rayons roses.

= Orange.

= Bleu.

= Jaune.

= Rayons gris.

= Brun sale.

= Bleu clair.

= Vert clair.

= Vert foncé.

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Phénomènes inattendus se produisant au cours des expériences

Au cours des expériences il se produit parfois des phénomènes inattendus que l'on ne peut expliquer et qui demanderaient à être étudiés avec soin.

Par exemple, dans le cas de l'expérience 5, le sujet sentait sa masse nerveuse dessiner le chiffre suggéré parfois à l'endroit et parfois à l'envers, alors que l'opérateur n'avait à aucun degré la sensation d'avoir modifié sa représentation mentale.

D'ailleurs l'essai relaté qui consistait à agir à la fois sur deux personnes, dont l'une sentit le chiffre que je voyais mentalement à l'endroit et l'autre à l'envers, montre bien que la façon de penser de l'opérateur n'est pour rien dans ce phénomène. Des cas de ce genre seraient à étudier longuement et avec soin.

Un autre phénomène curieux est le suivant. Si l'on imagine faire intervenir dans une expérience une tierce personne absente, le sujet, qui ignore cette intervention, accuse aussitôt une modification dans la qualité et la quantité du fluide perçu. De même si, un jour, se sentant un pauvre rayonnement, on pense à emprunter celui d'un ami, le sujet, qui avait d'abord accusé la faiblesse première de l'émission, annonce aussitôt son augmentation, sa transformation et déclare qu'il sent beaucoup mieux la pensée de l'opérateur.

Cela est étrange. En face de cas de ce genre on peut se demander si la personne dont on a appelé le fluide à soi a éprouvé, de ce fait, une impression quelconque et si elle s'est sentie appauvrie nerveusement. Peut-être aussi augmente-t-on sa quantité de fluide vital par la confiance que l'on a dans le fait qu'elle va, en effet, s'accroître ? Je n'en sais rien, n'ayant pas cherché à éclaircir ce point. Mais si l'explication qu'on peut donner de ces singularités, est encore à découvrir, les phénomènes eux-mêmes, j'ai pu le constater, ne peuvent être mis en doute.

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Que ceux que ces problèmes intéressent tentent de leur donner une solution.

CONCLUSIONS

Existence du rayonnement vital

Les expériences que j'ai faites m'ont conduite à cette conviction absolue que nous portons en nous une sorte de double invisible, formé d'une matière fluide, mais palpable pourtant, qui est sans doute une émanation du corps physique ou, tout au moins, dépend de la qualité de sa matière, et est aussi fixe, pour chaque individu, que la couleur de ses cheveux ou les lignes de son ossature. Elles m'ont, en outre, entraînée à croire que ce double agit sur l'organisme auquel il est attaché, qu'il rayonne autour de lui et s'en éloigne parfois à de grandes distances (car la distance ne joue aucun rôle dans les transmissions psychiques, voir expérience 13, fiche octobre 1917) et qu'il influence la partie immatérielle des autres êtres, l'attirant, la repoussant, l'incitant à sentir d'une certaine façon ou à se diriger vers un but défini.

Je vais étudier successivement ces différents pouvoirs de notre personnalité invisible. Mais, auparavant, je veux dire quelques mots sur les deux grandes catégories d'êtres qui composent la société humaine : je veux dire les sensitifs et les non sensitifs.

Le sensitif

Qu’est-ce qu’un sensitif ?

Un sensitif est celui pour lequel les impressions morales ont un caractère de consistance et se rapprochent beaucoup, par la qualité et l'intensité des sensations matérielles.

Un regard malveillant est pour lui un heurt réel, reçu

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dans une partie de lui qu'il ne peut définir, mais qui lui parait être de beaucoup la plus sensible de sa personnalité. Un mot méchant creuse dans son être invisible une blessure qu'il sent tangible, dont la place reste sensible et dont la cicatrice ne peut jamais être complètement effacée.

Le sensitif a l'impression de dépasser constamment les bornes de son corps et de n'être pas délimité dans l'espace.

S'il pose ses regards sur un objet il sent qu'il n'en prend pas seulement conscience abstraitement, mais qu'il le touche, le palpe et le pénètre avec ce second lui-même dont il perçoit l'existence avec la certitude la plus absolue. De même, lorsqu'il se trouve auprès d'un être, il se met à vibrer à l'unisson avec lui ; il ressent et partage son état instinctif, sentimental et mental du moment, traversé qu'il est par ses courants vitaux qui lui imposent leur rythme et le transforment. Il croit alors se dépersonnaliser, prendre un caractère, des tendances, des émotions et des pensées différentes de celles qu'il éprouve ordinairement.

Les formes, les couleurs, les odeurs et les sons causent aussi dans son fluide nerveux des perturbations immédiates et profondes.

Tout est source de perceptions sensorielles pour le sensitif

Pour lui, tout est source de perceptions sensorielles, bien que n'affectant pas directement la surface de son corps ; et qu'il s'agisse de sentiments ou d'idées ils se présentent à lui d'une manière sensible : ils ont une température, une densité, un parfum. Ils lui donnent l'impression de traverser sa chair et de modifier jusqu'à sa vie intérieure la plus intime. Le soleil, la pluie, le vent ne sont pas non plus extérieurs à lui comme pour la plupart des hommes : ils font partie inhérente de lui parce qu'ils sont unis à lui par des liens invisibles qui imposent à son système nerveux leur mode vibratoire. Enfin l'état électrique de l'atmosphère modifie considérablement son humeur, l'activité de ses

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organes et le cours de ses pensées. En un mot, il frémit au moindre souffle et se meut et s'agite, sans cesse assailli par mille courants divers.

Le sensitif n'est ni malade ni un fou

On a souvent prétendu que le sensitif était le jouet de sensations imaginaires. Mes expériences ont pu me convaincre qu'il n'en était rien, comme elles convaincront de même ceux qui les reprendront avec soin. Le sensitif n'est ni un malade, ni un fou. Il est seulement un être dont les perceptions psychiques sont beaucoup plus délicates et plus nuancées que celles des autres individus, parce que la partie immatérielle de lui est très extériorisée. La plupart des humains n'ont qu'une sensibilité nerveuse peu affinée et qui s'éloigne rarement de son support matériel. Celle du sensitif au contraire (pour des raisons encore inconnues) est continuellement tendue autour de lui comme des antennes invisibles qui lui permettent de prendre des choses et des vivants un contact à la fois direct, intime et total. Aussi ses vues sont-elles souvent plus justes que celles de ceux qui ne basent leurs jugements que sur la réflexion, bien que sa logique et sa raison n'interviennent jamais dans ses déductions premières.

Raisonner est ne pouvoir prendre connaissance d'une personne ou d'un objet que détail après détail ; sentir est en pénétrer d'un seul coup toutes les parties, extérieures et intérieures.

Avantages du sensitif