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Institut supérieur de commerce Et d’administration des entreprises LA NOUVELLE APPROCHE DE LA NOTATION INTERNE

Institut supérieur de commerce Et d’administration des entreprises

de commerce Et d’administration des entreprises LA NOUVELLE APPROCHE DE LA NOTATION INTERNE : QUEL IMPACT
de commerce Et d’administration des entreprises LA NOUVELLE APPROCHE DE LA NOTATION INTERNE : QUEL IMPACT

LA NOUVELLE APPROCHE DE LA NOTATION INTERNE :

QUEL IMPACT SUR L’EVALUATION DU RISQUE CREDIT ?

Encadré par : Mr. Azeddine ANDALOUS

Réalisé par : Mlle. Lamyaa CHARKAOUI

ANNEE UNIVERSITAIRE : 2009/2010

Mastère Spécialisé Finance

ISCAE 2009/2010

Sommaire

Dédicaces……………………………………………………………………………………

3

Remerciements………………………………………………………………………………

4

Introduction……………………………………………………………………………………5

CHAPITRE PRELIMINAIRE…………………………………………………………… 7

I- Présentation du secteur bancaire marocain……………………………………………

.

II- Présentation d’ATTIJARIWAFA BANK……………………………………………… 10

7

PREMIERE PARTIE : Apports et Appréciations de la Réforme Bâle II…………… 14

Chapitre I : Historique du comité de Bâle…………………………………………………

14

Section 1 : Les accords de Bâle I…………………………………………………………14 Section 2 : Passage de Bâle I à Bâle II……………………………………………………16 Section 3 : Les grands principes de Bâle II……………………………………………….16

Chapitre II : L’introduction du dispositif de Bâle II au Maroc

26

Section 1:Les phases préparatoires de la transposition du dispositif au Maroc………… 26 Section 2:Contraintes liées à la mise en application de Bâle II……………………… 28

Chapitre III : Les préparatifs de Bâle III………………………………………………

28

Section 1 :Qu’est ce que Bâle III ? Section 2 : Les nouvelles mesures prises……………………………………………

28

29

DEUXIEME PARTIE : Evaluation du risque crédit « de la méthode standard à la méthode avancée »………………………………………………………………………

31

Chapitre I : Le risque crédit vue d’ensemble……………………………………………….31

Section 1 : Généralités sur le crédit……………………………………………… …31

Section 2 : Le risque de crédit et ses composantes…………………………………

Section 3 : La notation et les principales méthodes quantitatives de gestion du risque Global…………………………………………………………………… 38 Section 4 : l’analyse financière……………………………………………………….41

33

Chapitre II : L’approche standard est un passage aux notations internes………………… 44

Section 1 : Principe de l’approche standard………………………………………… 44 Section 2 : Nouveautés dans la pondération du risque des différentes créances…… 48 Section 3 : Rôle des agences de notation externes……………………………………49

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Chapitre III : Mise en place de l’approche de la notation interne à ATTIJARIWAFA

BANK………………………………………………………………………………………51

Section 1 : Principe de l’approche avancée ………………………………………… 52

Section 2 : Système de la notation interne à ATTIJARIWAFA BANK…………… 57

Section 3 : Etude comparative entre la méthode standard et celle avancée…………

65

Conclusion ………………………………………………………………………………….78

Liste des figures…………………………………………………………………………… 81 Liste des tableaux……………………………………………………………………………82 Liste des abréviations……………………………………………………………………… 83 Sources Bibliographie et Weboghraphie…………………………………………………….84

Annexes………………………………………………………………………………………86

Table des matières……………………………………………………………………………96

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DEDICACES

Je dédié ce travail, qui m’est cher et précieux à ma chère famille qui n’a pas épargné un quelconque effort à me soutenir et aider et très spécialement mes parents, frères.

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REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail, je tiens à présenter mes remerciements à plusieurs personnes qui ont contribué de près ou de loin et sans lesquelles ce mémoire n’aurait jamais vu le jour.

Je tiens tout d’abord à remercier infiniment Monsieur ANDALOUS Azeddine pour son encadrement, sa grande disponibilité, son empathie, ses encouragements et son soutien qui m’a été précieux depuis le début de ce travail jusqu’à la finalisation de mon mémoire.

Je remercie également Mr JOUNDI Hicham responsable de la Direction Gestion Globale des Risques à ATTIJARIWAFA BANK pour l’ensemble des informations nécessaires offertes, ainsi que pour m’avoir orienté et soutenu pour l’élaboration du présent mémoire.

Je souhaite aussi exprimer mes remerciements au corps professoral et administratif de l’I.S.C.A.E qui nous assure continuellement une formation performante et rigoureuse.

Je vous prie, Messieurs, de trouver ici l’expression de ma gratitude et de mon profond respect.

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Introduction

Dans les milieux financiers et bancaires, les accords de Bâle II sont un thème d’actualité. Il suffit de regarder le nombre de conférences, la quantité d’articles et de publications traitant de ce sujet pour s’en rendre compte. Néanmoins, pour le grand public, il n’est pas toujours facile de comprendre ce qui se cache derrière le Comité de Bâle, les accords de Bâle et leurs implications pour les preneurs de crédit. Ces accords sont issus de l’idée d’une supervision internationale des établissements bancaires existait bien avant 1974, mais elle a germé avec la faillite de la banque privée Allemande Herstatt cette année là, qui avait fait perdre de l’argent à des milliers de déposants suite à des spéculations sur devises. Cette faillite avait montré, une fois de plus, l’interdépendance du système bancaire international : la défaillance d’une banque pouvait engendrer la défaillance d’autres banques. De la même façon que la rupture d’un maillon fait éclater l’ensemble de la chaîne.

L’analyse de ces crises récentes permet de dégager d’une part, que ces situations se développent à la faveur d’une intégration croissante du risque de marché et de contrepartie, elle-même liée à l’extension du champ des marchés financiers (pays émergents) et à l’apparition de nouveaux acteurs (institutions à fort effet de levier ou fonds spéculatifs).

C’est ainsi que les pays du G10+ ont crée le comité de Bâle en 1974 avec un siège social dans les locaux de la BRI (Banque des Règlements Internationaux) dans la ville suisse de Bâle. Les normes prudentielles internationales sont définies par le comité de Bâle. L’objectif est de préciser le niveau de fond propre minimum que doit respecter chaque banque, en fonction des risques qu’elle encourt pour éviter le risque systémique.

Le premier ratio de solvabilité, ou ratio Cooke dit encore Bâle I est entré en vigueur en 1988, dont le seuil minimal ne pouvait être inférieur à 8%. Autrement dit, pour 1DHS de crédit accordé à un ménage ou une entreprise, une banque devait détenir 8 centimes de fonds propres. Mais rapidement le ratio Cooke montrait ses limites. Une des principales critiques avancées par les experts en finances à l’égard de l’Accord de Bâle de 1988 est qu’il ne tient pas suffisamment compte des risques effectivement encourus. Ainsi les actifs des banques sont à cette fin classés dans plusieurs catégories et ensuite pondérés par un facteur de pondération attribué à la catégorie de risque en question. La quasi-totalité des encours envers le secteur privé non-bancaire, dont les PME, est pondérée à 100% entraînant donc une exigence de 8% de fonds propres, quelle que soit la qualité des crédits accordés, ce qui peut conduire à une mauvaise affectation des ressources. Une autre critique est que l’accord ne reconnaît pas suffisamment le rôle des techniques d’atténuation du risque de crédit, telles les garanties (réelles et personnelles), dérivés du crédit. Enfin, il ne tient pas compte des développements récents en matière de gestion des risques des banques.

C’est pourquoi une réforme de ce ratio a été proposée en 1999, après une longue période de négociation, justifiée par l’importance des enjeux, un nouveau ratio, dit ratio Mc Donough entré en vigueur au 1 er janvier 2007.

L nouveau ratio Mc Donough est plus complet que le ratio Cooke, il ne repose plus sur un simple calcul des fonds propres par rapport aux risques de crédit, ceux-ci étant pondéré en fonction de la nature juridique des débiteurs, de la localisation des risques et de la nature des engagements, ce qui permet d’améliorer la sécurité et la solidité du système financier en

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tenant davantage compte des risques véritablement encourus et en donnant plus de place aux méthodes internes de contrôle et de gestion des banques.

L’adoption de l’approche IRB constitue la principale nouveauté de l’Accord de Bâle II. Elle repose en grande partie sur des concepts similaires à ceux employés par les grandes banques dans leurs techniques de gestion du risque de crédit. Elle peut être considérée comme un modèle de risque de crédit spécifié de façon à rencontrer les objectifs des autorités de contrôle prudentiel et à déterminer le montant de capital réglementaire nécessaire pour couvrir les pertes économiques éventuelles subies sur un portefeuille de crédit.

Dans le contexte local et en respect de l’échéancier fixé par la BAM, tous les établissements de crédit doivent adopter l’approche dite standard afin d’évaluer et de reporter le risque crédit. Or, suivant le dit échéancier, toute la place bancaire devra progressivement migrer vers les méthodes dites avancées, afin d’une meilleur appréciation des risques. Cette option, comme celle de la méthode standard, ne remet toutefois pas en cause la norme globale de 8% de fonds propres, fixée en 1988 dans le cadre du ratio Cooke, puisque cette dernière constituera un minimum à respecter.

C’est dans ce cadre que s’inscrit cette thèse de mastère en Finance qui a pour thème « La nouvelle approche du notation interne quel impact sur l’évaluation du risque crédit ».

De ce fait, la problématique, à traiter est la suivante : « quel impact de la nouvelle méthode de la notation sur l’évaluation du risque crédit ? et quel processus la banque Attijariwafa Bank doit-elle mettre en place afin de mesurer et de reporter le risque crédit et ce en conformité avec les directives publiées par Bank Al Maghrib en la matière ? et quel l’état des lieux de l’adoption des méthodes avancées par notre banque ? ».

Cette étude est divisée en deux parties, comprennent chacune trois chapitres. Pour s’y prendre, je vais présenter de façon brève, dans le chapitre introductif, le secteur bancaire marocain et un aperçu sur Attijariwafa Bank et sa structure.

Ma réflexion portera dans la première partie sur la présentation des travaux réalisés en vue de mettre en place le nouveau ratio de solvabilité Mc Donough, et les règles de gestion conçus à cet effet et ce suivant la méthode standard.

Ensuite, j’entame la deuxième partie, par la présentation du système de notation interne au sein Attijariwafa Bank et de procéder à une simulation de cas en comparant la méthode standard avec celle avancée.

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Chapitre préliminaire

I-Présentation du secteur bancaire Marocain

1-Libéralisation du secteur bancaire Marocain

Depuis le début des années 90, le Maroc s’est résolument engagé dans une politique d’ouverture de libéralisation économique. Face aux mutations importantes que connait l’environnement des échanges internationaux, le Maroc a décidé de conclure différents accords de libre échange, arrimant ainsi son économie aux principaux ensembles régionaux. Le Maroc a retenu une stratégie de croissance basée sur la promotion du secteur privé. En économie ouverte, le devenir de l’entreprise privée dépend de sa compétitivité et donc de sa capacité à produire plus et mieux à des standards internationaux reconnus. Les besoins en capitaux nécessaires à l’accompagnement de cette ouverture de l’économie sont certes considérables.

Toutefois et en dépit des efforts déployés pour élargir l’offre des produits financiers, il est clair que le secteur bancaire demeurera longtemps encore le principal fournisseur financier de la PME. L’évolution croissante des crédits à l’économie en est une excellente preuve. Le secteur bancaire marocain joue un rôle clé dans l’économie marocaine. Il a connu différentes réformes qui en font aujourd’hui un système plutôt moderne adapté aux besoins de la société comme à ceux des entreprises depuis 1991, le secteur bancaire connaît des mutations profondes (levée par les autorités monétaires de l’encadrement du crédit, nouvelle loi bancaire, réforme du marché des capitaux, l’adoption des règles prudentielles,…etc).

Il tente de s’adapter de manière plutôt volontariste à l’évolution de la situation économique du pays tout en se conformant aux standards internationaux en termes de réglementation et d’organisation. L’intégration dans l’économie mondiale et les impératifs de restructuration tant de l’économie en général que du secteur bancaire en particulier, ne manqueront pas de reconduire à une configuration de ce dernier.

Les premières opérations de rapprochement entre opérateurs bancaires de même que l’entrée en vigueur de nouveaux ratios prudentiels (Bâle II) ne sont que les prémisses de profonds changements.

2-Structure du système bancaire Marocain

Les principaux opérateurs

Le mouvement de concentration et de rationalisation du secteur bancaire, amorcé depuis quelques années, s’est poursuivi en 2005. Ainsi, le nombre d’établissements de crédit est en baisse continue : il est passé de 68 en 2001 à 52 en 2005. A fin 2005 le nombre de banques a baissé à 16(19 banques en 2001), suite principalement à la fusion absorption de la Banque Marocaine pour l’Afrique et l’Orient (BMAO) par le Crédit Agricole du Maroc (CAM), la Wafabank par la Banque Commerciale du Maroc.

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Après retrait d’agrément à al Banque Nationale pour le Développement économique (BNDE) opéré au début de l’année 2006, le nombre de banques est passé à 15 (dont 12 privées et trois publiques spécialisées) on compte cinq (5) catégories d’établissement :

Les banques de dépôts classiques, parmi lesquelles on trouve les cinq grandes banques privées qui réalisent près des deux tiers de la collecte des dépôts bancaires, à savoir :

Attijariwafa Bank (AWB), la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE), et les trois filiales françaises en l’occurrence le SGMB, la BMCI et le Crédit du Maroc.

Le Crédit Populaire du Maroc (CPM), leader historique du secteur, est constitué de la Banque Centrale Populaire (BCP) et son réseau de Banques Populaires Régionales (11 BPR).Organisme public particulièrement concerné par la collecte de la petite épargne et la distribution des crédits aux PME, la BCP est devenue une société anonyme en

2002 et est engagée depuis cette date dans un processus de privatisation.

Les anciens organismes financiers spécialisés (OFS) dans le financement de secteurs d’activités particuliers : Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), la Caisse Nationale du Crédit Agricole devenue le Crédit Agricole du Maroc (CAM) et la Banque Nationale pour le Développement Economique (BNDE) sont engagés dans un processus de restructuration et d’assainissement. La CNCA s’est pourvue de nouveaux statuts

publiés en décembre 2003 qui prévoient que des conventions soient passées avec l’Etat pour ce qui concerne les activités requérant un soutien spécifique, en particulier pour les petites el les moyennes exploitations agricoles. La BNDE a été reprise en

2003 par la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), établissement public. Le CIH est

passé sous le contrôle de la CDG et du groupe Caisses d’Epargne Françaises.

Diverses autres banques dont la création répond à des besoins spécifiques :Bank Al Amal, pour le financement de projets d’investissement des Marocains résidant à l’étranger et le fonds d’équipement communal dédié au financement des collectivités locales (FEC).

Les banques off shore : elles sont au nombre de 6 :

Attijari Internationale de Tanger Banque Internationale de Tanger BMCI-Banque off-shore Société Générale Tanger Off-shore BMCE Bank Chaabi International-Bank Off-shore

3-Lois et autorités de contrôle

3-1- Cadre légal

Le système bancaire marocain a fait l’objet en 1993 d’une importante réforme avec la promulgation du dahir portant loi N° 1-93-147 du 06 juillet 1993 relatif à l’exercice de l’activité des établissements de crédit et de leur contrôle. Cette nouvelle loi bancaire a permis :

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D’instituer un cadre légal unifié pour l’ensemble des établissements de crédit, qui comprennent désormais les banques et els sociétés de financement.

D’élargir les bases de concentration entre les autorités monétaires et la profession et ce, à travers notamment la mise en place des deux organes suivants :

D’affermir le pouvoir de supervision de Bank Al-Maghreb, notamment par le renforcement de ses attributions en matière prudentielles et l’extension de ses contrôles aux personnes morales liées aux établissements de crédit. Ce pouvoir a également été consolidé par l’institution de l’obligation de l’audit externe des comptes pour les établissements qui reçoivent des fonds du public ainsi que par la révision, dans un sens plus dissuasif, des sanctions et la mise en place de la commission de discipline des établissements de crédit.

D’améliorer la protection de la clientèle, en particulier les déposants en mettant notamment en place un fonds de garantie des dépôts ainsi qu’un mécanisme de soutien aux établissements de crédits en difficulté.

« Le dahir portant Loi du 06 juillet 1993 a, cependant, expressément exclu de son champs d’application Bank Al-Maghreb, la Trésorerie Générale du Royaume, le service des comptes courants et de chèques postaux, le service de mandats postaux, la Caisse de Dépôts et de Gestion (CDG), la Caisse Centrale de Garantie, les banques off-shore et les compagnies d’assurance et de réassurance ».

3-2-Le Ministère des Finances

Ce dernier exerce incontestablement une influence considérable sur l’ensemble du dispositif mis en place par la loi bancaire de 1993 et ce, soit directement en étant président du « Conseil National de la Monnaie et l’Epargne » soit indirectement, par intermédiation entre ses représentants.

3-3- Bank Al Maghreb

Celle-ci joue un rôle important dans l’activité bancaire en participant activement aux adjudications des Bons de Trésor et aux avances qu’elle accorde au niveau du marché monétaire, dont l’importance et les conditions influent directement sur la trésorerie des banques et sur les taux d’intérêts appliqués. Par ailleurs, la loi bancaire a renforcé les attributions de Bank Al Maghreb en matière de surveillance et de contrôle du système bancaire

3-4-Les organes de consultation et de coordination

Des organes spécialisés ont été crées pour être consultés et faciliter les prises de décisions des autorités monétaires. Il s’agit :

Du Conseil National de la Monnaie et de l’Epargne,

Du comité des établissements de Crédit,

De la Commission de Discipline des Etablissements de Crédit,

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D’autres ont été institués pour servir d’intermédiaires entre les autorités de tutelle et Les établissements de crédit, rôle qui incombe aujourd’hui à deux associations professionnelles :

Le Groupement Professionnel des Banques du Maroc

L’association Professionnelles des Sociétés de Financement

II-Présentation d’AttijariWafa Bank

1-Fiche signalétique

Attijariwafa Bank

Raison sociale : Attijariwafa Bank

Siège social : 2, Bd Moulay Youssef Casablanca 20.000

Forme juridique : Société Anonyme

Date de création ou date de fusion effective : 1/09/2004

Président : Mohamed El Kettani

1874 Agences 12817 collaborateurs 4.3 millions de clients PNB : 6.9 milliards de DH (+16.2) 1 Résultat net consolidé : 2.3 milliards de DH (+16.5) Résultat net part du groupe : 1.9 milliards de DH (+15.1) Fonds propres consolidés : 25.7 milliards de DH (+13.9) Total bilan consolidé : 297.7 milliards de DH (+10.5) près de 35 points de vente à l'étranger

Figure 1 : la fiche signalétique d’Attijariwafa bank

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2-Présentation de la banque

Premier groupe bancaire et financier du Maghreb et huitième au niveau africain, Attijariwafa Bank bénéficie d’une assise financière solide, d’un capital de savoir-faire diversifié et d’outils d’expertise modernes, qui le positionnent aujourd’hui en acteur clé du développement économique marocain.

Une mission qu’Attijariwafa Bank relève avec dynamisme et volontarisme, en se fixant un double objectif : situer ses performances aux meilleurs standards internationaux et s’inscrire dans une perspective de rayonnement dans l’espace euro méditerranéen et de compétition internationale.

Amorcé en Novembre 2003, le projet d’Attijariwafa Bank s’est concrétisé en Mai 2004, lorsque la Banque Commerciale du Maroc a acquis la totalité du capital de Wafabank à travers une offre publique d’achat et une offre publique d’échange, mais la fusion n’a été effective qu’au 1 er septembre 2004. Ainsi, les comptes d’Attijariwafa Bank au titre de l’exercice 2004 incluent 12 mois d’exercice de la Banque Commerciale de Maroc et 4 mois d’exercice de Wafabank.

2-1 Actionnariat

Attijariwafa Bank compte parmi ses actionnaires de référence des entreprises d’envergure internationale, avec lesquelles elle développe des synergies multiples, notamment en termes d’expertise et de valeur :

multiples, notamment en termes d’expertise et de valeur : Figure 2 : Actionnariat du Groupe AttijariWafa

Figure 2 : Actionnariat du Groupe AttijariWafa Bank

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2-2 Organisation

La nouvelle organisation de la banque place le client au centre des préoccupations ainsi la maîtrise des risques et le renforcement du contrôle sont également des axes essentiels avec des pôles dédiés. Le gouvernement d’entreprise, la déontologie et le développement durable sont inscrits en tant que principes d’action dans la ligne de conduite de la banque.

5 Business Units autonomes et dotés de moyens propres, assistés par 7 fonctions supports ayant une mission de pilotage, de contrôle et de suivi, forment l’architecture de cette nouvelle organisation.

2-3 Performance

Le groupe Attijariwafa bank a remporté le trophée de la banque africaine de l’année, une récompense décernée lord de la cérémonie des Africain Banker Awards organisée à Washington le 8 octobre en marge des assemblées générales de la Banque Mondiale et du FMI par Africain basées sur

- Une croissance remarquable de son PNB, de son Résultat net, ses fonds propres et de son total bilan ;

- Le développement des marchés (croissance du nombre de clients, de zones géographiques) où la banque opère ;

- Sa contribution a changé la perception de l’Afrique auprès des Marchés Financiers Internationaux ;

- Son niveau de transfert de savoir faire et de meilleures pratiques Internationales à l’échelle africaine ;

-Sa diversification des secteurs d’activité où le groupe opère ; -Son engagement dans le financement de projets structurants et majeurs.

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Partie I :

Apports et Appréciations de la Réforme Bâle II

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Partie I : Apports et Appréciations de la Réforme Bâle II

Chapitre1 : Historique du comité de Bâle

Le comité de Bâle est en fait un comité de Banque des Règlements Internationaux « BRI » rappelons à ce propos que la BRI a été crée en 1930 dans le cadre du plan Young relatif aux modalités de réparation de préjudice de la guerre imposée aux allemands par le traité de Versailles et qu’elle avait aussi été utilisée pour assurer la distribution des financements nécessaires à la reconstruction Européenne.

Ses fonctions de départ étant devenue naturellement obsolètes, l’idée avait prévalu de la conserver comme lieu de rencontre, de discussion et d’échange de points de vue conseil d’administration. Rappelons par ailleurs que la BRI est aussi appelée à assurer une coordination informelle des grands pays et que son conseil d’administration se réunit mensuellement à cet effet.

Section 1 : Les accords de Bâle I

C’est en 1988 que le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, crée en 1974 à l’initiative des gouverneurs de banques centrales des pays du G10 2, a édicté un ensemble de règles prudentielles destinées à garantir la solidité et la stabilité du système bancaire international.

Dans cet accord, appelé communément Bâle I, figure le fameux ratio Cooke, qui impose aux banques d’allouer des fonds propres à hauteur de 8% des crédits accordés. La rentabilité attendue sur ces 8% de fonds propres immobilisés, est bien évidemment répercutée par la banque au client à travers le taux d’intérêt, en appliquant certaines pondérations, également simples, aux engagements figurant au bilan et en hors bilan suivant un pourcentage déterminé, mais ces accords :

ne tenaient compte :

Ni de la qualité de portefeuille de crédit ;

Ni de niveau de risque que chaque dossier présenté ;

Ni de la qualité de la gestion de ces risques.

Ne prenaient pas en compte certains engagements dont ceux à moins d’un an ;

Et avaient pour seul objectif au départ « le risque crédit » c'est-à-dire le risque de défaillance d’une contrepartie.

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Le ratio de Cooke est calculé en comparant les fonds propres (au numérateur) risques pondérés (au dénominateur). Ce rapport ne doit pas être inférieur à 8%.

Total des Fonds Propres

> =8%

Risque de crédits pondérés

aux

Rappelons que les activités bancaires conduisaient inévitablement les banques à prendre des risques pouvant être à l’origine de pertes liées au temps et à la nature des activités elle-même. C’est pourquoi il est apparu nécessaire de tenir compte du « risque de marché » défini comme étant « la perte potentielle due au variation des taux de change, des taux d’intérêt, des prix des matières premières et des actions ».

Ainsi le ratio de Cooke a été complété en 1996 par un amendement introduisant « le risque de marché » ; le rapport étant devenu :

Total des Fonds Propres

> =8%

Risque de crédits pondérés+risque de marchés pondérés

D’où la pondération répond à une logique de forfait en fonction de la nature du débiteur, de la localisation du risque, des sûretés reçues et de la durée des engagements.

Nature

Pondérations

Souverains

0%

Banques

20%

Entreprises

100%

PPI

50%

Tableau 1 : Pondération forfaitaire

Ces fonds propres appelés « capital réglementaire » étaient considérés comme le niveau minimum et étaient sensés assurer la protection des déposants et la stabilité du système financier. Même modifier pour tenir compte du risque de marché, le ratio de Cooke ne résiste plus à l’examen.

De nombreuses études, en effet, ont permis de mettre en relief ses propres faiblesses et en particulier :

Des pondérations de solvabilité rigide, ne tenant pas compte de la qualité réelle des actifs du bilan ou des crédits ;

De nombreuses techniques nouvelles de diminution des risques de crédit, ne sont pas prises en compte parce que le ratio était antérieur à leur apparition ; il en est ainsi par exemple des dérivés de risque, des dérivés de crédits et des titrisations des crédits ;

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Non intégration dans le ratio des durées et des diversifications des portefeuilles de crédits ;

Non prise en compte de nombreux risques, particulièrement celui dit « opérationnel » ;

Anachronisme des accords dans leur ensemble, si l’on considère l’évolution globale du monde bancaire depuis leur conception en 1988 ; en effet :

L’activité bancaire est devenue plus complexe depuis

Outre l’apparition des nouvelles techniques de dérivés de crédits, sont apparues également de nouvelles techniques de gestion des risques.

Enfin, pour tenir compte de toutes ces nouveautés et de nombreux autres risques difficilement quantifiables, est apparue la notion de « risques économiques », elle-même à l’origine de la notion de « fonds propres économiques ».

Section 2 : Passage de Bâle I à Bâle II

Les années 90 ont rapidement montré les limites de Bâle I, qui était une première approche, et ont mis en évidence une évolution rapide de la gestion par le secteur bancaire.

En 1996, amendement de l’accord pour y intégrer les risques du marché. Mais Bâle I présentait quelques insuffisances comme la non prise en compte des risques opérationnels.

En 1997, le comité décide de remédier ces lacunes pour mieux prendre en compte les nouvelles techniques de gestion des risques.

Le besoin d’un nouvel accord, plus précis et plus proche du risque à couvrir, est apparu incontournable. C’est ainsi qu’est né Bâle II sous la présidence de l’américain McDonough (d’où l’expression couramment employée de ratio McDonough), dont les grands principes sont désormais acquis.

En 2004, les directives Bâle II ont vu le jour.

Le projet comprend 3 piliers : le premier reprend les exigences minimales de fonds propres, le deuxième pilier s’attache à détailler les relations entre le secteur financier et les autorités de surveillance, alors que le troisième concerne la discipline de marché, autrement dit la transparence des informations publiées par les banques.

Le 14 juin 2006, a repris les principales mesures et modalités de Bâle II, entrée en application effective en Europe depuis le 1 er janvier 2007

Section 3 : Les grands principes de Bâle II

Rappel des trois piliers

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Le comité de Bâle II sur le contrôle bancaire a adopté un nouvel accord sur les fonds propres vers la fin juin 2004 en proposant une réforme qui s’articule sur trois piliers.

proposant une réforme qui s’articule sur trois piliers. Figure 3: les trois piliers de Bâle II

Figure 3: les trois piliers de Bâle II

Au Maroc la circulaire de Bank Al-Maghrib n° 26/G/2006 relative aux exigences en fonds propres portant sur les risques de crédit, marché et opérationnels transpose les normes de l’accord sur les fonds propres publié en 2004 par le comité de Bâle, actualisé en novembre 2005. Cette circulaire définit les modalités de calcul des actifs pondérés au titre de ces risques ainsi que les exigences en fonds propres nécessaires à leur couverture (Cf. Annexe 1).

1-Premier pilier : Exigences minimales de fonds propres

Les banques doivent maintenir en permanence leurs fonds propres à un niveau qui permet la couverture de l’ensemble de leurs risques (crédit, marché et opérationnel) calculés selon l’approche convenue avec les autorités prudentielles.

Les exigences en fonds propres sont fondées sur une évaluation très fine du risque. Le ratio de solvabilité reste inchangé à son minimum de 8% mais la nouveauté concerne son calcul. A ce titre le ratio Cooke visait à définir les exigences en fonds propres relatives aux risques à travers deux formules des risques pondérés :

Les risques pondérés = risque de crédit pondéré +risque de marché pondéré. La pondération des encours risque crédit est liée à la nature du débiteur, la localisation du risque et la durée des engagements.

Les risques pondérés = risque de crédit pondéré + risque de marché pondéré + risque opérationnel.

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Le passage de la première à la deuxième formule a été fortement recommandé suite aux insuffisances au niveau des accords précédents telle que la non prise en compte des risques opérationnels, qui ont poussé le comité Bâle à améliorer le processus de suivi du risque bancaire. Par conséquent, un nouveau paramètre a été introduit dans les risques pondérés au niveau de dénominateur à savoir « le risque opérationnel »

de dénominateur à savoir « le risque opérationnel » Figure 4 : Ratio McDonough 1-1: Le

Figure 4 : Ratio McDonough

1-1: Le risque crédit

A partir du XVII siècle, depuis que la banque moderne a commencé son évolution, La plupart des défaillances bancaires trouvent leur origine dans l’incapacité des emprunteurs, à rembourser leurs dettes. Pour l’industrie bancaire, le risque majeur demeure le risque de crédit c’est donc le risque qu’un débiteur fasse défaut ou que sa situation économique se dégrade au point de dévaluer la créance que l’établissement détient sur lui. Donc on entend par ce risque le fait qu’un client ne soit pas en mesure d’honorer ses engagements à l’égard d’un établissement de crédit.

Pour son évaluation deux grandes options sont ouvertes : approche standardisée et approche fondée sur les notations internes ‘’ Internal Rating Based Approch’’ ou ‘’IRB’’, cette dernière comporte deux variantes simples et complexe.

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Mastère Spécialisé Finance ISCAE 2009/2010 Figure 5 : récapitulatif de la méthode de notation interne 1-1-

Figure 5 : récapitulatif de la méthode de notation interne

1-1-1: L’approche standardisée

Elle est considérée comme une approche simple accessible à toutes les banques L’exigence en capitaux propres (CP) est calculée comme suit :

CP = [(Pondération x Exposition)] x 0.08

Chaque exposition sur une contrepartie est classée en fonction du type de créance et de la notation externe de la contrepartie.

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Mastère Spécialisé Finance ISCAE 2009/2010 (* : Le Maroc se situe dans la tranche BB+ à

(* : Le Maroc se situe dans la tranche BB+ à B-)

Tableau 2 : pondération par type de contrepartie

Par simplicité d’application l’approche standardisée est en principe réservée aux banques de petite et moyenne taille. Les banques de taille plus significative peuvent y recourir si elles ne peuvent pas adopter les méthodes de notations internes jugées plus complexes dans un premier temps.

1-1-2 : L’approche de notation interne

Dans l’approche fondée sur les notations internes, les banques pourront utiliser leurs Estimations internes sur la solvabilité de leurs clients pour évaluer le risque de crédit inhérent à leur portefeuille, à condition qu’elles respectent des critères stricts en matière de méthodologie et de communication financière.

Dans l’approche IRB, une banque détermine la solvabilité de chaque emprunteur, et le résultat produit une estimation du montant des pertes potentielles qui sert d’assiette à l’exigence de fonds propres.

Le dispositif prévoit deux méthodologies, citées plus haut, simple (foundation approach) et avancée (advanced approach) cette dernière concerne surtout les prêts aux entreprises et aux banques.

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1-1-3 : L’approche simple ou IRB Foundation (Internal Rating Based)

Les exigences minimales en fonds propres (CP) sont déterminées en appliquant la Formule générale à chaque portefeuille considéré par les trois principaux éléments suivants :

PD, LGD et EAD fournis tout ou partie par la banque

Une fonction de calcul des pondérations spécifié par le comité de Bâle et intégrant l’ensemble de ces paramètres.

Un nombre d’exigences minimales de qualité.

La formule générale à chaque portefeuille se présente comme suit :

générale à chaque portefeuille se présente comme suit : Figure 6 : Formule du calcul d’exigence

Figure 6 : Formule du calcul d’exigence en fonds propres réglementaire

La banque évalue la PD et l’autorité de contrôle fixe le LGD et la maturité.

1-1-4 : L’approche complexe ou IRB Foundation Advanced Approche

La formule de calcul de cette approche est identique à celle de l’approche IRB Foundation sauf pour la détermination des paramètres. La banque dans ce cas évalue la PD, le LGD, EAD et M.

1-2-Le risque marché

On entend par risque de marché, les risques de pertes qui peuvent résulter des Fluctuations des prix des instruments financiers qui composent le portefeuille de négociation ou de positions susceptibles d’engendrer un risque de change, notamment les opérations de change à terme et au comptant. Ainsi, le risque de marché représente la probabilité de pertes dues aux fluctuations non anticipées de variables de marché qui sont les taux d’intérêt et les taux de change.

Le risque de taux comprend le risque de révision des taux et les risques liés à la corrélation imparfaite entre l’évolution des taux reçus et des taux versés. Un exemple classique du risque de taux est celui où des ressources mobilisées à taux variable, par exemple, sont utilisées en emplois à taux fixe ou inversement, d’où la nécessité, pour ces établissements de veiller à une adéquation plus ou moins parfaite entre les conditions de mobilisation de ressources et les conditions de leurs emplois ;

Le risque de change est lié aux emplois et ressources, mais aussi aux engagements hors bilan qui sont libellés dans une monnaie autre que la monnaie nationale. Il est évident

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que les fluctuations des cours de change peuvent engendrer des pertes considérables pour les établissements bancaires qui, de ce fait, sont amenées à surveiller, en permanence, leur position de change définie comme étant la différence entre la somme des avoirs et la somme des engagements libellés dans une même devise.

Le risque marché du pilier 1 distingue deux approches : l’approche forfaitaire et la modélisation interne du risque.

forfaitaire et la modélisation interne du risque. Figure 7 : Récapitulatif des approches du risque marché

Figure 7 : Récapitulatif des approches du risque marché

Le risque de marché utilise le concept du Value at Risk (VAR) qui permet de

quantifier avec un seuil de confiance de 95%, la perte maximale que peut subir une position

dans des conditions de marché dites normales.

1-3 : Le risque opérationnel

Le risque opérationnel est définit par le comité de Bâle comme étant « un risque de

Pertes directes et indirectes résultant de l’inadaptation ou de la défaillance de procédures, de

personnes ou de systèmes ou résultants d’événements extérieurs ». Cette définition inclut le

risque juridique mais le risque de réputation et le risque stratégique ne sont pas inclus.

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Mastère Spécialisé Finance ISCAE 2009/2010 Figure 8: Risque opérationnel et ses composantes 1-3- 1 : L’approche

Figure 8: Risque opérationnel et ses composantes

1-3-1 : L’approche Indicateur de Base

Les banques appliquant l’approche correspondant à la moyenne sur les trois dernières années de leur produit net bancaire moyen (PNB) positif 3

Capital Minimum = 15% x PNB 4 moyen des trois dernières années.

1-3-2 : Approche Standard

Cette approche est identique à la précédente sauf que les activités des banques sont Réparties en huit lignes de métier. Le Capital Minimum selon cette approche est égale à la moyenne sur trois ans des sommes des exigences en fonds propres calculés chaque année par lignes de métier.

3 Pour calculer la moyenne, il faut exclure les chiffres de l’année pour laquelle le produit annuel brut est négatif ou égal à zéro.

4 Produit Net Bancaire.

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L’exigence en fonds propres correspondant à une année donnée, est égale à la somme des produits nets bancaires, positifs ou négatifs, des huit lignes de métiers, multipliée par le coefficient de pondération correspondant, lorsque l’exigence en fonds propres, au titre d’une année, est négative, elle est prise en compte en tant que valeur nulle.

elle est prise en compte en tant que valeur nulle. Tableau 3 : les lignes de

Tableau 3 : les lignes de métiers et les pondérations y afférents 5

Capital Minimum = i (Ei 6 x PNB moyen des trios dernières années).

1-3-3 : Approche Mesures Avancées (AMA)

Selon cette approche, les établissements bancaires déterminent leurs expositions sur la base de modèles internes, à condition que ceux-ci soient validés par les autorités de tutelle. C’est l’approche la plus représentative de la caractérisation réelle des pertes opérationnelles d’un établissement est celle des mesures avancées (AMA). Cette dernière vise en effet à identifier les risques opérationnels et à modéliser la distribution des pertes opérationnelles de la banque par ligne métier et type d’événement. Le but étant de mesurer l’exigence de fonds propres pour la couverture des pertes opérationnelles et d’allouer à chaque ligne métier le

5 Source : comité de Bâle sur le contrôle bancaire, « Convergence International de la mesure et des normes de Fonds Propres », BRI, Juin 2004.

6 Le coefficient de pondération par lignes de métiers.

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Capital économique correspondant à son profil de risque spécifique. Le régulateur, dans un souci d’assurer la stabilité et la sécurité du système financier, incite les grandes banques à opter progressivement pour l’approche AMA.

L’adoption de l’approche mesures avancées par un établissement nécessite des investissements significatifs afin de :

Accentuer la maîtrise des processus et des risques associés via une démarche d’identification et de mesure des risques opérationnels. Cela suppose la mise en place d’un dispositif de collecte des données, une description des activités de la banque par métier, la cartographie des risques, le développement d’un modèle interne de mesure de risque, l’homologation du dispositif auprès de l’autorité de contrôle et enfin l’audit régulier du dispositif ;

Maintenir le dispositif pour prendre en compte les changements d’organisation de la banque et de modification de son périmètre (fusion, cession d’activités, etc) susceptibles de modifier son profil de risque.

Sensibiliser le management pour cibler les processus comportant des dysfonctionnements, donc générateurs de pertes opérationnelles et aboutir in fine à une moindre consommation de fonds propres.

Doter le management d’un puissant outil de gestion dynamique et proactive des risques opérationnels capable d’anticiper l’impact de décisions sur l’environnement opérationnel.

2- Deuxième pilier : Processus de surveillance prudentielle

Les autorités disposeront de pouvoirs renforcés et pourront en particulier imposer, au cas par cas, des exigences supérieures à celles résultant de la méthode utilisée.

Comme les stratégies des banques peuvent varier quant à la composition de l’actif et la prise de risques, les banques centrales auront plus de liberté dans l’établissement de normes face aux banques, pouvant hausser les exigences de capital là où elles le jugeront nécessaires

Cette nécessité s’appliquera de deux façons :

La validation des méthodes statistiques employées au pilier 1 (back testing) : la banque devra prouver à posteriori la validité de ses méthodes définies a priori en fonction de ses données statistiques et cela sur des périodes assez longues (5 à 7 ans). Elle devra en outre être capable de « tracer » l’origine de ses données.

Le test de validité des fonds propres en cas de crise économique : la banque devra prouver que sur ses segments de clientèle, ses fonds propres sont suffisants pour supporter une crise économique touchant l’un ou tous de ces secteurs. La commission

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bancaire pourra en fonction de ces résultats imposer la nécessité de fonds propres supplémentaires.

3- Troisième pilier : Communication financière : discipline de marché

Les établissements seront soumis à la discipline de marché, étant tenus de publier des informations très complètes sur la nature, le volume et les méthodes de gestion de leurs risques ainsi que sur l’adéquation de leurs fonds propres. Ce pilier décrit l’ensemble des documents que les banques doivent rendre publics afin de se conformer à la réglementation. Ces documents concernent principalement le calcul des fonds propres et l’exposition aux risques de l’établissement. L’utilisation des méthodes avancées sera conditionnée par la publication de ces informations.

Chapitre II : L’introduction du dispositif de Bâle II au Maroc

Section 1 : Les phases préparatoires de la transposition du dispositif au Maroc

Concernant les pays développés, l’entrée en vigueur u nouvel accord est fixée, par le comité de Bâle, au 1 er janvier 2007 pour ce qui est des méthodes standards et de la variante de la base de la méthode fondée sur les notations internes, et au 1 er janvier 2008, pour les méthodes dites avancées.

En ce qui concerne l’application de Bâle II dans les pays qui ne sont pas membres du G10, le comité de Bâle a également publié en juillet 2004, un document intitulé << Application de Bâle II>>. Considérations pratiques visant à mettre à la disposition des autorités de contrôle de ces pays un ensemble de conseils pratiques pour mieux gérer la transition vers le nouveau dispositif, évaluer les contraintes et arrêter les différents choix et options offerts pour l’application de Bâle II.

Pour la transposition de Bâle II au Maroc, Bank Al-Maghreb a adopté une démarche pragmatique et progressive qui tient compte de la structure du système bancaire et répond le mieux possible à ses besoins. Cette démarche est incitatrice à adopter les meilleures pratiques en matière de gestion des risques.

Ainsi, le calendrier de transposition 7 de Bâle II, arrêté d’un commun accord avec la profession bancaire, prévoit en :

Juin 2007 : Application des approches standards pour les trois catégories de risque du premier pilier -2009-2010 : Application des approches modèles internes selon le degré de préparation des Banques.

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Dans cette perspective, Bank Al-Maghreb a poursuivi ses efforts de mise en conformité du système de supervision avec l’ensemble des principes fondamentaux édictés par le comité de Bâle, en la matière. L’adoption de la nouvelle loi bancaire offre également un cadre légal adéquat pour la mise en œuvre de Bâle II au Maroc.

Les travaux préparatoires des dispositions du nouvel accord ont été structurés dans le cadre de six commissions techniques mixtes constituées de représentants du Ministère chargé des finances, de Bank Al-Maghreb et des banques. Chacune de ces commissions a été chargée de l’examen d’un aspect particulier du nouveau dispositif (risques de crédit, risques de marché, risques opérationnels, pilier 2, pilier 3 et Bâle II et normes IFRS). Les travaux de ces commissions se déroulent conformément au planning établi par Bank Al-Maghreb.

Les propositions des commissions techniques sont validées par un comité de pilotage composé des responsables de la Direction de surveillance des banques de BAM et des Directions Générales des Banques. Des réunions sont également tenues, en bilatérale avec les banques, pour examiner les difficultés pratiques que soulève la mise en œuvre de ce dispositif.

1-Mise en place du 1er pilier :

Les travaux menés dans le cadre du pilier 1 ont porté sur la définition des options de discrétions nationales et des critères de segmentation de la clientèle ainsi que sur les modalités de calcul des exigences en fonds propres au titre des différents risques.

2- Mise en place du deuxième pilier

En vue d’évaluer le degré de préparation des banques à la mise en œuvre du dispositif de gestion des risques de taux d’intérêt et de liquidité, une enquête a été menée dont les principaux axes sont Les suivants :

La stratégie des organes dirigeants et le degré de leur implication dans la gestion de ces risques ;

Les procédures et limites mises en place ainsi que les dispositifs de mesure et de suivi de ces risques et le système d’information y afférent ;

La gestion des liquidités en devises ;

L’accès au marché et les plans de secours ;

Ce diagnostic préliminaire a fait ressortir une hétérogénéité des pratiques des banques en matière d’évaluation, de mesure et de gestion de ces risques tant sur le plan organisationnel que sur le plan des outils d’analyse.

Une étude d’impact sur les risques de taux d’intérêt et de liquidité sera lancée au cours de 2006 pour évaluer l’incidence des fluctuations des paramètres du marché sur les fons propres et les résultats des banques.

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Des recommandations en matière de gestion des risques de concentration et des risques résiduels ainsi que les états de reporting y afférent seront publiés par Bank Al-Maghreb, au cours de l’année 2006, à l’issue des discussions avec la profession.

3- Mise en place du troisième pilier

Bank Al-Maghreb a mis en consultation, à fin décembre 2005, un document définissant les informations devant être publiées par les établissements de crédit au titre du troisième pilier. Ce document comporte les informations tant qualitatives que quantitatives, portant sur la structure et l’adéquation des fonds propres, les expositions au différent risque et les procédures de leur gestion. Une étude d’impact spécifique au troisième pilier est prévue au cours du deuxième semestre

2006.

Section 2 : Contraintes liées à la mise en application de Bale II

Les études d’impact menées ainsi que les échanges avec les banques ont permis d’identifier un certain nombre de défis majeurs quant à la transposition du nouvel accord. Certaines de ces difficultés, communes à plusieurs pays, sont imputables à la faiblesse du nombre d’entreprises notées par les agences de rating et de données historiées sur les défauts de paiements.

D’autres contraintes sont inhérentes au cadre légal qui, en l’absence de dispositions réglementaires spécifiques, restreint les possibilités d’utilisation d’un certain nombre de techniques d’atténuation des risques de crédit prévus par Bale II, notamment le recours à la compensation des dépôts et des crédits en cas de liquidation ou de redressement judicaire des contreparties. La lenteur de réalisation des sûretés reçues en couverture des risques, en cas de défaillance des contreparties constitue également une contrainte.

D’autres difficultés sont propres aux banques elles-mêmes, celles-ci s’activant pour les surmonter. Elles ont trait aux systèmes d’informations qui ne permettent pas la mise en œuvre, de manière aisée, des nouvelles dispositions, telles que : la segmentation de la clientèle, l’affectation ligne par ligne des sûretés et garanties détenues, la ventilation des impayés et des provisions par portefeuille, la ventilation de l’activité sur les lignes de métier retenus pour l’évaluation des risques opérationnels et la séparation entre le portefeuille bancaire et de négociation dans le cadre des risques de marché.

Chapitre III : Les préparatifs de Bale III

Section 1 : Qu’est ce que Bale III ?

Les accords de Bale III sont de futurs accords de réglementation bancaire. Visant à renforcer la solidité des banques en cas de crise.

Cette nouvelle réforme contribuera à la stabilité financière à long terme et à la croissance, parmi les mesures phares, que cette norme prévoit un renforcement du ratio de

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fonds propres des banques, l’un des plus importants indicateurs permettant de mesurer la solidité financière des établissements.

Section 2 : Les nouvelles mesures prises

Parmi les évolutions à venir (1 er janv. 2013), on peut citer les points suivants :

Mise en place d’un ratio de liquidité pour les banques internationales ;

Mise en place d’un ratio dit « d’effet de levier » ;

Redéfinition des fonds propres ;

Une prévision de la couverture de certains risques ;

Les propositions du Comité de Bâle

La qualité, le contenu et la transparence des fonds propres seront renforcés, sous Bale II, les banques pouvaient se contenter de définir 2% de capital rapportés à leurs actifs pondérés.

A l’avenir, les régulateurs veilleront davantage à la qualité des fonds propres retenus dans le

calcul du Tier1 (actions ordinaires et résultats mis en réserve).

Les fonds propres liés aux risques de contrepartie seront particulièrement relevés, notamment eux découlant des produits dérivés. Un nouveau ratio, dit d’effet de levier sera introduit dans la perspective d’un ajout au pilier 1 de Bale II pour éviter un trop fort endettement des banques. Le comité de Bale va promouvoir la création de coussins contra cycliques de capital et un système de provisionnement des risques plus transparent. Un ratio global de liquidité sera appliqué aux banques internationales, incluant une couverture

de leurs besoins d’au moins trente jours.

Cette première partie nous a permis d’avoir une vision panoramique sur les accords de Bâle II, sans aucune doute, l’application des recommandations du nouvel accord ne pourra qu’améliorer la stabilité du système financier, notamment pour les banques ayant opté- sous l’autorisation des banques centrales- pour les approches avancées, celles-ci sont appelées à renforcer leur capitaux propres, et à être plus prudents au niveau de la distribution de crédit.

En effet, le principe du seuil forfaitaire de 8% reste maintenu mais la différence entre les deux ratios réside dans la prise en compte des éléments de calcul. En effet, dans Bâle II, il est tenu compte du risque opérationnel contrairement à Bâle I.

Les deux derniers piliers de l’accord Bâle II apportent une conception nouvelle sur le ratio prudentiel portant exigence minimale des fonds propres des établissements de crédit. Cette révolution est faite de façon à tenir compte des aspects qualitatifs déterminants dans l’évaluation du risque global. Ce qui n’était pas le cas avec le ratio Cooke.

Dans son premier pilier, Bâle II

améliore Bâle I dans une optique de calcul

dynamique et adaptée de l’évaluation des fonds propres réglementaires

Les parties qui suivront s’articuleront autour de l’évaluation du risque crédit : de la méthode standard au méthode avancée, en premier lieu je vais procéder à faire une vue d’ensemble sur le risque crédit avant de relater les travaux réalisés dans le cadre de l’approche standard ainsi que ma diagnostic lié à l’adoption de l’approche IRB.

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Partie II:

Evaluation du risque crédit « de la méthode

Standard à la méthode avancée »

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Partie II : Evaluation du risque crédit « de la méthode standard à la méthode avancée »

Chapitre I : Le risque crédit vue d’ensemble

Le rationnement du crédit constitue une des caractéristiques du marché de crédit bancaire. Ce phénomène provient de l’imperfection de l’information existante concernant le risque de défaut des emprunteurs potentiels. Il touche particulièrement les petites et moyennes entreprises. Dans ce premier chapitre je vais introduire la notion de crédit bancaire ainsi que le risque liée à l’octroi du crédit.

Section 1 : Généralités sur le crédit

1-Définition

Par définition le crédit vient du mot croire qui veut dire faire confiance. Le crédit introduit aussi la notion du temps, Georges Petit-Dutaillis définis les crédits ainsi : « faire crédits c’est faire confiance ; c’est donner librement la disposition effective et immédiate d’un bien réel ou d’un pouvoir d’achat, contre la promesse que le même bien, ou un bien équivalent vous sera restitué dans certain délai, le plus souvent avec rémunération du service rendu et du danger couru, danger de perte partielle ou total que comporte la nature même de ce service 8 ».

Cette définition met le point aussi sur la rémunération du crédit et le risque de crédit. On peut dire en conclusion que le crédit est la combinaison des cinq éléments suivants :

- La confiance du prêteur en l’emprunteur ;

- La durée de remboursement du prêt ;

- La promesse de rembourser de la part de l’emprunteur ;

- La rémunération du service : intérêt versé au profit du prêteur ;

- Le risque engendré par l’opération du crédit.

2-Différentes formes de crédits

On distingue deux sortes de crédits :

- Par décaissement : lié au financement ;

- Par signature : pas nécessairement lié au financement mais facilitation d’opérations

8 BERRADA Mohamed Azedine, « Les techniques de banque et de crédit au Maroc », 3 ème édition 1991 . Page : 255.

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2-1 Les crédits par signature

Si le plus souvent la banque aide l’entreprise en mettant à sa disposition des fonds sous forme de crédits de trésorerie, elle peut aussi lui apporter son concours sous forme d’engagements que l’on appelle des crédits par signature. La banque prête alors simplement sa signature sans supporter de charge de trésorerie. L’étude faite par la banque doit être aussi

a) Aspects juridiques des crédits par signature

Dans cette forme de crédit, le banquier s’engage par lettre, auprès de tiers, à satisfaire aux obligations contractées. Ces crédits peuvent soit différer certains Décaissements ou les éviter soit encore accélérer certaines rentrées de fonds. Ils sont le plus souvent accordés sous forme de cautions. Le banquier peut aussi s’engager en acceptant des effets de commerce : on parle dans ce cas de crédits par acceptation. L’engagement du banquier est limité dans le montant et l’étendue ; il peut être limité ou non dans le temps. Le banquier ne peut revenir sur son engagement et ce quelle soit l’évolution de la situation de son client. L’engagement résulte obligatoirement d’un écrit ; il ne se présume pas. En cas de, Celle-ci peut être simple ou solidaire.

b) Avantages et inconvénients des crédits par signature

Les crédits par signature présentent des avantages et des inconvénients pour le banquier comme pour son client.

Pour la banquier :

Avantages

Au moment de sa mise en place, un crédit par signature évite toute sortie de fonds. Il évite les contraintes en cas d’encadrement du crédit. Il permet la perception de commissions sur l’autorisation voire sur l’utilisation. Enfin, le banquier est subrogé dans les droits du créancier bénéficiaire de l’engagement.

Inconvénients

Le risque est difficile à évaluer. Le suivi des engagements est lourd à gérer. Il y’a souvent décalage des engagements dans le temps.

Pour le client :

Avantages

Ce type de concours permet une meilleure gestion de la trésorerie. Il y’a souvent abaissement des coûts financiers. Enfin, les engagements pris par la banque valorisent l’image de marque de l’entreprise.

Inconvénients

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Il y’a paiement de commissions même en cas de non utilisation. L’entreprise doit souvent apporter des garanties. Les concours sont parfois mis en place contre blocage de fonds.

2-2 : Les crédits par décaissement

Le crédit par décaissement permet à utilisateur de devenir débiteur pour une durée de temps déterminée ou non et pour un montant plafond déterminé. Généralement ce crédit est utilisé en compte courant.

Caractéristiques du crédit par décaissement :

Pour l’utilisateur

Souple mais cher

Incertitude de coût

Pour le banquier

Gestion difficile car imprévisibilité des besoins

Aucun contrôle sur l’utilisation des fonds

Rémunération élevée

Mobilisation difficile.

A travers l’octroi des crédits, les établissements de crédit assurent pour les entreprises un des sources de financements les plus importants. Cependant cette activité financière est soumise à une multitude de risques, dans la partie suivante, je vais essayer d’expliciter cette notion de risque et ses différents types.

Section 2 : Le risque de crédit et ses composantes

Les banques, comme beaucoup d’entreprises, sont soumises aux risques. Toutefois elles sont soumises à plus de formes de risques que la plupart des autres institutions et la maîtrise des risques bancaires est un enjeu important.

La liste des risques pouvant affecter une banque est longue : risque de marché, de crédit, de liquidité, de taux d’intérêt et le risque de change….

Le risque qui m’intéressera ici est un risque de crédit aussi appelé risque de contrepartie ; s’il existe plusieurs types de risques de crédit, celui de non- remboursement est un risque majeur.

1-Définition

Le risque de crédit peut se définir comme le risque de pertes consécutives à un événement de crédit, c'est-à-dire au défaut d’un emprunteur sur un engagement de remboursement de dettes qu’il a contractées. Dans un sens plus large, ce risque de contrepartie désigne aussi le risque de dégradation de la santé financière de l’emprunteur qui réduit les probabilités de remboursement : risque de défaillance.

Le marché des PME est essentiellement dominé par des entreprises de petite taille, c’est la raison pour laquelle ces entreprises sont de plus en plus sensibles aux changements de

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l’environnement et connaissent des freins à leur développement et les causes en sont les suivantes :

Un accès insuffisant aux technologies et à l’innovation,

Un manque de fonds propres qui explique l’accès insuffisant aux technologies et à l’innovation au caractère très incertains et donc risqué. Avec des fonds propres trop faibles, il est ainsi difficile d’investir et de s’endetter à moyen ou long terme ;

Une difficulté à attirer les ressources humaines,

Un cadre juridique inadapté qui est celui des grandes entreprises.

2-Les composantes du risque de crédit bancaire

Comme j’ai précité, le risque de crédit se matérialise par la défaillance possible d’emprunteurs dans le remboursement de crédits. Ce risque est assimilé aussi au risque de contrepartie du fait qu’il trouve son origine chez le débiteur. Toutefois, le risque de contrepartie englobe outre la défaillance des clients, la défaillance des autres tiers (institutions financières, créances rattachées à des filiales…).

Les développements ci-après seront consacrés d’appréciation des risques prévisibles.

2-1- Le risque inhérent à la qualité du débiteur

à la définition

et

aux

modalités

Il s’agit d’un risque majeur et ses effets s’accroissent considérablement pour deux

raisons principales :

La montée générale des risques individuels liée à des mutations économiques et à des modifications de comportement ;

La concurrence qui oblige les prêteurs à modifier leurs approches.

Par le passé, les banques étaient très sélectives afin de minimiser le risque de prêter à un mauvais client.

Aujourd’hui, la concurrence oblige les banques à se battre également sur le marché des crédits qu’elles refusaient antérieurement et ce afin de minimiser le risque de refuser un bon client. En conséquence, elles s’exposent sur ces marchés nouveaux à un risque bien supérieur au premier.

Cette mutation s’est accompagnée de modifications dans les méthodes d’approche client dans les banques.

du

Aujourd’hui et demain encore, la relation humaine prêteur-emprunteur constituera les éléments de référence.

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L’élément nouveau et la place, sans cesse croissante, donnée à des outils d’aide à la décision de plus en plus précis. Ainsi, sont successivement apparus l’analyse financière (ratios, tableaux de flux), les crédits scoring et les progiciels spécialisés (systèmes experts).

Ces techniques sont aujourd’hui vulgarisées et la majorité des banques recourent à des outils semblables.

2-2- Le risque inhérent au crédit accordé

Les différents concours bancaires se distinguent par leur degré de risque théorique. Cette classification s’appuie :

Les comportements d’achat vis-à-vis du type de concours concerné ;

Les possibilités de recours en cas d’impayés ;

Le contexte juridique propre à certains crédits

Risque Compte courant Caution Escompte
Risque
Compte courant
Caution
Escompte

Taux

d’intérêt

Figure 9 : schéma récapitulatif du degré de risque inhérent au crédit accordé

Les concours à risque maximal sont, sans contestation, les découverts et le crédit revolving et ce pour les raisons suivantes :

Ils sont souvent réalisés sans une connaissance précise du besoin ;

Ils estompent toute notion de remboursement réel ;

L’accès à ces produits est facile ;

Ils sont exclusifs de toute prise de garanties ;

Le prêteur ne bénéficie d’aucun recours particulier

L’appréciation du risque est parfois délicate pour certains types de créances. Ainsi, Parmi les concours à risque intermédiaire figure l’escompte. Cette opération offre en théorie les mêmes garanties de recouvrement grâce à un mécanisme identique d’acceptation du débiteur.

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En effet, l’acceptation pour l’opération d’escompte est généralement concomitante ou préalable à la livraison et se déroule entre le vendeur et l’acheteur sans que ce dernier sache en outre s’il y aura ultérieurement un tiers porteur, il en résulte que l’acceptation d’une traite peut être obtenue sans difficultés. En cas de défaillance du tiré, c’est le débiteur qui doit rembourser le crédit d’escompte, et de ce fait la banque, dans sa gestion du risque de crédit, considère uniquement le débiteur.

2-3- Le risque inhérent à l’inadéquation entre le besoin et le financement

Ce risque difficile à identifier est souvent ignoré. En effet, lorsqu’une entreprise ou un particulier st en situation de défaillance, l’analyse des causes de l’échec se résume trop souvent par la recherche des causes récentes (insuffisance de trésorerie, poids des charges financières). Le risque d’inadéquation entre le besoin et le financement mis en place résulte essentiellement de deux causes distinctes.

1- Le financement est inadapté à l’objet du besoin

- Investissement financé par un crédit à court terme (trésorerie ou crédit de campagne) ;

- Bien de consommation financé par un crédit à long terme

2- Le financement est adapté à l’objet du besoin mais pas aux caractéristiques du besoin

- Financement réalisé à 100% au lieu de 70% ce qui exonère l’emprunteur de toute participation à l’opération en fonds propres.

- Durée du crédit inadapté à l’objet financé (notamment pour le matériel d’occasion) ce qui a

pour conséquence de déséquilibre le rapport entre le capital restant dû et la valeur résiduelle du bien.

2-4- Le risque lié à la prise de garanties

La qualité des garanties offertes ne constitue jamais le seul critère de décision. Toutefois, le recours à la prise de garanties est quasi-systématique pour certains crédits. Cet état de fait résulte du rapport de force entre le prêteur et l’emprunteur et il nous fait oublier que la prise de garanties n’a de sens véritable que :

- Lorsque le banquier est en présence d’une opération particulière liant l’intervention à la garantie (avances sur titres, avance sur marchandises).

- Lorsque le banquier est en présence d’une entreprise dont l’activité implique des engagements hors de proportion avec sa surface (négoce).

- Lorsque le banquier estime que la capacité de remboursement de son client est hasardeuse.

En effet, le choix de la garantie résulte de l’évaluation de plusieurs éléments : le type, l’efficacité, la valeur et le coût de la garantie.

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Type de garantie :

Le choix de la garantie doit toujours s’effectuer selon les caractéristiques du client ; ainsi à titre d’exemple :

- Le nantissement du matériel et outillage est exclusivement réservé aux professionnels.

- L’hypothèque ne peut être consentie par un service public.

Efficacité de la garantie :

Le banquier doit connaître et évaluer les droits procurés par chaque garantie :

- Sûretés conférant un droit de préférence et de suite (hypothèque).

- Sûretés conférant un droit de rétention (gage).

- Sûretés conférant un véritable droit de propriété (cession de créance).

Valeur de la garantie

Le banquier doit s’assurer que la valeur du bien constituant la garantie couvre le

Montant du crédit.

S’il s’agit d’une personne qui se porte garantie de remboursement, il doit s’assurer de sa solvabilité et de sa capacité à honorer son engagement.

Coût de la garantie :

Le banquier doit toujours rechercher la garantie la moins onéreuse possible pour le

Client (frais de prise d’hypothèque, frais de stockage, frais d’assurance, rapport de coûts entre

caution et hypothèque).

2-5- Le risque inhérent au manque de suivi

Une action efficace pour une bonne appréciation des risques signifie, d’une part, une bonne connaissance des clients à titre individuel et d’autre part, un suivi régulier par marchés, par région…

Cette démarche doit globalement satisfaire aux préoccupations suivantes :

- Identification précoce des situations du risque ;

- Gestion anticipée de l’impayé ;

- Appréciation globale de la situation de l’emprunteur ;

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Enfin, il convient d’insister sur la rigueur nécessaire en terme de délais. En effet, le

Prêteur est fréquemment pénalisé en cas d’interventions trop tardives.

Section 3 : La notation et les principales méthodes quantitatives de gestion du risque global

1-Définition de la notation

Une notation est une évaluation d’un créancier spécifique, c’est-à-dire de la probabilité de voir l’emprunteur rembourser le crédit contracté.

La notation s’est considérablement développé au cours des dernières années, et actuellement, on assiste à un grand nombre d’agences de notation qui exercent leur activité que ça soit au niveau national ou international, toutefois l’activité de la plupart de ces agences reste restreinte à leur territoire national, n’ayant pas encore bénéficie d’une crédibilité à l’échelle internationale.

Les agences internationales couvrant tous types de dettes et d’émetteurs sont beaucoup moins nombreuses, les plus importantes en terme d’activités et en terme de reconnaissance international, on trouve trois agences à savoir : Moody’s, Standard&poor’s et Fitch.

Chaque agence possède sa propre échelle de notation, mais toutes les échelles de notation ont en commun la caractéristique d’être constitué de symboles : lettres et/ ou chiffres qui permettent aux opérateurs concernés de connaître immédiatement l’opinion de l’agence émettrice de la note quant à la qualité de crédit d’un titre de dette ou d’un émetteur.

Les six standards dont le comité de Bâle demande le respect aux futurs notateurs externes de portefeuilles de risque bancaire, sont les suivants :

L’objectivité, garantie pour le score par une méthodologie de notation rigoureuse et une actualisation permanente des notes ;

L’indépendance, par l’assurance qu’il n’y a pas de pressions économiques possibles de la part des entreprises notées ;

Un large accès possible aux notes ;

La transparence de la méthodologie, donné par l’indication de la signification de l’échelle des notes, celle des taux historiques de défaillance et des matrices de transition ;

La crédibilité de la méthodologie à travers une confiance reconnue portée par les tiers ;

Enfin les moyens mis en œuvre doivent être adaptés, grâce à des ressources humaines et financières suffisantes, au service d’une évaluation à la fois qualitative et quantitative.

Ainsi, la mise en place des systèmes de notation interne devra permettre aux banques de bénéficier d’économies de fonds propres et d’améliorer leur rentabilité.

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Les notations internes sont attribuées par les banques à leurs preneurs de crédit. Pour attribuer des notations internes, les banques collectent des informations auprès de leurs clients. De nombreuses banques se procurent également des informations financières et autres que leur clientèle auprès d’agences de renseignements privées et utilisent ces informations pour alimenter leurs propres systèmes de notation.

Dans ce sens on peut également définir le « système de notation ». Celui-ci désigne « l’ensemble des processus, méthodes, contrôles ainsi que les systèmes de collecte d’informations qui permettent d’évaluer le risque de crédit, d’attribuer des notations internes et de quantifier les estimations de défaut et de perte » 9

La notation représente un profil express de l’emprunteur, résumant les informations qualitatives et quantitatives dont disposent les banques, qui sont comparées à des données sur des emprunteurs antérieurs et sur le remboursement de leurs prêts.

1-1 L’apport de la notation

La notation permet en quelques sortes de combler l’asymétrie de l’information qui constitue un des soucis majeurs des investisseurs, en effet, entre un emprunteur qui veut financer ses activités et un prêteur qui souhaite placer ses fonds, l’information dont dispose chaque partie n’est pas la même, ce qui crée un climat d’incertitude et de doute quant à la capacité de l’emprunteur à honorer ses échéances. L’emprunteur sait à priori quelles sont les composantes de son projet et les risques financiers qui lui sont attachés, quant au prêteur, il ne dispose que des informations que l’emprunteur veut bien lui faire connaître.

Pour un investisseur, il est évidemment fondamental d’avoir quelques idées sur le degré de sécurité du placement qu’il compte réaliser. Acheter un titre de créance ou prêter directement de l’argent, suppose que l’on connaisse ses chances d’être remboursé selon le calendrier initialement prévu. Parmi tous les risques qu’encoure un investisseur, celui de non remboursement est le plus déterminant, même en étant faible, il pourra systématiquement écarter certains investisseurs, alors que d’autres étant moins averses au risque accepteront de prendre ce risque mais en contre partie d’une rémunération élevée.

Ainsi, en apportant une opinion sur le risque de défaillance d’un émetteur ou d’une émission, la notation permet aux investisseurs d’une part d’opérer leur choix en fonction du risque qu’ils souhaitent prendre et d’autre part d’ajuster leur rémunération en contre partie. Son apport n’est pas restreint aux investisseurs, elle permet également pour les émetteurs de diversifier leurs sources de financement et d’obtenir des conditions de financement correspondant à leur qualité.

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2- Les principales méthodes quantitatives de gestion du risque global

Les différents problèmes à l’origine de faillites bancaires ont fait apparaître la dimension du risque couru par les banques. Elles ont cherché à mieux l’évaluer. La méthode « RAROC » ou la « VAR » en sont de bons exemples.

1- Value At Risk

La Value at Risk « (VaR) tend à devenir un indicateur de risque largement utilisé par les établissements financiers car elle permet d’appréhender le risque global dans une unité de mesure commune à tous les risques encourus, quelle que soit leur nature (taux, change, actions…).

1-2 Présentation de la VaR

Pour un horizon de gestion donné, la VaR correspond au montant de perte probable d’un portefeuille ou d’un ensemble de portefeuilles d’instruments financiers. Elle exprime la perte liée à des variations défavorables des prix de marché. Si l’on note x le seuil de confiance choisi, la VaR correspond au montant de perte potentielle sur une période de temps fixée qui ne sera dépassé que dans x % des cas. Le seuil 1-x est donc égal à la probabilité que le montant de pertes ne dépasse pas la VaR en valeur absolue. Afin d’interpréter la VaR, il est essentiel de spécifier la période sur laquelle la variation de valeur du portefeuille est mesurée et le seuil de confiance x.

1-3 Contexte d’utilisation

Dans le monde bancaire, la VaR permet d’optimiser la gestion des risques financiers dus aux opérateurs initiés par les salles de marché. Elle permet également de donner au client une image claire du risque financier pris indirectement par lui. Cette mesure de risque s’adresse ainsi :

- Aux professionnels de marchés : opérateurs de marché, gestionnaires de fonds privés, gestionnaires de fonds institutionnels et gestionnaires de fonds de pension ;

- Aux Risk Managers : responsables de la gestion des risques et du contrôle de la gestion des Risques (middle offices et back-offices) :

- Aux comptables ;

- Aux institutionnels.

Probabilité (perte > VAR) = 1-x ou Probabilité (perte <= VAR) = x

2-RAROC

La détermination du coût du risque et du capital économique est les problèmes majeurs de la banque. Ces deux problèmes sont à la base de la méthodologie Raroc. Cette méthode permet non seulement d’optimiser le couple rendement- risque d’un crédit mais également de gérer le portefeuille de crédits de al banque. Ce ratio que les Anglo-saxons appellent Raroc, n’est rien d’autre que le rapport suivant :

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(RBE 10 prime de risque) / Capital économique 11

Le risque de perte étant par définition une grandeur aléatoire, il faut pour le mesurer déterminer trois valeurs : sa moyenne probable, sa volatilité, la corrélation entre chaque risque individuel et les autres risques.

Quel que soit le savoir-faire des départements d’engagements, on n’évite pas d’avoir à supporter une perte moyenne assimilable à une prime de risque. Ce niveau détermine le coût du risque et doit être normalement couvert par la marge commerciale.

Les trois composantes de la perte moyenne sont :

La probabilité de défaillance

L’encours des crédits au moment de la défaillance.

L’espérance de recouvrement et par différence, le taux de non recouvrement.

Il suffira alors de multiplier ces trois données pour déterminer la perte moyenne. Mais cette prime est suffisante pour qualifier le risque maximal. Il faut ensuite évaluer sa volatilité afin de calculer le capital économique.

Section 4 : L’analyse financière

1-La définition de l’analyse financière

L’analyse financière est une méthode empirique d’évaluation du risque de contrepartie, à travers l’évaluation de la structure financière de l’entreprise. Elle est fondée sur l’étude des données comptables, dont on fait ressortir un certain nombre de ratios et d’indicateurs, qui permettent un premier jugement concernant la santé financière du client et Sa capacité à honorer ses engagements

Ainsi,

elle

permet

l’élaboration

d’un

diagnostic

financier

qui

a

pour

objectif

l’appréciation des conditions d’équilibre financier et al mesure de la rentabilité des capitaux investis dans la perspective d’anticiper les risques financiers qui peuvent affecter l’activité de l’entreprise et mettre en jeu sa solvabilité.

10 Résultat brute d’exploitation 11 Le ‘ ‘capital économique’’ est le montant de capitaux propres suffisant pour absorber les pertes prévisibles à un certain niveau de probabilité.

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2- Les ratios

Les ratios sont des rapports calculés entres certaines éléments du Bilan et du Compte de Produits et de Charges (CPC). L’utilisation de ces ratios permet de suivre l’évolution d’une entreprise dans le temps, ainsi que de comparer ses données à celles d’entreprises similaires ou aux données sectorielles.

Il existe un nombre très important de ratios. Par la suite en va utiliser que les ratios les plus pertinents et les plus utilisés par les banques marocaines.

A savoir :

THEME

RATIOS

FORMULE

   

Crédits à court terme * 100 Fonds propres Crédits à court terme * 360 C.A.T.T.C Capitaux propres* 100 Dettes totales Actif total (net)*100 Dettes totales Actifs circulant*100 Dettes à court terme Valeur réalisables et disponible*100 Dettes à court terme Valeur immobilisées*100 Actif total Valeur ajoutée Effectifs

Ratio d'endettement bancaire : R1

Ratio du risque bancaire

Ratio de financement bancaire du CA:R2

   

Ratio d'autonomie financière: R3

 

Ratio de solvabilité: R4

Ratio de liquidité générale : R5

 

Ratio de trésorerie totale : R6

 

Ratio de structure

Ratio d'immobilisation : R7

   

Rendement du travail : R8

 

C.A*100

Productivité des salaires: R9

Frais du personnel Frais du personnel Effectifs

 

Ratio de productivité

Coût moyen du personnel : R10

   

stocks*360

Ratio de rotation des stocks: R11

C.A

 

360*(clients+effets à recevoir+ effets escomptés)

Ratio de crédits -clients: R12

C.A 360* (fournisseurs*effets à payer) Achats Résultats nets*100 C.A Cash flow net*100 C.A Résultats nets*100 Fonds propres Cash flow net*100 Fonds propres

Ratio de gestion commerciale

 

Ratio de crédits fournisseurs: R13

   

Ratio de rendement d'exploitation net: R14

Ratio de rendements d'exploitation global:

R15

Ratio de rentabilité des capitaux nette: R16

 

Ratio de rentabilité

Ratio de rentabilité des capitaux totale: R17

Tableau 4 : Les principaux ratios utilisés par les banques marocaines

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Caractéristiques de ces ratios

Ratios du risque bancaire

- Ratio d’endettement bancaire : R1

Les crédits à court terme, principalement les crédits par décaissement, ne doivent pas dépasser le montant des fonds propres. En générale, ce ratio ne doit pas être supérieur à 80 %.

- Ratio de financement bancaire du chiffre d’affaire : R2

Ce ratio exprimé en jours doit en principe varier entre 1 et 3 mois. En cas de dépassement une

augmentation du capital est nécessaire.

Ratio de structure

- Ratio d’autonomie financière : R3, Ratio de solvabilité : R4

Ces deux ratios s’ils sont bien gérés permettent à l’entreprise de préserver son indépendance financière, sa solvabilité, en ayant moins recours au tiers (banque, fournisseurs…). On a intérêt à ce que ces deux ratios soient grands.

- Ratio de liquidité générale : R5

L’analyse de ce ratio est identique à celle du fonds de roulement, si ce ratio est supérieur à 100 % le fonds de roulement est positif.

- Ratio de trésorerie totale : R6

Ce ratio nous informe sur la liquidité de l’entreprise, plus ce ratio est grand, plus la liquidité

de l’entreprise est importante. Ce ratio est souvent inférieur à 100 %.

- Ratio d’immobilisation : R7

Ce ratio nous indique sur el degré d’immobilisation d’une entreprise. Il est évident que normalement ce ratio doit être élevé au sein des entreprises financières, d’industrie qui nécessite une forte immobilisation, il doit être faible dans les entreprises commerciales. Une augmentation de ce ratio peut être due soit à une augmentation de la valeur immobilisée et cela dans le cas d’un investissement, ou une baisse de l’actif émanant d’une baisse d’activité.

Ratio de productivité

- Rendement du travail (R8), Productivité des salaires (R9) et Coût moyen du personnel

(R10).

Ces ratios permettent d’apprécier la productivité d’une affaire, l’augmentation de ces ratios, implique des changements des techniques dans une industrie, par exemple la mécanisation ou la modernisation des matériels utilisés.

Ratios de gestion commerciale

- Ratio de rotation des stocks : R11

Plus l’écoulement des stocks se fait d’une manière rapide mieux se comporte l’entreprise.

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- Ratio de crédits- clients : R12

Un rapprochement du coefficient obtenu par rapport à l’usance pratiquée dans la profession révèle si les facilités accordées à la clientèle sont normales, trop larges ou trop restreintes.

- Ratio de crédits fournisseurs : R13

Une comparaison du coefficient obtenu par rapport à l’usance pratiquée permet, la aussi, de savoir si les clients consentis par les fournisseurs sont faibles, normaux ou bien larges.

Ratio de rentabilité

- Ratio de rendement d’exploitation net (R14), Ratio de rendement d’exploitation global

(R15).

La rentabilité commerciale de l’entreprise et le niveau de capacité d’autofinancement dégagé par le chiffre d’affaire, est représentée respectivement par ces deux ratios, on a intérêt à ce que ces deux ratios soient élevés.

- Ratio de rentabilité des capitaux nette (R16) et Ratio de rentabilité des capitaux totale (R17)

Ces deux ratios font ressortir la rentabilité financière des capitaux engagés par les associés ou actionnaires, et cela, tant par rapport aux résultats que par rapport à la capacité d’autofinancement annuelle ; plus ces deux ratios sont importants plus la rentabilité financière

et intéressante.

Ces ratios sont généralement comparés dan le temps pour visualiser une évolution historique, au moins sur 3ans, l’analyse de ces ratios dans le temps permet de déterminer si la rentabilité et el risque sont améliorés ou détériorés dans le temps. Ces ratios peuvent être utilisés aussi pour comparer les données de l’entreprise à celles d’entreprise similaires ou aux données sectorielles.

Chapitre II : l’approche standard est un passage aux notations internes

L’accord Bâle II comporte des changements substantiels du traitement du risque de crédit, le maintien inchangé du dispositif sur le risque de marché et l’introduction explicite du risque opérationnel qui conduit à inclure une mesure de ce risque au dénominateur du ratio de fonds propres d’une banque. Les modifications portent donc sur la définition des actifs pondérés en fonction du risque, c’est-à-dire sur les méthodes utilisées pour mesurer les risques encourus par les banques. Les nouvelles approches du calcul de ces actifs visent à produire de meilleures évaluations du risque par les banques et, partant, à obtenir des ratios de fonds propres plus probants.

Section I : Principe de l’approche standard

Dans le cadre de l’approche standardisée, les banques sont tenues de répartir leurs expositions de crédit en catégories prudentielles sur la base des caractéristiques apparentes des expositions (par exemple, exposition sur un crédit à une entreprise ou sur un prêt hypothécaire au logement). Cette approche établit des coefficients de pondération fixes correspondant à chaque catégorie prudentielle et prévoit l’utilisation d’évaluations externes du

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crédit pour accroître la sensibilité au risque par rapport à l’accord actuel. Les pondérations applicables aux expositions sur emprunteurs souverains, banques et entreprises sont différenciées sur la base des évaluations externes du crédit. Vis-à-vis des emprunteurs souverains, ces évaluations peuvent englober celles des organismes de crédit à l’exportation des pays de l’OCDE ainsi que celles publiées par des agences de notation privées.

L’approche standardisée contient des recommandations à l’usage des autorités de contrôle nationales lorsqu’elles doivent déterminer si une source particulière de notation externe peut être utilisée par les banques. Le recours aux notations externes pour l’évaluation des expositions vis-à-vis des entreprises est cependant considéré comme un élément optionnel du dispositif. Si aucune notation externe n’est attribuée à une exposition, l’approche standardisée prévoit que, dans la plupart des cas, un coefficient de pondération de 100 % soit appliqué, ce qui correspond à une exigence de fonds propres de 8 % comme dans l’accord actuel. Dans de tels cas, les autorités de contrôle doivent veiller à ce que l’exigence de fonds propres soit appropriée en regard des antécédents de défauts sur ce type d’exposition.

Donc, pour déterminer les fonds propres requis pour couvrir le risque de crédit, dans l’approche standard, la pondération applicable aux risques est donnée par le régulateur en fonction de la notation d’organisme externe d’évaluation de crédit.

Un exemple de calcul du capital minimum :

 

Notation / pondération du risque

 
         

Inférieur à

Sans

AAA/AA

A+/A-

BBB+/BBB-

BB+/B-

B-

notation

Etat

0

20

50

100

150

100

Banques

20

50

50

100

150

50

Entreprises

20

50

100

150

100

Particuliers

         

75

pondération du risque A actif APR, actif pondéré du risque (risk weighted asset) FPR, fonds propres réglementaires (regulatory capital) p × A = APR tel que 8% × APR = FPR

Tableau 5 : Les exigences en fonds propres réglementaires

Dans la réglementation marocaine les modalités de calcul des actifs pondérés au titre du risque de crédit sont fixées conformément à la méthode standard préconisée par le nouvel accord, en vue notamment d’augmenter la sensibilité des pondérations applicables aux risques, en rapport avec les notations externes attribuées aux contreparties et leurs profils de risque. La réglementation marocaine intègre les principales options de discrétions nationales proposées par le nouvel accord. Ces discrétions prévoient l’application d’une pondération de :

- 0% pour les créances libellées et financées en monnaie locale, détenues sur l’Etat marocain et Bank Al Maghrib ; - 20% pour les créances sur les collectivités locales ainsi que pour les créances interbancaires libellées et financées en monnaie locale et dont l’échéance initiale est égale ou inferieure à trois mois ;

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- 35% pour les crédits hypothécaires destinés au financement de l’acquisition de logements ;

- 50% pour le crédit-bail immobilier ;

- 75% pour les créances sur les particuliers et les créances sur toutes petites entreprises (TPE) qui relèvent du segment de la clientèle de détail.

Pour la détermination des pondérations de risque de crédit, les établissements utilisent les notations externes attribuées par des organismes externes d’évaluation du crédit (OEEC) dont la liste est établie par Bank Al Maghrib. Les établissements doivent notifier à Bank Al Maghrib les OEEC dont ils utilisent les notations pour la pondération de leurs risques par types de créance.

Les établissements ne sont pas autorisés à effectuer des arbitrages prudentiels, au cas par cas, entre les notations de plusieurs OEEC pour bénéficier de pondérations plus favorables. Les éléments de l’actif, pris en considération pour le calcul du risque de crédit, ainsi que les coefficients de pondération qui leur sont appliqués, sont précisés au niveau de l’annexe 2.

En fonction des pondérations de risque définies par le Comité de Bâle et de la notation attribuées par les agences de notation (ici, les ratings proposées par Standard&Poor’s).

Exemple 1 :

Une banque devrait couvrir un prêt d’un million dirhams, accordé à une entreprise notée A (pondération du risque à 50 %), par un montant de fonds propres égal à 40 000 dirhams (8 % de 500 000 dirhams pondérés du risque).

Exemple 2 :

Si la notation de la société emprunteuse est inférieure à BB-, le crédit doit être pondéré à 150% et couvert à hauteur de 120 000 dirhams ( 8% DE 1 500 000 dirhams). Si l’entreprise n’a pas de notation externe, ce qui est le cas des PME, la banque doit appliquer une pondération de 100% et constituer une couverture de 80 000 dirhams comme c’est le cas dans la réglementation actuellement en vigueur.

¨Pour le traitement des créances, Bank Al Maghrib prévoit des pondérations selon la nature de la créance, bilan ou hors bilan.

Pondérations hors bilan :

Les engagements de hors bilan sont convertis en équivalent risque de crédit au moyen de facteurs de conversion, les montants obtenus sont ensuite pondérés, en fonction de la catégorie à laquelle appartient la contrepartie.

Les facteurs de conversion applicables aux engagements de hors bilan sont les suivants :

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0% lorsque ces engagements sont classés dans la catégorie présentant un risque faible.

20% lorsque ces engagements sont classés dans la catégorie présentant un risque modéré.

50% lorsque ces engagements sont classés dans la catégorie présentant un risque moyen.

100% lorsque ces engagements sont classés dans la catégorie présentant un risque élevé.

Le calcul des fonds propres réglementaires au titre du risque de crédit conformément à la méthode standard de Bâle II se fait en trois phases :

-Phase 1 : calcul des engagements bilan et hors bilan

Engagement

bilan :

décaissement.

englobent

l’ensemble

des

utilisations

des

contrats

par

Engagement hors bilan ; représentent l’ensemble des utilisations par signature auxquelles on rajoute la partie non utilisée des autorisations accordées à la clientèle.

-Phase 2 : calcul de l’exposition en cas de défaut

L’exposition en cas de défaut représente l’ensemble des engagements bilans et des engagements hors bilan pondérés par les facteurs de conversion du risque : 0%, 20%, 50%, 100%.

Les garanties sont prises en considération comme une technique de réduction du risque.

-Phase 3 : calcul des exigences en fonds propres

L’exigence en fonds propres représente 8% de l’actif pondéré.

Actif pondéré est l’exposition après ARC (atténuation du risque de crédit par les garanties) pondéré selon la catégorie du risque de la contrepartie et sa note externe.

Exemple 3 :

Pour une entreprise ayant une autorisation de 10 000 000 dhs, qui a deux engagements avec la banque :

Engagement par décaissement : 50 919 dhs

Engagement par signature : 20 000 dhs

Exposition : (50 919+ (20 000*50%+9 949 081*50%))

5 031 459,5 dhs

Exposition pondérée : 5 031 459,5*20%

: 1 006 291,9 dhs

Exigence en fonds propres : 1 006 291,9*8%

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Exigence en fonds propres : 80 503,35 dhs

NB :

L’entreprise est notée AA, ce qui correspond (selon le tableau des pondérations) à une pondération de 20%.

Le facteur de conversion est égal à 50%.

Section 2 : Nouveautés dans la pondération du risque des différentes créances

Une innovation importante a été introduite pour les créances en souffrance, qui doivent être pondérées à hauteur de 150%, sauf si elles sont déjà couvertes par un montant minimal de provisions spécifiques constituées par la banque.

Une autre évolution majeure réside dans l’élargissement de l’éventail des sûretés, garanties et dérivés de crédit qui peuvent être pris en compte par les banques. Dans Bâle II, ces instruments sont collectivement désignés comme facteurs d’atténuation du risque de crédit. L’approche standardisée élargit la gamme des sûretés admissibles, au-delà des émissions des emprunteurs souverains de l’OCDE, à la plupart des catégories d’instruments financiers, tout en exposant plusieurs approches permettant d’évaluer l’importance de la diminution de fonds propres en fonction du risque de marché associé à la sûreté. De même, l’éventail des garants admissibles est étendu et couvre dorénavant toutes les entreprises qui bénéficient au moins d’une certaine notation externe.

Les pondérations proposées par le comité de Bâle II permettent d’affiner l’analyse.

Engagements

Pondération Bâle I

Pondération Bâle II

Notés AAA, AA

100%

20%

Notés A

100%

50%

Notés BBB, BB, non notés

100%

100%

Notés B, CCC et en dessous

100%

150%

Clientèle détail (*)

100%

75%

Immobilier Résidentiel

50% (**)

40%

(*) Particuliers et PME/PMI (**) : Ce taux peut être ramené à 35% si les prêts sont entièrement garantis Tableau 6 : comparatif entre pondérations entre Bâle I et Bâle II.

On peut résumer les changements majeurs par rapport à 1988 comme suit :

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1- Crédit aux Etats :

La nouveauté de Bale II est d’introduire dans des ratings, également pour les Etats, alors que dans le cadre de Bale I, les Etats avaient une charge de capital nulle. Cette différence conduit à pondérer plus lourdement certains Etats. Cette pondération, qui était nulle, augmentera automatiquement sauf pour l’Etat dans lequel la banque réside, qui, avec l’accord des autorités de tutelle, peut continuer de bénéficier d’une pondération de risque nulle. L’accord des autorités de tutelle, peut continuer de bénéficier d’une pondération de risque nulle.

2-Crédit Corporate :

Dans le cas des crédits aux entreprises, tout dépend, comme pour les Etats, des ratings externes ou internes des entreprises du portefeuille crédit. Les preneurs de crédits bénéficiant d’un rating inférieurs à A- en approche standard, devraient profiter d’une diminution en termes de pondération de risque. Par contre, les preneurs de crédit ayant un rating inférieur à BB- subiront une augmentation du poids de risque de 50%.

3-Crédit Retail :

Le crédit Retail est le grand gagnant du nouvel accord puisque déjà dans l’approche standard, on passe d’une pondération de 100% à 75% et pour les crédits hypothécaires de 50 à 35%. Ces crédits sont souvent couverts par des gages et des garanties. Comme Bale II permet de tenir compte de ces instruments de réduction de risque de crédit, l’exposition est plus faible, le taux de recouvrement plus élevé, ce qui implique un moindre pour la contrepartie.

4-Crédit Interbancaire :

La façon de pondérer le risque de crédit Interbancaire n’est pas encore entièrement définie en approche standard. En effet, Bale II prévoit deux options qui devraient être fixées par les autorités de tutelle locales. Ces deux options de l’approche standard sont les suivantes.

L’option 1 consiste à considérer que le risque crédit d’une banque est systématiquement un niveau supplémentaire par rapport à celui de l’état dans lequel réside la banque. Dans un tel contexte, Bale II n’impliquerait de changement en termes de charge de capital pour les banques de l’union Européenne dans ce type de crédit, puisque dans ce cas, la pondération pour risques serait de 20%, ce qui correspond à la pratique actuelle sous Bale I. L’option 2, prévoit de fixer le poids en fonction du rating de la banque et de faire la distinction entre le crédit à court terme et le crédit à long terme.

Section 3 : Rôles des agences de notation externes

1-Procédure de reconnaissance

C’est à BAM qu’il incombe de déterminer si un organisme externe d’évaluation du crédit (OEEC) satisfait aux critères exigibles pour l’exercice du métier.

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Par ailleurs, la reconnaissance d’un OEEC peut être partielle : par exemple, elle peut être limitée à certains types de créances ou à certains pays. La procédure réglementaire de reconnaissance doit être rendue publique afin d’éviter d’inutiles obstacles à l’entrée d’OEEC sur le marché.

2- Critères d’éligibilité :

Un OEEC doit satisfaire aux six critères suivants :

Objectivité : la méthodologie d’évaluation du crédit doit être rigoureuse, systématique et faire l’objet d’une validation fondée sur des historiques. De plus, cette évaluation doit être soumise à un examen permanent et refléter toute évolution de la situation financière. Préalablement à la reconnaissance par les autorités de contrôle, une méthodologie d’évaluation adaptée à chaque segment du marché, comprenant des procédures de contrôle ex post rigoureux, doit avoir été établie depuis au moins un an et de préférence trois ans.

Indépendance : un OEEC doit être indépendant et ne subir aucune pression politique ou économique susceptible d’influencer ses évaluations. Il doit être préservé dans la mesure du possible des contraintes pouvant naitre de situations de conflit d’intérêt liées à la composition de son conseil d’administration ou de son actionnariat.

Accès international/transparence : toutes les évaluations doivent être accessibles aux établissements de crédit et entreprises d’investissement locaux et étrangers y ayant un intérêt légitime et dans des conditions équivalentes. En outre, la méthodologie générale utilisée par l’OEEC doit être rendue publique.

Communication : un OEEC doit communiquer les informations suivantes : ses méthodologies d’évaluation (y compris la définition du défaut de paiement, l’horizon temporel el la signification de chaque notation) ; le taux réel de défaut relevé dans chaque catégorie d’évaluation et l’évolution de ces évaluations, par exemple la probabilité pour des notations AA de devenir A avec le temps.

Ressources : l’OEEC doit disposer de ressources suffisantes pour fournir des évaluations de crédit de bonne qualité et être à même d’entretenir des relations suivies avec les organes dirigeants et opérationnels des entités évaluées, de manière à renforcer la valeur des évaluations. Les méthodes utilisées doivent combiner approches qualitatives et quantitatives.

Crédibilité : elle découle, dans une certaine mesure, des critères précédents et est confirmée par la confiance qu’accordent des parties indépendantes (investisseurs, assureurs, partenaires commerciaux) aux évaluations externes du crédit réalisé par un OEEC. La crédibilité est également étayée par l’existence de procédures internes destinées à empêcher le mauvais usage d’informations confidentielles. Il n’est pas nécessaire qu’un OEEC réalise des évaluations dans plus d’un pays pour être reconnu.

Les techniques de réduction du risque de crédit sont prises en compte (garanties, suretés, dérivés de crédit, L’approche standard est en principe réservée aux banques de petite et moyenne taille plus significative peuvent y recourir si elles ne peuvent adopter les méthodes de notations internes dans un premier temps.

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Chapitre III : Mise en place de l’approche de la notation interne à ATTIJARIWAFA BANK.

Après avoir exposé les travaux réalisés concernant l’adoption de la réforme Bâle II d’évaluation de crédit selon la méthode standard, il faut noter que cette étape n’est que temporaire et ne représente qu’un relais au passage à la méthode avancée.

En effet, l’estimation des risques se traduisant par un montant de réserve (fonds propres et quasi fonds propres) que la banque doit posséder en cas de besoin de couverture, plus cette estimation est fine et précise, moins les réserves sont importantes et plus la marge de manœuvre de la banque est grande. A contrario, si l’estimation des risques est grossière, le cas de la méthode standard, les fonds propres sont plus importants et la marge de manœuvre réduite.

Donc la banque a intérêt d’adopter les approches avancées. Elle peut ainsi être plus compétitive de façon directe (utilisation plus « poussée » des fonds propres) et de façon indirecte car mener les approches avancées lui permettant une meilleure connaissance de ses clients et donc une meilleure approche marketing.

Par conséquent dans le chapitre qui suit, je consacrerai la première partie à la définition de la méthode avancée, après à la présentation du système de notation interne à ATTIJARIWAFA BANK.

Quand à la deuxième partie, je vais se focaliser sur une étude comparative entre la méthode standard et celle avancée.

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Section 1 : Principe de l’approche avancée

L’un des aspects les plus novateurs du nouvel accord réside dans l’approche de la notation interne à l’égard du risque de crédit, qui se subdivise en deux variantes : simple et complexe. Comparativement à l’approche standardisée, l’approche de la notation interne 12 présente des différences notables dans la mesure où les évaluations internes des principaux paramètres de risque faites par les banques constitue les données de base du calcul des fonds propres. Comme cette approche est fondée sur les évaluations internes des banques, elle accroît sensiblement la sensibilité au risque des exigences de fonds propres. Elle ne permet pas, cependant, aux établissements de déterminer tous les éléments qui leur sont nécessaires pour calculer eux-mêmes ces exigences. C’est pourquoi les coefficients de pondération et, partant, les exigences de fonds propres sont obtenus en combinant les données quantitatives fournies par les banques et les formules spécifiées par le Comité (voir tableau suivant).

Données de base

Approche NI simple

Approche NI complexe

Probabilité de défaut (PD)

Valeurs fournies par la banque sur la base de ses propres estimations

Valeurs fournies par la banque sur la base de ses propres estimations

Pertes en cas de défaut (LGD)

Valeurs prudentielles établies par le Comité

Valeurs fournies par la banque sur la base de ses propres estimations

Exposition en cas de défaut (EAD)

Valeurs prudentielles établies par le Comité

Valeurs fournies par la banque sur la base de ses propres estimations

Maturité (M)

Valeurs prudentielles établies par le Comité ou à la discrétion de l’autorité nationale, fournies par la banque sur la base de ses propres estimations (en excluant éventuellement certaines expositions)

Valeurs fournies par la banque sur la base de ses propres estimations (en excluant éventuellement certaines expositions)

Tableau 7 : récapitulatif des deux approches de notation interne

Les formules ou fonctions de pondération en regard du risque, transposent les données d’un établissement en une exigence de fonds propres spécifique. Elles sont basées sur des techniques modernes de gestion des risques, qui permettent de les évaluer de manière statistique et donc quantitative.

12 Cette méthode n’est pas encore utilisée au Maroc, cependant, certaines banques (le cas d’ATTIJARIWAFA BANK que je vais exposer dans la partie qui se suit de ce mémoire), et dans le but d’anticiper la réglementation prudentielle locale, commencent déjà à mettre en place les structures nécessaires pour son application.

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Les échanges constants avec les acteurs du secteur bancaire ont confirmé que l’utilisation de ces méthodes représente une étape importante de l’élaboration d’une évaluation significative du risque dans les grosses organisations bancaires les plus complexes opérant actuellement sur le marché.

Les approches de la notation interne couvrent un large éventail de portefeuilles et font intervenir des méthodes de calcul des fonds propres légèrement différentes selon les types d’expositions.

La méthode de notation interne est réservée aux établissements disposant d’un savoir faire reconnu par leurs autorités de contrôle en matière de mesure et de gestion des risques. Pour calculer la pondération du risque, la banque doit calculer quatre paramètres pour chaque crédit (sauf pour les particuliers) :

1- Les probabilités de défaut (PD)

La probabilité de défaut, c’est la probabilité qu’une contrepartie tombe en position de non paiement face à une obligation financière. Les conditions du défaut sont plus larges pour le calcul Comité de Bâle : improbabilité que l’emprunteur puisse faire face à ses obligations ; ou bien, un évènement de crédit s’est produit entraînant le report ou l’annulation des paiements des intérêts ou du principal ; ou encore, l’emprunteur a déposé son bilan. Quoi qu’il en soit, la probabilité de défaut mesure la probabilité d’occurrence d’un défaut sur une contrepartie donnée dans un horizon donnée.

Cette probabilité n’est généralement pas mesurée directement mais par le biais d’une notation donnée par la banque, en suivant plusieurs étapes. La première étape consiste à élaborer un modèle de Scoring ; qui permet de classer les entreprises selon deux catégories :

les entreprises défaillantes c’est-à-dire celles ayant fait défaut ; et les entreprises non défaillantes c’est-à-dire les entreprises saines. Sur la base des résultats du modèle de Scoring on pourra ainsi constituer des classes de risque pour les entreprises défaillantes et non défaillantes ; et finalement estimer les probabilités de défaut sur chaque classe de risque. Ainsi, pour une entreprise donnée, sa probabilité de défaut est celle de la classe de risque à laquelle elle appartient.

1-1-Notion de Scoring

Le crédit Scoring peut être définit comme étant une méthode statistique utilisée pour prédire la défaillance d’un client, en lui associant une note et également une probabilité de défaillance.

Il existe plusieurs méthodes quantitatives de gestion du risque crédit, mais celle la plus utilisée est la Scoring, il repose souvent sur des informations déduite de l’analyse financières de l’entreprise et son environnement.

Plusieurs explications peuvent être fournies sur la définition et le rôle du crédit Scoring, elles peuvent être résumées comme sur la figure ci-dessous :

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Prêts précédents Modèle de notation de crédits
Prêts précédents
Modèle de notation de crédits
Prêts précédents Modèle de notation de crédits Nouvelles demandes de prêt Figure 10 : Processus du

Nouvelles demandes de prêt

Figure 10 : Processus du crédit Scoring

En résumé, on peut dire que le crédit Scoring est un outil de gestion de risques qui vise à prédire la probabilité de défaut d’un nouveau prêt en utilisant les prêts précédents. Ainsi, l’objet du crédit Scoring est de prédire le risque et non de l’expliquer ; il est toutefois important d’analyser les facteurs importants permettant de discriminer entre bons et mauvais prêts.

1-1-1 Avantages et inconvénients du Scoring

Avantages :

Il est plus objectif

Il a permis une plus grande prédictibilité de la performance des prêts et un meilleur marketing du portefeuille de crédit.

Il peut améliorer l’efficience dans le processus d’analyse et de livraison du crédit

Il peut améliorer la fiabilité de l’évaluation du crédit

Il est cohérent, explicite et peut être testé avant d’être utilisé. Il peut améliorer la gestion du risque de crédit et présente le mérite de quantifier la probabilité de défaut de remboursement.

Inconvénients :

Il peut réduire l’accès au crédit pour ceux qui n’ont pas d’historique de crédit

Il pourrait affecter les interactions entre prêteurs et emprunteurs ainsi que l’accessibilité et la tarification du crédit.

Il nécessite une quantité importante d’informations de haute qualité.

2-Les pertes en cas de défaut (LGD)

La perte en cas de défaut est définie comme étant la perte survenue dans la cas de défaillance de la contrepartie, elle est exprimée en %. Elle se définit comme une perte économique, qui se mesure en prenant en compte tous les coûts directs et indirects liés au recouvrement.

La PCD peut être définie aussi comme étant le complémentaire du taux de recouvrement (TR), qui mesure la part du montant de l’exposition au moment du défaut que la contrepartie sera à même de rembourser. Ce taux s’applique à un engagement donné et il dépend fortement de sa séniorité (les plus anciens sont remboursés en premier, les juniors le sont en dernier).

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L’approche IRB fondation, le comité de Bâle a fixé la perte en cas de défaillance à 45% pour les entreprises, ce qui correspond à un taux de recouvrement de 55%. Dans l’approche avancée la PCD n’est plus fixée, la banque est donc tenue de donner sa propre estimation pour ce paramètre, aucune méthode d’estimation n’est donnée explicitement dans le document consultatif de Bâle II.

3-L’exposition en cas de défaut (EAD)

Elle correspond au montant dû par la contrepartie au moment où elle fera défaut sur un engagement donné à un horizon donné. Pour un prêt, il s’agit du capital restant dû à l’horizon considéré et éventuellement des intérêts courus non échus au même moment.

4-Les maturités

Est définie comme étant l’horizon au bout duquel l’emprunteur peut faire défaut. Dans l’approche IRB fondation, le comité de Bâle a fixé la durée du crédit à 2 ans et demi pour les entreprises. Dans l’approche IRB avancée la durée du crédit n’est plus fixée, mais elle doit être estimée par la banque elle-même.

Les variables définies permettent de quantifier la perte moyenne attendue sur un engagement et à un horizon donné. En cas de défaut, la perte constatée serait égale à l’exposition au moment du défaut diminuée du recouvrement, soit :

Perte en cas de défaut = EAD × (1 TR) = EAD × LGD

Le Risque de crédit à travers l’approche avancée est présenté comme fonction des quatre paramètres déjà définis :

RWA = EAD* f (PD, LGD, M)

La perte moyenne attendue sera donc :

EL = EAD × LGD×PD

Cette perte moyenne attendue n’a généralement de sens que si elle est calculée sur un portefeuille entier ; en effet, sur une ligne individuelle, la perte calculée ne sera jamais réalisée.

Ces paramètres sont ensuite pris en considération dans les fonctions utilisées pour le calcul des actifs pondérés du risque, fonctions prescrites par les dispositions réglementaires et variant selon la catégorie du débiteur.

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Le régulateur a défini deux variantes pour les différentes catégories de débiteurs.

Dans l’approche de notation interne simple la banque estime elle- même la probabilité de défaillance de ses débiteurs et utilise les valeurs fournies par l’autorité de contrôle pour les autres paramètres de calcul des risques.

Dans l’approche de notation interne complexe les quatre paramètres sont évalués par la banque elle-même.

Illustration numérique :

Un crédit d’un million dirhams accordé à une entreprise notée BBB est pondéré à 17,4% pour un taux de perte estimé de 10%. Les actifs pondérés du risque s’élèveront à 174 000 dirhams ; 8% de ces sommes devront être couverts par des fonds propres, soit respectivement 13 920. A titre de comparaison, l’approche standardisée exigerait dans ce cas une couverture en fonds propres de 80 000 dirhams.

5-Mise en œuvre de l’approche Notation Interne

Comme l’approche de notation interne s’appuie sur des données produites en interne qui sont intégrées aux fonctions de pondération de Bâle II, sa mise en œuvre se fera forcément de manière variable. Pour garantir des comparaisons significatives entre banques, le Comité de Bâle II a établi des critères minimaux pour être admis à utiliser les approches de Notation Interne, qui recouvrent l’exhaustivité et l’intégrité des capacités internes d’évaluation du risque de crédit par les banques. Si les établissements appliquant l’approche du Notation Interne complexe disposeront d’une plus grande souplesse que ceux utilisant l’approche du Notation Interne simple, ils devront cependant satisfaire à un ensemble de critères minimaux plus contraignants.

Les systèmes de Notation Interne des banques devraient différencier les degrés de risque de façon précise et cohérente. Les banques sont confrontées à la difficulté de définir clairement et objectivement les critères pour leurs catégories de notations, afin de produire des évaluations significatives à la fois des expositions de crédit individuelles et, en fin de compte, d’un profil de risque global. Un autre facteur important est celui de la structure du contrôle interne, qui doit être rigoureux pour produisent des évaluations fiables. Parmi les concepts de contrôle retenus dans les normes du Notation Interne minimales figurent un processus de notation indépendant, des révisions internes et la transparence.

A l’évidence, la valeur d’un système de notation interne est tributaire des données qui y sont intégrées. Par conséquent, les banques utilisant l’approche de la notation interne Devront être capables de mesurer les principaux paramètres statistiques du risque de crédit. Les normes minimales de Bâle II offrent aux établissements une souplesse dans l’utilisation des données découlant de leur propre expérience ou émanant de sources externes ; il leur faudra démontrer cependant que ces données sont pertinentes par rapport à leurs expositions. Concrètement, les banques devront être dotées de procédures leur permettant de collecter, de stocker et d’utiliser des statistiques de pertes de manière fiable dans la durée.

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Section 2 : Système de la notation interne à ATTIJARIWAFA BANK

1-Contexte et Objectifs de la notation

1-1-Contexte

Au fil des années, la Banque s’est dotée d’un dispositif de notation afin d’apprécier de façon homogène l’ensemble de son portefeuille de risque de contreparties (risque de crédit). Par ailleurs, le comité de Bâle a prévu que les banques pourront utiliser leur système de notation interne pour mesurer les risques de crédit, sous réserve que leur autorité de tutelle valide la méthodologie et les séries historiques de résultas obtenus.

En corollaire, les fonds propres réglementaires de la banque seront calibrés selon la qualité de sa gestion du risque et de son portefeuille. Les banques sont donc invitées à développer leurs systèmes d’évaluation de leurs risques autour de la notation qui devient l’élément essentiel de la culture et de la gestion du risque de crédit.

En effet, Bâle II fait obligation à un groupe d’avoir une méthodologie homogène de notation pour l’ensemble de ses filiales.

Dans ce cadre de la mise en place des approches notation interne, une refonte du modèle de notation interne entreprise a été mise au point courant 2009.

Par ailleurs, AWB en février 2009, a signé une convention pour la mise en place de Plateforme de notation interne pour le financement de la PME. Cette notation vise à évaluer le risque de crédit et contribue au processus d’octroi et de suivi des engagements. D’autre part, elle définit le périmètre et les principes généraux de notation des contreparties. D’autre part, elle décrit le processus de notation sous les nouveaux modules « RATI et RAGE » déployés sous le système EDEN.

Deux paramètres sont couverts par cette notation :

-Périmètre 1 : Les entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 10MDH et 100MDH -Périmètre 2 : Les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 100 MDH.

1-2-Objectifs de la notation

La notation instaure un référentiel commun à l’ensemble de la clientèle Corporate de la

banque. Elle permet :

disposer d’un outil de pilotage et d’aide à la décision pour l’octroi des crédits

Se conformer à la réglementation en vigueur

Uniformiser les critères d’appréciation du Risque de Crédit au sein de la banque

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Fluidifier le processus de traitement des dossiers de crédit (délais, coûts…).

Par ailleurs, la notation est un outil d’aide à l’évaluation, à la décision et au suivi du risque.

2- Processus de notation

Le système de Notation Interne est un outil destiné aux :

Chargés de relations entreprises / Chargés d’affaires

Responsables Portefeuilles Entreprises.

Directeurs des Centres d’affaires

Directeurs d’agences BPP

Juniors et seniors Bankers

Analystes financiers GGR

Divisionnaires GGR

Le mode opératoire relatif au processus de notation se détaille comme suit :

Au niveau des entités commerciales :

BE : Chargés de relations entreprises ou chargés d’affaires / GE : Junior Bankers / BPP : Directeurs d’agences.

Le demandeur (gestionnaire) est chargé d’établir une proposition de notation en procédant à l’alimentation du système de notation par les éléments financiers, qualitatifs et quantitatifs en sa possession, qu’il apprécie en fonction de sa connaissance du client, du secteur, du contexte,…

Au niveau de la GGR :

Analystes :

Les analystes risques de la DDC (Direction des crédits) procèdent de manière indépendante à une expertise en procédant à la vérification de la conformité des différentes données financières saisies par rapport aux éléments de la liasse fiscale physique envoyé par le réseau. En cas d’anomalies concernant les données saisies, les analystes signalent au réseau pour y remédier.

Divisionnaires :

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Les divisionnaires sont chargés de valider les données qualitatives en consultant le questionnaire qualitatif de la relation et de procéder à la modification des réponses de ces questions quand le divisionnaire juge que les réponses du réseau sont incorrectes, de proposer la note système et de la soumettre au comité de crédit.

Comités de crédit :

Comité de crédit : décident de la note définitive attribuée à la contrepartie.

Pour les trois derniers intervenants, les motifs qui les amènent le cas échéant à modifier la note attribuée doivent être justifiés et formalisés.

3-Critères d’éligibilité

Pour pouvoir noter une relation via le module RATI et RAGE, l’ensemble des critères ci-dessous doivent être réunis :

Périmètre 1 : Le chiffre d’affaires doit être compris entre 10 Millions et 100 Millions de dhs (10=<CA<100 M dhs).

Périmètre 2 : Le chiffre d’affaires doit être supérieur à 100 Millions de dhs.

Le secteur d’activité doit être autre que la Promotion Immobilière, Sociétés de Financement ou Administrations Publics.

La contrepartie à noter doit disposer d’un dossier actif.

Le bilan de notation doit couvrir au moins 350j d’activité (les situations provisoires ne sont pas éligibles).

4-Périodicité de la note

La notation qui constitue un élément du dossier de crédit soumis à décision est réévaluée à chaque demande d’autorisation et au minimum chaque année au moment du renouvellement ou de la revue annuelle ;

La notation doit aussi être actualisée lorsque survient un événement de nature à modifier sensiblement le risque porté sur la contrepartie.

L’initiative en revient généralement au gestionnaire, mais la DDC peut être à l’initiative d’une actualisation.

5-Méthodologie de la notation

Au départ, la banque collecte, principalement auprès des emprunteurs eux-mêmes, des informations détaillées sur certaines caractéristiques de leurs clients. Elle procède ensuite à une comparaison entre des facteurs spécifiques déduits des données des emprunteurs, d’une part, et des données historiques sur les défaillances, d’autre part, en vue de déterminer dans combien de cas des emprunteurs présentant des caractéristiques similaires n’ont pas remboursé leurs crédits. Enfin, sur la base d’algorithmes statistiques, la banque attribue les notations correspondantes aux nouveaux emprunteurs.

En général, les informations collectées par la banque portent à la fois sur les caractéristiques quantitatives et qualitatives des emprunteurs. bien qu’une bonne partie de ces

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informations ait toujours été collectée et analysée de manière plus approfondie et plus systématique dans le nouvel environnement de la notation. Les informations quantitatives sont généralement extraites des états financiers fiscaux et des rapports annuels. Les principaux facteurs quantitatifs que la banque déduise de ces documents sont des chiffres et des ratios financiers.

La collecte d’informations qualitatives nécessite souvent des entretiens personnels lorsque la banque veut obtenir la confirmation qu’une entreprise est bien gérée.

Dans un système de notation, l’importance des facteurs qualitatifs dépend généralement de la taille de l’entreprise et du montant du crédit demandé. Le plus souvent, les facteurs qualitatifs ont une influence plus sensible sur la notation lorsqu’il s’agit de grandes PME ou de crédits de montant élevé.

Plus la PME est grande et/ou plus le montant du prêt demandé est élevé, plus la banque demandera normalement d’informations pour attribuer une notation au demandeur. Dans le cas des entreprises en phase de démarrage, les informations collectées par une banque pour traiter une demande de crédit sont assez différentes, puisque les entreprises en cause ne peuvent fournir de données financières historiques.

Le schéma ci-dessus décrit le processus de détermination de la notation attribuée à un client donné :

de la notation attribuée à un client donné : Figure 11 : Modèle du système de

Figure 11 : Modèle du système de notation interne

Comme le détaille la figure la note finale est calculée en combinant les notes obtenues à partir de trois facteurs :

-Financier : selon la batterie de ratios, et qui proviendra de la base de données de la banque gérée par le programme dédiée EDEN. -Qualitatif : selon l’avis d’experts et sur la base d’un questionnaire qui est administré par le chargé d’affaires au dirigeant de la PME ou au responsable financier.

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-Comportement : en tenant compte de l’historique de la relation et de la marché du compte de celle-ci gérés par le programme EDEN.

Le dispositif de notation du Groupe ATTIJARIWAFA BANK est fondé essentiellement sur la note de la contrepartie qui reflète sa probabilité de défaut à un horizon d’observation d’un an.

Probabilité de défaut (PD) :

Les notes des contreparties rassemblées par la banque, permettent une analyse globale comparative et évolutive dans le temps afin de constater les migrations et établir les taux de défaut (PD).

Des contrôles de cohérence (Backtesting) comparent ensuite le taux de défaut aux probabilités attendus.

L’estimation de la probabilité de défaut prend en considération uniquement la solvabilité de la contrepartie, cette dernière sera défaillante ou pas quelque soit les caractéristiques de la transaction (garanties, rangs, clauses…).

La note est attribuée à une classe de risque de l’échelle de notation, laquelle échelle est constituée de 8 classes regroupées en 3 catégories :

Contreparties saines : les classes de A à D

Contreparties sensibles : E à G

Contreparties en défaut : la classe H (douteux, compromis, consolidation, recouvrement, provision).

A chaque classe correspond un niveau de défaillance. Ci- après, la grille de notation :

Classe de

   

risque

Probabilité de défaut - 1 an

Appréciation

A

0,56%

Très bon

B

1,00%

Bon

C

1,26%

Assez bon

D

3,18%

Moyen

E

4,57%

Médiocre

F

9,35%

Mauvais

G

12,87%

Très mauvais

H

100%

Défaut

Tableau 8 : Grille de Notation D’ATTIJARIWAFA BANK

Le schéma et le tableau ci-dessus montre la manière dont les PME sont notées pour estimer la probabilité de défaillance de chacune. Ainsi, si une entreprise se voit attribuer une

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note dont la classe fera partie de la classe B (Bon), la probabilité de défaut de ce type de PME est de 1%. Ce qui revient à dire que ce profil a 1% de chance de tomber en défaillance de remboursement de son crédit, en d’autres termes, sur un emprunt de 1Mdh, la banque risque de perdre 10 000 dirhams.

Cette somme est donc à couvrir par les fonds propres réglementaires dans le cas où il n’existe d’autres paramètres de risque. En effet, la première étape de l’approche basée sur la notation interne (Approche simple ou Fondation) stipule que la banque ne doit déterminer que la probabilité de défaut, les autres paramètres de l’équation à savoir la perte en cas de défaut (PCD), exposition en cas défaut (EAD) et la maturité (M) sont fournies par Bank-Al- Maghrib 13 .

Donc, dans le cadre de Bâle I, une pondération forfaitaire s’opérait pour calculer le niveau de couverture des engagements, avec Bâle II, il sera nécessaire de bien connaître le client pour lui attribuer une note déclenchant toute la procédure de couverture. Au vue des informations à sa disposition, la banque peut ou ne pas donner accord de financement. Contrairement à Bâle I, ici l’analyse du crédit sera plus différenciée parce qu’il y a le principe de l’adéquation au profil global du risque. Par contre les PME qui ne produisent pas suffisamment d’information, des sûretés (garanties ou nantissement, hypothèques…) se trouvent dans une situation de mise en doute dans l’évaluation et donc de supporter d’être classée (parfois sans rapport avec la situation réelle) en catégorie moins favorable. Elles voient par là soit le risque que le crédit soit refusé, soit de payer le prix fort.

Ainsi, pour ATTIJARIWAFA BANK, le diagnostic est ensuite approuvé par un œil d’expert en matière de gestion des risques (divisionnaire GGR). Ce dernier prend la décision appropriée dans le cadre des compétences qui lui sont déléguées, il présente la proposition à l’instance habilitée pour prise de décision. L’accord final est donné après la détermination du prix qui n’est rien d’autre que le taux d’intérêt à appliquer.

6-Utilisation de la notation

Une fois la notation est attribuée, la banque l’utilisera à plusieurs phases du processus interne de crédit, qui comprend la décision sur l’octroi du crédit, la fixation du prix et le suivi permanent des emprunteurs

6-1 Evaluation de la demande : acceptation ou refus de la demande de crédit

Les banques ont toujours appliqué des règles pour statuer sur les demandes de crédit en fonction de la qualité globale de celles-ci, des garanties offertes et d’autres facteurs comparables mais, par le passé, la plupart des décisions dépendaient largement de l’appréciation individuelle du représentant de la banque.

13 Voir Annexe 3

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En recourant de manière généralisée à la notation, les banques donnent désormais à leurs décisions un caractère plus systématique. Presque toutes les banques considéraient la notation comme le critère le plus important à prendre en compte lors du processus de décision.

La notation d’un emprunteur peut donc déterminer non seulement l’acceptation ou le refus d’une demande de crédit, amis également l’importance des garanties requises et la durée maximum du prêt.

En général, les banques ont tendance à formuler ces critères de décision de manière plus précise, à les appliquer de manière plus systémique et à les adapter à leurs stratégies commerciales spécifiques.

6-2 Fixation du prix : détermination du taux d’intérêt d’un crédit

La décision d’accorder ou pas le crédit à une PME est influencée en général par les facteurs suivants :

Coût de financement,

Coût des fonds propres,

Coût des risques (prime de risque)

Coût d’exploitation

Coût de contribution aux bénéfices (produit net bancaire)

+/- la marge différentielle découlant de la qualité de relation banque-PME.

La notation de l’emprunteur devient également un facteur de plus en plus important dans la fixation du prix (du taux d’intérêt) d’un crédit accordé à une entreprise. A cet égard, le taux d’intérêt théorique est calculé à partir du taux de référence, du coût de gestion du crédit, du coût du risque et du coût du capital.

Le preneur de crédit paiera un taux d’intérêt en adéquation avec son risque de défaut, autrement dit, le preneur de crédit présentant une bonne notation bénéficiera d’un taux d’intérêt plus avantageux que l’emprunteur dont la solvabilité est médiocre

Taux de référence :

Le taux de référence correspond au prix que paie la banque pour acquérir l’équivalent du crédit sur les marchés de l’argent et des capitaux. Il dépend du taux établi en fonction de la durée du financement.

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Coût de gestion du crédit :

Le coût de gestion englobe les coûts de personnel et d’infrastructure liés au traitement du dossier de crédit (examen de la demande, analyse de la solvabilité, octroi, suivi).

Coût du risque :

Dans le domaine des crédits, il s’agit en premier lieu du risque de défaut. Un preneur de crédit peut, en effet, ne plus être en mesure d’honorer ses engagements aux échéances prévues, voire devenir totalement insolvable.

Coût du capital :

Une foie la perte attendue intégrée dans le prix du crédit, seul le risque de perte inattendue est encore susceptible de réserver une mauvaise surprise. Ce risque, qui résulte de l’incertitude quant à l’éventualité de pertes réelles supérieures aux anticipations, n’est pas couvert par une prime de risque. Les pertes inattendues sont compensées par des fonds propres, raison pour laquelle les banques sont légalement tenues de couvrir les crédits qu’elles octroient.

Exemple :

Pour un client présentant les caractéristiques suivantes :

Notation du client : BBB (PD : 0,5%0)

Taux de récupération : 70%

Coût de gestion : 0,4%

Coût du capital : 0,45%

Coût du risque : 0,5%*30%

Taux de référence (Taux d’intérêt sans risque /1 an) :3,76%

Le prix du taux d’intérêt se calcul comme suit :

Taux d’intérêt=3,76%+(0,5%*(1-70%)) +0,4%+0,45% =4 ,76%

Enfin, la banque peut exiger une marge de négociation au-delà du coût qu’elle supporte dans le cadre du processus de crédit.

6-3 Le suivi de l’évolution de la situation de l’emprunteur

Les banques recourent également de manière plus intensive à la notation en vue du suivi permanent des changements qui peuvent intervenir dans la solvabilité de leurs emprunteurs.

Dés à présent, la plupart des banques évaluent régulièrement les risques liés à leurs clients en actualisant la notation de ceux-ci, chaque fois que de nouveaux états financiers sont disponibles ou si le représentant de la banque estime qu’une mise à jour est nécessaire.

Dans la nouvelle organisation du groupe AttijariWafa Bank le rôle de surveillance et de détection des créances en difficulté incombe essentiellement à l’entité « Surveillance et Contrôle des Risques de Crédit». Cette entité veille en permanence, dans une optique préventive, à la santé et à la qualité des engagements de la banque, Fonction clé dans le processus de maîtrise des risques, cette gestion préventive consiste à anticiper les situations de dégradation des risques et à y apporter les ajustements appropriés.

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Cette démarche permettra d’adapter le profil de risque des PME en fonction des données nouvelles concernant leur situation. Une anticipation sur le calcul du risque probable peut être menée afin d’optimiser le processus.de crédit. Dans le cadre de Bale II, il y va de l’intérêt des PME de suivre avec attention leur notation de sorte à la gérer au mieux.Une détérioration de la notation est souvent considérée comme un signal d’alerte pour les banques.

De ce fait, la notation apparaît comme un élément essentiellement capital aussi bien pendant la demande de crédit,mais aussi et surtout durant l’exercice de son activité car la relation PME –Banque est une relation qui s’inscrit dans la durée.

Section3 : Etude comparative entre la méthode standard et celle avancée

1- La présentation du dossier

Relation X

Forme juridique : SARL

Capital : 10200 KDH

Actionnariat : 3 cogérants

Activité : importation, commercialisation et installation d’équipements électriques (Éclairage publique et signalisation).

Clients : communes urbaines, villes et régies de distribution d’électricité

Note de la relation : ?????

 

Autorisations

 

Autorisations

Lignes

actuelles

Utilisations

sollicitées

Caisse

3500

2587

3000

Credoc

2000

7065

6000

Escompte

2000

0

2000

Cautions

     

Administratives

8000

24479

29000

O.C

2000

4213

8000

TOTAL

17500

38344

48000

Tableau 9 : Récapitulatif des lignes de crédit de l’Entreprise X

La société fait face à des décalages entre les délais de règlements fournisseurs et clients.

Par ailleurs, compte tenu de son implication dans de nombreux marchés, elle doit faire des demandes d’autorisations temporaires pour des cautions administratives et des financements spécifiques de petits marchés

Récapitulatif de la demande de crédit :

Compte tenu du contexte évoqué précédemment, les autorisations doivent être Revues à la hausse.

La demande porte sur une augmentation de l’exposition globale décomposable

En plusieurs types d’engagements, portant le total de l’exposition à 48000 KDH.

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Il s’agit d’une augmentation très significative des autorisations.

Pour analyser cette demande, nous allons déterminer les paramètres suivants :

Probabilité de défaut

Perte en cas de défaut

RAROC

Et voir comment ils s’intègrent dans la décision de crédit.

Classification des engagements

Par simplicité dans le traitement du cas, nous considérerons les différents Engagements comme suit :

Lignes de crédit non confirmées :

Caisse

Credoc

Escompte

Lignes de crédit confirmées :

Obligations cautionnées

Cautions de marché :

۟La classification des engagements dans ces catégories est nécessaire pour le calcul des paramètres bâlois.

Expositions et utilisations compte tenu de la demande de crédit :

 

Autorisations

Utilisations

Utilisations moyennes sur 1 a an

Lignes

sollicitées

actuelles

Crédits non confirmés

11000

9652

10652

Crédits confirmés

8000

4213

7713

Cautions de restitution d'acompte/retenue de garantie

     

15048

17228

Autres cautions de marché

29000

9431

9431

TOTAL

48000

38344

45024

Tableau 10 : Expositions et utilisations compte tenu de la demande de crédit :

En même temps que l’augmentation de ses lignes, le client a des besoins spécifiques immédiats pour deux marchés auprès de collectivités.

Effets avalisés

Obligations cautionnées

Caution de retenue de garantie.

L’ensemble des concours ayant une maturité d’un an. Augmentation des utilisations moyennes sur l’année à venir.

des concours ayant une maturité d’un an. Augmentation des utilisations m oyennes sur l’année à venir.

Mastère Spécialisé Finance

ISCAE 2009/2010

Pour les cautions des marchés étant des engagements hors bilan, un facteur de conversion est appliqué au montant de l’utilisation.

Caution de retenue de garantie/restitution d’acompte : facteur de conversion =10%

Autres cautions de retenue de garantie : 20%.

Pour les crédits non confirmés, on retient 100% des utilisations (U)

Pour les crédits confirmés, on retient 100% des utilisations plus un pourcentage de la partie non utilisée de 55% (NU).

2- Calcul des paramètres bâlois

2-1 : Expositions en cas de défaut

Lignes

Formule

ECD

Crédits non confirmés

100%* U

10652

Crédits confirmés

100%* U + 55%* NU

7871

Cautions de restitution d'acompte/retenue de garantie

   

10%* U

1723

Autres cautions de marché

20%* U

1886

TOTAL

 

22132

Tableau 11 : Calcul de l’exposition en cas de défaut