Vous êtes sur la page 1sur 12

LA DERIVATION FRACTIONNAIRE pp.1-6

THE FRACTIONNAL DERIVATION pp.7-12

Essai de vulgarisation, d'après : Use of Fractional Derivatives to express the Properties of Energy Storage in Electrical Networks (1982) Rapport édité par les Laboratoires de Marcoussis, route de Nozay, 91460, Marcoussis, France.

de Marcoussis, route de Nozay, 91460, Marcoussis, France. Les pages 2-6 ont été publiées dans le

Les pages 2-6 ont été publiées dans le magazine QUADRATURE n°40, pp.10-12, octobre 2000 Edité par EDP Sciences, 17 av. du Hoggar, PA de Courtaboeuf, 91944 Les ULIS, France http://www.edpsciences.org/quadrature/

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

1

LA DERIVATION FRACTIONNAIRE

Jean Jacquelin

1. Un vieux paradoxe !

Croyez-vous que les mathématiciens se contenteraient de faire subir à une brave et

df

d

2

f

d

n

f

honnête fonction f(x) des dérivations successives

Ce serait bien mal les connaître ! De même que "la Nature a horreur du vide", "le Mathématicien a horreur du discontinu".

Alors, n'existe-t-il vraiment rien entre

d

dx

n + 1

f

dx

n + 1

,

?

dx

2

,

,

dx

n

,

?

d

n

f

dx

n

et

Il faut remonter à 1695 pour trouver dans une lettre de G. W. Leibniz à G. A. L'Hospital la mention d'une différentielle fractionnaire d 1/2 x , qualifiée de "paradoxe apparent", d'où le titre de cette préface.

Dès le 18 ième siècle, les prémices du concept de dérivation fractionnaire, c'est-à-dire d'un opérateur de dérivation de degré non entier, apparaissent dans des écrits de L. Euler, de J.L. Lagrange et, au début du 19 ième siècle, avec P. S. Laplace et N. H. Abel.

Les avancées les plus marquantes sont celles de J. Liouville dans ses multiples mémoires à l'Ecole Polytechnique entre 1832 et 1835, puis la contribution de B. Riemann en 1847, faisant que les noms de ces deux mathématiciens restent attaché à la fameuse transformation que nous rappellerons plus loin.

Les développements ont été nombreux depuis lors. La très intéressante compilation réalisée par le Pr. Ross et publiée dans [1], outre sa valeur historique, montre la diversité et l'importance des applications récentes. La présente et trop succincte introduction doit beaucoup à cette bibliographie.

2. La transformation de Riemann-Liouville

Sous sa forme généralisée, la transformation de Riemann-Liouville [2], [3], que nous identifions à l'opérateur de dérivation fractionnaire de degré (ν), s'exprime par :

d

ν

dx

ν

f

(

x

) =

1

Γ (

ν

)

x

(

f

(

χ

)

d

χ

a

x

χ

)

ν

+ 1

(1)

Nous donnerons plus loin un "aperçu" de la justification de cette formule. Comme nous allons le voir maintenant, l'opérateur (1) s'étend aux dérivations de degré négatif, ce qui l'identifie alors à une intégration fractionnaire de degré µ = -ν.

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

2

3. L'intégration fractionnaire

Considérons (m) intégrations successives d'une fonction f(x). La formule de Cauchy [4] donne le résultat sous la forme d'une unique intégrale :

χ

χ

m

= x

m

= 0

χ

χ

m

1

=

m 1

= 0

χ

m

χ

χ

2

2

=

= 0

χ

3

χ

χ

1

1

=

χ

= 0

2

f

(

χ

1

)

d

χ

1

d

χ

2

d

χ

m

1

d

χ

m

=

1

(

m

1)!

χ

χ

= x

= 0

(

x

χ

)

m 1

f

(

χ

)

d

χ

Sachant que (m 1)! = Γ(m) , de là à remplacer m, entier, par µ, réel, il n'y a qu'un pas que nous franchirons allègrement, sans plus nous préoccuper de bien des contingences ! Ainsi donc, l'intégrale de degré µ se présenterait sous la forme suivante:

x

0

(

µ

)

f

(

χ

) (

d

χ

)

µ

=

1

Γ (

)

µ

x

0

(

x

χ

)

1

µ

f

(

χ

)

d

χ

=

1

Γ (

)

µ

x

f (

χ

)

0

(

x

χ

)

+ 1

µ

d

χ

Oh, merveille ! nous retrouvons l'opérateur de dérivation fractionnaire (1) avec le degré (-µ ) au lieu de (ν). C'est dire que l'intégration n'est autre que la dérivation avec un degré de signe contraire et réciproquement. Ceci fait que le nom de "differintégration" est parfois, et à juste titre, employé.

4. Justification sommaire

Les premières justifications de l'identification l'opérateur de dérivation fractionnaire à la transformation de Riemann-Liouville ont été apportées en travaillant sur le développement en série de Taylor de f(x). C'est un exercice délicat de passage aux limites dans le cas ν>-1, plus aisé dans le cas le l'intégration fractionnaire proprement dite. Contentons nous d'une "vérification" formelle et triviale, dans le cas le plus simple, soit µ>1 : La dérivation, au sens habituel, de (1) par rapport à x donne (avec ν=-µ) :

d

1

dx

Γ (

)

µ

d

1

dx

Γ (

)

µ

x

f

(

χ

)

d

χ

a

x

(

x

χ

f

(

χ

)

)

+ 1

µ

d

χ

a

(

x

χ

)

+ 1

µ

 

=

=

µ

1

Γ (

)

µ

x

a

(

x

1

Γ

(

µ

1))

χ

)

µ

2

f

x

f

(

χ

)

(

χ

)

d

χ

d

χ

a

(

x

χ

)

+

µ

2

+

1

Γ (

)

µ

(

x

(2)

En effet, la fonction Gamma a la propriété suivante: Γ(µ) = (µ 1) Γ(µ 1)

ambiguïté sur (

x

x

)

µ

1

=

0

pour µ>1.

x

)

µ

1

f

(

x

)

d

χ

et il n'y a aucune

Ainsi, on voit dans (2) que la dérivation simple ne modifie pas la forme de l'expression et remplace simplement µ par (µ-1), ce qui montre la récursivité de l'opération.

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

3

5. Une bien déconcertante borne inférieure

N'avez-vous pas remarqué dans ce qui précède, ho! lecteur vigilant!, qu'une question embarrassante a été éludée ? Voyez-vous, cette petite lettre (a), en bas du signe somme, dans l'équation (1) : C'est bel et bien une borne inférieure, arbitraire, d'intégration.

Cela ne surprendra personne dans le cas d'intégrations successives, voire d'intégration fractionnaire. Mais, quid de la dérivation ? Et bien, oui, il va falloir s'y habituer : la dérivation fractionnaire dépend aussi d'une constante arbitraire, tout comme l'intégration.

Généralement et conventionnellement, on fixe a=0, ce qui est parfois sous-entendu lorsque la notation ne le précise pas. Mais il ne faudrait pas voir là une règle absolue. Par exemple, l'utilisation de la transformation de Weyl [5], pour laquelle a = − ∞ , permet d'importantes simplifications, en particulier dans le cas de fonctions périodiques.

On constate donc que la notation

est ambiguë puisqu'elle ne précise pas de

d

ν

dx

ν

f (x)

paramètre (a). Au contraire, la notation


  

x

a

(

 

 

ν

)

f

( χ

) (

d

χ

)

ν

est sans ambiguïté, mais

elle est lourde et rarement employée. Notons la peu "médiatique" mais concise notation

a

D

ν

x

 

*

Quand aux notations avec des points ou des apostrophes, du genre

f

ou

f '' , il n'en est plus

question, n'en déplaise aux partisans du moindre effort ! Pour eux, nous proposons

f

(

(

a

ν

)

)

(

x

)

.

6. Exemples

On trouve des listes étendues de fonctions avec leurs transformées de Riemann- Liouville dans [1], [6], plus rarement dans les handbooks de fonctions spéciales, par exemple dans [7]. Le lecteur pourra lui-même retrouver les résultats suivants (a=0):

d

ν

ν

dx

d

ν

dx

ν

(

(

c x

c e

b

bx

)

)

=

=

c

Γ

(

b

+

1)

Γ

(

b

+

1

ν

)

x

b

ν

c b

ν

1

Γ −

(

ν

,

bx

)

Γ −

(

ν

)

e

bx

dans laquelle Γ(-ν,bx) est la fonction gamma incomplète [9]

Les transformées des fonctions sinusoïdales comportent des termes dans lesquels figurent les fonctions de Fresnel généralisées [9], [10]. Ceci est en relation avec le choix de la constante d'intégration (a). Ces termes compliqués s'évanouissent lorsque a → − ∞ . Ainsi, dans le cas de la transformation de Weyl ( a = − ∞ ), on trouve plus simplement b ν e bx transformée de e bx , ou encore b ν Sin(bx+νπ/2) transformée de Sin(bx).

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

4

7. Applications

La dérivation fractionnaire non seulement a des applications importantes en mathématiques pures (citons Erdélyi et Higgings, parmi nombre d'auteurs), mais également intéresse de vastes domaines des sciences physiques. Heaviside fut un précurseur génial qui , dès 1920, l'utilisa dans ses recherches sur la propagation électromagnétique [11]. De nombreux exemples sont cités dans [1], concernant rhéologie, diffusion, hydrodynamique, thermodynamique et récemment l'électrochimie.

Sans s'appesantir sur ces sujets (ici quelque peu hors de sujet ! ), les étudiants concernés par des notions de base sur les circuits électriques peuvent être intéressés par une amusante généralisation [10], grâce à la dérivation fractionnaire, telle qu'apparaissant sur le tableau suivant. Il s'en déduit des conséquences remarquables sur les réseaux constitués par des séries de ces composants, et sur les calculs de circuits équivalents.

 

CAS GENERAL

 

Cas du courant sinusoïdal I=I p Sin(ωt) ; V=V p Sin(ωt+ϕ)

Types de

composants

fondamentaux

I = f(t)

 

Lois physiques

Degré de

Coefficient

Angle de

Impédance

 
 

fondamentales

dérivation

déphasage

complexe

 

INDUCTANCE ( L )

V

= L

dI

dt

ν

= +1

P ϕ = L

ϕ = +

π

2

Z

= L i ω

 

RESISTANCE

V

= R I

 

ν

= 0

P ϕ = R

ϕ = 0

 

Z

= R

(

R )

       
   

1

 

P 1

=

ϕ C

 

π

 

1

CAPACITE

V

=

C

I dt

ν

= -1

ϕ = −

2

Z =

C i ω

 

(

C )

       

Généralisation :

 

d

ν

I

     

π

 

"PHASANCE" ( P ϕ )

V = P

ϕ

dt

ν

ν

P

ϕ

ϕ ν

=

2

Z = P

ϕ

 

(i

)

ω

2

ϕ

/

π

Et comme dernière touche à cette description, certes très provisoire, voici que la toute nouvelle géométrie fractale ( nouvelle à l'échelle des siècles…) n'a pas échappé à la tentation d'utiliser la dérivation fractionnaire ! (notez bien : dérivation fractionnaire et non encore fractale, Dieu merci ! ).

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

5

REFERENCES :

[1]

Keith B.Oldham, Jerome Spanier, The Fractional Calculus, Academic Press, New York, 1974.

[2]

Joseph Liouville, Sur le calcul des différentielles à indices quelconques, J. Ecole Polytech., v.13, p.71, 1832.

[3]

Bernhard Riemann, Versuch einer allgemeinen auffasung der integration und differentiation, 1847, Re-édit.: The Collected Works of Bernhard Riemann, Ed. H. Weber, Dover, New York, 1953

[4]

Augustin L. Cauchy, Œuvres complètes, 1823, cité par R. Courant, D. Hilbert, Methods of Mathematical Physics, Ed. J.Wiley & Sons, New York, 1962.

[5]

Hermann Weyl, Bemerkungen zum begriff des differentialquotienten gebrocherer ordnung, Viertelschr. Naturforsh. Gesellsch., Zürich, v.62, p.296, 1917.

[6]

Harry Bateman, Tables of Integral Transforms, Fractional Integrals, Chapt.XIII, Ed. Mc.Graw-Hill, New-York, 1954.

[8]

Jerome Spanier, Keith B.Oldham, An Atlas of Functions, Ed. Harper & Row, New York, 1987.

[9]

Milton Abramowitz, Irene A. Stegun, Handbook of Mathematical Functions, Ed. Dover Pub., New York, 1970.

[10]

Jean Jacquelin, Use of Fractional Derivatives to express the properties of Energy Storage Phenomena in electrical networks, Laboratoires de Marcoussis, Route de Nozay, 91460, Marcoussis, 1982.

[11]

Oliver Heaviside, Electromagnetic Theory, 1920, re-édit.: Dover Pub., New York,

1950.

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

6

THE FRACTIONNAL DERIVATION

( provisional translation )

General-public essay, issued from : Use of Fractional Derivatives to express the Properties of Energy Storage in Electrical Networks (1982), technical report edited by "Les Laboratoires de Marcoussis", route de Nozay, 91460, Marcoussis, France.

Marcoussis", route de Nozay, 91460, Marcoussis, France. The French version was published in the magazine QUADRATURE

The French version was published in the magazine QUADRATURE n°40, pp.10-12, october 2000, Edited by EDP Sciences, 17 av. du Hoggar, PA de Courtaboeuf, 91944 Les ULIS, France http://www.edpsciences.org/quadrature/

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

7

THE FRACTIONNAL DERIVATION

Jean Jacquelin

1. An old paradox!

Do you believe that the mathematicians would content with subject to successive

of a nice and fair function f(x) ? It would be not well

derivations

df

d

2

f

dx

,

dx

2

knowing them!

 

,

d

n

f

,

dx

n

,

Just as “Nature abhors a vacuum”, the Mathematician abhors the discontinuity.

Then, does nothing exists between

d

n

f

dx

n

d

n +

1

f

dx

n +

1

and

?

It is necessary to go back up to 1695 to find a letter of G.W.Leibniz to G.A.L’Hospital in which a fractional differential d 1/2 x is mentioned and qualified as “apparently paradoxical”. Hence, the title of this preamble.

From the 18th century, the beginning of the concept of fractional derivation, that is an operator of derivation of not integer degree, appears in papers of L.Euler, of J.L.Lagrange and, early in the 19th century, of P.S.Laplace and of N.H.Abel.

The most striking advances are the ones of J.Liouville in several of it’s reports to the Ecole polytechnique in Paris, between 1832 and 1835, then the contribution of B.Riemann in 1847, making that the names of these two mathematicians remain attached to the famous transform which we shall remind farther.

The developments were extensive since then. Besides its historic value, the very interesting compilation by Pr. Ross and published in [1] shows the diversity and the importance of the recent applications. The present and too brief preamble owes to this bibliography a lot.

2. The Riemann-Liouville transform

Under its generalized form, the expression of the Riemann-Liouville transform [ 2, 3 ], which we identify to the operator of fractional derivation of degree (ν), is :

ν 1

d

dx ν

f

( x

) =

Γ −

(

ν

)

x

f

(

χ

)

d

χ

a (

x

χ )

ν

+ 1

(1)

We shall give farther a "outline" of the justification of this formula. How we are now going to see, the operator ( 1 ) extends to the derivations of negative degree, what identifies it then with a fractional integration of degree µ = -ν.

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

8

3.

The fractionnal integration :

Let us consider ( m ) successive integrations of a function f (x). The Cauchy’s formula [ 4 ] gives the result on the form of only one complete integral :

χ

χ

m

= x

m

= 0

χ

m

1

=

χ

m 1

= 0

χ

m

χ

χ

2

2

=

= 0

χ

3

χ

χ

1

1

=

χ

= 0

2

f

(

χ

1

)

d

χ

1

d

χ

2

d

χ

m

1

d

χ

m

=

1

(

m

1)!

χ

χ

= x

= 0

(

x

χ

)

m 1

f

(

χ

)

d

χ

Knowing that (m 1)! = Γ(m) , from there is only a step to replace the integer m, by the real µ so that we make the leap cheerfully, without worrying us more about many contingencies! So, the integral of degree µ would appear under the following form:

x

0

(

µ

)

f

(

χ

) (

d

χ

)

µ

=

1

Γ (

)

µ

x

0

(

x

χ

)

1

µ

f

(

χ

)

d

χ

=

1

Γ (

)

µ

x

f (

χ

)

0

(

x

χ

)

+ 1

µ

d

χ

Oh, marvel we find again the fractionnal derivation operator (1) with degree (-µ) instead of (ν). It is to say that the integration is nothing else that the integration with opposite degree and reciprocally. This is why the name of " differintégration " is sometimes, and rightly, used.

4. Summary rationales

The first justifications of the identification of the fractional derivation operator with the Riemann-Liouville operator were brought by working on the Taylor’s series development of f(x). It is a tricky exercise of passage in the limits in the case ν>-1, easier in the case the fractional integration itself. Let us satisfy ourselves with only a formal and trivial "checking", in the simplest case, i.e. µ > 1: In the usual sense, the derivative of (1) relatively to x, with ν=- µ, leads to :

d

1

dx

Γ (

)

µ

d

1

dx

Γ (

)

µ

x

f

(

χ

)

d

χ

a

x

(

x

f

χ

(

χ

)

)

+ 1

µ

d

χ

a

(

x

χ

)

+ 1

µ

=

=

µ

1

Γ (

)

µ

x

a

(

x

1

Γ

(

µ

1))

χ

)

µ

2

f

x

f

(

χ

)

(

χ

)

d

χ

d

χ

a

(

x

χ

)

+

µ

2

+

1

Γ (

)

µ

(

x

x

(2)

)

µ

1

f

(

x

)

d

χ

Indeed, the function Gamma has the following property: Γ(µ) = (µ 1) Γ(µ 1) and there is

not any ambiguity on (

x

x

)

µ

1

=

0

in case of µ > 1.

So,

we

see in

(2) that

the usual derivation does not modify the pattern of the

expression and only replaces µ by (µ-1), what shows the recursion of the operation.

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

9

5. A very disconcerting lower limit of integration

In what precedes, didn’t you notice, ho! watchful reader!, that an awkward question was evaded? See this small letter (a), at the bottom of the integral symbol, in the equation (1):

Indeed, it is an arbitrary lower limit of integration.

will surprise nobody in the case of successive integrations, even fractional

integration. But, what about the derivation? And well, yes, this is going to need to become used to it: the fractional derivation also depends on an arbitrary constant, quite as the integration.

This
This

Generally and formally, we set a = 0, what is sometimes implicit when the notation does not specify it. But one shouldn’t see an absolute rule there. For example, the use of the Weyl’s transform [5], in which a = , allows important simplifications in the particular case of periodic functions.

We thus notice that the notation

is ambiguous because she does not specify

d

ν

dx

ν

f (x)

parameter (a). On the contrary, the notation

but it is heavy and so, does not get used. Let us note the few media but concise notation

x

a

a

(

D

ν

)

f

(

) (

χ

d

)

χ

ν

is without ambiguity,

ν . About the notations with points or

x

*

f

apostrophes, of kind

persons there! For them, we propose

ou

f '' ,

it is now out of the question, displeases the very lazy

f

(

(

a

ν

)

)

(

x

)

.

6. Examples

We find extended lists of functions with their Riemann-Liouville transforms in [1, 6], more rarely in the handbooks of special functions, for example in [7]. The reader can himself find the following results (a = 0):

d

ν

ν

dx

d

ν

dx

ν

(

(

c x

c e

b

bx

)

)

=

=

c

Γ

(

b

+

1)

Γ

(

b

+

1

ν

)

x

b

ν

c b

ν

1

Γ −

(

ν

,

bx

)   e

Γ −

(

ν

)

bx

in which Γ(-ν, bx) is the Incomplete Gamma function [9]

The transforms of the sinusoidal functions include terms in which the Generalized Fresnel functions [ 9, 10 ] appear. This is in connection with the choice of the lower limit of integration (a). These complicated terms faint when a . So, in the case of the Weyl transform ( a = ), we find more simple terms :

The transform of e bx is b ν e bx and the transform of sin(bx) is b ν sin(bx+νπ/2)

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

10

7. Applications

The fractional derivation not only has important applications in pure mathematics (let us quote Erdélyi and Higgings, among number of authors), but also interests vast domains of the physical sciences. Heaviside was a brilliant precursor who, from 1920, used fractional calculus in the researches on the electromagnetic propagation [ 11 ]. Numerous examples are quoted in [1], concerning rheology, diffusion, hydrodynamics, thermodynamics and recently the electrochemistry.

Without dwelling on these subjects (here a little outside subject!), the students concerned by basic notions on electric networks can be interested in a generalization [10], thanks to the fractional derivation, such as appearing on the following table. It had remarkable consequences on networks made of associations of these components, and on calculations of equivalent circuits.

Kind of basic components

GENERAL CASE I = f(t)

 

Case of sinusoïdal curent I=I p Sin(ωt) ; V=V p Sin(ωt+ϕ)

 

Fondamentales

dérivation

Coefficient

Phase

 

Complex

 
 

physical laws

 

degree

angle

impédance

INDUCTANCE

(

L )

V

= L

dI

dt

ν

= +1

P ϕ = L

ϕ

= +

π

2

Z

= L i ω

 

RESISTANCE

V

= R I

 

ν

= 0

P ϕ = R

ϕ = 0

 

Z

= R

(

R )

     
   

1

 

P 1

=

ϕ C

 

π

 

1

CAPACITE

V

=

I dt

ν

= -1

ϕ = −

Z =

 

(

C )

C

 

2

 

C i ω

 

Generalization :

 

d

ν

I

     

π

   

"PHASANCE"

(

P ϕ )

V = P

ϕ

dt

ν

ν

P ϕ

ϕ ν

=

2

Z = P

ϕ

(i

)

ω

2

/

ϕ π

And as last touch in this description, certainly very provisional, now the quite new fractal geometry (“new” on the scale of centuries) did not escape the temptation to use the fractional derivation! (Note, please: fractional derivation and not yet fractal derivation, thank goodness!).

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

11

REFERENCES :

[1]

Keith B.Oldham, Jerome Spanier, The Fractional Calculus, Academic Press, New York, 1974.

[2]

Joseph Liouville, Sur le calcul des différentielles à indices quelconques, J. Ecole Polytech., v.13, p.71, 1832.

[3]

Bernhard Riemann, Versuch einer allgemeinen auffasung der integration und differentiation, 1847, Re-édit.: The Collected Works of Bernhard Riemann, Ed. H. Weber, Dover, New York, 1953

[4]

Augustin L. Cauchy, Œuvres complètes, 1823, cité par R. Courant, D. Hilbert, Methods of Mathematical Physics, Ed. J.Wiley & Sons, New York, 1962.

[5]

Hermann Weyl, Bemerkungen zum begriff des differentialquotienten gebrocherer ordnung, Viertelschr. Naturforsh. Gesellsch., Zürich, v.62, p.296, 1917.

[6]

Harry Bateman, Tables of Integral Transforms, Fractional Integrals, Chapt.XIII, Ed. Mc.Graw-Hill, New-York, 1954.

[8]

Jerome Spanier, Keith B.Oldham, An Atlas of Functions, Ed. Harper & Row, New York, 1987.

[9]

Milton Abramowitz, Irene A. Stegun, Handbook of Mathematical Functions, Ed. Dover Pub., New York, 1970.

[10]

Jean Jacquelin, Use of Fractional Derivatives to express the properties of Energy Storage Phenomena in electrical networks, Laboratoires de Marcoussis, Route de Nozay, 91460, Marcoussis, 1982. (Out of print)

[11]

Oliver Heaviside, Electromagnetic Theory, 1920, re-édit.: Dover Pub., New York,

1950.

Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24 mai 2000. Provisional English translation : February 05-2013

12